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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Labre californien.

Publié le 31 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

 

Labre californien
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Labre californien
 Semicossyphus pulcher
Semicossyphus pulcher
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Osteichthyes
Classe Actinopterygii
Sous-classe Neopterygii
Infra-classe Teleostei
Super-ordre Acanthopterygii
Ordre Perciformes
Sous-ordre Labroidei
Famille Labridae
Genre Semicossyphus
Nom binominal
Semicossyphus pulcher
(Ayres, 1854)
Synonymes
  • Labrus pulcher Ayres, 1854
Statut de conservation IUCN :

VU  : Vulnérable
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

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Le labre californien (Semicossyphus pulcher) est une espèce de poisson vivant dans le Pacifique Est appartenant à la famille des labridés. Il est classé comme vulnérable par l'IUCN.

 

Description 

Le labre californien peut atteindre jusqu'à 91 cm pour 16 kg. Le mâle est noir avec une mâchoire blanche et une large bande rouge le long du corps, parfois. La femelle est rose. La forme juvénile est rouge vif avec une bande noire le long du corps. Comme tous les labres, le labre californien nait de sexe femelle et peut éventuellement devenir un mâle jusqu'à 45 cm. L'âge de la transition dépend de facteurs environnementaux tel que l'abondance alimentaire.

Répartition géographique  

Le labre californien vit notamment dans la baie de Monterey, en Californie, et dans le golfe de Californie, au Mexique.

Biologie  

Le labre californien vit dans les forêts de kelp et les récifs rocheux, où il se nourrit principalement d'oursins, de mollusques, de homards et de crabes à l'aide de ses puissantes dents .

Pêche 

Autrefois abondant en Californie, la surpêche a largement réduit la population de labres californiens. Son manque de timidité a fait de cette espèce particulièrement vulnérable une proie facile à pêcher. En outre, le labre californien a une faible résistance aux changements de population, en raison de son temps de doublement de population long de 4,5 à 14 ans.

En espagnol, ce poisson est commercialisé sous son nom commun « vieja » (vieille dame), ou « vieja de California ».

Galerie  

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Académie française.

Publié le 31 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Littérature-polar-poésie-fables

 

Académie française
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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L'Institut de France où siège l'Académie française.
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L’Académie française, fondée en 1635, sous le règne de Louis XIII, par le cardinal de Richelieu, est une institution de France dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l'Institut de France lors de sa création, elle est la première de ses cinq académies.

La mission qui lui est assignée dès l’origine est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d'élaboration.

Elle rassemble des personnalités marquantes de la vie littéraire (poètes, romanciers, hommes de théâtre, critiques) mais aussi des philosophes, des historiens et des hommes de science qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

Fonctions  

Sa création comme institution royale, c'est-à-dire d'État, doit être considérée dans la continuité de l'édit qui avait fait du français la langue officielle, de la création de l'Imprimerie nationale, du dépôt légal, du Collège royal qui avaient valu à François Ier le titre de Père des Lettres.

L’article XXIV des Statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. »

Ainsi, le but de la normalisation de la langue n'est pas strictement administratif et juridique, mais aussi de lui donner une rigueur scientifique et technique[1].

Définir la langue française standard  

La première mission est d'enregistrer et d'étudier toutes les variations de tournures, de prononciation et d'orthographe, puis d'en dégager la forme la plus cohérente qui puisse servir de norme aux imprimeurs, aux rédacteurs des lois et des documents administratifs, à l'enseignement. Pour s’en acquitter, l’Académie a travaillé dans deux directions:

  • Recueillir la nomenclature des mots, de leur prononciation, de leur orthographe et de leur sens pour éditer un dictionnaire lexicographique.
  • Le même travail avait été entrepris pour établir la Grammaire de l'Académie dont la publication sera reportée d'année en année.

Aujourd’hui, elle continue ce travail en préparant la prochaine édition du Dictionnaire de l'Académie française qui fixe l’usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie.

Fidèle à sa mission originale d'établissement des standards de la langue officielle, l'Académie française s'oppose à la mention des langues régionales dans la constitution, selon une déclaration rendue publique le 12 juin 2008, mention qui selon les Académiciens amènerait la France à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires[2].

Imposer le standard  

L'Académie française s'est toujours défendue d'être la créatrice de la langue, considérant que son rôle est uniquement de constater, de recueillir et de normaliser les usages. En cela, elle opérait de la même manière que les autres institutions royales, comme celles qui recueillaient les us et coutumes, et les codifiaient en lois sans se donner le droit d'en changer les dispositions.

L'Académie française détient pourtant de fait un pouvoir moral dans le domaine de la langue française : on la considère volontiers en France, en raison de son dictionnaire en constante reconstruction, comme autorité naturelle pour décider du bon usage en matière de langue française : nomenclature des mots, orthographe et même règles de grammaire.

Cette autorité est concurrencée en premier lieu par des ministères français comme celui de l'Éducation nationale (circulaires sur les tolérances en matière de correction de l'orthographe aux examens [réf. nécessaire]) ou celui de la Condition féminine (texte sur la féminisation des noms de métiers [réf. nécessaire]), ensuite par certaines institutions de normalisation internationales, voire par une conception libérale qui donne une égale autorité à tous les éditeurs privés. Mais aussi part les décisions des autres pays francophones, en particulier le Canada dont la communauté est très vigilante à l'égard des anglicismes.

La dernière autorité s'avère en fin de compte l'usage : menée par quelques défenseurs inattendus dont François Cavanna et Delfeil de Ton, ordinairement peu enclins à soutenir l'ordre établi, la réforme de 1990 (« évènement » au lieu de « événement », etc.) fut fortement contestée et l'Académie, tout en indiquant que les modifications proposées possédaient une logique, entérina le fait qu'une résistance populaire s'y opposait.

Encourager les bonnes pratiques  

La seconde mission, le mécénat, non prévue dans les statuts d'origine, procède de l'exécution des dons et legs qui lui ont été faits, déjà sous l'Ancien Régime[3]. Ainsi, l’Académie française décerne actuellement chaque année environ soixante prix littéraires, dont le Grand prix de littérature de l'Académie française.

Mention particulière doit être faite du grand prix de la Francophonie, décerné chaque année depuis 1986, qui témoigne de l’intérêt de l’Académie pour le rayonnement de la langue française dans le monde.

Article détaillé : Prix de l'Académie française.

L’Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses : Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.

Historique

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Article connexe : Histoire du français.
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La Coupole, où se réunissent les académiciens lors des séances publiques.
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L’Académie française fut fondée en 1635 par Richelieu. Les statuts et règlements visés par le Cardinal, avec les lettres patentes signées en 1635 par Louis XIII et enregistrées par le parlement en 1637, consacrèrent le caractère officiel d’une compagnie de lettrés, qui se réunissaient auparavant de manière informelle.

Richelieu mettait ainsi sous « surveillance passive » les intellectuels et les esprits brillants de son époque.

La mission qui lui fut assignée dès l’origine fut de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire. La première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694, les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798(terminé en 1793 au moment où la Convention supprime l'Académie), 1835, 1878, 1932-1935, 1992. La neuvième édition est en cours de publication.

L’Académie tient ses séances d’abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le chancelier Séguier à partir de 1639, au Louvre à partir de 1672, et enfin au Collège des Quatre-Nations, devenu palais de l’Institut de France, de 1805 à nos jours.

Au cours de ses trois siècles et demi d’existence, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormis l’interruption de 1793 - 1803 pendant la Convention, le Directoire et le début du Consulat. En 1793, par décret daté du 8 août, la Convention Nationale supprime toutes les académies royales, y compris l'Académie française, et confirme l'interdiction d'élire de nouveaux membres pour remplacer ceux décédés. En 1795 (décret du 22 août) ces Académies sont remplacées par une seule entité : l'Institut de France. Par arrêté du 3 pluviôse de l'An XI (23 janvier 1803) Bonaparte, Premier Consul, décide de restaurer les anciennes académies, mais simplement comme classes (divisions) de l'Institut de France. La seconde classe, responsable de la langue et littérature françaises, correspond de facto à l'ancienne Académie française. Le 21 mars 1816, le roi Louis XVIII, désireux de renouer avec la période pré-révolutionnaire, rend aux classes leur nom d'autrefois : Académie.

A noter qu'en 1800, à l'instigation de Jean-Pierre Louis de Fontanes, André Morellet et Jean Baptiste Antoine Suard, Lucien Bonaparte, alors ministre de l'intérieur, envisage une reconstitution de l'Académie française. Le Premier Consul, son frère, s'oppose à ce projet et lui écrit le 26 messidor An VIII (15 juillet 1800) :

  • il n'y a point d'Académie française.
  • elle a été abrogée par une loi de la République.
  • l'Institut réunit à la fois les anciennes Académies des sciences, française et des belles-lettres.
  • si une association prend le titre ridicule (sic) d'Académie française et suit ses anciens statuts, l'intention du Gouvernement est qu'elle soit sur-le-champ supprimée.

Dans la même lettre, le Premier Consul décline la proposition qui lui avait été faite d'être membre de l'Académie française restaurée, prétextant avoir des choses plus importantes à faire. {Pour mémoire, il était membre de l'Institut depuis 1797}.

Le cardinal de Richelieu s’était proclamé protecteur de l’Académie. À sa mort, cette protection fut exercée par le chancelier Séguier, puis par Louis XIV et, par la suite, par tous les rois, empereurs et chefs d'État successifs de la France.

L'histoire des premiers temps de l'Académie est connue par le récit détaillé qu'en ont fait deux de ses membres dans leur Histoire de l'Académie françoise, dont le premier volume, paru en 1653, est de Paul Pellisson, et le second, paru en 1729, de l'abbé d'Olivet.

L'origine des 40 fauteuils

L'origine des fauteuils de l'Académie française est racontée ainsi par l'académicien Charles Pinot Duclos : « Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Le cardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur.[4] »

Le « 41e fauteuil »

Un grand nombre d’écrivains, souvent illustres, n'ont jamais franchi les portes de l'Académie, soit qu’ils n’y aient jamais été candidats, soit que leur candidature ait été rejetée, ou encore qu’ils aient été frappés prématurément par la mort. L’expression 41e fauteuil a été forgée par l’écrivain Arsène Houssaye en 1855 pour désigner ces auteurs. Parmi les noms célèbres que l'on pourrait citer, on peut retenir ceux de Descartes, Molière, Pascal, La Rochefoucauld, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, André Chénier, Balzac, Dumas père, Gautier, Flaubert, Stendhal, Nerval, Maupassant, Baudelaire, Zola, Daudet, Proust[5].

Refus du siège proposé

On connaît peu d'intellectuels ou de scientifiques qui ont refusé d'être admis parmi les « immortels ». Certains pourtant l'ont fait comme Marcel Aymé sollicité par François Mauriac en 1950. « Je vous suis très reconnaissant d'avoir pensé à moi pour le Quai Conti (...). Avec beaucoup d'émoi, je réponds à votre « clin d'œil » qui me rend très fier. Pourtant, je dois vous dire que je ne me sens pas l'étoffe d'un académicien. En tant qu'écrivain, j'ai toujours vécu très seul, à l'écart de mes confrères mais pas du tout par orgueil, bien au contraire, plutôt par timidité et indolence aussi. Que deviendrais-je si je me trouvais dans un groupe de quarante écrivains? J'en perdrais la tête et à coup sûr, je n'arriverais pas à lire mon discours. Ainsi feriez-vous une piètre acquisition[6]. »

De même Georges Bernanos refusa qu'on pût seulement lui proposer d'y entrer, car, déclare-t-il par écrit, s'il n'en était déjà dégoûté, la présence au sein de l'Académie « d'un vieil imposteur comme [Paul] Claudel-Turelure » l'en éloignerait[7]

Statut et organisation 

Comme le constate la loi de programme pour la recherche de 2006, l'Académie française est une personne morale de droit public à statut particulier gérée par ses membres en assemblée, c'est-à-dire une institution publique centrale de l'État français.

Elle élit son secrétaire perpétuel qui, comme son nom l'indique, le reste jusqu'à son décès ou à sa démission. Cette permanence en fait le personnage le plus important de l'institution. Elle élit également, tous les trois mois, un président chargé de présider les séances.

Les « immortels »

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Pierre Loti en habit vert le jour de sa réception à l'Académie, le 7 avril 1892.
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L’Académie française se compose de 40 membres élus par leurs pairs. Depuis sa fondation, elle a reçu en son sein plus de 700 membres (719 membres jusqu'en 2009). Elle rassemble des poètes, des romanciers, des hommes de théâtre, des philosophes, des historiens, des médecins, des hommes de science, des ethnologues, des critiques d’art, des militaires, des hommes d’État, des hommes d’Église, qui ont tous illustré particulièrement la langue française.

Les académiciens doivent leur surnom d’immortels à la devise « À l’immortalité », qui figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, le cardinal de Richelieu, elle vise la langue française et non les académiciens. Ils ont souvent été appelés à être des juges éclairés du bon usage des mots, et donc à préciser les notions et les valeurs dont ces mots sont porteurs. Cette autorité morale en matière de langage s’enracine dans des usages, des traditions, un faste.

L’élection à l’Académie française est souvent considérée par l’opinion comme une consécration suprême. Cela dit, il a toujours existé une « contre-culture » menée par des auteurs que l'Académie a refusés ou qui ne sont pas proposés. Ces auteurs ne manquent pas de critiquer avec virulence l'Académie bien pensante et ses académiciens, qui espèrent vainement passer à la « prostérité » selon le mot de Jean Cocteau.

Edmond Rostand, lui-même académicien, tourne l'Académie en dérision dans Cyrano de Bergerac en évoquant avec ironie les membres oubliés de la première génération : « Porchères, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud… / Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c'est beau ! »

En 1980, Marguerite Yourcenar, romancière et essayiste, fut la première femme élue à l'Académie française. Depuis, l'Institution a accueilli Jacqueline de Romilly en 1988, Hélène Carrère d'Encausse en 1990, Florence Delay en 2000, Assia Djebar en 2005 et Simone Veil en 2010.

Le célèbre habit vert que les académiciens revêtent, avec le bicorne, la cape et l’épée, lors des séances solennelles sous la Coupole, a été dessiné sous le Consulat, dessin attribué au peintre Jean-Baptiste Isabey. Il est commun à tous les membres de l’Institut de France. Les « Immortelles » ainsi que les ecclésiastiques en sont dispensés, ainsi que du port de l'épée. Mmes de Romilly, Carrère d'Encausse, Delay et Veil ont cependant opté pour l'« habit vert » lors de leurs réceptions. Mme Carrère d'Encausse a été la première femme à porter l'épée, une arme créée pour l'occasion par l'orfèvre géorgien Goudji. Mmes Delay, Djebar et Veil ont également choisi de porter l'épée. Jacqueline de Romilly a reçu une broche symbolique après son élection à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres en 1975.

La qualité d’académicien est une dignité inamovible. Nul ne peut démissionner de l’Académie française. Tout au moins celui qui se déclare démissionnaire n’est-il pas remplacé avant son décès : Pierre Benoit, Pierre Emmanuel et Julien Green en sont des exemples.

Des exclusions peuvent être prononcées par l'Académie pour de graves motifs, notamment entachant l’honneur. Ces exclusions au cours de l’histoire ont été rarissimes. Plusieurs furent mises en œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour faits de collaboration : Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant, Philippe Pétain.

Nombre effectif des académiciens  

Le nombre de quarante académiciens n’a été complet pour la première fois dans l’histoire de l’Académie que le 14 février 1639 (date de l’élection de Daniel de Priézac), soit près de cinq ans après les premières nominations. Il a été maintenu jusqu’au 5 mai 1640 (mort de François d'Arbaud de Porchères), très vite remplacé par Olivier Patru.

Jusqu’à la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’effectif de l’Académie française était souvent complet. Chaque décès était rapidement suivi par une élection et le nouvel académicien était rapidement reçu[8]. Depuis, les délais d’élection et de réception se sont considérablement allongés. Il se passe aujourd’hui environ un an entre un décès et une élection et encore un an entre l’élection et la réception, de sorte que le chiffre de quarante académiciens est peu souvent atteint. À ce jour il a été atteint pour la dernière fois entre le 26 mars 2009 (élection de François Weyergans) et le 14 avril 2009 (mort de Maurice Druon). La dernière période où l’Académie était au complet a duré du 16 juin 2005 (élection d’Assia Djebar) au 17 avril 2006 (mort de Jean Bernard).

