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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

CHRISTINE LAGARDE.

Publié le 30 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

Christine Lagarde, née le 1er janvier 1956 à Paris (IXe arrondissement), est une femme politique française, précédemment avocate et femme d'affaires.

Après une formation en droit et une carrière au sein d'un des plus grands cabinets d'avocats américains, elle a occupé le poste de ministre déléguée au Commerce extérieur et de ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Elle est ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi du deuxième gouvernement François Fillon depuis le 18 juin 2007, et la première femme à occuper ce poste dans un pays du G8.


Biographie

Jeunesse et études

Christine Lagarde est née le 1er janvier 1956 à Paris dans le 9e arrondissement, aînée de trois garçons. Son père, Robert Lallouette, et sa mère, Nicole, sont respectivement universitaire et enseignante. Sa grand-mère était infirmière lors de la Première Guerre mondiale. Christine Lagarde étudie au lycée François-Ier du Havre. Elle pratique également la natation synchronisée et intègre l'équipe de France. À 15 ans, elle remporte une médaille de bronze au championnat de France. Après le décès de son père lorsqu'elle avait 17 ans, sa mère doit élever seule ses quatre enfants. Après son baccalauréat obtenu en 1974, elle obtient une bourse et décide de partir une première fois pour un an aux États-Unis. Elle y suit des cours, est diplômée du lycée Holton Arms School à Bethesda (Maryland) et effectue un stage au Capitole en tant qu'assistante parlementaire du représentant républicain du Maine, William S. Cohen, qui deviendra ensuite secrétaire à la Défense de Bill Clinton.

De retour en France, elle enchaîne une maîtrise d'anglais, des cours à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence puis à l'Institut d'études politiques de Paris (dont elle n'obtiendra pas le diplôme), une maîtrise de droit des affaires et un diplôme d'études supérieures spécialisées de droit social à l'Université Paris X, tout en enseignant le droit à l'université Paris X. À deux reprises, elle tente sans succès d'intégrer l'École nationale d'administration, et dit ne pas regretter du tout ces échecs.

Carrière d'avocate en France et aux États-Unis

En 1981, après ses études, elle est avocate au barreau de Paris, et rejoint le bureau parisien du cabinet d'avocats Baker & McKenzie, un des premiers cabinets d'avocats mondiaux (4 400 collaborateurs dans 35 pays) dont elle gravira tous les échelons en 25 ans de carrière : associée du bureau parisien en 1987, associée gérante en 1991 membre du comité exécutif mondial à Chicago en 1995 et présidente de ce comité en 1999, la première femme à le devenir. Elle occupera ce poste jusqu'en 2004. Sous sa présidence, Baker & Mckenzie a augmenté son chiffre d'affaires de 50 % pour clôturer l'exercice 2004 à 1 228 millions de dollars. En 2002, elle est classée 5e femme d'affaires européenne par le Wall Street Journal Europe.

Entre 1995 et 2005

De 1995 à 2002, elle est membre du think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle coprésidait avec Zbigniew Brzezinski la commission Action USA-UE-Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais[7]. En 2003, elle est également devenue membre de la Commission pour l’élargissement de la communauté euro-atlantique.

En 2004, le président Jacques Chirac l'élève au grade de chevalier de la Légion d'honneur.

En avril 2005, elle entre au conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Group, une des principales sociétés financières au monde, place qu'elle a quittée avant de devenir ministre déléguée.

Carrière politique

Ministre déléguée au Commerce extérieur

Repérée par Jean-Pierre Raffarin, Christine Lagarde quitte les États-Unis en 2005 pour entamer, après vingt ans passés hors de France, une carrière politique en France. Alors peu connue du public, elle est nommée ministre déléguée au Commerce extérieur du gouvernement Dominique de Villepin le 2 juin 2005. À ce poste, elle se fait rapidement remarquer en déclarant, 48 heures après sa nomination, qu'il fallait absolument réformer le code du travail français, qu'elle trouve « compliqué, lourd » et qui « constitue un frein à l'embauche », ce qui lui a valu un rappel à l'ordre du Premier ministre Dominique de Villepin. Elle avait tenu ses propos sur la base de son expérience d'avocate puisque c'est elle qui a créé et développé le département de droit social de son cabinet à Paris.

Ministre de l'Agriculture et de la Pêche

Le 18 mai 2007, elle devient, pour un mois, ministre de l'Agriculture et de la Pêche du premier gouvernement Fillon.

Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi

Lors du remaniement du 19 juin 2007 qui suit les élections législatives, elle est nommée ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi. Elle remplace à ce poste Jean-Louis Borloo qui, à la suite de l'échec d'Alain Juppé aux élections législatives de Bordeaux, hérite du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables. Elle est la première femme à occuper un tel poste en France, mais également pour tous les pays du G8.

Deux secrétaires d'État sont alors rattachés à son ministère : Luc Chatel, (Tourisme) et Hervé Novelli (PME et commerce extérieur) ; lors du remaniement de 2008, ces derniers voient leurs responsabilités modifiées et deux autres secrétaires d'État, Laurent Wauquiez (emploi) et Anne-Marie Idrac, ancienne présidente de la SNCF, (commerce extérieur) sont adjoints à l'équipe de Christine Lagarde ; le titre officiel de Christine Lagarde est également modifié lors du remaniement, devenant « Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi » (la tutelle d'Eric Woerth sur les Finances est confirmée).

La « lettre de mission » adressée par le président Nicolas Sarkozy le 11 juillet 2007 lui demande de mettre en place des réformes économiques, entre autres pour « rendre le travail payant ». Elle déclarait ainsi en juillet 2007 :

« Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. »

— Assemblée nationale, le 10 juillet 2007

Elle a fait voter deux lois majeures, la loi « TEPA » et la loi de modernisation de l'économie (LME). Elle a travaillé à rendre la place de Paris plus efficace.

Christine Lagarde a également défendu le projet de loi fusionnant l'ANPE et l'UNEDIC.

En 2006, Christine Lagarde a été classée trentième femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. L'année suivante, elle est classée douzième dans le monde, troisième en Europe et deuxième en France (derrière Michèle Alliot-Marie). En 2009, elle perd deux place mais reste la troisième européenne et la seconde française (derrière Anne Lauvergeon cette fois). En 2009, le magazine Time la cite parmi sa liste annuelle des 100 personnes les plus influentes au monde.

Comme Thierry Breton en 2006, Christine Lagarde se voit attribuer en 2007 par le quotidien britannique Financial Times la dernière place dans un classement des performances des ministres de l'Économie de la zone euro.

Ses communications régulières en anglais avec ses services lui valent d'être interpellée au parlement par le député Jean-Pierre Brard ainsi que d'être lauréate 2007 du Prix de l'Académie de la Carpette anglaise.

Deuxième sur la liste UMP de Jean-Marie Cavada aux élections municipales de 2008 dans le 12e arrondissement de Paris, on lui prête un temps l'ambition (rivale de celle de Rachida Dati) de diriger la fédération UMP de Paris. Sa liste est battue par le candidat socialiste, et elle siège dans l'opposition au conseil d'arrondissement et au Conseil de Paris.

Autres

  • Membre de l’Advisory Board and VIP Club de l’European Professional Women’s Network.
  • Ancienne coprésidente du Comité d'action Europe-États-Unis-Pologne et membre du Comité pour l'élargissement de la communauté euro-atlantique du think tank américain Center for Strategic and International Studies.
  • Ancienne co-sous-secretaire adjointe du haut conseil indépendant pour le rayonnement et l'internationalisation de l'harmonisation des procédures en Europe.
  • Ancien membre du Conseil de surveillance du groupe bancaire néerlandais ING Groep.

Fonctions ministérielles

  • Du 2 juin 2005 au 15 mai 2007 : ministre déléguée au Commerce extérieur dans le gouvernement Dominique de Villepin.
  • Du 18 mai 2007 au 18 juin 2007 : ministre de l'agriculture et de la pêche dans le gouvernement François Fillon I.
  • Depuis le 19 juin 2007 : ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi dans le gouvernement François Fillon II (poste dénommé « ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi » du 19 juin 2007 au 8 mars 2008).

Mandat en cours

Depuis
2008 : élue conseillère municipale d'opposition, au Conseil de Paris, au conseil du 12e arrondissement de Paris.

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BOUCLIER FISCAL.

Publié le 30 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Le bouclier fiscal est une mesure fiscale instituée dans certains pays visant à plafonner le taux d'imposition global des contribuables. La mesure vise à jouer le rôle de « garde-fou » d'un système fiscal dans lequel la superposition de différents impôts peut, dans certains cas particuliers, générer des prélèvements obligatoires absorbant une proportion jugée excessive des revenus. Pour ses détracteurs, le bouclier fiscal est une mesure coûteuse pour les finances publiques et un dispositif qui profite aux contribuables les plus riches.

En Europe

Plusieurs pays d'Europe ont adopté des mesures de réduction des tranches marginales d'imposition dans une logique influencée par l'économie de l'offre de Robert Mundell et d'Arthur Laffer. La courbe de Laffer développe l'idée que « trop d'impôt tue l'impôt » en soutenant qu'au-delà d'un certain seuil d'imposition, le revenu de l'impôt pour l'État décroit.

En Europe, des pays ont mis en place un mécanisme spécifique de « bouclier fiscal » :

  • France : 50%
  • Danemark : 59% ;
  • Finlande : 60%, supprimé en 2005 en même temps que l'Impôt sur la fortune;
  • Suisse : dans les cantons de Genève (60%) et de Vaud

En Allemagne, il n'existe pas de bouclier fiscal : la cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu en 1995 une décision limitant les impôts d'un contribuable à la moitié de ses revenus, mais cette limite ne concernait que l'impôt sur la fortune (supprimé depuis). Dans une décision rendue le 18 janvier 2006, elle précise en revanche que ce taux peut être dépassé dans le cas de l'impôt sur le revenu, indiquant de façon vague que son niveau ne doit pas être « excessif ».

En France

Origines

Une première ébauche d'un bouclier fiscal est apparue en 1988 sous le gouvernement socialiste de Michel Rocard sous la forme de la règle du plafonnement de l'impôt de solidarité sur la fortune, qui limitait à 70 % des revenus le poids combiné de cet impôt et de l'impôt sur le revenu. Ce mécanisme fut modifié avec une hausse du plafond à 85 % et, en 1995, limité par l'adoption de la règle du « déplafonnement du plafonnement ».

Cette dernière réforme a permis à l'ISF de potentiellement dépasser 100 % des revenus d'un contribuable, et a suscité dans les années 2000 un certain nombre de contentieux contre l'État, au motif qu'une telle imposition serait contraire au droit à la propriété privée garanti par la constitution. Bien qu'aucun tribunal n'ait retenu le caractère « confiscatoire » de l'ISF, certaines décisions (notamment celle de la cour de cassation dans l'arrêt Binet) ont montré une évolution dans le sens d'une limite à l'imposition, dans la mesure où celle-ci contraint le contribuable à se séparer de son patrimoine pour pouvoir payer l'impôt.

Historique

Le bouclier fiscal est une mesure instituée en France par la loi de finances pour 2006 (gouvernement Villepin) qui pose comme principe qu'un contribuable ne peut avoir à acquitter plus de 60 % de ses revenus en impôts directs. L'article 1 du code général des impôts indiquait donc : « Les impôts directs payés par un contribuable ne peuvent être supérieurs à 60 % de ses revenus ». Ce pourcentage concerne l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), les taxes foncières et la taxe d'habitation sur la résidence principale mais n'incluait pas les cotisations sociales, ce qui mettait le seuil effectif du bouclier fiscal à 71 %. Il avait rencontré un succès très mitigé. Le système fonctionne alors par remboursement de l'administration fiscale : celle-ci rembourse l'excédent aux contribuables si les impôts payés dépassent le seuil fixé par le bouclier.

Nicolas Sarkozy avait annoncé lors de la campagne présidentielle de 2007 qu'il voulait « un bouclier fiscal à 50 % y compris la CSG et la CRDS ». La loi TEPA du 1er août 2007 a ainsi abaissé le seuil à 50 % du revenu déclaré et intègre, malgré l'opposition du Nouveau centre, les contributions sociales au titre des impôts servant de référence au calcul du bouclier.

Dans un souci d'équité fiscale il fut un temps envisagé d'instaurer un impôt minimum, miroir au bouclier fiscal mais qui éviterait que certains contribuables fortunés abusent des niches fiscales pour éluder totalement l'impôt. Ce projet, jugé trop complexe, a été abandonné en faveur d'un plafonnement des niches fiscales.

En 2008 (applicable à partir de 2009) le mode de fonctionnement a été étendu pour permettre aux contribuables qui le souhaitent de déduire directement de leurs impôts les sommes dépassant les 50 % de leurs revenus, sans attendre un remboursement de l'administration l'année suivante.

Règles de calcul

Le mécanisme du bouclier fiscal est fondé sur une demande de restitution par le contribuable à l'administration fiscale du trop-perçu. L'ensemble des éléments fournis sont donc susceptibles d'être contrôlés. Les différents impôts doivent être normalement déclarés sur la base des revenus de l'année n-1 et acquittés l'année n ; ce n'est que l'année suivante, n+1, qu'une demande peut être faite (par envoi d'un formulaire) pour obtenir le remboursement des sommes versées en trop. On prendra par exemple les revenus de l'année 2007 et les impôts payés en 2008 (y compris l'impôt sur le revenu de 2007 donc), la demande de remboursement se faisant en 2009

Ce mécanisme obligeant le contribuable à avancer des sommes qui lui seront remboursées ensuite a été modifié. Ainsi, à partir de l'année 2009 (impôts 2009 et revenus 2008), le contribuable a l'option d'auto-liquider le bouclier fiscal en imputant lui même sur son impôt les sommes qui le feraient passer au delà du seuil global de 50% d'imposition (réalisable sur l'Impôt de solidarité sur la fortune, les taxes d'habitation et foncière ainsi que la CSG).

Cette procédure d'auto-liquidation comporte toutefois certains risques : la demande de remboursement est en fait une procédure contentieuse, que l'administration instruit et règle selon ce qu'elle pense réellement devoir. L'auto-liquidation en revanche, dans le cas où le calcul du contribuable serait contesté, peut donner droit au paiement de pénalités de la part du contribuable.

Impôts

Les impôts concernés sont l'impôt sur le revenu effectivement payé, l'impôt de solidarité sur la fortune, la taxe d'habitation et la taxe foncière de la résidence principale, les contributions sociales CSG, CRDS. La redevance audiovisuelle, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et la taxe sur les logements vacants ne sont pas prises en compte.

Revenus

Une grande partie des revenus doit être pris en compte : salaires, plus-values (y compris celles exonérées), revenus fonciers, intérêts de plans d'épargne populaires ainsi que ceux générés par des contrats d'assurance-vie en euros (monosupport, même sans effectuer de retrait).

Certains revenus ne sont toutefois pas intégré dans le calcul :

  • les plus-values immobilières exonérées
  • les plus-values mobilières dans la mesure où le seuil de cession de 25 000 € n’est pas dépassé
  • les prestations sociales
  • les gains (mais pas les retraits) sur les PEA et contrats d'Assurance-vie multisupports, à condition que l'épargne ne soit pas investie à plus de 80% sur un fond sécurisé en euros.

