Cannelier de Chine.
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| Cinnamomum aromaticum | ||
| Classification classique | ||
| Règne | Plantae | |
| Sous-règne | Tracheobionta | |
| Division | Magnoliophyta | |
| Classe | Magnoliopsida | |
| Sous-classe | Magnoliidae | |
| Ordre | Laurales | |
| Famille | Lauraceae | |
| Genre | Cinnamomum | |
| Nom binominal | ||
| Cinnamomum aromaticum Nees, 1831 | ||
| Classification phylogénétique | ||
| Ordre | Laurales | |
| Famille | Lauraceae | |
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Le cannelier de Chine (Cinnamomum aromaticum) est une espèce d'arbre de la famille des Lauraceae, originaire de Chine.
Autres noms communs : Casse, cannelier casse, cassia, cannelle de Cochinchine, fausse cannelle.
Utilisation
Tout comme le cannelier de Ceylan (Cinnamomum verum), cet arbre possède une écorce aromatique riche en huile essentielle. Cette épice, la casse, est aussi vendue sous le nom de cannelle de Chine. Celle-ci est utilisée en cuisine comme condiment. L'huile de cannelle de Chine est également utilisée en parfumerie et en aromathérapie. Plus piquante et moins coûteuse que la cannelle de Ceylan, elle est très répandue sur le marché américain.
Synonyme
- Cinnamomum cassia Nees ex Blume
Briansk.
| Briansk | ||
| Брянск | ||
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| Une église à Briansk. | ||
| Coordonnées : | ||
| Pays | | |
| Région économique | Centre | |
| District fédéral | Central | |
| Sujet fédéral | | |
| Code OKATO | 15 401 | |
| Maire | ||
| Gouverneur | {{{gouverneur}}} | |
| Fondation | 985 | |
| Statut | Ville depuis 1778 | |
| Ancien(s) nom(s) | ||
| Population | | |
| Densité | 2 225 hab./km2 | |
| Gentilé | ||
| Altitude | m | |
| Superficie | 186 km2 | |
| Cours d'eau | Desna | |
| Fuseau horaire | UTC+3 (heure d'été : +4) | |
| Indicatif téléphonique | +7 4832 | |
| Site officiel | www.admin.bryansk.ru | |
| Liste des villes de Russie | ||
Briansk (en russe : Брянск) est une ville de Russie et la capitale administrative de l'oblast de Briansk. Elle est située à 379 km au sud-ouest de Moscou. Sa population s'élève à 413 880 habitants en 2008.
Histoire
La première mention écrite de Briansk date de 1146 et se trouve dans la Chronique d'Ipatiev sous la graphie Debriansk (Дъбряньск). Ce nom est dérivé de дъбръ, un mot slave pour fossé , plaine ou forêt dense. La région était connue pour ses épaisses forêts. Aujourd'hui, les autorités locales et les archéologues estiment cependant que la ville existait déjà en 985 ; c’était une colonie fortifiée sur la rive droite de la rivière Desna.
Briansk demeure mal connue jusqu'à l'invasion mongole de la Russie. Elle était la plus septentrionale des villes sévériennes soumises aux Riourikides de Tchernigov. Après l'assassinat de Mikhaïl de Tchernigov par les Mongols, en 1246, et la destruction de sa capitale, son fils transféra son siège à Briansk. En 1310, lorsque les Mongols mirent de nouveau la ville à sac, elle appartenait à la principauté de Smolensk.
Olgierd de Lituanie acquit Briansk par héritage en 1356 et la donna à son fils, Dmitry l'Ancien. Jusqu'à la fin du siècle, sa possession fut disputée entre Jogaila, Vytautas, Švitrigaila, et Georges de Smolensk (en).
La Russie moscovite conquit Briansk en 1503, après la bataille de la Vedrocha. La ville fut transformée en une forteresse qui joua un rôle majeur pendant la période troublée de l'Interrègne. Pierre le Grand rattacha Briansk à la goubernia de Kiev, mais la Grande Catherine jugea plus judicieux de la transférer dans la goubernia d'Orel en 1779. Elle donna également des armoiries à la ville.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Briansk était un marché régional, où se tenait la foire Svenskaïa, la plus importante de Russie occidentale. La foire avait lieu tous les ans sous les auspices du monastère Svensky.
Des canons et des munitions commencèrent à y être fabriqués pour la marine impériale russe en 1783. De marché régional, Briansk se transforma en un centre industriel important pour la métallurgie et le textile.
En 1918, la République populaire biélorusse revendiqua Briansk, mais la ville fut prise par les forces bolchéviques en 1919.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Briansk fut occupée par les Allemands du 6 octobre 1941 au 17 septembre 1943. La ville fut gravement endommagée par les combats. Environ 60 000 partisans soviétiques étaient actifs dans la région de Briansk et ils infligèrent de lourdes pertes à l'armée allemande. En 1941, Mikhaïl Kalachnikov, alors conducteur de char, fut blessé à Briansk.
Peu après sa libération, Briansk devint le centre administratif de l'oblast de Briansk (1944).
Population
La situation démographique de Briansk s'est gravement détériorée dans les années 1990. En 1999, le taux de natalité était tombé à seulement 6,9 pour mille et le taux de mortalité s'élevait à 14,7 pour mille (contre 9,5 en 1990) si bien que le solde naturel accusait un déficit de 7,8 pour mille (contre un excédent de 3,2 en 1990). En 2005, la reprise timide de la natalité (9,5 pour mille) est annulée par la poursuite de la hausse de la mortalité (16,3) si bien que le solde naturel accuse toujours un inquiétant déficit de 6,8 pour mille. La population de Briansk a atteint un pic en 1998 avant d'entamer une baisse sensible.
| 1897 | 1939 | 1956 | 1959 | 1970 |
|---|---|---|---|---|
| 23 500 | 87 500 | 111 000 | 207 000 | 319 000 |
| 1979 | 1989 | 1998 | 2002 | 2008 |
| 394 200 | 452 200 | 463 100 | 431 526 | 413 880 |
Transports
Briansk posséde un aéroport (code AITA : BZK).
Cap Nord.
Cap Nord
| Localisation du cap Nord |
Le cap Nord (en norvégien : Nordkapp) est une falaise de 307 mètres de hauteur qui marque symboliquement le point le plus septentrional d'Europe occidentale (). Il est situé sur l'île norvégienne de Magerøy. En fait, un autre cap de cette île, plus à l'ouest, le Knivskjellodden, est 1 457 mètres plus au nord mais est de faible hauteur et ne présente pas un caractère aussi majestueux. Le point continental européen le plus au nord est, lui, le cap Nordkinn (Kinnarodden), 67 km plus à l'est et 6 km plus au sud par rapport au pôle Nord.
Le cap Nord marque la séparation entre la mer de Norvège, partie de l'océan Atlantique, et la mer de Barents, partie de l'océan Arctique.
Il devint réputé lorsque l'explorateur anglais Richard Chancellor le doubla en 1553 dans sa tentative pour trouver le « passage du Nord-Est » vers le Nouveau Monde. Il fut, par la suite, visité par différents explorateurs dont certains y grimpèrent. Parmi les visiteurs célèbres, on peut citer le roi Oscar II de Suède et de Norvège en 1873 et le roi de Thaïlande Chulalongkorn en 1907. Une route fut ouverte pour y accéder en 1956. Aujourd'hui, le cap est devenu une destination touristique appréciée : 200 000 personnes le visiteraient chaque année, pour y admirer, notamment, le soleil de minuit (encore faut-il que les conditions météorologiques s'y prêtent, ce qui n'est pas toujours le cas). L'unique accès au cap se fait par le Nordkapphallen, un centre touristique et commercial aménagé et l'entrée est payante (215 couronnes norvégiennes, soit 21 euros en 2009).
| Cap Nord, et le Knivskjellodden en arrière plan | |||
Grèce dans les guerres balkaniques (4 & fin).
Nouvelles tractations
En février 1913, rentrant de Londres en Grèce, Elefthérios Venizélos passa par Sofia, où il fit d'ultimes propositions à la Bulgarie. Il échangeait Dráma, Kavala et Serrès contre Thessalonique. Les Bulgares continuèrent d'exiger cette dernière ville. Ils poussèrent ainsi leurs deux concurrents en Macédoine dans les bras l'un de l'autre[53]. En avril-mai 1913, Grèce et Serbie négocièrent un traité d'alliance, formel cette fois-ci. Ce traité prévoyait aussi un partage équitable de la Macédoine. La Serbie (évacuée de la côte adriatique par la création de l'Albanie) obtenait Monastir ; la Bulgarie Andrinople qu'elle venait de conquérir et la Grèce Thessalonique. L'idée était de convaincre ensuite la Bulgarie d'accepter ce plan grâce au front commun gréco-serbe. Cependant, les diplomates bulgares laissaient entendre que leur pays serait parfaitement capable de venir à bout des armées grecque et serbe, même coalisées. La Bulgarie exigeait de plus en plus fortement Thasos et Thessalonique. L'assassinat du roi de Grèce Georges Ier dans cette ville le 18 mars changea radicalement la donne. Sa mort hellénisait définitivement la ville. L'opinion publique grecque eut vite fait de la comparer à celle de Constantin XI, mort en défendant Constantinople en 1453. De plus, son héritier se prénommait Constantin. On lui demanda en Grèce de prendre le nom de Constantin XII. Il s'y refusa prudemment, préférant Constantin Ier de Grèce[54].
Le partage du butin se faisait de plus en plus difficilement, d'autant que vinrent s'ajouter aux conflits entre alliés des considérations extérieures. Le Dodécanèse, occupé par l'Italie, réclamait son rattachement à la Grèce. Un conflit semblait imminent entre les deux pays. Dans ce conflit, la France soutenait la Grèce car elle ne voulait pas voir une puissance de la Triplice s'installer en Méditerranée orientale. La Russie refusait de laisser la Bulgarie s'approcher trop près de Constantinople, mais trop vexer la Bulgarie pouvait la pousser dans le giron de l'Autriche (et donc de la Triplice). La France intervint alors directement dans les négociations, en proposant un certain nombre de préliminaires[55].
Les préliminaires proposés par la France le 20 mars, considéraient que l'Empire ottoman, vaincu, devait céder toutes les régions à l'ouest d'une ligne Ainos / Médée, sans préciser à qui ces territoires étaient abandonnés. Le sort de l'Albanie n'était pas non plus évoqué. Le cas des îles de l'Égée devait être réglé dans des discussions à part, puisqu'il concernait aussi l'Italie. Les préliminaires établissaient aussi une répartition de la dette ottomane, mais ce dernier sujet intéressait peu. L'Empire ottoman accepta ces préliminaires comme base de discussion le 5 avril. Les autres belligérants réfléchirent plus longtemps[56].
