LES BEATLES (2).
Le tournant de Rubber Soul
Un soir d'avril 1965, un ami dentiste de George Harrison et John Lennon charge leur café, ainsi que ceux de leurs épouse Cynthia Lennon et compagne Pattie Boyd avec une substance pas encore illicite : le LSD. Ils découvrent donc cette drogue sans l'avoir voulu, mais John va en devenir un gros consommateur pour au moins les deux années suivantes, tous vont l'essayer (Paul, très réticent, est le dernier à en prendre, en 1966, mais le premier à en parler à la presse), et d'une façon générale, la musique et les paroles des Beatles vont encore évoluer sous l'influence de cette substance hallucinogène.
À l'automne 1965, ils enregistrent un album charnière dans leur carrière : Rubber Soul, jeu de mots à partir de Rubber sole — semelle en caoutchouc —, Soul music — la musique de l'âme — et Plastic soul — âme influençable —. Les textes sont plus philosophiques, plus fouillés (la poésie de Lennon, l'influence de Bob Dylan déjà présente dans You've Got to Hide Your Love Away de l'album Help!), aux thèmes plus sérieux. Le disque est enregistré dans l'urgence, car il doit sortir pour Noël, en quatre semaines, du 12 octobre au 11 novembre 1965.
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La musique est devenue élaborée, les techniques d'enregistrement en studio sont en progression, le temps qui y est passé également. Leur immense succès est la garantie pour eux d'une liberté de plus en plus grande dans la création et la possibilité de bousculer les codes en vigueur (par exemple les horaires, ou le simple fait de pouvoir se déplacer de la salle d'enregistrement à la cabine, devant la table de mixage) dans les austères studios d'EMI. « C'est à cette époque que nous avons pris le pouvoir dans les studios » note John Lennon, ainsi que le contrôle total sur leur art.
Les locaux de ce qui s'appelle encore « studios EMI » (ils deviendront « Abbey Road » plus tard), fourmillent d'instruments en tous genres, jusqu'aux placards, et les jeunes musiciens dont l'esprit s'est ouvert en grand, intéressés désormais à toutes les formes de musique, commencent à tester et à intégrer les sons les plus divers dans leurs chansons. « On aurait pu emmener un éléphant dans le studio pour peu qu'il produise un son intéressant » raconte Ringo Starr.
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Les guitares de John Lennon
C'est ainsi que George Harrison, qui vient de s'acheter un sitar car il est tombé amoureux de la musique indienne en écoutant les disques de Ravi Shankar, est amené à l'utiliser spontanément sur la chanson Norwegian Wood (This Bird Has Flown) de John Lennon. Grande première dans le rock, belle réussite et porte grande ouverte, dans laquelle pourra s'engouffrer Brian Jones pour construire quelques mois plus tard le riff du tube Paint It, Black des Rolling Stones.
Rubber Soul se caractérise par une rupture, qui est celle de la « trame 4 périodes » typique des premières chansons des Beatles : un couplet, un autre couplet, un moment d'instrumental ou pont, une reprise du second couplet. Les Beatles, qui ne veulent pas devenir victimes d'un « procédé », rendent ici moins prévisible l'alternance de leurs parties chantées et vocales. Rupture encore : la quatrième chanson de Rubber Soul, Nowhere Man est la première chanson des Beatles ne parlant pas d'amour. Rupture toujours : il n'y a pas une seule reprise d'un quelconque standard du rock 'n' roll ou autre sur ce sixième disque des Beatles. Et il n'y en aura plus jamais…
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La technique d'écriture en tandem de John Lennon et Paul McCartney est alors à son apogée. Au quotidien ou quasiment, l'un amène une chanson dont la trame est plus ou moins avancée, l'autre y ajoute des paroles ou une idée musicale supplémentaire.
La chanson Girl plaît alors à une majorité — toutes générations confondues — et consacre les Beatles comme « musiciens » tout court et non « musiciens pour les jeunes ». In My Life est ce que John Lennon considère comme sa « première chanson parlant consciemment » de lui à la première personne et marque, tout comme Nowhere Man, son évolution vers des textes plus introspectifs et plus philosophiques.
Le chemin parcouru en trois ans est impressionnant. Les Beatles étaient au départ un groupe à l'harmonie vocale de qualité — leur maîtrise de la polyphonie n'a pas été étrangère à leur succès et a presque relégué aux oubliettes les précédents champions américains du genre, les Four seasons —, œuvrant dans la plus grande économie de moyens ; en 1965, la recherche instrumentale devient prépondérante. Les harmonies vocales restent cela dit bien présentes (Drive My Car, Nowhere Man, If I Needed Someone, The Word, Wait), et ils continuent à s'amuser comme des garnements en chœur, comme sur le pont de la chanson Girl de John Lennon, que McCartney et Harrison ponctuent par des « Tit tit tit tit » (« nichon » en anglais). Ce motif obsédant et le grand soupir poussé par John à chaque refrain transforment ce qui aurait pu n'être qu'une simple ballade en chanson à l'atmosphère très particulière.

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Dans cet album, le chanteur principal de chaque titre doit encore se prêter au fastidieux procédé dit du double tracking, qui consiste en fait à doubler systématiquement sa propre voix. Sur l'insistance de John Lennon que cela fatigue, un des ingénieurs du son des studios EMI, Ken Townsend, invente bientôt l'automatic double tracking, en connectant deux magnétophones qui se renvoient le signal enregistré. C'est un exemple des nombreuses avancées technologiques provoquées par un groupe à qui tout réussit, et qui reçoit donc en retour des moyens quasi illimités.
La compétition et l'émulation battent également leur plein entre les deux auteurs principaux du groupe : le jour de la publication de Rubber Soul (le 3 décembre 1965), sort également le 45 tours Day Tripper / We Can Work It Out. Le premier titre est de John (avec l'aide de Paul), le second de Paul (avec l'aide de John), et les deux compères se bagarrent pour figurer sur la face A du single, qui est le tube assuré. Il est alors décidé que ce seront deux faces A. Lesquelles montent de concert à la première place des charts, et ce pour cinq semaines consécutives.
À l'époque, hors de leur « compétition interne », la plus sérieuse émulation pour les Beatles vient d'outre-Atlantique. En effet, si les Rolling Stones commencent tout juste à émerger en adoptant volontairement une attitude de mauvais garçons, ce sont les Beach Boys qui opposent les qualités les plus grandes en termes d'harmonies vocales, de recherches mélodiques et de techniques d'enregistrement. L'album Pet Sounds, conçu par Brian Wilson comme une réponse aux innovations de Rubber Soul est d'ailleurs une source d'inspiration pour Revolver, le prochain album des Beatles, et l'on s'accorde généralement à dater la naissance de la « pop » de cette « partie de ping-pong » entre les deux groupes en 1965-1966.
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Demain ne sait jamais
À l'été 1966, leur album suivant, Revolver, sorti le 5 août 1966 en Angleterre, est de la même veine. John Lennon est au meilleur de sa forme, inspiré, et innove avec Doctor Robert, Tomorrow Never Knows, She Said She Said et I'm Only Sleeping où le solo de guitare est passé à l'envers. Paul McCartney s'affirme en mélodiste talentueux avec Eleanor Rigby, For No One et Here, There and Everywhere. Il a aussi l'idée de la chanson Yellow Submarine pour Ringo Starr. And Your Bird Can Sing reprend et développe des effets de guitare qui n'apparaissaient que discrètement à la fin de Ticket to Ride. Le sitar indien, déjà entendu dans Norvegian Wood, a séduit George Harrison ; son admiration pour l'Inde, dont il ne se départira plus, devient évidente avec Love You To. Une autre chanson de George Harrison ouvre le disque, Taxman. La galerie de thèmes et de personnages s'élargit : un percepteur, une bigote solitaire, le sommeil et la paresse, le capitaine d'un sous-marin jaune, un docteur douteux, le Livre des morts tibétain…/http%3A%2F%2Fimg29.picoodle.com%2Fimg%2Fimg29%2F3%2F10%2F10%2Ff_TheBeatlesYm_4926b78.jpg)
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La pochette du disque est dessinée par leur ami Klaus Voormann.
Tomorrow Never Knows (« Demain ne sait jamais », encore un accident de langage signé Ringo Starr), dernier titre de Revolver, est un cas particulier : joué sur un seul accord (le do), incluant des boucles sonores préparées par Paul, des bandes mises à l'envers, accélérées, mixées en direct avec plusieurs magnétophones en série actionnés par autant d'ingénieurs du son — une dizaine — envoyant les boucles à la demande vers la table de mixage, il ouvre l'ère du rock psychédélique et peut aussi être considéré comme le titre précurseur de la techno. Les prouesses de George Martin et des ingénieurs du son des studios EMI — à commencer par Geoff Emerick — vont jusqu'à répondre aux demandes de John Lennon, désirant que sa voix évoque celle du Dalaï-Lama chantant du haut d'une montagne. Ils élaborent cet effet en faisant passer la voix de John dans le haut-parleur tournant d'un orgue Hammond, le « Leslie speaker ». Celui-ci tourne sur lui-même pour donner au son de l'orgue un effet tournoyant, et il donne à la voix de John l'air de surgir de l'au-delà.
« De tous les morceaux des Beatles, c'est celui qui ne pourrait pas être reproduit : il serait impossible de remixer aujourd'hui la bande exactement comme on l'a fait à l'époque ; le « happening » des bandes en boucle, quand elles apparaissent puis disparaissent très vite dans les fluctuations du niveau sonore sur la table de mixage, tout cela était improvisé. »
— George Martin, Summer of love, The Making of Sgt Pepper's
Une interview de John Lennon intitulée « Comment vit un Beatle ? » par la journaliste Maureen Cleave, une proche du groupe, paraît dans le London Evening Standard du 4 mars 1966. Les Beatles sont alors au sommet de leur popularité mondiale, et il déclare :
« Le christianisme disparaîtra. Il s'évaporera, décroîtra. Je n'ai pas à discuter là-dessus. J'ai raison, il sera prouvé que j'ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus, désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock 'n' roll ou le christianisme […]. »
Ce qui passe complètement inaperçu au Royaume-Uni, et même ailleurs dans un premier temps, finit par devenir un véritable scandale quelques mois plus tard aux États-Unis, dès lors que ces propos ont été repris, amplifiés et déformés sur une station de radio de l'Alabama ; il y est suggéré que les disques des Beatles soient brûlés en représailles de ces paroles jugées blasphématoires. La « Bible Belt » américaine ne tarde pas à mettre ces propos en applications.
Paul McCartney tente bien de tourner l'affaire en dérision, en déclarant « Il faut bien qu'ils les achètent avant de les brûler ! » mais le mal est profond. Ainsi, à l'aube de leur ultime tournée, le 11 août 1966 à Chicago, John Lennon est obligé de se justifier devant les médias américains :
« Si j'avais dit que la télévision est plus populaire que Jésus, j'aurais pu m'en tirer sans dommage […] Je suis désolé de l'avoir ouverte. Je ne suis pas anti-Dieu, anti-Christ ou anti-religion. Je n'étais pas en train de taper dessus ou de la déprécier. J'exposais juste un fait, et c'est plus vrai pour l'Angleterre qu'ici [aux États-Unis]. Je ne dis pas que nous sommes meilleurs, ou plus grands, je ne nous compare pas à Jésus-Christ en tant que personne, ou à Dieu en tant qu'entité ou quoiqu'il soit. J'ai juste dit ce que j'ai dit et j'ai eu tort. Ou cela a été pris à tort. Et maintenant, il y a tout ça… »
Jusqu'en 1966, les Beatles enchaînent à un rythme soutenu des tournées, des compositions, des sessions d'enregistrement et des sorties de singles et d'albums. Mais plus leur succès grandit, plus leurs prestations publiques se déroulent dans des conditions impossibles, dans des salles ou des espaces en plein air, de plus en plus grands alors que les moyens de sonorisation sont encore balbutiants, et surtout, sous les cris stridents de la gent féminine qui couvrent complètement leur musique. Au point qu'ils ne s'entendent pas jouer et se rendent compte que le public ne les entend pas non plus.
La différence entre leur production en studio, de plus en plus complexe et ce qu'ils arrivent à délivrer sur scène devient flagrante. Leur répertoire scénique reste quasiment le même au fil des années — des standards du rock'n'roll comme Rock 'n' Roll Music ou Long Tall Sally seront notamment joués jusqu'au bout —, et ils constatent les dégâts dès qu'ils s'attaquent à des titres plus récents, par exemple Nowhere Man ou Paperback Writer : au Budokan de Tokyo, fin juin, on voit George Harrison agiter la main en saluant le public pour le faire hurler, afin de couvrir le chœur a cappella de Paperback Writer qui sonne nettement faux… Ces concerts à Tokyo ayant déclenché une demande de 209,000 billets se passent d'ailleurs dans une ambiance étouffante, les Beatles restant cloîtrés dans leur hôtel et bénéficiant de la plus grande protection policière jamais vue au XXe siècle pour un groupe ou un artiste, avec un dispositif (35 000 fonctionnaires mobilisés) de même magnitude que celui mis en place deux ans plus tôt pour les Jeux Olympiques.
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Dans la foulée de cette série de concerts dans la capitale japonaise, les événements se succèdent, qui vont précipiter leur décision de mettre un terme définitif à ce que John Lennon considère comme « de foutus rites tribaux ». À Manille, aux Philippines, ils passent tout près d'un véritable lynchage pour avoir malencontreusement snobé à leur arrivée une réception donnée en leur honneur par la redoutable Imelda Marcos, épouse du dictateur, la veille de leurs concerts le 4 juillet. Le groupe répondra qu'il n'avait reçu aucune invitation, ce qui n'empêchera pas la presse locale de se déchaîner et les Philippins d'envoyer des menaces d'attentat et de mort. Toute protection policière est retirée aux Beatles lorsqu'ils repartent, une foule hostile les attend à l'aéroport, ils sont agressés, parviennent jusqu'à leur avion qui va rester bloqué sur la piste le temps que leur manager Brian Epstein aille se faire délester de la recette de leurs deux concerts devant une audience de 80.000 personnes..
Cette énorme frayeur les décide déjà à tout arrêter, mais il leur reste des dates estivales à honorer aux États-Unis. Là-bas, ils subissent les conséquences de la tempête provoquée par les paroles de John Lennon à propos du christianisme. Ils reçoivent des menaces, notamment du Ku Klux Klan. Ils craignent pour leur sécurité alors qu'ils se produisent dans des stades et que les conditions restent détestables. Ils n'en peuvent plus. La dernière date de cette tournée, le lundi 29 août 1966 au Candlestick Park de San Francisco, onze titres interprétés en un peu moins de 35 minutes sur une scène entourée de grillages, au milieu d'une pelouse où la chasse policière au fan déchaîné bat son plein, devient leur dernier concert tout court.
« À Candlestick Park, on s'est sérieusement dit que tout ça devait s'arrêter. On pensait que ce concert à San Francisco pourrait bien être le dernier, mais je n'en ai été vraiment certain qu'après notre retour à Londres. John voulait laisser tomber plus que les autres. Il disait qu'il en avait assez », explique Ringo Starr. « Je suis sûr qu'on pourrait envoyer quatre mannequins de cire à notre effigie que les foules seraient satisfaites. Les concerts des Beatles n'ont plus rien à voir avec la musique. Ce sont de foutus rites tribaux », dit John Lennon. « C'était trop, toutes ces émeutes et ces ouragans. La « Beatlemania » avait prélevé sa dîme, la célébrité et le succès ne nous excitaient plus », se remémorera George Harrison.
L'arrêt des tournées marque une première fissure dans la carrière des Beatles, partant du principe qu'un groupe de rock 'n' roll qui ne joue plus sur scène n'est plus vraiment un groupe. D'ailleurs, tandis que John s'exclame « Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? » — il partira en fait tourner le film How I Won the War à Almeria en Andalousie avec Richard Lester —, George déclare tout de go « Je ne suis plus un Beatle désormais ».
Il faut que Paul McCartney entraîne tout le monde dans un nouveau projet pour redonner un second souffle au groupe, un nouveau départ, loin des foules hystériques. Un projet qui consiste à envoyer une autre formation, imaginaire, en tournée à leur place. Celle du « Club des Cœurs Solitaires du Sergent Poivre ».
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1967 à 1970 : les années studio
Adieu les tournées et les costumes « uniformes ». À la fin de l’année 1966, les Beatles s'installent quasiment à plein temps dans les studios EMI d'Abbey Road, et ils vont en exploiter toutes les possibilités. C'est le début de la période qui sera définie comme « les années studio ». Ils s'amusent à coller des bouts des chansons, à lancer des bandes de musique par terre et à les recoller au hasard, à passer des morceaux à l'envers (comme sur la chanson Rain), en accéléré, à mélanger de nombreux instruments, des violons, des instruments traditionnels, indiens, toutes sortes de claviers, ou même des orchestres. À tenter tout ce qui est artistiquement possible en s'affranchissant d'un fardeau (ils sont les Beatles et doivent en permanence se mesurer à l'image que leur public a d'eux) pour prendre l'identité d'une fanfare à la fois « Edwardienne » et complètement dans l'air du temps, qui souffle depuis la Californie. Ce concept est signé Paul McCartney.
L'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band est publié le 1er juin 1967 : ce disque est considéré par beaucoup comme leur chef-d'œuvre et sera reconnu comme la meilleure œuvre rock de tous les temps. D'autres y voient au contraire un album d'adieu (illustré par un massif fleuri où quatre Beatles tristes du musée de cire de Madame Tussaud semblent assister à leur propre enterrement, tandis que les quatre vrais Beatles sont donc devenus des musiciens de fanfare moustachus, et où une poupée à l'effigie de Shirley Temple annonce « Welcome the Rolling Stones »). Cet album marque en tout cas leur carrière et toute une génération.
Pour répondre à leurs besoins, George Martin et son équipe doivent aller de plus en plus loin. Ils inventent ainsi le « vari speed » qui permet de faire varier la vitesse de défilement de la bande (procédé qui est notamment utilisé sur Strawberry Fields Forever pour fondre deux prises différentes en une seule, ou sur Lucy in the Sky with Diamonds pour la voix de John Lennon) et le « reduction mixdown » : les quatre pistes d'un magnétophone, le maximum dont ils disposent à l'époque, sont réduites en une seule sur un autre appareil identique synchronisé, et trois nouvelles pistes sont ainsi libres. On peut multiplier ce procédé. De huit jusqu'à seize pistes avant l'heure. Pour la première fois dans l'histoire du rock, un groupe va passer un peu plus de cinq mois en studio, de fin novembre 1966 à avril 1967, pour construire son album.
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Les fructueuses sessions de Sgt Pepper's ont débuté par les enregistrements des titres Penny Lane — de Paul McCartney — et Strawberry Fields Forever — de John Lennon — où chacun traite de la nostalgie de son enfance à Liverpool. La maison de disques EMI et Brian Epstein pressent George Martin de sortir un single pour l'hiver, et ce dernier livre à contrecœur ces chansons, qui sont tout simplement celles qui sont les plus avancées. Conséquence, ces deux titres (publiés en Angleterre le 13 février 1967) ne sont pas inclus dans l'album à venir. De manière anecdotique, ils n'atteignent pas le N°1 du hit-parade britannique, et le producteur considère aujourd'hui la décision de les avoir isolés sur un single « double face A » comme une « épouvantable erreur ».
Toujours à l'avant-garde, les Beatles se mettent par ailleurs en scène pour le titre de John Lennon, Strawberry Fields Forever, cet hiver-là, dans un mini-film tellement innovant qu'on peut en faire le précurseur de tous les vidéo clips musicaux tels qu'on les connaît aujourd'hui.
L'écriture et la réalisation de Sgt Pepper's se poursuit intensément durant les quatre premiers mois de 1967. La collaboration Lennon/McCartney atteint encore des sommets. Ensemble, ils écrivent With a Little Help from My Friends pour Ringo Starr, créent She's Leaving Home à partir d'un fait divers, concoctent Getting Better, où l'optimisme de l'un (« It's getting better all the time / Ça va de mieux en mieux tout le temps ») est contrebalancé par le pessimisme de l'autre (« I can't get no worse / Ça ne peut pas être pire »). Enfin, un bout de chanson de John (« I read the news today oh boy… ») où il met en paroles une série de nouvelles lues dans la presse, accolé à une « ritournelle » de Paul (« Woke up, fell out of bed… »), le tout séparé par 24 mesures vides, qui sont remplies par un fameux glissando d'orchestre symphonique (clairement repris de Krzysztof Penderecki (Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima, 1960) et de Iannis Xenakis (Metastasis, 1955), donnent le titre A Day in the Life. Ils écrivent ensemble la phrase « I'd love to turn you on » (« J'aimerais te brancher ») qui fait scandale pour sa connotation « drogue » et provoque l'interdiction de la chanson sur la radio britannique.
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Il est encore question de drogue, pour la plupart des observateurs de l'époque, avec le texte surréaliste et surtout les initiales (LSD) de la chanson Lucy in the Sky with Diamonds. Mais John Lennon explique qu'il est en fait partie d'un dessin que son fils Julian, alors âgé de quatre ans, a ramené de sa classe de maternelle en lui expliquant que c'était sa copine Lucy O'Donnell, « dans le ciel avec des diamants ». Le compositeur, qui cite aussi Lewis Carroll et son Alice au pays des merveilles comme source d'inspiration, est le premier étonné de l'interprétation qui est faite de son titre. Lucy est également le nom donné, en honneur à la chanson, aux restes fossilisés d'un Australopithecus afarensis, sujet féminin vieux de quelque 3,2 millions d'années découvert en Éthiopie en 1974.
L'héroïne joue un rôle dans le bannissement de deux autres chansons de l'album à l'antenne : premièrement Fixing a Hole, dont le titre supposerait que le chanteur se fait un « fix », et Being for the Benefit of Mr. Kite!, entièrement composée à partir d'une affiche de spectacle de cirque du XIXe siècle par John Lennon — nouvelles prouesses techniques de George Martin et de son équipe pour répondre à ses demandes dans la fabrication de ce titre — qui est la quatrième chanson interdite d'ondes à cause du personnage « Henry the horse », puisque « horse » signifie héroïne en argot anglais. Ce sont bien sûr des interprétations totalement erronées de la part des « autorités compétentes »…
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George Martin et les Beatles ont voulu faire de Sgt Pepper's un album-concept, en reliant certains morceaux, bien que les chansons n'aient aucun rapport entre elles, passées les deux du début (la chanson-titre et With a Little Help From My Friends). Pour unifier le tout, c'est Neil Aspinall, l'assistant du groupe, qui a l'idée de faire une reprise du morceau Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band comme avant-dernière piste de l'album. Ainsi, la fanfare du club des cœurs solitaires du Sergent Poivre accueille son public au début du spectacle — de l'album —, puis le salue à la fin, à travers le même morceau joué plus vite et dans une tonalité différente, en espérant que le show lui a plu. 40 ans plus tard, Paul McCartney reprend l'idée lors de sa tournée « Back in the U.S. » en 2002 en jouant la reprise de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band en avant-dernier morceau.
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L'affiche qui inspira les paroles de Being for the Benefit of Mr Kite!
Sgt Pepper's fait école et tout le monde (les Rolling Stones, Moody Blues, Aphrodite's Child, The Clouds, les Who, les Kinks, et bien d'autres) voudra aussi sortir son « album-concept », quand bien même Sgt Pepper's n'en est pas vraiment un d'un point de vue strictement musical ; il aura suffi que ses auteurs le disent pour que cela soit une réalité. Il n'y a en tout cas plus de plages séparées sur la version mono : les chansons y sont enchaînées à la manière d'un show, et l'album se termine par trois trouvailles :
- la longue décroissance — 47 secondes ! — d'une note de piano ;
- un sifflement à 20 000 Hz, inaudible par l'homme et impossible à reproduire sur la plupart des électrophones de l'époque, mais dont John Lennon espère qu'il fera aboyer les chiens de ceux qui possèdent une bonne chaîne Hi-Fi ;
- un « jingle » sans fin sur le sillon intérieur, que ne pourront découvrir que les puristes de la Hi-Fi, ceux qui refusent d'avoir une platine à arrêt automatique en fin de disque — pour les autres, le bras se lèvera avant, ou juste au début.
L'album fait date dans l'histoire de la musique pop rock : jamais un groupe n'avait disposé d'autant de temps, de moyens et de liberté pour enregistrer un album. Les Beatles exploitent donc pleinement cette opportunité et George Martin joue bien sûr un rôle-clé dans l'exploration de nouvelles techniques.
La pochette, très soignée et débordante de couleurs, a nécessité une centaine de lettres aux personnalités vivantes représentées afin d'obtenir leur accord. Trois personnages en sont retirés « in extremis » : Hitler et Gandhi, au motif qu'ils indisposeraient le public britannique et au grand désespoir du très provocateur John. Et un troisième personnage, l'acteur Leo Gorcey, qui voulait bien figurer sur la pochette, mais à condition d'être rétribué. On juge plus simple de le faire disparaître. Cette pochette est elle aussi un événement. C'est la première fois qu'autant de soin est apporté au conditionnement du disque. Les paroles des chansons y sont incluses, pour la première fois également. Jusqu'ici, les pochettes se résumaient le plus souvent à une photo de l'artiste ; à partir de Sgt. Pepper's, la conception de la pochette devient un élément-clé (à la fois « marketing » et artistique) de la production d'un disque.

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L'année suivante, Frank Zappa parodie la pochette avec l'album We're Only In It for the Money (« nous ne faisons ça que pour l'argent ») fait avec son groupe The Mothers of Invention. Un autre pastiche est réalisé pour The Rutles, une émission d'Eric Idle des Monty Python qui entreprend de caricaturer la carrière des Beatles à la manière du fameux groupe d'humoristes, avec la bénédiction — et en partie le financement — de son ami George Harrison, plus le concours de Paul Frederic Simon et Mick Jagger, qui y jouent leur propre rôle. Les pastiches des chansons des Beatles créés pour l'émission sont autant de clins d'œil aux « tics » musicaux de leurs modèles — Ouch! imité de Help!, Cheese and Onions qui a des accents d'A Day in the Life, Piggy in the Middle évoquant I Am the Walrus, Doubleback Alley qui est le cousin de Penny Lane, etc.
Les Bidochons parodient aussi cette pochette pour leur album The Beadochons. Elle est également pastichée pour l'album Tropical Tribute to the Beatles. Toutefois, ce n'est pas la pochette qui fait l'objet du plus grand nombre de parodies, ce titre revenant à celle d'Abbey Road (même Paul McCartney s'y met avec son album Paul is Live).

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Mort de Brian Epstein et premier échec
Le 25 juin 1967, les Beatles se produisent devant plus de 400 millions de téléspectateurs à travers le monde, à l'occasion de la toute première émission diffusée par satellite, Our World. En direct du studio 1 d'Abbey Road et en « Mondovision », ils interprètent une chanson spécialement composée par John Lennon pour l'occasion : All You Need Is Love. Le triomphe est total. Le 45 tours publié le 7 juillet s'installe directement à la première place des charts et y reste trois semaines.
Mais c'est durant ce fameux « Summer of Love » (« l'été de l'amour ») sur fond de Sgt Pepper's que Brian Epstein est retrouvé sans vie dans sa maison, à 32 ans, suite à une surdose de barbituriques, le 27 août. Les Beatles apprennent sa mort au retour d'une première rencontre avec le Maharishi Mahesh Yogi — un gourou auquel s'était attaché George Harrison — à Bangor, au Pays de Galles, où chacun s'est vu délivrer un mantra. La disparition de leur manager les laisse totalement désemparés et marque une nouvelle fissure dans leur carrière.
C'est également à la même époque que Paul McCartney prend clairement les rênes du groupe, un rôle laissé vacant par John Lennon dont l'ego se dissout sous l'effet du LSD. Bourreau de travail (« workaholic »), Paul est dès lors à l'origine de la plupart des projets, la majorité des N°1 des Beatles sont son œuvre, et il n'a de cesse de lutter contre la démobilisation progressive des autres membres du groupe.

