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CHOMOLANGMA

L'EVEREST (2).

9 Juillet 2009 , Rédigé par CHOMOLANGMA


Arête Sud-Est


L'ascension par l'arête Sud-Est commence par un trek jusqu'au camp de base situé à 5 380 mètres d'altitude sur le versant Sud de l'Everest, au Népal. Les expéditions voyagent habituellement par les airs de Katmandou jusqu'à Lukla situé à 2 860 mètres d'altitude et passent par Namche Bazar. De là, les grimpeurs montent jusqu'au camp de base. Cette marche d'approche prend habituellement de six à huit jours, servant ainsi de voyage d'acclimatation en altitude afin d'éviter le mal aigu des montagnes. L'équipement et l'approvisionnement sont acheminés par des yaks, des dzos (croisement entre un yak et une vache) ou des porteurs jusqu'au camp de base sur le glacier du Khumbu. Quand Hillary et Tensing ont réalisé l'ascension de l'Everest en 1953, ils sont partis directement de la vallée de Katmandou car, à l'époque, aucune route n'allait plus loin.

Les grimpeurs passent en général deux semaines au camp de base afin de s'acclimater à l'altitude. Pendant ce temps, les Sherpas et quelques membres de l'expédition installent des cordes fixes et des échelles dans la dangereuse cascade de glace de Khumbu. Séracs, crevasses et blocs de glace font de ce passage l'un des plus dangereux de l'ascension. Beaucoup de grimpeurs et de Sherpas ont été tués dans cette section. Pour réduire le risque, les grimpeurs commencent habituellement leur montée bien avant l'aube quand les températures encore basses maintiennent par le gel la plupart des blocs de glace en place. Au-dessus de la cascade de glace se situe le camp I ou le camp de base avancé (Advanced Base Camp ou ABC) à 6 065 mètres d'altitude.

À partir du camp I, les grimpeurs remontent la « combe Ouest », en anglais Western Cwm, au pied du Lhotse, où le camp II est établi à 6 500 mètres d'altitude. Cette vallée glaciaire qui s'élève doucement est entravée d'énormes crevasses en son centre qui empêchent l'accès aux parties supérieures du glacier. Les grimpeurs sont obligés de passer sur le côté droit, près du pied du Nuptse, le long d'un passage étroit connu sous le nom de Nuptse corner. Cette vallée est également appelée « vallée du silence » du fait de la topographie qui protège du vent. À cause de l'altitude élevée, par un jour clair et sans vent, la chaleur peut devenir difficilement supportable pour des grimpeurs.

Du camp II, les grimpeurs montent sur les pentes du Lhotse à l'aide de cordes fixes jusqu'au camp III, situé sur un petit plateau à 7 470 mètres d'altitude. De là, il reste encore 500 mètres de dénivelé à gravir pour atteindre le col Sud où se trouve le camp IV à 7 920 mètres d'altitude. Du camp III au camp IV, les grimpeurs sont confrontés à deux difficultés majeures : l'« éperon des Genevois » et la « Bande jaune ». L'éperon des Genevois est une nervure formée par une enclume de roche noire surnommée ainsi par une expédition suisse en 1952. La Bande jaune est une section de marbres qui nécessite généralement une centaine de mètres de cordes fixes pour la traverser.



Vue sur le camp de base népalais au pied du glacier du Khumbu

À partir du camp IV au col Sud, les grimpeurs entrent dans la « zone de la mort » : en raison de l'altitude, le fonctionnement des organes se détériore inexorablement et le temps passé dans cette zone doit être réduit au minimum nécessaire. Les grimpeurs commencent généralement l'assaut final autour de minuit. Il leur reste encore plus de 900 mètres de dénivelé qu'il est raisonnable de réaliser en dix à douze heures à cette altitude. Les grimpeurs atteindront d'abord le « balcon » à 8 400 mètres d'altitude, une petite plate-forme où ils peuvent se reposer et contempler les crêtes au sud et à l'est dans les premières lueurs de l'aube. Continuant leur ascension de l'arête, ils sont alors confrontés à une série de marches rocheuses qui les incitent souvent à traverser vers l'est dans un profond manteau de neige où le risque d'avalanche est élevé. À 8 750 mètres d'altitude, un petit dôme de glace et de neige marque le sommet Sud.