Mais si l’on ne tient compte que des académiciens reçus, et non pas seulement élus, alors l’Académie n’a été complète que pendant 24 jours au cours du XXe siècle — et ne l’a encore jamais été au XXIe. Les périodes où l’Académie était complète ont été :

Si l’on ne tenait pas compte de l’exclusion de facto de Charles Maurras et Philippe Pétain pour cause de condamnation à la dégradation nationale[9], alors il y aurait deux autres périodes pendant lesquelles l’Académie serait au complet :

Membres actuels 

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Une vingtaine de membres de l'Académie française en novembre 2007.
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Fauteuil Membre Date d'élection Reçu(e) par Date de réception Réponse
au discours
de réception
1 Claude Dagens 17 avril 2008 Florence Delay 14 mai 2009 [*]
2 Hector Bianciotti 18 janvier 1996 Jacqueline de Romilly 23 janvier 1997

[*]

3 Jean-Denis Bredin 15 juin 1989 Pierre Moinot 17 mai 1990

[*]

4 Jean-Luc Marion 6 novembre 2008 Claude Dagens 21 janvier 2010 [*]
5 Assia Djebar 16 juin 2005 Pierre-Jean Rémy 22 juin 2006 [*]
6 Marc Fumaroli 2 mars 1995 Jean-Denis Bredin 25 janvier 1996

[*]

7 Jacqueline Worms de Romilly 24 novembre 1988 Alain Peyrefitte 26 octobre 1989

[*]

8 Michel Déon 8 juin 1978 Félicien Marceau 22 février 1979

[*]

9 Alain Decaux 15 février 1979 André Roussin 13 mars 1980

[*]

10 Florence Delay 14 décembre 2000 Hector Bianciotti 15 novembre 2001

[*]

11 Gabriel de Broglie 22 mars 2001 Maurice Druon 7 février 2002

[*]

12 Jean d'Ormesson 18 octobre 1973 Thierry Maulnier 6 juin 1974

[*]

13 Simone Veil 20 novembre 2008 Jean d'Ormesson 18 mars 2010

[*]

14 Hélène Carrère d'Encausse [10] 13 décembre 1990 Michel Déon 28 novembre 1991

[*]

15 Frédéric Vitoux 13 décembre 2001 Michel Déon 27 mars 2003

[*]

16 Valéry Giscard d'Estaing 11 décembre 2003 Jean-Marie Rouart 16 décembre 2004

[*]

17 Erik Orsenna 28 mai 1998 Bertrand Poirot-Delpech 17 juin 1999

[*]

18 Michel Serres 29 mars 1990 Bertrand Poirot-Delpech 31 janvier 1991

[*]

19 Jean-Loup Dabadie 10 avril 2008 Frédéric Vitoux 12 mars 2009

[*]

20 Angelo Rinaldi 21 juin 2001 Jean-François Deniau 21 novembre 2002

[*]

21 Félicien Marceau 27 novembre 1975 André Roussin 9 décembre 1976

[*]

22 René de Obaldia 24 juin 1999 Bertrand Poirot-Delpech 15 juin 2000

[*]

23 Pierre Rosenberg 7 décembre 1995 José Cabanis 14 novembre 1996

[*]

24 Max Gallo 31 mai 2007 Alain Decaux 31 janvier 2008 [*]
25 Dominique Fernandez 8 mars 2007 Pierre-Jean Rémy 13 décembre 2007 [*]
26 Jean-Marie Rouart 18 décembre 1997 Hélène Carrère d'Encausse 12 novembre 1998

[*]

27 Pierre Nora 7 juin 2001 René Rémond 6 juin 2002

[*]

28 Jean-Christophe Rufin 19 juin 2008 Yves Pouliquen 12 novembre 2009 [*]
29 Siège vacant [11]



30 Siège vacant [12]



31 Jean Dutourd 30 novembre 1978 Maurice Schumann 10 janvier 1980

[*]

32 François Weyergans 26 mars 2009


33 Michel Mohrt 18 avril 1985 Jean d'Ormesson 27 février 1986

[*]

34 François Cheng 13 juin 2002 Pierre-Jean Rémy 19 juin 2003

[*]

35 Yves Pouliquen 29 novembre 2001 Michel Mohrt 30 janvier 2003

[*]

36 Philippe Beaussant 15 novembre 2007 Pierre Rosenberg 23 octobre 2008 [*]
37 René Girard 17 mars 2005 Michel Serres 15 décembre 2005

[*]

38 François Jacob 19 décembre 1996 Maurice Schumann 20 novembre 1997

[*]

39 Jean Clair 22 mai 2008 Marc Fumaroli 18 juin 2009

[*]

40 Siège vacant [13]



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Les rectifications de l’orthographe

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Dans son discours du 24 octobre 1989, le Premier ministre a proposé à la réflexion du Conseil supérieur de la langue française cinq points précis concernant l’orthographe :

  • le trait d’union ;
  • le pluriel des mots composés ;
  • l’accent circonflexe ;
  • le participe passé des verbes pronominaux ;
  • diverses anomalies.

C’est sur ces cinq points qu'ont porté les propositions de l'Académie française. Elles ne visent pas seulement l’orthographe du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.

Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis favorable de l’Académie française à l’unanimité, ainsi que l’accord du Conseil de la langue française du Québec et celui du Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.

Elles ont été publiées au Journal officiel du 6 décembre 1990. Ces rectifications, modérées dans leur teneur et dans leur étendue, se résument ainsi :

  • le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure (exemple : portemanteau comme portefeuille) ;
  • le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples (des pèse-lettres) ;
  • l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots (exemples : qu’il fût, mûr) ;
  • le participe passé : il sera invariable dans le cas de laisser suivi d’un infinitif (exemple : elle s’est laissé mourir) ;
  • les anomalies :
    • mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple : un imprésario, des imprésarios) ;
    • séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre), ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette).

L’Académie dans la fiction  

  • Dans le roman Le Fauteuil hanté (1909) de Gaston Leroux, les membres successifs d'un même fauteuil meurent dans des circonstances mystérieuses.
  • Dans le film L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, Louis de Funès (interprétant le rôle du directeur d'un fameux guide gastronomique) devient l'un des quarante Immortels.
  • Jean-Pierre Brisset (1837-1919) fait remarquer à plusieurs reprises dans ses livres que la parure verte des Académiciens est un hommage aux rainettes, dont l'homme provient en droite courbe.

 

commentaires

Jerry Lewis.

Publié le 30 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

 

Jerry Lewis
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Jerry Lewis
Jerry Lewis au festival de Cannes 2009
Jerry Lewis au festival de Cannes 2009

Nom de naissance Joseph Levitch
Naissance 16 mars 1926 (1926-03-16) (84 ans)
États-Unis États-Unis
Newark, New jersey
Nationalité(s) États-Unis Américain

 

 

Jerry Lewis, nom d'artiste de Joseph Levitch, est un comédien, acteur, producteur et réalisateur américain, né le 16 mars 1926 à Newark (New Jersey).

 

 

Biographie  

Né de parents russes juifs[1], fils de Daniel Levitch, acteur de vaudeville, Danny Lewis de son nom d'artiste, Jerry Lewis se fit connaître en formant le duo Martin-Lewis avec le chanteur Dean Martin. Ils se démarquèrent de la majorité des comiques des années 1940 en jouant surtout sur l'interaction entre deux comiques, plutôt que de réciter des sketches planifiés à l'avance. À la fin des années 1940, ils étaient nationalement connus, d'abord pour leurs représentations dans les night-clubs, puis en tant que stars de cinéma. Ils embrayèrent sur la production de films pour la télévision et se séparèrent en 1956.

Jerry Lewis, alors en solo, joua dans le film Le Délinquant involontaire, (The Delicate Delinquent) en 1957. Il fut ensuite tête d'affiche de cinq autres films, avant d'écrire, jouer, produire et réaliser lui-même Le Dingue du palace, (The Bellboy) en 1960. Il fut le pionnier de la régie vidéo (en:Video assist), en utilisant une caméra vidéo sur le plateau en même temps qu'il filmait normalement, pour pouvoir visualiser immédiatement le résultat. Cette technique devint un standard dans l'industrie.

 

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Dean Martin (à gauche) et Jerry Lewis (à droite).
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Il réalisa plusieurs autres films dont Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man, 1961 ), Le Zinzin d'Hollywood (The Errand Boy, 1962), et le fameux Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor, 1963). La popularité de Jerry Lewis déclina aux États-Unis à partir de la fin des années 1960 mais il conserva une partie de sa renommée à l'étranger, essentiellement en Europe. Il est particulièrement soutenu en France par les revues Positif et Les Cahiers du cinéma, et le critique Robert Benayoun contribue grandement à éclairer l'importance de ses films.

En 1966, il organisa le Labor Day Telethon For The Muscular Dystrophy Association, œuvre de charité à laquelle il était déjà publiquement associé depuis dix ans.

En 1972, Lewis joua et réalisa The Day the Clown Cried, une comédie dont l'action se déroule dans un camp de concentration nazi. Le film ne sortit pas en salles et partagea les quelques personnes à l'avoir visionné.

Après huit ans d'absence cinématographique, Jerry Lewis revint au début des années 1980 dans Au boulot... Jerry ! (Hardly Working), qu'il joua et réalisa. Il enchaina en 1983 avec un rôle à contre-emploi dans La Valse des pantins (The King of Comedy), de Martin Scorsese, qui fut applaudi par la critique.

En 1984, Jack Lang, ministre de la culture, lui remet la Légion d'honneur ; en 2006, il est fait Commandeur de la Légion d'honneur[2].

En janvier 1993, on le retrouve dans le long-métrage d'Emir Kusturica Arizona Dream, aux côtés de Johnny Depp, Faye Dunaway et Vincent Gallo, après un retour au niveau international marqué notamment par des apparitions régulières dans la populaire émission française pour enfants le Club Dorothée, l'animatrice étant devenue une de ses amies. Dorothée a par ailleurs, sans succès, un an avant sa première édition de 1987, essayé de lancer la version française du Téléthon, faute de soutien de la 2.

 

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Étoile de Jerry Lewis sur le Walk of Fame à Hollywood.
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À la suite d'une cascade ratée dans un gag, il faillit rester paralysé. La douleur lancinante l'aurait presque conduit au suicide. Celle-ci fut en partie apaisée par l'installation d'un dispositif électronique dans son dos.

En 2006, il a interprété le rôle-titre d'un épisode de la série télévisée américaine New York unité spéciale (Law & Order Special Victims Unit) (saison 8, épisode 4, "Uncle").

Récemment en 2008, Jerry a travaillé avec Drake Bell dans le film d'animation, The Nutty Professor.

Selon Variety, Jerry Lewis, qui n'a pas eu le rôle principal d'un film américain depuis plus de 25 ans, tiendra la vedette de Max Rose, un drame écrit et réalisé par Daniel Noah dont le tournage devrait débuter cet automne 2009, à Los Angeles. Lewis y jouera un veuf qui revisite les moments-clé de sa vie afin de comprendre les mystères de sa famille et son mariage.

Vie personnelle  

  • Première femme : Patti Palmer (née Esther Calonico), une chanteuse du groupe The Ted Fio Rito Orchestra ; ils se sont mariés le 3 octobre 1944, et ont divorcé en septembre 1980.
  • Seconde femme : SanDee Pitnick, ils se sont mariés le 13 février 1983. Ils sont encore ensemble aujourd'hui.

Lewis a 6 garçons et 1 fille adoptée.

Enfants du premier mariage.

  • Gary Lewis : Né le 31 juin 1945 (Gary fait partie du groupe Gary Lewis and the Playboys)
  • Ronald Lewis : Adoptée en juin 1950
  • Scott Lewis : Né en février 1956
  • Christopher Lewis : Né en octobre 1957
  • Anthony Lewis : Né en octobre 1959
  • Joseph Lewis : Né en janvier 1964

Enfant du second mariage.

  • Danielle Sarah Lewis : Adoptée en mars 1992
  • Petits-enfants

sept petits-enfants, et une arrière-petite-fille, grâce à sa petite-fille Sara Jane Spence

Secret gardé pendant longtemps  

Jerry Lewis a une fille illégitime nommé Suzan Lewis. En 1952, Jerry a eu une liaison avec sa mère du nom de Lynn. Suzan a été conçue dans une chambre en haut du club Copacabana à New-York, où Jerry devait se produire avec Dean Martin.

Suzan Lewis a appris cette parenté à l'âge de 20 ans, quand sa mère le lui a dit au téléphone.

Lewis n'a passé de temps avec son vrai père Jerry Lewis qu'une seule journée à Paris.

Filmographie  

comme acteur  
comme réalisateur  
comme producteur 
comme scénariste  
comme compositeur  

Anecdotes  

  • Une légende aux États-Unis veut que les Français soient de grands fans de Jerry Lewis.[réf. nécessaire]
  • Il a remis au comédien français Louis de Funès un César d'honneur le 2 février 1980, faisant mine de l'embrasser fougueusement sur la bouche !
  • Sa Taille est de 1m83 et son poids de 78 kg.
  • Il est cité ironiquement dans le film " Retour vers le futur " par le docteur Emmett Brown dit « Doc » .

 

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commentaires

Champ magnétique (2 & fin).

Publié le 30 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans TECHNOLOGIES-Industrie(Btp-élect - énergie...)

 

Induction, induction mutuelle et ondes 
Article détaillé : Induction magnétique.
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Chauffage par induction d'une bouteille en métal : la variation d'un champ magnétique induit des courants dans le corps de l'objet, qui échauffent celui-ci par effet Joule.

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Le phénomène d'induction électromagnétique (ou induction magnétique ou, simplement, induction) a pour résultat la production d'une différence de potentiel aux bornes d'un conducteur électrique soumis à un champ électromagnétique variable. Cela s'exprime au travers de l'équation locale de Maxwell-Faraday :

\boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol E = - \frac{\partial \boldsymbol B}{\partial t},

E étant le champ électrique, B le champ magnétique.

Ce champ électrique peut à son tour engendrer un champ magnétique, propageant ainsi une onde électromagnétique.

Lorsqu'un matériau est placé dans un champ magnétique variant, il apparaît dans celui-ci un champ électrique (dont la circulation est appelée force électromotrice) qui génère à son tour des courants, appelés courants de Foucault. C'est d'une part le principe des alternateurs, qui produisent de l'électricité en déplaçant des aimants. C'est d'autre part le principe des chauffages et plaques à induction, car la dissipation par effet Joule de ces courants échauffe le métal.

Par ailleurs, deux systèmes magnétiques, comme des bobines, peuvent être couplés au travers du champ magnétique. On parle d'induction mutuelle (ou de mutuelle induction). Cet effet modifie le comportement individuel de chaque circuit.

On peut aborder cet effet par un modèle très simple : un conducteur ohmique de conductivité électrique γ est parcouru par un champ magnétique sinusoïdal, d'intensité B0 et de pulsation ω. Ce champ est, à tout instant t, d'intensité B donnée par :

B = B_0 \sin( \omega t + \varphi).

Ce champ induit dans le conducteur, d'après la loi de Faraday, un champ électrique E d'intensité E donnée par

E = - \omega B_0 \cos( \omega t + \varphi).

D'après la loi d'Ohm, il se dissipe donc une puissance moyenne volumique, par effet Joule :

\mathcal P = \gamma \langle E^2 \rangle = \frac{\gamma \omega^2 B_0^2}{2}.
Effet Hall 

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Article détaillé : Effet Hall.
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Un conducteur, parcouru par un courant électrique selon une direction, soumis à un champ magnétique dirigé dans une seconde direction, présente une différence de potentiel selon la troisième direction. Ce phénomène est connu sous le nom d'effet Hall, en l'honneur du physicien américain Edwin Herbert Hall.

