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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Christian Bale.

Publié le 18 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

Christian Bale

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Christian Bale

Description de cette image, également commentée ci-après

Christian Bale à la première du film Public Enemies en juin 2009.

 

 

 

 

 

Nom de naissance Christian Charles Philip Bale
Naissance 30 janvier 1974 (39 ans)
Haverfordwest, Pays de Galles, Royaume-Uni
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Profession Acteur
Producteur
Films notables Empire du soleil
Velvet Goldmine
Shaft
American Psycho
Batman Begins
The Machinist
The Dark Knight : Le Chevalier noir
Terminator Renaissance
Fighter
The Dark Knight Rises

 

 

 

 

 

Christian Bale est un acteur britannique né le 30 janvier 1974 à Haverfordwest, au Pays de Galles. Il est surtout connu pour avoir incarné le rôle de Bruce Wayne/Batman dans la trilogie Batman de Christopher Nolan.

 

 

 

 

Biographie

 

 


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Christian Bale à la première du film Empire du soleil en Suède, en février 1988.

 

 

 

 

 

Christian Bale a commencé sa carrière en tournant des publicités pour la télévision, mais aussi au théâtre, dans The Nerd en 1984 aux côtés de Rowan Atkinson (futur Mr. Bean). Il jouera longtemps des rôles d'adolescent, comme dans Swing Kids ou Henry V. Il obtient son premier rôle important en 1987 dans l’Empire du soleil de Steven Spielberg. Il est alors propulsé sous le feu des projecteurs à seulement 12 ans.

Christian Bale aime varier les registres des films dans lesquels il joue : en 1993, il campe le rôle d'un jeune Allemand entrant dans les jeunesses hitlériennes dans Swing Kids ; en 1994, il est Laurie, un garçon sensible et humain dans Les Quatre Filles du docteur March ; en 1998, il interprète dans le film Velvet Goldmine le rôle d'un jeune journaliste gay chargé d'enquêter sur la mort d'un chanteur de glam rock, Brian Slade, personnage inspiré de David Bowie ; en 2000, il est le fils raciste d'un riche promoteur dans le remake de Shaft ; en 2000, il incarne Patrick Bateman, le golden boy psychopathe dans l'adaptation au cinéma du roman culte de Bret Easton Ellis, American Psycho ; en 2002, il devient sauveur de l'espèce humaine dans Le Règne du feu ; en 2002, il incarne le rôle d'un exterminateur au service de l'État dans Equilibrium. En 2008-2009, il interprète John Connor, le célèbre sauveur de l'humanité, dans le film Terminator Renaissance (Terminator Salvation), 1er volet de la 2e trilogie du film créé par James Cameron, mais repris par McG qui travaille avec James Cameron.

 

 

 

 

 

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Christian Bale à la première de Batman Begins à Hollywood.

 

 

 

 

 

Grand perfectionniste, il n'hésite pas à se métamorphoser pour les besoins d'un film et il est capable de prendre toutes les apparences, quitte à jouer avec sa santé. Il lui est arrivé de rentrer dans des colères noires lors d'un tournage1 À l'occasion du film The Machinist (2003), Bale a perdu 28 kilos en 3 mois pour jouer un insomniaque, poids qu'il a dû reprendre pour tourner 6 mois plus tard Batman Begins de Christopher Nolan, dans lequel il a rendossé la panoplie de Bruce Wayne alias Batman. Dans ce film, il travaille particulièrement la construction psychologique du héros, très loin des interprétations précédentes de Michael Keaton, de Val Kilmer et de George Clooney. Ses tourments, sa confusion, ses désirs sont abordés de manière plus dramatique. De nombreux fans du comic le considèrent avec Michael Keaton comme le meilleur interprète de Batman. En 2008, toujours sous la direction de Christopher Nolan, il tourne dans la suite The Dark Knight, qui a connu un succès sans précédent pour un film de super-héros à travers le monde. En 2012, il reprend le rôle du célèbre justicier dans The Dark Knight Rises, dont la réussite critique et commerciale fut encore une fois considérable.

 

 

 

 

 

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Christian Bale en 2008.

 

 

 

 

 

Christian Bale a joué sous la direction de nombreux grands réalisateurs tels que : Steven Spielberg, Christopher Nolan, Kenneth Branagh, Terrence Malick ou encore James Mangold. On l'a aussi vu aux côtés de brillants acteurs, de Michael Caine (Le Prestige, Batman Begins, The Dark Knight : Le Chevalier noir, The Dark Knight Rises) à John Malkovich (Portrait de femme, Empire du soleil), Johnny Depp dans (Public Enemies), Morgan Freeman, Heath Ledger, Gary Oldman et Aaron Eckhart (dans The Dark Knight), en passant par Christopher Plummer (Le Nouveau Monde), Michael Ironside (Terminator Renaissance, The Machinist), Reese Witherspoon et Willem Dafoe (American Psycho).

Début 2009, sur le tournage de Terminator Renaissance au Nouveau-Mexique, il pique une terrible crise de rage contre un technicien, le directeur de la photographie Shane Hurlbut, qui a traversé le champ de la caméra en plein tournage d'une scène. Il a fait plus tard des excuses publiques. De plus, il affirme que ce différend avec le technicien a été réglé le jour même de l'incident. Cette affaire est parodiée dans le jeu vidéo Duke Nukem Forever. En 2011, il obtient le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle et l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation dans le film Fighter, dans lequel il joue le frère de Mark Wahlberg.

En 2000, il épouse l'assistante de Wynona Ryder, Sandra « Sibi » Blažić ; leur fille Emmaline naît le 27 mars 2005.

À la suite de la tragédie survenue au Colorado, lorsqu'un individu affublé d'un costume s'apparentant à celui du Joker2 a ouvert le feu sur les spectateurs de la première du film The Dark Knight Rises, Christian Bale rend visite aux survivants et présente ses respects aux victimes3,4.

 

 

 

Filmographie

 


Acteur

 

 

 


 

 

 

Voxographie

 

 


 

 

 

Producteur

 


 

 

 

Récompenses

 

 

 


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L'avant-première de The Dark Knight à Londres en 2008. De gauche à droite : Christopher Nolan, Emma Thomas, Charles Roven, Monique Curnen, Michael Caine, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal et Christian Bale.

 

 

 

 

Voix françaises

 

 

 

 

En France, Philippe Valmont est la voix française la plus régulière de l'acteur5,6.

Au Québec, c'est Antoine Durand la voix française la plus régulière7.

 

 

 

 

 

En France

 

 

 

 

 

 

 

 

Au Québec

 

 

 

 

Note : La liste indique les titres québécois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Trophée Andros.

Publié le 18 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans SPORTS-LOISIRS-HUMOUR

Trophée Andros

 

 

 

 



 

 

 

 

 

Le Trophée Andros est une série de courses automobiles et motocyclistes sur glace qui se tient chaque hiver depuis 1990. Malgré quelques incursions à l'étranger (en Andorre ainsi qu'à Sherbrooke au Québec), il s'agit d'un championnat essentiellement français.

 

 

 

Historique

 

 


Fiat Stilo (prototype avec transmission intégrale 4x4) durant le Trophée Andros 2005/2006.

 

 

 

 

 

La naissance du Trophée Andros tient à la rencontre en 1985, entre l'ancien pilote Max Mamers (champion de France de rallycross en 1982 et 1983 sur Matra Murena) et le président de la société Andros, Frédéric Gervoson. Tous deux passionnés de rugby mais également d'automobile, ils décident de mettre sur pied une série hivernale de courses sur glace, disputées dans les stations de ski françaises.

La première épreuve du Trophée Andros a lieu le 27 janvier 1990 à Serre Chevalier, et donne le coup d'envoi d'un petit championnat de quatre épreuves. Au fil des ans, le Trophée gagne en notoriété, et le calendrier du championnat se densifie, allant même jusqu'à s'offrir des incursions dans des lieux plus atypiques, comme au Stade de France où la super-finale du Trophée s'est courue 6 fois (1999, 2000, 2001, 2004, 2005 et 2008). Cette dernière épreuve est hors championnat.

 

 

Compétitions

 


Le Trophée Andros se décline en plusieurs championnats.

 

 

Championnat Élite

 


Il s'agit du championnat d'origine, celui dans lequel sont engagés les meilleures équipes et les pilotes les plus huppés, issus des horizons les plus divers. On y trouve des pilotes issus du rallye, du rallycross, des courses de côte, mais également du circuit, qu'il s'agisse des épreuves de tourisme (citons Yvan Muller, qui a dominé la discipline pendant près de dix ans) ou de la monoplace (tels Alain Prost ou Olivier Panis). Alain Prost a remporté ce championnat en 2007, 2008 et 2012.

Chaque manche du championnat se compose de deux courses complètes (essais, qualifications et finales). La « Super finale », disputée au Stade de France, ne compte pas pour le championnat et correspond à un show de démonstration.

Les automobiles employées sont propulsées par des moteurs six-cylindres de 3 L développant 340 ch. Ce sont des quatre roues motrices et directrices.

Ce championnat comprend trois sous catégories :

 

Règlement

 


Les courses Élite se déroulent en trois phases1 :

  • Une séance d'essais où chaque pilote est autorisé à effectuer trois tours maximum ;
  • Les séances qualificatives où quatre pilotes effectuent en même temps quatre tours chronométrés. Le temps cumulé de ces quatre tours sert de base au résultat des qualifications. Chaque pilote effectue deux séances qualificatives, seul le meilleur des deux temps étant conservé. Les résultats de cette phase permettent d'attribuer 80 % des points d'une manche du championnat ainsi que de déterminer les grilles de départ des finales ;
  • Les finales se disputent sur dix tours en peloton de dix pilotes. Ils permettent d'attribuer 20 % des points d'une manche du championnat. Les vingt meilleurs pilotes des séances qualificatives se disputent les deux finales Élite Sup. Au delà les pilotes participent à des finales Élite.
    Au maximum, un pilote pourra remporter 80 points par course, 60 pour les qualifications et 20 pour la finale.

Des handicaps de poids sont attribués aux pilotes ayant réalisé un podium lors de la course précédente. Ainsi, le vainqueur d'une course est pénalisé de 60 kg pour la course suivante, le second de 40 kg et le troisième de 20 kg. Le pilote ayant remporté le précédent Trophée Andros dispose d'un « Lest Trophée » supplémentaire de 20 kg (ou 40 kg s'il a remporté le Trophée Andros plus d'une fois). Ce handicap est allégé de 10 kg après chaque course où le pilote ne figure pas sur le podium.

Ce règlement sportif des épreuves n'est pas simple mais est étudié pour donner aux spectateurs un maximum de courses spectaculaires et à enjeux.

 

 

Pilot Bike

 


La « Pilot Bike », introduit dans le Trophée Andros en 1996, est un championnat réservé aux pilotes moto. Il est inscrit au calendrier de la Fédération française de motocyclisme (FFM) et de la Fédération internationale de motocyclisme (FIM).

Les motos utilisées sont à une roue motrice et doivent être commercialisées en France. Elles ont une cylindrée de 125 à 300 cm³ pour les 2-temps et de 125 à 450 cm³ pour les 4-temps. Elles sont équipées de pneus Continental.

 

 

Sprint Car et Trophée Andros Féminin

 


Le championnat Sprint-Car utilise des buggys de 600 cm³. Il distingue deux catégories : le Sprint-Car (Pilotes B) et le Trophée Andros Féminin (Pilotes A).

En 2002, les organisateurs ont créé un championnat réservé aux femmes, et destiné à favoriser l'émergence d'entre elles dans les catégories supérieures du Trophée. Le Trophée Andros féminin se dispute au volant de buggys munis de moteur 600 cm³.

Le Trophée Féminin n'est plus décerné depuis 2010.

 

 

Trophée Andros Électrique et Trophée Andros Académie

 


Deux nouveaux trophées apparaissent en 2010, le premier est un des tout premier championnat automobile ouvert aux voitures électriques sur la base d'une formule unique utilisant des voitures conçues et développées par Exagon Engineering2,3. L'Andros Académie est un trophée destiné aux jeunes futurs pilotes et a vu la victoire de Damien Crépeau pour la première édition.

 

 

Palmarès

 


Saison Nb. de manches Trophée Andros Élite Trophée Électrique Pilot Bike Trophée Andros Féminin Sprint Car 1990 4 Drapeau : France Éric Arpin (Peugeot 205 Turbo 16) Pas de compétition Pas de compétition Pas de compétition Pas de compétition 1991 5 Drapeau : France Maurice Chomat (Citroën AX Sport) 1992 7 Drapeau : France Dany Snobeck (Mercedes 190 16S) 1993 5 Drapeau : France Dany Snobeck (Mercedes 190 16S) 1994 7 Drapeau : France François Chauche (Mega) 1995 7 Drapeau : France François Chatriot (Opel Astra) 1996 6 Drapeau : France Yvan Muller (BMW 318i Compact) 1997 7 Drapeau : France Yvan Muller (BMW 318i Compact) 1998 7 Drapeau : France Yvan Muller (Opel Tigra) Drapeau : France David Baffeleuf 1999 8 Drapeau : France Yvan Muller (Opel Tigra) Drapeau : France David Baffeleuf 2000 8 Drapeau : France Yvan Muller (Opel Astra) Drapeau : France Pascal Roblin 2001 8 Drapeau : France Yvan Muller (Opel Astra) Drapeau : France David Baffeleuf 2002 8 Drapeau : France Yvan Muller (Opel Astra) Drapeau : France David Baffeleuf 2003 8 Drapeau : France Marcel Tarrès (Citroën Xsara) Drapeau : France David Baffeleuf 2004 8 Drapeau : France Yvan Muller (Kia Rio) Drapeau : France David Baffeleuf 2005 8 Drapeau : France Yvan Muller (Kia Rio) Drapeau : France David Baffeleuf Drapeau : France Margot Laffite Drapeau : France Olivier Dexant 2006 9 Drapeau : France Yvan Muller (Kia Rio) Drapeau : France Maxime Emery Drapeau : France Marlène Broggi Drapeau : France Olivier Dexant 2007 8 Drapeau : France Alain Prost (Toyota Auris) Drapeau : France Maxime Emery Drapeau : France Audrey Roche Drapeau : France Olivier Dexant 2008 8 Drapeau : France Alain Prost (Toyota Auris) Drapeau : France Maxime Emery Drapeau : France Anne-Sophie Lemonnier Drapeau : France Olivier Dexant 2009 7 Drapeau : France Jean-Philippe Dayraut (Škoda Fabia) Drapeau : France Eddy Richer Drapeau : France Marie-Pierre Cripia Drapeau : France Laurent Macouin 2010 7 Drapeau : France Jean-Philippe Dayraut (Škoda Fabia) Drapeau : France Nicolas Prost Drapeau : France Sylvain Dabert Pas de compétition Drapeau : France Frédéric Bourlange 2011 7 Drapeau : France Jean-Philippe Dayraut (BMW Série 1) Drapeau : France Nicolas Prost Drapeau : France Maxime Emery Pas de compétition 2012 7 Drapeau : France Alain Prost (Dacia Lodgy) Drapeau : France Christophe Ferrier Drapeau : France Sylvain Dabert 2013 7 Drapeau : France Jean-Philippe Dayraut (Mini Countryman) Drapeau : France Christophe Ferrier Drapeau : France Sylvain Dabert
Classement des pilotes, catégorie classique, par nombre de victoires sur le trophée Andros

 

 


Mis à jour après la manche Super-Besse 2013. # Pilote Victoires 1 Yvan Muller 48 2 Jean-Philippe Dayraut 40 3 Alain Prost 36 4 Marcel Tarrès 17 5 Franck Lagorce 11 6 Dany Snobeck 9 7 François Chatriot 8 8 Olivier Panis 6 9 François Chauche 6 10 Bertrand Balas 6

 

 

 

Les sites du Trophée Andros

 

 


Mis à jour après la manche Super-Besse 2013.

 

 

 

 

 

 

 

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Guerre du Pacifique (3 & fin).

Publié le 13 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans HIST--Ép. contemp-XXe et XXIe s-Hist. Militaire

Crimes de guerre

 

 

 

 


 

 

 

 

 

En raison du grand degré de souffrance causé par l’armée japonaise au cours des années 1930 et 40, elle est souvent comparée à l’armée du troisième Reich au cours de la période 1933-1945. L’historien Chalmers Johnson (en) a écrit que :

« Établir lequel des deux agresseurs de l’Axe, l’Allemagne ou le Japon, fut au cours de la Seconde Guerre mondiale le plus brutal à l’égard des peuples qu’ils martyrisèrent est dénué de sens. Les Allemands ont tué six millions de Juifs et 20 millions de Russes (c à d de citoyens soviétiques); les Japonais ont massacré pas moins de 30 millions de Philippins, Malais, Vietnamiens, Cambodgiens, Indonésiens et Birmans, dont au moins 23 millions étaient ethniquement chinois. Ces deux pays ont pillé les pays qu’ils ont conquis à une échelle monumentale, encore que le Japon a volé plus, et sur une plus longue période, que les nazis. Les deux conquérants ont réduit en esclavage des millions de personnes et les ont exploitées comme main d’œuvre forcée – et, dans le cas des Japonais, comme prostituées (de force) pour les troupes du front. Si vous étiez un prisonnier de guerre Nazi aux mains du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande ou du Canada (mais pas de la Russie), vos chances de ne pas survivre à la guerre s’élevaient à 4 % ; en comparaison, le taux de mortalité pour les prisonniers de guerre aux mains des Japonais approchait les 30 %8. »

 

 

 

 

Soldat japonais s'exerçant à la baïonnette sur le cadavre d'un soldat chinois.

 

 

 

 

 

Les raisons d'une telle violence sont à chercher dans l'histoire et dans la culture japonaise. À partir du tournant du XXe siècle, le nationalisme japonais s'est durci. Selon la doctrine du hakkō ichi'u, la race japonaise est supérieure aux autres et par conséquent le Japon a le droit de dominer l'Asie. L'adoption du shintoïsme d'État selon lequel l'empereur du Japon est d'ascendance divine permet d'asseoir la supériorité de la nation sur les autres. La militarisation de la société commence avec le Rescrit impérial aux soldats et aux marins rédigé en 1882 appelant les militaires à une fidélité absolue envers l'empereur.

Les premières victimes de cette idéologie sont les Coréens dont le pays devient une colonie japonaise en 1910. Les Japonais tentent de détruire la culture coréenne et déportent plus de 400 000 Coréens au Japon comme main d'œuvre forcée. Le Mandchoukuo connait le même sort et doit subir une occupation brutale. Près de 10 millions de Chinois sont exploités dans les différentes industries du pays dans des conditions souvent dramatiques9. La haine des Chinois était particulièrement vive chez les Japonais, la propagande les présentait comme des « êtres inférieurs » ou des bêtes. La guerre sino-japonaise fut par conséquent particulièrement atroce et le massacre de Nankin en est certainement l'exemple le plus connu. Après la rude bataille de Shanghai, les Japonais entrent dans Nankin alors capitale de la Chine. Les massacres vont durer trois mois au cours desquels 300 000 Chinois sont tués dans des conditions particulièrement choquantes sans que le commandement n'intervienne. De même, lors de l'application de la politique des Trois Tout (« Tue tout, brûle tout, pille tout »), 2,7 millions de civils perdent la vie. Afin de limiter les nombreux viols commis par les soldats japonais et réduire la propagation des maladies vénériennes, plus de 200 000 femmes, désignées par l'euphémisme femmes de réconfort sont contraintes de se prostituer.

 

 

 

 

 

L'Australien Leonard Siffleet (en), capturé en Nouvelle-Guinée, est photographié quelques secondes avant son exécution par décapitation.

 

 

 

 

 

Pour tenter de vaincre la résistance chinoise, le Japon eut recours à des armes chimiques et bactériologiques comme lors de la bataille de Changde. On estime que 500 000 Chinois sont morts de maladies comme la peste bubonique ou le choléra délibérément utilisées par les Japonais10. Les recherches sur ces armes biologiques étaient réalisée au sein de l'unité 731 dirigée par Shirō Ishii. Semblables à celles effectuées par les nazis, les expérimentations exposaient les cobayes humains souvent chinois à des souffrances indicibles pour des résultats scientifiques contestables. L'unité 731 et les autres centres de recherche sont responsables de plusieurs milliers de morts dont des prisonniers de guerre américains11 pourtant Shirō Ishii parviendra à monnayer les résultats de ses recherches avec les États-Unis en échange d'une totale impunité.