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L'année 1967 se termine par l'éreintement critique de leur film Magical Mystery Tour, considéré à sa sortie (en fait, une diffusion télévisée sur la BBC à Noël) comme leur premier véritable échec. Un film tourné sans scénario — « mystérieux » même pour ses acteurs — et dont les séquences filmées des titres I Am the Walrus et Your Mother Should Know constituent les meilleurs moments. Le fait que les téléspectateurs britanniques l'aient vu en noir et blanc ne sert assurément pas sa cause. La bande-son, publiée sur un format « double EP » composé de 6 titres contient toutefois ces nouvelles perles que sont le très élaboré I Am the Walrus de John Lennon et The Fool on the Hill de Paul McCartney. Aux États-Unis, Magical Mystery Tour n'est pas un double EP, mais un album entier, sur lequel on retrouve compilés en face B les 45 tours publiés en 1967, comme les indissociables Strawberry Fields Forever/Penny Lane ainsi que All You Need Is Love et Hello Goodbye. C'est cet album, finalement publié en 1976 au Royaume-Uni, qui intégrera la discographie officielle des Beatles à partir de la réédition de tout leur catalogue en CD au milieu des années 1980.
Les personnages du Walrus (tiré du livre De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll), de Lady Madonna et du Fool on the Hill, ainsi que Strawberry Fields, sont également repris en référence dans Glass Onion du double album blanc en 1968 — « The Walrus was Paul » (« le morse, c'était Paul ») chante John Lennon en se moquant de toutes les folles interprétations faites autour de ses textes…

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Fondation d’Apple Corps
Lorsque les Beatles, désormais « orphelins » de Brian Epstein, apprennent que leur capital peut être soit investi dans la création d'une entreprise, soit dilapidé en impôts divers, ils choisissent la première solution, débouchant sur la naissance de leur compagnie Apple Corps.
Le nom, comme le logo, provient d'un célèbre tableau de René Magritte acquis par Paul McCartney. Apple est lancée en janvier 1968 avec ses divisions Apple Records (label sur lequel leurs disques seront désormais publiés), Apple Electronics, Apple Publishing, Apple Films et Apple Retail. En plus de couvrir les finances et les activités des Beatles, la compagnie est censée apporter de l'aide à tout artiste dans le monde qui voudrait lancer un projet artistique de valeur. Durant les deux dernières années d'existence du groupe, le résultat sera pour le moins contrasté. Des rêveurs et des utopistes tels que « The Fool », un groupe de jeunes dessinateurs de mode hollandais, et « Magic Alex », alias Alex Mardas, feront perdre des milliers de Livres aux Beatles…
À la mi-février 1968, les Beatles partent avec leurs épouses et amis dans le nord de l'Inde, à Rishikesh, rejoindre le Maharishi Mahesh Yogi, afin de recevoir son enseignement et apprendre la méditation transcendantale. Ils y passent huit semaines, et y vivent une extraordinaire période créative, composant une quarantaine de chansons qui rempliront jusqu'à leurs albums solos après leur séparation.
Alors que Ringo compare l'âshram de Rishikesh aux camps de vacances de son enfance, que Paul dit s'être « trompé » sur le compte du Maharishi et que John repart très fâché contre lui, le considérant comme un imposteur (ce qu'il dit dans sa chanson Sexy Sadie : « You made a fool of everyone / Tu t'es moqué de tout le monde »), seul George lui reste fidèle. Cet hiver-là, John Lennon se rapproche de l'artiste d'avant-garde japonaise Yoko Ono dont il ne se sépare plus, délaissant son épouse Cynthia. Dans les bacs, en mars, sort un nouveau single, Lady Madonna écrit par Paul.
En mai, les Beatles entrent en studio pour enregistrer le double album blanc, dont le titre est tout simplement The Beatles, à partir du matériel majoritairement composé en Inde, sur le seul instrument dont ils disposaient, la guitare acoustique. Plusieurs chansons créées et jouées durant leur séjour — comme Dear Prudence et Julia de Lennon, ainsi que Blackbird, Mother Nature's Son, I Will et Rocky Raccoon de McCartney —, où John a appris de Donovan une nouvelle technique de picking, apparaîtront ainsi sur le disque, jouées en solo par leurs auteurs ou enregistrées en formation réduite.
Selon leur habitude — publier des titres sur 45 tours qui ne sont pas inclus dans les albums —, les Beatles sortent en août le single Hey Jude/Revolution enregistré durant les séances de l'album blanc, et qui connaît de nouveau un grand succès, malgré la longueur tout à fait inhabituelle de Hey Jude — 7 minutes, dont quatre sont une répétition en chœur et crescendo de « Na na na nananana Hey Jude ». C'est une chanson de McCartney divisée en deux parties distinctes, destinée au fils de John, Julian, qui est unanimement saluée, tandis que Lennon a tenu à délivrer un message politique en plein bouillonnement de la jeunesse occidentale — mai 1968 en France, notamment. Dans la version rock de Revolution, celle qui figure en face B du 45 tours, il dit : « But when you talk about destruction, don't you know that you can count me out / Si tu parles de destruction, ne compte pas sur moi », alors que dans la version blues, plus lente, qui figure sur l'album blanc, enregistrée plus tôt, il avait ajouté in (« ne compte pas sur moi/compte sur moi »). Lennon explique qu'encore indécis sur ce sujet, il avait préféré dans un premier temps considérer les deux options…
Ces sessions à Abbey Road sont tendues, la présence de Yoko Ono dans le studio aux côtés de John indispose fortement ses camarades. Chacun enregistre souvent séparément et se sert des autres comme « musiciens de studio » sur ses propres compositions. D'ailleurs, avant de coucher sur bande le titre qui ouvre cet album, Back in the U.S.S.R., Ringo Starr décide de quitter le groupe. Malgré cela, les « Fab Four » continuent à enregistrer : Paul McCartney se met à la batterie — il en joue donc sur Back in the U.S.S.R. mais aussi sur Dear Prudence — et George Harrison à la basse.
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Ce qu'en dit Ringo témoigne bien de l'atmosphère qui régnait lors de ces sessions :
« Je suis parti parce que j'éprouvais deux sentiments. Celui de ne pas très bien jouer, celui que les trois autres étaient vraiment heureux et que j'étais un étranger. Je suis allé voir John. […] Je lui ai dit : « Je quitte le groupe parce que je ne joue pas bien. Parce que j'ai l'impression de ne pas être aimé, d'être exclu. Alors que vous êtes tellement proches tous les trois ». John m'a répondu : « Je croyais que c'était vous trois qui étiez très liés ! » Je suis ensuite allé voir Paul et je lui ai dit la même chose. Paul m'a répondu « Je croyais que c'était vous trois ! » Je n'ai pas pris la peine d'aller voir George, j'ai dit : « Je pars en vacances ». J'ai pris les gosses et je suis parti pour la Sardaigne. »
Lorsque Ringo Starr revient de Sardaigne, il découvre sa batterie couverte de fleurs dans le studio d'Abbey Road. Ils se resserrent dans un tout petit espace pour enregistrer en direct le Yer Blues de John Lennon, se déchaînent en interprétant Helter Skelter de Paul McCartney : on entend Ringo hurler « J'ai des ampoules aux doigts ! » (« I've got blisters on my fingers ») à la fin du morceau. L'origine de cette chanson est à chercher dans un article d'un magazine musical à propos du titre I Can See for Miles des Who. Cet article disait que ce titre était d'une « violence » inouïe. Paul décida, avant même d'avoir entendu la chanson en question, d'écrire un titre encore plus violent — il se rend compte plus tard, à l'audition de I Can See For Miles, que la revue exagérait quelque peu…

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La tension accumulée durant ces sessions de l'été et automne 1968 retombe également lorsque George Harrison invite Eric Clapton pour jouer le solo de guitare sur son titre While My Guitar Gently Weeps.
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Publié le 22 novembre 1968, The Beatles est salué comme une grande réussite, et connaît un immense succès commercial. Le public est cependant déconcerté par Revolution 9, un long collage sonore expérimental de neuf minutes réalisé par John et Yoko. George Martin et les trois autres Beatles supplient John de retirer ce titre du disque, sans succès. Dans le genre expérimental, Lennon et Ono font encore plus fort en publiant le même mois leur album Two Virgins enregistré en mai 1968, le soir où ils consommèrent leur amour pour la première fois et où tous deux apparaissent nus sur la pochette.
La pochette toute blanche de l’album The Beatles, plus connu sous le nom d’« album blanc »
Le projet Get Back
Le 2 janvier 1969, les Beatles se retrouvent autour d'un nouveau projet initié par Paul McCartney : filmer et enregistrer des répétitions pour aboutir à une prestation en public, revenir aux origines, jouer « live » comme un vrai groupe de rock'n'roll, bannir tout ajout en studio, interdire le mot overdub ou les trucages en tous genres. De plus, le tout devra déboucher sur un film. Pourquoi ? Pour un futur show télévisé ? Pour montrer des répétitions avant un concert ? Pour que l'on voie les Beatles en train de créer un album ? Et si un concert doit être organisé, où et dans quelles conditions ? Le groupe a beaucoup de mal à se mettre d'accord sur les tenants et aboutissants du projet.
Les séances du projet « Get Back » — ainsi nommé d'après la chanson éponyme, qui aurait dû donner son titre à l'album en préparation — se passent mal. Les tensions initiées lors des sessions de l'Album Blanc renaissent dans les froids studios de cinéma Twickenham à des heures matinales et la présence constante de Yoko Ono, à la limite de l'ingérence, n'arrange pas l'ambiance, tout comme le « dirigisme » de Paul. Devant des caméras tournant en continu, Ils jouent de tout et de rien, beaucoup — une centaine de titres sont abordés, en quelques notes seulement pour certains —, font le bœuf, jouant souvent mal et sans conviction. John Lennon apparaît largement démobilisé, tandis que George Harrison est de plus en plus excédé. Après Ringo, c'est lui qui quitte le groupe, le 10 janvier, puis revient 12 jours plus tard. Son ressentiment, sa frustration de rester en tant que compositeur à l'ombre du tandem Lennon/McCartney et de se voir fréquemment refuser des chansons qu'il aimerait voir placées sur les disques, ne cessent de grandir.
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Les Beatles se rabattent ensuite sur leur propre studio au 3, Saville Row où est situé le siège de leur compagnie Apple, s'adjoignent Billy Preston au clavier à l'initiative de George Harrison, et finissent par donner leur ultime prestation publique sur le toit de leur immeuble, le 30 janvier 1969, qui est interrompue au bout de 42 minutes par la police suite à des plaintes pour cause de vacarme. Les événements de ce mois de janvier 1969 figureront un an plus tard dans le film Let It Be, chronique de la dissolution d'un groupe. On y voit notamment George Harrison interpeller Paul McCartney : « OK, bon, je m'en fous. Je jouerai ce que tu veux que je joue, ou je ne jouerai pas du tout si tu ne veux pas que je joue. Je ferai tout ce qui pourra te faire plaisir. » Les kilomètres de bandes enregistrées en un mois sont dans un premier temps rangées au placard, tant les membres du groupe s'en montrent insatisfaits.
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Le 4 mars 1969, l'ingénieur du son Glyn Johns est appelé par le groupe pour mixer un album à partir des bandes existantes. Johns compile alors plusieurs versions des chansons de ce futur disque, enregistré live en studio et sur le toit de l'immeuble de leur compagnie Apple, mais les Beatles rejettent l'ensemble de son travail. Il en sera tout de même issu le single Get Back/Don't Let Me Down le 11 avril 1969. le reste des bandes retourne sur les étagères...
L'immeuble du 3, Saville Row
Abbey Road, l’ultime réussite
Avec l'idée de ne pas rester sur cet échec, Paul McCartney contacte George Martin en lui proposant de faire un disque « comme avant ». « Comme vous étiez ? Avec John ? John est d'accord ? » demande le producteur, ce que le bassiste confirme. Les Beatles vont se réunir une dernière fois dans les studios EMI d'Abbey Road durant les deux mois de l'été 1969, bien décidés à mettre de côté leurs dissensions, à tirer dans le même sens, afin de « sortir sur une note élevée ». Cependant, John Lennon rate le début des sessions, le temps d'être soigné après un accident de voiture en Écosse.
Une collection de chansons dont certaines ont été composées en Inde, enregistrées sous forme de démo à l'époque de l'album blanc, et/ou répétées en janvier 1969 pour le projet Get Back, sont retravaillées pour aboutir à l'album Abbey Road. Quoi de plus simple que de donner à leur ultime œuvre commune le nom de la rue (ils se font photographier sur le passage piéton, le 8 août, pour la pochette du disque) où sont situés les studios dans lesquels ils ont enregistré l'immense majorité de leurs chansons depuis sept ans ? Il aura toutefois été un moment question d'appeler cet album Everest en raison de la marque de cigarettes fumées par Geoff Emerick.
Les titres d'Abbey Road évoquent les tracas et frustrations du moment, parlant d'argent qu'on n'arrive pas à obtenir, de dettes, de négociations juridiques (You Never Give Me Your Money de Paul McCartney), de poids à porter pour longtemps, de marteau d'argent qui s'abat sur la tête des gens dès que les choses vont mieux (Carry That Weight et Maxwell's Silver Hammer, Paul à nouveau), de retour du soleil après un hiver long, froid et solitaire (Here Comes the Sun, où George Harrison évoque les grands moments de tension au sein du groupe) ou d'un jardin sous-marin où « il n'y a personne pour nous dire ce que [nous] devons faire » (Ringo Starr dans Octopus's Garden).
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C'est leur premier — et dernier — album entièrement réalisé en huit pistes, et également un des premiers dans l'histoire du rock où l'on entend du synthétiseur, un Moog en l'occurrence, acquis par George Harrison auprès de son créateur, Robert Moog.
Les harmonies polyphoniques qui avaient rendu les Beatles célèbres sont de retour, et contribuent au succès d'Abbey Road, sorti le 26 septembre 1969 (c'est leur album le plus vendu après Sgt Pepper's). Leur sommet dans ce domaine est sans doute constitué par Because, titre que John Lennon a composé en entendant Yoko Ono jouer la Sonate pour piano n° 14 de Beethoven plus connue sous le nom de « sonate au clair de lune » et en lui demandant de jouer les notes à l'envers. Sur Because, les trois voix de John, Paul et George se superposent trois fois, soit une poignante harmonie à neuf voix que l'on a pu entendre « a cappella » sur le disque Anthology 3 sorti en 1996, et de nouveau sur Love en 2006.
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Le passage piéton sur Abbey Road (Londres)
La particularité d'Abbey Road est d'être constitué en partie de collages entre elles de chansons ébauchées et inachevées. L'habitude fut prise de dire que la face A de l'album, qui s'ouvre sur Come Together et se referme sur I Want You (She's So Heavy) de John Lennon, reflète principalement son influence, et la face B, qui contient le fameux « Medley » long de 16 minutes, celle de McCartney. George Harrison se montre toutefois très inspiré avec Here Comes the Sun et surtout Something, qui est son premier et son seul Nº1 avec les Beatles.
Le Medley, articulé autour du thème musical de You Never Give Me Your Money de Paul, et qui contient en son sein trois bouts de chansons de John (Sun King, Mean Mr. Mustard et Polythene Pam) est élaboré par George Martin et Paul McCartney. Mais, contrairement à beaucoup d'idées reçues émises postérieurement, et comme l'expliquent John Lennon et George Harrison, le groupe collabore dans son ensemble pour décider de l'ordre des morceaux, trouver de quoi remplir les mesures entre chacun, les enchaînements et les breaks.
L'apparente dernière plage du disque, qui clôture le medley, s'intitule The End et se termine par une inédite série de solos (Ringo à la batterie d'abord, puis Paul, George et John, tour à tour, à la guitare, trois fois, sur deux mesures chacun) et la fameuse phrase « And in the end, the love you take is equal to the love you make » (« et à la fin, tu reçois autant d'amour que tu en donnes »)./http%3A%2F%2Ffarm4.static.flickr.com%2F3064%2F2365825942_30829c3bca.jpg)
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La vraie dernière plage du dernier disque des Beatles, morceau caché par un « blanc » sur le sillon du 33 tours, est minuscule (Her Majesty) et parle d'une manière peu commune de la reine d'Angleterre. Elle se situait à l'origine au cœur du medley, entre Mean Mr. Mustard et Polythene Pam, Paul McCartney avait demandé à l'ingénieur du son John Kurlander de la retirer. Mais ce dernier, à des fins de sauvegarde — la consigne était qu'aucun des enregistrements des Beatles ne devait être jeté à la poubelle —, la place en fin de bande, après un blanc de 15 secondes, derrière The End, coupée net, et Paul, après avoir écouté le résultat, donne son accord. N'étant pas créditée au dos de la pochette originale du 33 tours, Her Majesty est considérée comme la première chanson cachée (hidden track) de l'histoire du rock.
Abbey Road (2006)
Le 20 août 1969, les Beatles complètent l'enregistrement du titre de John Lennon I Want You (She's So Heavy) : c'est la dernière fois qu'ils sont réunis tous les quatre en studio.
Même si le succès est toujours présent, même si cette ultime collaboration est « heureuse » selon les acteurs — car tous savent que c'est la dernière fois — le plaisir de jouer ensemble ne les attire plus. Les Beatles disent ici pour de bon adieu aux Beatles, en montrant une dernière fois l'aspect miraculeux de leur association. « Tout le monde a incroyablement bien travaillé. C'est pourquoi j'aime particulièrement cet album » dira George Martin.
Paul McCartney est par ailleurs, au même moment, l'objet d'une incroyable rumeur, qui voudrait qu'il se soit tué dans un accident de voiture en novembre 1966 et aurait été remplacé par un sosie. Pour les partisans de cette thèse, tout est bon pour l'accréditer en 1969, grâce à plusieurs indices, dont ceux-ci :
- La pochette d'Abbey Road consitue le point départ de cette légende urbaine. Elle fourmille d'indices pour étayer le postulat délirant : Paul traverse le passage piéton pieds nus, comme les morts que l'on enterre en Inde. La Volkswagen blanche que l'on voit est immatriculée « LMW 28 IF » soit « Living-McCartney-Was 28 years old-If » (« McCartney vivant aurait eu 28 ans », ce qui ne peut pas vraiment concorder car McCartney avait 27 ans lorsque l'album Abbey Road est sorti), il tient sa cigarette de la main droite alors qu'il est gaucher, etc.
- Les mots mystérieux de John Lennon à la fin de Strawberry Fields Forever. On l'entendrait dire « I buried Paul » (« J'ai enterré Paul ») alors qu'il prononce en fait « cranberry sauce » (« confiture d'airelles ») ;
- La phrase « He blew his mind out in a car » (« Il s'est éclaté la cervelle dans un accident de voiture ») dans A Day in the Life. Lennon évoque en fait le jeune héritier des brasseries Guinness, Tara Brown, qui s'est tué à 21 ans au volant de sa Lotus Elan en décembre 1966 ;
- À l'intérieur de la pochette de Sgt. Pepper's, McCartney porte un badge sur lequel on peut lire « OPD », ce qui donne bien sûr « Officially Pronounced Dead » (« officiellement déclaré mort »). En fait, ce n'est pas « OPD » qui est inscrit, mais « OPP », soit « Ontario Provincial Police » ! On pourra aller aussi jusqu'à poser un miroir devant les mots « LONELY HEARTS » au centre de la grosse caisse devant laquelle pose le groupe. Cela donne « 1 ONE I X HE ^ DIE », et bien sûr les folles interprétations qui vont avec cela. Enfin, au verso de la pochette, ses trois camarades sont de face et lui, de dos ;
- La chanson Revolution 9, comme les neuf lettres de McCartney, et l'on entendrait nettement dans ce long collage sonore, œuvre de John Lennon et Yoko Ono, le bruit d'un accident de voiture… Les partisans de la thèse évoquée ici trouvent également de très nombreuses « preuves » de leurs allégations en passant Revolution 9 à l'envers… ;
La liste des indices est donc longue, et non exhaustive dans ce chapitre. Le canular, comme le tintamarre médiatique, est énorme. Paul McCartney finit par prendre l'affaire en mains pour apporter un cinglant démenti. Malgré tout, il existe encore presque 40 ans plus tard des gens qui tentent de faire perdurer ce mythe. On trouve par exemple des dossiers sur Internet avec analyses photographiques à l'appui.
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La séparation du groupe
Une fois les sessions du disque Abbey Road achevées, et alors que le single Something / Come Together va occuper partout la tête des hit-parades — tandis que le 33 tours restera 17 semaines Nº1 en Angleterre à partir du 4 octobre —, John Lennon, de retour d'un concert à Toronto avec le Plastic Ono Band naissant, annonce aux autres Beatles qu'il quitte définitivement le groupe lors d'une réunion chez Apple, le 20 septembre 1969[62], en réponse à Paul McCartney qui, dans une ultime tentative de relance, propose de repartir en tournée dans des petites salles. Ils conviennent que cette nouvelle doit rester secrète, compte tenu des enjeux commerciaux (renégociation des contrats de distribution avec EMI au Royaume-Uni et Capitol Records aux États-Unis). Les Beatles se sont sévèrement disputés autour du nom de leur nouveau manager, entre Allen Klein, soutenu par Lennon, Harrison et Starr, et Lee Eastman, avocat père de Linda, la femme de Paul. Klein, que Paul déteste, sera leur dernier manager.
Pour couronner le tout, ils perdent également la propriété de tout leur catalogue de chansons. Northern Songs était en effet détenu à 51 %, soit la majorité des parts, par Brian Epstein à travers sa société NEMS. Sa famille, une fois ce dernier disparu, et leur éditeur Dick James, administrateur de Northern Songs depuis les débuts en 1963, décideront de vendre à l'empire ATV, en 1969, sans que les Beatles ne puissent rien faire. Un déboire qui aura aussi pesé de tout son poids dans l'ambiance délétère menant à la dissolution du groupe. C'est ce catalogue détenu par ATV que Michael Jackson rachètera pour 47,5 millions de dollars en 1985.
La toute dernière session d'enregistrement des Beatles (sans Lennon) a lieu les 3 et 4 janvier 1970 avec le titre de George Harrison I Me Mine. En mars, à l'initiative d'Allen Klein, et avec les accords de John Lennon et George Harrisson, les bandes enregistrées en janvier 1969, ce qui deviendra l'album Let It Be, sont confiées au producteur américain Phil Spector. Lequel ajoute chœurs féminins, arrangements de cordes, effets sonores à ces chansons qui devaient rester « brutes ». En entendant le résultat sur son titre The Long and Winding Road, Paul McCartney, qui n'a pas été consulté, pique une énorme colère. Il expédie une lettre adressée à Allen Klein chez Apple dont les derniers mots sont « Ne refaites plus jamais ça ! ». Cela ne retire rien au succès de cet album publié le 8 mai 1970, et des chansons Get Back, Let It Be et The Long and Winding Road, toutes N°1 des deux côtés de l'Atlantique.
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Le 10 avril 1970, peu de temps avant la sortie de Let It Be produit par Spector, Paul McCartney sort son premier album solo, McCartney, et annonce à travers un communiqué de presse (en fait, une « interview » où il fait les questions et les réponses) inséré dans les pressages « promotionnels » de son disque solo qu'il ne fait plus partie du groupe suite à des « désaccords sur les plans personnel, financier et artistique ». Il rompt donc lui-même le secret et s'attribue la séparation, ce qui aura le don d'outrer ses camarades. John Lennon ne lui pardonnera jamais cette attitude qu'il interpréte comme un simple coup publicitaire dans le but de faire vendre l'album McCartney.
« Je n'avais pas l'intention que ce communiqué signifie que je quittais le groupe. C'est un gros malentendu. Quand j'ai vu les unes des journaux, j'ai juste pensé « Christ, qu'ai-je fait ? » Et maintenant, on y est. Je n'ai pas quitté les Beatles. Les Beatles ont quitté les Beatles, mais personne ne veut être celui qui dira que la fête est terminée », se justifie Paul à chaud.
Ringo Starr déclarera de son côté : « Oui, j'étais dans les Beatles. Oui, nous avons fait des grands disques ensemble. Oui, j'aime ces gars. Mais c'est la fin de l'histoire. »
« J'ai fondé les Beatles et je les ai dissous, c'est aussi simple que cela » dira plus tard John Lennon.
Source Wikipédia.
LIEN historique & auteurs.

