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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 17:33

Alexandre Afanassiev

Pour les articles homonymes, voir Afanassiev.

Alexandre Nikolaïevitch Afanassiev, en russe : Александр Николаевич Афанасьев (Bogoutchar, 23 juillet1 1826 - Moscou, 5 octobre2 1871) est moins un folkloriste russe qu' un rassembleur et éditeur de contes populaires russes. Il a rassemblé et publié presque six cents contes traditionnels, dont des contes merveilleux, ce qui constitue de loin la plus grande collection de ce genre jamais publiée. Son premier recueil paraît en huit fascicules entre 1855 et 1867, et lui vaut d'être comparé aux frères Grimm.


Biographie

Alexandre Afanassiev naît le 11/23 juillet 1826, à Bogoutchar, près de Voronej. Il fréquente le lycée gymnasium de Voronej, avant d'aller étudier le droit à l'université de Moscou3, où il assiste aux cours des historiensConstantin Kaveline et Timofeï Granovski.

Dès 1847, alors qu'il est encore étudiant, il collabore à plusieurs périodiques dont Le Contemporain et Les Annales de la Patrie. Il publie entre autres une série d'articles sur la vie littéraire auxviiie siècle, et notamment sur Antioche Cantemir, Nikolaï Novikov et Denis Fonvizine, ainsi que plusieurs articles traitant de l'histoire du droit et de la littérature.

En 1849, Afanassiev est nommé conservateur des Archives moscovites du Ministère des Affaires étrangères, poste qu'il occupe jusqu'à ce que, en 1862, il ne soit contraint de l'abandonner suite aux remous causés par la publication de ses Légendes religieuses populaires russes.

Il appartenait à la mouvance d'Alexandre Herzen, de tendance progressiste et, notamment pour cette raison, il fut Atteint par la tuberculose, Afanassiev termine sa vie dans la pauvreté, étant même contraint de vendre sa bibliothèque pour s'acheter de quoi se nourrir4. Il meurt le 23 septembre/5 octobre 1871, âgé de quarante-cinq ans, à Moscou, où il est inhumé.

Œuvre

C'est dans les années 1850 qu'Afanassiev se découvre une vocation pour les études folkloriques. Ses premiers articles savants – « Sorciers et sorcières » (« Ведун и ведьма », 1851), « Sorcellerie dans l'ancienne Rus' », « Légendes païennes sur l'île de Bouïane » (« Языческие предания об острове Буяне' », 1858) – étaient largement inspirés par ce qu'on appelle l'école mythologique, qui traitait le folklore comme une mine d'informations pouvant servir à l'étude d'une mythologie païenne plus ancienne.

Dès le début des années 1850, alors qu'il est déjà connu par des ouvrages d'histoire et de mythologie russes, Afanassiev commence à penser à un recueil de contes. C'est alors qu'il est sollicité par la Société russe de géographie de Saint-Pétersbourg (section ethnographie) pour publier les archives de contes que celle-ci détenait depuis environ dix ans. Ces archives sont au point de départ de son recueil. Afanassiev y prend soixante-quatorze contes. Il y joint ses propres enregistrements (une dizaine de contes, provenant de sa province natale de Voronège), l'immense collection de Vladimir Dahl dont il retient cent quarante-huit textes (sur plus de mille), en plus de quelques collectes moins connues. Il y adjoint des contes déjà publiés (dont « Maria Marievna », « L'Oiselle de feu et le loup gris »), des contes tirés des chants épiques, des récits sur les morts, quelques textes satiriques du Moyen Âge (« Le Jugement de Chémiaka »), des anecdotes. Son recueil est la somme de tout ce que la civilisation paysanne, mais aussi urbaine, russe avait produit dans ce domaine avant 1855. Afanassiev n'est donc pas un collecteur, il est un éditeur de contes d'archives et un rassembleur de nouvelles collectes de contes. Sa première publication des Contes populaires russesNarodnye russkie skazki ») comporte huit fascicules publiés entre 1855 et 1863. Dans la deuxième édition (1871), qu'il avait préparée mais qui sortit après sa mort, il classe les contes (près de 600) en trois parties : contes d'animaux, contes merveilleux, contes dits réalistes. Ce classement a été conservé depuis lors. Le succès du recueil a été immédiat en Russie et ne s'est jamais démenti. Il en existe cinq éditions complètes annotées ; les éditions partielles ou pour enfants sont innombrables. Les sujets de contes ont été repris par des écrivains, des compositeurs comme Rimski-Korsakov, Stravinski, Prokofiev, des illustrateurs comme Ivan Bilibine et Viktor Vasnetsov. Il existe des traductions partielles ou complètes en anglais, français, allemand…5.

Afanassiev publie à part Les Légendes religieuses populaires russes (Русские народные легендыRusskie narodnye legendy), en 1860. Le livre comprend trente-trois contes religieux populaires qui mettent en scène Dieu/Bog, les saints, le Christ, mais aussi des membres du clergé, souvent caricaturés. Le livre est interdit par la sévère censure de la Russie tsariste, le Saint-Synode considérant le recueil comme blasphématoire.

De 1865 à 1869, Afanassiev, indoeuropéaniste convaincu, publie les trois tomes des Conceptions poétiques des Slaves sur la Nature (Поэтические воззрения славян на природуPoetitcheskie vozzreniia slavjan na prirodu), dans lesquels il s'efforce de retrouver les croyances depuis longtemps disparues des Slaves et des Indoeuropéens. Dans trois tomes de 700 pages chacun, il fournit une masse considérable de documents et d'informations sur le folklore russe et européen, sur l'histoire de la Russie, sur le paganisme tel qu'on pouvait l'envisager à l'époque. Toutes les informations qu'il fournit restent fiables encore de nos jours. On ne peut en dire autant de ses interprétations, faites dans le style de l'école mythologique du moment. Ainsi, il interprète le conte Vassilissa la Bellecomme une représentation du conflit entre la lumière du soleil (Vassilissa), la tempête (sa marâtre), et les nuages sombres (ses demi-sœurs)6. Par la suite, à l'époque soviétique, les tentatives de réédition de l'ouvrage se heurteront à une nouvelle censure.

Avant sa mort, Afanassiev édite encore un recueil en deux volumes de contes à destination des enfants (Русские детские сказкиRusskie detskie skazki, 1871), contenant un choix de contes d'animaux, contes merveilleux et contes facétieux adaptés au jeune public.

Parmi les contes retenus par Afanassiev figuraient des contes licencieux (réunis dans le manuscrit Русские заветные сказки'Russkie zavetnye skazki, "Contes secrets russes"). Ils ont été édités anonymement en Suisse3, à Genève, vers 1872, quelque temps après la mort du chercheur, leurs sujets obscènes et anticléricaux rendant impensable leur publication dans la Russie impériale. Ces contes ne seront publiés en Russie qu'en 19917.

Influence

Avant les travaux d'Afanassiev, commencés avant les années 1850, bien peu avait été fait dans le domaine des croyances et des traditions populaires de la Russie paysanne. La langue écrite russe, dérivée du slavon d'Église, était une langue de propagande religieuse, servant uniquement les besoins de l'Église et rejetant, voire censurant, tout texte profane. Ce n'est qu'à partir du xviiie siècle, avec les réformes de Pierre Ier, qu'apparaît une libéralisation de l'écriture, laissant passer de plus en plus d'œuvres d'inspiration profane. L'œuvre d'Afanassiev a largement contribué à la connaissance, la propagation et la légitimation de la culture et des croyances populaires russes.

On peut également apprécier l'influence des contes d'Afanassiev sur bon nombre d'écrivains et de compositeurs, notamment Rimsky-Korsakov (Sadko, La Fille des neiges), Serge Prokofiev (Chout - le bouffon) et Stravinski(L'Oiseau de feu, Petrouchka et L'Histoire du soldat)8.

Certains contes rassemblés et classés par Afanassiev – les contes merveilleux, no 50 à 151 – serviront par ailleurs de base d'analyse à Vladimir Propp pour sa Morphologie du conte (1928)9, ouvrage fondamental en ce qui concerne l'étude de la composition du conte merveilleux (et des conséquences que cela a pu avoir secondairement sur le structuralisme littéraire). La seconde édition des contes d'Afanassiev, et le travail de classement opéré par celui-ci, inspirera également le Finlandais Antti Aarne pour établir la classification des contes en contes-types, travail continué par l'Américain Stith Thompson (Classification Aarne-Thompson), comme on peut le noter du fait que la numérotation des types de cette classification est souvent identique à celle d'Afanassiev, comme l'est la division en grandes catégories : contes d'animaux, contes merveilleux, contes de la vie de tous les jours7.

Œuvres en français

  • Contes populaires russes d'Afanassiev, Maisonneuve et Larose, 1988, 1990, 1992, introduction, annotation, traduction par Lise Gruel-Apert ; réimpression 2000 ; Maisonneuve et Larose, 2003, traduction Lise Gruel-Apert, épuisés. Nouvelle édition complétée avec nouvelle introduction par L. Gruel-Apert; postface de Tatiana Grigorievna Ivanova parue chez Imago (3 tomes, 2009-2010) : (ISBN 978-2-84952-071-0), (ISBN 978-2-84952-080-2),(ISBN 978-2-84952-093-2). Nouvelle édition 2014.
  • Contes érotiques russes, Le Serpent à plumes, 2002 (ISBN 2-84261-339-2)
  • Contes de la renarde, illustrations de Florence Koenig, Hachette jeunesse, collection Bibliothèque rose, 1994. Contes à partir de 7 ans.
  • Contes du dragon, illustré par Florence Koenig, Hachette jeunesse, collection Bibliothèque rose, 1995. Contes à partir de 6 ans.
  • Contes du prince Ivan, illustré par Lybé, Hachette jeunesse, Coll. Bibliothèque rose, 1994. Contes à partir de 7 ans.
  • Du côté des frères Grimm et d'Alexandre Afanassiev. Quelques collectes de contes européens. Actes du colloque de septembre 2011 organisé par la Bibliothèque nationale de France, Paris 2013. Articles sur Afanassiev de Lise Gruel-Apert et Tatiana Grigorievna Ivanova.