Si les peuples asiatiques furent les principales victimes des exactions japonaises, les prisonniers de guerre occidentaux connurent des traitements similaires. Selon le code du Bushido, la reddition est le déshonneur suprême. Par conséquent les prisonniers de guerre perdaient tout droit à un traitement convenable. Plus de 10 000 Américains moururent lors de la marche de la mort de Bataan aux Philippines de même que 100 000 hommes dont 16 000 soldats du Commonwealth lors de la construction de la voie ferrée de la mort en Birmanie. Les Hell ships (navires de l'enfer) utilisés par les Japonais pour déplacer les prisonniers dans des conditions épouvantables n'avaient aucun signalement et étaient attaqués par les sous-marins ou l'aviation alliée, sans qu'on puisse deviner leur réelle fonction. On rapporte également des cas d'anthropophagie, étape ultime de la déshumanisation de l'adversaire, sur des prisonniers ou des civils sans que l'on puisse accuser la faim d'en être responsable.

Bien que non comparables avec ceux des Japonais, les Alliés ont commis des crimes de guerre lors de la guerre. Les prisonniers de guerre japonais étaient souvent maltraités en représailles des actions de l'armée japonaise, particulièrement en Chine. De même, la propagande américaine rappelait les traitements inhumains infligés aux soldats alliés qui se rendaient. Sachant que les Japonais seraient sans pitié avec eux, les soldats américains hésitaient à faire quartier aux troupes qui se rendaient. D'autant plus qu'ils craignaient toujours une reddition feinte qui se transformerait en attaque suicide. Le sentiment antijaponais exacerbé par la propagande fit que la mutilation des cadavres japonais devint une chose courante parmi les unités combattantes. Pour l'historien Niall Ferguson, « Les troupes alliées voyaient souvent les Japonais de la même manière que les Allemands considéraient les Russes, comme des untermensch »12. Les autres accusations contre les Américains concernent le bombardement à grande échelle de zones urbaines, essentiellement civiles, au Japon et en particulier les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.

 

 

Historiographie

 

 

 


Article détaillé : Révisionnisme au Japon.

 

 

 

 

 

De la même manière qu'en Europe où les crimes de guerre nazis en Union soviétique furent oubliés avec la montée en puissance de la Guerre froide, les crimes japonais furent occultés du fait de la prise de pouvoir par les communistes en Chine. Le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient censé juger les crimes de guerre japonais fut critiqué pour l'absence d'un certain nombre de responsables en particulier celle de l'empereur du Japon et de la famille impériale, l'impunité offerte permettant de faciliter l'occupation du pays par les Américains ; L'empereur devenant un spectateur impuissant marginalisé par les militaires. De même, certains sujets sensibles comme l'Unité 731 ou les femmes de réconfort ne furent pas abordés. Par la suite, plusieurs accusés purent mener une carrière politique comme Nobusuke Kishi ou Mamoru Shigemitsu sans que leurs actes passés ne soient un problème. Ces décisions firent que le peuple japonais ne put pas prendre la pleine mesure des crimes commis en son nom par l'Empire du Japon. Ainsi, à la différence de l'Europe où la négation de la Shoah est un acte répréhensible, le révisionnisme devint la norme au Japon où les manuels d'histoire furent purgés de toutes références aux crimes de guerre. Le terme d'« invasion » de la Chine est remplacé par le mot « avance » et le massacre de Nankin est traité comme une anecdote. Le maire de Nagasaki fut par exemple victime d'une tentative d'assassinat après avoir évoqué la responsabilité personnelle de l'empereur dans la conduite de la guerre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La question du révisionnisme japonais continue d'empoisonner les relations entre le Japon et ses voisins. En effet, le Japon n'a jamais présenté ses excuses pour des actes précis et s'est contenté d'émettre « son sentiment de profond remords » pour les crimes japonais13. Ainsi, aucun homme politique japonais n'a réalisé de geste équivalent à celui de Willy Brandt à Varsovie et les dérapages sont nombreux comme les visites officielles au sanctuaire Yasukuni où sont honorés les âmes des soldats morts dont celles des criminels de guerre ou lorsque le premier ministre Shinzō Abe avance que l'esclavage sexuel n'a jamais existé14. Ce refus de reconnaitre ses crimes est certainement lié à la peur de devoir réaliser de nouvelles indemnisations et de devoir porter le fardeau d'une culpabilité éternelle à la manière de l'Allemagne et de son passé nazi. Parallèlement le Japon a réussi à apparaît en Occident comme une victime de la guerre du fait des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Ainsi, le bombardement d'Hiroshima est commémoré chaque année tandis que les crimes japonais restent encore très largement méconnus dans les opinions publiques occidentales.

 

 

 

 

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Guerre du Pacifique (2).

Publié le 13 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans HIST--Ép. contemp-XXe et XXIe s-Hist. Militaire

1943

 

 

 

 


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Évolution de 1943 à 1945.

 

 

 

 

 

Au début de l'année 1943, le Japon, bien que blessé, dispose encore d'un vaste empire gorgé de richesses. Cependant, les faiblesses japonaises deviennent de plus en plus patentes. L'industrie japonaise est incapable de remplacer les appareils, les porte-avions et surtout les pilotes perdus en 1942. Elle n'a d'autre choix que de reconvertir des coques de cuirassés, rendus obsolètes par l'aviation, en porte-avions avec tous les inconvénients que cela implique. Dans le même temps, l'industrie américaine tourne à plein régime et même si elle doit approvisionner deux théâtres d'opérations, elle fournit la classe de porte-avions Essex bien supérieure à ce que peuvent réaliser les japonais. De même, les nouveaux chasseurs américains comme le Corsair ou le Hellcat utilisés avec les bonnes tactiques de combat aérien vont balayer l'aviation japonaise composée d'appareils bien trop mal protégés et armés comme le Zero. Le 14 avril 1943, le commandant en chef de l'armée japonaise, l'amiral Isoroku Yamamoto est tué lorsque son appareil est abattu par des chasseurs américains. Le Japon perd ainsi son meilleur officier supérieur.

Pour dégager définitivement l'Australie de la menace japonaise, l'amiral Nimitz planifie l'opération Cartwheel dont l'objectif est la reconquête des îles Salomon pour isoler la puissante base de Rabaul. La progression américaine est très lente du fait de la résistance fanatique des Japonais qui défendent chaque île jusqu'au dernier homme, de la rudesse du climat et du relief et de l'étirement des lignes de communication et de ravitaillement. L'île de Nouvelle-Géorgie tombe le 25 août 1943 mais les combats sur Bougainville dureront jusqu'à la capitulation japonaise. Néanmoins, Rabaul est isolé et la garnison de 100 000 hommes y restera jusqu'à la fin de la guerre car les Américains n'ont aucune intention de prendre la ville désormais inoffensive. Dans le même temps, les îles Aléoutiennes occupées par les Japonais depuis avril 1942 sont libérées durant l'été 1943.

Les Américains hésitent à présent entre deux stratégies pour se rapprocher du Japon et le contraindre à se rendre. L'amiral Chester Nimitz plaide pour une avancée à travers la Micronésie en capturant successivement les îles Gilbert, Marshall, Carolines, Mariannes et Bonin, dernière étape avant le Japon. De l'autre côté, le général Douglas MacArthur veut passer par le nord de la Nouvelle-Guinée, les Moluques puis les Philippines. Les planificateurs américains se prononcent en faveur de Nimitz, mais la puissance américaine est telle que les deux routes seront empruntées simultanément. En novembre, la reconquête des îles Gilbert commence, mais la résistance japonaise est féroce. Pour prendre le minuscule atoll de Tarawa, 1 000 soldats américains sont tués et seuls 16 soldats japonais sont faits prisonniers sur une garnison de 4 200 hommes. Ces pertes scandalisent l'opinion publique américaine mais la bataille permit de perfectionner les tactiques de débarquement.

 

 

 

 

 

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Soldats australiens et américains débarquant en Nouvelle-Guinée, juillet 1943.

 

 

 

 

 

Sur le front de Birmanie, les Japonais sont arrivés aux portes de l'Inde mais sont bloqués sur les contreforts des Naga Hills. Le ravitaillement n'arrive que très lentement malgré la sanglante construction de la voie ferrée Siam-Birmanie. De plus, la destruction de la flotte japonaise à Midway rend impossible tout soutien aéronaval à l'avancée japonaise. La situation des Britanniques n'est pas pour autant favorable. Gandhi lance son mouvement Quit India et des émeutes paralysent les réseaux de transports et nécessitent une forte présence britannique. De plus, ce front est jugé secondaire par rapport à l'Europe et les unités indiennes sont envoyés en Afrique du Nord. Malgré tout, les Britanniques lancent des offensives de petite envergure dans le nord de la Birmanie avec peu de succès. Dans le même temps, ils mettent en place des unités de commandos parfaitement entrainés au combat dans la jungle, les Chindits, pour harceler les arrières japonais. Si les résultats militaires sont discutables, l'action a un effet considérable sur le moral des soldats. Finalement le retour de la mousson au milieu de l'été met fin aux opérations militaires. Une combinaison de facteurs militaires, administratifs et naturels provoquent une immense famine au Bengale qui fera plus de deux millions de morts.

 

 

 

 

 

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Soldats chinois lors de la bataille de Changde en novembre 1943.

 

 

 

 

 

En Chine, le conflit est bloqué depuis 1938. Quelques affrontements majeurs ont lieu comme à Changsha, dans le Hubei et à Changde mais aucun n'est décisif. De manière générale, les hostilités sont rares du fait de nombreux accords, tacites ou officieux, entre Japonais et Chinois. Néanmoins, l'occupation japonaise se traduit par de très nombreuses exactions comme lors de l'application de la Politique des Trois Tout en 1942. Pour ravitailler la Chine, le général américain Joseph Stilwell met en place un pont aérien entre l'Assam en Inde et Kunming en Chine. La route surnommée The Hump (la bosse) par les aviateurs franchit l'Himalaya et permit de transférer plus de 600 000 tonnes de matériel avant la fin de la guerre.

En novembre 1943, le Japon organise la conférence de la Grande Asie orientale dont l'objectif est la réorganisation de l'Asie avec la création de gouvernements locaux alliés du Japon. Bien que cette conférence ait avant tout eu un rôle de propagande, elle montre également une évolution dans la pensée des dirigeants japonais. Voyant les défaites s'accumuler, ils considèrent que des relations basées sur la coopération plutôt que sur l'asservissement seraient plus efficaces pour fédérer les peuples asiatiques contre les colonisateurs européens. Cependant, cette conception entre en contradiction avec la volonté du quartier général impérial6. De plus, cette évolution arrive trop tard pour influer sur le cours de la guerre.

 

 

1944



 

 

L'un des paradoxes les plus flagrants dans la stratégie japonaise est la faiblesse de sa logistique. Le Japon est un état insulaire avec peu de ressources naturelles, qui dépend énormément des importations en ce qui concerne le pétrole ou les produits alimentaires. La doctrine japonaise purement offensive ne cadrait pas avec l'activité purement défensive de l'escorte de convois. Ainsi, le Japon se lança dans la construction de monstres cuirassés comme le Yamato tout en négligeant la construction d'escorteurs indispensables pour rapatrier en sécurité les matières premières en métropole. Le résultat fut désastreux, car les antiques destroyers japonais ne purent lutter contre les sous-marins américains, qui coulèrent 90 % de la flotte de commerce japonaise. Les sous-marins américains ont réussi là où les U-Boote allemands ont échoué : asphyxier un pays. Au printemps 1944, la flotte japonaise est ainsi redéployée à Bornéo à proximité des puits de pétrole, mais l'île est dépourvue des infrastructures nécessaires à l'entretien d'une telle marine de guerre.

Article détaillé : Campagne des îles de l'Amirauté.

Contournant Rabaul, les Américains prennent les îles de l'Amirauté. Parallèlement, les troupes de MacArthur remontent lentement la côte nord de la Nouvelle-Guinée et entrent dans les anciennes colonies hollandaises en débarquant à Aitape et à Hollandia en avril 1944. La reconquête des îles Marshall montre que les leçons de Tarawa ont été tirées car les pertes sont bien plus faibles malgré la plus forte garnison japonaise. De leur côté, les Japonais réalisent que les défenses placées immédiatement sur le littoral sont trop vulnérables aux bombardements côtiers et lors des batailles suivantes, la défense en profondeur sera bien plus difficile à percer. Dans les Marshall, les Américains appliquent la stratégie du saute-mouton. Les îles principales sont capturées pour y installer une base aérienne qui interdit la zone aux Japonais et condamne les garnisons situées sur les îles alentour à pourrir sur place.

 

 

 

 

 

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Débarquement à Saipan.

 

 

 

 

 

Une fois les Mariannes et les Carolines prises, l'attention américaine se tourne vers les îles Mariannes. Celles-ci se trouvent à moins de 2 500 km des côtes japonaises, ce qui en fait une base parfaite pour les bombardiers lourds B-29 venant tout juste d'entrer en service. Saipan est la première île à tomber le 9 juillet 1944 après un mois de combat. La chute de Saipan entraine la démission du gouvernement de Hideki Tōjō et affaiblit la position des militaires. Suite à la perte de Saipan, la marine japonaise organise une opération navale avec une importante flotte composée de neuf porte-avions et des plus puissants cuirassés au monde, le Yamato et le Musashi. Cependant, la flotte américaine possède 15 porte-avions dont l'aviation embarquée est largement supérieure à celle des Japonais. Avant même le début de la bataille de la mer des Philippines, deux porte-avions japonais sont envoyés par le fond par des sous-marins américains. Le sort des armes fut tellement à sens unique que les pilotes américains surnommèrent cette bataille The Great Marianas Turkey Shoot (le grand tir aux pigeons des Mariannes). Les pertes ne pourront jamais être remplacées et par la suite les porte-avions japonais ne seront plus utilisés que comme appât ou pour faire diversion. Libérés de la menace japonaise, les Américains envahissent Tinian et y implantent la plus grande base aérienne au monde ; à la fin de la guerre, elle accueille près de mille bombardiers et 50 000 personnels au sol. Guam est également libéré en août. En septembre, les marines débarquent à Peleliu. Les Japonais y appliquent la nouvelle tactique de défense en profondeur ce qui entraine plus de deux mois de combats acharnés. Le tiers des soldats américains est mis hors de combat (morts ou blessé), tandis que la garnison japonaise est annihilée.

 

 

 

 

 

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Le Bunker Hill vient d'être touché par deux kamikazes le 11 mai 1945.

 

 

 

 

 

Au sud, après une étape dans les Moluques, MacArthur approche des Philippines. Leur prise couperait le Japon de ses conquêtes les plus importantes en Indonésie et en Malaisie. Néanmoins, Nimitz milite pour une attaque de Formose qui permettrait également de couper les voies maritimes entre le Japon et ses possessions mais en ferait une base avancée à moins de trois heures du Japon et de la Chine. Mais, le bouillant MacArthur fait appel à des considérations politiques. Les Philippines étaient un protectorat américain et MacArthur veut respecter la promesse qu'il s'était faite de revenir en quittant précipitamment l'archipel deux ans plus tôt. L'état-major américain décide frapper au cœur des Philippines et organise un immense débarquement sur l'île de Leyte dont l'envergure dépasse celle du débarquement de Normandie. Pour contrer cette attaque, les Japonais tentent d'éloigner le gros de la flotte américaine en l'appâtant avec ses derniers porte-avions dépourvus du moindre appareil pour qu'une seconde flotte de cuirassés détruise la flottille de débarquement laissée sans protection. Le commandant américain William F. Halsey tombe dans le piège, mais les Japonais ne parviennent pas à exploiter leur supériorité et doivent se replier. La bataille du golfe de Leyte, la plus grande bataille navale de l'histoire, se solde par la destruction de la moitié du tonnage engagé du côté japonais et la perte des derniers porte-avions. La première attaque suicide des kamikazes a lieu lors de cette bataille. Les pertes causées par les 2 500 kamikazes qui s'abattront sur les navires alliés jusqu'à la fin de la guerre seront très rapidement compensées par la puissante industrie américaine, d'autant plus que, l'effet de surprise passé, les attaques réussies sur les grands navires se font plus rares. D'un point de vue strictement militaire, les résultats sont meilleurs que si le pilote avait la moindre chance de s'en sortir mais les attaques horrifient les marins américains qui commencent à se demander quel sera le prix de la conquête du Japon.

 

 

 

 

 

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L'équipage du Zuikaku salue le drapeau avant de quitter le navire, 25 octobre 1944.

 

 

 

 

 

En novembre, le président Roosevelt est réélu pour un quatrième mandat sans grande surprise compte tenu de la guerre. Après la prise de Leyte, les Américains débarquent à Mindoro et sur l'île principale de Luçon et approchent de la capitale Manille.

Sur le front birman, les Japonais déclenchent une vaste offensive en janvier 1944. L'attaque s'épuise rapidement du fait de l'étirement excessif des lignes de ravitaillement. Lors des batailles d'Imphal et de Kohima, les unités japonaises épuisées sont violemment repoussées et doivent se retirer au début de l'été. À la fin de l'année, le nord de la Birmanie est libéré, dont la ville stratégique de Myitkyina. La route de Birmanie est rouverte au début de l'année 1945.

En Chine, l'année est marquée par l'opération Ichi-Go qui permet aux Japonais de s'emparer de vastes portions de territoires en Chine centrale et méridionale. Les forces chinoises s'effondrent face à la plus grande offensive en Chine depuis plusieurs années. L'un des objectifs japonais était la destruction des bases aériennes qui, au début de l'année, étaient les seules suffisamment proches du Japon. Cependant, les Américains abandonnent leurs bases en Chine trop difficiles à approvisionner et se redéploient dans les îles Mariannes tout juste conquises et encore plus proches du Japon.

 

 

1945

 


 

 

 

Au début de l'année, les possessions japonaises restaient impressionnantes et les riches régions de Malaisie et d'Indonésie lui appartiennent toujours. Cependant, le pays est à genoux, sa marine de guerre est à l'agonie après la perte de ses porte-avions. L'aviation japonaise invincible au début de la guerre n'est plus que l'ombre d'elle-même, ses appareils dépassés emmenés par des pilotes inexpérimentés n'ont d'autre utilité que comme kamikazes. Les bombardiers américains B-29 basés aux Mariannes commencent à anéantir les villes et les industries japonaises sans rencontrer de véritable opposition.

 

 

 

 

 

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B-29 larguant leurs bombes au-dessus de Tokyo au début de l'année 1945.

 

 

 

 

 

Aux Philippines, le général Tomoyuki Yamashita veut abandonner Manille qu'il juge indéfendable mais le contre-amiral Iwabuchi Sanji refuse et se retranche dans la ville avec 15 000 hommes. La bataille de Manille dure tout le mois de février et cause la mort de près de 100 000 civils, la plupart massacrés par les Japonais. Les débris des unités japonaises se dispersent dans les jungles où ils mènent une guerre de guérilla contre les Américains et les Philippins. La reconquête des Philippines ne s'achèvera qu'avec la capitulation japonaise. 96 % des 350 000 soldats japonais dans l'archipel sont tués.

La libération de Bornéo est la dernière campagne d'envergure sur le théâtre du Pacifique. Les forces, principalement australiennes, débarquent au nord et à l'est de l'île en mai. Critiquée après la guerre car considérée comme inutile, la prise de Bornéo prive le Japon d'importantes ressources en pétrole et isole un peu plus ses possessions en Indonésie et en Malaisie.

En Birmanie, les Britanniques poursuivent leur progression le long de l'Irrawaddy et Mandalay tombe le 27 mars. Le chef de l'État fantoche de Birmanie, Ba Maw, se retourne contre les Japonais dont les lignes craquent de partout. Rangoon est finalement prise en mai 1945. Une opération est envisagée pour reprendre la Malaisie, mais la capitulation japonaise arrive avant sa mise en application.

 

 

 

 

 

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Soldats britanniques près de Mandalay en Birmanie, janvier 1945.

 

 

 

 

 

Pendant que MacArthur reconquiert les Philippines, la marine américaine poursuit sa route des atolls. La prise d'Iwo Jima à mi-chemin entre les Mariannes et le Japon permettrait de recueillir les appareils endommagés et de doter les escadrilles de bombardement d'une escorte qui leur fait défaut. La bataille d'Iwo Jima commence le 19 février, mais il faut plus d'un mois aux Américains pour nettoyer l'île de 21 km2 de sa garnison de 21 000 hommes. Après la prise d'Iwo Jima, le chemin du Japon passe obligatoirement par Okinawa qui pourra servir de base de départ pour un débarquement amphibie sur les îles principales.