Un second armistice de Chataldzha fut signé le 15 avril entre Bulgares et Ottomans. La Grèce qui avait réellement cessé de combattre depuis le début du mois fut obligée par les puissances occidentales de signer cet armistice. Elle protesta en insistant sur le fait que sa flotte était toute prête à s'emparer de Constantinople. De plus, la prise de Ioannina et l'avancée de ses troupes vers le nord lui permettait de poser la question de l'Épire et de la frontière entre l'Épire du nord et l'Albanie du sud. Elle proposait un référendum, que refusait l'Italie. Cette dernière contre-attaqua même en se faisant la championne des minorités koutso-valaques du Pinde et de Metsovo. L'Italie souhaitait en effet conserver les îles conquises en 1911 et que la Grèce réclamait[57]. Surtout, c'était la Macédoine qui posait problème. Des nationalistes macédoniens firent alors parvenir aux puissances un mémorandum leur suggérant de créer une Macédoine autonome, État-tampon entre Serbie, Bulgarie et Grèce. L'option fut refusée. Certes, elle permettait d'envisager un équilibre, mais il était évident qu'il ne serait que provisoire et que cette Macédoine autonome entrerait dans l'orbite d'un de ses plus puissants voisins et romprait le fragile équilibre des Balkans. La Bulgarie tenta de reprendre les discussions bilatérales avec Venizélos. Mais la Grèce se montra moins conciliante que six mois plus tôt et le ton monta. Cependant, la situation grecque était étrange. Dans le jeu des alliances qui se jouait alors, elle avait obtenu le soutien de l'Entente pour ses revendications sur les îles et le soutien de la Triplice pour ses revendications sur l'Épire du nord et la Macédoine. Elle était sûre au moins que Thessalonique lui avait été définitivement accordée par les puissances. Elle avait à cette occasion reçu le soutien direct de Guillaume II, qui ne voulait rien refuser à son beau-frère Constantin Ier, qui venait de monter sur le trône[58].
Après une dernière intervention britannique qui força les vainqueurs à signer, les pourparlers aboutirent le 30 (17 julien) mai 1913. Le traité de Londres entérinait la défaite ottomane sur les bases des préliminaires français du 20 mars : tous les territoires à l'ouest de la ligne Ainos/ Médée passaient aux vainqueurs. À eux ensuite de statuer sur les frontières entre leurs États[59]. L'Empire ottoman renonçait aussi à la Crète et aux îles de la mer Égée. Le traité prévoyait que les Grandes Puissances statueraient à propos de ces îles mais aussi des frontières de l'Albanie. La création de cet État, sur l'insistance de l'Italie et de l'Autriche-Hongrie, frustrait la Grèce et la Serbie de certains de leurs objectifs. Elles cherchèrent donc à obtenir plus, en compensation, en Macédoine[60].
La seconde guerre balkanique
Thessalonique avait été, dès les négociations de paix, une pomme de discorde entre les alliés bulgare et grec. La ville était revendiquée par les deux pays. La Serbie avait, elle aussi, des difficultés avec la Bulgarie. Serbes et Grecs avaient signé un accord militaire le 12 mai 1913 prévoyant, pour le partage des territoires, une attitude commune face à la Bulgarie[61].
Avant même la fin de la première guerre balkanique, des incidents se déroulèrent entre les alliés. Tout au long de l'hiver 1912-1913, pendant que durait l'armistice avec les Ottomans, Sofia se plaignit d'activités « anti-bulgares » de la part des Grecs dans le nord de la Macédoine.
Les premiers incidents ne dégénérèrent pas en conflit armé. Ainsi, dès la signature de l'armistice, le 3 décembre 1912, se déroula l'« incident du kilomètre 14 » entre troupes grecques et bulgares. Les Grecs contrôlaient la voie ferrée Thessalonique - Dedeagatch jusqu'au kilomètre 14 ; les Bulgares contrôlaient la suite. Par un accord entre les états-majors, l'exploitation de la voie ferrée avait été confiée aux Bulgares qui dès lors en réclamèrent le contrôle total. Devant le refus grec, l'armée bulgare entreprit de repousser la garnison grecque, stationnée au kilomètre 14, par la force. La tension monta les 3 et 4 décembre. L'affrontement fut évité de justesse mais les troupes bulgares continuèrent à maintenir la pression pendant une quinzaine de jours. Début février (julien) 1913, le commandant grec de la région d'Aridaea (village au nord d'Edessa) exigea le retrait d'un quinzaine de komitadjis bulgares. Il envoya ses hommes les déloger. Encore une fois, l'affrontement fut évité de justesse[62].
Le 6 mars (20 février julien) 1913, les troupes bulgares tentèrent de s'emparer de la ville de Nigrita, conquise par des volontaires grecs en novembre 1912. Les combats entre Grecs et Bulgares durèrent trois jours, jusqu'au repli bulgare vers Serrès. Le rapprochement gréco-serbe se fit visiblement au détriment des Bulgares. Avant même la signature de l'alliance, début mars, les officiers grecs et serbes manifestèrent bruyamment dans les rues de Thessalonique, aux cris de « Vive la fraternité gréco-serbe ! Vivent les véritables alliés ! » En avril, de nouveaux affrontements entre Grecs et Bulgares eurent lieu, cette fois-ci dans les quartiers du nord-est de Thessalonique. Il y eut des victimes des deux côtés. Une commission d'enquête gréco-bulgare fut mise en place. Au lieu de calmer les choses, elle ne fit que les envenimer. Fin mai, de nouveaux incidents opposèrent Grecs et Bulgares, à l'est du Strymon. Les Bulgares perdirent cinquante hommes et durent quitter leurs positions autour d'Angista[53],[41].
Grecs et Serbes se préparèrent très tôt à affronter les Bulgares. Dans cette éventualité, leurs troupes furent redéployées en Macédoine. La flotte grecque transporta même les troupes serbes depuis Scutari[53]. Durant la première guerre balkanique, les troupes serbes et grecques avaient (comparativement) moins souffert que les troupes bulgares et avaient subi moins de pertes. De plus, les combats contre les troupes ottomanes s'étaient achevés plus tôt. Dès le mois de mars, après la prise de Ioannina, les troupes grecques, redéployées en Macédoine avaient aussi commencé à solidement fortifier leurs positions. Enfin, la Serbie et la Grèce avaient déjà atteints la majorité de leurs objectifs en Macédoine et n'avaient qu'à défendre leurs conquêtes, alors que la Bulgarie avait à avancer dans la région pour y conquérir sa part de butin. Des ordres avaient été envoyés par les états-majors qui s'attendaient à une attaque bulgare : les troupes devaient rester constamment vigilantes, principalement la nuit. L'armée grecque était composée de 121 000 hommes, commandés par le roi Constantin Ier. Elle faisait face à la IIe armée bulgare qui comptait 36 000 hommes, dont 20 000 insuffisamment entraînés selon son commandant le général Ivanov, qui sous-estimait peut-être ses forces. Les Grecs, quant à eux, surestimaient cette armée, lui accordant entre 80 000 et 105 000 hommes. La stratégie grecque avait été arrêtée. L'armée grecque était divisée en trois (droite, centre et gauche). Dès l'attaque bulgare attendue, l'armée grecque devait contre-attaquer, en faisant surtout porter son effort au centre et à gauche (vers le nord), afin d'empêcher les Bulgares de se replier vers Strómnitsa et d'ainsi les chasser de Macédoine. L'idée était aussi d'opérer la jonction avec les troupes serbes[63].
La signature du Traité de Londres permit à la Bulgarie, quant à elle, de déplacer une partie de ses troupes de l'est autour de Gallipoli et Chataldzha à l'ouest, vers le futur front de Thrace et de Macédoine[64]. Les troupes bulgares étaient plus fatiguées, mais leurs lignes de ravitaillement et de communication étaient mieux contrôlées et protégées que celles de leurs adversaires. Les Bulgares étaient aussi seuls, ce qui leur conférait l'avantage d'un seul commandement en une seule langue alors que Grecs et Serbes avaient du mal à communiquer et à se coordonner. D'ailleurs, les deux alliés opérèrent pratiquement chacun de leur côté. Les Bulgares avaient 360 000 hommes sur le front de Thrace et Macédoine, répartis en quatre armées, dont 36 000 face aux Grecs. Cette IIe armée venait d'être redéployée depuis ses positions face aux Ottomans à Andrinople. Elle était étalée sur un front long de plus de 190 km. Elle reçut ses ordres le 26 juin : prendre Thessalonique. Comme leurs adversaires, les Bulgares avaient profité du répit pour fortifier un certain nombre de positions. Ainsi, autour de Kilkís, au nord de Thessalonique, des tranchées furent creusées, des batteries dont certaines prises aux Ottomans, furent installées, le plus souvent dissimulées[63].
La Bulgarie attaqua ses anciens alliés dans la nuit du 29 au 30 juin (16 au 17 juin julien) 1913 (à minuit ou 8h30 selon les sources) : les Serbes près de Guevgueli et les Grecs à Nigrita. L'effet de surprise permit aux troupes bulgares de s'emparer de la ville[61],[34]. Des batailles sanglantes opposèrent ensuite Grecs et Bulgares en Macédoine : Bataille de Kilkís-Lachanas, Dojran et Kresna[61].
Des combats commencèrent entre troupes grecques (IIe Division de l'Armée grecque de Thessalie et 2 000 gendarmes crétois) et troupes régulières et irrégulières bulgares (dont le 3ème bataillon du 14ème régiment macédonien) dans Thessalonique le 30 juin (17 juin julien). À Thessalonique, contrairement aux autres endroits du front, ce furent les Grecs qui déclenchèrent les hostilités. La Grèce avait décidé de ne plus tolérer de troupes bulgares dans la ville. Celles-ci refusèrent de se replier alors qu'elles étaient totalement isolées, en très grande infériorité numérique et à court de matériel (pas plus de 200 cartouches par fusil). Mais, le gouvernement bulgare leur avait demandé de rester à tout prix (contre l'avis de l'état-major), afin de matérialiser les revendications bulgares sur la ville. Les Bulgares ne purent se défendre qu'avec leurs fusils et leurs baïonnettes contre les Grecs qui les attaquèrent au canon. Ces combats firent de nombreuses victimes civiles. Les Bulgares accusèrent plus tard les troupes grecques d'avoir profité du désordre pour massacrer des civils bulgares qui habitaient la ville. Le 1er juillet (18 juin julien), la IIe Division, après avoir combattu toute la nuit, réussit à obliger 1 260 hommes de troupes, 19 officiers et 80 komitadjis à se rendre. Les Bulgares admirent 237 morts et une centaine de blessés ; les Grecs 18 morts et 13 blessés[61],[34],[65].
Dès le 30 juin, passées les premières avancées bulgares, les forces grecques contre-attaquèrent avec l'appui de la flotte grecque qui pilonnait les troupes bulgares depuis le golfe d'Orfanos. Le flanc droit bulgare (au nord) subit les attaques les plus lourdes, comme prévu dans la stratégie grecque. Dès le 1er juillet, la IIe armée bulgare se replia vers le nord, pour tenter de se rapprocher de la IVe armée, près de Stroumica. Mais, celle-ci, mal engagée contre l'armée serbe ne pouvait lui apporter aucun soutien. La IIe armée s'arrêta donc sur la position préparée à l'avance de Kilkís[66].
