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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Jean Bart.

Publié le 31 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Histoire thématique

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Jean Bart
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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Jean Bart
Jean Bart par Alexis Grimou
Jean Bart par Alexis Grimou

Naissance 21 octobre 1650
Dunkerque
Décès 27 avril 1702 (à 51 ans)
Dunkerque
Origine Flamand
Allégeance Provinces-Unies Provinces-Unies
Royaume de France Royaume de France
Arme Corsaire
Grade Chef d'escadre
Années de service 1672 - 1697
Conflits Guerre de course
Guerre de Hollande
Guerre de la ligue d'Augsbourg
Faits d'armes 1667 : Raid sur la Medway
1689 : Évasion de Plymouth
1694 : Prise d'un convoi de blé au large de Texel
1696 : Bataille du Dogger Bank
Distinctions Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis

 

 

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Jean Bart, Jan Bart[1] ou Jan Baert[2], né le 21 octobre 1650 à Dunkerque, mort le 27 avril 1702 à Dunkerque, est un corsaire dunkerquois qui se rendit célèbre pour ses exploits durant les guerres de Louis XIV pour le compte de qui il travaillait. Jean Bart a été anobli par Louis XIV en 1694.



Biographie 


Corsaire dunkerquois issu d'une famille de marins et de militaires, il est le fils de Cornil Bart et de Catherine Jansen. Son arrière-grand-père Michel Jacobsen était vice-amiral pour le compte de l'Espagne. Il est clair que Jean Bart était néerlandophone (flamand), tout comme sa famille.

Sujet britannique 


Dunkerque passe aux mains de l'Espagne, le 16 septembre 1652. Lors de la bataille des Dunes le 23 juin 1658, l'armée de Turenne reprend Dunkerque aux Espagnols. Le soir même, Louis XIV remet la ville aux Anglais, alors alliés de la France. À 12 ans, Jean Bart, alors sujet britannique (Dunkerque étant une ville anglaise), s'engage comme mousse sur un navire de contrebande. Le 2 décembre 1662, Louis XIV qui vient de racheter Dunkerque à Charles II d'Angleterre, entre dans la ville.

Corsaire hollandais 


En 1666, la France s'allie aux Provinces-Unies contre l'Angleterre. Cornil Bart (le père de Jean) trouve la mort au service des Hollandais dans l'attaque d'un vaisseau anglais. L'équipage du Cochon Gras, sur lequel Jean Bart est embarqué comme lieutenant, est chargé de surveiller les Anglais. En été, Jean s'engage comme matelot sur Les Sept Provinces, navire de la flotte hollandaise, sous les ordres de l'amiral de Ruyter. La flotte des Provinces-Unies remonte la Tamise et la Medway en 1667 et assiège Londres. Les Anglais et les Hollandais signent le Traité de Breda. De Ruyter confie à Jean Bart le commandement d'un brigantin : Le Canard Doré.

Au service du roi de France 

 

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Portrait de Jean Bart par Mathieu Elias.
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Lorsque Louis XIV entre en guerre contre la Hollande (Guerre de Hollande) en 1672, Jean Bart regagne la France et embarque comme second à bord de L'Alexandre sous les ordres du câpre Willem Dorne, pour pratiquer la guerre de course. L'année suivante, il commande Le Roi David, galiote armée de deux canons. Le 2 avril 1674, il s'empare de sa première prise : un dogre hollandais. Le 17 février, l'Angleterre signe la paix avec les Provinces-Unies déjà alliés de l'Espagne. Le 6 avril, Bart s'empare d'une pinasse (navire) anglaise, le 16 mai d'un dogre. Cette année là, huit autres prises complètent le tableau. En avril 1676, il embarque sur La Royale, armée de huit canons, avec laquelle il s'empare de quatre bateaux de pêche. Puis à bord du Grand Louis il capture vingt-huit vaisseaux. En septembre, la France déclare la guerre à la Ligue hanséatique. À Hambourg La Royale est saisie. Le corsaire peut toutefois regagner Dunkerque. À bord de La Palme, frégate de vingt-quatre canons, Jean Bart prend la mer à la tête d'une flottille de six navires en 1677, flottille qui s'empare d'une vingtaine de vaisseaux. À bord du Dauphin, frégate de quatorze canons, Jean arraisonne un quatre-mâts hollandais. Au large de l'île de Texel, en 1678, la petite escadre de quatre navires commandée par Jean Bart, s'attaque au Schiedam, puissant navire de guerre de la flotte hollandaise. Jean est sévèrement blessé aux mains et au visage par l'explosion d'une grenade, un boulet de canon emporte des lambeaux de chair de ses jambes. Le Schiedam est néanmoins remorqué jusqu'à Dunkerque. À bord du Mars, corsaire de vingt-six canons, il arraisonne encore quelques navires, lorsque le 10 août, France et Hollande signent le Traité de Nimègue, mettant ainsi fin à la guerre de Hollande.

La paix avec l'Angleterre et la Hollande 


Le 8 janvier 1679, Louis XIV le nomme lieutenant de vaisseau. La France, l'Angleterre et les Provinces-Unies sont en paix. Jean Bart est un temps désœuvré. En 1681, trois frégates quittent Dunkerque pour chasser les pirates barbaresques qui hantent le bassin méditerranéen. Jean Bart commande La Vipère, frégate de douze canons. Il capture quelques bateaux pirates, mais bientôt ceux-ci signent une trêve avec la France. La mère de Jean Bart meurt, suivie quelques mois plus tard par sa fille, et en fin d'année sa femme Nicole, alors âgée de vingt-trois ans.

Guerre de la ligue d'Augsbourg 

 

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D'argent à la fasce d'azur chargée d'une fleur de lys d'or, accompagnée en chef de deux ancres de sable en sautoir et en pointe d'un lion passant de gueules.
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En 1683, la France est en guerre contre l'Espagne. Jean Bart capture un ou deux vaisseaux du côté de la Méditerranée, mais la marine espagnole étant bien plus faible que la marine française, Charles II d'Espagne signe vite une trêve. Le 14 août 1686, il est nommé capitaine de frégate de la marine royale, et commande La Serpente, frégate de vingt-quatre canons. En 1688, la France alliée au Danemark et à l'Empire ottoman, entre en guerre contre la ligue d'Augsbourg qui réunit l'Angleterre, l'Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. En compagnie de Forbin en 1689, il attaque deux navires anglais supérieurement armés pour protéger un convoi. Capturés, ils sont emprisonnés à Plymouth. Ils réussissent à s'évader et gagnent Erquy après trois jours de rame.

En 1691 Jean Bart prend part à la Campagne du large sous le commandement de Tourville. La même année, alors qu'une flotte de trente-cinq à quarante navires anglais fait le blocus du port de Dunkerque, Jean Bart parvient à prendre le large, de nuit, avec sept frégates et un brûlot. Dès le lendemain, il s'empare de quatre bâtiments chargés de marchandises pour la Russie et de deux navires d'escorte anglais. Mettant ses prises à l'abri d'un port de Norvège, alors en paix avec la France, Jean Bart reprend la mer pour s'emparer d'une flotte de pêcheurs hollandais et du navire de guerre qui l'accompagnait. Dans la foulée, il fait encore une razzia sur les côtes d'Écosse, où il pille un château et incendie quatre villages.

En France, chacun a entendu parler des exploits du corsaire, aussi Louis XIV invite-t-il Jean Bart à la cour de Versailles afin d'honorer ses victoires maritimes[3].

En 1694, le blocus de la Ligue d'Augsbourg fait monter le prix du grain, les négociants spéculent, la France est affamée. Louis XIV achète alors cent dix navires de blé norvégien. Cette flotte ayant été capturée par les Anglo-hollandais, Jean Bart est chargé par le roi de la récupérer. Au large de Texel, le Dunkerquois réussit à s'emparer des navires à l'aide de ses sept bâtiments de rang inférieur à ceux des ennemis[4]; la nouvelle de cette capture fait chuter les prix et met fin à toutes spéculations. Ainsi Jean Bart « … sauva la France en lui donnant du pain » (Cantate à Jean Bart). Pour cet exploit, le 19 avril, Jean Bart reçoit des mains de Louis XIV, la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Le 17 juin 1696, il remporte encore une grande victoire au Dogger Bank sur les Hollandais, prenant ou détruisant quatre-vingts navires marchands. Pour sa conduite au Dogger Bank, Jean Bart est nommé chef d'escadre de la province de Flandre, 1er avril 1697.

La mort 


Le 27 avril 1702, Jean Bart, pourtant solide gaillard de près de deux mètres, meurt dans son lit des suites d'une pleurésie.

Mariages et descendance

 

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Tombeau de Jean Bart, Église Saint Eloi à Dunkerque.
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Le 3 février 1676, il épouse Nicole Goutier, ou Gontier (? - 1682) âgée de seize ans. De ce mariage naîtront :

  • François-Cornil ] (1677-1750)

En 1702, le fils aîné de Jean Bart, François-Cornil, vice-amiral de France pour les mers du Ponant, Grand Croix de St Louis , épouse Marie Catherine Viguereux (1686-1741). Du couple naîtront Philippe François, gouverneur de Saint-Domingue, mort en 1784, Gaspard François, ingénieur au corps de génie et colonel, mort en 1782 et Marie-Catherine Bart (1706-1785). La cousine germaine de cette dernière, Florence Briansiaux Viguereux, sera son unique héritière selon une sentence du Châtelet de Paris rendue le 8 juillet 1785.

  • Anne-Nicole (15 mai 1680 - ?)
  • Jeanne-Nicole (21 juillet 1681 - ?)
  • enfant mort-né (16 juin 1682)

Le 13 octobre 1689, Jean Bart épouse en secondes noces Jacqueline Tugghe, fille d'Ignace Tugghe. De ce mariage naîtront encore 10 enfants :

  • Jeanne-Marie (8 juillet 1690-?)
  • Magdeleine Françoise (6 juin 1691 - 26 septembre 1691)
  • Jean-Louis (18 mai 1693 - 18 mai 1696)
  • Paul (26 juin 1694 - 27 juin 1694)
  • Nicaise-Françoise (26 mai 1695 - 10 août 1696)
  • Magdeleine-Marie (15 octobre 1697 - ?)
  • Antoine (12 octobre 1698 - 2 décembre 1698)
  • Marie-Françoise (18 janvier 1701 - ?)
  • Marie (14 janvier 1702 - 18 janvier 1702)

Une famille de marins et de corsaires 


  • Michel Jacobsen vice-amiral pour le compte de l'Espagne - arrière-grand-père de Jean Bart
  • Jan Jacobsen pour le compte de l'Espagne, se fait sauter avec son navire, le Saint-Vincent, plutôt que de se rendre, - grand-oncle de Jean Bart
  • Gaspard Bart, mousse à bord du Saint-Vincent il survécut au sabordage du navire, et mourra plus tard au combat, - oncle de Jean Bart.
  • Michel Bart, corsaire, mort au combat contre les Hollandais - frère de Gaspard et oncle de Jean Bart
  • Jean-Cornil Bart, mort au combat, contre les Anglais, pour le compte cette fois des Hollandais, - père de Jean Bart
  • Cornil, Gaspard, et Jacques Bart, tous trois corsaires - frères de Jean Bart
  • François-Cornil nommé Vice-amiral par Louis XIV - fils de Jean Bart
  • Pierre-Jean Bart et son fils Benjamin, trouveront le même jour, la mort au combat au service de la France - neveux de Jean Bart

Postérité 


Statue de Jean Bart à Dunkerque.
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Un héros dunkerquois 


Afin d'honorer la mémoire de Jean Bart, la ville de Dunkerque inaugura, le 7 septembre 1845, une statue à son effigie, œuvre du sculpteur David d'Angers, érigée sur l'ancienne place Royale, rebaptisée place Jean Bart[5]. Trônant au centre de la ville, Jean Bart reste encore vivant dans les cœurs des gens. Chaque année au moment du carnaval, les Dunkerquois chantent à genou devant sa statue la cantate à Jean Bart

«... Et la cité qui te donna la vie, érigera ta statue en autel ... »

Aujourd'hui, peu de Dunkerquois savent qu'il existe dans la nef du musée David d'Angers situé dans l'abbaye Toussaint à Angers, la réplique exacte de cette statue[6].

Navires ayant porté le nom de Jean-Bart 


Plus de 27 bâtiments, en moins de deux siècles, ont porté le nom de Jean Bart, notamment :

  • Jean Bart (1787), vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1788
  • Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1811, désarmé en 1833.
  • Un vaisseau transformé sur cale construit en 1849, lancé en 1852. En 1864, il est école d'application. Rebaptisé Donawerth en 1868, il est condamné le 18 janvier 1869 et démoli à Brest en 1870.
  • Un vaisseau de 4 100 tonnes, construit à Lorient en 1827 baptisé Jean Bart en 1868 (ex Donawerth). Il est condamné en 1880.
  • Un croiseur de première classe de 4 800 tonnes construit à Rochefort en 1886. Ce bâtiment en acier, a été armé en 1892. En 1897, il est reclassé croiseur de deuxième catégorie et affecté à la Division navale d'Extrême-Orient jusqu'en 1902. De retour à Lorient, il reste désarmé jusqu'en 1906. L'année suivante, il est envoyé aux Antilles. Ce bâtiment s'échoue en 1907 sur la côte d'Afrique à proximité du cap Blanc.
  • Un cuirassé de 23 500 tonnes, construit à Brest en 1910. Premier "dreadnought" français, il conduit, en juillet 1914, le président de la République lors d'une visite officielle en Russie. Le 21 décembre 1914, un sous-marin ennemi le torpille dans le canal d'Otrante. Il parvient cependant à rallier Malte où il est réparé. Après la guerre, il est rebaptisé Océan. Il coule le 15 mars 1944 à la suite d'essais effectués par les Allemands. Renfloué après la Seconde Guerre mondiale, il sera démoli en 1947. (23 500 tonnes, 29000 CV, 21 nœuds, 12 canons de 30 cm, 22 de 14 cm).
  • Jean Bart (bâtiment de ligne), bâtiment de ligne de 35 000 tonnes en construction depuis 1936 lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, il parvient à s'évader de Saint-Nazaire et à rallier Casablanca. Dans ce port il est attaqué, en novembre 1942, par des bâtiments et avions américains qui l'endommagent et provoquent son échouage. En 1950, il rallie l'Escadre de la Méditerranée. Il participera aux opérations de débarquement en Égypte. Mis en réserve en 1957, il est condamné en 1970.
  • Jean Bart (frégate), frégate antiaérienne. Mise sur cale à Lorient le 12 mars 1986, elle est mise à flot le 19 mars 1988. Armée pour essais le 21 octobre 1989, la frégate Jean Bart est admise au service actif le 21 septembre 1991. Bâtiment doté de nombreux matériels prototypes, la frégate antiaérienne Jean Bart a un jumeau, Le Cassard.
  • Association tourville : son objectif est la construction à l’échelle 1 d’un vaisseau de ligne de 1er rang du XVIIe siècle, armé de 84 canons et d’une longueur de 57 mètres. Cette construction est élaborée sur la base d’une compilation des planches de l’album de Colbert (document daté de 1670, conservé aux archives de la Marine à Vincennes), d’une partie des données archéologiques issues d’épaves de La Hougue (côte est du Cotentin), découvertes et déclarées par M. Cardin (Président et fondateur de l’association) aux affaires maritimes de Cherbourg en 1985, ainsi que de divers devis d’époque.
    Cette construction, qui a démarré en 2002 sur la commune de Gravelines (Nord), au sein d’un village artisanal, sera intégrée dans un parc historique et de loisirs sur le thème des Corsaires et de la Marine de Louis XIV. Le vaisseau anonyme sera baptisé Le Jean Bart en hommage au corsaire et grand officier de marine du Roi Soleil qu’il fût. http://www.tourville.asso.fr
Ballons


Deux ballons montés ont porté ce nom lors du siège de Paris.

Rues notables


Culture 


  • Jean Bart est l'un des nombreux personnages du « Cycle Baroque » de Neal Stephenson, une fresque qui retrace l'histoire secrète de la science au XVIIe siècle.
  • Jean Bart est un pirate dans le manga et l'anime One Piece.
  • Jean Bart est également un nom fréquemment utilisé pour les groupes de scouts marins
  • La pâtisserie Aux Doigts de Jean-Bart a créé en 1957 un biscuit aux amandes et crème café enrobé de chocolat au lait appelé le "Doigt de Jean-Bart" en hommage au corsaire.

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commentaires

Accident vasculaire cérébral.

Publié le 29 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

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Accident vasculaire cérébral
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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Accident vasculaire cérébral ou Accident cérébro-vasculaire
Classification et ressources externes
INFARCT.jpg

Scanner cérébral montrant un accident vasculaire cérébral ischémique de l'hémisphère droit (infarctus sylvien droit).

 

 

 

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CIM-10 I61.-I64.
CIM-9 434.91
OMIM 601367
DiseasesDB 2247
MedlinePlus 000726
eMedicine neuro/9  emerg/558

emerg/557

pmr/187

MeSH D020521

 

 

 

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Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d'origine vasculaire.

Au Canada, il est appelé accident cérébro-vasculaire (ACV).

L'apoplexie ou attaque d'apoplexie est un terme anciennement employé, plus général. C'est en fait l'effet visible de l'AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante).

L'hypertension artérielle est la principale cause d'attaque vasculaire cérébrale.

Les AVC sont parfois liés à une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, obésité), mais ils peuvent aussi survenir du fait de l'hérédité et de certaines maladies spécifiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, fibrillation auriculaire, troubles de la coagulation sanguine).



Étiologie et facteurs de risque 


Étiologies ou causes 


  1. Maladie vasculaire : selon le calibre artériel on distingue deux atteintes vasculaires : l'athérome et la maladie des petites artères. L'athérome (ou athérosclérose) qui provoque des occlusions artérielles cérébrales de gros et moyen calibres, il est responsable de 25 % des AIC. La maladie des petites artères ou "lacunes" qui correspond a de petits infarctus cérébraux profonds due à une dysplasie des petites artères perforantes généralement causée par l'HTA ou le diabète, elle est également responsable d'environ 25 % des AIC.
  2. Maladie cardiaque : il s'agit de cardiopathies emboligènes avec dans un cas sur deux une fibrillation auriculaire (trouble du rythme), dans les autres cas on observe souvent un infarctus du myocarde, une maladie de l'oreillette gauche, la présence d'une valve cardiaque mécanique (avec un traitement anticoagulant déficient) ou bien une cardiomyopathie.
  3. Maladie hématologique : cette cause est moins fréquente, exemple : la drépanocytose.
  4. Troubles de la coagulation, parfois causés par les traitements anticoagulants
  5. Chez le sujet jeune (avant 40-50 ans) d'autres causes sont à évoquer :
Facteurs de risque[1] 


On peut classer les facteurs de risques en trois catégories : majeurs, moyens et faibles ou discutés, en fonction de leur risque relatif (risque de faire un AVC s'il on possède le facteur de risque par rapport au risque en l'absence du facteur de risque) :

  1. Risques majeurs :
  • Hypertension artérielle
  • Alcoolisme chronique sévère
  • Âge (augmentation de la rigidité vasculaire)
  1. Risques moyens :
  • Diabète
  • Hyperhomocystéinémie
  • Tabac
  • Oestroprogestatifs
  • Infections
  • Sexe masculin
  • Antécédents familiaux
  1. Risques faibles ou discutés :
  • Hypercholestérolémie
  • Migraine avec aura
  • Obésité

Épidémiologie 


L'âge moyen de survenue est de soixante-dix ans, mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d'hémiplégie (paralysie d'un côté) récente et frappent environ 100 000 sujets par an, en France. La mortalité à un mois est de 20 %, elle est de 40 % à un an.

