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CHOMOLANGMA

Mitt Romney.

10 Novembre 2012 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

Mitt Romney
Mitt Romney
Mitt Romney by Gage Skidmore 6.jpg
Mitt Romney, en 2011.
Fonctions
70e gouverneur du Massachusetts
2 janvier 20034 janvier 2007
(4 ans, 0 mois et 2 jours)
Prédécesseur Jane Swift
Successeur Deval Patrick
Biographie
Nom de naissance Willard Mitt Romney
Date de naissance 12 mars 1947 (65 ans)
Lieu de naissance Détroit (Michigan, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Père George W. Romney
Conjoint Ann Romney
Diplômé de Université Stanford
Brigham Young University
Université Harvard
Profession Homme d'affaires
Religion Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons)

Mitt Romney Signature.svg

Seal of Massachusetts.svg
Gouverneurs du Massachusetts

Willard Mitt Romney, né le 12 mars 1947 à Détroit, est un homme d'affaires et homme politique américain.

Après avoir passé son enfance à Bloomfield Hills (Michigan), Mitt Romney réside deux ans et demi en France dans les années 1960, en tant que missionnaire mormon. En 1971, il participe aux deux campagnes politiques menées par ses parents et obtient, la même année, un Bachelor of Arts de l'Université Brigham Young, puis un Master of Business Administration à Harvard, en 1975.

Romney se spécialise dans le conseil en stratégie et intègre Bain & Company en 1977. Il en devient plus tard le directeur général et parvient à la sortir de la crise financière qu'elle connaît. En 1984, il cofonde et dirige Bain Capital, qui devient une des plus grandes sociétés d'investissement aux États-Unis ; son bénéfice net, estimé entre 190 et 250 millions de dollars, permet à Mitt Romney de financer ses campagnes politiques. En tant que membre de l'église mormone, Romney est, pendant sa carrière d'homme d'affaires, évêque de sa congrégation, avant de devenir président de son diocèse de Boston. Il abandonne ensuite Bain Capital et son rôle dans l'Église afin de se consacrer à la politique.

Candidat sans succès du Parti républicain à l'élection sénatoriale de 1994 dans le Massachusetts face à Ted Kennedy, il retourne à Bain Capital. Désigné président du « Comité de Salt Lake City chargé de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2002 », Romney parvient à redresser les finances du comité, ce qui relance sa carrière politique. Il devient gouverneur du Massachusetts à l'issue de l'élection de 2002. Il est à l'origine d'une réforme permettant à tous les habitants de bénéficier d'une assurance maladie avec le choix de souscrire auprès de l'État ou auprès d'une compagnie privée d'assurance. Il redresse également les finances de son État, allégeant le déficit de deux milliards de dollars grâce à une combinaison de réduction des dépenses, d'augmentation des impôts de certaines tranches de la population (notamment en ôtant certains boucliers fiscaux) et de baisse des impôts sur les PME.

Il ne brigue pas un second mandat de gouverneur en 2006 et préfère se porter candidat à la primaire présidentielle républicaine de 2008, qu'il perd au profit de John McCain, après avoir néanmoins remporté plusieurs primaires. Une nouvelle fois candidat en 2012, il parvient à être désigné par le Parti républicain afin d'affronter le président sortant, Barack Obama, à l'élection présidentielle. Son colistier est le Représentant Paul Ryan. Il n'arrive cependant pas à réunir les 270 grands électeurs nécessaires, et est battu à l'issue de l'élection présidentielle de 20121.




Origines familiales

Mitt Romney est le fils de George W. Romney (1907-1995) qui fut, notamment, président de American Motors Corporation de 1954 à 1962, gouverneur du Michigan de 1963 à 1969 et candidat aux élections primaires républicaines pour l'élection présidentielle de 1968. Sa mère, Lenore LaFount-Romney (1908-1998), était une ancienne apprentie actrice de la fin des années 1920, et elle fut candidate au poste de sénateur du Michigan en 1970. Les arrière-grands-parents de Mitt Romney étaient des mormons polygames qui avaient fui les États-Unis pour le Mexique à la fin du XIXe siècle avec leurs enfants à cause de l’interdiction de la polygamie par le gouvernement fédéral, à un moment où l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n’avait pas encore renoncé à cette pratique. C'est ainsi que George Romney naquit au Mexique, dans une colonie mormone.

À la suite de la révolution mexicaine de 1910, la famille Romney revient aux États-Unis et s'installe dans l'Idaho, avant de s'établir dans l'Utah à Salt Lake City.

Dernier d'une famille de quatre enfants, Mitt Romney est élevé dans le strict respect de la foi mormone. Il a 22 ans quand il épouse sa petite amie de l'école secondaire, Ann Davies, convertie à sa foi et avec qui il aura cinq enfants.

Études et carrière professionnelle

En 1965-66, Mitt Romney est étudiant à Stanford. En juillet 1966, il n'a que 19 ans quand il part pour deux ans en France comme missionnaire mormon2,3. En 1968, il est victime d'un grave accident de voiture en Gironde, à Bernos-Beaulac4,5,6. Le président de mission retourne aux États-Unis suite au décès de son épouse dans ce même accident. Mitt Romney se voit alors confier la direction des quelque 200 missionnaires que compte la « mission française » dont le siège est à Paris ; à cette époque-là deux autres missions mormones – la « mission franco-belge » et la « mission franco-suisse » – couvrent une partie de la France. Il dépassera les objectifs fixés de prosély­tisme4. De ce séjour, il garde l'image d'un pays plus archaïque que révolutionnaire. Il déclare ainsi au Wall Street Journal en novembre 2007 qu'une victoire de Hillary Clinton à l'élection présidentielle de 2008 « ferait de l'Amérique la France du XXIe siècle : une ancienne grande puissance devenue un second couteau4 ». Il est de retour aux États-Unis en février 1969, et s'inscrit à l'Université Brigham Young pour laquelle, en tant que président du cercle social de cette université, il réussit à recueillir un million de dollars de dons7. Ayant obtenu son diplôme de fin d'études en 1971 avec la plus haute distinction honorifique, il est donc accepté à l'Université Harvard.

En 1975, il obtient un MBA et un diplôme de droit à Harvard. Il en sort avec la plus haute distinction, le Baker Scholar designation, attribuée aux 5% d'étudiants les plus brillants. Il rejoint d'abord une société de conseil, Boston Consulting Group. Recruté par Bill Bain, un ancien de cette société de conseil, il entre alors chez Bain and Company, un cabinet de stratégie qui a entre autres clients la firme Monsanto, où il devient l'un des conseillers les plus recherchés, de 1977 à 19858, puis se laisse convaincre par six collègues et amis de participer à la fondation de Bain Capital, une société d'investissement. Une photographie faite alors par un journaliste du Boston Globe qui ne la publiera qu'en 2007, montre les sept fondateurs de Bain Capital avec des billets dans les poches, entre les dents ... , indiquant ainsi leur statut de golden boys9,10. Il prend alors comme assistant principal T. Coleman Andrews III, petit-fils de T. Coleman Andrews (en), un candidat indépendant à la présidentielle de 19569. À l'époque, Romney négocie avec Bain & Co. la possibilité de revenir au cabinet en cas d'échec de Bain Capital9. Ce sera en fait un immense succès, tous les fondateurs et premiers membres devenant de richissimes hommes d'affaires. Au cours des années, la réussite professionnelle de Romney lui permet d'amasser une fortune personnelle estimée à 200 millions de dollars4. Trois des co-fondateurs de Bain Capital travailleront pour Romney l'homme politique : Eric Kriss (en), qui fut son secrétaire des finances, et Fraser Bullock (en), également mormon, qui fut son bras droit pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2002, et surtout Bob White (en), qui détient une partie des parts des Boston Celtics et assiste de près Romney dans la campagne présidentielle de 20129.

En 1995, au décès de son père George W. Romney, il lègue l'intégralité de son héritage à l'Institut de management de l'Université Brigham Young. En 1999, il est chargé de sauver de la faillite les Jeux olympiques d'hiver qui auront lieu en 2002 à Salt Lake City11, où se trouve le siège du mormonisme. Les Jeux, entachés par des scandales et des pots-de-vin, affichaient une perte prévisionnelle de 379 millions de dollars. Il parvient à clore son budget avec un excédent de 100 millions de dollars et à rétablir la réputation des J.O., jusqu'alors minés par la corruption12. Il offre alors l'intégralité de son salaire, soit 1,4 million de dollars, à une œuvre caritative.

Carrière politique

En 1994, il se lance pour la première fois dans la vie politique. Il se présente sous les couleurs républicaines aux élections du Sénat contre Edward Kennedy. Romney est battu, mais obtient 41 % des suffrages, le meilleur score jamais obtenu par un candidat contre Kennedy.[réf. nécessaire]

Gouverneur du Massachusetts

En 2002, il se présente au poste de gouverneur du Massachusetts et évince le gouverneur républicain sortant lors des primaires. Durant la campagne électorale, Romney propose d'instaurer un moratoire sur l'avortement : se prononçant personnellement contre l'IVG, il déclare également qu'il n'est pas question pour lui de remettre en cause ce droit. Le 5 novembre 2002, Romney est élu gouverneur du Massachusetts, battant, avec 49,8 % des voix, la démocrate Shannon O'Brien, qui recueille 44,9 % des suffrages. Il prend ses fonctions le 2 janvier 2003. Son lieutenant-gouverneur est Kerry Healey.

Pendant son mandat, il parvient notamment à rétablir l'équilibre du budget et réforme l'assurance maladie. Mitt Romney introduit ainsi le premier système universel de soins de santé aux États-Unis. Son système offre une « couverture quasi-universelle aux résidents de l'État sans coûter plus cher au contribuable4 ». Il gagne ainsi l'image d'un réformateur pragma­tique13. Les commentateurs politiques estiment que ce qui fut son atout le plus précieux devient une faiblesse lorsqu'il se présente aux primaires républicaines de 2012, alors que les Républicains critiquent vivement une réforme lancée par Obama et comparée à celle de Romney dans le Massachusetts14.

