LE PÉROU (3).
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Économie
Évolution économique récente
L'économie péruvienne est parmi les plus performantes de l'Amérique Latine. Le produit national brut (PNB) est passé de 47 767 millions de dollars en 1993 à 127 598 en 2008. Ce dynamisme repose principalement sur les secteurs exportateurs et sur une forte augmentation de la demande interne (12,3% en 2008), tirée par la consommation et l’investissement public et privé.
Depuis la politique d'ouverture lancée il y a maintenant 20 ans, l'économie péruvienne a connu de profonds changements. Des privatisations, pour un total de 9,2 milliards de dollars, principalement dans les secteurs de télécommunications et de l’énergie, ont été menées entre 1990 et 2000 et il ne subsiste plus aujourd'hui qu'une quinzaine de grands entreprises publiques. Outre la fin des contrôles de l’État, les différents gouvernements ont établi une politique monétaire restrictive, et ont mis en place un environnement fiscal favorable pour les investisseurs. Les conséquences de cette politique économique seront positives. Le taux de croissance du PIB a dépassé la barre de 9% en 2008, après une croissance de 8,9 % en 2007. Le chômage est également en baisse: 8,5% en 2007 contre 9,4% en 1994.
Après avoir connu une période d'hyperinflation au cours des années 80, la monnaie péruvienne connaît, quant à elle, une période de stabilité par rapport au dollar et aux monnaies européennes. Le taux d’inflation moyen s’est stabilisé autour de 3%, et reste depuis plusieurs années dans les limites de la fourchette fixée par la Banque Centrale du Pérou (entre 1 et 3%). Le taux de dollarisation de l’économie reste toutefois élevé, s’établissant à 60% des crédits en 2006 au secteur privé contre 82% en 2000. Parmi les grandes orientations financières, figure un axe majeur : la restructuration de la dette publique tant extérieure qu'intérieure. Elle a permis de voir passer la part de la dette interne en 5 ans de 22 à 29%, traduisant la confiance des marchés dans les obligations d’Etat. La dette publique globale, à la fin septembre 2007, atteint 31 % du PIB. En termes de compétitivité, le Pérou est considéré aujourd'hui comme la première économie d'Amérique latine.
L'actuel gouvernement a hérité de ces predecesseurs un contexte économique et financière particulièrement favorable. Dernièrement, pour faire face à la crise économique, l’économie est stimulée au moyen d’un « choc d’investissements » en infrastructures, en particulier dans les domaines de l’eau potable (programme Agua para Todos), de l’électrification rurale, des routes, ainsi que dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Le respect des principes d'orthodoxie financière et l'amélioration de la gestion de la dette ont abouti, semble-t-il, à un rétablissement durable des équilibres macroéconomiques et à regagner la confiance des investisseurs, cependant l'économie péruvienne doit affronter deux défis majeurs. Premièrement, le pays reste vulnérable aux fluctuations des prix des produits de base sur les marchés internationaux. Cette vulnérabilité implique une forte volatilité du PIB et cela peut avoir des effets potentiellement négatifs sur la croissance de longe terme et sur le développement socioéconomique. Deuxièmement, la phase conjoncturelle doit être exploitée pour favoriser la création d’un scénario de croissance et redistribution favorable à la lutte contre la pauvreté et au développement humain. Les études montrent qu'une couche de la population reste dans la pauvreté malgré l'essor économique notable que connaît récemment le pays. L'Institut péruvien de statistiques (INEI) avance un chiffre de 36,2 % pour 2008, perdant plus 7 points en trois ans, et la pauvreté extrême (moins d'un dollar par jour) s'élèverait à 12,6 % pour la même année.
San Isidro, Lima
Transports et télécommunications
Un réseau routier de plus de 80 000km relie toutes les régions du pays. La côte péruvienne est traversée du nord au sud par un axe routier majeur et structurant: la Route panaméricaine. Nommée aussi route 001 ou PE-1, cette route longue de 2 700km s'étire de la ville de Tumbes jusqu'à Tacna, au sud du pays.
D'autres deux grands axes longitudinaux sont la Route de la Sierra (Piura-Puno, 3 508km) et la Route de la Selva (Cajamarca-Junín, 2 781km). Une vingtaine d’axes transversaux desservent les villes de la Sierra et de l’Amazonie. Les trois axes longitudinaux mentionnés auparavant finissent par un nombre impair (PE-1, PE-3 pour la Route de la Sierra, PE-5 pou la Route de la Selva), alors que les routes et autoroutes transversales finissent par un nombre pair (PE-02, PE-04…). Si bien la plupart des axes sont interconnectés, leur construction est longue et coûteuse du fait du relief accidenté.