Les combats de la bataille sanglante de Kilkís-Lachanas y durèrent du 30 juin au 4 juillet. Pendant trois jours, après des combats à la baïonnette et au corps à corps, l'armée grecque finit par remporter une victoire décisive. Le 3 juillet (20 juin julien), la VIe Division de l'Armée grecque de Thessalie s'empara des positions bulgares à Xylopolis, près de Lachanas. Au cours de ces deux engagements liés, la Grèce perdit respectivement 5 652 et 2 701 hommes. Elle fit 2 500 prisonniers bulgares et captura 19 canons, avec cinq équipages, 1 300 armes à feu et une immense quantité de matériel. Les Bulgares admirent 4 227 morts, 1 977 blessés et 767 disparus. Surtout, selon le général Ivanov, le moral fut le plus atteint. Après plusieurs tentatives de contre-attaque pour reprendre les positions perdues, la IIe armée bulgare reconnut sa défaite et poursuivit son repli vers le nord, abandonnant Serrès et Dráma. Là, elle fut rejointe par les renforts que lui envoyait l'état-major. Ils se replièrent aussi. Cette retraite découvrit de fait le flanc gauche de la IVe armée bulgare qui affrontait les Serbes et dut donc aussi se replier[34],[67]. Cette victoire fut célébrée en Grèce par une médaille portant d'un côté le portrait du roi Constantin Ier et de l'autre celui de l'empereur byzantin Basile II dit « le Bulgaroctone » (tueur de Bulgares)[68].
Les IIIe et Xe Divisions entrèrent dans Dojran après la bataille de Dojran, le 6 juillet (23 juin julien)[69]. Pour éviter une catastrophe totale, l'état-major bulgare ordonna le 7 juillet (24 juin julien) une retraite totale des IIe et IVe armées vers la frontière bulgare, celle d'avant la première guerre balkanique. La IIe armée qui devait couvrir la marche de la IVe armée, affronta alors ce jour-là l'armée grecque : son aile droite au sud du Lac Dojran où elle fut défaite et son centre à l'entrée des Gorges de Rupel sur le Strymon où elle résista grâce à un fort soutien d'artillerie. Le 9 juillet (26 juin julien), la Xe Division repoussa les troupes bulgares de la chaîne de montagnes des Kerkines après deux jours d'âpres combats et descendit dans la vallée de la Stroumitsa et s'avança vers Strómnitsa qu'elle prit le lendemain[69],[70].
Un bataillon de cavalerie et la VIe Division franchirent le Strymon, au gué d'Agrioleuka, le 10 juillet (27 juin julien). Ils avancèrent vers Sidirókastro, qu'ils prirent. Cependant, les Bulgares avaient incendié la ville en se retirant. Ils auraient aussi exécuté le métropolite et une centaine d'habitants. Ils auraient fait de même à Dráma. Ils auraient massacré 3 000 personnes à Doxato[69].
La VIIe Division s'empara de Serrès le 11 juillet (28 juin julien) au soir. Son 21e régiment d'infanterie remonta la voie de chemin de fer vers Dráma, dont elle s'empara après combats. Le 19 juillet (6 juillet julien), la Division prit Kato Neurokopi, puis Xánthi le 25 juillet (12 juillet julien)[69].
La Ire Division pénétra dans les gorges de Kresna, en territoire bulgare, le 23 juillet (10 juillet julien)[69]. Le lendemain, le roi et commandant en chef, Constantin Ier arrêta l'offensive. Ses troupes étaient proches du point de rupture de leur lignes de communication et de ravitaillement. Elles étaient aussi épuisées par les combats et la marche forcée vers le nord[70]. Cependant, le 27 juillet (14 juillet julien), la cavalerie de la VIIIe Division captura Komotene[69].
Sur le « front serbe », les IVe et Ve armées bulgares réussirent à repousser les forces serbes et monténégrines à Kalimantsi le 19 juillet. Moins menacée de ce côté, les troupes bulgares tentèrent alors une contre-attaque contre les troupes grecques dans les gorges de Kresna. Cette vallée encaissée du Strymon dans les Rhodopes au sud de Blagoevgrad constituait une excellente position défensive. De plus, les forces grecques étaient épuisées et au bout de leurs lignes de ravitaillement prêtes à rompre. Le gouvernement de Venizélos songeait à négocier un armistice. Le Premier ministre se rendit au quartier-général pour tenter de convaincre le roi et commandant en chef. Mais, Constantin Ier désirait une victoire militaire décisive. Des éléments des IIe, IVe et Ve armées bulgares qui se repliaient furent regroupés et réorganisés à l'entrée des gorges. Elles y furent rejointes par la Ire armée qui arrivait du nord-ouest du pays. Le 29 juillet, les forces bulgares passèrent à l'attaque[71].
Le flanc gauche bulgare était chargé de contenir les Serbes tandis que le centre et le flanc droit avançaient sur les Grecs. Les flancs gauche et droit des Grecs furent repoussés dans les vallées du Strymon et de la Mesta poursuivis par les Bulgares. Ceux-ci étaient même en position de complètement encercler les troupes grecques. Les Grecs, en mouvement, ne pouvaient utiliser leur principal atout : l'artillerie qui ne pouvait se déplacer facilement sur ce terrain accidenté et qui n'avait jamais le temps de se mettre en batterie. Le manque de coordination entre les forces grecques et serbes vint s'ajouter aux difficultés grecques : leurs alliés ne pouvaient leur apporter un soutien efficace. Il semblerait aussi que le gouvernement serbe était inquiet des succès militaires grecs et craignait de perdre Bitola. L'inefficacité de l'aide serbe eut donc aussi peut-être une raison politique. Le 30 juillet, les forces grecques étaient au bord de l'annihilation totale. Le roi - commandant en chef, qui risquait d'être fait prisonnier, envoya un télégramme à son Premier ministre à Bucarest : « Mon armée est physiquement et moralement épuisée. Dans ces conditions, je ne peux plus refuser un armistice ou un cessez-le-feu[71]. »
Les Grecs et leur roi furent en fait sauvés par le gouvernement bulgare qui suggéra de son côté un cessez-le-feu car Sofia était menacé. Cette ultime défaite grecque ou ultime victoire bulgare ne changea pas le cours général du conflit mais permit à la Bulgarie d'espérer conserver au moins une partie de ses conquêtes de la première guerre balkanique[71].
La flotte grecque fit débarquer des troupes dans divers ports. Dès le 9 juillet (26 juin julien), le destroyer Doxa, commandé par le commandant Kriezis, accompagné des Panther et Ierax, entrèrent dans le port de Kavala. Des troupes débarquèrent du Doxa et furent accueillies en libératrices par la population. Le 25 juillet (12 juillet julien), les cuirassés Spetsai, Hydra et le destroyer Aspis, commandés par l'amiral Gines, entrèrent dans le port de Dedeağaç. La Bulgarie venait de perdre son débouché sur la mer Égée. Il y eut aussi des débarquements à Porto-Lago et Makri, en Thrace occidentale[61],[69].
Les Ottomans reprirent aux Bulgares la ville d'Andrinople et les Roumains menacèrent Sofia. Le roi de Bulgarie Ferdinand Ier demanda la médiation des puissances occidentales. Un congrès se tint à Bucarest en juillet-août 1913. Il commença le 30 juillet (17 juillet julien). Elefthérios Venizélos y représentait la Grèce. Les grandes puissances furent constamment présentes par l'intermédiaire de leurs ambassadeurs dans la capitale roumaine. Sans contrôler les négociations, elles jouèrent un rôle important. Dès le premier jour, un cessez-le-feu de cinq jours fut décidé. Il prit effet à midi le 31 juillet (18 juillet julien). Il fut prolongé indéfiniment avant même son expiration[72],[73],[74].
Lors des négociations, le principal problème entre la Grèce et la Bulgarie était le débouché sur la mer Égée pour cette dernière. Les Bulgares ne voulaient pas se contenter de Dedeağaç, mais souhaitaient une portion plus longue de la côte incluant le port de Kavala, qui était aussi un centre important de production de tabac. Elefthérios Venizélos était partisan de la solution minimale. Il rappela qu'à Londres, les Grecs avaient offerts Serrès, Dráma et Kavala et que les Bulgares, en position de force n'avaient pas voulu s'en contenter. Il refusait donc, maintenant qu'ils étaient vaincus de leur céder. Il était alors en conflit avec son souverain qui, lui, était prêt à accorder aux Bulgares ce qu'ils demandaient. Sa position était alors difficile lors des négociations. Il se produisit alors une inhabituelle combinaison : Russie et Autriche-Hongrie apportèrent leur soutien à la Bulgarie, tandis que France et Allemagne soutenaient les revendications grecques. L'intervention du kaiser Guillaume II réussit à convaincre son beau-frère Constantin. Les négociations durèrent jusqu'au 8 août. Le traité de paix, signé deux jours plus tard, ne laissa donc à la Bulgarie que le débouché maritime relativement peu développé alors de Dedeağaç. Kavala revint à la Grèce, qui s'étendit alors jusqu'aux rives de la Mesta. Sa souveraineté sur la Crète fut aussi définitivement reconnue[75],[76],[77],[78].
Le 14 novembre 1913, la Grèce et l'Empire ottoman signèrent le traité de paix d'Athènes qui ne réglait pas tous les différends puisqu'un conflit manqua d'éclater en 1914, à propos des îles de l'Égée[79].
Bilan des guerres balkaniques pour la Grèce
Les pertes humaines lors des deux conflits balkaniques pour la Grèce s'élèvent à 5 169 morts et 23 502 blessés pour la première guerre balkanique et 2 563 morts et 19 307 blessés pour la deuxième. Le pays aurait aussi dépensé 467 millions de francs-or[80].
Le territoire et la population de la Grèce victorieuse s'accrurent considérablement. Une bonne partie des objectifs de la Grande Idée étaient réalisés. Sa superficie augmenta de 70%, passant de 64 786 km² à 108 606 km². Dans le même temps, la population passa de 2 666 000 à 4 363 000 habitants. Surtout, la Grèce s'empara de la Macédoine et de ses grands centres urbains et industriels : Thessalonique, Béroia, Édessa et Kavala. Sa souveraineté sur la Crète fut reconnue. Les grandes îles comme Thasos, Lesbos ou Chios offraient des ressources agricoles (huile ou mastic) encore mal exploitées. La Grèce prenait l'envergure d'un véritable puissance méditerranéenne[73],[81]. De plus, son armée régulière, victorieuse sur tous les fronts, changea de statut et de réputation. Avant les guerres balkaniques, le héros militaire était l'irrégulier, l'akrite byzantin et ses héritiers : le klephte et le pallikare. Avec ces guerres, l'armée régulière avait prouvé ses capacités et qu'elle pouvait avoir un rôle déterminant pour le pays[82].
