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CHOMOLANGMA

L'ÉTHIOPIE (1).

20 Septembre 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

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L'Éthiopie , officiellement la République fédérale démocratique d’Éthiopie (amhariqueye-Ītyōṗṗyā Fēdēralāwī Dīmōkrāsīyāwī Rīpeblīk, ; afaan oromo: Itiyopiya Fereralawa Dmkokratawa Repabliikii), est État indépendant situé dans la Corne de l'Afrique. Sans accès à la mer, l'Éthiopie partage des frontières communes avec l'Érythrée au nord, le Soudan à l'ouest, le Kenya au sud, Djibouti au nord-est et la Somalie à l'est.

Deuxième pays d'Afrique par sa population, l'Éthiopie est le dixième pays du continent par sa superficie. Essentiellement constitué de hauts plateaux, s'étendant de la dépression de Danakil à -120 m jusqu'aux sommets enneigés du mont Ras Dashan à 4 543 m, le pays possède un environnement très diversifié traversé par six zones climatiques. La capitale Addis Abeba, située à 2 400 m d'altitude, est la quatrième capitale la plus élevée au monde.

Considérée comme le berceau de l'humanité, lieu de la découverte de Lucy, l'Éthiopie est avec le Tchad et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus anciens hominidés, et depuis 2003, celui où ont été découverts les plus anciens spécimens d'Homo sapiens.

La civilisation éthiopienne est l'une des plus anciennes, le prophète mésopotamien Mani citant au IIIe siècle le Royaume d'Aksoum parmi les quatre plus importantes puissances au monde. Au sein de l'Afrique, l'Éthiopie se caractérise comme l'une des seules nations à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle.

L'Éthiopie est, après l'Arménie, la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde, maintenant cette tradition depuis 330. C'est parallèlement un pays ayant accueilli les premiers musulmans persécutés en Arabie, aujourd'hui l'Islam est très présent dans les régions Afar, Oromo et Somali. Harar est par ailleurs considérée, par les musulmans éthiopiens, comme une ville sainte de l'islam. On note aussi des populations juives (les Falasha) et animistes. L'Éthiopie est aujourd'hui un pays constitutionnellement laïc où toutes les croyances coexistent.

Sur le plan international, l'Éthiopie était membre de la Société des Nations en 1923, signataire de la Déclaration des Nations unies dès 1942 et un des 51 États membres fondateurs de l'ONU. Addis-Abeba est aujourd'hui le siège de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) et de l'Union Africaine dont Haïlé Selassié a été l’un des principaux promoteurs (sous le nom d’OUA).




Étymologie

L'origine du nom « Éthiopie » n'est pas connue avec certitude. Son usage attesté le plus ancien remonte à L'Iliade où le nom apparaît deux fois et trois fois dans L'Odyssée d'Homère. Son utilisation pour désigner spécifiquement le royaume d'Axoum apparaît pour la première fois au IVe siècle sur l'inscription d'Ezana qui traduit Habachat par Aithiops (Αἰθίοψ) en grec ancien, signifiant « au visage brûlé ».

Selon La Chronique des rois d'Axoum, un manuscrit ge'ez du XVIIe siècle, le nom Éthiopie est dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Pline l'Ancien affirme de la même façon que le nom du pays est dérivé d'un dénommé « Aethiops, fils de Vulcain ». La tombe d'Ityopis est encore visible près d'Axoum.

En France et plus généralement hors de l'Éthiopie, le pays a historiquement été connu sous le nom d'« Abyssinie », de l'arabe Habachyî signifiant Abyssin, issu de l'éthiosémitique Habashat. Le terme Habashat est aussi l'origine du terme Habesha, utilisé aujourd'hui en Éthiopie pour désigner tous les Éthiopiens et Érythréens. À strictement parler le terme Habesha fait référence aux populations tigrées et amharas qui ont historiquement dominé l'Histoire du pays. L'arabe moderne utilise encore le mot Al-Habacha ou le mot Ithyûbyâ pour désigner l’Éthiopie.

