Jimmy Page (2).
Techniques de production
Dans les années 1960, la plupart des producteurs britanniques placent les microphones directement en face des amplificateurs et de la batterie, produisant un petit son caractéristique des enregistrements de cette époque. Page déclare dans Guitar World qu’il trouve que la batterie, en raison de cette disposition des micros, sonne comme des boîtes en carton [8]. Il préfére les concepts des années 1950, comme ceux employés dans les Sun Studios. Dans le même entretien, il ajoute que l’« enregistrement était une science » et que les « ingénieurs avaient une maxime : la distance est égale à la profondeur ». Reprenant ce credo à la lettre, Page place un micro supplémentaire à une certaine distance de l’amplificateur (par exemple à 80 cm), pouvant ainsi obtenir la profondeur nécessaire en mixant les signaux des deux microphones. Grâce à cette technique, Page est l’un des premiers producteurs britanniques à enregistrer un son ambiant caractérisé par le délai pour la même note entre les deux microphones. La technique est améliorée en plaçant des micros dans des endroits insolites comme le vestibule employé pour obtenir la profondeur du son de la batterie dans When the Levee Breaks.
Pour les enregistrements de Whole Lotta Love et You Shook Me, Page utilise la technique dite de l’écho inversé qui consiste à inverser le son, à enregistrer l’écho qui en résulte et finalement à inverser le tout. Page affirme être à l’origine de cet effet qu’il aurait inventé lors d’un enregistrement du single des Yardbirds Ten Little Indians en 1967 [8] . L’inversion permet d’entendre l’écho avant le son principal comme on peut clairement l’entendre dans l’interlude de Whole Lotta Love. Page prend pour habitude de changer systématiquement d’ingénieur du son pour chaque album de Led Zeppelin, de Glyn Johns pour le premier album, Eddie Kramer pour le 2e à Andy Johns pour les autres : « Je changeais constamment d’ingénieurs car je ne voulais pas que les gens croient qu’ils étaient à l’origine de notre son. Je voulais que les gens sachent que c’était moi. » [9]
Page admet lui-même qu'il a été un gros consommateur de stupéfiants tout au long des années 1970. Dans une interview pour Guitar World en 2003, il déclare: « Je ne peux pas parler (pour les autres membres du groupe), mais pour moi, les drogues étaient une part intégrale du truc, depuis le début, jusqu'à la fin [10] »
En 1973, la drogue de prédilection des Led Zeppelin est la cocaïne [11]. Page, John Bonham ainsi que leurs managers Peter Grant et Richard Cole sont des consommateurs réguliers [12]. D'après Richard Cole — lui-même héroïnomane — Page commence en 1976 à prendre de l'héroïne lors des sessions d'enregistrement pour l'album Presence. Peu de temps après, Page avoue à Cole qu'il est devenu dépendant [13]. En 1977, la toxicomanie de Page commence à affecter son aptitude à jouer. Il a perdu passablement de poids et n'est plus en symbiose avec les autres membres du groupe, notamment Plant, lors des concerts [14]. Lors de l'enregistrement de In Through The Out Door en 1978, l'influence de Page sur l'album est moindre par rapport au bassiste John Paul Jones, en partie à cause de ses abus qui résultent en son absence des studios durant de longues périodes [15]. Page réussit à décrocher en 1983 alors qu'il est en tournée pour des concerts de charité. D'après le livre Hammer of the Gods, Page a dit à ses amis qu'il vient d'arrêter sa consommation d'héroïne, sept ans après avoir commencé.
Dans une interview de 1988 pour le magazine Musician, Page s'énerve contre un journaliste qui associe son nom avec l'héroïne; il répond sèchement: « je ne suis pas un accro, merci beaucoup ».
Après Led Zeppelin
John Bonham meurt en 1980 au domicile de Page à Clewer d'un coma éthylique, étouffé dans ses vomissures après une soirée trop arrosée; il avait bu quarante vodka en une soirée. Refusant de continuer sans lui, le groupe se sépare.
Page fait un retour sur scène couronné de succès avec une série de concerts de charité pour l'A.R.M.S (Action Research for Multiple Sclerosis qui combat la sclérose en plaques) en 1983. En 1984, une vidéo du concert de l'A.R.M.S à Londres est diffusée avec deux morceaux de Page pour la bande-son du film Le Justicier de New York avec Steve Winwood au chant, et une jam session avec Beck et Clapton. Pendant la tournée, Page parait extrêmement fragile et fatigué. Il vient en effet d'arrêter l'héroïne.
Pour l'album Whatever Happened to Jugula? et quelques concerts, Page s'associe avec Roy Harper. Il joue des morceaux à prédominance acoustique dans des festivals folk. En 1984, Plant et Page forment un groupe de courte durée avec Jeff Beck : The Honeydrippers, qui eut du succès avec une reprise de Sea of Love de Phil Phillips. Page collabore avec Paul Rodgers de Bad Company, et le groupe Free pour enregistrer deux albums sous le nom de The Firm. Le premier opus est éponyme, suivi de Mean Business en 1986. Quelques chansons rencontrent un certain succès auprès du public comme Radioactive ou Closer, et l'album finit à la 17e de la catégorie pop des Billboard Music Charts. Page poursuit avec d'autres projets et du travail en studio avec Stephen Stills, Box of Frogs, les Rolling Stones sur leur single de 1986, One Hit (to the Body), et publie en 1988 son seul album solo (avec une participation de Robert Plant), Outrider. Il travaille sur les bande-sons des films Un justicier dans la ville 2 en 1982, et Le Justicier de New York en 1985, avec Michael Winner.
