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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 08:43

XXVIe dynastie égyptienne

 

 

 

 


Statues de la famille de Psammétique, Ägyptisches Museum

 

 

 

 

La XXVIe dynastie égyptienne couvre la période de -664 à -525 dite période saïte, du nom de la ville de Saïs dont est originaire la dynastie.

Profitant des ennuis des Assyriens, un des gouverneurs, Psammétique Ier (-663/-609) réussit à les expulser grâce à des mercenaires lydiens et grecs. Psammétique Ier refait l'unité du pays. Son règne et ceux de ses successeurs sont marqués par la « renaissance saïte » : ils vont imiter le Moyen Empire et même l'Ancien Empire.

Néchao II va tenter de soumettre le royaume de Juda, ce qui l'amène à se heurter aux Babyloniens qui le battent à Karkemish. Il entreprend le creusement d'un canal destiné à relier le Nil à la Mer Rouge et qui a fonctionné avant d'être ensablé. Il envoie une expédition phénicienne à partir du delta du Nil explorer et accomplir la première circumnavigation du continent africain.

Le dernier grand roi de cette dynastie, Amasis (-568 / -525), doit faire face aux réactions xénophobes de la population. Il va édifier dans le delta la ville de Naucratis, réservée aux Grecs, et installer, sur l'île d'Éléphantine, une sorte de ghetto pour les Juifs. Mais il sent monter le danger perse, c'est pourquoi il resserre ses relations avec les Grecs, les Lydiens (-546) et les Babyloniens (-539). Il est aussi le plus philhellène des rois d'Égypte ; il finance, par exemple, la reconstruction du temple d'Apollon.

Cambise II, le roi perse, vainc les Lydiens en -546, les Babyloniens en -539 et conquiert l'Égypte en -525.

Économie et société

Plus que jamais la société égyptienne, et tout particulièrement l’armée, apparaît très cosmopolite et métissée. Grecs et Cariens s’ajoutent aux Nubiens et Libyens anciennement intégrés et aussi aux contingents juifs, syriens et phéniciens, ces derniers très présents, avec les Grecs d’Ionie, dans la marine militaire, comme dans la flotte marchande.

On note le développement d’un armement et d’un négoce international d’initiative privée, surtout d’origine orientale. Dans l’armée, l’influence des clans militaires d’origine libyenne reste réelle, mais est équilibrée par ces nouvelles forces mercenaires. Cette ouverture accrue sur la Méditerranée entraîne un renforcement des liens militaires et commerciaux avec les Grecs (comptoir commercial de Naucratis). L’État saïte profite de ces évolutions : pour assurer sa sécurité et sa prospérité économique, il perçoit des taxes avantageuses sur le négoce international. Il le favorise aussi en aménageant le canal des pharaons, qui permet de relier la Méditerranée à la mer Rouge par le delta. La bureaucratie saïte réussit à encadrer cette expansion économique fructueuse entre importations de l’Égée et du Proche-Orient et exportation égyptienne de céréales, tissus de lin et papyrus.

Art et culture

Renaissance culturelle pendant la période saïte (-664/-525), l’art d’État, qui avait repris sous les Kouchites, se développe grâce à la restauration de l’ordre et à la prospérité économique. On voit réapparaître sur les sarcophages des notables des séquences des anciens textes des pyramides, et le déplacement du centre du pouvoir de Saïs à Memphis fait du classicisme memphite de l’Ancien Empire le modèle artistique plus que jamais imité pour affirmer la grandeur retrouvée.

L’activité monumentale est forte à Memphis, où le Sérapéum de Saqqarah est agrandi, alors que culmine le culte du taureau Apis, dans le mouvement général de dévotion aux animaux sacrés, réceptacles de la puissance divine incarnée sur terre, substituts d’une royauté sujette à tant de soubresauts, pour garantir la marche de l’univers.

Les constructions sont nombreuses aussi à l’intérieur du delta, en particulier à Saïs, berceau de la dynastie, où le grand temple de la déesse Neith devient un des principaux centres de la vie religieuse et culturelle, spécialement réputé pour son école de médecine. C’est auprès de la maison de vie du temple de Neith, qu’au milieu du Ve siècle av. J.-C., Hérodote cherche à pénétrer le savoir des scribes. C’est aussi à l’époque saïte que se codifient nombre de grands corpus de textes religieux et funéraires (recension saïte du livre des morts développé au Nouvel Empire).

Pharaons de la XXVIe dynastie

 


Article connexe : Divine Adoratrice d'Amon.
Pschent2.png Pharaon1 Renpout.png Règne2 Egypte icon lieu.png Capitale Tombe2.png Tombe Egypte icon momie.png Momie
Gouverneur de Saïs et pharaons
Ammeris -715 à -695 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Stephinates ou Tefnakht II -695 à -688 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Nechepso ou Nekauba -688 à -672 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Néchao Ier -672 à -664 Saïs Nécropole royale de Saïs ?  ?
Psammétique Ier -664 à -610 Saïs puis Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Néchao II -610 à -595 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Psammétique II -595 à -589 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Apriès (-589 à -570) -589 à -570 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Amasis -571 à -526 Memphis Nécropole royale de Saïs  ?
Psammétique III -526 à -525 Memphis  ?  ?

Notes

  1. Les trois premiers ne sont que rois de Saïs (ou Proto-Saïte)
  2. Plusieurs dates peuvent exister ; voir le détail à la page de chaque pharaon

Liens externes

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 08:35

Akhethétep

 

 

 


Akhethétep
t G25 Htp
t p
A1

Akhethétep est un dignitaire de l'Ancien Empire, célèbre pour la tombe qu'il possède à Saqqarah dont la chapelle funéraire est exposée depuis le XXe siècle au musée du Louvre.

Son nom, qui signifie « le Dieu de l'Horizon est parfait » ou « L'œil d'Horus est préservé », est courant : on lui connaît plusieurs homonymes à Saqqarah. Ses titres, peu significatifs, indiquent son rang et sa qualité de courtisan royal. Il exerçait quelques prêtrises liées au monde médical.

Généalogie

  Akhethétep
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Père inconnu Grands-parents paternels
      Grand-père paternel inconnu
  Grand-mère paternelle inconnue
Mère Mère inconnue Grands-parents maternels
      Grand-père maternel inconnu
  Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse inconnue Enfant(s) Séânkhouptah
Râkhouef, médecin chef
Akhethétep, inspecteur des médecins

 

 

En dépit des dix-sept titres qu'il s'octroie dans les inscriptions de sa chapelle funéraire, Akhethétep – notable de l'Égypte antique – conserve un certain mystère. On ne sait pas à quelle époque précise il vivait, probablement à la Ve dynastie1, ni qui étaient son épouse et ses parents. Seuls trois de ses fils sont mentionnés dans sa tombe : Séânkhouptah, Râkhouef, médecin chef, et Akhethétep, inspecteur des médecins.

Sépulture

  Akhethétep
Type Mastaba
Emplacement Saqqarah
Date de découverte 1903
Découvreur Georges Bénédite
Fouilles 1991-2000 : Fouilles du Louvre à Saqqarah
Objets découverts Table d'offrande en granite
Statue d'Akhethétep en scribe
Statue d'Akhethétep assis
Statue d'Akhethétep debout en costume sacerdotal
Vase canope en calcite et son couvercle
Vaisselle en pierre
Outils lithiques

 

 

Le mastaba d'Akhethétep se trouve le long de la chaussée d'Ounas et a été identifié et exploré au début de l'histoire du Service des antiquité égyptiennes. La chapelle de culte du dignitaire, de petite dimension, a été offerte à la France par l'Égypte et transportée au musée du Louvre au début du XXe siècle. Puis la trace de la tombe a été perdue. À la fin du même siècle, le Louvre organisa alors une série de campagnes de fouilles afin de retrouver l'emplacement du tombeau et de poursuivre son exploration.

Ces missions qui se succédèrent sur une dizaine d'année donnèrent une nouvelle moisson de découvertes concernant le dignitaire, dont une série de statue ayant échappé aux premières fouilles, ainsi que la découverte à proximité de l'emplacement de la tombe de toute une partie de la nécropole de Saqqarah encore inexplorée. Les fouilles de ce secteur se poursuivent encore de nos jours.

Notes

  1. En effet, jusqu'à présent aucun relief portant la titulature d'un souverain n'a été retrouvé dans la tombe d'Akhethétep. Cependant, le style de ses reliefs ainsi que le programme iconographique sont caractéristiques de la deuxième moitié de l'Ancien Empire, de plus un fragment de papyrus datant de Djedkarê Isési a été retrouvé lors des fouilles récentes du mastaba fournissant un autre indice pour dater le monument

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 08:41

Amenhotep fils de Hapou

 

 

 


Amenhotep fils de Hapou
Couvercle du sarcophage d'Amenhotep fils de Hapou

 

 

 

 

Amenhotep fils de Hapou (de Hapou, ayant donné apis en grec : « taureau »), appelé aussi parfois Aménophis en grec ancien (« uni à Amon » ou « Amon est satisfait »), est né et a été éduqué dans la ville d'Athribis dans le delta du Nil. Talentueux, il fut choisi pour servir au palais en tant que scribe royal. Cette profession lui permit de se rapprocher d'Amenhotep III.

Plus tard, ce dernier fit de lui son vizir et son chef des travaux publics, notamment des canaux. Dès lors, il fut chargé d'ériger, entre autres, deux statues gigantesques connues sous le nom de « colosses de Memnon ». Ces deux statues sont situées à l'entrée du temple funéraire d'Amenhotep III sur la rive occidentale de Thèbes - temple aujourd'hui disparu. On lui doit également une partie du temple de Soleb.