Cependant, la Grèce se vit privée d'un de ses objectifs : l'Épire du Nord, intégrée à l'Albanie, créée lors des négociations de paix (traité de Florence), sous pression de l'Italie et de l'Autriche-Hongrie. Ce territoire, peuplé d'Albanais et de Grecs, continua à être réclamé par la Grèce au cours du XXe siècle. De même, dans les territoires annexés, les populations n'étaient pas non plus ethniquement grecques ou même homogènes. Ainsi, la très grande majorité de la population de Thessalonique était d'origine juive séfarade[83] ; ailleurs, Grecs, Slaves, Valaques, Roumains et Turcs cohabitaient[73],[81]. Un échange de populations, qui préfigura le grand échange des années 1920 entre Turcs et Grecs, eut lieu dans les mois qui suivirent les guerres. Ainsi, autour de 100 000 Grecs auraient quitté les frontières de la nouvelle Bulgarie pour venir s'installer en Grèce (remplaçant par là un nombre équivalent de Bulgares faisant le trajet inverse). D'autres échanges de populations, à une échelle moindre, eurent aussi lieu avec la Roumanie, la Serbie et l'Albanie. Les seuls mouvements notables entre le territoire turc et la Grèce furent ceux des commerçants grecs qui quittèrent l'Empire ottoman par peur de représailles et qui vinrent s'installer dans les grandes villes grecques. Ces commerçants arrivaient avec leur fortune, contrairement aux autres populations[84].
Enfin, la conquête de ces territoires eut politiquement pour effet de diviser le pays en factions rivales. Les tensions entre celles-ci finirent par déboucher sur le « schisme national » au cours de la première guerre mondiale. Après l'indépendance dans les années 1830 et lors de la rédaction de la constitution en 1844, une différence avait été faite entre « autochtones » (ceux nés dans les limites du nouvel État) et les « hétérochtones » (ceux nés en dehors). Si Ioannis Kolettis avait fixé comme objectif de la Grande Idée de réunir tous les Grecs, lorsque ceux-ci firent leur entrée dans le royaume après les guerres balkaniques, leur intégration n'alla pas de soi. Les hommes politiques de la « vieille Grèce » se refusèrent ainsi à partager leurs privilèges avec les « nouveaux venus ». De plus, les régions conquises étaient plus populaires, et potentiellement plus à gauche. Ce phénomène fut renforcé par les réfugiés, par définition très pauvres, de l'échange de populations. Elles apportèrent très souvent leur soutien électoral à Elefthérios Venizélos, tout en conservant un fort sentiment de reconnaissance pour son grand adversaire politique qu'ils considéraient comme leur « libérateur », le roi Constantin. En 1916, Venizélos, chassé par le roi, se réfugia à Thessalonique, d'où il entreprit une « reconquête » politique du pays[85].
Jacques d'Allonville de Louville.
| Jacques d'Allonville | |
| Blason d'Allonville | |
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| Surnom | Chevalier de Louville |
|---|---|
| Naissance | 14 juillet 1671, Louville-la-Chenard |
| Décès | 10 septembre 1732 (à 61 ans) Saint-Jean-de-Braye |
| Origine | France |
| Allégeance | Armée royale française Armées du Roi d'Espagne |
| Arme | Marine Infanterie |
| Grade | Brigadier (Espagne) Colonel, |
| Années de service | 1688 - 1713 |
| Commandement | dragons de la reine |
| Faits d'armes | Bataille de la Hougue Bataille d'Oudenarde |
| Hommages | Membre de l'Académie des Sciences Membre de la Société royale de Londres |
| Autres fonctions | chevalier de Malte Astronome français Mathématicien français |
| Famille | Famille d'Allonville, branche de Louville |
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Jacques d'Allonville de Louville, dit « Le Chevalier de Louville » né le 14 juillet 1671, au château de Louville dans la Beauce, et mort le 10 septembre 1732 à Saint-Jean-de-Braye.
Sa famille
Jacques d'Allonville est le fils de Jacques d'Allonville de Louville (1628-1707) et de Marie Charlotte de Vaultier de Moyencourt (1646-1704). Son père est chevalier, seigneur de Louville et Montuel (1658), Montigny-sur-Avre et Herville.
Biographie
Jacques d'Allonville, comme beaucoup de cadets de famille nobles, est destiné à l'Église.
Jacques d'Allonville n'a alors que 12 ans, quand le hasard lui fait tomber entre les mains les Éléments d'Euclide, par Henryon. Il les lira seul1.
Sa naissance dans une famille de militaires ne lui laisse plus d'autre parti à prendre que celui de la guerre, ce qui d'ailleurs s'accorde à son goût pour les mathématiques. Jacques d'Allonville entre d'abord dans la Marine royale, comme cadet, et assiste en 1692, à la bataille de la Hougue[réf. incomplète]2.
De-là il passe au service de terre, et est capitaine dans le régiment du Roi. À la fin de 1700, le marquis de Louville, Charles Auguste d'Allonville de Louville, son frère aîné, Gentilhomme de la manche du duc d'Anjou, suit en Espagne ce prince devenu roi de ce pays ; bientôt après il fait venir le chevalier dans une Cour où toutes sortes d'agréments l'attendent[réf. incomplète]1.
Jacques d'Allonville est brigadier des armées du roi d'Espagne ; il a un brevet d'une pension assez considérable sur l'assiette fiscale, qui lui demeure inutile. Il a aussi le privilège de jouer aux échecs avec le roi d’Espagne. Mais très rapidement le roi n’a plus le droit de jouer aux échec avec des Français[réf. à confirmer]3.
Au bout de quatre ans, il est obligé, du fait de la disgrâce de son frère, à repasser en France, où il reprend le service. Louis XIV fait alors la guerre en Flandres.
Jacques d'Allonville est fait prisonnier le 11 juillet 1708 à la bataille d'Oudenarde, absolument dépouillé de tout, et envoyé prisonnier en Hollande, d'où il ne sort qu'au bout de 2 ans du fait d’un échange.[réf. nécessaire]
Après la signature des Traités d'Utrecht (1713), il a un brevet de colonel à la fuite des Dragons de la reine, avec une pension de 4 000 livres accordée par le roi Louis XIV de France.[réf. nécessaire]
Libéré des armées par la Paix d'utrecht, et désormais son seul maitre, Jacques d'Allonville se dévoue aux mathématiques, et principalement à l'astronomie. Il va à Marseille en 1714, dans le seul dessein d'y prendre exactement la hauteur du pôle, qui lui est nécessaire pour lier avec plus de sûreté ses observations à celles de Pythéas, vieilles d'environ 2000 ans[réf. incomplète]2,45.
En 1715, Jacques d'Allonville fait le voyage de Londres exprès pour y voir l’éclipse totale de soleil. Il assiste alors à un phénomène remarquable : le chevalier de Louville et Edmond Halley voient sur la surface entièrement obscure de la Lune des jets d'une lumière instantanée et passagère, qui ressemblent à des fulminations, et encore à ces traînées de poudre où on met le feu. Ce spectacle imprévu cause une sorte de frayeur aux spectateurs. Le chevalier de Louville attribue ces apparences à de véritables fulminations, à des orages accompagnés d'éclairs, qui ont eu lieu sur la Lune pendant l’éclipse solaire[réf. incomplète]6.
Pour être totalement libre, il remet au ministre de la guerre, Claude Louis Hector de Villars son brevet de colonel et refuse de toucher sa pension.[réf. nécessaire]
En 1714, Jacques d'Allonville devient membre de l'Académie des Sciences. Peu de temps après, la Société royale de Londres l'honore de la même faveur.
Comme il est désormais un savant reconnu, il songe à s’installer à l'Observatoire de Paris. En tant qu’astronome, il lui faut un grand horizon, des lieux d'une disposition particulière, mais il ne supporte pas d'être obligé de les quitter selon les intérêts ou le caprice d'autrui.[réf. nécessaire]
[réf. nécessaire] ; Le Chevalier de Louville, selon un dictionnaire du XVIIIe siècle fabriquait lui-même les pièces les plus délicates de ses instruments d'optique (« faifoit de fes propres mains tout ce qu'il y avoir de plus difficile & de plus fin dans fes inftrumens aftronomiques »5).
En 1724, il donne à l'Académie des Sciences un exemple assez remarquable de toutes les attentions scrupuleuses, et presque vétilleuses, qu'il apporte à la détermination de la grandeur des diamètres du Soleil, point fondamental pour la théorie de cet astre. Il en donne de nouvelles tables imprimées dans l’édition de 1720 de l’un de ses livres. Il y explique les principes de leur construction, qui demande également une fine recherche de spéculation, et une grande exactitude de pratique. Les calculs astronomiques ne reposant que sur des à peu près, quoi extrêmement approchants, il souhaite les ramener à des calculs algébriques, exempts de tout tâtonnement. L'astronomie acquiert par-là une certaine noblesse, et devient plus véritablement science. L'Académie des Sciences en 1724 commente sa nouvelle méthode de calculer les éclipses. Il explique suffisamment ses pensées sur ce sujet[réf. incomplète]1.
Louville expose un sujet plus proche de la controverse : l'obliquité de l'écliptique par rapport à l'équateur (ligne équinoxiale). Tous les astronomes la posent confiante, et il la croie décroissante, mais seulement de minute en 100 ans, de sorte que dans un temps très long, qui se détermine aisément, l'écliptique vient à se mettre dans le plan de l'équateur (ligne équinoxiale), et que les deux pôles voient ensemble le soleil pendant quelques années[réf. incomplète]1.
Jacques d'Allonville de Louville est le premier de l'Académie des Sciences, qui ose déclarer contre Gottfried Wilhelm von Leibniz[évasif][réf. incomplète]1.
Il continue en 1728 la même entreprise, et Jean-Jacques Dortous de Mairan se joint à lui avec une nouvelle théorie. C'est alors Bernoulli qu'ils attaquent. Le procès des forces vives n'est pas encore jugé en forme[réf. incomplète]2.
Dans les lectures que d'Allonville fait aux assemblées de l'Académie des Sciences, il ne manque point de s'arrêter tout court, dès qu'on l’interrompt. Il laisse avec un flegme parfait un cours libre à l'objection, et quand il l'a désarmée, ou lassée par son silence, il reprend tranquillement où il avait quitté. On prétend que ce stoïcien, si austère et si dur, aime les bons repas, de beaux habits et certaines délicatesses, certaines attentions raffinées, qui le rapprochent un peu des philosophes du parti opposé2.
Louville affirme que la terre a plus de deux millions d’années, ce qui est assez nouveau4. Voltaire écrit alors que le chevalier de Louville, « s’est distingué parmi la foule de ceux qui ont fait honneur au siècle de Louis XIV ».
Le cratère de Louville sur la lune porte son nom8.
L'Observatoire de Paris possède de nombreux registres avec ses observations à Carré. Jacques d'Allonville de Louville a écrit un certain nombre d'ouvrages, dont :
- Observations sur l'obliquité de l'écliptique, présentées à l'Académie, 1714, 1716, 1721
- Nouvelles tables du soleil, 1720
- Nouvelle méthode de calculer les éclipses 1724
- Remarques sur la question des forces vives, 1721-1728
- Articles contre les opinions du P. Castel, jésuite, dans Mercure de France 1720
- Éclaircissement sur une difficulté proposée aux mathématiciens, par Mr le Chevalier de Louville.
