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CHOMOLANGMA

Tipitaka.

25 Mai 2011 , Rédigé par CHOMOLANGMA Publié dans #RELIGIONS & CROYANCES (Catholi) -Arts divinatoires

Tipitaka
Edition standard du Tipitaka thaïlandais
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Le Tipitaka (en sanskrit tripiṭaka : tri = trois, pitaka = corbeille) ou Trois corbeilles est le canon bouddhique pāli1. Il s'agit d'un très vaste recueil de textes fondateurs sur lesquels s'appuie le courant bouddhiste theravâda2.

Son nom viendrait du fait que les textes anciens, rédigés sur des feuilles de palme, auraient été rangés dans des paniers. Les « trois corbeilles » sont les trois sections du tipitaka : Vinaya Pitaka, Sutta Pitaka et Abhidhamma Pitaka.

Il aurait été mis par écrit pour la première fois à Sri Lanka au 1er siècle av. J.-C., à l’occasion du quatrième concile3,4. La première version imprimée date du XIXe siècle et fut réalisée en Birmanie5. Il existe au XXIe siècle des versions sur CD-ROM ou en ligne.



Usages dérivés du terme 


Le terme Tripitaka peut aussi désigner de façon plus large tout canon bouddhique : Tripitaka chinois, Tripitaka japonais, Tripitaka Koreana etc..

Sa traduction chinoise Sanzang (三藏) était en Chine un titre honorifique accordé aux moines érudits censés maîtriser l’ensemble du canon. Ainsi, dans le spectacle Monkey, Journey to the West inspiré par le récit fantastique Le Voyage en Occident, le moine voyageur et traducteur Xuanzang est appelé Tripitaka.

Composition - Les Trois Corbeilles 


Le Vinaya Pitaka 


Le Vinaya Pitaka traite de la discipline monastique. Cette « corbeille » recense chacune des règles monastiques et en présente l'histoire, le pourquoi de la création. Ce corpus se serait constitué au jour le jour, le Bouddha émettant une nouvelle règle face à chaque problème ou infraction se produisant dans la communauté monastique. L’ensemble comprend :

  • Le Suttavibhanga
  • Le Mahavagga
  • Le Cullavagga
  • Le Parivara
Le Sutta Pitaka 


Selon la tradition, le Sutta Pitaka recense les paroles attribuées au Bouddha, récitées par Ananda après sa mort, puis transmises oralement pendant 400 à 500 ans avant d'être transcrites sur le papier. En fait, certains suttas rapportent aussi les dits et actes de disciples illustres, comme Sariputta. Le Sutta Pitaka contient plus de dix mille suttas et est divisé en cinq sections  appelées nikayas :

  • Le Digha Nikaya, les longs discours, comportant 34 suttas ;
  • Le Majjhima Nikaya, les discours de longueur moyenne comportant 152 suttas regroupés en 5 sections ;
  • Le Samyutta Nikaya, les discours groupés ou connectés, groupés en 5 sections de 10 à 15 suttas chacune ;
  • L'Anguttara Nikaya, les discours des facteurs ultérieurs ou discours numériques, classé en 11 groupes, le premier portant sur un sujet simple, le deuxième sur un sujet double, le troisième sur un sujet triple, et ainsi de suite jusqu'à 11 ;
  • Le Khuddaka Nikāya, les petits discours ou livres courts, composé de 9 livres parmi lesquels se trouvent des textes bien connus tels que le Dhammapada, le Sutta Nipata et l'Udana.
L'Abhidhamma Pitaka 


Tandis que le dharma est la doctrine (bien que le mot signifie aussi "chose"), l'Abhidhamma ou "au-dessus de la doctrine" est l'ensemble des commentaires analytiques et psychologiques de l'enseignement du Bouddha. Cette « corbeille » contient 7 parties :

Ajouts tardifs 


Depuis le sixième concile (1954), la version birmane du Tipitaka comprend trois textes supplémentaires dans le Khuddaka Nikaya6. Ils ont été intégrés dans l’édition thaïlandaise en ligne proposée par dhammasociety.org7, et les deux premiers ont été admis dans l’édition singhalaise Buddha Jayanti.

  • Nettipakarana (nettippakaraṇa ou netti), méthode d’interprétation attribuée à Kaccana, disciple direct du Bouddha.
  • Petakopadesa (peṭakopadesa), similaire au précédent avec lequel il présente des passages communs, attribué au même auteur.
  • Milindapanha (-pañha or -pañhā)

Commentaires theravada


La plus grande partie du contenu du canon provient d’avant la constitution du courant theravâda, certains passages contredisant d’ailleurs les doctrines de cette école8,9, et il pourrait même inclure des fragments à l’origine non boudhiques10. L’interprétation traditionnelle theravâdin du canon est couchée sous forme de commentaires compilés par Buddhaghosa et ses successeurs. Le Visuddhimagga, synthèse de ces commentaires rédigée par Buddhaghosa, est une référence importante. Néanmoins, des textes non compris dans le canon ont pu être plus importants que les textes canoniques dans certains groupes theravâdin11.