En novembre 2003, il doit engager un combat juridique et parlementaire pour bloquer les décisions de la Cour suprême de l'État favorables au mariage homosexuel. S'il ne parvient pas à les suspendre alors qu'un amendement constitutionnel est en cours d'élaboration pour y mettre fin, il réussit à ne réserver les mariages homosexuels qu'aux résidents du Massachusetts.

En 2004, il fait activement campagne pour le président George W. Bush dans le New Hampshire et le Michigan, sans succès puisque ces deux États sont gagnés, de justesse15, par le candidat démocrate à la présidence, John Kerry, par ailleurs sénateur du Massachusetts. Lors du renouvellement de l'assemblée législative locale, les démocrates gagnent trois sièges.

Le même mois, soutenu par les sondages d'opinion, Romney déclare qu'il va proposer à la Chambre le rétablissement de la peine de mort16. Le projet de loi, qui prévoit le rétablissement de la peine de mort en cas de terrorisme, de meurtres de masse et de meurtres de policiers, est déposé le 28 avril 2005. Il est rejeté à la Chambre des représentants du Massachusetts par 99 voix contre 53.

En mai 2005, Romney déclare avoir changé d'avis sur l'IVG, qu'il soutient désormais à titre personnel.

Il met son veto à un projet de loi concernant les recherches sur les cellules souches, en raison du fait qu'il n'interdisait pas le clonage d'embryons humains. Avec la majorité qualifiée, l'assemblée outrepasse alors le veto du gouverneur. Il met également son veto, en juillet 2005, à un projet de loi sur la « contraception d'urgence ».

Le 14 décembre 2005, il annonce qu'il ne se représentera pas pour un second mandat. Il quitte ainsi ses fonctions le 4 janvier 2007.

Primaires républicaines de 2008
Mitt Romney en campagne électorale en 2007.

 

 

 

Le 13 février 2007, au musée Ford de Détroit, le Parti républicain présente officiellement la candidature de Romney à l'investiture républicaine à l'élection présidentielle de 2008. Les résultats des primaires présidentielles du Parti républicain sont au début très décevants pour lui. Bien qu'ayant investi énormément d'argent pour le caucus de l'Iowa du 3 janvier 2008, il n'arrive que deuxième avec 25 % des voix, derrière le pasteur et ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee (34 %).

S'il remporte ensuite le Wyoming lors d'une élection interne au Parti républicain (67 %), il arrive de nouveau deuxième lors de la primaire du New Hampshire avec 32 % des voix, derrière John McCain (37 %), alors que cette primaire était censée lui être favorable. Il remporte sa première primaire le 15 janvier 2008 dans le Michigan, avec 39 % des voix contre 30 % à McCain. Dans cet État touché de plein fouet par l'effondrement de l'industrie automobile et où son père avait été gouverneur de 1963 à 1969, il s'est présenté à la fois comme le candidat du changement, en rupture avec l'administration du président Bush, mais aussi comme l'enfant du pays promettant une relance de l'automobile américaine notamment par l'octroi de 20 milliards de dollars de fonds fédéraux, bien qu'il soit théoriquement un adversaire de l'intervention de l'État dans l'économie17. À ce stade de la campagne, il est alors en tête des candidats républicains pour le nombre de délégués, ayant été le plus constant dans ses résultats (deuxième ou premier), position qu'il renforce après sa victoire lors du caucus (non disputé par ses concurrents) du Nevada le 19 janvier 2008. Au soir du 29 janvier, avec 31 % des voix, Romney est finalement distancé par John McCain (36 %), alors que Rudolph Giuliani (15 %) est quasiment mis hors jeu. Si la course présidentielle, côté républicain, se transforme alors principalement en duel avec le sénateur de l'Arizona, Romney perd à ce moment sa première place en nombre de délégués, au profit de McCain.

À la suite du Super Tuesday, le 5 février, Romney aligne 286 délégués contre 714 pour John McCain et 181 pour Mike Huckabee. Après avoir dépensé 35 millions de dollars de sa fortune personnelle pour sa campagne, il annonce, le 7 février, le retrait de sa candidature18, puis, une semaine plus tard, son ralliement à John McCain, lui apportant théoriquement les 268 délégués qui lui étaient attribués au vu de ses résultats lors des primaires19.

Élection présidentielle de 2012
Mitt Romney, en février 2012.
Mitt Romney avec son colistier, Paul Ryan, en août 2012, en Virginie.

 

 

 

 

 

Le 2 juin 2011, Mitt Romney annonce sa candidature à l'investiture républicaine en vue de l'élection présidentielle de 201220.

Pendant la campagne, il est notamment critiqué pour son supposé soutien à la politique économique de Barack Obama et pour sa religion. Donné favori, il doit successivement faire face à la montée dans les sondages de Michele Bachmann, Rick Perry, Herman Cain et Newt Gingrich, qui parviennent à le distancer avant de voir leurs intentions de vote s'effriter.

Lors du vote dans le caucus de l'Iowa, le 3 janvier 2012, Mitt Romney arrive deuxième avec 24,53 % des voix, devancé de trente quatre voix par Rick Santorum (24,56 %). Mitt Romney s'impose le 10 janvier suivant dans la primaire du New Hampshire : avec 39 % des suffrages, il devance largement Ron Paul (23 %) et Jon Huntsman (17 %). Le 21 janvier, il perd la primaire en Caroline du Sud avec 28 % des voix, face à Newt Gingrich, qui l'emporte avec 40 % des voix. Néanmoins, Romney remporte la primaire en Floride dix jours plus tard en rassemblant 46 % des voix contre 32 % pour Newt Gingrich. Mitt Romney conforte son avance en remportant, le 4 février suivant, le caucus du Nevada avec 50 % des suffrages, encore une fois loin devant Gingrich. Le 7 février, il perd dans les États du Colorado et du Minnesota, qui sont tous les deux gagnés par Rick Santorum. Il remporte l'État du Maine trois jours plus tard et est un temps devancé par Santorum dans les enquêtes d'opinion. Romney retrouve progressivement son statut de favori et, le 28 février, il remporte les primaires des États du Michigan et de l'Arizona ainsi que celle de l'État de Washington le 3 mars. Lors du « Super Tuesday », le 6 mars 2012, Mitt Romney conforte son avance en remportant six États sur dix (l'Ohio, le Massachusetts, la Virginie, le Vermont, l'Idaho et l'Alaska).

Du 10 avril au 14 mai 2012, ses trois derniers concurrents, Rick Santorum, Newt Gringrich puis Ron Paul, distancés et à court de financement, déclarent successivement forfait (Ron Paul n'a pas vraiment abandonné mais a annoncé le 14 mai 2012 ne plus consacrer ses moyens financiers qu'à remporter des délégués aux conventions locales). En juillet 2012, alors qu'il n'est pas encore officiellement le candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle, il est attaqué par les spots de campagne du candidat démocrate et président sortant, Barack Obama, qui mettent en avant son passé à la tête de la société d'investissement Bain Capital, notamment entre 1999 et 2002, où Mitt Romney dit ne pas avoir dirigé la société21. Durant ces trois ans, les achats de différentes entreprises par Bain Capital ont entraîné la fuite des emplois vers le Mexique et la Chine22. L'équipe de campagne de Barack Obama a également mis en avant ses différents comptes bancaires en Suisse23 et dans des paradis fiscaux tels que les Bermudes ou les Iles Caïmans24.

Lors de la convention républicaine d'août 2012, il est officiellement désigné candidat du Parti républicain. Distancé dans les sondages, il refait une partie de son retard sur le président sortant après le premier débat télévisé, au point d'avoir une avance dans les sondages au niveau national25. Comme Barack Obama, il suspend sa campagne lors du passage de l'ouragan Sandy, à la fin du mois d'octobre.

Il ne put réunir les 270 électeurs nécessaires à son élection, n'en gagnant que 206 contre 303 pour son rival démocrate, ce dernier étant reconduit à la Maison Blanche26.

Bibliographie

Ouvrages de Mitt Romney
Ouvrages sur Mitt Romney

 

 

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Barack Obama (4 & fin).

10 Novembre 2012 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

Intérieur et société

 

 

 


L'ancien astronaute Charles Bolden est nommé Administrateur de la NASA en juillet 2009 et le Programme Constellation est annulé. À la place, l'administration Obama souhaite confier au secteur privé le transport des astronautes vers la Station spatiale internationale. Après une valse-hésitation, le programme de véhicule habité Orion est rétabli, et un objectif à long terme d'exploration habitée des astéroïdes et finalement de Mars est donné à la NASA, en utilisant un nouveau lanceur géant, le Space Launch System. La première mission d'Orion est prévue en 2014.

À l’instar de Bill Clinton, Barack Obama radicalisa sa position au fur et à mesure de son ascension politique. Lorsqu’il était sénateur dans l'Illinois, Obama a fait voter une loi qui rend obligatoire pour la police de filmer les interrogatoires des accusés encourant la peine de mort, sous peine de voir les aveux non-filmés annulés. Lorsqu’il fut candidat pour devenir sénateur fédéral de l’Illinois, Obama déclara à la télévision que la peine de mort était utilisée « trop fréquemment et inconsciemment » et rappela que « treize condamnés à mort ont été libérés en Illinois pour cause d’innocence ». Il conclut en déclarant que même s'il approuvait la peine de mort lorsque « la communauté est fondée à exprimer la pleine mesure de son indignation », il fallait réduire le nombre de crimes capitaux112. Durant la campagne présidentielle, Obama déclara également que Ben Laden justifiait le recours à la peine de mort113. Enfin il condamna, le jour-même où elle fut rendue, une décision114 de la Cour suprême qui déclarait la peine de mort anticonstitutionnelle pour les personnes condamnées pour viol sur mineur sans homicide (John McCain venait de faire la même chose dans la matinée). Une fois élu, Obama nomma Eric Holder, personnellement opposé à la peine de mort, comme procureur général (poste crucial dans le fonctionnement de la peine de mort fédérale). Lors de son audition, Holder déclara qu’il appliquerait « la loi faite par le Congrès ». C'est avec son autorisation que la peine de mort fut ainsi requise devant une cour fédérale dès sa prise de fonction en janvier 2009115,116.