Histoire

L'Éthiopie est l'État indépendant le plus vieux d'Afrique, né il y a près de 3 000 ans. L'Histoire de cet État débute vers le VIIIe siècle av. J.-C. avec la formation du royaume D'mt, depuis divers régimes se sont succédé: le Royaume d'Aksoum, l'Empire d'Éthiopie, le gouvernement du Derg, la République populaire démocratique d'Éthiopie, la République d'Éthiopie et l'actuelle République fédérale démocratique d'Éthiopie.

Préhistoire et antiquité

Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité, l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain. Les premières traces d'hominidés remontent à 3 ou 4 millions d'années. L'apparition de l'homo erectus et de l'homo sapiens dans la région se situe entre 1,7 million et 200 000 ans avant notre ère. Il existe assez peu de données sur l'Éthiopie sous l'antiquité qui semble avoir fait partie du pays de Pount (-3000 - -1000).


Le royaume D'mt (VIIIe - Ve siècle av. J.-C.) est généralement considéré comme la première forme organisée d'un État éthiopien. Il existe très peu de traces archéologiques de ce royaume qui aurait eu des relations très étroites avec le royaume sabéen au Yémen. Certains historiens modernes considèrent pourtant que la civilisation D'mt était indigène et aurait peu subi l'influence sabéenne alors que d'autres estiment qu'elle serait un mélange entre la culture sabéenne dominante et une culture indigène. Après la chute du royaume de D'mt Ve siècle av. J.-C., divers royaumes dominèrent la région jusqu'à l'émergence de l'un d'eux au Ier siècle av. J.-C.: le royaume d'Aksoum , premier empire important ayant régné sur le territoire éthiopien. Il couvrait une partie de l'Éthiopie (Nord) ainsi que de l'Érythrée actuelles.


Les ruines du temple de Yeha, région du Tigré, Éthiopie.

Le royaume d'Aksoum est le premier grand État connu d'Afrique, formé d'une population cosmopolite venant d'Arabie du Sud mais aussi de juifs et de Grecs. Situé au bord de la mer Rouge, il se développe autour du commerce et commence à contrôler les principales routes maritimes passant par la région. Il s'étend sur les territoires de l'actuelle nord de l'Éthiopie, de l'Érythrée, du Yémen, du sud de l'Arabie saoudite, du nord de Djibouti et du nord Soudan. Vers 330, le roi Ezana se convertit au christianisme et progressivement la population locale adopte la nouvelle religion. Le royaume commence à décliner au VIIe siècle, pour des raisons relativement obscures, sans doute liées à l'expansion de l'islam qui coupera l'empire du reste du monde chrétien.


Région des stèles d'Aksoum avec la stèle d'Ezana au centre. Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Moyen Âge éthiopien (990 - 1855)

Vers 990, l'Empire d'Éthiopie va alors remplacer le royaume axoumite et une renaissance débute vers le XIIe siècle sous la dynastie Zagoué qui sera renversée en 1270 par Yekouno Amlak. L'arrivée au pouvoir de ce dernier, prétendu descendant de Ménélik Ier (premier roi d'Éthiopie au Xe siècle av. J.-C.), marque l'avènement de la dynastie salomonide qui régna jusqu'en 1974. Pendant plus de deux siècles, le pays connaît une relative prospérité émaillée de luttes contre les musulmans installés au nord et au sud de l'Éthiopie chrétienne.

En 1527, débute une guerre entre des forces musulmanes menées par Ahmed Ibn Ibrahim Al-Ghazi, dit Ahmed « Gragne » (gaucher en amharique) et l'Empire chrétien éthiopien. Après une série de victoires en faveur des troupes musulmanes soutenues par l'Empire ottoman, l'aide apporté par le roi du Portugal au Negusse Negest Lebna Denguel se révèlera décisive. En effet, le 21 février 1543, à l'issue de la bataille de Wayna Daga, Ahmed Gragne est tué et son armée défaite, laissant derrière lui un pays en ruine.

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, des jésuites vont venir en Éthiopie et parviennent habilement à imposer à l'Éthiopie le catholicisme romain en convertissant l'empereur Sousnéyos en 1621. Cette conversion forcée va entraîner des protestations qui se transforment en une véritable guerre civile en 1632 qui amènera Sousnéyos à abdiquer en faveur de son fils Fazilidas. Cette situation dans laquelle l'Éthiopie se trouve ainsi entre l'islam d'un côté et le catholicisme de l'autre a amené Alain Gascon à parler du « syndrome de Gragne ».