Homme d'une grande sagesse, il se fit une excellente réputation durant son existence. Le roi lui fit l'honneur de pouvoir construire son propre temple funéraire sur la rive occidentale de Thèbes. Il est le grand savant de l'antiquité égyptienne avec Imhotep. Il fait le lien entre la chimie à caractère profane, par exemple dans l'art de la céramique, et les bâtiments consacrés, des temples et des tombeaux, de l'Ancien Empire.

Le temple funéraire d’Amenhotep se trouve à Deir el-Bahari (près du site de Karnak). C'est là qu'on a retrouvé, en 1935, une fresque traduite par Alexandre Varille et Clément Robichon1 et reprise, selon Joseph Davidovits, mot pour mot dans un passage biblique, Genèse 41, où Pharaon installe Joseph aux commandes de toute l'Égypte.

Au cours de la période ptolémaïque (durant environ 1 200 ans), Amenhotep fils de Hapou fut honoré et adoré comme le dieu de la guérison sous le nom d'Amenhotep le sage. Une chapelle fut construite pour son culte au temple de Deir el-Bahari. Une statue, qui accueille le visiteur au musée du Caire, le représente sous les traits d'un homme âgé. Par ailleurs, l'inscription gravée sur la statue en question nous apprend qu'Amenhotep fils de Hapou atteignit l'âge de quatre-vingts ans et désirait même arriver à l'âge vénérable de cent dix ans.

Bibliographie

  • Joseph Davidovits, La Bible avait raison, Paris, Jean-Cyrille Godefroy, 2005 (ISBN 2865531821) 
    Dans ce livre, Davidovits tente d'établir des liens entre le récit biblique de Joseph (Genèse, chapitres 37-47) et des faits historiques. Il assimile Amenhotep fils de Hapou au patriarche Joseph, qu'il fait vivre de -1430 à -1350, juste avant le règne d'Akhénaton le pharaon monothéiste.

Notes

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 17:22

XVIIIe dynastie égyptienne

 

 

 

 

 



Statue de Nebsen et Nebet-Ta, XVIIIe dynastie.

 

 

 

Masque mortuaire de Toutânkhamon, l’un des pharaons les plus célèbres de la XVIIIe dynastie égyptienne.

 

 

 

L'étendue de l'Égypte antique à son apogée territorial sous la XVIIIe dynastie.

 

 

 

 

La XVIIIe dynastie (-1550/-1292) est souvent assimilée à l’apogée de la civilisation égyptienne antique. Elle clôt la longue deuxième période intermédiaire égyptienne et ouvre le Nouvel Empire avec l’expulsion des Hyksôs, peuplade asiatique qui occupait le pays jusqu’à Abydos et dont la capitale était Avaris.

 

Histoire

Ahmosis, issu d’une famille thébaine, entreprit de marcher contre les Hyksôs afin de réunir les Deux Terres, comme ses prédécesseurs Séqénenrê Taâ et Kamosé l’avaient tenté avant lui. Son expédition fut couronnée de succès et, après la prise d’Avaris, les fuyards furent poursuivis jusque dans leur citadelle de Sherouhen, en Palestine. Ces événements sont documentés par l’autobiographie qu’un compagnon d’armes du roi, Ahmès fils d’Abana, fit graver sur les parois de sa tombe à El Kab. On retrouva également dans la tombe de la mère du roi, la reine Iâhhotep, des armes de parade, dons du roi à sa mère et signe des temps.

À dater de cette victoire, la politique des pharaons de la XVIIIe dynastie fut d’étendre la domination de la Double Couronne au-delà des limites du pays.

Les Amenhotep et Thoutmôsis repoussèrent les frontières jusqu’en Nubie, à la 4e cataracte, et jusqu’à l’Euphrate, édifiant forteresses et sanctuaires, créant des protectorats et passant alliance avec les empires voisins de Mitanni ou Babylone. Des expéditions commerciales furent organisées vers de lointains pays comme la Crète ou vers le pays de Pount, à l’époque d’Hatchepsout.

Des conditions exceptionnelles de paix et les tributs envoyés par les pays soumis ouvrirent une période d’un faste inouï, et incroyablement féconde au niveau artistique sous Amenhotep III, avec la construction de monuments imposants tels que le temple de Louxor, l’agrandissement du temple d’Amon-Rê à Karnak, le temple funéraire du roi, appelé son Château des Millions d’Années, dont il subsiste les colosses de Memnon… L’Égypte et la Nubie se couvrent de sanctuaires et le prestige de pharaon rayonne du bassin méditerranéen à l’Afrique tropicale, des déserts de Libye aux frontières de l’Anatolie, maître d’un immense empire dont le centre est Ouaset, la Thèbes des Grecs.

Cette période vit aussi naître de profonds changements dans la conception du divin, avec le développement du culte monothéiste d’Aton, dont Amenhotep IV se proclamera le prophète en changeant son nom en Akhénaton. Il ira jusqu’à déplacer sa capitale de Thèbes à Akhetaton, « l’Horizon d’Aton », à interdire les cultes des autres divinités, et fera même marteler le nom et les images d’Amon-Rê partout où elles se trouvaient.

Le second successeur d’Akhénaton, Toutânkhaton, restaura les cultes divins et changea son nom en Toutânkhamon. Mort très jeune, il fut inhumé avec un mobilier funéraire d’une incroyable richesse qui est parvenu jusqu’à nous grâce à la découverte de sa tombe quasiment intacte par Howard Carter en 1922.

Après le règne éphémère d’Aÿ, la XVIIIe dynastie s’achève avec la prise du pouvoir par un général d’Akhénaton, Horemheb, qui ouvre ainsi la voie à la XIXe dynastie, celle des Ramsès, Séthi et Mérenptah.

Pharaons de la XVIIIe dynastie

 

 

 

Voir l’article annexe : Arbre généalogique de la XVIIIe dynastie égyptienne.

 

 

 

Pschent2.png Pharaon Renpout.pngRègne1 Egypte icon lieu.png Capitale Tombe2.png Tombe Egypte icon momie.png Momie
 
Ahmosis entre -1570/-1530
à entre -1546/-1504
Thèbes Abydos2 ? ou Dra Abou el-Naga ?,
puis Deir el-Bahari, DB320
Intacte, aujourd’hui au musée de Louxor
Amenhotep Ier entre -1551/-1524
à entre -1504/-1483
Thèbes Dra Abou el-Naga ? Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Thoutmôsis Ier entre -1593/-1482
à entre -1483/-1470
Thèbes Vallée des rois, pillée :
tombeaux KV20 puis KV38 puis Deir el-Bahari, DB320
Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Thoutmôsis II entre -1518/-1503
à entre -1470/-1467
Thèbes Vallée des rois ?
puis Deir el-Bahari, DB320
Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Hatchepsout entre -1503/-1483
à entre -1467/-1445
Thèbes Vallée des rois, pillée :
tombeau KV20 puis KV60
Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Thoutmôsis III entre -1504/-1452
à entre -1467/-1413
Thèbes Vallée des rois, pillée :
tombeau KV34 puis Deir el-Bahari, DB320
Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Amenhotep II entre -1454/-1419
à entre -1413/-1388
Thèbes Vallée des rois, partiellement pillée :
tombeau KV35
Intacte, restée dans son tombeau KV35
Thoutmôsis IV entre -1419/-1386
à entre -1388/-1379
Thèbes Vallée des rois, partiellement pillée  :
tombeau KV43 puis KV35
Intacte, aujourd’hui au musée du Caire
Amenhotep III entre -1410/-1372
à entre -1379/-1340
Thèbes Vallée des rois, pillée :
tombeau WV22 puis KV35 ?
Réduite à l’état de squelette, aujourd’hui au musée du Caire ?
Amenhotep IV/Akhénaton entre -1397/-1387
à entre -1340/-1324
Akhetaton Amarna, pillée
puis KV55 ?
Réduite à l’état d’ossements, aujourd’hui au musée du Caire ?
Ânkh-Khéperourê ou Smenkhkaré -1355
à entre -1324/-1319
Akhetaton Amarna ? puis KV55 ? Réduite à l’état d’ossements, aujourd’hui au musée du Caire ?
Toutânkhaton/Toutânkhamon entre -1355/-1346
à entre -1319/-1309
Memphis Vallée des rois, quasi intacte :
tombeau KV62
Intacte, restée dans son tombeau KV62
Aÿ entre -1346/-1343]
à entre -1309/-1305
Thèbes Vallée des rois, pillée :
tombeau WV23
 ?
Horemheb entre -1343/-1315
à entre -1305/-1292
Thèbes Vallée des rois, partiellement pillée  :
tombeau KV57 puis KV35 ?
 ?

 

 

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:24

 

L'Hispanie (Hispania) est le nom donné par les Romains à la péninsule ibérique. Depuis le XVe siècle l'Hispanie est l'hôte des États modernes espagnol et portugais.

