SALVADOR DALI (4).
La symbolique de Dalí
Clés
La clé est un objet d’utilité symbolique qui apparaît souvent dans les différentes mythologies. Dans la mythologie Dalínienne, il y a un grand jeu autour des clés qui nous invite à accéder aux chambres secrètes de son univers singulier et à explorer les trésors qui s’y cachent. Les siestes de Dalí avec la clé sont légendaires et rappellent celles que faisaient les moines de Toledo. Il mettait une assiette sur le sol, s’asseyait sur une chaise, de la manière la plus inquisitoriale qui soit, avec une clé à la main. Pendant qu’il dormait, la clé tombait dans l’assiette et, automatiquement, il se réveillait alors qu’il avait toujours dans les yeux les visions énigmatiques des songes de son sommeil réparateur. Comme cette clé des siestes tolédiennes, les clés de l’iconographie Dalínienne nous permettent d’ouvrir les portes du labyrinthe au centre duquel on trouve les clés secrètes qui donnent accès à son Royaume Imaginaire où, d’ici à l’éternité, il nous invite à déchiffrer une énigme délirante et sans fin.
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Fourmis
Dalí était un grand passionné des mouches qu’il considérait comme l’insecte paranoïaque-critique par excellence, cependant il exprimait une aversion viscérale pour les fourmis. Lorsqu’il était petit, il vit une fourmi dévorer un lézard en état de décomposition. Plus tard, déjà adolescent, dans ses rites de sublimation de l’angoisse et de l’exorcisme de la mort, il avait l’habitude de se risquer à regarder une caisse pleine de fourmis illuminées par des gouttes phosphorescentes afin de conjurer le funeste Destin. Ainsi, ses insectes, emblème de Cérès, restèrent associés à l’image de la mort et c’est pour cela que l’apparition des fourmis tout au long de son œuvre transmit une connotation lugubre. Dalí, toujours ambivalent, a incorporé à son univers boulimique le beau qui l’exaltait mais aussi le sinistre qui l’horrifiait et il Dalínisa aussi bien ses craintes que ses phobies, sentiments qui étaient, pour lui, inextricablement liés. Pour lui, la répugnance est une sentinelle qui reste très proche de nos plus profonds désirs. Pour preuve, une procession de minuscules et frénétiques fourmis parcourt toute son œuvre, pullulant à travers ce saisissant, extravagant et singulier camembert paranoïaque-critique qu’est l’espace temps Dalínien.

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Oursin de mer
Pour Dalí, l’oursin de mer (avec son hémisphère, protégé par un squelette de calcaire, formé par des plaques polygonales et couvert d’épines articulées, avec la bouche au milieu de la face inférieure et l’arrière train dans la partie supérieure) c’est un microcosme parfait modelé à l’image du décaèdre. Pour lui, quant à travers l’eau agitée de la mer, il admirait le rythme anesthésiant et silencieux des oursins ; dans le paroxysme de sa vision, il les imaginait comme la représentation même de l’Univers. Dans sa vie quotidienne, Dalí vivait entouré de squelettes d’oursin, tous avec leur jolie et délicate armure à fleur de « chair de poule », situés sur les étagères des murs blancs de son labyrinthe résidentiel de Port Lligat où il se réfugiait avec Gala loin des mondanités. Lors de ses banquets, les oursins ne manquaient pas non plus. Dans un premier temps, il les considérait comme l’adrénaline la plus appropriée pour déclencher systématiquement un délire ; par ailleurs, dans différentes cultures, ils symbolisent la force vitale et le principe fondamental.
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Piano
Quand Dalí était petit, sa famille et celle des Pichot, amis de la famille faisait des concerts nocturnes en pleine mer et débarquaient sur des îlots avec le piano pour se faire de petites fêtes. Le piano à queue étant un instrument de musique réservé aux bourgeois, aussi dans son désir d’imiter les cercles d’aristocrates distingués, il le disposa dans ses manoirs à la vue de tous comme un symbole emblématique de son appartenance à une conception bourgeoise et spécifique d'une certaine « haute culture ».
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Éléphant
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L’éléphant est l’animal terrestre le plus grand qui existe de nos jours. Dans la tradition hindoue, les éléphants, étant donné leurs éléphantesques extrémités inférieures, sont les cariatides de l’univers. Cet animal mythique, symbole de la force démesurée et de la monture des rois, possède paradoxalement, dans l’univers de Dalí, des pattes extrêmement longues et voyage au trot, avec une ondulation constante et convulsive, transportant un obélisque sur le dos avec les emblèmes papaux, comme les éléphants de Bernini ; tandis qu’ils se caressent à l’aide de leur trompes tels les éléphants de Montaigne. Dans le domaine de la zoologie fantastique Dalínienne, ces éléphants, graves et minces à la fois, aux pattes filiformes, sont le résultat d’une zoosynthèse surréaliste dont l’anatomie chimérique se combine en différentes espèces d’animaux : des pachydermes jusqu’aux arachnides, en passant par les oiseaux mouches. En somme, un animal fabuleux particulièrement approprié pour que l’on puisse monter sur son dos et s’aventurer à parcourir à grandes échasses, les paysages surréalistes de la géographie Dalínienne.
