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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Religion minoenne(4).

Publié le 31 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Mythes et légendes

Culte des morts 

 

 


La croyance en une vie posthume par les Minoens apparait dès les temps néolithiques et prépalatiaux. Les morts étaient ensevelis dans des cavités des cavernes et des tombes à tholos et on déposait à côté d'eux non seulement des récipients contenant de la nourriture, mais aussi des outils d'usage quotidien : lames à raser en obsidienne, haches en pierre, meules, marteaux, et plus tard armes en bronze, sceaux et bijoux95. Dès le début de la période prépalatiale, on y ajoutait des objets rituels : kernoi en argile, vases zoomorphes, et statuettes de la déesse. La présence des statuettes peut-être expliquée par la croyance que le mort, dans sa nouvelle demeure, devait disposer non seulement de son équipement de la vie quotidienne, mais aussi des idoles qu'il avait adorées. On peut détecter sur des tombes du minoen ancien des traces de feux extrêmement vif, ce qui amène à penser que ces feux faisaient partie des rites funéraires. Ils servaient plutôt à brûler les restes d'enterrements précédents, il semblerait donc qu'on attachait moins d'importance aux morts après la décomposition des corps95.

 

 

 

Scène d'offrandes. Phaistos (époque néopalatiale).

 

 

 

Les preuves nettes d'un culte des morts apparaissent à la fin de la période néopalatiale. Des offrandes sont déposées dans des endroits spéciaux hors des tombes. Ces offrandes ne sont surement pas placées uniquement le jour de l'enterrement, d'autres offrandes avaient probablement lieu à des jours spécifiques. D'autres offrandes typiques que les kernoi, sont les vases à libations renversées. Ces offrandes impliquent que les morts continuaient à avoir besoin des vivants96. Ainsi des petites cabanes en pierre étaient construites à côté des tombes et contenaient des vases de pierre ou d'argile datant de bien après les tombes elles-mêmes97. Un objet en argile trouvé à Kamilári près de Phaistos prouve que dès le début de l'époque néopalatiale il était d'usage de rendre aux morts des honneurs divins. Il s'agit d'un bâtiment miniature rectangulaire représentant une maison ou un sanctuaire, la façade étant encadrée de deux piliers et le tout contenant un groupe de quatre personnages. Ils sont assis sur des tabourets séparés, devant des tables à offrandes, tandis que des adorants porteurs de tasses pénètrent dans le sanctuaire. Deux de ces tasses sont déjà déposées sur les tables. Les morts en question on probablement été transformés en héros ou en Dieux96.

On retrouve dans les tombes néopalatiales tables à offrandes, autels, alabastres et les divers objets de culte déjà étudiés. Dans les tombes, des encensoirs avaient un rôle pratique en plus de leur rôle rituel : les fumées des encens et les résines aromatiques brûlées servaient à masquer les odeurs des ensevelissements précédents. Selon Evans, les récipients contenant du charbon, tels que les encensoirs, servaient à « réchauffer les morts ». Quelques une des tombes creusées dans le rocher ont le plafond peint en bleu, sans doute une représentation du dôme céleste. La même couleur apparait sur des paris du sol et sur du matériel funéraire. Les sarcophages en bois étaient parfois peints en bleu. Mais dans les tombes de cette période, on rencontre peu de statuettes, contrairement à celles de la Grèce continentale98.

Certains sujets religieux apparaissant sur les sarcophages confirment le lien entre le monde des Dieux et celui des morts. Doubles-haches, cornes sacrées et griffons sur un sarcophage de Palaikastro, têtes de taureaux sur une Larnax d'Episkopé, près d'Ierapetra, personnage sacerdotale en robe longue à bandes diagonales à Vatheianos Kampos. Sur une larnax de Milatos, un personnage aux cheveux flottants au vent est en train de descendre du ciel, pour boire dans une grande amphore, la scène doit donc faire allusion à une libation. Mais nous ne savons as si le personnage représenté est l'esprit du mort ou la représentation d'une divinité99.

 

 

 

Sarcophage d'Aghia Triada.

 

 

 

Le degré des honneurs rendus semble correspondre à la valeur et au rang occupé par le mort pendant sa vie. Les personnes royales, considérées comme divine de leur vivant, recevant des honneurs divins pendant leur mort. C'est ce qu'illustre le sarcophage d'Aghia Triada. On peut voir sur ce sarcophage deux types de rites, l'un adressé à la divinité, l'autre au mort. De toute évidence il y a une relation étroite entre les deux. La cérémonie au mort consiste en une procession. les hommes qui y participent portent des peaux en dessous de la ceinture, et apportent des animaux, peut-être des veaux, à un personnage qui se tient derrière un autel à degrés et une branche sacrée100. Derrière ce personnage on peut voir ce qui s'apparente à un sanctuaire. Le personnage vers lequel se dirige la procession est vêtu entièrement de peaux de bêtes et il se tient à un niveau plus bas que les autres, donnant l'impression qu'il est en train de remonter de l'intérieur de la terreN 16. Il pourrait donc s'agir d'une représentation du Jeune dieu de la végétation auquel on aurait identifié le mort contenu dans le larnax. Une autre interprétation est que le mort est posé debout pour la cérémonie funèbreN 17. De plus, dans ce cas la présence d'oiseaux ne symbolise pas la présence de la divinité comme c'est la cas habituellement, mais la présence de l'âme du mort.

 

Élysée et île des bienheureux 

L'un des membres de la procession du sarcophage d'Aghia Triada apporte un modèle réduit de navire., qui peut être considéré comme un signe d'influence égyptienne. En Égypte de vrais bateaux étaient déposés dans les tombes des rois et des modèles réduits dans celles des mortels ordinaires, puisqu'on croyait que les morts en avaient besoin pour leur voyage vers l'au-delà. Il semble que les Minoens aient partagé ces croyances, et qu'ils soient à l'origine des Champs Élysées, où se trouve Rhadamante, frère de Minos, et ancien roi de Crète. Peuple marin, les Minoens avaient tout naturellement tendance à situer leur paradis au delà des mers, aux extrémités de la Terre101.

On ignore jusqu'à quel point ils considéraient possible la survivance des morts, après que l'âme ait quitté le corps, dans la tombe. Le papillon, est considéré comme le symbole de l'âme des morts. Son apparition sur des disques en or de Mycènes, pourrait indiquer qu'au moins à l'époque créto-mycénienne, les égéens croyaient à la psychostasie, pesée des âmes, que l'on retrouve en Égypte101. On a trouvé des disques de pesée en bronze dans des tombes crétoise du minoen récent. Les papillons apparaissent sur une double hache en bronze de Phaistos, et aussi sur le relief peint du prêtre-roi de Knossos102,N 18. Des papillons et des chrysalides apparaissent comme symboles de résurrection sur la bague de Nestor en or. Cette bague représente selon Evans, des scènes de la vie future : un couple est initié aux mystères de l'autre monde et apparaît devant la Grande déesse et un griffon assis sur un trône. Cette initiation est suivie par la résurrection et le couple retrourne à la vie102,N 19. Nous ignorons si les Minoens croyaient en la punition du pêché par une vie futurs de tourments (l'équivalent de l'Enfer)101

La crémation des morts fut introduite en Crète vers la fin de la période postpalatiale ou mycénienne. Conception nouvelle et plus simple du phénomène de la mort, elle est probablement due à l'influence d'éléments nordiques apparentés aux civilisations des champs d'urnes d'Europe centrale102.

 

Jeux et festivités

 


Femme assise sur une balançoire. Période néopalatiale. (Aghia Triada)

cf feux sacrés sur les sommets103.

 

 

 

Une autre pratique cultuelle était de se balancer sur des balançoires ou des cordes tendues entre des arbres ou des poteaux. On rencontre cette habitude dans d'autres contextes religieux : ainsi, on trouve le balancement rituel aux Indes et dans certaines régions rurales de Grèce moderne. Un modèle réduit en argile d'Aghia Triada montre une femme assise sur une balaçoire accrochée entre deux piliers sur lesquels sont perchées des colombes.

On ne connait pas avec certitude à quels jours de l'année se tenaient les fêtes minoennes. si l'on compare avec ce que l'on sait de la religion égyptienne et d'autres, on peut supposer que les minoens devaient célébrer le début de l'année, l'anniversaire de grands évènements mythiques, comme la naissance, la mort et la résurrection du Dieu103.

 

 

 

Sceau minoen représentant des acrobaties au-dessus d'un taureau. Période néopalatiale.

 

 

 

Les jeux de taureau, ou tauromachies par assimilation aux tauromachie espagnoles, avaient sans doute un caractère sacré. Selon Persson, ces jeux faisaient partie la fête du printemps103. Dans les jeux de taureaux minoens, l'animal n'était pas abattu (bien qu'il était peut-être abattu dans une cérémonie religieuse par la suite). des jeunes gens saisissaient l'animal par les cornes et effectuaient toute une variété de sauts périlleux au-dessus du dos de l'animal.L'origine de ce sort remonterait aux efforts pour capturer le taureau dans les montagnes de Crète, mais alors que les scènes illustrant la vraie capture d'un taureau montrent des hommes portant des lances ou des filets, ceux qui prenaient part à ces jeux n'étaient pas armées103. Des jeux semblables se déroulèrent pendant la période classique en Thessalie, à Smyrne, Sinope et en Carie. Il semble qu'il y ait eu des participants venus de Grèce continentale, ce qui donna peut-être naissance à la légende selon laquelle sept jeunes hommes et sept jeunes femmes étaient expédiés d'Attique pour être livrés au minotaure.

Les fêtes comportaient d'autres évènements athlétiques. Des scènes de pugilat sont représentées sur un fresque de Tylissos, sans pour autant que l'on sache si ces combats avaient une signification religieuse mais de compétitions analogues, commémorant la victoire d'Osiris sur ses adversaires avaient lieu en Égypte104.

 

 

 

Bague de Mochlos.

 

 

 

Les processions étaient un autre aspect des fêtes. sur un rhyton provenant d'Aghia Triada on peut voir une procession liée à un rite agricole. Les hommes participant portent des outils agricoles. Le caractère religieux est indiqué par la présence de chanteurs et d'un prêtre joueur de sistre105. Dans d'autres processions, prêtres, prêtresses et adorant marchent silencieusement en portant des vases à libations.

Enfin, il pas étonnant qu'un peuple marin comme les minoens aient eu des rites en rapport avec l'eau. Les fêtes marines avaient sans doute lieu dans des sanctuaires près de la mer106. Une bague en or retrouvée à Mochlos nous montre une déesse en voyage sur un bateau qui contient aussi un petit autel et un arbre. Cet arbre pourrait être un arbre sacré déraciné ou la suggestion symbolique de la déesse de la végétation.

 

Continuité de la religion minoenne 


Survivance du culte 

Il est probable que la religion minoenne survécut à l'invasion des Grecs et fusionna avec la religion grecque. Des traces de culte minoen datant de la période mino-mycénienne à la période grecque, ont pu être retrouvées107.

Cette continuité peut s'exprimer à travers les nombreuses idoles retrouvées, qui conservent pendant plusieurs siècles leur aspect minoen. À Gazi, des idoles de la période sub-minoenne ont été découvertes. Elle se tenaient probablement sur une planche dans une petite pièce carrée, dans laquelle on a aussi trouvé une table à offrandes et des vases. Le sanctuaire de Karphi, plus tardif, car datant de la période sub-minoenne à proto-géométrique, a révélé des objets de culte et des idoles minoennes, bien que leurs pieds aient été modelés séparément108. À Prinias également des idoles ont été découvertes, en forme de cloche, et représentées avec des serpents, comme les idoles retrouvées à Gournia. Dès 1906, les archéologues italiens ont estimé que les idoles de Prinias dataient de la période archaïque, et étaient complètement étrangères à la période minoenne par leur datation108.

Un objet important du culte minoen a perduré à travers les siècles suivants : le kernos109. Le terme kernos désigne selon les auteurs grecs, un ensemble de petites coupes d'argiles attachées à un vase central, et dans lesquelles différentes sortes de fruits étaient placées. Cet objet était transporté à la manière du liknon, et les auteurs grecs nous informent que la personne chargée de le transporter goutait également les fruits. Le kernos aurait servi dans des mystères, sans que l'on sache vraiment lesquels110,111, même si ceux d'Éleusis semblent fort probables112. Ainsi des kernoi dédicacées aux déesses éleusiniennes ont été découverts sur les pentes ouest de l'Acropole à Athènes et près du Métrôon112.

La complexité de la forme des kernoi permet de laisser penser qu'il existe une réelle connexion entre les exemplaires minoens et grecs. Les chercheurs s'accordent sur le fait qu'une forme si particulière aurait eu, en effet, peu de chances d'apparaitre deux fois dans le même pays sans qu'aucune connexion n'ait lieu113.

Le plan des sanctuaires domestiques minoens a également survécu pendant toute la période archaïque. À Dreros, près d'Olous on trouve un temple témoignant de la fusion des religions minoenne et grecque. C'est une petite pièce rectangulaire, de 11 m. sur 7,20 m. dans laquelle on entre par le côté nord. On y trouve un pilier, d'un demi-mètre de haut environ et qui supportait sans doute une table à offrande. On y a découvert également des idoles de type minoen. La survivance des traditions minoennes y est évidente, mais les Dieux honorés en cet endroits sont grecs et identifiés comme Apollon, Artémis et Léto114.

Ailleurs qu'en Crète, des lieux de culte font penser aux lieux de culte minoens. Ainsi, au sud de Rhodes, dans un lieu habité au VIe siècle av. J.‑C., des archéologues danois ont mis au jour en 1908 un sanctuaire d'une grande ressemblance avec le sanctuaire aux double-haches de Knossos115.

 

commentaires

Raid Centrale Paris.

Publié le 30 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans SPORTS-LOISIRS-HUMOUR

Raid Centrale Paris

 

 

 

 

 

Logo du Raid Centrale Paris.

 

 

 

 

 

Le Raid Centrale Paris est un raid itinérant étudiants-entreprises organisé chaque année par les élèves de l’École centrale Paris, auquel participent des étudiants venant de toute l'Europe et des cadres d’entreprises.

Créée en 1999, l'épreuve se déroule en 5 jours, en montagne, avec de la course à pied et du VTT ainsi que des sports de cordes et d’eaux vives appelés « actis fun ». La distance parcourue à chaque étape varie entre 50 et 70 kilomètres.





 
 
 
 

L'évènement 

 


Organisé pour des étudiants et des cadres d'entreprises de divers horizons, et dans le but de permettre les rencontres étudiants-entreprises, cet évènement est un évènement sportif exigeant et demande une préparation physique adéquate. La sélection des équipe s'effectue principalement sur les performances sportives antérieures des concurrents afin de garantir le niveau sportif.

 

 

Les épreuves 

 

 


Epreuve de course à pied sur le Raid Total Centrale Paris, 2007.

 

 

 

 

Chaque année, le raid s’articule autour de quatre épreuves phares :

  • course à pied
  • VTT
  • Sports d’eaux vives
  • Sports de cordes

Ces quatre activités ne sont pas forcément présentes sur toutes les journées du raid, néanmoins, on retrouve chaque jour au moins une portion de course à pied et de VTT.

Une journée type du raid se présente sous cette forme:

  • Un départ matinal (voire de nuit), groupé ou échelonné
  • Une portion d'une vingtaine de kilomètre de VTT ou de course à pied
  • Un check-point pour se rassasier et reprendre des forces
  • Une nouvelle épreuve différente de la précédente
  • Un check-point, pour prendre le repas du midi
  • L'acti fun de la journée
  • Une dernière épreuve four finir la journée

Chaque soir a lieu une cérémonie pour clôturer la journée, pour présenter les partenaires et les équipes, et pour remettre les prix du jour. À l'arrivée du dernier jour a lieu la cérémonie de clôture avec remise des prix pour le classement général entre autres.

 

 

La journée VIP 

 


Une journée VIP, moins exigeante sportivement, permet aux équipes étudiantes de rencontrer lors du check-point du midi les DRH des partenaires du raid pour discuter, et pourquoi pas échanger quelques CV. Le soir, les DRH sont présents à l'arrivée et la journée se termine par un dîner placé.

 

 

Quelques chiffres

 


  • de 200 à 250 km parcourus en 5 jours
  • 8 000 m de dénivelés
  • 220 concurrents (pour l'édition 2012, 200 auparavant)
  • 90 staffeurs (Elèves de l' Ecole Centrale Paris, 60 première années et 30 deuxième années)

 

 

Histoire 

 

 


Ancien logo du Raid Total Centrale Paris.

 

 

 

 

 

Le Raid Centrale Paris a été créé en 1999 sous le nom de Raid Total Centrale Paris.

 

 


Total, partenaire historique 

 

 


Total a été le partenaire du Raid Centrale de 1999 à 2011.

 

 

L'édition 2012 

 


La 14e édition du Raid Centrale Paris, l'édition "Val de Durance" se déroulera du 22 au 27 avril, et traversera les villes de Guillestre, Chorges, Gap, Curbans, St-Genis, et Sisteron.

