Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg (1).
| Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg | ||
|---|---|---|
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| Vue générale de l'édifice | ||
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| Latitude Longitude | ||
| Pays | | |
| Région | Alsace | |
| Département | Bas-Rhin | |
| Ville | Strasbourg | |
| Culte | Catholique romain | |
| Type | Cathédrale | |
| Rattaché à | Évêché de Strasbourg | |
| Début de la construction | 1176 | |
| Fin des travaux | 1439 | |
| Style(s) dominant(s) | Gothique | |
| Classé(e) | Monument historique (1862) Patrimoine mondial de l'UNESCO (1988) | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : France | ||
La cathédrale Notre-Dame est une cathédrale catholique romaine construite à Strasbourg, représentative de l'architecture gothique. Avec ses 142 mètres, après avoir été l'édifice le plus haut du monde de 1647 à 1874[1], elle est actuellement la deuxième plus haute cathédrale de France après celle de Rouen, achevée précisément en 1884, et culminant à 151 mètres[2]. Elle est reconnaissable par son unique clocher surmonté d'une flèche.
« Prodige du gigantesque et du délicat » selon Victor Hugo[3], la splendeur de la cathédrale est visible de très loin dans la plaine alsacienne et peut être aperçue d'aussi loin que les Vosges ou que de la Forêt-Noire. Elle se situe dans un quartier entouré par la rivière, l’Ill, sur la place de la cathédrale, au milieu d'anciens bâtiments.
Histoire de la cathédrale
Le site de la cathédrale est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, à partir de l'occupation romaine. Un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l'emplacement jusqu'à une date inconnue. On sait qu'une cathédrale est élevée par l'évêque de Strasbourg saint Arbogast, à la fin du VIIe siècle, sur la base d'un temple dédié à la Sainte Vierge, mais aucun vestige n'a été conservé jusqu'à aujourd'hui.
La première cathédrale est remplacée durant le VIIIe siècle par un édifice plus important, terminé sous le règne de Charlemagne. Le testament de l'évêque Rémi[4], daté de 778, atteste de sa volonté d'être inhumé dans la crypte. C'est certainement dans l'édifice que sont prononcés les serments de Strasbourg. Les fouilles menées récemment révèlent que cette cathédrale carolingienne possédait trois nefs et trois absides. Un poème décrit cette cathédrale, ornée d'or et de pierreries par l'évêque Ratald[5]. La cathédrale est la proie des flammes à de multiples reprises, en 873, 1002 et 1007.
En 1015, l'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg, et l'empereur Henri II posent ensemble la première pierre d'une nouvelle cathédrale sur les ruines de l'édifice carolingien. Werner construit une cathédrale de style ottonien, mais celle-ci brûle en 1176, car les nefs sont à l'époque couvertes d'une charpente en bois.
Après le sinistre, Henri de Hasenbourg, nouvel évêque de Strasbourg de 1180 à 1190, décide la construction d'une quatrième cathédrale, devant être plus belle que celle de Bâle, qui vient d'être achevée. Le chantier de la nouvelle cathédrale commence sur les fondations de la construction précédente et ne s'achève que plusieurs siècles plus tard, en 1439. La construction débute par le chœur et le transept Nord, dans un style roman. Mais en 1225, une équipe venant de Chartres révolutionne la construction, par l'apport du style gothique. Afin de trouver de l'argent pour terminer la nef, le diocèse recourt aux indulgences en 1253. Témoignage de la double influence française et allemande, l'utilisation pour les vitraux des couleurs rouge et bleu (typique d'une équipe française) et la présence marquée de vert (style allemand).
Les différents maîtres d'œuvre sont successivement :
- Michel de Fribourg (façade).
- Klaus de Lohr (façade).
- Erwin von Steinbach (1244-1318) (façade).
- Ulrich d'Ensingen (tour octogonale), maître d'œuvre de la tour de la Cathédrale d'Ulm.
- Johannes Hültz (flèche).
L'Humanisme et la Réforme gagnent Strasbourg au XVIe siècle et vont largement marquer la ville. Strasbourg est une des premières villes qui appela au changement. Les thèses de Luther sont affichées dès 1518 aux portes de la cathédrale et les écrits luthériens se propagèrent rapidement grâce aux imprimeurs. La ville adopte la Réforme en 1524 et attribue les églises aux protestants. Mais le déclin arrive avec les guerres. L'empereur Charles Quint, catholique, mène la guerre contre les princes protestants et leurs alliés, dont Strasbourg. La ligue protestante est vaincue et la ville restitue la cathédrale Notre-Dame en 1681[6], ainsi que quarante églises, aux catholiques. L'introduction de la Réforme met cependant fin à la production artistique qu'elle a privée de son mécène habituel : l'Église catholique. Une quarantaine d'autels disparaissent ainsi de la cathédrale durant cette période.
La toiture de la cathédrale est atteinte lors des bombardements de la ville de Strasbourg, pendant la guerre franco-allemande de 1870. Pendant l'annexion de l'Alsace-Lorraine au Troisième Reich, le culte catholique est provisoirement interdit dans la cathédrale par un décret de Hitler[7]. Son secrétaire particulier Bormann aurait confié[8] que le Führer comptait « transformer la cathédrale de Strasbourg en monument national puisqu'elle était revendiquée à la fois par les catholiques et les protestants ». La cérémonie en l'honneur de la victoire, mêlée à un semblant de religion et organisée par la Wehrmacht au début de juillet 1940, corrobore ces projets.
| Strasbourg et sa cathédrale en 1493 | La cathédrale en 1877 | La ville et la cathédrale vers 1895 |
Dimensions
- Longueur : 111 m
- Largeur : 51,5 m
- Hauteur : 142 m
- Hauteur du sol à la plate-forme : 66 m (330 marches)
- Hauteur du sol au sommet du clocher : 100 m (500 marches)
- Hauteur du sol au sommet de la flèche : 132 m (646 marches)
- Hauteur du sol au sommet de la pointe : 142 m
- Hauteur du clocher : 34 m (170 marches)
- Hauteur de la flèche : 32 m (146 marches)
- Hauteur de la pointe : 10 m
La tour semble plus grande que la flèche car la base de cette dernière est entourée (et donc cachée) par les quatre colonnes débutant au pied de la tour, situés aux angles de celle-ci. Les colonnes dépassant donc la tour peuvent ainsi donner une impression de continuité.
Pour se donner une idée de la hauteur de l'édifice, les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris atteignent 69 m, et la flèche, située au centre du toit de la nef, atteint les 96 m.
Si l'on ne compte pas les quelques marches extérieures séparant le parvis du premier escalier (celui de 330 marches, le seul ouvert au grand public actuellement), on peut dire que les 500 marches du sol au sommet du clocher mesurent 20 cm (les 330 comme les 170 marches). Les 146 marches de la flèche mesurent environ 22 cm. Quelques marches extérieures séparent le parvis du premier escalier de la cathédrale. Une autre petite plate-forme entoure la base de la pointe.
- Hauteur maximale de la nef : 31 m
Quimper (4 & fin).
Population et société
Evolution démographique du Grand Quimper (communes fusionnées de Quimper, Kerfeunteun, Ergué-Armel et Penhars)
Histogramme
- L'adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été signée le 6 février 2008 par le maire Alain Gérard, en compagnie de Lena Louarn, présidente de l'Office de la langue bretonne.
- A la rentrée 2007, 4,7% des enfants de la commune étaient inscrits dans le primaire bilingue.[5]
Quimper a plusieurs écoles primaires. Ses collèges publics principaux sont les collèges Max Jacob, Auguste Brizeux, la Tourelle , la Tour d'Auvergne et Ste Thérése. Quant aux lycée publics, il y en a quatre principaux. Ce sont le lycée Auguste Brizeux, le lycée de Cornouaille, le lycée Yves Thépot et le lycée Jean-Antoine Chaptal. Quimper compte également quatre collèges d'enseignement privé sous contrat : La Sablière, Saint Jean-Baptiste, Sainte Thérèse et Saint Yves. Les lycées privés sont Sainte Thérèse, le Paraclet, Kerustum et le Likès.
Quimper compte enfin deux pôles de classes préparatoires aux grandes écoles : l'un scientifique, dans le cadre du lycée Auguste Brizeux, et l'autre littéraire dans le cadre du lycée de Cornouaille.
- L'UJAP Quimper (basket-ball) évolue en Pro B (2e division).
- Stade Quimpérois (football) évolue en CFA Groupe D.
- Rugby Club Quimpérois (rugby) évolue en Fédérale 3.
- Club de canoë-kayak de Quimper : CCKQC
- Quimper Athlétisme
- UJAP QuimperBadminton
Quimper dispsoe d'une gare SNCF. De cette gare, il est possible de se rendre par des Trains Express Régionaux ou par Corail Intercités vers Brest, Châteaulin, Rennes, Lorient et Nantes. Le TGV relie Quimper à Gare de Paris-Montparnasse en moins de 4h20 via Rennes et Le Mans
- Michel Marion, receveur ducal mort pour délivrer son duc (vers 1450)
- Jean Moreau, chanoine et auteur de Mémoires sur les guerres de la Ligue en Cornouaille (vers 1552)
- Élie Fréron, critique littéraire, adversaire de Voltaire (1718)
- Denis Bérardier, théologien et religieux français, a obtenu que Quimper soit le chef-lieu du département, (1735 - 1794),
- René Madec, soldat du Roi, général et nabab du Grand Moghol des Indes (1736)
- Augustin Bernard-François Le Goazre de Kervelegan (1748-1825), avocat et révolutionnaire
- René Laënnec, médecin, inventeur du stéthoscope (1781)
- Alexandre Massé, industriel du textile, inventeur du bouton à quatre trous, bienfaiteur (1829)
- Émile Lemoine (1840-1912), géomètre
- Louis(-Marie) Hémon, avocat, député, puis sénateur du Finistère (1844)
- Katell Cornic (Kerfeunteun 1857-1917), créatrice de la crêpe dentelle.