Bénéficiaires

La tranche marginale de l'impôt sur le revenu ne dépassant pas 40%, le bouclier fiscal concerne essentiellement des contribuables fortement imposés sur leur patrimoine. Ainsi les bénéficiaires se partagent en deux groupes distincts :

  • Les ménages riches ayant un patrimoine très important, imposés à l'ISF. Ce sont les principaux bénéficiaires en termes de montants restitués : en 2008, 755 foyers possédant les patrimoines les plus importants (d’une valeur de plus de 15,5 millions d’euros) et les revenus les plus élevés (supérieurs à 42 500 euros par an) touchent 66% des sommes remboursés, soit une moyenne de 368 281 euros remboursés pour un coût budgétaire de 288,6 millions d'euros. Ils représentent 5,4 % des bénéficiaires et environ les deux tiers du coût du bouclier fiscal.
  • Les ménages plus modestes (parfois RMIstes) mais propriétaires, fortement imposés par la taxe foncière et dans une moindre mesure la taxe d'habitation : 8 338 foyers, soit 60% des bénéficiaires, ne sont pas imposables à l'ISF et se sont vu restituer au total 4,8 millions d'euros, soit 1% du coût budgétaire.

Le bénéfice du bouclier fiscal a été étendu par la loi de modernisation de l'économie (LME) votée en première lecture à l'assemblée nationale le 12 juin 2008 aux étrangers vivant en France depuis plus de trois ans, et ne bénéficiant plus du statut dérogatoire renforcé d'« impatriés » (c'est-à-dire de « non-résidents »). Cette disposition visait à faire le pendant d'autres pays comme la Grande Bretagne qui dispose également d'un régime très favorable accordé aux non-résidents, mais en voie de fiscalisation comme le révèle le Finance Act de mars 2008. Il s'agit d'attirer les cadres supérieurs étrangers et certains contribuables étrangers fortunés.

Chiffres


Année d'imposition Remboursements Bénéficiaires Remb. moyen
2006 246 M€ 15 066 16 328 €
2007 578 M€ 18 893 30 593 €


Impact sur l'évasion fiscale


Alors que le nombre d'expatriations fiscales de redevables de l'ISF n'avait cessé d'augmenter depuis 2003, l'année 2007 a pour la première fois vu une diminution du nombre de départs (-15%) et une hausse des retours (+9%). Bien qu'il soit difficile d'établir avec certitude un lien de causalité, ce changement coïncide avec la mise en place du bouclier fiscal et validerait son utilité dans la lutte contre les départs de riches contribuables.

La rentabilité économique de ces retours comparée au coût du bouclier fiscal (578 millions d'euros en 2008) en matière de recettes fiscales est aussi l'objet de débats (voir Expatriation fiscale).


Réactions en France

Défense

Les défenseurs du dispositif y voient une lutte contre l'exil fiscal (dont l'ampleur fait elle-même débat). Jacques Marseille compare ainsi le coût de la mesure, 263 millions €, au montant des capitaux des ménages qui se sont délocalisés depuis 1997 pour fuir l’ISF, évalués selon lui entre 24 et 32 milliards €.

Ce dispositif est également perçu comme une mesure d'équité car jusqu'à présent des contribuables déclarant pas ou peu de revenus pouvaient être amenés à acquitter des impôts supérieurs à leur montant en raison de l'impôt sur le patrimoine (ISF) et des impôts locaux. Ainsi en 2007, sans l'existence du bouclier fiscal, certains contribuables auraient dû acquitter jusqu'à 130% de leurs revenus en impôts selon un rapport de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Dans une logique d'économie de l'offre, ces mesures peuvent permettre un regain de croissance et une augmentation des ressources fiscales de l'État. Florin Aftalion cite l'exemple des baisses d'impôts sur les tranches supérieures aux États-Unis qui, en 2004 et 2005, ont permis une augmentation des recettes fiscales de 8% et 9% ainsi qu'une croissance de 3,9% par an. L'Institut économique Molinari a, lui, salué des « dispositions fiscales [qui] représentent en réalité des incitations pour nous tous, et pas simplement pour les exilés fiscaux ».

Seul bémol, la demande de remboursement, voire la non-demande de remboursement, est perçue comme pouvant favoriser des contrôles fiscaux. Pour Denis Payre, « ils craignent les représailles sous forme de contrôle fiscal s'ils ouvrent leurs livres de comptes à une administration qui n’aime pas les gens qui ont réussi financièrement ». De plus le dispositif est complexe, avec des exceptions techniques, et les contribuables sont mal informés. « De tous mes clients, pas un seul ne m’a encore appelé pour me demander d’organiser un éventuel retour », déclare ainsi Jean-Marc Tirard, du cabinet d’avocats Tirard Naudin. Quelques exilés fiscaux ont cependant annoncé leur intention de rentrer en France comme Johnny Hallyday ou Michaël Llodra. L'instabilité juridique est considérée comme rédhibitoire : le bouclier fiscal n'étant pas inscrit dans la constitution, il est susceptible d'être révoqué.


Critique

Ce dispositif de « bouclier fiscal » est sévèrement critiqué par la gauche qui perçoit ce manque à gagner pour les finances publiques et donc pour la collectivité comme un « cadeau » injustifié fait aux contribuables français les plus riches. Ainsi Dominique Strauss-Kahn déclare que cette loi est « injuste pour les contribuables », et dénonce les diminutions d'impôts de la classe sociale la plus riche, le MRC considère que le bouclier fiscal protège « les plus riches » tout comme le PCF. Le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) estime de son côté que « le bouclier fiscal favorise les redevables de l’ISF les plus favorisés déjà plafonnés ou proches du plafond ».

Pour L'Humanité, qui s'appuie sur le chiffres fournis par le rapport 2009 réalisé par le rapporteur général du Budget à l’Assemblée, le député UMP Gilles Carrez, consacré à « l’application de la loi fiscale », ce rapport « confirme en tout cas, si besoin était, que, contrairement au discours de Nicolas Sarkozy prétendant qu’il s’agissait de protéger les revenus du travail (ne pas laisser au fisc plus de 50 % des fruits de son travail…), le bouclier protège la fortune, à commencer par la plus grande ». Le journal prend l'exemple de ces « vingt contribuables [...] détenteurs d’un patrimoine supérieur à 15 581 000 euros, mais affichant un revenu fiscal de référence de… moins de 3 263 euros [qui] ont reçu du fisc un chèque d’un montant moyen de 286 000 euros ».

Pour l'économiste Thomas Piketty, cette mesure ne va pas du tout dans le bon sens alors qu'il faudrait selon lui « revenir à des taux marginaux d'imposition quasi confiscatoires pour les très, très hauts revenus ».

Pour le député et président de la commission des finances de l'Assemblée Jean Arthuis, « le bouclier fiscal, outre ses incohérences, devient un amplificateur de défiscalisations et autres opérations d’optimisation fiscale » alors qu'il suffirait simplement, pour corriger les « excès de l’I.S.F. » d'abroger cet impôt et de créer « une cinquième tranche d’Impôt sur le Revenu (entre 45 et 48 %) sur les revenus les plus élevés ».


Polémique sur le montant des remboursements et leurs bénéficiaires


Les sommes remboursées en 2008 par l'administration au titre du bouclier fiscal s'élèvent à 458 millions d'euros. Cette information, connue en mars 2009, déclenche des critiques politiques contre l'opportunité du bouclier fiscal ou du placement de son seuil à 50%, en particulier en temps de crise économique. Outre la gauche, les critiques émanent de Dominique de Villepin, Pierre Méhaignerie ou encore François Bayrou. Le bouclier fiscal, dont le mécanisme actuel a été institué conformément aux souhaits du président de la République Nicolas Sarkozy, a été défendu expressément par celui-ci. La majorité semble également hostile à une remise en cause.

L'Expansion, qui s'appuie également sur le rapport 2009 réalisé par le rapporteur général du Budget à l’Assemblée, le député UMP Gilles Carrez, consacré à « l’application de la loi fiscale », relève que « les 100 foyers qui ont reçu le plus d'argent de la part du fisc ont capté plus du tiers du total des restitutions, avec un chèque de 1,15 million d'euros en moyenne. Mieux, les 1000 bénéficiaires les plus importants ont reçu à eux seuls 337,2 millions d'euros. Ce qui revient à dire que 5% du total des foyers fiscaux qui ont fait jouer le bouclier ont reçu à eux seuls 74% des sommes reversées par le fisc ».

La Tribune souligne de son côté que « les contribuables assujettis à l’Impôt Sur la Fortune concentrent 99 % du coût » du dispositif.


Un sens différent aux États-Unis et en Allemagne

En anglais et en allemand, on appelle bouclier fiscal (tax shield ou Steuerschild) un moyen employé par un redevable pour réduire son imposition ; il s'agit d'un terme de finance ou de comptabilité plus que de droit fiscal. Par exemple, souscrire un emprunt est un bouclier fiscal, car on peut déduire les intérêts de la dette. Parce qu'un bouclier fiscal permet de protéger le flux de trésorerie, il s'agit d'un aspect important de la valorisation des entreprises.

Aux États-Unis, afin d'éviter que l'impôt ne soit abusivement éludé, par l'utilisation extensive, ou abusive, de déductions et autres niches fiscales, les contribuables dont l'impôt payé est, de façon disproportionnée, faible par rapport à leur revenu peuvent alors être soumis à un autre système de calcul dit Alternate Minimum Tax (AMT), consistant en un taux unique et ne prenant pas en compte la plupart des déductions et crédits d'impôts auxquels ont droit les autres contribuables. Au cours des dernières années cependant, ce système d'impôt minimal a touché de plus en plus de ménages des classes moyennes, en particulier à cause de l'augmentation des prix de l'immobilier : en effet, les plus-values à la revente d'une résidence principale, largement exemptées d'imposition dans le système normal, sont prises en compte comme revenus par l'AMT. Un débat sur l'aménagement du système pour les impôts fédéraux est par conséquent en cours actuellement à Washington.

 

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LUCANE, CERF-VOLANT.

Publié le 30 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) est un coléoptère de la famille des Lucanidae vivant en Europe. Il niche dans les cavités des vieux arbres et des troncs morts, en forêt comme dans le bocage. La gestion forestière, en éliminant les vieux arbres et le bois mort, élimine à la fois son habitat et sa nourriture. Le lucane cerf-volant, comme la plupart des coléoptères mangeant du bois, est en forte régression dans les forêts d'Europe, où il fait partie des espèces protégées.

Les lucanes femelles ne montrent pas l'impressionnante paire de mandibules que possèdent les mâles, mais compte tenu de la difficulté de mouvoir d'aussi grandes mandibules, ce sont en fait les femelles qui peuvent mordre le plus efficacement.

Les lucanes cerf-volants sont la proies des pies, geais et autres animaux. Il est ainsi possible de trouver de nombreux cadavres sous les arbres, dont souvent seul l'abdomen est consommé.


Lucanus cervus, mâle

Origine du nom

Le terme de Lucane (et le nom général de la famille des Lucanidae) remonte à l'antiquité romaine ; Pline l'Ancien signale déjà dans son Histoire naturelle (livre XI, chapitre 34) que l'érudit Nigidius Figulus appelle ces insectes des Lucaniens, sans doute en référence à l'ancienne région de Lucanie en Italie. Pline signale également que les cornes du lucane cerf-volant sont accrochées au cou des enfants pour éviter ou guérir certaines maladies infantiles.

Les grosses mandibules du mâle lui ont valu son nom de « cerf-volant », par leur ressemblance avec les bois d'un cerf et le fait qu'il vole. La taille du lucane mâle peut atteindre plus de la moitié de la longueur d'une main d'adulte. Le mâle européen ne vit qu'un mois, durant l'été.


Lucane mâle vu du dessus

Larve et croissance

La larve blanche-translucide à tête orangé saproxylophages (qui ne consomme que du bois mort) se nourrirait durant 3 à 5 années de bois mort ou pourrissant, jusqu'à atteindre 8 à 10 cm pour les larves mâle. La malnutrition des larves peut induire des scarabées plus petits, ou des durée de vie larvaire plus longue (5 ans).

Le moment venu, elles s'enterrent et se confectionnent une loge à leur mesure. Elles s'y transformeront en nymphes, puis en insectes parfaits l'automne venu mais ces derniers n'émergeront qu'au début de l'été suivant.


Lucane mâle

Vie adulte

Une fois métamorphosé en scarabée, la larve vit sur ses réserves jusqu'à l'accouplement et la mort. Le scarabée adulte peut toutefois se nourrir de nectar, de fruits, et de la plaie des arbres pour prolonger sa vie et se restaurer.

Face aux menaces, le lucane mâle affiche ses mandibules, celles-ci sont puissantes et permettent de pincer fortement. Elles servent également à pousser ou saisir et éjecter d'éventuels opposants.

Prédateurs des larves et des adultes

Les larves subissent les assauts de guêpes et 'autres scarabées carnivores tel le "Cicindèle des champs" (Cicindela campestris, petit, vert à taches et pinces jaunes).

Lors de la reproduction, les adultes s'affichent largement sur l'écorce des arbres, ce qui indique que ses prédateurs doivent être rares.

Reproduction et mort

La reproduction se fait vers juillet, les mâles et femelles se retrouvent sur des chênes malades, et se nourrissent en léchant les plaies de l'arbre. Le mâle utilise ses grandes mandibules pour ramener sous lui une femelle, et attraper et éjecter les concurrents à la manière d'un lutteur grec. Une fois une femelle rabattue sous lui, il reste au-dessus d'elle, utilisant sa taille double pour la couvrir physiquement, et l'"enfermer" entre ses pattes. Le couple peut aussi se placer au-dessus d'une plaie de l'arbre pour profiter du jus qui en sort.

Le couple peut s'accoupler plusieurs fois, durant de courtes périodes (~ de 2 minutes). Le mâle se retire à l'approche d'un observateur, et se dresse pour repousser toute menace de ses mandibules.

D'autres mâles peuvent s'approcher, attirés par la femelle, mais les assauts qui s'en suivent sont très timides et ne présentent pas une réelle menace pour un couple déjà installé.

La femelle pond dans la terre, au pied d'une source nourricière pour ses futures larves (un arbre mort, un arbre malade : chêne, hêtre, pommier...).

Les lucanes mâles semblent mourir après l'accouplement , et les femelles après la ponte . On peut retrouver les exosquelettes aux pieds des arbres qui accueillent encore les autres couples.

Les oiseaux, comme le geai par exemple, mange l'arrière du lucane cerf-volant, ce qui explique qu'on trouve des têtes en forêt.


Lucane femelle

Statut de protection et autres détails

L'espèce est actuellement protégée mais continue à se raréfier géographiquement, en gardant des poches de présence. Le lucane cerf-volant est inscrit à l'annexe II de la directive européenne "habitats faune flore" de 1992, dont la protection nécessite la mise en place par les États-membres de Zones Spéciales de Conservation, ainsi qu'à l'annexe III de la convention de Berne.

Des scarabées très ressemblants à de petites lucanes femelles (d'environ 20 mm) sont en fait des "Petite Biche" ou Dorcus parallelipipedus, dont les larves sont aussi saproxylophages.


variabilité de taille des lucanes mâles, les deux derniers individus sont des femelles.

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HÉSIODE.

Publié le 30 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Hésiode (en grec ancien Ἡσίοδος / Hêsíodos, en latin Hesiodus) est un poète grec du VIIIe siècle av. J.-C., environ vers -700.

Biographie

Les faits

Les seuls faits authentiquement connus sur Hésiode sont les événements consignés dans ses poèmes. À trois reprises dans Les Travaux et les Jours, il donne quelques éléments biographiques. Il faut y ajouter quelques vers de la Théogonie.

Hésiode serait né à Ascra, un petit bourg de Béotie. Son père venait de Cumes en Éolie, contrée d’Asie Mineure située entre l’Ionie et la Troade. Nous ignorons son nom. La tradition lui donne celui de Dios, mais cela s’explique par une interprétation fautive du passage « Πέρση, δῖος γένος / Pérsê, dĩos génos » (Travaux, v. 299), comprise comme « Persès, fils de Dios » au lieu de « Persès, noble fils ». Il y possédait une petite entreprise de cabotage, qui le ruina. Il traversa donc la mer et se fixa à Ascra où il acheta un lopin de terre, au pied du mont Hélicon. Il y épousa Pycimède, avec qui il eut deux fils : Hésiode et Persès.

