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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Michael Douglas.

Publié le 30 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)


Michael Douglas
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Michael Douglas
Michael Douglas en 2007
Michael Douglas en 2007

Nom de naissance Michael Kirk Douglas
Surnom Mickey/Mike
Naissance 25 septembre 1944 (1944-09-25) (65 ans)
Drapeau des États-Unis New Brunswick, New Jersey (États-Unis)
Nationalité(s) Drapeau des États-Unis Américaine
Profession(s) Acteur
Producteur
Film(s) notable(s) Wall Street
Liaison fatale
The Game
La Guerre des Rose
Basic Instinct
Chute Libre
Traffic
Conjoint(e) Diandra Luker (1977-2000)
Catherine Zeta-Jones (2000-présent)
Enfant(s) Cameron
Dylan Michael
Carys Zeta

Michael Kirk Douglas (né le 25 septembre 1944 à New Brunswick, aux États-Unis) est un acteur et producteur américain.

Biographie

De son vrai nom Michael Kirk Demsky, il est le fils de l'acteur Kirk Douglas. Étudiant l'art dramatique à l'université de Santa Barbara, en Californie, il y rencontre Danny DeVito, avec lequel il devient ami et partage souvent l'affiche.

Il joue dans un feuilleton télévisé aux multiples épisodes : Les Rues de San Francisco de 1972 à 1976. Bien qu'acteur, sa carrière est quelque peu au point mort après la série. Il n'apparaît que dans des films sans grand succès populaire (par exemple, Le Vainqueur en 1979). Tout ceci change radicalement avec la comédie romantique À la poursuite du diamant vert en 1984. Son rôle dans ce film classé au box-office lui permet un retour dans les studios, en tant qu'acteur reconnu et agréable à diriger.

Michael Douglas reçoit un Oscar en 1975 pour Vol au-dessus d'un nid de coucou en tant que producteur.

En 1980, il a un grave accident de ski qui interrompt sa carrière pendant trois ans.

 

Michael Douglas à Cannes en 1987

 

Il joue dans Liaison fatale (1987) avec Glenn Close et le film eut un succès planétaire. Il reçoit un autre Oscar en 1988 pour le premier rôle dans Wall Street.

À l'issue du tournage de Basic Instinct (1992), il subit une cure de désintoxication au Sierra Tucson Center (septembre 1992). S'il ne s'est jamais vraiment caché de sa consommation d'alcool et de cocaïne, il est probable que cette hospitalisation a pour origine une infection survenue à la suite de son usage abusif de psychotropes. Douglas exprimera immédiatement cette expérience douloureuse dans le film Chute Libre (1993) et, quelques années plus tard (de façon atténuée), dans Traffic (2000).

Il épouse Diandra Luker le 20 mars 1977 ; leur fils Cameron naît en 1978. Ils se séparent en 2000 après 23 ans de vie commune, Diandra l'accusant de misogynie, d'être absent, et de ne pas être un bon père pour Cameron. La même année, le 18 novembre 2000, il épouse l'actrice Catherine Zeta-Jones qui a exactement 25 ans de moins que lui. Ils ont deux enfants : Dylan Michael (né le 8 août 2000) et Carys Zeta (née le 20 avril 2003).

Filmographie 

Acteur
Années 1960
Années 1970
Années 1980 
Années 1990
Années 2000 
Années 2010 
Producteur 
commentaires

Izis, Paris des rêves.

Publié le 28 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)


Izis,  Paris des rêves



Izis, l’un des plus grands photographes français, méconnu, est exposé à l'Hôtel de ville de Paris. 


Visite en images !

 


La mairie de Paris rend un hommage inédit au photographe Izis, contemporain de Doisneau, Ronis et Cartier-Bresson, en lui consacrant une grande rétrospective jusqu’au 29 mai, où seront accrochées plus de 250 photographies et ses images de reporter à Paris-Match.
Manuel Bidermanas, le fils d'Izis et co-commissaire de l'exposition, s'est félicité auprès de l'AFP d'une "véritable rétrospective" rendant hommage à son père, grand portraitiste de maquisards en 1944, mais aussi flâneur des bords de Seine où il immortalisa des saynètes populaires, des personnes abîmées par la vie, dormant par terre, des pêcheurs, toujours de façon pudique.

Reporter à Paris-Match

 


Connu comme l'un des membres du mouvement "humaniste" des années 1950, Izis a été l'un des "Five French Photographers" exposé au Musée d'Art moderne (MoMa) de New York, avec Brassaï, Doisneau, Ronis et Cartier-Bresson.
Véritable "amoureux de Paris", Izis, dont le véritable patronyme est Israëlis Bidermanas, est né en 1911 en Lituanie, et a fui son pays à 19 ans, pour s'installer dans la capitale française. Il publiera 10 livres et deviendra reporter pour Paris Match pendant 20 ans, de 1949 à 1969, rappelle Armelle Canitrot, co-commissaire de l'exposition.

Izis, dépeint comme un rêveur mélancolique et comme un "inconsolable mais gai" par son fils, a aussi beaucoup travaillé avec de grands artistes et écrivain, comme Colette, Jacques-Prévert, Chagall.
Il est à Paris-Match depuis 15 ans lorsque par exemple il sort un scoop en photographiant le peintre Chagall peignant le plafond de l'opéra Garnier, en septembre 1964.

"Cette exposition est l'occasion de redécouvrir un véritable artiste. Son travail sur Paris, les enfants, les amoureux, le Paris populaire, le distingue de ses contemporains. Il est dans le rêve, photographie des vagabonds, des dormeurs, et s'évade du tragique de cette manière", souligne encore Armelle Canitrot.


source © 2010 AFP

 



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Photo : © Izis Bidermanas

commentaires

Bataille d'Austerlitz (3).

Publié le 26 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)

 

Les conséquences

Les pertes

Les Français comptent 1290 morts[réf. nécessaire], 6 943 blessés et 573 prisonniers. [4] À chaque blessé, Napoléon offre 3 napoléons d’or (60 francs), de 500 à 2 000 francs aux officiers selon leur grade et 3 000 francs aux généraux. Ils ont récupéré 173 prisonniers (la plupart appartiennent à la division Friant ou à la division Legrand) et ont perdu un drapeau du 4e de Ligne : l’Empereur est particulièrement fâché de la perte de cet aigle impérial.

Les alliés comptent 16 000 morts et blessés et 11 000 prisonniers[5][réf. incomplète]. Ils déplorent également la perte de 45 drapeaux, remis aux maires de Paris dans une cérémonie au château de Schönbrunn. Ils iront orner la cathédrale Notre-Dame de Paris pendant un mois avant d’être placés à la voûte de l’église Saint-Louis des Invalides. Les 185 canons pris sont employés pour fondre la colonne Vendôme à Paris.

Conséquences militaires

Koutouzov, qui a perdu son gendre Ferdinand von Tiesenhausen, organise inlassablement la retraite de l’armée russe : celle-ci se regroupe dans la nuit et part pour Göding en franchissant la March, une rivière large comme la Marne servant de frontière entre la Moravie et la Hongrie, puis il retourne en Russie via la Galicie. Andrault présente sa démission, Pryzbyszemski est ramené au rang de simple soldat tandis qu’Alexandre éloigne Koutouzov de l’armée en le nommant gouverneur de Kiev.

Le 3 décembre, Napoléon envoie la cavalerie de Murat poursuivre les Russes, sans succès.

Conséquences politiques 

Au soir du 3 décembre, Napoléon reçoit un émissaire de François II : le prince de Liechtenstein. Celui-ci demande l’arrêt des combats pour négocier la paix. Le lendemain, Napoléon et François II se réunissent au Moulin Brûlé, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Austerlitz. Les deux souverains conviennent d’un armistice et des principales conditions de paix autour d’un simple brasier. Ils s’entendent même sur la responsabilité du conflit : « Les Anglais sont des marchands de chair humaine » s’exclame l'empereur autrichien. Après une heure d’entrevue, Napoléon demande : « Votre Majesté me promet donc de ne me plus faire la guerre ? » et François II répond : « Je le jure et je tiendrai parole ». De retour à Vienne, acclamé par ses sujets, François II dit à l'ambassadeur français : « Croyez-vous, Monsieur, que votre Maître pourrait ainsi retourner à Paris, ayant perdu une bataille comme je l'ai perdue ? ».

Le 26 décembre, l’Autriche signe le traité de Presbourg (aujourd’hui Bratislava). Elle perd 4 millions de sujets et la Vénétie, capitale pour son commerce à cause de la présence du seul port de l’Autriche, Venise ainsi que ses dépendances d’Istrie et de Dalmatie. En outre, elle doit donner ses territoires allemands, comme le Tyrol, au profit de la Bavière et du Wurtemberg. La France a alors les mains libres pour réorganiser l’Allemagne : la Bade devient un grand-duché tandis que la Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes. Ces trois États forment en juillet 1806 le noyau de la Confédération du Rhin. Le 6 août 1806, François II renonce à son titre d’empereur d’Allemagne et devient alors le roi François Ier d'Autriche, et dissout le Saint-Empire romain germanique. Enfin, l’Autriche paye une indemnité de 40 millions de florins, soit un 1/7 de son revenu national.

La Prusse, effrayée par ce coup de tonnerre, signe, le 16 décembre, à Schönbrunn, un traité d’échange de territoires favorable à la Prusse. Napoléon donne à la Prusse le Hanovre, domaine du roi d’Angleterre, contre les villes de Neuchâtel, Clèves et Ansbach.

À la nouvelle du désastre de l’armée alliée, le Premier ministre anglais William Pitt, responsable de la coalition, demanda à son valet de détacher la carte d’Europe accrochée au mur : « Roulez là, elle ne servira plus dans dix ans ».

La légende napoléonienne 

Le discours de l'empereur De notre camp impérial d’Austerlitz le 12 frimaire an 14
« Soldats, je suis content de vous. »
« Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés. »
« Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre. »
« Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France; là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire, "J'étais à la bataille d'Austerlitz", pour que l'on réponde, « Voilà un brave  »[6] »
Récit de la bataille d'Austerlitz par un soldat, le cavalier Blanche
« L'empereur était immobile. Autour de lui, ses officiers d'état-major. Il levait le bras et le premier venait prendre les ordres et ainsi de suite. Vers le milieu de la journée et alors que la bataille battait son plein, lui descendit de cheval et se fit étendre une couverture. « La bataille est gagnée » dit-il, et il s'allongea. Il s'endormit tandis que le combat continuait de se dérouler. »

Littérature

La bataille d'Austerlitz est citée par Balzac dans de nombreux romans de La Comédie humaine en particulier dans La Femme de trente ans. « Quand les manœuvres furent terminées, l'officier d'ordonnance accourut à bride abattue, et s'arrêta devant l'empereur pour en attendre les ordres. En ce moment, il était à vingt pas de Julie, en face du groupe impérial, dans une attitude assez semblable à celle que Gérard, a donnée au général Rapp dans le tableau de la Bataille d'Austerlitz[7]. » Cette bataille est également largement détaillée dans le roman de Léon Tolstoï Guerre et Paix.

Commémoration de la bataille

Les élèves officiers de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan identifient par les lettres du nom « Austerlitz » chacun des dix mois de leur scolarité en commençant par octobre (A) (décembre est donc S, par exemple). Août et septembre sont respectivement nommés Z' et Z". De plus, ils célèbrent ainsi que les élèves de la Maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint-Denis (93) la victoire française par une cérémonie tous les 2 S.

 

Le champs de bataille d'Austerlitz de nos jours avec en arrière plan le village de Pratzen.

Toutefois, le deux-centième anniversaire de la bataille n'a fait l'objet que d'une commémoration très limitée en France.

 

La ville d'Austerlitz, située en République tchèque, a organisé le 2 décembre 2005 une reconstitution de la bataille[8]. Seule la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a assisté aux cérémonies officielles de reconstitution, dans un contexte marqué en France par la remise en cause du rôle de Napoléon Ier de l'esclavage dans les colonies (qu'il avait rétabli) et par les émeutes qui venaient d'agiter les banlieues françaises à l'automne de la même année 2005.

Jeux de simulations historiques 

  • Austerlitz Napoléon Greatest Victory, GMT Games
  • Austerlitz 1805, (Rob Markham, Avalanche Press)
  • Napoléon à Austerlitz, (Jean-Pierre Défieux, Jeux Descartes,1979)
  • Scénario Austerlitz, sur le jeu Morne Plaine
Œuvres d’art

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Bataille d'Austerlitz.

La bataille est le sujet d’un grand nombre d’œuvres. Outres les ouvrages purement militaires, on peut citer :

  • la commande de dix-huit tableaux de mars 1806[9], dont La Bataille d’Austerlitz du baron Gérard.

Sources

commentaires

Bataille d'Austerlitz (2).

