Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

JUPITER (1).

Publié le 29 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA

 

Jupiter est une planète géante gazeuse, la plus grosse planète du système solaire et la cinquième en partant du Soleil (après Mercure, Vénus, la Terre et Mars). Elle doit son nom au dieu romain Jupiter. Le symbole astronomique de la planète est la représentation de la foudre de Jupiter.
Visible à l'œil nu
dans le ciel nocturne, Jupiter est habituellement le quatrième objet le plus brillant (après le Soleil, la Lune et Vénus ; parfois Mars apparaît plus lumineuse que Jupiter, et de temps en temps Jupiter apparaît plus lumineuse que Vénus).

Comme sur les autres planètes gazeuses, des vents violents, de près de 600 km/h, parcourent les couches supérieures de la planète. La célèbre et spectaculaire grande tache rouge est une zone de surpression qui est observée depuis au moins le XIXe siècle.


Une image de Jupiter en couleurs renforcées de 1990, d'après un cliché du Programme Voyager en 1979, qui met en évidence les bandes nuageuses et les fortes turbulences comme la grande tache rouge.

Caractéristiques physiques


Composition


La haute atmosphère de Jupiter est composée à 93 % d'hydrogène et 7 % d'hélium en nombre d'atomes, ou à 86 % de dihydrogène et 13 % d'hélium en nombre de molécules. En masse, l'atmosphère est approximativement constituée de 75 % d'hydrogène et de 24 % d'hélium ; le 1 % restant étant apporté par divers autres éléments et composés chimiques (traces de méthane, de vapeur d'eau, d'ammoniac, très petites quantités de carbone, d'éthane, de sulfure d'hydrogène, de néon, d'oxygène, d'hydrure de phosphore et de soufre). La couche la plus externe de la haute atmosphère contient des cristaux d'ammoniac.

Par mesures infrarouges et ultraviolettes, des traces de benzène et autres hydrocarbures ont également été détectées. L'intérieur de Jupiter contient des matériaux plus denses et la distribution par masse est de 71 % d'hydrogène, 24 % d'hélium et 5 % d'autres éléments.

Les proportions d'hydrogène et d'hélium dans la haute atmosphère sont proches de la composition théorique de la nébuleuse planétaire qui aurait donné naissance au système solaire. Néanmoins, le néon n'y est détecté qu'à hauteur de vingt parties par million en termes de masse, un dixième de ce qu'on trouve dans le Soleil. L'hélium y est également en défaut, mais à un degré moindre. Cette absence pourrait résulter de la précipitation de ces éléments vers l'intérieur de la planète. Les gaz inertes lourds sont 2 à 3 fois plus abondants dans l'atmosphère de Jupiter que dans le Soleil.

Par spectroscopie, on pense que Saturne possède une composition similaire, mais qu'Uranus et Neptune sont constituées de beaucoup moins d'hydrogène et d'hélium. Cependant, aucune sonde n'ayant pénétré l'atmosphère de ces géantes gazeuses, les données d'abondance des éléments plus lourds ne sont pas connues.

Masse et dimensions

Jupiter est 2,5 fois plus massive que toutes les autres planètes du système solaire réunies, tellement massive que son barycentre avec le Soleil est situé à l'extérieur de ce dernier, à environ 1,068 rayon solaire du centre du Soleil. Par ailleurs, son diamètre est 11 fois plus grand que celui de la Terre (environ 143 000 km) et on pourrait placer environ 1 321 corps de la taille de cette dernière dans le volume occupé par la géante gazeuse. En revanche, la densité de Jupiter n'est que le quart de celle de la Terre (0,240 fois, précisément) : elle n'est donc que 318 fois plus massive que la Terre.

Cette masse a eu une grande influence gravitationnelle sur la formation du système solaire : la plupart des planètes et des comètes de courte période sont situées près de Jupiter et les lacunes de Kirkwood de la ceinture d'astéroïdes lui sont dues en grande partie.


Grandeurs relatives de Jupiter et de la Terre.


Si Jupiter était plus massive, on pense que son diamètre serait plus petit. L'intérieur de la planète serait plus comprimé par une plus grande force gravitationnelle, décroissant sa taille. Par conséquent, Jupiter posséderait le diamètre maximal d'une planète de sa composition et de son histoire. La planète a parfois été décrite comme une « étoile ratée », mais il faudrait qu'elle possède 13 fois sa masse actuelle pour démarrer la fusion du deutérium et être cataloguée comme une naine brune et 75 fois pour devenir une étoile. La plus petite naine rouge connue ne possède un diamètre que de 30% plus grand que celui de Jupiter.

Des exoplanètes beaucoup plus massives que Jupiter ont été découvertes. Ces planètes pourraient être des géantes gazeuses semblables à Jupiter, mais pourraient appartenir à une autre classe de planètes, celle des Jupiter chauds, parce qu'elles sont très proches de leur étoile primaire.

Jupiter rayonne plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. La quantité de chaleur produite à l'intérieur de la planète est presque égale à celle reçue du Soleil. Le rayonnement additionnel est généré par le mécanisme de Kelvin-Helmholtz, par contraction adiabatique. Ce processus conduit la planète à rétrécir de 2 cm chaque année. Lorsque Jupiter s'est formée, elle était nettement plus chaude et son diamètre était double.

Structure interne

Dans l'état actuel des choses, les connaissances sur la composition planétaire de Jupiter sont relativement spéculatives et ne reposent que sur des mesures indirectes. Selon l'un des modèles proposés, Jupiter ne posséderait aucune surface solide, la densité augmentant progressivement vers le centre de la planète. Alternativement, Jupiter pourrait être composée d'un noyau rocheux (silicates et fer) comparativement petit (mais néanmoins de taille comparable à la Terre et de 10 à 15 fois la masse de celle-ci), entouré d'hydrogène en phase métallique qui occupe 78% du rayon de la planète. Cet état serait liquide, un peu à la manière du mercure. Il est dénommé ainsi car la pression est telle que les atomes d'hydrogène s'ionisent, formant un matériau conducteur. Cet hydrogène métallique est lui-même entouré d'hydrogène liquide, à son tour entouré d'hydrogène gazeux.

Des expériences ayant montré que l'hydrogène ne change pas de phase brusquement (il se trouve bien au-delà du point critique), il n'y aurait pas de délimitation claire entre ces différentes phases, ni même de surface à proprement parler. Quelques centaines de kilomètres en dessous de la plus haute atmosphère, la pression provoquerait une condensation progressive de l'hydrogène sous forme d'un brouillard de plus en plus dense qui formerait finalement une mer d'hydrogène liquide. Entre 20 000 et 40 000 km de profondeur, l'hydrogène liquide céderait la place à l'hydrogène métallique de façon similaire. Des gouttelettes de démixtion, plus riches en hélium et néon se précipiteraient vers le bas à travers ces couches, appauvrissant ainsi la haute atmosphère en ces éléments.


Modèle en coupe de l'intérieur de Jupiter, dont un noyau rocheux entouré d'hydrogène métallique.
Source : NASA background image.

Les énormes pressions générées par Jupiter provoquèrent les températures élevées à l'intérieur de la planète, par un mécanisme de compression gravitationnelle (mécanisme de Kelvin-Helmholtz) ; qui se poursuit encore de nos jours, par une contraction résiduelle de la planète. On pense que la température de la région où l'hydrogène devient métallique est de l'ordre de 10 000 K[ et la pression 200 GPa. La température à la frontière du noyau serait de l'ordre de 36 000 K et la pression à l'intérieur d'environ 3000 à 4500 GPa.
Si Jupiter avait été 75 fois plus massive, la température au centre du noyau aurait été suffisante pour qu'il y ait la fusion de l'
hydrogène, et Jupiter serait devenue une étoile ; d'ailleurs la plus petite naine rouge connue est seulement 30% plus volumineuse que Jupiter.

La faible inclinaison de l'axe de Jupiter fait que ses pôles reçoivent bien moins d'énergie du Soleil que sa région équatoriale. Ceci causerait d'énormes mouvements de convection à l'intérieur des couches liquides et serait ainsi responsable des forts mouvements des nuagesdans son atmosphère.

Atmosphère

On pense également que l'atmosphère de Jupiter comporte trois couches de nuages distinctes :

  • La plus externe, probablement vers 100 km de profondeur, serait formée de nuages de glace d'ammoniac.
  • La suivante, vers 120 km de profondeur, de nuages d'hydrogénosulfure d'ammonium (NH4HS).
  • La dernière, vers 150 km de profondeur, de nuages d'eau et de glace.

Ces chiffres proviennent des données sur la condensation de ces composés en fonction de la température, mais l'évolution de la température à l'intérieur de l'atmosphère de Jupiter n'est pas connue avec précision. La combinaison des nuages d'eau et de la chaleur provenant de l'intérieur de la planète est propice à la formation d'orages électriques. La foudre engendrée est jusqu'à 1000 fois plus puissante que celles observées sur la Terre.


Mosaïque de Jupiter en vraies couleurs réalisée à partir de photographies prises par la sonde Cassini le 29 décembre 2000 à 5h30 UTC.

L'atmosphère externe de Jupiter subit une rotation différentielle, remarquée pour la première fois par Jean-Dominique Cassini en 1690, qui a aussi estimé sa période de rotation. La rotation de l'atmosphère polaire de Jupiter est d'environ 5 minutes plus longue que celle de l'atmosphère à la ligne équatoriale. De plus, des bancs de nuages circulent le long de certaines latitudes en direction opposée des vents dominants. Des vents d'une vitesse de 360 km/h y sont communs. Ce système éolien serait causé par la chaleur interne de la planète. Les interactions entre ces systèmes circulatoires créent des orages et des turbulences locales, telles la grande Tache Rouge, un large ovale de près de 12 000 km sur 25 000 km d'une grande stabilité, puisque déjà observé avec certitude depuis au moins 1831 et possiblement depuis 1665. D'autres taches plus petites ont été observées depuis le XXe siècle.

La couche la plus externe de l'atmosphère de Jupiter contient des cristaux de glace d'ammoniac. Les couleurs observées dans les nuages proviendraient des éléments présents en quantité infime dans l'atmosphère, sans que les détails soient là non plus connus. Les zones de nuages varient d'année en année en termes de largeur, couleur et intensité, mais sont toutefois assez stables pour que les astronomes leur assignent des noms.


Grande tache rouge et autres taches

La grande tache rouge est une tempête anticyclonique persistante située à 22° au sud de l'équateur de Jupiter. Son existence est connue depuis au moins 1831 et peut-être depuis 1665. Des modèles mathématiques suggèrent que la tempête est stable et est une caractéristique permanente de la planète. Elle est suffisamment grande pour être visible au travers de télescopes depuis la Terre.

La grande tache rouge présente une forme ovale, de 24 à 40 000 km de long sur 12 à 14 000 km de large, suffisamment grande pour contenir deux ou trois planètes de la taille de la Terre. L'altitude maximale de la tempête est située à environ 8 km au-dessus du sommet des nuages environnants. Elle tourne sur elle-même dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, avec une période d'environ 6 jours ; les vents soufflent à plus de 400 km/h sur ses bords.

Des tempêtes de ce genre ne sont pas inhabituelles dans l'atmosphère des géantes gazeuses. Jupiter possède également des ovales blancs et bruns de plus petite taille. Les ovales blancs sont plutôt constitués de nuages relativement froids à l'intérieur de la haute atmosphère. Les ovales bruns sont plus chauds et situés à l'intérieur de la couche nuageuse habituelle. De telles tempêtes peuvent exister pendant des heures ou des siècles.



La grande tache rouge prise par Voyager 1, en fausses couleurs

La grande tache rouge est entourée d'un ensemble complexe d'ondes de turbulence qui peuvent donner naissance à un ou plusieurs petits anticyclones satellites. Située à la même distance de l'équateur, elle possède une période de rotation propre, légèrement différente du reste de l'atmosphère avoisinante, parfois plus lente, d'autres fois plus rapide : depuis l'époque où elle est connue, elle a fait plusieurs fois le tour de Jupiter par rapport à son environnement proche.

En l'an 2000, une autre tache s'est formée dans l'hémisphère sud, similaire en apparence à la grande tache rouge, mais plus petite. Elle a été créée par la fusion de plusieurs tempêtes ovales blanches plus petites (observées pour la première fois en 1938). La tache résultante, nommée Oval BA et surnommée Red Spot Junior (petite tache rouge en anglais), a depuis accru son intensité et est passée du blanc au rouge.



La grande tache rouge
.

Source Wikipédia

Historique
& auteurs


Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un
contrat Creative Commons.

commentaires

LE SANGLIER.

Publié le 29 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Sanglier

Le Sanglier ('Sus scrofa') est un mammifère omnivore proche du porc, dont il n'est pas l'ancêtre, contrairement à une idée répandue. L'espèce appartient à la famille des Suidés, appartenant elle-même au taxon des Artiodactyles suiformes.

Sa femelle se nomme la « laie », les petits sont des « marcassins », les jeunes sont parfois appelés « bêtes rousses » et les mâles âgés des « solitaires ».


Étymologie

À l'origine, le mot sanglier vient du latin singularis, ce qui veut dire « singulier » : « unique, isolé, solitaire », parce que le sanglier ne vit en groupe que dans ses deux premières années.


Description


Aucune confusion n'est possible avec une autre espèce. L'avant-train est puissant, le cou massif. La tête (hure) a une forme globalement conique. Les flancs sont comprimés. Le pelage est constitué de longs jarres très rêches (les soies) ainsi que d'un épais duvet.

Les adultes sont de couleur gris-brun uniforme, mais les plus jeunes sont roux avec des bandes noires horizontales. Les oreilles triangulaires sont toujours dressées.


Squelette du sanglier sauvage

Les canines sont particulièrement développées. Celles de la mâchoire supérieure, les grès, se recourbent vers le haut durant la croissance. La taille des mâles est plus importante que celle des femelles. En outre, toutes choses égales par ailleurs, les sujets présents dans le sud de l'Europe sont plus petits que ceux du nord et de l'est.


Crâne du sanglier



Caractéristiques

  • Statut : commun
  • Vie sociale : en groupe les deux premières années
  • Longueur : de 90 à 180 cm
  • Queue : 30 cm
  • Hauteur au garrot : 55 à 110 cm
  • Poids : 50 à 150 kg
  • Maturité sexuelle : 8 à 10 mois
  • Période de reproduction : pas de période précise
  • Durée de gestation : de 100 à 140 jours
  • Portée : 1 à 12, (généralement 1 à 4)
  • Régime alimentaire : glands, faînes, châtaignes, pousses, racines, vers, larves, champignons, petits rongeurs, charognes (à l'occasion)
  • Longévité : 15 ans
  • Vitesse : 45 km/h.




    Traces de pattes dans la boue




Excréments


Génétique

Le cochon domestique possède 38 chromosomes. Le sanglier n'en détient que 36, suite à une fusion ancestrale. Leur descendance commune est fertile. Les hybrides de première génération possèdent 37 chromosomes. Ensuite ils peuvent avoir 36, 37 ou 38 chromosomes. L'hybridation est fréquente dans les régions d'élevage de cochons en plein air ou bien lorsque la population sauvage a été reconstituée par des femelles de cochons domestiques saillies par un sanglier mâle. Le sanglier corse est génétiquement très proche du cochon domestique.

Le sanglier a été introduit par l'Homme hors de son aire naturelle de répartition, dont en Amérique du Nord où il a parfois été croisé avec diverses souches de cochons. Ceci complexifie encore sa génétique, mais aussi sa dénomination commerciale légale. En Amérique du Nord, où il n'existe normalement pas dans la nature, certaines étiquettes commerciales qualifient sa viande de « sanglier sauvage », alors qu'il est élevé, et introduit.



Patte vue de dessous

Habitat

Le sanglier affectionne particulièrement les zones arborées disposant de points d'eau. Cependant il est relativement ubiquiste et on peut le rencontrer dans de nombreux autres types de milieux. Les landes sont par exemple des milieux très favorables pourvu qu'une strate arbustive même discontinue approche un mètre de haut. Il évite simplement les grandes zones trop à découvert.Il est aussi très visible dans une très grande partie de la Sologne.

Il est présent dans de nombreuses régions d'Europe (une partie du Danemark, des Pays-Bas, d'Italie, d'ex-Yougoslavie...) et d'Asie, ainsi qu'en Afrique du Nord. Il a disparu des Îles Britanniques.

Éthologie

Le sanglier est essentiellement nocturne, sédentaire et attaché à son territoire. Les déplacements importants d'individus ou de groupes sont supposés induits par le manque de nourriture ou d'eau, le dérangement (poursuite par les chiens, chasse en battue, chantier, etc.). Les sangliers peuvent ainsi, seuls ou en groupe, parcourir des distances très importantes, traverser des fleuves et des routes, ce qui occasionne de nombreuses collisions (roadkill). Néanmoins, les individus semblent chercher à revenir sur leur territoire dès que possible. Le sanglier, omnivore, consomme de très nombreuses parties d'un grand nombre de végétaux (tubercules, fruits dont les glands et les noix, céréales, etc.), des champignons (dont champignons à fructification souterraine tels que truffe ou truffe du cerf, nombreux animaux (vers, mollusques, insectes et leurs larves, petits mammifères, lissamphibiens, oiseaux et autres sauropsides) morts ou vivants. S'il est affamé, il est réputé pouvoir occasionnellement s'attaquer à un animal plus grand mourant, voire à une brebis en bonne santé, en particulier lors de la mise-bas. Il se montre volontiers nécrophage.


