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CHOMOLANGMA

LOUIS XIV (4).

17 Août 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

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Révocation de l'Édit de Nantes

Les Protestants avant la révocation


Le protestantisme était, à l'époque de Louis XIV, minoritaire en France, où il n'avait jamais constitué plus de 10 % de la population y compris lors des guerres de religion du
XVIe siècle. L'édit, signé à Nantes le13 avril 1598 par le roi de France Henri IV, était un compromis qui laissait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites, et la possession de certaines places fortes militaires. Cette possibilité de conserver des places fortes avait été révoquée sous le règne de Louis XIII lors de la paix d'Alès en 1629.


Après la révocation de l'Édit de Nantes, le protestantisme devient interdit sur le territoire français

A la cour, le parti nobiliaire protestant avait disparu. La conversion d'Henri IV et l'édit d'Alés l'avait affaibli, et Louis XIV, en "domestiquant" la noblesse, « domestiqua » aussi la religion: bon nombre de nobles protestants, pour y acquérir une charge durent se convertir à la religion du roi, le catholicisme. Sur le plan symbolique, le maintien du protestantisme contredisait ce qu'Élisabeth Labrousse a bien formulé dans son ouvrage portant sur la révocation: le royaume de France ne devait être que sous le règne de l'Unique « un roi, une foi, une loi ». La révocation de l'édit de Nantes ne fut donc pas un coup de tête soudain du monarque, mais le coup final porté au parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne put résister à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu'ils soient dévots, gallicans ou même jansénistes.

Au plan local et par des arrêts du Conseil, Louis XIV restreignit petit à petit les libertés accordées aux protestants par l'application rigide de l'édit de Nantes, jusqu’à vider le texte de sa substance. La logique fut rapidement que ce qui n'était pas autorisé par l'édit était interdit. Cela conduisit à l'interdiction de tout prosélytisme et de certains métiers pour les membres de la RPR. Avec l'arrivée au pouvoir de Le Tellier, la pression sur les protestant s'aggrava par le moyen des logements de troupes. Les protestants les plus pauvres furent soumis à partir de 1679 aux dragonnades. La radicalisation de cette politique accélèra des conversions contraintes.

La révocation


C'est donc le versant religieux de l'édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV le
17 octobre 1685(Édit de Fontainebleau), contresigné par le chancelier Michel Le Tel ier. Le protestantisme est dès lors interdit sur le territoire français. Cette révocation entraîne l'exil de beaucoup dehuguenots vers des pays protestants : l'Angleterre, les États protestants d'Allemagne, les cantons protestants de Suisse, les Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap. On estime à environ 200 000 le nombre d'exilés, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie. Si les récents travaux de Michel Morrineau et de Janine Garrisson ont nuancé les conséquences économiques de la révocation, l'économie ne s'effondrant pas en 1686, et la formation d'une diaspora française en Europe favorisant l'exportation, ou l'essor européen de la langue française, les conséquences humaines et religieuses sont sensibles.

La révocation de l'édit de Nantes rétablit le Royaume comme exclusivement catholique, les temples sont transformés en églises ; mais chez beaucoup des protestants, l'adhésion au catholicisme reste superficielle, comme le montrent des soulèvements de protestants dans leLanguedoc dont la guerre des Camisards constitue le paroxysme.

La politique de Louis XIV vis-à-vis du judaïsme


Paradoxalement, si Louis XIV fut hostile à l'Église réformée, il fut moins hostile que ses prédécesseurs aux
Juifs. Son règne marque en effet un tournant dans la politique du pouvoir royal vis-à-vis du judaïsme. En 1648, les traités de Westphalie attribuent les Trois-Évêchés et l'Alsace à la France. Les Juifs qui y habitent ne sont pas exclus du royaume bien que l'édit de 1394 expulsant les Juifs de France soit encore théoriquement applicable. En outre, en 1657, Louis XIV est reçu solennellement avec son frère à la synagogue de Metz. Sa politique, peut-être parce que Colbert voit dans les Juifs une population favorisant l'activité économique, permet le développement de la communauté juive lorraine qui croît sensiblement durant son règne. De même, les Juifs portugais, dits Nouveaux Chrétiens, qui vivent à Bordeaux ou dans la région de Bayonne, connaissent une paix relative.

Toutefois, 1685, année de la révocation de l'Édit de Nantes, est aussi une année noire pour lesJuifs. Huit d'entre eux sont brûlés vifs à Toulouse et le Code noir publié par le roi décrète dans son premier article l'expulsion des Juifs des Antilles françaises.