(Par convention, les dates indiquées sont avant l'ère chrétienne)

Histoire de l'Espagne
Alhambra-petit.jpg
Préhistoire de l'Ibérie
Celtibères
L’Hispanie antique

Espagnes médiévales
- Hispanie wisigothe
- Conquête musulmane
- al-Andalus
- Reconquista

Maison de Habsbourg
Succession d'Espagne (1680-1701)
Guerre de succession
Succession d'Espagne (1701-1883)
Maison de Bourbon
L’Espagne des Lumières

Guerre d'indépendance
Restauration absolutiste
Règne d'Isabelle II
- Révolution de 1868
- Sexenio Democrático
Ire République
Restauration des Bourbons
Dictature de Primo de Rivera
IIe République
Guerre d'Espagne
Régime franquiste
Transition démocratique
Miracle économique espagnol
Thèmes connexes
L’empire colonial espagnol
La politique de l’Espagne
Les rois d'Espagne
Les présidents du Gouvernement

Datations :

  • -501 à -202 (période carthaginoise)
  • - 202 à 409 (période romaine), s'achevant avec l'arrivée des Vandales, Suèves et Alains, puis des Wisigoths.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/08/Hispania.png/300px-Hispania.png

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cd/Bimilenarioacueducto.JPG/200px-Bimilenarioacueducto.JPGRomanisation de l'Hispanie
Louve romaine à Ségovie

Période carthaginoise

Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s'étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova).

En 218, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l'Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l'Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l'Hispanie vers l'Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome.

Conquête romaine


Article détaillé : Conquête romaine de l'Hispanie.



En 197, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan. La conquête romaine de la péninsule ibérique fut longue, pour plusieurs raisons :

  • dans la première partie du IIe siècle, le Sénat romain n’avait pas de vision expansionniste, il se contentait de conserver ses acquis territoriaux et d’affaiblir les adversaires potentiels
  • les peuples locaux opposèrent souvent une résistance acharnée, et infligèrent plusieurs défaites aux armées romaines.

La chronologie résumée est la suivante :

  • de 191 à 189, révolte des Celtibères, soumission de l’intérieur de l’Hispanie
  • en 154, occupation de la Lusitanie
  • de 147 à 139, le berger lusitanien Viriathe organise une résistance efficace, et bat plusieurs armées romaines. Les romains ne purent en venir à bout qu’en le faisant assassiner par ses partisans.
  • de 142 à 133, guerre contre Numance entre l’Ebre et le Douro. En 137, le consul Gaius Hostilius Mancinus capitule avec son armée devant les Numantins.
  • en 137, campagnes contres les Galèces (Galleacia)
  • en 134, arrive à la péninsule le consul Scipion Émilien accompagné par son état major, parmi lequel se trouvent l'auxiliaire numide Jugurtha, Caïus Gracchus ainsi que par l'historien Polybe. Scipion attaque les indigènes et détruit leurs récoltes pour empêcher qu'ils aident les Numantins. Il entame le siège de Numance en construisant d'imposantes ouvrages de circonvallation.
  • en 133, la ville est prise par Scipion et débutent les campagnes contre les Vascons (Basques)

La conquête de la péninsule suit une pause pendant un siècle, car l’Orient constitue un champ de conquête beaucoup plus attractif que l’Hispanie, tandis que les populations hispaniques ont montré leur capacité de résistance. La partie nord-ouest de l’Hispanie reste donc insoumise.

L’Hispanie romaine

Article détaillé : Romanisation de l'Hispanie.

La conquête romaine de la péninsule est achevée, Auguste la divise en trois provinces : l’Hispanie ultérieure est divisée en Bétique, conquête ancienne bien romanisée qui devient une province sénatoriale et Lusitanie. L’Hispanie citérieure devient la Tarraconaise. Tarraconaise et Lusitanie sont encore occupées par des légions (6 légions en l’an 6), et ont le statut de provinces impériales.

Des colonies romaines sont fondées aux endroits stratégiques :

  • Bracara Augusta et Asturica Augusta, surveillant les Asturies
  • Augusta Emeritta (Merida) en Lusitanie
  • Caesaraugusta (Saragosse)

La via Augusta vient de Gaule narbonnaise par le Perthus et traverse le pays par Tarraco, Valentia, Corduba, Hispalis et Gades. Les trois provinces connurent une longue période de paix, et le nombre des légions présentes fut progressivement réduit à une seule, la VIIe Gemina stationnée à León.

L'intégration politique dans l'Empire romain

Les Romains ont souvent été accusés dans les livres d'histoire d'être à l'origine d'une "irradiation" de la culture espagnole et portugaise autochtone. Mais en regardant tous les progrès de ces sept siècles sous domination romaine on peut se demander si cela n'a pas rendu la culture espagnole et portugaise plus riche, plus plurielle. Les siècles de participation de l'Hispanie à l'Empire romain ont été marqués par une « romanisation » dans de nombreux domaines.

Les Romains n'ont pas seulement construit les aqueducs, les ponts, les bains, les amphithéâtres,... mais ils ont aussi doté la nation d'institutions, d'une hiérarchie. Ils ont établi les classes sociales: l'aristocratie; la classe moyenne (regroupant les bureaucrates, les intellectuels, les militaires, les commerçants, les industriels et les petits propriétaires); le peuple qui regroupait les hommes libres n'appartenant à aucune des deux catégories précédentes, ils étaient des travailleurs des mines, des agriculteurs, des soldats, des pêcheurs; et enfin les esclaves sans droits.

Même si la politique d'Hispania était sous le contrôle du gouvernement de Rome, des élections prenaient place chaque année pour désigner le gouvernement des villes et des régions. Rome établit des lois et des constitutions pour organiser le territoire, fonda de nombreuses colonies romaines et accorda de plus en plus la citoyenneté romaine aux autochtones ; l'empereur Vespasien la généralisa à toutes les villes de la péninsule. Par cette romanisation, L'Espagne fut la terre natale d'écrivains romains réputés (Martial, Quintilien, Sénèque, Lucain ...) et de plusieurs empereurs (Trajan, Hadrien, Théodose Ier). [non neutre]

Les apports culturels et religieux

Le plus grand apport culturel est sûrement la langue latine qui donnera les parlers de la péninsule espagnole (castillan, catalan, galicien, aragonais, portugais). L'apparition du commerce et des prémices de l'individualisme avec la propriété privée ont bouleversés l'Hispanie qui est urbanisée.

L'agriculture était la richesse d'Hispania, l'amenant à échanger avec d'autres régions de l'empire romain. Les Romains ont développé le commerce en Hispanie lui permettant de commercer avec d'autres régions d'Europe. La péninsule exportait les produits miniers (argent, plomb, or), les céréales, l'huile et le vin.

Il est en revanche légendaire que saint Paul ait voyagé en Hispanie. L'évangélisation progresse surtout à partir du IIe siècle. Le développement du christianisme s'est effectué rapidement, du littoral à l'intérieur des terres, grâce à la présence romaine sur le pays. L'Hispanie s'est vite imprégné du christianisme qu'au IVe siècle après JC, et fournit un évêque de Rome (Damase Ier de 366 à 384) et en 385 le premier évêque de l'histoire exécuté pour hérésie, l'ascétique Priscillien.


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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:00

Religion

La religion est l’aspect de la civilisation carthaginoise qui a fait l’objet de la plus importante polémique en raison des accusations de monstruosité portées sur les rites de sacrifices d’enfants que mentionnent des sources antiques, de Diodore de Sicile à Tertullien[122], et relayées jusqu’à nos jours par plusieurs scientifiques.

Panthéon

La mythologie de Carthage est en grande partie héritée de celle des Phéniciens, et sa religion, malgré une transcription en latin ou en grec dans les sources antiques, garde tout au long de son histoire ce caractère profondément ouest-sémitique[123].

 

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160px-Masque_baal_MN_Carthage-retouche.p
magnify-clip.png
Brûle-parfum de Carthage représentant Ba'al Hammon avec une tiare à plumes (IIe siècle av. J.-C.), argile, Musée national de Carthage

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Le panthéon, fondé sur une base sémitique, évolue au cours du temps, souvent après une rencontre avec des traditions locales. De plus, certaines divinités acquièrent dans diverses colonies le caractère de poliade : Tinnit ou Tanit a pu être considérée comme la poliade de Carthage, Melqart jouant ce rôle à Gadès — lieu où il possédait un temple réputé —, tout comme Sid (Sardus Pater à l’époque romaine) en Sardaigne[124].

Le panthéon, qui possède un nombre relativement élevé de divinités[125], est dominé par Ba'al Hammon en Afrique du Nord et souvent accompagné de Tanit (face de Ba'al) comme parèdre. Ba'al et Tanit ont vraisemblablement acquis des caractères spécifiques en Afrique du Nord car, en Orient, les caractères de Ba'al diffèrent de ceux de la divinité carthaginoise alors qu’Astarté, qui était sa parèdre en Orient, semble plus effacée dans la sphère carthaginoise, même si son culte est avéré[126].

On observe donc une certaine continuité religieuse, les anciens dieux phéniciens étant toujours vénérés chez les Carthaginois, comme Astarté, déesse de la fécondité et de la guerre, Eshmoun, dieu de la médecine, et Melqart, dieu phénicien de l’expansion et de l’enrichissement de l’expérience humaine. Melqart adopte pour sa part des caractères du héros grec Héraclès. Ba'al Hammon, originaire de Phénicie, est aussi influencé par des apports égyptiens ; Ammon était connu en Libye et dans pratiquement toute l’Afrique du Nord, et il fut assimilé à un dieu local dont la représentation était également un bélier. Ce dieu et son culte étaient en relation avec le feu et le soleil. À l’époque romaine, le culte de Ba'al a adopté des traits de Jupiter, dieu majeur du panthéon romain. Il avait toujours cours à l’arrivée du christianisme.

Enfin, au moins un culte grec, celui de Déméter et Coré, lié à la fertilité et à la moisson, apparaît dans la culture carthaginoise à l’occasion de la guerre gréco-punique. Selon Diodore de Sicile, lors du saccage du temple de ces déesses à Syracuse en 396 avant J.-C., des calamités s’abattirent sur l’armée carthaginoise. De ce fait, les autorités décidèrent l’introduction de leurs cultes afin que les divinités obtiennent réparation. Il existe également des indices d’un culte de la déesse égyptienne Isis[127].

