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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

L'ALLIGATOR.

Publié le 31 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


Les alligators sont un genre de reptiles crocodiliens de la famille des alligatoridés. Ils diffèrent des crocodiles par une tête plus large, courte et pointue. De même que, lorsqu'ils referment leurs mâchoires, les quatrièmes dents du bas ne sont pas apparentes contrairement aux crocodiles. Ils sont moins dangereux pour l'homme.

Le genre Alligator comporte deux espèces :

  • Alligator mississippiensis (Daudin, 1801) — Alligator d'Amérique, qui se rencontre dans le sud des États-Unis, principalement en Floride et en Louisiane.
  • Alligator sinensis Fauvel, 1879 — Alligator de Chine, des provinces orientales de la Chine.

Les caïmans vivent en Amérique centrale et du sud, et diffèrent par l'absence d'un septum osseux entre les narines.



Alligator d'Amérique (Alligator mississippiensis

Alligator de Floride

Les alligators de Floride sont menacés par la destruction des habitats, notamment par la construction de lotissements à la place de marécages. Alors ils n'ont plus d'autres endroits où trouver de l'eau que dans les égouts, les canalisations et même les piscines. Cependant, plusieurs dizaines de "fermes" élèvent 3 000 à 4 000 alligators chacune.

Origine du nom


Le terme alligator proviendrait du mot espagnol el lagarto signifiant "le lézard". C'est ainsi que les Conquistadores auraient désigné ce reptile en le voyant pour la première fois. Le mot lagarto aurait été déformé par les colons britanniques pour enfin aboutir à sa forme actuelle : alligator.

Description


Les alligators sont caractérisés par un museau plus fin que celui des crocodiles. Les deux espèces qui existent ont également tendance à être de couleur plus sombre, souvent presque noire, mais la couleur dépend beaucoup de l'eau. Les eaux chargées en algues produisent des alligators verts ; les alligators venant d'eaux contenant beaucoup d'acide tannique en provenance des arbres qui les surplombent sont souvent plus sombres (mais l'alligator chinois présente un dessin assez clair.) De plus, chez les alligators, seules les dents supérieures sont visibles quand ils ferment les mâchoires, au contraire des crocodiles, dont on peut voir les dents supérieures et inférieures. Toutefois, de nombreux individus présentent des difformités dans les mâchoires, ce qui complique ce moyen d'identification.

En moyenne, le poids d'un alligator d'Amérique est de 360 kg et sa longueur de 4 mètres.

Selon le site web du Parc national des Everglades, le plus grand alligator jamais répertorié en Floride mesurait 5,3 m de long, bien que, selon le site web de la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission, le record de longueur pour l'État de Floride revienne à un mâle de 14 pieds 5/8 pouces du lac Monroe dans le comté de Seminole. En Floride, le record de poids est de 1.043 livres (avec 1 » pieds et 10,5 pouces de long) dans le Lac Orange du comté d'Alachua. Le plus grand alligator jamais enregistré dans l'Alabama mesurait 3,7 m). Le record absolu mesuré est de 5,8 m et a été trouvé sur Marsh Island en Louisiane. Peu de spécimens géants ont été pesés, mais les plus grands pourraient avoir dépassé une tonne. L'alligator chinois, plus petit, dépasse rarement 2 m de longueur.

La durée de vie habituelle d'un alligator est estimée à environ 50 ans ou plus. Un spécimen nommé Muja qui vit au zoo de Belgrade en Serbie depuis 1937, a au moins 70 ans. Un autre spécimen, Čabulītis, mort en 2007 au zoo de Riga en Lettonie avait dépassé 72 ans.

 

Alligator de Chine


Habitat

Les alligators ne sont indigènes que dans deux pays : les États-Unis et la Chine.

Les alligators américains se trouvent dans le Sud-est subtropical : la totalité de la Floride et de la Louisiane, les parties méridionales de la Géorgie, de l'Alabama et du Mississippi; les régions côtières de la Caroline du Sud et de la Caroline du Nord, le Sud-Est du Texas et l'extrême Sud-Est de l'Oklahoma et de l'Arkansas. La majorité des alligators américains se situent en Floride et en Louisiane, avec plus d'un million d'individus dans chaque État.

Les alligators américains vivent dans des environnements d'eau douce, comme les étangs, les marais, les marécages, les rivières et les lacs, ainsi que dans les milieux saumâtres. La Floride du Sud est le seul endroit où coexistent alligators et crocodiles.

Actuellement, l'alligator chinois se trouve uniquement dans la vallée du fleuve Yangzi Jiang et il est extrêmement menacé ; on pense qu'il n'y en a plus que quelques douzaines à vivre à l'état sauvage. De fait, on peut trouver bien plus d'alligators chinois dans des zoos à travers le monde que dans la nature. Par exemple, le Rockefeller Wildlife Refuge dans le Sud de la Louisiane en a plusieurs en captivité pour essayer de préserver l'espèce.

Comportement


Les grands alligators mâles sont des animaux solitaires et territoriaux. Les alligators plus petits se trouvent souvent en grand nombre tout près les uns des autres. Les plus gros de l'espèce (mâles et femelles), défendent leur territoire proche ; les petits montrent une tolérance plus grande à l'égard des autres alligators d'une taille voisine de la leur.

Bien que les alligators aient un corps pesant et des métabolismes lents, ils sont capables de courtes pointes de vitesse, en particulier pour une attaque rapide. Leurs proies favorites sont les petits animaux qu'ils peuvent tuer et avaler d'une seule bouchée ; ils peuvent cependant tuer des proies plus grandes, en les attrapant et en les tirant dans l'eau pour qu'elles se noient. Les alligators consomment de la nourriture qui ne peut être mangée en une seule bouchée en la laissant pourrir ou bien en la mordant et en l'agitant sauvagement jusqu'à en arracher des morceaux.

Dans une mâchoire d'alligator, la plupart des muscles sont faits pour mordre les proies et les agripper. Les muscles qui referment les mâchoires sont d'une puissance exceptionnelle, mais ceux qui les ouvrent sont en comparaison relativement faibles. C'est ainsi qu’un homme adulte peut à mains nues tenir un alligator la mâchoire fermée. En général, une bande de ruban adhésif suffit pour empêcher un adulte d'ouvrir ses mâchoires. C'est une des méthodes les plus couramment utilisées quand des alligators doivent être capturés et transportés, ou quand, pour toute autre raison, ils doivent être empêchés de mordre.

Les alligators sont généralement craintifs devant les humains et ont tendance à s'en aller ou à se jeter à l'eau, si l'on s'approche. Cette attitude conduit malheureusement certaines personnes à s'approcher des alligators et de leurs nids d'une façon qui peut inciter ces animaux à attaquer. Dans plusieurs endroits il existe des lois fédérales qui interdisent de nourrir les alligators là où ils se trouvent, ce qui ne veut pas dire que tout le monde respecte l'interdiction. Quand ils sont nourris, en effet, les alligators finissent par perdre leur crainte devant l'homme et ils peuvent donc décider de s'approcher des habitations humaines plutôt que de s'éloigner.

Animal amphibie, l'alligator passe de très longs séjours dans l'eau, soit qu'il chasse à l'affut, soit tout simplement qu'il dorme. Il peut rester totalement immergé un quart d'heure. Puis, tout en chauffant le dessus de son crâne au soleil, il se dissimule habilement dans l'eau. Son immobilité, son aspect, le font passer pour un bois flottant.

Régime alimentaire

Jeunes, ils mangent des poissons, des insectes, des escargots, des grenouilles et des crustacés. À mesure qu'ils grandissent, ils prennent des proies de plus en plus importantes, y compris des poissons plus gros comme des lépisostéidés ; ils mangent aussi des tortues, divers mammifères, des oiseaux, des antilopes et d'autres reptiles. Leurs estomacs contiennent souvent des gastrolithes. Poussés par la faim ils consomment jusqu'à des charognes. Les alligators adultes peuvent prendre de grands sangliers et des cerfs et sont bien connus pour tuer et manger des alligators plus petits. Dans certains cas, on a rapporté que de grands alligators s'en sont pris à l'ours et à la panthère de Floride, ce qui fait d'eux des super-prédateurs dans toute la distribution. Comme les humains empiètent sur leur habitat, les attaques contre l'homme, si elles sont rares, ne sont pas impossibles. À la différence des grands crocodiles, les alligators ne considèrent pas automatiquement un humain comme une proie, mais ils peuvent toujours attaquer pour se défendre s'ils se sentent provoqués.

Attaques contre les humains


Les morts d'hommes dues à des alligators ont augmenté. Alors qu'il n'y avait eu aux États-Unis que neuf attaques meurtrières entre 1970 et 2000, onze personnes ont été tuées par des alligators en cinq ans entre 2001 et 2006 seulement.

C'est que, si les alligators ont tendance à se méfier de l'homme, un excès de confiance conduit au contraire certaines personnes à pénétrer dans le territoire des animaux, ce qui provoque l'agression.

Reproduction


À leur maturité les alligators atteignent généralement une longueur de 1,80 m. L'accouplement se fait au printemps. La femelle construit un nid de végétation dont la décomposition fournit la chaleur nécessaire à l'incubation des œufs.

Le sexe de la descendance dépend de la température dans le nid et se détermine dans les 7 à 21 jours qui suivent le début de l'incubation. À des températures de 30 ° C ou moins celle-ci produit une ponte de femelles ; à 34 ° C ou plus il n'y a que des mâles. Les nids établis sur les levées de terre sont plus chauds que ceux qui sont construits dans l'humidité des marais, et donc les premiers ont tendance à produire des mâles et les seconds des femelles. Le ratio sexuel normal à l'éclosion est de cinq femelles pour un mâle, les premières pesant beaucoup plus que les seconds.

La mère défend le nid contre les prédateurs et aide les nouveau-nés dans l'eau. Elle assure une protection aux jeunes pendant près d'un an s'ils restent à proximité. La plus grande menace pour les jeunes sont les alligators adultes dont la prédation peut causer un taux de mortalité atteignant jusqu'à cinquante pour cent la première année. Dans le passé, immédiatement après l'autorisation de la chasse aux alligators, le chiffre des populations rebondissait rapidement du fait qu'il y avait moins d'adultes à s'attaquer aux jeunes, ce qui accroissait les chances de survie de ces derniers.


Oeufs d'alligators et jeunes.

Élevage

L'élevage des alligators est en pleine expansion en Floride, au Texas et en Louisiane. À eux trois ces États produisent annuellement un total de quelque 45.000 peaux d'alligator. Cette peau, utilisée en maroquinerie, atteint des prix élevés et peut pour une longueur de 1,8 à 2m se vendre à 300 $ pièce, même si les cours peuvent varier considérablement d'une année à l'autre. Le marché de la viande d'alligator est en plein essor et on en produit chaque année environ 140 tonnes. Selon le Département d'Agriculture de Floride, la viande d'alligator crue contient environ 240 calories pour 100 g, dont 32 provenant de matières grasses.

Différences entre alligators et crocodiles


Quoique les alligators soient souvent confondus avec les crocodiles, ils appartiennent à deux familles taxonomiques bien distinctes.

Les alligators diffèrent des crocodiles surtout par leur tête plus large et plus courte, et leur museau plus obtus, leurs dents ne ressortent pas lorsqu'ils ferment la bouche ; ils ne possèdent pas la bordure irrégulière que l'on voit sur les pattes et les pieds arrière du crocodile, et les palmes entre les orteils des pattes arrière ne dépassent pas la moitié des intervalles ; supportant mal la salinité ils préfèrent nettement l'eau douce, tandis que les crocodiles peuvent tolérer l'eau salée, possédant des glandes spécialisées dans la filtration du sel. En général, les crocodiles présentent plus de danger pour les hommes que les alligators.

Quant à leur aspect, une règle généralement fiable est que les alligators ont une tête en forme de U, tandis que les crocodiles l'ont en forme de V. Les crocodiles ont un museau plus étroit, avec des yeux plus en avant. Les crocodiles ont plutôt des yeux verts et les alligators des yeux bruns.

Une autre distinction peut être faite d'après les mâchoires. Celles des crocodiles, beaucoup plus étroites, servent à déchirer les proies et à bien les tenir. En revanche, celles des alligators sont faites pour broyer les os, et elles peuvent développer une puissance de morsure jusqu'à 3000 psi (20MPa), bien que certaines grandes espèces de crocodiles (on l'a prouvé) peuvent en fait mordre avec une force de 5000 psi.


Têtes d'Alligator d'Amérique


Tête de crocodile.

Recherche médicale

Le sang des alligators contient des protéines antimicrobiennes. Le système immunitaire de ces reptiles contient des globules blancs « tueurs » qui peuvent combattre sélectivement les microorganismes comme les champignons, virus et bactéries sans avoir auparavant été en contact avec eux.

Les protéines extraites de ces globules blancs se sont révélées efficaces contre une grande variété de bactéries dont le fameux Staphylocoque doré ainsi que contre six souches sur huit de Candida albicans.

Les scientifiques pensent avoir isolé au moins quatre protéines particulièrement prometteuses dont ils espèrent tirer, d’ici une petite dizaine d’années, des médicaments classés dans une nouvelle famille : celle des « alligacines ». Ils envisagent notamment la mise sur le marché de crèmes antibiotiques pouvant être utilisées sur les plaies ulcérantes des diabétiques ou sur le derme des grand brûlés.

commentaires

LA CHAUVE SOURIS.

Publié le 31 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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L'ordre des chiroptères (Chiroptera) regroupe des mammifères volants, communément appelés chauves-souris. Il est le deuxième « ordre » des mammifères en nombre d'espèces avec près d'un millier d'espèces, n'étant devancé que par l'ordre des rongeurs auquel il est parfois associé. Ces animaux, comme les cétacés sont capable d'écholocation.

Il existe deux sous-ordres de chiroptères : les microchiroptères (environ 800 espèces) et les Mégachiroptères (environ 170 espèces dont les fameuses roussettes).

L'écholocation n'est bien développée que chez les microchiroptères. Généralement actifs la nuit, ils peuvent se diriger dans l'obscurité en émettant des ultrasons qui se répercutent sur les insectes et recueillies par le chiroptères qui écholocalise ainsi ses proies et les obstacles. Les mégachiroptères, quant à eux, se fient plus à leur vue et à leur odorat.

Les chiroptères sont les seuls mammifères doués du vol actif, à distinguer du vol plané que pratiquent les écureuils volants, les phalangers ou les galéopithèques. Ils se déplacent dans les airs grâce à une aile formée par une membrane de peau entre le corps, les membres et les doigts. Ils ne se posent qu'exceptionnellement au sol et s'y meuvent maladroitement. Ils se reposent en se suspendant aux aspérités par les griffes des orteils.

Dans les zones cultivées, habitées ou subissant la déforestation, de nombreuses espèces de chiroptères sont en forte régression ou ont localement disparu. Certaines font l'objet de plans de restauration ou bénéficient d'un statut de protection, notamment en France.

Dans la culture populaire, l'image de la chauve-souris peut être bénéfique ou maléfique selon les pays. A cause de leur aspect étrange, elles sont souvent victimes d'idées reçues qui leur ont valu longtemps d'être persécutées par l'homme.



Pipistrelle commune
(Pipistrellus pipistrellus)


Étymologie

En français, le terme chauve-souris dérive du latin tardif cawa-sorix à travers sa déformation en calve-sorix ; cawa signifie chouette et calve chauve. Le terme chiroptère dérive du grec kheir (ἣ χείρ): la main et ptéron (τὸ πτερόν ordinairement pluriel τὰ πτερά, le singulier désignant plutôt la plume) : l'aile.

Les ailes et le
vol


Les os de l'avant-bras, les métacarpes et les phalanges du deuxième au cinquième doigt sont très allongés. Ils forment la structure de l'aile dont la surface portante de l'aile (ou patagium) est un repli de peau contenant un très grand nombre de vaisseaux sanguins, de nerfs et de muscles. Le tissu qui forme l'aile des chiroptères est l'un de ceux qui se régénère le plus rapidement dans tout le règne animal. Sa forte vascularisation permet la régulation thermique par contact avec l'air lors de l'activité. Le vol des chauves-souris serait encore plus efficient et sobre en consommation d'énergie que celui des oiseaux (moindre consommation d'oxygène) comparables en taille ou type de vol. Des tests en soufflerie réalisés en Suède et aux USA avec des chauves-souris nectarivores ont montré que comme les insectes elles optimisent leur vol lorsque leurs ailes s'abaissent en gérant au mieux les microturbulences du bord d'attaque des ailes qui confèrent jusqu'à 40 % de la poussée.
Le pouce n'est pas compris dans le patagium et est pourvu d'une griffe. La membrane située entre le talon, l'extrémité de la queue et le bassin – que l'on nomme uropatagium – peut servir, lorsqu'elle est large, à attraper les insectes ou accueillir les petits pendant la mise bas. Comme chez les oiseaux, le sternum forme une crête (le
bréchet) où s'attachent les puissants pectoraux.

Les espèces du genre Thyroptera possèdent des ventouses qui leur permettent d'adhérer à des surfaces très lisses.

L'ouïe


La majorité des chiroptères se dirigent grâce à l'écholocation — le même principe que le sonar. C'est en 1791 que Lazzaro Spallanzani a démontré que, aveuglée, la chauve-souris pouvait encore se déplacer efficacement, mais rendue sourde, elle n'en était plus capable.

