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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Amplificateur électronique (3 & fin).

Publié le 29 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans TECHNOLOGIES-Industrie(Btp-élect - énergie...)

 

La contre-réaction 

Un amplificateur électronique intégré : l’amplificateur opérationnel (AO).

 

 

La contre-réaction soustrait au signal d’entrée une image réduite du signal de sortie avant de l’amplifier. Son principal effet est de diminuer le gain du système. Cependant, les distorsions dues à l’amplificateur sont elles aussi soustraites au signal d’entrée. De cette façon, l’amplificateur amplifie une image réduite et inversée des distorsions. La contre-réaction permet aussi de compenser les dérives thermiques ou la non-linéarité des composants. Bien que les composants actifs soient considérés comme linéaires sur une partie de leur fonction de transfert, ils sont en réalité toujours non linéaires ; leur lois de comportement étant en puissance de deux. Le résultat de ces non-linéarités est une distorsion de l’amplification.

Le principe de la contre-réaction a été découvert par Harold Stephen Black le 2 août 1927. Cette idée lui serait venue alors qu’il se rendait à son travail aux laboratoires Bell [33],[34]. Ses précédents travaux sur la réduction des distorsions dans les amplificateurs lui avaient déjà permis de découvrir les amplificateurs « a priori » (feedforward en anglais) qui modifient le signal à amplifier de façon à compenser les distorsions dues aux composants de puissance [35]. Bien qu’ayant refait surface dans les années 1970 pour compenser les distorsions des amplificateurs BLU, dans les années 1920 la réalisation pratique des amplificateurs « a priori » s’avère difficile et ils ne fonctionnent pas très bien. En 1927, la demande de brevet de Black pour la contre-réaction fut accueillie comme une demande d’invention de mouvement perpétuel. Elle fut finalement acceptée neuf ans plus tard [36],[37], en décembre 1931, après que Black et d’autres membres des laboratoires Bell aient développé la théorie relative à la contre-réaction.

Un amplificateur de conception soignée, ayant tous ses étages en boucle ouverte (sans contre-réaction), peut arriver à un taux de distorsion de l’ordre du « pour cent ». À l’aide de la contre-réaction, un taux de 0,001 % est courant. Le bruit, y compris les distorsions de croisement, peut être pratiquement éliminé.

C’est l’application qui dicte le taux de distorsion que l’on peut tolérer. Pour les applications de type hi-fi ou amplificateur d’instrumentation, le taux de distorsion doit être minimal, souvent moins de 1 %.

Alors que la contre-réaction semble être le remède à tous les maux d’un amplificateur, beaucoup pensent que c’est une mauvaise chose. Comme elle utilise une boucle, il lui faut un temps fini pour réagir à un signal d’entrée et pendant cette courte période, l’amplificateur est « hors de contrôle ». Un transitoire musical dont la durée est du même ordre de grandeur que cette période sera donc grossièrement distordu. Et cela, même si l’amplificateur possède un taux de distorsion faible en régime permanent. C’est essentiellement cela qui explique l’existence des « distorsions d’intermodulations transitoires » dans les amplificateurs. Ce sujet a été largement débattu à la fin des années 1970 et pendant un grande partie des années 1980[38], [39],[40].

Ces arguments ont été sources de controverses pendant des années, et ont amené à prendre en compte ces phénomènes lors de la conception d’un amplificateur afin de les éliminer [41],[42]. Dans les faits, la majorité des amplificateurs modernes utilisent de fortes contre-réactions, alors que les schémas utilisés pour les amplificateurs audio haut de gamme cherchent à la minimiser.

Quels que soient les mérites de ces arguments sur la façon dont elle modifie la distorsion, la contre-réaction modifie l’impédance de sortie de l’amplificateur et par conséquent, son facteur d’amortissement. En simplifiant, le facteur d’amortissement caractérise la faculté d’un amplificateur à contrôler une enceinte. Si tout se passe bien, plus la contre-réaction est forte, plus l’impédance de sortie est faible et plus le facteur d’amortissement est grand. Cela a un effet sur les performances en basses fréquences de beaucoup d’enceintes qui ont un rendu des basses irrégulier si le facteur d’amortissement de l’amplificateur est trop faible.

Le concept de contre-réaction est utilisé avec les amplificateurs opérationnels pour définir précisément le gain, la bande passante et beaucoup d’autres paramètres.

Un exemple de montage amplificateur  

Un exemple pratique d’amplificateur.

 

 

À des fins d’illustration, on utilisera cet exemple pratique d’amplificateur. Il peut servir de base à un amplificateur audio de puissance modérée. Son schéma, bien que sensiblement simplifié, est typique de ce que l’on retrouve dans un amplificateur moderne grâce à son push-pull de classe AB[43] en sortie et à l’utilisation d’une contre-réaction. Il utilise des transistors bipolaires, mais il peut tout aussi bien être réalisé avec des transistors à effet de champ ou des tubes.

Le signal d’entrée est couplé à la base du transistor Q1 à travers le condensateur de liaison C1. Le condensateur permet au signal alternatif de passer, mais il bloque la tension continue due à la polarisation de Q1 par le pont diviseur R1-R2. Grâce à C1, aucun circuit précédent n’est affecté par la tension de polarisation de Q1. Q1 et Q2 forment un amplificateur différentiel (un amplificateur différentiel multiplie par une constante (appelée gain en tension) la différence entre ses deux entrées). Le schéma utilisé ici pour faire un amplificateur différentiel est aussi connu sous le nom de paire différentielle. Cette configuration est utilisée pour implémenter facilement la contre-réaction, qui est fournie à Q2 grâce à R7 et R8. La contre-réaction dans l’amplificateur différentiel permet à l’amplificateur de comparer l’entrée à la sortie actuelle. Le signal amplifié par Q1 est envoyé directement au second étage, Q3, qui amplifie davantage le signal et fournit la tension continue de polarisation de l’étage de sortie (Q4 et Q5). R6 sert de charge à Q3. Un montage plus évolué utiliserait probablement une charge active, une source de courant constant par exemple. Jusqu’à présent, l’amplificateur travaille en classe A. La paire de sortie est câblée en push-pull de classe AB, aussi appelé paire complémentaire. Ils fournissent la majorité du courant de l’application et pilotent directement la charge à travers le condensateur de liaison C2 qui bloque la composante continue. Les diodes D1 et D2 fournissent une petite tension continue afin de polariser la paire de sortie, de sorte que la distorsion de sortie est minimisée.

Ce schéma est simple, mais c’est une bonne base pour la réalisation d’un véritable amplificateur car il stabilise automatiquement son point de fonctionnement grâce à sa boucle de contre-réaction, qui fonctionne du continu jusqu’au-delà de la bande audio. Un véritable amplificateur utiliserait probablement un circuit supplémentaire faisant baisser le gain au-delà de la bande de fréquences utile afin d’éviter la possibilité d’oscillations non désirées. De plus, l’utilisation de diodes fixes pour la polarisation peut poser des problèmes si les diodes ne sont pas thermiquement et électriquement assorties aux transistors de sortie. En effet, si les transistors deviennent trop passants, ils risquent de se détruire par emballement thermique. La solution traditionnelle pour stabiliser les composants de sortie est d'ajouter des résistances d’un ohm ou plus en série avec les émetteurs. Le calcul des résistances et des condensateurs du circuit se fait en fonction des composants actifs utilisés et de l’utilisation future de l’amplificateur .

Les amplificateurs intégrés  

On appelle amplificateur intégré un amplificateur se présentant sous la forme d’un circuit intégré. Un circuit intégré (CI ou puce électronique) est lui-même un type de composant constitué de plusieurs composants électroniques sous forme miniaturisée. Le circuit intégré permet de reproduire une ou plusieurs fonctions électroniques plus ou moins complexes, facilitant sa mise en œuvre. Ils contient principalement des transistors, des diodes, des résistances, des condensateurs, plus rarement des inductances car elles sont plus difficilement miniaturisables.

Le premier circuit intégré a été inventé par Jack Kilby en 1958[44], jetant ainsi les bases de l’informatique moderne. Pour la petite histoire Jack Kilby, qui venait de rejoindre la compagnie, a fait cette découverte alors que la plupart de ses collègues profitaient de vacances organisées par Texas Instruments. À l’époque, Kilby avait tout simplement relié entre eux différents transistors en les câblant à la main. Il ne fallut par la suite que quelques mois pour passer du stade de prototype à la production de masse de puces en silicium contenant plusieurs transistors. Cette découverte a valu à Kilby un prix Nobel de physique en 2000 [45], alors que ce dernier siégeait toujours au directoire de Texas Instruments et détenait plus de 60 brevets à son nom [44].

Le plus connu des amplificateurs intégrés est l’amplificateur opérationnel (appelé « ampli-op » dans le jargon des électroniciens), mais il existe une multitude d’amplificateurs intégrés spécialement conçus pour une application précise. On citera par exemple, les amplificateurs d’instrumentations pour amplifier les signaux issus de capteurs, les « gainclones » en audio ou les drivers de lignes ADSL pour amplifier les signaux ADSL avant qu’ils ne soient envoyés sur une ligne téléphonique.

Les amplificateurs opérationnels  

Des amplificateurs opérationnels.

 

 

Les amplificateurs opérationnels (aussi dénommé ampli-op ou ampli op, AO, AOP, ALI, AIL ou encore CIL) ont été initialement conçus pour effectuer des opérations mathématiques en utilisant la tension comme image d’une autre grandeur. C’est le concept de base des calculateurs analogiques dans lesquels les amplificateurs opérationnels sont utilisés pour modéliser les opérations mathématiques de base (addition, soustraction, intégration, dérivation, …). Cependant, un amplificateur opérationnel idéal est extrêmement souple d’utilisation et peut effectuer bien d’autres applications que les opérations mathématiques de base [46],[47],[48],[49]. En pratique, les amplificateurs opérationnels sont constitués de transistors, tubes électroniques ou de n’importe quels autres composants amplificateurs et ils sont implémentés dans des circuits discrets ou intégrés.

Les amplificateurs opérationnels ont été initialement développés à l’ère des tubes électroniques, ils étaient alors utilisés dans les calculateurs analogiques. Actuellement, les amplificateurs opérationnels sont disponibles sous forme de circuits intégrés, bien que des versions sous forme de composants discrets soient utilisés pour des applications spécifiques.

 

 

Amplificateur opérationnel LM741 en boîtier DIP8.

 

 

Le premier AOP intégré disponible en grande quantité, à la fin des années 1960, fut l’AOP bipolaire Fairchild μA709, crée par Bob Widlar en 1965 ; il a été rapidement remplacé par le μA741 qui offrait de meilleures performances tout en étant plus stable et plus simple à mettre en œuvre[50]. Le μA741 est encore fabriqué de nos jours, et est devenu omniprésent en électronique. Plusieurs fabricants produisent une version améliorée de cet AOP, reconnaissable grâce au « 741 » présent dans leur dénomination. Depuis, des circuits plus performants ont été développés, certains basés sur des JFET (fin des années 1970), ou sur des MOSFET (début des années 1980). La plupart de ces AOP modernes peuvent se substituer à un μA741, dans un circuit de conception ancienne, afin d’en améliorer les performances.

Les amplificateurs opérationnels sont disponibles sous des formats, brochages, et niveaux de tensions d’alimentation standardisés. Avec quelques composants externes, ils peuvent réaliser une grande variété de fonctionnalités utiles en traitement du signal. La plupart des AOP standard ne coûtent que quelques dizaines de centimes d’euros, mais un AOP discret ou intégré avec des caractéristiques non-standard et de faible volume de production peut coûter plus de 100 euros pièce.

Les principaux fabricants d’amplificateurs opérationnels sont : Analog Devices, Linear Technology, Maxim, National Semiconductor, STMicroelectronics et Texas Instruments[51].

Les amplificateurs d’instrumentation 

Article détaillé : Amplificateur d'instrumentation.
Schéma typique d’un amplificateur d’instrumentation (normes européennes).

 

 

Un amplificateur d’instrumentation est un dispositif électronique destiné au traitement de faibles signaux électriques. L’application typique est le traitement de signaux issus de capteurs de mesure. Son fonctionnement est basé sur le principe de l’amplification différentielle.

L’amplificateur d’instrumentation est généralement réalisé à partir d’un ou de plusieurs amplificateurs opérationnels, de telle manière qu’il améliore leurs caractéristiques intrinsèques : offset, dérive, bruit d’amplification, gain en boucle ouverte, taux de réjection du mode commun, impédance d’entrée.

Le gain idéal en mode commun de l’amplificateur d’instrumentation est minimisé. Dans le circuit ci-contre, le gain en mode commun est causé par les différences de valeur entre les résistances portant le même nom et le gain en mode commun non-nul des deux AOP d’entrées. La réalisation de résistances appairées en valeur est la principale contrainte de fabrication des circuits d’instrumentation[52].

Les amplificateurs d’instrumentation peuvent être réalisés avec plusieurs AOP et des résistances de précision, mais ils sont aussi disponibles sous forme de circuits intégrés dans les catalogues de plusieurs fabricants (dont Texas Instruments, Analog Devices, et Linear Technology). Un amplificateur d’instrumentation intégré contient généralement des résistances dont les valeurs ont été ajustées avec précision à l’aide d’un laser, et offre donc un excellent taux de réjection du mode commun.

 

 

http://pagesperso-orange.fr/sciencescassin/aspirine/imagegalenique/upsa.jpg

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Amplificateur électronique (2).

Publié le 29 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans TECHNOLOGIES-Industrie(Btp-élect - énergie...)

 

Le bruit grenaille 

Le bruit grenaille a été mis en évidence en 1918 par Walter Schottky. Ce bruit apparaît dans les dispositifs où le nombre d’électrons est assez faible pour donner une fluctuation statistique détectable. En électronique, ce bruit apparaît dans les dispositifs à base de semi-conducteur (transistors, etc.) et les tubes électroniques. Le bruit grenaille est un bruit blanc dont la densité spectrale de puissance dépend uniquement de la valeur moyenne du courant traversant le composant bruyant.

Note : Le bruit thermique et le bruit grenaille sont tous les deux dus à des fluctuations quantiques, et certaines formulations permettent de les regrouper dans un seul et unique concept[16].