- Éclaircissement sur une difficulté de statique proposée à l'Académie, par Mr le Chevalier de Louville.
Markos Botzaris.
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| Markos Botzaris Μάρκος Μπότσαρης | |
| Naissance | V. 1788 Souli, Épire |
|---|---|
| Décès | 21 août 1823 (à 35 ans) Kefalovryso, près de Karpenisi Mort au combat |
| Allégeance | Grèce révolutionnaire (1821-1823) |
| Grade | Maréchal des logis du régiment albanais de l'Armée française |
| Années de service | 1807 - 1823 |
| Conflits | Guerre d'indépendance grecque |
| Faits d'armes | Premier siège de Missolonghi Bataille de Péta Bataille de Karpenisi |
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Markos Botzaris (Μάρκος Μπότσαρης) (vers 1788 dans les montagnes de Souli en Grèce - 21 août 1823 à Missolonghi en Grèce) est un héros grec et l'un des principaux acteurs des débuts la guerre d'indépendance grecque de 1821 en Grèce continentale.
Biographie
Il était le deuxième fils de Kitsos Botzaris, et le frère de Kóstas Bótsaris, et appartenait à une famille illustre de Souli, en Épire, les Botsaris (ou Botzaris), l'un des principaux clans souliotes ; son grand-père Giorgis s'était notamment illustré à la tête des Souliotes lors de différents combats, mais avait quitté un peu avant 1800 le Souli pour s'installer à Vourgarelli, au pied des monts Tzoumerka près d'Arta, en tant qu'armatole au service d'Ali Pacha.
Après la conquête finale du Souli par Ali Pacha en décembre 1803, il se réfugia avec le reste du clan Botzaris au monastère de Seltsos, et fut avec son père et son oncle Notis un des survivants du siège de l'endroit par les troupes d'Ali, en avril 1804 ; il gagna alors finalement Corfou avec ces derniers, retrouvant une partie des autres réfugiés.
Comme la plupart de ses compatriotes, il s'engagea dans le Régiment albanais qu'avait formé l'armée française qui occupait les îles ioniennes depuis 1807. Il se maria et eut au moins trois enfants, Dimitrios (1814-1871), Katerina Rosa (1820–1872) et une autre fille. Le consul de France à Ioannina Pouqueville acquit à Corfou un dictionnaire albano-grec écrit de sa main sous la dictée de son père, de son oncle et de son beau-père1, conservé à Paris.
Son père mourut en 1813, assassiné en Épire où il était retourné.
Il repassa sur le continent en 1820, avec son oncle et d'autres Souliotes, le commandant de l'armée ottomane en lutte contre Ali Pacha leur ayant proposé de leur rendre leur territoire en échange de leur allégeance; cependant il passa avec ses compatriotes assez rapidement du côté d'Ali Pacha et à partir de novembre 1820, participa à la lutte contre les troupes ottomanes en coopération avec les troupes d'Ali, puis rejoint par les armatoles grecs insurgés à partir du printemps 1821. Il prit part à divers combats victorieux dans le sud de l'Épire au cours du printemps et de l'été 1821 ; il accepta alors de se réconcilier avec l'armatole Gogos Bakolas, considéré comme l'assassin de son père, ce qui renforça sa réputation de patriotisme.
En octobre 1821, il commanda des troupes pendant les combats autour d'Arta ; ce fut la dernière opération conjointe des Grecs et des Albanais d'Ali, qui rejoignirent ensuite le camp ottoman.
Il participa aux opérations de l'été 1822 destinées à secourir le Souli, aboutissant à la désastreuse bataille de Péta en juillet.
Il fut nommé stratarque ou général de la Grèce occidentale lors de l'Assemblée nationale d'Astros début 1823.
Lors du second siège de Missolonghi, durant l'été 1823), il tenta d'arrêter une armée ottomane en route vers la ville, pendant sa traversée du Pinde. Il pénétra de nuit dans le camp ennemi avec 240 hommes seulement et fit un grand carnage. Cependant, il fut atteint d'une balle à la tête et mourut le lendemain, à Karpenisi.
Postérité
Il est l'un des rares chefs militaires grecs unanimement appréciés, n'ayant jamais été compromis dans les querelles partisanes qui aboutirent aux différentes guerres civiles grecques au cours de la guerre. Lord Byron dira de lui, après avoir brièvement correspondu avec lui lors de son arrivée en Grèce : « Sa réponse fut probablement la toute dernière qu'il eut à signer ou dicter — car il périt au combat le lendemain même du jour où elle est datée— avec une réputation de brave soldat — et d'homme de bien — deux qualités que l'on ne rencontre pas toujours réunies, ni même séparément. »2
Plusieurs artistes occidentaux et grecs ont commémoré sa mort par des tableaux ou des œuvres littéraires. À Paris, une station de métro et une rue portent son nom, de même qu'un square de Strasbourg.
Son fils Dimitrios, éduqué en Bavière, obtint le grade de colonel et fut plusieurs fois ministre de la Guerre. Sa fille Rosa fut dame d'honneur de la reine Amalia et épousa un membre de la famille Caradja.
Ismail Enver.
Ismail Enver né à Constantinople le 22 novembre 1881, mort le 4 août 1922) connu par les européens pendant sa carrière politique sous les noms d'Enver Pacha (turc : Enver Paşa ) ou Enver Bey, était un officier militaire et l'un des chefs de la révolution Jeunes-Turcs.
Biographie
Il est né à Istanbul d'une famille d'origine gagaouze1 convertie à l'Islam au XVIIIe siècle en Crimée. Son père, un employé ferroviaire turc, voulait qu'Enver ait la meilleure éducation possible, c'est ainsi que ce dernier entama une partie de ses études en Allemagne. Il entra dans l'armée ottomane quelques années plus tard et reçut une formation militaire moderne dans la garde prussienne où il sera énormément influencé par les idées occidentales.
En 1902 il est affecté en Macédoine pour lutter contre les maquisards nationalistes grecs et bulgares.
Il rejoint les Jeunes-Turcs en 1906, un groupe politique libéral et réformiste. Il est l'un des principaux organisateurs de la révolution militaire qui obligea le sultan Abdülhamid II à rétablir la constitution ottomane de 1876, et il est également responsable du coup d'État qui obligea le sultan à abdiquer.
Il passe par la suite quelque temps à Berlin, puis on lui demande de revenir à Istanbul pour écraser la contre-révolution islamiste mise au point par le sultan.
En 1911, il épouse Nadjié (né en 1899), la petite fille du Sultan Abdulmedjid, donc la nièce du Sultan Mehmed V. Il devint ainsi membre de la famille impériale. Il s'agissait d'un mariage arrangé pour des raisons politiques, les mariés se sont rencontrés pour la première fois qu'après le mariage.
En 1911 et en 1912 il dirige les guérillas en Tripolitaine, durant le conflit contre l'Italie. Il revient à Istanbul pour la guerre des Balkans qui marque la fin de la souveraineté ottomane dans les Balkans, après la révolte des Jeunes-Turcs en janvier 1913.
Il convoque le comité directeur d'« Union et Progrès » et avec des officiers radicaux, il décide de prendre le pouvoir. Il envahit le siège du gouvernement (la Sublime Porte) et tue à bout portant le ministre de la guerre Nazim, et chasse Kamil Pacha et les membres du cabinet. Après avoir renversé le gouvernement, il constitue un triumvirat composé de lui-même, de Talaat Pacha et de Djemal Pacha. Le triumvirat se fait alors octroyer les pleins pouvoirs par une chambre terrorisée et met le parlement en vacances. Un groupe de politicien proteste contre les agissements autoritaire d'Enver, ils sont arrêtés et pendus.
En juillet 1913, il s'engage en Bulgarie où il reprend Edirne. On le nomme dès lors, le conquérant d'Edirné. Il crée l'Organisation spéciale, destinée à des actions de subversion2.
Après l'assassinat du grand vizir Mahmoud Chevket le 21 juin 1913, les fédéralistes libéraux sont énormément affaiblis et les unionistes reprennent le pouvoir. Épousant Naciye, la nièce du sultan, il renforce sa position et obtient une certaine immunité face à ses adversaires politiques.
Il dirige personnellement la bataille de Sarıkamış en décembre 1914 contre les Russes. Cette opération est un désastre stratégique. L'armée est ensevelie sous les neiges en janvier 1920 et la plupart de ses 90 000 hommes sont tués, non pas en raison des affrontements mais du froid. Il sauve sa propre vie de justesse et ne participe plus à aucune opération militaire. De peur de briser le moral national, une censure sévère est appliquée sur cette page sombre de l'Histoire dont les détails ont été divulgués que des années plus tard.
En avril 1915, en pleine guerre, il donna l'autorisation à Talaat Pacha, le ministre de l'intérieur, d'organiser la déportation des Arméniens ottomans, qui se solda par le premier génocide du XXe siècle.
Il démissionne et s'enfuit le 2 novembre 1918 pour l'Allemagne puis en Asie centrale quelques jours après la victoire des Alliés en 1918 et avant la signature de l'armistice de Moudros le 30 octobre 1918, à bord d'un sous-marin allemand. Les trois pachas s'enfuient et un tribunal d'Istanbul les condamne à mort pour leur participation au génocide arménien, mais les autorités ne feront rien pour les retrouver.
Il se réfugie en Allemagne à Neubabelsberg. Il tente de rentrer en Turquie en 1920 pour reprendre la tête du mouvement nationaliste mais l'influence de Mustafa Kemal l'en empêche. Il participe au congrès de Bakou organisé par l'Internationale communiste, et qui réunit les peuples turcophones de la Russie soviétique et de l'étranger.
Il prend alors contact avec des officiers allemands pour continuer la guerre en Asie centrale contre le Royaume-Uni. Son objectif était de réunifier les forces armées turcophones de l'Asie centrale avec les unités de l'armée rouge pour créer un Turkestan indépendant.
Il se rapproche donc par la suite des bolcheviks et il part pour le Turkestan (actuel Tadjikistan) pour réprimer une révolte panislamique, mais il trahit l'URSS pour organiser une résistance musulmane face aux communistes en s'appuyant sur les peuples turcophones de l'Asie centrale dans une optique panturquiste.
Après avoir bataillé pendant plus d'un an et remporté quelques succès éclatants (comme la prise de Douchanbe), il voit ses ressources s'épuiser et ses derniers compagnons de lutte le quitter. Sa petite armée comptait 7 000 hommes au départ. Trotsky envoie contre lui la première armée de cavalerie de Semion Boudienny.
Les circonstances de sa mort ne sont pas très claires. Selon certains, désespéré, abandonné de tous, il monta sur son cheval Derviche, en grande tenue, et décida de charger seul un bataillon de l'armée rouge, suite à l'assaut donné contre le village de Chagan, son dernier repaire. Près de Baldzhuan au Tadjikistan, il s'élança à travers la plaine vers les fantassins russes et le commandant du bataillon, l'Arménien Hagop Melkoumyan, donne l'ordre de tirer sur lui. Il est tué le 4 août 1922, après sa mort, le bataillon soviétique poursuit sa route comme si rien ne s'était passé.