Sangliers de Floride, supposés descendre de sangliers européens introduits en Amérique par les Espagnols

Régulièrement, les sangliers se vautrent dans la boue dans des lieux appelés « souilles », et se frottent avec insistance contre les troncs d'arbres avoisinants, pour se débarrasser d'un certain nombre de parasites et marquer leur territoire. Ils dorment dans de petites dépressions du sol, sèches, bien dissimulées, nommées « bauges ».

Les compagnies ou hardes de sangliers sont constituées d'une ou plusieurs laies suivies de leur progéniture. Les ragots (sangliers de 2 à 3 ans) ferment la marche lors des déplacements, mais sont remplacés par des mâles plus âgés en période de rut. Les cortèges sont souvent bruyants, non seulement par le bruit lourd des pas, mais aussi par les grognements, cris, soufflements et autres reniflements. Cependant, les sangliers savent se montrer discrets et silencieux s'ils se sentent menacés.

À l'approche de l'homme, le sanglier prend généralement la fuite avant qu'on ne l'ait détecté et peut se montrer étonnamment agile et rapide. Une laie pressentant un danger pour ses marcassins, peut se montrer dangereuse et charger, ou attaquer un chien, de même qu'un adulte blessé. Irrité, un sanglier claque violemment des dents ; on dit alors qu'il « casse la noisette ».


Reproduction

Le rut s'étale d'octobre à février. Lors d'affrontements violents entre mâles, des blessures parfois importantes peuvent être occasionnées. La gestation dure 3 mois, 3 semaines, 3 jours (soit 114 à 116 jours), la laie met bas dans le chaudron, (une excavation plus ou moins aménagée dans la végétation basse) de 2 à 12 marcassins aux yeux ouverts. Le nombre de petits est corrélé au poids initial de la femelle (40 kg : deux petits, 60 kg : quatre petits), mais dans le sud de la France les populations de sangliers ont été recréées ou renforcées par des hybrides de cochon domestique dans le but d'augmenter la prolificité. L'allaitement dure 2 à 3 mois, mais les jeunes sont aptes à suivre la mère dans ses déplacements dès la fin de leur première semaine. Bien que capables de subvenir à leurs propres besoins vers l'âge de six mois, ils demeureront dans le groupe familial encore une ou deux années.


Souille de sanglier

Écologie

Le sanglier semble jouer des fonctions complexes et importantes au sein des écosystèmes qu'il fréquente. Il aère et décolmate les sols forestiers en recherchant tubercules et champignons, dont les truffes et en particulier la truffe Elaphomyces granulatus dont il contribue à diffuser les spores (avec l'écureuil et quelques micromammifères fouisseurs qui consomment également ce champignon dont la fructification est totalement souterraine). Or ce champignon joue un rôle probablement important dans la structure des sols et en matière de mycorhization.

Quand le sanglier creuse sa souille et s'y roule, et quand il se frotte sur les arbres, il se débarrasse de ses parasites, mais contribue aussi à disperser des spores et graines enfouies il y a des décennies voire des siècles, qui pour certaines ont conservé leurs propriétés germinatives (« crypto-banque de graine du sol »). Il peut lors de ses déplacements, en quelques heures, les transporter et littéralement les « semer » jusqu'à des dizaines de kilomètres à la ronde (un sanglier peut parcourir 20 à 30 km en une seule nuit). Ces graines et spores étant entourées de boue et réchauffées au contact de son corps ont plus de chances de germer.

Là où il est très anormalement abondant suite à la disparition de ses prédateurs sauvages et suite au nourrissage (alimentation artificielle) ou à des plans de chasse qui l'ont fortement favorisé, il semble pouvoir, avec le chevreuil jouer un rôle dans l'augmentation du nombre de tiques dans les forêts européennes, et il occasionne des dégâts dans les champs, prairies et parfois dans les jardins.



Laie et deux marcassins

Chasse

C'est le grand mammifère chassé dont la population augmente le plus en Europe, suite aux plans de chasse, à son alimentation en forêt et/ou aux abords, et à la non-réalisation des plans de chasse. À titre d'exemple, 466 352 ont été officiellement tués rien qu'en France la saison 2006-2007 ; c'est + 4,2 % de plus que l'année précédente, et correspond à une progression de + 500 % par rapport à 1986 (sur 20 ans). En France, il peuple les campagnes où les chasseurs organisent des battues pour réduire leur nombre : 500 ont ainsi été tués dans le Gers en 2007-2008, 8 349 l'an passé dans les Ardennes.

Le sanglier sauvage s'était éteint en Grande-Bretagne et en Irlande au XVIIe siècle, mais des individus d'élevage échappés des enclos de ferme ont récemment été repérés à travers le Weald. À Berlin, leur population est estimée entre 5 000 et 8 000 individus, et plus de 500 bêtes ont été abattues entre avril et novembre 2008 à l'initiative de la municipalité.

Aspects sanitaires

Le sanglier peut aussi véhiculer diverses maladies du porc, dont la peste porcine, des parasitoses dues à des nématodes Metastrongylus et peut-être des virus grippaux dont celui de la grippe aviaire.

Une « surpopulation » de sangliers peut donc augmenter certains risques pour les élevages de porcs proches, mais aussi pour la santé humaine, dont maladie de Lyme, trichinose, affection dont l'augmentation est liée au nombre de sangliers, ou encore une augmentation du risque d'accidents de la route, avec des dégâts matériels importants, des blessures corporelles et psychologiques graves, voire pertes en vies humaines. 

 


Scène de chasse au sanglier, au pieu avec l'aide de chiens, par un héros romain en présence de la déesse Artémis


Gravure sur bois illustrant les métamorphoses d'Ovide

Omnivore 
et nécrophage à l'odorat fin, le sanglier détecte et élimine rapidement les cadavres de nombreux petits et gros animaux, même cachés, en évitant qu'ils contaminent les eaux superficielles par des pathogènes ou toxines (botuliques notamment, auxquelles il se montre très résistant). Pour cette raison, c'est une espèce qui - bien que non située en tête de pyramide alimentaire - peut fortement bioconcentrer certains toxiques et polluants (via les cadavres qu'il mange ou via les champignons contaminés qu'il consomme en grande quantité).

Mythes et symboles

Le symbolisme du sanglier est très riche chez les Celtes mais il est aussi présent de façon généralisée dans les mythes indo-européens : la Grèce mycénienne, l'Inde védique, chez les Germains laissant imaginer une origine commune. Il représente la force et le courage mais aussi la Connaissance et a un rapport avec l'Au-delà. Les Celtes le considèrent comme un animal sacré. Des têtes de sanglier ornent les armes et sa viande accompagne les défunts dans leur dernier voyage. Son rôle est à rapprocher de celui du taureau dans les mythologies des origines de l'Europe. Le sanglier est donc l'attribut des druides et certains se faisaient même appeler « sanglier ». Le Moyen Âge européen a repris cette symbolique dans l'Héraldique où le sanglier est très représenté et aussi dans le vocabulaire de l'escrime (garde de la « dent du sanglier »).

Chez les Indo-Européens, le sanglier symbolise en fait la caste sacerdotale tandis que l’ours correspond à la caste guerrière.

Le quatrième des 12 travaux d'Hercule consiste à rapporter vivant le sanglier d'Érymanthe.

En astrologie chinoise, le sanglier est considéré comme un signe particulièrement auspicieux et un gage de loyauté.

Le sanglier est la mascotte et le symbole des Ardennes où il abonde.

Dans la bande dessinée Astérix, les Gaulois, notamment Obélix, sont connus pour leurs rôtis de sanglier.

L'écrivain allemand Ernst Jünger a écrit un court récit intitulé La Chasse au sanglier.


Sacrifice d'un sanglier

Source Wikipédia

Historique & auteurs


Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

commentaires

L'AIGLE ROYAL.

Publié le 29 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Aigle royal

L' Aigle royal est un grand rapace de la famille des Accipitridés. Il est protégé dans certains pays depuis les années 1970.


Description


L'Aigle royal (Aquila chrysaetos), dont la taxinomie latino-grecque Aquila chrysaetos signifie Aigle doré est un rapace diurne qui mesure de 80 cm à 90 cm de long pour les mâles et de 90 à 100 cm de long pour les femelles. L'envergure de ses ailes, larges et arrondies en V, est d'environ 190 cm à 220 cm pour les mâles et de 220 cm à 250 cm pour les femelles. Il pèse de 3,5 kg à 5 kg pour les mâles et de 6 kg à 7,5 kg pour les femelles. Ces dernières sont donc en moyenne plus grandes et plus lourdes que les mâles. Il existe différentes sous espèces d'aigle royal, ce qui explique les grands écarts de taille et de poids. La plus grande sous espèce est la sous espèce nominale.

Son bec qui mesure de 4,5 cm à 6,5 cm de long est crochu, comme celui de la majorité des oiseaux prédateurs, ce qui lui permet de mettre en morceau des proies. Ses serres sont énormes et l'ongle de son pouce, l'avillon, qui lui sert à transpercer ses proies, ne mesure pas moins de 7 cm de long et peut transpercer un crâne de renard, de bouquetin ou de loup de part en part. La couleur de son plumage varie avec l'âge : le bébé aigle royal est blanc et il présente de grandes cocardes blanches sur les ailes et la queue avant sa maturité sexuelle (vers 5 ou 6 ans) puis son plumage est brun sombre. En vol, on peut remarquer des plumes plus claires sur les ailes. Son cou et sa tête sont dorés ce qui lui a valu son nom de Golden eagle en anglais. Il a une vue 8 fois plus perçante que celle d'un homme. L'aigle royal est, après la harpie féroce, le plus puissant de tous les rapaces prédateurs. C'est aussi l'un des oiseaux les plus rapides : il fond sur sa proie à une vitesse de 160 km/h.

Son espérance de vie est de 35 ans, même si certains, en captivité, ne sont morts que vers 45 ans.


Répartition géographique

  
   /    habitat permanent

     /    zone d'hivernage
     /    nidification


Alimentation

L'aigle royal est un rapace opportuniste et son régime alimentaire dépend principalement des proies qu'il rencontre dans son milieu. En zone alpine, il est constitué à plus de 80% de marmottes. Ailleurs, il est nettement plus varié.

Parmi ses proies, il est possible de trouver :

  • des léporidés comme les lapins et lièvres ;
  • des rongeurs, en particulier des marmottes ;
  • des caprinés comme les chamois, chevreuils, bouquetins,
  • des oiseaux, principalement des hérons, faucons, grues et tétras ;
  • des mustélidés comme les blaireaux, hermines et belettes.
  • des reptiles comme des serpents

 

Reproduction

 

Chaque année en mars ou avril, la femelle pond de 1 à 3 œufs (souvent deux) blanchâtres tachetés de brun. Ils sont pondus à deux ou trois jours d'intervalle, ce qui espacera également les éclosions puisque la femelle commence à couver dès la ponte du premier œuf. La durée d'incubation varie de 41 à 45 jours. La femelle assure l'essentiel ou la totalité du temps de couvaison tandis que le mâle chasse pour la nourrir et défend le territoire.

La plupart du temps un seul jeune survit : durant la deuxième quinzaine de vie, le plus fort (souvent le premier éclos) agresse et finit par tuer le plus faible sans que la concurrence alimentaire ne le justifie, on parle de caïnisme. Si le premier né est un mâle et le deuxième une femelle, généralement plus grosse qu'un mâle, la compétition est plus équilibrée et les deux jeunes peuvent parvenir à l'envol.

Passé l'âge de 11 semaines l'aiglon effectue son premier vol mais reste au voisinage de l'aire. Ensuite il suit les adultes qui tuent des proies pour lui. À l'automne, avant de recommencer un nouveau cycle reproductif, les adultes poussent le jeune à partir. Celui-ci entame alors une période d'erratisme, c’est-à-dire qu'il parcourt de vastes territoires, visitant souvent des régions à la faune riche comme la Camargue ou le delta de l'Ebre. Il ne devient adulte qu'entre 4 et 6 ans, mais peut tenter de se mettre en couple dès la deuxième année avec un succès reproductif très faible.

Le mâle et la femelle sont fidèles à leur territoire. Aucune étude n'a été faite sur la fidélité des oiseaux entre eux. Les parades nuptiales, sous forme de piqués et festons peuvent débuter dès le mois de décembre. L'aire sera ensuite bâtie ou rechargée en branchages dans une falaise sous un surplomb, plus rarement dans un arbre.



Habitat

L'aigle royal se rencontre dans les montagnes d'Eurasie : (Alpes, Pyrénées; Asie orientale,...), au Maghreb et en Amérique du Nord. Il occupe également le pourtour de ces territoires (pré-montagneux) et les territoires ouverts des forêts boréales. Une population niche également sur les hauts plateaux éthiopiens.

Le nid, appelé aire, est constitué de branchages dont l'entassement année après année, peut mesurer plus de 5 mètres d'épaisseur. Il est situé dans des falaises ou de vieux arbres, leur orientation varie en fonction de l'altitude (de 100 à 2000 mètres) et du climat (méditerranéen froid à continental).


Symbole


L'aigle royal jouit d'une excellente réputation : on le considère souvent comme le plus beau des
aigles, et comme le roi des oiseaux. Depuis l'Antiquité, il est symbole de victoire, c'est pourquoi les Assyriens, les Hittites, les Perses le plaçaient au dessus des étendards. Pour les Romains, il était aussi messager des dieux, et oiseau de Jupiter. Représentant la course du soleil pour les Aztèques, certains indiens d'Amérique utilisaient ses plumes pour leurs coiffes de guerres.

Source Wikipédia

Historique & auteurs

 

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


commentaires

LE HIBOU MOYEN DUC.

Publié le 28 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Hibou moyen-duc

Le Hibou moyen-duc (Asio otus) est un
rapace nocturne de la famille des Strigidés, et peuplant l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord.

Caractéristiques

  • Description : avec ses 35 cm de long (env.), le moyen-duc est légèrement plus petit et plus menu que la Chouette hulotte.
  • Sa tête est surmontée de deux grandes aigrettes souvent dressées : on dit qu'il 'fronce les sourcils'. Et d'ailleurs, elles sont couchées quand le hibou est serein. Ses yeux jaune-orangé sont au centre d'un disque facial arrondi beige/roux.
  • Poids et mesures : longueur : 34 /35 cm ; Poids : 250 g pour les mâles, 300 g les femelles ; Envergure : 85 à 90 cm
  • Ce hibou est généralement tacheté.

 

 
Trois plumes de Hibou moyen-duc

Alimentation - Chasse

Affectionnant principalement les petits mammifères (surtout des campagnols 78% et mulots 15%), mais aussi les passereaux (moineaux, pinsons), et parfois des coléoptères, il chasse dès la tombée de la nuit. De jour, il se cache dans les branchages épais où il se tient immobile et ainsi se fond dans le décor grâce à son plumage à l'aspect d'écorce au dessus brun/roux marbré de brun foncé, et le dessous est plus clair, parfaite tenue de camouflage...

 
Pelotes de réjection de hibou moyen-duc. Une d'entre-elle a été disséquée : d'un côté les poils, de l'autre une partie des os (rongeurs)

Habitat

C'est un oiseau très répandu ; il habite toute l'Europe à l'exception du grand nord. En France, il est commun mais il est absent en Corse, dans le sud-ouest et certains cantons de l'ouest.
Il fréquente surtout les endroits semi-boisés de conifères, les bosquets dispersés dans les campagnes, mais aussi les parcs. Il choisit un ancien nid soit de rapace, soit d'écureuil, soit de pie ou de corneille. Il boude les nichoirs.


Source l'internaute nature & animaux

Reproduction

  • Jouant les squatters, vers la fin mars-avril, il recherche un nid abandonné pour s'y installer après l'avoir remis légèrement en état. La femelle y dépose 4 à 6 œufs d'un blanc parfait qu'elle couve seule pendant 28 jours. Elle commence à couver dès le premier œuf pondu, de sorte que les petits éclosent progressivement. Le mâle pendant ce temps la nourrit puis après l'éclosion, nourrit toute la famille en remettant ses proies à la femelle qui se charge de la distribution. Les jeunes hiboux quittent le nid au bout de 21 à 26 jours.
  • Œuf : 35,0 à 44,7 \times\, 28,0 à 34,5 mm


Voix

A la saison des amours, un « hou hou hou » audible au loin, et aussi des bruits presque sifflants. Il met en garde par un « wupp wupp »

Populations

Fluctuantes, pour la plupart, présentes toute l'année mais de petites troupes vagabondes venues du Nord rejoignent les sédentaires en hiver.

 
Jeune hibou moyen-duc au nid


Source Wikipédia

LIEN historique & auteurs

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

commentaires

LE HIBOU GRAND DUC.

Publié le 28 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA

Hibou grand-duc

Le hibou grand-duc appelé aussi grand-duc d'Europe (Bubo bubo) est une des
espèces de rapaces nocturnes les plus puissants d'Europe. Il ne doit pas être confondu avec le Grand-duc d'Amérique.


Description

Avec ses 70 cm de haut, le grand-duc est le plus grand des rapaces nocturnes d'Europe : il fait le double de son congénère le hibou moyen-duc. Qualifiée d'aristocratique, sa silhouette est massive, Sa tête, piquée de deux gros yeux rouge-orangé est surmontée d'aigrettes de 8 cm environ (normalement horizontales et un peu repliées vers l'arrière), que l'oiseau dresse verticalement s'il est excité ou dérangé. Rappelons que ces aigrettes ne jouent aucun rôle dans l'audition.

  • Mimétique aux branchages, son plumage est brun-roussâtre dessus, taché et rayé de brun noir. Le dessous est plus clair, fauve avec des stries longitudinales et des zébrures transversales de couleur brun foncé.
  • Poids et mesures :
    • Poids : 2 à 2,5 kg pour le mâle, et 2,5 à 3,3 kg pour la femelle ;
    • Longueur : 65 à 70 cm ;
    • Envergure : 160 à 180 cm.
  • Voix : un « bouhou » ou un « ouhouhou-ou-ouhouhouhouhou » (d'où son nom latin, Bubo bubo) audible de loin, ainsi que toutes sortes d'autres bruits.
  • Longévité : plus de 20 ans en liberté.

