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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Roselin familier (2).

Publié le 26 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine


Répartition et habitat


Habitat

Il fréquente de nombreux habitats, des déserts non dégradés (pourvu qu'il dispose de suffisamment d'eau et de végétation en particulier pour se reproduire) aux banlieues des villes (parcs et jardins), en passant par les semi-déserts (avec les végétaux Cylindropuntia, Agave filifera et Yucca brevifolia), les maquis (chaparral à genévriers, pins et chênes nains), les bords des cours d'eau, les vergers, les cultures ou les forêts dégradées décidues ou sempervirentes dominées par des sapins (Abies balsamea, Abies grandis, Abies concolor et Abies procera). À l'Est des États-Unis, son habitat est moins diversifié que dans la zone dont il est natif : on le trouve presque exclusivement en milieu urbain ou périurbain[2].

Répartition

Il semble qu'à l'origine cet oiseau soit natif du sud-ouest américain et du Mexique, puis ait étendu son aire de répartition vers le nord. Il n'a été vu pour la première fois dans la région du plateau de la Columbia, c'est-à-dire au nord-ouest de son actuelle aire de répartition, qu'à partir de 1885[6]. Longtemps limité au sud-ouest du Canada, à l'Ouest des États-Unis et au Mexique, il a été introduit en 1940 à partir d'oiseaux initialement capturés dans la région de Los Angeles et détenus illégalement par des oiseleurs sur la côte est des États-Unis, à Long Island (État de New York). Il a ensuite essaimé dans le sud du Maine et du Nouveau-Brunswick jusqu'en Nouvelle-Écosse, New York, est de l'Ontario, Michigan, Ohio, Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Nord et du Sud, Géorgie, Alabama, Tennessee, Kentucky, Indiana, Mississippi, Arkansas, Missouri, Illinois, sud et est de l'Iowa avec quelques îlots de présence disséminés dans le centre et une poche plus importante en Oklahoma[1]. Son aire de répartition s'est étendue pour couvrir, une cinquantaine d'années plus tard, presque tous les États-Unis et le sud du Canada (voir carte de répartition)[3],[4]. L'espèce a aussi été introduite de manière involontaire à partir d'oiseaux échappés de captivité à Hawaï au cours des années 1860[2],[16]. Actuellement, cet oiseau y est commun sur les îles principales, même en altitude.

Cette expansion s'explique par la grande fécondité des femelles et par le fait que les jeunes se dispersent sur de longues distances. À partir de 1965, une véritable explosion démographique se produit avec des effectifs augmentant de 24 % par an de 1966 à 1970[17].

Sur Hawaï, l'accroissement des effectifs est du à l'absence de compétiteur granivore et à l'extension de l'élevage ayant entraîné la mise en place de nombreux abreuvoirs, le Roselin du Mexique étant fortement tributaire des points d'eau, même s'il occupe parfois des zones semi-arides. Ainsi, des groupes de plus de 100 oiseaux ont été notés sur les points d'eau des zones les plus sèches de l'archipel. Après un siècle d'introduction, la biologie de reproduction de cette espèce a peu changé comparativement à celle observée sur le continent américain[18] (fécondité accrue des femelles et habitats utilisés en particulier).

Certains individus des populations du nord-est de l'aire de répartition sont devenus migrateurs, et partent passer l'hiver dans le sud des États-Unis[2]. Les autres sont pour la plupart résidents, même si certains individus du nord-ouest de l'aire de répartition réalisent de courts déplacements latitudinaux ou altitudinaux[6].

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Progression de l'aire de répartition du Roselin familier de 1958 à 1990
d'après les données du Recensement des oiseaux de Noël.
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Ambox notice.png Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

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Systématique

Taxonomie

Cette espèce a été décrite pour la première fois par Statius Müller, à la page 105 du supplément de sa traduction de Linné (Des Ritters Carl Von Linne Vollstandiges Natursystem) en 1776 ; il lui donne alors le nom Fringilla mexicana. G.R. Gray le fait entrer dans le genre Carpodacus en 1844, sous le nom Carpodacus frontalis (G.R.Gray,1844). Le nom Carpodacus mexicanus lui est finalement attribué par Osbert Salvin et Frederick DuCane Godman en 1886[19].

Sous-espèces

Cette espèce présente de nombreuses sous-espèces. Elles se distinguent par l'étendue et l'intensité de la coloration rouge des mâles ainsi que par le plumage plus ou moins foncé[1]. Selon ITIS, il y aurait douze sous-espèces de Roselin familier[20] :

  • Carpodacus mexicanus amplus (Ridgway, 1876) : présent dans l'[[île Guadalupe]], au large et à l'ouest du centre-nord de la Basse-Californie (Mexique), sous-espèce plus grande (15 cm) avec le bec également plus épais et le rouge étendu de la face jusqu'au bas des joues ;
  • Carpodacus mexicanus centralis (Moore R.T., 1937) : présent dans l'[[État du Guanajuato]] et celui du Michoacán, au Mexique ;
  • Carpodacus mexicanus clementis (Mearns, 1898) : présent sur les [[Channel Islands de Californie]] (au large de Los Angeles, Californie) et les [[îles Coronado]] (Mexique) ;
  • Carpodacus mexicanus coccineus (Moore R.T., 1939): présent dans le sud-ouest du Mexique (Guadalajara, État du Colima et Michoacán) ;
  • Carpodacus mexicanus frontalis (Say, 1823) : présent dans l'Est des États-Unis, à Long Island, au sud du Canada, à Hawaï (où les mâles rouges sont rares et les phases jaunes et orangées dominent) ; sous-espèce caractérisée par la coloration rouge du mâle s'étendant plus bas sur la poitrine que chez mexicanus en petites touches rosées, par la calotte, le haut des joues, la nuque et parfois le haut du dos ocre rouge au lieu de brun ;
  • Carpodacus mexicanus griscomi (Miller A.H., 1939) : présent dans l'État de Guerrero, au Mexique ;
  • Carpodacus mexicanus mcgregori (Anthony, 1897) : autrefois présente dans les Islas San Benito et dans l'île Cedros (au large du centre de la Basse-Californie), cette sous-espèce est considérée comme éteinte (dernière observation en 1938)[21] ;
  • Carpodacus mexicanus mexicanus (Statius Muller, 1776) : présent à l'ouest du continent nord-américain, du sud du Canada jusqu'aux États de l'Idaho, du Wyoming, et de l'ouest du Nebraska jusqu'en Oklahoma, au Texas, en Californie et au-delà jusqu'à la Basse-Californie (Mexique) ;
  • Carpodacus mexicanus potosinus (Griscom, 1928) : présent au nord et au centre du Mexique (États de Chihuahua, Coahuila, Nuevo León, Durango et San Luis Potosí) et l'extrême sud-ouest du Texas (Rio Grande) ;
  • Carpodacus mexicanus rhodopnus (Moore R.T., 1936) : présent au centre de l'État de Sinaloa, au Mexique ;
  • Carpodacus mexicanus roseipectus (Sharpe, 1888) : présent dans l'État d'Oaxaca (sous-espèce parfois non reconnue et incluse alors dans mexicanus) ;
  • Carpodacus mexicanus ruberrimus (Ridgway, 1887) : présent au sud de la Basse-Californie, au Sonora, au sud-ouest du Chihuahua et au nord de l'État de Sinaloa, au Mexique.

La forme anconophila Oberholser, 1974 n'est habituellement pas reconnue comme sous-espèce valide.

Les populations de Californie, de la zone orientale américaine d'introduction et d'Hawaï ont été très étudiées mais celles insulaires et endémiques du Mexique sont méconnues. Les nombreuses différences de colorations ont souvent compliqué la systématique de cette espèce, certains individus aux caractères intermédiaires ne pouvant clairement être rattachés à une sous-espèce[1].

Le Roselin familier et l'homme

Les relations entre l'humain et l'espèce
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Un Roselin familier proche d'une maison.
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Les Roselins familiers (ici une femelle) sont très attirés par certains arbres fruitiers (ici un cerisier) dont ils consomment les fruits.
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Le Roselin familier peut parfois occasionner des dégâts au niveau des cultures, notamment dans les vergers d'abricotiers, de cerisiers, de pêchers, de pruniers et de nectariniers. Il est par contre le bienvenu au niveau des mangeoires disposées par les nombreux amateurs d'oiseaux de jardin[2].

Statut et préservation

Cette espèce ayant une aire de répartition estimée à 7,6 millions de km2 et une population comptant environ 21 millions d'individus (estimation de BirdLife International), l'IUCN l'a classée dans la catégorie LC (préoccupation mineure)[22]. Le Cornell Laboratory of Ornithology avance une estimation des effectifs de population beaucoup plus importante, citant une fourchette allant de 267 720 000 à 1 440 720 000 individus[23].

Les populations de l'Est des États-Unis sont victimes d'épidémies touchant les yeux, notamment une conjonctivite à mycoplasme (Mycoplasma gallisepticum) et une affection à fowlpox virus[4] qui, aveuglant l'oiseau, l'empêche de se nourrir et le livre à la prédation et aux collisions. Dans les années 2000, les effectifs ont chuté de 300 millions d'individus à 120 millions suite à la conjonctivite[1].

Philatélie

L'Égypte en 2004 et la Tanzanie en 1997 ont émis des timbres à l'effigie de cet oiseau[24].

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commentaires

Roselin familier.

Publié le 26 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

 

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Carpodacus mexicanus
 Roselin familier (Carpodacus mexicanus)
Roselin familier (Carpodacus mexicanus)
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Fringillidae
Genre Carpodacus
Nom binominal
Carpodacus mexicanus
(Müller, 1776)
Répartition géographique
Carpodacus mexicanus map.svg

     /    habitat permanent
     /    zone de nidification

Statut de conservation IUCN :

LC  : Préoccupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

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Le Roselin familier ou Roselin du Mexique (Carpodacus mexicanus) est une espèce de passereau appartenant à la famille des Fringillidae.

Très commun, ce passereau est une espèce prolifique en voie d'expansion sur tout le continent nord-américain. De la taille d'un moineau, il est doté d'un bec fort lié à son régime essentiellement granivore. Il existe de nombreuses sous-espèces de cet oiseau, dont une est déclarée éteinte. Très sociable, il fréquente volontiers les mangeoires et nichoirs mis à disposition par les amateurs d'oiseaux, mais peut aussi occasionner des dégâts dans les vergers.

Description morphologique

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Roselin familier mâle.
Roselin familier mâle.
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Roselin familier femelle.
Roselin familier femelle.
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Aspect général

La couleur de base du plumage est marron, mêlée de couleur crème (surtout sur la poitrine et le ventre). La couleur crème souligne aussi la bordure de chaque rémige et de chaque rectrice. Le bec est court et épais, les yeux sont noirs et les pattes marron foncé.