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BLONDES...
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Une brune s'exclame :
- "Aux États-Unis toutes les 2 minutes une personne se fait écraser par une voiture !".
Sa copine blonde de répondre :
- "La pauvre !!!...".
NICOLAS SARKOSY (2).
- Dossier insécurité (juin - novembre 2005)
Outre les émeutes de l'hiver 2005 qui ont marqué le passage de Sarkozy à l'Intérieur, celui-ci a fait voter, peu après les attentats de Londres (21 juillet 2005), la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme. Entre autres dispositions controversées, notamment par la CNIL, celle-ci a modifié le régime de conservation des données de connexion à Internet des usagers, qui peuvent désormais être transmises directement aux autorités policières, sans contrôle judiciaire. Cette disposition à été à l'origine d'une saisie, par l'opposition socialiste, du Conseil constitutionnel, qui a été entériné la loi. La conservation de ces données était obligatoire depuis la loi sur la sécurité quotidienne de 2001. Prévue pour une durée de trois ans - notamment à la demande de la CNIL - cette disposition a été prorogée son terme venu (fin décembre 2008), par une loi du gouvernement Fillon, étant désormais en vigueur jusqu'en 2012.
Le 20 juin 2005, alors qu'il effectue une visite dans une cité de La Courneuve, au lendemain de l'homicide d'un enfant de onze ans victime de balles perdues, il déclare : « Les voyous vont disparaître, je mettrai les effectifs qu'il faut, mais on nettoiera la Cité des 4000 ». Une dizaine de jours plus tard, toujours à La Courneuve, il renchérit : « Le terme « nettoyer au Kärcher » est le terme qui s'impose, parce qu'il faut nettoyer cela ». Les mots « nettoyer » et « Kärcher » font aussitôt l'objet d'une vive polémique, à l'origine de la rupture avec le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag.
En septembre 2005, Nicolas Sarkozy incite les préfets à la fermeté contre tous ceux qui, selon lui, mettent en cause la sécurité des « Français », « en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrés illégaux ».
Le 26 octobre 2005, à 22 heures, au cours d'une visite d'un quartier d'Argenteuil, la situation est assez tendue : le ministre est insulté par des jeunes du quartier et est l'objet de jets de pierres sur son passage. Les journaux télévisés diffuseront à de nombreuses reprises les images du ministre déclarant, en s'adressant à un interlocuteur invisible à l'écran : « Vous en avez assez, hein, vous avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser ».
L'usage du mot « racaille » par le ministre suscita une importante polémique dans la presse, et créa une importante hostilité des habitants des quartiers sensibles suscitant les émeutes dans les banlieues. Le ministre, peut-être usant délibérément de cette expression pour occuper l'espace médiatique a plus surement provoqué la colère des jeunes des quartiers sensibles. Le 6 novembre, les journalistes d'Arrêt sur images précisent que la fameuse phrase était adressée en réponse à une habitante demandant à Nicolas Sarkozy, depuis son balcon, de « débarrasser le quartier de cette racaille ». La présentatrice Françoise Laborde explique comment s'est opéré le traitement médiatique de cette affaire : il y avait d'une part la tentation pour la télévision d'aller au sensationnel et, d'autre part, un possible parti-pris de certains journalistes contre Nicolas Sarkozy.
En octobre 2005, après la mort dans un transformateur EDF de deux adolescents qui fuyaient la police, des émeutes éclatent en banlieue parisienne et en province.
Nicolas Sarkozy prône la « tolérance zéro » et annonce que les immigrés illégaux qui ont participé aux émeutes seront expulsés du territoire. Alors qu'une partie de la gauche réclame la démission du ministre et que certains médias entament une campagne contre lui, un sondage de l'institut Ipsos annonce que 68 % des personnes interrogées lui sont favorables.
Au terme de ces émeutes, sur les 2 734 personnes placées en garde à vue, 597 personnes ont été incarcérées et une a été expulsée. Outre la dureté des affrontements et les dégâts considérables — évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros — qu'engendrèrent les émeutiers par la destruction d'écoles, de bibliothèques et d'entreprises ou par l'incendie de véhicules automobiles, on dénombra un mort et une blessée grave.
Selon Nicolas Sarkozy, les émeutes sont le fait de « bandes organisées », de « véritables mafias ». Un rapport des Renseignements généraux rendu public suggère, quant à lui, une « révolte populaire des cités » spontanée, due à la condition sociale des émeutiers et non à leur origine ethnique ou géographique, ajoutant que réduire ces événements « à de simples violences urbaines serait une erreur d'analyse ».
Un an et demi après les faits, en février 2007, deux policiers sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger. Deux ans après les faits, les affirmations de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin sur les circonstances du drame initial n'ont pas été confirmées et les parents des deux jeunes morts dans le transformateur EDF attendent le résultat de l'enquête concernant deux policiers.
- Contrat première embauche (mars - avril 2006)
En janvier 2006, Dominique de Villepin annonce la mise en place d'un Contrat première embauche (CPE) destiné à réduire le chômage des jeunes. Au terme des protestations qui survinrent après les vacances scolaires et universitaires de février, Nicolas Sarkozy prend officiellement ses distances avec ce projet. L'UMP précise alors que « les propositions présentées par Dominique de Villepin ont été élaborées à la suite de plusieurs entretiens avec Nicolas Sarkozy » et que « ce contrat est issu d’une proposition de la Convention thématique de l’UMP » qui s'appuie sur les réflexions développées par des proches de Nicolas Sarkozy pour la réforme des contrats de travail.
Bruno Julliard, à l'époque président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), principal syndicat étudiant contre le CPE aurait reçu un SMS de soutien de la part de Nicolas Sarkozy. Si le service de presse de l'Élysée se refuse au moindre commentaire, certains y voient une manipulation de Bruno Julliard.
Le 28 mars 2006, lors de leur réunion de groupe à l’Assemblée, les députés UMP appellent à des discussions entre gouvernement et partenaires sociaux sur le CPE, tandis que Nicolas Sarkozy propose de ne pas appliquer tout de suite le Contrat premier embauche.
Jacques Chirac annonce l'aménagement du CPE le 31 mars 2006, et confie la conception de la nouvelle loi aux parlementaires de l'UMP. Le 10 avril 2006, il annonce le « remplacement » du CPE par des mesures plus ciblées sur les jeunes non diplômés. Les différents sondages montrent que Nicolas Sarkozy semble peu affecté en termes de popularité par la crise, contrairement aux deux chefs de l'exécutif, mais le Parti socialiste cherche à l'impliquer en parlant du trio « Chirac-Villepin-Sarkozy », alors que Sarkozy joue la solidarité avec le Premier ministre, saluant l'« attitude respectable » de Dominique de Villepin. Selon Le Monde, ses relations avec le président ressortent bien meilleures de cette crise.
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Manifestation anti-CPE à Paris, le 18 mars 2006
Outrage à personne dépositaire de l'autorité publique (fin 2006)
Un militant jurassien du Réseau éducation sans frontières (RESF) adresse, le 19 décembre 2006, un courrier électronique au ministère de l'Intérieur dans lequel il réclame la libération d'un militant marseillais de RESF placé en garde à vue pour s'être opposé à l'expulsion d'un parent d'élève sans papiers. Dans ce courriel, il compare la politique de Nicolas Sarkozy au régime de Vichy. Condamné le 17 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Paris, à 800 euros d'amende, Romain Dunand fait appel. La cour d'appel de Paris, le 26 novembre 2008, fait passer l'amende infligée à Romain Dunand à 200 euros. Il est également condamné à verser un euro symbolique à Nicolas Sarkozy, partie civile au procès.
- Loi relative à l'immigration et à l'intégration (2 mai - 24 juillet 2006)
Après avoir signé, conjointement avec le garde des Sceaux Pascal Clément, la circulaire du 21 février 2006 sur les conditions d'interpellation d'un étranger en situation irrégulière, qui conduit les associations de défense des sans-papiers à parler de « rafles », Nicolas Sarkozy lance sa proposition de loi réformant de façon significative le droit des étrangers. Elle se présente comme l’instrument de la mise en œuvre d’une « immigration choisie au lieu d’une immigration subie ». Elle se concentre sur deux points : le durcissement des conditions de régularisation des sans-papiers et du regroupement familial et le retour à une politique officielle d'immigration de travailleurs dans plusieurs secteurs de l’économie (BTP, restauration, travail saisonnier, vente, informatique, etc.).
La Ligue des droits de l'Homme et le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui luttent depuis 2004 contre l’expulsion de France d’enfants mineurs scolarisés ayant des parents « sans-papiers », qualifient ces mesures de « régression sécuritaire » et Nicolas Sarkozy de « ministre de la Chasse aux enfants ». Début juin 2006, le ministre donne des directives pour que des familles de ce type soient régularisées. D’après le RESF, 80 % des personnes visées ne sont pas concernées par ces nouvelles directives. Au cours de l'été, Nicolas Sarkozy annonce 6 000 régularisations, soit un cinquième des demandes. Parmi les réactions, Jack Lang déplore qu’il ne s’agisse pas d’une régularisation massive, comme dans d’autres pays européens, tandis que Philippe de Villiers exprime son refus des régularisations et son souhait d’expulser tous les étrangers en situation irrégulière. Le ministre annonce des régularisations limitées en nombre et étudiées au cas par cas.
Plusieurs dirigeants africains s'élèvent contre cette proposition, dont le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui estime qu’il s’agit d’un « pillage des élites ». Nicolas Sarkozy se rend au Sénégal et au Mali pour tenter d’expliquer sa loi, mais il est chahuté et accusé de racisme[61]. Finalement en septembre 2006, il signe avec Abdoulaye Wade un accord sur une politique d’immigration concertée.
- Affaire des mosquées de Roissy
Après la sortie du livre Les Mosquées de Roissy de Philippe de Villiers, livre qui traite du péril islamiste qui pèserait sur l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy indique qu’il y aurait 122 individus « plus ou moins » suspects travaillant à Roissy sur 83 000 habilitations délivrées et annonce qu'ils feront l’objet de procédures d’abrogation d’habilitation.
Le 21 octobre 2006, le ministre justifie l’abrogation de 43 habilitations au motif que ces personnes auraient des « pratiques radicales » et qu’il préférait risquer « un contentieux devant un tribunal plutôt qu’un drame ». Quatre bagagistes, dont les habilitations ont été retirées par le préfet, effectuent un recours devant le tribunal administratif de Bobigny et demandent à considérer que le retrait de cette habilitation est discriminatoire, car fondé sur leur pratique de la religion musulmane ou leurs idées politiques.
Alors que la CFDT porte plainte auprès du procureur de la République de Bobigny pour discrimination, la CFTC d’Air France annonce la grève et dénonce un « durcissement » dans l’attribution des badges aéroportuaires. Le MRAP dénonce les « ravages de la stigmatisation » et décide de poursuivre le préfet pour discrimination en raison des origines ethniques.
L’administration, de son côté, souligne l’existence de cas inquiétants, comme celui d’un bagagiste français qui aurait passé trois années au Yémen, où il aurait séjourné dans un camp d’entraînement militaire tenu par des islamistes.
À l’issue des premières procédures devant les tribunaux, quatre employés sur une petite dizaine de requérants ont obtenu gain de cause et ont pu récupérer leur badge.
- Loi sur la prévention de la délinquance (5 mars 2007)
Nicolas Sarkozy a initié, dès 2006, un projet de loi sur la prévention de la délinquance. Parmi les points-clés de ce projet, il a insisté pour que soient détectés, dès le plus jeune âge, d'éventuels troubles du comportement. La loi a été votée et validée par le Conseil constitutionnel, mis à part deux articles qui prévoyaient la responsabilisation des magistrats instructeurs.
Cette loi instaure aussi un contrôle des activités sur Internet. Les activités de délinquance sur Internet sont plus fortement réprimée, en particulier la diffusion de scènes de violence, visant le happy slapping, avec un emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pour ce faire, il prône la rétention par les FAI de toutes les données de connexion pendant un an. La Ligue ODEBI, organisation indépendante de défense des libertés numériques, dénonce le fait que la diffusion d'images de violences policières devienne ainsi condamnable, entraînant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement lorsque les images sont diffusées par de simples citoyens.
Le 8 juin 2006, lors d’une conférence de presse, Nicolas Sarkozy présente un bilan de son action au ministère de l’Intérieur depuis son arrivée, en 2002. Dans ce bilan, il présente des chiffres issus d’études de l’Observatoire national de la délinquance (OND) réalisées depuis 1998. Ces chiffres lui permettent de comparer la période où il est (mais aussi partiellement Dominique de Villepin) ministre de l’Intérieur, aux années de législature socialiste. Les chiffres de l’insécurité qu’il présente sont globalement en baisse (en moyenne de 3 %[réf. nécessaire]) sur la période 2002-2005, à l’exception des violences aux personnes, en nette hausse (9 % selon le ministère de la Justice). Cette tendance se serait poursuivie en 2006 (délinquance globalement en baisse mais hausse des violences aux personnes). Le taux d’élucidation présente une amélioration en passant de 26,3 % en 2002 à 31,8 % selon l’INSEE, bien que la méthode de calcul de ce taux ait été discutée. Le Canard enchaîné attribue la baisse de la délinquance à la forte baisse des vols de téléphones portables, responsables à eux seuls de 40 % des infractions.
En réaction à ce bilan, qui n’intègre pas le nombre de voitures brûlées et les dégradations volontaires commises lors des émeutes de fin 2005, le Parti socialiste invoque la forte augmentation des violences faites aux personnes durant le ministère de Nicolas Sarkozy et établit des liens entre cette augmentation et les décisions du ministre, qu’il avait critiquées. Il affirme aussi que la notation des fonctionnaires de police, qui dépend désormais du nombre d’infractions constatées, introduit un biais à la baisse des statistiques collectées, dont l’exactitude devient contestable, et souligne à cet égard que la comptabilisation des violences aux personnes, en hausse, est précisément obligatoire. En réaction à ce même bilan, Alain Bauer, président de l’observatoire national de la délinquance, précise que l’indicateur de la violence continue d’augmenter inexorablement chaque année quelle que soit la législature au pouvoir.
En matière de sécurité routière, la politique de contrôle et de répression qu’il a mise en place aurait permis de réduire le nombre de tués de 7 242 en 2002 à 4 703 en 2006, soit une baisse de 35 % en l’espace de quatre ans. On observe, cependant, en 2007, une remontée des chiffres (+ 6 % de tués, + 10 % de blessés entre 2006 et 2007, sur les trois premiers mois, selon certains experts, cette parenthèse serait due au relâchement des automobilistes, tandis que l'Observatoire national interministériel de sécurité routière l'impute à la grande stabilité des vitesses moyennes pratiquées, une légère dégradation en matière d'alcoolémie et une reprise de l'augmentation du trafic).
En matière d’immigration, l’immigration légale continue de se développer, mais à un rythme moins soutenu, en raison de la baisse du nombre de titres de séjour délivrés : - 2,57 % en 2005 par rapport à 2004. Cette baisse du nombre de titres délivrés est la première depuis 10 ans. En parallèle, les expulsions d’immigrés clandestins ont doublé entre 2000 et 2005, passant de 10 000 à 20 000.
Après que Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait de démissionner du ministère de l'Intérieur pour s'investir à temps plein dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2007, c'est le 19 mars 2007 que Jacques Chirac annonce la date de démission du ministre de l'Intérieur : Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 26 mars, laissant la place à François Baroin.
Nicolas Sarkozy rend publique sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 dans une interview à la presse régionale, réalisée le 29 novembre 2006.
Le siège de campagne de Nicolas Sarkozy, rue d'Enghien (10e arrondissement de Paris)
Slogans de campagne et patrimoine
Les mots d'ordre de sa campagne sont la restauration de la confiance dans la politique, « travailler plus pour gagner plus » (slogan emprunté au MEDEF), « la rupture tranquille », et « l'ordre en mouvement » (s'opposant par là au slogan de l'« ordre juste » de sa concurrente Ségolène Royal, qu'il jugeait immobiliste). Les journalistes y voient une référence au slogan de François Mitterrand, la « force tranquille ».
Comme tous les candidats à l'élection présidentielle, il déclare son patrimoine. M. Sarkozy a fait état d'un patrimoine totalisant 2,04 millions d'euros, principalement en assurance-vie. En janvier 2007, son équipe de campagne avait précisé qu'il avait payé pour la première fois un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en 2006, pour une base imposable d'environ 1 137 000 euros.
Le 10 janvier 2007, le Parti socialiste rend public un ouvrage rédigé par Éric Besson et intitulé L’inquiétante « rupture tranquille » de monsieur Sarkozy dans lequel ce dernier est accusé de dissimuler une idéologie de « néo-conservateur américain à passeport français » derrière des apparences de pragmatisme. L'UMP réagit vivement, parlant d'« attaques personnelles aux accents xénophobes douteux » ; Yves Jégo parle d'« une caricature malhonnête ». Éric Besson déclare par la suite qu'il s'agissait « d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation » organisée par le PS. Le Parti socialiste adopte alors, selon les partisans de Nicolas Sarkozy, une tactique de diabolisation dite TSS (tout sauf Sarkozy).
Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy, seul candidat, est désigné candidat de l'UMP à l'élection présidentielle suite à un vote en sa faveur de 98,09 % des votants et un taux de participation de 69,06 % des adhérents, durant un congrès de l'UMP réunissant entre 30 000 et 110 000 personnes suivant les sources.
Le 26 mars 2007, Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur pour se consacrer pleinement à sa campagne présidentielle, espérant vaincre « la barrière du ministre d'État » et ouvrant une « nouvelle étape de la campagne » ; François Baroin prend sa succession place Beauvau.
Conformément à ce qu'annonçaient les sondages, Nicolas Sarkozy arrive en tête du premier tour de scrutin, le 22 avril 2007, avec 31,18 % des suffrages exprimés, soit le record absolu en nombre de voix pour un candidat de la droite républicaine. Viennent ensuite la candidate socialiste Ségolène Royal (25,87 %) et le centriste François Bayrou (18,57 %). Après le traditionnel débat de l'entre-deux-tours, il est élu président de la République le 6 mai 2007, avec 53,06 % des suffrages (18 983 138 voix) face à Ségolène Royal (46,94 %, soit 16 790 440 voix).
À l'annonce des résultats, des rassemblements d'opposants de gauche à Nicolas Sarkozy se forment dans une quinzaine de grandes villes de France. Quelques rassemblements dégénèrent en émeutes. Les deux nuits suivantes sont émaillées de violences, mais à moindre échelle. Une enquête TNS Sofres, publiée le 8 mai 2007, indique que 50 % des Français sont satisfaits de la victoire de Nicolas Sarkozy, alors que 41 % des sondés sont d'un avis inverse.
Le 14 mai 2007, il annonce sa démission de la présidence de l'Union pour un mouvement populaire.
Nicolas Sarkozy en meeting à Toulouse, le 12 avril 2007
Depuis 2007 : la présidence de la République
La passation des pouvoirs avec son prédécesseur Jacques Chirac a lieu le 16 mai 2007 : Nicolas Sarkozy devient ainsi le 23e président de la République française et le 6e président de la Ve République.
Dans l'après-midi, le nouveau président rend hommage, à la cascade du Bois de Boulogne, aux 35 jeunes Français résistants assassinés en août 1944 par les nazis, comme Guy Môquet, résistant communiste de 17 ans, fusillé à Châteaubriant en octobre 1941. Il se rend ensuite à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel.
Nicolas Sarkozy, le jour de son investiture
Gouvernement Fillon I (mai - juin 2007)
Le 17 mai, il nomme son premier Premier ministre, François Fillon, qui forme le 18 mai un gouvernement réduit à 15 ministres (huit hommes et sept femmes), auxquels s'ajoutent quatre secrétaires d'État et un haut-commissaire. Le gouvernement contient des personnalités de gauche, du centre droit et de la société civile. Le ministère de l'Économie et des Finances est scindé en deux, l'un chargé du budget de l'État, l'autre de la stratégie économique et du développement. Conformément au Pacte écologique signé par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, Alain Juppé prend la tête d'un grand ministère alliant l'écologie, l'aménagement territorial et le transport. Le ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement (qui avait été sujet à polémique) apparaît.
À l'issue du second tour des élections législatives de 2007, l'UMP conserve la majorité absolue à l'Assemblée nationale, avec 313 élus.
Conformément à la tradition, François Fillon remet sa démission au président de la République le 18 juin 2007, et Nicolas Sarkozy le reconduit immédiatement dans sa fonction pour former un nouveau gouvernement, sans Alain Juppé, seul ministre battu dans sa circonscription.
Le 18 mars 2008, suite à la défaite de la droite aux élections municipales et cantonales, Nicolas Sarkozy procède à un remaniement ministériel, faisant entrer six nouveaux secrétaires d'État dans le gouvernement.
- Plaintes
Le gérant d'une boutique basée dans le Vaucluse est mis en examen le 9 avril 2008 pour contrefaçon, modification de marque sans autorisation, provocation à une infraction en matière de stupéfiants et incitation au terrorisme, ayant créé et commercialisé des tee-shirts détournant le logo et le slogan de marques mais aussi utilisé le nom du président de la République. Nicolas Sarkozy se constitue partie civile. Début 2009, l'affaire, instruite au pénal est toujours en cours.
Le 9 octobre 2008, des éditeurs mettent en vente un ouvrage humoristique de Yaël Rolognese, « Nicolas Sarkozy : Le Manuel vaudou », vendu avec une poupée vaudou et douze aiguilles. Ce coffret est aussi disponible dans une version « Ségolène Royal : Le manuel vaudou » mais Ségolène Royal renonce à porter plainte. Nicolas Sarkozy dépose un référé, demandant à l'éditeur de retirer sa figurine du coffret, mais il est débouté le 29 octobre 2008 par le tribunal de grande instance de Paris ; il fait appel. La commercialisation de la poupée est donc autorisée sous conditions.
Nicolas Sarkozy a engagé une partie des réformes annoncées lors de sa campagne présidentielle. La loi TEPA a été votée en août 2007 ; plusieurs lois ont été votées pour limiter l’immigration clandestine (loi du 20 novembre 2007, controversée en raison de l'établissement d'un dispositif sur les tests génétiques - l'amendement Mariani -, ainsi que de l'autorisation d'effectuer des statistiques ethniques - cette dernière disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel), et la récidive (la loi sur la récidive d'août 2007, ou loi Dati, qui instaure notamment des peines-plancher, mesure controversée qui a motivée la saisine du Conseil constitutionnel par l'opposition ; et la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté, elle aussi particulièrement controversée, adoptée par procédure d'urgence (article 49-3) et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel).
Le 31 décembre 2007 à 20 heures, il adresse ses premiers vœux de président de la République aux Français en « bousculant le protocole », puisqu'il les prononce « en direct ». Dans ces vœux, il a évoqué « l'urgence des réformes » et une « politique de civilisation » ; il a surtout annoncé une « nouvelle Renaissance ». Il a estimé avoir entrepris depuis le début de son mandat « beaucoup de changements profonds ».
Le 8 janvier 2008, il est, pour la première fois depuis son élection, en conférence de presse devant 500 journalistes, répondant à leurs questions, notamment sur le pouvoir d'achat, mais aussi sur d'autres sujets dont sa vie privée particulièrement médiatisée.
Nicolas Sarkozy est dénoncé par ses divers adversaires français comme un libéral, un tel positionnement étonnerait pourtant le monde anglo-saxon, pour qui M. Sarkozy incarne un dirigisme typiquement français : « dénonciation du capitalisme du laisser-faire, [efforts] consacrés à faire du sommet du G20 de Londres une confrontation entre les défenseurs du libéralisme anglo-saxon et la volonté franco-allemande de réguler davantage l'économie de marché [,] s'incliner devant les pêcheurs et les ouvriers de l'automobile en colère, contester les mérites du marché unique européen, le rôle des nouveaux entrants, des pays où les salaires sont moins élevés, provoquer Londres et Washington, et finalement retrouver des accents protectionnistes ».
Les débuts de la politique internationale de Nicolas Sarkozy sont marqués par un activisme important dans de nombreux domaines, ce qui est perçu comme une volonté d'incarner la « rupture » promise pendant la campagne. La nomination du socialiste Bernard Kouchner à la tête du ministère des Affaires étrangères est ainsi vue comme un symbole.
Nicolas Sarkozy avait durant sa campagne présidentielle, voulu que la France prenne la défense des femmes, et notamment celle d'Íngrid Betancourt otage des FARC en Colombie et des infirmières bulgares prisonnières en Libye.
Nicolas Sarkozy a finalisé la libération des infirmières et du médecin bulgares, sur laquelle la Commission européenne a travaillé plusieurs années. Quelques jours avant leur libération, Cécilia Sarkozy se rend sur place. Le 24 juillet 2007, les infirmières bulgares sont libérées et transférées en Bulgarie à bord d'un avion de la République française. Le même jour, le conseil municipal de la capitale bulgare, Sofia, décide d'accorder la citoyenneté d'honneur de la ville aux trois personnes considérées comme les principaux artisans de cette libération : Nicolas et Cécilia Sarkozy ainsi que la Commissaire européenne aux Affaires extérieures Benita Ferrero-Waldner.
Nicolas Sarkozy reçoit le primat russe Alexis II de Moscou le 3 octobre 2007, lors de la première visite d'un patriarche russe en France.
En décembre 2008, le Time Magazine le classe au troisième rang des personnalités de l'année, juste derrière Barack Obama et Henry Paulson. Il est également classé au troisième rang des personnalités les plus puissantes du monde pour l'année 2009 par le magazine Newsweek, après Barack Obama et Hu Jintao.
La presse internationale relève les considérations critiques du président français à l'encontre de ses homologues. Des propos contestés attribués à l'ancien président américain par le Président français sont jugés très sévérement : « Nous commencions à peine à prendre les rênes et voilà ce que nous avons trouvé en haut du dossier Sarkozy : l'affaire du coup de fil à Bush, dit un proche de l'équipe d'Obama. Cela ne nous a pas vraiment mis en confiance. » : le « courant passe mal entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama » résume le Nouvel Observateur qui dénonce également les affirmations du président concernant un « prétendu bouclier fiscal que les Allemands auraient inscrit dans leur Constitution ».
En conformité avec le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008, il réduit les effectifs de l'armée française et l'engagement militaire permanent en Afrique et ouvre avec l'Implantation militaire française aux Émirats arabes unis la première base militaire française à l'étranger depuis cinquante ans.
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Nicolas Sarkozy et Barack Obama en avril 2009, à Strasbourg
Afghanistan
Malgré le fait qu'il avait suggéré un retrait des troupes françaises présentes dans le cadre de la force internationale d'assistance et de sécurité sous l'égide de l'OTAN et mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies pendant la campagne électorale de 2005, Nicolas Sarkozy annonce dès novembre 2007 un renforcement des effectifs militaires français, précisant que « l'échec n'est pas une option ».
Après l'embuscade de Surobi qui a fait 10 morts parmi les troupes française le 18 août 2008, qui sont les pertes les plus élevé pour l'armée française en un seul combat depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, et les plus grandes pertes au combat pour la coalition en Afghanistan depuis 2001, il réaffirme l'engagement de la France au côté de l'OTAN. Un vote à l'assemblée nationale contre le maintien des troupes en Afghanistan par l'opposition échoue le 22 septembre 2008.
- Afrique
Quelques semaines après son élection, Nicolas Sarkozy a effectué deux voyages en Afrique, l'un en Libye, l'autre en Afrique de l'Ouest. Il a notamment prononcé un long discours à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar. Dans ce discours, rédigé par Henri Guaino, le président français déclare notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le problème principal de l'Afrique venait de ce que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (...) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (...) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ». Ce discours a suscité de nombreuses réactions en France et dans le monde, comme celle du professeur Achille Mbembe. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’Onu sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a déclaré à la tribune de l'Onu que « dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’Histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles »
Le président français s'est également rendu au Gabon, dont il avait reçu le président quelques semaines plus tôt.
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- Darfour
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Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner organisent la conférence de Paris, réunissant une vingtaine de pays, afin de relancer le processus sur le Darfour le 25 juin 2007. Bernard Kouchner lance l’idée d’un corridor humanitaire. Suite à la réunion, la création d'une force hybride de 20 000 hommes devant être déployée au Darfour, force comportant des membres de l’Union africaine et de l’ONU, est annoncée. Le 31 juillet 2007, l'ONU approuve à l'unanimité l'envoi de troupes au Darfour.
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- Organisations internationales
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Nicolas Sarkozy propose la candidature du socialiste Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), candidature présentée comme une poursuite de la politique d'ouverture. DSK est nommé directeur général en septembre 2007.
- Union européenne
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- « Traité simplifié »
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Lors du sommet européen du 8 au 10 juin 2007 présidé par l’Allemagne, Nicolas Sarkozy défend l’idée d’un « traité simplifié » entre les partenaires européens, reprenant en grande partie les articles du projet de constitution européenne, notamment la partie institutionnelle. Après de longues négociations avec en particulier le président polonais Lech Kaczyński, ce projet est adopté le 23 juin 2007.
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Nicolas Sarkozy en compagnie de la chancelière allemande, Angela Merkel, le 7 février 2009
Eurogroupe
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Le président prévoit de ne pas avoir un équilibre budgétaire avant 2012, cependant le gouvernement précédent avait promis à l’Eurogroupe de rétablir cet équilibre en 2010. Face au mécontentement des ministres des Économies des pays de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy décide de défendre lui-même sa politique budgétaire en se rendant à la réunion des ministres de l’Eurogroupe. Le résultat de cette réunion a été considéré par une partie de la presse française comme une victoire de Nicolas Sarkozy qui aurait convaincu ses partenaires en affirmant que son « choc fiscal » permettrait de relancer la croissance et de revenir dans les critères de Maastricht à l’horizon 2012, tandis que la presse étrangère se montre généralement plus sceptique.
- Méditerranée
L’Union méditerranéenne est un projet d'union politique proposé aux pays riverains de la mer Méditerranée par le président français Nicolas Sarkozy qui fait le constat de l'échec du processus de Barcelone. Ce projet a pour but de renforcer la coopération entre les pays des deux rives, dans les domaines de l'environnement et de l'immigration, et d'amener Israël et les pays arabes à s'asseoir à la même table. L'Allemagne fait comprendre rapidement à la France son refus d'une dynamique politique qui consacrerait une scission dans l'Union européenne, obligeant la diplomatie française à revoir sa copie en y intégrant l'ensemble des membres de l'UE. La Turquie voit ce projet comme une alternative à son adhésion à l’Union européenne. Le président français prévoit une première réunion sur ce projet dans la perspective de la présidence française de l'Union européenne à l'horizon de juin 2008.
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Membres éventuels de l'Union méditerranéenne (en bleu, pays effectivement riverains de la Méditerranée, en gris foncé, reste de l'Union européenne)
Présidence française de l'Union européenne
De juillet à décembre 2008, la France assure la présidence du Conseil européen.
- OTAN
Annoncé fin 2008, le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN est effective depuis avril 2009.
- Tibet
Le 13 novembre, Nicolas Sarkozy déclare qu’il rencontrera le 14e dalaï-lama en Pologne, où ils sont tous deux invités pour fêter le 25e anniversaire du prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. Le 6 décembre, il rencontre Tenzin Gyatso, dédramatisant la situation après la condamnation de la Chine, et appelant au dialogue.
Controverses
Nicolas Sarkozy a été mis en cause, mi-février 2007, pour des relations entretenues avec le groupe immobilier Lasserre, chargé de nombreuses opérations immobilières à Neuilly depuis 1980. Selon les articles publiés par Le Canard enchaîné dans ses éditions des 28 février, 7, 14 mars, 18 avril et 23 mai 2007, incluant des photocopies de factures, le décompte détaillé des aménagements complémentaires et des analyses faites à partir des actes notariés de la Conservation des hypothèques, Nicolas Sarkozy :
- aurait fait bénéficier en mars 1997 le groupe Lasserre d’un « cadeau » de 750 000 euros sur l'achat des droits à construire sur l'île de la Jatte.
- a acheté en juin 1997 un appartement au groupe Lasserre, principal partenaire immobilier de la ville de Neuilly-sur-Seine, dont il était maire, et aurait bénéficié lors de cet achat d’une réduction d’au moins 114 340 euros et également de prestations pour des aménagements complémentaires d'un montant de 279 290 euros, dont il a acquitté 60 980 euros.
La presse nationale et internationale a fait état des articles publiés dans Le Canard enchaîné. Nicolas Sarkozy, de son côté, a démenti l’ensemble de ces allégations sans apporter d’explications sur les factures et décomptes publiés par ce journal sauf pour celle qui concernait un escalier en chêne.
Le Canard enchaîné a précisé le 19 septembre qu'une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Nanterre et confiée à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Cette affaire a été classée sans suite par le Parquet, en octobre 2007.
Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît indirectement dans des listings truqués de la société Clearstream. Il se porte partie civile le 31 janvier 2006, relançant l'affaire. Selon un délateur surnommé « le corbeau », Nicolas Sarkozy aurait disposé de deux comptes dans une banque italienne (la Banca popolare di Sondrio), déguisés sous des noms proches de son identité. Le corbeau sous-entendait dans son courrier que les personnes citées, y compris Nicolas Sarkozy, auraient touché des pots-de-vin dans l'affaire des frégates de Taïwan.
Nicolas Sarkozy exige des explications auprès de Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, et du directeur de la DST, Pierre Brochand. La Banca popolare di Sondrio reçoit une commission rogatoire de la justice française, le 5 novembre 2004, et envoie une réponse négative le 16, affirmant que Clearstream ne détient pas de comptes personnels. Malgré cette célérité de la banque, ces résultats innocentant Nicolas Sarkozy n'ont été communiqués au juge Renaud Van Ruymbeke qu'un an plus tard. Le journaliste Stéphane Denis affirme dans une interview au Point du 11 mai qu'il avait transmis en septembre 2004 et avril 2005 un message oral du général Rondot à Nicolas Sarkozy sur l'enquête Clearstream.
Imad Lahoud, soupçonné par les services de police d'être l'auteur des falsifications des listings, a affirmé, début novembre 2006, après l'avoir précédemment nié, qu'il avait rencontré deux fois, en 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie, pour « évoquer » ce dossier. Nicolas Sarkozy a démenti cette allégation et fait établir que, le jour de la « rencontre » avancée par Lahoud, il était en voyage à l'étranger. Il assure, en outre, n'avoir appris toute l'histoire que par voie de presse. Le journaliste Éric Decouty affirme, pour sa part, que Nicolas Sarkozy aurait été mis au courant de la manipulation dont il était l’une des cibles plus tôt qu’il ne le prétend, en 2005, et qu'il a essayé de tirer profit politiquement de cette situation en laissant faire.
Par contraste avec la période qui a suivi les défaites de 1995 et de 1999, Nicolas Sarkozy est l'objet d'une importante médiatisation à partir de 2002. Cette médiatisation, ainsi que les rapports entre le président de la République et les journalistes français, ont fait l'objet d'un documentaire de la Télévision suisse romande, « Sarkozy, vampire des médias » dans l'émission d'investigation Temps présent.
Nicolas Sarkozy réalise dans l'émission 100 minutes pour convaincre le plus gros score d'audience à l'époque pour une émission politique en 2003, avec plus de sept millions de téléspectateurs. Il est le seul à avoir été invité trois fois à cette émission. En 2007, avec l'émission J'ai une question à vous poser, il atteint un pic de près de dix millions de téléspectateurs (huit millions en moyenne).
Il fait de son épouse Cécilia un de ses principaux conseillers dans ses ministères, puis son chef de cabinet à la présidence de l'UMP. Son couple et sa famille, mêlés à ses actions publiques et ainsi mis en scène, s'affichent dans les médias. Mais en mai 2005, des problèmes conjugaux surgissent et sont largement médiatisés, en particulier dans Le Matin, que Nicolas Sarkozy attaque en justice. Et le 26 août 2005, Paris Match présente même à la une Cécilia avec son ami Richard Attias. À la suite de cette publication, Nicolas Sarkozy aurait usé de son influence auprès d'Arnaud Lagardère, dont le groupe est propriétaire de Paris-Match, pour faire limoger le directeur de l'hebdomadaire, Alain Genestar, selon ce dernier qui quitte son poste une année plus tard. Après la reformation de son couple, Nicolas Sarkozy explique, au début de 2006, qu'il « regrette » d'avoir surexposé sa vie privée.
Selon Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy serait intervenu pour empêcher la publication d'un livre de Valérie Domain sur Cécilia Sarkozy chez First Editions, en octobre 2005. La « biographie » de Cécilia Sarkozy par Valérie Domain a finalement été publiée, sous forme de fiction, le 8 février 2006, sous le titre Entre cœur et raison aux éditions Fayard. Le syndicat de journalistes SAJ-UNSA l'accuse par ailleurs d'être intervenu pour que l'accréditation permettant à un journaliste de recevoir des informations directement de l'administration, soit ôtée à Raphaëlle Picard, de l’AFP, auteur d’un reportage sur des perquisitions menées par erreur, lors de la descente massive de police aux Mureaux, à 5 h 30 du matin le 4 octobre 2006. Cette descente a provoqué une enquête sur son déroulement et ses conséquences. Une source anonyme interne du journal Libération, confirmée par son PDG Laurent Joffrin, affirme que Nicolas Sarkozy a appelé, le 7 mars 2007, l'actionnaire principal du journal, Édouard de Rothschild, pour se plaindre d'un titre qu'il jugeait outrancier : « Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon », en qualifiant Libération de « journal de gauche de merde ». Le lundi 16 avril 2007, Joseph Macé-Scaron, l'ancien directeur du Figaro Magazine, affirme sur RTL qu'il a été « démissionné » du Figaro pour avoir refusé de céder à des pressions sarkozystes ; il estime que des menaces sont exercées par Nicolas Sarkozy sur l'ensemble des journalistes politiques.
Toujours selon Le Canard enchaîné, lors de la préparation d'une émission de Christine Ockrent, Nicolas Sarkozy, excédé par l'attente avant le maquillage, se serait emporté.
Nicolas Sarkozy est intervenu le mardi 2 mai 2007 sur France Inter concernant les accusations de main-mise sur les médias dont il est l'objet : « On me dit que les médias sont à ma solde. Mais qui peut croire une chose pareille, quand on voit le déchaînement qu'a suscité ma candidature, mon projet », citant deux des soutiens de Ségolène Royal, Libération et Le Nouvel Observateur, dont les actionnaires majoritaires sont respectivement Édouard de Rothschild et Claude Perdriel, parmi les grandes fortunes françaises.
Au soir de son élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy fête sa victoire au Fouquet's où sont invités plusieurs actionnaires ou employés de médias français : Bernard Arnault, Martin Bouygues (TF1), Serge Dassault (Le Figaro), Alain Minc (Le Monde), François Pinault (Fnac) ou Albert Frère (M6), le seul journaliste présent étant Nicolas Beytout (Le Figaro).
Au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, une nouvelle controverse médiatique a surgi à l'occasion de sa « retraite » sur le yacht de Vincent Bolloré, le Paloma.
Peu après la confirmation de la vente du journal économique Les Échos par le groupe LVMH, le directeur de la rédaction Erik Izraelewicz a rapporté que, lors d'une entrevue à l'Élysée le vendredi 16 novembre 2007, Nicolas Sarkozy, lui a appris lui-même l'arrivée prochaine de Nicolas Beytout pour diriger le journal. De fait, Beytout devient le responsable du pôle média de LVMH trois jours plus tard. Lors de la même entrevue, Nicolas Sarkozy a reproché aux journalistes des Échos de s'opposer au rachat de leur journal par LVMH, dont l'actionnaire principal est Bernard Arnault, témoin de mariage de Nicolas Sarkozy.
Suite à la conférence de presse du 8 janvier 2008, Marianne reproche le ton agressif de Nicolas Sarkozy envers le rédacteur en chef de Libération, Laurent Joffrin, et l'impossibilité pour ce dernier d'avoir recours au droit de suite, lorsque le président ne répond pas précisément à la question qui lui est posée.
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CIVILISATION MINOENNE.
Civilisation minoenne
La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C. Tirant sa dénomination du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l'archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle.
Une thalassocratie déchue ?
Insularité
La Crète est une île montagneuse (le mont Ida culmine à 2500 m) qui se trouve au sud de la mer Égée. Située en zone sismique, elle est naturellement menacée par des tremblements de terre.
Selon Homère, la Crète comptait 90 villes, dont Cnossos était la plus importante. Cette civilisation palatiale était divisée, pense-t-on, en trois à dix principales unités politiques, avec au nord Cnossos (alias Knossos), au centre Galatas, au sud, Phaistos (alias Phaestos), au centre-est, Malia (alias Mallia) et à l'est, Petras (près Sitia), Zakros ou Palaikastro. L'organisation des territoires palatiaux a pu évoluer au cours du temps : le palais de La Canée (Khania), à l'ouest, a pu émerger au cours d'une phase plus récente. Des palais de moindre importance, plus petits (Nirou Khani, Arkhanès), et des « villas » (Haghia Triada) ont été également découverts dans d'autres régions. Aucune des villes minoennes ne disposait d'enceintes, sauf peut-être Petras près de Sitia à une époque reculée, et éventuellement Galatas dans le centre de l'île, et à peine trouve-t-on des armes. La célèbre « hache à double tranchant » n'avait sans doute qu'une fonction rituelle. Elle fut un symbole religieux.
Les principaux sites minoens de Crète
Une civilisation tournée vers le commerce maritime ?
Les Minoens ne semblent pas avoir constitué une civilisation guerrière, ce qui n'exclut pas comme l'écrit Hérodote qu'ils aient utilisé pour leur marine des mercenaires notamment originaires des Cyclades ou du sud-ouest de l'Asie Mineure (Lélèges, Cariens). On les a souvent décrits comme un peuple commerçant engagé dans le commerce d'outre-mer. Beaucoup d'historiens et d'archéologues croient que les Minoens étaient très impliqués dans le commerce de l'étain qui était très important lors de l'âge de bronze (l'étain étant utilisé pour la production de bronze). Les récentes trouvailles de l'École anglaise d'Athènes à Mochlos tendent à accréditer cette spécialisation minoenne (voir les travaux du colloque international sur la métallurgie égéenne à l'Université de Crète en 2004).
La civilisation minoenne est une civilisation de l'âge du bronze. Son déclin semble correspondre, selon certains, à l'apparition des outils en fer. En réalité, il semble désormais prouvé que le tsunami issu de l'éruption volcanique de Santorin (Théra) a gravement endommagé les cités portuaires de la côte septentrionale de la Crète et la flotte crétoise (voir à ce sujet le film documentaire sous l'égide de Joseph Alexander Macgillivray de l'Ecole anglaise d'Athènes). La Crète aurait éprouvé des difficultés énormes à se redresser économiquement sans une aide extérieure que les Mycéniens lui auraient fourni. Les progrès en vue du déchiffrement de l'écriture minoenne, le linéaire A, pourraient élargir considérablement les connaissances que nous avons de cette brillante civilisation.
Il est possible que les réseaux de commerce se soient effondrés, et que les villes minoennes aient péri par la famine. Selon cette théorie, les Minoens auraient reçu leur blé des fermes sur le littoral de la mer Noire ou plus vraisemblablement de la Thessalie hellénique, grenier à blé le plus proche.
Maints historiens croient que les anciens empires commerciaux risquaient constamment d'être détruits par la traite « non-économique », c'est-à-dire que la nourriture aurait été sous-évaluée vis-à-vis du luxe, parce que la comptabilité n'était pas encore développée. Le résultat pourrait avoir été la famine et la diminution de la population.
Une autre théorie de l'effondrement minoen est que, quand on commença à utiliser des outils de fer, les Minoens, qui vendaient de l'étain pour produire du bronze, s'appauvrirent progressivement. Lorsque leurs réseaux de commerce disparurent, des famines régionales se développèrent et il leur fut impossible de les combattre. Cette théorie semble à écarter dans la mesure où la fin de la période minoenne et l'avènement des Mycéniens en Crète sont largement antérieurs à la fin de l'Âge du Bronze (de plusieurs siècles).
La plus grande partie des archéologues, comme on l'a vu, estiment que les capacités navales des Minoens et leurs cités (à l'exception de Cnossos dans les terres) furent endommagées fortement par l'explosion de l'île de Théra et du tsunami (trois vagues d'une vingtaine de mètres de hauteur) qui s'en suivit. Cette catastrophe, qui eut lieu entre 1650 et 1600 avant J.-C., fut suivie quelque cinquante ans plus tard par une invasion mycénienne de la Crète. Ces deux événements furent probablement responsables du déclin rapide de la civilisation minoenne.
On dit d'ailleurs que cette éruption aurait inspiré la légende de l'Atlantide.