 

Un hibou grand-duc (Bubo bubo) appelé aussi grand-duc d'Europe, le plus grand des rapaces nocturnes d'Europe


Mœurs

  • Alimentation : sa nourriture est des plus variées : rongeurs, lapins, lièvres, hérissons, oiseaux (corbeaux, pigeons, perdrix, oiseaux marins..., et même d'autres rapaces diurnes et nocturnes). Pour ce faire, il n'hésite pas la nuit tombée à parcourir cent lieues : d'où l'expression « faire la tournée des grands ducs », appliquée le plus souvent à de joyeux noctambules, c'est à dire nous.

    • Pelote de réjection : 10 cm de long.
  • Habitat : répandu dans toute l'Europe en dehors de la partie la plus occidentale ; en France, zones rocheuses de l'est, du centre et du sud. On le rencontre aussi bien dans les plaines que dans les montagnes. Il aime particulièrement les falaises, près des plans d'eau.
Très discret, il s'installe sur des corniches rocheuses, sur les remparts d'un vieux château ou à même le sol ; parfois dans les régions du nord, dans un trou d'arbre mais sans aucun doute, sa préférence va aux grandes falaises proches d'un plan d'eau.
  • Reproduction : fin mars, début avril, il construit un nid simplement garni de restes de poils ou de plumes arrachés à ses proies.
La femelle y pond 2 à 4 œufs qu'elle couve seule pendant 32 à 37 jours, tandis que le mâle lui apporte la nourriture. Une fois éclos, les petits sont protégés par la mère des intempéries, du soleil. Un mois et demi plus tard environ, les petits quittent le nid mais restent à proximité. À trois mois, ils savent parfaitement voler.

Œuf: 51 à 73 x 42 à 54 mm.






Menaces

En Europe, il a longtemps été pourchassé comme oiseau de malheur ou parce qu'on croyait se protéger en le clouant sur les portes de granges, avant qu'on ne s'aperçoive de sa grande utilité écologique et agronomique et qu'il soit protégé par la loi. Les causes de sa disparition sont le recul, la dégradation ou la fragmentation écologique de son habitat, les pesticides agricoles, les poisons utilisés contre les rongeurs (bromadiolone notamment), les accidents due aux véhicules et la pollution lumineuse, car il est très sensible à l'éblouissement des phares de voitures.


L'œil du Grand-duc, lui permet de voir dans le noir, mais comme celui des chouettes et d'autres animaux nocturnes, il est très sensible à l'éblouissement par les phares de voitures ou l'éclairage nocturne, exposant l'animal à des collisions avec des véhicules (phénomène de « Roadkill »)

Source Wikipédia.

LIEN historique & auteurs


Creative Commons License


Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


commentaires

PLUTON (1).

Publié le 26 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Pluton



Pluton (couramment Pluton) est le premier objet transneptunien découvert (1930) et la deuxième plus grande planète naine connue du système solaire. Originellement considérée comme la plus lointaine planète du système solaire, elle fut classée comme planète naine par l’union astronomique internationale (UAI) en 24 août 2006 ramenant à 8 le nombre de planètes dans le système solaire. Elle orbite autour du Soleil à une distance variant entre 29 et 49 unités astronomiques et appartient à la ceinture de Kuiper. Son diamètre est de 2 300 km.

Depuis sa découverte par Clyde Tombaugh en 1930, Pluton était considérée comme la neuvième planète du système solaire. À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, de plus en plus d’objets similaires furent découverts dans le système solaire externe, en particulier Éris, légèrement plus grand et plus massif que Pluton. Cette évolution amena l’UAI à redéfinir la notion de planète en août 2006, Cérès, Pluton et Éris étant depuis cette date classées comme des planètes naines. L’UAI a également décidé de faire de Pluton le prototype d’une nouvelle catégorie d’objet transneptunien. Suite à cette modification de la nomenclature, Pluton a été ajoutée à la liste des objets mineurs du système solaire et s’est vue attribuer le numéro 134340 dans le catalogue des objets mineurs. En juin 2008, l'UAI a décidé de le classer dans la catégorie des plutoïdes, comme Éris.

Pluton est principalement composée de roche et de glace de méthane, mais aussi de glace d’eau. Son diamètre est d’environ les deux tiers de celui de la Lune. Le couple Pluton et son grand satellite, Charon, est généralement considéré comme un système double, puisque la différence de masse entre les deux objets est l’une des plus faibles de tous les couples planétoïdes/satellites du système solaire (rapport 2 pour 1), et surtout parce que le barycentre de leurs orbites ne se situe pas à l’intérieur d’un des deux corps. Deux autres satellites naturels nettement plus petits, Nix et Hydra, ont également été découverts en 2005.

Aucune sonde spatiale n’a encore jamais survolé Pluton, mais la sonde New Horizons lancée en janvier 2006 par la NASA pour explorer le système plutonien, doit le survoler durant l’été 2015, après un voyage de 6,4 milliards de kilomètres.


Historique

Découverte

Pluton fut découvert en 1930 lors de la recherche d'un corps céleste permettant d'expliquer les perturbations orbitales de Neptune, hypothèse proposée par Percival Lowell comme étant la Planète X.

Ayant fait fortune dans les affaires, Lowell se fait construire en 1894 un observatoire à plus de 2 000 mètres d'altitude dans l'Arizona et entreprend la recherche d'une neuvième planète au-delà de Neptune. Il pense suivre la même méthode que celle qui avait conduit à la découverte de cette dernière en étudiant son orbite, mais la précision des instruments de l'époque ne permettant pas de mesurer de façon précise les anomalies orbitales, il doit se rabattre sur celles d'Uranus. Sa planète (baptisée « X ») serait située à 47,5 ua, aurait une période de 327 ans et une masse de deux cinquièmes de celle de Neptune. En 1905, il lance une première campagne photographique de trois ans, mais celle-ci ne donne rien de concluant, notamment, comme il fut démontré par la suite, parce que ce programme était focalisé sur l'écliptique et que l'orbite fortement inclinée de Pluton la plaçait à cette époque en dehors du champ des photographies. Lowell ne baisse pas les bras pour autant et décide de redoubler d'efforts, notamment lorsqu'il voit apparaître un concurrent : William Pickering. Celui-ci annonce en 1908 la présence d'une planète qu'il nomme « O » de deux masses terrestres, à une distance de 52 ua et d'une période de 373 ans. En 1911, Lowell fait l'acquisition d'une machine destinée à l'analyse photographique lui permettant de comparer les clichés beaucoup plus vite (deux séries de photos sont prises à quelques jours d'intervalle pour repérer le mouvement éventuel d'un astre) et entame une nouvelle série de photographies. Un nouvel échec qui le mènera à se désintéresser de sa planète X.



Percival Lowell observant Mars à l'observatoire Lowell

Percival Lowell meurt en
1916 mais laisse dans son testament de quoi poursuivre les recherches sans se soucier des problèmes d'argent, bien que des problèmes d'héritage avec sa femme finissent par réduire le budget de l'observatoire. Or dix ans plus tard, l'observatoire nécessite un nouvel instrument. Abott Lawrence Lowell, le frère de Percival Lowell, accepte de donner dix mille dollars pour la construction d'un télescope de 13 pouces que Clyde W. Tombaugh sera chargé de piloter pour cette lourde tâche qu'est la cartographie minutieuse du ciel, à la recherche de la planète X. Tombaugh réorganise son plan de travail et procède à trois prises au lieu de deux afin d'augmenter les chances de percevoir le mouvement de la planète. La troisième série de clichés prend fin le 29 janvier 1930 et commence alors l'analyse des plaques photographiques. Le 18 février à 16 heures, il remarque un point de magnitude +15 bouger d'une plaque à l'autre sur deux photographies prises les 23 et 29 janvier. L'équipe de l'observatoire Lowell, après avoir pris d'autres photographies permettant de confirmer la découverte, télégraphie la nouvelle au Harvard College Observatory le 13 mars 1930.

La planète est nommée à la fois en référence au dieu romain des enfers et à Percival Lowell dont les initiales forment les deux premières lettres de Pluton. Ses initiales forment le symbole de Pluton (♇). Le nom fut suggéré par Venetia Burney, une jeune fille de onze ans d'Oxford, en Angleterre.

De nombreux observatoires se mettent alors à observer cette nouvelle planète, afin de déterminer son orbite le plus précisément possible. En revenant en arrière, Pluton est rétroactivement observée sur des plaques photographiques remontant jusqu'à 1909.

Pluton et la planète X


À l'origine, la découverte de Pluton est liée à la recherche systématique d'une planète permettant d'expliquer les perturbations observées dans les orbites d'Uranus et Neptune, mais le doute est très vite jeté sur le fait que Pluton soit la planète X que Percival Lowell recherchait.

À cette époque, Pluton est si lointain que son diamètre ne peut pas être déterminé avec précision, mais sa faible luminosité et son absence de disque apparent laissent présager un corps plutôt petit, comparable en taille aux planètes telluriques déjà connues, probablement plus grand que Mercure mais pas plus que Mars, pense-t-on à l'époque. Il devient donc rapidement clair que Pluton ne peut pas être la source des perturbations dans les orbites de Neptune et Uranus, et les astronomes sont amenés à imaginer que de nombreux autres corps similaires à Pluton puissent orbiter autour du Soleil au-delà de Neptune. On pense alors que le système solaire pourrait être constitué de plusieurs zones regroupant les corps célestes par familles, planète tellurique, planète géante, « objets ultra-neptuniens ». Cette hypothèse sera formalisée plus tard au cours des années 1940 et 1950 par Kenneth Edgeworth puis Gerard Kuiper, et est désormais connue sous le nom de ceinture de Kuiper.

Afin de réconcilier la petite taille de Pluton avec la planète X, la masse de la première étant en contradiction avec les caractéristiques que devait posséder la seconde, certains astronomes envisagèrent également une théorie de réflexion spéculaire : ce que les observateurs mesuraient pourrait n'être qu'une tache brillante à la surface très réfléchissante d'une planète en réalité plus grosse qui pourrait ainsi être massive sans être pour autant exceptionnellement dense.



Carte de Mars de Percival Lowell, avec de nombreux canaux

La découverte de
Charon, son satellite, en 1978 permettra de résoudre bien des problèmes quant à la masse et la taille de Pluton. Cela permit de revoir encore à la baisse la masse du système Pluton/Charon, plus faible même que les estimations minimales fournies par les opposants à la théorie de la réflexion spéculaire (qui fut dès lors totalement invalidée). Les astronomes sont d'accord aujourd'hui pour donner à Pluton un diamètre bien inférieur à celui de la Lune, avec seulement une fraction de sa masse, en accord avec sa composition (de la glace en grande partie). Dans les années 1970, les calculs des trajectoires des sondes Voyager
ont montré que Neptune avait une masse inférieure aux hypothèses précédentes, et en tenant compte de cette nouvelle mesure, les divergences dans les mouvements des planètes Uranus et Neptune deviennent négligeables devant l'incertitude de la mesure liée à la précision des instruments.

Statut de planète

Vers la fin du XXe siècle, le statut de planète de Pluton est de plus en plus souvent remis en question.

D'une part, de très nombreux corps sont découverts qui possèdent une orbite très proche de celle de Pluton, et sont comme elle en résonance 2:3 avec Neptune. Environ 150 objets de ce type, connus sous le nom de plutinos, étaient recensés en février 2006, ce qui tend à montrer que Pluton est le plus grand représentant d'une vaste famille de corps plus ou moins massifs.

La découverte en 2005 de (136199) Éris, d'un diamètre et d'une masse légèrement supérieurs à celui de Pluton, contribue à relancer le débat. Le diamètre d'Éris, qui avait initialement été estimé à 3 600 km (il était alors notablement plus grand que Pluton) reste toujours actuellement (2006) du même ordre de grandeur que celui de Pluton, même s'il a été revu à la baisse (2 400 km ± 100 km). Selon une étude publiée dans Science du 14 juin 2007, sa masse serait supérieure à celle de Pluton d'environ 27 %. De nombreux autres corps ont également été découverts à cette époque, tels que (136472) Makemake, (90482) Orcus ou (90377) Sedna, régulièrement annoncés comme étant la dixième planète du système solaire.

Certains scientifiques proposent alors de reclasser Pluton en planète mineure ou en objet transneptunien. D'autres, comme Brian Marsden du Minor Planet Center, penchent pour lui attribuer les deux statuts, en raison de l'importance historique de sa découverte. Marsden annonce le 3 février 1999 que Pluton serait classée comme le 10 000e objet du catalogue recensant justement 10 000 planètes mineures. Le nombre rond de 10 000 serait attribué à Pluton en son honneur pour la « célébration » de ce compte atteint.



Percival Lowell

lien source

Historiquement, les quatre premiers astéroïdes découverts (
(1) Cérès, (2) Pallas, (3) Junon et (4) Vesta) furent eux aussi considérés comme des planètes pendant plusieurs décennies (leurs dimensions n'étaient pas connues avec précision à l'époque). Certains textes astronomiques du début du XIXe siècle font référence à onze planètes (incluant Uranus et les quatre premiers astéroïdes). Le cinquième astéroïde ((5) Astrée) fut découvert en 1845 peu de temps avant la découverte de Neptune, suivi de plusieurs autres dans les années suivantes. Bien qu'ils soient toujours appelés « planètes mineures », ils ne sont plus aujourd'hui considérés comme des « planètes ».



Ceres

Le dernier mot revenant à l'
Union astronomique internationale, l'organisme coordinateur de l'astronomie au niveau international, en charge de la dénomination des corps célestes ainsi que de leur statut, celle-ci, lors de son XXVIe congrès tenu le 24 août 2006 en République tchèque, a décidé au terme d'une semaine de débats de reclasser Pluton en planète naine plutôt que planète. Le numéro d'objet mineur 134340 lui fut attribué le 7 septembre 2006.

Néanmoins, suite au vote, une pétition ayant réuni en cinq jours les signatures de plus de 300 planétologues et astronomes majoritairement américains a été lancée pour contester la validité scientifique ainsi que le mode d'adoption de cette nouvelle définition et inviter à la réflexion sur une autre définition plus appropriée.

 


Junon

Pluton, un plutoïde

Une nouvelle sous-catégorie, les plutoïdes, est créée par l'UAI pour les planètes naines qui passent la majeure partie de leur révolution orbitale à l'extérieur de l'orbite de Neptune. Pluton en fait évidemment partie.


Exploration de Pluton

Pluton est un objectif difficile pour l'exploration spatiale, à cause de la grande distance la séparant de la Terre, de la forte inclinaison de son orbite (17°) sur l'écliptique et de sa très faible masse, et n'a donc jusqu'à présent été visité par aucune sonde spatiale, ce qui explique en partie le peu de données disponibles.

La sonde Voyager 1 aurait éventuellement pu l'atteindre, mais l'exploration de Titan (le satellite de Saturne) et des anneaux de Saturne fut jugée plus importante, résultant dans une trajectoire incompatible pour un rendez-vous avec Pluton. Voyager 2 ne pouvait pas possiblement l'atteindre car la trajectoire aurait traversé la planète Neptune.

En 2000, la NASA annula, pour des raisons budgétaires, la mission Pluto Kuiper Express, qui aurait eu pour but le survol vers 2012 du couple Pluton/Charon, et d'au moins un objet de la ceinture de Kuiper. Elle a finalement été remplacée par une mission similaire, New Horizons.


Vesta

La sonde New Horizons, lancée le
19 janvier 2006, sera donc la première sonde spatiale à visiter Pluton, bénéficiant de l'assistance gravitationnelle de Jupiter pour arriver au plus près de la planète naine à l'été 2015, après un voyage de 6,4 milliards de kilomètres. Les observations débuteront environ cinq mois avant le plus proche passage et devraient continuer environ un mois après. L'engin spatial emporte à son bord des instruments d'imagerie, spectrométrie et autres appareils de mesure, afin de déterminer les caractéristiques géologiques et morphologiques de Pluton et de sa lune Charon, mais aussi cartographier les éléments composant leur surface et étudier l'atmosphère de Pluton (composition et taux d'évasion). La mission prévoit également un survol des objets de la ceinture de Kuiper jusqu'en 2025.

D'ici 2015, le VLTI (Very Large Telescope Interferometer) au Chili, pleinement opérationnel depuis janvier 2009, devrait, dans une certaine mesure, compléter le travail d'investigation déjà réalisé par le télescope spatial Hubble sur le système plutonien. En effet, ce super télescope (en réalité un système interférométrique composé de 4 grands et 4 petits télescopes disposés en réseau sur quelques centaines de mètres) dispose d'une puissance optique environ 25 fois supérieure à celle de Hubble.


Lancement de la sonde New Horizons par une fusée Atlas V

Orbite

Caractéristiques

En comparaison des planètes classiques du système solaire, l'orbite de Pluton est fortement inclinée par rapport au plan de l'écliptique (17,14175°) et excentrique (0,24880766). Les orbites des planètes classiques sont quasi-circulaires et co-planaires de l'écliptique (seule Mercure possède une orbite inclinée (7°) et excentrique (0,2) de manière significative). En conséquence, le périhélie de Pluton est situé à plus de 8,0 ua du plan de l'écliptique, soit 1,2 milliards de km et c'est près de cette position de son orbite, que la planète naine se trouve plus proche du Soleil que Neptune.



lien source

Une autre caractéristique du système plutonien est que le
barycentre du couple Pluton/Charon n'est pas situé à l'intérieur du premier mais dans le vide, entre les deux corps.

