Young Perez (3).
Juif caché en France après l’avènement du régime de Vichy et des tentatives infructueuses de fuite, il est arrêté par la milice française le 21 septembre 1943 et interné à Drancy, où il est surnommé « Champion »[26],[82]. À ce titre, il accepte d’effectuer quelques démonstrations de boxe pour les détenus et les gardiens[83]. Mais, dix jours plus tard, il est informé qu’il va partir. Le 7 octobre, à bord d’un autobus de la RATP mis à disposition des SS, il se rend à la gare de Bobigny[84].
De là, il est déporté à Auschwitz le 10 octobre lors d’un voyage de quatre jours sans eau ni nourriture[26],[85]. Au camp de Monowitz, où il travaille dans la cuisine de l’usine de la Buna (fabrique de caoutchouc synthétique pour IG-Farben), il côtoie Primo Levi et Alfred Nakache, un champion français de natation. Le commandant du camp organise même, devant les déportés réunis sur la grande place de la Buna, un combat arbitré par un SS et long de douze rounds entre Perez et un boxeur poids lourd allemand, un garde militaire du camp, qui se termine par un match nul[26],[86]. Son travail à la cuisine lui permet de nourrir les déportés, dont entre autres Aaron Cuckzinski, un Juif polonais ayant combattu aux côtés de Monsieur Léon. Cependant, un kapo le surprend un jour avec une gamelle de soupe avec de la viande et des pommes de terre. Après avoir jeté la gamelle en l’air, il donne à Young de nombreux coups de bâton pour l’emprisonner ensuite une quinzaine de jours, dans un cachot sans air ni lumière peuplé d’une colonie de rats, avec un quart de ration de pain et un seau d’eau. À sa sortie, Young perd son emploi dans la cuisine et se retrouve dans un commando qui effectue de durs travaux de terrassement[87].
En janvier 1945, il est l’un des 31 survivants des 1 000 déportés du « convoi 60 » qui l’a amené à Auschwitz. Il participe à l’une des marches de la mort qui suivent l’évacuation du camp. Le 22 janvier, affaibli au bout de plusieurs jours par les conditions difficiles, il est achevé d’une rafale de mitraillette[26],[88].
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, on organise à Tunis des obsèques symboliques, en présence de ses proches et de ses supporteurs[89]. Dans les années 1960, sa sœur Marguerite, qui veut en savoir plus sur les derniers mois de la vie de son frère à Paris, essaie d’entrer en contact avec Mireille Balin, mais cette dernière a toujours refusé, indiquant ne pas vouloir réveiller le passé[90].
Hommages
Le nom de Young Perez est indiqué sur le monument aux morts en déportation du cimetière du Borgel à Tunis. Par ailleurs, le stade du club de football de l’Espérance sportive de Tunis porte quelques années son nom avant d’être reconstruit en 1967 et de devenir l’actuel stade olympique d'El Menzah. En 1986, il est intronisé par le International Jewish Sports Hall of Fame[91].
Le 7 octobre 1997, à l’Institut national du sport et de l'éducation physique, situé sur l’avenue du Tremblay dans le 12e arrondissement de Paris, une plaque commémorative est apposée dans la salle de boxe, baptisée dès lors salle Young-Perez :
À l’âge de vingt ans, victime des lois raciales du gouvernement de Vichy, Juif déporté le 7 octobre 1943 à Auschwitz, assassiné par les nazis le 22 janvier 1945. »
Le metteur en scène Steve Suissa compte réaliser un film sur la vie de Perez dont le tournage, à Paris et Tunis, est prévu courant 2010[92]. Le rôle principal doit y est tenu par l’acteur Nicolas Cazalé accompagné de Laura Smet[93].
Young Perez (2).
Quelques jours après le match, lors d’une grande réception organisée par Le Miroir des Sports dans un palace de Paris en l’honneur de Young (devenu la coqueluche du Tout-Paris), il rencontre l’actrice Lilian Harvey, qu’il a vu dans Le Chemin du paradis[46]. Mais il se prend surtout d’affection pour la jeune mannequin vedette, Mireille Balin[26]. Célébré et toujours entouré de jolies filles, il dépense sans compter : il sort ses parents de la Hara et les installe dans un palace de la rue Canrobert dans la ville européenne, il s’offre le dernier cabriolet de Peugeot, couvre ses amis de cadeaux, aide les nécessiteux et fait aménager des douches dans son ancienne école de l’Alliance israélite universelle (la salle est même appelée hammam Young-Perez[47])[26].
Revenu à Tunis à bord du Gouverneur général de Gueydon en cabine première classe, il est accompagné par Baranès et Bellières[48]. Ce dernier lui a même organisé une tournée de combats-exhibitions en Algérie et au Maroc[49]. Même l’arrivée d’un président de la République française ne suscite pas autant de ferveur et de remous[50] ; une banderole proclame : « Gloire à notre champion du monde Young Perez ».
Des milliers de personnes, de toutes origines, l’attendent au port et scandent son nom[50]. Les parents Perez — accompagnés des petites sœurs de Young, Betty et Marguerite —, Fernand Mossé et Poupette forment le comité d’accueil qui lui souhaite la bienvenue au port de La Goulette[50]. Après avoir été embrassé par des centaines de personnes enthousiastes, il est conduit à la tribune officielle où sont présents les représentants des pouvoirs publics français et tunisiens, le président de la communauté israélite, tous les sportifs du Maccabi et les footballeurs de l’UST[51]. Plus de 100 000 personnes l’acclament tout le long de l’avenue Jules-Ferry.
Reçu par le bey de Tunis, Perez est décoré du Nichan Iftikhar, la plus haute décoration de Tunisie alors sous protectorat français[26]. Le bey lui déclare que sa « victoire est un grand honneur pour la Tunisie. Juifs et musulmans, nous sommes tous les fils de la même terre et nous sommes fiers de toi »[52]. Honorant sa promesse, il effectue son pèlerinage à la synagogue de la Ghriba en compagnie de ses parents et de ses quatre cadets[53]. Il est aussi invité entre autres à la résidence générale de France pour participer aux soirées qu’organise en son honneur la communauté israélite[52] au Tunisia Palace, l’hôtel le plus chic de la ville, où la Women's International Zionist Organization, comme d’autres associations, organise un dîner de gala, toujours en son honneur[54], ou encore dans les jardins Bessis de l’Ariana où il préside une soirée au profit d’une œuvre d’assistance aux enfants[55]. Bellières dit alors que Young paie « la rançon de la gloire »[56]. Il lui fait faire une petite tournée à Casablanca, Alger et Constantine, « plus pour s’amuser que pour combattre vraiment »[57].
À son retour à Paris, Young recommence à sortir avec Balin dans les meilleurs restaurants, les casinos et les cabarets. De ce fait, le retour à la compétition s’avère difficile en raison d’un entraînement moins rigoureux et moins régulier, mais aussi de sa prise de poids[57]. Il dispute, comme beaucoup de champions de l’époque, quelques combats sans enjeu mais très lucratifs pour lui et son entourage ; il perd l’un de ces combats contre Emile Pladner, qui le bat très facilement aux points[58]. Le 12 septembre 1932, il est défait par l’Écossais Mickey McGuire à Newcastle (Angleterre), qui lui inflige un KO « particulièrement humiliant »[58]. Mais, après que la presse critique son mode de vie, Young se reprend vite et réussit de belles victoires, notamment celle contre Percy Dexter, gagné en sept rounds à Vienne (Autriche)[58]. Mais, bientôt, une discussion avec Mireille tourne en véritable dispute et Young repart à Tunis avec Jojo. Au bout de deux jours, ne pouvant plus se séparer de Mireille, il revient cependant à Paris, mais ne la trouve pas chez elle[59]. Le 31 octobre, au casino Bellevue, à Manchester, il cède son titre de champion du monde à l’Anglais Jackie Brown[26], même si pendant les cinq premiers rounds, Young domine son adversaire[60] ; Mireille, Julot Baranès, Jojo Bellaïche et Kid assistent à ce match.
Young passe plus tard dans la catégorie supérieure des coq, en raison de sa prise de poids. Il est relancé par plusieurs victoires, notamment contre l’Italien Carlo Cavagnoli en décembre 1932 à Paris ; celle-ci est appréciée de la presse qui y voit une amélioration du jeu de Young[61]. Mais, pour véritablement s’imposer dans sa nouvelle catégorie, il lui faut battre Emile Pladner contre qui il échoue une première fois à Paris en décembre 1932 avant de le battre lors d’une rencontre à guichet fermé au cinéma Palmarium de Tunis, lors du premier match de Young disputé dans sa ville natale[26],[61]. Il se fait accompagner de Jojo, Kid, Julot et Mireille, ce qui lui permet de présenter cette dernière à ses parents, mais aussi de lui faire découvrir Tunis, sous les yeux de Poupette, toujours amoureuse de lui[62].
Pendant ce séjour, l’Italien Primo Carnera, au gabarit hors norme, fait une tournée en Afrique du Nord et Young accepte de le rencontrer dans un combat sans enjeu au casino de La Goulette[63]. Young se fait aussi accompagner de Mireille et de ses amis pour assister à un match de football, au stade Mossé, entre l’équipe arabe de l’Espérance sportive de Tunis et l’équipe juive de l’UST, dont le joueur vedette est l’attaquant Chouchou Lekhal, l’un de ses amis ; Henri Smadja, président de l’UST, annonce d’ailleurs la présence de Young dans le stade afin que tout le public l’acclame. La rencontre se solde par un match nul et, comme jamais, il n’y a ce jour-ci aucun affrontement entre les supporters[64]. De retour à Paris, Mireille refuse une demande en mariage de Young, qui remarque qu’elle n’a pas véritablement apprécié Tunis[65].