Les divinités du panthéon punique étaient particulièrement honorées aux moments importants de l’histoire, par exemple pour rendre grâce du succès d’une expédition maritime ou favoriser une entreprise militaire à venir.

Sanctuaires et rites

Les lieux de culte sont des constructions spécifiques ou des espaces aménagés. Plusieurs temples urbains ont été retrouvés dans des endroits divers ; leur emplacement n’obéissait donc pas à une règle précise. Ceux situés en bord de mer bénéficiaient de leur contact avec les étrangers (offrandes, ex-votos, donation, etc.). On a également découvert des sanctuaires dans des grottes.

La religion était une affaire d’État à Carthage ; même si les prêtres n’intervenaient pas directement dans la politique intérieure ou extérieure, ils jouissaient d’une grande influence sur une société profondément religieuse. Les cultes étaient structurés par une hiérarchie de prêtres dont les plus hautes fonctions étaient occupées par les membres des familles les plus puissantes de la cité[128]. Toute une société semble avoir été attachée aux temples : serviteurs, barbiers, esclaves. Les fidèles pouvaient acheter des ex-voto dans des dépendances du lieu de culte[129]. Dans un certain nombre de temples[130] existait une prostitution sacrée, masculine et féminine, définitive ou seulement provisoire.

 

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Scène religieuse représentée sur une stèle de Carthage déposée au Musée du Louvre

 

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Les cultes jouaient un rôle économique important grâce aux offrandes (comme les viandes et autres denrées) aux dieux et aux prêtres. Le sacrifice avait aussi un poids significatif : des « tarifs » étaient définis pour chaque type de sacrifice en fonction de chaque demande, dont plusieurs exemples ont été conservés ; l’un d’entre eux est exposé au musée Borély de Marseille. Les sacrifices avérés dans ces documents sont variés : animaux, petits (oiseaux) ou grands (bœuf), mais aussi végétaux, aliments ou objets. Après le partage du produit du sacrifice entre divinité, prêtre et fidèle, une stèle était érigée en guise de commémoration[131].

 

 

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Vue d’une partie des stèles du tophet de Carthage

 

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La question du tophet est centrale dans la polémique, de par la faiblesse des sources qui fait la part belle aux interprétations les plus diverses. Il y eut notamment l’identification du tophet avec le rituel du moloch, relaté par les auteurs anciens comme étant un sacrifice d’enfants. Dans divers tophets, les archéologues ont retrouvé des stèles en grand nombre avec des inscriptions stéréotypées évoquant la réalisation d’un vœu ou un remerciement :

« À la grande dame Tanit Péné Ba'al et au seigneur Baal Hammon, ce qu’a offert [un tel], fils d’[un tel], qu’ils [Ba'al] ou qu’elle [Tanit] entende[nt] sa voix et le bénisse[nt][132]. »

Ces textes restent cependant peu explicites et surtout répétitifs[133].

En dépit de sources antiques à charge, il faut relever l’absence d’indications dans certains des textes essentiels, comme Tite-Live. Ce silence peut surprendre car les Romains n’avaient aucun intérêt à cacher un argument qui aurait justifié le sort réservé à Carthage[134]. Le débat sur le sacrifice des enfants dans la civilisation punique n’est toujours pas tranché, la science n’étant capable ni de donner les causes des décès d’après les ossements contenus dans les urnes ni de dire si ce lieu était autre chose qu’une nécropole pour enfants.

Les cultes et leur pratique ont laissé des traces visibles dans les différentes colonies phéniciennes de Méditerranée occidentale, devenues carthaginoises, mais aussi chez les peuples entrés en contact avec cette civilisation, comme les Berbères de Numidie et de Maurétanie et les Ibères.

Religiosité populaire 

 

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Poids carré en plomb portant le signe de Tanit, Ve-IIe siècles av. J.-C., Paris, Musée du Louvre.

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On note une différence entre la religion d’État et la croyance populaire, en raison des amulettes et autres talismans à des fins de protection contre les démons ou les maladies, révélant une forte influence égyptienne. De même, on remarque un culte des divinités égyptiennes, comme le dieu nain Bès, parmi les classes populaires. Ainsi, de nombreux objets retrouvés dans les fouilles avaient pour but la protection des vivants et des morts (masques, amulettes figurant Bès mais aussi rasoirs). La magie imprégnait la vie ; elle était blanche mais aussi noire afin d’écarter des rivaux potentiels[135].

Le culte des ancêtres était probablement observé au sein des foyers mais il reste relativement obscur. Des interdits alimentaires, en particulier celui du porc, eurent cours jusqu’au début du IVe siècle[136].

Les Puniques avaient foi en une vie après la mort, comme l’attestent des chambres mortuaires — même si l’incinération était aussi pratiquée — où les défunts préparés pour leur vie dans l’au-delà étaient accompagnés d’offrandes en nourriture et en boissons. Leur tombe était décorée comme une demeure et l’on parfumait le tombeau avant de le refermer. Certains morts étaient couchés selon le rite oriental alors que d’autres étaient en position fœtale, selon la tradition berbère, et enduits d’ocre, démontrant une influence locale sur la religion carthaginoise, au moins en Afrique du Nord. De même, on a retrouvé dans des tombes puniques aux îles Baléares des statuettes typiques de la culture locale.

Civilisation exogène et métissée

La vie culturelle de cette civilisation, que certains ont appelée thalassocratie du fait de son rapport étroit et durable avec la mer, résulte du mélange des influences indigènes, phénicienne, grecque mais aussi égyptienne.

Persistances orientales et apports africains

L’art phénicien est un subtil mélange d’éléments grecs et égyptiens. Si la culture égyptienne a profondément influencé les Phéniciens dès le IIIe millénaire av. J.-C., la culture hellénique a pris le relais à partir du IVe siècle av. J.-C.. La culture phénicienne émerge à partir de l’effondrement égyptien, à la suite de l’invasion des Peuples de la mer en 1200 av. J.-C.. Avant son existence, elle était confondue dans l’aire syro-libanaise (Pays de Canaan). D’ailleurs, certains Puniques d’Occident se nommeront Cananéens longtemps après l’absorption de l’empire carthaginois par les Romains. En effet, du fait de la position géographique de Carthage et alors que les Phéniciens sont présents dans l’Occident méditerranéen, la cité punique cristallise et regroupe cette présence, la transformant en empire, tout en favorisant l’essor de la colonisation.

Identité carthaginoise 


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Mausolée libyco-punique de Dougga, IIe siècle av. J.-C.

   

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L’art punique, celui des Phéniciens d’Occident, montre des composantes égyptiennes comme le travail du verre — avec les petits masques de verre des tombes puniques spécifiques à la mentalité phénicienne et qui servent à repousser loin du mort les mauvais esprits ou démons — et des motifs comme le lotus que l’on retrouve sur des objets ou sur la décoration de bâtiments. En outre, à partir du IVe siècle av. J.-C., apparaissent des traces d’influence hellène se superposant aux influences égyptiennes et s’ajoutant à la culture phénicienne primitive.

Le mausolée libyco-punique de Dougga occupe une place particulière car il symbolise le syncrétisme architectural entre traditions égyptiennes et apports grecs, voire hellénistiques[137]. Il subsiste d’autres témoins de cette architecture funéraire monumentale comme à Sabratha.

 

 

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Éphèbe de Motyé, vers 450-440 av. J.-C., marbre, Motyé, Musée Whittaker.

   

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La sculpture évolue d’un style hiératique, presque symbolique, vers une esthétique plus figurative mais idéalisant la perfection. L’éphèbe de Motyé, un marbre du Ve siècle av. J.-C. découvert lors de fouilles terrestres en 1979, témoigne de ce contact avec le monde grec de Sicile. Cette statue a donné lieu à diverses thèses : certains y ont vu une représentation de Melqart avec une nette influence grecque alors d’autres chercheurs considèrent la statue comme une œuvre grecque transportée à Motyé à la suite d’opérations militaires. D’autres encore l’identifient comme une commande à un artiste grec de Sicile du Ve siècle av. J.-C. mais selon les canons carthaginois, en particulier sur le plan vestimentaire[138] ; on a même évoqué un rôle d’aurige voire un commanditaire de jeux[139]. L’ambiguïté des canons de cette œuvre entraîne « une perte des repères habituels, source d’inconfort intellectuel et esthétique »[140]. Le sarcophage dit « de la prêtresse » de la nécropole des rabs montre également ces influences mêlées.

Les canons esthétiques des protomés indiquent le même métissage et les critères à l’origine des choix des artisans restent difficiles à appréhender. Les statuettes d’Ibiza révèlent quant à elles une influence locale sans doute liée au relatif isolement de l’île[141].

Métropole située entre Orient et Occident, Carthage a globalement joué un rôle facilitateur d’échanges économiques et culturels, révélant une grande porosité aux apports extérieurs[142].

Persistances après la chute

 

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Opus africanum du Capitole de Dougga, IIe siècle ap. J.-C.
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Édicule funèbre gréco-punique de Marsala, époque romaine impériale, actuellement exposé au Musée archéologique Antonio Salinas (Palerme).
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La civilisation punique a perduré bien au-delà de la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., dans les institutions locales des cités romaines, dans l’architecture et surtout dans la religion et dans la langue. On constate la présence de suffètes, magistrats municipaux, dans les institutions des cités romaines d’Afrique du Nord jusqu’au IIe siècle[143]. Parfois, les suffètes étaient au nombre de trois, ce qui est considéré par certains sémitisants comme un apport berbère.

