Michel Piccoli (1).
| Michel Piccoli | |
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| Naissance | 27 décembre 1925 Paris, France |
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| Nationalité | |
| Profession | Acteur, producteur, réalisateur, scénariste. |
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Michel Piccoli (né le 27 décembre 1925 à Paris) est un acteur de cinéma et de théâtre français. Il est également producteur, réalisateur et scénariste.
Biographie
Né dans une famille de musiciens (d'une mère pianiste et d'un père violoniste), il suit une formation de comédien au cours Simon.
Après une apparition dans Sortilèges de Christian-Jaque en 1945, il débute au cinéma dans Le Point du jour de Louis Daquin. Il commence sur les planches avec la compagnie Renaud-Barrault et au Théâtre de Babylone. Remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville, il est révélé au grand public avec Le Mépris de Jean-Luc Godard au côté de Brigitte Bardot. Dès lors, il tourne avec les plus grands cinéastes français (Jean Renoir, Alain Resnais, Jacques Demy, Agnès Varda, Louis Malle, Jacques Rivette, Michel Deville, Léos Carax) et européens (Luis Buñuel, Constantin Costa-Gavras, Marco Ferreri, Alfred Hitchcock).
Il devient l'acteur fétiche de Claude Sautet, avec Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs, Mado et Vincent, François, Paul... et les autres et de Luis Buñuel avec qui il entretient une longue complicité. Il collabore à six des films du réalisateur espagnol dont plusieurs œuvres majeures comme Le journal d'une femme de chambre, Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie. En parallèle, il assoit sa notoriété au début des années 1960, par plusieurs rôles à la télévision (Les Joueurs, Montserrat, Don Juan…).
Il débute la décennie 1980 par le prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1980, avec Le Saut dans le vide de Marco Bellocchio, et celui du Festival de Berlin en 1982, avec Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. Il travaille avec le jeune cinéma français, comme Jacques Doillon (La Fille prodigue en 1985), Leos Carax (Mauvais sang en 1986), n'hésitant pas à casser son image bienveillante avec des rôles provocateurs ou antipathiques, avant de s'essayer lui-même à la réalisation.
Habitué du Festival de Cannes, il fait partie du jury de la compétition officielle du 60e festival de Cannes en 2007 sous la présidence de Stephen Frears.
Amateur de littérature, il a également enregistré la lecture des Fleurs du mal de Charles Baudelaire et de Gargantua de François Rabelais.
En 2011, il joue dans Habemus Papam, de Nanni Moretti: le film est candidat à la Palme d'Or 2011 à Cannes.
Engagé politiquement à gauche, membre du Mouvement de la Paix (communiste), il s'est souvent illustré par ses prises de position contre le Front national, et s'est mobilisé pour Amnesty international. En mars 2007, il a signé avec 150 intellectuels un texte appelant à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance »1. Après avoir soutenu François Mitterrand en 1981, il reste fidèle au camp socialiste.
En mai 2009 il co-signe, avec Juliette Gréco, Maxime Le Forestier et Pierre Arditi une lettre ouverte2 à l'intention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, appelant les parlementaires socialistes à adopter la loi Création et Internet.
Il a été marié avec l'actrice Eléonore Hirt avec laquelle il a une fille, Anne-Cordélia Piccoli, puis à la chanteuse Juliette Gréco avant de partager la vie de la scénariste Ludivine Clerc.
Filmographie (plus de 200 films et téléfilms)
- 1945 : Sortilèges ou Le Cavalier de Riouclare de Christian-Jaque - Un villageois
- 1949 : Le Parfum de la dame en noir de Louis Daquin - Lebel
- 1949 : Le Point du jour de Louis Daquin - Georges Gohelle
- 1950 : ...Sans laisser d'adresse de Jean-Paul Le Chanois - Un journaliste aux archives
- 1950 : Terreur en Oklahoma de Paul Paviot et André Heinrich (court-métrage) - Tommy Goudechote, le beau cow-boy
- 1950 : La Leçon d'humour dans un parc de Jacques Loew (court métrage - 22mn)
- 1951 : Chicago-digest de Paul Paviot (court-métrage) - Slim Spring
- 1952 : Torticola contre Frankensberg de Paul Paviot (court-métrage) - Torticola
- 1952 : Destinées (sketche Jeanne) de Jean Delannoy - Pasquerel
- 1952 : Saint-Tropez, devoir de vacances de Paul Paviot (court-métrage) - Lui-même, attablé à une terrasse de café sur les Champs-Élysées
- 1952 : Horizons "Réalisation anonyme, pour la CGT" (court métrage)
- 1954 : Interdit de séjour de Maurice de Canonge - Georges
- 1954 : Tout chante autour de moi de Pierre Gout - Reverdier
- 1954 : French Cancan de Jean Renoir - Le capitaine Valorgueil
- 1954 : La Croissance de Paris de Marcel Gibaud (court-métrage - documentaire) - Il est le récitant du film
- 1955 : Ernst Thälmann - Führer seiner Klasse de Kurt Maetzig - Rouger
- 1955 : Les Mauvaises Rencontres d' Alexandre Astruc - Un inspecteur
- 1955 : Les Grandes Manœuvres de René Clair - Un officier
- 1955 : Marie-Antoinette de Jean Delannoy - Un prêtre réfractaire
- 1956 : La Mort en ce jardin de Luis Buñuel - Le père Lizardi
- 1956 : Les Sorcières de Salem de Raymond Rouleau - James Putmann
- 1957 : Les Copains du dimanche d' Henri Aisner - Le directeur du club d'aviation
- 1957 : Nathalie de Christian-Jaque - L'inspecteur Franck Marchal
- 1957 : Rafles sur la ville de Pierre Chenal - L'inspecteur Vardier, de la P.J
- 1957 : Tabarin de Richard Pottier - Jacques Forestier
- 1958 : La France Romane court métrage documentaire de Edouard Logereau - Il est le récitant de ce film
- 1959 : La Bête à l'affût de Pierre Chenal
- 1959 : La Dragée haute de LuisJean Kerchner - Hugo Barsac
- 1960 : La Chevelure d'Ado Kyrou (court-métrage)
- 1960 : Le Bal des espions de Michel Clément - Brian Cannon
- 1960 : Les Vierges de Rome (Le Vergini di Roma) de Vittorio Cottafavi et Carlo Ludovico Bragaglia - Le conseiller public
- 1961 : Le Rendez-vous de Jean Delannoy - Paul
- 1961 : Le Rendez-vous de Noël d' André Michel (court-métrage)
- 1961 : Fumée, histoire et fantaisie de François Villiers et Edouard Berne (court-métrage)
- 1961 : Quarante fontaines ou "La lutte Turque" court métrage, documentaire de Pierre Biro et Jean-Jacques Flori - Il fait le commentaire du film
- 1961 : Les Petits Drames court métrage de Paul Vecchiali
- 1962 : Climats de Stellio Lorenzi - François Crozant
- 1962 : Le Doulos de Jean-Pierre Melville - Nuttheccio
- 1962 : Le Jour et l'Heure de René Clément - Antoine
- 1962 : Parisienne...Parisiennes court métrage, documentaire de Feri Farzaneh - Il fait le commentaire du film
- 1962 : Le Temps des assassins court métrage de Ado Kyrou et Jean Vigne - Il fait le commentaire de ce film
- 1963 : Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel - Monsieur Monteil
- 1963 : Le Mépris de Jean-Luc Godard - Paul Javal
- 1963 : Paparazzi court métrage de Jacques Rozier - Il tient son propre rôle et il est également l'un des commentateurs du film.