Le bruit de scintillation

Le bruit de scintillation, également nommé bruit en 1/f, bruit en excès, bruit de flicker ou bruit rose est un bruit dont la densité spectrale de puissance est en 1/f. Cela signifie que plus la fréquence augmente, plus l’amplitude de ce bruit diminue. Ce type de bruit existe dans tous les composants actifs et a des origines très variées, comme des impuretés dans les matériaux ou des créations et recombinaisons parasites dues au courant de base d’un transistor. Ce bruit est toujours relatif à un courant continu. Il peut être réduit en améliorant les procédés de fabrication des semi-conducteurs et diminuant la consommation de l’amplificateur[17]. Malheureusement, la réduction de la consommation d'un amplificateur passe par une augmentation de la valeur de certaines résistances ce qui va augmenter le bruit thermique[17].

Le bruit de scintillation se rencontre aussi avec les résistances au carbone, où il est désigné comme bruit en excès car il s’additionne au bruit thermique. Le bruit de scintillement étant proportionnel à la composante continue du courant, si le courant est faible, le bruit thermique prédominera quel que soit le type de résistance.

Le bruit en créneaux

Le bruit en créneaux est également nommé burst noise, ou bruit popcorn, ou crépitement. Il a été découvert lors du développement de l’un des premiers amplificateurs opérationnels : le µA709. Il s’agit essentiellement de créneaux de tension (ou de courant) dont l’amplitude s’étend de moins d’un microvolt à plusieurs centaines de microvolts. L’intervalle entre les créneaux est de l’ordre de la milliseconde [18]. Le bruit en créneaux, dans un amplificateur audio, produit des « pops » qui lui ont valu le nom de bruit popcorn[19]. L’apparition de ces « pops » est aléatoire : ils peuvent se manifester plusieurs fois par seconde puis disparaître pendant plusieurs minutes.

Les origines de ce bruit ne sont pas actuellement connues, mais il semble qu’elles soient liées à des imperfections dans les semi-conducteurs et à l’implant d’ions lourds [20],[21]. Les conditions les plus favorables à l’apparition de ce bruit semblent être de basses températures et la présence de résistances de forte valeur[18].

Le bruit d’avalanche  

Le bruit d’avalanche a lieu dans les semi-conducteurs : le champ électrique accélère certains électrons au point de déloger d’autres électrons de valence et de créer des porteurs de charge supplémentaires. Ce bruit devient important pour les champs électriques élevés, au voisinage de l’effet d’avalanche.

Les autres types de bruits 
Effet de l'échantillonnage sur un signal. En gris le signal désiré, en rouge le signal obtenu.



On peut rencontrer d’autres types de bruits dans un amplificateur électronique. Ces bruits ne sont généralement pas dus à l’amplificateur lui-même mais à son environnement. On citera, par exemple, les bruits de quantification et d'échantillonnage engendrés par les convertisseurs numérique analogique et tous les bruits CEM attribués à la présence d’alimentations à découpage, d’émetteurs radio et de télévision et autres appareils sources d’interférences à proximité de l’amplificateur. La plupart de ces bruits peuvent être maîtrisés à l’aide d’un blindage et/ou d’un filtrage des signaux d’entrée et d’alimentation. Dans les cas les plus sensibles, il est parfois nécessaire d’avoir recours à de lourdes tables pour absorber les vibrations, des cages de Faraday, des chambres sourdes et des pièces climatisées[22],[23].

Rapport signal sur bruit 

Le rapport signal-bruit est un terme utilisé en ingénierie, en traitement du signal ou en théorie de l’information pour désigner le rapport entre la grandeur d’un signal (information utile, significative) et celle du bruit (information inutile, non significative). Comme de nombreux signaux ont une échelle dynamique élevée, les rapports signal-bruit sont souvent exprimés en décibels. Le rapport signal sur bruit désigne la qualité d’une transmission d’information par rapport aux parasites. On définit ainsi la qualité d’un amplificateur, quel que soit son type et la catégorie de signaux qu’il traite. Plus le rapport est élevé, moins l’appareil dénature le signal d’origine.

Classification des systèmes et étages amplificateurs 

Il existe une grande quantité de classifications, elles découlent souvent des différentes caractéristiques du schéma d’un amplificateur. Toutes ces caractéristiques ont une influence sur les paramètres et les performances de l’amplificateur. La conception d’un amplificateur est toujours un compromis entre plusieurs facteurs comme le coût, la consommation énergétique, les imperfections des composants et, le besoin de rendre l’amplificateur compatible avec le générateur du signal d’entrée et la charge en sortie. Afin de décrire un amplificateur, on parle généralement de sa classe, de la méthode de couplage qui a été utilisée entre ces différents étages ainsi que la gamme de fréquences pour laquelle il est prévu[24].

Classification par angle de conduction : les classes amplificateurs 

 

Un amplificateur est généralement constitué de plusieurs étages d'amplification, chaque étage étant conçu autour d' « éléments actifs » ( transistor en général) . Un élément actif n'est pas nécessairement polarisé de façon à amplifier le signal pendant 100 % du temps. Le système de lettres, ou classe, utilisé pour caractériser les amplificateurs assigne une lettre pour chaque schéma d’amplificateur électronique. Ces schémas sont caractérisés par la relation entre la forme du signal d’entrée et celui de sortie, mais aussi par la durée pendant laquelle un composant actif est utilisé lors de l’amplification d’un signal. Cette durée est mesurée en degrés d’un signal sinusoïdal test appliqué à l’entrée de l’amplificateur, 360 degrés représentant un cycle complet[25],[26],[27]. En pratique la classe d’amplification est déterminée par la polarisation des composants (tubes, transistors bipolaires, transistors à effet de champ, etc.) de l’amplificateur, ou le calcul du point de repos.

 

 

Vue des zones où le signal est utilisé pour les différentes classes d’amplificateurs.



Les circuits amplificateurs sont classés dans les catégories A, B, AB et C pour les amplificateurs analogiques, et D, E et F pour les amplificateurs à découpage. Pour les amplificateurs analogiques, chaque classe définit la proportion du signal d’entrée qui est utilisée par chaque composant actif pour arriver au signal amplifié (voir figure ci-contre), ce qui est aussi donné par l’angle de conduction a :

Classe A 
La totalité du signal d’entrée (100 %)[26],[27] est utilisée (a = 360°).
Classe B 
La moitié du signal (50 %)[26],[27] est utilisée (a = 180°).
Classe AB 
Plus de la moitié mais pas la totalité du signal (50–100 %)[26],[27] est utilisée (180° < a < 360°).
Classe C 
Moins de la moitié (0–50 %)[26],[27] du signal est utilisée (0 < a < 180°).

Les amplificateurs de classe AB se nomment ainsi car ils fonctionnent comme des classe A pour les signaux de faible amplitude, puis ils passent progressivement en classe B au fur et à mesure que l’amplitude du signal augmente.

Il existe d’autres classes pour les amplificateurs analogiques : G et H. Ces classes ne se distinguent plus des autres grâces à leur angle de conduction mais grâce à leur rendement. La classe G a été introduite en 1976 par Hitachi[28]. Les amplificateurs de classe G possèdent plusieurs bus de tensions différentes et passent de l’un à l’autre en fonction de la puissance demandée en sortie. Cela permet d’augmenter le rendement en diminuant la puissance « perdue » dans les transistors de sortie. Les amplificateurs de classe H sont similaires à ceux de classe G, à la différence près que la tension d’alimentation « suit », ou est modulée par le signal d’entrée.

À l’inverse des amplificateurs analogiques qui utilisent leurs composants actifs dans leur zone linéaire, les amplificateurs à découpages utilisent leurs composants actifs comme des interrupteurs en les amenant dans leur zone saturée. Quand ils sont utilisés ainsi, on peut distinguer deux modes de fonctionnement pour les composants actifs : passant (ou saturé) et bloqué. Quand un composant actif est bloqué, le courant qui le traverse est nul tandis que lorsqu’il est saturé, la chute de tension à ces bornes est faible. Dans chaque mode de fonctionnement, les pertes de puissances sont très faible permettant ainsi aux amplificateurs à découpage d’avoir un fort rendement. Cette augmentation du rendement permet de demander moins de puissance à l’alimentation et d’utiliser des dissipateurs plus petits que pour un amplificateur analogique de puissance équivalente. C’est grâce à ces avantages en termes de rendement et de volume que les amplificateurs de classe D concurrencent les amplificateurs de classe AB dans beaucoup d’applications [29].

Les amplificateurs de classe E et F sont des amplificateurs à haut rendement qui sont optimisés pour n’amplifier qu’une faible gamme de fréquences. Ils sont généralement utilisés pour amplifier les fréquences radio. Le principe des amplificateurs de classe E a été publié pour la première fois en 1975 par Nathan O. Sokal et Alan D. Sokal [30]. Les amplificateurs de classe F reprennent le même principe que les amplificateurs de classe E mais avec une charge accordée à une fréquence et à quelques uns de ses harmoniques, tandis que la charge des amplificateurs de classe E n’est accordée que pour la fréquence fondamentale.

Classification par méthode de couplage 

Les amplificateurs sont parfois classés par leur méthode de couplage entre l’entrée et la sortie ou entre les différents étages de l’amplificateur. Ces différentes méthodes incluent les couplages capacitif, inductif (transformateur) et le couplage direct[24].

Le couplage capacitif permet d'isoler la polarisation des étages entre eux, par contre il ne permet pas d'amplifier le continu. L’utilisation d’un couplage direct permet de se passer des condensateurs de liaisons et d'amplifier le continu, mais implique l’utilisation d’une alimentation symétrique[31],[32]. Le couplage inductif permet de réaliser une adaptation d'impédance entre les étages ou de réaliser un circuit résonant. La plupart des amplificateurs intégrés utilisent un couplage direct entre leurs étages[24].

Classification par gamme de fréquences 

On peut aussi décrire les amplificateur en fonction de leur bande passante. Par exemple, les amplificateurs audio sont conçus pour amplifier les signaux à des fréquences sonores audibles (20 Hz à 20 kHz) tandis que les amplificateurs d’ondes radio peuvent amplifier des fréquences allant bien au-dela des 20 kHz. Les amplificateurs d’ondes radio peuvent aussi être classés suivant la largeur de leur bande passante. On parle alors d’amplificateurs à bande étroite (narrowband en anglais) ou large bande (wideband en anglais). Les amplificateurs à bande étroite ne travaillent que sur une faible gamme de fréquences (par exemple de 450 à 460 KHz) tandis que les amplificateurs large bande peuvent amplifier une grande gamme de fréquences[24]. En général, les amplificateurs à bande étroite utilisent une charge accordée. Les charges accordées sont des filtres passe-bande : elles ne laissent passer qu’une seule fréquence ou une bande de fréquences et permettent d’utiliser des montage de classe E ou F qui sont intéressant car ils possèdent de forts rendements.

Classification des étages d'amplificateurs par leur électrode reliée au zéro 

Une de ces classifications se réfère à « l’électrode reliée au zéro » : le schéma de l’étage amplificateur est alors décrit par l’électrode du composant actif qui est reliée au plus court au zéro. Ainsi, on parle d’amplificateur à émetteur commun, à plaque commune ou à drain commun. Ces noms renseignent aussi sur le type de technologie utilisée. Par exemple, un amplificateur à émetteur commun utilisera un transistor bipolaire, celui à plaque commune un tube tandis qu’un amplificateur à drain commun utilisera un MOSFET ou un JFET. Quelle que soit l’électrode d’un composant actif, il existe certainement une application ayant amené à la création d’un montage où elle est reliée au zéro. Voir aussi : collecteur commun, base commune.

Inverseur et non-inverseur

Une autre façon de classer les amplificateurs est d’utiliser la phase entre le signal d’entrée et celui de sortie. Un amplificateur inverseur produira un signal de sortie déphasé de 180 degrés par rapport au signal d’entrée, ou une image miroir de l’entrée si on visualise l’entrée et la sortie sur un oscilloscope. Un amplificateur non-inverseur produira quant à lui un signal de sortie ayant la même phase que l’entrée. Un montage émetteur suiveur (ou collecteur commun), est un type d’amplificateur dont le signal sur l’émetteur suit (même phase et même amplitude en tension) le signal d’entrée. Les montages qualifiés de « suiveur » sont des amplificateurs de courant : ils permettent d’obtenir un courant de sortie élevé tout en absorbant un courant d’entrée quasiment négligeable.

Cette description peut s’appliquer à un simple étage ou à un système complet.

Classification par fonction  


Vue interne d’un amplificateur à transistors moderne.

 

 

Les amplificateurs peuvent aussi être classés par fonctions ou caractéristiques de sortie. Ces descriptions fonctionnelles s’appliquent souvent à un système complet et non à un étage unique.

  • Un servo-amplificateur possède une boucle de contre réaction afin d’asservir la sortie à une consigne. Certains servo-amplificateurs amplifient seulement le courant continu et les basses fréquences (jusqu'à quelques centaines de Hz), ignorant ainsi toute perturbation haute fréquence. Ils sont souvent utilisés dans les actionneurs mécaniques, ou avec des moteurs à courant continu qui doivent maintenir une vitesse ou un couple constant. Un servo-amplificateur amplifiant le courant alternatif pourra faire de même avec certaines machines à courant alternatif.
  • Un amplificateur linéaire ne produit pas de distorsion harmonique : un signal sinusoïdal sur son entrée donne toujours un signal sinusoïdal en sortie (Voir la distorsion).
  • Un amplificateur large bande possède un facteur d’amplification précis sur une large bande de fréquences. Il est généralement linéaire. Il peut être utilisé pour amplifier l'ensemble des canaux TV reçus, pour amplifier un signal à large spectre, pour amplifier les signaux multifréquences dans les relais d’un système de télécommunication.
  • Un amplificateur sélectif ou bande étroite est conçu de façon à amplifier qu’une bande de fréquences étroite ou unique à l’exception de toutes les autres fréquences. Par exemple la fréquence intermédiaire des récepteurs.
  • Les amplificateurs radioélectriques sont conçus pour amplifier les signaux générant des ondes radio. Ils sont souvent spécialement étudiés pour alimenter une antenne radioélectrique : pour les émetteurs, ce sont les amplificateurs RF de puissance, et pour les récepteurs, ce sont les amplificateurs faible bruit.
  • Les amplificateurs audio sont étudiés spécialement pour reproduire les fréquences audibles par l’intermédiaire d’enceintes électroacoustiques. Ils possèdent souvent plusieurs amplificateurs regroupés ensemble comme canaux séparés ou « bridgeables » afin de pouvoir s’adapter à différents systèmes de reproduction sonore.
  • Un type spécial d’amplificateur basse puissance aux caractéristiques idéales est souvent utilisé dans les instruments, le traitement du signal et bien d’autres applications. Ces amplificateurs sont connus sous le nom d’amplificateurs opérationnels. Ils portent ce nom car ils servent majoritairement à réaliser des algorithmes mathématiques, ou « opérations » sur le signal d’entrée afin d’obtenir le signal de sortie voulu.
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Amplificateur électronique (1).