Les mâles adultes présentent des plumes d'un rouge-rosé en différents endroits du corps : au niveau de la calotte, sur la poitrine et le croupion, ainsi que quelques-unes mêlées aux plumes marron du dos. Une ligne d'un rouge plus franc surligne l'œil et de nombreuses rayures brun-gris, mal définies, ornent l'abdomen. Les femelles ont la tête unie sans rayures, et de nombreuses rayures sur le dessous du corps.

Le juvénile ressemble à la femelle. Le jeune mâle présente d'abord quelques plumes rouges éparses sur le front, puis cette coloration s'étend sur le reste de la tête, le croupion et le haut de la poitrine. Ces zones, qui sont nettement rouges chez l'adulte, présentent souvent chez le juvénile une teinte jaunâtre ou orangée. Cette coloration peut demeurer, dans certaines populations, chez les mâles adultes[1].

Mensurations

Les femelles sont généralement un peu plus petites que les mâles[2]. Ils mesurent à l'âge adulte de 13 à 15 cm, soit approximativement les dimensions d'un moineau[3]. L'envergure varie de 20 à 25 cm et le poids de 16 à 27 g[4], avec une moyenne d'environ 22 g[5]. La queue mesure 6,6 cm en moyenne et l'aile 8,4 cm[2], dont de 78 à 80 mm du poignet à la rémige primaire la plus longue. Le tarse mesure environ 17 mm et le culmen environ 9 mm en moyenne[5].

Espèces similaires

Le Roselin familier est parfois confondu avec le Roselin pourpré (Carpodacus purpureus), qui présente davantage de rouge sur les parties supérieures et moins de rayures brunes sur la partie abdominale du ventre. Il peut aussi être confondu avec le Roselin de Cassin (Carpodacus cassinii), qui présente moins de rayures sur l'abdomen.

Comportement

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Les Roselins familiers viennent volontiers visiter les mangeoires à oiseaux.
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Alimentation

Le Roselin familier est essentiellement granivore et végétarien, mais son alimentation est davantage insectivore en été[3]. Ses aliments végétaux incluent bourgeons, boutons floraux, graines (surtout d'Astéracées comme les chardons du genre Carduus, le pissenlit, l'armoise ou le tournesol) et fruits (cerises, baies de Phoradendron et mûres de mûrier sont ses favoris, mais aussi figue, poire et pêche)[2]. Les quelques insectes consommés sont le plus souvent des pucerons[6].

Il se nourrit surtout sur le sol et généralement en petits groupes, mais il peut parfois former des groupes nombreux, surtout en dehors de la saison de nidification[4].

Cet oiseau boit généralement au moins une fois par jour, en recueillant de l'eau dans la partie inférieure de son bec puis en renversant la tête vers l'arrière[2].

Comportement social et vocalisations
Relations intraspécifiques

Cet oiseau est très sociable toute l'année. Il forme des groupes lâches en période de reproduction, peut s'abattre en colonies parfois importantes sur les champs cultivés en automne et constituer des troupes comptant d'une à plusieurs centaines d'individus en hiver. Perchés, les oiseaux se tiennent près les uns des autres.

Cependant, les parades d'intimidation entre individus sont observées toute l'année que ce soit au dortoir, sur les lieux de nourrissage, lors de la toilette et du chant avec toutefois un certain relâchement de l'agressivité à la fin de l'été lorsque les jeunes forment des groupes mixtes avec les adultes[7],[8].

Ses vocalisations sont des cris d'appel courts (tchip ou kwet) ou de longs chants modulés finissant en ziiii. Le mâle chante en général longuement, depuis un poste élevé (arbre élevé, antenne, etc.), le plus souvent après le lever du jour et dans les dernières heures avant le coucher du soleil. Les chants sont essentiellement produits au cours de la saison de nidification. La femelle chante aussi, mais seulement en début de saison, tandis que le mâle chante tout au long de l'année afin de signaler son territoire[2],[3].

Relations interspécifiques

Assez peu farouche, cette espèce utilise volontiers les mangeoires et nichoirs à oiseaux[9]. Pour plus de détails sur les relations avec l'humain, voir le paragraphe correspondant.

Il semble que dans les zones urbaines et périurbaines, le Roselin familier exerce une pression de compétition sur ses proches parents, le Roselin pourpre et le Roselin de Cassin[10],[6], mais cette interaction reste encore à démontrer de façon certaine.

Ses principaux prédateurs sont le chat domestique, l'Épervier de Cooper et l'Épervier brun. Les œufs et les oisillons sont de plus la proie de la Mouffette rayée, du Geai bleu, du Quiscale bronzé, de la Corneille d'Amérique, du Tamia rayé, de l'Écureuil fauve, du rat, du Raton laveur et de divers serpents[2].

Le Roselin familier joue deux rôles écologiques principaux : en tant que source de nourriture pour de nombreux prédateurs, mais également comme consommateur et disséminateur des graines qu'il inclut dans son régime alimentaire.

Reproduction
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Nid de Roselin familier garni de trois œufs.
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Le Roselin familier est monogame. Les couples commencent à se former en hiver, mais la plupart des relations se forment juste avant la saison de nidification. Cette dernière débute vers le mois de mars par la parade nuptiale du mâle, dont la partie la plus remarquable est le « vol du papillon », une figure au cours de laquelle le mâle monte en vol entre 20 et 30 m puis redescend lentement jusqu'à un perchoir tout en chantant. Le mâle peut également grimper le long d'une tige verticale puis sautiller et voleter rapidement de branche en branche à proximité de la femelle immobile et apparemment désintéressée par cette démonstration visuelle et vocale, le mâle relevant la tête, calotte hérissée, et lançant des strophes très aiguës entrecoupées de trilles mélodieux. La parade comprend aussi des phases de nourrissage de la femelle et des combats avec d'autres mâles rivaux. Des études ont montré que les femelles préféraient les mâles les plus colorés, c'est-à-dire ayant une alimentation plus riche en nourriture contenant des caroténoïdes, ce qui pourrait être un indicateur des capacités du mâle à trouver de la nourriture. Ceci est particulièrement important lors de la mue permettant de passer du plumage juvénile au plumage adulte ; le mâle présente des variations individuelles de couleur, mais avec les caractéristiques propres à la sous-espèce à laquelle il appartient, notamment l'étendue et la répartition de la couleur[11],[1]. Le choix des femelles par les mâles influe également sur le plumage des premières[12].

Les mâles d'un an arrivent plus tardivement sur les zones de reproduction et avec un plumage plus terne permettant d'éviter ainsi les comportements agressifs des mâles adultes déjà cantonnés[13].

Le nid est constitué d'herbe, de feuilles, de petites racines, de fines brindilles, de plumes et autres matériaux fins (laine, fil…). Il est généralement construit par la femelle qui réalise un tissage serré des matériaux afin d'obtenir une coupelle compacte. Il est habituellement bâti dans une cavité d'un arbre, sous le couvert d'une plante grimpante ou d'un buisson, mais le Roselin familier n'hésite pas à réutiliser un nid déserté[14],[6] (nid spécifique ou celui d'une autre espèce comme le Merle d'Amérique), à coloniser les nichoirs mis à sa disposition, ou la corniche d'une maison, voire à s'installer dans une plante ornementale suspendue dans le jardin[4]. Le nid est généralement placé à une hauteur comprise entre 1,5 et 10 m[14]. La ponte comprend de un à six œufs blancs (quatre en moyenne), souvent teintés de bleu ou de vert, avec quelques taches sombres. Leurs dimensions sont de 16,5 à 21,3 mm × 13,0 à 15,2 mm[4] et leur masse de 2,4 g en moyenne[2].

L'incubation, réalisée exclusivement par la femelle, dure le plus souvent de treize à quatorze jours (les valeurs extrêmes vont de douze à dix-sept jours[2]). À la naissance, les petits, nidicoles, présentent un duvet clair épars. Après l'éclosion, la femelle restera pendant quelques jours en permanence avec eux, tandis que le mâle se chargera de l'approvisionnement en nourriture. Par la suite, les deux parents partiront en chasse et s'occuperont de nettoyer le nid en mangeant les sacs fécaux. Les petits prendront leur essor au bout de deux semaines (entre douze et dix-neuf jours) après l'éclosion. Le mâle continuera de les nourrir pendant quelques jours, tandis que la femelle construira un nouveau nid en vue d'une nouvelle couvée[2],[4].

 

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Certains Roselins familiers affrontent les rigueurs de l'hiver alors que d'autres effectuent une migration sur des distances variables.
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Le Roselin familier peut accomplir jusqu'à six pontes par saison de nidification, mais la plupart des femelles n'en effectue que deux et il est très rare que plus de trois pontes produisent des petits à l'envol[2]. Mâles et femelles atteignent la maturité sexuelle dès le printemps suivant (soit à environ neuf mois). Le record de longévité est de onze ans et demi chez cette espèce[15].

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Noël (4).

Publié le 25 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Contemporaine - fêtes & traditions

 

Les animations de Noël

Les animations de Noël sont nombreuses et variées. Certaines sont plus symboliques et récurrentes que d'autres. On peut distinguer les arbres de Noël, les spectacles de Noël et les marchés de Noël. Toutes ont pour objectif premier d'apporter le rêve et la magie associée à Noël, en partie pour les enfants.

Les arbres de Noël
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Sapin de Noël.
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On distingue deux types d'arbres de Noël : Les arbres de Noël privés (généralement internes aux entreprises) et les arbres de Noël publics. Les arbres de Noël privés sont généralement composés de spectacles, et d'animations mettant en scène des protagonistes déguisés : Des lutins de Noël, la mère Noël, le Père Noël... Les arbres de Noël publics sont différents : Un sapin de Noël de grande taille à proximité d'un marché de Noël avec, parfois, un Père Noël qui accepte de poser pour des photos.

Les spectacles de Noël

Les spectacles de Noël sont souvent privés. Pour les comités d'entreprise quelques semaines avant Noël ou tout simplement pour le grand public. Le principe étant de donner du rêve aux enfants, sur la thématique de Noël, en leur racontant des histoires grandeur nature, en distribuant des papillotes; Les personnages animant cet évènement étant déguisés.

Les marchés de Noël

Les marchés de Noël, historiquement, présentent des produits artisanaux dédiés à Noël. Ce type de manifestation perdure dans le temps même si la nature des produits a tendance à devenir de plus en plus industrielle. Les places des marchés de Noël pour les exposants étant devenues coûteuses, les plus créatifs d'entre eux ne peuvent plus exposer leurs produits comme dans le passé.

