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CHOMOLANGMA

Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.

Histoire militaire de l'Allemagne.

Publié le 31 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Histoire thématique

 

Histoire militaire de l'Allemagne
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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L'Eurocopter Tigre, réalisation franco-allemande.
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L'histoire militaire de l'Allemagne couvre plus d'un millénaire d'Histoire à travers l'Allemagne, l'Europe et les anciennes colonies allemandes.

Tandis que la langue allemande a une longue histoire séculaire, l'Allemagne en tant qu'État-nation ne remonte qu'à 1871, date de création de l'Empire allemand. Les première périodes sont encore sujettes à des discussions sur leur définition. Les Francs, par exemple, étaient une union de tribus germaniques, cependant certains francs se sont identifiés plus tard comme Hollandais, Flamands, Français ou encore Allemands. La capitale de l'empire médiéval de Charlemagne était la ville d'Aix-la-Chapelle, région maintenant en Allemagne alors qu'il était pourtant franc. La France a été baptisée du nom des Francs et les Hollandais et Flamands sont les seuls pour parler une langue qui descende de la langue franque. Par conséquent, presque tous les pays continentaux d'Europe de l'Ouest peuvent se réclamer de l'héritage de Charlemagne. Le Saint Empire romain germanique qu'il a fondé était en grande partie, même si pas complètement, de langue allemande. La Prusse, qui a unifié l'Allemagne au XIXe siècle, a eu une partie significative du territoire de l'actuelle Pologne. Au début du XIXe siècle, le philosophe Friedrich Schlegel s'est référé à l'Allemagne sous le terme de Kulturnation, une nation à la même culture mais divisée politiquement comme en Grèce antique.

Tôt pendant les périodes médiévales antiques, les tribus germaniques n'ont eu aucune langue écrite. Ce que nous connaissons de leur histoire militaire provient de rapports écrits en latin et de l'archéologie. Ceci laisse des zones d'ombres importantes. Les guerres germaniques contre les Romains sont assez bien documentées mais avec le point de vue romain et donc subjectif. Les guerres germaniques contre les Celtes demeurent cependant mystérieuses parce qu'aucun côté n'a gardé d'écrits des évènements.



Préhistoire et Antiquité


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Charlemagne conquiert la Saxonie : son opposant est Widukind de Saxe.
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On pense que les tribus germaniques proviennent de l'âge du bronze nordique dans l'Allemagne du nord et la Scandinavie du sud. Les tribus se déplaçaient vers le sud, possiblement motivées par la détérioration du climat de leur patrie. Il traversèrent la rivière Elbe, probablement conquérant les territoires de la Volcae Celtique dans le bassin de la Weser. Les Romains enregistrèrent une de ces migrations tôt quand les Cimbres et les Teutons menaçaient la République elle-même vers le fin du IIe siècle av. J.-C. Dans l'est, autres tribus comme les Goths, les Ruges, et les Vandales s'installèrent au bord de la mer Baltique, poussant au sud et enfin s'installant jusqu’à l'Ukraine. Les Angles et les Saxons émigrèrent vers l'Angleterre. Les peuples germaniques avaient souvent un rapport tendu avec leurs voisins, menant à plus de deux millénaires de conflits militaires sur des désaccords territoriaux, religieux, idéologiques, et économiques.

Le Saint Empire romain germanique


Article détaillé : Saint Empire romain germanique.
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Le Saint Empire romain germanique (également appelé le « Premier Empire allemand ») a émergé de la partie orientale de l'Empire d'Occident carolingien, après sa division dans le traité de Verdun de 843, et a duré presque un millénaire jusqu’à sa dissolution en 1806. Ce n'a jamais été un État uni : dès le début il était composé de nombreuses appartenances ethniques et langues. Il comportait des territoires s'étendant de l'Est de la France au Nord de l'Italie. La principale cause d'unification était son héritage carolingien et la forte présence religieuse, mais dès lors, la majorité des sujets se considèrait comme « germanique ».

 

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Représentation des blasons des composantes de l'Empire, sous les ailes de l'Aigle bicéphale impérial.
David de Negker, Augsburg, 1510.
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De 919 à 936 les peuples germaniques (Francs, Saxons, de Souabe et de Bavière) ont été unis sous Henri Ier de Germanie, Duc de Saxe qui a pris ensuite le titre de Roi. Pour la première fois, le terme « Royaume » (Regnum Teutonicorum) a été appliqué au Royaume franc.

En 955, les Magyars ont été décisivement défaits à la bataille du Lechfeld par Otton Ier du Saint-Empire, éliminant la menace venue des steppes eurasiennes pendant près de quatre siècles. Dans 962, en partie grâce à cette victoire, Otto s'est rendu à Rome et a été couronné « Premier empereur du Saint Empire romain germanique » par le pape.

En 1155, les États du Saint Empire romain germanique étaient tombés dans la confusion et le désordre. L'Empereur Frédéric Barberousse est parvenu à restituer la paix par la diplomatie et a habilement arrangé des mariages royaux. Il a exigé l'annexion de l'Italie et a effectué plusieurs incursions en Italie du nord, mais a été finalement défait par la Ligue lombarde à Legnano en 1176. En 1189, Frédéric s'est lancé dans la Troisième croisade. Après quelques succès initiaux contre les peuples turcs, notamment à Konya, Frédéric a été tué en essayant de traverser un fleuve. Sans guide, paniquées et attaquées de tous les côtés, seulement une minuscule partie des forces survécurent.

En 1226, Conrad Ier de Mazovie fait appel à l'Ordre teutonique, un ordre militaire allemand de croisade, pour défendre ses frontières et pour soumettre les païens de la région balte. La conquête et la christianisation de la Prusse ont été accomplies en plus de 50 ans, après quoi l'Ordre l'a dirigé comme un État souverain. Leur conflit avec l'État de Pologne-Lituanie, sur le contrôle de la terre mena en 1410 à la bataille de Grunwald. Une armée de Pologne-Lituanie a infligé une importante défaite et a brisé la puissance militaire de l'Ordre, bien qu'il soit parvenu à garder la plupart de ses territoires.

 

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Les territoires liés au Saint Empire romain germanique en 1630.
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Les croisades contre les Hussites, entre 1419 et 1434 en Bohême, prennent leurs origines dans le conflit entre les catholiques et les disciples d'une secte religieuse fondée par Jan Hus. L'action qui provoqua la guerre fut la Première défenestration de Prague, dans laquelle le maire et les membres de conseil de la ville de Prague ont été jetés des fenêtres de l'hôtel de ville. L'Empereur romain germanique Sigismond, ferme adhérant de l'église de Rome, a obtenu l'appui de pape Martin V qui a publié une bulle pontificale en 1420 proclamant une croisade. En tout, quatre croisades ont été lancées contre les « hérétiques », toutes ayant pour résultat la défaite des troupes catholiques. Les Hussites, habilement mené par Jan Žižka, utilisèrent une nouvelle tactique pour défaire leurs ennemis pourtant numériquement supérieurs, notamment chez Sudomer, Vyšehrad, Havlíčkův Brod et décisivement à Ústí nad Labem. Toutes les fois qu'une croisade finissait, les armées des Hussites envahiraient les terres d'où les croisés venaient, principalement la Saxe. Après la mort de Jan Žižka en 1424, les armées hussites ont été menées par Prokop le Grand à une autre victoire à la bataille de Tachov en 1427. Le mouvement des Hussites prit fin en 1434, cependant, à la bataille de Lipany. Pendant la Révolte des Rustauds, se déroulant de 1524 à 1525 dans le Saint Empire romain germanique, les paysans se soulevèrent contre la noblesse. La rébellion a finalement échoué et Charles Quint devint plus puissant.

De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans a ravagé l'Allemagne lorsque le territoire est devenu le théâtre principal des affrontements entre la France et les Habsbourgs. En plus d'être en guerre avec la France catholique, l'Allemagne a été attaquée par le luthérien Gustave II Adolphe de Suède qui remporta beaucoup de victoires jusqu’à sa mort à la bataille de Lützen. La guerre a eu comme conséquence l'impossibilité pour de grandes régions de l'Allemagne d'être cultivées, entraînant un appauvrissement général et une perte d'environ un tiers de la population allemande. La guerre finit avec les traités de Westphalie.

Le prince Eugène de Savoie-Carignan de Savoie a contré l'Empire ottoman, venant d'abord aider ses alliés pendant la principale offensive turque contre la capitale autrichienne en 1683. Pendant les dernières années du XVIIe siècle, il était déjà célèbre pour avoir protégé la Hongrie des Ottomans puis il prit le rôle de principal commandant autrichien pendant la guerre de Succession d'Espagne. De 1701 à 1714, l'Allemagne a donc combattu avec les Anglais et les Néerlandais contre les Français. Pendant la première partie de la guerre, les Français avaient remporté plusieurs victoires jusqu’à ce que Camille d’Hostun les ait vaincus au Palatinat. Plus tard, en 1706, Anglais et Néerlandais ont aidé les Allemands à reconquérir leurs terres.

Pendant le règne de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse (1713-1740), la puissance militaire de la Prusse a été sensiblement améliorée. Il a fait de son armée un instrument de guerre efficace et très discipliné tout en organisant le gouvernement autour des besoins militaires. L'armée a été augmentée à 80 000 hommes, soit environ 4% de la population totale. Des paysans ont été recrutés par les militaires puis formés, mais renvoyés chez eux dix mois par an.

Lors de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), l'impératrice autrichienne Marie-Thérèse Ire de Hongrie combattit avec succès pour obtenir la succession au trône.

La guerre de Sept Ans


Article détaillé : Guerre de Sept Ans.
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Les alliances à la veille de la guerre de Sept Ans.
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Pendant la guerre de Sept Ans et les guerres de Silésie, Frédéric II de Prusse, occupa la Silésie et obligea l'Autriche à la lui céder formellement dans le traité de Hubertusburg de 1763. La Prusse avait survécu à la force combinée de ses voisins, tous plus grand qu'elle, et gagna énormément en influence au sein du Saint Empire romain germanique. Elle fut reconnue comme une grande puissance européenne, faisant naître une rivalité avec l'Autriche pour le contrôle des terres de langue allemande. Pendant cette guerre, la Prusse a combattu du côté du Royaume-Uni contre la Russie, la Suède, l'Autriche, la France et la Saxe. Frédéric II de Prusse envahit d'abord la Saxe puis défait l'armée saxonne lors de la bataille de Lobositz. Frédéric II envahit ensuite la Bohême puis assiège Prague mais est défait à la bataille de Kolin. Puisque la Prusse a montré un signe de faiblesse, les Autrichiens et les français envahirent les terres prussiennes. Cependant, les Français furent vaincus à Rossbach et les Autrichiens à Leuthen. En 1758, Frédéric II tenta d'envahir à son tour l'Autriche mais échoua. Les Russes essayèrent alors de défaire le Prussiens mais la Prusse remporta une victoire à la Pyrrhus à la bataille de Zorndorf. Les Suédois combattirent aussi les Prussiens à la bataille de Tornow. Cependant, l'Autriche gagnera une victoire contre l'armée prussienne à Hochkirch. En 1759, la Prusse connut bien plus de défaites. Elle perdit à Kay et à Kunersorf face aux Russes. Les Prussiens ont aussi eu des défaites majeures contre les armées françaises et suédoises, tellement que Berlin lui-même a été pris en 1762. Cependant, la grande alliance contre la Prusse prit fin à la mort d'Élisabeth Ire de Russie. Pierre III de Russie, son remplaçant était un gouvernant pro-Prussien et demanda rapidement la paix. Ce fut seulement grâce à cela que la Prusse survécut à la guerre.