Ascra était un endroit pauvre. Hésiode le décrit comme un « bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable » (Travaux, v. 640). Au moment du partage de l’héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Les « rois » d’Ascra donnèrent raison à Persès. Celui-ci fit mal prospérer son bien et même périclita, ce qui le conduisit à quémander son frère, qui le repoussa. Furieux, Persès menaça Hésiode d’un autre procès, dont l’objet est inconnu.

Pour amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, Hésiode composa à son intention le poème Les Travaux et les jours, ouvrage dont la partie didactique est axée autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l’humanité ; celui qui travaille peut vivre décemment. Cet ouvrage fut écrit dans un contexte de crise agraire et de vagues de colonisation des Grecs à la recherche de nouvelles terres. Hésiode espérait résoudre le différend à l’amiable ; nous ignorons s’il réussit ou non.

Parallèlement à ses activités agraires, Hésiode était un aède, c’est-à-dire un barde composant ses poèmes pour un auditoire. À Chalcis en Eubée, il participa au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père. Il remporta la victoire grâce à un poème célébrant l’agriculture et la paix, et reçut un trépied en récompense. Il le dédia alors aux Muses de l'Hélicon.

Il mourut à Ascra. Quand le village fut détruit par les Thespiens, ses habitants se réfugièrent à Orchomène. Aristote témoigne dans sa Constitution d'Orchomène que, suite à un oracle, les habitants de la cité recueillirent les cendres du poète et les placèrent au centre de leur agora, aux côtés du tombeau de Minyas, héros éponyme de la cité. De la sorte, les habitants firent d’Hésiode leur fondateur (οἰκιστής / oikistês).

Hésiode s'est peint lui-même dans ses ouvrages comme partisan d’une existence sédentaire, observateur de la tempérance et de la justice, religieux jusqu'à la superstition, n’ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile à ses concitoyens, à qui il prêchait la morale avec de beaux vers. Il est le créateur de la poésie didactique. Après sa mort, des statues furent érigées à Thespies, à Olympie ou encore sur l’Hélicon. Ses poèmes, chantés par les rhapsodes, devinrent très populaires et acquirent une grande renommée.

Hésiode a inspiré de nombreux poètes, parmi lesquels Virgile (dans ses Géorgiques), Caton l'Ancien (dans son De agri cultura) et Lucrèce.


« Pseudo-Sénèque » : longtemps considéré comme un buste du philosophe stoïcien, ce portrait pourrait représenter un poète archaïque, peut-être Hésiode. Copie romaine d'un original hellénistique, British Museum

Les légendes

Des écrits anciens nous livrent également des renseignements sur Hésiode. Il s’agit de :

  • le traité intitulé Dispute d'Homère et d'Hésiode, tournoi poétique d’Homère et d’Hésiode (en grec Ἀγών / Agốn) ;
  • la Vie d’Hésiode du grammairien byzantin Jean Tzétzès ;
  • l’article Hésiode de la Souda ;
  • deux passages de Pausanias (IX, 31, 3-6 et 38, 3-4) et quelques allusions éparses ;
  • un passage de Plutarque (Moralia, 162b).

L'ensemble est réuni dans les Vitæ Homeri et Hesiodi de Ulrich von Wilamowitz (Bonn, 1916).

L’Agốn ou "Dispute d'Homère et d'Hésiode" est une sorte de livre scolaire remontant au IIe siècle de l'ère chrétienne, mais dont le contenu est beaucoup plus ancien (Aristophane en cite des vers dans la Paix, en 421 av. J.-C. Il narre un tournoi opposant Homère à Hésiode, et a pour objectif de répondre à la question : que faut-il préférer, de la poésie didactique ou de la poésie épique ? Au terme du tournoi, Hésiode l’emporte sur l’avis du roi, parce qu’il célèbre la paix et non la guerre. Hésiode remporte un trépied qu’il consacre aux Muses, dans une sorte de décalque du tournoi de Chalcis.

Plutarque, la Souda et Tzétzès content quant à eux la mort d’Hésiode, en des termes concordants. Voulant dédier aux Muses le trépied gagné à Chalcis, il se rendit auprès de l’oracle de Delphes, où la Pythie lui fit une terrible prédiction :

« Heureux ce mortel qui visite ma demeure, cet Hésiode que chérissent les Muses immortelles ! Sa gloire s'étendra aussi loin que les rayons de l’aurore. Mais redoute le bois fameux de Jupiter Néméen (Nemeion). C'est là que le destin a marqué le terme de ta vie. »

Hésiode, pensant que la prédiction désignait le temple de Jupiter Néméen sur le site d’Olympie, s’éloigna du Péloponnèse et s’établit à Oinoé, ville de la Locride ozolienne. Il y vécut longtemps, prit femme et eut un fils. Cependant, Plutarque rapporte qu’un jour, alors qu’il séjournait chez un hôte avec un certain Milésius, celui-ci viola la fille de son hôte durant la nuit. Hésiode fut accusé du crime et tué par les frères de la victime. Ce qu’Hésiode avait ignoré, c’est que le lieu de ces événements, une région boisée près de la mer, était consacré à Jupiter Néméen. Son corps fut jeté à la mer — la prophétie se réalisait.

Il convient de noter que chez Tzétzès, c’est Hésiode lui-même qui est le séducteur. Quoi qu’il en soit, le cadavre fut sauvé de la submersion par une troupe de dauphins qui le portèrent jusqu’au golfe de Corinthe, où les Locriens célébraient la fête d’Ariane. Ils recueillirent le corps et pourchassèrent les meurtriers. Hésiode fut enterré sur le Néméion, en un endroit gardé secret par les habitants de Naupacte, de peur que ceux d’Orchomène ne leur enlèvent les cendres.

Cette histoire porte bien les marques de la légende : l’oracle mal compris qui se réalise, l’intervention de dauphins, le tombeau caché. Il est certain qu’elle fut élaborée dans le cadre d’une rivalité entre Naupacte et Orchomène. De plus, la même légende nomme le fils d’Hésiode et de la Locrienne séduite : il n'est autre que Stésichore, grand poète lyrique…


Hésiode et la Muse, par Delacroix, coupole du Palais Bourbon, 2e moitié du XIXe siècle

Œuvre

Hésiode est principalement connu pour sa réécriture des mythes dans ses œuvres, la Théogonie et les Travaux et les Jours, sur lesquels il a longuement réfléchi. Il met ainsi les trois puissances principales : Gaïa, Nyx et Éros, au début du récit (sans préciser qu’elles naissent au début). Auparavant, il existait une version de ces mythes par cité en Grèce ; la refondation d'Hésiode, si elle n’a pas éliminé les textes contradictoires (l'Odyssée), s’est imposée comme le meilleur récit des origines pour les Grecs anciens.

Hésiode tire son inspiration de multiples sources : son père cabotait en Asie, il a donc dû avoir des échos des mythes babyloniens. S’il repense le mythe, il le fait cependant dans la logique du mythe.

Attributions classiques

La première édition ancienne que nous ayons conservée par les papyrus n’attribue à Hésiode que trois œuvres.

  • La Théogonie (Θεογονία / Theogonía) : généalogie des dieux, dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d’Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant. À cette généalogie divine s’ajoute une cosmogonie qui retrace la création du monde à partir du Chaos. Cet ouvrage constitue le plus ancien poème religieux grec.
  • Les Travaux et les Jours (Ἔργα καὶ Ἡμέραι / Erga kaì Hêmérai) : Hésiode raconte l’histoire de Prométhée et de Pandore, les cinq races successives de l’humanité (or, argent, bronze, race des héros puis fer), la fable du faucon et du rossignol (le faucon représentant le roi, et le rossignol le poète) et enfin la vision de deux cités, celle du droit, du respect, Δίκη / Díkê, et la cité opposée, Ὕϐρις / Hýbris, la méchanceté, le crime, identifiés comme "la démesure" (l'ordre cosmique étant par essence la mesure). Il donne une description des travaux agricoles sur les terres arides de son pays natal et il se présente comme un calendrier précis de l’année d’un agriculteur en incluant des conseils sur l’agriculture : outils, soins des animaux, cultures, etc. Une section décrivant la rigueur de l’hiver dans les montagnes de Grèce est particulièrement remarquable. Il termine le récit en prédisant qu’à la fin, l'homme de droit devient riche, tandis que celui de méchanceté perd tout. Hésiode est le prophète de la race de fer, qu’il fait succéder à la race des Héros.
  • Le Bouclier d'Héraclès (Ἀσπὶς Ἡρακλέους / Aspìs Hêrakléous), inspiré de la description du bouclier d’Achille dans l'Iliade. Son attribution à Hésiode est contestée, ou partiellement contestée.


Hésiode et une Muse, par Gustave Moreau (1891)

Autres attributions

Cependant, les Anciens lui ont également attribué une multitude d’autres œuvres, de manière plus ou moins fantaisiste, parmi lesquelles :

  • Le Catalogue des femmes ou les Éhées (Ἢ οἷαι / Ê hoiai, « ou telle femme... », formule de transition classique dans une narration), dont sont tirés les 54 premiers vers du Bouclier ;
  • Les Grands Travaux et les Grandes Éhées, dont le rapport avec les Travaux et les Éhées reste incertain ;
  • L'Ornithomantie, la Mélampodie (sur les devins Mélampous, Calchas et Tirésias), Explications de prodiges, Astronomie, des poèmes sur l'art de la divination ;
  • Les Leçons de Chiron, un poème didactique ;
  • Les Dactyles de l’Ida, sur les premiers métallurgistes ;
  • Les Noces de Céyx ;
  • La Descente aux Enfers de Pirithoos ;
  • Aigimios, épopée sur un roi dorien.

 

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LONDRES (1).

Publié le 30 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Londres (en anglais : London - /ˈlʌndən/), située au sud-est de la Grande-Bretagne, est la capitale et la plus grande ville du Royaume-Uni, elle fut également pendant des siècles, la capitale de l'Empire Britannique. Fondée il y a plus de 2 000 ans par les Romains (Londinium), Londres était la ville la plus peuplée du monde au XIXe siècle, et le Royaume-Uni était le plus vaste empire du globe. En nombre d'habitants, Londres est aujourd'hui largement dépassée par de nombreuses mégapoles mais, de par son rayonnement, elle reste une métropole de tout premier plan. Centre politique, siège du Commonwealth, Londres dispose d'une puissance économique considérable, due notamment à son statut de premier centre financier mondial.

Le Grand Londres compte 7 512 400 habitants, appelés Londoniens. Il réalise 19 % du produit intérieur brut du Royaume-Uni. La conurbation abrite 8 278 251 habitants. Selon différents critères on peut évaluer la population de l'aire métropolitaine, sa zone d'influence directe, à 12 ou 14 millions d'habitants. En Europe, seules les agglomérations d'Istanbul, de Moscou et de Paris ont un poids démographique comparable.

Londres est dynamique et très diverse sur le plan culturel. Elle joue un rôle important dans l'art et dans la mode. C'est aussi une importante destination touristique. Elle reçoit 27 millions de touristes par an et compte quatre sites listés au patrimoine mondial ainsi que de nombreux monuments emblématiques : le Palais de Westminster, le Tower Bridge, la Tour de Londres, l'Abbaye de Westminster, le Palais de Buckingham mais également des institutions telles que le British Museum ou la National Gallery.



Géographie et climat

Définition de Londres

La dénomination courante Londres peut désigner plusieurs ensembles géographiques ou administratifs différents, pouvant parfois porter à confusion.

L'emploi le plus courant fait référence au Grand Londres (Greater London), une des neuf subdivisions régionales de l'Angleterre, formé du territoire sous l'autorité du Greater London Authority et du maire de Londres. C'est cet ensemble d'environ 1 600 km² pour 7,5 millions d'habitants qui est couramment désigné lorsque l'on parle de la capitale britannique. Cependant, le Grand Londres n'est pas officiellement une cité, dont le statut, strictement défini au Royaume-Uni, est attribué à une ville par le monarque britannique sur des critères précis. Avant sa création en 1965, le territoire du Grand Londres faisait partie des comtés du Kent, Middlesex, Surrey, Essex et du Hertfordshire.

La cité de Londres (City of London, abrégé en City, ou bien Square Mile en référence à sa superficie de 1 mile carré), située au cœur du Grand Londres, correspond à la définition historique de Londres. C'est là que la ville moderne est née et c'est aujourd'hui le plus ancien quartier de la capitale. C'est également une circonscription à part entière avec un statut spécial. La cité de Londres et le reste du Grand Londres forment deux régions de "Lieutenance" (Lieutenancy areas) différentes.


Situation du Grand Londres en Angleterre.

La vaste agglomération londonienne peut être décrite par la région urbaine de Londres, qui correspond à la zone occupée par les banlieues, et qui occupe un territoire à peu près similaire à la région du Grand Londres mais avec une population légèrement supérieure. Au-delà de la région urbaine se trouve l'aire urbaine de Londres (London commuter belt ou London Metropolitain Area) qui regroupe les territoires habités par des personnes se déplaçant quotidiennement (commuters) pour aller travailler à Londres. La région urbaine de Londres s'est considérablement agrandie durant l'époque victorienne puis de nouveau pendant l'entre-deux-guerres. Son expansion s'est arrêtée dans les années 1940 à cause de la Seconde Guerre mondiale et de la politique dite de la ceinture verte et sa superficie n'a pas beaucoup évolué depuis. Les limites du district de la Metropolitan Police et de la zone desservie par les transports londoniens ont évolué au fil du temps mais correspondent aujourd'hui approximativement à celle du Grand Londres.

D'autres termes tels que Inner London, Outer London, Central London, North London, South London, East London, East End of London, West London ou bien West End of London sont parfois utilisés, non traduits, pour désigner des quartiers, des unités statistiques ou des circonscriptions de Londres,

Contrairement à de nombreuses autres capitales, le statut de « capitale du Royaume-Uni » de Londres n'a jamais été officiellement accordé à la ville par décret ou par charte écrite. Sa position actuelle s'est établie par convention constitutionnelle, Londres étant le siège du pouvoir britannique. Son statut de capitale de facto en fait un élément de la constitution non écrite du Royaume-Uni. La capitale de l'Angleterre a été transférée de Winchester à Londres après la conquête normande.

Il se peut que les Romains aient marqué le centre de Londinium avec la pierre de Londres, toujours visible à Cannon Street. Les coordonnées du centre de Londres (traditionnellement situé à la Croix d'Éléonore à Charing Cross, près de l'intersection de Trafalgar Square et de Whitehall) sont approximativement 51°30′29″N 00°07′29″O / 51.50806, -0.12472. Trafalgar Square est également devenu un lieu central de célébration et de manifestation.



Plan de la
Cité de Londres, du centre de Londres, du Grand Londres et de l'autoroute M25.

Géographie

Le Grand Londres se situe dans le sud-est de l'Angleterre, à 45 km à l'ouest de l'estuaire de la Tamise et s'étend sur une superficie de 1 579 km², ce qui place la ville à la trente-septième des grandes agglomérations les plus étendues. L'altitude varie du niveau de la mer jusqu'à 245 m à Biggin Hill, au sud de l'agglomération.