- 1963 : Adieu Philippine de Jacques Rozier - Le comédien qui joue "Izquierdo" dans la pièce "Montserrat" à la télévision
- 1963 : Salut les Cubains court métrage de Agnès Varda - Il fait le commentaire de ce film
- 1964 : La Chance et l'Amour (sketch Lucky La Chance) de Charles Bitsch - Philippe Decharme
- 1964 : De l'amour de Jean Aurel - Raoul
- 1964 : Doubles masques et agents doubles (Masquerade) de Basil Dearden - Georges Sarrassin
- 1964 : Marie Soleil de Antoine Bourseiller - Raoul
- 1964 : Café-tabac de Claude Guillemot (court-métrage)
- 1964 : Le Coup de grâce de Jean Cayrol et Claude Durand - Capri / Bruno
- 1964 : Bardot et Godard ou "Le parti des choses" court métrage, documentaire de Jacques Rozier - Il joue son propre rôle
- 1965 : Compartiment tueurs de Constantin Costa-Gavras - René Cabourg
- 1965 : Les Ruses du diable de Paul Vecchiali - L'antiquaire
- 1965 : La guerre est finie d'Alain Resnais - Un inspecteur des douanes
- 1965 : Les Créatures d'Agnès Varda - Edgar Piccoli
- 1965 : Lady L (Lady L) de Peter Ustinov - Lecoeur
- 1965 : Paris brûle-t-il ? de René Clément - Edgar Pisani
- 1965 : La Curée de Roger Vadim - Alexandre Saccard
- 1965 : Tentazioni proibite court métrage , documentaire de Oswaldo Civirani - Il joue son propre rôle
- 1965 : La Jonque court métrage de Claude Guillemot - Il fait le commentaire du film
- 1966 : La Voleuse de Jean Chapot - Werner Kreuz
- 1966 : Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy - Simon Dame
- 1966 : Un homme de trop de Constantin Costa-Gavras
- 1966 : Belle de jour de Luis Buñuel - Henri Husson
- 1966 : Mon amour, mon amour de Nadine Trintignant - Marrades
- 1967 : Benjamin ou les Mémoires d'un puceau de Michel Deville - Le comte Philippe
- 1968 : Danger : Diabolik ! (Diabolik) de Mario Bava - L'inspecteur Ginko
- 1968 : La Chamade de Alain Cavalier - Charles
- 1968 : Quelques images retrouvées court métrage, documentaire d'actualité réalisation anonyme - Lui même défilant pendant les grèves
- 1968 : Dillinger est mort (Dillinger è morto) de Marco Ferreri - Glauco
- 1968 : La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot - L'invité pressé au vernissage
- 1969 : La Voie lactée de Luis Buñuel - Le marquis de Sade
- 1969 : L'Étau (Topaz) d'Alfred Hitchcock - Jacques Granville
- 1969 : L'Invitée (L'Invitata) de Vittorio De Seta - François Desailly
- 1969 : Les Choses de la vie de Claude Sautet - Philippe Bézard
- 1969 : L'Invasion d'Yves Allégret - Marcello
- 1970 : Max et les Ferrailleurs de Claude Sautet - Max Félix
- 1970 : L'Audience (L'Udienza) de Marco Ferreri - Le père Amerin
- 1971 : La Poudre d'escampette de Philippe de Broca - Valentin
- 1971 : La Décade prodigieuse de Claude Chabrol - Paul Régis
- 1971 : Liza (La Cagna) de Marco Ferreri - L'ami de Giorgio
- 1971 : Premier mai court métrage, documentaire réalisation anonyme pour le P.C.F - Lui même manifestant
- 1972 : L'Attentat d'Yves Boisset - Le colonel Kassar
- 1972 : Themroc de Claude Faraldo - Themroc, le travailleur anonyme
- 1972 : Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel - Le ministre
- 1972 : La Femme en bleu de Michel Deville - Pierre
- 1972 : Far West de Jacques Brel – Simple apparition
- 1972 : Les Noces rouges de Claude Chabrol - Pierre Maury
- 1972 : César et Rosalie de Claude Sautet - Il est le narrateur du film
- 1973 : Themroc de Claude Faraldo
- 1973 : La Grande Bouffe de Marco Ferreri - Michel Il effectue également un piano solo dans ce film.
- 1973 : Touche pas à la femme blanche de Marco Ferreri - Buffalo-Bill
- 1973 : Le Dernier Cri des halles court métrage, documentaire réalisé pendant le tournage de "Touche pas à la femme blanche" de Monique Aubert - Il tient son propre rôle
- 1973 : Grandeur nature de Luis Berlanga - Michel
- 1973 : Un amour de pluie de Jean-Claude Brialy - Il prête sa voix dans le film
- 1974 : Le Trio infernal de Francis Girod - Georges Sarret
- 1974 : Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel - Le second préfet de police
- 1974 : Vincent, François, Paul... et les autres de Claude Sautet - François
- 1974 : La Faille (Der dritte Grad) de Peter Fleischmann - L'investigateur - Il est également co-producteur du film.
- 1974 : E comincio il viaggio nella veretigine de Toni de Grégorio
- 1975 : Léonor de Juan Buñuel - Richard
- 1975 : Strauberg est là (Strauberg ist da) de Mischa Gallé
- 1975 : Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio - Le docteur Pierre Losseray
- 1975 : La Dernière Femme (L'Ultima donna) de Marco Ferreri - Michel
- 1975 : F… comme Fairbanks de Maurice Dugowson - Étienne
- 1975 : Todo modo (Todo modo) d'Elio Petri - Lui
- 1976 : Mado de Claude Sautet - Simon Léotard
- 1976 : René la Canne de Francis Girod - L'inspecteur Marchand
- 1977 : Des enfants gâtés de Bertrand Tavernier - Bernard Rougerie
- 1977 : L'Imprécateur de Jean-Louis Bertucelli - Saint-Ramé
- 1977 : La Part du feu d'Étienne Périer - Robert Hansen
- 1977 : L'État sauvage de Francis Girod - Orlaville - Il est également le producteur du film.
- 1977 : Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel - Il "double" la voix de Mathieu
- 1978 : La Petite Fille en velours bleu d' Alan Bridges - Conrad Brukner
- 1978 : Le Divorcement de Pierre Barouh - Philippe
- 1978 : Le Sucre de Jacques Rouffio - Grézillo
- 1979 : Mélodie meurtrière (Giallo napoletano) de Sergio Corbucci - Navarro
- 1979 : Le Mors aux dents de Laurent Heynemann - Pierre Chazerand
- 1979 : Le Saut dans le vide (Salto nel vuoto) de Marco Bellocchio - Mauro Ponticelli
- 1979 : Le Prix de la survie (Der Preos für Uberleben) de Hans Noever
- 1979 : Atlantic City de Louis Malle - Joseph
- 1980 : Du crime considéré comme un des beaux-arts de Frédéric Compain (court-métrage) - Le commissaire
- 1980 : La Fille prodigue de Jacques Doillon - Le père
- 1981 : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre - Bertrand Malair
- 1981 : Contes de la folie ordinaire (Storie di ordinaria follia) de Marco Ferreri - il "double" la voix de Charles Sekin
- 1981 : Espion lève-toi d'Yves Boisset - Jean-Paul Chance
- 1981 : Passion de Jean-Luc Godard - Michel Boulard
- 1982 : Les Yeux, la bouche (Gli occhi, la bocca) de Marco Bellocchio - L'oncle Agostino
- 1982 : La Passante du Sans-Souci de Jacques Rouffio - Max Baumstein
- 1982 : Derrière la porte (Oltre la porta) de Liliana Cavani - Monsieur Mutti
- 1982 : Une chambre en ville de Jacques Demy - Edmond Leroyer
- 1982 : Que les gros salaires lèvent le doigt ! de Denys Granier-Deferre - José Wiss
- 1982 : Le Prix du danger d'Yves Boisset - Frédéric Mallaire
- 1982 : Le Général de l'armée morte (Il generale dell'armata morte) de Lucia Tovoli - Benetendi - Il est également co-scénariste, dialoguiste et producteur délégué.
- 1982 : La Nuit de Varennes de Ettore Scola - Le roi Louis XVI
- 1983 : La Diagonale du fou de Richard Dembo - Akiva Liebskind
- 1983 : Viva la vie de Claude Lelouch - Michel Perrin
- 1984 : Le Succès à tout prix (Success is the best revenge) de Jerzy Skolimowski - L'officier Français
- 1984 : Le Matelot 512 de René Allio - Il est le récitant de ce film
- 1984 : Adieu Bonaparte "Wed'an Bonaparte" de Youssef Chahine - Cafarelli
- 1984 : Partir, revenir de Claude Lelouch - Simon Lerner
- 1984 : Péril en la demeure de Michel Deville - Graham Tombsthay
- 1985 : Mon beau-frère a tué ma sœur de Jacques Rouffio - Etienne Sembadel
- 1986 : Le Paltoquet de Michel Deville - Le Paltoquet
- 1986 : Le Puritaine de Jacques Doillon - Pierre
- 1986 : Mauvais Sang de Leos Carax - Marc
- 1986 : La Rumba de Roger Hanin - Damien Malleville
- 1986 : Terre étrangère "Das Weite land" de Luc Bondy - Frédéric Hofreiter
- 1987 : Maladie d'amour de Jacques Deray - Raoul Bergeron
- 1987 : L'Homme voilé de Maroun Bagdadi - Kassar
- 1987 : Blanc de Chine de Denys Granier-Deferre - Batz
- 1988 : Y'a bon les blancs "Come sono buoni i bianchi" de Marco Ferreri - Le père Jean-Marie
- 1988 : Le Peuple singe de Gérard Vienne (voix du récitant)
- 1989 : Milou en mai de Louis Malle - Milou
- 1989 : Martha et moi (Martha und ich) de Jirí Weiss - Ernst
- 1991 : La Belle Noiseuse ou "Divertimento" de Jacques Rivette - Edouard Frenhofer
- 1991 : Le Voleur d'enfants de Christian de Chalonge - Monsieur Armand
- 1991 : Les Équilibristes de Nico Papatakis - Marcel Spadice
- 1991 : Le Bal des casse-pieds d'Yves Robert - Désiré
- 1991 : Ecrire contre l'oubli court métrage - Sketch : "Pour Nasrin Rasooli" de Michel Piccoli - Lui même écrivant la lettre
- 1991 : Le Bateau de Lu court métrage de Christine Citti - Un client
- 1992 : Archipel de Pierre Granier-Deferre - Léonard Wilde
- 1992 : Visionarium (From time to time) court métrage de Jeff Blyth - Jules Verne
- 1992 : Le Souper d’Édouard Molinaro - Il prête sa voix à Chateaubriand
- 1992 : La Vie crevée court métrage de Guillaume Nicloux - Raymond
- 1992 : La Cavale des fous de Marco Pico - Henri Toussaint
- 1992 : Rupture(s) de Christine Citti - Paul
- 1993 : Les demoiselles ont eu 25 ans documentaire de Agnès Varda - Il joue son propre rôle
