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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 08:34

Bases scientifiques

 

 

 

 

 

 


Article connexe : Liste de bases antarctiques.

 

 

 

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La station Amundsen-Scott située au pôle Sud géographique.

 

 

 

 

 

Les bases ou stations de l'Antarctique sont les centres stratégiques et logistiques de la recherche scientifique internationale. À l'intérieur de ces infrastructures cohabitent les laboratoires, les lieux de vie (cuisine, chambres, salle médicalisée, etc.) et les locaux techniques (générateur, ateliers, salle de stockage, etc.). Pour des raisons d'accessibilité, elles se situent principalement au Shetland du Sud, en péninsule Antarctique et sur les parties côtières du continent. Seules les bases permanentes Amundsen-Scott (États-Unis), Concordia (France-Italie), Vostok (Russie) et celles estivales Dôme Fuji (Japon), Kunlun (Chine), kohnen (Allemagne) où se situe le forage du projet EPICA, et Princesse Elisabeth (Belgique), sont installées sur l'inlandsis117. Ces bases sont ravitaillées par avions spécialement équipés pour atterrir sur des pistes gelées ou bien par bateaux pendant l'été austral lorsque le retrait ou la diminution de l'épaisseur de la banquise permet aux navires de s'approcher suffisamment des côtes et d'accoster grâce à des embarcadères de glace comme celui utilisé à la base antarctique McMurdo. Cette base américaine peut loger plus de 1 000 scientifiques, visiteurs et touristes. Construite en 1956, la base Dumont d'Urville est la seule française. « Véritable campus universitaire », une cinquantaine de bâtiments répartis sur 5 000 m2 est occupée par 30 personnes durant l'hiver austral. Un distillateur d'eau de mer est utilisé pour l'eau des sanitaires et les déchets sont soit traités sur place soit ramenés hors du continent118. C'est le navire polaire Astrolabe qui assure les rotations. Dans la station américaine Admundsen-Scott est installé un laboratoire de culture hydroponique. Des jeunes arbres, des plantes grimpantes, des légumes-feuilles (salades, choux, etc.) mais aussi des melons et des pastèques y poussent éclairés par des lampes à vapeur de sodium119.

 

 

 

 

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Une lycéenne bulgare et un manchot à jugulaire sur l’île Livingston. La Bulgarie a construit une base sur l’île en 1988.

 

 

 

 

 

Des nations qui avaient été absentes de l'exploration polaire y sont finalement venues, comme la Bulgarie qui a construit la base Saint-Clément-d'Horid sur l'île Livingston en 1988 et comme la Chinoise Zhongshan conçue en 1989 et, durant l'été 2009, la station allemande Neumayer 3 qui vient remplacer celle de 1992. Elle est conçue pour fonctionner pendant 30 ans et a coûté 40 millions d'Euros. Elle peut accueillir 40 personnes dont les recherches portent sur l'état de la banquise et le niveau des eaux 120

Si c'est en 2009 que la station belge Princesse Elisabeth est érigée non loin de l'ancienne base belge Roi Baudouin (1958-1968), c'est qu'elle prolonge la tradition polaire belge remontant à 1898. La réalisation belge se distingue de la technique habituelle des bases polaires. Patronnée par la Fondation polaire internationale, organisation scientifique basée en Belgique depuis le 6 septembre 2007, elle révèle le premier projet écologique en Antarctique, celui de la station Princesse Elisabeth, la première base « zéro-émission » du monde121 qui a pour but d'étudier les changements climatiques. La station préfabriquée, construite lors de l'Année polaire internationale est expédiée par bateau de Belgique jusqu'au pôle Sud vers la fin de l'année 2008 afin de surveiller les conditions naturelles des régions polaires. La construction, le transport et l'équipement de la station auront coûté près de 22 millions d'euros122. L'explorateur polaire belge Alain Hubert a déclaré que cette base serait la première de la sorte à produire « zéro émission », faisant d'elle un modèle unique de la façon dont l'énergie devrait être utilisée en Antarctique123. L'équipe de conception de la station a été dirigée par le directeur du projet Johan Berte qui mène des recherches en en glaciologie, en microbiologie et en climatologie124. Dans le prolongement des études climatologiques, se place l'observation des aurores australes qui ne peut avoir lieu que pendant la nuit polaire, ce qui implique d'affronter un hivernage en antarctique. En effet ces réactions lumineuses issues d'éjections de matières coronales ne peuvent pas être vues en dehors du continent125.

Météorites

 

 

 

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ALH 84001, une météorite en provenance de Mars, tombée en Antarctique.

 

 

 

 

 

Les météorites, disponibles en quantité sur le continent Antarctique, sont une part importante de l'étude des matières qui se sont formées au début de la conception du système solaire. La plupart viennent probablement d'astéroïdes mais certaines proviendraient de planètes plus importantes. Les premières météorites sont découvertes en 1912. En 1969, une expédition japonaise en découvre neuf dont la majorité est tombée sur l'Inlandsis de l'Antarctique au cours du dernier million d'années. Aujourd'hui, les expéditions scientifiques pour la recherche et la récolte de ces objets célestes sont notamment envoyées dans le cadre du programme ANSMET. Les déplacements de l'inlandsis ont tendance à rassembler les météorites, par exemple au niveau des chaînes montagneuses. Sous l'action de l'érosion, les météorites recouvertes depuis plusieurs siècles par l'accumulation des chutes de neige, sont alors entraînées vers la surface. Comparées à d'autres météorites recueillies en des régions plus tempérées du Globe, celles tombées en Antarctique sont mieux préservées126.

Le grand nombre de météorites recueillies permet de mieux comprendre leur diversité dans le système solaire ainsi que leurs liens avec les astéroïdes et les comètes. De nouveaux types de météorites et des météorites rares y ont été découverts. Certaines d'entre elles ont été éjectées de la Lune voire probablement de Mars à la suite de collisions. Ces spécimens et particulièrement ALH 84001 découvert par une expédition du programme ANSMET, sont au centre de la controverse sur l'éventuelle existence de vie microbienne sur Mars. Les météorites absorbant et réémettant des rayons cosmiques dans l'espace, le temps écoulé depuis leur entrée en collision avec la Terre peut être estimé grâce à des études en laboratoire. Le temps écoulé depuis la chute ou la durée du séjour sur Terre d'une météorite constituent encore des informations qui peuvent être utiles pour les études environnementales de l'inlandsis de l'Antarctique126.

En 2006, une équipe de chercheurs de l'université d'État de l'Ohio a utilisé des mesures de la pesanteur réalisées par les satellites GRACE de la NASA pour découvrir le cratère de la Terre de Wilkes de 480 kilomètres de diamètre qui s'est probablement formé il y a environ 250 millions d'années127.

Volcanologie

Article connexe : Liste des volcans d'Antarctique.

 

 

 

Le continent possède des volcans actifs qui se situent dans sa partie occidentale, en mer de Ross, le long de la péninsule antarctique, sur certaines îles sub-antarctiques comme l'île de la Déception et enfin on observe la présence de volcans sous-marins128. C'est au pied du mont Erebus, le volcan en activité le plus austral du monde, qu'est installé le MEVO (Mount Erebus Volcano Observatory), un observatoire volcanologique au sein de la base de recherche géophysique, Lower Erebus Hut129. Les chercheurs ont à leur disposition des données satellites fournies notamment par le spectromètre pour imagerie de résolution moyenne, le MODIS, embarqué sur les satellites Terra et Aqua du programme de la NASA, l'Earth Observing System (EOS) ou bien également par l'imagerie haute résolution de la mission de cartographie de l'Antarctique réalisée par RADARSAT130. L'activité volcanique du mont Belinda sur l'île Montagu a pu ainsi être confirmée en 2001 grâce à des photographies prises par le MODIS131. En janvier 2008, les scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) dirigés par Hugh Corr et David Vaughan, s'appuyant sur des images radar réalisées lors d'un relevé aérien, annoncent dans le journal Nature Geoscience qu'il y a 2 200 ans, un volcan est entré en éruption sous l'inlandsis de l'Antarctique. Il s'agit de la plus grosse éruption en Antarctique au cours des 10 000 dernières années : des cendres volcaniques ont été retrouvées sur la surface de glace de la chaîne Hudson près du glacier Pine Island132.

Politique

 

 

 

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Dessiné par Graham Bartram, cet étendard non officiel est le plus populaire des drapeaux de l'Antarctique. Il symbolise la neutralité du continent.

 

 

 

 

 

Dernière terra nullius de la Planète, le continent antarctique fait l'objet d'un régime juridique défini par le traité sur l'Antarctique de 1959 (entrée en vigueur en 1961133) et n'a donc pas de gouvernement. En raison de la contiguïté territoriale, de la paternité de leur découverte, de leur occupation ou par intérêt géostratégique ou économique (au vu des probables ressources naturelles que comporte son sous-sol et des droits de pêche et de chasse), des États ont revendiqué des portions du continent, matérialisées, pour la plupart, par des sortes de tranches partant du pôle Sud, allant jusqu'à l'océan Austral, et dont les bords sont des méridiens. Bien que quelques-uns de ces pays aient reconnu mutuellement la validité de leurs revendications134, ces dernières ne sont généralement pas admises universellement37. Dans certains cas, un même secteur est revendiqué par plusieurs États. La péninsule Antarctique est ainsi revendiquée par l'Argentine, le Chili et le Royaume-Uni. Le traité offre cependant un cadre juridique international aux expéditions scientifiques133.

Le « gel » des prétentions territoriales est établi depuis 1959135 et le continent est considéré comme « dépolitisé »136. C'est une différence importante avec l'Arctique qui ne bénéficie pas de ce cadre135. La neutralité signifie que la France, par exemple, peut continuer à affirmer que la Terre Adélie relève du droit français alors que d'autres États, au contraire, pourront considérer que l'Antarctique est un espace international. Ce statut est réglementé par le traité sur l'Antarctique qui date de 1959, conclu sous l'égide de Dwight David Eisenhower et de Nikita Khrouchtchev. Selon ce dernier, l'Antarctique est défini comme étant l'ensemble des terres et des banquises situées au sud du 60e parallèle Sud. À l'origine, le traité est signé par douze pays dont l'Union soviétique (et plus tard la Russie), le Royaume-Uni, la Belgique, l'Argentine, le Chili, l'Australie et les États-Unis137. En outre, le traité établit le continent comme une réserve naturelle, met en place la liberté de recherche scientifique, la protection de l'environnement et y interdit les activités militaires. Il s'agit de la première maîtrise des armements établie durant la Guerre froide, avec des mentions relatives aux armes nucléaires136. Néanmoins, dès 1947, les États-Unis avaient proposé l'« internationalisation » du territoire, proposition rejetée par de nombreux États qui y voyaient un moyen de défense des intérêts américains et qui, à la suite du coup de Prague et du blocus de Berlin, rendait impossible l'adhésion soviétique au projet138.

 

 

 

 

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À quai au port de Portsmouth, le HMS Endurance est le patrouilleur de la Royal Navy en Antarctique.

 

 

 

 

 

Le traité est sans durée limite et renouvelable par tacite reconduction. Aujourd'hui, 49 États ont apposé leur paraphe, 28 d'entre eux disposant d'un droit de vote. Deux moratoires renforcent la protection du continent : la convention pour la protection des phoques (1972) et celle sur la conservation de la flore et de la faune marines (1978). Enfin, le Protocole de Madrid (rédigé en 1991), relatif à la protection de l'environnement et imprescriptible avant cinquante ans, stipule : « seules les activités pacifiques sont autorisées dans l'Antarctique et toute activité relative aux ressources minérales, autre que la recherche scientifique, est interdite »139. Il désigne l'Antarctique comme « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Entré en vigueur le 14 janvier 1998 (après dépôt des instruments de ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion par les États), ce protocole prohibe notamment toute activité minière pour cinquante ans. Interdiction tacitement reconductible, qui ne peut être levée qu'à l'unanimité des parties.

Unique dans l'histoire du droit international, le système de gouvernance que le traité a instauré est reconnu par la plupart des juristes comme le plus innovant du XXe siècle139.

En 1983, les signataires du traité sur l'Antarctique entament des négociations afin de réglementer l'exploitation minière du continent140, celle-ci comme d'autres points (tourisme, pêche et chasse, navigation des sous-marins, protection de l'environnement) n'ayant pas été anticipée en 1959141. Cependant, une première tentative en ce sens portée par la Nouvelle-Zélande sous le nom de « convention de Wellington » n'avait pas abouti142. Une campagne de pression publique ayant pour but d'empêcher toute exploitation des minéraux en Antarctique est alors menée dans les années 1980 par une coalition d'organisations internationales143 et notamment par Greenpeace144 qui établit sa propre base, la World Park Base, dans la région de la mer de Ross145 et mène des expéditions annuelles afin de mesurer l'impact de l'Homme sur l'environnement146. En 1988, la Convention pour la réglementation des activités sur les ressources minérales antarctiques est adoptée147. Cependant, quelques années après, l'Australie et la France refusent de signer le traité, le faisant tomber en désuétude. Ces derniers proposent à la place qu'une réglementation complète de protection sur l'environnement de l'Antarctique soit négociée148. Soutenu par d'autres pays, le Protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement en Antarctique, ou protocole de Madrid, est alors négocié et entre en vigueur le 14 janvier 1998149 : il interdit toute exploitation minière en Antarctique, désignant le continent comme une « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Selon le traité, « seules les activités pacifiques sont autorisées ». Pas de militaires ni de nucléaire, liberté de recherche scientifique et coopération internationale.

Le traité sur l'Antarctique empêche toute activité militaire sur ce continent, y compris la construction de bases militaires et de fortifications, les manœuvres militaires et les essais d'armements. Le personnel ou l'équipement militaire n'est permis que pour la recherche scientifique ou pour d'autres fins pacifiques150, sachant que la coopération scientifique fut un instrument pour éviter une militarisation du continent133. La seule action militaire effectuée sur le continent est l'Operación 90 lancée par l'armée argentine en 1965151. L'Antarctique est la seule zone démilitarisée acceptée par les États-Unis136.

L'armée américaine remet la décoration Antarctica Service Medal aux militaires ou aux civils qui accomplissent le devoir de recherche en Antarctique. Cette médaille est enrichie d'une distinction supplémentaire pour ceux qui passent l'hiver sur le continent152.

 

 

 

 

Revendications de souveraineté territoriale

 

 

 

Sept États ont des prétentions territoriales en Antarctique. Seul le secteur de la Terre Marie Byrd n'a pas été revendiqué :

 

 

 

 

Pays Territoires Limites Date Superficie
Flag of Argentina.svg Argentine Bandera de la Provincia de Tierra del Fuego.svg Antarctique argentine 18px-Geographylogo.svg.png25°W à 18px-Geographylogo.svg.png74°W 1943 965 597 km2
Flag of Australia.svg Australie Flag of Australia.svg Territoire antarctique australien 18px-Geographylogo.svg.png160°E à 18px-Geographylogo.svg.png142°2′W et 18px-Geographylogo.svg.png136°11′W à 18px-Geographylogo.svg.png44°38′E 1933 6 119 818 km2
Flag of Chile.svg Chili Flag of Magallanes, Chile.svg Territoire chilien de l'Antarctique 18px-Geographylogo.svg.png53°W à 18px-Geographylogo.svg.png90°W 1940 1 250 000 km2
Flag of France.svg France Flag of the French Southern and Antarctic Lands.svg Terre Adélie 18px-Geographylogo.svg.png142°2′E à 18px-Geographylogo.svg.png136°11′E 1924 432 000 km2
Flag of New Zealand.svg Nouvelle-Zélande Flag of New Zealand.svg Dépendance de Ross 18px-Geographylogo.svg.png150°W à 18px-Geographylogo.svg.png160°E 1923 450 000 km2
Flag of Norway.svg Norvège Flag of Norway.svg Terre de la Reine-Maud 18px-Geographylogo.svg.png44°38′E à 18px-Geographylogo.svg.png20°W 1939 2 000 000 km2
Flag of Norway.svg Île Pierre Ier 18px-Geographylogo.svg.png68°50′S 90°35′W 1929
Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni Flag of the British Antarctic Territory.svg Territoire antarctique britannique 18px-Geographylogo.svg.png20°W à 18px-Geographylogo.svg.png80°W 1908 1 950 000 km2
Non revendiqué Flag of the Antarctic Treaty.svg Terre Marie Byrd 18px-Geographylogo.svg.png90°W à 18px-Geographylogo.svg.png150°W - 3 426 317 km2

 

 

 

 

 

Les territoires revendiqués par l'Argentine, le Royaume-Uni et le Chili se chevauchent et ont causé des tensions diplomatiques, voire des escarmouches153. Les régions qui sont revendiquées par l'Australie et la Nouvelle-Zélande étaient des territoires de l'Empire britannique avant que ces deux pays n'obtiennent leur indépendance154. L'Australie revendique la plus grande superficie. L'Australie et la Nouvelle-Zélande reconnaissent toutes deux les revendications britanniques, et vice-versa.

Ces revendications territoriales peuvent s'interpréter sous forme de graphiques :

 

 

 

 

Antarctica, Argentina territorial claim.svg Antarctica, Australia territorial claim.svg Antarctica, Chile territorial claim.svg Antarctica, France territorial claim.svg Antarctica, New Zealand territorial claim.svg Antarctica, Norway territorial claim.svg Antarctica, United Kingdom territorial claim.svg
Bandera de la Provincia de Tierra del Fuego.svg Argentine Flag of Australia.svg Australie Flag of Magallanes, Chile.svg Chili Flag of the French Southern and Antarctic Lands.svg France Flag of New Zealand.svg Nouvelle-Zélande Flag of Norway.svg Norvège Flag of the British Antarctic Territory.svg Royaume-Uni

 

 

 

Pays intéressés à une éventuelle division territoriale

 

 

 

Ce groupe de pays, signataire du traité sur l'Antarctique, s'intéresse au territoire antarctique mais n'est pas autorisé à faire valoir ses revendications tant que les dispositions du traité sont en vigueur155,156.

  • Flag of Brazil.svg Le Brésil a désigné une « zone d'intérêt » qui n'est pas une revendication actuelle.
  • Flag of Peru.svg Le Pérou s'est formellement réservé le droit de faire une revendication sur le territoire155,156.
  • Flag of Russia.svg La Russie s'est réservée le droit de revendiquer les « territoires découverts par les Russes » qui pourraient correspondre à l'ensemble du continent.
  • Flag of South Africa.svg L'Afrique du Sud s'est formellement réservé le droit de faire une revendication sur le territoire155,156.
  • Flag of Spain.svg L'Espagne s'est formellement réservé le droit de faire une revendication sur le territoire.
  • Flag of the United States.svg Les États-Unis se sont formellement réservés le droit de faire une revendication sur le territoire.
  • Flag of Belgium.svg La Belgique se réserve le droit de faire une revendication si d'autres pays remettaient en cause l'accord d'internationalisation du 1er décembre 1959.

     

     

     

 

Articles connexes

 

 

 

Voir la catégorie : Antarctique.

 

 

 

 

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article

« D’où vient cette étrange attirance de ces régions polaires, si puissante, si tenace, qu’après en être revenu on oublie les fatigues morales et physiques pour ne songer qu’à retourner vers elles ? D’où vient le charme inouï de ces contrées pourtant désertes et terrifiantes ? Est-ce le plaisir de l’inconnu, la griserie de la lutte et de l’effort pour y parvenir et y vivre, l’orgueil de tenter et de faire ce que d’autres ne font pas, la douceur d’être loin des petitesses et des mesquineries ? Un peu de tout cela, mais autre chose aussi. J’ai pensé pendant longtemps que j’éprouverais plus vivement, dans cette désolation et cette mort, la volupté de ma propre vie. Mais je sens aujourd’hui que ces régions nous frappent, en quelque sorte, d’une religieuse empreinte. (...) L’homme qui a pu pénétrer dans ce lieu sent son âme qui s’élève. »

— Jean-Baptiste Charcot, Le Français au Pôle Sud, E. Flammarion, 1906, 486 pages.

