Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 11:05

Pont Rion-Antirion

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Pont Rion-Antirion
Le Pont Rion-Antirion illuminé de nuit
Pays Grèce
Ville Rion - Antirion
Latitude
Longitude
38° 19′ 07″ Nord
       21° 46′ 27″ Est
/ 38.318611, 21.774167
Franchit golfe de Corinthe
Type Pont à haubans
Longueur 2 883 m dont 2 252 m pour le pont à haubans m
Largeur 27,2 m
Hauteur 163,7 m
Matériau Acier, béton armé
Construit en 1999-2004
  Géolocalisation sur la carte : Grèce
Greece location map.svg
Pont Rion-Antirion
Listes

Ponts remarquables les plus longssuspendusà haubansen arcromainscantilever

Le pont Rion-Antirion (en grec Γέφυρα Ρίου-Αντιρρίου), également dénommé pont Charilaos Trikoupis et déjà surnommé pont de Poséidon ou le pont des Français, est un pont à haubans qui relie le Péloponnèse à la Grèce continentale entre les deux villes de Rion et Antirion.

Descriptif[1]

D'une longueur totale de 2 883 mètres, le franchissement est composé d'un pont principal multi-haubané d'une longueur de 2 252 mètres encadré de deux viaducs d'accès :

  • au sud, côté Rion, un viaduc en poutres préfabriquées précontraintes de 392 m de long
  • au nord, côté Antirion, un double viaduc de type bi-poutres de 239 m de long.

Les records du monde

Cet ouvrage détint pendant quatre mois le record de la plus grande longueur de tablier haubané avec ses 2 252 mètres. Ce record ne tint que du 12 août 2004, date de son ouverture à la circulation, au 16 décembre 2004, date de la mise en circulation du viaduc de Millau, dont la longueur du tablier haubané est de 2 460 mètres.
Il est toujours aujourd'hui le pont avec la deuxième plus grande longueur de tablier haubané au monde.

Il possède également les autres records suivants :

  • les piles avec la plus grande hauteur immergée : 63,5 mètres pour la pile M3,
  • les appuis de piles les plus gros jamais réalisés, avec une embase de 90 mètres de diamètre et d’une hauteur variant de 9 à 13,5 m.[2],
  • les joints de chaussée avec le plus grand souffle au monde (près de 5 mètres possibles)[2].
  • les amortisseurs les plus gros jamais réalisés, capables de dissiper une énergie atteignant 5 mégajoules.

Un objectif stratégique 

Ce pont relie le Péloponnèse à la Grèce continentale, et se situe à l'intersection de deux axes autoroutiers importants.

  • L’autoroute Patras-Athènes-Thessalonique, qui relie les trois villes les plus importantes de Grèce et fait partie du réseau routier européen,
  • La méridienne ouest Kalamata-Patras-Igoumenitsa

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la réalisation du réseau Trans-Européen à l’Horizon de l’an 2010.

Grâce aux ports de Patras et d'Igoumenitsa (au nord-ouest), il facilite ainsi les communications entre la Grèce et l'Italie. Et, désormais il suffit de cinq minutes pour passer sur l'autre rive, contre 45 minutes en ferry.

Il a été ouvert à la circulation le jeudi 12 août 2004, et son inauguration le 8 août 2004 a été inscrite dans la célébration des Jeux olympiques d'été de 2004 à Athènes.

Les défis technologiques 

Les défis qu'il fallait relever étaient multiples :

  • Relier deux plaques tectoniques en mouvement, puisque le golfe de Corinthe est un fossé d'effondrement sensible aux mouvements tectoniques. Chacune des plaques s'éloigne de l'autre de plusieurs millimètres par an. Le Péloponnèse s'éloigne ainsi irrémédiablement de la Grèce continentale.
  • Franchir une hauteur d'eau atteignant 65 mètres au point le plus profond, c'est-à-dire que les techniques à retenir s'apparentent plus à des techniques relevant du domaine de l'offshore et des plateformes pétrolières que de la construction classique de ponts,
  • S'appuyer sur des fonds marins de qualité médiocre, le substratum rocheux est à plus de 700 mètres de profondeur,
  • Résister à des vents violents : la vitesse de référence prise en compte selon les British Standards est de 32 m/s. Elle correspond, au niveau du tablier, à une vitesse moyenne de 50 m/s (soit 180 km/h) sur 10 minutes.
  • Résister à un séisme de force 7 de magnitude sur l'échelle de Richter. Le dernier séisme important a eu lieu le 15 juin 1995 à une trentaine de kilomètres du site avec une magnitude de 6,3.

Histoire

La genèse du projet

  • 1880, le président du Conseil Charilaos Trikoupis, est parmi les premiers à imaginer un lien à cet endroit, au moment du percement du canal de Corinthe. Il a la vision d'un pont franchissant les 3 km du détroit de Corinthe. Le projet est débattu au Parlement, mais les problèmes techniques amènent à l'abandon du projet.
  • 1987, un premier projet basé sur l'étude technologique du projet d'un pont-viaduc traversant la Manche, concurrent de celui du tunnel sous la Manche est présenté une première fois, sans succès.

Une consultation internationale

  • 1991, un appel d'offre est lancé pour la construction du pont de Rion-Antirion.
  • 3 janvier 1996, la société Gefyra (filiale du groupe Vinci), remporte l'appel d'offres international, avec à la clé un contrat de concession de 42 ans pour la construction, le financement, l'exploitation et l'entretien du pont de Rion-Antirion.
  • 1997, bouclage du financement et entrée en vigueur du projet.