Publié le 26 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)


La météo
Date Température[précision nécessaire] Vent Précipitations
29/11 1,1 °C faible Pluie, brume
30/11 2,0 °C faible Neige
1/12 2,5 °C moyen Pluie
2/12 5,2 °C faible Brume, pluie
3/12 2,5 °C faible Neige
Le plan et le dispositif français

Après la réunion des armées alliées, les Austro-Russes ont une nette supériorité numérique. Napoléon se résout donc à une bataille défensive ; il rassemble ses forces et convainc ses adversaires qu’il refuse la bataille en battant en retraite et en abandonnant, le 28 novembre, le plateau de Pratzen, de haute valeur tactique. Le même jour, il sacrifie aux Cosaques les cavaliers du général Treilhard. Après une marche agressive de trois mois, ce repli et cette défaite apparaissent aux yeux des coalisés comme un aveu de faiblesse et réconforte le tsar, qui a refusé la proposition de Koutouzov de retraiter jusqu’en Galicie.

Napoléon, pour persuader psychologiquement ses adversaires qu’il est à la veille d’une défaite certaine, envoie Savary, son aide de camp, faire des propositions de paix. Le tsar refuse mais, le 30 novembre, il envoie tout de même Dolgoroukov, un prince arrogant et impertinent. « Celui-ci, plus habitué aux bals à Saint-Pétersbourg qu’aux bivouacs, est saisi de surprise quand il voit Napoléon sortir d’un fossé, la figure sale et mal accoutrée » raconte dans ses Mémoires le général Andrault, un émigré français qui a proposé ses services au tsar. Dolgoroukov donne les conditions de paix du tsar : l’abandon de la rive gauche du Rhin par la France. Napoléon refuse net mais Dolgoroukov est convaincu de la victoire des coalisés[réf. nécessaire]. À son retour, il déclare : « Napoléon tremblait de peur. J’ai vu l’armée française à la veille de sa perte. Notre avant-garde suffirait à l’écraser ».

Pour persuader tactiquement les alliés, Napoléon place peu de troupes sur son flanc droit. Il prévoit que les Alliés, voyant le point faible du dispositif français, quitteront leur position dominante, c’est-à-dire le plateau de Pratzen, pour envelopper les Français et leur couper la route de Vienne, car ils croient qu'elle est indispensable aux Français pour battre en retraite en cas de défaite, alors qu'en fait, l'Empereur se serait replié sur Paris. Au centre, Soult et ses 20 000 hommes, contre-attaquera et coupera l’armée ennemie en deux en attaquant le plateau de Pratzen laissé sans défense. Lannes (15 000 fantassins) et Murat (8 000 cavaliers), au nord, défendront leurs positions. Pour renforcer son flanc droit, Napoléon prie Davout de quitter Vienne, où ses troupes sont stationnées, et de le rejoindre à marche forcée. Les 8 000 soldats de Davout parcourront alors les 110 km qui les séparent du champ de bataille en 48 heures (36 heures de marche). De plus, il place la cavalerie de Margeron au château de Sokolnitz et dispose la division Legrand à Sokolnitz (il ordonne également au 3e régiment de ligne de Legrand de tenir Telnitz jusqu’à l’arrivée de Davout). Enfin, la Garde Impériale (5 000 grenadiers) et le 1er corps de Bernadotte (12 000 hommes) restent en réserve. Le positionnement des Français pour la bataille fut envoyé aux différents maréchaux dans le bulletin Dispositions générales pour la journée du 11 Frimaire an XIV (2 décembre 1805). L’artillerie française compte 139 canons.

Le plan et dispositif allié 
Les positions françaises (en blanc) et austro-russes (en noir) à la veille de la bataille

 

Le 1er décembre, un conseil de guerre se réunit pour discuter du plan de bataille pour l'affrontement du lendemain. Koutouzov et Andrault, méfiants devant la conduite de l’Empereur des Français, veulent temporiser pour attendre l’archiduc Charles. Celui-ci, parti d’Italie, est le seul qui puisse se mesurer à Napoléon, l’ayant déjà beaucoup rencontré dans le passé (l’archiduc Charles a conduit la retraite de l’armée autrichienne pendant la 1re campagne d’Italie). Mais le tsar, encouragé par de jeunes nobles ambitieux mais sans expérience, choisit Weyrother, un général autrichien. Celui-ci a organisé les manœuvres de l’armée des Habsbourg l’année précédente sur ce même emplacement. Son plan d’attaque prévoit d’utiliser le corps de Bagration pour faire une attaque de diversion au nord tandis que la majeure partie de l’armée alliée attaquera au sud le flanc droit dégarni des Français avec 40 000 hommes en quatre colonnes et prendre les Français dans un mouvement tournant : « J’emploierai demain contre Bonaparte la même manœuvre qui lui avait servi à battre les Autrichiens à Castiglione. La victoire est certaine » déclare Weyrother au tsar.

L’armée austro-russe compte 85 000 hommes, dont 15 000 Autrichiens. À la droite du dispositif allié se trouve le corps de Bagration (environ 15 000 hommes) ; au centre, Kolowrat (17 000 hommes) et à gauche, 43 000 hommes (formés en quatre colonnes) sous les ordres de Przybyszewky, Andrault, Dovtorov et Kienmayer). En réserve, Weirother place les 4 000 hommes de la Garde Impériale russe (sous les ordres du frère du tsar, le grand-duc Constantin) et la cavalerie du prince de Liechtenstein (7 000 cavaliers). L’ensemble de l’artillerie alliée compte 278 canons.

La nuit du 1er décembre au 2 décembre 
Les Bivouacs d’Austerlitz, par L.-F. Lejeune

 

Le 1er décembre, à 20 heures 30, Napoléon réunit ses maréchaux pour un dernier conseil : chacun désormais sait précisément son rôle pour le lendemain. À 22 heures, il part à cheval avec une escorte de vingt chasseurs rejoindre le sud du champ de bataille afin d’entendre les Russes prendre leurs positions sur le plateau de Pratzen. Dans l’obscurité, ils dépassent les positions françaises et des Cosaques surgissent de la nuit, mais l’escorte de l’empereur les repousse. De retour dans les lignes françaises, ils s’arrêtent dans le bivouac du 13e de ligne des régiments de Vandamme, du corps de Soult. Dans l’obscurité, l’Empereur se heurte à une souche d’arbre : un chasseur de son escorte l'éclaire en allumant une poignée de paille et en la fixant sur un bâton. Un an jour pour jour après le sacre de Napoléon, toute la compagnie l’imite et 70 000 hommes répartis en douze bivouacs, font de même puis renouvellent les feux pendant plus d’une heure. Voyant ce spectacle, les Russes et les Autrichiens croient que les Français brûlent leurs campements, sûrs de leur défaite.

Confiant à ses aides de camps que cette nuit du 1er au 2 décembre était la plus belle soirée de sa vie, Napoléon s’endort vers minuit, rassuré du mouvement des Russes sur sa droite, dans l'auberge où il a établi son quartier général, non loin de la route Olmütz-Brünn. Dans le château d’Austerlitz, Alexandre ne se réveille qu’à quatre heures du matin tandis que François II a attendu l’aube, soucieux.

Dans la nuit, des patrouilles de reconnaissance françaises remarquent que les Russes marchent plus au sud que prévu : Napoléon ordonne alors à Davout de gagner Telnitz, à l’extrême sud du champ de bataille, afin de stopper les Russes entre les villages de Telnitz et Sokolnitz, distants l’un de l’autre de 800 mètres. La division Friant, composée de vétérans d’Italie et d’Égypte et surnommée « la division de fer », harassée de fatigue après sa marche, quitte son bivouac vers 4 heures du matin et part pour Telnitz.

La bataille

Les assauts sur Telnitz et Sokolnitz
Les positions françaises (en bleu) et alliées (en rouge) vers 8 heures le 1er décembre 1805. Carte du Département d’histoire de l’Académie militaire des États-Unis.

 

Le 2 décembre 1805, à 4 heures du matin, les 4 colonnes alliées quittent le plateau de Pratzen et marchent sur le flanc droit des Français. À 6 heures, les divisions de Soult (Vandamme et Saint-Hilaire), cachées par le brouillard, franchissent le Goldbach en silence et attendent le signal de l’attaque.

À 7 heures, Kienmayer envoie son avant-garde à l’assaut de Telnitz, mais elle est repoussée par le 3e régiment de ligne de Legrand. Quelques minutes plus tard, Kienmayer lance 3 000 Autrichiens et 600 cavaliers pour prendre la petite bourgade. Ceux-ci arrivent à percer la ligne française jusqu’à l’église du village, mais les Français culbutent les Russes dans une contre-attaque. À 7 heures 30, les troupes de Davout relèvent le 3e régiment.

À 8 heures, l’état-major allié s’impatiente : Kienmayer a perdu l’ensemble de ses troupes dans une troisième attaque vaine tandis que la 2e colonne du général Andrault a perdu une heure dans l’exécution de sa manœuvre. En effet, à 6 heures, Andrault est bloqué par 4 000 cavaliers de Jean de Liechtenstein ; or cette cavalerie devrait se trouver à 2 km derrière lui. Excédé, il alerte le général de cavalerie et lui démontre son erreur : ce dernier a confondu les villages de Krzeniwitz et de Pratzen. Mais ce dernier préfère attendre le jour pour replacer son unité car il ne veut plus se perdre dans l’obscurité. Alexandre-Louis Andrault finit par passer outre et fait marcher sa colonne devant les Autrichiens, tandis que Doctorov (ou Dokhtourov), ne voyant ni les troupes d'Andrault sur sa droite ni Kienmayer devant lui, arrête sa colonne. Tout le plan de Weirother est compromis.

À partir de 8 heures 30, le général Andrault attaque Sokolnitz. Après un violent bombardement, la colonne d'Andrault pénètre dans Sokolnitz que les Français ont abandonné. Mais ceux-ci se reforment à l’arrière tandis qu’une poignée d’hommes[précision nécessaire] se réfugie dans le château, résistant à tous les assauts des Russes. Finalement, les Français contre-attaquent et repoussent les Russes hors du village. Au même moment, Doctorov lance régulièrement plusieurs attaques sur Telnitz, forçant les Français à battre en retraite derrière le village, mais à chaque fois, une charge de dragons force les Russes à quitter la bourgade. Telnitz change ainsi trois fois de mains en une demi-heure. Finalement à 9 heures, Doctorov et Andrault prennent Telnitz et Sokolnitz dans une dernière attaque. Davout et ses aides de camp se demandent alors combien de temps ils pourront encore empêcher avec 1 500 hommes l’avancée des Russes. Mais ceux-ci ont cessé leurs attaques, car Napoléon vient d’attaquer.

L’attaque du plateau de Pratzen 
L’attaque décisive du corps de Soult sur le centre allié et la contre-attaque de la Garde impériale russe. Carte du Département d’histoire de l’Académie militaire des États-Unis.

 

La surprise est totale chez les Russes : les colonnes de Przybyszewski et de Kolowrat sont assaillies de flanc et en plein mouvement. Les divisions de Saint-Hilaire et de Vandamme chargent et s’enfoncent à l’arme blanche dans les rangs russes. Le combat, d’une rare violence, ne dure que quelques minutes. Les Russes de Kollowrath sont culbutés, entraînant les soldats de Pryzbyszewski dans leur débandade. À 9 heures, les Français sont maîtres du plateau, au sommet duquel Soult installe ses canons.

Koutouzov, voyant ses pires craintes se confirmer, prélève alors des unités des troupes d'Andrault et de Doctorov pour reprendre Pratzen. Ces ordres provoquent ainsi dans la 1re et 2e colonne une véritable cohue entre les unités descendant du plateau et celles montant à l’assaut. Le général Andrault envoie un de ses régiments à l’attaque : l’artillerie de Soult le harcèle pendant qu’il remonte le plateau, creusant de larges trous dans les rangs serrés des Russes, puis une décharge de la mousqueterie de Saint-Hilaire force Andrault et ses troupes à abandonner. Pour aider Soult Napoléon envoie Bernadotte, jusque-là tenu en réserve, au nord du plateau tandis que la Garde Impériale est envoyée à Pratzen.

Vers 11 heures, Koutouzov envoie toutes ses réserves reconquérir le plateau : il envoie les 4 000 soldats de la garde à pied russe. Mais celle-ci, mal commandée et peu entraînée, part de trop loin et arrive essoufflée devant le 4e régiment de ligne français. Commandés par Joseph, le frère aîné de Napoléon, les voltigeurs français prennent rapidement le dessus sur l’élite de l’armée russe et les poursuivent, la baïonnette dans les reins.

Profitant de la faiblesse de cette unité de voltigeurs, infanterie légère peu armée qui n’aura pas le temps de se former en carré, seule formation d’infanterie efficace contre la cavalerie, Koutouzov contre attaque en envoyant dix escadrons de cavalerie lourde. Le choc est brutal et après une vaine résistance des Français, les cavaliers russes s’emparent de l’aigle du régiment. Aussitôt, Rapp et ses 375 mamelouks de la cavalerie de la Garde chargent les Russes en criant : « Faisons pleurer les dames de Saint-Pétersbourg ». À un contre quatre, les Français se battent furieusement (un mamelouk revient à trois reprises apporter à l’Empereur un étendard russe ; à la 3e fois, Napoléon veut le retenir, mais il s’élance de nouveau et ne revient plus) et les chevaliers de la Garde de Constantin sont battus. Leur chef, le colonel Repnine, fait prisonnier, est présenté comme « trophée » à Napoléon.