Fazilidas expulse les jésuites en 1633 et, comme ses successeurs, cherche à renforcer la sécurité du royaume. Il fait alors bâtir une nouvelle capitale en 1635 à Gondar qui devient la nouvelle place forte du pays ainsi qu'un important centre religieux, administratif et commercial. Toutefois, les 25 dernières années du XVIIIe siècle sont marquées par des conflits entre chefs de guerre locaux qui mèneront à l'effondrement progressif du royaume.

C'est vers 1769, après la mort de Yoas Ier, que débute le déclin de l'empire et le «Zemene Mesafent» (ère des princes), une période fratricide pour le contrôle du royaume. L'instabilité du pouvoir continuera tout au long du XVIIIe siècle jusqu'en 1855. L'accession au trône du Negusse Negest Tewodros II (1855 - 1868) marque la fin de cette période de trouble et le début d'un processus de centralisation du pays qui s'achèvera sous Haile Selassie I.

 


Le palais de Fazilidas à Gondar.

La période de centralisation (1855 - 1974)

Après un début de règne relativement paisible, le comportement de Tewodros II va changer lorsqu'il décide une réforme des statuts du clergé. L'expédition de Napier (1868) va marquer la fin de son règne puisque le Negusse Negest se suicidera afin d'échapper à l'emprisonnement. Waghsum Gobaze est ensuite couronné sous le nom de Telke Giyorgis II mais son règne est bref puisqu'il s'achève en 1872, suite à une bataille l'ayant opposé à Kassay Mercha, futur Negusse Negest Yohannès IV. Trois principaux dangers menacent à ce moment la souveraineté du royaume. Le premier est celui des Égyptiens qui s'implantent dans les régions voisines de l'Abyssinie. Ils lancent des offensives qui sont contenues et sont définitivement battus à la bataille de Gura en 1876. Les Italiens, représentant le deuxième danger, sont repoussés par les troupes du Ras Alula Engida suite à la bataille de Dogali (1887) . Enfin, les forces madhistes, troisième danger, décident de se cesser les offensives sur l'Empire éthiopien après la bataille de Metemma, en 1889, au lendemain de laquelle Yohannes IV décède de blessures du conflit.

La même année, le Negus du Choa est proclamé Negusse Negest sous le nom de Ménélik II. Il signe avec les italiens un traité délimitant la frontière entre l'Éthiopie et la colonie italienne en accordant à cette dernière la région nord de l'Éthiopie, qui deviendra plus tard l’Érythrée, ainsi qu'une partie du Tigré. Cependant, les Italiens tentèrent d'envahir le pays et Ménélik II parvint à les repousser avec l'appui d'une armée de 100 000 hommes au cours de la bataille d'Adoua (1896), l'Éthiopie obtient alors la reconnaissance de sa souveraineté et de son indépendance. Outre cette victoire face au colonialisme, Ménélik II va marquer l'Histoire éthiopienne par ses conquêtes territoriales, repoussant les frontières vers le sud, l'ouest et l'est donnant ainsi au pays sa forme actuelle. Enfin, il engagera l'Éthiopie dans une phase de modernisation avec l'importation des technologies européennes, le développement des infrastructures et des changements politiques avec la création d'un Conseil de ministres.
En 1913, Ménélik II décède en laissant derrière lui un pays plus vaste, en voie de modernisation et indépendant.
Lij Iyasu, son successeur, va quant à lui régner pendant trois ans. Affichant sa proximité avec l'islam, l'Église éthiopienne orthodoxe va rapidement soutenir ses opposants dont Teferi Mekonnen et Zaoditou. Le 27 septembre 1916, un coup d'État
renverse Iyasu, Zaoditou arrive sur le trône impérial. Malgré la brièveté de son règne, Iyasu aura tout de même réussi à introduire des innovations politiques en permettant notamment à des sujets musulmans de sentir membres à part entière de l'unité éthiopienne.

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