1997-1998 Etudes, expropriations, installation de chantier 

1999-2004 Les travaux

  • 1999, Construction de la cale sèche à Antirion,
  • 2000, Dragage de l'emplacement de la pile M3 et bétonnage de la semelle,
  • 2001, Construction des piles,
  • 2002, Construction et élévation des jambes du pylône M3,
  • 2003, Poursuite de la construction des pylônes, début de haubanage du tablier à partir de M3,
  • 14 août 2003, Séisme de magnitude 6 pendant le chantier. Pas de dégâts.
  • 8 août 2004, Inauguration et passage de la flamme olympique.
  • 16 août 2004, Ouverture à la circulation.
Le pont Rion-Antirion vu depuis Antirion

Le contrat de concession[2] 

Les partenaires

Le montage juridique et financier du projet est celui du montage classique employé pour la construction d'une autoroute, celui de la concession, avec, comme pour certaines autoroutes, une forte subvention publique pour équilibrer le budget.

Un contrat de concession a donc été signé entre l'État grec et la société concessionnaire retenue (Geyfire SA), une société, créée spécialement pour cet ouvrage, constituée des partenaires suivants : le groupe de BTP français Vinci pour 53 %, six entreprises grecques pour les 47 % restants.

Le concessionnaire signe ensuite un contrat de conception-réalisation avec une société ad hoc composée des mêmes partenaires.

Les acteurs

L'ouvrage a été dessiné par l'architecte Berdj Mikaëlian, auteur de nombreux autres ponts.

Les études de modélisation des piles et d'études des haubans sont confiées au Laboratoire central des ponts et chaussées, l'organe central de la recherche publique française.

Les contrôles techniques sont confiés à deux sociétés :

  • le contrôle des études est assuré par le Design Checker (la société canadienne Buckland and Taylor)
  • la supervision des travaux est assurée par le Supervisor (la société britannique Faber Maunsell)

Le financement

Le coût global du projet s'élevait à 772 millions d'euros.

Il a été financé comme suit :

  • Apport en capital de 69 millions d'euros,
  • Subvention publique de 335 millions d'euros,
  • Prêt bancaire (BEI) de 362 millions d'euros,
  • Produits financiers : 6 millions d'euros.

L'apport de l'État grec est ainsi considérable, montrant sa volonté de réalisation du projet. Malgré cette ressource, la Banque européenne d'investissement n'était pas partante initialement pour investir dans le projet. Elle n'a participé qu'en acceptant de ne prendre aucun risque lié au projet. Il a donc fallu mettre en place une garantie, qui a fait l'objet de longues tractations, fournie par un groupe de banques commerciales mené par Bank of America et Bank of Tokyo Mitsubishi.



Elévation de l'ouvrage

Les fondations

Les contraintes environnementales

Trois événements d'importance majeure devaient être pris en compte par les concepteurs :

  • Le choc d'un pétrolier de 180 000 tonnes heurtant une pile à une vitesse de 16 nœuds (8,2 m/s ou 30 km/h). Les premières contraintes sont donc celle d'un effort horizontal de 480 MN (millions de newtons) à 70 mètres au-dessus du niveau de fondation ce qui correspond à un effort horizontal de la même intensité au niveau des fondation couplé avec un moment de renversement de 34 000 MN.m[3].
  • Un événement sismique de magnitude 7 sur l'échelle de Richter, correspondant à un événement de période de retour de 2000 ans, situé à 8,5 km du site. La contrainte à prendre en compte est ici une accélération maximale du sol de 0,5 g avec un plateau d'accélération à 1,2 g entre 0,2 s et 1,1 s[3].
  • Un mouvement tectonique. La péninsule s'éloigne du continent de l'ordre de 8 mm/an. La dernière contrainte à prendre en compte est donc la possibilité d'occurrence d'un déplacement tectonique différentiel de 2 m dans n'importe quelle direction et entre deux piles adjacentes[4].

La contrainte des sols meubles

De manière schématique les ponts sont construits soit sur des fondations profondes ancrées dans le sous-sol rocheux, soit sur des fondations superficielles reposant sur le fond.

La fosse du golfe de Corinthe est remplie de sols meubles (argile, limon, sables fins) et la roche, dont la profondeur est estimée à plus de 500 mètres, est inaccessible[5]. Ainsi les fondations profondes ne pouvaient être retenues. L’hypothèse de caissons enterrés a également été étudiée, mais ceux-ci présentaient des difficultés de mise en œuvre en raison de la présence d'une couche de gravier à la surface du sol pouvant créer des difficultés de pénétration du caisson[6]..

Enfin des fondations superficielles n’étaient guère plus envisageables du fait de la faible capacité portante des sols du fonds marin et des tassements élevés qui s’en seraient suivis[6]. En outre sous l'effet de fortes pressions, certains sables peuvent entrer en liquéfaction, c'est-à-dire de passer de l'état de grains solides à l'état de plastique, voire liquide. Il était donc nécessaire de les renforcer.

La solution retenue

Il est néanmoins apparu que la solution résidait dans la construction de fondations superficielles accompagnées par une amélioration des caractéristiques mécaniques des sols pour assurer un comportement sismique satisfaisant de la fondation et limiter les tassements à des valeurs acceptables pour la superstructure[6].

La solution retenue fut finalement de fonder chacun des quatre énormes piliers sur un ensemble de 200 inclusions rigides fichées dans le sol meuble. Ces inclusions sont constituées de 200 tubes d'acier creux de deux mètres de diamètre et de 25 à 30 mètres de long. Ils sont recouverts d'un tapis de gravier de 2,75 mètres d'épaisseur, capable de supporter les embases des pylônes de 90 mètres de diamètre et 13 mètres de hauteur[6].

Les piles ne sont pas liaisonnées aux tubes de renforcement du sol car en cas de fort séisme, le tout aurait pu basculer. Le tapis de gravier fait effet de fusible, la semelle peut glisser dessus. Il sert aussi à répartir les efforts et prévenir les effets de succion.