Dans un climat politique de plus en plus dégradé par la xénophobie et l’antisémitisme, Young rencontre Eugène Huat, salle Wagram, le 19 janvier 1934. Les deux boxeurs se détestent, parce que Huat a tenu publiquement des propos désobligeants à l’égard de Young[66]. Les 3 000 spectateurs venus assister au combat voient Young l’emporter indiscutablement, même si l’un des trois juges penche pour un match nul[67]. Young apprend plus tard avec beaucoup d’émotion les émeutes du 6 février 1934, mais pense qu’il doit rester concentré sur la compétition. Il doit en effet rencontrer Panama Al Brown, le meilleur boxeur du moment[68]. Pour cela, il engage comme sparring-partner le Guinéen Henri Abraham Sayer dit Soya, mais Brown le défait au Palais des sports de Paris en avril 1934[26],[69]. En novembre, une nouvelle rencontre entre les deux boxeurs a lieu à Tunis alors que des manifestations contre le Troisième Reich ont lieu[70]. Quelques jours avant son combat contre Brown, Young part à Testour avec Kid et Jojo afin de se recueillir sur la tombe du rabbin Fraji Chaouat[71]. Finalement, Brown remporte également le combat par KO[72].
Désillusionné par cette défaite, Young décide d’arrêter la boxe et se lance dans les affaires avec le peu d’argent qu’il a mis de côté. Mais, à cause de son manque d’expérience, les placements dans un restaurant de Tunis et dans un café de La Goulette ne fructifient pas[73]. En outre, alors que ses travaux ne sont pas encore terminés, un hôtel de Tunis, que Young a acheté à crédit, fait faillite[74]. Finalement, après ces échecs, il se remet à l’entraînement mais échoue contre Eugène Huat en 1935. Et alors qu’il devient un boxeur de deuxième zone, Mireille devient une actrice célèbre pour son rôle titre dans Pépé le Moko avec Jean Gabin[26],[74]. Bientôt, elle décide de le quitter en arguant de son désir de liberté et de leurs différences d’origine[26], alors qu’elle sort avec Tino Rossi[75].
Young poursuit sa carrière jusqu’en décembre 1938 et combat même Ernst Weiss le 11 novembre 1938 à Berlin où il séjourne durant la Nuit de Cristal[26],[76]. Cette rencontre se déroule très mal pour Young vaincu ; le public allemand le hait, sans même savoir qu’il est juif, et lui crache dessus, l’insultant et lui lançant toutes sortes de projectiles[77]. Durant cette période, il ne se rend que très peu à Tunis. Poupette, lassée, s’est mariée à un Juif italien, mais surtout, Young ne veut pas y retourner en tant que vaincu[78].
Avec l’invasion de la Pologne et la « drôle de guerre », Young se rend à Marseille, chez Chouchou Lekhal, et envisage son retour à Tunis. Il envoie un télégramme à sa famille pour leur demander l’argent nécessaire et Kid le lui envoie avec une lettre qui indique : « Tout le monde t’attend avec impatience. J'espère que tu vas te décider très vite »[79]. Mais Young finit par renoncer malgré les conseils de Julot Baranès qui retourne pour sa part à Tunis[80]. En mai 1940, Young rejoint Jojo à Paris[81].
Young Perez.
| Young Perez | ||
| Membres de la salle de Joe Guez en 1925 dont le jeune Young Perez au premier plan | ||
| Fiche d’identité | ||
|---|---|---|
| Nom complet | Victor Younki | |
| Surnom | Young Perez | |
| Nationalité | | |
| Date de naissance | 15 janvier 1911 | |
| Lieu de naissance | Tunis | |
| Style | boxe anglaise | |
| Date de décès | 22 janvier 1945 (à 34 ans) | |
| Lieu de décès | Gleiwitz (actuelle Gliwice) | |
| Taille | 1,55 m (5′ 1″) | |
| Catégorie | poids mouches puis coqs | |
| Palmarès | ||
| Professionnel | ||
| Combats | 135 | |
| Victoires | 92 | |
| Victoires par KO | 28 | |
| Défaites | 27 | |
| Matchs nuls | 15 | |
| Titres professionnels | Champion du monde poids mouches (1931-1932) | |
| Titres amateurs | Champion de France poids mouches (1931-1932) | |
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Young Perez, de son vrai nom Victor Younki, né le 15 janvier 1911 à Tunis et décédé le 22 janvier 1945 à Gliwice, est un boxeur tunisien parfois présenté à tort comme français[1].
Issu d’une famille modeste de la communauté juive tunisienne, il se passionne assez tôt pour la boxe, un sport alors très populaire dans son pays, et se lance sous la protection de son entraîneur Joe Guez. S’illustrant vite sur la scène locale, il part pour Paris où, devenu champion de France des poids mouches en battant Valentin Angelman, il finit par affronter Frankie Genaro pour le titre de champion du monde de cette même catégorie. Sacré le 24 octobre 1931, à l’âge de vingt ans, il est accueilli en véritable héros à son retour à Tunis. Il entame durant cette période une relation amoureuse avec l’actrice française Mireille Balin, qui finit toutefois par décliner sa demande en mariage.
Après avoir cédé son titre de champion du monde le 31 octobre 1932 au profit de Jackie Brown, il entame une période plus difficile, marquée notamment par sa prise de poids et sa défaite contre Panama Al Brown. Il accepte pourtant de jouer à Berlin, au lendemain de la Nuit de Cristal, dans un climat politique marqué par un antisémitisme déclaré. Faisant le choix de ne pas rentrer en Tunisie, malgré la déclaration de guerre de septembre 1939, il est finalement arrêté le 21 septembre 1943 et déporté au camp d’Auschwitz. Survivant, il est finalement abattu au cours des marches de la mort qui suivent l’évacuation partielle du camp.
Young Perez détient toujours le titre de plus jeune champion du monde dans sa catégorie.
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Biographie
Juif tunisien, Younki naît dans la Hara, le quartier juif de Tunis, le 15 janvier 1911. Issu d’une fratrie de six enfants, il vit à Dar El Berdgana, qui signifie la « maison de l’Oranger », sur la rue Ettoumi, une très célèbre résidence où vivent quatre familles juives, mais qui est devenue modeste en raison de son mauvais entretien[2].
Son père, Khaïlou, a francisé son nom en René, ce qui est à la mode à l’époque du protectorat français en Tunisie[3]. Il tient une petite boutique, située rue d’Espagne, près du marché central[4].
Lors du pogrom à l’encontre de la communauté juive tunisienne, survenu au lendemain de la Première Guerre mondiale, il est caché sous son lit, avec son frère aîné Benjamin, par sa mère Khmaïssa qui souhaite ainsi les protéger[5]. Dès avril 1924, Younki affirme vouloir devenir boxeur[3] : c’est pourquoi, dès l’âge de 13 ans, il commence à sécher les cours que livre l’Alliance israélite universelle[6].
Il est impressionné par les boxeurs Georges Carpentier, Jack Dempsey et Eugène Criqui[6], mais surtout par Battling Siki qu’il découvre dans le Miroir des Sports et auquel il s’identifie par moments[7]. Victor rend souvent visite au cordonnier du quartier, Léon Benamou, surnommé Monsieur Léon, un Juif français originaire d’Algérie et décoré de la Croix de guerre 1914-1918[8]. Il y va surtout le mardi soir, après avoir lu les journaux, pour commenter avec lui les actualités sportives[9].
Un soir, il y rencontre l’avocat Fernand Mossé, surnommé « Moustache d’or » en raison de sa moustache blonde[10]. Ce dernier, avec son père également avocat à Tunis, préside le cercle pugilistique tunisien et de nombreuses organisations et clubs de sport[9]. Quelques jours plus tard, à 14 ans, il intègre avec ses amis Abraham Smadja, Albert Zuili et Edmond Zerbib[11] et son frère aîné, le club omnisports du Maccabi de Tunis, situé rue Haouarioun ; le club forme à l’époque de nombreux champions dont, entre autres, les footballeurs de l’Union sportive tunisienne (UST) et quelques nageurs. Il y est entraîné par le directeur de la salle, Kiki Boccara, qui rêve de former des futurs champions, et son assistant Joe Guez, de son vrai prénom Joseph[12].
Le premier match auquel il peut assister oppose le Tunisien Ben Tahar à un boxeur algérien et voit le Tunisien s’imposer. Une fois les places achetées par maître Mossé, il se fait accompagner par ses amis et sa voisine Poupette, Italienne par son père et Juive tunisienne par sa mère[13]. Victor et ses amis commencent alors à assister à de nombreux combats grâce aux apports financiers de Mossé[14]. Un jour, chacun des membres du groupe choisit le surnom qu’il portera en tant que boxeur. Le frère de Victor, Benjamin, choisit Kid Perez. Victor Younki et Edouard Zerbib ont tous les deux envie de s’appeler Young[11]. Joe Guez leur propose alors de départager leur prénom sur le ring, lui-même étant leur arbitre et juge unique. Ils acceptent et Victor remporte finalement le combat, commençant dès lors à s’appeler Young Perez[15]. Plus tard, Joe Guez se sépare de Kiki Boccara et ouvre sa propre salle sur l’avenue de Londres. Il est suivi par tout le groupe dont Victor, auquel il s’est d’ailleurs beaucoup attaché. Selon lui, il peut aller loin dans la catégorie des poids mouches. Aussi Victor commence à bien se débrouiller et peut livrer quelques combats : il réalise son premier combat officiel lors d’une soirée pugilistique au Palmarium contre un Tunisien à peine plus âgé que lui[16]. Il demande à ce que son short noir soit orné de l’étoile de David. Après un début de match hésitant, Victor impose son jeu de jambes et remporte le combat aux points[17] ; sa victoire lui rapporte soixante francs tunisiens[18]. Le lendemain, Victor est cité dans le quotidien local Le Petit Matin ; le reporter y écrit que Young Perez est promis à un grand avenir[19].
