LES BEATLES (1).
The Beatles
The Beatles est un groupe musical britannique originaire de Liverpool. Composé de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr, il demeure, en dépit de la séparation de ses membres en 1970, l'un des groupes de rock les plus populaires au monde. En dix ans d'existence, et seulement huit ans de carrière discographique (de 1962 à 1970), les Beatles ont sorti douze albums et ont composé plus de 200 chansons, soit en moyenne un album tous les neuf mois, productivité particulièrement remarquable dans la période 1963-1966, où, entre les tournées incessantes et la participation à deux longs métrages, ils ont publié sept albums, treize singles et douze maxis.
Les chansons des Beatles ont marqué les années 1960 — elles sont même considérées comme la « bande-son » de cette décennie — et les générations suivantes, et leurs mélodies ont été adaptées à de nombreux genres musicaux, notamment le jazz, la salsa, le reggae ou la musique classique (symphonique) et baroque. Au XXIe siècle, le groupe jouit toujours d'une grande popularité ; ses chansons sont jouées et reprises dans le monde entier. Le duo d'auteurs-compositeurs Lennon/McCartney reste célèbre comme créateur de standards qui ont fait l'objet de milliers d'adaptations dans les décennies suivantes.
Les Beatles demeurent les artistes ayant vendu le plus grand nombre de disques au monde . Ce chiffre était déjà estimé par EMI dans les années 1980 à plus d'un milliard de CD, vinyles, et même 78 tours en Inde, vendus à travers la planète, et il a continué à augmenter jusqu'à aujourd'hui. Par ailleurs, un biographe de Paul McCartney a calculé dans les années 1970 qu'à tout moment, l'une des interprétations de la chanson Yesterday (on en dénombre plus de 3 000) était jouée par une radio quelque part dans le monde.
« Placés à la proue » de l'évolution de la jeunesse et de la culture populaire des années 1960, leur style, leur habillement, leurs discours, leur popularité planétaire, leurs consciences sociale et politique grandissantes au fil du temps, ont étendu l'influence des Beatles bien au-delà de la musique, jusqu'aux révolutions sociales et culturelles de leur époque.
La maison Apple annonce pour le 9 septembre 2009 la réédition tant attendue de tous les albums officiels des Beatles « remastérisés ».
Membres du groupe
- John Lennon (né John Winston Lennon à Liverpool, le 9 octobre 1940, devenu John Ono Lennon lors de son mariage avec Yōko Ono en 1969, et mort assassiné à New York, le 8 décembre 1980) : auteur-compositeur, guitare rythmique, chant, piano, claviers, percussions, harmonica, basse (à l'occasion), fondateur du groupe, membre de 1957 à 1970 ;
- Paul McCartney (né James Paul McCartney à Liverpool, le 18 juin 1942, devenu Sir James Paul McCartney par anoblissement en 1997) : auteur-compositeur, basse, chant, piano, claviers, guitares, percussions, batterie (à l'occasion), membre de 1957 à 1970 ;
- George Harrison (né à Liverpool, le 25 février 1943, et mort à Los Angeles, le 29 novembre 2001) : auteur-compositeur, guitare solo, chant, sitar, instruments indiens variés, percussions, claviers, synthétiseur, basse (à l'occasion), membre de 1958 à 1970 ;
- Ringo Starr (né Richard Starkey à Liverpool, le 7 juillet 1940) : batterie, percussions, chant, auteur-compositeur occasionnel, membre de 1962 à 1970.
John Lennon a résumé les débuts du groupe ainsi :
« Il était une fois trois petits garçons nommés John, George et Paul, de leur nom de baptême. Ils décidèrent de se mettre ensemble parce qu'ils étaient du genre à se mettre ensemble. Quand ils furent ensemble, ils se demandèrent pour quoi faire, après tout. Alors il leur poussa tout à coup des guitares et ils formèrent du bruit. Au début, cela n'intéressait personne. »
Le titre de « cinquième Beatle » fut attribué à un moment ou à un autre à :
- Stuart Sutcliffe, pour son rôle aux débuts du groupe en tant que bassiste, notamment à Hambourg ;
- Pete Best, batteur du groupe de 1960 à 1962 ; remplacé par Ringo Starr ;
- Neil Aspinall, road manager des Beatles dès leurs débuts et jusqu’en 1963, puis leur assistant personnel. Il a été à la tête de la compagnie Apple Corps durant près de 40 ans avant de prendre sa retraite en février 2007, un an avant sa mort en mars 2008 ;
- Klaus Voormann, artiste, ami des Beatles et dessinateur de la pochette Revolver et du coffret The Beatles Anthology ;
- Brian Epstein, découvreur, puis manager des Beatles jusqu’à sa mort en 1967 ;
- George Martin, patron du label Parlophone, division d’EMI, qui les auditionna puis les engagea à l'été 1962. À partir de là, il produisit la quasi-totalité de leurs albums et écrivit la plupart des arrangements et des instrumentations avec les Beatles, jouant fréquemment des claviers. Il a continué, jusqu’à aujourd’hui, à produire les albums post-Beatles, comme la série The Beatles Anthology et la compilation Love ;
- Jimmy Nicol, batteur qui remplaça Ringo Starr, malade, pour une dizaine de concerts lors de la tournée australienne des Beatles en juin 1964 ;
- Derek Taylor, attaché de presse et confident des Beatles. George Harrison a déclaré en 1988 « Il n'y a eu que deux cinquièmes Beatles : Neil Aspinall et Derek Taylor » ;
- Billy Preston, claviériste qui participa à l’enregistrement de l'album Let It Be, que l'on entend aussi sur quelques pistes d'Abbey Road (1969) et qui fut le seul musicien a figurer nommément sur une pochette du groupe, en avril 1969, à l'occasion de la parution du 45 tours Get Back/Don't Let Me Down par The Beatles with Billy Preston.
Malgré la longue liste de prétendants, et pour sa contribution active à la musique des Beatles, dont il fut le producteur du début à la fin de leur carrière discographique, arrangeur et fréquent musicien additionnel, c’est à George Martin que ce titre symbolique est le plus généralement attribu.
Histoire du groupe
« Rien ne m'a vraiment touché jusqu'au jour où j'ai entendu Elvis. S'il n'y avait pas eu un Elvis, il n'y aurait pas eu les Beatles. »
— John Lennon
John Lennon est un adolescent de Liverpool élevé par sa tante « Mimi » — Mary Elizabeth de son vrai nom. Son père, Alfred « Freddie » Lennon, un marin, a rapidement délaissé sa mère, Julia Stanley, et son enfant qu'elle n'avait pas les moyens de garder seule auprès d'elle. Dès qu'il découvre Elvis et le rock 'n' roll, John veut devenir musicien, se procure une guitare et ne tarde pas à monter son premier groupe, The Quarrymen.
Le 6 juillet 1957, à Woolton dans la banlieue de Liverpool, John Lennon, qui a alors 16 ans, et son groupe de skiffle donnent un concert pour la fête paroissiale de l'église St. Peter. À la fin du concert, Ivan Vaughan, un ami commun, présente Paul McCartney à John Lennon. Paul prend alors une guitare et joue Twenty Flight Rock d'Eddie Cochran devant un John un peu éméché mais néanmoins très impressionné. Quelques jours plus tard, Pete Shotton, autre membre des Quarrymen, propose à Paul de se joindre au groupe. Celui-ci, qui n'a que 15 ans, accepte.

Le 20 forthlin road, où vécut Paul McCartney avec son père et son frère (Liverpool)
En février 1958, sur l'insistance de Paul, et malgré les réticences de John qui le trouve trop jeune, George Harrison intègre le groupe comme guitariste solo. À trois – guitaristes et chanteurs – au sein d'une formation à géométrie variable qui s'appellera à tour de rôle, The Rainbows et Johnny and the Moondogs, avec ou sans batteur, ils jouent dans les clubs de Liverpool, comme le Jaracanda, un coffee-shop dirigé par Alan Williams qui officie en tant qu'agent pour le groupe débutant. Ils se produisent également au Casbah, dirigé par Mona Best, la mère de leur futur batteur Pete Best. D'autres portes s'ouvrent ensuite, dont le Cavern Jazz Club, alors que le rock 'n' roll et le Mersey Beat, les styles des groupes de Liverpool, deviennent populaires dans cette ville.
Autodidactes, influencés par le rock 'n' roll (Elvis Presley pour commencer, mais également Chuck Berry, Buddy Holly, Little Richard, Gene Vincent et bien d'autres) et le blues noir américain, ils jouent les morceaux de rock du moment « à l'oreille », sans partitions. Mais dès le départ aussi, John Lennon et Paul McCartney s'associent et s'entendent pour écrire ensemble des chansons, par dizaines, affinant leur technique au fur et à mesure. Quelques-unes d'entre elles ressortiront sur les albums des Beatles des années plus tard. Ils partagent également un drame qui les rapproche : Paul McCartney a perdu sa mère Mary, terrassée par un cancer du sein en 1956, tandis que la mère de John, Julia, meurt écrasée par une voiture conduite par un policier ivre en 1958.
Les futurs « Fab Four » utilisent différentes variantes de leur nom (Beetles, Silver Beetles, Long John and the Silver Beatles, Silver Beats) avant de se fixer sur le mot-valise « Beatles » pendant l'année 1960. Il s'agit en fait de références au groupe accompagnant Buddy Holly, The Crickets, et au film L'Équipée sauvage avec Marlon Brando, où il est question d'un gang du nom de « Beetles » (« scarabées »). Il fait aussi référence au rythme (beat) du rock 'n' roll (appelé beat music). Les quatre adoptent définitivement cette appellation (attribuée à John Lennon et Stuart Sutcliffe) en août 1960, lorsque débute leur premier engagement sérieux, que leur a déniché Alan Williams à Hambourg, où ils vont rencontrer Klaus Voormann et Astrid Kirchherr.
Bruno Koschmider, propriétaire de l'Indra Club et du Kaiserkeller, engage donc les Beatles à Hambourg, sur les indications d'Allan Williams.
Cinq jours avant de partir pour l'Allemagne, le 17 août 1960, ils ont auditionné et engagé Pete Best comme batteur, alors que Stuart Sutcliffe est leur bassiste depuis le début de l'année. Mais ce dernier, copain de John Lennon, qui a pu rejoindre le groupe tout simplement parce qu'il avait assez d'argent (artiste-peintre en devenir, il a vendu une de ses toiles) pour s'acheter un instrument, ne sait pas en jouer. Il se produit dos au public afin que cela ne se voie pas et « joue » même parfois sans que son instrument soit branché à un ampli. Sutcliffe tombe amoureux d'Astrid Kirchherr (qui prend les premières photos du groupe, des clichés restés célèbres) et décide de rester à Hambourg en 1961 lorsque ses camarades regagnent l'Angleterre. Entre leurs différents voyages en Allemagne, ils continuent à se produire à Liverpool et dans ses environs, se constituant un solide noyau de fans, mais restent inconnus au-delà du « Merseyside », se retrouvant notamment, en décembre 1961, à jouer devant 18 personnes à Aldershot dans la lointaine banlieue de Londres.
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L'Indra, un club hambourgeois où les Beatles jouèrent à leurs débuts
Paul McCartney, jusque-là guitariste au même titre que John Lennon et George Harrison, est devenu le bassiste du groupe (ses deux camarades n'étant pas enthousiastes pour tenir ce rôle) après le départ de Sutcliffe, qui décède à 21 ans le 10 avril 1962 d'une congestion cérébrale, trois jours avant que les Beatles ne posent à nouveau le pied sur le sol allemand pour un nouvel engagement de sept semaines au Star Club.
Les Beatles font en tout cinq séjours à Hambourg (d'août à novembre 1960, de mars à juillet 1961, d'avril à mai 1962, puis en novembre et en décembre 1962), le premier d'entre eux étant interrompu simultanément par le renvoi en Angleterre de George Harrison car il est encore mineur et les expulsions de Paul McCartney et Pete Best pour avoir involontairement mis le feu à leur loge. Pour satisfaire le public des clubs de la cité hanséatique, les Beatles élargissent leur répertoire, donnent des concerts physiquement éprouvants, et recourent aux amphétamines pour rester éveillés. Les jeunes gens sont par ailleurs logés dans des conditions difficiles, voire quasiment insalubres.
D'autres groupes de Liverpool se produisent à Hambourg, comme Rory Storm and the Hurricanes, dont le batteur se nomme Ringo Starr. Les Beatles envient sa notoriété et apprécient sa compagnie. Les deux groupes partagent l'affiche de très nombreuses fois à Liverpool, et se retrouvent au Kaiserkeller du côté de la Reeperbahn pendant plus d'un mois en octobre et novembre 1960, où Ringo aura l'occasion de jouer avec eux.
C'est aussi à Hambourg qu'ils décrochent leur premier contrat d'enregistrement, chez Polydor, en tant qu'accompagnateurs du chanteur et guitariste Tony Sheridan. Le 45 tours My Bonnie par Tony Sheridan and The Beat Brothers est publié en octobre 1961.
« J'ai grandi à Hambourg, pas à Liverpool » dira plus tard John Lennon. Évoquant cette période des débuts, il racontera aussi : « Quand les Beatles déprimaient et se disaient « On n'ira jamais nulle part, on joue pour des cachets merdiques, on est dans des loges merdiques », je disais « Où on va, les potes ? », et eux, « Tout en haut, Johnny ! », et moi « C'est où ça ? », et eux « Au plus top du plus pop ! » (to the toppermost of the poppermost), et moi « Exact ! ». Et on se sentait mieux. »
Par ailleurs, nostalgique de cette époque « cuir », on entend aussi John Lennon expliquer dans le disque Anthology 1 : « Ce que nous avons fait de meilleur n'a jamais été enregistré. Nous étions des performers, nous jouions du pur rock (straight rock) dans les salles de danse (dance halls), à Liverpool et à Hambourg, et ce que nous produisions était fantastique. Il n'y avait personne pour nous égaler en Grande-Bretagne (There was nobody to touch us in Britain). »
En 2008, Hambourg a dédié une place de la ville au groupe.
À leur retour d'Allemagne, les Beatles ont acquis la maturité qui leur manquait, techniquement d'abord, sur scène ensuite. Après leurs deux premiers voyages formateurs à Hambourg, le 9 novembre 1961, Brian Epstein vient voir les Beatles au Cavern Club de Liverpool, le café souterrain où ils se produiront près de 300 fois jusqu'au 3 août 1963. Disquaire à l'origine, Epstein n'a jamais dirigé de formation musicale auparavant mais connaît quelques-uns des à-côtés qui mènent à la popularité d'un artiste. Il va devenir leur mentor et les propulser au rang de musiciens professionnels. Il va notamment leur faire abandonner les vêtements en cuir pour une nouvelle tenue vestimentaire et gommer ainsi leur image de sauvages.
Les Beatles devront maintenant jouer en complet-veston, comme les professionnels de l'époque, avec leur coupe de cheveux caractéristique. Inventée par Astrid Kirchherr pour certains, par John Lennon et Paul McCartney à l'issue d'un court séjour à Paris en septembre 1961, pour d'autres, la « coupe Beatles » était déjà celle du personnage incarné par Moe Howard dans Les Trois Stooges, un trio comique très populaire aux États-Unis dans les années 1930 à 1950. Brian Epstein fait aussi le tour des maisons de disques afin de leur faire signer un contrat d'enregistrement.
Epstein multiplie sans succès les tentatives auprès des grandes compagnies discographiques. Un échec chez Decca restera célèbre. Les Beatles y sont auditionnés le 1er janvier 1962 en enregistrant 15 titres en une heure. Dick Rowe, directeur artistique (A&R) chez Decca, sera surnommé dans le milieu « The man who turned down the Beatles » (l'homme qui rejeta les Beatles) pour avoir dit au jeune manager : « Rentrez chez vous à Liverpool, M. Epstein, les groupes à guitares vont bientôt disparaître. »
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L’intuition de George Martin
Finalement, seul George Martin, alors producteur chez Parlophone, une division d'EMI, se montre intéressé. Début mai, Brian Epstein lui a fait écouter les bandes Decca, et rendez-vous est fixé pour une audition dans les studios EMI d'Abbey Road le 6 juin 1962.
Quatre jours après être revenus de Hambourg où ils honoraient un engagement au Star Club, leur troisième séjour dans la ville allemande, les Beatles arrivent aux studios EMI de Londres, situés au 3, Abbey Road dans le quartier de St. John's Wood. C'est leur première visite dans ces studios qu'ils rendront légendaires. George Harrison raconte ainsi leur première audition : « Les autres membres du groupe m'ont presque tué lorsque George Martin nous a enregistrés pour la première fois. En nous rejouant la bande, il nous a demandé : « Y a-t-il quelque chose qui ne vous plaît pas ? » Je l'ai regardé et j'ai dit : « Pour commencer, je n'aime pas votre cravate », et les autres : « Oh non ! On essaie de décrocher un contrat ici ! » Mais George avait lui aussi le sens de l'humour. » « Ça a brisé la glace ! », note-t-on du côté du personnel technique des studios EMI.
George Martin a une intuition. Il décèle le potentiel des Beatles et décide de les « signer », mais il n'aime pas beaucoup le style de Pete Best et suggère de le remplacer pour les premières véritables sessions d'enregistrement. Le groupe ne se fait pas prier et s'en sépare en août 1962 pour le remplacer par Ringo Starr, avec qui les affinités sont bien plus grandes. Une éviction brutale, qu'ils n'annoncent même pas eux-mêmes à Pete Best – c'est Brian Epstein qui s'en chargera. Ce renvoi ne sera pas sans conséquence. George Harrison explique : « On avait joué au Cavern Club et les gens hurlaient « Pete est le meilleur ! » (jeu de mots avec « Best » en anglais), « Ringo jamais, Pete toujours ! » C’était devenu lassant, et je me suis mis à les engueuler. Après le concert, on est sortis des loges, on est entrés dans un tunnel tout noir, et il y a quelqu'un qui m'a balancé un coup de poing dans le visage. Je me suis retrouvé avec un œil au beurre noir. Qu'est-ce qu’il ne fallait pas faire pour Ringo ! »
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Ils enregistrent les 4 et 11 septembre de la même année leur premier single, Love Me Do. Pour la version de Love Me Do présente sur l'album Please Please Me, le batteur est Andy White, musicien de studio, tandis que sur le single publié le 5 octobre 1962, c'est Ringo Starr qui tient la batterie ; George Martin ne voulait pas prendre de risques avec un autre batteur qu'il trouvait médiocre. Toutefois, Ringo Starr, qui n'a jamais oublié cette « humiliation », joue du tambourin sur la version de l'album, et ce premier titre publié par EMI sera pratiquement le seul où ce n'est pas lui qu'on entend derrière les « fûts ».
À l'instigation de Brian Epstein, qui met à profit son expérience de disquaire, les Beatles vont désormais alterner des sorties de disques isolées (« 45 tours » ou « singles ») qui ne sont pas sur les albums et d'albums dont sont extraits des singles lancés plus tard, accréditant ainsi l'idée qu'acheter un album des Beatles est une « valeur sûre » où l'on trouve déjà « les succès que les autres ne découvriront que demain ».
Pete Best, amer de son éviction des Beatles, sort son propre album en 1965, Best, of the Beatles (la virgule a son importance), avec le Pete Best Combo, dont la pochette est une photo où il est batteur du groupe et entouré des autres, mais celui-ci reste anecdotique. De cette époque, certains enregistrements rares et un peu marginaux des Beatles ont été très recherchés, notamment ceux qu'ils ont réalisés chez Polydor avec Tony Sheridan, les fameuses « bandes Decca » de janvier 1962 (que l'on a fini par entendre en partie trois décennies plus tard sur le disque Anthology 1), les chansons qu'ils interprètent en allemand et où ils se contentent de réenregistrer leur voix sur les bandes instrumentales existantes (finalement publiées sur le disque Past Masters, Vol. 1 en 1988), et des chansons sorties en 78 tours en Inde.
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1963 à 1966 : la Beatlemania
Le 5 octobre 1962 sort Love Me Do qui n'atteint que le 17e rang au palmarès britannique. Ce n'est pas encore la « Beatlemania », mais il s'agit là d'une grande satisfaction pour le groupe, particulièrement au moment où le titre passe à la radio. Mais leur deuxième 45 tours, Please Please Me, dont les paroles sont ambiguës pour l'époque (« You don't need me to show the way, girl », que l'on peut traduire par « tu n'as pas besoin que je te montre la voie, fille ») est propulsé au premier rang. Les Beatles obtiennent ainsi l'occasion d'enregistrer un album complet, ce qu'ils feront en 585 minutes (9h45) le 11 février 1963. Intitulé Please Please Me et sorti le 22 mars 1963, cet album atteint également la tête du hit-parade où il se maintient durant sept mois.
Partie de Liverpool — où ils continuent jusqu'en août 1963 à enflammer le Cavern Club —, la popularité des Beatles se répand dans tout le Royaume-Uni qu'ils sillonnent inlassablement, y effectuant quatre tournées cette année-là. Les succès se suivent : From Me to You en avril, puis She Loves You en août sont classés nº 1 au hit-parade. She Loves You et son fameux « Yeah Yeah Yeah! » rend les Beatles célèbres dans toute l'Europe. Leur passage, le 13 octobre 1963 dans le très populaire show télévisé londonien Sunday Night at the Palladium marque le début du phénomène que la presse britannique baptise la « beatlemania[5] ». Disquaires pris d'assaut, ferveur généralisée, jeunes filles en transe… Le groupe va aligner douze n° 1 successifs dans les charts britanniques de 1963 à 1966, jusqu'à la publication en février 1967 du single « double face A » Strawberry Fields Forever/Penny Lane, seulement n° 2 (mais premier aux États-Unis).
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Please Please Me, le premier album des Beatles
Le 4 novembre 1963, les quatre musiciens de Liverpool se produisent devant la famille royale au Prince of Wales Theatre de Londres pour le Royal Command Performance, où un John Lennon, irrévérencieux, avant de se lancer dans l'interprétation de Twist and Shout dit au public : « On the next number, would those in the cheaper seats clap your hands? All the rest of you, if you'll just rattle your jewelry! / Pour notre prochain titre, est-ce que les gens installés dans les places les moins chères peuvent taper dans leurs mains ? Et tous les autres, agitez vos bijoux ! »
En 1963, John Lennon et Paul McCartney écrivent partout, à n'importe quel moment, dans le bus qui les amène d'un lieu de concert à l'autre, dans leurs chambres d'hôtel, dans un coin des coulisses avant de monter sur scène, dans l'urgence avant d'enregistrer, quelquefois en une seule prise, autant de titres qui vont marquer leur histoire et celle de la musique rock.
En tête des hit-parades, Please Please Me n'est remplacé à la première place que par le deuxième album du groupe, With the Beatles, publié le 22 novembre 1963. Ces deux disques sont exportés aux États-Unis respectivement sous les noms de Meet the Beatles et The Beatles' Second Album, en ayant préalablement subi divers traitements tels que le raccourcissement de la liste des chansons, la modification de l'ordre des pistes, ou bien celle du son (écho, stéréo, etc.).