- 1994 : L'Émigré (al-Mohager) de Youssef Chahine - Adam
- 1994 : L'Ange noir de Jean-Claude Brisseau - Georges Feuvrier
- 1994 : Train de nuit court métrage de Michel Piccoli - L'homme
- 1994 : Bête de scène court métrage de Bernard Nissile - L'acteur
- 1994 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma, d'Agnès Varda - Simon Cinéma
- 1995 : Beaumarchais, l'insolent, d'Édouard Molinaro - Le prince de Conti
- 1995 : L'Univers de Jacques Demy documentaire de Agnès Varda - Il joue son propre rôle
- 1995 : Deux fois cinquante ans de cinéma français moyen métrage documentaire de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville - Il joue son propre rôle
- 1996 : Compagnon de voyage (Compagna di viaggio) de Peter del Monte - Cosimo
- 1996 : Party, de Manoel de Oliveira - Michel
- 1996 : Tykho Moon, d' Enki Bilal - Mac Bee / Le frère Mac Bee
- 1997 : Généalogies d’un crime, de Raoul Ruiz - Georges Didier
- 1997 : Les Paradoxes de Bunuel documentaire de Jorge Amat - Il joue son propre rôle
- 1998 : Rien sur Robert, de Pascal Bonitzer - Lord Ariel Chatwick-West
- 1998 : Passion in the desert (Simon) de Lavinia Currier - Jean-Michel Venture de Paradis
- 1998 : Le Plus Beau Pays du monde de Marcel Bluwal - Il assure le commentaire final du film
- 1998 : Alors voila Il est uniquement le réalisateur du film, ainsi que co-scénariste et dialoguiste
- 1999 : Libero Burro (Libero Burro), de Sergio Castellitto - L'oncle Tony
- 1999 : Paris Tombouctou (Paris Tombuctu) de Luis Garcia Berlanga - Michel des Assantes
- 1999 : Les Acteurs, de Bertrand Blier - Il tient son propre rôle
- 2000 : À propos de Buñuel (A proposito de Bunuel) documentaire de José-Luis Lopez Linarez et Javier Rioyo - Témoignage de l'acteur
- 2000 : Ferreri, i love you moyen métrage, documentaire de Fiorella Infascelli - Il joue son propre rôle
- 2000 : Tout va bien on s'en va de Claude Mouriéras - Louis
- 2000 : Paris à tout prix (Palavra e utopia) documentaire de Yves Jeuland et Pascale Sauvage
- 2000 : Nouvel ordre mondial...Quelque part en Afrique documentaire de Philippe Diaz - Il est le narrateur du film
- 2001 : Je rentre à la maison, (Para casa) de Manoel de Oliveira - Gilbert Valence
- 2001 : La Plage noire Il est le Réalisateur, co-scénariste et dialoguiste du film
- 2001 : Intervention divine (Yadon ilaheyya) de Elia Suleiman - Il prête sa voix dans ce film
- 2002 : Mal de mer de Olivier Vinuesa (court-métrage) - Anselme
- 2002 : La Prophétie des grenouilles de Jacques-Rémy Girerd - Il prête sa voix à Ferdinand
- 2003 : Un homme, un vrai de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu - Il joue son propre rôle
- 2003 : Ce jour-là de Raoul Ruiz - Harold
- 2003 : La Petite Lili de Claude Miller - Le comédien qui incarne Simon
- 2003 : Les Dessous de Lily moyen métrage, documentaire de François Breniaux
- 2004 : Je t'aime… moi non plus documentaire de Maria de Medeiros - Il joue son propre rôle
- 2005 : Espelho magico de Manoel de Oliveira - Le professeur Heschel
- 2005 : C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé Il est uniquement le réalisateur et scénariste du film
- 2005 : La Ballade de Fairbanks court métrage, documentaire de Alexandre Moix
- 2006 : Jardins en automne d'Otar Iosseliani - Marie, la mère de Vincent
- 2006 : Belle toujours de Manoel de Oliveira - Henri Husson
- 2006 : Ne touchez pas la hache de Jacques Rivette - Vidames de Pamier
- 2006 : Seven heroes de Vadim Glowna
- 2006 : The empire of Africa documentaire de Philippe Diaz - Il joue son propre rôle
- 2007 : Boxes de Jane Birkin - Papa
- 2007 : Les Toits de Paris d'Hiner Saleem - Marcel
- 2007 : Chacun son cinéma de Manoel de Oliveira, sketch "Rencontre unique" - Nikita Khrouchtchev
- 2008 : De la guerre de Bertrand Bonello
- 2008 : La Poussière du temps de Théo Angelopoulos - Spyros
- 2009 : Le Bel Âge de Laurent Perreau : Maurice Reverdy
- 2011 : Habemus Papam de Nanni Moretti : Le Pape
- 2011 : Vous n'avez encore rien vu de Alain Resnais
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Cytogénétique.
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La cytogénétique est l'étude des phénomènes génétiques au niveau de la cellule, c’est-à-dire au niveau des chromosomes sans la nécessité d'extraire l'ADN : anomalies chromosomiques (de nombre et de structure), recombinaison de chromosomes, etc. Les techniques utilisées sont principalement la réalisation de caryotype, les méthodes de FISH (Fluorescent In-Situ Hybridation : hybridation in-situ par des sondes fluorescentes), l'utilisation de puce à ADN.
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Historique
Après les premieres observations de chromosomes en 1880 par Flemming, la génétique est longtemps resté une science marginale, c'est pourquoi ce n'est qu'en 1956 que le nombre de chromosomes de l'espèce humaine a été correctement établi à 46 par Tjio et Levan, à partir de cultures de tissus, et en ayant eu l'idée d'introduire le choc hypotonique pour améliorer l'étalement des chromosomes. Les techniques utilisées aujourd'hui pour l'établissement du caryotype classique n'ont que peu évolué par rapport à cette période. En 1959, a été décrite par Jérôme Lejeune et ses collaborateurs la première anomalie chromosomique liée à une pathologie, la trisomie 21. Elle a été suivie, la même année, par la description par Jacobs et Strong de la première anomalie des chromosomes sexuels, avec une formule XXY, dans le syndrome de Klinefelter. En 1960, a été établie à Denver la première nomenclature internationale pour la classification des chromosomes, basée sur leur taille et la position de leur centromère. Les causes des syndromes malformatifs chromosomiques les plus fréquents ont été découvertes très rapidement ensuite: syndrome de Turner, trisomies 13 et 18... En 1960, a été identifiée aussi, par Nowell et Hungerford, la première anomalie chromosomique dans une affection maligne, donc acquise, le chromosome de Philadelphie, initialement décrit comme un 22 délété, dont Rowley a démontré par la suite qu'il était le résultat d'une translocation t(9;22).
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Utilisations
La cytogénétique permet d'évaluer la constitution chromosomique d'un individu, soit la composition en chromosomes des cellules d’un individu. Par exemple, un homme normal est 46,XY, c'est-à-dire qu'il a:
◊ 46 chromosomes par cellules (23 paires)
◊ dont 2 gonosomes (X et Y); ce sont les deux chromosomes sexuels, et 44 autosomes.
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Techniques
L'analyse des chromosomes par des techniques de cytogénétiques résulte en général d'analyses précédemment réalisées et montrant un risque pour certaines maladies. La première technique de cytogénétique est la réalisation de caryotypes, dont les chromosomes sont le plus souvent colorés avec le colorant G. Est ensuite apparue la FISH (voir ci-dessous), permettant une bien meilleure résolution dans un temps plus court. Enfin, récemment est apparue l'hybridation comparative ou aCGH pour array Comparative Genomic Hybridization.
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La technique dite de FISH (Fluorescent In Situ Hybridization) est une technique qui permet de révéler par fluorescence grâce à des sondes d'ADN des séquences sur les chromosomes. Cela permet d'identifier des anomalies chromosomiques lors d'analyses pré- et post-natales. Chaque analyse ne permet d'identifier qu'une seule anomalie, et c'est une technique ciblée, les sondes utilisées ne sont pas choisies au hasard, mais font suite à de précédentes analyses (de biochimie en général).
Les cellules à étudier subissent un choc hypotonique (dans une solution saline par exemple), qui provoque une entrée d'eau dans la cellule. La cellule ainsi gonflée est fragilisée. On prélève une goutte de solution qu'on laisse tomber sur une lame. Le choc rompt la membrane plasmique des cellules, libérant noyau (pour les cellules en interphase) et chromosomes (pour les cellules en mitose) sur la lame. Ces noyaux et chromosomes sont ensuite fixé sur la lame avec du méthanol (déshydrate et aplati les noyaux) ou du paraformaldéhyde (qui maintient la forme du noyau). Ces produits sont utilisés suivant ce que l'on cherche à observer dans le noyau. Leur utilisation est indifférente pour les chromosomes.
Une étape importante dans l'obtention de la lame est la digestion par une RNAse (une enzyme qui dégrade les ARN) des ARN libérés lors de l'éclatement de la cellule sur la lame. En effet ces ARN pourraient fixer des sondes marquées pendant l'étape d'hybridation, et donneraient du bruit lors de l'observation au microscope. On peut également faire une dégradation ménagée des protéines pour rendre plus accessible l'ADN génomique à nos sondes et aux anticorps (étape de révélation des sondes). Pour cela on utilise de la protéinase K ou de la Pepsine. Il faut cependant prendre garde à ne pas utiliser ces protéases à des concentrations trop élevées ou trop longtemps, car cela affecterait la forme des chromosomes qui seraient méconnaissables au microscope.