Les guerres napoléoniennes


Articles détaillés : Guerres napoléoniennes et Croix de fer.
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Verso de Croix de fer, version de 1914, 2e classe.
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La période des guerres napoléoniennes a mis fin au Saint Empire romain germanique et a créé de nouveaux États de langue allemande qui formeront par la suite l'Allemagne moderne. Napoléon Ier réorganisa certains États de langue allemande plus petits dans la confédération du Rhin après la bataille d'Austerlitz de 1805 mais ni la Prusse ni l'Autriche, les deux plus grands États de langue allemande, ne faisaient partie de cette confédération.

Frédéric-Guillaume III de Prusse a vu la confédération du Rhin comme une menace aux intérêts prussiens et s'y allia pour faire face à Napoléon. La réputation de l'armée prussienne était demeurée importante après la guerre de Sept Ans mais les tactiques militaires n'avaient pas évolué et étaient toujours essentiellement basées sur des mercenaires étrangers. Le manque de réformes militaires se montra désastreux. Les défaites prussiennes à Iéna et à Auerstadt menèrent à la réduction de moitié de la taille du pays.

La Prusse démoralisée rappela son important général Gebhard Leberecht von Blücher hors de la retraite et il réorganisa l'armée. Les réformes militaires prussiennes ont été menées par Gerhard von Scharnhorst et August von Gneisenau. Ils ont converti l'armée professionnelle en une armée basée sur le service national. Ils apportèrent de plus jeunes officiers, un taux de mobilisation plus élevé, un nouvel état-major centralisé et ont amélioré globalement les tactiques.

C'est en 1813 que la décoration militaire Croix de fer fut établie comme un honneur militaire par le roi Frédéric-Guillaume III. Elle deviendra plus tard le symbole de l'armée allemande.

Après la défaite de Napoléon en Russie, la Prusse et quelques autres États allemands ont rejoint les forces anti-françaises dans la Sixième coalition. Une victoire décisive sur la France à Leipzig fut remportée et força l'abdication de Napoléon. Malgré les dispositions du Congrès de Vienne, Napoléon reviendra et sera définitivement défait à la bataille de Waterloo en 1815.

L'Empire allemand  


Article détaillé : Empire allemand.
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« Nous allons dominer le monde entier. »

— Otto von Bismarck, 1863.

 

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La création du « Second Empire allemand » a annoncé la fin de l'expansionnisme d'Otto von Bismarck. À partir de ce moment et jusqu’à la fin de sa carrière, il utilisa habilement la diplomatie pour maintenir le statu quo en Europe.

En 1888 cependant, Guillaume II d'Allemagne a accédé au trône allemand. Petit-fils de Victoria Ire du Royaume-Uni, il admirait beaucoup l'Empire de Grande-Bretagne ainsi que sa puissance navale; il était donc opposé à la politique étrangère soigneuse de Bismarck. Dans cette idée, il a fait de l'amiral Alfred von Tirpitz, militant énergique pour une flotte plus grande, le Secrétaire d'État pour la Kaiserliche Marine. Il a réussi à donner à l'Allemagne de 1914 la deuxième plus grande force navale du monde.

Ce programme d'expansion était suffisant pour alarmer les Britanniques, commençant une course aux armements de marine coûteuse et menant indirectement à l'apparition d'une attente fragile entre deux alliances en Europe : la Triple-Entente (Grande-Bretagne, France et Russie) et la Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie).

Quand en 1914 le nationalisme croissant en Europe trouva un casus belli dans l'assassinat de François-Ferdinand d'Autriche, les Autrichiens lancèrent un ultimatum à la Serbie qu'ils jugeaient responsables. Incité par leurs alliés autrichiens, l'Allemagne a déclaré la guerre conre la Russie le 1er août 1914 en ayant pour résultat une guerre mondiale entre les deux alliances.

Première Guerre mondiale


Article détaillé : Première Guerre mondiale.
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« Dieu nous a créés pour civiliser le monde. Malheur et mort à qui résistera à ma volonté. »

— Guillaume II d'Allemagne, 1914.

 

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Germania, l'allégorie nationale allemande, à la rescousse de la mère patrie entrant en guerre : la légitimation donnée par le pangermanisme se heurte à l'esprit de revanche nourri par les Français.
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Le plan Schlieffen allemand était de gérer l'alliance Franco-Russe en se débarrassant rapidement des Français par une attaque rapide, puis de se concentrer sur l'unique front russe qui mettrait plus de temps à mobiliser son armée. Au début de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne a attaqué la France par la Belgique pour éviter les défenses françaises sur la frontière franco-allemande. Les forces armées allemandes furent battues à la Première bataille de la Marne, puis des années de guerre interrompues ont suivi sur le front occidental, principalement des batailles de positions où les tranchées jouèrent un rôle très important.

Cependant, sur le front de l'Est, la guerre était très différente. Les plans initiaux russes pour la guerre étaient d'envahir simultanément la Galicie et la Prusse-Orientale. Bien que la percée initiale de la Russie en Galicie ait été en grande partie réussie, ils furent repoussés en arrière par la Prusse et par les victoires des généraux allemands Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff lors de la bataille de Tannenberg en août et septembre 1914. L'état économique et militaire de la Russie était bien moins développé que l'équivalent allemand et face à ce combat inégal, la force combinée des empires allemands et austro-hongrois réussirent à contrer l'attaque russe. Au printemps 1915, les Russes étaient repoussés et les puissances centrales réalisèrent une puissante percée vers le sud de la Pologne, capturant Varsovie le 5 août 1915 et forçant les Russes à se retirer de toute la Pologne.

De guerre de mouvement à position, l'utilisation des tranchées et des mitrailleuses sont devenues courante. Les combats les plus âpres se déroulent par phases successives où les attaques se font par assauts massifs à la baïonnette d'une tranchée à une autre. En 1917, l'armée allemande avait commencé à utiliser des nouvelles tactiques d'assaut et d'infiltration dans le but de sortir de l'impasse de guerre de tranchées. Des « troupes de choc » ont été formées et équipées pour ces nouvelles techniques et ont été utilisées avec un effet dévastateur le long du front russe puis à la bataille de Caporetto en Italie. Ces formations ont été alors déployées sur le front occidental pour parer l'attaque britannique de chars de combat à la bataille de Cambrai. En mars 1918, l'Empire allemand a commencé une avance impressionnante créant une percée dans la ligne alliée. Cependant l'offensive fut stoppé avant d'atteindre Paris.

Le nombre croissant de soldats américains le long du front occidental réussit à contrer la présence allemande. Bien que les militaires allemands aient pu être en mesure de repousser les forces alliées sur les deux fronts, dès 1918, la victoire a semblé impossible à obtenir et l'Allemagne négocia une paix préférable à une défaite inéluctable. L'Allemagne, appauvrie et en difficulté de l'après-guerre, permit la montée des Nazi dans les années 1930.

Les chars de combat sont le fruit de cette guerre, l'aviation militaire que le Baron Rouge popularisera et les armes chimiques, comme le gaz moutarde, y sont pour la première fois utilisés massivement. Le lance-flamme, lui, reste utilisé de manière expérimentale. L'Allemagne développa aussi beaucoup son artillerie, le symbole de ces avancées technologiques restera la Grosse Bertha.

La République de Weimar et le Troisième Reich


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« Mon mot d'ordre : "Détruire par tous les moyens. Le national-socialisme va réorganiser le monde". »

— Adolf Hitler, 1933.

 

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Le traité de Versailles a imposé d'importantes restrictions à la force militaire allemande. L'armée était limitée à 100 000 hommes avec 15 000 hommes additionnels dans la marine. La flotte était composée de 6 cuirassés, de 6 croiseurs et de 12 destroyers[réf. nécessaire]. Les unités de chars de combat, l'artillerie lourde et l'Armée de l'air avaient été dissoutes. Cependant, ces hommes étaient des officiers très qualifiés et ils deviendront les commandants des troupes pendant la guerre. L'armée d'après-guerre, la Reichswehr, avait été établie le 23 mars 1921. La conscription a été supprimée sous un autre mandat du traité de Versailles. Le traité a également forcé l'Allemagne, qui a été reconnue responsable de la guerre, à payer des milliards de dollars dans les réparations de guerre. L'occupation de la Rhénanie par les forces françaises et belges ne permit pas à l'Allemagne de pouvoir payer sa dette.

 

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Le parti nazi utilisait une swastika comme symbole et les couleurs rouge et noir pour représenter le Blut und Boden (« sang et terre »).
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Adolf Hitler, déjà à l'origine du putsch de la brasserie, un coup d'État manqué, rassemble le peuple germanique en développant une idéologie autoritaire et fasciste perceptible de son ouvrage Mein Kampf. Le pangermanisme ainsi que la colère et le ressentiment du traité de Versailles furent même une des causes de son arrivée au pouvoir.

La République de Weimar a en grande partie obéi aux restrictions de Versailles. Les problèmes économiques des réparations, de l'hyperinflation et de la Grande Dépression ont également rendu les dépenses militaires difficiles. Cependant, les forces armées allemandes ont maintenu leurs forts corps d'officiers en place.

Le régime nazi a commencé la remilitarisation, discrètement au début des années 1930. Les forces armées allemandes prennent le nom de Wehrmacht de 1935 à 1945. La Heer a été encouragée à expérimenter des techniques de combat basées sur une mobilité poussée associant chars de combat et infanterie motorisée d'après les idées de Heinz Guderian[1]. Plus tard, avec l'ajout d'un support aérien, cette technique sera connue sous le nom de « Blitzkrieg ». L'Allemagne innovera en organisant ses chars de combat en régiments et non plus en simples brigades. La Kriegsmarine relança la construction de navires et Hitler créa la Luftwaffe, une armée de l'air au commandement indépendant de l'armée de terre.

Dans le même temps, des organisations paramilitaires liées au parti nazi comme la Sturmabteilung (SA) et la Schutzstaffel (SS) se développent en Allemagne, elles ont même des branches militaires comme la Waffen-SS. Certains haut-gradés tel que le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, ont aussi des fonctions militaires d'importance.

En 1936, les troupes allemandes ont marché sur la Rhénanie démilitarisée. Puis, le 12 mars 1938, l'Autriche est annexée par l'Allemagne dans l’Anschluss, les Sudètes en octobre 1938 et enfin le reste des terres de Tchécoslovaquie sous forme de protectorat en mars 1939. La Société des Nations trop faible à l'époque ne put arrêter cela et dans la peur d'une autre guerre mondiale, ne prit pas de décision.