 

 

 

Raids passés

 

 


 

 

 

La journée anniversaire du 10 avril 2008 

 

 


Pour le dixième anniversaire de l'évènement, une journée spéciale a été organisée à la Défense le 10 avril 2008. Elle a permis de présenter le raid aux entreprises du quartier d'affaires et à toutes les personnes ayant participé aux neuf précédentes éditions du raid (concurrents, membres du staff) de se retrouver pour partager leurs souvenirs.

 

 

Le Prologue 

 


Depuis l'édition 2006 est organisée en marge du Raid une journée d'épreuves appelée Prologue. Il a lieu au mois de février en Île-de-France. Il s'est déroulé en forêt de Fontainebleau les deux premières fois (2006 et 2007), en 2008 en forêt de Rambouillet, et à nouveau en forêt de Fontainebleau pour l'édition 2009. Exclusivement issus du monde étudiant, les quelque 150 concurrents s'affrontent pendant une journée de type Raid :

  • un départ groupé matinal
  • du VTT
  • de la course à pied
  • des actis fun
  • des checks points
  • une cérémonie finale

Le Prologue permet à ses participants de se préparer au Raid qui a lieu deux mois après. Journée de rencontre et de formation des équipes étudiantes, le Prologue propose aux étudiants qui n'auraient pas forcément eu le niveau pour les cinq jours du Raid, de vivre une journée type Raid.

 

 

L'organisation 

 

 


L'équipe organisatrice de l'édition 2008.

 

 

 

 

Chaque édition est organisée par une équipe différente composée d'une trentaine d'élèves de deuxième année et une soicantaine d'élèves de première année à l'École Centrale Paris.

Tout le staff est réparti pendant l'année dans différents secteurs chapeautés par un élève de deuxième année (itinéraire, logistique, sécurité, communication, entreprise, concurrents ...) qui s'occupe d'organiser un aspect particulier du Raid.

Après, sur le Raid, les responsabilités sont redéfinies afin d'impliquer plus les premières années et ceci pour chaque journée.

Enfin, un mois environ après le Raid, ont lieu les passations qui permettent aux premières années de prendre la relève de leurs aînés !

La démarche qualité et d'amélioration continue entreprise par l'équipe organisatrice a été reconnue en 2009 par l'attribution de la norme ISO 9001.

 

 

Le Raid et l'environnement 

 


L'environnement est un sujet important du Raid qui a d'ailleurs instauré, depuis [Quand ?], une journée de l'environnement sur le parcours. De plus les régions traversées étant souvent des zones préservées, il convient de les respecter.

Ces efforts sont reconnus depuis 2005 par la certification ISO 14001 de l'organisation.

Sur le Raid est mis en place le tri systématique des déchets et tout est mis en œuvre pour limiter la consommation de carburant et de papier.

Par ailleurs, pour limiter la production de déchets, une partie de la vaisselle jetable utilisée est biodégradable et un bilan carbone est réalisé pour obtenir des pistes d'amélioration de l'impact sur l'environnement.

 

 

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Confucius.

Publié le 30 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans RELIGIONS & CROYANCES (Catholi) -Arts divinatoires

Confucius

Confucius

Philosophe chinois

Antiquité

Description de cette image, également commentée ci-après

Confucius, d’après un bronze chinois.


 

 

 

 

 

 

 

 

Données clés

 

 

Naissance 28 septembre -551
Zou
Décès 11 mai -479 (à 71 ans)
Qufu
École/tradition Fondateur du confucianisme
Principaux intérêts Éthique, Politique, Histoire, Art, Religion
Idées remarquables ordre rationnel du monde, rôle social des rites et de la musique
Œuvres principales Le Livre des odes
Annales des Printemps et des Automnes
A influencé Mencius, Xun Zi, Zhu Xi, Lin Yutang et toute la philosophie chinoise
Adjectifs dérivés confucéen, confucéenne

 

 

 

 

 

Confucius (chinois simplifié : 孔子 ; pinyin : Kǒng Zǐ ; Wade : K'ung-tzu), né le 28 septembre 551 av. J.-C. à Zou (陬) est mort le 11 mai 479 av. J.-C. à Qufu (曲阜), est le personnage historique ayant le plus marqué la civilisation chinoise. Considéré comme le premier « éducateur » de la Chine, son enseignement a donné naissance au confucianisme, une doctrine politique et sociale qui a été érigée en "religion d'État" dès la dynastie Han et qui ne fut officiellement bannie qu'au début du XXe siècle. Né à Zou (陬) près de Qufu (曲阜) dans l’actuelle province du Shandong, il est généralement appelé Kǒngzǐ (孔子) ou Kǒng Fūzǐ (孔夫子) par les Chinois, ce qui signifie « Maître Kong » et qui a été latinisé en "Confucius" par les Jésuites.





Sa vie : au temps des Chunqiu « Printemps et Automnes »

 

 


Confucius, dit-on, vit le jour le 28 septembre 551 avant notre ère, à Zou (), non loin de la ville de Qufu (曲阜), pays de Lu, actuelle province de Shandong. Son «Zi», c'est-à-dire son prénom était Zhòng Ní (仲尼) et son nom personnel Kǒng Qiū (孔丘). Sa mère, Zheng Zai est allée prier sur le mont Qiū (丘) et pour cette raison, elle l'appela Qiū. Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des « Printemps et des automnes » (春秋). Ils font ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint, entre 771 et 481 avant J.-C. précisément dans cette région que l'on nommait alors le pays de Lu.

Selon la tradition, son père, Shu Liang He (叔梁紇) était le descendant de Yi Yin (伊尹) premier ministre de Cheng Tang (湯) fondateur de la dynastie Shang (商). Il gouverna la principauté de Lu 鲁 (dans le sud-est de l’actuelle Shandong). À 65 ans, ce dernier épousa en secondes noces, une fille de 15 ans (Zheng Zai). Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté. Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à dix-neuf ans et à vingt ans il eut son premier fils. Il a eu trois enfants (un fils, Kong Li (孔鯉), et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende veut qu’il ait rencontré Lao Zi (老子), le père du taoïsme1.

Après la mort de sa mère en -527, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour du duc de Lu, il devint Grand Ministre de la Justice de Lu à l'âge de 53 ans. Cependant, en raison du fait que ce duc préféra prendre du plaisir pendant trois jours avec des danseuses plutôt que d'assurer sa tâche de gouvernant, Confucius décida de quitter son poste de Ministre, et en -496 partit pour quatorze années d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter2. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, le 11 mai -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.

 

 

Le piège de Yang Huo

 

 


Tombe de Confucius.

 

 

 

 

Yang Huo — tyran qui vivait en ce temps — était déterminé à rencontrer Confucius ; aussi décida-t-il de lui envoyer un cadeau au moment où Confucius n'était pas chez lui. D'après la tradition, un lettré qui n'est pas chez lui et qui reçoit un cadeau d'un seigneur doit aller chez ledit seigneur à pied le remercier de ses bonnes grâces. Or Confucius s'est résolu à ne pas le voir, estimant qu'il s'agit d'un piège tendu par cet homme fourbe et cruel. Aussi, il décide d'aller le remercier au moment où il n'est pas chez lui, pour ne pas le voir. Cependant Yang Huo anticipe la manœuvre et prend les devants, tant et si bien que les deux se rencontrent sur le chemin. Quand il voit Yang Hou, il réalise qu'il est bel et bien piégé. Sa vivacité d'esprit le sort de cette mauvaise situation. Yang Hou voulait en fait solliciter Confucius à exercer des charges dans son pseudo-gouvernement, dans le but de semer le trouble dans le gouvernement légitime du prince Ting.

 

 

Sa pensée

 


Il est possible de comprendre les enjeux et la teneur de la pensée de Confucius en lisant les Entretiens, livre dans lequel on voit le Maître vivre et discuter des problèmes de son temps avec ses disciples.

Bien qu’il n’ait jamais développé sa pensée de façon théorique, on peut dessiner à grands traits ce qu’étaient ses principales préoccupations et les solutions qu’il préconisait. Partant du constat qu’il n’est pas possible de vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages, et qu’il faut donc vivre en bonne société avec ses semblables, Confucius tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. En son temps, la Chine était divisée en royaumes indépendants et belliqueux, les luttes pour l’hégémonie rendaient la situation instable et l’ancienne dynastie des Zhou avait perdu le rôle unificateur et pacificateur que lui conférait le mandat du Ciel. Confucius voulait donc restaurer ce mandat du Ciel qui conférait le pouvoir et l’efficacité à l’empereur vertueux. Cependant, bien qu’il affirme ne rien inventer et se contenter de transmettre la sagesse ancienne, Confucius a interprété les anciennes institutions selon ses aspirations, il a semé les graines de ce que certains auteurs appellent l'« humanisme chinois ».

Mettant l’homme au centre de ses préoccupations et refusant de parler des esprits ou de la mort, Confucius n’a pas fondé de religion au sens occidental du terme, même si un culte lui a été dédié par la suite. Cherchant à fonder une morale positive, structurée par les « rites » et vivifiée par la « sincérité », mettant l’accent sur l’étude et la rectitude, Confucius représente pour les Chinois d’avant la Révolution l’éducateur par excellence, mais la lecture attentive des Entretiens montre qu’il n’a pas voulu s’ériger en maître à penser, et qu’au contraire il voulait développer chez ses disciples l’esprit critique et la réflexion personnelle : « Je lève un coin du voile, si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. »

 

 

 

 

Confucius.

 

 

 

 

Un apport très important, et révolutionnaire en quelque sorte, de Confucius, est à chercher dans la notion de « Junzi » (« gentilhomme ») qui, avant lui, dénotait une noblesse de sang et dont il a modifié le sens pour le transformer en noblesse du cœur, un peu comme le mot anglais gentleman. Son enseignement, bien que principalement orienté vers la formation de futurs hommes de pouvoir, était ouvert à tous, pas seulement aux fils de princes. On peut faire remonter à cette impulsion de départ la longue tradition des examens impériaux, chargés de pourvoir l’État en hommes intègres et cultivés, que le plus humble paysan pouvait (en théorie) tenter. Bien que cette institution « méritocratique » ait subi différents avatars et distorsions, elle a certainement joué un rôle prépondérant dans la pérennité de la culture chinoise et dans la relative stabilité de l’Empire Céleste pendant deux millénaires.

Selon Confucius, la soumission au père et au prince va de soi et garantit la cohésion des familles et du pays, mais elle s’accompagne d’un devoir de (respectueuses) remontrances si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction. De très nombreux lettrés chinois, se réclamant à juste titre de l’enseignement de leur Maître, ont péri ou été bannis, pour avoir osé critiquer l’empereur quand celui-ci, sous l’emprise d’une clique du harem ou de prêtres taoïstes, ne prenait plus soin de son peuple et laissait le pays sombrer dans la famine ou la guerre civile.

 

Sa postérité

 


La postérité de Confucius, en Chine et en Extrême-Orient, ne saurait être sur-évaluée. Ses commentateurs et ses continuateurs proches comme Mencius et Xun Zi ont formé un corps de doctrine, appelé Confucianisme, choisi comme philosophie d’État en Chine pendant la dynastie Han. Jusqu’à la fin de l’Empire, en 1911, le système des examens, basé sur le corpus confucéen, est resté en vigueur. Certains analystes, chinois ou occidentaux, pensent que l’influence du Confucianisme est toujours prépondérante à l’époque actuelle. La Corée du Sud (cf. art. I I) et Singapour, se réclament toujours de cette doctrine politique (2007).

Cette continuité apparente du Confucianisme en Chine, ne doit cependant pas cacher les constants renouvellements, suivis de retours aux sources ou d’éclipses temporaires, qui ont animé l’histoire de la pensée chinoise. Ainsi le renouveau du Confucianisme, instauré par Zhu Xi pendant la dynastie Song, après une relative mise en retrait durant la dynastie des Tang, a intégré les apports anciens de la pensée taoïste et les apports plus récents du Bouddhisme en une orthodoxie, restée relativement incontestée depuis lors. Il aura fallu attendre la fondation de la République de Chine pour que l’enseignement des Quatre Livres et des Cinq Classiques confucéens ne soit plus obligatoire:

Les Quatre Livres (四書 Sì shū) sont :

 

 

 

 

Le Livre des Rites.

 

 

 

 

Les Cinq Classiques (五經 Wǔ jīng) sont

 

Bibliographie 

 


Publications anciennes 

 


Tous ses livres moraux ont été mis en latin et paraphrasés par Prospero Intorcetta, Christian Herdtrich, François de Rougemont et Philippe Couplet, sous le titre de Confucius, Sinarum philosophus, Paris, 1687, in-folio.

Le Shū Jīng a été traduit en français, par le Père Antoine Gaubil, 1770; le Zhōng Yóng a été publié en chinois, avec traduction latine et française, par Abel-Rémusat, 1817, in-4; le Ta hio, par Guillaume Pauthier (chinois, latin et français), 1837, in-8.

On trouve aussi plusieurs des ouvrages de Confucius dans les Simensis imperii libri classici sex du Père François Noël, Prague, 1711, collection traduite en français par l'abbé François-André-Adrien Pluquet, 1784, 7 volumes in-18.

La Vie de Confucius a été écrite par le Père Joseph-Marie Amiot dans les Mémoires sur les Chinois. On a publié la Morale de Confucius, Amsterdam, 1688, 1 volume in-8.

 

 

 

Traductions 

 


  • Philosophes confucianistes, Gallimard, coll. "La Pléiade", 1536 p. Les Entretiens (Lun Yu) de Confucius, Meng Zi, La Grande Étude (Da Xue), La pratique équilibrée (Zhong Yong), Le classique de la piété filiale (Xiao-jing), Xun Zi.

 

Études

 


 

 

 

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commentaires

Religion minoenne (3).

Publié le 30 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Mythes et légendes

Autels et tables à libations 

 


« Compotier » servant à l'offrande de fruits. Période protopalatiale (Phaistos).

 

 

 

Les autels occupent une part importante de l'équipement rituel. Comme plus tard, à l'âge classique, les autels présentaient déjà toute une variété de formes68. Ils pouvaient être rectangulaires, bâtis en pierre taillée ou à degrés69. Des autels fixes, faits de blocs de pierre ou de linteaux ont été découverts dans de nombreux endroits, comme il est facile de les identifier dans les grotte de Psychro ou d'Ilithyie68. De plus, ces autels ont pu être identifiés avec certitude car ils ont révélé la présence de cendres et d'os carbonisés70. De manière plus générale, partout où l'on trouve une construction quadrangulaire à surface plane et sans que rien ne soit superposé par dessus, il est possible de penser que nous sommes en présence d'un autel68. Evans identifia quatre autels dans le palais de KnossosN 14,68. Deux autels ont été identifiés à Phaistos, un premier sur le côté nord de la cour ouest où l'on peut voir une base rectangulaire faite de pierresN 15, un second à l'angle nord-ouest de la cour centrale du palais. Dans cet angle, deux blocs de pierre ont été superposés formant un cube de plus d'un mètre de haut71.

On se servait probablement de ces autels, parfois surmontés de cornes et de banches sacrées, pour y sacrifier des victimes, y déposer des offrandes72 et y brûler les animaux immolés69. De plus petits autels, légèrement concaves, étaient sans doute utilisés pour des offrandes liquides72. Ils étaient surmontés des doubles cornes et de branches sacrées, et principalement utilisés pour les offrandes non sanglantes69. Les tables à offrandes étaient des plaques de pierre, de dimensions réduites, avec une face supérieure plate ou creusée d'une cavité circulaire ou carrée. Cette cavité servait sans doute à recueillir les liquides versés des vases à libations73. Il existe également des tables qui ont la forme d'une lampe sur haut pied et des « compotiers » en céramique pour l'offrande de fruits.

 

Kernoi et rhyta 

Dans les rites minoens, on trouve souvent un type particulier de récipient, le kernos, nommé d'après des vases analogues utilisés dans le culte de Déméter, aux temps classiques. On rencontre dans les tombe du minoen ancien, la variété dite de la « salière », c'est-à-dire de simples kernoi rectangulaires en pierre ou en argiles formés par la réunion de deux ou trois tasses ou petits vases sur une base commune. Un kernos était vraisemblablement utilisé pour les offrandes de panspermia : présentation de petites quantités de toutes les espèces de graines et de produits agricoles. Arthur Evans trouva les premiers exemplaires de kernoi datant du Minoen ancien II74, mais les exemplaires les plus anciens remontent aux tout premiers temps du Minoen ancien et furent découverts à Pyrgos75. Parmi ces spécimens les plus anciens fut retrouvé un kernos avec une tige évasée vers le bas formant le pied de la poterie. Deux coupes sont reliées à la tige par leurs bords, la tige s'élevant un peu au-dessus de deux coupes. Un autre spécimen diffère du premier par sa forme, trois coupes, plus larges sont reliées au sommet du pied plus petit et moins évasé que le premier spécimen. Bien que de formes différentes, ces deux kernoi de type bucchero possèdent des décors géométriques incisés75. Quarante-quatre coupes coniques, apparemment toutes décrochées de leurs supports initiaux ont été retrouvées à Palaikastro et ont été identifiées comme appartenant à des kernoi du Minoen récent III76. À la fin de la période mycénienne, ces objets prennent une forme différente. On a retrouvé dans une tombe, un anneau de 19 cm de diamètre, sur lequel étaient placés 6 récipients aux cols étroits. De plus, trois figurines grossières étaient placées entre les récipients76.