Saut acrobatique sur un taureau, figurine en ivoire du palais de Cnossos
Une civilisation originale
Les Crétois ont d'abord utilisé un système d'écriture reposant sur des idéogrammes ou selon Evans des pictogrammes. L'écriture hiéroglyphique crétoise ainsi apparue dès le Minoen Moyen sur des sceaux serait devenue une écriture mais toujours cantonnée à des inscriptions très brèves. Au sein de cet ensemble, Louis Godart isole les signes d'Arkhanès, en qui il voit les prototypes à la fois du hiéroglyphique ultérieur et du linéaire A. Puis, apparaît, au début du IIe millénaire av. J.-C. ou peut-être un peu avant si l'on se fie aux "marques de maçons" ainsi qu'à différents indices, un second système d'écriture syllabique dit « linéaire A ». Ces deux systèmes d'écritures nous sont restés jusqu'ici très mystérieux et seul, à Cnossos, un troisième système d'écriture dénommé « linéaire B » recouvre le grec. Le second système, le linéaire A, a fait l'objet nombreux de travaux, sans qu'un consensus ait pu s'imposer.
La civilisation minoenne se caractérise, d'abord par ses palais à l'image de ceux de Cnossos, Phaistos, Malia ou encore de Zakros. Aussi, de 2000 à 1700 av. J.-C., une première période dite "protopalatiale" voit, au final, ses palais être détruits et, de 1700 à 1550 av. J.-C., durant une seconde période dite "néopalatiale", sont édifiés de nouveaux palais, plus riches.
La religion de la Crète minoenne se distingue des religions contemporaines continentales sur plusieurs points. Aucune fresque ne figure les dieux, bien qu'on sache que les divinités ont été nombreuses ; pas plus que n'y apparaissent des représentations du pouvoir politique, administratif ou juridique. Aucun vestige de temple dédié à une divinité n'a été retrouvé. On sait que des manifestations cultuelles et rituelles avaient lieu en plein air ou dans des grottes.
Les cérémonies religieuses semblent avoir accordé une grande importance à l'apparition momentanée d'une divinité, en réponse à une invocation, sur le sacrifice fait à la divinité et surtout sur les danses rituelles et l'extase des adeptes qui s'ensuit plus qu'à la divinité elle-même, dont on ne sait rien, tandis que le côté humain de ces cérémonies est mis en évidence sur les objets qui en témoignent : sarcophages, anneaux, céramiques.
La double hache et les cornes étaient des objets cultuels possédant une valeur symbolique ; un éventuel symbolisme astral n'est pas établi.
Les offrandes faites aux divinités étaient constituées de toute une variété de statuettes de petite dimension, le plus souvent aux connotations féminines. Les fameuses statuettes des « déesses aux serpents » sont en réalité une apparition assez tardive et très probablement d'origine orientale.
Dans les grottes, les cendres des victimes sacrificielles ont été retrouvées ; il s'agissait de cendres animales : ovins, bovins, porcins et chiens.

Déesse aux serpents
Population et activités à l'intérieur des terres
Des centres urbains organisés
À l'image de Gournia ou Malia, des villes ont pu être mises au jour. Place, rues dallées, et habitations modestes d'une à deux pièces ont ainsi pu être mises en évidence. Elles semblent prouver un souci urbanistique. Des petits centres d'artisanat et des villas telles celles de Cortyne, Tylissos ou Vathypetro ont encore été mis en évidence dans la campagne méridionale.
Malgré une population fortement urbaine, les villages (komai) sont nombreux. Les paysans utilisaient des araires en bois pour travailler le sol, offrant des productions agricoles très variées (blé, olives, vesces, figues, etc). Les animaux domestiques (bovins, ovins) fournissaient la viande et le lait.
Des vases faits au tour sont produits et servent d'amphores de réserve ou encore de récipients de transport. Des vases en pierre sont eux marqués par l'aspect décoratif et le soin qui leur est porté. Les minoens brillent dans les travaux minutieux particulièrement dans la glyptique et l'orfèvrerie. Les sculptures se limitent, par contre, à des petites statuettes en ivoire, bronze ou argile.
La vision d'Arthur Evans
La civilisation minoenne doit beaucoup à l'archéologue Arthur John Evans, qui se pencha sur cette civilisation méconnue dans les années 1900. À l'époque des découvertes « extraordinaires », il faut entendre par là, la découverte de Troie (1869) et de Mycènes par Heinrich Schliemann, Arthur Evans se vit en nouveau découvreur des temps anciens grecs. Lui aussi prétendit avoir trouvé « sa » civilisation. Sa marque la plus forte a été laissée à Cnossos. Ainsi, la plupart des vestiges de l'ancien palais sont aujourd'hui, pour la plupart, des reconstitutions faites d'après le peu de peintures laissées là par les Minoens. Evans fit alors une vaste anastylose sur le lieu même de Cnossos. Par exemple, les doubles cornes de calcaire, près de l'Entrée Sud du domaine, sont le fait d'Arthur Evans. La plupart des fresques, comme celle dite du « Prince aux fleurs de lys », sont des reconstitutions faites au hasard de la part d'Evans. Aujourd'hui, nous savons que ce prince est en fait composé d'au moins trois personnages : une princesse, un prêtre et d'un homme non identifié. C. Iliakis, illustrateur et archéologue grec, est lui-même influencé par les reconstitutions entreprises par Evans. Se fondant sur quelques fresques, Evans s'affaira à remonter des bâtiments, comme le Puits de Soleil, ou la Salle du trône. Les piliers, si représentatifs de la civilisation minoenne, ont été, pour la plupart, reconstitués à de mauvais endroits.
Au premier plan, les cornes du Minotaure selon Evans. Au second plan, une partie de la reconstitution du palais toujours selon l'archéologue
Evans a largement changé, voire forgé, notre vision de la civilisation minoenne. De nos jours, les récentes découvertes archéologiques, notamment celle en cours, font que nous en savons un peu plus sur les palais comme Cnossos. Pourtant, certaines choses, comme les piliers cités précédemment, sont bien représentés par les fresques minoennes. Evans avait donc une vision assez proche de la réalité historique.
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LE NAUFRAGE DU TITANIC (2).
Les derniers rescapés
- Eva Hart (31 janvier 1905 - 14 février 1996) passagère de seconde classe
Angleterre. - Edith Eileen Brown (27 octobre 1896 - 20 janvier 1997) passagère de seconde classe
Afrique du Sud. - Louise Laroche (2 juillet 1910 - 28 janvier 1998) passagère de seconde classe
France. - Eleonor Ileen Johnson (23 août 1910 - 7 mars 1998) passagère de troisième classe
États-Unis. - Michel Marcel Navratil (12 juin 1908 - 30 janvier 2001) passager de seconde classe
France. - Winnifred Quick (23 janvier 1904 - 6 juillet 2002) passagère de seconde classe
Angleterre. - Lillian Asplund (21 octobre 1906 - 6 mai 2006) passagère de troisième classe
États-Unis. - Barbara West (24 mai 1911 - 16 octobre 2007) passagère de seconde classe
Angleterre. - Millvina Dean (2 février 1912 - 31 mai 2009) passagère de troisième classe
Angleterre.

Millvina Dean en avril 1999
Millvina Dean était, jusqu'à son décés le dimanche 31 mai 2009, la dernière survivante du drame mais elle était trop jeune lors du naufrage pour se rappeler quoi que ce soit. Barbara West est décédée le 16 octobre 2007 à l'âge de 96 ans, elle était également trop jeune lors de la catastrophe. Lillian Asplund était la dernière survivante ayant des souvenirs, elle décéda en 2006. Michel Marcel Navratil était le dernier homme survivant et aussi le dernier Français, il mourut en 2001. De plus, Bertha Watt et Ellen Natalia Shine, les onzième et douzième rescapées, sont décédées à seulement un jour d'intervalle le 4 et le 5 mars 1993 à respectivement 93 et 101 ans.
Les causes du naufrage et de son lourd bilan
Causes identifiées à l'époque
Le 14 avril, durant la nuit de la collision, beaucoup de conditions étaient réunies pour augmenter le risque de naufrage. La météo était calme : il n'y avait que peu de vent et très peu de vagues. La présence de vent aurait formé une écume autour de l'iceberg, et l'aurait rendu plus visible pour les veilleurs de quart. De plus, la Lune était absente, rendant ainsi la nuit plus obscure. Malgré tous les avertissements d'icebergs, le commandant a décidé de ne pas ralentir la vitesse, le paquebot avançait à 22,5 nœuds soit 41,7 km/h. Le commandant emprunta pourtant une route plus au sud, prévue par la White Star Line pour éviter les icebergs. Mais cette année là, l'hiver avait été plus doux, et les icebergs étaient descendus plus au sud que les autres années.
Peu après le naufrage du Titanic, le gouvernement américain mit en place une commission d'enquête ayant pour but d'identifier les causes et les coupables de la catastrophe. Celle-ci débuta le 19 avril 1912 et pris fin le 25 mai 1912. Le sénateur du Michigan, William Alden Smith en prit la tête. La commission s'intéressa notamment au fait que les veilleurs ne disposaient pas de jumelles dans le nid-de-pie. Les veilleurs affirmèrent que s'ils avaient disposé de jumelles, ils auraient pu éviter l'iceberg à temps. En effet, l'iceberg a été vu à environ 500 mètres du navire, et il aurait fallu environ 800 mètres au navire pour s'arrêter avec les machines en arrière toute. Or, les jumelles auraient pu permettre de voir l'iceberg à une distance beaucoup plus élevée. Les veilleurs pensaient avoir oublié les jumelles à Southampton, mais il est maintenant connu qu'ils avaient en réalité oublié la clé permettant d'accéder aux jumelles. Pourtant de nombreux officiers du Titanic possédaient des jumelles, mais aucune ne fut prêtée aux veilleurs. La commission appela Bruce Ismay à témoigner, il fut accusé d'avoir fait des pressions sur le commandant pour accélérer la vitesse du Titanic. Cependant la commission ne trouva aucune preuve, et la responsabilité de Bruce Ismay ne put être engagée.