Il existe également deux axes routiers reliant les villes du Pérou et du Brésil. D’un total de 960km, l’Axe interocéanique sud (nœud fluvial et terrestre) relie le port de Paita au nord du Pérou au port de Manáos au Brésil. Il vise aussi à l'amélioration de la navigabilité des fleuves du bassin amazonien en unissant l'Atlantique et le Pacifique. La fin de travaux de construction de l’autre axe de transport, l'Intérocéanique sud (plus de 2 600km), devra relier l’Atlantique (notamment la ville d'Acre) et le Pacifique (Sud du Pérou), exclusivement par voie terrestre. Cela implique également l'amélioration des routes existantes et la construction de nouvelles.
Les chemins de fer du Pérou atteignent une longueur totale de 2 100km, dont 240km de voies appartenant à la société minière Southern-Cooper. L'entreprise Ferrovias Central Andina a pris en charge le réseau central allant du Callao aux Andes Central et qui sert surtout au transport de minerais. L'entreprise Ferrocarriles Transandinos administre les réseaux du Sud (Cusco-Matarani) et Sud-Est (Cusco-Machu Picchu, consacré au transports de turistes).
La Corporation péruvien d'Aéroports (Corpac) administrait, en 2007, 42 aéroports régionaux (d’un total de 210 que compte le pays). L’Aéroport International Jorge Chávez, l'un de plus modernes du continent, est de loin le plus important du Pérou. D'autres aéroports importants sont l'aéroport de Cusco; l'aéroport de Trujillo; et l'aéroport d'Arequipa. Le transport fluvial ne concerne que le bassin amazonien, où se trouvent les quatre principaux ports fluviaux : Iquitos, Yurimaguas, Port Maldonado et Pucallpa. Le plus important est celui d’Iquitos (82% du trafic fluvial total, soit 352 000 tonnes).
D’importantes sommes d’argent ont été injectées dans le secteur des télécommunications ces dernières années. Ces investissements concernent, pour leur grande majorité, l’extension et la densification des réseaux, ainsi que la progression de la couverture des zones rurales. Le taux de pénétration global actuellement est de 80 % dont environ 10 % pour les lignes fixes. Une partie importante des lignes (55 %) se trouve dans la capitale, Lima, et le port de Callao. Le parc total de lignes fixes a atteint plus de deux millions lignes au 18 mai 2009[34]. Le nombre de lignes mobiles représente 9,5 fois le nombre de lignes fixes. Au juin 2009, le parc mobile était estimé à 22,9 millions abonnés.
- Train de la Sierra
Le train de la Sierra est la deuxième voie de chemin de fer la plus haute du monde, atteignant 4 871 mètres d'altitude. Le trajet qui relie Lima à Huancayo dure 11 heures. Le train franchit 69 tunnels, 58 ponts et 6 rebroussements. En 1999, la compagnie Ferrocarril Central Andinas a été privatisée. En 2005, les wagons de tourisme ont été rénovés pour améliorer le confort et le service à bord. Le Train des Andes fait désormais partie des lignes de chemins de fer les plus touristiques du monde.
- Train du Machu-Picchu
Exploité par la compagnie Perurail, le train du Machu-Picchu relie Cuzco à Aguas Calientes (village situé au pied du Machu Picchu en passant par Poroy et Ollantaytambo. Il existe plusieurs types de train en fonction du confort choisi : le Backpacker, le Vistadome et le Hiram Bingham.
Démographie
Évolution démographique
La population du Pérou est estimée en 2009 à 29,1 millions d'habitants, soit près de 5% de la population de l'Amérique latine. La population a rapidement augmenté depuis les années 1960 : elle s’est multipliée par trois entre 1960 et 2009, passant de 10, 4 millions à 29,1 millions d’habitants. Le taux de croissance démographique actuel cependant peut être considéré comme modéré dans le contexte latino-américain, s'élevant à 14,4 pour mille pour la période 2005-2010, soit un niveau légèrement supérieur à celui de la population latino-américaine estimée en 13,2 habitants pour mille.
La densité reste faible, le Pérou étant, avec 22 habitants au km², l'un des pays les moins peuplés de l'Amérique. Cette densité est d'ailleurs très inégale : assez élevée dans la côte (242,7 habitants km² à Lima) et elle est infime dans l'Amazonie péruvienne (2,4 habitants km² à Loreto et 1,3 habitants km² à Madre de Dios).