Futur de la cytogénétique
- La cytogénétique tend à se développer rapidement ces dernières années, notamment par l'arrivée sur le marché de nouvelles techniques telles que l'hybridation comparative. Ces techniques, plus rapides, plus simples, permettent de détecter un grand nombre d'anomalies génétiques en un seul test.
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Plume d'amour.
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L'encrier de ton coeur a inspiré mes vers.
Qu'ils sont doux avec toi les frimas de l'hiver,
Point de rudesse ici, que suaves instants,
Qu'harmonieux filaments aux dédales du temps.
Le miroir de ton âme a encensé mon sein,
Cette idylle sacrée est mon plus beau dessein,
Ce royaume flamboie de ta magnificence,
Ta splendeur, ton éclat, reflets de ta puissance
Puisent leur tendre orgueuil dans la nuit de mes mots.
Avec toi mon amour il n'y a point de maux
Qui ne trouvent remède au creux de notre union,
Ton sourire éternel est grâce et communion
Avec les divins anges et les fées des grands cieux.
Poète dans ta chair, amant audacieux,
Fragile et grand secret, lumière indéfectible,
Tu m'as conduit là haut, fier et indestructible.
Pour toi j'atténuerais l'aube et du crépuscule
Ferais un matin clair où tu te baignerais
Et toute entière à moi alors te donnerais...
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Cratère sidéral de vie.
Le Lutin Cosmique.
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Formule chromosomique.
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La formule chromosomique correspond à la notation du résultat d'un caryotype.
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Structure globale
La formule commence par le nombre de chromosomes, puis comporte une virgule dont la signification est dont, puis le symbole des gonosomes présents et enfin les symboles decrivant les chromosomes anormaux.
Nombre de chromosomes apparents
La formule chromosomique commence par la mention du nombre de chromosomes apparents. Ce nombre ne prend pas en considération le matériel génétique, mais uniquement le nombre de chromosomes, que leur taille soit normale ou anormale et ne peut donc que faire partie du groupe des entiers naturels.
Exemples : 45 ou 46 ou 47 ou 48 ou 50
Énumération des gonosomes
Il faut les énumérer
Énumération des autosomes anormaux
- translocation ex t(21,11)
- translocation robertsonnienne der(21)t(21;21)
Va être traduit
- add = Addition material of unknown origin
- del = Deletion
- de novo = A chromosome abnormality which has not been inherited
- der = Derivative Chromosome
- dic = Dicentric
- dup = Duplication
- fra = Fragile Site
- idic = Isodicentric chromosome
- ins = Insertion
- inv = Inversion
- i or iso = Isochromosome
- mar = Marker chromosome
- mat = Maternal origin
- Minus sign (-) = Loss
- mos = Mosaic
- p = Short arm of chromosome
- pat = Paternal origin
- Plus sign (+) = Gain
- q = Long arm of chromosome
- r = Ring chromosome
- rcp = Reciprocal
- rea = Rearrangement
- rec = Recombinant chromosome
- rob = Robertsonian translocation
- t = translocation
- tel = Telomere (end of chromosome arm)
- ter = Terminal end of chromosome
- upd = Uniparental disomy
- ? = Uncertain
Exemples
- Formule chromosomique normale d'une femme :de [46, 2xsub] [46, XXsubsanguin] les chromosomes sont ditraptéiques, car deux identiques.
- Formule chromosomique normale d'un homme :de [46, 1xsub]'[46, 1y sub][46, XYsutsanguin]' les chromosomes sont unidraptéique car ils diffèrent.
- Formule chromosomique d'un homme atteint du syndrome de Down : [47, Xy, +21] (47 chromosomes avec le N° 21 en triple
- etc.
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Action mutante.
Action mutante (Acción mutante) est un film espagnol réalisé par Álex de la Iglesia, sorti en 1993.
Synopsis
En 2012, la société a exclu les handicapés et autres personnes physiquement disgracieuses. Le groupe Action mutante, composé de ces marginaux et mené par Ramón, décide de se rebeller en enlevant Patricia, la fille de l'industriel Orujo.
Fiche technique
- Titre : Action mutante
- Titre original : Acción mutante
- Réalisation : Álex de la Iglesia
- Scénario : Jorge Guerricaechevarría et Álex de la Iglesia
- Production : Agustín Almodóvar, Pedro Almodóvar et Esther García
- Budget : 2,5 millions de dollars
- Musique : Def Con Dos
- Photographie : Carles Gusi
- Montage : Pablo Blanco
- Décors : José Luis Arrizabalaga et Arturo García Biaffra
- Pays d'origine : Espagne, France
- Format : Couleurs - 2,35:1 - Dolby Surround - 35 mm
- Genre : Comédie, science-fiction
- Durée : 95 minutes
- Dates de sortie : 3 février 1993 (Espagne), 1er décembre 1993 (France)
- Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France
Distribution
- Antonio Resines : Ramón Yarritu
- Álex Angulo : Alex Abadie
- Frédérique Feder : Patricia Orujo, la mariée
- Juan Viadas : Juan Abadie
- Karra Elejalde : José Óscar 'Manitas' Tellería
- Saturnino García : César 'Quimicefa' Ravenstein
- Fernando Guillén : le sinistre Orujo
- Jaime Blanch : le présentateur fou
- Ion Gabella : Jose 'Chepa' Montero, le bossu damné
- Bibiana Fernández : invité de luxe
- Rossy de Palma : invité de luxe
- Enrique San Francisco : Luis María de Ostalaza, le marié outragé
- Féodor Atkine : Kaufmann
- Felipe Vélez : García
- Francisco Maestre : le grand-père
Récompenses
- Le film remporta trois Goyas en 1993 : meilleurs effets spéciaux, meilleur maquillage et meilleure direction de production.
- Nomination au Grand Prix lors du Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1993.
- Nomination au Prix du meilleur film lors du Festival du film de Bogota 1993.
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Religion mésopotamienne.
| | Sauf précision contraire, les dates de cette page sont sous-entendues « avant Jésus-Christ ». |
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Pour les Anciens mésopotamiens, le monde était dirigé par des dieux, pour qui les hommes devaient travailler. Les États du pays des deux fleuves, avec leurs souverains à leur tête, devaient donc organiser la société et l'économie de manière à ce que les dieux puissent obtenir ce qui allait leur permettre de vivre oisivement, par le biais du culte. Quiconque enfreignait l'ordre voulu par les dieux devait en subir les conséquences, tandis que ceux qui accomplissaient correctement le culte devaient prospérer.
La religion mésopotamienne n'a jamais fait l'objet d'une abstraction comme c'est le cas dans les sociétés modernes. Les Mésopotamiens n'ont donc jamais cherché à en dresser un tableau. Il faut donc combiner tout un ensemble de sources de façon à constituer ce tableau : vestiges archéologiques des temples dans lesquels on accomplissait le culte, objets dédiés aux dieux pour obtenir leurs faveurs, textes décrivant des récits mythologiques, ou bien des rituels divers accomplis par des spécialistes du culte, etc. Avec la religion de l'Égypte antique, la religion mésopotamienne est celle sur laquelle on est le mieux informé grâce à ce corpus documentaire, qui pourtant laisse encore bien des mystères.
La redécouverte de la religion de l'ancienne Mésopotamie, au XIXe siècle, a été très marquée par la recherche des révélations que celle-ci pouvait faire sur les origines de la Bible. Mais l'étude de la religion mésopotamienne est devenue un objet pour elle-même, et continue de progresser avec la publication de nouveaux textes et la réinterprétation d'autres.
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Sources
Comme pour bien d'autres aspects de la société mésopotamienne, les sources sur la religion combinent les textes, les réalisations artistiques et architecturales, tous connus grâce aux fouilles archéologiques. Celles-ci ayant longtemps privilégié les lieux du pouvoir (palais, temples, résidences les plus vastes), et les œuvres d'art et textes les plus remarquables ayant été produits par le milieu des élites (scribes et artistes travaillant pour les temples et les palais), elles nous informent donc essentiellement sur la religion vue par le haut de la société, et l'on ne sait pas dans quelle mesure cela est révélateur de l'ensemble de la société.
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Les sources écrites, en majorité sur des tablettes cunéiformes, constituent la plus massive et la plus diverse de nos sources sur la religion des Anciens mésopotamiens. L'attention des chercheurs et du public cultivé a porté en priorité sur les textes littéraires racontant des mythes1, tels que l'Épopée de Gilgamesh, l'Épopée de la Création, la Descente d'Ishtar aux Enfers, ou encore l'Atrahasis, notamment en raison de leurs parallèles avec la Bible. Mais il ne constituent pas une source sur la religion quotidienne des habitants de la Mésopotamie antique, car ils sont le produit d'un milieu lettré souvent proche du pouvoir politique, ne cherchant pas forcément à retranscrire une tradition orale populaire2. Les hymnes, prières et poèmes de nature religieuse sont des documents importants pour connaître l'expression du sentiment religieux3. Néanmoins il est vraisemblable que la production écrite retrouvée ne représente qu'une faible partie de ce qui devait circuler oralement, d'autant plus que les textes connus datent essentiellement des périodes tardives de l'histoire mésopotamienne (la première moitié du Ier millénaire).