Carolineta
Carolineta était le tendre diminutif familier d’une tante-cousine éloignée de Dalí qui mourut d’une méningite à l’âge de 24 ans. Dalí, de 10 ans son cadet, continua de se souvenir de cette douce femme vêtue de blanc qui sautait toujours à la corde, qu’il vit apparaître, lorsqu’il était petit, un jour ensoleillé sur la plage enchantée de Roses. Et ce souvenir infantile gravé dans sa mémoire, il le recréa, de manière obsessionnelle, à travers une série d’images de prédictions spirituelles dans lesquelles le pressentiment de cette apparition fantasmatique se propage comme un écho morphologique pour qui la gracieuse silhouette de Carolineta, se dédouble constamment, se métamorphose et se fond en une cloche, dont le tintement inaudible annonce le réveil de Carolineta de son funeste sommeil et le moment précis de son retour éternel.

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Divers
Avida Dollars
Les artistes et les intellectuels avant-gardistes du vingtième siècle, y compris les plus marxistes, ont toujours dissimulé leurs liens étroits avec le marché capitaliste de l’art et de la littérature. En revanche, Dalí, qui adorait aller à contre-courant, a toujours fait étalage de sa passion pour l’argent. Et ainsi, lorsque André Breton, le père du surréalisme, voulut le dénigrer en le caractérisant de « avida dollars », sobriquet résultant de la transposition anagrammatique des lettres « Salvador Dalí », celui-ci prit à son compte ce surnom, dans le but de provoquer, et le convertit en l’un de ses symboles les plus significatifs, de telle façon qu’il fait désormais partie de sa « légende dorée ».
En réplique à André Breton, Dalí déclara que sa prudence lui conseillait dans son adolescence de devenir autant que possible « légèrement multimillionnaire ». Plus tard, revenant sur cette affaire, il dit « Ce fut André Breton, pour piquer à vif mon attirance pour l'or, qui inventa cet anagramme… Il croyait ainsi mettre au pilori mon admirable nom, mais il n'a rien fait d'autre que composer un talisman… L'Amérique m'a accueilli comme l'enfant prodige et m'a couvert de dollars… L'or m'illumine et les banquiers sont les suprêmes prêtres de la religion Dalínienne. »
Dalí voulait gagner de l’argent pour pouvoir travailler son art. Pour cela, il décida de s’entourer d’une cohorte de princes et de multimillionnaires qui, en se disputant ses œuvres, firent monter sa cote de façon inimaginable, et depuis lors, il n’a pas cessé de pleuvoir sur Dalí une sorte de pluie divine de Danaé sous forme de diarrhée de dollars inépuisable qui lui permit de faire ce dont il avait envie. De cette façon, avec cette apothéose dalínienne du dollar, il voulut imiter le vieux désir alchimiste de transformer une vile matière en or. Cependant, même si André Breton avait raison, Dalí avait senti avant tous l'avènement de la culture de masse, et avait su, en virtuose, être un des premiers à en profiter.
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Anecdotes
Il fut demandé à Dalí de réaliser une œuvre sur une vitrine d'un magasin new-yorkais afin de lancer une nouvelle marque de parfum appelée « Fracas ». Le jour du lancement, Dalí n'avait toujours pas réalisé l’œuvre demandée. À son arrivée, il lança un pavé dans la vitrine du magasin.
Un jour, à Paris, alors qu’il habitait l’Hôtel Meurice, rue de Rivoli, il convoqua la presse. Dans sa suite se trouvaient préparés des sacs en papier contenant des peintures liquides. Dalí, solennellement, ouvrit la porte-fenêtre, s’avança sur le balcon et jeta les sacs de peinture sur les voitures en stationnement : la peinture « Explosion » venait de naître.
En 1955, Dalí accepte de donner une conférence à la Sorbonne. Il crée l'événement en arrivant en Rolls-Royce jaune et noire, remplie de choux-fleurs qu'il distribue en guise d'autographes !
Sur la fin de sa vie, il distribuait à ses visiteurs des feuilles blanches signées de son nom, en leur disant : « Tenez, faites donc du Dalí et enrichissez-vous ! »
(Anecdotes tirées en partie du livre « Mon ami Dalí » de Pierre Cardin)
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Salvador Dalí avec son ocelot.
Teatre-Museu Gala Salvador Dalí à Figueres
La gare de Perpignan, « centre cosmique du monde » selon Dalí en parlant de sa façade
Source wikipédia
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