Avec l’échec de la Garde russe, la bataille est perdue pour les Alliés : l’armée est coupée en deux. Au sud, Andrault et Doctorov, isolés, battent en retraite tandis qu’au nord Bagration résiste aux assauts de Lannes et Murat ; malgré de lourdes pertes, il bat en retraite en bon ordre.

L'hallali 
A 14 heures, l’armée alliée est coupée en deux : Napoléon attaque l’aile sud de l’armée austro-russeMenitz et Satschan. Carte du département d’histoire de l’Académie militaire des États-Unis. sans se préoccuper de l’aile nord, provoquant la débandade à travers les étangs gelés de

 

À 14 heures, Koutouzov étudie seul les voies de retraite, le tsar et tout l’état-major ayant déjà fui une heure plus tôt. Au centre, Kollowrath, la Garde russe et la cavalerie de Liechtenstein sont en pleine déroute et retraitent vers l’est. Au sud, Napoléon ordonne à Soult de quitter le plateau de Pratzen et de couper la retraite aux 1e et 2e colonnes russes, tandis que Davout fait pression à l’ouest et reprend Sokolnitz.

À 15 heures 30, n’écoutant plus leurs officiers, 20 000 Russes fuient en désordre et espèrent échapper à l’encerclement en traversant les marais et les étangs gelés proches des villages de Menitz et de Satschan. Mais quand l’artillerie française tire pour briser la glace, les hommes et leur matériel s'enfoncent dans l'eau. Paniqués et gelés, 2 000 Russes parviennent à regagner la rive où ils sont immédiatement faits prisonniers. La question de l’enfouissement dans les étangs de Menitz des 10 000 Russes a longtemps fait débat : Suchet, chargé par Bonaparte de vider les étangs de Menitz et de Satschan, ne trouva le 4 décembre que 36 canons, 138 chevaux et 3 cadavres ; mais il n’exclut pas que les villageois des alentours n’aient enterré précipitamment des centaines de noyés[réf. nécessaire]. La victoire française est indiscutable.

Andrault décrit la panique des Russes : « Il faut avoir été témoin de la confusion qui régnait dans notre retraite (ou plutôt de notre fuite) pour s’en faire une idée. Il ne restait pas deux hommes d’une même compagnie ensemble […] les soldats jetaient leurs fusils et n’écoutaient plus leurs officiers, ni leurs généraux ; ceux-ci criaient, fort inutilement, et couraient comme eux. »

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Bataille d'Austerlitz (1).

Publié le 26 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)


Bataille d'Austerlitz
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Bataille d’Austerlitz
Austerlitz-baron-Pascal.jpg

Napoléon à la bataille d'Austerlitz par François Pascal Simon
Informations générales
Date 2 décembre 1805
Lieu 8 km à l'est de Brno
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau: Empire d'Autriche Empire d’Autriche
Flag of Russia.svg Empire russe
Commandants
Napoléon Ier Alexandre Ier de Russie
Mikhaïl Koutouzov
Franz von Weyrother
Forces en présence
73 200 hommes
139 canons
85 400 hommes
278 canons
Pertes
1 290 morts
6 943 blessés
1 drapeau
16 000 morts, 10 000-11 000 blessés
15 000 prisonniers
180 canons
45 drapeaux
Troisième coalition
Batailles
Batailles navales

Cap Finisterre - Trafalgar - Cap Ortegal - Gaète - Campo Tenese - Maida


Campagne d'Autriche (1805) : opérations en Bavière - Autriche - Moravie
Donauwerth
- Wertingen - Gunzburg - Haslach-Jungingen - Memmingen - Elchingen - Michelsberg Heights - Nerenstetten - Neresheim - Ulm - Reid - Lambach - Bodenbiehls - Amstetten - Steyer - Saint-Pölten - (Maria-) Zell - Dürenstein - Hollabrunn - Schöngrabern - Wischau - Austerlitz


Opérations en Italie du Nord
Vérone
- Caldiero - Castelfranco - Tagliamento


Opérations en Italie du Sud
Piombino


Autres théâtres d'opérations
Cap de Bonne-Espérance
(Kaap de Goede Hoop)

La bataille d’Austerlitz (aujourd’hui Slavkov, en République tchèque) surnommée la « bataille des Trois Empereurs », se déroule le 2 décembre 1805 (11 frimaire an XIV) dans le Sud de la Moravie, et plus précisément entre Brünn et Austerlitz. Après neuf heures de combats, la Grande Armée de Napoléon Ier bat les forces austro-russes de l’empereur François Ier d'Autriche et du tsar Alexandre. L’Angleterre, bien qu'invaincue, reste seule, ce qui met fin à la Troisième Coalition.

Outre son importance stratégique, cette bataille, ainsi que la campagne qui l'a précédée, menant la Grande Armée, de Boulogne-sur-Mer jusqu’à Austerlitz, est considérée comme le chef-d'œuvre tactique de Napoléon Bonaparte, et, encore de nos jours, enseignée dans de nombreuses écoles militaires.

Austerlitz semble être la seule bataille où Napoléon ait pu choisir le terrain, y amener l'ennemi et lui imposer son plan : la totalité des autres furent soit des batailles de rencontre plus ou moins improvisées (Marengo, Iéna, Eylau, Lutzen, Dresde), soit des forçages de positions où l’ennemi préféra attendre l'Empereur (Friedland, Wagram, la Moskowa).

Forces en présence 

Prélude

La paix d'Amiens et début des hostilités

En mars 1802, la France et l’Angleterre, affaiblies par dix ans de guerre, signent à Amiens un traité de paix. Cependant, farouchement anti-français, le nouveau Premier ministre anglais William Pitt ne respecte pas le traité de paix et refuse d’évacuer l’île de Malte. En mai 1803, l’Angleterre ouvre les hostilités en saisissant 1 200 bateaux de commerce français et hollandais dans les ports anglais sans déclaration de guerre. Les Français réagissent quelques jours plus tard en arrêtant tous les Anglais se trouvant en France[1] et Bonaparte mobilise son armée.

L’armée d’Angleterre et le camp de Boulogne-sur-Mer 

Napoléon Bonaparte a déjà eu l’occasion de commander l’armée de Nord (ou des Côtes de l’Océan) en 1797. Mais devant l’impréparation de ses troupes et la puissante flotte anglaise croisant dans le pas de Calais, il préfère mener la campagne d'Égypte. En 1803, Napoléon, fort de son expérience, assemble ses corps d’armées tout le long du littoral français[2]. Pendant un an, la Grande Armée s’équipe, s’entraîne, forme ses conscrits, sous l'encadrement d'officiers compétents. En effet, ces derniers sont le support de la Grande Armée : la plupart sont d’anciens simples soldats levés en 1793[3], qui ont acquis en 1804 l'expérience du combat et gardent un attachement pour les nouvelles recrues.

La Troisième coalition : l'Angleterre, l'Autriche et la Russie 

Les Britanniques ont certes une puissante flotte, mais leur armée de terre peu nombreuse, essentiellement composée de milices sans discipline, est médiocre et faiblement armée. Conscient que cette armée serait incapable de s’opposer à la Grande Armée une fois débarquée, William Pitt, le Premier ministre britannique, décide pour éloigner la menace française d’invasion, de former fin 1804 une nouvelle coalition contre la France avec l’Autriche, la Russie et la Suède qui ne mènera dans la guerre qu’un rôle anecdotique : une petite armée anglo-suédoise devait débarquer en Allemagne pour inciter les États nordiques du Saint-Empire romain germanique à la rébellion. Cette opération fut cependant abandonnée à cause de la faible motivation du gouvernement suédois.[réf. nécessaire]

Le tsar Alexandre Ier de Russie, sacré en 1801, adhère à la coalition pour des raisons de prestige : vaincre l’empereur des Français confirmerait la puissance de la Russie en pleine expansion depuis cinquante ans (voir partitions de la Pologne et traité d'Iaşi contre les Ottomans).

L’empereur François II connaît le talent de Napoléon, qui par deux fois a battu les armées autrichiennes en quatre ans (voir première et deuxième coalition). Mais l’annexion de l’Italie du Nord par la France (Napoléon s’étant fait couronner roi d’Italie) et les premières tentatives pour réunir les États allemands sous protection française, domaine tenu par l’Autriche depuis des siècles, poussent François II à adhérer à la coalition. Enfin, toutes les cours européennes ont vivement réagi à l’exécution du duc d’Enghien et au sacre de Napoléon.

Le 4 juillet, la Russie et l’Autriche signent une convention de guerre où les Russes s'engagent à envoyer en Allemagne 140 000 hommes pour aider les 100 000 Autrichiens. Les Anglais, financeurs de la coalition, s'engagent à verser à leurs alliés 1 250 000 livres pour 100 000 hommes mis en campagne. Cette somme énorme a obligé le gouvernement anglais à s’endetter auprès des banques britanniques pour fournir cet argent aux Russes et Autrichiens.[réf. nécessaire]

Mouvements préliminaires 

La prise d’Ulm 
La Capitulation du général Mack et le défilé des troupes autrichiennes devant Napoléon, par Charles Thévenin.

 

À la mi-août 1805, la situation de Napoléon est difficile : la contestation des mouvements royalistes s’intensifie après l’exécution du duc d’Enghien. Malgré la vigilance de Fouché, le Trésor public est vide : pris de panique face aux tensions internationales, les épargnants voulurent récupérer l’or confié à la Banque de France. De plus Napoléon apprend que l’amiral Villeneuve, jugeant sa flotte trop faible par rapport à celle de Nelson, s’enferme à Cadix ; tandis que la Bavière (alliée de la France) est envahie par les troupes du général autrichien Mack. Devant ces événements, Napoléon décide le 23 août de pirouetter son armée sur le Rhin.

Le 29 août, 150 000 fantassins, 40 000 cavaliers et 350 canons déferlent du littoral pour gagner l’Allemagne avec une étonnante précision : chaque unité de la Grande Armée a un itinéraire et des lieux d’étapes précis à respecter. Cette marche forcée (jusqu’à 40 km par jour) à travers le nord de la France a pour but d’atteindre Vienne avant que les Russes ne rejoignent les Autrichiens, et qu'ils ne bénéficient ainsi de la supériorité numérique.

Le 26 septembre, après trois jours de repos, les 7 torrents (pour les 7 corps de la Grande Armée) traversent le Rhin en direction de la Bavière envahie. Mack attend de pied ferme Napoléon à Ulm, verrou de la route la plus courte entre le Rhin et Munich, la capitale bavaroise, c’est-à-dire à travers la Forêt-Noire. Napoléon décide alors de contourner Ulm par le nord puis de couper Mack de ses arrières, en insérant les trois quarts de son armée entre Ulm et la ville de Ratisbonne, tandis que Lannes et la cavalerie de Murat font diversion en faisant croire aux Autrichiens que la Grande Armée est toujours en face d’eux. Après la victoire de Ney à la bataille d'Elchingen, Mack doit se replier avec ses 25 000 hommes dans Ulm. Après une semaine de siège, la meilleure armée autrichienne se rend ; les simples soldats sont emmenés en France comme captifs et les officiers sont libérés en promettant qu’ils ne combattront plus les Français. La route de Vienne est ouverte.

L’entrée dans Vienne

Même si Napoléon a vaincu une première fois les Autrichiens, il est loin d’avoir vaincu l’ensemble des forces de la coalition : Napoléon poursuit l’armée russe de Koutouzov. Au fur-et-à-mesure que celui-ci bat en retraite, il ne cesse de se renforcer tandis que la Grande Armée se dilue, à 1 000 km de ses bases. En Italie, Masséna est incapable de battre l’archiduc Charles malgré son écrasante supériorité numérique ; Napoléon doit alors se priver de Ney et de Marmont qui partent pour le Tyrol (afin d’éviter que l’archiduc Charles n’échappe à Masséna puis menace l’aile droite de la Grande Armée). L’empereur des Français doit aussi se priver d’Augereau, car un autre archiduc, Jean-Baptiste, tente de lever une armée en Bohême. Pis encore, la Prusse prépare son entrée en guerre et promet à Alexandre Ier d’attaquer les Français à la mi-décembre, lors d’une réunion secrète du tsar Alexandre et du roi Frédéric-Guillaume III de Prusse fin octobre au château de Potsdam.

Le lendemain de la capitulation d’Ulm survient le désastre naval de Trafalgar, mais Napoléon n’apprend cette nouvelle que le 1er novembre. Après avoir libéré Munich, la Grande Armée descend le Danube pour prendre Vienne et chercher la bataille décisive avec les Russes. Napoléon estime les effectifs de Koutouzov à plus de 100 000 hommes. En fait, le maréchal russe ne dispose que de 36 000 soldats fatigués renforcés par 22 000 Autrichiens démoralisés. Informé de la défaite d’Ulm, Koutouzov décide de battre en retraite pour faire liaison avec des renforts russes et autrichiens, malgré les suppliques de François II pour défendre Vienne et il charge Bagration, son meilleur subordonné, de couvrir sa retraite avec ses divisions.