Bruce Ismay est interrogé par une commission sur le naufrage
La commission Mersey
Peu après la mise en place de la commission américaine, une commission similaire fut mise en place en Angleterre. Celle ci fut ouverte par le ministère du commerce britannique, elle commença le 2 mai 1912 et pris fin le 3 juillet 1912. Les débats furent menés par le magistrat Lord Mersey à Londres, dans une salle de réceptions prés du palais de Buckingham. Pendant 63 jours, la commission tint 36 séances qui étaient ouvertes au public, et 97 témoins ont été interrogé. La commission retint trois causes principales : la navire allait trop vite, la veille n'était pas assurée de façon appropriée, et l'évacuation des passagers dans les canots ne fut pas organisée de façon convenable. Cependant, contrairement à la commission américaine, la commission Mersey ne reprocha rien à Bruce Ismay, et n'adressa pas de blâme à Edward Smith. Le 30 juillet 1912, la commission établie un rapport, qui comprenait 24 recommandations concernant l'amélioration de la sécurité maritime.
D'autres causes expliquent le nombre important de victimes. Les canots de sauvetage du Titanic avaient une capacité de 1 178 personnes, or il n'y eut que 711 rescapés, soit une différence de 467 personnes. Durant la commission d'enquête, le 2e officier du Titanic, Charles Lightoller, qui était chargé de la moitié des canots, déclara qu'il n'était pas au courant des tests fait sur les chaloupes. Il pensait que les canots ne pouvaient pas être chargés à leur pleine capacité sans que les cordes se cassent, ou que les canots se brisent. L'officier ne remplit totalement aucun des 10 canots dont il avait la charge. Et, sur les 20 canots du navire, seuls 4 ont été chargés à plus de 70 % de leur capacité. Les premiers canots mis à la mer étaient pratiquement vides parce que les passagers refusaient d'embarquer dans un canot, ne croyant pas à la réalité du naufrage, et ayant peur d'être précipité à la mer alors que le Titanic ne donnait aucun signe de naufrage, et qu'il n'y avait aucun signe de panique. De plus, l'équipage fit croire aux passagers qu'il s'agissait d'un simple exercice, et l'orchestre joua des musiques entrainantes pour éviter ainsi toute panique. De nombreux passagers ont donc préférés rester à l'intérieur du navire, ne voyant aucune raison d'avoir peur. Le chargement des canots débuta à 00 h 25, et les passagers ont tous pris conscience du naufrage aux alentours de 01 h 15, du fait de la gîte de plus en plus importante du navire. Ce qui signifie que l'évacuation fut lente durant 50 minutes.
Le soir de la collision, au moment où Frederick Fleet alerta la passerelle de la présence d'un iceberg droit devant, le 1er officier William Murdoch fit virer le navire à tribord et mit les machines en arrière toute. Cependant il apparait aujourd'hui que l'officier n'ait pas pris la meilleure décision. Le fait de mettre les machines en arrière toute ralentit le navire et le fit tourner moins vite. Le Titanic aurait donc eu plus de chances d'éviter l'iceberg avec les machines en avant toute. Il est aussi démontré que si le Titanic n'avait pas tourné et avait heurté l'iceberg de plein fouet, il aurait pu se maintenir à flot car il n'y aurait eu qu'un seul compartiment étanche inondé.
L'iceberg ne fit pas directement de trous dans la coque du Titanic, mais l'onde de choc fit tomber les rivets et ouvrit une voie d'eau
La découverte de l'épave
Tout au long du XXe siècle, de nombreux projets d'expéditions pour retrouver l'épave engloutie virent le jour sans succès. L'épave fut finalement localisée le 1er septembre 1985 à 1 h 05 par une expédition franco-américaine dirigée par Jean-Louis Michel de l'IFREMER et le Dr Robert Ballard de la Woods Hole Oceanographic Institution. Elle fut trouvée à une profondeur de 3 821 m, à , à 650 km au sud-est de Terre-Neuve. Le première découverte importante concernant l'épave, fut que celle ci était brisée en deux parties. Jusqu'ici, le scénario retenu était que le navire avait coulé sans se casser. En effet la majorité des témoignages affirmèrent que le navire avait coulé en un seul morceau.
Depuis le naufrage du Titanic et jusqu'en 1996, le scénario retenu sur le début du naufrage était que l'iceberg avait découpé une balafre longue de 90 mètres dans la coque. Mais la découvert de l'épave le 1er septembre 1985, et les examens de la coque du bateau fait par Robert Ballard en 1996 par un sonar, remirent en cause ce scénario. En effet il fut découvert que les tôles étaient déformées et disloquées, mais non fendues. En réalité, l'iceberg ne fit pas de trou dans la coque, mais le choc fit tomber les rivets et ouvrit ainsi une voie d'eau. Cette découverte montre donc un défaut dans la conception du Titanic : les rivets étaient trop fragiles.
Une étude plus récente menée par deux chercheurs américains s'appuyant sur des analyses scientifiques de pièces extraites de l'épave et sur l'examen des archives des chantiers navals Harland & Wolff conservées à Belfast, a une nouvelle fois mis en cause la qualité des rivets utilisés pour fixer les plaques d'acier de la coque à l'avant du navire. En effet, ceux-ci étaient en fer et non pas en acier comme dans la partie centrale, en raison de l'impossibilité des fournisseurs à suivre les rythmes et les quantités imposés par le constructeur. La résistance moindre de ces rivets en fer explique que de nombreuses tôles se soient disjointes au contact de l'iceberg. Les auteurs de l'étude supposent que des rivets en acier, plus résistants, auraient peut-être, sinon sauvé le navire, du moins accordé un délai suffisant pour permettre aux secours d'arriver à temps.
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La proue de l'épave du Titanic
Les conséquences du naufrage
L'une des principales choses à laquelle s'intéressa la commission américaine sur le naufrage fut la non-intervention du Californian. La commission déclara que le Californian se trouvait à moins de 31 kilomètres et que le navire aurait pu se porter au secours du Titanic. Deux raisons expliquent la non-réaction du Californian, d'abord l'opérateur radio dormait et ne pouvait donc pas entendre les messages de détresse envoyés par le Titanic. Ensuite, les fusées blanches lancées par le Titanic furent mal interprétées par les marins du Californian qui pensaient que les fusées de détresse devaient être rouges. La commission émit alors comme recommandation que la télégraphie sans fil devrait être assurée 24 heures sur 24, même sur les bâtiments plus petits. Ceci était impossible pour le Californian puisqu'il n'y avait à bord qu'un seul opérateur radio et que donc celui-ci ne pouvait pas assurer la radio 24 heures sur 24 contrairement au Titanic où les deux opérateurs radio se relayaient. Concernant la couleur des fusées de détresse, celle ci devait déjà être blanche car plus visible dans la nuit. Aujourd'hui, il apparait que le Californian et son commandant servirent de bouc émissaire, en effet il est désormais prouvé que le Californian se trouvait trop loin du Titanic pour sauver les passagers.
La White Star Line, compagnie maritime propriétaire du Titanic était en conformité avec la réglementation britannique, établie par le Board of Trade (ministère britannique du Commerce) concernant le nombre de canots à bord, et allait même au delà de cette réglementation. Les dirigeants de la White Star Line se servirent de cet argument pour se défendre de négligences concernant les moyens de sécurité à bord du Titanic. Le nombre minimum de canots de sauvetage était basé, non sur le nombre de passagers mais sur le tonnage du navire ; le Titanic aurait pu se contenter de seize canots de sauvetage, or il en avait vingt. Cette réglementation, qui datait de 1894, n'était plus adaptée à la taille des navires de l'époque. En effet, la réglementation britannique exigeait que la capacité totale des canots soit d'au moins 962 personnes pour tous les navires de plus de 10 000 tonnes alors que le Titanic avait un tonnage de plus de 52 000 tonnes.
« La circonstance dominante (...) est le fait que l'on ait omis durant tant d'années de réviser les règlements de 1894 (...). Le tonnage brut d'un vaisseau n'est pas à mon avis une base satisfaisante pour le calcul du nombre de bateaux de sauvetage. »
— Lord Mersey, 1912
La commission américaine et la commission Mersey demandèrent alors que tous les navires disposent d'assez des canots de sauvetage pour tous les occupants. La commission Mersey déclara également que la manœuvre des canots de sauvetage ne fut pas convenablement organisée, et recommanda un meilleur entrainement des matelots. Aujourd'hui, les paquebots modernes doivent avoir des engins de sauvetage d'une capacité de 25 % supérieure au nombre de personnes pouvant embarquer.
Désormais, tous les paquebots disposent de suffisamment d'embarcations de sauvetage
Les icebergs
Après le naufrage du Titanic, une patrouille internationale des glaces fut créée le 20 janvier 1914. Celle ci est placée sous l'autorité des Garde-Côtes des États-Unis. Cette patrouille a pour but de surveiller le déplacement des icebergs dans l'Atlantique nord-ouest. Les icebergs sont alors localisés, permettant ainsi d'assurer la sécurité des bateaux circulant dans cette zone. Cette patrouille a permis de sécuriser toute cette région. Ainsi, depuis 1912 et le naufrage du Titanic, aucune catastrophe maritime impliquant un iceberg ne se produisit plus.
Le 24 avril 1912, l'équipage de l’Olympic refusa d'appareiller de Southampton, et les chauffeurs se mirent en grève. Ce devait être le premier voyage de l’Olympic depuis le naufrage du Titanic qui eut lieu neuf jours plus tôt. Comme l’Olympic était le frère jumeau du Titanic, les deux navires étaient en tous points semblables, et avaient donc les mêmes faiblesses au niveau de leur sécurité. Les grévistes réclamaient davantage de canots de sauvetage. De plus les réservations des passagers sur l’Olympic chutèrent fortement, ce qui poussa la White Star Line à mettre le navire en travaux. Trois grandes transformations furent alors apportées au navire. D'abord 48 canots de sauvetage furent rajoutés, passant donc à 68 canots au total. Ensuite, cinq des seize compartiments étanches du navire furent rehaussés jusqu'au niveau de pont B, alors qu'ils s'élevaient jusque là au pont E, soit une différence de trois étages. Le navire pouvait alors résister à des avaries bien plus importantes. Enfin, la hauteur du double fond fut augmentée, rendant la coque du paquebot plus résistante. Le paquebot fut immobilisé pendant six mois, le temps que les travaux soit terminés.
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L’Olympic
Recommandations de la commission Mersey
Les cinq premières recommandations concernaient la conception des navires : par exemples les cloisons étanches devraient être relevées, et les navires devraient avoir un double fond jusqu'à la ligne de flottaison.
Source Wikipédia
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SATURNE.
Saturne
Saturne est la sixième planète du système solaire par ordre de distance au Soleil. C'est une géante gazeuse, la seconde en masse et en volume après Jupiter. D'un diamètre d'environ neuf fois et demi celui de la Terre, elle est majoritairement composée d'hydrogène. Son nom vient du dieu romain Saturne.

Caractéristiques physiques
Masse et dimensions
Saturne a la forme d'un sphéroïde oblat : la planète est aplatie aux pôles et renflée à l'équateur. Ses diamètres équatoriaux et polaires diffèrent de près de 10 % (120 536 km pour le premier, 110 466 km pour le second), conséquence de sa rapide rotation sur elle-même et d'une composition interne extrêmement fluide. Les autres géantes gazeuses du système solaire (Jupiter, Uranus et Neptune) sont également aplaties, mais de façon moins marquée.
Saturne est la deuxième planète la plus massive du système solaire, 3,3 fois moins que Jupiter, mais 5,5 fois plus que Neptune et 6,5 fois plus qu'Uranus. En comparaison avec la Terre, Saturne est 95 fois plus massive. Son diamètre étant environ 9 fois plus grand que celui de la Terre, on pourrait caser 760 corps de la taille de cette dernière dans le volume occupé par la géante gazeuse.
Saturne est la seule planète du système solaire dont la masse volumique moyenne est inférieure à celle de l'eau : 0,69 g/cm³. Cela vient à dire que si on trouvait un océan assez grand pour contenir Saturne, celle-ci flotterait. Ce chiffre masque d'énormes disparités dans la répartition de la masse à l'intérieur de la planète : si son atmosphère, essentiellement composée d'hydrogène (le gaz le plus léger), est moins dense que l'eau, son noyau l'est considérablement plus.
La haute atmosphère de Saturne est constituée à 93,2% d'hydrogène et à 6,7% d'hélium en termes de molécules de gaz (96,5% d'hydrogène et 3,5% d'hélium en termes d'atomes). Des traces de méthane, d'éthane, d'ammoniac, d'acétylène et de phosphine ont également été détectées. Les nuages les plus en altitude sont composés de cristaux d'ammoniac, tandis que les nuages plus bas semblent être constitués soit de sulfure d'ammonium (NH4SH) soit d'eau. Comparativement à l'abondance des éléments du Soleil, l'atmosphère de Saturne est significativement pauvre en hélium.
La quantité d'éléments plus lourds que l'hélium n'est pas connue avec précision, mais on suppose que leurs proportions correspondent aux abondances initiales lors de la formation du système solaire. La masse totale de ces éléments est estimée à 19 à 31 fois celle de la Terre, une fraction significative étant située dans la région du noyau de Saturne.
La structure interne de Saturne serait similaire à celle de Jupiter, avec un noyau rocheux de silicates et de fer, entouré d'une couche d'hydrogène métallique, puis d'hydrogène liquide, puis enfin d'hydrogène gazeux. Des traces de glaces diverses seraient également présentes. Les transitions entre ces différentes couches seraient progressives et la planète ne comporterait pas de surface à proprement parler. La région du noyau posséderait entre 9 et 22 fois la masse de la Terre.
Saturne a une température interne très élevée, atteignant probablement 12 000 K dans le noyau, et dégage, à l'instar de Jupiter, plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. La plupart de cette énergie provient d'un effet de compression gravitationnelle (mécanisme de Kelvin-Helmholtz), mais cet effet ne suffit pas à lui seul à expliquer la production thermique. Une explication proposée serait une « pluie » de gouttelettes d'hélium dans les profondeurs de Saturne, dégageant de la chaleur par friction en tombant dans une mer d'hydrogène plus léger.
De manière similaire à Jupiter, l'atmosphère de Saturne est organisée en bandes parallèles, même si ces bandes sont moins visibles et plus larges près de l'équateur. En fait, le système nuageux de Saturne ne fut observé pour la première fois que lors des missions Voyager. Depuis, les télescopes terrestres ont fait suffisamment de progrès pour pouvoir suivre l'atmosphère saturnienne et les caractéristiques courantes chez Jupiter (comme les orages ovales à longue durée de vie) ont été retrouvées chez Saturne. En 1990, le télescope spatial Hubble a observé un énorme nuage blanc près de l'équateur de Saturne qui n'était pas présent lors du passage des sondes Voyager. En 1994, un autre orage de taille plus modeste a été observé.
Le nuage de 1990 est un exemple de grande tache blanche, un phénomène saturnien éphémère qui se reproduit environ tous les 30 ans. Des grandes taches blanches ont été observées en 1876, 1903, 1933 et 1960. Si la périodicité se maintient, une autre tempête devrait se produire vers 2020.
Dans les images transmises par la sonde Cassini, l'atmosphère de l'hémisphère nord apparaît bleue, de façon similaire à celle d'Uranus. Cette couleur est probablement causée par diffusion Rayleigh.
L'imagerie infrarouge a montré que Saturne possède un vortex polaire chaud, le seul phénomène de ce type connu dans le système solaire.
Un système ondulatoire hexagonal existe autour du pôle nord, vers 78° de latitude. Il a été remarqué pour la première fois lors du passage des sondes Voyager. Les bords de l'hexagone mesurent environ 13 800 km. La structure tourne sur elle-même avec une période de 10 h 39 min 24 s. Le système ne se décale pas en longitude comme les autres structures nuageuses de l'atmosphère visible. Son origine n'est pas connue. La plupart des astronomes semblent penser qu'il s'agit d'un ensemble d'ondes stationnaires. Parmi les autres théories, il pourrait s'agir d'un type inconnu d'aurore polaire. Des formes polygonales ont été reproduites en laboratoire à l'intérieur de seaux de fluides en rotation.
Les images prises par le télescope spatial Hubble indiquent la présence au pôle sud d'un courant-jet, mais pas d'un vortex polaire ou d'un système hexagonal analogue. Cependant, la NASA a signalé en novembre 2006 que Cassini a observé une tempête analogue à un ouragan, stationnant au pôle sud, et qui possède un œil clairement défini. Il s'agit du seul œil jamais observé sur une autre planète que la Terre.
Le champ magnétique de Saturne est plus faible que celui de Jupiter (mais néanmoins plus intense que celui de la Terre) et sa magnétosphère est plus petite.
L'atmosphère de Saturne subissant une rotation différentielle, plusieurs systèmes ont été définis, avec des périodes de rotation propres (un cas similaire à celui de Jupiter) :
- Le premier système a une période de 10 h 14 min 00 s et concerne la zone équatoriale, qui s'étend entre le bord nord de la ceinture équatoriale méridionale et le bord sud de la ceinture équatoriale boréale.
- Le deuxième système concerne toutes les autres latitudes et possède une période de 10 h 39 min 24 s.
- Le troisième système, basé sur la rotation des émissions radio de Saturne, possède une période de 10 h 39 min 22,4 s.
Ce dernier système, mesuré lors du passage des sondes Voyager, était celui généralement utilisé pour parler de la rotation de la planète. Cependant, lors de son approche de Saturne en 2004, la sonde Cassini mesura que la période de rotation radio s'était légèrement accrue, atteignant 10 h 45 min 45 s (± 36 s). La cause exacte du changement n'est pas connue.
En mars 2007, il a été annoncé que la rotation des émissions radio ne rend pas compte de la rotation de la planète, mais est causée par des mouvements de convection du disque de plasma entourant Saturne, lesquels sont indépendants de la rotation. Les variations de période pourraient être causées par les geysers de la lune Encelade. La vapeur d'eau émise en orbite saturnienne se chargerait électriquement et pèserait sur le champ magnétique de la planète, ralentissant sa rotation par rapport à celle de Saturne. Si ce point est vérifié, on ne connaît aucune méthode fiable pour déterminer la période de rotation réelle du noyau de Saturne.

Animation du système nuageux polaire hexagonal
Anneaux planétaires
Il y règne une agitation permanente : vagues, collisions, accumulations de matières.
| Nom | Rayon interne | Rayon externe | Largeur (km) | Épaisseur (m) | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| km | RS | km | RS | |||
| Anneau D | 66 900 | 1,110 | 74 510 | 1,236 | 7 610 | ? |
| Division de Guérin | 74 510 | 1,236 | 74 658 | 1,239 | 148 | — |
| Anneau C | 74 658 | 1,239 | 92 000 | 1,527 | 17 342 | 5 |
| Anneau B | 92 000 | 1,527 | 117 580 | 1,951 | 25 580 | 5-10 |
| Division de Cassini | 117 500 | 1,95 | 122 200 | 2,03 | 4 700 | — |
| Anneau A | 122 170 | 2,027 | 136 775 | 2,269 | 14 605 | 20-40 |
| Division d'Encke | 133 589 | 2,216 | — | — | 325 | — |
| Division de Keeler | 136 530 | 2,265 | — | — | 35 | — |
| R/2004 S 1 | 137 630 | 2,284 | — | — | ? | ? |
| R/2004 S 2 | 138 900 | 2,305 | — | — | ? | ? |
| Anneau F | 140 180 | 2,326 | — | — | 30-500 | ? |
| Anneau G | 170 000 | 2,82 | 175 000 | 2,90 | 5 000 | 1×105 |
| Anneau E | 181 000 | 3 | 483 000 | 8 | 302 000 | 1×107 |

Les anneaux de Saturne par rapport aux orbites de certains de ses satellites
Satellites
Depuis le 15 aout 2008, 61 satellites ont été identifiés, ainsi que 3 autres corps qui pourraient n'être que des amas dans les anneaux. 53 satellites ont été confirmés et nommés.
La plupart des lunes connues sont petites : 31 mesurent moins de 10 km de diamètre, et 13 autres moins de 50 km. Seules sept sont suffisamment massives pour avoir pu prendre une forme sphéroïde sous leur propre gravité. Titan, la plus grande d'entre-elles, plus grande que Mercure ou Pluton, est le seul satellite du système solaire à posséder une atmosphère dense.
Tous les satellites pour lesquels la période de rotation est connue, à l'exception de Phœbé et d'Hypérion, sont synchrones. Les orbites des trois paires Mimas-Téthys, Encelade-Dioné et Titan-Hypérion sont en résonance : Mimas et Téthys sont en résonance 1:2 (la période de révolution de Mimas est exactement la moitié de celle de Téthys) ; Encelade et Dioné sont également en résonance 1:2 ; Titan et Hypérion sont en résonance 3:4.
Traditionnellement, la plupart des lunes de Saturne ont été nommées d'après des Titans de la mythologie grecque.

