Berry.
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Le Berry (ou Berri[1]) est une province historique de la France de l'Ancien Régime, ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Il constitue l'un des plus vieux terroirs agricoles de la France et doit son unité plus à l'histoire qu'à la géographie. Ses habitants sont les Berrichons, et ils se relient aujourd'hui par quelques éléments culturels qui sont propres à cette région, et s'expriment notamment dans des spécialités gastronomiques.
Histoire
Avant la conquête romaine, les Bituriges Cubi dont le Berry tire son nom étaient établis au sud de la Loire sur un territoire qui correspond à peu près à la moitié sud du département de l'Indre, au Cher et une partie du Limousin. La frontière qui les séparait des Carnutes correspondait à la ville de Vierzon, et l'Allier à l'Est marquait la frontière avec le territoire des Eduens. Au Sud, se trouvait le peuple des Boers installés par les Romains sur une partie du territoire des Eduens, et dont les contours du territoire correspondaient à l'actuel Bourbonnais exception faite de Saint-Amand-Montrond. La capitale des Bituriges Cubi était Avariko ou Avaricum (Bourges).
L'ancien territoire des Bituriges Cubi connut un sort variable à la fin de l'Empire romain.
Intégré au duché d'Aquitaine, il est démantelé en 762 par Pépin 1er qui en confie un fief allant de la Brenne à Boischaut à l'administration de Remistan [2], l'oncle du duc d'Aquitaine Waifre. Puis au traité de Verdun il fait partie du royaume de Charles le Chauve qui devait devenir le royaume de France, partagé un temps entre les duchés d'Aquitaine et les comtés d'Anjou et de Blois, l'histoire du Berry fut très rapidement intimement liée à l'histoire de la monarchie capétienne et de la France, soit par son rattachement au domaine personnel du roi soit par son don en apanage aux enfants de celui-ci.
En effet, dès 1100, la vicomté de Bourges est achetée et réunie au domaine royal, le rattachement complet au domaine royal s'achevant sous Philippe Auguste au début du 13e siècle.
Le Berry est érigé en duché en 1360, que le roi de France Jean II le Bon confie en apanage à son fils Jean Ier de Berry (1340-1416).
Le duché de Berry revient dans le domaine royal à la mort du Duc Jean, en 1416. puis le duché passe entre les mains de deux fils du roi Charles VI : D'abord à Jean puis à Charles, le futur Charles VII.
Le duché de Berry est de nouveau concédé à Jeanne de France, fille de Louis XI en 1498. Le titre de duc de Berry sera ensuite épisodiquement donné à plusieurs princes de la famille royale, dont Louis XVI et le second fils du roi Charles X.
Le 31 décembre 1661, Philippe de Clérembault, comte de Palluau fut nommé gouverneur du Berry.
Les départements du Berry [3]
Le Berry, en tant que province disparait à la Révolution française.
Deux départements, le Cher et l'Indre en sont les héritiers, cependant les limites de ceux-ci ne coïncident pas exactement avec les limites de l'ancienne province aux contours d'autant plus incertains que les différentes juridictions d'ancien régime ne coïncidaient pas toujours entre elles non plus.
Après bien des débats, les limites, des nouveaux départements furent définies:
Le Cher correspond au Haut-Berry, mais inclus Saint-Amand-Montrond et ses alentours qui faisaient à cette époque partie du Bourbonnais et non du Berry. C'est au Moyen Âge que les Bourbon ont pris ce secteur au Berry.
L'Indre correspond au Bas-Berry, mais inclus une grande partie de la Brenne, qui faisait partie de la Touraine) et au Sud-Ouest quelques communes qui faisaient partie de la Marche.
À l'inverse, quelques parcelles de l'ancienne province sont incluses dans le Loiret et dans le Loir-et-Cher (villes de Selles-sur-Cher et Mennetou-sur-Cher).
Si la détermination de la ligne de partage du Berry ainsi redéfini entre l'Indre et le Cher ne posa guère de problèmes, la désignation du chef-lieu de l'Indre fut l'objet d'âpres controverses, Issoudun revendiquant hautement la préfecture que finalement Châteauroux obtint en août 1790.
Les régions naturelles
Le Berry se compose de plusieurs régions naturelles, du Nord au Sud :
- une petite partie du Val de Loire, entre Gien et Sancerre;
- une petite partie de la Sologne, entre Vierzon et Aubigny-sur-Nère;
- le Pays-Fort, entre Sancerre et Aubigny-sur-Nère;
- le Sancerrois;
- la Champagne berrichonne (ou Septaine, principale région naturelle, autour de Châteauroux, Issoudun et Bourges;
- le Boischaut, au nord de l'Indre (Levroux) et au sud du Cher (Saint-Amand-Montrond) et de l'Indre (La Châtre);
- une partie de la Brenne, au Sud-Ouest de Châteauroux, jusqu'à Saint-Benoît-du-Sault
Le parler du Berry
(Voir l'article Berrichon, qui comprend une liste d'ouvrages et de liens).
Gastronomie du Berry
D'un point de vue historique, l'existence d'une gastronomie berrichonne propre est essentiellement subjective. La plupart des produits ci-dessous sont d'une création postérieure à la disparition historique du Berry. Ainsi, la pomme de terre n'est apparue dans ces régions qu'au milieu du XIXe siècle. D'autres plats sont généralement l'adaptation de recettes populaires qui concernent initialement d'autres terroirs, et il existe une grande diversité culinaire au sein des régions actuelles qui composèrent un jour le Berry historique.