Les persistances dans l’architecture concernent surtout l’opus africanum et la mosaïque. L’opus africanum est un type de construction à chaînage retrouvé dans les fouilles de Kerkouane ainsi que sur bien d’autres sites puniques, et dont l’un des exemples de l’époque romaine se situe au Capitole de Dougga. Quant à la mosaïque, l’école de mosaïstes africains, particulièrement habile et bénéficiant en outre de marbres de belle qualité, a largement diffusé ses modèles de bestiaires et de scènes mythologiques dans l’Empire romain.

Dans le domaine religieux, la persistance du culte rendu à Saturne africain[144] et l’interpretatio romana du Ba'al punique ainsi que de sa parèdre Caelestis, transposant la déesse Tanit[145], a été étudiée ; le culte de Sardus Pater en Sardaigne procède de la même évolution. Les sanctuaires ruraux se sont maintenus, comme à Thinissut et à Bou Kornine. Le sanctuaire néo-punique le plus important fouillé jusqu’à présent, et ayant livré les témoignages les plus intéressants de fusion d’éléments libyques et puniques, se trouve à El Hofra (Cirta). On a découvert des éléments de continuité dans les stèles dites « de la Ghorfa » ainsi qu’une vitalité du Saturne africain, dieu infernal et pourvoyeur des moissons, jusqu’à la fin du premier quart du IVe siècle[146].

La transmission des « livres puniques » des bibliothèques de la cité martyre vers les souverains numides[147] a fait l’objet d’âpres discussions, leur utilisation par Salluste lors de l’élaboration de sa Guerre de Jugurtha ayant été évoquée. Cependant, on perd très vite la trace de ces ouvrages dans les sources ; ils ne sont plus évoqués que comme souvenir dès Augustin d’Hippone[148].

Il semble également que durant longtemps la langue punique s’est maintenue, comme en témoignent les textes dits « néo-puniques » et la diffusion de la langue dans les royaumes numides, en particulier dans leur monnayage[149]. Augustin l’évoque même dans l’une de ses œuvres[150]. Ce maintien d’une langue sémitique a pu faciliter l’arabisation du Maghreb selon Stéphane Gsell et M'hamed Hassine Fantar après lui[151].

Naissance et essor d’une discipline 

Redécouverte de la civilisation 

L’intérêt pour le monde phénico-punique est né au XVIIe siècle — avec en particulier le rôle des Phéniciens appréhendé dans la Geographia sacra de Samuel Bochart — mais s’est épanoui surtout aux XVIIIe ‑ XIXe siècles, sous l’angle de l’épigraphie et de la philologie. C'est au XVIIIe siècle qu’a été découverte la stèle de Nora qui fit l’objet de nombreuses études.

Au XIXe siècle, dans le contexte de colonisation contemporaine, de vastes fouilles sont effectuées dans les pays du Maghreb, axées surtout sur l’époque romaine et byzantine, les vestiges de la période antérieure étant moins impressionnants et n’obéissant pas à l’idéologie sous-jacente à ces recherches. Néanmoins, au début du XXe siècle des découvertes majeures ont lieu comme le tophet de Carthage en 1921 et, avant cette date, il faut signaler le rôle pionnier de Joseph Whitaker à Motyé.

Indépendance de la discipline et apports de l’archéologie 

Après la dernière période de l’occupation coloniale, avec l’arrivée de chercheurs (comme Gilbert-Charles Picard), la vague des indépendances à partir de 1956 permet l’éclosion d’une école de recherches en Tunisie, représentée notamment par M'hamed Hassine Fantar et Abdelmajid Ennabli. Les fouilles depuis la Libye jusqu’au Maroc, ainsi qu’en Espagne (îles Baléares et Andalousie) et en Italie avec les recherches en Sicile et surtout l’étude à visée exhaustive de la Sardaigne phénico-punique, élargissent considérablement la problématique[152].

Champ d’étude actuel

Depuis la fin des années 1970 et la naissance du Congrès international des études phéniciennes et puniques, les savants des divers pays de l’espace punique mettent en place une synergie dans leurs axes de recherche, en particulier les chercheurs italiens de l’Université La Sapienza de Rome (à la suite de Sabatino Moscati), et leurs collègues espagnols et tunisiens.

Stéphane Gsell, dans le tome IV de sa monumentale Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, a des mots très durs sur la civilisation carthaginoise :

« Pour sa part, Carthage a fort peu contribué à la civilisation générale. Son luxe n’a guère été utile à l’art. Nous avons dit ce que son industrie, qui n’inventa rien, se traîna dans la routine, et dont la technique même est soit médiocre, soit mauvaise[153]. »

Les avancées de l’archéologie depuis la seconde moitié du XXe siècle ont permis de nuancer ce propos, qui reste celui d’un homme marqué par le classicisme, car la civilisation carthaginoise n’entre pas dans ce schéma d’une domination des arts majeurs[154] et ne pouvait que difficilement être appréhendée par un savant du premier tiers du XXe siècle, qui a par ailleurs œuvré à la faire sortir de l’oubli.

Les nombreuses expositions ayant eu lieu à partir des années 1980, depuis celle du Palazzo Grassi en 1988 pour ne citer que la plus marquante jusqu’à celle de l’Institut du monde arabe[155]en 2007-2008, démontrent l’intérêt du public pour une civilisation ouverte sur les autres, « entre Orient et Occident » selon Serge Lancel et en ce sens très contemporaine, malgré son « identité ambigüe ».

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 09:00


Ivoires et os 

On trouve aussi de petites tablettes en ivoire sculpté, matériau souvent remplacé par de l’os, d’un coût moindre. L’influence orientale ancienne, voire égyptienne, est récurrente dans ces artefacts fréquents sur les divers sites de Méditerranée tant orientale qu’occidentale. Un grand nombre d’objets de cette nature date des VIIIe ‑ IVe siècles av. J.-C.[104]. et la présence dans les mêmes lieux d’ivoire à l’état brut suggère une fabrication locale

Rasoirs de bronze

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Rasoir punique de bronze trouvé dans la nécropole de Puig des Molins (Ibiza) (VIe ‑ IVe siècles av. J.-C.), Madrid, Musée archéologique national

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De nombreux rasoirs de bronze ou de fer ont été découverts dans les nécropoles ultérieures au VIIe siècle av. J.-C.. De tels objets ont été liés à une symbolique de purification des défunts. Ils exerçaient une fonction religieuse, voire talismanique[105] et ont pu être destinés à être suspendus, du moins pour ce type de matériel présent dans le monde ibérique.

En outre, à partir du Ve siècle av. J.-C., une décoration s’est fait jour. Ces dessins — parfois figurés sur les deux faces dans le cas des exemplaires tardifs — témoignent d’influences variées, essentiellement égyptienne ou égéenne. La production a pu atteindre des développements autonomes dans les diverses régions des possessions carthaginoises, démontrant de réelles capacités créatives[106].

Verre 

Selon une légende relatée par Pline l’Ancien[107], le verre a été inventé par les Phéniciens, qui en auraient conservé le secret de fabrication durant une longue période. En fait, ils ont sans doute développé la technique du soufflage et surtout commercialisé leur production à une large échelle[108], ce qui aurait permis la naissance de la légende.

Les découvertes sont assez fréquentes sur les sites archéologiques[109], tant en Occident qu’en Méditerranée orientale. Les objets les plus typiques sont de petits masques à figure humaine et à faciès varié, destinés à être insérés dans des colliers comportant de petites billes de verre ; il existait aussi de petits pots à onguent ou à parfum. Les pièces les plus remarquables sont colorées dans la masse.

 

 

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Numismatique et glyptique

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Monnaie carthaginoise avec une tête de déesse couronnée de céréales aux environs de 250 av. J.-C. Londres, British Museum.

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Les monnaies carthaginoises apparaissent tardivement : elles ne datent pas d’avant 480 voire 430 av. J.-C.[110].

Les éléments qui y sont figurés témoignent d’une grande diversité des thèmes abordés dans les monnayages carthaginois d’Afrique, de Sicile, de Sardaigne, de la péninsule ibérique et sur les trois derniers siècles d’existence de la métropole. La glyptique était quant à elle très répandue et issue d’une très longue tradition orientale : on a retrouvé des sceaux en nombre dans les nécropoles puniques, tout en constatant une certaine dégénérescence à partir de la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C.[111].

Langue et littérature

Langue

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Article détaillé : Phénicien.
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Inscription libyque et punique du mausolée libyco-punique de Dougga désormais exposée au British Museum (IIe siècle av. J.-C.).

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La langue phénicienne a servi de liant et de fonds linguistique et culturel commun aux Phéniciens d’Occident[112], dont le centre était Carthage la punique. Cette langue, utilisée par les élites comme par les populations des régions sous influence punique — Numides et Berbères du Maghreb (comme au Maroc) mais aussi Ibères et autres populations du royaume de Tartessos (dans le sud de l’Hispanie) —, était véhiculée en profondeur dans leurs territoires.

Elle a perduré, malgré la prépondérance du latin, jusqu’à l’arrivée des envahisseurs arabes au VIe siècle. À cette date, cette langue déclinante était devenue un patois local, au moins dans certaines régions. Corollaire de la langue, l’alphabet phénicien, ancêtre de l’alphabet grec, s’est répandu dans tout le bassin méditerranéen jusqu’à devenir le vecteur de la pensée des peuples de la sphère punique. Cette écriture sans voyelles s’est modifiée après l’implantation romaine en Afrique du Nord, tendant à inclure des voyelles. Son aspect s’est différencié dans le temps et selon les régions. Au IVe siècle, l’alphabet latin était utilisé pour transcrire la langue punique[113].