Bibliographie

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 12:03

Blanc d'Amérique latine

 

 

 

 



Blanc d'Amérique latine

Populations significatives par régions
Drapeau du Brésil 93M1
Drapeau de l’Argentine 38M2
Drapeau du Mexique 12M3, 16M2
Drapeau de la Colombie 11M2
Drapeau de Cuba 7,3M4
Drapeau : Venezuela 5,6M5
Drapeau du Pérou 4,4M6
Drapeau du Costa Rica 3,5M2
Drapeau du Chili 3,2M7
Drapeau : Uruguay 3,1M6
Drapeau de Porto Rico 2,8M6
Drapeau de la République dominicaine 1,5M6
Drapeau de la Bolivie 1,4M6
{{{région 14}}} 1.4M8
Drapeau : Paraguay 1,3M2
Drapeau du Nicaragua 1M6
Autres régions 1,1M6
Population totale 192 – 209 millions
33 ou 36 % de la population latino-américaine6,2
Autres
Région(s) d’origine

Europe

Langue(s)

Espagnol, portugais et autres langues9

Religion(s)

Christianisme (majoritairement catholiques, avec une minorité de protestants), et autres religions10

 

 

 

 

 

Le terme de blanc d'Amérique latine désigne des individus de type caucasien vivant dans les pays localisés en Amérique latine. Les personnes de type « blanc », dans un pays d'Amérique latine, peuvent être différemment classées d'un pays à un autre. Dans certains pays comme l'Équateur, les personnes de type caucasien sont socialement acceptables car ils représentent un haut statut socioéconomique. La règle coloniale d'Amérique latine garde une stricte perception de ses sujets, considérant que les personnes chrétiennes (c'est-à-dire Européennes) être de sang pur. Cela signifie que les lois ethniques en Amérique avaient toujours encouragées la ségrégation raciale et sociale11,12,13.

Les latino-américains de type caucasien sont les descendants de fondateurs européens venus en Amérique durant les périodes coloniales et post-indépendantes. Ces nombreux fondateurs étaient majoritairement d'origine espagnole, portugaise et également italienne (minoritaire). Notamment, une très grande immigration d'Allemands, de polonais, d'irlandais, britanniques, français, russes, belges, néerlandais, scandinaves, ukrainiens, croates, suisses, grecs et autres d'origine européenne, a particulièrement influencé14,15,16. Dans certains pays, la population d'origine asiatique et orientale est également omniprésente. La majorité des personnes de type arabe sont d'origine libanaise, palestinienne et syrienne, parmi lesquelles peuvent également et notamment être perçus des arméniens et juifs maghrébins17.

Partie intégrante de 33 à 36 % de la population, en date de 2010, d'après plusieurs sources6,2, les blancs d'Amérique latine représentent la plus vaste catégorie ethnique du continent, une catégorie ethnique de regroupement démographique basée sur des critères extérieurs imposés sans aucune cohésion interne ou auto-identification dans le groupe. Néanmoins, le terme blanc est l'identité d'un bon nombre de latino-américains dans certains recensements nationaux, comme il est décrit plus haut dans l'article. D'après une étude, menée par Simon Schwartzman de la Cohesión Social en Amérique latine, 10 000 personnes de sept différents pays du continent, soit 34 % des personnes interrogées s'identifient eux-mêmes en tant que « blancs »18.

Histoire

Plus d'un million d'espagnols et de portugais ont fondé leur propre colonie en Amérique durant la période coloniale19. Dans le cas des portugais au Brésil, elle fut lente des années 1500 à 1640, mais s'accroît notamment durant les années 1701 - 1760, durant lesquels 600 000 portugais arrivèrent de métropole. L'écrivain brésilien Renato Pinto Venâncio estime - basé sur plusieurs études effectuées sur le sujet - que quelques 724 000 portugais arrivèrent en territoire brésilien durant l'entière période coloniale20.

 

 

 

 

Amérique latine.

 

 

 

 

Dans le cas particulier des espagnols, il semblerait, malgré les variantes estimations, que l'immigration des conquistadores et des colonialistes sur le continent s'est faite durant l'entière période coloniale, ce qui expliquerait le métissage ayant pris place dans plusieurs zones. Certaines estimations exposent que 200 000 espagnols étaient venus en Amérique durant les années 1509 - 179021. Le Mexique et le Pérou étaient devenu les principales destinations des colonialistes espagnols au XVIe siècle.

Après la Guerre d'Indépendance, les chefs de plusieurs pays du continent concluent à tort que le sous-développement de leur pays est dû à la population amérindienne, métisse ou mulâtre19, dès lors le projet de « blanchir » la population a été mise en marche22. Depuis, la plupart des pays latino-américains ont instauré des lois dans le but d'augmenter l'immigration européenne, et la plupart de ces pays, comme l'Argentine, Chile, l'Uruguay et le Brésil, ont été les destinations les plus privilégiées. Le nombre d'immigrés européens, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, a largement surpassé le nombre de colonialistes. Même si le nombre varie grandement, il est estimé à plus de 12 millions14. L'Argentine en accueille 6,4 millions et le Brésil en accueille 4,4 millions entre 1821 et 193223.

Populations

En termes de population, la plus grande population dite « blanche » est localisée au Brésil, avec 95,3 millions sur un total de 191,9 millions d'habitants, ou 49,7 % de la population totale1. L'Argentine est le deuxième plus grand pays abritant une population majoritairement blanche, et le Mexique en est le troisième. En termes de pourcentage, l'Argentine et l'Uruguay ont la plus grande majorité de populations blanches, avec 90 % de leurs populations respectives qui se disent « blanches ». Aux dépens de la définition d'« Amérique latine », quelques petites minorités de populations blanches sont localisées au Honduras, avec seulement 1 % de blancs, soit approximativement 75 000 habitants, ou en Haïti. Les recensements de la population au Guatemala se basent sur une seule catégorie - les blancs et métisses - soit, le pourcentage exact des guatémaltèques d'origine blanche est indéterminé24.

 

 

 

 

 

Pays % local Population
(en millions)
Drapeau du Brésil Brésil 49,71 93
Drapeau de l’Argentine Argentine 852 ou 86,125 38
Drapeau du Chili Chili 207 3,2
Drapeau de la Colombie Colombie 252 11
Drapeau de Cuba Cuba 65,14 7,3
Drapeau : Venezuela Venezuela 2052 5,6
Drapeau du Mexique Mexique 926, 152 12, 16
Drapeau du Pérou Pérou 1527 4,4
Drapeau du Costa Rica Costa Rica 822 3,8
Drapeau de Porto Rico Porto Rico 75.828 2,8
Drapeau : Uruguay Uruguay 8829 3
Drapeau de la République dominicaine République dominicaine 1630 1,6
Drapeau de la Bolivie Bolivie 1531 1,4
Drapeau : Équateur Équateur 10.48 1,4
Drapeau : Paraguay Paraguay 202 1,3
Drapeau du Nicaragua Nicaragua 1732 1

 

 

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 10:00

Effet Flynn


220px-Jim_Flynn_Political_Studies_Univer
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James R. Flynn en juin 2007.

 

 

 

 

On appelle effet Flynn (du nom du chercheur James R. Flynn qui en fit l'observation, terme inventé par Richard Herrnstein (en) et Charles Murray (en), auteurs de The Bell Curve) l'accroissement lent - et que l'on a quelque temps cru inexorable - du rendement moyen à des tests de type QI observé depuis 100 ans dans les pays industrialisés. Ce qui se traduit dans la pratique par une meilleure mise en valeur du potentiel intellectuel des habitants de ces pays.

 

 

 

 

Les origines de la théorie

Les tests d'intelligence tentent d'inférer la compétence (l'intelligence) à partir de la performance d'un sujet à un certain nombre d'épreuves. Ces performances recueillies sur des grands échantillons après des traitements statistiques peuvent servir à comparer les sujets entre eux. En faisant passer à des sujets deux version d'un même test dont les étalonnages réalisés à plusieurs années d'écart J.R Flynn « constate que les résultats de ces individus à la version la plus récemment étalonnée sont systématiquement inférieurs à ceux qu'ils obtiennent à la version la plus ancienne. Comme le résultat à un test d'intelligence représente la position d'un individu au sein de la distribution de l'échantillon d'étalonnage de ce test J.R Flynn en conclut que le niveau moyen de l'échantillon d'étalonnage s'est élevé lors de chaque ré-étalonnage d'un même test »1,2. Neisser effectua une démarche similaire mais en étudiant plus les facteurs de développement et observa les mêmes résultats3.

Le gain moyen de points de QI semble compris entre 3 et 7 points par décennie selon les études. Mais comme les gains semblent se centrer sur l'intelligence générale, les évaluations sont donc logiquement fluctuantes. Tout ceci peut être expliqué par un allongement de la durée des études, l'égalité d'éducation homme/femme, la pédagogie, la meilleure compréhension par les parents du monde scolaire mais aussi une plus grande attention parentale. Ironiquement, sur les matières scolaires, peu de gains sont observés, on y enregistre même des pertes. Le test ayant vu son résultat le plus augmenter étant celui des matrices progressives de Raven. Ce sont les Pays-Bas qui vont amener la plus grande source de données avec des tests de QI effectués par les appelés au service militaire. Ces tests vont démontrer une progression du QI au test de l'ordre de 21 points entre 1952 et 19823.

 

 

 

300px-Qi_histoire.jpg
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Possible projection de l'effet Flynn au travers des Âges, Hugues Crepin4,5

 

 

 

 

Certaines études qui se concentrent sur la distribution des scores au sein des résultats de QI ont déterminé que l'effet Flynn influait majoritairement sur la moitié inférieure des gens, extrêmes exclus. Pour la moitié supérieure, l'effet est nettement moindre et quasi nul chez les surdoués et les génies. Teasdale et Owen ont déterminé lors d'une étude en 1987 sur les populations hispaniques que ce phénomène se marquait essentiellement sur les plus mauvais résultats, les transformant en résultats moyens6. Cependant, comme dans d'autres études, les améliorations ont essentiellement été observées sur les test portant sur les matrices de Raven. Sur la plupart des tests, on observe une nette progression des tests. Deux larges groupes d'enfants hispaniques ont ainsi été testé sur une différence de 30 ans. La comparaison de QI a montré7 :

  1. le QI de compréhension avait augmenté de 9,7 points
  2. les gains se concentraient essentiellement pour la moitié inférieure de l'échantillon et de manière négligeable pour la moitié supérieure
  3. il existe une corrélation entre la proportion du gain et le QI de base, le gain étant quasi nul pour les hauts QI

Face à ces différences fort importantes, certains décidèrent de prendre ce phénomène au sérieux. Ainsi, Ulric Neisser, qui fut à la tête de l'Association des Psychologues d'Amérique réussit, à faire consensus sur ceci : il fut déterminé qu'un enfant de 1932 passant un test du niveau de 1997, s'il obtenait 100 en 1932 serait probablement considéré comme débile léger en passant le test de 19973. Se basant sur les chiffres de Raven, Neisser estima que l'on pouvait l'extrapoler et que 21 à 35 points de progression pouvaient être démontrés entre 1952 et 1982. Cependant Arthur Jensen critiqua à juste titre la méthode en démontrant que le QI d'Aristote serait alors de -1000 même s'il scorifiait réellement à ses 200 évalués de nos jours.