L'orbite de Pluton étant très excentrique, elle croise celle de nombreux autres objets ; parmi les astéroïdes numérotés, ces hadéocroiseurs comptaient (en juillet 2004) 10 frôleurs intérieurs (dont (5145) Pholus), 24 frôleurs extérieurs (dont (19521) Chaos), 17 croiseurs (dont (38628) Huya) et 37 co-orbitaux (dont (20000) Varuna, (28978) Ixion et (50000) Quaoar).



Orbite de Pluton, vue dans le plan de l'écliptique. Cette vue permet de rendre compte de l'inclinaison de l'orbite de Pluton (en rouge) par rapport à celle de Neptune (en bleu)

Source Wikipédia.

LIEN historique & auteurs

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

commentaires

CARBONE 14.

Publié le 26 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Carbone 14


Le carbone 14 est un isotope radioactif du carbone, noté 14C.

Il est formé lors de l'absorption de neutrons par les atomes d'azotes de la stratosphère et des couches hautes de la troposphère. Les neutrons proviennent de la collision des rayons cosmiques avec les atomes de l'atmosphère, notamment l'oxygène.

Son unique mode de désintégration se fait par émission d'une particule bêta de 156 keV en se transmutant en azote 14N ; avec une période radioactive de 5 730 ans (± 40 ans). Le carbone 14 a longtemps été le seul radio-isotope du carbone à avoir des applications. Pour cette raison, il était appelé radiocarbone.

Applications

Datation par le carbone 14

La datation par le carbone 14, dite également datation par le radiocarbone ou datation par comptage du carbone 14 résiduel, est une méthode de datation radiométrique basée sur la mesure de l'activité radiologique du carbone 14 (14C) contenu dans de la matière organique dont on souhaite connaître l'âge absolu, à savoir le temps écoulé depuis sa mort.

Le domaine d'utilisation de cette méthode correspond à des âges absolus de quelques centaines d'années jusqu'à environ 50 000 ans. L'application de cette méthode à des évènements anciens, tout particulièrement lorsque leur âge dépasse 6000 ans (préhistoriques), a permis de les dater beaucoup plus précisément qu'auparavant. Elle a ainsi apporté un progrès significatif en archéologie et en paléoanthropologie.

Historique


En 1960, Willard Frank Libby a reçu le prix Nobel de chimie pour le développement de cette méthode (cf. article sur le chercheur pour l'histoire de cette découverte).

Principe de la datation


Le carbone 14 ou radiocarbone est un isotope radioactif du carbone dont la période radioactive (ou demi-vie) est égale à 5734 ± 40 ans selon des calculs relevant de la physique des particules datant de 1961. Cependant, pour les datations on continue par convention d'employer la valeur évaluée en 1951, de 5568 ± 30 ans.

Un organisme vivant assimile le carbone sans distinction isotopique. Durant sa vie, la proportion de carbone 14 (14C) présent dans l'organisme par rapport au carbone total (12C, 13C et 14C) est la même que celle existant dans l'atmosphère du moment.

La datation par le carbone 14 se fonde ainsi sur la présence dans tout organisme de radiocarbone en infime proportion (de l'ordre de 10-12 pour le rapport 14C/C total). À partir de l'instant où un organisme meurt, la quantité de radiocarbone qu'il contient ainsi que son activité radiologique décroissent au cours du temps selon une loi exponentielle. Un échantillon de matière organique issu de cet organisme peut donc être daté en mesurant soit le rapport 14C/C total avec un spectromètre de masse, soit son activité X années après la mort de l'organisme.


source auteur

Origine du radiocarbone naturel


Le radiocarbone naturel circule dans trois réservoirs : l'atmosphère, les océans et la biosphère.

Avec une période radioactive de 5730 ans, le radiocarbone aurait depuis longtemps disparu de la biosphère s’il n’était produit en permanence.

Dans la haute atmosphère, des réactions nucléaires initiées par le rayonnement cosmique produisent un flux de neutrons libres. Après avoir été ralentis par collision avec les molécules de l'air, les neutrons dans une certaine gamme d'énergie (cinétique) réagissent avec l'azote pour former du radiocarbone, selon l'équation bilan :

^{1}_{0}\mathrm{n} + ^{14}_{7}\!\mathrm{N} \rightarrow ^{14}_{6}\!\mathrm{C} + ^{1}_{1}\!\mathrm{p}

Cette réaction est privilégiée du fait que l’azote constitue 78,11 % de l’atmosphère de la Terre. C'est entre 15 000 mètres et 18 000 mètres, à des latitudes géomagnétiques élevées, que la production de radiocarbone a principalement lieu.

L'atome de radiocarbone ainsi produit réagit rapidement avec l'oxygène pour former du dioxyde de carbone.
Ce gaz circule dans toute l'atmosphère et se dissout dans les océans pour former des carbonates. Du radiocarbone circule donc aussi dans les océans.

Le dioxyde de carbone réagit également avec la biosphère. Les plantes assimilent ainsi du radiocarbone dans l'atmosphère par photosynthèse et elles sont mangées par les animaux. Les organismes marins assimilent également le radiocarbone présent dans les océans. Le radiocarbone se répand donc dans la biosphère tout au long de la chaîne alimentaire.

Le rapport 14C/C total est considéré comme uniforme dans l'atmosphère, la surface des océans et la biosphère en raison des échanges permanents entre les organismes vivants et leur milieu.

De plus, on suppose que le flux de rayons cosmiques est constant sur une longue période de temps (première approximation). Par conséquent, le taux de production du radiocarbone est constant, donc le rapport 14C/C total dans l’atmosphère, la surface des océans et la biosphère est constant (le nombre d’atomes produits égale le nombre d’atomes qui se désintègrent).

À la mort d'un organisme, tout échange avec le milieu extérieur cesse mais le radiocarbone initialement présent reste "piégé" et sa quantité se met à décroître exponentiellement selon le processus de la décroissance radioactive : ceci permet de savoir depuis combien de temps l'organisme est mort.


Laboratoire de mesure du Carbone 14

Artemis, le nouvel appareil de spectrométrie de masse par accélérateur (SMA), doit permettre d'analyser plus de 4 500 échantillons par an pour en mesurer la concentration du carbone 14.
© CEA. CNRS. IRD. IRSN. Ministère de la Culture et de la Communication

source auteurs

Mesure de l’âge d’un échantillon de matière organique


La désintégration radioactive du carbone 14 obéit à une loi de décroissance exponentielle caractérisée par sa demi-vie. Dater un échantillon de matière organique consiste à mesurer le rapport 14C/C total (ce qu'il reste de radiocarbone naturel suite à la désintégration) et à en déduire son âge. Le rapport 14C/C total est mesuré soit indirectement par la mesure de l'activité spécifique (nombre de désintégrations par unité de temps et par unité de masse de carbone) due au radiocarbone naturel qui est proportionnelle au rapport 14C/C total, soit directement par spectrométrie de masse.

Quand elle fut mise au point par Libby à la fin des années 1940, la datation par le carbone 14 passait par la mesure de la radioactivité des échantillons ce qui était délicat du fait de la faiblesse du signal (il y a peu d’atomes de radiocarbone dans l’échantillon analysé, surtout après quelques milliers d’années, et encore moins qui se désintègrent) et du bruit de fond (radioactivité naturelle, rayons cosmiques...).

Aujourd’hui, la mesure directe du rapport 14C/C total par spectrométrie de masse est privilégiée car elle permet de dater des échantillons beaucoup plus petits (moins d’un milligramme contre plusieurs grammes de carbone auparavant) et beaucoup plus vite (en moins d’une heure contre plusieurs jours ou semaines). Le carbone extrait de l'échantillon est d'abord transformé en graphite, puis en ions qui sont accélérés par la tension générée par un spectromètre de masse couplé à un accélérateur de particules. Les différents isotopes du carbone sont séparés grâce à un aimant ce qui permet de compter les ions de carbone 14.

Les échantillons vieux de plus de 50 000 ans ne peuvent être datés au carbone 14, car le rapport 14C/C total est trop faible pour être mesuré par les techniques actuelles ; les résultats ne sont relativement précis que pour les âges inférieurs à 35 000 ans.

La méthode la plus courante de datation consiste à déterminer la concentration Ct de radiocarbone (c’est-à-dire le rapport 14C/C total) d'un échantillon à l'instant t de mesure ; l'âge de l'échantillon est alors donné par la formule :

{t}-{{t}_0}=\frac{1}{\lambda}\times\ln\frac{{C}_0}{{C}_{t}}

C0 est la concentration de radiocarbone de l'échantillon à l'instant t0 de la mort de l'organisme d'où provient l'échantillon ({C}_0\approx10^{-12}\ ) et λ la constante radioactive du carbone 14 (\lambda=\frac{\ln2}{t_{\frac{1}{2}}}\approx1,210\cdot10^{-4}\ \mathrm{ans}^{-1}).

Période radioactive conventionnelle


L'âge carbone 14 conventionnel d'un échantillon de matière organique est calculé à partir d'une période conventionnelle de 5568 ans, calculée en 1950 à partir d’une série de mesures. Depuis, des mesures plus précises ont été réalisées, et donnent une période de 5730 ans, mais les laboratoires continuent à utiliser la valeur "conventionnelle" pour éviter les confusions.

Les résultats sont donnés en années « before present » (BP). Le point zéro (à partir duquel est mesuré le temps écoulé depuis la mort de l'organisme dont cette matière est issue) est fixé à 1950, en supposant un niveau de radiocarbone égal à celui de 1950 car depuis la pollution a grandement modifié le taux atmosphérique du dioxyde de carbone !

Courbes d'étalonnage

Au début des années 1960, certaines divergences systématiques observées entre l'âge d'échantillons estimé par la datation par le carbone 14 et par l'archéologie ou la dendrochronologie posent problème.

Même si le flux de rayons cosmiques à l'origine de la formation du carbone 14 peut être supposé constant, la recherche spatiale a mis en évidence que la quantité de ce flux reçu dans la haute atmosphère terrestre variait suite aux évolutions du champ magnétique terrestre et du champ magnétique solaire. Ceci explique que le taux de production du radiocarbone naturel ait varié au cours du temps.

Les changements climatiques ainsi que le rejet massif de carbone fossile dans l’atmosphère par l’industrie et les transports ont également modifié la quantité totale de carbone dans les trois réservoirs (atmosphère, océans et biosphère). Enfin, durant les années 1950 et 1960, on a pensé que les essais nucléaires étaient la cause du presque doublement de la quantité de radiocarbone dans l’atmosphère. Toutefois ces phénomènes récents n'ont pas d'impact sur la datation d'objets anciens, dont le rapport 14C/C ne dépend que de leur âge, et du taux 14C/C à la date de leur arrêt d'activité biologique.

En conclusion, le rapport 14C/C total dans la biosphère n'est pas constant dans le temps. Il est donc nécessaire de construire des courbes d'étalonnage en confrontant les datations obtenues grâce au carbone 14 et les datations par d’autres méthodes telles que la dendrochronologie.

Ces courbes permettent, connaissant "l'âge carbone 14 conventionnel" d’un échantillon, de trouver la date correspondante dans notre calendrier.


Autres corrections


Les véhicules équipés de moteurs à combustion interne utilisent des produits pétroliers qui ne contiennent que des isotopes stables du carbone, 12C et 13C ; la totalité du 14C ayant disparu au cours de la longue durée d'enfouissement des combustibles fossiles.

Ainsi, la datation par le 14C d'un arbuste poussant en bordure des autoroutes pourra fréquemment lui attribuer un "âge conventionnel" de douze mille ans ou plus.

Des tables de correction existent donc pour permettre des datations liées à la révolution industrielle, en fonction des lieux d'émissions de gaz carbonés dépourvus en carbone 14, issus de combustibles fossiles.

 

Limites de la datation par le carbone 14

La datation par le carbone 14 est une méthode très utilisée par les archéologues, mais son utilisation présente quelques limites :

  • l'élément que l'on veut dater doit avoir incorporé du carbone dans des proportions équivalentes à celles de l'atmosphère ; elle ne s'applique donc qu'aux matériaux organiques et pas du tout aux produits minéraux ;
  • la méthode s'appuie sur le principe d'actualisme et suppose que le rapport 14C/C est resté constant depuis la mort de l'élément à dater jusqu'à aujourd'hui ; ce n'est pas tout à fait le cas et des corrections sont donc nécessaires (cf. ci-dessus) ;
  • la fermeture du système de l'élément à dater est aussi indispensable ; s'il incorpore de nouveaux atomes de carbone après sa mort, le rapport 14C/C est bouleversé et le résultat ne sera pas fiable ;

la quantité de carbone radioactif diminue de moitié tous les 5 730 ans, qui est la valeur de la période de cet élément ; on ne peut donc dater que des éléments datant de moins de 50 000 ans au maximum (soit environ huit périodes) et les résultats sont relativement approximatifs au-delà de 35 000 ans ; pour des âges plus anciens, on utilisera alors d'autres méthodes comme la datation au potassium-argon ou la datation par le couple rubidium-strontium qui permettent de dater des roches ou la thermoluminescence, qui permet de dater des roches ou des sédiments qui ont été brûlés.


source auteurs

Traceur isotopique


Découverte

Le carbone 14 a été découvert le 27 février 1940 par Martin Kamen du Radiation Laboratory et Samuel Ruben du département de Chimie de l'Université de Californie, Berkeley.

Dès 1934, à Yale, Franz Kurie suggère l'existence du carbone 14. Il observe en effet que l'exposition d'azote à des neutrons rapides produit parfois dans une chambre à brouillard de Wilson une longue trace fine au lieu de la courte trace plus épaisse laissée par une particule alpha. Dès 1936, il est établi que les neutrons rapides réagissent avec l'azote pour donner du bore tandis que les neutrons lents réagissent avec l'azote pour former du carbone 14. Ceci correspond à la « découverte au sens physique » du carbone 14 par opposition à sa « découverte au sens chimique », c'est-à-dire sa production en quantité suffisante pour pouvoir mesurer une activité.

Kamen et Ruben collaborent à des recherches interdisciplinaires sur les traceurs biologiques dans le but de déterminer le produit initial de la fixation du dioxyde de carbone lors de la photosynthèse. L'utilisation du carbone 11 comme traceur est très difficile en raison de sa courte période radioactive (21 minutes). Ruben essaye cependant de développer une technique d'étude de la photosynthèse : il fait pousser une plante en présence de dioxyde de carbone contenant du carbone 11, la tue, puis sépare et analyse ses composants chimiques, avant que la radioactivité ne devienne indétectable, pour trouver quels composants contiennent le traceur. L'échec de cette technique stimule la recherche d'un autre isotope radioactif à plus longue période radioactive, le carbone 14.



source auteurs

Le Saint Suaire

Une des principales sources de financement du Radiation Laboratory est la fabrication dans ses
cyclotrons de radioisotopes pour la recherche biomédicale. À la fin de l'année 1939, Ernest Orlando Lawrence, directeur du Radiation Laboratory, est inquiet de la concurrence d'isotopes stables rares comme le carbone 13, l'azote 15 ou l'oxygène 18 qui peuvent se substituer aux radioisotopes comme traceurs biologiques. Il offre à Kamen et Ruben un accès illimité aux cyclotrons de 37 et 60 pouces pour rechercher des radioisotopes de périodes radioactives plus élevées pour les principaux éléments présents dans les composés organiques : hydrogène, carbone, azote ou oxygène.



source auteurs

Cette campagne de recherche systématique commence par le carbone. Kamen et Ruben bombardent du graphite avec des deutons (noyaux de
deutérium). La faible activité qu'ils mesurent le 27 février 1940, d'environ quatre fois le bruit de fond, confirme l'existence du carbone 14 avec une période radioactive qui se révèle bien supérieure (plusieurs milliers d'années) à ce que prévoyait la théorie. Cette période radioactive élevée, et donc la faible activité du carbone 14, explique pourquoi celui-ci n'a pas été découvert auparavant.

Kamen et Ruben constatent par la suite que la réaction de neutrons lents avec de l'azote pour donner du carbone 14 est nettement plus productive que la réaction deuton-carbone 13.

L'application du carbone 14 comme traceur biologique reste toutefois limitée par son coût de production, le cyclotron étant la seule source de neutrons disponible.

Après la Seconde Guerre mondiale, le développement des réacteurs nucléaires, qui utilisent le graphite comme modérateur, autorise la production massive de carbone 14, dont l'emploi se répand dans tous les domaines de recherche biomédicale.


source auteurs

Traceur isotopique


Les traceurs isotopiques sont utilisés en chimie, en hydrochimie, en géologie isotopique et en biochimie afin de mieux comprendre certaines réactions chimiques et interactions. Dans cette technique, un (ou plusieurs) atome(s) de la molécule qui intervient dans la réaction étudiée est remplacé par un autre isotope du même élément chimique (cet isotope est souvent radioactif). Comme par définition cet isotope a le même nombre de protons et d’électrons que l’atome auquel il se substitue, il se comporte d’un point de vue chimique presque exactement comme ce dernier, et n’interfère pas, à quelques exceptions près, avec la réaction étudiée. Comme il n’a pas le même nombre de neutrons, il peut cependant être distingué des autres isotopes du même élément.

La résonance magnétique nucléaire (RMN) utilise ce type de technique pour étudier les mécanismes de réactions chimiques en essayant de trouver la position d’un atome à la fin d’une réaction. La RMN permet en effet non seulement de distinguer un isotope mais également de le localiser.


La
spectrométrie de masse ou l’autoradiographie peuvent également être utilisées pour distinguer un isotope.

Source Wikipédia.

LIEN historique & auteurs

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un
contrat Creative Commons.