Chez les Ptéropodidés la mise en œuvre de ce sens est différente de chez les autres chiroptères.

En pratique, la majorité des chiroptères émettent des ultrasons par la gueule ou par le nez – celui-ci a alors une forme adaptée – en faisant vibrer leurs cordes vocales. Ses ultrasons varient dans une fréquence entre 10 kHz et 120 kHz — ils ne sont pas perceptibles par l'homme qui ne perçoit les sons que pour les fréquences 20 Hz à 20 kHz.

Les oreilles, dont certaines peuvent être très grandes et pourvues d'un tragus, servent de récepteurs.

L'écho qui résulte des ultrasons émis permet à ce petit mammifère de localiser les objets, d'en déterminer la taille et le mouvement avec une précision extraordinaire. Des tests sur un chiroptère africain ont montré qu'il pouvait entendre les pas d'un coléoptère marchant sur le sable.

D'après des études menées en 2006, elles utilisent également un minéral magnétique appelée magnétite comme « boussole interne » pour s’orienter grâce au champ magnétique terrestre.



Diverses têtes de Chiroptères

La vision

Les chauves-souris ont une excellente
vision nocturne, confortée par leurs capacités d'écholocation (elles peuvent néanmoins se prendre dans des filets fins). Elles peuvent être éblouies ou perturbées par l'éclairage artificiel extérieur (phénomène dit de pollution lumineuse
)

Nez

Il peut prendre des formes très variées.

Les pteropodidés ont un museau pointu rappelant celui des canidés.

Certaines chauves-souris ont un nez parfois surmonté d'une curieuse feuille verticale.

Mode de vie


Les mégachiroptères sont surtout crépusculaires, ne se déplacent guère la nuit et se dirigent surtout grâce à leurs yeux et leur odorat.

Les microchiroptères sont nocturnes se servent surtout de l'écholocation pour chasser et se repérer la nuit.

Les chauves-souris dorment en général 20 heures par jour, la tête en bas.

Reproduction


Les chiroptères atteignent leur maturité sexuelle de la première à la troisième année suivant les espèces. Après avoir choisi un lieu de parturition, chaud, ce qui peut donner lieu à une grande migration, les femelles gardent en elles le sperme « en sommeil » pendant l'hibernation, jusqu'aux beaux jours où la fécondation s'opère pour de bon. Elles donnent le plus souvent naissance à un seul petit car la gémellité n'est habituelle que chez les pipistrelles et les noctules. Elles élèvent leurs petits sans les mâles dans ces colonies maternelles. Elles sont dotées de deux mamelles.

Les chauves-souris naissent nues et aveugles, elles marchent après quelques jours mais, si le vol est inné, à la naissance leurs ailes sont trop peu développées pour les soutenir dans les airs. Les jeunes microchiroptères sont autonomes vers six à huit semaines tandis que les mégachiroptères le sont vers quatre mois.

Alimentation


Les mégachiroptères se nourrissent de fruits, de fleurs et de pollen.

Les microchiroptères se servent de l'écholocation pour trouver leur nourriture. Leur régime alimentaire est très varié.

Hibernation


Certaines vivent dans des endroits remplis d’insectes l’été, mais déserts l’hiver. Elles doivent alors hiberner, en attendant des jours meilleurs. Elles hibernent dans des endroits humides et froids comme les grottes, mais un vieux tronc ou une maison non chauffée feront l’affaire. Il fait tellement froid que leur corps est même recouvert de rosée. Certaines aiment avoir bien de l’espace, d’autres au contraire s’entassent comme dans une boîte de conserve. Elles baissent également leur température de 38 degrés à 17 degrés. Vers la fin de l’hiver beaucoup de chauves-souris sont atteintes de troubles du système nerveux, parfois mortel.

Habitat et répartition


En Europe, on ne recense que 38 espèces de microchiroptères, essentiellement insectivores appartenant à quatre familles : 1 molossidé, 5 rhinolophidés, 31 vespertilionidés et 1 minioptéridé. 33 de ces espèces sont encore présentes en France métropolitaine, mais souvent de manière isolées et en petites populations. Elles bénéficient toutes d’une protection nationale.

Habitat

  • Les cavités souterraines : grottes, anciennes carrières, caves, souterrains, tunnels… Durant l'hiver, c'est le lieu d'hibernation d'une majorité d'espèces, et en particulier des cavernicoles : les trois espèces de rhinolophes, le grand murin, le murin à moustaches, le minioptère), etc... D'autres espèces y passent ou y séjournent plus ou moins longtemps. Ces cavités souterraines ont pour la plupart une température trop basse pour la reproduction.
  • Les cavités des arbres pour les espèces sylvicoles durant l'hibernation et la reproduction : les noctules, la barbastelle, l'oreillard roux, le murins de Bechstein et le murins de Natterer. Pour d'autres espèces ce sont des gîtes secondaires.
  • Les bâtiments dans les endroits où la chaleur s'accumule comme lieu de reproduction, greniers et combles pour les murins et le grand et le petit rhinolophe ou fissures et petites cavités pour les petites espèces, pipistrelles et barbastelles.
  • Le dessous des ponts est souvent un gîte de transit.

Une bonne connaissance de leurs exigences écologiques permettrait de préserver leurs gîtes traditionnels d'hibernation en particulier les grottes et les carrières et, pour remplacer la disparition de certains autres gîtes, l'installation de nichoirs (briques creuses sous les ponts, bûches creuses dans les milieux arborés ou planchettes dans les greniers). Le taux de colonisation de tels nichoirs est cependant très variable en fonction du type de nichoir, de leur position et de la région où ils ont été posés.

Migrations


Une partie des espèces de chauves-souris est migratrice.

En Europe de l'Ouest, par exemple, au moins 4 espèces de chauve souris sont migratrices sur de longue-distances (déplacement de plusieurs centaines et plus de 3000-4000 km parcourus) : Vespertilio murinus, Pipistrellus nathusii, Nyctalus noctula et Nyctalus leisleri  Début 2008, aucune donnée sur la très rare Grande noctule n’a pu valider ou invalider son éventuel statut de migratrice ou non-migratrice.

Les premières données disponibles montrent en Europe de l'Ouest des migrations sur un axe principale NE-SW. Une espèce a été détectée sur un axe presque nord-sud traversant la mer Noire. Des données récentes laissent penser que certains groupes de Pipistrellus pipistrellus au moins pourraient également migrer sur des distances importantes.

Des recherches basées sur l’étude des rapports isotopiques (du deutérium et de l'oxygène) dans les poils de l’année sont en cours pour mieux comprendre les migrations. La mue se produit annuellement sous l’impulsion d’hormones. Toutes les chauves souris des régions tempérées font une mue par an, toujours dans le gîte de reproduction et toujours en fin de saison de reproduction pour les femelles... et quelques semaines après pour les mâles. Les chiroptérologues espèrent obtenir des données sur l’emplacement des gîtes estivaux et de reproduction, par analyse des poils de chauves-souris prélevés en automne ou hiver lors de leurs migrations ou sur site d’hivernation. L'empreinte isotopique de ces poils est caractéristique de la zone où vivait l'animal au moment de la mue. Des études de ce type ont déjà permis de préciser les voies et stratégies migratoires de petites migration d’oiseaux européens sédentaires.

Interaction écologique

Prédateurs


Étant donné leur mode de vie, les chiroptères comptent peu de prédateurs.

En Europe, ils peuvent toutefois être la proie des chouettes, des hiboux et des faucons. Mais leurs pires ennemis sont les parasites. Leurs ailes, avec les nombreux vaisseaux sanguins, sont une source de nourriture idéale pour les tiques et les puces. Les serpents sont fréquents dans leurs dortoirs collectifs souterrains, sans doute comme prédateurs.

En Afrique, dans beaucoup de régions, la roussette est pour l'homme un gibier et un plat de choix.

Régulation des populations d'insectes


L'université de Floride (Gainesville) était envahie par les moustiques. En septembre 1991, une bat house capable d'accueillir 200 000 chauve-souris fut construit avec toit de lattes et de bonnes conditions de température et de circulation d'air, et laissé à la colonisation naturelle après un premier essai de transfert resté infructueux.

Au printemps, 18 mâles s'installèrent, suivi par 300 autres mâles dans l'année ; il s'agissait de molosses du Brésil. Au printemps 1995, arrivèrent plus de 1000 femelles qui donnèrent naissance à des centaines de petites chauve-souris. En mai 1998, à peu près 70 000 chiroptères peuplaient la bat house, consommant chaque nuit quelques 60 millions d'insectes réputés nuisibles, ce qui permit de ne plus utiliser le moindre produit chimique et donc de faire d'importantes économies.

Cette population de chauve-souris, attira de nombreux hiboux et faucons, mais aussi de nombreux guetteurs humains, amateurs de chiroptères et d'oiseaux. Quelques années plus tard, l'expérience fut reconduite avec une autre bat house du côté du lac Alice.

Les chauves-souris pourraient être au moins aussi importantes que les oiseaux dans la régulation des populations d'insectes en milieu tropical. Deux équipes indépendantes ont démontré que certaines espèces d'insectes nuisibles proliféreraient si elles n'étaient pas traquées la nuit par les chauves-souris.



Gîte à chauve-souris (bat house),
Tallahassee, Floride
, USA

Interraction avec les plantes

Les espèces de mégachiroptères se nourissant de nectar sont d'excellents pollinisateurs, d'autres disséminent les graines par l'intermédiaire des déjections en vol.

Certaines espèces d'arbres comme un baobab du genre Adansonia ou bien les arbres à saucisses forment même une interaction mutualiste avec les chauve-souris. Leurs grosses fleurs, à l'odeur nauséabonde pour l'homme, s'épanouissent la nuit et pendent sur le chemin des pollinisateurs.

Vecteur


Comme de nombreux petits mammifères, certaines espèces peuvent être le vecteur de virus et zoonoses.

Cela a été démontré pour le virus Ébola qui serait transmis accidentellement par certaines chauve-souris africaines.

Quelques espèces (non-européennes) peuvent sucer le sang humain, et sont donc susceptibles de transmettre des virus comme celui de la rage. 5 cas de mort humaine suite à des morsures de chauve-souris ont été identifiés.

Déclin des populations


Dans toutes les zones densément habitées et d'agriculture intensive, la plupart des populations de chauves-souris sont en déclin. Et on constate une accentuation croissante de l'isolement des populations et des colonies.

Causes possibles


Les raisons de ce déclin sont multiples et semblent, directement ou indirectement, être liées à l'activité humaine.

  • L'utilisation immodérée des pesticides et autres produits phytosanitaires provoque d'une part la raréfaction et la banalisation de la faune entomologique qui est la nourriture des chauves-souris de l'hémisphère nord. D’autre part, certains de ces produits s'accumulent dans les tissus des chauves-souris, voire les tuent par ingestion directe.
  • Il est possible que l'exposition à de nombreux polluants, et une perte de diversité génétique puisse affecter l'immunité des chauves-souris. On constate en tous cas des épidémies préoccupantes au Canada avec le Syndrome du nez blanc au Québec. Des coronavirus ont aussi été signalés chez des chauves-souris européennes :
  • La fragmentation des zones boisées, humides et sauvages est également responsable du déclin des chiroptères, ainsi que toutes les modifications paysagères liées aux activités de l'homme (monoculture, assèchement de zones humides, pollution des sols…)
  • En période hivernale, la majorité des chauves-souris hivernent dans des cavités souterraines. La fréquentation accrue de ces sites (spéléologie, tourisme de masse, etc.) intensifie leur déclin.
  • Les chauves-souris ont besoin de conditions très spécifiques pour se reproduire. Or ces sites de reproduction ont tendance à disparaître, notamment dans l'architecture récente qui laisse peu de place aux espaces inoccupés sous les toitures. La destruction ou la restauration de bâtiments anciens, la disparition des accès aux clochers ou aux combles ou l'abattage d’arbres creux ne font qu'amplifier cette tendance.
  • Les chauves-souris sont adaptées à l'environnement nocturne et souffrent d'une pollution lumineuse croissante. Une étude récente a montré que l'éclairage direct des chauves-souris (ici des colonies de Rhinolophus ferrumequinum, Myotis emarginatus et Myotis oxygnathus) vivant dans des bâtiments plus ou moins illuminés et non-éclairés, mais dans des bâtiments proches les uns des autres. Les chercheurs ont étudié et comparé les dates des naissances, la masse corporelle et la longueur de l'avant-bras de ces chauves-souris et ont constaté que l'éclairage artificiel retardait le développement des jeunes de ces espèces et qu'il pouvait parfois même anéantir toute une colonie. Les petits étaient significativement plus faibles dans les bâtiments illuminés que non-éclairés. Les différences de longueur de l'avant-bras et de masse corporelle suggèrent qu'après l'accouchement le taux de croissance des jeunes est plus faible dans les chauves-souris vivant dans les bâtiments illuminés.
  • Une étude canadienne parue dans la revue Current Biology le 26 aout 2008 montre que des chauves-souris en migration meurent d'une hémorragie interne due à la chute de pression à proximité des éoliennes.

Statut de protection

Au niveau mondial


Depuis 1979, au niveau international, la
convention de Bonn et la convention de Berne demandent aux États contractants d'assurer la protection de toutes les espèces de chauves-souris décrites dans les annexes, ainsi que la protection des gîtes de reproduction et d'hibernation.

De nombreux pays mettent en place des programmes de protection des espèces mais aussi de leurs habitats (arbres sénescents, bois mort, grottes, mines ou tunnels abandonnés, greniers, gîtes souterrains dont certains rassemblent en hivernage les individus de colonies couvrant plusieurs milliers de km2...)

Europe


En 1992, en Europe, la directive "Habitat - Faune - Flore" demande aux pays de la Communauté européenne la protection stricte de toutes les espèces de chiroptères (elles figurent à l'annexe IV), ainsi que la désignation de zones spéciales de conservation pour les 12 espèces figurant à l'annexe II.

France


Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France sont intégralement protégées par l'arrêté ministériel du 23 avril 2007 relatif à la protection des mammifères selon l'article L.411-1 du Code de l'Environnement.

19 espèces sont classées dans la liste rouge de la faune menacée de France et 13 espèces sont présentes sur la liste rouge mondiale.

Aspects culturels

Symbolisme


Les chauves-souris sont sacrées au Tonga, en Australie, en Bosnie et en Afrique de l'ouest. Elles sont souvent considérées comme la manifestation physique d'un esprit errant. Elles sont intimement associées avec le mythe des vampires à qui on prête la capacité de se métamorphoser en animaux, notamment en chauves-souris. Elles sont aussi le symbole des fantômes, de la mort et des maladies.

Pour les Amérindiens (tels les Creeks, les Cherokees et les Apaches), elles représentent un esprit malin. En Chine, elles sont le symbole de longévité et de gaieté. En Pologne et en Macédoine, elles sont considérées comme des animaux de bon augure.

Dans la culture occidentale, les chauves-souris sont souvent assimilées à la nuit avec une connotation de malheur ou de mort.



Affiche de Dracula.

Idées reçues

Les chauves-souris ont été longtemps persécutées à cause de leurs prétendus maléfices. En les clouant aux portes des granges, on croyait lutter contre les mauvais sorts.

  • Les chauves-souris ne sucent pas le sang des humains; seules quelques espèces sub-tropicales (vampires) sucent le sang du bétail.
  • Il est extrêmement rare d'être mordu par une chauve-souris. Leur morsure n'est pas plus dangereuse que celle de tout animal sauvage vecteur potentiel d'infections.
  • Les chauves-souris ne s'accrochent pas dans les cheveux.
  • Les chauves-souris ne sont pas aveugles.
  • Les chauves-souris ne construisent pas de nid. Elles utilisent les gîtes naturels ou artificiels (combles, clochers, ponts, etc.) ; elles ne modifient en aucun cas le gîte qui leur est offert.
  • Les chauves-souris ne s’attaquent pas aux boiseries ; ce ne sont pas des rongeurs.
  • Il n'y a aucun risque de voir les chauves-souris pulluler : elles ont 1 petit/an, le plus souvent 1 tous les 2 ans.

    

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Histoire de la photographie (2).

Publié le 30 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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Le procédé Talbot

Talbot installait une feuille de papier enduite de chlorure d'argent dans sa chambre noire. Il obtenait un négatif, qu'il cirait pour le rendre transparent. Il le plaçait ensuite sur une autre feuille imprégnée, puis l'exposait à la lumière du jour. Il créait ainsi une image positive.

Si, au départ, le procédé de Talbot a été beaucoup moins populaire que celui de Daguerre, et de qualité inférieure, il avait néanmoins de l'avenir. Il permettait de produire plusieurs exemplaires d'une image à partir d'un seul négatif; de plus, le papier coûtait moins cher et il était plus facile à manipuler que le fragile daguerréotype. Malgré son succès initial, la daguerréotypie n'a eu aucun débouché, alors que la technique de Talbot sert toujours de base à la photographie moderne.