Littérature et épigraphie 

 

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Stèle de Nora avec mise en évidence de l’alphabet phénicien (IXe ‑ VIIIe siècles av. J.-C.), Cagliari, Musée archéologique national

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La littérature carthaginoise ne nous est pas parvenue, mais on sait qu’il existait à Carthage de nombreuses bibliothèques, ce qui induit une certaine production littéraire ou à tout le moins une diffusion de la littérature de l’époque, en particulier celle de langue grecque[114]. La philosophie était répandue dans le milieu punique, certains noms sont connus par ce qu’en disent Diogène Laërce ou Jamblique de Chalcis[115] ; le plus célèbre philosophe d’origine carthaginoise est sans conteste Clitomaque.

Il existait une littérature de droit, d’histoire, de géographie, même si tout cela a été perdu. Toutefois, on a conservé des fragments de l’important traité d’agronomie de Magon, qui influença fortement les Romains : la preuve en est que la traduction en latin a été décidée par les conquérants au lendemain de la prise de la cité[114]. Les auteurs romains postérieurs en citent des extraits et ne tarissent pas d’éloges à son sujet (Pline l’Ancien[116], Varron[117] et Columelle[118],[119]). Le récit du périple de Hannon, même s’il s’agit d’un texte rédigé en grec, doit être la traduction d’un texte punique probablement affiché dans un temple[120]. Cependant, difficile d’interprétation, le document suscita de nombreuses polémiques.

De nombreuses stèles fournissent cependant tout un corpus d’inscriptions, notamment les stèles trouvées en quantité dans les tophets, dont celui de Carthage. Ces textes ont été collectés au sein du Corpus Inscriptionum Semiticarum[121]. Mais ils apparaissent très stéréotypés et apportent peu à la connaissance de la cité. En outre, ils ne livrent guère d’informations sur l’onomastique, les noms propres connus étant en nombre limité.

Par ailleurs, les archéologues ont mis au jour un petit nombre de documents appelés « tarifs de sacrifices », qui étaient placés dans les temples[120]. Le plus connu d’entre eux est le « tarif de Marseille », ainsi nommé car il fut retrouvé dans le port de cette ville. En dépit de sa localisation, il est, selon les spécialistes, d’origine carthaginoise. Il faut également citer comme inscription particulière le cas des lamelles de Pyrgi découvertes à Caere, en Italie, qui offrent un éclairage sur les relations entre Étrusques et Puniques au VIe siècle av. J.-C..

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 06:15

 

Techniques agricoles 

La réussite de Carthage s’explique aussi par ses prouesses en matière d’agronomie. Les Carthaginois sont parvenus à développer les techniques agricoles parmi les plus efficaces de l’Antiquité puisque celles-ci furent reprises par les Romains à travers la traduction en latin du traité du punique Magon[88]. Columelle a conservé des fragments de l’œuvre punique, dont un processus de vinification[89]. La plantation des oliveraies obéissait à des règles précises, en particulier l’espacement entre les plants, règles parfois encore respectées de nos jours.

Le matériel agricole jouait un rôle important dans l’amélioration de la production, comme en témoignent les représentations de charrues, notamment sur une sculpture retrouvée sur le territoire de la Libye actuelle[90], ce qui n’a pas manqué de trancher avec la production libyenne traditionnelle[91].

Pêche et produits de la mer

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Fabrique de garum de Baelo Claudia (environs de Cadix) datée de l’époque romaine

 

 

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La pêche était une activité répandue à l’époque punique et, outre des productions de salaisons et de murex, il est établi que ce sont les Phénico-puniques qui ont répandu l’usage du garum dans le bassin méditerranéen. Cette sauce à base de poissons gras, utilisée en cuisine et dans un but médicinal, était produite à grande échelle au sein d’installations retrouvées sur un certain nombre de sites[92]. La production et la commercialisation du garum se sont poursuivies largement à l’époque romaine.

Art et artisanat

Sculptures 

Pierre

L’essentiel des éléments conservés jusqu’à nos jours est lié à un usage funéraire. D’autres sculptures existent, mais de taille réduite, comme la Dame de Galera ou le protomé de lion de Sant’Antioco.

Les cippes et stèles, parfois en forme de bétyles ou « maison du dieu », laissent apparaître une évolution stylistique. Sculptés dans le grès au départ, ces éléments sont conçus par la suite en calcaire, parfois flanqués d’acrotères et de motifs incisés à l’influence grecque marquée : motifs animaliers, végétaux, humains et surtout symboles. À partir des Ve et IVe siècles av. J.-C., on voit la diffusion du motif dit « signe de Tanit » qui se retrouve sur bien d’autres supports. On l’a cru présent uniquement en Méditerranée occidentale, mais les recherches actuelles témoignent d’une présence sur les sites du Levant[93]. D’autres motifs ont pu être reconnus ainsi celui de l’idole-bouteille. On distingue des différences locales, en particulier à Motyé, où les représentations humaines sont plus précoces et plus généralisées qu’à Carthage[94].

Les sarcophages sont très représentatifs du métissage propre aux Phénico-puniques : le type anthropoïde originellement présent en Phénicie a évolué en Méditerranée occidentale. Outre en Afrique, des exemples bien conservés ont été retrouvés en Sicile et dans la péninsule ibérique. Au IVe siècle av. J.-C., le type change en Tunisie pour figurer au-dessus une statue du défunt[95]. Les sarcophages de Sainte-Monique, dénommés du prêtre et de la prêtresse et conservés au Musée national de Carthage, sont particulièrement intéressants par le traitement du drapé et l’attitude des deux personnages : le prêtre a la main droite levée en un geste de bénédiction[96], la prêtresse tient pour sa part une colombe ; les mains gauches des deux personnages portent un vase à encens à l’usage liturgique connu, d’où le nom donné à ces œuvres[97].

 

 

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Terres cuites 

La production des terres cuites, très variée, consistait en des masques grotesques aux traits marqués, d’origine sans doute levantine[98]. Les formes en sont diverses ; les rides et les bouches déformées s’accompagnent parfois de motifs géométriques. Des masques aux traits négroïdes caractérisés ont également été retrouvés. Destinés à être suspendus, ces masques avaient une fonction apotropaïque : ils étaient censés chasser les démons.

Il existait aussi des protomés représentant la partie supérieure de corps d’hommes ou de femmes. Le style de ce type de produits est divers, à la fois égyptien mais également grec à partir du VIe siècle av. J.-C., et on en a établi une classification[99].

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La production de coroplastie ou coroplathie était répandue dans nombre de sites puniques, de l’Afrique du Nord aux îles Baléares en passant par la Sicile et la Sardaigne. Il s’agit de figurines moulées, tenant des objets (des tambourins par exemple) ou de petits animaux ; des stéréotypes phénico-puniques cohabitent avec d’autres stéréotypes hellénisants, voire liés à une production locale[98]. La technique a été également utilisée pour des pièces de dimension variable, à usage religieux, y compris après la chute de Carthage. On en a découvert plusieurs exemplaires dans les fouilles du sanctuaire de Thinissut au cap Bon (petite sculpture de Ba'al Hammon encadré par deux sphinges mais également de belles représentations de grande taille de Tanit « léontocéphale » et de Déméter).

 

 

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Vie quotidienne

Les Puniques étaient des artisans spécialisés et reconnus. Les Grecs leur donnaient la réputation de vendre des bibelots, verroterie fabriquée par les artisans en échange de produits de valeur comme les matières premières issues des régions qu’ils abordaient avec leurs navires. Ainsi, nombre d’objets et de bibelots phéniciens d’inspiration diverse (grecque, égyptienne, etc.) ont été découverts sur les sites qu’ils fréquentaient. Les nécropoles qui ont fait l’objet de fouilles archéologiques depuis le XIXe siècle ont livré un matériel important et varié qui dénote un artisanat développé[100] : travail des métaux avec en particulier des exemples de rasoirs de bronze ornés le plus souvent de motifs gravés, petits masques de pâte de verre à fonction apotropaïque qui ornaient des colliers, ivoires et os gravés mais aussi bijoux.

Céramiques 

Pour la poterie utilisée dans la vie quotidienne, hors contexte religieux, les fouilles ont livré des céramiques à but alimentaire ou culinaire et aussi des lampes à huile dont les formes démontrent une production stéréotypée et rationalisée ; des exemples de vases-biberons ont aussi été retrouvés.

Si, à partir du IIIe siècle av. J.-C., on voit nombre d’imitations d’importations grecques, il persiste une production typique dénommée « moules à gâteaux »[101].

Les fouilles des nécropoles de Carthage ont mis au jour des maquettes représentant des éléments de la vie quotidienne : un four à pain de type tabouna, déposé au Musée national de Carthage, mais aussi de petites pièces de mobilier qui permettent d’imaginer l’intérieur des habitations.

 

 

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Amulettes 

 

Vitrine de bijoux puniques au Musée national du Bardo
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De nombreuses amulettes d’os, de pâte de verre et de pierre ont été retrouvées dans les sépultures, essentiellement de femmes et d’enfants, ayant pour objet de protéger les défunts au moyen de rites magiques. Elles étaient importées (surtout d’Égypte) ou fabriquées sur place. Certains thèmes sont récurrents, comme le dieu égyptien Bès, mais aussi Horus ou l’œil Oudjat[102].