La modélisation des fondations[3] 

Une telle solution n'ayant jamais été adoptée, de nouveaux outils de dimensionnement et une validation approfondie devaient être mis en place. Un processus en trois étapes a été mis en œuvre :

  • Le développement d'outils de dimensionnement spécifiques basés sur la théorie du calcul à la rupture (Salençon, 1983) pour évaluer la capacité ultime du système de fondation et définir la disposition des inclusions : longueur et espacement (Pecker et Salençon, 1999),
  • Vérification expérimentale des outils de conception par des essais sur modèle réduit en centrifugeuse (Pecker et Garnier, 1999)[7],
  • Vérification du schéma final par des analyses non linéaires en éléments finis, en 2 ou 3 dimensions.

Les trois approches ont donné des résultats similaires à ±15 % l'une de l'autre, ce qui a contribué à conforter la validité du principe de fondation et les analyses effectuées.

Construction des inclusions 

Le dragage du fond de la mer, le battage des inclusions, la mise en place et le nivellement de la couche de gravier, par des profondeurs d'eau atteignant 65 m, ont nécessité un équipement et des procédures spéciaux.

Une barge à pieds tendus, concept connu pour les plateformes offshore, a été utilisée pour la première fois pour un équipement mobile. La stabilité est assurée par l'ancrage vertical en tension de corps morts posés en fond de mer. La tension dans ces lignes d'ancrage verticales sont ajustées pour conférer la stabilité requise à la barge vis à vis de la houle et des courants ainsi que des charges manutentionnées par la grue fixée sur le pont. En augmentant la traction dans les lignes d'ancrage, la flottabilité de la barge permet le soulèvement des corps morts et son déplacement à une nouvelle position[8].

Les piles

Descriptif

Détail d'une pile

Les piles reposent par environ 60 mètres de profondeur. La base des pylônes se situe entre 25 et 45 mètres (pour les deux pylônes centraux) au-dessus du niveau de la mer, laissant un gabarit de navigation de 52 mètres au milieu du détroit. Les pylônes s’élèvent de 115 mètres et culminent à une hauteur maximale de 160 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La partie supérieure de la pile est une pyramide inversée d’une hauteur d'environ 15 mètres avec une base carrée de 38 mètres de côté. Chaque pylône se compose de quatre jambes inclinées en béton armé d’une section de 4 mètres par 4, convergeant dans la tête de pylône pour former une structure monolithique.

Les embases des quatre piles en béton sont circulaires de 90 mètres de diamètre et pesent 150 000 tonnes chacune.

Construction

La méthode de construction utilisée est inspirée de celles utilisées pour la construction de structures offshore gravitaires :

  • construction des embases de fondation dans une cale sèche jusqu'à une hauteur de 18 m pour fournir la flottabilité suffisante;
  • remorquage et amarrage de ces embases dans une cale en eau;
  • construction de la partie conique, jusqu'à 65 m de hauteur, des fondations dans la cale en eau ;
  • remorquage et immersion des fondations à leur position finale.

Cette opération de haute précision technologique a été effectuée par l'entreprise hollandaise Smit, spécialiste du remorquage des plateformes au large.

Les haubans

Les haubans sont disposés en forme d'éventail.

Ils sont ancrés sur les côtés du tablier par des bracons d'une part et en tête de pylône d'autre part. Ils sont composés de torons parallèles galvanisés. Le hauban le plus gros comporte soixante-dix torons de diamètre 15 millimètres.

La fabrication et la mise en œuvre des 368 haubans (4 500 t) a été confiée à l'entreprise Freyssinet[9].

Les contrôles à la fatigue des câbles de haubans ont été réalisés par le Laboratoire central des ponts et chaussées (Paris)[10].

La réponse du pont aux effets du vent a été étudiée, également sur modèles réduits, dans la soufflerie du centre de Nantes du CSTB[11].

Le tablier

Descriptif

La structure du tablier est une structure composite mixte acier-béton armé. Elle comprend deux poutres longitudinales de 2,2 mètres de haut de chaque côté et des poutres transversales espacées tous les 4 mètres. La dalle supérieure est formée de panneaux préfabriqués en béton armé.

Le tablier de 27,2 m de large est équipé d'un système de bracons (pièce oblique qui lie le tablier aux piles) fusibles, situé au niveau des piles, qui assure la tenue transversale sous conditions normales et vent extrême (amortissement des vibrations). En cas de séisme exceptionnel, ces béquilles métalliques cèdent en libérant le tablier qui se transforme ainsi en une balancelle géante simplement suspendue à ses 368 haubans.

Les amortisseurs géants

Les mouvements d'oscillation sont alors limités par l'intermédiaire d'amortisseurs géants (4 par pylône) qui autorisent une course de 3 m d'amplitude et sont capables de dissiper une énergie atteignant 5 mégajoules, ce qui correspond au dixième de la production d'une centrale de 120 MW.


Le pont vu depuis le large de Patras

Le pont Rion-Antirion la nuit
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:22

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:15

Littérature et science 

À la fin de ses longs travaux littéraires, en tant que seul Romain à avoir choisi comme thème l'entièreté du monde de la nature, il implore la bénédiction de la mère universelle sur tout son travail.

En littérature, il attribue la plus haute place à Homère et à Cicéron (XVII, 37 sqq.) puis en second lieu Virgile. Il a été influencé par les recherches du roi Juba II de Numidie et qu'il appelait « mon Maître »

Il voue un profond intérêt à la nature et aux science naturelles, les étudiant d'une manière nouvelle pour cette époque dans le monde romain. Malgré le peu d'estime que l'on porte pour ce genre d'études, il s'efforce toujours d'être au service de ses concitoyens (XXII, 15).

L'envergure de son œuvre est vaste et complète, une encyclopédie de toutes les connaissances et les arts tant qu'ils sont liés à la nature ou qu'ils en tirent leurs matériaux. Dans ce but, il étudie tout ce qui fait autorité dans chacun de ces sujets et ne manque pas d'en citer des extraits. Ses indices auctorum (index d'auteurs) sont, dans certains cas, les autorités qu'il a lui-même consultées (bien que cela ne soit pas exhaustif) parfois ces noms représentent les auteurs principaux sur le sujet qui ne sont connus que de seconde main. Il reconnaît franchement ses obligations à tous ses prédécesseurs dans une phrase qui mérite d'être proverbiale (Praef. 16, « plenum ingenni pudoris fateri per quos profeceris »)[7]. Il n'a pas en revanche le tempérament ou le loisir d'aller enquêter lui-même.