Les rituels et autres actes du culte étaient reportés dans des textes de nature technique servant à aider les spécialistes du culte (notamment les devins, astrologues, exorcistes, lamentateurs, etc.)4. Ils constituent la majorité des textes religieux retrouvés dans les bibliothèques du Ier millénaire (comme Ninive, Sippar). Les textes du quotidien (correspondance, actes de la pratique comme les comptes d'entrées de bêtes pour les sacrifices dans les temples) contiennent également de précieuses informations sur la religion mésopotamienne.
Au final, les sources écrites proviennent du milieu des scribes lettrés, officiant pour le compte du temple ou du palais. La religion « populaire » est donc laissée de côté.
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L'art religieux5 est particulièrement important car il a sans doute touché un spectre social bien plus large que celui attesté dans les sources écrites. Si certaines œuvres étaient réservées aux temples et aux palais, et étaient soustraites à la vue du plus grand nombre, d'autres devaient être accessibles au peuple. Du reste, les fouilles dans les résidences ont livré des objets qui avaient la fonction d'amulette, et des ex-voto déposés par des individus dans des temples ont été retrouvés. Les sceaux-cylindres, courants dans la société mésopotamienne, portent souvent des scènes religieuses. De ce fait, l'art reflète sans doute fidèlement les croyances du plus grand nombre. Les œuvres d'art religieux les plus remarquables restent néanmoins le fait du monde des élites, notamment les statues et bas-reliefs commandités par des rois ou de grands personnages des royaumes mésopotamiens. L'art religieux complète et pallie souvent les lacunes des sources écrites, et il est indispensable pour approcher la religion des périodes pré-historiques.
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Les archéologues ayant fouillé les sites de l'ancienne Mésopotamie se sont en premier lieu intéressés aux espaces les plus importants des grandes villes de cette région, donc en priorité leur cœur politique et religieux6. De nombreux temples et parfois le complexe cultuel les entourant ont ainsi été mis au jour, avec leur cortège d'artefacts (statues, ex-voto, objets servant au culte, archives écrites) quand ils avaient été laissés sur place - ce qui est plus l'exception que la règle. L'archéologie a néanmoins permis de reconstruire l'organisation spatiale des lieux de culte, et parfois le déroulement des rituels, notamment quand elle pouvait être combinée aux sources textuelles.
La religion mésopotamienne dans son contexte culturel et historique
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La Mésopotamie des débuts de l'Histoire (fin du IVe millénaire) est divisée entre deux groupes ethniques dominants : les Sumériens, vivant à l'extrême sud de la plaine, et des Sémites occupant la majeure partie du Pays des deux fleuves, que l'on appelle par commodité les Akkadiens. La présence d'autres peuples aux périodes antérieures est fort probable, mais leur influence sur la culture mésopotamienne est mal connue. Les racines de la religion mésopotamienne sont donc impossibles à appréhender. Cette période est marquée par la division de la région en plusieurs cités-État indépendantes, qui bien que partageant une culture commune avaient une identité propre qui se manifeste parfois dans leurs croyances et pratiques religieuses (divinités et fêtes locales).
Il est clair que ce sont les Sumériens qui jouent un rôle dominant dans la culture de la région à cette période, et ce sont leurs mythes avec leurs dieux qui sont les premiers mis par écrit. Cependant, leurs contacts avec les Akkadiens sont très importants dès cette période, et un syncrétisme se met en place. Les divinités sumériennes sont ainsi identifiées à celles des akkadophones. De là découle la spécificité de la culture mésopotamienne des siècles suivants, qui fait que malgré la disparition des Sumériens vers la fin du IIIe millénaire et le début du IIe, leur langue et leurs rituels ne sont pas oubliés, et sont préservés dans le milieu des temples. La Mésopotamie présente une autre importante division, entre le nord et le sud, qui reste prégnante sur le plan culturel, même quand les Sémites deviennent aussi dominants au sud. À partir du XXIVe siècle, la basse Mésopotamie est le cœur de deux Empires successifs, qui étendent leur domination sur les régions voisines : l'Empire d'Akkad et celui d'Ur III. À cette période, la Mésopotamie voit l'arrivée de nouveau peuples : les Amorrites (sémites), et les Hourrites (présents en grand nombre dans la moitié nord), qui apportent certains éléments de leur culture, les premiers se fondant plus dans le moule suméro-akkadien que les seconds. Des peuples venus du Zagros se dirigent aussi vers la plaine mésopotamienne, mais en groupes plus restreints (Élamites, Kassites, Gutis).
La seconde moitié du IIe millénaire voit la séparation entre le nord et le sud se matérialiser en politique par la division entre les royaumes d'Assyrie et de Babylone. Leur stabilité et leur affirmation politique voient notamment l'apparition d'un phénomène d'hénothéisme qui tend à faire de leurs dieux nationaux (Assur et Marduk) des divinités dominantes. À la fin du IIe millénaire, un peuple sémite arrive en grand nombre en Mésopotamie à partir du nord : les Araméens, avec leur culture, leurs dieux, ainsi que leur langue qui devient progressivement parlée dans toute la vallée. Au Ier millénaire, la civilisation mésopotamienne s'étiole progressivement, surtout après la chute des Empires assyrien puis babylonien aux VIIe et VIe siècles, puis la domination de peuples étrangers à la vallée (Perses, Grecs, Parthes). La culture mésopotamienne traditionnelle devient confinée aux milieux des temples du sud de la vallée, où elle disparaît progressivement de nos sources avec la disparition de la pratique du cunéiforme, solidaire des anciennes traditions. Il demeure sans doute une religion reprenant l'héritage de cette ancienne religion, mais il n'en reste que peu de traces, et elle disparaît avec l'arrivée du christianisme, de mazdéisme des Perses puis celle de l'islam.
Les croyances religieuses
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Selon les croyances des Anciens mésopotamiens, le Monde est gouverné par des êtres supérieurs de par leur nature, les Dieux (DINGIR/ilu(m)). Les dieux ont beau être représentés sous une forme humaine, leur supériorité sur l'être humain est évidente dans tous les domaines7. Ils sont grands, puissants, glorieux, parfaits, très sages et intelligents, etc. Ils ont comme attribut un sorte de « splendeur divine », melammu(m), qui montre leur supériorité. L'exaltation de la grandeur divine est claire dans les nombreux hymnes qu'ont laissé les scribes mésopotamiens. Les dieux vivent éternellement, même s'ils ne sont pas immortels, puisqu'il arrive qu'ils se fassent tuer, mais très exceptionnellement. Les dieux sont les administrateurs du Monde, ils assignent un « destin » (NAMTAR/šimtu(m)) à chacune des choses qui le constitue, et qu'ils ont créé eux-mêmes à leur profit. Dans les mythes, les dieux ont pourtant bien des défauts, comme des êtres humains : ils peuvent être irascibles, trompeurs, sombrer dans l'alcool, se laisser submerger par leurs envies sexuelles, etc.
Les Mésopotamiens vénéraient une multitude de dieux, qu'ils n'ont jamais réellement organisé sous la forme d'un « panthéon »8. Il n'y a jamais eu un système cohérent de divinités dont on ait fixé clairement les rôles, les positions respectives et les relations familiales, même si on trouve des constantes. La durée de l'histoire de la Mésopotamie empêche cela. La perception des dieux a évolué au cours du temps, parfois selon les changements politiques, et les différences entre Sumériens et Sémites ont troublé leur image, de même que le syncrétisme en général, avec même l'adoption de dieux extérieurs au Pays des deux fleuves. Les divinités sont liées à des fonctions, ou encore à des éléments naturels, et parfois même des éléments naturels sont divinisés, comme des fleuves ou des montagnes. Les divinités peuvent avoir des attributs (des objets ou bien des animaux) symbolisant certaines de leurs caractéristiques. La divinisation d'êtres humains prestigieux de leur vivant ou après leur mort est rare : elle concerne des souverains semi-légendaires (comme Gilgamesh d'Uruk) ou bien des rois des dynasties d'Akkad (Narâm-Sîn) et d'Ur III (Shulgi).
Le IIIe millénaire, première période pour laquelle on dispose de connaissances étoffées sur les divinités mésopotamiennes, est la période des panthéons locaux : chaque cité-État a son propre système de dieux locaux, différents de ces voisines. Mais cela n'empêche par l'émergence d'une « triade » de dieux supérieurs et communs à tous : An/Anu(m), le Ciel, et Enlil, le dieu de l'Air, et Enki/Ea, dieu de l'Abîme, considérés comme ses fils ou bien ses frères cadets. On trouve souvent à leurs côtés Nanna/Sîn, le Dieu-Lune, Utu/Shamash, le Dieu-Soleil, et Inanna/Ishtar, la déesse de l'Amour et de la Guerre. Enlil est considéré comme le roi des Dieux, avant que la suprématie politique et culturelle de Babylone ne s'affirme durant la seconde moitié du IIe millénaire et ne tende à faire de son dieu tutélaire Marduk le nouveau chef de tous les Dieux. Un phénomène semblable se fait en Assyrie, autour du dieu national Assur. Le Ier millénaire voit ainsi une tendance à l'hénothéisme, même si cela n'empêche jamais l'existence d'une foule de divinités.