Illustration de l'effet Hall

On peut expliquer cet effet au travers de la physique classique, en considérant que les porteurs de charge (par exemple les électrons) qui se déplacent dans le corps du conducteur sont soumis à la force de Lorentz, donc déviés, de sorte que leur répartition est différente d'une part et d'autre du conducteur — d'où la différence de potentiel. On peut l'expliquer de manière plus fondamentale du point de vue de la mécanique quantique.

Cet effet est à la base de nombreux dispositifs de mesure du champ magnétique et du courant électrique.

Magnétorésistance
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En présence d'un champ magnétique, certains conducteurs voient leur résistance électrique varier. Cet effet est appelé magnétorésistance, et présente de nombreuses applications, par exemple dans les disques durs qui équipent les ordinateurs modernes.

Il n'existe pas à ce jour d'explication définitive de tous les phénomènes de magnétorésistance, mais des théories distinctes qui régissent les principales manifestations de cet effet : la magnétorésistance classique, « géante », « colossale » et la magnétorésistance à effet tunnel.

Dipôles magnétiques

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Articles détaillés : Dipôle magnétique et moment magnétique.
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Un dipôle magnétique, caractérisé par son moment magnétique, est analogue à un aimant droit.

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Parfois, on peut introduire la notion de moment magnétique, qui permet de travailler avec des dipôles.

En particulier, on utilise ce modèle au niveau microscopique, lorsqu'un ensemble de molécules ou de particules est parcouru par un courant. Pour une boucle ceinturant une surface orientée S et parcourue par un courant I, on définit le moment magnétique M par :

\boldsymbol M = I \boldsymbol S.

Ceci revient à assimiler l'objet à un aimant droit infiniment fin. On peut alors introduire une énergie potentielle dipolaire :

E_p = - \boldsymbol M \cdot \boldsymbol B.

Ainsi, elle est minimale lorsque le dipôle est aligné avec le champ. On montre de même que, dans une chaîne de dipôles, ils s'orientent tous dans une même direction pour minimiser leur énergie. Dans les cas (fréquents) où on ne sait pas modéliser la structure d'un dipôle magnétique par une boucle de courant, le moment magnétique est défini par la relation ci-dessus, c'est-à-dire par l'énergie qu'il faut fournir pour tourner un dipôle magnétique dans un champ magnétique donné.

Dans les matériaux, lorsqu'on considère des moments magnétiques de particules, le fait qu'ils s'orientent tous de la même manière ne peut être expliqué que d'un point de vue quantique (principe d'exclusion de Pauli et hamiltonien de Heisenberg).

 

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En présence d'un champ magnétique, le fer s'aimante à son tour et devient un dipôle. Il est alors soumis aux forces créées par un aimant droit et s'oriente selon les lignes de champ.

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Dans le cadre d'un dipôle magnétique de moment M soumis à un champ B, lorsque le champ est homogène, le torseur des forces se réduit au moment car la résultante des forces est nulle. On a donc :

\boldsymbol \Gamma = \boldsymbol M \wedge \boldsymbol B,

Γ le moment résultant, M le moment magnétique du dipôle et B le champ magnétique.

Cela explique notamment l'effet d'un champ magnétique sur une boussole : il a tendance à aligner l'aiguille de celle-ci avec le champ.

Si en revanche le champ est inhomogène, alors le dipôle subit de plus une force, dont l'expression est :

\boldsymbol F = \left( \boldsymbol M \cdot \mathbf \boldsymbol \nabla \right) \boldsymbol B,

avec les mêmes notations que précédemment.

Cela explique notamment le fait que deux aimants s'attirent : cette force s'exerce sur le premier de sorte à l'approcher des champs plus intenses, donc plus près de l'autre aimant. En supposant cette fois que les pôles sont ponctuels, alors l'intensité de la force F s'exerçant d'un pôle sur l'autre est donnée par[21] :

F=\frac{\mu g_1 g_2}{4\pi r^2},

g1 et g2 représentent l'intensité de ces pôles en (A·m si elles sont exprimées dans le système international d'unités), μ la perméabilité magnétique du milieu, et r la distance entre les pôles.

Effets géologiques  

Certaines roches sont riches en matériaux ferromagnétiques, qui sont sensibles au champ magnétique. En particulier, ils perdent leurs propriétés magnétiques au-delà d'une certaine température, dite température de Curie.
Les roches basaltiques issues par exemple des volcans ou des rifts océaniques, sont chauffées au-delà de cette température dans le magma. Lorsqu'elles refroidissent, elles regagnent leurs propriétés magnétiques, et figent l'orientation du champ magnétique terrestre. On observe cet effet au travers des anomalies magnétiques des roches. C'est par l'analyse de ces roches que l'on a observé les inversions du champ terrestre[22],[23].
Il existe également des roches, comme l'hématite, dont les propriétés magnétiques sont telles qu'on observe les variations de champ au cours de leur formation. L'étude de ces roches est également un élément déterminant qui appuie la tectonique des plaques.

Effets biologiques
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Effet des champs magnétostatiques 

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Les différentes espèces connues ne sont pas identiquement sensibles aux champs électromagnétiques. Les données concernant les êtres humains sont encore sporadiques[24]. Les champs statiques inférieurs à 8 teslas n'ont vraisemblablement pas d'effets physiologiques notables, si ce n'est l'apparition chez certaines personnes de phosphènes lorsqu'ils sont exposés à des champs de plus de 4 T[25]. L'organisation mondiale de la santé mène encore aujourd'hui des études[26] sur les risques potentiels.

Des champs continus aussi intenses sont relativement difficiles à obtenir en dehors des laboratoires spécialisés, les applications courantes impliquant généralement des champs inférieurs au tesla.

Les recherches actuelles s'orientent davantage sur les champs non ionisants de très basse fréquence (EMF : extremely low frequency), qui ne sont pas statiques, mais semblent agir sur les systèmes biologiques ou parfois provoquer des cancers[27].

Effet des champs magnétiques pulsés  

Les champs pulsés, que l'on peut créer beaucoup plus intenses, provoquent de plus par induction un rayonnement électromagnétique. Celui-ci peut interagir avec les systèmes biologiques, et son effet dépend de la radiorésistance des espèces exposées. Notamment, selon la fréquence, de tels champs peuvent provoquer des radiations ionisantes : ultraviolets, rayons X ou gamma. Ceux-ci sont dangereux pour la santé, et provoquent en particulier la brûlure des tissus.

Récemment, des médecines alternatives faisant intervenir des champs magnétiques faibles pulsés prétendent limiter les cancers ou la sclérose en plaques. Si de tels champs ne semblent pas dangereux, aucune étude scientifique sérieuse n'appuie à ce jour ces allégations[28],[29]. En revanche, les champs magnétiques pulsés peuvent influencer l'équilibre[30] et semblent diminuer les symptômes du trouble bipolaire[31].

Les effets, principalement liés à l'induction dans les nerfs, permettent ainsi via la stimulation magnétique transcranienne, le diagnostic de pathologies neurologiques.

Énergie magnétique  

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Article détaillé : Énergie électromagnétique.
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La présence d'un champ magnétique s'exprime globalement par une énergie, dite « énergie magnétique ». Elle s'exprime par :

\mathcal E_B = \int \frac{|\boldsymbol B(\boldsymbol x)|^2}{2 \mu} \, {\rm d} \boldsymbol x,

avec |B| étant la norme du champ magnétique et μ la perméabilité magnétique en chacun des points considérés.

En pratique, on définit une énergie volumique, appelée dans ce contexte pression magnétique :

e_B = \frac{|\boldsymbol B|^2}{2 \mu}.

Calcul du champ magnétique 

Propriétés mathématiques 
Symétries

En tant que champ pseudovectoriel, le champ magnétique a un comportement particulier par rapport aux symétries. En effet, contrairement au champ (vectoriel) électrique, les champs magnétiques ne suivent pas la symétrie de leurs sources. On parle ainsi de vecteur « axial » ou de « pseudovecteur ».

Par exemple, pour une spire circulaire parcourue par un courant :

  • un plan de symétrie Π+ est celui qui contient la spire ;
  • un plan d'antisymétrie Π- est tout plan passant par le centre de la spire et orthogonal au premier plan.

Respectivement, Π+ et Π- sont un plan d'antisymétrie et de symétrie pour le champ magnétique.

Changement de référentiel 

En mécanique classique, où l'on considère des vitesses relatives très inférieures à la vitesse de la lumière, le champ magnétique mesuré est identique dans deux systèmes de coordonnées en translation rectiligne et uniforme l'un par rapport à l'autre (référentiels galiléens). Cette propriété n'est pas partagée par le champ électrique, dont la valeur change d'un référentiel à l'autre si le champ magnétique est non nul.

Calcul du champ
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Article détaillé : Équation aux dérivées partielles.
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Le calcul du champ magnétique créé par un système demande de résoudre des équations différentielles assez complexes. Il existe pour cela une multitude de méthodes numériques comme la méthode des éléments finis, la méthode des différences finies et la méthode des volumes finis pour ne citer que les méthodes les plus répandues. Toutefois, il est possible de calculer analytiquement le champ magnétique dans certains cas simples. Sauf mention contraire, les expressions données pour le calcul du champ magnétique sont exprimées dans les unités SI. Cela explique notamment le facteur 1/4 π.

Théorème d'Ampère 

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Article détaillé : Théorème d'Ampère.
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À partir des observations révélant un lien entre courants électriques et champ magnétique, André-Marie Ampère énonça une loi d'abord phénoménologique, qui décrivait l'effet observé. Démontrée depuis, dans le cadre plus général de l'électromagnétisme, cette relation est devenue le théorème d'Ampère. Elle n'est valable, en toute rigueur, que dans les cas magnétostatiques.

La formulation originelle de ce théorème est la suivante :

\oint_C \boldsymbol B \cdot \mathrm d \boldsymbol \ell = \mu_0 I,

B étant le champ magnétique, C une courbe fermée et orientée et I l'intensité qui traverse une surface délimitée par C.

Cete équation peut être écrite localement, on a alors :

\boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol B = \mu_0 \boldsymbol j

μ0 est la perméabilité magnétique du vide, et j le vecteur densité de courant.

Cette relation étant mise en défaut dans le cas de champs magnétiques ou électriques dépendant du temps, Maxwell introduisit en 1861 les « courants de déplacement », dont la variation corrigeait cette relation : c'est l'équation locale de Maxwell-Ampère[32]. On peut l'écrire localement sous la forme :

\boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol B = \mu_0 \boldsymbol j + \mu_0 \epsilon_0 \frac{\partial \boldsymbol E}{\partial t},

E étant le champ électrique et ε0 la perméabilité électrique du vide.

On peut a posteriori réécrire cette loi sous forme intégrale, également appelée théorème d'Ampère :

\oint_C \boldsymbol B \cdot \mathrm d \boldsymbol \ell = \epsilon_0 (I + I_{\rm D}),

avec

I_{\rm D} = \int_S \frac{\partial \boldsymbol E}{\partial t} \cdot {\rm d} {\boldsymbol S},

S est la surface délimitée par le contour C.

Ceci se comprend aisément grâce au théorème de Green-Stokes : \int_S (\boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol B) \cdot . {\rm d} {\boldsymbol S} = \oint_C \boldsymbol B \cdot {\rm d} \boldsymbol \ell.

Loi de Biot-Savart locale 

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Article détaillé : Loi de Biot-Savart.
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La loi de Biot-Savart permet de donner l'expression du champ magnétique dans un milieu de perméabilité magnétique isotrope et homogène.

Le champ B généré en un point de coordonnées r par une charge q en mouvement, située en un point r’ et se déplaçant à la vitesse v, est donné par la relation suivante :

\boldsymbol {B}(\boldsymbol r) = \frac{\mu}{4\pi} \; \frac{q \boldsymbol{v} \wedge ({\boldsymbol{r}} - {\boldsymbol{r'}})}{|{\boldsymbol{r}} - {\boldsymbol{r'}}|^3}.
Loi de Biot-Savart intégrale  

Si on a affaire à une distribution de courants, qui est connue en tout point, alors on peut intégrer la relation locale.

Avec les notations précédentes, cela donne :

\boldsymbol B (\boldsymbol{r}) = \frac{\mu}{4\pi} \; \int \frac{\boldsymbol j (\boldsymbol{r}') \wedge (\boldsymbol r - \boldsymbol r')} {|\boldsymbol{r} - \boldsymbol{r}'|^3} {\mathrm d} \boldsymbol x.
Potentiel vecteur

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L'absence de monopôles magnétique implique que la divergence du champ magnétique est nulle :

\boldsymbol \nabla \cdot \boldsymbol B = 0.

Ceci implique, d'après les théorèmes de l'analyse vectorielle, qu'il existe un champ vectoriel A, dont le rotationnel est égal à B :

\boldsymbol B = \boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol A.

Un tel champ A est appelé potentiel vecteur, par analogie au potentiel électrique, dit « potentiel scalaire », du champ électrique.

Ce potentiel n'est toutefois pas unique : il est défini à un gradient près. En effet, le rotationnel d'un gradient est identiquement nul, aussi le potentiel vecteur A’ défini par :

\boldsymbol A' = \boldsymbol A + \boldsymbol \nabla \phi

vérifie-t-il également la relation :

\boldsymbol B = \boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol A'.

De façon quelque peu étrange, la quantité fondamentale n'est pas le champ magnétique mais le potentiel vecteur, alors que ce dernier ne peut être défini de façon univoque. Une telle situation est appelée en physique invariance de jauge : des phénomènes identiques, ici le champ B, peuvent être générés par plusieurs configurations, appelées pour diverses raisons historiques « jauges » de l'objet fondamental, ici le champ A. D'un point de vue mathématique, l'invariance de jauge est la cause d'une loi fondamentale de l'électromagnétisme, la conservation de la charge électrique. Cette loi, expérimentalement vérifiée à une très grande précision implique en effet que l'objet fondamental apparaissant en électromagnétisme n'est ni le champ magnétique ni le champ électrique, mais le potentiel vecteur et le potentiel électrique.

Connaissant A, on peut facilement en déduire B. Le fait que le potentiel vecteur soit plus fondamental que le champ magnétique transparaît en mécanique quantique, où en présence de champ magnétique, c'est en fait le potentiel vecteur qui apparaît dans l'équation de Schrödinger, qui décrit l'évolution des particules élémentaires. L'illustration la plus manifeste de la prééminence du potentiel vecteur se trouve dans l'effet Aharonov-Bohm, où l'on est amené à considérer des configurations dans lesquelles le champ B s'annule dans certaines régions alors que le potentiel vecteur A n'est pas nul (mis de rotationnel nul) et influence explicitement le comportement des particules.

Il est d'ailleurs possible de calculer le potentiel vecteur A directement à partir de la donnée des courants :

\boldsymbol A (\boldsymbol r) = \frac{\mu}{4 \pi} \int \frac{\boldsymbol j (\boldsymbol r')}{|\boldsymbol r-\boldsymbol r'|} {\mathrm d} \boldsymbol x,

l'expression ci-dessus n'étant valable que lorsque les courants — donc les champs — ne dépendent pas du temps. En pratique, ces variations peuvent souvent être négligées tant que l'on n'étudie pas les ondes et leur propagation.

Dans ces derniers cas, il faut remplacer l'expression ci-dessus par une expression plus complexe, faisant appel au concept de potentiels retardés pour tenir compte du temps de propagation du champ magnétique.

Applications 

Déviation de particules  

On peut montrer qu'un champ magnétique affecte le déplacement de particules chargées, en infléchissant leur trajectoire, mais sans modifier la valeur de leur vitesse. Il est ainsi utilisé pour courber leur trajectoire dans les accélérateurs de particules.

En effet, d'après la loi de Lorentz, la force F qu'exerce un champ magnétique B sur une particule de charge q se déplaçant à la vitesse v est :

\boldsymbol{F} = q \boldsymbol{v} \wedge \boldsymbol{B}

Ainsi, cette force est toujours orthogonale à la vitesse, donc son travail δW exercé lors d'un petit déplacement dr est nul :

\delta W \equiv \boldsymbol{F}\cdot {\rm d} \boldsymbol r = 0

Par conséquent, la norme de la vitesse n'est pas influencée par le champ magnétique. En revanche, cette force modifie la direction de celle-ci dès que vitesse et champ magnétique ne sont pas colinéaires.