Il est évident que quelqu'un qui passe tout son temps à lire, écrire et compulser des extraits de ses prédécesseurs, n'en a plus pour une pensée indépendante ou pour une observation expérimentale patiente des phénomènes naturels. Mais c'est sa curiosité scientifique pour les phénomènes de l'éruption du Vésuve qui amène sa vie d'étude infatigable à sa fin prématurée et toute critique de ses défauts d'omission est désarmée par la candeur de sa confession dans sa préface : « nec dubitamus multa esse quae et nos praeterierint ; homines enim sumus et occupati officiis ». Préface,13 : Je ne doute pas que beaucoup de choses m'ont échappé, mais je suis un homme, occupé par les affaires publiques..

Son style trahit une influence de Sénèque. Il vise moins à la clarté qu'à l'épigramme. Il est plein d'antithèses, de questions, d'exclamations, de tropes, de métaphores, et d'autres maniérismes de l'âge d'argent de la littérature romaine (deux premiers siècles). La forme rythmique et artistique de la phrase est sacrifiée à une passion pour l'emphase qui enchante par le report de l'argument vers la fin. La structure de la phrase est aussi souvent erratique et décousue. On note aussi une utilisation excessive de l'ablatif absolu et des phrases à l'ablatif sont souvent mises en apposition pour exprimer l'opinion de l'auteur sur un énoncé qui précède immédiatement. Par exemple : XXXV, 80, « dixit (Apelles) ... uno se praestare, quod manum de tabula sciret tollere, memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam ».

Vers le milieu du IIIe siècle, un résumé des parties géographiques de l'œuvre de Pline est réalisé par Solinus et au début du IVe siècle, les passages médicaux sont réunis dans les Medicina Plinii. Au début du VIIIe siècle, Bède le Vénérable posséde un manuscrit de toute l'œuvre. Au IXe siècle, Alcuin envoie à Charlemagne un exemplaire des premiers livres (Epp. 103, Jaffé) et Dicuil réunit des extraits des pages de Pline pour sa mesure de la terre (Mensura orbis terrae, C, 825).

Les travaux de Pline sont tenus en grande estime au Moyen Âge. Le nombre de manuscrits restants est d'environ 200, mais le plus intéressant d'entre les plus anciens, celui de Bamberg, ne contient que les livres xxxii à xxxvii. Robert de Cricklade, supérieur du prieuré de Sainte Frideswide à Oxford, adresse au roi Henry II un Defloratio, contenant neuf volumes de sélections prises d'un des manuscrits de cette classe et qui est, depuis peu, reconnu comme donnant parfois la seule indication valable du texte initial. Parmi les manuscrits plus anciens, les codex Vesontinus, jadis à Besançon (XIe siècle), sont séparés en trois parties, désormais une à Rome, une à Paris, et la dernière à Leiden (où il existe aussi une transcription du manuscrit total).

L'art 

Il s'intéresse spécialement à la fabrication de grands papyrus (XIII, 68-38) et aux différentes sortes de teintures de pourpre (IX, 130), alors que sa description du chant du rossignol est un exemple élaboré du caractère parfois splendide de sa prose (XXIX, 81 sqq.)

La plupart des études récentes sur Pline se concentrent sur l'étude de ses domaines d'expertise, spécialement ceux présentés dans ses chapitres sur l'histoire de l'art (les livres XXXIII à XXXVII) - le plus ancien exposé sur ce sujet ayant survécu. Ses sources sont les traités perdus sur la sculpture en bronze et sur la peinture du sculpteur Xénocrate d'Athènes (IIIe siècle av. J.-C.) et l'érudit romain Varron (Ier siècle av. J.-C.).

On peut voir des statues des deux Pline en position assise, et revêtus de l'habit des érudits des années 1500, dans l'entrée principale de la cathédrale de Côme.

Les anecdotes de Pline l'Ancien concernant les artistes grecs inspirent à Vasari les sujets des fresques qui décorent encore les murs de son ancienne maison à Arezzo.

La botanique : les livres XII à XXVII 

Dans 16 livres de l'Histoire naturelle, Pline tente de réunir toutes les connaissances de son temps sur les végétaux. Il a non seulement rassemblé toutes les informations botaniques disponibles dans les ouvrages auxquels il avait accès mais il a aussi mené des enquêtes auprès des médecins, des herboristes, des gens de la campagne et fait par lui-même des observations sur le terrain. De cette large collecte, il a tiré un inventaire de la plus grande partie des plantes connues et nommées de son temps, soit environ 900 végétaux[8]., le double de ce qu'avait donné Théophraste, quatre siècles plus tôt. Il donne sur chaque plante des informations de nature botanique mais précise aussi leur utilisations agricoles, alimentaires, pharmaceutiques ou magiques. En général, il rapporte ces informations en disant "on dit" "on raconte" sans porter de jugement de valeur, sans qu'on puisse savoir ce que lui-même en pensait.

Pour Ducourthial[8], « En dépit de leurs défauts et des erreurs qu'ils contiennent, les seize Livres de l'Histoire naturelle que Pline a consacrés à l'étude des plantes constituent sans nul doute l'ouvrage le plus complet sur le sujet que l'Antiquité nous ait légué. Ils sont une mine inestimable de renseignements sur les connaissances botaniques au Ier siècle de notre ère ainsi que sur les croyances populaires attachées à la cueillette de nombreux végétaux et à leurs propriétés ».