Préparant la guerre, le Pacte germano-soviétique est signé le 23 août 1939 entre les ministres des Affaires étrangères du Troisième Reich, Joachim von Ribbentrop, et de l'Union soviétique, Viatcheslav Molotov. En plus de la clause de « non agression », elle pose le principe du partage du territoire polonais et une collaboration entre les deux dictatures en dépit des idéologies opposées.

La Seconde Guerre mondiale  


Article détaillé : Seconde Guerre mondiale.
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Plan de bataille développé par Erich von Manstein en vue de la bataille de France.
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La Pologne ayant refusé de renégocier le statut du corridor de Dantzig, Adolf Hitler, attaqua le 1er septembre 1939 sans déclaration de guerre, déclenchant ainsi par le jeu des alliances la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la France et le Royaume-Uni tarde à réagir dans ce qu'on appellera la « Drôle de guerre » et laisse à l'Allemagne et l'URSS, conformément au pacte, la possibilité de se partager le pays. La résistance militaire de la Pologne est faible et elle s'effondre rapidement suite au Blitzkrieg allemand. Dès le début, les forces allemandes se lancent dans des crimes de guerre massifs.

En avril 1940 est déclenchée l'opération Weserübung, les troupes allemandes envahirent et occupèrent le Danemark et la Norvège neutres pour sécuriser l'accès au fer suédois.

Les généraux allemands ont pour la plupart fait la Première Guerre mondiale, ils disposent donc d'une certaine expérience contre les nations occidentales et des terrains d'Europe de l'Ouest. Les plans français étant en grande partie fondés sur une défense statique derrière la ligne Maginot, le général allemand Erich von Manstein prépara un plan pour la conquête de la France. Le 10 mai 1940, les Allemands ont évité la ligne Maginot en lançant une offensive éclair par la Belgique neutre, tout en attaquant aussi le Luxembourg et les Pays-Bas. L'avancée principale vers la France se fit par les Ardennes qui étaient pourtant réputées impénétrables pour des chars de combat. En juin 1940, avec les troupes françaises encerclées dans le nord, la France capitule. Le corps expéditionnaire britannique et d'autres unités alliées sont repoussés sur Dunkerque, mais parviennent à s'échapper par la mer, malgré des pertes humaines et matérielles très importantes, grâce à la décision incompréhensible d'Hitler de ne pas attaquer avec toutes les forces possibles.

Pendant l'hiver 1940, l'Allemagne se prépara à une invasion de la Grande-Bretagne, mais ce plan fut abandonné suite aux difficultés pour la Luftwaffe d'Hermann Göring d'obtenir la supériorité aérienne face à la Royal Air Force lors de la bataille d'Angleterre.

 

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Conquêtes allemandes (bleu) pendant la Seconde Guerre mondiale.
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Comme les dépenses dans le budget de la défense allemande augmentaient au fil des années, l'Allemagne se trouva pionnière dans le développement de nombreuses armes et de leur utilisation tactique. C'est le cas des techniques avancées d'assaut avec la création des Sturmgrenadiere, troupes de choc spécialisées, et du premier fusil d'assaut, le sturmgewehr 44 en 1942. Des troupes parachutées Fallschirmjäger et dans l'aéronautique, du Messerschmitt Me 262, qui sera aussi l'un des premiers avions de chasse à moteur à réaction à être développé, du V1, qui sera le premier missile de croisière utilisé, ainsi que le V2 de Wernher von Braun qui posera les bases du futur programme spatial des États-Unis. La Kriegsmarine sera aussi à l'honneur avec le DKM Bismarck, fleuron de la flotte allemande de l'époque.

Pour aider ses alliés italiens qui s'étaient lancés dans plusieurs invasions tel que l'Albanie, des troupes allemandes se déploient en Grèce, en Yougoslavie et en Afrique du Nord vers le début de 1941.

Le 22 juin 1941, l'Allemagne renonça à son pacte de non-agression avec l'Union Soviétique et lança l'opération Barbarossa. L'armée allemande et ses alliés ont fait d'énormes gains territoriaux dans les premiers mois de la guerre, atteignant la périphérie de Moscou à l'arrivée de l'hiver. S'attendant à une autre victoire grâce à leur « guerre éclair », les Allemands ne s'étaient cependant pas correctement préparés à une guerre aussi étendue et lointaine[2] et en hiver[3],[4].

Le 7 décembre 1941, après avoir largement aidé le Royaume-Uni, la Chine et l'Union soviétique à résister[5], les États-Unis entrent officiellement en guerre suite à l'attaque sur Pearl Harbor par le Japon alors allié de l'Allemagne.

Début 1943, l'armée allemande se retrouva en difficulté et fut défaite à Stalingrad dans une bataille qui sera considérée plus tard comme le tournant de la guerre, et plus tard à Koursk. Les ressources allemandes étant concentrées sur le front russe, les Alliés sont parvenus à capturer l'Afrique du Nord. L'Italie a été envahie en juillet 1943 et à rapidement capitulé.

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en France, ouvrant un front occidental et repoussant graduellement les Allemands jusqu'au Rhin. En décembre 1944, les Allemands sous Gerd von Rundstedt lancèrent une offensive finale dans le but de reprendre Anvers et de dédoubler les lignes alliées, mais sont défaits dans la bataille des Ardennes.

Berlin tomba à l'Armée rouge en mai 1945. La plupart des forces armées allemandes se rendirent sans condition aux Alliés le 8 mai 1945, quelques jours après le suicide d'Hitler.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'armée rouge fit prisonnier 2 389 560 soldats allemands dont 356 687 moururent en captivité, ces chiffres sont faibles comparés aux 5.7 millions de soviétiques fait prisonniers par les allemands et dont 3.3 millions périrent en captivité à cause des mauvais traitements subis[6].

Guerre froide


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Zones d'occupation en 1945.
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Le Procès de Nuremberg, qui jugs les criminels de guerre nazis, se déroule de 1945 à 1949, étabilssant le concept de crime de guerre dans le droit international et créant un précédent pour poursuivre les futurs criminels de guerre.

Après la Seconde Guerre mondiale, les frontières orientales de l'État allemand ont été sensiblement modifiées comme le stipulait le traité de reddition. La Prusse et d'autres parties de l'Est de l'Allemagne servirent à former une nouvelle Pologne dont une partie du territoire originel fut incorporé à l'URSS. Le reste de l'Allemagne a été divisé en quatre zones d'occupation : une soviétique (plus tard russe), une américaine, une française et une britannique tout comme la capitale Berlin malgré la discontinuité des zones.

En 1949 l'Allemagne de l'Ouest fut formée des zones françaises, britanniques et américaines, alors que la zone soviétique formait la République démocratique allemande. Le territoire occidental de l'Allemagne tomba naturellement sous la protection de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) alors que l'État oriental joignait le Pacte de Varsovie. Chaque État possédait sa propre force militaire modelée selon les pays de leur sphère d'influence. La division a continué jusqu'en 1990 où les deux États ont été réunis.

 

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Secteur de responsabilité des corps d'armées de l'OTAN en Allemagne de l'Ouest depuis le retrait de la France du commandement intégré. 3 des 8 corps d'armées en ligne ainsi que 12 des 26 divisions en 1985 sont allemands.
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La Bundeswehr a été créé en 1955 en Allemagne de l'Ouest. En 1956, la conscription pour tous les hommes entre 18 et 45 ans a été adoptée après de longues discussions sur la re-militarisation de l'Allemagne. Une exception significative dans cela est venue de la constitution ouest-allemande. En effet, l'Allemagne de l'Ouest fut le premier pays à accorder un service civil alternatif à tous les hommes qui étaient opposés au service militaire pour des raisons morales, indépendamment de l'affiliation religieuse. Pendant la guerre froide, la Bundeswehr a eu une force de 495 000 personnels militaires et 170 000 civils. L'armée de terre était composée de trois corps avec 12 divisions.

La plupart des experts de la guerre froide ont considéré l'Allemagne comme un des endroits les plus susceptibles de voir l'avènement d'un troisième conflit mondial et probablement nucléaire. Les tensions ont été au plus haut en 1948 lors du blocus de Berlin où l'URSS et la République démocratique allemande ont fermé toutes les routes aux approvisionnements pour Berlin-Ouest. Un « pont aérien » allié a soutenu la population et a évité une nouvelle guerre. La construction du mur de Berlin en 1961 a débuté peu de temps après le débarquement de la baie des Cochons et précéda la crise des missiles de Cuba.

En Allemagne de l'Est, l'Armée nationale populaire a été fondée le 1er mars 1956. En 1987 à l'apogée de sa puissance, elle comptait 175 300 soldats dont approximativement la moitié étaient des soldats de carrière.

Époque moderne  


Article détaillé : Réunification allemande.
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Logo de la Bundeswehr.
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Après la réunification en 1990, la Bundeswehr a absorbé partiellement Nationale Volksarmee de la République démocratique allemande, qui fut dissoute.

L'après guerre froide est aussi marqué par la poursuite de la coopération franco-allemande et européenne (autant économiquement, que politiquement et militairement) dans le cadre de l'Union européenne. C'est par exemple le cas pour le développement de l'hélicoptère de combat multi-rôle Eurocopter Tigre, qui fut le résultat de la coopération des gouvernements allemand et français et d'EADS, groupe industriel numéro un de l'aéronautique et de l'espace en Europe créé de la fusion des grandes entreprises du secteur aéronautique des différents pays européens.

En 1999, la guerre du Kosovo mené par l'OTAN était le premier conflit offensif auquel les militaires allemands ont activement participé depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2000, la Cour européenne de justice a ouvert les postes de la Bundeswehr précédemment réservés aux hommes (hormis les divisions médicales et les corps de musique) aux femmes.

Depuis le début des années 1990 la Bundeswehr est devenu de plus en plus présente dans des missions internationales de maintien de la paix en ancienne Yougoslavie mais également dans d'autres régions du monde telles que le Cambodge, la Somalie, la Géorgie et le Soudan.

L'Allemagne participe aussi à la « guerre contre le terrorisme », la campagne militaire des États-Unis suivant les attentats du 11 septembre 2001. Elle est soutenue par plusieurs membres de l'OTAN et d'autres alliés dans le but de mettre fin au terrorisme international. En tant qu'élément de l'opération Enduring Freedom, l'Allemagne a déployé approximativement 2 250 soldats dont le KSK, des navires et des équipes NBC en Afghanistan. Les forces allemandes y ont contribué entre autres via la Force internationale d'assistance et de sécurité.

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Anneau du Géant (Belfast).

Publié le 31 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Préhistoire-Cénozoïque

 

Anneau du Géant (Belfast)
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Le petit dolmen et en arrière plan le talus circulaire.
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L'Anneau du Géant (en anglais : the Giant's Ring) est un monument néolithique situé à Ballynahatty près de Shaw's Bridge (Belfast) en Irlande du Nord. Il est composé d'une clôture circulaire de 200 m de diamètre, entourant un talus de 4 m de hauteur et comportant cinq entrées, ainsi qu'un petit dolmen légèrement décentré. On estime l'âge du dolmen à environ 3 000 ans av. J.-C. et le talus légèrement plus tard.