Chambres à bulles 

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Article détaillé : Chambre à bulles.
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Photographie d'une chambre à bulles. Des trajectoires, on peut trouver les particules ayant interagi : ici, la première « photographie » d'un neutrino, le 13 novembre 1970.

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Le champ magnétique dévie les particules chargées. Si, de plus, le milieu présente une certaine viscosité, alors ces particules décrivent des spirales, desquelles on peut déduire la charge électrique (le sens de l'enroulement) et la masse (au travers de la décélération) des particules.

C'est le principe des chambres à bulles, inventées au début du XXe siècle pour observer, en particulier, les constituants de la matière (protons, neutrons et électrons), les positrons et les neutrinos. On préfère cependant aujourd'hui, depuis leur invention dans les années 1970, utiliser les chambres à fils.

En pratique, il existe toujours un champ électrique, qui dévie les particules.

Une particule dans une chambre à bulles est idéalement soumise uniquement à la force magnétique et aux forces de frottement. Elle vérifie donc :

m \frac{\mathrm d \boldsymbol v}{\mathrm dt} = q \boldsymbol v \wedge \boldsymbol B - \eta \boldsymbol v,

η est le coefficient intervenant dans la force de frottement, colinéaire mais opposée à la vitesse. Cette équation peut se réécrire de façon équivalente :

\dot{\boldsymbol v} - \frac{q}{m} \boldsymbol v \wedge \boldsymbol B + \frac{\eta}{m} \boldsymbol v = 0.
Résonance magnétique : IRM et RMN 

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IRM encéphalique (coupe sagittale passant par la ligne médiane).
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La résonance magnétique est un phénomène qui apparaît lorsque certains atomes sont placés dans un champ magnétique et reçoivent un rayonnement radio adapté.

En effet, les atomes dont le noyau est composé d'un nombre impair de constituants — en particulier l'hydrogène, dont le noyau se résume à un proton — présentent une sorte de moment magnétique, appelé moment magnétique de spin. Lorsqu'un noyau est placé dans un champ magnétique — mécanique quantique oblige — il ne peut se placer que dans deux états distincts. On peut toutefois faire passer un noyau d'un état à l'autre avec un photon de pulsation adaptée : on parle de résonance. Ce phénomène affectant le noyau d'un atome, on parle de résonance magnétique nucléaire.

Un noyau affecté retourne à l'équilibre en reprenant son état d'origine et en émettant un photon. Ce rayonnement, en plus d'indiquer la présence du noyau, peut également informer sur son voisinage au sein d'une molécule. En effet, il se produit des couplages, qui influencent notamment sa fréquence. En RMN, on appelle ces écarts à un solvant de référence les « déplacements ».

L'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) est l'application de cet effet en imagerie médicale, permettant d'avoir une vue 2D ou 3D d'une partie du corps, notamment du cerveau.

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Transformateurs électriques

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Modèle simplifié d'un transformateur électrique idéal.
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Article détaillé : Transformateur électrique.
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Un transformateur électrique est un convertisseur, qui permet de modifier les valeurs de la tension et de l'intensité du courant délivrées par une source d'énergie électrique alternative en un système de tension et de courant de valeurs différentes, mais de même fréquence et de même forme. Il effectue cette transformation avec un excellent rendement. Il est analogue à un engrenage en mécanique (le couple sur chacune des roues dentées étant l'analogue de la tension et la vitesse de rotation étant l'analogue du courant).

Un transformateur est constitué de deux parties : le circuit magnétique et les enroulements. Les enroulements créent ou sont traversés par un flux magnétique que le circuit magnétique permet de canaliser afin de limiter les pertes. Dans le cas d'un transformateur monophasé parfait pour lequel toutes les pertes et les fuites de flux sont négligées, le rapport du nombre de spires primaires et secondaires détermine totalement le rapport de transformation du transformateur. Ainsi, si on note respectivement n_1 \, et n_2 \, le nombre de spires au primaire et au secondaire, on obtient :

\frac{U_2}{U_1} = \frac{n_2}{n_1}

Avec U_1 \, la tension primaire et U_2 \, la tension secondaire.

Moteurs électriques 

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Articles détaillés : Roue de Barlow et Machine électrique.
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Champ magnétique tournant au sein d'un moteur à courant alternatif triphasé.
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Une machine électrique est un dispositif permettant la conversion d'énergie électrique en travail ou énergie mécanique : les moteurs rotatifs produisent d'un couple par un déplacement angulaire tandis que les moteurs linéaires produisent d'une force par un déplacement linéaire.

Les forces engendrées par les champs magnétiques, formulées par la relation de Lorentz, permettent d'envisager des dispositifs qui utilisent un tel champ pour transformer l'énergie électromagnétique en énergie mécanique.

Le premier moteur électrique fut construit par Peter Barlow : une roue, soumise à un champ magnétique permanent, est parcourue par un courant électrique. Il s'exerce donc une force sur cette roue, qui se met alors en rotation : c'est la roue de Barlow. Elle constitue de fait le premier moteur électrique à courant continu.

Les liens entre champ magnétique et champ électrique, exprimés par les équations de Maxwell, font qu'il est possible de construire des systèmes qui créent un champ magnétique non permanent — à partir d'une source de courant, au moyen d'électroaimants.

Au sein de tels appareils, on crée un champ magnétique tournant[33], c'est-à-dire un champ dont la direction varie en tournant dans un sens ou dans l'autre avec une fréquence de rotation déterminée.

L'une des possibilités est de créer un tel champ à l'aide d'électroaimants fixes — ils constituent le « stator » — parcourus par un courant électrique d'intensité variable, par exemple triphasé. Au centre, une partie mobile et sensible au champ magnétique, constituée par exemple d'aimants permanents, est ainsi mise en mouvement : c'est le « rotor », dont le mouvement de rotation est transmis à un arbre. Ce principe est par exemple mis en œuvre pour les machines synchrones et les machines asynchrones.

Une autre possibilité est de créer un champ permanent au stator à l'aide d'aimants permanents ou d'enroulements parcourus par un courant continu et de réaliser un champ magnétique tournant au rotor par un système de connexions glissantes afin que ce champ rotorique reste en quadrature avec le champ statorique. C'est le principe mis en œuvre pour la machine à courant continu.

 

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Champ magnétique (1).

Publié le 30 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans TECHNOLOGIES-Industrie(Btp-élect - énergie...)

 

Champ magnétique
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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Vue d'artiste de la magnétosphère terrestre.
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Ferrofluide soumis à un champ magnétique dont l'instabilité provoque des pointes qui l'emportent sur la gravité et la tension superficielle du fluide.
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En physique, le champ magnétique (ou induction magnétique, ou densité de flux magnétique) est une grandeur caractérisée par la donnée d'une intensité et d'une direction, définie en tout point de l'espace, et déterminée par la position et l'orientation d'aimants, d'électroaimants et le déplacement de charges électriques. La présence de ce champ se traduit par l'existence d'une force agissant sur les charges électriques en mouvement (dite force de Lorentz), et divers effets affectant certains matériaux (paramagnétisme, diamagnétisme ou ferromagnétisme selon les cas). La grandeur qui détermine l'interaction entre un matériau et un champ magnétique est la susceptibilité magnétique.

Le champ magnétique forme, avec le champ électrique les deux composantes du champ électromagnétique décrit par l'électromagnétisme. Des ondes de champs électrique et magnétique mêlées peuvent se propager librement dans l'espace, et dans la plupart des matériaux. Ces ondes sont appelées ondes électromagnétiques, et correspondent à toutes les manifestations de la lumière, dans tous les domaines de longueur d'onde (ondes radio, domaine micro-onde, infrarouge, domaine visible, ultraviolet, rayons X et rayons gamma). La discipline qui étudie les champs magnétiques statiques (ne dépendant pas du temps) est la magnétostatique.

Les applications de la maîtrise de ce champ sont nombreuses, même dans la vie courante : outre le fait que celui-ci est une composante de la lumière, il explique l'attraction des aimants, l'orientation des boussoles et permet entre autres la construction d'alternateurs et de moteurs électriques. Le stockage d'informations sur bandes magnétiques ou disques durs se fait à l'aide de champs magnétiques. Des champs magnétiques de très forte intensité sont utilisés dans les accélérateurs de particules ou les tokamaks pour focaliser un faisceau de particules très énergétiques dans le but de les faire entrer en collision. Les champs magnétiques sont également omniprésents en astronomie, où ils sont à l'origine de nombreux phénomènes comme le rayonnement synchrotron et le rayonnement de courbure, ainsi que la formation de jets dans les régions où l'on observe un disque d'accrétion. Le rayonnement synchrotron est également abondamment utilisé dans de nombreuses applications industrielles.

Mathématiquement, le champ magnétique est décrit par un champ pseudo vectoriel[1], qui se rapproche d'un champ de vecteurs par plusieurs aspects, mais présente quelques subtilités au niveau des symétries. Les équations décrivant l'évolution du champ magnétique sont appelées équations de Maxwell, en l'honneur de James Clerk Maxwell qui les a finalisées en 1873. C'est cependant Albert Einstein qui en 1905 en a proposé le premier la vision la plus cohérente, dans le cadre de la relativité restreinte qu'il venait de découvrir et qui en est indissociable.


Historique  

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Article détaillé : Histoire de l'électricité.
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Dès le VIe siècle av. J.-C., les philosophes grecs décrivaient — et tentaient d'expliquer — l'effet de minerais riches en magnétite. Ces roches étaient issues entre autres de la cité de Magnésie : elle donna son nom au phénomène.

 

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La magnétite, minerai présentant des propriétés magnétiques, intriguait déjà les Grecs il y a 2 600 ans.
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L'aiguille « Montre-sud » est mentionnée pour la première fois au XIe siècle par Chen Koua et, même s'il y a des attestations de la connaissance de l'aimant en Chine[2] dès le IIIe siècle av. J.-C., le problème du magnétisme terrestre apparaît beaucoup plus tard. L'utilisation de la boussole dans les techniques de navigation daterait du XIIe siècle et son usage exact reste à préciser du fait d'une navigation essentiellement côtière à cette époque[2]. Les boussoles faisaient usage du champ magnétique terrestre, qui se trouve être aujourd'hui à peu près aligné avec l'axe de rotation terrestre, raison pour laquelle une boussole, en indiquant le pôle magnétique, indique aussi (quoique approximativement) la direction du pôle géographique terrestre.

En Occident, Pierre de Maricourt fut l'un des premiers à travailler sur le magnétisme et publia son Epistola de magnete à peu près à la même époque que les savants chinois. Au-delà du simple problème des priorités, il serait intéressant de savoir comment certaines techniques ont pu voyager et s'il n'est pas possible que des développements parallèles, et chronologiquement presque concomitants, se soient produits[2].

Pour les encyclopédistes des Lumières[3], « le magnétisme est le nom général qu’on donne aux différentes propriétés de l’aimant ». Ils attribuent ses effets à une « matière subtile[4], différente de l’air » (parce que ces phénomènes ont également lieu dans le vide) qu’ils appellent magnétique. Plus loin ils affirment que « c’est encore une question non moins difficile que de savoir s’il y a quelque rapport entre la cause du magnétisme & celle de l’électricité, car on ne connoît guère mieux l’une que l’autre. »

Jusqu'au début des années 1820, on ne connaissait que le magnétisme des aimants naturels à base de magnétite. Hans Christian Ørsted montra en 1821 qu'un courant électrique parcourant un fil influence l'aiguille d'une boussole située à proximité. Il fut cependant incapable d'expliquer ce phénomène à la lumière des connaissances de l'époque. La même année, Michael Faraday énonce la loi de Faraday, qui trace un premier lien entre électricité et magnétisme.

En 1822, le premier moteur électrique est inventé : la roue de Barlow.

André-Marie Ampère proposa peu après une loi phénoménologique, aujourd'hui démontrée dans le cadre général de l'électromagnétisme, appelé théorème d'Ampère, qui relie le champ magnétique aux courants. Peu après, en 1825, l'électricien William Sturgeon crée le premier électroaimant.

En 1873, James Clerk Maxwell unifie le champ magnétique et le champ électrique, au sein de la théorie de l'électromagnétisme. Ce faisant, il découvre une incompatibilité entre les lois de la mécanique classique et les lois de l'électromagnétisme. Ces dernières prédisent que la vitesse de la lumière est indépendante de la vitesse d'un observateur par rapport à la source qui émet la lumière, hypothèse incompatible avec les lois de la mécanique classique.

En 1873, l'ingénieur belge Zénobe Gramme découvre le premier moteur électrique à courant continu, utilisable à grande échelle.

En 1887, les Américains Albert A. Michelson et Edward Morley vérifient expérimentalement (expérience de Michelson-Morley) les prédictions de Maxwell.

En 1905, Albert Einstein résout le paradoxe découvert par Maxwell en montrant que les lois de la mécanique classique doivent en réalité être remplacées par d'autres lois, celles de la relativité restreinte.

En 1933, Walther Meissner et Robert Ochsenfeld découvrent qu'un échantillon supraconducteur plongé dans un champ magnétique a tendance à expulser celui-ci de son intérieur (effet Meissner).

En 1944, Lars Onsager propose le premier modèle (dit modèle d'Ising) décrivant le phénomène de ferromagnétisme.

En 1966, le docteur Karl Strnat découvre les premiers aimants samarium-cobalt, d'une énergie phénoménale (18 à 30 MGOe)[5].

En 1968 sont découverts les pulsars, cadavres d'étoiles extraordinairement denses, siège des champs magnétiques les plus intenses existant aujourd'hui dans la nature (4×108 teslas pour le pulsar du Crabe, par exemple).

En 1983, une équipe internationale crée des aimants néodyme-fer-bore, les plus puissants aimants permanents connus à ce jour (35 MGOe soit environ 1,25 tesla[5]).

En 1998, une équipe russe crée un champ magnétique pulsé par une explosion qui atteint 2 800 T[6].

Le 12 décembre 1999, une équipe américaine crée un champ magnétique continu d'une intensité de 45 T[7].

En 2006, des champs magnétiques pulsés ont atteint 100 T sans destruction[8].

Expression du champ magnétique  

Notation  

On note généralement le champ magnétique avec la lettre B, écrite en caractère gras ou surmontée d'une flèche, ces deux notations indiquant qu'il s'agit d'un vecteur (ou en l'occurrence d'un pseudovecteur) : \vec B ou B. Cette lettre, empruntée à James Clerk Maxwell, vient de ses notations : il décrivait les trois composantes du champ magnétique indépendamment, par les lettres B, C, D. Les composantes du champ électrique étant, dans les notations de Maxwell les lettres E, F, G.

Le champ étant défini dans tout l'espace, c'est en fait une fonction des coordonnées, en général notées par le rayon vecteur r, et éventuellement du temps t, aussi est-il noté B(r) ou B(rt). Cependant, on utilise souvent la notation B, la dépendance spatiale et/ou temporelle étant implicite.