Âgé d’à peine 16 ans, il se produit régulièrement contre d’autres jeunes amateurs et perçoit quelques petits cachets[20]. Son nom apparaît régulièrement dans la rubrique sportive du quotidien Le Petit Matin : « L’espoir tunisien Young Perez a battu aux points le jeune Sfaxien Kid Moktar ». Young découpe tous les articles qui parlent de lui et les classe dans un carnet. Il remporte aussi un combat contre un Italien du même âge que lui à Bizerte[21]. Kid Perez part alors pour Paris et commence à gagner sa vie comme sparring-partner, envoyant des lettres pour inciter Young à le rejoindre : « Ici il y a plein de jolies femmes. On peut s’entraîner avec les meilleurs managers, rencontrer des gens connus, des sportifs et des artistes en se promenant le soir à Montparnasse ou à Montmartre »[22].
Il part donc pour la France dans le plus parfait anonymat, avec ses amis Jojo Bellaïche et Julot Baranès, falsifiant la signature de l’autorisation parentale ; il parvient à obtenir un billet de quatrième classe sur le Gouverneur général de Gueydon qui les emmène à Marseille[23] ; ils prennent ensuite le train pour Paris en troisième classe[24]. À Paris, il travaille comme vendeur de chaussures tout en s’entraînant à l’Alhambra, une salle située rue Oberkampf[25] ; il y rencontre un manager côté de Paris, Léon Bellières, qui le remarque et devient son entraîneur[26].
À l’âge de 17 ans, il signe son premier contrat et livre son premier match professionnel au Central sporting club, rue du Faubourg-Saint-Denis, le 4 février 1928, contre un jeune Italien qu’il bat facilement aux points[27]. André Nahum considère ce match comme le « combat le plus important de sa courte carrière »[28]. Plus tard, Young loge dans une pension de famille, boulevard Saint-Michel, près du jardin du Luxembourg, tout en continuant à suivre rigoureusement la discipline que lui impose Léon Bellières[29]. Le 2 mars 1929, il assiste au combat qui oppose Frankie Genaro à Emile Pladner et qui voit ce dernier devenir champion du monde poids mouches[30]. Au début de l’année 1930, alors que le titre de champion de France poids mouches est vacant, la Fédération française de boxe décide de l’attribuer au vainqueur d’un combat qui oppose les meilleurs de la catégorie. Il perd par KO sa rencontre disputée à Limoges en février 1930 contre l’Italien Kid Oliva[31]. Néanmoins, le lendemain, la presse spécialisée rapporte les qualités de Young ; ainsi le chroniqueur du Miroir des Sports écrit : « Je pense que Perez malgré cette défaite fournira une meilleure carrière que son heureux vis-à-vis »[32], ou qualifie Young de « pugiliste-né »[33]. Toujours est-il que Young veut rentrer en Tunisie pour se ressourcer. Accompagné de Julot Baranès, ils prennent deux billets en deuxième classe sur le Duc d’Aumale, pour arriver le jour de la fête de Lag Ba'omer. Deux semaines plus tard, il rentre à Paris, réconforté par ses proches et Poupette[34].
Cependant, l’année 1931 commence plutôt mal pour Young après sa défaite contre Joe Mondolo qui réussit à le mettre KO dès le premier round. Mais il parvient à prendre sa revanche un mois plus tard et commence alors une nouvelle série de victoires. Le 11 juin, il affronte Valentin Angelman pour le titre de champion de France : le match, qui a lieu dans la salle Wagram, dure quinze rounds. Joe Guez et Fernand Mossé, retenus par ailleurs, ne peuvent pas assister au match mais ils envoient un télégramme d’encouragement[35]. Young, parti favori, remporte le match aux points et devient par là-même le nouveau champion de France des poids mouches. Cette victoire suscite de l’enthousiasme du milieu sportif ; Le Miroir des Sports écrit : « Le merveilleux Perez domine Angelman et enlève le titre français des mouches. Battra-t-il le mois prochain Genaro et deviendra-t-il champion du monde ? »[33]. Quelques jours plus tard, maître Mossé envoie à Young des articles de La Dépêche tunisienne et du Petit Matin qui publient des textes élogieux sur lui[36]. Peu après, il bat Nicolas Petit-Biquet, devenant champion d’Europe de sa catégorie, même si « cette victoire, on ne sait pourquoi, ne fut jamais homologuée »[37].
Suite à une demande de son manager Bellières, l’Américain Frankie Genaro, tenant du titre de champion du monde poids mouches, se dit favorable à une rencontre le 24 octobre 1931 au Palais des sports de Paris[38]. Les panneaux d’affichage, les colonnes Morris et les journaux relaient l’information : « Grande rencontre de boxe entre l’Américain Frankie Genaro, champion du monde des mouches, et le Français Young Perez pour le titre »[39]. Favori du public et des commentateurs, Young se promet que, s’il « remporte le titre, [son] premier voyage sera un pèlerinage à la Ghriba de Djerba ». Young demande même à Bellières, s’il peut « faire mieux que de l’avoir aux points » et Bellières de tempérer : « Doucement petit ! Tu veux le KO ? Tu es trop gourmand ! Gagne aux points, ça sera suffisant ! »[40].
Devant 16 000 spectateurs, il est sacré champion du monde par KO, au terme du deuxième round, après cinq minutes de combat[26], même si le tout début du match est difficile à gérer pour lui à cause de son manque d’expérience[41]. Genaro refuse dans un premier temps sa défaite en prétextant que son mauvais français lui avait fait comprendre « sept » alors que l’arbitre avait dit « huit ». Mais l’engouement de la salle est en faveur de Young et tous ses amis sont là en compagnie de Monsieur Léon, Joe Guez, Fernand Mossé et son frère Kid[42]. Dans le même temps, La Dépêche tunisienne et Le Petit Matin affichent les résultats du match en direct sur un tableau accroché à l’extérieur de leur siège[43]. À l’annonce de la victoire, tout la ville de Tunis laisse éclater sa joie ; Le Petit Matin publie même une édition spéciale sur Young[44]. Les journaux français L'Auto, Le Petit Parisien et Match parlent de cette victoire alors que de son côté Le Miroir des Sports écrit : « Boxant à une vitesse vertigineuse, le petit Tunisien Young Perez abat en cinq minutes le vétéran américain Frankie Genaro et devient ainsi à vingt ans et demi l’incontestable champion du monde des poids mouches »[45].
Montgolfière.
La montgolfière est un aérostat dont la sustentation est assurée par de l'air chauffé contenu par une enveloppe. La différence de masse volumique avec l'air environnant, plus froid, crée une poussée assurant la sustentation. Le maintien en température de l'air de l'enveloppe nécessite l'emport d'un carburant et d'un brûleur.
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Histoire
On dit que la montgolfière a été inventée par les frères Montgolfier, Joseph-Michel et Jacques-Étienne, en 1782 ; mais en fait ils furent précédés par le prêtre brésilien Bartolomeu Lourenço de Gusmão, qui a fait voler des petits ballons à air chaud en 1709, au Portugal. Le premier vol officiel de leur ballon à air chaud a été expérimenté place des cordeliers à Annonay le 4 juin 1783. Le 19 septembre de la même année, un coq, un mouton et un canard firent l'expérience du premier vol habité à Versailles devant le roi Louis XVI, leur ballon s'est envolé jusqu'à 480 mètres. Le 19 octobre à la Folie Titon, aujourd'hui située rue de Montreuil à Paris, à l'époque encore bourg de Saint-Antoine, le premier vol humain eut lieu, habité par Jean-Baptiste Réveillon, Jean-François Pilâtre de Rozier et Giroud de Villette.
Le 21 novembre, Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes firent un second vol, qui fut commémoré plus officiellement comme étant le premier.
Jean-François Pilâtre de Rozier perdit la vie quelque temps plus tard lorsque sa rozière, aérostat hybride constitué d'un ballon à gaz enfermé dans une enveloppe de montgolfière (la chaleur du foyer dilate le gaz et évite ainsi l'emport de lest), prit feu et chut.
La première femme à voler fut Élisabeth Thible, le 4 juin 1786 à Lyon.
L'histoire des premiers vols en montgolfière est aussi l'histoire d'une exploration scientifique. Faire s'élever le ballon est une chose, savoir pourquoi il vole en était une autre. Le Journal de Paris en 1784 rapporte plusieurs témoignagnes d'expériences qui montrent cette incompréhension. Le « mystère » ne semble commencer à se dissiper qu'à la mi-juin 1784 :
« (...) nous avons même annoncé, dans la première partie de notre procès-verbal qui est imprimée, une conjecture de notre confrère M. le P. de Virly, qu'il ne seraoit peut-être pas impossible de faire un Ballon qui, rempli aux trois quarts d'air commun, s'élevât par la seule raréfaction occasionnée par la chaleur du soleil ; nous ne nous attendions pas à en voir aussitôt la vérification la plus complette (sic). »
— Extrait d'une lettre de M. de Morveau, Dijon, 1er juin 1784 in Journal de Paris, 13 juin 1784, n° 165, p. 712
Après des débuts prometteurs, les montgolfières vont être supplantées par les charlières, les ballons à gaz, dont le premier s'est envolé le 1er décembre 1783 avec à son bord l'inventeur même du ballon le physicien Charles et les frères Robert. Surtout quand l'hydrogène, coûteux et difficile à préparer, pourra être remplacé par du gaz d'éclairage bon marché.
Les montgolfières étaient délicates à mettre en œuvre avec le foyer qu'il fallait alimenter sans mettre le feu au ballon, avec des escarbilles ou un fétu de paille à moitié consumé.
Pendant la période de déclin, les ballons n'étaient pas équipés de foyer, ils étaient gonflés à bloc au sol puis on lâchait tout. La montgolfière s'élevait très rapidement pour un vol d'une dizaine de minutes.