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Civilisation de Caral.

Publié le 31 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Antiquité (avant le Ve siècle)

 

Civilisation de Caral
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La civilisation de Caral ou Caral-Supe ou encore de Norte Chico est une société précolombienne complexe qui comprenait trente centres majeurs de population dans ce qui est aujourd'hui la région de Norte Chico au centre de la côte nord du Pérou, à environ 200 kilomètres de Lima. C'est la plus ancienne civilisation connue d'Amérique dont l'âge d'or se situe entre le XXXe et le XVIIIe siècle av. J.-C.[1],[2]. Son autre dénomination, Caral-Supe, vient du site archéologique de Caral dans la vallée de la rivière Supe. Cette société du Norte Chico émergea juste un millénaire après celle de Sumer, fut contemporaine des pyramides de l'Égypte antique et précéda celle des Olmèques de près de deux millénaires.

 

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Vestiges de pyramides de la civilisation de Caral.
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Caractéristiques


Dans la nomenclature archéologique, Caral est une culture pré-céramique de l'Archaïque tardif précolombien ; on n'y retrouve aucune céramique et, selon les traces archéologiques, elle semble avoir été largement dépourvue de réalisations artistiques. La plus impressionnante réalisation de cette civilisation est son architecture monumentale, comprenant des plateformes surélevées et des places circulaires creuses. Des traces archéologiques suggèrent une possible maîtrise du textile et aussi d'un culte lié à des symboles divins, deux éléments récurrents des cultures précolombiennes. Une forme complexe de gouvernement semble avoir été mis en place pour diriger la société, mais des questions restent en suspens concernant son organisation et, en particulier, l'impact de la gestion des ressources vivrières sur la politique.

Découverte archéologique


Article détaillé : Caral.
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Les archéologues ont pris conscience de sites anciens dans cette région d'Amérique au moins depuis les années 1940. Des travaux plus anciens ont eu lieu à Aspero, à proximité de la côte, un site identifié en 1905[3], puis ensuite à Caral, plus à l'intérieur des terres. Des archéologues péruviens conduits par Ruth Shady Solis fournirent la première étude approfondie de la civilisation, à la fin des années 1990, grâce à des travaux entrepris à Caral[4]. Un article de 2001 paru dans Science magazine rapporte une étude sur Caral et, en 2004[5], un article de Nature décrit le travail de terrain et les datations au carbone effectuées sur une zone plus étendue[6]. Ceux-ci révèlent l'importance de la civilisation de Caral et piquèrent la curiosité du public[7].

Histoire et Géographie


Repères chronologiques  


La civilisation de Caral a prospéré entre 3000 et 1800 av. J.-C., en même temps que la culture Valdivia, en Équateur. La société complexe de Caral émergea juste un millénaire après les sumériens et fut contemporaine des pyramides d'Egypte ; elle précéda les mésoaméricains Olmèques de près de deux millénaires.

Le Pérou Andin a été reconnu comme une zone de développement de civilisations, au même titre que le croissant fertile, par exemple. Ces régions sont au nombre de six dans le monde ; l'Amérique en compte deux, le Pérou Andin et la Mésoamérique[6].

La culture de Chavin, vers 900 av. J.-C., a longtemps été considérée comme la première civilisation de la région et est toujours généralement citée comme telle.

Aire d'expansion


La découverte du site de Caral a déplacé les recherches auparavant effectuées dans les hautes terres des Andes (où les Chavins puis les Incas avaient leurs centres majeurs) vers le littoral péruvien et les régions côtières.

Le site de Caral est situé dans une région au Nord-Est de la côte, environ à 200 kilomètres de Lima ; il est grossièrement limité par la vallée de Lurín, au Sud, et la vallée de Casma, au Nord. Il comprend quatre vallées côtières : Huaura, Suoe, Pativilca et Fortaleza. Les sites connus sont concentrés dans les trois premières vallées, qui partagent une plaine côtière commune. Celles-ci couvrent seulement 1800 km² et les recherches ont porté sur les centres de population les plus denses.

En comparaison avec d'autres centres mondiaux de développement, le littoral péruvien apparaît par ailleurs un candidat surprenant pour les premiers développements d'une civilisation. La région est extrêmement aride, en raison de l'influence des Andes, à l'est, et des alizés du Pacifique, à l'ouest, qui arrêtent les précipitations. La région est cependant ponctuée de plus de cinquante rivières qui transportent la neige fondue des Andes et le développement d'une irrigation importante grâce à ces eaux de sources semble décisif dans l'émergence de Caral[8]. Toutes les architectures monumentales trouvées sur les différents sites ont été trouvées près des canaux d'irrigation.

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Mosaïque byzantine.

Publié le 30 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Époque médiévale (du Ve au XVe siècle)

 

Mosaïque byzantine
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Mosaïque de Michel de Thessalonique (ou St Demetrius) - XIIe siècle - Monastère au toit doré à Kiev.
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Les mosaïques byzantines sont des mosaïques produites par des artistes de l’Empire romain d'Orient ou Empire byzantin. La foi religieuse des chrétiens orientaux les a poussés à représenter abondamment le Christ, les Apôtres et la Sainte Vierge. La volonté de magnifier les empereurs et impératrices fait que nous sont parvenues des mosaïques présentant des allégories, par exemple Justinien offrant Sainte-Sophie.

Exemples de mosaïques byzantines


 

Variations de style


Le style des mosaïques byzantines change au cours des siècles.

Sous l’influence de la Grèce et de la Rome antiques, les premières mosaïques représentent le réel. Bien que n’atteignant pas encore la sophistication des mosaïques futures, celles datant du VIe siècle de l'église San Apollinare Nuovo à Ravenne nous donnent à voir le Christ représenté de façon réaliste, avec du volume et dans une attitude vivante. Son regard doux et bienveillant est dirigé vers le spectateur.

Plus tardivement, sous l'influence de l’ascétisme oriental, les lignes se font plus nettes, les représentations deviennent abstraites, sans volume. Dans l’église Sainte-Sophie, sur le panneau de Zoé datant du XIe siècle, le regard du Christ est moins expressif et il porte ailleurs, donnant l’impression d'un Christ étranger à ce monde.

Dans les derniers siècles d’existence de l'Empire byzantin, les représentations du Christ vont retrouver du réalisme et du volume ; les mosaïques atteindront alors un niveau de détails et de sophistication qui inspire la piété et le recueillement au fidèle, comme sur la mosaïque du Déisis à Sainte-Sophie datant de 1280.

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Akim.

Publié le 29 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans CULTURE-Genres et œuvres - télévision

 

Akim
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Akim
Personnage de fiction apparaissant dans
Akim
Alias Jim Rank
Pouvoirs agilité, rapidité, force surhumaine, technique de combat corps à corps, parle et comprend les animaux
Famille Frederick Rank (père)
Rita Turner (épouse)
Jim Morgan (fils adoptif)
Créé par Augusto Pedrazza
Roberto Renzi
Première apparition 1950,
Akim #1 (juin 1976)
Éditeur(s) Mon journal (France),
Altamira (1976 - 1980) (Italie)

Akim est une série de bande dessinée italienne, publiée en Petit Format. Elle détient le record du nombre de numéros avec un total de 756 soit trente années de parution bimensuelle chez Aventures & Voyages.

Akim est l'un des nombreux clones de Tarzan aussi appelé tarzanide. Il se distingue par son étonnante longévité ainsi que par l'imagination débridée de son scénariste (Roberto Renzi) empruntant parfois à l'iconographie de films à succès tels que Star Wars. Si dans les premiers épisodes, le dessinateur Augusto Pedrazza se révèle assez maladroit, son style va s'affiner pour acquérir une souplesse qui sera un peu sa marque de fabrique. Sans égaler les plus grands artistes du 9e art car il devait en effet sortir 50 pages tous les quinze jours, ce qui ne laisse pas trop de temps pour le fignolage.



Les Personnages  


Akim : (alias Jim Rank) est le fils du consul (et comte) britannique (Frederick Rank) de Calcutta. Toute la famille rentre en Europe quand leur bateau fait naufrage. La mère et son fils échouent sur une plage africaine. Peu de temps après, elle est dévorée par une panthère. Jim est adopté par un gorille qui le soigne et le nourrit. Il apprend le langage des animaux et devient leur « roi ». Il épouse Rita et adopte, à son tour, Jim qui devient comme leur fils.

Il est entouré d'une "cour" d'animaux fidèles :

  • Zig la guenon
  • Kar le gorille
  • Baroi l'éléphant
  • Rag le lion.

Les Revues


Akim


756 numéros de septembre 1958 à février 1991, bimensuel sur presque toute la durée de publication. Chaque numéro du fascicule a proposé un épisode du héros éponyme d'une longueur oscillant entre 50 & 60 pages. Mensuel du N°1 au N°22, puis bimensuel jusqu'à la fin. À partir du N°669, les épisodes d'Akim sont des rééditions dans l'ordre des épisodes 265 et suivants. Avant cela, les N°665 et 666 avaient repris l'épisode de Bengali N°15 qui n'était pas de Pedrazza.

Akim Color


133 numéros de décembre 1967 à février 1979. Réédition en moyen format et en couleurs des aventures de notre héros (reprise des épisodes compris entre le 1 et le 212). On notera en séries annexes, les très intéressantes bandes anglaises la « Dynastie des Turville » et « Les Petits Hommes de l'Espace ».

Bengali  


129 numéros de juillet 1959 à novembre 1988. Réédition de petit format noir et blanc. Originellement intitulé : « Akim Hors Série », cette revue était d'abord trimestrielle avant de passer bimestrielle. À noter qu'un dessinateur anonyme et peu talentueux a dessiné les aventures d'Akim du N°8 au N°16. Dans le N°7, Akim est remplacé par Rudy qui est un autre clone de Tarzan.

Akim (2e série)  


120 numéros d'avril 1994 à mars 2004. Réédition des premiers épisodes dans l'ordre chronologique (sauf quelques omissions). À noter un article historique sur les anciennes revues de l'éditeur à partir du N°87.

Les albums


  • La couronne de l'éternité, Aventures & Voyages (1974). Inédit
  • Le désert noir/La reine Isis, Temps Fort (2002). réédition des épisodes 82 et 83.

Parution


En Italie, Akim est paru de 1950 à 1967 puis de 1976 à 1983.

Akim a aussi connu une réédition d'avril 1994 à mars 2004 le temps de 120 numéros au rythme mensuel.

Depuis octobre 2005, Akim est revenu en deuxième partie de Capt'ain Swing 2e série (n°138).

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La Barbe du Roi.

Publié le 29 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS De l'image(Cinéma-théâtre-BD-Photo)

 

La Barbe du Roi
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La Barbe du Roi est un film d'animation britannique réalisé par Tony Collingwood en 2002.



Synopsis


Au royaume du reflet, le Roi Albert possède la plus longue barbe qui n'ait jamais existé. Elle se déroule dans toutes les rues, à la plus grande joie de tous les habitants. Tous... sauf Rufus le barbier ! Bien décidé à changer le sort du royaume, il va tenter de couper la barbe du Roi ! Mais il s'apprête à découvrir un incroyable secret...