Le taux de fécondité est estimé à 2,6 enfants par femme en 2000-2009, soit un niveau légèrement supérieur à la moyenne latino-américaine (2,5 enfants). La fécondité reste cependant élevée dans les zones rurales et dans les communautés d'indigènes, alors que dans les villes la fécondité est plus basse. L'espérance de vie est quant à elle estimée à près de 76 ans en 2007 (75 ans pour les hommes et 77 pour les femmes), supérieure d'un peu plus moins de 5 ans à la moyenne de la population mondiale, qui est de 71 ans .
Au début des années 1950, près d’un enfant sur huit né au Pérou mourait avant la fin de sa première année. Au cours des décennies suivantes, une chute spectaculaire de la mortalité infantile s'est produite. Le taux est passé de 158,6 pour mille en 1950 à 43 pour mille en 1996 et à 21 pour mille en 2006.
Le redressement économique qu'a connu récemment le pays s'est accompagné d'une baisse relativement importante du nombre d’émigrants. Le solde migratoire est passé de -2,2% pour la période 1990-2000 à -0,3% pour la période suivante (2000-2010). Le nombre de Péruviens résidant à l'étranger s'élèverait à près de 2 millions (2007), soit 7% de la population. Ils sont installés principalement aux États-Unis et dans une moindre mesure au Canada ou en Espagne. A l’heure actuelle, la communauté péruvienne figure parmi les dix nationalités les plus représentées aux Etats-Unis.
Selon la Constitution de 1993, la langue officielle du Pérou est l'espagnol, toutefois le quechua, l'aymara et d'autres langues indigènes possèdent un statut de co-oficiallité dans les parties du territoire, où elles sont prédominantes.
Ethnologie
Derrière l’apparente unité, la société péruvienne est profondément diverse. La venue de migrants originaires d'Europe, d'Afrique et d’Asie lors des différentes périodes historiques a favorisé le mélange de populations. Dès le XVIe siècle, le processus de colonisation est allé de pair avec la mixité des diverses composantes raciales. À cela, il faut ajouter une diminution drastique de la population autochtone au cours des premières décennies de présence espagnole. Décimés par les massacres et les épidémies, le nombre d’amérindiens au Pérou est passé d’onze millions d’habitants en 1500 à un peu plus d’un million un demi-siècle après. Le fait que Lima ait été le siège du vice-roi d’Espagne aurait encore aggravé le sort des indiens du Pérou. La venue de migrants originaires d'Europe et d'Asie lors des premières années de la République a largement contribué à rendre la société péruvienne encore plus métisse. Entre 1 849 et 1 874, 80 000 Chinois arrivèrent ainsi au Pérou pour travailler dans les plantations de canne à sucre ou dans les gisements de guano.
| Composition linguistique | ||
| Langue maternelle | Population | % |
|---|---|---|
| Espagnol | 20 178 227 | 83,9 |
| Quechua | 3 261 750 | 13,2 |
| Aymara | 434 370 | 1,8 |
| Langues de l'Amazonie | 223 194 | 0,9 |
| Autres | 49 996 | 0,2 |
| Source : INEI | ||
Selon les estimations, 47% des Péruviens sont des métis, c'est-à-dire d’origine à la fois amérindienne et européenne, et le pourcentage de population d’origine à prédominance européenne atteindrait le 15%. Dans certaines régions du Pérou, particulièrement sur la côte, on rencontre parfois de nombreux métis d’ascendance africaine. La proportion de la population indigène (ou personnes à prédominance indigène) fluctuerait entre 45% à 30% de la population. Cette estimation est d'autant plus difficile à faire, car l’Institut National de Statistique du Pérou se base sur des critères linguistiques au lieu de critères purement raciaux. Il fixe ainsi à 15, 9 % le pourcentage des indiens définis sur un critère linguistique. De nos jours, la plupart des Péruviens se considèrent comme des métis, sans qu'il ne soit possible de tracer des frontières précises entre les différentes catégories.
Fête du Qoyllur Rit'i ou Etoile des neiges (Cuzco)
Les indigènes sont majoritaires dans les régions andines du pays (Cuzco, Huancavelica, ou Puno). Dans la côte, caractérisée par une forte présence de population métisse ou d'origine européenne, les indigènes sont encore moins nombreux. De grandes minorités, tels les Ashaninkas, Shipibo-conibos, et Aguarunas sont présentes dans l'Amazonie ou le piémont amazonien. Les peuples indiens d’Amazonie ont généralement moins perdu leur culture après la conquête espagnole, car leurs territoires étaient très difficiles d’accès. Au Pérou, la population autochtone n’est pas représentée par aucun parti politique comme c’est le cas en Equateur ou en Bolivie où les mouvements indigènes occupent une place essentiel dans le paysage politique.
