PRAGUE (2).
À nouveau capitale
Avec l'indépendance de la Tchécoslovaquie, proclamée le 28 octobre 1918, Prague redevientcapitale et nombre de rues sont rebaptisées.
La ville est modernisée et étendue. En 1922, la Grande Prague est fondée qui englobe ses faubourgs jusqu'alors indépendants comme Vinohrady, Žižkov, Dejvice, Smíchov, Střešovice ouKošíře. Elle connait un développement urbain sans précédent, se voit adjoindre nombre de théâtres, un aéroport à Kbely, la place Venceslas est refaite, en 1928, pour faire place au trafic automobile, la cathédrale Saint-Guy est achevée en 1929 à temps pour fêter dignement le millénaire de la mort de saint Venceslas.
La crise de 1929 ralentit ce développement sans pour autant l'arrêter. L'aéroport de Praha-Ruzyně est alors mis en service. En 1938, Prague compte un million d'habitants.
Le cubisme connaît une vogue toute particulière grâce à des architectes comme Pavel Janák,Josef Gočár ou Josef Chochol qui créent ce style typiquement tchécoslovaque : le rondocubisme. Un quartier entièrement cubiste se construit à Vyšehrad.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Prague accueille les réfugiés tchèques expulsés desSudètes rattachés au Troisième Reich suite aux accords de Munich. Le 15 mars 1939, la Bohême-Moravie est conquise dans son intégralité et Adolf Hitler parade au Château de Prague. Les universités et grandes écoles sont fermées et les manifestations estudiantines réprimées dans le sang. Le 27 mai 1942, dans Hradčany, un attentat coûte la vie au SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, surnommé « le bourreau ».
Prague perd une part importante, sinon en nombre du moins en ce qu'elle participait indéniablement au rayonnement culturel de la ville, de sa population. Exilés, suicidés (comme le poète Jiří Orten) ou déportés au camp de concentration de Theresienstadt ou ailleurs, la communauté juive de Prague est - littéralement - décimée.
Le 5 mai 1945 éclate la Libération de la ville par une Résistance largement improvisée autour d'un Conseil national tchèque (Česká národní rada ou ČNR) qui prend la tête de l'insurrection. Le 8 mai, les troupes allemandes capitulent et selon des accords préalables, l'Armée rouge« libère » Prague le 9 mai 1945 lors de l'offensive de Prague.
Peu après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste tchécoslovaque monte en puissance. Les élections de 1946 et de 1948 donnent la majorité aux communistes à Prague qui s'emparent totalement du pouvoir en février 1948, avec le Coup de Prague.
Un impressionnant monument à la gloire du camarade Staline est construit sur le front du Parc de Letná : ouvriers, kolkhoziens et soldats se pressent derrière le « petit père des peuples » en un ensemble, sinon grandiose, du moins impressionnant.
En 1960, une nouvelle sectorisation de la ville est adoptée (de 1 à 10), laquelle est encore largement en place aux débuts du XXIe siècle et quatre villes de banlieue supplémentaires sont absorbées par la métropole. La décennie des années soixante est surtout marquée par un programme de construction massif dans les banlieues où la construction en panneaux préfabriqués fait surnommer les HLM tchécoslovaques panelák (mot construit à partir du mot « panneau »).
Résistant tchèque et soldat de l'Armée Rouge.
En 1968, le Printemps de Prague marque la ville de façon éphémère, il est écrasé en août par 400 000 soldats et 6 300 tanks des armées du Pacte de Varsovie. L'aéroport de Praha-Ruzyně voit atterrir les avions russes avec des équipements de combat. Les Pragois improvisent une résistance et des combats ont lieu, en particulier autour de la radio-télévision tchécoslovaque et du musée national tout proche. Le 16 janvier 1969, Jan Palach s'immole par le feu sur la place Venceslas pour protester contre l'invasion de son pays par l'Union soviétique. Le XIVe congrès du PCT marque la fin des hostilités, du Printemps de Prague et le début de la Normalisation en Tchécoslovaquie.
En 1969, Prague devient la capitale de la République socialiste tchèque, l'une des deux républiques de la République socialiste tchécoslovaque (dont elle reste la métropole) qui se transforme en une fédération sans que son nom, cependant, ne soit changé.
Mais ces années sombres au niveau politique et stagnantes au niveau économiquen'empêchent pas la ville de continuer sa croissance. Le projet, presque centenaire, du métro de Prague et celui de la magistrála, la voie rapide qui traverse la ville sont mis en œuvre. Le pont de Nusle joint les deux projets en faisant passer le métro sous l'entablement du pont routier.
Les années 1980 voient quelques grands travaux entrepris pour équiper ou embellir la ville : le théâtre national de Prague est restauré et rouvert en 1983, le Palais des congrès ouvre ses portes et le quartier de Pankrác se couvre de tours plus ambitieuses (et plus vides) les unes que les autres. À Žižkov, la tour d'émission de la radio-télévision tchécoslovaque est alors édifiée et reste à ce jour le point culminant de la ville.
La Révolution de velours, en 1990, marque pour Prague comme pour le reste du pays un grand changement : les signes du pouvoir communiste sont supprimés et le nom de certaines rues, places ou stations du métro sont « démocratisées ». Le pape Jean-Paul II et le président George Bush honorent la ville de leur visite.
En 1992, le centre historique de la ville est inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Au1er janvier 1993, elle devient la capitale de la République tchèque.
Une réforme administrative, en 1995, définit une nouvelle segmentation des différents arrondissements de la ville qui deviennent plus autonomes. Vers la fin des années 1990, les banlieues voient l'éclosion des premiers centres commerciaux sur le modèle de ceux de l'ouest.