 

.

commentaires

LA PRÉHISTOIRE.

Publié le 26 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA


Préhistoire

La Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre l’apparition de l’Humanité et l’apparition des premiers documents écrits, même si cette définition n’est pas sans poser des problèmes.


La Préhistoire est aussi la discipline scientifique qui étudie cette période (voir préhistoire)

Problèmes liés à la définition de la Préhistoire


La définition classique de la Préhistoire pose un certain nombre de problèmes, notamment en ce qui concerne les critères retenus pour son début et sa fin, mais aussi pour la datation de ses limites.

Début de la Préhistoire


La Préhistoire commence avec l'apparition de l’Homme, or celle-ci est le fruit d’une lente évolution sur plusieurs centaines de milliers d’années, depuis un Hominidé indéterminé. Ce début varie selon les chercheurs en fonction des critères utilisés pour définir l’Homme, qui peuvent être anthropologiques, culturels voire philosophiques…

Le genre Homo apparaît avec Homo rudolfensis (-2,9 Ma) puis Homo habilis (-2,4 Ma), deux espèces qui ont coexisté en Afrique de l’Est. Ces deux espèces avaient adopté une locomotion bipède et produisaient probablement des outils, deux traits qui ont longtemps été considérés comme propres au genre humain. Des découvertes plus récentes ont montré que les Australopithèques qui ont précédé avaient eux aussi adopté une locomotion partiellement bipède. D’autre part, les plus anciennes industries lithiques sont contemporaines de représentants du genre Homo mais aussi de Paranthropes, formes robustes d’Australopithèques, et il est impossible de déterminer quel est l’auteur de ces industries.

Selon que l’on considère que l’Homme est représenté par le seul genre Homo ou également par le genre Australopithecus, la Préhistoire débute donc respectivement il y a environ entre 3 et 5 Ma.


« Lucy », un fossile relativement complet d'Australopithecus afarensis découvert en Éthiopie en 1974

Fin de la Préhistoire


L’utilisation de l’apparition de l’
écriture, vers 3000 avant notre ère, comme critère marquant la fin de la Préhistoire est problématique à plus d’un titre :

  • celle-ci n’apparaît pas à la même date dans toutes les zones géographiques ;
  • il existe des sociétés n’ayant pas adopté l’écriture, dont la tradition orale est très forte, comme certaines civilisations d’Amérique précolombienne ou d’Afrique sub-saharienne, qui ont peu de choses en commun avec les sociétés préhistoriques.

La notion de Protohistoire a été introduite pour les populations ne possédant pas elles-mêmes l’écriture, mais qui sont mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains . Cette notion n’est pas entièrement satisfaisante.

 


Objet de pierre taillée découvert à Hadar en
Éthiopie (2,4 à 2,6 Ma)


Vers une définition économique et sociale

La tendance actuelle est de se baser sur des critères non plus chronologiques (trop fluctuants) mais économiques et sociaux :

  • la Préhistoire concernerait les populations dont la subsistance est assurée par la prédation. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs, pêcheurs, collecteurs exploitent des ressources naturelles disponibles sans les maîtriser. La Préhistoire stricto sensu comprendrait donc le Paléolithique, l’Épipaléolithique et le Mésolithique.
  • la Protohistoire concernerait les populations dont la subsistance est assurée par la production. Ces groupes d’éleveurs et d’agriculteurs, souvent sédentaires, exploitent des ressources qu’ils maîtrisent et qu’ils gèrent en partie. La Protohistoire comprendrait alors le Néolithique, le Chalcolithique, l'Âge du bronze et l’Âge du fer. Elle est caractérisée par une structuration croissante de la société (modification de l’habitat, agglomération, socialisation avancée, hiérarchisation, pouvoir administratif, économie avancée, monnaie, échanges commerciaux, etc.).


Tablette archaïque retrouvée à Kish

Les grandes divisions de la Préhistoire


Aspects historiques

La chronologie de la Préhistoire a commencé à être établie au XIXe siècle, à la suite des travaux des grands systématiciens du siècle précédent, Carl von Linné, Buffon, qui avaient largement fait reculer la date de l’origine de la vie sur Terre.

En 1820, Christian Jürgensen Thomsen ordonne les collections de son musée en fonction des principaux matériaux utilisés et crée une classification dite des « trois âges » :

  • l’Âge de la pierre
  • l’Âge du bronze
  • l’Âge du fer.

Si les deux derniers sont encore couramment employés, le premier est désormais tombé en désuétude. On lui préfère selon les cas les termes Paléolithique et Néolithique, introduits par John Lubbock en 1865.

 

Le Paléolithique, étymologiquement « âge de la pierre ancienne », est la période la plus ancienne, durant laquelle la pierre est seulement taillée (d'où aussi l'ancienne appellation d'« âge de la pierre taillée »).

Le Néolithique, étymologiquement « âge nouveau de la pierre », est la période plus récente, durant laquelle la pierre est taillée mais aussi travaillée par polissage (d'où aussi l'ancienne appellation d'« âge de la pierre polie »).

 


Jacques Boucher de Perthes, l'un des pères de la Préhistoire

Les découvertes et les écrits de pionniers tels que Paul Tournal (1821), Jean-Baptiste Noulet (1851) et surtout Jacques Boucher de Perthes (1846 à 1864) contribuent à faire accepter l’idée de la très haute antiquité de l’Homme.

S’inspirant de la chronologie utilisée en Géologie, Édouard Lartet propose en 1861 une chronologie fondée sur les espèces successives de grands mammifères dominants. Seul l’Âge du Renne est encore parfois utilisé pour désigner le Magdalénien.

En 1869, Gabriel de Mortillet propose une nouvelle chronologie de la Préhistoire, en 14 époques successives nommées d’après les sites où elles ont été décrites et où elles sont bien représentées ; si certaines ont été abandonnées, la plupart de ces époques sont encore utilisées aujourd’hui comme l’Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien.

La chronologie a également été précisée par Henri Breuil, notamment en ce qui concerne la position stratigraphique de l’Aurignacien.



Biface acheuléen en silex de Saint-Acheul

Classification actuelle de la Préhistoire européenne


La classification actuelle fait toujours référence à un certain nombre de périodes, de durées très inégales, fondées sur les particularités de leurs cultures matérielles. Ces catégories basées sur l’étude des vestiges durables (industrie lithique essentiellement, mais aussi industrie osseuse, puis céramique et métallurgie) se sont beaucoup affinées avec les outils de recherche modernes.

Ces périodes ont avant tout une signification chronologique, rarement une signification culturelle. Pour les périodes anciennes du Paléolithique, les différences culturelles entre les industries sont difficiles à mettre en évidence et les variations peuvent aussi être liées à la fonction des sites ainsi qu’aux types de matériaux utilisés.

Le Paléolithique est un terme à connotation chronologique, créé par John Lubbock en 1865 ; il désigne l’époque de la Préhistoire durant laquelle l’Homme était encore partout un chasseur-cueilleur.


 

Le Paléolithique est subdivisé en trois ou quatre grandes périodes selon les auteurs :

  • Paléolithique archaïque (ou Très Ancien Paléolithique), entre 7 millions d’années et 1,7 million d’années environ :
    • apparition d'Hominidés disparus comme Toumaï, Orrorin ou les Australopithèques, parmi lesquels se trouvent les ancêtres de la lignée humaine ;
    • apparition des premiers outils, qui sont d'abord des galets aménagés, autrefois nommés choppers ou chopping-tools, souvent considérés comme des nucléus aujourd'hui ;
    • développement de l'Oldowayen ainsi qu'une industrie à éclats récemment découverte sur le site de Lokalelei, au Kenya.
  • Paléolithique inférieur, entre 1,7 million d’années et 500 000 ans environ :
    • apparition du biface.
  • Paléolithique moyen, entre 500 000 et 40 000 ans environ :
    • développement de la méthode de débitage Levallois ;
    • apparition de l'Homme de Néandertal ainsi que de l'Homme moderne ;
  • Paléolithique supérieur, entre 40 000 et 9 000 ans environ :
    • développement du débitage laminaire ;
    • arrivée de l’Homme moderne en Europe ;
    • disparition de l'Homme de Néandertal.



lien vers la source

Chronologie pour l'Europe


  • Paléolithique

    • Paléolithique archaïque (ou Très Ancien Paléolithique)
      • identifié à Dmanisi, en Géorgie, vers 1,8 million d'années, à Orce, sur les sites de Fuente Nueva 3 et Barranco León, en Espagne, vers 1,4-1,2 million d'années, dans la grotte du Vallonnet, en France, et à Monte Poggiolo, en Italie, vers 1 million d'années.
      • Artisans : Homo georgicus, à Dmanissi, et peut-être Homo cepranensis en Italie et Homo antecessor en Espagne.
    • Paléolithique inférieur
      • Acheuléen (industries à bifaces). Les termes d'Abbevillien et de Chelléen, qui désignaient une sorte d'Acheuléen primitif, sont aujourd'hui en voie d'abandon.
      • Artisan : Homo heidelbergensis (Atapuerca en Espagne, Mauer en Allemagne, Caune de l'Arago à Tautavel en France).
    • Paléolithique moyen
      • Moustérien, avec différents faciès caractérisés par l'utilisation plus ou moins systématique du débitage Levallois.
      • Artisan : Homme de Néandertal en Europe et Homme anatomiquement moderne, Homo sapiens, au Proche-Orient.
    • Paléolithique supérieur (arrivée de Homo sapiens en Europe)
      • Industries dites de transition (40 000 - 30 000 ans environ), au sein desquelles le débitage laminaire se généralise, comme le Châtelperronien, en France et en Espagne, et l'Uluzzien en Italie. Artisans : probablement Homme de Néandertal pour le Châtelperronien, inconnu pour les autres industries de transition.
      • Aurignacien (40 000 – 29 000 ans) : première culture de l’Homme moderne en Europe. L’Aurignacien se caractérise par un débitage laminaire, ainsi que des outils caractéristiques, comme les grattoirs sur lame d’une forme étranglée ainsi que des pointes de sagaies à base fendue pour faciliter leur emmanchement. L'art mobilier et pariétal fait son apparition, avec de nombreuses statuettes et des figurations pariétales en grottes, notamment dans la grotte Chauvet.
      • Gravettien (29 000 – 21 000 ans) : il se caractérise par l’apparition d’une retouche abrupte particulière, permettant de créer un dos sur les lames, une surface plane plus facile à encoller sur une sagaie avec de la glu ou du mastic, et à fixer à l’aide d’une corde ou de taffetas. Les grottes sont toujours ornées (grotte Cosquer, Gargas, Mayenne-Sciences), avec en particulier des mains négatives et des ponctuations. Dans toute l’Europe, apparaissent des statuettes féminines aux fesses rebondies, surnommées Vénus, aux hanches généreuses et à la poitrine énorme et tombante, comme la Vénus de Willendorf. Il pourrait s’agir de symboles de fécondité.
      • Solutréen (21 000 – 18 000 ans), seulement identifié à l'ouest du Rhône, en France, en Espagne et au Portugal. Les tailleurs solutréens façonnaient des outils extrêmement fins, retouchés sur les deux faces, au tranchant fin et effilé. Le plus célèbre est l'outil surnommé « feuille de laurier », en raison de sa finesse. C’est également au Solutréen qu’apparaissent deux outils majeurs : l’aiguille à chas, qui permet de coudre les vêtements, et le propulseur, qui permet de démultiplier la puissance et la distance de jet des sagaies.
      • Épigravettien, présent à l'Est du Rhône, en France et en Italie.
      • Badegoulien (19 000 - 17 000) : connu seulement en France et en Suisse, il correspond à l'ancienne dénomination « Magdalénien ancien ». Il se différencie nettement du Magadalénien stricto sensu du point de vue technique (débitage d'éclats) et typologique (abondance des grattoirs et des outils archaïques, rareté des burins et des lamelles à dos).
      • Magdalénien (17 000 – 9 000 ans) : le Magdalénien est le dernier complexe du Paléolithique supérieur, qui voit la fin de la dernière glaciation et l’apparition progressive des conditions climatiques actuelles. Le grand développement du travail de l’os et du bois de cervidé culmine avec l’invention du harpon. Les magdaléniens pratiquent une chasse souvent considérée comme spécialisée, car certains sites ne livrent les restes que d'une seule espèce, comme le cheval ou le renne. Sur certains sites, seul le saumon est pêché. L’exploitation des territoires acquiert une plus grande extension : il arrive que des matières premières ou des coquillages soient retrouvés à des centaines de kilomètres de leur lieu d'origine, mais il est alors difficile de savoir s'il s'agit d'acquisitions directes ou par échange. L'art pariétal est particulièrement riche et diversifié (Rouffignac, Niaux, Roc-aux-Sorciers, Altamira, etc.). Le Magdalénien est présent en Europe occidentale (Péninsule ibérique, France, Suisse, Allemagne et Pologne ).
  • Épipaléolithique
    • Azilien
    • Valorguien
    • Montadien
  • Mésolithique

Période durant laquelle l’Homme, encore chasseur-cueilleur, est confronté à la fin de l’époque glaciaire et à la modification de l’environnement, avec en particulier le développement des forêts.

    • Sauveterrien
    • Tardenoisien
    • Castelnovien
    • Maglemosien
  • Néolithique
    • Cardial (courant de néolithisation Méditerranéen)
    • Danubien (courant de néolithisation centre Européen)
    • Chasséen (sud de la France)
  • Âge du bronze
    • Bronze ancien
    • Bronze moyen
    • Bronze final
  • Âge du fer
    • Hallstatt (voir celtes)
    • La Tène (voir celtes)

La plupart de ces termes ont une valeur limitée géographiquement et souvent, plus la période est récente, plus la zone géographique concernée est restreinte. Pour d'autres régions du globe, d'autres cultures se sont développées comme le Paléoindien et le Formatif pour l’Amérique du Nord, ou le Jomon pour le Japon.

Il existe d’autres catégories, de moindre durée, qui ne sont pas reconnues dans toutes les régions du globe ou par l’ensemble de la communauté scientifique. C’est le cas, par exemple, de l’Âge du cuivre ou du Chalcolithique.

 

Les grandes subdivisions chronologiques de la préhistoire et de la protohistoire

De
Limite supérieure
à
Limite inférieure
Terminologie
0 - 2 700 Age du fer Holocène  
- 2 700 - 3 750 Age du bronze   Protohistoire
- 3 750 - 3 950 Age du cuivre    
- 3 950 - 4 500 Néolithique final    
- 4 500 - 5 300 Néolithique moyen    
- 5 300 - 6 500 Néolithique ancien    
de - 9 500
à - 6 500
de -12 000
à - 9 500
Mésolithique ou Epipaléolithique    
 
- 12 000 de - 40 000
à - 30 000
Paléolithique supérieur Pléistocène supérieur Préhistoire
de - 40 000
à - 30 000
- 275 000 Paléolithique moyen    
Pléistocène moyen
- 250 000 - 530 000 Paléolithique inférieur    
- 500 000 - 1 800 000 Très ancien Paléolithique    

D'après Bruno Maureille, Les premières sépultures. Ed. Le Collège de la Cité


Quelques dates importantes

  • Paléolithique
    • Il y a 5 Ma : apparition des Australopithèques
    • Il y a 3 Ma : apparition d’Homo rudolfensis souvent considéré comme le premier représentant du genre humain
    • Il y a 400 000 ans : domestication du feu à Menez-Dregan et Vértesszőlős
    • Il y a 100 000 ans : premières sépultures au Proche-Orient
    • Il y a 30 000 ans : en Europe, Homo sapiens est la seule espèce humaine restante après la disparition de l’Homme de Néandertal
    • Il y a 20 000 ans : peintures de Lascaux.
  • Néolithique
    • Vers -10 000 : premiers villages (Çatal Hüyük en Turquie)
    • Vers -4 500 / -2 000 : mégalithisme (dolmens et menhirs)
    • Vers 3 300 av. J.-C. : invention de l’écriture en Égypte et Mésopotamie, fin de la Préhistoire.



lien vers la source

Sources : Wikipédia, Bruno Maureille, Hominidés.com

LIEN historique & auteurs.

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

commentaires

LA SALAMANDRE.

Publié le 24 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA

Salamandra salamandra

800px-Feuersalamander_portrait.jpg
La Salamandre terrestre (Salamandra salamandra), également appelée Salamandre commune, Salamandre tachetée ou Salamandre de feu, est une espèce de salamandres appartenant à la famille des Salamandridae. Son aspect très particulier et très visible la rend difficile à confondre avec une autre espèce : un long corps noir mesurant dans les 20 cm, tacheté de jaune (parfois d'orange) à la peau luisante semblant huileuse. Elle se déplace lentement, d'une démarche pataude et a la particularité de pouvoir régénérer des parties perdues ou blessées de son corps très rapidement et de se défendre par la sécrétion d'une neurotoxine, le samandarin.

Il en existe principalement deux sous-espèces : Salamandra salamandra salamandra et Salamandra salamandra terrestris dont les taches forment des bandes jaunes (voir le paragraphe Nomenclature et systématique pour la liste complète).

 

Nomenclature et systématique

En ce qui concerne les populations d'Europe centrale, on différencie deux sous-espèces selon les motifs des taches jaunes du dos de l'animal :

  • la Salamandre tachetée à bandes (Salamandra salamandra terrestris), répandue dans l'ouest et le centre de l'Europe,
  • la Salamandre tachetée européenne, ou méridionale, qui est la forme nominale (Salamandra salamandra salamandra), répandue vers l'est et le centre de l'Europe.

Dans certaines régions d'Europe les aires de répartition des deux sous-espèces se chevauchent, comme par exemple dans la région Rhin-Main en Allemagne.

