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CHOMOLANGMA

RASPOUTINE (1).

7 Octobre 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

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Grigori Efimovitch Raspoutine, par la suite Raspoutine-Novyï (russe : Григорий Ефимович Распутин-Новый), est probablement né en 1869 dans le village de Pokrovskoïe (Покровское) et est mort assassiné dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916 du calendrier julien alors en vigueur en Russie (29 au 30 décembre du calendrier grégorien actuel).

Originaire des confins de la Sibérie, c'est un mystique errant, peut-être un staretz, titre donné à des mystiques, laïcs ou religieux, qu'on venait consulter. Cependant, aucun texte actuellement connu ne vient étayer ou infirmer le fait qu'il aurait été réellement moine, chose qu'il affirmait lui-même. En l'état, l'hypothèse la plus généralement retenue est qu'il fut surtout un aventurier doué qui aurait eu une aura très particulière.

Il était de stature moyenne, mais avec une carrure imposante, de nature sale et grossière, mais dégageait un magnétisme envoûtant et étrange. Il portait des cheveux et une barbe longs et hirsutes, mais possédait avec ses yeux bleus clairs, très perçants, un curieux regard hypnotique qui semblait avoir le pouvoir de transpercer l'âme de ses interlocuteurs.



Le mystère de ses origines

Très peu de sources de première main peuvent nous renseigner sur ses origines. Beaucoup de récits ont été véhiculés par Raspoutine lui-même et ses allégations ont longtemps été les seules sources d'informations.

La plupart des archives ayant été détruites par le temps, même l'année de sa naissance est sujette à caution. L'encyclopédie soviétique parle de 1864 ou 1865. Quant à son nom, il a souvent été dit que Raspoutine était un surnom, issu de l'adjectif russe raspoutnyi (распутный) signifiant débauché. Puis l'écrivain russe Edvard Radzinsky a affirmé, dans une biographie de Raspoutine, que dans les documents officiels des archives de Tioumen, en Sibérie, on peut encore consulter un recensement des habitants de Pokrovskoïe qui mentionne clairement le nom de Raspoutine. Partant de là, il affirme donc que Raspoutine était son vrai nom.

En 1995, enfin, l'historien russe Oleg Platonov (Олег Анатольевич Платонов) se penchait sur la question Raspoutine, suite à une demande du clergé (par la voix du métropolite Yoann), désireux de tirer les choses au clair sur ce mystérieux personnage. Il publia donc, en 1996 à Saint-Pétersbourg, une étude intitulée Une vie au service du Tsar : la vérité à propos de Raspoutine. Si presque tous les livres d'époque ont disparu, Platonov mit tout de même la main sur une collection complète de renseignements – rongés par les scarabées et l'humidité – concernant les baptêmes, les mariages et les décès dans le village de Pokrovskoïe entre 1862 et 1868.

Il apparaît dès lors que les parents de Raspoutine (Iefim Iakovlevitch Raspoutine et Anna Vassilievna Parchoukova) se sont mariés à Pokrovskoïe le 21 janvier 1862, à l'âge de, respectivement, 20 et 22 ans. Une petite Evdokia naît le 11 février 1863, qui meurt quelques mois plus tard, puis une nouvelle fille, appelée elle aussi Evdokia, vient au monde le 2 août 1864. Elle non plus ne survit guère. Une autre fille, prénommée Glikerya, viendra au monde le 8 mai 1866 et décédera 4 mois plus tard. Le 17 août 1867, survient enfin le premier fils, qu'ils appelleront Andreï et qui ne survivra pas non plus. En 1868, les livres d'église ne font mention d'aucune naissance dans la famille, ce qui veut dire que Raspoutine n'a pas pu naître avant 1869. Après 1868, il n'y a pas de registres consultables, mais il existe encore certains formulaires originaux remplis pour un recensement de toute la Russie. On sait que ce recensement, datant de 1897, avait été très soigneusement fait ; au nom de Grigori Iefimovitch Raspoutine il est précisément indiqué qu'il était dans sa 28e année et son année de naissance y est indiquée : 1869. Il n'y a pas d'autre précision sur sa date de naissance et nous ignorons donc le jour ou le mois de sa venue au monde.

 

Pour la question du nom de famille, s'il est vrai que Raspoutine y est bien mentionné dans certains registres, il est en outre clairement indiqué le nom de baptême du père de Raspoutine: Novykh (Новых). Par ailleurs, dans les archives consultées par Platonov, pas moins de sept familles du même village étaient appelées Raspoutine. L'historien rappelle alors qu'outre "débauché", le mot raspoutine signifiait également, à l'époque, "croisée des chemins" ou "carrefour" et était donc fréquemment utilisé comme surnom pour ceux qui habitaient de tels endroits. D'après le célèbre dictionnaire de Vladimir Dal, le Dalia (Даля), publié entre 1863 et 1866 : Raspoutine (распутье) est un “chemin de voyage, une fourche, un échange de voies, une place où se croisent ou se séparent les chemins, un carrefour” (“разъездная дорога, развилина, развилы пути, место, где сходятся или расходятся дороги, перекресток”). De surnom, Raspoutine se muait souvent en nom de famille, ce qui fut probablement le cas avec la famille de Iefim. Aujourd'hui encore, Raspoutine est d'ailleurs un nom qui se rencontre en Sibérie.



Sa jeunesse

Sa mère, Anna Vassilievna Parchoukova, et son père, Iefim Iakovlevitch Raspoutine, étaient fermiers dans le village sibérien de Pokrovskoïé, du district de Tioumen, dans la province de Tobolsk, à 2 500 km à l'Est de la capitale russe Saint-Pétersbourg. La légende veut que le 10 janvier 1869, un météore ait traversé le ciel au-dessus du village de Pokrovoskoïé, et ce phénomène annonça, disait-on, la venue au monde d'un personnage exceptionnel.