Vue depuis le bas de la cascade de glace de Khumbu

Du sommet Sud, les grimpeurs suivent l'arête Sud-Est, arête très effilée le long de ce qui est connu sous le nom de la « traversée de la corniche ». C'est la section la plus exposée de l'ascension car un faux pas vers la gauche enverrait le grimpeur 2 400 mètres en contrebas au pied de la face Sud, tandis qu'un faux pas vers la droite et le grimpeur dévalerait les 3 050 mètres de la face du Kangshung sur le versant septentrional, côté tibétain. À la fin de cette traversée, c'est la dernière difficulté : le « ressaut Hillary », un mur de roche de douze mètres de haut à 8 760 mètres d'altitude. Hillary et Tensing furent les premiers à surmonter cet obstacle et ils l'ont fait avec l'équipement de l'époque et sans cordes fixes. De nos jours, la plupart des grimpeurs traversent ce passage en utilisant des cordes fixes que des Sherpas auront installées auparavant. À partir de là, l'ascension jusqu'au sommet, relativement aisée, traverse des pentes douces mais particulièrement exposées. Toutefois, les grimpeurs doivent également traverser un passage rocheux où s'entremêlent de vieilles cordes fixes et qui peut devenir un calvaire en cas de mauvais temps.

Les grimpeurs passent en général moins d'une demi-heure sur le toit du monde car ils doivent redescendre au camp IV avant la nuit. Ils doivent aussi faire attention aux conditions météorologiques qui se dégradent souvent dans l'après-midi ainsi qu'à leurs réserves de dioxygène.

 


Vue panoramique sur le glacier de Ngozumpa avec l'Everest au centre, en arrière-plan, masquant un lever de soleil

Arête Nord-Est

L'ascension de l'arête Nord-Est de l'Everest commence par la face Nord du côté tibétain en Chine. Le camp de base situé à 5 180 mètres d'altitude sur la moraine du glacier du Rongbuk est accessible après un trek. Pour atteindre le camp II, les grimpeurs empruntent la moraine du glacier oriental de Rongbuk jusqu'au pied du Changtse à environ 6 100 mètres d'altitude. Le camp III (ABC — camp de base avancé) est situé sous le col Nord à 6 500 mètres d'altitude. Pour atteindre le camp IV au col Nord à 7 010 mètres d'altitude, les grimpeurs montent le glacier au pied du col où des cordes fixes sont généralement installées. Du col Nord, les grimpeurs montent l'arête rocheuse Nord jusqu'au camp V à environ 7 775 mètres d'altitude. L'itinéraire emprunte la face Nord avant d'atteindre l'emplacement du camp VI à 8 230 mètres d'altitude. Du camp VI, les grimpeurs entament l'assaut final du sommet.

Les grimpeurs doivent d'abord parcourir leur itinéraire via trois bandes rocheuses connues sous les noms de « premier ressaut » de 8 500 à 8 534 mètres d'altitude, « deuxième ressaut » de 8 577 à 8 626 mètres d'altitude et « troisième ressaut » de 8 690 à 8 800 mètres d'altitude. Au-dessus, la voie emprunte les pentes sommitales entre 50 à 60 degrés.

 


Vue de la face Nord de l'Everest depuis le Tibet

Face du Kangshung

Un autre itinéraire moins fréquenté et plus dangereux passe par la face est de l'Everest. Cette face rocheuse fait 3 350 mètres de dénivelé. La première sur cette voie est accomplie en 1983 par une équipe américaine.

L'ascension commence par une longue marche d'approche par le glacier de Kangshung. Arrivé au pied de la face Est, le grimpeur doit se préparer à plus de 3 000 mètres de dénivelé de parois verglacées, exposées aux avalanches. L'isolement de cette face fait qu'une retraite est difficile et dangereuse. George Mallory avait d'ailleurs noté dans son carnet d'expédition : « D'autres hommes, moins sage, pourraient tenter cette face, mais clairement, ce n'est pas pour nous ».

 

Statistiques

Entre 1921 et 2006, plus de 14 000 alpinistes ont participé à des expéditions sur l'Everest, dont un peu plus de 6 000 Sherpas. Au 31 décembre 2008, 4 109 personnes sont parvenues au sommet depuis l'exploit d'Edmund Hillary et Tensing Norgay, dont 187 femmes. Le Népal est en tête du « palmarès » puisqu'il comptabilise 1 779 alpinistes au sommet ; il est suivi des États-Unis avec 427, de la Chine avec 226, du Royaume-Uni avec 208 et du Japon avec 153. 55 % des ascensions réussies ont lieu par le col Sud et l'arête Sud-Est contre 41 % par le col Nord et l'arête Nord-Est. Seules 126 alpinistes sont parvenus au sommet sans assistance respiratoire. Cependant, 211 alpinistes sont décédés depuis 1922.