« Noël » comme nom de famille et prénom

Il est difficile d'attester du moment où « Noël » devient un nom de famille, mais on en trouve trace dès le Moyen-Âge. En plus des noms issus de la forme française de ce mot, il faut ajouter les noms issus de diverses langues parlées localement (par exemple Nadal ou Nadau dans les langues d'oc, Nedeleg en breton) qui sont aussi à l'origine de noms de famille. Quelques exemples :

Les différentes façons de souhaiter un joyeux Noël

En France

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Décoration lumineuse du sapin de Noël.
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Décoration d'une maison, Noël 2007.
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Décoration d'une maison en France Noël 2009.
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Dans les autres pays d'Europe
En Afrique
  • Berbère : Massilul Ameggaz
  • Kabyle : Massilul Ameggaz
  • Arabe : Milad majid wa aam said !(Noël Béni et joyeuse année)
  • Malagasy : Arahaba tratry ny Noely
En Asie
  • Arabe : Milad majid wa aam said !(Noël Béni et joyeuse année)
  • Chinois : 圣诞快乐 (shèng dàn kuài lè)
  • Indonésien : Selamat Hari Natal
  • Japonais : メリークリスマース merī kurisumāsu (importé de l'anglais merry christmas) (les peuvent être totalement ou partiellement supprimés)
  • Tagalog : Maligayang Pasko
  • Turquie : Noeliniz kutlu olsun
En Océanie

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Noël (3).

Publié le 25 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Contemporaine - fêtes & traditions

 

Au Moyen Âge
  • En 425, l'empereur d'Orient Théodose II codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël.
  • Clovis est baptisé le soir de Noël d'une année comprise entre 496 et 499.
  • En 506, le concile d’Agde fait de Noël une fête d’obligation.
  • En 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé.
  • En 800, Charlemagne est couronné empereur par le pape le jour de Noël.
  • En 856, le jour de Noël, couronnement d'Edmond le Martyr, roi d'Est-Anglie.
  • En 1066, Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster le jour de Noël.

Au Ve siècle sous le pontificat de Grégoire le Grand, la messe de minuit se célèbre déjà. Au VIIe siècle, l'usage s'établit à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l'aurore et la messe du jour le 25 décembre. Les 40 jours qui précèdent Noël deviennent les « 40 jours de saint Martin » en l'honneur de saint Martin de Tours[50].

La fête de Noël continue progressivement à se répandre en Europe : fin du Ve siècle en Irlande, au VIIe siècle en Angleterre, au VIIIe siècle en Allemagne, au IXe siècle dans les pays scandinaves, aux IXe et Xe siècles dans les pays slaves.

Aux alentours de l'an Mil, l'Église s'appuie sur l'importance du temps de Noël pour imposer aux seigneurs belliqueux une période de paix forcée, la Trêve de Dieu.

À partir du XIIe siècle, la célébration religieuse est accompagnée de drames liturgiques, les mystères qui mettent en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouent primitivement dans les églises, puis gagnent les parvis.

À partir de la Renaissance

Au XVe siècle, les crèches apparaissent dans les églises, d'abord en Italie puis se répandent dans les foyers au XVIIe siècle.

Dans les pays réformés, les célébrations de Noël, fête jugée trop païenne ou trop catholique[51], sont limitées. Interdites en Angleterre à partir de 1647, elles sont rétablies en 1660 mais restent mal vues de la majorité du clergé anglais. En Amérique du Nord à Boston, les premiers colons interdisent les célébrations de Noël. L'interdit sera levé en 1681.

En 1893, l'Église catholique enrichit le temps de Noël en instaurant la fête de la Sainte Famille le dimanche qui suit immédiatement Noël.

Fixation de la date

Quand Jules César créa le calendrier julien, le solstice d'hiver fut fixé au 25 décembre. Mais la légère erreur du calendrier julien fit progressivement avancer solstices et équinoxes : au moment du Ier concile de Nicée de 325, le solstice tombait le 21 décembre, mais la Fête de la Nativité fut maintenue au 25 décembre, 9 mois après l'Incarnation, le 25 mars. En 354, le 25 décembre devint ainsi la date où l'on commémorait la naissance de Jésus Christ, le 1er janvier, 8 jours après la Nativité, la date de la Circoncision et le 2 février, 40 jours après Noël, celle de la Purification de la Vierge Marie (Chandeleur). En 1582, le calendrier grégorien remit le solstice, qui avait continué d'avancer jusqu'au 11 décembre, au 21 décembre, pour respecter les décisions du concile de Nicée et la réalité des saisons.

En 1582, où Pâques tombe un 11 mars, le pape Grégoire XIII décide de corriger le calendrier julien et le remplace par le calendrier grégorien, plus précis : il supprime les années bissextiles en trop, remet Pâques à l'équinoxe de printemps, retire les jours entre le 4 et le 15 octobre 1582, mais ne veut pas corriger Noël, qui tombe alors un 25 décembre, conformément au concile, mais contrairement à la fête païenne romaine.

Symboles contemporains et traditions en usage

Dans les sociétés occidentales, il existe plusieurs symboles et traditions de Noël.

Symboles chrétiens
L'Avent
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Couronne de l'Avent.
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L'Avent est la période liturgique qui englobe les quatre dimanches qui précèdent Noël. Traditionnellement, les chrétiens allument une bougie le premier dimanche, puis une de plus chaque dimanche suivant, symboles de la lumière qui va renaitre le soir de Noël. Ces bougies sont souvent réunies sur un même support, le plus courant ayant une forme de couronne sur laquelle se répartissent les bougies.

De cette période est née la tradition du calendrier de l'Avent : cela consiste, dans une grande planche en carton prédécoupée, à ouvrir des petites fenêtres, une par jour depuis le 1er décembre jusqu'à Noël (24 jours). Chaque fenêtre contient une phrase de l'Évangile (version chrétienne), ou une petite confiserie (version païenne).

La messe de minuit et les messes de Noël

La messe de minuit, le 24 décembre au soir, célèbre la Nativité de Jésus. Traditionnellement elle commençait à minuit ; aujourd'hui elle a lieu de plus en plus souvent en début de soirée.

Dans le calendrier liturgique catholique, c'est un cycle de quatre messes qui est prévu pour Noël, les messes de Noël, la messe de minuit est la deuxième.

La crèche
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Crèche.
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Article détaillé : Crèche de Noël.
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C'est une mise en scène de la naissance de Jésus telle qu'elle est présentée dans le Nouveau Testament : sur une table, ou à même le sol, on bâtit une étable miniature dans laquelle on dispose des personnages (en terre cuite souvent) représentant les parents de Jésus et les bergers réunis autour du nouveau-né. La première crèche aurait été réalisée par François d'Assise en 1223 à Greccio, en Italie ; il s'agissait alors d'une crèche vivante, c'est-à-dire avec des personnages réels. Depuis le XVIIIe siècle, la tradition de la crèche s'est perpétuée dans tout le monde catholique, et particulièrement en Provence où des personnages nouveaux ont été ajoutés, les santons, qui représentent les métiers traditionnels ou des scènes de la vie quotidienne de la région. Les rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar, trois érudits de l'époque de Jésus, sont représentés en route vers cette même étable, mais on ne célèbre leur arrivée qu'à l'Épiphanie.

Traditions et symboles profanes
La veillée de Noël
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Repas de Noël en Europe du nord au début du XXe siècle dans une famille aisée.
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La soirée du 24 décembre qui, pour les catholiques, est coupée par la messe de minuit, est dans la très grande majorité des cas, passée en famille. Au Japon, les couples fêtent généralement Noël sous la forme d'une soirée romantique au restaurant, ou à la maison en famille pour ceux qui ont de jeunes enfants[52].

Le repas de Noël, avec la dinde de Noël et la bûche de Noël, en est le repas festif. La bûche de Noël est un dessert en forme de petite bûche ; souvent c'est un gâteau roulé recouvert de crème au chocolat, parfois il s'agit d'une glace. Cette bûche rappelle la tradition ancienne de mettre dans le feu une grosse bûche au début de la veillée ; celle-ci ayant été choisie pour sa taille et sa qualité, car elle devait brûler pendant toute la veillée.

Le Père Noël
Article détaillé : Père Noël.
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Un Père Noël canadien (1875).
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Chargé d'apporter des cadeaux. Il est représenté comme un vieil homme pourvu d'une longue barbe blanche et d'une houppelande rouge. Cette image est accompagnée de tout un folklore : traîneau volant tiré par des rennes, lettre de demande de cadeaux à son intention, son sac rempli de jouets, etc.

Personnage d'invention anglo-saxonne au XIXe siècle, on trouve la première mention du « père Noël » en français en 1855 [53]. Une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Weekly [54]. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs.

S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, on peut aussi l'assimiler à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver, jul, en norvégien, (ou « Jol » ou « Midtvintersblot » correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme.

Les cadeaux de Noël
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Article détaillé : cadeau de Noël.
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Couverture d'un catalogue offrant des cadeaux de Noël (1904).
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Les présents s'échangent le jour de Noël avec les personnes réunies sous le même toit, et dans les jours qui suivent avec la famille et les amis proches. Ces cadeaux sont bien emballés dans des papiers aux motifs colorés. Ils sont ouverts le matin de Noël, ou parfois à la fin de la veillée de Noël. Pour les enfants, ces cadeaux sont essentiellement des jouets, et Noël est la période où les marchands de jouets réalisent l'essentiel de leurs ventes.

Pour les chrétiens, ces cadeaux font référence aux cadeaux offerts à l'enfant Jésus par les rois mages : l'or, l'encens et la myrrhe. La tradition de faire des cadeaux se maintient hors de tout contexte chrétien. Gérald Berthoud, professeur d'anthropologie culturelle et sociale à l'Université de Lausanne, l'explique ainsi[55] : « La période de Noël, qui est très chargée cérémoniellement, possède une certaine intensité rituelle. Même si nous vivons fondamentalement dans une société marchande, il y a dans cet échange de cadeaux quelque chose qui est de l'ordre du don et qui est universel dans son principe: ils créent, maintiennent et consolident des liens ; ils constituent en quelque sorte une matrice du social. »

Les décorations de Noël
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Articles détaillés : sapin de Noël et illuminations de Noël.
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Le sapin de Noël.
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Présentes, aussi bien à l'intérieur des habitations que dans les rues, elles donnent un air de fête. Elles sont souvent lumineuses pour pouvoir être allumées dès la nuit tombée.

Le sapin de Noël, toujours présent à l'intérieur des habitations, est chargé de décorer et de regrouper les cadeaux de Noël dans les familles. Le premier arbre de Noël serait apparu en Alsace en 1521 [56]. Certains auteurs font le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre. Cet arbre était décoré d'oblatas (offrandes, petites friandises figurant les hosties), et de pommes représentant le fruit défendu, objet du premier péché.