Le fleuve, qui traverse la ville d'ouest en est, a eu une influence majeure sur le développement de la ville. Londres a été fondée à l'origine sur la rive nord du fleuve et n'a disposé, pendant plusieurs siècles, que d'un seul pont, le pont de Londres (London Bridge). Le foyer principal de la ville s'est en conséquence cantonné sur cette rive de la Tamise, jusqu'à la construction, au XVIIIe siècle, d'une série d'autres ponts. La ville s'est alors étendue dans toutes les directions, cette expansion n'étant gênée par aucun obstacle naturel, dans une campagne presque dépourvue de reliefs, à l'exception de quelques collines (Parliament Hill, Primrose Hill).

La Tamise était autrefois plus large et moins profonde qu'aujourd'hui. Les rives du fleuve ont été massivement aménagées, la plupart des affluents ont été détournés et sont à présent souterrains, parfois transformés en égouts (ainsi, la rivière Fleet d'après laquelle est nommée la Fleet Street, l'ancienne rue des journalistes). La Tamise est sujette à la marée et Londres est largement inondable. Les menaces d'inondation augmentent d'ailleurs avec le temps compte tenu de l'élévation régulière du niveau de l'eau à marée haute et de la lente inclinaison de la Grande-Bretagne (relèvement au nord, abaissement au sud) causée par un phénomène de relèvement isostatique. Un barrage, la Thames Barrier, a été construit à travers la Tamise à Woolwich dans les années 1970, pour pallier cette menace. En 2005 cependant, il a été suggéré la construction d'un barrage d'une quinzaine de kilomètres de long plus bas en aval pour parer les risques futurs d'inondation.


Vue satellite de Londres

Quartiers

On décrit souvent Londres par quartiers (Bloomsbury, Mayfair, Whitechapel par exemple). Ces noms n'ont pas d'utilisation officielle mais désignent souvent des paroisses (parishes) ou des circonscriptions (city wards) et sont restés en usage par tradition, chacun faisant référence à un quartier distinct avec ses propres caractéristiques mais sans délimitation officielle.

Il existe cependant une zone centrale de Londres qui possède une définition et un statut stricts, la Cité de Londres (City of London). Souvent appelée simplement la City, c'est l'un des plus grands quartiers financiers (central business district) mondiaux. La City possède son propre corps gouvernant et ses propres frontières, lui donnant ainsi une complète autonomie politique et administrative. Le nouveau quartier financier et commercial des docklands se situe à l'est de la City et est dominé par Canary Wharf. L'autre quartier d'affaires se trouve dans la Cité de Westminster qui abrite également le gouvernement britannique et l'Abbaye de Westminster.

West End est le principal quartier commerçant et regroupe les principales attractions telles que Oxford Street, Leicester Square, Covent Garden et Piccadilly Circus. West London regroupe des zones résidentielles huppées telles que Notting Hill, Knightsbridge ou le district de Kensington et Chelsea où le prix moyen d'une maison dans certains quartiers est d'environ 5 500 000 livres et où une maison a été vendue 60 millions de livres. D'après un classement 2007 réalisé par le groupe immobilier Knight Frank et Citi Private Bank, filiale de Citigroup, Londres est la ville la plus chère du monde dans le domaine de l'immobilier résidentiel de luxe : 36 800 euros en moyenne par mètre carré dans ce secteur.

Les zones situées à l'est de Londres regroupent l'East End et les banlieues de l'Essex. Ces zones, situées au plus près du port de Londres original, sont connues pour avoir une proportion élevée d'immigrants et pour être une des plus pauvres de la capitale. La zone appelée East London a vu naître le développement industriel de Londres. Les nombreux terrains abandonnés qu'on y trouve aujourd'hui sont en plein redéveloppement, notamment grâce au plan Thames Gateway, qui inclut London Riverside et la Lower Lea Valley, qui accueillera le parc olympique ainsi que le stade des Jeux olympiques d'été de 2012. North London et South London sont également des termes utilisés pour désigner les deux zones de Londres séparées par la Tamise.

Urbanisation

La densité de population varie considérablement à Londres. Le centre regroupe de nombreux emplois tandis que la périphérie de la ville regroupe des zones résidentielles plus ou moins densément peuplées, la densité étant plus élevée dans la proche banlieue (Inner London) que dans les banlieues plus éloignées (Outer London). Les zones densément peuplées regroupent principalement des immeubles de grande hauteur et les gratte-ciels de Londres sont concentrés dans les deux quartiers d'affaires, tels que le 30 St Mary Axe, Tower 42 et l'immeuble de la Lloyd dans la Cité de Londres, One Canada Square, 8 Canada Square et 25 Canada Square à Canary Wharf.

Récemment, la construction de très grands bâtiments a été encouragée par le plan londonien et de nombreux hauts bâtiments devraient voir le jour, particulièrement dans la cité de Londres et à Canary Wharf. Le Shard London Bridge, de 310 m pour 72 étages, près de London Bridge station, la tour Bishopsgate Tower de 288 m ainsi que 30 autres projets de gratte-ciel de plus de 150 m de hauteur proposés ou en construction, tel que la Boomerang Tower de 170 m, pourraient transformer l'apparence de la ville.


Exemple d'architecture victorienne de style néogothique à Londres, la gare de Saint-Pancras

D'autres bâtiments remarquables de Londres incluent la mairie à Southwark, le Muséum d'histoire naturelle de Londres, la British Library à Somers Town, la grande cour du British Museum et le Dôme du millénaire près de la Tamise à Canary Wharf. La centrale électrique de Battersea, aujourd'hui désaffectée mais en voie de réhabilitation, est un symbole marquant, tandis que certaines gares, notamment Saint-Pancras et Paddington, sont de bons exemples de l'architecture victorienne.

Il n'existe pas un unique style architectural permettant de décrire Londres. Différents styles et influences se sont accumulés et mélangés au fil des années. De nombreux bâtiments sont construits en briques de couleur rouge-orangé ou brun foncé comme à Downing Street, décorés de ciselures et de moulures. Nombre de quartiers sont caractérisés par des bâtiments en stuc ou blanchis à la chaux. Peu de constructions sont antérieures au grand incendie de 1666 à l'exception de quelques restes romains, de la tour de Londres et de quelques restes de l'époque Tudor. La majorité des constructions datent de l'époque édouardienne ou victorienne.

De nombreux monuments célèbrent des personnalités ou des événements qui ont marqué la ville. Le Monument, situé dans la cité de Londres, commémore le grand incendie de 1666 dans la cité de Londres, offrant une vaste perspective sur cœur historique de la ville, où l'incendie à débuté. Marble Arch et Wellington Arch, situées respectivement à l'extrémité nord et sud de Park Lane, sont liées à la monarchie britannique de même que l'Albert Memorial et le Royal Albert Hall à Kensington. La Colonne Nelson est un monument national situé à Trafalgar Square et sert généralement à marquer le centre de Londres.


Gratte-ciel de la City (premier plan à gauche) et de Canary Wharf (arrière-plan à droite)

 Climat

Le climat de Londres est de type tempéré avec des précipitations régulières toute l'année mais, contrairement à l'ouest du Royaume-Uni, d'intensité plutôt légère. La moyenne annuelle des précipitations s'établit à 583,6 mm, février étant le mois le plus sec de l'année. Ce niveau est inférieur à Rome ou Sydney. Londres est en fait une des capitales européennes les plus sèches, disposant de ressources d'eau par personne inférieures à celles d'Israël par exemple.

Les étés sont chauds mais sans fortes chaleurs et les hivers froids mais rarement glaciaux. Le mois le plus chaud est juillet avec une température moyenne à Greenwich de 13,7 °C à 22,3 °C n'excédant que rarement les 33 °, quoique des niveaux plus élevés soient devenus plus fréquents récemment. La température la plus élevée jamais enregistrée à Londres a atteint 38,1 °, mesurée dans les jardins botaniques royaux de Kew, le 10 août 2003, pendant la canicule de 2003. Le mois le plus froid est janvier avec des températures moyennes de 2,4 °C à 7,9 °C. La température la plus froide a été enregistrée le 1er janvier 1962 avec -16,1 C à Northolt.

Les chutes de neige abondantes sont presque inconnues. Au cours des hivers les plus récents, la neige a rarement excédé un pouce d'épaisseur (soit moins de 3 cm). Ceci est notamment dû au fait que la vaste agglomération londonienne crée un microclimat, avec une chaleur enfermée par les immeubles de la ville. La nuit, la température y est parfois de 5 à 9 ℃ supérieure aux zones environnantes. Le célèbre smog londonien, mélange de brouillard et de fumée, est devenu rarissime de nos jours dans les rues de la capitale anglaise. En 1954, il avait provoqué la mort de 4000 personnes.


Tamise gelée à Londres en 1677

Mois Jan Fev Mar Avr Mai Jui Jul Aoû Sep Oct Nov Dec
Temp. max. moy. / °C 7,2 7,6 10,3 13,0 17,0 20,3 22,3 21,9 19,1 15,2 10,4 8,2
Temp. max. absolue / °C 14 16 21 26 30 33 34 38 30 26 19 15
Temp. min. moy. / °C 2,4 2,5 3,8 5,6 8,7 11,6 13,7 13,4 11,4 8,9 5,1 3,4
Temp. min. absolue / °C -10 -9 -8 -2 -1 5 7 6 3 -4 -5 -7
Précipiation moyenne / mm 53 36 48 47 51 50 48 54 53 57 57 57
Nombre de jours de pluie 14,8 10,8 13,4 12,7 12,5 10,5 10,1 10,9 10,5 11,6 14,0 13,2
Source : Worldweather.org et BBC Weather
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HÉPHAÏSTOS.

Publié le 29 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Dans la mythologie grecque, Héphaïstos ou Héphaistos (en grec ancien Ἥφαιστος / Hêphaistos) est le dieu du feu, des forges et des volcans. Il est habituellement représenté sous les traits d'un forgeron boiteux, mais il est d'abord un inventeur divin et un créateur d'objets magiques. Dès Homère, son nom est utilisé par métonymie pour désigner le feu.

Il est assimilé par les Romains sous le nom de Vulcain (parfois appelé Mulciber).


Héphaïstos forgeant la foudre de Zeus par Rubens, musée du Prado

Mythe

Naissance et infirmité

Héphaïstos est unanimement présenté comme le fils d'Héra, mais il n'est pas clair qu'il ait eu un père. Homère en fait le fils de Zeus et Cinéthon celui de Talos, un Géant de bronze, mais dans la version majoritaire, Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna, et pour lui montrer qu'elle pouvait se passer de lui, engendre seule Héphaïstos.

Lorsqu'elle lui donne le jour, elle le trouve si laid qu'elle le jette en bas de l'Olympe, et c'est de cette chute que daterait sa claudication.. Il tombe alors dans la mer et est recueilli par Thétis et Eurynomé, qui l'élèvent pendant neuf ans, à l'insu de tous, dans une grotte de l'île de Lemnos, où il fait son apprentissage d'artisan en façonnant des bijoux.

Pour se venger de sa mère, Héphaïstos fabrique un trône d'or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s'y assoit, et l'envoie dans l'Olympe en guise de présent. Héra s'y installe imprudemment et se trouve immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux confient d'abord à Arès le soin d'aller chercher Héphaïstos, en vain. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revient dans l'Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, propose au dieu forgeron d'exaucer l'un de ses vœux : sur le conseil de Poséidon, Héphaïstos demande la main d'Athéna – requête à laquelle, visiblement, il n'est pas donné suite ; de son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtient d'entrer dans l'assemblée des dieux.

Une autre légende se rattache à l'infirmité du dieu : Héphaïstos prend le parti de sa mère lors d'une querelle entre Zeus et celle-ci ; il reproche à son père de l'avoir laissée suspendue dans les airs, une chaîne d'or au poignet et une enclume à chaque cheville. Furieux, Zeus saisit Héphaïstos par un pied et le précipite du haut de l'Olympe. La chute du dieu dure une journée entière ; il atterrit sur l'île de Lemnos, dont les habitants, les Sintiens, le recueillent et le soignent. Le récit semble contradictoire avec celui où Héra se débarrasse d'Héphaïstos de la même façon, mais il pourrait s'agir de deux incidents séparés.

Les épithètes traditionnellement attachées à Héphaïstos sont « aux pieds courbes », « boiteux » et « les pieds tournés vers l'arrière ». Homère décrit ainsi son allure et sa démarche :

« À ces mots, le Bancal monstrueux et poussif quitta

Le pied de son enclume en agitant ses jambes grêles. (…)
Puis avec une éponge il se lava le front, les bras,
Le cou puissant et, pour finir, la poitrine velue.
Il enfila sa blouse, prit son bâton et sortit
En claudiquant. Le maître s'appuyait sur deux servantes (…)
Leur maître, entouré de leurs soins, parvint péniblement (…)

Auprès de Thétis »

Cette infirmité suscite la curiosité dès l'Antiquité. Certains mythographes pensent qu'il se rattache, à l'origine, aux démons chthoniens à l'apparence traditionnellement monstrueuse. Pour d'autres, son infirmité trouve sa source en Égypte, où le dieu Ptah-Patèque est représenté comme un nain difforme. À l'époque moderne, les commentateurs ont évoqué la possibilité d'une personnalisation de déformations typiques des forgerons et toreutes grecs, dues à leur exposition chronique aux métaux lourds (plomb, arsenic, mercure) contenus dans les matériaux qu'ils travaillent. Ainsi, l'intoxication à l'arsenic (élément présent sous forme d'impureté dans le cuivre) donne classiquement lieu à une atteinte nerveuse avec faiblesse musculaire, voire paralysie des muscles inférieurs.


Le retour d'Héphaïstos dans l'Olympe, accompagné de Dionysos et de son thiase, péliké du Peintre de Cléophon, 440-430 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Inv. 2361)

Amours et descendance

D'après l’Iliade, Héphaïstos est marié à l'une des Charites (ou Grâces), qui porte simplement le nom de Charis (littéralement « Grâce »). Il en va de même dans la Théogonie (v. 907), mais Hésiode cite explicitement le nom d'Aglaé, la plus jeune des Charites. Cependant la tradition la plus populaire en fait le mari d'Aphrodite, cette version étant d'ailleurs déjà attestée dans un épisode fameux de l’Odyssée (chant VIII), où il tend un piège à sa femme qui le trompe avec Arès, et devient la risée des dieux. Dans les deux cas, le dieu épouse une incarnation de la beauté : il peut s'agir d'un simple contraste comique entre la belle et le boiteux, ou d'une réflexion plus profonde sur le rapport étroit entre l'artisan/artiste et la beauté.

Contrairement à d'autres dieux, Héphaïstos n'est guère renommé pour ses aventures extra-maritales. On sait cependant qu'après avoir été abandonné par Aphrodite, il poursuit de ses avances Athéna : son sperme se répand sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec de la laine (ἔριον / érion) qu'elle jette à terre (χθών / khthốn) ; la terre ainsi fécondée donne naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève. De ce fait, on trouve parfois l'expression « enfants d'Héphaïstos » pour désigner les Athéniens.

Sa descendance est peu nombreuse. On lui attribue notamment la paternité de :

  • la nymphe Cabiro, dont descendent les Cabires — une autre version fait d'Héphaïstos le père de ces derniers, qu'il a de Cabiro, et non leur grand-père ;
  • l'infirme Palémon, l'un des Argonautes ;
  • le brigand Périphétès (surnommé Corynétès), tué par Thésée sur la route d'Athènes.

Hygin mentionne également Philammon, Cécrops, Cercyon (lui aussi tué par Thésée sur la route d'Athènes), Philottos et Spinther.