Il se déclare également en faveur du 2e amendement sur le droit de posséder des armes à feu mais reconnaît l'utilité des « lois de bon sens pour empêcher les armes de tomber dans les mains d'enfants ou de membres de gangs116 ».

Barack Obama est favorable au droit à l'avortement et il se déclare partisan des contrats d'union civile entre personnes de même sexe et souhaite la généralisation de l'extension des droits et avantages matrimoniaux aux homosexuels, tant au niveau de chaque État qu'au niveau fédéral117 sans pour autant remettre en cause la définition du mariage civil entre un homme et une femme qu'il laisse aux différents États à définir118,119.

S'il est favorable au renforcement des contrôles à la frontière mexicaine, il défend une régularisation des immigrés clandestins déjà présents auxquels il envisage l'octroi du permis de conduire96. Il considère notamment que sans l’apport de main-d’œuvre immigrée, l’agriculture américaine mettrait la « clef sous la porte », signifiant concrètement son intention de favoriser le regroupement familial et d’augmenter le nombre d’immigrés réguliers120.

Économie et politique sociale
Réforme de la santé

Lors de sa campagne électorale de 2008, Obama proposait de mettre en place une importante réforme du système de santé américain permettant la création, au niveau fédéral, d'une « assurance santé universelle », sans pour autant imposer une couverture santé obligatoire à l'exception des enfants99. C'est alors un de ses projets phares de sa campagne. Néanmoins, une fois élu président, pour faire adopter son texte, Obama fut contraint à des concessions pour faire adopter son projet par le Congrès. Le 7 novembre 2009, soit presque 11 mois après son investiture et en dépit d'une majorité confortable à la Chambre des représentants, il obtint de justesse, par 220 voix contre 215, l'adoption d'un texte réformant le système de santé. Un seul républicain, Joseph Cao avait alors voté pour la réforme. Le Sénat américain adopta également son propre texte le 24 décembre, après un long débat et de multiples amendements par 60 voix contre 40. Finalement, après maintes péripéties, le 21 mars 2010, en dépit de sondages d'opinions défavorables, d'une polarisation aggravée de la classe politique et des citoyens américains, d'une popularité présidentielle en berne symbolisée par la victoire d'un républicain dans le Massachusetts pour succéder à Ted Kennedy et des réticences d'une partie des élus démocrates, le texte voté par le Sénat est adopté tel quel par la Chambre des représentants par 219 voix contre 212.

Qualifié d'historique, le texte, qui n'a reçu aucune voix de l'opposition (une première historique pour ce genre de législation), permet de garantir une couverture santé à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Il reste néanmoins bien en deçà des promesses électorales de Barack Obama car elle n'inclut pas, notamment, de régime public universel ni même d'assurance publique, et laissera 5 % des résidents américains (23 millions de personnes) sans aucune couverture maladie (contre 15 % avant la réforme)121.

En vertu du texte ainsi adopté, la plupart des Américains auront l'obligation de s'assurer avant 2014, sous peine de se voir infliger des pénalités122. Des subventions seront accordées par le gouvernement fédéral pour aider les familles aux plus bas revenus à payer leurs cotisations (revenus inférieurs à 88 000 dollars par an122). Les entreprises de plus de 50 salariés (PME et commerçants) qui ne fourniront pas de couverture devront également payer des pénalités123. Par ailleurs, le texte interdit aux assurances de refuser de couvrir des personnes en raison de leurs antécédents médicaux122. Les parents pourront également protéger leurs enfants jusqu'à l'âge de 26 ans. Néanmoins, pour parvenir à ses fins et faire adopter cette loi, Barack Obama annonce qu'il signera un décret garantissant que la réforme ne modifierait en rien les restrictions interdisant l'utilisation de fonds fédéraux pour des avortements124, ce qu'il fait le 24 mars au lendemain de la promulgation de la loi125. Plusieurs correctifs doivent encore être adoptés par une loi budgétaire par les deux chambres. La réforme devrait coûter 940 milliards de dollars (695 milliards d'euros) sur dix ans122. Son financement devrait être assuré par des taxes sur les revenus élevés et la baisse des dépenses de soins122.

Cela faisait près d'un siècle que le Congrès débattait de cette question de la santé. Le président républicain Théodore Roosevelt en parlait déjà dans son programme, mais fut battu à l'élection présidentielle américaine de 1912 par le candidat démocrate Woodrow Wilson. En 1965, le président démocrate Lyndon Johnson avait promulgué le Medicare et Medicaid, assurances pour les personnes âgées et pour les personnes pauvres, respectivement, après avoir rallié à lui la moitié des voix républicaines du Congrès. Le président démocrate Bill Clinton tenta lui-aussi de faire passer un projet ambitieux en 1993, mais échoua.

Dès la promulgation de la loi par Barack Obama le 23 mars 2009, les attorneys généraux (ministres de la Justice) de douze (puis quatorze) États américains déclareront mettre en œuvre une procédure judiciaire fédérale visant à contester la constitutionnalité de la nouvelle loi pour violation de la souveraineté des États126 alors que les législatures de 37 États entament des débats visant à adopter un statut dérogatoire pour ne pas avoir à appliquer la réforme127. Puis, le 24 mars, après l'adoption au Sénat de deux amendements déposés par les républicains concernant des vices de procédure, la loi de conciliation, adoptée par la chambre des représentants pour appliquer la nouvelle loi et qui prévoit notamment une extension des subventions fédérales, une aide accrue de l'État au programme Medicaid, un élargissement de l'assiette de l'impôt et une réforme du programme des prêts aux étudiants, doit être renvoyée de nouveau à la chambre pour faire l'objet d'un nouveau vote, retardant ainsi la mise en œuvre du texte128. Toute la réforme comprenant le texte originel du Sénat et la loi de conciliation sont adoptés le 25 mars 2010129. La réforme devient alors l'un des thèmes principaux de la campagne électorale de mi-mandat de 2010, les républicains ayant promis de l'abroger ou de la modifier.

Lutte contre la crise économique
Nicolas Sarkozy accueille Barack Obama lors du sommet du G20 à Cannes, le 3 novembre 2011.

 

 

 

 

Lors de sa campagne électorale, Barack Obama a également préconisé une hausse du salaire minimum afin qu'il soit indexé sur l'inflation130, des baisses d'impôts massives pour la classe moyenne (pour les personnes gagnant moins de 250 000 $ par an)131, le recours au crédit d'impôt pour aider les ménages les plus modestes et a promis de renégocier le traité de libre-échange nord-américain (l'ALÉNA). Dans le contexte de la crise des subprimes et du poids des crédits, il déclarait vouloir protéger les citoyens américains contre les abus des prêts de toutes sortes et a annonçait un plan de grands travaux publics sur dix ans, financés par le retrait des forces de combat d'Irak96.

À la suite de son investiture, le président Barack Obama procéda à des annulations de programmes industriels considérés comme trop coûteux, non budgétés ou à l'ambition détournée de leur finalité : ce fut notamment le cas du programme Constellation (annulé le 1er février 2010) ou du projet de bouclier radar européen annulé le 18 septembre 2009 en vue d'obtenir l'appui du Kremlin sur la demande d'arrêt du programme nucléaire iranien132.

Environnement

L'agence pour la protection de l'environnement, Environmental Protection Agency (EPA), peut, depuis mars 2009, réglementer toute activité économique produisant du dioxyde de carbone, au motif qu'au-delà d'un certain seuil non défini, il constitue un polluant majeur, qualifié « d'injustice sociale »133. Ainsi, 20% des centrales thermiques en activité en janvier 2009 ont dû cesser leurs activités ; pour lutter contre le réchauffement climatique, il propose d'augmenter le prix de l'électricité, d'investir dans les biocarburants, les énergies alternatives99,134 et se déclare favorable à l'instauration d'un marché du CO2 obligeant les entreprises polluantes à racheter un « droit à polluer » auprès d'entreprises non polluantes96. Des subventions sont distribuées aux entreprises spécialisées dans l'énergie éolienne et le photovoltaïque, entreprises qui produisent très peu d'électricité et qui sont structurellement déficitaires135,136 ; dans le même temps, la construction d'un oléoduc permettant d'acheminer du pétrole depuis l'Alberta au Canada a été interrompue à la demande de l'EPA, et la prospection du sous-sol des États-Unis a cessé depuis avril 2009137. Comme son ancien adversaire républicain à l'élection présidentielle de 2008, John McCain, il est plutôt favorable également au développement de l'énergie nucléaire comme solution aux problèmes climatiques mais sa position sur le sujet est devenue ambivalente durant la campagne électorale138. Le 1er juin 2009, le Secrétaire à l’Énergie Steven Chu a annoncé un fonds de 256 millions de dollars afin d’améliorer l’efficience énergétique des principales industries aux États-Unis139.

Faute de majorité de 60 voix au Sénat, l'examen du projet de loi sur l'énergie, adopté par la Chambre des représentants en 2009, a été ajourné le 22 juillet 2010, ce qui rend son adoption peu probable. Ce recul, qui ne traduit pas en loi les engagements pris à Copenhague, fragilise la position de l'exécutif américain dans les négociations internationales à venir140.

Vie privée et personnalité

Obama jouant au basket-ball avec l'armée américaine au camp Lemonnier, à Djibouti en 2006.