- Pierre Alexis Ronarc'h, amiral (1865)
- René Cardaliaguet ou Chanoine Cardaliaguet, 1875
- Victor Le Gorgeu, sénateur du Finistère, maire de Brest, commissaire régional de Bretagne (1881)
- Max Jacob, Poète, Romancier, Essayiste et Peintre(1876)
- Georges Chauvel (1902-1973), homme politique
- Louis Salou, acteur (1902)[réf. nécessaire]
- Césaire de Poulpiquet, résistant français (1903-1943)
- Charles Hernu, ministre, député du Rhône (1923)
- Jacques Villeglé, artiste peintre/plasticien renommé pour ses affiches lacérées (1926)
- Jean-Yves Besselat, homme politique (1943)
- Hervé Jaouen, écrivain (1946)
- Dan Ar Braz, auteur-compositeur-interprète (1949)
- Philippe Poupon, navigateur (1954)
- Marc Guillemot, navigateur (1959)
- Jean Le Cam, navigateur (1959)
- Bertrand de Broc, navigateur (1960)
- Roland Jourdain, navigateur (1964)
- Ronan Bouroullec, designer (1971)
- Erwan Bouroullec, designer (1976)
- Jean Discalceat, Santig Du, (1349),
- Jean Moreau, voir ci-dessus (29 juin 1617)
- François de Coëtlogon, évêque de Cornouaille pendant 40 ans. C'est son carrosse embourbé qui aurait inspiré Jean de La Fontaine (1706)
- Marie Tromel, dite Marion du Faouët, chef de bande, torturée et pendue en 1755
- Alain Nédélec, agriculteur, juge de paix du canton de Fouesnant, premier condamné à être guillotiné à Quimper 1793
- Yves Marie Audrein, évêque, (1800)
- François Valentin, peintre et homme politique (1804)
- Jean-Marie de Silguy, fondateur du Musée des Beaux-Arts de Quimper, 1864
- Olivier Perrin, peintre (1832)
- Pierre-Paul de La Grandière, amiral, gouverneur de Cochinchine (1876)
- François-Marie Luzel, conservateur des Archives départementales, folkloriste, écrivain en breton (1895)
- Jean-Marie Déguignet, écrivain breton de langue française, (1905),
- Henri Pérennès, prêtre et historien (1951)
- Pierre-Jakez Hélias, écrivain en breton, journaliste, professeur de lettres (1995)
- Gradlon, roi de Cornouaille selon une légende ancienne, VIe siècle ?
- Saint Corentin, premier évêque de Cornouaille selon une légende ancienne, VIe siècle ?
- Hoël Ier, comte de Bretagne (vers 1030-1084)
- Père Julien Maunoir, jésuite.
- Joseph François Dupleix (1697-1763), gouverneur des Indes françaises, a étudié au collège des Jésuites.
- Claude Le Coz (1740-1815), principal du collège de Quimper, puis évêque constitutionel d'Ille-et-Vilaine
- Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne, né à Carhaix le 23/12/1743, a fait ses études au collège de Quimper.
- Yan Dargent, peintre et illustrateur français (1824 - 1899).
- Nathalie Lemel (1826-1921), libraire, militante socialiste, dirigeante de la Commune, compagne d'exil de Louise Michel.
- Joseph Loth, professeur de langues celtiques, (1847-1934)
- Pierre Tal Coat (pseudo de Pierre Jacob, (1905-1985), peintre.
- Julien Gracq (pseudo de Louis Poirier), écrivain.
- Edmond Michelet, élu député de Quimper le 12 mars1967, un mois avant de devenir ministre de la Fonction publique et réélu en juin 1968 à un siège qu'il a quitté le 22 juin1969 pour devenir ministre des Affaires culturelles, succédant à André Malraux.
- Émile Rocher, peintre, sculpteur et céramiste qui a beaucoup travaillé sur le thème de Quimper.
- Yann Brekilien, écrivain.
- Gwenc'hlan Le Scouëzec (1929-2008), médecin de ville à Quimper, éditeur et écrivain, Grand druide du Gorsedd de Bretagne
- Bernard Poignant, maire de Quimper, député européen.
- Ronan Olier, peintre.
- Ronan & Erwan Bouroullec, designers.
- René-Yves Creston, artiste plasticien, ethnologue et résistant, au musée Breton.
- Patrick Camus, peintre.
- Yvon Gicquel, professeur de Lettres Classiques en classe de Lettres Supérieures. Fervent admirateur du crédo Bénodet, Bonne Idée.
- Rémi Blanchard, peintre.
Économie
- Ville de services (nombreuses administrations) ;
- Constructions mécaniques ;
- Plastiques ;
- Industrie textile ;
- Faïence de Quimper ;
- Fabrique de cidre d'Appellation d'origine contrôlée (A.O.C.) « Cidre de Cornouaille » ;
- Gare S.N.C.F. ;
- Aéroport de Quimper Cornouaille à 8 km (Pluguffan) ;
- Tourisme ;
- Pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias, IUT, classes préparatoires aux grandes écoles (PCSI, PC, PSI) ;
- Médiathèque des Ursulines
- Lycées, cliniques et hôpitaux.
Quimper est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Quimper Cornouaille. Elle gère l'aéroport de Quimper Cornouaille situé sur la commune de Pluguffan et le port de Quimper. Quimper est également le siège du Conseil Général du Finistère.
Quimper et les 6 communes environnantes sont desservies par le réseau de transport en commun Qub et ses 24 lignes de bus.
Culture et patrimoine
Quimper est classée ville d'art et d'histoire.
- Cathédrale Saint-Corentin (style gothique - XIIIe-XIXe - flèches néo-gothiques de 77 m)
- Église prieurale de Locmaria, Quimper (style roman - XIe-XIIe)
- Église Saint-Mathieu (XIXe - style néo-gothique)
- Église de Kerfeunteun (style gothique tardif - XVIe)
- Chapelle de Ty Mamm Doue (Maison de la Mère de Dieu) à Kerfeunteun (XVIe-XVIIe)
- Ancienne chapelle du Collège jésuite (XVIIIe)
- Le Vieux Quimper (remparts, maisons anciennes, dont la Maison des cariatides, rue du Guéodet)
- Le Musée des Beaux-Arts [6](près de la cathédrale)
- Musée départemental breton (archéologie, ethnologie, mobilier et costumes anciens, estampes, faïences) dans l'ancien palais épiscopal
- Musée de la Faïence [2]
- Promenades du Mont Frugy : chemins dans une falaise boisée surplombant la ville
- Festival de Cornouaille (troisième semaine de juillet)
- Faïenceries HB-Henriot [3]
- Gorges du Stangala où coule le fleuve Odet (à 7 km N.E.)
- Gorges boisées de l'estuaire de l'Odet (visite en vedettes touristiques)
- Statues:
-la plus connue, œuvre en bronze d'Eugène Louis Lequesne datée de 1867, représente le docteur René Laënnec sur la place portant son nom, devant la mairie; [4] Le grand médecin, inventeur de l'auscultation médiate et du stéthoscope, est également figuré en buste sur un monument de pierre dû au ciseau du sculpteur René Quillivic, visible à l'hôpital qui porte aussi son nom, avenue Yves Thépot.
-Place La Tour d'Auvergne, se dressait avant la dernière guerre le monument érigé en 1908, à la mémoire du carhaisien La Tour d'Auvergne, « premier grenadier de l'Empire », né en 1743 , tué au combat d'Oberhausen en Allemagne le 27 juin 1800 et auteur de divers ouvrages sur la langue bretonne. Cette statue de bronze du sculpteur Philippe Joseph Henri Lemaire représentant sur pied d'estal de maçonnerie le héros expirant soutenu par une victoire ailée, occupait le centre de la place, qui sert maintenant de parking payant. Une statue de remplacement de granite, figurant le même personnage au garde à vous, œuvre du sculpteur Robert Michel, a été érigée après guerre, mais son emplacement en bordure de parking, entre deux platanes, ne la met pas en valeur.
-À l'angle nord-ouest de la même place se dresse le monument aux morts de la première guerre mondiale, représentant un fusilier marin en fonte. Il s'agit d'un monument érigé à l'origine sous l'égide du souvenir français en 1909 au cimetière Saint Marc. Ce n'est qu'en 1951 qu'il a été transféré sur son site actuel. Le personnage du fusilier marin, antérieur à 1914, ne représente donc pas, contrairement à ce qu'on dit parfois, un des glorieux marins de l'amiral Ronarc'h. Il s'agit en fait de la copie conforme de l'un des nombreux personnages de la base du monument inauguré au Mans en 1885 à la mémoire de la deuxième armée de la Loire défaite à proximité de cette ville par les prussiens après deux journées de résistance en janvier 1871. Le créateur du marin est le sculpteur ardennais Aristide Croisy.
-A proximité du pont Firmin se dresse le monument des filles de la mer, du sculpteur François Bazin, datant de 1935; il représente, au pied d'un menhir de granit, une sénane et une ouessantine sculptées dans la même roche, abimées à l'origine dans la contemplation des flots océaniques, et maintenant dans celle de la circulation automobile locale.
-Dans le petit espace en bordure de la rue René-Madec, le long du Stéir redécouvert, a été inaugurée il y a peu d'années une stèle surmontée d'un buste en bronze du résistant Jean Moulin, qui avait occupé dans les années 1930 les fonctions de sous-préfet de Chateaulin. Force est de constater que ce monument n'a rien qui attire l'attention des passants. Il en est de même pour la stèle au général de Gaulle, qui prononça son dernier grand discours public lors de son voyage à Quimper en 1969.
- La ville a été récompensée par quatre fleurs et la distinction Grand prix au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris[7]
Communes limitrophes
Jason.
Dans la mythologie grecque, Jason ou Iason (en grec ancien Ἰάσων / Iásôn, « le guérisseur ») est le fils d'Éson, roi d'Iolcos en Thessalie, et un descendant d'Éole. Il est principalement connu pour sa quête de la Toison d'or avec les Argonautes. Il est l'un des principaux héros grecs et particulièrement vénéré à Athènes.
Il voit son père dépossédé du trône par son oncle Pélias. Sauvé des vues homicides de Pélias par sa mère qui à sa naissance le fait passer pour mort-né, il est exposé sur le mont Pélion et recueilli par le centaure Chiron qui l'élève. Devenu adulte, il réclame le trône d'Iolcos. Pélias promet de le lui rendre, à condition qu'il rapporte de Colchide la Toison d'or. Après avoir pris la tête de l'expédition des Argonautes, Jason parvient auprès du roi Éétès, gardien de la Toison, qui le soumet à diverses épreuves dont le jeune héros triomphe grâce à l'aide de la fille du roi, Médée, qui s'est éprise de lui. À son retour, Jason découvre que Pélias s'est débarrassé d'Éson. Médée, désormais épouse de Jason, met au point une machination qui pousse les filles de Pélias à tuer leur propre père. Exilé à Corinthe, le couple vit heureux pendant dix ans. Cependant, Jason finit par délaisser sa femme et lui préfère Glaucé appelée aussi Créuse, la fille du roi Créon. Médée tue cette dernière, met à mort ses propres enfants, Merméros et Phérès, puis s'enfuit dans un char ailé, présent du Soleil. Jason rentre alors à Iolcos et, avec l'aide de Pélée et des Dioscures, monte sur le trône.