Cependant, une approche inspirée du nexialisme a permis, en rassemblant les résultats de Dickens & Neisser, tenant compte de la théorie des cycles et crises historiques d'Oscar Spengler et en recyclant la formule bancaire des intérêts, de passer outre l'objection de Jensen. En effet, le gain de QI n'est pas un gain absolu, c'est un gain proportionnel à son époque de référence, il ne s'agit donc pas d'un gain linéaire.

La majorité de l'effet Flynn se concentrerait dans les aptitudes sémantiques et mémorielles bien qu'il soit possible que cette observation actuelle soit due au fait que nous avons déjà majoritairement rempli les autres niches de compétence. Cela étant, les variations d'aptitudes à la communication écrite et orale de 1960 à nos jours ne semblent pas aller dans le sens de cet optimisme.

 

Causes possibles


Il semble que ce soit une conjonction de facteurs :

  • On pense à l'amélioration de la qualité de la nutrition. On a pu constater des gains de quelques points.
  • L'allongement et la généralisation de la scolarité jouent un rôle certain, mais on ignore dans quelle mesure.
  • Le fait que les parents accordent plus précocement de l'attention à leur(s) enfant(s).
  • Le travail fait sur la pédagogie peut jouer, y compris par une diminution de la violence familiale longtemps considérée comme « éducative »
  • La sécurité et l'hygiène publique peuvent également jouer un rôle important en diminuant le temps consacré à sa sécurité personnelle et sa santé
  • Philippe Dumas8 défend l'idée que l'exposition intensive des tout jeunes aux objets des Tic (Technologie de l'Information et de la Communication) est un des facteurs-clés de l'effet Flynn (l'augmentation générale du Q.I. et de la demande de stimulation intellectuelle).
  • Pour Francis Heylighen : « Un facteur plus général est que cette société dans l'ensemble fonctionne à un niveau intellectuel plus élevé, proposant à l'enfant curieux plus d'informations, de défis plus intellectuels, de problèmes plus complexes, plus d'exemples à suivre, et plus de méthodes de raisonnement à appliquer. Juste en utilisant les appareils quotidiens, tels que les fours à micro-ondes, et les thermostats, exige un type plus abstrait de raisonnement dont la génération plus ancienne est souvent incapable. La plus grande complexité de la vie est susceptible de stimuler une plus grande complexité d'esprit. L'utilisation croissante des ordinateurs pour l'éducation ou les jeux précoces est susceptible d'augmenter la connaissance générale, le raisonnement abstrait et l'agilité intellectuelle. »[réf. nécessaire]

Ne pas oublier que cet effet n'a pas pu être constaté en dehors des quelques pays industrialisés qui utilisent régulièrement les tests de Q.I. . L'évolution de ces pays dans les domaines sanitaires, éducatifs et autres doit donc forcément être pris en compte.

 

Facteurs possibles


Une nuance sera ici faite entre les stimulations passives qui sont moins fortes et essentiellement de milieu (enrichissement environnemental (système neural) et les stimulations actives nécessitant donc une participation des individus, beaucoup sont aussi actives que passives.

 

 

Médias

  • Invention de la radiophonie : informations (passif)
  • Invention de la télévision : informations, stimulation des aptitudes visuelles (passif)
  • Invention du jeu vidéo9
  • Invention d'Internet : informations, communications, recherches, stimulations diverses
  • Mise au point du Multimédia : stimulation multidimensionnelle (majoritairement passif)10.

Technologiques

  • voir "médias"
  • Sédentarisation : santé, sécurité, accumulation de biens, recherches
  • Salubrité des habitations : santé et perceptions (passif)11
  • Sciences et Mathématiques : recherches, compréhension, raisonnements
  • Imprimerie : informations, partage, communications, préservation du savoir12
  • Industrialisation : diffusion à grande échelle de biens matériels, théories de Malthus
  • Électricité : ampoules électriques permettant de lire en tout temps, machines
  • Véhicule automobile : déplacement, communication, sécurité, influe sur les aptitudes manuelles, visuelles mais aussi sur les réflexes

Physiques

  • Médecine : longévité & santé
  • Hygiène : santé
  • Alimentaire : croissance, productions enzymatiques, santé, lutte contre les carences (parfois négatifs dans les cas d'excès ou de déséquilibre)
  • confort : libération de l'esprit, sentiment de bien être (passive et parfois à effets négatifs aussi)
  • sécurité : baisse des angoisses, libération de l'esprit, diminution des traumatismes (passive et parfois à effets négatifs aussi).

Pédagogiques

  • Philosophie : raisonnement, recherches, évolutions (active)
  • Attention parentale : sécurité, meilleure construction de soi, suivi scolaire (actif pour les parents, passif essentiellement pour l'enfant)
  • Baisse de l'inceste : diminution des traumatismes et augmentation de la confiance et de l'image du monde13
  • Augmentation de l'alphabétisation primaire et secondaire : informations, communications, recherches, vocabulaire
  • Éducation féminine : C'est l'un des effets les plus importants car jusqu'à il y a moins d'un siècle, l'état intellectuel dans lequel était maintenu les femmes suffit à lui tout seul à expliquer le niveau intellectuel moyen très bas des populations puisque la moitié de cette population n'avait droit qu'à une éducation limitée mais aussi une considération très relative (actif jadis, plus passif aujourd'hui, faute de combats). Il n'y a plus guère que chez les surdouées que se rencontre encore dans les pays industrialisés la personnalité en "faux self" consistant pour les femmes à créer une personnalité de façade conforme aux règles sociales et donc à sacrifier son intelligence pour être acceptée14,15.
  • Longueur des études : connaissances, raisonnements, sociabilité, informations
  • Formations : connaissances, stimulation d'aptitudes pas ou peu utilisées (actif)
  • Linguistiques : évolution de l'usage des patois vers celui de langues de plus en plus complexes puis de parfois des situations de polyglottes de plus en plus courantes16.

Génétiques

  • Darwinisme social : peut être positif, négatif ou neutre, inconsciemment toute société valorise certains critères, ceux qui les possèdent ont plus de facilité à se marier et/ou à avoir des enfants et la société a donc tendances à sélectionner, inconsciemment ou non, certaines valeurs mais l'effet Flynn n'a sinon rien à voir avec aucun facteur génétique, seulement avec l'expression de son potentiel, donc une sélection génétique et non une manipulation mais avec ses risques d'eugénisme (passif). Le darwinisme social est ici abordé dans le sens de Charles Darwin lui-même et non dans celui de Francis Galton.

Sociaux

  • Longueur du travail : moins les gens sont épuisés, plus ils pensent mais à un stade, certains tombent dans l'oisiveté et la tendance peut alors s'inverser (actif) voir aussi burnout et les délices de Capoue
  • Congés : idem
  • Loisirs : stimulations diverses et lutte contre les névroses mais favorise aussi la kinesthésie voir aussi Enrichissement environnemental (système neural)
  • Enseignement gratuit : suppression d'une grosse partie des barrières financières, un axe majeur du saut de QI observé dès la Révolution Industrielle mais ce stimulus semble avoir désormais disparu car la progression n'est pas infinie et une société d'universitaire n'est pas encore socialement possible17,18
  • Bourses : suppression de la fatalité sociale voir aussi Quotient_intellectuel#Historique /Jean Frêne
  • Égalité Homme/Femme : longtemps la moitié de l'Humanité a été intellectuellement sacrifiée, c'est l'un de biais des tests de QI, ils doivent porter sur l'ensemble de la population or jusqu'au 20e siècle, la grande majorité des femmes n'avaient pas droit à l'enseignement d'où un effet important sur le progrès, en ces époques, les tests de QI auraient d'ailleurs été différents pour les hommes et les femmes afin d'équilibrer le résultat ce qui n'est absolument plus nécessaire de nos jours. Voir aussi Féminisme

Ceci explique aussi que cet effet soit aussi complexe à observer mais explique aussi pourquoi l'évolution de l'intelligence au travers des Âges a été exponentielle. En réalité, les civilisations de l'Antiquité disposaient déjà des moyens nécessaires à créer une Révolution industrielle mais c'est la volonté politique de ne prendre aucun risque social et la crainte de perte d'identité par refus des mixités sociales et ethniques qui bloquait tout. C'est ce qu'exprime la réponse que fait, aux alentours des années 300 de notre ère l'empereur Romain Dioclétien, à un inventeur qui lui présentait les plans d'un nouvelle machine, sans doute un appareil de levage : « Si je construis cette machine, je priverai mes hommes de travail. Alors, comment les nourrirais-je ? »19

Proposition d'explications

Les essais d'explication incluent la nutrition, la diminution de la taille des familles, une meilleure éducation, l'égalité homme/femme, une plus grand complexité d'environnement ainsi qu'une forme d'eugénisme. Une autre proposition serait tout simplement que nous sommes de plus en plus familiarisés avec les types de test20.

Éducation

Beaucoup d'études montrent que les enfants n'ayant pas une scolarité régulière ou pas de scolarité du tout obtiennent de moins bons résultats aux tests, même si les parties "scolaires" des tests sont celles dont les résultats stagnent le plus voire régressent. Dans les années '60, aux États-Unis, certains comtés de Virginie avaient fermé leurs écoles afin de lutter contre la mixité ethniques, des écoles privées avaient été organisées mais uniquement accessibles aux blancs (Mouvement des droits civiques aux États-Unis). Au total, il fut observé une chute de 6 points de QI par an chez les enfants afro-américains à niveau d'âge comparé. Le problème avec cette explication est qu'elle mélange des sujets à la fois plus récents et plus anciens. En effet, durant la ségrégation, les enfants noirs n'allaient pas dans les mêmes écoles que les enfants blancs et leur niveau n'était donc pas comparable, le programme n'étant pas suivi de la même manière d'une part mais les enfants noirs étaient également beaucoup plus perturbés par un climat de violence permanente. Cependant, au final, les impacts semblent finalement avoir été nuls, seulement temporaires. Les mathématiques semblent ici avoir été l'impact le plus important21.