C'est la seconde cause de mortalité au niveau mondial[2] et la sixième cause, en termes d'années de handicap[3]. C'est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, la première cause de handicaps physiques acquis et la seconde cause de démences.

Le coût correspond à plus de 4 % des dépenses de santé dans les pays développés[4].

Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d'origine ischémique[5], les autres sont hémorragiques.

Sémiologie/Signes d'un AVC


Six signes peuvent survenir (pas nécessairement tous) :

  • perte de la motricité et de la force d'un bras, d'une jambe, de la moitié du visage (déviation de la bouche) ou de la totalité d'un côté du corps (hémiplégie). Ce déficit peut être total ou partiel. Dans ce dernier cas, on parle d'hémiparésie.
  • perte de la sensibilité d'un bras, d'une jambe, de la face ou de tout le côté d'un corps ;
  • difficulté soudaine à trouver les mots ou à les exprimer : les phrases ou les mots sont incompréhensibles (aphasie sensitive dite de Wernicke) ; difficulté soudaine à parler, à bouger la langue, impossibilité d'avaler la salive (aphasie motrice dite de Broca),
  • trouble soudain de l'équilibre et de la marche, pouvant conduire à la chute ;
  • perte soudaine de la vision d'un œil (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, due à des troubles de l'accommodation (Cette vision troublée peut apparaître 12 heures avant l'AVC, pendant quelques minutes, puis disparaître), sensation d'éblouissement, (impossibilité d'ouvrir les yeux à la lumière), pupilles inégales et/ou non réactives à la lumière ; ou perte de la vision des couleurs (achromatopsie cérébrale)[6]
  • maux de tête violents et intenses, sans prodromes, c'est-à-dire qu'aucun signe ne survient avant la crise.

Dans le cadre d'une communication au grand public, l'American Stroke Association (ASA) mène une campagne de sensibilisation « stroke heroes act FAST » (litt. les héros de l'AVC agissent vite), FAST étant l'acronyme de face, arm, speech, time[7]

  • face (visage) : le visage paraît inhabituel ? Demander à la personne de sourire ;
  • arm (bras) : un des bras reste pendant ? Demander à la personne de lever les deux bras ;
  • speech (parole) : la personne parle bizarrement ? Demandez-lui de répéter une phrase simple ;
  • time (durée, dans le sens urgence) : si vous observez un de ces symptômes, appelez les secours immédiatement.

Les AVC peuvent aussi se traduire, beaucoup plus rarement, par une crise convulsive ou un état de confusion mentale, apparemment isolés.

Ces signes peuvent avoir une autre cause, par exemple une tumeur au cerveau, une intoxication, un œdème cérébral ou un traumatisme crânien. Une des caractéristiques des AVC est que ces signes apparaissent de manière soudaine. Ils sont parfois négligés, minimisés lorsqu'ils sont brefs ; dans certains cas, on peut avoir l'impression que la personne est saoule. Dans les cas les plus graves, la victime perd conscience (coma).

Quelle que soit la cause de ces signes (AVC ou autre), il s'agit d'une urgence vitale qui doit être traitée le plus rapidement possible. Il importe donc d'avoir une prise en charge médicale immédiate lorsqu'un de ces signes survient, en appelant les urgences médicales. Tout retard dans le traitement peut conduire à des séquelles importantes (paralysie) voire au décès.

Mécanismes et formes cliniques 


L'accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l'état normal, sans séquelles, c'est-à-dire en moins d'une heure et sans preuve d'infarctus à l'imagerie (Consensus ANAES, mai 2004). Le déficit peut être au contraire permanent. On parle alors d' accident vasculaire cérébral constitué (AIC).

Il existe deux types d'AVC:

  • L'infarctus cérébral : par obstruction d'un vaisseau sanguin (80 % de l'ensemble des AVC).
  • L'hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant 20 % des cas).

Les AVC sont donc classés en accidents ischémiques et en accidents hémorragiques.

Accidents vasculaires ischémiques 


Les accidents ischémiques sont dus à l'occlusion d'une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d'oxygène et de glucose. Celle-ci entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral). Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d'origine cardiaque), mais d'autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l'artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé.

Le ramollissement cérébral d'origine ischémique peut se compliquer secondairement d'un saignement au niveau de la lésion : on parle alors de ramollissement hémorragique.

La thrombophlébite cérébrale est une occlusion d'une veine cérébrale (et non pas d'une artère). Elle est beaucoup plus rare.

La lacune cérébrale est une complication de l'hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral.

L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC. Chez une personne en bonne santé, la pression artérielle doit être inférieure à 140/90 mm de mercure. En cas d'hypertension (tension > 14/9), la pression à laquelle les vaisseaux sanguins sont soumis en permanence devient trop élevée et les vaisseaux cérébraux courent un risque accru de rupture, provoquant ainsi une hémorragie cérébrale.

Accidents vasculaires hémorragiques 

 

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Scanner cérébral montrant une hémorragie intracérébrale profonde du à un saignement dans le cervelet, chez un homme de 68 ans.
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Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d'un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l'origine et soumis à une pression sanguine excessive. Le tabac et l'alcool sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l'hémorragie peut être méningée par rupture d'un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intra cérébral (dit aussi intra-parenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire.

L'hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d'apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion. Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l'hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L'hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral.

Parfois lors d'accidents hémorragiques il y a aussi une libération d'ions calcium qui induisent un vaso-spasme brutal à l'origine d'accidents ischémiques.

Principes du traitement 


Une hospitalisation est nécessaire, idéalement en milieu spécialisé (« Unités de soins intensifs neurologiques »)

En aigu 


Après un bilan hospitalier, le traitement se confond avec celui de la cause. En aigu, on propose :

  • un traitement par anticoagulants en cas de cardiopathie emboligène, mais ce traitement doit être discuté si l'accident est important, du fait du risque majoré de survenue d'une hémorragie secondaire (Ramollissement hémorragique)
  • un traitement par médicaments antiagrégants plaquettaires en cas d'ischémie (le plus souvent de l'aspirine à petites doses),
  • Le traitement anti-hypertenseur doit permettre cependant de maintenir une pression artérielle minimale afin d'assurer une perfusion optimale du cerveau.
  • Un traitement neurochirurgical dans les cas particuliers, rares, d'hémorragie cérébrale, d'infarctus cérébelleux et d'infarctus hémisphérique malin, peut être proposé.
  • L' Altéplase est un médicament thrombolytique (qui permet la dissolution d'un caillot par thrombolyse ou fibrinolyse) qui est proposé en cas d'accident vasculaire cérébral d'origine ischémique, lorsqu'il est pris en charge moins de 3 heures après les premiers symptômes. Il permet une récupération complète plus fréquente et diminue la mortalité[8]. Cependant, étant donné ses effets indésirables potentiels (notamment les hémorragies intra-crâniennes), la marge de manœuvre entre les bénéfices de ce traitement et ses risques, est très étroite. Il ne devrait être utilisé que dans des centres spécialisés et pour des malades sélectionnés selon des critères très précis.
À distance de l'épisode


À distance de l'épisode aigu, doit être discuté une chirurgie carotidienne s'il existe une sténose carotidienne (endartériectomie).

La prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire est impérative. Certains médicaments antihypertenseurs, comme le périndopril, ont prouvé une diminution significative du risque de récidive[9]. L'arrêt du tabac, l'équilibration d'un diabète ou d'une hypercholestérolémie par le régime ou par des médicaments, sont également nécessaires.

L'aspirine, à petites doses, réduit de près d'un cinquième le risque de survenue d'un nouvel accident[10]. Le dipyridamole (en association avec l'aspirine) et le clopidogrel[11] ont également prouvé une certaine efficacité.

La rééducation après un AVC fait partie intégrante du traitement : selon les cas, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, régime alimentaire, Activités physiques adaptées.

En cas de déficit peu important à modéré, une technique de rééducation très utilisée dans les pays anglo-saxons semble être particulièrement adaptée : la thérapie par contrainte induite[12] [13].

En cas de fibrillation auriculaire, la prescription de médicaments anti-coagulants de type anti-vitamine K reste indispensable.

Pronostic


L'accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à 30 % au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de 10 % des survivants[14].

Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l'atteinte[15]. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an peut atteindre près de 40 %[16].

Dans le monde, 5,5 millions de personnes meurent chaque année d'une attaque cérébrale. 75 % des victimes ont plus de 65 ans et les hommes sont plus exposés que les femmes.

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Messire Thadée.

Publié le 29 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Littérature-polar-poésie-fables

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Messire Thadée
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Messire Thadée est un poème polonais célèbre publié par Adam Mickiewicz à Paris, en 1834.

 

 

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Une scène de Pan Tadeusz par Franciszek Kostrzewski (vers 1860).
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Pan Tadeusz czyli ostatni zajazd na Litwie (Pan Tadeusz ou la dernière incursion en Lituanie) est considérée comme son œuvre la plus importante. Ce poème, unique dans la littérature polonaise, est en vers et compte douze volumes. Il est inspiré des traditions du roman historique, de l’épopée et du poème descriptif.

Il retrace le quotidien d'une famille de la noblesse lituanienne après l’arrivée de l’armée de Napoléon, en 1811 et 1812.

Adaptations 


Pan Tadeusz s'est décliné au théâtre, à la télévision et au cinéma :

  • M. Kotlarczyk, en 1945, l’avait fait sous forme de tableaux vivants, à Cracovie.
  • Adam Hanuszkiewicz avait préparé une série télévisée dans les années 1970-1971.

Voir aussi 


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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Messire Thadée.

 

 

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Maximilien de Béthune, duc de Sully.

Publié le 29 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)

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Maximilien de Béthune, duc de Sully
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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Sully vers 1630.
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Maximilien de Béthune, duc de Sully (13 décembre 1559 - 22 décembre 1641), pair de France, Maréchal de France, prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle, baron puis marquis de Rosny, marquis de Nogent-le-Rotrou, comte de Muret et de Villebon, vicomte de Meaux, (1559-1641) est un ministre d'Henri IV, roi de France et de Navarre.



Le compagnonnage avec le roi Henri IV de Navarre 

 

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Né le 13 décembre 1559 à Rosny-sur-Seine, près de Mantes, il appartient à la branche cadette, peu fortunée et calviniste, d'une famille descendante des comtes souverains d'Artois, apparentée aux comtes de Flandres. Second fils de François de Béthune et de Charlotte Dauvet, il devient l’héritier du titre de Baron de Rosny à la mort de son frère aîné, Louis de Béthune, en 1578[1]. En 1572, élève au collège de Bourgogne, à Paris, il échappe au massacre de la Saint-Barthélémy, et devient le compagnon du roi Henri IV de Navarre, futur roi de France, qu'il suit dans toutes ses guerres. À ses côtés il se distingue par son intrépidité. En 1576, il combat dans les armées protestantes en Hollande pour récupérer la Vicomté de Gand dont il n'avait pu hériter de son parrain, un catholique convaincu.

En 1583, au château de Bontin, le seigneur de Rosny épouse Anne de Courtenay, une riche héritière. Des spéculations commerciales très heureuses, comme le commerce des chevaux pour l'armée, voire les dépouilles des villes prises par les Protestants l’enrichissent en peu de temps. En 1580, il devient chambellan ordinaire, puis membre du Conseil de Navarre. Il est chargé de négocier avec Henri III de France, afin de poursuivre une lutte commune contre la Ligue des Guise. Mais le traité de Nemours en 1585 rapproche le roi de France des Guise aux dépens du roi de Navarre. En 1587, il combat à côté d'Henri de Navarre à Coutras, puis devant Paris, ensuite à Arques en 1589, puis à Ivry en 1590 où il est blessé. Il est de nouveau blessé à Chartres en 1591. Devenu veuf, il épouse en 1592 Rachel de Cochefilet, fille de Jacques de Cochefilet seigneur de Vaucelas. Entre temps le roi Henri III de France a été assassiné.

Le ministre 


En 1593, Sully conseille au nouveau roi de se convertir au catholicisme, afin de pacifier le royaume, mais refuse lui-même d’abjurer. Il négocie alors le ralliement de quelques chefs de la Ligue (marquis de Villars, duc de Guise). Lors du siège d'Amiens en 1597, il s'illustre à la tête de l’artillerie.

Henri IV comprend vite qu'il ne peut confier les finances du royaume qu'à l'homme qui administre si bien ses propres affaires. Il le nomme en 1596 au Conseil des Finances puis, vers 1598, surintendant des finances. Sully remet alors de l'ordre dans les comptes, en créant en 1601, une Chambre de justice destinée à lutter contre les malversations financières.

Sully a de brillants conseillers, comme l'économiste Barthélemy de Laffemas, qui développe les manufactures, l'artisanat, et donne un coup de pouce à l'histoire de la soie par la plantation de millions de mûriers.

Il fait rentrer un arriéré fiscal considérable, paie des dettes écrasantes (près de 30 millions de livres), suffit aux dépenses des guerres en Espagne et en Savoie, et à l'achat des places qui restent encore aux mains des chefs ligueurs. En 1598, il fait annuler tous les anoblissements décrétés depuis 20 ans. Il supprime les petits offices de finances et judiciaires. Il crée de grands approvisionnements de guerre, lutte contre l'abus et les prodigalités et amasse un trésor (30 millions) tout en diminuant les impôts. Il fait restituer au roi une partie du domaine royal qui avait été aliénée. L’arrivée en Europe des métaux précieux américains, depuis le début du siècle, a permis à Sully comme à ses prédécesseurs de bénéficier de rentrées fiscales, mais lui va équilibrer le budget et faire des économies. Il se fait nommer gouverneur de la Bastille en 1602, où il entrepose une partie du trésor royal qui s'élève à 12 millions de livres.

La paulette est instaurée en 1604, pour instituer l'hérédité des offices et augmenter les recettes de l'État.

En 1599, il est nommé Grand maître de l'artillerie et Grand voyer de France, il contrôle alors toutes les voies de communication. Les routes principales sont retracées, remblayées, pavées. En prévision des besoins en constructions et de la marine, il fait planter des ormes aux bords des routes (les fameux ormes de Sully).

Il encourage surtout l'agriculture en répétant une phrase devenue célèbre « Pâturage et labourage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Dans ce but, il proclame la liberté du commerce des grains, et abolit un grand nombre de péages qui sont autant de barrières entre les provinces, il ouvre de grandes voies de communication, et il fait creuser plusieurs canaux, notamment le canal de Briare qui relie la Seine à la Loire, commencé en 1604 et terminé en 1642.

Il va pousser les paysans à produire plus que nécessaire afin de vendre aux autres pays. Pour cela, il décide d'augmenter la surface cultivée en faisant assécher des marais. Afin de les protéger du fisc, il interdit la saisie des instruments de labour et accorde aux paysans une remise sur les arriérés de la taille. Il va aussi faire cesser la dévastation des forêts, étendre la culture de la vigne...

Comme surintendant des fortifications il fait établir un arsenal et fortifie les frontières. En 1606, il est nommé duc et pair de Sully et acquiert, la même année, le Château de Montrond, le rénove entièrement pour en faire la plus forte place du Berry.

La mise à l'écart 

 

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Mémoires, édition originale de 1639.
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Il était devenu impopulaire, même parmi les protestants, et auprès des paysans qu'il avait dû accabler d'impôts pour faire face aux dépenses en vue de la guerre contre l'Espagne.

Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, il est nommé membre du Conseil de régence et prépare le budget de 1611. En complet désaccord avec la régente Marie de Médicis, il démissionne de ses charges de surintendant des finances et de gouverneur de La Bastille (1611) ; il conserve cependant le gouvernement du Poitou. En 1616, il abandonne la majeure partie de ces fonctions et vivra désormais loin de la cour, d'abord sur ses terres de Sully puis surtout en Quercy, tantôt à Figeac tantôt sur sa seigneurie de Montricoux, à quelques lieues de Montauban. Il se consacre à la rédaction de ses mémoires, mais reste très actif sur le plan politique et religieux. Son fils François de Béthune, comte d'Orval est le gouverneur de Figeac, place de sûreté calviniste.

Il épouse, en secondes noces, Jacqueline de Caumont, fille du marquis de la Force, qui commande la défense militaire de Montauban en 1621.

Cette même année, il est intervenu en conciliateur et a intercédé en modérateur dans les luttes entre les protestants français et la royauté, après les 96 jours du siège de Montauban par Louis XIII, en 1627-1628, lors du siège de La Rochelle et avant la reddition de Montauban. Proche du réseau diplomatique de Richelieu, il a été nommé maréchal de France en 1634.

Il décède au château de Villebon (Eure-et-Loir) le 22 décembre 1641. Son tombeau est à Nogent-le-Rotrou.


Alliances et descendance 


Maximilien de Béthune fit deux mariages :

  1. en 1583, avec Anne de Courtenay (1564-1589), dont il eut un fils Maximilien II de Béthune, qui continua la lignée ;
  2. en 1592, avec Rachel de Cochefilet, veuve du seigneur de Châteauperse (1562-1659), dont il eut un fils et deux filles : François de Béthune, duc d'Orval ; Marguerite qui épousa Henri II de Rohan ; Louise qui épousa Alexandre de Lévis Mirepoix, maréchal de la Foi.

Citation


  • « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ».

"Économies royales" (œuvre parue entre 1594 et 1597).

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Eric Carmen / All by Myself (Album version) ♫♫♫♪♪♪♪

Publié le 26 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Musique

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Simone Veil.

Publié le 25 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans POLITIQUE-Droit-organismes-thèmes-méthodes - doctri

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Simone Veil
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Simone Veil
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Simone Veil lors d'une réunion publique dans le cadre des élections municipales à Paris, le 27 février 2008.

Mandats
Ministre de la Santé
28 mai 19744 juillet 1979
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Jacques Chirac I
Raymond Barre I
Raymond Barre II
Raymond Barre III
Prédécesseur Michel Poniatowski
Successeur Jacques Barrot
31 mars 199316 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Bernard Kouchner
Successeur Philippe Douste-Blazy
Présidente du Parlement européen
juillet 1979janvier 1982
Prédécesseur Emilio Colombo
Successeur Piet Dankert
Membre du Conseil constitutionnel
mars 1998mars 2007
Titulaire du fauteuil 13 de l'Académie française
Actuellement en fonction
Depuis le 18 mars 2010
Élection 20 novembre 2008
Prédécesseur Pierre Messmer
Biographie
Nom de naissance Simone Jacob
Date de naissance 13 juillet 1927 (1927-07-13) (83 ans)
Lieu de naissance Drapeau : France Nice (Alpes-Maritimes)
Nationalité française
Parti politique UDF, proche de l'UMP
Conjoint Antoine Veil
Diplômé(e) de Institut d'études politiques de Paris
Profession Juriste

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Simone Veil, née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes), est une femme politique française.

Rescapée de la Shoah, elle fait carrière dans la magistrature jusqu'à sa nomination comme ministre de la Santé, en mai 1974. À ce poste, elle fait notamment adopter la « loi Veil », promulguée le 17 janvier 1975, qui autorise l'avortement en France.

De 1979 à 1982, elle est la première femme à présider le Parlement européen élu au suffrage universel. Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur, elle siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

Simone Veil est la femme préférée des Français en 2010, selon un sondage réalisé par l'Ifop[1]. Élue à l'Académie française, elle entre sous la Coupole le 18 mars 2010.