Unités
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Article détaillé : Intensité de champ magnétique.
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Des aimants NdFeB, créant un champ de 1,25 tesla (en haut et entre les sphères), supportant 1 300 fois leur propre poids.
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L'unité moderne utilisée pour quantifier l'intensité du champ magnétique est le tesla, défini en 1960[9]. C'est une unité dérivée du système SI. On définit un tesla par un flux d'induction magnétique d'un weber par mètre carré :

1 T = 1 Wb·m-2 = 1 kg·s-2·A-1= 1 N·A-1·m-1 = 1 kg·s-1·C-1.

Pour diverses raisons historiques remontant aux travaux de Charles de Coulomb, certains auteurs préfèrent utiliser des unités hors du système SI, comme le gauss[10] ou le gamma[11]. On a :

Enfin, on utilise également parfois l'œrsted, notamment pour quantifier la « force » des aimants naturels, dont l'équivalent SI est l'ampère par mètre A.m-1 par la relation :

1\, \mathrm{Oe} = \frac{10^3}{4 \pi} \mathrm{A \cdot m^{-1}}.
Ordres de grandeur  

Dans l'espace interplanétaire, le champ magnétique est compris entre 10-10 et 10-8 T[12]. Des champs magnétiques à plus grande échelle, par exemple au sein de la Voie lactée sont également mesurés, par l'intermédiaire du phénomène de rotation de Faraday, en particulier grâce à l'observation des pulsars. L'origine et l'évolution des champs magnétiques aux échelles galactiques et au-delà est à l'heure actuelle (2007) un problème ouvert en astrophysique. Les étoiles, à l'instar des planètes, possèdent aussi un champ magnétique, qui peut être mis en évidence par spectroscopie (effet Zeeman). Une étoile en fin de vie a tendance à se contracter, laissant à l'issue de la phase où elle est le siège de réactions nucléaires un résidu plus ou moins compact. Cette phase de contraction augmente considérablement le champ magnétique à la surface de l'astre compact. Ainsi, une naine blanche possède un champ magnétique pouvant aller jusqu'à 104 teslas, alors qu'une étoile à neutrons jeune, bien plus compacte qu'une naine blanche a un champ mesuré à 108 voire 109 teslas. Certaines étoiles à neutrons appelées pulsars X anormaux et magnétars semblent être dotées d'un champ magnétique jusqu'à 100 fois plus élevé[13],[14].

Un aimant NdFeB (néodyme-fer-bore) de la taille d'une pièce de monnaie (créant un champ de l'ordre de 1,25 T[5]) peut soulever un objet de 9 kg et effacer les informations stockées sur une carte de crédit ou une disquette. Les utilisations médicales, comme l’IRM, impliquent des champs d'intensité allant jusqu'à 6 T. Les spectromètres RMN peuvent atteindre jusqu'à 23,5 T (1 GHz résonance du proton).

Étant une composante du champ électromagnétique, l'intensité du champ magnétique décroît avec la distance à sa source, mais est de portée infinie. Ceci est intimement lié au fait que la particule élémentaire vecteur de l'interaction électromagnétique, le photon, est de masse nulle.

Manifestations du champ magnétique  

Articles détaillés : Magnétisme et Électromagnétisme.

En physique classique, les champs magnétiques sont issus de courants électriques. Au niveau microscopique, un électron en « orbite » autour d'un noyau atomique peut être vu comme une minuscule boucle de courant, générant un faible champ magnétique et se comportant comme un dipôle magnétique. Selon les propriétés des matériaux, ces structures magnétiques microscopiques vont donner lieu à essentiellement trois types de phénomènes :

  • Dans certains cas, les champs générés par des électrons d'atomes voisins présentent une certaine tendance à s'aligner les uns par rapport aux autres, un champ magnétique macroscopique, c'est-à-dire une aimantation spontanée, est susceptible d'apparaître. C'est le phénomène de ferromagnétisme, expliquant l'existence d'aimants permanents. Il est possible de détruire le champ magnétique d'un aimant en le chauffant au-delà d'une certaine température. L'agitation thermique générée par le chauffage brise les interactions entre atomes proches qui étaient responsables de l'alignement des champs magnétiques atomiques. En pratique, le phénomène de ferromagnétisme disparaît au-delà d'une certaine température appelée température Curie. Elle est de 770 degrés Celsius pour le fer.
  • En l'absence de ferromagnétisme, ou à une température trop élevée pour que celui-ci apparaisse, la présence d'un champ magnétique externe peut amener les champs microscopiques à s'aligner dans le sens du champ. Ce phénomène est appelé paramagnétisme. La transition entre l'état ferromagnétique et l'état paramagnétique se fait par l'intermédiaire d'une transition de phase dite de second ordre (c'est-à-dire que l'aimantation tend continûment vers 0 à mesure que la température approche la température de Curie, mais que sa dérivée par rapport à la température diverge à la transition). Le premier modèle mathématique permettant de reproduire un tel comportement s'appelle le modèle d'Ising, dont la résolution, considérée comme un tour de force mathématique, a été effectuée par le prix Nobel de chimie Lars Onsager en 1944.
  • À l'inverse, certains matériaux tendent à réagir en alignant leurs champs magnétiques microscopiques de façon antiparallèle avec le champ, c'est-à-dire s'efforçant de diminuer le champ magnétique imposé de l'extérieur. Un tel phénomène est appelé diamagnétisme.
Courants électriques 

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Un courant électrique, d'intensité I (I > 0), parcourant un fil crée un champ magnétique B autour de celui-ci.

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Tout courant électrique génère un champ magnétique, ce qu'a montré l'expérience historique d'Ørsted.

La présence d'un courant permet donc d'influencer localement le champ magnétique, c'est le principe des électroaimants. Ce champ magnétique est d'autant plus intense que le courant l'est. Réciproquement, un champ magnétique variable est susceptible de générer un courant électrique. C'est le principe de l'induction magnétique qu'utilisent toutes les machines électriques.

Champs magnétiques des planètes  

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Représentation d'artiste du champ magnétique terrestre.
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La Terre, comme la plupart des planètes du système solaire, possède un champ magnétique. Ce champ magnétique terrestre — qui protège la Terre en déviant les particules chargées issues du Soleil dans une région appelée magnétosphère — est principalement d'origine interne. On suppose qu'il est issu d'effets de convection de la matière située dans le noyau interne de la Terre, principalement composé de fer et de nickel liquide. En particulier, des courants (bien que très faibles), parcourant le noyau induiraient ce champ magnétique, par un processus appelé effet dynamo.

La valeur moyenne du champ magnétique terrestre est d'environ 0,5 gauss (soit 5×10-5 T). Le champ magnétique terrestre fluctue au cours du temps : sa direction et son intensité ne sont pas constantes. De plus, il n'est pas homogène en tout point du globe[15].

 

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Aurores au pôle de Jupiter.

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En particulier, les champs magnétiques des planètes Jupiter et Saturne, les plus intenses après celui du Soleil[16] sont actuellement beaucoup étudiés afin notamment de comprendre le décalage entre l'orientation du champ magnétique et l'axe de rotation de la planète, ainsi que ses variations[17]. La mesure du champ magnétique de Saturne est l'un des objectifs de la mission Cassini-Huygens[18], tandis que celui de Jupiter sera étudié par la sonde JUNO[19]. L'origine de ces champs est supposée liée aux mouvements du noyau d'hydrogène métallique qu'elles abritent.

Au niveau des pôles magnétiques de ces planètes, le champ a tendance à guider les particules chargées, issues par exemple du vent solaire. Celles-ci, très énergétiques, interagissent parfois avec l'atmosphère de la planète : c'est ce que l'on peut observer sous la forme des aurores polaires.

Monopôles magnétiques 

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Article détaillé : Monopôle magnétique.
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Une des différences fondamentales entre le champ électrique et le champ magnétique est que l'on observe dans la nature des particules possédant une charge électrique, alors que l'on n'observe ni particule ni objet possédant une charge magnétique. En pratique cela se traduit par l'absence de configurations possédant un champ magnétique purement radial, ce qui mathématiquement correspond au fait que le champ magnétique est de divergence nulle.

En particulier, tout aimant possède un pôle nord et un pôle sud magnétique. Si l'on casse cet aimant en deux, on se retrouve avec deux aimants ayant chacun un pôle nord et un pôle sud magnétique. Mathématiquement, cette propriété se traduit par le fait que la divergence du champ magnétique est nulle, propriété formalisée par l'une des équations de Maxwell. Des objets hypothétiques ne possédant qu'un seul pôle magnétique sont appelés monopôles magnétiques.

L'existence de monopôles magnétiques n'a pour l'heure pas été prouvée. D'un point de vue physique, rien n'interdit cependant leur existence. Dans cette hypothèse, l'électrodynamique quantique prédit certaines de leurs propriétés, à savoir que la charge électrique et la charge magnétique sont deux entités nécessairement discrètes, dont le produit de la plus petite valeur positive est égal au produit d'un nombre entier par la constante de Planck réduite. On parle dans ce cas de monopôles de Dirac, nommés en l'honneur du physicien anglais Paul Dirac qui a prouvé cette propriété de discrétisation.

Dans la théorie de Yang-Mills, on fait intervenir un monopôle de 't Hooft-Polyakov.

Origine relativiste 

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Une particule chargée, au repos dans le vide, engendre un champ électrique isotrope, identique dans toutes les directions de l'espace.
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En revanche, son déplacement brise cette symétrie, à cause d'effets relativistes : cette déformation est à l'origine du champ magnétique.

En 1905, Albert Einstein montra comment le champ magnétique apparaît, comme un des aspects relativistes du champ électrique[20], plus précisément dans le cadre de la relativité restreinte.

Il se présente comme le résultat de la transformation lorentzienne d'un champ électrique d'un premier référentiel à un second en mouvement relatif.

Lorsqu'une charge électrique se déplace, le champ électrique engendré par cette charge n'est plus perçu par un observateur au repos comme à symétrie sphérique, à cause de la dilatation du temps prédite par la relativité. On doit alors employer les transformations de Lorentz pour calculer l'effet de cette charge sur l'observateur, qui donne une composante du champ qui n'agit que sur les charges se déplaçant : ce que l'on appelle « champ magnétique ».

On peut ainsi décrire les champs magnétique et électrique comme deux aspects d'un même objet physique, représenté en théorie de la relativité restreinte par un tenseur de rang 2.

Champ magnétique, excitation magnétique et aimantation  

Un matériau plongé dans un champ magnétique est susceptible de générer un nouveau champ magnétique au sein de celui-ci. Plus précisément, il peut générer une densité de dipôles magnétiques suffisante pour que celle-ci génère un champ magnétique mesurable. Un tel phénomène est appelé aimantation.

Un matériau ferromagnétique possède une aimantation spontanée, c'est-à-dire existant même en l'absence de champ extérieur, mais même dans ce cas, la valeur de l'aimantation est influencée par l'intensité du champ magnétique extérieur. Le champ généré par l'aimantation s'ajoute au champ initial, et c'est la somme des deux qui est observée. Dans un tel cas, le terme de champ magnétique désigne le champ total, et le champ initial prend le nom d'excitation magnétique.

En d'autres termes, on est parfois amené à distinguer le champ initial, l'excitation magnétique, notée H, du champ total, noté B, reliés l'un à l'autre par la relation :

\boldsymbol B = \mu_0 \left( \boldsymbol H + \boldsymbol M \right),

μ0 étant la perméabilité magnétique du vide et M l'aimantation du milieu.

L'aimantation est une conséquence de l'excitation magnétique, et il existe donc une fonction (éventuellement compliquée)

\boldsymbol M = \boldsymbol M \left( \boldsymbol H \right).

Dans les cas les plus simples, ces deux quantités sont proportionnelles l'une de l'autre, et l'on définit la susceptibilité magnétique χ, quantité sans unité, par :

\boldsymbol M = \chi \boldsymbol H

ce qui permet d'écrire :

\boldsymbol B = \mu_0 \left(1 + \chi \right) \boldsymbol H = \mu_0 \mu_r \boldsymbol H

avec

μr = 1 + χ,

qui est appelé la perméabilité magnétique (ou perméabilité) du milieu.

Quand le matériau est anisotrope, la relation entre excitation et aimantation peut être plus complexe. En particulier, ces deux quantités peuvent ne pas avoir même direction. Dans ce cas, si l'on suppose qu'elles sont reliées par une relation linéaire, celle-ci est sous forme matricielle.

Différence entre champ magnétique et excitation magnétique  

Il est bien souvent difficile de distinguer un champ magnétique B d'une excitation magnétique H d'autant qu'ils sont souvent donnés comme étant liés par une perméabilité magnétique relativement complexe à estimer (car fonction du matériau et de la norme d'un éventuel courant électrique embrassant celui-ci).

En fait, l'induction magnétique est un champ au sens physique du terme c'est-à-dire qu'en un point de l'espace soumis à ce champ, une force d'attraction (ou de répulsion) magnétique est susceptible de s'appliquer.

Quant à l'excitation magnétique, c'est une fonction mathématique qui fait le lien entre un courant électrique et un champ magnétique. Elle est parfaitement définie par l'équation de Maxwell-Ampère :

\boldsymbol \nabla \wedge \boldsymbol H \ = \boldsymbol j (formulation locale),

ou bien

\oint_C \boldsymbol H \cdot \mathrm{d} \boldsymbol l = nI (formulation intégrale).

Dans l'air, les vecteurs H et B sont égaux à une constante multiplicative près (perméabilité magnétique de l'air, proche de celle du vide). On peut choisir d'étudier indifféremment l'un ou l'autre du fait de la relation rigide qui les lie. Par contre, dans un matériau quelconque, en particulier pour les matériaux ferromagnétiques, les deux vecteurs doivent être clairement distingués car en plus des différences que nous venons de voir, des phénomènes de non-linéarités (saturation magnétique et hystérésis) compliquent les relations entre B et H.

Le champ d'excitation H est parfois appelé « champ courant » pour mieux souligner son origine.

Visualisation du champ magnétique  

Lignes de champ 

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Article détaillé : Ligne de champ.
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Mise en évidence de lignes de champ magnétique par des brindilles d'acier et de la limaille.

 

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Par définition, les lignes de champ du champ magnétique sont l'ensemble des courbes « en tout point » tangentes à B'.

Ces lignes relient les pôles magnétiques, et par convention on les oriente de sorte que les lignes de champ d'un aimant entrent par le sud et ressortent par le nord. Leur expression locale est telle que :

\boldsymbol B \wedge {\mathrm d} \boldsymbol l = 0.

où dl, de coordonnées (dx, dy, dz), est un vecteur infinitésimal. Une équation paramétrique décrivant les lignes de champ se déduit de la formule ci-dessus en choisissant une variable d'intégration (par exemple x si la composante Bx est non nulle) et en intégrant les équations, qui en coordonnées cartésiennes donnent

\frac{{\mathrm d} y}{{\mathrm d} x} = \frac{B_y}{B_x} ,
\frac{{\mathrm d} z}{{\mathrm d} x} = \frac{B_z}{B_x} .
Observation  

Lorsqu'on approche un aimant d'une poudre de fer, on observe des formes géométriques particulières. Le ferromagnétisme de la limaille de fer fait qu'elle s'aimante légèrement en présence du champ magnétique. Ainsi, la limaille s'orientera de sorte qu'on observera les lignes de champ magnétique.

La forme précise de ces lignes dépend de la forme de l'aimant.

Dans une bobine suffisamment longue, on observe et on montre que le champ magnétique est pratiquement uniforme à l'intérieur : les lignes de champ sont portées par des droites parallèles et de même écart, selon l'axe du solénoïde.

Décomposition  

Le champ magnétique étant de divergence nulle (on parle parfois de champ solénoïdal), il est possible de le décomposer en deux champs appelés champ toroïdal et champ poloïdal. Une telle décomposition est particulièrement appropriée dans les configurations de forme sphérique, et se trouve donc fréquemment utilisée en géophysique et en physique stellaire. Elle est également utilisée pour décrire le champ magnétique qui règne dans un tokamak.

Effets du champ magnétique 

Effets physiques  
Force de Lorentz 

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Article détaillé : Force de Lorentz.
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La force de Lorentz.

Le champ magnétique influence les particules chargées au travers de la force de Lorentz.

En l'absence de champ électrique, l'expression de cette force est, pour une particule de charge q animée d'une vitesse v :

\boldsymbol F = q \boldsymbol v \wedge \boldsymbol B

où on a noté le produit vectoriel par une croix, et où les quantités sont exprimées dans les unités du système international.

On peut réécrire cette relation sous forme différentielle pour un fil, en introduisant le courant électrique :

\mathrm d \boldsymbol F = I \mathrm d \boldsymbol l \wedge \boldsymbol B

avec I l'intensité du courant électrique, B le champ magnétique et dl une portion infinitésimale de fil, symbolisée par un vecteur tangent à celui-ci.

Cette expression se généralise aux distributions de courants bidimensionnelles (surfaces et courants surfaciques) aussi bien que tridimensionnelles (volumes et courants volumiques). On introduit dans ces cas la notion d'« élément de courant » dC, définie par :

  • dC = js·dS pour une surface, où js est le courant surfacique ;
  • dC = j dτ pour un volume, où j est le courant volumique.