Les Beatles avec la vedette suédoise Lill Babs en novembre 1963
Dans un premier temps, les maisons de disques américaines affichent leur mépris pour ce qu'elles pensent être un phénomène passager. Leur cinquième 45 tours, I Want to Hold Your Hand, est leur premier nº 1 sur le marché américain et y reste du 1er février au 14 mars 1964. Il sera détrôné par She Loves You du 21 au 28 mars, suivi de Can't Buy Me Love du 4 avril au 2 mai. Le classement du Billboard Hot 100 du 31 mars 1964 aux États-Unis fait apparaître cinq titres des Beatles aux cinq premières places : la « beatlemania » qui avait débuté au Royaume-Uni se propage de l'autre côté de l'Atlantique, et dans le monde entier.
La « Beatlemania » fut un phénomène d'ampleur et à plusieurs facettes. La jeunesse prend goût à se coiffer et s'habiller « à la Beatles », comme en témoignent les photos de l'époque prises dans les rues. Ils deviennent des trend-setters, expression anglophone que l'on peut traduire en français par faiseurs de mode ou leaders de tendances.
Les disquaires se spécialisent sur la discographie des Beatles, et pour mieux gérer ses stocks, la société EMI/Parlophone propose la présouscription des albums et des singles à suivre, même s'ils sont encore à l'état de projet. Les pré-commandes atteignent dès lors des sommets astronomiques : par exemple, 2,1 millions pour Can't Buy Me Love en 1964.
Des magazines spécialisés fleurissent, comme le célèbre Beatles Monthly, (aussi connu sous le nom de Beatles Book, 77 éditions de 1963 à 1969, intégralement republiées de 1977 à 1982) et se vendent comme des petits pains.
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Le palais de Buckingham où les Beatles sont décorés en juin 1965
L'atmosphère hystérique des concerts rend parfois ceux-ci presque inaudibles. Le premier ministre britannique, Harold Wilson, remarque néanmoins que ces artistes constituent pour le pays une excellente exportation, notamment en termes d'image : celle de jeunes gens souriants, polis, bien habillés, et pleins d'un humour très britannique lors des interviews. Ils sont décorés par la reine du Royaume-Uni, le 12 juin 1965, de la médaille de membre de l'Empire britannique (Member of the British Empire, ou MBE). C'est en fait la plus basse des décorations. Certains MBE — dont plusieurs sont des vétérans et des chefs militaires —, froissés, renvoient par dépit leur propre croix à Sa Très Gracieuse Majesté. John Lennon répliqua qu'il aimait mieux recevoir cette distinction en divertissant. Les vrais honneurs arrivent beaucoup plus tard, quand Sir James Paul McCartney est anobli en 1997.
Extrêmement liés, par le simple fait qu'ils sont les seuls à « vivre la beatlemania de l'intérieur », considérant se trouver dans l'œil du cyclone, voyant tout le monde s'agiter frénétiquement autour d'eux, se soudant autant que possible, très amis, les Beatles se voient affublés du surnom de « monstre à quatre têtes » au plus fort du phénomène.
Dans les années 1960, l'industrie musicale est en pleine expansion. Désormais, il est possible de donner des concerts dans des salles de plus en plus grandes. À la télévision, les émissions sont de plus en plus regardées par un public familial. Les Beatles participent dès 1963 à de nombreux shows avec les animateurs les plus populaires de la télévision britannique et bientôt américaine, et sont les premiers à passer dans une émission diffusée en « Mondovision », dans le monde entier en juin 1967, avec la chanson All You Need Is Love.
Depuis 1965, les Beatles ne chantaient pratiquement plus qu'en playback à la télévision et Paul s'en expliquait : « Nous faisons un très important travail de studio, corrigeant inlassablement la moindre imperfection avec une précision maniaque. Pas question d'offrir aux téléspectateurs, alors que ce son existe, un autre son déformé par les mauvais studios des plateaux de TV ». Toujours en 1965, les Beatles prennent la résolution de ne plus donner d'autographes : « Nous n'avons tout simplement pas assez de bras, et nous devons tout de même pouvoir utiliser nos guitares de temps en temps ! »
Les Beatles ont l'intelligence de mêler à des standards du rock comme Kansas City des chansons susceptibles de plaire à la génération précédente (Till There Was You, You Really Got a Hold on Me ; Besame Mucho reste dans les cartons). À noter que ces chansons, y compris Besame Mucho, font partie du répertoire des Beatles depuis Hambourg.
Pour ne pas se faire cataloguer comme « mods » et perdre le public des « rockers », Brian Epstein a eu une idée : les Beatles, retrouvant un moment le cuir de leurs débuts, vont sortir un EP (extended play) de quatre titres de rock pur et dur (Matchbox, I Call Your Name, Long Tall Sally et Slow Down) qui est le « disque des initiés » et montre « ce que les Beatles savent vraiment faire quand ils le veulent ». Satisfaits par cet « os à ronger », les rockers ne dénigrent plus les Beatles eux-mêmes, mais les fans qui achètent leurs autres disques en ne sachant pas ce qu'est la vraie musique des Beatles, qui ont montré qu'ils savaient faire bien mieux que de la pop. Pour se concilier ce public — mais aussi pour se faire plaisir — la présence d'un « standard de rock » devient un « incontournable » des albums.
Dans le film A Hard Day's Night, tourné en noir et blanc pour ne pas coûter trop cher — mais aussi pour masquer le fait qu'ils n'ont pas la même couleur de cheveux — et réalisé par Richard Lester, les Beatles orchestrent habilement leur propre légende, avec un humour très britannique. Cet humour devient délirant avec le film suivant, Help!, sorti à l'été 1965, en couleurs, où les Beatles se moquent d'eux-mêmes. On va jusqu'à les comparer aux Marx Brothers, ce que John estime excessif. George Harrison, lui, noue une solide amitié avec Eric Idle et le groupe des Monty Python.
L'humour britannique reste une composante incontournable des Beatles. Quelques exemples tirés d'interviews :
« Que craignez-vous le plus ? La bombe atomique ou les pellicules ? (ricanements)
- La bombe atomique, puisque nous avons déjà des pellicules (hurlement de rire de l'auditoire) »
« Pouvez-vous nous chanter quelque chose ?
- L'argent d'abord ! »
« Répétez-vous beaucoup ?
- Pour quoi faire ? Nous jouons déjà en concert tous les soirs, vous savez. »
« Vous jouiez autrefois des standards. Pourquoi ne le faites-vous plus ?
- Parce que maintenant, nous en créons. »
« Ringo, êtes-vous des mods ou des rockers ?
- Personnellement, je suis un moqueur » (cette réplique sera reprise dans le film A Hard Day's Night)
« Comment avez-vous trouvé l'Amérique ?
- En tournant à gauche au Groenland ! » (cette réplique sera aussi reprise dans le film A Hard Day's Night)
L'album Rubber Soul sera plus tard ainsi nommé pour pasticher l'expression « plastic soul » (qui se traduit par « âme influençable »). Rubber Sole, qui se prononce presque à l'identique, signifie « semelle de caoutchouc » !
John Lennon avait soigné son personnage avant-gardiste en écrivant en 1964 et 1965 deux livres de courtes nouvelles dans un style imagé et surréaliste, In His Own Write, puis A Spaniard in the Works. La critique de l'époque ne leur fait pas bon accueil, mais Christiane Rochefort traduit en français le premier sous le titre « En flagrant délire ».
Entre-temps, le fan club des Beatles travaille à chouchouter un réseau de fans à qui on concède des bonus comme des photos inédites et des disques hors commerce offerts à Noël : un Christmas Record sortira ainsi chaque année durant les fêtes, jusqu'en 1968. Brian Epstein intervient pour la partie organisation et George Martin pour la partie musicale. Dès le début des années 1960, George Martin fait à tout hasard enregistrer un album de musique symphonique inspirée des Beatles. Un autre, plus élaboré, suit bien plus tard pour le remplacer. Vers l'an 2000, un disque nommé Beatles Go Baroque et issu des pays de l'Est fait de même.
À l'avènement de leur gloire internationale, et donc en laissant de côté leurs prestations au Star Club d'Hambourg et au Cavern Club de Liverpool, c'est à l'Olympia de Paris et durant trois semaines (du 15 janvier au 4 février 1964), à raison d'un, deux ou trois shows quotidiens, soit 41 apparitions en tout, que les Beatles ont joué le plus longtemps au même endroit.
Après un « tour de chauffe » au cinéma Cyrano à Versailles, ils donnent leur premier spectacle à l'Olympia le 15 janvier. L'affiche est imposante et donne tout son sens au mot « Music-hall ». Daniel Janin et son orchestre, les Hoganas, Pierre Vassiliu, Larry Griswold, Roger Comte, Gilles Miller et Arnold Archer, acrobates, jongleurs, humoristes, chanteurs se succèdent sur la scène avant la deuxième partie du spectacle avec les trois têtes d'affiche au fronton du Boulevard des Capucines : Trini Lopez, Sylvie Vartan et les Beatles. Passant à chaque fois en dernier, est-ce à dire qu'ils sont les vedettes de cette série de shows ? Tout dépend en fait qui le public est venu voir, ce qui forgera son point de vue sur la question.
Les passages des Beatles sont assez courts puisqu'ils ne jouent à chaque fois que huit titres : From Me to You, Roll Over Beethoven, She Loves You, This Boy, Boys, I Want to Hold Your Hand, Twist and Shout, Long Tall Sally.
La surprise pour eux, c'est que la salle est composée en majorité de garçons, et qu'ils n'entendent pas, pour une fois, les cris féminins stridents qui les accompagnent d'habitude[8]. Au fur et à mesure, et malgré quelques incidents techniques au début, les Beatles conquièrent leur public.

Le programme des shows de l'Olympia en janvier et février 1964
Durant leur séjour à Paris, les jours de relâche leur permettent d'aller faire un tour aux studios Pathé-Marconi de Boulogne-Billancourt. Le 29 janvier, ils y enregistrent leurs deux titres en langue allemande : Sie Liebt Dich (She Loves You) et Komm, Gib Mir Deine Hand (I Want To Hold Your Hand). Le premier est entièrement enregistré, voix et instruments (en 14 prises), le second n'est qu'un ajout vocal sur leurs propres pistes instrumentales. Le même jour, ils mettent également en boîte un nouveau tube composé par Paul : Can't Buy Me Love.
C'est aussi à Paris que les Beatles apprennent qu'ils viennent de décrocher leur premier N°1 aux États-Unis : I Want To Hold Your Hand. Cette nouvelle provoque une grande scène de joie collective dans leur chambre du George-V ; Mal Evans raconte :
« Quand je suis rentré dans la pièce je suis resté stupéfait. Debout sur un fauteuil, John prononçait une sorte de discours dont je n'arrivais pas à saisir un mot. George donnait des bourrades à Ringo et je me demandais encore ce qui se passait quand Paul me sauta sur le dos ! Ils étaient heureux comme des collégiens en vacances et, à la réflexion, je reconnais qu'il y avait de quoi. »
Trois jours après leur dernière prestation à l'Olympia, une foule immense est à leurs côtés à l'aéroport londonien d'Heathrow, au moment où ils s'embarquent pour le Nouveau Monde. De l'autre côté de l'Atlantique, c'est encore la foule — plus de 3 000 fans — qui les attend lorsqu'ils se posent sur le tarmac de l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York, le 7 février 1964. Un événement majeur va secouer l'Amérique moins de 48 heures plus tard : plus de 70 millions de personnes (soit 45 % de la population) assistent en direct à leur première prestation télévisée, lors du Ed Sullivan Show diffusé sur CBS le 9 février. Une audience record pour l'époque, qui reste encore de nos jours une des plus élevées de l'histoire, hors retransmissions sportives. Certains médias iront jusqu'à dire que cet événement télévisuel a redonné le moral à l'Amérique encore profondément traumatisée, 77 jours après l'assassinat du Président Kennedy.
Après un premier concert dans des conditions difficiles au Coliseum de Washington — la scène est au milieu de la salle, comme un ring, la batterie doit pivoter et les musiciens se retourner pour faire face à une partie ou à l'autre du public, le matériel fonctionne mal, etc. — et un nouveau passage dans le Ed Sullivan Show en direct de Miami le 16 février, les « Fab Four » (en français les « quatre fabuleux ») rentrent au pays. L'Amérique est emportée par la Beatlemania, un rendez-vous est pris pour une première tournée de 25 dates à travers le pays, à guichets fermés, du 19 août au 20 septembre 1964. C'est pendant cette tournée estivale des États-Unis que les Beatles rencontrent Bob Dylan, et que ce dernier leur fait essayer la marijuana pour la première fois. Une découverte qui a une importance incontestable dans l'évolution de leur musique. La légende veut que Dylan ait pris le « I can't hide » (« je ne peux le cacher ») de I Want to Hold Your Hand pour « I get high » (« je plane ») et qu'il ne se soit ainsi pas gêné pour proposer un « reefer » aux Beatles.
Les Beatles sur le tarmac du JFK Airport de New York, le 7 février 1964
L'histoire d'amour entre les Beatles et l'Amérique, où ils enchaînent les Nº1 en 1964 et 1965, trouve un point d'orgue le 15 août 1965 en ouverture de leur seconde tournée de ce côté de l'Atlantique. Ce jour-là, ils sont le premier groupe de rock à se produire dans un stade, le Shea Stadium de New York, devant 56 000 fans déchaînés et dans des conditions singulières pour ce genre de spectacle dans une telle arène, sous les hurlements de la foule. Les Beatles se produisent seulement munis de leurs amplis Vox, et sont repris par la sono du stade, c'est-à-dire les haut-parleurs utilisés par les « speakers » des matches de base-ball. Il en résulte que ni eux ni le public n'entendent clairement une note de cette prestation historique. Les documents filmés ce jour-là démontrent cependant que les Beatles arrivent à jouer, et que c'est John Lennon qui les empêche de se retrouver paralysés par l'événement en multipliant les pitreries, comme parler charabia en agitant ses bras pour annoncer un titre en se rendant compte que personne ne peut l'entendre, ou maltraiter un clavier avec ses coudes au moment de l'interprétation de I'm Down.
Pionniers, initiateurs de la British Invasion, terme utilisé aux États-Unis pour y décrire la prédominance des groupes de pop rock anglais — parmi lesquels les Rolling Stones, les Who ou encore les Kinks — au milieu des années 1960, voilà les Beatles abonnés aux premières places des charts américains jusqu'à la fin de leur carrière. Ils y détiennent d'ailleurs toujours, aujourd'hui, un record absolu avec 170 millions d'albums vendus sur ce seul territoire. « La musique n'a plus jamais été la même depuis lors » affirme la RIAA (Recording Industry Association of America).
Quoi de mieux que le film A Hard Day's Night (dont le titre français est Quatre garçons dans le vent) pour aborder et comprendre ce qu'était la Beatlemania en 1964 ? La bande-son de ce faux documentaire humoristique réalisé en noir et blanc par Richard Lester, qui connaît un succès international, est aussi le troisième disque des Beatles (sorti en Angleterre le 10 juillet 1964 chez United Artists Records). Le titre a été accidentellement créé par Ringo Starr ; sortant à une heure avancée des studios, il a dit « It's been a hard day » (« cela a été une dure journée »), puis s'apercevant que c'était la nuit, a ajouté « …'s night » (« …de nuit »). Il représente un tour de force de John Lennon, auteur et chanteur principal de 10 des 13 chansons. Il est à cette époque au sommet de sa prépondérance sur le groupe. C'est le premier album des Beatles à ne comporter aucune reprise, tous les titres étant signés Lennon/McCartney. Il inclut notamment la première ballade portant réellement « la patte » de Paul McCartney, And I Love Her, ainsi que de nombreux futurs N°1. Encore une fois, deux éditions différentes sont réalisées pour l'Angleterre (Parlophone - 14 titres) et les États-Unis (Capitol - 11 titres).
Pressés de toutes parts, littéralement poussés vers les studios au milieu d'incessantes tournées, les Beatles sortent dans la foulée, le 4 décembre 1964, Beatles for Sale (titre évocateur : « Les Beatles à vendre »), où ils se contentent de reprendre en studio leur répertoire scénique du moment en y incluant quelques nouvelles chansons, comme Eight Days a Week, I'm a Loser, Baby's in Black et No Reply ou une très ancienne comme I'll Follow the Sun. Le disque comprend donc six reprises de rock 'n' roll et sera livré avec une pochette, qui comme celle de With the Beatles (et d'autres à venir) deviendra une des plus pastichées des décennies suivantes. Au même moment, le titre I Feel Fine de John Lennon, publié en single le 27 novembre, est N°1 durant cinq semaines. Il démarre par un « feedback » de guitare ou effet Larsen, le premier du genre dans le rock, que l'on pourrait croire accidentel, alors que cet étonnant effet est délibéré. « Je défie quiconque de trouver la présence d'un feedback sur un disque avant I Feel Fine » assure John Lennon.
La « beatlemania » bat toujours son plein en 1965, lorsque sortent le film Help! — tourné par les Beatles dans les volutes de fumée de cigarettes très spéciales — et le disque du même nom. Seule la moitié des titres de l'album fait partie de la bande-son du film dont Ringo Starr est la vedette, et trois chansons vont marquer l'histoire du groupe, autant de N°1 dans les charts. Help! d'abord, où John Lennon, il l'avoue plus tard, se met à nu en appelant au secours. Le succès, la célébrité, ne lui apportent aucune réponse, il est, dit-il, dépressif et boulimique, dans sa période « Elvis gros ». Ticket to Ride ensuite, considéré par Lennon comme le titre précurseur du hard rock avec ses effets de guitare, ses roulements de toms et sa basse insistante.
Yesterday enfin, la chanson mythique de Paul McCartney qu'il joue à tout son entourage, une fois composée sous le titre de travail Scrambled Eggs (« œufs brouillés ») se demandant sincèrement et interrogeant à la ronde pour savoir s'il a bien inventé cette mélodie ou si elle ne vient pas de quelque part, tant elle paraît évidente. Elle devient la chanson la plus diffusée et la plus reprise du XXe siècle (près de 3 000 reprises). Yesterday et son fameux arrangement pour quatuor à cordes, suggéré et concocté par George Martin en compagnie de l'auteur de la chanson qui pour la première fois, l'enregistre seul, sans les autres membres du groupe. Plus de 40 ans après, Paul mesure encore sa chance d'avoir rêvé cette chanson, de s'en être souvenu au réveil, qu'elle fut bien de lui, et qu'elle ait connu cet incroyable succès.
Source Wikipédia.
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LE SHINTOÏSME.

Allée de torii, sanctuaire de Fushimi Inari, Kyōto
La théologie shintoïste
Le shintoïsme est essentiellement polythéiste. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l'homme dans l'univers : être un élément du grand tout. Ainsi, un cours d'eau, un astre, un personnage charismatique, une simple pierre ou même des notions abstraites comme la fertilité peuvent être considérés comme des divinités.
Comme dans beaucoup de systèmes religieux, le shintoïsme développe l’idée d’une réalité supérieure, ou « divine ». Cette réalité est peuplée d'une multitude d'êtres appelés kami (神, kami?). Par certains aspects, le panthéon shintoïste ressemble à ceux d’autres religions anciennes. Toutefois, par d’autres traits, les dieux et les déesses vénérés rappellent ce que d’autres systèmes religieux qualifieraient de figures héroïques plutôt que divines. En effet grand nombre de kami sont beaucoup plus humains que les dieux et déesses d’autres religions, et dans certains cas, ils prennent une forme humaine. (Voir : Mythologie japonaise)
Les kamis les plus largement connus sont les dieux et déesses anthropomorphiques apparus durant ce que les textes anciens appellent « l'âge des dieux ». Ce temps des origines, quand les divinités vivaient sur la terre avant d'instaurer le règne de leurs descendants mortels (les empereurs) et de se retirer dans leurs domaines célestes, est raconté dans les récits épiques du Kojiki et du Nihon Shoki (日本書紀, Nihon Shoki?), de même que l'histoire des dieux et déesses du shintō. La plus importante divinité engendré par Izanagi (伊弉諾, Izanagi?) et Izanami (伊弉冉, Izanami?), fut la déesse solaire Amaterasu (天照, amaterasu?, lit. celle qui fait briller le ciel), la principale divinité du shintō. Les kami de « l'âge des dieux » sont les amatsukami (kami célestes) et les kunitsukami (kami terrestres). Amaterasu fait partie des premiers, tandis que le populaire Okuninushi (阿国主, Okuninushi?), le dieu gardien du Japon et de ses empereurs, fait partie des seconds. D'autres dieux notables sont Inari le dieu du riz et de la fertilité, Hachiman le dieu guerrier, ainsi que les sept dieux de la chance dont Daikokuten (大黒天, Daikokuten?), Ebisu (恵比寿, Ebisu?), Benten (弁天, Benten?), et Bishamonten (毘沙門天, Bishamonten?) qui sont très populaires. Les entités bouddhistes ont aussi été incorporées au panthéon shintō. Ainsi, le fondateur du bouddhisme, le prince Gautama, est vénéré comme Bodhisattva et kami. Le bouddhisme et le shintoïsme s’interpénètrent donc (même si à l’origine le Bouddha shakyamuni avait expliqué qu’il ne fallait pas vénérer de dieux).

Amaterasu
Un kami serait donc tout être, toute entité supérieure à l'homme par sa nature. Sont kami, en effet, non seulement certaines forces naturelles personnalisées : le Soleil, la Lune, le typhon, et bien d’autres encore, mais plus généralement tout ce qui apparaît mystérieux ou redoutable parmi les êtres inanimés comme les arbres, les montagnes, les mers, les fleuves, les rochers, les vents, ou encore des objets de forme étrange ou d’origine inconnue ; de même peuvent être tenus pour kami des humains, ou des animaux, vivants ou morts. Si tel clan prétend descendre d'un ancêtre kami (souvent choisi parmi les dieux du Kojiki), cela ne signifie en aucun cas qu’il s'agisse d’un « culte des ancêtres », car tout ancêtre n’est pas nécessairement kami.
Le mot « kami » regroupe un éventail extrêmement large d’esprits, de forces et « d'essences » surnaturelles ou mystérieuses. Le Kojiki (古事記, Kojiki?) indique l'existence d'une myriade de kamis (八百万, myriade de kamis? , yaoyorozu, qui emploie les mêmes kanjis que happyakuman, qui veut dire "huit millions". Dans la mythologie japonaise, huit est nombre sacré). On y trouve d'innombrables divinités tutélaires de clans — ujigami (氏神, ujigami?), de villages et de quartiers : esprits d’un lieu. Ce sont aussi le plus souvent des essences d’éléments géographiques (montagne, rivière ou cascade) ou de phénomènes naturels comme le kamikaze (神風, kamikaze? vent divin), le typhon (台風, typhon?) et autres phénomènes.
Les kamis vivent dans le ciel et descendent périodiquement sur terre pour visiter sanctuaires et lieux sacrés. Leur sacralité est telle que les fidèles doivent se purifier avant de pénétrer dans un sanctuaire ou de participer aux fêtes données en leur honneur.
Certains des kamis sont malveillants, esprits vengeurs responsables de toute une série de maladies mortelles, comme les oni (鬼, oni?), ou ogres. Nombre de ces esprits, les démons, sont invisibles. Certains se présentent comme des animaux ayant la capacité de prendre possession d’une personne, auquel cas il faut un prêtre pour les exorciser. L’un des plus redoutés est l’esprit du renard, à qui on attribue toutes sortes de calamités, y compris la maladie et la mort.
Pourtant la tradition shinto ne croit pas en une séparation absolue du bien et du mal. Tous les phénomènes, animés ou inanimés, peuvent y être aussi bien positifs que négatifs : cela dépend des circonstances. Ainsi, en dépit de leur malveillance, les oni sont des personnages quelque peu ambivalents. Par exemple, le maléfique esprit du renard est également étroitement associé à Inari, le dieu du riz, un kami charitable extrêmement populaire. De même, les hommes oiseaux appelés tengu peuvent être les gardiens bienveillants d’un kami et sont pour cette raison mis en scène dans les fêtes shintoïstes.