De la plaque de verre au film souple


Les premiers clichés étaient réalisés sur des plaques de verre, relativement encombrantes, lourdes et fragiles. En 1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples, et le film en celluloïd, permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l'appareil photographique, supplante la plaque de verre
. La diminution de la taille des appareils facilite la pratique de la prise de vues en (presque) tous lieux et toutes circonstances, ouvrant la voie à la photographie de voyage et de reportage.Le procédé de la miniaturisation de l'appareil permet de faire des clichés avec différent type de prise de vue.

Disderi et la photo-carte de visite


L'avènement de la photographie en 1839 ouvre la voie à une nouvelle activité professionnelle ; photographe. Un grand nombre de peintres embrassent cette activité naissante, mais également des hommes (et quelques femmes) qui comprennent très vite l'intérêt financier que représente cette profession.

L'histoire de la photographie est généralement racontée au travers d'une cinquantaine de noms de photographes, représentant la dimension artistique de cette profession. L'apparition en 1854 de la photo en série et la profusion des photographes permet de regarder cette histoire sous l'angle industriel. L'histoire de la photographie peut alors être envisagée au travers de plus de 11 500 photographes.

L'angle financier devient l'angle majeur, et l'angle artistique mineur. La dimension sociale est alors prépondérante. Les photographes sont si nombreux à la fin du XIXe siècle que dans son dictionnaire des professions, Edouard Charton présente cette profession comme le type même des professions émergentes.

Les photographes durant cette période ont eu une production considérable et la photo-carte de visite représente alors la majorité de la production. Produite en plusieurs millions d'exemplaires de 1854 aux années 1910, la photo-carte apprend à connaître l'évolution de cette profession. Le verso des photos-carte apporte une foule de renseignements : adresse, changement d'adresse, apparition du téléphone et du métropolitain, parfois leurs différentes professions... Des annotations manuscrites renseignent sur les usages de la photo. Cette multitude d'information fournies par les photographies ouvre la voie à d'immenses possibilités de recherches et d'études dans le domaine social ou dans le domaine culturel. En 1872, il sort des ateliers de Disderi 2 400 photos-carte par jour.

Une base de données, réalisée conjointement par François Boisjoly et le LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes) de Lyon dirigé par monsieur Pino, propose plus de 12 000 photographies et représentant plus de 11 500 noms et adresses d'hommes ayant vécu pour et par la photographie à cette époque. L'un des intérêts de cette base de données est de fournir des informations sur les photos elles mêmes et sur les photographes.

Une véritable histoire sociale de la profession de photographe en découle, montrant les mutations de la société, l'évolution de l'activité professionnelle et la mobilité des hommes vivant de la photographie. Débutant à Paris, la profession se diffuse sur l'ensemble du territoire national durant la deuxième moitié du XIXe siècle. La vulgarisation du procédé au travers du territoire est un révélateur de l'engouement de la population pour la photographie. La rapidité de cette propagation permet d'analyser et de mettre en évidence la prédisposition du pays à recevoir un procédé de diffusion de masse pour les images.



Photographie de Giuseppe Verdi par Disderi
.

L'autochrome et la photographie en couleur

Une étape importante fut ensuite le premier procédé véritablement pratique de photographie en couleurs, l'« autochrome », inventé par les frères Lumière en 1903 et commercialisé à partir de 1907 Le procédé gardait comme support la plaque de verre.

Naissance du petit format


On ne peut aborder l'histoire de la photographie sans évoquer le « petit format », tant ce concept a été décisif dans l'évolution ultérieure de la discipline.

Edison avait défini vers 1891 les dimensions et les perforations de la pellicule utilisée dans le kinétoscope. En 1912 l'Américain Smith construisit une caméra utilisant ce support, mais le manque de sensibilité des émulsions fit échouer sa commercialisation.

En 1909, le Français Etienne Mollier conçut le Cent-Vues, un appareil « de poche » qui prenait d'affilée cent vues sur format 18/24 mm sur film perforé 35 mm. Il le fabriqua en 1910 et obtint cette même année la médaille d'or du concours Lépine. Il commercialisa tout de suite son « Cent-Vues » à petite échelle sans grand succès.

En 1913, Oskar Barnack construisit le premier prototype du Leica, qui fut réellement produit et commercialisé en 1925. La diffusion des appareils de petit format et leur succès fut assuré par l'apparition des premiers films en couleur tels que nous les connaissons aujourd'hui, le Kodachrome (1935) et l'Agfacolor (1936).

Le Leica fut à l'origine du concept de « petit format ». Auparavant le format des images négatives était au minimum de 4,5 × 6 cm, et plus souvent de 6 × 9 cm et plus, et un tirage par contact permettait d'obtenir une épreuve positive lisible. Par contre il était difficile de disposer sur une même pellicule de plus d'une douzaine de vues. L'utilisation du film de 35 mm sur lequel les clichés mesurent 24 × 36 mm permet de tripler l'autonomie d'un film. Corollaire négatif : les images sont trop petites pour permettre une lecture directe et nécessitent un agrandissement. Celui-ci n'est rendu possible que par l'amélioration de la qualité des émulsions, notamment l'augmentation de la sensibilité sans altération de la définition qui est liée à la finesse du grain.

Précisons toutefois que le 24 × 36 (comme on le désigne couramment), s'il représente le standard le plus utilisé dans la pratique photographique tant amateur que professionnelle, n'a pas supplanté totalement les autres formats. Une taille de négatif supérieure permet une image d'encore meilleure qualité, et les professionnels ou les amateurs les plus avertis continuent d'utiliser le moyen format qui va de 6 × 6 cm à 6 × 9 cm et dont le support est un film souple, et le grand format sur plan films ou plaques de verre.

Évolutions récentes


Vers 1948, le docteur Edwin Land met au point le premier appareil à développement instantané, le Polaroïd et, en 1962, il adapte ce procédé à la couleur.

Tous les procédés photographiques actuels « par image argentique » ne sont que des perfectionnements de ces inventions, soit du matériel de prises de vue, soit des surfaces sensibles.

Avec le XXIe siècle, la photographie est entrée dans l'ère numérique. L'évolution actuelle semble condamner la technique argentique à ne subsister que sous forme d'expression purement artistique pratiquée par quelques rares amateurs.

La photographie comme moyen d'expression


Aux origines, la photographie fut utilisée par les peintres comme aide pour leurs travaux. Puis elle devint rapidement un moyen d'expression à part entière, de nombreux artistes la pratiquant parallèlement à d'autres modes d'expression ou s'y consacrant exclusivement.

Dans le même temps apparut la possibilité de l'utiliser comme témoignage historique, et se développa la notion de photo reportage. Ainsi le banquier Albert Kahn tentera de constituer, de 1909 à 1931, les archives de la planète en envoyant des photographes dans cinquante pays du monde.

Les domaines de la photo


Les peintres appliquaient leur art à diverses formes d'expression, et se spécialisaient dans les scènes de genre, la décoration, la peinture d'histoire ou le portrait ; assez vite les photographes explorèrent diverses voies pour mettre à profit les nouvelles techniques qui s'offraient à eux. Et ces applications se multiplièrent avec les progrès et la facilité d'utilisation qui s'ensuivirent. Si le portrait se développa rapidement dès lors que les durées de pose furent limitées à quelques minutes — on s'aidait pour cela de sièges pourvus d'appuie-tête et d'accoudoirs divers — les autres genres photographiques proliférèrent dès que l'on put utiliser un matériel relativement transportable et commode d'emploi.

La nature morte et le portrait


Ces disciplines s'accommodaient bien des contraintes liées aux premiers procédés utilisés, qui nécessitaient de disposer d'un laboratoire attenant au studio de prise de vue, car les émulsions devaient être préparées juste avant l'exposition à la lumière, et le développement devait suivre immédiatement après.

La photographie entraîne des changements profonds


Dès les débuts de la photographie, le réformateur social Jacob Riis a vu en celle-ci un moyen de diriger l'attention du public sur la pauvreté et la souffrance. En 1880, il a commencé à prendre en photo les quartiers pauvres de New York à la tombée de la nuit. En guise de flash, il utilisait de la poudre de magnésium qu'il faisait brûler dans une poêle à frire. Par deux fois il a mis le feu à la maison où il travaillait, et une autre fois à ses vêtements. On dit que ses clichés ont motivé certaines réformes entreprises par Théodore Roosevelt à son arrivée à la Maison Blanche. D'autre part, la force persuasive d'une série de photographies de paysages, prises par William Henry Jackson a amené le congrès américain, en 1872, à faire de Yellowstone le premier parc national du monde
.

À la portée de tous


Vers la fin des années 1880, le coût et la complexité de la photographie dissuadaient encore des nombreuses personnes de s'y essayer davantage. Toutefois, quand en 1888 George Eastman lance le Kodak, un appareil photo portatif très maniable et doté d'un pellicule la voie s'est dégagée pour le photographe amateur.

Quand un client avait pris ses photos, il retournait l'appareil entier à l'usine. La pellicule y était traitée, et l'appareil rechargé, puis réexpédié avec des photos développées, le tout à un prix relativement bas. Le slogan « Appuyez sur le bouton, nous ferons le reste » n'avait rien d'exagéré.

Les milliards de clichés pris chaque année indiquent que son succès ne s'est jamais démenti. Et aujourd'hui, sa popularité s'est accrue grâce aux appareils numériques qui offrent une haute définition de l'image en méga pixels. Ces appareils sont munis de petites cartes mémoires pouvant contenir des centaines voire des milliers d'images (photos). On peut même en tirer chez soi des épreuves à l'aide d'un ordinateur et d'une imprimante.

 

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Histoire de la photographie (1).

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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La photographie pouvant être considérée comme une technique propre à supplanter le dessin ou la peinture pour représenter le monde qui nous entoure, son invention nécessitait, d'une part la réalisation d'un dispositif optique permettant la création de l'image, et d'autre part de fixer cette image sur un support pérenne par un processus chimique irréversible.

Par ailleurs les usages de cette technique a évolué, et sa dimension artistique a notamment été reconnue.


La photographie comme technique

À l'époque de la Renaissance, les peintres italiens commencent à découvrir les lois de la perspective. Pour simplifier le tracé de leurs paysages, ils utilisent deux appareils optiques qui permettent de projeter sur une surface une image d'un paysage ou d'un objet : la chambre claire et la chambre noire (voir l'article Chambre noire).

Cette dernière était déjà connue par Aristote (384-322 av. J.-C.), par le savant perse Ibn Al-Haytham (965-1038) et par Léonard de Vinci (1452-1519) ; on peut la considérer comme l'ancêtre des appareils photographiques. Elle est constituée par une boîte fermée, étanche à la lumière, dont une des faces est percée d'un tout petit trou, le sténopé. L'image inversée d'un objet éclairé placé à l'extérieur devant le trou se forme sur la paroi opposée.

Elle fut employée par de nombreux artistes, dont Giambattista della Porta, Vermeer, Guardi et Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, qui l'utilisa notamment pour mettre en perspective ses célèbres paysages des canaux de Venise.


La chambre noire

Les visiteurs du physicien italien Giambattista della Porta (1535 ?- 1615) auraient été effrayés en voyant sur le mur l'image des petits personnages se déplaçant la tête en bas. Pris de panique, ils se seraient précipités hors de la pièce. Della Porta a été accusé de sorcellerie. Della Porta voulut divertir ses invités en leur faisant découvrir une camera obscura c'est-à-dire la chambre noire en latin.

Celle-ci peut produire un effet spectaculaire, bien que son principe de fonctionnement soit simple. Quand la lumière pénètre par un trou minuscule dans une boîte ou une pièce obscure, une image inversée et renversée de l'extérieur est projetée sur la paroi opposée. Ce que les invités de Della Porta ont vu n'était rien de plus que les acteurs qui jouaient dans la pièce voisine. Ce qu'on appelle maintenant la chambre noire était l'ancêtre de l'appareil photo moderne.

La chambre noire n'était pas une nouveauté à l'époque de Della Porta. Aristote (-384 - -322 av. J.C.) avait observé le principe selon lequel elle fonctionnerait. Alhazen, un savant arabe du Xe siècle, en avait donné une description détaillée, et les carnets du célèbre Léonard de Vinci, au XVème siècle, en faisaient aussi mention. Au XVIème siècle, la netteté de l'image s'est améliorée avec l'introduction de la lentille. De nombreux artistes ont d'ailleurs utilisé cet accessoire de façon à rendre avec plus d'exactitude la perspective de l'échelle. Pourtant, malgré de multiples tentatives, il a fallu attendre le XIXème siècle pour obtenir une image permanente.


Camera obscura


Giambattista della Porta


L'objectif


Le principal inconvénient du sténopé est son manque de luminosité. En effet, la définition de l'image produite, c'est-à-dire la finesse des détails, est en fonction de la dimension du trou. Pour obtenir une image suffisamment détaillée celui-ci doit être le plus petit possible ; mais alors il ne passe que très peu de lumière et l'image est peu visible. Une lentille de verre, qui peut focaliser les rayons lumineux, améliore les performances du sténopé : le diamètre de l'ouverture étant plus important, on admet davantage de lumière et l'image est plus claire.

Le dispositif physique permettant de créer l'image étant inventé, il restait une étape importante à franchir : comment faire en sorte que la vision fugitive créée par la lumière dans la chambre noire se transforme en une image véritable, stable et durable comme un dessin ou une peinture. Autrement dit, comment supprimer le travail du dessinateur ou du peintre, avec tout ce qu'il suppose d'interprétation personnelle, d'erreurs et d'imprécisions, et faire exécuter ce travail automatiquement par la lumière elle-même ?

La chimie photographique


La découverte de l'action des rayons lumineux sur une surface sensible est attribuée aux
alchimistes du Moyen Âge, qui connaissaient les propriétés du chlorure d'argent, sensible à la lumière. Elle fut suivie durant les XVIIe et XVIIIe siècles par diverses recherches (Schulze,Beccaria, Wegwood).

La première image photographique


Au début du
XIXe siècle Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833) réussit à obtenir et conserver une image due à l'action de la lumière. Dès 1812, il parvint à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d'argent) et des positifs (avec du bitume de Judée), mais ces images ne sont pas stables.

En 1819, John Herschel décrit les propriétés de l'hyposulfite de sodium qui deviendra lefixateur de Mijus.

La plus vieille photographie, datée de 1825, est une reproduction par Niépce d’une gravure hollandaise représentant un petit cheval et non, comme on a longtemps cru, la vue de sa propriété de Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) : en 1826 il plaça une plaque d'étainrecouverte de bitume dans une chambre noire, face à une fenêtre de sa propriété. Il l'a exposée ainsi pendant huit heures. Cela format une image floue – mais maintenant très connue – d'un bâtiment, d'un arbre et d'une grange.

Voulant affiner sa méthode, Niépce s'est associé, en 1829, à un entrepreneur dynamique nommé Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851). À partir de 1829, Daguerre a commencé véritablement ses travaux en chimie en utilisant l'iode découverte par Bernard Courtois. Jacques Daguerre a accompli des progrès importants dans les années qui ont suivi la mort de Niépce, survenue en 1833. Les vapeurs d'iode sont utilisées comme agent sensibilisateur sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent polie. La réaction entre l’iode et l’argent produit de l’iodure d’argent, une substance qui s'est révélée être plus sensible à la lumière que le bitume. Par hasard, il a découvert, que si une plaque qui avait été exposée, était traitée aux vapeurs de mercure, l'image latente apparaissait nettement.

À partir de ce moment-là, le temps d'exposition se réduit considérablement. Plus tard, Daguerre a conscience qu'en trempant la plaque dans une solution saline il pouvait empêcher que l'image se noircisse avec le temps.

Arago présente la découverte à l'Académie des sciences en 1839 et Daguerre la commercialise sous le nom de « daguerréotype ». L'État français l'acquiert contre une rente viagère, puis en fait « don au monde ».

Cependant toutes ces images ne pouvaient être produites qu'en un seul exemplaire à la fois, leur qualité était aléatoire, et elles nécessitaient des temps d'exposition de plusieurs dizaines de minutes, ce qui rendait très difficile la réalisation de portraits.


Première photographie connue, prise par Niépce en 1825 avec le procédé de l'héliographie, représentant une gravure du XVIIe siècle montrant un homme menant un cheval.


Nicéphore Niépce


Le daguerréotype


En 1839, quand l'invention de Daguerre - le daguerréotype - a été présentée au public, elle a reçu un accueil des plus enthousiastes. Dans son Histoire de la photographie, le spécialisteHelmut Gernsheim déclare : « il est probable qu'aucune invention n'a autant exalté l'imagination du public et n'a conquis le monde en une vitesse aussi fulgurante que le Daguerréotype. » Un témoin écrit : « Une heure après, toutes les boutiques étaient prises d'assaut. Mais il n'a pas été possible de rassembler assez d'instruments pour satisfaire la marée des daguerréotypeurs en herbe. Quelques jours plus tard, on pouvait voir sur toutes les places de Paris, face aux églises et aux palais, des chambres noires montées sur leur trépied. Tous les physiciens, chimistes et intellectuels de la capitale polissaient des plaques argentées. Même les épiciers prospères n'ont pas pu se refuser le plaisir de sacrifier un peu de leurs ressources sur l'autel du progrès, en les laissant se volatiliser avec de l'iode et fondre dans les vapeurs de mercure. »

La presse parisienne n'a pas tardé à nommer cette mode de « daguerréotypomanie ». Devant la qualité remarquable des daguerréotypes, Sir John Frederick William Herschel, un scientifique britannique a écrit : « On peut sans exagérer, les qualifier de miraculeux ». Honoré de Balzac, puis Théophile Gautier et Gérard de Nerval ont été jusqu'à qualifier de cette invention de pouvoirs magiques. Cependant, tout le monde n'a pas fait bon accueil à cette invention. En 1856, le roi de Naples a interdit la photographie, peut-être parce qu'il la croyait liée au mauvais œil.