Publié le 29 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans TECHNOLOGIES-Industrie(Btp-élect - énergie...)

 

Amplificateur électronique
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 

Un amplificateur Hi-Fi à tubes.

 

 

Un amplificateur électronique (ou amplificateur, ou ampli) est un système électronique augmentant la tension et/ou l’intensité d’un signal électrique. L’énergie nécessaire à l’amplification est tirée de l’alimentation du système. Un amplificateur parfait ne déforme pas le signal d’entrée : sa sortie est une réplique exacte de l’entrée mais d’amplitude majorée.

Les amplificateurs électroniques sont utilisés dans quasiment tous les circuits électroniques : ils permettent d’élever un signal électrique, comme la sortie d’un capteur, vers un niveau de tension exploitable par le reste du système. Ils permettent aussi d’augmenter la puissance maximale disponible que peut fournir un système afin d’alimenter une charge comme une antenne ou une enceinte électroacoustique.

 

Historique 

Une audion de 1906.

 

 

Le premier amplificateur électronique fut réalisé en 1906 par l’inventeur américain Lee De Forest, à l’aide de la première version d’une de ses inventions : l’audion[1]. En 1908, Lee De Forest perfectionna l’audion en lui rajoutant une électrode, donnant ainsi naissance à la première triode[2],[3]. La triode fut vite perfectionnée par l’ajout d’une (pour la tétrode) puis de deux grilles supplémentaires, palliant certains effets indésirables, notamment l’effet « dynatron » (zone où le tube présente une résistance négative). Ce tube pentode est ensuite rapidement adopté pour la plupart des amplificateurs à tubes, pour son meilleur rendement. Les amplificateurs à tubes sont aussi connus sous le nom d’amplificateurs à « lampes », en raison de la forme des tubes et de la lumière qu’ils émettent lorsqu’ils fonctionnent (voir photo ci-contre).

 

 

Un Klystron.

 

 

Depuis le début des années 1960, grâce l’apparition des premiers transistors de puissance vraiment fiables et au coût réduit, la majorité des amplificateurs utilise des transistors[4]. On préfère les transistors aux tubes dans la majorité des cas car ils sont moins encombrants, fonctionnent à des tensions plus faibles et sont immédiatement opérationnels une fois mis sous tension, contrairement aux tubes électroniques qui nécessitent une dizaine de secondes de chauffage.

 

 

Quatre tubes de puissance « Electro Harmonix KT88 » à l'intérieur d'un amplificateur de guitare.

 

 

Les tubes sont toujours utilisés dans des applications spécifiques comme les amplificateurs audio, surtout ceux destinés aux guitares électriques[5], et les applications de « très » forte puissance ou à haute fréquence[6] comme pour les fours à micro-ondes, le chauffage par radiofréquence industriel, et l’amplification de puissance pour les émetteurs de radio et de télévision.

Dans le domaine des télécommunications spatiales demandant de fortes puissances, on utilise également des amplificateurs à klystron et des tubes à ondes progressives (ATOP). Il existe en outre des amplificateurs de type SSPA (Solid State Power Amplifier) embarqués à bord des satellites.

Principe de fonctionnement et théorie 


Schéma très simplifié d’un amplificateur

 

 

Un amplificateur électronique utilise un ou plusieurs composants actifs (transistor ou tube électronique) afin d’augmenter la puissance électrique du signal présent en entrée. Les composants actifs utilisés dans les amplificateurs électroniques permettent de contrôler leur courant de sortie en fonction d’une grandeur électrique (courant ou tension), image du signal à amplifier. Le courant de sortie des composants actifs est directement tiré de l’alimentation de l’amplificateur. Suivant la façon dont ils sont implémentés dans l’amplificateur, les composants actifs permettent ainsi d’augmenter la tension et/ou le courant du signal électrique d’entrée. Le principe de fonctionnement d’un amplificateur est présenté dans le schéma simplifié ci-contre. Ce schéma utilise un transistor bipolaire comme composant amplificateur, mais il peut être remplacé par un MOSFET ou un tube électronique. Le circuit de polarisation assurant le réglage de la tension au repos a été omis pour des raisons de simplification. Dans ce circuit, le courant produit par la tension d’entrée sera amplifié de β (avec β >> 1) par le transistor. Ce courant amplifié traverse alors la résistance de sortie et l’on récupère en sortie la tension − β.R.ie[7]. Avec ie le courant d’entrée et R la valeur de la résistance.

Les amplificateurs peuvent être conçus pour augmenter la tension (amplificateur de tension), le courant (amplificateur suiveur) ou les deux (amplificateur de puissance) d’un signal. Les amplificateurs électroniques peuvent être alimentés par une tension simple (une alimentation positive ou négative, et le zéro) ou une tension symétrique (une alimentation positive, une négative et le zéro). L’alimentation peut aussi porter le nom de « bus » ou « rail ». On parle alors de bus positif ou négatif et de rail de tension positive ou négative.

Les amplificateurs sont souvent composés de plusieurs étages disposés en série afin d’augmenter le gain global. Chaque étage d’amplification est généralement différent des autres afin qu’il corresponde aux besoins spécifiques de l’étage considéré. On peut ainsi tirer avantage des points forts de chaque montage tout en minimisant leurs faiblesses.

 

 

Représentation d'un quadripôle.
Représentation théorique d’un amplificateur de tension dont l’entrée et la sortie partagent le même zéro.
Bande passante à -3 dB.

 

 

Si l’on considère que l’alimentation d’un amplificateur est indépendante du signal d’entrée et de sortie de l’amplificateur, on peut représenter cet amplificateur par un quadripôle. Le formalisme des quadripôles permet d’obtenir une relation matricielle entre les courants et les tensions d’entrée et de sortie. Il a été introduit dans les années 1920 par le mathématicien allemand Franz Breisig. Dans le cas d’un amplificateur de tension, les grandeurs électriques sont définis par quatre paramètres : l’impédance d’entrée Ze, l’impédance de sortie Zs, le gain de transconductance G et le paramètre de réaction G12. On a alors :

{V_1\choose V_2}=\begin{pmatrix}Ze & G_{12}\\G & Zs\end{pmatrix}{I_1\choose I_2}.

Pour un amplificateur parfait, G12 est nul (la sortie n’influence pas l’entrée), Zs est également nul (la tension de sortie ne dépend pas du courant de sortie), et le gain G est constant. On a alors le gain de l’amplificateur :

\frac{V_2}{V_1}=\frac{G}{Ze}=cte .

En pratique ces conditions ne sont pas tout à fait respectées, entraînant de ce fait des caractéristiques altérées concernant la bande passante, le gain en puissance, le bruit dû au facteur température, ou encore la distorsion du signal. On évalue les performances d’un amplificateur en étudiant son rendement, sa linéarité, sa bande passante et le rapport signal sur bruit entre l’entrée et la sortie.

La « bande passante à -3 dB » (décibel) d’un amplificateur est la gamme de fréquences où le gain en tension de l’amplificateur est supérieur au gain maximum moins trois décibels[8]. Si on ne raisonne pas en décibel, cela correspond à la gamme de fréquences où le gain en tension est supérieur au gain maximum divisé par racine de deux[9], ce qui correspond à une division de la puissance fournie à la charge par deux[10],[11]. La bande passante est habituellement notée B ou BP. Occasionnellement on rencontre des bandes passantes plus larges, par exemple la bande passante à -6 dB, gamme de fréquences où le gain en tension est supérieur à la moitié du gain maximum.

 

 

Effet de la saturation sur la linéarité.

 

 

La linéarité d’un amplificateur correspond à sa capacité à garder constante la pente de la courbe donnant la tension de sortie en fonction de la tension d'entrée. Une limitation de linéarité vient de l’alimentation de l’amplificateur : la tension de sortie ne peut dépasser la tension d’alimentation de l’amplificateur. Lorsque cela arrive, on parle de saturation de l’amplificateur. La linéarité d’un amplificateur est aussi limitée par sa vitesse de balayage (ou slew rate) qui représente la vitesse de variation maximale qu’il peut reproduire. Lorsque la variation du signal d’entrée d’un amplificateur est supérieure à sa vitesse de balayage, sa sortie est une droite de pente SR.

 \mathrm{SR} = \max\left(\frac{dv_s(t)}{dt}\right) .

La vitesse de balayage est exprimée en V/µs.

Enfin, la caractéristique des éléments semiconducteurs n'est jamais totalement linéaire, et conduit à la distorsion harmonique. On réduit cette distorsion par la contre réaction (voir plus loin).

La distorsion dans les amplificateurs électroniques 

Un amplificateur doit fournir une tension de sortie ayant la même forme que le signal d'entrée, mais d'amplitude supérieure. Si la forme du signal de sortie (à l'amplitude près) est différente de la forme du signal d'entrée, on dit qu'il y a distorsion.

La distorsion d'amplitude 

Cette distorsion a lieu si la bande passante de l'amplificateur n'est pas suffisante pour amplifier l'ensemble des fréquences (spectre) composant le signal. Cependant, si le signal d'entrée est sinusoïdal, le signal de sortie le sera également.

La distorsion harmonique  

Cette distorsion est provoquée par un défaut de linéarité de l'amplificateur. Si le signal d'entrée est sinusoïdal, le signal de sortie ne l'est plus. Cette sinusoïde déformée peut être considérée comme la somme d'une sinusoïde pure ( fondamentale) et de sinusoïdes de fréquences multiples de cette fondamentale (harmoniques) . Le taux de distorsion harmonique sera fonction du rapport entre ces harmoniques et la fondamentale.

La distorsion de phase ou de temps de propagation

Le signal de sortie d'un amplificateur est composé généralement de plusieurs fréquences, qui devraient être amplifiées strictement en même temps. La forme d'un tel signal complexe ne sera plus conservée si le temps de propagation des fréquences qui le composent n'est pas le même. Ces retards sont peu audibles pour l'oreille. Cependant, si l'amplificateur doit amplifier des signaux numériques, cette distorsion devient très gênante et peut conduire à des erreurs sur les bits transmis et décodés. Pour cette raison, cette caractéristique est très importante pour les amplificateurs de signaux numériques. On quantifie cette distorsion en précisant les différences de retard en fonction de la fréquence. Il est aussi possible de préciser la courbe du déphasage en fonction de la fréquence. Cette courbe doit être une droite pour ne pas avoir de distorsion de propagation de groupe. Pour cette raison, les amplificateurs sans cette distorsion sont parfois qualifiés « à phase linéaire ».

La distorsion d'intermodulation

Si des étages d'amplification sont non linéaires, on observera en plus de la distorsion harmonique, l'apparition de « fréquences parasites » qui sont des combinaisons linéaires des fréquences composant le signal à amplifier. Ce type de défaut est très gênant pour les amplificateurs traitant de signaux radioélectriques, car ces fréquences parasites peuvent perturber les liaisons radio (voir intermodulation). Cette distorsion peut également être gênante pour les amplificateurs audio, car l'oreille pourra percevoir ces fréquences parasites qui sont surajoutées au signal.

Le bruit dans les amplificateurs électroniques

Effet du bruit sur un signal électrique.

 

 

En électronique, le bruit désigne les signaux aléatoires et non désirés, voire parasites, se superposant aux signaux utiles. Dans un amplificateur ces signaux parasites peuvent venir de son environnement ou des composants le constituant. Il existe cinq types de bruit en électronique : le bruit thermique, le bruit grenaille, le bruit de scintillation (« bruit flicker »), le bruit en créneaux et le bruit d'avalanche[12]. Il est possible de réduire le bruit dans un amplificateur en s’attaquant directement à ses origines (voir ci-dessous) mais aussi en limitant le plus possible la bande passante de l’amplificateur, afin d’éliminer le bruit présent en dehors de ses fréquences de travail[13].

Le bruit thermique  

Le bruit thermique, également nommé bruit de résistance, ou bruit Johnson ou bruit de Johnson-Nyquist est le bruit produit par l'agitation thermique des porteurs de charges, c’est-à-dire des électrons dans une résistance électrique en équilibre thermique. Le bruit thermique est un bruit blanc dont la densité spectrale de puissance dépend uniquement de la valeur de la résistance. Le bruit thermique peut être modélisé par une source de tension en série avec la résistance qui produit le bruit. On caractérise le bruit thermique d'un amplificateur, par sa « résistance équivalente de bruit », ou, pour un amplificateur RF, par le facteur de bruit, qui dépend de la température de la source de signal.

Le bruit thermique a été mesuré pour la première fois en 1927 par le physicien John Bertrand Johnson aux Bell Labs[14]. Son article Thermal Agitation of Electricity in Conductors montrait que des fluctuations statistiques se produisaient dans tous les conducteurs électriques, produisant une variation aléatoire de potentiel aux bornes de ce conducteur. Ce bruit thermique était donc identique pour toutes les résistances de la même valeur et n’était donc pas imputable à une fabrication médiocre. Johnson décrivit ses observations à son collègue Harry Nyquist qui fut capable d’en donner une explication théorique[15].

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Art roman (3 & fin).

Publié le 28 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme

 

L'apogée de l'orfèvrerie 

 

 

En relation avec le développement du culte des reliques, les orfèvres produisent des reliquaires et des châsses de grande qualité. À l’époque romane, le renouveau des sacrements et le culte des reliques provoquent un essor de l’orfèvrerie religieuse.

  • Œuvres à caractère somptuaire,
  • thèmes hagiographiques,
  • ateliers mosans et de Limoges prépondérants,
  • Châsses qui reproduisent les églises en miniature.

Les écoles régionales 

L'espace espagnol et le sud-ouest français  

L'Espagne est une référence au niveau de l'art roman : de nombreux apports de la culture arabe ont enrichi le patrimoine artistique espagnol, notamment à Salamanque (cathédrale).