Renard sacré, messager du dieu Inari
Histoire et développement du Shintoïsme
Les origines du shinto remontent très loin dans le passé. On se pose encore la question de savoir si la culture Jomon (縄文, Jomon? environ 11 000 à 300 av J.C.) possédait une religion centrée sur la vénération des kami (« esprit », « déité », « être divin » ou « dieu/déesse »), du moins ressemblant peu ou prou à ce qu’on connaît aujourd’hui. Ces peuples d’avant écriture, chasseurs et pêcheurs semi-nomades, modelaient des dogu (土偶, dogu?), statuettes féminines aux seins et aux hanches démesurés. On ne connaît pas la nature exacte des croyances entourant ces dogu, mais il s’agit probablement d’un culte de la fertilité. Les dogu étaient placés à l’intérieur ou à côté des tombes après avoir été délibérément brisées, peut-être rituellement « tuées », afin de libérer leur essence spirituelle. Il est néanmoins impossible de savoir avec certitude si cette « essence » était conçue en des termes pouvant faire penser aux kami du shinto.
Avec la culture Yayoi (弥生, Yayoi? d'environ 300 av J.C. à 300 apr J.C.), plus complexe, commence à apparaître une iconographie de style shintoïste nettement plus marquée. Parmi les objets découverts dans les tombes des Yayoi, on trouve de petites céramiques représentant des entrepôts de grains d’une architecture remarquablement similaire à celle du sanctuaire d'Ise (伊勢, Ise?), à la forme restée inchangée depuis au moins 1 200 ans. L'introduction de la culture du riz semble avoir apporté avec elle des rites liés aux semailles et à la moisson, probablement très proches des rituels shintoïstes encore pratiqués aujourd’hui dans les campagnes japonaises.
Etroitement associés au culte de la fertilité chez les Yayoi, on trouve également des joyaux appelés magatama (曲玉, magatama?), des miroirs cérémoniels, et des épées sacrées. Aujourd’hui, ces objets jouent un rôle important dans la mythologie shintoïste et font partie des insignes impériaux. Pour beaucoup de spécialistes, la majorité des ujigami (氏神, ujigami?), les divinités tutélaires des uji (氏, clans?) les plus anciens datent de cette période. La divinité des uji la plus importante était (et est toujours) Amaterasu, la déesse solaire.
Au IVe siècle de notre ère, le Japon fut conquis par des cavaliers nomades venant d'Asie centrale et un nouveau type de sépulture apparut : le kofun (古墳, kofun?), ou tumulus. Des statuettes votives de chevaux et de guerriers, les hanniwa, étaient souvent placées autour de ces monticules massifs, en forme de trous de serrure, pour accompagner le seigneur de la guerre décédé dans son voyage vers l'au-delà.
On peut dire que le shintoïsme est né d’un mélange entre animisme, shamanisme, et culte des ancêtres. Peu à peu, tous ces cultes de la fertilité, ces vénérations de la nature, parfois capricieuse au Japon (tremblements de terre, typhons, tsunamis, etc), se sont amalgamés et codifiés pour former le shinto.
Selon la Chronique du Japon (日本書紀, Nihon shoki?, 720), le bouddhisme serait parvenu au Japon, ou du moins à la cour, à une date relativement tardive, l’an 13 du règne de l’empereur Kimmei (欽明, Kimmei? 552). De nombreux courtisans embrassèrent avec enthousiasme la foi bouddhiste, vénérant les statues de Bouddha comme autant de manifestations d’un puissant kami, tandis que d’autres protestaient contre cette intrusion. Toujours est-il que le prince régent Shotoku-Taishi (聖徳太子, Shotoku-Taishi? 572-621) en fit, un demi-siècle plus tard, la religion de l’État. Ses raisons étaient politiques autant que religieuses, car s’il fut le premier des grands saints bouddhistes du pays, il sut comprendre aussi le rôle unificateur que pouvait jouer une religion à tendance universaliste dans la formation d’un État centralisé.
Mais jusqu’au début de l'ère Heian (794-1185), la majorité des Japonais ne fut aucunement touchée par cette nouvelle religion. Les bouddhistes ne tentèrent pas de saper ou de supplanter le shintoïsme : ils se contentèrent d’édifier leurs temples près des sanctuaires shintoïstes tout en proclamant qu’il n’y avait pas de différence fondamentale entre les deux religions. Vers la fin de l’ère Heian, cette façon de faire des bouddhistes conduisit à l’apparition du ryōbu shintō (両部神道, ryōbu shintō? double shinto), dans lequel kami shintoïste et bosatsu du bouddhisme devinrent une seule et même divinité.
Les dernières années de l'ère Heian furent marquées par une guerre civile qui se termina par la nomination de Minamoto no Yoritomo (源頼朝, Minamoto no Yoritomo?) à la nouvelle fonction de shogun. Suivirent quatre siècles de conflits internes presque constants. L’événement religieux le plus important de cette période fut l’introduction du christianisme en 1549, mais ses premiers succès furent annihilés après l’assassinat de son protecteur, le puissant seigneur de guerre, Oda Nobunaga (織田信長, Oda Nobunaga?). Sous le shogunat Tokugawa (徳川, Tokugawa? 1603-1867), le bouddhisme progressa, de même que le taoïsme et le néo-confucianisme chinois.
A la fin du XVIIIe siècle, toutefois, sous l’impulsion de dignitaires shintoïstes, dont Motoori Norinaga (本居宣長, Motoori Norinaga? 1730-1800), on s’intéressa de nouveau au Kojiki, au Nihon Shoki et à d’autres textes anciens du shintô. Avec le koshitsû shintô (古史通神道, koshitsû shintô?), revint l'idée que l'empereur, en tant que descendant direct de la déesse Amaterasu, doit être remis au centre du système politique et garant du pouvoir exécutif, ce qui mena, avec la restauration Meiji, à l'instauration d'un Shintoïsme d'État (国家神道, Shintoïsme d'État?).
Avec la refonte de la constitution en 1868 sous l'ère Meiji, le shinto devint une religion d'État : le Kokka shinto (国家神道, Kokka shinto? shinto d'État). Dès 1872, un Office du culte shinto (Jingikan) fut établi afin de promouvoir les rites et le culte officiel et tous les prêtres devinrent des employés de l'État. Chaque citoyen devait s'enregistrer comme membre de son sanctuaire local (ujiko), devenant par le fait même membre du sanctuaire d'Ise.
L'empereur du Japon, descendant de la déesse Amaterasu et désormais chef de l'État et commandant suprême de la Marine et de l'Armée, fut l'objet d'un véritable culte. En 1889, fut établi un sanctuaire dédié à l’empereur Jimmu, le fondateur mythique de la dynastie. Ce sanctuaire porte le nom de Kashihara-jingu (橿原神宮, Kashihara-jingu?).
Ce culte prit une importance primordiale lors de l'expansionnisme du Japon durant l'ère Showa. En tant que Commandant officiel du Quartier général impérial à compter de 1937, l'empereur Shōwa était considéré comme la pierre d'assise du hakko ichiu (八紘一宇, hakko ichiu?), la « réunion des huit coins du monde sous un seul toit ». Il fut ainsi instrumentalisé pour justifier l'expansionnisme et la militarisation auprès de la population japonaise. La manifestation tangible qui faisait de l'empereur le représentant des dieux était les insignes impériaux.
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L'Empereur Shōwa revêtu de sa tenue de chef du culte de Shinto d'État
Parmi les partisans les plus notables de cette doctrine, on compte le prince Kotohito Kan'in, chef d'état-major de l'Armée shôwa et le premier ministre Kuniaki Koiso.
Le récit de l'instauration du règne de Jimmu Tenno et de la lignée impériale japonaise occupe une place importante dans le shintoïsme. Il est étroitement lié à la région du Yamato sur Honshū, l'île principale de l’archipel nippon, où est situé le sanctuaire le plus important du shinto : celui d'Amaterasu à Ise.
Selon le Kojiki et le Nihon Shoki, après avoir été banni du ciel, le dieu Susanoo, frère d'Amaterasu, descendit sur terre, sauva une belle jeune fille prisonnière d'un dragon, trouva une épée magique dans l'une des huit queues du monstre et la donna à sa sœur, Amaterasu, en offrande de la paix. Il épousa une jeune fille, construisit un palais près d'Izumo et engendra une dynastie de dieux puissants qui finirent par régner sur la Terre. Le plus grand d’entre eux fut Okuninushi, le « grand seigneur du pays ». Inquiète de la puissance d’Okuninushi, Amaterasu envoya son petit-fils Ninigi dans le monde mortel pour y rétablir sa souveraineté. Ninigi était porteur de trois talismans : le miroir sacré, qui avait été utilisé pour faire sortir Amaterasu de sa grotte, l’épée magique offerte par Susanoo et un merveilleux joyau de fertilité, un magatama, que Susanoo avait utilisé pour engendrer sa descendance dans la querelle avec sa sœur. Ces trois objets devinrent les insignes impériaux et la représentation concrète du l'autorité divine de l'empereur.
Selon la tradition, Ninigi atterrit sur le mont Takachiho (高千穂, Takachiho?), à Kyūshū, et conclut un marché avec Okuninushi. En échange de la fidélité de ce dernier, Ninigi lui promit que sa grand-mère le reconnaîtrait comme protecteur perpétuel de la famille impériale, laquelle allait être fondée plus tard par l'arrière-petit-fils d'Honinigi (本瓊瓊, Honinigi?), c'est-à-dire l'empereur Jimmu. Okuninushi est célébré à Izumo-taisha, le second des plus importants sanctuaires du shinto au Japon après Ise. La tradition veut depuis que, de l’époque de Jimmu à aujourd'hui, les descendants terrestres d’Amaterasu règnent sur le Japon à titre d'empereur.
Le Kokka shinto perdura jusqu’en 1945, lorsque, Mac Arthur, le Commandant suprême des forces alliées, exigea la réforme de la Constitution et priva l'empereur de ses pouvoirs exécutifs. Le « shinto d’Etat » fut alors démembré, mettant un terme au principe de la religion officielle au Japon.
De plus, en janvier 1946, l'empereur dut déclarer publiquement dans un édit impérial qu'il n'était pas un akitsumikami (divinité incarnée). La portée de cette déclaration est contestée puisque l'empereur Showa lui-même avait déclaré en décembre 1945 à son chambellan Michio Kinoshita « qu'il est absolument interdit de qualifier de chimérique l'idée que l'empereur est un descendant des dieux »[1]. Plusieurs commentateurs, dont John Dower et Herbert Bix, s'interrogent aussi sur l'emploi du terme akitsumikami au lieu de celui plus courant d'arahitogami (dieu vivant).
Bien qu'il ne soit plus une religion d'État, le shinto n’en continue pas moins d’être présent dans toute la vie japonaise, y compris sous nombre d’aspects inattendus. Le sumo, sport national, par exemple, provient d’un ancien rituel honorant les kami. Le baldaquin au-dessus du ring rappelle un sanctuaire shintoïste, l’arbitre est habillé d’une robe semblable à celle d’un prêtre shinto, et l’aspersion de sel (censé avoir des propriétés magiques) avant un combat est un rite purificatoire.
Le shinto encore aujourd’hui arrive très bien à s’adapter aux nouvelles mœurs des Japonais et à se mélanger avec les nouveaux mouvements religieux (新宗教, shinshūkyō?). Ainsi Konkokyo et Omoto Kyo sont d'inspiration shintoïste, alors que d'autres groupes comme Sūkyō Mahikari ou Tenrikyō sont des syncrétistes mélangeant shintoïsme et bouddhisme.
Principes éthiques et croyances
Issus de l'Unité cosmique, les flux fondant la vie s'incarnent en une multitude de kami. Le polythéisme qui s'en dégage est infini, dans le sens où chaque parcelle de vie est sacrée. La mythologie shinto dit qu'il existe 8 millions de kami Happyakuman (八百万, Happyakuman?) car les kanji se lisent également « yaoyorozu », signifiant une myriade i.e. une infinité, un nombre inquantifiable. En descendant sur Terre pour y insuffler la vie, les kami ont créé l'archipel japonais.
L'origine de l'Homme dans ce contexte cosmogonique n'est pas clairement établie. Mais la famille impériale base sa légitimité charismatique (au sens de Max Weber) sur son origine déclarée comme divine (le premier empereur, Jimmu, serait le petit-fils de Ninigi-no-Mikoto, que la déesse Amaterasu a envoyé sur Terre par les kami pour fonder la nation japonaise).
Le respect des ancêtres et le sentiment de communion avec les forces de l'univers et les générations passées sont les bases spirituelles du Shinto. La priorité accordée au groupe et à la solidarité est un des principes éthiques les plus anciens et les plus importants de la société japonaise. Bien qu'hérité en partie de la culture chinoise, ce principe s’est vu énormément renforcé par le fait que le shinto insiste depuis des siècles sur la vénération des esprits ancestraux, le respect de la solidarité familiale et clanique. D’une égale importance est la tradition mettant l’accent sur la pureté, personnelle et rituelle, et sur la vénération de la nature. Ces principes, qui ont profondément influencé la vie japonaise, jouent un rôle important dans le Japon moderne. En effet, tous ceux qu’on voit prendre soin des sanctuaires shintoïstes locaux ont souvent été à l’avant-garde dans la préservation du milieu naturel. Mais voyons plus en détails les principes fondamentaux du shinto.
Innombrables, les kamis sont partout, se cachant sous les formes les plus diverses, aux endroits les plus inattendus. Il convient donc de se montrer à leur égard d’une prudence extrême, d’autant que les plus petits sont parfois les plus susceptibles. Leur caractère est ambigu, comme la nature elle-même. Tous, y compris les meilleurs d’entre eux et les plus grands, possèdent un « esprit de violence », arami-tama (荒御魂, arami-tama?), qu’il faut se concilier ou neutraliser par des rites appropriés. Certains sont même dangereux dans leur principe, tels les « dieux des épidémies » ou les « dieux des insectes », prédateurs du riz. Tous peuvent vous frapper d’un tatari (祟り, tatari?). L’on a voulu donner à cette notion, aussi archaïque sans doute que le concept même de kami, une valeur morale en en faisant un châtiment, une malédiction (les dictionnaires bilingues donnent généralement ces traductions), infligés par le dieu à l'auteur d'une faute (tsumi). C’est là une conception moderne inspirée par le bouddhisme, qui a traduit par tsumi l’idée d’« action mauvaise », qui obscurcit l’entendement de l’homme et fait obstacle à l’illumination, donc au salut. Le synonyme ancien de tsumi est, en réalité, kegare (汚れ, kegare? « souillure »). Et les définitions anciennes qui en sont données ont un caractère plus physique que moral : c’est ainsi que le contact de la mort, du sang, des excréments provoque une souillure rituelle ; mais la vie en société entraînera un élargissement de cette notion de tsumi, et l’on qualifiera ainsi certaines infractions sociales (destruction d’une digue de rizières).
Dans son principe toutefois, le tsumi, comme le tatari qui en est la conséquence quasi automatique, semble devoir être défini d’une manière à la fois plus vague et plus générale. De nombreux exemples, même récents, montrent en effet que l’on peut être frappé par un tatari pour peu que l’on ait empiété, fût-ce inconsciemment, sur le domaine d’un kami ; le tsumi est en somme la transgression de certaines limites, non toujours formellement interdites ni précisées, mais chargées d’un potentiel magique redoutable dû à la simple présence du kami.
Pour illustrer cela on peut prendre le film de Hayao Miyazaki : Le voyage de Chihiro. L’héroïne, Chihiro, pénètre en effet sur le territoire de kamis et autres fantômes, elle se voit donc condamnée à rester dans le monde des démons à jamais. On pourrait aussi citer nombres d’exemples de récits populaires relatant des kami habitant auprès des ponts et poursuivant les personnes qui ne leur ont pas rendu hommage. L’imprudent peut être, à la limite, foudroyé par le simple contact d’un objet ou d’un être kami, parfois même contre la volonté de ce kami. Un proverbe encore usité – dans le sens, il est vrai, de : « Il ne faut point se mêler de ce qui ne vous regarde pas » – conserve la trace de cette croyance : « Sawaranu kami ni tatari nashi » (« Il n’est point de tatari du fait d’un kami que l’on ne touche point »).
Pour échapper aux conséquences d’un tatari imprudemment encouru, il convient de « purifier » son entourage (祓う, harau?) ou soi-même (清む, kiyomu?). Ces deux termes sont employés aussi bien pour traduire des actions banales comme « balayer, nettoyer, laver », et, de fait, il s’agit essentiellement, à l’origine, de nettoyages symboliques et d’ablutions rituelles. Dans certains cas, et notamment quand la souillure est due au contact de la mort, il convient d'observer certaines abstinences (忌み, imi?), au cours de retraites plus ou moins prolongées. Purifications et abstinences sont également recommandées à titre préventif lorsque l'on prévoit un contact inéluctable avec un kami ; la préparation d’une fête impose souvent des rites de ce genre aux participants. Ces rites immunisent en quelque sorte contre le pouvoir maléfique du kami. D’autres sont destinés, en revanche, à conférer à celui qui en use un pouvoir contraignant sur le kami. Là est peut-être l'explication du terme qui désigne, de nos jours encore, le prêtre du shinto (神主, kan-nushi?), le « maître », le « possesseur d’un kami », en d’autres termes : celui qui connaît les rites qui donnent prise sur les forces surnaturelles.
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Propreté physique
Textes sacrés
Les sources les plus importantes pour le shinto sont le Kojiki et le Nihon Shoki, qui furent composés, respectivement en 712 par le courtisan Ono Yasumaro, et en 720 par une commission de lettrés désireux de rectifier chez Ono la mise en valeur selon eux excessives, du clan impérial (le clan Yamato). Un peu à l'image de certains livres de l'Ancien Testament juif, ces textes ne sont pas des messages divinement révélés ou dictés, mais des chroniques en forme de généalogie qui enregistrent les générations tant divines qu’humaines qui se sont succédé depuis « l’âge des dieux » et la création du monde. Par exemple, le premier livre du Kojiki est en effet une « Genèse » du pays et de ses dieux, dont la généalogie, sur laquelle se tisse une cosmogonie complète, est établie avec précision depuis les dieux primordiaux jusqu’aux ancêtres immédiats de la dynastie royale du Yamato, en passant par le couple démiurge Izanagi-Izanami et la déesse-souveraine de la « Plaine du Haut Ciel », Amaterasu-o-mi-kami, la « Grande Divinité qui illumine le Ciel », en d’autres termes, le Soleil.
Personnages sacrés
Bien que le shinto n'ait pas de fondateur connu, un certain nombre d’individus y ont joué un rôle essentiel : Ōno Yasumaro (Éǐóשטמשׂ), qui compila le Kojiki, Motōri Norinaga, le grand lettré shintoïste du XVIIIe siècle, Miki Nakayama (中山 みき, Miki Nakayama?), fondatrice du tenrikyō, ou encore de nombreux bouddhistes comme Kobo Daishi qui le premier intégra les kami dans les temples comme protecteurs et émanations des boddhisattvas ; une tradition shinto/bouddhiste, le Suijaku se développa ainsi très tôt dans le courant tantrique. Les écoles de Kamakura avec Hōnen ou Nichiren développèrent aussi une relation qui leur est particulière avec le shintoïsme. Il faut également citer le personnage de l’empereur qui devint, après 1868, l’incarnation de la nation japonaise et dont on croyait qu’il était un descendant direct de la principale divinité du shintoïsme, Amaterasu la grande déesse solaire.
Lieux sacrés
Bien que le Japon dans sa totalité puisse être considéré, selon le shintô, comme un espace sacré, le lieu central du culte est le jinja (sanctuaire), où un ou plusieurs kami sont vénérés. Se distinguant des temples bouddhistes otera (お寺, otera?) par leur portails sacrés, les torii, ces jinja diffèrent en taille et en importance, depuis les minuscules sanctuaires installés sur les toits des hautes tours des grandes villes, jusqu’au Naiku (内宮, Naiku?) et au Geku (外宮, Geku?) – les sanctuaires intérieur et extérieur d'Ise — en passant par l’énorme Meiji-jingū à Tōkyō, dédié à l’esprit de l’empereur Meiji (règne de 1867 à 1912). Le sanctuaire d'Itsukushima (厳島神社, Itsukushima-jinja?), se distingue des autres, car il a été construit sur la mer il y a plus de huit cents ans ; on y vénère le dieu des pêcheurs et de la mer. C'est là que se trouve le grand torii flottant. On peut encore citer le grand sanctuaire de Yasaka à Kyōto ou encore le sanctuaire de Fushimi Inari-taisha célèbre pour ses milliers de torii.
Les sanctuaires sont à la fois des lieux de prières et de réjouissances où sont encore aujourd'hui pratiqués du théâtre nô, de la danse, de la lutte sumo, du tir à l'arc (kyūdō) et d'autres activités. Autrefois, on organisait aussi des courses de chevaux ou de bateaux. On pratiquait l'o-furo, bain en commun qui est une forme de rite collectif de communion avec la nature.
Outre ces enceintes sacrées, où les fidèles viennent pratiquer leur culte, la tradition shinto considère également comme sacrés certains éléments du paysage naturel, tel le mont Fuji.
Le shintoïsme se pratique dans des sanctuaires très dépouillés. Le plus souvent les sanctuaires sont peints en rouge et ne contiennent qu'un autel très rudimentaire servant à déposer les offrandes : des fruits, un verre de sake, de l'argent, etc. Le cœur même du sanctuaire renferme la relique ou l'objet où est censé être incarné le kami. Seuls les prêtres peuvent y accéder. Cette relique ou objet peut être n'importe quoi, une pierre précieuse comme une pierre ordinaire, un objet précieux ou une chaussure, un arbre, etc. C'est cet objet ou cette relique que l'on transporte à travers tout le quartier pendant les festival de quartier, matsuri.
Sanctuaire d'Itsukushima
« Un simple miroir, suspendu dans le sanctuaire, vient constituer l'essentiel du mobilier. La présence de cet objet s'explique aisément... Lorsque pour prier, vous vous tenez face au sanctuaire, c'est votre propre image que vous voyez se refléter sur la surface dansante et ainsi, cet acte de foi est comme l'antique injonction delphique : « Connais-toi toi-même », en grec : « gnôthi seauton ». »
— Extrait de Bushidō, l'âme du Japon d'Inazō Nitobe - 1900 - p.22 - (ISBN 2846170118)
La présence d'un miroir peut aussi être mise sur le compte des insignes impériaux : selon la tradition, Amaterasu, ancêtre divin de la famille impériale, a transmis à ses descendants trois objets garants de la légitimité du pouvoir : l'épée, le joyau et le miroir.
Le sanctuaire de Yasukuni est l'un des lieux de culte shinto les plus célèbres à l'étranger, notamment parce que des criminels de guerre condamnés par le Tribunal de Tōkyō y sont honorés. Les visites répétées à ce sanctuaire du Premier ministre Jun'ichirō Koizumi ont suscité l'indignation de nombreux pays d'Extrême-Orient.
Rites et fêtes
Le calendrier shinto abonde en cérémonies et en fêtes locales. Certains comme Obon (la fête annuelle en l'honneur des âmes des morts), les matsuri (festivals de quartier pendant lesquels on joue de la musique shintoïste), ou Oshōgatsu (la fête de trois jours pour le Nouvel An), se confondent plus ou moins avec les rituels bouddhistes, tandis que d’autres sont de stricte obédience shintoïste. Ces pratiques sont un moyen d'entrer en communication avec le divin et d'assurer le bien-être de tous et de chacun.
Parmi les rituels shintoïstes locaux, citons les requêtes adressées au kami pour obtenir santé, prospérité et réussite ; l'entretien de l'autel familial, le kaminada (神棚, kaminada?) et la participation à un matsuri (« fête »), au cours duquel un mikoshi (« châsse portable ») est porté en procession dans un village ou un quartier, sanctifiant ainsi les porteurs et la communauté dans son ensemble.

Réserve de saké pour l'autel du sanctuaire, le saké est sacré et fait l'objet de prière comme de l'eau bénite
Mariage
Contrairement à la plupart des grandes religions, le shinto n'accorde que peu d'importance à la mort et à la vie dans l'au-delà. Face à la mort, les adeptes du shinto ont tendance à chercher ailleurs un réconfort, essentiellement dans le bouddhisme et son idée d'un autre monde.
Ema, tablettes votives en bois
D'ailleurs, si la plupart des Japonais se marient selon les rites du shinto, seule une infime minorité, dont la famille impériale, se fait enterrer dans des cimetières shintoïstes. Pourtant, selon le shinto, l'âme des défunts (tama) continue d'exercer une influence sur les vivants avant de prendre place parmi les kami des ancêtres de la famille dont elle faisait partie.
Prêtres shinto
La conception shintoïste de la vie post mortem reflète ainsi l'importance accordée à la continuité entre les générations et à l'identité collective de la famille et du clan.
O-harai, purification rituelle
Source Wikipédia.

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NEW YORK (2).
Économie
Le poids économique de New York est considérable : en 2008, la ville a créé une richesse estimée à 578 milliards de dollars, c'est-à-dire que son produit brut est supérieur à celui d'un pays entier comme la Belgique.
L’expansion économique de New York a été rendue possible par sa situation géographique exceptionnelle : établies sur un port naturel au débouché de l’Hudson, les activités portuaires ont induit le développement industriel de la métropole. L’industrie textile se développa tout au long du XIXe siècle avec l’arrivée des migrants d’Europe centrale et orientale. Vers 1900, l'agglomération new yorkais est la plus peuplée des États-Unis, mais aussi le plus grand centre industriel, financier du pays.. La prééminence économique de New York quoique que moins absolue aujourd'hui est encore largement vraie dans différents secteurs stratégiques. À partir des années 1960, 1970, le secteur secondaire connait une crise dans l'agglomération new yorkaise comme dans les autres grandes villes de nord-est américain. Les services et la finance, en revanche, connaissent un nouvel essor à partir de la fin des années 1970. New York reste le principal centre de commandement de l'économie américaine.
La crise des années 1960-1970 a engendré des friches industrielles dans le Bronx et le Queens. Pendant cette période, les usines ferment à cause de la concurrence internationale, déménagent ou se délocalisent à l’étranger. Ainsi, le chantier naval de Navy Yard ferme ses portes en 1966. Entre 1953 et 1992, New York perd quelque 700 000 emplois industriels[54]. Au milieu des années 1970, la désindustrialisation et le déclin démographique poussent la ville au bord de la faillite. Depuis les années 1990, plusieurs opérations de réhabilitation ont été menées dans plusieurs quartiers de la Grosse Pomme. Plusieurs zones industrialo-portuaires sont reconverties (Brooklyn) en lofts, en ateliers d’artistes.
Le secteur industriel new yorkais est très diversifié, allant des industries traditionnelles aux industries du luxe (quartier des diamantaires) en passant par la haute technologie. Il est bien implanté dans le Queens, mais aussi de l'autre côté de l'Hudson River, dans le New Jersey. Les principales activités industrielles de la ville sont l'imprimerie et l'édition, l'industrie agro-alimentaire, la chimie et la pétrochimie, l'électricité, la mécanique, l'électronique, et la confection textile, notamment dans le Garment Center (Manhattan). Suite aux multiples mutations économiques et technologiques., l'industrie new yorkaise s'est transformée. Elle repose un réseau dense de PME.
Le Flatiron Building
Un pôle tertiaire à rayonnement mondial
L'économie de New York est aujourd'hui essentiellement tournée sur l'activité tertiaire, avec une forte surreprésentation de ce que l'on appelle parfois, le « tertiaire supérieur », c'est-à-dire les activités à forte valeur ajoutée faisant appel à des travailleurs très qualifiés. Les activités financières y tiennent une place centrale.
De nombreuses entreprises multinationales sont implantées à New York. Fin 2007, vingt des cinq cent plus grosses entreprises mondiales par le chiffre d'affaires avaient leur siège à New York. C'est moins qu'à Tokyo et qu'à Paris, mais trois fois plus qu'à Houston, deuxième ville des États-Unis dans ce domaine. Parmi ces vingt, on peut citer, outre de nombreuses institutions financières, le groupe de télécommunications Verizon, l'entreprise pharmaceutique Pfizer ou le conglomérat de media Time Warner. D'autres entreprises de première importance, General Electric et IBM, ont leur siège dans la banlieue de la ville. D'autre part, la plupart des grandes entreprises de professional services, telles que le cabinet d'audit Pricewaterhouse ou le cabinet d'avocats Skadden ont d'importants bureaux dans la ville.
La finance joue un rôle particulier à New York. C'est, avec Londres, l'un des grands centres mondiaux dans ce secteur. On y trouve deux des principales bourses du monde, le New York Stock Exchange (NYSE) et le (Nasdaq), la première dépassant de loin toutes les autres bourses du monde par la capitalisation boursière des sociétés cotées. Une autre institution, le New York Mercantile Exchange (NYMEX), est spécialisée dans les matières premières. Parallèlement, de nombreux groupes financiers ont leur siège à New York. On peut citer les banques Citigroup, JP Morgan et Goldman Sachs, ainsi que les assureurs AIG et MetLife. Au total, le secteur financier emploie 328 000 personnes à New York. Le Financial District (quartier financier), situé au sud de Manhattan, est emblématique de ce secteur.
Pancarte Wall Street
Les activités politiques et diplomatiques
Les activités politiques et diplomatiques occupent à New York une place moins importante que les activités de finance ou de direction économique, leur rôle n'est pas négligeable pour autant. Sur le plan diplomatique, la ville doit son rang à l'Organisation des Nations Unies dont le siège se trouve à Mannhattan depuis 1951. D’autre part, de très nombreux pays possèdent une représentation consulaire.
New York bénéficie également d’importantes ressources liées au tourisme : la Grosse Pomme a attiré en 2003 quelque 2,3 millions de touristes internationaux. Les premiers visiteurs sont les Britanniques (1,2 million de touristes par an), suivi des Allemands (400 000 visiteurs par an) et des Français (265 000). Les touristes français privilégient les grandes villes américaines : ainsi, sur les 20 premières destinations touristiques des Français, cinq sont américaines, la première étant New York.
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Le nouveau siège du New York Times, à New York
Le Port de New York
À l'origine du développement économique de la ville, le port de New York a dès le début bénéficié d'un site naturel le protégeant des tempêtes. Après 1819, l'ouverture du canal Érié lui confère un avantage décisif par rapport à Boston et Philadelphie. Historiquement, les installations portuaires se situaient au sud de Manhattan, à South Street Seaport. Il ne reste aujourd'hui qu'une activité résiduelle à Brooklyn (quartier de Red hook) et au Howland Hook Marine Terminal de Staten Island. Depuis les années 1950, le transit marchandises (notamment des containers) s'est déplacé vers le port Newark-Elizabeth Marine Terminal à Newark dans le New Jersey, au nord de Staten Island (15e rang mondial).
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Le Brooklyn Bridge.
Transports
Contrairement aux habitants d'autres villes américaines, les New-Yorkais utilisent largement les transports en commun : un New-Yorkais sur quatre les utilise pour se rendre au travail. Le prix des parkings, très élevé, les péages aux ponts, aux tunnels et les bouchons découragent l’usage de la voiture. Le métro de New York, efficace et rapide, utilise un réseau de 400 kilomètres de voies. On utilise aussi largement les bus et les taxis, ainsi que les ferries (surtout en direction du New Jersey et de Staten Island). Les personnes habitant en lointaine banlieue, Long Island, New Jersey, Connecticut, Pennsylvanie ou plus au nord dans l’État de New York utilisent généralement leur véhicule personnel pour rejoindre le réseau urbain. Au printemps 2007, le maire de New York, Michael Bloomberg a promis une réduction de 30 % des émissions de gaz carbonique d'ici à 2030 dans sa ville. Il a décidé de mettre en œuvre une politique de rénovation énergétique des gratte-ciel, de plantation d'un million d'arbres et d'instauration d'un péage pour les véhicules pénétrant dans Manhattan.
Figurant parmi les réseaux de transports en commun les plus importants à l'échelon international, il compte, selon les chiffres officiels de la MTA, 468 stations (un peu plus, 470 environ, si l'on englobe les stations fermées et les complexes réunissant plusieurs stations), ce qui le place au premier rang mondial en termes de nombre de stations desservies. Le réseau comporte 368 km de lignes souvent à 4 voies (2 voies pour les directs et 2 voies pour les omnibus).
Bien que le métro de New York porte le nom de subway, ce qui traduit en anglais l'idée de souterrain, 40 % des lignes suivent un tracé aérien qui s'appuie sur des structures en acier ou parfois en fonte, des viaducs en béton, des remblais aménagés, des ponts ferroviaires et, occasionnellement, des voies en surface. Les lignes sont presque exclusivement souterraines à Manhattan, alors qu'elles sont en majorité aériennes dans le reste de la ville. Toutes ces lignes, quelle que soit la base de leur tracé, sont situées à des niveaux différents de ceux des infrastructures routières et des aires piétonnes, et la plupart des croisements entre deux lignes de métro sont sécurisés par la présence d'échangeurs ferroviaires.
L'intérieur d'une rame de métro
Réseau ferré
Le réseau de la métropole new-yorkaise est le plus étendu des États-Unis. Il dépend de plusieurs sociétés publiques et privées.
- Amtrak est la société américaine qui gère les lignes de chemin de fer pour les longues distances. Au départ de Pennsylvania Station, on trouve des liaisons pour Washington, DC, pour les États de la Nouvelle-Angleterre, et le centre des États-Unis.
- New Jersey Transit (NJ Transit) gère une dizaine de lignes de banlieues en direction du New Jersey, ainsi que des lignes de bus.
- Metropolitan Transportation Authority (MTA). Agence gouvernementale qui supervise le trafic voyageur de New York par le biais de plusieurs agences :
- MTA New York City Transit : le réseau principal du métro et des autobus de New York. Le métro est l’un des plus étendus au monde, ses 27 lignes totalisant 1 160 km et 469 stations. En 2002, environ 3,3 millions d’usagers l’empruntaient chaque jour. Les voies sont souterraines dans le cœur de Manhattan et souvent surélevées dans les autres quartiers. Le prix de base est de actuellement 2 $.
- MTA Metro-North Railroad : trains de banlieues au départ de Grand Central Terminal, à destination du Bronx, de comté de Westchester et du Connecticut.
- MTA Long Island Railroad : desserte complète de l’île de Long Island.
- Staten Island Rapid Transit : ligne non reliée au reste du réseau, qui traverse le district de Staten Island du nord au sud.
- Port Authority of New York and New Jersey : gère une autre ligne de métro entre Manhattan et le New Jersey, et deux lignes à destination des aéroports de Newark (monorail) et John F. Kennedy International Airport (métro tramway rapide).
- Port Authority Trans-Hudson ou PATH : réseau de métro et de trains de banlieue qui assurent des liaisons entre Manhattan et plusieurs villes du New Jersey.
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Train de banlieue géré par la New Jersey Transit.
Aéroports
La ville de New York possède trois principaux aéroports. Ils constituent la voie d'accès aérienne la plus importante et la plus active du pays, avec 111 millions de voyageurs en 2007, faisant de New-York le carrefour aérien le plus fréquenté au monde après Londres.
- Le JFK International Airport, situé dans le quartier de Jamaica dans le Queens. Il a ouvert en 1948 et a été rebaptisé en l'honneur du président Kennedy, assassiné en 1963. Il dispose de quatre pistes, longues de 2 560 à 4 441 mètres. En 2002, le trafic était de l'ordre de 29 900 000 passagers, contre environ 48 millions en 2007. La plupart des avions en provenance de l'Europe atterrissent à JFK, qui a notamment accueilli les aéronefs de type Concorde jusqu'en 2003.
- Le Newark Liberty International (Newark, New Jersey) : plus ancien aéroport new-yorkais, ouvert en 1928. Il est situé à 15 miles de Manhattan (soit 26 km). Il a cependant été récemment rénové, ce qui en fait l'un des aéroports les plus modernes de la côte est. Il assure les liaisons intérieures et internationales; en 2007, 36 millions de passagers ont transité par cet aéroport.
- Le LaGuardia Airport (situé dans le quartier de Flushing dans le Queens). Il a ouvert en 1939, et est surtout réservé aux vols intérieurs américains. Son trafic était de l'ordre de 25 millions de passagers en 2007.
New York possède un héliport (E 34th St Heliport, code AITA : TSS)
Les 3 aéroports de New York :
1 - JFK, 2 - LaGuardia, 3 - Newark
Ferries
Les ferries sont surtout gérés par la société privée NY Waterway, qui exploite plusieurs lignes sur la rivière Hudson. On trouve également le New York Water Taxi, entre Manhattan et Brooklyn, et la ligne Staten Island Ferry, exploitée par le New York City Department of Transportation, qui part de Battery Park, au sud de Manhattan. Des ferries assurent également la liaison jusqu'à Liberty Island (sur laquelle s'élève la Statue de la Liberté) et jusqu'à Ellis Island, où se trouve un musée sur l'arrivée des Européens.
Taxis
Il est très difficile d'imaginer les rues de la ville de New York, et plus particulièrement celles de Manhattan sans les célèbres taxis jaunes, que l'on retrouve en vedette dans les films et les séries TV.
Les taxis sont exploités par des sociétés privées, sous licence de la New York City Taxi & Limousine Commission. On en trouve deux sortes. Dans un premier temps, on reconnaît les « medallion » taxis, ou encore yellow cabs à la célèbre couleur jaune. Ces taxis sillonnent en permanence les axes routiers de la ville, et il est possible de les prendre directement dans la rue. Ils desservent, selon la bonne volonté du chauffeur, les cinq districts de New York et une partie du New Jersey. En 2004, le prix minimal d’une course varie entre 2,5 $ et 3,5 $. Il convient en outre de donner un pourboire au chauffeur d'un montant de 10 à 15% du prix affiché de la course. Les yellow cabs peuvent se trouver n'importe où dans Manhattan. D'ailleurs, ces taxis représentent la plupart des véhicules que l'on rencontre dans les rues de New York ; on en compte plus de 12 000.
La seconde catégorie de taxis est composée des « car services », que l'on doit appeler par téléphone, et dont la répartition est gérée par un centre informatisé. Ces cars services sont en conséquence plus onéreux que les yellow cabs, mais assurent d'avoir un véhicule lorsqu'on en a besoin.
Il existe également des taxis indépendants, qui ne présentent pas les labels exigés pour les yellow cabs, et qui sont d'ailleurs souvent d'une autre couleur que le jaune. Ils n'appartiennent à aucun réseau et ne jouissent d'aucune licence.
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Les yellow cabs
La vie à New York
On a souvent tendance à associer New York à des images qui reviennent souvent à la télévision: murs en brique, escaliers en fer, bouches d'égout fumantes, publicités sur les toits ou encore taxis jaunes. Mais au delà de ces stéréotypes, New York est un véritable melting pot, une ville qui contribue au mélange des cultures, des origines, et surtout une ville qui ne dort jamais. D'après le classement du groupe immobilier Knight Frank et Citi Private Bank, New York est la troisième ville la plus chère du monde (derrière Londres et Monaco) en ce qui concerne les prix de l'immobilier (25 600 euros par mètre carré dans les quartiers les plus chics).
À certains égards, la ville de New York est davantage internationale qu’américaine. Elle accueille presque autant d’immigrants que Los Angeles. On peut entendre parler des centaines de langues différentes à New York. La tendance est au regroupement communautaire, et des quartiers entiers se sont formés selon les origines géographiques ou culturelles : irlandais, italiens (Little Italy), chinois (Chinatown), coréens, porto-ricains (Spanish Harlem, "El Barrio", là où est née la salsa), africains, juifs, polonais, russes, occupent chacun des enclaves dans la ville.
La ville de New York est difficilement dissociable de ses nombreux gratte-ciel, qui contribuent à rendre la Manhattan skyline reconnaissable de tous. Ainsi, la ville de New York a toujours été la « capitale mondiale des gratte-ciel », avec des édifices immenses, et dont la notoriété est parfois universelle. On peut citer en premier lieu l'Empire State Building, sans doute le building le plus célèbre au monde. Ce nom vient du fait qu'Empire State est le surnom de l'État de New York. La construction de l'Empire State Building a débuté en 1930, pour s'achever en 1931. Le style Art déco de cet immeuble lui donne un aspect sobre et robuste, et ses 381 mètres ont fait de lui le plus haut immeuble du monde pendant plusieurs décennies.
Le gratte-ciel préféré des New-Yorkais est le Chrysler Building, contemporain de l'Empire State Building, dont la construction s'est achevée en 1930. Construit à la gloire de Walter Chrysler sous la direction de William Van Alen, le Chrysler Building, avec ses 320 mètres a été l'espace de quelques mois le plus haut immeuble du monde, avant d'être détrôné par l'Empire State Building. Le Chrysler Building demeure cependant le second immeuble le plus haut de la ville de New York, du moins jusqu'à ce que la construction de la Freedom Tower se termine en 2012.
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L'Empire State Building, et le Chrysler Building au second plan
La ville présente également de nombreux autres buildings dont il serait difficile de dresser une liste exhaustive, cependant, on peut citer le Flatiron Building, considéré comme l'un des premiers gratte-ciel, le GE Building, gratte-ciel le plus élevé du Rockefeller Center avec 259 mètres, la Trump World Tower, une des tours d'habitation la plus haute du monde avec 262 mètres, le MetLife Building, et ses 246 mètres, le Woolworth Building, situé dans le quartier financier et qui culmine à 241 mètres, ou encore le Solow Building, tout proche de Central Park, avec 210 mètres.
Pour davantage de descriptions, voir Les cinquante plus hauts immeubles de New York.