Bijoux

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Bijoux puniques de la collection du Musée national de Carthage
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De somptueux bijoux d’or, d’argent et de pierres dures proviennent des nécropoles. Liée à la structure du commerce phénico-punique et issue d’une longue tradition orientale, cette production consiste en des colliers très chargés et lourds, mais aussi en des bagues, anneaux d’oreille ou de nez (dits aussi nezem) significatifs de l’apparence qui devait être celle des Puniques, aspect largement raillé dans les sources classiques. Des scarabées ont également été découverts ainsi que des étuis porte-amulettes à la fonction protectrice évidente[103].

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 09:00


Éléments oligarchiques 

Les suffètes étaient assistés par un « Conseil des Anciens » : les textes évoquent les « Anciens de Carthage » tout comme à Lepcis Magna on mentionne encore en pleine époque romaine les « Grands de Lepcis »[73]. Ce Conseil a été assimilé au Sénat, les membres étant dénommés dans les diverses sources gerontes ou seniores.

Le Sénat, probablement composé par les membres des familles influentes, compta sans doute plusieurs centaines de membres[74]. Il avait compétence pour toutes les affaires de la cité : guerre, paix, diplomatie, etc. Les généraux rendaient compte de leurs actes devant cette assemblée, qui avait le dernier mot. On ne sait toutefois pas si les suffètes étaient élus par ces oligarques ou par l’ensemble du peuple.

En outre, Aristote est le seul à mentionner un conseil restreint, les « Cent-Quatre » ou les « Cent »[75], et les « pentarchies ». Ces institutions sont mal connues, la première ayant reçu, sur la base d’un texte de Justin, un rôle judiciaire[76].

Éléments démocratiques

Une assemblée du peuple est citée dans le texte d’Aristote et, si l’on en croit Polybe, elle avait pris du pouvoir durant le IIIe et le IIe siècles av. J.-C.[77]. Ce pouvoir était sans doute grand ; le même auteur parle d’une corruption largement diffusée pour l’obtention des magistratures[78] et des commandements militaires. Certaines affaires étaient évoquées devant cette assemblée en cas de désaccord entre les institutions à forme oligarchique, même si ces assertions ne sont étayées par aucune preuve archéologique.

On suppose que seuls les hommes libres y étaient admis et certaines sources, dont Diodore de Sicile, font état d’une réunion sur l’agora de la cité[79].

Ces inconnues ne permettent donc pas de déterminer quel était le degré de démocratie dans l’ancienne Carthage. Cependant, il semble acquis que les principales familles de marchands exerçaient l’essentiel du pouvoir.

Organisation sociale 

La société carthaginoise était très stratifiée : une aristocratie d’origine tyrienne devait détenir l’essentiel du pouvoir économique, politique et religieux ; le reste de la population se partageait entre une proportion inconnue d’artisans et de commerçants et un prolétariat hétéroclite composé d’esclaves mais aussi de populations natives, voire puniques. La place des femmes reste encore sujette à débat.

Stratification de la société


Stèle du prêtre à l’enfant trouvée au tophet de CarthageIIIe siècle av. J.-C.) et déposée au Musée national du Bardo.
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L’aristocratie carthaginoise avait comme caractéristiques son origine tyrienne, sa fortune liée à des fonctions d’armateurs puis de propriétaires fonciers, son rôle dans les magistratures et un mode de vie particulier dans un habitat luxueux (au cap Bon ou dans le quartier de Mégara).

Au sein de cette aristocratie devaient se recruter les prêtres, qui formaient une classe très organisée mais ne jouaient aucun rôle politique. Le sacerdoce pouvait être également exercé par les femmes. Leur habillement est connu notamment grâce à la Stèle du prêtre à l’enfant ; le personnage identifié comme le célébrant porte une robe de lin et une coiffe particulière qui couronne une tête rasée.

Les classes populaires sont méconnues mais on suppose qu’elles étaient formées d’hommes libres et d’esclaves pouvant être attachés à une personne ou à l’État. En outre, on trouvait dans les cités carthaginoises un certain nombre d’étrangers issus de l’ensemble du bassin méditerranéen[80].

Femmes 


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Marbre attribué à Christophe Cochet (mort en 1637), représentant Didon, et déposé au Louvre

 

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En dépit des personnalités fortes et des destins tragiques comme ceux de Didon-Elissa, Sophonisbe et l’épouse d’Hasdrubal le Boétharque, les femmes à Carthage apparaissent peu dans les sources disponibles. Quoique marquée par un caractère patriarcal, la société carthaginoise accorde une relative indépendance aux femmes : l’étude des stèles du tophet de Carthage a mis en évidence des sacrifices effectués par des femmes en leur propre nom[81]. De surcroît, il semble que nombre d’activités professionnelles leur étaient ouvertes.

Cette indépendance était toutefois tempérée par une certaine instrumentalisation des femmes au service de leur famille, au moment du choix de leur époux ou à des fins politiques, voire économiques : l’histoire de Sophonisbe est particulièrement évocatrice de cette sujétion, mariée successivement aux rois numides Syphax puis Massinissa[82]. Le contexte du mariage est peu connu et l’on ignore si la polygamie était pratiquée. En revanche, des cas de mariages mixtes figurent dans des sources et se retrouvent peut-être aussi dans des fouilles de sépultures multiples, avec un rite phénicien pour l’un des individus inhumés et africain pour un autre. Fille d’Hasdrubal Gisco, général carthaginois, elle épousa Syphax, roi de Numidie, sur ordre de son père afin de sceller une alliance entre Carthaginois et Numides.

Populations natives 

Les populations autochtones sont encore plus difficiles à appréhender. Le contact avec les premiers navigateurs, même s’il est concevable au travers du commerce silencieux d’Hérodote au but commercial affirmé, s’est transformé en une relation qui peut se concevoir en termes de domination[83]. Il est avéré au travers de divers textes conservés que l’emprise carthaginoise a été lourde, tant au moment de la conquête qu’aux temps difficiles des guerres puniques, comme en témoignent les révoltes qui se sont succédé. Cependant, les populations natives de l’extérieur, en particulier sous l’égide de Massinissa, ont contribué à la chute de la cité en raison de leurs empiètements successifs durant la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C..

Économie 

Carthage constituait un empire commercial, maritime, terrestre et agricole. De ce fait, le lien entre toutes les contrées, qu’elles soient puniques ou sous influence punique, se faisait par la mer grâce à la marine carthaginoise.

Commerce

Routes des métaux précieux et produits importés

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Vitrine de vases d’origine grecque et étrusque, argile, au Musée national du Bardo.

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Les Carthaginois, tout comme leurs ancêtres phéniciens, étaient d’excellents marins et commerçants. L’historien latin Pline l’Ancien écrit à leur propos que « les Puniques inventèrent le commerce »[84].

Comme Tyr, Carthage faisait le négoce des métaux, en recherchant surtout des matières premières qui lui ont permis d’asseoir sa richesse et de développer son réseau commercial : argent, mais aussi cuivre et étain en provenance des comptoirs du sud de l’Hispanie (royaume de Tartessos). Dans cette région, les mines étaient à la fois facilement exploitables et accessibles. L’étain se trouvait également dans les îles Cassitérides (actuelle Grande-Bretagne).

De manière secondaire, les Carthaginois ont importé et diffusé de petits objets manufacturés : céramiques grecques et étrusques mais aussi, dès le VIIe siècle av. J.-C. des éléments d’artisanat égyptien comme des amulettes. Le négoce se pratiquait aussi par caravanes mais ce type d’échange était beaucoup plus aléatoire et dangereux. Ce commerce terrestre permet d’expliquer certaines implantations, en particulier en Libye et dans le sud de la Tunisie actuelle. Le but des Phénico-puniques était d’exporter les métaux à l’état brut vers l’Orient ; jusqu’au VIe siècle av. J.-C., ils jouissaient d’un monopole du commerce et de la navigation en Méditerranée occidentale grâce auquel ils bénéficiaient d’un libre accès aux métaux, et aux ressources humaines et agricoles de régions entières.

Produits exportés

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Murex brandaris dont était issue la couleur pourpre, par Martin Lister, in Historia Conchyliorum1685-1692) (

 

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Les Carthaginois exportaient des produits manufacturés par leurs artisans ou importés : des céramiques, des objets en verre (spécialité phénicienne) ou encore du tissu teint en pourpre — spécialité phénicienne tirée du murex dont la préparation aboutit à cette couleur si prisée dans l’Antiquité —, travail de l’ivoire, bois et métaux (placage d’ivoire, d’orargent sur différents matériaux). En raison de leur caractère potentiellement périssable, il est parfois difficile d’identifier certains de ces produits d’exportation : les tissus, très réputés, n’ont pas laissé de traces archéologiques en dehors d’amas de murex ou de poids destinés à tendre les tentures. ou d’

Commerce et exploration 

Les voyages d’exploration s’expliquent par la recherche de minerais et de nouveaux débouchés commerciaux : l’étain de Grande-Bretagne et d’Hispanie, l’or ou d’autres matières premières en Afrique subsaharienne. Certains produits servant au négoce étaient fabriqués par les ateliers carthaginois.

Agriculture et pêche

Territoire agricole de Carthage

À l’aube de la Première Guerre punique, Carthage contrôlait en Afrique du Nord un territoire d’environ 73 000 km2 — son hinterland, constitué par l’actuelle Tunisie, représentait alors un territoire dévolu à l’agriculture supérieur en superficie à celui de Rome et de ses alliés réunis, et reste l’une des zones agricoles de premier plan dans l’Empire romain — pour une population de près de quatre millions d’habitants. Une telle population nécessitait un approvisionnement régulier et un arrière-pays capable d’assurer une production suffisante en quantité et en qualité : une production de céréales destinée à toutes les couches sociales, mais aussi une production de fruits ou de viande destinée à une population plus aisée.