Au printemps suivant les Russes découvrent son corps couché dans la steppe. Son uniforme de général et ses décorations ont permis de l'identifier, sa poitrine était percé de sept balles3.
Le 4 août 1996, le corps d'Enver est rapatrié en Turquie depuis le Tadjikistan. Il a été enterré comme un héros national sur la Colline de la Liberté (Abide-i Hürriyet Tepesi), à Şişli, sur la rive européenne d'Istanbul.
Grèce dans les guerres balkaniques (3).
Vers Ioannina
La capture de la capitale de l'Épire fut plus longue. Le commandant ottoman, Esad Pacha, n'agit pas comme son homologue de Macédoine et ses troupes luttèrent pied à pied. La progression grecque fut donc très difficile, d'autant plus que le relief de la région, dont ils avaient profité lors de la guerre d'indépendance grecque, ne leur facilita pas cette fois la tache. Ioannina elle-même était protégée par deux divisions d'infanterie soutenues par des nids de mitrailleuses fortifiés et par près de 90 grosses pièces d'artillerie (5,25 cm et 6 cm). Sur la route que devaient logiquement emprunter les forces grecques, les forts de Bizani (au sud) et Kastirsa (au sud-est) avaient été modernisés et renforcés à la fin du XIXe siècle avec l'aide du général allemand von der Goltz. Les canons disposaient d'emplacements fixes bétonnés ; il y avait des bunkers et des tranchées ; un réseau de barbelés entourait les forts. Cinq autres petits forts sur le même modèle protégeaient la ville au nord et au nord-ouest. Deux forts plus anciens se trouvaient à l'est de la ville et sur l'île, au milieu du lac. Enfin, après leur défaite à Bitola face aux Bulgares et aux Serbes, les troupes ottomanes s'étaient repliées sur Ioannina, où elles avaient renforcé la garnison. Les troupes grecques enfin, malgré les tentatives de prendre la ville à revers, ne réussirent jamais à l'encercler et donc à la couper de son ravitaillement via l'Albanie[36].
Dès le 5 novembre (julien), des volontaires épirotes, accompagnés de 200 Crétois, et commandés par le major de Gendarmerie Spyros Spyromelios, débarquèrent à Chimarra, un petit port au nord-est de Ioannina, qu'ils attaquaient donc à revers. Après une courte bataille, les défenseurs ottomans furent faits prisonniers[31].
Le 10 novembre (28 octobre julien), la première colonne de l'Armée d'Épire prit le contrôle du défilé de Pente Pegadia (les Cinq Sources) à mi-chemin entre Ioannina et Arta, ainsi que du village de Kleisoura[30]. Trois jours plus tard, un détachement commandé par le lieutenant-colonel Metsas et accompagné de 53 volontaires crétois, s'empara, après de rudes combats de Metsovo[38].
Le 7 décembre (24 novembre julien), un détachement composé de deux bataillons d'infanterie et d'une batterie, prélevé sur la IIe Division de l'Armée de Thessalie et accompagné de volontaires crétois, débarqua et captura Aghioi Saranta en Épire du Nord, nouvelle tentative d'attaque à revers. Une contre-attaque ottomane mit le détachement en difficulté. Il dut évacuer et retourner sur Corfou le 28 novembre (julien)[33]. Une partie réussit cependant à faire sa jonction avec l'Armée d'Épire[39].
Le corps des « Chemises rouges », composé de volontaires étrangers et commandé par Ricciotti Garibaldi et Alexandros Romas, s'empara le 9 décembre (26 novembre julien) du mont Driskos, près de Ioannina, après d'âpres combats contre les troupes ottomanes. Le poète et capitaine Loréntzos Mavílis mourut aux cours de ces combats, le 29 novembre. Le même jour, un détachement d'Evzones et le Régiment Crétois s'emparèrent du village de Pesta qui leur ouvrait la voie vers la principale ligne de résistance ottomane autour du fort de Bizani, au sud de Ioannina[33]. En ce mois de décembre, se faisaient face autour de 35 000 soldats ottomans et « redif » albanais et 25 000 soldats grecs. Les Grecs avaient installé leurs batteries sur les collines afin de leur donner le plus d'efficacité possible, mais elles furent incapables de faire des dégâts suffisants pour inquiéter les forts de Bizani et Kastirsa. À Ioannina, les Grecs se trouvaient bloqués, tout comme au même moment les Bulgares étaient bloqués à Adrianople et les Monténégrins à Scutari. Cependant, contrairement à ses alliés, la Grèce ne signa pas l'armistice de Chataldzha du 3 décembre 1912 et les combats se poursuivirent tout l'hiver autour de Ioannina[39].
Les combats de l'hiver dans les montagnes d'Épire ne furent pas faciles pour les troupes grecques, au-delà du froid. Elles se trouvaient loin de leurs bases et les lignes de communication passaient par des routes en très mauvais état, ce qui ralentissait l'arrivée du ravitaillement et des munitions. Elles n'étaient par ailleurs pas en nombre suffisant pour encercler totalement la ville dont les défenseurs continuaient à être ravitaillés. Il fallait cependant prendre la ville avant la signature de la paix pour être sûr de la conserver. En janvier 1913, trois divisions furent transférées depuis l'Armée de Thessalie. Ainsi, la Grèce disposait autour de Ioannina de cinq divisions, 28 000 hommes soutenus par quatre-vingts pièces d'artillerie et six avions qui servirent à l'observation, mais aussi au bombardement, avec des grenades. Mais, à cause de la tension croissante avec la Bulgarie en Macédoine, il n'y eut pas plus de renforts envoyés. Les troupes « redif » harcelaient constamment les forces grecques. Le 12 janvier, ces troupes albanaises musulmanes irrégulières réussirent à détruire les installations du port d'Aghioi Saranta, le principal point d'entrée du ravitaillement pour les assiégeants[40].
Les troupes ottomanes n'étaient pas en meilleure position. Elles devaient même se méfier de la population de la ville, grecque en majorité. Quant aux Albanais qui y résidaient, ils espéraient faire de Ioannina la capitale d'une région albanaise autonome. De plus, les déserteurs pouvaient s'enfuir puisque les troupes grecques n'encerclaient pas totalement la ville. Enfin, la prise de Koritsa, au nord-est, depuis la Macédoine, le 20 décembre, avait encore affaibli la position ottomane[40].
D'intenses duels d'artillerie avaient lieu tous les jours. Ils étaient cependant plus symboliques qu'efficaces : les Grecs ne pouvaient pas grand chose contre les casemates ottomanes et les défenseurs n'étaient pas très précis avec leurs canons de gros calibre. S'ils faisaient peu de dégâts, ils prouvaient cependant qu'ils disposaient d'une importante quantité de munitions et que le ravitaillement n'était pas coupé. Les combats se concentraient sur les petits fortins que les Grecs prenaient les uns après les autres et les Ottomans reprenaient parfois. Le fort principal, celui de Bizani, résistait aux assauts grecs. Le 20 janvier, le général Sapountzákis ordonna une attaque de grande envergure sur cet ouvrage. Elle échoua : tous les objectifs intermédiaires avaient été réalisés, mais Bizani n'était pas tombé. Les Grecs avaient perdu 1 200 hommes en une seule journée. L'offensive fut immédiatement arrêtée. En fait, d'après les sources ottomanes, si les Grecs avaient poursuivi leur effort, Ioannina serait tombée. Sapountzakes fut relevé de ses fonctions et remplacé par le diadoque Constantin le 23 janvier. Celui-ci prépara son offensive finale. Il économisa ses hommes et ses munitions toute la fin de l'hiver[40].
Le 5 mars (20 février julien) 1913, l'offensive fut déclenchée. Constantin avait prévu une attaque de diversion sur les fortins au sud-est de Ioannina et un intense bombardement d'artillerie au sud immédiat de la ville. La diversion fonctionna et le gros des troupes grecques attaqua par le sud-ouest. Esad Pacha, commandant de l'armée ottomane, constatant son complet encerclement à Bizani et voyant l'armée grecque s'approcher de Ioannina, envoya des officiers négocier sa reddition et celle de la ville. Dans cet assaut final, les Grecs perdirent 500 hommes. Le lendemain, le 6 mars (21 février julien), les forces ottomanes (32 000 à 33 000 hommes de troupe, un millier d'officiers et 108 pièces d'artillerie) se rendirent sans condition, permettant à l'Armée d'Épire d'entrer dans Ioannina[41],[40]. La popularité de Constantin était à son comble.
L'Armée d'Épire se divisa et continua vers le nord. La IIIe Division marcha vers l'Épire du Nord et s'empara de Leskovik (qui fut rétrocédé à l'Albanie, nouvelle-née au traité de Florence) le 23 février (julien) puis du défilé et de la ville de Kleisoura (Épire du nord) le 3 mars. La Ve Division prit Kónitsa le lendemain et le Détachement de l'Achéron s'empara de Neochori et Philiates le 25 février (julien) puis de Aghioi Saranta le 4 mars (julien). La VIIIe Division prit Argyrokastro et Delvino le 3 mars (julien), puis, soutenue par le régiment de cavalerie, entra le 5 mars (julien) dans Tepelen où elle s'empara de l'artillerie de campagne (cinq batteries) abandonnée par les Ottomans dans leur fuite[41],[42].
L'Armée d'Épire s'arrêta le 2 avril (21 mars julien), n'allant pas plus loin qu'Argyrokastro. L'Italie et l'Autriche-Hongrie avaient fait connaître leur opposition à la prise d'Avlona par la Grèce qui aurait alors contrôlé l'entrée en Adriatique[26].
Le principal objectif de la marine grecque, lors de la première guerre balkanique, était de se rendre maîtresse des mers, principalement de l'Égée, afin d'empêcher toutes communications entre l'Anatolie (et son port principal Smyrne) et la Thrace (et ses ports de Kavala et Dedeagatch[39]). Elle prit aussi le contrôle de la mer ionienne : dès le 3 décembre 1912 (grégorien), elle entreprit le blocus du port de Vlora, en Albanie. Elle bloqua effectivement toute la côte albanaise de la frontière grecque à Durrës le 27 février 1913 (grégorien), coupant le gouvernement provisoire albanais du reste du monde. La flotte apporta son soutien aux opérations terrestres grecques, mais aussi bulgares (attaque de Dedeagatch) et serbes (attaque de San Giovanni di Medua aujourd'hui Shengjini)[43].
Le 17 juillet 1912 (julien), la population de l'île d'Ikaria, menée par Ioannes Malachias, proclama son indépendance de l'Empire ottoman. Les autorités turques furent chassées et la République icarienne autonome fut créée. Elle exista de fait jusqu'au 4 novembre 1912 (julien), date à laquelle des navires de la flotte grecque s'arrêtèrent dans l'île et la rattachèrent à la Grèce[11].