L'invasion d'Okinawa, le 1er avril (dimanche de Pâques), surpasse toutes les opérations antérieures dans le Pacifique. La flotte américaine de 17 porte-avions reçoit le renfort des quatre porte-avions britanniques que la destruction de la flotte allemande a permis de libérer. Les Japonais envoient près d'un millier de kamikazes tout au long de la bataille. Plusieurs porte-avions sont endommagés et quelques navires plus petits sont coulés, mais la flotte américaine reste intacte. L'opération Ten-Gō lancée le 7 avril est une opération suicide qui entraîne la perte du Yamato, le plus grand cuirassé de l'histoire, qui succombe sous les coups de l'aéronavale américaine. Après cette bataille la flotte japonaise a purement cessé d'exister tout comme l'aviation qui perd 7 800 appareils lors de la prise des Îles Ryūkyū. Dans le même temps, la conquête d'Okinawa se poursuit dans un bain de sang. Le 21 juin 1945, 200 000 Japonais dont une moitié de civils sont morts.

 

 

 

 

 

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L'usage du lance-flammes était souvent nécessaire pour venir à bout de derniers défenseurs japonais, Okinawa, juin 1945.

 

 

 

 

 

La prise d'Okinawa et d'Iwo Jima a coûté la vie à plus de 25 000 Américains et le Japon ne semble toujours pas prêt à se rendre. Les stratèges sont donc forcés de planifier l'invasion des îles principales de l'archipel japonais. L'opération Downfall comportera deux débarquements d'une ampleur jamais vue, l'un en octobre sur Kyūshū et l'autre au printemps 1946 sur Honshū avec des pertes estimées, selon l'évaluation la plus pessimiste, à près de 800 000 morts chez les Américains et plus de 10 millions chez les Japonais[réf. nécessaire]. Le nouveau président Harry Truman (Roosevelt est mort le 15 avril) refuse de sacrifier autant de soldats pour une guerre virtuellement gagnée.

En effet, la prise des Mariannes et l'installation d'une immense base aérienne à Tinian puis la prise d'Iwo Jima permettent aux Américains de mener des opérations de bombardement stratégique particulièrement destructrices. À partir du printemps 1945, l'usage à grande échelle des B-29 et des bombes incendiaires font des ravages dans les villes japonaises à forte densité de population et aux habitations de bois. De plus, à la différence de l'Allemagne, le Japon n'était pas préparé à être bombardé. Les abris sont rares, la défense anti-aérienne et les chasseurs japonais sont incapables de protéger les villes. Le résultat est désastreux, dans la nuit du 9 au 10 mars, le bombardement de Tokyo tue 100 000 personnes. La ville brûle pendant trois semaines. À la fin de la guerre, 500 000 Japonais ont été tués et 5 millions sont sans logement à cause des bombardements qui ont détruit 40 % des zones urbaines du pays. De plus, la flotte étant détruite, les cuirassés américains participent à la destruction des villes côtières. Lors de l'opération Famine, les voies navigables et les côtes sont minées empêchant le transport de fret provoquant un début de famine. Pour aggraver la situation, l'URSS a dénoncé le 2 avril le pacte de neutralité entre les deux pays présageant d'une prochaine entrée en guerre.

 

 

 

 

 

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Champignon nucléaire au-dessus de Nagasaki, 9 août 1945.
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MacArthur signe les Actes de capitulation du Japon le 2 septembre 1945.

 

 

 

 

 

Lors de la conférence de Potsdam en juillet 1945, les Alliés demandent la capitulation sans conditions du Japon qui devra abandonner toutes ses conquêtes depuis 1895, désarmer ses unités militaires et accepter une occupation militaire. La réception de cette déclaration divise le gouvernement japonais entre les civils prêts à l'accepter et les militaires qui pensent que l'Amérique offrira des conditions plus favorables pour éviter un sanglant débarquement au Japon. Le 28 juillet, le premier ministre Kantarō Suzuki utilise le terme ambigu de mokusatsu pour qualifier l'ultimatum et cherche une voie diplomatique avec les Soviétiques. Les Américains considèrent cette réponse comme un refus. Le président Truman décide alors d'utiliser une arme révolutionnaire dont le test vient de réussir au Nouveau-Mexique. Les 6 et 9 août, les villes d'Hiroshima et de Nagasaki subissent les premiers bombardements nucléaires qui font 150 000 morts. Le 8 août, l'URSS déclare la guerre au Japon et pulvérise les unités japonaises de Mandchourie. Malgré le double choc des bombardements atomiques et de l'attaque soviétique, une partie des militaires continue de refuser la capitulation. L'empereur Hirohito demande la tenue d'une conférence dans la nuit du 9 au 10 août dans laquelle il accepte les conditions imposées par les Alliés à condition que la monarchie soit maintenue. Les Américains acceptent et le 14 août, l'empereur s'adresse à la nation pour signifier la fin de la guerre. La cérémonie officielle a lieu sur le pont du cuirassé Missouri dans la baie de Tokyo le 2 septembre 1945.

Les actes de capitulation furent officiellement signés le 2 septembre.

À cette date, les forces armées japonaises comptabilisaient 6 983 000 militaires dont 5 525 000 dans l'armée de terre sans compter les milices et le personnel civil tandis que les pertes militaires furent estimées à 1 402 153 militaires signalés morts ou disparus en action ; en août 1948, 76 960 militaires étaient encore signalés comme disparus et, à quelques exceptions près, présumés morts7.

 

 

 

 

Conséquences

 

 

 

 


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Parade militaire américaine à proximité du palais impérial, 9 mars 1946.

 

 

 

 

 

La guerre dans le Pacifique eut des conséquences importantes et durables. La première est la destruction de la puissance militaire et économique du Japon. Ce dernier perd toutes ses conquêtes depuis 1895 et ne conserve que les îles de l'archipel japonais. Le pays est militairement occupé et mis sous tutelle et Douglas MacArthur devient gouverneur militaire du Japon. Il doit assurer la direction d'un pays exsangue après huit ans de guerre, relancer l'économie, rapatrier les millions de Japonais d'Asie ainsi que démocratiser et démilitariser la société. L'Armée impériale japonaise est dissoute et la constitution de 1947 précise que le pays renonce définitivement à la guerre. Cependant, la guerre froide et la guerre de Corée poussera le Japon à se doter d'une force d'autodéfense. Le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, équivalent du Tribunal de Nuremberg pour l'Europe est chargé de juger les crimes de guerre du Japon Shōwa mais plusieurs personnalités dont l'empereur Hirohito ou les scientifiques de la sinistre unité 731 ne seront pas inquiétés. Le complexe militaro-industriel japonais est démantelé et les Américains libéralisent l'économie en réformant les Zaibatsu autrefois contrôlés par l'état. Une réforme agraire est lancée mais elle ne peut empêcher la malnutrition qui sévit en 1945-1946.

La société japonaise est bouleversée par l'occupation. Elle doit absorber les centaines de milliers de rapatriés des anciennes colonies. Le droit de vote est accordé aux femmes, la liberté de la presse est instaurée, la police politique (Tokkō) et la noblesse japonaise (à l'exception de la famille impériale) sont abolies. L'arrivée de la culture occidentale dans un pays autrefois fermé et aux traditions bien ancrées provoque un profond choc culturel qui se traduit par des changements dans l'habillement, l'alimentation ou la musique. L'occupation prend fin en 1952 et le pays entame une période de croissance spectaculaire connue sous le nom de miracle économique japonais.

L'autre conséquence majeure de la guerre dans le Pacifique est l'affaiblissement des puissances coloniales. En 1939, toute l'Asie, à l'exception de la Chine, de la Thaïlande et bien sûr du Japon est colonisée. Les victoires japonaises mettent à mal l'image d'invincibilité des puissances européennes. De plus, les Japonais s'étaient appuyés sur les mouvements nationalistes en Inde ou en Birmanie pour mieux contrôler l'exploitation des richesses des territoires conquis. D'un autre côté, les mouvements indépendantistes comme le Việt Minh en Indochine firent leurs premières armes, politiquement parlant, contre l'occupant japonais (il n'y eut cependant pas de combats et les Japonais tentèrent une dernière manœuvre en octroyant l'indépendance au Viet Minh). Les idées révolutionnaires et indépendantistes rendirent impossible la reprise en main des anciennes colonies par les Européens à la fin de la guerre. Si la transition vers l'indépendance se fit sans grande violence du côté britannique en Malaisie et en Inde, elle se transforma en guerre en Indochine et en Indonésie.

En Chine, la fin de la guerre et de la menace japonaise met fin à la fragile trêve entre les nationalistes et les communistes. Ces derniers ont considérablement accru leur force durant la guerre et contrôlent maintenant une grande partie du nord-est de la Chine. Soutenus par l'Union soviétique et profitant de l'importante quantité de matériels abandonnés par les Japonais, les communistes reprennent l'offensive en mars 1946. Les tactiques de guérilla épuisent les nationalistes approvisionnés par les États-Unis. Tchang Kaï-chek remporte plusieurs succès mais les défections se multiplient et la corruption galopante décourage les alliés américains. À la suite de plusieurs défaites en 1948, les communistes s'emparent de Pékin et progressent rapidement dans le centre du pays. Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine tandis que les nationalistes se réfugient sur l'île de Taïwan.

L'Invasion soviétique de la Mandchourie entraine la division de la Corée, colonie japonaise depuis 1910, en deux zones d'influence, soviétique au nord et américaine au sud. La montée des tensions entre les deux superpuissances entraine la création de deux états idéologiquement opposés. La guerre de Corée qui s'ensuit provoque la mort de 3 millions de personnes et la partition définitive de la péninsule entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.

Le statut des îles Kouriles occupées par l'Union soviétique en 1945 reste un sujet de friction entre le Japon et la Russie.

 

 

commentaires

Guerre du Pacifique (1).

Publié le 13 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans HIST--Ép. contemp-XXe et XXIe s-Hist. Militaire

Guerre du Pacifique

 

 

 

 


 

 

 

Guerre du Pacifique
Marines américains, un Zero japonais, reddition de soldats britanniques lors de la bataille de Singapour, le cuirassé Iowa et le bombardement nucléaire de Nagasaki
Marines américains, un Zero japonais, reddition de soldats britanniques lors de la bataille de Singapour, le cuirassé Iowa et le bombardement nucléaire de Nagasaki
Informations générales
Date 7 décembre 1941
2 septembre 1945
Lieu Asie de l'Est, Asie du Sud-Est, sous-continent indien, Océanie, océan Pacifique, océan Indien
Issue Victoire des Alliés

Effondrement de l'Empire du Japon
Affaiblissement des puissances coloniales, début de la décolonisation en Asie (dont guerre d'Indochine et révolution indonésienne)
Reprise de la guerre civile chinoise

Changements territoriaux Occupation du Japon

Rétrocession à la Chine de la Mandchourie et de Taïwan
Rétrocession à la Birmanie et à l'Indochine française des territoires annexés par la Thaïlande
Division de la Corée entre Corée du Nord et Corée du Sud
Annexion des îles Kouriles et de Sakhaline par l'Union soviétique

Belligérants
Alliésnote 1
États-Unis États-Unis
Chine République de Chine
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
British Raj Red Ensign.svg Indes britanniques
Drapeau de l'Australie Australie
Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Flag of the Philippines.svg Philippines
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Flag of the Chinese Communist Party.svg Parti communiste chinois
Axenote 2
Drapeau : Japon Empire du Japon
Drapeau de Thaïlande Thaïlande
Flag of Manchukuo.svg Mandchoukouo
Flag of the Republic of China-Nanjing (Peace, Anti-Communism, National Construction).svg Gouvernement collaborateur chinois
Commandants
États-Unis Franklin D. Roosevelt

États-Unis Harry Truman
États-Unis Chester W. Nimitz
États-Unis Douglas MacArthur
États-Unis Joseph Stilwell
États-UnisErnest King
Drapeau de la République de Chine Tchang Kaï-chek
Drapeau de la République de Chine He Yingqin
Drapeau de la République de Chine Sun Liren
Flag of the United Kingdom.svg Archibald Wavell
Drapeau du Royaume-Uni Louis Mountbatten
Drapeau de l'Australie Thomas Blamey
Drapeau des Pays-Bas Hein ter Poorten
Drapeau de la France Général Eugène Mordant
Drapeau de l’URSS Alexandre Vassilievski

Drapeau : Japon Hirohito

Drapeau : Japon Hideki Tojo
Drapeau : Japon Hajime Sugiyama
Drapeau : Japon Osami Nagano
Drapeau : Japon Isoroku Yamamoto
Drapeau de Thaïlande Plaek Pibulsonggram

Pertes
env. 4 440 000 militaires
env. 24 000 000 civils
env. 3 340 000 militaires
env. 960 000 civils
Batailles
Batailles et opérations de la Guerre du Pacifique

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Guerre sino-japonaise


Front d'Europe de l’Ouest


Front d'Europe de l’Est


Bataille de l'Atlantique


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Théâtre américain

 

 

 

 

 

La guerre du Pacifique comprend les campagnes menées à partir de 1941 en Extrême-Orient, dans les pays bordant l’océan Pacifique et dans cet océan, dans le cadre de l'affrontement entre les Alliés et l'Empire du Japon. La politique expansionniste du Japon visait l'ensemble de la région. Cette guerre englobe l'ensemble des opérations militaires menées sur les fronts est-asiatique et océanien de la Seconde Guerre mondiale.

Le terme de guerre du Pacifique est généralement employé en Occident pour désigner cet ensemble de conflits, bien que tous les pays concernés n'aient pas été bordés par l'océan Pacifique et que les combats ne se soient pas limités aux opérations navales1. Du point de vue de l'Empire du Japon, cette extension de la guerre sino-japonaise fut officiellement appelée guerre de la Grande Asie orientale (大東亜戦争, Dai tōa sensō?). Après la guerre, le terme de guerre de Quinze Ans (十五年戦争, Jūgonen Sensō?) est entré en usage au Japon, faisant remonter le conflit à l'invasion de la Mandchourie en 1931.

L'extension du conflit à partir de sa base continentale en Chine et en Indochine, débute en décembre 1941, à partir de l'entrée en guerre officielle de l'Empire du Japon contre les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Australie. Les Japonais connaissent des succès fulgurants au début du conflit et s'emparent de vastes territoires mais sont lentement repoussés par la supériorité industrielle américaine. Le théâtre asiatique de la Seconde Guerre mondiale se distingue du théâtre européen par le rôle capital joué par les marines de guerre dans le dénouement du conflit. En revanche, les crimes de guerre du Japon Shōwa n'ont rien à envier à ceux de l'Allemagne. Ce conflit eut d'importantes conséquences en affaiblissant les puissances coloniales européennes qui connaîtront toutes la phase de décolonisation après la guerre. La guerre se termine avec la capitulation sans conditions du Japon le 2 septembre 1945.

 

 


Prélude

 


Articles détaillés : Empire du Japon et Expansionnisme du Japon Showa.
Rivalité entre le Japon et la Chine

 


 

 

Les racines de la Seconde Guerre sino-japonaise remontent à la fin du XIXe siècle avec une Chine en plein chaos politique et un Japon en voie de modernisation rapide. Ce dernier s'empare de Taïwan en 1895 puis de la Corée en 1910 tout en étendant son influence économique en Chine et plus particulièrement en Mandchourie. Dans le même temps, la Chine se fragmente en factions autonomes du fait de la faiblesse du gouvernement central. Cette situation favorise l'expansion japonaise. Cependant, le généralissime Tchang Kaï-chek et son Kuomintang parvient à rassembler tant bien que mal les différents gouvernements locaux. Ce renforcement inquiète les Japonais qui organisent l'incident de Mukden en 1931 pour justifier l'invasion de la Mandchourie et la mise en place d'un gouvernement fantoche, le Mandchoukuo dirigé par Puyi, le dernier empereur de la dynastie Qing. Les agressions japonaises provoquèrent la colère des membres de la Société des Nations que le Japon quitta en 1933.

À partir de ce moment, l'influence du Parti communiste chinois augmente fortement et ce dernier s'empare de vastes territoires dans le sud-est du pays. Considérant que ceux-ci représentent une plus grande menace que les Japonais, Tchang Kaï-chek lance une série d'offensives pour les déloger. Profitant du chaos grandissant, les Japonais interviennent à Shanghai en 19322

Au Japon, les répercussions de la Grande Dépression et une série de coups d'état entrainent la chute du gouvernement civil et la prise de contrôle par les militaires. Cependant, le haut-commandement militaire n'exerce qu'un contrôle limité sur les différents corps d'armées qui agissent parfois en fonction de leurs propres intérêts aux dépens de l'intérêt national. L'empereur Hirohito jouit d'un statut quasi-divin mais intervient peu dans les affaires militaires et se contente de donner les grandes lignes de la politique japonaise.

 

 

La Seconde Guerre sino-japonaise

 


Article détaillé : Seconde Guerre sino-japonaise.

 

 

 

 

En 1936, l'ancien seigneur de guerre Zhang Xueliang sequestre Tchang Kaï-chek pour le forcer à négocier avec les communistes en vue de former un front uni contre les Japonais. Peu après, le 7 juillet 1937, l'incident du pont Marco Polo sert de prétexte à l'attaque de la Chine par l'Empire du Japon. Les nationalistes et les communistes se regroupent au sein du deuxième front uni chinois mais continuent d'agir séparément et ce rassemblement ne met pas fin aux escarmouches entre les deux camps. Les Japonais progressent rapidement mais s'aliènent les opinions publiques occidentales principalement après le massacre de Nankin et l'incident du Panay. Cependant, l'immensité du territoire, le manque de ressource et la violence de l'occupant qui empêche l'implantation de gouvernement locaux et l'exploitation des ressources font que la progression japonaise s'arrête à partir de 1938 et la bataille de Wuhan.

En 1939, les forces japonaises testent les défenses soviétiques dans l'Extrême-Orient russe à partir de la Mandchourie mais sont violemment repoussés lors de la bataille de Halhin Gol par les unités soviétiques et mongoles menées par Gueorgui Joukov. Cela dissuade le Japon de poursuivre son expansion vers le nord, et le pousse à repousser plutôt les limites de l'Empire vers les îles du Pacifique et l'Asie du Sud-Est. Une paix instable s'instaura entre les deux pays jusqu'en 1945.

En septembre 1940, le Japon profite de la défaite de la France en Europe pour envahir l'Indochine française. L'administration coloniale française, fidèle au gouvernement de Vichy, accepte de laisser transiter par l'Indochine les troupes japonaises, qui lui laissent en échange la maîtrise du territoire jusqu'au 9 mars 1945.

Le mois suivant, la Thaïlande attaque à son tour les possessions françaises en Indochine, et déclenche une guerre franco-thaïlandaise dans laquelle le Japon se pose alors en médiateur pour obtenir un cessez-le-feu, afin de ménager ses relations avec la Thaïlande et obtenir une alliance militaire avec ce pays. Le 27 septembre, le Japon entre dans le Pacte tripartite, l'acte fondateur de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo.

En 1941, le conflit en Chine est complètement bloqué. Bien que le Japon ne contrôle une grande partie du Nord et du centre de la Chine, le Kuomintang s'est retiré vers l'intérieur du territoire et a implanté sa capitale provisoire à Chongqing. Cependant, le contrôle japonais reste limité aux grandes villes et aux principales voies de transport. Ce qui permet l'intensification de la guerre de guérilla menée par les communistes. Pour s'assurer le contrôle du territoire, le Japon met en place plusieurs gouvernements de collaboration mais la violente politique d'occupation japonaise décrédibilise ces administrations considérées par la population comme des outils de propagande et rend leur autorité très limitée.

 

 

Tensions entre le Japon et les puissances occidentales

 

 


La dégradation des relations avec les puissances occidentales, plus particulièrement les États-Unis s'est poursuivie tout au long des années 1930. En 1941, la Chine reçoit le soutien américain par l'intermédiaire de la loi Prêt-Bail. Le 26 juillet 1941, les États-Unis et les Pays-Bas imposent un embargo total sur le pétrole et l'acier à destination du Japon. Ils entendent ainsi stopper les velléités expansionnistes du Japon. Le gouvernement et les nationalistes japonais considèrent cette décision comme une agression car le pays importe 80 % de son pétrole sans lequel il est impossible de faire la guerre.