Cette photo couleur est un assemblage de clichés de Voyager 2 depuis une distance de 21 millions de km. Trois satellites de Saturne sont visibles à gauche ; de haut en bas : Téthys (1050 km de diamètre), Dioné (1120 km), et Rhéa (1530 km). L'ombre de Téthys forme un point noir sur la planète
Historique
Saturne est une des cinq planètes visibles à l'œil nu la nuit et elle est connue et observée depuis l'Antiquité.
En 1610, Galilée, en braquant son télescope vers Saturne, en observe les anneaux mais ne comprend pas ce qu'il en est, décrivant que la planète aurait des « oreilles ». En 1612, la Terre passant dans le plan des anneaux, ceux-ci disparaissent. En 1613, ils réapparaissent sans que Galilée puisse émettre une hypothèse quant à ce qu'il observe.
En 1656, Christiaan Huygens, en utilisant un télescope bien plus puissant, comprend que la planète est en réalité entourée d'un anneau, qu'il pense être solide. Il découvre aussi un autre astre près de Saturne qui sera nommé plus tard Titan.
En 1675, Jean-Dominique Cassini détermine que l'anneau est composé de plusieurs petits anneaux, séparés par des divisions ; la plus large d'entre elles sera plus tard appelée la division de Cassini.
En 1859, James Clerk Maxwell démontre que les anneaux ne peuvent pas être solides. Il émet l'hypothèse qu'ils sont constitués d'un grand nombre de petites particules, toutes orbitant autour de Saturne indépendamment. La théorie de Maxwell fut prouvée correcte en 1895 par des études spectroscopiques menées par James Keeler à l'observatoire Lick.
Dans le dernier quart du XXe siècle, Saturne fut visitée par plusieurs sondes spatiales, Pioneer 11 en 1979, Voyager 1 en 1980 et Voyager 2 en 1981.
Pioneer 11 passa à 22 000 km des nuages de Saturne en septembre 1979. La sonde prit des photographies en basse résolution de la planète et de quelques-uns de ses satellites, lesquelles n'étaient pas assez bonnes pour distinguer les caractéristiques de leur surface. Elle étudia l'étalement des anneaux, découvrit l'anneau F et le fait que les divisions ne sont pas vides de matériaux. Pioneer 11 mesura également la température de Titan.
En novembre 1980, Voyager 1 visita le système saturnien. La sonde renvoya les premières images en haute résolution de la planète, de ses anneaux et de ses satellites. Les surfaces de plusieurs lunes furent vues pour la première fois. Voyager 1 effectua un survol de Titan, accroissant les connaissances sur l'atmosphère de cette lune. Cependant, elle prouva également que cette atmosphère était imperméable aux longueurs d'onde de la lumière visible. Le survol éjecta la sonde hors du plan du système solaire.
En août 1981, Voyager 2 continua l'étude de Saturne. Elle prit plus de gros plans des lunes et apporta des preuves d'évolution de l'atmosphère et des anneaux. Malheureusement, pendant le survol, la plateforme de caméra orientable resta coincée pendant deux jours et certaines photographies ne purent être prises selon l'angle prévu. La gravité de Saturne fut utilisée pour diriger la sonde vers Uranus (voir cette planète) qui, à son tour, la dirigea vers Neptune.
Les sondes découvrirent et confirmèrent plusieurs satellites orbitant près ou à l'intérieur des anneaux de Saturne. Elles découvrirent également la division de Maxwell et la division de Keeler.
| Sonde | Date | Distance (km) |
|---|---|---|
| Pioneer 11 | 1er septembre 1979 | 21 000 |
| Voyager 1 | 12 novembre 1980 | 124 000 |
| Voyager 2 | 25 août 1981 | ? |
La sonde Cassini-Huygens s'est placée en orbite autour de Saturne le 1er juillet 2004 afin d'étudier le système saturnien, avec une attention particulière pour Titan. En juin 2004, elle effectua un survol de Phœbé.
L'orbiteur réalisa deux survols de Titan avant de larguer le module atterrisseur Huygens le 25 décembre 2004. Huygens descendit à la surface de Titan le 14 janvier 2005, transmettant un flot de photographies et de données pendant la descente et après l'atterrissage. Pendant l'année 2005, Cassini effectua plusieurs autres survols de Titan et d'autres satellites.
Le 10 mars 2006, la NASA annonça que Cassini avait mis en évidence des réservoirs d'eau liquide s'échappant en geyser sur Encelade.
Le 20 septembre 2006, Cassini photographia un anneau planétaire non encore découvert, en dehors des anneaux principaux et à l'intérieur des anneaux E et G.
En juillet 2006, Cassini détecta la première preuve de lacs d'hydrocarbures près du pôle nord de Titan, ce qui fut confirmé en janvier 2007. En mars 2007, de nouvelles images du pôle mirent en évidence des mers d'hydrocarbures, la plus grande ayant presque la taille de la mer Caspienne.
Dépendant de la réserve de carburant nécessaire à moduler chaque orbite, la mission principale de la sonde devait en principe s'achever en 2008, après 74 orbites autour de Saturne. Cependant, début 2008, au vu des réserves encore existantes, il a été décidé une prolongation de 2 ans de la mission.
Source Wikipédia.
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VENUS.
Vénus
Vénus est la 2e planète du système solaire en partant du Soleil. Son orbite autour du Soleil dure 224,7 jours. C'est le 3e objet le plus brillant du ciel avec une magnitude apparente de -4,6, après le Soleil (-26,73) et la Lune (-12,6) ; donc très facile à repérer parmi les étoiles. Comme Vénus est sur une orbite plus petite que celle de la Terre, elle ne semble jamais loin du Soleil. Son élongation atteint un maximum de 47,8°.
On peut observer des phases comme pour la Lune. Ces observations permirent à Galilée d'affirmer que la théorie héliocentrique de Copernic était vraie.
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Nom et symbole
Vénus s'appelle selon la déesse éponyme Vénus. Cythère étant une épiclèse homérique d'Aphrodite, l'adjectif cythérien ou cythéréen est parfois utilisé en astronomie (notamment dans astéroïde cythérocroiseur) ou en science-fiction (les Cythériens, une race de Star Trek).
L'adjectif vénusien a remplacé vénérien qui a une connotation moderne péjorative, d'origine médicale.
Les cultures chinoise, coréenne, japonaise et vietnamienne désignent Vénus sous le nom d'« étoile d'or », 金星 (jīn xīng), selon la « théorie » des cinq éléments.
Venus était bien connue des civilisations mésoaméricaines, elle occupait une place importante dans leur conception du cosmos et du temps. Les Nahua l'assimilaient à Tlahuizcalpantecuhtli, double de Quetzalcoatl. Les Maya connaissaient la durée de sa révolution synodique et l'avaient mis en relation avec leur calendrier solaire, avec une marge d'erreur très faible, de l'ordre de un jour en plus de 6 000 ans. Dans le Popol Vuh, les jumeaux Xbalamque et Hun Ahpu deviennent le Soleil et Vénus après avoir vaincu les seigneurs de Xibalba.
On l'appelle aussi l'« étoile du berger », car elle peut être visible dans le ciel du matin, avant le lever du Soleil ou dans le ciel du soir, après le coucher de notre étoile. Moins fréquemment, on parle de la « planète ardente » à cause de la température élevée qui règne à sa surface. Vénus est associée à vendredi parmi les jours de la semaine.
Son symbole astronomique est un cercle avec une croix pointant vers le bas (unicode 0x2640 :♀), qui représente le miroir à main de la déesse Vénus. En biologie, il est utilisé comme signe pour le sexe féminin.
Le pentagramme fut aussi utilisé comme symbole. Vu de la Terre, les positions successives de Vénus forment approximativement un pentagramme autour du Soleil, tous les 8 ans.
Caractéristiques
Vénus est une planète dite intérieure et tellurique, la 2e en partant du Soleil. Elle est de taille comparable à celle de la Terre. Selon les observations, Vénus ne possède pas de champ magnétique. En revanche, elle traine dans son sillage une queue de plasma longue de 45 millions de kilomètres, observée pour la première fois par la sonde SOHO en 1997.
Vénus a longtemps (jusqu'en 1960 à peu près…) été considérée comme la sœur jumelle de laTerre. En effet, les deux planètes sont très similaires par certains aspects, autant physiques qu'orbitaux :
| Propriétés physiques | Vénus | Terre | Rapport Vénus/Terre |
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- Elles sont nées à peu près en même temps dans le même nuage de gaz et de poussière il y a 4,6 milliards d'années ;
- Vénus et la Terre sont toutes deux des planètes de système solaire interne ;
- Leurs surfaces montrent un terrain diversifié : montagnes, plaines, plateaux élevés, gorges, volcans, arêtes et cratères d'impact ;
- Les deux ont peu de cratères, signe d'une surface relativement jeune et d'une atmosphère dense ;
- Leurs compositions chimiques sont très proches ;
- Vénus est la planète la plus proche de nous.
Du fait de ces similitudes, on a longtemps pensé que, sous ses nuages denses, Vénus pourrait être très similaire à la Terre et peut-être même abriter de la vie. Mais Vénus est très différente de la Terre par de nombreux aspects.
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Vénus la rétrograde
Vénus tourne autour du Soleil dans le sens direct, comme toutes les autres planètes dusystème solaire, et la durée de sa révolution est de 224,7 jours terrestres (224,70096 jours précisément).
La vitesse de rotation de Vénus est très faible : cette rotation s'effectue en 243 jours terrestres (243,0185 jours précisément). De plus, elle s'effectue dans le sens rétrograde (à l'envers, par rapport à la Terre et à la plupart des autres planètes).
Ainsi, la planète met 243 jours terrestres pour tourner sur elle-même contre 224,7 jours terrestres pour tourner autour du Soleil : une année vénusienne comprend ainsi un peu moins d'un jour (sidéral) vénusien (0,924 jour exactement). Ce qui amène à conclure qu'à chaque année sur Vénus, on n'a même pas un jour (sidéral) complet.
Les causes de cette rotation rétrograde sont encore mal comprises. L'explication la plus probable est une collision gigantesque avec un autre corps de grande taille, pendant la phase de formation des planètes. Le problème est semblable pour Uranus. L'atmosphère vénusienne aurait aussi joué un rôle (voir plus bas).
Cette rotation rétrograde très lente, conjuguée à la valeur de son année, produit des jours (solaires) bien plus courts que son jour sidéral, alors qu'ils sont plus longs pour les planètes avec une rotation antérograde : par exemple, la Terre a un jour solaire (moyen) de 24 h et unjour sidéral de 23 h 56 min 4,09 s.
Sur Vénus le jour solaire fait un peu moins de la moitié du jour sidéral : soit 116 jours terrestres et 3⁄4 (116 j 18 h). Ce qui fait un peu plus de 2 jours solaires complets en un seul jour sidéral. Les journées et les nuits vénusiennes s'étendent tout de même sur près de 2 mois terrestres : 58 j 9 h. L'épaisse atmosphère doit donc produire des aurores et des crépuscules très progressifs.
- L'hypothétique synchronisation Terre-Vénus
Les jours solaires vénusiens sont tels que Vénus nous présente la même face lors de chaque conjonction inférieure : Vénus dans l'axe Terre-Soleil ; la Terre en opposition vénusienne. En effet, la période entre 2 conjonctions inférieures se déroule sur 5 jours solaires vénusiens (une « semaine vénusienne » en quelque sorte). Cette révolution synodique de Vénus (vue de la Terre) fait 584 jours (583,92108 jours exactement), soit (très près) de : 5×116,7505 jours.
Il a été discuté de cette synchronisation Terre-Vénus (des deux principales planètes telluriques). Mais il semblerait bien que l'influence des marées terrestres sur Vénus soit trop ténue pour s'imposer, d'autant qu'elle n'est pas exacte : 583,92108/116,7505 ≈ 5,0014 ; et pas exactement 5. Tandis que le verrouillage gravitationnel de la Lune sur la Terre (1:1) ou de la rotation de Mercure sur sa révolution (3:2) sont exacts et stabilisés.
L’atmosphère vénusienne peut grossièrement se diviser en trois parties :
- la basse atmosphère (lower haze region), entre 0 et 48 km d’altitude, qui est relativement claire (transparente). Le Soleil n’y est visible que sous la forme d’un halo orangé dans les nuages ;
- la couche nuageuse (cloud region), épaisse (près de 37 km). Ces nuages s’étendent entre 31 et 68 km d’altitude (rappelons que nos nuages culminent à 10 km). Cette couche nuageuse opaque réfléchit la lumière solaire, ce qui explique la brillance de Vénus et empêche d'observer directement le sol vénusien depuis la Terre. La couche nuageuse peut se subdiviser en trois autres couches :
-
- la couche inférieure ou basse (lower cloud region), de 31 à 51 km. De 31 à 48 km d’altitude, l’atmosphère est qualifiée de « brumeuse » à cause de la faible quantité de particules d’acide sulfurique qu’elle contient. Ces nuages d'acide sulfurique sont visibles depuis le sol comme des rubans de vapeur jaunis par le soufre qu'ils contiennent. De 48 à 51 km d’altitude, se trouve la couche la plus dense de l’atmosphère vénusienne, où dominent principalement de grosses particules de soufre (liquides comme solides)[réf. nécessaire] ;
-
-
- la couche centrale ou principale (middle cloud region) de 51 à 52 km d’altitude, relativement claire ;
-
-
- la couche supérieure ou haute (upper cloud region), de 52 à 68 km d’altitude. De 52 à 58 km d’altitude, elle consiste notamment en des gouttelettes d’acide(s) sulfurique et chlorhydrique ainsi que des particules de soufre (liquides comme solides). Les gouttelettes d'acide sulfurique sont en solution aqueuse, constituées à 75 % d'acide sulfurique et à 25 % d'eau. Enfin, la plus haute partie de la couche supérieure, de 58 à 68 km d’altitude, consisterait en une brume de cristaux deglace. Ce sont ces cristaux de glace qui donnent à Vénus son apparence si « laiteuse » depuis la Terre ;
-
- la haute atmosphère (upper haze region), entre 68 et 90 km d’altitude, qui est tout à fait claire.
La composition atmosphérique de Vénus varie selon la couche atmosphérique concernée : la basse atmosphère, la couche nuageuse et la haute atmosphère.
- la composition de la basse atmosphère, est décrite dans le tableau ci-dessous. Le dioxyde de carbone y domine largement, le gaz secondaire étant l'azote ; tous les autres sont des constituants mineurs (~300 ppm en tout).
| Élément ou molécule | Pourcentage dans la basse atmosphère (en dessous des nuages) |
|---|---|
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- la couche nuageuse, nous l’avons vu plus haut, présente notamment du dioxyde de soufre et de l’eau (à l’état solide comme gazeux) ainsi que de l’acide sulfurique à l’état liquide.
Le dioxyde de carbone y domine toujours ;
- la composition de la haute atmosphère consiste principalement en une molécule : le dioxyde de carbone, qui y est majoritaire à plus de 96 %.
Le reste étant principalement le diazote (~3,5 %). On y trouve aussi des traces de monoxyde de carbone.
Remarques :
- Il n'y a que très peu d'ozone présent dans l'atmosphère vénusienne et donc aucunestratosphère.
- De même, la thermosphère y est beaucoup plus froide que sur la Terre : le dioxygèneétant quasiment(?) absent, l'ultraviolet solaire n'est donc pas absorbé dans cette couche.
Vénus a un niveau moyen fixé pour un rayon de 6 051,84 km de son centre. Vénus est une planète au relief relativement peu accidenté : environ 80 % de sa surface ne dépasse pas les 500 m par rapport au niveau moyen. Cette surface se caractérise par des reliefs différents.
La surface vénusienne est principalement occupée à hauteur de 70 % par de douces et vastesplaines dont le dénivelé ne dépasse pas les 1 000 m d'amplitude. Baptisées de Planitiae, certaines plaines portent d’ailleurs un nom, comme l’Atalanta Planitia, la Guinevere Planitia ou encore la Lavinia Planitia. Elles sont parsemées de grands bassins (de 400 à 600 km de diamètre) peu profonds (200 à 700 m) qui seraient des vestiges de cratères anciens.
La surface de Vénus est dominée à hauteur de 10 % par de nombreux plateaux et montagnes. Deux plateaux gigantesques (baptisé chacun Terra), semblables à nos plaques continentales, se détachent :
- L’Ishtar Terra, dans l’hémisphère nord de Vénus (situé à la latitude 70°N). Ses dimensions sont celles de l’Australie. Il mesure en effet 1 000 km de long sur 1 500 km de large. S’y trouvent, à l’est du plateau, les plus hautes montagnes de Vénus (plus de 9 000 m), surplombées par le mont (et volcan) Maxwell qui culmine à 11 800 m pour une circonférence de 750 km. Dans sa partie centrale et plus à l’ouest, s’y trouve un plateau surélevé, Laksmi Planum, qui domine de 3 000 à 4 000 m les plaines avoisinantes. Lakshmi Planum est un immense plateau de 2 500 km de diamètre, soit trois fois leplateau tibétain ;
- L’Aphrodite Terra au sud de l’équateur vénusien. Ce gigantesque plateau est de la taille de l'Amérique du Sud et mesure environ 15 000 km de long, étalé plus ou moins selon une latitude constante (parallèle à l'équateur). Des massifs montagneux y culminent à 9 000 m à l'ouest (le Maat Mons notamment, deuxième plus haut sommet de Vénus avec plus de 9 000 m d’altitude). Ce mont est également un volcan qui pourrait être encore en activité, car la sonde Magellan a révélé qu'il était entouré de lave récente. Le plateau présente encore une élévation de 4 000 m à l'est, par rapport aux plaines environnantes.
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Profil topographique de Vénus : au nord-ouest, les plateaux d'Ishtar Terra et du Lakshmi Planum (en ocre clair), où culmine le mont Maxwell (en rouge et blanc) ; au sud de l'équateur, le plateau d'Aphrodite Terra, avec le Maat Mons tout à fait à l'est (toujours en ocre et rouge) ; au sud est, l'Alpha Regio en vert très foncé et plus à l'ouest, en ocre, la Beta Regio ; en vert et bleu foncé, les vastes plaines de Vénus ; en bleu plus clair, les vastes dépressions vénusiennes
D'autres plateaux, de moindre importance, existent aussi. C'est le cas de l’Alpha Regio, une série de cuvettes, d'arêtes, et de plis qui s'agencent dans toutes les directions et qui a pour altitude moyenne les 4 000 m ; ou encore de la Beta Regio, remarquable puisqu'on y aurait trouvé de hautes formations volcaniques dont les sommets, récents, atteignent les 4 000 m d'altitude.
Des dépressions très profondes, parfois larges de plusieurs centaines de kilomètres, profondes de plusieurs milliers de mètres et longues de milliers de kilomètres, sillonnent la surface de la planète (20 % de la surface vénusienne). Ainsi, la partie la plus au nord-ouest d’Aphrodite Terra est une grande vallée de 250 km de large et de 2 250 km de long, où se trouve le point le plus bas de Vénus qui descend à 2 900 m sous le niveau moyen.
Des structures planétaires rares ont été nommées couronnes. Il s'agit d'énormes ravins circulaires entourant une sorte de plateau.
Vénus ressemble à la Terre de par sa taille (6 051 km de rayon contre 6 378 km pour la Terre) et de par sa densité (5,26 contre 5,52). C'est pourquoi on en a déduit que les deux planètes ont une structure interne comparable.
La croûte, de 20 km d'épaisseur environ, serait plus épaisse que la croûte océanique terrestre (moyenne de 6 km), mais plus fine que notre croûte continentale (moyenne de 30 km). La taille de la croûte vénusienne a été déduite des nombreux épanchements de lave constatés autour des cratères d'impact. Cette croûte ne représenterait que 0,34 % du rayon de la planète et les analyses faites par les différentes sondes Venera ont prouvé que le matériau extérieur de Vénus est semblable au granit et au basalte terrestre (roches silicatées et de métaux). Le système de plaques continentales y serait moins complexe que sur Terre : les roches plus plastiques absorbent fortement les effets de la dérive des continents.
Vénus posséderait un manteau représentant environ 52,5 % du rayon de la planète, composé essentiellement de silicates et d'oxydes de métaux.
Le noyau de Vénus est (ou serait) constitué de deux parties : un noyau externe constitué de fer et de nickel liquides qui représenterait environ 30 % du rayon de la planète ; un noyau interne composé de fer et de nickel solides qui représenterait environ 17 % du rayon de Vénus. Mais contrairement à la Terre, il n'y a pas eu de mesures sismiques et on ne peut affirmer cette précision. Il est pas impossible que le noyau de Vénus soit encore entièrement liquide...
Vénus présente une structure interne semblable à celle de la Terre : croûte, manteau et noyau
Volcanisme et impacts de météorites
Il reste sur Vénus un volcanisme résiduel, entrainant parfois la présence de lave en fusion au sol. D'ailleurs, la surface de Vénus semble jeune, affichant moins d'un milliard d'années du fait d'un volcanisme actif relativement récent.
Un épisode généralisé aurait eu lieu il y a 600 Ma. Émergeant d'un plateau accidenté, les volcans Gula Mons et Sif Mons sont hauts de respectivement 3 000 et 2 000 mètres. Les reliefs sont à 80 % d'origine volcanique et certaines montagnes sont des coulées de lave.
Goloubkina est un cratère de 34 km, creusé par une météorite. Les sondes soviétiques Venera 15 et 16 ont répertorié plus de mille impacts de corps célestes nettement dessinés sur cette planète bombardée en permanence par des astéroïdes.
Normalement l'existence d'un noyau externe de fer liquide (conducteur) tournant sur lui-même crée un champ magnétique, comme sur la Terre et Mercure, mais la rotation de Vénus sur elle-même est sans doute trop lente pour permettre de créer un effet dynamo. En effet, le champ magnétique de Vénus est très faible, et ne résulte que de l'interaction directe de l'atmosphère avec le vent solaire.
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Un quasi-satellite de Vénus
En 1645, l'astronome italien Francesco Fontana déclara avoir découvert un satellite autour de Vénus. Cassini affirma l'avoir observé deux fois (1672 et 1686). Lagrange, lui l'aperçut en 1761, et Johann Heinrich Lambert calcula son orbite en 1773. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la communauté astronomique semblait persuadée de l'existence de ce satellite qui reçut un nom,Neith. On sait depuis qu'il n'existe pas.
Cependant, le quasi-satellite 2002 VE68, découvert en 2002, (et qui n'a rien à voir avec Neith) exerce autour d'elle une révolution en orbite en fer à cheval. Il ne s'agit pas d'un satellite car il n'est pas gravitationnellement lié à Vénus, mais cependant sa révolution autour du Soleil l'amène à avoir une trajectoire qui fait dans le même temps un tour autour de Vénus, selon une trajectoire en U (d'où le nom de quasi-satellite).
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Transit
C'est le passage de la planète Vénus entre la Terre et le Soleil, où l'ombre de Vénus apparait devant le disque solaire. Du fait de l'inclinaison de l'orbite de Vénus par rapport à celle de la Terre, ce phénomène est extrêmement rare à l'échelle humaine, se produisant deux fois à 8 ans d'intervalle, ces doubles passages étant séparés les uns des autres de plus d'un siècle (105,5 ou 121,5 ans). Historiquement, l'observation du transit de Vénus était la méthode la plus commode pour déterminer la valeur de la distance Terre-Soleil (l'unité astronomique). Le XVIIIe siècle notamment a ainsi vu de grandes expéditions de la part des astronomes européens pour mesurer les deux transits qui s'y sont produits en 1761 et 1769, auxquels le nom de l'astronome français Guillaume Le Gentil est resté attaché en raison de la malchance qui l'empêcha d'effectuer les observations auxquelles il avait consacré des années de préparation.
Le dernier transit de Vénus a eu lieu le 8 juin 2004, le prochain aura lieu le 6 juin 2012.
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Source Wikipédia.
LIEN historique & auteurs
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NICOLAS SARKOZY (1).
Nicolas Sarkozy
Avocat de profession, il a précédemment occupé les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, de député, de porte-parole du gouvernement, de ministre du Budget, de ministre de la Communication, de ministre de l'Intérieur, de ministre de l'Économie et des Finances et de président du conseil général des Hauts-de-Seine.

Contexte personnel
Nicolas Sarkozy est le fils d'Andrée Mallah et de Paul Sarközy de Nagy-Bocsa. Il est issu par son père d'une famille de la petite noblesse hongroise anoblie le 10 septembre 1628 par l'empereur Ferdinand II, roi de Bohême et de Hongrie. Son ancêtre, un paysan qui s'est battu contre les Turcs, n'a pas reçu de titre de noblesse, mais le droit de faire suivre son nom de celui de son village d'origine et l'usage d'un blason.
La famille possédait des terres et un petit château dans le village d'Alattyán (près de Szolnok), à 92 km à l'est de Budapest. Cependant, son niveau de vie était plus modeste que Nicolas Sarkozy ne l'a souvent dit.
Son père naît Nagybócsai Sárközy Pál à Budapest, le 5 mai 1928. Tout comme son propre père, celui-ci exerce des fonctions électives à la mairie de Szolnok (dont celle d'adjoint au maire pour le grand-père de Nicolas Sarkozy).
À l'arrivée de l'Armée rouge en 1944, la famille est expropriée et s'exile. Après de nombreuses péripéties à travers l'Autriche et l'Allemagne, Pál Sárközy rencontre un recruteur de la Légion étrangère à Baden-Baden. Il s'engage pour cinq ans et fait ses classes en Algérie à Sidi-Bel-Abbès. Il est cependant déclaré inapte au départ pour l'Indochine, puis démobilisé à Marseille en 1948. Il francise alors son nom en Paul Sarközy de Nagy-Bocsa.
Devenu publicitaire, il rencontre en 1949 Andrée Mallah, alors étudiante en droit, qu'il épouse le 8 février 1950 à Paris (17e). Cette dernière est la fille de Bénédict Mallah, chirurgien du 17e arrondissement de Paris, issu d'une famille de Juifs séfarades chassée d'Espagne puis installée à Salonique à partir du XVIIe siècle, marié à Adèle Bouvier, infirmière catholique née à Lyon en 1891, issue d'une famille savoyarde devenue française en 1860.
Nicolas Sarkozy naît le vendredi 28 janvier 1955 dans le 17e arrondissement de Paris. Il a deux frères : Guillaume, né en 1951, futur chef d'entreprise dans le textile (vice-président du MEDEF entre 2000 et 2006) et François, né en 1957, qui devient pédiatre puis chercheur en biologie. Lorsque Paul Sarkozy quitte le domicile conjugal en 1959 et divorce, sa femme reprend ses études pour élever ses enfants. Elle devient avocat au barreau de Nanterre ; elle plaide dans l'affaire Villarceaux. Par la suite, Paul Sarkozy se remarie trois fois. De son deuxième mariage avec Christine de Ganay, il a deux enfants : Caroline et Pierre-Olivier, tous deux banquiers à New York.
Élève du lycée Chaptal (8e arrondissement), qu'il quitte pour redoubler sa sixième au Cours Saint-Louis de Monceau situé rue de Monceau à Paris, Nicolas Sarkozy obtient un baccalauréat B en 1973. Sa famille s’installe à Neuilly-sur-Seine.
Étudiant à l’université Paris X Nanterre, il y obtient une maîtrise de droit privé en 1978 et effectue son service militaire à la base aérienne 117 (quartier Balard), dans le 15e arrondissement de Paris. Il appartient alors au Groupe rapide d'intervention chargé du nettoyage. Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques de Paris dont il ne ressort pas diplômé. Selon Catherine Nay, cet échec serait dû à une note éliminatoire en anglais. Il obtient, en février 1980, un DEA en sciences politiques avec un mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 (avec mention).
En 1981, après avoir envisagé le journalisme, il obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), suivant ainsi les traces de sa mère.
Il devient alors le collaborateur de l'avocat Guy Danet, puis l'un des trois associés du cabinet d'avocats parisien « Leibovici - Claude - Sarkozy », un cabinet qui compte onze avocats spécialisés dans le droit immobilier. Cependant, considérant que l'exercice de la profession d'avocat est incompatible avec toute autre activité, il renonce à l'exercer pendant ses périodes d'activité gouvernementale.
Il est également président de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) entre avril 2005 et janvier 2007, et figure parmi les administrateurs de la Société d'économie mixte de Neuilly (Semine) basée à la mairie de Neuilly-sur-Seine, qui gère des immeubles résidentiels. Il est aussi membre honoraire du Rotary Club de Neuilly et membre du club Le Siècle, réunissant des personnalités influentes de la « classe dirigeante » française.
Le 23 septembre 1982, Nicolas Sarkozy épouse Marie-Dominique Culioli, fille d’un pharmacien corse de Vico et également nièce d'Achille Peretti, alors maire de Neuilly-sur-Seine, ville dont il deviendra lui-même maire en 1983. Son témoin de mariage est le sénateur gaulliste Charles Pasqua. Deux fils naissent de cette union, Pierre (né en 1985) qui sera producteur de rap sous le pseudonyme de Mosey et Jean (né en 1986) qui suivra le même chemin que son père, la politique.
En 1984, il rencontre Cécilia Ciganer-Albéniz, lorsqu’en qualité de maire de Neuilly, il la marie à l’animateur de télévision Jacques Martin. Ils entament bientôt une liaison cachée. En 1989, les deux amants quittent leurs époux respectifs et s'installent ensemble. Tandis qu'elle obtient le divorce en quatre mois, celui de Nicolas Sarkozy et de Marie-Dominique Culioli n'est prononcé qu'au terme de huit ans de procédure. Leur mariage a lieu quelques jours après, le 23 octobre 1996. Ils ont pour témoins Martin Bouygues et Bernard Arnault. Leur fils, Louis, naît en 1997.
Après une séparation temporaire en 2005, ils annoncent, dans un communiqué officiel de l'Élysée, le 18 octobre 2007, leur « séparation par consentement mutuel », avant d'officialiser leur divorce par consentement mutuel.
Mariage avec Carla Bruni
Fin décembre 2007, Nicolas Sarkozy fait la connaissance de la chanteuse et ancien mannequin Carla Bruni, lors d'un dîner au domicile de Jacques Séguéla. Leur mariage civil est célébré le 2 février 2008 au palais de l'Élysée par le maire du 8e arrondissement de Paris, François Lebel, avec pour témoins Nicolas Bazire et Mathilde Agostinelli pour le marié, Farida Khelfa et Marine Delterme pour la mariée.
La compagnie de vols à prix réduits Ryanair utilise fin 2007 une photographie du couple non encore marié Nicolas Sarkozy – Carla Bruni, sans son autorisation, pour proposer des billets à prix réduits. Les deux membres du couple portent plainte contre la compagnie aérienne dans le cadre d'un référé civil pour « atteinte au droit à l'image hors consentement et à des fins publicitaires ». Le tribunal de grande instance de Paris accueille favorablement la demande des plaignants et condamne en particulier Ryanair à payer 60 000 € de dommages et intérêts à Carla Bruni.
Dans un article, Airy Routier, journaliste au Nouvel Observateur, affirme que huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, le président de la République aurait adressé un SMS à son ex-épouse Cécilia Sarkozy : « Si tu reviens, j’annule tout ». Le président de la République porte plainte au pénal le 7 février 2008 contre le magazine, pour « faux, usage de faux et recel ». Une enquête préliminaire est ouverte à la suite de cette plainte, avant que Nicolas Sarkozy ne retire celle-ci en mars 2008, suite au revirement de la rédaction du journal, qui reconnait son erreur.
Carrière politique
En 1974, il adhère à l’Union des démocrates pour la République (UDR) où il rencontre Charles Pasqua et milite pour l’élection de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la République. L'année suivante, il devient délégué départemental des jeunes des Hauts-de-Seine et en 1976, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) nouvellement créé, sous le parrainage de Charles Pasqua. Il devient responsable de la section de Neuilly en 1976, secrétaire de la circonscription Neuilly-Puteaux en 1977, et est élu conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine en 1977.
Il est président du comité de soutien des jeunes à la candidature présidentielle de Jacques Chirac en 1980.
En 1983, il devient maire de Neuilly-sur-Seine, à 28 ans, succédant ainsi à Achille Peretti, décédé d'un arrêt cardiaque lors d'une réception officielle. Chargé d'organiser la primaire au sein de la droite pour la succession d'Achille Peretti, il prend de court le prétendant en titre, Charles Pasqua, alors hospitalisé pour l’opération d’une hernie. Charles Pasqua, considérant cet acte comme une véritable trahison, qualifiera plus tard cet épisode « d'aussi inélégant qu'inutile » dans son livre Ce que je sais publié aux éditions du Seuil.
Il est chargé de mission de 1987 à mai 1988 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministère de l'Intérieur, une fonction qui donna lieu à polémiques en 2007 en raison de sa possible implication dans la gestion des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
Lors de la large victoire de la droite aux élections législatives de mars 1993, Nicolas Sarkozy est réélu député de Neuilly-sur-Seine au premier tour avec 64,9 % des voix, puis nommé ministre du Budget dans le gouvernement Édouard Balladur. En tant que porte-parole du gouvernement, il commence à se faire connaître du grand public.
Le 13 mai 1993, Érick Schmitt, alias « Human Bomb », retient en otage 21 enfants dans une classe de maternelle de Neuilly. Nicolas Sarkozy, étant toujours maire de la ville, négocie directement avec « HB » et obtient la libération d'un enfant en gage de bonne volonté. Bien que l'opportunité de l'intervention de Sarkozy soit disputée aujourd'hui encore, elle lui vaut la médaille du RAID, et contribue à sa notoriété à l'échelle nationale.

