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CHOMOLANGMA

LE LOUP (3).

5 Septembre 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


source Wikipédia

lien historique & auteurs

Creative Commons License

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.



Loup du Mexique

 Sous-espèces de loups d'Eurasie

  • Canis lupus lupus - Loup gris commun, regroupe :
    • Canis lupus campestris - le loup des steppes
    • Canis lupus chanco/ Canis lupus laniger - le loup de Mongolie (incertain, peut être une autre espèce)
    • Canis lupus desertorum - le loup du désert d'Asie

Et les autres sous-espèces

  • Canis lupus albus - Loup de Sibérie
  • Canis lupus pallipes - Loup des Indes (incertain, peut être une autre espèce) et Loup iranien
  • Canis lupus arabs - Loup d'Arabie (rattaché parfois à une autre sous-espèce)
  • Canis lupus cubanensis * - Loup du Caucase
  • Canis lupus italicus * - Loup d'Italie
  • Canis lupus communis * - Loup de Russie
  • Canis lupus kurjak * - Loup de Yougoslavie
  • Canis lupus signatus * - Loup d'Espagne
  • Canis Lupus Lupaster * - Loup d'Égypte
  • Canis lupus hodophilax - Loup de Honshū (éteint)
  • Canis lupus hattai (ex Canis lupus rex) - Loup d'Hokkaido (éteint)
  • Canis lupus deitanus * - Loup de Murcie (éteint)
  • Canis lupus minor - Loup austro-hongrois (éteint)
  • Canis lupus rufus' -Loup rouge (incertain, peut être une autre espèce)

(note : Certaines espèces (*) ne sont pas reconnues par tous les taxonomistes)


Répartition géographique des sous-espèces de Canis lupus en Eurasie :

    
Canis lupus lupus
     Canis lupus albus
     Canis lupus communis
     Canis lupus italicus
     Canis lupus pallipes
     Canis lupus lupaster
     Canis lupus arabs
    
Canis lupus cubanensis

Autres sous-espèces qui ne sont pas des « loups »

  • Canis lupus dingo - Dingo (Australie)
  • Canis lupus familiaris Chien domestique
  • Canis lupus hallstromi Chien chanteur ( Nouvelle-Guinée)

Cette classification du chien et du dingo tend à s'imposer actuellement, en concurrence avec les anciennes dénomination qui étaient respectivement Canis familiaris et Canis familiaris dingo ou Canis dingo. Cela en fait des sous-espèces du loup.

Controverses autour de la classification de certaines populations

La classification des populations suivantes ont été et sont encore régulièrement discutées au sein de la communauté scientifique.

Considéré comme une espèce à part entière depuis le début des années 1970, le loup rouge (Canis rufus), est considéré par une minorité d'auteurs comme un hybride entre un loup gris et le coyote (Canis latrans) suite à plusieurs études génétiques controversées menées depuis 1992, son nom scientifique est alors Canis lupus x Canis latrans. Il n'est dans ce cas donc plus rattaché à une espèce particulière. Il en existait trois populations distincts dont deux sont disparues, la dernière est très menacée et le classement en tant que hybride menacerait sa réintroduction ou l'existence même des populations survivantes.

A contrario, des populations de loups autrefois considérées comme sous-espèce de Canis lupus comme le Loup des Indes ou considérées comme des hybrides, par exemple le Loup de l'Est, sont de plus en plus considérés comme des espèces à part entière.

Des incertitudes demeurent au niveau du chien qui semble issue de population de loup gris du Caucase. Comme pour l'ensemble des animaux domestiques, la communauté scientifique est réticente à considérer ce groupe comme une sous-espèce, voir une espèce, elle préfére considérer ces animaux comme simplement des variétés d'animaux sauvages. Le Dingo a un statuts plus compliqué encore, les études phylogénétique le rapprochant des populations de loup iranien, il est pourtant considéré comme une variété du chien domestique, qui lui ne semble pas directement issu du loup iranien.

Les recherches sont encore en cours.


Le Loup rouge: hybride, espèce ou sous-espèce ?

 Histoire

 Origines

Il y a environ 55 millions d'années est apparu un mammifère avec des dents en partie conçues pour découper la viande, les carnassières. Au cours des 10 millions d'années qui suivirent, ces créatures se sont développées en grand nombre et sous des formes différentes. Une de ces espèces, appelée Miacis, ressemblait aux chiens d'aujourd'hui. L'espèce Miacis fait partie de la famille Miacidae, de laquelle sont issues toutes les familles actuelles de carnivores : les chiens, les chats, les ours, les belettes, les ratons laveurs, civettes, et hyènes.