Les églises de cette région se sont développées grâce aux chemins de pèlerinage qui mènent au sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle, au nord-ouest de l'Espagne. Les moyens financiers qui affluent permettent aux abbés et aux évêques de bâtir des édifices somptueux. Le modèle architectural est la Basilique Saint-Sernin : doubles collatéraux, vaste transept, chevet à déambulatoire desservant des chapelles rayonnantes, dotées de reliques, caractérisent les grandes églises de pèlerinage.

Les Pyrénées centrales connaissent également, à partir de l'an mil une "floraison artistique romane" comme le souligne l'historien d'art Marcel Durliat. Favorisée par la reprise des échanges commerciaux et la relative stabilité sociale et politique, la circulation des idées entretient dans les Pyrénées une véritable période de création artistique.

Sites romans :

L'espace germanique  

En Allemagne, le roman suit les traces de l'art ottonien, créant des grands ensembles monumentaux, dont beaucoup proposent des solutions complétement nouvelles, telles que la double arche ou Westwerk. On peut citer parmi les plus singulières:

  • Les cathédrales de Worms, Maguncia et Espira
  • L'église de Sainte Marie du Capitole à Cologne
  • L'abbaye de Sainte Marie à Laach (Rhénanie-Palatine)

En France, la cathédrale de Verdun présente toutes les caractéristiques d'un plan roman-rhénan, à savoir :
une nef unique encadrée par deux chœurs, eux-mêmes flanqués de deux tours. De ce fait, les portails sont exclusivement latéraux.

La Bourgogne

Saint Michel terrassant le dragon, Bourgogne, XIIe siècle, musée du Louvre

 

 

L'art roman s'est développé en Bourgogne en relation avec l'essor des centres monastiques. Le rôle de Cluny en premier lieu explique le nombre important d'édifices romans dans cette région. Les cathédrales et les églises abbatiales ont des dimensions importantes. Les bâtiments monastiques ont des plans complexes, surtout à Cluny où l'ensemble est agrandi plusieurs fois par des ajouts successifs. L'abbatiale Cluny II (960-981) a servi de modèle à bien des édifices romans bourguignons. La décoration murale, le voûtement et la massivité des édifices témoignent d'influences méridionales.

Article connexe : art roman en Saône-et-Loire.
La Normandie 
Tours de la façade de l'abbatiale de Jumièges, Seine-Maritime

 

 

Pour le contexte, voir Histoire de la Normandie.

Le développement de l'art roman en Normandie bénéficie d'un contexte favorable : le duc tient fermement sa principauté et la Normandie ne connaît pas l'anarchie féodale qui règne dans d'autres provinces. La croissance économique et démographique créent les conditions d'un essor architectural fécond et original. Les ducs eux-mêmes favorisent la construction de nouveaux édifices religieux. Ainsi, Richard Ier fait reconstruire l’église abbatiale à Fécamp. Mais c’est Richard II qui fit venir Guillaume de Volpiano pour ranimer la vie de l’abbaye, selon la règle bénédictine. Robert le Magnifique fonda Cerisy en 1032. Guillaume le Conquérant fait élever l'abbaye aux Hommes à Caen (1063-1077). Au XIe siècle, les Normands s'installent en Sicile et exportent leur art qui finit par se mêler à d'autres influences, arabes et byzantines.

  • Le roman normand se distingue par plusieurs caractéristiques :
    • Dans les églises importantes, une élévation de la nef à trois niveaux,
    • Des façades symétriques (façades harmoniques) (Abbatiale Saint-Étienne, Abbaye aux Dames, Abbatiale de Saint-Georges de Boscherville),
    • Des tours surmontées de flèches (Abbatiale Saint-Étienne, Jumièges, Saint-Georges de Boscherville),
    • Des tours-lanternes se dressent au-dessus de la croisée du transept (Jumièges, Abbatiale Saint-Étienne),
    • Des collatéraux en voûtes d'arêtes,
    • Une galerie de circulation à la base des fenêtres hautes,
    • Le caractère précoce (vers 1100[10] de l'apparition de la croisée d'ogives, qui annonce le style gothique,
    • Aucun tympan historié sur les grands édifices[11]
    • La sculpture romane normande s'exprime sur les chapiteaux et les modillons. À partir du début du XIIe siècle, la décoration sculptée n'est que géométrique et abstraite.
    • Les monastères normands ont produits beaucoup de manuscrits enluminés au cours de la période romane : les principaux centres sont le Mont-Saint-Michel, Fécamp, Jumièges et Le Bec. Les manuscrits reprennent la tradition carolingienne agrémentée d'influences anglo-saxonnes, surtout après la conquête de 1066.
    • La Tapisserie de Bayeux a été réalisée en Angleterre par des Anglo-Saxons[12]

Comme les autres régions, l'art normand s'enrichit d'influences diverses (art ottonien, bourguignon, ...). L'Italien Guillaume de Volpiano dirige le chantier de l'abbaye de Fécamp au début du XIe siècle.

Article détaillé : art roman en Normandie.
Les églises auvergnates à massif barlong 


  • Autres sites romans en Auvergne : la cathédrale Notre-Dame du Puy marque un départ du chemin de Compostelle. L'architecture est marquée par différentes influences :
    • byzantine par les différentes fresques et dans leurs dispositions
    • arabe traduit par les mosâïques de pierre (cloître) et les arcs outrepassés
    • copte dans les détails décoratifs peints.

Les caractères du Puy se retrouvent dans de nombreux édifices religieux régionaux. La chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe en a été influencée. La porte d'entrée du Puy est très évocatrice de l'architecture musulmane de l'époque comme en atteste l'arc polylobé qui orne son portail.

Le bassin ligérien 
Le Poitou 

L'architecture romane poitevine se carctérise fréquemment par l'absence de tympan ainsi que par des décorations à motif géométrique ou végétal autour des portes; les églises sont souvent de type "halle" : les collatéraux ont la même hauteur que le vaisseau central (cf. Jean-Pierre Caillet, L’abécédaire de l’Art médiéval, page 100).

La Provence  
Article détaillé : Art roman provençal.
Saint-Restitut : portail à l'antique

 

La Provence possède, comme l'Auvergne et la Bourgogne, beaucoup d'édifices romans dont certains figurent parmi les plus célèbres de France.

 

 

L'art roman provençal présente comme particularité d'être fortement influencé par l'antiquité romaine par le biais des nombreux vestiges romains subsistant en Provence.

Il a emprunté de nombreuses caractéristiques stylistiques à l'architecture de l'antiquité romaine :

La Provence compte également trois abbayes cisterciennes (appelées les Trois sœurs provençales) qui illustrent à merveille l'art cistercien :

L'Italie et les influences byzantines et orientales (Vénétie et Sicile) 
Article détaillé : Art roman lombard.

En Italie, l'héritage classique et paléochrétien continue à se ressentir profondément.L'art pré-roman, création originale dont est issu le style lombard, s'est étendu par la suite à d'autres régions comme la Catalogne ou la Provence. Les édifices romans italiens se distinguent par leur style somptueux et décoratifs, et aussi par leur clarté structurelle. Parmi les plus notables son trouve:

  • La cathédrale de Parme
  • La basilique de san Ambrosio de Milán
  • La basilique de san Zenón de Verona
  • La basilique de san Miguel de Pavía
  • Las cathédrales de Trente et Módene
  • La basilique de San Miniato al Monte, à Florencie
  • Sans doute le monument roman le plus particulier d'Italie est la Cathédrale de Pise, ensemble exceptionnel qui comprend le baptistère, la cathédrale elle-même et le campanile (la tour inclinée de Pise)
L'Angleterre


La tour richement décorée de la Cathédrale de Norwich est surmontée par une spirale du 15è siècle

 

 

L'Art roman ne pénètre en Angleterre qu'au XIIIe siècle en tant que tel, la forme d'art précédente est appelée Art Normand.

Le style Normand s'est développé simultanément en Normandie et en Angleterre, conquise par les Normands en 1066. Un style Anglo-Normand s'est rapidement distingué tandis que le style architectural en Normandie s'est conformé de plus en plus au style roman français plus traditionnel.

Les églises anglaises normandes ont pour caractéristiques des plans exceptionnellement longs, une structure massive (spécialement pour les piliers autour du cœur) et l'utilisation de décoration sculptée géométrique.

La sculpture figurative n'est pas fréquente dans les églises normandes, et là où c'est le cas, il en résulte une fascinante fusion entre les styles typiques romans de l'art anglo-saxon et des éléments celtiques.

Quelques unes des églises normandes les plus significatives (certaines ont reçu des rénovations partielles gothiques):

  • Saint-Étienne, Caen (commencée en 1067)
  • Ely Cathedral (c. 1090)
  • Norwich Cathedral (c. 1096)
  • Canterbury Cathedral (c. 1070)
  • Lincoln Cathedral (c. 1072)
  • Rochester Cathedral (c. 1077)
  • St. Albans Cathedral (c. 1077)
  • Winchester Cathedral (c. 1079)
  • Tewkesbury Abbey (c. 1088)
  • Gloucester Cathedral (c. 1089)
  • Southwell Minster (11è siècle)
  • Durham Cathedral (c.1104)
  • Hereford Cathedral (c. 1107)
  • Peterborough Cathedral (c. 1118)

Thèmes pictographiques généraux 

Représentation de l'enfer 

Les chrétiens ont surtout été inspirés par les images des tombes étrusques qui dépeignaient des scènes d'horreur, des démons et des flammes… La mythologie étrusque s'est beaucoup inspirée de la mythologie grecque, et durant les premiers siècles de l'hégémonie chrétienne à Rome, elle a dû survivre en parallèle de la religion monothéiste. Il parait donc naturel que les chrétiens se soient inspirés, consciemment ou non, de ce qu'ils avaient sous les yeux, et surtout de ces dieux étrusques qui représentaient pour eux le paganisme, donc l'incarnation du mal.

 

Scènes bibliques  


Dormition et Assumption
Détail de l'Assumption

Photographies 

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Art roman (2).

Publié le 28 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme

 

Les autres domaines de l'art roman 

L'enluminure des manuscrits

Les trois mages du Psautier de St. Albans, Angleterre, XIIè
Psautier de Hunter à la Hunterian Museum and Art Gallery

 

 

De nombreuses écoles régionales ont convergé pour produire les premiers manuscrits enluminés: l'école d'Angleterre et du nord de la France "channel school" ont été fortement influencés par l'art Anglo-Saxon tardif, tandis que dans le sud de la France le style s'inscrit plus dans une influence Ibérique, en Allemagne et en dessous l'art ottonien a continué à se développer et aussi, avec les styles Byzantins, ont influencés l'Italie. A la fin du 12è siècle, les influences réciproques de tous ces styles se sont fondus, tout en gardant naturellement des distinctions régionales.

Le focii typique de l'enluminure romane est la Bible, où chaque livre peut être préfacé par une grande Initiale illustrée, et les Psautiers, où des majuscules initiales étaient enluminées de la même façon. Dans les deux cas, des cycles de scènes peuvent être représentés sur des pages entièrement enluminées, parfois avec plusieurs pages par scène, dans des compartiments. Les Bibles avaient en particulier des pages de dimensions importantes et pouvaient être reliées en plusieurs volumes. Par exemple, le Psautier de Saint Alban, le Psautier de Hunter (Hunterian Psalter), la Bible de Winchester (la "feuille de Morgan" présentée ci-dessus), la Bible de Fécamp Bible, la Bible de Stavelot et la Bible de Parc Abbey. A la fin de cette période, des ateliers commerciaux de scribes et d'artistes devinrent significatifs, et l'enluminure, et les livres en général, devinrent plus généralement disponibles pour le clergé comme pour les laïcs.

Peinture romane 


Catalan Fresque, actuellement au Museu Nacional d'Art de Catalunya.

 

 

Les larges surfaces murées et les voutes de la période romane se sont prêtées facilement à la décoration murale. Malheureusement, de nombreuses peintures initiales ont été détruites soit par les restaurations, ou par le fait que les murs on été replâtrés ou repeints. En France, Angleterre et aux Pays-bas, ces peintures ont été systématiquement détruites ou effacées par l'iconoclasme de la réforme protestante. Les fresques des églises du Danemark et d'autres pays ont été depuis restaurées. Dans d'autres pays, elles ont souffert des guerres, négligences et changement de modes.

La peinture d'une église suit un schéma classique, dérivé d'exemples antérieurs de mosaïques. Elle a son point focal dans la voûte en cul de four de l'a nef, avec un Christ en Majesté ou un Christ rédempteur sur son trône et une mandorle encadrée par quatre éléments ailés, symboles des Quatre Évangélistes, en comparaison directe avec les exemples des couvertures ornées ou les enluminures des évangéliaires de l'époque. Si la Vierge Marie est la dédicace de l'église, elle peut y remplacer le Christ en représentation0. Sur les murs de l'apside, en dessous, seraient représentés les saints et apôtres, incluant peut-être des scènes narratives, par exemple le saint auquel est dédicacé le monument. Sur les arches du sanctuaire seraient les figures des apôtres, prophètes, ou les 24 vieillards joyeux de l'Apocalypse, regardant le Christ, ou son symbole sous forme d'agneau, au sommet de l'arche. Le mur nord de la nef présenterait des scènes narratives de l'Ancien Testament, et le mur sud le Nouveau Testament. Sur le mur ouest arrière serait le Jugement dernier, avec un Christ sur un trône qui juge à son sommet.[3]

 


Crypte peinte de Saint Isidore , León, Espagne

 

 

Un des plus beaux exemples intacts est visible dans l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe en France. La longue voûte en berceau de la nef fournit une surface idéale pour la fresque, qui présente des scènes de l'Ancien Testament, dont la Création, la vie d'Adam et Eve et d'autres histoires dont celle très vivante de l'arche de Noé présentant des personnages apeurés et de nombreuses fenêtres à travers lesquelles on peut voir Noah et sa famille sur le pont supérieur, des oiseaux sur le pont du milieu, et des paires d'animaux sur l'inférieur. Une autre scène présente de façon très vigoureuse la noyade de l'armée de Pharaon dans la mer rouge. Ce schéma s'étend à d'autres parties de l'église, avec le martyr de saints locaux présentés dans la crypte, l'Apocalypse dans le narthex et un Christ en Majesté. Les palettes de couleurs employées sont limitées au bleu-vert clair, jaune ocre, rouge marron et noir. Des peintures similaires sont présentes en Serbie, Espagne, Allemagne, Italie et ailleurs en France.[4]


Concernant les techniques, les Fresques sont faciles à réaliser, mais il faut travailler vite car sur enduit frais. Cette technique peu onéreuse explique que de modestes églises rurales, de simples cures priorales, reçurent de somptueux décors peints. Les couleurs sont vives.