Mythe
Jason est le fils d'Éson, roi d'Iolcos. Le nom de sa mère varie suivant les traditions : selon certains, il s'agit d'Alcimédé, fille de Phylacos, selon d'autres, de Polymélé1, fille d'Autolycos, ce qui ferait de Jason un cousin d'Ulysse2. Jason voit son père dépossédé du trône par le demi-frère de ce dernier, Pélias. Sauvé des vues homicides de Pélias par des amis, il est élevé par le centaure Chiron sur le mont Pélion.
Un oracle avait prédit à Pélias, usurpateur du trône d'Iolcos, qu'il serait détrôné par un homme qui se présenterait à lui avec une seule sandale. Devenu adulte, Jason va réclamer le trône d'Iolcos. Sur le chemin, il aide une vieille femme à traverser un fleuve. Cette femme n'est autre que la déesse Héra, déguisée ; il perd une sandale dans la traversée.
Pélias lui promet le trône pourvu qu'il lui rapporte la Toison d'or, qui se trouve alors en Colchide. Avec l'aide d'Athéna et d'Héra, Jason entreprend de faire construire un fabuleux navire, l'Argo (« le rapide »). Celui-ci terminé il embarque à son bord accompagné de 50 jeunes hommes héroïques, les Argonautes (il s'agit de la génération antérieure aux héros de la Guerre de Troie), qui ont partagé avec lui les enseignements du centaure Chiron. Parmi eux, on compte Héraclès, Thésée et les jumeaux Castor et Pollux. Benoît de Sainte-Maure raconte que c'est Pélias qui demande à un constructeur grec talentueux nommé Argus, de construire une nef à cette occasion, la première nef à voile baptisé l’Argo.
Jason débarque sur les terres de Laomédon, le roi de Troie. Celui-ci, de peur que Jason et ses hommes ne l'attaquent, envoie un messager les chasser sur le champ. Jason, raisonnable mais offensé, maudira le roi et la ville en affirmant qu'ils seront un jour punis de cette inhospitalité, puis repartira (d'après le Roman de Troie, de Benoît de Sainte-Maure).
Au terme d'un périlleux voyage, les Argonautes accostent enfin en Colchide. Le roi Éétès accepte de lui laisser la Toison d'or, s'il parvient à venir à bout d'épreuves surhumaines. En effet, la présence de la Toison d'or dans son royaume garantissait sa prospérité. Ces épreuves sont : labourer une terre aride en ayant attelé des bœufs aux sabots d'airain et crachant du feu, y semer les dents du dragon de Cadmos, desquelles germent des guerriers, les Spartes (les « semés »), qui l'attaquent. Heureusement, il est aidé par la fille du roi, la magicienne Médée, qui est tombée amoureuse de lui. Celle-ci lui fournit un baume protecteur contre les brûlures et le fer des taureaux, ainsi qu'une pierre faisant en sorte que les guerriers s'entretuent. Ensuite, elle endort le dragon qui gardait la toison d'or et fuit avec lui : rien ne l'arrête, elle va même jusqu'à tuer son propre frère, Apsyrtos, pour retarder les gens du roi à leur poursuite.
De retour à Iolcos, Jason constate que Pélias a profité de son absence pour tuer son père et se débarrasser de sa famille. Médée met alors au point une ruse pour le venger : elle rajeunit un bélier en le faisant bouillir dans un chaudron avec des herbes magiques. Elle convainc ainsi les filles de Pélias d'en faire de même avec leur père. Mais elle leur donne des herbes sans aucun pouvoir, et les filles de Pélias causent malgré elles la mort de leur père. Cependant Acaste, son fils, bannit Jason et Médée. Ils s'exilent alors à Corinthe.
Pendant dix ans, ils mènent une vie heureuse et élèvent leurs enfants, jusqu'au jour où Jason délaisse Médée et finit par épouser une princesse locale, Glaucé, fille du roi Créon. Médée se venge en tuant Glaucé et sa famille, ainsi que ses propres enfants, Merméros et Phérès.
Sources littéraires
Le mythe de Jason et le cycle des Argonautes constitue le sujet d'un grand nombre d'œuvres littéraires.
- Une œuvre grecque : Apollonios de Rhodes, Argonautiques.
- Une œuvre latine : Caius Valerius Flaccus, Argonautiques.
- Une œuvre médiévale : Benoît de Sainte-Maure, Le Roman de Troie, 1165.
Vers 1460, le prêtre Raoul Lefèvre rédige une Histoire de Jason, qu'il présente comme une entreprise de réhabilitation du personnage de Jason, dictée par le héros lui-même. En réalité, l'œuvre est probablement rédigée sur commande de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, suite aux attaques subies par l'Ordre de la Toison d'or : on reproche à ce dernier d'être placé sous le patronage d'un vil séducteur et le chancelier du duc, Jehan Germain, a même proposé de remplacer Jason par le héros biblique Gédéon3.
Vers 1614, le médecin-philosophe Michael Maier, comte palatin de l'empereur Rodolphe II, publie à Londres un ouvrage qui veut confirmer les théories de Bracesco: Arcana arcanissima, dans lequel il prétend démontrer que toute l'allégorie de la Toison d'or ne signifie rien d'autre que l'obtention de la médecine d'or des alchimistes4.
Au XVIIIe siècle, Jason et les Argonautes suscitent encore l'intérêt. Dans The Chronology of Ancient Kingdoms Amended (1728), Isaac Newton défend l'idée selon laquelle une bonne part des constellations dérivent de la geste argonautique5 :
- le Bélier est celui de la Toison d'or ;
- le Taureau représente ceux que Jason soumet au joug en Colchide ;
- les Gémeaux sont les Dioscures, qui viennent en aide à Jason, et le Cygne leur mère Léda ;
- le Dragon est celui de Cadmos – le Corbeau perche sur son cadavre ;
- le Navire Argo a droit à sa propre constellation, aujourd'hui divisée en la Carène, la Poupe et les Voiles ;
- la Coupe est celle de Médée ;
- le Centaure est Chiron, auquel est associé l'Autel ;
- Hercule, l'un des Argonautes, est figuré avec ses victimes, l'Hydre (de Lerne), le Cancer (un crabe envoyé par Héra pour contrarier le héros pendant son combat avec l'Hydre), le Lion (de Némée) et le Vautour (aujourd'hui la Lyre) abattue par la Flèche.
Portail de la mythologie grecque
Icare.
Dans la mythologie grecque, Icare (en grec ancien Ἴκαρος / Ikaros) est le fils de l'architecte Dédale et d'une esclave crétoise, Naupacté. Il est connu principalement pour être mort après avoir volé trop près du Soleil.
Mythe
Icare et Dédale cherchent à fuir leur exil, Cnossos, en Crète et à retourner à Athènes, cité dont Dédale était originaire. Ils veulent également échapper à la vengeance de Minos qui poursuivait Dédale car ce dernier avait aidé Pasiphaé à s'accoupler avec un taureau blanc (ce qui donna naissance au Minotaure). Selon d'autres versions, Dédale avait donné à Ariane l'idée du fil noué à la cheville de Thésée, lui permettant de fuir le labyrinthe où le minotaure était enfermé, et dont Dédale avait été l'architecte.
Ne pouvant emprunter ni la voie des mers, que Minos contrôlait, ni celle de la terre, Dédale a l'idée, pour fuir la Crète, de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il met en garde son fils, lui interdisant de s'approcher trop près de la mer, à cause de l'humidité, et du soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l'interdit et prenant trop d'altitude, la chaleur fait fondre progressivement la cire. Ses ailes finissent par le trahir et il meurt précipité dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne.
Pausanias livre une version plus prosaïque de la légende : selon lui, Dédale et Icare fuient la Crète dans de petites nefs — Dédale ayant inventé à cette fin le principe de la voile, jusqu'alors inconnu aux hommes. Mais Icare, navigateur maladroit, fait naufrage au large de Samos. Son corps est trouvé sur les rives de l'île par Héraclès, qui lui donne une sépulture et renomme Samos et la mer alentour du nom du défunt (Icarie). Cette version est corroborée par Diodore, qui précise seulement qu'Icare est tombé par précipitation dans la mer où il s'est noyé. Cette version ne concorde pas avec la légende de la voile noire du vaisseau menant Thésée et les captifs grecs en Crète, et de la voile blanche qu'il oublie de hisser à son retour, provoquant la mort de son père, Egée - cet épisode étant en principe antérieur à celui du vol d'Icare et de Dédale.
Thèmes
Le mythe d'Icare aborde des thèmes comme les relations père-fils, l'effet néfaste que peut avoir un conseil ou une interdiction, ainsi que le désir de l'Homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir se retrouver face à face avec sa condition de simple être humain.
Quimper (3).
Chronologie rapide
- 855 : première mention d'un évêque « près Saint-Corentin »
- 1022 : titulaires différents du comté et de l'évêché (Alain Canhiart et son frère Orscant)
- 1085 : première mention de Quimper « Quempercorentin » dans un acte du comte (duc) Alain Fergent
- 1239 : début des travaux de la cathédrale actuelle
- 1344 : prise de Quimper par Charles de Blois
- 1349 : Epidémie de peste
- 1364 : siège et prise de Quimper par Jean IV de Montfort
- 1384 : Jean IV accorde des privilèges aux habitants de la ville close (exemption de droits féodaux et de taxes)
- 1490 : insurrection paysanne en Cornouaille, les révoltés prennent la ville qui est reprise par le roi Charles VIII en 1491.
- 1594 : siège de Quimper par le maréchal d'Aumont
- 1620 : création du collège des Jésuites
- 1704 : création de l'office de maire de Quimper
- 1708 : création par Bousquet de la première fabrique de faïence à Locmaria
- 1746 : incendie qui dure 12 jours dans le vieux centre (rue du Guéodet et rue Kéréon)
- 1790 : Quimper emporte de haute lutte face à Landerneau le Chef-lieu du nouveau département du Finistère
- 1793 : le jour de la Saint-Corentin, sous la pression des antireligieux, la municipalité ordonne la destruction des objets du culte et des armoiries des églises et de la cathédrale devant laquelle est opéré le « brûlis des saints »
- 1800 : assassinat par les Chouans de l'évêque Yves Marie Audrein, premier évêque constitutionnel de France. Premier préfet nommé par Napoléon Bonaparte
- 1842 : percement de la rue de Brest
- 1856 : construction des flèches de la cathédrale
- 1858 : réception de l'empereur Napoléon III qui annonce le financement du quai de Kerguélen et du jardin public
- 1863 : arrivée du chemin de fer
- 1876 : Louis-Marie Hémon, premier député républicain
- 1904 : inauguration du théâtre municipal (appellation Max Jacob donnée en 1998)
- 1905 : grève générale des ouvriers pendant 4 jours
- 1923 : première fête des Reines de Cornouaille devenue maintenant le Festival de Cornouaille
- 1927 : Les autonomistes bretons, alsaciens et corses signent la charte du Comité Central des Minorités Nationales de France au café de l'épée, provoquant la colère du président Poincaré
- 1935 : aérodrome ouvert à Pluguffan
- 1941 : construction du camp de prisonnier 135 frontstalag-135[1]
- 1944 : libération de la ville, les résistants armés forçant l'ennemi à se retirer plus vite.