Biographie 


Enfance 


Le 22 mai 1922, son père André Jacob épouse Yvonne Steinmetz, dans le 9e arrondissement de Paris[2]. Il quitte la capitale pour Nice deux ans plus tard.

Simone Jacob est la benjamine d'une famille de quatre enfants (Milou, Jean, Denise et Simone), dont seulement trois survivront à la Seconde Guerre mondiale (Milou, Denise et elle-même). Son père est un architecte qui a obtenu en 1919 le Second grand prix de Rome[3],[4],[5], tandis que sa mère s'occupe de ses enfants, ainsi que d'autres enfants dont les parents connaissent de grandes difficultés financières en raison de la crise économique des années 1930.

En 1939, l'année qui précède la déclaration de guerre[6], elle est en classe de 4e à Nice[7]. L'année suivante, les enfants Jacob sont envoyés près de Carcassonne, où ils séjournent en compagnie d'un oncle et d'une tante. De retour à Nice, la famille, qui habite un appartement, subit la ségrégation progressive des lois anti-juives. Les enfants participent activement aux activités des scouts et des éclaireuses. Le danger devient manifeste à partir de septembre 1943, date de la prise de contrôle de cette zone par l’occupant allemand en remplacement des Italiens. En mars 1944, elle passe son baccalauréat.

 

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Simone Veil (première à gauche,rangée supérieure) au Lycée Albert Calmette de Nice en 1941-42.
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La déportation 


Lors d'un contrôle effectué dans la rue par deux SS, Simone Jacob, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le 30 mars 1944, à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. Elle est emmenée à l'hôtel Excelsior, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des juifs arrêtés avant leur déportation vers l'Allemagne. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille, hébergée malgré les risques encourus par plusieurs couples de relations et d'amis niçois, est arrêté par la Gestapo. Sa sœur Denise, entrée à 19 ans dans un réseau de Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944, et déportée à Ravensbrück d'où elle est revenue.

Simone transite par le camp de Drancy. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie par le convoi 73[8]. Simone Veil ne les a jamais revus. Le 13 avril 1944, soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy (convoi n°71), vers le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l'extermination. Elle reçoit le matricule 78651 qui lui est tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions avec d'énormes pierres » et « à creuser des tranchées et aplanir le sol ».

En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, elle est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d'Auschwitz le 27 janvier 1945, les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu'au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus le 15 mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l'arrivée des Alliés.

Bergen-Belsen est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Elle est de retour en France le 23 mai suivant[9]. Simone, Madeleine et son autre sœur Denise (engagée dans la Résistance) sont les trois survivantes de leur famille, puisque son père et son frère ne sont pas revenus des camps.

La magistrature 


Seule de toute l'Académie à avoir passé et obtenu son baccalauréat en mars 1944, la veille de son arrestation[10], elle s'inscrit en 1945 à la faculté de droit et à l'Institut d'études politiques de Paris où elle rencontre Antoine Veil, futur inspecteur des finances, qu'elle épouse le 26 octobre 1946. Ils ont trois fils : Jean Veil avocat d'affaires né en 1947, Claude-Nicolas né en 1948, et Pierre-François en 1954.

Munie de sa licence et de son diplôme de l'IEP, elle renonce à la carrière d'avocate qu'elle avait envisagée pour entrer dans la magistrature, où elle mène sa carrière jusqu'en mai 1974.

Ministre de la Santé (1974 - 1979) 


Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, poste qu'elle conserve sous les gouvernements Raymond Barre, jusqu'en juillet 1979.

À ce titre, elle est maître-d'œuvre de l'adoption par le Parlement du projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l'avortement, texte qui entre en vigueur le 17 janvier 1975. Ce combat lui vaut des attaques et des menaces de la part de l'extrême-droite et même d'une partie de la droite traditionnelle, comme l'a rappelé Jean d'Ormesson en l'accueillant à l'Académie française.

Présidente du Parlement européen (1979 - 1982) 


À la demande du président Valéry Giscard d'Estaing, elle conduit la liste Union pour la démocratie française (UDF) aux élections européennes de 1979, les premières au suffrage universel. Suite à la victoire du parti centriste (27,61 % des suffrages et 25 élus), elle quitte le gouvernement.

Le 17 juillet 1979, après avoir manqué de peu l'élection au premier tour, elle est élue au second première présidente du Parlement européen, avec 192 voix, contre 133 au socialiste Mario Zagari et 47 au communiste Giorgio Amendola[11]. Elle occupe cette fonction jusqu'au début de l'année 1982 (accord tacite entre les groupes de présidence « tournante » à mi-mandat).

Avec Jacques Chirac, elle impose à l'opposition une liste unique aux élections européennes de 1984. Sa liste obtient 43,02 % des voix et 41 sièges de députés européens le 17 juin.

Opposition aux gouvernements de gauche 

 

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Simone Veil, en 1993.
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Début 1990, elle qualifie d’« inadmissible » la création de fichiers informatisés de la police, décidée par le gouvernement Michel Rocard[12]. Le projet est retiré en mars 1990[13].

Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (1993 - 1995) 


En mars 1993, Simone Veil est nommée ministre d'État, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Édouard Balladur. À ce poste, elle met en place le Praticien adjoint contractuel (PAC). Soutien d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995, elle quitte le gouvernement suite à la victoire de Jacques Chirac.

Membre du Conseil constitutionnel (1998 - 2007) 


Membre du Conseil constitutionnel (France) de mars 1998 à mars 2007, elle sort de son devoir de réserve pour appeler à voter « oui » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

Depuis 2007 


Le 8 mars 2007, à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme et tout juste libérée de son devoir de réserve lié à son mandat de membre du Conseil constitutionnel, elle annonce sa décision de soutenir Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007. Toutefois, cela ne l’empêche pas de garder sa liberté de jugement et, à l’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP au cas où il serait élu, elle répond qu’elle aurait préféré un ministère « de l’Immigration et de l'Intégration[14] ».

Son soutien à Nicolas Sarkozy n’est toutefois pas remis en cause : « Nicolas est gentil. Il peut être brutal dans son expression mais les gens ont tort de douter de son humanité. C’est un ami fidèle. Pour moi, c’est important. Quand on choisit un président, on a envie de quelqu’un qui ait ces qualités-là. Ce n’est pas toujours le cas[15]. » Elle adresse par ailleurs de nombreuses critiques au candidat UDF, François Bayrou, l’accusant de ne représenter « que lui-même[15] ».

Le 11 janvier 2008 le président de la République, Nicolas Sarkozy, annonce qu’il l’a chargée de « mener un grand débat national pour définir les nouveaux principes fondamentaux nécessaires à notre temps, les inscrire dans le préambule de la Constitution », nommant la « diversité » qui « ne peut pas se faire sur une base ethnique »[16]. Le décret du 9 avril 2008 portant création d’un comité de réflexion sur le préambule de la Constitution, qui prévoit la remise d’un rapport avant le 30 juin[17], suscite l’opposition d’Anne-Marie Le Pourhiet, qui y voit un risque de « saper le principe d’égalité de tous devant la loi »[18].

Forte de sa qualité de présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Simone Veil s’oppose, le 15 février 2008, à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif de France mort dans la shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste[19] ».

Le 1er janvier 2009, elle a été promue directement[20] à la distinction de Grand officier de la Légion d’honneur. Selon Le Figaro, c'est à la demande expresse[21] de Roselyne Bachelot et avec l'accord de Nicolas Sarkozy, que le Code de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire a été modifié[22], quelques semaines avant la promotion de Simone Veil, afin de lui permettre d'accéder directement à cette distinction, sans passer par les grades inférieurs.

Elle reçoit le Prix Heinrich Heine 2010[23].

Son autobiographie : Une vie

 

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Simone Veil le 27 février 2008.
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Le 31 octobre 2007 est éditée son autobiographie, intitulée Une vie. L’ouvrage a été traduit en une quinzaine de langues et vendu, en France, à plus de 550 000 exemplaires[24]. Il a obtenu le Prix des Lauriers Verts en 2009.

Elle y donne entre autres son opinion sur Paul Touvier, dont elle dit que Georges Pompidou ne connaissait pas assez bien le dossier, et sur Maurice Papon, dont elle note l'absence du moindre remords, y compris pour la mort d’enfants déportés.

Membre de l'Académie française 


Une autre reconnaissance de son action publique est son élection parmi les « Immortels ». Le 9 octobre 2008, invitée par Maurice Druon et François Jacob[24], Simone Veil présente sa candidature à l'Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, qui fut également celui de Jean Racine et de Paul Claudel[25]. Le 20 novembre 2008, elle est élue au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29 (5 blancs, 2 marqués d'une croix)[24].

Simone Veil est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010, en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, protecteur de l'Académie, et de ses prédécesseurs Valéry Giscard d'Estaing (membre de l'Académie française depuis 2003) et Jacques Chirac. Sur son épée d'Immortelle est gravé le numéro matricule qui avait été inscrit sur son bras à Auschwitz [numéro 78651][26], ainsi que les devises de la République française et de l'Union européenne : « liberté, égalité, fraternité » et « unis dans la diversité »[27].

Jean d'Ormesson prononce le discours de réception, et Simone Veil l'éloge de son prédécesseur, l'ancien Premier ministre Pierre Messmer[28].

Synthèse des mandats 


Fonctions gouvernementales 


Mandats électifs 


Autres fonctions 


Distinctions et décorations 


Doctorats honoris causa 


De nombreuses universités ou grandes écoles d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Israël ont accordé à Simone Veil un titre de Docteur honoris causa ou un autre diplôme honorifique :

Hommages 


L'Hôpital public d'Eaubonne (95), anciennement Roux Calmette Guérin, s'appelle désormais Simone Veil, depuis sa réorganisation et sa fusion avec l'hôpital de Montmorency.

Le collège de Villers-Bocage (Calvados) porte désormais son nom[38]. Simone Veil l'a inauguré, en personne, le vendredi 30 avril 2010.

L'école maternelle et primaire de Vigneulles-lès-Hattonchâtel porte son nom. Simone Veil l'a inaugurée le 10 décembre 2010.

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commentaires

Salvador Dalí (3 & fin).

Publié le 24 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

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Thèmes picturaux récurrents 


Nature 


  • Crique de Port Lligat et rochers du cap de Creus  : La crique de Port Lligat mais aussi le port de pêche ou le devant de la maison du peintre apparaissent dans un nombre incalculable de tableaux à partir de l'installation du couple en 1930. Les parages du cap de Creus représentait pour Dalí « le paysage le plus concret du monde »[5]. Ses rochers aux angles acérés et aux formes étranges sont bien connus des promeneurs de Cadaques. Dalí les a souvent utilisés dans ses toiles (exemples : Le Grand masturbateur, 1929 ; Le Nez de napoléon transformé en femme enceinte promenant son ombre parmi les ruines originales, 1945)[18]
  • Grand masturbateur : L'image composite et d'allure énigmatique apparaît en 1929 dans le Portrait de Paul Eluard[6]. Il est composé de plusieurs éléments parfois variables : paupière, cils, le tout reposant sur un nez de profil. Une sauterelle est souvent représentée la tête en bas, proche de la place de la bouche. Très présent de 1929 à 1931 (Le Grand masturbateur 1929 , Le jeu lugubre 1929 , Persistance de la mémoire- Les montres molles 1931). Outre la symbolique propre à l'auteur, l'allure générale est celle d'un important rocher visible près du cap de Creus que Dalí connaisait bien[18].
  • Fourmis : Très présentes depuis 1929 (Portrait de Paul Eluard), elles ont le plus souvent un caractère morbide peut-être en rapport avec une scène d'enfance où, après avoir recueilli une petite chauve-souris blessée, il la retrouve le lendemain matin agonisante : « la chauve-souris, couverte de fourmis frénétiques, râle, la gueule ouverte, découvrant des dents de petite vieille »[5].
  • Âne pourri : Présent dans le film Un chien andalou (1929) et dans plusieurs toiles de cette même époque (Le miel est plus doux que le sang 1927 , Cenicitas 1928, L'Âne pourri 1928), de même que plusieurs cadavres d'animaux en putréfaction. Ces images rappellent la scène traumatisante du cadavre de son hérisson apprivoisé, envahi par une armée de vers : « son dos hérissé de piquants se soulevait sur un grouillement inouï de vers frénétiques »[5].
  • Rhinocéros : La figure géométrique de la corne du rhinocéros sera utilisée par Dalí dès 1951 (Tête raphaëlesque éclatée) puis surtout vers 1955 (Étude paranoïacritique de la Dentellière de Vermeer). Il explique que Modèle:Cotation
  • Mouches : Dalí adorait les mouches de Port Lligat, il les laissait couvrir son corps et les considérait comme « les fées de la Méditerranée »[9]. Michel Déon raconte qu'il se faisait un délice de la lecture de l'Éloge de la mouche par Lucien de Samosate[9].
  • Sauterelles : Enfant, il avait une peur panique des sauterelles, que ses condisciples lui envoyaient parfois en plein cours[5]. Les sauterelles seront présentes surtout dans les années 20-30 et souvent associées au grand masturbateur.
  • Oursin : Comme son père[19]. (qui se cachait pour les déguster), Dalí adorait manger les oursins qu'on lui ramenait de la mer toute proche. Il les utilisa dans son œuvre picturale (La Madone de Port Lligat 1950), en photographie, et même comme artiste en enfilant une paille dans leur bouche et dont les mouvements venaient dessiner des formes sur un écran (le film de cet étonnante prouesse est disponible sur le site de l'INA[26]). Il s'agit sans aucun doute de la première utilisation d'un échinoderme comme artiste pictural.
Nourriture 


  • Pain : figure picturale essentielle, présente dès 1926 (Corbeille de pain). La très classique Corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure de 1945 trône à la place d'honneur des œuvres de Dalí présentées dans le Teatre-Museu Gala Salvador Dalí de Figueres, exprimant l'importance de ce tableau. Durant sa première traversée transatlantique, Il rêve de fabriquer un pain de 15m[5]. Sa symbolique semble majeure pour Dalí : « Le pain a été l'un des thèmes de fétichisme et une des obsessions les plus anciennes de mon oeuvre, le premier, celui auquel je suis resté le plus fidèle[18]. »
  • Œuf sur le plat, sans le plat : Leur image rappelle à Dalí les phosphènes qui apparaissent quand on comprime les globes oculaires. Il les associe à une souvenir intra-utérin[5].
Divers


  • Montres molles : La création picturale peut-être la plus connue de Dalí, elles coulent comme un camembert : « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? [...] Parce que Jésus, c’est du fromage[27]. »
  • Dos et fesses : Les dos et les fesses des femmes sont présentent très tôt dans l'oeuvre, en particulier sur les portraits de sa sœur Anna-Maria à Cadaquès (Personnage à une fenêtre 1925, Jeune fille de dos (Anna Maria) 1926). Plus tard, un tableau plus explicite comme Jeune vierge auto-sodomisée par sa propre chasteté (1954) éclairera le sens érotique de ces poses.
  • Gala : La muse apparaît en 1931 dans une oeuvre minuscule (Premier portrait de Gala), véritable tour de force de miniaturiste, exposée au Teatre-Museu Gala Salvador Dalí avec une loupe pour mieux apprécier les détails. Ses portraits seront ensuite très nombreux, son visage et sa coiffure caractéristique la faisant reconnaître aisément. Elle apparaît de face (L'angelus de Gala 1935) ou de dos (Ma femme, nue, regardant son propre corps devenir, trois vertèbres d'une colonne, ciel et architecture 1945), nue (Leda Atomica 1949), en Vierge Marie (La Madone de Port Lligat 1950), un sein nu (Galarina 1945).
  • Béquilles : La découverte d'une paire de béquilles abandonnées dans la maison des Pitchot où il se reposait fut une révélation. Elle devinrent immédiatement un objet fétiche qu'il reproduira longtemps, souvent pour soutenir un appendice mou. On y décèle l'angoisse de l'impuissance qui domine chez Dalí avant sa rencontre sexuelle avec Gala.
  • Excréments : En 1929, la présence dans le tableau Jeu lugubre d'un homme portant un caleçon maculé fit scandale dans le petit cercle surréaliste. Gala fut envoyée en délégation pour s'assurer que le jeune catalan n'avait pas de penchant coprophage, ce qui les horrifiait. Gala put les rassurer, en même temps qu'elle mit en garde Dalí contre l'état d'esprit très « petit-bourgeois » d'un groupe d'artiste qui se réclamait pourtant d'une sincérité totale[5].
Œuvres artistiques 


  • L'Angélus de Millet : la peinture de Millet devient une véritable obsession chez Dalí à partir de 1929 (Monument impérial à la femme-enfant, Gala - Fantaisie utopique), ses personnages apparaissant toujours dans La Gare de Perpignan de 1965. Dalí s'est souvent expliqué sur l'érotisme du tableau, en même temps que sur sa conviction que le couple priait autour du cercueil de leur enfant mort. De façon étonnante, une radiographie réalisée au Louvre révèle une zone sombre et rectangulaire, sous la terre, entre les deux personnages[28].
  • Vénus de Milo : Référence occasionnelle, elle apparaît d'abord dans une sculpture détournée avec son ami Marcel Duchamp, puis comme une image se métamorphosant en torero dans le torero hallucinogène.

Abécédaire dalinien 


Avida Dollars


Les artistes et les intellectuels avant-gardistes du vingtième siècle, y compris les plus marxistes, ont souvent dissimulé leurs liens étroits avec le marché capitaliste de l’art et de la littérature. En revanche, Dalí, qui adorait aller à contre-courant, a toujours fait étalage de sa passion pour l’argent. Et ainsi, lorsque André Breton, voulut le dénigrer en formant le sobriquet « avida dollars » - anagramme de Salvador Dali - celui-ci prit à son compte ce surnom, dans le but de provoquer, et le convertit en l’un de ses symboles les plus significatifs, de telle façon qu’il fait désormais partie de sa « légende dorée ».