Il y a trente à quarante millions d'années, l'espèce Miacis donna naissance à deux types de mammifères que l'on peut rattacher, grâce à deux séries de fossiles, au chien et à l'ours. L'ancêtre du chien, le Cynodictis, avait le même nombre de dents que le loup. Il était plus petit que ce dernier, mais son corps était long et flexible comme celui d'une belette ; ses pattes étaient d'une taille moyenne. Les 15 millions d'années qui suivirent virent le développement de la famille des ratons laveurs qui se démarqua pour continuer son évolution séparément.

Par la suite, il y a entre 15 et 30 millions d'années, la tendance s'accentua pour donner les caractéristiques du loup contemporain, du Cynodictis en passant par le Cynodesmus et le Tomarctus. La partie supérieure de la patte s'allongea, ainsi que les pattes qui devinrent plus compactes, l'empreinte intérieure devint plus atrophiée sur la patte arrière et plus réduite sur la patte avant ; la queue se raccourcit, et toutes ces proportions commencèrent à se rapprocher de celles des loups et des renards.

Le loup et le renard sont tous deux issus du Tomarctus et commencèrent à se développer séparément il y a environ 15 millions d'années. Bien que la taille du renard n'ait pas beaucoup évolué, le loup quant à lui, continua à grandir. Une autre espèce apparentée Canis dirus se démarqua également. Certains d'entre eux étaient bien plus grands que les loups d'aujourd'hui, mais ils ont disparu. Depuis environ un ou deux millions d'années, le loup est pratiquement resté le même.

La domestication du chien

Certaines populations de Canis lupus ont choisi de s'allier avec l'homme pour obtenir des proies plus facilement, jusqu'à devenir peu à peu le chien domestique et toutes les races que nous connaissons. Les chiens parias, semi sauvages, de l'Inde donnent une idée de ce qu'a pu être cette évolution progressive vers la domestication.

L'homme cherche aussi à faire des croisements entre le chien et le loup dans le but d'augmenter la résistance des chiens et leurs performances physiques perdues au fil des sélections. Les chiens-loups sont des hybrides plus ou moins stables. En France par exemple ne sont reconnues que les races de chiens-loups tchécoslovaques et de Saarloos mais d'autres tentatives sont faites aussi en Amérique du Nord.


chien-loups tchécoslovaques

L'extermination par l'homme du loup sauvage

Parallèlement à la domestication du chien, il y eut toujours des rapports de concurrence difficiles entre le loup gris et l'homme.

Les loups étaient jadis très répandus dans tout l'hémisphère Nord, puis les effectifs ont été régulés, et on peut même parler d'extermination dans la seconde moitié du XIXe siècle en Europe occidentale et en Amérique du Nord : À l’époque, du fait d’une chasse humaine abusive et/ou d’une déforestation massive, les populations de grands herbivores sauvages furent fortement réduites ou même éliminées. Cela eut pour conséquence de priver les loups de leurs sources naturelles de nourriture, les obligeant ainsi à se rabattre sur les animaux d’élevage pour tenter de survivre. Il en résulta des conflits croissants avec les éleveurs qui amenèrent les loups à être pourchassés sans relâche. Les travaux de Pasteur faisant également du loup le principal vecteur sauvage de la rage. Une récompense était attribuée aux personnes abattant un loup.

En France, comme dans de nombreux pays, les loups ont mieux survécu dans les zones reculées et près des frontières. Cependant au XIXe siècle ils avaient presque disparu. La dépouille d'un loup tué dans le bois de Valloires (Pas-de Calais) en 1830 est conservée par le Museum d'histoire naturelle de Lille. Des loups ont survécu plus tardivement en échappant aux battues en passant de la France à la Belgique (selon le côté duquel on les pourchassait). Le dernier loup officiellement reconnu dans le Pas-de-Calais a été tué dans le bois de Créquy (Ternois, Pas-de-calais) en 1871. Cependant un autre a été abattu un peu plus au sud, dans le nord de la Somme en 1880.

En Amérique, au parc de Yellowstone, survivent encore aujourd'hui quelques 3 000 loups qui côtoient les bisons et les lynx. Ceux-ci sont remarquables pour leur technique de chasse en groupe unique. Une fois la proie repérée, ils s'élancent et utilisent la technique de l'encerclement dite technique "catapulte" pour ensuite faire la course et gagner l'estime de leurs congénères.

Dans de nombreux pays les loups bénéficient à présent d'un statut d'espèce protégée.