Cependant, la tradition d'un arbre décoré est beaucoup plus ancienne puisque les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver[57]. Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Jul, qui avait lieu à peu près à la même date que Noël. L'installation de cet arbre sera d'ailleurs considérée comme une pratique païenne jusqu'au milieu du XXe siècle par l'Église catholique. Au contraire, les protestants l'adopteront dès la Réforme de 1560 comme symbole de l'arbre du paradis. Interdit en URSS dans le cadre de la politique antireligieuse d'État, le sapin de Noël est à nouveau autorisé par Joseph Staline à partir de 1934, mais à condition d'être dressé désormais pour célébrer le Nouvel An.

Les marchés de Noël
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Marché de Noël à Düsseldorf.
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Le marché de Noël se compose d'échoppes habituellement en bois et construites pour l'occasion, qui proposent des petits articles de décoration, des jouets et des cadeaux souvent artisanaux. En France, la tradition des marchés de Noël, vivante dans l'Est (Alsace), s'est répandue dans le reste du pays au cours des années 1990. Les marchés de Noël s'étendent généralement de fin novembre à fin décembre.

Aspects sociologiques et économiques

Les changements culturels
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Les cartes de vœux.
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Vente de sapins de Noël.
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Avec la mondialisation des échanges culturels et la laïcisation de la société, les festivités liées à Noël prennent progressivement un caractère profane et familial et sont de plus en plus déconnectées de l'interprétation religieuse.

Noël redevient donc, pour certains, une fête païenne où, généralement, des membres d'une même famille se retrouvent et s'échangent des cadeaux entre eux selon un rituel assez universel : décoration de son habitation et de l'arbre de Noël (sapin dans les pays froids ou tempérés) ; installation le soir du 24 décembre pour le réveillon de Noël des chaussures de tous les membres de la famille au pied de l'arbre ; ouverture des cadeaux quelques heures après, souvent le matin du 25 décembre ; repas constitué d'une dinde de Noël et se terminant par une bûche de Noël ; etc. Ce rituel se retrouve également à l'échelle d'une population locale avec la décoration des rues et vitrines de magasin des villes et villages dès le début du mois de décembre, la venue du père Noël sur les marchés ou dans les écoles maternelles, ou en janvier par la galette des Rois, qui fête l'arrivée des rois mages auprès de l'enfant Jésus.

Ces traditions sont très largement admises et partagées par la majorité des chrétiens pratiquants qui personnalisent leur fête religieuse par l'ajout d'une crèche et, pour les catholiques, la célébration de la Nativité pendant la messe de minuit ; quelques-uns y voient cependant un détournement de la fête de Noël. Déchristianisé, ce jour devient, pour certaines familles, la fête où les parents célèbrent leurs enfants : ils manifestent leur amour par des cadeaux sans raison (contrairement aux anniversaires, fêtes individuelles, etc.)[58].

D'autres grandes religions connaissent des fêtes où les parents remercient leurs enfants d'exister (par exemple Pourim dans la tradition juive). Mais les instances catholiques expriment depuis longtemps leur désapprobation devant la tournure mercantile que prend cette fête[59]. Exceptionnellement cette désapprobation a pu prendre des aspects pour le moins spectaculaires, comme le 23 décembre 1951 où une effigie représentant le père Noël fut brûlée sur le parvis de la cathédrale de Dijon par des paroissiens. On vit alors les forces de gauche mener des manifestations de défense du vieux bonhomme, pourtant symbole de la société de consommation et génie du marketing événementiel[60].

Plusieurs Églises chrétiennes protestantes ne fêtent pas Noël, l'assimilant à une fête païenne[61].

L'achat massif de cadeaux de Noël a pour effet un pic dans la consommation, notamment sur les secteurs du jouet, du loisir et de la restauration.

En réponse à cette frénésie d'achats, une journée mondiale sans achat, programmée le plus souvent le 25 novembre, est organisée par les adbusters afin de dénoncer l'aspect économique de cette fête, et par extension la consommation de masse en général.

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commentaires

Noël (2).

Publié le 25 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Contemporaine - fêtes & traditions

 

Une date imprécise
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Article détaillé : Anno Domini.
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Historiquement, ni l'année ni le jour de la naissance de Jésus de Nazareth ne sont connues. Les Évangiles ne donnent aucune précision quant à la date de sa naissance.

Les dates retenues concernant l'année de naissance de Jésus peuvent osciller entre -9 et -2[18]. Les Évangiles selon Matthieu et selon Luc la situent sous le règne d'Hérode le Grand dont le long règne s'achève en 4 avant notre ère[19]. L'estimation généralement retenue par les historiens actuels va de 7[20] à 5 avant notre ère[21].

Il est paradoxal que Jésus de Nazareth puisse être né « avant Jésus Christ » : l'origine de l'ère commune est en effet censée être la naissance du Christ. Mais ce début de l'ère chrétienne (l'Anno Domini), qui ne s'est imposé progressivement en Europe qu'à partir du Ier millénaire[22], a été fixé d'après les travaux du moine Denys le Petit réalisés au VIe siècle, que l'on sait à présent être erronés[23] et, si le calendrier historique a été précisé depuis, son origine conventionnelle n'a pas été modifiée.

Fixation de la fête

La naissance de Jésus (la Nativité) est traditionnellement fêtée le 25 décembre, à Noël, mais cette date est entièrement conventionnelle, et n'a rien d'un « anniversaire ». Elle aurait été fixée dans l'Occident latin au IVe siècle, possiblement en 354[24], pour coïncider avec la fête romaine du Sol Invictus[25], célébrée à cette date à l'instar de la naissance du dieu Mithra, né un 25 décembre [26]; le choix de cette fête permettait une assimilation de la venue du Christ - « Soleil de justice » - à la remontée du soleil après le solstice d'hiver[27]. Avant cette date, la Nativité était fêtée le 6 janvier et l'est encore par la seule Église apostolique arménienne, alors que l’Église catholique romaine y fête aujourd’hui l’Épiphanie ou Théophanie[28].

La fête de la naissance du Christ le 6 janvier, le jour de l'Épiphanie, pourrait trouver son origine au sein de certaines communautés chrétiennes d'Égypte au IIIe siècle[29]. Il semble que les basilidiens célébraient dès cette époque le baptême de Jésus à cette date[30] qui se confondait déjà avec sa naissance[31] mais la question reste débattue[32].

Selon la tradition catholique, c'est le pape Libère qui, en 354, aurait institué la fête de la Nativité à Rome le 25 décembre, date du Natalis Invicti[33] ; il aurait également codifié les premières célébrations[réf. nécessaire]. Beaucoup de dates étaient proposées pour la naissance du Messie et il est admis que la popularité des fêtes de Mithra au solstice d'hiver dans l'Empire romain ait joué un rôle dans le choix de la date[34].

Les Églises orthodoxes fêtent quant à elles Noël le 25 décembre du calendrier qu'elles suivent (calendrier julien ou grégorien) et le baptême du Christ le 6 janvier.

La tradition chrétienne de Noël s'inscrivant dans une démarche théologique, elle fête davantage l’évènement de la naissance du Christ, plutôt qu'elle ne célèbre une date en particulier ; dans cette optique, l'exactitude et la correspondance des dates avec la réalité historique sont donc des éléments accessoires.

Aspect doctrinal
Dans le catholicisme

Dans une allocution du 16 décembre 2004, Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras explique le choix d'une date proche du solstice d'hiver :

« Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d’en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l’Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d’hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s’imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l’humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit. »

Cette métaphore du Christ identifié à une lumière nouvelle qui va éclairer le monde est déjà présente dans l'évangile selon Jean (8:12). Elle est reprise fréquemment dans les homélies du temps de Noël, par exemple celle du pape Benoît XVI à l'occasion de Noël 2007[35] :

« Dans l’étable de Bethléem, le ciel et la terre se rejoignent. Le ciel est venu sur la terre. C’est pourquoi, de là émane une lumière pour tous les temps; c’est pourquoi, là s’allume la joie. »

Un jour aux origines antiques

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Enluminure, Bible géorgienne, XIIe siècle.
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Aucun texte chrétien ne précise quel jour dans l'année est né Jésus-Christ. Noël ne fait pas partie des fêtes suivies par les premiers chrétiens, et ne figure pas dans les listes publiées par Irénée de Lyon et Tertullien[36]. Au IVe siècle, la date du 25 décembre a été choisie comme date pour la fête de Noël, principalement dans le but de la substituer aux fêtes païennes qui étaient d'usage à l'époque, comme la fête de la renaissance du Soleil Invaincu, le solstice d'hiver, ainsi que les Saturnales romaines qui avaient toutes deux lieu à la période du 25 décembre.[37]

Avant la célébration chrétienne

Bien avant l'apparition du christianisme, l'époque du solstice d'hiver était déjà une période charnière de l'année, qui regroupait de nombreuses croyances païennes relatives à la fertilité, maternité, la procréation et à l'astronomie. Elle donnait donc lieu à de nombreuses manifestations. Ces traditions antiques ont de nombreux points de similitude avec la fête chrétienne.

Antiquité proche-orientale

Dans le culte mithraïque, la fête la plus importante - le Mithragan - se déroulait chaque année le jour du Solstice d'hiver, jour célébrant de naissance de la divinité et la victoire de la lumière sur les ténèbres[38].

Selon une tradition mithraïque née en Asie mineure, Mithra serait né « jaillissant du rocher » (petrogène) ou d'une grotte - élément éminemment lié au culte de cette divinité - tandis que des bergers assistent à cette naissance miraculeuse[39] dans une récit qui influencera ceux de la naissance de Jésus pour l'adapter aux thèmes païens[40]. Il est possible qu'une tradition plus ancienne, d'origine mithraïque et mazdéenne, présentant la mère de Mithra -Anahita (ou Anahid) - comme vierge[41] ait également influencé les premiers auteurs chrétiens.

Dans les célébrations du culte mithraïque fortement développé dans l'empire gréco-romain aux IIIe et IVe siècles, le 25 décembre correspondait à la célébration du Natalis Invicti, la naissance du soleil invaincu qui reprend ses forces et fait regagner le jour sur la nuit.[42].

Dans le Judaïsme, la fête de Hanoucca, qui commémore la réinauguration du Temple de Jérusalem profané par les Grecs anciens, a été fixée au 25 du neuvième mois lunaire, nommé Kislev, (calendrier hébreu) au voisinage du solstice d'hiver. Le premier Livre des Macchabées insiste sur l'importance de cette date et de cette célébration. Les traditionnelles représentations de la Vierge à l'Enfant puisent quant à elles leurs origines dans les représentations de la déesse d'origine égyptienne Isis allaitant Horus enfant[43].