Fiche technique


Distribution  


Voix originales


Voix françaises


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Chronologie de l'entomologie.

Publié le 28 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Histoire thématique

 

Chronologie de l'entomologie
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Cartouche de Thoutmôsis III, fils de Rê (Ḏḥwty-ms nfr-ḫprw) sur son obélisque à Karnak.


Préhistoire et antiquité


  • La plus ancienne représentation d'insecte connue montre une silhouette récoltant du miel et a été découverte dans une grotte d’Espagne.
  • Le bousier joue un grand rôle dans la religion des anciens Égyptiens, tant dans l'art funéraire que dans la religion. Il constitue une boulette d'excrément qu'il enterre et sur laquelle grandira une larve. Son comportement en fait l'image même de la transformation, du renouveau et de la résurrection.
  • L'apiculture prend son origine également en Égypte et fait l'objet de traités chez les Grecs comme chez les Romains.
  • Aristote ne mentionne que 47 espèces d'insectes dans les écrits qui nous sont parvenus. Pourtant il écrivait : Il n'est pas d'un homme raisonnable de blâmer par caprice l'étude des insectes, ni de s'en dégoûter par la considération des peines qu'elle donne. La nature ne renferme rien de bas. Tout y est sublime, tout y est digne d'admiration.

 

Moyen Âge


XVIe siècle


  • 1565 : Conrad Gessner (1516-1565) la mort l'empêche d'achever la partie consacrée aux insectes dans son immense Historia animalium. Celle-ci ne sera publiée que bien plus tard sous le titre de Insectorum sive minimorum animalium theatrum.

XVIIe siècle


Quatre planches extraites de Metamorphosos de Jan Goedart

  • 1602 : Ulisse Aldrovandi (1522-1605) fait paraître son De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus ad vivum expressis consacré aux insectes et à quelques autres invertébrés.
  • Entre 1662 et 1667 : Jan Goedart (1620-1668) fait paraître Metamorphosis et historia naturalis où il présente, par des gravures en taille-douce, les différentes phases de croissance des insectes.
  • De 1696 à 1700, Antonio Vallisneri (1661-1730) fait paraître ses Dialoghi sopra la curiosa Origine di molti Insetti (Dialogues sur la curieuse origine de plusieurs insectes) avec lesquels il contribue avec Redi (1626-1697) et Malpighi, à démentir la croyance en la génération spontanée.

XVIIIe siècle


  • 1710 : François Xavier Bon de Saint Hilaire (1678-1761) fait paraître un mémoire sur l'utilisation de la soie d'araignée comme fibre textile, première recherche scientifique de cette nature. René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) démontre la même année le faible intérêt économique d'une telle production.
  • 1734 : Réaumur fait paraître le premier tome de ses Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes, l'un des plus grands ouvrages sur ces animaux du XVIIIe siècle.
  • 1735 : première édition du Systema naturæ de Carl von Linné (1707-1778) qui ne comprend que quatre ordres d'insectes : les coléoptères, les gymnoptères, les hémiptères et les aptères. La douzième édition, de 1767, en comprendra sept : les coléoptères, les hémiptères, les lépidoptères, les névroptères, les myménoptères, les diptères et les aptères. Sa classification est basée sur les ailes.
  • 1757 : la dixième édition du Systema naturæ de Carl von Linné paraît : moins de 3 000 espèces y sont décrites.
  • 1752 à 1758 : Charles de Geer (1720-1778) fait paraître Mémoires pour servir à l'histoire des insectes dont le titre est calqué sur l'œuvre de Réaumur dont il est un grand admirateur.
  • 1762 : Étienne Louis Geoffroy (1725-1810) propose six ordres d'insectes : les coléoptères, les hémiptères, les tétraptères à ailes farineuses, les tétraptères à ailes nues, les diptères et les aptères. Sa classification est, comme celle de Linné, basée sur l'aile.
  • 1770 : Johan Christian Fabricius (1745-1808) fait paraître ses premiers travaux sur les arthropodes. Sa classification des insectes, basée sur l'examen des pièces buccales, a une importance considérable sur la taxinomie entomologique. Il crée treize ordres.
  • 1775 : Pieter Cramer (1721-1776) et Caspar Stoll (?-1791) commence à faire paraître De uitlandische Kapellen voorkomende in de drie Waereld-Deelen Asia, Africa en America - Papillons exotiques des trois parties du monde l'Asie, l'Afrique et l'Amerique, premier ouvrage consacré à des papillons exotiques suivant le système linnéen.
  • 1789 : Début de la parution de l’Entomologie de Guillaume-Antoine Olivier (1756-1814) vaste ouvrage sur les coléoptères.
  • 1793 : Georg Wolfgang Franz Panzer (1755-1829) fait paraître une faune d'Allemagne, Faunae Insectorum Germaniae initia.
  • 1796 : Pierre André Latreille (1762-1833), dans son Précis des caractères génériques des insectes, disposés dans un ordre naturel, sépare les insectes des crustacés, des arachnides et des myriapodes.

XIXe siècle


XXe siècle


 

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Culture Yamna.

Publié le 27 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans HISTOIRE-Préhistoire-Cénozoïque

 

Culture Yamna
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Étendue approximative de la culture v. 3200-2300 av. J.-C.
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La culture Yamna au IVe millénaire av. J.-C. en Europe.
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La culture Yamna (en russe : Ямная культура, en ukrainien : Ямна культура, « culture des tombes en fosse », du russe et de l’ukrainien яма, « fosse ») est une culture de l’Âge du cuivre final/ Âge du bronze ancien de la région du Boug/Dniester/Oural (la steppe pontique), qui remonte à une période qui s'étend de XXXVIe siècle au XXIIIe siècle av. J.-C. La culture est aussi connue en français sous le nom de culture ou Pontiques des tombes à fosses ou à puits ou culture des tombes à ocre.

La culture était essentiellement nomade, avec un peu d'agriculture pratiquée près des fleuves et quelques castros[1].



Caractéristiques


Les caractéristiques de cette culture sont les inhumations en des kourganes (tumuli) des fosses à tombes avec le corps du mort placé en décubitus dorsal avec les genoux repliés. Les corps étaient recouverts d'ocre. Des tombes multiples ont été découvertes dans ces kourganes, souvent après des insertions postérieures.

Il est significatif que des sacrifices d'animaux étaient pratiqués (bovins, cochons, moutons, chèvres et chevaux), une caractéristique associée aussi bien aux Proto-indo-européens qu'aux Proto-indo-iraniens[2].

Les plus anciens restes d'un char à roues, en Europe de l'Est, ont été découverts dans le kourgane « Storozhova mohyla » (Dnipropetrovsk, en Ukraine, dont les excavations furent menées par Trenozhkin A.I.) associé à la culture Yamna.

Le site sacrificiel de Luhansk, récemment découvert, a été décrit comme un sanctuaire de colline où se pratiquaient des sacrifices humains.

Expansion et identité


La culture Yamna est associée aux Proto-indo-européens tardifs (PIE) dans l'hypothèse kourgane de Marija Gimbutas. C'est le plus solide candidat pour être l'Urheimat (terre d'origine) de l'indo-européen commun, avec la culture de Sredny Stog qui le précède, maintenant que les preuves archéologiques de la culture et ses migrations sont étroitement corrélées aux indices fournis par la linguistique[3].

Cependant, Pavel Dolukhanov avance que l'émergence de la culture des tombes en fosse représente un développement social de diverses cultures locales de l'Âge du bronze, représentant l'expression d'une stratification sociale et l'émergence de structures sociales nomades soumises à un chef, qui à leur tour intensifièrent les contacts inter-groupes entre des groupes sociaux essentiellement hétérogènes[4].

On dit qu'elle a son origine dans le cours moyen de la Volga dans la culture de Khvalynsk et dans la culture de Sredny Stog du cours moyen du Dniepr. Dans son domaine occidental, elle fut suivie par la culture des catacombes ; à l'est, par la culture de Poltavka et la culture de Srubna.

Objets manufacturés


D'après les collections du Musée de l'Ermitage

 

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Espoir...

Publié le 26 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans ARTS-Littérature-polar-poésie-fables

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Il est des coeurs blessés et des âmes meurtries

De stériles transports aux idéaux flétris

D'innocence oubliée à sinistre néant

Engloutie aux entrailles d'un désespoir béant.


Il est des êtres rudes de colère fougueux

D'exsangues revenants au commerce rugueux

Pactisant en alcôve de terribles desseins

Avec de preux seigneurs pour en souiller le sein.


Il est un noir chaos aux dédales du monde

Où se nichent des gueux sournois, vils et immondes

Tels funambules errant sur le fil de la mort

Épiant doux orphelins, les piégeant sans remords

Dans leur fielleux cocon, instrument d'un enfer

Scellant cruel trépas pour servir Lucifer.


Y aura-t-il un jour surnaturelle messe

Divine liturgie emplie de la promesse

De ce très doux berceau baigné de la lueur

D'une aube enchanteresse, harmonieuse clameur

D'un matin éternel aux sacrements d'azur

Pérennisant l'espoir de leur juste mesure...

 

Le lutin du miroir cosmique.

Cratère sidéral de vie.

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Histoire de la Colonie du Cap (2 & fin).

Publié le 25 Août 2010 par CHOMOLANGMA dans AFRIQUE-Géo - historique & politique

 

Le développement de la colonie


Pendant ce temps, la colonie avait continué de prospérer alors que le Royaume-Uni avait initialisé une nouvelle politique active d'immigration vers l'Afrique du Sud.

Dès la fin des années 1830, une législation sur l'instruction publique est adoptée ainsi qu'une législation en matière de voirie publique. L'industrie viticole se développe et se modernise ainsi que l'élevage. En 1846, la laine est le premier produit d'exportation de la colonie.

En 1848, le colonial office décide de faire du Cap une colonie pénitentiaire pour les Irlandais reconnus coupables de crimes et délits. Suite à la réaction violente des colons, alors que le premier navire pénitencier approchait des côtes sud-africaines, le gouverneur Harry Smith décida, pour préserver la paix civile, d'interdire d'accostage les prisonniers lors de leur arrivée à Simon's Bay le 19 septembre 1849. Au bout de cinq mois de blocage, le Colonial Office décida alors de dérouter le navire vers la Tasmanie. En refusant d'être une colonie pénitentiaire, l'Afrique du Sud se privait alors de toute une nouvelle catégorie de population qui allait participer au développement des communautés européennes d'Australie et de Tasmanie. Les administrés de la Colonie du Cap profitèrent néanmoins de cet épisode pour réclamer de nouveaux droits, notamment celui de s'autogérer.

En 1852-1854, les frontières sont fixées avec les républiques du Transvaal et de l'Orange. La Colonie du Cap a désormais des états voisins gouvernés par des descendants d'européens.