Devant choisir entre abandonner les territoires chinois si durement acquis et s'emparer des ressources qui lui manquent par la force, le quartier général impérial choisit la guerre malgré certaines voix au Japon doutant que l'empire ait la capacité de battre la puissance américaine à moyen terme.

L'objectif principal des Japonais est constitué par les colonies des Pays-Bas et du Royaume-Uni en Asie du Sud-Est, riches en pétrole, en minerai et en caoutchouc. Néanmoins, les proches relations de ces deux pays avec les États-Unis et la certitude que ces derniers ne laisseront pas le Japon dominer l'Asie imposent de neutraliser sa flotte de guerre3,4. On peut donc distinguer deux directions d'expansion :

Une offensive vers l'est avec :

Une offensive vers le sud avec

Une fois ces conquêtes achevées, la stratégie deviendra défensive et le Japon espère pouvoir s'implanter solidement dans ses nouveaux territoires en attendant victorieusement la paix.

En novembre 1941, les plans d'attaque sont pratiquement achevés. Cependant, les négociations avec les États-Unis ne sont pas suspendues et le quartier général japonais considère que si un accord acceptable est trouvé, les attaques seront annulées même si l'ordre avait déjà été donné.

Bien que marginales, les membres européens de l'Axe, le Troisième Reich et l'Italie fasciste menèrent des opérations en Asie par l'intermédiaire de sous-marins ou de croiseurs auxiliaires. On peut par exemple citer les attaques allemandes sur Nauru ou la bataille entre le Sydney et le Kormoran.

 

 

 

Opérations militaires

 


1941-1942

 


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L'USS Arizona brûla durant deux jours après avoir été touché par une bombe japonaise lors de l'attaque de Pearl Harbor.

 

 

 

 

Au matin du 7note 3 décembre 1941, les Japonais débarquent en Malaisie, en Thaïlande. Simultanément (à une heure près), le Japon lance une attaque surprise sur la principale base navale américaine dans le Pacifique située à Pearl Harbor dans l'archipel d'Hawaii. L'opération est menée par six porte-avions japonais et met hors de combat huit cuirassés. Malgré ce succès, la victoire japonaise est à relativiser, car, ni les porte-avions américains (aucun n'était présent), ni les infrastructures maritimes (réservoirs de carburant et installations portuaires) ne sont endommagés. De plus, six cuirassés seront renfloués et renvoyés au combat avant la fin de la guerre. Mais, sur le moment, le rapport des forces est clairement en faveur du Japon, qui peut mener ses opérations aéronavales en Asie du Sud-Est sans craindre une intervention américaine.

Au moment de l'attaque, les États-Unis n'étaient officiellement en guerre avec aucun pays dans le mondenote 4. Les membres de l'America First manifestaient avec véhémence pour garder l'Amérique à l'écart du conflit européen. Malgré cela, le président Roosevelt usait de son influence pour faire passer des lois visant à s'opposer à l'expansion de l'Allemagne comme la loi prêt-bail. L'attaque japonaise mit fin à toute opposition à la guerre. Le 8 décembre, les États-Unis déclarent la guerre au Japon bientôt suivis par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Australie. Le 11 décembre 1941, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste déclarent la guerre aux États-Unis.

Dans les jours qui suivent l'attaque de Pearl Harbor, le Japon attaque dans toutes les directions. Hong Kong tombe en moins de 17 jours et la bataille se déplace aux Philippines. Dans le même temps, les îles américaines de Guam et de Wake sont bombardées et prises.

 

 

 

 

Forces navales des principaux protagonistes début 1942 dans le Pacifique (mai 1941 pour le Royaume-Uni et les Pays-Bas)
Équipement principaux Marine impériale japonaise US Navy Royal Navy Marine royale néerlandaise
Navires de lignes 11 3 1
Porte-avions 11 4 1
Croiseurs 40 20 17 3
Destroyers 125 80 6 7
Sous-marin 75 55 15

 

 

 

 

Les Occidentaux sont incapables de résister à la poussée japonaise. Les Britanniques disposent d'importantes forces à Singapour et en Malaisie mais les meilleures unités ont été envoyées en Europe ou en Afrique du Nord. En Malaisie, les Japonais progressent rapidement dans des zones jugées infranchissables par les Britanniques et ceux-ci doivent se replier à Singapour. Le HMS Repulse et le fleuron de la Royal Navy, le HMS Prince of Wales, sont coulés en moins de deux heures par les avions japonais le 10 décembre, ce qui laisse Singapour sans cuirassés pour la protéger. La ville est assiégée à la fin du mois de janvier 1942 et doit se rendre le 15 février : 130 000 soldats sont fait prisonniers5.

 

 

 

 

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Soldats japonais fêtant leur victoire à Bataan dans les Philippines en avril 1942.

 

 

 

 

 

À la suite de la Déclaration des Nations unies (première utilisation officielle du terme de Nations unies) du 1er janvier 1942, les Alliés forment l'ABDA ou American-British-Dutch-Australian Command qui devient le commandement suprême des forces alliées en Asie du Sud-Est. Sa direction est confiée au Britannique Archibald Wavell. La force ainsi créée est importante mais les unités sont dispersées depuis la Birmanie jusqu'au nord de l'Australie en passant par les Philippines. Elle ne parvient pas à ralentir la progression fulgurante des Japonais qui attaquent Bornéo et ses riches champs pétrolifères, puis Sumatra et Java et leurs vastes ressources naturelles. Dans une tentative désespérée pour enrayer l'invasion de Java, l'ABDA subit une cuisante défaite lors de la bataille de la mer de Java à la fin de février 1942. À la suite de ce désastre, l'ABDA cesse d'exister. Profitant de la disparition de l'aviation alliée, le Japon lance une série de bombardements moralement dévastateurs (mais militairement insignifiants) sur le nord de l'Australie. De plus, les Japonais ont entamé l'invasion des îles Salomon en vue d'isoler l'Australie des États-Unis. Fin mars, les Indes orientales néerlandaises sont tombées aux mains des Japonais.

Les premiers débarquements aux Philippines, alors sous protection américaine, ont lieu dès le 8 décembre. Manille tombe le 2 janvier et les 120 000 soldats philippins et américains se retranchent dans les fortifications de Corregidor et de Bataan. Sur ordre du président Roosevelt, le général Douglas MacArthur quitte Corregidor en direction de l'Australie pour y prendre le contrôle des forces alliées dans la zone. Les derniers défenseurs américains se rendent en mai.

Les assauts japonais en Birmanie forcent les Britanniques à abandonner Rangoon et à se replier jusqu'à la frontière avec l'Inde. Cette avancée japonaise prive Tchang Kaï-chek du ravitaillement allié transitant par la Route de Birmanie. En mars et en avril, une puissante flotte japonaise pénètre dans l'océan Indien et lance une série de raids aériens sur l'île de Ceylan. La flotte britannique envoyée pour l'intercepter ne parvient pas à prendre l'avantage et de nombreux cargos sont coulés ainsi que le porte-avions HMS Hermes. Néanmoins, le débarquement craint par les Britanniques ne se réalise pas et les Japonais ne seront plus jamais en mesure de rééditer une telle opération.

Au printemps 1942, le Japon a achevé la plus grande partie de ses objectifs initiaux. Il s'est emparé de territoires immenses et de richesses considérables au prix de pertes assez légères. En revanche, le moral des Alliés est au plus bas du fait des défaites successives et des importantes pertes. Le haut-commandement japonais s'attend donc à pouvoir entamer des négociations de paix. Cependant, la résistance des Australiens et des Néerlandais au Timor et surtout l'audacieux raid de Doolittle qui, le 18 avril, parvient à larguer quelques bombes sur le Japon montrent que les Alliés ne sont pas décidés à se rendre. Le raid de Doolittle, bien qu'insignifiant du point de vue militaire, montre que le Japon n'est pas à l'abri. Jusqu'alors, les stratèges hésitaient entre attaquer l'Australie au sud ou vers l'est en direction d'Hawaï. Le raid convainc les Japonais d'étendre leur zone de contrôle vers l'est.

 

 

 

 

 

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Explosion sur le Lexington lors de la bataille de la mer de corail.
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Le Hiryu peu avant son naufrage le 5 mai 1942.

 

 

 

 

 

Pour étendre leur zone de contrôle, les Japonais continuent leurs opérations dans le sud. Depuis l'île de Rabaul conquise dès janvier, ceux-ci planifient l'attaque de Port Moresby en Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon pour en faire des base d'opérations avancée en vue d'isoler l'Australie des États-Unis. Cependant, les cryptanalystes américains sont parvenus à casser les codes secrets japonais et forment une flotte de combat menée par deux porte-avions, le Lexington et le Yorktown sous le commandement de l'amiral Frank J. Fletcher. En face, les Japonais alignent deux porte-avions lourds le Zuikaku et le Shokaku ainsi que le porte-avions léger Shoho sous le commandement de l'amiral Takeo Takagi.

La bataille de la mer de corail qui s'ensuit est la première bataille navale où les deux flottes ne se sont jamais aperçues et où seuls les avions furent utilisés pour attaquer les forces adverses. Les Américains perdent le Lexington et le Yorktown est gravement endommagé tandis que les Japonais déplorent la perte du Shoho et du Shokaku endommagé. Les pertes sont équivalentes et les deux camps revendiquent la victoire. Cependant, l'invasion de Port Moresby est repoussée et alors que le Yorktown sera rapidement réparé et pourra participer à la Bataille de Midway, les deux groupes aéronavals japonais ne seront pas reconstitués à temps. Cependant, les Japonais disposent de huit porte-avions contre seulement trois pour les Américains et les équipages et les pilotes de ceux-ci sont bien plus expérimentés.

Pour anéantir la flotte américaine et en particulier ses porte-avions, l'amiral Isoroku Yamamoto planifie une opération contre l'atoll de Midway. Une attaque de diversion sera menée en direction des Îles Aléoutiennes tandis que le gros de la flotte et ses quatre porte-avions lourds l'Akagi, le Soryu, le Kaga et le Hiryu approchera de Midway en vue d'y organiser un débarquement. L'île abritera ensuite une importante base aérienne offrant au Japon, le contrôle du Pacifique central. Mais encore une fois, les messages secrets japonais sont décodés et l'amiral Chester Nimitz rassemble ses trois derniers porte-avions l'Enterprise, le Hornet et le Yorktown hâtivement réparé des dégâts subis lors de la bataille de la mer de corail et les place en embuscade de la flotte japonaise.

Comme prévu, la flotte japonaise arrive à proximité de Midway au matin du 4 juin. L'amiral Chūichi Nagumo ordonne le bombardement aérien de l'île. L'aviation américaine présente sur l'île est détruite tandis que la flotte japonaise n'est pas touchée. En revanche, la flotte américaine est repérée par les avions de reconnaissance et surprend Nagumo qui hésite sur la marche à suivre. Les premiers assauts américains sont facilement repoussés mais une escadrille de Dauntless surprend les Japonais au pire moment et en quelques minutes, l'Akagi, le Soryu et le Kaga sont mortellement touchés. Les appareils de l'Hiryu coulent le Yorktown mais le dernier porte-avions japonais est détruit à son tour. La flotte japonaise est anéantie et contrairement aux États-Unis, le Japon est incapable de remplacer ses unités perdues. La bataille de Midway est le tournant de la guerre dans le Pacifique car elle arrête définitivement l'expansion japonaise.

 

 

 

 

 

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Marines américains se reposant lors de la bataille de Guadalcanal, novembre 1942.

 

 

 

 

 

Le triomphe de Midway modifie considérablement la stratégie américaine. La priorité étant au théâtre d'opération européen, la tactique américaine dans le Pacifique était de contenir le Japon. Ainsi aucune offensive n'était prévue avant 1943. Plutôt que d'attaquer Rabaul très bien défendue, les Américains décident de reprendre les îles Salomon. Le 7 août, ils débarquent sur l'île de Guadalcanal mais la flotte américaine est mise en pièces à la bataille de l'île de Savo. Une véritable guerre d'usure commence alors lorsque les Japonais décident d'envoyer des renforts sur l'île. La bataille sur terre se déroule dans des conditions épouvantables au cœur d'une jungle épaisse. Sur mer, la confrontation est tout aussi violente, les batailles des Salomon orientales et des îles Santa Cruz entrainent de lourdes pertes dans les deux camps. Les Japonais défendent l'île avec acharnement mais leur logistique est incapable de les soutenir et ils doivent évacuer l'île en janvier 1943. C'est durant cette bataille qu'apparaît le Tokyo Express, surnom donné par les Américains aux destroyers japonais qui ravitaillaient les unités japonaises durant la nuit.

Dans le même temps, les Japonais, qui n'avaient pas réussi à débarquer à Port Moresby tentent de prendre la ville en traversant l'île le long de la piste Kokoda. La piste serpente dans des territoires presque inexplorés dans un climat et un relief extrême. L'offensive japonaise progresse difficilement au cours de l'été mais se révèle incapable d'atteindre la côte.

 

 

 

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Nobuyuki Abe.

Publié le 13 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Histoire thématique

Nobuyuki Abe

 

 

 

 


 

Nobuyuki Abe
阿部 信行
Le général Nobuyuki Abe.
Le général Nobuyuki Abe.

Naissance 24 novembre 1875
Drapeau du Japon Kanazawa, Japon
Décès 7 septembre 1953 (à 77 ans)
Drapeau du Japon Tokyo, Japon
Origine Japonais
Allégeance Drapeau : Japon Empire du Japon
Grade Général
Années de service 18951936
Conflits Intervention en Sibérie
Commandement Drapeau de l'armée impériale japonaise Armée impériale japonaise
Autres fonctions Premier ministre du Japon
Gouverneur-général de Corée
Ministre des Affaires étrangères

 

 

 

 

 

Nobuyuki Abe (阿部 信行?), né le 24 novembre 1875 à Kanazawa au Japon et décédé à l'âge de 77 ans le 7 septembre 1953 à Tokyo, est un général de l'armée impériale japonaise qui fut gouverneur-général de Corée et le 36ème premier ministre du Japon du 20 août 1939 au 16 janvier 1940.

 

 

 

 

Biographie


Jeunesse

 

 


Abe est né en 1875 dans une ancienne famille samouraï à Kanazawa dans la préfecture d'Ishikawa. Son beau-frère est l'amiral Shigeyoshi Inoue.

Abe étudie au lycée Hibiya à Tokyo puis se porte volontaire au service actif durant la guerre sino-japonaise (1894-1895).

Après le conflit, il sort diplômé de l'académie de l'armée impériale japonaise puis de la 19ème classe de l'école militaire impériale du Japon. Le général ultranationaliste Sadao Araki fut l'un de ses camarades de classe. Abe commande ensuite le 3ème régiment d'artillerie de 1918 à 1921. En août 1918, son régiment participe à l'intervention en Sibérie mais n'a jamais à se battre. Abe est nommé commandant de la 4ème division le 22 décembre 1930. Il est plus tard instructeur à l'académie militaire avant de devenir chef du bureau des Affaires militaires puis vice-ministre de la Guerre.

 

 

Comme premier ministre

 


Nobuyuki Abe n'est pas le premier choix pour le poste de premier ministre après la chute du gouvernement de Hiranuma Kiichirō. Du côté des civils, Fumimaro Konoe et Koki Hirota sont condérés comme favoris mais l'armée et les ultranationalistes soutiennent fortement le général Kazushige Ugaki. Après que le genrō Saionji Kinmochi ne déclare son désintéressement des candidats civils, l'armée est prête à imposer son choix. Cependant, Ugaki tombe malade et doit être hospitalisé. Le choix de Nobuyuki Abe, ministre de la Guerre par intérim, est un compromis. Abe a l'avantage de n'appartenir ni à la Tōseiha ni à la Kōdōha (des factions politiques au sein de l'armée) et est aussi soutenu par la marine impériale japonaise pour être un modéré. Mais il est méprisé par plusieurs hauts-officiers de l'armée pour n'avoir jamais participé à aucun combat.

Abe devient premier ministre le 20 août 1939. Durant son mandat, il tient en même temps le portefeuille de ministre des Affaires étrangères. Abe cherche rapidement à mettre fin à la guerre sino-japonaise (1937-1945) et à imposer la neutralité du Japon dans le conflit européen. Il s'oppose également à l'effort de l'armée pour former une alliance politico-militaire avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste.

Manquant du soutien des militaires et des partis politiques, Abe est remplacé par Mitsumasa Yonai en janvier 1940.

 

 

Suite de la carrière

 


Trois mois après son remplacement, l'armée envoie Abe en Chine en qualité d'envoyé spécial pour conseiller le régime pro-japonais de Wang Jingwei et négocier un traité garatissant les intérêts économiques et militaires japonais dans le Nord de la Chine.

Après son retour au Japon, Abe devient membre de la chambre des pairs en 1942 et accepte la position honorifique de président de la Taisei Yokusankai. Il devient le 10ème (et dernier) gouverneur-général de Corée en 1944.

Après la défaite de 1945, Abe est purgé de la fonction publique et arrêté par les forces alliées. Il n'est cependant accusé d'aucun crime de guerre et est très vite relâché.

Son second fils est Nobuhiro Abe.

 

 

 

 

 

Précédé par Nobuyuki Abe Suivi par
Fonctions politiques
Hachirō Arita
Ministre des Affaires étrangères
1939
Kichisaburō Nomura
Hiranuma Kiichirō
Premier ministre du Japon
1939–1940
Mitsumasa Yonai
Kuniaki Koiso
Gouverneur-général de Corée
1944–1945
Position abolie

 

 

 

 

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Napoléon Ier (4 & fin).

Publié le 10 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans Histoire-Révolution Française

Controverses

 

 

 

 


Controverses sur sa mort

 

 

 

Article détaillé : Mort de Napoléon.

 

 

 

La cause officielle du décès de Napoléon était un cancer de l’estomac. L’Empereur montrait un certain embonpoint au moment de sa mort (75,5 kg pour 1,67 m).

En 1955, le journal de Louis Marchand, le valet de Napoléon, fut publié. Il décrit les derniers mois de Napoléon jusqu’à sa mort et Sten Forshufvud conclut à sa lecture que l'Empereur fut victime d’un empoisonnement à long terme à l’arsenic, qui l’aurait suffisamment affaibli pour que les traitements médicaux de l’époque puissent l’achever60.

Pascal Kintz, de l’institut légal de Strasbourg, fit en 2001 une étude du niveau d’arsenic trouvé dans les cheveux de Napoléon après sa mort, de 7 à 38 fois le niveau normal, mais il ne conclut pas que cela soit le résultat d'un empoisonnement61 ; les analyses du magazine Science & vie montrent que des concentrations similaires d’arsenic peuvent être trouvées dans des échantillons prélevés en 1805, 1814 et 1821.

Des études françaises ont montré que Napoléon plongeait quotidiennement ses cheveux dans des bains d’arsenic car la croyance populaire voulait que l’arsenic prolonge la vie et l’éclat de la chevelure, ce qui expliquerait le taux anormalement élevé d’arsenic retrouvé dans ses cheveux.

Une analyse des mèches de cheveux de sources variées permet de reconstituer un histogramme détaillé du contenu d'arsenic dans le corps de Napoléon. La concentration est le plus souvent basse puis de temps en temps une concentration très forte apparaît, indiquant qu'une dose forte d'arsenic aurait été absorbée. Toutefois les cheveux étudiés ayant été prélevés sans le bulbe, il est impossible d'affirmer avec certitude que ce soit les vrais cheveux de Napoléon62.

En revanche, la thèse d'empoisonnement est rendue difficilement soutenable suite à une étude clinico-pathologique le 12 janvier 2007 menée par des chercheurs suisses, américains et canadiens de l'université de Bâle et publiée dans la revue Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology, selon laquelle l'Empereur aurait été emporté par un cancer gastrique avancé avec envahissement des ganglions lymphatiques63. Leurs travaux, se fondant sur les rapports des médecins présents à Sainte-Hélène, indiquent que son cancer serait survenu sur fond d'inflammation chronique de l'estomac causé par un micro-organisme, et non pas sur fond de prédisposition familiale. Toujours selon les descriptions contemporaines, la paroi de l'estomac présentait une lésion d'environ dix centimètres. Ce nombre paraît cependant fort exagéré car le rapport d'autopsie d'Antommarchi (la version officielle, et non celle truquée de son ouvrage) parle d'un ulcère ayant formé un trou de diamètre d'environ 3 lignes, soit 7 centimètres environ. Les rapports anglais, eux, parlent d'un trou suffisant pour y passer le petit doigt (il s'agissait du doigt du docteur Rutledge)64.