On a ainsi une expression générale :

\mathrm d \boldsymbol F = {\rm d} \boldsymbol C \wedge \boldsymbol B.
Force de Laplace 
Article détaillé : Force de Laplace.

La force de Laplace est simplement un cas particulier de la force de Lorentz, pour un barreau homogène et conducteur, parcouru par un courant électrique et placé dans un champ magnétique.

Contrairement à la force de Lorentz, elle ne traite pas des particules constituantes du barreau, mais de l'effet macroscopique : si son expression est similaire, le sens physique des objets considérés diffère. En particulier, la force n'est pas toujours orthogonale à la vitesse.

L'expression de la force de Laplace est :

\mathrm d \boldsymbol F = I \mathrm d \boldsymbol l \wedge \boldsymbol B,

I est l'intensité du courant, B le champ magnétique et dl' un élément infinitésimal du barreau.

Supraconducteurs 
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L'effet Meissner résulte de l'expulsion des champs magnétiques par un matériau supraconducteur.
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Article détaillé : Effet Meissner.
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Les matériaux supraconducteurs ont la propriété intéressante de ne pas pouvoir être pénétrés par un champ magnétique : on parle d'expulsion du champ magnétique. On observe ce phénomène par exemple au travers de l'effet Meissner.

Une des interprétations possibles consiste à fournir une masse aux photons, porteurs du champ magnétique, ce qui diminue la portée de ce champ à l'intérieur du matériau. Il est ainsi possible de faire des analogies avec des processus comme le mécanisme de Higgs, qui explique la masse des porteurs des interactions nucléaires.

On traduit cela par une expression particulière du potentiel vecteur.

Cet effet ne saurait par ailleurs être observé entre deux aimants : la lévitation statique serait alors interdite par le théorème d'Earnshaw.

Dans la théorie BCS, qui traite des supraconducteurs, on peut montrer que le potentiel vecteur est de la forme :

\boldsymbol A (x) = \boldsymbol A_0 e^{-\frac{x}{\lambda}},

ou x la profondeur de pénératration dans le supraconducteur et λ est la longueur de pénétration caractéristique, qui vaut

\lambda = \sqrt{\frac{m}{2 \mu_0 e^2 \rho_{\rm s}}},

m est la masse d'un électron, e sa charge électrique et ρs la densité superfluide du supraconducteur, supposée uniforme et constante. Ainsi, le potentiel vecteur — donc le champ magnétique — ne pénètre que sur une épaisseur de quelques λ à l'intérieur du matériau.

Si le champ magnétique environnant le matériau supraconducteur est trop intense, celui-ci ne peut expulser le champ dans sa totalité. Certaines régions du matériau supraconducteur vont devenir non supraconductrices et canaliser le champ magnétique. Le supraconducteur a tendance à minimiser la taille de telles régions, qui prennent la forme de tubes alignés le long du champ magnétique. Ces régions sont appelées, pour des raisons évidentes, tubes de flux.

 

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René-Antoine Ferchault de Réaumur.

Publié le 29 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans SCIENCES-Histoire-Biologie-Bota-Zoo- Médecine

 

René-Antoine Ferchault de Réaumur
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René-Antoine Ferchault de Réaumur.
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René-Antoine Ferchault de Réaumur, né le 28 février 1683 à La Rochelle et mort le 17 octobre 1757 dans son domaine de la Bermondière, à Saint-Julien-du-Terroux, est un scientifique français qui s'intéressa à des sujets très variés tels que la métallurgie, la température, la porcelaine et particulièrement l'entomologie. Il est aussi l'un des précurseurs de l'éthologie ; l'étude des comportements animaliers.

 

Éléments biographiques 

La famille des Ferchault possède des terres en Vendée, dans le canton de Pouzauges. Jean Ferchault, le grand-père de René-Antoine, receveur des douanes à Luçon, achète dans les années 1620, une partie de la seigneurie de Réaumur.

Son père, René Ferchault qui est conseiller au présidial de La Rochelle, fonction surtout honorifique, meurt le 20 août 1684, tandis que son frère, Jean-Antoine (1684-1719), naît le 1er octobre de la même année.

René-Antoine fréquente le collège jésuite de Poitiers. En 1699, lui et Jean-Antoine s'installent à Bourges pour poursuivre leurs études auprès de leur oncle, le chanoine Gabriel Bouchel. René-Antoine étudie en particulier le droit et les mathématiques.

Arrivée à Paris  

En 1703, il arrive à Paris où il continue ses études de mathématiques et de physique. C'est son cousin, Charles Hénault (1685-1770) qui le reçoit et, connaissant son goût et ses aptitudes pour les mathématiques, le fait connaître de Jean-Paul Bignon (1662-1743), alors président de l'Académie des sciences. Le 12 mars 1708, il devient élève géomètre à l'Académie. Dès le 19 mai 1708, il lit devant l'Académie une communication sur un problème de géométrie, Manière de trouver une infinité de lignes courbes nouvelles, en faisant parcourir une ligne quelconque donnée, par une des extrémités d'une ligne droite donnée aussi, et toujours placée sur un même point fixe, où il utilise une méthode mise au point par Louis Carré (1663-1711). Il présente l'année suivante deux autres mémoires portant sur le même sujet. Il est considéré comme le créateur de la notion de développée imparfaite.

Ce sont les seuls travaux de Réaumur en mathématique. En novembre 1709, il présente un mémoire intitulé De la formation et de l'accroissement des coquilles des animaux tant terrestres qu'aquatiques, soit de mer, soit de rivières. Ce travail, où il précise le mode de croissance des coquilles de mollusque, inaugure ses recherches sur les invertébrés.

Croyant convaincu, il passe beaucoup de temps dans ses domaines pour y observer la nature, qui reflète les merveilles de Dieu[1]. Il présente en 1710 plusieurs mémoires consacrés aux invertébrés, sur la soie des araignées, les écrevisses, les guêpes... La mort de Louis Carré lui permet d'obtenir le titre de pensionnaire mécanicien à l'Académie des sciences, le 14 mai 1711.

L'Académie des sciences  

Il participe dès lors activement à toutes les activités de l'Académie. Il est nommé pour la première fois sous-directeur de l'Académie en 1713 (puis en 1718, 1722, 1723, 1726, 1730, 1734, 1739, 1746 et 1752) et directeur l'année suivante (ainsi qu'en 1716, 1717, 1720, 1724, 1727, 1731, 1735, 1740, 1747 et 1753).

Ses communications se succèdent : en 1712, il s'intéresse aux coquillages, à la reproduction des écrevisses et aux algues. En 1713, il se consacre à la botanique. Parallèlement à ses propres recherches, il est chargé par l'Académie de faire paraître une Description des Arts et Métiers. En 1711, il fait paraître ses deux premières études, sur la fabrication de l'ardoise et des fausses perles, puis, l'année suivante, sur les techniques utilisées pour la fabrication de miroirs, et, en 1713, sur le travail du doreur. Ces premières évaluations de l'artisanat français, où il propose souvent des améliorations techniques, sont rassemblées et publiées par l'Académie de 1761 à 1782 en 18 volumes.

C'est dans cette série que s'insèrent ses premières observations en métallurgie, intérêt activement soutenu par le Régent, Philippe d'Orléans (1674-1723). Il présente à l'Académie, entre 1720 et 1722, dix mémoires consacrés à ce sujet. Il les rassemble et les fait paraître en deux parties sous les titres L'Art de convertir le fer forgé et l'art d'adoucir le fer fondu ou de faire des ouvrages de fer fondu aussi finis que le fer forgé et L'Art d'adoucir le fer fondu ou l'art de faire des ouvrages de fer fondu aussi finis que le fer forgé. En décembre 1721, le Régent le récompense pour ses recherches en lui attribuant 12 000 livres de rente annuelle, dont il fera cadeau à l'Académie.

En 1725, il fait paraître son Explication des principes établis par M. de Réaumur pour la construction des thermomètres dont les degrés soient comparables. En 1734, il publie le premier tome de ses Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes. Le deuxième tome paraît en 1736, le troisième en 1737, le quatrième en 1738, le cinquième en 1740, le sixième en 1742. En 1749, il publie l’Art de faire éclore et d'élever en toutes saisons des oiseaux domestiques de toutes espèces.

En 1751, un collaborateur, Pierre Baux, célèbre médecin, météorologiste, botaniste et naturaliste, devient son correspondant à l'Académie.

Dans son Art de convertir le fer forgé, Réaumur exprime avec force les principes qui vont désormais guider les Académiciens et selon lesquels il s'agit de faire progresser les connaissances et de contribuer au développement de la communauté scientifique internationale[N 1].

L'etude des sucs gastrique 

En 1752, il étudie l’influence du suc gastrique dans la digestion et permet des avancées dans ce domaine. Il est l’un des pionniers de la génétique avec ses recherches sur l’hybridation qui sont à la base des travaux que Mendel entreprendra près d’un siècle plus tard.Il se sert du suc gastrique d un lapin et de la viande dans un tube a essaie + du suc guastrique cet homme etait un vrai pionnier de l intelligeance francaise

L'acier 

Il s'intéresse à la fabrication de l'acier et tente d'améliorer la médiocre production française. Le premier, il démontre que l'acier n'est pas du fer épuré, comme on le pensait jusqu'alors. Grâce à ses recherches il démontre la possibilité de transformer la fonte en acier, par addition de fer métallique ou d'oxyde. Il étudie également les traitements thermiques de l'acier : cémentation et trempe en inaugurant l'utilisation du microscope pour l'étude de la constitution des métaux, créant la métallographie. Il publie en 1722 « L'Art de convertir le fer forgé en acier » et « L'Art d'adoucir le fer fondu ». Il se consacre en effet à la mission d'appui au développement industriel confiée à l'Académie par Louis XIV, qui comprend notamment l'examen des inventions et la publication de la Description des Arts et Métiers[1].

Le fer-blanc 

Il met au point un procédé économique de fabrication du fer-blanc en 1725 et prend même la direction d'une usine[1]. Tout d'abord, il préconise de choisir les feuilles d'acier assez souple, de les décaper avec une solution acide (vinaigre, eau de seigle ?), puis de les frotter au sable avant de les étamer. Il indique également que le bain d'étain doit être recouvert d'une couche de suif pour limiter la formation d'impuretés. (Principes de l'art de faire le Fer blanc, registres de l'Académie royale des sciences, 21 avril 1725.)

Les ancres 

Réaumur présente en juillet 1723 à l'Académie Fabrique des ancres, avec des notes et des additions de Duhamel. Cet ouvrage est publié en 1761 dans les Descriptions des Arts et Métiers, faites ou approuvées par messieurs de l'Académie Royale des Sciences.

Le thermomètre 

Réaumur expose dans un mémoire de 1730[2] l'idée du premier thermomètre comparable à alcool qui immortalisera son nom. L'anglais Robert Hooke avait déjà eu l'idée d'un thermomètre à alcool avec la température de congélation de l'eau comme graduation zéro. Réaumur a calibré son thermomètre de 0 à 80, entre le point de congélation de l'eau et le point d'ébullition de l' « esprit-de-vin » (alcool), qu'il confondait avec le point d'ébullition de l'eau. Remarquons que le point d'ébullition de l'éthanol est très précisément de 78,4 °C (en degrés Celsius) et qu'un thermomètre à alcool ne permet donc pas de mesurer la température d'ébullition de l'eau. (Voir aussi: échelle Réaumur).

L'étude des insectes et autres invertébrés 

Dès le début de ses recherches, il se passionne pour les invertébrés et notamment les insectes. En 1710, il écrit un mémoire intitulé Examen de la soie des Araignées dans lequel il étudie une proposition de François Xavier Bon de Saint Hilaire (1678-1761), président de la Cour des comptes de Montpellier, et qui s'intéresse à la possibilité d'utiliser la soie d'araignée à la place de celle produite par le ver à soie. Réaumur montre que la soie d'araignée est plus onéreuse à produire tout en étant moins belle.

Son cabinet de curiosités  

Réaumur constitue un très riche cabinet de curiosités où il tente, non seulement d'obtenir un exemplaire de chacune des espèces, mais surtout d'avoir des informations sur son habitat et ses mœurs. Pour Réaumur, le cabinet n'est pas un lieu simplement voué à l'entassement des collections mais doit être avant tout un outil scientifique à part entière. Son cabinet est l'un des plus riches d'Europe, seulement surpassé, sans doute, par celui de Sir Hans Sloane.

Ses collections ornithologiques sont plus réduites que ses collections de coquillages, probablement à cause des difficultés de préservation des peaux d'oiseaux, notamment des attaques des insectes. Mais elle constitue la plus riche d'Europe. Ses collections d'oiseaux sont connues grâce à l'œuvre de Mathurin Jacques Brisson (1723-1806), conservateur du cabinet de Réaumur. Il fait paraître en 1760 Ornithologie (6 volumes), l'un des plus vastes catalogues ornithologiques jamais écrit. Il accède, outre la collection de Réaumur, à des collections privées parisiennes. L’Ornithologie de Brisson demeurera une référence durant plus d'un siècle.

À la mort de Réaumur, Buffon réussit à obtenir ses collections et à les intégrer dans le Cabinet du roi, dépendant du Jardin du roi, bien que Réaumur les ait léguées à l'Académie.

Ouvrages 

  • L'Art de convertir le fer forgé en acier et l'art d'adoucir le fer fondu, ou de faire des ouvrages de fer fondu aussi finis que le fer forgé (1722), "L'Art de convertir le fer forgé en acier"
Contrairement à ce que l'on dit souvent, Réaumur n'a pas démontré que l’acier contenait du carbone. Mais il a donné tous les outils de pensée nécessaires pour conduire à cette découverte, faite par Vandermonde, Berthollet et Monge en 1786[3]. Précisément, il place l'acier entre fer et fonte, alors que ce métal était considéré jusque là comme du fer "épuré"[4]; il démontre que l'acier se composait de divers constituants, qu'il pensait être du sel et du soufre. Enfin, il place la réversibilité de cet état métallique, entre fer et fonte[5]. Les deux ouvrages qu'il rédige à ce propos vont profondément influencer les recherches en métallurgie et en chimie. Ils ont été considéré à l'époque, comme fondateur de la sidérurgie scientifique.
  • Fabrique des ancres (1723) Extraits en ligne
  • Mémoires pour servir à l'histoire des insectes (1734-1742). Tome I : Chenilles et Papillons ; Tome II : Suite et histoire des Insectes ennemis des Chenilles ; Tome III : Histoire des Vers mineurs des feuilles, des Teignes, des fausses Teignes, des Pucerons, des ennemis des Pucerons, des faux Pucerons et l'histoire des Galles des plantes et de leurs insectes ; Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes ; Tome V : Suite et histoire de plusieurs Mouches à quatre ailes, savoir des Mouches à Scies, des Cigales et des Abeilles ; Tome VI : Suite avec supplément des Mouches à deux ailes ; Tome VII : Histoire des fourmis, Histoire des scarabées Texte en ligne
  • Moyens d'empecher l'evaporation des liqueurs spiritueuses, dans lesquelles on veut conserver des productions de la Nature de differens genres (1746)
  • Art de faire éclore et d'élever en toute saison des Oiseaux Domestiques de toutes espèces, soit par le moyen de la chaleur du fumier, soit par le moyen de celle du feu ordinaire (2 volumes, 1749 ; 1751)
C'est le premier traité d'aviculture. Il se compose de 10 mémoires décrivant les différentes étapes de cette technique. Présentée à l'Académie des sciences en 1747, cette méthode d'incubation artificielle, inspirée des techniques antiques égyptiennes, permit une amélioration considérable de l'élevage avicole en France, et fut utilisée fidèlement pendant plus de deux siècles.
  • Pratique de l'art de faire éclore et d'élever en toute saison des oiseaux domestiques de toutes espèces, soit par le moyen de la chaleur du fumier, soit par le moyen de celle du feu ordinaire (1751)
C'est une sorte d'abrégé, que Réaumur destine plus aux « habitans de la campagne » qui désirent mettre en œuvre ses découvertes qu'au public de « physiciens » et scientifiques qui étaient les destinataires de la première version.
  • Lettres a un Ameriquain sur l'histoire naturelle, generale et particuliere de monsieur de Buffon. Suite des Lettres a un Ameriquain, sur l'histoire naturelle de M. de Buffon ; et sur le Traite des animaux de M. l'abbe de Condillac (4 volumes, 1751-1756)
Prétendument imprimées à Hambourg (à cause de la rivalité opposant Réaumur et Buffon ?), les Lettres - et particulièrement leurs pages de titre - sont pourvues d'une typographie imitant les impressions allemandes. « Pour Reaumur, qui se cache derrière l'abbé de Lignac, le fait de percevoir la puissance divine à travers la complexité et la perfection de ses œuvres interdit d'en faire une synthèse. Bien plus, il est sacrilège de vouloir interpréter les observations humaines, car l'homme n'est pas forcément au centre du monde tel que l'a pensé Dieu. Partant de là, il ne pouvait que s'opposer à Buffon qui se propose de placer l'homme au centre de son Histoire naturelle. » (Pascale Heurtel, Tous les savoirs du Monde).
  • Art de l'Epinglier. Avec des additions de M. Duhamel du Monceau, & des remarques extraites des Mémoires de M. Perronet, inspecteur général des Ponts & Chaussées (1761)
  • Lettres inédites de Réaumur (1886)
  • Morceaux Choisis, Gallimard, 1939.