 

 

 

 

Personnalité attachée à ses racines afro-américaines et aux goûts culturels éclectiques141, grand lecteur, écrivant lui-même ses livres et ses discours les plus importants, Barack Obama doit une bonne partie de son ascension politique à ses talents d'orateur et à son charisme142,143,144.

Dans sa déclaration de revenus de 2007, le couple Obama a inscrit 4,2 millions de dollars, provenant largement des droits d'auteur des livres de Barack Obama.

Le couple Obama a déclaré un revenu brut ajusté de 2 656 902 dollars (environ 2 millions d'euros) en avril 2009 pour leur déclaration de 2008. Ils ont payé, en 2008, 855 323 dollars (environ 647 000 euros) d'impôts fédéraux et 77 883 dollars (environ 59 000 euros) à l'État de l'Illinois et donné 172 050 dollars à 37 œuvres caritatives145.

Barack Obama est un grand amateur de basket-ball, qu'il continua à pratiquer presque chaque matin pendant sa campagne électorale, y compris le jour de son élection. Il promit l'installation d'une salle appropriée à la Maison-Blanche. Pendant la campagne présidentielle, il fit beaucoup rire par une tentative pour s'essayer maladroitement sous les caméras au bowling, sport très populaire en Amérique. Une fois à la Maison-Blanche, on le verra aussi jouer au golf avec le vice-président Biden sur le green du jardin de la résidence officielle146.

Barack Obama se trouve être le cinquième président gaucher en trente ans, après Gerald Ford, Ronald Reagan, Georges H. Bush et Bill Clinton. Ainsi qu'il le lança aux photographes lors de la signature de ses premiers documents officiels de président : « Je suis gaucher, il va falloir vous y faire147 ».

Prix Nobel de la paix 2009

Le 9 octobre 2009, Barack Obama reçoit le prix Nobel de la paix148, suscitant la surprise et une certaine incrédulité dans le monde, alors qu'il n'entame que son dixième mois de mandat présidentiel. Le comité du Nobel justifie sa décision en évoquant « les efforts extraordinaires [du président américain] en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples ». Cette décision est souvent qualifiée de politique et de partisane, récompensant plus des paroles et des bonnes intentions que des actes concrets149,150,151,152. Obama devient ainsi le quatrième président américain et le troisième en fonction à recevoir le prix après, dans l'ordre chronologique, Woodrow Wilson, Theodore Roosevelt et Jimmy Carter.

Controverse

Dix jours avant de recevoir le prix Nobel, le président américain décide, avec l’accord du sénat, l’envoi de 30 000 soldats américains pour poursuivre la guerre d’Afghanistan de 2001153. Cela déclencha une forte controverse obligeant le « président de guerre », surnom qu’il a reçu et qu’il ne rejette pas154, à aller chercher son prix Nobel en toute discrétion155. Seuls 19 % des Américains pensent que leur président méritait le prix Nobel de la Paix155.

 

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Barack Obama (3).

10 Novembre 2012 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

Élection présidentielle de 2008

 

 

 


Les élections primaires

 


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Barack Obama en campagne électorale en Caroline du Sud en août 2007

 

 

 

 

Le 16 janvier 2007, il annonce la création d'un comité exploratoire en vue de lever des fonds pour une candidature à l'élection présidentielle de 2008 ; le 10 février 2007, il déclare sa candidature à l'investiture démocrate41 et ce, malgré son inexpérience relative et la concurrence dans le camp démocrate d'Hillary Clinton, jusque-là favorite pour les primaires. Le 15 décembre 2007, il a reçu l'appui du prestigieux quotidien national, The Boston Globe42.

Tout au long de l'année 2007, il a insisté sur le fait qu'il incarnait le changement et qu'il s'opposait à la politique partisane43. Sa candidature enthousiasme une partie des électeurs indépendants et des jeunes43. Il obtient le ralliement de nombreuses personnalités comme le sénateur John Kerry, les hommes d'affaires Warren Buffett et George Soros, les acteurs George Clooney, Matt Damon, Will Smith, Ben Affleck, Robert De Niro, les actrices Halle Berry, Sophia Bush et Scarlett Johansson, le rocker Bruce Springsteen, la chanteuse Nicole Scherzinger, le rappeur Nas, la romancière Toni Morrison ou l'animatrice de télévision Oprah Winfrey, personnalité extrêmement influente dans son pays, notamment au sein de la communauté afro-américaine44. Le 21 avril 2008, il obtient également le soutien du cinéaste Michael Moore.

Le 3 janvier 2008, Barack Obama crée la surprise45 en remportant les premières primaires, les caucus de l'Iowa, état blanc à plus de 96 %, avec 38 % des suffrages exprimés, loin devant le sénateur John Edwards (30 %) et l'ancienne First Lady Hillary Clinton qui a obtenu 29 %46, démontrant ainsi pour la première fois qu'un noir pouvait avoir de réelles chances au niveau national.

Il réussit alors à imposer à la campagne des primaires, aussi bien démocrates que républicaines, le thème du « changement » (« Change »). Le 8 janvier, il perd dans le New Hampshire (37 %) contre Hillary Clinton (39 %) malgré des sondages l'annonçant grand favori avec 10 points d'avance47. Son discours de défaite est teinté d'espoir et de remotivation. De cette défaite Barack Obama tire son nouveau slogan : « Yes we can » (« Oui, nous pouvons »).

 

 

 

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Barack Obama et sa famille à Springfield (Illinois) le 10 février 2007

 

 

 

 

 

Après une polémique avec Hillary Clinton sur les droits civiques et les rôles respectifs de Martin Luther King et du président Lyndon Baines Johnson, il arrive de nouveau deuxième en nombre de voix, derrière Hillary Clinton, lors du caucus du Nevada du 19 janvier (51 % contre 45 %). Néanmoins Barack Obama obtient une majorité de 13 délégués contre 12 pour Hillary Clinton, raison pour laquelle il refuse de concéder sa défaite. Il évoque également des irrégularités dans le vote qu'il impute au camp Clinton, accusant Bill Clinton et sa femme, de déformer les faits à son encontre48.

Le 27 janvier, sa très large victoire (55 % contre 27 % pour Hillary Clinton) lors des primaires de Caroline du Sud49 relance sa candidature dans la perspective du Super Tuesday du 5 février.

Le 28 janvier, il obtient le soutien de Caroline Kennedy50, ainsi que d'Edward Moore Kennedy et Patrick Kennedy51.

Lors du Super Tuesday, le 5 février, Barack Obama remporte 13 États, face à 9 pour Hillary Clinton.

Le 2 février, Will.i.am enregistre Yes We Can, une chanson inspirée d'un discours prononcé par Obama, à la suite de la primaire du New Hampshire de 2008. Mixée avec des images et des extraits du discours, la chanson est interprétée par de nombreuses célébrités (la plupart des musiciens, chanteurs et comédiens américains) à l'appui du sénateur Obama. La chanson a été produite par Will.i.am, le clip a été réalisé par Jesse Dylan, le fils du chanteur Bob Dylan52.

 

 

 

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Liesse populaire autour de Barack Obama lors d'un meeting dans le Connecticut en février 2008

 

 

 

 

 

Le 9 février, il remporte les États de Washington, du Nebraska et de Louisiane ainsi que les îles Vierges. Le lendemain 10 février, il remporte l'État du Maine. Le 12 février, en remportant les trois élections primaires démocrates en Virginie, au Maryland et dans la capitale fédérale Washington, Barack Obama prend un avantage dans la course aux 2 025 délégués nécessaires pour obtenir l'investiture démocrate. Avec 1 231 délégués, il devance dorénavant Hillary Clinton (1 196 délégués), s'adjugeant au passage la confiance non seulement d'une bonne partie de l'électorat afro-américain mais aussi celui des personnes âgées (53 % contre 47 % à Hillary Clinton) et des femmes (58 %) ; les Blancs demeurent plutôt favorables à Hillary Clinton (48 % contre 51 %)53.

Le 19 février, il gagne les primaires dans le Wisconsin et à Hawaï, signant là dix victoires consécutives sur Hillary Clinton.

Le 22 février, avec plus de 65 % des voix, le sénateur de l'Illinois, Barack Obama a largement remporté la primaire des démocrates expatriés. En France, il dépasse la barre des 70 %54.

Le 4 mars, il gagne dans l'État du Vermont mais perd dans l'Ohio et le Rhode Island. Au Texas, il obtient plus de représentants à la convention que Hillary Clinton (99 contre 94). Il conserve une avance de plus de 100 délégués.

Il remporte les primaires du Wyoming le 8 mars, puis celles du Mississippi trois jours plus tard.

Le 18 mars 2008, il prononce l'important Discours de Philadelphie55 sur la question raciale.

Le 22 avril, Hillary Clinton remporte la primaire de Pennsylvanie56. À ce moment, la campagne de Clinton, qui ne pouvait se permettre d'accroître davantage son retard, bénéficie d'un second souffle aux dépens de celle d'Obama. Ce dernier a été fragilisé dans l'opinion par son attitude ambiguë à l'égard des dérapages verbaux de son ancien pasteur, le communautariste Jeremiah Wright57, ainsi que par des accusations d'élitisme.

Ainsi, le 3 mai, il remporte avec seulement 7 voix d'écart les caucus de Guam, île du Pacifique, avec 50,08 % des voix contre 49,92 % pour Hillary Clinton.

Le 6 mai, il remporte l'État de Caroline du Nord avec 56 % des voix mais perd avec 22 000 voix d'écart dans l'Indiana (49 % des voix)58.