Pour ce qui est de l'explication concernant une vulgarisation de plus en plus importante de la population envers les tests eux-mêmes, ils sont aisément démontrés. Par exemple, des enfants qui passent un test une première fois puis le repassent gagnent facilement 5 à 6 points. Néanmoins, un plafond se révèle rapidement surtout vu la sophistication des test actuels et si l'on fait repasser strictement le même test (avantageant ainsi la mémoire) ou s'il ne s'agit que d'un test de même type mais avec des questions différentes. Ce qui est troublant par contre, c'est que comme mentionné plus haut, les bénéfices observés sont moindres sur les matières scolaires alors que ce phénomène fait justement appel aux compétences scolaires.

Une autre théorie est que beaucoup de parents s'investissent désormais dans le développement intellectuel de leurs enfants et les encouragent nettement plus que dans le passé (avant guerre). Des programmes de développement précoce ont démontré des résultats mitigés. Certains programmes pré-scolaires (3-4 ans) tels Head Start n'ont pas produit de changement significatif sur les QI mais plus sur d'autres compétences. Le projet d'alphabétisation précoce, qui est un programme journalier fournissant une variété importante de stimulations environnementales dans la vie des enfants, a par contre démontré un gain de QI qui persistera durant toute la scolarité primaire. Cette intervention très intensive a permis un gain moyen de 5 points de QI mais tous ces types de projet n'ont pas rencontré autant de réussite. Bien des gains se sont avérés s'évaporer jusqu'à l'âge de 18 ans et certains autres projets, s'ils n'ont pas démontré de gains sur le QI, ont eu un impact sur des aptitudes cognitives significatif22.

Modernisation de la société

On dit également que l'environnement général est de plus en plus stimulant et complexe. L'une des conséquences les plus frappantes est bien entendu la modification de l'environnement intellectuel durant le 20e siècle avec l'exposition grandissante à différents types de médias et surtout la création de nouveaux médias et donc la stimulation de capacités autrefois non sollicitées. Depuis la projection d'images simples vers le cinéma, la télévision, les jeux vidéo puis les applications multimédia de l'informatique actuelle, chaque génération a été exposée à une expérience visuelle plus riche que la précédente, pratiquant de plus en plus une analyse visuelle soumise à une variété grandissante de stimuli. Ceci pourrait expliquer pourquoi les tests tels les matrices progressives de Raven obtiennent de tels gains, car ils requièrent justement un haut niveau d'analyse visuelle. Cette explication impliquerait également que les test de QI ne portent pas sur un niveau d'intelligence générale (dit aussi "g-factor") mais bien sur différentes formes d'intelligences développées par différents types d'expériences. Un gain observé uniquement sur une forme particulière de test, donc sur un registre limité de l'intelligence, expliquerait pourquoi l'effet Flynn n'a pas causé une telle révolution intellectuelle, au point qu'elle soit impossible à occulter.

Si l'on se réfère aux travaux du professeur James Flynn, il se pourrait que ces gains soient dus à la modernisation qui demande de jongler en permanence avec des concepts plus intellectuels et plus abstraits mais aussi à la diminution de la taille des familles depuis un siècle. Une portion importante des test de QI porte en effet sur des aptitudes qui n'étaient jadis quasiment pas utilisées. Il donne un exemple avec la question suivante : « Qu'est-ce qu'un chien et un lapin ont en commun ? » Un contemporain répondrait qu'ils sont tous les deux des mammifères (réponse abstraite) alors qu'il y a un siècle, la réponse la plus commune aurait été que l'on chasse les lapins avec les chiens (réponse concrète). Cependant, chez les enfants actuels, on pourrait avoir la réponse que ce sont deux animaux de compagnie (réponse concrète), preuve que ce genre de sujet est assez complexe surtout quand plusieurs réponses sont possibles et exactes.

Nutrition

Une amélioration de la nutrition apporte encore une autre explication. Les citoyens des pays industrialisés sont aujourd'hui nettement plus grands que leurs ancêtres, même sur un siècle. L'évolution de la taille est largement attribuable à une amélioration de la nutrition, le développement cérébral durant la grossesse, et son impact sur l'enfance en serait donc une conséquence logique. Le gain en taille est de près d'un centimètre par décade et avec un gain en volume cérébral appréciable, le problème de cette piste étant que les résultats de QI des personnes de petite taille et plus globalement des femmes ou des asiatiques ne montre pas de baisse de QI significative à âges, scolarité et milieux comparés. Une étude de 2005 revient à nouveau sur le fait que les gains observés par nutrition ont essentiellement un effet sur les parties inférieures des échantillons, où les carences alimentaires sont les plus sévères. Cependant l'interprétation de cet effet, largement validé, est délicate : les gains les plus importants étant observés pendant l'enfance, la population adulte peu concernée par ce bénéfice, hormis les personnes souffrant de malnutrition, qui développent des problèmes intellectuels liés à leur état général physique dégradé.

On a également observé une légère modification de la taille et de la forme de la boîte crânienne aux États-Unis ces 150 dernières années. Ces changements doivent avoir lieu durant les premières années de la vie pour avoir une influence23.

Définition de l'intelligence

Flynn prétendait à l'origine que l'augmentation la plus large ne traduisait pas une augmentation de l'intelligence globale mais plutôt une augmentation des aptitudes d'abstraction, avec relativement peu d'applications concrètes. Ceci nous fait revenir sur la validité des test de QI mais aussi sur la définition que chacun se fait du terme "intelligence". Certains auteurs prétendent également qu'un tel gain de QI aurait du se traduire par une révolution de nos sociétés, qui n'ont en fait pas tant changé que ça. Sur ce point, on observe que de nombreuses valeurs autrefois inculquées par la contrainte, car non-acceptées ou incomprises par la population, sont désormais mieux intégrées. Les gains se portent essentiellement sur les courbes basses et moyennes de la population. Les courbes hautes de la population ont, elles, fort peu évolué, - mais les dirigeants doivent faire moins d'efforts pour se faire comprendre. Le gain de QI est socialement relatif.

Dickens et Flynn ont présenté en 2001 un modèle afin de résoudre une série de contradictions sur ces études. Ils parlent désormais d'effets bilatéraux avec des mesures d'héritabilité ayant des effets sur le génotype, qui vont influencer l'environnement général, qui va lui-même indirectement encore influencer le génotype et donc affecter le QI. Le QI "crée" le QI en quelque sorte. Cependant ce type d'effet de "mise en résonance" finit forcément par "s'étouffer", tout en pouvant présenter une phase d'accélération fulgurante à certains moments. Ainsi l'effet se constate sur une certaine durée car les tests sont effectués sur 3 voire 4 générations coexistantes, avec chacune leurs expériences et leur niveau, l'emballement ayant lieu quand toutes les générations coexistences bénéficient pleinement d'un gain positif. Cependant, inévitablement, quand toutes les conditions requises sont réunies sans que de nouvelles conditions apparaissent, le gain se stabilise voire régresse légèrement, faute de "carburant" 24,25,26". Actuellement, la piste génétique est encore recherchée tandis que l'on s'interroge aussi sur l'impact des polluants sur le système nerveux central, - leur influence pouvant en effet avoir à terme un impact sur la courbe de l'effet Flynn. L'on étudie désormais la combinaison de tous ces effets, le professeur Jensen émet des doutes sur leur réalité, arguant que les anciens auraient alors du avoir un QI négatif, le professeur Flynn penchant plutôt vers la piste génétique.

Des chercheurs tels le professeur J.P. Rushton27 argumentent que l'effet Flynn ne traduit pas une modification de l'intelligence générale mais porte seulement sur quelques aptitudes. Cependant des études récentes confirment encore l'augmentation importante de l'intelligence générale de la population 28,29.

Des études croisées entre plusieurs groupes cibles, afin de calculer une possible variabilité, effectués avec des tests excluant les biais culturels, démontrent clairement un accroissement significatif que l'éveil d'un potentiel ne suffit pas à expliquer sur au moins 5 familles d'aptitudes mesurables. En d'autres termes, selon cette recherche, certains gains de QI entre générations sont attribuables à une modification du mode de fonctionnement ou à d'autres méthodes de mesure mais ne traduirait pas un gain d'intelligence générale30.

Explications multiples

En 2003, les conclusions d'une étude effectuée au Kenya entre 1984 et 1998 ont démontré que l'effet Flynn y était essentiellement lié à l'instruction des parents, la structure familiale ainsi que l'alimentation et la santé des enfants31.

En 2006, une étude effectuée au Brésil sur la différence entre des données de 1930 et celles de 2002-2004 montre le plus grand écart jamais observé. Ces résultats corrèlent essentiellement la stimulation cognitive et l'hypothèse de l'amélioration de la nutrition32.

En définitive, c'est la piste nexialiste qui pourrait bien résoudre l'hypothèse de l'effet Flynn. En effet, la pédagogie a largement démontré l'influence de tous ces facteurs mais les chercheurs travaillent souvent sur des secteurs trop réduits. Or ce phénomène est multidimensionnel. Donc, globalement, des femmes enceintes qui se nourrissent bien et ont des enfants volontairement, dans un milieu en paix et avec peu de violence mettront au monde des enfants plus sains et plus éveillés. Ces enfants, correctement nourris, ayant accès à de multiples expériences et suivant une bonne scolarité auront forcément un meilleur niveau. Il est logique également que l'amélioration substantielle du niveau intellectuel des femmes et l'égalité homme/femme donne dans un couple un meilleur niveau intellectuel mais aussi de meilleurs soins et choix pour les enfants. Cependant, l'atmosphère actuelle de pollution, divorce/séparation, guerre des sexes, virtualisation à outrance, stress, malbouffe, abandon moral, ... génère forcément des effets négatifs expliquant le plafonnement voire la régression de l'effet Flynn.

 

L'effet Flynn, est-ce fini?

 


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William T. Dickens et James R. Flynn écrivent que les noirs américains gagnent 5 ou 6 points de QI par période sur les blancs non-hispaniques entre 1972 et 2002. Ce graphique montre des gains sur différents tests33.

 

 

 

Stagnation et régression



L'effet Flynn semble désormais stagner voire légèrement régresser dans les pays industrialisés, c'est l'Angleterre qui rencontra cette situation la première dès la fin des années '80. Beaucoup de raisons sont avancées tant une immigration intense de personnes n'ayant pas encore bénéficié de l'effet Flynn, des changements dans la pédagogie et la politique, la pollution, un manque d'innovations, ... Il est également possible que le phénomène ait besoin d'une crise grave afin de rebondir, c'est assez courant dans les domaines historiques que de constater que des évolutions sont bloquées par une inertie sociale ou dogmatique que seule une crise grave et parfois sans aucun rapport permettra de résoudre34. L'effet Flynn a également été très brutal en un siècle dû entre autres au fait que l'évolution potentielle de l'Humanité avait été contrariée pendant près de deux millénaires par des considérations sociales et des errements d'autoritarisme.