Les grandes migrations internes depuis les années 1950 ont favorisé encore plus la mixité de populations. Selon les estimations, le pays avait un taux d'urbanisation de 71% en 2005, inférieur en cinq points à celui de la France (76%). Le rythme d'urbanisation est variable d'une région à l'autre. A un extrême, on trouve des régions fortement urbanisées (Lima ou Piura), dans lesquelles la part de la population urbain atteint près de 90%. La grande partie de migrants ont convergé vers la capitale, Lima, qui est devenu une ville métissée, un véritable carrefour de cultures régionales.
Aujourd’hui, les média et les intellectuels péruviens parlent d’une culture métisse. Le développement de l’indigénisme a conduit également à réévaluer le métissage.
| Ethnie | Population | Famille linguistique |
|---|---|---|
| Ashaninka | 88 703 | Arawak |
| Aguarunas | 55 366 | Jivaro |
| Shipibo-conibo | 22 517 | Pano |
| Chayahuita | 21 424 | Cahuapana |
| Quichua | 19 118 | Quechua |
| Lamas | 16 929 | Quechua |
| Cocama | 11 279 | Tupi Guarani |
| Matsiguenga | 11 279 | Arawak |
| Ticuna | 6 982 | non déterminé |
| Ese'ejja | 588 | Tacana |
| Orejon | 190 | Tucano |
| Source : INEI | ||
Principales villes
Le Pérou regroupe un ensemble de régions dont la population est de taille très inégale. Cinq régions seulement sur vingt-quatre rassemblent en effet plus de la moitié de la population totale (52 %) : Lima, Piura, La Libertad, Cajamarca et Puno. Lima, avec 8,4 millions d’habitants, concentre à elle seule plus d’un tiers de la population du pays (30,8%). A l'autre extrême, une dizaine de régions représentent à peine plus de 10 % de la population totale du pays. En 2007, les dix plus grandes villes du Pérou étaient:
- Lima (8 472 935)
- Arequipa (749 291)
- Trujillo (682 834)
- Chiclayo (524 442)
- Callao (480 000)
- Piura (424 442)
- Huancayo (380 000)
- Iquitos (370 962)
- Chimbote (350 000)
- Cusco (330 000)
- Pucallpa (300 000)
Religion
La grande majorité des péruviens, (89 %), sont catholiques. Plus du 13% de la population se déclare cependant de différentes organisations évangéliques, dont l’influence ne cesse de croître depuis les années 1980. En 1993, la nouvelle Constitution garantit la liberté de culte, mais souligne : «au sein du régime d’indépendance et d’autonomie, l’Etat reconnaît l’Eglise catholique comme un élément important dans la formation historique, culturelle et morale du Pérou».
Chaque année au mois d’octobre, la procession du Seigneur des miracles (le Señor de los Milagros), attire dans les rues de Lima une foule énorme de fidèles drapés de morado (violet). Il serait plus d'un million de Péruviens à participer aux festivités du Cristo Morado. Objet de vénération au Pérou et dans quelques pays d’Amérique latine, le culte au Christ de Pachacamilla (autre nom du Seigneur des miracles) serait la christianisation de dieu Pachacamac. Le culte au Seigneur des miracles est le plus important du Pérou, mais des autres villes rendent aussi culte à leur patrons. La fête du Corpus Christi mobilise l’ensemble de la ville de Cuzco, durant les premiers jours du mois de juin, et la Virgen de la Candelaria est une festivité importante dans la région de Puno.
- La Théologie de la libération
Gustavo Gutierrez, né à Huánuco en 1928, est considéré comme le pionnier de la Théologie de la libération. Le théologien inspire le mouvement, en 1972, dans un ouvrage du même nom. Influencé par Bartolomé de las Casas et les différents mouvements sociaux du XXe siècle, il développe et approfondit la vision du Salut chrétien en tant que « choix préférentiel pour les pauvres», vision proclamée par les Conférences épiscopales latino-américaines de Medellin et de Puebla. L'enjeu de la Théologie de la libération n'étant pas seulement théorique mais aussi politique, elle fait l'objet d'un débat public bien au-delà du cercle des théologiens. Ce courant théologique est devenu influent en Amérique latine et en Afrique, mais les théologiens de la libération ont du affronté une grande opposition des courants conservateurs de l’Eglise. En 2003, le père Gutierrez a reçu le prix Prince des Asturies.