Le 13 mai, Hillary Clinton remporte la primaire en Virginie-Occidentale avec 67 % des voix contre 26 % pour Barack Obama. La candidate bénéficie d'un vote massif des électeurs blancs et modestes, très nombreux dans cet État59. Obama peut néanmoins rattraper son retard auprès de cette dernière catégorie d'électeurs et auprès des « cols bleus » (ouvriers blancs) grâce au ralliement de poids de John Edwards, annoncé dès le lendemain de la primaire de Virginie-Occidentale60.

À ce stade des primaires, les cinq dernières consultations à venir seront d'une importance toute relative, aucun des deux candidats ne pouvant obtenir la majorité qualifiante des délégués ordinaires, tandis que les super-délégués, qui restent partagés entre Obama (282), Clinton (273) et l'indécision (environ 240), auront probablement le dernier mot lors de la Convention démocrate du mois d'août. Certains observateurs misent cependant sur un retrait de Clinton avant la fin du processus61.

Le 20 mai, Obama et Clinton remportent l'un et l'autre une primaire. Le premier s'impose dans l'Oregon (58 % des voix), la seconde dans le Kentucky (65 % des voix)62.

 

 

 

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Affiche « HOPE » à Denver (Colorado).

 

 

 

 

 

Le 30 mai, il quitte l'Église unie du Christ à la suite des polémiques engendrées par les propos du pasteur Wright et du révérend Michael Pfleger. Obama était membre de cette Église depuis une vingtaine d'années63,64.

Le 3 juin, à l'issue des dernières primaires (Montana et Dakota du Sud), il atteint le seuil requis des 2 118 délégués, ainsi que le soutien de nombreux super-délégués65. Malgré la revendication par Clinton de la majorité du « vote populaire » (en nombre de voix de militants) et le refus de la sénatrice de se déclarer vaincue, Obama est désormais quasiment assuré d'être désigné candidat à la Maison-Blanche lors de la convention démocrate de la fin du mois d'août.

Le 7 juin, Hillary Clinton « suspend » sa campagne à l'investiture démocrate et apporte son soutien à Barack Obama dans sa campagne présidentielle contre le républicain John McCain66.

Le 27 août, troisième jour de la Convention démocrate à Denver, Obama est officiellement investi par acclamation, ou roll call, lancées par la sénatrice Hillary Clinton67. Plus de vingt ans après le révérend Jesse Jackson, trois fois candidat à l'investiture démocrate et premier à remporter des primaires, notamment en 1988, c'est le premier Afro-Américain30 investi pour la présidentielle par un parti majeur68.

Financement de sa campagne électorale

Concernant le financement des campagnes électorales, fortement encadrées par la législation américaine, Barack Obama se déclare partisan d'un système de financement public et a indiqué avant même sa déclaration de candidature qu'il financerait ainsi sa campagne présidentielle si son rival républicain faisait de même.

Cependant, en juin 2008, il décide de baser sa campagne sur la collecte de fonds privés, échappant ainsi à la limite de collecte imposée en cas de financement par les fonds publics. Il devient alors le premier candidat à se passer de ces fonds fédéraux depuis l'adoption par le Congrès des lois sur le financement des campagnes électorales, élaborées après le scandale du Watergate69.

Campagne présidentielle
Élection (4 novembre 2008)
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Répartition du collège électoral par État en 2008. En bleu, les États remportés par Obama/Biden ; en rouge, ceux remportés par McCain/Palin. Pour chaque État est indiqué le nombre de grands électeurs.

 

 

 

 

 

Avec un taux de participation record de 63 % des électeurs inscrits70, Barack Obama a remporté l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 avec plus de 9 millions de voix d'avance71 sur son adversaire John McCain. La victoire est nette aussi bien au niveau des grands électeurs (365 à 17372,73) que celui du vote populaire (52,9 % à 45,6 %)74. Outre ses victoires dans les États-clés âprement disputés de l'Ohio et de la Floride, Obama a fait basculer, de justesse, des bastions républicains traditionnels comme l'Indiana75 et a même obtenu les suffrages de deux anciens États confédérés (en plus de la Floride) : la Virginie76 et la Caroline du Nord77. Barack Obama l'emporte dans toutes les classes d'âge, sauf chez les plus de 65 ans, et bénéficie d'une plus forte mobilisation des jeunes électeurs, alors que 68 % des 18-25 ans se sont prononcés en sa faveur78. Il obtient également le suffrage de 54 % des catholiques, de 78 % des Israélites, ainsi que de 67 % des Latinos et de 95% des Afro-Américains79.

Au soir du 4 novembre 2008, il prononce devant plusieurs centaines de milliers de personnes son discours de victoire à Grant Park, dans la ville de Chicago, dans l'Illinois80. Après avoir remercié tous ses soutiens (famille, collaborateurs, électeurs), il évoque les enjeux majeurs de son mandat à venir ; en particulier les guerres d'Irak et d'Afghanistan et la crise économique. Son discours est teinté de références significatives aux discours d'investiture de John F. Kennedy, d'Abraham Lincoln et également de discours prononcés par Martin Luther King ; il cite notamment mot pour mot un passage du discours prononcé par Abraham Lincoln lors de sa première investiture81.

L'élection de Barack Obama est dans l'ensemble très bien accueillie à l'étranger, où elle est souvent l'occasion de célébrations populaires. Le Kenya, pays natal de son père, décrète même un jour férié. Fait également sans précédent, et bien que la Russie fasse montre de froideur, des gouvernements traditionnellement en très mauvais termes avec les États-Unis adressent leurs félicitations au nouveau président, ainsi Raul Castro (Cuba), Hugo Chávez (Venezuela) ou Mahmoud Ahmadinedjad (Iran). Depuis l'Afrique du Sud, il est également félicité par le prix Nobel de la Paix et ancien président Nelson Mandela82.

Barack Obama a été formellement élu par les grands électeurs le 15 décembre 2008 (sa victoire ayant été officiellement proclamée au Congrès des États-Unis par Dick Cheney le 8 janvier 2009)83, et il a succédé à George W. Bush le 20 janvier 2009. Il est alors devenu le quarante-quatrième président des États-Unis, et le premier Afro-Américain30 à accéder à la Maison Blanche.

Le début de sa présidence commence dans un contexte de guerre en Irak, de guerre en Afghanistan et d'une importante récession de l'économie américaine et de crise financière et économique mondiale.

Analyse d'une victoire

Barack Obama doit notamment sa victoire à une formidable mobilisation des primo-votants réalisée grâce notamment à une campagne révolutionnaire de mobilisation des donateurs, des militants et enfin des électeurs. Cette mobilisation fut basée sur trois leviers principaux : le message, les nouvelles technologies et l’organisation de terrain.

Le message, c'est le « changement », fondé sur l'émotion, sur le modèle des campagnes de community organizing, faisant des électeurs les acteurs de ce changement. La capacité de la campagne (ou organisation) mise en place par Obama à canaliser les flux monétaires et de bénévoles furent un élément déterminant de sa victoire ; en s'inspirant du modèle mis en place par les Républicains huit ans auparavant et en l'améliorant, Obama a su canaliser et tirer parti de son succès populaire84.

Les nouvelles technologies, ce sont les outils Internet qui sont utilisés avant tout pour recruter les sympathisants et organiser le militantisme. On y trouve les réseaux sociaux de type Facebook, sur lequel Barack Obama est de loin la personne au monde à compter le plus de partisans déclarés, avec près de cinq millions de supporters en janvier 200985 mais aussi une exceptionnelle base de données appelée Catalist, « un fichier unique qui répertorie individuellement 220 millions d’Américains, avec jusqu’à 600 informations par personne », permettant d'effectuer un ciblage précis sur tous les électeurs afin d'élaborer des messages personnalisés86.

Enfin, l’organisation de terrain combine une communication de mobilisation, le militantisme de proximité et une campagne de financement, structurée en groupes géographiques (DC for Obama, etc.) ou thématiques (Students for Obama, Lawyers for Obama, etc.), organisée sur le modèle du téléthon, permettant à Barack Obama de bénéficier in fine d'un budget de 750 M$ contre 350 M$ pour John McCain. Au total, Barack Obama a levé une armée de 1,2 million de militants, représentant 25 % du budget de campagne (200 M$). Ces militants ont approché directement ou par téléphone, près de 68 millions d’Américains, soit plus de la moitié des électeurs et 99 % des électeurs cibles86.

Transition présidentielle (novembre 2008 - janvier 2009)
Article connexe : Administration Obama.

L'élection présidentielle américaine indirecte fait que le président élu ne prend ses fonctions qu'onze semaines après le suffrage populaire. Cette période entre l'Election Day du 4 novembre et l'Inauguration Day, jour de la prise de fonction présidentielle, le 20 janvier est une phase de nomination de la nouvelle administration présidentielle et de transition avec l'administration sortante. La première nomination de la nouvelle administration est celle de Rahm Emanuel au poste de Chef de cabinet de la Maison Blanche. De nombreux noms circulent quant aux différents secrétaires et le 1er décembre, il est annoncé que son ancienne rivale à l'investiture Hillary Clinton sera proposée par l'administration Obama comme secrétaire d'État87. Les principaux postes sont pourvus dès début décembre (voir Administration Obama). Bien qu'Obama ait axé sa campagne présidentielle sur le slogan du changement, on note la prépondérance de vétérans de l'administration Clinton dans la nouvelle équipe, par souci revendiqué de bénéficier de leur expérience face à la crise.

 

 

 

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Rencontre entre le président en exercice George W. Bush et le président élu Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 10 novembre 2008

 

 

 

 

 

Conformément à ses promesses de dépasser le clivage bipartite88, Obama maintient à la Défense son titulaire nommé par George W. Bush en 2006, Robert Gates, un proche des républicains89 et de la famille Bush en particulier90, et rencontre à deux reprises son adversaire malheureux John McCain à la mi-novembre 2008 et le 19 janvier 2009, lors d'un bal rendu en l'honneur de l'ancien vétéran du Viêt Nam91. Il nomme également deux autres hommes proches des républicains dans son gouvernement, Ray LaHood (ancien représentant républicain) comme secrétaire au transport et le général James L. Jones, proche de John McCain92, comme conseiller à la sécurité nationale.