Vitraux 
Stained glass, le prophète Daniel Daniel à la cathédrale d'Augsburg, fin du 11th siècle.

 

 

Les plus anciens fragments connus de vitraux peints médiévaux semblent dater du 10è siècle. Les plus anciens personnages peints intacts sont les 5 prophètes du vitrail d'Augsburg, daté de la fin du 11è siècle. Les visages, même figés et formalisés, démontrent un dessin très maîtrisé et l'usage fonctionnel du verre montre que ses créateurs étaient très bien entraînés à ce support. Dans les cathédrales du Le Mans, Canterbury et Chartres, et la Saint-Denis, de nombreux panneaux du 12è siècle sont encore présents. A Canterbury, ils présentent un personnage d'Adam creusant, et un autre de ses fils, Seth, parmi les ancêtres du Christ. Adam est représenté d'une façon hautement naturelle et vivante, tandis que le portrait de Seth, les vêtements sont utilisés à des fins plus décoratives comme dans les meilleurs sculptures sur pierre de l'époque. Les artisan du vitrail ont été plus lents que les architectes à changer leurs styles, et beaucoup de vitraux de la première partie du 13è siècle peuvent être considérés comme romans. Parmi les plus belles œuvres connues, on peut évoquer le vitrail daté de 1200 de la cathédrale de Strasbourg (en partie déposé au musée) et de 1220 environ de l'église de Saint Kunibert à Cologne.

La plupart des plus beaux vitraux de France, dont notoirement ceux de Chartres, datent du 13è siècle. Peu de vitraux importants du 12è siècle son restés intacts. Parmi ces derniers, celui de la Crucifixion de Poitiers, composition remarquable qui s'étend sur trois étages, le plus bas avec un trèfle à quatre feuilles présentant le martyr de Saint Pierre, le plus grand central où domine la crucifixion et le plus haut l'Ascension du Christ dans une mandorle. Le personnage du Christ crucifié présente déjà des signes de courbes Gothiques. Ce vitrail est décrit par George Seddon comme étant d'une "beauté inoubliable".[5] Beaucoup de fragments détachés sont dans des musées, et un vitrail du l'église de Twycross en Angleterre est fait à partir d'importants panneaux de vitraux français récupérés pendant la révolution française.[6] Le verre était cher et faiblement flexible (en ce sens qu'il pouvait être ajouté (superposé) ou réarrangé) et parait avoir été souvent réutilisé quand les églises ont été reconstruites en style gothique - le plus ancien vitrail anglais datable, une fenêtre de York Minster de l'arbre de Jessé date probablement d'avant 1154, a été réutilisé de cette façon.

Initiation à la sculpture romane 


Chapiteau de la Résurrection de Abbaye de Mozac

 

 

Elle décore d'abord les chapiteaux dans les cryptes, les cloîtres et les églises. À la fin du XIe siècle, elle prend place sur la façade des églises, à la manière des antiques arcs de triomphes[7]. La sculpture devient « monumentale ». Elle a une vertu pédagogique, celle d'enseigner la vie des apôtres et des saints, d'illustrer des passages de l'Ancien Testament. Elle s'inspire des bas-reliefs et des chapiteaux romains mais surtout des images placées dans les manuscrits enluminés et sur les objets d'orfèvrerie.

  • La sculpture sur chapiteau : elle se diffuse à partir de l'an mil, même si ses débuts furent timides : dans les églises italiennes de la première moitié du XIe siècle est repris le modèle corinthien, plus ou moins stylisé (chapiteau à palmettes). D'autres lieux (Bourgogne, Catalogne) expérimentent les chapiteaux à entrelacs et à feuilles d'acanthe. Mais bientôt, les animaux et les figures anthropomorphiques apparaissent, même s'ils restent rares avant 1050 (Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire). La basilique Saint-Sernin de Toulouse (deuxième moitié du XIe siècle) conserve 260 chapiteaux romans[8].

Les principaux sculpteurs connus de l'époque romane sont :

Sculptures et ensembles romans remarquables :

Les ivoires  

On trouve de beaux coffrets d’ivoire, dont un de l’époque carolingienne au musée de Cluny ; il est en marqueterie de bois colorés et d’ivoire, avec des entrelacs et des cadres entourant des animaux fantastiques.[9]

Un diptyque est une sorte de tablette double dont les composantes sont réunies à charnière. Ce fut, à l’origine, une sorte de carnet dont les feuilles de bois, d’ivoire ou de métal, enduites de cire, servaient à prendre des notes.

 

 

Christ en majesté dans une Mandorle, entouré par les emblèmes des évangéliste: plaques d'ivoire sur coffre de bois, Cologne, première moitié du 13è siècle (Musée de Cluny)

 

 

Puis apparurent les diptyques consulaires, sur lesquels les nouveaux fonctionnaires faisaient part de leur nomination à leurs parents et à leurs amis. Ils sont ornés d'un riche décor sculpté, qui pouvaient faire office de tablette à écrire : il s'agissait d'un objet commémoratif de luxe, commandé par le consul ordinaire et distribué pour marquer son entrée en charge et récompenser les notables qui avaient soutenu sa candidature. Plus tard enfin, l’Église les adopta pour orner ses autels. Consacrés aux saints et aux martyrs, des épisodes religieux étaient sculptés sur les lames d’ivoire qui les formaient.

Les triptyques, avec une forme un peu différente, avaient des usages identiques. Ils se composaient de trois panneaux sculptés ou peints et réunis à charnière. Le panneau central, deux fois plus large que les deux autres formant volets, pouvait être recouvert exactement par eux. Très estimés à Byzance, ils ne pénétrèrent dans l’Europe occidentale qu’après les croisades.

 

 

Olifant sculpté dans le sur de l'Italie à l'époque byzantine.

 

 

Les olifants, dont le nom dérive étymologiquement d'éléphant, étaient taillés dans l'extrémité de la défense. Leur usage, au Moyen Age, était varié : instruments de musique, cornes à boire ou réceptacles à reliques.

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Art roman (1).

Publié le 28 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme

 

Art roman
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Cet article traite de l'art. Voir aussi Architecture romane.


Le terme d'art roman définit, en histoire de l'art, la période qui s'étend de 1030 à la moitié du XIIe siècle, entre l'art préroman et l'art gothique. Il a été forgé en 1818 par l'archéologue normand Charles de Gerville et est passé dans l'usage courant à partir de 1835.

 

 

Façade de St Trophime d'Arles, Arles

 

 

L'art roman regroupe aussi bien l'architecture romane que la sculpture ou statuaire romane de la même époque. L'expression recouvre une diversité d'écoles régionales aux caractéristiques différenciées.

Il n'a pas été le produit d'une seule nationalité ou d'une seule région mais est apparu progressivement et presque simultanément en Italie, en France, en Allemagne et en Espagne. Dans chacun de ces pays, il a des caractéristiques propres (par exemple : l'utilisation de pierres différentes dans chaque région), bien qu'avec une unité suffisante pour être considéré comme le premier style international, avec un cadre européen. Son domaine d'expression est essentiellement religieux.

 

Historiographie  

L'architecture romane serait peut-être basée sur l'architecture arménienne. Ici AruchavankVIIe siècle[1]) (
Roman et gothique  

Pendant longtemps, les historiens de l'art ont opposé un art roman, produit d'une société soumise à un Dieu effrayant, et un art gothique empreint d'un optimisme triomphant d'une société glorifiant le Créateur. On identifiait simplement le style roman à la forme de ses arcs, à son élévation modeste et à sa voûte en berceau ; or de nombreux édifices de l'époque romane adoptent très tôt la croisée d'ogives. L’observation attentive des bâtiments dément la thèse de la rupture : au XIIe siècle, en effet, pendant la phase expérimentale du gothique, des éléments romans subsistent dans les nouvelles cathédrales ; au sud de l'Europe, il existe bel et bien une continuité du roman au XIIIe siècle : la cathédrale d'Albi présente une silhouette très massive et peu de vitraux alors que les cathédrales du nord connaissent l'élan gothique ; Colette Deremble évoque plutôt une «mutation du roman en gothique»[2]. En Angleterre, l'art roman n'arrive qu'au XIIIe siècle et persistera jusqu'au XVe dans l'est de l'Europe. D'autre part, les premiers édifices gothiques apparurent vers les années 1130-1150 en Île-de-France. C'est pourquoi ce style est appelé par ses contemporains en latin francigenum opus ou « art d'origine française », « art français ». Le mot « gothique » fut utilisé à la période romantique pour nommer cette architecture a posteriori, dans une acception péjorative. L'art gothique était l'art des Goths, autrement dit des « barbares » qui auraient oublié les techniques et les canons romains. Un certain nombre d'historiens de l'art réfutent aujourd'hui ce jugement et montrent que l'architecture gothique n'est pas en rupture avec l'architecture romane.

 

Porte Saint-Jean vestige d'une ancienne église romane de St-Quentin (02).
Deux âges romans 

Nikolaus Pevsner distingue le premier art roman, de l'an mil à la Première Croisade vers 1100, et le roman classique, de 1100 au triomphe du gothique vers 1200. Gabrielle Demians D'Archimbaud identifie un premier âge et un deuxième âge roman, de part et d'autre du milieu du XIe siècle:

  • Le premier âge roman : il se développe en Italie, dans la région de Côme, et en Espagne, en Catalogne (Lérida, Gérone et Barcelone) et Aragon (spécialement dans la province de Huesca), entre 950 et 1060/70. Les allées et venues des « maestri comacini », des « Lombards », partis de Côme, de Milan, de Pavie, vont durer deux siècles ; leur champ d'action s'étend à toute l'Europe depuis l'Espagne jusqu'à la Saxe et à la Scandinavie.
  • Le deuxième âge roman : il se développe plus généralement en France, de 1060/70 à 1130

Contexte historique  

Vers l'an mil, les conditions d'un renouveau de l'art sont réunies en Europe de l'Ouest.

Essor de l'Occident  
Chapiteau de l'église abbatiale d'Airvault, Deux-Sèvres. La représentation de guerriers témoigne du contexte de violence de l'époque romane

 

Selon les théories mutationnistes (aujourd'hui remises en cause) la fin du Xe siècle est marquée par une série de changements qui affectent l'ensemble de la société et de l'économie occidentales :

  • l'arrêt des incursions scandinaves et sarrasines et le mouvement de la paix de Dieu permettent de limiter la violence des seigneurs et de relancer les échanges commerciaux;
  • les grands défrichements et la diffusion progressive de nouvelles techniques (collier d'épaule ...) améliorent lentement la vie rurale et favorisent la croissance démographique. Cette augmentation de la population nécessite une multiplication ou un agrandissement des lieux de culte.
  • la réouverture d'anciennes routes commerciales entraîne le développement des échanges et des pèlerinages.

Toute l'Europe est envahie par une fièvre constructive authentique, stimulée par les progrès techniques; les lettrés sont parvenus à formuler un art capable de représenter toute la Chrétienté : l'art roman.

Les rois et l'empereur ont tenu une place importante dans la diffusion de cet art.

Article détaillé : An mil.
Réforme de l'Église 

Jusqu'au Xe siècle, l'Église avait connu de nombreux abus et s'éloignait, du même coup, de ses vraies missions; de nombreux monastères et églises étaient tombés entre les mains de seigneurs; la papauté elle-même était passée sous le contrôle de l'empereur germanique; enfin, un grand nombre de clercs vendaient les sacrements ou vivaient en concubinage. Un important mouvement de réforme commence alors, notamment dans les monastères : Cluny, en Bourgogne, revient à l'esprit de la règle édictée par St-Benoît au VIe siècle qui prône la prière, le travail et la pauvreté. La diffusion de ces nouvelles règles dans toute l'Europe favorise la construction de nombreux monastères et abbayes clunisiens.

Au XIIe siècle, Robert de Molesme fonde l'ordre de Cîteaux (Cisterciens) qui renforce la règle de pauvreté (pas de décoration dans les églises, vie très stricte, règle du silence) et la solitude (monastère isolés).

À côté de ces deux principaux ordres monastiques apparaissent de nouveaux ordres : érémitiques (Chartreux) et militaires (Templiers…).

Le cadre spirituel et culturel  
  • La fin du Xe siècle est marquée par des violences, des famines et des épidémies qui entretiennent un esprit eschatologique : on redoute la colère divine et la fin des Temps.

Seule la Germanie constitue un foyer de création littéraire et artistique actif. L'idée d'empire, qui s'était éteinte au début du Xe siècle, est ressuscitée par le couronnement impérial d'Othon Ier le 2 février 962. En 982, Othon II, son fils prend le titre d'Imperator Romanorum (« empereur des Romains »).

  • Le culte des reliques connaît un essor à partir de l'an mil : les pèlerins sont de plus en plus nombreux sur les routes et s'arrêtent dans les églises disposant de reliques célèbres; de ce fait, des églises plus grandes sont édifiées sur les chemins des pèlerinages (par exemple : pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle).
Les arts avant l'an mille  

L'art roman prend ses sources dans l'Antiquité tardive et s'inspire des œuvres carolingiennes et ottoniennes.

Article détaillé : Art préroman.

Généralités sur l'architecture romane  

Les éléments de l'architecture romane 
Article détaillé : architecture romane.
Abbatiale Sainte-Foy de Conques - Le tympan représentant le jugement dernier (vers 1050)
Cathédrale de Spire (Rhénanie-Palatinat) (vers 1060) – Voute tunnel avec arcs-doubleaux – Cette cathédrale romane est le fruit de l'influence entre la tradition de l'architecture ottonienne (deux importants massifs, le chœur et le corps occidental, qui s'opposent) et de l'art roman lombard (lésènes, arcades, arcatures, galeries, loggias).

 

 

Il s'agit d'un art essentiellement religieux dont les constructions obéissent à des plans dit centrés ou -c'est la majorité- à des plans dit basilicaux. On trouve dans ces derniers les éléments suivants :

À l'extérieur du bâtiment, figurent des éléments décoratifs initialement très simples comme la bande lombarde (sous le Ier art roman), puis plus riches avec de nombreuses sculptures (sous le second art roman).

À la fin du premier art roman apparaissent les déambulatoires dont le développement s'explique par l'explosion du culte des reliques et des pèlerinages.