Pendant ce temps, Napoléon espère livrer bataille à Saint-Pölten (Sankt Pölten), mais le 11 novembre, Koutouzov, renforcé par 10 000 Autrichiens et ayant repris de l’assurance, fond avec 15 000 hommes sur la division de Mortier, dans le défilé de Dürrenstein. Pris de front, de flanc et par l’arrière, les Français résistent et combattent à un contre trois, et mettent finalement hors de combat 2 600 Russes.

Napoléon ordonne à Murat de prendre Vienne, l’accusant d’avoir laissé Mortier seul et de ne pas avoir contre-attaqué les Russes, tandis que Bernadotte franchit difficilement le Danube à cause d’une subite crue du fleuve. Le 13 novembre, Murat et Lannes prennent Vienne sans coup de feu.

Les deux lieutenants de Napoléon parviennent alors à s’emparer du pont de bois de la ville en affirmant à l’officier chargé de le faire sauter qu’un armistice a été signé entre Napoléon et François II. Aussitôt, Bessières et Soult franchissent le fleuve. Le lendemain, Murat attaque avec sa cavalerie l’arrière-garde de Bagration. Les Russes parviennent à s’échapper en employant le même stratagème : ils font croire à Murat qu’une négociation d’armistice est en train de se dérouler et celui-ci arrête son attaque.

 

Le général Mikhaïl Koutouzov

Koutouzov arrive à Olmütz (maintenant Olomouc), en Moravie, où il opère sa jonction le 19 novembre avec la 2e armée russe du général Buxhowden et le corps autrichien du prince de Liechtenstein. L’armée coalisée compte alors 86 000 hommes. Le surlendemain, Napoléon arrive à Austerlitz, à 100 km de Vienne. Il n’a plus que 73 000 hommes.

Le piège de Napoléon

Ce piège consiste à faire croire à l'ennemi que les forces de Napoléon Ier sont trop faibles pour vaincre. Pour ce faire, il utilise de nombreuses ruses (organiser le repli de ses troupes lors d'affrontements ou d'escarmouches, demander à être reçu par les autres empereurs comme pour négocier, etc.). Les ennemis pensent alors que Napoléon ne dispose que de 40 000 hommes (au lieu de 73 400). Koutouzov n'en est pas persuadé mais les jeunes généraux (nobles ayant acheté des charges, donc peu expérimentés) veulent briller devant leur empereur et foncent dans le piège, sans attendre les renforts du sud.

Le terrain 

Le champ de bataille d’Austerlitz est un vaste rectangle de huit kilomètres sur douze. Il est délimité au nord par la route Olmütz-Brünn et à l'ouest par la route Vienne-Brünn. Au sud, des étangs gelés ferment le champ de bataille. Entre le Goldbach et la Littawa, deux ruisseaux formant un V, le plateau de Pratzen est la pièce maîtresse de la zone. La neige hivernale, encore peu épaisse, gomme les dénivellations.

Pendant deux jours, Napoléon étudie scrupuleusement le futur champ de bataille qu’il a choisi : il mémorise chaque haie, chaque fossé, chaque bosquet…[réf. nécessaire] Il conseille alors à ses maréchaux : « Jeunes gens, étudiez bien ce terrain, nous nous y battrons ; vous aurez chacun un rôle à jouer ».

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Les Aventures de Tom Bombadil.

Publié le 25 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Genres et œuvres - télévision


Les Aventures de Tom Bombadil
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Les Aventures de Tom Bombadil
Auteur J. R. R. Tolkien
Genre Recueil de poèmes
Version originale
Titre original The Adventures of Tom Bombadil and Other Verses from the Red Book
Éditeur original Allen & Unwin
Langue originale anglais
Pays d'origine Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 22 novembre 1962
Version française
Traducteur Dashiell Hedayat (1975)
Céline Leroy (2003)
Éditeur Christian Bourgois
Date de parution 1975
Chronologie
Le Seigneur des anneaux
Le Silmarillion

Les Aventures de Tom Bombadil est un recueil de poèmes de J. R. R. Tolkien paru en 1962. Il se compose de seize poèmes, dont seuls les deux premiers ont véritablement à voir avec le personnage de Tom Bombadil. L'ensemble forme une collection assez hétéroclite, l'humour léger (« Le Troll de pierre », « Fastitocalon ») et les jeux sur les sonorités (« Errance », « Chat ») côtoyant des vers plus sombres et mélancoliques (« La Cloche marine », « Le Dernier Vaisseau »).

Si certains de ces poèmes paraissent ne pas être rattachés à l'univers de la Terre du Milieu, Tolkien feint, dans la préface du livre, d'en être non pas l'auteur, mais simplement le traducteur, tout comme pour Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des anneaux, supposés être tirés du Livre Rouge de la Marche de l'Ouest, recueil des mémoires de Bilbon et Frodon. Il s'amuse donc à leur donner des origines fictives, certains étant écrits par des figures célèbres (Bilbon ou Sam Gamegie), d'autres étant issus du folklore du Pays de Bouc, quelques-uns enfin apparaissant dans les marges du Livre Rouge sans qu'on en connaisse les auteurs.

Origines et publication

Décor d'un trou de hobbit utilisé pour les films de Peter Jackson
Les Aventures de Tom Bombadilhobbits du début du Quatrième Âge, issus des fables de la Comté et influencés en partie par Fondcombe et le Gondor.
est censé être un recueil de poèmes (Vue de l'intérieur d'un trou de hobbit ayant servi de décor aux films de Peter Jackson)

 

L'origine du livre se trouve dans une lettre envoyée à Tolkien par sa tante Jane Neave à la fin de l'année 1961, dans laquelle elle lui demandait s'il « n'allait pas publier un petit livre autour de Tom Bombadil, le genre de livre que nous les vieux pouvons nous permettre d'offrir comme cadeau de Noël »[1]. Séduit par l'idée, Tolkien proposa à son éditeur, Allen & Unwin, d'éditer le poème « Les Aventures de Tom Bombadil », déjà paru dans The Oxford Magazine en 1934, sous la forme d'un petit livre illustré par Pauline Baynes, dont il appréciait particulièrement le travail. Rayner Unwin répondit favorablement, en suggérant d'ajouter d'autres poèmes pour « donner corps » au livre[2].

Tolkien passa la fin de l'année 1961 et le début de 1962 à la recherche de vieux poèmes pouvant être publiés avec « Les Aventures de Tom Bombadil ». Si ces recherches l'amusaient[3], elles se révélèrent difficiles, car, écrit-il à son éditeur, « il n'y a pas grand-chose qui puisse vraiment aller avec Tom Bombadil »[4]. Il finit par rassembler une dizaine de poèmes écrits et publiés dans les années 1920-1930, qu'il reprit plus ou moins en profondeur. D'autres poèmes furent écartés, notamment « Les Arbres de Kortirion », rédigé en 1915 et révisé en 1937, puis en 1962, dont Tolkien estimait que, « trop long et trop ambitieux », il « déséquilibrerait probablement le navire »[5], et peut-être également, de façon moins certaine « La Petite Maison du jeu perdu : Mar Vanwa Tyaliéva ». Ces deux poèmes ont été publiés à titre posthume par Christopher Tolkien dans Le Livre des contes perdus (1983). À ces anciens textes révisés, Tolkien joignit deux poèmes issus du Seigneur des anneaux (« L'Homme dans la lune a veillé trop tard » et « Oliphant »), un autre écrit quelques années plus tôt pour une de ses petites-filles (« Chat ») et un dernier (« Bombadil en bateau ») spécialement écrit pour ce livre.

Tolkien rédigea également une préface où, continuant à feindre d'être simplement « l'éditeur » de ces poèmes, il prétendit les avoir découverts dans les marges du Livre Rouge, le recueil de mémoires de Bilbon et Frodon. Ainsi, « Errance » et « L'Homme dans la lune a veillé trop tard » sont attribués à Bilbon, tandis que « Le Troll de pierre », « Perry-le-Bigorneau » et « Chat » sont signés des initiales de Sam Gamegie, bien que, pour le dernier, « Sam n'ait guère pu faire plus que retoucher un poème plus ancien[6] ». Les deux premiers poèmes, qui concernent Bombadil, « viennent de toute évidence du Pays de Bouc[7] », et l'origine de « L'Homme dans la lune est descendu trop tôt » et « Le Dernier Vaisseau » est à chercher du côté du Gondor : ils ne sont « que des remaniements d'une matière du Sud[7] ». « Le Trésor », quant à lui, puise son origine à Fondcombe, où Bilbon séjourna quelque temps.

Pauline Baynes, qui avait déjà illustré le conte Le Fermier Gilles de Ham quelques années plus tôt, accepta de fournir des illustrations pour Les Aventures de Tom Bombadil, qui fut publié le 22 novembre 1962[8]. Le livre a été réédité en 1990 avec des illustrations de Roger Garland, ainsi que dans divers recueils de textes courts de Tolkien comme The Tolkien Reader (1966), Poems and Stories (1980) et Tales from the Perilous Realm (1997)[9].

Le recueil a été traduit en français par Dashiell Hedayat et publié chez Christian Bourgois en 1975. Une traduction révisée, effectuée par Céline Leroy, est parue en 2003 dans le recueil Faërie et autres textes, également chez Bourgois. Seule cette dernière version inclut la préface du recueil par Tolkien.

Réception 

Les critiques des Aventures de Tom Bombadil à sa sortie furent positives, dans l'ensemble : si le critique anonyme de Junior Bookshelf qualifie ce recueil de « pathétique sous-livre »[10], The Listener évoque la « magnifique habileté technique » de Tolkien, « proche du génie »[11], et le critique anonyme du Times Literary Supplement estime que « ce sont des poèmes intelligents, quoiqu'ils n'accrochent pas autant le lecteur que les récits sur les hobbits et les elfes »[12]. Le livre se vendit bien : près de 8 000 exemplaires furent écoulés avant même sa publication, si bien qu'il dut être réimprimé en hâte[13].

Les poèmes

Les Aventures de Tom Bombadil 

Old Tom Bombadil was a merry fellow;
bright blue his jacket was and his boots were yellow,
green were his girdle and his breeches all of leather;
he wore in his tall hat a swan-wing feather.

Le vieux Tom Bombadil était un joyeux bonhomme ;
Il portait une veste bleu vif et des bottes jaunes,
Ceinture verte, culottes de peau
Et plume de cygne à son grand chapeau[Note 1]. (v. 1-4)

La première incarnation du poème « Les Aventures de Tom Bombadil » (The Adventures of Tom Bombadil) remonte à la fin des années 1920 ou au début des années 1930, à l'époque où Tolkien racontait des histoires sur ce personnage (dont les vêtements bariolés et le nom dérivent de ceux d'une poupée) à ses enfants[14]. Il est publié en février 1934 dans The Oxford Magazine.

La version de 1962 est quelque peu allongée, mais raconte essentiellement la même histoire : Tom Bombadil rencontre successivement Baie d'Or, le Vieil Homme-Saule, des Blaireaux et un Être des Galgals ; tous le menacent plus ou moins sérieusement, mais il triomphe à chaque fois et finit même par capturer Baie d'Or, qu'il épouse. Les péripéties du Seigneur des anneaux impliquant Bombadil trouvent leur origine dans ce poème. La préface du recueil indique que le poème provient du Pays de Bouc, et qu'il compile plusieurs légendes hobbites concernant Bombadil (un nom provenant lui-même du Pays de Bouc).

La métrique de ce poème est purement accentuelle, à quatre accents par vers. Les strophes sont inégales, à rimes plates, toutes féminines[Note 2].

Bombadil en bateau

Ce poème, de même forme que le précédent, fait suite aux « Aventures de Tom Bombadil » : on l'y voit se rendre en bateau chez son ami, le père Maggotte, et faire face à divers obstacles sur sa route : un martin-pêcheur, une loutre, un cygne et les hobbits gardiens de la frontière est de la Comté. « Bombadil en bateau » (Bombadil Goes Boating) avait le mérite, pour Tolkien, « d' "intégrer" davantage Tom dans le monde du Seigneur des anneaux dans lequel il a été introduit »[15]. Dans une lettre à Pauline Baynes, Tolkien indique que le poème « renvoie à l'époque où l'ombre s'étend, avant que Frodo ne se mette en route »[16].

Errance 

There was a merry passenger,
a messenger, a mariner:
he built a gilded gondola
to wander in, and had in her
a load of yellow oranges
and porridge for his provender;

Il était une fois un joyeux matelot,
Un messager, un passager :
Il s'était construit une gondole dorée
Pour se balader
Qu'il avait emplie de provisions de bouche
— Cédrats blonds et pains d'épices — (v. 1-6)

Ce poème a été publié pour la première fois dans The Oxford Magazine, en 1933[17]. Ce poème fut par la suite lu aux Inklings, et semble avoir connu une certaine célébrité à travers le bouche-à-oreille[18]. Son histoire textuelle est très confuse, puisqu'il semble avoir connu pas moins d'une vingtaine de versions[19] avant de donner naissance à deux poèmes publiés : « Errance », dans Les Aventures de Tom Bombadil (qui ne diffère guère du poème publié en 1933) et le poème récité par Bilbon à Fondcombe dans Le Seigneur des Anneaux (Livre II, chapitre 1), qui évoque les voyages d'Eärendil[Note 3]. Le poème est d'une grande complexité formelle, composé en un tétramètre iambique très régulier ; les vers pairs riment deux à deux tandis que les vers impairs comportent une rime interne, et le trisyllabe final des vers impairs allitère ou assone avec la première moitié des vers pairs, ce à quoi s'ajoutent divers autres jeux de sonorités. Tolkien admet n'avoir jamais rien composé d'autre sous cette forme[20].