Le président Bush ayant souhaité que cette transition se passe au mieux, Obama bénéficie rapidement d'un accès aux informations classées secret défense et reçoit les mêmes rapports de sécurité que le président en exercice par la CIA et le FBI.

Avançant qu'il ne peut y avoir qu'un président américain en exercice à la fois, Barack Obama fait le choix discuté de rester globalement silencieux en décembre 2008 et janvier 2009 lors de l'offensive israélienne contre le Hamas à Gaza. Celle-ci cesse significativement quelques jours avant son investiture.

Obama bénéficie d'une sécurité renforcée, très proche de celle du président en exercice. Elle est assurée par le Secret Service, l'agence fédérale chargée de la protection du président, du vice-président et de diverses personnalités. Il circule ainsi en convoi blindé et sa maison de Hyde Park ainsi que le bâtiment fédéral de Chicago lui servant de quartier général pendant cette période de transition sont étroitement surveillés. Le président-élu ne déménage à Washington que début janvier 2009.

Lors des campagnes électorales, les principaux candidats à l'élection présidentielle américaine bénéficient d'une protection du Secret Service. Le candidat Obama fut le premier, en mai 2007, à en bénéficier du fait du risque d'attentats par des suprémacistes blancs93. Cette protection fut, comme pour le candidat républicain, renforcée après leur désignation respective comme candidat de leur parti.

Présidence

Article détaillé : Présidence de Barack Obama.
Investiture
Article détaillé : Investiture de Barack Obama.
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Prestation de serment de Barack Obama le 20 janvier 2009 qui devient le 44e président des États-Unis
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Barack Obama dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le premier jour de sa présidence.

 

 

 

Le 20 janvier 2009 à 12 h 07, Barack Obama prête serment au Capitole de Washington, D.C., devant une foule sans précédent estimée à plus de 2 millions de personnes, et sous les yeux de plusieurs centaines de millions de téléspectateurs du monde entier. Il est ainsi officiellement investi comme 44e président, dans une atmosphère de ferveur nationale et internationale peu habituelle (près de 8 Américains sur 10 lui accordent alors leur confiance face à la crise). Symboliquement, le premier président afro-américain réutilise la Bible qui avait servi en 1861 pour l'investiture d'Abraham Lincoln. Dans les jours précédents, il avait refait en train le trajet de Philadelphie à Washington accompli par ce dernier cette année-là, et s'était adressé à la foule depuis le Lincoln Memorial.

En signe d'unité nationale, Barack Obama choisit un évêque épiscopalien gay pour dire la prière d'ouverture des festivités de son investiture, un pasteur évangélique anti-avortement pour la prière d'ouverture de la cérémonie, et un célèbre vétéran du mouvement des droits civiques, ancien compagnon de Martin Luther King, pour la prière de clôture. Le discours d'investiture du nouveau président insiste sur « le triomphe de l'espérance sur la peur », sur le « refus du choix entre nos idéaux et notre sécurité » et sur le dialogue international, sans cacher aux Américains les difficultés qui les attendent94.

Le président de la Cour suprême John G. Roberts Jr. ayant mal placé un adverbe en récitant la formule constitutionnelle, et fait ainsi hésiter le nouveau président, la prestation de serment est refaite en privé le lendemain, 21 janvier, à la Maison Blanche pour éviter toute contestation juridique éventuelle95. Le membre de phrase mal prononcé était : « that I will faithfully execute the Office of President of the United States », le juge avait déplacé le mot « faithfully » ainsi : « That I will execute the Office of President to the United States faithfully ».

Doctrine politique

Barack Obama est considéré comme un homme politique pragmatique, adepte du compromis pour faire avancer ses idées et ses projets et capable de rassembler diverses catégories de l'électorat, même si ses votes au Congrès ont pu le classer à la gauche du parti96. Son discours sur l'état de l'Union de janvier 2010, venant peu de temps après avoir perdu la super majorité au Sénat avec l'élection du successeur de Ted Kennedy au Massachusetts, a mis l'accent sur la nécessité de réformer la finance mondiale, à la suite de la crise financière de 2008, et appelle les démocrates et républicains à voter une loi afin de contre-carrer l'arrêt de la Cour suprême, Citizens United v. Federal Election Commission, du 21 janvier 2010, qui étend les possibilités de financement électoral par les entreprises (nationales et étrangères)97. La perte de la majorité au Sénat hypothèque la réforme du système de protection sociale. Il est aussi adepte d'une large ouverture de l'information (non classifiée) détenue par les administration et les Agences gouvernementales, vers le public, ainsi que d'une approche participative et collaborative, ce qu'il a traduit, dès son premier jour de travail à la Maison Blanche par l' Open Government Initiative.

 

Politique étrangère


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Barack Obama rencontre le pape Benoît XVI le 10 juillet 2009 au Vatican.

 

 

 

 

Barack Obama est présenté comme un adepte du multilatéralisme, partisan de la realpolitik et prend pour modèle James Baker, saluant la politique étrangère américaine menée sous la présidence de George H. W. Bush pendant la première guerre du Golfe en 1991 et lors de la chute du Mur de Berlin en 198998. Sa politique étrangère est mise en œuvre par sa Secrétaire d'État, Hillary Clinton. S'il veut être plus ferme à l'égard du programme nucléaire de la Corée du Nord, ses principales propositions sont un retrait en 16 mois des troupes américaines de combat d'Irak, qui commencerait dès sa prise de fonction, et le commencement d'un dialogue « sans préconditions » avec l'Iran99. Il affirme cependant après son élection qu'il considère le programme nucléaire iranien comme « inacceptable ». Cette déclaration a été critiquée par le président du Parlement iranien, Ali Larijani100.

Concernant les relations avec Israël et avec les Palestiniens, après avoir été ambivalent, il prononçait, le 4 juin 2008 à la conférence du lobby pro-israélien Aipac (American Israel Public Affairs Committee) un discours dans lequel il apportait son soutien au statut de Jérusalem, comme capitale indivisible d'Israël101,60.

Le 10 juillet 2009, il rencontre au Vatican le pape Benoît XVI, en marge du sommet du G8. Le président Obama s'est notamment engagé auprès de lui à tenter de réduire le nombre d'avortements.

Discours du Caire

Il a prononcé à l'Université al-Azhar du Caire le 4 juin 2009 un discours considéré comme présentant un changement de cap majeur en matière de relations internationales entre les États-Unis et les musulmans102. Cette université est le centre le plus important du monde arabe pour la formation des ulémas103. Au cours de ce discours, en présence de Frères musulmans invités d'honneur contre l'avis d'Hosni Moubarak, le président Obama a attribué à l'islam quasiment toutes les inventions majeures de l'histoire de l'humanité, présentant aussi les États-Unis comme « un grand pays musulman »104. Il s'est également prononcé en faveur de la non-réglementation du port du voile : « Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter » et d'ajouter : « On ne doit pas dissimuler l’hostilité envers une religion devant le faux-semblant du libéralisme ». Cette critique envers un pays occidental vise selon de nombreux observateurs la France et sa politique de laïcité105,106,107.

Chine
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Le 18 février 2010, Barack Obama rencontre le dalaï-lama dans la Map Room à la Maison Blanche

 

 

 

 

 

En octobre 2010, concernant l'attribution du prix Nobel de la paix au Chinois Liu Xiaobo, il déclare :

« Le comité Nobel a choisi un porte-parole éloquent et courageux de la cause des valeurs universelles… Au cours des trente dernières années, la Chine a accompli des progrès spectaculaires… Cette récompense nous rappelle que la réforme politique n'a pas suivi le même rythme et que les droits humains doivent être respectés »108.

En janvier 2011, recevant Hu Jintao en visite d’État, Barack Obama aborde la question des droits de l'homme et suggère le dialogue entre la Chine et le dalaï-lama109.

Mort d'Oussama ben Laden
Article détaillé : Mort d'Oussama ben Laden.
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Déclaration de Barack Obama sur la mort d'Oussama ben Laden.

 

 

 

 

Le 1er mai 2011, à approximativement 23 h 20 (heure de l'Est), il annonce la mort, par les forces spéciales des États-Unis, du dirigeant principal du réseau jihadiste al-Qaida, Oussama ben Laden110, commanditaire présumé des attentats du 11 septembre 2001. Cette annonce suscite des scènes de liesse aux États-Unis, et de nombreuses réactions positives au travers le monde111.

 

 

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Barack Obama (2).

10 Novembre 2012 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

Généalogie

 

 

 


Études et carrière professionnelle

Après ses études secondaires, Barack Obama passe deux ans à Occidental College à Los Angeles (Californie) puis entre à l'Université Columbia de New York. Il en sort diplômé en 198323 avec un Bachelor of Arts en sciences politiques, spécialité relations internationales.

Premières expériences professionnelles (1983-1985)

Avant24 même d'obtenir son diplôme de l'université Columbia, Barack Obama envisageait de devenir « organisateur communautaire » (community organizer, et non pas social worker25), mais ses démarches auprès de différents organismes (notamment la mairie de Chicago, depuis peu dirigée par un Noir, Harold Washington) n'aboutissent pas. Il entre à New York dans un cabinet de consultants ((en) Business International Corporation (en)26) travaillant pour des multinationales, d'abord comme assistant de recherche, puis comme analyste financier, fonction importante qui lui permet de disposer d'un bureau et d'une secrétaire. À la suite d'une prise de contact avec sa tante Auma[réf. nécessaire], il décide de se réorienter vers le travail communautaire et quitte son entreprise. Toujours à New York, il connaît une période de travail précaire (il travaille notamment pendant trois mois pour l'organisation de Ralph Nader), puis est recruté par un militant associatif de Chicago, Jerry Kellman (qu'il appelle Marty Kaufman dans son autobiographie).