Aujourd'hui encore, en Crète, le rite chrétien permet d'observer la présentation des aparchai, ou premiers fruits de la terre, qui sont portés à l'église pour y être bénis. On trouve encore dans certains monastères, un objet comparable au kernos, combinant des bougeoirs et des fioles pour recevoir du blé, de l'huile et du vin77.

 

 

 

Rhyton en forme d'oiseau. Koumasa. Minoen ancien.

 

 

 

Rhyton. Plaine de la Mesara. Période prépalatiale.

 

 

 

Rhyton en forme de tête de taureau. Période néopalatiale.

 

 

 

Les rhyta, mot dérivé du grec rheo (= couler) sont des vases pourvus non seulement d'une embouchure par laquelle on les remplissait, mais aussi d'une ouverture sur la base pour l'écoulement. La forme peu pratique, la richesse et la finesse de fabrication prouvent qu'ils étaient surtout des objets destinés au culte. Les rhyta peuvent être de forme humaine ou animale78. Elles apparaissent au Minoen ancien III, au Minoen moyen I et de nouveau au Minoen récent79. Parmi les plus anciens exemples retrouvés, on peut citer l'oiseau de Koumasa, les taureaux avec des hommes accrochés à leurs cornes, le vase-colombe de Knossos79. Plus rares, des rhyta prépalatiaux retrouvés à Mochlos79 et Malia80 en forme de buste de femme avec des trous sur la poitrine étaient peut-être destinés aux offrandes de lait80. Tandis que les rhyta en forme de taureau pourraient avoir servi pour la libation de sang du bœuf sacrifié. Des modèles plus simples, comme des exemplaires coniques et ovales en pierre ou en céramique, ont aussi été retrouvés. Les rhyta en forme de tête humaine apparaissent au Minoen moyen II et deviennent communs au Minoen récent.

Dans les tombes d'époque palatiale, des alabastres, ou vases en céramique ou en pierre, bas et très larges, qu'on remplissait par une ouverture circulaire étroite, ont été découverts à Knossos. Leur forme plate suggère que la libation devait rester en contact avec le sol.
Dans les sanctuaires du minoen récent, ont été retrouvés des vases tubulaires, sans fond; vraisemblablement placés au-dessus d'un petit trou creusé dans la terre, ils servaient à recevoir des libations80.

 

Pratiques du culte 


L'offrande de nourriture et de boisson à la divinité constitue l'acte principal d'adoration. Dans des tablettes en linéaire B de Knossos sont mentionnées des offrandes de miel à la déesse des accouchements Ilithyia et à d'autres divinités. Le miel étant peut-être destiné à apaiser les douleurs de l'accouchement81. Sur un fragment d'un vase en pierre de Knossos, on voit un jeune arriver au sommet d'une montagne. Il place une corbeille de fruits devant le sanctuaire82. En plus du miel et des fruits, une autre offrande devait être le vin.

Des sacrifices sanglants, pendant lesquels on immolait des animaux, avaient lieu. Sur le sarcophage d'Aghia Triada, on peut voir un taureau étendu sur une table en bois. Il est déjà tué et du sang coule de sa gorge avant d'être recueilli dans un seau. Le sacrifice est accompagné d'une musique de flûte. Puis un manche est passé dans les poignées des seaux contenant le sang et une femme les emporte son son épaule. Une prêtresse reçoit les vases et les vide dans une vaste cuve placée entre des doubles-haches83. On suppose que les fidèles buvaient le sang des bêtes sacrifiées, recueilli dans les seaux84.

Il pouvait y avoir confusion entre l'objet réel et sa représentation. À la place d'un vrai animal, le fidèle pouvait offrir une copie en argile ou en bronze. Ceci expliquerait la quantité de modèles réduits d'animaux retrouvés dans les sanctuaires de plein-air minoens. Ce type d'offrandes aurait eu lieu principalement dans les sanctuaires de campagne84. Le fidèle minoen adressait ses prières de diverses façons. Le porteur d'ex-voto, arrivé devant le sanctuaire de la divinité, ne s'incline ni ne s'agenouille. Il se tient droit, presse son poing contre son front, peut-être pour se protéger de l'éblouissement causé par l'apparition divine82. Il existe d'autres gestes d'adoration : les bras sont levés ou tendus, croisés sur la poitrine, en extension ou repliés82,85.

La danse était sûrement une autre manifestation du culte. À Phaistos, une frise des temps protopalatiaux montre une déesse tenant des fleurs entre deux danseuses83. Une scène similaire apparait à l'intérieur d'un bol, lui aussi de Phaistos. À Kamilari, un groupe de quatre personnages en argile, qui dansent en cercle en se tenant par les épaules, a été retrouvé. La présence de cornes souligne le caractère sacré86. Ces scènes de danse sont visibles aussi sur des bagues, des sceaux et empreintes de sceaux. Sur la bague en or d'Isopata, des femmes aux poitrines nues, peut-être des prêtresses, exécutent des pas de danse en honneur à la divinité qui apparait.

 

 

 

Prêtres et prêtresses

 


Sarcophage d'Aghia Triada. Détail d'une prêtresse.

 

 

 

Le prêtre et la prêtresse servent d'intermédiaires entre le fidèle et la divinité. Ils se distinguent par leurs vêtements. Dans les représentations de scènes de culte, on peut voir des types particuliers de costumes qui peuvent être considérés comme des vêtements de culte87. Sur le sarcophage d'Aghia Triada, les prêtres et les prêtresses sont drapés de peaux animales. Le prêtre officiant au sacrifice, la prêtresse devant l'hôtel, la prêtre versant des libations dans une jarre et les trois hommes apportant des offrandes sont habillés d'un vêtement commençant à la taille et maintenu par une ceinture. Celui-ci tombe droit, sans plis, et le bas du vêtement est arrondi, presque semi-ciculaire, mais à l'arrière du vêtement on peut voir une sorte d'appendice, faisant comme un petite queue87. La surface du vêtement est dotée de lignes ondulées rouges ou noires. Les hommes ont le haut du corps nu, alors que les femmes portent un corsage ouvert décoré de larges bandes. Le personnage à droite de la scène, considéré comme un dieu ou héros un mort devant sa tombe porte le même style de vêtement, mais d'une coupe différente. Celui-ci lui recouvre aussi le haut du corps et les bras, rendus invisibles, et une large bande brodée décore le devant de l'habit87. Cette tenue est considérée comme faite à partir de peaux de bêtes88. La peau peut être perçue comme un lien entre le prêtre et l'animal89. Vêtement des premiers crétois, la peau animal aurait été conservé dans le culte à cause du conservatisme religieux90.

Ce type de costume a pu être reconnu sur des sceaux retrouvés sur différents sites. Si on note parfois quelques différences dans le style, la forme incurvée du bas du vêtement, la « queue » pointue indiquent qu'il s'agit du même costume88.

 

 

 

Sarcophage d'Aghia Triada (détail).

 

 

 

Un autre type de robe est visible sur le sarcophage d'Aghia Triada. Celui, porté par le joueur de lyre et la femme portant des vases à offrandes accrochés à une perche qu'elle porte sur ses épaules. Cette robe recouvre le corps entier et tombe droite, sans pliure. Cette robe, qui semble à la fois portée par les femmes et les hommes, porte une large bande sur les épaules et sur tout le côté du corps depuis le dessus des bras. La couleur de ces robes varie91. Les prêtres et musiciens porteurs de longues robes féminines appartiendraient à une catégorie à part. Cette pratique a suggéré la présence d'eunuques dans les palais crétois. À une époque plus tardive, on trouve en Asie mineure une classe semblable de prêtres-eunuques servant Cybèle et Attis89.
Un fragment de stuc de Knossos montre le visage et le haut du corps de deux personnages, chacun d'eux enveloppé dans ce qui semble être une étole blanche portant une large bande partant des épaules92. Sur des sceaux on peut voir des tenues similaires, mais avec des bandes horizontales ou obliques.

L'origine orientale de ces robes ne semble guère faire de doute89. Arthur Evans leur donne une origine syro-anatolienne, tandis que Pierre Demargne penche pour la Syrie93.

 

 

 

Au premier rang, une prêtresse portant le poing à son front. Période néopalatiale (Aghia Triada).

 

 

 

Parmi les autres prérogatives des prêtres figuraient le chant et la prière89. Pendant les cérémonies de plein air, les prêtres utilisaient apparemment un coquillage marin, le triton, pour amplifier leur voix. Sur un sceau du Mont Dictè, on voit une prêtresse devant un autel surmonté de cornes et décoré de branches, porter un coquillage de triton à sa bouche94.

L'exorcisme fait aussi partie des fonctions du prêtre. La réputation d'exorcisme des prêtres crétois contre les maladies et autres maux était parvenue jusqu'en Égypte. Sur un papyrus égyptien du 14e siècle a été préservé un exorcisme thérapeutique minoen94.

 

commentaires

Olivier européen (8 & fin).

Publié le 29 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

Tunisie

 

 




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Oliveraie près de Sfax (Tunisie).

 

 

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Olivier séculaire à Djerba (Tunisie).

 

 

 

 

 

 

La Tunisie est le pays du sud de la Méditerranée le plus important dans le domaine de la production oléicole et la plus grande puissance mondiale dans ce secteur en dehors de l’Union européenne, au quatrième rang mondial. La culture de l’olivier est dans ce pays une tradition millénaire introduite par les phéniciens et développée par les autres civilisations qui se succédèrent sur son sol.

L’oléiculture tunisienne joue un rôle fondamental dans la vie socio-économique du pays en faisant vivre directement ou indirectement plus d’un million de personnes et en limitant l’exode rural, car c’est la seule culture viable dans les zones moins favorisées. Le commerce international de l’huile d’olive représente 50 % des exportations agricoles (5,5 % des exportations totales) et constitue la cinquième source de devises du pays.

En 2005, la Tunisie est au deuxième rang mondial pour la superficie cultivée (1 500 000 ha)[74]. et au quatrième rang mondial en nombre d’arbres (65 000 000). 85 % des exploitations sont inférieures à 5 ha. Le rendement (400 kg/ha en moyenne) et la densité des plantations dépendent des ressources en eau : en général 100 oliviers/ha au nord (200 avec irrigation), 60 oliviers/ha au centre et 20 oliviers/ha au sud. Sur la période 2000-2006, la Tunisie a produit en moyenne 144 500 tonnes/an d’huile d’olive pour une consommation nationale de 42 300 t/an[75], et 15 000 tonnes/an d’olives de table pour une consommation locale de 14 100 t/an[76].

Le patrimoine variétal tunisien est constitué d’une grande variété de cultivars. Parmi les variétés à huile, on peut citer Chemlali, Chetoui, Oueslati, Gerboua, Zalmati, Zarazi, Barouni et Chemlali de Gafsa. En ce qui concerne les variétés à olives de table, on peut citer Meski, Besberi, Bidh el Haman, Limli et Limouni. Néanmoins, les oliveraies sont constituées essentiellement de deux variétés principales : la Chemlali de Sfax occupant 60% de la surface oléicole et la Chetoui, qui est une variété à double aptitude occupant 35% de la surface oléicole du pays surtout dans la bande côtière septentrionale.

Le secteur de la transformation est en pleine mutation des pratiques artisanales vers des pratiques industrielles. On compte 1571 huileries dont la moitié fonctionnent encore de manière traditionnelle, mais la capacité de production a été multipliée par 3,5 en deux décennies et la qualité s'est améliorée. Il existe aussi dans le pays 14 raffineries et 14 unités d’extraction d’huile de grignons sous-employées et 41 unités de conditionnement avec un fort potentiel d’exportation. C’est la région de Sfax qui est la plaque tournant de l’économie oléicole avec 56 exportateurs et 1300 huileries. Par un accord d’avril 1976 avec la Communauté Européenne, la Tunisie bénéficie de conditions privilégiées d’accès au marché communautaire pour divers produits, dont l’huile d’olive. L’exportation est la destination de 70 % de l’huile produite, et la Tunisie représente 32 % des exportations mondiales pour une production de seulement 8,3 % de la production mondiale, ce qui a amené l'état à prendre des mesures en faveur de ce secteur stratégique, comme par exemple l'octroi de crédits pour le développement ou la promotion et l'exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée.

 

 


France


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Oliviers « cailletiers » cultivés sur restanques à Levens.

 

 

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Oliviers sur restanques dans les collines niçoises.

 

 

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Oliveraie dans l'arrière-pays niçois.

 

 

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Oliveraie dans les Baux-de-Provence.

 

 

 

 

 

La France est un pays méditerranéen par sa bordure sud-est. Dans cette région, la culture de l'olivier remonte à l'arrivée des Grecs et a été développée par l'Empire romain. Elle a longtemps assuré le même rôle alimentaire et social qu'en Italie ou en Espagne. En 1840, à l'apogée de son développement, l'oléiculture française est estimée à près de vingt-six millions d'arbres, soit un verger de 168 000 ha. Mais deux phénomènes vont la faire péricliter. Tout d'abord, la révolution industrielle, grosse demandeuse de produits alimentaires, a provoqué en Provence, et surtout dans le Languedoc, une reconversion au XIXe siècle vers la viticulture: l'huile consommée était alors celle d'arachide, qui permettait la mise en valeur des colonies d'Afrique. Ensuite, le coup de grâce est arrivé, lors de l'exode rural amorcé au moment de la guerre 1914-1918, s'achevant par la gelée des oliveraies durant les hivers de 1929, 1956 et 1985.

En France, la zone de culture actuelle de l'olivier est assez restreinte et couvre 18.340 ha en 2005[74]. Elle comprend la zone littorale bordant la mer Méditerranée, la vallée du Rhône jusqu'au sud de Montélimar, ainsi que la Corse. Le défilé de Donzère a toujours été considéré par les climatologues comme la limite septentrionale de la culture de l'olivier même si le réchauffement climatique permet désormais la présence d'oliviers à caractère ornemental jusqu’au nord de Montélimar, à la latitude du défilé de Cruas. Par tradition la présence de l'olivier correspond en climatologie au climat de type méditerranéen. Dans cette zone, toutes les variétés sont cultivables, pour toutes les utilisations: huile, olives vertes ou noires.

Voici les différentes variétés d'olives les plus cultivées en France: Aglandau (ou Verdale de Carpentras, Berruguette, représentant 21% de la production française d'huile d'olive), Cailletier, Cayon, Grossane, Olivière, Picholine, Salonenque (ou Plant de Salon), Tanche, Bouteillan.

Les principales régions de production sont la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (61% de la production), le Languedoc-Roussillon (17% avec particulièrement les variétés Lucques et Olivière), la région Rhône-Alpes (12%) et la Corse (10% avec souvent la variété Sabine) [109]. Depuis l'an 2000, la France produit en moyenne 4.200 tonnes d'huile par an, mais en consomme une moyenne annuelle de 96.400 tonnes, importée principalement d'Espagne, d'Italie et de Grèce. Elle réexporte cependant une part de ses importations vers la Belgique, les États-Unis, l'Allemagne, où la consommation a très fortement augmenté ces dernières années. Les exportations d'huiles d'olives françaises sont mineures[75].

En ce qui concerne les olives de table, la France en produit durant la même période une moyenne annuelle de 2 000 tonnes, mais elle en consomme en moyenne 48 200 tonnes par an, importées à 60% hors de la Communauté européenne[76].

Il existe en France sept Appellations d'origine protégée (AOP) selon la législation européenne[23] pour les huiles d'olives de Nyons, de la vallée des Baux-de-Provence, d'Aix-en-Provence, de Haute Provence, de Nice, de Corse, et de Nîmes. Il existe aussi en France une Appellation d'origine contrôlées (AOC) pour certaines olives et huiles d'olive:

  • AOC «Huile d'olive de Nyons» par le décret du 10 janvier 1994[110] modifié par le décret du 26 novembre 2003[111].
  • AOC «Huile d'olive de la vallée des Baux-de-Provence» par le décret du 27 août 1997[112].
  • AOC «Huile d'olive d'Aix-en-Provence» par le décret du 13 décembre 1999[113].
  • AOC «Huile d'olive de Haute-Provence» par le décret du 13 décembre 1999[114].
  • AOC «Huile d'olive de Nice» par le décret du 20 avril 2001[115], modifié par le décret du 26 novembre 2004[116].
  • AOC «Huile d'olive de Nîmes» (souvent avec la variété Picholine) par le décret du 17 novembre 2004[117].
  • AOC «Huile d'olive de Corse» ou «Huile d'olive de Corse - Oliu di Corsica» par le décret du 26 novembre 2004[118].
  • AOC «Huile d'olive de Provence» par le décret du 14 mars 2007[119].
  • AOC «Olives noires de Nyons» (uniquement avec la variété Tanche) par le décret du 10 janvier 1994[120], modifié par le décret du 8 avril 1997[121].
  • AOC «Olives noires de la vallée des Baux-de-Provence» (uniquement avec la variété Grossane) par le décret du 27 août 1997[122].
  • AOC «Olives cassées de la vallée des Baux-de-Provence» (surtout avec la variété Salonenque) par le décret du 27 août 1997[123].
  • AOC «Olive de Nice» (avec la variété Caillette) par le décret du 20 avril 2001[124].
  • AOC «Olive de Nîmes» par le décret du 23 octobre 2006[125].
  • AOC «Pâte d'olive de Nice» par le décret du 20 avril 2001[33].