- 1955 : Construction du Pont de Cornouaille
- 1960 : Première visite officielle du général de Gaulle à Quimper.
- 1960 : Fusion des 4 communes pour former le Grand Quimper (avec Ergué-Armel, Kerfeunteun et Penhars)
- 1964 : L'aéroport de Quimper Cornouaille est ouvert aux lignes régulières de passagers vers Paris
- 1968 : inauguration du complexe sportif de Penvillers
- 1969 : dernière apparition publique du général de Gaulle lors d'un discours sur la place de la Résistance
- 1969 : ouverture du « second boulevard » de long de l'Odet (boulevard Dupleix)
- 1969 : ouverture du premier hypermarché, route de Bénodet dans le quartier de Créac'h-Gwenn
- 1969 : ouverture de l'Institut universitaire de technologie (IUT)
- 1973 : mise en service de la Cité administrative à Ty-Nay
- 1974 : Construction du Pont de Poulguinan sur l'Odet (rocade sud)
- 1976 : incendie des halles couvertes
- 1980 : Création de l'Hôpital Laennec
- 1982 : cession à la ville de la caserne La Tour d'Auvergne
- 1986 : inauguration du Centre des Arts, de la Culture et de congrès, rue du Chapeau-Rouge
- 1987 : L'ouragan détruit la hêtraie du Frugy
- 1988 : création de la Technopôle Quimper-Cornouaille
- 1989 : ouverture de la zone commerciale de Gourvily
- 1997 : inauguration du Pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias à Créac'h-Gwenn
- 1998 : inauguration du Théâtre de Cornouaille
- 2005 : Quimper accueille la 42e Européade
- 2007 : début des travaux d'installation de la fibre optique, projet Très Haut Débit Hermineo, dans les rues de Quimper
- 2008 : après les entreprises, des offres commerciales d'opérateurs sont proposées aux particuliers en fibre optique ou Wimax
- 2008 : Inauguration du Contournement Nord Ouest (CNO) permettant une meilleure desserte du nord de l'agglomération
- 2008 : Inauguration de la Médiathèque des Ursulines
- 2008 : Fin des travaux de rénovation de la Cathédrale Saint-Corentin.
Administration
Quimper a absorbé une grande partie de son agglomération en 1960, en fusionnant avec trois communes voisines (Ergué-Armel, Kerfeunteun et Penhars). Depuis mars 2008, le maire est M.Bernard Poignant, PS.
Sa communauté d'agglomération Quimper Communauté compte sept communes : Ergué-Gabéric, Guengat, Plogonnec, Plomelin, Plonéis, Pluguffan et Quimper.
La ville est chef-lieu de trois cantons :
- Le 1er canton est formé d'une partie de Quimper (24 712 habitants);
- Le 2e canton est formé d'une partie de Quimper et de la commune d'Ergué-Gabéric (27 755 habitants);
- Le 3e canton est formé d'une partie de Quimper et des communes de Plomelin et Pluguffan (24 789 habitants).
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1865 | 1870 | François Veisseyre | ||
| 1914 | 1928 | Théodore Le Hars | ||
| 1928 | 1935 | Edouard Ménez | ||
| 1935 | 1940 | Prosper Gautier | ||
| 1944 | 1945 | Hervé Marchand | ||
| 1945 | 1947 | Yves Wolfarth | ||
| 1947 | 1953 | Joseph Halleguen | RPF puis ARS | Député du Finistère |
| 1954 | 1959 | André Monteil | MRP | |
| 1959 | 1960 | Gabriel Autrou | ||
| 1960 | 1967 | Yves Thépot | SFIO | |
| 1967 | 1975 | Léon Goraguer | SFIO | |
| 1975 | 1977 | Jean Lemeunier | PS | |
| 1977 | 1989 | Marc Bécam | RPR | Député du Finistère |
| 1989 | 2001 | Bernard Poignant | PS | Député du Finistère |
| 2001 | 2008 | Alain Gérard | RPR puis UMP | Sénateur du Finistère |
| 2008 | 2014 | Bernard Poignant | PS | Député Européen |
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
Spécialités bretonnes
Quimper possède quelques spécialités culinaires, dont les crêpes traditionnelles bretonnes et les célèbres crêpes dentelles (crêpe dorée et craquante). Cette invention est due à une erreur: la crêpe ayant été trop cuite, madame Cornic décida de la rouler pour former la fameuse crêpe dentelle (inventée en 1888).
Costume glazik
Quimper et sa région possédaient un costume traditionnel porté jusque dans les années 1950.
Pour les hommes, il est généralement bleu avec du velours. Il se compose d'une chemise à manches longues; la chemise est revêtue d'une veste aussi à manches longues brodée de couleurs vives. Pour le bas, c'est un pantalon ou bragou-braz selon l'époque. Les chaussures étaient soit des sabots soit des chaussures noires.
Pour les femmes, c'est un haut en laine et en velours souvent brodé selon le costume et l'époque. Le bas du costume est une jupe en velours ou tissus brodé de perles. La jupe est recouverte par un tablier de différentes couleurs, motifs, matières, broderies et de perles. Les femmes portent sur leurs têtes une coiffe blanche en dentelle . Celle de la région de Quimper est petite mais il existe plusieurs sortes de coiffes (comme la coiffe bigoudenne; fouesnantaise, celle de Léon). Les femmes portaient, elles aussi, des sabots de bois ou des chaussures à talons vernis noirs.
Pour les enfants: les garçons portaient le même costume que les hommes. les filles portaient des petites jupes en laine ou de velours parfois brodé. Leur costume était composé également d'un haut assortit à la jupe . Les fillettes ne portaient pas de coiffe mais de petits bonnets en velours; satin ou autre tissus brodé et perlé qui formaient généralement des motifs (fleurs…).
Quimper est jumelée avec :
Climat
La ville de Quimper bénéficie d'un climat de type tempéré océanique. En hiver il fait généralement doux tandis qu'en été la chaleur est rarement excessive. Les précipitations sont abondantes toute l'année mais l'automne et l'hiver sont les saisons les plus arrosées. La température record la plus chaude à y avoir été enregistrée est de 36,5 °C (12 juillet 1983) et la plus froide de -10,1 °C (13 janvier 1987).
| mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 3,9 | 3,8 | 4,8 | 5,8 | 8,8 | 11,1 | 13,3 | 13,3 | 11,6 | 9,2 | 6,2 | 5,0 | 8,1 |
| Température maximale moyenne (°C) | 9,1 | 9,5 | 11,3 | 13,3 | 16,5 | 19,2 | 21,7 | 21,8 | 19,4 | 15,6 | 12,0 | 10,1 | 15,0 |
| Précipitations (mm) | 156,5 | 130,1 | 102,7 | 85,0 | 88,5 | 57,8 | 58,1 | 60,5 | 96,2 | 123,4 | 132,4 | 160,1 | 1 251,3 |
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| maximales | 16,9 | 18,3 | 23,3 | 27,1 | 29,9 | 35,9 | 36,5 | 35,8 | 30,7 | 26,0 | 19,7 | 17,5 |
| date | 26/01/1983 | 04/02/2004 | 19/03/2005 | 23/04/1984 | 16/05/1992 | 26/06/1976 | 12/07/1983 | 09/08/2003 | 05/09/1991 | 03/10/1986 | 13/11/1989 | 02/12/1985 |
| minimales | -10,1 | -8,4 | -7,0 | -2,2 | 0,3 | 3,9 | 6,6 | 6,9 | 4,2 | -1,2 | -4,2 | -7,2 |
| date | 13/01/1987 | 07/02/1991 | 07/03/1971 | 11/04/1978 | 05/05/1979 | 04/06/1975 | 12/07/1970 | 31/08/1986 | 28/09/1987 | 29/10/1997 | 29/11/1977 | 10/12/1987 |
| Températures minimales et maximales records (°C) source : Météo France | ||||||||||||
Quimper (2).
Moyen Âge
La cité gallo-romaine semble avoir subsisté, mais sans laisser de traces historiques après le VIe, puisqu'une civitas aquilonia (la cité du Nord?) mentionnée dans un acte du XIe siècle par le nom d'un lieu de culte Sancta Maria in aquilonia civitate existait autour de l'église abbatiale de Locmaria comme semble le confirmer un autre acte de 1124 par lequel l'abbaye devient un prieuré de Saint-Sulpice de Rennes et, par là, sous la protection du comte de Bretagne Hoël Ier, qui était comte de Cornouaille avant son intronisation.
Vers la fin du IXe apparaît la mention d'un évêque de saint Corentin, premier évêque selon la tradition, pour l'un des ses successeurs. Le nom de Kemper ou de Quempercorentin apparaît à la fin du XIe siècle. On trouve ensuite les termes latins Confluentia et C(h)orisopitum que l'on croit être une cacographie de Curiosolitum (l'ancienne cité gauloise des Coriosolites), chef-lieu « Fanum Martis »/Corseul, prés de Dinan. On trouve à Locmaria quelques traces d'un culte de saint Tudy (voir à ce propos l'équivalence avec Saint Tugdual) et la mention d'un très ancien monastère qui aurait suivi les usages celtiques. Une pierre Maen Tudi existe en effet sur le minihi du prieuré de Locmaria. Mais rien encore de probant sur la préhistoire du siège épiscopal qui n'est pas donné comme d'origine ultramarine comme d'autres en Bretagne.
Une légende vivace fait de saint Corentin un protégé de Gradlon, roi de Cornouaille ayant échappé à la submersion de la ville d'Ys, à qui le prince aurait fait don de son château pour établir son palais épiscopal. Le proche entourage de la cathédrale était appelé autrefois « le Tour-du-Chastel ».
Le Haut-Moyen Âge montre, de façon plus certaine, une confusion du pouvoir comtal et épiscopal sous un certain Binidic, fils de Budic de Châteaulin. Cette situation contestable est dénouée par l'attribution du Comté de Cornouaille à Alain Canhiart (ou Cainhart), fils de Binidic, et celle de l'évêché successivement à ses deux frères, Orscant et Binidic. Il en restera le fait que l'évêque gardera jusqu'en 1791 la possession de la ville fortifiée entre l'Odet, le Steïr et le Frout, le duc de Bretagne gardant le faubourg ouest connu sous le nom de la Terre-au-Duc.
Deux seigneuries se partagent l'essentiel du pouvoir économique (marchés, moulins, fours banaux, octrois, péages), celle de l'évêque en sa ville close de murailles entre l'Odet, le Steïr et le Frout et le prieuré bénédictin féminin de Locmaria qui contrôle les entrées et sorties maritimes, mais, dans ce qui reste, les possessions sont enchevêtrées et matières à d'innombrables querelles et procès.