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1730.

Publié le 29 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque moderne (du XVIe au XIXe siècle)

 

1730
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Cette page concerne l'année 1730 du calendrier grégorien.

Événements 

Afrique 
Amérique  
Asie 
Proche-Orient  
  • 20 septembre : Début du sultanat ottoman de Mahmud Ier (fin en 1754).
    • Le sultan Ahmet III est déposé par le grand vizir Patrona et les janissaires. Il mourra en prison, probablement assassiné. Son neveu Mahmud Ier lui succède. Brillant poète, il s’entoure d’hommes de lettres et de musiciens.
  • Les Ottomans attaquent les principautés arméniennes du Karabakh. David Bek résiste avec 5000 hommes. Il bat plusieurs fois les Turcs, mais finalement succombe sous le nombre. Le Karabakh est occupé. Il retrouvera son autonomie quand les Perses reprendront les Provinces du Caucase en 1736.
  • Les Afghans sont rejetés hors de Perse.
  • Paix russo-perse.
Europe  
France 
  • Création du Conseil du commerce, présidé par Orry.
  • Fleury livre à la ferme le monopole des ventes du tabac, importé des colonies britanniques d’Amérique du Nord.
Russie 
  • 29 janvier : Début du règne de Anna Ivanovna, impératrice de Russie (fin en 1740).
    • A la mort du tsar, D.M. Galitzine aide Anna, fille d’Ivan V, à monter sur le trône. Comme il cherchait à restreindre son pouvoir pour établir une oligarchie nobiliaire (« conditions de Mitau »), il est emprisonné sous la pression du Sénat et de la garde impériale dans la forteresse de Schlüsselbourg. Anna, veuve du duc de Courlande, attire à sa cour ses favoris prussiens.
  • Février : Anna Ivanovna renoue avec l’aristocratie.
  • 4 mars : Anna Ivanovna supprime le Conseil suprême privé et rétablit le Sénat dans ses pouvoirs.
  • Mars : Manifeste d’Anne ordonnant au clergé de respecter les pratiques du rituel et condamnant les tendances réformatrices.
  • Avril : les Dolgorouki sont écartés du pouvoir.
  • Juillet : Création du corps des cadets et suppression de l’école du soldat.
  • 10 octobre : Création du Cabinet des ministres (trois membres), aux fonctions identiques à celle du Conseil suprême privé.
  • Création d’un bureau des haras.
  • Paix avec la Perse.

Art & culture

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La place Saint-Marc, de Canaletto.

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur la peinture en 1730.

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  • Canaletto peint de nombreuses vues pour des clients britanniques.
  • En Grande-Bretagne, on commence à faire des jardins paysagers sur le modèle chinois.

Science & technique  

Économie & société  

  • Les huguenots français forment le quart de la population de Berlin.
  • 16,5 % de la population anglaise vit en ville.
  • 24,2 millions d’habitants en France.
  • Le Canada compte plus de 34 000 Français.
  • 140 000 habitants à Moscou, dont 13% de paysans.
  • 70 000 habitants à Saint-Pétersbourg.
  • 30 000 habitants à Varsovie.
  • Cent navires par an transitent par le Cap.

Naissances en 1730 

Décès en 1730 

Jour de Pâques

 

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Charles Berling.

Publié le 29 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

 

Charles Berling
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Charles Berling
Charles Berling en 1996, à la 21e cérémonie des César
Charles Berling en 1996, à la 21e cérémonie des César

Naissance 30 avril 1958 (1958-04-30) (52 ans)
Saint-Mandé, France
Nationalité(s) Française France
Profession(s) Acteur, réalisateur, scénariste, producteur

 

 

Charles Berling est un acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste et producteur français né le 30 avril 1958 à Saint-Mandé dans le Val-de-Marne.

 

Enfance et formation  

Fils d'un médecin de marine, il est aussi le neveu du critique littéraire Raymond Picard.
Il a suivi une formation de comédien à l'Institut national supérieur des arts de la scène à Bruxelles.
Il est le père de l'acteur Emile Berling.

Carrière  

Il se fait connaître au grand public par les films Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet et surtout, en 1996, Ridicule de Patrice Leconte pour lequel il est nommé pour le César du meilleur acteur.

Il a joué des rôles divers, du blanchisseur de province un peu complexé de Nettoyage à sec au cadre aux dents longues dans Demonlover. Il alterne films populaires (Père et fils, 15 août...) et des films d'auteur (L'ennui, L'Heure d'été...).

En 2002, il interprète Jean Moulin dans un téléfilm pour France 2.

Début 2009, il se met dans la peau de Robert Badinter, dans l'adaptation télévisée des ouvrages l’Abolition et l’Exécution, écrits par ce dernier qui fut garde des Sceaux de 1981 à 1986. Ce téléfilm sera suivi en moyenne par environ 3,8 millions de téléspectateurs.

Le 22 avril 2010, Charles Berling et son frère Philippe Berling, metteur en scène, sont annoncés à la direction du Théâtre de la Liberté à Toulon par le maire Hubert Falco. Cette salle est un ancien cinéma Pathé reconverti en théâtre qui doit ouvrir en septembre 2011. Il disposera de trois salles de 750, 200 et 146 places, et devrait obtenir, selon Hubert Falco, le label de scène nationale. Le maire fait aussi part de sa volonté d’annexer au nouveau théâtre le Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon situé dans la commune voisine d’Ollioules. Christian Tamet, le directeur de Chateauvallon, n’a pas été informé du projet et n’a pas été invité à la conférence de presse[1].

Filmographie  

Cinéma 
Télévision  

Théâtre  

Comédien
Metteur en scène

Récompenses  

 

http://img.filmsactu.com/datas/personnes/c/h/charles-berling/xl/vm/4933f155d6085.jpg

 

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Jean Moulin.

Publié le 28 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans HIST--Ép. contemp-XXe et XXIe s-Hist. Militaire

 

Jean Moulin
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Jean Moulin
Jean Moulin, dessin inspiré par la photographie de Bernard.
Jean Moulin, dessin inspiré par la photographie de Bernard.

Naissance 20 juin 1899
Béziers, Hérault, France
Décès 8 juillet 1943 (à 44 ans)
Lorraine, France
Nationalité France Français
Profession(s) Préfet de la République française
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération
Médaille militaire
Croix de guerre 1939-1945
Famille Antoine-Émile Moulin, son père
Compléments

Ses cendres ont été transférées au Panthéon.

 

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Les Clayes-sous-Bois - Monument Jean Moulin.
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Jean Moulin, né à Béziers le 20 juin 1899 et mort dans le train qui le transporte en Allemagne, aux environs de Metz, le 8 juillet 1943, est un préfet et résistant français. Il dirigea le Conseil national de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Souvent considéré comme un des principaux héros de la Résistance, un cénotaphe se trouve au Panthéon des grands hommes de la République française (son corps n'a jamais été identifié avec certitude, et l'urne transférée au Panthéon ne contient que des « cendres présumées de Jean Moulin »).

Biographie 

Avant la guerre 

Bachelier en 1917, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier et comme attaché au cabinet du préfet de l'Hérault, sous la présidence de Raymond Poincaré.

Mobilisé le 17 avril 1918, il est affecté au 2e régiment du génie basé à Montpellier[1]. Après une formation accélérée, il arrive dans les Vosges à Charmes le 20 septembre et s'apprête à monter en ligne quand l'armistice est proclamé. Il est envoyé successivement en Seine-et-Oise, à Verdun, puis à Chalon-sur-Saône; il sera tour à tour menuisier, terrassier, téléphoniste, au 7e régiment du génie et au 9e régiment du génie . Il est démobilisé début novembre 1919 et se présente tout de suite à la préfecture de Montpellier, où il reprend ses fonctions le 4 novembre.

La qualité de son travail le fait nommer chef-adjoint de cabinet fin 1920. Il obtient sa licence de droit en 1921. Parallèlement, il devient vice-président de l'Union générale des étudiants de Montpellier et membre des Jeunesses laïques et républicaines.

En 1922, il entre dans l'administration préfectorale, comme chef de cabinet du préfet de la Savoie, à Chambery, poste très important pour son âge, sous la présidence d'Alexandre Millerand.

De 1925 à 1930, il est sous-préfet d'Albertville. Il est à l'époque le plus jeune sous-préfet de France, sous la présidence de Gaston Doumergue.

En septembre 1926, il se marie avec Marguerite Cerruti, dont il divorcera deux ans plus tard, en 1928.

En 1930, il est sous-préfet de Châteaulin dans le Finistère. Il y fréquentera des poètes locaux comme Saint-Pol-Roux à Camaret et Max Jacob à Quimper.
Il fut également illustrateur du morlaisien Tristan Corbière. Parallèlement, il publie des caricatures et des dessins humoristiques dans la revue Le Rire sous le pseudonyme de Romanin.

En 1932, Pierre Cot homme politique radical-socialiste, le nomme chef adjoint de son cabinet aux Affaires étrangères en décembre 1932 sous la présidence de Paul Doumer.

En 1933, il est sous-préfet de Thonon-les-Bains et occupe parallèlement la fonction de chef de cabinet de Pierre Cot au ministère de l'Air sous la présidence d’Albert Lebrun.

En 1934, il est sous-préfet de Montargis et secrétaire général de la préfecture de la Somme à Amiens.

En 1936, il est à nouveau nommé chef de cabinet au ministère de l'Air du Front populaire d'où il aide les résistants républicains espagnols antifranquistes en leur envoyant des avions et des pilotes. Il participe à cette époque à l'organisation de nombreux raids aériens civils comme la traversée de l'Atlantique Sud par Maryse Bastié, la course Istre - Damas - Le Bourget. À cette occasion, il dut remettre le chèque aux vainqueurs (équipage italien) dans lequel se trouvait le propre fils de Benito Mussolini.

En janvier 1937, il devient le plus jeune préfet de France d'Aveyron, à Rodez à l'âge de 38 ans. Ses actions en faveur de l'aviation lui permirent de passer cette même année du Génie à la réserve de l' Armée de l'air. Il fut affecté à partir de février 1937 à la base de Marignane avec le grade de caporal-chef (mars 1937),puis au Bataillon de l'Air n°117 basé à Issy-les-Moulineaux en fevrier 1938.Il passe sergent de réserve le 10 décembre 1938[2].

La Résistance 

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Monument Jean-Moulin à Chartres
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En 1939, il est nommé préfet d'Eure-et-Loir à Chartres. Après la déclaration de guerre, il se porte candidat à l'école des mitrailleurs allant à l'encontre de la décision du Ministère de l'Intérieur. Il passe sa visite médicale d'incorporation à l'école le 9 décembre 1939 sur la Base 117 d'Issy les Moulineaux. Il est déclaré inapte le lendemain pour un problème de vue. Il force alors le destin en exigeant une contre-visite à Tours, qui cette fois le déclare apte. Mais le Ministère de l'Intérieur le rattrape et l'oblige à conserver son poste de préfet d'où il s'emploie à assurer la sécurité de la population.

Il est arrêté en juin 1940 par les Allemands parce qu'il refuse d'accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l'Armée française d'avoir commis des atrocités envers des civils à La Taye, un hameau près de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements allemands. Maltraité et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et en gardera une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe.

En raison de ses idées républicaines marquées à gauche comme radical-socialiste, il est révoqué par le Régime de Vichy du maréchal Philippe Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité. Il se met alors à la rédaction de son journal Premier combat où il relate sa résistance héroïque contre les nazis à Chartres de manière sobre et extrêmement détaillée (ce journal sera publié à la Libération et préfacé par le général de Gaulle).

Il s'installe dans sa maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) d'où, pressé par le besoin de « faire quelque chose » il s'impose deux buts : tout d’abord il veut se rendre compte de l’ampleur de la Résistance française et ensuite aller à Londres afin d’engager les pourparlers avec la France libre[3].

En septembre 1941, il rejoint Londres en passant par l'Espagne et le Portugal, par ses propres moyens, sous le nom de Joseph Jean Mercier. Il est reçu par le général de Gaulle à qui il fait un compte rendu controversé de l'état de la Résistance en France et de ses besoins, notamment financiers et en armement. Son compte-rendu donnera lieu à de nombreuses contestations de la part des mouvements de résistance comme portant atteinte aux actions de renseignements au profit de l'armée britannique, au financement et à la fourniture d'armes au profit de chacun d'entre eux[4].

Misant sur l'intelligence et les capacités de Jean Moulin, le général de Gaulle le charge d'unifier les mouvements de résistance et tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide) sur le territoire français et notamment le plus important mouvement Combat dirigé par Henri Frenay, afin d'en faire une armée secrète des forces françaises libres complètement placée sous ses ordres. Avec des ordres de mission, des moyens financiers et de communication radio directe avec le général de Gaulle à Londres, il est parachuté dans les Alpilles dans la nuit du 1er janvier 1942 à 15 km de Saint-Andiol qu'il rejoint à pied. Il prend le pseudonyme évocateur de Rex dans la Résistance. Le 27 novembre 1942 est créé le Comité de coordination de Zone Sud à Collonges-au-Mont-d'Or dans le but de coordonner avec la mouvance communiste les trois mouvements principaux de résistance de la zone libre. Jean Moulin et ses alliés communistes cherchent - non sans mal - à y être prépondérant sur les trois chefs Henri Frenay (Combat), Emmanuel d'Astier de La Vigerie (Libération-Sud) et Jean-Pierre Lévy (Franc-Tireur).

Il utilise ensuite ses dons artistiques pour sa couverture de marchand d'art et ouvre la galerie d'art « Romanin » - pseudonyme d'artiste de Jean Moulin - au 22 rue de France à Nice. En février 1943, il retourne rendre compte de sa mission à Londres avec le général Delestraint, le chef de l'Armée Secrète communément choisi par les mouvements de résistance et par le général de Gaulle pour uniquement diriger leurs actions militaires sous l'ordre direct de ce dernier. Ceux-ci considèrent alors la reconnaissance du général de Gaulle et de son délégué unique Jean Moulin en tant que chefs politiques de la Résistance comme étant uniquement politique et donc prématurée.

En février 1943, Jean Moulin retourne à Londres rendre compte de sa mission au général de Gaulle qui le décore de la Croix de la Libération et le nomme secrètement comme ministre membre du Comité national français et seul représentant de ce Comité en métropole.

Il retourne en France le 21 mars 1943, sous le pseudonyme de Max, chargé de créer le CNR (Conseil national de la Résistance), tâche complexe, car il reste toujours mal reconnu par les mouvements de résistance. La première réunion en séance plénière du CNR se tient à Paris, 47 rue du Four, le 27 mai 1943.