Statut de protection

  • Convention de Berne du 19 septembre 1979 :
    • Annexe 2 : Sont notamment interdits : a) toute forme de capture intentionnelle, de détention et de mise à mort intentionnelle; b) la détérioration ou la destruction intentionnelle des sites de reproduction ou des aires de repos; c) la perturbation intentionnelle de la faune sauvage, notamment durant la période de reproduction, de dépendance et d'hibernation, pour autant que la perturbation ait un effet significatif eu égard aux objectifs de la présente Convention; d) la destruction ou le ramassage intentionnel des œufs dans la nature ou leur détention, même vides; e) la détention et le commerce interne de ces animaux, vivants ou morts, y compris des animaux naturalisés, et de toute partie ou de tout produit, facilement identifiables, obtenus à partir de l'animal, lorsque cette mesure contribue à l'efficacité des dispositions de cet article.
  • Directives européennes du 21 mai 1992 et du 27 octobre 1997 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages :
    • CE/92/43 - Annexe 2 : Directive Faune-Flore-Habitat, annexe 2 : espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation modifiée par la Directive 97/62/CE : prioritaire.
    • CE/92/43 - Annexe 4 : Directive Faune-Flore-Habitat, annexe 4 : espèce strictement protégée, la capture et la mise à mort intentionnelle est interdite tout comme la perturbation des phases critiques du cycle vital et la destruction de leurs aires de repos et de leurs sites de reproduction.
    • CE/92/43 - Annexe 5 : Directive Faune-Flore-Habitat, annexe 5 : espèce d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l'exploitation sont susceptibles de faire l'objet de mesures de gestion.
  • Convention de Bonn : Aucune réglementation.

Le loup dans la culture et la mythologie


Le loup est l'animal le plus emblématique de l'histoire de l'
Europe, il était à l'honneur durant l'Antiquité chez la totalité des anciens peuples européens. 

Les mythologies européennes, depuis les côtes de la Méditerranée jusqu'au nord de la Scandinavie, n'ont eu de cesse de relier le loup à la fécondité, à la protection, à la destruction, à la punition, au soleil et aux divinités héroïques qui incarnaient ces valeurs comme Apollon ou Belen. 

L'aspect particulier de l'approche des peuples indo-Européens par rapport aux Amérindiens du Nord est que le loup symbolise à la fois la protection et la destruction. Il existe donc à l'origine une dualité dans le culte ou la vision de cet animal. Le loup occupe une place dans toutes les religions d'Europe même monothéistes, il est respecté, vénéré ou craint.

Avant le développement de l'agriculture et de l'élevage, de nombreux peuples d'Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre.

Dans l'Antiquité, voir un loup avant le début d'une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l'animal symbolique du chasseur et du guerrier.

Les loups dans le folklore

Les relations entre les loups et les hommes sont toujours houleuses. Le folklore montre le loup comme un prédateur sanguinaire, sauf dans quelques exceptions comme en Italie (où la louve est associée au mythe de Romulus et Rémus, où elle joue un rôle protecteur nourricier), chez les Esquimaux et chez les Amérindiens. Voici quelques thèmes folkloriques au sujet du loup :

  • Le Petit Chaperon Rouge, tiré des Contes de ma mère l'Oye (1697) de Charles Perrault
  • La légende de Romulus et Remus (fondation de Rome)
  • Le Loup Bleu et la Biche Fauve (Börte Chino et Qo'ai Maral), ancêtres mythiques des Mongols
  • Les histoires d'enfant sauvage élevé par des loups
  • Les loups-garous
  • Légende Inuit
  • La menace faites aux enfants: si tu n'es pas sage, j'appelle le loup ou le loup viendra te manger cette nuit.

À la limite de l'histoire et du folklore :

  • La Bête du Gévaudan

Dans la « légende dorée »

  • Le loup de Gubbio amadoué par Saint François

Dans la Bible, le loup est associé à la tribu de Benjamin.

L'expression "attraper/choper le loup" signifie familièrement avoir une irritation au niveau de différentes zones sensibles du corps (aisselles, pli de l'aine, intérieur des cuisses, anus etc.), due a des frottements répétés ou à une mauvaise hygiène. Cette expression provient probablement des hurlements (comparables à ceux d'un loup) que la douleur peut provoquer...


Rémus et Romulus élevés par la louve du Capitole. Les jumeaux furent rajoutés bien après la louve .

L'évolution des mentalités

Dans l’imagination occidentale, le loup incarne l’animal féroce par excellence. « Craint dans toute l’Antiquité et du Moyen Âge, il revient au temps modernes périodiquement se réincarner dans une quelconque bête du Gévaudan ».

Chez les anciens Égyptiens, Anubis a une tête de canidé. De même Kronos, qui a le visage d'Anubis, se montre comme un monstre dévorant le temps humain. Chez les Étrusques, «le dieu de la Mort a des oreilles de loup».

Ce n'est qu'à partir du moment où l'on a commencé à se rendre compte de sa forte décimation (à partir du XIXe) que l'image du loup s'est soudainement améliorée.

Le loup dans la psychanalyse

Sigmund Freud associait, dans l'inconscient, le loup au désir, aux pulsions primales, particulièrement sexuelles.

 



Gravure de Grandville illustrant la fable du Loup et du Chien
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