L'effet Flynn peut s'être arrêté dans certains pays industrialisé depuis le milieu des années 1990. Au Royaume-Uni, en ce qui concerne les adolescents, il pourrait même avoir stagné depuis les années 1980. Teasdale & Owen déclarent : « les analyses de tests d'intelligence de près de 500.000 jeunes Danois entre 1959 et 2004 montrent que l'augmentation a connu son apogée fin des années 1990 et aurait légèrement régressé jusqu'à un niveau d'avant 1991 ». Ils estiment qu'« un facteur lié à cette récente chute pourrait être un déclin simultané du nombre d'étudiants en avance de 3 ans pour les 16-18 ans »35,36.

En 2004, Jon Martin de l'Université d'Oslo et ses collègues ont publié un article décrivant les résultats aux tests de QI des conscrits norvégiens entre 1950 et 2002 démontrant que l'amélioration des scores en intelligence générale s'est arrêtée après le milieu des années 1990 mais a régressé légèrement dans nombres d'autres tests36,37.

Le Conservatoire national des arts et métiers s'est également fait écho d'un début d'inversion de l'effet Flynn38.

Interprétations

Il est possible que cette "panne" de l'effet Flynn soit due à une crise des systèmes, un manque d'idéal, la liberté étant quasiment atteinte, peu de gens ont encore des buts idéalistes, ceux qui restent sont majoritairement dans des systèmes idéologiques ou religieux ce qui signifie que leur développement est autant bridé, cadré que surveillé. Il existe aussi une crise des systèmes éducatifs qui à force de ne voir que l'élévation de la moyenne a oublié de soigner l'excellence qui est étouffée. Or sans excellence, la moyenne manque de modèle et de "lièvres" à suivre, sa progression est donc fatalement réduite à elle-même. il règne également une sorte d'autosatisfaction actuelle comme si le niveau actuel était déjà considéré comme bien suffisant. Philippe Dumas parle plutôt lui d'une sorte d'incompréhension, un fossé des générations mais d'un nouveau genre, plus absolu, pas exclusivement rebelle mais plutôt parce que basé sur des expériences du monde qui deviennent totalement différentes entre autres les influences omniprésentes des TIC10.

Certains comme R. Lynn prétendent que l'effet Flynn a masqué un effet dysgénique39dans la reproduction humaine au sein des nations industrialisées et que désormais le QI ne peut que continuer à descendre. De toute manière, si déclin il y a, il y aura d'autres causes que dysgéniques. En effet, les modifications génétiques chez les organismes complexes prennent énormément de temps, des siècles voire des millénaires40,41. Ce qui signifie que l'effet Flynn est beaucoup trop rapide que pour être explicable de manière génétique (plus de 50 % de l'effet Flynn est observable sur une soixantaine d'années). Des chercheurs ont prévenu que des expositions continues aux industries chimiques amènent à des attaques du système nerveux, spécialement chez les enfants, ce qui pourrait amener à une pandémie silencieuse de l'intelligence dans les nations industrialisées avec des désordres mentaux grandissants42.

Prédictions

Si l'effet Flynn est terminé pour la majorité, il va continuer pour les minorités, spécialement avec les immigrés ou les communautés mal intégrées qui n'ont pas encore bénéficié de ses bienfaits et qui plombent donc nos résultats actuels alors qu'ils vont les magnifier demain (voir aussi hétérosis). Par exemple, William T. Dickens et James R. Flynn ont écrit dans leur article de 2006 "Les afro-américains réduisent leur retard de QI: des preuves par échantillons standardisés33" que les noirs américains continuent de gagner 5 à 6 points de QI envers les blancs non-hispaniques entre 1972 et 2002. Ces gains sont d'ailleurs cette fois largement homogène pour toutes les aptitudes. J. Philippe Rushton et Arthur R. Jensen se sont attelés à démonter cette théorie mais ont du concéder 3.44 points de QI en questionnant l'exclusion de 4 tests indépendants qui démontraient une évolution basse voire négative du QI des noirs américains. J. Philippe Rushton et Arthur R. Jensen ont remis en cause les éléments de cette recherche et ont calculé un gain de nul à 3.44 points en réfutant l'exclusion de 4 tests indépendants de l'étude qui démontraient des gains nuls voire négatifs43.

Mesure d'intelligence ou mesure de potentiel ?

C'est la première question à se poser, l'effet Flynn démontre-t-il une hausse de l'intelligence générale ou bien démontre-t-il une meilleure utilisation de notre intelligence et donc de notre potentiel intellectuel? Le fait est que théorie des intelligences multiples entre ici en conflit avec les Matrices progressives de Raven, soit l'on considère les matrices comme une branche de l'intelligence, soit l'on voit les matrices comme une forme de synthèse. Les test de Q.I. étant une sciences jeune, imaginés par Francis Galton et mis au point par Alfred Binet, ils ont déjà énormément évolué et le feront probablement encore beaucoup même si les outils multimédias actuels permettent d'appréhender une complexité plus grande que ne le permettaient les tests papier d'origine.

Critiques

Une limite sévère à l'idée d'Effet Flynn a été démontrée en 2005 par une étude de Philip Adey et Michael Shayer (King's College), portant sur 25000 élèves et montrant au contraire un retard mental de trois ans des collégiens britanniques de 2005 âgés de 11 ans par rapport à leurs homologues de 1975, sur le même test. L'affirmation est grave : 3 ans sur 11 représentent une chute de quotient intellectuel de 27 points en 30 ans. Cependant comme cette situation allait à l'encontre des résultats des recherches menées jusqu'alors, des recherches plus poussées furent effectuées dans d'autres nations industrialisées et démontra que si l'exemple anglais était bien un signe avant-coureur d'une fin de l'effet Flynn qui n'étant pas génétique n'est pas extensible à l'infini, il reflétait surtout une modification de la réalité scolaire, sociale mais surtout aussi en vertu d'une immigration massive de populations ayant encore assez peu bénéficié de l'effet Flynn3,44.

Affirmation éloignée de celle du professeur James R. Flynn, pour qui dans les pays où on a pris l’habitude d’utiliser ces tests, le QI progressait en moyenne de trois points par décennie. Si on gardait le même étalonnage, les mêmes enfants, sur-efficients il y a 100 ans, seraient juste dans la moyenne de nos jours (écart de 35 points) mais ceci serait sans tenir compte des lois de la statistiques qui pondèrent évidemment les gains en regard de leur niveau de référence. Cependant, si l'on se réfère à Neisser et Dickens, l'effet Flynn n'aurait que peu d'effets sur les hauts QI donc un établissement de haut niveau ne devrait donc pas à priori s'en trouver influé.

Effet Flynn ou non, il faut réactualiser régulièrement les tests. On le fait en moyenne tous les dix ans, en ré-étalonnant. Une personne passant donc les deux versions d'un même test aura par exemple 105 à l'ancienne version et 102 à la nouvelle, pour autant que l'on n'aie pas évolué avec son époque ou bien que le mode de vie n'ait pas entre-temps permis à cette personne d'avoir mieux réalisé son potentiel.

Et les gains, quand gains il y a, apparaissent là où on s’y attendrait le moins : dans les tests qui minimisent l’apport culturel. L’écart de rendement cité plus haut a été démontré avec l’outil que d’aucuns considèrent comme étant le moins chargé culturellement : les matrices progressives de Raven. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions mais ceci pose un souci de rétrécissement de la base d'évaluation de l'intelligence.

On a cru longtemps que les capacités intellectuelles baissaient avec l'âge... La prise en compte de l'effet Flynn a ensuite fait croire que nos capacités baissent moins qu'on le croyait de prime abord. L'étude d'Adey et Shayer montre que la réalité n'est sans doute pas aussi simple, les générations actuelles des 60 à 90 ans ayant démontré une adaptation admirable à la modernité, sans commune mesure d'avec leurs propres parents.

Effet artificiel : la fidélité de tests n'est jamais parfaite. On peut étudier la stabilité de niveau et la stabilité de classement. L'étude de la stabilité de niveau nous montre qu'il y a d'une application à une autre une différence significative ou non, selon les tests et selon les effets d'apprentissage. La stabilité de classement, étudiée à travers la corrélation n'est jamais parfaite. Prenons un test dont la moyenne est de 14 et l'écart-type de 3. À la deuxième application la moyenne est de 16 est l'écart-type de 3 aussi. Lorsqu'on transforme ces notes en QI standard avec une moyenne de 100 et un écart-type de 15 on amplifie artificiellement des différences qui sont parfois minimes et sans signification. Celui qui a obtenu à la deuxième passation une note de 16, autrement dit il est moyen, son score ramené, à la première passation, est à 2/3 d'écart-type de la moyenne de 14 et aura un QI standard de 110. Bien sûr cela paraît impressionnant et...on n'a fait qu'amplifier un écart faible de 2 points45. Ce qui est remarquable dans cette vision, c'est que cela rapproche les performances de QI des performances sportives démontrant bien là un lien très physique aux limites.

Exemples pratiques

Influence de la lecture sur le developpement de l'intelligence

Des recherches ont démontré grâce à des analyses IRM fines que l'alphabétisation provoquait non seulement des modifications de l'utilisation des zones cérébrales mais également une extension des aires du langage parlé. Il peut y avoir une migration de certaines fonctions d'analyse du cortex gauche vers le cortex droit mais également l'apparition de nouvelles connexions cognitives. Ces tests ayant eu lieu sur des adultes, l'on ne sait pas encore si cet effet est uniquement observable si l'alphabétisation a lieu durant l'enfance ni s'il est systématique. Ces études relancent également les questions sur l'usage de chaque zone cérébrale et si certaines sont en friches ou s'il s'agit d'une lutte entre fonctions. Le fait que l'aptitude à la lecture influence d'autres zones y compris les zones auditives souligne bien l'ampleur que l'alphabétisation maximale de la société a eu depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à son extension maximale en occident dans les années 1950 où elle atteint enfin le fond des campagnes (mais avec un pic d'efficacité avant la Première Guerre mondiale46)47.