 

 

 

Œuvres de fiction

 

 

 

220px-Souvenir-Sheet.jpg
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Philatélie antarctique.
Searchtool.svg Voir la galerie de timbres : Polar stamps.

 

 

 

Œuvres littéraires


 

 

 

Romans

Nouvelles

  • Les Montagnes hallucinées (1931), une nouvelle de H. P. Lovecraft dans laquelle une expédition scientifique découvre une cité perdue au milieu de l'Antarctique.
  • Les Montagnes hallucinogènes (1940), une nouvelle de Arthur C. Clarke parodiant celle de H. P. Lovecraft.
  • Shiver, une nouvelle de Nikki Gemmell (1997) qui raconte le changement profond apporté dans la vie d'une journaliste australienne par un séjour en Antarctique pour couvrir une expédition scientifique.

Bandes-dessinées

 

 

 

Œuvres audiovisuelles


Cinématographie



 

 

 

Voir la catégorie : Œuvres cinématographiques liées à l'Antarctique.

 

 

 

Séries télévisées

Œuvres artistiques

 

 

 

220px-Riessbeck_eistage_2005-03-16.jpg
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Une œuvre de Gerhard Riessbeck.

 

 

 

 

 

Les œuvres artistiques sont difficilement réalisables in situ et in vivo sur le sol antarctique compte tenu des conditions climatiques extrêmes et de l'éloignement du continent des terres habitées. Toutefois grâce à des actions en faveur de l'art, certains artistes ont pu bénéficier de la logistique et des infrastructures destinés aux scientifiques travaillant en Antarctique. C'est ainsi que les plasticiens français Catherine Rannou et Laurent Duthion choisis par l'institut polaire Paul-Émile-Victor (IPEV) lors de la quatrième année polaire de mars 2007 à mars 2008, purent développer leur art à la base Dumont Durville157. Werner Herzog ou bien Kim Stanley Robinson ont été soutenus par un programme d'aide aux artistes et écrivains, l'Antarctic Artists and Writers Program158. L'artiste-peintre allemand Gerhard Riessbeck a réalisé des œuvres alors qu'il se trouvait sur le brise-glace Polarstern en 2000 et en 2005 lors d'expéditions en Antarctique159. Dans le cadre des commémorations du bicentenaire de l'indépendance de l'Argentine (1810-2010), la troupe de marionnettistes argentins « La Faranda » se produit pour la première fois en Antarctique dans la base Marambio160.

 

 

 

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 14:21

Flore

 

 

 

 

 

 


Voir la catégorie : Flore en Antarctique.

 

 

 

Les seuls autotrophes présents sur le continent sont essentiellement des protistes. La flore antarctique se limite principalement à des mousses, des algues, des mycètes et des hépatiques qui ne poussent généralement que quelques semaines en été.

L'Antarctique compte plus de 200 espèces de lichens92, 100 de mousses (Bryophyta) et 30 d'hépatiques (Hepaticophyta)93. On dénombre également 700 espèces d'algues dont la majorité est du phytoplancton94. En été, l'algue des neiges (Chlamydomonas nivalis) et des diatomées multicolores sont particulièrement abondantes sur les côtes. Seulement deux espèces de plantes vasculaires sont indigènes de l'Antarctique : la canche antarctique (Deschampsia antarctica) et la sagine antarctique (Colobanthus quitensis)7. Cette flore est particulièrement présente sur la partie occidentale du continent généralement plus chaud et humide. Les îles sub-antarctiques sont également davantage privilégiées comme le montre la présence de 26 espèces de plantes indigènes en Géorgie du Sud70. Cependant, on a observé certains lichens et mousses dans des biotopes absolument extrêmes comme leur présence dans les vallées sèches de McMurdo en Terre Victoria70. Aussi la sagine antarctique a été observée jusqu'à l'île Neny, soit 68 ° 12' Sud, et la canche antarctique aux îles Refuge, soit 68 ° 21' Sud. Enfin, ont été observées des mousses jusqu'au 84 ° 42' Sud et des lichens au 86 ° 09' Sud et ce jusqu'à 2 000 m d'altitude95.

 

 

 

 

Géologie

Histoire géologique et paléontologique

 

 

 

Pangée avant la dérive des continents.

 

 

 

 

 

L'Antarctique fait partie du supercontinent appelé Pangée qui se morcèle il y a plus de 200 Ma, dérivant vers l'est et le sud. Il y a 175 Ma, l'Antarctique est une partie du Gondwana issue de la Pangée. Ce dernier se fragmente encore pour enfin former, il y a environ 25 Ma, l'Antarctique tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Paléozoïque (540-250 Ma)

Durant le Cambrien, le Gondwana accuse un climat tempéré. L'Ouest de l'Antarctique se situe en partie dans l'hémisphère nord et, durant cette période, de grandes quantités de grès, de roches calcaires et de schiste s'accumulent. L'Est de l'Antarctique se trouve, quant à lui, au niveau de l'équateur où les fonds marins tropicaux fleurissent d'invertébrés et de trilobites. Au début du Dévonien (416 Ma), le Gondwana se situe dans des latitudes plus méridionales entraînant un climat plus frais, bien que des fossiles de plantes terrestres datant de cette époque aient été découverts. Du sable et du limon se déposent dans les régions qui correspondent aujourd'hui aux monts Ellsworth, aux Horlick Mountains et aux monts Pensacola. La glaciation commence à la fin du Dévonien (360 Ma) lorsque le Gondwana se centre autour du pôle Sud et que le climat se refroidit, ce qui, néanmoins, n'entraîne pas la disparition de la flore. Pendant le Permien, la vie végétale est dominée par les fougères comme Glossopteris qui pousse dans les marécages. Au fil du temps, ces marais se transforment en gisements de charbon dans la chaîne Transantarctique. Vers la fin du Permien, le réchauffement conduit à un climat chaud et sec dans une grande partie du Gondwana96.

Mésozoïque (250-65 Ma)

Article connexe : Notogée.

 

 

 

À cause d'un réchauffement continu, la calotte glaciaire fond si bien qu'une grande partie du Gondwana devient un désert. Les fougères à graines colonisent l'Antarctique oriental et de grandes quantités de grès et de schiste se déposent sur le sol. Les synapsides sont communs en Antarctique entre la fin du Permien et le début du Trias et comprennent des espèces comme Lystrosaurus. Pendant le Jurassique (206-146 Ma), la péninsule Antarctique commence à se former et les îles émergent progressivement de l'océan. En outre, les ginkgos et les cycadophytas sont abondants. En Antarctique occidental, les conifères dominent les forêts du Crétacé (145-65 Ma), bien que les hêtres commencent à s'imposer à la fin de cette période. Les ammonites sont alors courantes dans les eaux et les dinosaures sont également présents bien que seulement trois genres y aient été découverts en 2010 soit respectivement Cryolophosaurus, Antarctopelta et Glacialisaurus97. C'est également pendant cette période que le Gondwana commence à se disloquer.

 

 

 

 

Morcellement du Gondwana (160-23 Ma)

 

 

 

Le mont Erebus, volcan actif sur l'île de Ross.

 

 

 

 

 

Il y a 160 Ma l'Afrique se sépare de l'Antarctique suivie par le sous-continent indien au début du Crétacé (approximativement 125 Ma). Aux environs de 65 Ma, l'Antarctique, alors reliée à l'Australie, a encore un climat tropical voire subtropical et est dotée d'une faune composée de mammifères placentaires et marsupiaux, de reptiles et de dinosaures, d'oiseaux. Vers 40 Ma, l'Australie et la Nouvelle-Guinée se séparent de l'Antarctique si bien que les courants sont susceptibles de l'isoler de l'Australie. Avant cette période, la Terre est plus chaude qu'aujourd'hui, mais le déplacement du continent vers le sud s'accompagne d'un refroidissement de la planète, autant que de la chute des températures sur le continent. Ainsi, la glace commence à y apparaître. Il y a environ 34 Ma, le niveau de CO2 est proche de 760 ppm98 bien qu'il soit déjà en baisse par rapport aux précédents niveaux qui atteignaient alors des milliers de ppm. Vers 23 Ma, le passage de Drake s'ouvre entre l'Antarctique et l'Amérique du Sud, formant le courant circumpolaire antarctique qui finit d'isoler le continent. Diverses études suggèrent que le niveau de CO2 baisse, dès lors, plus rapidement99. Il semble que ce soit l'apparition du courant circumpolaire qui entraîne une baisse plus grande de la température. La glace commence à gagner du terrain et remplace les forêts. Depuis environ 15 Ma, ce dernier est en grande partie recouvert de glace100 tandis que la calotte glaciaire atteint son extension actuelle vers 6 Ma.

Géologie actuelle de l'Antarctique

 

 

 

La surface neigeuse du Dôme C (Concordia) est représentative de la majorité de la surface du continent.

 

 

 

L'Antarctique entouré par l'océan Austral.

 

 

 

Topographie et bathymétrie sous-glaciaires de l'Antarctique.

 

 

 

This is topographic map of Antarctica after removing the ice sheet and accounting for both isostatic rebound and sea level rise. Hence this map suggests what Antarctica may have looked like 35 million years ago, when the Earth was warm enough to prevent the formation of large-scale ice sheets in Antarctica.

 

 

 

 

 

L'étude géologique de l'Antarctique a été entravée par la couverture quasi-totale du continent par une épaisse couche de glace. De nouvelles techniques comme la télédétection, le radar à pénétration de sol ou l'imagerie satellite commencent à fournir des informations sur le sol situé sous la glace.

Géologiquement, l'Antarctique occidental ressemble étroitement à la cordillère des Andes située en Amérique du Sud96. La péninsule Antarctique s'est formée grâce au soulèvement et au métamorphisme du sédiment des fonds marins entre la fin du Paléozoïque et le début du Mésozoïque. Ce soulèvement sédimentaire fut accompagné par une intrusion de roches magmatiques et par le volcanisme. Les roches les plus communes en Antarctique occidental sont l'andésite et la rhyolite, roches volcaniques formées durant le Jurassique. Il existe des traces d'activité volcanique, même après que la couche de glace s'est formée, en Terre Marie Byrd et sur l'Île Alexandre-Ier. La seule zone qui présente des différences avec le reste de l'Antarctique occidental est la région des monts Ellsworth où la stratigraphie correspond plus à la partie orientale du continent.

L'Antarctique oriental, datant du Précambrien avec quelques roches formées il y a plus de 3 milliards d'années, est géologiquement varié. Il est formé d'une plate-forme composée de roches métamorphiques et magmatiques qui forment la base du bouclier continental. Au sommet de cette base se trouvent différentes roches de périodes postérieures telles que du grès, du calcaire, de la houille et du schiste qui se sont déposées pendant le Dévonien et le Jurassique pour former la chaîne Transantarctique. Dans les zones côtières comme la chaîne Shackleton et la terre Victoria, des failles se sont formées.

La principale ressource minérale connue sur le continent est le charbon100. Il a d'abord été localisé près du glacier Beardmore par Frank Wild durant l'expédition Nimrod. Il existe également du charbon de qualité inférieure à travers de nombreuses régions des montagnes Transantarctiques. En outre, le mont Prince-Charles renferme d'importants gisements de minerai de fer. Les ressources les plus précieuses de l'Antarctique, à savoir le pétrole et le gaz naturel, ont été trouvées au large, dans la mer de Ross en 1973. L'exploitation de toutes les ressources minérales est interdite en Antarctique jusqu'en 2048 par le Protocole de Madrid.

Activités humaines

Population

Article connexe : Religion en Antarctique.

 

 

 

Deux chercheuses étudient du plancton à travers des microscopes.

 

 

 

 

 

L'Antarctique ne compte pas d'habitants permanents mais un certain nombre de gouvernements maintiennent en permanence des équipes dans les diverses stations de recherche présentes sur le continent. Le nombre de personnes qui gèrent et qui secondent la recherche scientifique et les autres travaux sur le continent et ses îles proches varie d'environ 1 000 personnes en hiver à environ 5 000 en été. Beaucoup de ces stations sont pourvues en personnel durant toute l'année mais la majorité des employés qui passent l'hiver en Antarctique arrivent de leur pays d'origine pour des missions d'un an. Une église orthodoxe, ayant ouvert en 2004 à la station russe Bellingshausen, est également occupée par un ou deux prêtres qui alternent tous les ans101,102.

Les chasseurs de phoques anglais et américains furent les premiers résidents semi-permanents des régions proches de l'Antarctique (notamment des zones situées au sud de la convergence antarctique) dont ils se servirent, à partir de 1786, pour passer un an ou plus en Géorgie du Sud. Durant l'époque de la chasse à la baleine, qui dura jusqu'en 1966, la population de cette île variait de plus de 1 000 habitants en été (voire plus de 2 000 certaines années) à environ 200 en hiver. Les chasseurs de baleines étaient principalement norvégiens mais aussi britanniques et japonais. Les principales stations baleinières furent la baie des Baleiniers sur l'île de la Déception, Grytviken, Leith Harbour, King Edward Point, Stromness, Husvik, Prince Olav Harbour, Ocean Harbour et Godthul. Les chefs et les officiers supérieurs des stations baleinières y vivaient souvent avec leur famille. Citons par exemple le fondateur de Grytviken, le capitaine Carl Anton Larsen, un célèbre chasseur et explorateur norvégien qui acquit avec sa famille la nationalité britannique en 1910.

 

 

 

 

Solveig Jacobsen, debout à côté de son chien, devant la carcasse d'une baleine en train d'être dépecée à Grytviken. Photo de 1916.

 

 

 

 

 

Le premier enfant né au sud de la convergence antarctique est une Norvégienne du nom de Solveig Gunbjørg Jacobsen qui voit le jour à Grytviken le 8 octobre 1913 et dont la naissance est déclarée par le représentant de la magistrature anglaise en Géorgie du Sud. Elle est l'une des filles de Fridthjof Jacobsen, le directeur adjoint de la station baleinière, et de Klara Olette Jacobsen. M. Jacobsen arrive sur l'île en 1904 afin de devenir le directeur de Grytviken ; un poste qu'il assure de 1914 à 1921. Deux de ses enfants sont nés sur l'île103.

Emilio Marcos Palma est la première personne née au sud du 60e parallèle sud (la limite du continent selon le traité sur l'Antarctique104), et également la première née sur ledit continent, en 1978 à la base Esperanza à l'extrémité de la péninsule Antarctique105,106. Ses parents ainsi que sept autres familles furent envoyées sur ce territoire par le gouvernement argentin qui cherchait à déterminer si la vie de famille y était possible. En 1984, Juan Pablo Camacho voit le jour à la base Presidente Eduardo Frei Montalva et devient le premier chilien né en Antarctique. Plusieurs bases sont aujourd'hui le domicile de familles avec des enfants qui fréquentent les écoles présentes à proximité107. Jusqu'en 2009, onze enfants étaient nés en Antarctique (au sud du 60e parallèle sud) : huit à la base antarctique argentine Esperanza108 et trois à la base chilienne Presidente Eduardo Frei Montalva109.

Économie

 

 

 

Un groupe de touristes débarquent à l'île de Cuverville au milieu d'une colonie de Manchots papous.

 

 

 

 

 

Bien que de la houille, des hydrocarbures, du minerai de fer, du platine, du cuivre, du chrome, du nickel, de l'or et d'autres minéraux aient été découverts en Antarctique, ils ne sont pas présents en quantités suffisantes pour permettre une exploitation rentable. Le protocole de Madrid de 1991 limite par ailleurs une éventuelle activité liée aux ressources naturelles. En 1998, un accord aboutit à l'interdiction, pour une durée illimitée, d'exploiter les ressources minérales de l'Antarctique. Ce consensus, qui sera réétudié en 2048, limite davantage le développement et l'exploitation économique du continent. La principale activité économique repose sur la pêche et la vente du poisson. En 2000-2001, la quantité de poissons pêchée en Antarctique s'élevait à 112 934 tonnes.

Dans une moindre mesure, les « expéditions touristiques » existent depuis 1957 et sont théoriquement encadrées par le protocole de Madrid. En réalité, elles sont régulées par l'Association internationale des tour-opérateurs antarctiques (IAATO). Tous les navires liés au tourisme ne sont pas membres de l'IAATO mais les adhérents de cette association sont à l'origine de 95 % de l'activité touristique du continent. Les voyages, qui s'effectuent le plus souvent sur des navires de petite ou de moyenne taille, privilégient les sites typiques où la faune et la flore caractéristiques du continent sont facilement accessibles, c'est-à-dire les parties côtières des îles Shetland du Sud et de la péninsule Antarctique. Depuis 2004, environ 27 000 touristes, provenant presque tous de navires de croisière, visitent l'Antarctique chaque année, soit une augmentation de 500 % depuis dix ans110. Ce nombre a atteint 37 506 lors de l'été austral 2006-2007. Il pourrait croître jusqu'à 80 000 en 2010111.

Récemment, les possibles effets néfastes de l'afflux de visiteurs sur l'environnement et l'écosystème furent un sujet de préoccupations. Un appel à des réglementations plus strictes envers les navires et à la mise en place d'un quota de touristes fut émis par plusieurs écologistes et scientifiques112. La première réponse des signataires du traité sur l'Antarctique fut de mettre en place, à travers leur comité pour la protection de l'environnement et leur association avec l'IAATO, d'une part des directives concernant l'organisation des débarquements des touristes sur les sites visités, et d'autre part l'interdiction ou la restriction d'accès aux sites qui recevaient la plus forte abondance de visites. Les vols touristiques étaient assurés par l'Australie et la Nouvelle-Zélande jusqu'au crash du vol 901 Air New Zealand sur le mont Erebus qui tua les 257 passagers en 1979. Qantas reprend les vols commerciaux de l'Australie vers l'Antarctique au milieu des années 1990, on compte environ 3 000 « touristes aériens » par an110.

Transport

Article détaillé : Transport en Antarctique.

Les transports en Antarctique ont été améliorés par les technologies humaines : les zones isolées et reculées traversées par les premiers explorateurs sont aujourd'hui transformées en des régions plus accessibles au transport terrestre, mais surtout aérien et maritime, plus adapté et plus rapide notamment par l'utilisation de navires brise-glace. L'utilisation de chiens de traîneaux est maintenant interdite car les chiens sont une espèce exotique en Antarctique et par leur statut de superprédateurs sont une menace pour la faune locale.

Recherche

 

 

 

Des chercheurs de l'ANSMET découvrent une météorite durant l'été austral 2001.

 

 

 

 

 

Chaque année, des scientifiques de 27 pays différents effectuent en Antarctique des expériences impossibles à réaliser ailleurs dans le monde. En été, plus de 4 000 scientifiques travaillent dans les stations de recherche. Ce nombre décroît à environ 1 000 en hiver37. Certains États y maintiennent en effet une présence humaine permanente ou semi-permanente.