Les premiers vers du poème, nés d'une inspiration de Tolkien, sont inspirés d'une comptine jacobite qui moquait le mariage de la princesse Marie, fille de Jacques II, et de Guillaume d'Orange[21] :

What is the rhyme for porringer?
What is the rhyme for porringer?
The king he had a daughter fair
And gave the Prince of Orange her.

« Errance » (Errantry) évoque les voyages d'un « joyeux messager » qui parcourt le monde à bord de sa gondole ; ce n'est qu'après maintes péripéties qu'il se rappelle le message qu'il est censé transporter et reprend sa mission. D'après Tolkien, ce poème était conçu pour être récité à différentes vitesses (vite le début des strophes, puis en ralentissant jusqu'à la fin de la strophe), et une fois terminé, « l'orateur était supposé commencer à répéter le début du poème (encore plus vite), à moins que quelqu'un ne s'écrie "Une fois suffit" »[22].

Princesse Moa 

« Princesse Moa » s'inspire d'un très ancien poème de Tolkien, « The Princess Ní », écrit en juin 1915 et publié dans le recueil Leeds University Verse 1914-24 en 1924. De forme irrégulière, il décrit la Princesse dansant de nuit, et son reflet sous ses pieds – Tolkien joue sur le thème du double en appelant la princesse Mee (me, « moi ») et son reflet Shee (she, « elle »), respectivement rendus par « Moa » et « Toa » dans la traduction française.

L'Homme dans la lune a veillé trop tard
« ... la vache sauta par-dessus la lune... »
(illustration de la comptine
Hey Diddle Diddle par W. W. Denslow, 1902)

 

Ce poème, inspiré de la comptine Hey Diddle Diddle, connut sa première incarnation vers 1919-1920, sous le titre « Nursery Rhymes Undone ». Il a été par la suite publié dans Yorkshire Poetry en 1923 sous le titre « The Cat and the Fiddle: A Nursery Rhyme Undone and Its Scandalous Secret Unlocked »[23]. Enfin, sa version finale apparaît dans Le Seigneur des anneaux (Livre I, chapitre 9) : elle est chantée par Frodon à l'auberge du Poney Fringant, à Bree.

« L'Homme dans la lune a veillé trop tard » (The Man in the Moon Stayed Up Too Late) évoque une descente sur Terre de l'Homme dans la Lune (un personnage également présent dans Le Livre des contes perdus et Roverandom), qui se rend dans une auberge à la bière réputée. Il en boit tant qu'il doit être ramené sur la Lune par l'aubergiste et le palefrenier, tandis que le chat de ce dernier entame un morceau agité sur son violon, faisant danser tous les clients de l'auberge, les chevaux et la vache qui « saute par-dessus la Lune » ; après quoi tous vont se coucher, à la grande surprise du soleil levant.

Le poème se compose d'une série de quintils de tétramètres et de trimètres iambiques rimés sur une disposition A / B / C / C / B (A et C étant des tétramètres, B des trimètres).

L'Homme dans la lune est descendu trop tôt

La première version de ce poème fut rédigée en mars 1915 ; il s'intitulait alors « Pourquoi l'Homme dans la Lune descendit trop tôt : une fantasie d'Est-Anglie ». Il fut publié dans le recueil A Northern Venture en 1923[24]. Il s'inspire d'une comptine sans titre du XIXe siècle, commençant par The man in the moon / Came down too soon... La version des Aventures de Tom Bombadil a subi quelques révisions, notamment pour l'ancrer en Terre du Milieu : elle mentionne la baie de Belfalas (« baie de Bel »), au Gondor, et la tour de Dol Amroth (« Tirith Aear »).

Comme dans le poème précédent, on découvre dans « L'Homme dans la lune est descendu trop tôt » (The Man in the Moon Came Down Too Soon) une visite terrestre de l'Homme dans la Lune, las de vivre seul et avide de découvrir la vie et les riches couleurs, nourritures et boissons de la Terre. Mais il atterrit au beau milieu de la nuit, alors que tous sont endormis ; et il obtient pour seule nourriture du porridge froid datant de deux jours.

Le poème se compose d'une série de huitains alternant tétramètres et trimètres iambiques, ceux-ci rimant deux à deux.

Le Troll de pierre

Ce poème comique, dont la première version remonte à 1926, a été publié dans le livret Songs for the Philologists en 1935, sous le titre « The Root of the Boot »[17],[25]). Il s'agit de la reprise d'un poème déjà présent dans Le Seigneur des anneaux (Livre I, chapitre 12), où il est chanté par Sam.

« Le Troll de pierre » (The Stone Troll) décrit la rencontre entre un troll « assis seul dans les collines », occupé à ronger un os et un certain Tom (vraisemblablement pas Tom Bombadil), qui reconnaît le tibia de son oncle Tim. Agacé par Tom, le troll essaie de l'attraper pour en faire son repas, mais il se glisse dans son dos et lui donne un coup de pied aux fesses, oubliant que « plus durs que la pierre sont la chair et l'os d'un troll ». Tom rentre chez lui, estropié.

En forme de chanson, le poème est bâti de huit strophes en vers accentuels sur un même modèle : deux vers à quatre accents rimant entre eux, un vers à quatre accents à rime interne, un trimètre, suivis de deux « échos » grotesques, un vers à quatre accents sur la même rime que les deux premiers, puis enfin une reprise du trimètre en refrain.

Perry-le-Bigorneau

Ce poème est une version révisée de The Bumpus, un poème non publié datant de 1928[26], en huitains à rimes croisées alternant vers à quatre et trois accents. Il raconte l'amitié entre un troll gentil et bon cuisinier, mais que tout le monde craint, et Perry-le-Bigorneau (Perry-the-Winkle), le seul à accepter de prendre le thé chez lui. La préface des Aventures de Tom Bombadil l'attribue à Sam Gamegie, et le poème évoque effectivement la géographie de la Comté : Bree et Grand'Cave sont mentionnés, ainsi que le Mont Venteux.

Les Chats-gluants

Beyond the Merlock Mountains, a long and lonely road.
Through the spider-shadows and the marsh of Tode,
And through the wood of hanging trees and the gallows-weed,
You go to find the Mewlips — and the Mewlips feed.

Au-delà des Monts des Merlock, après une route et désolée,
À travers les Marais de la Tode et les ombres par les araignées tissées,
Par la forêt des arbres suspendus et les herbes folles des potences,
Il vous faut aller, pour trouver les Mialaubres — et là, les Mialaubres font bombance. (v. 29-32)

Ce poème a été édité pour la première fois dans The Oxford Magazine, en 1937, sous le titre « Knocking at the Door »[17]. Il s'agissait alors de décrire l'anxiété d'un élève attendant à la porte d'un professeur, mais le poème final n'a plus grand-chose à voir avec cela : il décrit la race étrange et maléfique des « Mialaubres »[Note 4], vivant sous terre et se nourrissant des voyageurs de passage dans leur contrée « au-delà des Monts des Merlock ». Ceux-ci n'apparaissent dans aucun autre texte de Tolkien, tout comme les autres lieux mentionnés (marais de la Tode, ...), ce qui a incité plusieurs lecteurs à chercher une zone de la Terre du Milieu correspondant à la géographie du poème[27].

Le poème comporte deux parties, chacune de trois strophes alternant tétramètres et trimètres iambiques en rimes croisées suivies d'une strophe irrégulière.

Oliphant 

Cette énigme à rimes plates est tirée du Seigneur des anneaux (Livre IV, chapitre 3), où elle est récitée par Sam Gamegie. Sa première version, bien plus longue et intitulée « Iumbo, or ye Kinde of ye Oliphaunt », date des années 1920 et a été publiée dans le Stapledon Magazine en 1927, avec Fastitocalon, sous le titre d'ensemble « Adventures in Unnatural History and Medieval Metres, Being the Freaks of Fisiologus ». Il s'inspire en grande partie des bestiaires médiévaux, et en particulier des poèmes Physiologus du Livre d'Exeter[28].

La version révisée du poème, présente dans Le Seigneur des anneaux et Les Aventures de Tom Bombadil, est nettement plus courte et les quelques anachronismes de « Iumbo » en sont absents (notamment, la comparaison entre la trompe de l'éléphant et un aspirateur). Dans une analyse interne, il est présenté comme une comptine traditionnelle, couchée sur le papier par Sam Gamegie.

Fastitocalon

Ce poème rimé irrégulier est, comme « Oliphant », fortement inspiré par les bestiaires médiévaux (le nom même de Fastitocalon apparaît dans le Livre d'Exeter). Il a été publié pour la première fois dans le Stapledon Magazine en 1927, avec « Iumbo, or ye Kinde of ye Oliphaunt ». Il traite d'un gigantesque animal marin sur lequel débarque l'équipage d'un bateau, persuadé d'avoir affaire à une île – jusqu'à ce que le Fastitocalon se retourne et les submerge...

Comme pour « Oliphant », la version des Aventures de Tom Bombadil est plus brève que celle parue en 1927, et elle est débarrassée de ses éléments modernes (Tolkien y évoquait le jazz, entre autres). En outre, le Fastitocalon, une baleine dans la version originale, y devient une tortue géante, probablement pour entrer en accord avec l'étymologie de son nom : en grec Aspido-chelône « tortue à carapace ronde », déformé en Astitocalon, le F n'ayant ajouté que pour allitérer dans le poème anglo-saxon[29].

Chat

Tolkien écrivit ce court poème en 1956 pour sa petite-fille Joan[1]. « Chat » (Cat) consiste essentiellement en un jeu sur les sonorités (The fat cat on the mat / May seem to dream ...) et décrit un chat domestique en train de dormir, rêvant de ses ancêtres félins sauvages. La préface indique que le poème, trouvé dans les marges du Livre Rouge, était marqué des initiales de Sam Gamegie, mais qu'il s'agit vraisemblablement d'une comptine hobbite plus ancienne, que Sam se serait contenté de reprendre.

La Femme de l'ombre

L'origine de ce poème est incertaine : il apparaît sur un manuscrit datant du début des années 1930, mais semble avoir été publié dans un obscur périodique, Abingdon Chronicle, au cours des années 1920[30]. « La Femme de l'ombre » (Shadow Bride) est une courte pièce assez particulière, « inquiétante »[31], traitant de la rencontre d'un homme sans ombre et d'une dame vêtue de gris qui le libère du sortilège qui le retenait prisonnier.

Le poème est bâti de trois huitains à rimes croisées, alternant tétramètres et trimètres iambiques.

Le Trésor 

« Le Trésor » (The Hoard) a vraisemblablement connu sa première mouture à la fin de l'année 1922[32]. Il était alors intitulé « Iúmonna Gold Galdre Bewunden », qui est le vers 3052 du poème en vieil anglais Beowulf (il signifie « cet or des anciens entouré d'une incantation »). En 1923, ce poème a été publié dans le périodique The Gryphon. Après d'importantes corrections, il fut réédité en 1937 dans The Oxford Magazine sous le même titre[17],[Note 5].

En cinq strophes à rimes plates de vers à quatre accents, il traite d'un trésor et des destins malheureux qui s'abattent sur ses possesseurs successifs : tout d'abord les Elfes, qui enchantent l'or avant de disparaître, puis le nain consumé par les flammes du dragon, le dragon vaincu par un héros, le héros devenu roi renversé par une armée ennemie. La dernière strophe revient sur le trésor oublié, qui n'est plus gardé que par la Nuit, « tandis qu'attend la terre, et que dorment les Elfes » (v. 76).

Comme Tolkien l'indique lui-même dans sa préface, « Le Trésor » présente des ressemblances avec l'histoire de l'or de Nargothrond, relatée dans Le Silmarillion, quoique la chronologie des événements soit différente : après la chute de cette citadelle elfique, son trésor est amassé par le dragon Glaurung, qui finit tué par le héros Túrin Turambar. Le nain Mîm s'empare alors des richesses des Elfes, mais il est tué par Húrin, le père de Túrin ; il a le temps de maudire le trésor avant de mourir. Húrin amène le trésor au roi elfe Thingol, qui finit à son tour tué pour avoir fait preuve d'avarice.

La Cloche marine

I walked by the sea, and there came to me,
as a star-beam on the wet sand,
a white shell like a sea-bell;
trembling it lay in my wet hand.

