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CHOMOLANGMA

LOUIS XIV (5).

17 Août 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

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historique & auteurs

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contrat Creative Commons.


Les derniers jours

Le 9 août 1715, au retour de Marly, le roi apparaît brusquement très abattu.
Le 10, il se plaint d’une douleur à la jambe gauche que son premier médecin Fagon, attribue à une
sciatique et pour laquelle il préconise une médecine. Les jours passent, les nuits sont agitées, il se nourrit de moins en moins et il paraît à tous, de plus en plus affaibli.
Le 21 août, il accepte la consultation collective de quatre docteurs de la
faculté de médecine de Paris qui confirment la sciatique alors que la fièvre mine le malade et que la pourriture de la jambe devient apparente.
Le samedi 24, la situation s’aggrave : la prétendue sciatique se révèle une
gangrène sénile à la jambe contre laquelle les médecins sont impuissants.
Le 26, après avoir pris son dîner au lit, qu’il ne quitte plus, il fait entrer son arrière-petit-fils, le petit dauphin, le futur roi
Louis XV, âgé de 5 ans et demi. Il lui adresse un discours dont les termes diffèrent selon que l’on se rapporte au marquis de Dangeau ou à Saint-Simon. Ses derniers conseils furent de ne pas l'imiter dans son goût pour les bâtiments, de soulager la misère de ses peuples, « ce que j'ai le regret de ne pas avoir fait », et de vivre en paix avec ses voisins. Il avoua même : « J'ai trop aimé la guerre ». Sur son lit de mort, il déclare aussi : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ».
La journée du 30 se passe dans une somnolence quasi constante.
Le samedi 31, la nuit et la journée sont détestables. Il n’a que de rares instants de connaissance. La gangrène gagne le genou et toute la cuisse. On lui donne du remède que sa belle-fille, la
duchesse du Maine, a apporté et qui est excellent pour la petite vérole.
Mais le lendemain,
1er septembre 1715, Louis XIV meurt à 8h15 du matin, la veille de ses 77 ans, entouré de ses courtisans, après cette agonie de plusieurs jours. Son règne aura duré 72 ans et 100 jours (54 années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661). Il est enterré, muni des Sacrements de l'église catholique, comme se doit de l'être le Roi Très Chrétien, dans la basilique Saint-Denis.

Sa disparition ne semble pas avoir soulevé beaucoup d'émotion parmi les courtisans ni parmi le peuple, lassés d'un long règne à la fin assombrie. Le Parlement de Paris cassa son testament dès le 4 septembre, ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funèbre de Louis XIV fut même hué ou raillé sur la route de Saint-Denis. Cependant, de nombreuses cours étrangères, même traditionnellement ennemies de la France, eurent conscience de la disparition d'un monarque d'exception : l'Électeur de Saxe n'eut besoin d'aucune précision de nom lorsqu'il annonça solennellement à ses ministres : « Messieurs, le Roi est mort ».

Descendance


Louis XIV a de nombreux
enfants légitimes et illégitimes.

De sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche, le roi a six enfants (3 filles et 3 garçons) dont un seul survécut à l'enfance :

Nom Naissance Décès
Louis de France, fils de France, le Grand Dauphin 1er novembre 1661 14 avril 1711
Anne-Élisabeth de France, fille de France 18 novembre 1662 30 décembre 1662
Marie-Anne de France, fille de France 16 novembre 1664 26 décembre 1664
Marie-Thérèse de France, fille de France, la Petite Madame 2 janvier 1667 1er mars 1672
Philippe-Charles de France, fils de France, duc d'Anjou 5 août 1668 10 juillet 1671
Louis-François de France, fils de France, duc d'Anjou 14 juin 1672 4 novembre 1672


De ses deux principales maîtresses, il eut 11 enfants légitimés :


De l'union du roi avec
Louise de La Vallière naissent :

  • Charles (1663-1672)
  • Philippe (1665-1666)
  • Marie-Anne, mademoiselle de Blois (1666-1739), mariée au prince de Conti ;
  • Louis, comte de Vermandois (1667-1683).

De Madame de Montespan naissent :

  • Louise-Françoise (1669-1672)
  • Louis-Auguste, duc du Maine (1670-1736) ;
  • Louis César, comte de Vexin (1672-1683) ;
  • Louise-Françoise, mademoiselle de Nantes (1673-1743), mariée au duc de Bourbon ;
  • Louise-Marie, mademoiselle de Tours (1674-1681).
  • Françoise-Marie, mademoiselle de Blois (1677-1749), mariée à Philippe d'Orléans, le futur régent ;
  • Louis-Alexandre, comte de Toulouse (1678-1737).