En 1210, le duc est contraint de détruire la maison forte qu'il avait édifié sur le fief de l'évêque et seul l'arbitrage du pape permettra la construction, au confluent, d'un petit château en 1453, dont fort peu de traces subsistent. Dans le même état d'esprit, les évêques s'opposent à la levée des impôts par l'État ducal qui s'affirme. Choisis dans l'entourage ducal, ils doivent accepter l'impôt, mais refusent pourtant garnison et atelier monétaire.
En 1239, l'évêque Raynaud décide de reconstruire sur place la cathédrale romane (commencée en 1128?) et, malgré le fait que la construction ait duré 254 ans, le nouveau sanctuaire gothique, privé de flêches sur ses deux tours jusqu'en 1856, montre une homogénéité remarquable. Le chantier aura subi un arrêt prolongé aux XIVs, années noires pour la Cornouaille (guerre de Succession de Bretagne, épidémies).
La ville se développant, le duc de Bretagne, qui voit son pouvoir politique se renforcer et ne manque pas de l'exprimer par l'apposition de son blason sur les remparts et sur les églises, est amené à tenir compte des notables et à leur octroyer des privilèges pour favoriser l'économie locale et donc ses propres rentrées fiscales. Le mouvement s'amorce par un acte de Jean IV en 1387, mais, si des réunions du « corps de ville » sont attestées dans l'une des chapelles de la ville close, le Guéodet (d'un mot breton proche de « cité »), il n'a pas de traces de luttes pour ériger une « commune » en opposition avec l'autorité ducale ou épiscopale. Un procureur des bourgeois est nommé en vers 1430, mais ce n'est qu'en 1704 que la création d'un office de maire est décidée. Quimper est une ville dont les notables, nobles, chanoines ou commerçants se font construire des « hostels » à pan de bois et aux façades savamment sculptées en bois et en pierre et les terres rurales proches sont parsemées des manoirs nobles dont certains sont des résidence d'été comme celui de Lanniron à Locmaria pour l'évêque.
La ville attire des ordres religieux qui s'installent dans et hors de la ville close, les franciscains cordeliers étant mal acceptés et objets de saccages, malgré le renom de charité de Jean Discalceat, le « petit saint noir », mort en soignant les habitants de la peste en 1349. En 1490 éclate une insurrection paysanne appelée « La commune de Cornouaille » et décrite par le chanoine Jean Moreau : des milliers de paysans mal armés assiègent la ville, mais sont repoussés et massacrés.
La période des guerres de religion est plutôt agitée, car la ville, alliée de la Sainte-Ligue, se rend après avoir été assiégée en 1595 par l'armée royale commandée par le maréchal d'Aumont au nom d'Henri IV dont la conversion au catholicisme reste suspecte aux yeux de beaucoup. L'imprimerie n'est venue que vers 1525, mais son essor sera, comme partout, limité par la politique de contrôle absolu de Louis XIV qui ne fait autoriser qu'un imprimeur par ville placé sous la censure de l'évêque qui est son premier client. La maison la plus ancienne de Quimper, datée du début du XVe siècle, fût justement le siège de l'imprimerie diocésaine.
Quimper bénéficie de la réforme judiciaire de 1552 qui renforce son rôle en en faisant le siège d'un présidial dont le ressort coïncide grossièrement avec le territoire du futur département du Finistère, sauf Quimperlé subordonnée à Vannes.
Le XVIIIe siècle apporte à Quimper l'exploitation, qui durera peu, du charbon de la Terre-Noire à Penhars et surtout le développement de la faïencerie initiée dès 1708 par un entrepreneur provençal, Pierre Bousquet suivi du Rouennais Pierre Clément Caussy. Ne disposant pas de terre à faïence, ils l'importent soit de Fronsac (Bordeaux), soit de Rouen. Plus tard, l'argile gréseuse extraite à quelques km au Sud de Locmaria permettra de fabriquer du grès (à partir de 1775-80). La Révolution sera bien accueillie, mais les excès de la Gauche montagnarde et hébertiste en 1793 susciteront des oppositions telles que les Chouans seront près de contrôler toute la campagne environnante en 1799. Le « brûlis des Saints », le 11 et 12 décembre 1792, journées de pillage et de destruction des églises, marquera les esprits : la municipalité a laissé faire les extrémistes antireligieux avant de s'apercevoir que la Convention avait demandé d'éviter de tels excès.
La ville est fermement tenue en main par les adeptes du changement, alors même que, sous le Directoire, la Chouannerie est maîtresse, la nuit venue, de la campagne proche. En octobre 1800, l'évêque de Quimper, Yves Marie Audrein, est intercepté dans sa diligence dans une paroisse voisine, Kerfeunteun, et est assassiné par des chouans qui seront pris et exécutés quelque temps plus tard.
Le blocus continental mis en place par la Marine britannique en 1805 profite un temps au port de Quimper bien abrité au fond de sa ria et libre d'accès, car c'est surtout Brest qui est surveillée.
Au XIXe siècle, les fonctions administratives fuient Quimper, qui ne les réunira aux religieuses qu'à la fin du siècle, renforçant enfin le rôle de Quimper. L'augmentation lente de la population déborde peu à peu sur les communes voisines, car son territoire est exigu et les autres agglomérations très proches.
C'est aussi une ville garnison qui héberge le 118e régiment d'infanterie de ligne sous la 3e république (colonel Philippe Pétain au commandement en 1907).
L'arrivée du chemin de fer en 1863 prolongé ultérieurement jusqu'à Douarnenez et le développement du port pour l'exportation et l'importation de denrées agricoles augmente l'activité économique avec une accélération après 1880 du fait des progrès de la productivité agricole et d'une industrialisation réelle quoique modérée symbolisée par l'arrivée du gaz de houille produit et exploité par la compagnie Lebon qui installe des gazomètres sur le port.
Celui-ci reste actif malgré la limitation en largeur d'un chenal étroit et soumis aux marées. Le charbon, le sable et le vin sont parmi les importations emblématiques.
L'amélioration des communications permet les débuts du tourisme qui entraîne le développement des hôtels et des entreprises de transport. Quimper attire, par le charme de son site fluvial et de ses vieux quartiers et est une plaque tournante pour l'accès aux stations balnéaires dont le succès s'affirme (notamment Bénodet et les petits ports de pêche du Cap Sizun et du Pays Bigouden).
Les industries agro-alimentaires deviennent pour longtemps un des piliers économiques (conserves de poisson, de légume et de fruits, confitures). Le textile et la mécanique légère, ainsi que la production de faïence contribuent aussi à une expansion importante dans la première moitié du XXe siècle.
L'occupation allemande pèse sur une ville qui est le théâtre de hauts faits de la Résistance (première émission de radio clandestine vers la Grande-Bretagne, vol des dossiers du STO) et celle-ci sera assez forte pour harceler l'ennemi qui se retire à la nouvelle de l'arrivée des Alliés. La fusion de 4 communes pour former le Grand Quimper en 1960 favorise l'essor de la construction et des équipements pour faire de la ville une agglomération où les transports se développent par la création de voies nouvelles, de rocades, de ponts et par l'arrivée de liaisons rapides par avion (liaison vers Paris), par train (TGV) et par route (voie express vers Paris et Brest).
Si Brest est choisie en 1962 comme siège de l'Université de Bretagne occidentale (UBO), Quimper accueille finalement un IUT, un collège universitaire étendu en un pôle universitaire dépendant de l'UBO en 1998 et différentes formations supérieures, le tout concernant plus de 4 000 étudiants.
L'habitat collectif est implanté par planification nationale à Penhars et Ergué-Armel[3], tandis que les hauteurs se couvrent de milliers de pavillons aux murs blancs et aux toits d'ardoise sombres. De moins de 44 000 habitants avant 1960, Quimper passe à 64 700 en 2006, loin des 120 000 imaginés en 1970, mais continuant à accueillir quelques centaines de nouveaux habitants chaque année. De grandes zones industrielles à l'Est et à l'Ouest s'ajoutent à la zone centrale de l'Hippodrome.
En 2001 a été achevé un programme de rénovation du pavage complet dans la zone semi-piétonne, confortant l Le pôle agroalimentaire garde un socle d'activités solide à Kéradennec (centre Sud) et à Troyallac'h (sur la commune proche de Saint-Évarzec), malgré des baisses conjoncturelles et la construction immobilière reste florissante. La zone d'activité de Créac'h-Gwenn bénéficie d'une extension pour les entreprises et du renforcement des installations universitaires. L'équipe de basket-ball, UJAP, s'est hissée au niveau national, tandis qu'une véritable base nautique est installée sur l'Odet maritime.
Un réseau souterrain de 70 kilomètres a été créé pour accueillir une fibre optique qui offre un très haut débit de données, facteur d'attraction pour certaines entreprises. La desserte des zones rurales du Nord et de l'Ouest est assurée par un système radio dénommé Wimax.
Quimper (1).
| Quimper / Kemper | |||
|---|---|---|---|
| | |||
| |||
| Administration | |||
| Pays | France | ||
| Région | Bretagne | ||
| Département | Finistère (préfecture) | ||
| Arrondissement | Arrondissement de Quimper (chef-lieu) | ||
| Canton | chef-lieu de trois cantons : Quimper 1 Quimper 2 Quimper 3 | ||
| Code Insee abr. | 29232 | ||
| Code postal | 29000 | ||
| Maire Mandat en cours | Bernard Poignant 2008-2014 | ||
| Intercommunalité | Quimper Communauté | ||
| Site internet | http://www.mairie-quimper.fr/ | ||
| Démographie | |||
| Population | 64 902 hab. (2006[1]) | ||
| Densité | 769 hab./km² | ||
| Aire urbaine | 86 162 hab. | ||
| Gentilé | Quimpéroise, Quimpérois | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | |||
| Altitudes | mini. -5 m — maxi. 151 m | ||
| Superficie | 84,45 km² | ||
| | |||
Quimper (Kemper en breton, le nom de Quimper-Corentin est parfois attesté en référence à saint Corentin, l'un des Sept Saints Fondateurs bretons). Préfecture du Finistère, capitale de la Cornouaille, le rayonnement de Quimper va bien au-delà de son statut de ville moyenne (64.902 habitants). De la Cornouaille historique à la Cornouaille économique, ce vaste territorie situé au sud du Finistère se distingue par son dynamisme et son esprit d'initiative.
Culture, vie associative, loisirs, environnement… l'agglomération quimpéroise est un pôle d'activités attractif. A 15 km des côtes atlantiques, faisant face aux Amériques, Quimper est une ville résolument ouverte sur le monde. Quimper est aussi une des villes d'arts et d'histoire de France.