Je marchais le long de la mer quand vint à moi,
comme un rayon d'étoile sur le sable mouillé,
un coquillage pareil à une cloche marine ;
tremblante dans le creux de ma main mouillée. (v. 1-4)

« La Cloche marine » (The Sea-Bell), présenté par Tolkien comme « le moins bon [du recueil][33] » mais admiré par le poète W. H. Auden[34], est une refonte du poème « Looney », écrit en 1932 ou 1933 et publié dans The Oxford Magazine en 1934[17]. Tolkien l'associe, dans sa préface, aux rêves angoissés faits par Frodon Sacquet après la destruction de l'Anneau Unique, indiquant qu'il porte le sous-titre Li reve de Frodo (Frodos Dreme).

Sur une plage, le poète découvre une conche (la « cloche marine ») d'où sortent des sons étranges. Un bateau vide l'emporte peu après « à une plage oubliée dans un curieux pays », plein de fleurs et d'animaux. Il entend la musique et les pas d'êtres qui disparaissent sitôt qu'il approche, et finit par s'allonger dans un bois pour reprendre ses esprits. Il n'en sort que vieux et épuisé, pour reprendre le bateau qui l'avait emmené en ce pays et qui le ramène à son point de départ, où il se morfond dans la solitude, étranger dans son propre foyer, avec une cloche marine à jamais muette qu'il finit par jeter.

Une comparaison entre « Looney » et « La Cloche marine » permet de mettre en lumière quelques différences, notamment l'ajout de l'élément elfique, avec des danseurs toujours hors de portée (ce qui rappelle une scène de Bilbo le Hobbit), et l'amertume beaucoup plus forte du retour au pays du narrateur. De façon générale, « Looney » est nettement plus joyeux que « La Cloche marine » : ainsi, à la fin du premier, le narrateur conserve le réconfort d'entendre le son de la mer dans sa conche, alors que dans la version finale, le coquillage est « mort et silencieux » (v. 114). « Le retour en Faërie, même en souvenir, est proscrit »[35].

Le vers est accentuel à quatre accents, sur un schéma de rimes comparable à celui d'« Errance » : les vers pairs riment deux à deux, tandis que les vers impairs comportent une rime interne.

Le Dernier Vaisseau

Year still after year flows
down the Seven Rivers ;
cloud passes, sunlight glows,
reed and willow quivers
at morn and eve, but never more
westward ships have waded
in mortal waters as before,
and their song has faded.

Année après année, à jamais coulent
les Sept Rivières ;
les nuages passent, le soleil rougeoie,
le saule et le roseau frissonnent
matin et soir, mais plus jamais
les navires voguant vers l'ouest ne sont passés
dans les eaux des mortels, comme autrefois
et leur chant s'est tu. (v. 97-104)

Ce poème, sans doute écrit au début des années 1930, a été publié pour la première fois dans Chronicle of the Convents of the Sacred Heart, en 1934, sous le titre « Fíriel »[17]. Le poème des Aventures de Tom Bombadil, rebaptisé « Le Dernier Vaisseau » (The Last Ship) est une version abrégée de « Fíriel », augmentée de quelques références à la Terre du Milieu : les « Sept Rivières » sont celles du Gondor, dont le poème, quoique d'origine hobbite, intègre des éléments folkloriques.

À l'aube, la jeune Fíriel[Note 6] entend des voix chanter. Suivant le chant, elle se rend sur le bord du fleuve et découvre un bateau elfe – le dernier – prêt à appareiller et à quitter à tout jamais la Terre du Milieu. Les Elfes l'invitent à se joindre à eux, mais elle refuse, étant née « fille de la Terre », et retourne à sa demeure, « délaissant l'éclat pour se tourner vers l'ennui et l'oubli[36] ».

Dans The Road to Middle-earth, T. A. Shippey compare ce poème aux ballades dans lesquelles les elfes emportent un mortel avec eux pour qu'il vive à jamais dans la félicité. Dans « Le dernier vaisseau », c'est le contraire qui se produit : la jeune fille refuse de partir. Il s'agit là d'une « inversion sans précédent », d'après Shippey[36].

Le poème est bâti d'une série de huitains à rimes croisées, alternant tétramètres iambiques à rimes masculines et trimètres trochaïques à rimes féminines.

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Chimie bioinorganique.

Publié le 24 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

 

Chimie bioinorganique
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La chimie bioinorganique (ou biochimie minérale) est une spécialité scientifique à l'interface chimie-biologie, se situant plus précisément entre la biochimie et la chimie inorganique (chimie des éléments métalliques).

Elle s'interesse aux espèces chimiques contenant des atomes métalliques dans les systèmes biologiques. La chimie bioinorganique s'intéresse également à la synthèse de complexes artificiels pour comprendre le fonctionnement des systèmes biologiques, voire pour en reproduire l'activité (on parle dans ce cas de chimie biomimétique).

Un site actif d'une métalloprotéine : la Mn-SOD mitochondriale humaine montrant la complexation des acides aminés au manganèse
 

Exemples historiques 

Paul Ehrlich a utilisé des composés de l'arsenic pour le traitement de la syphilis, démontrant la pertinence d'utiliser des éléments métalliques (en l'occurrence, l'arsenic est un métalloïde) en médecine. Cette stratégie porta ses fruits avec la découverte de l'activité anti-cancereuse du cisplatine (cis-PtCl2(NH3)2).

La première protéine à avoir été cristallisée a été l'uréase. Il a été montré par la suite que cette protéine contenait du nickel au site actif. Dorothy Crowfoot Hodgkin a montré cristallographiquement que la Vitamine B12 contenait un complexe macrocyclique de cobalt.

La découverte de la structure de l'ADN par Watson et Crick a montré le rôle structurant des unités phosphates sous forme polymérique.

Les métaux en biologie et en médecine

La chimie bioinorganique s'intéresse à divers systèmes distincts. Ces domaines incluent le transport et le stockage des ions métalliques, les métalloenzymes hydrolytiques, les métalloprotéines à transfert d'électrons, les métalloprotéines servant au transport et à l'activation du dioxygène ainsi que des systèmes bioorganométalliques (avec une liaison métal-carbone). La chimie bioinorganique s'intéresse aussi à l'étude de la dynamique des cations métalliques dans les systèmes biologiques et à la conception de médicaments à base d'éléments métalliques.

Transport et stockage des ions métalliques 

Le transport et stockage des ions métalliques s'interesse aux canaux ioniques, pompes ioniques (par exemple la NaKATPase) et aux autres protéines ou petites molécules (tels que les sidérophores) dont le but est de contrôler la concentration de cations métalliques dans les cellules.

Métalloenzymes hydrolytiques 
Les métalloenzymes hydrolytiques incluent des protéines qui catalysent les réactions d'hydrolyse. Dans le cycle catalytique de ces enzymes l'eau joue le rôle de ligand pour le cation métallique dans certains intermédiaires. Des exemples de cette classe de protéines sont l'anhydrase carbonique, les métallophosphatases et les métalloprotéinases (telles que la carboxypeptidase).
Métalloprotéines à transfert d'électrons

Les métalloprotéines à transfert d'électrons consistent en 3 classes majeures

Ces protéines sont complementaires à des transporteurs d'électrons non métalliques tels que la nicotinamide adénine dinucléotide (NAD) et la flavine adénine dinucléotide (FAD).

Métalloprotéines de transport et d'activation du dioxygène 

Les métalloprotéines de transport et d'activation du dioxygène utilisent des éléments métalliques tels que le fer, le cuivre ou le manganèse. L'hème est utilisé par les globules rouges au sein de l'hémoglobine. D'autres métalloprotéines servant au transport de l'oxygène sont la myoglobine, l'hémocyanine, et l'hémérythrine. Les oxydases et les oxygénases sont trouvés dans la majorité des organismes vivants pour utiliser le dioxygène pour réaliser des fonctions importantes telles que le dégagement d'énergie dans avec la cytochrome c oxidase ou l'oxydation de petites molécules avec le système cytochrome P450 oxidase/cytochrome P450 ou la méthane monooxygénase. D'autres métalloprotéines sont destinées à protéger les organismes vivants contre le stress oxydant. Ces systèmes incluent les peroxydases, catalases et superoxyde dismutases. Dans le cadre de la photosynthèse un site actif composé de 4 ions de manganèse sert à l'oxydation de l'eau.

Systèmes bioorganométalliques

Les systèmes bioorganométalliques tels que les hydrogénases et la méthyl-cobalamine sont des exemples biologiques de chimie organométallique.

Métabolisme de l'azote

Le métabolisme de l'azote utilise des éléments métalliques. La nitrogénase (enzyme à molybdène et fer) est associée au métabolisme de l'azote. Plus récemment l'importance cardiovasculaire et neuronale du monoxyde d'azote (NO) a été découverte. NO est produit par la NO synthase, une protéine contenant un groupement hème.

Dynamique des cations métalliques dans les systèmes biologiques

Diverses maladies, comme la maladie de Wilson sont dus à un dysfonctionnement de l'homéostasie des cations métalliques. Dans le cas de la maladie de Wilson, il s'agit du Cu(II).

Médicaments à base d'éléments métalliques 

Les exemples les plus connus de médicaments à base d'éléments métalliques sont le cisplatine , dans le cadre de la thérapie du cancer et les agents de contraste à base de Gd(III) pour l'IRM.

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Chutes Niagara (2).

Publié le 22 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

 

Quand Nikola Tesla, pour qui un mémorial fut construit plus tard dans la ville de Niagara Falls, a inventé le système triphasé du courant alternatif pour le transport de l'énergie, le transport à distance de l'électricité est devenu possible. En 1883, la Niagara Falls Power Company, un successeur de la compagnie de Schoellkopf, engage George Westinghouse afin de développer un système visant à produire du courant alternatif. En 1886, grâce à l'aide de financiers célèbres comme J.P. Morgan, John Jacob Astor IV et les Vanderbilts, d'immenses conduits souterrains furent construits, menant à des turbines pouvant générer jusqu'à 100 000 chevaux vapeurs. (75MW), et pouvant fournir en électricité une ville comme Buffalo à 32 km de là. Du côté canadien certaines compagnies privées commencèrent aussi à exploiter l'énergie hydraulique des chutes en employant soit des entreprises américaines, soit des entreprises du cru, dans leurs efforts. Le gouvernement de la province d'Ontario décida finalement de nationaliser le distribution d'électricité en 1906, approvisionnant ainsi toute la province en électricité produite par le Niagara. Aujourd'hui entre 50 % et 70 % du débit de la rivière sont détournés dans 4 tunnels gigantesques loin en amont des chutes. L'eau ainsi détournée passe ensuite dans des turbines hydroélectriques qui approvisionnent en électricité les parties américaines et canadiennes environnantes, avant d'être reversée dans la rivière loin en aval des chutes.

Les centrales hydroélectriques les plus puissantes sur le Niagara sont Sir Adam Beck 1 et 2 (1954) du côté canadien et la Robert Moses Niagara Power Plant (1961), ainsi que la Lewiston Pump Generating Plant, du côté américain. Toutes ensembles les centrales du Niagara peuvent produire environ 4,4 GW d'électricité.

 

Vue panoramique des chutes du Niagara

En août 2005, la compagnie Ontario Power Generation, qui gère les centrales de Sir Adam Beck, a décidé de construire un nouveau tunnel de 10,4 km de long afin d'aller collecter de l'eau plus en amont du Niagara qu'il n'est possible à présent. La fin de la construction de ce tunnel est prévue pour 2009 est devrait permettre d'augmenter la production d'électricité de Sir Adam Beck par 1,6 tW/h.

Afin de contourner les chutes, le transport fluvial emprunte le canal Welland. Il fut inauguré en 1829 et ne cessa d'être amélioré jusqu'à nos jours, les derniers travaux importants datant des années 60-70. Il fait maintenant partie du réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent (la Voie maritime du Saint-Laurent étant sous la responsabilité de la Corporation de Gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent, côté canadien, et de la Saint Lawrence Seaway Development Corporation, côté américain)[9]. Ces détournements de trafic fluvial se sont fait aux dépens de la ville voisine de Buffalo, contribuant ainsi au déclin économique de nombre de ses entreprises, entreprises sidérurgiques et céréalières en particulier. Cependant l'augmentation d'électricité a aussi provoqué un essor économique dans la vallée de la rivière Niagara dans les années 70. Un essor économique régional qui est depuis retombé.

Les villes jumelles de Niagara Falls, Ontario et Niagara Falls, New York sont reliées par 3 ponts, le Rainbow Bridge légèrement en aval, offrant la vue la plus proche sur les chutes ; le pont Whirlpool Rapids et, le pont le plus récent, le Lewiston-Queenston Bridge situé près de l'escarpement.

Les aéroports de Niagara Falls International Airport et Buffalo Niagara International Airport tirent leur nom des chutes, les chutes ont aussi données leur nom à l'université Niagara University, de nombreuses entreprises régionales et un astre céleste[10].

Efforts de préservation 

Pendant les deux premiers siècles après l'installation des Européens, les terres des deux côtés des chutes du Niagara appartenaient à des personnes privées. Dans les années 1870, les chutes Niagara devinrent une importante destination touristique, le site des chutes accueillant chaque année un quart de million de visiteurs. Cependant, les touristes visitant les chutes du Niagara des deux côtés de la rivière étaient consternés par les pratiques commerciales privées qui se développaient aux abords des chutes sans aucun contrôle. Les visiteurs se voyaient souvent harcelés et l’accès au site ne leur était possible que moyennant le paiement de commissions exorbitantes.