À la fin des années 1950, l'utilisation d'une fibre synthétique pour l'enveloppe (le nylon), et d'un gaz de pétrole liquéfié (le propane) comme carburant, allaient relancer la montgolfière, en permettant un usage souple et sécurisé. Les premières montgolfières ainsi modernisées volent d'abord aux États-Unis. Elles arrivent en France en 1972.
Il existe chaque année en juin, une fête de la montgolfière qui se déroule à Annonay, lieu de création, mise au point et premier décollage de l'appareil des frères Montgolfier.
Technique
Une montgolfière moderne est constituée de trois éléments principaux : l'enveloppe, le brûleur relié aux réservoirs de carburant et la nacelle.
Si les frères Montgolfier avaient conçu leurs premières montgolfières en papier et en tissu (taffetas de soie), aujourd'hui l'enveloppe est constituée d'un tissu (généralement nylon ou polyester) enduit (polyuréthane, silicone...) destiné à le protéger des rayons ultraviolets et réduire le taux de fuite de l'air chaud. Le dessin de l'enveloppe peut être lisse ou lobée. Dans les deux cas, l'enveloppe est constituée de fuseaux qui sont cousus ensemble. La forme des fuseaux change selon le type de ballon désiré.
Le volume peut varier de 250 m3, pour emmener une personne seule dans des conditions climatiques très favorables, à plus de 24 000 m3 pour les plus grandes permettant l'emport de 45 personnes[1].
La diminution de température par arrêt d'alimentation en air chaud suffit à atterrir quand il y a peu de vent. Les ballons sont également équipés de système permettant de les vider très vite. Il existe trois types de systèmes de dégonflement, deux réversibles et un définitif :
- les systèmes réversibles :
- la soupape circulaire dans la partie supérieure de l'enveloppe qui est accrochée avant le gonflement grâce à des velcros, le pilote peut l'ouvrir, depuis la nacelle, en l'air pour libérer de l'air chaud en vue de mettre le ballon en descente, la pression interne permet à la soupape de se remettre en place dès que la corde d'ouverture est relâchée ;
- le dégonflement rapide ; en réalité un dérivé du premier qui permet d'actionner cette même soupape et de la transformer en un cône permettant de libérer l'air beaucoup plus rapidement. La soupape revient en place en actionnant une autre corde. Ce système ne doit être utilisé qu'à l'atterrissage (cas typique : par vent fort pour éviter au ballon de traîner au sol) ;
- le système non réversible : il permet d'ouvrir une grande zone d'évacuation de l'air chaud, à proximité du sommet du ballon (triangle, zone circulaire, rectangulaire, etc.). Comme indiqué, ce système n'est pas réversible et doit être réarmé lorsque l'enveloppe est au sol (lors de la préparation du gonflement). Le pilote l'actionne au moyen d'une corde de commande lors de l'atterrissage.
Il est arrimé à la nacelle par 4 canes qui le supportent et il se situe sous la « bouche » de l'enveloppe en délivrant une longue flamme (3 à 6 m). Il peut être simple ou, plus généralement, double. Le double brûleur permet une plus grande réactivité du ballon car le pilote dispose, lorsqu'il peut en avoir besoin, d'une double puissance de chauffe (ascension plus rapide).
Le propane à l'état liquide est contenu dans des bouteilles cylindriques en aluminium (ou acier, plus lourd ; ou encore en titane, plus léger mais très fragile et coûteux), placées dans la nacelle. Il alimente le brûleur à travers des tuyaux en caoutchouc (grâce à la pression du gaz) où il se vaporise dans un serpentin de détente. Le mélange air-propane est enflammé par une veilleuse continue. La longue flamme, juste sous l'ouverture de l'enveloppe, réchauffe l'air contenu dans le ballon, ce qui permet son ascension.
Elle est principalement en osier ou en rotin, avec bien souvent un plancher en contreplaqué. Beaucoup d'autres matériaux ont été utilisés, mais on est toujours revenu à ces matériaux naturels, qui offrent une souplesse indispensable, surtout lors d'atterrissages un peu sportifs. Pour embarquer 3 personnes et les bouteilles, la dimension classique est 1,15 m de hauteur, 1,20 m de longueur sur 1,10 m de largeur.
Technique de vol
Les montgolfières exploitent d'une part le principe d'Archimède et d'autre part la caractéristique des gaz d'avoir leur produit (pression x volume) égal à leur produit (constante x température). Ce deuxième principe est décrit par l'équation d'état des gaz parfaits.
La poussée d'Archimède est la force reçue d'un corps plongé dans un gaz égale au poids du volume déplacé de ce gaz.
Sous l'action de la chaleur, l'air se dilate. Sa masse volumique diminue : donc, à pression constante, l'air chaud prend plus de place pour le même poids, ou pèse moins lourd pour le même volume que l'air froid. On peut vérifier ce phénomène, dans une pièce calme, en plaçant un thermomètre au sol et un autre au plafond. On constate ainsi qu'il y a une légère différence de température et que l'air au plafond est plus chaud que l'air au sol.
Le poids de l'ensemble {ballon + air} dépend du poids de l'air contenu dans l'enveloppe. Si l'on diminue la masse volumique de l'air contenu dans l'enveloppe, le poids de l'ensemble diminue et le ballon peut « flotter dans l'air », car le poids va devenir inférieur à la poussée d'Archimède qui est une force constante et dirigée vers le haut (poids de l'air déplacé).
La pression atmosphérique diminuant avec l'altitude (d'environ 1 hPa par 28 pieds au niveau de la mer, soit environ 1 mbar par 8,53 m), la masse de l'air déplacé par le ballon se réduit avec l'élévation du ballon. Le point d'équilibre sera atteint lorsque le poids de la montgolfière sera égal au poids de l'air déplacé. De l'air s'échappe de l'enveloppe du ballon lorsque la pression atmosphérique diminue : le ballon est dit « ouvert » (donc non pressurisé).
Utilisation
Aujourd'hui des sociétés proposent de brèves excursions (généralement autour d'une heure) en montgolfière. Il s'agit d'un loisir assez onéreux. La plus grosse montgolfière au monde peut transporter 36 passagers[2].
Il est aussi possible d'acquérir sa propre montgolfière, neuve ou d'occasion, seul(e) ou à plusieurs, avec ses fonds propres ou à l'aide d'un sponsor. Les ballons offrent en effet une importante surface, souvent exploitée par les publicitaires.
Une autre alternative est de pratiquer l'auto-construction en réalisant soi-même son ballon, pour une somme bien inférieure aux prix du marché, mais en contrepartie d'environ 200 heures de travail[3].
Littérature
- Cinq semaines en ballon, de Jules Verne, raconte l'histoire d'un inventeur qui entreprend de traverser le continent africain (alors partiellement inexploré) au moyen d'un ballon gonflé à l'hydrogène. Samuel Fergusson, héros du roman, a en effet inventé un dispositif qui, en lui évitant de perdre du gaz ou de devoir jeter du lest pour régler son altitude, autorise de plus longs voyages.
- Les vingt-et-un ballons (The Twenty-One Balloons) de William Pène du Bois raconte l'histoire d'un scientifique de San Francisco qui entreprend un voyage autour du monde en montgolfière en 1883. Des oiseaux percent son ballon et il chute dans les eaux de l'archipel du Krakatoa. Alors qu'il nage vers la côte, il aperçoit un village de 80 habitants. Ils forment une société secrète qui s'enrichit en extrayant des diamants des mines du volcan. Lorsqu'il explose le 27 août 1883, les 81 personnes s'entassent sur une plateforme accrochée à 20 montgolfières et survolent le monde, avant de sauter en parachute. Ce roman a obtenu la médaille Newbery en 1948.
- Louis-Ferdinand Céline décrit dans Mort à crédit les derniers soubresauts du plus léger que l'air : il est l'assistant d'un inventeur qui tente de gagner sa vie avec des démonstrations de montgolfières, alors que la mode est passée aux premiers aéroplanes.
Archéologie (2).
Historique
L'histoire de l'archéologie est marquée par une professionnalisation croissante ainsi que par l'utilisation d'une gamme de techniques de plus en plus large afin d'obtenir le plus de données possibles des sites étudiés.
Les fouilles de monuments anciens et la collecte d'antiquités existe depuis des millénaires mais elles avaient essentiellement pour objectif la mise au jour de vestiges présentant une valeur marchande ou esthétique.
Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle qu'a débuté l'étude systématique du passé à travers les vestiges matériels. La fondation de l'Institut de correspondance archéologique (Istituto di corrispondenza archeologica) à Rome en 1829, par Eduard Gerhard et d'autres, est une étape importante. Les méthodes de l'archéologie furent développées à la fois par des amateurs intéressés et par des professionnels, dont Augustus Pitt Rivers et William Flinders Petrie.
Ce processus s'est poursuivi au XXe siècle par des personnes telles que Mortimer Wheeler, dont l'approche fortement disciplinée de la fouille contribua à améliorer considérablement la qualité de la documentation archéologique.
En archéologie préhistorique, des méthodes spécifiques d'enregistrement ou de fouille ont été développées notamment par Georges Laplace [4],[5] ou André Leroi-Gourhan [6].
Le développement de l'archéologie urbaine puis de l'archéologie préventive a joué un rôle important, tout comme celui de l'archéométrie, qui a fortement augmenté la quantité de données qu'il est possible d'obtenir.