 

 


Reste du monde


Les Espagnols ont introduit l'olivier dans leurs anciennes colonies des Amériques et certains pays ont une production plus ou moins importante, comme l'Argentine[126], le Mexique[127], le Pérou (cultivant 52 620 Ha avec un rendement de 60,8 q/ha pour 26 000 t/an d'olives de table [74]), le Chili[128] (cultivant 27 000 ha avec un rendement de 41,5 quintaux/ha [74] pour 9 100 tonnes/an d'olives de table) et les États-Unis (Californie). L'oléiculture commence à se développer aussi en Australie[129] et en Afrique du Sud[130]. Ces régions possèdent en effet un climat méditerranéen sur leurs façades maritimes méridionales.

 


Statistiques moyennes annuelles sur 2000/2006 pour l'huile d'olive[75] et les olives de table[76]



moyenne 2000/06
(en tonnes / an)
Huile d'olives
production
Huile d'olives
consommation
Olives de table
production
Olives de table
consommation
Surface cultivée
Ha en 2005 [74]
Rendement
q/Ha en 2005 [74]
Argentine Argentine
13 400 5 500 55 800 14 800 30 079 31,52
Mexique Mexique
2 300 10 300 11 000 10 500 5 150 27,25
États-Unis États-Unis
1 000 202 300 93 900 205 000 12 960 99,39
Australie Australie
3 400 31 900 3 300 16 800 5 000 46,08

 

 

 

Le consommation annuelle des produits oléicoles augmente dans le monde, surtout dans les pays industrialisés de l'hémisphère Nord comme les États-Unis (202 300 tonnes d'huile et 205 000 tonnes d'olives), l'Europe du Nord (129 000 t d'huile et 98 600 t d'olives), le Canada (26 300 t d'huile et 23 000 t d'olives), le Japon (31 000 t d'huile et 2 300 t d'olives), l'Arabie saoudite (5 600 t d'huile et 18 800 t d'olives), et également le Brésil (24 100 t d'huile et 50 900 t d'olives) et l'Australie (31 900 d'huile et 16 800 t d'olives).

 


Photothèque




Bibliographie



Ouvrages anciens

  • De agri cultura (second siècle avant notre ère), par Caton l'Ancien(la), traduction de R. Goujard De l'agriculture(fr) (Les Belles Lettres, 1975).
  • De re rustica (premier siècle de notre ère), par Columelle(la), traduction de Du Bois L'Économie rurale(fr) (livres V et XII dans les tomes I et II, 1845).
  • Naturae historiarum libri (premier siècle de notre ère), par Pline l'Ancien(la), traduction de J. André Histoire naturelle(fr) (tomes XV, XVII, XXII, XXIII, Les Belles Lettres, 1960-64).
  • Theatrum sanisatis, manuel d'hygiène traduit de l'arabe en latin (la) à la fin du XIIIe siècle et enluminé en Italie du Nord au XIVe siècle, éditeur Franco Maria Ricci (1970, Parme, Italie).
  • Ruralium commodorum opus, par Pierre de Crescent, écrit en latin (la) vers 1305 et traduit en français (fr) dès 1373.
  • Traité sur l'olivier(fr), par l'abbé Couture, éditeur A. David (Aix-en-Provence, 1782).
  • L'Agriculteur du Midi(fr), par le comte A. de Sinety (Marseille, 1803)

 

Ouvrages modernes

  • Criterios para la elección de sistemas de cultivos en el olivar(es) (critères de choix du système de culture dans l'oliveraie), Informations techniques 38/96, Direction Générale des Recherches Agricoles, Ministère de l'Agriculture et de la Pêche.
  • Diseño y manejo de plantaciones de olivar(es) (conception et maniement des plantations d'oliveraies) par Miguel Pastor Muñoz Cobos, José Humanes Guillén, Victorino Vega Macías et Juan Castro Rodríguez. Monographie 22/98 du ministère de l'Agriculture et de la Pêche d'Andalousie.
  • El cultivo del olivo(es)(La Culture de l'olivier) par D. Barranco, D. Fernández Escobar et L. Rallo, aux éditions Mundi Prensa, coédité par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche.
  • L'Économie de l'olivier(fr), actes du colloque de Tunis (20-22 janvier 1978) édités par le Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes et Mahmoud Allaya (1988).
  • Enfermades y plagas del olivo(es)(Maladies et ravageurs de l'olivier) par Faustino de Andrés Cantero (2e édition), aux éditions Riquelme y Vargas (S.L).
  • Guide complet de la culture de l'olivier(fr), De Vecchi (1999).
  • L'Huile d'olive en Méditerranée, histoire, anthropologie, économie, de l'Antiquité à nos jours(fr), par l'Institut de recherche méditerranéenne de l'université de Provence (1984).
  • El libro del aceite y la aceituna(es) (le livre de l'huile et de l'olive), par L. March et A. Rios, (Madrid, 1989).
  • Le Livre de l'olivier(fr), par M-C. Amouretti et G. Comet, édité par Édisud (réédition 2000, Aix-en-Provence, France) ISBN 2-7449-0198-9
  • Manejo del olivar por goteo(es) (manuel de l'oliveraie pour les gosses), Informations techniques 41/96, Direction Générale des Recherches Agricoles, ministère de l'Agriculture et de la Pêche.
  • Nueva olivicultura(es) (nouvelle oléiculture), par Andrés Guerrero García (3e édition), aux éditions Mundi-Prensa.
  • L'Olivier(fr), par R. Loussert et G. Brousse, éditions Maisonneuve (Paris, 1978, réédité en 1999).
  • les Oliviers(fr), par F. Ereteo, éditions Solar (1982).
  • Poda del olivo moderna olivicultura (es) (taille de l'olivier, oléiculture moderne), par Miguel Pastor Muñoz-Cobos et José Humanes Guillén, Editorial Agrícola Española S.A.
  • l'Ulivo(it) (l'olivier), par A. Rebaudo, (Vintimille, 1974).

 


Revues
  • Le Nouvel Olivier(fr) (indispensable pour les évolutions récentes), Comité technique de l'olivier, section spécialisée de l'Influence, Maison des agriculteurs, avenue Henri-Pontier, Aix-en-Provence.
  • Moulins de Provence(fr), ARAM-Provence, Les Grands Vergers, 13840 Rognes (France).
  • Olivae(en)(es)(fr)(it) (pour avoir une idée de la situation mondiale), édité par le Conseil oléicole international, 10 Juan Bravo, 28006-Madrid, Espagne.

 

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Logo Wikipédia créé comme symbole de  la fête du travail.

 

 


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Religion minoenne (2).

Publié le 29 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Mythes et légendes

Nœud 

 


Fresque de Cnossos dite « La Parisienne », avec dans le dos du personnage, un nœud sacré.

 

 

 

Un autre symbole associé à la double hache était le nœud sacré : une bande d'étoffe nouée en son milieu, les deux bouts libres pendant vers le bas36. Utilisé comme motif de décoration dans la céramique, on peut également en voir un exemplaire dans la fresque de « La Parisienne » de Knossos. Pour les Égyptiens, les nœuds avaient une force protectrice et Isis avait pour symbole un nœud semblable à celui des MinoensN 7.

Un nœud en ivoire a été découvert dans une maison de la partie sud-est de KnossosN 8,37. Déjà Evans considéra les nœuds comme des objets sacrés. Pour Persson, ils sont le symbole indiquant que l'objet auquel ils appartiennent est connecté à la divinité38.

 

Autres symboles 

Des maillets de pierres ont aussi été retrouvés dans des sanctuaires ou des tombes. Ils avaient un manche en bois et un maillet sphérique aux deux extrémités. Ils étaient généralement représentés tenus par des prêtres et faisaient sans doute office de sceptres ou constituaient des instruments de sacrifice comme les double-haches15.

Pour les autres symboles sacrés, on trouve des pièces d'armure défensive : boucliers et casques étaient considérés comme des symboles de la déesse, ou comme sa manifestation sous sa forme guerrière36 Une autre symbole est la croix et ses variantes (étoile, svastika, roue). On trouve souvent la croix sur les sceaux et parfois sous la forme d'un X entre les cornes d'un taureau39.

 

Lieux de culte


Grottes et cavernes

Si les formes prises par les divinités minoennes restent obscures, grâce aux fouilles, on connait mieux aujourd'hui les lieux sacrés et les pratiques de culte que les formes des divinités minoennes. Contrairement à ce qui pouvait être observé à la même période en Orient ou en Égypte, la Crète se distingue par l'absence de temples. Alors qu'à Sumer ou en Égypte, le culte était pratiqué dans des temples, habitations des Dieux et d'un clergé tout puissant, les Minoens célébraient le culte dans des sanctuaires naturels : des grottes, des sommets de montagnes et dans des petits sanctuaires domestiques40. Les bâtiments retrouvés aux sommets des Mont Iouchtas et Petsofas ne peuvent être considérés comme des temples41. Les seuls exemples de temples indépendants connus à ce jour sont celui d’Anemóspilia, à Archanes42 et peut-être celui de Gournia41. Les fouilles nous permettent néanmoins d'identifier les lieux consacrés au culte grâce à l'abondance des offrandes (bijoux, armes, sculptures) et au mobilier religieux (vases sacrés, tables à libations) retrouvés43. Ces lieux de culte, utilisés du néolithique à l'époque mycénienne ont été retrouvés sur l'ensemble de l'île44,N 9. Dès le néolithique, les grottes, qui servaient aussi d'habitat43 sont utilisées pour le culte, ainsi des figurines votives de cette époque ont été retrouvées dans la grotte de Trapeza sur le plateau de Lassithi. Durant la période prépalatiale, elles devinrent (pas toutes) des lieux d'inhumation et au cours de la période protopalatiale, elles furent des lieux de culte de la déesse-mère mortelle minoenne dans des autels, des niches, creux et cavités45. On sait que des pèlerins de Phaistos se rendaient sur le mont Ida, à la grotte de Camarès, pour y déposer des vases contenant des offrandes40.

 

 

 

Stalagmite dans la grotte de Psychro (détail).

 

 

 

Les stalactites et stalagmites semblent avoir eu une influence sur le culte dans certaines grottes. Ceci est particulièrement clair dans la grotte de la déesse des accouchements, Ilithyie, à l'est d'Héraklion, où un stalagmite, avec un autre beaucoup plus petit à ses côtés, furent apparemment interprétés comme des images de la déesse mère et de l'enfant divin. On bâtit un mur autour de l'idole, et on lui offrit pendant une très longue période des vases contenant diverses substances. La qualité des vases offerts permet même de supposer qu'Ilithyie était principalement une déesse adorée par les pauvres46. Le culte fut poursuivi jusqu'au temps helléniques, d'où la mention de la grotte et de sa déesse dans Homère et d'autres sources grecques47. La grotte de Psychro était probablement par la suite la grotte du mont Diktè des Grecs, où l'on croyait que la déesse Rhéa avait donné naissance au Jeune Dieu (ou Zeus). Des tables à offrandes, des figurines, des miniatures d'animaux étaient offerts à la place de sacrifices vivants on y offrait aussi des outils, des armes et des doubles haches en bronze.
Spyridon Marinatos découvrit une grotte sacrée sur une colline basse près d'Arkalochori. Celle-ci échappa aux pillages car elle s'était effondrée dans l'antiquité. Une série de double haches, des petites haches votives en or et quelques très longues épées en bronze prouvent que la déesse était adorée en cet endroit sous son aspect guerrierN 10, contrairement à la grotte de la pacifique d'Eileithyia.
Le culte dans les cavernes se poursuivit jusqu'à la fin de l'antiquité48, lorsque la déesse minoenne fut remplacée par de nouvelles divinités45.

 

Sommets de montagnes 

Les rites religieux étaient également célébrés dans des sanctuaires de sommet. De petites installations cultuelles apparaissent dès le minoen moyen I43,49. Ces endroits éloignées étaient peut être considérés comme plus propices à l'apparition de la divinité. Ils étaient consacrés à l'adoration de la déesse-mère de la montagne ou des bêtes sauvages50. On trouve des sanctuaires non seulement sur les sommets des hautes montagnes comme Asteroussia, mais aussi sur des sommets plus accessibles, comme Petsofas, Iouchtas, et même sur des collines basses comme celle du Prophète Elie près de Malia. On y érigea des petits sanctuaires et des autels entourés de murs. Une clôture entoure parfois un arbre, une source, un rocher43 et on aménagea le sommet en petites terrasses successives avec murs de soutènement pour contenir les fidèles qui y venaient les jours de fêtes. Puis on ajouta de petites pièces, probablement pour l'entrepôt d'objets de cultes. Les adorants déposaient leurs offrandes dans des feux et des autels, mais aussi dans des fissures de la grotte50. C'était la coutume, surtout à l'époque protopalatiale, d'allumer aux solstices d'été et d'hiver, dans ces sanctuaires de sommet, de grands feux qui étaient visibles de très loin. On y jetait diverses offrandes : des petites figurines représentant les adorants, en attitude d'adoration (généralement les bras repliés sur la poitrine), ou seulement des parties du corps, comme bras et jambes51. Ces parties du corps auraient été des offrandes laissées par des personnes malades ou blessées en vue d'obtenir une guérison52. À partir du minoen moyen, les figurines d'animaux domestiques se multiplient, la plus courante étant celles de bœufs, avec des tailles variant de vingt-cinq millimètres à presque un mètre de hauteur46. Ces poteries servant d'offrandes ne sont plus usitées à partir du minoen moyen II, à l'exception de Knossos et du Mont Iouchtas.
La plupart de ces sanctuaires de sommet ont par la suite été convertis au Christianisme et accueilli par la suite des églises ou des monastères49.

 

Sanctuaires domestiques

Des espaces consacrés au culte de la divinité ont été retrouvés dans presque tous les bâtiments42. Des statuettes néolithiques ont été trouvées à l'intérieur ou à proximité des lieux d'habitation, ce qui laisse supposer que le culte avait dès lors un caractère domestique53. Le culte minoen est considéré comme un culte domestique, et pour Nilsson, les divinités vénérés dans les sanctuaires domestiques pourraient avoir été différentes de celles vénérées dans les cavernes ou les sanctuaires de sommets41. Certains sanctuaires retrouvés ne font aucun doute sur leur caractère religieux : les objets ont parfois été retrouvés in situ par les archéologues; dans d'autres cas, des pièces ont révélé de nombreux objets cultuels en désordre, sans que l'on puisse savoir si ces pièces servaient au culte ou si elles n'ont servi qu'à entreposer ces objets54.

Des sanctuaires tripartites font leur apparition dès la période prépalatiale à Phaistos51,N 11, consistant en trois petites chambres juxtaposées, celle du milieu étant probablement plus haute que les autres. La pièce du milieu contenait une table d'offrandes en argile, une fosse à sacrifices et un banc sur lequel étaient posés les objets du culte43. Ces chapelles connaissent un bel essor au début de la période néopalatiale à en juger par le palais de Knossos, où les vases en céramique prouvent leur utilisation jusqu'à la destruction finale du palais vers 145055. À Knossos, ces chapelles sont composées de plusieurs salles ouvertes, vers l'est, dispositif tripartite, colonnes ornées de la double hache et des cornes de consécration. Dans toutes les résidences royales une disposition analogue est adoptée avec sanctuaire et chambre de purification43. Un des sanctuaires les plus connus de Knossos est celui des double-haches, dans la partie sud-est du palais. Datant du Minoen moyen III d'après Evans, ce sanctuaire de 1,50 m2, est divisé en trois parties, chacune à une hauteur différente. Sur le sol, a été retrouvé une quantité de vaisselle dans la position dans laquelle elle avait été laissé56. Parmi les objets retrouvés on peut noter des jarres, des brocs, des bols et un vase en étrier du MMIIIN 12 représentant un octopode. Au fond de la pièce, un podium recouvert de galets, au centre duquel un autel en forme de trépied, dont les pieds s'enfoncent dans les galets. De chaque côté, on peut voir des cornes sacrées en argile et recouvertes de plâtre, prévues pour pouvoir y insérer les manches de petites haches votives56,54.