En 1679, l'affaire des poisons consomme la disgrâce dans laquelle Madame de Montespan, ex-favorite du roi était tombée quelques mois auparavant.

Le roi aurait eu d'autres enfants mais non reconnus dont :

  • Avec Claude de Vin des Œillets :
    • Louise de Maisonblanche (1676-1718)


Personnalité du Roi-Soleil

Le soleil comme emblème


Louis XIV choisit pour emblème le soleil. C'est l'astre qui donne vie à toute chose, mais c'est aussi le symbole de l'ordre et de la régularité. Il régna en soleil sur la cour, les courtisans et la France. En effet, les courtisans assistaient à la journée du roi comme à la course journalière du soleil. Il apparaît même déguisé en soleil lors d'une fête donnée à la cour.

Le Roi-Soleil domestiqua définitivement tous ceux qui lui contestaient le pouvoir en faisant de sa vie de monarque un théâtre perpétuel où tout, de son coucher à son lever, de ses repas à ses frasques amoureuses, de ses vêtements à ses animaux de compagnie, de ses divertissements à ses plaisirs intimes, était suivi par des courtisans anxieux.



Sa devise
Nec pluribus impar

Voltaire rappelle dans son
Histoire du siècle de Louis XIV l’épisode de la célèbre devise du Roi-Soleil. Louis Douvrier, un médailliste « antiquaire » , eut l’idée en prévision du prochaincarrousel de 1662, d’attribuer un emblème et une devise à Louis XIV qui n’en avait pas. Cet ensemble ne plut pas au roi qui le trouva ostentatoire et prétentieux. Douvrier, pour assurer malgré tout le succès de sa production, la promut discrètement auprès de la Cour qui s’enthousiasma de cette trouvaille et y vit l’occasion de montrer son éternel esprit de flatterie. Le blason comportait un globe éclairé par un soleil étincelant, et la devise : Nec Pluribus Impar (latin). Les héraldistes contemporains furent prompts à y voir un plagiat d’un ancien blason ayant appartenu à Philippe II d'Espagne qui signifiait pour la circonstance : « Suffisant à toutes les étendues ». On fit alors remarquer que ce roi d’Espagne possédait encore à cette époque un empire où le soleil ne se couchait jamais. On détourna donc le sens de cette devise vers la personnalité du roi qui n’en demandait pas tant. Cela lui fit tort car elle lui attribua une attitude hautaine, distante et orgueilleuse qu’il n’avait pas. D’ailleurs, Louis XIV refusa toujours de s’en parer et ne la porta jamais dans les carrousels. Il semble que par la suite il ne fit que la tolérer pour ne pas décevoir ses courtisans.

NEC PLURIBUS IMPAR, la devise du roi

Traduire la devise par « non inférieur à plusieurs » paraît d’abord un mot à mot plutôt indigent et n’a pas beaucoup de sens si elle s’adresse au soleil. La formule latine trop abrupte (et construite en litote) permet ainsi toutes les traductions. Charles Rozan rapporte dans un ouvrage la parole que Louvois adressa au roi quand celui-ci déplorait le sort de Jacques II d'Angleterre chassé de son pays : « Si jamais devise a été juste à tous égards, c’est celle qui a été faite pour votre Majesté : Seul contre tous ». De fait, le roi dut déclarer la guerre à l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et le Saint-Empire, avec l’espoir de rétablir son cousin sur le trône.

Enfin, la ville de Neuf-Brisach qui doit tant au Roi-Soleil, arbora à cette époque la devise du souverain : Nec pluribus impar, avec le sous-titre inattendu de « sans pareille ». Faisant abstraction du symbole solaire, on peut dire également que Louis XIV fut un roi « sans pareil ».Napoléon Ier en dictant ses mémoires jugeait de son côté : « Le soleil lui-même n’a-t-il pas de taches ? Louis XIV fut un grand roi. C’est lui qui a élevé la France au premier rang des nations. Depuis Charlemagne, quel est le roi de France qu’on puisse comparer à Louis XIV sous toutes ses faces. »

Louis XIV, une force de la nature


On dit du roi qu'il n'était pas grand – 1,61 m – mais qu'il était d'une grande élégance et en imposait par sa prestance, sa beauté et sa superbe. Il fut un amateur fervent de la danse, du spectacle de ballets et du
jeu de paume et comme presque tous ses ancêtres, un passionné de chasse et d’équitation. Cela fut surtout vrai pour sa jeunesse car s’il a pu paraître robuste et insensible à la fatigue, ne se plaignant ni du chaud ni du froid, ni de la pluie ni de la grêle, et feignait de s’étonner qu’on puisse en souffrir, Louis XIV fut avant tout un homme d’une grande endurance physique et morale. Et s’il eut un règne d’une longueur exceptionnelle, il fut paradoxalement toute sa vie d’une santé déficiente et maintes fois mise en péril.