Chrysler Building et MetLife Building
Divertissements
Le tourisme tient une place importante dans la ville de New York où on trouve des centaines de lieux à visiter et d'endroits pour se divertir. 40 millions de touristes visitent la ville chaque année. Parmi les lieux de la ville qui accueillent le plus de touristes, on trouve Times Square, Wall Street, la statue de la Liberté, l’Empire State Building, le pont de Brooklyn, la Cinquième Avenue ou encore Central Park. Le World Trade Center et ses tours jumelles étaient également une destination privilégiée avant le 11 septembre 2001, même si, depuis, Ground Zero attire beaucoup de monde. Un autre lieu également fréquenté, mais un peu plus original, est le magasin de jouets FAO Schwarz de Manhattan : on peut parfois y voir de longues files d’attente sur les trottoirs.
Le matin de Thanksgiving, célébré chaque année le quatrième jeudi de novembre, se déroule la Macy's Thanksgiving Day Parade, organisée par le grand magasin Macy's, qui attire des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs via les ondes de la télévision.
Le long de Broadway et plus particulièrement à Times Square, on trouve une importante concentration de théâtres, de commerces et de lieux de divertissement. Times Square est également très célèbre en raison de ses panneaux publicitaires lumineux qui donnent une impression perpétuelle de mouvement. Parmi les salles de spectacles les plus célèbres, on peut citer le Radio City Music Hall, le Carnegie Hall, le Lincoln Center ou le Madison Square Garden.
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Central Park
Plusieurs lieux mythiques rappellent la place que New York a joué dans l'histoire du jazz. Le plus célèbre d'entre eux, le Blue Note Club, a accueilli les plus grandes légendes du jazz et continue à proposer deux concerts quotidiens à une clientèle de plus en plus composée de touristes. Le quartier de Harlem, situé au nord de Manhattan, doit également son succès à son rôle fondamental dans l'histoire du jazz.
New York possède 113 km² d'espaces verts et environ 22 km de plages publiques. Big Apple possède également d’importants parcs publics, dont le plus célèbre est Central Park, le poumon de la ville qui est le parc plus visité du pays. Les principaux autres parcs de la ville sont Riverside Park, Battery Park, Pelham Bay Park, Staten Island Greenbelt, Flushing Meadow Corona Park, ou encore Prospect Park. La ville possède aussi plusieurs zoos, parmi lesquels Central Park Zoo et le Bronx Zoo. En ce qui concerne les parcs d'attraction, Coney Island, située au sud de Brooklyn, comprend l’Aquarium de New York, des jeux d’arcades et des attractions foraines : grande roue, de vieilles montagnes russes en bois, ou encore auto-tamponneuses…
Times Square de jour
Sports

Yankee Stadium, Bronx, baseball
New York est l'une des villes américaines qui possède le plus d'équipes sportives dans toutes les ligues professionnelles du pays, avec notamment deux équipes de football américain en NFL, et deux équipes de baseball en MLB. Cela traduit l'influence de la ville qui s'étend jusque dans le domaine sportif. Voici les principales équipes professionnelles:
| Logo | Équipe | Ligue | Stade | Création | Titres |
|---|---|---|---|---|---|
| | New York Yankees | MLB (baseball) | Yankee Stadium | 1901 | 26 |
| | New York Mets | MLB (baseball) | Shea Stadium | 1962 | 2 |
| | New York Rangers | NHL (hockey sur glace) | Madison Square Garden | 1926 | 4 |
| | New York Islanders | NHL (hockey sur glace) | Nassau Veterans Memorial Coliseum | 1972 | 4 |
| | New York Giants | NFL (football US) | Giants Stadium | 1925 | 6 |
| | New York Jets | NFL (football US) | Giants Stadium | 1960 | 1 |
| | New York Knicks | NBA (basketball) | Madison Square Garden | 1946 | 2 |
| | New York Dragons | AFL (football US en salle) | Nassau Veterans Memorial Coliseum | 1995 | 0 |
| | New York Liberty | WNBA (basketball féminin) | Madison Square Garden | 1997 | 0 |
| | Red Bull New York | MLS (football/soccer) | Red Bull Park | 1996 | 0 |
La ville de New York est également le théâtre de l'un des tournois majeurs de la saison detennis, avec l'US Open qui a lieu à la fin du mois d'août à Flushing Meadows (tournoi masculin et féminin). En outre, l'un des événements sportifs majeurs de la saison d'athlétisme a également lieu dans la Big Apple avec le très populaire Marathon de New York qui a lieu depuis 1970 et qui attire en moyenne plus de 30 000 participants.
Madison Square Garden, hockey sur glace
Criminalité et sécurité
Comme dans le reste des États-Unis, la criminalité et la délinquance ont diminué au début des années 1990 à New York. Cette réussite est due en partie à l'action du maire de la ville, Rudolph Giuliani, entre 1993 et 1998. Durant cette période, le nombre de meurtres par an a été divisé par plus de trois, passant de 2 245 à 633, pour une population de 10 millions d'habitants. L'indice de criminalité a baissé de 22,1 % entre 2001 et 2006. Parmi les 25 plus grandes villes des États-Unis, New York est la plus sûre au niveau de l'indice de criminalité total pour 100 000 habitants. Parallèlement on assiste à une augmentation du nombre de bavures dont la plus célèbre est sûrement l'assassinat d'Amadou Diallo en 1999. Ces résultats sont la conséquence de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont la politique de « tolérance zéro », la baisse du chômage, la réhabilitation des quartiers du nord de Manhattan (par exemple de Harlem), de l'intégration des minorités ethniques dans les forces de l'ordre, ou encore d'un travail concerté des diverses institutions municipales, en particulier des écoles. Le sentiment d'insécurité a baissé et il est tout à fait possible de se promener sans crainte dans tous les quartiers de Manhattan. Il est seulement conseillé aux touristes d'être plus vigilants la nuit et d'éviter certains lieux tels que Central Park.

Rudolph Giuliani, maire pendant les attentats du 11 septembre 2001, un des artisans majeurs de la baisse de la criminalité.
Éducation et Art à New York
Au XXe siècle, New York a joué un rôle de premier plan dans la culture américaine. C'est durant l’Entre-deux-guerres qu'Harlem est devenu le centre du renouveau de la culture afro-américaine, appelé Renaissance de Harlem, qui toucha tous les domaines de la création artistique et littéraire. Dans la deuxième moitié du XXe siècle naissent de nouveaux genres artistiques (expressionnisme abstrait) et musicaux (punk rock et hip-hop dans les années 1970). Une culture de la rue (street culture) se développe autour du rap, du graffiti, du deejaying, du break dance et du Streetwear et se diffuse dans le monde entier depuis New York.
New York demeure aujourd'hui l'un des principaux foyers culturels de la planète. En effet, la ville accueille environ 2 000 organisations culturelles et artistiques et plus de 500 galeries d'art. Le Département des affaires culturelles de la ville de New York, fonctionne avec un budget annuel de 131 millions de dollars, ce qui représente le premier budget culturel public américain, devant celui du National Endowment for the Arts, l'agence culturelle « fédérale ». Il finance plusieurs dizaines d'institutions culturelles dans la ville (musées, conservatoires, théâtres). La culture new-yorkaise est cosmopolite et plurielle : élitiste dans ses opéras et ses théâtres avant-gardistes, la création artistique est également populaire avec les comédies musicales de Broadway ou tout simplement dans la rue.
À l'instar d'autres grandes métropoles américaines, la ville de New York est pourvue de très nombreux établissements d'enseignement supérieur. L'université la plus célèbre et la plus prestigieuse de la ville est l'Université Columbia, fondée en 1754, et qui fait partie de la très prestigieuse et sélective Ivy League. Mais les autres universités privées de la ville sont également réputées et prisées par les étudiants du monde entier. Ainsi, l'Université de New York, qui possède différents campus dispersés dans la ville est la plus grande université privée du pays avec plus de 40 000 étudiants, alors que l'Université Fordham est l'une des universités jésuites les plus célèbres de la côte est. Mais New York ne compte pas que sur ses établissements privés pour assurer sa réputation académique; en effet, l'Université de la Ville de New York est la plus grande université urbaine des États-Unis, alors que le City College of New York, situé à Harlem est réputée pour avoir formé de nombreux Prix Nobel. En outre, dans le domaine des arts, la Cooper Union, fondée en 1859 constitue l'un des établissements les plus sélectifs au monde.
La Low Memorial Library, sur le campus de Columbia.
Musées
Dans le domaine des sciences et des techniques, on trouve le New York Hall of Science, le Skyscraper Museum ou encore le Staten Island Institute of Arts & Sciences ; mais le plus prestigieux est l'American Museum of Natural History avec ses 32 millions de spécimen et d'objets, ainsi que son planétarium.
Enfin, de nombreux musées illustrent l'histoire et la diversité ethnique de New York : au nord de Manhattan se trouvent le Studio Museum in Harlem (culture afro-américaine), le Museum of the City of New York, the Hispanic Society of America et le musée du Barrio (culture hispanique et latino-américaine), le Musée juif de New York. Le New York City Fire Museum et le New York City Police Museum rendent hommage aux pompiers et aux policiers.
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Façade du Metropolitan Museum of Art
Liste des musées de New York :
L'école de New York inaugure l'expressionnisme abstrait pendant la Seconde Guerre mondiale et qui se divise en deux tendances principales : l'« Action Painting » et le « Colorfield Painting ». Les premiers représentants de ce courant artistique sont Willem de Kooning, Clyfford Still, Jackson Pollock, Mark Rothko ou encore Ad Reinhardt. Ces artistes sont suivis par une génération de femmes comme Joan Mitchell, Helen Frankenthaler et Lee Krasner. Viennent ensuite les artistes new-yorkais, du Pop Art comme Andy Warhol, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat et de l'art conceptuel comme Robert Morris, qui montrent la vitalité de New York dans le domaine de l'art contemporain.
New York dans la culture populaire
La ville de New York est le théâtre de très nombreux films et de très nombreuses séries télévisées : elle est le deuxième centre de production cinématographique des États-Unis, derrière Hollywood. Ceci s'explique par le fait que le cadre de Big Apple est propice aux tournages, avec les gratte-ciel et la multitude de petits quartiers qui correspondent à plusieurs modes de vie. Les personnages des films se déroulant à New York peuvent ainsi être de toutes origines, avoir toute sortes d'emplois, ce qui renforce cette image de melting-pot qu'il s'agit parfois de montrer dans ces mêmes films ou séries.
Les films célèbres qui se déroulent à New York sont légion, et la ville sert de décor à tous les genres cinématographiques. On peut tout d'abord citer New York, New York ou Gangs of New York du réalisateur new-yorkais Martin Scorsese, Diamants sur canapé de Blake Edwards, Manhattan de Woody Allen et les comédies musicales Un jour à New York, West Side Story et Fame. Dans un autre genre, les trois versions de King Kong ont toutes pour cadre New York, ainsi que Le Parrain, Il était une fois en Amérique et Les Affranchis, qui traitent de la mafia, ou encore dans un registre plus comique Un prince à New York, avec Eddie Murphy, Madagascar des studios Dreamworks, Le diable s'habille en prada, ou encore Le Gendarme à New York avec Louis de Funès. Les trois adaptations cinématographiques du comics Spiderman mettent largement en valeur l'architecture new-yorkaise, notamment lors des séquences où l'homme-araignée se déplace de bâtiment en bâtiment dans la ville.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont également inspiré plusieurs réalisateurs, qui ont mis en images soit les attaques terroristes elles-mêmes, soit l'impact qu'elles ont eu sur la ville et ses habitants. Ainsi le générique de La 25e heure, de Spike Lee, montre-t-il des faisceaux lumineux sous plusieurs angles, avant qu'un plan plus large ne révèle que ce sont ceux qui s'élèvent vers le ciel pour remplacer les tours du World Trade Center désormais disparues. Le film The Guys avec Sigourney Weaver sorti en 2002 traitait, lui, de la difficulté d'oublier ces événements et de surmonter l'absence des personnes mortes ce jour-là. La même année, 11'09"01 (Onze minutes, neuf secondes, une image) réunissait onze réalisateurs d'origines diverses, chacun montrant un point de vue différent sur les attentats. En 2004, Michael Moore incluait dans son documentaire Fahrenheit 9/11 de nombreuses séquences des attaques. Le film World Trade Center d'Oliver Stone dépeint, lui, la chronologie de cette journée à travers le regard de deux policiers, l'un d'eux étant interprété par Nicolas Cage. C'est la première grande production hollywoodienne à traiter de manière directe ces attentats.
Parmi les sitcoms les plus connues qui se déroulent à New York, on peut citer Friends (qui a intégré la ville de New York à la série pendant dix ans, avec les plans de la ville que l'on voit dans tous les épisodes, les visites de lieux célèbres…), mais aussi Spin City, How I Met Your Mother ou Will and Grace par exemple. Le sitcom Seinfeld a aussi contribué à mettre la ville de New York en valeur avec ses personnages et ses aventures et ce, pendant neuf ans.
Cependant, la série récente qui a le plus mis Big Apple en valeur est incontestablement Sex and the city puisque, tournée sur place, au cœur de la mégapole, elle a mis la ville au premier plan. New York a ainsi été envisagé par les créateurs non comme un simple décor, mais comme la « cinquième dame » de la série, s'ajoutant aux quatre héroïnes. La ville est absolument indissociable de la série et les scénaristes ont toujours tenté d'ancrer les épisodes dans la réalité new-yorkaise, par exemple en faisant dîner les personnages dans des restaurants réels et à la mode au moment du tournage. Enfin, ils ont fait évoluer les personnages en même temps que la ville, faisant emménager le personnage de Samantha dans un loft du Meatpacking District, au sud de Manhattan, juste au moment où celui-ci émergeait comme un quartier résidentiel (et non plus industriel) très à la mode. Le personnage de Miranda est contraint de déménager à Brooklyn pour trouver un logement qui pourra accueillir sa nouvelle famille agrandie, un exemple révélateur de la hausse des prix de l'immobilier dans Manhattan, qui a contraint de nombreuses personnes - même aisées - à aller vivre dans les autres boroughs (districts).
New York inspire aussi beaucoup les auteurs de séries policières. On retrouve ainsi toutes sortes de séries qui traitent des affaires criminelles dans la ville de New York, avec par exemple Les Experts : Manhattan, FBI : portés disparus, New York police judiciaire, NYPD Blue ou encore New York 911 qui traite davantage du rôle des pompiers et des services de secours à New York.
La ville de New York est également utilisée comme cadre de certains jeux vidéo. Ainsi, la série des Grand Theft Auto, dans ses opus III et IV, se déroule dans une métropole nommée Liberty City, mais dont l'architecture, le réseau viaire, les monuments, les boroughs et l'organisation urbaine font davantage que s'inspirer de ceux de New York, surtout pour GTA IV. Un exemple plus pertinent est celui de Max Payne, dont les deux volets se déroulent dans un New York, respectivement enneigé puis pluvieux. Max Payne y reprend les thèmes du film noir. Le premier opus, sorti en 2001, fait d'ailleurs l'objet d'une adaptation cinématographique sous la bannière de Twentieth Century Fox, qui est sorti à la fin de l'année 2008.
Comme c'est le cas dans le domaine de la télévision, la ville de New York est une source d'inspiration pour de nombreux écrivains, parfois eux-mêmes originaires de la ville, qui ont soit consacré leur livre à New York, soit pris Big Apple comme cadre pour leur histoire.
Radio City Music Hall
New York dans la musique
La ville donne une place importante aux lieux de concerts, et entre autres aux clubs de jazz, mais l'industrie musicale a également été très inspirée par New York, ses différents quartiers, sa population, et son atmosphère particulière. La première Fête de la Musique (Make Music New York) a été organisée en 2007, sous l'impulsion d'Aaron Friedman. L'édition 2009 comprend quelque 900 groupes inscrits qui se produisent dans plusieurs boroughs de la Grosse Pomme.
La chanson la plus célèbre est probablement New York, New York, composée par John Kander et écrite par Fred Ebb pour Liza Minnelli, puis reprise par Frank Sinatra. Ce standard glorifie New York comme la ville de tous les possibles, magnifiant son pouvoir d'attraction sur le reste du monde.
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Si certains déclarent leur amour à la ville tout entière (I Love New York de Madonna; New York City Serenade de Bruce Springsteen; New York Bryan Adams, ou encore NYC du groupe local Interpol), "An Open Letter To NYC" des Beastie Boys, d'autres choisissent de n'évoquer que certains quartiers (Chelsea Morning, de Joni Mitchell; Coney Island Baby, de Lou Reed; Harlem, de Duke Ellington; Central Park West, de John Coltrane; Tribeca, de Kenny G), voire certaines rues (Seventh Avenue, de Rosanne Cash; Positively 4th Street, de Bob Dylan; Union Square, de Tom Waits; Avenue B, d'Iggy Pop) ou certains éléments de l'architecture new-yorkaise (Queensboro Bridge, de David Mead; Times Square, de Marianne Faithfull; Empire State Building, de Randy Newman). D'autres encore évoquent les transports de la ville, que ce soit ses taxis (Cabbies on Crack, de Ramones) ou son métro (My My Metrocard, de Le Tigre; Subway Train, des The New York Dolls; Take the A Train, morceau écrit par Duke Ellington et Billy Strayhorn; Take the L Train (To 8 Ave.), de Brooklyn Funk Essentials). On peut aussi évoquer ici des artistes anglais comme Sting qui a célébré la Big Apple avec sa chanson Englishman in New York, ou le groupe glam-rock T. Rex avec la chanson simplement intitulée New York City ou encore Sex Pistols avec New York. Les Irlandais des Pogues ont également fait leur tribut à la ville, avec Fairy Tales in New York, tout comme les Français Serge Gainsbourg (New York - USA), Michel Sardou (La Java de Broadway) et Claude Nougaro (Nougayork).
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Aussi, la vogue new-yorkaise des années 1970-1980 a vu le « déménagement » de deux Anglais célèbres à New York, tous deux sur les bords de Central Park : Mick Jagger et John Lennon. On trouve par exemple mention de New York dans la chanson Shattered des Rolling Stones, sur l'album Some Girls en 1978. Plus récemment, The Strokes, groupe américain, parle aussi de leur ville dans New York City Cops ou encore le groupe anti-folk français Herman Düne avec Take Him Back to New York City.
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Dans le domaine de la musique classique, la ville est devenue après 1945 une place importante au niveau mondial tant au niveau de la qualité des grands orchestres qui y résident comme l'Orchestre philharmonique de New York, des salles de concert comme le Lincoln Center (accueillant le célèbre Metropolitan Opera) ou le Carnegie Hall, des écoles de musique réputées comme la Juilliard School, que des compositeurs qui y ont vécu et travaillé. Parmi les plus emblématiques se trouvent Leonard Bernstein qui composa notamment West Side Story en 1957 en hommage à sa ville, et plus récemment les deux fondateurs du courant de musique minimaliste, Steve Reich et Philip Glass, dont le travail est très lié à New York et son dynamisme culturel depuis la fin des années 1960.
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Metropolitan Opera
Personnages célèbres
De très nombreux acteurs, réalisateurs, scénaristes sont originaires de New York, même si la plupart des activités du septième art sont situées à Hollywood en Californie.
Parmi les réalisateurs les plus célèbres, on retrouve Woody Allen, né à Brooklyn en 1935, Martin Scorsese, né dans le Queens en 1942, László Benedek, d'origine hongroise mais mort à New York, Stanley Kramer né à Brooklyn, Stanley Kubrick né dans le Bronx, Jerome Robbins, Herbert Ross, Oliver Stone, Jerry Schatzberg ou encore George A. Romero, maître du film de zombies.
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Stanley Kubrick
Les acteurs et actrices célèbres originaires de Big Apple sont très nombreux. Les plus illustres sont Robert De Niro, Al Pacino, David Schwimmer et Sylvester Stallone pour les hommes, Shirley Booth, Joan Crawford, Susan Hayward, Judy Holliday, Sarah Michelle Gellar, Scarlett Johansson, Ashley Olsen ou encore Jennifer Aniston.
Woody Allen, originaire de Brooklyn, a fait de New York le cadre de la plupart de ses films.
Source Wikipédia.
Lien Historique & auteurs

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NEW YORK (1).
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New York , officiellement City of New York, autrement connue sous les noms et abréviations de New York City, NY ou encore NYC, est une ville du nord-est des États-Unis, située dans le sud-est de l'État de New York, sur la côte Atlantique. La commune s'étend sur cinq circonscriptions administratives ou « boroughs » : Manhattan, Brooklyn, le Queens, le Bronx et Staten Island.
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New York regroupe aujourd'hui l'ensemble des critères caractéristiques d'une ville mondiale, et est même considérée parfois comme « la capitale du monde ». Si elle n'est plus la capitale fédérale des États-Unis depuis plus de deux siècles, New York n'en est pas moins la ville la plus peuplée du pays avec 8 214 426 habitants et un centre décisionnel, économique et culturel majeur.
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Au cœur de la mégalopole du BosWash et d'une agglomération de 18 818 536 habitants qui s'étend sur trois États (l'État de New York, le New Jersey et le Connecticut), New York compte des institutions d'importance mondiale. Parmi ces institutions, on peut notamment citer le siège de l'ONU, le New York Stock Exchange, mais aussi de nombreux sièges de multinationales et des centres culturels et universitaires tels que le Metropolitan Museum, le MoMA, le Lincoln Center ou l'Université Columbia et l'Université de New York.
Localisation de New York
Histoire
L'histoire précolombienne des États-Unis est une période encore mal connue. Si les fouilles archéologiques donnent de précieux renseignements aux chercheurs, l'absence presque totale de sources écrites complexifie grandement leur travail. À ce jour, les historiens ne sont pas en mesure de dater avec précision l'arrivée des premiers hommes dans le nord-est des États-Unis, et, a fortiori, sur le territoire de l'actuelle New York. Les scientifiques estiment que ce premier peuplement pourrait remonter à environ 10 500 avant Jésus Christ.
Avant l'arrivée des Européens, le territoire de l'actuelle New York était peuplé par des Amérindiens Lenapes qui appartenaient au groupe linguistique des Algonquins. Différents sous-groupes occupaient cet espace. Les Manates vivaient sur l'île de Manhattan, les Canarsies, à l'est de Brooklyn, les Matinecocks et les Rockaways, dans le Queens. Cette ancienne présence amérindienne se manifeste encore aujourd'hui dans la toponymie de New York. Par exemple, le nom "Manate" se retrouve aujourd'hui dans "Manhattan", Canarsie est un quartier de Brooklyn, proche de l'aéroport international John Fitzgerald Kennedy. On retrouve également des références à ces peuples dans des noms d'entreprises, comme l'Hôtel Algonquins, situé dans le centre de Manhattan.
Le sud de Manhattan en juillet 2001, avant les attentats du 11 septembre 2001
La Nouvelle-Angoulême (1524-1610)
En 1524, le navigateur italien Giovanni da Verrazano, missionné par le roi de France François Ier, fut le premier Européen de la Renaissance à explorer le territoire de l'actuelle New York, qu'il baptisa Nouvelle-Angoulême, en l'honneur de son mécène.
Voici comment il rendit compte de sa découverte au souverain français : « [N]ous trouvâmes un site très agréable situé entre deux petites collines qui le dominaient. Au milieu, une très grande rivière courait jusqu'à la mer. Son embouchure était profonde; à marée montante, nous y avons trouvé huit pieds, et n'importe quel navire à pleine charge remonterait jusqu'au fond de l'estuaire. Ayant mouillé près de la côte en lieu bien abrité, nous ne voulions pas nous aventurer dans cette embouchure sans l'avoir reconnue. Remontant la rivière avec le petit bateau, nous pénétrâmes dans le pays que nous trouvâmes fort peuplé. Les gens sont presque semblables aux autres, vêtus de plumes d'oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d'admiration et en nous montrant l'endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes cette rivière jusqu'à une demi-lieue à l'intérieur des terres, endroit où nous vîmes qu'elle formait un très beau lac d'environ trois lieues de tour. Sur le lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés environ XXX petites barques montées par une foule de gens, passant des deux rives pour nous voir. Tout à coup, comme il est fréquent dans les navigations, un coup de vent contraire se leva de la mer et nous contraignit à regagner le bord. Nous quittions cette terre à regret, en raison de ses avantages et de sa beauté, songeant qu'elle n'était pas dépourvue de ressources appréciables, car toutes les hauteurs semblaient pourvues de minéraux. Cette terre fut appelée Angoulême, à cause de l'apanage que Votre Majesté reçut lorsqu'elle était en moindre fortune, et le golfe formé par cette terre, Sainte Marguerite, du nom de votre sœur, qui l'emporte sur les autres dames par sa discrétion et son esprit. »
Aujourd'hui, le nom du pont Verrazano-Narrows (en anglais Verrazano-Narrows Bridge), qui relie Brooklyn et Staten Island, rend hommage à cet aventurier.