Le 11 mars 1854, la Colonie du Cap est désormais elle-même dotée d'une constitution avec un parlement élu, légiférant sur les affaires intérieures. Celle-ci prévoit l'établissement de deux assemblées dont les membres sont élus au suffrage censitaire. Le minimum de propriété pour voter à la chambre basse est ainsi très faible (25 livres) permettant à 80 % de la population masculine d'exercer son droit de vote. La sélection des électeurs de la chambre haute est plus rigoureuse et nécessite de posséder déjà une certaine fortune (de 2 000 à 4 000 livres).

L'égalité des races, reconnues depuis 1828, est réaffirmée. Ainsi, un grand nombre de métis (55 % de la population du Cap) se retrouve électeurs de plein droit à la chambre basse. En outre aucune restriction quant à l'illettrisme n'est prévue.

 

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Sir George Grey.
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C'est aussi en 1854 que Sir George Grey est nommé gouverneur de la Colonie du Cap pour laquelle il décide de donner une nouvelle orientation politique plus ambitieuse. Jusque là, aucun gouverneur n'avait démontré de réelle ambition régionale pour la colonie. Celle-ci ne s'était d'ailleurs agrandie que du fait de la migration des colons ou pour préserver la paix civile. Le fleuve Orange était une frontière politique, diplomatique et économique que les différents gouverneurs successifs avaient refusé de franchir jusqu'à l'établissement des Républiques boers. En 1858, le gouverneur Grey proposa l'établissement d'une confédération sud-africaine englobant toute l'Afrique du Sud, y compris les Républiques boers et les territoires indigènes. Sa proposition ambitieuse fut immédiatement rejetée par Londres. Sir George Grey entreprend alors de développer les infrastructures routières. Avec le soutien des missionnaires comme Robert Moffat et des explorateurs comme David Livingstone, il ouvre une route vers le Botswana, au-delà du fleuve Orange et du désert du Karoo. Il entreprend aussi de débuter l'intégration à des Xhosas, rendus dociles après la famine de 1857, en leur octroyant un début d'instruction publique non obligatoire de type britannique.

Quand il quitte Le Cap en 1861, George Grey laisse une colonie plus prospère. Sa politique de grands travaux publics incluant des barrages a permis à la colonie de se moderniser. Des mines de cuivre commencent à être exploitées dans le petit Namaqualand, l'industrie de la laine est bénéficiaire et le Natal est devenue une colonie de la Couronne. Les chemins de fer commencent à se développer avec le lancement de la première ligne Le Cap-Wellington. En 1869, l'élevage d'autruches devient une nouvelle activité prospère de la colonie et participe au développement économique de la région d'Oudtshoorn[13].

Par comparaison, dans les années 1860, l'économie des Républiques boers est autarcique et primitive alors que l'administration et les infrastructures sont quasi-inexistantes, notamment au Transvaal.

 

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Timbre triangulaire de la Colonie du Cap.
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Timbre allégorique de 1892.
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En 1865, la Colonie du Cap compte 180 000 habitants d'origine européenne alors que toute l'Afrique du Sud compte aux alentours de 250 000 Blancs[14]. Elle compte aussi 200 000 métis et Hottentots ainsi que 100 000 Bantous, établis principalement dans la région orientale de la colonie. L'immigration européenne reste inférieure aux prévisions. Ainsi entre 1820 et 1860, la moyenne des immigrants ne dépasse pas 750 personnes par an bien que la population blanche sud-africaine ait doublé entre 1820 et 1835[15]. L'accroissement démographique est donc essentiellement dû à la natalité. Le peuplement européen de l'Afrique du Sud n'a jamais été prioritaire que ce soit sous l'administration néerlandaise ou britannique bien que ces derniers aient réactivé une politique d'immigration active pour faire du territoire sud-africain une colonie de peuplement. Mais pour des raisons stratégiques, le gouvernement britannique et le Colonial Office s'attachaient prioritairement au peuplement du Canada et de l'Australie. Ainsi, il ne fut pas étonnant que les navires affectés à la desserte de la Colonie du Cap étaient en nombre plus restreint et que parfois, ceux-ci étaient réaffectés pour desservir d'autres destinations.

Annexions de territoires  


En 1868, les Basothos en guerre contre les Boers de l'État libre d'Orange requièrent et obtiennent la nationalité britannique. Deux ans plus tard, le Basutholand est annexé à la Colonie du Cap.

En 1871, suite à la découverte de diamants dans la région de Kimberley, le Griqualand Ouest est annexé.

À partir de 1875, les territoires indigènes, en amont de la rivière Kei et en aval de Port Edward dans la colonie britannique du Natal, sont progressivement annexés à la Colonie du Cap sans que ces territoires soient pour autant tous ouverts à la colonisation. Le Fingoland est annexé dès 1875 puis le Griqualand-est en 1879. C'est ensuite le tour du Gcalekaland et du Bomvanaland en 1885, du Thembuland en 1886 et du Pondoland en 1894. Réorganisés en districts et administrés à l'aide de conseils indigènes (Native Council), ces territoires sont progressivement unifiés au sein d'un conseil général du Transkei.

Une politique expansionniste


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Henry Herbert, 4e duc de Carnavon.
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À partir de 1867, l'Afrique du Sud commence à connaître une ruée vers le diamant. Jusque là perçu en Europe comme une contrée pauvre et dangereuse, le sous-sol de la région révèle ses potentielles richesses. Les colons britanniques sont les premiers à bénéficier de l'émergence de l'industrie diamantaire mais ce sont de tous les pays d'Europe et même d'Amérique qu'affluent des milliers d'aventuriers et de prospecteurs en quête de diamants. Parmi ces aventuriers figure un jeune britannique venu en Afrique du Sud pour des raisons de santé et qui fait fortune sur les champs de Kimberley : Cecil Rhodes.

Dans les années 1870, le plan de confédération sud-africaine de Sir George Grey est réétudié par le duc de Carnavon, le secrétaire aux colonies, après la réussite de son plan d'action en faveur d'une fédération canadienne. C'est à cette fin qu'en 1872, le gouvernement représentatif du Cap est remplacé par un gouvernement responsable devant le parlement de la Colonie. Le gouverneur a un statut de chef d'état constitutionnel dont les pouvoirs sont limités concernant les affaires intérieures de la colonie mais il est aussi le haut-commissaire d'Afrique du Sud et à ce titre, responsable des relations de la Grande-Bretagne avec les états et peuple de la région.

 

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Sir Bartle Frere.
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En 1875, Carnavon entreprend de faire vendre un projet de fédération aux Sud-africains relevant de la souveraineté britannique. Il propose même de scinder la colonie du Cap en deux états fédérés dont ses propositions sont toutes rejetées lors de la conférence organisée à Londres en août 1876.

En avril 1877, le Transvaal au bord de la banqueroute est annexé par la Grande-Bretagne. Carnavon demanda alors à Sir Bartle Frere, le nouveau gouverneur de la Colonie du Cap et haut-commissaire à l'Afrique du Sud, de réaliser la confédération sud-africaine.

Aussitôt arrivé au Cap, peu avant le 12 avril 1877, Frere doit faire cependant faire face à des troubles dans le Zoulouland, au Natal mais aussi à la frontière des territoires Xhosas encore indépendants. La révolte des tribus Galekas et Gaikas débouche sur une neuvième guerre cafre inattendue et l'annexion in fine du Gcalekaland à la Colonie du Cap. Accaparé par ces guerres, Frere ne peut présenter le projet de confédération lequel est abandonné après la démission de Lord Carnarvon de ses fonctions.

Mais l'abandon du projet de confédération, lequel était bien perçu parmi différentes tribus xhosas ou sothos, débouche sur de nouvelles révoltes et soulèvement, notamment au Basutholand. En fin de compte, celui-ci devient une colonie à part entière de la couronne britannique en 1882 et en 1884, la Colonie du Cap est relevée de l'administration des territoires transkeiens.

L'Afrikaner Bond et Cecil Rhodes

 


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Hôtel de ville du Cap (1878).
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En 1881, suite à la Première Guerre des Boers le Transvaal retrouve son autonomie au prix d'un soulèvement général concomitant à la montée au Cap d'un nationalisme des locuteurs de langue afrikaans, les Afrikaners. En 1875, un groupe d'enseignants et de pasteurs avaient formé un mouvement de revendication culturel, l'« Association des vrais Afrikaners » dont l'objectif était de défendre et d'imposer l'afrikaans au côté de l'anglais comme langue officielle de la colonie. En 1876, une revue en afrikaans, Die Afrikaanse Patriot, était éditée. En 1881, les Afrikaners du Cap se réunissent à Graaff-Reinet où ils fondent l'union afrikaner (Afrikaner Bond), partisane de l'inclusion des Républiques boers et de la Colonie du Cap. Le parti s'implante également au Transvaal et dans le gouvernement de Paul Kruger. D'abord unitaire, le Bond finit cependant par se fragmenter entre plusieurs courants politiques. Certains sont loyalistes et patriotes envers la Couronne, d'autres promeuvent l'insubordination et la résistance. La ligue du Cap se dissocie notamment des ligues de tendances républicaines.

 

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L'Afrique du Sud en 1885.
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Reposant sur un néo-calvinisme rigoureux inspiré des théories d'Abraham Kuyper, le projet global de l'Afrikaner Bond est d'établir une nationalité sud-africaine pour un pays souverain, dirigé par les Afrikaners. Le pays défendrait ses propres intérêts et non ceux de la métropole européenne, que ce soit dans les domaines politiques, économiques et commerciaux. Le Royaume-Uni demeurerait un partenaire privilégié.

En 1882, le parlement du Cap autorise l'utilisation du néerlandais lors de sessions parlementaires. Ce retour du néerlandais sur la place publique qui était au début une mesure libérale d'ouverture politique a pour effet de stimuler le Bond. L'obligation de bien savoir parler anglais pour être élu député est peu après supprimé pour un certain nombre de sièges ce qui permet l'élection d'Afrikaners de l'arrière pays au parlement.

Le développement de l'Afrikander Bond dans la Colonie du Cap profite alors de ces mesures libérales. Le Bond est alors dirigée par le charismatique Jan Hofmeyr, député de Stellenbosch. Défenseur au sein de la colonie de la politique expansionniste du président du Transvaal, Paul Kruger, Hofmeyr finit par incarner le Bond bien qu'il s'éloigne de la ligne néo-calviniste originelle et du nationalisme mystique du début. Adoptant une ligne pragmatique, Hofmeyr défend un nationalisme sud-africain regroupant Afrikaners et Britanniques. S'ils pensent que les indigènes sont politiquement et socialement inférieurs aux Blancs, il défend cependant le droit de vote en faveur des élites noires.

 

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En 1883, le député de Barkly West et homme d'affaires ambitieux, Cecil Rhodes, se rapproche de Hofmeyr et lui demande de réfléchir sur un projet d'État souverain nommé « États-Unis d'Afrique du Sud ». Rhodes est un impérialiste britannique et un homme politique avisé. Il sait que sa carrière politique peut évoluer plus ou moins favorablement en fonction de ses rapports avec les Afrikaners du Cap. C'est pourquoi il a fermement défendu l'utilisation du néerlandais au sein du parlement et en 1884, il se retrouve pendant six mois trésorier-général dans le gouvernement de Sir Thomas Scanlen. En effet, à cette date, l'influence du Bond au parlement parvient à renverser le gouvernement de Sir Scanlen. Hofmeyr est pressenti pour lui succéder mais il refuse et préfère soutenir un avocat irlandais, Thomas Upington. Le refus de Hofmeyr est perçu par les loyalistes anglais comme une violation du régime parlementaire puisque le principal chef de parti au parlement préfère ne pas assumer ses responsabilités, nommer un homme de paille à sa place et orienter ainsi en sous-main la politique du gouvernement.