La structure de ce plan, très simple dans le Ier art roman, va se complexifier à l'apogée de l'art clunisien notamment dans l'organisation de la partie Est des constructions (transept, chœur, abside) ; en réaction à cette richesse architecturale ostentatoire, les cisterciens vont prôner un retour à la simplicité et sur le plan architectural et plus général artistique, à un esthétisme épuré qui va constituer l'art cistercien.

Les principales périodes  
Premier âge roman 

Le premier art roman est un art méridional et international. Il a débuté en Lombardie et s'est étendu aux régions voisines grâce aux maîtres d'œuvre de Côme. Ces derniers travaillent sur différents chantiers successifs et, avec leur matériel de maçon, imposent la structure d'église en forme de navire renversé (la nef) et les « bandes lombardes » ; ils insufflent des bases solides pour un développement riche de l'architecture romane.

 

Bandes lombardes, appelés aussi festons lombards, sur la façade de l'église de Saint-André de Sorède (Pyrénées-Orientales) datée du XIe siècle

Architecture générale

 


  • importance de la crypte,
  • premières voûtes,
  • chevets de plein-cintre (que l'on appelle aussi en berceau) ornés avec petits arcs et des bandeaux géométriquement disposés,
  • temples couverts et terminés en voute en cul de four,
  • usage des piliers comme sustentation, en remplacement des colonnes,
  • nefs plus vastes et importantes, au moins en comparaison avec d'anciens bâtiments pré-romans,
  • premiers déambulatoires (Saint-Étienne de Vérone, Cathédrale d'Ivrée).

Décoration

Deuxième âge roman 

L'apogée du style, de par sa qualité et sa beauté, est atteint entre 1050 et 1150. En provenance de la France, il se transmet principalement autour des chemins de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le deuxième art roman s'exporte en Terre Sainte grâce aux Croisades.

Architecture générale

 


Basilique Saint-Sernin, Toulouse
  • les nefs deviennent plus amples afin d'accueillir les pèlerins toujours plus nombreux : en Bourgogne, les églises abbatiales de Pontigny, de Saint-Bénigne de Dijon et de Cluny III dépassent les 100 mètres;
  • la circulation des pèlerins et l'accès aux reliques ou à la crypte sont facilités par de nouveaux aménagements : larges déambulatoires et bas-côtés, tribunes (Normandie), chapelles rayonnantes sur le transept;
  • Les édifices gagnent en hauteur : la tour de la basilique Saint-Sernin à Toulouse mesure 64 mètres; les tours de la façade de l'abbatiale Saint-Étienne de Caen s'élancent à 80 mètres.
  • Les murs sont renforcés à l'extérieur par des contreforts massifs.
  • Les recherches sur le voûtement progressent : les voûtes à charpente sont remplacées par la pierre dans les grands édifices, dans le Sud et en Bourgogne par exemple. Les absides sont souvent en cul de four, les collatéraux en voûtes d'arêtes. Dans le Sud-Ouest de la France et en Auvergne, on utilise encore la coupole. Les premières voutes en berceau brisé sont édifiées (église de Brancion (Saône-et-Loire) et les premières voûtes en croisée d'ogives apparaissent dans le monde Anglo-normand au début du XIIe siècle.

 

Décoration

Façade de la cathédrale d'Angoulême.

Cet art architectural atteint son apogée en termes de richesses et de grandeur à l'époque de Cluny, dont la cathédrale, dite de Cluny III, va rester le plus grand bâtiment de la chrétienté jusqu'au XVIe siècle.

Pendant le XIIIe siècle, au fur et à mesure que les solutions architecturales sont renforcées et s'améliorent, l'art roman tardif se développe, conjointement avec un début spontané de l'art gothique.

L'idéal de dépouillement dans l'architecture monastique 

Les clunisiens

 


L'abbaye de Cluny

 

 

Un des premiers ordres réformateur était celui de Cluny. Il tire son nom du petit village de Cluny, près de Mâcon, où une abbaye bénédictine réformée a été fondée en 909 par Guillaume Ier, duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne, qui l'a placée sous la direction de Bernon, abbé de Beaume. Odon, souvent décrit comme le fondateur de l'ordre, lui a ensuite succédé.

La renommée de Cluny s'est étendue loin au-delà du monastère d'origine. Sa règle rigide a été adoptée par un grand nombre de vieilles abbayes bénédictines qui se sont affiliées à la maison mère, et les nouveaux monastères, de plus en plus nombreux, désiraient tous se rattacher à Cluny. À la fin du XIIe siècle, le nombre de monastères affiliés à Cluny en Europe occidentale atteignait 2 000.

L'établissement de Cluny était un des plus grands et magnifiques de France. On peut se faire une bonne idée de ses dimensions grâce au pape Innocent IV, qui a visité Cluny accompagné de douze cardinaux, d'un patriarche, de trois archevêques, des deux généraux des Cartusiens et des Cisterciens, du Roi Saint-Louis et de trois de ses fils, de la reine-mère, du comte de Flandre, de l'empereur de Constantinople, du duc de Bourgogne et de six lords. Tous logèrent au sein du monastère avec leurs suites, sans causer le moindre dérangement aux moines. La quasi-totalité des bâtiments de l'abbaye, y compris l'église monumentale, ont été vendus comme biens nationaux, puis détruits à la fin du XVIIIe siècle.

À Cluny, l'église et le plan général de l'ensemble ressemblent de manière frappante à la cathédrale de Lincoln. L'église Cluny III était très vaste : plus de 141 m de long sur 65 m de large. Le chœur se termine par une abside semi-circulaire entourée de 5 chapelles également semi-circulaires. L'entrée ouest était constituée du narthex flanqué de deux tours. Au sud de l'église se trouvait la cour du cloître immense, placée beaucoup plus à l'ouest qu'à l'accoutumée. Au sud du cloître se trouvait le réfectoire, un bâtiment imposant d'environ 30 mètres sur 20, rempli de six rangées de tables en longueur et de trois en travers. Il était orné des portraits des bienfaiteurs de l'abbaye et d'objets scripturaux. Sur le mur du fond était peint une scène du Jugement Dernier. Nous ne pouvons malheureusement pas identifier les autres bâtiments principaux. Restent la maison de l'abbé, encore partiellement debout près de l'entrée, l'hospice et la très vaste boulangerie.

Toutes les maisons rattachées à Cluny étaient des dépendances françaises dirigées par des prieurs de cette nationalité. Ils n'ont obtenu leur indépendance que sous le règne d'Henri VI.

Malgré son éclat, le renouveau clunisien a été de courte durée. Sa réputation et sa célébrité sont à l'origine de son déclin. Après une croissance considérable de leur ordre, les moines clunisiens sont devenus aussi riches et peu disciplinés que leurs prédécesseurs. Une nouvelle réforme est alors devenue nécessaire.


Les cisterciens


Cloître et église cistercienne de Sénanque, Provence
Sénanque, Provence - Intérieur avec berceau brisé.
Article détaillé : art cistercien.

 

 

L’ordre de Cîteaux a été fondé par Robert de Molesme et quelques moines en 1098, en Bourgogne. Il considère que l'ordre clunisien s'est fortement écarté de la règle édictée par Saint Benoit et prône un retour intégral à cette dernière. Il demande aux moines de respecter des principes radicaux  : isolement du monde, travail manuel, silence et pauvreté. Avec saint Bernard, ces règles trouvent un écho dans l'art monastique :

Architecture générale

  • isolement dans des endroits retirés : le monastère n’étant pas fait pour les laïcs, il doit s’insérer dans un cadre naturel qu’il respecte (harmonie avec la nature, solitude propice à la prière intérieure et au silence) ;
  • clocher aux dimensions modestes (humilité) ;
  • voûtes en berceau brisé ;
  • lignes et volumes sobres ;

Décoration

  • décor dépouillé et épuré pour ne pas faire injure aux pauvres : refus de tout élément figuratif (en particulier au niveau des chapiteaux), d'où l'absence de statues ou peintures ; la pierre doit rester nue, sans aucune couleur; il ne faut pas détourner le moine de sa prière ou de son recueillement ;
  • vitraux incolores aux motifs abstraits ou fleur de lis (symbole de Marie) ;
  • mobilier simple : quelques cierges, pas d’or : encensoirs en cuivre ou en fer, chasubles sans broderies, crucifix ;
  • motifs végétaux et géométriques dans les manuscrits peu enluminés : limitation des couleurs avec quasi suppression des couleurs rouge et or, très utilisées par les Clunisiens.

Les Chalaisens


Il s'agit d'un petit ordre monastique, proche de l'érémitisme et des cisterciens, né à Chalais (sud du massif de la Chartreuse) dans les débuts du XIIe siècle. Cet ordre a d'abord essaimé dans la vallée de l'Isère, vers l'ouest (deux petites abbayes : Almeval et Albeval), puis vers le sud : d'abord dans la vallée de la Durance, avec l'abbaye de Boscodon (1140) et, plus tard, l'abbaye de Clausonne, puis davantage vers le sud (Lure, Valbonne, près de Nice, et Pierredon, près d'Arles). L'architecture y est encore plus dépouillée que dans l'ordre cistercien : chevets plats systématiques, absence de clés d'arcs. L'exemple le plus fort et le mieux conservé est l'abbatiale de Boscodon (Hautes-Alpes), d'un dépouillement, d'une pureté et d'une luminosité remarquables.

 

Les Grandmontains


Article détaillé : Renaissance du XIIe siècle.
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BAROMETRE POLITIQUE BVA ORANGE L'EXPRESS FRANCE INTER.politique

Publié le 27 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans EN VRAC...

 

BAROMETRE POLITIQUE BVA ORANGE L'EXPRESS FRANCE INTER
baromètre politique BVA Orange L'Express France Inter
du 27 avril 2010
Nicolas Sarkozy au plus bas : toujours plus mal-aimé des classes populaires, il tend à se couper des travailleurs indépendants. Fillon, lui, plane toujours

Avec seulement 40% de bonnes opinions Nicolas Sarkozy perd encore un point ce mois-ci.
Sa baisse se poursuit auprès des catégories populaires, pourtant déjà depuis longtemps très hostiles : en un mois, il perd 6 points auprès des ouvriers et 10 auprès des employés.
Le candidat de la France qui se lève tôt n'est aujourd'hui apprécié que par un ouvrier sur 4 (26%).

Mais son effondrement le plus spectaculaire se situe à l'autre extrémité de l'échelle sociale auprès de l'une de ses catégories habituelles de plus fervent soutien, les artisans petits commerçants et chefs d'entreprises auprès de qui il chute de 31 points ce mois-ci pour tomber à 32% de bonnes opinions, payant sans doute auprès d'eux son échec des régionales, sa posture de déni de défaite et son absence de prise en compte de celle-ci dans son mini-remaniement.

Nicolas Sarkozy n'est majoritairement populaire qu'auprès des sympathisants de droite (75%), mais leur soutien a sensiblement baissé depuis les régionales (-5 points) et des seniors âgés de plus de 65 ans (56%), qui sont les seuls à l'apprécier de plus en plus (+5 points).

Soulignant encore l'impopularité du Président, le Premier ministre, présenté en creux par ce dernier comme responsable de l'échec des régionales, est nettement plus populaire avec 52% de bonnes opinions contre 41% de mauvaises.
Il est beaucoup plus populaire que Nicolas Sarkozy auprès des catégories classiques de soutien de la droite : 9 points de plus auprès des sympathisants de droite (84% contre 75% à Sarkozy), 18 points de plus auprès des seniors (74% contre 56%) et une popularité deux fois plus élevée que celle du chef de l'Etat auprès des artisans petits-commerçants et chefs d'entreprises (64% contre 32%).
Il est aussi nettement moins impopulaire que le Président auprès des catégories les plus hostiles à la politique gouvernementale : 12 points de plus auprès des ouvriers (38% de bonnes opinions), 11 auprès des employés (46%) et 16 auprès des sympathisants de gauche (35%).

Intention de vote présidentielle premier tour : sans Villepin, mais avec Borloo, Sarkozy serait 1er malgré un rapport gauche-droite très favorable à la gauche. La solution Eva Joly permettrait aux écologistes de prendre 3 points au PS. L'avance de la gauche au premier tour laisserait aujourd'hui peu d'espoir au Président de l'emporter au second.

Si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, malgré son impopularité spectaculaire, Nicolas Sarkozy l'emporterait nettement au premier tour (28%) dans l'hypothèse d'offre politique que nous avons testée.
Celle-ci ne comporterait ni Nicolas Dupont-Aignan, ni surtout son ennemi intime, Dominique de Villepin (déjà testé, notamment par BVA), mais à la place Jean-Louis Borloo, qui réaliserait d'ailleurs le même score que l'ex-premier ministre (6%).
Surtout, cette offre politique comporte une Eva Joly plutôt qu'une Cécile Duflot pour porter les couleurs écologistes. Et ça change tout. Par rapport à la dernière intention de vote publiée par nos confrères de l'IFOP le 26 mars dernier cela permet aux écologistes de gagner 3 points (en atteignant 12%) et d'en faire perdre autant à Martine Aubry. La première secrétaire est deuxième avec 24%.
Ce n'est sans doute pas si grave pour elle : le rapport global gauche-droite étant toujours très nettement favorable à la gauche avec 48% contre 45% à la droite, FN inclus (Marine le Pen confirmerait le bon score du FN aux régionales avec 11%) il serait quasiment impossible à Nicolas Sarkozy de l'emporter au 2nd tour dans une telle configuration, et sans doute même très difficile d'éviter une très lourde défaite, même en tablant sur un bien meilleur report des électeurs Borloo que ce que serait celui d'électeurs Villepin. Rappelons qu'en 2007 le rapport était de 45% contre 36% en faveur de la droite.
Si son score de premier tour est comparable à celui de 2007, Nicolas Sarkozy perdrait tout de même près d'un quart (23%) de ses ex-électeurs de premier tour d'il y a 3 ans. Ceux-ci se répartiraient à parité entre la droite - Borloo et Marine le Pen en recueilleraient 6% chacun - et l'opposition : 8% voteraient pour un candidat de gauche et 3% pour François Bayrou.
Le succès du Président en 2007 auprès des ouvriers semble ainsi bien oublié : il n'arriverait qu'en troisième position nettement derrière Martine Aubry (26% contre 17%) et même juste derrière Marine Le Pen (18% contre 17%). Il peut se consoler en appréciant l'indéfectible soutien des seniors qui seraient prêt d'un sur deux (45%) à voter pour lui dès le premier tour.
Surtout, il peut avantageusement se comparer à François Bayrou, au coude à coude avec Borloo, et dont le score (7%) serait divisé par plus de 2,5 en 3 ans.
Il faut dire que le leader du Modem ne retrouvait, lui, qu'un électeur sur 4 (25%) ayant voté pour lui au premier tour de la présidentielle de 2007. L'essentiel des déçus de Bayrou se tournant vers la gauche (51%) se répartissant à parité entre Martine Aubry (21%) et Eva Joly (24%).
Le quart restant opterait, à l'inverse, pour la droite, se répartissant assez équitablement entre les deux représentants de l'actuelle majorité : 13% voteraient aujourd'hui pour Borloo et 10% pour Sarkozy.
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
source Orange actualités.
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Albert II de Belgique.