Dès le 20 octobre (7 octobre julien), la conquête de Ténédos constitua la première étape dans la fermeture des Dardanelles. Le lendemain, 21 octobre (8 octobre julien) 1912, une escadre commandée par le major Ioulianos Kontaros fit débarquer des troupes sur Lemnos. Après avoir affronté les forces ottomanes pendant près d'une semaine, elles prirent le contrôle de l'île et surtout de son port principal Moudros qui allait servir de base navale pour le reste du conflit. Les Dardanelles étaient fermées[27],[39].
Le 31 octobre (18 octobre julien) 1912, deux compagnies d'infanterie et une force d'infanterie de marine protégées par les vapeurs marchands convertis Pelops et Kanaris débarquèrent sur Thasos, Agios Efstrátios et Imbros ; le lendemain 1er novembre (19 octobre julien), elles s'emparèrent de Samothrace. Au même moment, une escadre grecque patrouillait les eaux devant Smyrne, empêchant toute sortie[28],[39].
Le 22 octobre (julien), un détachement, commandé par A. Vratsanos, débarqua du destroyer Ierax et s'empara de l'île de Psara[30].
Le 2 novembre (julien), le destroyer Thyella débarqua une quarantaine d'hommes à Dafni, sur le Mont Athos. Cette troupe s'empara ensuite de Karyès, la capitale à 5 km dans les terres. Au même moment, le cuirassé Averoff, navire-amiral de la flotte grecque, accompagné des destroyers Ierax et Panther débarquèrent deux cents hommes sur l'île d'Ammoulianí, en Chalcidique, tout près du canal de Xerxès. L'intégralité du Mont Athos était passé sous contrôle grec[31].
Un millier d'hommes (infanterie de marine et infanterie), commandés par Alexandros Manousakes furent déposés par le cuirassé Averoff et trois vapeurs marchands réquisitionnés, à 14h le 21 novembre (8 novembre julien) à Mytilène, sur l'île de Lesbos. La garnison ottomane, composée de 2 000 hommes, surprise, se replia dans l'intérieur de l'île. Les combats se poursuivirent jusqu'au 21 décembre (8 décembre julien) où les Ottomans finirent par se rendre après une bataille autour du village de Klapados[31].
Le 11 novembre (julien), sous l'action de Themistoklis Sophoulis, Samos se souleva et déclara son énosis avec la Grèce qui ne l'accepta pas immédiatement, pour des raisons diplomatiques. L'île était en effet très proche du Dodécanèse, contrôlé par l'Italie, que la Grèce ne désirait pas provoquer[31],[39]. Il fallut que les Samiotes attendent le 14 mars (2 mars julien) 1913 pour voir débarquer sur leur île deux compagnies de l'armée grecque, amenées par le transport de troupes marchand réquisitionné Thessalia, protégé par le cuirassé Spetsai et les destroyers Nike et Velos, et pour que l'union fût officialisée[42].
Le 11 novembre (julien), une partie du 7e Régiment d'infanterie, transportée à bord des vapeurs marchands réquisitionnés Patris, Sappho et Erietta, protégés par une escadre de croiseurs de la marine grecque, débarqua sur Chios, à Kontari, un peu au sud du port principal de l'île. Comme sur Lesbos, la garnison ottomane (37 officiers et 1 800 hommes de troupe) fut repoussée dans l'intérieure de l'île. Les combats durèrent jusqu'au 3 janvier 1913 (21 décembre 1912 julien), quand les Ottomans se rendirent[33].
La Grèce était la seule véritable puissance navale engagée dans la première guerre balkanique. Elle eut rapidement la maîtrise de la mer Égée. Deux victoires lui permirent d'enfermer la flotte ottomane dans les Dardanelles : la bataille d'Elli, près du cap Helles, le 16 (3 julien) décembre 1912 et la bataille de Lemnos le 18 (5 julien) janvier 1913. Dans les deux cas, l'amiral Pavlos Koundouriotis commandait la flotte à bord de son navire amiral, le cuirassé Averoff[26],[44].
La bataille d'Elli fut la plus grande bataille navale de la première guerre balkanique. Au départ, il s'agissait d'une tentative ottomane de briser le blocus grec à la sortie des Dardanelles. Dans la flotte ottomane, se trouvaient les vieux cuirassés Barbaros Hayrettin et Mesudiye qui venaient de participer à la défense d'Adrianople, sur la ligne de Chataldzha. Ils avaient bombardé les forces bulgares depuis la mer de Marmara et avaient ainsi aidé à les repousser. Les navires ottomans furent appuyés par l'artillerie de leurs forts qui gardaient l'entrée du détroit. Les deux flottes firent subir de sérieux dégâts à leur adversaire. Finalement, la flotte ottomane concéda qu'elle ne pouvait rompre le blocus et rentra dans les Dardanelles. Deux jours plus tard, une nouvelle tentative de sortie se solda par un nouvel échec[45].
Dès le début du conflit, le 18 octobre (grégorien), le port de Préveza étant un objectif, et afin d'assurer à la marine grecque la suprématie en mer Ionienne, deux torpilleurs grecs entrèrent dans le port épirote et y coulèrent les deux cuirassés qui s'y trouvaient[36].
Le 31 octobre (18 octobre julien), le torpilleur n°11, commandé par le Lieutenant Nikolaos Votses, entra dans le port de Thessalonique et coula le cuirassé ottoman Fetih-i-Bulend[28].
Le 9 décembre (julien), le sous-marin Delphin, commandé par le lieutenant de vaisseau Stephanos Paparregopoulos, lança une attaque infructueuse contre le cuirassé ottoman Mecidiye. Ce fut la première attaque à la torpille de l'histoire depuis un véritable sous-marin[44].
Le 15 janvier (grégorien), le croiseur léger ottoman Hamidiye qui avait réussi à quitter les Dardanelles sans se faire repérer par la flotte grecque coula le croiseur grec Makedonia dans le port d'Ermoúpoli sur Syros, dans les Cyclades. Il rejoignit ensuite Port-Saïd sans être inquiété[43].
Le 6 février (grégorien) 1913, un avion grec survola la flotte ottomane dans les Dardanelles et lâcha quelques petites bombes qui manquèrent leur objectif. Cependant, cet événement peut être considéré comme la première attaque aéronavale de l'histoire[43].
Lorsque l'armistice de Chataldzha fut signé le 3 décembre 1912 (20 novembre julien), la Grèce n'était pas en situation très favorable. Son objectif principal, la capture de Thessalonique, avait été atteint. Mais cette victoire était surtout politique et symbolique et menacée par la présence bulgare. En termes militaires, les armées serbes et surtout bulgares avaient remporté des victoires beaucoup plus éclatantes. Comparativement, les batailles de la Grèce avaient été des engagements limités et ses troupes n'avaient pas fait preuve d'une très grande capacité. De plus, elles avaient subi un revers assez humiliant à Klidion. Enfin, elles étaient bloquées devant Ioannina. Les victoires navales avec les conquêtes des îles permettaient de rétablir ce bilan un peu mitigé. Pour cette raison, la Grèce ignora l'armistice entre ses alliés et les Ottomans et poursuivit les combats[46].
Depuis fin septembre, les alliés s'échangeaient leurs divers plans de partage. Le premier projet grec avait alors été proposé à la Bulgarie. La nouvelle frontière grecque, avec la Serbie et la Bulgarie, irait de Valona à la Mesta ; elle aurait donc Kavala, à majorité grecque. La Bulgarie aurait la Thrace entre la Mesta et la Maritsa. Constantinople, à majorité grecque, deviendrait zone internationale. La Bulgarie refusa. Son objectif était de reconstituer la grande Bulgarie du traité de San Stefano : elle voulait la Thrace, la Macédoine et Monastir ; pour elle, Constantinople devait être turque ou russe, tout autre statut entraînant de fait une domination grecque de la ville à laquelle elle se refusait. La Bulgarie ne concédait à la Grèce que les îles, sauf Thasos qu'elle revendiquait. Sofia suggérait en fait que le partage se fît en fonction de l'effort et des victoires militaires[47].
L'armistice de Chataldzha permit d'entamer des négociations à Londres, au Palais St. James. Dans un premier temps, cette conférence à Londres avait été suggérée par Paris et Londres. Elle ne devait réunir que les grandes puissances (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie et Russie) qui devaient y discuter du sort des Balkans et de l'issue du conflit en fonction de leurs intérêts. Les puissances avaient daigné inviter les belligérants, contrairement aux habitudes, afin de leur demander leur avis. Cependant, si Raymond Poincaré suggérait de revenir au statu quo ante, il n'en était pas de même pour l'Italie, qui voulait faire valider ses conquêtes de 1911, ou pour l'Autriche et l'Allemagne, qui voulaient créer une Albanie afin d'éviter que la Serbie n'ait accès à la mer. L'armistice de Chataldzha transforma le but de la conférence qui devint une négociation entre les pays balkaniques, bien plus entre eux d'ailleurs qu'avec l'Empire ottoman[48].
La Grèce y fut représentée par son Premier ministre Elefthérios Venizélos, Stephanos Skouloudis, Gennadios, l'ambassadeur de Grèce à Londres, Geórgios Stréit, l'ambassadeur de Grèce à Vienne et le professeur Nikolaos Politis, qui enseignait le droit international à Paris. Leur objectif premier était de revenir avec Thessalonique, la Chalcidique, Kastoria et Koritsa. L'idée était d'échanger Serrès contre Kavala, Dráma et Monastir. Ils devaient aussi réclamer toutes les îles de l'Égée, surtout la Crète et même Thasos. S'ils ne pouvaient obtenir Thasos, il fallait la refuser aux Bulgares. L'idée était alors de la proposer aux Britanniques car elle aurait été une possession égyptienne. La Grèce avait fait des concessions. Elle avait fait la moitié du chemin entre ses propositions de septembre et le traité de San Stefano, base des exigences bulgares[49].
Les Ottomans ne cherchèrent qu'à gagner du temps lors de ces négociations. Ils souhaitaient profiter du répit pour se réorganiser et se préparer à une contre-offensive. Ainsi, ils refusèrent, jusqu'au 24 décembre, de reconnaître la délégation grecque, arguant du fait que les deux pays étaient encore en guerre. Ils refusèrent ensuite de discuter à propos d'Andrinople, inacceptable pour la Bulgarie, et à propos des îles de l'Égée, inacceptable pour la Grèce. Par contre, Venizélos passa beaucoup de temps à négocier avec son homologue bulgare Stoyan Danev. Ce dernier finit par informer Sofia que si la Bulgarie voulait Thessalonique, il faudrait faire la guerre à la Grèce. Le 1er janvier 1913, l'Empire ottoman fit connaître son refus des conditions posées par les pays balkaniques. Le 6 janvier, les discussions furent ajournées. Le 23 janvier, Enver Pacha renversa le gouvernement ottoman lors d'une nouvelle révolution Jeunes-Turcs. La guerre reprit à la date d'expiration prévue de l'armistice : le 3 février, mais les négociations se poursuivirent à Londres, toujours pour le partage futur des territoires perdus par les Ottomans[50],[51].