Une des spécialités souvent cataloguée comme « typiquement berrichonne » est le "pâté berrichon", appelé aussi "pâté de Pâques". Celui-ci a une farce de viande au lait et à la mie de pain, surmontée d'œufs durs, le tout emballé dans une pâte brisée ou feuilletée.
Le "jau au sang" (ou coq en barbouille) est un coq flambé et coupé en morceaux qui est cuit pendant une heure. Le sang cuit à feu doux, de la crème, un jaune d'œuf et le foie pilé sont ensuite ajoutés, donnant ainsi un poulet en sauce.
Le pâté de pommes de terre, parfois appelé étouffe-chrétien connait de nombreuses versions. Les pommes de terre sont, selon les terroirs, soit coupées en lamelles et garnissent une tarte en pâte feuilletée dans laquelle on ajoutera crème, oignons et un peu de lard (version appelée aussi truffiat quand on lui donne la forme d'une tourte) ou écrasées en une purée grossière avec laquelle on formera des galettes cuites à la plaque (version appelée aussi galette aux pommes de terre).
D'autres plats « berrichons » sont : la langue de bœuf au gratin. Les beignets ou "beugnons", en particulier de fleurs d'acacias ou au miel. Les "sanciaux", ou omelette à la farine, sont une sorte de crêpes épaisses, parfois agrémentées de pommes, de frites avec du sucre (ou du miel) à la poêle. Les millats regroupent plusieurs recettes à base de cerises noires. Le poirat est une tourte garnie de poires. Le citrouillat, ou pâté à la citrouille est également une tourte typique Les "daguenettes" sont des tranches de pommes séchées, servies comme desserts, sans oublier les œufs à la couille d'ane qui sont des œufs en meurette préparés avec des échalottes.
La tourte berrichonne
Les départements qui ont succédé au Berry sont surtout connu pour ses fromages au lait de chèvre, même si elle est aussi une terre d'élevage de vaches et que sont fabriqués localement plusieurs petits fromages de vaches de campagne, à la consistance proche d'un crottin de Chavignol. La fromagerie de Rians a fait la renommée du fromage frais de campagne en faisselle à travers toute la France. Mais, dans nos contrées, les chèvres ne sont apparues dans les successions qu'après 1860. Il est donc difficile de parler de fromages berrichons à propos du pouligny comme du chavignol. Auparavant, la chèvre était considérée comme la vache du pauvre.
- Crottin de Chavignol ;
- Pouligny-saint-pierre ;
- Selles-sur-Cher ;
- Pyramide de Valencay ;
- Fromagée : préparation à base de fromage frais (de chèvre ou de vache) auquel sont ajoutés des herbes fraîches (en particulier cive et ciboulette), de l'échalote, du poivre et du sel.
Rattachés à la grande famille des vins de Loire, les vins berrichons sont surtout réputés pour les blancs, au premier rang desquels se place le Sancerre.
- Sancerre ;
- Menetou-Salon ;
- Quincy ;
- Reuilly ;
- Valençay ;
- Châteaumeillant.
Le Berry est réputé pour ses orges de grandes qualités, brassés par trois brasseries : la Brasserie Artisanale La Crécelle à Bourges, L'atelier de la Bière à Issoudun et La Sancerroise à Sancerre.
- Brasserie Artisanale La Crécelle brasse huit bières ; fourquet Argent 2008
- L'atelier de la Bière brasse six bières ; fourquet Or et Bronze 2008
- La Sancerroise brasse six bières ;
- Ouche Nanonbière biologique artisanale, à Croisy. Premier brassin : la Blanche, née le 16 mars 2010.
- Bonbons : forestines de Bourges ;
- Biscuits : croquets (notamment de Chârost) aux amandes ou aux noisettes ; sablés, ressemblant aux sablés de Nançay, on peut les trouver aux pommes, aux poires...
- Huile de noix ;
- Lentilles vertes du Berry ;
- Pommes de Saint-Martin-d'Auxigny.
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Les animaux de l'agriculture berrichonne
- La poule Noire du Berry
- L'Âne grand noir du Berry
- Le mouton Berrichon de l'Indre
- Le mouton Berrichon du Cher
- La chèvre Cou Clair du Berry
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Architecture
- Le Berry, région rurale recèle d'un patrimoine agricole important, qui rayonne sur ses régions frontalières avec les granges à auvent. Ces constructions avaient plusieurs rôles, celui de protéger les portes des intempéries et de créer une extension pour par exemple abriter hommes et matériel lors des orages. Les granges pyramidales sont quant à elles particulières au Nord du Cher, elles consistent en une charpente supportant une toiture descendant jusqu'au sol.
- Les églises berrichonnes sont principalement romanes et possèdent pour la plupart des fresques anciennes, ainsi qu'un caquetoire. On compte en Berry plusieurs clochers tors.
- Le Berry est traversé par le Canal de Berry.
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| Château de Sagonne (Cher) | Château de Meillant (Cher) | Château de Valençay (Indre) | Clocher-Porche de Sainte-Solange |
| Caquetoire (Nohant, Indre) | Auvent berrichon à trois pans (Coust, Cher) | Auvent berrichon à deux pans et colombages (Coust, Cher) |
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