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Les textes mythologiques mésopotamiens présentent diverses traditions relatives à la création du Monde (cosmogonie). Aucun récit n'est uniquement consacré à cet événement, chacun étant intégré dans un récit plus large9. Un thème récurrent relatif à la création du Monde raconte que celle-ci s'est faite par la séparation du Ciel (AN) et de la Terre (KI), qui auraient été unis à l'origine. On la retrouve dans un récit sumérien racontant une aventure du héros Gilgamesh, dans le Mythe de l'Atrahasis. Dans un tenson sumérien, Arbre contre Roseau, le Ciel et la Terre sont déjà séparés, et le premier féconde la seconde, ce qui fait apparaître la végétation. Un texte médical, donnant des indications pour lutter contre un « ver dentaire » (auquel on attribuait des maux de dents), raconte comment le dieu Anu a créé le Ciel, qui a créé la Terre, laquelle aurait créé les Rivières, etc. Le mythe le plus précis sur la création du Monde est l'Épopée de la Création (Enuma Eliš), qui attribue cet acte au dieu Marduk. Ce dieu devient le roi des divinités après avoir vaincu Tiamat, la mère des dieux, et c'est à partir de son corps qu'il façonne le Monde.
Selon les reconstitutions qui ont pu être faites à partir de différents textes10, les Mésopotamiens se représentaient l'Univers comme une vaste sphère dont la partie supérieure était le Ciel, et la partie inférieure était l'Enfer (l'En-bas, voir ci-dessous). La Terre coupait cette sphère à son diamètre. Elle reposait sur l'apsû, les Eaux souterraines, et à ses extrémités se trouvaient deux autres mers. Une tablette néo-babylonienne (VIIe siècle) présente une carte du Monde commentée, qui montre un exemple intéressant de la façon dont on pouvait se représenter l'espace à cette période11. La surface terrestre est représentée par deux cercles concentriques, délimitant une mer (marratu) entourant le continent, constitué de la plaine mésopotamienne (centrée sur Babylone) et des régions voisines. Des triangles situés aux extrémités de la mer extérieure figurent des régions mystérieuses lointaines (nagû).
Les mythes traitant de la création de l'être humain (anthropogonie) sont relativement homogènes12 : il est créé par les Dieux, souvent à partir d'argile, et du sang d'un dieu sacrifié. L'argile est la matière première essentielle de la basse Mésopotamie, qui sert à façonner les constructions, les poteries et d'autres objets quotidiens, ainsi que les tablettes sur lesquelles on écrit. Le sang divin apporte quant à lui la vie à l'être façonné dans l'argile. Trois mythes développent ce thème : Enki et Ninmah, le Mythe de l'Atrahasis, et l'Épopée de la Création. Le rôle de la création de l'humain est à chaque fois attribué en grande partie au dieu Enki/Ea, conjointement à son fils Marduk dans le dernier mythe. Ils procèdent dans ce récit au sacrifice du dieu Qingu, général en chef des troupes de la déesse Tiamat qu'a tuée Marduk, et le sang du dieu donne la vie au premier humain.
À chaque fois, le but de cette création est le même13 : il s'agit de permettre aux dieux de recevoir les biens nécessaires à leur survie quotidienne. Les hommes viennent au monde pour travailler pour les dieux, entretenir leurs temples avec des sacrifices permanents. C'est donc la raison de vivre des humains. Les dieux choisissent parmi les hommes des souverains qui les dirigent, et supervisent la bonne marche de la société qui aboutit dans le culte des dieux : selon les termes de la Liste royale sumérienne, la royauté est « descendue du Ciel » à l'origine de l'humanité. Si le service des dieux n'est pas bien effectué, les êtres humains peuvent alors être alors en faute, et subir la vengeance des dieux. Les dieux s'assurent que les humains ne puissent être immortels, la mort symbolisant l'infériorité de leur condition (voir plus bas). Ils fixent le « destin » (NAM.TAR/šimtu(m)) de chaque être humain, ainsi que celui de chaque chose qui se trouve sur Terre. Leurs décisions peuvent être connues de ces derniers par le biais de la divination, et il va de soi qu'elles avaient valeur d'ordre. À partir de là, toute chose qui compose le Monde peut être vue comme une manifestation de la puissance divine. Ceux qui suivaient bien les volontés divines devaient donc vivre une existence paisible ; mais on remarquait que ce n'était pas toujours le cas, et cela a posé des questions ardues à certains lettrés. En tout cas, la réussite ne peut être due qu'à la faveur divine : l'expression « avoir un dieu » est l'équivalent mésopotamien d'« avoir de la chance ».
Espaces et temporalités du culte
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Le temple est le centre du culte religieux public dans la société mésopotamienne14. Il est considéré comme la résidence terrestre de la divinité, sa « maison » : c'est le sens du mot le désignant aussi bien en sumérien (É) qu'en akkadien (bītu(m)). Chaque cité a un temple principal, dédié à sa divinité tutélaire. Elle peut ensuite posséder un nombre plus ou moins important de temples et chapelles dédiés à d'autres divinités.
L'organisation du temple est donc calquée sur celle d'une résidence15. Ils sont souvent organisés autour d'une cour intérieure principale, ouvrant sur des dépendances (magasins, cuisines), et sur le « saint des saints », la cella où se trouvait la statue du dieu principal, entourée parfois de celles de sa famille et de ses serviteurs. La statue était placée sur un podium (BARA2/parakku(m)) Les espaces sacrés sont accessibles uniquement pour le personnel cultuel. Les plus grands temples étaient de véritables palais, aménagés et restaurés avec soin par les rois (c'était un de leurs devoirs principaux). On leur avait parfois adjoint une ziggurat, construction à étages portant un temple haut surplombant le complexe religieux.
Parce que l'entretien des temples et du culte divin était une chose très coûteuse, les temples possédaient souvent des ressources foncières importantes, surtout dans le sud mésopotamien, les temples du nord étant habituellement essentiellement pourvus par les rois et les grands personnages du royaume. Le temple était donc, au-delà du simple aspect religieux, un acteur majeur de la vie économique de la Mésopotamie.
Le culte pouvait se dérouler dans des lieux privilégiés, autres que les temples, notamment :
- des chapelles intérieures à la ville, qui sont des temples en miniature ;
- les particuliers disposaient peut-être de petites chapelles dans leurs résidences, pour le culte domestique ;
- les sépultures (tombes creusées sous les résidences, nécropoles) servaient lors du culte des morts (voir plus bas) ;
- certains rituels devaient se dérouler en plein air, dans des lieux précis (terrasse d'une maison, proximité d'une rivière, etc.) pour améliorer leur efficacité ;
- des espaces naturels, en plein air, ont pu servir de lieux de culte, comme par exemple des éminences rocheuses qui étaient parfois même divinisées.
Les calendriers de la Mésopotamie antique sont de type luni-solaire : une année solaire (MU/šattu(m)), de douze mois lunaires (ITI/warhu(m)) composés de 29 à 30 jours solaires (UM/ūmu(m)), avec des mois intercalaires ajoutés à des intervalles réguliers pour ne pas perdre le fil des saisons. À la période archaïque, chaque cité-État disposait de son propre calendrier, issu d'une longue histoire qui nous échappe16. Au IIe millénaire, toute la Babylonie finit par adopter le calendrier de Nippur, qui est ensuite repris en Assyrie. Les scansions principales de l'année suivaient le rythme des saisons et partant de là le rythme de l'agriculture, et l'année débutait à l'équinoxe de printemps (sauf à Assur au début du IIe millénaire où l'année débute à l'équinoxe d'automne). Le nom des mois dont on saisit l'étymologie renvoie parfois à ce cycle, couplé à certains moments à des faits religieux. Le mois portant le nom du dieu Dumuzi (juillet-août) rappelle le moment à partir duquel celui-ci a le droit de sortir des Enfers où il réside une moitié de l'année. Le calendrier est émaillé de nombreuses cérémonies liturgiques revenant à des intervalles réguliers, les fêtes religieuses. Certaines se déroulent plusieurs fois dans le mois, alors que d'autres sont annuelles, comme la fête du Nouvel An. Chaque cité, voire chaque temple, dispose de son propre calendrier de fêtes en fonction de ses grands dieux locaux.
Le temps est marqué par des périodes fastes (ŠU/magir, mitgaru) et néfastes (NU.UN.ŠU/la magir), plus ou moins propices à certaines activités. À partir de la seconde moitié du IIe millénaire, elles sont reportées dans des almanachs, qui notent les jours (hémérologies) ou les mois (ménologies) favorables et défavorables17. Mais de telles prescriptions existaient déjà auparavant : une lettre de Mari au XVIIIe siècle nous apprend par exemple que le roi Hammurabi de Babylone refuse de prêter un serment invoquant le dieu Sîn un 25 du mois car le dieu est indisposé ce jour-là18. Les 7, 14, 21 et 28 du mois sont généralement néfastes pour toutes sortes d'activités. D'autres jours sont néfastes pour des points précis (rituels religieux, aliments, sexualité, exercice d'une profession précise, du commerce de l'argent, procès, etc.). Parfois, ce ne sont que des moitiés de jours qui sont néfastes. Notons également que la nuit est une période propice pour faire certains rituels, notamment ceux invoquant les « dieux de la nuit ». C'est en effet le culte qui est le plus concerné par ce type de prescriptions. De plus, certains interdits sont liés au déroulement de fêtes religieuses.
Les acteurs du culte
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Le roi est considéré comme un intermédiaire entre humains et dieux. Il n’est que rarement divinisé lui-même, sous les Empires d’Akkad et d’Ur III. Mais il occupe clairement une position à part parmi les humains. Il est l’élu des dieux, qui l’ont placé à son rang, et peuvent le faire chuter s’il n’est pas digne de sa charge. Le roi prend en charge de lourds frais liés à l’entretien des bâtiments des temples et du personnel qui y travaille. Plus largement, toutes ses actions sont censées refléter des volontés divines.