 

 

Napoléon et l'islam

 


La Campagne d'Égypte

 


L’intérêt de Napoléon pour l’islam semble être dicté par le contexte. La campagne d’Égypte a été préparée sur le même mode que celle d’Italie, c’est-à-dire en espérant provoquer un ralliement des populations locales à la cause française. Dans l’objectif de ce ralliement, tout est fait pour que les égyptiens en majorité musulmans se sentent valorisés. Napoléon déclare d’ailleurs à ses soldats à bord du navire l’Orient le 22 juin 1798 que65 : « Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans […]. Ne les contredisez pas ; agissez avec eux comme nous avons agi avec les juifs, avec les italiens ; ayez des égards pour leurs muftis et leurs imams, comme vous en avez eu pour les rabbins et les évêques ». Cette stratégie est bien visible dans les proclamations destinées à la population comme celle du 2 juillet 1798 à Alexandrie66 : « Peuples de l’Égypte, on vous dira que je viens détruire votre religion ; ne le croyez pas ! Répondez que je viens vous restituer vos droits, punir les usurpateurs et que je respecte plus que les Mamelucks, Dieu son Prophète et l’Alcoran. ». Pour le Général Dupuy qui accompagnait Napoléon durant la campagne d'Égypte cet intérêt pour l'Islam est simulé pour des raisons politiques : « Nous trompons les Égyptiens par notre simili attachement à leur religion, à laquelle Bonaparte et nous ne croyons pas plus qu'à celle de Pie le défunt. »67 Contrairement à la guerre (postérieure) d’Espagne où Napoléon négligera trop le facteur religieux et les mouvements de foules que provoqueront les moines et le clergé, en Égypte, Napoléon est bien conscient qu’il doit gagner à sa cause les représentants de l’Islam et ne ménage pas ses efforts : il porte à titre expérimental le turban et le kaftan, et se promeut comme l'apôtre de Mahomet envoyé pour restaurer la gloire de l'islam d'antan. Il souhaite même que ses soldats se convertissent en masse mais leur consommation d'alcool et leur non circoncision empêche la mise à exécution du projet68.

 

 

Intérêt personnel

 


Napoléon est fasciné avant tout par l'Orient. En ce qui concerne sa conversion à l'islam, il déclare69 qu'« après tout, ce n'est pas impossible que les circonstances m'eussent amené à embrasser l'islamisme. […] Mais ce n'eut été qu'à bonne enseigne; il m'eut fallut pour cela au moins jusqu'à l'Euphrate. Le changement de religion peut se comprendre peut-être par l'immensité de ses résultats politiques ». D'une manière plus générale, Napoléon ne semble pas vouloir se convertir lorsqu'il s'exprime sur le Concordat70 « je tenais réellement à ma religion natale ». Napoléon met en avant la proximité des religions chrétiennes et musulmanes lorsqu'il dépeint71 le prophète : « Mahomet […] qui marche si près sur les traces du christianisme, et s'en éloigne si peu » et relève les différences existant à Sainte-Hélène72 : « analysant de la manière la plus ingénieuse les deux religions de l’Orient et de l’Occident, il disait que la nôtre était toute spirituelle, et celle de Mahomet toute sensuelle ; que les châtiments dominaient chez nous : c’était l’enfer et ses supplices éternels, tandis que ce n’était que récompenses chez les Musulmans : les houris aux yeux bleus, les bocages riants, les fleuves de lait ; et de là il concluait, en opposant les deux religions, que l’on pourrait dire que l’une était une menace, elle se présentait comme la religion de la crainte ; que l’autre, au contraire, était une promesse, et devenait la religion des attraits ».

L'ambivalence de Napoléon vis-à-vis de l'islam est due à la nécessité d'un double langage durant la Campagne d’Égypte : d'une part les discours admiratifs de l'islam73 ou favorable à ses intérêts74 tenus aux autorités religieuses et d'autre part les confessions personnelles qui n'interviennent souvent que bien plus tard et donnent un point de vue que les années rendent distant.

 

 

Correspondance

 


Napoléon Bonaparte a entretenu une abondante correspondance, en partie à usage privé, mais surtout une importante correspondance officielle. De son vivant, quelques-unes de ces lettres ont été publiées, soit isolément, soit en recueils, mais souvent dans un but d’exaltation ou au contraire de polémique.

Dans les années 1850, l’empereur Napoléon III fait publier la correspondance de son oncle. Si cette nouvelle publication a aussi un but de propagande, elle sera plus sérieuse que ce qui avait été fait jusque-là. Toutefois, certaines lettres n’ont pas été retrouvées, d’autres ont été volontairement omises, et le texte a parfois été expurgé sous divers prétextes. Lorsque paraît en 1869 le dernier volume de la correspondance de Napoléon Ier, l'officier Louis Rossel démontre que les livres de stratégie attribués à ce dernier par la commission chargée de publier la correspondance, ne sont pas et ne peuvent pas être de lui. Dans les années suivantes, de nouvelles lettres ont été publiées, souvent sous la forme de recueils spécifiques (lettres de Napoléon à un même correspondant). D’autres réapparaissaient ponctuellement.

La Fondation Napoléon a entrepris depuis quelques années une vaste entreprise de publication scientifique de l’ensemble de la correspondance de l’empereur. Elle a lancé pour cela un appel afin de récupérer les documents qui pourraient se trouver dans différents dépôts d’archives ou bibliothèques, et surtout chez des particuliers.

Pour les références des éditions, voir plus bas.

 

 

Famille


Famille d'enfance


Parents
Frères et sœurs

 

 

Mariages et enfants

 

 


Divorce de Napoléon et Joséphine, estampe de Bosselman gravée par Chasselat.

 

 

 

Caricature anglaise de Rowlandson, 1810, Napoléon et sa nouvelle épouse

Napoléon s’est marié deux fois :


 

 

 

Napoléon s'était fiancé le 21 avril 1795 à Désirée Clary (1777-1860), future reine de Suède et de Norvège. Mais la rencontre par Napoléon de Joséphine de Beauharnais à Paris, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, le fait renoncer à ce projet de mariage, non sans mauvaise conscience comme en témoigne sa correspondance avec Désirée.

Napoléon a également eu au moins deux enfants naturels, qui tous les deux ont eu des descendants :

Et selon des sources plus ou moins contestées :

Neveux et nièces

 


La liste ci-dessous donne les noms des 26 enfants légitimes des frères et sœurs de Napoléon, par ordre de naissance. D'autres enfants, ceux morts en très bas âge ou issues de relations hors mariage, ne sont pas indiqués76.

  1. Filistine Charlotte Bonaparte (1795-1865), fille aînée de Lucien ;
  2. Dermid Leclerc (1798-1804), fils unique de Pauline ;
  3. Christine-Egypta Bonaparte (1798-1847), fille cadette de Lucien ;
  4. Achille Charles Louis Napoléon Murat (1801-1847), fils aîné de Caroline ;
  5. Zénaïde Bonaparte (1801-1854), fille aînée de Joseph ;
  6. Maria Letizia Joséphine Murat (1802-1859), fille de Caroline ;
  7. Napoléon Louis Charles Bonaparte (1802-1807), fils aîné de Louis ;
  8. Charlotte Bonaparte (1802-1839), fille cadette de Joseph ;
  9. Lucien Charles Joseph Napoléon Murat (1803-1878), fils de Caroline ;
  10. Charles Lucien Carlo Jules Laurent Bonaparte (1803-1857), fils de Lucien, (zoologiste) ;
  11. Napoléon Louis Bonaparte (1804-1831), fils cadet de Louis ;
  12. Lætitia Bonaparte (1804-1871), fille de Lucien ;
  13. Louise Julie Caroline Murat (1805-1889), fille de Caroline ;
  14. Élisa Napoléone Baciocchi (1806-1869), fille aînée d’Élisa ;
  15. Jeanne Bonaparte (1807-1829), fille de Lucien ;
  16. Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), fils de Louis, empereur des français (1852-1870) ;
  17. Paul Bonaparte (1809-1827), fils de Lucien ;
  18. Louis-Lucien Bonaparte (1813-1891), fils de Lucien ;
  19. Jérôme-Frédéric-Félix-Napoléon (1814-1834), fils d’Élisa ;
  20. Jérôme Napoléon Charles Bonaparte (1814-1847), fils aîné de Jérôme ;
  21. Pierre-Napoléon Bonaparte (1815-1881), fils de Lucien ;
  22. Antoine Bonaparte (1816-1877), fils de Lucien ;
  23. Marie-Alexandrine Bonaparte (1818-1874), fille de Lucien ;
  24. Mathilde-Létizia Wilhelmine Bonaparte (1820-1904), fille de Jérôme ;
  25. Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte (1822-1891), fils de Jérôme ;
  26. Constance Bonaparte (1823-1876), fille de Lucien.

Deux neveux moururent du vivant de Napoléon (Dermid Leclerc et Napoléon Charles Bonaparte, ce dernier étant été considéré comme héritier présomptif de la couronne impériale selon la constitution), et deux naquirent après son décès.

 

 

Ordre de Succession au trône impérial en juillet 1815

 


Avec Napoléon II, il y eut 25 Napoléonides de la deuxième génération, dont 17 vivants aux Cent-Jours. Après la chute de l'Empire, dans cette génération, il y avait quatre héritiers mâles, par ordre de succession :

  1. Napoléon II (qui avait déjà brièvement hérité du trône impérial en 1815) ;
  2. Napoléon Louis Bonaparte ;
  3. Louis-Napoléon Bonaparte ;
  4. Jérôme Napoléon Charles Bonaparte.

 

 

Oncle

 


  • Joseph Fesch, cardinal, évêque de Lyon et primat des Gaules. Il est en fait frère utérin de la mère de Napoléon, Maria Letizia Ramolino. La mère de celle-ci, Angèle-Marie Pietra-Santa, veuve de Jean-Jérôme Ramolino, se remaria avec François Fesch, officier suisse au service de la République de Gênes.

 

 

 

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Napoléon Ier (3).

Publié le 10 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans Histoire-Révolution Française

Héritage napoléonien

 

 

 

 


Buste de Napoléon Ier

 

 

 

Article détaillé : Légende napoléonienne.

 

 

 

 

 

Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. le gouvernement français est secoué par des problèmes internes, les impôts n’arrivent pas aux caisses de l’État, le brigandage s’est développé, les routes sont défoncées, les régions frontalières[Lesquelles ?] dévastées à cause de la guerre[Laquelle ?], le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie à Lyon) ruinée, le chômage fait une percée, le prix du pain est trop élevé pour les ouvriers, les hôpitaux ne marchent pas… C’est le moment que Bonaparte, qui est à l’époque encore un général révolutionnaire, choisit pour abandonner son armée en Égypte et monter à Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. Entouré d’une auréole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une réussite), il ne trouve que peu de résistance et l’opinion publique ne le désavoue pas. Mais les républicains sont inquiets : Napoléon incarne-t-il l'avènement définitif des valeurs de la Révolution, ou promet-il, au contraire, la destruction de la pensée révolutionnaire ? On peut considérer aujourd'hui que Napoléon solidifiera à plus d'un titre l’héritage de la Révolution ; s'il en finit avec la République et arrête le mouvement révolutionnaire, il restera fidèle aux principes de la Révolution qu'il cherchera à exporter à l'échelle européenne voire mondiale. Le Consulat, en somme, objective ce mouvement.

Le Consul Napoléon Bonaparte, grâce à une série de mesures, permet à la révolution de s’installer dans le temps. Bonaparte va d'abord s'employer à créer des institutions neuves, lesquelles perdureront jusqu'à nos jours. La nouvelle constitution qu’il fait rédiger renforce le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, crée une administration centralisée, organisée en directions et ministères (dont le nouveau ministère de l’Intérieur, confié à Fouché) spécialisés et uniformisés. Il garde les divisions administratives créées lors de la Révolution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autorité de l’État, font revivre le pays et éloignent un peu plus le risque de retour à l’Ancien Régime. Les caisses de l’État sont renflouées. Napoléon décide également de pacifier certaines zones conflictuelles en développant une politique de la ville novatrice. Ainsi, Pontivy fut agrandie et la ville de La Roche-sur-Yon est créée en 1804. La préfecture de la Vendée reste la seule ville entièrement de création napoléonienne.

Ensuite, Napoléon Bonaparte s’inscrit dans la lignée de la Révolution. Après le coup d’État, les institutions changent, mais la majorité des personnes qui vont occuper des postes étaient déjà en place lors du Directoire : dans les assemblées créées par la Constitution de l'an X, la plupart des sénateurs, tribuns ou membres du Conseil d’État avaient déjà des postes à responsabilité sous le régime précédent, les préfets sont choisis dans les assemblées révolutionnaires… Cela permet à Bonaparte de mieux contrôler l’opposition. Les réformes qu’il met en place sont la suite logique de celles déjà entreprises sous la Révolution. Les réformes financières et commerciales qui lui sont attribuées ont, pour une partie d’entre elles, été imaginées par les membres du Directoire.
Ceux-ci avaient déjà tenté le Blocus continental que Napoléon mettra en œuvre contre le Royaume-Uni en 1806. Même certaines techniques de guerre utilisées par Napoléon et dont il est considéré comme l’inventeur avaient déjà été mises en application sous la Révolution. La rédaction d’un Code civil français elle-même avait déjà été entreprise sous la Révolution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durée de son gouvernement. La paix signée avec les royalistes Vendéens, dès décembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait réussi à l’obtenir.

La signature du Concordat en 1801 permet à Napoléon de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui étaient hésitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population à ce mouvement étant le caractère anti-catholique de la Révolution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait pu être vu comme une volonté de retour à l’Ancien Régime, permet à Bonaparte d’obtenir une nouvelle légitimité et d’asseoir un peu plus son autorité. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. Grâce à ces deux traités, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’héritage révolutionnaire.

Finalement, le Code civil français est un ouvrage révolutionnaire. Commencé en 1800 et publié finalement en 1804, il remplace tout le droit antérieur, et conserve la méritocratie, l’impôt égalitaire, la conscription, la liberté d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie féodale, et en principe l’égalité devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la Révolution, Bonaparte leur permit de traverser les régimes et rassura une grande partie de la population.

Mais Napoléon a aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires. Tout d’abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un état autoritaire et d’une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari ; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs ; l’esclavage est rétabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration des préfets, qui sont l’équivalent des intendants, la création du conseil d’État, équivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour à la monarchie les hante.

Finalement, en devenant tour à tour Premier Consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la République. La faveur publique lui permet de rédiger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la réalité des pouvoirs et surtout ne fait pas mention de la souveraineté nationale. Cette constitution divise le pouvoir législatif, qui à partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opérée la transformation du régime encore républicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de Premier Consul à vie sonne le glas de la République. Ces changements de régime permettent surtout à Napoléon d’être de moins en moins dépendant de ses succès ou échecs et lui donnent une autre dimension vis-à-vis des autres dirigeants européens. Napoléon a donc aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires.

Napoléon arrête le mouvement révolutionnaire mais non la Révolution. En obtenant la confiance des bourgeois (grâce à la vente des biens nationaux, à la paix maritime et continentale, à la création d’une noblesse méritocratique…), grâce au prestige de grandes victoires (Marengo 1800), à la bonne résolution des crises telle celle de 1802 (disette et chômage), Napoléon obtient le soutien populaire et s’affranchit peu à peu du processus révolutionnaire, qui ne lui est plus nécessaire. Au fil des années, alors que sa popularité ne va cesser de croître, il va monter en puissance et s’éloigner de la République. En 1804, après divers complots visant son assassinat et la reprise des hostilités avec le Royaume-Uni, il est perçu comme le seul rempart face aux ennemis de la Révolution, et la question de l’hérédité devient un sujet de préoccupations. Il en profite pour se faire sacrer Empereur (ou plutôt, se sacrer). Ce qui pourrait être vu comme l’aboutissement du projet d’un tyran ne l’est pas. En effet, lors du sacre, Napoléon déclare être dans la continuité de la révolution, et est soutenu par les révolutionnaires eux-mêmes, malgré la fin du processus révolutionnaire.

Les guerres impériales ont perpétué la Révolution. Dans tous les pays conquis, Napoléon Ier impose le Code civil et par conséquent toutes les notions révolutionnaires qui en font partie. Il est considéré dans un premier temps comme le libérateur de l’Europe. Mais à partir de la Quatrième coalition, qui commence en 1806, le but de ces guerres ne sera plus la propagation des idées révolutionnaires. Malgré la défaite napoléonienne de 1815, les idées de liberté et d’égalité resteront fermement implantées dans les pays qui avaient été conquis, et de nombreux bouleversements au fil du XIXe siècle en découleront.
Grâce à la modernisation des institutions françaises et européennes, à la pacification du pays, à ses victoires militaires et la conquête de la majeure partie de l’Europe, Napoléon a permis l’expansion et la perpétuation de la Révolution. Ainsi, malgré les nombreux changements de régime lors du XIXe siècle, le Code civil français restera en vigueur dans l’Europe entière, et les nombreux principes révolutionnaires qu’il contient. Napoléon est donc plus le continuateur que l’assassin de la révolution, malgré l’impasse qu’il fit sur la République. En supprimant les cultes et autres acquis révolutionnaires qui mettaient en danger l’œuvre de la révolution elle-même, il permit aux autres de traverser les époques.

 

 

 

Rétablissement de l'esclavage


 


Le Consul Bonaparte rétablit l'esclavage pour des raisons d'État qui participent du même état d'esprit que celles ayant prévalu avant l'instauration de la République[réf. nécessaire]. Toutefois, la première abolition de l'esclavage, dans les colonies le 4 février 1794 et ses conséquences économiques et politiques amènent le Premier Consul à se saisir de la question. Dès leurs entrées en fonction, les trois Consuls assurent aux anciens esclaves que la liberté qui leur a été accordée par la Convention sera respectée. C'est le cas jusqu’en 1802, avec la signature de la paix d'Amiens le 25 mars 1802, quand l’Angleterre doit rendre à la France les colonies occupées. Parmi celles-ci se trouvent notamment Sainte-Lucie et la Martinique qui n’ont pas bénéficié de l'application de la loi d'abolition de l’esclavage. Face à cet imbroglio entre colonies avec et colonies sans esclavage, le pouvoir consulaire décide du statu quo : les colonies où il n’y a plus d'esclavage resteront libres, en revanche celles jusque là occupées par l'Angleterre conserveront les lois antérieures à l'abolition, c'est-à-dire le Code Noir. Une commission composée de Cambacérès et des trois conseillers d'État Dupuy, Régnaud de St Jean d’Angély et Bruix travaille sur un projet qui allait dans le sens désiré par Bonaparte. Mais il apparaît difficile de faire cohabiter deux principes opposés dans le même projet de loi. Il est alors décidé de ne mentionner que le cas des territoires récupérés à l'occasion du traité d'Amiens, et de ne rien mentionner pour les colonies où l'esclavage était déjà aboli. Dans le maintien de l'esclavage en Martinique, le Premier Consul est poussé notamment par ses ministres (tels Decrès et Talleyrand) et l'Intendant général aux colonies Guillemin de Vaivre, originaire de Saint-Domingue, mais aussi par son épouse Joséphine, martiniquaise dont la famille et plusieurs amis avaient de nombreux intérêts en Martinique.« L’esclavage ainsi que la traite des Noirs et leur importation dans les colonies restituées par le traité d'Amiens auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 ».

 

 

 

Article détaillé : Loi du 20 mai 1802.

 

 

 

Loi du 30 Floréal an X rétablissant l'esclavage en territoire français.

 

 

 

 

 

Début juin, il fait arrêter et déporter Toussaint Louverture, qui s'était distingué pendant la révolte des esclaves de Saint-Domingue onze ans plus tôt et qui, convaincu par l'abolition de l'esclavage de 1794, avait gardé la colonie à la France. L'Antillais devait mourir - de froid - un an plus tard au fort de Joux, dans le Doubs, département réputé pour la rigueur de ses hivers. Avec l'expédition de Saint-Domingue, une deuxième phase de la guerre de Saint-Domingue débute, elle provoque bien des massacres de part et d'autre. Ce sont les Noirs et les mulâtres de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et créent, en janvier 1804, la première République noire indépendante Haïti.