Origine

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Forme traditionnelle d'un volume du canon pali (Thaïlande)
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Le Sutta Pitaka et le Vinaya Pitaka sont considérés comme buddhavacana, enseignement du Bouddha. Ce terme se comprend au sens large car il contient aussi des paroles ou poèmes de disciples immédiats. Beaucoup de spécialistes comme Richard Gombrich12 pensent que les idées principales du Vinaya Pitaka et du Sutta Pitaka proviennent directement du Bouddha, mais certains comme Ronald Davidson13 doutent que le fondateur de l’école bouddhiste ait laissé des traces directes dans le canon, qui reflèterait selon eux plutôt la pensée de ses successeurs.

Selon la tradition, la première récitation complète destinée à fixer l’enseignement du Bouddha eut lieu peu après sa mort lors du premier concile. Ananda aurait récité les suttas et Upali le Vinaya (il n’y avait pas encore d’Abhidharma). Ce contenu fut par la suite récité régulièrement jusqu’au 1er siècle av. J.-C. où il fut mis par écrit sous le règne du roi Vattagamini. Il aurait ensuite peu changé jusqu'au XXe siècle14 et devait d’ailleurs être presque fixé avant son introduction à Sri Lanka (IIIe siècle av. J.-C.) car on y trouve très peu d’influence de la langue singhalaise15. La récitation a néanmoins continué de jouer un rôle important, d’autant que le climat de l’Asie du Sud ne permet pas la conservation prolongée des supports végétaux de l’écriture. Hormis quelques fragments découverts au Népal datant des VIIIe et IXe siècles, les plus anciens restes du canon pali remontent au XVe siècle16 et les copies datant d’avant le XVIIIe siècle sont rares17.

On considère en général que les parties en prose sont les plus anciennes18. Ainsi, le Vinaya (sauf Parivara)19 et les quatre premiers nikayas du Sutta Pitaka20 seraient les parties les plus anciennes, avec peut-être quelques textes courts en vers21 comme le Sutta Nipata19. Néanmoins, certains chercheurs japonais considèrent que les parties les plus anciennes se trouvent dans le Khuddaka Nikaya : le Sutta Nipata l’Itivuttaka et l’Udana22.

Editions et traductions 


Aucune n’est parfaite et les chercheurs en consultent typiquement plusieurs23

  • Edition de la Pali Text Society, 1877–1927, en 57 volumes avec index, dont certains révisés.
  • Edition birmane de 1900, la première imprimée, en 38 volumes)24.
  • Edition thaïlandaise, 1925–28, en 45 volumes25plus exacte que l’édition de la PTS mais proposant moins de variantes de lecture26.
  • Edition birmane du sixième concile, 1954–56, en 40 volumes, plus exacte que la version thaïlandaise de 1925 mais proposant moins de variantes de lecture27.
  • Edition singhalaise (Buddha Jayanti), 1957–?1993, en 58 volumes, avec la traduction parallèle en singhalais.
Editions numérisées et en ligne 


  • Un CD-ROM MS-DOS/extended ASCII compatible (1996) produit en coopération entre Dhammakaya Foundation (Thaïlande) et Pali Text Society28,29; une version Windows/Unicode avec traduction anglaise est à l’étude.
  • Un CD-ROM et une version en ligne (accès payant) reproduisant la version thaïlandaise de 192530.
  • Un CD-ROM 31 et une version en ligne (accès gratuit) de l'édition du sixième concile par Vipassana Research Institute32.
  • Une version en ligne proposée par le Dhamma Society Fund 33 de l'édition du sixième concile rééditée sous le patronage du Grand Patriarche de Thaïlande (World Tipitaka Edition, 2005, 40 volumes), accès gratuit 34.
  • Edition singhalaise en ligne, accès gratuit35. Recherche par mot possible sur l’ensemble des pages (plus de 16000) avec résultat en contexte, mais la relecture n’est pas tout à fait achevée36.
Traductions 


Il existe peu de portions traduites en français. La Pali Text Society a entrepris de traduire le canon en anglais à partir de 1895 ; il existe déjà 43 volumes. Néanmoins, en 1994 et en 2003, des présidents de la PTS ont reconnu que la qualité de la traduction laissait à désirer37,38 car écrite dans un anglais difficilement compréhensible pour les non-spécialistes de la philosophie bouddhique39. Les site d’Accesstoinsight propose une liste d’autres traductions disponibles40.

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