Il parvient non sans mal à se faire admettre en tant que chef du CNR qui réunit les chefs de tous les groupes de résistance française. Le CNR représente alors l'unité des forces militaires secrètes françaises reconstituées aux yeux des alliés et la légitimité de la France et du général de Gaulle comme seul chef de cette armée et chef politique de la France.

Il favorise avec les mouvements communistes la création du grand maquis du Vercors également controversé par les mouvements de résistance[5] comme étant trop important et trop vulnérable pour entreprendre efficacement des actions de guérilla. Ce maquis sera effectivement détruit par les forces nazies dans des conditions sanglantes début 1944.

 

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Maison dont le locataire était le docteur Dugoujon à Caluire (69).

Il est arrêté à la suite d'une dénonciation supposée, ou d'une négligence de la part du résistant René Hardy, le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire (Rhône), dans un pavillon de la banlieue de Lyon loué par le docteur Dugoujon, où se tenait une réunion avec les principaux chefs de la Résistance. Après avoir été identifié et interrogé par le chef de la Gestapo Klaus Barbie au Fort Montluc de Lyon, il est transféré à la Gestapo de Paris où il est torturé. Il meurt le 8 juillet 1943 aux environs de Metz, dans le train Paris-Berlin qui le conduisait en Allemagne pour être de nouveau interrogé.

 

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Cénotaphe de Jean Moulin au Panthéon de Paris contenant ses « cendres présumées ».
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La légende  

Il a d'abord été inhumé le 11 février 1944 au cimetière parisien du Père-Lachaise, puis ses « cendres présumées » ont été transférées au Panthéon, vingt ans plus tard pour commémorer le vingtième anniversaire de la Libération, le 19 décembre 1964 sous la présidence du général de Gaulle. En réalité il s’agit d’un cénotaphe, car son corps n'a jamais été identifié avec certitude.

Le discours d’André Malraux 

Un discours solennel et émouvant fut prononcé lors de la grande cérémonie officielle où le ministre de la Culture, grand homme de lettres, intellectuel et philosophe de la République française, héros de la Résistance et compagnon de Résistance de Jean Moulin, André Malraux fait entrer Jean Moulin au Panthéon des grands Hommes de la République française. Il fait de lui à cette occasion « le symbole » de l'héroïsme français, de toute la Résistance à lui seul en l'associant à tous les Résistants français, héros de l'ombre, connus et inconnus, qui ont permis de libérer la France au prix de leur souffrance, de leur vie, et de leur idéologie de Liberté. Ce discours composé et dit par André Malraux fait partie des plus grands discours de la République française[6].

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit… »
« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

Ce discours légendaire fut suivi de façon magistrale et grandiose par le chant des Partisans interprété par une grande chorale devant le Panthéon.

Il fut prononcé dans des conditions rendant difficile la prise de son et fut notamment retransmis en direct dans de nombreux lycées. Des enregistrements ont été réalisés, on peut notamment l'écouter à l'audiothèque du centre Georges-Pompidou ainsi que sur le site de l'INA.

Le manuscrit original de ce discours et conservé, et présenté au public, au musée de l’ordre de la Libération situé dans l'Hôtel des Invalides à Paris aux côtés de la tenue de préfet de Jean Moulin, de son chapeau, sa gabardine et son écharpe.

Divers 

Plusieurs écoles, collèges (Chartres, Brive-la-Gaillarde, Sannois, Villefranche-sur-Saône, Vannes, Chaville...), lycées (à Béziers, sa ville natale, à Albertville où il fut sous-préfet de 1925 à 1930...) et une université (Lyon III) portent le nom de Jean Moulin. Son nom figure dans les premiers rangs des appellations de rues dans le pays. La quarante-et-troisième promotion de commissaires de police issue de l'école nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1993, porte également son nom.

Jean Moulin est devenu le résistant le plus célèbre et le plus honoré de France. Comme l'explique son biographe Jean-Pierre Azéma, c'est le seul dont pratiquement tous les Français connaissent le nom et le visage, en particulier grâce à sa célèbre photo en noir et blanc, celle à l'écharpe et au chapeau mou. Cela au risque de faire parfois oublier d'autres grands organisateurs de l'armée souterraine, et de reléguer dans l'ombre d'autres martyrs héroïques de la lutte clandestine tels que Pierre Brossolette, Jean Cavaillès ou Jacques Bingen. Jean Moulin est ainsi devenu le symbole et le visage même de la Résistance.

D'après Daniel Ligou et André Combes, Jean Moulin était franc-maçon. [7],[8].

Le portrait de Moulin  

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Plaque apposée sur un immeuble de la Grand rue Jean Moulin à Montpellier.

 

 

.La célèbre photographie de Jean Moulin, portant un chapeau, réalisée en noir et blanc, est prise par son ami Marcel Bernard en octobre 1939 à Montpellier en contrebas du château d'eau du Peyrou.[9]

Le photographe est un ami d'enfance et voisin, résidant au 4 de la rue d'Alsace, en face du Champ-de-Mars, à Béziers. Jean Moulin est né au numéro 6 de la même rue. Bernard habite au no 4 jusqu'à sa mort en 1991. Par ironie de l'histoire, des résistants du Maquis de Fontjun (venus des villages des environs, Capestang, Montady, Puisserguier, etc.) ont été fusillés sur la place du Champ-de-Mars, le 5 juin 1944 par l'occupant allemand.

Une source d’inspiration  

Son histoire a également inspiré le scénariste Dan Franck qui a permis à Yves Boisset de réaliser le téléfilm Jean Moulin, diffusé sur France Télévisions et récompensé d'un FIPA en 2002. Charles Berling y interprète le résistant français. Le scénariste Pierre Aknine a également réalisé un film sur le combat de Jean Moulin, intitulé Jean Moulin, une affaire française. Le film, plus controversé que son prédécesseur sur un plan historique, est interprété par Francis Huster, Maruschka Detmers, Micheline Presle et Bernard Fresson (2003).

Controverses 

Lorsqu'il vint à la réunion de Caluire, René Hardy, qui avait déjà été arrêté par la Gestapo, puis libéré, était suivi par la Gestapo. Certains estiment qu'il s'agissait d'une trahison, d'autres d'une imprudence fatale. Certains résistants tentèrent de l'assassiner. Ayant rejoint d'autres secteurs de la Résistance, il passa deux fois en jugement après la Libération à cause de cette suspicion qui pesait sur lui, mais fut acquitté les deux fois, au bénéfice du doute.

La controverse est relancée au cours du procès de Klaus Barbie. Son avocat, MeJacques Vergès, insinue que les Aubrac ont trahi Jean Moulin et fait signer à Barbie un « testament ». Quelques historiens et quelques journalistes reprennent ce testament à leur compte ou s'appuient sur des documents du KGB pour dénoncer ce qu'ils pensent être des relations entre le stalinisme et la résistance. Aujourd'hui, les thèses contestées de ces historiens ont été largement réfutées : il n'est pas fait grand crédit aux déclarations prêtées à Barbie (par Vergès).

Il faut par exemple citer le livre controversé du journaliste et historien lyonnais Gérard Chauvy, paru en 1997. Malgré le soutien de Stéphane Courtois, universitaire et spécialiste du communisme, lors du procès en diffamation intenté par les Aubrac[10], et malgré la longue hésitation d'un certain nombre d'historiens de l'Institut de l'histoire du temps présent (François Bédarida, Jean-Pierre Azéma, Henry Rousso), beaucoup se sont prononcés sans ambiguïté contre Chauvy et ses méthodes, prenant partie pour les Aubrac.

Jacques Baynac défendit quant à lui la thèse d'une arrestation à la suite du travail de la Gestapo sans aucune dénonciation.

Par ailleurs, certains, comme Henri Frenay, chef du réseau Combat (L'Énigme Jean Moulin, 1977), ou l'avocat et historien Charles Benfredj, L'affaire Jean Moulin, la contre-enquête, accusent plus sérieusement Jean Moulin d'être un crypto-communiste, c'est-à-dire d'avoir par ses relations dans les milieux radicaux secrètement favorisé les intérêts prosoviétiques en France en détournant notamment l'aide anglo-américaine aux mouvements de résistance ; on parle entre autres de ses liens avec Pierre Cot, lui-même proche du communisme, et d'autres sympathisants issus de la CGT, du mouvement de résistance communiste Front national et du Parti communiste proprement-dit qui seront excessivement représentés au sein du CNR (dans un rapport de 6 sur 16)[11]. Henri Frenay lui reproche également d'avoir voulu restaurer au sein des mouvements de Résistance qui se voulaient militaires et apolitiques le système des partis de la IIIe République et d'avoir cherché à favoriser secrètement le « clan » radical crypto-communiste en son sein au détriment des autres sensibilités politiques.

Les défenseurs de Jean Moulin plaideront que celui-ci avait accepté de s'entourer d'hommes venus de tous horizons. Ses deux plus proches collaborateurs, son secrétaire Daniel Cordier et son successeur Georges Bidault, sont ainsi à l'époque issus l'un de l'Action française royaliste, l'autre de la démocratie-chrétienne ; que Jean Moulin aurait été comme tout le monde assez méfiant envers les communistes, depuis l'épisode du pacte germano-soviétique, et qu'il aurait plutôt cherché à les contenir et à les ranger sous la discipline commune d'une Résistance unifiée.

Pour répondre aux diverses critiques entourant Jean Moulin, et démentir notamment les accusations de cryptocommunisme, son ancien secrétaire Daniel Cordier a entrepris à la fin des années 1970 une biographie en six volumes. Refusant l'emploi des souvenirs personnels et des témoignages oraux facilement imprécis ou déformés par le temps, Daniel Cordier s'est appuyé sur les archives de Jean Moulin en sa possession, sur une patiente étude critique des documents écrits, et sur un effort de rétablissement de la stricte chronologie des faits. Publiée entre 1989 (Jean Moulin, l'inconnu du Panthéon, t. 1, J.Cl. Lattès) et 1999 (Jean Moulin. La République des catacombes, Gallimard), la somme de Daniel Cordier a été saluée par des historiens soucieux de régler cette polémique pour son sérieux, ses informations nouvelles et ses qualités d'écriture et d'analyse sur Résistance intérieure française, dont il ne cherche pas à gommer les aspérités et les difficultés.

Décorations

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Legion Honneur Officier ribbon.svg Ruban de l'Ordre de la Libération (2).PNG Medaille militaire ribbon.svg Ruban de la croix de guerre 1939-1945.PNG Ruban de l'Ordre du Mérite Agricole.PNG Ruban de la Médaille commémorative de la grande guerre.PNG Ruban de la Médaille Interalliée 1914-1918.2.PNG Ruban de la Médaille commémorative de la guerre 1939-1945.PNG

Filmographie  

Voir aussi  

Articles connexes  
Ouvrages 
  • Premier combat, publié aux éditions de Minuit (1946). Préface du général de Gaulle : « Max, pur et bon compagnon de ceux qui n'avaient foi qu'en la France a su mourir héroïquement pour elle. Le rôle capital qu'il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui même mais ce n'est pas sans émotion qu'on lira le Journal que Jean Moulin écrivit à propos des évènements qui l'amenèrent dès 1940 à dire NON à l'ennemi. La force de caractère, la clairvoyance et l'énergie qu'il montra en cette occasion ne se démentirent jamais. Que son nom demeure vivant comme son œuvre demeure vivante! »
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commentaires

Comices centuriates.

Publié le 28 Mai 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Antiquité (avant le Ve siècle)

 

Comices centuriates
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Monarchie romaine
753509 av. J.-C.
République romaine
50927 av. J.-C.
Empire romain
27 av. J.-C.476
Empire byzantin
3951453

Magistratures ordinaires
Consul
Proconsul
Préteur
Propréteur
Censeur
Tribun
Édile
Questeur
Magistratures extraordinaires
Dictateur
Maître de cavalerie
Tribun consulaire
Interroi
Décemvir
Triumvir
Titres et honneurs
Empereur romain
Auguste
César
Préfet du prétoire
Tétrarque
Dux
Magister militum
Princeps senatus
Pontifex maximus
Préfet de Rome
Imperator
Légat
Licteur
Institutions et lois
Constitution romaine
Sénat romain
Assemblées
Magistrats
Cursus honorum
Auctoritas
Droit romain
Mos majorum
Citoyenneté
Imperium
Potestas
Série Rome antique

Les comices centuriates (comitia centuriata) sont une assemblée du peuple romain (populus : l’ensemble des citoyens), divisé en groupes, nommés centuries, sur le Champ de Mars. Cette assemblée a pour but la constitution des légions, et ne peut être convoqué que par des magistrats dotés de l’imperium.

Leur création est attribuée par la tradition au roi Servius Tullius lors de la répartition du peuple romain en centuries. Dans la réalité, leur création n’est sans doute pas antérieure au Ve siècle av. J.-C.. Cette répartition en centuries a une origine probablement militaire, mais elle acquiert rapidement des pouvoirs politiques. En 427 av. J.-C., si ce n’est plus tôt mais nous n’avons pas de preuves avérées, les comices centuriates donnent leur accord, ou non, aux déclarations de guerre (Lex de bello indicendo) puis interviennent dans la prise de décision en ce qui concerne les traités de paix, et de la création de colonies.

Les comices centuriates dès la fin du Ve siècle av. J.-C. tiennent aussi un rôle d’assemblées électives et élisent les magistrats supérieurs (consuls, censeurs, préteurs).

Ces comices ne sont pas des assemblées démocratiques au sens moderne du terme, puisqu’ils reposent sur une division du peuple en 193 centuries, qui forment 5 classes basées sur la richesse. À Rome le citoyen est aussi un soldat s’équipant à ses propres frais. Pour un Romain (comme pour un Athénien), celui qui combat doit pouvoir donner son avis sur la politique de sa cité. À l’origine, c’est la possession de la terre qui sert à définir la centurie d’appartenance des citoyens.

Ainsi la première centurie comprend tous ceux qui possèdent plus de 5 hectares tandis que la dernière regroupe les propriétaires de moins d’un demi hectare. À cela s’ajoute 18 centuries de chevaliers (compris dans le premier comice), 20 centuries de deuxième classe pour les citoyens ayant une fortune entre 75 000 et 100 000 sesterces, 20 centuries de troisième classe pour ceux ayant de 50 000 à 75 000 sesterces, 20 centuries de quatrième classe pour les citoyens ayant de 25 000 à 50 000 sesterces et 30 centuries regroupant les citoyens plus pauvres, ayant moins de 25 000 sesterces et 5 centuries de prolétaires hors classe (les plus pauvres, qui n’ont comme seule richesse que leurs enfants, proles en latin), qui font partie de cette cinquième classe, sont exemptés d'impôts. Jusqu’à la réforme de Marius, à la fin du IIe siècle av. J.-C., les prolétaires ne sont pas soldats.

À l’intérieur de chaque centurie, les citoyens sont divisés en deux catégories, les juniores (hommes de moins de 46 ans) et les seniores (hommes âgés de 46 ans et plus). Les 80 premières centuries plus les 18 centuries équestres, représentant les propriétaires les plus riches, ont la majorité, ce qui favorise mécaniquement les classes aisées.

Vers 220 av. J.-C., sous la pression populaire, le système change et chaque comice reçoit un nombre identique de centuries et de voix (70 au total par comice). Seul le premier comice garde un léger avantage en gardant les 18 centuries de chevaliers. Il y a donc au total 373 centuries si l’on inclut les 5 de prolétaires hors-classe. Le premier comice perd donc la majorité, mais comme le vote se déroule par ordre des classes (des plus riches aux plus pauvres) et qu’il y est mis fin dès que la majorité est atteinte, les comices les plus pauvres ne votent pratiquement jamais.

Cela change avec l’adoption à la fin du IIe siècle av. J.-C. de la loi Lex Sempronia de comitiis qui proclame que l’ordre de vote des centuries est désormais fixé par tirage au sort. C’est une réforme fondamentale, car le vote de la première centurie est censé être inspiré par les dieux.

Sous l’Empire, les divers comices (centuriates, tributes, curiates) perdent rapidement de leur importance et Tibère transfère leurs pouvoirs électoraux au Sénat. À la fin du Ier siècle, ils se voient ôter leurs compétences législatives et ne tardent pas à disparaître.

 

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