Par ailleurs, en voyant le daguerréotype, le peintre Paul Delaroche s'est exclamé : « À partir d'aujourd'hui, la peinture est morte ! » L'invention a causé une vive inquiétude parmi les peintres qui l'ont perçue comme une menace pour leur gagne-pain. Un commentateur a affirmé une autre de leurs craintes en ces termes : « La photographie est si rigoureusement fidèle à la réalité optique qu'elle risque de détruire la conception que chacun se fait de la beauté ». En outre, les images photographiques ont même été critiquées pour leur réalisme implacable qui a fait voler en éclats les illusions de la beauté et de la jeunesse dont on se berçait jusqu'alors.


Daguerre


Daguerréotype


L'invention du négatif


William Henry Fox Talbot (1800-1877) mène des recherches parallèles à celles de Niépce et Daguerre à partir de 1833 et est persuadé d'avoir inventé la photographie. En 1840, il invente la « calotypie », procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images. Suivent d'autres recherches qui, petit à petit, permettent d'améliorer la qualité des images, la sensibilité à la lumière des surfaces sensibles et de simplifier la procédure de prise de vue :1847 « procédé à l'albumine » (Claude Félix Abel Niépce de Saint-Victor, cousin de Nicéphore), 1850 « procédé au collodion humide » et 1851 « ambrotypie » (Frederick Scott Archer (en)), 1852 « ferrotypie » (Adolphe-Alexandre Martin). Il ne faut pas non plus oublier les travaux négatif/positif sur papier de Hypolite Bayard, photographe français (contemporain de Fox Talbot), qui publia en 1839 le premier autoportrait (le noyé-suicide). Niépce, Daguerre et Talbot n'ont cependant pas été les seuls à revendiquer la paternité de la photographie. Après l'annonce de Daguerre en 1839, au moins 24 hommes, de la Norvège au Brésil, ont fait de même.


William Talbot

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Photographie.

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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Le terme photographie a un sens triple :

  • C'est la technique qui permet de créer des images par l'action de la lumière.
  • C'est une image obtenue par cette technique.
  • Plus généralement, c'est la branche des arts graphiques qui utilise cette technique.

Étymologie


Le mot « photographie » est composé de deux racines d'origine
grecque :

  • le préfixe « photo- » (φωτoς, photos : lumière, clarté) — qui procède de la lumière, qui utilise la lumière ;
  • le suffixe « -graphie » (γραφειν, graphein : peindre, dessiner, écrire) — qui écrit, qui aboutit à une image.

Littéralement : « peindre avec la lumière ». Le terme plus court de photo est très fréquemment utilisé. Dans le cas où l'on parle d'une image photographique, on emploie aussi souvent les termes image, tirage, vue ou agrandissement.

La personne utilisant la technique photographique lors de la phase de prise de vue se nomme le photographe. Il existe de nombreux métiers connexes à la prise de vue. Par exemple, une personne travaillant dans un laboratoire pour procéder à l'agrandissement de négatifs se nomme le tireur.


La technique photographique : histoire

Depuis son invention il y a près de cent soixante-dix ans, la photographie a su tirer parti de nombreuses innovations technologiques et techniques dans les domaines de l'optique, de la chimie, de la mécanique, de l'électricité, de l'électronique et de l'informatique.

Invention


Les deux phénomènes nécessaires à l'obtention d'images photographiques étaient pour certains connus depuis longtemps. Depuis Aristote, on savait mettre la réalité en boîte ; il suffit de percer un « petit trou » (sténopé) dans une chambre noire (camera obscura) pour voir apparaître une image inversée dans le fond blanc de la boîte. D'autre part, les alchimistes savaient que la lumière noircissait le chlorure d'argent. Vers 1780 Jacques Charles, plus connu pour son invention de l'aérostat gonflé à l'hydrogène, parvint à figer, mais de façon fugitive, une silhouette obtenue par le procédé de la chambre noire sur du papier imbibé de chlorure d'argent et de sulfate de cuivre anhydre. Thomas Wedgwood (1771-1805) fit des expériences analogues avec le nitrate d'argent ; il en publia un mémoire en 1802. De son côté John Herschel en 1819 décrit les propriétés de l'hyposulfite de sodium qui deviendra le fixateur.

Joseph Nicéphore Niépce, un inventeur de Chalon-sur-Saône, associe ces trois procédés pour fixer des images (de qualité moyenne) sur des plaques d'étain recouvertes de bitume de Judée, sorte de goudron naturel qui possède la propriété de durcir à la lumière (1826 ou 1827) ; la première photographie représente une aile de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire). Cette dernière est visible à l'Université d'Austin au Texas depuis que Helmut Gernsheim en a fait don à cette institution, en 1963. Si on regarde bien cette image, on remarque son éclairage particulier. En effet, la pose a duré de nombreuses heures (on estime la pose entre 14 et 18 heures) ; le soleil a donc éclairé le mur de droite puis celui de gauche plus tard dans la journée.

Nicéphore meurt en 1833 et Louis Jacques Mandé Daguerre poursuit l'amélioration du procédé. En découvrant le principe du développement de l'image latente, Daguerre trouve le moyen de raccourcir le temps de pose à quelques dizaines de minutes. En 1839, Il promeut son invention auprès du savant et député François Arago, qui lui accorde son soutien.

Ainsi, la date officielle de l'invention de la photographie est 1839, date à laquelle Arago présente à l'Académie des sciences l'« invention » de Daguerre, le daguerréotype, qui est en fait une amélioration de celle de Niépce. L'État français l'acquiert contre une rente viagère annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, puis en fait don « au monde ».

Grâce au daguerréotype, on obtient des images après « seulement » une demi-heure de pose (lorsque le ciel est parfaitement dégagé). Cette lenteur pose quelques problèmes ; les rues de Paris, même à une heure d'affluence apparaissent totalement vides. Mais qu'importe, la photographie était inventée. La première photographie représentant des êtres humains sera créée un peu plus tard, alors qu'un passant se fait cirer les chaussures, le cireur et lui-même étant restés statique pendant plusieurs minutes.


Point de vue du Gras, le premier résultat d'une expérience de Joseph Nicéphore Niépce. Cette photographie représente une partie de la propriété de Niépce. Elle fut prise en 1826.

Évolution

Par la suite, la photographie évolue très vite. En effet, le résultat des recherches étant acquis par l'État français, chacun peut l'améliorer.

Les progrès suivent trois directions :

  • réduction du temps de pose par augmentation :
    • de la rapidité des surfaces sensibles,
    • de la luminosité des objectifs ;
  • amélioration de la stabilité du tirage ;
  • simplification de l'usage, grâce à l'invention :
    • d'appareils de plus en plus légers et de moins en moins chers,
    • de préparations stables évitant les manipulations chimiques,
    • de l'introduction de l'informatique avec la numérisation de l'image, dite « photo numérique ».

Invention du négatif


William Henry Fox Talbot
(1800-1877) mène des recherches parallèles à celles de Niépce et Daguerre à partir de 1833. En 1840, il invente le « calotype », procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images.

Suivent d’autres recherches, qui petit à petit permettent d’améliorer la qualité des images, la sensibilité des surfaces sensibles, et de simplifier la procédure de prise de vue ; 1847 « procédé à l’albumine » (Claude Félix Abel Niépce de Saint-Victor, cousin de Nicéphore), 1850 « procédé au collodion humide » et 1851 « ambrotypie » (Frederick Scott Archer), 1852 « ferrotypie » (Adolphe-Alexandre Martin).

Félix Tournachon plus connu sous le nom de Nadar en fait une utilisation commerciale. Il réalise des portraits des personnalités de l'époque, et en 1858 il réalise à Bièvres la première photographie aérienne, prenant une vue de Paris depuis un aérostat.

Invention du film souple

Les premiers clichés (noir et blanc ou autochromes) étaient réalisés sur des plaques de verre, relativement encombrantes, lourdes et fragiles. En
1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples. Le film en celluloïd, permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l’appareil photographique, supplante alors la plaque de verre. La diminution de la taille des appareils facilite la pratique de la prise de vue en (presque) tous lieux et toutes circonstances. Le Kodak sera le premier appareil photographique fabriqué par la compagnie Eastman permettant d'enregistrer une centaine d'images sur support souple. Une fois le film exposé, l'appareil était renvoyé à Rochester (NY) où le film était développé, les épreuves tirées, l'appareil rechargé, et le tout renvoyé à son propriétaire.

Invention de la photographie en couleurs


Charles Cros
et Louis Ducos du Hauron présentent le même jour à l'académie des sciences, le principe de la photographie en couleurs indirecte en trichromie soustractive en 1869, nécessitant l'exposition de 3 images correspondant aux trois couleurs primaires. Le procédé sera utilisé à grande échelle par Prokudin-Gorskii entre 1900 et 1918.

Une étape importante fut ensuite le premier procédé véritablement pratique de photographie en couleur, l’« autochrome », inventé par les frères Louis et Auguste Lumière en 1903 et commercialisé à partir de 1907. L'utilisation est simple (une seule image) mais la sensibilité très faible oblige à des poses de quelques secondes et le format des plaques 9 × 12 impose des appareils lourds.

Il faudra attendre 1935 avec l'entrée en production de l'Agfacolor puis du Kodachrome pour que la photographie en couleur se répande avec des appareils compacts faciles à transporter (pellicule souple) mais toujours limitée à des diapositives. Les amateurs devront attendre l'Ektachrome vers 1946 pour disposer d'un traitement abordable bien que délicat.

Le succès à grande échelle dépendait de la possibilité de tirage sur papier que permet le Kodacolor introduit en quantité limitée pendant la Seconde Guerre mondiale (1942) puis plus largement dans les années 1950 sous le format 135.

Le film 35 mm et les appareils de petit format


En 1909, le Français Etienne Mollier eut l'idée d'utiliser le film cinématographique 35 mm dans son appareil photographique appelé le Cent-Vues, un appareil « de poche » qui prenait d'affilée cent vues 18/24 mm. Le Cent-Vues fut fabriqué en 1910, obtint la Médaille d'or du Concours Lépine et fut commercialisé aussitôt, à petite échelle et sans grand succès[3]. En 1913, Oskar Barnack construisit le premier prototype du Leica, qui fut commercialisé à partir de 1925 et fut le premier des appareils utilisant le format 24 x 36 mm, qui est resté le plus courant jusqu’à la fin du XXe siècle.

Invention du positif direct


Vers 1948, le docteur Edwin H. Land met au point le premier appareil à développement instantané, le Polaroïd, et en 1962, il adapte ce procédé à la couleur. Les premières versions du polaroïd comportaient un internégatif. Dans les années 1980 on améliore la technique pour se passer de l'internégatif et obtenir un véritable positif direct.

C'est pourtant une des premières recherches de la photographie sur laquelle le français Bayard travaillera autour de 1838-1839, simultanément aux recherches de Niépce et Daguerre sur le daguerréotype. On connaît de Bayard avec ce procédé le premier autoportrait (dit « l'Autoportrait en noyé ») de l'histoire de la photographie.

Une variante, la photographie en relief


La
stéréoscopie ayant été inventée avant la photographie (Wheatstone, 1838), des photographes se sont mis dès 1841 à prendre des photos en relief, en deux poses successives avec un décalage entre les deux prises de vues. Cette prise de vues en deux temps n'étant pas possible pour les portraits, des appareils à deux objectifs ont été construits à cet effet dès les années 1850.

Une nouvelle branche de la photographie s'est donc largement développée pendant toute la deuxième moitié du XIXe siècle et continue à se développer au XXIe, notamment avec la photographie numérique qui permet de nouvelles fonctions, comme le recadrage à l'intérieur des images déjà prises et facilite la présentation publique en projection.

La photographie numérique


Les techniques
informatiques permettent de transformer une image en une série de points, les pixels, dont les caractéristiques sont exprimées par des nombres, ce qui permet de la reconstruire sur un périphérique informatique. La difficulté de cette technologie, qui marque une rupture complète avec les procédés physico-chimiques initiaux, se situe dans la conception des capteurs électroniques de l'image qui remplacent le film. La résolution de ces capteurs, le nombre de pixels d'une image qu'ils sont capables d'analyser, évolue très rapidement. Sur les appareils commercialisés, ils atteignent en 2008 jusqu’à quinze millions de pixels pour les appareils au capteur APS (Capteur CMOS SAMSUNG) et cinquante millions de pixels pour les moyens formats et permettent d'obtenir une image de qualité pour une taille d'environ un demi-mètre carré. Comme pour les anciennes techniques, cette qualité dépend aussi de l'optique de l'objectif.

La photographie numérique présente l'avantage d'offrir des possibilités infinies de retraitement et de retouche des images avec un ordinateur et un logiciel de traitement d'image. De la simple correction de lumière, de contraste, de couleur, à la retouche et la composition d'image, ces logiciels permettent une grande liberté de création.

Les réseaux de communication, internet et les services communautaires de photo en ligne apparus depuis 2003, ont déployé les possibilités d'usage de la photo numérique. Avec les blogs et les services de partage de photographies comme Pikeo ou Flickr, les photographes internautes disposent des outils et services permettant la communication, l'échange, l'exposition de leurs photos numériques, autant dans la sphère privée, communautaire, qu'à l'échelle planétaire. Les services offrent des possibilités d'exploitation en ligne considérables ; gestion des contacts, diaporamas, localisation géographique.. Les artistes et professionnels y trouvent leur compte avec des audiences considérables pouvant dépasser n'importe quel lieu d'exposition physique.

Les grandes marques d'appareils photo numériques sont : Canon, Fujifilm, Kodak, Leica, Nikon, Olympus, Panasonic, Pentax, Samsung, Sony, Le marché est actuellement dominé par Canon (18,7 %) et Sony (15,8 %).

Une technique objective ?


La photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation ; on est à présent capable d'avoir une représentation du réel « objective ». C'est-à-dire que l'homme ne représente plus le réel tel qu'il le voit et tel qu'il le peut mais c'est le réel qui impressionne, « seul », le support. Ainsi la photographie trouve rapidement son usage dans le reportage, dans l'anthropométrie, inventée par Alphonse Bertillon. On a l'ambition de réaliser un inventaire du monde.

Nous savons toutefois aujourd'hui que cette objectivité a ses limites. Déjà la photographie argentique permettait de travestir la réalité, d'ajouter ou de retrancher des éléments d'une image par un patient travail de laboratoire. Mais avec l'avènement de la photographie numérique, ces trucages qui n'étaient auparavant accessibles qu'à des connaisseurs, deviennent presque à la portée de tous.

En outre, par le choix de tel cadrage, de tel traitement appliqué à la photo, le photographe interprète à sa façon le réel qui s'offre à lui. C'est ainsi qu'en noir et blanc, une ambiance peut être rendue dramatique par certaines techniques alors que la réalité ne l'était pas autant.

Influence sur la peinture


Jusqu’à l'usage de la photographie, c'est la peinture qui avait pour rôle la représentation de la réalité. Les peintres étaient tiraillés entre le besoin d'une représentation fidèle à la réalité et le désir d'embellir leurs tableaux pour les rendre plus attrayants. Avec l'arrivée de la photo, les arts plastiques ont pu se libérer de la réalité et se tourner vers l'art abstrait.

Un art populaire


La photographie a aussi inauguré une époque où presque tout le monde pouvait disposer de son portrait ou de représentations d'objets ou de lieux qui restaient jusque-là réservés à une élite économique, quand il fallait demander à un peintre de réaliser une image. Cela s'est traduit dans un premier temps par certaines photographies qui s'approchaient beaucoup du portrait peint le plus classique.
Mais la réalisation de la photographie s'est également rapidement diffusée. Et aujourd'hui, presque tout le monde a facilement accès à la capacité de « prendre une photo ». La représentation du monde en a été transformée et les sociologues ne manquent pas d'étudier les pratiques et les résultats de cette photographie populaire.

Cet environnement très favorable permet ainsi de parler d’« art populaire » par la possibilité ainsi offerte au plus grand public de posséder les formes de cet art et d'en produire les artefacts.

Le huitième art


Dans la classification des arts dérivée de celle d'Hegel, la photographie reçoit la huitième place (en concurrence avec la télévision et l'art dramatique).

La photographie est un moyen technique et mécanique de conserver une représentation graphique des moments, des objets ou des gens. Mais c'est aussi un moyen d'expression plus ou moins abstrait, portant la signature de son auteur, le photographe, et dont l'objectivité est équivalente à n'importe quelle œuvre artistique. Longtemps enfermée dans l'imitation de la peinture (pictorialisme, marines, portraits, etc.), la photographie a trouvé sa propre voie artistique avec l'apparition du surréalisme.


Woman with camera. Photo d'Alfred Cheney Johnston, vers 1920.