Théories archéologiques
- Évolutionnisme (anthropologie)
- Diffusionnisme
- Histoire culturelle
- Fonctionnalisme
- Processualisme ou la New Archaeology
- Post-Processualisme
Approches théoriques
- Archéologie évolutionniste
- Archéologie néo-évolutionniste
- Archéologie cognitive
- Archéologie comportementale
- Archéologie structurale
- Archéologie contextuelle
- Archéologie sociale
- Archéologie du paysage
- Archéologie de l'intentionnalité des gens (Agency studies)
- Archéologie analytique
- Archéologie symbolique
L'archéologie et son écho dans le public
Diversité des découvertes archéologiques
| Le squelette de Lucy, fossile d'Australopithecus afarensis. | Vénus de Willendorf | Les remparts de Troie. | |
| La Porte des Lions à Mycènes. | Le masque d'or découvert dans la tombe de Toutânkhamon. | Le cratère découvert dans la tombe de Vix. | |
| L'armée de terre cuite du mausolée de l'empereur Qin près de Xi'an en Chine. | La statue de Ptolémée II érigée à la porte du phare d'Alexandrie. | Photographie aérienne du site protohistorique de Grézac. | |
| Les géoglyphes de Nazca au Pérou. | La cité inca de Machu Picchu au Pérou. |
Rappels terminologiques
Ces termes importants se rapportant à l'archéologie sont souvent mal utilisés.
- Mise au jour : en effet en archéologie on parle de mettre au jour des sites, du matériel... Et non pas de mettre à jour, souvent employé par erreur ou méconnaissance. Mise à jour s'emploie dans des contextes de réactualisation de quelque chose.
- Carroyage : découpage d'un site en zones carrées, et identification unique de chacun de ces carrés. Le carroyage permet tout d'abord de bien se situer sur le site, et de pouvoir replacer sur des plans, par exemple, du matériel archéologique. Le carroyage est mis en place à l'aide d'un théodolite.
- Inventeur : en effet, en archéologie, quelqu'un qui découvre un site ou un objet important n'est pas nommé découvreur - souvent utilisé faussement à la place - mais inventeur. Ce terme est aussi employé pour les chasseurs de trésor lorsqu'ils en découvrent un.
- L'anastylose
- Un hypogée
- L'onomastique
- Un ostracon
Les études d'archéologie (archéosciences)
Archéologie.
L'archéologie est une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier et de reconstituer l’histoire de l’humanité depuis la préhistoire jusqu’à l'époque contemporaine à travers l'ensemble des vestiges matériels ayant subsisté et qu’il est parfois nécessaire de mettre au jour (objets, outils, ossements, poteries, armes, pièces de monnaie, bijoux, vêtements, empreintes, traces, peintures, bâtiments, infrastructures, etc.).
L’archéologue, dans une approche diachronique, acquiert donc l’essentiel de sa documentation à travers des travaux de terrain (prospections, sondages, fouilles, études de collections, analyses du bâti) par opposition à l’historien, dont les principales sources sont des textes. Les documents écrits sont toutefois souvent utilisés avec profit en archéologie lorsqu’ils sont disponibles et conservés.
Le mot « archéologie » vient du grec ancien ἀρχαιολογία[1] et est formé à partir des racines ἀρχαίος = ancien et λόγος = mot/parole/discours. Toutefois, c'est avant à l'étude de l'objet fabriqué par l'homme, donc à la technicité, que l'archéologue consacre son travail.
L'archéologie est pluridisciplinaire : Si les archéosciences relèvent par essence des sciences humaines, elles font aussi appel à une panoplie de méthodes venant des sciences naturelles et sciences de la Terre notamment dans le domaine des datations (14C, dendrochronologie, thermoluminescence, palynologie, la xylologie-anthracologie, archéozoologie, etc.). Ces méthodes ne relèvent pas des compétences de l'archéologue, mais il doit savoir les interroger et en intégrer les résultat dans ses analyses.
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Origines et définition
Dans l’« Ancien Monde », l'archéologie a eu tendance à se concentrer sur l'étude des restes physiques, les méthodes employées pour les mettre au jour et les fondements théoriques et philosophiques sous-tendant ces objectifs.
La discipline prend sa source dans le monde des Antiquaires et dans l'étude du latin et du grec ancien, qui l'inscrivent naturellement dans le champ d'étude de l'histoire.
Aux États-Unis et dans un nombre croissant d'autres régions du monde, l'archéologie est généralement dévolue à l'étude des sociétés humaines et est considérée comme l'une des quatre branches de l'anthropologie. Les autres branches de l'anthropologie complètent les résultats de l'archéologie d'une façon holistique. Ces branches sont :
- l'ethnologie, qui étudie les dimensions comportementales, symboliques, et matérielles de la culture ;
- la linguistique, qui étudie le langage, y compris les origines de la langue et des groupes de langue ;
- l'anthropologie physique, qui inclut l'étude de l'évolution et des caractéristiques physiques et génétiques de l'espèce humaine.
D'autres disciplines complètent également l'archéologie, comme la paléontologie, la paléozoologie, la paléo-ethnobotanique, la paléobotanique, la géographie, la géologie, l'histoire de l'art et la philologie.
L'archéologie a été décrite comme un art qui s'assure le concours des sciences pour éclairer les sciences humaines. L'archéologue américain Walter Taylor a affirmé que « l'archéologie n'est ni l’histoire ni l’anthropologie. Comme discipline autonome, elle consiste en une méthode et un ensemble de techniques spécialisées destinées à rassembler, ou à « produire » de l'information culturelle » [2].
L'archéologie cherche à comprendre la culture humaine à travers ses vestiges matériels quelle que soit la période concernée. En Angleterre, les archéologues ont ainsi mis au jour les emplacements oubliés depuis longtemps des villages médiévaux abandonnés après les crises du XIVe siècle ainsi que ceux des jardins du XVIIe siècle évincés par un changement de mode. Au cœur de New York, des archéologues ont exhumé les restes d’un cimetière renfermant les dépouilles de 400 africains et datant des XVIIe et XVIIIe siècle.
L'archéologie traditionnelle est considérée comme l'étude des cultures préhistoriques, cultures qui existaient avant l’apparition de l'écriture. L'archéologie historique est l'étude des cultures qui ont développé des formes d'écriture.
Quand l'étude concerne des cultures relativement récentes, observées et étudiées par des chercheurs occidentaux, l'archéologie est alors intimement liée à l'ethnographie. C'est le cas dans une grande partie de l'Amérique du Nord, de l'Océanie, de la Sibérie et de toutes les régions où l'archéologie se confond avec l'étude de traditions vivantes des cultures en questions. L'homme de Kennewick fournit ainsi l'exemple d'un sujet d'étude archéologique en interaction avec la culture moderne et des préoccupations actuelles. Lors de l'étude de groupes qui maîtrisaient l'écriture ou qui avaient des voisins qui la maîtrisaient, histoire et archéologie se complètent pour permettre une compréhension plus large du contexte culturel global, et l'étude du mur d'Hadrien nous en fournit un exemple.
Importance et validité d'application
L'archéologie représente souvent le seul moyen de connaître le mode de vie et les comportements des groupes du passé. Des milliers de cultures et de sociétés, des millions de personnes se sont succédé au cours des millénaires, pour lesquels il n'existe aucun témoignage écrit — aucune histoire — ou presque. Dans certains cas, les textes peuvent être incomplets ou peuvent déformer la réalité.
L'écriture telle qu'on la connaît aujourd'hui est apparue il y a seulement 5 000 ans environ et elle n'était utilisée que par quelques civilisations technologiquement avancées[3]. Ce n'est bien sûr pas par hasard que ces civilisations sont relativement bien connues : elles ont fait l'objet de recherches de la part des historiens depuis des siècles, tandis que les cultures préhistoriques ne sont étudiées que depuis le XIXe siècle. Mais même dans le cas d'une civilisation utilisant l'écriture, de nombreuses pratiques humaines importantes ne sont pas enregistrées. Tout ce qui concerne les éléments fondateurs de la civilisation - le développement de l'agriculture, des pratiques culturelles, des premières cités - ne pourra être connu que par l'archéologie.
Présents du Grand et Puissant de Adab à la Grande Prêtresse, à l'occasion de son élection au temple.
Même quand des témoignages écrits existent, ils sont systématiquement incomplets ou plus ou moins biaisés. Dans de nombreuses sociétés, n'étaient alphabétisés que les membres d'une élite sociale, comme le clergé. Les documents écrits de l'aristocratie se limitent souvent à des textes bureaucratiques concernant la cour ou les temples, voire à des actes notariés ou des contrats. Les intérêts et la vision du monde de l'élite sont souvent relativement éloignés de la vie et des préoccupations du reste de la population. Les écrits produits par des personnes plus représentatives de l'ensemble de la population avaient peu de chance d'aboutir dans les bibliothèques et d'y être préservés pour la postérité. Les témoignages écrits ont donc tendance à refléter les parti pris, les idées, les valeurs et éventuellement les tromperies d'un petit nombre d'individus, correspondant généralement à une fraction infime de la population. Il est impossible de se fier aux écrits comme seule source d'information. Les vestiges matériels sont plus proches d'une représentation fiable de la société, même s'ils posent d'autres problèmes de représentativité tels que les biais d'échantillonnage ou la conservation différentielle.
Au-delà de leur importance scientifique, les vestiges archéologiques peuvent avoir une signification politique pour les descendants des groupes qui les ont produits, une valeur matérielle pour les collectionneurs ou simplement une forte charge esthétique. Aux yeux du grand public, qui bien souvent méconnait le cadre juridique de la matière (droit de l'archéologie, code du patrimoine), l'archéologie est souvent associée à une recherche de tels trésors esthétiques, religieux, politiques ou économiques plutôt qu'à une reconstitution des modes de vie des sociétés passées. Ce point de vue est fréquemment conforté dans les œuvres de fiction telles que Indiana Jones et les Aventuriers de l'arche perdue, La Momie ou Les Mines du roi Salomon, fort heureusement très éloignées des préoccupations effectives de l'archéologie moderne.