Chicago (1985-1988)

À l'été 198527, il choisit de travailler comme organisateur communautaire dans le quartier noir défavorisé de Bronzeville. Il devient adjoint de Jerry Kellman, travailleur social chrétien, membre d'un réseau d'Églises progressistes. Jusqu'en 1987, Barack Obama, surnommé « Baby Face » par les pasteurs locaux, arpente South Side pour aider les résidents à s'organiser dans la défense de leurs intérêts, pour obtenir le désamiantage des logements sociaux, l'ouverture de bureaux d'embauche, ou pour lutter contre la délinquance des jeunes. C'est durant cette période que Barack Obama, élevé sans religion28, se rapproche de l'Église unie du Christ dirigée dans le quartier par le pasteur antisémite Jeremiah Wright, issu de la secte islamique Nation of Islam29, et embrasse la religion protestante.

Harvard (1988-1991)

Au cours de l'année 1987, il pose sa candidature à plusieurs universités et reçoit un agrément de Harvard en février 1988. Il quitte Chicago en mai 1988 et après un séjour touristique en Europe, part pour son premier voyage au Kenya. Il est ensuite pendant trois ans27 à la faculté de droit de Harvard (Harvard Law School) à Cambridge près de Boston ; il en sort diplômé avec la mention magna cum laude. En 1990, il est le premier Afro-Américain30 élu (face à 18 autres candidats) rédacteur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review, événement qui fait l'objet d'une information dans des journaux nationaux.

Chicago (depuis 1991)

 


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Barack et Michelle Obama en 2008

 

 

 

 

À la fin de ses études, au lieu de devenir adjoint au juge Abner Mikva, Barack Obama revient à Chicago pour devenir enseignant en droit constitutionnel à l'Université de Chicago où il travaille jusqu'en 200427. Il entre dans un cabinet juridique spécialisé dans la défense des droits civiques.

Vie et soutien familial

En 1992, il épouse Michelle Robinson, juriste originaire de Chicago rencontrée en 1989 dans le cabinet d'avocats où il travaille et où elle est avocate associée. Le couple Obama aura deux filles, Malia Ann (née en 1998) et Natasha, plus connue par son surnom Sasha (née en 2001). Michelle Robinson-Obama est alors une avocate renommée, figure influente du Parti démocrate local et proche du maire de Chicago, Richard M. Daley. C'est elle qui va propulser la carrière politique de son époux31,27 alors qu'il n'a, jusque-là, milité activement que pour soutenir la candidature de Bill Clinton à la présidence des États-Unis et celle de Carol Moseley-Braun au Sénat.

Carrière politique locale (1994-2004)

En 1996, Barack Obama est élu au Sénat de l'Illinois dans la 13e circonscription, couvrant les quartiers de South Side à Chicago27, comprenant le quartier de Hyde Park, dans lequel il vivra avec sa femme et ses deux filles jusqu'à son entrée à la Maison Blanche. Il préside la commission de santé publique quand les démocrates reprennent la majorité au Sénat de l'État.

Il soutient les législations en faveur de l'extension de la couverture médicale aux plus démunis, se fait le défenseur de la cause des homosexuels et fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le SIDA. Son mandat est marqué par sa capacité à obtenir, par le biais de compromis, l'assentiment des républicains sur des lois comme celles contre le profilage racial, la vidéosurveillance des interrogatoires de police ou un moratoire sur l'application de la peine de mort dans l'Illinois32.

En 2000, il tente de se faire désigner aux primaires démocrates pour être candidat à la Chambre des représentants des États-Unis mais il est battu avec 30 % des voix contre 61 % à Bobby Rush, le titulaire démocrate sortant et ancienne figure historique du Black Panther Party.

Barack Obama se fait aussi remarquer à l'échelle nationale en 2002 lorsqu'il refuse de cautionner les explications des néo-conservateurs au sujet d'une invasion nécessaire de l'Irak. « Je ne suis pas quelqu'un qui s'oppose à la guerre en toutes circonstances. Je suis opposé à une guerre stupide, non pas basée sur la raison, mais sur la passion, non sur les principes, mais sur la politique », déclare-t-il le 2 octobre 2002 à Chicago33. Cette opposition à la guerre lancée par l'administration Bush le 19 mars 2003 et approuvée par une large majorité du Sénat des États-Unis (dont, notamment Hillary Clinton34), lui servira de référence tout au long de sa campagne pour l'investiture de l'élection présidentielle américaine de 2008 pour contrer ses adversaires.

 

Carrière nationale (2004-2008)


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Barack Obama, sénateur de l'Illinois.

 

 

 

 

À l’automne 2002, il engage le consultant politique David Axelrod et annonce officiellement sa candidature au Sénat des États-Unis en janvier 200335. Parmi les membres du comité pour le financement de sa campagne se trouve un repris de justice notoire, Tony Rezko (en)36,37. En juillet 2004, il prononce un discours de la Convention démocrate de Boston désignant John Kerry comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il y fait l'apologie du rêve américain, de l'Amérique généreuse en les reliant à ses origines familiales. Il en appelle à l'unité de tous les Américains et dénonce les « errements » et l'« extrémisme » diviseur de l'administration de George W. Bush. Ce discours « The Audacity of Hope »38 repris dans la presse écrite et à la télévision fait connaître Barack Obama aux militants démocrates mais également à de nombreux Américains39.

Le 2 novembre 2004, après avoir battu quelques mois plus tôt ses adversaires démocrates lors des primaires, Barack Obama est élu au Sénat des États-Unis avec 70 % des voix contre 27 % à son adversaire républicain, l'ancien ambassadeur et chroniqueur politique conservateur afro-américain Alan Keyes. Le score ne fut pas une surprise car pendant plusieurs mois, Barack Obama avait fait une grande partie de sa campagne électorale sans aucun opposant désigné contre lui à la suite du retrait en dernière minute de Jack Ryan, le candidat républicain qui avait lui-même succédé à Blair Hull, le vainqueur des primaires, tous deux étant englués dans des affaires scabreuses avec leurs épouses respectives. Ce n'est que deux mois avant l'élection, qu'Alan Keyes fut désigné comme candidat républicain en dépit du fait qu'il résidait au Maryland, n'avait aucun lien avec l'Illinois et qu'en 2000, il avait dénoncé le parachutage d'Hillary Clinton à New York.

Barack Obama succède alors au sénateur républicain sortant Peter Fitzgerald. Il prête serment comme sénateur le 4 janvier 2005, devenant le seul homme de couleur à siéger au Sénat, et le cinquième de l'histoire40. Il démissionne de son poste de sénateur le 16 novembre 2008, après son élection à la présidence des États-Unis.

 

 

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Barack Obama (1).

10 Novembre 2012 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #AMÉRIQUE NORD-Géo - histo - polit & culturelle

Barack Obama

 

 

 

Barack Obama
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Portrait officiel de Barack Obama, en 2009.
Fonctions
44e président des États-Unis
En fonction depuis le 20 janvier 2009
(3 ans, 9 mois et 20 jours)
Élection 4 novembre 2008
Réélection 6 novembre 2012
Vice-président Joe Biden
Prédécesseur George W. Bush
Sénateur des États-Unis
pour l'Illinois
4 janvier 200516 novembre 2008
Prédécesseur Peter Fitzgerald
Successeur Roland Burris
Sénateur de l'Illinois
pour le treizième district
8 janvier 19974 novembre 2004
Prédécesseur Alice Palmer
Successeur Kwame Raoul
Biographie
Nom de naissance Barack Hussein Obama II
Date de naissance 4 août 1961 (51 ans)
Lieu de naissance Honolulu (Hawaï, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Michelle Robinson
Diplômé de Faculté de droit de Harvard
Université Columbia
Profession Avocat
Professeur
Travailleur social
Religion Protestantisme
(Église unie du Christ)

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Seal Of The President Of The United States Of America.svg
Présidents des États-Unis

Barack Hussein Obama II, né le 4 août 1961 à Honolulu dans l'État d'Hawaï, est l'actuel et le 44e président des États-Unis d'Amérique, élu pour un premier mandat le 4 novembre 2008, et réélu le 6 novembre 2012.

Fils d'un Kényan noir et d'une Américaine blanche du Kansas de souche irlandaise, il est le premier Afro-Américain ayant accédé à la présidence des États-Unis. Son parcours a suscité chez les électeurs comme dans les médias du monde entier un grand intérêt.

Né à Hawaï, élevé plusieurs années en Indonésie, diplômé de l'Université Columbia et de la Faculté de droit de Harvard, il est, en 1990, le premier Afro-Américain à présider la prestigieuse Harvard Law Review, événement historique dans un pays qui a connu une ségrégation raciale jusque dans les années 1960.

Après avoir été travailleur social, plus spécifiquement « organisateur de communauté » (community organizer en anglais), dans les quartiers sud de Chicago durant les années 1980, puis avocat en droit civil à sa sortie d'Harvard, il enseigne le droit constitutionnel à l'Université de Chicago de 1992 à 2004.

Barack Obama entre en politique en 1996 : il est élu au Sénat de l'Illinois où il effectue trois mandats, de 1997 à 2004. Il connaît l’échec lors de sa candidature à l’investiture du Parti démocrate pour la chambre des représentants en 2000 mais l'obtient en mars 2004 pour le Sénat des États-Unis. Barack Obama se distingue notamment par son opposition précoce à la guerre lancée par George W. Bush en Irak et par le discours qu’il prononce en juillet 2004 lors de la convention démocrate qui désigne John Kerry comme candidat à la présidence, prestation remarquée qui le fait connaître pour la première fois au plan national.