Un sanctuaire analogue est celui de Gournia. Ce sanctuaire fut sans doute un des seuls être un sanctuaire public, mais trouve surement ses origines en tant que sanctuaire domestique. Situé sur le sommet de la colline, à quelques encablures de la cité, il se situe au bout d'une route pavée de 12 mètres de long sur 1,50 m de large. Des murs grossiers délimitent une pièce de 4 mètres de long sur 3 de large, probablement érigée au minoen récent I. Comme à Knossos, une estrade fut construite le long d'un des murs du sanctuaire. Au centre, une table à trois pieds, de forme analogue à celle de Knossos a été découverte. Au sol ont été découverts 3 objets en terre cuite, et les fragments d'un quatrième. Ces poteries, de forme tubulaire, possèdent de chaque côté, une rangée verticale de trois ou quatre anses ou petites poignées, et à l'arrière une plus grande anse surmontée de cornes. Une de ces poterie est même enlacée de deux serpents57.

D'autres installations courantes sont des cryptes à pilier carré central. Cet espace sombre, au rez-de chaussée était considéré comme le cœur du sanctuaire, habité par la divinité protectrice du palais ou de la demeure58. Ces cryptes sont souvent si petites, que le pilier n'est pas nécessaire au soutien de la structure, c'est pourquoi de nombreux chercheurs dont Evans estiment que l'acte d'adoration était adressé au pilier. C'est pour cette raison que les piliers ont souvent devant eux des bassins et des canaux dans lesquels étaient vers le liquide59.

 

 

 

Miniature en terre cuite montrant le caractère sacré des colonnes.

 

 

 

Au-dessus de ces cryptes, on trouvait des chambres contenant aussi des colonnes, elles-mêmes sacrées. Des scènes murales dans lesquelles on voit des double-haches et des nœuds sacrés attachés à des colonnes suggèrent que la colonne, comme le pilier pouvait avoir une signification religieuse. À Knossos a été découvert un modèle réduit en terre cuite montrant trois colonnes sur lesquelles sont perchés des oiseaux, un signe certain de l'apparition divine. D'autres exemplaires montrent des lions ou autres créatures tels des Sphinx ou des griffons disposés symétriquement de part et d'autre de la colonne60. Le fait que des parties entières des palais étaient consacrées à des usages religieux montre le caractère sacré des palais61.

Un autre type d'endroit sacré est le bassin lustral. C'est une petite pièce d'un niveau plus bas que celui des pièces environnantes, que l'on peut atteindre par un ou plusieurs escaliers. Dans certains de ces bassins ont été retrouvés des petits vases en céramique qui pourraient avoir contenu des liquides et auraient pu servir à des rites de purification par aspersion ou par onction. Dans d'autres on a découvert des rhyta et des vases en pierre, ainsi que des peintures murales représentant des cornes62.

À fin de la période minoenne, les sanctuaires retrouvés sont des petites [...] souvent bordées sur le côté d'une banquette où l'on plaçait les objets du culte. Ce type de sanctuaire a été retrouvé à Knossos, Gournia, Gazi et Karphi. la taille des statues retrouvées et le caractère général de ces sanctuaires montrent qu'ils appartenaient à toute la communauté.

 

Objets de culte


Idoles et figurines 

 


Divinité assise sur un trône. Période protopalatiale (Téké Knossou).

 

 

 

Les idoles apparaissent et se généralisent dès le néolithique53. C'est à cette époque qu'apparaissent les figurines de femmes obèses nues. La nudité complète, l'indication occasionnelle des parties sexuelles, indiquent que ces idoles représentent une déesse de la fertilité. Une statuette masculine, découverte dans les couches néolithiques de Knossos par Arthur Evans, pourrait représenter le Jeune Dieu, ou simplement un adorant. Ces statuettes sont considérées comme objets de culte car elles ressemblent aux grandes idoles cycladiques, elles-mêmes objets de culte. Parfois considérées comme des concubines ou des servantes du mort, des exemples de ces déesses portant un enfant sur la tête, ou bien assises sur un trône, militent en faveur de la thèse des objets de culte63. Étant donné que les statuettes féminines dominent en nombre, les archéologues ont supposé qu'elles représentaient la déesse-mère et constituaient des objets de culte d'une religion matriarcale. Les statuettes nues du néolithique auraient eu plusieurs rôles. D'après Vassilaki, elles auraient pu servir à l'initiation des jeunes filles par les femmes plus mûres, ou représenter des figures féminines importantes pour la communauté. Elles étaient peut-être également utilisées pour la magie ou l'exorcisme. Mais en tout état de cause, il ne peut être admis que toutes les statuettes représentaient forcément des divinités. De plus, si le grand nombre de figurines féminines témoigne du rôle prépondérant des femmes dans les communautés néolithiques, ceci ne témoigne en rien du fameux matriarcat qui implique le pouvoir des femmes. Pour Vassilaki, les notions de pouvoir et de puissance doivent être employées avec beaucoup de prudence et de précaution dans l'étude des communautés primitives53.

 

 

 

Déesse aux serpents enroulés autour de ses bras. Période néopalatiale. (Knossos).

 

 

 

La déesse apparait très rarement nue aux périodes suivantesN 13. À la période protoplatiale, la religion continue d'être axée sur les femmes. Les représentations mettant en valeur les éléments de la fécondité se font plus rares. L'importance est données à présent à des tenues vestimentaires rituelles, qui constituent la nouvelle tendance dans la représentation féminine. Pour Vassilaki, ces nouvelles conventions iconographiques peuvent s'expliquer par la volonté d'un équilibre symbolique du pouvoir entre les deux sexes64.

Au début du protopalatial, apparaissent également des statuettes très caractéristiques dites en « clochette de mouton ». Ce sont de petites statues en terre cuite, en forme de cloche et avec un anneau de suspension, deux projections en forme de cornes, et des fentes à la place des yeux. Elles seraient des cloches votives, comme des modèles réduits de robes sacrées ou des imitations de masques portés par les prêtres ou les adorants. Cette interprétation est fondée sur des statuettes peintes distinctement avec des traits humains : yeux, nez et bouche65.

Les divinités étaient représentées par des statuettes de petites dimensions. Rares sont les statuettes de grandes dimensions, plus rares encore les statues cultuelles grandeur nature66. Une nouvelle tendance apparaît dans les années postpalatiales, où les statuettes en argile de grandes dimensions sont courantes42. Les déesses des sanctuaires postpalatiaux ont des têtes toujours couronnées d'emblèmes: oiseaux, cornes, coquelicots, et disques. Parfois des serpents dressent leurs têtes au-dessus du diadème67. À Gournia ont été découvertes des statuettes avec des serpents enroulés autour des bras, et un morceau de bras tenant une épée et enlacé d'un serpent. Une statuette de Gortyne tient des serpents dans ses mains tandis qu'un oiseau est perché sur son épaule. Ceci aurait tendance à montrer comme peu vraisemblable l'idée de deux déesses séparées, l'une céleste accompagnée de colombes, l'autre souterraine assistée de serpents.

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Olivier européen (7).

Publié le 28 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

Grèce

 

 

 

 



Oliveraie à Thassos (Grèce).

 

 

 

Oliveraie à Rhodes (Grèce).

 

 

 

Oliveraie à Corfou (Grèce).

 

 

 

Au troisième rang des pays oléicoles vient la Grèce[88], dont les habitants sont actuellement les plus grands consommateurs d’huile d’olive du monde, avec une consommation moyenne par habitant et par an d’environ vingt-cinq kilos représentant plus de 50% des huiles végétales consommées. Le pays cultive en 2005 une superficie de 797 030 hectares avec un rendement de 33,38 quintaux/ha [74]. Pendant la période de 2000 à 2006, la Grèce a produit en moyenne annuellement 394 900 tonnes d'huile d'olive pour une consommation de 272 700 tonnes[75] et 107.800 tonnes d'olives de table pour une consommation de 32 600 tonnes[76].

L'oléiculture en Grèce remonte à quatre mille ans. L’olivier et son huile ont eu un rôle essentiel dans la vie et les coutumes des anciens grecs, en leur fournissant lumière, nourriture, et produits thérapeutiques et cosmétiques. Ceux-ci considéraient l’olivier comme la principale culture de la Méditerranée et l’huile d’olive comme le seul produit alimentaire pouvant être exporté à Athènes selon les Lois de Solon, qui promulgua les premiers décrets réglementant la plantation des oliviers au VIe siècle av. J.-C.[89]. Grecs et phéniciens ont propagé la culture de l'olivier à travers la Méditerranée occidentale.

Le patrimoine oléicole est localisé dans la péninsule Chalcidique et dans la partie ouest de la Grèce continentale, dans le Péloponnèse, en Crète, ainsi que dans les îles des mers Ionienne et Égée. Près de 80% de la production oléicole nationale provient du Péloponnèse (37%, surtout en Messénie et en Elide), de Crète (30%, surtout à Héraklion et La Canée) et des îles Ioniennes (12%, surtout à Corfou).

Les variétés les plus cultivées pour l'huile sont Koroneiki, Mastoidis et Adramitini, tandis que celles destinées à l’élaboration des olives de table sont Konservolia (variété à double aptitude), Kalamata (variété à double aptitude) et enfin Chalkidiki.

Les huiles d'olive grecques bénéficiant selon la réglementation européenne[23] d'une dénomination «Appellation d'origine protégée» (AOP) et «Indications Géographiques Protégées» (IGP) sont Agios Mathaios Kerkyras, Apokoronas Hanion Kritis, Archanes Iraklio Kritis , Exeretiko partheno eleolado: Thrapsano, Finiki Lakonias, Kalamata, Kefalonia, Kolymvari Hanion Kritis, Kranidi Argolidas, Krokees Lakonias, Hania Kritis, Lakonia, Lesbos, Lygourgio Asklipiou, Olympia, Petrina Lakonias, Peza Iraklio Kritis, Preveza, Rhodos, Samos, Sitia Lasithi Kritis, Thassos, Viannos Iraklio Kritis, Vorios Mylopotamos Rethymnis Kritis, Zakynthos.

Le secteur de la transformation industrielle a fait l’objet d’une modernisation sensible depuis 1975, et la plupart des huileries traditionnelles ont été remplacées par des installations améliorées, équipées de systèmes d'extraction en continu. En 1998-1999 la Grèce disposait de vingt-sept sites industriels de raffinage, de quarante-deux unités d’extraction d’huile de grignon, de 90 installations de conditionnement et de plus de deux-cents unités d’élaboration d’olives de table.

 


Turquie


Au quatrième rang des pays oléicoles se place la Turquie[90], cultivant en 2005 une superficie de 649 350 ha avec un rendement de 13,09 quintaux/ha [74]. Pendant la période 2000-06, la Turquie a produit en moyenne annuellement 119 800 tonnes d'huile d'olive pour une consommation de 55 600 tonnes[75] et 186 500 tonnes d'olives de table pour une consommation de 136 700 tonnes[76].

 



Oliveraie à Zeytinli, Gökçeada (Turquie).

 

 

 

L'oléiculture est pratiquée traditionnellement en Turquie depuis des temps immémoriaux, comme l'attestent les textes hittites, et l'olivier est généralement cultivé dans les zones littorales. La région de la mer Égée à l'ouest, est la principale zone oléicole avec 67,7 % des arbres et 7 5% de la production. Vient ensuite la région de Marmara au nord, avec 15,6 % des arbres et 11 % de la production. Puis l'on trouve la région méditerranéenne (11,3% du total), l’Anatolie du sud-est (5 % du total) et la mer Noire (0,4 %). Environ 70 % de la surface cultivée est consacrée à la production d’huile, contre 30 % à l’élaboration d’olives de table (65% dans la région de la mer Égée et 20 % autour de la mer de Marmara), bien que la plupart des variétés cultivées soient de double aptitude.

Parmi les variétés utilisées principalement pour l'huile, mais aussi pour les olives de table, on citera Ayvalik (19 %) et Memecik (45,5 %, Egée), Erkence et Memeli (diffusée surtout à Izmir). Parmi les variétés strictement réservées à la table, on citera Domat (Egée), Izmir Sofralik (Izmir) et Uslu (1 %), bien que la variété Gemlik très répandue (11% des oliviers turcs, et 80 % autour de la mer de Marmara) et à double usage soit la plus utilisée pour la préparation des olives de table.

L'oléiculture en Turquie est caractérisée par la prépondérance des exploitations familiales (320 000, dont 14 % regroupées au sein de trois coopératives), leur petite taille (inférieure à 5 ha dans 75 % des cas) et le large emploi de la main-d’œuvre directe, ce qui donne au secteur oléicole un rôle social très important.

La Turquie est un pays caractérisé par un énorme potentiel de production, mais celle-ci subit de fortes variations d’une région à l’autre, en raison surtout du phénomène de l’alternance des récoltes caractéristique de l’oléiculture, de la pluviométrie et des techniques de culture. En outre, l’absence de soin au moment de la récolte et du transport des olives, associée à des carences dans le processus d’élaboration, obligent à raffiner une grande partie de l’huile d’olive pour améliorer sa qualité. Les dernières statistiques du ministère de l’Agriculture recensaient 1 030 huileries, dont quatre-cent-trente équipées de systèmes modernes d’élaboration en continu, alors que les six-cents autres conservaient les techniques traditionnelles. On compte aussi dix sites industriels de raffinage situés dans les provinces d’Izmir et de Balikesir.

 


Autres pays méditerranéens



Ces pays se trouvent en Europe (Portugal[91], France[92], Chypre[93], Malte[94], Albanie[95] et ex-Yougoslavie : Croatie[96], Slovénie[97], Serbie[98]), en Afrique du Nord (Maroc[99], Algérie[100], Tunisie[101], Libye[102], Égypte[103] ) et au Moyen-Orient (Israël[104], Palestine[105], Liban, Syrie[106], Jordanie[107], Iran[108]).

 

 



 

Statistiques moyennes annuelles sur 2000/2006 pour l'huile d'olive[75] et les olives de table[76]


 

Moyenne 2000/06
(en tonnes / an)
Huiles d'olives
production
Huiles d'olives
consommation
Olives de table
production
Olives de table
consommation
Surface cultivée
Ha en 2005 [74]
Rendement
q/Ha en 2005 [74]
Tunisie Tunisie
144 500 42 300 15 000 14 100 1 500 000 4,00
Maroc Maroc
160 800 54 700 191 700 29 400 1 204 700 10,25
Algérie Algérie
34 300 35 300 59 300 60 800 239 350 13,22
Égypte Égypte
2 300 2 200 172 400 138 300 49 000 63,26
drapeau de la Libye Libye
8 600 9 800 3 200 6 700 130 860 16,5
Syrie Syrie
134 500 117 300 138 700 122 800 500 000 12,4
Jordanie Jordanie
24 200 21 700 23 900 22 000 64 520 17,53
Flag of Palestine.svg Palestine
15 800 10 300 6 900 8 000  ?  ?
Israël Israël
5 800 14 900 15 300 20 800 22 000 13,18
Liban Liban
6 000 5 800 6 300 7 300 58 000 15,52
Iran Iran
3 000 3 600 10 000 10 000 13 000 31,54
Portugal Portugal
31 400 66 900 10 400 13 400 380 000 7,50
France France
4 200 96 400 2 000 48 200 18 340 9,80
Chypre Chypre
6 300 5 500 8 000 8 000 13 740 11,95
Croatie Croatie
5 100 5 300 800 900 18 000 20,33
Serbie Serbie
500 500 500 700  ?  ?
Slovénie Slovénie
400 1 500 0 400 780 34,40



Syrie

 

 


Oliveraie près de Idlib (Syrie).

 

 

Oliveraie à Kedumim en Israël.

 

 

 

 

La Syrie est la grande puissance oléicole du Proche-Orient et est considérée comme la source de la diffusion historique de l’olivier à travers la Méditerranée. L’oléiculture y joue un rôle socio-économique essentiel en fournissant du travail directement et indirectement par les industries oléicoles, ainsi qu'une base de l’alimentation des Syriens, qui consomment la production nationale en presque totalité.

En 2005 la superficie cultivée était de 500 000 ha[74], à 94 % en régime pluvial avec une densité moyenne de 100 oliviers/ha (120 à 150 avec irrigation) et des rendements moyens de 1 025 kg/ha. Au début des années 2000, 80 % de la centaine de milliers d'exploitations étaient inférieures à 5 ha et l'oléiculture n'occupait que 30 % des surfaces cultivées. Sur la période 2000-2006, la Syrie a produit 134 500 tonnes/an d’huile d’olive et en a consommé 117 300 t/an[75], alors qu’elle a produit 138 700 tonnes/an d’olives de table pour en consommer 122 800 t/an[76]. Les échanges internationaux sont très limités et réglementés par divers ministères.

Jusqu’à une date récente, les plantations se limitaient pratiquement aux régions occidentales et côtières (Lattaquié, Idlib, Alep, Tartous), mais s’étendent actuellement aux zones méridionale et centrale (Homs, Hama, Damas, As-Suwayda, Quneitra), et plus lentement vers l’est du pays. En tant que berceau de l’oléiculture, la Syrie a vu se développer de nombreuses variétés de cultivars. Parmi les variétés à huile, on peut citer la Sorani (double aptitude, au nord du pays), la Zaity (autour d’Alep, 30 % de la superficie) et la Doebli (double aptitude, autour de Lattaquié et de Tartous). Parmi les variétés à olives de table, on peut citer l’Abou-Satl (principalement dans l'oasis de Palmira), et la Kaissy (dans le nord et les nouvelles zones oléicoles du sud). Il existe des « indications géographiques protégées » concédées au niveau national pour les huiles d'olive vierges, comme les huiles de Bara, d'Alchuzer, Orientale, Méditerranéenne et Al-Ravvabi.