Enrichissement environnemental

Des tests sur les animaux couplés à des analyses sur les populations humaines tendent à démontrer que l'intelligence dépend également du nombre et de la qualité des stimulations que nous recevons, même à l'âge adulte. À nouveau, ce sont des IRM fines qui permettent d'analyser de manière quantitative et qualitative les différences et de nous montrer que même à l'âge adulte, les connexions neuronales peuvent être améliorées par des stimulations adaptées. Donc, notre monde actuel étant plus riche en stimulus et plus pauvre en traumatismes enrichit notre cerveau ce qui crée un effet de second tour permettant parfois de lui-même apporter de nouveaux stimuli et/ou une amélioration de la société.

L'influence du saturnisme sur l'évolution au Japon

Cet exemple est très symptomatique des facteurs de milieu ou de coutume qui peuvent influer sur l'intelligence d'une nation. Le Japon de l'époque Edo est une nation élitiste avec une hiérarchie de type médiéval donc à organisation essentiellement héréditaire et guerrière. L'introduction de la culture chinoise va permettre l'épanouissement de la civilisation japonaise mais, dans le même temps, une simple pratique cosmétique va freiner voire détruire ce développement. De ce temps, les jeunes femmes de haut lignage se devaient d'avoir le teint le plus pâle possible ; même dans les bordels de haut rang, les prostituées se devaient d'être les plus pâles possibles afin d'être désirables. Cette coutume n'était pas strictement japonaise, elle avait lieu également en France où elle s'éteignit cependant au milieu du XVIIIe siècle ; en revanche, au Japon, elle durera essentiellement jusqu'à la seconde guerre mondiale.

Ce détail cosmétique, qui va ruiner en bonne partie l'intelligence de la haute société japonaise, est la céruse, un carbonate de plomb qui sera en plus utilisé au Japon sur l'ensemble du corps, les seins compris. Cela provoquera des cas de saturnisme chez les femmes de manière grave mais aussi chez les hommes, par contact ou simplement parce que les femmes allaitantes s'en enduisaient également les seins d'où un ingestion permanente chez les bébés.

Or, le saturnisme en plus de ses effets physiques, entraîne également des retards cognitifs et des troubles mentaux ce qui, quand il se concentre dans l'organisation d'un état de type médiéval, bloque toute une nation et explique les problèmes de gestion du Japon isolationniste avec l'extérieur mais aussi les instabilités politiques ainsi que des descriptions nombreuses de cas de folie chez les dirigeants japonais dans la littérature classique japonaise.

Une régression de la tradition mais aussi le remplacement de la céruse par d'autres fonds de teint blanchissant moins toxique vont alors permettre une amélioration fulgurante de la situation. Nous avons donc ici un exemple où l'évolution d'une nation est figée par une combinaison de deux facteurs : un isolationnisme qui empêche l'échange des idées mais aussi des apports extérieurs d'où une longue stagnation qui va se combiner avec un détail culturel qui permettra de débloquer la situation et de rattraper brutalement le retard enregistré simplement par assimilation de tous les progrès effectués par le reste de l'humanité entretemps. Ce qui est ironique vu de nos jours où le saturnisme est considéré comme une maladie de la pauvreté48.

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:55

Anthropologie

 

 

 

 



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L’Homme de Vitruve par Léonard de Vinci.

 

 

 

 

L'anthropologie est la branche des sciences qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, à la fois physiques (anatomiques, morphologiques, physiologiques, évolutifs, etc.) et culturels (socio-religieux, psychologiques, géographiques, etc.). Elle tend à définir l'humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Le terme anthropologie vient de deux mots grecs, anthrôpos qui signifie homme (au sens générique) et logos qui signifie « parole », « discours » (et par extension « science »).

Cette discipline vise particulièrement les faits spécifiques à l'humain par rapport aux autres animaux (faits anthropologiques comme homo ou anthrôpos)  : langages articulés et figuratifs, rites funéraires, politiques ou magiques, arts, religions, coutumes, parenté, habitats, techniques corporelles, instrumentales, de mémorisation, de numération, de représentations spatiales et temporelles, etc. Elle s’appuie notamment sur l’étude comparative des différentes sociétés et ethnies décrites par l'ethnologie et envisage l'unicité de l'esprit humain à travers la diversité culturelle.

L'ethnographie est la branche de la discipline qui s'occupe de la collecte méthodique des données sur le terrain. Elle peut utiliser le dessin, la photographie, la notation musicale et la collecte d'objets.

 

 

 

 

Traditions anthropologiques


Il existe diverses traditions anthropologiques antiques, puis modernes (allemande, anglo-saxonne, française, etc).

Les plus importantes sont actuellement[réf. nécessaire] l’anthropologie sociale britannique (J.G. Frazer, Bronislaw Malinowski, A.R. Radcliffe-Brown, E.E. Evans-Pritchard) et l’anthropologie culturelle américaine (L.H. Morgan, Franz Boas, Marvin Harris, Clifford Geertz, Margaret Mead, Ruth Benedict). L'anthropologie américaine attache beaucoup d'importance aux aspects culturels des langues et des modes de pensée et d'action. Il y a eu un Institut d'Anthropologie à Washington DC pour aider les autorités fédérales dans leurs relations avec les pays étrangers et les contacts transculturels. Il semblerait que la sociologie soit, dans cette perspective américaine, une réduction de l'anthropologie à une société singulière dans un espace et un temps particulier.

Le modèle anglo-saxon est axé sur la multidisciplinarité et divise traditionnellement l’anthropologie en quatre sous-disciplines :

En France, les travaux structuralistes de Claude Lévi-Strauss ont exercé une grande influence. Il a aussi contribué fortement à institutionnaliser cette discipline en France.

 

Thématiques de l’anthropologie


L'humain et la nature

 

La discipline anthropologique


  • L'anthropologie dans son étude de l'être humain s'intéresse à sa diversité biologique et à sa diversité culturelle d'un point de vue synchronique (contemporain) et diachronique (à travers le temps). Ainsi, cette discipline est formée de quatre parties ou sous-disciplines.

 

 


Étude de la diversité culturelle étude de la diversité biologique
étude diachronique archéologie paléoanthropologie
étude synchronique ethnologie anthropologie physique

L'ethnologie (ou anthropologie sociale et culturelle, pour les auteurs anglo-saxons)


Les modèles et les codes sociaux


La parenté et les alliances

Organisme du politique

Aspects symboliques

 

 

Anthropologie économique


 

 

Autres domaines de l'anthropologie


 

 

Les aires culturelles


Cartes


Liste des sociétés


 

 

Origines de l'anthropologie


Le primat de l’anthropologie physique


 


Articles connexes : Anthropologie physique et Racialisme.

 

 

 

La polysémie du terme « anthropologie » rend difficile une définition stricte de son périmètre qui a fortement varié dans le temps et dans l’espace. L’anthropologie contemporaine est tributaire de sources multiples et variées et la définition d’une généalogie est en soi un enjeu propre de la discipline.

Au XVIIIe siècle, une relative convergence assigne à l’anthropologie l’étude de l’Homme sous ses divers aspects grâce aux méthodes des sciences naturelles. Elle s’inscrit dans un mouvement plus général qui, ramenant l’Homme au sein de la nature, lui fait perdre la position privilégiée qu’il occupait au sein de la Création dans la théologie chrétienne.

Buffon définit dans son Traité des variations de l'espèce humaine (1749) l'« Anthropologie » comme l'équivalent de l’« Histoire naturelle de l'Homme ». Diderot propose en 1751 une définition plus étroite en faisant de l’anthropologie un équivalent de l’anatomie2.Ces visées restrictives sont contestées par Kant dans son ouvrage l'anthropologie d'un point de vue pragmatique publié en 1798, où le philosophe désigne plutôt ainsi la connaissance que l'Homme a de lui-même comme "habitant de la terre qui est inscrit par sa sensibilité et sa raison dans des relations empiriquement nécessaires avec les êtres du monde."3. Si le périmètre de l’anthropologie et sa position vis-à-vis de disciplines voisines demeurent flous au cours du XIX siècle, elle reste considérée comme une discipline des sciences naturelles. Se confondant, en France plus particulièrement, avec ce qui est aujourd’hui désigné comme l’anthropologie physique, elle épouse le paradigme naturaliste qui « proclame que le statut d’un groupe humain, comme l’ordre du monde qui le fait tel, est programmé de l’intérieur de la matière vivante »4. La préoccupation principale des anthropologues, le plus souvent issus de la médecine ou de la biologie, est d’étudier l’origine et l’évolution de l’homme, d’établir des classifications de l’espèce humaine sur la base du concept de race, en s’appuyant sur les méthodes de l’anatomie comparée.

Sur le plan institutionnel, l’anthropologie se développe d’abord en dehors du cadre universitaire, au sein de sociétés savantes, fruits d’initiatives privées.

En France, l’éphémère Société des observateurs de l'homme, présidée par Louis-François Jauffret, se fixe pour tâche l’étude de « l'homme sous ses aspects physique, moral et intellectuel », projetant d’établir une classification des races sur des bases anatomiques. La Société ethnologique de Paris, fondée en 1838 par William Edwards, circonscrit principalement ses débats à la querelle sur l’origine de l’espèce humaine opposant monogénisme et polygénisme. Elle disparaît en 1848.

En 1855, Armand de Quatrefages occupe la chaire d’anthropologie qui remplace la chaire d’anatomie humaine au Muséum national d'histoire naturelle. Pierre-Paul Broca, considéré par ses contemporains comme le père de l’anthropologie physique en France, contribue à affermir ces premiers ancrages académiques. De formation médicale, il fonde la Société d'anthropologie de Paris en mai 18595 puis l'École d'Anthropologie de Paris, inaugurée en décembre 1876, d’orientation polygéniste.

En Grande-Bretagne, la London Ethnological Society naît en 1843, sur le modèle de la société créée par Edwards6 ; une fraction polygéniste et anti-darwinienne, menée par James Hunt, opèrent une scission pour créer l'Anthropological Society of London en 18637. Les deux sociétés se fondent finalement dans le Royal Anthropological Institute en 1871.

En Allemagne, Rudolph Virchow et Adolf Bastian, tout deux médecins, créent en 1869 la Société berlinoise d'anthropologie, d'ethnologie et de préhistoire (Berliner Gesellschaft für Anthropologie, Ethnologie und Ungerschichte).

 

L'autonomisation de l’anthropologie sociale


Reconnaissance institutionnelle


Ce qui est désigné comme l’anthropologie sociale en Grande-Bretagne, l’anthropologie culturelle aux États-Unis ou encore l’ethnologie en France s’autonomise progressivement de la tutelle de l’anthropologie physique au tournant des XIXe et XXe siècles.