Édouard Balladur et Raymond Barre au Forum économique mondial, en 1987
Le soutien à Édouard Balladur, la « traversée du désert » et le retour en grâce (1995-1999)
Lors de l'élection présidentielle de 1995, il soutient Édouard Balladur contre Jacques Chirac. Il abandonne son poste de porte-parole du gouvernement pour devenir porte-parole et directeur de campagne du candidat Balladur. Celui-ci est longtemps favori dans les sondages, mais il se retrouve finalement éliminé dès le premier tour, avec 18,6 % des suffrages. Le 5 mai, lors du dernier meeting de Jacques Chirac avant le second tour, Nicolas Sarkozy est sifflé et hué. À la suite de la victoire du maire de Paris, il n'obtient aucun poste ministériel dans le gouvernement Juppé. Au cours d'un bref passage à une réunion nationale du RPR, le 15 octobre, il est à nouveau conspué. C'est le début d'une « traversée du désert » qui durera jusqu'en 1997.
Pendant l'été 1995, sous le pseudonyme « Mazarin », il publie dans le journal Les Échos une série de lettres intitulées « Les Lettres de mon château » présentées comme la correspondance fictive de Jacques Chirac avec diverses personnalités du monde politique.
En 1997, la victoire législative de la « gauche plurielle » lui permet de devenir secrétaire général du RPR, dont Philippe Séguin est le président.
Suite à la soudaine démission de Philippe Séguin de la présidence du RPR, Nicolas Sarkozy le remplace par intérim, d'avril à octobre 1999. Il conduit, conjointement avec Alain Madelin, la liste RPR-DL aux élections européennes de 1999 et devient tête de liste après le départ de Philippe Séguin. Ces élections sont marquées par une sévère défaite : la liste qu'il conduit arrive en troisième position avec seulement 12,82 % des suffrages, et obtient un résultat inférieur à la liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,05 %).
Il annonce sa démission de sa fonction intérimaire de président du RPR le 14 juin 1999, renonce à toute responsabilité au sein du parti et se retire de la politique nationale. Il assiste tout de même, en 2001, au 25e anniversaire de la création du parti gaulliste. Pendant cette période, il rejoint le cabinet d'avocats où il exerce, et publie en 2001 ouvrage, Libre.
La XIIe législature est une période d'ascension pour Nicolas Sarkozy, tant politique – gouvernementale et de parti – que médiatique et populaire. Il est réélu député de Puteaux et de Neuilly-sur-Seine, à l'occasion des élections législatives de 2002. Il est le député de droite le mieux élu, avec 68,78 % des voix. Après le 21 avril 2002, il devient la cible privilégiée des critiques de l'opposition.
En 2002, il soutient la réélection de Jacques Chirac. Celui-ci lui préfère Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre et nomme Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur. Il impose un style « musclé » et fait de la sécurité sa priorité, déclarant vouloir s'affirmer par l'action.
Il organise avec Gilles de Robien, ministre des Transports, une politique plus répressive sur les excès de vitesse destinée à renforcer la sécurité routière. Cette politique dont l'aspect le plus emblématique sera la multiplication des radars automatiques sur les routes contribue à une baisse notable du nombre d'accidentés.
Il soutient la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM) initiée en 1999 par Jean-Pierre Chevènement et intervient sur les dossiers de l'éducation et des retraites.
Par la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, complétée par la Loi Perben II, le fichage ADN, instauré en 1998 et limité à l'origine aux délinquants sexuels, a été étendu à toute personne soupçonnée d'un quelconque délit (sauf délit d'initié ou financier), et laissé au libre choix des policiers et des gendarmes, sans que les preuves de culpabilité ne soient obligatoirement établies. Cette loi a notamment permis le fichage génétique de faucheurs d'OGM, d'étudiants anti-CPE. Les personnes refusant de se laisser ficher risquent jusqu'à 15 000 euros d'amende et un an de prison.
Dès 2003, Sarkozy défend aussi le principe des peines plancher, importé des États-Unis. Mais le garde des Sceaux, Dominique Perben, s'opposait alors à cette mesure, contraire selon lui au « principe d'individuation de la peine », et donc anti-constitutionnelle . En raison des débats au sein de la majorité UMP, une mission parlementaire, présidée par Pascal Clément, alors président de la commission des lois, était créée en mars 2004. Nommé garde des Sceaux en juin 2005, Clément défendit lui-même le projet de loi soutenu par Sarkozy, mais sans retenir le principe des peines planchers. Celui-ci n'a donc pas été instauré par la loi du 12 décembre 2005 sur la récidive des infractions pénales, mais seulement après l'accession à la présidence de Sarkozy, par la loi Dati de décembre 2007.
Malgré sa connaissance du tissu social corse grâce à ses liens familiaux, sa politique dans l'île est marquée par le rejet de la proposition de réorganisation administrative pour laquelle Nicolas Sarkozy s'était engagé, suite au référendum local en date du 6 juillet 2003. Yvan Colonna, recherché dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Érignac, est arrêté après une cavale de quatre ans, l'avant-veille de ce référendum ; les familles Colonna et Culioli-Sarkozy se côtoyant. Colonna est finalement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2007, puis en appel en mars 2009.
Il se donne pour objectif de mener une lutte vigoureuse contre la recrudescence d'actes antisémites en France. Son action contre l'antisémitisme est saluée par le Centre Simon-Wiesenthal qui lui décerne son prix de la Tolérance en 2003 et le consistoire central de France, l'institution administrant le culte israélite en France, saluera « l'extrême sévérité » dont a fait preuve Nicolas Sarkozy dans la répression des actes antisémites.
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Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, dans le RER A (transports parisiens), le 13 mai 2002
Ministre d'État, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie (mars - novembre 2004)
Il est nommé ministre d'État, de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, suite au remaniement ministériel de mars 2004. Il axe dans un premier temps sa politique sur la réduction du déficit et annonce en 2005 le respect par la France du pacte de stabilité, avec un déficit de 2,9 % du PIB.
Au niveau industriel, il fait passer la participation de l'État de 50,4 à 41 % du capital de France Télécom en septembre 2004, conclut le changement de statut d’EDF et GDF, et annonce la privatisation partielle du groupe Areva. Dans le secteur privé, il fait intervenir l’État pour empêcher le dépôt de bilan du groupe Alstom et favorise la fusion Sanofi / Aventis face à Novartis. Ces interventions de l'État français dans le marché aux dépens d'intérêts allemands (participations dans Aventis et approches de Siemens pour Alstom) irritent les dirigeants allemands. Il dénonce également les hausses de prix dans la grande distribution ou les banques, et signe des accords avec les professionnels concernés. Ces accords ont été contestés lors de leur signature par les syndicats, puisque selon eux, ils ont eu pour conséquence la réduction de postes administratifs et d’encadrement avec la suppression éventuelle de nombreux postes entre 2005 et 2007.
Nicolas Sarkozy ayant déclaré son intention de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 et laissé entendre qu’il briguerait la présidence de l’UMP suite au départ d’Alain Juppé, Jacques Chirac, dans son entretien télévisé du 14 juillet 2004, le met en demeure de choisir entre ce dernier poste et le ministère. À une question à ce propos, le président français lance « Je décide, il exécute » qui est mal perçu par les proches de Nicolas Sarkozy. Lors du congrès du 28 novembre 2004, il est élu président de l’UMP par les militants avec 85,1 % des voix. Le lendemain, il présente sa démission à Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. Il est remplacé par Hervé Gaymard.
Le bilan de son activité de ministre de l'Économie est contrasté. Si d'après lui les prix des articles vendus en grandes surfaces ont été réduit de 2 % en moyenne; selon l'observatoire professionnel ECR-IRI, les prix ont baissé effectivement de 1,76 % de juin à novembre 2004, « reflétant visiblement l'accord de baisse de 2 % des prix des grandes marques conclu en juin ».
« Pour relancer la croissance », il a lancé l'exonération des donations jusqu’à 20 000 euros à chaque enfant et petit-enfant (mesure du 10 juin 2004 au 31 mai 2005). Cette mesure, à l'origine temporaire, a été finalement prolongée et amplifiée jusqu'au 31 décembre 2005. Son engagement à ne pas privatiser EDF-GDF n'a pas été tenu. Un an plus tard, le ministre de l'Économie du gouvernement Dominique de Villepin (dans lequel il est ministre de l'Intérieur), cherche à céder des parts de GDF en vue de sa fusion avec Suez, et Nicolas Sarkozy, en tant que chef de file de l'UMP ne donne pas d'instruction contraire à ses parlementaires. Il a aussi procédé à la vente d'une partie des réserves d'or de la banque de France, ainsi que de possessions immobilières.
Le 31 mai 2005, deux jours après le résultat négatif du référendum portant sur le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin démissionne. Nicolas Sarkozy est nommé ministre d'État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, « numéro deux du gouvernement ». Il cumule ainsi poste ministériel et présidence de l’UMP, alors que ce cumul avait été jugé impossible par le chef de l’État, lors de son interview du 14 juillet 2004. Il conserve également la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine.
- Affaire Nelly Cremel (juin 2005)
Au cours de l’affaire Nelly Cremel — une jeune femme assassinée par deux repris de justice tout juste libérés — Nicolas Sarkozy demande que le juge de remise des peines responsable de leur sortie de prison soit sanctionné, ce qui lui vaut un rappel à l’ordre du Premier ministre et les reproches du Syndicat de la magistrature, invoquant la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice.
- Évacuation d'immeubles insalubres (septembre 2005 - août 2006)
À la suite de plusieurs incendies survenus dans des immeubles insalubres, qui causèrent la mort de nombreuses personnes dont des enfants, Nicolas Sarkozy demande que les immeubles insalubres ou dangereux, voués à la destruction, soient évacués. Quelques associations, dont l’association Droit au logement, voient dans cette mesure un prétexte à l’expulsion sans relogement des locataires et des squatteurs.
En août 2006, à Cachan, le plus important squat de France est évacué par la police.
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Rencontre avec des membres des forces de police en compagnie de Jean-Pierre Raffarin, le 13 mai 2002
Source Wikipédia.
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LE BRÉSIL (1).
Brésil
Le Brésil (Brasil en portugais), officiellement la République fédérative du Brésil, est le pays le plus vaste et le plus peuplé d'Amérique latine. Avec une superficie de 8 547 400 km² et une population de 191 043 661 habitants, c'est aussi le cinquième pays du monde par la superficie et par le nombre d'habitants. En 2007, le Brésil est la dixième puissance économique mondiale avec un PIB de 1 314 Mds $ soit 2,42 % du PIB mondial. Il couvre la moitié du territoire de l'Amérique du Sud, partageant des frontières avec tous les pays du subcontinent à l'exception du Chili et de l'Équateur.
Colonie prospère de la couronne portugaise durant plusieurs siècles, le pays est aujourd'hui le seul héritage du Portugal en terre américaine et qui se manifeste principalement par la langue officielle, le portugais.
Le Brésil possède des caractéristiques communes avec la plupart des autres pays d'Amérique du Sud : c'est un pays en majorité catholique, la densité humaine moyenne est assez faible et la population est fortement urbanisée (à 84 %).
République fédérale et libérale, le Brésil présente de forts contrastes géographiques et sociologiques. Alors qu'une grande partie du territoire est couvert par la forêt amazonienne pratiquement vide d'êtres humains, la côte sud-est abrite les mégapoles de São Paulo et Rio de Janeiro. Les inégalités économiques sont parmi les plus élevées du monde].

Histoire
● Le blason de la République avait, en son origine, sur le ruban, le nom adopté par le pays après l'abolition de la monarchie : Estados Unidos do Brasil (États-Unis du Brésil). La version présente, établie par la loi n°5700, du 1er septembre 1971, reflète le changement du nom officiel du pays pour República Federativa do Brasil (République fédérative du Brésil).
● Le drapeau brésilien a un grand losange jaune sur un fond vert. Le vert représente les champs fertiles et les forêts du Brésil. Le jaune représente sa richesse en or, qui est trouvé dans de nombreuses parties du pays. Au centre du losange se trouve une sphère bleue qui symbolise le ciel bleu marin qu'on retrouve d'habitude dans les régions tropicales du globe terrestre. Dans ce ciel, on retrouve 27 étoiles qui représentent la capitale du pays et les 26 États fédérés. Au milieu de la sphère, il y a une bannière blanche avec l'inscription Ordem e Progresso, qui signifie "ordre et progrès". La disposition des étoiles du drapeau reflète celle du ciel de Rio de Janeiro le 15 novembre 1889 à 20 h 30, date de l'inauguration de la République.
Les tentatives de colonisation française au Brésil : la France antarctique et la France équinoxiale.
En 1500, Pedro Alvares Cabral découvre les côtes brésiliennes et annonce avoir découvert de nouveaux territoires revenant au Portugal. Selon le traité de Tordesillas signé en 1494 sous l'égide du pape Alexandre VI, toutes les terres nouvellement découvertes situées à plus de 370 lieues à l'ouest du Cap Vert allaient à l'Espagne, et les autres allaient au Portugal. Ce qui forme aujourd'hui la moitié est du Brésil revenait ainsi au Portugal.
Des navigateurs reviennent au Brésil et rapportent le bois de Brésil, bois de couleur braise qu'ils achètent aux Indiens et auquel le Brésil doit son nom actuel. Toutefois, l'entreprise de colonisation à proprement parler ne commence que dans les années 1530, sous le règne de Jean III. En 1532 est fondé le premier village São Vicente. En 1533, le Brésil est divisé en quinze capitaineries, chacune dirigée par un donatário héréditaire. Seules deux capitaineries prospèrent : São Vicente et Pernambouc. C'est dans cette dernière qu'est d'abord introduite de la canne à sucre, principale richesse commerciale du Brésil jusqu'au début du XVIIIe siècle. Devant le relatif échec de la colonisation, le roi du Portugal place le Brésil sous son autorité directe et nomme un gouverneur général qui chapeaute les quinze capitaineries. Il s'établit à Bahia.
En 1534, quinze capitaineries sont définies sur un territoire dans lequel les Portugais n'ont encore pratiquement aucune installation permanente. Le territoire s'arrête brusquement vers l'ouest, moins loin que la frontière brésilienne actuelle : il s'agit de la limite des terres portugaises telles qu'elles sont définies par le traité de Tordesillas
Durant l'été1554, Nicolas Durand de Villegagnon visita secrètement la région du Cabo Frio, sur la côte brésilienne, où ses compatriotes se cachaient habituellement. Là, il obtint des informations de grande importance auprès des Indiens Tamoios, s'informant des habitudes des Portugais sur ce littoral et récoltant les données nécessaires à une future expédition en vue de fonder un établissement colonial. Le site choisi se situait près de deux cent kilomètres au sud : la baie de Guanabara, que les Portugais évitaient en raison de l'hostilité des indigènes de la région. Le projet était de transformer cette zone en une puissante base militaire et navale, depuis laquelle la Couronne française pourrait tenter de contrôler le commerce avec les Indes occidentales. C'est le début de la « France antarctique», nom donné à l'éphémère colonie française qui occupa la baie de Rio de Janeiro au Brésil, de 1555 à 1567 et finalement fut éliminée par l'arrivée de renforts portugais. En réponse aux autres tentatives françaises de conquête territoriale au Brésil (avec la France équinoxiale près de São Luís (Maranhão) entre 1612 et 1615), la Couronne portugaise décida d'intensifier la colonisation du Brésil et d'améliorer son statut.
Le Brésil commence à se développer économiquement. L'exploitation de la population indienne locale n'est plus suffisante pour la production sucrière et en 1550, les premiers esclaves sont importés d'Afrique. La traite négrière dure jusqu'au milieu du XIXe siècle : le Brésil est le pays ayant reçu le plus d'esclaves noirs, avec environ 5,5 millions d'Africains déportés du XVIe siècle à 1850, soit 40 % du total.
À la fin du XVIIe siècle, on trouve de l'or à l'intérieur des terres. L'activité minière prend alors une importance considérable et permet l'essor d'une vaste région connue sous le nom de Minas Gerais.
En 1807, Napoléon envahit le Portugal ; le régent Jean VI s'embarque pour le Brésil et s'installe à Rio. Lorsqu'il quitte l'Amérique, en 1821 seulement, il laisse son fils Dom Pedro. Les Cortes cependant veulent ramener le Brésil au rang de simple colonie et rappellent Dom Pedro au Portugal. Celui-ci, soutenu par la population brésilienne, refuse de rentrer en Europe et proclame l'indépendance du Brésil. Il est déclaré empereur en 1823. En 1825, le Portugal reconnaît l'indépendance brésilienne. En 1831, pourtant, Pierre Ier, très contesté, doit abdiquer. Il transmet le pouvoir à son fils Pierre II, alors âgé de six ans. Pierre II est déclaré majeur en 1840.
Sous le règne de Pierre II, le Brésil connaît un début de modernisation et d'industrialisation. L'esclavage est aboli, mais plus tardivement que dans les pays européens, puisqu'il n'est entièrement supprimé qu'en 1888.
En 1889, l'armée renverse l'empereur et la République est proclamée. Le pays ne devient pas une démocratie. Il est dirigé par des riches propriétaires et des élus locaux, les coronels, jusqu'à la Grande Dépression de 1929.
Le 4 octobre 1930, Getúlio Vargas devient président après un coup d'État. Il reste au pouvoir jusqu'en 1945. En 1942, suite à des attaques de sous-marins allemands, le pays entre dans la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Vargas doit démissionner et le Brésil connaît une vingtaine d'années de démocratie.
À partir de 1964, le Brésil connaît, comme d'autres pays d'Amérique latine, une dictature militaire de droite. Dans les années 1970, le gouvernement brésilien participe à l'opération Condor, vaste plan de coordination entre les dictatures militaires latino-américaines afin de lutter contre les opposants aux régimes dans tout le continent. On dénombre, au Brésil, un grand nombre de groupes révolutionnaires qui, dès 1964, ont organisé la résistance contre le pouvoir militaire. La plupart d'entre eux ont pris forme dans les milieux d'étudiants. Parmi eux, on peut citer le MR-8, plutôt basé à Rio de Janeiro, ou l'ALN (Action de libération nationale), basée à São Paulo. 1550, les premiers esclaves sont importés d'Afrique. La traite négrière dure jusqu'au milieu du XIXe siècle : le Brésil est le pays ayant reçu le plus d'esclaves noirs, avec environ 5,5 millions d'Africains déportés du XVIe siècle à 1850, soit 40 % du total.
En 1985, Tancredo Neves, est élu à la présidence mais meurt avant son entrée en fonction. C'est alors José Sarney qui devient président. La démocratie s'installe dans un contexte économique et financier difficile.
Le 27 octobre 2002, Luiz Inácio Lula da Silva, ancien syndicaliste, remporte l'élection présidentielle. Il est réélu le 28 octobre 2006. Il est le premier président socialiste du Brésil.
Politique
Le Brésil est une république fédérative présidentielle, composée de 26 États et d'un district fédéral. Sa Constitution a été adoptée en 1988.
Le président est élu pour un mandat de 4 ans et peut être réélu une fois. Le président actuel est Luiz Inácio Lula da Silva, surnommé « Lula ».
Le droit de vote est facultatif pour les citoyens qui ont entre 16 et 18 ans et pour ceux qui ont plus de 65 ans, il est obligatoire pour les citoyens qui ont entre 18 et 65 ans. La très grande majorité des Indiens ont le statut de mineur protégé et sont, à ce titre, dépourvus de droits civiques.
Le pouvoir législatif est exercé par la Chambre des députés, composée de 513 sièges, et le Sénat qui compte 81 membres (3 sénateurs par État et 3 sénateurs pour le district fédéral).

Chambre des députés et Sénat à Brasilia
Géographie
Le Brésil s'étend sur une superficie totale de 8 547 877 km². La majorité de la population vit près de la côte atlantique, qui, dans le sud, est bordée par la Serra do Mar.
Le vaste plateau du Brésil occupe une grande partie du sud et de l'est du pays. Dans le nord du pays, région de la forêt amazonienne, les altitudes sont moins élevées. Les densités de population y sont globalement faibles.
La saison pluvieuse s'étale de novembre à mai au nord, avec des pluies très importantes sur les forêts pluvieuses. Le sud connaît lui des étés chauds et des hivers froids (en juillet-août). De manière générale, le climat est légèrement plus tempéré en bordure de mer, et en altitude, et sous la canopée en forêt.
En plus de la partie continentale de son territoire et d'îles proches de la côte, le Brésil possède quelques petits groupes d'îles et d'îlots dans l'Atlantique : les Rochers de Saint-Pierre et Saint-Paul, Fernando de Noronha, Trindade et Martim Vaz ainsi que les petites îles de corail appelées atoll des Roches.
On distingue cinq grandes régions brésiliennes :
Les 5 grandes régions statistiques : 1) Centre-ouest 2) Nordeste 3) Nord 4) Sudeste 5) Sud
Sud
États : Paraná, Santa Catarina et Rio Grande do Sul
Constituée de moyennes montagnes dans sa partie nord et de vastes plaines appelées pampas, dans sa partie méridionale, cette région, au climat subtropical humide, la seule région brésilienne à ne pas avoir un climat chaud toute l'année; est hautement développée et marquée dans sa culture quotidienne par l’immigration européenne, notamment allemande et italienne. En effet, son habitat et ses types humains (parfois on se croirait en Bavière), ainsi que le folklore gaúcho, sont proches de ceux de la vieille Europe.
Porto Alegre (plus connue depuis le Forum Social Mondial) et Curitiba (modèle de planification urbaine) sont les deux plus grandes villes du sud brésilien. Aux frontières de l’Argentine et du Paraguay se trouvent les chutes d’Rio Iguaçu, l’une des plus belles merveilles de la nature. Enfin, à 20 km de là, sur le fleuve Paraná se trouve Itaipu, le second plus grand barrage hydroélectrique du monde, après celui des Trois-Gorges, en Chine.
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Maisons allemandes dans Blumenau
Sud est
États : Espírito Santo, Minas Gerais, Rio de Janeiro et São Paulo
C’est la région la plus urbanisée et la plus industrialisée du Brésil, avec trois villes très importantes : Rio de Janeiro, Belo Horizonte et São Paulo.
Rio de Janeiro est l’ancienne capitale fédérale et la capitale de l'État de Rio de Janeiro. La ville est située dans une des plus belles baies du monde, dominée par le Pain de Sucre et la statue du Cristo Redentor (Corcovado), perchée à 700 m d’altitude. Son carnaval et ses écoles de samba l’ont rendue célèbre, ainsi que ses plages, comme Copacabana, Ipanema, Leblon et Barra da Tijuca. Capitale culturelle du pays, elle est la ville la plus importante en matière artistique. On y trouve l'Academia Brasileira de Letras, la plus grande bibliothèque nationale du pays, le Museu Nacional, le Museu de Arte Moderna et le Theatre Municipal (bâtiment inspiré de l'opéra de Paris). Le Maracanã, le 3e stade le plus grand du monde, est aussi à Rio.
Il y a aussi de magnifiques plages autour de Rio (Angra dos Reis, Cabo Frio et Búzios). Dans le sud de l'État se trouve la petite ville de Parati qui offre de splendides façades baroques de couleur bleue, ocre ou vert qui se reflètent dans les eaux calmes de sa rade. À la Serra do Mar se trouve la ville de Petrópolis, fondée par l'empereur Dom Pedro II et l'on peut encore y voir son palace d'été, une très grande attraction touristique.
Située au carrefour des routes de l'État du Minas Gerais (« mines générales » en français), où eut lieu au XVIIe siècle une des plus grandes ruées vers l'or, Belo Horizonte s’étend sur plus de 20 km.
São Paulo, fondée par les Jésuites en 1554, est aujourd’hui la troisième plus grande ville au monde après Tokyo et Mexico. On y croise une population d’origine européenne, japonaise ou arabe qui a fait de cette ville la capitale mondiale du café, un des plus grands centres d’affaires de la planète et la première ville économique du Brésil. São Paulo est aussi la ville la plus riche du pays.
Rio de Janeiro
Nord est
États : Alagoas, Bahia, Ceará, Maranhão, Paraíba, Pernambuco, Piauí, Rio Grande do Norte et Sergipe
Englobant neuf États du Brésil, le Nord-Est (ou « Nordeste ») a connu son heure de gloire au XVIIe siècle, avec la canne à sucre. Les villes de Salvador (la plus « africaine » du Brésil), São Luís do Maranhão (fondée par des Français en 1612), Recife (« la Venise du Nordeste ») ou Olinda (« la hollandaise »), par leur précieux héritage d’architecture coloniale et la beauté de leurs façades décorées d’azulejos (faïences bleues), sont les témoins de ce passé fastueux.
Aujourd'hui, la région compte 50 millions d’habitants. Elle souffre d'importantes difficultés socio-économiques malgré la présence de ressources naturelles importantes, parmi lesquelles des gisements pétroliers. Les inégalités sociales sont particulièrement fortes. Les sécheresses cycliques qui frappent le sertão, zone semi-aride de l’intérieur du Nordeste, terre des légendaires cangaceiros (tantôt héros, tantôt bandits), ne facilitent pas la vie de milliers de paysans sans terre, obligés d’émigrer vers les grandes métropoles du Sud.

Maceió, Alagoas
Centre-Ouest
États : Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Goiás et Brasilia.
Cette région reste peu peuplée. À l'extrême est de la région, on trouve Brasilia, capitale du Brésil depuis 1960. Plus à l'ouest, l'État du Mato Grosso occupe l'essentiel de la région ; l'activité agricole est en expansion et provoque une importante déforestation. C'est dans cette région que se trouve la partie brésilienne du Pantanal, la plus grande terre inondée de la planète et l'une des régions présentant la plus forte biodiversité dans le monde.
États : Acre, Amapá, Amazonas, Pará, Rondônia, Roraima et Tocantins
Le Nord du Brésil est en grande partie couvert par la forêt amazonienne. La densité humaine est encore très faible, un peu plus de 4 hab/km² dans l'État de Pará, à l'ouest, deux fois dans celui d'Amazonas. Les deux principales villes, Manaus dans l'Amazonas et Belém dans le Pará, se trouvent le long de l'Amazone.
L'Amazonie constitue la plus grande réserve biologique du monde, avec environ un dixième des espèces vivantes mondiales. Au cours des années 1970-80, les différents projets de développement et de migrations intérieures ont entraîné un déboisement préoccupant et des conflits entre les posseiros (propriétaires de terres, souvent illégaux) et les Indiens. Actuellement, la protection de la forêt, ainsi que le respect des terres indiennes, deviennent des priorités du gouvernement brésilien.

Forêt amazonienne
Faune
Recouvert en partie par le plus grand bassin forestier de la planète, l'Amazonie, le Brésil est l'un des pays les plus riches du monde en termes de biodiversité. Il fait partie d'ailleurs des 17 Pays mégadivers. Forêts tropicales de plaines, de montagnes, subtropicales, savanes, pampas, marais, côtes, le kaléidoscope d'habitats offrent autant de niches écologique aux milliers d'espèces recensées, peut être même millions.
Plus de 600 espèces de mammifères sont présentes au Brésil. Cela englobe plusieurs espèces de la famille des félins, comme le jaguar, le puma et le jaguatirica ou ocelot. Parmi les autres mammifères, on trouve les paresseux, les antas (tapirus americanus), les tatous, les dauphins marins, les capivaras (grands rongeurs aquatiques dont certains peuvent peser jusqu'à 66 kg) et environ 30 espèces de singes. Le Brésil, avec ses 1772 espèces connues, possède la plus grande variété d'oiseaux au monde, après la Colombie et le Pérou. Dont 230 endémiques, parmi lesquels nandous, hoccos, rapaces, perroquets, toucans, pics, coq-de-roche, cotingas, tyrans, etc. Il y a au moins 40 espèces de tortues, 120 espèces de lézards, 230 espèces de serpents, 5 espèces d'alligators, 330 espèces d'amphibies et 1500 espèces de poissons d'eau douce. Les naturalistes ont répertorié plus de 100 000 invertébrés au Brésil, parmi lesquels plus de 70 000 insectes. La forêt amazonienne renferme la plus grande concentration d'organismes biologiques au monde. Personne ne sait réellement combien on y trouve d'espèces, mais les scientifiques estiment qu'elles représentent de 15 à 30 % de l'ensemble des espèces connues dans le monde.
Alors que les naturalistes répertorient de nouvelles espèces de poissons d'eau douce, leurs découvertes laissent entrevoir qu'il pourrait y avoir jusqu'à 3 000 sortes de poissons dans les fleuves et lacs d'Amazonie. Parmi les poissons spécifiques à la région, citons le pirarucu, que l'on dit être le plus grand poisson d'eau douce du monde, avec des spécimens qui mesurent plus de 2 mètres de long et qui pèsent jusqu'à 125 kg, le tambaqui, qui appartient à la famille des frugivores et possède des dents capables de casser des graines aussi dures que celles de l'hévéa (l'arbre à latex) ou du palmier jauari, et le piranha.