Naissance d'Érichthonios : Gaïa tend le nouveau-né à Athéna, sous les yeux d'Héphaïstos, stamnos d'Hermonax, v. 470-460 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen

Artisan

Très habile dans son art, Héphaïstos façonne des armes remarquables, comme celles d'Achille, dont le bouclier offre une représentation parfaite du monde, celles de Memnon, la cuirasse de Diomède ou encore les cnémides d'Héraclès. Il fabrique aussi :

  • la ceinture d'Aphrodite,
  • le char du Soleil,
  • le palais des dieux sur l'Olympe,
  • Pandore, la première femme,
  • le trident de Poséidon,
  • les flèches d'Artémis et d'Apollo,
  • le collier d'Harmonie,
  • le trône de Zeus et d'Héra,
  • le foudre et l'égide de Zeus,
  • le sceptre de Pélops, etc.

Autres aventures

Héphaïstos prend part à la Gigantomachie et combat armé du feu dévorant : il tue ainsi Mimas en le recouvrant de fer en fusion. Il se range aux côtés des Achéens dans la guerre de Troie. Lorsqu'au début de l'Iliade Zeus et Héra se querellent parce que le roi des dieux a promis à Thétis d'avantager les Troyens, Héphaïstos détend l'atmosphère en remplaçant Ganymède dans son office d'échanson : voyant le dieu boiteux prendre la place du gracieux jeune homme, les dieux éclatent tous d'un rire inextinguible. Il intervient rarement dans la bataille, si ce n'est pour secourir Idéos, l'un des fils de son prêtre Darès, menacé par Diomède. Par la suite, à la demande de Thétis, il sauve Achille des eaux du Scamandre en assèchant par ses flammes le dieu-fleuve.

Il est associé dans certaines versions du mythe à la naissance d'Athéna : d'un coup de sa hache de bronze, il fait jaillir la déesse toute armée du crâne de Zeus.

Certains auteurs font également d'Héphaïstos le gardien du feu, que Prométhée dérobe pour le donner aux humains. À la demande de Zeus, Héphaïstos enchaîne le voleur au rocher de son supplice, où un aigle viendra tous les jours lui dévorer le foie. Dans cette scène représentée par Eschyle, le dieu, plein de pitié, regrette l'ordre donné par son père, et plaint le Titan pour les souffrances qu'il va endurer.

Un mythe minoritaire veut qu'il dispute à Déméter la souveraineté de la Sicile ; de la nymphe Etna, qui habite le volcan du même nom, il a les Palikes, des démons des sources chaudes. Quoi qu'il en soit, il installe sa forge dans le volcan où il travaille, aidé par les Cyclopes. Il veille ainsi au châtiment de Typhon, que Zeus a foudroyé et qui gît, inerte, sous les racines de la montagne.

 
Héphaïstos, d'un coup de hache, fait jaillir Athéna du crâne de Zeus, exaleiptron du Peintre C, v. 570-560 av. J.-C., musée du Louvre

Culte


L'importance du travail de la forge dans les civilisations de l'âge du bronze et à l'âge du fer explique que le personnage du forgeron ait été étroitement associé au pouvoir politique et à la religion. Ainsi, à Citium (actuelle Larnaca à Chypre), un culte est rendu au XIIe siècle av. J.-C. à des divinités du lingot de cuivre, particulièrement abondant sur l'île ; de même, il existe un lien direct entre les forges et le sanctuaire. Le nom d'Héphaïstos à proprement parler semble avoir déjà existé sous la forme a-pa-i-ti-jo à l'époque mycénienne.

Le travail de la forge perd de son importance à l'époque archaïque, puis classique. Le culte d'Héphaïstos est donc peu répandu. Il est vénéré principalement à Lemnos, Athènes et dans le Sud de l'Italie. La première, dont la mythologie fait la résidence du dieu, a pour capitale Héphaïstias, habitée jusqu'au VIe siècle av. J.-C. par une population non-grecque que les Grecs appellent Tyrséniens. Elle accueille une fête de purification où le feu nouveau est allumé, puis distribué aux artisans.

À Athènes, l'importance du rôle joué par Héphaïstos s'explique par sa tentative de viol d'Athéna et la naissance d'Érichthonios qui en résulte. Platon lui attribue une souveraineté commune avec Athéna sur la cité de l'Attique :

« Héphaïstos et Athéna qui ont la même nature, et parce qu’ils sont enfants du même père, et parce qu’ils s’accordent dans le même amour de la sagesse (φιλοσοφία / philosophía) et des arts (φιλοτεχνία / philotekhnía), ayant reçu tous deux en commun notre pays, comme un lot qui leur était propre et naturellement approprié à la vertu et à la pensée, y firent naître de la terre des gens de bien et leur enseignèrent l’organisation politique. »

Il possède trois lieux de culte à Athènes :

  • un autel dans l'Érechthéion, à côté de l'autel de Poséidon et de celui du héros Boutès ;
  • un grand temple sur la butte du Kolonos Agoraios, qui accueille le culte conjoint d'Héphaïstos et d'Athéna Hephaisteia ;
  • un autel à l'Académie.

À l'instar de Zeus Phratrios et d'Athéna Phratria, le dieu reçoit un sacrifice lors de la fête des phratries, les Apatouries. Il est également à l'honneur de la fête des artisans, les Chalkeia, en même temps qu'Athéna Erganè (« industrieuse »). Enfin, les Héphaisties lui sont spécialement consacrées ; comme les Panathénées et les fêtes de Prométhée (Προμηθεια), elles comportent une lampadédromie, c'est-à-dire une course aux flambeaux qui fête le feu nouveau.

Enfin, Héphaïstos est vénéré dans le Sud de l'Italie : dans les îles Lipari et la région de l'Etna, où sa forge est située à partir de l'époque classique. Selon Pythéas, les îles sont même le théâtre d'événements miraculeux : il suffit d'y déposer du fer avec un peu d'or en guise de salaire, et l'on reytrouve le lendemain le fer ouvragé de manière remarquable.


Le temple d'Héphaïstos à Athènes

Représentations artistiques

Héphaïstos est rarement représenté dans l'art grec à l'exception de quelques scènes très appréciées des artistes. L'immobilisation d'Héra fait partie du décor sculpté du trône d'Amyclées, mais le retour dans l'Olympe est de loin le thème le plus populaire. Le plus souvent, le dieu est représenté monté à dos de mulet, escorté par Dionysos et des silènes et conduit devant Zeus et Héra, fréquemment accompagnés par d'autres dieux : Athéna, Arès, Artémis, Poséidon ou encore Hermès. L'exemple le plus célèbre est celui du vase François, un cratère à volutes de 570 av. J.-C. environ. La scène apparaissait également dans la décoration du sanctuaire d'Athéna Khalkiokos (« à la Maison de Bronze ») à Sparte, aujourd'hui disparu.

La naissance d'Athéna, où Héphaïstos intervient avec sa hache, est également un thème très prisé. On voit aussi Héphaïstos dans des représentations de la Gigantomachie, armé de tenailles et d'un soufflet de forge, comme sur les frises du trésor de Siphnos, ou encore dans un char ailé, probablement l'une de ses inventions. Quelques vases le montrent enfin dans sa forge, entouré de satyres : c'est une allusion deux drames satyriques perdus et tous deux intitulés Héphaïstos, l'un d'Achaïos, l'autre d'Épicharme — de même que le vase représentant un combat entre Arès et le dieu forgeron.

Héphaïstos est identifié dans l'art grec par comme un artisan : il porte la hache, les pinces, le bonnet d'artisan (pilos) ou encore la tunique à manches (exômis). L'infirmité du dieu est représentée par des pieds tournés en dehors, comme sur le vase François, par une béquille, comme sur la frise Est du Parthénon, ou encore par le fait de monter en amazone sur son mulet. Selon Cicéron, la statue du dieu par Alcamène le représente « à peine affublé d'une légère claudication non dénuée de grâce ».


Athéna et Héphaïstos assistent à la procession des Panathénées, plaque V (fig. 36-37) de la frise Est du Parthénon, v. 447-433 av. J.-C., British Museum

Étymologie

Les Anciens expliquaient le nom d'Héphaïstos comme « ἀπὸ τοῦ ἧφται », c'est-à-dire « ce(lui) qui brûle, qui est allumé ». Diverses autres hypothèses ont également été avancées, comme un rapprochement avec φαίνω / phaínô, « briller ». En réalité, l'étymologie de son nom est particulièrement obscure, comme c'est souvent le cas des noms de divinités grecques.

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HÉCATE.

Publié le 29 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Dans la mythologie grecque, Hécate (en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê) est une déesse de la Lune, fille du Titan Persès (ou bien de son homonyme, Persès fils d'Hélios selon les traditions) et d'Astéria, la nuit étoilée, et est originaire de Thrace. Certains auteurs en font la mère de Scylla, qu'elle aurait eue avec Phorcys ou bien Apollon.

 Présentation

Hécate présente deux aspects opposés : déesse protectrice liée aux cultes de la fertilité, accordant richesse matérielle et spirituelle, honneurs et sagesse, conductrice des âmes emportées par la tempête ; mais aussi déesse de l'ombre et des morts.

Ses pouvoirs sont redoutables la nuit notamment, à la lumière de la Lune, à laquelle elle s'identifie et qui est considérée comme le séjour des morts. Cette déesse des morts et chtonienne est honorée comme la déesse des carrefours parce qu'elle relierait les enfers, la terre et le ciel. Elle est aussi la déesse de l'ombre, qui suscite les cauchemars et les terreurs nocturnes (symboles des désirs secrets ou refoulés de l'inconscient), ainsi que les spectres et les fantômes. Elle est la magicienne par excellence et la maîtresse en sorcellerie à qui font appel tous les magiciens. Cette magicienne des apparitions nocturnes symboliserait en fait l'inconscient et a pour compagnes les Érinyes, qui sont la personnification des remords de conscience.



Hécate à triple corps, type hellénistique, musée Chiaramonti

Rôle dans la mythologie

Hécate apparaît pour la première fois dans L'Hymne homérique à Déméter, composé spécialement en vue du culte mystérieux d'Eleusis vers 610 av. J.-C. Elle y voit avec Hélios l'enlèvement de Perséphone par Hadès et aide Déméter à rechercher sa fille, la torche à la main. Elle l'emmène voir Hélios, qui dénonce le Cronide. Elle y apparaît donc comme une divinité à caractère lunaire.

Dans la Théogonie d'Hésiode, prise en affection par Zeus, elle reçoit un pouvoir souverain sur la terre, la mer et le ciel, devient la déesse protectrice des orateurs populaires au sein des assemblées, donne la victoire au guerrier qu'elle choisit dans la bataille, s'assied auprès des rois au tribunal de justice, seconde la vaillance des athlètes, dirige les navigateurs sur les flots, protège les chasseurs, préside avec Hermès au bon état et à la multiplication des troupeaux et prend soin de la naissance et de la croissance des enfants. Elle y est donc différente de la première oeuvre puisque son caractère lunaire est à peine indiqué et qu'elle emprunte surtout des traits à Athéna, Déméter et Artémis. L'art grec l'a d'ailleurs souvent représentée semblable à Artémis.

Progressivement, elle se retrouve associée à la face sombre de l'astre lunaire, et se voit prêter des capacités de divinations et de sorcellerie. On la retrouve alors liée à la lignée de magiciennes comme Médée et Circé. On la connaît aussi sous le nom de χθονία / chthonía, « la déesse des Enfers ».

Lieux de culte

On adorait particulièrement Hécate dans les carrefours, où on lui sacrifiait des chiens, parce qu'ils hurlent à la lune, des chevreaux et des agneaux noirs. On a retrouvé de nombreuses statuettes à d'anciens carrefours, lieux de la géomancie par excellence. Les peupliers noirs lui étaient consacrés et on ne la conjurait que par des incantations, des philtres d'amour ou de mort.

Représentations

Hécate est souvent représentée comme une déesse tricéphale : une tête de lion, une de chien et une de cheval ou de jument sur un corps de femme. Ces trois têtes sont le symbole des trois phases de l'évolution humaine (croissance, décroissance, disparition) et des trois phases correspondantes de l'évolution vitale puisqu'elle est liée aux cultes de la fertilité. Elle est parfois aussi représentée par trois femmes adossées à une colonne.

Elle est représentée tenant à la main des torches, des vases et des coupes destinées aux libations, ainsi que parfois des fruits, notamment des pommes. Sa (ou ses) tête(s) est (sont) généralement surmontée (s) de la haute tiare ronde (polos) caractéristique des déesses mères. Elle a aussi parfois aux mains des gâteaux en forme de croissant, des clefs, des poignards, des épées et des serpents, attributs qui indiquent son caractère infernal. Elle est presque toujours accompagnée de chiens ou porte, comme Scylla, une ceinture de chiens.

 
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SOPHOCLE.

Publié le 29 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


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Sophocle (en grec ancien : Σοφοκλῆς / Sophoklễs), né à Colone en 496 ou 495 av. J.-C. et mort en 406 ou 405 av. J.-C. est l'un des trois grands tragédiens grecs dont l'œuvre nous est partiellement parvenue, avec Eschyle (526-456) et Euripide (480-406). Il est principalement l'auteur de cent-vingt-trois tragédies dont seules sept nous sont parvenues. Cité comme paradigme de la tragédie par Aristote, notamment pour l'usage qu'il fait du chœur, et pour sa pièce Œdipe roi, il remporte également le nombre le plus élevé de victoires au concours tragique des grandes Dionysies (dix-huit), et n'y figure jamais dernier.

Son théâtre rompt avec la trilogie « liée » et approfondit les aspects psychologiques des personnages. Ses pièces mettent en scène des héros, souvent solitaires et même rejetés (Ajax, Antigone, Œdipe, Électre), et confrontés à des problèmes moraux desquels naît la situation tragique. Comparé à Eschyle, Sophocle ne met pas ou peu en scène les dieux, qui n'interviennent que par des oracles dont le caractère obscur trompe souvent les hommes, sur le mode de l'ironie tragique.


Éléments biographiques

Les détails de la vie de Sophocle sont connus, bien qu'assez mal, grâce à une compilation anonyme, à la Souda et aux mentions d'auteurs comme Plutarque ou Athénée. Il est le fils d'un certain Sophilos et naît en 496 (selon la chronique de Paros) ou en 495 (selon son biographe anonyme), à Colone, village près d'Athènes, où il situera sa dernière pièce Œdipe à Colone. Il suit une éducation très soigneuse, notamment en musique, où il profite des leçons du célèbre Lampros, et en gymnastique : à seize ans, il lui revient de conduire le chœur du triomphe de Salamine. Exact contemporain de Périclès, Sophocle connaît l'apogée athénien, et participe à la vie politique : il est désigné parmi les hellénotames (trésoriers de la ligue de Délos) en 443-442, et parmi les stratèges à deux reprises, notamment en 440 lors de l'expédition contre Samos. À quatre-vingt-trois ans, il fait également partie des dix conseillers désignés après le désastre de Sicile.

La carrière de tragédien de Sophocle débute au plus tôt en 468. Cette année-là, la trilogie dont fait partie son Triptolème est couronnée du premier prix, notamment devant Eschyle. Sophocle est le rival de ce dernier pendant douze ans, avant qu'Euripide le concurrence à son tour dès 455.

Sophocle meurt en 406 ou 405. Il est le père de Iophon, fils de l'athénienne Nicostrate, et d'Ariston, fils de la sicyonienne Thoris. Suidas mentionne trois autres fils : Léosthénès, Stéphanos et Ménécléidès. Ariston est le père de Sophocle le Jeune, également doué pour la tragédie, sous les soins de qui est représenté la dernière pièce de son grand-père, Œdipe à Colone, en 401.