Publié le 25 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans EUROPE -Géo - historique & politique

 

Albert II de Belgique
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Albert II
6e roi des Belges
King Albert II of Belgium.jpg

Règne
Depuis le 9 août 1993
Prestation de serment 9 août 1993
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg
Prédécesseur Baudouin
Héritier Philippe, duc de Brabant
Premier(s) ministre(s) Jean-Luc Dehaene
Guy Verhofstadt
Yves Leterme
Herman Van Rompuy
Yves Leterme

Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance Albert Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie de Belgique
Naissance 6 juin 1934 (1934-06-06) (75 ans)
  Laeken, Belgique Belgique
Père Léopold III
Mère Astrid de Suède
Consort(s) Paola Ruffo di Calabria
Descendance Prince Philippe de Belgique, duc de Brabant
Princesse Astrid de Belgique
Prince Laurent de Belgique
Résidence(s) Palais royal de Bruxelles
Château de Laeken
Château du Belvédère

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Rois des Belges

Albert II (né le 6 juin 1934 au château du Stuyvenberg) est le 6e et actuel roi des Belges depuis la mort de son frère Baudouin. Il est le second fils du roi Léopold III et de la reine Astrid, née princesse de Suède. Titré à sa naissance prince de Liège, son nom complet est Albert Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie de Belgique. Il prête serment devant les Chambres réunies le 9 août 1993 en français, néerlandais et allemand.

 

Son enfance (1934-1951)  

Son enfance et son adolescence sont marquées par la mort accidentelle de sa mère, le 29 août 1935, à Küssnacht, en Suisse et la Seconde Guerre mondiale. Il vivra celle-ci en France, en Espagne mais surtout en grande partie à Bruxelles. Le 6 juin 1944 marque le dixième anniversaire du jeune prince mais aussi le débarquement de Normandie. La famille royale est alors emmenée en Allemagne, puis en Autriche, où elle fut libérée le 7 mai 1945 par les troupes américaines. Cette libération ne signifie pas le retour au pays. La « question royale » oblige la famille royale à s'exiler en Suisse jusqu'en juillet 1950. Le 11 août 1950, le frère aîné d'Albert, le prince Baudouin, duc de Brabant, devient prince royal, puis roi des Belges le 17 juillet 1951, le lendemain de l'abdication de son père, le roi Léopold III.

Le prince Albert, frère du roi (1951-1993) 

De retour en Belgique, le prince Albert entreprend sa formation militaire dans la force navale belge. Il sera promu aspirant en 1953, enseigne de vaisseau en 1954, lieutenant de vaisseau en 1957, capitaine de frégate en 1959, capitaine de vaisseau en 1964 et enfin commodore en 1971.

En 1954, il obtient son premier rôle officiel : la présidence du conseil général de la Caisse générale d'épargne et de retraite (CGER). Il y restera jusqu'à sa suppression en 1991.

Le prince de Liège devient le parrain de son neveu, le grand-duc Henri de Luxembourg (né en 1955) et de sa demi-sœur, la princesse Marie-Esméralda de Belgique (née en 1956).

Le 2 juillet 1959, il épouse à Bruxelles Paola Ruffo di Calabria, issue d'une famille princière italienne. Ils s'installent au château du Belvédère. Suite à l'absence d'héritier du couple royal, ce sont le prince Albert et la princesse Paola qui vont assurer l'avenir de la dynastie avec leurs trois enfants : Philippe (né le 15 avril 1960), Astrid (née le 5 juin 1962) et Laurent (né le 19 octobre 1963). À la fin des années 1960, le couple princier connaîtra une crise conjugale et un divorce sera envisagé avant leur réconciliation. C'est durant cette période que naîtra Delphine Boël, fille de la baronne Sybille de Selys Longchamps, alors mariée à Jacques Boël et qui est présumée être la fille du roi.

En 1958, il devient président de la Croix-Rouge de Belgique, sénateur de droit et président d'honneur du Comité olympique et interfédéral belge (COIB). En 1962, il accepte la présidence d'honneur de l'Office belge du commerce extérieur et effectue une centaine de missions économiques partout dans le monde. Le prince Albert occupe ces fonctions jusqu'à son accession au trône.

Afin de lui rendre hommage, la Fédération des Entreprises de Belgique et la fondation Roi Baudouin créent en 1984 le fonds Prince Albert, qui remet chaque année des bourses pour la formation de jeunes cadres belges qui ont l'intention de se lancer dans l'exportation.

Albert II, sixième roi des Belges (1993) 

Étendard personnel du roi Albert II

 

 

Suite au décès de son frère Baudouin, Albert prête serment le 9 août 1993 comme sixième roi des Belges. Contrairement à ses cinq prédécesseurs, il règne sur un État fédéral, dont il a signé la nouvelle constitution le 17 février 1994. Albert II estime que son rôle principal est d'encourager et de soutenir l'entente entre le niveau fédéral, les trois régions et les trois communautés. Il prône une meilleure connaissance des trois langues nationales et dénonce en 2006 le « séparatisme explicite ou feutré ».

Partisan d'une société multiculturelle, il dénonce régulièrement dans ses discours le racisme et la xénophobie et soutient activement le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Depuis son accession au trône, il n'a reçu en audience aucun représentant de l'extrême-droite et ne les convie pas aux réceptions du palais royal.

Le roi préside chaque année la cérémonie du 11 novembre à la Colonne du Congrès et accorde son haut patronage à diverses associations patriotiques, comme le Comité National Belge du Souvenir et la Ligue royale belge des Vétérans du roi Léopold III.

Lors de l'affaire Dutroux en 1996, le couple royal reçoit durant une semaine tous les parents d'enfants disparus. Le Roi prononce ensuite des discours très critiques envers la police et la justice, sans pour autant se fâcher avec le gouvernement Dehaene II. Il milite pour la création à Bruxelles de Child Focus, le centre européen pour enfants disparus et sexuellement exploités, dont la reine Paola devient présidente d'honneur. Au cours de ces mois mouvementés, la monarchie est la seule institution belge à sortir renforcée.

Comme son frère, Albert II est un européen convaincu qui soutient toutes les initiatives en faveur de la construction européenne, comme le passage du franc belge à l'euro ou la création d'une future armée commune. Il accorde aussi beaucoup d'attention aux anciennes colonies belges d'Afrique centrale et à l'image de la Belgique à l'étranger.

 

Représentation du roi sur la pièce de 2 euros belge

 

 

Sur le plan religieux, le couple royal est croyant et pratiquant mais, contrairement au roi Baudouin, le roi Albert II garde ses convictions religieuses sur le plan privé et respecte les choix démocratiques du Parlement : il a ainsi apposé sa signature sur la loi dépénalisant l'euthanasie et sur la loi autorisant les mariages homosexuels, malgré l'opposition de l'Église catholique. Les baptêmes de tous ses petits-enfants sont célébrés en privé et ne donnent lieu à aucune cérémonie officielle. Cette attitude est conforme aux vues des défenseurs de la laïcité de l'État.

Dans le domaine culturel, la reine Paola crée un comité artistique chargé d'intégrer l'art contemporain belge au Palais royal de Bruxelles, construit au XIXe siècle. Des œuvres de Jan Fabre, Marthe Wéry, Dirk Braeckman et Patrick Corillon sont inaugurées en 2002 et 2004. Le roi Albert II accorde notamment son Haut Patronage aux Amis des Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique, à la Fédération Nationale des Compagnies Dramatiques, à l'Union des Entomologistes Belges, au Cercle d'art théâtral de Bruxelles et à l'Association royale Dynastie et Patrimoine culturel.

Avec son épouse, il a considérablement modernisé la monarchie belge et l'a ouverte aux médias. En 2006, il a supprimé le poste de Grand Maréchal de la Cour, jugé désuet.

Comme la Constitution belge l'y autorise, le roi accorde chaque année une quinzaine de titres de noblesse à des Belges méritants. Voici quelques exemples : les astronautes Dirk Frimout et Frank De Winne, le président du Comité international olympique Jacques Rogge, les hommes d'affaires Maurice Lippens, Albert Frère et Aldo Vastapane, le dessinateur François Schuiten, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, le peintre Roger Raveel, le cinéaste André Delvaux, la chanteuse populaire Annie Cordy, le musicien de jazz Toots Thielemans, le champion cycliste Eddy Merckx, etc. Il y a toutefois lieu de noter qu'il ne s'agit pas d'une prérogative du roi en tant que personne, mais de l'institution royale, c'est à dire du Roi et de ses ministres. Les anoblissements se font après avis de la Commission consultative pour les faveurs nobiliaires et sur proposition du Ministre des affaires étrangères.

Décorations et distinctions  

Le roi Albert II est bailli grand-croix d'Honneur et de Dévotion de l'Ordre souverain et militaire de Malte et docteur honoris causa de l'Université catholique de Louvain, de la Katholieke Universiteit Leuven, de l'Université Saint-Louis à Baguio City (Philippines), de l'Université de Gand, de l'Université libre de Bruxelles, des Facultés universitaires catholiques de Mons et de la Faculté polytechnique de Mons. Depuis son accession au trône, il est grand maître de l'Ordre de Léopold.

Titulaire de nombreuses décorations étrangères, Albert II est l'un des seuls chefs d'État européens à être à la fois chevalier de la Toison d'Or autrichienne (décernée en 1962 par l'archiduc Otto de Habsbourg) et chevalier de la Toison d'Or espagnole (décernée en 1994 par le roi Juan Carlos).

Distinctions 

Ordre de succession au trône de Belgique 

 

Ordre de succession au trône de Belgique  v · d · m 

 

1. S.A.R. le prince Philippe de BelgiqueAlbert II (1960), duc de Brabant, fils du roi
  • 2. S.A.R. la princesse Élisabeth de Belgique (2001)
  • 3. S.A.R. le prince Gabriel de Belgique (2003)
  • 4. S.A.R. le prince Emmanuel de Belgique (2005)
  • 5. S.A.R. la princesse Éléonore de Belgique (2008)

6. S.A.R. la princesse Astrid de Belgique (1962), fille du roi Albert II

  • 7. S.A.I.R. le prince Amedeo de Belgique (1986)
  • 8. S.A.I.R. la princesse Maria Laura de Belgique (1988)
  • 9. S.A.I.R. le prince Joachim de Belgique (1991)
  • 10. S.A.I.R. la princesse Luisa Maria de Belgique (1995)
  • 11. S.A.I.R. la princesse Laetitia Maria de Belgique (2003)


12. S.A.R. le prince Laurent de Belgique (1963), fils du roi Albert II
  • 13. S.A.R. la princesse Louise de Belgique (2004)
  • 14. S.A.R. le prince Nicolas de Belgique (2005), jumeau d'Aymeric
  • 15. S.A.R. le prince Aymeric de Belgique (2005), jumeau de Nicolas

 

Précédé par Albert II Suivi par
Baudouin Ier
Greater Coat of Arms of Belgium.svg
Roi des Belges
1993 - en cours
-
commentaires

Torah (3 & fin).

Publié le 22 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans RELIGIONS & CROYANCES (Catholi) -Arts divinatoires

 

Autres vues sur la Torah 

Point de vue chrétien sur la Torah  

Voir Ancien Testament

 

Le christianisme affirme traditionnellement que les lois toraniques sont d'origine divine, et constituent l'Ancien Testament, bien que certains chrétiens estiment que toutes les lois du Pentateuque ne s'appliquent pas à eux en tant que chrétiens. La confession de foi de Westminster (1646), par exemple, divise les lois mosaïques en catégories civile, morale et cérémoniale, les seules obligatoires étant les morales. Si le reconstructionnisme chrétien voulut les rétablir toutes en vue de construire une théocratie moderne, d'autres estiment qu'aucune loi civile ne s'applique à eux, celles-ci ayant été rédigées en des temps et circonstances révolus, ce qui n'est pas le cas des obligations morales ni des principes religieux.

Les positions chrétiennes peuvent être résumées comme suit :

  • Le Nouveau Testament indique que Jésus a contracté une nouvelle Alliance entre lui et son peuple (hébreux 8 ; interprétation chrétienne de Jérémie 31:31-34), et que dans celle-ci, il est dit que la Torah est gravée sur le cœur de l'individu.
  • Il déclara toutes les nourritures "pures" (Marc 7:14-23), ce qui a été interprété comme une abolition des lois alimentaires. Toutefois, de nombreux chrétiens ont tendance à revenir aux préceptes de sanctification de la vie (ou, selon certains, d'hygiène), y compris les lois sur la diète. On pourrait également y voir une allusion à l'enseignement.
  • Selon Saint Paul, les sacrifices et la prêtrise préfigurent la mort de Jésus sur la croix en tant que sacrifice expiatoire, ce qui a été interprété par certains comme une invitation à abandonner les rites et rituels juifs après lui. (Hébreux 8:5; 9:23-26; 10:1).

Cependant, le Nouveau Testament prescrit aux chrétiens des lois provenant de la Torah, notamment « Aime ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18; comparer avec la Règle d'Or), « Aime ton Dieu de tout ton cœur, ton âme et tes forces » (inspiré du Deutéronome 6:4, c'est-à-dire le Shema Israël) et tous les commandements du Décalogue (Exode 20:1-17). Et Matthieu (5:17) stipule bien qu'il n'est pas venu abolir la loi, mais l'accomplir ("la compléter").

Depuis la fin du XXe siècle, certains groupes chrétiens, inspirés par le judaïsme messianique, ont affirmé que les lois de la Torah devaient être suivies par les chrétiens, dans une optique et une perspective chrétiennes. Les lois alimentaires, le septième jour, et les jours de fête bibliques sont observés (voir Quartodécimanisme), avec toutefois des variations par rapport aux rites juifs, mais pour la raison que Jésus fut crucifié ce jour).