 

799px-SalamandraSalamandraMap.png
Synonymes

La salamandre tachetée a été décrite plusieurs fois par les scientifiques : les synonymes suivants (parmi d'autres) ont donc été développés à part du nom scientifique valide actuellement :

  • Lacerta salamandra (Linnaeus, 1758) (Lacerta signifie « lézard », ce qui est erroné d'un point de vue systématique, les lézards appartenants à la classe paraphylétique des Reptiles)
  • Salamandra maculata (Schrank, 1786)
  • Salamandra salamandra terrestris (Lacepede, 1788)
  • Triton corthyphorus (Wagler, 1820)
  • Salamandra vulgaris (Cloquet, 1827)
  • Salamandra maculosa var. nera (Doderlein, 1872)
  • Salamandra maculosa var. pezzata (Doderlein, 1872)
  • Salamandra salamandra (Lönnberg, 1896)

Le synonyme Salamandra maculosa (l'épithète maculosa signifiant « ponctué, taché ») a été jusqu'en 1955 le nom scientifique courant. Même si l'on ne considère que les deux sous-espèces principales (Salamandra salamandra salamandra et S. s. terrestris) près de trente synonymes peuvent être distingués. Selon les pays, de nombreux noms communs sont également associés à la salamandre tachetée. L'espèce est généralement désignée salamandre de feu, salamandre terrestre ou commune, mais possède plusieurs autres noms régionaux à travers les pays où elle est répandue.

 

Sous-espèces

On différencie actuellement environ 15 sous-espèces. La classification évolue rapidement, les données présentées ci-dessous sont donc à prendre avec précaution. Du fait des recherches en génétique, trois taxons anciennement considérés comme des sous-espèces de Salamandra salamandra sont d'ailleurs désormais considérés comme des espèces à part entière :

  • Salamandra corsica Savi, 1838, la Salamandre de Corse,
  • Salamandra algira Bedriaga, 1883, la Salamandre nord-africaine,
  • Salamandra infraimmaculata (Martens, 1885).

Des observations qui intègrent une étroite aire de diffusion de Salamandra salamandra en Afrique du Nord (au nord du Maroc avec des présences ponctuelles et isolées en Algérie voire en Tunisie) ainsi que de plus petits secteurs au Proche-Orient (entre autres en Turquie, au Liban et au nord d'Israel) n'ont pas encore pris en considération ces évolutions dans la classification.

Les sous-espèces fastuosa et bernadezi sont vivipares - les autres sont ovovivipares. La plupart du temps, les sous-espèces possèdent des caractéristiques de coloration permettant de les identifier facilement (par exemple gigliolii presque toute jaune), mais de grandes variations interindividuelles existent au sein d'une même sous-espèce ou d'une population. La sous-espèce bernardezi constitue un exemple parfait de ce phénomène.

  • S. s. alfredschmidti (Köhler, G. & S. Steinfartz, 2006) est une sous-espèce décrite très récemment, présente en Espagne seulement dans la vallée de Tendi, en Asturies.
  • Salamandra salamandra almanzoris (Müller et Hellmich, 1935), dans les anciens glaciers de Gredos, Espagne, dont les individus sont plus petits que la sous-espèce nominale, essentiellement noirs et ont la queue comprimée.
  • Salamandra salamandra bejarae (Mertens et Müller, 1940), massifs montagneux d'Espagne Centrale.
  • Salamandra salamandra bernardezi (Gasser, 1978), en Asturies, et en Galice septentrionale et orientale, en Espagne ; les individus ressemblent à fastuosa, mais sont souvent plus petits. Certaines populations sont néanmoins très différentes, uniformément marron avec la tête jaune.
  • Salamandra salamandra beschkovi (Obst, 1981), dans les monts Pirin en Bulgarie ; les animaux présentent des extrémités courtes, et ont parfois une bande médiane jaune sur le dos.
  • Salamandra salamandra crespoi (Malkmus, 1983), région de l'Algarve, à l'extrême sud du Portugal, est souvent très grand avec des tâches jaunes aux contours irréguliers et mal définis.
  • Salamandra salamandra fastuosa (Eiselt, 1958) dans les Pyrénées centrales et occidentale et l'est de la chaîne cantabrique ; les taches jaunes forment deux lignes dorsales continues avec une ligne supplémentaire sur chaque flanc ; la sous-espèce bonalli est désormais considérée comme un synonyme de fastuosa
  • Salamandra salamandra gallaica (Nikolskii, 1918) dans tout le Portugal et une partie du nord de l'Espagne, a des tâches souvent ternes et rougeâtres sur la tête.
  • Salamandra salamandra gigliolii (Eiselt et Lanza, 1956) en Italie méridionale ; souvent très colorés en jaune, ces individus peuvent présenter des tâches rouges sur le ventre.
  • Salamandra salamandra hispanica (Mertens et Muller, 1940) dans la province de Barcelone en Espagne ; la légitimité de cette sous-espèce est remise en question, il s'agirait peut-être d'un synonyme de S. s. terrestris.
  • Salamandra salamandra longirostris (Joger et Steinfartz, 1994) possède une tache caractéristique recouvrant chaque œil et chaque glande pariétale et d'autres tâches sur le reste du corps.
  • Salamandra salamandra morenica (Joger et Steinfartz, 1994), identifié en 1994 dans la Sierra Morena, près de Cazalla de la Sierra dans la province de Séville en Espagne, possède de petites tâches, avec beaucoup de rouge sur la tête et moins sur le corps, la queue et les pattes.
  • Salamandra salamandra salamandra (Linnaeus, 1758), sous-espèce nominale, en Europe Centrale et méridionale ; cette sous-espèce présente un motif irrégulier de taches jaunes, parfois orange.
  • Salamandra salamandra terrestris (Eiselt, 1958) en Europe occidentale (grande majorité de la France, Benelux, Allemagne) : les tâches jaunes forment souvent deux lignes discontinues le long du dos. En France, c'est très majoritairement cette sous-espèce que l'on rencontre.
  • Salamandra salamandra werneri (Sochurek et Gayda, 1941) sur le Mont Pélion en Grèce.

 

Habitat naturel et répartition 
 

La salamandre tachetée reste habituellement cachée dans la journée dans des cavités humides, sous des pierres ou des écorces, ou dans des troncs d'arbres pourris. Il est possible de trouver des salamandres dans les regards de compteur d'eau, du fait de l'humidité et de la chaleur. Elle peut exceptionnellement se montrer la journée lorsque le temps est humide et tiède, ou quand elle a été dérangée. Chez la salamandre tachetée, seule la larve est aquatique. Nombre de salamandres sont mortes dans des aquariums où on avait - à tort - cru pouvoir les faire vivre. Les individus adultes sont en effet dans une large mesure indépendants des eaux de surface et passent leur existence cachés dans des trous, des grottes, sous le bois mort, les pierres plates, entre les blocs de pierre et sous les racines des arbres, ou dans le système lacunaire du sol, par exemple dans les galeries de petits mammifères. Les résurgences de sources calmes en forêt offrent également de bonnes possibilités d'abri.


800px-Gain.jpg
Les forêts fraiches et humides de moyenne montagne, avec du bois mort au sol, constituent son habitat préféré

Essentiellement nocturne, on peut rencontrer la salamandre tachetée durant la journée, après ou durant de fortes précipitations. Parmi les amphibiens, cette espèce est la plus proche des milieux forestiers. Elle préfère les boisements mixtes, s'ils présentent une certaine humidité au sol. Les boisements purs de conifères sont en général évités, bien que soient parfois tolérées les forêts de sapin avec une couche herbacée et muscinale bien développée.

Accessoirement on peut trouver la salamandre tachetée dans les cimetières boisés avec de vieux arbres, à proximité de zones forestières. Ces habitats de substitution proposent de nombreux avantages aux salamandres : la proximité de zones boisées, un habitat varié avec de nombreuses caches, plusieurs points d'eau (bassines, robinets, coupes de fleurs, etc.), le calme durant la période d'activité nocturne des salamandres.

Des indications sur les préférences d'habitats des larves sont données dans la section « Mode de vie et comportement/Reproduction ».

 
Felsenmeer_b_J%C3%A4gerfelsen.jpg
Les blocs de pierres sont des endroits de repos souvent utilisés

Répartition générale en Europe
 


La salamandre tachetée est répandue, comme le montre sa carte de répartition, sur de larges parties de l'Europe de l’Ouest, centrale, méridionale et du sud-est. La limite nord s'étend de l'Allemagne centrale et septentrionale, puis vers le sud-est le long des Carpates jusqu'en Ukraine et Roumanie, et vers le sud par-delà la Bulgarie jusqu'en Grèce, où la répartition de l'espèce est considérablement déterminée par les montagnes du sud-est de l'Europe. La limite de répartition de la salamandre tachetée au sud-ouest de l'Europe est formée par la péninsule Ibérique, où l'espèce est absente d'une grande partie de l'Espagne, excepté au nord du pays.

Elle est absente du Royaume-Uni, d'Irlande, et dans toute la Scandinavie.

 

Répartition en France 

La sous-espèce salamandra peuple le sud-est de la France, à l'est d'une ligne joignant Saint-Tropez à Seyne-les-Alpes. Elle cohabite avec la sous-espèce terrestris dans les Pyrénées (environs de Luchon et Sarrouilles) et le Doubs. On peut aussi en trouver dans la région du Cap de la Hague, au Nord de la France.

Cette dernière se rencontre en Provence à l'ouest de la zone peuplée par la sous-espèce type et jusqu'en Camargue.on en rencontre également dans le sud ouest de la France,région de l'Aude à Salles sur l'Hers (11410),à proximité de Castelnaudary

La sous-espèce fastuosa peuple les Pyrénées centrales.

 

Répartition en Allemagne

Dans ce pays relativement plat, la salamandre tachetée se trouve seulement dans les collines boisées et les régions montagneuses, en particulier dans l'ouest, le centre et le sud-ouest du pays. S'y ajoute une série de régions interconnectées comme les monts Métallifères, le nord et l'est de la Bavière.

Au nord-est de l'Allemagne se trouvent quelques populations isolées, en particulier dans la région des landes de Lunebourg. L'espèce est absente du nord-est du pays, (elle ne traverse pas le fleuve Elbe vers l'est). Au sud-est de la Bavière, au sud du Danube, une importante région non peuplée existe également. La limite de répartition altitudinale est approximativement de 200 à 450 mètres au dessus du niveau de la mer ; quelques populations sont connues au-delà de cette limite, par exemple à 650 mètres d'altitude dans le massif montagneux du Harz et à 1000 mètres dans la Forêt-Noire et les Alpes. Il existe quelques observations isolées en Basse-Saxe en dessous de 100 mètres d'altitude, par exemple dans la réserve naturelle de la forêt de Hasbruch dans le district de Oldenburg (25 mètres d'altitude).


311px-Feuersalamander.jpg
Salamandre dans sa cache journalière, camouflée par la végétation

Quelques individus adultes ont été également découverts au nord dans la plaine du Rhin supérieur dans des secteurs topographiquement bas. On ne dispose cependant pas encore de preuves certaines de reproduction de la salamandre tachetée en plaine. La plupart de celles-ci auraient été entraînées, au stade larvaire voire au stade adulte, des avants-monts ainsi que des stations de la Forêt noire limitrophes vers la plaine lors d'épisodes de crue.

Pour illustrer cela, un exemple de la région naturelle du "Vorderer ((fr) Avant) Odenwald", dans le secteur autour d'Heidelberg, où la Salamandre tachetée est encore très commune : la topographie dans ce secteur est très variée ; les pentes boisées voisines du massif du Königstuhl (jusqu'à 566 mètres d'altitude), très abruptes, présentent de nombreux petits ravins et plusieurs vallées annexes dans la vallée du Neckar et la plaine du Rhin. Les ravins riches en végétation sont accompagnés de ruisseaux clairs et d'innombrables « lames », qui satisfont idéalement aux exigences de la Salamandre tachetée, grâce à une humidité de l'air supérieur à la moyenne.

Ainsi, comme peut le comprendre le connaisseur d'amphibiens, il n'est pas anormal de voir émerger des salamandres, après de fortes pluies ou de violents orages, en pleine ville et dans les mares de jardin, les accès de cave ou les installations de canalisation, qui explorent leur nouvel environnement. À partir d'ici les animaux migrent contraints et forcés vers de nouveaux habitats plutôt atypiques, puisque leur retour est interdit par plusieurs obstacles insurmontables vers leur habitat naturel d'origine. On retrouve ainsi des salamandres tachetées dans des situations de très basses en altitude autour de Heidelberg, près des maisons, dans des jardins, des pépinières, des champs de vignes, etc.

Quelques stations de Salamandre tachetée sont encore très certainement inconnues. Du fait de leur mode de vie caché et leur activité nocturne, particulièrement durant les épisodes de mauvais temps, ces amphibiens peuvent s'établir dans un habitat durant plusieurs décennies, sans qu'aucun humain ne les aperçoive jamais, en dépit de leurs couleurs remarquables.

 

Description et caractéristiques 

 

Taille et coloration du corps 

 

Taille

Les salamandres adultes d'Europe centrale peuvent atteindre une taille maximale de 23-25 centimètres et une masse corporelle d'environ 40 grammes, certaines sous-espèces non-Européennes peuvent atteindre des tailles bien supérieures, comme la sous-espèce autochtone d'Israël. Le poids peut cependant varier selon le nombre de proies avalées et d'autre part parce que les femelles adultes contiennent des larves en développement dans leur ventre au printemps. Un individu de 19 centimètres bien nourri peut aisément atteindre 55 grammes ou plus, notamment pour les femelles fécondées.

Des études dans le cadre d'une cartographie des forêts autour de Heidelberg en Allemagne ont montré que la taille de 20 centimètres n'était atteinte que par la sous-espèce à bandes (S. s. terrestris). La salamandre tachetée méridionale (S. s. salamandra) atteint en comparaison seulement 16 centimètres de long, rarement 20. Les femelles deviennent en moyenne plus grandes que les mâles et avec un poids souvent supérieur à 50 grammes sont plus lourdes.

 

Salamandra_salamandra_%28Marek_Szczepane
La salamandre est un animal typiquement forestier, des landes ou du bocage dense

Description
 

C'est un animal nocturne, muni de grands yeux noirs adaptés à la vision nocturne et crépusculaire. La peau lisse et noire de la salamandre tachetée est interrompue sur le dos par un motif jaune, occasionnellement orange à rouge, de points et/ou de lignes. Par la variabilité de ce motif, on peut identifier les individus séparément. À cet égard la documentation photographique du dessin dorsal a fonctionné de façon satisfaisante comme méthode fiable. Néanmoins, dans les régions où les deux aires de répartition se chevauchent (essentiellement dans certaines régions d'Allemagne), ce niveau élevé de variation du motif dorsal rend difficile le classement des individus dans l'une ou l'autre des deux sous-espèces les plus communes (terrestris et salamandra).

De plus, il semble que pour la sous-espèce terrestris le dessin des taches change encore clairement durant les deux premières années. Dans certains cas exceptionnels on peut trouver des salamandres tachetées sans taches, entièrement noires. Parfois des salamandres blanchâtres, albinos, sont observées.


Feuersalamander_rot1.jpg
Rare coloration dorsale orange

Les larves de salamandres présentent des marques jaunâtres et/ou brillantes à la base des pattes, dans leur partie proximale. Ces marques permettent de faire la différence avec les larves de tritons dans les biotopes où ils sont tous les deux présents.

À l'instar d'autres espèces d'amphibiens, certains facteurs écologiques prédominants peuvent affecter l'intensité de la coloration des Salamandres. sur des sols jaunâtres, par exemple du Lœss, les Salamandres apparaissent souvent colorées d'un jaune plus intense. Sur un sous-sol foncé, par exemple sur des sols de type Mor ou de tourbe brune, la coloration a une teinte plus sombre. Sous l'influence d'une sécheresse et de la chaleur, les couleurs du corps se ternissent, et lors d'une plus longue exposition à ces deux facteurs toute la surface de la peau apparait fragile et plissée. Ces modifications extérieures reflètent en même temps sûrement la mauvaise condition générale de l'animal, puisque toute la surface de la peau remplit un rôle respiratoire chez les Salamandres adultes, ne fonctionnant de façon optimale que dans un environnement humide. En soulevant et en abaissant le fond de la bouche, la salamandre peut respectivement inspirer et expirer, tout en coordonnant simultanément la fermeture et (respectivement) l'ouverture des narines. C'est le principe respiratoire de la pompe refoulante, commun chez les batraciens et les poissons à poumon.

 

Salamandre_tachetee_larve.jpg
Larve de salamandre : les taches jaunes à la base des pattes sont caractéristiques, permettant de différentier la larve de celles des tritons

Organe voméro-nasal
 

Les salamandres disposent d'un organe olfactif supplémentaire à côté du nez : c'est l'organe voméro-nasal. Il s'agit d'une longue bosse à terminaison aveugle située sur la face externe des conduits nasaux, dont l'épithélium contient des cellules olfactives reliées aux nerfs olfactifs du nez.

Cet organe facilite probablement l'union avec le partenaire sexuel et/ou aide l'animal à s'orienter sur le terrain. Il est possible que l'étonnante fidélité de la salamandre aux zones de frai ainsi qu'à ses quartiers d'hiver et d'été soit en relation étroite avec cet organe olfactif.