Dans les faits, de 1881 à 1898, le Bond est tout-puissant. Hofmeyr détermine les votes des députés néerlandais (afrikaners) du parlement du Cap tout comme il initie la politique du Bond et influence celle du gouvernement, même après sa démission du parlement du Cap en 1895.

L'union douanière et le développement industriel  


En 1888, le parlement du Cap vote en faveur de l'établissement d'une union douanière sud-africaine. Elle est la première pierre d'un processus ayant pour objet d'aboutir à une Fédération sud-africaine. Les colonies britanniques d'Afrique australe y sont incluses progressivement mais également la République boer de l'État libre d'Orange qui y adhère en 1889. Le Transvaal du président Paul Kruger refuse cependant d'y adhérer. En fait, il tente de désenclaver son pays et ne plus dépendre des Britanniques avec le lancement de la construction d'un chemin de fer reliant le Transvaal à la baie de Delagoa au Mozambique portugais.

Le réseau de chemins de fer de l'Afrique du Sud s'était beaucoup développé avec la prospection des mines de diamants. À partir des années 1880, le système économique axé sur l'exploitation de l'or et du diamant et qui allait dorénavant dominer l'Afrique du Sud était mis en place.

Des lignes avaient été ouvertes reliant au Cap les principales villes de la colonie comme Worcester, Beaufort West, Grahamstown, Graaff Reinet, Queenstown et Kimberley. La découverte de l'or dans le Witwatersrand en 1886 permet de prolonger ces lignes vers le Transvaal jusqu'à Vryburg à la frontière du Bechuanaland.

Cette expansion ferroviaire avait bénéficié de la fusion des compagnies diamantaires de Cecil Rhodes, Alfred Beit et Barney Barnato en une seule compagnie la De Beers, en 1889. Celle-ci était une entreprise influente et prépondérante sur le marché de l'exploitation du diamant et elle réclamait toujours plus de lignes pour convoyer ses chargements d'hommes, de matériaux et de matériels.

En 1889, Bloemfontein, dans l'État libre d'Orange, est relié par le rail au Cap. La ville allait devenir le principal nœud ferroviaire d'Afrique du Sud.

Enfin, en 1892, c'est au tour de Pretoria et de Johannesburg dans le Transvaal d'être relié au réseau ferroviaire sud-africain.

En 1898, le Natal entre dans l'union douanière. Un tarif unique est adopté pour tous les biens importés et consommés au sein des pays et colonies de l'Union. La répartition des droits se fait sur la base de l'équité et de l'apport de la production locale au développement des territoires de l'Union.

Ce développement industriel de la colonie et des états et territoires adjacents avait alors conduit au recrutement d'une main d'œuvre africaine dans les grandes villes et dans les mines. C'est d'ailleurs à Kimberley que débute une politique de gestion du travail fondée sur le travail migrant et la ségrégation des logements avec la création des premières citées ouvrières réservés aux travailleurs migrants non Blancs. Elles sont les ancêtres des futurs townships sud-africains[16].

Cecil Rhodes premier ministre  


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Symbolisme de la liaison Le Cap- Le Caire entrepris par Cecil Rhodes.
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En 1890, Cecil Rhodes avait reçu le soutien de Jan Hofmeyr pour occuper le poste de premier ministre à la place de Sir John Gordon Sprigg, démissionnaire. Hofmeyr lui avait proposé d'être le candidat officiel du Bond mais Rhodes avait refusé. Il obtint néanmoins la confiance des parlementaires du Bond, lesquels étaient très favorables à sa politique douanière et de construction ferroviaire pour l'ensemble de l'Afrique du Sud.

À cette époque, le Bechuanaland et le Basutoland avaient rejoint l'union douanière. Ils furent suivis par le Pondoland en 1894.

Cecil Rhodes était un expansionniste qui avait entrepris de relier Le Cap au Caire par la voie du chemin de fer sans jamais quitter un territoire africain sous souveraineté britannique. Il avait dans ce but financé une colonne de pionniers pour annexer les territoires en amont du Transvaal[17].

La politique de Rhodes envers les tribus indigènes d'Afrique du Sud était ambigüe, faite d'un mélange de considérations réelles et de très grande fermeté. Le droit de vote leur était d'ailleurs accordé dans la Colonie du Cap sous les mêmes conditions censitaires que les blancs mais Rhodes imposa en 1892 quelques conditions particulières destinées aux natifs. Visant officiellement à combattre l'illettrisme en imposant un certain niveau d'instruction pour pouvoir voter, elle manifestait pour la première fois dans la colonie une inquiétude des dirigeants quant à la possibilité pour les indigènes de pouvoir un jour avoir suffisamment d'influence au parlement pour renverser un gouvernement de type occidental et imposer son propre système de valeurs. D'un autre côté, Rhodes combattait l'alcoolisme qui faisait des ravages dans les tribus en interdisant dans la mesure du possible la vente d'alcool aux natifs et sur les mines. Il interféra également pour faire valoir en matière successorale et pour les régimes matrimoniaux, les lois tribales sur celles de la colonie. Ce faisant, il légalisa ainsi indirectement la polygamie.

En 1894, Rhodes mit en œuvre un projet de fédération commerciale et ferroviaire entre les colonies et les États d'Afrique du Sud, fondée sur le même principe que l'union douanière. Le projet capota suite à des désaccords entre le Cap et le Transvaal sur les tarifs ferroviaires. S'estimant lésé par les tarifs britanniques, Kruger bloqua ainsi une multitude de marchandises et d'hommes à la frontière du Transvaal alors qu'il taxait fortement l'industrie aurifère. Un recours fut déposé au gouvernement impérial. En fin de compte, la route fut rouverte au trafic mais pour Rhodes, le président Kruger était un ennemi de la modernisation de l'Afrique du Sud et un obstacle à son projet d'union globale sud-africaine sous souveraineté britannique.

Le 29 décembre 1895, l'un de ses proches, le docteur Leander Starr Jameson tente lors d'un raid de renverser le gouvernement du Transvaal. C'est un piteux échec. Jameson est emprisonné et Rhodes, accusé d'être l'auteur du raid, est obligé de démissionner de son poste de premier ministre. Il est alors remplacé par Sir Gordon Sprigg.

L'implication de Rhodes dans le coup d'État est inconnue mais son éventualité probable est dénoncée très fortement par le Bond et Hofmeyr qui s'estiment trahis. Les Afrikaners du Cap commencent alors à se méfier du gouvernement colonial et à se montrer plus sensibles aux arguments des Boers du Transvaal.

La marche vers la guerre


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Alfred Milner.
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En 1898, la Colonie du Cap est alors dirigé par William Philip Schreiner. Il doit son maintien à sa capacité à naviguer entre des courants politiques contradictoires qui vont des loyalistes anglais aux Afrikaners du Bond et qui forment sa majorité parlementaire. Il est cependant hostile à toute velléité de guerre avec les républiques boers et s'oppose à la politique ferme prônée par le ministre des colonies, Joseph Chamberlain, et Sir Alfred Milner, le haut commissaire au Cap.

Le Président Marthinus Theunis Steyn de l'État libre d'Orange invita Alfred Milner et Kruger à une conférence à Bloemfontein qui débuta le 30 mai 1899 pour parler des droits des uitlanders (étrangers) au Transvaal.

 

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En juin, Schreiner et la majorité parlementaire du Cap acceptent les propositions faites par Kruger de créer de nouvelles circonscriptions électorales permettant aux non Boers de participer à la vie politique du Transvaal. Quelques jours plus tard, lors d'un voyage à Pretoria, Hofmeyr et le ministre de l'agriculture de la colonie s'aperçoivent que le parlement du Transvaal a noyé l'ouverture politique de Kruger en créant quinze nouvelles circonscriptions électorales boers face aux quatre concédées par Kruger dans les zones anglophones de la République. Hofmeyr est indigné par ce qu'il perçoit comme un manquement déloyal mais son influence est contrecarrée par l'émissaire de l'état libre d'Orange, Abraham Fischer, qui encourage les Boers du Transvaal dans leurs résolutions. Hofmeyr ayant la réputation d'être un fin diplomate et le seul capable d'influencer Kruger, son échec alimente le courant belliciste qui monte au Cap.

Plusieurs incidents diplomatiques se succèdent durant l'été 1899 et en septembre, Chamberlain envoya un ultimatum à Kruger exigeant la complète égalité de droits pour les citoyens britanniques résidant au Transvaal. Le but inavoué mais transparent des bellicistes britanniques est de s'emparer des richesses minières du Transvaal et de créer une confédération sous leur contrôle. Kruger, anticipant que la guerre était inévitable, lança son propre ultimatum avant même d'avoir reçu celui de Chamberlain. Il donnait 48 heures aux Britanniques pour évacuer leurs troupes des frontières du Transvaal ou la guerre leur serait déclarée en accord avec leur allié, l'État libre d'Orange.

La guerre anglo-boer


Article détaillé : Deuxième Guerre des Boers.
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Le 12 octobre 1899, la Seconde Guerre des Boers commençait. Les premiers coups de feu sont d'ailleurs tirés à l'intérieur des frontières de la colonie à Kraipan, une petite station de chemin de fer au sud de Mafikeng, la ville la plus au nord de la colonie. Cette dernière se retrouvait alors isolée et assiégée pendant sept mois par les Boers. Le 16 octobre, Kimberley était à son tour assiégée et le 18 octobre, les Républiques boers proclamaient l'annexion de plusieurs portions de territoire de la Colonie du Cap, en l'occurrence le Bechuanaland britannique et le Griqualand-Ouest avec ses champs de diamants. Le 28 octobre, Schreiner déclara ces annexions nulles et non avenues.

 

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Les défaites britanniques à Magersfontein (11 décembre 1899) et Stormberg (10 décembre 1899) enhardirent les Boers dont l'armée n'était en fait constituée que de fermiers et de jeunes idéalistes, armés par leur propre soin. Par contre, l'humiliation de ces défaites était terrible pour l'armée professionnelle qu'était celle du Royaume-Uni. Dans un premier temps, celle-ci reçut le soutien actif des loyalistes du Cap et en janvier 1901, l'armée passa sous le commandement de Lord Roberts et Lord Kitchener dont la mission était de gagner la guerre par tous les moyens.

 

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Lord Roberts.
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À Kimberley, Cecil Rhodes organise efficacement la résistance jusqu'à la libération de la ville le 15 février 1900. Dans le même temps, les troupes boers se replient de Magersfontein vers Bloemfontein. Le siège de Mafeking est à son tour levé le 17 mai 1900. La colonie n'est dès lors plus amputée du moindre territoire et les Britanniques reprennent l'avantage sur le front des opérations militaires. Au Cap, des parlementaires appellent pour la première fois à annexer les deux Républiques boers pour former un nouveau Canada en Afrique du Sud.