Les pièces


Sophocle est l'auteur de cent vingt-trois tragédies, ainsi que des drames satyriques. La plupart ont été perdues : il nous reste cent quatorze titres et seulement sept pièces, auxquelles on peut ajouter les fragments importants du drame satyrique Les Limiers, retrouvés en 1912. Sophocle remporte en 468 sa première victoire, pour la trilogie dont fait partie Triptolème, battant Eschyle. Il remporte en tout dix-huit victoires aux grandes Dionysies (auxquelles il ne figure jamais dernier), et six autres aux Lénéennes, pour un total de vingt-quatre victoires, inégalé dans la Grèce classique. Il remporte la dernière en 409, à quatre-vingt sept ans, pour Philoctète. Seules trois des pièces de Sophocle qui subsistent sont datées avec certitude : Antigone (442), Philoctète (409) et Œdipe à Colone (représentation posthume en 401.

On peut remarquer que sur les pièces subsistantes, trois concernent directement le cycle thébain (Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone), trois concernent le cycle troyen (Ajax, Électre et Philoctète), la dernière étant consacrée à Héraclès (Les Trachiniennes). Mais une étude sur la récurrence des thèmes mythiques chez Sophocle devrait également prendre en compte les pièces perdues.

Outre ses pièces, Sophocle est l'auteur d'œuvres diverses, comme une ode à Hérodote ou, selon Plutarque, un traité Sur le chœur (Περὶ χοροῦ), dans lequel il discourait sur son propre style et son évolution. On lui attribue aussi un péan pour Asclépios, dont Sophocle participa à introduire le culte.


Poète (Sophocle ?), bas-relief en marbre d'époque hellénistique.

Ajax

Peut-être représentée vers 445, ce qui en ferait la plus ancienne des pièces de Sophocle conservées, Ajax (Αἴας / Aias) relate l'épisode de la folie d'Ajax : le guerrier a massacré le bétail de l'armée croyant assassiner les chefs Atrides. Devant le chœur des marins de Salamine, Ajax revenu à ses esprits, désespéré, refuse la consolation de sa compagne Tecmesse, exhorte son fils Eurysacès à l'honneur et annonce qu'il va se purifier. Il se suicide sur la scène même, seulement caché par un buisson. Ses proches constatant sa mort se lamentent, et Agamemnon accepte sur les supplications de Teucros la sépulture d'Ajax.


 Antigone

Antigone (Ἀντιγόνη / Antigónê) est datée avec précision de 442. Pour avoir enterré son frère rebelle Polynice, tué dans sa lutte avec son frère Étéocle, Antigone qui a enfreint le décret de Créon doit être punie de mort. Le tyran refuse de revenir sur sa décision malgré et lamentations du chœur des vieillards de Thèbes et les supplications de son propre fils Hémon, fiancé d'Antigone. Seuls les présages de Tirésias le font changer d'avis, mais il est trop tard : Antigone et Hémon se sont entre tués, et la femme du prince, Eurydice, se suicide à son tour.


Les Trachiniennes


De datation imprécise mais considérées comme l'une des plus anciennes tragédies de Sophocle, Les Trachiniennes (Tραχίνιαι / Trakhíniai) ont pour sujet la mort d'
Héraclès. À Trachis, sa femme Déjanire, prévenue par son fils Hyllos du retour d'Héraclès, mais inquiète de voir ce dernier devancé par la jeune Iole pour laquelle il brûle, elle fait envoyer par Hyllos une tunique trempée dans le sang du centaure Nessos. Pensant ainsi se garantir l'attachement d'Héraclès elle tue en fait ce dernier. Apprenant l'événement, elle se suicide alors que son époux arrive à Trachis et, entendant de la bouche d'Hyllos la nouvelle de cette mort, ce dernier comprend qu'il meurt par la ruse d'un mort, Nessos, comme l'avait prédit un oracle.


Œdipe roi

Modèle, chef d'œuvre d'ironie tragique, Œdipe roi (Οἰδίπoυς τύραννoς / Oidípous Týrannos) serait antérieur à 425, objet d'une brève citation dans Les Acharniens d'Aristophane, et postérieur à l'épidémie athénienne de peste de 430-429, la pièce en rappelant probablement le souvenir. À Thèbes ravagé par la peste, Œdipe devenu roi cherche à connaître l'identité du meurtrier de Laïos, cause de la malédiction. Le devin Tirésias, sollicité, apprend la terrible vérité à Œdipe, meurtrier de son père et époux de sa mère Jocaste, mais celui-ci n'y voit qu'une injure inspirée par Créon. Des révélations successives viennent pourtant étayer la révélation, et Œdipe doit admettre qu'en tentant de déjouer l'oracle, il n'a fait que l'accomplir. La pièce s'achève sur le suicide de Jocaste et l'apparition d'Œdipe mutilé après s'être crevé les yeux, le visage ensanglanté, réclamant l'exil.


 Électre

La question de l'antériorité entre l’Électre de Sophocle (Ἠλέκτρα / Êléktra) et celle d'Euripide reste ouverte. Reprenant le thème des Les Choéphores d'Eschyle (et conservant le chœur de jeunes femmes), Sophocle décrit le retour à Mycènes d'Oreste, vengeur de son père Agamemnon. Il y retrouve sa sœur Électre, qui attend son retour avec un désespoir grandissant et envisage d'accomplir elle-même la vengeance. La scène de reconnaissance intervient dans le dernier épisode et le meurtre de Clytemnestre, puis celui d'Égisthe, sont accomplis en exodos.


Philoctète

Précisément daté de 409, le Philoctète (Φιλοκτήτης / Philoktḗtēs) remporte cette année-là le premier prix. Chargé par Ulysse de ramener à Troie Philoctète, blessé et abandonné jadis par Ulysse et les Atrides sur une île déserte, et son arc, le jeune Néoptolème, fils d'Achille, est confronté à un choix moral délicat. Sa mission est indispensable selon l'oracle, mais le jeune homme ne peut se résoudre à trahir le malheureux. Néoptolème rend l'arc après l'avoir volé, et tente de procéder par la persuasion honnête ; mais Philoctète entêté refuse de le suivre et de pardonner aux Atrides, bien qu'il lui fût garanti que sa blessure serait soignée à Troie. C'est l'apparition d'Héraclès qui vient sauver la situation et faire changer Philoctète d'avis.


Œdipe à Colone

Pièce jouée à titre posthume en 401 par les soins du petit fils de Sophocle, Sophocle le Jeune, et premier prix cette année-là, Œdipe à Colone (Οἰδίπoυς ἐπὶ Κολωνῷ / Oidípous epì Kolônỗi) décrit l'arrivée du réprouvé, aveugle et maudit, à Colone, près d'Athènes. Rejeté, ne pouvant compter que sur ses filles Antigone et Ismène, il s'efforce de se disculper des crimes dont on l'accuse. Œdipe doit aussi défendre sa liberté face à ses fils : Créon, envoyé par Étéocle, vient pour se saisir de lui et de ses filles, mais l'aide précieuse de Thésée, roi d'Athènes, les sauve. Puis c'est Polynice qui vient quémander son soutien pour la guerre des sept qui se prépare. Rejetant ses fils, Œdipe se prépare à mourir : accompagné de Thésée, il disparaît en un lieu secret en promettant sa protection à Athènes. À l'appel des dieux, le maudit est élevé au rang des héros.

 


Portrait de l'acteur Euiaon dans Andromède de Sophocle. Vers 430.

Les Limiers

Des fragments des Limiers (Ἰχνευταί / Ikhneutaí) ont été découverts en Égypte en 1912. Ils en représentent environ la moitié, ce qui en fait le drame satyrique le mieux conservé après le Cyclope d’Euripide, transmis dans son intégralité. Les critères stylistiques et métriques font dater Les Limiers probablement d'avant 440.

Les fragments permettent d'en reconstituer le résumé. Le sujet est le même que celui de l’Hymne homérique à Hermès, c'est à dire le vol des troupeaux d'Apollon par Hermès nouveau-né. La pièce débute par la plainte d'Apollon, que le chœur de satyres propose d'aider contre la promesse d'être libérés de l'esclavage. Les traces du bétail les conduisent à la grotte de la nymphe Cyllène, qui veille sur l'enfant. La fin du drame devait présenter la réconciliation entre Apollon et Hermès grâce à la lyre de ce dernier.

Pièces perdues

Sur les cent vingt-trois pièces écrites par Sophocle sont connus cent quatorze titres. Ci-dessous sont recensées les pièces dont ne sont connus que le titre et, parfois, quelques fragments.

Le théâtre de Sophocle

Aspects formels

L'innovation la plus remarquable de Sophocle, si l'on compare son œuvre à Eschyle, est l'abandon de la tragédie « liée », puisqu'il n'en a composé à notre connaissance aucune. Ce changement accentue les enjeux individuels, l'analyse psychologique, à l'échelle d'une pièce, au détriment des décisions divines et des malédictions touchant les hommes sur plusieurs générations.

À cette évolution correspond aussi la création d'un troisième acteur (tritagoniste), attribuée à Sophocle par Aristote (ainsi d'ailleurs que l'adoption du décor) : « Avec Sophocle, il y eut trois acteurs et des décors peints sur la scène. » Cette innovation, qui permet d'enrichir les interactions et oppositions entre personnages, a également pour conséquence de réduire significativement la part du chœur dans le déroulement de la tragédie. L'exemple du titre de la pièce sur le retour d'Oreste est parlant : alors qu'il met en avant le chœur chez Eschyle (Les Choéphores), la sœur d'Oreste passe au premier plan chez Sophocle (et le restera chez Euripide) : la tragédie prend le nom de l'héroïne, Électre, et des héros comme elle donnent leur nom à toutes les pièces conservées de Sophocle sauf une (Les Trachiniennes).

La tension morale

Hormis les deux pièces de Sophocle consacrées à Œdipe (où l'obstination du héros n'a pas de justification morale, et ne concerne pas une opposition de valeurs), le premier point commun entre les pièces conservées est la place centrale occupée par les enjeux moraux sous forme de choix. Antigone en est l'exemple le plus frappant, par l'opposition entre plusieurs « couples de devoirs » que recense Jacqueline de Romilly : famille et État, humanité et autorité, religion et respect des lois. Comme le remarque Jean-Pierre Vernant, le conflit ne se résume pas à celui de la loi des hommes et de la loi divine, « il n'oppose pas la pure religion [...] à l'irreligion complète, mais deux types différents de religiosité : d'un côté, une religion familiale, purement privée, [...] de l'autre, une religion publique où les dieux tutélaires de la cité tendent finalement à se confondre avec les valeurs suprêmes de l'État ». Le tort d'Antigone est de privilégier une religiosité par rapport à l'autre, la « dikē des morts » à la « dikē céleste ».

L'autre grand exemple est Electre : le meurtre de Clytemnestre et d'Égisthe n'intervient qu'à la toute fin de la tragédie, qui développe surtout la psychologie de l'héroïne, et le thème de la vengeance du père à travers le meurtre de la mère.

Des oppositions du même ordre traversent les trois autres pièces considérées. Dans Ajax, par le contraste entre le héros inflexible quant à sa conception de l'honneur et les lamentations dévouées de Tecmesse, puis par l'enjeu de la réhabilitation du héros par Agamemnon, enfin par l'opposition entre la modération d'Ulysse et l'orgueil d'Ajax ; dans Les Trachiniennes, par le contraste entre Héraclès et sa femme, Déjanire au caractère soumis, du même ordre qu'entre Ajax et Tecmesse. Enfin, le Philoctète est entièrement consacré au dilemme de Néoptolème, duquel Ulysse réclame au nom de l'intérêt des Grecs le vol de l'arc de Philoctète, blessé et affaibli. Le héros se refuse finalement à toute compromission : « L'honnêteté ici vaut bien mieux que l'adresse. »

Le rôle des dieux

Alors qu'ils pèsent de tout leur poids sur le théâtre d'Eschyle, les dieux ont un tout autre rôle chez Sophocle. Car il est incontestable qu'ils sont chez lui plus distants, éloignés des événements : « le climat de ses pièces ne baigne plus dans le ritualisme religieux des origines du théâtre. » Hormis Athéna au début d’Ajax, les dieux n'apparaissent pas dans les pièces conservées. Mais cette distance a pour conséquence de souligner le contraste entre le monde des hommes, qui évoluent sur la scène, et celui des dieux, comme le souligne le chœur d’Antigone) ou celui d’Œdipe roi. À l'inverse, Sophocle qualifie l'homme d'« ephémère » et souligne son sort dérisoire devant le temps qui passe : comme le chantent les marins du chœur d’Ajax, « Il n'est rien que n'efface le temps tout puissant. »

Et la distance ainsi établie n'empêche pas l'intervention divine. Seulement celle-ci intervient par des oracles et le théâtre de Sophocle porte non plus sur la « justice divine » comme chez Eschyle, mais sur le sens de ces oracles, qui sont le seul indice dont les hommes disposent sur la décision divine. Au début des Trachiniennes, Déjanire annonce l'oracle qui concerne Héraclès : « Ou il trouvera là le terme de sa vie, ou il triomphera et dès lors à jamais passera dans le calme le reste de ses jours » ; dans Ajax, le présage de Calchas est rapporté par le messager, la colère d'Athéna ne doit poursuivre le héros qu'« un seul jour » : « s'il survit pourtant à cette journée, peut-être le sauverons-nous, avec l'aide de quelque dieu ». Selon les mots d'Héraclès, Philoctète ne peut être guéri qu'à Troie : mais y parviendra-t-il ? Comme on le voit les oracles sont souvent imprécis, obscurs, ils « laissent donc place à l'espérance et à l'erreur. » Parfois, c'est le rapprochement entre plusieurs oracles qui donne la solution, comme le constate Héraclès au moment de mourir : comme cela a été prophétisé à son père, il meurt par le fait d'un mort, Nessus, dont le baume mortel a été appliqué par Déjanire sur sa chemise. Par cette place laissée à l'erreur font irruption la surprise et la péripétie, mais surtout le spectacle du destin de l'homme en train de se jouer : « toute la dramaturgie de Sophocle repose sur l'idée que l'homme est le jouet de ce que l'on pourrait appeler l'ironie du sort », une « ironie tragique, dont le sens s'inscrit en clair sous les yeux des spectateurs, alors que les personnages n'en distinguent pas toujours le sens », et propre à Sophocle. Cette ironie qui fait de Déjanire l'instrument de la mort d'Héraclès, qui fait intervenir la mort après les chants d'espoir et de joie du chœur dans Les Trachiniennes , dans Ajax, dans Antigone. Chez Eschyle ou Euripide, l'ironie tragique peut faire d'un personnage le dupe d'un autre, mais chez Sophocle les hommes ne se dupent pas entre eux, sauf à de rares exceptions : c'est par les dieux qu'ils sont abusés.

Cette distance et cette ironie tragique trouvent leur illustration la plus aboutie dans Œdipe roi, « quête tragique » d'Œdipe qui apprend ce qu'il est, c'est à dire meurtrier de son père et époux de sa mère, et qui, ayant tout fait pour fuir l'oracle prononcé contre lui, l'a réalisé dans l'ignorance complète de la portée de ses actes. La portée religieuse de cette perfection de l'ironie, particulièrement dans Œdipe roi, ne doit cependant pas être considérée comme le fait de dieux cruels ou indifférents (le destin d'Œdipe devenu protégé des dieux dans Œdipe à Colone l'interdit d'ailleurs). Chez le pieux Sophocle, « les hommes n'ont pas à comprendre, mais à adorer.» Créon, Œdipe ou Jocaste paient leur irrespect des devins et des oracles, la tragédie est le fait de l'erreur des hommes.