En 1985, les anciens membres de Led Zeppelin se réunissent pour le Live Aid accompagnés de Phil Collins et Tony Thompson à la batterie. Cependant, le groupe, pas satisfait par la qualité de leur prestation, refuse qu'elle apparaisse dans le DVD sortie à l'occasion du 20e anniversaire du Live Aid. En 1986, Page retrouve brièvement ses compagnons des Yardbirds pour jouer plusieurs morceaux de l'album Strange Land des Box of Frogs. Le groupe se reforme pour le 40e anniversaire d'Atlantic Records le 14 mai 1988 avec Page, Plant, Jones et le fils de John Bonham, Jason Bonham, pour clôturer le concert.
En 1990, Plant et Page font une apparition surprise lors d'un concert à Knebworth pour le Nordoff-Robbins Music Therapy Centre et la British School for Performing Arts and Technolog. Ils y jouent Misty Mountain Hop, Wearing and Tearing et Rock and Roll.
En 1993, Jimmy Page s'associe avec le chanteur David Coverdale pour sortir un album et faire une série de concerts à travers le Monde.
En 1994, Page et Plant participent aux MTV Unplugged avec un concert acoustique de 90 minutes, Unledded. Le CD suivra en octobre 1994 sous le titre No Quarter: Jimmy Page and Robert Plant Unledded. Le DVD sera quant à lui publié en 2004 : No Quarter. Après ce disque, qui fit l'objet d'une tournée, Page et Plant enregistrent Walking into Clarksdale en 1998.
Depuis 1990, Page a été fortement impliqué dans le remastering de l'ensemble du répertoire de Led Zeppelin. Il participe à diverses associations de charité comme Action for Brazil's Children Trust (ABC Trust), fondée par sa femme Jimena Gomez-Paratcha en 1998. La même année, Page fait un duo avec Puff Daddy dans Come with Me avec des samples de Kashmir. Le titre apparaît dans la bande-son de Godzilla. Page joue en live avec Puff Dady durant le Saturday Night Live. En 1999, Page fait un un album live et une tournée avec The Black Crowes. En 2001, il apparaît sur scène pour jouer Thank you avec Fred Durst de Limp Bizkit et Wes Scantlin de Puddle of Mudd pour les MTV Europe Video Music Awards àFrancfort.[16].
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En 2005, Page est décoré de l'Ordre de l'Empire britannique pour ses actions caritatives au Brésil [17]. Il fut nommé citoyen honorifique de la ville de Rio de Janeiro. En novembre 2006, Led Zeppelin reçoit le Prix Polar Music. L'émission télévisée retransmettant l'évènement montre la remise de la récompense à Page et un court discours de ce dernier. Après cela, le groupe Wolfmother rend hommage à Led Zeppelin avec Communication Breakdown[18]. La même année, il joue dans l'album de Jerry Lee Lewis, Last Man Standin, pour une reprise de Rock'n'roll de l'album IV de Led Zeppelin.
Le 10 décembre 2007, Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et Jason Bonham reforment Led Zeppelin pour un concert caritatif en hommage à Ahmet Ertegun (fondateur d'Atlantic Records). Pour l'occasion, ils jouent devant 20 000 personnes (dont une multitude de VIP) à la O2 Arena de Londres [19]. La qualité de leur prestation et le plaisir de rejouer ensemble donne au groupe l'envie d'effectuer une tournée mondiale. Cependant, Robert Plant, peu favorable à relancer la machine Led Zeppelin et occupé par sa carrière solo, contraint ses compères à laisser de coté ce projet.
Le 24 août 2008, Jimmy Page apparaît lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Pékin où il joue Whole Lotta Love dans le Stade du Nid D'oiseau aux côtés de la chanteuse Leona Lewis et du joueur de football David Beckham, faisant ainsi le pont entre Pékin 2008 et Londres 2012.
En septembre 2008, certaines sources affirment que Jimmy Page, John Paul Jones et Jason Bonham se sont récemment réunis en studio pour répéter avec un chanteur américain en vue d'une éventuelle tournée mondiale. Très satisfait par ces séances de répétitions, Jimmy Page et John Paul Jones[20] annoncent qu'ils envisagent sérieusement de reformer Led Zeppelin pour une tournée mondiale en 2009 et qu'ils n'hésiteront pas à remplacer Robert Plant, si celui-ci ne se décide pas à les accompagner [21]. Quelques jours plus tard, le quotidien britannique The Sun affirme que Robert Plant aurait donné son accord pour participer à cette tournée mondiale en 2009 [22]. Enfin, le 30 septembre, Robert Plant rejette toute participation à ce projet[23].
En 2008, Page a co-produit le film documentaire It Might Get Loud de Davis Guggenheim. Il explore l'histoire de la guitare électrique, et plus particulièrement des carrières et des styles de jeu de Jimmy Page, The Edge et Jack White. La première de ce film s'est déroulé lors de l'édition 2008 du Festival international du film de Toronto.
Le 4 avril 2009, il introduit Jeff Beck au Rock and Roll Hall of Fame.
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