À Rome
Saturnales

Dans la Rome antique, les citoyens fêtaient les Saturnales : d'abord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du cou et s'offraient toutes sortes de cadeaux. Les gens sacrifiaient aussi symboliquement un mannequin représentant un jeune homme, pensant ainsi transmettre la vitalité du personnage à la nouvelle année.

Il est à noter que la fixation à la date du 25 décembre du Solstice d'hiver est due à une erreur commise par l'astronome Sosigène, lors de la réforme du calendrier à l'initiative de Jules César en 46 avant J.-C., qui fixa les débuts des saisons avec un retard de un ou deux jours par rapport à la réalité[44].

La fête des sigillaires, « ancêtre » de la Saint Sylvestre, concluait les festivités à la fin du mois de décembre. Pendant ce temps de bascule vers l'an neuf, les gens s'offraient des menus-cadeaux de terre cuite, les esclaves devenaient les maîtres et inversement.

Sol Invictus

À partir du règne d'Aurélien (270-275), les Romains fêtent officiellement le Sol Invictus (Soleil invaincu) au moment du solstice d'hiver qui commençait la nouvelle année, annoncée par le rallongement des jours. Ce culte reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, s'est répandu aux IVe et IIIe siècles av. J.-C. et se concluait par le sacrifice d'un taureau, le Sol Invictus correspondant à la naissance du jeune dieu solaire, qui, reprenant les traditions mithraïques, était censé surgir d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un enfant nouveau-né.

Autres traditions

Chez les Celtes, on évoquait le dieu Gargan, un bon géant portant une hotte remplie de cadeaux et décore déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver[réf. nécessaire]. Il inspira le « Gargantua » de François Rabelais.

Chez les Vikings, un homme habillé d'une grande cape censé représenter Odin le dieu scandinave de la guerre et souverain des divinités nordiques, visitait les maisons afin de demander si tout allait bien et d'offrir des friandises aux enfants sages[réf. nécessaire]. En Norvège, au Xe siècle, le roi Håkon Ier de Norvège aurait décidé que la fête du Midtvintersblot (fête du milieu de l'hiver, où le lutin Julenisse distribuait des cadeaux) serait fêtée en même temps que le Noël chrétien[réf. nécessaire].

La célébration de Noël

Les premiers chrétiens ne fêtaient donc pas la naissance de Jésus-Christ comme le font les chrétiens d'aujourd'hui. Théologiquement, la royauté du Christ n'étant pas de ce monde, certains comme Origène (milieu du IIIe siècle) refusent de célébrer cette naissance ainsi qu'on le faisait à l'époque pour un souverain temporel (roi, empereur, pharaon, reine).

Il aura fallu attendre plus de trois siècles et demi pour que Noël devienne une fête religieuse officielle et encore deux siècles pour que cette fête soit généralisée.

Le début de l'ère chrétienne

Pendant près de trois siècles, les chrétiens ne semblent pas avoir célébré d'autre fête annuelle que Pâques. Progressivement va apparaitre le désir d'historiciser la naissance de Jésus-Christ. C'est à partir du IVe siècle, une fête de la conception et de la naissance de Jésus-Christ, traduites par l'Épiphanie et Noël, va prendre place à côté des fêtes plus anciennes de Pâques et de la Pentecôte dans le calendrier liturgique chrétien en composition[45].

Attestée à Rome, sous le pontificat de l'évêque Libère, une fête de l'incarnation du Sauveur se déroule le 25 décembre[46] à l'occasion de laquelle l'évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354, dans un cadre plus général qui apparaît comme celui de la constitution d'un calendrier liturgique destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes[47].

Le 25 décembre devient ainsi la date où l'on commémore la naissance de Jésus-Christ puis les célébrations du temps de la nativité vont progressivement s'étendre, à l'instar du cycle pascal, avec une période de préparation de deux à quatre semaines — l'Avent —, puis une période qui se poursuit jusqu'à la conclusion du cycle avec la célébration de la présentation de Jésus au Temple qui prend place le 2 février à la Chandeleur.

N'ayant pas de correspondance avec le calendrier hébraïque, à la différence des deux autres fêtes qui suivent ainsi le calendrier lunaire, la célébration de la naissance de Jésus-Christ suivra le calendrier solaire, ce qui ne sera pas sans poser de problèmes dans la détermination de l'année liturgique[48].

Cette commémoration se répand progressivement en Gaule et en Orient[49].


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commentaires

Noël.

Publié le 25 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Contemporaine - fêtes & traditions

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Noël
Folio 52r - The Adoration of the Magi.jpg
Représentation de la Nativité dans Les Très Riches Heures du duc de Berry (XVe s.)

Observé par les chrétiens
Type Fête religieuse
Signification Fête célébrant la Nativité de Jésus-Christ.
Date 25 décembre
Observances Messe de minuit
Lié à L'Avent
Christianisme
Religions abrahamiques (arbre)
Judaïsme · Christianisme · Islam
Courants

Arbre du christianisme
Grandes confessions :
Catholicisme · Orthodoxie · Protestantisme

Fondements religieux
Théologie chrétienne
Pratiques
Spécificités
Constructions religieuses

Baptistère · Basilique · Cathédrale · Chapelle · Collégiale · Église · Monastère · Temple

Symboles

Chrisme · Croix chrétiennes · Deo optimo maximo · Ichtus · Rose de Luther

 Cette boîte : voir • disc. • mod. 

 

 

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Noël est une fête chrétienne célébrant chaque année la naissance de Jésus-Christ, appelée Nativité. À l'origine de cette fête existaient déjà sous forme de différentes fêtes païennes qui marquaient le solstice d'hiver. Au XXIe siècle, Noël a toutefois retrouvé un large rôle païen. Elle est devenue une fête commerciale et un moment de l'année célébré, y compris par les non-croyants. Cette fête est associée aux cadeaux et, pour les enfants, au Père Noël.

Noël est actuellement fixé au 25 décembre dans les calendriers grégorien et julien par la plupart des Églises.

Célébration

Sa célébration à la date du 25 décembre, se situe dans le calendrier julien pour les Églises orthodoxes, et dans le grégorien pour l'église catholique et protestante ; le jour de la saint Emmanuel, a été fixée tardivement dans l'empire romain d'Occident, vers le milieu du IVe siècle. Avant de la placer à la date d'une célébration solaire liée au solstice d'hiver[1], plusieurs dates furent proposées : 18 novembre, 6 janvier... Le 25 décembre marquait depuis Aurélien (v.270) l'anniversaire du Sol Invictus et de la renaissance annuelle de Mithra[2]. Pour des raisons symboliques, et dans un souci de christianiser les anciennes fêtes païennes, cette date fut progressivement étendue à tout l'Occident latin. Les Églises orthodoxes, qui ont conservé le calendrier julien, célèbrent Noël le 25 décembre de ce calendrier, ce qui correspond au 6 janvier du calendrier grégorien. Seule l'Église apostolique arménienne a conservé la date précise du 6 janvier comme jour de la fête de Noël[3].

Constituant avec Pâques une des grandes fêtes chrétiennes, Noël s'est progressivement chargé de traditions locales, mélanges d'innovations et de maintien de folklore ancien, au point de présenter l'aspect d'une fête profane populaire possédant de nombreuses variantes, dans le temps comme dans l'espace. L'association de la mémoire d'une naissance a facilité la place centrale prise par la famille dans le sens et le déroulement de cette fête. L'Église catholique romaine insiste par exemple sur cet aspect depuis l'instauration en 1893 de la fête de la Sainte Famille, le dimanche suivant le 25 décembre. Les cadeaux, sous forme d'étrennes, semblent être une réminiscence des cadeaux effectués lors des fêtes saturnales de décembre (strenae)[4].

Le don est présent dans de nombreuses traditions, comme celle de servir un repas au premier pauvre croisé au jour de Noël, ou dans l'exceptionnelle générosité des aumônes accordées aux mendiants à la sortie de l'office célébré durant la nuit de Noël. « La période de Noël, qui est très chargée cérémoniellement, possède une certaine intensité rituelle. Même si nous vivons fondamentalement dans une société marchande, il y a dans cet échange de cadeaux quelque chose qui est de l'ordre du don et qui est universel dans son principe: ils créent, maintiennent et consolident des liens ; ils constituent en quelque sorte une matrice du social[5]

La popularité de cette fête a fait que Noël est devenu un patronyme et un prénom.

Étymologie

En français, on considère classiquement[6] que le mot Noël (dont la première attestation écrite date de 1112) est issu par évolution phonétique (nael) et modification vocalique du latin natalis (« relatif à la naissance, natal »). Le o, remplaçant le a de l'ancien français nael, vient de la dissimilation des deux a de natalis tandis que le tréma (1718) note la diérèse[7].

La Nativité de Jésus-Christ

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L'adoration des bergers lors de la Nativité,
.Georges de La Tour, vers 1644.
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Article détaillé : Nativité.
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Traditionnellement, la fête de Noël est la solennité de la nativité de Jésus-Christ, la fête commémorative chrétienne de la naissance de Jésus de Nazareth qui, d'après les Évangiles selon Luc[8] et selon Matthieu[9] serait né à Bethléem. Les historiens hésitent pour leur part entre Bethléem et Nazareth sans qu'une des hypothèse parvienne à s'imposer[10].

Seul l'Évangile selon Luc raconte cette naissance[11]. L'Évangile selon Matthieu[12] ne fait que l'évoquer mais trace une généalogie à Jésus, tandis que les Évangiles évangile selon Marc et celui selon Jean[13] débutent le récit de sa vie par sa rencontre avec Jean le Baptiste.

Selon Luc

L'Évangile selon Luc raconte dans son chapitre II[14] :

« 1En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre.2Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.3Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.4Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David,5afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.6Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,7et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.8Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux.9Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur.10Mais l'ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie:11c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.12Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.13Et soudain il se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu et disant:14Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée!15Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu'à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.16Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.17Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant.18Tous ceux qui les entendirent furent dans l'étonnement de ce que leur disaient les bergers. »
Selon Matthieu
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Fresque de Cappadoce, XIIe siècle.
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Dans l'Évangile selon Matthieu[15], l'accent est mis sur la naissance miraculeuse de Jésus :

« 1. 18Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble.19Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle.20Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit;21elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.22Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète:23Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.24Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.25Mais il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.
2. 1Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem,2et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. »

Hérode le Grand meurt, selon les sources, en -4 ou -1 et qu'on lui attribue l'épisode Massacre des Innocents[16] ce qui fait de lui le « candidat » le plus probable qui est mentionné dans ce passage. Cette présentation du massacre est une réactualisation de l'histoire de la persécution par Pharaon de Moïse, quoiqu'il s'appuie peut-être sur une base historique[17].

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commentaires

Sainte-Sophie (Constantinople) (4).