La gastronomie et le vin, livre XIV 

Pline est une mine inépuisable de renseignements sur les aliments et sur les mœurs épulaires des Romains. " Après Columelle, Pline est de tous les auteurs latins celui auquel nous devons le plus de données sur les différentes espèces de vignes et de vins connus des anciens. Le livre XIV de l'Histoire Naturelle est consacré à ce thème ; il compte 22 chapitres qui traitent du sujet dans ses moindres détails, depuis les différentes espèces de vignes, la nature du sol, le rôle que joue le climat, le vin en général, les différents vins d'Italie et d'outre-mer connus depuis les temps les plus reculés, jusqu'à l'énumération des plus célèbres ivrognes de la Grèce et de Rome. Il fournit également des renseignements précieux sur les plantes odorantes, les arbres fruitiers, le blé, l'agriculture, le jardinage, les plantes médicinales, les viandes, poissons, gibiers, l'apiculture, la boulangerie, les légumes.

L'ornithologie, livre X 

Le livre X est consacré aux oiseaux et s'ouvre sur l'autruche. Pline la considère comme le point de passage des mammifères aux oiseaux. Il aborde de très nombreuses espèces et s'attarde particulièrement sur les aigles et d'autres rapaces comme les éperviers.

Bien qu'il emprunte de nombreux passages à Aristote, son œuvre lui est inférieure, et les récits les plus fabuleux cohabitent avec des faits plus réalistes.

Éditions 

  • La première édition imprimée de l'œuvre de Pline paraît en 1469 à cent exemplaires.
  • Naturalis Historiae opus, ab innumeris mendis a D. Johan. Caesaio Juliacen .., vindicatum ... Apud Sanctam Ubiorum Coloniam Agrippinam, Eucharii Cervicorni, 1524. C'est le texte de Philippe Beroalde corrigé par Jean Caesarius. Ce dernier prétend avoir corrigé 4 000 passages. L’Histoire naturelle de Pline est le dépôt de toutes les connaissances de l'Antiquité. C'est le tableau le plus complet de l'industrie humaine depuis les temps les plus reculés jusqu'au premier siècle de notre ère.
  • Historiae Naturalis libri XXXVII. Quos recensuit et motis illustravit Gabriel Brottier, Paris, J. Barbou, 1779
  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle Livre XXV, Les Belles Lettres, 2003 . (Les Belles Lettres ont aussi édité en édition bilingue, texte traduit et commenté, les livres II, III, VIII, XV).

Articles connexes 

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:10

Pline l'Ancien

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Gaius Plinius Secundus
Plinyelder.jpg

Surnom(s) Pline l'Ancien
Naissance 23 ap. J.-C
Novum Comum, l'actuelleCôme (Italie)
Décès 25 août 79 ap. J.-C (à 56 ans)
Stabies près de Pompéi (Italie)
Nationalité romain
Profession(s) écrivain, naturaliste

Pline l'Ancien (en latin Caius Plinius Secundus) fut un important écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle.

Il naquit en 23 après J.-C. à Novum Comum (l'actuelle Côme) dans le nord de l'Italie et décéda en 79, à Stabies (Stabia en latin), près de Pompéi, lors de l'éruption du Vésuve. Il adopta son neveu qui prit le nom de Caius Plinius Caecilius Secundus, Pline le Jeune, en 79 après J.-C.

L'Histoire naturelle (Naturalis historia), qui compte trente-sept volumes, est le seul ouvrage de Pline l'Ancien qui soit parvenu jusqu'à nous. Ce document a longtemps été la référence en matière de connaissances scientifiques et techniques. Pline a compilé le savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie.

Biographie

Son lieu de naissance

Pline l'Ancien naquit sous le consulat d’Asinius Pollion et de Caïus Antistius Vetus en 23 ou 24 de l'ère chrétienne, soit l'an de Rome 776. Il y a de l'incertitude sur le lieu de sa naissance: Vérone selon les uns et Côme (Novocomum), selon d'autres. Ce qui fait croire que Pline est de Vérone, c'est que des manuscrits portent en effet Plinius Veronensis, et que Pline lui-même, dans sa préface, appelle d'un mot militaire Catulle son pays (conterraneus) ; or Catulle était de Vérone. En faveur de Côme, on remarque qu'Eusèbe de Césarée, dans sa Chronique, joint au nom de Pline l'épithète de Novocomensis ; mais Eusèbe et les écrivains postérieurs ont longtemps confondu Pline l'auteur de l'Histoire naturelle et Pline le Jeune, son neveu, l'auteur des Lettres et du Panégyrique de Trajan. L'argument le plus considérable en faveur de Côme, ce sont les inscriptions que l'on a trouvées dans cette ville, inscriptions où le nom de Pline revient souvent : elles ne sont pas, il est vrai, relatives à notre Pline, mais du moins elles montrent qu'à Côme ce nom était commun, et l'on en tire la conclusion que notre auteur était aussi de cette ville. En définitive, ce point ne paraît pas susceptible d'une solution complète.

Sa formation

Pline l'Ancien était membre de la classe sociale des chevaliers romains (eques) par sa mère, fille du sénateur Gaius Caecilius de Novum Comum. Avant 35[1], son père l'emmena à Rome, où il confia son éducation à un de ses amis, le poète et général Publius Pomponius Secundus. Pline y acquit le goût d'apprendre, qu'il conserva toute sa vie. Deux siècles après la mort des Gracques, le jeune homme put admirer certains de leurs manuscrits autographes, dans la bibliothèque de son précepteur. Il leur consacra plus tard une biographie. Pline mentionna les grammairiens et rhétoriciens Remmius Palaemon et Arellius Fuscus dans sa Naturalis historia,[2] et fut sans doute leur élève. À Rome, il étudia la botanique au topiaire d'Antonius Castor et vit les anciens « arbre lotus » sur les terrains qui avaient appartenu auparavant à Crassus[3]. Il put également contempler la vaste structure édifiée par Caligula[4] et assista probablement au triomphe de Claude Ier sur la Bretagne, en 44 (III, 119). Sous l'influence de Sénèque, il devint un étudiant passionné de philosophie et de rhétorique et commença à exercer la fonction d'avocat.

