Brest (2).
Urbanisme
Morphologie urbaine
Si Brest est connue pour son pont de Recouvrance, son arsenal militaire et sa rue de Siam, elle l’est aussi par son urbanisme décrié : d’abord louée comme la ville la plus moderne de Bretagne dans les années 1950-1960, surnommée « Brest la blanche » (dû à l’utilisation massive des enduits blancs qui étaient les seuls hydrofuges efficaces bon marché)[9], l’image de la ville ne tarda pas à se ternir dans les années 1970 ; les dernières années ont vu l’ébauche de coloration des façades dont beaucoup étaient devenues grises avec le temps.
Le château et la tour Tanguy sont les deux monuments les plus anciens dans une ville dont le bâti a été quasiment entièrement renouvelé dans sa partie historique après-guerre ; néanmoins, à Recouvrance, les cent mètres du bas de la rue Saint-Malo, authentique habitat populaire du XVIIIe siècle, constituent une promenade pittoresque qui rappelle la ville d’avant-guerre.
Le vieux Brest s’organisait autour de deux rues principales qui partaient de la porte Landerneau : La Grand-rue (renommée rue Louis-Pasteur en 1907), l’artère principale de la ville qui descendait jusqu’à l’arsenal, et la rue de Siam. Les bâtiments officiels et militaires étaient marqués par une architecture rigoureuse et classique. La Reconstruction a eu raison du peu que la guerre avait épargné : le bagne (1750) et les corderies, pourtant relativement épargnés, furent rasés pour faire place au boulevard Jean-Moulin à la fin des années 1940 ; la façade du théâtre (1766) ne subira le même sort qu’en 1960[10]. Un des rares témoins de cette époque est le bâtiment des commissaires dans l’arsenal.
Les constructions du Bâtiment aux Lions et de l’austère prison de Pontaniou, qui ne sera désaffectée qu’en février 1990[11], datent de Napoléon Ier.
Sous le Second Empire, Brest commence à changer de visage avec l'arrivée d'une architecture industrielle qu’illustrent les ateliers du plateau des Capucins, ainsi que d’autres bâtiments de l’arsenal et évidemment le pont National (aujourd’hui disparu et remplacé par l’actuel pont de Recouvrance depuis la Reconstruction), qui permit de relier Brest-même et Recouvrance. Le XIXe siècle vit aussi la ville se développer hors de ses murs, notamment avec l’Annexion, futurs quartiers Saint-Martin et Saint-Michel qui furent peu touchés par la Seconde Guerre mondiale.
L’Art déco tient une place importante dans le style architectural privilégié dans l’entre-deux-guerres, avec ses immeubles à bow-windows ; la présence américaine a poussé Brest à se moderniser et l’on y construit notamment le Palais du Commerce dit maison Esders (immeuble Art déco de 1926, architecte Aimé Freyssinet), l’hôpital Augustin-Morvan et une nouvelle gare[12]. On trouve aussi des lotissements mêlant style Art déco et régionalisme bon marché censés répondre aux besoins des ouvriers et des employés[13].
Entre 1940 et 1944, la ville subit les bombardements des alliés (principalement étasuniens). La ville sera la cible de 165 bombardements indiscriminés faisant d'innombrables victimes parmi les civils. Du 7 août au 18 septembre 1944, Brest reçoit 30 000 bombes et 100 000 obus. À l’issue des bombardements, sur les 16 500 immeubles que comptait initialement la ville, 7 000 sont totalement détruits (42 %). Sur les 4 000 immeubles du centre historique seuls 400 étaient intacts en septembre 1944. En 1944, seuls 200 immeubles étaient encore debout, dont 4 dans le centre-ville.
Les faubourgs de la ville n’ayant subi que peu de dégâts, les constructions de ces époques sont toujours bien visibles aujourd’hui dans le tissu urbain de Brest, par opposition à la vieille ville malheureusement disparue ; certains de ces immeubles donnent lieu localement à des opérations de rénovation[14].