 

Glandes parotoïdes 

Situées juste derrière les yeux, les très surprenantes glandes parotoïdes (ou parotides) sont caractéristiques de l'espèce, et sont par exemple absentes chez les tritons. Toutefois on les trouve également chez la salamandre noire ou les crapauds (au sens strict, c’est-à-dire le genre Bufo). Pour la protection contre les ennemis, les glandes parotoïdes ainsi que des rangées de glandes dorsales peuvent excréter une sécrétion empoisonnée. Soumise à un stress important, une salamandre est même en mesure de décharger le poison jusqu'à un mètre de distance. Cette capacité a cracher arbitrairement un liquide empoisonné au moyen de glandes particulières a valu à la salamandre tachetée d'être considérée dans les croyances populaires comme un animal démoniaque pourvu de capacités surnaturelles.

 

Feuersalamander_Dr%C3%BCsen.jpg
Les glandes parotoïdes de la salamandre tachetée peuvent libérer des sécrétions toxiques

Sécrétions cutanées
 

La peau épaisse et brillante de la salamandre tachetée est munie de nombreuses glandes qui sécrètent une fine couche de mucus empoisonné par une neurotoxine qui agit par contact avec les muqueuses. Les sécrétions produites par les glandes des salamandres tachetées sont classées parmi les alcaloïdes. Jusqu'ici les composés organiques Samandarin (C19H31NO), Samandaridin (C21H31NO) et Samanderon (C22H31N02) ont été identifiés.


200px-Samandarin.svg.png
Formule chimique du samandarin, alcaloïde toxique produit par la peau de la Salamandre

Normalement ces sécrétions provoquent seulement une légère brûlure - si réaction il y a - sur la peau humaine. Sur des personnes très sensibles et/ou des enfants ces sécrétions peuvent également provoquer des nausées, troubles respiratoires et des vomissements. On trouve parfois dans les nouvelles locales des symptômes d'intoxication par une salamandre tachetée. En particulier, un animal non alerté par les couleurs noires et jaunes ou inexpérimenté (comme un chiot ou un chat) qui tente de mordre ou manger une salamandre la rejette généralement immédiatement, et peut être affecté de troubles comme la contraction involontaire des muscles des mâchoires, la rigidité du cou et/ou une forte production de salive, et dans certains cas isolés la mort.

À part la protection contre les prédateurs, les sécrétions cutanées servent principalement à inhiber la croissance de bactéries et de champignons à la surface de la peau humide de l'animal (propriétés bactéricides et antifongiques).

 

Mue

Les salamandres tachetées, subissent des mues successives à intervalles réguliers, notamment au cours de la croissance. Comme pendant le processus de mue la défense par la sécrétion de toxines cutanées est fortement réduite, la salamandre effectue cette procédure essentiellement dans des endroits cachés. Elle commence la mue en frottant sa tête ou sa bouche contre du bois, des pierres ou un autre support. Après que la tête soit libérée de la vieille peau, la peau se ressere autour du cou. Si l'ancienne peau enserre trop fortement le cou, cela peut conduire dans certains cas extrêmes à une mort par suffocation, en particulier chez les jeunes spécimens. Au moyen de mouvements reptiliens et saccadés l'amphibien essaie ensuite de faire descendre la peau sous la poitrine afin de libérer ses pattes avant puis arrière pour finalement se débarrasser complètement de son ancienne peau. Si cela fonctionne, la salamandre a la partie la plus difficile de la mue derrière elle. La libération de la peau restante est comparable à enlever des bas-collants, des inégalités du sol peuvent alors être une aide précieuse. L'ancienne peau est souvent mangée. La nouvelle peau est encore humide, douce et en quelque sorte sensible après le processus de mue. Très souvent la salamandre reste ainsi pendant un certain temps avec les membres étirés. Après avoir mué, le corps noir est plus intensément contrasté.

 

Émissions sonores

Les salamandres tachetées, comme les autres membres de la famille des Salamandridae, ne possèdent pas de sacs vocaux comme les Anoures (grenouilles, crapauds, rainettes, etc.). Elles sont néanmoins capables d'émissions sonores, caractérisées tour à tour comme des grognements légers, des grognements ou des piaulements. Quelques spécialistes pensent que les phénomènes bioacoustiques chez la salamandre tachetée sont de « nature coïncidentale » et résultent de mécanismes de pression mécanique de l'air lorsque les animaux sont effrayés. Dans ce cas, ils ne représenteraient pas de vraie communication sonore, étayé par le fait que les urodèles ne possèdent pas d'oreille moyenne ni de tympan.

 

Acuité visuelle 

Le fait que les salamandres tachetées adultes puissent très bien s'orienter visuellement est prouvé par leur étonnante capacité à retrouver leurs différents lieux de vie (lieu d'hibernation, de reproduction, d'alimentation). Puisque l'orientation visuelle de la salamandre doit se faire essentiellement à l'aube et/ou durant la nuit, on s'est demandé jusqu'à quelle intensité lumineuse la salamandre tachetée pouvait encore discerner son environnement. Pour répondre à cette question, un dispositif de visualisation infrarouge a permis de déterminer que la salamandre pouvait encore reconnaître et attraper avec succès ses proies avec une intensité lumineuse de 10−4 lux. Avec une intensité lumineuse aussi faible, l'œil humain ne distingue plus rien.

 

Mode de vie et comportement 

Ne craignant pas de prédateurs, les salamandres se déplacent lentement, et comme d'autres animaux protégés par des piquants (comme par exemple les hérissons), des carapaces (tortues) ou des venins, n'hésitent pas à traverser des espaces à découvert, souvent au péril de leur vie quand il s'agit de routes fréquentées.

 

Espérance de vie 

En captivité la salamandre tachetée peut atteindre un âge avancé. On rapporte ainsi le cas d'une salamandre maintenue de 1863 à 1913 (soit 50 ans) dans un terrarium du Musée Alexander Koenig de l'institut de recherche zoologique de Bonn.

En milieu naturel, une espérance de vie supérieure à 20 ans a été scientifiquement attestée.

 

Reproduction 

La reproduction de la salamandre tachetée est un cas particulier parmi les amphibiens autochtones d'Europe Centrale. Alors que la plupart des amphibiens se rendent dans des étangs et des mares au printemps durant une certaine période, afin de s'accoupler et d'y déposer leurs oeufs, les salamandres tachetées s'accouplent exclusivement hors de l'eau. La période d'accouplement dure d'avril à septembre avec un pic d'activité en juillet. La femelle ne se rend jusqu'à une zone d'eau qu'à la la fin de la période embryonnaire, au printemps, afin de déposer les larves.

800px-DSCN5060_edited.JPG
Larve de salamandre tachetée

La salamandre tachetée atteint la maturité sexuelle en 2 à 4 ans. Les partenaires sexuels sont en dehors de la période d'accouplement - par exemple dans leur lieu d'hibernation - difficilement différentiables. Durant l'été cependant le cloaque gonfle et présente une fente longitudinale bien visible chez le mâle. Chez la femelle, la région du cloaque reste plate même durant la période de reproduction. Les partenaires sexuels se rencontrent probablement grâce aux phéromones sécrétées puis au contact physique.

Pour l'accouplement, le mâle se glisse sous la femelle et l'entoure avec ses pattes avant. La femelle absorbe avec son cloaque un petit emballage de sperme, dénommé spermatophore, déposé sur le sol par le cloaque du mâle. Après l'accouplement, la femelle porte les embryons pendant environ huit à neuf mois (on parle de développement intra-utérin). Durant cette phase de développement, les larves sont entourées par des membranes contenant un liquide très fortement concentré en urée. On suppose que cette très forte concentration d'urée contribue à augmenter la vitesse de développement des larves dans la femelle. Pour la naissance des larves la femelle se rend dans l'eau et dépose la nouvelle génération dans un endroit approprié des berges ; cela se passe essentiellement la nuit. Selon l'âge, la taille corporelle et les conditions d'alimentation de la femelle, des portées de seulement quelques salamandres jusqu'à 70 individus sont ainsi mis au monde, avec une moyenne de 30 larves. Ce nombre est très faible en comparaison de certains amphibiens (les grenouilles en pondent des milliers) mais comme les embryons se développent dans le corps de leur mère, les larves résultantes sont mieux formées et ont un meilleur taux de survie). Les membranes éclatent au moment du dépôt des larves dans l'eau. C'est ainsi que la salamandre tachetée met bas : on parle d'ovoviviparité ou larviparité. Après un accouplement réussi, la femelle garde en elle la semence du mâle durant plusieurs années. Cette stratégie de reproduction permet à la salamandre de donner de nouvelles générations sur de longues périodes sans forcément avoir de partenaire sexuel.


449px-SalamandraSalamandraLarva1.JPG
Larve de salamandre tachetée, presque parvenue au stade adulte

Les larves de salamandres tachetées, de 25 à 35 millimètres, discrètement colorées, sont mises au monde généralement dans les flaques et les petits cours d'eau forestiers mais aussi dans le secteur supérieur des rivières, de préférence dans des endroits avec une vitesse de courant faible, près des sources, ou dans les zones calmes de cours d'eau plus grands. Les salamandres tachetées apprécient aussi les fontaines peu profondes des sources calmes. Des eaux fraîches, pauvres en nutriments (oligotrophes), riches en oxygène sont communément utilisées comme lieux de reproduction. Chez les populations de salamandres tachetées situées en altitude, on n'observe parfois qu'une nouvelle génération tous les deux ans, ce qui constitue un parallèle intéressant avec la stratégie de reproduction de la salamandre noire.

 

Certaines populations de salamandres tachetées du sud de l'Europe sont capables de donner naissance à des jeunes salamandres complètement formées, vivant tout de suite sur terre - comme la Salamandre noire - on parle de Viviparité. En 1928 l'herpétologue Magdebourgeois Willy George Wolterstorff (1864-1943) rapportait ainsi des observations de naissances de jeunes salamandres complètes (respirant grâce à des poumons) à Oviedo dans le nord de l'Espagne qu'il décrivit avec quelque réserve comme la sous-espèce Salamandra maculosa taeniata forme bernardezi (S. maculosa étant un des synonymes taxonomique de S. salamandra). Cette découverte n'a tout d'abord pas attiré l'attention de la communauté scientifique, et ce n'est que dans les années 1970 que la découverte a été confirmée par d'autres collègues. Il est relativement facile de comprendre que cette évolution visant à mettre au monde des individus complètement formés, que ce soit chez la salamandre tachetée ou la salamandre noire, est une adaptation à des conditions de vie modifiées et parfois extrêmes.Salamandra atra, soumise a un climat glacial dans les Alpes, a peut-être survécu seulement parce que le développement des larves s'effectuait progressivement dans le ventre de la femelle. De la même façon, la viviparité peut être interprétée avec la salamandre tachetée en Espagne comme une adaptation aux conditions climatiques de sécheresse (xérothermie) et à la raréfaction de l'eau associée.


800px-WiesentquelleSteinfeld.jpg
Eaux de source calmes : un habitat naturel pour les larves de salamandre

La durée de développement des larves de salamandres est plus longue lorsque le climat est plus froid. Ainsi la métamorphose qui donne au final l'individu terrestre a lieu en général de trois à six mois après la ponte - la durée la plus longue correspondant particulièrement aux eaux froides des stations montagnardes. Dans des conditions très favorables, donc avec une température d'eau plus chaude et une nourriture disponible en quantité suffisante, la métamorphose peut être complète après seulement deux mois. À cette étape les animaux sont longs d'environ 50 à 70 millimètres. Des larves de salamandre mises au monde plus tard dans l'année, par exemple durant l'été, sont tout à fait capables, si les conditions de vie sont suffisamment bonnes, d'hiverner à l'état larvaire. Dans de très rares cas sont produits des individus gardant certaines caractéristiques larvaires même à l'état adulte (phénomène de néoténie).Elle est ovovivipares.

 

 

Hibernation 

La salamandre est un animal hibernant. Elle ne rejoint ses quartiers d'hiver que lors des premières nuits de gelée au sol, entre la fin du mois d'octobre et le début du mois de novembre. L'hibernation a lieu essentiellement sous terre, dans des endroits comme des puits, dans des galeries souterraines de mammifères, des anciens tunnels miniers, ou même dans des caves. Pour des séjours de longue période dans des caves ou des grottes alimentées en eau, par exemple par une source, la salamandre doit s'adapter aux niveaux d'eau changeants pour éviter de finir noyée (rappelons que l'adulte ne peut pas nager et risque la noyade), en particulier après de fortes pluies ou des chutes de neige. Un spéléologue allemand observe ainsi des stratégies d'adaptation étonnantes chez les salamandres hibernant dans des grottes de réseau karstique en Allemagne ; lors de la montée des eaux, les individus grimpent du sol vers les colonnes rocheuses en hauteur, et attendent la décrue, avant de retourner se cacher pour continuer l'hibernation.


800px-Stolna2.jpg
Des grottes ou entrées de mines comme celle-ci sont des lieux souvent choisis pour l'hibernation des salamandres (entre autres)

Les salamandres tachetées montrent une étonnante fidélité à leur habitat, et reviennent régulièrement sur les mêmes lieux d'hibernation, année après année.

Occasionnellement, par des jours chauds et sans vent, on peut rencontrer des salamandres en extérieur, même durant l'hiver. On rapporte même qu'elles sont capables de résister à un gel léger sur de courtes périodes, avec des températures de l'ordre de -5°C. Une épaisse couche de neige empêche toutefois toute activité. Avec la fonte des neiges les salamandres redeviennent actives. On peut ainsi assister à la ponte des femelles dès mi-février. D'autres facteurs, comme l'allongement de la durée du jour, l'humidité et les mouvements atmosphériques, jouent également un rôle dans la reprise de l'activité. Des conditions optimales pour le « temps à salamandres », sont une température approximative de +10°C, accompagnée d'une humidité atmosphérique de 75 à 90 % et pas de vent.

 

Alimentation 

Les salamandres adultes se nourrissent dans une large mesure d'organismes invertébrés comme des cloportes, par exemple Porcellio scaber, de petits coléoptères tendres ainsi que de petits spécimens de limaces (Arion sylvaticus, A. subfuscus, A. rufus).

Les vers de terre (Lumbricidae) sont également des proies très appréciées, ainsi que les araignées et les insectes qui sont fréquemment approchés "à la manière du caméléon" et ensuite, selon leur taille, attrapés soit avec la langue soit par un saut suivi d'un coup de machoîre.

Les salamandres tachetées dévorent généralement tout ce qui n'est pas trop gros par rapport à leur propre taille, et consomment parfois d'autres amphibiens comme des tritons ou de petites grenouilles. Bien que les salamandres soient en général des animaux très lents, ils peuvent devenir très agiles lors de la recherche de proie. Les petites dents dans les machoîres ainsi que le palais servent à maintenir la proie pour l'avaler. De vifs mouvements d'oscillation du corps soutiennent le processus en particulier lors de la capture de proies trop grandes. La langue ne joue pas un très grand rôle lors de l'alimentation, du fait qu'elle reste fortement attachée à la partie inférieure de la bouche. La bouche, la langue et la gorge sont munies de papilles gustatives.


800px-FeuersalamanderHarz.jpg
Individu actif durant l'hiver : la surface de la peau est clairement déssechée

La salamandre emploie différentes méthodes de chasse selon la situation. S'il y a suffisamment de lumière, la chasse est basée essentiellement sur le mouvement de la proie, et la salamandre ignorera les proies immobiles. En revanche, lors d'une chasse nocturne, c'est l'olfaction qui est principalement utilisée ; dans cette situation, la salamandre attaquera sa proie même si elle ne bouge pas, du moment qu'elle est capable de détecter son odeur.

La nourriture des larves de salamandre tachetée consiste essentiellement en des larves d'insectes comme des plécoptères (par exemple Protonemura auberti), des éphémères (spécialement Ephemera danica), des chironomes (spécialement Prodiamesa olivacea), des simulies, des trichoptères (surtout des espèces sans fourreaux, comme par exemple Rhyacophila dorsalis), ainsi que de petits amphipodes comme Gammarus fossarum. Comme pour les adultes, le principe général suivant peut être appliqué aux larves : tout ce qui a une taille inférieure est capturé ; ainsi une larve n'hésite pas à s'attaquer à un têtard. Les larves de salamandres se développant dans des grottes ou cavernes s'adaptent à la nourriture qui leur est disponible (Niphargus puteanus, Asellus cavaticus essentiellement ainsi que Graeteriella unisetigera. Lorsque la quantité de nourriture est faible et que la densité de larves est élevée, on peut observer des périodes de cannibalisme. On commence alors à observer des restes de membres ou des touffes de branchies déchiquetées. Le cannibalisme peut également être déclenché par de trop grandes différences entre les classes d'âge des larves dans un même point d'eau.

Lorsque la taille corporelle augmente, les morsures se développent, jusqu'à ce que un individu plus faible et déjà fortement blessé ne soit finalement mangé par le plus fort. Lors du début du processus de métamorphose, la prise de nourriture est interrompue durant plusieurs jours jusqu'à ce que la transformation soit terminée.

 

Faune accompagnatrice 

Du fait de leurs exigences en matière d'habitat naturel, les salamandres tachetées adultes sont assez isolées des autres espèces d'amphibiens. On attribue même une certaine tendance aux salamandres mâles à un comportement territorial, ce qui n'est toutefois pas encore clairement mis en évidence. Des relations de dominance sont prouvées ainsi que des « combats » entre mâles, surtout pendant la période d'accouplement. Dans les biotopes de salamandres on trouve parfois la grenouille rousse, le crapaud commun et le triton alpestre. D'autres espèces peuvent aussi être rencontrées dans la même région, comme par exemple l'alyte accoucheur dans le sud de la Forêt-Noire en Allemagne, ainsi que le triton palmé. Les larves de salamandres quant à elles sont fréquemment accompagnées des planaires Crenobia alpina et Polycelis felina ainsi que de la limace Bythinella dunkeri à proximité des sources (son biotope).