L’oléiculture est un secteur qui fait l’objet de l’attention et du soutien du gouvernement pour accroître la production en quantité et en qualité. De nouvelles zones ont été mises en valeur dans les années 80 avec un taux annuel d'expansion de 5 %, et des centres de recherche et de formation en oléiculture ont été créés. Les huileries traditionnelles ne représentent plus que 7,5 % du total et les systèmes d’extraction de l'huile en continu deviennent la norme. On compte en outre 25 unités d’extraction d’huile de grignons et 30 unités d’élaboration des olives de table.

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Bayard (cheval) (5 & fin).

Publié le 27 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Mythes et légendes

Province de Luxembourg 

 

 

 


Un rocher local, peut-être un mégalithe, est nommé Pas-Bayard à Wéris110. Il est en forme de meule, le cheval y aurait laissé la trace d'un de ses sabots au moment afin de prendre l'élan nécessaire pour retomber vers Durbuy165. On trouve d'autres Pas-Bayard à Ethe et à Étalle162. La forêt de Chiny, en plus du lieu-dit les Epioux identifié aux Espoux de la chanson, a elle aussi un rocher avec un Pas-Bayard, consigné vers 1892166.

 

 

 

Province de Namur 

 


Article détaillé : Rocher Bayard.

 

 

 

Le rocher Bayard de Dinant, l'un des toponymes liés à la légende les plus connus.

 

 

 

Dinant possède de nombreux toponymes, le plus ancien Pas-Bayard y est attesté en 1355167. Un gigantesque obélisque de pierres d'une quarantaine de mètres de hauteur, appelé le Rocher Bayard, est situé au sortir de la cité mosane vers Anseremme, isolé au bord de la Meuse. On raconte qu'en arrivant par le chemin d'Herbuchenne, les quatre fils Aymon furent cernés par les soldats de Charlemagne. Montés sur Bayard, il s'avancèrent sur la pointe des rochers jusqu'à la roche dénommée depuis la Roche-à-Bayard (ou la roche Bayard), et qui, à cette époque adhérait encore à la montagne voisine. Au moment où l'empereur croyait enfin tenir ses ennemis, Bayard frappa le roc de son sabot et s'envola d'un bond prodigieux pour retomber de l'autre côté du fleuve. Sur la roche désormais célèbre se trouve encore, dit-on, l'empreinte du pas de Bayard. Le grand bloc rocheux fut brisé en deux par la force de sa ruade168.

Un autre toponyme se trouve au bord de la gorge profonde et encaissée de Fonds-de-Leffe. Charlemagne y aurait poursuivi ses ennemis montés sur Bayard, le cheval serait arrivé par les hauteurs pour franchir la gorge d'un bond et laisser l'empreinte de ses sabots en retombant sur les rochers opposés168.

Dhuy possédait un vieux château nommé Bayard en 1770, que l'on disait être le Montessor des fils Aymon7.

 

 

Région flamande 

 

 


Bertem, près de Louvain, affirmait détenir les reliques d'un certain Saint Aalard (vu comme l'un des fils Aymon) pendant 600 ans, et montrait jadis une étable où Bayard aurait marqué une pierre de son sabot135, en forêt de Merdael, soit « vallée du cheval ». Au XIXe siècle, l'étymologie du village était censée renvoyer à « la demeure du cheval », celle de Bayard, et les armoiries l'arboraient. On voyait aussi dans un maître-autel un tableau représentant le cheval portant les quatre fils7,169.

 

 

France

 


Ardennes françaises 

 

 


Vue aérienne de Bogny-sur-Meuse, l'un des sites ardennais les plus liés au cheval Bayard, avec quatre pics rocheux, une statue, l'Ermitage de Maugis et la forteresse connue sous le nom de Château-Regnault, qui s'y s'élevait autrefois.

 

 

 

Bogny-sur-Meuse est l'un des sites ardennais français recelant le plus grand nombre de témoignages de la légende : quatre pics rocheux y symbolisent les quatre frères sur le dos de Bayard, une statue du cheval accompagné de ses quatre cavaliers est érigée sur l'emplacement de l'ancien Château-Regnault (vu comme un emplacement possible pour Montfort/Montessor) et ont modifié l'emplacement d'un Pas-Bayard désormais disparu148. Enfin, un lieu sur une colline surplombant la Meuse est connu comme l'« Ermitage de Maugis », celui que Bayard aurait rejoint après avoir échappé à la noyade selon certaines versions du texte170.

Aux abords du bois de la « Marfée » à Noyers-Pont-Maugis, le fameux pont est érigé sur l'emplacement d'un Pas-Bayard détruit148. À Damouzy existait une « rû du cheval Bayard », et un Pas-Bayard se trouve à Harcy, un autre au Châtelet-sur-Sormonne148. À Autry, une bande de terre étroite le long de l'Aisne est connue comme la « côte Bayard »171. À Hargnies, un Pas-Bayard est en réalité une meule brisée avec l'empreinte d'un fer à cheval imprimée143.

Le village de Francheval doit son nom à Bayard selon un conte rapporté, entre autres, par Claude Seignolle. Bayard ayant fait preuve d'une grande bravoure pour aider Renaud et l'un de ses frères, ce dernier lui dit « Tu es un brave, Bayard, franc cheval ! ». À l'endroit même où Bayard se trouvait, le village de Francheval fut élevé172. Une légende similaire est liée à l'établissement du village de Balan : alors que les frères étaient poursuivis et que Bayard, après l'un de ses bonds fabuleux, était retombé brutalement sur le sol, Renaud aurait crié « Balan ! », soit « Remettez-vous en selle » ! à ses frères, et le village resta baptisé ainsi173.

 

Hors des Ardennes


 


À Hirson, entre l'Avesnois et la Thiérache (et donc près des Ardennes), la forêt abrite un « étang du Pas-Bayard », qui se serait, dit-on, lui-même formé dans l'empreinte du cheval légendaire174. On trouve des Pas-Bayard et des traces de passage en Gironde : la roche Mombron, au-dessus de la Dordogne, est « haute de 15 mètres et porte les empreintes géantes du sabot et du genou de Bayart »175. L'ancien comté de la Marche a lui aussi des toponymes en raison des seigneurs de la Roche-Aymon qui y sont établis depuis le Xe siècle, et affirmaient descendre des quatre frères de la légende. Evaux-les-Bains, dans la Creuse, possède des traces du passage de Bayard. Henri Dontenville y rapporte l'existence d'un hameau nommé « Bailler ». Le site dit « crou do pas de chaveau », à Reterre, a une croix en granit marquée d'un Pas-Bayard après que le fabuleux destrier a sauté depuis Mainsat, à dix kilomètres de là176.

Ces toponymes se retrouvent dans les Pyrénées177 et jusque dans le Roussillon, notamment à Millas et Terrats, avant que le géant Gargantua ne devienne plus populaire comme modeleur du paysage178. Ce cheval est devenu le symbole de Clermont-l'Hérault179. Bayard-sur-Marne, en Haute-Marne, était attribué au cheval légendaire au XIXe siècle, en se basant sur une étymologie douteuse, et dans le but de lui donner une origine prestigieuse180.

 

 

Processions, cortèges et danses

 

 


Le cheval Bayard de l'ommegang de Louvain en 1594.

 

 

 

Le cheval Bayard est surtout présent parmi les géants du Nord (comme le Bayard d'Ath ou le Ros Beiaard de Termonde) en Belgique. Ce type de manifestation folklorique, qui consiste à promener un géant porté dans les rues d'une ville ou d'un village, n'existe que peu en France. Bayard apparaît avant les géants humains, en premier lieu dans la région flamande, duché de Brabant181.

Depuis 2001, on retrouve un cheval Bayard aux côtés de l'Argayon à Nivelles. Le cheval Bayard se trouve également dans des cortèges à Alost (Belgique, province de Flandre orientale), et Malines (province d'Anvers). Dès le Moyen Âge, il figure dans l'Ommegang de Bruxelles, et en est désormais indissociable. Du XVe au XVIe siècle, il figure à Malines en 1416, Lierre en 1417, Louvain en 1428, Audenarde en 1433, Eindhoven en 1437, Tirlemont en 1471, Bergen-op-Zoom en 1484, Alost en 1497, Breda en 1502, Dordrecht en 1506, Bruges en 1513, Nivelles entre 1457 et 1515, Bruxelles en 1529, Léau en 1538 et Diest en 1561182,135.

 

 

Procession de Namur 

 

 


Le cheval Bayard de Namur.

 

 

 

Un cheval Bayard est attesté à Namur dès le XVIe siècle, en 1518. Il sort lors de la journée du folklore et des traditions namuroises qui est organisée chaque année depuis 1996. Cette procession mi-religieuse mi-profane se déroulait chaque 2 juillet, à travers les rues parées de « mai et autres jolivetés à largesse ». Y apparaissaient Charlemagne et les neuf preux, ainsi que les quatre fils Aymon montés sur Bayard, suivis de leur cousin l'enchanteur Maugis. Bayard était représenté par une énorme machine d'osier manipulée par des porteurs cachés sous la houssière. Cette pièce profane connut un immense succès pendant près de trois siècles, réjouissant les bourgeois et d'autres bonnes gens qui venaient de tous les coins du comté de Namur. D'abord connue comme la « moralité des quatre fils Aymon », elle prit plus tard le titre d'« Histoire du cheval Bayard »183.

 

 

Ducasse d'Ath 

 


Article détaillé : Cheval Bayard (géant d'Ath).

 

 

 

Bayard.ogg
Le cheval Bayard, géant de la ducasse d'Ath, dansant devant son public.

 

 

 

La ducasse d'Ath, en Belgique (province de Hainaut), a un cheval Bayard depuis 1462. Disparu dans le premier quart du XVIe siècle, le destrier, chevauché par les quatre fils Aymon, est réintroduit en 1948.

 

 

Ommegang de Termonde

 


Article détaillé : Ros Beiaard.

 

 

 

Le cheval Bayard de Termonde en 1990.

 

 

 

Attestées avant 1461 à Termonde, en Flandre orientale, ces festivités sont désormais connues sous le nom Ros Beiaard. L'Ommegang de Termonde a pour sujet la légende des quatre fils Aymon (que l'on dit originaires de la ville) et du cheval Bayard, qui aurait été noyé au confluent de l'Escaut et de la Dendre135. Le géant processionnel a été conçu dans une rue qui prendra plus tard le nom de rue du Cheval Bayard, et participe à l'Exposition universelle de 1935184.

 

 

Danse du Baiar 

 


Une tradition propre au village d'Esquièze, dans les Hautes-Pyrénées, est la « danse du Baiar » (ou danse du cheval Bayart selon Henri Dontenville) où les danseurs portaient une tête de cheval en bois sculpté sur le ventre. Son lien possible avec le cheval Bayard est encore mal connu au milieu du XXe siècle185,186. Toutefois, un ouvrage de 1923 affirme qu'il s’agissait d'une danse où le destrier (de Renaud ou de Roland) « sauvait une belle éplorée de la main des infidèles », en référence à la tradition chevaleresque dans ces contrées et à la peur suscitée par les invasions Arabes187.

 

 

Variantes de la légende 

 

 


Indépendamment de la légende des quatre fils Aymon, certaines légendes locales ont pour protagoniste un cheval Bayard doué de caractéristiques différentes. De plus, Bernard Sergent pense que Bayard forme une origine possible pour tous les équidés « qui s'allongent » dans le folklore français188. Les chevaux légendaires du Pas-de-Calais présentent en effet deux caractéristiques similaires au cheval Bayard (assez proche géographiquement par ailleurs), à savoir l'échine qui s'allonge pour porter plus d'un cavalier (une caractéristique reptilienne), et le lien avec l'eau (les chevaux blancs du Pas-de-Calais noient leurs cavaliers)189. Le cheval Mallet pourrait lui aussi avoir une parenté avec Bayard.

À Romans-sur-Isère, c'est le petit cheval, représenté par la fontaine ornée de têtes de chevaux et de dauphins serpentiformes sur la place homonyme, qui serait issu de Bayard190.

 

 

Bayard de Haute-Savoie 

 


Un cheval Bayard est connu des traditions populaires près d'Onnion et de Mégevette, dans la Haute-Savoie. Gigantesque créature diabolique, il a l'apparence d'un cheval noir trainant les chaînes accrochées à ses jambes, crachant le feu et faisant jaillir des étincelles. Il dévaste les champs durant la nuit et bloque les passages pour ennuyer les habitants. L'un d'eux parvient à le forcer à fuir en récitant une prière. Il s'agit de la seule mention du cheval Bayard dans les Alpes191.

 

 

Bayard de Normandie

 


Un autre, venu de Normandie, serait en réalité un gobelin ou un lutin prenant la forme du « cheval Bayard » pour jouer des tours à l'homme. Ainsi transformé, il se présente à quelque voyageur cheminant à pied, et témoigne d'abord de si pacifiques dispositions qu'on se décide souvent à l'enfourcher. Une fois dessus, ce n'est plus qu'une suite épouvantable de sauts, de soubresauts, de ruades, de mouvements étranges qui remplissent d'effroi. Quand l'esprit s'est amusé tout son saoul de la terreur de son cavalier, il s'en débarrasse en le jetant dans une mare ou dans un fossé plein d'eau bourbeuse192.

 

 

Bayart de Sologne 

 


Henri Dontenville rapporte le récit d'un folkloriste qui dit qu'à Lamotte-Beuvron, en Sologne, on craignait un cheval Bayart fantomatique et lumineux, portant une lanterne au bout d'une longue perche et bondissant dans l'espace193.

 

 

Blind Byard du Lincolnshire 

 


La vaste diffusion de la légende des quatre fils Aymon, et donc de Bayard, conduit à des amalgames avec d'autres chevaux fabuleux, notamment dans le folklore anglais. Le petit hameau de Byards Leap (nom que l'on pourrait traduire par « Saut Bayard »), à l'ouest de Cranwell dans le Lincolnshire, devrait son nom à Blind Byard, un cheval blanc aveugle qui aida un chevalier à vaincre une sorcière en franchissant 60 pieds (18 mètres) d'un seul saut194. Il est vraisemblablement issu de la perte du statut de cheval magique et héroïque de Bayard dans la littérature anglaise, et de son assimilation avec le cheval clownesque, aveugle et stupide des Contes de Canterbury écrits par Chaucer : Bayard y est un cheval aveugle et fou qui, du fait de son infirmité, ne voit pas le danger et s'y précipite. Il a vraisemblablement donné naissance à l'expression populaire « As bold as blind Byard » (aussi audacieux que le Bayard aveugle)195.

 

 

Contes populaires 

 


De nombreux contes populaires parlent d'un cheval Bayard, suivant un schéma de narration qui est souvent le même. Le rôle du cheval peut être d'égale importance avec celui du héros du conte, animal fantastique, il est alors l'initiateur de ce dernier, lui apportant la force et le savoir. Les variantes de ce conte sont très populaires en Allemagne, dans les pays scandinaves et dans les pays baltes, il est également connu en France et en Irlande, et même au Québec. La version de Mauricie parle d'un garçon parti se mettre au service du roi, et qui rencontre dans l'écurie de ce dernier un cheval blanc nommé Bayard, en fait un prince enchanté. Le cheval permet au héros de trouver deux princesses, lui fournit une épée qui tue à sept lieues et finalement lui demande de le tuer, ce qui lui permet de retrouver son apparence de prince et d'épouser l'une des princesses196.

 

 

Utilisation commerciale et déploiements culturels

 

 


Bayard sur l'enseigne d'un ancien estaminet de Lille baptisé Aux Quatre fils Aymon.

 

 

 

Logo d'une pizzeria de Termonde faisant référence au cheval Bayard et aux fils Aymon.

 

 

 

Le cheval Bayard et les quatre fils Aymon étaient très populaires comme enseigne de nombreux commerces, notamment parisiens, baptisés « Aux quatre fils Aymon », jusque dans les années 18307. C'est la raison pour laquelle la légende est présente dans une rue du IIIe arrondissement de Paris, la rue des Quatre-Fils. Il s'y trouve en son centre une œuvre en bronze d'Ivan Theimer sur une façade, la plaque du fond est surmontée à son sommet par le cheval Bayard. La rue des Quatre-Fils devrait son nom à une ancienne auberge présentant une telle enseigne197. On trouve toujours l'enseigne d'un ancien estaminet Aux Quatre fils Aymon, datée de la fin du XVIIe siècle, à Lille198.

Christophe Méchin a publié en 1996 un livre de fiction où Bayard raconte son histoire lui-même199. Plus récemment, le cheval Bayard a été remis à l'honneur par Hervé Gourdet, organisateur du festival Printemps des Légendes à Monthermé, dans les Ardennes françaises200, qui l'a fait figurer sur l'affiche de l'édition 2010 du festival, et a illustré un livre pour la jeunesse sur ce thème, avec Jean-Luc Duvivier de Fortemps201. Une exposition itinérante d'Hervé Gourdet (illustration) et d'Amélie Tsaag Valren (textes), consacrée au cheval Bayard, est lancée en avril 2012 à l'hôtel de ville de Bogny-sur-Meuse, dans le cadre du même festival, avec le soutien de la fédération française médiévale202.