Le mécontentement populaire a conduit à la formation du mouvement Free Niagara (libérer le Niagara), qui comprenait l'artiste Frederic Edwin Church, l'architecte paysagiste Frederick Law Olmsted, et le journaliste Jonathan Baxter Harrison. Une série de lettres qu'Harrison a envoyées aux journaux à Boston et à New York (réunies en 1992 dans le pamphlet The Condition of Niagara Falls, and the Measures Needed to Preserve Them (la Situation des Chutes du Niagara, et les mesures nécessaires pour les préserver) ont eu une influence toute particulière dans le retournement de l'opinion publique en faveur de la préservation[11].

 

Une vue aérienne des chutes

 

En 1878, lord Dufferin, Gouverneur général du Canada, a exprimé ses préoccupations lors de son discours au cours du déjeuner de l’Ontario Society of Artists à Toronto. Il suggéra que « les gouvernements de New York et de l’Ontario, ou du Canada, devraient s’associer pour acquérir tous les droits qui ont pu être établis à l’encontre du public, et créer autour des chutes un petit parc public international (...) sous la responsabilité de bons gardiens » pour préserver le décor des chutes du Niagara. Bien que la suggestion originale de lord Dufferin ait concerné un « parc international », les deux rives, américaine et canadienne, ont développé leurs parcs séparément et indépendamment.

En 1885, l'État de New York commença à acheter les terres aux entrepreneurs, pour constituer la réserve des Chutes du Niagara. La même année, la province de l’Ontario créa la Commission des parcs du Niagara. Cette dernière acquit des terrains situés le long de la rivière Niagara pour constituer le Parc de la Reine Victoria aux Chutes de Niagara, totalement gratuit, qui accueillit ses premiers visiteurs le 24 mai 1888. Sous la gouverne de la Commission, ce parc s’étendant au départ sur 62,2 hectares, est devenu un parc de renom mondial de 1 720 hectares longeant toute la rivière Niagara, du lac Érié au lac Ontario, et comptant d’importants lieux historiques nationaux et provinciaux, des jardins botaniques, une école d’horticulture et des aires récréatives[12]. Ces deux organismes ont réussi remarquablement dans les opérations de restrictions du développement des chutes et de la rivière Niagara.

Jusqu'à récemment, les chutes ont reculé vers le sud à cause de l'érosion de 0,6 à 3 m par an et sont maintenant à 11 km de leur point d'origine. Ce processus a été ralenti par le détournement de quantités d'eau croissantes de la rivière Niagara dans des centrales hydroélectriques, aussi bien aux États-Unis qu'au Canada. Le 2 janvier 1929, le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord sur un plan d'action visant à préserver les chutes. En 1950, les deux pays signèrent le Traité concernant la dérivation d'eau du Niagara[13].

 

Les chutes américaines, éteintes en 1969

 

Outre le détournement de l'eau vers les centrales hydroélectriques, les efforts de contrôle de l'érosion ont établi des déversoirs souterrains visant à rediriger les courants les plus dévastateurs, et finalement des renforcements mécaniques en haut des chutes. Les travaux les plus spectaculaires ont eu lieu en 1969. En juin, le cours d'eau fut complètement détourné des chutes américaines pendant plusieurs mois grâce à la construction d'un barrage temporaire de terre et de pierre (clairement visible en haut à droite de la photo), ce qui eut pour effet d'arrêter les chutes américaines. Pendant que les chutes canadiennes accueillaient le débit supplémentaire, le corps des ingénieurs de l'armée de terre des États-Unis a étudié le lit de la rivière et a comblé mécaniquement les fissures qui auraient autrement accéléré le retrait des chutes américaines. Un projet datant de 1954 d'enlever une énorme quantité d'alluvions fut finalement abandonné pour raison budgétaire, et en novembre 1969, le barrage temporaire fut dynamité, redonnant leur débit aux chutes américaines.

Après cette entreprise, Luna Island, le petit bout de terre situé entre la chute principale et celle du Voile de la mariée, est restée interdit au public pour des années en raison des craintes d'instabilité et du risque de voir l'île s'effondrer dans la rivière Niagara à tout moment.

La construction récente de grands bâtiments (pour la plupart des hôtels) du côté canadien des chutes a causé le changement de direction des vents au-dessus de ces dernières[14]. Des étudiants de l'université de Guelph ont démontré, en utilisant des modèles réduits, que l'air passant au-dessus des nouveaux hôtels conduit la poussière vers le sud des bâtiments, où elle tombe dans les rigoles sous les chutes et vient se mélanger aux tourbillons d'air humide. La conséquence est que les points de vue du côté canadien sont maintenant souvent couverts d'un brouillard venant des chutes. Ce problème va être très difficile à résoudre.

Les chutes dans le divertissement et la culture populaire 

Bobby Leach et son baril après sa descente dangereuse des chutes Niagara, le 25 juillet 1911

 

En octobre 1829, Sam Patch, qui se faisait appeler « le sauteur Yankee », a sauté dans la chute du Fer à cheval et est devenu la première personne connue à avoir survécu à la chute. Il a ainsi initié une longue tradition de casse-cous qui ont tenté de survivre à une descente des chutes. En 1901, Annie Edson Taylor fut la première personne à descendre les chutes en tonneau. Elle sortit quasiment indemne de la chute. Depuis la chute historique de Taylor, 14 personnes se sont intentionnellement jetées des chutes, sur ou dans un esquif. Certaines ont survécu sans dommage, d'autres ont coulé ou ont été sérieusement blessées. La descente des chutes étant illégale des deux côtés de la frontière, les survivants de telles cascades sont généralement poursuivis devant les tribunaux et soumis à de fortes amendes.

D'autres aventuriers ont tenté de traverser les chutes. Cela a commencé en 1859 par le passage réussi du fildefériste Jean-François « Blondin » Gravelet au-dessus des chutes. Cet exploit avait rassemblé une foule importante. Le filin traversait les gorges à proximité du pont de l'Arc-en-ciel, pas tout à fait au-dessus des chutes elles-mêmes. Le capitaine britannique Matthew Webb, premier homme à avoir traversé la Manche à la nage, se noya en 1883 en tentant de nager à travers les rapides et les tourbillons en aval des chutes.

Le 9 juillet 1960, au cours de ce qui fut ensuite appelé « le miracle des chutes du Niagara », Roger Woodward, un garçon américain de 7 ans fut jeté par-dessus les chutes du fer à cheval, protégé uniquement par son gilet de sauvetage. Deanne, sa sœur de 17 ans fut rattrapée par deux touristes, à seulement 6 mètres de la chute, au niveau de l'île de la chèvre[15]. Roger fut recueilli dans les bassins bouillonnant aux pieds de la chute du fer à cheval, après avoir réussi à attraper une bouée de sauvetage envoyée par l'équipe du bateau Maid of the Mist. Son incroyable survie fit le tour du monde.

Le 20 octobre 2003, Kirk Jones fut le premier à sauter des chutes sans matériel de flottaison. Bien qu'on ne sache toujours pas s'il souhaitait ou non se suicider, il survécut à une chute de 16 étages avec seulement quelques côtes cassées, des éraflures et des ecchymoses. Le 2 juillet 1984, le Canadien Karel Soucek (de la ville d'Hamilton, en Ontario) réussit à plonger des chutes du fer à cheval dans un tonneau en n'ayant que de légères blessures. Soucek fut condamné à 500 dollars d'amende pour avoir réalisé sa cascade sans autorisation. Il périt quelques mois plus tard, le 20 janvier 1985, lors d'un autre défi à la mort.

 

Les chutes et leurs infrastructures touristiques

 

Personne n'a jamais survécu à une descente des chutes américaines, en raison des nombreux rochers et du faible courant. Tous les survivants et cascadeurs ont descendu les chutes du fer à cheval, où les rochers sont relativement moins nombreux et où le courant pousse les gens loin du bord et leur permet de les éviter.

Alors que les chutes du Niagara étaient déjà un immense lieu touristique et l'un des hauts-lieux des lunes de miel, les visites connurent une hausse soudaine à partir de 1953, avec la sortie de Niagara, un film avec Marilyn Monroe. Plus tard, les chutes figurèrent également dans Superman III et furent le sujet d'un film populaire en technologie IMAX. Une grande partie de l'épisode Le retour du Technodrome dans la série Les Tortues Ninja se déroule à proximité des chutes du Niagara et de son usine hydroélectrique. En 1990, l'illusionniste David Copperfield a réalisé un tour où on le voyait se déplacer au-dessus des chutes. Le complexe touristique situé à proximité des chutes, fut le théâtre d'une brève série télévisée américaine début 2004, Wonderfalls. Avec l'augmentation du nombre de touristes venus du monde entier, le nombre de visiteurs a dépassé 14 millions en 2003.

Le 4 août 2005 le golfeur professionnel John Daly tenta d'envoyer une balle de golf de l'autre côté des chutes du Niagara à une distance d'environ 331 mètres (362 yards). Il échoua de peu, au bout de 20 tentatives.

L'expression Chutes du Niagara est aussi le nom d'un numéro de vaudeville britannique, aussi appelée Slowly I turned.

Depuis l'arrivée du médicament Viagra, dont le nom sonne comme Niagara, de nombreux dessinateurs ont représenté les « Viagra Falls », de puissantes cascades dont l'eau remonte au lieu de descendre.

Voir les chutes 

L'afflux maximum de visiteurs se fait en été, lorsque l'on peut admirer le spectacle des chutes du Niagara de jour comme en soirée. Du côté canadien, des projecteurs illuminent les deux côtés des chutes du crépuscule à minuit.

 

Un homme et une femme, du côté canadien des chutes, vers 1858

 

Du côté américain, les chutes du Niagara peuvent être admirées des chemins de randonnées ou de la tour d'observation de Prospect Park. Près de là, les sentiers des Cavernes des Vents mènent les randonneurs par un escalier de quelques trois cents marches jusqu'à un point situé sous les Chutes du Voile de la Mariée. Les Niagara Scenic Trolley (« tramways pittoresques du Niagara ») offrent également des circuits guidés le long des chutes américaines.

 

Point de vue en bas des chutes

 

Du côté canadien, le Parc de la Reine Victoria présente des jardins travaillés, et des terrasses offrant une vue sur les chutes américaines et du Fer à Cheval. En souterrain, un chemin mène dans des chambres d'observations qui donnent l'illusion d'être à l'intérieur même des chutes. Le point d'observation de la tour Skylon, située non loin de là, offre le point de vue culminant sur les chutes, et dans la direction opposée, permet de voir aussi loin que Toronto. C'est, avec la tour Konica Minolta l'une des deux tours canadiennes avec vue sur les chutes. Le long de la rivière Niagara, le Niagara River Recreational Trail (chemin récréatif de la rivière Niagara) parcourt les 56 km séparant Fort Erie de Fort George, et présente de nombreux sites historiques de la guerre de 1812.

 

Les chutes du Niagara, de nuit

 

Les croisières Maid of the Mist nommées d'après un personnage de la mythologie indienne Ogiara, transportent des passagers dans les tourbillons derrière les chutes depuis 1846. Les téléphériques espagnols, construits en 1916 d'après les plans de l'ingénieur espagnol Leonardo Torres y Quevedo, sont des téléphériques qui transportent des passagers au-dessus du tourbillon, derrière les chutes du côté canadien.


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Chutes Niagara.

Publié le 22 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

 

Chutes Niagara
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Le « fer à cheval », une des trois chutes du Niagara


Les chutes Niagara, communément appelées chutes du Niagara (43°4′55″N 79°4′19.5″O / 43.08194, -79.072083) sont un ensemble de chutes d’eau situées sur la rivière Niagara dans l’est de l’Amérique du Nord, à la frontière entre les États-Unis et le Canada.

Les chutes du Niagara (Niagara Falls en anglais) sont en fait triples :

  • Le « fer à cheval » (Horseshoe Falls) ou chutes canadiennes ;
  • Les « chutes américaines » (American Falls) ;
  • Le « voile de la mariée » (Bridal Veil Falls), d’une taille moindre.

Bien qu’elles ne soient pas particulièrement hautes, les chutes du Niagara sont très larges. Avec un débit[1] de plus de 2 800 m3 chaque seconde, elles sont les chutes les plus puissantes d’Amérique du Nord[2] et certainement les plus connues[3] à travers le monde.

Les chutes du Niagara sont renommées pour leur beauté. Elles sont aussi une source immense d’énergie hydroélectrique et leur préservation est un défi écologique. Cette merveille naturelle, haut-lieu du tourisme depuis plus d’un siècle, est partagée par les villes jumelles de Niagara Falls dans l’État de New York aux États-Unis et Niagara Falls dans la province canadienne de l’Ontario.