Le souverain prend donc part à de nombreux actes de culte. Il doit s’entourer de spécialistes, chargés de l’aider à décrypter les messages divins (des devins, barū(m)), et à se protéger contre les forces obscures qui le menacent plus que tout autre du fait de sa position (des exorcistes, āšipu(m)). La présence de ces spécialistes au plus près du souverain est bien connue dans le cas des rois Assyriens grâce aux archives de Ninive, qui montrent qu’ils jouent un rôle important dans le quotidien royal19.
Mais le souverain peut parfois être amené à diriger lui-même des rituels. C’est le cas dans de nombreuses fêtes religieuses, comme le Mariage sacré ou l’akītu (voir plus bas), où il joue le premier rôle. Parfois même il doit participer à des rituels spéciaux. Les souverains assyriens doivent se soumettre à de nombreux actes cultuels20, par exemple les bīt rimki, des bains purificateurs, et le takultu, un repas avec les dieux, en plus d’autres fêtes religieuses dans les grandes villes assyriennes. Étant dans l’impossibilité de prendre part à tout cela, il peut se faire remplacer par des prêtres ou bien par son manteau, qui symbolise sa présence.
Le culte officiel des temples était pris en charge par un personnel divers21. On peut distinguer parmi ceux-ci les personnes spécialisées dans l’administration des biens du temple (donc du dieu), et celles chargées de s’occuper des actes rituels, avant tout des offrandes quotidiennes faites aux divinités résidentes dans le temple. Le personnel administratif est dirigé par le ŠANGA/šangu(m), parfois secondé par un šatammu(m) (terme qui peut aussi être synonyme de šangu(m)) et appuyé par des subordonnés, dont le nom et la fonction varie beaucoup selon le lieu et la période : trésoriers, scribes aux spécialisations diverses, superviseurs des différentes activités économiques.
Le personnel cultuel est celui qui a généralement le droit de pénétrer dans l’espace sacré du temple. On les appelle ērib bīti à partir de l’époque néo-babylonienne. Ils sont généralement dirigés par un grand prêtre ou une grande prêtresse. L’entu(m) est considérée comme l’épouse terrestre du dieu auquel est destiné le temple. L’exemple le mieux connu est celui du temple de Nanna/Sîn à Ur. À Uruk, l’EN est vu comme l’époux terrestre de la déesse Inanna/Ishtar. On trouve divers spécialistes ayant à exercer une fonction au cours des actes rituels : les GALA/kalû(m), « lamentateurs », les GUDU4/pašīšu(m), purificateurs, les NAR/nāru(m), musiciens ou chantres, etc. Il existait également dans les temples de basse Mésopotamie une catégorie de femmes vivant des sortes de cloîtres (gāgu(m)), les nāditu(m), auxquelles on interdisait d’avoir des enfants22. Une autre catégorie de personnel féminin évoluant dans le milieu des temples, les qadištu(m), pourraient avoir été des « prostituées sacrées », mais cela reste débattu. À un rang inférieur, on trouvait le personnel chargé des aspects matériels du culte : brasseurs, cuisiniers, portiers, orfèvres, etc.
Le personnel des temples était rétribué de plusieurs façons. Il pouvait d’abord recevoir des « champs de subsistance », des terres agricoles appartenant au temple qu’ils faisaient exploiter pour en tirer leur revenu. Une autre façon de les rémunérer était le versement de rations, dont le contenu était défini en fonction de la hiérarchie des desservants. Ces rations consistaient en la redistribution des offrandes faites au dieu. Certaines charges, surtout celles liées au service matériel, pouvaient être des prébendes : on les achetait, on les vendait, on pouvait les transmettre par héritage, et même les diviser pour partager la charge avec d’autres.
D’autres spécialistes du culte n’étaient pas systématiquement rattachés au temple ou au palais, même si ce sont les endroits où on les voit le plus évoluer dans nos sources. Il s’agit des spécialistes dans des rituels importants, la divination et l’exorcisme (voir plus bas). Leurs professions avaient donné lieu à une abondante littérature technique, ce qui montre à la fois l’importance et la complexité de ces professions, qu’on exerçait généralement de père en fils. Les spécialistes de la divination étaient les barū(m) (« devins ») ; à l’époque néo-babylonienne, on distingue de ce groupe les spécialistes de l’astrologie (tupšar Enūma Anu Enlil). Les spécialistes de l’exorcisme sont les āšipu(m) (« exorcistes »). Ces catégories d'experts donnent naissance au Ier millénaire à une sorte de classe de lettrés (ummānu)23, qui disposent de bibliothèques importantes, dans des palais, des temples, ou dans leurs résidences privées.
Les pratiques cultuelles
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La présence des dieux sur Terre étaient assurée par les statues anthropomorphiques les représentant, abritées dans la cella de leur temple24. Celle-ci était censée être le dieu lui-même. Aussi on apportait le plus grand soin à leur confection, et les dieux les plus importants devaient avoir des statues réalisées en bois de qualité, métaux rares et pierres précieuses. Après la réalisation de l'objet, le rituel du « lavage de la bouche » (mīs pī) ou de l'« ouverture de la bouche » (pīt pī) assurait la présence divine dans l'objet25.
Après cela, il fallait assurer le quotidien du dieu, par des offrandes (ou des sacrifices)26. Il s'agissait d'abord de repas, destinés à le nourrir. Ils étaient parfois fixés dans des textes rituels. Généralement, le service alimentaire du dieu était étalé sur quatre repas quotidien, deux le matin et deux le soir, appelés « petit repas » et « grand repas » à chaque fois. Un dieu recevait des aliments végétaux, notamment des céréales, de la viande d'animaux sacrifiés, et des boissons (vin, bière, lait). Les animaux sacrifiés (surtout des moutons et des bœufs) l'étaient en récitant des invocations. Ces différents mets pouvaient être cuisinés. Dans la pratique, après une présentation devant le dieu, on les répartissait entre les officiants du temple, et le palais royal, selon des règles précises. Les offrandes pour le quotidien du dieu consistaient aussi en des vêtements et bijoux, du mobilier (lits, chaises), de la vaisselle, et des bateaux ou des chariots pour les déplacements de la divinité. Il fallait lui fournir tout ce qui pouvait lui servir au quotidien. Ces objets allaient dans le « trésor » du temple. Des rituels s'occupaient de divertir le dieu, par de la musique notamment. Tout cela se faisait aux frais du temple, des autorités de la ville et du royaume, ou bien grâce aux offrandes faites par des individus. Ces derniers offraient parfois des statuettes (certaines étant leur propre représentation), avec des dédicaces, dans l'espoir d'obtenir une faveur divine.
À côté de l'entretien quotidien du dieu, qui devait être immuable, certains moments de l'année étaient marqués par des fêtes (EZEN ou SISKUR) organisées en l'honneur de divinités27. Les calendriers cultuels mésopotamiens pouvaient en compter un grand nombre durant l'année, mais la plupart restaient probablement confinées au monde des temples. Certaines revenaient à des intervalles rapprochés, comme les fêtes-eššešu liées au cycle lunaire, qui se déroulaient quatre fois par mois au début du IIe millénaire (les 1, 7, 15 et 25 du mois dans le calendrier cultuel d'Ur), et étaient souvent dédiées à Marduk et Nabû28. Ce type de fêtes donnaient lieu à des rituels spécifiques, mais peu impressionnants à côté de ceux effectués lors des grandes fêtes annuelles, à commencer par la fête-akītu, qui se retrouve dans plusieurs cités mésopotamiennes dès le milieu du IIIe millénaire, et a probablement des racines très anciennes. Sa version la mieux connue est celle qui se déroule à Babylone au Ier millénaire, en l'honneur de Marduk, lors du Nouvel An. La fête du Mariage sacré (hiérogamie), célébrant les amours de la déesse Inanna et du dieu Dumuzi, est l'une des plus importantes du pays de Sumer29. D'autres rituels de hiérogamie se retrouvent à des époques plus tardives, culminant dans une cérémonie de mariage (hašadu) où les statues d'un dieu et d'une déesse sont réunies. Un autre type important de fête religieuse est le voyage divin30 Les statues divines se rendaient hors de leur temple et même de leur ville pour aller rencontrer d'autres divinités. Le mieux connu de ces cas est Le voyage de Nanna à Nippur, qui voit le dieu-lune quitter sa ville d'Ur en bateau pour aller à 150 kilomètres de là visiter son père Enlil. Dans les autres fêtes, si on sort les statues des dieux, c'est pour leur faire réaliser des processions intra-urbaines, ou dans les proches alentours de la cité.
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La communication entre humains et dieux est une question centrale, en cela qu'elle permet aux premiers de savoir comment satisfaire les seconds, et ainsi bien assurer la fonction pour laquelle ils ont été créés. Les humains prenaient connaissance des volontés divines par la divination31. Les dieux envoyaient des messages aux hommes qu'ils fallait déchiffrer, grâce à l'aide des spécialistes, les devins. Ils pouvaient se trouver dans différents aspects de la vie quotidienne, plus ou moins exceptionnels en apparence : un nouveau-né à la morphologie particulière, un phénomène astral inhabituel, une apparition en rêve, ou tout simplement croiser un animal d'une telle couleur dans la rue. Parfois, c'étaient les humains qui suscitaient le message divin, par la procédure d'hépatoscopie : on posait une question, et la divinité devait donner une réponse lue dans le foie d'un animal sacrifié (un agneau en général). Les dieux intervenaient parfois par l'intermédiaire de prophètes, surtout attestés en haute Mésopotamie.