Sa carrière militaire

Il servit sous les ordres de Gnaeus Domitius Corbulo en Germanie en 47, participant à la conquête romaine des Chauques, tribu germanique du littoral Nord-Ouest et à la construction du canal entre le Rhin et la Meuse. En tant que jeune commandant d'un corps de cavalerie (praefectus alae), il écrivit, dans ses quartiers d'hiver, un essai sur l'art de lancer le javelot à cheval (de jaculatione equestri).

En Gaule et en Espagne, il apprit la signification d'un certain nombre de mots celtiques. Il nota les sites associés à l'invasion romaine en Germanie, et les lieux des victoires de Drusus, (Plin. Epp., III, 5, 4). Son rêve était de raconter l'histoire de toutes les guerres entre Romains et Germains. Il accompagna Pomponius, ami de son père, en expédition contre les Chattes (50) et visita la Germanie pour une troisième fois, en tant que compagnon du futur empereur Titus Flavius (Praef. § 3).

Ses recherches 

Sous Néron, il vit principalement à Rome. Il mentionne la carte d'Arménie et les abords de la mer Caspienne qui fut cédée à Rome par le personnel de Corbulo en 59 (VI, 40). Il assiste aussi à la construction de la Domus Aurea de Néron après le grand incendie de 64 (XXXVI, 111).

Entre-temps, il complète les vingt livres de son « Histoire des guerres germaniques », seul ouvrage de référence cité dans les six premiers livres des Annales de Tacite (I, 69). Cet ouvrage est probablement une des principales sources de renseignements sur la Germanie jusqu'aux écrits de Tacite. Au début du Ve siècle, Symmaque eut un petit espoir de retrouver une copie (Epp., XIV, 8).

Il consacre beaucoup de son temps à des sujets relativement plus sûrs, comme la grammaire et la rhétorique. Studiosus, un travail détaillé sur la rhétorique est suivi des huit livres de Dubii sermonis (67).

Au service de l'État 

Pompéi : le dernier jour

Sous le règne de son ami Vespasien, il retourne au service de l'État comme procurateur en Gaule narbonnaise (70) et en Hispanie romaine (73). Il visite aussi la Gaule belgique (74). Durant son séjour en Espagne, il se familiarise avec l'agriculture et les mines du pays, en plus de visiter l'Afrique (VII, 37). À son retour en Italie, il accepte une charge auprès de Vespasien, qui le consulte aux aurores avant de vaquer à ses occupations officielles. À la fin de son mandat, il consacre l'essentiel de son temps à ses études (Pun. Epp., III, 5, 9).

Il complète une Histoire de son Temps en 31 livres, traitant du règne de Néron jusqu'à celui de Vespasien, qu'il veut ne laisser paraître qu'après sa mort (N. H., Praef. 20). Cette œuvre est citée par Tacite (Ann., XIII, 20 ; XV, 53 ; Hist., III, 29), et influence Suétone et Plutarque.

Il termine presque son grand ouvrage Naturalis historia, une encyclopédie dans laquelle Pline collecte une grande partie du savoir de son époque, travail planifié sous la direction de Néron. Les informations qu'il collecte à cette fin remplissent pas moins de 160 volumes en l'an 73, lorsque Larcius Licinus, le légat préteur d'Hispania Tarraconensis, essaie vainement de les acheter pour l'équivalent de plus de 200 000 £ (valeur estimée en 2002). Il dédie son œuvre à Titus Flavius en 77.

Le 24 août 79, lors de l'éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi et Herculanum, il se trouve à Misène. Voulant observer le phénomène au plus près et désirant porter secours à quelques uns de ses amis en difficulté sur les plages de la Baie de Naples, il part avec ses galères, traversant la baie jusqu'à Stabies (aujourd'hui Castellammare di Stabia) où il meurt, probablement étouffé, à 56 ans.

L'éruption a été décrite par son neveu Pline le Jeune dont le nom est retenu en volcanologie ancienne : « éruption plinienne ».

Le récit de ses dernières heures est relaté dans une intéressante lettre que Pline le Jeune adresse, 27 ans après les faits, à Tacite (Epp., VI, 16). Il envoie aussi, à un autre correspondant, un exposé sur les écrits et le mode de vie de son oncle (III, 5) :

« Il commençait à travailler bien avant l'aube... Il ne lisait rien sans en faire de résumé ; il disait même qu'il n'existait aucun livre, si mauvais soit-il, qui ne contienne quelque valeur. Au pays, seule l'heure du bain l'exemptait d'étudier. En voyage, lorsqu'il était déchargé d'autres obligations, il se consacrait uniquement à l'étude. En bref, il considérait comme perdu le temps qui n'était pas consacré à l'étude. »

Le seul fruit de son inlassable labeur qui persiste de nos jours est sa Naturalis Historia qui fut utilisée comme référence pendant de nombreux siècles par d'innombrables élèves.

Œuvres

Pline le Jeune dans une de ses lettres cite toutes ses œuvres.

« Je suis très heureux que la lecture des livres de mon oncle vous passionne au point de vouloir les posséder tous et d'en réclamer la liste complète. Je remplirai le rôle de catalogue et même je vous indiquerai l'ordre de leur composition, car cette connaissance ne déplaît pas non plus aux curieux de lettres.

L'Art de lancer le javelot à cheval (en 1 livre) : il l'a composé avec autant de talent que de soin, lorsqu'il était aux armées comme commandant d'une aile de cavalerie.

La Vie de Pomponius Secundus (en 2 livres) : il en était particulièrement aimé ; il écrivit cet ouvrage comme pour s'acquitter d'une dette envers la mémoire de son ami.

Les Guerres de Germanie (en 20 livres) : il y a raconté toutes les guerres que nous avons soutenues contre les Germains. Il les commença pendant son service en Germanie ; un songe lui en donna l'idée ; pendant son sommeil il vit debout devant lui le fantôme de Drusus Néron, qui, après avoir soumis une grande partie de la Germanie, y mourut ; il lui recommandait de veiller sur sa mémoire et le priait de le sauver d'un injurieux oubli.