 

 

 

 

Article détaillé : Expédition de Saint-Domingue.

 

 

 

À la fin de 1801 en Guadeloupe, le Capitaine général Lacrosse inquiète en particulier la population noire jusqu'alors libre. Finalement, les troupes noires se révoltent, évincent Lacrosse et s'opposent ensuite à l'armée commandée par le général Richepance venue rétablir Lacrosse. Ces événements finissent en mai 1802 par la résistance de Louis Delgrès, vivement réprimée et qui se termine par le suicide collectif des insurgés au Matouba. Lacrosse et son successeur Ernouf réintroduisent progressivement l'esclavage sous la forme d'un travail forcé, puis de l'esclavage lui-même par le biais d'un arrêté de police rural du 22 avril 1803 qui fait référence à certains articles du Code noir, et enfin avec l'adoption du décret du Premier Consul, daté du 16 juillet 1802, qui énonce que «La Colonie de la Guadeloupe et Dépendances sera régie, à l’instar de La Martinique, de Ste Lucie, de Tabago, et des Colonies orientales, par les mêmes loix qui y étoient en vigueur en 1789». De 1802 à 1803, la Guadeloupe est passée d'un régime qui reconnaissait la présence de généraux et officiers noirs et mulâtres dans l'armée française à un régime qui n'accordait la citoyenneté qu'aux seuls Blancs.

Lors des Cent-Jours en 1815, Napoléon décrète l'abolition de la «Traite des Noirs», afin de complaire en particulier à l'opinion publique britannique largement traversée par le courant abolitionniste. Son retour de l'île d’Elbe a en effet mobilisé l'ensemble des états européens contre lui, et Napoléon tente de perturber la coalition en acceptant des résolutions prises par les puissances européennes durant le Congrès de Vienne. Sa décision est confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. Néanmoins, à la Restauration, cette abolition fut ignorée et seulement reconsidérée sous la pression des Britanniques à partir de 1817 pour aboutir en 1831.

 

 

Réalisations de Napoléon Bonaparte

 


Sous le Consulat

 


Le Consulat est essentiellement une période de pacification et de stabilisation de la France, après la décennie révolutionnaire. De nombreuses institutions sont fondées, qui survivront longtemps à leur créateur ; elles reprennent certains acquis de la Révolution et existent encore au début du XXIe siècle en France.

Ainsi dès le 13 décembre (22 frimaire an VIII) 1799, la Constitution de l'an VIII rédigée par Daunou sur la base des principes énoncés par Sieyès et Bonaparte, crée en son article 52 le Conseil d’État. Cet organe est au départ chargé de rédiger les lois pour décharger les ministères et doit conseiller le gouvernement sur la législation à entreprendre. Dans cette Constitution, Napoléon Bonaparte crée également le Sénat, s'inspirant du Sénat romain, il est chargé de veiller au respect de la Constitution et ses membres sont nommés par le Premier Consul, puis par l'Empereur. En 1800, le Premier Consul Bonaparte crée deux institutions importantes, existant toujours : d'une part, le 13 février (24 pluviôse an VIII), il instaure la Banque de France ; d'autre part, le 17 février (loi du 28 pluviôse an VIII), Bonaparte crée les préfectures avec à leur tête un corps préfectoral nommé par le Premier Consul puis par l'Empereur et représentant de l'État. Toutes ces institutions permettent de réorganiser l'administration en France, qui ne fonctionnait plus depuis le début de la Révolution en 1789[réf. nécessaire]. Cette réorganisation permet de ramener l'ordre et de relancer l'économie. Mais l'ordre intérieur sera totalement ramené le 15 juillet 1801, quand Napoléon Bonaparte signe avec le pape Pie VII le Concordat réconciliant la France avec l'Église, tout en maintenant la liberté de cultes établie par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Bonaparte souhaite réorganiser la société française dans de nombreux domaines :

La période du Consulat est considérée comme la période la plus bénéfique et prolifique du règne de Napoléon[réf. nécessaire]. En effet, durant cette période, Bonaparte réorganise tout et pose ce qui apparaitra ensuite comme les fondations de l’État des XIXe et XXe siècles en France ; ainsi la quasi-totalité des réalisations de Bonaparte existent-elles encore au début du XXIe siècle malgré les réformes successives. Durant cette période, la France voit son économie redynamisée, son administration réorganisée, une justice plus performante[réf. nécessaire], une éducation développée et la paix retrouvée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

 

 

Sous l’Empire

 


Œuvre législative

 

 


Bonaparte opère dès les débuts du Consulat de nombreuses réformes dans l’éducation, la justice, la finance et le système administratif. Son ensemble de lois civiles, rédigé par Portalis, Maleville, Bigot de Préameneu et Tronchet et connu sous le nom de Code Napoléon de 1804, a encore une forte influence dans de nombreux pays de nos jours.

Le Code civil français est toutefois très largement inspiré d’un éventail de lois et coutumes diverses déjà existantes sous l’Ancien Régime qu’il unifia. Son œuvre administrative se prolongea jusqu’en 1814. Entre autres réformes, il débutera le travail de cadastrer le territoire français.

 

 

En architecture et urbanisme

 


À Paris

 

 


L'Arc de triomphe de l'Étoile.

 

 

 

 

 

Napoléon fit ériger à Paris de nombreux monuments dont plusieurs à la gloire de la Grande Armée et de ses victoires. Il a fait construire après la victoire à la bataille d'Austerlitz deux arcs de triomphe après avoir déclaré à ses soldats : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe ». Le premier à être ordonné est l'Arc de triomphe de l'Étoile en 1806 pour en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant le Louvre et la place de la Bastille, il ne sera achevé qu'en 183651. Le deuxième est l'Arc de triomphe du Carrousel, construit de 1806 à 1808 et situé sur la place du Carrousel, à l'ouest du Louvre52. La bataille d'Austerlitz est aussi commémorée par la colonne Vendôme, anciennement appelée colonne d'Austerlitz puis colonne de la Grande Armée, construite entre 1805 et 1810. Elle est surmonté d'une statue de Napoléon53.

 

 

 

 

L'église de la Madeleine.

 

 

 

 

 

L'église de la Madeleine devait être elle aussi un temple à la gloire de la Grande Armée, comme prévu en 1805. En 1812, après la campagne de Russie, Napoléon changea d'avis pour revenir au projet d'une église. Elle fut finie en 184254. Napoléon fit aussi construire de 1807 à 1825 le palais Brongniart de style corinthien pour accueillir la Bourse de Paris55. Il fit aussi construire le palais d'Orsay de 1808 à 1840, où s'installe le Conseil d'État56.

Napoléon fit aménager la capitale. Il fit percer les rues de Rivoli, de Castiglione et des Pyramides ainsi que numéroter les immeubles de Paris. Il ordonna la liaison entre le Louvre et le palais des Tuileries et la finition de la cour carrée du Louvre (construction de l’aile ouest et sud) qui devient un musée. Il offrit au palais Bourbon une nouvelle façade, érigée entre 1806 et 1810. Il fit construire trois ponts (le pont des Arts (1801-1803)57, d’Austerlitz (1802-1806) et d’Iéna (1808-1814)) et plusieurs dizaines de fontaines comme l’éléphant de la Bastille. Il fit embellir le jardin du Luxembourg et créer le jardin des Plantes, le canal de l’Ourcq, de Saint-Martin et de Saint-Denis. Enfin, Il fit aménager le cimetière du Père-Lachaise58.

 

 

 

En dehors de l'Île-de-France

 

 


Le pont de pierre, à Bordeaux.

 

 

 

La place Napoléon, à La Roche-sur-Yon.

 

 

 

 

 

Regards des contemporains

 


D'après Jean-Antoine Chaptal,

« Napoléon se servait lui-même des journaux pour faire la guerre à ses ennemis, surtout aux Anglais. Il rédigeait personnellement toutes les notes qu’on insérait dans Le Moniteur, en réponse aux diatribes ou aux assertions qu’on publiait dans les gazettes anglaises. Lorsqu’il avait publié une note, il croyait avoir convaincu. On se rappelle que la plupart des notes n’étaient ni des modèles de décence, ni des exemples de bonne littérature ; mais nulle part il n’a mieux imprimé le cachet de son caractère et de son genre de talent. »

Surnoms
  • Le petit caporal, le petit tondu ;
  • Le Père la Violette : la violette est la fleur de l'amour caché. Après sa première abdication, on croyait qu'il reviendrait à l'époque où fleurissent les violettes, chose qui se réalisa ; la violette devint un signe de ralliement des bonapartistes après la Seconde Restauration ;
  • Boney par les Britanniques ;
  • Le tyran, l'Ogre, « Buonaparte » sont des surnoms couramment donnés par ses adversaires et ses caricaturistes.
  • La paille-au-nez est le surnom donné enfant par ceux de l'école de Brienne : en effet, avec son accent corse, Napoléon prononçait son prénom Napoillioné.
Sa propre vision

En 1801, Louis Stanislas de Girardin tint le dialogue suivant avec le Premier Consul Napoléon Bonaparte :

Bonaparte — Il eût mieux valu […] que cet homme Jean-Jacques Rousseau n'eût pas existé ; il a causé la Révolution.
Girardin — Il me semble, citoyen consul, que vous n'avez guère à vous plaindre de la Révolution.
Bonaparte — L'avenir dira s'il n'eût pas mieux valu pour le repos de la terre que ni Rousseau ni moi n'eussions existé59.
commentaires

Napoléon Ier (2).

Publié le 10 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans Histoire-Révolution Française

Empire

 

 

 

 


Article détaillé : Premier Empire.

 

 

 

 

Symbolique impériale

 

 

Le sacre impérial, événement unique dans l’Histoire de France, représenté sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.

 

 

 

 

 

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Le Sacre de Napoléon, de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l’impératrice Joséphine.

 

 

 

 

 

L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, une aigle éployée se dit de l'oiseau à deux têtes, et non aux ailes étendues. La couleur rouge du manteau impérial est une référence directe à la pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.

Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des Capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux, doit faire apparaître que l'Empereur est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi Napoléon tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toutes pièces avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits « de Charlemagne » : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

 

 

Napoléon et l’Église

 


Article détaillé : Sacre de Napoléon Ier.

 

 

 

 

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Napoléon se fait couronner roi d’Italie le 26 mai 1805 à Milan.

 

 

 

 

 

La signature du Concordat par le Premier Consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus comme religion d’État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, Napoléon ne va pas se faire sacrer à Rome, comme autrefois Charlemagne et les empereurs germaniques (jusqu'au XVe siècle) ; c'est le pape que l’on fera venir à Paris. Napoléon l’accueille en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractère fortuit de la rencontre.

Le rapprochement entre Napoléon et l’Église est le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delà de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l’égal, voire au-dessus des rois européens comme successeur de Charlemagne et des empereurs de la Rome antique. La présence du pape au sacre donne une dimension morale et légitime supplémentaire à l’Empire. Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une révolution, c’est un couronnement divin comme celui des autres souverains européens mais qu’aucun d’eux ne peut égaler. Napoléon se place au même niveau que le souverain du Saint-Empire romain germanique avant de le dépasser pour devenir l'unique empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'après la proclamation de l'Empire français, il décrète que l'Autriche, alors archiduché, devient aussi un Empire.

La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu’une profession de foi catholique de la part de Napoléon. Napoléon, d’ailleurs peu sensible au sort du pape, le retient plus tard prisonnier à Fontainebleau. Dans l’idée d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagea même de transférer la résidence du pape de Rome à Paris, avant d’abandonner cette idée.

À la fin de sa vie, Napoléon recevra l'extrême-onction des mains de l'abbé Jean-François de Kermagnan.

 

 

Napoléon et l’économie

 

 


Napoléon met en place de nombreuses réformes dans le domaine sociétal et économique. Il est à l'origine de la construction de la Bourse de Paris et de ses principales réglementations. Il institue en particulier le code civil, appelé aussi « Code Napoléon », promulgué le 21 mars 1804 (30 ventôse an XII), qui reprend une partie des articles de la coutume de Paris et du droit écrit du Sud de la France, en protégeant le droit des obligations et des contrats. Il pousse aussi au développement des usines de coton, installées dans les biens nationaux, alors que les guerres ont suscité un besoin de textiles pour habiller les armées. C'est l'industrie qu'il souhaite encourager le plus. Proche de Gabriel-Julien Ouvrard, un prestigieux négociant et munitionnaire, qui exploite à Nantes des licences d'importation, ses projets industriels subissent cependant les conséquences du blocus continental, décret napoléonien qui prétend interdire le continent européen à tout navire ayant touché un port anglais. Alors que Portugal, pays neutre, permet de se procurer du coton brésilien, via des négociants français32 l'émigration au Brésil de la famille royale portugaise, en 1807, pour fuir l'armée française de 30 000 hommes commandée par Jean-Andoche Junot qui fait marche sur le Portugal, a déclenché des mesures de rétorsion contre la France, privée du coton brésilien.

 

 

L’Empire victorieux

 

 


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Première distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'après le peintre Jean-Baptiste Debret.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix définitive est de neutraliser le Royaume-Uni, Napoléon met au point, avec l’amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d’avoir pu l’exécuter), un plan visant à l’invasion du Royaume-Uni. Cette ambition sombre définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral de Villeneuve est détruite par celle de l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni y gagne la domination des mers pour le siècle à venir.

En 1805, la Troisième coalition se forme en Europe contre Napoléon. L’Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face à une guerre soudaine, et à l’autre bout de l’Europe. Il mène une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s’assure une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie à la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs ».

En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon (« l’Esprit en marche », selon Hegel) est impressionnante de rapidité : il balaie l’armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la victoire de Davout à Auerstaedt où, avec 30 000 hommes, le Maréchal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L’année suivante, Napoléon traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit, au milieu du Niémen, au cours d'une entrevue dont la mise en scène est conçue pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, qui divise l’Europe entre les deux puissances.

Pourtant formé dans les écoles et par les maîtres de l’Ancien Régime, officier de l’armée royale, Napoléon brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus pour lui de livrer une guerre de siège à l’aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Son objectif n'est pas de rester maître du champ de bataille, mais d’anéantir l’ennemi.

En 1808, Napoléon crée la noblesse d’Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront des titres de comte d’Empire, prince de Neuchâtel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.

Du 27 septembre au 14 octobre 1808, Napoléon donne rendez-vous à Alexandre Ier à Erfurt, pour un nouveau traité, afin qu’ils s’unissent contre l’Empire d'Autriche qui menace de redéclarer la guerre à la France. Le tsar refuse en préférant que ce traité soit établi dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgée entre eux l’année précédente à Tilsit ; cela permet en fait à Napoléon de s’assurer encore plus longtemps de la fidélité d’Alexandre. Mais c'est un échec car l'empereur s'aperçoit bientôt de la trahison de Talleyrand, qui avait approché le tsar en lui conseillant de résister à Napoléon, même s'il était séduit.

 

 

 

 

 

Articles détaillés : Traité de Tilsit et Congrès d'Erfurt.

 

 

 

 

Campagnes de la péninsule Ibérique et d’Autriche

 

 


En réponse à l’attitude britannique vis-à-vis des navires de commerce français, Napoléon tente d’imposer le Blocus continental, qui vise à asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil allié des Britanniques, refuse de signer ce traité. Napoléon recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et y installe son frère Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal est également envahi, mais trois campagnes (1808, 1810, 1811), menées notamment par le général Junot et le maréchal Masséna ne viennent pas à bout de la résistance anglo-portugaise ; le roi Jean VI de Portugal, la cour et le gouvernement portugais se réfugient à Rio de Janeiro et le Brésil devient le siège du royaume jusqu'à 1821. Une partie de la population espagnole se soulève contre les Français. Bientôt, l'infanterie britannique commandée par le futur duc de Wellington, après avoir débarquée au Portugal en 1808, prend pied en Espagne. Avec l’aide des patriotes espagnols, elle pousse peu à peu l’armée française hors de la péninsule Ibérique. Alors que les meilleures troupes de l’armée française sont engagées en Espagne, l’Empire d'Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et en Italie. Le maréchal Lannes, compagnon et ami de Napoléon, périt à la bataille d'Essling qui apparaît comme le premier grand revers de Napoléon, puisque ses troupes doivent abandonner le champ de bataille pour se réfugier sur l'ile de Lobau, sur le Danube, pour se reposer et se renforcer33. L'armée autrichienne est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram en juillet 1809. Cette année 1809 a augmenté le sentiment de vulnérabilité du régime impérial : Napoléon a d'abord été blessé - légèrement au pied - à la bataille de Ratisbonne, en avril 1809, rappelant sa vulnérabilité comme commandant en chef lors d'une bataille, puis a échappé à une tentative d'assassinat par Frédéric Staps lors d'une revue des troupes à Schönbrunn, le 12 octobre 1809, à l'époque de la conclusion de la paix avec l'empire d'Autriche. La vulnérabilité du souverain français renforce le principe d'assurer un héritier direct à l'Empire. Le divorce de Joséphine est alors inéluctable, d'autant que Napoléon sait que la stérilité du couple n'est pas de son fait, depuis la naissance du petit Léon, fruit d'une liaison en 1806, et de la grossesse toute récente de Marie Walewska, autre liaison initiée lors de la campagne de Pologne en 1807, venue à Vienne lors des négociations de paix (l'enfant, Alexandre Walewski, naîtra en mai 1810).

 

 

 

Napoléon, souverain du « Grand Empire »

 

 


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Mariage religieux de Napoléon et Marie-Louise dans le Salon carré du Louvre, par Georges Rouget.

 

 

 

 

 

Quelques mois après la paix de Schönbrunn, le 2 avril 1810, Napoléon épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, fille aînée de son dernier ennemi. Le 20 mars 1811, elle lui donne un fils et cet enfant est baptisé « Napoléon François Charles Joseph » et est titré roi de Rome.

Articles détaillés : Marie-Louise d'Autriche et Napoléon II.

Au début de l'année 1812, le « Grand Empire » compte 134 départements, de Hambourg à Rome et Barcelone, ainsi que les Provinces illyriennes et une population de 70 millions d’habitants (dont 30 seulement sont de la France de 1793), et compte plusieurs états vassaux (le royaume d'Italie, le royaume de Naples, le royaume d'Espagne, la Confédération du Rhin avec le Duché de Varsovie, la Confédération suisse, la principauté de Lucques et Piombino, la principauté d'Erfurt, la ville libre de Dantzig et enfin Corfou, île de République des Sept-Îles encore sous contrôle français). L’Empire est alors à l'apogée de son extension territoriale, bien que ses colonies outre-mer soient tombées sous le contrôle des Britanniques.

 

 

 

 

 

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L'Empire à son apogée en 1812 (en bleu foncé : la France ; en bleu clair : les territoires vassaux de la France).

 

 

 

 

Article détaillé : Liste des départements français de 1811.

 

 

 

 

Campagnes de Russie et d’Allemagne

 

 

 


Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant la guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La Grande Armée, grossie de contingents italiens, allemands et autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le Niémen. Les Russes, dirigés par Koutousov, appliquent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.

Dès le lendemain de l’entrée des troupes françaises dans Moscou, les Russes incendient la ville. Napoléon, espérant une démarche de la part d’Alexandre, s'attarde à Moscou. Lorsqu'il donne le signal de la retraite, l'hiver est dangereusement proche. La Grande Armée entame une course désespérée vers l’Allemagne à travers les régions dévastées qu’elle a parcouru à l’aller. Le froid, la neige et les cosaques provoquent d'effroyables pertes. Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seuls quelques dizaines de milliers franchissent la Bérézina. La Grande Armée est détruite.

 

 

 

 

Article détaillé : Campagne de Russie (1812).

 

 

 

 

Encouragés par ce dramatique échec, les rois reprennent les armes contre la France. Malgré deux victoires remportées en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses alliés allemands trahit Napoléon sur le champ de bataille même de la bataille de Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations », qui voit s’opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, prussiens, suédois). La défaite subie ce jour là est décisive. Le maréchal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perd la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dénombre 100 000 morts et blessés.

 

 

 

Campagne de France

 

 


Article détaillé : Campagne de France (1814).

 

 

 

 

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Acte de la première abdication, 12 avril 1814.

 

 

 

 

 

En 1814 se forme une alliance entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, l'Empire russe, le Royaume de Prusse et l’Empire d'Autriche. Malgré une série de victoires (batailles de Champaubert, Montmirail, etc.) remportées par Napoléon à la tête d’une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise »), Paris tombe le 31 mars et les maréchaux forcent l'Empereur à abdiquer. L’intention de Napoléon était de le faire en faveur de son fils (Napoléon II), mais les puissances alliées exigent une abdication inconditionnelle, qu'il signe le 6 avril 1814.