En juin 1900, Schreiner démissionne et est remplacé par Sir Gordon Sprigg. Une loi est adoptée, réprimant tous ceux qui soutiendraient le camp des Boers.

À la fin de l'année 1900, alors que les républiques boers sont occupées par les Britanniques, la guerre entrait dans une nouvelle phase, celle de la guérilla et du harcèlement des troupes du Commonwealth par des commandos boers. En décembre, certains de ces commandos entrèrent dans la colonie pour y recruter des volontaires et pour harceler les troupes coloniales. En octobre 1901, la loi martiale est décrétée dans toute la colonie.

Pendant ce temps, le 4 janvier 1901, le haut commissaire Sir Alfred Milner avait été nommé gouverneur du Transvaal et de la colonie de la rivière Orange. Le haut commissariat à l'Afrique du Sud élargissait ainsi sa compétence aux deux anciennes Républiques boers. Au Cap, les parlementaires se divisaient sur les conséquences à tirer de la nouvelle situation politique. C'est à cette époque que le camp progressiste, attaché à la couronne d'Angleterre, perdit son leader, Cecil Rhodes, en mai 1902, quelques jours avant la signature du traité de paix à Vereeniging.

Les Britanniques se retrouvaient à la direction d'un grand nombre de colonies : Le Cap, le Natal, le Transvaal, l'Orange, le Griqualand, la Nouvelle République (New Republic), le Stellaland, le Zoulouland, et le Botswana plus au nord. Celles-ci étaient peuplées de 5,2 millions d'habitants dont 3 millions étaient des Noirs et 1,3 millions étaient des Blancs.

La période transitoire vers l'unification sud-africaine

 


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Les colonies britanniques d'Afrique du Sud en 1905.
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La guerre des Boers s'était soldée par un carnage humain (100 000 morts) et un désastre économique dans les anciennes républiques. Plus de 130 000 Boers ainsi que plus de 115 000 de leurs alliés africains avaient été emprisonnés mais plus d'une vingtaine de milliers de civils boers et près de 20 000 Africains étaient morts dans les camps de concentration britannique. La défaite avait unifié la communauté de langue afrikaans dans un nationalisme revendicatif qui avait gagné Le Cap.

Alors que Lord Milner prévoit d'angliciser toute l'Afrique du Sud en favorisant l'immigration britannique, Sir Gordon Sprigg, le premier ministre progressiste du Cap, restreignait celle-ci dans la Colonie afin de ne pas davantage précariser la situation des Boers. En fait, il cherchait à assurer sa position auprès des membres du Bond et se montrait conciliant à leur égard d'autant plus que l'une de ses principales mesures prises depuis la fin de la guerre avait été de signer une convention douanière liant toutes les colonies britanniques d'Afrique du Sud, laquelle accordait un traitement préférentiel aux produits importés du Royaume-Uni.

C'est à cette époque qu'est fondé l'African Political Organisation (APO), le premier parti à envergure national militant pour les droits des non blancs. Sa base politique est alors majoritairement composée de métis du Cap qui revendiquent des droits égaux pour tous les hommes civilisés [18]. L'APO reste néanmoins marginalisé.

En 1903, Jan Hofmeyr, qui avait passé la plus grande part de son temps en Europe durant la guerre des Boers, revint au Cap pour réorganiser le Bond et participer aux élections générales. Face à lui, le docteur Leander Starr Jameson prenait la direction du parti progressiste.

 

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Leander Starr Jameson,
premier ministre de la colonie du Cap (1904-1908).
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Les registres électoraux de la colonie avaient été purgés de tous ceux qui avaient manifesté leur soutien aux Boers et dont certains étaient encore emprisonnés. Chaque camp entreprit alors d'obtenir le soutien des électeurs de couleurs, métis et Noirs, qui dans certaines circonscriptions détenaient la clef de la victoire. Le Bond proposa même à un journaliste noir, qui déclina, d'être candidat sous leurs couleurs. La promesse des progressistes d'expulser les Chinois de la colonie emporta la faveur des électeurs de couleur qui n'appréciaient pas cette nouvelle concurrence sur le marché du travail. Lors des élections de janvier et février 1904, les progressistes obtinrent une majorité de 5 sièges sur les 95 sièges du Parlement alors que Sir Gordon Sprigg et l'ancien premier ministre Mr W. P. Schreiner étaient battus par leurs adversaires respectifs.

Le 18 février 1904, Sir Gordon Sprigg démissionna pour laisser le poste de premier ministre au docteur Jameson qui forma un gouvernement anglophone et anglophile.

Son premier projet de loi déposé fut un amendement électoral rectifiant la disparité entre circonscriptions rurales et circonscriptions urbaines afin de favoriser le vote des électeurs urbains, réputés loyalistes envers la Couronne. En restreignant la sur-représentation des zones rurales, il avait pour objectif de restreindre l'influence du Bond.

Le gouvernement de Jameson doit alors faire face à une crise financière. Le gouvernement précédent avait laissé les dépenses publiques s'envoler et le déficit budgétaire de la colonie se creuser. La colonie n'avait maintenant plus de trésorerie disponible obligeant le gouvernement à effectuer de sévères coupes budgétaires dans les dépenses publiques et à augmenter les impôts et les taxes, notamment sur les boissons alcoolisés.

Cette politique d'austérité budgétaire n'en est pas moins efficace car les finances de la colonie passent d'un déficit de 731 000 livres sterling en 1904 à un soudain surplus de 5 161 livres en 1905.

Dès lors, le gouvernement Jameson entreprend de nouveaux investissements pour moderniser l'agriculture. De nouvelles lignes de chemins de fer sont développées pour améliorer les transports de marchandises des régions céréalières.

En mars 1905, Lord Selborne succède à Lord Milner comme haut commissaire au Cap. Tout autant impérialiste que son prédécesseur, il n'a joué aucun rôle dans la guerre des Boers ce qui permet de faciliter le dialogue entre Britanniques et Afrikaners.

Sur le front politique, Jameson fait libérer les anciens rebelles encore emprisonnés au nom de la réconciliation nationale et fait expulser les migrants chinois. Il entreprend également d'entretenir de bons rapports avec les colonies voisines alors qu'au même moment, le Bond se rapproche des mouvements politiques afrikaners qui renaissent dans les anciennes Républiques boers, notamment Het Volk du général Louis Botha au Transvaal. En mars 1906, lors de son congrès, le Bond adopte une résolution reprenant ses fondamentaux d'origine à savoir l'objectif de l'unification des Afrikaners et la souveraineté nationale.

Alors que les Afrikaners commencent de leur côté à parler d'unité, la commission inter-colonies des affaires indigènes préconise de revenir sur les droits politiques accordés aux Africains et personnes de couleurs dans la Colonie du Cap. La situation avantageuse des natifs indigènes de la Colonie du Cap par rapport aux autres colonies apparait alors comme un obstacle au projet de Fédération sud-africaine. Les conséquences politiques sur celle-ci, issues du déséquilibre démographique entre Noirs et Blancs en Afrique du Sud, sont alors envisagés à long terme tout comme les conséquences d'un soulèvement indigène semblable à celui des Hereros dans le Sud-Ouest africain allemand. En 1905, tous les indigènes du Cap ne sont pourtant pas inscrits sur les listes électorales. Seulement 23 000 électeurs de la colonie sont des personnes non blanches alors qu'ils en constituent la majorité démographique. La commission préconise cependant de ségréguer les listes électorales et d'accorder un nombre de sièges déterminés représentant les personnes de couleurs et les Africains du Cap à l'instar de ce qui se pratique alors en Nouvelle-Zélande avec les Maori.

Suite à la conférence inter-coloniale réunie à Pietermaritzburg au Natal dans les premiers mois de 1906, une loi d'amnistie est adoptée rétablissant les droits civiques de 7 000 anciens rebelles boers.

Bousculé par une inflation galopante et par une nouvelle crise financière en 1907, Jameson provoque en septembre 1907 des élections anticipées, lesquelles ont lieu en janvier 1908 et se soldent par la victoire de l'opposition incarnée par le Bond. À l'occasion de ce scrutin, les progressistes avaient été rebaptisés Unionistes alors que le Bond s'était rassemblé avec des alliés dans le parti sud-africain. Ce dernier remporta 17 des 26 sièges du conseil législatif.

 

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John X. Merriman,
premier ministre de la colonie du Cap
(1908-1910).
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Le 31 janvier 1908, Jameson démissionne de son poste de premier ministre. Son successeur est John X. Merriman. Ce dernier n'est pourtant pas membre du Bond mais un ancien membre des cabinets de Cecil Rhodes et de W. P. Schreiner. Il a pourtant le soutien des Afrikaners. En avril, les élections à l'assemblée législative, l'autre chambre du parlement, sont un triomphe pour le Bond. Le parti sud-africain remporte 69 sièges contre 33 aux Unionistes et 5 aux Indépendants, parmi lesquels Sir Gordon Sprigg et W. P. Schreiner.

Le changement de gouvernement n'affecta pas la récession qui affectait particulièrement le secteur de la laine et celui du diamant, les principales productions sud-africaines. La baisse des revenus contribua à accentuer le déficit budgétaire. Le gouvernement Merriman entreprit alors de réduire encore les dépenses publiques, notamment en réduisant drastiquement le nombre de fonctionnaires et de salariés du secteur public et en relevant les barrières douanières. Il se rend rapidement impopulaire.

Alors que le Transvaal et la colonie de l'Orange avaient retrouvé leur autonomie en 1907, le parlement du Cap approuve en 1908 le projet d'unification sud-africaine.

Celui qui pilote la convention nationale réunie à Durban sur l'unification de l'Afrique du Sud est le général boer Jan Smuts, qui a la particularité d'être anglophile. Il préconise un système constitutionnel unitaire plus apte à lutter contre les disparités régionales et les inerties engrangées par la bureaucratie. Mais il lui fallait imposer cette approche alors que le système fédéral avait de nombreux partisans. Plusieurs compromis sont adoptés concernant le choix de la capitale sud-africaine (en fait trois capitales), les langues officielles (néerlandais et anglais), le droit de vote des indigènes et autres personnes de couleurs laissé à la responsabilité de chaque future province et même la taille standard de l’écartement des voies de chemin de fer.

Les conclusions de la conférence furent résumées en une résolution finale faisant figure de projet de constitution à l’été 1909 et approuvée à l’unanimité des délégués.

Le projet de constitution fut ratifié par le parlement du Cap, celui de l’Orange et du Transvaal et au Natal par référendum. La constitution fut alors présentée au parlement britannique où elle fut également approuvée. C’est en décembre 1909 que le roi Édouard VII la promulgua et le 31 mai 1910, la Colonie du Cap, rassemblée avec le Griqualand, le Stellaland et le Bechuanaland britannique, devenait la nouvelle province du Cap pour former, au côté des provinces du Natal, du Transvaal et de l'État libre d'Orange, Union de l'Afrique du sud.

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