Les chercheurs présents en Antarctique peuvent être des biologistes, des géologues, des océanographes, des physiciens, des astronomes, des glaciologues et des météorologues. Les géologues étudient notamment la tectonique des plaques, les météorites provenant de l'espace et les traces du morcellement du supercontinent Gondwana. Les glaciologues travaillent sur l'histoire et la dynamique des icebergs, de la neige saisonnière, des glaciers et de l'inlandsis. Les biologistes, en plus d'étudier la faune et la flore, s'intéressent à la façon dont les températures rigoureuses et la présence de l'être humain agissent sur l'adaptation et les techniques de survie d'un grand nombre d'organismes. Les médecins ont fait des découvertes concernant la propagation de virus et la réaction du corps aux températures extrêmes. Les astrophysiciens étudient la voûte céleste et le fond diffus cosmologique à la station d'Amundsen-Scott. Beaucoup d'observations astronomiques sont de meilleure qualité lorsqu'elles sont effectuées au sein du territoire Antarctique plutôt qu'à un autre endroit du Globe car l'altitude élevée offre une atmosphère raréfiée. En outre, les basses températures minimisent la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère et l'absence de pollution lumineuse permet une vision de l'espace plus nette que n'importe où sur Terre. La glace de l'Antarctique sert à la fois de protection et de milieu de détection pour le plus grand télescope à neutrinos du monde, l'IceCube, construit à 2 kilomètres en dessous de la station d'Amundsen-Scott113.

 

 

 

 

Une pleine lune et une exposition de 25 secondes ont permis un éclairage suffisant pour réaliser cette photographie à la station d'Amundsen-Scott durant une nuit polaire. La station peut être vue à l'extrême gauche, la centrale électrique au centre et l'atelier de réparation mécanique en bas à droite. La lumière verte à l'arrière plan est une aurore australe.

 

 

 

 

 

Depuis les années 1970, la couche d'ozone dans l'atmosphère au-dessus de l'Antarctique est un point important des différentes études menées sur le continent. En 1985, trois scientifiques britanniques qui travaillent sur les données qu'ils ont recueillies sur la barrière de Brunt, près de la base antarctique Halley, découvrent l'existence d'un « trou » dans cette couche. En 1998, les données satellites de la NASA montrent que le trou de la couche d'ozone présente une taille plus importante que jamais, couvrant 27 millions de km2. Il a finalement été montré que la destruction de l'ozone était causée par les chlorofluorocarbures émis par l'Homme. Avec l'interdiction des CFC dans le protocole de Montréal de 1989, on estime que le « trou de la couche d'ozone » sera refermé d'ici les cinquante prochaines années.

Financé par la CEE depuis 2006 pour 4 années, ARENA (Antarctic Research, a European Network for Astrophysics) est un programme européen de recherche en astrophysique situé en Antarctique114,115. Soutenu par le CNRS en ce qui concerne la France, et par chaque organe de recherche national des États membres de l'Europe, les recherches s'effectuent principalement à la base antarctique Concordia.

En 2007, selon Mark Meier de l'université du Colorado à Boulder aux États-Unis, la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique ne contribuerait, pour le siècle en cours, qu'à hauteurs respectives de 28 % et 12 % à l'élévation du niveau des mers. Ce serait plutôt les plus petits glaciers, qui, fondant désormais à une vitesse accélérée, contribueraient actuellement à des apports excédentaires de 417 milliards de mètres cubes en eau par an, et devraient rester les plus gros contributeurs jusqu'à la fin du siècle. Alors le niveau marin se sera élevé de 10 à 25 cm116.

 

 

 

Suite et fin demain...

 

 

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 08:34

Climat

 

 

 

 


Article détaillé : Climat de l'Antarctique.

 

 

 

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Le lac Fryxell en Antarctique, recouvert de glace.

 

 

 

 

 

L'Antarctique est le lieu le plus froid sur Terre. C'est sur ce continent que la température naturelle la plus basse de la planète, -89,2 °C, a été enregistrée à la station russe de Vostok le 21 juillet 198334. Pour comparaison, c'est 11 °C de moins que la température de sublimation du dioxyde de carbone. L'Antarctique est un désert glacé où les précipitations sont rares soit 200 mm en moyenne par an35. Le pôle Sud par exemple, en reçoit moins de 100 mm par an en moyenne. En hiver, les températures atteignent un minimum compris entre -80 °C et -90 °C à l'intérieur du territoire. Les températures maximales se situent entre °C et 15 °C et sont atteintes près des côtes en été. Le soleil cause souvent des problèmes de santé, comme la photokératite, car la majorité des rayons ultraviolets qui frappent le sol sont réfléchis par la neige36.

La partie orientale de l'Antarctique est plus froide que la partie occidentale à cause de son altitude plus élevée. Les fronts météorologiques peuvent rarement pénétrer l'intérieur du continent, ce qui contribue à le rendre froid et sec, bien que la glace s'y conserve sur des périodes prolongées. Les fortes chutes de neige sont courantes sur les côtes : des enregistrements montrent qu'elles peuvent atteindre 1,22 mètre en 48 heures.

Sur les côtes, de forts vents catabatiques balaient violemment le plateau Antarctique. À l'intérieur des terres, la vitesse du vent est cependant modérée. Les beaux jours d'été, il y a plus de radiations solaires qui atteignent la surface du pôle Sud qu'à l'Équateur car l'ensoleillement y est alors de 24 heures par jour37.

 

 

 

 

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Une aurore polaire en Antarctique.

 

 

 

 

 

L'Antarctique est plus froid que l'Arctique pour deux raisons. La première raison est qu'une grande partie du continent se situe à plus de 3 km au-dessus du niveau de la mer, or, la température diminue avec l'altitude. La seconde raison est que la région polaire arctique est recouverte par l'océan qui transmet sa chaleur relative à travers la banquise, permettant ainsi de maintenir des températures plus élevées qu'en Antarctique.

Compte tenu de la latitude, les longues périodes successives d'obscurité et d'ensoleillement créent un climat peu familier pour les êtres humains habitant le reste du monde. Les aurores polaires, courantes dans les zones australes, sont un phénomène lumineux visible dans le ciel nocturne près du pôle Sud qui résultent de l'interaction des vents solaires avec la haute atmosphère terrestre. Les cristaux de glace sont un autre spectacle unique. Ils se forment dans les nuages ou dans l'air clair par cristallisation de la vapeur d'eau. Un parhélie, un phénomène atmosphérique et optique fréquent, est caractérisé par un ou plusieurs points lumineux près du Soleil36.

Quantité de glace et niveau de la mer

 

 

 

Article connexe : Élévation du niveau de la mer.

 

 

 

En raison de sa position au pôle Sud, l'Antarctique reçoit relativement peu de radiations solaires. C'est donc un continent très froid où l'eau est principalement présente sous forme de glace. Les précipitations sont faibles (de 500 à 200 mm voire moins) et tombent presque systématiquement sous forme de neige qui s'accumule et forme un gigantesque inlandsis recouvrant le territoire. La plus grande partie de l'Antarctique appelée inlandsis, est considérée comme un « véritable désert »38. Certaines parties de cet inlandsis sont formées de glaciers en mouvements appelés courants glaciaires qui progressent en direction des pourtours du continent. Près de la rive continentale se trouvent beaucoup de barrières de glace. Ces dernières sont des morceaux d'inlandsis flottants qui ne se sont pas détachés du continent. Près des côtes, les températures sont suffisamment basses pour que la glace se forme à partir d'eau de mer pendant la majeure partie de l'année. Il est important de comprendre les différences entre chaque type de glace présent en Antarctique pour interpréter les effets possibles sur le niveau de la mer et les conséquences sur le réchauffement de la planète.

 

 

 

 

L'Antarctique en période inter-glaciaire (été austral)   L'Antarctique en période inter-glaciaire (été austral)
L'Antarctique en période inter-glaciaire (été austral)
 
L'Antarctique en période glaciaire (hiver austral)

 

 

 

 

 

La banquise s'agrandit tous les ans durant l'hiver austral mais la plus grande partie de la glace fond pendant l'été. Cette glace, formée à partir de l'eau des océans, flotte sur cette même eau et ne contribue donc pas à l'élévation du niveau de la mer. La surface de la banquise est restée approximativement constante durant les dernières décennies bien que les informations concernant ses changements d'épaisseur soient imprécises39,40.

La fonte des barrières de glace flottantes (dont la glace s'est formée sur le continent) contribue peu, en soi, à l'élévation du niveau de la mer car la glace qui fond est remplacée par la même masse d'eau. Mais l'écoulement de blocs de glace ou de glace fondue provenant du continent élève le niveau marin. Cet effet est en partie compensé par les chutes de neige sur le continent mais qui, selon les modèles récents (201241), devraient diminuer en raison du réchauffement antarctique42.

Ces dernières décennies, des effondrements importants de barrières de glace ont eu lieu près des côtes, particulièrement le long de la péninsule Antarctique. De 2002 à 2005, la perte de masse de glace était « significative » ; de 152 ± 80 kilomètres cubes de glace par an, soit de quoi faire monter le niveau marin moyen de 0.4 ± 0.2 mm/an 43. Des inquiétudes ont été soulevées à propos du fait que l'altération des barrières de glace pourrait accélérer la fonte des glaciers de l'inlandsis44.

La glace antarctique représente environ 70 % des réserves d'eau douce disponible planétaire26. L'inlandsis acquiert constamment de la glace provenant des chutes de neige et en perd par la fonte puis l'écoulement de celle-ci vers la mer. L'Antarctique occidental connaît actuellement une fonte des glaces. Une revue d'étude scientifique qui consultait des données recueillies de 1992 à 2006 a suggéré qu'une perte nette d'environ 50 gigatonnes de glace par an était une estimation raisonnable (cela représente une élévation d'environ 0,14 mm du niveau de la mer)45. L'accélération considérable de la fonte des glaces dans la mer d'Amundsen a peut-être fait doubler ce chiffre pour 200646.

L'Antarctique oriental est une région froide située au-dessus du niveau de la mer et occupant la majorité du continent. Elle est dominée par de petites accumulations de neige qui se transforment ensuite en glace. Le bilan de masse général de l'inlandsis antarctique était au début du XXIème siècle probablement légèrement positif — ce qui conduit donc à l'abaissement du niveau de la mer — ou proche de l'équilibre45,46. Cependant, l'accroissement de la fonte des glaces a été évoqué dans certaines régions46,47.

 

 

 

 

Effets du réchauffement climatique

 

 

 

Article principal : Réchauffement climatique.

 

 

 

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Principales zones où la banquise effectue une avancée en mer, formant des barrières de glace. C'est là que se produit le vêlage d'icebergs.

 

 

 

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Bilan massique de surface à partir des observations (en mm d'eau/an).

 

 

 

 

 

L'Antarctique est la zone la plus froide de la Terre. On a longtemps cru qu'elle échappait au réchauffement ou au moins à la fonte des glaces. La météorologie et la climatologie y sont particulièrement complexes en raison de son immensité et de sa mauvaise accessibilité. Les stations météorologiques sont pour cette raison souvent proches de la côte et les satellites ne peuvent correctement mesurer la température au sol qu'en l'absence de nuage, puisque sous ces derniers les températures sont parfois plus élevées48.

Une récente étude datant de 2009 et financée par la National Science Foundation, conclut que le réchauffement global de l'Antarctique occidental est actuellement en cours. Cette étude a combiné des données historiques locales de température du sol, recueillies grâce aux stations météorologiques, à des données globales mais plus récentes provenant des satellites, en visant à corriger les lacunes de l'histoire de 50 ans de températures de surface, y compris en Antarctique oriental et central où les stations météorologiques sont rares.

Ainsi, certaines zones du continent connaissent un redoux, notamment la péninsule Antarctique qui semble se réchauffer rapidement et où la glace fond de manière préoccupante. Une étude d'Eric Steig de l'université de Seattle publiée en 2009 rapporte pour la première fois qu'à l'échelle du continent la température moyenne en surface a connu une augmentation de 0,05 °C par décennie de 1957 à 2006. Cette étude a également remarqué que l'Antarctique occidental s'était réchauffé de plus de 0,1 °C par décennie depuis 50 ans49 (ce que confirme la NASA48) et que ce réchauffement était plus fort en hiver et au printemps. Ce réchauffement est en partie compensé par les chutes de neige en Antarctique oriental50. En conclusion, les données satellites combinées à celles des stations météorologiques au sol montrent qu'en moyenne, l'Antarctique s'est réchauffé d'environ 0,12 °C par décennie depuis 1957, pour une augmentation moyenne totale de 0,5 °C en 50 ans48.

Une seule étude montre que le territoire connaît un réchauffement climatique à cause des émissions de dioxyde de carbone de l'Homme51. Cependant, il est estimé que la surface totale réchauffée en Antarctique occidental à cause des émissions de CO2 est assez faible pour n'entraîner aucun effet direct de l'inlandsis ouest-antarctique sur le niveau de la mer. De récentes accélérations de la fonte des glaciers laissent supposer qu'il s'agit plutôt d'un afflux d'eau chaude près du plateau continental qui provient des profondeurs de l'océan52,53. L'impact final de la péninsule dans le niveau de la mer est donc probablement un résultat direct de cet évènement54.

 

 

 

 

Antarctican Temperature
Legend
Géographie du réchauffement de l'Ouest-Antarctique, de 1957 à 2006 (image combinant données météo et satellites). Le modèle numérique de terrain est issu de l'imagerie radar de RADARSAT.

 

 

 

 

 

L'Est de l'Antarctique serait, quant à lui, soumis à trois grands types de phénomènes complexes et parfois contradictoires, dont l'évolution semble à ce jour impossible à prévoir48. Tout d'abord, la fonte de la glace modifie saisonnièrement la température de l'eau périphérique, mais aussi sa densité, en interférant de manière complexe avec les courants et la température de surface de l'eau48. Ensuite, l'appauvrissement de la couche d'ozone influence également à grande échelle les fluctuations atmosphériques du continent, appelées « Southern Annular Mode » (SAM) ou « Southern Hemisphere Annular Mode » (SHAM), plus particulièrement dans l'anneau climatique sud où la circulation du vent semble accélérée, ce qui tendrait à isoler et refroidir le continent. Enfin, un phénomène opposé au précédent semble exister : des variations régionales de la circulation des vents apportent de l'air plus chaud et plus humide en matinée, augmentant les précipitations dans l'Ouest de l'Antarctique et donc l'épaisseur de neige se transformant peu à peu en glace48. Finalement, l'épaisseur et la surface de glace de la partie orientale de l'inlandsis semble stable voire localement en augmentation55. Ainsi, plus de 50 % de la surface en glace est restée très constante ou a subi une légère augmentation d'épaisseur, dans la partie orientale de la banquise où les températures peuvent descendre jusqu'à -80 °C.

Enfin, l'Ouest de l'Antarctique semble particulièrement vulnérable aux changements climatiques parce que la calotte de glace y repose en grande partie non pas sur un sol émergé, mais sous le niveau marin. Si ce seul inlandsis ouest-antarctique devait complètement fondre, il suffirait à faire monter le niveau global de la mer de 5 à 6 m48.

En 2002, le segment Larsen B de la barrière de Larsen dans la péninsule Antarctique se disloque56. Entre le 28 février et le 8 mars 2008, environ 570 km2 de glace provenant de la barrière de glace de Wilkins située dans la partie sud-ouest de la péninsule se désintègre, mettant en danger les 15 000 km2 de glace restant. Ils sont alors retenus par une étendue de glace de seulement 6 km de large environ57, avant de se désintégrer le 5 avril 200958,59. D'après la NASA, la fonte de la plus grande surface de glace de ces trente dernières années a eu lieu en 2005, quand une zone comparable en taille à la Californie a brièvement fondu puis gelé de nouveau ; c'est peut-être le résultat de l'augmentation de la température qui atteignit alors jusqu'à °C60. Dans le futur proche et plus lointain, cette fonte pourrait croître de façon non-linéaire, avec des instabilitées climatiques régionales importantes (le réchauffement d'ici 2100 pourrait être comparable à ce qu'il a été il y a 130 000 à 127 000 ans61. Il a alors été accompagné d'une élévation de l'océan à plusieurs mètres au-dessus des niveaux modernes, avec une montée de l'eau « plus rapide que ce que beaucoup pensent »61.).

Le glacier de l'île du Pin, dans l'Antarctique occidental, fond à une vitesse inquiétante. Mais cette hémorragie reste invisible : elle a lieu à 1 000 m sous la surface de l'océan et sous une épaisse couche de glace flottante. En 2009, le sous-marin robotisé Autosub3 a exploré cet endroit difficile d'accès. Il a parcouru 50 km sous la barrière de glace de l'île du Pin, en utilisant un sonar pour cartographier le plancher océanique, en dessous, et le plafond gelé, au-dessus. Pendant la mission du submersible, le navire de recherche Nathaniel B. Palmer a mesuré un processus alarmant. En se renforçant, les courants marins apportent de plus en plus d'eau chaude des profondeurs au contact de la glace déjà en train de fondre. 79 km2 ont ainsi disparu au-dessous de la barrière pour la seule année 2009, accélérant le glissement du glacier dans l'océan. Depuis 1974, l'île du Pin a perdu 75 m d'épaisseur, et sa vitesse de fonte a augmenté de plus de 70 %. Des centaines de kilomètres du littoral antarctique sont désormais soumis à ces forces, qui devraient amplifier la disparition de la glace lors des prochaines décennies. Les informations collectées sous le pôle Sud sont cruciales pour prévoir avec précision la hausse du niveau des mers.

 

 

 

 

Perte d'ozone

 

 

 

Article connexe : Couche d'ozone.

 

 

 

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Image du plus grand « trou de la couche d'ozone » jamais enregistré et dû à l'accumulation de CFC (septembre 2006).

 

 

 

 

 

Chaque année, une zone à faible concentration d'ozone, ou « trou de la couche d'ozone », croît au-dessus de l'Antarctique. Ce dernier couvre l'ensemble du continent et atteint sa surface maximale en septembre. Le « trou » le plus durable est enregistré en 2008 et subsiste alors jusqu'à la fin du mois de décembre62. Le « trou de la couche d'ozone » est détecté par des scientifiques en 198563 et avait tendance à augmenter avec les années d'observation. La diminution de la quantité d'ozone est attribuée à l'émission de chlorofluorocarbures (CFC) dans l'atmosphère, qui décomposent l'ozone en d'autres gaz64.

Certains scientifiques suggèrent que la disparition de l'ozone peut avoir un rôle dominant dans les récents changements climatiques en Antarctique, voire dans une plus vaste partie de l'hémisphère sud63. L'ozone absorbe une grande quantité de rayonnements ultraviolets dans la stratosphère. En outre, le « trou d'ozone » peut causer un refroidissement local d'environ 6 °C dans celle-ci. Ce refroidissement a pour effet d'intensifier les vents d'ouest qui circulent près du continent (le vortex polaire) et donc d'éviter l'échappement de l'air froid près du pôle Sud. Ainsi, l'inlandsis Est-Antarctique est maintenu à de basses températures et les pourtours du continent, particulièrement la péninsule Antarctique, sont sujets à des températures plus élevées qui favorisent l'accélération de la fonte des glaces63. De récents modèles suggèrent cependant que le « trou de la couche d'ozone » améliore les effets du vortex polaire, ce qui explique la récente avancée de la banquise près de la côte continentale65.

 

 

 

 

Milieu naturel

 

 

 

Article détaillé : Antarctique (écozone).

 

 

 

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Fond marin sous la banquise à Explorer's Cover, New Harbor au détroit de McMurdo. On observe différentes types d'espèces comme une pétoncle austral (Adamussium colbecki), un oursin de l'Antarctique (Sterechinus neumayeri), une éponge de mer (Homaxinella balfourensis), une ophiure (Ophionotus victoriae), une araignée de mer (Colossendeis sp.).