L'Homme de lettres (en 3 livres, divisés en 6 volumes à cause de leur étendue) : il y prend l'orateur au berceau et le conduit à sa perfection.

Les Difficultés de la grammaire (en 8 livres) : il l'écrivit pendant les dernières années du règne de Néron, quand tous les genres d'études un peu libres et un peu sérieuses eurent été rendues périlleuses par la servitude.

La Suite d'Aufidius Bassus (en 31 livres).

L'Histoire naturelle (en 37 livres) : ouvrage étendu, savant, presque aussi varié que la nature elle-même.  »

Des ouvrages de Pline un seul est arrivé jusqu'à nous, son Histoire naturelle. Ce n'est pas, à proprement parler, ce que dans notre langage moderne nous entendrions par un titre semblable. Voici le plan de ce livre : l'auteur commence par exposer des notions sur le monde, la terre, le soleil, les planètes, et les propriétés remarquables des éléments. De là il passe à la description géographique des parties de la terre connues des anciens. Après la géographie vient ce que nous appellerions l'histoire naturelle, à savoir, l'histoire des animaux terrestres, des poissons, des insectes et des oiseaux. La partie botanique qui suit est très considérable, d'autant plus que Pline introduit beaucoup de renseignements sur les arts, tels que la fabrication du vin et de l'huile, la culture des céréales, et différentes applications industrielles. La partie botanique terminée, il revient sur les animaux pour énumérer les remèdes qu'ils fournissent ; enfin il passe aux substances minérales, et là (ce qui est une des parties les plus intéressantes de son livre) il fait à la fois l'histoire des procédés d'extraction de ces substances, et celle de la peinture et de la sculpture chez les anciens. On voit qu'à vrai dire l'ouvrage de Pline est une sorte d'encyclopédie.

Ses intérêts principaux

La philosophie

Comme beaucoup de gens cultivés du début de l'empire romain, Pline est adepte du stoïcisme. Il est lié avec son plus noble représentant, Publius Clodius Thrasea Paetus et subit aussi l'influence de Sénèque. Ce stoïcien qui s'adonne à l'étude de la nature et dont la morale lui enseigne d'être agréable avec les autres, cherche sans cesse dans son œuvre littéraire à être bénéfique et à instruire ses contemporains (Praef. 16, XXVIII, 2 ; XXIX, I).

Il est aussi influencé par l'épicurisme, l'académisme et la renaissante école pythagoricienne. Mais sa vision de la nature et des dieux reste essentiellement stoïcienne. Selon lui, c'est la faiblesse de l'humanité qui enferme la déité sous des formes humaines entachées de fautes et de vices (II, 148). La divinité est réelle : c'est l'âme du monde éternel, dispensant sa bienfaisance tant sur terre que sur le soleil et les étoiles (II, 12 sqq., 154 sqq.). L'existence de la divine Providence est incertaine (II, 19) mais la croyance en son existence et à la punition des méfaits est salutaire (II, 26) ; et la récompense de la vertu consiste en l'élévation à la divinité de ceux qui ressemblaient à un dieu en faisant le bien pour l'humanité (II, 18, « Deus est mortali iuuare mortalem, et haec ad aeternam gloriam via »)[5]. Il est mauvais de s'enquérir du futur et de violenter la nature en ayant recours aux arts de la magie (II, 114 ; XXX, 3) mais l'importance des prodiges et des présages n'est pas rejetée (II, 92, 199, 232).

La vision que Pline a de la vie est sombre : il voit la race humaine plongée dans la ruine et la misère (II, 24 ; VII, 130). Contre le luxe et la corruption morale, il se livre à des déclamations si fréquentes (comme celles de Sénèque) qu'elles finissent par lasser le lecteur. Sa rhétorique fleurit pratiquement contre des inventions utiles (comme l'art de la navigation) dans l'attente du bon sens et du goût (XIX, 6).

Avec l'esprit de fierté nationale du Romain, il combine l'admiration des vertus qui ont mené la république à sa grandeur (XVI, 14 ; XXVII, 3 ; XXXVII, 201). Il n'élude pas les faits historiques défavorables à Rome (XXXIV, 139) et même s'il honore les membres éminents des maisons romaines distinguées, il est libre de l'indue partialité de Tite-Live pour l'aristocratie. Les classes agricoles et les vieux seigneurs de la classe équestre (Cincinnatus, Curius Dentatus, Serranus et Caton l'Ancien) sont pour lui les piliers de l'état et il se lamente amèrement du déclin de l'agriculture en Italie (XVIII, 21 et 35, « latifundia perdidere Italiam »)[6]. De même, pour l'Histoire des débuts de Rome, il préfère suivre les auteurs pré-augustéens ; cependant il voit le pouvoir impérial comme indispensable au gouvernement de l'empire et il salue le salutaris exortus de Vespasien (XXXIII, 51).

Par CHOMOLANGMA - Publié dans : PERSONNAGES ILLUSTRES
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 09:59

Hématite

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Hématite
CatégorieIII : oxydes et hydroxydes
Hématite Rose de Fer.jpg