Le record de vitesse absolu d'une ascension, avec assistance respiratoire, est de 8 heures et 10 minutes détenu depuis le 21 mai 2004 par le Sherpa Pemba Dorjie. La plus jeune personne au sommet est une Népalaise à l'âge de 15 ans, alors que pour les étrangers, cette distinction est disputée entre une Californienne de 18 ans en 2007 et un Français de 17 ans en 1990, ce dernier n'étant pas reconnu officiellement. Depuis 2008, le Japonais Yuichiro Miura est officiellement reconnu comme la personne la plus âgée à avoir atteint le toit du monde, à l'âge de 76 ans, malgré deux opérations du cœur, alors que le Népalais Min Bahadur Sherchan, arrivé deux jours avant lui au sommet, n'a pas pu prouver être âgé de 77 ans.

 


Carte figurative de l'augmentation du flux de touristes dans la région de l'Everest entre 1980 et 2000

Protection environnementale

Le versant népalais de l'Everest est classé depuis le 19 juillet 1976 au sein du parc national de Sagarmatha qui s'étend sur 114 800 hectares, recouvrant une grande partie de la région de Khumbu, au nord-est du pays. 69 % de la superficie du parc se situe au-dessus de 5 000 mètres d'altitude et s'avère pratiquement stérile. Le reste est constitué de 28 % de prairies d'altitude et de 3 % de forêts, constituant six des onze biotopes identifiés au Népal. Le parc a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979.

Point de passage obligé de l'itinéraire classique vers le sommet, le col Sud est devenu une véritable décharge. Les expéditions y abandonnent matériel et déchets qui réapparaissent quand fondent les plaques de neige. Mandatée par le gouvernement népalais et l'UNESCO, une équipe dirigée par l'alpiniste Pierre Royer a commencé son grand nettoyage au printemps 1993. Au mois de mai, l'expédition, avec une vingtaine de Sherpas, a redescendu huit tonnes de déchets (bouteilles de dioxygène, plastiques, verres, toiles, etc.).

 

L'Everest dans la culture populaire

Dans une chanson titrée simplement Everest, Ani DiFranco oppose la profondeur du Pacifique à la hauteur de la montagne et Cliff Richard affirme dans Climbing Up Mount Everest que l'escalader est comme de ramper inconscient jusqu'à Memphis ou de creuser un trou jusqu'en Chine pour découvrir que l'être aimé ne vous aime plus. L'auteur-compositeur-interprète François Martin a sorti en 2003 un album et une chanson intitulés Ever Everest.

Pour le cœur le visage
Parfois j'envisage
Un paysage
Ever Everest
Rien n' s'efface
Les nuits passent
Et les rêves restent

L'aventure funeste de George Mallory et Andrew Irvine a inspiré plusieurs œuvres (Mallory & Irvine - À la recherche des fantômes de l'Everest), certaines plus romancées. Ainsi, dans la fiction, Le Sommet des dieux est un manga qui raconte la découverte, par un photographe et alpiniste japonais, puis le vol de l'appareil photographique de Mallory censé aider à résoudre l'énigme concernant l'ascension de 1924 avec Andrew Irvine. L'ascension qui a vaincu le sommet en 1953 a également fait l'objet d'un livre d'Edmund Hillary, Au sommet de l'Everest : Il y a 50 ans l'Everest, l'expédition qui a vaincu le toit du monde, ainsi qu'un documentaire titré La Conquête de l'Everest sorti en 1954. D'autres alpinistes ont depuis livré leur propre expérience. La tragédie de 1996 a motivé plusieurs récits de la part des rescapés et a inspiré de nombreuses adaptations bibliographiques et cinématographiques, souvent adaptées de ces témoignages. Into Thin Air - Death On Everest est, par exemple, tiré de Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer. Les Enfants de l'Everest, de National Geographic, fait un tour d'horizon des exploits accomplis vers le sommet.

Everest Ascent est un jeu vidéo d'aventure sorti en 1983 dont le but était d'atteindre le sommet en moins de vingt jours en gérant correctement ses ressources pour conserver ses Sherpas.


Réprésentation de l'Everest sur un billet de 500 roupies népalaises

Source Wikipédia.

Lien historique & auteurs

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