 

 

 

 

 

L'Antarctique est l'une des huit écozones ou régions biogéographiques terrestres66. L'océan Austral contient une biomasse importante grâce à une remontée d'eau (upwelling en anglais) par de forts courants marins d'eau froide en cette zone, qui apporte énormément de nutriments (sels nutritifs) et d'oxygène67. Cette biomasse est d'autant plus riche par la présence de la convergence antarctique, véritable « frontière climatique » entre les autres océans et l'océan Austral aux eaux plus froides et moins salées68. Cette richesse de cette biodiversité marine dont sa faune et sa flore benthiques, s'oppose à celle terrestre c'est-à-dire aux côtes beaucoup plus pauvres voire inexistantes à l'intérieur de l'inlandsis. En effet le climat de la région antarctique ne permet pas une végétation dense et une vie animale foisonnante. Les températures glaciales, la pauvre qualité du sol, le manque d'humidité et de luminosité empêchent les plantes de se développer et la faune de prospérer69. On n'y trouve ni arbre ni arbuste et seulement 1 % du continent est colonisé par les plantes. Les zones les plus favorables sont les parties côtières occidentales, la péninsule Antarctique et les îles sub-antarctiques70.

 

Faune


Voir la catégorie : Faune en Antarctique.

 

 

 

La faune en Antarctique est marquée par la faune australe du Crétacé, dont des fossiles de plusieurs espèces sont découverts au XIXe et XXe siècles71. Au début du Crétacé, sur l'est-Gondwana alors sans calotte glaciaire71, plusieurs espèces sont recensées, comme des animaux endémiques. Des amphibiens et reptiles géants (Temnospondyli, Plesiosauroidea), dinosaures (Cryolophosaurus, Antarctopelta, Glacialisaurus) ou des mammifères y ont vécu, mais néanmoins, peu de fossiles de dinosaures ont été découverts en Antarctique en comparaison d'autres continents71. Le climat passant de tropical à polaire, semble avoir entraîné une évolution importante jusqu'à la disparition de pratiquement toutes les espèces vivantes.

Peu d'invertébrés terrestres sont présents en Antarctique. Toutefois on y trouve des acariens microscopiques comme Alaskozetes antarcticus mais aussi des poux, des nématodes, des tardigrades, des rotifères, du krill et des collemboles72. Récemment, des écosystèmes antédiluviens, constitués de plusieurs types de bactéries, ont été retrouvés vivants, emprisonnés sous des glaciers73. L'espèce de mouche Belgica antarctica qui mesure seulement 12 mm est, à proprement parler, le plus grand animal terrestre d'Antarctique. On compte 40 espèces d'oiseaux pour une population totale estimée à 200 millions d'individus ; les plus représentés sont les sternes, les skuas, les pétrels et les manchots74. Le pétrel des neiges (Pagodroma nivea) est l'une des trois espèces d'oiseaux qui se reproduisent exclusivement sur ce continent75. Les cormorans et les fulmars fréquentent les côtes et les îles proches du continent. Les oiseaux charognards comme le chionis blanc (Chionis albus), le skua (Stercorarius skua), le pétrel géant (Macronectes giganteus) ou bien le pétrel de Hall (Macronectes halli) peuplent parmi les colonies de manchots à l'affût de nourriture. En Antarctique, la vie marine peuplée par 300 espèces de poissons74, comprend également des manchots, des cétacés comme la baleine bleue (Balaenoptera musculus) ou la baleine franche australe (Eubalaena australis), l'orque (Orcinus orca), des dauphins, des cachalots, des pinnipèdes comme les otaries à fourrure (Arctocephalinae) et les éléphants de mer du sud (Mirounga leonina), et dans les eaux profondes on note la présence du calmar colossal (Mesonychoteuthis hamiltoni). Le manchot empereur (Aptenodytes forsteri) dont le nombre est estimé à 200 000 individus, est le seul manchot qui se reproduit en Antarctique pendant l'hiver austral76. De toutes les espèces de manchots, elle est celle qui se reproduit le plus au sud77. Avec le manchot Adélie (Pygoscelis adeliae), ils sont les deux espèces dont l'aire de distribution se limite au continent78. D'autres comme le manchot royal (Aptenodytes patagonicus), le manchot à jugulaire (Pygoscelis antarcticus) ou le manchot papou (Pygoscelis papua) ne se reproduisent pas uniquement en Antarctique mais leurs colonies y sont importantes et denses79. Le gorfou doré (ou manchot à aigrettes) qui possède des plumes autour des yeux comme de longs sourcils, se reproduit quant à lui sur la péninsule antarctique et les îles sub-antarctiques telles la Géorgie du Sud. Bien que concentrée sur les parties côtières du continent et de ses îles environnantes, la population de manchots et de gorfous est estimée à 20 millions de couples79.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'otarie de Kerguelen a été décimée pour sa fourrure par des chasseurs originaires des États-Unis et du Royaume-Uni80. Le phoque crabier (Lobodon carcinophaga) avec 15 millions d'individus, est le plus représenté des phocidés74. Malgré le nom qu'il porte et comme le phoque de Weddell entre autres, sa principale ressource alimentaire est le krill antarctique (Euphausia superba). Ce krill, qui se rassemble en bancs de proportions importantes (500 km2)74, est l'espèce clé de voûte de l'écosystème de l'océan Austral et compose une grande part de l'alimentation des baleines, des otaries, des léopards de mer, des phoques, des calmars, des poissons-antarctiques, des manchots, des albatros et de beaucoup d'autres oiseaux81.

Contrairement à certaines idées reçues, il n'existe pas de mammifères terrestres sur le continent. Il n'y a donc ni ours polaire ou ours blanc (Ursus maritimus) ni caribous (Rangifer tarandus)82. Seuls ces derniers, introduits par l'Homme, vivent en petits troupeaux sur les îles sub-antarctiques de la Géorgie du Sud et des Kerguelen83. De même le morse (Odobenus rosmarus), le narval (Monodon monoceros) ou bien le pingouin torda (Alca torda), unique représentant du genre Alca, ne vivent que dans l'hémisphère nord84.

L'adoption en 1978 de l'Antarctic Conservation Act apporte plusieurs restrictions à l'activité américaine sur le continent. Ainsi, l'importation de plantes ou d'animaux exotiques peut entraîner des sanctions pénales tout comme l'extraction d'espèces indigènes85. La surpêche du krill, un animal qui joue un grand rôle dans l'écosystème de l'Antarctique, pousse les gouvernements à promulguer des réglementations sur la pêche. domestiques et l’arrêté du 12 octobre 2001 interdit l’introduction de toute espèce animale ou végétale non indigène.

 

 

 

 

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Un bébé phoque de Weddell en Terre Adélie.

 

 

 

 

 

La Convention sur la conservation des phoques en Antarctique de 1972 signée à Londres et qui entre en vigueur en 1978, assure une protection des phocidés par une gestion raisonnée des captures dans le respect des équilibres écologiques. Les espèces protégées sont l'éléphant de mer du sud (Mirounga leonina), le phoque de Ross (Ommatophoca rossi) et les otaries (Arctocephalus sp.). Le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii) âgé d’un an ou de plus d'un an sont également protégés86. Entrée en vigueur en 1980, la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) exige que les règles qui gèrent l'industrie de la pêche dans l'océan Austral prennent en compte les effets possibles de celle-ci sur l'écosystème antarctique37. Malgré cette nouvelle loi, la pêche non réglementée et illégale, particulièrement celle de la légine australe, reste un problème important et en augmentation, avec une estimation de 32 000 tonnes en 200087,88.

Démarré depuis l'Année polaire internationale, le recensement de la vie marine (Census of Marine Life), qui a impliqué plus de 300 chercheurs, présente quelques découvertes notables. Plus de 235 organismes marins vivent à la fois dans les deux régions polaires, reliant ainsi deux zones espacées de 12 000 km. Certains grands animaux comme des cétacés ou des oiseaux font l'aller-retour tous les ans. Plus surprenant, on a trouvé de plus petites formes de vie comme des vers de vase, des concombres de mer ou des mollusques sous-marins dans les deux océans polaires. Plusieurs facteurs peuvent aider cette diffusion : dans les profondeurs de l'océan, les températures sont plutôt uniformes aux pôles et à l'équateur où elles ne diffèrent que par moins de °C. En outre, la circulation thermohaline transporte les œufs et les larves89. Toujours dans le cadre de ce programme de recherche, des scientifiques ont découvert 15 nouvelles espèces d'amphipodes et également certaines nouvelles espèces de cnidaires sous la barrière de Larsen90. Les résultats du recensement de la vie marine qui seront divulgués officiellement en octobre 2010 à Londres, prévoient encore de nouvelles et nombreuses découvertes91.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 08:08

Antarctique

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Antarctique
L'Antarctique vue du pôle Sud
L'Antarctique vue du pôle Sud
Superficie 14 107 637 km2 dont 280 000 km2 libres de glace
Densité <0,1 hab./km2
Secteurs antarctiques 7
Dépendances 5
Principales langues Anglais, russe, espagnol, portugais, français, etc.
Fuseaux horaires UTC-12 à UTC+12
UTC+0 au niveau du pôle Sud
Bases antarctiques 52

 

 

 

 

 

 

 

L'Antarctique (prononcé [ɑ̃.taʁk.tik] Écouter) est le continent le plus méridional de la Terre. Situé autour du pôle Sud, il est entouré de l'océan Austral (ou océan Antarctique) et bordé par les mers de Ross et de Weddell.

Avec une superficie de 14 millions de kilomètres carrés, l'Antarctique est plus petit que l'Asie, l'Afrique ou l'Amérique ; seules l'Europe et l'Océanie sont plus petites que lui. Quelque 98 % de sa surface sont recouverts d'une couche de glace d'une épaisseur moyenne d'1,6 km. C'est pourquoi la morphologie du sous-sol antarctique reste encore peu connue voire inconnue, alors que petit à petit se dévoile la présence de lacs subglaciaires et de chaînes de montagnes subglaciaires comme celle de Gamburtsev.

L'Antarctique est le continent le plus froid, le plus sec et le plus venteux. C'est également, de tous les continents celui qui a l'altitude moyenne la plus élevée. Puisqu'il n'y tombe que peu de précipitations, excepté sur ses parties côtières où elles sont de l'ordre de 200 mm par an, l'intérieur du continent constitue techniquement le plus grand désert du monde. Il n'y a pas d'habitat humain permanent et l'Antarctique n'a jamais connu de population indigène. Seuls des plantes et des animaux adaptés au froid, au manque de lumière et à l'aridité y survivent, comme des manchots, des phoques, des poissons, des crustacés, des mousses, des lichens et de nombreux types d'algues.

Le nom « Antarctique » vient du grec ἀνταρκτικός (antarktikós), qui signifie « opposé à l'Arctique ». Bien que des mythes et des spéculations concernant une Terra Australis (« Terre Australe ») remontent à l'Antiquité, le continent ne sera aperçu pour la première fois qu'en 1820 par l'expédition russe de Mikhaïl Lazarev et Fabian Gottlieb von Bellingshausen. Cependant le continent suscita peu d'intérêt jusqu'à la fin du XIXe siècle, principalement en raison de son environnement hostile, de son manque supposé de ressources naturelles et de son isolement géographique.

À la suite du traité sur l'Antarctique signé en 1959 par douze États et suivi en 1991 par le protocole de Madrid, ce continent acquiert un statut particulier : les activités militaires y sont interdites ainsi que l'exploitation des ressources minérales sauf celles qui sont menées à des fins scientifiques. Les signataires accordent la priorité aux activités de recherche scientifique. Les expériences en cours sont effectuées par plus de 4 000 scientifiques de diverses nationalités et ayant des intérêts différents. Considéré comme une réserve naturelle, le continent est protégé par la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) et divers accords internationaux sur la protection de la biodiversité et sur la restriction du tourisme. Modeste ressource jusque dans les années 1980, le tourisme attire de plus en plus de visiteurs : 10 000 en 2000, 37 000 en 2010, soit sept fois plus de personnes que le nombre de scientifiques présents. La majorité des touristes se concentre durant l'été à proximité de la péninsule Antarctique. Depuis 1991, des mesures de régulation et de protection ont été prises. L’Association internationale des tour-opérateurs antarctiques (IAATO), qui regroupe 80 % des tour-opérateurs opérant sur ce continent, a établi un code de conduite, prône un tourisme éducatif et coopère avec les scientifiques en mettant à leur service la logistique et les moyens de transport. Aussi les États se sont inspirés de ses travaux et données pour élaborer un code international très contraignant.

 

 

 

Histoire

 

 

 

Articles détaillés : Histoire de l'Antarctique et Chronologie de l'Antarctique.

 

 

 

Conjecture liée à la forme de la Terre

 

 

 

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Carte du monde d'après Ptolémée.

 

 

 

 

 

L'histoire du continent antarctique est née avec les hypothèses concernant l'« équilibre » de la Terre qui explique sa forme. Durant l'Antiquité, les anciens Grecs dont le philosophe Aristote estiment que la Terre est une sphère symétrique ayant nécessairement un point d'équilibre appelé « pivot » (polos en grec) de part et d'autre de l'équateur. C'est ainsi que l'Arctique du grec ancien ἀρκτικός (Arktikos) se trouve un opposé et que l'Antarctique est pour la première fois évoqué. Emprunt du grec ancien ἀνταρκτικός (antarktikós), le mot « Antarctique » se forme à partir de deux termes : ant(i)- (ἀντί-) c'est-à-dire « ce qui est contraire, opposé » et arktos (ἀρκτικός dérivé de άρκτος) qui signifie « ours », en référence à la constellation indiquant le nord appelée « Petite Ourse »1.

Même si, au IIe siècle, l'astronome grec Ptolémée est persuadé que le continent existe, au point d'affirmer que ces terres sont reliées aux autres continents, habitées et cultivées2, il faut attendre le XVe siècle, lorsque Bartolomeu Dias et Vasco de Gama parviennent à passer et à contourner le cap de Bonne-Espérance au sud de l'Afrique pour réfuter l'hypothèse d'un continent étendu jusqu'aux plus hautes latitudes sud. Mais, lorsque Fernand de Magellan contourne le Sud du continent américain en 1520, il découvre un détroit difficile à franchir, et au-delà duquel un épais manteau neigeux apparaît sous un climat très froid1. Les géographes émettent donc l'hypothèse qu'un immense continent existe et qu'il serait continu de la Terre de Feu à l'Australie. Celui-ci est alors nommé « continent Austral » sur les planisphères de l'époque3.

Premiers pas vers la découverte

 

 

 

Article connexe : Farthest South.

 

 

 

En décembre 1577, envoyé par le gouvernement anglais, Francis Drake quitte Plymouth avec une flotte de cinq navires pour explorer le Pacifique. Le 20 août 1578, il commence la traversée du détroit de Magellan qu'il effectuera en 16 jours. Commandant le Golden Hind, Drake et son équipage, sont alors pris dans une violente tempête qui les entraîne au large de la Terre de feu. C'est alors qu'ils s'aperçoivent que l'hypothétique Terra Australis ne s'étend pas jusque dans cette région. La majorité des cartes de l'époque ne corrigera pourtant l'erreur que lorsque Jacob Le Maire et Willem Schouten contourneront le cap Horn quelques années plus tard4.

Le 1er janvier 1739, Jean-Baptiste Charles Bouvet de Lozier, missionné par la Compagnie des Indes pour découvrir des terres inconnues et y établir des comptoirs, découvre une île brumeuse qu'il prendra pour un continent : l'actuelle île Bouvet pourtant située à 1 500 km de l'Antarctique5.

En 1772, Nicolas Thomas Marion-Dufresne, secondé par le capitaine Julien Crozet à bord du Mascarin, découvre les « îles Froides » (aujourd'hui l'archipel du Prince-Édouard) et l'« île Aride » (l'actuelle île de l'Est des îles Crozet)6.

 

 

 

 

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Illustration d'un des navires et d'un canot de la deuxième expédition de James Cook parmi les icebergs de l'Antarctique.

 

 

 

 

 

En juillet 1772 commence la deuxième expédition de James Cook comprenant les navires la Resolution et l'Adventure. L'amirauté lui donne l'ordre d'explorer les mers australes afin de découvrir le pôle Sud. Après avoir dépassé Le Cap, Cook se dirige au sud mais ne trouve aucune terre supposée par les cartes de Bouvet de Lozier. Néanmoins, il continue sa descente au sud et franchit pour la première fois le cercle polaire, le 17 janvier 1773. Par la suite, se trouvant dans un pack serré, les deux navires qu'il commande ne peuvent poursuivre leur descente au sud bien qu'ils se situent, sans le savoir, à 130 km du continent. Ils reprennent donc une route nord-est et naviguent vers la Nouvelle-Zélande en franchissant à deux reprises le cercle polaire et en rejoignant Wellington en janvier 1773. Le voyage se poursuit et, le 20 janvier 1773, Cook franchit de nouveau le cercle polaire par 148 ° de longitude ouest et aperçoit le premier iceberg. Il reprend la direction du nord mais décide bientôt de replonger au sud pour dépasser encore une fois le cercle polaire le 26 janvier 1774. Malgré le pack et le brouillard, le capitaine poursuit et s'avance, le 30 janvier 1774 jusqu'à 71 ° 10' de latitude sud et 106 ° 54' de longitude ouest. Il rencontre alors des champs de glace parsemés de montagnes de glace dont la majorité est très haute. Jugeant la poursuite du voyage dangereuse, Cook décide de rebrousser chemin mais lui et son équipage resteront pendant cinquante ans les Hommes à avoir atteint la position la plus méridionale. Enfin, l'avancée de Cook signe la fin du mythe de la Terra Australia Incognita où les gens espéraient trouver un temps clément au sud7.

Selon la National Science Foundation (NSF)8, la NASA9, l'université de Californie à San Diego10 et d'autres organisations11,12, le premier aperçu de l'Antarctique est effectué en 1820 par les équipages de navires dont les trois capitaines étaient : Fabian Gottlieb von Bellingshausen (un capitaine de la Marine impériale de Russie), Edward Bransfield (un capitaine de la Royal Navy), et Nathaniel Palmer (un marin américain de Stonington dans le Connecticut). Von Bellingshausen voit l'Antarctique le 27 janvier 1820, trois jours avant que Bransfield aperçoive la terre, et dix mois avant que ne le fasse Palmer, en novembre 1820. Ce jour-là, l'expédition, comprenant deux navires et menée par Von Bellingshausen et Mikhaïl Lazarev, atteint un point situé à 32 km du continent et y aperçoit des champs de glace. Le premier débarquement attesté sur le continent est réalisé par le navigateur américain John Davis en Antarctique occidentale le 7 février 1821, bien que plusieurs historiens contestent cette affirmation13,14.

Exploration du continent

 

 

 

 

 

 

 

 

Au XIXe siècle, de nombreux bateaux viennent chasser le phoque le long des rives du continent mais il faut attendre le 21 janvier 1840 pour que des explorateurs français, commandés par Dumont d'Urville plantent leur drapeau sur les terres antarctiques3. Quelques jours plus tard, c'est au tour de la flotte américaine de Charles Wilkes d'y parvenir. Par la suite, en 1839, l'expédition Erebus et Terror est la principale expédition scientifique menée au XIXe siècle en Antarctique par les Britanniques, grâce à une association entre la British Association for the Advancement of Science et la Royal Society15. Elle comprend des médecins, des naturalistes et des botanistes. Au cours de cette expédition, en 1841, l'explorateur James Clark Ross traverse l'actuelle mer de Ross et découvre l'île de Ross16. Le mont Erebus et le mont Terror portent les noms de deux des bateaux de l'expédition : le HMS Erebus et le HMS Terror17. Mercator Cooper, quant à lui, accosta en Antarctique oriental le 26 janvier 185318.