Système éducatif
Selon Garcilaso de la Vega, Inca Roca ordonna la création des premiers établissements d'enseignement, les Yachayhuasi ou Maisons de Savoir. La direction de ces "écoles" fut confiée aux amautas, savants en astronomie, qui étaient également capables de lire les quipus. Les jeunes étaient instruits aux affaires de l'État (les lois, l'administration ou l'histoire), ainsi qu'aux rites et aux préceptes de la religion. Le système éducatif pendant la longue période coloniale était déterminé par le triple impératif de transformer les populations locales en habitants utiles, en chrétiens pieux et surtout en sujets fidèles au roi. Les différents ordres religieux fondent les premières écoles: Colegio Mayor de San Pablo (1568) et Colegio Mayor de San Felipe (1575). A un niveau plus élevé, les Dominicains fondent en 1551 la première université du Nouveau Monde: l'Université Majeure de San Marcos.
Le système éducatif péruvien consiste en quatre niveaux: le "nido" (ou "wawa wasi"), l'éducation primaire, l'education sécondaire, et l'université.
Les "nidos" (privé) ou "wawa wasis" (publique), pour les enfants de 1 à 5 ans, ne sont pas obligatoires, bien que la plupart de niños les fréquentent. L'éducation primaire est divisée en six niveaux (nommés de premier au sixième "grado de primaria"). Depuis la réforme de la Constitution en 1993, elle est obligatoire et gratuite. L'éducation secondaire, obligatoire et gratuite aussi, est composée de cinq niveaux (nommés "grados de secundaria"). Les deux dernières années sont surtout orientées à la préparation des examens pour entrer aux universités, préparation qui a lieu dans des centres d'enseignement nommés "Academias Preuniversitarias" ou "Pre".

Blason de l'Université Majeure de San Marcos, fondée en 1551
Enfin, l'education universitaire. Le Pérou possède un réseaux de 70 universités (28 publiques et 42 privées). Contrairement au système universitaire français, les élèves qui souhaitent faire des études à l'université sont dans l'obligation de passer un examen de sélection ("examen de ingreso"). Les études universitaires sont divisées en deux cycles distincts: les "Estudios Generales" et Faculté. Les diplômes de fin d'études sont le "Bachillerato" (à ne pas confondre avec le Baccalauréat français) et la Licencia (grade académique de licencié).
Le Pérou compte également avec quelques institutions étrangères prestigieuses parmi lesquelles le Markham College, et le Lycée Franco-Péruvien qui appartient à l' AEFE.
Centre des Ressources CRAID de l'Université du Pacifique (Lima)
Musiques et danses
La richesse du Pérou se voit par ses danses et sa musique. En effet, si la topographie est une barrière naturelle qui a permis le développement de danses régionales, dans certaines régions les danses sont si nombreuses que chaque village a la sienne. C'est le cas de Cuzco ou Puno. Le folklore a aussi intégré les traditions des immigrants, espagnols et africains particulièrement.La danse nationale est la Marinera.
La musique de la côte, elle, peut être divisée en deux sous-catégories :
- La musique d'origine africaine,
- La musique d'origine coloniale.
Les danses et les styles de musiques sont également détaillés par régions. Les couleurs vives et variées des habits péruviens sont peut-être l'écho d'un vieux conseil proverbial : Ne t'habille ni en noir car la vie n'est pas un malheur, ni en blanc car ce n'est pas tous les jours la joie dans le coeur des autres.
Gastronomie
La cuisine péruvienne d'aujourd'hui a été influencée par la riche géographie du pays, par la disponibilité de ressources, et surtout par les traditions culinaires autochtones alliées à des pratiques gastronomiques foraines.
Les diverses cuisines régionales sont souvent régroupées en trois grandes familles par l'emplacement géographique et les conditions climatiques:
- Cuisine des Andes (ou de la Sierra)
- Cuisine de la Côte
- Cuisine de la Jungle (ou de la Selva)
De plus, à la fin du XIXème siècle, des immigrants venus de la Chine s'installèrent au Pérou avec leurs traditions culinaires, tout en les adaptant au goût et aux ressources locaux. Ainsi naquît la cuisine chifa, qui compte une grande variété de mets.
Les boissons fraîches telles que la chicha morada, la chicha de jora, ou les deux boissons nationales : le pisco (alcoolisée) ou l'Inca Kola (gazeuse), accompagnées de fruits locaux comme la cherimoya, la maracuja, la lucuma ou le camu-camu complètent le menu péruvien.
Le chef de fil de la cuisine péruvienne est sans doute le célèbre cuisinier Gastón Acurio.
La cuisine péruvienne poursuit son évolution multipliant les innovations sans pourtant trahir la tradition, comme le montre bien la Nouvelle Cuisine Andine ou Cocina Novoandina.
Alpaga à la sauce de groseilles du Pérou, un exemple évocateur de la Cuisine Novoandine