 

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John Fitzgerald Kennedy (2).

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1963

  • 11 juin : Kennedy prononce un discours sur les droits civiques : « Nous sommes, à la fois en tant que pays et en tant que peuple, face à une crise des valeurs morales ».
  • 26 juin : Kennedy visite Berlin Ouest et prononce un discours resté célèbre durant lequel il lancera la phrase (de) Ich bin ein Berliner (« Je suis un Berlinois »).
  • 28 août : Kennedy rencontre Martin Luther King et les autres dirigeants du mouvement pour les droits civiques après une manifestation, qui rassemble plus de 250 000 Américains, devant le mémorial au président Lincoln.
  • Octobre : Kennedy envisage un désengagement des conseillers militaires américains au Viêt Nam et un accroissement de l’aide pour l’entraînement des forces sud-vietnamiennes.
  • 7 octobre : Kennedy signe le Traité d’interdiction des essais nucléaires, le premier permettant d’envisager un désarmement.
  • 12 novembre : Il prononce un discours à l'Université de Colombia, qui mentionne un « complot pour anéantir la liberté des Américains » et qui serait pour certains a l'origine de son assassinat le 22 novembre.
  • 21 novembre : Il prépare sa politique de « lutte contre la pauvreté » pour son programme d’action à mettre en œuvre en 1964.
  • 22 novembre : Il entame la campagne pour sa réélection par un voyage au Texas, qui avait voté majoritairement pour Nixon, donc républicain. L'avion présidentiel Air Force One atterrit sur l'aéroport de Dallas Love Field, où Kennedy et son épouse sont accueillis chaleureusement. À 12h30, alors que le cortège présidentiel se dirige vers Dealey Plaza, plusieurs coups de feu sont tirés, le gouverneur John Connally est touché, Kennedy est atteint en pleine tête. Il décédera peu de temps après à l'hôpital Parkland. Son assassinat reste à ce jour, pour beaucoup, non résolu, alimentant les rumeurs et les hypothèses les plus folles. Le 27 septembre 1964, la commission d’enquête désignée par Lyndon Johnson, connue sous le nom de Commission Warren, conclut que l’assassin présumé de Kennedy, Lee Oswald, a agi seul.
  • 25 novembre : Le Président est enterré au cimetière militaire d'Arlington


Kennedy signe le Traité d’interdiction des essais nucléaires, 7 octobre 1963

Politique étrangère

Le mandat de Kennedy est marqué par la guerre froide entre l’Union soviétique et les États-Unis et les crises majeures destinées à contrer l’expansion communiste. Au début de sa présidence, il pense que le monde peut s'améliorer par des moyens pacifiques et il crée les régiments de la paix. Ce programme, qui existe toujours, permet à des volontaires américains d'aider les pays sous-développés dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, de la santé et du bâtiment.

Kennedy développa des liens d'amitié étroits avec le Royaume-Uni et la RFA. Cependant, les relations avec le Canada seront faibles, John Diefenbaker ne supportant pas Kennedy et réciproquement. Le prochain premier ministre canadien Pearson s'entendra très bien avec lui et accepte l'installation de bases nucléaires américaines au Canada. Les relations avec la France de De Gaulle sont faibles, mais les deux dirigeants ont un grand respect l'un pour l'autre et le peuple français a une certaine admiration pour Kennedy; ils sont notamment fiers que sa femme, Jaqueline Bouvier de son nom de jeune fille, ait des racines françaises.

La Crise des missiles de Cuba montre que le risque d'une guerre nucléaire n’est pas négligeable et que les États-Unis et l'URSS sont "au bord du gouffre", d’où une attitude plus mesurée en Europe. Cette attitude est d'ailleurs déjà effective avant cette crise, comme le prouve le fait que les Américains restent passifs lorsque l’Allemagne de l’Est lancera la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et que les pays du bloc de l’Est rendront leurs frontières quasiment étanches. Après une tentative de retrait, Kennedy essayera malgré tout de contenir l'expansion soviétique en envoyant des conseillers militaires, puis des troupes, au Viêt Nam. En octobre 1963, Kennedy signa un mémorandum ordonnant le retrait de 1 000 soldats du Viêt Nam avant la fin de 1963 car il pensait la guerre bientôt gagnée. Ce mémorandum sera annulé par Lyndon B. Johnson.

Kennedy signe un traité d'interdiction des essais nucléaires dans l'atmosphère pour lutter contre la prolifération des armements et contre les effets à long terme des retombées radioactives. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS en seront les premiers signataires et Kennedy considérera que c'est une des actions majeures de son gouvernement.



Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne, 1961

Politique intérieure

Kennedy milite contre la ségrégation raciale, en prenant pour modèle Abraham Lincoln. Il soutient Martin Luther King, et le rencontre lors de sa marche sur Washington en 1963.

L'un des problèmes les plus importants auquel Kennedy doit faire face est celui de mettre fin aux mesures discriminatoires contre les minorités ethniques qui restent légales dans certains États. Un arrêt de 1954 de la Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les écoles publiques, mais est resté lettre morte dans de nombreux États du sud. Par ailleurs, des mesures discriminatoires restent toujours en vigueur dans d'autres lieux publics, tels que les transports urbains, les cinémas et les restaurants.

Il fait beaucoup pour la conquête de l'espace, en lançant le programme Apollo (We choose to go to the moon).

Sur le plan social, son programme Nouvelle Frontière vise à améliorer le sort des classes modestes et des droits civiques de ses concitoyens noirs. Sur ces objectifs, Kennedy se heurte souvent, ce qui est courant aux États-Unis, à un Congrès dont la majorité n'est pas celle de son courant politique. Ici, cependant, le Congrès est en majorité démocrate, mais cette dernière est dominée par les démocrates du sud, conservateurs sudistes hostiles à la disparition de la ségrégation.



Rencontre avec leaders des droits civiques en 1963

Assassinat

Le 22 novembre 1963, lors d'une visite pré-électorale de John F. Kennedy à Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la limousine décapotée du Président passe sur Dealey Plaza, des coups de feu éclatent. Le président est d'abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la poitrine, puis une balle atteint le président à la tête. Aussitôt transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré mort après une demi-heure de vains efforts de réanimation. Le monde est consterné en apprenant la nouvelle.

Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné le président, quoique la seconde enquête (celle du HSCA) ait estimé qu'il y avait eu conspiration, ce que de nombreuses personnes croient encore.

Les assassinats du président Kennedy, de Martin Luther King, de Malcolm X et de Robert Kennedy, frère de l'ancien président, en 1968, font disparaître quatre personnalités représentatives d'un certain progrès social durant les années 1960.

Kennedy est maintenant enterré dans le cimetière national d'Arlington, près de Washington, DC.



Pierre tombale de JFK, cimetière d'Arlington

Anecdotes

  • 29 mai 1962 : Marilyn Monroe chante Happy Birthday pour célébrer le 45e anniversaire du président au Madison Square Garden. Cette séquence enregistrée par la télévision fait partie des grands moments de la petite histoire et alimente les potins sur la liaison entre elle et Kennedy.
  • Lors du voyage officiel du Président accompagné de son épouse à Paris, en juin 1961, le succès de Jackie est tel que le Président s'est présenté de la façon suivante lors d'une réception : « Je suis l'homme qui accompagne Jacqueline Kennedy à Paris ».
  • Il a été affirmé que lors d'un discours tenu à Berlin Ouest, le président Kennedy a prononcé sa célèbre phrase : (de) Ich bin ein Berliner, des rires se mêlèrent aux cris d'approbation parce que ein Berliner désigne une Boule de Berlin en allemand. Il s'agit d'une légende urbaine : cette déclaration a recueilli une ovation dans laquelle aucun rire ne se distingue et, de toute façon, si un Berliner peut effectivement désigner un beignet, il s'agit d'un terme utilisé uniquement hors de Berlin.
  • Une autre légende urbaine circulant sur Internet évoque des coïncidences entre la vie d'Abraham Lincoln et celle de Kennedy ; ces rapprochements se font au prix de quelques approximations, ou même inventions.
  • Kennedy était un grand joueur d'échecs et admirateur de Mozart.
  • John Forbes Kerry, candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine de 2004, avait la particularité d'avoir comme initiale JFK à l'instar de John Fitzgerald Kennedy.
  • Quant à Barack Obama, il est parfois comparé à Kennedy en raison de son caractère de nouveauté et de jeunesse, de sa différence par rapport à la majorité de la population (Kennedy était catholique et Obama est le premier président noir de l'histoire des États-Unis) et surtout par rapport à son charisme et à sa « télégénie ».

Hommages


Le portrait de JFK est gravé sur la pièce d'un demi-dollar. Son nom a été donné à de très nombreux sites et bâtiments, tels que l'aéroport international de New York (JFK Airport), le théâtre de Washington (Kennedy Center) ou le centre de tir spatial de Floride (Kennedy Space Center ou Centre spatial Kennedy). Dans le Yukon, au Canada, une montagne a été baptisée en 1965 Mont Kennedy en son honneur. Cette montagne de 4 238 mètres a été escaladée pour la première fois en mars 1965 par Robert Kennedy, George Senner et Jim Wittaker, le premier Américain à avoir atteint le sommet de l'Everest
. Une fois au sommet, Robert Kennedy y a déposé un tube métallique contenant le discours d'investiture de JFK.



Visage de Kennedy sur un timbre de 1964

  


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John Fitzgerald Kennedy (1).

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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John Fitzgerald Kennedy (29 mai 1917 22 novembre 1963) est le 35e président des États-Unis. Entré en fonction le 20 janvier 1961, à l'âge de 43 ans, il est assassiné le 22 novembre 1963, à l'âge de 46 ans. Plus jeune président élu, il est aussi le plus jeune à mourir en cours de mandat, assassiné moins de trois ans après son entrée à la Maison Blanche.

En raison de son énergie, de son charisme, de son style et de ses qualités présumées de chef pendant la Guerre froide, mais aussi en raison de son assassinat, JFK reste l'un des personnages les plus populaires du XXe siècle, tandis que son assassinat reste pour beaucoup un mystère des plus controversés.



35e président des États-Unis d'Amérique

Biographie

John Fitzgerald Kennedy, surnommé « Jack », est né le 29 mai 1917 à Brookline, Massachusetts, une banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui compte neuf enfants. Ses parents, Joseph Patrick Kennedy, qui a fait fortune dans les années 1930, et Rose Fitzgerald, fille du maire de Boston, sont les descendants de familles originaires d'Irlande. Son père, qui a soutenu Franklin Delano Roosevelt lors de l'élection de 1933, est devenu ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en 1938.

Le jeune Kennedy reçoit une éducation dans l'une des meilleures écoles privées à Wallingford, Connecticut. En septembre 1935, il intègre la London School of Economics sous la supervision du professeur Laski, mais doit interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre par la suite l'université de Princeton, mais doit de nouveau interrompre ses études après seulement six semaines et se fait hospitaliser à l'hôpital Brigham de Boston. L'année suivante, il intègre Harvard.

Il visite l'Europe et écrit son mémoire sur la participation britannique aux accords de Munich. Il est diplômé avec mention à 23 ans et son mémoire sera publié sous le titre Pourquoi l'Angleterre dormait.

Service militaire


Au printemps
1941, Kennedy veut s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses problèmes de dos : il est en réalité atteint de la maladie d'Addison, une sorte de déficience (encore mortelle à son époque) des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones anti-douleurs osseuses. L'ostéoporose fragilise progressivement ses vertèbres, provoquant de sournoises douleurs dorsales que le Dr Jacobson, surnommé Dr Feelgood (que l'on peut traduire par « Dr Bien-être »), diminuera plus tard grâce à l'injection de puissants calmants.

Son frère aîné, Joseph Patrick Junior (né le 25 juillet 1915 et décédé le 12 août 1944 au-dessus de la Manche lors de l'explosion d'un bombardier expérimental destiné à détruire les bases de lancement des V2), ayant été enrôlé par l'USAAF, JFK fait intervenir son père auprès des autorités de l'US Navy qui, finalement, l'acceptent. Il sert sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique et devient commandant d'un patrouilleur avec le grade de lieutenant de vaisseau.

Le 2 août 1943, son patrouilleur, le PT 109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; il réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, où son équipage sera récupéré. Ce fait d'armes lui vaut la médaille de la Marine avec la citation suivante :

« Le lieutenant de vaisseau Kennedy, au cours de l'attaque d'un destroyer japonais, a vu son navire éperonné et coulé. Il a dirigé le sauvetage de son équipage et a personnellement sauvé trois hommes, dont l'un était sérieusement blessé. Au cours des six jours qui ont suivi, il a pu ramener son équipage à terre… Son courage, sa ténacité et ses qualités de chef ont permis de sauver plusieurs vies, maintenant ainsi les traditions de la Marine des États-Unis. »

Kennedy recevra d'autres décorations pendant la guerre, dont la Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945 quelques mois avant la capitulation du Japon.

Carrière politique


Après la Seconde Guerre mondiale, Kennedy débute une carrière politique en se faisant élire à la Chambre des représentants dans une circonscription à majorité démocrate. Il est réélu deux fois malgré ses positions qui ne sont pas toujours en accord avec celles du président Harry S. Truman ou du Parti démocrate.

En 1952, il est candidat au siège de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le Massachusetts ». Il réussit à battre son concurrent républicain, le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. Cependant, il ne s'oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, un ami de la famille, qui mène une campagne agressive dans le but d'extirper les prétendus espions communistes au sein du gouvernement. Il profite d'un séjour à l'hôpital pour ne pas voter la motion de censure contre McCarthy en 1954, ce qui lui sera longtemps reproché par l'aile gauche du Parti démocrate, Adlai Stevenson et Eleanor Roosevelt en tête.

Mariage


Le 12 septembre 1953, il épouse Jacqueline Bouvier avec qui il aura quatre enfants : Arrabella (1956, mort-née), Caroline Kennedy (1957), John Fitzgerald Kennedy Jr. (1960-1999) et Patrick (1963, décédé deux jours après sa naissance).

Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en raison de problèmes de dos et recevra même l'extrême onction à trois reprises. Pendant cette période, il publie un livre Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux), où il fait la biographie de huit sénateurs qui ont risqué leurs carrières pour défendre leurs points de vue. Ce livre recevra le prix Pulitzer en 1957.

L'élection présidentielle


Kennedy se déclare candidat en 1960. Le Parti démocrate doit choisir entre les sénateurs Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Kennedy emporte les élections primaires dans certains États clés, comme le Wisconsin et la Virginie-Occidentale et obtient la nomination de son parti à la convention nationale. Son colistier sera Lyndon B. Johnson, soutenu par les États du sud. Pendant la campagne électorale, les débats tournent autour du rôle des États-Unis dans le monde, du problème de la pauvreté, de l'économie et de l'équilibre de la terreur face aux missiles porteurs d'armes nucléaires de l'Union soviétique, mais aussi sur la religion catholique pratiquée par le candidat.

En septembre et en octobre 1960, Kennedy et le candidat républicain Richard Nixon débattent pour la première fois à la télévision. Nixon apparaît nerveux, en sueur et mal rasé. De plus, une douleur récurrente au genou le fait souffrir. Face à un Kennedy calme et maîtrisé, Nixon « passe » mal à l'écran et ressort affaibli de la confrontation télévisée, alors que les citoyens ayant suivi le débat à la radio estiment que Nixon était légèrement plus convaincant. Ces débats sont donc considérés comme fondateurs d'une certaine politique moderne puisque, pour la première fois, la manière de se tenir face à une caméra devient un élément important dans une élection.

La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière », prévoit la détente envers l'URSS, l'envoi d'un homme sur la Lune, l'égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l'économie, la lutte contre la pègre et l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde.

L'élection a lieu le 8 novembre 1960 ; Kennedy bat Nixon de très peu. Des rumeurs circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs « votent bien ». À 43 ans, John est le plus jeune président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le premier président des États-Unis de religion catholique et toujours le seul à ce jour.