 

 

 

 

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Le Belgica à l'ancre devant le mont William (1 600 m) situé au large de la Terre de Graham.

 

 

 

 

 

La période qui s'étend de 1895 à 1922 correspond à l'âge héroïque de l'exploration en Antarctique, durant laquelle de nombreuses expéditions sont menées afin de parvenir au pôle Sud. Ainsi, de 1897 à 1898, l'expédition scientifique belge Belgica, commandée par Adrien de Gerlache de Gomery, passe quinze mois dans les glaces, dont un hivernage complet, le premier en Antarctique. C'est une mission internationale comprenant le norvégien Roald Amundsen et l'américain Frederick Cook qui en reviendront tous deux avec une vocation polaire qui en fera de futurs conquérants des pôles, et le Polonais Henryk Aectowski, ainsi que le roumain Emil Racoviță qui, le premier, décrit en détail l'éthologie des cétacés, des pinnipèdes et des. Amundsen participera à la course au pôle Sud géographique, et sera le premier à y parvenir, le 14 décembre 1911, en un temps réduit grâce à l'usage de skis et de chiens de traîneau. Robert Falcon Scott, un Britannique, arrive un mois plus tard et meurt sur le chemin du retour3.

Lors de l'expédition Endurance en 1914, le navire britannique Endurance commandé par Sir Ernest Shackleton, part avec vingt-huit hommes pour traverser l'Antarctique. Mais le bateau est pris dans les glaces. Tout l'équipage réussit à revenir sain et sauf en traversant océan et montagnes sans vivres et matériel19.

Alors qu'en 1928, Sir George Hubert Wilkins et Carl Ben Eielson survolent le continent pour la première fois18, la 3e expédition allemande menée par Alfred Ritscher a lieu en 1938 et 1939 et revendique un territoire de 600 000 km2 — la Nouvelle-Souabe — située dans la Terre de la Reine-Maud20.

En 1946, les États-Unis, sur l'initiative de l'amiral Richard Byrd, organisent l'opération Highjump qui est la plus importante expédition envoyée à ce jour en Antarctique, composée de 4 700 hommes, treize bateaux dont un porte-avions, vingt-cinq avions, dont deux hydravions Martin PBM Mariner21. Cette opération sera suivie durant l'été austral suivant (1947-1948), par l'opération Windmill.

Du 24 novembre 1957 au 2 mars 1958, l'expédition Fuchs-Hillary traverse pour la première fois le continent par voie terrestre. Le déplacement s'effectue à l'aide d'autoneiges américaines Tucker Sno-cat Corporation22. Des relevés sismologiques, gravimétriques entre autres sont effectués tout au long de l'expédition. Aussi, des mesures sont également prises pour mesurer l'épaisseur de glace au pôle Sud et vérifier la présence du continent sous celle-ci.

Vers un continent consacré à la science, à la paix et à la préservation

 

 

 

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Carte des revendications territoriales en Antarctique.

 

 

 

 

 

L'Année polaire internationale (API) (1882-1883) et l'Année géophysique internationale (AGI) (1957-1958) vont soulever un certain nombre de questionnements politiques et économiques que les États projettent sur l'Antarctique. Ainsi va naître le traité sur l'Antarctique qui donne à ce continent son statut unique destiné à la science, aux actions pacifiques, à la préservation des ressources naturelles et à la protection de la biodiversité. Signé le 1er décembre 1959 à Washington par douze pays soit l'Afrique du Sud, l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Chili, les États-Unis, la France, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et l'URSS (actuelle Russie), le traité compte à l'heure actuelle (2010), quarante-cinq États signataires. La Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique23 en 1982, le protocole de Madrid en 1991 et des programmes de recherche internationaux comme le recensement de la vie marine de l'océan Austral (2003-2010) ou bien l'ARENA (Antarctic Research, a European Network for Astrophysics) illustrent la volonté des États de poursuivre les objectifs établis en 1959.

En 2003, alors que des chercheurs russes étaient parvenus à une trentaine mètres de l'eau contenue dans le lac Vostok, la communauté scientifique internationale demanda l'interruption du forage. Jusqu'à ce qu'en novembre 2010, une étude d'impact environnemental garantisse la maîtrise du risque de contamination. Océanographie, biologie marine, glaciologie, géophysique, astronomie... dans l'Antarctique, la recherche est un débat technique, logistique et financier. L'activité se concentre notamment sur l'étude de la climatologie. C'est en Antarctique que l'on observait dans les années 1970 la diminution périodique de la couche d'ozone. C’est sur ce continent que l'alerte fut donnée en 1985 : la gaz intercepteur des UV se raréfiait avec une rapidité alarmante. C'est donc sur ce continent-témoin que l'on étudie l'origine du changement climatique. À lui seul, le lac Vostok recèle 400 000 ans de climatologie24.

Sur la soixantaine de bases scientifiques qui ont été construites en cinquante ans, la belge station Princess Elisabeth est la dernière en date (2010). Conçue par l'ingénieur et explorateur belge Alain Hubert selon le principe de l'énergie durable, elle est la première du genre en opposition (scientifiquement parlant) avec les bases traditionnelles qui sont grosses consommatrices d'énergie.

Géographie

 

 

 

Article détaillé : Géographie de l'Antarctique.

 

 

 

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Carte générale de l'Antarctique.

 

 

 

 

 

Centré de manière asymétrique autour du pôle Sud et situé en grande partie au sud du cercle Antarctique, l'Antarctique est le continent, baigné par l'océan Austral, le plus méridional de la Terre. Alternativement, on peut considérer qu'il est entouré par le Pacifique Sud, l'océan Atlantique Sud, l'océan Indien ou par les eaux du Sud de l'océan Mondial. Il est constitué d'une grande île principale ainsi que d'un ensemble d'îles plus petites, dont le 60e parallèle Sud marque la limite Nord.

Superficie, topographie et hydrologie

L'Antarctique couvre une superficie de plus de 14 000 000 km2 ce qui en fait le quatrième continent le plus grand avec une surface environ 1,3 fois plus grande que celle de l'Europe25. Le littoral mesure 17 968 km de long et est surtout caractérisé par des formations de glace comme le montre le tableau ci-dessous :

 

 

 

Caractéristique du littoral antarctique (Drewry, 1983)
Type Répartition
Barrières de glace 44 %
Murs de glace (reposant sur le sol) 38 %
Courants glaciaires 13 %
Roches 5 %
Total 100 %

 

 

 

L'Antarctique est divisé en deux par la chaîne Transantarctique située près de la péninsule antarctique entre la mer de Ross et la mer de Weddell. La zone située entre l'Ouest de la mer de Weddell et l'Est de la mer de Ross est appelée l'Antarctique occidental tandis que l'autre zone est appelée l'Antarctique oriental car elles appartiennent approximativement aux hémisphères ouest et est par rapport au méridien de Greenwich.

Environ 98 % de l'Antarctique est couvert par l'inlandsis de l'Antarctique d'une épaisseur moyenne de 1,6 km. Le continent regroupe environ 90 % de la glace terrestre (et donc 70 % de l'eau douce mondiale). Si toutes ces glaces fondaient, le niveau des mers et des océans monterait de 60 m26. Presque partout à l'intérieur du continent, les précipitations sont très faibles, moins de 20 mm par an. Dans quelques zones de « glace bleue » (glace ancienne fondue et regelée) les précipitations sont plus faibles que la quantité d'eau perdue par sublimation. Le bilan hydrique local est donc négatif. Dans les vallées sèches, le même effet hydrique se produit sur un sol rocheux, créant ainsi un paysage de type aride.

 

 

 

 

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Relief de l'Antarctique en fausses couleurs (altitude en rouge).

 

 

 

 

 

L'Antarctique occidental est couvert par l'inlandsis de l'Antarctique occidental. Ce dernier a fait l'objet de préoccupations récentes en raison du réel, mais faible, risque d'effondrement. Si cette couche de glace venait à s'effondrer, le niveau des mers s'élèverait de plusieurs mètres en une période géologique relativement courte, peut-être en quelques siècles. Plusieurs courants glaciaires en Antarctique, qui représentent environ 10 % de l'inlandsis, s'écoulent jusqu'à l'une des barrières de glace.

L'Antarctique oriental s'étend du côté océan Indien de la chaîne Transantarctique et comprend la Terre de Coats, la Terre de la Reine-Maud, la Terre d'Enderby, la Terre de Mac Robertson, la Terre de Wilkes et la Terre Victoria. Toute cette région, sauf une petite partie, se trouve dans l'hémisphère est. L'Antarctique oriental est largement couvert par l'inlandsis de l'Antarctique oriental.

Le massif Vinson, point culminant de l'Antarctique avec 4 892 mètres d'altitude27,28, est situé dans les monts Ellsworth. L'Antarctique possède beaucoup d'autres montagnes, à la fois sur le continent lui-même mais aussi sur les îles environnantes. Situé sur l'île de Ross, le mont Erebus est le volcan actif le plus austral du monde29. Un autre volcan, qui se trouve sur l'île de la Déception, est devenu célèbre à la suite d'une gigantesque éruption en février 1969. Les éruptions mineures sont courantes et des coulées de lave ont été observées ces dernières années. D'autres volcans endormis peuvent être potentiellement actifs30. En 2004, un volcan sous-marin a été découvert dans la péninsule Antarctique par des chercheurs américains et canadiens. Des données récentes montrent que ce « volcan sans nom » peut être actif31.

L'Antarctique abrite également plus de 70 lacs qui se trouvent à la base de la calotte glaciaire continentale. Le lac Vostok découvert sous la base antarctique Vostok en 1996, est le plus grand de ces lacs subglaciaires. On le croyait isolé depuis 500 000 à un million d'années, mais une étude récente suggère que ses eaux circulent épisodiquement d'un lac à l'autre32.

Certaines carottes de glaces forées à environ 400 m sous le niveau de la mer prouvent que les eaux du lac Vostok peuvent détenir la vie microbienne. La surface gelée du lac présente des similitudes avec Europe, un des satellites de Jupiter. Ainsi, si la vie est découverte dans le lac Vostok, cela pourrait renforcer l'hypothèse de l'existence de la vie sur le satellite Europe. Le 7 février 2008, une équipe de la NASA a entrepris une mission au lac Untersee afin d'y chercher l'existence d'extrêmophiles. Si le résultat de la recherche est positif, ces organismes résistants à des températures glacées pourraient également renforcer l'argument d'une vie extraterrestre dans un environnement extrêmement froid et riche en méthane33.

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 01:00

RMS Lusitania

 

 

 

 



Lusitania
Lusitania 1907.jpg

Type Paquebot transatlantique
Histoire
Lancement 7 juin 1906
Mise en service 7 septembre 1907
Statut Coulé le 7 mai 1915
Caractéristiques techniques
Longueur 236 m
Maître-bau 26,82 m
Tonnage 31 550 tjb
Propulsion Turbine à vapeur
Vitesse 25 nœuds (46.33 Km/h)
Autres caractéristiques
Passagers 2 165 passagers (dont 563 de première classe, 464 de deuxième classe et 1 138 de troisième classe)
Équipage 802
Chantier naval John Brown & Co. Ltd à Clydebank, (Écosse)
Armateur Cunard Line
Pavillon Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni

 

 

 

 

 

Le RMS Lusitania est un paquebot transatlantique britannique armé par la Cunard.

Son nom vient de celui de la province romaine de Lusitanie, le Portugal actuel. C'est le navire-jumeau (sistership) des paquebots Mauretania et Aquitania. Son torpillage par un sous-marin allemand U-20, le 7 mai 1915, au large de l'Irlande, avec plus de 1 200 passagers (dont près de 200 Américains) et un chargement secret de munitions, joue un rôle important dans l'hostilité de plus en plus forte aux États-Unis envers l'Allemagne.







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Carrière 

 

 

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La grande salle à manger du navire.

 

 

 

 

Le Lusitania fut construit en deux ans et lancé le 7 juin 1906 à Clydebank, en Écosse. Il quitta Liverpool le 7 septembre 1907 pour son voyage inaugural. Il était équipé des technologies les plus modernes de l’époque, grâce à d'importants prêts du gouvernement britannique. Ces prêts, avaient été consentis, comme c'était la coutume depuis une centaine d'années, de manière indirecte par l'Amirauté. En contrepartie, l'Amirauté avait le droit de réquisitionner les navires des compagnies en tant que transports de troupes ou que navires auxiliaires. Pour le Lusitania cela faillit tourner au fiasco lorsque le financier Americain J.P. Morgan tenta de s'associer à la Cunard. Le Premier Ministre Lord Salisbury dut intervenir après qu'une visite de H.O. Arnold-Forster aux bases navales de Kiel et Wilhelmhaven eut mis en évidence l'option belligérante des Allemands. Le Lusitania entra dans la cale sèche du « Canada dock » de Liverpool le 12 mai 1913, pour renforcer sa coque et mettre en place des casemates pour recevoir 12 canons à tirs rapides de 6 pouces, mais ceux-ci ne furent finalement installés qu'en août 19141.

À l'époque, ce navire et son sistership étaient les plus grands, les plus puissants et les plus rapides au monde. Dès octobre 1907, le Lusitania obtint le Ruban bleu, en battant le précédent record du paquebot allemand Kaiser Wilhelm II et en mettant fin à 10 ans de domination allemande. Avec 24 nœuds de vitesse moyenne et des pointes à 48 km/h pour une poussée de 27 000 t ces paquebots étaient conçus pour surpasser le Kronprinz Wilhelm et le Kaiser Wilhelm II, mais au prix d'une énorme consommation de carburant.

Avec l'arrivée du Mauretania en novembre 1907, le Lusitania et le Mauretania furent alternativement détenteurs du Ruban bleu. En septembre 1909, le Lusitania le perdit définitivement au profit du Mauretania, qui conservera le record pendant 20 ans.

Au début de la Première Guerre mondiale, en août 1914, le Lusitania, le Mauritania et l’Aquitania furent réquisitionnés par la Royal Navy comme croiseurs auxiliaires pour des fonctions de guerre. Le Mauritania et l’Aquitania auraient reçu des ordres officiels, mais le Lusitania put continuer ses traversées transatlantiques de passagers pour la Cunard Line, peut-être en raison de sa consommation de carburant, mais pour des raisons économiques, avec un nombre de voyages transatlantiques réduit à un par mois et une vitesse maximale réduite à 21 nœuds.

 

 

 

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Le Lusitania à l'arrivée de son voyage « record » en 1907.

 

 

 

 

Le RMS Lusitania.

 

 

 

 

Naufrage

 

 

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Publicité pour une brassière.

 

 

 

 

Naufrage du Lusitania.

 

 

 

 

Le RMS Lusitania fut coulé le 7 mai 1915 à 14 h 25 près du Fastnet, à environ à 12 milles marins de la côte, au large de la pointe sud de l'Irlande (Old Head of Kinsale), par un sous-marin allemand, le U-20. Le Lusitania était commandé par le capitaine William « Bowler Bill » Turner, âgé de 58 ans, officier expérimenté qui effectuait là son 102e voyage. Parti de New York le 1er mai 1915 à destination de Liverpool, après une escale d'une semaine (il était arrivé à New York le 24 avril 1915). Il aurait dû être protégé par un croiseur britannique, le Juno, qui semble avoir été retiré de cette zone deux jours plus tôt, par l'amiral Fisher et Winston Churchill lui-même, alors Premier lord de l'Amirauté.

Le Lusitania fut touché par tribord alors qu'il naviguait à vitesse relativement réduite vers le port de Queenstown (actuel Cobh), à 40 km de là sur la côte sud de l'Irlande. Cette zone venait d’être déclarée « zone de guerre » par les Allemands, et le capitaine avait semble-t-il été informé de la présence d'un sous-marin allemand par les autorités britanniques.

 

 

 

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Ireland location map.svg
Lusitania
Lusitania
Voir l’image vierge
Lieu du naufrage du Lusitania.

 

 

 

 

Selon les témoignages de survivants (dont Joseph Marichal, qui intenta un procès à la Cunard), le bruit de l'explosion à l'impact de la torpille fut suivi d'une seconde explosion beaucoup plus violente, et anormale. Elle fut officiellement attribuée à l'explosion d'une chaudière, mais suscita rapidement de nombreuses interrogations. Ce navire solide, ultra-moderne pour l'époque, coula anormalement vite et par la proue, alors qu'il disposait de compartiments étanches que le capitaine avait fait fermer par des portes étanches après avoir reçu un avis de la Royale annonçant qu'un sous-marin allemand croisait dans les parages (il avait aussi fait préparer les canots de sauvetage). Le paquebot sombra en 15 à 18 minutes, ne permettant qu'à 6 canots sur 22 d'être mis à l'eau. Sa coque repose toujours par 93 mètres de profondeur dans une zone brassée par de forts courants.

Les notes du capitaine du sous-marin allemand, le Kapitanleutnant Walther Schwieger, qui venait la veille et l'avant-veille de couler trois cargos dans ce secteur, nous apprennent qu'il tira sa torpille à 460 mètres (500 yards) de distance à 14 h 10 et que l'impact fut suivi d'une « détonation exceptionnellement importante », avec un grand nuage de fumée et « des débris projetés jusqu'au-dessus des cheminées ». Une deuxième explosion fut entendue (« chaudière, charbon ou poudre ? » s'interrogea-t-il). Des notes plus tardives de ce capitaine disent que le sous-marin avait déjà tiré ses meilleures torpilles et qu'il ne lui restait que deux (ou 3 ?) torpilles de bronze, moins puissantes.

L'emplacement précis de l'épave (51°25′N 8°33′W ) semble être resté inconnu ou oublié durant 20 ans, jusqu'en 1935, lorsqu'un officier survivant du Lusitania, Albert Bestic rapporta au capitaine Turner, qui finissait ses jours à Crosby, près de Liverpool, un papier presque illisible sur lequel il avait griffonné la position au moment du torpillage.

 

 

 

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Nombre des passagers et de survivants


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Il varie selon les sources : il y aurait eu 1 158 passagers à bord (128 venant des États-Unis, dont le millionnaire Alfred G. Vanderbilt). 128 victimes auraient été américaines (128 selon l'ambassade de France à Washington). Selon d'autres sources, 703 personnes survivront sur 2 160 passagers et marins.

Des vêtements et une bouée de sauvetage d’un survivant sont exposés au Galata - Museo del mare à Gênes. L'ultime survivante, Audrey Lawson-Johnston née Pearl, âgée de 3 mois et 2 jours lors du naufrage, est décédée le 11 janvier 2011 à 95 ans2.

 

 

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La cargaison secrète 


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Malgré les documents cachés et/ou falsifiés à l'époque, on sait — au moins depuis 1972[réf. nécessaire] — que le Lusitania était bien un « croiseur auxiliaire armé ».

Au moment de l'attaque, il transportait vraisemblablement 5 248 caisses d'obus, 4 927 boîtes de 1 000 cartouches chacune et 2 000 caisses de munitions d'armes de poing3 ou 5 468 caisses d'obus shrapnell et cartouches4.

Pour d'autres, c'étaient 4 200 caisses de cartouches de fusil, 1 248 caisses d'obus d'artillerie et 18 caisses de fusées. Certains croient qu'il a pu y avoir eu beaucoup plus de munitions dans les cales et une rumeur évoque des lingots d'or5.