Premier titulaire d’une chaire d’anthropologie à l’université d’Oxford en 18958Edward Tylor est l'un des principaux initiateurs de ce processus, notamment avec son ouvrage Primitive Culture. Il est également l’auteur du premier manuel de la discipline, intitulé Anthropology (1881), qui laisse encore une grande place à l’anthropologie physique et à l’exposé des classifications raciales9 . En 1906, un de ses disciples James Frazer définit l’anthropologie sociale comme la branche de la sociologie en charge de l’étude des « peuples primitifs ». La même année, cette distinction est reprise à Oxford lors de la création d’un diplôme d’anthropologie10.

En France, le groupe de chercheurs regroupés autour de Durkheim et de L'Année sociologique joue un rôle important dans ce processus d’autonomisation. En 1901, Marcel Mauss obtient ainsi la chaire des « religions des peuples sans civilisation » de la 5e section de l’École pratique des Hautes Études11. En 1925, Mauss participe également aux côtés de Paul Rivet à la fondation de l’Institut d'ethnologie de l’université de Paris. L’emploi du terme « ethnologie » ne doit cependant pas tromper sur la conception que s’en fait Rivet. Pour lui, elle reste une branche des sciences naturelles et doit permettre de regrouper dans une même institution l’ensemble des disciplines qui concourent à ce qu'il désigne comme la Science de l’Homme : l'anthropologie, restreinte à la seule anthropologie physique, la linguistique, l’archéologie et la préhistoire12.

 

Le rôle du musée


Les musées jouent un rôle majeur dans la structuration de la discipline. Au cours du XIXe siècle, les artefacts des cultures non occidentales, auparavant disséminés dans les collections des cabinets de curiosités de l’aristocratie européenne, sont progressivement regroupés et exposés dans des sections spécifiques des musées, avant de jouir de lieux d’exposition propres. En 1856 est ainsi créé un département d’ethnologie au sein du Musée des Antiquités de Berlin dont les collections sont transférées en 1873 dans le Musée royal d'Ethnologie (Königliches Museum für VölkerKunde) sous la direction d’Adolf Bastian. Le premier musée d’anthropologie, le Peabody Museum of Archeology and Ethnology de l’université d’Harvard l'avait précédé en 186613 tandis qu'en France le Musée d’ethnographie du Trocadéro ouvre ses portes en 1878. Ce type d’institution se généralise dans les dernières décennies du XIXe siècle à l’ensemble des pays occidentaux14, notamment sous l’effet des conquêtes coloniales. Il devient un lieu d’affirmation et de promotion de la politique impériale15.

Sur le plan scientifique, l’exposition muséale constitue l’aboutissement du travail de collecte d’objets et d’informations, réalisée le plus souvent par le biais du réseau colonial. Mais le musée est aussi un laboratoire où l’anthropologue traite et interprète les données et un lieu d’enseignement où se transmet la culture professionnelle naissante.

 

L’évolution de la méthode ethnographique



Article détaillé : Ethnographie.

 

 

 

Les premiers anthropologues s’appuient sur des documents de seconde main comme les récits de voyages d'explorateurs ou de missionnaires ou encore les rapports des administrations coloniales. Cette division du travail entre celui qui collecte les informations et celui qui les interprète reste la norme dans les pays d’Europe jusqu’en 191416. La figure de l’ « anthropologue en chambre » (armchair anthroplogist) dont James George Frazer peut faire figure d’archétype est alors dominante17.

Les voyages d’exploration à visée scientifique formalisent progressivement la tâche que remplissaient spontanément mais de manière aléatoire les explorateurs, en fixant des objectifs de collecte d’information sur les populations rencontrées : l’expédition Baudin (1801) vers les Terres Australes compte ainsi dans ses rangs François Péron qui voyage en qualité d’ « anthropologiste ». Les visées géopolitiques de l’expédition Lewis et Clark, soutenue par Thomas Jefferson, s’accompagnent également d’un plan d’étude des tribus amérindiennes qui se trouveraient sur son parcours.

L’anthropologie du XIXe siècle se caractérise par une intense volonté de collecte d’information concernant les populations extra-européennes, première étape d’un travail de mise en ordre et de classification, conçu dans une perspective évolutionniste. Sans jamais avoir quitté l’Europe, James George Frazer a compilé un matériel considérable pour rédiger le Le Rameau d'or qui se présente comme un immense répertoire de mythes et de rites en provenance du monde entier. De son côté, en s’appuyant sur les missions et les administrations coloniales, Lewis Henry Morgan s’est attaché à répertorier l’ensemble des terminologies de parenté utilisées dans le monde18.

Dans ce contexte où l’anthropologue est avant tout un exégète, la critique de la fiabilité des sources revêt une importance cruciale. La rédaction de guides d’enquêtes et la formation des futurs enquêteurs est une préoccupation des ethnologues. Dès 1800, Joseph-Marie de Gérando avait inauguré le genre en publiant ses Considération sur les diverses méthodes à suivre dans l'observation des peuples sauvages à destination de l’expédition Baudin. Cette préoccupation reste toujours vivace en France au début des années 1930, comme en témoigne la publication des Instructions sommaires pour les collecteurs d’objets ethnographiques en 193119.

Sur le plan méthodologique, la trajectoire de l’ethnologie française et de l’ethnologie anglo-saxonne divergent sensiblement pendant l’entre-deux-guerres. Pendant cette période, le modèle français repose sur une collecte collective extensive et itinérante20 qui, tels la mission Dakar-Djibouti ou le voyage de La Korrigane dans les mers du Sud, renoue avec la tradition des expéditions d’exploration. Mettant plus particulièrement l’accent sur la civilisation matérielle, ces missions entendent réaliser un inventaire ethnologique du monde. Le musée est pensé comme la finalité du travail ethnologique : les expéditions phares qui sont lancées à cette période s’articulent étroitement avec le Musée d’ethnographie du Trocadéro, remplacé en 1937 par le Musée de l’Homme.

En Grande-Bretagne, le travail de terrain et le contact prolongé avec les tribus observées s’imposent progressivement comme une des caractéristiques fondamentales de la discipline. En 1922, l’introduction des Argonautes du Pacifique occidental de Bronisław Malinowski marque un tournant en théorisant la méthode de l’observation participante. Là où le recensement de la culture matérielle constituait la base du travail ethnographique, Malinowski insiste sur la nécessité de s’immerger en profondeur dans la culture des sociétés observées ; l’installation chez l’habitant, l’adoption du mode de vie, l’apprentissage de la langue deviennent des préalables indispensables à la compréhension du « point de vue de l’indigène »21.

 

 

Grands courants ou théories en anthropologie

 


Tout au long de son histoire, l'anthropologie a donc été marquée par quelques conceptions de l'homme, selon lesquelles on peut classer les différentes œuvres, sans que nécessairement les auteurs s'en réclament : l'évolutionnisme, le matérialisme, le diffusionnisme, le fonctionnalisme, le structuralisme, le culturalisme, le dynamisme, l'anthropologie dogmatique, etc.

 

 

  • l'école sociologique allemande :
  • l'anthropologie existentiale :
  • l'anthropologie de la complexité :
  • l'anthropologie dynamique

 

Développée à l'Université de Manchester (Royaume-Uni) et à La Sorbonne à partir des années 1950, elle correspond à l'étude du changement dans les sociétés modernes (notamment, l'influence du colonialisme).

 

 

Enseignement de l'anthropologie en France


Les universités et écoles d'enseignement supérieur suivantes délivrent des licences, des masters de recherche et des doctorats avec mention "anthropologie" :

Enseignement de l'anthropologie en Belgique francophone

  • Université Libre de Bruxelles
  • Université de Louvain
  • Université de Liège
  • Université de Namur

Centres de recherches en anthropologie en France

 

 

  • Portail des sciences humaines et sociales Portail des sciences humaines et sociales
  • Portail de l’anthropologie Portail de l’anthropologie

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:00

Emmanuel Todd

 

 

 

 



Emmanuel Todd

Description de cette image, également commentée ci-après

Emmanuel Todd, lors d'une conférence à Montpellier.

 

 

 

 

 

Naissance 16 mai 1951 (61 ans)
Saint-Germain-en-Laye, Yvelines (Drapeau de France France)
Nationalité Française
Champs Démographie
Science politique
Histoire
Anthropologie
Institutions Institut national d'études démographiques
Diplômé de Université Paris-Sorbonne
Institut d'études politiques de Paris
Université de Cambridge
Renommé pour Avoir prédit :

 

 

 

 

Emmanuel Todd1, né le 16 mai 1951 à Saint-Germain-en-Laye, est un historien français, anthropologue, démographe, sociologue et essayiste. Ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED), il développe l'idée que les systèmes familiaux jouent un rôle déterminant dans l'histoire et la constitution des idéologies religieuses et politiques.

 

 

 

Formation

Emmanuel Guillaume Francis Robert Todd est le fils du journaliste Olivier Todd, le petit-fils de Paul Nizan2,3 et le petit-neveu de Claude Lévi-Strauss. Il a quatre enfants : deux filles et deux garçons. Son fils aîné, David Todd, a la même formation supérieure que son père4.

Emmanuel Le Roy Ladurie, ami de sa famille, lui offre son premier livre d'histoire et, dès l'âge de dix ans, Emmanuel Todd veut être archéologue5. Il fait ses études secondaires au Lycée international de Saint-Germain-en-Laye en vue de préparer un baccalauréat scientifique (Math. élém.). Il est alors membre des Jeunesses communistes. En juin 1968, alors qu'il prépare le baccalauréat, il adhère brièvement au Parti communiste français. Il poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'Université où il obtient une maîtrise d'histoire en 1972, puis est envoyé par son professeur d'histoire moderne Emmanuel Le Roy Ladurie pour étudier auprès de Peter Laslett (en) au prestigieux Trinity college de l'Université de Cambridge. Fasciné par les mathématiques et les statistiques, il souhaite y faire de l'histoire quantitative. Commençant par la démographie historique, il étudie les phénomènes de fécondité, mariage, mortalité, puis il fait une thèse de doctorat sur les communautés paysannes de l'Artois, de la Bretagne, de la Toscane et de la Suède6. La famille est au cœur de ses recherches.

Influences

Elève d'Emmanuel Le Roy Ladurie, l'approche historique d'Emmanuel Todd, basée sur l'histoire de longue durée, est celle de l'Ecole des Annales de Fernand Braudel. Sa formation intellectuelle et logique relève de l'empirisme anglo-saxon. Selon Pierre Chaunu, la démarche intellectuelle de Todd s'apparente à celle des "sciences dures"7.