En réplique à André Breton, Dalí déclara que sa prudence lui conseillait dans son adolescence de devenir autant que possible « légèrement multimillionnaire ». Plus tard, revenant sur cette affaire, il dit « Ce fut André Breton, pour piquer à vif mon attirance pour l'or, qui inventa cette anagramme… Il croyait ainsi mettre au pilori mon admirable nom, mais il n'a rien fait d'autre que composer un talisman… L'Amérique m'a accueilli comme l'enfant prodige et m'a couvert de dollars… L'or m'illumine et les banquiers sont les suprêmes prêtres de la religion Dalínienne. »[réf. nécessaire]

Famille 


  • Mère, Felipa Domènech Ferrès (1874-1921) : apparaît étonnamment peu dans l'oeuvre picturale (Portrait de la mère de l'artiste, Dona Felipa Domenech de Dali 1920). Sa mort fut pourtant un drame absolu pour l'adolescent : « La mort de ma mère fut le plus grand de tous mes désespoirs[5]. »
  • Père, Salvador Dalí y Cusi (1872-1950) : Notaire à la forte personnalité et au caractère difficile. Il est présent dans plusieurs tableaux du début de la carrière du peintre (Le Père de l'artiste au Llané 1920, Portrait de mon père 1925). Dalí s'enorgueillira d'avoir vaincu l'autorité paternelle en citant Freud : « Est un héros celui qui se révolte contre l'autorité paternelle et la vainc[5]. » Leurs rapports seront souvent conflictuels, une longue brouille les opposera après qu'un ami catalan aura révélé en 1929 à la famille remplie d'horreur que Salvador avait écrit dans un de ses tableaux : « Parfois je crache avec plaisir sur le portrait de ma mère. » Le père et sa sœur n'ont su comprendre le message du fils et Salvador sera exclu du cercle familial pendant de nombreuses années. Le notaire de Figueres restera la seule personne que craindra Dalí jusqu'à la fin de sa vie.
  • Frère : La présence invisible du premier enfant du couple hanta l'enfance et plus tard la vie du peintre. Il portait le même prénom que le peintre et il s'identifia toute sa vie à ce jumeau obsédant : « Je naquis double. Mon frère, premier essai de moi-même, génie extrême et donc non viable, avait tout de même vécu sept ans avant que les circuits accélérés de son cerveau ne prennent feu[2]. » Il apparait en 1963 dans Portrait de mon frère mort.
  • Soeur Anna-Maria Dalí (1908-1990) : fut son premier modèle régulier, il la peignait debout ou assise, le plus souvent devant une fenêtre donnant sur la mer dans les années 1920. Leurs rapports furent aussi difficiles, ils se brouillèrent une première fois en 1929 puis plus tard, quand Anna-Maria publia ses souvenirs sur son frère, sans son accord[29].
Folie et délire 


Dalí ne cessera jamais de répéter un de ses mots les plus connus : « La seule différence entre un fou et moi, c'est que je ne suis pas fou[5],[9],[2]. » Mais reconnait que sans Gala, il serait sans doute devenu fou à l'époque du 'Spectre du sex-appeal (1934) [30]. Le délire, et en particulier le délire paranoïaque, restera un moteur créatif permanent.


À l'instar des autres surréalistes, Dalí se passionna pour les travaux récents de la psychanalyse dans laquelle il trouva une base scientifique à ses recherches picturales sur ses fantasmes et ses délires. Il se piqua un temps de participer à la recherche théorique et publia quelques textes. Il chercha longtemps à rencontrer Sigmund Freud, ce fut enfin possible grâce à leur ami commun Stefan Zweig à Londres en 1938. Dalí raconte avec humour cet entretien où il tente de présenter ses travaux scientifiques à un Freud vieilli et malade qui ne remarqua de Dalí que son aspect extérieur, il dit à Zweig : « Je n'ai jamais vu aussi parfait prototype d'Espagnol. Quel fanatique ![5] »

Gala 


Helena Dmitrievna Delouvina Diakonova (1894-1982) mieux connue sous le surnom de Gala entre dans la vie du peintre à l'été 1928 quand elle vient en vacances avec son mari Paul Éluard et leur fille Cécile à Cadaquès, chez Dali qui reçoit cet été-là un petit groupe de surréalistes parisiens[31]. C'est le coup de foudre, mais Salvador Dalí maitrise mal son émotion ce qui le fait éclater de fou rire à chaque fois qu'il approche la jeune femme. Elle parvient à le rassurer et prophétise : « Mon petit, nous n'allons plus nous quitter[5]. » Gala amènera la stabilité émotionnelle et sexuelle qui manque cruellement au jeune Salvador[30]. Elle aura toujours une influence protectrice et maternelle, indispensable à l'équilibre mental du peintre. Elle saura aussi gérer avec rigueur, voire âpreté, les intérêts financiers du couple. Leur union sera cependant rejetée par le père de Dalí qui l'appelait « la femme », ne supportant pas cette épouse divorcée, de 10 ans plus âgée que son fils[31]. Ils s'épousent civilement en 1932 puis religieusement et dans l'intimité en 1958, après la mort de Paul Éluard.

Pour Gala, Dalí achète le château de Púbol, en Catalogne où elle est enterrée[18].

Malgré deux personnalités bien peu romantiques, ils réussiront à former pour le public un couple passionnément soudé ; Salvador Dalí n'ayant jamais cessé de glorifier sa muse, de la peindre, d'exalter son influence bénéfique et d'être au désespoir au moment de sa mort[31].

Génie 


« Son génie, Dalí en a, jusqu'au vertige, la conscience. C'est, semble-t-il, un sentiment intime très réconfortant[9]. » (Michel Déon)

Médias et télévision 


Dalí découvre les journalistes et l'attrait que peut leur inspirer son personnage hors-norme en débarquant pour la première fois à New-York en 19XX[5]. Il sera sans doute un des premiers artistes à savoir manipuler à son compte les médias par des excentricités savamment distillées. Vers 1970, Dalí se fera de plus en plus virulent contre la « crétinisation » véhiculée et amplifiée par les nouveaux médias, et en particulier la télévision. Ce qui ne l'empêcha pas, bien au contraire, de les utiliser à son avantage. Si Dalí est capable de se confier avec une sincérité confondante dans certaines émissions, il deviendra de plus en plus incontrôlable dans les programmes populaires qu'il semble ouvertement mépriser. Denise Glaser par exemple en fera les frais[11].

Mort 


La mort est présente tout au long de l'œuvre depuis les premières toiles surréalistes, voire les premiers portraits de vieillards (ref). La mort apparaît tout d'abord dans son aspect physique le plus répugnant, celui de cadavres en putréfaction (ref). Plus tard, elle se fera plus discrète mais sera toujours présente dans les toiles chrétiennes (crucifixion), Portrait de mon frère mort 1963, La Pêche au thons 1967, Le Torero hallucinogène (1970).

Peu avant sa mort, il déclara « penser à la mort, surtout quand je mange des sardines en boîtes ».


Pablo Picasso a 25 ans de plus que Dalí, leur première rencontre date de 1927 lors de son premier voyage à Paris. Dalí lui montre une de ses petites toiles puis Picasso se met à lui montrer une quantité de ses tableaux, sans un mot, Dalí raconte qu'au moment de se quitter "Sur le pas de la porte, nous échangeâmes un regard qui disait : « Compris ? — Compris ! »[5]. Dès lors, Picasso restera tout au long de sa vie une référence constante, admirée et rivale. Il aidera aussi financièrement Dalí pour lui payer son billet de bateau pour son premier voyage à New-York[6].

Dalí reconnaît du génie à Picasso. Dans son « analyse dalinienne des valeurs » comparée des grands peintres, il lui attribue 20/20 à la catégorie « génie », à égalité avec Léonard de Vinci, Velasquez, Raphaël et Vermeer. Lui même dans une exceptionnelle modestie ne se reconnaissant qu'un médiocre 19/20[9] !

Il voulut pourtant se démarquer de son prestigieux aîné sur un point précis : « Picasso est espagnol, moi aussi. Picasso est un génie, moi aussi. Picasso est communiste, moi non plus ![2] » Cette tournure de style sera reprise par Serge Gainsbourg pour sa fameuse chanson à scandale : Je t'aime… moi non plus.

Dalí raconte en 1952 que tous les ans, vers le 1er juillet, il envoie une carte postale à Picasso lui rappelant le proverbe « En juillet, ni femme ni escargot[9]. » Les lettres de Dalí à Picasso viennent d'être récemmment publiée[32]

À la fin de sa vie, il se permettra d'être plus critique sur la peinture de Picasso : « Picasso refuse la légitimité ; il ne prend pas la peine de corriger, et ses tableaux ont de plus en plus de jambes, tous ses hâtifs repentirs sortent avec le temps ; il s'est fié au hasard ; le hasard se venge[2]. »


Les rapports de Dalí avec la politique seront souvent équivoques et mal compris. Adolescent, Dalí « penchait vers l'anarcho-syndicalisme radical »[19], suit avec passion la révolution russe et la progression de l'armée rouge de Trotsky et se définit à l'époque lui-même comme socialiste[19]. Il est même arrêté et emprisonné pendant quelques semaines à Gérone pour agitation révolutionnaire[6]. Mais sa vision politique va évoluer progressivement vers un « anarchisme violemment antisocial »[19] puis un apolitisme provocateur. Son individualisme viscéral ne pouvait sans doute pas s'accommoder à long terme d'un mouvement populaire. Il provoquera en 1934 la colère des surréalistes en représentant Guillaume Tell sous les traits de Lénine ce que André Breton considérera comme un « acte anti-révolutionnaire »[6]. La rupture sera complète quand Dalí portera des propos ambigus sur Hitler à la fin des années 30. Ce sera l'occasion d'un « procès » mené par Breton contre Dalí qui se terminera par l'exclusion définitive du peintre[6]. Dalí fuira juste à temps l'Espagne au moment de l'embrasement de la guerre civile[5].

Après son retour à Cadaques en 1948, il affichera désormais un monarchisme presque mystique, sans doute un moyen pour lui de ne pas soutenir directement le régime franquiste. Il revendique lui-même son ralliement et son apologie de la monarchie espagnole comme une trahison à la bourgeoisie, sa classe sociale d'origine[33]. Commencé à l'extrême-gauche, son parcours politique bascula à droite, Dalí étant surtout soutenu dans les années 50 et 60 par les intellectuels français de droite, comme Louis Pauwels[2] ou Michel Déon[5].

Revenu en Catalogne après la guerre, Dalí est devenu plus proche du régime franquiste. Selon Vicente Navarro, il aurait félicité le général Franco pour ses actions visant à « éclaircir l'Espagne des forces destructrices » (clearing Spain of destructive forces)[34]. Selon la même source, il aurait envoyé des télégrammes à Franco, le félicitant pour la signature d'ordres d'exécution pour quatre prisonniers politiques.


Quand Dalí et Gala veulent s'installer à Cadaques, le père notaire qui a alors rejeté son fils use de toute son influence pour lui interdire la ville. Le couple trouve alors refuge dans une petite crique toute proche, uniquement fréquentée par une poignée de pêcheurs « homériques » selon son expression. Malgré leur peu de fonds, ils parviennent à acquérir en 1930 une minuscule cabane de pêcheur de 2 m sur 2 m. Puis, la fortune du peintre aidant, ils parviennent à acheter une à une les petites maisons alentours et en construire d'autres pour former un ensemble d'aspect hétéroclite mais architecturalement homogène qui deviendra le centre du monde dalinien. « Je ne suis chez moi qu'ici, partout ailleurs, je ne suis que de passage[18]. »

Science


Dalí était un avide lecteur de littérature scientifique qui recherchait la compagnie des hommes de science, parmi lesquels des prix Nobel, avec lesquels il pouvait discuter aussi bien de mécanique quantique que de mathématiques ou de génétique. Sa fascination pour la science se retrouve dans son art. Cet aspect méconnu de sa personnalité a fait l'objet en 2004 d'un film documentaire intitulé The Dali Dimension: A Genius’ Lifelong Obsession with Science et il a été abordé lors du colloque international « Salvador Dalí à la croisée des savoirs » qui a eu lieu en Suisse en 2005.

Dalí, dans le préambule de son Manifeste de l’Antimatière (1958) explique que : « Durant la période surréaliste, j’ai voulu créer l’iconographie du monde intérieur, le monde merveilleux de mon père Freud et j’y suis arrivé. À partir des années 1950, le monde extérieur — celui de la physique — a transcendé celui de la psychologie. Mon père, aujourd’hui, est le Docteur Heisenberg. », se référant au chercheur allemand, spécialisé dans le domaine de la mécanique quantique, qui reçu le Prix Nobel en 1932. Désintégration de la persistance de la mémoire, née entre 1952 et 1954 et qui reprend La Persistance de la mémoire (1931), constitue une œuvre emblématique de cette soi-disant reconversion des coordonnées de la cosmogonie psychanalytique en coordonnées de la quatrième dimension, modulées par la relativité de l’interaction spatio-temporelle au sein de l’équation espace-temps : une nouvelle cosmogonie engendrée par la Révolution scientifique du milieu du siècle dernier.


La rencontre avec le groupe des surréalistes est l'évènement majeur des premières années de création. C'est pendant l'hiver 1928-1929, lors du deuxième voyage de Dalí à Paris, que Miró l'introduit dans le groupe surréaliste, il fait la connaissance de Arp, Magritte, Paul Éluard[3]... Attiré par sa personnalité extravagante, une partie du groupe fait le voyage à Cadaques pendant l'été. Ce sera l'occasion de la fameuse rencontre avec Hélène (Gala) Éluard, ils ne se quitteront plus. Le 20 novembre 1920 c'est André Breton qui présentera l'exposition Dalí à la galerie Goemans[3]. Dalí trouve dans les recherches créatives des surréalistes une base théorique parfaite pour exprimer son inventivité délirante. La figure de Breton aura une grande importance pour Dalí à cette époque, ce sera une sorte de père spirituel, qu'il lui faudra une fois encore affronter et vaincre, comme le notaire de Figueres[6]. Car les rapports avec les surréalistes vont progressivement se distendre à mesure que Dalí n'aura plus besoin d'eux et qu'il va suivre sa voie propre et fondamentalement individualiste. Le désaccord se cristallisera sur des arguments politiques, les utilisations de l'image de Lénine jugées douteuses par le groupe et surtout des propos ambigus sur Hitler. À l'issue d'un mémorable « procès », Dalí sera définitivement exclu du mouvement, ce qui ne gênera que bien peu Dalí. Il se considèrera dès lors comme le seul vrai artiste surréaliste[6]

Divers 


Anecdotes


Salvador Dalí avec son ocelot.
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  • Il fut demandé à Dalí de réaliser une œuvre sur une vitrine d'un magasin new-yorkais afin de lancer une nouvelle marque de parfum appelée « Fracas ». Le jour du lancement, Dalí n'avait toujours pas réalisé l’œuvre demandée. À son arrivée, il lança un pavé dans la vitrine du magasin.
  • Un jour, à Paris, alors qu’il habitait l’Hôtel Meurice, rue de Rivoli, il convoqua la presse. Dans sa suite se trouvaient préparés des sacs en papier contenant des peintures liquides. Dalí, solennellement, ouvrit la porte-fenêtre, s’avança sur le balcon et jeta les sacs de peinture sur les voitures en stationnement : la peinture « Explosion » venait de naître.
  • En 1955, Dalí accepte de donner une conférence à la Sorbonne. Il crée l'événement en arrivant en Rolls-Royce jaune et noire, remplie de choux-fleurs qu'il distribue en guise d'autographes !
  • Sur la fin de sa vie, il distribuait à ses visiteurs des feuilles blanches signées de son nom, en leur disant : « Tenez, faites donc du Dalí et enrichissez-vous ! »
  • Dalí entretenait une véritable relation amicale avec le chanteur de hard rock Alice Cooper. Les deux artistes s'admiraient mutuellement, Cooper usant d'une toile de Dalí pour illustrer son album DaDa en 1983, après que ce dernier lui avait dédié dix ans plus tôt un hologramme intitulé Premier cylindre. Portrait du cerveau de Alice Cooper[35]
  • En 1972, alors qu'Elvis Presley lui rend visite, Dalí est tellement fasciné par sa chemise « country » à motifs brodés et boutons de nacre que le chanteur la lui offre. Il la porte alors pour peindre « Dalí avec la chemise d'Elvis ». Le maître racontera au couple Lacroix : « Quand Elvis Presley est venu me rencontrer dans mon atelier il a tout de suite remarqué que j'étais fasciné par sa chemise country. Au moment de partir il m'a dit : « Vous aimez ma chemise ? » Oui. Beaucoup. Sans un mot il a défait les boutons et est reparti torse nu. Depuis je ne la quitte jamais pour peindre. »
Dixit 


En préface au Journal d'un génie, Michel Déon résume l'originalité du peintre :

« (…) ce qui est le plus aimable, en Dalí, ce sont ses racines et ses antennes. Racines plongées profondément sous terre où elles vont à la recherche de tout ce que l'homme a pu produire de succulent (selon un de ses trois mots favoris) en quarante siècles de peinture, d'architecture et de sculpture. Antennes dirigées vers l'avenir qu'elles hument, prévoient et comprennent avec une foudroyante rapidité. Il ne sera jamais assez dit que Dalí est un esprit d'une curiosité insatiable. »

Jean Dutourd, de l'Académie française a écrit :

« Salvador Dalí, qui était très intelligent, avait compris plusieurs choses qui, généralement échappent aux artistes, la première étant que le talent (ou le génie) est une baraque foraine. Pour attirer les clients, il faut bonimenter, avoir la langue bien pendue, faire des pitreries et des cabrioles sur une estrade. C'est en quoi Dalí, dès ses débuts, excella. Il considérait qu'il était le plus grand peintre du XXe siècle, c’est-à-dire un artiste classique ayant eu la malchance de tomber dans une basse époque de son art. Les Trissotin de l'intelligentsia occidentale et les bourgeois à leur suite faisaient la loi, c'est-à-dire l'opinion. »
« Il y a deux façons de se concilier ces gens-là, dont dépendent les réputations ; la première est d'être aussi grave qu'eux, aussi imbu de sa dignité. Ils reconnaissent aussitôt un membre de la tribu et savent le lui montrer. L'inconvénient est que pour réussir une telle attitude il faut être soi-même un peu un imbécile, (…) Il ne lui restait que l'autre issue qui est la provocation, c'est-à-dire les extravagances et l'imprévu en pensée autant qu'en paroles, la sincérité brutale, le goût de la facétie, l'iconoclastie à l'égard de tout ce qui est à la mode et de ce fait est intouchable. »

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L'historien de l'art Michael Peppiatt écrit à son propos :

« Dalí est passé de la brillance subversive de sa jeunesse à une vacuité grandissante et à un exhibitionnisme rémunérateur. »

Andrew Strauss, expert spécialiste du surréalisme chez Sotheby's, fait remarquer :

« Dalí a travaillé à la construction de sa popularité à l'échelle mondiale. Il a précédé Andy Warhol dans cette stratégie du culte de l'artiste star. »

Thérèse Lacroix, l'épouse et collaboratrice de Marc Lacroix qui durant dix ans rendra visite à de nombreuses reprises à Dalí et à Gala, observa :

« Il était impressionnant par son regard et son port de tête. Il était altier mais amusant, ne se prenait pas au sérieux. »

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La gare de Perpignan, « centre cosmique du monde » selon Dalí en parlant de sa façade.
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Marché de l'art 


Les peintures de Salvador Dalí sont des œuvres très recherchées par les collectionneurs d'art.

  • L'huile sur bois Ma femme nue regardant son propre corps devenir marches, trois vertèbres d'une colonne de 1945 a été vendue chez Sotheby's à Londres le 4 décembre 2000 pour 2 600 000 £ soient 4 274 140 euros[36].
  • L'huile sur toile Echo nostalgique de dimensions 96,5 cm x 96,5 cm a été vendue chez Sotheby's à Londres le 2 novembre 2005 pour 2 368 000 $ soient 2 028 665 euros[37].

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commentaires

Salvador Dalí (2).

Publié le 24 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

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Sculpture


Salvador Dalí raconte qu’enfant, il fit un modelage de la Venus de Milo car elle figurait sur sa boîte de crayon : ce fut son premier essai de sculpture[5].

Dès les années 1930, Dalí s’essaye à la troisième dimension avec des objets surréalistes. Il crée des objets à fonctionnement symbolique Buste de femme rétrospectif - Buste : pain et encrier en assemblant une marotte de modiste en porcelaine peinte avec différents autres objets de récupération (1933). En 1936, Marcel Duchamp et Salvador Dalí collaboreront pour réaliser la Vénus de Milo aux tiroirs.