Ce territoire a été largement amputé par les attaques de Massinissa dans le dernier demi-siècle d’existence de la cité, pour se limiter à une superficie inférieure à 25 000 km2 en 146 av. J.-C.[16].

La zone occupée par Carthage en Afrique était très fertile car elle jouissait d’une pluviosité amplement suffisante pour la production agricole. Ces atouts ont été exploités par la suite dans la province d’Afrique romaine[85].

Culture et élevage 

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Les Carthaginois ont développé la greffe de l’olivier à des fins d’amélioration de la productivité

 

 

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Carthage a très vite instauré un partage des tâches entre des cultures à visée spéculative, dans les terres proches de la capitale, et les cultures céréalières laissées aux populations libyennes, ces dernières étant soumises à un tribut en nature dont le poids, en particulier durant les guerres puniques, a pu influencer le cours des événements en les poussant à la révolte[86]. La cité a développé son hinterland grâce à la culture de l’amande, de la figue, de l’olive, de la grenade — perçue comme un fruit punique par les Romains — et de la vigne, en plus du blé. Ces plantes étaient déjà présentes à l’état sauvage dans la région mais les Phéniciens y ont apporté des plants qui leur ont permis d’exporter dans tout le bassin méditerranéen : on trouve ainsi des traces de produits agricoles puniques jusqu’en Grèce.

L’élevage était pratiqué de longue date par les populations autochtones, en particulier celui des chevaux, des bœufs et des mulets[87].

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 08:00


Périples

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Zone explorée lors du périple de Hannon

   

 

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Les périples maritimes témoignent de la hardiesse des marins puniques et de leur maîtrise des mers. Il est possible qu’ils aient découvert de nouvelles terres : le périple de Hannon mène ainsi les Puniques de Gadès à longer les côtes du continent africain jusqu’au golfe de Guinée avec une flotte de navires carthaginois. Celui d’Himilcon les aurait conduits aux îles Cassitérides vers la Grande-Bretagne, sur la route de l’étain.

Les marins de Néchao seraient parvenus pour leur part à effectuer les premiers la circumnavigation du continent africain[52].

Armée

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Article détaillé : Armée de Carthage.
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Recrutement et commandement 

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Restitution d’un frondeur des îles Baléares par Johnny Shumate

   

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La question du recrutement de l’armée carthaginoise, des mercenaires et de la place des citoyens a été soulignée par l’historiographie depuis l’Antiquité : la défaite de Carthage serait liée au recrutement de soldats professionnels et au manque d’engagement des citoyens, contrairement au modèle grec puis romain. Cet argument omet le courage des soldats lors des derniers combats, où s’engage la population, et ne prend pas en compte l’organisation de la marine militaire, qui se faisait autour de citoyens.

L’armée punique se composait de soldats de diverses origines : des mercenaires, des citoyens engagés volontairement mais aussi des sujets de ses territoires ou de ceux de ses alliés. Cette armée présentait donc un fort caractère cosmopolite ; chaque partie apportait des unités en guise de participation à l’effort commun. Une telle structure n’était pas sans danger lorsque l’État n’était plus en mesure de régler la solde, comme le démontra la guerre des Mercenaires au lendemain de la Première Guerre punique.

Le commandement carthaginois était aux mains de militaires issus des grandes familles et désignés par l’assemblée du peuple[53]. La hiérarchie militaire demeure toutefois mal connue, même s’il semble avéré que le titre de général correspond à celui de rab. La cité ne se montrait guère indulgente envers les officiers vaincus, les textes énonçant maints exemples de généraux crucifiés ou exécutés[54].

Unités 

Armement et unités terrestres

Les armées de Carthage ne différaient que peu des autres armées de l’époque. Les changements dans les structures et les manœuvres sont dus à Hannibal Barca, désireux de modifier une armée fondée sur les phalanges[55] issues de la tradition grecque[56], au moins pour la période la mieux connue de son histoire, à partir des guerres siciliennes puis puniques.

Les unités étaient diverses, organisées en bataillons selon leur origine ethnique, et armées parfois selon leurs traditions propres. L’infanterie légère comprenait, outre des citoyens armés de lances et d’épées[57], des unités spécialisées : ainsi les frondeurs des îles Baléares, des archers ou des lanciers libyens armés de javelots, poignards et boucliers de cuir[58], et également des groupes de fantassins ibères équipés de boucliers et d’une épée courte appelée falcata[57]. Le bataillon sacré décrit par Diodore de Sicile[59] et Plutarque[60] possédait un armement spécifique. L’infanterie lourde était organisée en phalanges selon le modèle macédonien, mais on ignore si la sarisse, caractéristique de cette formation, était usitée dans l’armée carthaginoise.

Les autres unités terrestres se constituaient surtout de cavaliers, uniquement numides au départ puis issus d’autres origines, dont Ibères et Gaulois[58]. Cet élément très mobile a fait la différence sur les champs de bataille de la Deuxième Guerre punique. L’équipement incluait également des chars de guerre, sans doute venus d’une longue tradition libyenne liée aux contacts de ce peuple avec les armées égyptiennes, et surtout les éléphants de guerre. Cette dernière unité, mise en exergue par les contemporains des guerres puniques, fut dans les faits limitée en nombre et d’un usage tardif, vraisemblablement après la guerre de Pyrrhus en Italie. Un tel usage répondait à des finalités plus psychologiques que militaires. Ces éléphants appartenaient probablement à une espèce locale, plus petite que l’éléphant d’Asie. Pour ce qui est des cornacs, on signale parfois une origine indienne[61].

   


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Unités marines

Les unités marines ont évolué au cours de l’histoire : la trirème, apparue dès le VIe siècle av. J.-C., embarquait 200 hommes outre les rameurs. La quadrirème fut inventée à l’époque hellénistique. Quant à la quinquérème, embarquant 300 hommes au plus, elle fut conçue pendant les guerres puniques. La logistique était assurée par d’autres navires, appelés gauloi.

Techniques et manœuvres

Parmi les apports macédoniens à l’art de la guerre carthaginois, les historiens relèvent l’organisation en phalange[62]Hannibal Barca : l’importance stratégique de la cavalerie, les nouvelles manœuvres d’enveloppement de l’adversaire (bataille de Cannes)[63], voire une stratégie d’embuscade pour pallier un désavantage numérique comme lors de la bataille du lac Trasimène. Les éléphants de guerre, peu et tardivement utilisés mais remarqués par les adversaires, jouaient avant tout un rôle d’intimidation et de désorganisation des lignes ennemies. ainsi que la disposition de l’armée en campagne et les camps. Cependant, des changements sont dus à

En ce qui concerne la guerre sur mer, l’usage de l’époque était d’éperonner les navires. Pour contrer l’avance carthaginoise, les Romains mirent au point le « corbeau » afin de faciliter l’abordage et reprendre l’avantage. Ils purent ainsi écraser Carthage lors de la bataille de Mylae.

Les Carthaginois étaient également maîtres en poliorcétique, utilisant des tours de siège, balistes et catapultes.

 

 

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Politique et société

Institutions 

L’organisation politique de Carthage était louée par de nombreux auteurs antiques qui mettaient en avant sa « réputation d’excellence »[64]. Si peu de détails sont connus sur le gouvernement de la grande cité, on dispose néanmoins d’un texte précieux d’Aristote[65] qui la dépeint comme un modèle de constitution « mixte », équilibrée et présentant les meilleures caractéristiques des divers types de régimes politiques ; ce document a alimenté un débat vif, certains historiens, dont Stéphane Gsell, le considérant comme une description tardive[66]. Les chercheurs privilégient désormais une évolution des institutions au cours de l’histoire[67].

En dépit des insuffisances de l’information dont on dispose sur Carthage, les données sont beaucoup plus importantes que pour les autres cités puniques.

Problématique de la royauté à Carthage 

Même si Didon était issue d’une famille royale, aucun élément dans la légende ne la cite comme reine. Les auteurs grecs ou latins mentionnent la présence de basileis ou de reges. La théorie de la royauté de Carthage, âprement défendue et développée par Gilbert-Charles Picard à la suite de Karl Julius Beloch, est dorénavant réfutée par la plupart des historiens. Une partie de l’historiographie a également supposé des ambitions monarchiques sur le modèle hellénistique aux Barcides en Espagne, hypothèse également écartée par Maurice Sznycer[68].

Le monde phénico-punique n’ignorait pourtant pas la monarchie : les rois phéniciens mentionnés à Tyr n’étaient toutefois pas détenteurs d’un pouvoir absolu[69].

Suffètes

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Article détaillé : Suffète.

 

 

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Plus conforme aux traditions orientales et de Tyr, le gouvernement devait être comparable à celui de Rome, avec un Sénat et deux suffètes (littéralement « juges ») élus chaque année mais appelés « rois » par les Romains et les Grecs en raison de leur incapacité à trouver dans leur culture un terme adéquat pour transmettre la réalité punique[70].

On pense que ces suffètes exerçaient à la fois le pouvoir judiciaire et exécutif mais non le pouvoir militaire, réservé à des chefs élus séparément chaque année par l’assemblée du peuple et recrutés parmi les grandes familles de la cité. Le cas d’Hannibal Barca peut être souligné, étant élu suffète après la défaite de Zama, en 196 avant J.-C. selon Tite-Live[71]. Le pouvoir des suffètes était vraisemblablement un pouvoir civil d’administration de la chose publique[72].

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