Napoléon, qui pense que les alliés vont le séparer de l’impératrice Marie-Louise d'Autriche et de son fils le roi de Rome, prend, dans la nuit du 12 au 13 avril, une dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. On a longtemps cru qu'il s'agissait d’opium dans un peu d’eau mais il semblerait que ce ne soit pas le cas34. Les troubles et la nature du malaise de Napoléon ne correspondent pas à une intoxication par l'opium. S'il choisit cette façon de mourir, c'est qu'il pense que son corps sera par la suite exposé aux Français : il veut que sa garde reconnaisse le visage calme qu’elle lui a toujours connu au milieu des batailles.

En plein malaise, l’Empereur se plaint du lent effet de la substance qu’il a avalée. Il déclare à Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine à mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! ». Les nausées de Napoléon sont de plus en plus violentes, il se met à vomir. À la venue du docteur Yvan, Napoléon lui demande une dose de poison supplémentaire mais le docteur refuse, en disant qu’il n’est pas un assassin et qu’il ne fera jamais une chose allant à l'encontre de sa conscience. Le docteur a lui-même une crise de nerfs, s'enfuit à cheval, et personne ne le revoit plus. L’agonie de l’Empereur se poursuit, Caulaincourt sort de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence. Napoléon rappelle Caulaincourt en lui disant qu’il préfère mourir plutôt que de signer le traité. Les effets du poison se dissipent et l’Empereur peut reprendre ses activités normales35.

Il est, par la suite, déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, selon le traité de Fontainebleau signé le 11 avril, conservant le titre d’Empereur36 mais ne régnant que sur cette petite île.

 

 

 

 

 

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Représentation caricaturale de Napoléon sur l'ile d'Elbe.

 

 

 

 

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Vue de la maison de Napoléon (Palazzina dei Mulini) à Portoferraio, sur l'île d'Elbe.

 

 

 

 

Les Cent-Jours

 

 

 


Article détaillé : Cent-Jours.

 

 

 

 

 

En France, Louis XVIII écarte « Napoléon II » et prend le pouvoir. Napoléon s’inquiète du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantique sud. Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

La Route Napoléon et le « Vol de l’Aigle »
  • 1ermars1815 : Débarqués à Golfe-Juan, Napoléon et sa petite troupe gagnent Cannes où ils arrivent tard et d’où ils repartent tôt.
  • 2 mars : Voulant éviter la voie du Rhône qu’il sait hostile, Napoléon fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance. Au-delà de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon.
  • 3 mars : Après une nuit de repos, la troupe gagne Castellane ; dans l’après-midi, elle atteint Barrême.
  • 4 mars : Napoléon trouve à Digne la route carrossable et fait étape le soir au château de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage étroit de la Durance, peut lui barrer la route.
  • 5 mars : Sisteron n’est pas gardée et Napoléon y déjeune, puis quitte la localité dans une atmosphère de sympathie naissante. Le soir, il arrive à Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
  • 6 mars : Il couche à Corps.
  • 7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, à Laffrey, des troupes envoyées de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commémore aujourd’hui un monument dans la « prairie de la Rencontre ». Le soir même, Napoléon fait son entrée à Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur ».

 

 

Les armées envoyées pour l’arrêter l’accueillent en héros partout sur la route qui porte aujourd'hui son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arrive sans coup férir à Paris. Cette montée à Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle », inspiré des paroles de Napoléon : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ». En 1932, la Route Napoléon sera inaugurée entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.

 

 

 

Retour au pouvoir et défaite finale

 

 

 

 


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HMS Northumberland (1798).

 

 

 

 

 

La fuite de Louis XVIII et le retour de Napoléon aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le début de la période dite des Cent-Jours. Napoléon fait établir l’Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire (rédigé le 22 avril, approuvée le 1er juin). Une Chambre des représentants est élue.

Sur le plan international, Napoléon affirme ses volontés pacifiques, mais les alliés n’acceptent pas ce retour et reprennent les armes contre la France. L’armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armées prussiennes et britanniques, que ne peut empêcher le maréchal Grouchy, a raison des troupes impériales.

Le retour de Napoléon et sa défaite finale rendent encore plus précaire la situation internationale de la France. Celle-ci est traitée plus durement par les alliés en 1815 que lors des traités de Vienne. Napoléon laisse en effet une France exsangue. Démographiquement, elle a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Elle est économiquement ruinée. Ses ports et ses arsenaux le sont également. Le pays a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est réduite à néant. Le territoire national est ramené à une étendue moindre que sous Louis XVI. La Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cédées aux coalisés. De plus ce territoire est occupé, et le pays doit payer une lourde indemnité de guerre pour l’entretien des troupes étrangères établies sur son sol.

Il rentre à l'Élysée le 21 juin et abdique en faveur de son fils Napoléon II. Devant le rapprochement de Paris des armées de la septième Coalition, il quitte le palais le 25 pour le château de Malmaison puis le 29 prend la route incognito en calèche isolée (habillé en bourgeois) pour Rochefort, puis Fouras, où l'attendent deux frégates la Saale et la Méduse, souhaitant rejoindre les États-Unis. Le 8 juillet, il embarque pour l'île d'Aix. Joseph Fouché, président du gouvernement provisoire, alerte les Britanniques sur les risques de fuite de Napoléon. Plusieurs corvettes anglaises escortant le vaisseau le Bellérophon sont dépêchées dans le pertuis d'Antioche, contraignant Napoléon à négocier.

Demandant l'asile au « plus constant de ses ennemis », l'Angleterre, il est d'abord pris en charge par le Bellérophon, puis transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-Hélène. On ne lui donne pas l'occasion de poser le pied en Angleterre, les ministres britanniques voulant absolument éviter que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus.

 

 

 

 

Exil à Sainte-Hélène et mort

 

 

 

 


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Napoléon à Sainte-Hélène.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Napoléon est déporté et emprisonné par les Britanniques sur l’île Sainte-Hélène, commandée d'abord par l'amiral Cockburn puis par Sir Hudson Lowe. L'Empereur est accompagné d'une petite troupe de fidèles, parmi lesquels le grand maréchal du palais Bertrand, le comte de Las Cases, le général Montholon, et le général Gourgaud. Il se consacre à l’écriture de ses mémoires qu'il dicte à Las Cases. Il essaye aussi d’apprendre l’anglais ; il reçoit plusieurs visiteurs de passage à Sainte-Hélène, qui est alors une escale importante pour tout navire contournant l'Afrique. Une fois installé à Longwood, il évite de sortir car Lowe a donné l’ordre que l’empereur doit être partout sous garde.

Napoléon tombe progressivement malade et s’affaiblit. Dans la seconde moitié du mois d’avril 1821, il écrit lui-même ses dernières volontés et plusieurs codicilles, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots sont : « France, armée, Joséphine », ou, selon les mémoires de Sainte-Hélène : « tête… armée… Mon Dieu ! ». Nerval, dans son poème À la mort de l’Exilé, note : « Les dernières paroles de Napoléon mourant furent : « Mon Dieu et la nation française… française… mon fils… tête armée ». On ne sait ce que signifiaient ces mots. », et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tête d’armée », ce qui est bien moins énigmatique.

Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes », rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agité l'argile humaine » (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les médecins ont conclu à une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais l'hypothèse fut avancée d'un empoisonnement au trioxyde d'arsenic. Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, déclara :

« Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. »

 

 

 

Retour de ses cendres en France (1840)

 

 

 


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Tombeau de Napoléon aux Invalides.

 

 

 

 

Article détaillé : Le retour des cendres de Napoléon.

 

 

 

 

Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu’il avait tant aimé, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène.

Dix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de Napoléon. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840 et Napoléon quitta définitivement l'île de Sainte-Hélène le dimanche 18 octobre 184037. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris et enterré aux Invalides, dans « un grand sarcophage […] de porphyre rouge – en fait du quartzite aventuriné de Finlande, proche du porphyre –, posé sur un socle de granit vert des Vosges »38,39. Le socle en marbre noir provient de la carrière de marbre de Sainte-Luce. Le transport de ce bloc de 5,5 mètres de long, 1,20 mètre de large et 0,65 mètre d'épaisseur, ne se fit pas sans peine40.

 

 

 

 

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Médaille gravée en 1840 par Caqué pour le retour des cendres de l'Empereur, bronze 52 mm.

 

 

 

 

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Revers de la médaille.

 

 

 

 

 

Après 1854, l’Empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau (Sainte-Hélène), qui devinrent propriétés françaises en 1858 et sont gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères.

 

 

 

État de santé de Napoléon

 

 


Si la mort de Napoléon a mis en avant les problèmes de santé dont il souffrait durant son exil à Sainte Hélène, toute sa vie cependant fut marquée par des désordres pathologiques plus ou moins graves.

Lors de son autopsie on mesura sa taille qui était de 5 pieds, 2 pouces, 4 lignes, ce qui correspond à 1,68741 m. De constitution robuste et endurante, il pouvait monter plusieurs heures à cheval sans éprouver de fatigue42. Le général Bonaparte apparaît dans sa jeunesse maigre et élancé, les années venant il s'empâte devenant presque obèse à l'époque de son exil.

En 1785, il souffre de fièvre alors qu'il se trouve à Auxonne comme lieutenant43. À partir de 1786, il est atteint de paludisme et souffre de fièvre par crises intermittentes jusqu'en 179643,44, En 1793, il contracte la gale lors du siège de Toulon dont il garde des séquelles durant toute sa vie, l'obligeant à prendre des bains pour calmer des démangeaisons45. Talleyrand et la comédienne Mademoiselle George ont été témoins de crises qui furent assimilées à l'épilepsie46.

Il souffre principalement de problèmes abdominaux dont une douleur chronique au côté droit, et hépatiques, ainsi que de dysurie dont l'aggravation est constatée lors de la campagne de Russie47. Napoléon ne portait pas la main dans son gilet pour soulager une douleur à l'estomac45. Ce geste rencontré dans les portraits officiels, était une posture inspirée de l'attitude oratoire du philosophe Eschine, et que l'on retrouve dans d'autres portraits du XVIIIe siècle48. C'était ainsi une posture régulièrement adoptée par les officiers dans leurs portraits officiels pour ne pas avoir les bras ballants, comme le recommande Les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne, livre écrit en 1702 par Jean-Baptiste de La Salle49.

 

 

commentaires

Napoléon Ier (1).

Publié le 10 Juillet 2013 par CHOMOLANGMA dans Histoire-Révolution Française

Napoléon Ier

 

 

 

 


 

 

Napoléon Ier
Napoléon dans son cabinet de travail, Jacques-Louis David, 1812
Napoléon dans son cabinet de travail, Jacques-Louis David, 1812
Titre
Empereur des Français
18 mai 18046 avril 1814
(9 ans, 10 mois et 18 jours)
Couronnement 2 décembre 1804,
en la cathédrale Notre-Dame de Paris
Prédécesseur lui-même, Premier Consul de la République
Successeur Louis XVIII
(roi de France)
20 mars 181522 juin 1815
(3 mois et 2 jours)
Prédécesseur Louis XVIII (roi de France)
Successeur Napoléon II
(empereur des Français)
Louis XVIII
(roi de France)
Roi d'Italie
17  mars 180511  avril  1814
(9 ans, 0 mois et 24 jours)
Prédécesseur Lui-même (président de la République italienne)
Successeur Victor-Emmanuel II
(roi d'Italie en 1861)
Protecteur de la Confédération du Rhin
12 juillet 180619 octobre 1813
(7 ans, 3 mois et 7 jours)
Prédécesseur François II
(empereur romain germanique)
Successeur Confédération germanique
Médiateur de la Confédération suisse
19 février 180319 octobre 1813
(10 ans, 8 mois et 0 jour)
Prédécesseur République helvétique
Successeur Confédération des XXII cantons
Président de la République italienne
Napoléon Bonaparte
26 janvier 180217 mars 1805
(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Prédécesseur République cisalpine
Successeur Lui-même (roi d'Italie)
Premier consul de la République
Napoléon Bonaparte
10 novembre 179918 mai 1804
(4 ans, 5 mois et 8 jours)
Prédécesseur Directoire
Successeur Lui-même (empereur des Français)
Biographie
Dynastie Maison Bonaparte
Nom de naissance Napoleone di Buonaparte
Date de naissance 15 août 1769
Lieu de naissance Ajaccio (France)
Date de décès 5 mai 1821 (à 51 ans)
Lieu de décès Île Sainte-Hélène (Royaume-Uni)
Père Charles Bonaparte
Mère Maria Letizia Ramolino
Conjoint Joséphine de Beauharnais (1796-1810)
Marie-Louise d'Autriche (1810-1821)
Enfants Napoléon Bonaparte, prince impérial, roi de Rome
Héritier Prince Napoléon, prince impérial

Napoléon Ier
Monarques de France
Monarques d'Italie

 

 

 

 

 

Napoléon Ier, né le 15 août 1769 à Ajaccio en Corse, dans le royaume de France, et mort le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène, au Royaume-Uni, est le premier empereur des Français, du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815. Il fut, sous le nom de Napoléon Bonaparte, un général des armées de la Révolution, commandant en chef des armées d'Italie et d'Orient. Il parvient au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 brumaire et est Premier consul jusqu'au 2 août 1802, puis consul à vie jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle il est proclamé empereur par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite. Enfin il est sacré empereur en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804 par le pape Pie VII.

Napoléon tente de mettre un terme à la série de guerres que mènent les monarchies européennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande Armée, du Nil et de l'Andalousie jusqu'à Moscou et obtient de nombreuses victoires (Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, La Moskova) face aux diverses coalitions montées et financées par le Royaume de Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande en 1801). L'historien britannique Eric Hobsbawm, note qu'aucune armée n'était allée aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols et n'avait soumis autant de grandes puissances de son époque.

Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec 134 départements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l’Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, Jérôme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée également un grand-duché de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet à son influence des puissances vaincues telles que le Royaume de Prusse et l'Empire d'Autriche.

Objet, dès son vivant, d'une légende dorée comme d'une légende noire, il a acquis la notoriété pour son habileté militaire et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses campagnes causant la mort de plus d'un million de civils, soldées par de lourdes défaites en Espagne, en Russie, et à la bataille de Waterloo qui met fin en 1815 à l'Empire napoléonien. Sa mort en exil à Sainte-Hélène sous la garde des Anglais, fut l'objet de nombreuses controverses.

Toute une tradition romantique fait de Napoléon l'archétype du grand homme appelé à bouleverser le monde. C'est ainsi que le comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainte-Hélène tenta de présenter Napoléon au parlement britannique dans une pétition rédigée en 18181. Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon, qui a inspiré Abel Gance, le compare à un « prophète des temps modernes ». D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-Hélène le « Prométhée moderne ». L'ombre de « Napoléon le Grand » plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d'autres encore.

 

 

 

 

 

Biographie

 


Jeunesse


Naissance

 

 

 


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Le Blason de la famille Bonaparte (avant Napoléon Ier).

 

 

 

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Portrait de Charles Bonaparte, père de Napoléon.

 

 

 

 

 

Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio, dans la maison familiale, (transformée aujourd'hui en musée2), le 15 août 1769, un an après le traité de Versailles par lequel Gênes cède l'île à la France. Il a pour nom de baptême Napoleone di Buonaparte, et il est baptisé à la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption d'Ajaccio, (acte du 21 juillet 1771, mais sur son acte de mariage avec Joséphine de Beauharnais, il signa Napoleone Buonaparte). Issu d’une famille faisant partie de la noblesse de robe italo-corse dont la présence sur l'île est attestée depuis le XVIe siècle3 (Maison Bonaparte d’origine toscane4), il est le quatrième enfant (second des enfants survivants) de Carlo Maria Buonaparte, avocat au Conseil supérieur de l'île, et de Maria Letizia Ramolino. Son prénom, Napoleone (ou Nabulione selon la graphie corse5), lui est donné en mémoire d'un oncle mort à Corte en 17676.

 

 

 

Enfance

 

 


Enfant, sa mère le décrira plus tard comme le plus intrépide. À Sainte-Hélène, Napoléon rapportera à Las Cases qu'enfant, il était « turbulent, adroit, vif et preste à l'extrême ».

En janvier 1779, âgé de neuf ans et demi, Napoléon Bonaparte quitte la Corse, et son école de Jésuites7, pour entrer au collège d'Autun. L'abbé Chardon, l'un de ses professeurs, le décrit comme un enfant « sombre et pensif, qui ne s'amusait avec peu de gens et se promenait ordinairement seul ». Ne sachant parler que le corse en entrant au collège, « il apprit en trois mois le français, au point de faire librement la conversation et même de petits thèmes et de petites versions », selon l'abbé Chardon8.

Fin mai, il est admis à l'école militaire de Brienne-le-Château, dirigée par les Minimes, où il revêt l'uniforme. Il est excellent en mathématiques mais médiocre en littérature, latin et allemand7. Assez peu apprécié de ses camarades, il n'en s'en rapproche véritablement que d'un, un certain Bourrienne7. La légende napoléonienne retiendra un épisode de son éducation militaire durant lequel, en 17837, il aurait dirigé ses camarades lors d'une bataille de boules de neige. Cet évènement est depuis souvent relaté dans les livres portant sur Napoléon Ier.

 

 

Ascension dans l’armée

 


Formation militaire

 


Le 8 juin 1777 Charles Bonaparte est élu député de la noblesse de Corse, en cette qualité, il fait partie de la députation que l’Assemblée générale des États de la Corse envoie à Versailles auprès du roi Louis XVI. Le 15 décembre 1778, il part pour Versailles où Louis XVI le reçoit en audience une seconde fois9, la première rencontre avec le roi datant de 1776.

À cette occasion, le comte de Marbeuf, gouverneur de l'île, fait obtenir, auprès du ministre de la guerre le prince de Montbarrey, une bourse pour faire entrer le deuxième fils de Charles à l'école militaire, son frère aîné Joseph étant destiné à suivre une carrière ecclésiastique10.

Le 1er janvier 1779, Charles Bonaparte fait entrer provisoirement ses deux fils Joseph et Napoléon au collège d’Autun. Napoléon y reste trois mois, le temps pour son père de faire les démarches pour le faire admettre à l'école militaire, devant pour cela fournir les preuves de sa noblesse et de quatre degrés d'ancienneté pour obtenir la bourse du roi11. Le dossier fut examiné par le juge d'armes Antoine-Marie d'Hozier de Serigny12. Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse de la famille, Napoléon est agréé par le ministère de la Guerre pour entrer au collège militaire de Tiron, mais, suite à des défections, il est finalement admis à l’École royale militaire de Brienne-le-Château (Aube)12.

Napoléon y entre le 15 mai 1779 en classe de septième13. C’est l’un des douze collèges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. Considéré comme bon élève et toujours aussi doué pour les mathématiques, il aurait même oublié le peu de latin qu'il aurait appris7. Bonaparte n’aurait pas été très apprécié de ses camarades notamment à cause de son admiration pour Pascal Paoli14, ainsi que par certains professeurs, comme celui d'allemand, M. Bauer qui aurait même cité « Ce n'est qu'une bête »7. Cependant, d'autres de ces professeurs seront "frappés par sa contenance grave et sa maturité", comme son professeur de lettres, M. Domairon, qui dira « C'est du granit chauffé au volcan »7. Selon Jacques Godechot, les témoignages sur le séjour de Brienne sont tout de même contradictoires et sujets à caution (sous la direction de Jean Mistler, 1969)15. Il montre déjà une propension à l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête. Une bataille de boules de neige, qu'il aurait dirigée un hiver, fait partie de sa légende16. À cette époque, il se fait de nouveaux amis, comme un certain Des Mazis, ainsi que de nouveaux ennemis, comme Phélippeaux, qu'il retrouvera bien plus tard, au siège de Saint-Jean-d'Acre7. Son frère Joseph, ayant abandonné son projet d'entrer au séminaire, étudie le droit, Lucien entre au séminaire d’Aix-en-Provence et ses sœurs sont éduquées par Mme Campan.