Giovanni da Verrazano
La Nouvelle-Amsterdam (1610-1664)
En 1609, la Compagnie des Indes orientales engagea l'explorateur anglais Henry Hudson afin qu'il tentât de découvrir une nouvelle route maritime vers les Indes. Hudson explora la côte est des États-Unis dans l'espoir de trouver un passage vers l'Orient. Il entra notamment dans la baie de New York et remonta le fleuve qui porte aujourd'hui son nom jusqu'à Albany, avant de se rendre compte qu'il ne pourrait pas atteindre les Indes par ce chemin. Si Hudson ne parvint pas à découvrir un passage vers les Indes, il contribua néanmoins à asseoir la présence hollandaise dans la région de l'actuelle New York.
L’installation de colons européens débuta avec la fondation d'une colonie spécialisée dans le commerce de fourrures par les Hollandais au sud de l'actuelle île de Manhattan. C'est ainsi que la « Nouvelle-Amsterdam » (New Amsterdam) fut créée en 1614. Quelques années plus tard, en 1626, le directeur de la colonie Peter Minuit acheta l’île de Manhattan à ses occupants, les Manhattes pour la somme dérisoire de 60 florins (24 $) de verroterie et autres colifichets. Le 11 mai 1647, Pieter Stuyvesant fut nommé gouverneur de la colonie pour donner une nouvelle chance à l'expérience coloniale de la Nouvelle-Amsterdam, dont les relations commerciales avec les autochtones s'étaient dégradées. Stuyvesant prôna une orthodoxie religieuse pour rétablir l'ordre dans sa colonie, en imposant des restrictions sur les mouvements et sur la consommation d'alcool, mais dans un climat très tendu, il n'obtint que la haine des habitants de sa colonie, alors que les Anglais devenaient de plus en plus pressants. En mars 1664, le roi Charles II d'Angleterre offrit virtuellement la totalité de la Nouvelle Amsterdam à son frère, le Duc d'York. Les Anglais conquirent ainsi la colonie au cours de la même année, et un nouveau chapitre de l'histoire de la ville débuta, suite à l'échec des Hollandais.

Le sud de Manhattan en 1660, à l'époque de la Nouvelle-Amsterdam.
Le New York anglais (1664-1776)
La Nouvelle-Amsterdam fut rebaptisée New York en l'honneur de Jacques II d'Angleterre, Duc d'York qui avait acquis le territoire de son frère. Le colonel Richard Nicolls devint ainsi le premier gouverneur britannique de la ville de New York. Cependant, en guerre contre les Français, les Anglais furent contraints de céder leur colonie nouvellement acquise aux Provinces-Unies, qui la rebaptisèrent New Orange en 1673, avant de la récupérer suite à un traité conclu entre les deux pays en 1674 suite à la Troisième Guerre anglo-néerlandaise. Sous la domination anglaise, New York perdit son rôle de comptoir commercial pour devenir une ville à part entière. En 1754, l'Université Columbia fut fondée dans le quartier de Lower Manhattan sous le nom de King's College grâce à une charte accordée par le roi George II.
La présence des troupes britanniques dans la ville irrita progressivement les New-Yorkais, dont la colère fut amplifiée par deux lois commerciales votées par le parlement britannique: le Sugar Act en 1764 puis le Stamp Act en 1765. Pour contrer ces mesures discriminatoires pour les treize colonies du continent, le Stamp Act Congress fut tenu à New York le 7 octobre 1765, et les Fils de la Liberté commencèrent à se manifester. La révocation du Stamp Act apaisa provisoirement les relations en 1766, mais les Townshend Acts de 1767 donna lieu à des affrontements entre les civils et les soldats. Les incidents de la Boston Tea Party en décembre 1773 inspirèrent New York qui connut sa propre Tea Party le 22 avril 1774. Les tensions s'apaisèrent provisoirement pendant quelques années, mais la menace de George Washington de couper les liens entre New York et les autres colonies en cas de domination britannique conduisit la ville dans la guerre d'indépendance, au même titre que le reste des futurs États-Unis.
Le drapeau des Fils de la Liberté, correspondant aux neuf colonies présentes au Stamp Act Congress
New York au cœur de la guerre d'indépendance (1776-1783)
New York représentait un enjeu majeur dans la guerre d'indépendance étant donné son importance pour le royaume britannique. George Washington apporta ainsi son soutien à la ville dès 1776, notamment en y apportant la déclaration d'indépendance pour encourager ses hommes. Cependant, les troupes américaines, trop peu nombreuses face à celles de l'armée britannique dirigée par William Howe furent progressivement repoussées entre août et octobre, ce qui poussa Washington à se retirer le 16 octobre. New York tomba ainsi aux mains des Britanniques, et ce durant la totalité du conflit, c'est-à-dire de 1776 à 1783. En effet, ce n'est que lors de la signature du traité de Paris, mettant fin au conflit le 3 septembre 1783 que l'indépendance de la ville fut acquise, en même temps que celle du pays. Washington retourna ainsi victorieux à New York le 4 décembre. Ce même George Washington fut investi Président des États-Unis au Federal Hall en 1789, alors que New York était la capitale du pays.
En dépit de la perte de son rôle de capitale fédérale, et de capitale de l'État de New York, la ville de New York connut une croissance exponentielle entre 1790 et 1820, en voyant sa population passer de 33 000 à 123 706 habitants. Elle devint ainsi la plus grande ville du pays. La ville fut également dynamisée par l'arrivée d'immigrés au début du XIXe siècle, ainsi que par l'application du Commissioners' Plan de 1811 qui définisait un système routier traversant la totalité de l'île de Manhattan. L'essor du New York Stock Exchange puis l'ouverture du canal Érié en 1819, sous le mandat de DeWitt Clinton affirma la domination du port de New York, et fit de la ville la première place commerciale des États-Unis. Le contexte favorable amena l'aristocratie et les riches marchands de la ville à exiger la construction d'un grand espace vert; c'est dans ce contexte que les travaux de construction de Central Park débutèrent en 1857.
Seule la Guerre de Sécession qui eut lieu entre 1861 et 1865 vint émailler la prospérité de la ville. Les habitants de la ville, pour la plupart des commerçants, ne désiraient pas se lancer dans le conflit, étant donné qu'ils entretenaient des relations commerciales avec les États confédérés d'Amérique. Mais lorsque le président Abraham Lincoln instaura la première conscription pendant l'été 1863, les New-Yorkais réagirent dans la violence, durant les Draft Riots qui restèrent l'un des épisodes les plus violents dans l'histoire du pays, avec 105 civils tués.
L'essor de la ville reprit immédiatement après la fin de la guerre civile, en dépit de la mainmise du Tammany Hall sur les institutions politique de la ville. Le domaine des arts connut un véritable développement à la fin du XIXe siècle, avec la création du Metropolitan Museum of Art, du Carnegie Hall, ou encore du New York Botanical Garden. L'inauguration de la Statue de la Liberté en 1886 fit de New York un symbole de la liberté pour les millions d'immigrés en provenance d'Europe; en effet, sur 23 millions d'Européens arrivés aux États-Unis entre 1880 et 1919, 17 millions environ ont débarqué à New York, et la plupart y sont restés..

Le port de New York en pleine activité en 1848.
L'apparition d'une ville mondiale (1919-2001)
Le XXe siècle marqua véritablement l'ascension de New York vers le rôle de ville mondiale, en ce sens que la ville devient un centre culturel, décisionnel et financier de premier plan. L'extraordinaire aventure architecturale débutée à la fin du XIXe siècle a posé la première pierre du développement de l'architecture moderne, avec notamment le début de l'ère des gratte-ciel, qui fleurissent aujourd'hui littéralement dans toutes les grandes villes américaines. Dans le domaine politique et économique, la domination de New York s'est manifestée avec la Bourse et l'essor de Wall Street, ainsi qu'avec les grandes entreprises financières basées dans la ville. L'obtention du siège de l'ONU en 1949 a également joué un rôle déterminant dans le développement de Big Apple.

Les tours du World Trade Center incendiées le 11 septembre 2001.
L'histoire contemporaine de la ville a été marquée par les attentats du 11 septembre 2001. La destruction des tours jumelles du World Trade Center, ainsi que de nombreux bâtiments environnants, reste un épisode traumatisant pour les habitants de la ville.
A partir de 2007, la crise économique ne peut laisser la capitale mondiale de la finance indemne. Deux événements symbolisent à eux seuls l'impact de la tempête financière sur la ville : la faillite de Lehman Brothers et le scandale Madoff.
Vue panoramique de Lower Manhattan prise à partir du traversier de Staten Island.
« New York est une ville debout, sous le signe des temps nouveaux. C’est une catastrophe, mais une belle et digne catastrophe. »
— Le Corbusier, 1937.
Le drapeau de New York porte les mêmes couleurs (sur des barres aux dimensions égales) que le drapeau des Provinces-Unies tel qu'il était utilisé en 1625, l'année où Manhattan fut colonisée. En son centre est reproduit, en bleu, le sceau de la ville. Sur ce dernier figurent plusieurs éléments symboliques: l'aigle représente l'État de New York. L'Amérindien évoque les premiers habitants de la région, tandis que le marin évoque les colons : leur évocation conjointe confère l'idée d'une union entre les deux peuples. Le castor fait référence à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Le baril et la fleur font référence aux premiers temps de l'industrie new-yorkaise. Le moulin à vent est un rappel de l'histoire néerlandaise de New York. Quant à Eboracum, c'était le nom de la ville de York à l'époque romaine.
En reportage à la Nouvelle-Orléans, John J. Fitzgerald entendit les valets d'écurie appeler les champs de course de New York, « The Big Apple ». Le terme lui plut et il donna comme titre à sa chronique Around the Big Apple. Dix ans plus tard, de nombreux musiciens de jazz commencèrent à utiliser le terme de Big Apple pour désigner New York, et plus particulièrement le quartier de Harlem (à Manhattan), considéré comme la capitale mondiale du jazz. Ils disaient qu'il y avait beaucoup de pommes sur les arbres du succès, mais que, quand vous sélectionnez New York City, vous sélectionniez LA grosse pomme. En 1971, cette expression prit toute son ampleur grâce à Charles Gillett (Président du NY Convention and Visitors Bureau) qui lança une campagne publicitaire sur le thème de la Big Apple. Celle-ci fut relayée par l'agence BBH London qui lança cette expression en Angleterre. Depuis, cette expression est devenue courante. 35% des Anglais affirment même qu'elle est typiquement anglaise et non d'origine américaine.
Géographie
La ville de New York est située sur la côte est des États-Unis d'Amérique, à l’embouchure du fleuve Hudson sur l’océan Atlantique, à mi-distance entre Washington DC et Boston. Cette situation privilégiée est renforcée par la présence de l'affluent du Mohawk : New York est reliée aux Grands Lacs et aux Grandes Plaines. Elle comprend l’île de Manhattan, Staten Island, la partie ouest de l’île de Long Island, un quartier construit sur le continent (Bronx), et plusieurs autres petites îles, situées dans les bras de mer et dans la baie (Upper Bay et Lower Bay) : Roosevelt Island, Riker's Island (une prison), Prall's Island (réserve ornithologique), Liberty Island (statue de la Liberté), Isle of Meadow (réserve naturelle), Governors Island, Ellis Island, City Island, Ward's Island. Le territoire a été considérablement aménagé par les hommes, avec des extensions comme Battery Park City dans les années 1960 et 1970 ou des modifications profondes de la topographie, particulièrement à Manhattan.
La superficie totale de la ville de New York est de 1 214 km², dont 785 km² de terres émergées et 429 km² d’eau. L'altitude maximale est de 124,9 m au-dessus du niveau de la mer, sur Todt Hill à Staten Island. La ville est située à une latitude de 40,714' et à une longitude de -74,006'
Climat
La ville de New York est soumise à un schéma climatique typique de la zone nord-est de la côte atlantique, similaire à celui qui régit la côte nord-est de l'Asie. L'influence de grandes masses d'air combiné à la présence toute proche de l'océan concourent à accentuer les contrastes climatiques. On peut aussi noter que, bien que New York se trouve à une latitude de zone tempérée, ces conditions climatiques peuvent provoquer des ouragans, vagues de chaleur, tempêtes de neige ou violents orages, et d'un jour à l'autre, changer de temps de façon spectaculaire. Au cours d'une année normale, la courbe de température connaît d'importantes variations, pouvant aller de -25,5°C en hiver à 41°C en été, soit une amplitude de 65,5°C.
Température et précipitations
Le rythme des saisons à New York se définit de la manière suivante :
- De décembre à mi-mars : janvier et février sont les mois les plus froids. Habituellement au lever du jour il fait -2°C à -5°C et l'après-midi +3°C à +5°C mais 2 à 3 hivers sur 10 les températures descendent au-dessous de -18°C et ont même atteint -26°C certains mois de février. New York reçoit des chutes de neige abondantes. Au cours de la saison il tombe en moyenne 60 à 90 cm de neige. Le temps est souvent très nuageux, il neige ou pleut généralement 10 à 12 jours par mois, mais une tempête de neige peut durer une semaine.
- De mi-mars à mi-mai : le printemps est court. Les températures montent en flèche; de 7°C l'après-midi à la mi-mars, on passe très rapidement à 14°C en avril et 20°C en mai. Les gelées matinales de mars (-1°C) sont très vite remplacées par des matinées douces (5°C en avril, puis 12°C en mai). Cependant il pleut aussi fréquemment qu'en hiver : 11 à 12 jours par mois.
- De mi-mai à octobre : un été long et chaud : 25°C à 28°C l'après-midi, 15°C à 19°C le matin. C'est le mois de juillet le plus chaud. Il arrive que les températures atteignent 35°C et frôlent même les 40°C à l'ombre, certains étés. New York est alors étouffant. L'été est très ensoleillé puisqu'on enregistre 65 à 70 pour 100 d'ensoleillement par rapport à la durée maximale d'insolation possible. Pendant cette saison, on observe une moyenne de 18 à 25 jours où la température dépasse 32°C. Les tornades qui se produisent plutôt de fin mai à fin août sont très rares.
- Novembre : un court automne de transition. Les températures chutent très rapidement, elles tombent à 10°C l'après-midi et 3°C le matin. Avec septembre et octobre, c'est le mois le plus sec. Mais, d'une façon générale, il n'y a pas de saison humide ou sèche. La répartition des pluies est sensiblement la même tout au long de l'année (75 à 100 mm chaque mois et 9 à 12 jours pluvieux chaque mois). Quant aux tempêtes de vent, on en observe 30 jours par an.
- Effet Canyon: À Manhattan, l'urbanisation en hauteur a des effets erratiques sur le vent. On parle d'effet canyon - typique de Midtown et Uptown - lorsque le vent "rebondit" sur le sol et contre les flancs des gratte-ciel, et forme des colonnes d'air ascendant.
| Mois | Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale (°C) | 3 | 4 | 10 | 15 | 21 | 26 | 29 | 28 | 24 | 18 | 12 | 6 | 17 |
| Température minimale (°C) | -4 | -3 | 1 | 6 | 12 | 17 | 20 | 19 | 15 | 10 | 5 | -1 | 8 |
| Précipitations (mm) | 86 | 84 | 99 | 102 | 112 | 95 | 112 | 104 | 99 | 91 | 127 | 99 | 1 124 |
Source : Weatherbase
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Les 5 districts de New York City: ● (1) Manhattan, ● (2) Brooklyn, ● (3) Queens, ● (4) Bronx, ● (5) Staten Island
La ville de New York est constituée de cinq districts (en anglais boroughs), qui coïncident chacun avec un comté de l'État de New York (county).
- Manhattan (ou Comté de New York), 1 546 856 habitants. L'île de Manhattan correspond au quartier le plus riche de la ville de New York, tout en étant le plus célèbre, puisque la plupart des buildings les plus célèbres du monde se trouvent à Manhattan. Manhattan se présente également comme une place financière d'importance mondiale, avec l'indice Dow Jones (NYSE) et le Nasdaq. Mais Manhattan est aussi un centre décisionnel majeur : siège de l'ONU, nombreux sièges d'entreprises, ce qui en fait l'un des lieux les plus puissants de la planète. Au niveau universitaire, Manhattan abrite l'Université de New York, la prestigieuse université de Columbia (appartenant à l'Ivy League) ou encore celle de Fordham.
- Bronx (ou Comté de Bronx), 1 354 068 habitants. Le Bronx a longtemps été considéré comme le quartier pauvre de la ville de New York, mais depuis quelques années, la politique de la ville a permis de rendre le Bronx beaucoup plus attrayant. Ce quartier est également considéré comme le berceau de la culture hip-hop, qui s'est à présent répandue largement dans le monde, et comme un quartier qui accueille des minorités hispaniques et noires, contribuant à l'image de melting pot de la ville. Le Bronx abrite en outre le nouveau Fulton Fish Market, qui est l'un des principaux marchés aux produits maritimes de la côte est. L'équipe des New York Yankees joue ses matches dans le Yankee Stadium, situé à la frontière entre Manhattan et le Bronx.
- Brooklyn (ou Comté de Kings), 2 488 194 habitants. Brooklyn est un quartier à tendance résidentielle, ce qui explique qu'il est le borough le plus peuplé de la ville. Brooklyn a longtemps été une ville indépendante, avant de se rattacher à New York City en 1898. Brooklyn présente en outre l'une des rares plages de la ville.
- Queens (ou Comté de Queens), 2 237 815 habitants. Le Queens est à la fois un quartier résidentiel et industriel ; il est en outre le plus vaste de la ville de New York. Le Queens est très ouvert sur l'extérieur, grâce à sa proximité avec les deux principaux aéroports de la ville, JFK, et LaGuardia Airport. Le Queens abrite également l'un des tournois de tennis majeurs de la saison, l'US Open. L'Unisphere (sphère en acier représentant la terre), située à Flushing Meadows, est d'ailleurs considérée comme le symbole du Queens, avec une idée d'ouverture sur le monde et d'universalité. L'équipe des New York Mets joue ses matches dans le Shea Stadium, situé dans le quartier de Flushing.
- Staten Island (ou Comté de Richmond), 457 383 habitants, est le borough le moins intégré à la ville de New York, ne serait-ce que par son éloignement géographique. Staten Island est relié à Brooklyn par le Verrazano Narrows Bridge, l'un des ponts suspendus les plus longs du monde.
Le passé géologique de la région a permis la formation de l'archipel à la pointe de la baie, une des principales échancrures de la côte est des États-Unis. Les voies navigables larges et profondes et la longueur considérable du littoral ont facilité l'accès et le mouillage des navires. La situation de la ville, à l'embouchure de l'Hudson River, sa baie protégée, où débouchent plusieurs autres voies navigables, ont favorisé la croissance de New York et ont contribué à en faire l'un des principaux ports des États-Unis. Aujourd'hui, des cinq districts de New York, seul le Bronx est rattaché au continent.
Il y a 17 000 ans, lors de la glaciation, le site de New York était recouvert par un glacier de 300 mètres d'épaisseur et le rivage en retrait de 160 km. La limite sud du glacier est signalée par une série de collines : la moraine frontale.
De -17 000 à -13 000 ans. À la fonte des glaciers, la moraine frontale joua le rôle de digue et les vallées creusées par la glaciation (Hudson Est et Harlem River) se remplirent d'eau. Par la suite, la rupture du goulet de la moraine frontale ouvrit les lacs à la mer.
De -13 000 à nos jours. La mer atteignit son niveau actuel, il y a 6 000 à 4 000 ans et donna au rivage l'aspect que nous lui connaissons.
Remarque : Dans Isham Park, un petit parc au nord de Manhattan, se trouvent des affleurements de marbre formé à la période cambrienne, c'est-à-dire vieux de 450 millions d'années.
La faune et la flore
Situé au point de rencontre des eaux douces de l'Hudson et salées de la baie de New York, le port, bien qu'il soit devenu l'un des plus actifs du monde, demeure peuplé de nombreuses espèces. La faune aquatique locale y côtoie une faune marine saisonnière; certains poissons migrateurs (bars, esturgeons) vont frayer plus en amont sur l'Hudson. Paradoxalement, beaucoup d'espèces sont ici communes : la pollution les a préservées de toute capture pour la consommation de masse. Crabes, homards et crevettes vivent sur le fond, tandis que le faucon pèlerin est l'une des nombreuses espèces d'oiseaux présentes dans la baie.
Exemple d'espèces présentes : la mouette atricille, le poisson-papillon à quatre yeux, le crabe bleu, l'anguille d'Amérique, le bar rayé, l'alose d'Amérique, les mouettes et goélands.
Central Park est un espace vert d'une superficie de 341 hectares (3,41 km², environ 4 km sur 800 m), situé dans le borough de Manhattan à New York. Il est géré par la Central Park Conservancy (comité de sauvegarde de Central Park) qui dispose d'un budget annuel de 200 millions de dollars, et est entretenu au même titre que les autres espaces verts de la ville par le New York City Department of Parks and Recreation (Département des espaces verts de la ville de New York). Central Park constitue le plus grand espace vert de la ville de New York, si on ne prend en compte que les cinq grands boroughs de la ville. Achevé en 1873 après treize années de construction, selon les plans de Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux (également à l'origine du Prospect Park de Brooklyn), Central Park représente une oasis de verdure au milieu de la forêt de gratte-ciel de Manhattan, même s'il est situé au nord de l'île où les édifices sont moins élevés. Il est délimité par la 110e rue au nord, la Huitième avenue à l'ouest, la 59e rue au sud et la Cinquième avenue à l'est. Ces rues sont respectivement baptisées Central Park North, Central Park West et Central Park South, et le parc est encadré par deux quartiers résidentiels : l'Upper East Side (à l'est) et l'Upper West Side (à l'ouest). Avec en moyenne 25 millions de visiteurs par an, Central Park est le parc le plus visité aux États-Unis.
Son aspect naturel est le résultat d'un important travail paysager : le parc contient plusieurs lacs artificiels (dont le plus important, The Reservoir s'étend sur 0,43 km² ), des chemins piétonniers, deux pistes de patinage sur glace, une zone de protection de la vie sauvage et des pelouses pour pratiquer sports et jeux de plein air. Le parc est en outre un « sanctuaire » pour les oiseaux migrateurs, où de nombreux observateurs viennent les découvrir. Une route de 9,7 km de long, relativement peu fréquentée par les automobilistes, entoure le parc. Elle peut être empruntée par les piétons, les coureurs de fond, les cyclistes ou encore les adeptes du roller, surtout le week-end et en semaine après dix-neuf heures, lorsque la circulation automobile y est totalement interdite.
Central Park en hiver
Urbaine
Malgré son univers de béton et de gratte-ciel, New York est le refuge d'une faune et d'une flore qui, au fil des décennies, se sont progressivement adaptées à cet environnement artificiel. Il n'est donc pas étonnant de voir que ce "milieu" atypique a attiré d'abord des espèces hautement adaptables, notamment celles introduites par l'homme - comme les moineaux, les étourneaux ou les pigeons -, souvent originaire d'Europe. Sans concurrence directe, elles s'y sont multipliées, créant parfois de nouveaux problèmes à l'homme lui-même. Exemple d'espèces présentes : l'étourneau sansonnet, le surmulot, le cornouiller, le pigeon biset et le faucon pèlerin (qui régule les populations de pigeons, d'étourneaux et de moineaux).
Démographie
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New York est la ville la plus peuplée des États-Unis, avec une population près de deux fois supérieure à la deuxième ville du pays, Los Angeles (4 097 340 habitants). Elle compte en effet 8 214 426 habitants en 2006, ce qui représente près de 40 % de la population de l'État de New York. L'agglomération new-yorkaise, qui s'étend sur les États du New Jersey et de New York, rassemble quant à elle 21 millions d'habitants. 24 116 176 personnes vivent dans l'aire urbaine de New York, ce qui la place au deuxième rang mondial derrière Tokyo au Japon. La densité moyenne atteint 10 194 habitants/km² : New York est la métropole la plus densément peuplée des États-Unis, loin devant San Francisco.
Au milieu du XVIIIe siècle, New York est moins peuplée que Boston et Philadelphie. Mais le développement du commerce, de l'industrie et l'arrivée de millions de migrants européens provoquent un fort accroissement démographique au siècle suivant. La population new-yorkaise dépasse celle de Paris à la fin des années 1880 mais reste encore derrière Londres.
Après la Seconde Guerre mondiale la population urbaine diminue à cause de la exurbanisation et des difficultés sociales. Le phénomène, qui touche la plupart des villes américaines, est particulièrement fort à New York qui perd 821 000 habitants entre 1950 et 1980, soit une baisse d'environ 10 %. Mais dans les dernières décennies du XXe siècle, la population augmente à nouveau. Ainsi, entre 1990 et 2000, la ville a gagné 685 714 habitants grâce à l'immigration. Certaines études estiment que New York pourrait atteindre entre 9,2 et 9,5 millions d'habitants en 2030.
| Indicateur : | New York | |
| Hommes (%) | 47,5 | 49 |
| Femmes (%) | 52,5 | 51 |
| Âge médian | 35,8 | 36,4 |
| Moins de 18 ans (%) | 12,3 | 13,3 |
| 18-64 ans (%) | 75,8 | 74,6 |
| 65 ans et + (%) | 11,9 | 12,1 |
| Revenu/hab. ($) | 27 233 | 25 035 |
| Taux de pauvreté (%) | 19,1 | 13,3 |
D'après le recensement de 2000, l'espérance de vie moyenne des New-Yorkais est supérieure à celle des Américains dans leur ensemble (80,2 ans pour les femmes ; 74,5 ans pour les hommes).
La structure par âge révèle une population relativement jeune (11,9 % ont 65 ans ou plus) et une part importante de personnes ayant l'âge de travailler (75,8 %). En 2005, l'âge médian à New York est de 35,8 ans, soit un peu moins que la moyenne nationale (36,4 ans). Les femmes sont surreprésentées par rapport à la moyenne américaine (52,6 % de femmes pour 47,4 % d'hommes).
32,5 % des New-Yorkais de plus de 25 ans ont leur baccalauréat ou un diplôme supérieur, soit 5 points de plus que la moyenne nationale. En octobre 2006, le taux de chômage à New York est de 4,1 %, un chiffre inférieur au taux national (4,4 % de la population active). En 2005, le revenu moyen par habitant est de 27 233 dollars à New York, soit 2 198 dollars de plus que la moyenne nationale. 19,1 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, un taux supérieur de 5,8 points à la moyenne américaine ; même si ce taux a diminué de deux points entre 2000 et 2005, les catégories les plus touchées sont les jeunes et les plus de 65 ans.
La ville est marquée par une importante disparité des revenus selon les quartiers. À Manhattan, les différences sont grandes entre le quartier d'Upper East Side, où le revenu moyen annuel par habitant s'établit à 90 000 dollars, et Harlem, où près de 37 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Les autres boroughs, en particulier ceux du Queens et de Staten Island, sont peuplés par les classes moyennes.
| Groupe : | New York | |
| Blancs | 44 | 74,7 |
| Noirs | 25,3 | 12,1 |
| Asiatiques | 11,6 | 4,3 |
| Métis | 1,6 | 2,0 |
| Amérindiens | 0,4 | 0,8 |
| Autres | 17,1 | 6,1 |
| Total | 100 | 100 |
New York est l'une des métropoles les plus cosmopolites du monde : en 2005, 36 % des New-Yorkais sont nés à l'étranger, près de 170 langues différentes sont parlées dans la ville et 47,7 % des habitants s'expriment dans une autre langue que l'anglais à la maison.
Depuis le XIXe siècle, New York est l'une des principales portes de l'immigration aux États-Unis : entre 1820 et 1890, dix millions d'Européens arrivent à New York, essentiellement des Irlandais et des Allemands. Entre 1880 et 1920, les migrants viennent d'Europe du Sud (Italie, Grèce, etc.) et d'Europe de l’Est (Polonais, Russes...) après avoir traversé l'océan Atlantique jusqu'à Ellis Island. Pendant cette période, les Juifs fuient les pogroms : vers 1915, ils sont 1,5 million à New York. Après les lois sur les quotas d'immigration de Johnson-Reed (1924), le nombre d'arrivées diminue considérablement.
Au début du XXe siècle, plus de 20 000 Afro-américains s'installent dans le quartier de Harlem. Entre 1940 et 1960, les Portoricains arrivent massivement à New York et leur nombre passe de 60 000 à 600 000. Après l'Immigration and Nationality Act of 1965, l'immigration reprend à un rythme important, mais l'origine des migrants change : ils viennent désormais d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Asie et d'URSS. Dans les années 1970-1990, ces migrants ne s'installent plus seulement à Manhattan mais aussi dans les quartiers périphériques (Brooklyn, Queens, Staten Island) et les banlieues. Entre 1990 et 2000 la ville a accueilli 1 224 524 immigrants ; cependant, les villes de Los Angeles et de Miami disputent à New York la première place pour l'immigration.
Administration et politique
Bien que dépendant de l’État de New York, la Ville de New York bénéficie d’une large autonomie législative et exécutive et d'une administration plus centralisée que la plupart des autres villes américaines. Ce statut est défini par une charte, amendée et promulguée par l'Assemblée législative de l’État de New York, et parfois par référendum. La municipalité est responsable de l'éducation publique, des bibliothèques, de la sûreté publique, de l'hygiène, de l'approvisionnement en eau, des services d'assistance sociale, des établissements pénitenciers et de l'équipement de loisirs.
Les New-Yorkais, bien que leur maire soit républicain depuis 1994, sont très majoritairement démocrates et libéraux : lors de l'élection présidentielle de 2004 le candidat démocrate John Kerry a ainsi obtenu plus de 74 % des voix dans la ville, alors qu'il perdit l'élection au niveau national. 66 % des votants enregistrés sont démocrates.
L'administration new-yorkaise est divisée en trois branches : exécutif, législatif et judiciaire.
le New York City Hall, l'hôtel de ville de New York
Exécutif
Le maire incarne le pouvoir exécutif. Il est élu au suffrage direct pour un mandat de quatre ans. Le mode de scrutin se déroule, à l'instar de celui de l'élection présidentielle en deux phases : durant la première, les deux principaux partis, le parti démocrate et le républicain désignent leur candidat, qui sont ensuite soumis au suffrage universel des habitants de la ville. Depuis 2001, le maire est Michael Bloomberg.
Le maire dirige cinq sections administratives de la ville et d’autres institutions. Ces cinq sections (en réalité gérées par des adjoints au maire : Deputy mayors) sont:
- Operations (Exploitation),
- Economic Development and Rebuilding (Développement économique et reconstruction),
- Policy (Politique générale),
- Administration
- Legal Affairs (affaires légales).
Il dispose également de pouvoirs exceptionnels en cas d’urgence (menace climatique, catastrophe naturelle, émeutes, troubles civils, invasion).
Chacun des cinq boroughs de la ville de New York est dirigé par un Borough président. Il s'agit d'un poste représentatif au pouvoir limité, qui consiste essentiellement à conseiller le Maire à propos des problèmes relatifs à un borough en particulier, et à propos du budget.
Le Manhattan Municipal Building accueille la plupart des agences municipales
Législatif
Les lois et règlements locaux de New York sont décidés par un Conseil municipal (City Council), composé de 51 membres, chacun représentant un secteur de la ville d’environ 157 000 habitants. Ils sont élus tous les quatre ans par les habitants des cinq boroughs, et le chef de la majorité porte le titre de speaker. En 2007, le Speaker est le démocrate Christine Quinn. Ce conseil municipal est divisé en comités spécialisés par domaines d’intervention. Lorsqu’une proposition est votée à la majorité simple (50 %), elle est transmise au maire qui peut la promulguer en tant que loi locale. Si ce dernier met son veto, le Conseil a 30 jours pour passer outre, par un deuxième vote à la majorité des deux tiers. En 2007, le conseil est dominé à une écrasante majorité par les démocrates, qui détiennent 47 sièges, contre trois aux républicains (un dans le Queens et deux à Staten Island) et un au parti de gauche Working Families Party.
À la différence du reste de l’État, les comtés de la ville de New York ne disposent pas tous de tribunaux. Il existe en effet un unique tribunal civil (possédant cependant des annexes dans les différents districts). Un tribunal pénal, pour chaque borough, traite les délits mineurs et les violences domestiques, conjointement avec le tribunal des affaires familiales.
Les affaires criminelles sont renvoyées à la Cour suprême de chaque comté, qui s’occupe également des affaires civiles les plus importantes. Ainsi, à la différence d’autres états ou du gouvernement fédéral, la Cour suprême n’est pas l’instance la plus haute de ce système, contrairement à ce que son nom indique. Les appels sont traités par une division spécialisée de la Cour suprême, et le tribunal qui décide en dernier ressort est la Cour d’appel.
Source Wikipédia.
Lien Historique & auteurs