D'autres auteurs encore évoquent la présence d'explosifs cachés dans un pseudo lot de 323 balles de fourrures destinées à la société de Liverpool de B.f. Babcock et Co. Babcock ne s'étant jamais occupé de fourrure, mais ayant précédemment reçu plusieurs livraisons de « coton-poudre », puissant explosif à base de nitrate de cellulose (notamment du coton). Parmi les marchandises embarquées, figuraient 3 863 « boîtes de fromage » de 40 livres chacune destinées à une boîte postale de Liverpool, qui s'est avérée appartenir au superintendant du Naval Experimental Establishment de Shoeburyness.

Ce sont 51 tonnes d'obus shrapnell (three-inch bullet shells), six millions de balles de fusil (cal.303) et une quantité indéterminée de « coton-poudre » (explosif à base de nitrate de cellulose) et 200 t de munitions pour armes de poing que le Queen Margareth n'avait pu embarquer en raison de difficultés techniques6. À partir de 1914, il aurait violé la loi en transportant des munitions lors de tous ses voyages (hormis le premier), sachant que le transport de munitions par des bateaux civils a probablement été fréquent à cette époque.

 

 

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Conséquences du naufrage 


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Le paquebot britannique est aussitôt présenté par la presse américaine comme « neutre » et victime de la barbarie allemande. En France, l'information est diffusée par la revue l'Illustration no 3767 du 15 mai 1915 et par le Figaro du 8 mai 1915. Dans les remous du naufrage, des questions, insolubles ou insidieuses, surnagent : on ira jusqu'à suspecter l'Amirauté britannique de négligences calculées pour forcer l'entrée en guerre des États-Unis. Des conférences, des affiches incitant à la guerre sont diffusées dans tous les États-Unis, appelant souvent à venger le Lusitania. Les Allemands, inquiets de la perspective d'une entrée en guerre rapide des États-Unis, se justifièrent en prétendant que le navire transportait des armes, ce que les Britanniques nièrent immédiatement et farouchement, avant qu'en 1972 des archives ne montrent que le Lusitania convoyait effectivement un chargement secret de munitions et qu’il était armé de 12 canons.

Cette attaque dont les circonstances ne sont pas clairement établies contribua à faire basculer l'opinion américaine en faveur de la guerre, que leur gouvernement avait décidée peu avant.

À la suite du naufrage, le président des États-Unis, Woodrow Wilson, menaça l'Allemagne et exigea réparation. Inquiet de l'irruption des États-Unis dans la guerre, Berlin décide (le 27 août 1915) de suspendre provisoirement ou de fortement restreindre son offensive sous-marine. Mais rien n'y fait : auparavant hostile à la guerre, l'opinion publique américaine évolue peu à peu en faveur d'un engagement aux côtés de l'Entente (Empire français, Empire britannique et Empire russe), contre les Empires centraux (Empire allemand, Empire d'Autriche-Hongrie et Empire ottoman). L’Allemagne reprendra sa guerre sous-marine en janvier 1917.

C'est la décision allemande de janvier 1917 de déclencher — malgré les négociations en cours — un blocus de fait des États-Unis en décrétant la guerre sous-marine totale contre tous les navires, même neutres, qui commerceraient avec les nations alliées, qui a probablement vraiment lancé les États-Unis dans la guerre. Mais l’attaque du Lusitania avait préparé une opinion américaine plutôt pacifiste ou neutre avant cet événement. Les États-Unis rompirent leurs relations diplomatiques avec Berlin et lancèrent une campagne de mobilisation après le torpillage du Vigilentia (le 6 avril 1917 à 13 h 18), qui justifia le vote du Congrès américain favorable à l'entrée en guerre.

 

 

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Suites juridiques 


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L'Amirauté britannique et W. Churchill lui-même accusèrent le capitaine de n'avoir pas respecté les mesures de sécurité recommandées. Lord Mersey qui supervisa le procès visant à établir les responsabilités du capitaine, de l'autorité de défense ou de la compagnie, fit ensuite savoir au Premier ministre Asquith qu'il refusait de continuer à travailler pour la justice anglaise. Il aurait décrit l'affaire du Lusitania à sa famille comme « a damned dirty business ».

En 1968, l'épave du Lusitania a été acquise par un riche homme d'affaires américain, Gregg Bemis, ce qui a été contesté par le gouvernement irlandais qui a interdit les plongées sur le site.

 

 

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Bibliographie


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  • « Lusitania » Murders, novembre 2002 (ISBN 0-425-18688-1) Ed. Berkley Books (Explications, plans,… en italien)
  • Anne-Marie Paris, 7 mai 1915, le secret du « Lusitania », Nathan, 2005.- Les Romans de la mémoire.
  • Philippe Masson, Les Naufrageurs du Lusitania et la guerre de l'ombre, Albin Michel, 1986.

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:10

Pendant le naufrage 

 

 

 

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Article détaillé : Naufrage du Titanic.

 

 

 

Alors que le Titanic coulait, William Thomas Stead est resté dans le fumoir pour lire.

 

 

 

 

Le 14 avril 1912 à 23 h 40, le Titanic heurte un iceberg et sombre, moins de trois heures plus tard. Leur emplacement, central et proche du pont des embarcations, donne aux installations de première classe un rôle primordial dans les événements de cette nuit. Le court de squash et les bains turcs, situés à l'avant du navire, sont rapidement submergés. L'un des derniers rescapés à voir Frederick Wright, le moniteur de squash, est le colonel Archibald Gracie, qui, au vu de la situation, lui propose de reporter le cours qu'il doit prendre le lendemain, ce que Wright approuve, en état de choc37. Alors que les stewards arpentent les coursives et demandent aux passagers de se rendre sur le pont des embarcations en s'habillant chaudement38, une foule s'assemble dans le grand salon où joue l'orchestre39. Il fait en effet très froid dehors, et de la vapeur est expulsée des cheminées en faisant un bruit assourdissant, qui pousse les passagers à rester à l'intérieur.

De même, le gymnase ne désemplit pas. Les passagers s'y pressent pour y attendre au chaud d'embarquer dans un canot. On y voit ainsi le milliardaire John Jacob Astor éventrer un gilet de sauvetage sous les yeux de son épouse Madeleine pour la distraire40, tandis que le moniteur de sports, Thomas McCawley, déclare à qui veut l'entendre qu'il ne portera pas de tel gilet pour ne pas être gêné dans sa nage41,42. Au cours de la soirée, l'orchestre s'installe près du gymnase et continue à jouer43.

Le pont promenade n'est pas vide pour autant. C'est en effet à partir de celui-ci et du pont des embarcations que les passagers embarquent dans les canots, même s'il faut un certain temps pour ouvrir les vitres de la partie couverte du pont. Ceci explique que le canot no 4 attende au niveau du pont A pendant près d'une heure avant d'être chargé et de voir à son bord nombre de femmes de la haute société, notamment Mrs Astor, Ryerson, Carter, Thayer et Wiedener44. L'atmosphère est dans un premier temps enjouée. Les passagers envoient des plaisanteries à leurs compagnons partant dans les canots, leur conseillant de ne pas aller trop loin au risque de ne pas pouvoir revenir, ou de garder leur billet pour pouvoir retourner à bord45. Par la suite, la situation se tend, les passagers désirant plus fortement embarquer dans les canots, mais reste globalement calme. John Jacob Astor demande ainsi à l'officier Charles Lightoller s'il peut embarquer avec son épouse, mais ne proteste pas devant le refus qui lui est fait46.

Dans le fumoir se réunissent ceux qui ont décidé de ne pas sauver leur vie. Un steward y aperçoit Thomas Andrews, concepteur du navire, le regard perdu dans le tableau qui orne la cheminée, un gilet de sauvetage abandonné à ses côtés47. Non loin, le journaliste William Thomas Stead est absorbé par un livre48. Dans la même pièce, le major Archibald Butt et son ami peintre Francis Davis Millet disputent une dernière partie de cartes avec Clarence Moore et Arthur Ryerson5. Le navire se brise finalement au niveau du Grand Escalier arrière, alors que la plus grande partie des installations de première classe est submergée49.

 

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Sur l'épave 

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Lorsqu'il découvre l'épave du Titanic en septembre 1985, Robert Ballard constate qu'elle s'est brisée en deux parties50. La proue est en bon état, et les expéditions permettent de recueillir des images de certaines installations de première classe. Le gymnase est ainsi retrouvé dans un état convenable, bien que son toit se soit effondré lors des plongées suivantes. Le levier de commande du cheval électrique y est, par exemple, encore en place51. De même, l'avant du pont promenade A est bien conservé, bien qu'orné de stalactites de rouille52. Le Grand Escalier s'est, pour sa part, effondré sur lui-même, de même que sa coupole brisée. Sa cage sert de point d'entrée pour les submersibles guidés à l'intérieur de la structure. Des éléments tels que des lustres et des colonnes peu endommagés ont ainsi pu être observés, de même que certaines cabines de première classe53.

L'épave s'est brisée entre les deux dernières cheminées, et la structure de la partie avant s'affaisse en arrière du salon de lecture. La partie arrière a implosé en sombrant, et les installations qui s'y trouvaient (fumoir, Restaurant à la carte, Café Parisien) sont méconnaissables54. Un champ de débris s'étend entre les deux morceaux de l'épave, au sein duquel peuvent être observés la statue de l'Artémis de Versailles qui se trouvait dans le salon55 et l'un des chérubins du Grand Escalier arrière. Ce dernier est remonté à la surface et restauré56. L'un des coffres forts du navire est également découvert, et celui-ci se révèle avoir perdu son fond sous l'effet de la rouille, et est videNote 8,57.

 

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Au cinéma

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Article détaillé : Titanic au cinéma.

 

 

 

 

Les installations de première classe du Titanic étant bien souvent les plus emblématiques du navire, ce sont elles qui sont les plus représentées. Si certaines reconstitutions comme celles du Titanic de 1943 et de celui de 1953 sont peu fidèles à la réalité, d'autres sont bien plus rigoureuses. Ainsi, les réalisateurs du film Atlantique, latitude 41° ont utilisé les plans originaux du navire pour reconstituer treize décors d'intérieur58. Le film aux reconstitutions les plus fidèles est cependant Titanic de James Cameron.

Le gymnase est ainsi reconstruit à taille réelle59. Il en est de même pour plusieurs cabines de première classe60, de l'une des suites des millionnaires, du fumoir et du café véranda61. Le salon de première classe est en revanche reconstruit en miniature, et les acteurs y sont par la suite intégrés par ordinateur62. Le Grand Escalier et la salle à manger sont pour leur part reconstruits sur des plateaux inclinables et inondables63. Le détail est poussé jusqu'à la production de vaisselle aux armes de la White Star Line64 et de moquettes fournies par les mêmes fournisseurs que pour le paquebot original65.

 

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Sur les sister-ships du Titanic

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Aménagements de l’Olympic : adaptation au fil des années

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Article détaillé : RMS Olympic.

 

 

 

 

L’Olympic est le seul des trois navires de sa classe à avoir connu une carrière commerciale fructueuse, qui s'étend de 1911 à 1934 (avec cependant une interruption durant la Première Guerre mondiale). Le paquebot a donc connu plusieurs refontes visant à l'adapter à la demande, la clientèle évoluant avec le temps.

Mis en service près d'un an avant le Titanic, l’Olympic se différencie de son jumeau par plusieurs points. La différence la plus visible concerne le pont promenade. L’Olympic possède en effet deux ponts, l'un ouvert et l'autre fermé par des vitres. Le premier se révèle rapidement invivable à cause des courants d'air (les passagers le surnomment d'ailleurs « pont ouragan »66), et le second est inutilisé. Sur le Titanic, le pont promenade B est supprimé pour laisser place à des cabines, au Café Parisien et à une aile du Restaurant à la carte. Après le naufrage du Titanic, l’Olympic subit une lourde refonte qui a pour but de renforcer sa sécurité. Les concepteurs du navire profitent de l'occasion pour élargir le Restaurant et ajouter le Café Parisien (le reste du pont promenade B reste cependant présent)67.

En 1924, l’Olympic subit une refonte d'importance visant à le réadapter au marché (en y ajoutant notamment une classe touriste). Un cinéma est installé dans le salon de première classe68,Note 9. À la fin des années 1920, une série de refontes entraîne l'ajout de salles de bains à toutes les cabines de première classe69.

 

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Le Britannic : nouveautés jamais essayées

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Article détaillé : HMHS Britannic.

 

 

 

Le Grand Escalier du Britannic aurait dû être orné de grands orgues.

 

 

 

 

Le Britannic devait être encore plus somptueux que ses deux sister-ships. Les plans et dessins d'époque permettent de savoir à quoi il aurait pu ressembler s'il avait effectué une traversée commerciale. La première différence devait permettre au Britannic de s'imposer en matière de luxe, puisqu'il devait être le premier paquebot proposant une salle de bains dans presque toutes ses cabines de première classe29. Les escaliers devaient également être améliorés : le Grand Escalier arrière aurait été pourvu d'un ascenseur, et le grand escalier avant décoré de grandes orgues au niveau du pont A et du pont principal. Des installations supplémentaires devaient également voir le jour. À bâbord, symétriquement par rapport au gymnase, une salle de jeux pour enfants était prévue70. Manucure et coiffeur pour dames devaient s'installer sur le pont B, près de l'Escalier arrièreNote 10,71.

Restaurant à la carte et Café Parisien devaient également subir des changements radicaux : le second était tout simplement suppriméNote 11, permettant d'agrandir le Restaurant qui se serait étendu sur la largeur du paquebot. Il gagnait également une salle de réception indépendante du Grand Escalier arrière71. La piscine devait également être améliorée en l'agrémentant de panneaux à l'aspect de marbre et de colonnes, pour lui donner un aspect moins sobre que sur ses sister-ships72.

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 04:20

Théories alternatives sur le naufrage 

 

 

 

 

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Incendie dû au charbon 

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En 2004, l'ingénieur américain Robert H. Essenhigh a avancé une théorie selon laquelle la vitesse excessive du Titanic aurait été due à un incendie dans ses soutes à charbon qui ne pouvait être éteint qu'à New York, qu'il fallait donc atteindre le plus vite possible45. Cette théorie se fonde sur un fait avéré. Le 2 avril 1912, un incendie a bien été relevé dans la soute à charbon numéro 10. Il s'agit d'un cas de combustion spontanée, chose fréquente à bord des navires46.

L'incendie est rapidement maîtrisé, mais il faut attendre le 13 avril pour qu'il soit totalement éteint. Cependant, aucun dégât n'est relevé sur la cloison étanche proche, et l'incendie n'a eu aucun rôle dans le naufrage47. Qui plus est, dans la mesure où l'incident a été résolu la veille du naufrage, il ne peut justifier la vitesse du navire ce jour-là.

 

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Des joints de dilatation trop faibles ?

 

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schémas montrant le Titanic se brisant par la quille plutôt que par la superstructure
La théorie de Robert Long suppose que le navire se serait brisé par le bas plutôt que par le haut, à cause de ses joints de dilatation.

 

 

 

 

Jusqu'à la découverte de l'épave du Titanic en 1985, un doute subsistait sur le fait que le navire se soit brisé en deux parties. Ce doute est désormais effacé, et il est certain que le paquebot s'est déchiré entre la troisième et la quatrième cheminée lors de son naufrage48. Un doute subsiste sur le rôle joué par les joints de dilatation du navire. Il est généralement considéré que leur rôle a été minime, sinon nul.

Un documentaire produit par History Channel a conduit à de nouvelles études sur le sujet. L'architecte Robert Long a ainsi développé une théorie selon laquelle le joint arrière a affaibli le navire, qui s'est par ailleurs brisé à un angle faible avec la surface de la mer. Ce sentiment semblait renforcé par le fait que les joints du Britannic ont par la suite été améliorés. Cependant, des simulations informatiques ont montré que cette théorie ne fonctionne pas. C'est dans un souci de confort que le Britannic a été amélioré, et les joints n'ont pas joué dans le naufrage du Titanic car ils ne concernaient que la superstructure du navire. Leur faiblesse ne permet donc pas de justifier la cassure49.

Le fait que le Titanic se soit brisé en un point précis trouve ses origines dans l'agencement intérieur du paquebot. Le navire s'est brisé là où il est le plus faible. L'espace entre les deux cheminées arrière abrite en effet le Grand Escalier arrière et la salle des machines, qui sont donc de grands espaces vides50.

 

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La théorie de l'échange de navires 

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Exposé de la théorie

 

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photographie de profil du cargoCalifornian
Selon Robin Gardiner, le Californian a été complice d'une escroquerie qui aurait mal tourné.

 

 

 

 

Robin Gardiner et Dan van der Vat ont publié en 1996 l'ouvrage The Titanic conspiracy (Le Complot du Titanic), suivi l'année suivante par l'ouvrage de Gardiner seul, Titanic, The Ship That Never Sank (Titanic, le navire qui n'a jamais coulé)51,52. Ces auteurs y exposent une théorie selon laquelle le Titanic et son jumeau l’Olympic auraient été intervertis dans le cadre d'une escroquerie à l'assurance menée par la White Star Line, escroquerie qui ne se serait pas déroulée comme prévu33.

La théorie trouve son fondement dans des événements réels. En septembre 1911, alors que le Titanic est encore en construction, l’Olympic entre en collision avec le croiseur Hawke dans le port de Southampton. Selon Gardiner, le paquebot est très fortement endommagé par l'incident, et ne peut être réparé qu'après de coûteux et longs travaux. La White Star Line aurait alors choisi de remplacer l’Olympic par le Titanic, dont Gardiner pense qu'il coûtait nettement plus cher. Ce serait donc le Titanic qui après les « réparations », aurait pris la mer pour une carrière de près de 25 ans53.

À l'inverse, l’Olympic aurait été réparé à la va-vite et présenté comme le Titanic. Début avril 1912, il aurait subi ses essais en mer, écourtés car le navire ne pouvait supporter de grandes vitesses, puis serait parti en service pour sa « traversée inaugurale ». Le but de celle-ci serait en réalité de trouver un moyen de récupérer l'assurance du Titanic en coulant l’Olympic, moins coûteux54. Le navire devait alors rejoindre un point de rendez-vous défini dans l'Atlantique nord où l'auraient retrouvé deux navires de secours : le Californian et un navire inconnu. Le faux Titanic aurait ensuite été sabordé par l'équipage sur ordre des trois officiers les plus gradés (le commandant Smith, son second Wilde et le premier officier Murdoch), seules personnes au courant de la machination. Ces trois hommes étant morts dans le naufrage, cela explique selon Gardiner que personne n'ait dénoncé l'escroquerie. Les passagers auraient, dans l'intervalle, pu être transbordés sur les navires de secours53.

Cependant, les événements ne se seraient pas déroulés comme prévu, et le faux Titanic aurait heurté le navire de secours non-identifié, causant des dégâts irréparables au navire qui l'auraient fait couler plus rapidement que prévu. La glace aperçue sur le pont par les passagers serait tombée des fils du télégraphe sous le choc de l'impact, et les fusées de détresse auraient été tirées par le navire éperonné53.

 

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Impact et réfutation 

 

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Selon Robin Gardiner, le Titanic et l’Olympic ont été intervertis dans le cadre d'une escroquerie.

 

 

 

 

La théorie de Gardiner est très médiatisée lors de sa parution, et fait des émules. Des vidéos et reportages en reprennent ainsi les points principaux55. Cette montée en puissance pousse un certain nombre d'historiens spécialisés à réagir. Ainsi, en 2004, Bruce Beveridge et Steve Hall publient Titanic & Olympic : The Truth behind the Conspiracy (Titanic et Olympic : la Vérité au-delà du complot)56. L'historien de la marine Mark Chirnside présente pour sa part un mémoire d'une quarantaine de pages sur le sujet en 200657. La théorie suscite également des réactions d'indignation, et le site spécialisé Titanic-Titanic.com58 fait ainsi un parallèle entre la théorie de Gardiner et celle qui voulait jadis que la Terre fût plate53.