Ses habitants sont appelés en français les Quimpérois et Quimpéroises et en breton Kemperad (masculin), Kemperadez (féminin), Kemperiz (pluriel) ou bien de façon traditionnelle Glazik (pluriel Glaziked)[2] (pour les Quimpérois ainsi que les habitants de la région, le Pays Glazik).
Géographie
La ville, dont l'axe historique est la confluence du Steir, de l'Odet et du Jet, est, par la population, la deuxième ville de son département, après Brest. La mer y remonte la vallée encaissée de l'Odet et lui donne une position de port de fond d'estuaire qui explique son implantation et une partie de son rôle économique. C'est aussi un carrefour routier très ancien.
Le site est difficile, car établi dans des vallées étroites encaissées dans du Stéphanien carbonifère et surmontées d'assez fortes pentes de granulite et de schistes micacés. Les espaces plats et larges ne se trouvent qu'au confluent de petites rivières portées à de rapides débordements lors de pluies prolongées.
On peut déceler une migration étonnante des lieux principaux d'habitation, sans doute due à des contraintes géographiques (variations du niveau de la mer) ou économiques (voies sur les crêtes). Une autre particularité est la dissymétrie inhabituelle de la vallée principale: une rive nord convexe en pente et une rive sud concave montrant une hauteur de 60 mètres aux flancs abrupts.
Ce fait et le tracé de courbes et contre-courbes du petit fleuve Odet est du à des effondrements et soulèvements créant plusieurs failles à l'ère tertiaire auquel s'est ajouté un basculement Nord-Sud.
Toponymie
Le nom Quimper correspond au breton moderne Kemper « confluent », la ville ayant été bâtie à la confluence du Steir, de l'Odet et du Jet. Ce terme kemper se retrouve dans le gallois moderne cymer « conjonction » et l'irlandais moderne comhar « coopération ». Le nom ancien de la ville était Quimper-Corentin et, à la Révolution française, elle a été rebaptisée Montagne-sur-Odet pour enfin devenir Quimper tout court.
C'est à Quimper-Corentin que Jean de La Fontaine place sa fable du Charretier embourbé. Aquilonia était, semble-t-il, le nom romain de Quimper.
Histoire
Article détaillé : Armorial des communes du Finistère#Quimper.
| D'azur au bélier passant d'argent accorné et onglé d'or, au chef d'hermine. |
Des silex retrouvés à Pluguffan, commune limitrophe sont datés de 6 000 ans.
Le Quimper préhistorique et antique a fait l'objet de recherches archéologiques intenses grâce à l'existence d'un service archéologique municipal. Des vestiges de fortifications (éperons barrés), d'habitats datant de l'Âge du fer, de forges et de sépultures ont été trouvés dans les anciennes communes d'Ergué-Armel et de Penhars avec une concentration sur le site du Braden. Une activité agricole florissante s'est alors développée.
Mais, la découverte en 2003 d'une agglomération gauloise à cheval sur le Steïr au Nord, près du village de Kergolvez, a apporté une confirmation de l'ancienneté de l'urbanisation, puisque les datations vont du IIe ou du Ier siècle av. J.-C. à un abandon daté vers 30 av. J.-C. Des traces d'artisanat ont été trouvées et des scories métalliques indiquent une activité métallurgique notable.
Dans les écrits de César et des historiens grecs, il apparaît que Quimper était inclus dans la cité gauloise des Osismes dont la capitale était Vorgium (Carhaix), mais n'indique le statut de la petite ville (bourgade?) dans l'organisation territoriale. Un sanctuaire couronnait alors le Frugy à Parc-ar-Groas.
Une agglomération gallo-romaine modeste (moins de 15 hectares) a été repérée dans le quartier de Locmaria. Elle comportait un forum et des thermes au centre d'un quadrillage de rues dont un élément significatif a été retrouvé en 2006 à proximité d'un probable port sur l'estuaire et d'une acropole située sur le sommet occidental du mont Frugy (anciennement Cnech Cuki). Une voie romaine la reliait à Vannes et d'autres à Brest, Carhaix et la pointe du Van.
LE MINOTAURE.
Mythe
Astérion étant mort sans enfants, on voulut refuser à Minos le royaume de Crète auquel il prétendait. Il fit donc croire qu'il avait reçu la royauté des dieux, et pour le prouver, il ajouta qu'il obtiendrait la réalisation de n'importe laquelle de ses prières. . Il implore alors Poséidon de lui offrir un superbe animal qu'il lui sacrifiera en le priant de faire surgir des profondeurs Minos et la couronne. À cette demande, Poséidon fit sortir des flots un magnifique taureau blanc. Cependant, Minos trouva le taureau si beau qu'il décida de tromper le souverain des Mers, il mit le taureau dans son cheptel et en sacrifia un autre. Poséidon, irrité de ce qu'il ne le lui avait pas sacrifié, rendit le taureau sauvage, et fit naître en Pasiphaé, femme de Minos, une passion pour lui. Elle, amoureuse folle du taureau, trouve un complice en Dédale, un architecte qui avait été exilé d'Athènes pour un meurtre. Celui-ci construisit une vache de bois qu'il mit sur des roues, la prit et en creusa l'intérieur; puis il y ajouta la peau d'une vache qu'il venait de dépecer, et l'ayant placée dans une prairie où le taureau avait coutume de paître, il y fit entrer Pasiphaé. Le taureau arriva et s'accoupla avec elle comme si c'était une véritable vache; elle donna naissance à Astérios, qu'on appelle le Minotaure (en grec "le taureau de Minos"); il avait la tête d'un taureau et le reste du corps d'un homme. (D'après Apollodore, Bibliothèque, III, 1,3-4)
La naissance de cet enfant n'effraya pas pour autant Minos, qui l'enferma dans une prison construite tout exprès dans son palais par Dédale, le "Labyrinthe".
Minotaure, copie d'une statue de Myron, Musée national archéologique.
Tous les neuf ans (ou, selon les sources, chaque année), sept jeunes gens et sept jeunes filles lui sont envoyés en sacrifice, en expiation du meurtre d'Androgée, fils de Minos, par Égée, roi d'Athènes. Une année, Thésée, fils d'Égée, embarque parmi les jeunes gens destinés au sacrifice. Avant l'embarquement, Thésée rencontre Ariane, fille de Minos, dont il tombe amoureux. Sachant ce qui l'attend, elle lui donne une bobine de fil qu'il déroule dans le labyrinthe. Thésée trouve le Minotaure, le tue et retrouve son chemin dans le labyrinthe grâce à la bobine déroulée.
Le pseudo-Apollodore raconte dans sa Bibliothèque la conception du monstre :
Le roi de Crète Astérion étant mort sans enfants, on refusa à Minos le royaume auquel il prétendait. Il fit donc croire qu'il avait reçu la royauté des dieux, et pour le prouver, ajouta qu'il obtiendrait la réalisation de n'importe laquelle de ses prières. Il implora Poséidon de lui offrir un superbe animal qu'il lui sacrifiera. Alors qu'il priait, Poséidon fit surgir des profondeurs et sortir des flots un magnifique taureau blanc (le taureau crétois5). Minos obtint ainsi le trône, cependant, il trouvait l'animal si beau qu'il décida de tromper le souverain des mers en mettant le taureau dans son cheptel et en sacrifiant un autre. Minos obtint assez rapidement le contrôle des mers autour de son île mais Poséidon, irrité de ce qu'il n'avait pas honoré sa parole, rendit le taureau sauvage et fit naître en Pasiphaé, originaire d'Axos, la femme de Minos, une passion pour lui. Devenue folle amoureuse du taureau, Pasiphaé trouva un complice en la personne de Dédale, un architecte qui avait été exilé d'Athènes pour meurtre. Celui-ci construisit une vache de bois qu'il mit sur des roues, en creusa l'intérieur, puis il y ajouta la peau d'une vache qu'il venait de dépecer, et, l'ayant placée dans une prairie où le taureau avait coutume de paître, près de Gortyne, il y fit entrer Pasiphaé. Le taureau arriva et s'accoupla avec elle comme si elle était une véritable vache. Pasiphaé donna ainsi naissance à Astérios, ou Astérion, qu'on appelle le Minotaure : il avait la tête d'un taureau et le reste du corps d'un homme. Suivant les conseils de ses oracles, Minos enferma ce monstre dans une prison construite tout exprès par Dédale, le Labyrinthe. Avec son grouillement de méandres, il était impossible pour le Minotaure de trouver la sortie6.
L'essence du mythe de la naissance du minotaure a été exprimée de manière très succincte dans les Héroïdes attribuées à Ovide, où la fille de Pasiphaé se plaint de la malédiction de l'amour non partagé de sa mère : « Le taureau est la forme déguisée d'un dieu, Pasiphaé, ma mère, victime de cette illusion, a enfanté dans la douleur »7.
Certains hommes de lettres voient dans la naissance du Minotaure un simple mythe libidineux qui insiste sur le moyen mis en œuvre pour arriver à une copulation effective entre une femme et un taureau, mais selon d'autres interprétations, la version plus connue du mythe aurait peut-être été intentionnellement créée pour occulter l'aspect d'un mariage mystique avec un dieu sous forme de taureau : l'union de Pasiphaé avec le taureau aurait, selon R.F. Willets, été reconnue comme une union mystique durant au moins un siècle8 et F. B. Jevons note que pour le mythe d'Europe comme pour celui de Pasiphaë, le noyau est l'union de l'esprit de la lune (sous forme humaine), avec un taureau, et que les deux mythes évoquent un mariage sacré9.
Le minotaure, tel que les anciens grecs l'imaginaient, avait le corps d'un homme avec la tête d'un taureau10. Pasiphaé s'en occupa alors qu'il était petit, mais il grandit vite et devint féroce. Minos, après avoir demandé conseil à l'oracle de Delphes, ordonna à Dédale la construction du gigantesque labyrinthe pour l'enfermer.
Symbolique et origine
Selon Jorge Luis Borges, la figure du minotaure est née du culte du taureau et de la double hache (labrys, qui a donné le mot labyrinthe) qui était fréquent dans la religion préhellénique qui célébrait aussi des tauromachies sacrées. Des peintures murales représentant des hommes à tête de taureau ont été retrouvées, et cette créature aurait pu faire partie de la démonologie crétoise. L'histoire du minotaure serait alors une version « tardive et maladroite » de mythes beaucoup plus anciens et de « songes effrayants »18. L'image du minotaure est presque indissociable de celle du labyrinthe, toujours selon l'interprétation de Borges, parce que l'idée d'une maison bâtie pour que les gens s'y perdent est aussi étrange que celle d'un homme à tête de taureau, et qu'il est convenable qu'au centre d'une maison monstrueuse soit un habitant monstrueux18. Ainsi, pour Vincent Message, « l’architecture hors-norme du labyrinthe répond à la nature hybride du Minotaure, leurs monstruosités se correspondent19 ».