Le héros sophocléen

Or, on peut rappeler que l'homme est au cœur du théâtre de Sophocle, comme en témoignent les évolutions formelles. Le héros donne généralement son nom à la pièce et se trouve en opposition à d'autres personnages : c'est même là ce qui définit son statut de héros, son « isolement progressif de toute aide et de tout soutien humains. » Antigone invite d'abord sa sœur à une action conjointe, mais le refus d'Ismène l'enferme dans le rejet de toute assistance, même lorsqu'il s'agit pour Ismène de se joindre à elle devant la colère de Créon : « Tu n'as pas voulu, toi, me suivre, et je ne t'ai pas, moi, associée à mon acte ». Antigone est donc dès lors seule, « sans amis, sans mari », « abandonnée des [siens] ». Le chœur constatant son acte la croit folle, d'une folie comparable à celle d'Ajax au début de sa tragédie : malgré le chœur de marins, malgré Tecmesse et son fils, il refuse toute consolation, il « fait paître dans son cœur la solitude », et la pièce s'articule autour de la scène elle-même solitaire de son monologue et de son suicide. Les adieux d'Ajax sont effectués sans quiconque pour les entendre, et ne s'adressent à aucun homme mais au Soleil, à Salamine, à Athènes, au paysage troyen.

On retrouve ces éléments dans Électre : rejetée par sa famille et par le chœur, sa solitude culmine lorsqu'elle croit Oreste mort et que, comme dans Antigone, sa sœur Chrysothémis lui refuse son aide. Alors Électre prend sa décision : « Eh bien ! c'est moi qui, de ma main et toute seule, achèverai l'entreprise. » Comme le note Jacqueline de Romilly, c'est donc de la solitude que naît le statut héroïque. Philoctète enfin est seul, abandonné, et n'a plus que son arc dont Néoptolème vient le priver.

C'est encore une fois en Œdipe que Sophocle trouve la meilleure application de ses choix. Dans Œdipe à Colone, le héros est un vagabond aveugle, rejeté par ses fils et fui des hommes. Une solitude de fait (aggravée au cours de la pièce par Créon, qui prive Œdipe de ses filles), à laquelle s'ajoute une solitude morale, Œdipe affirmant ainsi à plusieurs reprises avoir subi bien plus que commis ses actes. Sophocle ne change pas fondamentalement cette solitude : Œdipe meurt seul et sans témoins, il demeure en marge. Mais cette solitude devient un signe de supériorité, de privilège divin. « Il est comme les héros des autres tragédies, un être à part. Mais il l'est un peu plus que les autres : il est à part des hommes. »


Acteur grec (milieu IVe siècle).

commentaires

HOMÈRE.

Publié le 28 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


SOURCE WIKIPÉDIA

LIEN HISTORIQUE & AUTEURS

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Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros) est réputé pour avoir été un aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. C'est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. Il était surnommé simplement « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. Victor Hugo écrivit à son propos dans William Shakespeare : « Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore ».

On ne peut aujourd'hui établir avec certitude si Homère fut un individu bien défini ou si ce nom représentait quelque entité collective.


Portrait d'Homère du « type d'Épiménide », d'après une copie romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.-C. conservé à la Glyptothèque

de Munich
(Inv. 273)


Biographie

La tradition veut qu'Homère ait été aveugle. Deux éléments dans les textes homériques appuient cette thèse. Tout d'abord, l'aède Démodocos, qui apparaît dans l'Odyssée pour chanter des épisodes de la guerre de Troie, est aveugle. Ensuite l'auteur de l'Hymne homérique à Apollon Délien (à l'époque attribué à Homère) déclare à son propre sujet : « c'est un aveugle, qui réside à Chios la rocailleuse ».

Martin P. Nilsson remarque cependant, dans Homer and Mycenæ (1933), que dans certaines régions slaves, les bardes sont rituellement qualifiés d'« aveugles ». La perte de la vue est supposée stimuler la mémoire. De plus, symboliquement, l'aveugle est, dans les civilisations antiques, celui qui voit l'invisible transcendant et ne peut voir le visible immanent. C'est une incarnation de l'idée d'inspiration divine. Tirésias ou Œdipe en sont représentatifs : le premier reçoit la cécité en malédiction et le don divinatoire en compensation. Le second perd la vue quand il se met à voir la vérité et accède à une forme de sainteté. Il est probable que la cécité d'Homère soit de ce type.

Plusieurs villes ioniennes (Chios, Smyrne, Cymé ou encore Colophon) se disputent son origine. L’Hymne homérique à Apollon délien mentionne Chios et le poète lyrique Sémonide d'Amorgos attribue à « l'homme de Chios » l'un des plus fameux vers de l'Iliade, « il en est de la race des humains comme des feuilles », devenu un proverbe à l'époque classique. Lucien de Samosate ((120 - v. 180) fait d'Homère un Babylonien envoyé en otage (en grec ὅμηρος / homêros) chez les Grecs, d'où son nom. Interrogé à cet effet, l'oracle de Delphes répond en 128 à l'empereur Hadrien qu'Homère est natif d'Ithaque et qu'il est fils de Télémaque et Polycaste. Le philosophe et érudit Proclos (412485) conclut la polémique dans sa Vie d'Homère, en disant que celui-ci fut avant tout un « citoyen du monde ».

En fait, nous ne savons presque rien sur la vie d'Homère. Huit biographies anciennes nous sont parvenues, faussement attribuées à Plutarque et Hérodote : elles s'expliquent par l'« horreur du vide » des biographes grecs. Elles datent pour les plus vieilles de l'époque hellénistique et regorgent de détails aussi précis que fantaisistes, dont certains remontent à l'époque classique : il en ressort qu'Homère est né à Smyrne, a vécu à Chios et a trouvé la mort à Ios, une île des Cyclades. Son véritable nom est Mélesigénès ; son père est le dieu fleuve Mélès et sa mère, la nymphe Créthéis. Dans le même temps, Homère est également un descendant d'Orphée, ou un cousin, voire un simple contemporain du musicien.

Une thèse récente, formulée par des auteurs anglo-saxons, postule que l'Odyssée aurait été écrite par une femme sicilienne du VIIe siècle (et dont le personnage de Nausicaa serait une sorte d'autoportrait) : le premier à avoir lancé l'idée est l'écrivain anglais Samuel Butler dans The Authoress of the Odyssey, en 1897. Cette conception a été reprise par le poète Robert Graves dans son roman Homer's Daughter et tout récemment, en septembre 2006, par l'universitaire Andrew Dalby dans son essai Rediscovering Homer


Homère et son guide

, par William Bouguereau (1874)

Œuvres


On lui attribue la paternité de l'Iliade et de l'Odyssée. L'œuvre épique comique Batrachomyomachia (littéralement « la bataille des grenouilles et des rats », parodie de l'Iliade) et les Hymnes homériques lui sont également attribués, quoiqu'il soit communément admis que ce sont des œuvres dérivées ultérieures.

De manière générale, dans l'Antiquité, le nom d'Homère était pratiquement équivalent à la poésie épique dans son ensemble, de même que celui d'Hésiode désignait toute forme de poésie didactique. De cette manière, on trouve fréquemment son nom accolé aux titres des épopées du Cycle troyen. Archiloque de Paros considérait qu'Homère avait écrit le Margitès, une œuvre comique. Hérodote rapporte que la « poésie homérique » fut bannie par Clisthène, tyran de Sicyone, à cause de ses références à Argos — ce qui laisse supposer que le Cycle thébain était également considéré comme homérique. Hérodote lui-même s'interroge sur la paternité homérique des Épigones et des Chants cypriens. Enfin, nombre d'auteurs antiques citent des vers qu'ils attribuent à Homère, mais qui ne figurent ni dans l'Iliade, ni dans l'Odyssée : Simonide de Céos, Pindare, etc.

Ce n'est qu'à partir de Platon et Aristote que l'attribution se limite aux deux épopées.

 

 

La question homérique

Du fait des maigres informations dont nous disposons sur Homère, certains ont mis en question son existence même. Cette question remonte à l'
Antiquité : selon Sénèque, « c’était la maladie des Grecs de chercher quel était le nombre des rameurs d’Ulysse ; si l’Iliade fut écrite avant l’Odyssée, si ces deux poèmes étaient du même auteur. »

La « question homérique », comme on l'appelle à l'époque moderne, naît probablement chez l'abbé d'Aubignac. À rebours de la révérence de ses contemporains pour Homère, il rédige vers 1670 les Conjectures académiques où, non content de critiquer les œuvres homériques, il remet en cause l'existence même du poète. Pour lui, l'Iliade et l'Odyssée ne sont qu'une collection de textes rhapsodiques antérieurs. À peu près à la même époque, Richard Bentley estime au détour de ses Remarques sur le Discours de la liberté de penser qu'Homère a bien existé, mais qu'il n'est l'auteur que de chansons et de rhapsodies qui ont été bien plus tard réarrangées sous forme épique. Giambattista Vico considère quant à lui qu'Homère n'a jamais existé, mais que l'Iliade et l'Odyssée sont littéralement l'œuvre du peuple grec dans son ensemble.

Dans ses Prolegomena ad Homerum (1795), Friedrich August Wolf est le premier auteur à émettre l'hypothèse d'un Homère illettré. Selon lui, le poète a composé ses deux œuvres vers 950 av. J.-C., à une époque où la Grèce ne connaissait pas l'écriture. Les chants dans leur forme primitive sont ensuite transmis de manière orale et par ce biais, évoluent et se développent, jusqu'à leur fixation par la recension de Pisistrate au VIe siècle av. J.-C. À partir d'eux se distinguent deux écoles : les unitaristes et les analystes.

Les analystes, tels Karl Lachmann, cherchent à isoler un poème originel, œuvre d'Homère lui-même, d'additions postérieures ou d'interpolations, et soulignent les incohérences du texte, les erreurs de composition : par exemple, Pylémène, héros troyen, est tué au chant V avant de reparaître quelques chants plus loin ou encore Achille espère au chant XI une ambassade qu'il vient juste de renvoyer. Il est vrai aussi que la langue homérique (voir infra), pour ne parler que d'elle, est un ensemble composite mêlant des dialectes divers (ionien et éolien principalement) et des tournures d'époques diverses. Cette démarche était déjà celle des Alexandrins qui ont établi le texte (voir infra).

Les unitaristes, au contraire, soulignent l'unité de composition et de style des poèmes, pourtant très longs (15 337 vers pour l'Iliade et 12 109 pour l'Odyssée) et défendent la thèse d'un auteur, Homère, qui a composé les poèmes que nous avons à partir de sources diverses existant à son époque. Les différences entre les deux poèmes peuvent s'expliquer par le changement entre un auteur jeune et le même, plus vieux, ou encore entre Homère lui-même et un continuateur de son école.

Aujourd'hui, la plupart des critiques pensent que les poèmes homériques ont été composés, en réutilisant des éléments antérieurs (cf. infra, Langue homérique), lors d'une période de transition, au moment du passage d'une culture de composition et de transmission orale à une culture de l'écrit. L'intervention d'un auteur (ou de deux) ne fait guère de doute, mais il n'est pas douteux non plus que des poèmes antérieurs existaient et que certains ont été inclus dans l'oeuvre homérique. D'autres ne l'ont pas été, comme ceux qui racontaient l'épisode du cheval de bois.l'Iliade aurait été composée en premier, vers la première moitié du VIIIe siècle av. J.-C., et l'Odyssée serait postérieure, de la fin du VIIe siècle av. J.-C.



Ingres, L'Apothéose d'Homère, 1827, musée du Louvre (Inv. 5417)

Transmission des textes homériques

Transmission orale

Les textes homériques se transmirent longtemps par voie orale. Dans sa célèbre thèse, L'Épithète traditionnelle chez Homère, Milman Parry montre que les nombreuses formules « nom propre + épithète », telles que « Achille aux pieds légers » ou « Héra, la déesse aux bras blancs » obéissent à des schémas rythmiques précis qui facilitent le travail de l'aède : un hémistiche peut être aisément complété par un hémistiche tout fait. Ce système, qu'on ne retrouve que dans la poésie homérique, est caractéristique de la poésie orale (cf. épithète homérique).

Parry et son disciple, Albert Lord, donnent ainsi l'exemple de bardes serbes de la région de Novi Pazar, analphabètes, capables de réciter de longs poèmes parfaitement versifiés, en utilisant ce type de formules rythmiques. Après avoir enregistré plusieurs de ces épopées, Lord s'aperçoit en revenant quelques années plus tard que les modifications apportées par ces bardes sont minimes. La versification est bien un moyen d'assurer une meilleure transmission des textes dans une culture orale.

De Pisistrate aux Alexandrins

Pisistrate, au VIe siècle av. J.-C., inaugure la première bibliothèque publique. Cicéron rapporte que les deux récits épiques sont alors pour la première fois retranscrits, sur l'ordre du tyran athénien[18]. Il promulgue une loi enjoignant à tout chanteur ou barde passant par Athènes de réciter tout ce qu'il connaît d'Homère pour les scribes athéniens, qui enregistrent chaque version et les réunissent en ce qui est à présent appelé l'Iliade et l'Odyssée. Des savants tels que Solon (qui s'était pourtant opposé à Pisistrate pendant sa campagne électorale) participent à ce travail. Le fils du tyran, Hipparque, ordonne que le manuscrit soit récité tous les ans à l'occasion de la fête des Panathénées, selon le dialogue Hipparque attribué à Platon.

Les textes homériques sont alors écrits et lus sur des rouleaux de parchemin ou de papyrus, les volumina (d'où vient le français « volume »). Aucun rouleau intégral n'a été sauvegardé. Seuls subsistent des fragments, retrouvés en Égypte, dont certains remontent au IIIe siècle av. J.-C. L'un d'entre eux, Sorbonne inv. 255, contenant les chants IX et X, montre que, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'alors :

  • le découpage des œuvres en 24 chants chacun, numérotés par les 24 lettres de l'alphabet ionien, est antérieur à l'œuvre des grammairiens alexandrins de l'époque hellénistique ;
  • le découpage en chants ne correspond pas à une nécessité pratique (un chant par rouleau).

Ensuite, les premiers à travailler à une édition critique des textes homériques sont les grammairiens alexandrins. Zénodote, premier bibliothécaire de la Bibliothèque d'Alexandrie, commence le travail de défrichage, tandis que son successeur Aristophane de Byzance établit la ponctuation du texte. Aristarque de Samothrace, successeur d'Aristophane, écrit des commentaires de l'Iliade et de l'Odyssée, et tente de différencier le texte attique, établi sur les ordres de Pisistrate, et les additions hellénistiques.


Aristote devant le buste d'Homère, par Rembrandt (1653), Metropolitan Museum of Art

Des Byzantins à l'imprimerie

Au
IIIe siècle, les Romains répandent dans le bassin méditerranéen l'usage du codex, c'est-à-dire le livre broché répandu aujourd'hui. Les plus anciens manuscrits connus sous cette forme remontent au Xe siècle. Ils sont l'œuvre d'ateliers byzantins. C'est le cas par exemple du Venetus 454A, l'un des meilleurs manuscrits existant, qui permit en 1788 au Français Jean-Baptiste-Gaspard d'Ansse de Villoison d'établir l'une des meilleures éditions de l'Iliade. Au XIIe siècle, l'érudit Eustathe de Thessalonique compile les commentaires alexandrins. Il ne retient que 80 corrections sur les 874 établies par Aristarque de Samothrace. En 1488 est imprimée la version princeps des œuvres à Florence.

La langue homérique

La langue homérique est d'abord une langue de l'épopée, déjà archaïque au VIIIe siècle av. J.-C., et encore davantage au moment de la fixation du texte, au VIe siècle av. J.-C.. Avant ce moment, d'ailleurs, certains de ces archaïsmes ont été remplacés, introduisant ainsi dans le texte des atticismes.