La sculpture restera longtemps anecdotique dans la création dalinienne, malgré de rares exceptions (Buste rhinocérontique de la Dentellière de Vermeer, 1955). Il reviendra à la création en trois dimensions dans les années 1960 et surtout 1970 avec la création du Teatre-Museu Gala Salvador Dalí : Buste de Dante (1964), Chaise aux ailes de vautour (1960), Lilith - Hommage à Raymond Roussel (1966), Masque funèbre de Napoléon pouvant servir de couvercle à un rhinocéros (1970).

 

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Hommage à Newton (1969).
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De cette époque date la réalisation de sculptures en bronze réalisées à partir de ses plus célèbres tableaux, telles que la Persistance de la Mémoire, le Profil du Temps, la Noblesse du Temps, Vénus à la girafe, Le Toréador hallucinogène, La Vénus spatiale, Alice au pays des Merveilles, l’Éléphant spatial témoignent avec une vigueur extrême de la force d’expression de ses images iconographiques surréalistes.

L'Espace Dalí présente la collection comprenant plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à cette exposition son statut de plus importante collection en France.

Création de bijoux 


Dalí réalise ses premiers bijoux après la guerre à New-York : The eye of time (1949), Ruby Lips (1950), The Royal heart (1953).

Architecture

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Maison de Dalí à Port Lligat.
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En 1939, pour l'exposition universelle, il créa le pavillon Dream of Venus. Il s'agissait d'une attraction foraine surréaliste, avec entre autres, une Vénus terrassée par la fièvre de l'amour sur un lit de satin rouge, des sirènes et des girafes. De cette maison, il n'en reste plus que le souvenir, une quarantaine de photos d'Éric Schaal, un film de huit minutes, et le somptueux quadriptyque aux montres molles, conservé au Japon.

Le peintre a fait du surréalisme un art de vivre. À Port Lligat, il a décoré sa maison à sa manière, « en prince du kitsch, de l'ironie et de la dérision ». Sa bibliothèque est volontairement inaccessible, avec des rangées de livres installées au plus haut du mur, afin que nul ne puisse les atteindre. Dans l'axe de la piscine phallique, un temple avec une grande table d'autel, où il s'abrite du soleil et reçoit ses amis. Le fond de sa piscine, à la forme phallique, est tapissé d'oursins; il s'agit d'une commande du maître au sculpteur César qui a réalisé une coulée de polyester pour « marcher sur les oursins comme le Christ a marché sur les eaux ». Le patio a la forme d'une silhouette de femme tirée de L'Angélus de Millet. Le canapé est fait selon un moulage des lèvres de Mae West. Le mur du fond, appelé « mur Pirelli » est décoré avec de grandes publicités de pneus.

Au début des années 1970, le projet du théâtre-musée à Figueres se précise enfin. Dalí prend à cœur la conception de ce musée édifié à sa gloire : « Je veux que mon musée soit un bloc unique, un labyrinthe, un grand objet surréaliste. Ce sera un musée Théâtral. Les visiteurs en sortiront avec la sensation d'avoir eu un rêve théâtral. »[18].

Littérature 


Les écrits de Dalí forment un important corpus qui n'est édité dans son ensemble qu'en espagnol. Il écrit au moins depuis l'adolescence, des poèmes, quelques textes littéraires et un journal qui a été récemment publié [19]

Il a publié de nombreux textes qui exposent ses idées, sa conception de la peinture et donnent des éléments biographiques très intéressants pour comprendre la genèse de certains de ses tableaux.

Oui expose ses conceptions théoriques dans deux grands textes : La révolution paranoïaque-critique et L'archangélisme scientifique

Deux textes autobiographiques restent les plus célèbres de l'auteur, écrits dans un style très personnel :

  • La vie secrète de Salvador Dalí[5] qui donne les éléments biographiques les plus intéressants notamment sur son enfance, ses relations problématiques avec son père et la conviction acquise dès l'enfance qu'il était un génie.
  • Journal d'un génie[9] qui couvre les années 1952 à 1963.


Dalí a écrit, pendant la guerre, un unique roman Visages Cachés[20]. Il y met en scène l'aristocratie française durant cette même guerre, et notamment la passion amoureuse de deux personnages, le duc de Grandsailles et Solange de Cléda. Cette dernière est l'illustration de ce qu'il a lui-même nommé le clédalisme ayant pour but de clore « la trilogie passionnelle inaugurée par le Marquis de Sade » dont les deux premiers éléments sont sadisme et masochisme.


Salvador Dalí a aussi illustré Fantastic memories (1945), La Maison sans fenêtre, Le labyrinthe (1949) et La Limite (1951) de Maurice Sandoz, dont il fit connaissance à New York au début des années 1940.

Œuvres complètes en espagnol 


Les éditions Destino et la fondation Gala-Salvador Dalí ont édité les œuvres complètes de Salvador Dalí en 7 volumes (en espagnol) :

Liste des Œuvres littéraires publiées en français 


  • Mon amie et la plage, 1927[21]
  • L'Âne pourri, publié le premier numéro du Surréalisme au service de la révolution, juillet 1930[21]
  • Oui. La révolution paranoïaque critique, l'archangélisme scientifique, éditions Denoël, 2004, (ISBN 2-207-25621-9)
  • Visages cachés, éditions Stock, 29 octobre 1973, N° d'édition|2720, N° d'impression|2848050187
  • La Vie secrète de Salvador Dalí. Suis-je un génie ?, édition critique établie par Frédérique Joseph Lowery à partir des manuscrits de Gala et de Salvador Dalí, éd. L'Âge d'homme, octobre 2006. Préface de Jack Spector. (ISBN 2-8251-3643-3)[22]
  • La Vie secrète de Salvador Dalí (1942) Gallimard, 2002 (ISBN 2-07-076374-9)
  • Journal d'un génie, éditions La table ronde, 1964, (ISBN 2-07-073811-6)
  • Dali/Pauwels Les passions selon Dali - Denoël 2004 (ISBN 978-2207256206)
  • Les Cocus du vieil art moderne, Grasset, collection « Les Cahiers Rouges »
  • Pensées et anecdotes, Le Cherche-Midi Éditeur, 2004, (ISBN 2-86274-372-0)
  • Journal d'un génie adolescent, éditions Le Serpent à plumes, 2006, (ISBN 2-90757-306-3)
  • Lettres à Picasso (1927-1970), Le Promeneur, 2005, Modèle:ISBN 978-2-07-077548-4

 

Œuvres cinématographiques 

 

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Gala à la fenêtre, sculpture à Marbella.
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L'enfance de Dalí s'est déroulée lors de l'âge d'or du cinéma muet. Il rencontre Luis Buñuel à la résidence des étudiants à Madrid — il en fait le sujet d'un de ses premiers tableaux. Cette amitié débouche sur une collaboration qui ouvre la voie au surréalisme. En complicité avec lui, il participe à l'écriture de deux films emblématiques du cinéma surréaliste : Un chien andalou en 1929, un court-métrage de seize minutes dans lequel se succèdent, après une brutale image d'introduction (destinée sans doute à mieux marquer la scission entre monde réel et monde surréaliste), diverses scènes oniriques dotées seulement de la logique du rêve, et L'Âge d'or en 1930, un film d'une heure, jugé à l'époque insolent, le film fut interdit jusqu'en 1981.

Dalí a participé à la réalisation de plusieurs films :

  • En 1941, il écrit une première scène de rêve pour le film « Moontide » de Fritz Lang. La scène ne sera pas tournée à cause des évènements suite à l'attaque japonaise contre Pearl Harbor, Archie Mayo réalisa le film mais sans la scène imaginée par Dalí.
  • En 1945, des suites d'un brainstorming lors d'une fête chez Jack Warner, il commença à réaliser avec Walt Disney un dessin animé nommé Destino. Malheureusement, le travail fut à l'époque arrêté au bout de quelques mois par les studios pour cause de problèmes financiers suite à la guerre[23]. Dalí et Disney s'appréciaient beaucoup, et Dalí considérait le cinéaste comme un « grand surréaliste Américain » (great American surrealist) au même titre que les Marx Brothers et Cecil B. DeMille[23]. Des dizaines d'années après, Roy E. Disney retrouve le travail de Dalí et décide de reprendre le projet après avoir constaté que les droits légaux sur ces tableaux revenaient à Disney[23]. Les ingrédients de ce film sont présents dans le tableau de Dali Melancholy, Atomic Uranic Idyll daté de 1945[réf. nécessaire].
  • Il a aussi écrit un scénario pour les Marx Brothers, intitulé « Giraffes on Horseback Salad ». Le film ne sera jamais réalisé, mais il en reste les esquisses.
  • en 1945, pour le film d'Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes, il réalisa le décor de la scène du rêve (spellbound). Dans cette scène, Gregory Peck, psychanalysé par Ingrid Bergman, voit un rideau d'yeux grands ouverts — idée reprise du film Un chien andalou — et des ciseaux énormes qui découpent paupière et rétine. On y voit aussi une cagoule de pénitent, une pente neigeuse, une roue molle, des cartes à jouer blanches et des ailes géantes poursuivant de petits personnages. Deux autres séquences ne furent pas retenues : la première, quinze énormes pianos à queue accrochés au plafond de la salle de bal se balançant au-dessus de silhouettes en carton placées en ordre décroissant, la deuxième, l'actrice Ingrid Bergman se transformant en statue. Dalí déclara : « Hitchcock est l'un des rares personnages que j'ai rencontrés récemment à posséder un certain mystère. »

Dalí a produit lui-même quelques films :

  • des courts films expérimentaux surréalistes où il se met en scène :
  • au cours des années 1950, réalisé par Robert Descharnes « L'aventure prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros », association d'images et objets par la courbe logarithmique et le nombre d'or.
  • en 1975, réalisé par José Montes Baquer « Impression de la Haute Mongolie (Hommage à Raymond Roussel »[24]. Dans ce film, Salvador Dalí raconte l'histoire d'un peuple disparu dont il a retrouvé la trace au cours d'un voyage en « Haute Mongolie ». En fait, l'histoire est complètement inventée. Il a suffi à Dalí de déposer un peu de son urine sur la bague d'un stylo, d'attendre que la corrosion agisse, d'en filmer les effets à distance macro et microscopique, le tout agrémenté d'un commentaire d'« historien ».

Les rapports de Dalí avec le cinéma ont fait l'objet en 2004 d'un film documentaire intitulé Cinéma Dalí. Depuis juin 2007 et jusqu'en septembre 2007, la Tate Modern à Londres propose une rétrospective de son travail en rapport avec le monde du cinéma. Mais plus récemment le cinéaste Marie-Dominique Montel a collaboré avec Christopher Jones, l'expert du cinéma dalinien et cinéaste lui aussi pour réaliser un film Le cinéma selon Dalí. Prévu pour 2010, ce film qui raconte les idées du peintre dans le domaine du cinéma compte avec la participation de Catherine Millet et José Montes Baquer.

 

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Autres films :

  • Jean-Christophe Averty & Robert Descharnes « L'Autoportrait mou de Salvador Dalí », 1967[21]
  • Réclame publicitaire pour le chocolat Lanvin, 1968 : un seul plan dans lequel Dalí, debout et face à la caméra dit « Yé souis FOU! ... dou chocolat Lanvin! »
  • 2009 : Little Ashes, de Paul Morrison, avec Robert Pattinson dans le rôle de Salvador Dalí.
  • Alejandro Jodorowsky, dans son projet avorté de film pour le roman Dune, avait sollicité Dali pour jouer le rôle de l'empereur Shaddam IV. Celui-ci exigea, entre autres, d'être payé au tarif astronomique de 100 000 dollars de l'heure et proposa un trône d'inspiration scatologique[25].
Le monde du théâtre 


Dalí a également participé à plusieurs projets liés au théâtre :

Pendant son séjour new-yorkais, Dalí réalise plusieurs toiles de fond, décors et costumes pour des ballets[6] :

  • Bacchanale (1939)
  • Labyrinth (1941)
  • Helena (1942)
  • Roméo et Juliette (1942)
  • Café de Cinitas (1943)
  • Tristan Fou (1944)
Le monde de la mode 


Dalí, tout au long de sa vie et de son œuvre, a maintenu une longue et intense relation avec le monde polymorphique de la mode. Dans son désir permanent de matérialiser la capacité créative sans limite qui le singularisait, il explora les registres créatifs les plus hétérogènes du secteur de la mode, en laissant dans chacun d’eux sa marque de fabrique particulière.

  • Dans le cadre de la pièce Bacchanale, il collabora avec Coco Chanel pour dessiner les costumes et les décors
  • Dans les années 1930, il participa à la création de quelques modèles de chapeau dont un célèbre en forme de chaussure, et avec la couturière Elsa Schiaparelli, il créa la robe « homard » ;
  • en 1950, avec Christian Dior, il imagina le fameux Costume de l'année 1945 à tiroirs.

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Rhinocéros de Dalí à Puerto Banús (la sculpture pèse 3,6 tonnes).
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Parmi les inventions daliniennes dans le domaine de ce que nous pourrions appeler « la mode virtuelle » — puisque ses modèles sous forme d’écritures et de dessins, n’ont pas été réalisés — nous pouvons citer :

  • Les robes, avec de fausses intercalaires et bourrées d’anatomies factices, destinées à exciter l’imagination érotique, comme Dalí lui-même le commentait dans Vogue : « Toutes les femmes avec de faux seins dans le dos — insérés exactement à la place des omoplates — jouiront d’un aspect ailé. »
  • Le maquillage au niveau des joues creuses pour éliminer les ombres sous les yeux.
  • Les lunettes kaléidoscopiques particulièrement recommandées en voiture pendant les voyages ennuyeux.
  • Les faux ongles composés de mini miroirs dans lesquels on peut se contempler, spécialement adaptés pour accompagner les costumes du soir.
  • Les chaussures musicales de printemps pour égayer les promenades.

Mais Dalí ne se limita pas à imaginer des croquis de mode « virtuels », il collabora aussi à la réalisation de dessins « réels » comme :

  • Les robes qu’Edward James lui demanda de créer pour son amie l’actrice Ruth Ford et qui furent réalisées par Elsa Schiaparelli, la couturière italienne de Haute Couture installée à Paris, avec qui il collabora tout au long des années 1930 pour les motifs des tissus et pour les dessins de décoration de ses robes et chapeaux, parmi eux, le célèbre « chapeau-chaussure » qui fait déjà partie de l’imaginaire du surréaliste.
  • Les modèles pour les représentations sur scène : de ses premiers croquis avec la réalisation des costumes du modèle Mariana Pineda jusqu’à ses dessins pour de nombreux ballets et œuvres de théâtre, dans lequel participaient parmi les plus connus, les modèles que son amie Coco Chanel avait créés pour « Bacchanale », le premier ballet « paranoïaque-kinétique ».
  • Les maillots de bain féminins qui compriment totalement les seins, pour camoufler le buste et donner ainsi un aspect angélique.
  • Le smoking aphrodisiaque recouvert de verres de liqueur remplis de peppermint frappé.
  • Les cravates que Georges McCurrach lui demanda de dessiner avec les motifs iconographiques emblématiques Dalíniens : les lèvres collées à un téléphone-langouste, des fourmis pullulant sur les montres molles…
  • Le design capillaire de ses moustaches-antennes métamorphiques.
  • Les flacons de parfums dalíniens, de « Rock and Roll » dessinés par Mrs Mafalda Davis — une « eau de toilette » pour homme qui se vendait plus cher que Dior — jusqu’à son dernier parfum dont le flacon s’inspirait de « L’apparition du visage de l’Aphrodite de Cnide dans un paysage. », en passant par « Shocking », le parfum rose de Schiaparelli dont il réalisa la publicité.

Les fantastiques bijoux que Gala, grande admiratrice du bijoutier mythique Fabergé, l’invita à dessiner à partir de ses propres iconographies.

  • La publicité pour les entreprises de mode américaine—comme la célèbre campagne de publicité pour les bas Bryans que Vogue publia.
  • Les déguisements pour les danses de carême, en commençant par la polémique sur la tenue de Gala dans « la danse onirique » réalisée en son honneur par Caresse Crosby dans le Coq Rouge de New York, jusqu’aux robes vénitiennes démesurément longues pour le « Bal du siècle » au palais de Charles de Beistegui, que Christian Dior réalisa à partir d’un dessin de Dalí.

Mais le dandy qu’était Dalí — il réussit à se faire élire Homme le plus élégant en France[réf. nécessaire] — ne s’est pas limité à concevoir des modèles pour ses femmes aux hanches proéminentes — les femmes coccyx — et imberbes au niveau des aisselles — comme les nordiques du type de Greta Garbo — au contraire, dans le cadre de son roman « Hidden Faces », il conçut une maison de couture pour les voitures aux lignes aérodynamiques : robes du soir très formelles avec d’énormes cols rabattus, toilettes du soir très élégantes aux décolletés profonds faisant ressortir les radiateurs entre des froufrous d’organdi et de larges bandes de satin pour les soirées de Gala! Hermine pour tapisser les capotes convertibles des décapotables, avec les poignées des portières en peau de phoque et manchon de bison pour couvrir le moteur ! La matérialisation de ce design Dalinien doublait automatiquement les podiums de mode et le passage des automobiles accessoirisées augmentait la part du fantastique…

Salvador Dalí crée La Toile Daligram à la fin des années 1960, à partir d'un étui de Louis Vuitton. Il réinterprète les monogrammes de La Maison Vuitton et décline sa propre ligne d'objets monogrammés, les « Daligrammes », pour lui et Gala, mais aussi pour les offrir à ses amis et aux collectionneurs de ses œuvres.

 

Photographie 

 

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Le Dali Atomicus, photo de Philippe Halsman (1948), montré avant que les fils de suspension soient enlevés.
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Dalí montra aussi un réel intérêt pour la photographie à laquelle il donna une place importante dans son œuvre. Il harmonise les décors et les photographes comme un peintre travaille sa toile avec ses pinceaux. Dalí photographe est la révélation d'une partie majeure et méconnue de la création dalinienne. Il travailla avec des photographes comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, Philippe Halsman. Avec ce dernier il créa la fameuse série Dalí Atomicus. C'est sans aucun doute Robert Descharnes, son ami collaborateur-photographe pendant 40 années, qui a fait le plus de clichés de Dalí, l'homme et son œuvre.

 

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Dalí à Paris en 1934, par Carl Van Vechten.
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Avec le photographe de mode Marc Lacroix, Dalí posa, en 1970, pour une série de portraits où il s'est mis en scène, dans des photos délirantes : « Dalí à la couronne d'araignée de mer », « Dalí à la chemise d'Elvis Presley », « Dalí à l'oreille fleurie », « Avida Dollars », avec le portrait de Dalí, au-dessus d'une enseigne de la Banque de France, entouré de billets à son effigie, « Dalí en extase au-dessus d'un nid d'oursins dans la piscine phallique », etc. Toujours avec Marc Lacroix, il va tenter une expérience à laquelle il songe depuis toujours : la peinture en trois dimensions, qui se concrétisera dans le tableau « Huit Pupilles », fait à l'aide d'un appareil-prototype à prise de vue stéréoscopique : des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l'optique, une seule et même image avec une profondeur.

L'une des images les plus marquantes est celle du peintre coiffé d'un chapeau haut de forme sur les côtés duquel il a disposé des masques de Joconde. Selon Thérèse Lacroix il l'a créé pour sa participation à un bal donné par la baronne Rothschild. Seule une moitié du visage de Dalí apparaît au milieu des sourires énigmatiques figés.

 

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commentaires

Salvador Dalí (1).

Publié le 24 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

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Salvador Dalí
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Salvador Dalí
Salvador Dalí photographié par Carl van Vechten, le 29 novembre 1939.
Salvador Dalí photographié par Carl van Vechten, le 29 novembre 1939.