 

Formation des chutes 


Profil des Grands Lacs, l'échelle verticale étant surdimensionnée


Niagara Falls vu par le satellite SPOT

 

 

Les chutes du Niagara, ainsi que la rivière Niagara et les Grands Lacs nord-américains, sont apparus lors de la déglaciation qui a suivi la période glaciaire du Wisconsin, il y a environ 30 000 à 50 000 ans. Pendant cette période, la région du Wisconsin était couverte par un énorme glacier continental (inlandsis laurentidien) qui en fluant vers le sud depuis le territoire canadien oriental a broyé et transporté roches et sols sur son parcours. Il a surcreusé des vallées, emplacements des futurs lacs, et en a barré d’autres par des moraines.

Pendant et après la fonte de l'inlandsis, les cours d’eau ont dû se frayer un chemin vers le nord-ouest, dans une topographie bouleversée, en incisant de nouveaux lits. La localisation actuelle du canal Welland correspondrait à une ancienne vallée. Les flots provenant des Grands Lacs en amont formèrent l’actuelle rivière Niagara. Celle-ci ne pouvant plus suivre son ancienne vallée remblayée emprunta alors un nouvel exutoire passant par un escarpement de regard nord qu'il éroda en gorges. Cet escarpement est un front de cuesta dû à un pendage monoclinal vers le sud[4] et à la résistance de la formation géologique du Lockport[5] (-415 millions d’années, Silurien), résistante à l'érosion, entre le lac Érié et le lac Ontario. La partie inférieure de l'escarpement, composée de roches marines largement antérieures à la dernière glaciation, a ainsi été soumise à l'érosion de la rivière Niagara. Trois principales formations géologiques sont à l'affleurement dans les gorges du Niagara.

 

 


La chute du Fer à cheval, une des trois chutes du Niagara

 

 

La rivière nouvellement établie rencontra d'abord la résistante formation du Lockport, dont l’érosion se fit beaucoup plus lentement que celle des roches plus tendres situées en dessous. La photo aérienne montre clairement le chapeau rocheux composé de la roche dure de la formation de Lockport (Silurien moyen), en amont des rapides. Son dénivelé représente environ le tiers supérieur de la hauteur des chutes. Cette formation est composée d’une couche très dense et très dure de calcaire et de dolomite.

Les deux tiers inférieurs de l'escarpement laissent apparaître la formation de Rochester (Bas Silurien), une couche beaucoup plus tendre et friable, avec un pendage plus fort. Elle est principalement composée de marne, bien qu’entrecoupée de fines couches de pierre calcaire, et contient de nombreux fossiles. Cette couche s'érodant plus rapidement, la rivière a contourné de part et d'autre l'éminence rocheuse dure et a creusé les chutes.

Submergée sous la rivière, dans la vallée inférieure, à l’abri des regards, se situe la formation de Queenston (Ordovicien supérieur), composée de schistes et de grès fins. Les trois formations proviennent d’une ancienne mer, et leurs différents faciès sont issus d’un changement de conditions de cette mer.

 

 


    
États-Unis
     CanadaLes chutes du Niagara depuis l'espace, Avril 2001.

 

 

À l’origine, les chutes de Niagara étaient proches du site actuel de Lewiston dans l'État de New York et de Queenston en Ontario, mais l’érosion de ces crêtes a causé le recul des chutes d’eau de quelques kilomètres. Juste en amont de l’endroit actuel des chutes, Goat Island divisa le courant de la rivière Niagara, ce qui eut pour conséquence de séparer le « fer à cheval » à l’ouest des chutes américaines et Bridal Veil à l’est. Bien que l’érosion et la récession des chutes aient été ralenties dernièrement grâce aux nouvelles technologies, les chutes vont sans doute reculer assez loin pour drainer la plupart du lac Érié, dont le fond est plus profond que la hauteur des chutes. Les ingénieurs s’efforcent aujourd’hui de réduire le taux d’érosion pour retarder cet événement aussi longtemps que possible.

Les chutes tombent d’une hauteur de 52 mètres (170 pieds), bien qu'en ce qui concerne les chutes américaines l’on ne puisse voir clairement qu'une hauteur de 21 mètres (70 pieds) avant que l'eau n’atteigne un amas de roches brisées provenant d’un énorme rocher tombé en 1954. Les chutes canadiennes, les plus larges, ont une longueur d’environ 792 mètres (2 600 pieds), alors que les chutes américaines sont larges seulement de 323 mètres (1 060 pieds). Le débit des chutes durant la haute saison est de 5 720 m3⋅s-1. Pendant l’été, lors de la déviation maximale de l'eau servant à la production hydroélectrique, le débit chute à 2 832 m3⋅s-1, dont près de 90 % passent par « le fer à cheval ». Ce débit est encore divisé par deux durant la nuit, quand la majeure partie de la déviation de l'eau à des fins hydroélectriques se produit.

Histoire des chutes 


Gravure sur bois datant de 1837 des chutes du Niagara, dans États-Unis d'Amérique de Roux de Rochelle

 

 

Le mot « Niagara » semble venir du mot iroquois Onguiaahra (« le détroit »). À l’origine, les habitants de cette région étaient les Ongiara, une tribu iroquoise nommée les « neutres » par des colons français, qui les trouvèrent utiles pour régler les conflits avec les autres tribus.

Selon des légendes amérindiennes, Lelawala, une magnifique jeune femme, fut fiancée par son père à un brave homme qu’elle méprisait. Plutôt que de se marier, Lelawala choisit de se sacrifier à son véritable amour He-No, le dieu du tonnerre qui vivait dans une cave derrière le « fer à cheval ». Elle amena son canoë jusqu’au rapide de la rivière Niagara et fut renversée par-dessus bord. He-No la rattrapa alors qu’elle tombait et leurs esprits seraient liés ensemble à jamais dans le sanctuaire du dieu du tonnerre, à l’abri des chutes.

 

 


Première réunion du Niagara Movement, organisation afro-américaine pour les droits civiques, en 1905

 

 

Une polémique existe pour savoir quel Européen fut le premier à fournir des descriptions écrites et orales des chutes du Niagara. La zone fut visitée par Samuel de Champlain dès 1604. Des membres de son cortège lui décrivirent les spectaculaires chutes d’eau qu’il décrivit dans son journal mais qu’il n’a sans doute jamais vraiment vues. Certains attribuent au naturaliste finno-suédois Pehr Kalm la description originale manuscrite faite lors d’une expédition dans la région au début du XVIIIe siècle.

Il y existe des renseignements crédibles qui indiquent que Paul Ragueneau visita les chutes 35 ans avant Hennepin[6]. Cependant, la plupart des historiens [réf. nécessaire] conviennent que le père Louis Hennepin observa et décrivit les chutes du Niagara beaucoup plus tôt, en 1677, après avoir parcouru la région avec l’explorateur René Robert Cavelier, Sieur de la Salle, le soumettant ainsi à l’attention du monde entier. Hennepin fut aussi le premier à décrire les chutes de Saint Anthony dans le Minnesota. Il revendiqua par ailleurs avoir descendu la rivière Mississippi jusqu’au golfe du Mexique, ce qui fut ultérieurement réfuté et porta le doute sur la validité de ses écrits et croquis des chutes du Niagara.

Pendant le XIXe siècle, le tourisme devint populaire, et ce fut une des zones touristiques les plus visitées à partir du milieu du siècle. Le frère de Napoléon, Jérôme Bonaparte les visita avec sa jeune femme au début du XIXe siècle[7]. Les nombreuses réclamations pour la création d'un passage au-dessus de la rivière Niagara ont conduit, en 1848, à la construction d'une passerelle puis à la construction du "pont suspendu de Niagara" par Charles R. Ellet.

 

 


Le pont de Charles Ellet Jr. selon une photo d’époque

 

 

Il fut supplanté, en 1855, par le « pont suspendu des chutes du Niagara » du germano-américain John Augustus Roebling. En 1886, Leffert Buck remplaça le pont de Roebling fait de bois et de pierre par un pont en acier qui aujourd'hui encore continue de transporter des trains au-dessus de la rivière Niagara. La première voûte en acier construite à côté des chutes fut achevée en 1897. Aujourd'hui connu comme le Whirlpool Rapids Bridge (pont des rapides tourbillonnants), il transporte des véhicules, des trains, ainsi que des piétons entre le Canada et les États-Unis en passant juste au-dessous des chutes. En 1941, la « Commission des ponts des Chutes du Niagara » réalisa la troisième traversée dans la région des chutes de Niagara avec le Rainbow Bridge (pont de l'arc-en-ciel), qui transporte à la fois des piétons et des véhicules[8].

 

 


Le pont de John Augustus Roebling

 

 

Les chutes font l'objet d'innombrables histoires, une des plus intéressantes raconte le jour où elles ont cessé de couler. Le 29 mars 1848, le grondement habituel des chutes s'est arrêté. Le flot des chutes avait fait place à un mince filet d'eau. Les gens ont accouru en foule pour observer ce phénomène invraisemblable. Certains l'ont vu comme un signe que la fin du monde approchait. D'autres se sont amusés à traverser à maintes reprises le lit de la rivière, acte qui aurait normalement causé la mort de quiconque aurait tenté de le faire. On a découvert une multitude d'objets étonnants au fond de la rivière tarie, notamment des baïonnettes, des fusils, des tomahawks et d'autres artefacts datant de la guerre de 1812. Un encombrement de la rivière par de la glace s'était formé en amont, à l'embouchure de la rivière Niagara et du lac Érié, et empêchait les eaux de descendre la rivière. Pendant la nuit du 31 mars, la glace a cédé et la rivière a recommencé à couler jusqu'aux chutes.

En particulier après la Première Guerre mondiale, le tourisme a connu un nouveau boom car les automobiles rendirent l'accès aux chutes beaucoup plus aisé. L'histoire des chutes du Niagara, au XXe siècle, est en grande partie liée aux efforts faits pour capter l'énergie des chutes pour l'énergie hydroélectrique et pour maîtriser le développement effréné de chaque côté — américain et canadien — qui menaçait la beauté naturelle du site.

Impact sur l'industrie et le commerce

La puissance considérable déployée par les chutes a depuis longtemps été utilisée comme source d'énergie. C'est ainsi que, dès 1759, Daniel Joncairs construisit un petit canal en amont des chutes dans le but d'alimenter sa scierie. Plus tard, en 1805, Augustus et Peter Porter rachetèrent au gouvernement de l'État de New York l'ensemble des chutes du côté américain et agrandirent le petit canal afin de constituer de l'énergie hydraulique pour leur tannerie. En 1853, la Niagara Falls Hydraulic Power and Mining Company fut créée, qui par la suite construisit les canaux qui seraient utilisés pour produire de l'électricité. En 1881, sous la conduite de Jacob Schoellkopf, suffisamment de puissance était produite pour envoyer du courant continu afin d'éclairer les deux côtés des chutes elles-mêmes et le village voisin Niagara Falls.

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Thomas de Savoie-Carignan.

Publié le 20 Mars 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)


Thomas de Savoie-Carignan
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Portrait équestre du Prince Thomas de Savoie-Carignan (1595–1656) par Antoine van Dyck, Savoy Gallery, Turin



Thomas de Savoie, né à Turin le 21 décembre 1595, mort à Turin le 22 janvier 1656 fut prince de Carignan (1620), et comte de Soissons (1641). Il était fils de Charles-Emmanuel Ier le Grand, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Catherine-Michelle d'Espagne. Il est à l'origine de la branche de Savoie-Carignan au sein de la Maison de Savoie.

Il commanda en 1635 les Espagnols contre la France, et perdit la bataille d'Avein (1635) contre les maréchaux de Châtillon et de Brézé. Mais en 1638, il battit le maréchal de La Force, et lui fit lever le siège de Saint-Omer.

Son ambition suscita des troubles en Savoie à la mort de son frère aîné Victor-Amédée Ier, car il revendiqua avec son autre frère Maurice la régence du duché contre la veuve Christine de France, mais le soutien de la France confirma Christine comme régente. Réconciliée avec celle-ci, il se rapprocha de la France, qui lui confia une armée en Italie (1642) et eut Turenne sous ses ordres pendant quelque temps. Il fut nommé généralissime des armées de France et de Savoie en Italie, fit la guerre avec succès, et reçut de Mazarin, en récompense, la charge de grand maître de France, après la disgrâce de Condé.

Il mourut à Turin en 1656, dans une expédition entreprise pour secourir le duc de Modène, attaqué par les Espagnols.

Il épousa à Paris le 14 avril 1625 Marie de Bourbon-Condé (16061692), comtesse de Soissons, fille de Charles de Bourbon, comte de Soissons et de Dreux, et d'Anne de Montafié. Ils eurent :

Précédé par Thomas de Savoie-Carignan Suivi par
donné en
apanage
prince de Carignan
Armoiries Savoie-Carignan 1630.svg
Emmanuel-Philibert
Charles de Bourbon comte de Soissons
avec Marie de Bourbon
Eugène-Maurice

Quatre quartiers

 
Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580), duc de Savoie et prince de Piémont
 
Marguerite de France (1523-1574)
 
 
Philippe II d'Espagne (1527-1598)
 
Élisabeth de France (1545-1568)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1562-1630), duc de Savoie et prince de Piémont
 
 
 
 
 
 
Catherine-Michelle d'Espagne (1567-1597)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
prince Thomas de Savoie-Carignan (1595-1656)
 

Voir aussi


  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

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