FOLIE DOUCE...
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Attendrais-je que vienne le si lourd châtiment,
Que mon âme se noie au coeur du firmament,
Que mon coeur suffocant au profond des ténèbres
N'épouse à tout jamais cet horizon funèbre.
Ma douleur impalpable, prétentieuse cible
Se satisfera-t-elle d'un écho inaudible?
Resterais je toujours sourd à ces harmonies
A ces appels criants, à ces moments bénis ?
Vais je entrevoir enfin la lumière éternelle
Que j'ai cru deviner au creux de tes prunelles ?
Prisonnier serais je de tes puissantes serres
Affalé sur le sol, buvant cette misère ?
Goûterais je nectars, ambroisie et doux miels,
M'aveuglerais je un peu de cet arc-en-ciel,
N'aurais je pour me vêtir que sombre silhouette
Et passions éteintes, et volontés muettes ?
Devrais je m'éreinter à ruisseler sueurs
Et espérer en vain salvatrice lueur ?
J'erre en des lieux maudits, je titube et succombe
Aux effrois de mon être émergeant de la tombe
Que je creuse en secret, miroir de l'épouvante
De ma quête absolue, ma détresse vivante.
La terreur m'irradie et l'angoisse me gagne
Cette vie est prison, ce chemin est un bagne.
Il n'est point de salut ni même d'ouverture,
Tout m'est hostile ici dans cette anti nature.
Tout m'effraie, tout est vil, même l'espoir est louche,
J'aimerais être fort, grâcieux et farouche,
Arracher une à une les ronces du chemin
Au bout duquel enfin tu me tendrais la main.
Je sais que je rêvais, je sais que je dormais,
Qu'en chevalier pour toi seule je me transformais,
Espérant que ma triste et dure solitude
S'évanouisse et trouve au bout sa plénitude.
Mais l'infernal manège de mes folles visions
Est un calice vide où en vain nous puisions
Nos espoirs de bonheur et de tendres vertiges,
Pauvre source tarie pour de tristes prodiges.
Aux portes de la nuit je me sens animal
Blessé, découragé par un obsédant mal
Qui ronge la crinière de mes élans d'airain
Et me condamne à ne jamais être serein.
Je me laisse broyer par puissantes mâchoires,
Je ne prie même plus, je suis promis à choir,
C'est avec le Malin que j'ai croisé le fer
Pour me faire engloutir tout entier en Enfer.
J'ai perdu la jolie compagnie des illustres,
Je suis devenu gueux, insensé chez les rustres,
J'ai l'esprit si troublé que les plus belles roses
Me rendent apathique, indécis et morose.
Pourtant j'aimais les hommes, je vénérais les femmes
De l'amour à l'Enfer je préfère ses flammes
Et si malgré cela je suis seul et damné
Et que je me retrouve à être condamné
A errer dans ce lit de toutes les folies,
S'il me reste la voix et triomphe l'envie,
Je crierai à tout va que mon coeur a porté
Tous ces secrets espoirs d'amour être emporté.
Cratère sidéral de vie.
Le Lutin Cosmique.