En parallèle, se tint aussi à Londres, sous la direction du Foreign Secretary britannique Edward Grey, à partir du 17 décembre, une « Conférence des Ambassadeurs », réunissant les ambassadeurs des « six Grandes Puissances, signataires du Traité de Berlin de 1878 ». L'idée était ici d'éviter l'extension du conflit au reste de l'Europe, mais aussi de conserver le rôle d'arbitre sur le continent. Cette conférence s'intéressa au problème des îles de l'Égée (entre la Grèce et l'Italie ; entre la Grèce et l'Empire ottoman ; et entre la Grèce et la Bulgarie), au problème de la frontière entre la Bulgarie et l'Empire ottoman et enfin au problème de la création de l'Albanie. Cette dernière question ne concerna la Grèce qu'indirectement : l'Autriche-Hongrie et l'Italie se souciaient plus des avancées serbes. Elles ne s'intéressèrent que modérément aux frontières sud du pays (et uniquement lorsque la Grèce tenta de s'emparer de Valona). Aucune des grandes puissances ne s'opposa donc à la conquête de Ioannina par la Grèce, si elle devait finalement s'en emparer[52].
La Cham des Bondons.
| Cham des Bondons | ||
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| Un des menhirs du site de la Cham des Bondons. À l'arrière plan, le puech de Mariette. | ||
| Localisation | ||
| Pays | | |
| Région | Languedoc-Roussillon | |
| Département | Lozère | |
| Coordonnées | 1 | |
| Altitude | 1 200 m | |
| Superficie | 10 hectares | |
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| Histoire | ||
| Époque | Néolithique | |
La Cham des Bondons est un plateau calcaire d'une dizaine de kilomètres carrés s'étendant au sud-ouest du mont Lozère, à une dizaine de kilomètres de Florac, dans le département de la Lozère. Ce plateau tient son nom du mot occitan local Cham (plateau ou causse) et de la proximité de la commune des Bondons.
Avec ses 154 menhirs de granit, le site constitue la deuxième concentration de monuments mégalithiques en Europe après les alignements de Carnac en Bretagne. On estime que la mise en place de ces pierres doit se situer entre la fin du Néolithique et l'âge du bronze. Ce site recèle également une curiosité géologique : deux mamelons de marnes noires ayant résisté à l'érosion et dominant la vallée du Tarn, le Puech d'Allègre et le Puech de Mariette, ensuite renommés Truc de Miret et Truc des Bondons2. Ces puechs (du latin podium, terre élevée), comme on les appelle, seraient issus selon la légende de la boue tombée des sabots de Gargantua3.
Le site de la Cham des Bondons fait partie du parc national des Cévennes.
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Le site archéologique de la Cham des Bondons
Ce site est unique dans tout le sud de la France. En effet, sur une aire d'à peine 10 km2 ont été plantés il y a plus de 4000 ans plus de 150 menhirs. Certains chercheurs avancent le nombre de 154 et d'autres au-delà de ce chiffre.
Le premier grand inventaire de ces monolithes remonte aux années 1940 avec le docteur Morel qui en dresse deux inventaires. Depuis, peu ou pas de publications sur ce site, sinon confidentielles.
Grâce aux collectivités territoriales et au Service des Antiquités dirigé en Lozère par Gilbert Fages, ce patrimoine est en train de sortir petit à petit de l'ombre. En effet, tout au début du XXe siècle, c'était tout au plus entre trois et sept menhirs qui étaient encore debout. Dans les années 1980-1990, une trentaine de pierres avait été relevée. Aujourd'hui, ce sont au moins 80 menhirs qui ont retrouvé la verticale.
Parmi ces derniers, on notera au sud des hameaux de la Vaissière et de la Fare deux très grands menhirs mesurant respectivement 4,80 m et 4,50 m hors sol. Encore couchés il y a quelques années mais aujourd'hui remis à la verticale, ils avoisinaient les 6 mètres de long.
Particularités des menhirs de la Cham des Bondons
En premier lieu, on remarque que tous les menhirs de cet ensemble sont en granite extrait des pentes sud du massif du mont Lozère. Or, ces pierres ont été plantées en terrain entièrement calcaire. Elles ont donc été transportées pour être érigées à cet endroit sur une distance minimum de 800 m. Pour certaines pierres, la distance entre le lieu d’extraction et le lieu d'érection doit se compter en kilomètres.
En second lieu, les menhirs ne semblent pas disposés dans l'espace de manière rationnelle. On trouve un grand nombre de menhirs seuls, des menhirs par paires et plus rarement en ligne de trois. Des demi-cercles et de vagues cercles (cromlechs) se dessinent dans le second regroupement de la Fage et celui de la Baraque de l'air. Il n'y a donc pas ici de longs alignements du type Carnac en Bretagne ou des dispositions en cercles parfaits comme sur le causse de Blandas dans le département du Gard. Les plus grands menhirs sont souvent sur des buttes mais là encore ce n'est pas une généralité.
En troisième lieu et le plus sujet à hypothèses, c'est bien sûr de connaître la motivation des constructeurs préhistoriques d'élever autant de pierres en un endroit aussi restreint. On a ainsi parlé de balisages de chemins antiques par temps de fortes neiges, de bornes indicatrices d'entrées de mines, de jalons d'une « route de l'uranium »... Rien ne permet aujourd'hui d'étayer ou de réfuter totalement telle ou telle hypothèse. Néanmoins, on peut avancer l'idée que ces monolithes dressés par dizaines auraient pu démontrer le fort sentiment religieux et la puissance d'une tribu sur d'autres. Nombreuses sont les légendes arrivées jusqu'à nous et qui rappellent le pouvoir de fertilité et de force attaché aux pierres plantées. En planter autant sur quelques kilomètres carrés devait revêtir une très importante symbolique religieuse sinon politique et ainsi conférer à la Cham des Bondons il y a plus de 4000 ans la notion de « lieu sacré ». Cependant, la fonction originelle de ces monolithes dirigés vers le ciel reste inconnue.
La Cham des Bondons, en plus d'être la seconde plus importante concentration européenne de menhirs après Carnac, est aussi un très agréable lieu de randonnée très facile à explorer, pour découvrir les vestiges de la préhistoire lozérienne et cévenole.
Accès au site des menhirs
On rejoint la Cham des Bondons par le village du Pont-de-Montvert en allant via la route D35 en direction du hameau de Runes célèbre pour sa cascade. On peut aussi emprunter la route N106 qui traverse Florac et se dirige vers le nord vers Mende, puis en bifurquant sur le causse de Sauveterre au niveau du col de Montmirat. De Mende, l'accès vers la Cham des Bondons est aussi très facile. Un parking sert de point de départ à deux circuits de randonnée proposés par l'office de tourisme.
Répartition des groupes de menhir
La Cham des Bondons se compose de plusieurs groupes de menhirs de taille et d'intérêt variable. En dehors de ces groupes, d'autres menhirs existent en ordre dispersé mais ne peuvent être considérés comme des groupes à part entière car le nombre de pierres qui composent ces ensembles sont trop faibles. On peut ainsi citer les menhirs du village des Bondons, de la Can d'Issenges, du col de Montmirat, de Cocurès, de Malaval, des Puechs, de Lozerette, de Champ Ferrier, de Mont Vert, etc.
Fort d'une vingtaine de menhirs couchés, le premier groupe de menhir de la Fage se confond dans un reboisement et les monolithes sont de taille moyenne (entre 1,50 et 2,50 m). Du fait de son occultation par la végétation et de la relative petitesse des menhirs, l'intérêt de ce groupe est peu élevé.
Le second groupe de la Fage est certainement le plus connu et le plus visité par les randonneurs. Il compte plus d'une vingtaine de menhirs redressés, un dolmen et des tumuli. Le parking aménagé est implanté très près du point de départ de ce groupe et de son menhir emblématique « la Pierre des Trois Paroisses ». On reconnaît facilement cette belle pierre aux marques taillées dans la roche laissées par des essais de débitage effectués par des carriers. Elle est inscrite monument historique depuis 1941, en tant qu'élément d'un des groupes de mégalithes des Bondons4. Autrefois couchée, elle aurait avoisiné 5,45 m de longueur. Elle a été en partie amputée par les carriers et aujourd'hui, une fois redressée, elle culmine à moins de 3 m de hauteur. Tout autour de cette pierre et en se rapprochant du hameau des Combettes (en contrebas dans la vallée), on rencontre en suivant le sentier de grande randonnée (tronçon commun aux GR 43 et GR 68) le dolmen de la Fage, quelques menhirs isolés et sur un replat un peu plus bas, le bel ensemble formé par les trois menhirs alignés de Chabusse. Une fois traversée la petite pinède située juste à côté et en suivant le GR, ce sont des menhirs seuls ou par groupes de deux qui attendent les randonneurs et cela jusqu'aux Combettes. En allant vers l'est à partir de « la Pierre des Trois Paroisses », plusieurs paires de menhirs ont été replantées et cela jusqu'au sommet d'un mamelon.
Ce groupe compte une vingtaine de menhirs dont la taille moyenne se situe entre 1,7 et 2 m. Ils sont pour leur grande majorité implantés aux sommets de petites croupes situées au sud de la maison dite de la Baraque de l'air. Ces pierres semblent dessiner pour certaines des demi-cercles de petite envergure ou des alignements imparfaits.
Également appelé groupe de menhirs de la Fare, ce groupement présente les plus grands menhirs de la Cham des Bondons. Situé au sud des hameaux quasi-abandonnés de la Vaissière et de la Fare, c'est un ensemble numériquement très important composé d'une quarantaine de menhirs très étalé sur le terrain. C'est ce groupe qui a le plus bénéficié des dernières restaurations, ce qui a permis de revoir érigé en majesté de très grands monolithes avoisinant les 5 mètres de hauteur. En se baladant dans ce groupe, on remarque encore près d'une dizaine de pierres couchées, pierres qui devraient être replantées dans les mois ou les années à venir.
Très proche du groupe de la Vaissière mais séparé par un profond ravin, le groupe de Colobrières est facile à atteindre en une demie-heure de marche. L'intérêt vient surtout du beau menhir de Colobrières haut de près de 4 mètres et planté au sommet d'une croupe. Les autres menhirs alentour sont toujours couchés et de taille inférieure.
Située au-dessus du petit hameau de Fontpadelle, cette carrière a été reconnue voilà plus de 60 ans par le docteur Charles Morel. Une fois sur le site, on remarque au moins cinq belles dalles de granit en position inclinée et prêtes à être descendues vers la Cham des Bondons. Le dénivelé est assez important tout comme la distance entre ce centre d'extraction (entre 800 et 1 200 m). On notera sur ce site la présence d'un grand bloc de granit dont il manque un grand morceau à la silhouette caractéristique. En prenant les mesures et la forme du morceau disparu, on se rend ensuite compte que cette pierre a été dressée à l'entrée du hameau de la Vaissière : elle a servi de stèle en l'honneur des sœurs Dupeyron, deux institutrices mortes durant l'hiver 1941, prises dans une tourmente de neige en voulant se rendre à leur poste de travail5. Une autre carrière de menhirs de taille nettement moins importante a été découverte plus au sud et est située au lieu-dit Pranleri.
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