Publié le 24 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme


Mosaïque de l'empereur Alexandre

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Mosaïque d'Alexandre III.
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La mosaïque de l'empereur Alexandre est assez difficile à trouver, cachée dans un coin très sombre du plafond du deuxième étage. Elle représente l'empereur Alexandre III (AΛEΞANΔPOC), dans son manteau impérial, tenant un rouleau dans sa main droite et un orbe (ou globus cruciger) dans la gauche. Un dessin de Fossati montre que la mosaïque a survécu jusqu'en 1849, et on pensait qu'elle avait été détruite dans le tremblement de terre de 1894. Elle fut redécouverte en 1958, sous une simple couche de peinture[10].

Mosaïque de l'impératrice Zoé
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Mosaïque de l'impératrice Zoé.
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Cette mosaïque de la galerie sud date du XIe siècle. Le Christ Pantocrator, vêtu d'une robe bleu foncé (comme c'est l'usage dans l'art byzantin), est assis au milieu, sur fond d'or, donnant sa bénédiction de la main droite et tenant la Bible de la gauche. De chaque côté de son visage sont disposés les monogrammes IC et XC, pour IHCOYC XPICTOC (Iēsous Khristos). Il est flanqué de Constantin IX Monomaque et de son épouse l'impératrice Zoé, tous deux en costumes de cérémonie. L'empereur présente une bourse qui rappelle le don qu'il a fait à l'église, alors que Zoé tient un livre, symbole de sa propre donation. L'inscription du côté de l'empereur dit : KΩNCTANTINOC EN X(PICT)Ω TΩ Θ(Ε)Ω AYTOKPATΩP ΠICTOC BACIΛEYC PΩMAIΩN O MONOMAXOC « Constantin, pieux empereur dans le Christ Dieu, roi des Romains, Monomaque ». L'inscription de l'impératrice se lit comme suit : ZΩH H EYCEBECTATH AYΓOYCTA « Zoé, la très pieuse Auguste ». Le visage et le nom de l'empereur ne sont pas ceux d'origine. Il est possible que la mosaïque ait d'abord représenté le premier mari de Zoé, Romain III Argyre, ou son fils adoptif, Michel IV le Paphlagonien.

Mosaïque des Comnène
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Mosaïque des Comnène.
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Mosaïque d'Alexis Comnène (pilier droit).
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La mosaïque des Comnène est située, elle aussi, sur le mur oriental du côté sud de la galerie. Elle a été exécutée après 1122. La Vierge Marie (MP ΘY) est debout au milieu, dans sa robe bleu foncé habituelle dans l'art byzantin. Elle tient sur ses genoux le Christ enfant, qui donne sa bénédiction de la main droite tout en tenant un rouleau dans sa main gauche. Sur son côté droit, l'empereur Jean II Comnène (IΩ(ANNHC) EN X(PICT)Ω TΩ Θ(E)Ω ΠICTOC BACIΛEYC ΠOPΦYPOΓENHTOC, AYTOKPATΩP PΩMAI(ΩN) O KOMNHNOC « Jean, pieux empereur dans le Christ Dieu, Porphyrogénète, roi des Romains, Comnène ») est représenté dans un costume brodé de pierreries. Il tient à la main une bourse, symbole d'une donation impériale à l'église. L'impératrice Irène (EIPHNH H EYCEBECTATH AYΓOYCTA « Irène, la très pieuse Auguste ») se tient au côté gauche de la Vierge, en vêtements de cérémonie, présentant un document. Leur fils aîné, le co-empereur Alexis Comnène (AΛEΞIOC EN X(PICT)Ω ΠI(CTOC) BACIΛEYC PΩMAI(ΩN) « Alexis, dans le Christ, pieux empereur des Romains ») est représenté sur un pilastre de côté. Ses traits tristes sont le reflet de sa mort, la même année, de la tuberculose. On peut comparer ce groupe avec la mosaïque de l'impératrice Zoé, qui lui est antérieure d'un siècle, et voir l'évolution : l'expression des portraits se trouve maintenant plus réaliste, autrement dit, moins idéalisée. L'impératrice a des cheveux blonds tressés, des joues roses et des yeux gris, propres à montrer ses origines hongroises. L'empereur est représenté dans la dignité.

 

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La déisis : la Vierge et Jean-Baptiste implorent le Christ.
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Mosaïque de la déisis

La mosaïque de la Déisis (grec Δέησις : « supplication ») date probablement de 1261. C'est le troisième panneau de la loge impériale de la galerie supérieure. Cette mosaïque est considérée comme un chef d'œuvre pour la douceur des traits et de l'expression des visages, et aussi comme le début de la renaissance de l'art pictural byzantin. Le style est celui des peintres italiens des fin XIIIe-XIVe siècles, comme Duccio. La Vierge Marie (MP ΘΥ) et Jean-Baptiste (O AΓIOC IΩ. O ΠPOΔPOMOC : saint Jean Prodromos), tous deux de trois-quarts, implorent l'intercession du Christ Pantocrator (IC XC) pour les péchés de l'humanité lors du Jugement dernier. La partie inférieure de la mosaïque est très détériorée, probablement à cause de la pluie venant de la fenêtre voisine.

Mosaïques du tympan septentrional

Les mosaïques du tympan nord, situées très en hauteur, figurent quelques saints personnages, parmi lesquels on reconnaît saint Jean Chrysostome (IΩANNHC O XPYCOCTOMOC) et le patriarche Ignace de Constantinople, dit le Jeune (IΓNATIOC O NEOC) debout, vêtus de robes blanches brodées de croix et tenant des bibles richement ornées. Les autres ont disparu, probablement lors du tremblement de terre de 1894.

 

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Images

Extérieur

 

Mosaïques
Vues intérieures (lumière naturelle, années 1980)

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commentaires

Sainte-Sophie (Constantinople) (3).

Publié le 24 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme


Jarres de pierre

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Jarre de pierre, provenant de Pergame.
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Les deux grandes jarres de marbre (ou d'onyx ?) appartiennent à la période hellénistique. Ces énormes vases monolithes furent rapportés de Pergame durant le règne du sultan Murad III.

Narthex et portails
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Porte impériale.
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Réservée à l'empereur, la porte impériale était la porte principale d'entrée de la basilique, entre l'exonarthex et l'ésonarthex. Sa partie supérieure est ornée d'une mosaïque byzantine représentant le Christ et l'empereur Léon VI le Sage.

Une longue rampe, à partir de la partie nord du narthex extérieur, mène à la galerie supérieure.

Galerie supérieure
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Loge de l'impératrice.
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La galerie supérieure, traditionnellement réservée à l'impératrice et à sa cour, présente la forme d'un fer à cheval qui entoure la nef jusqu'à l'abside. Les mosaïques les mieux conservées sont situées dans la partie sud de la galerie.

 

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Porte de marbre.
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Loge de l'impératrice

La loge de l'impératrice est située dans le centre de la galerie supérieure. De là, l'impératrice et les dames de la cour dominaient les cérémonies. Une pierre verte marque l'emplacement du trône de l'impératrice.

Porte de marbre

La porte de marbre est située au sud de la galerie supérieure : elle était utilisée par les membres du synode.

Mosaïques et autres éléments décoratifs
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Restauration de la décoration intérieure.
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À l'origine, du temps de Justinien, le décor intérieur était composé de motifs abstraits de placage de marbre sur les murs et, sur les courbes des voûtes, de mosaïques, parmi lesquelles subsistent celles des deux archanges Gabriel et Michael, sur les tympans de la tribune (bêma). Mais on trouvait déjà en ce temps-là quelques décorations figuratives, comme en témoigne l'éloge funèbre de Paul le Silentiaire.

Les tympans de la galerie sont revêtus d'opus sectile, figurant des fleurs et des oiseaux en tessères de marbre blanc découpées avec précision, sur fond de marbre noir. Au cours des époques ultérieures ont été ajoutées des mosaïques figuratives, détruites durant la période iconoclaste (726-843).

Nombre d'objets précieux ou miraculeux, reliques, icônes de la sainte Sagesse vinrent enrichir progressivement le fabuleux trésor de la basilique. Une quantité de mosaïques et autres décors figuratifs furent ajoutés dans la seconde moitié du IXe siècle, notamment une célèbre image du Christ dans la coupole centrale, d'autres de saints orthodoxes, de prophètes, de Pères de l'Église et de figures historiques liées à l'Église orthodoxe, comme le patriarche Ignace de Constantinople ou encore des scènes de l'Évangile dans les galeries.

Mosaïques

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Mosaïques à motifs géométriques, galerie supérieure.

Au cours des siècles, l'église fut décorée de riches mosaïques, figurant la Vierge Marie, Jésus, les saints, ou bien des empereurs et impératrices, ou encore de motifs géométriques dans un style purement décoratif.

En 1204, lors de la Quatrième croisade, les Croisés latins saccagérent les objets de valeur dans tous les grands édifices byzantins de la ville, y compris l'or des mosaïques de Sainte-Sophie. Beaucoup de ces objets furent envoyés à Venise par le doge Enrico Dandolo, qui avait organisé l'invasion et le pillage de Constantinople.

À la suite de la conversion du bâtiment en mosquée, en 1453, bon nombre des mosaïques furent recouvertes de plâtre, en raison de l'interdiction dans l'islam de représenter des scènes figuratives. Ce processus ne fut pas accompli d'un seul coup, et des rapports existent depuis le XVIIe siècle dans lesquels des voyageurs déclarent avoir vu des images chrétiennes dans l'ancienne basilique.

En 1847-1849, le bâtiment fut restauré par deux frères suisses, Gaspare et Giuseppe Fossati, qui obtinrent du sultan Abdülmecid la permission de relever toutes les mosaïques qu'ils seraient amenés à découvrir au cours des travaux. Toutefois, il n'était pas prévu de les restaurer, et même, les Fossati durent masquer à la peinture certaines figures qu'ils venaient de relever en détail : c'est le cas des visages de deux mosaïques de séraphins découvertes au cours des travaux sur les pendentifs, au centre de l'édifice. Les deux autres figures de séraphins symétriques des pendentifs n'ont pas été retrouvées par les Fossati, qui les ont entièrement recréées. Dans d'autres cas, les Fossati se sont efforcés de combler à la peinture les parties de mosaïques endommagées, au point de parfois les redessiner complètement.

Les archives des Fossati sont parfois les uniques sources de mosaïques aujourd'hui disparues, vraisemblablement détruites par un violent tremblement de terre, en 1894. Parmi celles-ci figurait une grande mosaïque du Christ Pantocrator sur le dôme, une mosaïque au-dessus d'une « porte des Pauvres » non identifiée, une grande image d'une croix incrustée de pierres précieuses et un grand nombre d'images d'anges, de saints, de patriarches, et de pères de l'Église. La plupart des images manquantes se trouvaient sur les deux tympans. Les Fossati ajoutèrent un minbar (chaire), ainsi que les quatre grands médaillons sur les murs de la nef, portant les noms de Mahomet et des premiers califes de l'islam.

