SHANGHAI (1).
Shanghai ou Chang-hai (en mandarin 上海 ; pinyin : Shànghǎi ; shanghaïen : zanhe, prononcé [zɑ̃.'he], « sur la mer ») est la ville la plus peuplée de Chine, et une des plus denses avec 2 804 habitants au kilomètre carré (en 2006). L'émergence de la ville comme centre financier de l'Asie-Pacifique, au XIXe siècle et au XXe siècle s'est faite dans la douleur, avec l'occupation étrangère de la ville pendant plusieurs décennies. Dans les années 1920 et 1930, Shanghai a été le théâtre d'un formidable essor culturel qui a beaucoup contribué à l'aura mythique et fantasmatique qui est associée à la ville depuis cette époque. Après la fondation de la République de Chine et la guerre sino-japonaise (1937-1945), l'avènement de la République populaire de Chine a muselé la ville économiquement et culturellement, considérée comme un foyer de bourgeois et de dépravation, jusqu'à ce que Deng Xiaoping en 1992 décide de promouvoir le développement de la ville. Il semble aujourd'hui que la ville soit en passe de retrouver la place de centre financier de l'Asie qu'elle occupait auparavant. Sa croissance à deux chiffres, les 18,9 millions d'habitants de sa région urbaine, sa mutation cosmopolite et son essor culturel l'appellent à devenir une métropole mondiale, aux côtés de New York, Londres ou Paris. Elle accueillera l'Exposition universelle en 2010 .
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Origine du nom
Le mot « Shanghai » est généralement prononcé /ʃɑ̃.gaj/ en français, mais en chinois mandarin il est prononcé /ʂɑŋ.xaɪ/ ; le deuxième h est prononcé comme la jota espagnole.
En dialecte shanghaïen, le nom de la ville est Zanhe /zɑ̃he/, zan, comme français, h prononcé comme h anglaise ou allemande, différente de celle du mandarin, e prononcé entre é et è.
Elle possède plusieurs diminutifs :
- Hu (滬 ou 沪), qui signifie « la palissade en bambou employée pour pêcher des poissons »
- Shen (申) : durant la période des royaumes combattants, le roi Kaolie du royaume de Chu (楚考烈王) a donné un domaine à Huang Xie (黃歇), aussi appelé seigneur Chunshen (春申君). Ce domaine était situé près de l'actuelle Shanghai.
Shanghai signifie littéralement : « surplombant la mer ».
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Le quartier des affaires de Shanghai dominé par la tour de la perle de l'Orient
Histoire
Les origines
A l'origine port modeste et village de tisserands, Shanghai (« Sur la mer ») ne semblait pas promise à pareil essor cosmopolite.
Shanghai ne s'est pas toujours appelée Shanghai. Jusqu'à la dynastie Sui (581-618), c'était le village de Hua Ting(華亭鎮). Elle est devenue la préfecture de Huating avant d'avoir son nom actuel sous la dynastie Song (960-1234).
Étant donnée sa situation stratégique à l'embouchure du Yangzi Jiang, au centre de la Chine, et la proximité avec des villes aux productions artisanales réputées (Suzhou, Hangzhou), Shanghai est devenue très tôt un centre d'échanges économiques importants.
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Ruelle du vieux quartier chinois de Shanghai
L'occupation étrangère
Cependant, ce n'est qu'après les guerres de l'opium et l'occupation étrangère que le développement économique de la ville a pris l'envergure qui ont fait sa réputation. Pendant la première guerre de l'opium, les forces britanniques ont temporairement tenu la ville. Américains et Français suivront, précédant les Russes et les Japonais. La guerre a cessé en 1842 avec le traité de Nankin, établissant l'ouverture commerciale des ports chinois, dont Shanghai. Les Britanniques vainqueurs y aménagent l'un des cinq ports ouverts qui leur seront alors concédés. Avec le traité du Bogue, en 1843 et le traité sino-américain de Wangxia, en 1844, des nations étrangères ont eu le droit de s'établir sur le territoire chinois : c'est le début des concessions étrangères.