Méthodes d'études
- Études de terrain
- Prospection
- Fouille
- Fouille préventive ou de sauvetage
- Fouille programmée
- Approches spécifiques
- Études de matériel
- Méthodes de datation
- Méthodes de datation relative
- Méthodes de datation absolue
Programme de recherche japonais sur les baleines.
Dans le cadre d'études scientifiques la Commission baleinière internationale accorde au Institute of Cetacean Research, la possibilité d'abattre un certain nombre de baleines.[1]
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Objectifs
Les programmes de recherches sur les baleines ont pour but d'analyser l'évolution de la population des baleines.
Déroulement
Chaque année le Japon déploie plusieurs baleiniers pour prélever un certains nombre de baleines.
La flotte baleinière japonaise est actuellement composée des navires suivants:
- Navire usine: Nisshin Maru
- Navires harponneurs: Yushin Maru, Yushin Maru 2, Yushin Maru 3, Shonan Maru 1, Shonan Maru 2 et Kyo Maru
- Navire de surveillance: Kyoshin Maru 2 et Kaiko Maru
- Tanker: Oriental Bluebird (anciennement Hiyo Maru)
JARPA
Le Japanese Whale Research Program under Special Permit in the Antarctic (JARPA) fut un programme de recherche scientifique sur les baleines dans l'Antarctique mené entre 1987 et 2004. Il a commencé en 1987 en réponse aux réclamations de certain membres de la CBI. Selon ces derniers les données scientifiques étaient insuffisantes pour gérer correctement la population de baleines.[2]
Les objectifs du programme furent les suivants:
- L'estimation des paramètres biologiques de la population de petits rorquals.
- L'élucidation du rôle des baleines dans l'écosystème de l'Antarctique.
- L'élucidation de l'effet des changements environnementaux sur les cétacés.
- L'élucidation de la structure de la population de Rorqual de l'Antarctique pour améliorer sa gestion.
Après deux années d'études de 1987 à 1989, les recherches commencèrent en 1989. Initialement le nombre de Rorquals de l'Antarctique (Balaenoptera bonaerensis) tuées fut fixé à 300 (+10%) spécimen. Ce taux fut relevé à 400 (+10%) en 1995.[3]
Année | Rorqual de l'Antarctique |
|---|---|
| 1987 | 273 |
| 1988 | 241 |
| 1989 | 330 |
| 1990 | 327 |
| 1991 | 288 |
| 1992 | 330 |
| 1993 | 330 |
| 1994 | 330 |
| 1995 | 440 |
| 1996 | 440 |
| 1997 | 438 |
| 1998 | 389 |
| 1999 | 439 |
| 2000 | 440 |
| 2001 | 440 |
| 2002 | 440 |
| 2003 | 440 |
| 2004 | 440 |
| Total | 6795 |
JARPA II
Le Second Japanese Whale Research Program under Special Permit in the Antarctic (JARPA II), fut un programme de recherche scientifique sur les baleines dans l'Antarctique mené entre 2005 et 2008. La seconde campagne de recherche sur les cétacés en antarctique fut annoncée par le gouvernement japonais en 2005, après que la CBI se soit réunie.[4]
Les objectifs du programme furent les suivants:
- Le suivi de l'écosystème de l'Antarctique;
- La modélisation de la concurrence entre les espèces de baleines et de développer des objectifs de gestion à venir;
- L'élucidation des changements temporels et spatiaux dans la structure des stocks;
- L'amélioration de la procédure de gestion des populations de petits rorquals de l'Antarctique.
Entre 2005 et 2007, le Japon fut autorisé à prélever 850 (+10%) Rorquals de l'Antarctique (Balaenoptera bonaerensis) et 10 (+10%) Rorquals communs (Balaenoptera physalus).
Année | Rorqual de l'Antarctique | Rorqual commun |
|---|---|---|
| 2005 | 853 | 10 |
| 2006 | 505 | 3 |
| 2007 | 551 | 0 |
| 2008 | 679 | 1 |
| Total | 2588 | 14 |
JARPN
Le Japanese Research Whaling Program in the North Pacific fut un programme de recherche dans l’ouest du Pacifique nord de 1994 à 1999. La Commision a approuvé le programme mais aucun consensus n’a pu être trouvé sur la nécesstité de l'utilisation techniques léthales.
Les deux principaux objectifs du programme furent les suivants:
- Déterminer la structure des stocks de petits rorquals communs, et en particulier d'enquêter sur l'existence du stock "W" et si c'est le cas estimer les taux de mélange entre les stocks "O" et "W";
- Déterminer l'écologie alimentaire des petits rorquals communs dans le Pacifique Nord.
Il fut prévu que 100 Baleines de Minke (Balaenoptera bonaerensis) soit prélevé chaque année.
Année | Baleine de Minke |
|---|---|
| 1994 | 21 |
| 1995 | 100 |
| 1996 | 77 |
| 1997 | 100 |
| 1998 | 100 |
| 1999 | 100 |
| Total | 497 |
JARPN II
Le Japan's Whale Research in the Western North Pacific (JARPN II) de 2000 à aujourd'hui. Il était prévu que 100 Baleines de Minke (Balaenoptera acutorostrata), 50 Rorquals de Bryde (Balaenoptera edeni) et 10 Grands Cachalot (Physeter macrocephalus) seraient prélevés chaque année. En 2005, le nombre de capture est modifié, il fut prévu que 220 Baleines de Minke (Balaenoptera acutorostrata), 50 Rorquals de Bryde (Balaenoptera edeni), 100 Rorquals boréals (Balaenoptera borealis) et 10 Grands Cachalot (Physeter macrocephalus) soit prélevés dans l’ouest du Pacifique Nord.
Année | Baleine de Minke | Rorqual de Bryde | Grand Cachalot | Rorqual boréal | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 2000 | 40 | 43 | 5 | 0 | 88 |
| 2001 | 100 | 50 | 8 | 0 | 158 |
| 2002 | 150 | 50 | 5 | 39 | 244 |
| 2003 | 150 | 50 | 10 | 50 | 260 |
| 2004 | 159 | 50 | 3 | 100 | 312 |
| 2005 | 220 | 50 | 5 | 100 | 375 |
| 2006 | 195 | 50 | 6 | 100 | 351 |
| 2007 | 207 | 50 | 3 | 100 | 360 |
| 2008 | 169 | 50 | 2 | 100 | 321 |
| 2009 | 103 | 50 | 1 | 100 | 254 |
| Total | 1493 | 493 | 48 | 689 | 2723 |
Résultats
Critiques
De nombreuses ONG, notamment la World Wildlife Fund, Greenpeace, la Sea Shepherd ou la Humane Society International (HSI), critiquent et s'opposent à ces progammes de recherches.
Pour la Sea Shepherd Conservation Society :
« La CBI n'a pas la capacité de faire appliquer le moratoire. Sea Shepherd, guidée par la Charte Mondiale pour la Nature, est la seule organisation dont la mission est de faire appliquer ces lois internationales de protection de l'environnement en haute mer.[5] »
— Sea Shepherd
Incidents
Le 5 janvier 2010, le baleinier nippon Shonan Maru 2, éperonne l'Ady Gil de l'association Sea Shepherd.
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Bartholomeus Spranger.
| Bartholomeus Spranger | |
| Autoportrait (v. 1580) | |
| Naissance | 21 mars 1546 Anvers |
|---|---|
| Décès | 1611 Prague |
| Nationalité | Flamand |
| Activité(s) | Artiste peintre |
| Maître | Jan Mandijn, Frans Mostaert, Cornelis van Dalem |
| Mouvement artistique | Maniérisme |
| Mécènes | Alexandre Farnèse, Pie V, Rodolphe II de Habsbourg |
Bartholomeus Spranger (Anvers 1546 - Prague 1611) est un peintre, dessinateur et graveur maniériste flamand actif à la cour pragoise de Rodolphe II.
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Biographie
Né à Anvers le 21 mars 1546, Bartholomeus Spranger fut un des peintres les plus renommés de son époque. Ayant fait preuve de ses talents artistiques dès l'enfance[1], Bartholomeus fut envoyé à l'âge de onze ans apprendre l'art pictural auprès de maîtres tels que l'anversois Jan Mandijn – originaire de Haarlem et spécialisé dans les « drôleries » à la Jérôme Bosch – (jusqu'en 1559, année de la mort de Mandijn), ou les paysagistes Frans Mostaert (1560) et Cornelis van Dalem (de 1560, année où Mostaert mourut de la peste, à 1564). Il étudia également, par l'entremise de gravures, les œuvres maniéristes de Frans Floris et du Parmesan. Une fois son apprentissage terminé (1564), il se rendit tout d'abord à Paris et à Lyon avant de rejoindre, en 1565, la véritable patrie de la Renaissance des Arts : l'Italie.
Il travailla ainsi pendant huit mois à Milan (où il apprit la technique de la détrempe), puis à Parme où, sous la direction d'un élève du Corrège, Bernardino Gatti, il exécuta des fresques pour la coupole de Santa Maria della Steccata (1566). Il participa également à la réalisation du décor de l'arc de triomphe érigé pour l'entrée de Marie de Portugal. Arrivé à Rome en 1566, il entra au service du cardinal Alexandre Farnèse, auquel il avait été présenté par le miniaturiste Giulio Clovio (1567-1569). C'est à la demande du cardinal et sous la direction de Federigo Zuccaro que Spranger exécuta des fresques de paysages au palais Farnèse de Caprarola (1570).
Présenté au pape Pie V par Alexandre Farnèse, il entra au service du souverain pontife (juillet 1570) pour lequel réalisa un cycle pictural sur le thème de la Passion ainsi qu'un Jugement dernier. Après la mort du pape (mai 1572), Spranger travailla pour plusieurs églises de Rome avant de se rendre -grâce à une réputation déjà établie et attestée par la recommandation prestigieuse de Jean de Bologne- à la cour viennoise de l'empereur Maximilien II (1575).