Pour s'adresser aux dieux, les humains pouvaient faire des prières, accompagnées d'offrandes32. Des hymnes avaient pour but de louer la grandeur des dieux, et parfois même de leurs temples. Les prières à proprement parler cherchaient à attirer les faveurs des dieux auxquels elles étaient destinées. Certaines ont été mises par écrit, et constituent de véritables œuvres littéraires. Il peut s'agir de prières pénitentielles, visant à se faire pardonner d'une faute commise envers un dieu. Les scribes en distinguaient plusieurs, notamment les prières « pour calmer le cœur d'un dieu irrité » (ÉR.ŠÀ.HUN.GÁ), ou celles « pour faire revenir un dieu irrité » (INIM.INIM.MA DINGIR.ŠÀ.DIB.BA.GUR.RU.DA). Elles débutaient par une invocation du dieu, suivie de la reconnaissance de la culpabilité, et s'achevait par une lamentation et une demande de pardon. Il existait également des prières de demande « à main levée » (ŠU.ÍL.LÁ, parce qu'on les disait en levant la main à hauteur du visage), qui adressaient une plainte à un dieu, en cas d'un malheur subi. Des prières pouvaient également accompagner des rituels, pour renforcer leur efficacité au même titre que les offrandes : dans des procédures d'exorcisme (contre des sortilèges, des mauvais présages, des démons ou des spectres), ou bien avant des consultations oraculaires. Les prières sont souvent adressées par des souverains, qui s'adressaient parfois eux-mêmes au dieu (dans d'autres cas des prêtres le faisaient pour eux). On rédige également de tels textes dans la plupart des inscriptions commémorant les constructions de temples ou de palais : on invite les dieux à les bénir, et à maudire ceux qui les bafoueraient.
Les rituels d'exorcisme ont pour but de conjurer le mal affectant une personne33. Ce dernier peut déjà s'être manifesté, ou bien simplement menacer la victime. L'exorcisme est dirigé par un spécialiste, le mašmašu(m) ou āšipu(m), qui peut être assisté par d'autres personnes, comme un lamentateur (kalû(m)), un devin (barū(m)) capable d'identifier la source du mal, ou un « physicien » (āsu(m)), spécialiste des remèdes médicaux. Le mal touchant une personne peut être provoqué par un dieu envers qui on a fauté, par des démons (qui peuvent agir pour le compte d'un dieu), mais aussi par des humains faisant de la sorcellerie. Le mal peut se manifester par des maladies, ou divers types de malheurs (perte d'argent, de relations, d'un emploi, etc.).
Le mal était conjuré au cours de rituels de divers types, faisant appel à des pratiques magiques, utilisant des objets ordinaires ou des figurines qui étaient « enchantés » et devaient porter le mal avant d'être brûlés ou bien jetés à l'eau pour purifier le mal. Leur efficacité était renforcée par des incantations, qui appelaient les dieux au secours, ou bien imploraient leur pardon, ou encore avaient pour effet de chasser les démons. Ces rituels devaient parfois avoir lieu à des moments et dans des endroits précis pour renforcer leur effet : de nuit, à proximité d'une rivière, ou bien dans un cercle magique tracé à la farine sur le sol. Si c'était une maladie qui touchait la victime, le rituel d'exorcisme pouvait se compléter d'un remède médical « rationnel ».
Les rituels d'exorcismes ont été compilés depuis le IIIe millénaire, mais ils nous sont surtout parvenus dans de grandes séries rédigées au Ier millénaire, dont les principales sont :
- les rituels maqlû, « crémation », ont pour but de délivrer une victime de sorcellerie, et où on cherche à vaincre le sorcier ou la sorcière ;
- les rituels šurpu, « combustion », s'effectuent quand le mal a touché une victime mais qu'on n'en connaît pas la source, et s'achèvent en brûlant un objet sur lequel le mal a été transféré ;
- les rituels namburbû, « pour sa dissolution », étaient accomplis pour sauver une personne avant qu'elle soit touchée par le mal, qui lui avait été annoncé par un présage (ce rituel vient donc après consultation d'un devin), et sont donc de nature apotropaïque.
La mort et l’au-delà
La mort (mûtu(m)) était considérée comme une destinée vouée aux hommes par les dieux, contre laquelle on ne pouvait rien faire34. L'Épopée de Gilgamesh montre qu'il est vain aux hommes d'espérer l'immortalité, réservée aux dieux, et que seuls Ut-napishtim le héros du Déluge et son épouse ont pu en bénéficier. Une fois mort, l'homme devient un « spectre » (GIDIM/eṭemmu(m)), alors que son cadavre se décompose.
Les spectres se dirigent normalement vers les Enfers, considérés comme étant sous la Terre. On ne sait pas exactement comment ils y accédaient, mais le fait qu'on enterrait les corps humains semble indiquer qu'on considérait que cela devait faciliter leur accès au monde d'En-bas. Par des textes mythologiques (La descente d'Inanna aux Enfers, Nergal et Ereshkigal) on apprend que les Enfers avaient une entrée située au Couchant, à l'extrême ouest du Monde, qu'on atteignait après avoir traversé une longue steppe aride, puis traversé le fleuve Hubur sur la barque conduite par Humuṭ-tabal (« Emporte-vite »), et ensuite traversé les sept portes des Enfers, gardées par le portier Pētū et ses serviteurs. Le monde souterrain, appelé de diverses manières : l'« En-bas » (KI/erṣētu(m), nom de la partie inférieure du Monde), le « Pays du non-retour » (KUR NU GI4/erṣētu(m) lā târi), la « Grand-ville » (URU.GAL/irkallu(m)), etc. C'est le domaine de la déesse Ereshkigal, et de son époux Nergal, qui résident dans un palais de lapis-lazuli. D'autres divinités liées aux Enfers sont Namtar, le « destin », le héros Gilgamesh, ainsi que Shamash, le dieu du Soleil qui était supposé passer sous Terre quand c'était la nuit sur Terre, à côté des nombreux dieux résidant En-bas, les Anunnaki.
Certains textes sont parfois utilisés pour chercher à démontrer qu'il existait chez les Anciens mésopotamiens une croyance en un jugement après la mort, mais en réalité aucun n'est suffisamment explicite sur ce point. En l'état actuel des choses il faut admettre qu'il n'y avait pas de concept de jugement en fonction des actions accomplies durant leur vie35. Le destin des morts était manifestement le même pour tous une fois parvenu dans le Monde souterrain. Ils avaient une existence triste et pitoyable : ils mangeaient de la fange, et buvaient des eaux boueuses. Ceux qui avaient une mort infâme ne parvenaient pas aux Enfers : c'est le cas de ceux qui n'étaient pas enterrés, qui mouraient après avoir trahi les dieux ou leur roi, ou encore ceux qui mouraient sans avoir enfanté ou les femmes mortes en couches. Les deux derniers devenaient des démons (Lilū et Lilītu), alors que les autres erraient sur Terre et hantaient les vivants, pouvant causer des maladies. À l'inverse, les mieux lotis sont les morts ayant eu des funérailles convenables et étant bien entretenus par leur famille, envers laquelle ils pouvaient avoir une action bénéfique en retour36.
Une fois une personne morte, sa famille devait s'assurer que sa vie dans l'au-delà se déroule bien. Il fallait d'abord procéder à des rites d'enterrement : le corps était lavé, huilé, parfumé, puis vêtu, et enterré avec certains de ses objets personnels, plus ou moins luxueux selon le moyens de la famille37. Des rites de deuil pouvaient suivre l'enterrement pendant plusieurs jours, avec notamment des chants de lamentations.
Il était ensuite du devoir des descendants d'honorer leurs ancêtres régulièrement au cours de rituels précis de culte des ancêtres, kispu(m)38. Cela consistait en des offrandes de nourriture, de boissons, qui se faisaient en invoquant le nom des défunts, de façon à préserver leur mémoire. Cette charge revenait en premier lieu au chef de famille, le fils aîné. Durant certaines périodes le culte des morts était plus actif : on pensait que les morts revenaient des Enfers au mois d'Abu (juillet-août), et il fallait alors organiser des fêtes en leur honneur. On pensait ainsi s'attirer les faveurs des morts, et éviter d'être tourmentés par eux.
Mais quand on pensait être hanté par un défunt, il fallait se prémunir de son action39. Un mort qui n'avait pas été bien honoré par ces ancêtres, ou avait connu une mort honteuse, pouvait troubler les vivants. Parfois, un fantôme tombait sous le contrôle d'un sorcier qui s'en servait pour attaquer un ennemi. Les fantômes passaient également pour demeurer dans les espaces de steppes, et on s'attendait à en rencontrer quand on en traversait. Ces attaques sont souvent psychologiques (apparitions), mais peuvent aussi être physiques. Il fallait alors procéder à des rituels d'exorcisme pour repousser le fantôme, notamment en faisant une statuette de lui et en s'en débarrassant, ou bien en faisant un cercle magique, ou encore en lui procurant une sépulture correcte, ou avec des rituels-kispu(m), etc. Les morts pouvaient également être consultés par des rituels de nécromancie40.
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