Un certain nombre de points vont à l'encontre de cette théorie. Le premier est que de nombreuses pièces retrouvées sur l’épave du Titanic (notamment une hélice) portent le numéro de série du navire (401) gravé par les chantiers durant la construction du paquebot, et non celui de l’Olympic (400)59. Aucune trace des lettres « M » et « P » que Gardiner dit avoir vues sur l'épave n'a également été retrouvée, au contraire d'un « A ». Contrairement à ce que dit la théorie de l'échange, le navire qui a sombré portait bien le nom « Titanic » et non « Olympic »60. Mark Chirnside note de plus une incohérence dans le raisonnement de Gardiner, qui explique pendant plusieurs pages que le nom « Olympic » a été effacé des cloches du navire pour ne pas éveiller les soupçons, et dit plus loin que le navire arborait encore fièrement son nom dans le port de Southampton sans que personne ne l'ait remarqué61.

D'autre part, il n'existe aucune source signifiant que l’Olympic avait subi des dommages plus importants que ceux qui ont été signalés officiellement62. Ainsi, là où Gardiner dit que les dégâts s'étendaient jusqu'à la quille du paquebot, tous les témoignages semblent s'accorder pour dire que les brèches créées par le Hawke ne touchent pas cette partie du navire63. On peut enfin s'interroger sur la rentabilité de l'escroquerie, le Titanic n'étant assuré qu'au deux tiers de sa valeur64. La White Star avait par ailleurs, en 1907, prouvé qu'elle tenait à ses navires : en effet, lorsque la proue du Suevic, endommagée par des rochers, s'est avérée inutilisable, la compagnie a fait couper le tiers endommagé du navire, et construire une nouvelle proue pour son paquebot dont la carrière s'est poursuivie. Il est donc peu probable que la compagnie aurait renoncé à l’Olympic65.

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 18:50

Escaliers 

 

 

 

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Article détaillé : Grand Escalier (Titanic).

 

 

 

Le Grand Escalier au niveau du pont des embarcations

 

 

 

Le Grand Escalier du Titanic est un somptueux escalier à double volée allant du pont principal au pont E. C'est par cet escalier, équipé de trois ascenseurs, que les passagers de première classe descendent dîner sur le pont D où la cage d'escalier devient la salle de réception. La descente est surmontée d'une coupole en verre, et le palier entre le pont A et le pont des embarcations est orné d'une horloge entourée d'une sculpture, L'Honneur et la Gloire couronnant le Tempsa 55.

Sur chaque pont, le pied de la balustrade centrale de l'escalier est orné d'un chérubin tenant une torche. En face se trouve une horloge plus simple, et des fauteuils sont disposés le long du mur. Chaque palier donne accès aux coursives menant aux cabines de première classea 56. Au niveau du pont des embarcations, le Grand Escalier est pourvu d'un piano et peut accueillir le quintette du navirea 57. L'escalier est à double volée sur toute sa hauteur, à l'exception du pont E, où il est simple. Un escalier en part ensuite pour rejoindre les Bains Turcs, mais celui-ci n'arbore pas le style architectural du Grand Escaliera 58.

Une réplique moins somptueuse de cet escalier se trouve entre les deux cheminées arrières du navire, reliant le pont A au pont C. Ce Grand Escalier arrière dessert le fumoir, le Restaurant à la carte et le salon de coiffurea 37.

Logement 

Cabines 

Les cabines de première classe s'étendent du pont des embarcations au pont E. Celles du pont des embarcations sont une nouveauté apparue à bord du Titanic et sont situées entre le Grand Escalier et les quartiers des officiers. Elles sont nommées T, U, W, X, Y et Za 57. Les cabines des autres ponts sont nommées par la lettre désignant le pont suivie d'un numéroa 59. Celles-ci peuvent accueillir entre une et trois personnes et si nécessaire être regroupées pour former des appartements, proposant par exemple une chambre et un salon. On compte en tout 370 cabines et 4 salons. Sur le pont E, 46 cabines peuvent être utilisées alternativement pour les passagers de première ou de deuxième classe selon les besoinsa 60.

Les cabines sont placées aux endroits du paquebot où les vibrations se font le moins sentir, c'est-à-dire au centre du navire. Toutes les cabines bénéficient d'un confort supérieur à celui des navires de l'époque, avec garde-robe, canapés et climatisation. Certaines cabines sont également pourvues de liaisons téléphoniques avec les offices31.

Les cabines les plus luxueuses sont situées sur le pont B et le pont C. Trente-quatre d'entre-elles sont décorées dans des styles spécifiques allant de la Renaissance italienne à l'Empire. Il existe à bord du Titanic 19 variations différentes (15 pour les chambres à coucher, chacune utilisée deux fois et 4 pour les salons) appartenant à 11 styles distincts (voir le tableau ci-dessous)a 61.

 

 

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Le salon de la « suite des millionnaires B-51 », décoré dans le style Adam

 

 

 

La cabine B-58, décorée dans le style Louis XVI

 

 

 

La cabine B-59, décorée dans le style hollandais ancien

 

 

 

Style Description Cabine
Salon
Régence Lambris d'acajou rehaussés de dorures et sculptures C55
Adam Lambris blancs avec portes en acajou B51
Louis XVI Lambris en noyer et sycomore B52
Louis XIV Lambris en chêne sculpté C62
Chambre à coucher
Adam Lambris et portes blancs C64, C90
Louis XVI Lambris en chêne B81, C88
Lambris blancs rehaussés de dorures et couverts de soie damassée, lits en cuivre B58, C63
Louis XIV Lambris en chêne sculptés (plus simple que le salon) B70, C75
Louis XV Lambris de chêne sculptés peint en gris B82, C79
Géorgien Lambris et fournitures en noyer (style géorgien ancien) C81, C86
Lambris blancs moulés (style géorgien tardif) B69, C77
Empire Lambris blancs rehaussés de dorures, lits en cuivre B54, C83
Lambris blancs rehaussés de dorures, lits en acajou C57, C84
Lambris blancs couverts de soie damassée, lit à baldaquin B64, C67
Hollandais moderne Lambris en chêne, lits en cuivre B57, C70
Lambris en sycomore, lits en sycomore B63, C74
Hollandais ancien Lambris en chêne foncé, lit à baldaquin B59, C72
Queen Anne Lambris en acajou et en soie damassée B60, C65
Renaissance italienne Lambris et fournitures en citronnier B53, C82

 

 

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Les deux logements les plus chers du navire, surnommés les « suites des millionnaires », sont situés sur le pont B. Nouveauté à bord du Titanic, ces suites sont constituées d'un salon, de deux chambres, d'un vestiaire, d'une salle de bains, de toilettes séparées et d'une promenade privée longue de quinze mètres, pourvue de meubles en rotin et de plantes variées32. Une cabine réservée aux domestiques pouvait également être associée à chaque suite. Dans le film Titanic de James Cameron, Rose occupe l'une de ces « suites des millionnaires » (qui fut en réalité occupée par Joseph Bruce Ismay)33. La deuxième suite est occupée par une milliardaire de Philadelphie, Charlotte Drake Cardeza34.

Le prix d'un voyage en première classe varie de 30 à 870 £ de l'époque35.

Installations sanitaires

Au début du XXe siècle, les installations sanitaires des paquebots sont souvent rudimentaires. Les conditions d'hygiène sont par ailleurs différentes, et se laver n'est pas une activité quotidienne. De fait, si les installations sanitaires du Titanic peuvent sembler de piètre qualité aux yeux de quelqu'un vivant au XXIe siècle, elles représentent ce qui se fait de mieux à leur époque et valent celles de nombre d'hôtels de luxe de la même périodea 62.

Peu de cabines de première classe disposent d'une salle de bains et des toilettes. Elles ne sont équipées que d'un meuble comprenant un lavaboa 63. Des groupes de cabines de toilettes et de salles de bains se trouvent donc sur chaque pont équipé de cabines, chaque groupe étant non mixte. Les baignoires doivent être réservées à l'avance auprès d'un steward de bains qui se charge de les préparera 64. Par ailleurs, le faible nombre de toilettes oblige parfois les passagers à parcourir de longues distances, notamment les femmes, qui, lorsqu'elles sont dans le café véranda sur le pont A, doivent traverser l'intégralité du pont pour trouver des toilettesa 27. Malgré ces défauts, le Titanic présente sur ce point une avancée par rapport à ses contemporains. Il faut d'ailleurs attendre 1928 pour que la plupart des cabines de première classe de l’Olympic soient équipées de salles de bain individuelles, et le Titanic aurait probablement dû attendre aussi longtemps pour en recevoir s'il n'avait pas coulé36.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:00

Légendes et théories alternatives sur le naufrage du Titanic

 

 

 

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Le naufrage du Titanic a inspiré de nombreuses légendes urbaines.

 

 

 

 

 

De nombreuses légendes et théories alternatives sur le déroulement du naufrage du Titanic sont nées après le déroulement des faits. Le naufrage du paquebot, réputé insubmersible, a eu une profonde influence dans la mémoire collective. Les contemporains du naufrage, ainsi que les générations suivantes, ne parviennent en effet pas à comprendre comment un navire flambant neuf, aussi gros et puissant, a pu sombrer en moins de trois heures, entraînant avec lui près de 1 500 âmes. À une époque où mythes et malédictions fascinent, beaucoup y voient donc un signe du destin.

Certaines des légendes qui apparaissent alors sont fondées sur des événements et écrits vérifiables, tandis que d’autres relèvent de la pure invention. Les légendes les plus célèbres, et celles qui prêtent le moins à polémique, proviennent de sources antérieures au naufrage. Celles-ci présentent de surprenantes coïncidences avec les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Romans prémonitoires, présages, rêves étranges, suite d’incidents, momie égyptienne maudite : la catastrophe alimente de nombreuses rumeurs, entre autres dans les milieux ésotériques.

D'autres de ces légendes ont été façonnées à partir de faits bien réels. À l’époque, le besoin impérieux de comprendre les raisons du naufrage a poussé bon nombre de journalistes à broder sur la réalité. Ainsi ont-ils mis en cause, entre autres, la vitesse du navire et sa prétendue insubmersibilité. Une autre théorie, plus récente, fait quant à elle état d’un complot visant à escroquer les compagnies d’assurance. Selon certains, le Titanic aurait été échangé avec son frère jumeau l’Olympic. Même si ces légendes ont été réfutées depuis par des spécialistes, elles continuent d’alimenter l’imaginaire de certains.







Un événement qui marque les esprits 

 

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Le 15 avril 1912, le monde apprend que le Titanic connaît des difficultés après avoir heurté un iceberg. Au cours de la journée, la nouvelle se précise, jusqu'à ce que, le premier, le New York Times l'annonce : le paquebot vient de sombrer dans l'Atlantique en faisant plus de mille victimes1. L'événement attire ensuite une véritable bataille médiatique : chacun tente d'obtenir un témoignage inédit, et certains comme celui de l'opérateur radio Harold Bride se vendent à prix d'or. Les rédactions de tous les journaux sont mobilisées pour l'événement2.

Ce naufrage est en effet marquant sur plusieurs points. La disparition de plusieurs célébrités comme J.J. Astor choque l'opinion3 ; mais plus encore, la mort simultanée de plus d'un millier de personnes heurte durablement la sensibilité d'un monde qui n'a pas encore connu les boucheries de la Première Guerre mondiale4. Le naufrage entraine ainsi des retombées politiques, mais aussi culturelles, puisque le Titanic nourrit l'imaginaire collectif, notamment par le biais de nombreux films. Dans ce terreau fertile, il n'est donc pas étonnant que des croyances et légendes populaires aient vu le jour5.

 

 

 

 

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Des légendes ésotériques

 

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Écrits coïncidents 

 

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Le naufrage du Titan

 

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Articles détaillés : Morgan Robertson et Le Naufrage du Titan.

 

 

 

 

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Photographie de Robertson
Morgan Robertson a écrit en 1898 Le Naufrage du Titan qui présente certaines similitudes avec le naufrage du Titanic.

 

 

 

 

.En 1898, soit quatorze ans avant le naufrage du Titanic, Morgan Robertson publie un roman intitulé Futility, or the Wreck of the Titan. Il y imagine un paquebot aux proportions gigantesques pour l'époque, le Titan. Long de 243 mètres (le plus grand paquebot de l'époque, alors en construction, est l’Oceanic long de 214 mètres6), il est considéré comme insubmersible par ses propriétaires grâce à ses nombreux compartiments étanches, et est lancé à pleine vitesse dans l'Atlantique nord dans la mesure où une collision frontale avec un iceberg, « le seul objet flottant qu'il ne puisse vaincre », ne pourrait toucher assez de compartiments pour le couler. Le navire présente également un luxe et une puissance inégalés, et ses propriétaires envisagent de lui faire remporter un record de vitesse entre New York et Liverpool7,8.

Au cours de sa traversée, le paquebot heurte un iceberg par tribord, et sombre. Le navire n'étant pas pourvu d'assez de canots, le naufrage fait de nombreuses victimes9. À la lumière du naufrage du Titanic, beaucoup commencent à voir ici une coïncidence troublante. Les points communs entre les deux navires sont en effet nombreux : tous deux sombrent en avril, heurtent un iceberg par tribord, transportent le nombre de canots de sauvetage requis par la loi, mais en nombre insuffisant et sont les plus gros navires en exploitation à leur époque10. Cependant, de grosses différences apparaissent également dans l'ouvrage, notamment quant au déroulement du naufrage, et des incohérences ponctuent le récit11. Ainsi, le débat subsiste pour savoir si l'auteur (par ailleurs amateur de paranormal comme nombre de ses contemporains) avait prédit le naufrage du Titanic, ou si, en fin connaisseur du monde maritime, il s'était contenté d'anticiper des innovations prévisibles et une conséquence probable de celles-ci. Pour beaucoup en effet, un spécialiste de ce domaine aurait pu se douter que tôt ou tard, les navires deviendraient trop gros et sans moyens de sauvetage suffisants, et qu'un naufrage prendrait alors des proportions catastrophiques12,13.

 

 

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Nouvelles de William Thomas Stead

 

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Article détaillé : William Thomas Stead.

 

 

 

 

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Portrait de WT Stead
William Thomas Stead, auteur de plusieurs articles sur la sécurité en mer, a péri dans le naufrage.

 

 

 

 

Un autre auteur est régulièrement cité dans les ouvrages concernant le Titanic, William Thomas Stead. Stead est un journaliste réputé, rédacteur en chef de la Pall Mall Gazette puis de la Review of Reviews. Il a notamment apporté beaucoup à la présentation des journaux en introduisant gros titres, caricatures et éditoriaux pour attirer l'attention du lecteur. Homme de combats, il s'engage pour de nombreuses causes. Il lutte ainsi contre la prostitution enfantine et la pauvreté par le biais de tribunes publiées dans ses journaux14. L'un de ses combats se trouve être la sécurité en mer et le manque de moyens de sauvetage.

En 1886, il rédige la nouvelle How the Mail Steamer went down in Mid Atlantic by a Survivor (Comment le Paquebot Poste sombra au milieu de l'Atlantique, par un survivant) pour The Pall Mall Gazette15. Il y raconte comment un navire sombre après en avoir heurté un autre. Les victimes sont nombreuses à cause du manque de moyens de sauvetage. Stead conclut : « C'est exactement ce qui pourrait se produire et ce qui se produira si les paquebots sont envoyés en mer avec trop peu de canots16 ». L'auteur se livre à un exercice similaire en 1892 avec From the Old World to the New (De l'Ancien monde au Nouveau) dans lequel un médium voyageant à bord du Majestic de la White Star Line participe au sauvetage de passagers d'un navire coulé par un iceberg17. Le Majestic existe réellement, et, dans la nouvelle comme dans la réalité, son commandant est Edward Smith. Vingt ans plus tard, l'homme commande le Titanic pour son voyage inaugural15.

Stead est par ailleurs également un fervent amateur de spiritisme et consulte régulièrement des médiums. Il publie également un magazine sur le sujet, Borderland, et se livre à des expériences d'écriture automatique dont il publie des extraits dans ses Lettres à Julia. En avril 1912, invité par le président William Howard Taft à une conférence sur la paix dans le monde, il embarque sur le Titanic et périt dans le naufrage18. Cet ensemble de coïncidences prête de fait, comme l'ouvrage de Robertson, à débat entre les partisans d'une thèse surnaturelle et les défenseurs d'une approche plus rationnelle.

 

 

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Des faits interprétés en mauvais présages… 

 

 

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dessin présentant le chiffre 390904 et, vu à l'envers, No Pope
Les ouvriers irlandais des chantiers Harland & Wolff ont vu dans le numéro de série du Titanic une attaque contre le Pape.

 

 

 

 

Plusieurs événements survenus avant et pendant la traversée ont été considérés comme de mauvais présages pour le vaisseau. Au début de la construction du Titanic, il apparaît que son numéro de série est 390 904. Écrit à la va-vite et observé dans un miroir, certains y voient l'inscription « No Pope » (« Pas de Pape ») ce qui trouble les ouvriers catholiques des chantiers Harland & Wolff de Belfast dans un contexte de tensions religieuses particulièrement fortes. Ceux-ci menacent de se mettre en grève, et il faut que Lord Pirrie, directeur des chantiers, explique qu'il ne s'agit que d'une coïncidence pour que le travail reprenne19. De plus, une légende se répand à propos du navire ; la construction irait à un rythme si effréné qu'un ouvrier serait mort emmuré dans la coque. Il n'en est rien, cependant20. Un ouvrier périt en revanche suite à un accident lors du lancement du navire21. Il est parfois dit que le Titanic était maudit car il n'avait pas été baptisé. Il est vrai que la cérémonie du baptême accompagnée du bris d'une bouteille de champagne sur la coque n'a pas eu lieu. Cependant, ce n'est pas propre au paquebot. Les chantiers Harland & Wolff et la White Star Line s'accordaient en effet pour ne pas accomplir cette cérémonie, qui, si elle était ratée, pouvait entraîner son lot de superstitions22.

 

 

 

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le New York, à gauche dont la proue se rapproche sensiblement du Titanic, à droite, s'éloigne de son quai.
Le New York et le Titanic peu après être quasiment entrés en collision.

 

 

 

 

La traversée apporte également quelques frayeurs aux passagers. Le jour de son départ dans le port de Southampton, le Titanic aspire dans son sillage le paquebot New York alors à quai, et manque de le heurter. Alors que les deux navires ne sont séparés que d'un mètre, l'habileté des équipages des remorqueurs permet d'éviter l'accident. Certains voient en cet incident un mauvais présage23. Une lettre postée durant l'escale de Queenstown et rendue publique en 2007 montre ainsi que le passager Alfred Rowe n'appréciait pas le navire et avait été fortement marqué par l'incident24. De même, le commandant en second Henry Wilde écrit à sa sœur peu avant le départ : « Je n'aime vraiment pas ce bateau… J'ai un drôle de sentiment à son propos25,26 ».