La lecture du journal de santé de ce monarque, minutieusement entretenu, est édifiante : il se passe peu de jours sans que le souverain ne soit pas l’objet d’une purgation, d’un lavement, d’un emplâtre, d’une pommade ou d’une saignée. On y trouve entre autres consignés :

Troubles gastriques et dysenteries : ce sont des indispositions pénibles et chroniques chez ce monarque, réputé gros mangeur.
Tumeurs : tétin droit cautérisé en janvier 1653...
Blennorragie : tenue secrète, cette maladie le tenaille régulièrement depuis sa jeunesse (depuis mai 1655, époque de ses premières liaisons).
Vapeurs et douleurs dorsales fréquentes : certaines (novembre 1647) attribuées à une attaque de petite vérole ; avec pustules sur tout le visage et d’autres parties du corps , suivie d'un début de « gangrène » des doigts de pied...
Langueurs et fièvres variées : fièvres de fin 1655; fièvre typhoïde de juin 1658...
Maux de dents : en 1685, toute sa dentition supérieure côté gauche est « arrachée » avec le voile du palais qui sera cautérisé plusieurs fois aux pointes de feu (les liquides lui ressortent parfois par le nez).
Fistule anale : cette malformation handicapante lui fera finalement subir une opération expérimentale la plus douloureuse qui soit (par le chirurgien Félix) en novembre 1686.
Ennuis urinaires : accompagnés de probables calculs (mictions accompagnées de « pelotons de sable »)...
La goutte : des attaques insupportables au pied droit et à la cheville gauche qui le tiennent longtemps immobilisé ou gênent sa marche. Ses dernières années tiendront du supplice.


Louis XIV représenté en Alexandre le Grand


Un amant fougueux

Louis XIV a de très nombreuses maîtresses, parmi lesquelles
Louise de La Vallière, Marie Angélique de Fontanges, Madame de Montespan, Madame de Maintenon (qu'il épousa secrètement après la mort de la Reine, sans doute dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, en présence du Père de La Chaise qui donna la bénédiction nuptiale). Adolescent, il fait la rencontre d'une nièce de Mazarin, Marie Mancini. S'en suivra entre eux une grande passion, contrariée par le cardinal qui, conscient des intérêts de la France et des siens, préfère lui faire épouser l'infante d'Espagne. En 1670, Jean Racine s'inspira de l'histoire du roi et de Marie Mancini pour écrire "Bérénice".




Madame de Maintenon
, l'épouse secrète du roi

Ses maîtresses et favorites

  • Louise Françoise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours (1644+1710),
  • Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1668),
  • Bonne de Pons Marquise d'Heudicourt (1665 ou 1666),
  • Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, veuve du poète Scarron dite "la belle indienne" qu'il épousera en secret après le décès de la reine,
  • Marie Mancini, nièce du cardinal de Mazarin qui deviendra Madame la Connétable de Colonna,
  • Olympe Mancini, comtesse de Soissons (1655), sœur de la précédente,
  • Louise de Nesles, comtesse de Mailly (+1751),
  • Lucie de La Motte-Argencourt (1657),
  • Marie-Elisabeth de Ludres (1676 à 1677),
  • Anne-Julie de Rohan-Chabot, princesse de Soubise (1674 à 1676),
  • Mademoiselle de Thianges (1683)
  • Lydie de Rochefort-Théobon
  • Marie Angélique de Scoraille de Roussille, marquise puis duchesse de Fontanges (+1681), dite « Mademoiselle de Fontanges »
  • Henriette Anne Stuart d'Angleterre, sa belle-sœur,
  • Claude de Vin des Œillets, dite « mademoiselle des Œillets »
  • Anne-Lucie de La Mothe-Houdancourt
  • Catherine-Charlotte de Gramont, princesse de Monaco, épouse du prince de Monaco.

   


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