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MARYLIN MONROE (1).
Marilyn Monroe, de son vrai nom Norma Jeane Mortenson, est une actrice
et chanteuse américaine née le 1er juin 1926 à Los Angeles (Californie et
morte le 5 août 1962 également à Los Angeles
Elle se destine initialement au mannequinat avant d'être repérée par Howard Hughes et de signer son premier contrat avec la 20th Century Fox en 1947. Au début des années 1950 elle accède au statut de star hollywoodienne et à celui de sex-symbol. Ses grands succès incluent Les hommes préfèrent les blondes, Sept ans de réflexion ou encore Certains l'aiment chaud qui lui vaut le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie en 1960.
En dépit de son immense notoriété, sa vie privée est un échec et sa carrière la laisse insatisfaite tout au long de sa vie. Les causes de sa mort demeurent l'objet de vives spéculations : surdosage de somnifères ou assassinat politique.
En 1999, l’American Film Institute l’a distinguée comme la sixième plus grande actrice de tous les temps dans le classement AFI’s 100 Years… 100 Stars.
Biographie
Marilyn Monroe naît le 1er juin 1926 à l'hôpital général de Los Angeles en Californie, sous le nom de Norma Jeane Mortenson. Son prénom est choisi par sa mère Gladys Pearl Baker en référence à l'actrice Norma Talmadge. Plus tard, Marilyn Monroe supprimera le « e » final de « Jeane ». Sur le certificat de naissance apparaissent les noms de sa mère, Gladys Monroe, et du mari de celle-ci à l'époque, le norvégien Martin Edward Mortenson, séparés au moment de sa naissance. Ils divorceront en août 1928.
Gladys Pearl Monroe, née le 24 mai 1900 au Mexique de parents américains, travaille comme monteuse dans l'industrie cinématographique et a déjà eu deux enfants (un garçon et une fille) d'un premier mariage avec Jack Baker, dont Marilyn adoptera le patronyme en 1938. Elle connaît autant de liaisons sentimentales sans lendemain que de problèmes psychologiques et de santé. Pendant une très longue période, elle ne peut pas s'occuper de sa fille qui est confiée, entre autres, à des familles d'accueil, ainsi que de ses deux autres enfants. Marilyn préfère prétendre longtemps que sa mère est morte, plutôt que d'avouer qu'elle vit dans un institut spécialisé.

Marilyn Monroe en 1945.
Bien qu'elle soit une enfant légitime, Marilyn a toute sa vie nié le fait que Mortenson soit son père. Lorsqu'elle était enfant, sa mère lui aurait montré une photographie d'un homme qui aurait été son père. Elle se souvient qu'il a une fine moustache et une certaine ressemblance avec Clark Gable.
Norma Jeane vit chez Albert et Ida Bolender à Hawthorne (Californie), ses parents adoptifs, pendant les sept premières années de sa vie. Dans son autobiographie (cf. Bibliographie), Marilyn mentionne qu'elle ne savait pas qui était « cette dame rousse » (sa mère) qui lui rendait visite de temps en temps pendant cette période. En 1933, elle peut vivre quelque temps avec elle à Hollywood mais en 1934, Gladys endure une nouvelle dépression et Norma Jean est placée successivement dans des foyers puis dans un orphelinat. Grace McKee, la meilleure amie de Gladys, demande en 1936 à devenir la tutrice de Marilyn, ce qui sera officialisé en 1937. Norma Jeane va vivre les années suivantes avec Grace et son mari, Ervin Goddard, à Van Nuys (Californie) mais également dans un nouvel orphelinat.
En 1941, elle retourne chez Grace et fréquente James « Jim » Dougherty, un voisin de cinq ans son aîné, ouvrier dans la première usine de drones radio-commandés, la Radioplane Company créée par l'acteur Reginald Denny. Grace, qui arrange le mariage, organise les noces qui ont lieu le 19 juin 1942, soit quelques jours après son seizième anniversaire. Un an plus tard, Jim rejoint les marines et Norma Jeane travaille à l'ignifugation des ailes d'avions et à l'inspection des parachutes dans l'usine de son mari.
Ce qu'a relaté Marilyn de sa vie de femme mariée ne correspond en rien aux affirmations que Jim a faites beaucoup plus tard. Alors qu'elle raconte que la sexualité ne l'intéressait pas à cet âge et qu'elle considérait Jim plutôt comme un grand frère, lui s'étend sur l'initiation dont il a fait profiter sa jeune épouse.
En 1944, elle rencontre pour la première fois sa demi-sœur, Bernice Baker, dans le Tennessee, son demi-frère, Hermitt Jack, étant mort plus tôt. La première photo quasi professionnelle de Norma Jeane est prise à l'automne 1944 par le photographe David Conover dans le cadre d'une campagne de l'armée américaine pour illustrer l'implication des femmes dans l'effort de guerre. En quelques mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-ups et commence à se faire connaître comme la Mmmmm girl. Elle éclaircit la couleur de sa chevelure et abandonne son travail pour se consacrer à sa carrière de mannequin, notamment auprès de l'agence Blue Book Model. En décembre 1945, elle tourne son premier film test pour l'agence, afin de promouvoir des maillots de bain. Elle divorce de Jim, avec lequel elle n'a que peu de contacts en raison de l'éloignement, le 2 octobre 1946.
Norma Jean attire l'attention d'un exécutif de la 20th Century Fox, Ben Lyon, qui lui fait passer un essai. Impressionné ce dernier déclare : « Voici la nouvelle Jean Harlow. » Elle signe avec la Fox un premier contrat de six mois le 26 juillet 1946, pour un salaire de 125 US$ par semaine. Elle convient alors avec le studio de changer son nom en Marilyn Monroe, le prénom Marilyn étant inspiré par l'actrice Marilyn Miller et le nom Monroe venant de sa mère. Elle apparaît alors dans Bagarre pour une blonde et Dangerous Years.
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Quand la ville dort (1950)
En 1948, elle signe un nouveau contrat avec Columbia d'une durée de six mois et tourne dans le film musical à petit budget Les Reines du music-hall. Le film étant un échec, son contrat n'est pas renouvelé. Son apparition dans La Pêche au trésor des Marx Brothers impressionne les producteurs qui l'envoie à New York faire la promotion du film. Elle attire également l'attention de Johnny Hyde, agent à la William Morris Agency, qui accepte de la représenter et devient son amant. Il lui obtient un rôle pour Quand la ville dort de John Huston. Les critiques soulignent alors la qualité de sa performance. Elle manque néanmoins d'argent, ce qui l'amène, sous le nom de Mana Monroe, à poser nue pour le photographe Tom Kelly, photos de calendrier qui font le tour du monde quelques années plus tard lorsqu'elle devient célèbre (cf. Nudité dans sa carrière).

Marilyn et Keith Andes dans Le démon s'éveille la nuit (1952)
Remarquée par Joseph L. Mankiewicz, qui distingue en elle un grand talent, elle est engagée par ce dernier dans Ève (1950) aux côtés de Bette Davis. Compte tenu du succès de ses derniers films, Marilyn négocie un contrat de sept ans avec la 20th Century Fox en décembre 1950. En septembre, Photoplay Magazine fait paraître le premier article de fond sur elle : How a star is born? (« Comment naît une vedette ? »), faisant allusion au film A Star Is Born de William A. Wellman (1937).
Marilyn et Cary Grant dans Chérie, je me sens rajeunir (1952)
L'année suivante, Marilyn s'inscrit à l'Université de Californie à Los Angeles où elle étudie la littérature et l'art et apparaît dans des films mineurs avec pour partenaires des acteurs comme Mickey Rooney, Constance Bennett, June Allyson, Dick Powell et Claudette Colbert. Jamais nominée aux Oscars, elle y fait sa première et unique apparition le 29 mars 1951 pour remettre celui du meilleur son à Thomas T. Moulton pour Ève. Une soirée de cauchemar qu'elle termine en larmes en découvrant sa robe déchirée. Elle auditionne pour l'adaptation du comic strip Li'l Abner pour la télévision mais le projet ne se concrétise pas.
En mars 1952, elle fait scandale pour avoir posé nue sur un calendrier. Cet épisode de sa vie, loin de ternir sa carrière, ajoute à sa notoriété (cf. "Nudité dans sa carrière"). Elle déclare aux journalistes avoir posé pour payer son loyer. Le 7 avril 1952, elle fait pour la première fois la une du magazine Life où elle est décrite comme « The Talk of Hollywood ». C'est à ce moment qu'elle commence sa romance avec Joe DiMaggio, légende vivante du baseball, qui vient de prendre sa retraite.

Marilyn Monroe et Jane Russell au Grauman's Chinese Theatre
Elle tourne dans les mois suivants quatre films. Pour RKO Pictures, elle tient un second rôle dans Le démon s'éveille la nuit de Fritz Lang avec Barbara Stanwyck. Sortie en juin 1952, le film est un succès critique et public. Elle participe ensuite à la comédie Cinq mariages à l'essai et le drame Troublez-moi ce soir dans lequel elle tient le rôle principal, celui d'une nourrice qui menace de s'en prendre à l'enfant dont elle a la charge. La critique ne suit pas, et Variety qualifie le film de « léger. » Dans Chérie, je me sens rajeunir, elle joue aux côtés de Cary Grant et de Ginger Rogers sous la direction de Howard Hawks. Le film réalise un bon score au box-office malgré certaines critiques négatives.
Darryl F. Zanuck voit en elle un fort potentiel commercial et l'engage pour Niagara dans lequel elle interprète une femme fatale qui souhaite faire assassiner son mari que joue Joseph Cotten. Les critiques apprécient le film et considèrent sa performance comme « ouvertement sexuelle ». Après l'avoir vu, Constance Bennett aurait affirmé que Marilyn « avait un grand avenir devant elle. » Zanuck l'a cependant toujours méprisée en tant que comédienne et ne s'est pas privé de le lui faire savoir. Ce dernier est suivi par l'actrice Joan Crawford qui décrit Marilyn comme « vulgaire ».
La jeune femme devient amie avec Jane Russell sur le tournage de Les hommes préfèrent les blondes réalisé par Howard Hawks. Russell, qui a décrit sa partenaire comme « très timide, très douce et très intelligente », reçoit 400 000 US$ alors que Marilyn est payée 18 000 US$ par semaine. À Los Angeles, lors de la sortie du film le 26 juin 1953, les deux actrices laissent leurs empreintes dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre, juste à côté du trottoir du Walk of Fame d'Hollywood Boulevard.

Les hommes préfèrent les blondes (1952)
Elle a pour partenaires Betty Grable et Lauren Bacall dans son film suivant Comment épouser un millionnaire (1953) de Jean Negulesco. Écrit par Nunnally Johnson, l'histoire est celle de trois mannequins new-yorkais qui mettent tout en œuvre afin d'épouser chacune un millionnaire. Les films qu'elle tourne à cette période contribuent à accentuer sa popularité.
Marilyn évoque au New York Times son désir de jouer des rôles dramatiques. Elle exprime son désir à la 20th Century Fox de faire partie du casting du film L'Égyptien. Darryl F. Zanuck s'y oppose sans même lui faire passer un essai.
Elle signe alors pour La Rivière sans retour. Elle ne s'entend pas avec le réalisateur Otto Preminger à qui elle refuse de parler pendant le tournage. Robert Mitchum, son partenaire principal, doit jouer les médiateurs. Elle dira plus tard qu'elle aurait « mérité mieux qu'un film de série Z de cow-boy. » Fin 1953, Marilyn doit commencer le tournage The Girl in Pink Tights avec Frank Sinatra. Quand elle exprime son refus de tourner, elle est suspendue par la 20th Century Fox.
Le 14 janvier 1954, elle épouse Joe DiMaggio et déclare à la presse : « Ma principale ambition est, maintenant, de me consacrer à mon mariage. » Le mois suivant, elle se rend pour trois jours en Corée et chante devant les soldats américains. Cette expérience lui a permis de surmonter la peur qu'elle avait face à la foule.
De retour à Hollywood en mars 1954, elle règle son différent avec la Fox et tourne dans La Joyeuse Parade. Ce film musical de Walter Lang est un échec. Le film est également mal reçu par les critiques qui décrivent la performance de Marilyn comme « désastreuse » et « embarrassante ». L'actrice révèle n'avoir accepté le rôle qu'à la condition de faire ensuite Sept ans de réflexion. Elle commence les prises de vues de ce dernier en septembre avec Tom Ewell. C'est à New York qu'elle joue la plus célèbre scène de toute sa carrière, celle de la grille de métro où sa robe blanche se soulève. Le réalisateur Billy Wilder exigea de nombreuses prises ce qui irrita Joe DiMaggio. Après plusieurs disputes, Marilyn annonce leur séparation. Ils divorcent en novembre 1954 après huit mois de mariage.
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Marilyn Monroe, le 17 février 1954
En 1955, elle prend des cours de comédie avec l'actrice britannique Constance Collier grâce à Truman Capote. Collier estime que Marilyn possède un « beau talent fragile et subtile.. » Après quelques semaines de travail, celle qui s'est illustrée entre autres dans La Corde d'Alfred Hitchcock meurt le 21 mai 1955. Lors d'une réunion avec la Fox, Marilyn demande à travailler avec Hitchcock. Mais le réalisateur rétorque ne pas aimer les femmes qui ont « le sexe affiché sur la figure » et préfère des blondes froides comme Grace Kelly où Tippi Hedren.
Lors du tournage de La Joyeuse Parade, Marilyn rencontre Paula Strasberg et sa fille Susan. Elle leur demande alors d'étudier à l'Actors Studio avec Lee Strasberg. En mars 1955, Monroe rencontre Cheryl Crawford, l'un des fondateurs de l'Actors Studio, qui lui présente Lee Strasberg qui l'accepte comme élève après l'avoir rencontrée.
En mai, elle commence à fréquenter le dramaturge Arthur Miller qu'elle a rencontré cinq ans plus tôt. Le 1er Juin, jour de son anniversaire, Joe DiMaggio l'accompagne à la première de Sept ans de réflexion à New York, et organise une petite fête en son honneur. Cette soirée se termine par une dispute en public avant le départ précipité de Marilyn. Ils ne se virent plus pendant un long moment.
Elle continue à suivre des cours à l'Actors Studio et se lie d'amitié avec les acteurs Kevin McCarthy et Eli Wallach, qui la décrivent comme studieuse et sincère dans son approche. Elle joue dans la pièce Anna Christie avec Maureen Stapleton d'après l'œuvre de Eugene O'Neill sans oublier son texte lors des représentations ce qui n'avait pas été le cas aux répétions où elle échouait à chaque reprise. Anna Christie connaît un grand succès et le public applaudi Marilyn. Bien qu'elle ne soit qu'étudiante, elle est l'élève dont Lee Strasberg est le plus fier. « J'ai travaillé avec des centaines d'acteurs et actrices, et il n'y a que deux qui sont bien meilleurs que les autres. Le premier est Marlon Brando, et le deuxième Marilyn Monroe. »
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Arrêt d'autobus (1956)
Pendant ce temps, Sept ans de réflexion devient un très grand succès avec environ 8 000 000 dollars US de recettes au box-office. La critique salue la performance de Marilyn. Grâce à ce succès, elle négocie un nouveau contrat avec la 20th Century Fox qui lui donne plus de pouvoir : 100 000 dollars US par film, 500 dollars US en plus par semaine pour frais divers, un droit de regard sur le scénario ainsi que sur le metteur en scène et sur le directeur de la photographie et pouvoir jouer pour d'autres studios que la Fox.
Le premier film à être réalisé dans le cadre de ce nouveau contrat est Arrêt d'autobus de Joshua Logan, qui approuve les méthodes de travail de la star. Paula Strasberg devient sa conseillère personnelle sur tous ses films. La femme de Lee use les nerfs des réalisateurs Logan, Laurence Olivier, Billy Wilder, George Cukor et John Huston, qui en ont pourtant vu d'autres. Après chaque scène, c'est vers elle que se tourne Marilyn pour savoir si sa performance a été à la hauteur de ses aspirations. Un signe de tête de Paula et Marilyn exige de refaire une nouvelle prise, même si la précédente semble parfaite aux yeux de tous. Détestée de tous, Paula s'attire les surnoms de « Champignon noir » ou « Sorcière » de la part des techniciens à qui elle n'adresse pas la parole. Elle rassure néanmoins Marilyn bien que sa présence soit une ineptie pour beaucoup.
Dans Arrêt d'autobus, elle joue « Chérie » une chanteuse de cabaret qui tombe amoureuse d'un cow-boy. Très satisfait de son interprétation, Logan essaya de lui faire obtenir une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Elle est néanmoins nominée au Golden Globe.
Elle passe plus de temps avec Arthur Miller avec qui elle entretient une liaison depuis plus d'un an. C'est à ce moment que la presse commence à écrire sur eux, les surnommant souvent « The egghead and The hourglass ». Ils se marient le 2 juin 1956.
Arrêt d'autobus est suivi du Prince et la Danseuse également interprété et réalisé par Laurence Olivier. Ce dernier déteste Marilyn en raison de ses caprices sur le plateau. Plus tard, il la décrira comme « merveilleuse, la meilleure de toutes. » Le film est un échec cuisant. Néanmoins, elle est saluée par la critique, en particulier en Europe, où elle remporte le David di Donatello, ainsi que le Crystal Star Award en France. Elle est également nominée pour un BAFTA.
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Laurence Olivier et Marilyn Monroe dans Le Prince et la Danseuse (1957)
Absente des écrans en 1958, elle vit désormais avec Arthur Miller à Long Island et subit une fausse couche le 1er août 1957. Il l'encourage néanmoins à retourner à Hollywood pour filmer Certains l'aiment chaud. Le réalisateur sait pourtant qu'elle est souvent en retard, qu'elle a le trac, et qu'elle a des difficultés à apprendre son texte lorsqu'il la dirige dans Sept ans de réflexion. Cette fois-ci, Marilyn est hostile et refuse de tourner certaines scènes. Ses retards incessants ont raison de son amitié avec Tony Curtis qui déclare par la suite que l'embrasser était « comme embrasser Hitler. » L'acteur dira plus tard que ce n'était qu'une farce. Enceinte au moment du tournage, elle a une nouvelle fausse couche en décembre 1958, une fois le film achevé.
Certains l'aiment chaud connait un succès retentissant, et est nominé pour cinq oscars. Marilyn obtient le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour sa performance. Billy Wilder déclare que le film a été leur plus grand succès bien que Marilyn a toujours détesté le film. Il évoque aussi les problèmes qu'il a rencontré pendant le tournage du film « Marilyn était très difficile parce qu'elle était totalement imprévisible. Je ne savais pas quel journée nous allions passer (…) serait-elle être coopérative ou obstructive? » dira-t-il. Cependant, il aime Marilyn et la définit comme une actrice comique et de génie. Il a également évoqué d'autres projets avec elle y compris Irma la douce avec Shirley MacLaine.
Dans les années 1960, sa popularité est à son comble. Elle accepte de tourner Le Milliardaire de George Cukor. Insatisfaite du scénario, elle le fait réécrire par Arthur Miller. Gregory Peck doit y tenir le premier rôle masculin mais il a finalement refusé suite à la nouvelle version écrite tout comme Cary Grant, Charlton Heston, Yul Brynner ainsi que Rock Hudson avant qu'il ne soit attribué à Yves Montand. Le tournage est difficile pour l'actrice qui ne s'est pas entendu avec le réalisateur. Ce dernier, ouvertement gay, avait un faible pour l'acteur français avec qui la star entretient une liaison terminée lorsque Montand refuse de quitter sa femme Simone Signoret. Le film est un échec critique et commercial.