 

 

 

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Olivier européen (6).

Publié le 27 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

 

Industrie oléicole mondiale

 

 




La culture de l'olivier occupe en 2005 dans le monde 7,5 millions d'hectares pour une production de 14,9 millions de tonnes d'olives avec un rendement de 20 quintaux/ha [74]. Sur la période 2000-2006, la production mondiale moyenne annuelle s'élève à 2.778.800 tonnes d'huile d'olive[75] et à 1 638 300 tonnes d'olives de table[76]. La production mondiale d'huile d'olives est passée de 1 453 000 tonnes en 1990 à 2 820 000 tonnes en 2006[77], alors que dans le même temps la production d'olives de table passait de 950 000 tonnes à 1 832 500 tonnes[78].

La production mondiale d’huile d’olive ne représente cependant qu'environ 3% de la production d’huile végétale comestible du monde, et est largement dépassée par celle de l’huile de soja (32% de la production mondiale avec 32 Mt/an), de l’huile de palme (28% avec 27,2 Mt/an), de l’huile de graine de colza (13,5% avec 13,6 Mt/an), de tournesol (8,9% avec 9 Mt/an), d'arachide (4,8% avec 4,8 Mt/an), et de coton (4,2% avec 4,2 Mt/an)[79]. De même, dans le commerce international, les huiles d’olive ne représentent pas plus que 2% du volume d’huiles végétales comestibles vendues[80].

L'oléiculture occupe toutefois une part très importante dans l'économie agricole de certains pays méditerranéens et la tendance de la consommation mondiale est à la hausse. Les quatre premiers pays producteurs (Espagne, Italie, Grèce et Turquie) assurent 80% de la production mondiale d'olives et les dix premiers, tous situés dans la zone méditerranéenne, 95%. (Source FAO)

Selon les statistiques du Conseil oléicole international sur le prix de gros des huiles d'olives dans le marché communautaire européen, l'huile d'olive vierge vaut en moyenne 250 €/100 kg depuis 2002 avec un maximum à 400 €/100kg début 2005[81], et l'évolution des prix de l'huile d'olive raffinée est semblable[82], alors que pour l'huile de grignons d'olive raffinée, les prix tournent sur la même période autour de 150 €/100kg avec un maximum début 2005 vers 250 €/100kg[83].

 

 

 



L'oléiculture mondiale en 2005.

 

 

 

Espagne

 

 


Oliveraie en Andalousie.

 

 

Oliveraie au sud-est de Madrid.

 

 

 

 

Le premier pays oléicole mondial est l'Espagne[84], et l'on ne sait pas précisément à quand remonte la culture de l’olivier, mais on admet généralement qu’elle y fut introduite par les Phéniciens lors de leur colonisation de la Méditerranée occidentale il y a environ 3 000 ans, et qu’elle fut ensuite développée par les Romains.

En 2005 on estimait le nombre des oliviers à 309 000 000, cultivés sur une superficie de 1 199 090 hectares avec un rendement de 32,69 quintaux/ha [74]. L’oliveraie espagnole est traditionnellement petite (en moyenne 3,5 ha), familiale, avec une culture en régime pluvial de plantations anciennes. Après une régression des surfaces cultivées dans les années 70 et une stagnation dans les années 80, les années 90 ont vu une forte expansion des zones exploitées et le développement de techniques d’irrigation dans 25% des exploitations.

L’olivier est cultivé dans 13 des 17 Communautés autonomes d'Espagne, mais cette culture est surtout concentrée dans la moitié méridionale de la péninsule. Quatre régions concentrent 96 % de toute la production espagnole : l’Andalousie (62,7 % de la surface cultivée pour 82,6 % de la production nationale), la Castille-La Manche (13,8 % de la superficie pour 6,3 % de la production), l’Estrémadure (9,8 % de la superficie mais 3,9 % de la production) et la Catalogne (4,5 % de la superficie et 3,2 % de la production). Les autres régions de production importante sont la Communauté de Valence (3,9 % de la superficie) et l’Aragon (2,3 % de la superficie).

Le patrimoine végétal est caractérisé par l’Antiquité et la grande diversité des cultivars. Sur les 262 variétés recensées, 23 représentent la base des plantations dans leurs régions respectives et 5 d’entre elles occupent presque 70% de la surface cultivée : Picual, Cornicabra, Hojiblanca, Lechín et Manzanilla. Parmi les autres variétés, on peut citer : Arbequina, Blanqueta, Cañivano blanco, Cañivano negro, Carrasqueño, Carrasqueño de Alcaudete, Carrasqueño de la Sierra, Cornezuelo, Empeltre, Farga, Frantoio, Gordal sevillana, Morrut, Negral, Nevadillo negro, Nevadillo blanco, Nevado azul, Oblonga, Pico limón, Picudo, Rapasayo, Verdial de Alcaudete, Verdial de Badajoz, Verdial de Huevar, Verdial de Velez-Málaga, et Villalonga [85]

 




Carte des huiles bénéficiant de l'appellation d'origine protégée (AOP) en Espagne.

 

 

 

 

L’oléiculture joue un grand rôle économique comme monoculture dans les zones déshéritées et avec les industries dérivées nécessaires aux importants échanges commerciaux internationaux, plaçant l’Espagne au premier rang des exportateurs mondiaux d’huile d’olive et d’olives de table. Sur la période 2000-06, l'Espagne a produit en moyenne annuellement 1 078 800 tonnes d'huile d'olive pour une consommation de 589 100 tonnes[75] et 496 900 tonnes d'olives de table pour une consommation de 185 700 tonnes[76]. On compte 1 860 huileries, dont au moins 56 % en coopératives, et leur modernisation au cours des dernières années a permis l’amélioration de la qualité de l'huile et la diminution de la pollution de l’environnement par les margines. On enregistre 574 unités de conditionnement, bien que 70 % du marché soit contrôlé par une dizaine d’entreprises. Il existe aussi 54 entreprises d’extraction d’huile de grignons et 40 raffineries, ainsi que 397 confiseries.

Les olives de table et les huiles d'olive espagnoles bénéficiant selon la réglementation européenne[23] de la dénomination « appellation d'origine protégée » (AOP) et « indications géographiques protégées » (IGP) sont Aceite de La Rioja, Aceite de Mallorca-Aceite mallorquín-Oli de Mallorca-Oli mallorquí, Aceite de Terra-Oli de Terra Alta, Aceite del Bajo Aragón, Aceite Monterrubio, Antequera, Baena, Gata-Hurdes, Les Garrigues, Montes de Granada, Montes de Toledo, Poniente de Granada, Priego de Córdoba, Sierra de Cádiz, Sierra de Cazorla, Sierra de Segura, Sierra Mágina, Siurana.

 

 

 


Italie

 

Oliveraie en Calabre (Italie).

 

 

 

Oliveraie en Ombrie (Italie).

 

 

 

Oliveraie en Toscane (Italie).

 

 

 

Oliveraie en Sardaigne (Italie).

 

 

 

Olivier séculaire en Campanie.

 

 

 

Oliveraie en Ligurie (Italie).

 

 

 

 

 

 

 

 

Le deuxième pays oléicole mondial est l'Italie[86]. L'olivier était absent de l'Italie il y a 2 600 ans sous le règne de Tarquin l'Ancien selon Pline l'Ancien, et il aurait été introduit par les Grecs dans leurs colonies du sud de la péninsule. Son expansion vers le nord fut lente et liée à la conquête des différentes territoires par Rome. Dès le règne de l’empereur Auguste, au Ier siècle de notre ère, Rome devint le centre d’un système économique colonial et l’économie connut une forte croissance avec un intense commerce de l’huile. On sait peu de choses sur la période médiévale, mais la grande crise économique du XVIIe siècle porta un rude coup aux grandes propriétés du sud et entraîna le développement et la modernisation de l’oléiculture au centre et au nord de la péninsule. La grande apogée de la culture de l’olivier en Italie eut lieu au cours de la première moitié du XIXe siècle.

La culture de l’olivier est présente dans 18 des 20 régions italiennes, mais 84,6 % de la production se concentre dans les régions méridionales comme les Pouilles (32,5 % sur 32% de la surface cultivée), la Calabre (25,5 % sur 16 % de la superficie cultivée) et la Sicile (10,3 % sur 15 % de la surface oléicole). Les autres grandes régions productrices sont la Latium, la Campanie, l'Ombrie et la Toscane. On compte environ un million de producteurs sur des exploitations en moyenne inférieures à 2 ha et réunis en 190 associations et cinq unions nationales. Après un développement dans les années 1960 et une stagnation dans les années 1970, l’oléiculture a connu un désinvestissement et le gel catastrophique de 1985, entraînant la disparition d’environ 6 % du parc cultivé.

On estime qu'en 2005, 237 900 000 oliviers étaient cultivés sur une superficie de 1 141 270 ha avec un rendement de 33,7 quintaux/ha[74]. Pour la période 2000-2006, l'Italie a produit en moyenne annuellement 669 000 tonnes d'huile d'olive pour une consommation de 795 300 tonnes[75] et 64 900 tonnes d'olives de table pour une consommation de 146 900 tonnes[76].

 

Voici les différentes variétés d'olives cultivées en Italie [87] :

 

  • À l'échelle nationale: Frantoio, Leccino, Maurino, Moraiolo, Pendolino.
  • Dans les Abruzzes: Dritta, Gentile del Chieti, Intosso, Morella, Nebbio, Raja, Toccolana.
  • Dans le Basilicate: Carolea, Cima di Melfi, Coratina, Majatica di Ferrandina, Nostrale (ou Ogliarola), Ogliarola del Bradano, Palmarola o Fasolina, Rapollese di Lavello.
  • En Calabre: Borgese, Carolea, Cassanese (ou Grossa di Cassano), Ciciarello, Dolce di Rossano, Grossa Di Gerace, Mafra, Napoletana, Ogliara, Ottobratica, Pennulara, Rossanese, Sinopolese, Tombarello, Tonda di Strongoli, Tondina o Roggianella, Zinzifarica.
  • En Campanie: Carpellese, Cornia, Minucciola, Ogliarola, Olive, Pisciottana, Ravec, Rotondello, Salella.
  • En Émilie-Romagne: Capolga, Carbuncion di Carpineta, Colombina, Coreggiolo, Ghiacciolo, Grappuda, Nostrana di Brisighella, Orfana, Rossina, Selvatico.
  • Dans le Frioul-Vénétie julienne: Bianchera (ou Belica), Buga, Carbona, Leccio del Corno.
  • Dans le Latium: Canino, Caninese, Carboncella, Oliva Itrana, Olivago, Olivastrone, Raja, Rosciola, Salviana.
  • En Ligurie: Colombaia, Lavagnina, Merlina, Mortina, Pignola (ou Pinola), Pignola di Arnasco (ou Arnasca), Razzola, Rossese, Taggiasca.
  • En Lombardie: Lombardia, Casaliva, Gargnano, Grignano, Negre, Sbresa.
  • Dans les Marches: Ascolana dura, Ascolana tenera, Canino, Carboncella, Coroncina, Dritta, Leccio del corno, Mignola, Nebbia, Orbetana, Piantone di Falerone, Piantone di Mogliano, Raggia, Raggiola, Rosciola, Sargano di Fermo.
  • Dans le Molise: All'acqua di Montenero, Aurina, Cerasa di Montenero, Gentile di Larino, Oliva nera di Colletorto, Olivastro, Olivastra di Montenero, Paesana Bianca, Rosciola, Saligna di Larino, Sperone di gallo.
  • En Ombrie: Ascolana tenera, Dolce Agoglia, Rajo, San Felice;
  • Dans les Pouilles: Bella di Cerignola, Cellina Barese, Cellina di Nardò, Cima di Bitonto, Cima di Mola, Ciliero, Coratina (ou Racioppa), Leccese, Massafrese, Monopolese, Nasuta, Ogliarola Barese (ou Paesana), Ogliarola Garganica, Oliarola di Lecce, Pizzuta, Provenzale (ou Peranzana), Rotondella, Sant'Agostino, Termite di Bitetto.
  • En Sardaigne: Bosana (ou Vari), Cariasina, Cipressino (ou Frangivento), Corsicana, Nera di Gonnos (ou Tonda di Cagliari), Nera di Oliena (ou Vari), Nocellara, Pibireddu, Pizz'e carroga (ou Bianca), Semidana.
  • En Sicile: Biancolilla, Brandofino, Buscionetto, Cerasuola, Giarraffa, Mandanici, Moresca, Minuta, Nocellara del Belice, Nocellara dell'Etna, Nocellara Messinese, Ogliarola Messinese, Ottobratica, Santagatese, San Benedetto, Tonda Iblea, Verdello.
  • En Toscane: Americano, Arancino, Belmonte, Ciliegino, Coreggiolo, Filare, Frantoio oder Razzo, Grappolo, Gremignolo, Grossolana, Larcianese, Lazzero, Leccio del Corno, Leccione, Madonna dell’Impruneta, Maremmano, Marzio, Melaiolo, Morchiaio, Morcone, Mignolo, Ogliarola Seggianese, Olivastra, Olivastra Seggianese, Olivo Bufalo, Pesciatino, Piangente, Pitursello, Punteriolo, Razzio, Razzo, Rossello, Rosellino, San Francesco, Santa Caterina, Scarlinese, Tondello.
  • Dans le Trentin et le Haut-Adige : Casaliva, Favarol, Fort, Lezzo, Morcai, Razza, Rossanel, Trep.
  • En Vénétie: Casaliva (ou Drizar), Favarol, Fort, Grignano, Leccio del Corno, Lezzo, Padanina, Matosso, Morcai, Rasara, Razza, Rondella, Rossanel, Trep.

 

 

 

L'Italie combine le paradoxe d'être le deuxième producteur mondial ainsi que le premier importateur et consommateur mondial ! Alors que la consommation s'est fortement accrue, la surface cultivée a diminué et l'on constate depuis le début des années 1990 la diminution du nombre d'huileries (passant de 7500 à 5744 établissements équipés à 52,8 % de système d'extraction en continu), de raffineries (passant de 20 à 15), d'usines d'extraction de l'huile de grignons (passant de 50 à 30) et d'entreprises de conditionnement (passant d'environ 650 à 329). Ce phénomène est lié d'un côté à la disparition de l'aide à la consommation à partir de la campagne 1998-1999 et d'un autre, aux difficultés observées sur un marché où la croissance des coûts n'est pas compensée par une marge significative de rentabilité, surtout pour les petites entreprises.

Les huiles d'olive italiennes bénéficiant selon la réglementation européenne [23] de la dénomination «appellation d'origine protégée» (AOP) et «Indications Géographiques Protégées» (IGP) sont Alto Crotonese, Aprutino Pescarese, Brisighella, Bruzio, Canino, Cartoceto, Chianti Classico, Cilento, Collina di Brindisi, Colline di Romagna, Colline Salernitane, Colline Teatine, Dauno, Garda, Laghi Lombardi, Lametia, Lucca, Molise, Monte Etna, Monti Iblei, Penisola Sorrentina, Pretuziano delle Colline Teramane, Riviera Ligure, Sabina, Sardegna, Tergeste, Terra di Bari, Terra d'Otranto, Terre di Siena, Terre Tarantine, Toscano, Tuscia, Umbria, Valdemone, Val di Mazara, Valle del Belice, Valli Trapanesi, Veneto Valpolicella, Veneto Euganei e Berici, Veneto del Grappa.

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Bayard (cheval) (4).

Publié le 26 Mars 2012 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Mythes et légendes

Animal chtonien 

 

 


Article connexe : La robe baie du cheval.

 

 

 

 

De nombreux indices rattachent Bayard au monde chtonien : cheval-fée né d'un dragon et d'une serpente sur une île volcanique, ensuite arraché aux « forces des ténèbres », sa couleur est le bai soit le brun-rouge, il a des écarts de comportement, disparaît dans la forêt et semble par la suite condamné à une errance sans fin123. C'est Maugis qui l'extrait de « la nuit de la caverne » pour lui faire gagner « la clarté du jour » et sa destinée héroïque64. Enfin, il n'est jamais lui-même confronté à un dragon ou un serpent, contrairement à bon nombre de destriers médiévaux. Francis Dubost voit en Bayard un animal nocturne123. Pour Marc-André Wagner, le cheval-fée est lié à la terre et au feu, incarnant l'énergie tellurique et la vigueur99. Quelques auteurs ont supposé que sa tentative de noyade renverrait à un sacrifice rituel pour un ancien culte de la fertilité, association courante pour les créatures chtoniennes, mais les données archéologiques ne prouvent pas la présence de lourdes pierres auxquelles les animaux auraient pu être attachés124.