À la mort de Maximilien (1576), Spranger offrit ses services au nouvel empereur, Rodolphe II, qui le fit venir à Prague, où le peintre s'installa définitivement à partir de 1581.
Spranger rejoignit ainsi le cercle rodolphien de Prague, où il se lia avec de nombreux artistes originaires des Pays-Bas ou d'Italie, tels qu'Adrien de Vries, Hans von Aachen ou Giuseppe Arcimboldo. Influencé par les modi de Jules Romain et les Amours des dieux de Rosso Fiorentino et de Perin del Vaga, il développa pour son puissant mécène un art raffiné privilégiant des poses complexes et des thèmes mythologiques et érotiques souvent emprunts d'allusions ésotériques et d'effets rhétoriques.
Le tableau intitulé Hercule et Omphale (peinture sur cuivre, v. 1585) est représentatif de l'œuvre pragoise de Spranger : il y traite un sujet mythologique avec un humour malicieux (présent dans le regard narquois et complice d'Omphale, l'attitude gauche du héros désarmé et travesti, et dans le geste railleur de l'indiscrète servante) et y élabore – selon les termes de l'historien d'Art A. Pinelli – un « double oxymoron croisé », c'est-à-dire un échange paradoxal de propriétés entre contraires, résultant non seulement du contraste évident entre le corps sombre et musclé d'Hercule d'une part et la silhouette gracieuse et diaphane de la princesse de Lydie d'autre part, mais aussi de l'inversion des attributs et des rôles effectuée aux dépens du demi-dieu. Ce jeu maniériste des contraires – que Pinelli a mis en rapport avec une figure de style employée par des écrivains italiens du XVIe siècle comme l'Arétin – se complexifie davantage si l'on confronte ce tableau avec son pendant, Vulcain et Maia : l'amour fécond de Vulcain pour Maia est ainsi opposé à l'amour stérile d'Hercule pour Omphale.
Proche de l'empereur qui venait souvent lui rendre visite dans son atelier du château de Prague, Spranger ne travailla pas seulement pour la Cour mais obtint également des commandes de la part d'influents personnages. Après son mariage avec Christina Müller (1582) et un bref séjour à Vienne, Spranger revint à Prague où il fut nommé peintre de la Cour (1584). Ayant reçu ses propres armoiries dès 1588, il fut anobli en 1595 (ou 1598 ?). Artiste fortuné s'étant élevé au sommet de l'échelle sociale, il fut triomphalement accueilli par ses compatriotes lors de sa visite aux Pays-Bas en 1602. De retour à Prague, il entreprit des œuvres innovantes et toujours plus complexes, faisant ainsi preuve d'une réelle inventivité technique. Le renouvellement constant des artistes employés au château de Prague lui permit de découvrir de nouvelles tendances prébaroques qu'il intégra bientôt à son art, notamment par des recherches picturales sur le clair-obscur menées au tournant du siècle (l'Allégorie de la Justice et de la Prudence du Louvre ou le Saint Sébastien de Prague en sont de bons exemples).
Bartholomeus Spranger mourut à Prague entre les mois de juillet et août 1611.
Lié à ses compatriotes de l'académie de Haarlem, Bartholomeus Spranger (dont les œuvres ont largement été diffusées à travers l'Europe grâce aux gravures du célèbre Goltzius) a efficacement contribué à acclimater le maniérisme italien au Nord des Alpes. On peut également le considérer comme un précurseur de la peinture Baroque, annonçant – avec Frans Floris et les peintres romanistes – le génie de son compatriote Rubens.
Dans son Livre des Peintres (Het Schilder-Boeck, 1604), Carel van Mander rend hommage à ce « nouveau Michel-Ange », qu'il avait rencontré à Rome dans la seconde moitié des années 1570 et dont l'Art avait profondément influencé l'école de Haarlem : « La nature se montre parfois si prodigue de ses faveurs envers certains individus et leur donne de quoi arriver, comme sans effort, à briller dans une branche où tant d'autres, malgré leurs peines et leurs fatigues, n'arrivent pas à franchir les limites de la médiocrité, qu'il faut donc bien se convaincre que dans le domaine de la peinture nul ne règne si ce n'est par droit de naissance. Il me serait facile de le prouver par l'exemple de l'illustre Anversois Sprangher [sic.], lequel, dès sa tendre enfance, eut de la nature elle-même en partage couleurs et pinceaux, lui que l'aimable Pictura daigna combler de ses faveurs et prendre pour époux, lui apportant par surcroît les Grâces.[2] »
Œuvres
Si les tableaux mythologiques de Spranger constituent la partie la plus connue de son Œuvre (particulièrement bien représentée dans les collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne), il s'est également illustré dans les thèmes religieux et la peinture de genre. Or, s'il semble avoir réalisé nombre de paysages durant sa carrière -et surtout pendant sa jeunesse et sa période italienne-, peu d'entre eux ont été conservés.
- Paysage de montagne avec village primitif (1569) - Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle.
- Paysage de montagne avec ermite (1569) - Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle.
- Le Jugement dernier (1571) - Turin, Pinacoteca Nazionale.
- La Conversion de Saül (v. 1573) - Milan, Pinacoteca Ambrosiana.
- Retable du Martyr de saint Jean l'Evangéliste (avant 1574) - Rome, Saint-Jean du Latran (Monumenti Musei e Gallerie Pontificie)
- Saint Georges terrassant le dragon (v. 1574-1575) - Budapest, Szépmüveszti Múzeum.
- La Résurrection du Christ (v. 1576) - Prague, Narodni Galerie.
- Angélique et Médor (v. 1580) - Munich, Alte Pinakothek.
- Salmacis et Hermaphrodite (v. 1580) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Glaucus et Scylla (v. 1580-82) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Ulysse et Circé (v. 1580-85) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Hercule et Déjanire (v. 1582) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Hermès et Athéna (fresque, v. 1584-85) - Prague, château.
- Hercule et Omphale (v. 1585) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Vulcain et Maia (v. 1585) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Vénus et Mercure (v. 1585) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Vénus et Adonis (v.1586) - Amsterdam, Rijksmuseum.
- Ulysse et Circé (v. 1586-87) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Vénus et Mars prévenus par Mercure (v. 1586-87) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- "Sine Cerere et Baccho friget Venus" (1590) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Apollon et les Muses (ap. 1590) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Epitaphe de Nikolaus Müller (v. 1592) - Prague, Narodni Galerie.
- Le Triomphe de la sagesse sur l'ignorance (v. 1592) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Le Péché originel (v. 1593-95) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- L'Adoration des Rois (v. 1595) - Londres, National Gallery.
- Vénus et Adonis (v. 1596) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Jupiter et Antiope (v. 1596) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- Allégorie de la Justice et de la Prudence (v. 1599-1600) - Paris, musée du Louvre.
- Saint Sébastien (v. 1602) - Prague, église Saint-Thomas.
- Vénus à la forge de Vulcain (v. 1607-1610) - Vienne, Kunsthistorisches Museum.
| thumb|Angélique et Médor (d'après l'Arioste) (v. 1580) | |||
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1546.
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Cette page concerne l'année 1546 du calendrier julien.
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Événements
- Philippe II d'Espagne marque la fin de la Conquista en remplaçant son usage, ainsi que celui du mot conquistador, par descubrimiento et pobladores (découverte et colons).
- 18 janvier : le vice-roi du Pérou Blasco Núñez Vela réorganise ses forces et affronte les rebelles installés à Quito (bataille d'Añaquito). Il est vaincu et tué au cours de la bataille par les forces de Gonzalo Pizarro, qui s'empare du pouvoir. Il s’installe à Lima et s’attribue le poste de gouverneur.
- 18 janvier : Pedro de Valdivia publie un code de loi au Chili.
- Juillet : Arrivée à Panamá du nouveau vice-roi du Pérou Pedro de la Gasca.
- Août : Dans la province de Charcas (Haut Pérou), Diego Centeno s’oppose à la tyrannie de Gonzalo Pizarro après l’assassinat de Gomez de Luna par le lieutenant de Pizarro, Francisco de Almendras. Celui-ci est assassiné et les troupes d’Alonso de Toro sont défaites par celles de Centeno. Pizarro envoie alors Francisco Carvajal qui poursuit Centeno jusqu’à Arequipa sans que celui-ci puisse l’affronter. Centeno se cache dans une grotte tandis que ses troupes dirigées par Lope de Mendoza sont vaincues à las Huarinas (20 octobre 1547).
- 10 septembre : Découverte de gisements d’argent à Zacatecas au Mexique.
- 8 novembre : Révolte maya au Yucatán. Les Espagnols soumettent définitivement les Mayas.
- Destruction de l'empire malien des Songhaïs.
- Début du règne de Malo, roi du Baguirmi (fin en 1561). Il mpose son autorité aux tribus voisines de son royaume grâce à l’armée puissante et bien organisée qu’il a constituée.
- Tlemcen est conquise par les Turcs.
- Les Espagnols revendiquent la Nouvelle-Guinée et la nomment Novo Guinea, pensant que les indigènes étaient les mêmes que ceux des tribus d’Afrique de l’Ouest.
- 1er janvier-16 février : François Xavier quitte Malacca pour Amboine.
- Juin : François Xavier séjourne à Ternate aux Moluques (actuelle Indonésie).
- Voyage du Portugais Jorge Alvarez au Japon qui inaugure des relations commerciales régulières.
- Heurt entre les Ottomans et les Portugais à Diu (Inde).
- 1er mars : Le prêtre écossais protestant George Wishart est brûlé pour hérésie. Son ami John Knox doit s’exiler après avoir été condamné aux galères et prêche en Angleterre (1547-1549).