Présidence

Chronologie

1961

  • 20 janvier : entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».
  • 2 février : Kennedy propose au Congrès sa politique sociale afin de mettre fin à la récession économique. Elle inclut un programme de tickets-nourriture et un accroissement des allocations pour les chômeurs et les personnes sans ressources.
  • 1er mars : Kennedy signe un décret créant les Corps de la Paix, l’une des institutions les plus marquantes de son gouvernement.
  • 28 mars : Il lance un programme d’armement parmi les plus importants en temps de paix. Il double le nombre de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux Polaris, augmente le nombre de bombardiers stratégiques et augmente celui des autres missiles; il accroît aussi le nombre de divisions en état d’alerte et quadruple les unités de luttes anti-guérillas.
  • 16-18 avril : le gouvernement Kennedy tente d'appliquer un plan initialement préparé par Dwight Eisenhower, pour renverser La Mafia, le président cubain communiste. Avec l'aide de la CIA, 1 500 exilés cubains retournent dans l'île et tentent de rallier la population ; c'est un échec qui est connu sous le nom de « l'invasion de la baie des cochons ». En moins de deux jours, Kennedy refusant tout appui aérien, le gouvernement castriste tue ou fait prisonnier les exilés et Kennedy doit négocier leur libération. Elle sera obtenue après 20 mois au prix de 53 millions USD en nourriture et médicaments. Kennedy, dans un discours, se déclare seul responsable du désastre, mais en privé, il déclare que la CIA lui a menti et l'a manipulé pour qu'il donne l'ordre de l'invasion totale de Cuba. Allen Welsh Dulles, directeur de la CIA, sera limogé et le reste du mandat de Kennedy sera marqué par une certaine méfiance envers la communauté des services de renseignements (CIA).
  • 25 mai : Kennedy prononce le fameux discours qui donne le coup d’envoi du programme lunaire américain. « Notre nation doit s’engager à faire atterrir l’homme sur la Lune et à le ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie.»
    Il répond ainsi à l’URSS qui, en pleine guerre froide, avait pris plusieurs longueurs d’avance dans la conquête spatiale. Il conforte le concept de
    Nouvelle Frontière de l'espace, qu'il avait déjà évoqué dans un discours d'investiture comme candidat à l'élection présidentielle, le 15 juillet 1960.
  • 13 août : le gouvernement est-allemand, sous le contrôle de l'URSS, débute la construction du Mur de Berlin séparant les secteurs Est et Ouest de la ville afin d'empêcher l'exode de la population vers l'Ouest. Bien que cet acte soit contraire à l'accord entre les quatre grandes puissances, Kennedy ne l'empêche pas et ne fera pas grand chose lors de son extension sur 155 km de frontières.
  • 3 septembre : Kennedy signe la loi sur le salaire minimum et étend son domaine d’application.
  • 30 septembre : un étudiant noir s’inscrit pour la première fois à l’université d’état du Mississippi ; des manifestants s’opposent à la déségrégation et le ministre de la justice, Robert Kennedy – frère du président – utilise 23 000 agents fédéraux pour contrer les manifestants. Les échauffourées font deux morts parmi les manifestants et 160 blessés parmi les forces de l’ordre.

 

 

La capsule Friendship 7 présentée à Kennedy par John Glenn

1962

  • 12 septembre : il prononce son discours We choose to go to the Moon, qui influence de façon majeure la politique spatiale américaine.
  • 14 octobre : des avions espions américains U2 photographient des sites de missiles soviétiques en construction à Cuba. Kennedy est confronté à un dilemme : soit il attaque les sites en risquant une confrontation nucléaire avec l'URSS, soit il ne fait rien et les États-Unis doivent vivre sous la menace d'armes nucléaires tactiques près d'eux. Kennedy décide un blocus de l'île et entame des négociations avec le président du Conseil des ministres soviétique Nikita Khrouchtchev. Un accord sera trouvé après plusieurs semaines de négociations diplomatiques, les États-Unis s'engageant à ne pas envahir Cuba et à retirer leurs missiles implantés en Turquie.
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DRAGON DE KOMODO (2).

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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Venin et bactéries

À la fin de 2005, des chercheurs de l'université de Melbourne sont arrivés à la conclusion que le varan Perenti (Varanus giganteus), d'autres espèces de varans et certains agamidae pouvaient être légèrement venimeux. L'équipe de chercheurs a montré que les effets immédiats des morsures de ces reptiles étaient causés par une légère envenimation. On a observé les effets des morsures de doigts humains par un varan bigarré (V. varius), un dragon de Komodo et un Varanus scalariset on a obtenu des symptômes similaires dans les trois cas: oedème rapide du bras, perturbation locale de la coagulation du sang, douleur remontant au coude, certains symptômes durant plusieurs heures. On suppose que tous les reptiles venimeux ou non incluant les serpents ont en commun un ancêtre venimeux.

Les dragons de Komodo possèdent également des bactéries virulentes dans leur salive, dont plus de 28 souches gram-négatif et 29 Gram-positif ont été isolées. Ces bactéries provoquent une septicémie chez leur victime, si une première morsure ne la tue pas et si la proie s'échappe, qui aboutira au décès de l'animal en moins d'une semaine à la suite d'une infection généralisée. La bactérie la plus nocive dans la salive du dragon de Komodo semble être, à partir d'études faites sur des souris de laboratoire, une souche très pathogène de Pasteurella multocida. Il n'existe pas d'antidote spécifique à la morsure d'un dragon de Komodo, mais on peut généralement traiter la plaie par nettoyage de la zone blessée et par administration de fortes doses d'antibiotiques. Si elle n'est pas traitée rapidement, la nécrose peut rapidement se développer autour de la morsure, pouvant nécessiter l'amputation de la zone touchée. Parce que le dragon de Komodo semble à l'abri de ses propres microbes, beaucoup de recherches ont été faites sur la ou les molécules antibactériennes possédées par l'animal dans l'espoir d'une utilisation médicale.


Un dragon de Komodo en plein sommeil. Noter les longues griffes incurvées qui lui servent à se battre et à manger.

Reproduction

L'accouplement se produit entre mai et août et les œufs sont pondus en septembre. Au cours de cette période, les mâles luttent les uns contre les autres pour la conquête des femelles et d'un territoire en se dressant sur leurs pattes postérieure puis en maintenant le perdant au sol. Les mâles peuvent vomir ou déféquer lors de leur préparation au combat. Le vainqueur de la lutte ira alors lécher la femelle de sa longue langue pour obtenir des informations sur sa réceptivité. Les femelles sont opposantes et résistent avec leurs griffes et leurs dents au cours des premières phases de la cour. Par conséquent, le mâle doit bien enserrer la femelle pendant le coït pour éviter d'être blessé. Une autre méthode de cour consiste pour le mâle à frotter son menton sur la femelle, à lui gratter fortement le dos et à la lécher. La copulation se produit lorsque le mâle insère l'un de ses hémipénis dans le cloaque de la femelle. Les dragons de Komodo sont monogames et forment des couples, un comportement rare pour les reptiles.

La femelle pond ses œufs dans des terriers à flanc de colline ou dans les nids abandonnés de mégapodes de Reinwardt avec une préférence pour la seconde méthode. Les portées contiennent une moyenne de 20 œufs qui ont une période d'incubation de 7 à 8 mois. La femelle se trouve sur les œufs pour les couver et les protéger jusqu'à ce qu'ils éclosent vers le mois d'avril, à la fin de la saison des pluies, lorsque les insectes sont nombreux. L'éclosion est un effort épuisant pour les jeunes qui sortent de leur coquille avec un diamant qui tombe peu après. Après avoir cassé leur coquille, les nouveau-nés doivent se reposer pendant des heures avant de commencer à sortir du nid. Les nouveau-nés sont sans défense et nombreux sont ceux qui sont mangés par des prédateurs.

Les jeunes dragons de Komodo passent une grande partie de leurs premières années dans les arbres, où ils sont relativement à l'abri des prédateurs, y compris des adultes cannibales, pour qui les jeunes dragons représentent 10% de leur alimentation. Selon David Attenborough, l'habitude de cannibalisme peut être avantageuse dans le maintien de la grande taille des adultes. Quand les jeunes sont menacés par un adulte, ils s'enduisent de matières fécales ou se cachent dans des intestins d'animaux éviscérés afin de se protéger. Il faut environ trois à cinq ans aux dragons de Komodo pour arriver à maturité, et ils peuvent vivre jusqu'à 50 ans.


Sur cette image, on voit bien la longue queue et les griffes du dragon de Komodo.

Parthénogenèse

Un dragon de Komodo femelle du zoo de Londres, nommé Sungai, pondit des œufs à la fin de 2005 après avoir été prêté par le zoo de Thoiry et séparé de la compagnie de tout mâle depuis plus de deux ans. Les scientifiques avaient d'abord cru qu'elle avait été en mesure de stocker le sperme de sa première rencontre avec un mâle, un type particulier de superfécondation. Le 20 décembre 2006, Flore, un autre dragon de Komodo vivant en captivité au zoo de Chester en Angleterre, fut le deuxième dragon de Komodo à pondre des œufs non fécondés : elle a pondu 11 œufs, 7 d'entre eux ont éclos, tous des mâles. Les scientifiques de l'Université de Liverpool en Angleterre effectuèrent des tests génétiques sur trois œufs avortés après les avoir placés dans un incubateur et vérifièrent que Flore n'avait eu aucun rapport sexuel avec un dragon mâle. Après cette découverte sur les œufs de Flore, les tests sur ceux de Sungai confirmèrent qu'is n'avaient pas aussi été fécondés.

Les dragons de Komodo sont porteurs de chromosomes sexuels WZ contrairement aux mammifères porteurs du système XY. Dans ce système, les mâles possèdent deux chromosomes sexuels ou gonosomes ZZ identiques, alors que la femelle a deux gonosomes différents WZ. On suppose à l'heure actuelle qu'au moment de la deuxième division de la méiose, lors de l'anaphase, les chromosomes simples brins restent dans un des deux ovocytes, le second dégénérant de sorte que les individus seront porteurs des mêmes gonosomes WW ou ZZ. Or les individus WW ne sont pas viables, le chromosome W étant déficient en un certain nombre de gènes indispensables à la vie(un peu comme le YY) et donc seuls les individus ZZ (des mâles) seront viables.

On suppose que ce mode de reproduction permet à une femelle vivant seule dans une niche écologique isolée d'assurer sa descendance dans un premier temps par parthénogénèse en lui permettant de donner la vie à de futurs mâles reproducteurs, dans un deuxième temps en s'accouplant avec les mâles procréés d'obtenir une nouvelle génération possédant mâles et femelles. Malgré les avantages d'une telle adaptation, les zoos ont été avertis que la parthénogenèse pouvait être préjudiciable à la diversité génétique de l'espèce.

Le 31 janvier 2008, le Zoo du comté de Sedgwick à Wichita, au Kansas, est devenu le premier zoo américain à observer une reproduction par parthénogenèse de dragons de Komodo. Le zoo a deux femelles adultes de dragons de Komodo, l'une d'elles a pondu 17 œufs les 19 et 20 mai 2007. Seuls deux œufs ont été incubés et ont éclos pour des questions de place, le premier est né le 31 janvier 2008, tandis que la deuxième est né le 1er février. Les deux nouveau-nés étaient des mâles.


Bébé dragon de Komodo parthénogénétique du zoo de Chester.


Un dragon

Historique

Découverte par le monde occidental

Les dragons de Komodo sont connus depuis toujours par les habitants de l'île qui l'appellent "buaja darat" ou "ora", le "crocodile terrestre". L’existence du dragon de Komodo est rapportée pour la première fois au début du XXe siècle, par deux pêcheurs de perles hollandais, messieurs Kock et Aldégon. Lors d’un voyage en Indonésie, ils se seraient trouvés en face de cette bête horrifiante et le sang se glaça dans leurs veines. Pour des Européens, la surprise était totale mais les indigènes connaissaient bien le monstre. Ce sont eux qui apprirent aux pêcheurs que l'animal qu’ils avaient rencontré s’appelaient « Ora » dans la langue de l’endroit et qu’il était si féroce qu’il pouvait terrasser un bœuf et même s’attaquer à un homme.

En 1910, d'autres pêcheurs transmettent ces propos inquiétants au gouverneur de la région, le lieutenant Van Steyn Hensbroek de l'administration coloniale hollandaise, qui rapporta des rumeurs de l'existence d'un crocodile terrestre dans la région. La connaissance s'est généralisée après 1912, lorsque Peter Ouwens, la directeur du musée zoologique à Bogor sur l’île de Java, publia un article sur le sujet après avoir reçu une photo et une peau du lieutenant, ainsi que deux autres spécimens provenant d'un collectionneur. Par la suite, la découverte du dragon de Komodo sera le facteur déterminant pour l'organisation d'une expédition sur l'île de Komodo par W. Douglas Burden en 1926. Il revint avec 12 spécimens préservés et deux animaux vivants et cette expédition fut à l'origine de l'inspiration du film King Kong en 1933. Burden fut également à l'origine du nom commun "dragon de Komodo"[18]. Trois de ses spécimens furent empaillés et sont encore visibles dans le Musée américain d'histoire naturelle.


Pièce de monnaie indonésienne.

Études

Les Hollandais, réalisant le nombre limité d'individus disponibles dans la nature, en ont interdit la chasse et ont fortement limité le nombre de prélèvements autorisé pour l'étude scientifique. Les expéditions de collecte ont été arrétées au début de la Seconde Guerre mondiale, pour ne reprendre que dans les années 1950 et 1960, lorsqu'on a lancé des études sur le dragon de Komodo pour connaître son comportement alimentaire, son mode de reproduction et la régulation de sa température corporelle. À cette époque, une expédition a été planifiée pour organiser une étude à long terme du dragon de Komodo. Cette tâche a été confiée à la famille Auffenberg, qui est restée sur l'île de Komodo pendant onze mois en 1969. Au cours de leur séjour, Walter Auffenberg et son assistant Putra Sastrawan ont capturé et marqué plus de 50 dragons de Komodo. Les recherches de l'expédition se révéleront extrêmement importantes pour l'élevage de dragons de Komodo en captivité. Les recherches qui ont suivi celles d'Auffenberg avec des biologistes, tels que Claudio Ciofi et qui continuent à étudier les dragons ont apporté plus de lumière sur la connaissance de l'animal.

Conservation


Le dragon de Komodo est une espèce vulnérable et figure sur la
liste rouge de l'UICN. Il y a entre 4000 et 5000 dragons de Komodo vivant à l'état sauvage. Ils ne vivent que dans les îles de Gili Motang (100), Gili Dasami (100), Rinca (1300), Komodo (1700) et Flores (peut-être 2000)). Toutefois, il ne semble plus exister que 350 femelles reproductrices. Pour répondre à une telle préoccupation, le Parc national de Komodo a été créé en 1980 pour protéger les populations de dragons de Komodo, y compris sur les îles de Komodo, Rinca et Padar. Plus tard, le réserves de Wae Wuul et Wolo Tado ont été ouvertes sur l'île de Flores pour aider à la conservation du dragon de Komodo. On a prouvé que les dragons de Komodo sont de plus habitués à la présence humaine, car ils sont souvent nourris des carcasses d'animaux sur plusieurs stations d'alimentation implantées pour les touristes.

L'activité volcanique, les tremblements de terre, la perte d'habitat, le feu (la population à Padar a été presque détruite par un feu de forêt et a mystérieusement disparu depuis), diminution du nombre de proies, tourisme et braconnage ont tous contribué à la vulnérabilité du dragon de Komodo. En vertu de l'Annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction), le commerce de peaux ou de spécimens est illégale.

Le biologiste australien Tim Flannery a suggéré que l'écosystème australien pourrait bénéficier de l'introduction de dragons de Komodo, qui pourrait occuper en partie le grand créneau carnivore laissé vacant par l'extinction du varanidé géant Megalania. Toutefois, Flannery plaide pour la plus grande prudence et une extension progressive de ces expériences, en particulier car «le problème de la prédation des grands varanidés sur l'homme ne doit pas être sous-estimé». Il se sert de l'exemple de la réussite de la coexistence des hommes avec les crocodiles d'eau salée au nord de l'Australie comme preuve que les Australiens peuvent s'adapter avec succès à une telle expérience.

Bien que les attaques contre l'homme soient très rares, les dragons de Komodo peuvent en tuer. Le 4 juin 2007, un dragon de Komodo a attaqué un garçon de huit ans sur l'île de Komodo. Il est décédé d'une hémorragie massive. C'était le premier attentat meurtrier en 33 ans. Les autochtones ont reproché l'attaque aux environnementalistes qui ne vivent pas sur l'île car ils interdisent les sacrifices de chèvres, ce qui provoque un manque de sources de nourriture pour les dragons et les oblige à errer dans les territoires habités à la recherche de nourriture. Pour les indigènes de l'île de Komodo, les dragons de Komodo sont en fait la réincarnation de concitoyens décédés et sont donc traités avec respect.


Un dragon de Komodo se prélassant au soleil au Disney's Animal Kingdom.

En captivité

Les dragons de Komodo ont longtemps été des attractions importantes pour les zoos, où leur taille et leur réputation les rendaient populaires. Ils y sont cependant rares car ils sont souvent porteurs d'infections et de maladies parasitaires si capturés dans la nature et ne sont pas faciles à reproduire en captivité.

Le premier dragon de Komodo a été exposé en 1934 au parc zoologique de Washington, aux États-Unis, mais il a vécu pendant deux ans seulement. Plusieurs autres tentatives d'exposition de dragons de Komodo ont été faites par la suite, mais la durée de vie de ces créatures a été très courte, avec une moyenne de cinq ans pour le zoo de Washington. Les études réalisées par Walter Auffenberg, qui ont été rapportées dans son livre The Behavioral Ecology of the Komodo Monitor, ont ensuite permis d'élever avec plus de succès et de faire reproduire des dragons en captivité.

On a observé que de nombreux dragons s'apprivoisent rapidement en captivité. On a signalé de nombreuses fois que des gardiens avaient fait sortir des animaux captifs de leur enclos pour venir parmi les visiteurs, y compris de jeunes enfants, sans aucun incident. Les dragons sont également capables de reconnaître les individus. Ruston Hartdegen du zoo de Dallas rapporte que leurs dragons de Komodo réagissaient différemment lorsqu'ils étaient en présence de leur gardien, d'un gardien moins familier ou d'un gardien totalement inconnu.