Avec la rébellion Taiping en 1850, Shanghai fut occupée par une triade, associée au mouvement appelé Société des Petites Épées. La guerre faisant rage dans les campagnes, de nombreux Chinois se refugièrent dans la ville, qui leur était théoriquement inaccessible : en 1854, de nouvelles lois permirent aux Chinois d'y acquérir des terrains, provoquant une inflation immobilière. Cette année eut également lieu la première réunion du conseil municipal de Shanghai, afin de gérer les concessions étrangères établies de facto. En 1863, les colonies américaines et britanniques se rejoignirent pour former la Concession internationale, alors que les Français établirent, eux, la Concession française.
Jeu, opium et prostitution sont alors les activités les plus lucratives de cette ville baptisée à cette occasion « le plus grand bordel du monde ». Son parrain le plus connu, Du Yuesheng, menait ses trafics en collaborant étroitement avec la police de la concession française, à ce moment plus grande ville de France.
La Concession française
Après la guerre sino-japonaise de 1894-1895, le traité de Shimonoseki permet aux Japonais de s'ajouter aux forces occupantes. Ils établissent à Shanghai les premières usines de la ville.
Cette période d'occupation a profondément marqué l'identité culturelle de la ville, tout en contribuant dans les années 1920 et 30 à l'essor des arts, cinéma, théâtre, et la naissance du premier groupe de jazz chinois. En 1920, on y recense un million d'habitants, dont vingt six mille huit cents étrangers de nationalité diverses. Ils façonnent les rues à leur goût, mêlant les styles néogothique, classique, victorien, Art déco... La chanteuse et actrice Zhou Xuan, fille de Weiwei Wang est sans doute la figure la plus emblématique de cette période. C'est aussi à Shanghai qu'est créé le Parti communiste chinois en 1921 et qu'ont été organisées les premières grèves ouvrières. La plupart, coolies et ouvriers, demeurent dans la pauvreté et vont grossir les rangs du Parti communiste chinois. En 1927, dans le cadre de l'expédition du nord de pacification de la Chine, les ouvriers chinois, mobilisés par les communistes, prennent Shanghai aux seigneurs de la guerre avant même l'arrivée des troupes gouvernementales. Tchang Kaï-chek, inquiet de la mobilisation réussie par les communistes, décide de se retourner contre ses alliés et lance les triades contre les ouvriers, déclenchant le massacre de Shanghai, qui signe le début de la guerre civile chinoise.
Sous le régime de la République de Chine, Shanghai devint une ville spéciale en 1927, et une municipalité en mai 1930. Elle est alors le centre financier de l'Asie, où les dollars mexicains par exemple s'échangeaient en masse après la crise boursière de 1929. La marine japonaise bombarde la ville le 28 janvier 1932, officiellement pour réprimer les protestations étudiantes ayant suivi l'incident de Mandchourie.
Enfant chinois pleurant dans les décombres après le bombardement de la ville par l'aviation shōwa, le 28 août 1937.
À compter du mois d'août 1937, à l'aube de la seconde guerre sino-japonaise, Shanghai est soumise par la marine et l'armée nippones à une série de bombardements qui entraînent la mort et l'évacuation de plusieurs milliers de civils. Disposant de forces terrestres et navales bien supérieures à l'armée chinoise, les troupes impériales prennent possession de la ville en novembre (bataille de Shanghai), puis se dirigent vers Nankin où elles se livrent à un terrible carnage (massacre de Nankin).
Selon les travaux de l'historien Zhiliang Su, au moins 149 "maisons de confort" hébergeant des esclaves sexuelles furent établies à Shanghai pendant l'occupation nipponne.
En 1938, Shanghai se classe huitième port mondial, les plus grandes firmes occidentales y sont désormais représentées : on y dénombre jusqu'à 300 banques.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Shanghai devint un centre pour les réfugiés d'Europe : c'est alors la seule ville ouverte inconditionnellement aux Juifs. Toutefois, sous pression de ses alliés nazis, les Japonais reçurent les réfugiés juifs dans un ghetto, en 1941, où les maladies pullulaient.