Mosaïques de la Porte impériale
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Mosaïque de la Porte impériale.
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Les mosaïques de la Porte impériale ornent le tympan qui surmonte la porte réservée à l'empereur.

D'après leur style, on peut les dater de la fin du IXe siècle ou du début du Xe. L'empereur représenté avec un halo (ou nimbe) pourrait être Léon VI le Sage ou son fils Constantin VII Porphyrogénète : il s'incline devant le Christ Pantocrator, assis sur un trône incrusté de pierres précieuses et donnant sa bénédiction, la main gauche sur un livre ouvert[9]. On peut lire sur le livre : EIPHNH YMIN. EΓΩ EIMI TO ΦΩC TOY KOCMOY. « La paix soit avec vous. Je suis la Lumière du monde. » (Jean 20:19; 20:26; 8:12). Les deux médaillons, de chaque côté des épaules du Christ, figurent, à sa gauche, l'archange Gabriel, fondateur de l'église, tenant une houlette, et à sa droite, sa mère, Marie. Cette mosaïque exprime le pouvoir intemporel conféré par le Christ aux empereurs byzantins.

Mosaïques de l'entrée sud-ouest
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La Vierge et l'Enfant, entourés de Justinien et Constantin.
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Les mosaïques du tympan de l'entrée sud-ouest datent de 944. Elles furent redécouvertes lors des restaurations de Fossati, en 1849. La Vierge est assise sur un trône sans dossier décoré de pierres précieuses. L'Enfant Jésus est assis sur ses genoux, donnant sa bénédiction et tenant un rouleau dans sa main gauche. Sur sa gauche se tient l'empereur Constantin, en costume de cérémonie, présentant à Marie un modèle de la ville. L'inscription à son côté dit : « KΩNCTANTINOC O EN AΓIOIC MEΓAC BACIΛEYC » « Constantin, le grand basileus parmi les saints ». À son côté droit se tient l'empereur Justinien, offrant un modèle de Sainte-Sophie, avec l'inscription : « IOYCTINIANOC O AOIΔIMOC BACIΛEYC » « Justinien, le basileus digne d'être chanté ». Les médaillons, des deux côtés de la tête de la Vierge, portent les monogrammes « MP » et « ΘY », abréviation de « MHTHP ΘEOY », « Mère de Dieu ».

Mosaïques de l'abside
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Mosaïque de l'abside : la Théotokos (la Vierge et l'Enfant Jésus).
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La mosaïque de la Théotokos (la Vierge et l'Enfant) est la première mosaïque de la période post-iconoclaste. Elle a été inaugurée le 29 mars 867 par le patriarche Photius et les empereurs Michel III et Basile Ier. Cette mosaïque est située très en hauteur, dans la demi-coupole de l'abside. Marie est assise sur un trône sans dossier, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux. Ses pieds reposent sur un piédestal. Tant le socle que le trône sont ornés de pierres précieuses. Ces mosaïques sont considérées comme une reconstruction des mosaïques du VIe siècle qui furent détruites au cours de la période iconoclaste. Les figures des mosaïques sont disposées sur le fond d'or original du VIe siècle. Les portraits des archanges Gabriel et Michel (en grande partie détruits), sur le bêma de l'arche, datent également du IXe siècle.

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commentaires

Sainte-Sophie (Constantinople) (2).

Publié le 24 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme


L'occupation latine

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Inscription du XIXe siècle, marquant, dans la basilique, l'emplacement de la tombe d'Enrico Dandolo, doge de Venise, responsable du sac de Constantinople, en 1204, au cours de la Quatrième croisade.
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Lors de la prise de Constantinople, en 1204, au cours de la Quatrième croisade, l'église fut mise à sac par les Latins chrétiens. L'historien byzantin Nicétas Choniatès a décrit la prise de la ville : des reliques conservées dans l'église, comme un fragment de la tombe de Jésus ou le lait de la Vierge Marie, le linceul de Jésus, des ossements de différents saints furent disséminés vers un grand nombre d'églises occidentales. Durant l'occupation latine de Constantinople (1204–1261), la basilique devint une cathédrale catholique. Baudoin Ier de Constantinople fut couronné empereur le 16 mai 1204 à Sainte-Sophie, observant au plus près les rites byzantins en usage. Le doge de Venise Enrico Dandolo, qui commanda le sac de la ville en 1204, est probablement enterré dans la basilique. La plaque qui marque l'emplacement supposé de sa tombe ne date que du XIXe siècle.

Lors de la reprise de la ville par les Byzantins en 1261, ceux-ci trouvèrent la basilique ravagée. C'est probablement à cette époque que furent ajoutés les arcs-boutants du côté ouest. En 1317, l'empereur Andronic II Paléologue fit construire quatre nouveaux arcs-boutants à l'est et au nord. Après de nouveaux désordres dans le dôme, causés par une nouvelle secousse sismique en octobre 1344, d'autres parties du bâtiment s'écroulèrent le 19 mai 1346. L'église ne put rouvrir ses portes qu'en 1354, une fois les réparations menées à bien par les architectes Astras et Peralta.

La mosquée de l'époque ottomane
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Fontaine (Şadirvan) pour les ablutions rituelles.
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Le mihrab, dirigé vers La Mecque, flanqué des deux chandeliers colossaux de Soliman le Magnifique. Il est situé dans l'abside, à l'emplacement de l'autel.
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En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée Ayasofya[3], comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. Cet état de la basilique a été décrit par plusieurs visiteurs occidentaux, comme le gentilhomme cordouan Pero Tafur[4] et le Florentin Cristoforo Buondelmonti[5]. Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l'église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l'abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[6]. Pendant cent ans, elle fut couverte d'un voile puis eut le même traitement que les autres[6]. Le sultan suivant, Bayezid II, fit ériger un nouveau minaret, en remplacement de celui construit par son père.

Au XVIe siècle, le sultan Soliman le Magnifique (1520-1566) rapporta deux chandeliers colossaux de sa conquête de la Hongrie. Ils furent placés de chaque côté du mihrab. Mais au cours du règne de Selim II (1566-1577), le bâtiment commença à montrer des signes de fatigue et dut être stabilisé par l'ajout de contreforts externes massifs. Ces travaux d'envergure furent accomplis par le grand architecte ottoman Sinan, qui construisit les deux autres grands minarets de l'extrémité ouest du bâtiment, la loge originale du sultan et le mausolée de Selim II, au sud-est, en 1577. Les mausolées de Murad III et Mehmed III furent construits à ses côtés dans les années 1600.

D'autres additions ont été réalisées plus récemment, comme le minbar (estrade pour les sermons) décoré de marbres, et la loggia pour le muezzin. Le sultan Murad III (1574-1595) plaça des deux côtés de la nef les deux grandes urnes hellénistiques en albâtre, transportées depuis Pergame. Le sultan Mahmud Ier ordonna la restauration de l'édifice en 1739 et ajouta un medrese (une école coranique, actuellement la bibliothèque du musée), une soupe populaire (pour la distribution aux pauvres), une bibliothèque et, en 1740, une fontaine d'ablutions rituelles (Şadirvan), transformant ainsi le bâtiment en un külliye, c'est-à-dire un vaste complexe social. Dans le même temps furent construits une nouvelle galerie pour le sultan, ainsi qu'un nouveau mihrab.

La mieux connue des restaurations de Sainte-Sophie fut celle menée entre 1847 et 1849 par le sultan Abdülmecid, accomplie par plus de 800 ouvriers dirigés par deux architectes italo-suisses, les frères Gaspare et Giuseppe Fossati. Les travaux portèrent sur la consolidation de la coupole et des voûtes, le redressement des colonnes et la révision de la décoration intérieure et extérieure. Les mosaïques de la galerie furent nettoyées. Les ancien lustres furent remplacés par de nouvelles suspensions plus facilement accessibles. Des panneaux circulaires gigantesques furent accrochés aux quatre piliers centraux, inscrits des noms d'Allah, du prophète Mahomet et des quatre premiers califes Abu Bakr, Omar, Uthman et Ali, ainsi que de ceux des deux petits-enfants de Mahomet : Hassan et Hussein, par le calligraphe Kazasker İzzed Effendi (1801-1877). En 1850, les Fossati construisirent une nouvelle galerie du sultan dans le style néo-byzantin, reliée au pavillon royal situé derrière la mosquée. À l'extérieur du bâtiment furent érigés un nouveau bâtiment pour le gardien du temps et un nouveau medrese. Les minarets furent modifiés de manière à égaliser leurs hauteurs respectives. La restauration achevée, la mosquée fut rouverte dans de fastueuses cérémonies, le 13 juillet 1849.

La République de Turquie

À son arrivée au pouvoir, Mustafa Kemal Atatürk décide de poursuivre la restauration de Sainte-Sophie. La direction des travaux est attribuée au Byzantine Institute of America en 1931[7]. En 1934, Atatürk désaffecte le lieu du culte pour « l'offrir à l'humanité », il fait décrocher les grands panneaux circulaires portant le nom d'Allah, du Prophète et des Califes : Sainte-Sophie devient un musée.

En 1951, le gouvernement Menderes fait remettre en place les grands panneaux aux caractères arabes[8].

En 1993, une mission de l'UNESCO en Turquie constate plusieurs altérations : le plâtre s'effrite, la pollution a sali les parements de marbre, des fenêtres sont cassées, des peintures décoratives sont endommagées par l'humidité, le toit en plomb est vétuste. Les efforts de restauration de l'édifice sont renforcés et continuent à ce jour.

Le long héritage de Sainte-Sophie, successivement basilique chrétienne, mosquée et musée très fréquenté, pose un défi délicat en termes de restauration. L'héritage iconographique de mosaïques chrétiennes est progressivement dévoilé mais des créations artistiques musulmanes doivent être détruites pour les mettre au jour. Les restaurateurs tentent d'offrir au visiteur le meilleur des deux expressions artistiques et religieuses.

Architecture

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Colonne de porphyre rouge, cerclée de métal.
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Sainte-Sophie est l'un des plus grands exemples de l'architecture byzantine. Sa décoration intérieure, ses mosaïques, ses colonnes de porphyre et sa couverture en coupole sont d'une immense valeur artistique. Justinien a lui-même supervisé l'achèvement de la basilique, la plus grande jamais construite à ce moment, qui devait rester la plus grande église du monde jusqu'à l'achèvement de la cathédrale de Séville.

La basilique de Justinien est à la fois le point culminant des réalisations architecturales de l'Antiquité tardive et le premier chef-d'œuvre de l'architecture byzantine. Son influence s'est exercée profondément et de manière durable, sur l'architecture orthodoxe orientale, mais tout autant sur celles de l'Église catholique et du monde musulman.