Nom de naissance Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech[1]
Activité(s) Peinture, dessin, sculpture, photographie, écriture
Naissance 11 mai 1904
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Figueres, Catalogne, Espagne
Décès 23 janvier 1989
Flag of Spain.svg Figueres
Mouvement(s) Cubisme, Surréalisme
Formation Académie royale des beaux-arts de San Fernando
Œuvres principales

 

 

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Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, 1er Marquis de Púbol, connu sous le nom de Salvador Dalí, né le 11 mai 1904 – mort le 23 janvier 1989 était un artiste-peintre surréaliste, sculpteur et un scénariste (cinéma) espagnol. Il est né et mort à Figueras, en Catalogne, où il créa d'ailleurs son propre musée en 1974, le Teatre-Museu Gala Salvador Dalí.



Biographie 


Naissance le 11 mai 1904 à Figueras de Salvador Felipe Jacinto Dalí, fils de Felipa Domènech Ferrès (1874-1921) et de Salvador Dalí y Cusi (1872-1950), notaire. Son enfance se partage entre Figueras, Barcelone et Cadaqués où son père possède une maison. Cette région de l'Empurdan aura une influence majeure sur son inspiration picturale tout au long de sa vie. Il naît moins d'un an après la mort (par gastro-entérite infectieuse) d'un premier fils (né le 12 octobre 1901 et mort le 1er août 1903), prénommé lui aussi Salvador[1]. Ce frère ainé dont il porte le même nom sera un double obsédant durant toute sa vie et son œuvre : « Je naquis double. Mon frère, premier essai de moi-même, génie extrême et donc non viable, avait tout de même vécu sept ans avant que les circuits accélérés de son cerveau ne prennent feu »[2] .

L'intérêt du jeune Dalí pour la peinture commence très tôt, il est encore stimulé par la fréquentation d'une famille d'artistes catalans, les Pitchot, dont est issu Ramon Pitchot (1872-1925), peintre impressionniste[3].

En 1917, il suit les cours de dessin du professeur Juan Núñez à la Escuela Municipal de Grabado. Début mai 1918, il expose au théâtre municipal de Figueras plusieurs toiles qui sont remarquées par deux critiques célèbres: Carlos Costa et Puig Pujades[4].

En 1921, il entre à l'École des Beaux-Arts de San Fernando de Madrid. Cette période estudiantine est l'occasion de se lier avec Federico García Lorca et Luis Bunuel. Les rapports avec ses professeurs et ses condisciples (qu'il méprise comme il l'écrira plus tard) sont houleux. Après plusieurs frasques (dont une arrestation en 1923 pour anarchisme) il est finalement exclu de l'école en 1926 après une ultime provocation (il refuse de répondre à la question d'un professeur, estimant qu'il n'avait rien à lui apprendre[5]).

Sa jeune sœur Anna-Maria lui sert souvent de modèle à cette époque, posant souvent de dos, devant une fenêtre[6].

 

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Salvador Dalí et Man Ray à Paris en 1934, photo par Carl Van Vechten, photographe américain.
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Un premier voyage à Paris en 1926 est l'occasion de rencontrer Picasso qu'il ne cessera jamais d'admirer. Cette même année, Miro vient lui rendre visite à Cadaques[3].

En 1929, Dalí retourne à Paris pour coréaliser Un chien andalou avec son ami Luis Bunuel, puis se brouillera avec lui après L'Âge d'or. Mais c'est surtout l'occasion de la rencontre essentielle avec le groupe des surréalistes : Tristan Tzara, Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard… Ce même été, un groupe de surréalistes lui rend visite à Cadaqués, Paul Éluard est accompagné de son épouse Hélène (Gala)[3]. C'est un coup de foudre, Dalí et Gala ne se quitteront plus. En décembre, en raison de sa liaison avec une femme mariée et de la légende d'une gravure mal interprétée par sa famille, Salvador Dalí se brouille profondément avec son père et sa sœur Anna-Maria[6].

En 1930, ne pouvant s'installer à Cadaquès même en raison de l'hostilité paternelle, Dalí et Gala achètent une minuscule maison de pêcheur à quelques kilomètres de Cadaquès, au bord de la mer, dans la petite crique de Port Lligat[3]. Au fil des ans et de sa fortune, il ne cessera d'augmenter sa propriété, dont le paysage sur la petite crique deviendra une référence picturale permanente dans l'œuvre du peintre.

Les premiers mois pourtant sont difficiles, ses toiles se vendent mal et le couple vit de peu. Mais les vaches maigres dureront peu, et le peintre se fait connaître. À Paris, il fréquente autant les dîners mondains que les cercles surréalistes[5]

Dalí et Gala débarquent pour la première fois à New York en 1934[3] (C'est Picasso qui lui paya son voyage[6]). Les Américains sont subjugués par l'excentricité du personnage et les audaces d'un surréalisme qu'ils ne connaissaient alors presque pas. En décembre 1934 à Paris, à l'issue d'une réunion mémorable, Dalí se fait exclure du mouvement surréaliste par André Breton qui lui reproche ses idées contre-révolutionnaires.

En 1936, Dalí est en Catalogne quand il doit fuir son pays en pleine guerre civile. Il pleure Garcia Lorca qui n'a pas sa chance, assassiné à Grenade le 18 août 1936.

Grâce à son ami Stefan Zweig en 1938, Dalí rencontre à Londres Sigmund Freud qu'il admire depuis longtemps et dont les travaux ont inspiré ses propres recherches picturales sur les rêves et l'inconscient[5].

En 1939, Dalí quitte Paris pour New York où il restera pendant les années de guerre en Europe. Il s'intègre parfaitement à la haute société new-yorkaise, peint de nombreux portraits de riches Américains, participe activement à la vie théâtrale avec de grandes peintures murales, réalise ses premiers bijoux, et s'intéresse au cinéma, en particulier aux Marx Brothers, à Walt Disney, à Alfred Hitchcock[6].

En 1948, Dalí revient enfin chez lui à Port Lligat, qui deviendra sa résidence principale jusqu'à la mort de Gala en 1982. Il partagera désormais son temps entre ses périodes de création à Port Lligat et sa vie médiatique à Paris, Rome ou New-York. Au cours des années 50 et 60, il met en scène le personnage qu'on connaît, trublion excentrique et incontournable de la vie parisienne puis médiatique.

En 1969, Dalí achète et fait restaurer le château de Púbol, dans la campagne catalane. Moins exposé au public que Port Lligat, ce sera le château-refuge de Gala.

 

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Salvador Dali en 1972.
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Le Théâtre-musée Dalí est inauguré à Figueras le 28 septembre 1974.

En 1982, le roi d'Espagne le nomme Marquis de Dalí de Púbol.

Le 10 juin 1982 Gala meurt dans la maison Port Lligat. Profondément affecté par le décès de sa muse, Dalí ne reviendra pas à Port Lligat. Il vit d'abord à Púbol, où il peint son dernier tableau, La queue d'aronde, mais il y est victime de l'incendie de sa chambre en 1984 dans lequel il est grièvement brûlé. Il finit ses jours dans l'appartement de la Torre Galatea, attenant au théâtre-musée de Figueras, et meurt à l'hôpital de Figueras le 23 janvier 1989[1].

Conformément à sa volonté, il se fera embaumer puis exposer dans son « Teatre-Museu », où il repose désormais. Une simple pierre indique le lieu de sa sépulture. Par testament, il lègue une grande partie de ses biens et de son œuvre au gouvernement espagnol.

Son œuvre 


L'œuvre picturale 


Le personnage turbulent a parfois fait oublier l'important travail du peintre. Dalí fut pourtant un peintre méticuleux et acharné, concevant longuement ses toiles et les réalisant avec un soin qu'il voulait proche de ses maîtres classiques, Raphaël ou Vermeer.

Les influences 


Plus que tout autre, la Renaissance italienne fut pour Dalí une référence permanente et indispensable. S'il se considérait comme le meilleur dessinateur de son époque, il reconnaissait que ses dessins « ne valent à peu près rien » face aux grands maîtres de la Renaissance[7]. Admirateur de Léonard de Vinci (chez qui il trouve les racines de sa méthode paranoïacritique[8]), il porta longtemps Raphaël au pinacle, proclamant qu'il était le seul contemporain capable de le comprendre[9]. Vers la fin de sa vie, les personnages de Michel-Ange prirent une part considérable dans sa production picturale. Il eut aussi toute sa vie pour Velasquez une admiration sans borne[2]. Vermeer fut un autre phare, dont il chercha longuement à imiter la technique, et il y parvint parfois[10].

Il subit très jeune l'influence impressionniste par la proximité de la famille Pitchot dont Ramon Pitchot (1872-1925), peintre impressionniste[3] fut l'un des premiers impressionnistes catalans[3]. Il admirait Renoir mais détestait Cézanne (« le plus mauvais peintre français »[11]).

Il ne cessa de vanter Meissonier (« un véritable rossignol du pinceau »[11]), dont il moquait le manque de génie mais dont la technique incroyablement méticuleuse l'impressionnait. Picasso fut une sorte de grand frère qui lui fit bon accueil quand il arriva à Paris. Dalí chercha toute sa vie à se confronter à lui, seul artiste contemporain dont il reconnaissait un génie au moins égal au sien[5].

Les premières toiles 


Les premières peintures conservées montrent un réel talent précoce, dès l'âge de 6 ans[6]. Ses premiers portraits de sa famille à Cadaques ont déjà une force picturale étonnante, notamment impressionniste. Jouant sur la matière, il mélangea un temps des graviers à la peinture (Vieillard crépusculaire, 1918). Durant son passage à l'académie des beaux-arts de Madrid, il regretta le manque de formation théorique[5]. Commence alors une époque d'influences diverses, le jeune Dali s'imbibant comme une éponge des diverses techniques : pointillisme (Nu dans un paysage, 1922), cubisme (Autoportrait cubiste, 1923 ; Mannequin barcelonais, 1927), Picasso (Vénus et un marin, 1925)...

Le surréalisme


La rencontre déterminante avec le surréalisme libère son extraordinaire puissance créatrice. Il subit l'influence de René Magritte mais acquiert vite un premier propre (Le miel est plus doux que le sang, 1926 ; Cenicitas, 1928). Son œuvre sera désormais remplie d'allusions personnelles, souvent cryptées, qu'il réutilise à son gré comme la figure obsédante du Grand masturbateur qu'il utilise de nombreuses fois en 1929 (Portrait de Paul Éluard, 1929 ; Le Grand masturbateur, 1929)

La méthode paranoïacritique


Le thème de l'image double, voire multiple s'installe rapidement à partir des années 30, il y restera attaché pendant l'essentiel de sa carrière. L'œil génial de Dali perçoit dans une image anodine, une autre image qu'il utilise comme support pour troubler la réalité et le sens de la toile ; L'Homme invisible (1929) en est le premier exemple. Jusqu'à la fin de sa carrière, il s'attachera à jouer avec l'œil du spectateur (Cinquante images abstraites qui vues à 2 yards se changent en trois Lénine masqués en chinois et qui vues à 6 yards apparaissent en tête de tigre royal, Le Torero hallucinogène, Gala regardant la mer Méditerranée qui à vingt mètres se transforme en portrait d'Abraham Lincoln - Hommage à Rothko)

L'Après-Guerre 


Le nombre des œuvres diminue mais Dalí passe encore ses hivers à Port-Lligat à peindre souvent une grande œuvre par an et d'autres toiles moins ambitieuses. C'est l'époque de la La Madone de Port Lligat (1950), Christ de Saint Jean de la Croix (1951), Corpus hypercubus (1954), La Pêche aux thons (1967) et Le Torero hallucinogène (1970).

La Tridimensionnalité 


Découverte en gare de Perpignan, Dalí se passionnera à la fin de sa carrière à peindre des images doubles à l'effet stéréoscopique. Ces œuvres sont difficilement accessibles à la reproduction, elles sont très nombreuses au Musée Dalí (Athènes brûle !).

Technique


Dali revendiquait une technique très classique, restant fidèle à la peinture à l'huile pour la quasi-totalité de son œuvre peinte. Le travail est presque toujours très minutieux, avec des dessins préparatoires très soignés et une exécution méticuleuse, souvent à la loupe[10]. Certaines œuvres minuscules témoignent d'un véritable talent de miniaturiste (Premier portrait de Gala, Portrait de Gala avec deux côtelettes d'agneau en équilibre sur l'épaule)

Liste chronologique des œuvres picturales majeures 


Salvador Dalí a peint 1 640 tableaux principalement des huiles sur toile. Les titres et les dates sont issus de l'ouvrage de Gilles Neret et Robert Descharnes[6].

  • 1918 :
    • Vieillard crépusculaire
  • 1919 :
    • Autoportrait dans l'atelier
  • 1920 :
    • Portrait du violoncelliste Ricardo Pichot
  • 1921 :
    • Autoportrait au cou raphaëlesque
  • 1922 :
    • Nu dans un paysage
  • 1923 :
    • L'enfant malade - autoportrait
    • Autoportrait cubiste
  • 1924 :
    • Portrait de ma sœur et personnage picassien opposé
    • Portrait de Luis Bunuel
  • 1925 :
    • Personnage à une fenêtre (Anna Maria)
    • Portrait de mon père
    • Vénus et un marin
  • 1926 :
    • Jeune fille de dos (Anna Maria)
    • Femme couchée
    • Corbeille de pain
  • 1927 :
    • Le Mannequin barcelonais
    • Le miel est plus doux que le sang
    • Corbeille de pain
  • 1928 :
    • Cenicitas
    • L'âne pourri
  • 1929 :
    • Portrait de Paul Éluard
    • Jeu lugubre
    • Le Grand masturbateur
    • L'Énigme du désir : ma mère, ma mère, ma mère
    • L'Homme invisible
  • 1930
    • Dormeuse, cheval, lion invisibles, publié dans le premier numéro du « Surréalisme au service de la révolution », juillet, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, Metz
  • 1931
    • La vieillesse de Guillaume Tell
    • Premier portrait de Gala
    • Feu d'artifice », huile sur étain bosselé, 40 x 65,5 cm, collection particulière[12]
    • Hallucination partielle - six apparitions de Lénine sur un piano
    • Persistance de la mémoire (Les Montres molles)
    • 1932 :
    • Méditations sur la harpe
    • Naissances des plaisirs liquides
    • Œufs sur le plat, sans le plat
  • 1933
    • Le Phénomène de l'extase, photo-collage, première parution dans la revue Minotaure no 3-4, Gala-Salvador Dalí foundation[13]
    • La charrette fantôme
    • Pain anthropomorphe
    • Gala et l'Angélus de Millet précédant l'arrivée imminente des anamorphoses coniques
    • Portrait de Gala avec deux côtelettes d'agneau en équilibre sur l'épaule
    • L'énigme de Guillaume Tell
    • L'Angélus architectonique de Millet
  • 1934
    • Le spectre du sex-appeal
    • Vestiges ataviques après la pluie
  • 1935
    • Le cavalier de la mort
    • Le visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement
  • 1936 :
    • Le grand paranoïaque
    • Construction molle avec des haricots bouillis : Prémonition de la guerre civile
    • Le Cabinet anthropomorphique
  • 1937
    • Girafes en feu
    • Cygnes réfléchis en éléphants
    • Métamorphose de Narcisse
    • Le Sommeil
  • 1938
    • L'Espagne
    • L'Énigme sans fin, 114,3 x 146,5 cm, Museo nacional centro de arte Reina Sofia, Madrid[14]
  • 1939
    • L'énigme d'Hitler
    • Shirley Temple, le plus jeune monstre sacré du cinéma de son temps, technique mixte sur panneau, 75 x 100 cm[15]
  • 1940
    • Famille de centaures marsupiaux[16]
    • Marché d'esclaves avec apparition du buste invisible de Voltaire
    • Vieillesse, adolescence, enfance
  • 1941
    • Autoportrait mou avec lard grillé
  • 1943
    • Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau
    • Poésie d'Amérique - Les athlètes cosmiques
  • 1944
    • Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade, une seconde avant l'éveil
  • 1945
    • Galarina
    • Corbeille de pain - Plutôt la souillure que la mort
    • Portrait d'Isabel Styler-Tas (Mélancolie) », huile sur toile, 65,5 x 86 cm, Fondation Gala-Salvador Dalí[17]
  • 1946
    • Demi-tasse géante volante avec annexe inexplicable de cinq mètres de longueur
    • La Tentation de Saint Antoine
  • 1947
    • Portrait de Picasso
  • 1948
    • Les Éléphants
  • 1949
    • Léda Atomica
    • La Madone de Port Lligat version 1
  • 1950
    • La Madone de Port Lligat version 2
  • 1951
    • Tête raphaëlesque éclatée
    • Christ de Saint Jean de la Croix
  • 1952
    • Assumpta corpuscularia lapislazulina
    • Galatée aux sphères
  • 1954
    • Corpus hypercubus
    • Dalí nu en contemplation devant cinq corps réguliers métamorphosés en corpuscules, dans lesquels apparaît soudainement la Léda chromosomatisée par le visage de Gala
    • Jeune vierge autosodomisée par sa propre chasteté
  • 1955
    • Étude paranoïaque-critique de la Dentellière de Vermeer
    • La Cène
  • 1956
    • Nature morte vivante
  • 1958
    • Rose méditative
  • 1959
    • La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb
  • 1962
    • Autoportrait macrophotographique avec apparition de Gala en religieuse espagnole
    • La bataille de Tétouan
  • 1963
    • Cinquante images abstraites qui vues à 2 yards se changent en trois Lénine masqués en chinois et qui vues à 6 yards apparaissent en tête de tigre royal
    • Portrait de mon frère mort
  • 1965
  • 1967
    • La pêche aux thons
  • 1970
  • 1975
    • Gala regardant la mer Méditerranée qui à vingt mètres se transforme en portrait d'Abraham Lincoln - Hommage à Rothko
  • 1980
    • Athènes brûle !
  • 1982
    • Piétà
    • Les trois énigmes glorieuses de Gala
  • 1983
    • La Queue d'Aronde.
commentaires

Clint Eastwood (6 & fin).

Publié le 21 Janvier 2011 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

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Le réalisateur


Si le nom de Clint Eastwood, dans l’imaginaire collectif, reste longtemps attaché au western, on remarquera que le réalisateur s’est essayé à beaucoup de genres différents : le film de guerre (Le Maître de guerre, le diptyque Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima), le film noir (Créance de sang, Minuit dans le jardin du bien et du mal ou encore Mystic River), le film d'aventure (Chasseur blanc, cœur noir), le biopic musical (Bird), le country-movie (Honkytonk Man), le road movie (Un monde parfait), le drame (Sur la route de Madison, Gran Torino et Million Dollar Baby) et même la comédie (Space Cowboys).

Le cinéaste s’est fait une spécialité d’alterner des films ambitieux avec des projets considérés comme plus mineurs ou plus distrayants[78],[79]. Eastwood se qualifie lui-même d'artisan : « J'ai toujours essayé de faire les meilleurs films possible, comme réalisateur et comme acteur…, mais sans croire que j'étais un artiste avec un A majuscule. Plutôt comme un artisan très sérieux. J'aborde chaque étape — le scénario, la direction d'acteurs, l'image, la musique — avec un grand souci du détail »[61]. Si Eastwood est considéré comme un auteur de cinéma (en opposition au « réalisateur-technicien »), l'homme ne signe pas ses scénarios et répond, en cela, d'une tradition hollywoodienne du cinéma de studio[80]. Les scénarios qu'il tourne ont d'ailleurs souvent été destinés à d’autres cinéastes à l’origine : L'Échange était un projet initialement rattaché à Ron Howard ; Francis Ford Coppola devait réaliser Impitoyable ; Mémoires de nos pères, Un monde parfait et Sur la route de Madison devaient être tournés par Steven Spielberg[79].