Les huit années d'occupation, puis la victoire, en 1949, de Mao Zedong sur les troupes du général Tchang Kaï-chek vont précipiter son déclin.

Poste d'observation chinois durant la bataille de Shanghai.
La glaciation communiste
Après la victoire des communistes, la ville a été considérée comme le symbole du capitalisme étranger, elle sommeillait, et le monde l'avait presque oubliée, avant d'être revalorisée suite au mouvement de réformes de Deng Xiaoping.
Autrefois tête de pont des puissances coloniales dans une Chine agonisante, Shanghai est devenue le premier centre industriel du pays, en même temps que l'une des plus grandes métropoles du monde.
Pendant la Révolution culturelle, Shanghai connaît des troubles politiques et sociaux : à la fin décembre 1966, la municipalité est renversée. Les plus importantes grèves de l'histoire de la ville paralysent la vie économique. Les rebelles et les gardes rouges désirent mettre en place un système semblable à la Commune de Paris. Le bilan de la Révolution culturelle est considérable : 150 000 logements furent confisqués rien qu'à Shanghai[7]. Entre 1968 et 1976, un million de Shanghaiens sont ruralisés de force[8].
La renaissance de la « Perle de l'Orient »
Au début des années 1990, en une décennie, la « perle de l'Orient » est redevenue un centre économique de première importance, qui compte en 2005 pour 20% de la production industrielle nationale pour seulement 1,5% de la population. Elle se destine aujourd'hui à devenir le centre financier de la Chine.
Le 26 février 2002, Chen Liangyu (46 ans) a été élu maire de Shanghai par les délégués de la cinquième session du 11e Congrès du peuple de la Municipalité de la grande métropole de l'Est de la Chine. Il est ensuite devenu Secrétaire du Parti de la Municipalité autonome en octobre 2002, à la place de Huang Ju. Ce poste particulièrement important va habituellement de pair avec un siège au Bureau politique du Parti. C’est le cas pour Chen Liangyu depuis le XVIe Congrès du Parti communiste chinois.
Il a toutefois été destitué pour corruption en septembre 2006. Le maire de Shanghai s'appelle Han Zheng.
Le 3 décembre 2002, la métropole chinoise a été désignée pour organiser l'Exposition universelle de 2010, qui se tiendra donc, pour la première fois depuis 151 ans, dans un pays en voie de développement.
Langue et culture
Langue
La langue officielle de Shanghai, comme dans l'ensemble de la Chine est le mandarin. Cependant, la langue parlée est, dans le delta du Yangzi Jiang (长江) et les régions environnnantes, le wu. La variété parlée à Shanghai est le shanghaïen. Les campagnes de promotion du mandarin et la scolarité effectuée exclusivement en mandarin conduisent à un recul de l'usage du dialecte. Celui-ci reste cependant largement utilisé dans la communication des informations.
Mœurs
Il est également notoire que Shanghai est la capitale de la mode chinoise, ce qui va de pair avec une certaine sensibilité esthétique
Sur le plan de l'hygiène, il est très courant de voir les Shanghaiens cracher bruyamment sur le sol, dans les cendriers ou les poubelles. Cette pratique est cependant devenue moins fréquente en raison de sanctions financières dissuasives. Il arrive également fréquemment de voir les enfants se soulager en pleine rue. Les formules de politesse prônés en France comme "bonjour", "au revoir", "merci" ou "pardon" ne sont pas obligatoires. La politesse consiste plutôt à ne jamais faire "perdre la face" à son interlocuteur en le contredisant ou en refusant une invitation par exemple. En raison de la puissance de la ville, il arrive que le sentiment identitaire des Shanghaiens soit très fort, et dans certains cas fort méprisant vis-à-vis des Chinois d'autres provinces.
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Pudong
source Wikipédia
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