Jaguar, (Forêt amazonienne)
Déforestation
Le Brésil contient une partie du plus grand biome de forêt tropicale humide au monde, l’Amazonie. Cette région abrite plus de 21 millions d’habitants et contient 1/5 des réserves d’eau douce du monde avec le fleuve Amazone . C’est aussi son importante biodiversité qui lui donne sa valeur. On y retrouve une multitude d’espèces de la flore et de la faune et nombreuses sont encore celles à découvrir.
Par contre, la forêt tropicale connait un taux de déforestation extrêmement rapide et c’est la plus grande menace de cet écosystème. Les principales causes de ce phénomène dévastateur sont; l’élevage bovin (80% de la surface déboisée), la coupe de bois destiné à la construction, et l’agriculture dont la culture de café, de canne à sucre, et de soja . Déjà, 17% de la forêt a été rasée à ces fins, et la destruction continue à une vitesse alarmante . La déforestation cause la fragmentation ou la disparition complète d’habitats et beaucoup d’espèces y sont sensibles. De plus, la forêt tropicale entrepose une quantité importante de carbone. La destruction rapide de ces forêts contribue significativement aux changements climatiques, puisqu’une grande partie du dioxide de carbone est évacuée lorsque la biomasse de ces forêts est brûlée pour la fertilisation des sols. En effet, ceci favorise l’agriculture ou la croissance d’herbacées pour les bovins, mais pour une courte durée parce que ce type d’utilisation des terres entraine inévitablement la désertification à plus ou moins long terme, rendant la terre peu productive et inutilisable .
Étant donné la sensibilité extrême d’un grand nombre d’espèces à la déforestation, de grands corridors et des zones protégées doivent être aménagés pour permettre les déplacements de la faune, la dispersion des graines des végétaux et la diversité génétique des espèces de la forêt tropicale de l’Amazonie .
Découpage administratif
Le Brésil est composé de vingt-six États et d'un district fédéral, dont la capitale est Brasilia.
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Recife
Frontières terrestres
Les frontières terrestres du Brésil s'étendent sur un total de 14 691 km.
- 3 400 km avec la Bolivie
- 2 200 km avec le Venezuela
- 1 643 km avec la Colombie
- 1 560 km avec le Pérou
- 1 290 km avec le Paraguay
- 1 224 km avec l'Argentine
- 1 119 km avec le Guyana
- 985 km avec l'Uruguay
- 673 km avec la Guyane, (département d'outre-mer de la France)
- 597 km avec le Suriname
Seuls deux pays d'Amérique du Sud n'ont pas de frontière avec le Brésil : le Chili et l'Équateur. Les frontières du Brésil sont le résultat d'une active conquête de l'ouest, initiée dès le XVIIe siècle par les bandeirantes mais non terminée.
La frontière franco-brésilienne (entre la Guyane française et l'État de l'Amapá) est la plus grande frontière française.
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Porto Alegre
Forces armées brésiliennes
Les forces armées brésiliennes se composent de l'armée de terre (Exército), la marine brésilienne (Marinha) dont l'infanterie et l'aviation ainsi que la force aérienne brésilienne (Força Aérea Brasileira, FAB).
Les forces armées se composent de 287 000 soldats actifs.
L'armée de terre brésilienne (Exército) forte de 189 000 hommes et femmes peut mettre en œuvre 220 chars d'assaut.
Les forces aériennes ont plus de 700 avions dont des Mirage 2000, les fameux Embraer EMB 312 Tucano et Super Tucano, Lockheed C-130 Hercules, AMX International AMX. Le transport du président du Brésil est aussi assuré par les forces aériennes. En 2001, le ministère de la défense de la République française vend son porte-avions Foch aux Brésiliens. Il est rebaptisé lors de la transaction São Paulo.
Il existe une obligation militaire pour des hommes à partir de 18 ans, le service militaire de base dure neuf à douze mois. Le budget de la défense en 2005 s'élevait à 9,94 milliards de dollars américains soit environ 1,3 % du produit intérieur brut, une valeur plutôt inférieure à la moyenne mondiale (l'Allemagne environ 1,6 %).
Les militaires sont aussi utilisés en temps de paix à la protection contre les catastrophes et au service de sauvetage, ainsi que pour des services scientifiques (sur la base antarctique Comandante Ferraz). Le Brésil assure le commandement de la mission de Paix Minustah en Haïti de 6 000 hommes dont 1 200 Brésiliens, depuis le 1er juin 2004.
Le contrôle aérien civil est aussi sous la responsabilité des forces aéronautique, ainsi que l'Infraero (organisme qui gère les aéroports), et le Centre de lancement d'Alcântara.
La police militaire n'est pas à confondre avec les forces armées brésiliennes sous la responsabilité de l'Union (pouvoir fédéral), puisque chaque État fédéral en a la responsabilité.
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Le Brésil possède une industrie aéronautique notable produisant entre autres ces AMX International AMX
Économie
Une crise économique éclate en 1998.
La fragile croissance économique ne s'est pas faite sans douleur. Les disparités économiques sont fortes et constituent un important enjeu politique.
Le Fonds monétaire international décide alors d'accorder un prêt de 41,5 milliards de dollars américains en novembre 1998, car le Brésil a adopté les réformes imposées (privatisation) et a réduit ses dépLe Brésil a le plus important PIB total d'Amérique latine. Le PIB par habitant en revanche est inférieur à celui de l'Argentine, du Chili et du Mexique. Quoique disposant d'une puissante agriculture commerciale et d'un secteur industriel assez diversifié, le Brésil est largement tertiarisé : en 2006, le secteur des services représentait 64 % du PIB. enses budgétaires, notamment dans l'éducation. Aujourd'hui, l'économie tend à se stabiliser, mais reste fragile.
Le 15 avril 2008, le Brésil entre dans une nouvelle ère de son histoire économique avec l'annonce de la découverte d'immenses gisements pétroliers dans le Bassin de Santos. Ceux-ci seraient de l'ordre de 33 milliards de barils.
L'agriculture ne représente qu'environ 5 % du PIB. Toutefois, le Brésil est une grande puissance agricole d'exportation. Certaines cultures commerciales telles que le soja ou la canne à sucre (utilisée en particulier pour l'éthanol) sont en plein essor. Toutefois, la propriété foncière est très inégalement répartie, les grands domaines latifundiaires absorbant la majorité des terres, et la pauvreté rurale reste très importante (le Mouvement des sans-terre est la principale organisation des paysans privés de ressources). Sur le plan écologique, les progrès de l'agriculture sont liés à une forte déforestation, en particulier en Amazonie. En effet, chaque année, les pâturages sont dans un état avancé de dégradation, les agriculteurs cherchent de nouvelles terres car les rendements sont de plus en plus faibles ce qui entraîne la déforestation.
Malgré son décollage industriel, le Brésil n'a pas renoncé à son développement agricole : il reste un des tout premiers exportateurs mondiaux dans ce domaine, juste derrière les États-Unis, les Pays-Bas et la France. Il y est parvenu en s'adaptant rapidement à la demande et en mettant sur le marché de nouveaux produits, qui ont parfois éclipsé les plus anciens.
Ainsi, alors qu'il ne produisait pas de soja avant 1975, il est devenu rapidement le deuxième producteur dans le monde . Profitant d'un hiver rigoureux en Floride, il a pu s'emparer d'une bonne part du marché des jus d'oranges dont il contrôle à présent la moitié des exportations mondiales .
En 1959, le café représentait encore 57 % des exportations ; aujourd'hui, les annuaires statistiques ne se donnent plus la peine de le distinguer et le noient dans une rubrique « café, thé, épices », bien que le Brésil en soit est toujours le premier producteur au monde .
Le Brésil a aussi fortement augmenté le nombre de champs de canne à sucre, dont la moitié sont consacrés à la production d'éthanol (un « biocarburant ») (en particulier dans la région de Ribeirão Preto, à 300 km de São Paulo, ou d'Araçatuba). Dans la dernière décennie (2000-2009), sa part dans les exportations mondiales de sucre brut est ainsi passée de 7% à 62% . Avec les Etats-Unis, le Brésil produit à lui seul 70% de l'éthanol mondial , dont la plus grande partie (85%) est consommée sur le marché intérieur .
La production d'éthanol a comme effet de faire radicalement augmenter le prix de la terre (entre 2001 et 2006, la valeur moyenne de l'hectare a augmenté de 113 % dans l'État de São Paulo, principal producteur d'éthanol, selon une étude de l'Institut d'économie agricole ) et le coût de production du maïs, du lait, du sucre et de la viande. Les producteurs d'éthanol comme Archer Daniels Midland ou le conglomérat Cosan (pt), propriété du milliardaire pauliste Rubens Ometto Silveira Mello (pt), ont suscité les critiques de chercheurs qui craignent une éventuelle famine en raison d'une hausse probable du prix de la nourriture et de la monoculture du sol, ce qui oblige les producteurs à importer les aliments essentiels . En 2008, le Brésil a produit 22,3 milliards de litres d'éthanol, soit 1/3 de la production mondiale .
Le Brésil a pu conserver sa forte position agricole en développant, en aval, un puissant complexe agro-industriel, qui transforme et valorise les denrées agricoles. Ainsi les tourteaux produits à partir du soja sont utilisés dans l'alimentation des volailles vendues jusque sur les marchés du Moyen-Orient où le Brésil concurrence vigoureusement les éleveurs bretons. En outre, le Brésil peut accroître sa production en défrichant de nouvelles terres. Entre 1975 et 1985, les exploitations ont conquis 52 millions d'hectares, soit plus d'une fois et demie la surface agricole de la France .
C'est en partie pour ouvrir de nouvelles terres qu'ont été construites certaines routes. La colonisation de l'Amazonie n'a pas résolu les problèmes fonciers du Nordeste et du Sud mais, du moins, les grands axes ont-ils permis la conquête des cerrados, ces savanes arborées du Centre-Ouest (Mato Grosso, Goiás), où se sont développées les cultures mécanisées du riz et du soja. Toutefois, l'érosion des sols est préoccupante dans le Paraná, tandis que la conquête de l'Amazonie a entraîné d'énormes défrichements, rapidement suivi par un fort lessivage des sols.
Depuis 1991, le Brésil fait partie du Mercosur (en portugais « Mercosul »), marché commun du « cône sud » de l'Amérique latine incluant l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay et depuis 2005 le Venezuela. C'est un marché commun, tout comme l'Union européenne ou l'ALENA. Le Brésil, par son poids économique, y occupe de facto une position dominante.
Le 1er février 2006, l'Argentine et le Brésil signent, après près de trois ans de négociations, un accord qui doit permettre de protéger les secteurs de production qui pourraient être trop durement affectés par la compétition du pays voisin. Le Mécanisme d’adaptation compétitive (MAC) permet de fixer des droits de douane sur le produit « trop compétitif » du pays voisin pour trois ans, renouvelable unfortes et constituent un important enjeu politique.
Le Fonds monétaire international décide alors d'accorder un prêt de 41,5 milliards de dollars américains en novembre 1998, car le Brésil a adopté les réformes imposées (privatisation) et a réduit ses dépLe Brésil a le plus important PIB total d'Amérique latine. Le PIB par habitant en revanche est inférieur à celui de l'Argentine, du Chili et du Mexique. Quoique disposant d'une puissante agriculture commerciale et d'un secteur industriel assez diversifié, le Brésil est largement tertiarisé : en 2006, le secteur des services représentait 64 % du PIB. enses budgétaires, notamment dans l'éducation. Aujourd'hui, l'économie tend à se stabiliser, mais reste fragile.
Le 15 avril 2008, le Brésil entre dans une nouvelle ère de son histoire économique avec l'annonce de la découverte d'immenses gisements pétroliers dans le Bassin de Santos. Ceux-ci seraient de l'ordre de 33 milliards de barils.
Population : 189,985,135 habitants (2006), 191.043.661 millions estimés en 2009 (source : Institut brésilien de géographie et de statistiques – IBGE).
Densité : 20 hab./km²
Répartition par âge : 0-14 ans : 28,57 % ; 15-64 ans : 65,98 % ; + 65 ans : 5,45 %
Répartition ethnique : blancs 49,7 % ; couleur brune 42,6 % ; noirs 6,9 % ; asiatiques 0,5 % ; indiens 0,4 %[22].
Répartition par religion : catholiques 73,8 % ; protestants 15,4 % : divers autres 10 % dont une centaine de sectes
Espérance de vie des hommes : 69,74 ans (en 2005)
Espérance de vie des femmes : 76,85 ans (en 2005)
Taux de croissance de la population : 1,06 % (2005-2002)
Taux de natalité : 16,83 pour mille (en 2005)
Taux de mortalité : 6,15 pour mille (en 2005)
Taux de mortalité infantile : 30,5 pour mille (en 2006)
Taux de fécondité : 1,91 enfants/femme (en 2006)
Taux de migration : + 0,07 pour mille (en 2006)
Insécurité, assassinats : 20 000 (2006).
Revenu moyen de la population : 11 567$ canadien par année(en 2006)

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants
Le Brésil est une société multiraciale. Dans la population brésilienne, les Amérindiens étaient environ 100 000 dans les années 1970 pour plus de 700 000 aujourd'hui (chiffres de 2000 de l’IBGE). Toutefois, 30 % des Brésiliens ont une ascendance amérindienne.
- Suite à la traite atlantique, on compte à peu près 80 millions de Brésiliens d´origine africaine. C'est le pays avec le plus grand nombre d´habitants d'origine Africaine, encore plus d'habitants que le Congo-Kinshasa ou même l'Égypte.
Le Brésil accueille de grandes diasporas :
- 6 millions de Brésiliens sont d'origine libanaise, vivant principalement à São Paulo, Belo Horizonte et Rio de Janeiro.
- La plus forte communauté d'origine japonaise du monde (hors Japon) est aussi présente à São Paulo, avec 1,6 million de personnes.
- 25 millions de Brésiliens sont d'origine italienne, approximativement 15 % de la population brésilienne.
- Près de 190 000 personnes sont de confession juive, faisant ainsi du Brésil le huitième foyer diasporique juif (après les États-Unis, Israël, la France, la Russie, l'Ukraine, le Canada, la Grande-Bretagne et l'Argentine).
- On trouve aussi dans le sud des lieux d'émigration de populations germanophones (ex : la ville de Blumenau). On estime que 5 à 18 millions de Brésiliens sont d'origine allemande.
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Brésiliennes à Salvador (Bahia)
Indiens brésiliens![]()
Favela
Source Wikipédia.
LIEN historique & auteurs

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LANDRU.
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Origines
Landru est le fils d'un chauffeur et d'une couturière. Il fréquente l'école des Frères, à Paris et officie comme sous-diacre à l'église Saint-Louis-en-l'Île.
Il y rencontre Marie-Catherine Rémy dont il tombe amoureux et qui lui donne une fille, Marie, le 4 juin 1891. Il reconnaît l'enfant deux ans plus tard, son service militaire achevé. Trois autres enfants naissent ensuite : Maurice, Suzanne et Charles.
De 1893 à 1900, il pratique une dizaine de métiers : comptable, entrepreneur de travaux, cartographe ... et fonde une pseudo-fabrique de bicyclettes à pétrole avec laquelle il commet sa première escroquerie : il organise une campagne de publicité nationale, spécifiant que toute commande doit être accompagnée d'un mandat représentant un tiers du prix. Les commandes affluent alors, et il disparaît avec l'argent sans jamais livrer les bicyclettes.
Allant d'escroqueries en escroqueries, dissimulé sous de faux noms, il collectionne les condamnations à des peines d'amende et de prison (deux ans en 1904, treize mois en 1906) mais parvient à sortir de prison grâce aux expertises de médecins psychiatriques qui le déclarent dans « un état mental maladif qui, sans être de la folie, n'est plus du moins l'état normal ».
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En 1909, il est condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie : suite à une annonce matrimoniale, il a fêté ses fiançailles avec une certaine Jeanne Izoret. Il s'est fait remettre les titres de la dame, puis a disparu.
Dès sa sortie de prison, il monte une nouvelle escroquerie : il achète un garage, qu'il revend immédiatement sans avoir payé le premier propriétaire. La justice l'identifie assez vite comme étant l'auteur de ce délit, et il prend la fuite. En 1914, il est condamné par défaut pour cette affaire à quatre nouvelles années de prison. S'agissant de sa quatrième condamnation à une peine de plus de trois mois, le verdict est assorti de la peine accessoire de relégation, c'est-à-dire qu'il est condamné à être déporté à vie au bagne de Guyane. Landru, qui a déjà connu la prison, sait que la détention en Guyane se passe dans des conditions extrêmement difficiles avec un taux de mortalité très élevé parmi les détenus. Il est dès lors possible, mais ce n'est là qu'une conjecture, que cette condamnation ait joué un rôle dans sa transformation en assassin : il ne pouvait tout simplement plus se permettre d'être reconnu par l'une de ses victimes.
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L'affaire Landru
Pour se procurer des revenus, Landru, à partir de 1915, va franchir le pas qui le conduira à l'échafaud. Se faisant passer pour un homme veuf, esseulé et disposant d'une certaine aisance, il entreprend de séduire des femmes seules qui, sans être véritablement riches, possèdent quelques économies et surtout, mènent une vie suffisamment isolée de leur entourage. Simulant une prospérité qui n'est que de façade, il leur fait miroiter le mariage et les invite à séjourner brièvement dans une villa isolée qu'il loue, d'abord à Vernouillet, puis à Gambais (Seine-et-Oise, actuel département des Yvelines).
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À force d'éloquence, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main-basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu'à assassiner ces dames imprudentes, puis à faire disparaître les corps. On supposera par la suite qu'il les brûlait dans le fourneau des villas qu'il louait : bien qu'étant assez isolée, la maison de Gambais est suffisamment proche des autres habitations pour qu'à plusieurs reprises, l'attention du voisinage ait été attirée par certaines odeurs nauséabondes s'échappant de la cheminée à des périodes où le chauffage intensif n'était pas indispensable. Toutefois, comme Henri Landru se montre assez discret dans l'accomplissement de ses crimes, ces faits resteront dans l'ombre tant que n'éclatera pas l'affaire. Il bénéficie, de plus, du contexte trouble de la Première Guerre mondiale ; ainsi, alors qu'il est fiché comme escroc en fuite pour sa précédente condamnation, il peut se permettre sans vrai risque d'être arrêté, de rentrer de temps en temps auprès de sa femme et de ses enfants qui le croient brocanteur et qu'il fait profiter du produit de ses crimes. Landru utilise une multitude de pseudonymes. Lorsque l'une de ses victimes lui demande des papiers d'identité afin d'organiser le mariage promis, il prétend être originaire des régions occupées par les Allemands, ce qui rend impossible la vérification de son identité. En plus, la guerre augmente le nombre de femmes seules susceptibles d'être ses victimes.
À la fin de 1918, le maire de Gambais reçoit une lettre d'une certaine Mme Pellat, lui demandant des nouvelles d'une Mme Anne Collomb qui, fiancée à un M. Dupont, s'était établie avec lui à Gambais ; le maire répond qu'il ne connaît pas cette personne. Quelque temps plus tard cependant, l'édile reçoit une lettre d'une certaine Mlle Lacoste, qui lui demande des nouvelles de sa sœur Célestine Buisson, laquelle se serait également installée à Gambais avec un M. Frémyet.
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Frappé par la similitude de ces demandes, le maire met en contact les deux familles qui se rendent compte que Dupont et Frémyet semblent être la même personne, et s'unissent pour porter plainte contre X auprès du parquet de la Seine.
Une enquête de police permet d'établir que la maison en question appartient à un certain Monsieur Tric, qui la loue à un Monsieur Frémyet, résidant à Rouen. Les recherches sur cette personne demeurent vaines jusqu'à ce que, le 11 avril 1919, la parente de l'une des disparues reconnaisse le mystérieux homme sortant d'un magasin de faïences rue de Rivoli à Paris. Alertée, la police parvient à localiser l'individu, nommé Lucien Guillet ; celui-ci est arrêté à son domicile rue Rochechouart, le 12 avril 1919, par les policiers Braunberger et Belin l'accusant d'escroquerie et d'abus de confiance.
L'examen des papiers personnels de Landru – et en particulier son carnet de comptes, méticuleusement tenu – révèle une vaste opération d'escroquerie au mariage : pas moins de 283 femmes sont entrées en contact avec Landru suite à des annonces matrimoniales passées par celui-ci dans des journaux. La découverte, dans le carnet, des noms de dix femmes déclarées officiellement disparues, par le commissaire Dautel, conduit le juge Bonin à inculper Landru de meurtres en mai 1919.
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Des perquisitions ont lieu chez Landru mais aussi dans les deux villas qu'il louait successivement, à Vernouillet puis à Gambais, conduisant à la découverte de débris humains dans un tas de cendres retrouvé dans un hangar, dans la cheminée, dans la cuisinière ; on trouve également des agrafes, des épingles, des morceaux de corset, des boutons en partie brûlés. En tout, la police retrouve 4,176 kg de débris d'os calcinés, dont 1,5 kg provenant de corps humains, ainsi que 47 dents ou fragments de dents.
Le 28 juin 1919, les enquêteurs Kling et Beyle font brûler dans la cuisinière une tête de mouton et un gigot de 7 livres : ils constatent que le tirage est excellent et que la graisse de la viande assure une parfaite combustion.
De même, les enquêteurs retrouvent dans un garde-meubles loué par Landru des meubles ayant appartenu à l'une des victimes.
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LA CUISINIÈRE, achetée par le musée Grévin, en 1923
Les papiers personnels de Landru sont examinés, en particulier sa comptabilité, qui révèle l'achat de plusieurs scies à métaux et scies à bûches ; les noms des fiancées y sont même associés à des heures qui paraissent, pour les enquêteurs, constituer les heures des crimes (« 12 avril 1917 Mlle Babelay 4 h soir ; 1er septembre 1917 Mme Buisson 10 h 15 ; 26 novembre 1917 Mme Jaume 5 h ; 5 avril 1918 Mme Pascal 17 h 15 »).
L'un des éléments les plus accablants est fourni par des reçus de billets de train : Landru achetait, lors de ses déplacements en train à Vernouillet ou Gambais, un aller-retour (pour lui) et un aller simple (pour la fiancée).
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Il semble aujourd'hui acquis, tant par les analystes que par les historiens, que les victimes étaient découpées et que les corps (tronc, jambes, bras) étaient soit enterrés dans des bois, soit jetés dans des étangs tandis que les têtes, mains et pieds étaient incinérés (vraisemblablement dans la cuisinière de la villa).
Le 19 décembre 1919, Mme Landru et son fils Maurice sont inculpés de recel qualifié ainsi que de faux et usage de faux. Internée à la prison Saint-Lazare pour avoir aidé son époux à réaliser des titres ayant appartenu à une des victimes, Mme Landru obtient finalement un non-lieu.
Le 18 août 1920, le juge Bonin récapitule toutes les charges : le dossier est si volumineux que le substitut Gazier, chargé d'établir le réquisitoire définitif, profite des vacances du juge Bonin pour l'étudier dans le cabinet du magistrat. Le dossier contient en tout plus de 5 000 pièces sans preuve ni aveu.
Landru est accusé du meurtre de 11 personnes :
- (février 1915) Jeanne-Marie Cuchet née Jamast, lingère, veuve d'un commerçant, 39 ans, disparue à Vernouillet ;
- (février 1915) André Cuchet, fils de Jeanne Cuchet, 17 ans, vendeur dans une lingerie, disparu à Vernouillet ;
- (juin 1915) Thérèse Laborde-Line, née le 12 août 1868 à Chascomus (Argentine), séparée d'un mari aubergiste, disparue à Vernouillet ;
- (3 août 1915) Marie-Angélique Guillin, ancienne gouvernante, disparue à Vernouillet ;
- (décembre 1915) Berthe-Anna Héon, 55 ans, née au Havre, veuve, femme de ménage ;
- (27 décembre 1916) Anne Collomb, 44 ans, veuve, secrétaire dans une compagnie d'assurances, disparue à Gambais ;
- (12 avril 1917) Andrée-Anne Babelay, 19 ans, domestique chez une cartomancienne, disparue à Gambais ;
- (19 août 1917) Célestine Buisson, veuve, femme de ménage, disparue à Gambais ;
- (26 novembre 1917) Louise-Joséphine Jaume, 38 ans, séparée de son époux et en instance de divorce, disparue à Gambais ;
- (5 avril 1918) Anne-Marie Pascal, 33 ans, divorcée, couturière, disparue à Gambais ;
- (13 janvier 1919) Marie-Thérèse Marchadier, née le 7 octobre 1881 à Bordeaux, ancienne prostituée tenancière d'une maison de passes rue Saint-Jacques, à Paris, connue sous le nom de la belle Mytèse, disparue à Gambais (la police retrouvera les cadavres de ses deux chiens, étranglés).
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Le procès
Le procès, qui passionna les contemporains, s'ouvre le 7 novembre 1921 devant la cour d'assises de Seine-et-Oise siégeant à Versailles. La cour est présidée par le président Gilbert assisté de MM. Schuler et Gloria, assesseurs ; M. Godefroy officie comme avocat général ; Landru choisit comme avocat Maître de Moro-Giafferi, assisté de Maître Auguste Navières du Treuil tandis que les parties civiles sont représentées par Maîtres Lagasse et Surcouf.
Le procès attire le Tout-Paris : Mistinguett, Raimu, Berthe Bovy, Colette.

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Landru nie jusqu'au bout être l'auteur des crimes dont on l'accuse, concédant toutefois avoir volé et escroqué ses supposées victimes. Il fait preuve à diverses reprises d'une éloquence souvent provocante devant la Cour, allant, par exemple, jusqu'à s'exclamer : « Montrez-moi les cadavres ! ». La cuisinière dans laquelle il était supposé avoir fait brûler les corps de ses victimes est même transportée dans la salle d'audience.
Son avocat le défend avec talent mais, face à une série de témoignages accablants et un faisceau de présomptions convaincantes, ne peut lui éviter d'être condamné à mort le 30 novembre 1921.
Le 24 février 1922, Alexandre Millerand, président de la République, rejette le recours en grâce déposé.
Landru est guillotiné à l'entrée de la prison de Versailles à l'aube du 25 février 1922 par le bourreau Anatole Deibler.
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Anecdotes
Une scène mémorable eut lieu pendant le procès : pendant sa plaidoirie, maître Moro Giafferi, l'avocat de Landru affirma que des victimes avaient été retrouvées et allaient venir se présenter devant la Cour d'Assises. Le public et les jurés tournèrent la tête vers la porte que le "ténor du barreau" avait alors désignée, et après avoir laissé planer le suspense, souligna le fait que tous ceux qui avaient tourné la tête vers la sortie avaient ainsi démontré leur manque de conviction concernant la réalité des assassinats imputés à son client, mettant en évidence l'absence de preuves formelles contre Landru, faute de cadavre retrouvé. L'avocat général rétorqua du tac au tac que Landru, lui, n'avait pas tourné la tête vers la porte...
Landru reste également célèbre pour certaines de ses réparties :
- à l'huissier chargé de lui remettre la liste des jurés : « il n'est pas vraiment utile de se déranger surtout un dimanche, pour si peu de choses ».
- au président : « Ma mémoire est surmenée par ces longs débats » — « Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime ! » — (le président) « Voyons Landru, toutes ces femmes ... vos enfants ne disaient rien ? » — (Landru) « Quand je donne un ordre à mes enfants, moi, monsieur le Juge, ils obéissent. Ils ne cherchent pas le pourquoi ni le comment. Je me demande comment vous élevez les vôtres ! »
- « Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l'avocat général. Je regrette de n'en avoir pas plusieurs à vous offrir ! »
- « Moi ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Si vous croyez ce que racontent les journaux ! »
- (Le président) « Vous pleurez Landru : vous éprouvez le besoin de libérer votre conscience ? » — (Landru) « Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée. »
- « Si les femmes que j'ai connues ont quelque chose à me reprocher, elles n'ont qu'à déposer plainte ! »
- Alors que Landru vient de déclencher l'hilarité du public par une nouvelle repartie, le président menace : « Si les rires continuent, je vais demander à chacun de rentrer chez soi ! », ce à quoi Landru réplique : « Pour mon compte, monsieur le Président, ce n'est pas de refus. ».
- Landru a demandé comme dernière volonté de pouvoir se laver les pieds, ce qui lui a été refusé par peur d'un suicide.
Divers
Fernande Segret, dernière maîtresse de Landru, avec laquelle il vivait conjugalement lors de son arrestation, artiste lyrique, fit carrière dans un cabaret parisien puis partit travailler comme institutrice au Liban.
En 1968, elle se jeta dans les douves du château de Flers (Orne), non loin de la maison de retraite où elle s'était retirée. Dans sa chambre, il y avait deux photos : l'une de sa mère, l'autre de Landru.
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La famille Landru dut changer de nom pour mener une vie tranquille. Maurice Landru, victime d'un maître-chanteur, dut en changer trois fois.
La Villa Tric de Gambais fut pillée par la foule puis vendue à un restaurateur qui la rebaptisa Au Grillon du Foyer et aménagea une partie de la bâtisse en musée. Le restaurant ferma ses portes en 1940 et la maison fut ensuite revendue à des particuliers.
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La cuisinière de la villa de Gambais fut acquise par un collectionneur américain. Depuis, elle a été rachetée par l'animateur, producteur et humoriste Laurent Ruquier. Passionné par le personnage, il a lui-même, en 2005, mis en scène au théâtre l'affaire Landru avec Régis Laspalès dans le rôle principal.
Les cendres retrouvées dans le jardin de Gambais furent inhumées au pied d'un saule pleureur du Jardin des Plantes de Paris.
Sources Wikipédia & PHILYBERT.
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