Comment, dès lors, appréhender le travail composite et protéiforme de Clint Eastwood ? Le critique Philippe Fraisse s'interroge[81] :

« Au contraire de bien d'autres cinéastes, je doute […] qu'Eastwood s'intéresse réellement aux sujets qui inspirent ses films. […] Eastwood n'est pas un artiste obsessionnel. Il ne s'intéresse au fond qu'à la situation. Ce qui a des conséquences sur son esthétique, et en fait le classicisme. Comme avant lui Hawks, Eastwood se borne à raconter des histoires, au-delà ou en deçà de tout engagement idéologique, ou de tout investissement personnel dans un thème. Politiquement, on peut dire un conservateur, c'est-à-dire quelqu'un qui n'a pas de système idéologique pour penser le monde. Et souligner cette absence n'est en rien adresser un reproche. »

Les déclarations du cinéaste corroborent en partie cette interprétation : pour lui, l'histoire compte plus que le message[82].

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Esthétique et principes de mise en scène


Un classicisme hollywoodien 

 

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Les premiers films de Clint Eastwood, comme L'Homme des Hautes Plaines et Pale Rider, le cavalier solitaire, sont empreints d'un certain maniérisme que l'on rattache au cinéma de Sergio Leone[59],[60]. Mais cette influence s'estompe peu à peu, laissant place à un travail formel, plus académique. La mise en scène de Clint Eastwood se caractérise pour sa filiation avec le classicisme ou le néoclassicisme hollywoodien[57],[78],[69]. Selon la critique Helen Faradji, son œuvre « matérialise l’angoisse de savoir derrière lui la période classique, et parfaite, du genre en ne cachant jamais l’admiration qu’il a pour elle »[83]. Le cinéaste peut être vu comme l'héritier de John Ford, de William A. Wellman et de Raoul Walsh[58] — influences qu'Eastwood revendique lui aussi[82]. Mais le réalisateur s’attache surtout à travailler sur ces codes du cinéma classique pour les transformer de l’intérieur. Le cinéaste Olivier Assayas décrit ainsi les trois visages de Clint Eastwood : « l'un, humaniste, ancré dans l'Amérique réelle et passée, emprunterait au cinéma de John Ford, dont il est le seul aujourd'hui à assurer la descendance ; l'autre, viril, celui du héros au visage buriné, correspondrait plutôt à Howard Hawks. Et puis un troisième, inattendu, qui ferait d'Eastwood un cinéaste abstrait ». Abstraction formelle et narrative dont témoignent Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima, deux films où « la question centrale est l'impossibilité de saisir la vérité, l'évanescence du sujet »[59].

Sa mise en scène est plutôt discrète : elle refuse l’esbroufe et les effets spectaculaires, sans évacuer l'émotion. Sur la route de Madison est un mélodrame chargé d’émotion mais plutôt ascétique dans sa réalisation, qui privilégie un découpage discret et quasi-minimaliste[84]. Ce classicisme induit un rythme plutôt lent : Louis Skorecki parle de « ralentissement frontal »[85], Philippe Fraisse souligne « l'immobilité de l'action, le ralentissement du temps, ou l'importance accordée à l'attente »[67] et Alain Masson, à la sortie de Million Dollar Baby s'exclame : « comme on est loin de la cadence précipitée qui fit la gloire de Hollywood ! »[86]. Le classicisme d'Eastwood procède également des vertus attribuées à sa mise en scène : « clarté et précision, pudeur et compassion »[87].

De l'aube au crépuscule

 

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Le pont couvert Holliwell dont on voit l’entrée
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Le pont Holliwell que photographie Kincaïd (interprété par Eastwood) dans Sur la route de Madison.
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Les films de Clint Eastwood sont des œuvres tournées vers le passé : le cinéaste ne renâcle pas à situer ses films dans l'époque contemporaine, mais il n’a jamais traité d’évènements historiques proches, à l’exception de l'invasion de la Grenade dans Le Maître de guerre[79]. De manière plus générale, les personnages dépeints par le cinéaste sont souvent rattrapés et envahis par le passé, dont ils doivent apprendre à faire le deuil[58]. Cette douleur ancienne peut être celle d’un seul individu comme celle d’une nation tout entière dont il faut panser les plaies (comme dans Invictus). Le monde qu'il dépeint est lui-même menacé de ruine et de disparition. D'où la dimension mortifère, funeste et crépusculaire de ses récits. Celle-ci se retrouve déjà dans Bird[69] avant d'éclater dans Impitoyable[60]. D'autres œuvres peuvent être vues sous cette lumière, comme Sur la route de Madison[84].

Les films d'Eastwood s'attachent à montrer la fin d'un sentiment, d'une histoire ou d'un monde. L'usage du « récit-cadre » permet au cinéaste, en entremêlant deux temporalités sans toutefois les lier, de faire ressentir au spectateur cette présence du passé et son évanescence dans le temps présent. Dans Lettres d'Iwo Jima, la bataille prend place entre deux scènes contemporaines au cours desquelles l'on exhume les lettres, non-envoyées, de soldats japonais[88]. L'enchâssement de la trame principale, associé à la découverte d'un vestige (en l'occurrence une correspondance), rappelle également la construction de Sur la route de Madison. Le procédé crée un sentiment mélancolique, élégiaque, d'essence romanesque[89]. L'entrelacement et le statut diégétique des voix off dans Million Dollar Baby sont également testamentaires : ils figurent l'absence ainsi qu'une temporalité extérieure aux images[90]. Le cinéma d'Eastwood sonde donc l'origine des choses, le moment où tout a commencé : « celui-ci n'isole jamais le passé qu'il investit (ce qui supprimerait aussi le sens du présent), mais cherche à le rejouer dans le présent », écrit le critique Franck Kausch[91]. La première scène d'Un Monde parfait, située dans un paysage bucolique, commence d'ailleurs par une stase, par un long silence de mort traversé par le souvenir du Dormeur du val[92]. Les films d'Eastwood commencent généralement par la fin, lorsque les évènements que le cinéaste va conter sont déjà derrière nous (on le remarque dans Sur la route de Madison, Un Monde parfait, Million Dollar Baby ou encore dans Mémoires de nos pères). Cette dimension testamentaire du cinéma d'Eastwood fait que les personnages semblent toujours avoir l'intuition de leur propre mort, ou se projettent déjà dans le tréfonds. « Est-ce que je suis en train de creuser ma propre tombe ? » se demande ainsi Saigo au tout début de Lettres d'Iwo Jima[93]. Et les personnages se présentent souvent comme des survivants (voire comme un revenant dans le cas de Josey Wales ou du héros de Pale Rider, le cavalier solitaire[94]). La dimension spectrale du cinéma d'Eastwood transparaît également dans Vanessa in the garden, un court-métrage que le réalisateur tourne en 1985 pour la télévision. Le petit film nous montre un peintre visité par le fantôme de sa femme, dont il peint le portrait[95].

Contrastes et clairs-obscurs 


L'utilisation récurrente du contraste chez Eastwood peut être rattachée aux thématiques traitées par le cinéaste. Ses films mettent en scène des affrontements, des oppositions de groupes. Ces contrastes sont « couplés avec des effets de sur-cadre comparables qui soulignent la compartementalisation, voire l'imperméabilité des registres humains et sociaux sur lesquels reposent la vision tragique du cinéaste »[96]. L'idée de contraste doit se comprendre dans son sens le plus large : à savoir la coexistence, dans la même image, d'éléments contraires ou séparables. Dans les westerns d'Eastwood, une figure récurrente consiste à nous présenter, dans un seul plan filmé en panoramique, un intérieur sous-exposé ouvert à un espace extérieur surexposé — désignant par là une menace[96]. Cet effet se retrouve dans les films plus tardifs d'Eastwood, mais sous une autre forme. Dans Sur la route de Madison, la première scène entre le photographe et Francesca, filmée en panoramique, disjoint les deux personnages : le photographe apparaît dans un sur-cadre, qui l'isole de l'obscurité ambiante[96]. Les effets de contraste s'incarnent également dans l'usage qu'Eastwood fait du montage. Le champ contrechamp traduit la relation entre celui qui regarde et celui qui est regardé. Les héros d'Eastwood sont souvent dans une posture double et ambivalente, qui leur permet d'être à la fois le moteur et le témoin du récit[97]. C'est ainsi que se définit Kelson dans Minuit dans le jardin du bien et du mal[97].

Thèmes 


D'éternels recommencements 

 

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Hilary Swank regarde vers sa gauche pour écouter quelqu'un, elle est face à un micro durant le Comic-Con de San Diego
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Hilary Swank (Comic-Con de 2006) est la victime de l'« ange de la mort », Frankie Dunn, dans Million Dollar Baby.
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Eastwood travaille sur les grands récits américains pour disséquer les ressorts et en faire la critique[98]. La trajectoire de ses personnages peut être qualifiée de « destins américains » (Bird, Million Dollar Baby, Mémoires de nos pères)[79]. Mais ces personnages ne peuvent prétendre au statut de héros — à l'exception notable de ceux présentés dans Invictus. Ce sont même, dans la plupart des cas, des antihéros. Lorsqu'ils accèdent à la reconnaissance et au prestige, les personnages d'Eastwood connaissent la chute. Et la chute, comme chez Sisyphe, engendre un châtiment cruel, où le personnage est condamné à répéter la même action, à connaître les mêmes errements[99]. C'est notamment le cas dans Mémoires de nos pères. Pour Timothée Gérardin, les soldats y « sont, presque malgré eux, donnés en exemple d’héroïsme, à travers une photo les montrant en train de hisser la bannière étoilée. Seulement, quand à l’époque de Howard Hawks il suffisait d’écarter d’un revers de main la rentabilisation de la renommée, le mécanisme de l’image prend chez Eastwood un tour maléfique. Pour les soldats en question, la célèbre photo devient une damnation, dans la reproduction même du geste à l’infini »[80]. C'est que le pouvoir, ainsi que le succès, corrompent comme souvent chez Eastwood — c'est qu'illustre à sa manière Les Pleins Pouvoirs[100].

Les personnages que filme Eastwood sont bien souvent tiraillés entre le mal et le bien — le cinéaste rejoignant ici des grands thèmes de la fiction américaine[69]. Chacune de ces figures se définit par une blessure, parfois métaphorique, parfois bien réelle. Dans Impitoyable, une prostituée défigurée cherche à se venger d'un outrage ancien. Le héros de Josey Wales hors-la-loi se promène avec une cicatrice qui lui barre le visage. Cette cicatrice à vie, infligée au personnage au tout début du film, rappelle la mélancolie attachée au personnage, qui avoue être déjà mort depuis des années[101]. La fatalité pèse au-dessus des personnages d'Eastwood, pour les rattraper. Frankie Dunn, dans Million Dollar Baby est celui qui pense protéger ses boxeurs de la mort, et qui finit pourtant par la provoquer — le personnage se changeant alors, malgré lui, en « ange de la mort »[99] (« Je la tue en la gardant en vie », déclare-t-il[92]). Cette contradiction permanente des personnages engendre des phénomènes de répétition (parfois aggravé) : le viol de Mystic River conduit à un meurtre, le personnage d'Eddie Scrap dans Million Dollar Baby provoque la reproduction du combat qui a mis fin à sa carrière, et la revanche que cherchent tant à accomplir les personnages d'Impitoyable n'est rien d'autre qu'une acceptation du principe de répétition (tuer et se faire tuer : le cycle de la violence est sans fin)[92]. Le temps, chez Eastwood, est donc fortement cyclique[67].

L'espace : des paysages et des tombeaux 


Une grande partie des films d'Eastwood met en scène un personnage cherchant à apprivoiser un espace immense, qu'il s'évertue à circonscrire[76]. Mais le paysage est trompeur : bien souvent, la mise en scène d'Eastwood transforme les espaces traversés en caveaux, en lieux claustrophiques qui enferment le corps et l'esprit. Sans être de purs huis clos, les films d'Eastwood jouent sur la claustration. Les espaces y sont souvent uniques, étroits ou fortement délimités. C'est la cabine du condamné à mort dans Jugé coupable, le « Hit Pit » dans Million Dollar Baby, la navette spatiale dans Space Cowboys, la prison et le bateau dans Créance de sang, la station de radio dans Un frisson dans la nuit, la chambre forte dans Les Pleins Pouvoirs, la cave ou le poulailler où sont enfermés les enfants dans Mystic River et L'Échange. Ces espaces confinés s'apparentent à un cercueil, d'où les personnages peuvent contempler ou anticiper la mort (celle des autres, mais aussi la leur)[76]. Des espaces plus grands peuvent faire office de tombeaux : la ville telle qu'elle est filmée à la fin de Mystic River s'apparente à un immense territoire peuplé de cadavres. La caméra parcourt les traces laissées par les enfants dans le ciment avant de survoler la ville pour enfin plonger dans la rivière, où périt le personnage de Dave Boyle. L'utilisation du plan-séquence, pour unifier tous ces lieux, renforce la dimension spectrale de l'espace, au-dessus duquel plane l'ombre de la mort[102]. Claustration, encore, dans Lettres d'Iwo Jima, quand les soldats japonais se retrouvent sur une île noire et hostile, plongés dans l'ignorance (ils ne savent pas si la guerre est finie), suspendus à leur sort que l'on devine tragique[103]. Claustration, encore, dans la souffrance qui aveugle Francesca dans Sur la route de Madison : « le monde (les ponts de l'Iowa) n'est plus, littéralement, qu'un cimetière »[104]. Une fois les morts enterrés, les figures psychopompes continuent de lier les vivants et les morts : c'est le rôle de Minerva et de Billy Hanson dans Minuit dans le jardin du bien et du mal, de Robert Kincaid dans Sur la route de Madison, d'Eddie Scrap ou de Frankie Dunn dans Million Dollar Baby[105].

L’individu et la communauté


La relation que tisse un individu isolé avec le reste d'une communauté est un sujet récurrent dans l'œuvre d'Eastwood — et c'est en partie ce qui rapproche son travail de celui de John Ford. Cette relation ne peut être que douloureuse, car la communauté y est souvent représentée sous les traits d'une entité dangereuse, malveillante voire faussement protectrice. Dans L'Homme des Hautes Plaines, le constat est amer : selon Guilhem Caillard, la « morale eastwoodienne que certains ont autrefois cautionné de réactionnaire, c’est le manque de solidarité entre les hommes faussement idéalistes qui joue en faveur de leur perte. Le ton est à ce point poussé que la ville de Lago devient dantesque (maculée de rouge), bordant un lac qui ferait écho à l’organisation concentrique de la descente aux enfers »[101]. Dans Josey Wales hors-la-loi, la communauté absout les crimes passés par souci de réconciliation nationale. Le personnage de Josey, joué par Eastwood lui-même, refuse cette amnistie (ou amnésie) dans lequel il voit un mensonge d'État. La quête du personnage consiste à reconstruire une communauté viable, lavée de ses crimes[59]. Le motif de la communauté gangrénée par le vice, le mensonge ou la corruption est également présent dans Mystic River, dans Minuit dans le jardin du bien et du mal, Jugé coupable ou dans L'Échange.

 

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Matt Damon salue le public à la 66ème Mostra de Venise
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Matt Damon représente l'esprit de communauté, notion que lui transmet le personnage de Nelson Mandela, dans Invictus.
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L'individu chez Eastwood se définit donc d'abord « contre » les autres, en réaction au reste des hommes : chez lui, « toute communauté est la suite d'une faute primitive que la lutte pour la survie oblige, à terme, à entériner. La communauté n'a d'issue que dans la solitude et dans le refus, seul commencement qui, par définition, n'en est pas un », écrit Franck Kausch[99]. C'est pourquoi les personnages d'Eastwood souffrent d'un manque originel, d'une innocence perdue dont ils ne connaissent même pas l'origine. La révolte de l'individu contre la communauté n'est pas une reconquête : c'est la répétition des mêmes mécanismes de chaos. Les soldats de Mémoires de nos pères, une fois élevés au statut de héros, doivent accepter l'imposture qui leur est proposée — mentir sur les conditions de leur triomphe, qu'ils sont condamnés à reproduire dans des spectacles grotesques, jusqu'à vider de leur substance les évènements dont ils ont été les artisans[99].

Cette méfiance naturelle à l'égard de la société ou de toute forme de communauté organisée a suscité de nombreux commentaires. Pour le dramaturge Philippe Person, Eastwood « n’a, en effet, aucun sens de la communauté et ne se réclame d’aucune » : le héros selon Eastwood ne doit rien à la société, il est entièrement responsable de ses actes, doit se construire seul et prouver qu'il mérite sa place parmi les autres. Il n'a aucune excuse sociale, à l'inverse des héros de John Ford. Philippe Person regrette que le cinéaste, dans Jugé coupable, ne s'intéresse pas davantage « aux mécanismes qui aboutissent à ce qu’un Noir innocent puisse aussi facilement se retrouver dans le couloir de la mort ». Le dramaturge poursuit en écrivant : « Non, il reprend son schéma coutumier : un homme seul, forcément l’antihéros qu’il incarne — un journaliste, cette fois —, va rétablir une vérité que les autorités, forcément corrompues, n’ont pas voulu voir. D’ailleurs, pour couper court à toute ambiguïté, le vrai coupable sera un autre Noir… Quand le réalisateur décrit un groupe, c’est un petit groupe d’individus qui se sont choisis, emmenés par un homme qui leur transmet son rêve (Josey Wales hors-la-loi, Bronco Billy). […] Pour lui, le peuple n’existe pas. En tout cas, on le cherchera en vain dans son cinéma, où jamais il n’a conté une aventure collective. […] Les pouvoirs publics ne protègent pas les faibles, mais représentent un rempart auquel ses personnages viennent se heurter. Ils sont synonymes de bureaucratie et de corruption ». Et Person de citer Les Pleins Pouvoirs, où le président des États-Unis se rend coupable de meurtre[79].

Invictus marque pourtant l'attachement d'Eastwood à un projet de société commun. Alors que ses films précédents signaient plutôt l'échec de la communauté, Invictus fait le pari d'un pays composite, métissé, mais unifié par son leader politique, encourageant la réussite de son équipe nationale[59]. Comme le dit Eastwood, « Invictus est un film sur la réconciliation d'un peuple, sur un homme qui fait comprendre à chacun que sa mission est de donner le meilleur de lui-même. Nelson Mandela transmet cet idéal au personnage de Matt Damon, le capitaine de l'équipe des Springbooks. Et l'équipe le transmet à son tour au pays tout entier »[61].