La lutte entre Thésée et le Minotaure a souvent été représentée dans l'art grec. Un didrachme cnossien présente sur une face le labyrinthe, sur l'autre le minotaure entouré d'un demi-cercle avec de petites billes figurant probablement des étoiles, sans doute en relation avec l'autre nom du minotaure, Asterion, qui signifie « étoile ».
Les ruines du palais minoen de Cnossos, avec leur nombre très élevé de chambres, d'escaliers et de couloirs, a amené certains archéologues à croire que le palais lui-même était à l'origine du mythe du labyrinthe20,21 ; d'autres localisations ont aussi été proposées comme à Gortyne22, à Skotinou, à Agia Irini23.
Certains mythologues modernes voient le Minotaure comme une personnification solaire et une adaptation Minoenne du Baal-Moloch des Phéniciens. Le meurtre du Minotaure par Thésée, dans ce cas, indique la rupture des relations athéniennes avec la Crète minoenne.
Selon A.B. Cook, Minos et le Minotaure ne sont que deux formes différentes du même personnage représentant le dieu-soleil des crétois, qui a dessiné le soleil comme un taureau. Lui et J.G. Frazer expliquent l'union de Pasiphaé avec le taureau comme une cérémonie sacrée lors de laquelle la reine de Cnossos était mariée à un dieu de forme taurine, tout comme l'épouse du tyran d'Athènes était mariée à Dionysos. E. Pottier, qui ne conteste pas la personnalité historique de Minos, compte tenu de l'histoire de Phalaris, estime qu'il est probable qu'en Crète (où un culte du taureau pourrait avoir existé à côté de celui de la labrys) les victimes étaient tourmentées en étant enfermées dans le ventre d'un taureau d'airain. L'histoire de Talos, l'homme crétois de bronze, qui se chauffait à vif et serrait les étrangers dans ses bras dès qu'ils débarquaient sur l'île, est probablement de la même origine.
Une explication historique du mythe se réfère au temps où la Crète était la principale puissance politique et culturelle dans la mer Égée. Comme la naissance d'Athènes (et probablement d'autres villes grecques du continent) était un hommage à la Crète, on peut supposer que de tels hommages incluaient de jeunes hommes et femmes pour un sacrifice. Cette cérémonie pourrait avoir été réalisée par un prêtre déguisé avec une tête de taureau ou un masque, ce qui explique l'imagerie du Minotaure. Il se peut également que ce prêtre ait été le fils de Minos.
Une autre explication est que la Crète dominait dans l'Antiquité la Méditerranée, que la Grèce de cette époque qui n'était composée que d'Athènes était en position de soumission et qu'elle versait chaque année (ou tous les 9 ans, selon les versions) un tribut à la Crète sous la forme de 7 jeunes gens et 7 jeunes filles24.
Une fois que la Grèce continentale fut libre de la domination de la Crète, le mythe du Minotaure a pu être retravaillé sans la conscience religieuse des cités hellènes de croyances minoenne.
Évocations artistiques
Peinture du minotaure par George F. Watt, qui a inspiré la nouvelle « La demeure d'Astérion » de Jorge Luis Borges.
La bataille entre Thésée et le Minotaure est un sujet fréquent dans l'art antique, particulièrement sur la céramique, mais aussi dans la statuaire avec le groupe de Thésée combattant le Minotaure dû à Myron. Les arts plastiques occidentaux s'en sont aussi fait l'écho, avec Rodin, Minotaure, Picasso, Thésée tuant le Minotaure, ou René Iché, Minotaure, ou Thésée tuant le Minotaure.
Thésée et le Minotaure, détail d'un stamnos attique à figures rouges par le Peintre d'Altamura, v. 460 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen de Munich.
La littérature s'est aussi emparée du sujet, faisant de la recherche du Minotaure au fond du labyrinthe une épreuve initiatique visant à détruire le monstre bestial qui se cache en chacun de nous. Borges, dans sa nouvelle la Demeure d'Astérion (in l'Aleph), revisite le mythe en faisant du Minotaure un être innocent quoique apparaissant quelque peu monstrueux et se laissant tuer par un Thésée relégué au rang de personnage secondaire, décrit dans le monologue du Minotaure comme un sauveur venu le délivrer.
Le combat du minotaure avec Thésée est également détaillé par Apollodore :
Tous les neuf ans (ou chaque année selon Virgile), sept jeunes gens et sept jeunes filles étaient envoyés en sacrifice en Crète, en expiation du meurtre d'Androgée, fils de Minos, par Égée, roi d'Athènes. Une année, Thésée, le propre fils d'Égée, fut tiré au sort ou embarqua de son plein gré parmi les jeunes gens destinés au sacrifice. En arrivant en Crète, Thésée rencontra Ariane, la fille de Minos, qui tomba amoureuse de lui. Sachant ce qui l'attendait, elle lui donna une bobine de fil afin qu'il la déroule dans le labyrinthe et puisse retrouver son chemin s'il ressort vivant du combat. Thésée trouva le Minotaure, le tua et retrouva son chemin dans le labyrinthe grâce à la bobine déroulée11.
Virgile, dans l'Enéide, évoque rapidement le mythe :
| Texte latin original | Traduction française |
|---|---|
|
— L'Énéide louvaniste13 |
Hygin, dans ses Fables, reprend aussi les épisodes de la légende, la conception du minotaure par Pasiphae et sa mort de la main de Thésée14.
Les Métamorphoses d'Ovide comprennent également un bref récit de ce mythe15.
Le mythe du minotaure est vu d'un point de vue essentiellement athénien comme l'antagoniste de Thésée et les sources littéraires sont biaisés puisqu'elles sont toutes en faveur des perspectives d'Athènes. Les Étrusques ont une version différente du mythe puisqu'ils font d'Ariane l'épouse de Dionysos Thésée, lui se contente d'épouser Phèdre, sa sœur, et de déposer Ariadne sur l'île de Dia, soit de son propre chef, soit avec son assentiment16...Le point de vue étrusque offre une alternative au mythe du Minotaure, jamais vue dans l'art grec : sur une tasse de vin à figures datée du début du IVe siècle av. J.‑C., Pasiphaé enserre tendrement le minotaure enfant sur ses genoux17.
Friedrich Dürrenmatt a lui aussi réécrit le mythe du Minotaure, en en faisant une parodie, dans la Ballade du Minotaure. Dürrenmatt a inversé les caractères des personnages, faisant de Thésée un assassin et décrivant le Minotaure comme un être doux, solitaire, sensible.
Source Wikipédia.
Lien Historique & auteurs
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Jean Siméon Chardin (4 & fin).
La fortune critique
Le lien avec le rôle des estampes se fait tout naturellement sitôt que l'on sait que la sortie de chaque nouvelle gravure d'après un tableau de Chardin est la source d'un commentaire, généralement élogieux, dans le Mercure de France. Toutefois, ce n'est pas dans ce périodique qu'il convient de puiser quelques critiques. N.B. L'orthographe sera modernisée.
La Font de Saint-Yenne (1688-1776), Réflexions sur quelques causes de l'État présent de la Peinture en France, 1747 :
« J'aurais dû parler du Sieur Chardin dans le rang des peintres compositeurs et originaux. On admire dans celui-ci le talent de rendre avec un vrai qui lui est propre et singulièrement naïf, certains moments dans les actions de la vie nullement intéressants, qui ne méritent par eux-mêmes aucune attention, et dont quelques-uns n'étaient dignes ni du choix de l'auteur ni des beautés qu'on y admire: ils lui ont fait cependant une réputation jusque dans le pays étranger. Le public avide de ses tableaux, et l'auteur ne peignant que pour son amusement et par conséquent très peu, a recherché avec empressement pour s'en dédommager les estampes gravées d'après ses ouvrages. Les deux portraits au Salon, grands comme nature, sont les premiers que j'ai vus de sa façon. Quoi qu'ils soient très bien, et qu'ils promettent encore mieux, si l'auteur en faisait son occupation, le public serait au désespoir de lui voir abandonner, et même négliger un talent original et un pinceau inventeur pour se livrer par complaisance à un genre devenu trop vulgaire et sans l'aiguillon du besoin. »
Anonyme, « Éloge historique de M. Chardin », le Nécrologue des Hommes illustres, 1780 :
« Son premier maître fut la nature : il avait porté en naissant l'intelligence du clair-obscur, et il s'attacha de bonne heure à perfectionner ce talent si rare, persuadé que c'est la couleur qui fait tout le charme de l'imitation, et qui donne à la chose imitée un prix qu'elle n'a pas souvent dans la réalité. Cette exactitude l'empêcha sans doute de s'élever au genre de l'Histoire, qui exige plus de connaissances, une imagination plus vaste, plus d'effort, de génie, et plus de détails que tous les autres genres, ou, pour mieux dire, qui les réunit tous. Il se borna à un seul, préférant d'être le premier dans un genre inférieur, que d'être confondu dans la foule des Peintres médiocres dans un genre plus élevé ; aussi sera-t-il toujours regardé comme un des plus grands Coloristes de l'École Française. »
Charles Nicolas Cochin, 1715-1790, Essai sur la vie de M. Chardin, 1780 :
« Ces tableaux lui coûtaient beaucoup de temps, parce qu'il ne se contentait pas d'une imitation prochaine de la nature, qu'il y voulait la plus grande vérité dans les tons et dans les effets. C'est pourquoi il les repeignait jusqu'à ce qu'il fut parvenu à cette rupture de tons que produit l'éloignement de l'objet et les renvois de tous ceux qui l'environnent, et qu'enfin il eût obtenu cet accord magique qui l'a si supérieurement distingué. (…) Aussi, quoiqu'en général son pinceau fût peu agréable et en quelque sorte raboteux, il était bien peu de tableaux qui pussent se soutenir à côté des siens, et l'on disait de lui, comme de M. Restout le père, que c'était un dangereux voisin. Ses tableaux avaient, de plus, un mérite fort rare: c'était la vérité et la naïveté, soit des attitudes, soit des compositions. Rien n'y paraissait amené exprès ni pour grouper ni pour produire de l'effet ; et cependant toutes ces conditions étaient remplies avec un art d'autant plus admirable qu'il était plus caché. Indépendamment du vrai et de la force du coloris, cette simplicité si naturelle charmait tout le monde. En général, le public est peu touché des efforts de génie qu'on fait pour trouver des effets et des tournures qu'on nomme pittoresques. À la vérité, elles ont quelquefois un vrai mérite ; mais trop souvent elles s'écartent de la nature et manquent par là l'impression qu'on s'était proposé qu'elles fissent. C'est la vérité et le naturel que le plus grand nombre cherche principalement: aussi M. Chardin eut-il les plus grands succès dans toutes les expositions. »