Les plus hautes colonnes atteignent 20 mètres, et un diamètre d'au moins 1,50 m. Elles sont constituées de différents granites, marbres, porphyres, et l'on peut calculer que les plus importantes pèsent au moins 70 tonnes. Huit d'entre elles, d'ordre corinthien, ont été transportées depuis les temples de Baalbek.

La structure interne est complexe. La nef principale est couverte d'un dôme central d'un diamètre maximal de 31,25 m, un quart plus petit environ que la coupole du Panthéon de Rome, et d'une hauteur maximale de 55,60 m au-dessus du sol. Toutes les surfaces intérieures sont plaquées de marbres polychromes, avec des porphyres rouges et verts et des mosaïques d'or qui couvrent la structure de mortier et de brique. Les gros piliers centraux se trouvent ainsi camouflés et leur aspect considérablement allégé.

À l'extérieur, on eut recours au simple stucage des murs, qui révélait le dessin des voûtes et des coupoles. Le revêtement externe jaune et rouge a été ajouté par l'architecte Fossati au cours de sa restauration de la basilique, au XIXe siècle.

Coupole
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La coupole, vue depuis la galerie supérieure.
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Principe de la coupole sur pendentifs.
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La coupole semble ne reposer sur aucun appui solide, mais flotter en apesanteur au-dessus de sa galerie d'arcades ininterrompues de 40 fenêtres qui contribuent largement à inonder de lumière l'intérieur polychrome de la basilique. Les réparations successives au cours de l'histoire ont fait perdre au dôme sa base circulaire parfaite : elle apparaît aujourd'hui comme quelque peu elliptique et irrégulière, d'un diamètre variant de 31,24 m à 30,86 m.

La coupole est assise sur quatre pendentifs triangulaires concaves, solution déjà appliquée par les architectes romains dans des constructions de moindre ampleur, bien connue sous les noms de « rachat du plan carré » ou « rachat de l'octogone », classique dans les constructions byzantines et postérieures. Dans le cas de Sainte-Sophie, les pendentifs reportent les forces exercées par la coupole sur quatre piliers massifs disposés aux quatre angles et contrebutés par des demi-coupoles à l'est (abside) et à l'ouest (entrée du bâtiment).

Il n'en est pas de même des côtés nord et sud, où les arcs sont seulement fermés par de hauts murs en demi-cercle ajourés de nombreuses petites fenêtres. Cette disposition bilatérale est la cause directe de tous les désordres que la basilique a connus tout au long de son histoire, au point qu'il a fallu, à l'époque ottomane, doter le bâtiment d'énormes contreforts, bien visibles de l'extérieur.

Les architectes ottomans, Sinan et ses successeurs, ont montré aux yeux de tous que le contrebutement équilibré, soit par des contreforts suffisamment robustes et écartés (mosquée Süleymaniye), soit par un plan octogonal supportant beaucoup mieux les forces verticales (mosquée Selimiye d'Andrinople), soit encore par des demi-coupoles sur les quatre côtés (Mosquée bleue), apporte à ce problème une solution aussi mathématique que définitive. Apparemment, l'architecte de Sainte-Sophie tenait à conserver un plan basilical en longueur partagé par un seul axe de symétrie, au lieu du plan à deux axes croisés adopté pour les constructions d'époque ottomane.

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commentaires

Sainte-Sophie (Constantinople).

Publié le 24 Décembre 2009 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Histoire de l'Art-Architecture et urbanisme

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Sainte-Sophie (du grec Ἁγία Σοφία / Hagía Sophía, qui signifie « Sainte Sagesse », « Sagesse Divine », nom repris en turc sous la forme Ayasofya) est une ancienne basilique chrétienne de Constantinople du VIe siècle, devenue une mosquée au XVe siècle sous l'impulsion du sultan Mehmed II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d'Istanbul. Depuis 1934, elle n'est plus un lieu de culte mais un musée. Son esplanade est à la mesure de la gloire de Byzance. La dédicace de l'église, souvent surnommée la Grande Église, a été vouée au Christ, « Sagesse de Dieu », selon les théologiens.

 

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Musée de Sainte-Sophie (Ayasofya Müzesi), Istanbul.
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Intérieur de Sainte-Sophie.
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Histoire

Les premières basiliques
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Localisation de Sainte-Sophie dans le centre de Constantinople.
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Pierre de la basilique commandée par Théodose II subsistant aujourd'hui, montrant l'Agneau de Dieu.
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La première basilique consacrée à la « Sagesse Divine » (Ἁγία Σοφία / Hagía Sophía) a été voulue par l'empereur Constantin en 330, après sa conversion au christianisme. Elle fut probablement érigée sur les ruines d'un ancien temple d'Apollon, sur une colline surplombant la mer de Marmara. C'est l'empereur Constance II qui consacra ce premier édifice, le 30 octobre 360. C'était alors la plus grande église de la ville, elle était communément appelée Μεγάλη Ἐκκλησία (Megálē Ekklēsíā, « la Grande Église »). On suppose qu'il s'agissait d'un bâtiment en pierre au toit de bois. Au début du Ve siècle, l'empereur Arcadius ratifia la déposition et l'exil de l'archevêque de Constantinople saint Jean Chrysostome, à la suite d'un bras de fer avec le patriarche Théophile d'Alexandrie que Jean avait été chargé de juger. L'édifice fut alors incendié lors d'une émeute en 404.

Il fut reconstruit en 415 par l'empereur Théodose II. Le bâtiment retrouva un plan basilical classique sous la direction de l'architecte Roufinos. La basilique fut consacrée le 8 octobre 415. Un siècle plus tard, elle subit une nouvelle fois le même sort funeste, le 13 janvier 532 pendant la sédition Nika, qui a embrasé la ville de Constantinople pendant six jours. Des vestiges subsistent devant le mur ouest de l'édifice actuel depuis 1935. De ces ruines, on distingue un escalier de cinq marches accédant à un portique, et trois portes vers le narthex. Le bâtiment faisait 60 mètres de large.

Après les émeutes de Nika en 532, l'empereur Justinien entreprend de refonder l'édifice dont il pose lui-même la première pierre.

La basilique de Justinien (bâtiment actuel)

Le 23 février 532, à peine quelques jours après la destruction de la seconde basilique, l'empereur Justinien prit la décision de la reconstruire, cette fois beaucoup plus grande et majestueuse que les deux précédentes, dédiée à la Sagesse Divine.

Justinien choisit comme architectes le physicien Isidore de Milet et le mathématicien Anthémius de Tralles, qui mourut au bout d'un an. Les architectes dessinèrent un bâtiment inspiré du Panthéon de Rome et de l'art chrétien primitif d'Occident. Ce style, qui a également subi, dans d'autres bâtiments, des influences iraniennes (sassanides), est aujourd'hui qualifié de « byzantin ». Ce style byzantin a inspiré, à son tour, des architectes arabes, vénitiens et ottomans. La construction de l'église est décrite par l'historien byzantin Procope de Césarée, dans son ouvrage Sur les monuments (Περὶ κτισμάτων, De Ædificiis). L'empereur avait fait venir des matériaux de tout l'Empire : des colonnes hellénistiques du temple d'Artémis à Éphèse, du porphyre d'Égypte, du marbre vert de Thessalie, des pierres noires de la région du Bosphore, d'autres de couleur jaune en provenance de Syrie. Plus de dix mille ouvriers furent employés pour cette construction.

 

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Coupe de Sainte-Sophie.
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Plan de Sainte-Sophie sous Justinien.
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La nouvelle église apparut immédiatement comme une œuvre majeure de l'architecture, le reflet des idées créatives des deux architectes. Il est possible que ceux-ci se soient inspirés des théories de Héron d'Alexandrie, dans la réalisation d'un dôme aussi considérable, couvrant un si large espace entièrement dégagé. L'empereur put inaugurer la nouvelle basilique le 27 décembre 537, avec le patriarche Eutychius, avec faste et solennité. Les décors intérieurs, particulièrement les mosaïques, ne furent achevés que sous le règne de l'empereur Justin II (565-578).

Des tremblements de terre, en août 553 et le 14 décembre 557, causèrent des fissures sur le dôme principal et la demi-coupole de l'abside. Le 7 mai 558, un nouveau séisme provoqua la destruction totale du dôme central, qui s'écroula sur l'ambon, l'autel et le ciborium, les détruisant entièrement. L'empereur ordonna une restauration immédiate, faisant appel à Isidore le Jeune, fils d'Isidore de Milet. On utilisa cette fois des matériaux aussi légers que possible, et on donna à l'édifice ses mesures actuelles : un dôme de 6,25 m de diamètre et une hauteur totale de 55,6 m [1].

Cette reconstruction donna à la basilique sa forme définitive, qui remonte donc au milieu du VIe siècle. Pour cette nouvelle consécration, présidée par le patriarche de Constantinople Eutychius, le 23 décembre 562, le poète byzantin Paul le Silentiaire composa un long poème épique connu aujourd'hui sous le nom d' Ecphrasis.

Sainte-Sophie était le siège du patriarche orthodoxe de Constantinople et le lieu d'accueil principal des cérémonies impériales byzantines, comme le couronnement des empereurs. La basilique jouait aussi le rôle de lieu d'asile pour les malfaiteurs.

En 726, l'empereur Léon l'Isaurien instaura un certain nombre d'édits contre la vénération des images. Il ordonna à l'armée de détruire les icônes, inaugurant ainsi la période iconoclaste, durant laquelle Sainte-Sophie fut vidée de toute représentation peinte ou sculptée. Après un bref répit sous l'impératrice Irène, le mouvement reprit de l'ampleur : l'empereur Théophile (829-842), très influencé par les conceptions de l'art islamique, interdit les images sculptées. Une double porte de bronze portant son monogramme fut installée à l'entrée sud de l'église.

La basilique souffrit fortement d'abord d'un incendie en 859,puis d'un nouveau séisme le 8 janvier 869, qui provoqua l'écroulement de la moitié de la coupole. L'empereur Basile Ier fit les réparations nécessaires.

Le 25 octobre 989, une nouvelle secousse, très importante, détruisit encore la coupole. L'empereur Basile II chargea l'architecte arménien Trdat, créateur des grandes églises d'Ani et Agine, de restaurer le dôme[2]. Ces réparations de grande ampleur, qui touchèrent aussi bien l'arche occidentale que la moitié de la coupole, durèrent six ans. L'église rouvrit ses portes le 13 mai 994.

Dans son livre De caerimoniis aulae Byzantinae (Livre des Cérémonies), l'empereur Constantin VII (913-919) donne tous les détails sur les cérémonies célébrées à Sainte-Sophie, tant par l'empereur que par le patriarche.
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