La transmission 


Eastwood en tant que cinéaste aime à disséquer les liens qui unissent les personnages avec leur propre progéniture. Le réalisateur fera même tourner son propre fils dans Honkytonk Man[62]. La question de la transmission est donc naturellement au cœur de ce cinéma, singulièrement dans ses derniers films. Un personnage vieillissant cherche à passer le témoin, se trouve un héritier et lui transmet une partie de ses biens ou de ses valeurs morales[69],[106]. Dans Sur la route de Madison, les enfants découvrent le testament de leur mère et se voient contraints de satisfaire ses dernières volontés, malgré le dégoût que leur inspire son adultère. Le processus de transmission réside dans la manière dont le comportement de leur mère, qu'ils réprouvaient dans un premier temps, presque mécaniquement, influe sur leurs actes et l'amour qu'ils manifestent soudainement à leurs propres familles. Le message est passé, sans que les personnages en aient véritablement conscience. La transmission s'effectue de manière inconsciente et presque magique : la voix off de Francesca, interprétée par Meryl Streep, d'outre-tombe, surplombe les images au présent comme pour guider les personnages. Carolyn va même jusqu'à épouser, sans s'en rendre compte, les mimiques de sa mère lorsqu'elle répond au téléphone vêtue de la robe que portait Franscesca quelques années plus tôt[107].

Mystic River montre un autre type de transmission, sur un mode beaucoup plus fataliste et désespéré : la balle que Dave Boyle transmet à son fils au début du film confond les deux personnages, qui vont jusqu'à porter le même prénom. Les deux êtres ne cesseront dès lors plus de se répondre, même métaphoriquement : vingt-cinq ans plus tard, l'enfant devenu grand reproduit les gestes de son aîné, guidé par une forme d'inconscient familial. Ici, le fantôme du père continue de hanter les personnages à leur insu[108]. L'enfance, chez Eastwood, n'est pas filmée comme un âge heureux ou un monde d'insouciance. Trois films — Un monde parfait, Mystic River et L’Échange — retracent même une histoire d'enlèvement d'enfants[109]. L'enfance est donc lié au danger, et même — par un total renversement de valeurs — à la mort.

Une autre lecture de l'œuvre d'Eastwood, nettement moins humaniste que les précédentes, est donc possible. Les nouvelles générations, telles qu'elles sont filmées par le cinéaste, peuvent apparaître comme oisives, handicapantes ou malveillantes. Dans Sur la route de Madison, les enfants de Francesca représentent un danger, puisqu’ils envisagent de brûler les souvenirs laissés par leur mère, refusant son histoire d’amour avec le photographe. Dans Gran Torino, Walt Kowalski refuse de léguer sa fortune à ses propres enfants — qu’il méprise — pour la donner à ses voisins de culture Hmong. Dans Million Dollar Baby, l’entraîneur aide à mourir la boxeuse car elle ne peut plus assurer sa descendance. L’entreprise de filiation a échoué et l’entraîneur fait disparaître ce corps « en trop ». Le critique Jean-Baptiste Morain note ainsi que « le danger vient des fils, jamais des pères. Les fils sont intéressés, idiots, gros et laids, ne pensent qu’à la respectabilité, là où les pères ne seraient que minceur, loyauté et responsabilité. Comme si […] Eastwood ne supportait pas que les fils puissent un jour prendre sa place. Même si et surtout parce que le sens de la vie veut le plus souvent que les pères meurent avant les fils »[110].

Autour de Clint Eastwood 


Opinion politique 

 

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Photographie de Louis Gossett, Clint Eastwood et Ronald Reagan en plein discours, devant un pupitre qui porte un micro
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Les acteurs Louis Gossett Jr. et Clint Eastwood aux côtés du président Ronald Reagan.
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Clint Eastwood, bien que souvent engagé politiquement aux côtés du parti républicain, sur les listes duquel il est inscrit depuis 1951[111], se définit lui-même comme un libertarien fiscalement conservateur, mais sociétalement libéral[112],[N 32],[113]. Ainsi, lors des élections présidentielles, il a soutenu les candidats républicains (Dwight David Eisenhower en 1952, Richard Nixon en 1968 et en 1972, Ronald Reagan en 1980 et 1984, ou plus récemment John McCain en 2008) à l'exception de l'élection présidentielle américaine de 1992 où il a soutenu Ross Perot, un milliardaire libertarien indépendant. En 1972, Nixon nomme Clint Eastwood au conseil national pour la culture, poste qu'il garde jusqu'à la démission de Nixon en 1974.

Lors d'élections plus locales, il a soutenu des candidats d'autres partis comme le démocrate environnementaliste Sam Farr en 2002 et s'est opposé au référendum révocatoire contre l'ancien gouverneur démocrate de la Californie, Gray Davis, en 2003. De 1986 à 1988, il fut lui-même un élu local, maire de la ville de Carmel-by-the-Sea dans le comté de Monterey Californie (élu avec 72 % des suffrages). De 2004 à 2008, il est membre de la commission sur les parcs californiens, nommé à ce poste par le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. En 2008, en tant que membre de cette commission, il s'oppose à la construction d'une autoroute à péage dans le sud de la Californie, que défend Schwarzenegger. Celui-ci ne renomme pas Eastwood à l'expiration de son mandat.

 

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Plaque à l'entrée du bâtiment du Bohemian Club
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Entrée du Bohemian Club.
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Il marque en son temps un grand scepticisme face à la guerre du Viêt Nam, déclarant que le pays n'avait « rien à gagner au Vietnam, si ce n'est envoyer nos hommes en enfer », qu'« aucun politique n'avait de plan de sortie ou de solution miracle », et il déplore l'ambiguïté du soutien américain aux Sud-Vietnamiens, puis l'abandon de ces derniers[114]. En 2003, il a publiquement critiqué l'engagement de l'armée américaine dans la guerre d'Irak. Néanmoins, un an plus tard, il appelle à voter pour George W. Bush[115] par opposition au démocrate John Kerry. Bien qu'opposé au fait de tuer, y compris des animaux[N 33], il s'est cependant déclaré en faveur de la peine de mort, notamment pour les crimes impliquant des enfants[116],[117],[N 34].

En janvier 2005, lors d'un dîner de gala à New York, Clint Eastwood s'en prend vigoureusement au réalisateur Michael Moore, déclarant « Michael, si vous vous présentez un jour à ma porte avec une caméra, je vous tue », faisant référence au comportement de Michael Moore avec son vieil ami Charlton Heston, dans le film-documentaire Bowling for Columbine. Jouant sur l'ambiguïté de la plaisanterie, alors que la salle éclate de rire, Eastwood précise « Je suis sérieux »[118],[117].

Fondé en 1872, le Bohemian Club compte environ 2 000 membres, tous des hommes. Cette organisation ésotérique qui se rapproche des illuminés regroupe de hauts dirigeants de l’économie, de la finance et de la politique ; tous sont supposés être des modèles de rationalité matérialiste. Chaque mois de juillet, ils se retrouvent à Monte Rio en Californie, dans un immense domaine, pour y discuter des affaires du monde, des stratégies politiques et économiques. Ils pratiquent des cérémonies païennes d'inspiration druidique, avec un bûcher nocturne devant une immense statue de hibou. Les participants sont en grande majorité américains, et sont proches du Parti Républicain. C'est ainsi que Clint Eastwood serait entré dans ce groupe, aux côtés d'autres personnalités telles que Bill Clinton, Neil Armstrong ou encore Francis Ford Coppola[119],[120],[121],[N 35].

Maire de Carmel 

 

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Eastwood réussit une incursion dans la politique en devenant maire de Carmel en Californie en avril 1986, une petite ville située sur la péninsule Monterey et regroupant une communauté d'artistes[L2 9]. Lorsqu'il apprend qu'Eastwood est élu avec 72 % des voix[L1 185], le Président des États-Unis, l'ancien acteur Ronald Reagan, l'appelle et lui dit : « qu'est-ce qu'un acteur qui joue avec un singe vient faire en politique ? », se référant au rôle d'Eastwood dans Ça va cogner et à son propre rôle dans Bedtime for Bonzo[L2 9]. Durant son mandat, Eastwood a tourné Le Maître de guerre et Bird.

En 1988, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections de Carmel, préférant passer du temps avec ses enfants déjà adolescents[L1 193]. Son mandat de maire est mitigé ; si beaucoup ont apprécié ses actions, tels que le Carmel Pine Cone ou encore la législature de l'État de Californie, des habitants de la ville parlent de mettre en place une réforme empêchant une célébrité de se présenter au poste de maire[L1 194].

California State Park and Recreation Commission 

 

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Photographie de Clint Eastwood en plein meeting, en train de parler dans un micro
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Take Pride in America où intervient Eastwood.
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En 2001, il est nommé à la Commission des parcs et loisirs de l'État de Californie (California State Park and Recreation Commission) par le gouverneur démocrate Gray Davis[122], puis est réélu en 2004 par le gouverneur Arnold Schwarzenegger, qu'il soutient lors des élections de 2003 et 2006[123]. Peu après, Schwarzenegger annonce la fermeture de 80 % des California State Parks.

Eastwood, vice-président, et Robert Shriver, président de la Commission, et beau-frère de Schwarzenegger, créent ensemble en 2005 un comité s'opposant à la construction d'une autoroute à six voies. Cette autoroute, d'une longueur de 16 miles (26 km), aurait traversé le parc de San Onofre State Beach, au nord de San Diego, une des plages de surf les plus appréciées de Californie du Sud. Eastwood et Shriver lancent une action en justice en 2006 et exhortent la Commission des côtes de Californie (California Coastal Commission) à rejeter le projet, ce qu'elle fait en février 2008[124].

En mars 2008, Clint Eastwood et Bobby Shriver, dont le mandat a expiré, ne sont pas reconduits dans leurs fonctions[124]. Le Natural Resources Defense Council (Conseil de défense des ressources naturelles) demande une enquête législative concernant la décision de ne pas renouveler leurs mandats[125]. Selon le NRDC et The New Republic, Eastwood et Shriver n'ont pas été reconduits à cause de leur opposition à la prolongation de l'autoroute California State Route 241[126],[127]. Au cours de la conférence de presse où Schwarzenegger annonce la nomination d'Alice Huffman et de Lindy DeKoven, il ne fait cependant aucune allusion à une quelconque raison de l'éviction d'Eastwood et Shriver[128].

En avril 2005, le gouverneur Schwarzenegger a par ailleurs nommé Eastwood avec l'acteur et réalisateur Danny DeVito, l'acteur et réalisateur Bill Duke, le producteur Tom Werner et la productrice et réalisatrice Lili Zanuck à la Commission du film de Californie (California Film Commission)[129].

David Lynch Foundation 


Il s'engage en faveur de la David Lynch Foundation à l'occasion d'un gala de bienfaisance donné le 13 décembre 2010 au Metropolitan Museum of Art de New York présenté avec le slogan « Le changement commence de l'intérieur », avec Russell Brand, David Lynch, John Hagelin, et les témoignages de Paul McCartney, et de Martin Scorsese.

Le but est d’aider les vétérans et les militaires atteints du syndrome de stress post-traumatique, mais également les sans-abris, les écoles, collèges et lycées victimes de la violence, grâce à la technique de la méditation transcendantale.

Clint Eastwood déclare : « Je suis un partisan inconditionnel de la méditation transcendantale, que je pratique depuis près de 40 ans »[130],[131].

Style de vie

 

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Peinture murale représentant le visage de profil de Clint Eastwood
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Représentation de la silhouette d'Eastwood sur un bâtiment.
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Clint Eastwood, qui a toujours été non-fumeur, prend conscience de l'importance de la santé et des aptitudes physiques dès l’adolescence : il se maintient en bonne forme physique et mange des repas sains dès lors. Alors qu'il devient célèbre durant la production de la série télévisée Rawhide, Eastwood apparaît souvent dans des magazines et des journaux qui traitent de son style de vie équilibré. Dans l'édition d'août 1959 du TV Guide, par exemple, Eastwood est photographié en train de faire des pompes et de donner des conseils sur le fitness et la nutrition : il préconise aux lecteurs de manger beaucoup de fruits, de crudités et de vitamines mais d'éviter les boissons sucrées et alcoolisées[L1 258].

Le 21 juillet 1970, le père d'Eastwood meurt d'un infarctus du myocarde à l’âge de soixante-quatre ans[L1 259]. Cela provoque un grand choc chez Clint Eastwood, dont le grand-père avait vécu jusqu'à l'âge de quatre-vingt-douze ans et avait eu un profond impact sur sa vie. Cet événement bouleverse Eastwood, comme le décrit Fritz Manes : « la seule mauvaise chose qui lui soit arrivée dans sa vie ». À partir de ce moment, il devient plus productif, travaillant plus rapidement tout en conservant son efficacité[L1 79]. Bien qu'il ait toujours été en bonne santé, sa prudence redouble après la mort de son père, ne buvant, par exemple, plus de spiritueux, et adoptant un régime plus rigoureux[L1 79]. Il reste cependant favorable à la bière et ouvre même un pub du nom de « Hog Breath's Inn » à Carmel-by-the-Sea en 1971[L1 260]. L'acteur et réalisateur détient également le Mission Ranch Hotel and Restaurant situé dans la même ville[132].

En 1975, Eastwood déclare publiquement qu'il pratique la Méditation transcendantale lors de The Merv Griffin Show, avec le fondateur de ce type de méditation, Maharishi Mahesh Yogi[133]. Depuis, il pratique cette méditation chaque matin pour se préparer à affronter la journée qui arrive[134].

Clint Eastwood détient, par ailleurs, le Tehàma Golf Club de Carmel-by-the-Sea. Ce club privé est composé d'approximativement trois cents membres. Le prix d'adhésion est d'environ 500 000 $. Il a également investi dans le Pebble Beach Golf Links, mondialement reconnu[135]. En plus d'être passionné de golf, Clint Eastwood est également très bon pilote d'hélicoptère[L3 4],[L2 14].

Dans la culture populaire 


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Suite à sa carrière, tant comme acteur que comme réalisateur et producteur, Clint Eastwood a vu son nom utilisé dans de nombreux médias, tels que le cinéma, la télévision, la musique ou encore la littérature et les jeux vidéos. La référence la plus fréquente à Eastwood est l'utilisation du personnage Harry Callahan et de son .44 Magnum issus de la série de l'inspecteur Harry. C'est par exemple le cas dans Casper où un personnage voit son reflet dans un miroir se transformer en Harry, et prononcer une réplique en référence à ce dernier. Dans Transformers, un autobot nommé Ironhide fait une impression d'Eastwood dans L'Inspecteur Harry. Par ailleurs, Jim Carrey fait à deux reprises allusion à Clint Eastwood, qui a jadis lancé sa carrière. Dans The Mask, son personnage sort de sa veste un arsenal de revolvers, en demandant « Do you feel lucky, punks? ». Puis, dans le film Bruce tout-puissant, Carrey réplique « Be careful what you wish for, Punk ».

« L’Homme sans nom » a souvent été réutilisé dans divers médias. Dans Retour vers le futur 3, Marty McFly se fait appeler Clint Eastwood, alors que le film parodie les westerns. D'ailleurs, dans Retour vers le futur 2, le personnage de Biff regarde à la télé Pour une poignée de dollars. Le personnage Roland de Gilead, créé par Stephen King, s'inspire aussi clairement du personnage d'Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand. Dans le clip vidéo de Prince Charming, interprété par Adam and the Ants, on peut voir le chanteur habillé comme Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand.

D'autres fois, c'est seulement le nom d'Eastwood qui est utilisé. On peut le trouver dans l'attraction The Great Movie Ride, dans le jeu vidéo Serious Sam : Second Contact, et Gorillaz a également interprété deux chansons intitulées Clint Eastwood et Dirty Harry.

Eastwood apparaît également à la télévision dans des publicités. La première, aux côtés de Jack Nicholson, concerne le tourisme en Californie[136],[137] ; Eastwood se trouve sur son terrain de golf favori, et Nicholson est assis dans les gradins du Staples Center. La seconde est contre la drogue[138],[139] et la dernière concerne le lait[140].

Distinctions 


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Clint Eastwood portant le costume de docteur de l'Université du Pacifique, en train de recevoir son prix
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Clint Eastwood reçoit l'Honorary Degree de la part de l'Université du Pacifique.
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Le 22 août 1984, le Grauman's Chinese Theater sur l'Hollywood Boulevard fait l'honneur à Eastwood de laisser ses empreintes dans le ciment qui le devance[L2 15]. Par ailleurs, l'acteur et réalisateur reçoit de l'American Film Institute le Life Achievement Award en 1996 et l'Honorary Degree en 2009. Il fait aussi partie des deux seuls artistes à avoir été nommés à la fois pour l’Oscar du meilleur acteur et du meilleur réalisateur pour le même film : Impitoyable (1992) et Million Dollar Baby (2004)[N 36]. En 2005, il devient ainsi le réalisateur le plus âgé à recevoir un Oscar. Eastwood fait également partie des réalisateurs ayant gagné un Oscar qui sont aussi connus pour leur réalisation que pour leur interprétation dans un film.

Clint Eastwood a reçu de nombreux prix durant sa carrière, tels que le Kennedy Center Honors. En 1995, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerne l'Irving G. Thalberg Memorial Award pour la créativité dont il a fait preuve durant toute sa carrière de producteur[L2 16]. En 2006, il reçoit l'Honorary Degree de la part de l'Université du Pacifique et un prix similaire de l'Université de Californie du Sud en 2007. Pour ses compositions, Eastwood a notamment été nommé à un Grammy Award en 2006 ; il a gagné le Satellite Award de la meilleure chanson originale en 2007 et il a été nommé à deux reprises au Critics Choice Awards du meilleur compositeur. En 2007, il est le premier prétendant au Jack Valenti Humanitarian Award pour son travail sur Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima, une cérémonie annuelle présentée par la MPAA[141].

 

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Photographie de la partie du California Hall of Fame réservée à Clint Eastwood, on y voit des photographies le représentant ou des objets caractéristiques de ces derniers
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Eastwood au California Hall of Fame.
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Le 6 décembre 2006, le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, et la Première Dame Maria Shriver font entrer Eastwood dans le California Hall of Fame. À la fin de l’année suivante, en France, Eastwood est décoré de la Légion d'honneur. Le président français de l'époque, Jacques Chirac, a déclaré qu'il donnait « à comprendre la complexité de l’Amérique, avec sa grandeur et avec ses fragilités, avec l'élan de ses rêves et avec ses interrogations inquiètes »[142].

Le 22 septembre 2007, Clint Eastwood est nommé Docteur en Musique par le Berklee College of Music durant le Monterey Jazz Festival. Il a longtemps fait partie du conseil d'administration de cette université. En recevant cette distinction, Eastwood déclare dans son discours qu'il s'agit de « l’un des plus grands honneurs [qu'on lui ai] fait »[143]. L'année suivante, il reçoit du National Board of Review le prix du meilleur acteur pour sa performance dans Gran Torino[144].

 

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Ordre du Soleil levant qu'a reçu Eastwood.
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Le 29 avril 2009, le gouvernement japonais annonce qu'Eastwood a reçu l'Ordre du Soleil levant avec des raies d'or et un ruban, ce qui représente la troisième plus grande des huit classes associées à ce prix[145]. À la fin de l'année, il est nommé Commandeur de la Légion d'honneur[142]. En 2010, il est couronné par l'American National Medal of Arts pour son service et sa contribution à l’art cinématographique national. Il s'agit de la plus haute récompense décernée à un artiste en Amérique. Parmi les prix pour lesquels il a été nommé, on trouve notamment six Oscars, trois BAFTA Awards, deux Prix David di Donatello, deux Césars, neuf Golden Globes et quatre Saturn Awards. En outre, il a fait partie à cinq reprises de la sélection officielle du Festival de Cannes et il a remporté deux récompenses à la Mostra de Venise. Parmi les prix qu'il a gagnés, il y a quatre Oscars, trois Césars, deux DGA Awards, deux Golden Globes, sept Kinema Junpo Awards et deux Satellite Awards.

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