Les recherches sur les dragons de Komodo en captivité ont également fourni la preuve qu'ils se livrent au jeu. Une étude a porté sur un dragon qui poussait une pelle abandonnée par son propriétaire, apparemment pour écouter le bruit de la pelle sur les cailloux. Une jeune femelle dragon du Zoo de Washington récupérait différents objets comme des statues, des canettes, des anneaux en plastique et des couvertures pour les secouer. Elle insérait également sa tête dans des boîtes, des chaussures et d'autres objets. Elle ne confondait pas ces objets avec de la nourriture, comme elle se contentait de les avaler s'ils étaient couverts de sang de rat. Ce jeu social est fortement comparable au jeu chez les mammifères.


Un dragon de Komodo au zoo de Washington. En dépit de conduits auditifs bien visibles, les dragons de Komodo n'entendent pas très bien.

Une autre façon de jouer pour les dragons de Komodo a été décrite à l'
Université du Tennessee, où un jeune dragon de Komodo nommé "Kraken" s'amusait avec des anneaux en plastique, une chaussure, un seau ou une boîte qu'il poussait avec sa gueule, les attrapait et les prenait dans sa gueule. Elle les traitait de manière différente de son alimentation, incitant l'éminent chercheur Gordon Burghardt à conclure qu'il réfutait le point de vue ce mode de jeu comme étant "motivé par le comportement prédateur du dragon". Kraken a été le premier dragon de Komodo né en captivité en dehors de l'Indonésie. Il est né au zoo de Washington le 13 septembre 1992.

 Même apparemment dociles, les dragons sont imprévisibles et peuvent devenir agressifs, surtout lorsque l'animal voit son territoire envahi par un inconnu. En juin 2001, un dragon de Komodo a gravement blessé Phil Bronstein, rédacteur en chef du San Francisco Chronicle, quand il est entré dans le parc de l'animal au zoo de Los Angeles après y avoir été invité par son gardien. Bronstein a été mordu au pied, car le gardien lui avait demandé de retirer ses chaussures blanches, ce qui aurait pu exciter le dragon de Komodo. Bien qu'il en ait réchappé, il eut besoin d'avoir plusieurs tendons réparés chirurgicalement au niveau du pied.


Dragons de Komodo au zoo de Toronto. Les dragons de Komodo en captivité deviennent souvent obèses, stockant en particulier des matières grasses dans leurs queues, en raison de leur alimentation régulière.
 

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DRAGON DE KOMODO (1).

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


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Le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) est une espèce de varan qui habite les îles de Komodo, Rinca, Florès, Gili Motang et Gili Dasami, en Indonésie centrale. Membre de la famille des varanidés, il est la plus grande espèce vivante de lézard avec une longueur moyenne de 2 à 3 mètres et un poids d'environ 70 kg. Sa taille inhabituelle est attribuée au gigantisme insulaire, car il n'y a pas d'autres animaux carnivores pour occuper la niche sur les îles où il vit et aussi à son faible besoin d'énergie. En raison de leur taille, ces varans, avec l'aide de bactéries symbiotiques, dominent les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Bien que les dragons de Komodo mangent surtout des charognes, ils se nourrissent aussi de proies qu'ils chassent comme des invertébrés, des oiseaux et des mammifères.

L'accouplement a lieu entre mai et juin et les œufs sont pondus en septembre. Une vingtaine d'œufs sont déposés dans des nids abandonnés de mégapodes et sont incubés pendant sept à huit mois. L'éclosion a lieu en avril, quand les insectes sont les plus abondants. Les jeunes dragons de Komodo sont vulnérables et doivent donc se réfugier dans les arbres, à l'abri des adultes cannibales. Il leur faut environ trois à cinq ans pour arriver à l'âge adulte et ils peuvent vivre jusqu'à cinquante ans. Ils sont parmi les rares vertébrés capables de parthénogenèse, mode de reproduction dans lequel les femelles peuvent pondre des œufs viables alors que les mâles sont absents.

Les dragons de Komodo ont été découverts par les scientifiques occidentaux en 1910. Leur grande taille et leur réputation redoutable les a rendus populaires dans les zoos. Dans la nature, leur aire de répartition a été réduite en raison des activités humaines et ils sont considérés comme vulnérables par l'UICN. Ils sont protégés par la loi indonésienne, et un parc national, le parc national de Komodo, a été fondé pour aider à leur protection.



Varanus komodoensis

Évolution

L'évolution du dragon de Komodo a commencé avec l'apparition des premiers varans en Asie il y a environ 40 millions d'années, varans qui ont émigré vers l'Australie. Il y a environ 15 millions d'années, une collision entre l'Australie et l'Asie du Sud-Est a permis aux varans de passer dans ce qui est aujourd'hui l'archipel indonésien. On pense que le dragon de Komodo est apparu il y a 4 millions d'années, se différenciant de ses ancêtres australiens et élargissant son territoire jusqu'à l'île de Timor à l'est. Une baisse importante du niveau de la mer au cours de la dernière période glaciaire a découvert de vastes étendues du plateau continental que le dragon de Komodo a colonisé, puis il s'est retrouvé isolé dans son île lorsque le niveau de la mer a remonté.


Description

Dans la nature, un dragon de Komodo adulte pèse habituellement autour de 70 kg, bien que les spécimens en captivité soient souvent plus lourds. Le plus grand spécimen sauvage contrôlé faisait 3,13 mètres de long et pesait 166 kg, y compris avec les aliments non digérés. Il est de couleur vert foncé, gris ou noir ce qui lui permet d'être discret et de pouvoir attraper ses proies par surprise. Le dragon de Komodo a une queue aussi longue que son corps, ainsi que près de 60 dents cannelées qui tombent et sont fréquemment remplacées qui peuvent mesurer jusqu'à 2,5 cm de longueur. Sa salive est souvent teintée de sang, parce que ses dents sont presque entièrement couvertes par les tissus gingivaux qui sont naturellement déchirés pendant que l'animal mange. Cela crée un milieu de culture idéal pour les souches virulentes de bactéries qui vivent dans sa bouche. Il a également une longue langue jaune profondément fourchue. Ses pattes se terminent par de longues griffes courbes.



Gros plan sur la peau d'un dragon de Komodo.

Sens

Le dragon de Komodo ne dispose pas d'un sens particulièrement aigu de l'ouie, en dépit de ses conduits auditifs bien visibles et est seulement en mesure d'entendre les sons entre 400 et 2000 hertz. On pensait même qu'il était sourd après qu'une étude sur le sujet ait montré qu'il n'avait aucune réaction à la voix murmurée, à la voix posée ou à la voix criée. Cette théorie fut mise à mal lorsqu'un employé du jardin zoologique de Londres, Joan Proctor, dressa un spécimen du parc à sortir pour se nourrir au son de sa voix, même quand il ne pouvait pas le voir.

Il est capable de voir jusqu'à 300 mètres, mais parce que ses rétines ne contiennent que des cônes, on pense qu'il doit avoir une mauvaise vision de nuit. Le dragon de Komodo est en mesure de voir en couleur, mais il a une pauvre discrimination visuelle des objets immobiles.

Le dragon de Komodo utilise sa langue pour détecter les stimuli gustatifs et olfactifs, comme beaucoup d'autres reptiles, avec l'organe voméro-nasal ou organe de Jacobson, un sens qui l'aiderait à se déplacer dans l'obscurité. Avec l'aide d'un vent favorable et son balancement de tête d'un côté à l'autre lorsqu'il marche, le dragon de Komodo est en mesure de détecter des charognes situées jusqu'à 4 et même 9,5 kilomètres de distance.

Ses narines ne lui sont pas d'une grande utilité pour analyser les odeurs car l'animal n'a pas de diaphragme pour contrôler sa respiration et ainsi pouvoir reconnaitre avec précision les odeurs.

Il ne dispose que de peu de papilles gustatives au fond de sa gorge.

Ses écailles, qui sont ossifiées possèdent pour certaines des plaques sensorielles connectées à des nerfs pour faciliter son sens du toucher. Les écailles autour des oreilles, des lèvres, du menton, et de la plante des pattes peuvent avoir trois fois plus de plaques sensorielles.

Écologie


Le dragon de Komodo apprécie les lieux chauds et secs et vit en général dans des zones de prairies, de savanes ou de forêts tropicales à basse altitude. En tant qu'animal poïkilotherme, il est plus actif dans la journée, même s'il présente une certaine activité nocturne. Il est très souvent solitaire, se rapprochant des autres seulement pour s'accoupler et manger. Il peut courir jusqu'à 20 km/h sur de courtes distances, plonger jusqu'à 4,5 mètres de profondeur, grimper dans les arbres lorsqu'il est jeune en utilisant ses griffes puissantes. Pour attraper des proies hors de portée, il peut se dresser sur ses pattes arrière en utilisant sa queue comme point d'appui. Lorsque le dragon de Komodo arrive à l'âge adulte, il utilise les griffes de ses pattes antérieures afin de creuser des galeries qui peuvent atteindre 1,3 mètre de large. En raison de sa grande taille et de son habitude de dormir sous terre, il est capable de conserver la chaleur de son corps tout au long de la nuit et de minimiser sa période de réchauffement matinale. Le dragon de Komodo chasse généralement l'après-midi, mais reste à l'ombre dans les racines traçantes d'un arbre pendant les heures les plus chaudes de la journée. Ses lieux de repos sont généralement situés sur des corniches balayées par une brise de mer fraiche, marquées par ses déjections et débarrassées de toute végétation. Elles servent également d'emplacement stratégique, à partir duquel ils peuvent tendre une embuscade à un cerf.


Gros-plan sur une patte arrière et la queue d'un dragon de Komodo.

Régime alimentaire


Les dragons de Komodo sont carnivores. Les adultes, bien qu'ils se nourrissent essentiellement de charognes, peuvent également le faire de proies vivantes dont ils s'approchent furtivement. Lorsqu'ils sont arrivés à proximité de leur proie, ils attaquent soudainement et vont la mordre au ventre ou à la gorge ou, si elle n'est pas de trop grande taille, lui casser la colonne vertébrale d'un coup de gueule. Ils sont en mesure de localiser leurs proies en utilisant leur sens de l'odorat très développé qui leur permet de localiser un animal mort ou mourant à une distance de près de 10 kilomètres. On a vu des dragons de Komodo assommer des cerfs ou des porcs d'un coup de queue.

Les dragons de Komodo mangent en déchirant de grands morceaux de chair de leur proie et avalent le morceau tout en maintenant la carcasse avec leurs pattes avants. Pour de plus petites proies -jusqu'à la taille d'une chèvre-, leurs mâchoires à articulation lâche, leur crâne souple et leur estomac extensible leur permettent d'avaler si besoin leur proie tout entière. Ils évitent de consommer les végétaux contenus dans l'estomac et les intestins de leur proie. Ils produisent une grande quantité de salive rouge qui leur permet de lubrifier leur nourriture, mais la déglutition est toujours un processus long (il leur faut 15 à 20 minutes pour avaler une chèvre). Ils peuvent essayer d'accélérer le processus en appuyant la carcasse contre un arbre pour la forcer à s'enfoncer dans leur gorge, poussant parfois avec tellement de force que l'arbre est renversé. Il faut savoir que pour éviter de s'étouffer en avalant leur proie, ils respirent à l'aide d'un conduit placé sous la langue et allant aux poumons. Après avoir mangé jusqu'à 80 pour cent de leur propre poids en un repas, ils s'installent à un endroit ensoleillé pour accélérer la digestion, pour éviter que la nourriture pourrisse et les empoisonne. En raison de leur métabolisme lent, les grands dragons peuvent survivre en ne faisant que 12 repas par an. Après avoir fini de digérer, les dragons de Komodo régurgitent les cornes, poils et dents de leurs proies (bézoard) entourés d'un mucus malodorant. Après avoir régurgité leur bézoard, ils se frottent la gueule dans la terre ou sur les buissons environnants pour se débarrasser du mucus, ce qui donne à penser que, comme les humains, ils n'apprécient pas l'odeur de leurs propres déjections.


Dragons de Komodo sur l'île de Rinca

Les plus gros animaux mangent généralement en premier tandis que les plus petits suivent dans un ordre hiérarchique. Le plus grand des mâles affirme sa position dominante et les subalternes montrent leur soumission par l'usage de signes corporels, de sifflements et de grondements. Les dragons de taille égale peuvent avoir recours à la "lutte". Généralement les perdants battent en retraite mais ils peuvent aussi être tués et mangés par les vainqueurs.

Le dragon de Komodo a un régime alimentaire très varié, qui comprend des invertébrés, d'autres reptiles (y compris des petits dragons de Komodo), des oiseaux, des œufs d'oiseaux, de petits mammifères, des singes, des sangliers, des chèvres, des cerfs, des chevaux et des buffles. Les jeunes dragons mangent des insectes, des œufs, des geckos et de petits mammifères. Parfois, ils s'attaquent à l'homme (surtout aux enfants qui vivent à proximité et oublient le danger) et aux cadavres humains en creusant les tombes pour les déterrer. Cette habitude de s'attaquer aux morts a obligé les villageois de Komodo à déplacer leurs tombes des sols sablonneux vers des sols argileux et en les couvrant de tas de pierres pour dissuader les dragons de creuser. Le dragon de Komodo pourrait avoir évolué vers le gigantisme pour se nourrir de l'éléphant nain local, le Stégodon aujourd'hui disparu qui vivait sur l'île de Flores il y a encore 12 000 ans, selon le biologiste évolutionniste Jared Diamond. Le dragon de Komodo a également été observé surveillant les biches parturiantes dans l'espoir de récupérer les restes qu'ils pourront manger, une technique qui a également été observée chez les grands prédateurs d'Afrique.

Parce que le dragon de Komodo ne dispose pas de diaphragme, il ne peut pas aspirer l'eau pour la boire ni la lapper avec sa langue. Il est obligé de stocker une gorgée d'eau dans sa gueule puis de lever la tête pour laisser couler l'eau dans sa gorge.


Jeune dragon de Komodo photographié sur l'île de Rinca en train de se nourrir de la carcasse d'un buffle.
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AMANITE PHALLOÏDE.

Publié le 29 Août 2009 par CHOMOLANGMA


15px-Skull_and_crossbones.svg.png Attention : champignon mortel

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L’amanite phalloïde (Amanita phalloides), également connue sous les noms d’oronge verte ou de calice de la mort, est un champignon vénéneux du genre des amanites. Largement distribuée en Europe, A. phalloides est trouvée en association avec différents feuillus ou conifères. Cet organisme, doté d'excellentes capacités d'adaptation, s’est rapidement étendu dans d'autres pays et continents, transporté sur des chênes, châtaigniers ou pins. Le sporophore (partie visible du champignon), apparaissant en été et en automne, est généralement verdâtre, avec lames et pieds blancs.

Ce champignon toxique ressemble à de nombreuses espèces comestibles, augmentant le risque d'ingestion accidentelle. En effet, la réputation de l'amanite phalloïde comme étant un des plus dangereux champignons vénéneux connus n'est plus à faire. Aujourd'hui, elle est impliquée dans la majorité des cas d'empoisonnements mortels par champignon chez les humains. Cette amanite est d'ailleurs cause de la mort de certaines figures historiques célèbres comme l’empereur romain Claude ou l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique Charles VI.

Ce champignon a été l'objet de nombreuses recherches et de nombreux agents actifs biologiques ont été isolés. Le principal constituant toxique est l’α-amanitine, qui endommage le foie et les reins, souvent de manière fatale. Aucun antidote réellement efficace n'est connu à l'heure actuelle.

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Amanite phalloïde

Nom et taxonomie

C’est Sébastien Vaillant qui en 1727 décrit pour la première fois l’amanite phalloïde. Il lui donne le nom de « Fungus phalloides, annulatus, sordide virescens, et patulus ». En 1821, Elias Magnus Fries le décrit comme « Agaricus phalloides », mais inclut toutes les amanites blanches dans sa description. C’est finalement en 1833 que Johann Heinrich Friedrich Link change son nom en « Amanita phalloides », après que Persoon l’a nommée « Amanita viridis » trente ans plus tôt. Bien que ce soit Louis Secretan qui le premier utilisa le nom « Amanita phalloïdes », avant Link, il ne rentre pas dans sa nomenclature car il n'utilisait pas consciencieusement la nomenclature binomiale dans tous ses travaux. Certains taxonomistes sont cependant en désaccord avec cette opinion.

Bien que le nom scientifique « phalloides » signifie « en forme de phallus », on ne sait pas exactement si le nom a été donné pour sa ressemblance avec un phallus ou bien avec les espèces du genre Phallus.

Il existe également une forme rare d’amanite phalloïde entièrement blanche (A. phalloides f. alba) décrite par Max Britzelmayr, cependant, son statut reste flou. On la retrouve souvent parmi des spécimens de couleur totalement normale. Elle a été décrite en 2004 comme une variété distincte d’A. verna var. tarda. Les « vraies » Amanita verna émergent au printemps et se colorent en jaune au contact d'une solution d'hydroxyde de potassium (KOH), contrairement aux amanites phalloïdes.

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Amanite phalloïde jeune

Description

L’amanite phalloïde apparaît après une période de pluie de la fin de l’été jusqu'en automne. Son odeur est décrite comme initialement faible et sucrée, mais se renforçant au cours du temps pour devenir écœurante et désagréable.