Parfois, la métrique de l'hexamètre dactylique permet de retrouver la forme initiale, ainsi que d'expliquer certaines tournures. C'est par exemple le cas pour le digamma (Ϝ /w/), phonème disparu dès le Ier millénaire av. J.-C., encore utilisé chez Homère pour des questions de scansion, même s'il n'est ni écrit ni prononcé. Ainsi du vers 108 du chant I de l'Iliade :

« ἐσθλὸν δ’ οὔτέ τί πω [Ϝ]εἶπες [Ϝ]έπος οὔτ’ ἐτέλεσσας »

L'emploi concurrent de deux génitifs, l'archaïque en -οιο et le moderne en -ου, ou encore deux datifs pluriel (-οισι et -οις) montrent que l'aède pouvait alterner à son gré formes archaïques et modernes : « la langue homérique est un mélange de formes d'époques diverses, qui n'ont jamais été employées ensemble et dont la combinaison relève d'une liberté purement littéraire » (Jacqueline de Romilly).

Mieux encore, la langue homérique combine différents dialectes. On peut écarter les atticismes, transformations rencontrées lors de la fixation du texte. Il reste deux grands dialectes, l'ionien et l'éolien, dont certaines particularités sont manifestes pour le lecteur : par exemple, l'ionien utilise un êta (η) là où l'ionien-attique utilise un alpha long (), d'où les noms « Athéné » ou « Héré » au lieu des classiques « Athéna » et « Héra ». Cette « coexistence irréductible » des deux dialectes, selon l'expression de Pierre Chantraine, peut s'expliquer de diverses façons :

  • composition en éolien, puis passage en ionien ;
  • composition dans une région où les deux dialectes sont également utilisés ;
  • libre choix de l'aède, comme pour le mélange des formes d'époques différentes, souvent à cause de la métrique.

De fait, le dialecte homérique est une langue composite qui n'a jamais existé que pour les poètes, qui n'a jamais été réellement parlée, ce qui accentue la rupture créée par l'épopée avec la réalité du quotidien. Plus tard, bien après Homère, les auteurs grecs vont imiter ces homérismes précisément pour « faire littéraire ».


Homère (1812), par Philippe-Laurent Roland, musée du Louvre

Homère historien ?

Les auteurs de l'Antiquité pensaient qu'Homère chantait des événements ayant réellement existé, et que la guerre de Troie avait vraiment eu lieu. Ils faisaient leur la remarque d'Ulysse à l'aède Démodocos :

« Tu chantes avec un grand art le sort des Grecs,

Tout ce qu'ont fait, subi et souffert les Argiens,

comme un qui l'eût vécu, ou tout au moins appris d'un autre ! »

Au XIXe siècle encore, c'est pour retrouver les sites décrits par l'épopée qu'Heinrich Schliemann lance ses fouilles en Asie Mineure. Quand il met au jour les ruines d'une ville appelée Troie, puis celles de Mycènes, on pense avoir prouvé la véracité des récits homériques. On reconnaît l'existence d'Agamemnon, pensant avoir trouvé un masque à son effigie, le grand bouclier d'Ajax, la coupe de Nestor, etc. On identifie la société décrite par l'aède à la civilisation mycénienne.

Rapidement, les découvertes sur cette civilisation (au premier chef, le déchiffrement du linéaire B) remettent en cause cette thèse : la société achéenne ressemblait plus aux civilisations mésopotamiennes, administratives et bureaucratiques, qu'à une aristocratie de guerriers, sans État. Jacqueline de Romilly explique ainsi : « entre les documents soudain révélés et le contenu des poèmes, il n'y a pas un lien beaucoup plus étroit qu'entre la Chanson de Roland et des actes notariés de l'époque de Roland. »

Moses Finley, dans Le monde d'Ulysse (1969), affirme que la société décrite, hors quelques anachronismes, a vraiment existé : ce sont les « siècles obscurs », ceux du Xe et IXe siècles av. J.-C., situés entre la civilisation de Mycènes et le début de l'âge des cités (VIIIe siècle av. J.-C.). Ainsi, il écrit dans « Les Siècles obscurs et les poèmes homériques » (Les Anciens Grecs, 1971) :

« Tout se passe donc comme si la volonté archaïsante des bardes avait été en partie couronnée de succès : bien qu'ils aient perdu presque tout souvenir de la société mycénienne, ils demeuraient assez en retard sur leur temps pour peindre avec quelque exactitude les siècles obscurs, dans leurs débuts plus qu'en leur fin — tout en laissant toujours subsister des fragments anachroniques, survivances mycéniennes d'une part, notations contemporaines de l'autre. »

La position de Finley est aujourd'hui également remise en question, en grande partie à cause d'anachronismes, montrant des traits datant du VIIIe ou du VIIe siècle av. J.-C. D'abord, l'Iliade comprend trois descriptions de ce qui ressemble à la phalange, notamment :

« Ainsi ajustaient-ils casques et boucliers bombés.

Écus, casques et hommes se pressaient l'un contre l'autre,
Et quand ils se penchaient, les casques chevelus heurtaient

Leurs splendides cimiers, tant ils se tenaient serrés. »

La date d'introduction de la phalange est sujette à débat, mais la plupart s'accordent sur les années 675 av. J.-C.

Les chars sont utilisés de manière incohérente : les héros partent sur leur char, en sautent et se battent à pied. Le poète sait que les Mycéniens utilisaient des chars, mais ne connaît pas leur utilisation à l'époque (combat char contre char, utilisation des javelots), et calque l'utilisation des chars sur celle des chevaux à son époque (transport à cheval jusqu'au lieu de la bataille, combat à pied).

Le récit se passe en plein âge du bronze et les armes des héros sont effectivement faites de ce métal. Mais Homère donne à ses héros un « cœur de fer », et parle dans l'Odyssée du bruit fait, dans la forge, par une hache de fer que l'on trempe.

Ces usages issus d'époques différentes montrent qu'à l'instar de la langue d'Homère, le monde homérique n'a jamais existé en tant que tel. C'est un monde composite et poétique, tout comme la géographie du périple d'Ulysse.


« Masque d'Agamemnon » en feuille d'or martelé, trouvé à Mycènes, aujourd'hui au Musée national archéologique d'AthènesLes 7 premiers vers de l'Iliade
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ACHILLE (2).

Publié le 28 Septembre 2009 par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

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Memnon et Penthésilée

L'Éthiopide, l'une des épopées du Cycle troyen, reprend le récit de la guerre de Troie là où l'Iliade s'arrête. Elle raconte comment, après la mort d'Hector, la ville de Priam voit arriver de nouveaux champions. C'est d'abord l'Amazone Penthésilée, fille d'Arès. Achille l'affronte en duel et s'éprend d'elle au moment où il la tue, ce qui excite les moqueries de Thersite. Excédé, le héros le tue et doit ensuite se purifier sur l'île de Lesbos.

Peu après arrive Memnon, fils d'Éos (l'Aurore) et de Tithon, et prince des Éthiopiens. Là encore, il rencontre Achille en combat singulier et est tué par lui.


Combat d'Achille et de Penthésilée, cratère en cloche lucanien de la fin du Ve siècle av. J.-C., Musée national archéologique de Madrid

Mort

Les jours d'Achille sont désormais comptés. Xanthos, l'un des chevaux d'Achille, l'a prédit au héros, attribuant sa mort à un « dieu fort ». De même, Thétis l'a averti à plusieurs reprises qu'il mourrait jeune, précisant même qu'« Apollon [l]e tuerait de ses flèches rapides / lorsqu'[il] serai[t] sous les murs des Troyens belliqueux. » Enfin, Hector expirant a prédit la mort de son adversaire, tué par Pâris et Apollon, près des Portes Scées.

Plusieurs versions existent quant à sa mort. L'Éthiopide précise qu'il meurt de la main de Pâris et d'Apollon alors qu'il poursuit les Troyens sous les murailles de la ville. Pindare laisse entendre que le dieu prend la forme du fils de Priam et tue Achille pour retarder la prise de Troie, comme il le fait déjà dans l'Iliade pour arrêter Patrocle dans son assaut. L'Énéide est la première à indiquer explicitement que Pâris tire la flèche meurtrière, qui est guidée par Apollon.

À ce stade, aucun texte n'évoque le fameux « talon d'Achille ». Le motif de l'endroit vulnérable apparaît pour la première fois chez Stace, un poète de la deuxième moitié du Ie siècle ap. J.-C. ; peu après, Hygin mentionne expressément la cheville, qu'Apollon transperce de sa flèche, comme son seul point vulnérable. Toutefois, quatre vases de la période archaïque et du début de la période classique représentent soit Pâris décochant une flèche vers le bas du corps d'Achille (la cuisse, le tibia ou le pied), soit Achille mort, une flèche à travers le pied, ce qui tend à prouver que la tradition du « talon d'Achille » est ancienne. Enfin, tous les auteurs parlent bien de la cheville (talus en latin, σφυρόν / sphurón en grec ancien), mais le mot talus change ensuite de sens pour donner le « talon » français.

Une autre tradition lie la mort d'Achille à son amour pour Polyxène, fille de Priam : le héros est tué alors qu'il négocie avec le roi troyen la main de sa fille dans le temple d'Apollon Thymbrien. Dans une autre version, Achille s'éprend de Polyxène alors qu'elle accompagne son père venu réclamer la dépouille d'Hector ; Priam lui promet alors sa main sous réserve qu'il mette fin à la guerre — il s'agit en réalité d'une embuscade, puisque Pâris l'attend, l'arc à la main, tapi derrière une colonne du temple.

Ses funérailles sont contées dans le chant XXIV de l'Odyssée par l'âme d'Agamemnon, ainsi que dans le livre III de La Suite d'Homère de Quintus de Smyrne. Ses cendres sont mêlées à celles de Patrocle et d'Antiloque dans une urne d'or. Il est enseveli, au milieu des pleurs et de gémissements, sur le rivage de l'Hellespont et ne connaît donc pas la victoire finale des Grecs.


Thétis et les Néréides pleurant la mort d'Achille, hydrie corinthienne à figures noires, 560-550 av. J.-C., musée du Louvre

 Après sa mort

Homère, dans l'Odyssée, le représente régnant sur le pré de l'Asphodèle dans l'Hadès, et bien désabusé. À Ulysse qui le félicite de régner parmi les morts, il répond :

« Ne cherche pas à m'adoucir la mort, ô noble Ulysse !
J'aimerais mieux être sur terre domestique d'un paysan,
Fût-il sans patrimoine et presque sans ressources,
Que de régner ici parmi ces ombres consumées... »

Dans l'Éthiopide, Thétis le représente après la mort comme vivant la vie idéale du guerrier, sur l'Île Blanche, au milieu de combats sans nombre et de festins éternels, marié à Médée, à Hélène, à Iphigénie ou encore à Polyxène. Pindare, dans ses Néméennes, évoque pour sa part une île « brillante » située dans le Pont-Euxin. Euripide reprend également cette version dans son Andromaque.


Ajax portant le corps d'Achille, lécythe attique à figures noires, v. 510 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen de Munich

 Interprétation

Bien que descendant de Peleus et de Thétis, Achille est soumis à une condition mortelle. Cependant Homère le marque d’une empreinte divine : sa mênis, c’est-à-dire sa colère. Elle n’a rien de commun avec la rage et la rancœur qui caractérisent les humains, c’est une passion divine. Les autres héros de l’Iliade sont dominés eux par la mania, la folie guerrière qui les aveugle tous (à l’exception du seul Ulysse).

Quand Agamemnon lui arrache Briséis, il est profondément blessé, il lui semble qu’il perd son honneur héroïque, grâce que Zeus accorde à ses préférés. Dès lors peu importent à Achille les présents expiatoires qu’envoie Agamemnon, pire, ils ne font qu’attiser sa colère car Agamemnon croit pouvoir dominer sa mênis divine par de simples objets. En effet, aussi précieux soient ils, ils sont humains et donc sans valeur vis-à-vis de ce qui constitue pour Achille la preuve de sa divinité.

Achille est donc un personnage ambigu, car libre de respecter tour à tour les codes et rites des héros et les mœurs humaines. Cette liberté l'oblige à n'appartenir à aucune des factions, ce qui lui donne une place à part dans l'œuvre d'Homère.

 Culte

Achille fait l'objet d'un culte héroïque dans plusieurs régions de la Méditerranée. Il est difficile de savoir comment le culte a pris son essor, car les cultes héroïques se focalisent généralement sur la tombe du héros. En l'espèce, les restes d'Achille sont supposés se trouver sur les rives de l'Hellespont, non loin de Troie : dans l'Iliade (XXIII), Patrocle est enterré à cet endroit, et son fantôme demande à Achille que leurs cendres soient ensevelies au même endroit ; l'Odyssée précise qu'un grand tumulus, visible depuis la mer, est élevé par les Achéens. Un culte y est attesté dès le Ve siècle av. J.-C. et une ville, Achilléion, est fondée sur le site. Les Thessaliens y effectuent un pèlerinage annuel, et les textes mentionnent que l'armée perse vient y vénérer Achille pendant les guerres médiques, suivie par Alexandre le Grand ou encore Caracalla.

Le culte d'Achille n'est pas cantonné à sa tombe : il est également vénéré à Érythrées (Anatolie), à Crotone, à Sparte et à Élis (Péloponnèse) ou encore à Astypalaia, une île des Cyclades. Le culte pour lequel nous disposons du plus grande nombre de traces est celui de la région d'Olbia, en mer Noire, qui a cours du VIe siècle av. J.-C. à la période romaine. Une série de stèles inscrites des IIe et IIIe siècles montre qu'Achille y est vénéré sous l'épiclèse de « Pontarque » (en grec, roi du Pont). Il est même l'une des principales divinités de la région à l'époque romaine. Un fragment d'Alcée, reprenant la phraséologie de ces inscriptions, évoque Achille régnant sur la Scythie. Dans la même région, l'étroite péninsule de Tendra est appelée dans l'Antiquité la « piste de course d'Achille ». Le nom s'explique probablement par des jeux athlétiques organisés en l'honneur du héros, attestés au Ier siècle ap. J.-C.. Enfin, l'île de Leukè (actuelle île des Serpents), littéralement l'« île blanche »), au nord-ouest du Pont-Euxin, est le site de culte d'Achille le plus connu sous l'Antiquité. Elle abrite un temple et une statue de culte. Le héros est réputé y habiter : il apparaît en vision aux marins qui approchent de l'île.

Le culte d'Achille est souvent lié à la mer, association qui ne s'explique pas par les éléments de son mythe, mais seulement par sa filiation avec une néréide ; il est ainsi vénéré conjointement avec Thétis à Érythrées. Il est particulièrement populaire auprès des marins, qui sont à l'origine de la plupart des offrandes votives à Achille découvertes dans le Pont-Euxin.


Johann Heinrich Füssli, Thétis pleure la mort d'Achille, 1780, Art Institute of Chicago

Achille comme modèle

Indépendamment de son culte, Achille s'impose aux Grecs comme un personnage héros exemplaire. Ainsi Alexandre le Grand s'y compare-t-il, regrettant de ne pas avoir trouvé un Homère pour chanter ses propres exploits. En compagnie de son ami Héphaestion, le conquérant sacrifie même sur la tombe d'Achille et de Patrocle.

On le retrouve dans les arts mais aussi en philosophie. Ainsi par exemple, Socrate s'attache-t-il à relativiser la droiture morale (faute d'une envergure intellectuelle suffisante, Achille n'aurait pas été capable de tromper autrui) à l'aide d'une comparaison entre Ulysse et Achille, en s'attachant à démontrer que si Ulysse était trompeur, Achille ne l'était pas moins, mais seulement moins habilement. L'un des arguments de Zénon d'Élée parle de la course d'une tortue contre Achille. Au contraire, Pindare loue sa droiture dans l'une de ses Néméennes.


Tiepolo, La Colère d'Achille, 1757, fresque de la Villa Valmarana (Vicence). Athéna retient Achille prêt à tuer Agamemnon
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