La vie était rude, l'existence rustique, la vodka une boisson courante, l'instruction n'existait pas. Grigori n'apprendra les rudiments de la lecture et de l'écriture qu'au cours de ses voyages, à l'âge adulte, mais certaines personnes lui trouvaient un pouvoir d'apaisement, voire de guérison, sur les animaux.

Suite à une chute accidentelle dans les eaux glacées d'une rivière, son frère aîné, Andreï, et lui sont victimes d'une pneumonie dont son frère meurt. Grigori guérit mais traverse des périodes de dépression et de surexcitation incontrôlable. Il aide son père dans les travaux de la ferme et conservera de cette enfance les manières frustes des paysans sibériens, les vêtements amples et peu soignés, et les mains calleuses.

Il va à la rencontre des moines sages, les « staretzy » pour suivre leurs enseignements religieux, mais il fait aussi preuve de débordement d'énergie et de pulsions diverses dont une sexualité débordante qu'il assouvit facilement. Dès l'âge de dix-huit ans, il est sujet à des crises mystiques.

En 1888, à l'âge de dix-neuf ans, il épouse une jeune paysanne du village de Doubrovnoïé, Praskovia Feodorovna, qui lui donnera cinq enfants : Mikhail et Georguiï décèdent prématurément, Dimitri, né en 1895, Matriona en 1898 et Varvara en 1900. Malgré de multiples incartades sexuelles, il reviendra toujours auprès d'elle.

Sa vie d'errance


Un jour, en
1894, alors qu'il travaillait dans les champs il aurait eu la vision d'une Vierge lumineuse. Le starets Makari, un moine ascète à qui il en parle et que Raspoutine considère comme son père spirituel, lui conseille alors de s'investir plus dans la religion orthodoxe et de se rendre au Mont Athos, en Grèce, ce qui signifie un long voyage à pied de plus de 3 000 km. Il décide de s'y rendre et quitte sa femme pour un voyage qui va durer plus de dix mois; mais le Mont Athos et ses moines le décevront. Sur la route du retour il fait halte dans de nombreux monastères et c'est plus de deux ans après son départ qu'il retrouve sa femme et son jeune fils Dimitri, né en 1895.

Cependant, il continue à vivre des périodes de mystique et d'ermite, parcourant la Sibérie occidentale et survivant grâce à la charité et à l'aumône, frappant aux portes des monastères et acquérant au fur et à mesure de ses pérégrinations une réputation de sage et de guérisseur, disant : « Ce n'est pas moi qui guéris, c'est Dieu. ».

Il effectue de nombreux pèlerinages, particulièrement à Kazan et à Kiev, et les gens commencent à venir de toute la région pour écouter ses prêches. Le clergé orthodoxe s'inquiète de son succès, mais ne peut rien trouver à y redire. De plus en plus de fidèles viennent à ses réunions, amenant des malades sur lesquels il exerce ses talents de « guérisseur ». Sa réputation s'étend mais en même temps il continue une vie de débauché, de buveur, de bagarreur, de séducteur, et même de voleur.

Durant toutes ces années, il entre en contact avec de multiples sectes qui fleurissaient sur le terreau de la religion orthodoxe. Il se rapproche en particulier des khlysty qui mêlent, par la danse et l'extase, l'érotisme et la religion... ce qui convient parfaitement à sa nature. Son mysticisme devient doctrinaire et le conduit à l'élaboration d'obscures théories sur la régénération par le péché et les excès en tous genres.


L'arrivée à Saint-Pétersbourg


À l'invitation de la
grande-duchesse Militza, qui l'avait rencontré à Kiev, il décide de se rendre à Saint-Pétersbourg, capitale de l'empire russe depuis Pierre le Grand. Son descendant, le tsar Nicolas II, y règne depuis 1894. En cours de route, à Sarov, il assiste à la canonisation du moine Séraphin de Sarov, et devant l'assistance réunie, Raspoutine entre en transe et prévoit la naissance d'un héritier mâle au trône impérial. Le 12 août 1904, naîtra le tsarévitch Alexis, malheureusement souffrant d'hémophilie.

Il arrive au printemps 1904 dans la capitale des Tsars, Saint-Pétersbourg. Son but était de rencontrer le tsar et la tsarine qui étaient trop occidentalisés à ses yeux, pour les initier à la véritable âme russe. Son protecteur, le vicaire de Kazan, lui avait remis une lettre de recommandation destinée à l'évêque Sergui qui s'inquiétait aussi de la dangereuse crise spirituelle qui minait la Russie.

Conquis par Raspoutine, l'évêque le prit sous sa protection et le présenta au patriarche Théophane de Poltava, confesseur de la tsarine Alexandra Fedorovna, au père Jean de Kronstadt, et à l'évêque Hermogène de Saratov. Il furent tous stupéfaits par la ferveur religieuse de Raspoutine et par son talent de prédicateur. Ils le bénirent, le considérèrent comme un staretz, même comme un « envoyé de Dieu », et l'introduisirent auprès de la grande-duchesse Militza et de sa sœur la grande-duchesse Anastasia, filles du roi Nicolas Ier du Monténégro – elles étaient mariées à deux frères, respectivement le Grand-duc Peter Nicolaïévitch et le Grand-duc Nicolaï Nicolaïevitch, cousins d'Alexandre III – cependant Raspoutine retourna dans son village sibérien et ne reviendra à Saint-Pétersbourg qu'en 1905 au début de la tourmente révolutionnaire.

 


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