Gilbert Durand a un point de vue encore différent, puisqu'il voit en Bayard un « démon maléfique des eaux » qui, « par une espèce d'antiphrase sentimentale », finit par être invoqué pour le franchissement des rivières125. Henri Dontenville voit dans Bayard un mythe issu du cheval blanc sacré des Germains, « naturellement blanc mais teint en bai pour les besoins de la cause », supposant qu'à l'époque de la rédaction du Maugis d'Aigremont, une certaine méfiance régnait quant aux « chevaux magiques », ce qui fait que Bayard est découvert « près d'un cratère de feu grondant » et que son apparition effraie les paysans. Il soutient aussi que Bayard a lui-même donné les chevaux légendaires du Pas-de-Calais (tous de couleur blanche)126. Cette théorie est soutenue par Gilbert Durand, mais pour d'autres historiens, le fait que Bayard soit clairement décrit comme brun-rouge l'invalide127.

L'une des questions soulevées par cette origine est de savoir pourquoi un animal au rôle aussi bénéfique est engendré par deux monstres reptiliens qui le relient aux forces infernales. Il semblerait que l'auteur du Maugis ait préféré faire ressortir l'exploit héroïque du jeune enchanteur qui libère Bayard que la nature foncièrement bénéfique du cheval dans son texte128.

Une interprétation anglaise de la légende des Quatre fils Aymon, initialement publiée en 1923, fait de Bayard un animal démoniaque (demon horse) donné au duc Aymon par Malagigi (Maugis), vu comme un nécromancien qui mène une guérilla contre le souverain légitime, Charlemagne. Cette interprétation ajoute que Satan récupéra le cheval un moment. Malagigi consola le duc Aymon en lui promettant de récupérer le cheval au mont Vulcanus, qui est aussi le mont des enfers (c'est l'épisode de l'île de Bocam). Il y parvint en entourloupant Satan. Plus tard, Bayard revient à Renaud, qui finit par le trahir en le livrant à Charlemagne. L'auteur de cette interprétation conclut qu'il est extraordinaire qu'un animal de nature démoniaque tel que Bayard soit vu comme un cheval bon et noble dans les chansons de geste, rivalisant en vertu avec une monture angélique129.

 

Animal païen 

 


L'acharnement de Charlemagne (ici dans les chroniques de Nuremberg) contre Bayard laisse à supposer que ce dernier est issu de croyances païennes.

 

 

 

Bien que la première mention littéraire de Bayard soit liée à un texte chrétien du XIIe siècle ou du XIIIe siècle, la figure et les caractéristiques de ce cheval renvoient à des traditions païennes plus anciennes, et le fond de la légende pourrait remonter au VIIe siècle ou au VIIIe siècle, à une époque où le pays est loin d'être entièrement christianisé. Les souvenirs et les pratiques de la religion gauloise y sont encore vivaces102. Un élément de preuve souvent cité réside dans le fait que Charlemagne condamne ce cheval à mort par noyade et se montre d'une telle cruauté que ses compagnons s'en indignent130 :

« Aucun des Pairs, je vous l'assure, ne peut s'empêcher de pleurer sur le bon cheval Bayard ; et, au milieu de la désolation générale, seul Charlemagne se laisse aller à sa joie : Bayard, le fameux Bayard, est donc au fond de l'eau131. »

Ferdinand Castets a supposé que « ne pouvant se venger à son gré des Fils Aymon et de Maugis, Charles satisfait sa haine au dépens du cheval dont le seul tort est d'avoir fidèlement servi son maître », toutefois, il ajoute que « Bayard, comme Maugis, a des dons surnaturels : entre eux et l'Empereur, la paix est impossible »132. La rancœur de l'empereur n'est peut-être pas dirigée contre Renaud, mais bien contre son cheval et l'enchanteur Maugis, qui tous deux incarnent les anciennes croyances auxquelles il est fermement opposé102,99. Bien que Bayard survive à l'épreuve de la noyade, il en ressort symboliquement vaincu puisque dès lors, il ne quittera plus la forêt ardennaise102. Un autre élément de preuve réside dans « la concomitance de la contrition pieuse de Renaud et de son adieu à Bayard », qui « trahit bien la nature païenne du cheval-fée »111. Le fond du texte renvoie donc, derrière les exploits héroïques de Renaud, à un conflit spirituel entre le christianisme (représenté par le roi Charlemagne) et le paganisme incarné par Bayard et l'enchanteur Maugis, dépositaire du savoir druidique133.

Folklore 


Bas-relief de 1786 représentant les quatre fils Aymon sur Bayard dans une rue de Maastricht.

 

 

 

Le cheval Bayard a donné naissance à un folklore foisonnant. Les villes et villages où coule la Meuse (Bayard aurait été jeté dans ce fleuve selon les versions postérieures du Renaut de Montauban) sont particulièrement concernés (Dinant, Bogny-sur-Meuse...). Il semblerait que la légende se soit diffusée le long de routes commerciales et de chemins de pèlerinage134 : Bruges, Termonde et Louvain se trouvent sur la route de la laine et du vin135. L'imagination populaire tend à retenir deux images du roman d'aventures : la forteresse de Montessor (ou Montfort), bâtie par Maugis sur un éperon rocheux surplombant la Meuse dans l'Ardenne, puis détruite par Charlemagne, et les sauts fabuleux de Bayard136. On retrouve un folklore autour de Bayard ailleurs en Belgique aussi bien du côté francophone que du côté néerlandophone, tant dans les processions et cortèges que pour la toponymie ou les histoires locales. La diffusion de la légende de Bayard peut-être distincte de celle des quatre fils Aymon3. Elle est souvent marquée d'un certain régionalisme, car Bayard est cité comme patrimoine légendaire spécifique à la Belgique ou aux Ardennes, bien que de nombreux éléments de sa légende (ou de son folklore) concernent aussi la Gascogne (épisode de Montauban), l'Alsace et la Lorraine (cours de la Meuse et épisode de Vaucouleurs), voire l'Allemagne (noyade dans le Rhin selon les plus anciens textes, de plus un musée de Dortmund possédait en 1909 une relique sous forme d'un grand fer à cheval que l'on dit issu de Bayard, vraisemblablement l'enseigne d'un maréchal-ferrant137), la Sicile (naissance sur l'île de Bocam selon le Maugis d'Aigremont) et les Pays-Bas (présence de toponymes, de statues et de géants processionnels à son effigie). Une certaine confusion est due à une graphie variable dans les textes médiévaux, un même lieu pouvant être orthographié de cinq à six manières différentes, ce qui rend toute identification d'un site de la légende particulièrement complexe et hasardeuse138. Bayard appartient en effet à la littérature et à la légende bien davantage qu'à l'Histoire136.

 

 

Légende ancrée dans l'Ardenne 

 


Le cheval ardennais, tout comme Bayard, est le plus souvent de robe baie.

 

 

 

L'Ardenne, une région naturelle partagée entre la France, la Belgique et le Luxembourg, est sans conteste celle où la légende du cheval Bayard est la plus présente et ancrée139. Une partie des textes s'y déroule139, bien que l'épisode ardennais ne soit pas le plus développé de la chanson140. Une enquête de l'université de Liège, en 1976, y a relevé dix-sept toponymes « Pas-Bayard » et une douzaine d'emplacements revendiqués pour être la forteresse Montessor (ou Montfort), prouvant la popularité de Bayard et de sa légende dans cette région136. Une tradition populaire, contraire aux textes, raconte aussi que le cheval a été capturé par Renaud dans la forêt ardennaise, pendant le siège de Montessor. Un bas-relief du XVIe siècle illustre cette capture à Marville. Bayard aurait été donné à Renaud par la fée Oriande dans un lieu hanté nommé les Espoux selon deux versions du Renaut de Montauban. Les ardennais l'identifient au lieu-dit les Épioux, près de Chiny, en Belgique3.

Les textes disent que Bayard demeure dans la forêt ardennaise et qu'on l'entend hennir durant la nuit de la Saint Jean. Les traditions populaires rapportent les récits des paysans qui tentent de l'apercevoir, et ceux des vendeurs de charbon qui disent l'entendre hennir en salutation au soleil levant. Près de Charleroi, cette tradition veut que Bayard parte chaque jour du fond de la forêt ardennaise, et se déplace au galop du sud-est au nord-ouest, de la Semois à la Meuse et du levant au couchant, en passant par Dinant et en suivant un chemin secret connu de lui seul141.

Ce témoignage d'une rencontre avec Bayard, raconté par un vieil homme en 1861, date de 1815 durant la guerre contre les prussiens :

« [...] Le soir [de la nuit de la Saint Jean], nous arrivâmes à Montcy-Notre-Dame, près du Waridon. Harassés de fatigue, nous fîmes halte pour y passer la nuit. La douzième heure allait sonner. Nos hommes dormaient. Moi, j'étais de faction. Je regardais, j'écoutais. Tout-à-coup, dans le lointain, sur le sommet du Waridon, j'entends un roulement sourd. La terre tremblait. Le bruit devient plus distinct : c'est le pas régulier d'un cheval qui court au galop. Sous ses pieds, les cailloux se brisent ou roulent avec fracas. — Ma foi ! Je l'avoue, la peur me prit. Je n'aurais pas craint les Prussiens. Mais il ne s'agissait pas d'un hulan : c'était le cheval de Maugis, le cheval des quatre fils Aymon, le cheval enchanté ; c'était Bayard, le cheval de feu. Bientôt, le rapide animal passa devant moi comme un éclair, illuminant le vallon, le torrent, la montagne et ses ruines. Il courait sur les rochers qui formaient la lisière du torrent. Les pierres volaient derrière lui, tombaient dans l'eau ou se broyaient. Bayard, de ses narines, de ses sabots, lançait feux et flammes ; il hennissait et ricanait avec fureur, et j'entendis nettement le nom de Charlemagne. Les échos du Waridon répétaient : Charlemagne ! Charlemagne ! sur un ton insolent et moqueur142. »

La race du cheval ardennais est parfois associée à la monture légendaire des quatre fils Aymon143. L'écrivain régionaliste Franz Bartelt dit à ce propos que « d’une nature douce et d’une santé prospère, sobre de mouvement, plein d’assurance et de modération, courageux avec générosité, confiant, travailleur, le cheval ardennais fut d’une intelligence philosophique et d’une distraction littéraire qui l’ont hissé au-dessus du palefroi commun, jusqu’aux édifiantes de la légende et du mythe. La monture des 4 fils Aymon ne pouvait, en effet, être qu’ardennaise… »144.

 

 

 

Article connexe : Cheval ardennais.

 

 

 

Toponymes


Témoignage d'un enfant ardennais en 1861 :

Heureusement, Bayard était fée. Charlemagne n'a pas pu le noyer, et maintenant encore, tous les ans, le jour de la Saint-Jean, à l'heure de minuit, il court dans nos montagnes ; ses hennissements imitent tantôt le son du cor, tantôt la voix de l'homme; ses pieds brûlent tout ce qu'ils touchent, et les traces de son passage restent imprimées sur le sol145.

 

Les croyances populaires rapportent que Bayard a laissé des traces innombrables de son passage : « des escarpements obliques de grès et de calcaire, des aiguilles ouvragées sous le sabot de mille chevaux Bayard »146. Ces « Pas-Bayard » (ou « Saut-Bayard ») sont nombreux dans l'Ardenne. Il s'agit souvent de pierres sur lesquelles est gravée une forme rappelant un fer à cheval, témoignant du passage de l'animal enchanté dans ces lieux3. On trouve aussi des traces, non de sabots, mais d'un « dérapage » dû à la puissance et la vitesse de Bayard lors de son saut147. L'emplacement de bon nombre de ces toponymes a disparu, modifié sous l'action humaine. D'autres ont été oubliés voire renommés au fil du temps148,136.

La multiplication de ces toponymes « en divers lieux dans le bassin de la Meuse française et belge » semble découler de « l'influence des pied ou pas de saints »149. Si les « Pas-Bayard » et « Saut-Bayard » peuvent difficilement avoir une autre origine que le cheval légendaire, la polysémie rend l'identification originelle de toponymes tels que « champ Bayard » ou « fosse Bayard » très complexe150. Une dizaine de communes ardennaises ont un toponyme du type « Bayart » issu d'un nom de personne9, les ruisseaux et moulins portant ce nom semblent également d'une autre origine151. Les nombreux moulins nommés « bayard » au Moyen Âge, mot que l'on croyait alors d'origine celtique, n'ont aucun lien avec le cheval si on en croit Félix Rousseau152, bien que d'autres sources plus anciennes soutiennent l'inverse1.

Comme modeleur du paysage, Bayard présente un parallèle important avec la monture de Roland le paladin, à l'origine des « Pas-Roland » et des « Saut-Roland », principalement dans les Pyrénées (autre région montagneuse). Il est possible que les deux montures partagent la même origine122. Ces traces sont interprétées de différentes façons. Certains croient qu'elles se dirigent du levant au couchant et renvoient à un animal solaire153. Bayard est également un créateur légendaire de sources (tout comme Pégase), et Jacques Duchaussoy voit dans ces points d'eau créés d'un coup de pied des « sources de connaissance spirituelle » qui finissent par devenir l'eau pure destinée à désaltérer le pèlerin ou le voyageur le long du chemin154.

 

 

Belgique 

 

La plupart des toponymes se trouvent en Belgique153 sur le territoire de l'ancienne Principauté de Liège, entre autres près de Charleroi, de Liège (où ils sont les plus nombreux) et de Dinant.

 

 

Province de Hainaut 

 

Le lieu-dit ô pa Bayâr, au-dessus de Couillet155, est connu sous ce nom depuis 1364 au moins, mais la construction d'une route et l'industrialisation l'ont fortement modifié. Des bassins ont recouvert la pierre du pa Bayâr, un bloc de grès gris marqué par un fer à cheval d'une quinzaine de centimètres. Selon la légende, Bayard avait pris là son élan pour franchir la Sambre, mais une autre légende veut qu'il soit revenu vers la Meuse et retombé depuis Charleroi sur le rocher de Couillet141.

 

Province de Liège 

 



Le pont des Arches, d'où Bayard aurait été jeté à l'eau par Charlemagne selon la croyance populaire moderne.

 

 

 

Liège, où passe la Meuse, est souvent citée pour être la ville où Charlemagne tenta de noyer Bayard. Cette affirmation s'appuie, entre autres, sur la présence attestée de barques équipées de meules à grain sur la rive gauche du fleuve156. Les troupes de l'empereur auraient capturé et entravé l'animal, avant de lui amener. Là, Charlemagne décide que Bayard sera jeté du haut du pont des Arches, les jambes attachées et la meule au cou. Mais Bayard parvient à rompre ses liens et à regagner la berge. Adressant un hennissement moqueur à ses tortionnaires, il rejoint ensuite la forêt d'Ardenne8. Cette légende est popularisée lors de la reconstruction du pont après la Seconde Guerre mondiale, le bas-relief créé par Louis Dupont est devenu un symbole de la liberté face à l'oppression allemande94.

Liège et sa province recèlent aussi de nombreux toponymes nommés « pas Bayard ou Baar », par exemple à Pepinster157. L'un des plus connus se trouve sur la commune d'Aywaille, au château d'Amblève, qui par ailleurs est un emplacement revendiqué pour Montfort (ou Montessor), le château des Quatre fils Aymon158. L'empreinte du pied de Bayard se trouve à côté de l'ancienne potence de la forteresse, on raconte qu'il se serait imprimé là lorsque le fabuleux destrier prit son élan pour retomber de l'autre côté de la vallée, au lieu-dit « al-mohinette »159. À Dolembreux, entre Méry et Hôtgné, un petit lieu boisé et rocheux est connu comme a pa bayar, au dessus d'un petit vallon lui-même nommé è fond dè pa bayar. La trace d'un passage du cheval y serait restée bien visible jusqu'au début du XXe siècle, sur un bloc rocheux, mais a disparu lors de la construction d'une route. Ce toponyme était connu des archives locales depuis 1598, au moins160. Remouchamps possède, sur un chemin qui reliait autrefois la commune à Sedoz, un lieu-dit So l'thier où le sabot de Bayard aurait creusé une cuvette dans le schiste rouge, lors d'un bond qui le vit retomber au château d'Amblève ou au château de Montjardin161. À Stoumont, Bayard se serait élancé de même depuis le lieu-dit « Fagne-Brume », laissant son emprunte sur un bloc de quartzite avant de retomber aux « Fonds de Quarreux ». L'eau stagnante dans la cuvette de ce Pas-Bayard est réputée soigner les maladies de la vue et les verrues. À Anthisnes, un Pas-Bayard a conservé son nom malgré la disparition de la pierre portant l'empreinte161. Bra, près de Chevron, possède aussi son Pas-Bayard162. Les toponymes de Vieuxville ont été oubliés ou renommés sous l'influence de la légende de la gatte d'or163. La rivière de l'Eau Rouge prend sa source dans les Hautes Fagnes à proximité de la « Fagne du Pas Bayard » qu'elle traverse ensuite164.

Joseph Bédier avait en son temps revendiqué l'abbaye de Stavelot-Malmedy pour origine de la légende des quatre fils Aymon (et donc du cheval Bayard), mais cette affirmation a été invalidée lors d'une étude critique à l'université de Liège136.

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