Certains l'aiment chaud (1959)
C'est à cette période que débute ses problèmes de santé. Elle commence à consulter un psychiatre de Los Angeles, le docteur Ralph Greenson qu'elle voit quasiment tous les jours. Ce dernier exerce une influence déterminante sur sa patiente. Selon lui, son mariage était tendu depuis quelque temps bien que Miller fasse tout pour s'occuper d'elle. Greenson a déclaré que son objectif principal était alors de réduire les prises de drogue de Marilyn.
Elle joue ensuite dans Les Désaxés de John Huston. Le film, écrit pour elle par Arthur Miller, met également en scène Clark Gable, Montgomery Clift et Eli Wallach. Le tournage a débuté en juillet 1960. Souvent malade, Marilyn ne peut jouer. Elle est même hospitalisée pendant dix jours. Sans l'aide du docteur Greenson, elle se remet à prendre des somnifères et de l'alcool. Le 16 novembre 1960, Gable meurt d'une crise cardiaque à Los Angeles à l'âge de 59 ans. Les journalistes accuse Marilyn de sa mort en raison de ses nombreux retards sur le plateau. Le film n'est pas un succès commercial et les critiques sont en majorité négative, bien que certains saluent les performances de Monroe et Gable.
Durant les mois suivant, elle devient de plus en plus dépendante à l'alcool et aux médicaments. Elle divorce d'avec Arthur Miller en janvier 1961 et est volontairement internée dans la clinique psychiatrique Payne Whitney. Elle a plus tard décrit l'expérience comme un « cauchemar. » Après trois semaines de soins, elle sort de l'hôpital, harcelée par une foule de reporters à sa sortie. Incapable de jouer, elle retourne en Californie se reposer.
Marilyn doit encore un dernier film à la Fox, selon les termes de son contrat de 1956. Les dirigeants du studio confient alors à l'un de leurs scénaristes, Arnold Schulman, le remake d'une comédie de 1940, Mon épouse favorite avec Irene Dunne et Cary Grant. L'histoire d'une femme disparue, supposée morte, qui rentre chez elle et retrouve son mari remarié. Frank Tashlin, réalisateur des comédies de Jerry Lewis est contacté pour diriger le film. Marilyn Monroe, qui souhaite revenir à l'écran avec un film événement, refuse le projet dans un premier temps le jugeant « insipide ». Bénéficiant d'un droit de regard sur le script et le réalisateur, elle consent à réexaminer le projet. Nunnally Johnson, qui a travaillé avec elle sur Comment épouser un millionnaire, est alors engagé pour signer une nouvelle version. George Cukor, qui doit lui aussi un film pour la Fox, commence par refuser le projet du au souvenir cauchemardesque du tournage du Milliardaire. Menacé de poursuite s'il n'honore pas ses engagements, il se résigne donc à accepter la proposition du studio (pour 300 000 US$) et à retrouver ainsi Marilyn qu'il méprise profondément. Malgré un scénario inachevé, Marilyn signe son engagement pour Something's Got to Give. Selon les termes du contrat qui la lie de manière non exclusive à la Fox, elle gagne toujours 100 000 US$ par film, soit sept fois moins que la norme alors en vigueur à Hollywood pour une star de son rang.

Marilyn dans Les Désaxés (1960)
À trente-cinq ans, elle achète sa première maison par prêt immobilier, pour la somme de 35 000 US$. C'est Eunice Murray, sa nouvelle gouvernante et ancienne infirmière psychiatrique, qui lui a trouvé la maison du 12305, Fifth Helena Drive, à Brentwood dans les environs de Los Angeles.
Le 5 mars 1962, lors de la cérémonie des Golden Globe Awards, la presse étrangère lui décerne, pour la seconde fois, le prix de la star mondiale de cinéma. Accompagnée du scénariste José Bolanos, elle est ivre et reçoit son prix des mains de Rock Hudson en titubant et peinant à bafouiller quelques remerciements devant la salle atterrée. Afin de ne pas l'embarrasser, la cérémonie ne sera pas diffusée.
Pendant ce temps, Nunnally Johnson livre le scénario terminé de Something's Got to Give qu'approuve Marilyn. Mécontent, George Cukor engage son ami Walter Bernstein pour réécrire les dialogues qu'il juge « trop fades ». Ses partenaires Dean Martin et Cyd Charisse sont engagés. À la veille du début de tournage qui doit avoir lieu le 23 avril, Marilyn souffre de fièvre et prévient le studio qu'elle sera absente. George Cukor commence le tournage par toutes les scènes dans lesquelles elle ne figure pas. Cette dernière consulte son médecin, le docteur Engelberg, le jour même. Celui-ci diagnostique une sinusite chronique et Lee Siegel, médecin officiel du studio recommande de décaler le tournage d'un mois ce que le studio refuse . Le 30 avril, Marilyn se rend pour la première fois sur le plateau et tourne 90 minutes de rushes contre l'avis du docteur Siegel. Elle est prise d'un malaise et est évacuée du studio. Elle retrouve l'équipe et tourne pendant trois jours au début du mois de mai des scènes autour d'une piscine.
Profitant d'une pause déjeuner elle quitte une nouvelle fois le tournage, malgré l'interdiction des studios, pour assister à l'anniversaire de John F. Kennedy à New York au cours duquel elle interprète le célèbre Happy Birthday, Mister Président. Jacqueline Kennedy s'oppose à sa venue à la fête privée de son mari et préfère se retirer en Virginie en compagnie de ses enfants.
L'actrice retourne à Hollywood tourner ses scènes qui « enchantent » les patrons de la Fox. Malgré plusieurs jours de prises sans difficultés, elle montre des signes de nervosité et n'arrive pas à apprendre son texte ce qui irrite Cukor qui finit par s'emporter violemment contre elle. Le 1er juin, jour de son 36e anniversaire, elle est de retour sur le plateau où une fête est organisée en fin de journée en son honneur : ce sera sa dernière apparition professionnelle. Le 7, la Fox organise des fuites à destination de la presse, indiquant que Marilyn est renvoyée et que « Kim Novak et toutes les autres actrices, d'Hollywood et d'ailleurs », ont été contactées pour la remplacer. Le studio attaque Marilyn et lui réclame 500 000 US$. Peter Levathes, qui dirige la production à la Fox, déclare à l'attention de la star : « Le star-system a perdu tout contrôle. Nous avons laissé les fous diriger l'asile et ils l'ont quasiment détruit. »

Marilyn dans Niagara (1953)
Cependant, Novak et Shirley MacLaine déclinent l'offre de reprendre son rôle. Le studio annonce officiellement que Lee Remick est finalement choisie. Dean Martin s'y oppose et refuse de reprendre le tournage sans Marilyn. La Fox lui intente alors un procès et lui réclame également 500 000 US$ pour rupture de contrat. L'équipe du film est peu de temps après suspendue. Cyd Charisse attaque alors Dean Martin en justice à son tour et lui réclame 14 000 US$ de dommages et intérêts pour manque à gagner. De leur côté, les dirigeants de la Fox augmentent les charges dans leur procès contre Marilyn et lui réclament dorénavant 750 000 US$. Le 19 juin, le studio se retourne à nouveau contre Dean Martin, les avocats de la Fox lui réclamant 3 339 000 US$. L'acteur contre-attaque et intente en retour un procès à la Fox pour 6 885 000 US$ de dommages et intérêts. L'affaire fait la une des journaux, certains titres reprennent même les propos de l'acteur : « No Marilyn, no picture! ». Un an après, les poursuites sont abandonnées.
Des négociations sont immédiatement engagées : le 20, la Fox annonce la reprise du tournage sous peu. Marilyn, dans le cadre d'une campagne de relations publiques pour restaurer son image auprès du grand public, participe à des séances photos avec plusieurs photographes de premier plan et des interviews avec de grands magazines. DiMaggio et elle évoquent un remariage et une date est même arrêtée : le 8 août 1962. D'autres projets de films sont discutés comme I Love Louisa et The Jean Harlow Story. Son différent avec la Fox est résolu et son contrat est renouvelé. Something's Got to Give devait reprendre au début de l'automne. Peter Levathes se rend chez elle pour une réunion de conciliation. À l'issue de l'entrevue, Marilyn obtient l'assurance d'un nouveau scénario, l'abandon des poursuites à son égard, le renvoi officiel de George Cukor et son remplacement par Jean Negulesco qui avait réalisé Comment épouser un millionnaire ainsi qu'un nouveau contrat d'un million de dollars portant sur deux films : 250 000 US$ pour terminer Something's Got to Give et 750 000 US$ pour un autre film a déterminer.
Fin juillet, déprimée, elle confie à sa coiffeuse qu'elle vient de subir un avortement. Au moins deux médecins lui ont prescrit de nombreuses ordonnances pour des somnifères la dernière semaine de sa vie.
Le vendredi 3 août est consacré à de nombreux appels téléphoniques professionnels et privés, et des rencontres avec son psychiatre et avec son amie Pat Newcomb. Le samedi est identique : appels téléphoniques, travail dans le jardin avec le docteur Greenson et balade sur la plage avec l'acteur Peter Lawford, beau-frère des Kennedy. Certains témoignages la décrivent sous l'influence de tranquillisants. À 19h45, elle a encore une conversation téléphonique avec Lawford, où elle semble déprimée et confuse. Il rappelle un peu plus tard mais la ligne est en dérangement. Il passe plusieurs appels à des proches pour la joindre tout de même. Finalement jointe, Eunice Murray, la gouvernante engagée à la demande du docteur Greenson, indique que tout va bien : il est alors 20h30. Selon Donald Spoto auteur d'une biographie de Marylin, à ce moment elle est déjà morte ou en train de mourir de surdosage.
Marilyn Monroe meurt dans la nuit du 4 au 5 août 1962. Près de cinq heures se sont écoulées entre l'heure estimée du décès et le coup de téléphone des Greenson, aux côtés de Mrs. Murray et du docteur Engelberg, à la police. Après enquête, le médecin légiste de Los Angeles notera sur son dossier : « Suicide probable. » Sa mort ne sera jamais élucidée.
Marilyn est inhumée le 8 août 1962 au Westwood Memorial Cemetery de Los Angeles. C'est sa demi-sœur, Bernice Miracle, avec l'aide de Joe DiMaggio, qui organise les funérailles auquelles ne sont pas présent malgré leurs protestations ses amis stars tel que Dean Martin ou encore Frank Sinatra. Bouleversé, son ex-mari se penche sur son cercueil et murmure à trois reprise « Je t'aime. » La cérémonie prend fin avec l'un des airs préférés de Marilyn Over the Rainbow interprété par Judy Garland.
Marilyn Monroe, qui a tourné dans trente films, a alors trente-six ans.
Source Wikipédia.
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CHARLIE CHAPLIN.

Charlie Chaplin
Charlie Chaplin (Charles Chaplin), de son vrai nom Sir Charles Spencer Chaplin, Jr., est un acteur, réalisateur, producteur, scénariste, écrivain et compositeur anglais né à Londres le 16 avril 1889, et décédé le 25 décembre 1977 à Vevey, en Suisse. Par son jeu de mime et de clownerie, il a su se faire remarquer, et devenir un des plus célèbres enfants de la balle dans le cinéma hollywoodien. Il a énormément influencé d'autres interprètes dans le monde du cinéma.
Charlie Chaplin fut l'une des personnes les plus créatives dans l'ère du cinéma muet. Réalisateur, scénariste, producteur, monteur, et même compositeur de ses films, sa carrière durera plus de soixante-cinq ans, du music-hall en Angleterre, jusqu’à sa mort, en Suisse.
Son personnage Charlot, pour les francophones, The Tramp (le vagabond) dans les pays anglo-saxons, apparaît pour la première fois dans Kid Auto Races at Venice, le 7 février 1914. C'est un sans domicile fixe qui a des manières raffinées dignes d'un gentleman, muni d'une canne de bambou, coiffé d'un chapeau melon, vêtu d'une veste étriquée et d'un pantalon qui tombe sur des chaussures trop grandes. Cette allure lui vaudra la réputation de « vagabond » misérable et roué, asocial et obstiné, révolté et sentimental.

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Il fut fortement inspiré par l'acteur burlesque français Max Linder : tous deux choisiront un costume bien à eux. Mais Max Linder, au contraire de Charlie Chaplin, ne se fera pas représenter comme une victime de la société. La vie publique et privée de Charlie Chaplin fera l'objet d'adulation, comme de controverse.
Biographie
Né à East Lane dans le quartier de Walworth, un quartier très pauvre de Londres, le 16 avril 1889, quatre jours avant Adolf Hitler, Charles Spencer Chaplin est le fils de Charles Chaplin et de Hannah Hill (connue sous le nom de scène Lili Harley), tous deux artistes de music-hall. Il fut baptisé à l'Église d'Angleterre, mais il sera plus tard agnostique. Il n'a qu'un an lorsque son père part en tournée aux États-Unis. Il aura alors plusieurs demi-frères, l’un plus vieux que lui (Sydney Chaplin, en 1885 d’une relation avec Sydney Hawkes), l’autre plus jeune (Wheeler Dryden né en 1892 et ayant pour père Léo Dryden et lui-même père du musicien Spencer Dryden). Lorsqu'il revient des États-Unis, Chaplin senior découvre la nouvelle situation conjugale et abandonne sa famille, Charles Spencer n'avait alors que trois ans. La misère s'installe au foyer : Hannah, atteinte d'une maladie mentale, est internée dans un hôpital psychiatrique en juin 1894. Charlie et ses frères sont alors placés dans un orphelinat, à Hanwell. Deux mois plus tard, la mère de Chaplin obtient son congé de l'hôpital. Quelques années plus tard, Hannah sera de nouveau admise à l'hôpital et y restera, cette fois, huit mois. Pendant ce temps, Charlie vécut avec son père et sa belle-mère alcooliques, dans un environnement intenable pour un enfant, dont les souvenirs inspireront Le Kid.
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À cinq ans, Chaplin monte sur scène pour remplacer au pied levé sa mère qui ne peut plus chanter, victime d'une extinction de voix. C'est sa première apparition sur scène. Puis, en 1896, son père, ne trouvant plus d'engagement, sombre dans l'alcoolisme avant de mourir à l'âge de 37 ans, d'une cirrhose du foie.
Le frère de Charlie, Sydney, s'en va du foyer parental pour travailler dans la navigation. Charles Spencer est alors seul avec sa mère. Entre neuf et douze ans, c'est grâce à son frère que Charlie entame une carrière d'enfant de la balle dans la troupe des Eight Lancashire Lads. Puis, il obtient à partir de 1903 une succession de contrats au théâtre, et en 1908, il est engagé dans la troupe de Fred Karno, alors le plus important impresario de spectacles avec des sketches. Il y rencontre le futur Stan Laurel. Au cours d'une tournée de la troupe en Amérique, la compagnie Keystone lui adresse une proposition de contrat qu’il accepte : l'aventure commence.
Les danses de l’époque étaient rapides et les films mis en boîte en quelques heures. Ne supportant pas les pressions dues à ces temps très brefs, Chaplin s'adapte très mal aux conditions de travail de la compagnie, à tel point que les incidents avec les metteurs en scène sont fréquents. Sur les ordres de Mack Sennett qui lui demande de se créer un maquillage au pied levé, il crée en 1914 le personnage raffiné de Charlot le vagabond, et recentre tout son comique autour du nouveau personnage et de sa silhouette qu'il inaugure dans Charlot est content de lui (1914). Dès cette première apparition, le public et les commandes des distributeurs affluent. Mécontent du travail des réalisateurs, Chaplin prend en main, à partir de juin 1914, la mise en scène de ses films. L'ascension est alors fulgurante.
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Ses salaires décuplent d'année en année, il change régulièrement de studio (Essanay, Mutual Company). En 1916, il signe un contrat de distribution d’un million de dollars avec la First National, qui lui laisse la production et la propriété de huit films prévus. Il fait alors immédiatement construire son propre studio dans lequel il réalise 9 films dont Une vie de chien, Le Kid et Charlot soldat.
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En 1919, un vent de révolte souffle sur Hollywood où les acteurs et cinéastes se déclarent exploités ; Chaplin s'associe alors à David Wark Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks pour fonder la United Artists. Son premier film pour sa nouvelle firme sera L'Opinion publique (1923). Puis, Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale comme dans La Ruée vers l'or (1925).
Charlie Chaplin et Jackie Coogan dans Le Kid
Le cinéma parlant

Charlot, le personnage principal de Charlie Chaplin
Il conjugue tout cela dans Les Temps modernes (1936), le dernier film muet de l'histoire et l'un des plus célèbres, sinon le plus célèbre, de son auteur. Il n'intègre que quelques scènes dialoguées, l'essentiel du film restant muet. Il prouve à ses détracteurs qu'il faut encore compter avec lui et que le parlant n'est pas un problème. Après de multiples emplois, Charlot est engagé dans un restaurant. Il doit chanter, mais le trac le paralysant, il oublie ses paroles. Le personnage joué par Paulette Goddard les lui copie sur ses manchettes. Malheureusement, lors de son entrée, il envoie valser ses antisèches. Il balance un charabia incompréhensible (mélange de sonorités françaises et italiennes), assortie d'une pantomime qui fait rire l'assistance. Charlot s'en sort avec le langage du clown. Cette scène est un évènement: pour la première fois, le public du monde entier peut entendre la voix de son personnage fétiche. Ce film est également l'ultime apparition à l'écran de Charlot. Il parle aussi de la difficulté du travail à la chaîne qui rend fou la plupart des employés, dont lui dans ce film, ce qui l'emmène à l'hôpital psychiatrique.
Retranscription des paroles de la chanson de Charlot dans Les Temps Modernes :
« Se bella piu satore, je notre so catore,
Je notre qui cavore, je la qu’, la qui, la quai!
Le spinash or le busho, cigaretto toto bello,
Ce rakish spagoletto, si la tu, la tu, la tua!
Senora pelefima, voulez-vous le taximeter,
La zionta sur le tita, tu le tu le tu le wa! »
En 1940, il tourne Le Dictateur. Il répond, par moustache interposée[10], à Hitler et s'insurge contre la dictature qui empoisonne l'Europe. Hitler et Mussolini sont tournés en dérision, et deviennent Hynkel et Napoleoni. L'ambassadeur allemand aux États-Unis fait pression pour interdire le tournage et tout Hollywood, craignant des répercussions, demande à Chaplin de renoncer à son projet. Mais le cinéaste reçoit le soutien du président Franklin Roosevelt, lequel l'invitera, quelques semaines après la sortie du film, à la Maison Blanche, pour s'entendre réciter le discours final. Le film est interdit sur tout le continent, mais une rumeur circule : Hitler l'aurait vu, en projection privée. En France, il ne sortira qu'en 1946. Cette fois-ci, Chaplin est définitivement entré dans l'ère du cinéma sonore... et signe l'arrêt de mort du petit vagabond.
« Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. (...)
Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié... »
Discours du barbier juif extrait du Dictateur (1940). Ce film fait preuve de tant de clairvoyance que l'on pourrait penser qu'il a été réalisé après la Shoah. La confusion fut entretenue entre autres par le FBI qui commençait tous ses rapports comme suit : Israël Thonstein alias Charles Chaplin. En fait, le Who’s Who de la communauté juive américaine avait auparavant affirmé que Chaplin était issu d’une famille nommée Thonstein, émigrée d’Europe de l’Est et établie à Londres depuis 1850.
En 1943, alors qu'il vient de se marier pour la quatrième fois, il est victime d'un procès en reconnaissance de paternité que lui intente l'actrice Joan Berry et qui défraie la chronique. En 1946, Chaplin tourne son film le plus dur, Monsieur Verdoux.

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Orson Welles propose à Chaplin un scénario basé sur l'affaire Landru. Chaplin se l'approprie, réécrit le scénario, en y incorporant une critique du monde de l'Après-guerre et de ses dégâts économiques et sociaux. Pour éviter tout malentendu avec Welles, qui a écrit la première mouture du scénario, il lui propose 5 000 dollars et sa mention au générique. Ce que le cinéaste, en délicatesse financière, accepte. Une fois encore, Chaplin livre un message empreint de cynisme mais également d'humanisme. En 1950, il vend la quasi-totalité de ses parts à la United Artists et travaille aux Feux de la Rampe où il décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance.

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Ses propres enfants apparaissent comme figurants et Chaplin tient le premier rôle. Le film sort en 1952 à Londres et vaut un triomphe à son auteur. L'une des plus belles scènes du film se trouve vers la fin : Buster Keaton joue un pianiste et Chaplin un violoniste. Mais rien ne se déroule comme prévu car Keaton a des problèmes avec ses partitions et son piano et Chaplin doit se battre avec les cordes de son violon. Grand moment de comique burlesque avec ces deux géants d'une époque révolue. Chaplin aurait même supprimé des scènes de Keaton qui auraient été plus comiques que les siennes au tournage. Il faut noter, que sur des paroles de Jacques Larue, c'est Chaplin qui a écrit la musique de la chanson du film Deux petits chaussons.
Victime du Maccarthisme (son nom figure sur la "liste noire"), il est harcelé par le FBI en raison de ses prétendues opinions de gauche qu'il a pourtant toujours niées, se présentant comme un "citoyen du monde". Pour cette raison, il se voit refuser le visa de retour lors de son séjour en Europe pour la présentation de son film. Il renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu’à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix international de la paix en 1954, il tourne à Londres Un roi à New York (1957) où il ridiculise la “Chasse aux sorcières” menée dans l'Amérique de la Guerre froide. En 1967, il tourne son dernier film, en couleur, La Comtesse de Hong-Kong, avec Sophia Loren, Marlon Brando et Tippi Hedren, dont l'action se déroule sur un paquebot et où il ne tient qu'un petit rôle : celui d'un steward victime du mal de mer.
Au cours des années 1970, le monde entier lui rendra hommage : Prix spécial au Festival de Cannes en 1971 (Festival où Jacques Duhamel, alors ministre des Affaires culturelles, le fit commandeur de l'ordre national de la légion d'honneur), Lion d'or à la Mostra de Venise, anoblissement par la reine d'Angleterre, Oscar spécial... Fêté et adulé, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint au matin de Noël, ultime pied-de-nez, le 25 décembre 1977. Début mars 1978, sa tombe est violée et sa dépouille est dérobée. De nombreuses demandes de rançon plus ou moins farfelues sont adressées à la famille Chaplin. Le corps du cinéaste sera retrouvé quelques semaines plus tard, et les deux malfrats qui l'avaient enlevé seront condamnés pour tentative d'extorsion de fonds.
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Chaplin rend visite à la famille de Gandhi.
Vie privée
Charlie Chaplin épousa Mildred Harris en 1918, Lita Grey en 1926, Paulette Goddard en 1936, toutes trois ses partenaires à l'écran, et Oona O'Neill, fille de l'auteur dramatique Eugene O'Neill, en 1943.
Ses mariages ont défrayé la chronique américaine, en effet il a 29 ans quand il se marie avec Mildred Harris, qui en a 15 ; il en a 35 quand il épouse Lita Grey qui a 16 ans ; il a 47 ans quand il convole avec Paulette Goddard qui en a 22 ; il a 54 ans lors de son mariage avec Oona O'Neill qui en a 18. Il aura huit enfants avec sa dernière épouse.
Du muet au parlant…
Le monde de Chaplin et surtout celui de son personnage Charlot est celui du muet. Cependant, avec l'arrivée du parlant, Chaplin a dû faire un choix et opérer un passage du muet au sonore, puis au parlant.
C'est dans Les Lumières de la ville que Chaplin débute ce passage au sonore. Il utilise une bande son qu'il a lui-même composée et quelques effets de bruitage. Cependant, comme le dit Michel Chion, il s’agit tout de même d’un «véritable manifeste pour la défense du muet». Dès le départ, le titre du film le place sous le signe du visuel : la lumière.
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De nombreuses scènes se font également sous le signe de la révélation visuelle (dévoilement des statues et la scène finale où la jeune femme reconnaît Charlot) et de voyeurisme (Charlot regardant une statue de femme nue). Choisir le sujet d'une jeune aveugle aurait pu permettre à Chaplin de travailler sur le monde du son. Or, s'il y a une chose qui n'est pas sonore, c'est bien le moment où le bruit de la portière fait croire à la jeune aveugle que Charlie est un millionnaire - gag qui a nécessité plusieurs mois d'élaboration, et plusieurs interruptions de tournage . Le bruitage se veut également un pied de nez au parlant. Lors de la scène de l'inauguration des statues, les seuls sons qui sortent de la bouche des officiels sont « quelques bêlements de saxophone à peine synchronisés avec le mouvement des lèvres » , qui invoquent la banalité du discours. De plus, lorsqu'un homme mange le savon de Charlie et que celui-ci se met à le disputer, tout ce qui sort de sa bouche sont des bulles de savon, comme si toute parole était vaine.
Lorsque Chaplin débute le tournage des Temps Modernes (1936) en parlant, il se rend compte bien vite qu’il s’y perd. Il décide de brûler sa pellicule et de tout recommencer depuis le début. Même si son film est musicalisé à 90%, il reste muet, continuant d’avoir recours aux cartons pour les dialogues. Cependant, les intrusions de sons réalistes se font de plus en plus nombreuses : sons de machines, mais surtout, apparition de voix. Les premières lignes de dialogues sont retransmises par des machines : par le circuit de surveillance, par le gramophone et par une radio. D’ailleurs, la première voix entendue (celle du patron) est menaçante et toute puissante, provoquant l’esclavage des employés. Les autres voix, celles émises directement par les bouches des personnages, continuent à ne pas se faire entendre et sont retransmises par des cartons. La seule fois où on entend réellement un personnage parler « en direct » est également la première fois où l’on entend la voix de Chaplin. Cependant, même si celui-ci essaie d’avoir un langage articulé, il baragouine, ayant oublié les paroles de sa chanson : « c’est comme le langage à la naissance » , langage que Chaplin développera dans les prochains films.
Vérone - Artiste feignant d'être une statue de Charlie Chaplin
Dans Le Dictateur, contrairement aux Lumières de la ville, le titre fait appel au monde de la parole. Même si le film est presque entièrement parlant et renonce définitivement aux cartons du muet, Chaplin ne renonce pas encore au langage de la pantomime. De surcroît, il s’agit du film où la « question du discours, de la parole retransmise est posée avec la plus grande virulence » . Le film sera donc divisé entre deux discours importants : celui de Hynkel et celui du barbier. Celui de Hynkel sera ridiculisé par un charabia agressif (mélange de yiddish, d'allemand et d'anglais), créant ainsi un « "espéranto" noir, un charabia au jappement glapissant ponctué de borborygmes et de hoquets » . Le deuxième discours, celui où le barbier prend finalement la parole à la fin du film est également très important. Tout au long du film, le barbier s'est contenté de dire oui et non, de hocher de la tête. Il ne parle pas. Cependant, la finale du film l’obligera à prendre la parole, alors qu’un officier lui dit : « Le monde attend vos paroles ». À cela, il répondra qu’il ne peut pas. Cependant, Schutlz lui rappellera qu’il n’a pas le choix : « Vous devez parler, c’est notre seul espoir ». Ce n’est donc pas Charlot, ni le barbier qui se lève : c’est Chaplin qui prendra sa place et qui prononcera le discours, reprenant la parole à Hitler, substituant le Logos à ses éructations animales.
Pour compléter sa transition au parlant, Chaplin a dû renoncer au personnage du vagabond et adopter un personnage anti-Charlot : Verdoux. Comme le dit André Bazin, « il n’est pas un trait de Charlot qui ne soit en Verdoux retourné comme les doigts d’un gant » . Et à la fin lorsque l’homme se dirige vers l’échafaud, "Vient alors le gag sublime, informulé mais évident, le gag qui résout tout le film : Verdoux c'était lui ! Ils vont guillotiner Charlot. Les imbéciles ne l'ont pas reconnu". C’est donc la mort d’un personnage, mais également la mort définitive du muet.