 

Feuersalamander_Fehlpaarung.jpg
En fin d'hiver, les anoures mâles attendent les femelles qu'ils enserrent par un phénomène réflexe. Ici, un mâle de grenouille rousse se méprend quelque peu. C'est un phénomène assez courant

Prédateurs
 

La meilleure protection de la salamandre tachetée contre ses prédateurs potentiels est sa remarquable coloration cutanée, sa "parure d'alerte" ainsi que les sécrétions des glandes cutanées, employées en fonction de la violence de l'attaque et/ou de la situation dangereuse pour l'animal.Si l'agresseur montre toujours une attitude hostile, la salamandre libère une sécrétion mousseuse blanchâtre grâce à ses glandes parotoïdes et dorsales. La forme de réaction de défense la plus violente s'exprime par un jet de cette sécrétion cutanée. Il a été observé que des adultes complètement développés de salamandre peuvent, dans cette situation, envoyer le jet de toxines jusqu'à un mètre de distance. Dans la littérature scientifique on ne trouve aucune indication selon laquelle une salamandre adulte aurait été dévorée par un prédateur. Jusqu'ici ont été seulement rapportées des attaques de rats, de poules, de canards, de chiens, de chats et parfois aussi de serpents (comme par exemple des couleuvres à collier), qui ont cependant toutes été déjouées, le prédateur prenant rapidement ses distances.


800px-Biegacz_fioletowy_Carabus_violaceu
Carabus violaceus vit fréquemment dans les forêts humides. Le carabe capture entre autres des Salamandra salamandra juvéniles chez lesquelles les glandes à venin ne sont pas encore complètement développées

De ce fait on considère que la salamandre n'a pas d'ennemis naturels, hormis l'homme, qui ne compte cependant pas parmi les prédateurs de l'espèce. La situation est différente pour les larves et les juvéniles, qui sont ainsi attaqués par certaines espèces de carabes forestiers comme Carabus problematicus et Carabus violaceus. Les carabes dévorent fréquemment la partie ventrale des larves - généralement la partie dorsale reste ainsi que certaines parties de la tête et de la queue. Les larves sont plus fréquemment en danger, puisqu'elles ne sont pas capables de produire de toxines empoisonnées. Parmi leurs prédateurs on trouve les larves d'odonates (notamment Cordulegaster boltonii et Cordulegaster bidentata). D'autres prédateurs importants sont les poissons déjà cités comme la truite fario, le saumon de fontaine et le chabot commun, en particulier lorsque les larves de salamandres se retrouvent plus bas en plaine dans des zones poissonneuses. Également la rare musaraigne aquatique (Neomys fodiens) chasse de temps à autre les larves de salamandre.

 

Parasites 

L'infestation de salamandres tachetées adultes par des parasites externes, également appelés ectoparasites, n'a jusqu'ici pas été observée du fait de la forte teneur en poison cutané de la salamandre. Les parasites vivant à l'intérieur du corps, ou endoparasites, sont présents chez la salamandre tachetée. On a ainsi observé une population de salamandres dans le Taunus (montagne moyenne dans le Land de Hesse en Allemagne) porteuses du ver à tête épineuse (famille des acanthocéphales) Pomphorhynchus laevis. Le parasite était localisé dans le foie des larves de salamandre, où on en a trouvé jusqu'à cinq exemplaires. Une atteinte directe aux amphibiens n'a pourtant pas pu être déterminée magré ce taux d'infestation. De façon isolée, ont été observées des infections de nématodes dans l'instestin et la muqueuse de la bouche.

 

Les hommes et la salamandre tachetée 

 

Historique 

La salamandre tachetée a depuis longtemps gagné la confiance de l'Homme, du fait de son apparence extérieure plutôt frappante. Sa forte notoriété n'a cependant pas toujours été à son avantage. La salamandre a été longtemps considérée comme engendrée par le feu ou capable d'y survivre. Il est en tout cas probable que des salamandres cachées ou hivernant dans des bois morts, aient autrefois été vues s'échappant d'un foyer de cheminée laissant penser qu'elles aient été engendrés par le feu ou y résistant. Le nom commun de « salamandre de feu » dérive de cette croyance.

Cette croyance apparait déjà en 1590, dans le travail de Joachim Camerarius de Nuremberg « Symbolorum et Emblematum ex Aquatilibus et Reptilibus » où il mentionne :

«  Voyez la Salamandre qui traverse les flammes. C'est aussi toujours le propre de la pureté de rester indemne.  »

Par la suite, les différentes représentations de la salamandre tachetée, par exemple dans les livres d'emblêmes du Moyen Âge tardif, lui donnent plus de similitudes avec un reptile, rappelant plutôt « une créature draconique ». La salamandre tachetée n'échappe à cette convention de représentation qu'au milieu du XVIIe siècle par un vernis du peintre Anversois Jan van Kessel (1626 - 1679), une représentation naturaliste où la salamandre tachetée figure au milieu d'un ensemble de 39 insectes et reptiles différents. Malgré une classification systématique erronée (même Carl von Linné se pliait également au départ au consensus de son époque et désignait l'espèce comme Lacerta salamandra - Lacerta signifiant lézard en latin), ce vernis rappelle déjà un panneau d'instruction orienté didactiquement sur la biologie.

Certains Rois de France, tel François Ier firent de la salamandre un emblème royal, comme en témoigne notamment la salamandre sculptée en bas-relief au-dessus de la porte d'honneur du château d'Amboise.


406px-R%C3%B6sel_v_Rosenhof_Bild.jpg
Illustration historique de Rösel von Rosenhof, 1758

Une des plus décoratives et en même temps des plus exactes salamandres tachetée a été fournie par l'aquarelliste et graveur sur cuivre de Nuremberg August Johann Rösel von Rosenhof (1705 - 1759) dans son panneau enluminé de 1758 « Historia naturalis ranarum nostratium ». Avec la parution de ce travail s'est développée dans le même temps les premières étapes d'une herpétologie plus scientifique. Amphibiens et reptiles furent alors libérés de leur symbolique négative, de la magie et la superstition.

 

Menaces et protections 

Salamandra salamandra est protégée dans la plupart des pays d'Europe via son inscription à l'annexe III de la Convention de Berne. Des pays, n'ayant pas adhéré à la Convention de Berne, la protègent également (comme l'Ukraine à partir de 2000). Elle est inscrite sur la liste rouge des espèces de faune menacées dans plusieurs pays de son aire de répartition, comme la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche. En France elle est protégée nationalement au même titre que tous les amphibiens. C'est une espèce menacée au sens où ses populations se sont fortement réduites, alors que son habitat naturel se réduit et se fragmente.

En dépit de sa protection légale dans nombre de pays, la salamandre est en Europe en régression constante depuis au moins un siècle. Plusieurs causes semblent expliquer cette régression, dont principalement : le recul des zones humides intra et périforestière par comblement ou drainage, la contamination de son environnement par les pesticides (elle est notamment sensible aux insecticides qui peuvent tuer l'adulte, ou les larves, à faible dose), et la fragmentation écopaysagère en général et la fragmentation des forêts par les routes en particulier.

800px-Salamandre_Heuringhem_Mars_1991.jp
Les salamandres sont parfois victimes du trafic routier (roadkill)

La salamandre semble attirée par le macadam chaud et humide après les pluies d'été. De nombreux cadavres de salamandres sont trouvés sur ces routes lorsqu'elles sont fréquentées (phénomène de roadkill). Deux grands moyens ont commencé à être mis en place essentiellement à partir des les années 1980-1990 pour tenter de protéger l'espèce ; la protection de ses habitats (bois, mares, cours d'eau lents) par exemple par des réserves naturelles, et la restauration ou protection de corridors biologiques, avec le cas échéant des écoducs lui permettant de passer sous une route. Néanmoins, les rassemblements de centaines ou de milliers de salamandres évoqués il y a plus de 100 ans, en Europe centrale notamment semblent révolus. De nombreuses salamandres meurent aussi, piégées, dans des trous, citernes, égoûts, fosses septiques, arrosoirs, etc. dont elles ne savent pas ressortir. À la différence des tritons, les salamandres adultes ne peuvent escalader une paroi lisse ou verticale. Il n'est pas exclu que l'adulte ou la larve puisse être affecté par l'éclairage artificiel de leurs milieux. (c'est le cas pour de nombreux autres amphibiens, qui se montrent expérimentalement perturbés par l'éclairage nocturne).

La fragmentation des habitats naturels d'un nombre croissant de forêts, bosquets et petits bois induit probablement un appauvrissement génétique des populations de salamandres.


Source Wikipédia

LIEN historique & auteurs

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


410px-Wikisource-logo.svg.png
commentaires

LE RENARD.

Publié le 23 Juillet 2009 par CHOMOLANGMA

Renard

Un renard est un canidé du genre Vulpes, proche du loup et du chien. Mais, par similitude physique, le terme est aussi employé pour désigner des canidés appartenant à d'autres genres, comme Cerdocyon, Otocyon, Pseudalopex et Urocyon. L'appellation renard est donc non normalisée. Les points communs des différents genres de canidés usuellement rassemblés sous le nom renard sont :

  • un museau allongé,
  • des oreilles dressées,
  • une petite taille (60 à 75 cm pour le corps, et 35 à 50 cm pour la queue),
  • un poids d'environ 6 kg.



Renard roux

Le pelage du renard est généralement brun-roux, mais cela peut varier du beige au brun et au roux vif. Ses oreilles dressées sont noires en arrière et sont plus grandes que celles du renard polaire. La queue est longue et touffue et généralement blanche au bout. Le tour de la gueule et la gorge sont souvent blanches mais la gorge peut varier au gris. Au début du printemps, il perd ses poils d'hiver. Ils apparaissent d'abord en bas des pattes puis apparaissent sur le corps, sur les flancs en juillet et sur la queue et le corps en fin août. Au début de l'hiver, le pelage s'épaissit.

Les renards vivent généralement 2-3 ans, mais leur espérance de vie peut aller jusqu'à 10 ans et même plus, lorsqu'ils sont en captivité.

Le renard est aussi porteur, et seulement porteur, de l'échinococcose alvéolaire, maladie qui peut se révéler mortelle chez l'homme. Il faut souligner que cette pathologie se découvre plusieurs années après l'avoir contractée: certaines personnes sont mortes de ce que l'on croyait être un cancer du foie alors qu'il s'agissait de l'échinococcose .

 

Nom

 

Vocabulaire
  • Le renard glapit (extrait sonore).
  • Le petit du renard est le renardeau.
  • La femelle du renard est la renarde.
  • Le renard pratique le mulotage pour chasser les rongeurs.
  • Le renard est de la famille des canidés.
  • Les excréments du renard sont des laissées.

 

Étymologie

Jusqu'à la fin du XIXe siècle et dans de nombreux dialectes français, cet animal est appelé goupil. "Renard" n'est autre que le nom donné à un goupil dans le Roman de Renart. Dans ce recueil d'histoires imaginaires, Renart le goupil est très malin, et les tours qu'il joue aux autres animaux et aux humains ont rendu le personnage très populaire (on disait : "Malin comme Renart"). De ce fait, son nom s'est progressivement substitué au terme goupil.



Le mot renard s'écrivait renart, jusqu'au milieu du
XVIe siècle ; il dérive d'un nom germanique Reginhart (formé de l'assemblage de ragin, "conseil" Cf. Renaud, et hart, "fort". Cf. allemand Reinhard ).

Le mot goupil procède de manière régulière du bas latin *wulpiculus, lui-même dérivé du latin populaire vulpecula (petit renard), diminutif de vulpes (renard) en latin classique, avec influence germanique sur l'initiale d'où le [w], puis passage à [gw] et [g]. Le terme latin provient probablement du grec άλώπηξ (álópex).

 

Espèces

 

Renard commun ou renard roux

Le renard roux ou renard commun (Vulpes vulpes) est la plus répandue en Eurasie, en Amérique du Nord, en Afrique du Nord et en Australie. Son pelage est en général roux. Il habite principalement dans des terriers creusés par le blaireau. Il creuse également très bien ses terriers qui sont beaucoup plus gros que ceux des lapins et plus petits que ceux des blaireaux. Il se nourrit surtout de campagnols, de lapins, de poissons et de fruits en été mais aussi d'œufs, d'insectes et de charognes.




Une fois par an, au mois de mars, la renarde donne naissance à une portée de 3 à 5 petits, parfois plus suivant la population présente et la quantité de nourriture disponible. Ils ouvrent les yeux vers deux semaines et sont adultes vers trois mois. Les renardeaux restent environ six mois avec leurs parents.

Les renardeaux ont comme prédateurs occasionnels l'aigle royal, le hibou grand-duc, le vautour et le lynx.

 

Renard polaire

Le renard polaire (Vulpes lagopus) vit dans des milieux où les températures sont très basses en hiver. Il peut résister à des températures de -70°C. Sa faible taille et sa fourrure lui permettent de limiter la déperdition de chaleur. Sous chaque patte, il a une touffe de poils qui lui permet de s'isoler contre le froid. Sa fourrure blanche en hiver lui permet de mieux se confondre avec la neige, améliorant ainsi son camouflage. En été, son pelage est brun.

 

Renard des sables

Sous ce terme sont regroupés le renard tibétain (Vulpes ferrilata), et le renard des sables du Sahara ou fennec (Vulpes zerda).

 

Les « cousins » du renard

Nous ne ferons que citer (car appartenant au genre Canis), le chacal africain, le coyote américain et le dingo australien qui occupent la même niche écologique.

 

Le mulotage

La période des moissons ouvre au renard des perspectives alléchantes. Lorsque les champs viennent d'être fauchés, leurs habitants deviennent bien plus faciles à repérer. C'est à l'oreille, qu'il a particulièrement fine, que le carnivore localise sa victime. Puis, d'un coup, il s'élance en l'air. Un bond prodigieux qui le fait retomber exactement sur sa proie qu'il immobilise avec ses pattes de devant. Le mulot tombe sur le sol et le renard peut s'emparer de sa proie.

 

Vitesse de déplacement

Le renard atteint la vitesse maximale de 38 km/h.(record enregistré en Alsace).

 

Mythes et folklores liés au renard

Europe


Dans l'imaginaire européen, le renard est associé à la flatterie, au mensonge, à la malice et à la ruse.

Chez les peuples du nord de l'Europe, le renard est l'un des animaux emblématiques de Loki, dieu scandinave du feu et de la malveillance. Par ailleurs, Renarde semblerait recouvrir une Dise Matrone du Rhin.



Illustration du Roman de Renart

Selon certaines sources, il aurait guidé
Orphée dans sa descente aux Enfers. Le renard est aussi le symbole des habitants de la ville grecque de Messène. (voir Créontadiès)

En Europe les renards apparaissent dans plusieurs récits (mélangeant faits réels et fiction) où ils sont souvent persécutés. Au Moyen Âge, il est souvent dépeint en tant que membre du clergé, courtisant ses assistances, des moutons, qu'il peut à loisir croquer.

Parmi les textes célèbres mettant en jeu le renard, on peut citer :

  • Le Roman de Renart, datant du Moyen Âge.
  • Les fables d'Ésope de l'antiquité grecque, qui inspirèrent Jean de La Fontaine au XVIIe siècle :
    • Le Corbeau et le Renard, qui montre un renard flatteur et trompeur.
    • Le Renard et la Cigogne, qui montre un renard penaud de s'être retrouvé piégé par la cigogne qu'il avait trompée.
    • Le Renard et les Raisins, qui montre un renard feignant de mépriser des raisins inaccessibles.
    • Le Renard et le Bouc: le renard se sort du puits où il était tombé avec le bouc en montant sur les cornes de celui-ci, mais sans tenir la promesse qu'il avait faite d'aider ensuite son compère à s'en extraire.
  • Dans Pinocchio de Carlo Collodi, un renard qui feint d'être boiteux et un chat qui prétend être aveugle parviennent toujours à détourner le héros principal du droit chemin.
  • Renard est un ballet d'Igor Stravinski : ce petit conte met en scène un renard qui s'attaque à un coq en se déguisant en religieuse, puis en mendiante. Un chat et un bouc tentent de l'en empêcher et finiront par le tuer.
  • Dans Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, un renard apprend au héros principal la vraie valeur des choses et en premier lieu celle de l'amitié.
  • Une chanson enfantine allemande intitulée Fuchs, du hast die Gans gestohlen (littéralement : Renard, tu as volé l'oie) raconte la mise à mort par un chasseur d'un renard ayant dérobé une oie. Personne ne sait qui a écrit les paroles de cette chanson enfantine, ni quand la mélodie en a été composée. 

Amérique

  • Son nom espagnol « zorro » est aussi celui d'un célèbre justicier masqué héros de nombreuses fictions.

Japon

Dans le folklore japonais, les kitsune (renards) sont rusés, jouent des tours et sont doués de pouvoirs magiques. N'importe quel kitsune est censé devenir capable de changer de forme quand il atteint un âge avancé (souvent une centaine d'années), et ses pouvoirs ne cessent de croître avec le temps : parallèlement, de nouvelles queues lui poussent.



Statue de
kitsune au sanctuaire shinto dédié à Inari, adjacent du temple bouddhiste de Nara

Dans les autres mythologies


De nombreux peuples ont remarqué les mœurs rusées du renard et les traduisent de manières différentes dans leurs récits mythologiques.

Dans de nombreux pays d'Orient (Chine, Iran, Japon, Mongolie...), c'est un personnage double : dans les folklores chinois et japonais, La Renarde est une horrible sorcière qui se déguise, le jour, en une superbe jeune fille ; elle invite ensuite les gens à venir festoyer dans sa maison, où le soir venu, elle leur fait subir mille vilenies avant de les abandonner sur un terrain vague.


Source Wikipédia

LIEN historique & auteurs

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


commentaires
1 2 3 4 5 6 > >>