En 2000, Prague est nommée capitale européenne de la culture. En septembre de la même année, le sommet du Fonds monétaire international se réunit au palais des congrès de Prague, ce qui provoque nombre de manifestations de la part des mouvements anti-mondialisation (essentiellement étrangers) qui affrontent la police durant toute la semaine. Un an plus tard, enoctobre 2001, les chefs d'État de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord se réunissent dans la ville, ceci ainsi que le déménagement du siège de Radio Free Europe, entraînent des mesures de sécurités exceptionnelles qui paralysent partiellement la ville.
La crue « bimillénaire » de la Vltava, en août 2002, nécessite l'évacuation de parties entières de la ville : Karlín, Holešovice ou le bas de Malá Strana se retrouvent sous les eaux. Si le métro de Prague est alors, lui aussi, inondé et mis hors service pour environ six mois, cela a lieu au milieu de la nuit et on ne déplore aucune victime. Par chance également, la Vieille Ville est protégée par des barrières anti-inondations et, contrairement aux inondations précédentes, reste hors d'atteinte des eaux.
Quartiers
Malá Strana, le quartier du Château
Parmi les sites touristiques, on compte le pont Charles qui relie la Vieille Ville à Malá Strana (le Petit côté)où l'on peut admirer le château avec la cathédrale Saint-Guy et la Ruelle d'or qui tire son nom des alchimistes, le mur de John Lennon en face de l'ambassade de France, lecimetière de Vyšehrad, la place Venceslas, la villa Müller, etc.
Comme le zoo de Prague sis dans la banlieue de Troja, le centre historique a été assez endommagé par les inondations d'août 2002.
L'afflux important de touristes depuis quelques années contribue au renouveau culturel de la Bohême et plus largement de toute la République tchèque. Prague est devenue en quelques années une des villes européennes les plus visitées.
Le pont Mánes (Mánesův most), le 1er janvier 2006. La foule attend le feu d'artifice offert par la ville de Prague pour souligner l'arrivée de la nouvelle année.
Prague juive
Josefov , l'ancien ghetto, rappelle la ville juive longtemps auto-administrée et qui connut son apogée au XVIIe siècle : avec une communauté avoisinant les 15 000 âmes, Josefov représente alors 30 % de la population de la ville tout entière ce qui en fait la communautéashkénaze la plus importante et la seconde communauté juive d'Europe après celle deThessalonique. Entre 1597 et 1609, le Maharal de Prague, Juda Loew ben Bezalel est rabbin de cette florissante communauté. Il est, aujourd'hui encore, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est enterré dans le pittoresque cimetière juif et sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage. Au prétexte de « collaboration avec les armées prussiennes »" de Frédéric II de Prusse, les Juifs de Prague sont expulsés en 1745 par leur souveraine, Marie-Thérèse, puis autorisés à revenir en 1748 alors que les hostilités de laguerre de Succession d'Autriche ont pris fin. Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) sont abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdent leurs privilèges d'autonomie. Le ghetto, à l'exception de quelques monuments-phares, est intégralement détruit à la fin du XIXe siècle : la municipalité met en place un plan d'assainissement du quartier de Josefov, rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues larges, tout-à-l'égout, gaz, etc.
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Cimetière juif de Prague.
Économie
Prague est traditionnellement le centre économique de la République Tchèque. Elle concentre les activités économiques centrales au pays telle que la Bourse de Prague, la Banque nationale tchèque, les Chemins de fer tchèques, etc.; les sièges sociaux des principales entreprises comme ČEZ ou des banques comme Československá obchodní banka et Komerční banka.
En plus de l'industrie du film et de l'évidente industrie du tourisme, on trouve à Prague de nombreuses entreprises de l'industrie de transformation.
Le produit intérieur brut de la ville s'élève en 2002 à 620 milliards de couronnes tchèques ce qui représente, pour environ 10 % de la population globale du pays, une contribution au PIB national de 25,7 %. Le PIB par habitant est ainsi de 226 % supérieur à celui des autres régions tchèques, supérieur également à la moyenne de l'Union européenne : en PIB à parité de pouvoir d’achat, Prague se situe à 152,8 % de la moyenne européenne.
Tourisme
Prague est une ville très touristique. La beauté de la ville lui a valu l’admiration de nombreux poètes et artistes, de Chateaubriand à André Breton, qui la considéraient comme la « capitale magique de l’Europe ». La majestueuse Vltava, le relief et ses belles demeures baroques (dont le palais Wallenstein ou le palais Clam-Gallas), les bâtiments de la sécession viennoise (comme la maison municipale) la font parfois ressembler à un décor de théâtre.
La ville est une destination touristique de premier plan en Europe et environ 2 millions de visiteurs par an y font un séjour, généralement entre Pâques et septembre. Le Nouvel An est aussi une période très demandée.
En plus des atouts architecturaux et culturels indéniables, la ville est réputée pour sa vie nocturne. Prague possède plusieurs boîtes de nuits qui figurent parmi les plus importantes d'Europe Centrale, tel le Duplex, le Mecca Club ou le Karlovy Lázně. La législation sur les armes, plus souple qu'ailleurs en Europe occidentale, permet à des établissement spécialisés de proposer à leurs clients de manipuler des armes de guerre.
Par ailleurs, les maisons closes, appelés à Prague cabarets, sont légales en République tchèque et attirent chaque années de nombreux touristes.
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Le pont Charles avec le château de nuit
source Wikipédia
lien historique & auteurs

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