- 7 juin : Traité d’Ardres entre François Ier et Henri VIII d'Angleterre, qui restitue Boulogne à la France contre une forte rançon.
- Juin-juillet : Diète de Ratisbonne.
- 20 juillet : Début de la guerre de Smalkalde (fin en 1547). Reprise de la guerre contre les protestants de la Ligue de Smalkalde, dirigée par Jean Frédéric de Saxe après l’échec du colloque de Ratisbonne où l’électeur palatin et le landgrave de Hesse sont mis au ban de l’empire. Charles Quint reçoit des renforts des garnisons espagnoles de Milan et de Naples, des troupes pontificales de Paul III et des troupes des Pays-Bas (été). Les protestants tentent de s’opposer à la concentration de ses troupes en Allemagne du Sud par une série d’escarmouches (automne). Charles Quint, au cours de l’hiver, réussit à repousser les protestants vers le Nord.
- Septembre : Exécution de 14 réformés à Meaux.
Art et culture
- Pierre Lescot est chargé par François Ier de France des travaux du nouveau Louvre.
- Michel-Ange dirige les travaux de construction de la basilique Saint-Pierre du Vatican.
- Le Pontormo s’emploie à la décoration de l’abside de Saint-Laurent de Florence. Ses fresques seront détruites au XVIIIe siècle.
- Le Jugement dernier et L’Adoration du veau d’or du Tintoret.
Science & technique
- Georgius Agricola (Georg Bauer) fait paraître son livre Sur la Nature des Fossiles.
- Girolamo Fracastoro soupçonne l'existence des microbes et leur action dans la transmission des maladies.
Économie & société
- Crise agricole en Europe.
- L’actif des Fugger d’Augsbourg est estimé à 7,5 millions de ducats, comparable aux revenus annuels de Charles Quint. Ils contrôlent l’argent du Tyrol, le cuivre de Hongrie et une bonne partie du textile des Pays-Bas.
Naissances en 1546
- 21 mars : Bartholomeus Spranger, peintre flamand
- 2 avril : Élisabeth de France, fille aînée du dauphin Henri et de Catherine de Médicis au château de Fontainebleau
- 14 décembre : Tycho Brahe, astronome danois
Décès en 1546 [modifier]
- 11 janvier : Gaudenzio Ferrari, peintre, architecte et sculpteur italien (° ca 1475)
- 18 février : Martin Luther, moine allemand initiateur du protestantisme
- 29 mai : David Beaton, cardinal écossais (° 1494).
- 4 juillet : Barberousse (Khayr-al-Din), corsaire ottoman
- 3 août : Étienne Dolet, imprimeur français
- 12 août : Francisco de Vitoria, dominicain espagnol (né en 1492).
- 1er novembre : Jules Romain (Giulio Romano), peintre et architecte italien (° 1492)
Go-Daigo.
Triptyque de Gekko Ogata (1890).
L'empereur Go-Daigo (後醍醐天皇, Go-Daigo Tennō, 26 novembre 1288 – 19 septembre 1339) était le 96e empereur du Japon, selon l'ordre traditionnel de la succession, et a régné du 29 mars 1318 au 18 septembre 1339.
Son nom personnel était Takaharu (尊治). Contrairement à la plupart des empereurs, dont le nom posthume était choisi après leur mort, Go-Daigo a choisi le sien de son vivant, en mémoire de celui de l'empereur Daigo (on peut traduire le préfixe Go-, 後, par « postérieur », ce qui donne donc « Empereur Daigo postérieur »), car il considérait l'ère Engi[1] du règne de ce dernier comme son idéal.
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Généalogie
Go-Daigo était le second enfant de l'empereur Go-Uda de la lignée Daikakuji-tō. Il eut plusieurs enfants, dont:
- Premier enfant: Prince impérial Moriyoshi (ou Morinaga) (護良親王)
- Deuxième enfant: Prince impérial Takashi (尊良親王)
- Troisième enfant: Prince impérial Muneyoshi (宗良親王)
- Quatrième enfant: Prince impérial Tsunenaga (ou Tsuneyoshi) (恒良親王)
- Cinquième enfant: Prince impérial Norihito (法仁親王)
- Sixième enfant: Prince impérial Nariyoshi (ou Narinaga) (成良親王)
- Septième enfant: Prince impérial Noriyoshi (義良親王) (Empereur Go-Murakami)
- Onzième enfant: Prince impérial Kaneyoshi, qui sera également un grand sorcier impérial (懐良親王)
Biographie
En 1318, Go-Daigo monte sur le trône lorsque son cousin l'empereur Hanazono, de la lignée Jimyōin-tō, abdique en sa faveur en vertu d'un accord pour alterner le trône entre les deux lignées impériales tous les 10 ans. Le nouvel empereur, abreuvé depuis son enfance des commentaires du Nihon Shoki, des enseignements shinto sur la place de l'empereur, descendant de la déesse Amaterasu, commence à rêver de restaurer la puissance et les prérogatives impériales, tels qu'il imagine qu'elles étaient quelques siècles auparavant[2].
Jusqu'en 1321, son père Go-Uda règne en tant qu'empereur retiré, puis Go-Daigo, commence à régner en son nom propre, à réactiver certains organes de la cour et à comploter pour renverser le shogunat de Kamakura. En 1324, sa première tentative de coup d'État, appelée Shōchū no hen, est découverte, et deux conseillers et complices de l'empereur, les frères Suketomo et Toshimoto Hino [3], sont arrêtés par le Rokuhara Tandai alors qu'ils tentent de réunir une armée. Go-Daigo, qui nie avoir connaissance du complot, reste libre.
Lors de sa seconde tentative en 1331, appelée Genkō no ran, les plans de Go-Daigo sont à nouveau découverts, cette fois à cause de la trahison de son proche conseiller Sadafusa Yoshida. Il cache rapidement les trésors sacrés dans un château reculé à Kasagiyama (l'actuelle Kasagi, dans la préfecture de Kyōto) et lève une armée, mais le château tombe l'année suivante face à l'armée du Bakufu, et Go-Daigo est exilé dans la Province d'Oki (les îles Oki dans l'actuelle préfecture de Shimane, au même endroit que Go-Toba en 1198) et un nouvel empereur, Kōgon est mis sur le trône.
En 1333, Go-Daigo s'évade d'Oki avec l'aide de Nagatoshi Nawa et de sa famille, et commence à rassembler une armée au mont Funagami dans la province de Hōki (l'actuelle ville de Kotoura dans la Préfecture de Tottori). Takauji Ashikaga, envoyé par le Bakufu pour trouver et détruire cette armée, choisit finalement le camp de l'empereur et capture le Rokuhara Tandai. Immédiatement après cela, Yoshisada Nitta, qui a levé une armée à l'est, détruit le clan Hōjō et capture le Bakufu.
De retour à Kyōto, Go-Daigo reprend le trône à Kōgon et entame la restauration de Kemmu. Celle-ci est ostensiblement un retour à un système plus ancien, mais en fait, l'empereur vise une dictature impériale similaire à celle de l'empereur de Chine. Il veut imiter les Chinois dans tous les domaines et devenir le plus puissant dirigeant de l'Est.
Cependant, des réformes impatientes, des litiges sur la propriété de terres, des récompenses, et l'exclusion des samouraïs de la politique causent beaucoup de mécontentement, et son organisation politique commence à tomber en morceaux. En 1335, Takauji Ashikaga, qui a voyagé vers l'est du Japon sans obtenir un édit impérial pour réprimer la rébellion Nakasendai (Nakasendai no ran), abandonne la Restauration. Go-Daigo ordonne à Yoshisada Nitta de rechercher et détruire Ashikaga. Ce dernier bat Nitta à la bataille de Takenoshita (à Hakone). Masashige Kusunoki et Akiie Kitabatake, en accord avec Kyōto, écrasent l'armée Ashikaga. Takauji fuit à Kyūshū, où il restructure son armée avant de marcher à nouveau sur Kyōto l'année suivante. Masashige Kusunoki propose à l'empereur une réconciliation avec Takauji Ashikaga, mais Go-Daigo rejette cette proposition. Il ordonne à Masashige et à Yoshisada de détruire Takauji. L'armée de Kusunoki est vaincue à la bataille de Minatogawa (湊川の戦い).
Quand l'armée de Takauji entre dans Kyōto, Go-Daigo résiste, fuyant au Mont Hiei, mais, cherchant la réconciliation, il envoie les Trésors sacrés au côté Ashikaga. Takauji met sur le trône Kōmyō, de la lignée Jimyoin-to, et commence officiellement son shogunat avec l'édiction du code de loi Kemmu.
Go-Daigo s'échappe de la capitale, les Trésors sacrés qu'il avait remis aux Ashikaga n'étant que des contrefaçons, et établit la Cour du Sud dans les montagnes de Yoshino, débutant ainsi l'époque des Cours nord et Sud, ou époque Nanboku-chō, durant laquelle les dynasties du Nord à Kyōto et du Sud à Yoshino se font face.
Go-Daigo envoie le prince impérial Kaneyoshi à Kyūshū et Yoshisada Nitta et le prince impérial Tsuneyoshi dans la région de Hokuriku, et ainsi de suite, dispersant tous ses fils, afin qu'ils puissent s'opposer à la Cour du Nord.
En 1339, il meurt à Yoshino, un jour après avoir abdiqué en faveur de son fils Go-Murakami[4]. Ashikaga Takauji construit le Tenryu-ji à Kyōto pour son enterrement.
Ères de son règne
Avec huit changement d'ères, Go-Daigo est à égalité avec Go-Hanazono pour le titre d'empereur ayant eu le plus d'ères différentes dans un seul règne.
(Cour du Nord)
Rivaux de la cour du Nord
Go-Daigo dans la fiction
L'empereur Go-Daigo apparaît dans le roman uchronique Romanitas de Sophia McDougall.
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