Le centre-ville, débarrassé de ses remparts et reconstruit suivant les plans de l’urbaniste en chef Jean-Baptiste Mathon, l’ex-intra-muros, s’organise autour deux lignes fortes : un axe majeur nord-sud, la rue de Siam, avec pour extrémité la place de la Liberté avec l’hôtel de ville d’un côté et le pont de Recouvrance de l’autre ; et un axe mineur est-ouest bordé par nombre d’administrations publiques se terminant par le tribunal sur le cours Dajot en passant par l’immeuble de la banque de France et la place Wilson (ancien champ de bataille). En leurs intersections devait se trouver un forum que la librairie Dialogues (fondée en 1976) occupe depuis quelques années[15]. La place de la Liberté construite sur les anciens remparts a pour rôle de relier le cœur historique de la ville Brest-même avec ses faubourgs Saint-Martin ou l’Annexion en une espèce d’agora ; la place ne jouera ce rôle qu’après son réaménagement en 1996 par l’architecte Bernard Huet[16].
Venant casser ce style haussmannien simplifié, il n’y a guère que les bâtiments d’État qui ont le droit à un pavement en granite ainsi que les immeubles monumentaux de la place de la Liberté et de l’avenue Georges-Clemenceau (architectes Jean de Jeagher, Y. Francès et M. Philippe[18]), la nouvelle église Saint-Louis avec son parement de pierre de Logonna et l’immeuble Comœdia (architecte M. Ouchacoff). De l’avant-guerre dans l’ex-intra-muros, ne subsistent que quelques immeubles longeant le cours Dajot, un immeuble dans le bas de la rue du Château et l’ex-palais du commerce dans la rue d’Aiguillon.
Le nombre total de logements dans la commune est de 76 941[19]. Parmi ces logements, 91,7 % sont des résidences principales, 1,4 % sont des résidences secondaires et 6,9 % sont des logements vacants. Ces logements sont pour une part de 25,1 % des maisons individuelles, 72,1 % sont des appartements et enfin seulement 2,8 % sont des logements d'un autre type. Le nombre d'habitants propriétaires de leur logement est de 43,2 %[19]. Ce qui est inférieur à la moyenne nationale qui se monte à près de 55,3 %. Le nombre de locataires est de 54,1 % sur l'ensemble des logements qui est supérieur à la moyenne nationale qui est de 39,8 %[19]. On peut noter également que 2,7 % des habitants de la commune sont des personnes logées gratuitement alors qu'au niveau de l'ensemble de la France le pourcentage est de 4,9 %. Toujours sur l'ensemble des logements de la commune, 10,7 % sont des studios, 16,3 % sont des logements de deux pièces, 24,1 % en ont trois, 24,7 % des logements disposent de quatre pièces, et 24,2 % des logements ont cinq pièces ou plus[19].
Rénovation des halles Saint-Louis ; projet de stade (non confirmé) ; projet d'un zénith (non confirmé) ; rénovation du Mac Orlan ; et début des travaux du tramway août 2009, fin des travaux 2012 (si aucun retard).
Toponymie
En latin elle s'appelait Bresta super Caprellam, c'est-à-dire Brest-sur-Chevrette ou Brest-war-ar-C'havrig en breton ; la Chevrette étant l'ancien nom de la Penfeld. Plusieurs hypothèses prévalent quant à l'origine de son nom. Pour certains, son nom en français proviendrait du nom breton qui serait une forme abrégée de Beg ar Rest (la pointe du château). Pour d'autres, dans son nom, qui n'est pas directement traduisible en français, on retrouverait l'élément /bre/, fréquent en toponymie bretonne sous les formes /bran/, /bre/, /brec’h/, /bren/, /bri/, qui signifie « mamelon, colline, mont »[20].
En français, Brest se prononce [bʁɛst], en breton [brest] et en gallo Brèsst.
Héraldique
| Les armes de Brest se blasonnent ainsi : Parti d’azur à trois fleurs de lis d’or et d’hermine plain ou Parti de France et de Bretagne. Ceci signifie que l’écu est divisé en deux dans le sens de la hauteur, que figurent sur la moitié gauche les armes de France (trois fleurs de lis dorées sur fond bleu) et sur la moitié droite les armes de Bretagne (hermine plain : un semis de mouchetures noires sur fond blanc). C’est dans un registre de délibérations du conseil municipal que figure, à la date du 15 juillet 1683, la première mention de ces armoiries brestoises [21]. |
Elles sont identiques à celles de la ville de Bourg-la-Reine.