Un dernier incident survient durant l'escale irlandaise de Queenstown. Alors que les transbordeurs embarquent et débarquent les passagers, un soutier monte au sommet de la quatrième cheminée du navire, factice, et fait peur aux passagers. L'apparition de cet homme au visage recouvert de suie terrifie les plus craintifs, et donne également lieu à des superstitions de toute sorte27. Dans son témoignage The loss of S.S. Titanic, Lawrence Beesley raconte :

« Il était monté à l'intérieur pour faire une blague mais certains de ceux qui l'aperçurent virent là le signe d'un « mauvais présage », qui annonçait des dangers inconnus à venir. Une Américaine – qu'elle me pardonne si elle lit ces lignes ! – m'a raconté avec la plus profonde conviction et sincérité qu'elle a vu cet homme et attribue largement à ceci le naufrage du Titanic. Bêtises insensées, direz-vous ! Oui, tout-à-fait, mais pas pour ceux qui y croient ; et il n'est pas bon d'avoir de telles rumeurs de danger circulant parmi les passagers et l'équipage : il semble que cela ait une influence malsaine28. »

 

 

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… et des légendes inventées de toutes pièces 

 

 

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une momie au Louvre
Une légende veut qu'une momie ait entraîné une malédiction sur le Titanic

 

 

 

 

Si les faits énoncés jusqu'ici sont avérés et ont, pour certains, été par la suite l'objet d'extrapolations au sujet desquelles les avis divergent, les légendes citées ici sont fausses, ou découlent de faits amplement transformés. Une légende tenace concerne une momie qui aurait maudit le navire. Elle varie selon les versions : il s'agirait parfois d'une momie livrée pour un collectionneur américain, pour d'autres, ce serait John Jacob Astor qui la rapportait de ses vacances en Égypte. Dans tous les cas, la momie aurait maudit le navire et l'aurait fait sombrer. Cependant, aucune mention n'est faite d'une momie dans les manifestes de la cargaison du navire29. Cette légende trouve ses origines dans une histoire de momie maudite qu'aurait racontée William Thomas Stead à ses compagnons de voyage durant la traversée30.

Une autre légende concerne un chauffeur Frank « Lucky » (ou « Lucks ») Tower, qui aurait survécu aux naufrages du Titanic, de l’Empress of Ireland et du Lusitania. Cependant, aucune liste d'équipage ne confirme son existence, et il s'agit fort probablement d'une légende urbaine29. Elle s'inspire probablement de l'hôtesse Violet Jessop et du chauffeur Arthur John Priest : tous deux ont survécu à la collision entre l’Olympic et le Hawke, au naufrage du Titanic et à celui du Britannic. Priest a également survécu à deux autres naufrages pendant la Première Guerre mondiale31.

Une autre légende affiche au premier abord un certain rapport avec le naufrage du Titanic. Le 13 avril 1935, un cargo britannique, transportant du charbon de Newcastle à Halifax, se trouve en pleine nuit près de la zone où le Titanic a sombré. Un des veilleurs, William Reeves, raconte en 1967 avoir été soudainement saisi d'une angoisse, comme alerté par un sixième sens. Il n'aurait pu s'empêcher de crier « Obstacle droit devant ! ». Un iceberg aurait alors jailli de l'obscurité et le cargo se serait arrêté devant lui, avant d'être bloqué par les glaces. Selon Reeves, le navire se trouvait alors à la position exacte du naufrage du Titanic. En réalité, ce cargo, qui par coïncidence s'appelait le Titanian, était assez éloigné de la position du naufrage, et les rapports font état de dégâts lors d'une collision avec la glace32.

 

 

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Réinterprétation des faits et théories alternatives 

 

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Relecture contemporaine des faits 

 

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Une blasphématoire insubmersibilité

 

 

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schéma du compartimentage du TItanic
Bien que le qualificatif d'insubmersible ait été appliqué à de nombreux navires, il fut considéré comme une offense envers Dieu. Les propriétaires du navire s'étaient, pour leur part, contentés de vanter la composition robuste du paquebot.

 

 

 

 

L'histoire retient souvent que le Titanic avait une réputation d'insubmersibilité forgée par ses propriétaires, et que, par ironie du sort, le paquebot insubmersible avait coulé. Il s'agit d'une vision erronée des choses. Ni la White Star Line, ni les chantiers Harland & Wolff ne se sont jamais avancés sur l'insubmersibilité du Titanic avant son naufrage33. Le magazine nautique The Shipbuilder avait en revanche parlé des compartiments étanches des navires de classe Olympic, qui les rendaient « pratiquement insubmersibles ». Ceci a progressivement conduit à une réputation d'insubmersibilité aux yeux d'un public très confiant envers les évolutions technologiques de l'époque34. Ce sentiment est renforcé par un certain nombre de catastrophes évitées par le passé. Ainsi, en 1879, l’Arizona, plus grand paquebot du monde, heurte un iceberg de plein fouet. Ses cloisons étanches le protègent cependant et lui permettent d'atteindre la terre ferme sans qu'il n'y ait de victimes35. Il en est de même avec le Republic qui, éperonné par un autre paquebot en 1909, coule en près de 38 heures, ne faisant que cinq victimes36.

L'idée de navire insubmersible n'est pas liée exclusivement au Titanic. En 1907, le commandant Edward Smith déclare à propos de l’Adriatic qu'il n'imagine pas de situation pouvant couler le navire35. Pour beaucoup de passagers du Titanic, l'idée que leur navire était insubmersible est cependant présente. Ainsi, un passager canadien écrit dans une lettre qu'il voyage sur « un nouveau paquebot insubmersible33 ». De même, après le naufrage, le Daily Mirror se plaît à rappeler qu'un membre d'équipage aurait déclaré que « Dieu lui même ne pourrait couler ce navire29 ».

La pensée selon laquelle le Titanic est une insulte envers Dieu, et est par conséquent maudit, se retrouve également à bord du navire. Eva Hart, alors âgée de sept ans, raconte ainsi que sa mère dormait le jour et veillait la nuit durant la traversée, certaine qu'un malheur surviendrait37.

 

 

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Une vitesse excessive

 

 

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portrait d'Ismay
Une théorie voudrait que le président de la White Star Line Bruce Ismay ait influencé la vitesse du navire.

 

 

 

 

Il est généralement admis que le Titanic naviguait trop vite dans une zone de glaces dangereuse, et que cette vitesse est l'un des facteurs ayant entraîné la collision avec l'iceberg. Cependant, cette vitesse n'est pas élevée en regard des pratiques de l'époque. Lorsque la commission britannique sur le naufrage menée par Lord Mersey l'a interrogé, le capitaine Pritchard, du Mauretania a déclaré : « Tant que le temps est clair, je vais toujours à pleine vitesse. 26 nœuds38. » Gerhard Apfel, superintendant de la Red Star Line, a pour sa part déclaré : « Je pense que tous les commandants vous donneront la même réponse ; ils ne ralentiront pas à moins que le temps ne devienne épais et brumeux ». De même, durant cette commission d'enquête, le deuxième officier Charles Lightoller déclare que sur les 24 dernières années, dont il a passé une grande partie sur l'Atlantique, jamais la vitesse n'a été réduite en sa présence38.

Il est parfois avancé que le Titanic a été lancé à pleine vitesse (entre 21 et 22 nœuds le soir du naufrage) dans l'espoir de permettre à la White Star Line de conquérir le Ruban bleu, récompensant la traversée la plus rapide de l'Atlantique. Cependant, la vitesse maximum que pouvait atteindre le paquebot est évaluée à 24 ou 25 nœuds. Or, le Mauretania, alors détenteur du Ruban bleu depuis 1907, avait établi un record à une vitesse supérieure à 26 nœuds. Cette théorie est donc erronée39.

Il est également avancé que le président de la White Star Line, Joseph Bruce Ismay, aurait tenté d'influencer le capitaine Smith pour que le navire arrive à New York le mardi soir au lieu du mercredi. Le témoignage d'une passagère, Elizabeth Lines, tend à corroborer cette hypothèse40. De même, la veuve de l'homme d'affaires Arthur Ryerson fait une déclaration dans ce sens, mais cette dernière est probablement mensongère41. Cependant, plusieurs arguments tendent à indiquer que le Titanic devait bel et bien arriver le mercredi à New York. Une cérémonie était en effet prévue, et une arrivée en avance aurait posé des problèmes d'organisation42. Par ailleurs, des photographies prises par Francis Browne le jour du départ montrent que le paquebot a un temps procédé à des essais de machines et adopté une trajectoire en zig-zag qui ne concorde pas avec une tentative de record quelconque. Enfin, Ismay s'était fortement opposé, lors de la traversée inaugurale de l’Olympic un an plus tôt, à une arrivée le mardi soir au lieu du mercredi43.

Quoi qu'il en soit, rien n'est finalement reproché à Ismay par les commissions sur le naufrage44. La commission d'enquête britannique conclut que la vitesse du navire était due à l'habitude et à une pratique fortement ancrée, et que le naufrage a permis de démontrer que cette pratique n'était pas adaptée39.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:00

Café Parisien 

 

 

 

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Le Café Parisien du Titanic avant la fin de la construction. Des plantes grimpantes ont par la suite été rajoutées sur les treillages aux murs.

 

 

 

Nouveauté du Titanic, conçue pour remplacer une partie d'un pont promenade qui avait connu peu de succès sur l'Olympic, le Café Parisien se trouve sur le pont B, à tribord, près du Restaurant à la carte avec lequel il communiquea 30.

Il est décoré d'un treillage de lierre et d'autres plantes grimpantesa 31 et équipé de petits ensembles de tables et de chaises pouvant accueillir un total de 68 personnes. Son équipe de serveurs étant commune avec celle du Restaurant, les passagers peuvent y déguster leurs repas. Le Café Parisien est ouvert de 8 à 23 heuresa 19. Le Café Parisien situé sur le pont B devient vite le lieu de prédilection des jeunes passagers de première classe20.

Le magazine britannique The Shipbuilder écrit en 1912 que :

« Le Café Parisien, installation inédite sur un navire, a été créé en association avec le restaurant, et des déjeuners et dîners peuvent y être servis dans les mêmes excellentes conditions et avec les mêmes avantages qu'au restaurant... On verra que le café a l'apparence d'une charmante véranda ensoleillée, décorée avec goût de treillis français de lierre et d'autres plantes grimpantes, et est pourvu de petits groupes de chaises entourant des tables très pratiques22. »

 

 

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Lieux de réunion

 

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Fumoir 

 

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Le fumoir de première classe de l'Olympic.

 

 

 

Les passagers de première classe bénéficient d'un fumoir de type géorgien à l'arrière du pont A. Selon les convenances de l'époque, seuls les hommes y ont accès16. Afin de reproduire l'ambiance des clubs masculins du continent, il est décoré de boiseries en acajou sombre, et est orné de nombreux vitraux et d'alcôvesa 32. Au centre du mur le plus à l'arrière se trouve une cheminée surmontée d'un tableau de Norman Wilkinson représentant L'Approche du Port de Plymouth. Cette cheminée est la seule à bord dans laquelle soit entretenu un véritable feu, les autres fonctionnant à l'électricitéa 33. Le mobilier est tapissé de cuir, dont la couleur est indéterminée (probablement vert ou bordeaux)a 34.

On accède à la pièce par le Grand Escalier arrière, et à droite de la cheminée se trouve une porte tournante menant au Café véranda. À cause de la quatrième cheminée, la pièce arbore une forme en « U », l'évacuation de la vapeur se faisant entre les deux branches. Cette zone accueille également des toilettesa 35.

Le fumoir est le lieu de prédilection des joueurs qui arpentent l'Atlantique. Des tricheurs professionnels voyagent également à bord sous pseudonyme, et le commissaire de bord ne peut que mettre en garde les passagers contre ce fléau : en effet, les passagers jouent à leurs risques et périls. Au moins quatre joueurs professionnels voyagent à bord du Titanic23. Cigares et boissons sont à disposition des passagers qui en font la demande aux stewards responsables du bar adjacenta 27.

 

 

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Salon

 

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Le salon de première classe

 

 

 

De style Louis XV, le salon de première classe occupe le centre du Pont A, entre les deux escaliers de première classe. Il est notamment pourvu d'une cheminée en marbre et d'une bibliothèque et est décoré de répliques d'éléments du château de Versailles24. La cheminée est surmontée d'une statue baptisée l'« Artémis de Versailles7 ». La pièce affiche des teintes à dominantes de vert et d'or. Le centre de la salle est surmonté d'une coupole, et une dizaine de cloisons créent des recoins donnant aux passagers qui s'y trouvent un peu d'intimitéa 36. On y accède par deux corridors ou par deux vestiaires donnant sur le pont promenadea 37. Comme la plupart des cheminées du navire, celle du salon fonctionne à l'électricité par mesure de sécuritéa 33.

Comme une grande partie des installations du navire, le salon est ouvert de 8 heures à 23 h 30. Il accueille hommes et femmes, et un office proche permet aux passagers de demander des boissons. Des livres peuvent également être demandés à un steward : outre la collection habituelle du navire, des livres à succès sont régulièrement fournis par un club lié au Timesa 38.

Les plans originaux du navire font état d'une chambre noire à l'emplacement du vestiaire tribord menant au salon. Les plans plus récents, notamment ceux distribués aux passagers de première classe, ne sont pas pourvus d'une telle installation, et l'idée a de fait été abandonnée. Les passagers qui le souhaitent peuvent cependant équiper leur cabine du matériel nécessaire au développement de leurs clichésa 39.

 

 

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Salon de lecture et de correspondance 

 

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Le salon de lecture et de correspondance

 

 

 

Le salon de lecture et de correspondance est en quelque sorte le pendant féminin du fumoir. Il n'est pas réservé exclusivement aux femmes, mais a été conçu dans l'optique de leur servir de boudoir, et peu d'hommes le fréquentent16. Il se trouve sur le pont A, à bâbord en avant du salona 40.

Il s'agit d'une somptueuse pièce de style géorgien, avec des baies vitrées de 3 mètres 30 de haut25,Note 5. Le salon est équipé de tables et canapés, ainsi que de quatre tables d'écriture pourvues de lampes. La pièce est par ailleurs éclairée par de nombreuses lampes au mur et au plafond, à tel point qu'un journaliste a critiqué l'éclairage du salon de lecture de l'Olympic qu'il juge éblouissanta 41.

Les passagers peuvent écrire leur courrier sur du papier à lettres aux en-têtes de la compagnie ou des cartes postales à l'effigie du Titanic achetées chez le coiffeur. Ils peuvent ensuite déposer le courrier dans une boîte prévue à cet effet, près de l'entrée du salon. Cependant, ce salon de lecture se montre peu fréquenté. Thomas Andrews, concepteur du navire, envisage de le réduire, ce qui est prévu à bord du troisième navire de la série, encore en construction. Des cabines doivent occuper l'espace ainsi libéré26.

 

 

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Salle de réception 

 

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La salle de réception des premières classes

 

 

 

La salle à manger des premières classes du Titanic est associée à une grande salle de réception de 460 m². Celle-ci se trouve au pied du Grand Escalier sur le pont D. Le pied de la rampe centrale est orné d'un candélabrea 42. La salle est également proche de deux halls (un de chaque côté du navire) destinés à accueillir une partie des passagers de première classe lors de leur embarquementNote 6. Elle est de style jacobéen et ses murs sont blancs et décorés de moulures ; son sol est recouvert d'une épaisse moquette coloréea 43. En face de l'arrivée de l'escalier se trouve une imposante tapisserie d'Aubusson : La chasse du duc de Guise27. Autour de la tapisserie, le mur est orné de lettres indiquant le nom du ponta 44.

La salle est équipée de nombreux sièges en rotin et de tables, et peut accueillir 600 personnes. En effet, il a été constaté durant le voyage inaugural de l'Olympic, dont la salle de réception est légèrement plus petite, que la pièce était rapidement bondée après le dînera 43. À tribord, un espace est réservé au quintette, et contient un piano à queue Steinwaya 45.

La pièce accueille généralement les passagers avant et après les repas. L'orchestre y joue de 16 à 17 heures, tandis que l'on y sert le thé, puis après le dîner, de 20 heures à 21 h 15a 46. Des stewards y fournissent liqueurs et cigares jusqu'à 23 heures, heure de fermeture de la salle. Généralement, la salle est très fréquentée durant les prestations de l'orchestre, puis les passagers rejoignent les autres salons du navirea 43.

 

 

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Autres installations 

 

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Ponts promenade

 

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Le pont promenade de l'Olympic : à bord du Titanic, cette partie du pont est couverte.

 

 

 

Sur le pont supérieur, les passagers pouvaient jouer au Shuffleboard (ici sur un paquebot allemand dans les années 1960).

 

 

 

Les passagers de première classe peuvent faire le tour du navire sur un pont promenade couvert. Contrairement à celui de son jumeau l’Olympic, le pont promenade du Titanic est pourvu sur toute sa partie avant de vitres destinées à protéger les passagers des intempéries. En effet, l’Olympic possède deux ponts promenade, un au pont A et le deuxième, vitré, au pont B, qui est supprimé sur le Titanic28. L'arrière de ce pont sert de base au mât arrière du navire. Des escaliers à l'avant du pont, situés de part et d'autre du navire, permettent d'accéder aux ponts supérieur et inférieur. Les parties couvertes et découvertes sont séparées par des cloisons pourvues d'une fenêtre et de portes assez sobres et résistantesNote 7 de façon à isoler la partie couverte pour y garder la chaleur29.

Une toile peut être abaissée devant les ouvertures pour protéger les passagers du soleil, comme en témoignent des photographies prises par Francis Browne lors de l'escale de Queenstown30. Sur ce pont, les passagers peuvent louer une chaise longue. Ces chaises sont numérotées (pair à tribord et impair à bâbord) et ont des emplacements spécifiques qui peuvent être réservés. Pour ne pas choquer les passagers superstitieux, aucune chaise ne porte le numéro 13a 47.

Le pont des embarcations est également consacré, en sa partie centrale (où la vue est dégagée, du fait de l'absence de canots de sauvetage), aux passagers de première classe. Ceux-ci peuvent notamment y jouer à des jeux de pont, notamment le shuffleboard qui se pratique sur le pont-soleil (formé par la partie surélevée du salon de première classe et du salon de lecture et de correspondance sur le pont Aa 46). Cependant, le pont supérieur de l'Olympic se révèle avoir été peu fréquenté (et il en est probablement de même pour celui du Titanic), dans la mesure où les chaises longues y étaient interdites sur la promenade de première classe pour ne pas gêner les marcheursa 48.

Sur le pont des embarcations, chaque extrémité de la promenade des premières classes est fermée par une barrière délimitant, à l'arrière, la promenade des mécaniciens, et à l'avant, celle des officiers. Le commandant peut cependant fournir à certains passagers qui le demandent l'autorisation de visiter la passerelle accompagnés par un officiera 49.

 

 

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Bureau des renseignements et commissaire de bord

 

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Dans le Grand Escalier, sur le pont C, les passagers de première classe ont accès à un bureau de renseignement adjacent à celui du commissaire de bord. Le bureau des renseignements se présente sous forme d'une arche surmontant un guichet. Des rambardes délimitent les files d'attente, et des présentoirs à brochures sont disposés à proximitéa 50. Le bureau du commissaire renferme pour sa part le coffre-fort du navirea 51.

À bord d'un paquebot comme le Titanic, le commissaire de bord, en l'occurrence Hugh McEroy, fait en effet office de directeur d'hôtel et a la charge de subvenir aux besoins des passagersa 52. C'est par son biais que se font entre autres les achats de tickets pour les bains turcs, la piscine et le court de squash. Il est également chargé de remettre aux passagers les messages reçus par radio et d'envoyer aux opérateurs les messages à destination de la terre fermea 53.

Le commissaire conserve dans le coffre fort de son bureau les effets de valeur des passagers qui le souhaitent afin d'assurer leur sécurité. Le coffre contient ainsi de nombreux bijoux. Charlotte Drake Cardeza, milliardaire de Philadelphie déclare ainsi avoir perdu des bijoux pour une valeur supérieure à 100 000 $ dans le naufragea 54.

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