Les jeunes spécimens émergeant du sol ressemblent à un œuf blanc couvert d'un voile, dont la volve est un des reliquats. Ils présentent ensuite un corps large, avec un chapeau de 5 à 15 cm, rond et hémisphérique au début, puis aplati avec l’âge. La couleur du chapeau peut être vert pâle, vert-jaune ou vert olive, souvent plus pâle sur les bords et après la pluie. La surface du chapeau est gluante quand elle est mouillée et s'épluche facilement, caractère habituellement attribué aux champignons comestibles. Une partie du voile initial forme un anneau mou, comme une jupe, d’environ 1 à 1,5 cm sous le chapeau. Les lames blanches sont nombreuses et libres. Le pied est blanc, chiné de gris olivâtre, long de 8 à 15 cm et épais de 1 à 2 cm, avec à sa base une volve blanche membraneuse en forme de sac. La présence de la volve est une caractéristique principale pour permettre l'identification du champignon, il est donc important de bien déblayer autour du pied pour chercher sa présence. Le pied peut également posséder un anneau mais celui-ci peut disparaître en raison de sa fragilité.

La trace laissée par les spores est blanche, comme chez la plupart des espèces du genre Amanita. Les spores transparentes, dont la forme va du globe parfait à celle d'un œuf, mesurent de 8 à 10 μm de long et se colorent en bleu au contact d’iode. Les lames, lorsqu'elles sont arrosées d'acide sulfurique concentré, se teintent de mauve ou de rose.

Distribution et habitat


L'amanite phalloïde est originaire d'Europe, où elle est largement répandue. On la trouve au nord des régions sud de la Scandinavie, jusqu’en Irlande à l'ouest, la Pologne et la Russie à l’est, et au sud par les Balkans jusqu’en Italie, Espagne, Maroc et Algérie en Afrique du nord. Certaines observations tendent à démontrer la présence d’A. phalloides jusqu'en Asie, à l'est, mais celles-ci n'ont pas encore été confirmées.

Il est associé par mycorhize avec de nombreuses espèces d'arbres. En Europe, cela inclut de nombreux feuillus et, moins fréquemment, des conifères. Il apparaît communément sous des chênes, mais également sous des hêtres, des châtaigniers, des marronniers, des bouleaux, des noisetiers, des charmes, des pins et des épicéas. Dans certaines régions, A. phalloides peut également être associée avec ces arbres en général ou bien seulement certains d'entre eux. Sur le littoral californien, par exemple, A. phalloides est associée avec des chênes, mais pas avec les espèces locales de pins, comme le pin de Monterey. Dans les pays où il a été introduit, ce champignon reste restreint à ces arbres exotiques. On retrouve cependant la présence d’A. phalloides en association avec de la ciguë, et avec des espèces de la famille des Myrtaceae: Eucalyptus en Tanzanie et en Algérie, Leptospermum et Kunzea en Nouvelle-Zélande. Cela suggère que l’amanite phalloïde possède un potentiel invasif non négligeable.

À la fin du XIXe siècle, Charles Horton Peck constate la présence d’A. phalloides en Amérique du Nord. Cependant, en 1918, des individus de l’est des États-Unis, alors classés comme appartenant à l’espèce Amanita phalloides, ont été identifiés comme appartenant à une espèce similaire, A. brunnescens, par G. F. Atkinson de l’Université Cornell. Dans les années 1970, il est devenu clair que l'amanite phalloïde était présente aux États-Unis, apparemment introduite d’Europe par les importations de châtaignier, aussi bien sur les côtes est et ouest. Une étude récente conclut que la population de la côte est a été introduite, mais que les origines de celle de la côte ouest restent floues, principalement à cause de l'insuffisance de données historiques.

Amanita phalloides a été apportée dans les pays de l’hémisphère sud par l'import de feuillus et de conifères. Des chênes introduits semblent avoir été les vecteurs en Australie et en Amérique du Sud. En effet, plusieurs populations ont été trouvées sous des chênes à Melbourne et Canberra, ainsi qu'en Uruguay. Elle a également été rencontrée sous d'autres arbres introduits en Argentine au au Chili. Des plantations de pins sont associées au champignon en Tanzanie et en Afrique du Sud, où il est également trouvé sous des chênes et des peupliers.

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Le chêne, une des espèces de feuillu sous laquelle il est possible de rencontrer l'amanite phalloïde.

Toxicité

Comme le suggère son nom commun de calice de la mort, ce champignon, hautement toxique, est responsable de la majorité des empoisonnements mortels causés par des champignons à travers le monde. L'ingestion de sa chair entraîne irrémédiablement la destruction du foie. En 2006, trois membres d'une famille polonaise furent victimes d'un empoisonnement qui entraîna la mort d'un premier et rendit nécessaire une greffe de foie pour les deux survivants. On estime à environ trente grammes (environ la moitié du chapeau) la dose létale pour un humain. Certaines autorités déconseillent fortement la consommation d'un panier contenant des champignons suspectés d'être des amanites phalloïdes et déconseillent également de les toucher. De plus, la toxicité n'est pas réduite par la cuisson, la congélation ou le séchage. Il n'est ainsi pas étonnant que la biochimie de ce champignon ait été le sujet de nombreuses études durant plusieurs décennies.

Ressemblance avec des espèces comestibles


Certains cas récents, impliquant des immigrants d’Asie du sud-est en Australie et sur la côte ouest des États-Unis, mettent en lumière sa ressemblance avec le champignon Volvariella volvacea, très utilisé dans la cuisine asiatique. C'est ainsi que, en Oregon, quatre membres d'une famille coréenne durent recourir à une greffe du foie. Sur les sept personnes empoisonnées dans la région de Canberra entre 1988 et 1998, trois étaient originaires du Laos. C’est d'ailleurs l’une des principales causes d'empoisonnement aux champignons aux États-Unis.

Les novices peuvent également confondre de jeunes amanites phalloïdes avec des vesse-de-loups comestibles ou des spécimens matures avec d'autres espèces d'amanites comme Amanita lanei, et, pour cette raison, certaines autorités recommandent d'éviter la collecte commune d'espèces d'amanites pour la table. La forme blanche d’A. phalloides peut être confondue avec les espèces du genre Agaricus, parfaitement comestibles, en particulier les spécimens jeunes dont le chapeau n'est pas encore étendu. Toutes les espèces matures d’Agaricus possèdent des lamelles de couleur rose puis brune.

En Europe, d'autres espèces similaires aux chapeaux verdâtres peuvent être collectées par les amateurs dont plusieurs espèces verdâtres du genre Russula, et le très populaire tricholome équestre. Cependant, cette dernière espèce est maintenant considérée comme très dangereuse après une série d'empoisonnements, ayant entraîné la mort de plusieurs personnes en France, en 2001. Les russules, comme Russula heterophylla, R. aeruginea, R. virescens et autres, peuvent être distinguées par leur chair fragile et l’absence d'anneau et de volve. Certaines espèces proches comme A. subjunquillea en Asie de l'Est et A. arocheae, que l’on retrouve des Andes colombiennes jusqu’au centre du Mexique (au moins), sont également toxiques.

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Panneau d’avertissement dans la région de Canberra (Australie)

Biochimie

On sait maintenant que l’amanite phalloïde possède deux principaux groupes de toxines, les amatoxines et les phallotoxines, tous deux composés de peptides multicycliques (de stuctures en anneaux) dispersés dans les tissus du champignon. Une autre toxine, la phallolysine présente in vitro une certaine activité hémolytique (destruction des globules rouges dans le sang). Un autre composé, l’antamanide, a également été isolé.

Les amatoxines comportent au moins huit composés possédant une structure similaire, basée sur huit acides aminés formant une structure en anneau. Elles furent isolées en 1941 par Heinrich Wieland et Rudolf Hallermayer de l’université de Munich. Parmi elles, l’α-amanitine qui est le composé toxique principal, avec la β-amanitine, est responsable des effets toxiques. Elles agissent principalement sur l’ARN polymérase qu'elles inhibent, empêchant la synthèse d’ARN messager dans les cellules. L'inhibition de synthèse des ARNm bloque celle de l'ensemble des protéines, et par conséquent du métabolisme cellulaire. Ceci entraîne rapidement l'arrêt des fonctions de base des cellules et des fonctions de l'organe qu'elles composent. Parmi ces organes, le foie, qui est un des premiers organes rencontrés après absorption de la toxine par le système digestif, est rapidement un tissu cible de l'amanitine, ce d'autant qu'il est au centre des processus de détoxification des organismes. D’autres organes comme les reins sont également touchés.

Les phallotoxines, constituées d'au moins sept composés distincts, possèdent également une structure moléculaire en anneau composé de sept acides aminés. La phalloïdine, principal membre de ce groupe, a été isolée en 1937 par Feodor Lynen, fils et étudiant d’Heinrich Wieland, et Ulrich Wieland de l’université de Munich. Bien que les phallotoxines soient extrêmement toxiques pour les cellules du foie, elles n'ont qu’un impact léger sur la toxicité générale de l’amanite phalloïde. Elles ne sont en effet pas absorbées au niveau intestinal. Par ailleurs, la phalloïdine est retrouvée dans une autre espèce, l’amanite rougissante (Amanita rubescens) parfaitement comestible.

On trouve également un autre groupe de composés, les virotoxines, basées sur six peptides monocycliques similaires. Comme les phallotoxines, elles ne possèdent aucune toxicité après ingestion chez les humains.

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L’α-amanitine (ci-dessus) est le principal composé toxique de l’amanite phalloïde.

Symptômes

Le goût de l'amanite phalloïde est plaisant et agréable. Cela, couplé au délai d'apparition des symptômes durant lequel les organes internes sont sévèrement (parfois irrémédiablement) endommagés, fait d’A. phalloides un champignon particulièrement dangereux.

Initialement, les symptômes sont de nature gastro-intestinale, incluant douleurs abdominales, diarrhées et vomissements, qui conduisent à une déshydratation ou, dans des cas sévères, à une hypotension, une tachycardie, une hypoglycémie et à divers désordres acido-basiques. Ces premiers symptômes disparaissent deux à trois jours après l’ingestion, avant une sérieuse détérioration impliquant le foie : ictère, diarrhées, délire, épilepsie et coma dus à une insuffisance hépatique aiguë et à une encéphalopathie hépatique (accumulation dans le sang de substances normalement dégradées dans le foie). Insuffisance rénale, due à une hépatite sévère ou directement à des dommages rénaux, et coagulopathie peuvent apparaître pendant cette étape. Plusieurs complications présentent un danger réel pour le pronostic vital : pression intracrânienne accrue, hémorragie intracrânienne, septicémie, pancréatite, insuffisance rénale aiguë et arrêt cardiaque. La mort frappe généralement six à seize jours après l’empoisonnement.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, le taux de mortalité était d’environ 60 à 70 %, mais il chuta grâce aux progrès de la médecine. Une étude sur les cas d'empoisonnement à l’amanite phalloïde effectuée de 1971 à 1980 en Europe montre un taux de mortalité de 22,4 % (51,3 % chez les enfants de moins de 10 ans et 16,5 % chez les plus âgés). Des études encore plus récentes montrent un taux d'environ 10 à 15 %.

Traitement


La consommation d’A. phalloides est une urgence médicale nécessitant une hospitalisation. Il y a quatre principales catégories de traitements pour l’empoisonnement : les premiers soins, les mesures d’accompagnement, les traitements spécifiques et la greffe du foie.

Les premiers soins consistent en une décontamination gastrique avec du charbon actif ou encore un lavage gastrique. Cependant, à cause du délai d’apparition des symptômes, il est courant de voir les patients arriver pour le traitement plusieurs heures après l’ingestion, réduisant potentiellement l’efficacité de ces interventions. Les mesures d'accompagnement sont dirigées sur le traitement de la déshydratation qui résulte de la perte des fluides pendant la phase gastro-intestinale de la phase d'intoxication et une correction de l’acidose métabolique, de l’hypoglycémie, du déséquilibre électrolytique et de l'altération de la coagulation.

Aucun antidote définitif n’a encore été trouvé, mais certains traitements spécifiques semblent augmenter le taux de survie. De hautes doses continues de pénicilline G par intraveineuse semblent montrer une action bénéfique, bien que le mécanisme d’action précis soit encore inconnu, et des essais avec la céphalosporine sont prometteurs. Certaines preuves font de la silibinine, un extrait du chardon-Marie (Silybum marianum), un composé vraisemblablement efficace pour réduire les effets d’un empoisonnement à l’amanite phalloïde. Elle prévient l’absorption des amatoxines par les hépatocytes, et ainsi protège les tissus hépatiques. Elle stimule également les ARN polymérases ADN-dépendantes, augmentant la synthèse d’ARN. La N-acétylcystéine montre des effets positifs en combinaison avec d'autres thérapies. Des études sur des animaux ont montré que les amatoxines font chuter le glutathion hépatique ; la N-acétylcystéine sert de précurseur dans la synthèse du glutathion, prévenant ainsi la réduction des niveaux de glutathion et par conséquent les dommages hépatiques. Aucun des antidotes testés n’a subi d'essais cliniques aléatoires, et seul un support anecdotique est disponible. La silibinine et la N-acétylcystéine apparaissent cependant comme étant les thérapies possédant l’effet le plus bénéfique. Des doses répétées de charbon actif peuvent être utiles pour absorber les toxines retournées dans le tube digestif en suivant la circulation entérohépatique. D’autres méthodes pour augmenter l’élimination des toxines ont été testées : hémodialyses, hémoperfusions, plasmaphérèses et dialyses péritonéales ont occasionnellement montré une efficacité mais, globalement, ne semblent pas améliorer significativement les résultats.

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Le foie est le principal organe touché par les toxines de l’amanite phalloïde.

Chez les patients présentant une défaillance hépatique, la greffe de foie est bien souvent la seule issue envisageable pour empêcher la mort. C’est devenu une option courante dans les cas d'empoisonnement aux amatoxines, bien qu'elle présente elle-même des risques significatifs de complications ou d'issue fatale ; les patients nécessitent une longue cure d’immunosuppresseurs pour maintenir le transplant. Certains facteurs, comme l'apparition des symptômes, le taux de prothrombine et de bilirubine, ainsi que la présence d'une encéphalopathie servent à déterminer à quel point la transplantation devient nécessaire pour la survie du patient.

Bien que le taux de survie ait augmenté grâce aux traitements modernes, plus de la moitié des patients ayant présenté un empoisonnement modéré ou sévère souffrent après leur guérison de dommages hépatiques permanents. Cependant, une étude complémentaire a montré que la majorité des survivants guérissent complètement et sans séquelle si le traitement intervient trente-six heures après l'ingestion du champignon.

Notons les travaux du docteur Pierre Bastien qui mit au point un protocole à réaliser dès l'apparition des premiers troubles, c'est-à-dire une douzaine d'heures après l'intoxication. Il associe vitamine C en injection intra-veineuse, du nifuroxazide (un désinfectant intestinal) et un antibiotique (Neomycine...), des levures, de la vitamine B. Ce médecin consomma en 1971, 1974 et 1981 des amanites phalloïdes et s'administra son protocole, et échappa à ces terribles empoisonnements. Le 28 mars 1981, « The Lancet » publiait et reconnaissait son protocole dit de Bastien.

Victimes célèbres


Les morts de plusieurs figures historiques ont été attribuées, parfois à tort, à l’amanite phalloïde (ou d'autres amanites similaires). Parmi ces victimes, on retrouve l’empereur romain Claude, le pape Clément VII, la tsarine Natalia Narychkina, ou encore le saint empereur romain Charles VI.

R. Gordon Wasson décrivit les détails de ces morts, notant les similitudes avec un empoisonnement à l'amanite. Dans le cas du pape Clément VII, la maladie provoqua la mort environ cinq mois plus tard, ce qui semble en contradiction avec un syndrome phalloïdien. Natalia Narychkina aurait consommé une grande quantité de champignons saumurés peu avant de mourir. Cependant, on ne sait pas si les champignons étaient eux-mêmes vénéneux ou si elle succomba à un empoisonnement alimentaire.

Charles VI subit une indigestion après avoir mangé un plat de champignons sautés, ce qui conduisit à une maladie qui finalement provoqua sa mort dix jours plus tard. Ces symptômes semblent correspondre à un syndrome phalloïdien. La mort de Charles conduisit à la guerre de Succession d'Autriche. Voltaire nota :

« Ce plat de champignons changea la destinée de l’Europe. »
    — Voltaire, Mémoires (1759)

L'empoisonnement de l’empereur Claude est un cas plus complexe. On sait qu'il appréciait énormément les amanites des Césars. Juste après sa mort, plusieurs sources ont affirmé qu'elle était due à l’ingestion d'amanites phalloïdes au lieu des amanites des Césars. Cependant, certains auteurs antiques comme Tacite et Suétone sont unanimes quant à la cause de la mort : le poison aurait été ajouté dans le plat de champignons, celui-ci n'aurait donc pas été composé de champignon vénéneux. Wasson émit l'idée que le poison utilisé pour tuer Claude était un dérivé d'amanite phalloïde, renforcé par une dose fatale de coloquinte administré plus tard durant sa maladie.

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Charles VI du Saint-Empire fait partie des victimes présumées de l'amanite phalloïde.
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