Son père lui rend visite le 21 juin 178417. Le 22 septembre de la même année, le sous-inspecteur des écoles Marie-Antoine-Sérapion Reynaud des Monts fait passer aux élèves cadets de Brienne l'examen d'entrée à l'École militaire de Paris, où après un an d'études ils pourront être affectés à un régiment d'artillerie, de génie, ou de la marine18. Napoléon est jugé apte à y entrer ainsi que quatre de ses condisciples. Il quitte l'école le 17 octobre et arrive cinq jours plus tard à Paris où il intègre la compagnie des cadets gentilshommes19. Le 24 février 1785, Charles Bonaparte meurt d'un cancer de l'estomac ; le rôle de chef de la famille échoit à l'aîné Joseph, mais Napoléon le juge d'un caractère trop faible pour diriger la famille20. En septembre, il passe l'examen de sortie de l'école ; l'inspecteur des Ecoles, M. de Keralio, le juge apte à être affecté au régiment de la marine, mais la mère de Napoléon refuse et finalement il est intégré au régiment d'artillerie7, interrogé par le mathématicien Pierre-Simon de Laplace. Il est reçu sous-lieutenant, (42e sur 58) à l’examen de l’artillerie. Il reçoit son ordre d'affectation au régiment d'artillerie de la Fère alors en garnison à Valence7,21, qu'il rejoint le 3 novembre 1785.

L'été suivant, il obtient un congé de six mois à partir du 1erseptembre 1786. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois après son départ, il repose les pieds sur l’île de Corse à l’occasion de son congé de semestre. Il ne rejoindra son régiment que 13 mois plus tard soit le 30 septembre 1787. Dès novembre 1787, il demande un nouveau congé de six mois, qu'il obtient. Il ne réintégrera son régiment que le 15 juin 1788. Le 1er juin 1788, il s’embarque pour rejoindre son régiment de La Fère en garnison à Auxonne et apprendre son métier d’artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidûment. Ses nombreuses lectures, qu’il accompagne de Notes22 témoignent du sens dans lequel il a dirigé ses études et des sujets qui l’ont particulièrement attiré.

Le 9 septembre 1789, il quitte Auxonne pour un nouveau congé de six mois. Il ne réaffectera son régiment que le 11 février 1791. Le premier septembre 1791 il demande un nouveau congé de trois mois . Il ne reviendra jamais à son régiment23. Ses états de service sont tels que certains le surnomment « l'éternel permissionnaire »23.

Il fait par la suite plusieurs voyages, à Auxonne, à Valence puis à Paris7.

 

 

 


Premières armes



Lorsque la Révolution éclate en 1789, le lieutenant Bonaparte a dix-neuf ans. Il est présent depuis le 15 juin 1788 au régiment de La Fère, alors à l'école royale d'artillerie à Auxonne dirigée par le maréchal de camp-baron Jean-Pierre du Teil. Ce dernier lui confie la répression de la première émeute de la faim à Auxerre qui éclate le 19 juillet 1789. À cette occasion, il s'exclamera : « Que les honnêtes gens se retirent, je ne tire, moi, que sur la canaille ».

Présent ponctuellement à Paris, le jeune officier est spectateur de l’invasion des Tuileries par le peuple le 20 juin 1792 et aurait manifesté alors son mépris pour l'impuissance de Louis XVI. Ce dernier signe, quelques jours plus tard, son brevet de capitaine ; ce sera l'un de ses derniers actes publics.

Napoléon retourne à plusieurs reprises en Corse, où les luttes de clans avaient repris, les paolistes soutenant la monarchie à l’anglaise, et les Bonaparte la Révolution. Napoléon se fait élire lieutenant-colonel de la Garde nationale en mars 1792, avec 522 voix sur 492 inscrits24. Il arrachera de force l’accord du commissaire du gouvernement. C'est à ce poste de commandant en second du bataillon Quenza-Bonaparte qu'il fait ses premières armes en février 1793, participant à la tête de l'artillerie à l'expédition de La Maddalena. Malgré l'efficacité et la détermination de Napoléon, l'opération commandée par Colonna Cesari, un proche de Paoli, est un échec cuisant. Cet événement et l’exécution du roi en janvier 1793 attisent la division avec les paolistes, provoquant une révolte des indépendantistes.

Les désaccords entre Paoli et Bonaparte s'accentuent et à la suite d'une lettre de Lucien Bonaparte à la Convention pour dénoncer Paoli. La famille de Napoléon, dont la maison a été mise à sac et incendiée7, est contrainte de se réfugier une autre résidence, leur petite ferme de Milleli, puis, quelque temps plus tard, la 10 juin 1793, de quitter l'île précipitamment à destination de Toulon.

Peu après l'arrivée des Bonaparte dans le (nouveau) département du Var, la région se révolte contre la Convention et Toulon est livrée aux Britanniques par la population.

Article détaillé : Siège de Toulon (1793).

Capitaine d’artillerie, lorsqu'il se présente au général Carteaux, celui-ci ne l'écoute pas et ne suit pas ses conseils7. Bonaparte obtient, à la demande des commissaires Augustin Robespierre et son compatriote Salicetti, le commandement de l'artillerie, avec le grade de chef de bataillon. Il y rencontre de jeunes officiers comme Marmont, Junot7 ou Victor. Il s'y oppose aussi à Louis Fréron, qui, par sa mauvaise gestion des affaires militaires, contribue au lancement de sa carrière. Le 23 novembre, il parvient, avec ses hommes, à capturer le général anglais Charles O'Hara7. Après l'échec d'un assaut contre Toulon, Napoléon soumet un plan d'attaque au général Dugommier qui permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques le 18 décembre, après la prise du Petit Gibraltar7. Ses ordres contribuent à forcer la flotte britannique à quitter la rade de Toulon et à priver ainsi les insurgés d'un soutien précieux. Il est fait général de brigade le 22 décembre, après avoir refusé au commissaire Augustin Robespierre le commandement de l'armée de Paris7. Sa famille, installé à Toulon, déménage pour Marseille7. Après cette victoire, il sert en Italie.

Ses amitiés avec les jacobins lui valent d’être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), à Antibes, au Fort carré7.

 

 

Le 13 vendémiaire, le mariage et l’armée d’Italie

 

 


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Paul Barras.

 

 

 

Une fois libéré, François Aubry, membre du comité militaire, lui propose un commandement en Vendée mais il refuse et lui dit même « On vieillit vite sur le champ de bataille et j'en arrive »7. Aubry le met alors en congé, mais sans solde. Par la suite, il erre à Paris sans commandement effectif ; sans argent, il va souvent dîner chez Bourrienne ou chez Mme Permon, une connaissance de Corse, avec Junot, les deux étant devenus inséparables depuis le siège de Toulon7. Le 13 vendémiaire an IV, Barras lui demande de réprimer l’insurrection royaliste contre la Convention nationale7. À cette occasion, Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frère. Ce dernier joue un rôle déterminant, en transférant à temps les canons indispensables depuis les Sablons jusqu'aux abords des Tuileries. La canonnade de Saint-Roch — où les boulets ont été remplacés par de la mitraille plus « efficace » — disperse les forces royalistes faisant de nombreuses victimes.

Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis nommé commandant de l’armée de l'Intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des cinq membres du Directoire. Il s'installe à Paris, à l’hôtel de la XVIIe division, rue des Capucines7

Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.

Il épouse, le 10 mars 17967, Joséphine de Beauharnais, amie et ancienne maîtresse de Barras. Ce mariage lui permet d’obtenir, le 2 mars 1796, sa promotion de général en chef de la petite armée d'Italie, appelée en principe à ouvrir un simple front de diversion7. Il sait motiver ses hommes et fait, sur le terrain qu'il avait reconnu en 1793-94, une campagne d’exception qui reste étudiée dans toutes les Écoles de guerre. Il bat séparément quatre généraux piémontais et autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau à Millesimo, Montenotte), après s'être emparé du Massif de l'Authion avec Masséna, là où les généraux Gaspard Jean-Baptiste Brunet et Jean-Mathieu-Philibert Sérurier avaient échoué, à la baisse de Turini-Camp d'argent, et signe l’armistice de Cherasco avec le premier royaume. Dans une deuxième phase, il bat une nouvelle armée autrichienne envoyée en renfort et commandée par Sebottendorf à Lodi et Beaulieu à Borghetto, ce qui lui assure la conquête de Milan.

Dans une troisième phase organisée autour du siège de Mantoue, il bat deux nouvelles armées autrichiennes commandées par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione, Roveredo. Enfin, les renforts commandés par Alvinczy sont à nouveau battus au pont d’Arcole et à Rivoli. Tout en organisant l’Italie en Républiques sœurs sur le modèle de la République française, il marche sur l’Autriche et signe seul les préliminaires de paix de Leoben. En un peu plus d’un an, il bat cinq armées autrichiennes, fréquemment à un contre deux, et décide seul du sort de la guerre, les armées françaises du Rhin étant battues par les Autrichiens qui doivent affaiblir leurs troupes sur ce front pour envoyer des renforts en Italie. La rue de Paris qu'il habitait s'appelait rue Chantereine. Elle fut rebaptisée rue de la Victoire, nom qu'elle a conservé à ce jour.

 

 

 

 

Article détaillé : Campagne d'Italie (1796-1797).

 

 

 

Campagne d’Égypte

 

 

 



Article détaillé : Campagne d'Égypte.

 

 

 

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Peinture d’Antoine-Jean Gros (1804), Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa.

 

 

 

 

 

À son retour d’Italie, en décembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un héros par le Directoire qui organise une cérémonie officielle pour célébrer la paix de Campo-Formio. Il est nommé membre de l'Institut dans la classe de mathématiques. En février 1798, le Directoire soumet à Bonaparte l'idée d'une invasion de l'Angleterre. Il inspecte les côtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque, en vue de la réalisation du projet. Sa popularité auprès des Français est de plus en plus importante. Le 23 février 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-même influencé par Talleyrand, persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper la route des Indes à la Grande-Bretagne. Le 24 février 1798, le rapport est présenté à Barras ; le 5 mars, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expédition en Égypte, avec aussi l'idée de s'en débarrasser. De même, l'assemblée électorale des Landes l'ayant choisi pour député en avril 1798, son élection est invalidée le 22 floréal an VI (11 mai 1798), avec celle de cent cinq autres députés, pour l'essentiel jacobins25.

En avril 1798 est créée l’armée d’Orient, placée sous les ordres de Bonaparte. Des scientifiques formant l’Institut d’Égypte l'accompagnent. Il est, en outre, accompagné des généraux Kléber, Desaix, Murat, Lannes, Davout et Caffarelli. Beaucoup sont franc-maçons (le général Kléber qui fonde la loge « Isis » au Caire, Dominique Vivant Denon, membre de l'Ordre sacré des Sophisiens et de la loge « La Parfaite Réunion », Gaspard Monge membre notamment de la loge militaire « L'Union parfaite »), aussi une rumeur affirme que Bonaparte a pu être initié à la franc-maçonnerie lors de cette campagne d'Égypte dans la loge « Isis », comme le suggère notamment le manuscrit Le miroir de la Vérité dédié à tous les maçons26, le fait qu'il soit louveteau (c'est-à-dire fils de franc-maçon, Charles Bonaparte) et qu'il ne conteste pas de se faire par la suite appeler « frère » par différents membres des 1200 loges maçonniques qui se développent pendant le Premier Empire27, néanmoins les critiques envers les francs-maçons qu'il tient lors de son exil à Sainte-Hélène semblent prouver le contraire28 .

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson. Au passage, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteint le 1er juillet 1798. Après une courte résistance, la ville est prise le lendemain.

Bonaparte laisse trois mille hommes à Alexandrie et longe la côte égyptienne vers l’est jusqu’au delta du Nil qu’il remonte vers Le Caire. Le premier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreiss le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l’artillerie de l’armée d’Orient. Le 21 juillet, à la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat à nouveau l’armée des mamelouks. Le 24 juillet, Bonaparte et son armée entrent triomphalement au Caire. Les 1er et 2 août, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les Turcs, le 9 septembre, déclarent la guerre à la France. Il faut rappeler qu’à cette époque l'Égypte fait partie de l'empire ottoman, comme la majorité du Proche-Orient.

 

 

 

 

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Napoléon et ses généraux en Égypte., Jean-Léon Gérôme.

 

 

 

 

 

Pendant qu’il décide de faire de l'Égypte un véritable État capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complétant ainsi la soumission du pays. Poussés par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants influencent la population du Caire qui se révolte le 21 octobre contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes, exhibées à la foule terrorisée, et canonner la Grande Mosquée du Caire.

En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyées pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 février 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armée et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. Napoléon ordonne l'exécution de quelque deux mille cinq cents prisonniers turcs qui sont fusillés ou égorgés faute de munitions29. Par ce massacre, il espère impressionner ses adversaires. C’est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs français. Napoléon est favorable à l'euthanasie des soldats agonisants à l'aide de fortes doses d'opium (utilisé pour calmer la douleur), mais son médecin, le baron Desgenettes, (René-Nicolas Dufriche Desgenettes) s'y oppose énergiquement.

Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l’armée turque de secours envoyée par le sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d’Acre à la bataille du Mont-Thabor. Bien que victorieuse à cette bataille, le 16 avril 1799, l’expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre.

De retour à Acre, Bonaparte essayera, en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d’abandonner le siège et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 à la bataille terrestre d'Aboukir.

La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte, qui n’a plus qu’une armée de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l’armée d’Égypte à Jean-Baptiste Kléber.

 

 

 

Retour à Paris, situation de la France

 

 


Il rentre discrètement en France le 23 août 1799 à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée. Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, réalise l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut, trépassant ainsi le même jour que Kléber.

Le successeur de Kléber, le général Menou, capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.

 

 

Consulat

 

 


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Buste de Bonaparte Premier Consul.

 

 

 

Article détaillé : Consulat (histoire de France).

 

 

 

Coup d’État

 

 


Article détaillé : Coup d'État du 18 brumaire.

 

 

 

 

 

Arrivé dans la capitale, le général s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expérience et fin connaisseur des forces en jeu. Le schéma du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armée pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées au château de Saint-Cloud sous le prétexte d’un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l’unanimité ; Bonaparte s’impatiente et décide d’intervenir. Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours hué par les députés qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frère Lucien qui préside les Cinq-Cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat, qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armée. Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire. Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et, dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d’appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.

 

 

 

 

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Bonaparte, Premier Consul, par Jean Auguste Dominique Ingres.

 

 

 

 

 

Le 20 brumaire, les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C’est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n’entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les Relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.

Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est Sieyès qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l’instauration d’un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L’exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées. Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La Constitution de l’an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de Sieyès, mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république : Bonaparte comme Premier Consul, puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.

« Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République. »

— Bonaparte

La Constitution

La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu’accentuer le caractère autocratique du pouvoir.

Le pouvoir législatif est divisé en trois assemblées (tricamérisme) :

– le Tribunat discute les lois sans les voter ;
– le Corps législatif (ou « Corps des muets ») adopte ou rejette les lois ;
– le Sénat conservateur est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution.

La préparation de la loi appartient à l'exécutif, par le biais du Conseil d’État, chargé de rédiger les textes législatifs. Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé, qui n'est pas étranger à l'expérience de Pascal Paoli en Corse[réf. nécessaire], dont le jeune Bonaparte avait été un admirateur fervent.

 

 

Du Consul à l’Empereur

 

 


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Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis David (musée du château de Malmaison).

 

 

 

 

 

En 1800, Bonaparte attaque et vainc l’Archiduché d'Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens doivent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amène les Britanniques à signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 décembre 1800, une « machine infernale » (bombe) l’attend rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier Consul passe au grand galop. La bombe explose trop tard et seules les vitres du véhicule sont soufflées. Sur place, en revanche, c'est le carnage. On dénombre 22 morts et une centaine de blessés. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l’attentat est l’œuvre des royalistes, alors que Bonaparte est persuadé d'avoir affaire aux Jacobins.

En 1802 Bonaparte met en branle son grand dessein pour l'Amérique. Il s'agit pour lui, profitant de la paix d'Amiens qui permet la libre circulation de la flotte française dans l'Atlantique, de développer la Louisiane, cet immense territoire qui s'étend sur la rive droite du Mississippi et qui revient de droit à la France depuis la signature secrète du traité de San Ildefonso en 1800.

Pour cela il lui faut une base d'opérations sûre. La colonie de Saint-Domingue est tout indiquée. De cette tête de pont de la France dans le Nouveau-Monde, il pourra reprendre pied en douceur à La Nouvelle-Orléans sans brusquer le jeune État américain qui verrait son expansion vers l'Ouest définitivement circonscrite au Mississippi.

Mais à Saint-Domingue, Toussaint Louverture est un obstacle à ce plan. Le général noir est gouverneur général de la colonie au nom de la France depuis 1797 et il est suspecté de connivences avec les États-Unis avec lesquels, au mépris du principe de l'exclusif, il commerce ouvertement depuis que la prospérité est revenue. D'ailleurs, l'année précédente il a fait voter par les grands planteurs, ses alliés objectifs, une constitution autonomiste qui le proclame gouverneur général à vie et a eu l'outrecuidance de l'envoyer en France pour simple ratification, une fois le fait accompli. Cet acte de rébellion ouverte d'un chef de guerre réputé invincible et fermement accroché à son île tombe à pic pour justifier l'importance des forces commises à l'expédition qui se prépare. Et la raison d'État, froide et impérieuse, justifie également le rétablissement de l'esclavage dans les colonies du Nouveau Monde car il va sans dire que la grande Louisiane française devra se développer rapidement pour prendre de vitesse Anglais et Américains, ce qu'elle ne saurait faire sans la main-d'œuvre servile qui a si bien fait ses preuves à Saint-Domingue.

Voilà pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frère de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes. Ces chefs sont munis d'instructions secrètes fort explicites rédigées de la main même de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrôle militaire des deux colonies et désarmer les officiers indigènes avant de rétablir l'esclavage. Des proclamations sont prêtes, en français et en créole, qui visent à rassurer les populations indigènes de l'attachement personnel de Bonaparte à la liberté. Cette pléthore de précautions démontre que ce dernier avait compris que le succès ou l'échec dépendrait du secret et les faits lui donnèrent raison.

Après une résistance acharnée de trois mois, le vieux Toussaint, trahi par ses officiers généraux habilement entrepris par Leclerc, dépose les armes. Capturé et déporté en France, il y mourra quelques mois plus tard, au fort de Joux près de Pontarlier. Leclerc peut passer à la deuxième phase du plan et désarmer les officiers de couleur mais Richepance à la Guadeloupe a rétabli l'esclavage sans attendre et la nouvelle de cette trahison de la parole du Premier Consul fait basculer Saint-Domingue dans l'insurrection. Le corps expéditionnaire, affaibli par une épidémie de fièvre jaune, recule partout. Leclerc obtient bien près de 20 000 hommes de renfort mais la maladie fauche un tiers des Européens qui touchent ces rivages. Le général en chef succombe lui-même le 2 novembre 1802. Dos à la mer, les débris de son armée seront bientôt contraints à la reddition par les soldats du général Dessalines qui proclamera l'indépendance de l'ancienne colonie sous son ancien nom indien d'Haïti.

Le temps de l'Amérique française est déjà passé. En ce début 1803, la paix avec l'Angleterre vacille et l'océan Atlantique est redevenu une mer hostile. Déclarant forfait, le 30 avril, Bonaparte solde la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs. Le prisonnier de Sainte-Hélène tentera de s'exonérer de ce monstrueux gâchis en prétendant, anachroniquement et fallacieusement30, avoir été contraint à l'usage de la force par les actes séditieux de celui qui s'adressait à lui comme « le premier des noirs au premier des blancs ».

Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse (qui retourne à une organisation décentralisée, après la tentative unitaire de la brève République helvétique [1798-1803]) et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte sert de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Des agents royalistes, dont Jean-Charles Pichegru, sont débarqués clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement éventé et ses membres arrêtés. Pichegru meurt étranglé dans sa cellule ; les autres sont jugés et condamnés. Cadoudal est exécuté, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatérale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier Consul le fait enlever en territoire étranger, juger sommairement par une commission militaire et exécuter, suite à des déclarations recueillies auprès de Cadoudal après son arrestation. L’exécution qui se déroule à Vincennes ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche.

Napoléon se couronne Empereur le 2 décembre 1804. À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de « protéger » la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. L'Empire, lui, était une institution scellant la pérennité des valeurs républicaines. Napoléon Bonaparte pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires. C’est ainsi que les monnaies impériales portèrent la mention « Napoléon Empereur - République française ».

« La Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée : elle est finie31 »

— Bonaparte

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