A la fin du règne, le rapprochement avec Rome


La politique religieuse du roi dans les dernières années de son regne est marquée par sa politique exterieure. Son rapprochement avec l'Espagne pour influencer la succession d'un Bourbon au trône d'Espagne le fait se rapprocher de Rome.

La Culture et les Arts


Louis le Bâtisseur

Dans l'esprit du roi, la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement. Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des
Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture.


Le Château de Versailles vu des jardins sud-ouest.

Outre le château de Versailles que Louis XIV fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.

Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le Pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire, les Champs-Élysées, les Invalides, la place Vendôme, mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l'Espagne, l'Empire, le Brandebourg et la Hollande. Deux arcs de triomphe, la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.

Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon,Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes, telles queVersailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace, sont crées ou développées.


Le dôme de l'Hôtel des Invalides

Pour faciliter le développement de la Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et deToulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l'arsenal des galères à Marseille.

  • En 1680, création de la Comédie-Française.
  • En 1681, ouverture du canal du Midi, qui relie l'Atlantique à la Méditerranée, en passant par Toulouse.
  • En novembre 1682, le roi place le collège royal Louis le Grand à Paris sous son haut patronage.
  • En 1702, Paris est divisée en vingt quartiers. Création de l'éclairage public et d'une police dans les rues de la capitale.

Louis XIV, Patron des Arts

Après l'arrestation de
Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que Molière (en signe d'amitié, le roi accepta d'être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier André Le Nôtre. Il place l'Académie française sous son contrôle et devient son "protecteur". Il dépense aussi d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre avant de finalement choisir lechâteau de Versailles comme résidence royale. Il y emménagea en 1682 après plus de vingt ans de travaux.

 

Molière, un des artistes favoris de Louis XIV

Fin de règne et succession


Des problèmes de succession et la santé dégradée du roi assombrissent la fin de son règne. En
1711, son fils Louis de France (le Grand Dauphin) meurt de la variole à 49 ans. L'année suivante, son petit-fils (et premier fils du Grand Dauphin), le duc de Bourgogne (29 ans), devenu à son tour dauphin, et le deuxième fils de celui-ci (5 ans) meurent lors d'une épidémie de rougeole. Ayant déjà perdu son fils aîné en 1705, à sa mort, en 1712, le seul de ses enfants à survivre est son troisième et dernier fils, un petit garçon de deux ans, le futur Louis XV(arrière-petit-fils donc de Louis XIV).


Louis XIV et sa famille par
Nicolas de Largillière

Branche espagnole

Le deuxième fils du Grand Dauphin devient roi d'
Espagne en 1700 sous le nom de Philippe V. Il renonce à ses droits à la succession au trône de France à l'issue de la guerre de Succession d'Espagne, par le traité d'Utrecht. Louis XIV réalise ainsi son rêve de mettre un membre de la dynastie des Bourbons (son petit-fils en l'occurrence) sur le trône d'Espagne. Malgré de nombreux renversements suivis de restauration, la Maison de Bourbon conserve la couronne d'Espagne jusqu’à notre époque. L'actuel roi d'Espagne, Juan Carlos Ier, est ainsi un descendant de Louis XIV.

Branche française


Quant au troisième fils du Grand Dauphin, le
duc de Berry, il meurt en 1714 des suites d'une chute de cheval. Hormis le roi d'Espagne, le seul descendant mâle légitime de Louis XIV est alors le duc d'Anjou, le plus jeune des fils du duc de Bourgogne et son arrière-petit-fils. Né en1710, c'est un petit garçon de santé fragile. Comme il ne reste qu'un petit nombre de princes du sang dans d'autres branches, Louis XIV décide de renforcer la maison royale en accordant par un édit du 29 juillet 1714 le droit de succession, à défaut de tous les princes de sang royal au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils bâtards légitimés qu'il avait eus deMadame de Montespan. Cette décision violait les lois fondamentales du royaume, qui avaient toujours écarté du trône les enfants bâtards, et rencontra une incompréhension souvent scandalisée. Il semble que le roi ait en fait été prêt à contredire les vieilles lois de succession pour écarter du trône son neveu Philippe d'Orléans, successeur potentiel et dont il se méfiait beaucoup. Mais c'est finalement son arrière-petit-fils "officiel" et petit-fils du Grand Dauphin, le duc d'Anjou, âgé de cinq ans, qui devient roi sous le nom de Louis XV, la régence étant exercée, durant sa minorité, par le duc d'Orléans, neveu et gendre de Louis XIV.


Louis XV, l'arrière petit-fils de Louis XIV lui succédera en 1722 après la régence de son oncle,
Philippe d'Orléans


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