Paulette Goddard et Charlie Chaplin dans Le Dictateur
Engagement politique
Chaplin s'engage politiquement dans certaines de ses œuvres, véritables caricatures de la société des années 1930. Des films comme "Les temps modernes" ou "Le dictateur" décrivent respectivement une critique de la société de consommation de masse et du travail à la chaîne, et une critique des régimes politiques dictatoriaux et fascistes qui s'installent en Europe. On peut donc affirmer l'engagement politique de Charlie Chaplin dans la société de son époque. Charlie Chaplin était surtout d'après certains textes du côté gauche. Il a été accusé de prendre des positions communistes aux états-unis ce que lui a valu des enquêtes du FBI et ce fut l'une des causes de son exil en Suisse. Dans son autobiographie, il juge sévèremment les artistes qui se convertissent en politicien.

Statue en bronze de Chaplin à Vevey (Suisse)
Mariages
Charlie Chaplin a été marié à quatre reprises;
- Mildred Harris de 1919 à 1923.
- Lita Grey de 1924 à 1927, ils ont deux fils, Charles Chaplin Jr. et Sydney Chaplin
- Paulette Goddard de 1936 à 1942
- Oona O'Neill de 1943 jusqu'à la mort de Chaplin en 1977, ils ont huit enfants, dont l'actrice Geraldine Chaplin.
Controverses
Il n'existe aucune indication d'une ascendance juive de Chaplin, cependant tout au long de sa carrière, il y eut des controverses sur ses possibles origines juives. Dans les années 1930, la propagande nazie l'a constamment déclaré juif (sous le nom de Karl Tonstein) en se fondant sur des articles publiés antérieurement dans la presse américaine; les enquêtes du FBI sur Chaplin à la fin des années 1940 ont également mis l'accent sur ses origines ethniques. Les fantasmes sur la domination juive de l'industrie cinématographique sont probablement à l'origine de cette controverse. Durant toute son existence, Chaplin a farouchement refusé de contester ou de réfuter les déclarations affirmant qu'il était juif, en disant que ce serait « faire directement le jeu des antisémites ». En fait, baptisé dans l'Église anglicane, Chaplin est généralement considéré comme agnostique.
Victoires
Comme Orson Welles, Alfred Hitchcock, ou Cary Grant, Charlie Chaplin n'a jamais reçu la célèbre statuette, sinon le prix honorifique. L'Oscar du meilleur acteur, ou l'Oscar du meilleur réalisateur ne lui a jamais été décerné ... Il a toutefois reçu un Oscar de la meilleure musique de film en 1952 pour Les Feux de la rampe (qui est le seul film réunissant Charlie Chaplin et Buster Keaton).
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Durant sa carrière, Charles Spencer Chaplin reçut deux Oscars d'honneur. Le 16 mai 1929, lorsqu'il gagna le premier, la procédure de vérification des votes n'était pas encore en place, peut-être cela influença-t-il cette victoire ... Avant cette consécration, il avait été nommé comme meilleur acteur, meilleur réalisateur. Ce n'est que quarante-quatre ans plus tard, en 1972, qu'il remporta l'autre Oscar d'honneur. C'est lors de la réception de ce prix que Charlie Chaplin reçut la plus longue ovation du public de l'Académie Award, elle dura cinq minutes !
Il sera aussi nommé pour l'Oscar du meilleur film, l'Oscar du meilleur acteur et pour l'Oscar du meilleur scénario original. Durant toute sa carrière, Charlie Chaplin avait avoué son dédain envers l'Académie Award. Son fils, Charles Jr., écrira que son père avait provoqué la colère de l'Académie en 1930.
Caricature de Charlie Chaplin par Greg Williams (1990)
Récompenses
- 1925 : prix du Meilleur Film Étranger pour La Ruée vers l'or au Kinema Junpo Awards
- 1929 : Oscar d'honneur pour Le Cirque
- 1940 : prix du Meilleur Acteur pour Le Dictateur au New York Film Critics Circle Awards
- 1949 : prix du Meilleur Film Américain au Bodil Awards pour Monsieur Verdoux
- 1953 : prix du Meilleur Film Étranger au Blue Ribbon Awards pour Monsieur Verdoux
- 1953 : prix du Meilleur Film pour Les Feux de la rampe au Sindicato nazionale italiano dei giornalisti di film
- 1953 : prix du Meilleur Film Étranger pour Monsieur Verdoux au Kinema Junpo Awards
- 1959 : prix d'honneur au Bodil Awards
- 1961 : prix du Meilleur Film Étranger pour Le Dictateur au Kinema Junpo Awards
- 1972 : Oscar d'honneur : Pour son influence sur la réalisation de films de son siècle
- 1972 : prix du gala au Film Society of Lincoln Center
- 1972 : À la Mostra de Venise, il a gagné le Lion d'Or en récompense de sa carrière
- 1973 : Oscar de la meilleure musique de film
- 1974 : prix d'honneur à la Directors Guild of America
- 1974 : prix de la Meilleure Réalisation pour Les Temps modernes au Jussi Awards
- 1977 : Au British Academy of Film and Television Arts, il a obtenu les amitiés de l'académie (Academy Fellowship)
- 2001 : Monsieur Verdoux a été visionné au Festival de Cannes 2001 pour une rétrospective sur la vie de Chaplin
- 2003 : Les Temps modernes a clôturé le Festival de Cannes 2003
- 2008 : Prix Henri-Langlois d'honneur (prix remis à Eugène Chaplin, son fils, Dolorès Chaplin et Charly Sistovaris, ses petits enfants)
Nominations
- 1941 : Nommé pour l'Oscar du meilleur acteur avec Le Dictateur
- 1947 : Nommé pour l'Oscar du meilleur scénario original avec Monsieur Verdo
- 1941 : Nommé pour l'Oscar du meilleur acteur avec Le Dictateur
- 1941 : Nommé pour l'Oscar du meilleur film avec Le Dictateur
- 1941 : Nommé pour l'Oscar du meilleur scénario originalux
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L'étoile de Charlie Chaplin sur la Walk of Fame
Source Wikipédia.
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CUISINE THAÏLANDAISE.
La cuisine thaïlandaise ou cuisine Thaïe, bien que semblable en certains points avec celle de ses voisins Chinois, Indiens et Birmans, se démarque beaucoup dans des saveurs et ingrédients originaux : curry, menthe, citronnelle, coriandre, basilic rouge. Pimentée à l'excès pour le palais occidental et presque toujours accompagnée de sauces ou fumets de poisson dont la plus connue se nomme « nam pla », elle rencontre un succès international croissant.

Salade thaï servie à Bangkok
Spécificités régionales
La cuisine thaie n'est pas uniforme d'un bout à l'autre du pays. Ainsi, les plats du Sud, comme le curry jaune et le curry de rognons et poissons, sont les plus relevés. Dans les plaines du centre, la nourriture est plus douce, tel le sauté de poulet aux feuilles de basilic. Au Nord, on retrouve une grande influence de la cuisine birmane, tel que dans le célèbre potage au curry et nouilles, le khao soi. Quand au Nord-Est, sa cuisine est dérivée de la cuisine laotienne et, bien que considérée à l'origine comme une cuisine paysanne, elle gagne de plus en plus en popularité et certains délices comme la salade de papaye ou le som tam sont connus et appréciés au-delà de ses frontières.
Autrefois, les Thaïlandais n'utilisaient ni cuillères, ni fourchettes, ni couteaux et mangeaient avec les doigts le repas posé sur une natte. De nos jours, ils se servent principalement de cuillères et fourchettes et n'utilisent les baguettes que pour manger les nouilles d'accompagnement.
Les Thaïlandais mettent l'accent sur les fruits au dessert. Ils les découpent selon une multitude de formes (animaux, étoiles, etc.) et les disposent de façon attrayante au milieu des invités pour finir les repas en beauté.
Quelques exemples de plats thai
- Khao phat : riz frit
- Pad Thaï : nouilles de riz souvent accompagnées d'oeuf, carottes et autre viande et légumes
- Phak bung phat : légumes frits variés
- Nua phat nam man hoi : bœuf frit à la sauce d'huîtres et aux oignons
- Kaeng chut : soupe de légumes aux crevettes ou au porc
- Tom yam : soupe aigre-douce au porc, poulet ou poisson
- Tom yam kung : soupe de crevettes à la citronnelle
- Kuai tiao haeng : nouilles à la viande et légumes émincés et épicés.
- Kuai tiao phat siiu : nouilles frites avec viande, légumes, œufs.
- Kam pu tot : crabes frits
- Kai yang : poulet grillé
- Hu cha lam sai pu : aileron de requin au crabe.
- Sizzling : poulet ou bœuf aux légumes sautés et sauce sucrée et piquante
- Jen ta fo : nouilles à la sauce de tofu rouge
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CULTURE THAÏLANDAISE.
La culture thaïlandaise, influencée par le bouddhisme et l'hindouisme, est très ancienne. Elle partage de nombreux points communs avec celle des pays voisins (Laos, Cambodge et Myanmar). L’afflux répété des immigrants chinois a également eu une grande influence.
Arts
L’art visuel thaï a été influencé par le bouddhisme. L’art contemporain combine toujours à la fois des éléments traditionnels et des techniques modernes.
La littérature thaïlandaise est influencée par la culture indienne. Il est notable qu’elle possède la version Ramayana de l’Inde appelée le Ramakien, écrit par les roi Rama I et Rama II, et aussi le grand poète thaïlandais Sunthorn Phu.
Le théâtre thaïlandais est différent de celui des autres pays car le rôle de la danse thaïe y est primordial. Il est divisé en trois types : Khon, Lakhon et Likay, ce dernier étant la forme la plus populaire.
Religions
95% des Thaïlandais sont bouddhistes, 4,6% des musulmans, 0,7% des chrétiens et le reste de diverses religions[1]. Le lieu de pèlerinage brahmaniste joue un rôle important dans la religion traditionnelle thaïe, influencé par l'Inde.
Coutumes
Une des coutumes thaïes est le « Wai », geste de salutation très semblable au Namaste des Indiens. Utilisé pour le bonjour, l’adieu, il apparait sous différents styles qui ont tous la même signification : normalement un thaï fait une «révérence» avec les mains comme geste de prière.
Les démonstrations d’affection en public sont courante entre amis mais très peu entre homme et femme. Par conséquence, il est très rare de voir des couples s’embrassant ou se tenant les mains.
Toucher la tête de quelqu’un ou placer le pied au niveau de la tête de quelqu’un est considéré comme impoli. En effet, les thaïlandais considèrent que le pied est une partie sale et grossière du corps, alors que la tête est une partie noble et élevée. Cela a influencé la manière de s’asseoir des thaïs ; les pieds sont disposés sur le côté du corps, un peu cachés, en évitant de les montrer aux autres. Montrer ou toucher les choses avec le pied est considéré comme une action vulgaire.
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Offrande à un bonze
Il est ainsi considéré comme extrêmement impoli de poser le pied sur les monnaies thaies, parce qu’on y voit l’image de la tête du roi. Semblablement, au temple, il faut éviter de montrer le pied devant le Bouddha.
L'usage veut aussi que les thaïlandais ôtent leurs chaussures avant d’entrer dans une maison et franchissent le seuil sans y poser le pied.
De nombreuses coutumes thaïes sont liées à la position des moines dans la société. Ceux-ci ne doivent pas entrer en contact physique avec une femme. Pour leur faire des offrandes, celles-ci placent leurs dons directement dans leur bol, à leurs pieds ou sur un tissu placé sur une table ou par terre. Dans les temples, les moines vont s’asseoir sur la plate-forme la plus élevée.
Cuisine
La cuisine Thaïlandaise mélange de nombreuses saveurs :
- sucré : du sucre, des fruits, des poivrons
- épicé : des piments
- aigre : du vinaigre, des citrons, des tamarins
- salé : de la sauce de soja, de la sauce de poisson
Curry rouge thaï
Mariage
Le mariage thaï est une cérémonie religieuse. Les couples demandent la bénédiction des moines au temple local avant de se marier. Généralement, ils demandent aux moines leur horoscope et le jour propice au mariage.
Le mariage traditionnel thaï débute par la révérence du couple devant une image de Bouddha. Ils récitent en même temps les chants de la prière bouddhiste, avant d'allumer de l’encens et des bougies devant l'image. Les parents des futurs mariés les unissent alors en plaçant sur la tête de chacun d’eux un cordon en forme de couronne reliée entre elles, pour symboliser le lien qui les unit. Le couple va ensuite offrir de la nourriture, des fleurs et des médicaments aux moines. De l'argent peut aussi être offert au temple.
Les moines commencent la prière en Pâli, avec l’intention de transmettre les aumônes et la bénédiction au couple en utilisant le cordon. Plus tard, le moine dirigeant va connecter celui ci au récipient d’eau pour le sanctifier. Cette manière de transmettre l’aumône via le cordon jusqu’à l’eau sanctifiée, est également utilisé pour le transmettre aux morts.
Le principe de la dot thaïe est connu sous le nom de « Sin Sodt » : Traditionnellement, l’homme paye une certaine somme à la famille de son épouse afin de compenser son départ du cercle familial. De cette manière, il lui prouve aussi qu‘il est capable d’entretenir financièrement leur fille.
Aujourd’hui, il existe aussi le mariage moderne, influencé par la culture occidentale. Il est accompagné d’une fête dans un hôtel, à la maison ou ailleurs. La nuit, après la fête, le couple est envoyé par ses parents, ses amis et ses proches dans une chambre d’hôtel ou dans sa nouvelle maison : il y trouve un lit décoré avec des pétales des roses et de petites choses romantiques pour sa nuit de noce.
Fêtes
Les fêtes les plus importantes sont célébrées au Nouvel an Thaï ou Songkran, du 13 au 15 avril. C’est le commencement de l’été en Thaïlande. Un rituel important de la célébration est le fait de jeter de l’eau. L’eau qu’on jette contient de l’eau ayant servi au nettoyage des bouddhas ; on asperge également de l’eau parfumée sur les mains des plus âgés. Une petite quantité de poudre parfumée à base de talc est utilisée pour la fête. Aujourd’hui, la fête de l’eau a intensifié l’utilisation des tuyaux, des tonneaux, des pistolets à eau pour les enfants et aussi des quantités de poudre.
Une autre fête est Loy Krathong, qui a lieu au 12e jour du calendrier lunaire thaï, souvent en novembre. Loy signifie flotter, Krathong est un petit radeau traditionnel qui est fait d’un morceau de bananier décoré de feuilles de bananier, de fleurs, de bougies, d'encens etc. On lance un petit radeau pour se débarrasser de ses mélancolies, de ses malheurs, de ses soucis, avant de commencer une nouvelle vie.
Loy Krathong à Nan, nov. 2007
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GÉOGRAPHIE DE LA THAÏLANDE.
Géographie de la Thaïlande
La Thaïlande est située en Asie du Sud-Est au bord du mer d'Andaman et du Golfe de Thaïlande au sud-est de la Birmanie. Sa situation centrale, contrôlant la seule route terrestre vers la Malaisie et Singapour, a largement influencé son développement et son histoire.

Relief
Le relief de la Thaïlande est caractérisé par de hautes montagnes, une plaine centrale et un haut plateau. Les montagnes couvrent la plus grande partie du nord du pays et longent la frontière birmane à travers l’isthme de Kra et la péninsule Malaise. La plaine du centre constitue le bassin du Ménam Chao Phraya et de ses affluents, qui se jette dans la baie de Bangkok, au nord du golfe de Thaïlande. À lui seul, le Chao Phraya draine un tiers du territoire thaïlandais. Au nord-est, le Mun draine le plateau du Khorat avant de se jeter dans le Mékong. À eux deux, les systèmes du Chao Phraya et du Mékong constituent la base de l’économie agricole du pays en fournissant des terres gorgées d’eau, propices à la riziculture, ainsi que des voies navigables permettant le transport de personnes comme de marchandises.
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Isthme de Kra

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Climat
Le climat de la Thaïlande est tropical dominé par la mousson. Les températures varient de 19° à 38° C en moyenne. La mousson de sud-ouest, qui s’installe entre mai et juin, annonce le début de la saison des pluies, qui dure jusqu’en octobre. La saison sèche est plus courte au sud en raison de la proximité de la mer. Les précipitations varient sensiblement d’une région à l’autre selon la latitude et le relief, mais les zones désertiques sont exceptionnelles. Le nord-est, avec une saison sèche plus longue et surtout un sol de latérite qui ne retient guère l’eau, a un potentiel agricole plus limité que le reste du pays.
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THAÏLANDE : ROYAUME D'AYUTTHAYA.
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Le royaume d'Ayutthaya a été un royaume thaï de 1350 à 1767. Le roi Ramathibodi I (Uthong) a fondé la ville (อยธยา) d’Ayutthaya à titre de capitale de son royaume en 1350 et a annexé (สุโขทัย) Sukhothai, 640 kilomètres au nord, en 1376. Au cours des quatre siècles suivants le royaume a pris de l’expansion pour devenir le Siam, dont les frontières étaient approximativement celles de la Thaïlande moderne, à l’exception du royaume Lannathai au nord. Ayutthaya était ouverte aux commerçants étrangers, y compris les Chinois, les Indiens, les Japonais et les Persans et plus tard les Portugais, les Espagnols, les Hollandais, les Britanniques et les Français, leur permettant d'installer des villages en dehors des murs de ville. La cour du Roi Narai (1656-1688) a tissé des liens très forts avec celle du roi Louis XIV de France, dont les ambassadeurs ont comparé la ville dans sa taille et sa richesse à celle de Paris.

Tête d'une statue de Bouddha envahie par un figuier au temple Wat Mahatat, dans le parc historique d'Ayutthaya
Aperçu historique
L'État siamois basé à Ayutthaya dans la vallée du fleuve (แม่น้ำเจ้าพระยา) Chao Phraya s'est développé à partir du royaume précédent de (ลพบุร) Lopburi, qu'il a absorbé et s’est agrandi vers le sud se déplaçant vers le centre de gravité des personnes de langue Thaï. U Thong était un aventurier prétendument descendu d'une riche famille marchande chinoise ayant des relations avec la royauté par les liens d’un mariage. En 1350, pour échapper à la menace d'une épidémie, il a déplacé sa cour au sud dans la riche plaine inondable du fleuve Chao Phraya. Sur une île dans le fleuve il a fondé une nouvelle capitale, qu'il a appelée Ayutthaya (son nom complet est Phra Nakhon Si Ayutthaya พระนครศรีอยุธยา), tiré du nom de la ville d’Ayodhya en Inde nordique, la ville du héros Rāma de l’histoire épique hindoue de Ramayana. Le roi U Thong a pris le nom royal de Ramathibodi (1350-1369).
Le roi Ramathibodi a essayé d'unifier son royaume. En 1360, il a déclaré le Bouddhisme theravāda la religion officielle d'Ayutthaya et a invité des membres d'une sangha, une communauté monastique bouddhiste du Ceylan à établir un nouvel ordre religieux et à propager la foi parmi ses sujets. Il a également compilé un code légal, basé sur le Dharmaśāstra indien (un texte légal hindou) et la coutume thaïe, qui sont devenus la base de la législation royale. Composée en pali, une langue indo-aryenne étroitement liée au Sanskrit, langue des scriptes bouddhistes Theravada, elle avait force d’injonction divine. Complété par des arrêtés royaux, le code légal de Ramathibodi est demeuré généralement en vigueur jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.
À la fin du XIVe siècle, Ayutthaya est considérée comme l'entité politique la plus puissante d'Asie du Sud-Est. Dans les dernières années de son règne, Ramathibodi a réussi à s'emparer d'Angkor. Son objectif était de sécuriser la frontière orientale du royaume en devançant les ambitions viêt sur les territoires khmers.
Toutefois, Ayutthaya a souvent dû envoyer des troupes pour mater des rébellions à Sukhothai ou mener des campagnes contre Chiang Mai, qui continuait de résister à son expansion.
Après la mort de Ramathibodi, son royaume est reconnu par la cour de Chine, maintenant sous la dynastie des Ming comme le successeur légitime de Sukhothai.
Ayutthaya n'était pas un État unifié mais plutôt un ensemble de principautés autonomes et de provinces tributaires qui prêtaient allégeance à son roi. Ces territoires étaient gouvernés par des membres de la famille royale. Ils avaient leur propre armée et guerroyaient souvent les uns contre les autres.
Le roi devait en permanence veiller à ce que les princes du sang ne s'allient pas entre eux contre lui, ou avec les ennemis d'Ayutthaya. Quand éclatait une querelle de succession, les princes rassemblaient leurs troupes et marchaient sur la capitale pour faire valoir leurs droits.
Durant une bonne partie du XVe siècle, Ayutthaya va consacrer son énergie à la péninsule malaise, où se trouvait Malacca, le port le plus important de l'Asie du Sud-Est. Malacca et les autres États malais au sud de l'ancien royaume de Tambralinga s'étaient progressivement convertis à l'islam au cours du XVe siècle. Les Thaïs échouèrent à soumettre Malacca, qui s'était mise sous la protection de la Chine.
Ayutthaya réussit néanmoins à contrôler l'isthme de Kra, où venaient les marchands chinois en quête de produits de luxe très prisés en Chine.

Temple Wat Mahatat, dans le parc historique d'Ayutthaya
Royauté thaïe
Les rois thaïs étaient des monarques absolus, représentants religieux et gouvernants du même siège. Leur autorité était assise sur des qualités idéales qu'ils pensaient posséder. Le roi était le modèle moral, qui personnifiait les vertus de son peuple, et son pays vivait en paix et prospérait en raison de ses actions méritoires. À Sukhothai, selon l’histoire, le roi Ramkhamhaeng entendait les pétitions de n'importe quel sujet qui sonnait la cloche de la porte du palais pour l'appeler, le roi était adoré en tant que père par son peuple. Mais les aspects paternels de la royauté ont disparu à Ayutthaya, où, sous l'influence khmère, la monarchie s'est retirée derrière un mur de tabous et de rituels. Le roi était considéré comme le chakkraphat, terme Sanskrit-Pali pour chakravartin qui par son adhérence aux lois, amène le monde à tourner autour de lui. Comme le dieu hindou Shiva qui est « le Seigneur de l'univers », le roi thaï est également devenu par analogie « le Seigneur de la terre », distingué dans son aspect et digne de ses sujets. Selon l'étiquette raffinée de la cour, une langue spéciale, Phasa Ratchasap, a été employée pour communiquer avec ou au sujet de la royauté.
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En tant que devaraja (mot sanskrit signifiant « le roi divin »), le roi est finalement devenu une incarnation terrestre de Shiva et est devenu l'objet d'un culte politico-religieux officié par un corps de Brahmans royaux qui faisait partie d’une escorte bouddhiste de la cour. Dans le contexte bouddhiste, le devaraja était un bodhisattva (un être éclairé qui, par compassion, renonce au Nirvāna afin d’aider les autres). La croyance dans la royauté divine a perduré au dix-huitième siècle, bien qu'à ce moment-là ses implications religieuses avaient un impact limité. L’abbé de Choisy, un Français qui est venu à Ayutthaya en 1685, a écrit que, « le roi a la puissance absolue. Il est vraiment le Dieu des siamois : personne n’ose prononcer son nom. » Un autre auteur du XVIIe siècle, le Néerlandais Van Vliet, souligne que le roi du Siam « a été honoré et adoré par les siens plus qu'un Dieu. »
Une des nombreuses innovations institutionnelles du roi Trailok (1448-1488) a été d’adopter la position de l'uparaja, traduite comme vice-roi ou prétendant au trône, habituellement tenu par le fils aîné ou le plein frère du roi, afin de régulariser la succession au trône, un exploit particulièrement difficile pour une dynastie polygame. En pratique, il y avait un conflit inhérent entre le roi et l'uparaja et de fréquentes contestations de successions.
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Développement social et politique
Le roi se trouvait à l'apex d'une hiérarchie sociale et politique fortement stratifiée à tous les niveaux de la société. L'unité de base de l'organisation sociale était la communauté de village composé de ménages de familles étendues. D'une façon générale, le chef de village, élu, pilotait les projets communaux. Il conservait les titres de propriété de la terre au nom de la communauté, bien que les propriétaires ruraux pussent la conserver aussi longtemps qu'ils la cultivaient.
Avec des réserves importantes de terre disponible pour la culture, la viabilité de l'État dépendait de l'acquisition et de la commande d’une main-d’œuvre à répartir entre le travail à la ferme et la défense. La primauté politique d'Ayutthaya nécessitait une guerre constante, car aucun des états dans la région ne possédant d'avantage technologique, le résultat des batailles était habituellement déterminé par la taille des armées. Après chaque campagne victorieuse, Ayutthaya déportait une partie des peuples vaincus sur son propre territoire, où ils étaient assimilées et ajoutés à la main-d’œuvre locale.
Chaque homme libre devait être enregistré en tant que domestique, ou "phrai", auprès du seigneur local, ou "Nai", pour le service militaire et les corvées de travaux publics sur la terre du fonctionnaire à qui il avait été affecté. Le phrai pouvait également remplir ses obligations de travail en payant un impôt. S'il trouvait le travail obligatoire sous son Nai trop pénible, il pouvait se vendre en esclavage à un Nai plus attrayant, qui payait alors une compensation au gouvernement pour la perte de travail de corvées. Pas moins d'un tiers de la main-d’œuvre au dix-neuvième siècle se composait de phrais.
Source Wikipédia.
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