Élu sénateur des États-Unis en novembre 2004, il déclare sa candidature à l’investiture démocrate pour la présidence des États-Unis le 10 février 2007 à Springfield. Il remporte les primaires face à Hillary Clinton et est officiellement désigné candidat lors de la convention de son parti à Denver, le 27 août 2008.

Après avoir obtenu 52,9 % des voix et 365 grands électeurs à l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 contre le républicain John McCain, Barack Obama entre en fonction le 20 janvier 2009. Sa présidence intervient dans un contexte de guerre en Irak, de guerre en Afghanistan, de crise au Moyen-Orient, d'importante récession de l'économie américaine et de crise financière et économique mondiale. Le 9 octobre 2009, il reçoit le prix Nobel de la paix.

Durant son mandat, Barack Obama promulgue notamment un plan de relance économique en février 2009, la loi sur l’allègement d’impôts, le renouvellement d’autorisation des assurances-chômages et les créations d’emplois, celle sur la protection des patients et des soins abordables ainsi qu’une réforme de la régulation financière en 2010. En termes de politique étrangère, il retire progressivement les troupes américaines d’Irak, augmente celles présentes en Afghanistan et signe un traité de contrôle des armements avec la Russie. Il commande également l'opération qui aboutit à la mort d'Oussama Ben Laden, tué par les forces spéciales américaines à Abbottabad au Pakistan le 1er mai 2011.

Le 4 avril 2011, Barack Obama annonce qu'il est candidat à sa succession lors de l'élection présidentielle de 2012. Opposé au républicain Mitt Romney, il est réélu le 6 novembre 2012 pour un second mandat présidentiel, avec 332 grands électeurs acquis contre 206 pour son rival et une avance de 2,9 millions de voix dans le vote national1.





Origines familiales, enfance et jeunesse

Barack2 Hussein Obama II est né le 4 août 1961 à 19 h 24 à la maternité de Kapiolani à Honolulu3. Ses parents se sont rencontrés à l'Université d'Hawaï où ils étaient tous deux étudiants.

Famille paternelle

Son père est Barack Obama Senior, économiste et homme politique kényan né en 1936 et mort le 24 novembre 1982.

La famille Obama est une famille kényane qui appartient à l'ethnie luo. Dans son autobiographie4, Barack Obama fournit une assez longue généalogie en ligne paternelle (12 générations au-dessus de lui) et indique que la famille vivait de l'élevage nomade dans la région de l'Ouganda avant de venir se fixer au Kenya, à Alego5 puis à Kendu Bay6.

L'arrière-grand-père de Barack Obama Jr. s'appelait simplement Obama (il est donc l'ancêtre éponyme) et vivait à Kendu Bay à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Son grand-père, Hussein Onyango Obama (1895-1979) est présenté comme un personnage assez original ; il est le premier habitant de Kendu Bay à entrer en contact avec les Anglais à Kisumu, autour de 1910 ; immédiatement, il adopte un mode de vie moderne (vêtements européens, apprentissage de la lecture et de l'écriture, souci exceptionnel d'hygiène) et, désavoué par son père et ses frères, se met au service du colonisateur. Pendant la Première Guerre mondiale, il est responsable de l'organisation de corvées au Kenya puis au Tanganyika. Après la guerre, il exerce la profession de domestique et cuisinier pour différents patrons britanniques ; en même temps, il effectue un retour aux origines en achetant des terres à Kendu Bay et en prenant une épouse, Helima (puis une seconde, Akumu, puis une troisième, Sarah). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est au service d'un officier britannique dans différents endroits (Birmanie, Thaïlande, Ceylan, Europe). Après son retour, il cesse de travailler comme domestique et devient agriculteur à plein temps ; c'est aussi le moment où il quitte Kendu Bay et s'installe à Alego.

Dans les années 1950, il est détenu durant six mois à la suite d'une dénonciation calomnieuse à propos de liens avec le mouvement nationaliste kényan (KANU). Reconnu innocent, il sort malgré tout affaibli physiquement et moralement de cette épreuve7.

De ses trois épouses, il a eu huit enfants8.

Barack Obama Sr. est le deuxième, né en 1936 à Kendu Bay. Sa mère est Akumu. Barack Obama Sr, qui est décédé en 1982 a été éduqué dans la religion musulmane mais était néanmoins athée9. Après le départ10 d'Akumu en 1945, il a été élevé par la troisième épouse de Hussein Onyango dans le village d'Alego ; après des études primaires brillantes, quoique peu assidues, il est admis dans l'école des missionnaires de Maseno, mais en est renvoyé pour indiscipline, avant d'avoir mené à leur terme ses études secondaires. Il travaille plusieurs années comme employé de bureau à Mombasa et Nairobi et épouse sa première femme, Kezia. Il a la chance d'être repéré comme très doué par deux universitaires américaines qui lui font prendre un cours par correspondance et lui font passer l'examen de fin d'études secondaires à l'ambassade des États-Unis ; c'est encore avec leur appui, qu'il sollicite une bourse auprès de plusieurs universités américaines, et en 1959, il obtient une réponse favorable de l'université d'Hawaii. Il va y suivre un cursus d'économétrie, obtenant les meilleures notes de sa promotion et y fonde l'association des étudiants étrangers11.

Famille maternelle

Sa mère, Stanley12 Ann Dunham (1942 - 1995) était la fille de Stanley (23 mars 19188 février 1992) et de Madelyn Dunham (26 octobre 19223 novembre 2008)13. La famille Dunham était chrétienne, mais Ann, adulte, était agnostique. L'ascendance de la famille blanche de Stanley Ann Dunham semble avoir compté le premier esclave noir du continent John Punch selon Ancestry.com.

Elle est née près de la base militaire de Wichita3 (Kansas), son père ayant été appelé en 1942 pour servir comme GI dans l'armée américaine. Pendant la guerre, Madelyn Dunham travaille dans les usines aéronautiques de Wichita. Après avoir servi en Europe dans l'armée de George Patton, Stanley Dunham devient vendeur représentant en meubles. La famille Dunham déménage assez souvent, habitant successivement la Californie, le Kansas, le Texas, l'État de Washington (Seattle) avant de partir pour Hawaï en 1959. Stanley y connaît des déboires professionnels, mais Madelyn occupe avec un certain succès un emploi de cadre de banque.

Stanley Ann suit des études d'anthropologie à l'université d'Hawaï quand elle rencontre Barack Sr14.

Barack Obama a été élevé par ses grands-parents maternels à partir de 1971. Étant très attaché à Madelyn (« Toot », américanisation de Tutu, « grand-mère » en hawaïen), le candidat a même interrompu sa campagne pour s'occuper d'elle alors qu'elle était souffrante à Hawaii. Madelyn Dunham est décédée le 3 novembre 200813, la veille même de l'élection de son petit-fils à la présidence des États-Unis.

Une famille recomposée

Les parents de Barack Obama se marient le 2 février 196115. En août 1963, son père est accepté à l'Université Harvard mais il part seul pour le Massachusetts car la bourse qu'il a obtenue ne lui permettrait pas de subvenir aux besoins de son épouse et de son fils. Le divorce sera prononcé en janvier 1964. Diplômé en économie en 1965, le père de Barack Obama repart au Kenya où il fonde une nouvelle famille. D'abord homme en vue proche du gouvernement de Jomo Kenyatta, il finit par s'opposer aux projets du président. Limogé et boycotté, il sombre dans la pauvreté et l'alcoolisme avant de se tuer dans un accident de voiture en 198211. Son fils ne l'aura revu qu'une fois, à 10 ans, lors d'un séjour de son père à Hawaï (décembre 1971-janvier 1972).

Ann Dunham s'est remariée en 1965 avec un étudiant originaire d'Indonésie, Lolo Soetoro, qui regagne son pays dès 1966 ; Ann et Barack le rejoignent à Jakarta16 en 1967. Barack va passer quatre ans en Indonésie. Il fréquente d'abord deux ans l'école primaire catholique St-François d'Assise puis une école publique où il est le seul étranger15. Dans le dossier d'inscription à celle-ci, il aurait choisi, parmi les cinq religions proposées, celle de son beau-père le javanisme17, une branche locale de la religion musulmane18. Pendant la campagne électorale pour l'investiture de 2008, l'éditorialiste néo-conservateur Daniel Pipes a prétendu qu'Obama avait été un musulman pratiquant durant son séjour en Indonésie (donc entre 6 et 10 ans)19. Obama affirme quant à lui que son foyer n'était pas religieux.

En 1971, sa mère le fait revenir à Hawaï chez ses grands-parents maternels, afin qu'il puisse faire des études secondaires américaines (depuis le début du séjour indonésien, elle lui faisait suivre un cours par correspondance, et dans les derniers mois, lui imposait de se lever très tôt pour travailler avec elle avant d'aller à l'école) ; il est inscrit à l'Académie Punahou, prestigieuse école privée d'Hawaii20 pour laquelle il a obtenu une bourse. L'année suivante, Ann, séparée de Lolo Soetoro, le rejoint avec Maya et reprend ses études avec un mastère consacré à l'anthropologie de l'Indonésie. Selon Maya, l'éducation que sa mère a donnée à cette époque à ses deux enfants était « idéaliste et exigeante21 ». En 1975, elle retourne en Indonésie pour effectuer les travaux de terrain obligatoires pour son diplôme, mais Barack refuse de la suivre21. Elle devient responsable d'un programme d'aide aux femmes pauvres organisé par la fondation Ford puis contribue à développer le système de microcrédit indonésien21. Elle achève son doctorat en 1992 avec une thèse sur The peasant blacksmithing in Indonesia. Mais elle meurt à Hawaii à 52 ans le 7 novembre 1995 d'un cancer de l'ovaire. Obama affirme que sa plus grande erreur a été de ne pas avoir été à ses côtés au moment de sa mort.

Barack Obama a raconté son enfance et sa jeunesse (jusqu'en 1988) dans son autobiographie Les rêves de mon père22.

 

 

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