Edmond et Jules de Goncourt, « Chardin », Gazette des Beaux-Arts, 1864 :
« Chez lui, point d'arrangement ni de convention : il n'admet pas le préjugé des couleurs amies ou ennemies. Il ose, comme la nature même, les couleurs les plus contraires. Et cela sans les mêler, sans les fondre : il les pose à côté l'une de l'autre, il les oppose dans leur franchise. Mais s'il ne mêle pas ses couleurs, il les lie, les assemble, les corrige, les caresse avec un travail systématique de reflets, qui, tout en laissant la franchise à ses tons posés, semble envelopper chaque chose de la teinte et de la lumière de tout ce qui l'avoisine. Sur un objet peint de n'importe quelle couleur, il met toujours quelque ton, quelque lueur vive des objets environnants. À bien regarder, il y a du rouge dans ce verre d'eau, du rouge dans ce tablier bleu, du bleu dans ce linge blanc. C'est de là, de ces rappels, de ces échos continus, que se lève à distance l'harmonie de tout ce qu'il peint, non la pauvre harmonie misérablement tirée de la fonte des tons, mais cette grande harmonie des consonances, qui ne coule que de la main des maîtres. »
Marcel Proust, « Chardin et Rembrandt », écrit en 1895 et publié en premier dans Le Figaro Littéraire, 27 mars 1954 (éd. La Pléiade, Contre Sainte-Beuve, 1971, p. 373) :
« Si je connaissais ce jeune homme, je ne le détournerais pas d'aller au Louvre et je l'y accompagnerais plutôt ; mais le menant dans la galerie Lacaze et dans la galerie des peintres français du XVIIIe siècle, ou dans telle autre galerie française, je l'arrêterais devant les Chardin. Et quand il serait ébloui de cette peinture opulente de ce qu'il appelait la médiocrité, de cette peinture savoureuse d'une vie qu'il trouvait insipide, de ce grand art d'une nature qu'il croyait mesquine, je lui dirais : Vous êtes heureux ? Pourtant qu'avez-vous vu là? qu'une bourgeoise aisée montrant à sa fille les fautes qu'elle a faites dans sa tapisserie (La mère laborieuse), une femme qui porte des pains (la Pourvoyeuse), un intérieur de cuisine où un chat vivant marche sur des huîtres, tandis qu'une raie morte pend aux murs, un buffet déjà à demi dégarni avec des couteaux qui traînent sur la nappe (Fruits et Animaux), moins encore, des objets de table ou de cuisine, non pas seulement ceux qui sont jolis, comme des chocolatières en porcelaine de Saxe (Ustensiles variés), mais ceux qui vous semblent le plus laids, un couvercle reluisant, les pots de toute forme et toute matière (la Salière, l'Écumoire), les spectacles qui vous répugnent, poissons morts qui traînent sur la table (dans le tableau de la Raie), et les spectacles qui vous écœurent, des verres à demi vidés et trop de verres pleins (Fruits et Animaux). Si tout cela vous semble maintenant beau à voir, c'est que Chardin l'a trouvé beau à peindre. Et il l'a trouvé beau à peindre parce qu'il le trouvait beau à voir. »
Maurice Denis (1870-1943), « Cézanne », l'Occident, n° 70, septembre 1907, p. 131 :
« L'aspect caractéristique des tableaux de Cézanne vient de cette juxtaposition, de cette mosaïque de tons séparés et légèrement fondus l'un dans l'auteur « Peindre, disait-il, c'est enregistrer ses sensations colorées. » Telles étaient les exigences de son œil qu'il lui fallait recourir à ce raffinement de technique pour conserver la qualité, la saveur de ses sensations, et contenter son besoin d'harmonie… Les fruits de Cézanne, ses figures inachevées sont le meilleur exemple de cette méthode de travail, renouvelée peut être de Chardin: quelques touches carrées en indiquent par de doux voisinages de teintes la forme arrondie ; le contour ne vient qu'à la fin, comme un accent rageur, un trait à l'essence, qui souligne et isole la forme déjà rendue sensible par le dégradé de la couleur. »
Élie Faure (1873-1937), Histoire de l'Art, Art Moderne, IV, 1921, p. 226-227 :
« Toute la splendeur est dans la volupté exclusive de peindre que jamais, Vermeer de Delft à part, sans doute, nul ne posséda à ce degré. Le bon peintre Chardin fait sa tâche avec amour, comme un bon menuisier, un bon maçon, un bon tourneur, un bon ouvrier qui a fini par aimer la matière qu'il travaille et l'outil qui le tire de l'uniforme ennui et l'élève à la dignité de connaître ses moyens. Il n'y a pas plus d'amour dans le bras nu sortant de la manche échancrée que dans la serviette qu'il tient et le gigot qui la remplit et pèse à la main rose et grasse. C'est avec la même attention qu'il a peint la petite fille appliquée à bien dire le Bénédicité pour avoir plus vite sa soupe, la maman qui va la servir et s'amuse à la regarder, et les harmonies bourgeoises qui les entourent l'une et l'autre, les tabliers, les robes de laine, la raie bleue courant sur la nappe, la soupière, les meubles de chêne verni, l'ombre rôdante et caressante. Il sait que tout cela s'accorde, que la vie des objets dépend de la vie morale des êtres, que la vie morale des êtres reçoit le reflet des objets. Tout ce qui est a droit à son tendre respect. Il est avec Watteau, en France, le seul peintre religieux de ce siècle sans religion. »
André Malraux (1901-1976), Les voix du silence, Paris, 1951 :
« L'humilité de Chardin implique moins une soumission au modèle qu'une destruction secrète de celui-ci au bénéfice de son tableau. Il disait qu'« on fait de la peinture avec des sentiments, non avec des couleurs » ; mais avec ses sentiments il faisait des pêches. L'enfant du Dessinateur n'est pas plus attendrissant que la nature morte au pichet, et l'admirable bleu du tapis sur lequel il joue n'est pas très soumis au réel : la Pourvoyeuse est un Braque génial, mais tout juste assez habillé pour tromper le spectateur… Chardin n'est pas un petit maître du XVIIIe siècle plus délicat que ses rivaux, c'est, comme Corot, un simplificateur doucement impérieux. Sa maîtrise silencieuse détruit la nature morte baroque des Hollandais, fait de ses contemporains des décorateurs, et rien ne peut lui être opposé en France, de la mort de Watteau à la Révolution… »
René Demoris, « La Nature morte chez Chardin », Revue d'esthétique, 1969, 4 :
« Fréquemment, la nature morte hollandaise surprend les objets, dans l'ordre où l'homme, pour son usage, les a disposés. Elle tend en somme à constituer une scène de genre dont l'homme est provisoirement absent (…). Latente encore chez les Hollandais, la présence humaine est résolument expulsée chez Chardin. (On saisit mieux pourquoi il se débarrasse si vite du chien et du chat, qui constituent un élément anecdotique et parasite.)
(…) Si les personnages sont bien représentés dans une action, cela ne veut pas dire en mouvement: ils sont saisis dans un temps mort de cette action, qui les met en position de repos. Pour le déjeuner, c'est l'instant du Bénédicité ; pour la sortie de l'enfant, celui où la gouvernante jette sur lui un dernier regard. De même, la servante immobile et courbée tient une cruche sous la fontaine. Mieux encore, le garçon cabaretier et la servante qui nettoient poêle ou tonneau ont relevé la tête et regardent quelque chose qui doit être hors du tableau. L'instant où est présentée la pourvoyeuse, c'est celui où, ayant déposé le pain sur le buffet et son sac encore à la main, elle semble reprendre son souffle. Suspension encore plus nette dans le cas des enfants qui construisent des châteaux de cartes et semblent retenir geste et souffle pour ne pas les ébranler, ou de celui qui est fasciné par son toton.
(…) Chez les mères ou les gouvernantes qui regardent des enfants, le regard est attentif, mais sans fonction précise: on peut mettre tout ce qu'on veut dans le regard de la Jeune Gouvernante de la National Gallery ou dans celui de la Mère du Bénédicité. Il semble que, l'enfant cessant de requérir l'attention, l'adulte, prenant sur lui un léger recul, le regarde pour rien, pour le regarder — et c'est peut-être sur cette plage d'attention sans but précis que pourrait se définir le sentiment, dans ce moment de temps perdu, où l'être, objet de l'activité, est regardé pour lui-même, hors de toute exigence pratique. Ce temps mort, que rien n'habite (car nous ne savons ce que regarde la servante, et le visage de la mère n'exprime rien), n'est pas soumis au temps que découpe l'activité entreprise : il donne donc le sentiment d'une durée indéfinie, nous montrant des personnages à la fois engagés dans une action et détachés d'elle. »
Collectionneurs célèbres du XVIIIe siècle
L'œuvre de Chardin a été largement diffusée de son vivant auprès de nombreux collectionneurs. La liste des différents propriétaires de ses tableaux, très loin d'être exhaustive, n'est ici présente que pour donner un aperçu de la très haute estime dans laquelle Chardin était tenu par ses contemporains.
- Joseph Aved (1702-1766), peintre et ami de Chardin. Ce dernier fit son portrait. Il possédait au moins 9 tableaux de Jean Siméon, uniquement des natures mortes. Il en vendit 2 à la margravine Caroline Louise.
- Caroline Louise (1723-1783), margravine[16] de Bade. Elle possédait 5 tableaux de Chardin (dont 4 se trouvent encore au musée de Karlsruhe).
- Catherine II de Russie (1729-1796) possédait 5 tableaux.
- Dominique Vivant, baron Denon, dit Vivant Denon (1747-1825), graveur et directeur du Musée Napoléon : 2 tableaux.
- Frédéric II de Prusse, (1712-1786) : 3 tableaux.
- Chevalier Antoine de Laroque (1672-1744) : 10 tableaux à la vente après décès.
- Prince Joseph Wenzel de Liechtenstein (1696-1772), ambassadeur d'Autriche à Paris : 10 œuvres, dont 3 pastels.
- Pierre-Louis Eveillard, marquis de Livois (1736-1790) : 10 œuvres (3 sont au musée des Beaux-Arts d'Angers, et 2 au Louvre).
- Louis XV (1710-1774) : 3 tableaux et 5 dessus de porte.
- Louise Ulrique de Suède (1720-1782), sœur du roi de Suède Adolphe Frédéric : au moins 10 tableaux. N.B. Les ambassadeurs de Suède ont apporté beaucoup d'informations sur les méthodes de travail de Chardin.
- Jean-Baptiste Marie Pierre(1714-1789), peintre : un tableau représentant une poularde et un coquemard.
- Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), sculpteur : au moins 6 tableaux.
- Jacques-Augustin de Sylvestre (1719-1809), graveur : au moins 16 tableaux.

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