Hématite Rose de Fer -Ouro Preto, Brésil (6x3,6cm)
Général
Catégorie Minéral
Formule brute Fe2O3
Identification
Masse moléculaire 159.69 g/mol
Couleur gris acier, noir de fer, irisé, brunâtre, brun rouge, gris noir, bleuté, rouge.
Classe cristalline ou groupe d'espace ditrigonale-scalénoédrique \ \bar 3 2/m
Système cristallin trigonal
Réseau de Bravais rhomboédrique
Macle possibles selon {10-11} et {0001}, souvent lamellaires
Clivage néant
Habitus Tabulaire, rhomboédrique, pyramidal, prismatique, hexagonal, pseudocubique. Faces de {0001} avec stries formant des triangles.
Fracture irrégulière à subconchoïdale
Échelle de Mohs 5,5 - 6,5
Éclat métallique, mat
Propriétés optiques
Indice de réfraction nω = 3.150 - 3.220 nε = 2.870 - 2.940
Biréfringence δ=0,28-0,21 ; biaxe négatif
Polychroïsme Dichroïsme
Fluorescence ultraviolet Aucune
Trait rouge, brun
Transparence Translucide à opaque
Autres propriétés
Densité 4,9 - 5,3
Solubilité soluble dans l’HCl
Caractères distinctifs
Magnétisme failbe et paramagnétique
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Hématite
Général
Nom IUPAC trioxyde de difer,
Oxyde de fer rouge,
Oxyde de fer jaune
No CAS 1309-37-1
No EINECS 215-168-2
Propriétés chimiques
Formule brute Fe2O3  [Isomères]
Masse molaire 159,688 ± 0,005  g·mol⁻¹
Fe 69,94 %, O 30,06 %,
Propriétés physiques
T° fusion 1 565 °C
Solubilité insoluble dans l'eau
Masse volumique 5,24 g·cm⁻³
Précautions
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi
Phrases R : 36/37/38,
Phrases S : 26,
Transport
-
   1376   
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’hématite, est une espèce minérale composée d’oxyde de fer III de formule Fe2O3avec des traces de Ti;Al;Mn et H2O. C'est le polymorphe α; de Fe2O3, le polymorphe γ; étant la maghémite.

C’est un minéral très courant, de couleur noire à gris argenté, brun à rouge, ou rouge, avec de nombreuses formes cristallines; les cristaux peuvent atteindre 13cm [1]

Inventeur et étymologie

Son existence est rapportée par Pline l'ancien dès 77. Le nom de l’hématite est emprunté au latin haematites, lui même emprunté du grec αίματίτης, dérivé de αίμα qui signifie « sang ». La poudre d’hématite était d’ailleurs utilisée comme pigment rouge.

Cristallographie

L'hématite a une structure notée D51 en notation Strukturbericht. C'est une structure rhomboédrique, de groupe d'espace \mathrm{R\bar{3}c} (n°167). Un motif est composé de deux pentaèdres Fe2O3 inversés qui se répètent aux nœuds du rhomboèdre. Ses paramètres de maille sont :

  • a = 5,43 Å ;
  • α = 55,26° = 55°16’.

Les ions O2- forment un réseau hexagonal compact, avec donc une alternance de plans A-B ; les ions Fe3+ occupent les deux-tiers des sites interstitiels octaédriques, avec trois types de plans a, b et c en alternance. On a donc une alternance A-a-b-B-c-a-A-b-c-B-a-b-A-c-a-B-b-c-A-a… Les paramètres de maille dans cette description hexagonale sont :

  • a = 5,04 Å ;
  • c = 13,78 Å.

Par rapport à la description précédente, la distance entre les plans de O2- des pentaèdres est c/2.

Cristallochimie 

L’hématite est le chef de file d’un groupe avec le corindon le groupe du corindon-hématite ayant tous la même structure cristalline, et une formule générale du type A2O3 ou A peut être un cation tel que le fer le titane, aluminium, le chrome, le vanadium, la magnésium, l'antimoine, le sodium, le zinc et/ou le manganèse.

Groupe corindon-hématite

Synonymie

  • anhydroferrite [2]
  • fer micacé [3]
  • fer oxydé rouge (Haüy 1801)[4]
  • hematitogelite (Tućan 1913)[5]
  • oligiste (fer) (Haüy 1801) : du grec oligos = peu nombreux, pour le faible nombre de faces du cristal.

Variétés

  • alumohématite : variété riche en aluminuim de formule idéale : (Fe,Al)2O3.
  • crucilite ou crucite ( Thompson) : Pseudorphose d'arsénopyrite en hématit ou en goethite décrite d'après des échantillons de Clonmel, Co. Waterford, Ireland, l'aspect cruciforme des cristaux à inspiré le nom.
  • mine de fer spéculaire ou fer spéculaire ou spécularite: Variété d'habitus tabulaires à faces lisses, utilisables comme miroirs ; dérivant d'un mot grec signifiant "je regarde attentivement", le latin specere " regarder " a donné speculum (miroir)[6].
  • martite (Breithaupt) : pseudomorphoses de magnétite en hématite [7].
  • rose de fer : Variété d'habitus qui désigne l'assemblage de plusieurs cristaux tabulaires qui rappelle l'aspect d'une rose [8].

Gîtolologie

Minéral très commun dans des contextes géologiques très variés. D'origine primaire, formé à haute température. Produit de fumerolles, il peut donner des concentrations dans des gîtes de contact. Il peut être un élément des roches éruptives. Parfois en dépôt important avec limonite et sidérite dans les roches sédimentaires.

Minéraux associés

Dans les roches métamorphique set ignées : magnétite,Ilménite, rutile Dans les zones sédimentaires : goethite, lepidocrocite, sidérite

Hématite sur Mars 

On a trouvé, sur la planète Mars, en 2004, des sphères qui pourraient être intégralement ou en partie composées d'hématite. L'hématite se forme habituellement par l'action érosive de l'eau, ce qui suppose la présence, à une époque, d'eau sur Mars.

 

Galerie

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Gisements remarquables

  • Brésil
  • France
  • Italie

Critères de détermination

Sa légère solubilité dans l'acide chlorhydrique permet de la distinguer de l'ilménite.

Utilité

Hématite - entaille travail du XIXe siècle(14x10mm)
  • L'hématite est le minerai de fer le plus abondant.
  • L'hématite peut être utilisée comme granulats (taille comprise entre 0 et 25 mm) dans les bétons dits lourds, destinés à la fabrication de contrepoids et d'écrans de protection anti-radiations.
  • Elle peut servir de pigment.
  • Certaines pierres peuvent être taillées comm
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