Ces chrétiens ne voient pas la Torah comme un moyen d'accomplir la rédemption, mais comme un moyen d'obéir plus complètement à Dieu.

Sources 
  • Jean-Marc Rouvière, Brèves méditations sur la Création du monde, Ed. L'Harmattan, Paris 2006.
  • Berkowitz, Ariel and D'vorah. Torah Rediscovered. 4th ed. Shoreshim Publishing, 2004. ISBN 0-9752914-0-8
  • Lancaster, D. Thomas. Restoration. Littleton: First Fruits of Zion, 2005.
Point de vue islamique sur la Torah 

La Tawrat (Torah) est, avec l'Injil (l'évangile qu'aurait écrit Jésus de sa main ou sous sa dictée directe) et le Zabur (Psaumes de David) l'un des trois Livres qui furent révélés par Dieu avant le Coran, lequel se veut un « rappel » de ces trois livres. Le mot Tawrat est cité en de nombreux endroits du Coran et désigne l'ensemble des livres révélés à Moise.

L'Islam affirme donc que Moïse reçut une révélation, la Tawrat. Le Coran fustige toutefois les modifications qui auraient été apportées par les personnes responsables de la conservation des écrits et par certains scribes et prédicateurs, afin de « servir leurs desseins. » D'après la foi islamique, les Écritures juives actuelles ne seraient donc pas la révélation originelle donnée à Moïse, mais contiendraient plusieurs « altérations. » Mais les juifs contestent et disent que rien n'a été enlevé ni rajouté dans la Torah car s'ils voulaient vraiment "servir leurs desseins" ils auraient (les falsificateurs) retiré de la Torah tous les textes négatifs tels que la faute du veau d'or, de façon à ce que les nations du monde comme les chrétiens et les musulmans ne puissent pas accuser le peuple juif d'être des pécheurs.

Point de vue samaritain  

Voir la Bible Samaritaine.

Point de vue académique sur la Torah : la critique biblique 

Ces cinq livres sont traditionnellement attribués à Moïse. Néanmoins, cette affirmation fut remise en cause dès l'Antiquité. Différentes théories ont été proposées par les exégètes quant à leur formation, dont l'hypothèse documentaire ou théorie des fragments. Aucune n'est sans faille, toutes sont sans cesse amendées, et inlassablement remises en question.

Certains chercheurs ont remis en cause l'unité du Pentateuque et ont parfois exclu le Deutéronome, parlant alors de Tétrateuque, ou y ont ajouté le Livre de Josué, formant alors l'« Hexateuque », voire l'ensemble des Livres dits historiques, parlant alors d'« Ennéateuque ».

La critique radicale biblique reçoit peu de soutien chez les Juifs orthodoxes. La critique des livres bibliques hors la Torah (Neviim et Ketouvim) est tolérée, quoique d'un mauvais œil, mais l'appliquer à la Torah elle-même est considéré comme erroné, voire hérétique. Néanmoins, certains rabbins orthodoxes ont clairement débattu de l'hypothèse documentaire, quoique celle-ci semble contredire la profession de foi du Chema Israël affirmant l'identité de YHWH et de Elohim : les commentaires bibliques du Rav Meïr Leibush Malbim et du Rav Samson Raphael Hirsch sont des exemples de tels débats.

D'autres contestent plus simplement l'archéologie, démontrant que, contrairement au mythe, la Torah semble rapporter fidèlement des coutumes correspondant aux époques qu'elle est supposée raconter, et que n'auraient pu connaître des rédacteurs ultérieurs, et que par ailleurs, l'archéologie ne cesse de faire des trouvailles qui, pour n'en pas correspondre à la lettre à la Bible, démontent souvent des échafaudages théoriques de la critique biblique.

commentaires

Torah (2).

Publié le 22 Avril 2010 par CHOMOLANGMA dans RELIGIONS & CROYANCES (Catholi) -Arts divinatoires

 

Production et utilisation d'un livre de la Torah 

Le livre de la Torah existe sous deux formes différentes selon son usage :

  • s'il est rituel, c'est-à-dire pour la lecture lors des offices, la forme du livre est celle de la Torah à l'origine : un parchemin fixé à deux poignées de bois, que l'on déroule au fur et à mesure de sa lecture (et qui, étant donné la plus grande commodité à tenir et dérouler ce rouleau au moyen de la main droite, la majorité de l'espèce humaine étant droitière, se lit de droite à gauche). Ce parchemin est appelé Sefer Torah (« Livre [de] Torah »).

L'écriture de ces Sifrei Torah, ou Sefarim (en Yiddish, seforim), se fait selon des règles extrêmement contraignantes et précises, et ne sont confiées en conséquence qu'à des scribes professionnels hautement qualifiés. C'est en vertu de ces règles que ce texte plurimillénaire nous est arrivé pratiquement inchangé, et que des copies datant de plusieurs siècles, voire de millénaires, sont virtuellement identiques entre elles. L'accent a été mis sur ce souci de précision au point de dire que chaque mot, chaque lettre, chaque signe même est d'origine divine, et que s'il en manquait un seul, le monde s'écroulerait.

Il est vrai qu'en hébreu, certaines lettres se ressemblent fortement, et que la vocalisation peut changer le sens d'un mot. Dans un système basé sur l'analyse jusqu'aux plus subtiles nuances de ces mots, une erreur de lecture peut conduire à une erreur de compréhension et une perversion du message. L'analogie avec la récente notion de code génétique a maintes fois été évoquée.

Les Sifrei Torah sont considérés comme l'un des plus grands trésors d'une communauté, et l'acquisition d'un nouveau est prétexte à des célébrations festives. Tous les Sifrei Torah sont rangés dans l'endroit le plus saint de la synagogue, l'Arche sainte (אֲרוֹן הקֹדשׁ aron hakodesh en Hébreu).

Pour plus de détails sur la production des rouleaux rituels, voir l'article Sefer Torah.

  • Depuis l'imprimerie, le texte de la Torah a été industriellement reproduit pour l'usage quotidien et particulier. Ces versions imprimées sont connues sous le nom de Houmash (plur. Houmashim) (« Cinquième des Cinq Livres »). Elles contiennent généralement des traductions en français, anglais, allemand, russe, etc., ainsi que des commentaires en marge : classiquement, un Houmash contient le Targoum d'Onkelos et le commentaire de Rachi. Certains Houmashim, réunissant plusieurs commentaires classiques (Rachi, Rashbam, Ramban, Ibn Ezra, Keli Yakar, Sforno, etc.) sont dénommés Miqraot Guedolot (« Grandes Lectures »).

Les versions imprimées de la Torah sont traitées avec grand respect, mais leur sainteté est considérée comme inférieure à celle des Sifrei Torah : par exemple, une lettre effacée rend un Sefer Torah impropre à l'usage (passoul), ce qui n'est pas le cas des Houmashim.

Le judaïsme, au cœur de la Torah 

La Torah est le document autour duquel le judaïsme s'articule : elle est la source de tous les commandements bibliques dans un cadre éthique.

D'après la tradition juive, ces livres furent révélés à Moïse par Dieu, dont une partie sur le mont Sinaï.

Diverses opinions circulent dans la littérature rabbinique sur le moment où elle fut révélée entière :

  • pour certains, elle fut donnée d'un bloc sur le mont Sinaï. Dans cette vision, dite « maximaliste », Moïse eut non seulement connaissance de toutes les paroles de Dieu (« et Dieu dit à Moïse ») mais aussi tous les évènements ultérieurs au mont Sinaï jusqu'à sa mort, voire au-delà ;
  • d'autres sources pensent que la Torah fut révélée sur le Sinaï jusqu'au Sinaï même, et que le reste serait venu « par épisode » et ne se serait conclu qu'à la mort de Moïse ;
  • une autre école de pensée (dont le Rav Avraham ibn Ezra est le tenant le plus connu, mais il fut précédé dans cette voie depuis la haute antiquité) est que la Torah, bien qu'ayant été écrite par Moïse dans sa quasi-totalité, fut complétée après sa mort par Josué.

Tous s'accordent cependant sur l'origine entièrement (ou quasi-entièrement) mosaïque et tout-à-fait divine de la Torah.

D'après cette même tradition, le message de la Torah est infini, ne s'arrêtant pas aux mots. La moindre lettre, la plus petite préposition, voire la cédille de la lettre youd (koutzo shel youd קוצו של יוד, le youd étant la lettre י), les marques décoratives, les répétitions de mots, furent placées là par Dieu afin d'y celer un enseignement. Ceci est valable quel que soit l'endroit où cela apparaît.

Exemples :

  • dans le cas de koutzo shel youd, le youd apparaît dans « Je Suis l'Éternel ton Dieu » ou l'occurrence fréquemment répétée « et Dieu parla à Moïse ».
  • on dit que Rabbi Akiva, avait déduit une nouvelle loi de toutes les occurrences de la particule ett (את) dans la Torah (Talmud, traité Pessa'him 22b) ; or ett est une particule accusative sans signification propre. Pourtant, « s'il n'avait été écrit 'créa Dieu ett les cieux et ett la terre', on aurait pu croire que 'cieux' était le nom de Dieu » dit-il dans le traité Haguiga (14a). Mais non, lui répond Rabbi Ishmaël, « ett les cieux pour y inclure tout ce qui s'y trouve, les étoiles et les sphères célestes, ett la terre pour y inclure ce qui la peuple ». Autrement dit, ett marque « l'essence de la chose ».

Contre-exemples :

  • le Talmud, rapporte (traité Mena'hot 49) que Moïse, résidant sur le Sinaï, voit Dieu ajouter aux lettres de la Torah des marques graphiques qui n'en modifient pas la lecture. S'étonnant de cette apparente futilité, il s'entend répondre que dans quelques siècles, un sage nommé Akiva ben Joseph en déduira le sens et les règles.

Exauçant la prière de Moïse de comprendre cela, Dieu l'expédie au huitième rang de la Yeshiva de Rabbi Akiva, où précisément, celui-ci enseigne ces lois. Devant l'exposé ardu, Moïse se sent épuisé, lorsqu'un élève se risque à demander d'où Rabbi Akiva tire ces enseignements. Et celui-ci de répondre : « C'est une loi donnée à Moïse sur le Sinaï » !

  • bien qu'on ne discute pas de la validité du koutzo shel youd, celui-ci est devenu synonyme de « vétille » en français. Dire de quelqu'un qu'il est le koutzo shel youd est une des formulations de mépris les plus marquées.

Une interprétation kabbalistique de ce principe enseigne que la Torah ne constituait qu'un seul long Nom de Dieu, qui fut brisé en mots afin que les esprits humains puissent le comprendre. Par ailleurs, bien que cette façon de décomposer le Nom soit efficace, puisque nous parvenons à l'appréhender, ce n'est pas la seule.

Torah écrite et Torah orale 
Torah en rouleaux

 

 

Selon les juifs rabbanites, descendants des Pharisiens, et dont les juifs orthodoxes maintiennent fidèlement l'idéologie, une loi orale (Torah SheBe'al Pe) fut donnée au peuple en même temps que la Loi écrite (Torah SheBeKtav), ainsi que le suggèrent de nombreux versets, notamment Exode 25:40. Il s'agissait probablement à la base, outre d'explications quant aux prescriptions, de paraphrases orales du texte, explications d'un tel mot, discussion autour de telle idée dans tel verset, mais en tout cas intimement liée à la loi écrite, et la complétant : de nombreuses notions ne sont pas clairement définies dans le texte. Ce souci de se remémorer les paroles des maîtres alla de pair avec une scrupuleuse exactitude dans le respect et l'application des lois.

Ce matériel parallèle fut originellement transmis à Moïse depuis le Sinaï, et de Moïse à Israël oralement. Dans le souci de maintenir le judaïsme dynamique et d'éviter les mésinterprétations, il était interdit de consigner les traditions orales. Cependant, devant l'accumulation de matériel, les divergences d'interprétations, qui tenaient parfois à des nuances infimes d'une part, et d'autre part la destruction de la Judée par les Babyloniens, le haut taux d'assimilation, etc., l'interdit fut levé, lorsqu'il devint évident que l'écriture devenait le seul moyen de préserver l'héritage oral des Anciens.

Le premier à systématiser les lois en catégories, fut Rabbi Akiva. Son disciple Rabbi Meïr y contribua grandement. Toutefois, le gros du travail est le fait de Rabbi Juda Hanassi, qui acheva cette compilation, et la nomma Mishna (« Répétition »). Les traditions non incluses dans la Mishna furent consignées comme Baraïtot ([enseignements] « extérieurs ») ou dans la Tosefta (« Supplément »). Des traditions plus tardives furent également codifiées comme Midrashim.

Au cours des quatre siècles qui suivirent, ce petit corpus de lois et enseignements éthiques suffit à fournir les signes et codes nécessaires pour permettre la continuité de l'enseignement des traditions mosaïques, tout en maintenant leur dynamisme, et leur transmission aux communautés principalement dispersées entre Babylone et la terre d'Israël (devenue la province romaine de Syria Palestina).

Toutefois, les circonstances historiques contraignirent les communautés galiléennes d'abord, babyloniennes ensuite à compiler le corpus de commentaires de la Mishna, dont les allusions, leçons, traditions etc. synthétisées en quelques centaines de pages furent développées en milliers de pages, appelées Guemara. Important changement, alors que la Torah et la Mishna sont rédigées en hébreu (bien que l'hébreu mishnaïque ne soit plus pareil à l'hébreu biblique), la Guemara l'est en araméen, ayant été compilée à Babylone. La notion de Guemara est à peu près équivalente à celle de Talmud en hébreu, terme bien plus connu.

Deux « versions » du Talmud existent, le Talmud de Babylone et celui de Jérusalem, en réalité le résultat des compilations des discussions tenues dans les académies babyloniennes d'une part et galiléennes de l'autre. Le Talmud de Jérusalem ayant été terminé à la hâte, sous la pression des circonstances historiques, deux siècles avant celui de Babylone, c'est ce dernier qui fait autorité lorsque les deux se contredisent (y compris deux versions différentes de l'enseignement d'un Rabbi).

Les juifs pratiquants (rabbanites) suivent les explications traditionnelles de ces textes. Les Karaïtes, eux, ne suivent que la Miqra, c'est-à-dire la Torah.

 

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