Travaux

Liens entre les systèmes familiaux et les idéologies

Dans une approche structuraliste, Emmanuel Todd montre que de nombreux phénomènes socio-politiques et économiques sont déterminés par :

  • des facteurs anthropologiques : Emmanuel Todd attribue une influence prépondérante aux systèmes familiaux des sociétés, qu'il étudie de façon détaillée dans ses premiers ouvrages (en cela, il s'est largement inspiré des approches inaugurées par Le Play un siècle plus tôt).

La théorie du lien entre les systèmes familiaux et la nature des superstructures idéologiques, mais aussi sociales et économiques est, selon Emmanuel Todd, très puissante. Elle permet ainsi de construire un modèle cohérent d'interprétation de l'Histoire.

Cette approche peut avoir des applications explicatives et prospectives.

Elle s'écarte de la perception universaliste radicale des modèles libéraux ou marxistes réduisant l'Homme à un "Homo oeconomicus" ; un Homme posé sur une flaque d'huile seulement mû par l'intérêt individuel ou collectif. Au contraire, les systèmes humains, les phénomènes historiques n'émergent pas n'importe où dans l'espace ni à n'importe quel moment de l'Histoire. Ces mouvements longs de l'Histoire ne dépendent pas de conjonctures ou de cycles. Cette théorie valorise donc tout particulièrement l'intérêt des sciences sociales.

Origines et évolution des systèmes familiaux

Ces recherches ont été élargies, au moyen d'un diffusionnisme méthodologique basé sur le principe du conservatisme des zones périphériques issu du domaine de la linguistique, de manière à expliquer l'origine des systèmes familiaux dans le monde et leur évolution dans l'Histoire8,9. Ces derniers travaux ont permis d'affiner et d'étendre la définition des systèmes familiaux formulée initialement par Le Play.

Le système français

Ses analyses conjointes avec le démographe Hervé Le Bras traitent plus particulièrement du cas français, intéressant parce qu'il est un modèle de diversité anthropologique au sein d'une seule nation. Leur thèse peut se résumer ainsi : la France est un pays où l'État a précédé la nation ; son modèle d'organisation permet d'assurer une cohérence dans une grande diversité. De ce point de vue, l'idéal français d'homme universel est le reflet de cette exigence.

Production scientifique

Todd publie en 1976 La Chute finale, son premier livre. Todd y prédit « la décomposition de la sphère soviétique » au moyen d'une approche historique. Puisqu'il était impossible d'obtenir des données fiables provenant d'URSS, ou de visiter ce pays dans des conditions satisfaisantes, il fallait analyser ce pays en historien, comme on étudierait l'histoire des paysans du Moyen Âge, c'est-à-dire avec des sources très limitées. Il suffisait pour cela de construire un modèle sur la base de quelques données statistiques, surtout démographiques, de témoignages et de contes. Ce n'est peut-être pas tant le thème de ce travail qui surprend10 que la méthodologie qui retient donc l'attention : la puissance de son analyse repose sur une interprétation anthropologique. À cette époque, dans un climat (particulièrement vif en France) de dénonciation du totalitarisme, la plupart des essayistes et historiens soviétologues, relayés par les nouveaux philosophes, laissent plutôt craindre un accroissement de la « menace soviétique » et n'imaginent pas la disparition de l'URSS. À un moment où le Parti communiste français est encore le parti dominant à gauche et où le climat international est à la Détente, l'ouvrage d'Emmanuel Todd a un faible retentissement en France, mais il est bien accueilli11. Les compte-rendus dans les médias furent nombreux, mais l'information a été vite oubliée12.

Todd travaille de 1977 à 1983 au secteur "Histoire" du service littéraire du quotidien Le Monde pour lequel il produit des compte-rendus d'ouvrages13. Parallèlement, dans le sillage de Jean-François Revel auquel il succède et qui avait publié La chute finale, il dirige de 1979 à 1981 avec Georges Liébert la collection "Libertés 2000" aux Éditions Robert Laffont. C'est ainsi qu'il publie en 1980 une traduction de l'ouvrage de Christopher Lasch, Le complexe de Narcisse, la nouvelle sensibilité américaine14, auquel il se référera souvent par la suite, par exemple dans l'ouvrage Après la démocratie.

En 1979, Le Fou et le Prolétaire, ouvrage au ton peu académique, dédié à Jean-François Revel, est une première tentative pour expliquer l'émergence des idéologies au XXe siècle, mais dans une approche purement psychologique. La problématique de la schizophrénie est au coeur de sa réflexion quand il conteste les analyses de type libéral ou marxiste qui réduisent l'Homme à une fonction d'Homo oeconomicus.

Todd collabore dès 1980 avec le démographe Hervé Le Bras. Ils éditent en 1981 L'Invention de la France, un atlas qui déroute les sociologues15 en remodelant les représentations mentales de la France. C'est ainsi que la cartographie permet de dissocier vote communiste et monde ouvrier. Todd poursuit ses travaux sur la France et publie La Nouvelle France en 1988, dans lequel il souligne que la remontée en voix du Parti socialiste au début des années quatre-vingt s'appuie sur un électorat catholique qui votait traditionnellement à droite. Dans L'Invention de la France, l'une des cartes de l'atlas évoque l'ouvrage-phare du journaliste et philosophe Jean-François Revel Ni Marx ni Jésus (1970), qui est un ami de la famille Todd16.

L'essentiel des travaux d'Emmanuel Todd portent néanmoins sur l'hypothèse d'une détermination des idéologies, des systèmes politiques ou religieux par les systèmes familiaux. Ces travaux donnent lieu à la publication de trois ouvrages : La Troisième Planète en 1983, L'Enfance du monde en 1984, L'Invention de l'Europe en 1990, qui souligne la grande diversité de l'Europe au sein du continent pour en conclure à l'absence de véritable culture commune.

Ces ouvrages furent dans l'ensemble froidement accueillis dans le monde universitaire. Selon Emmanuel Todd, ces travaux ont été rejetés par l'Université a priori et personne n'est allé regarder les données exposées. Sur un sujet purement scientifique, ces travaux ont été rejetés « par refus de regarder la réalité ». Des chercheurs qui avaient commencé à publier sur le sujet furent même menacés de représailles. « J'ai passé ma vie dans le Moyen Age », conclut-il17.

En revanche, Emmanuel Todd est appuyé par les maisons d'édition Le Seuil et Gallimard, qui lui permettent de publier ses travaux indépendamment de l'Université et de toucher un public plus large. Il est soutenu en particulier par Jean-Claude Guillebaud au Seuil.

Selon l'historien Pierre Chaunu, enthousiaste dès 1983, c'est une « bombe » : « Avec une pareille œuvre, Emmanuel Todd va troubler pour longtemps le domaine des sciences humaines. Plus rien ne sera désormais identique »18. Chaunu « salue une des rares pensées totalement cohérentes et vraiment féconde de ce temps ».

Selon la même grille d'analyse, il présente en 1994 les modèles d'intégration des immigrés choisis par les différents systèmes nationaux du monde, dans Le Destin des immigrés. Puis L'Illusion économique, en 1998, applique l'influence des mêmes catégories familiales à la variété des systèmes capitalistes.

Todd publie Après l'empire en 2002. Ce livre est une réflexion prospective sur le déclin de la puissance des États-Unis, leur effondrement économique et stratégique, leur impuissance à s'affirmer comme seule superpuissance au monde. Cet essai est l'occasion pour Todd d'anticiper une crise financière majeure : « Qu'est-ce que c'est que cette économie dans laquelle les services financiers, l'assurance et l'immobilier ont progressé deux fois plus vite que l'industrie entre 1994 et 2000 ? » et d'en arriver à la conclusion suivante : « Nous ne savons pas encore comment, et à quel rythme, les investisseurs européens, japonais et autres seront plumés, mais ils le seront. Le plus vraisemblable est une panique boursière d'une ampleur jamais vue suivie d'un effondrement du dollar, enchaînement qui aurait pour effet de mettre un terme au statut économique « impérial » des États-Unis. » L'ouvrage est un best-seller international, traduit dans plus de 25 langues1920. Le 7 septembre 2007, dans une de ses rares interventions publiques, Oussama Ben Laden appelle le peuple américain à étudier les idées de certains intellectuels, et selon certains commentateurs, il ferait référence, sans le nommer, à l'ouvrage d'Emmanuel Todd Après l'empire21.

Renvoyant dos à dos les théoriciens du « Choc des civilisations », Emmanuel Todd édite avec le démographe d'origine libanaise Youssef Courbage22, Le Rendez-vous des civilisations (2007). Basé sur une analyse démographique du monde musulman, cet ouvrage scientifique renverse la perspective commune en montrant en particulier que le monde arabe est en cours de modernisation, avec une hausse de l'alphabétisation et une baisse rapide de la fécondité. Les auteurs s'étonnent que cette évolution, comparable à celle de l'Europe à d'autres moments de l'Histoire, ne produise pas une crise de transition qui, au-delà de l'extrémisme religieux, se traduirait par un bouleversement politique, en particulier en Tunisie. Après le déclenchement des révolutions arabes, Todd précise dans l'ouvrage Allah n'y est pour rien ! (2011) que l'effondrement de l'endogamie caractéristique de l'organisation de la famille arabe était la variable qui avait permis le déblocage de ces sociétés.

En 2008, l'essai Après la démocratie s'appuie sur une contradiction entre ses analyses précédentes sur le système anthropologique français, l'élection de Nicolas Sarkozy et la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République en tant que candidate de la gauche. La France de 2008 se définirait par la stagnation éducative et par le vieillissement de sa population, dans un contexte de vide idéologique, mais dans un pays où, pourtant, les niveaux absolus d'éducation et de richesse n'ont jamais été aussi élevés, aux côtés d'un système de sécurité sociale toujours en place.

En 2011, Emmanuel Todd livre le premier des deux volumes de L'Origine des systèmes familiaux, consacré à l'Eurasie. Il s'agit de la somme de quarante années de recherches et de milliers de fiches, d'une recension systématique des travaux des anthropologues du monde entier sur les organisations familiales. Un travail consistant en une mise en forme dans une perspective historique des travaux des anthropologues de terrain. L'ouvrage conduit à la présentation d'un véritable modèle d'interprétation de l'Histoire. Il prend à contre-pied le sens commun en soulignant que le modèle de la famille nucléaire est le modèle archaïque de la famille et que les modèles de famille souche et de famille communautaire sont des constructions de l'Histoire. Il donne une interprétation du déclin de certaines sociétés qui, pourtant, avaient tout créé : l'État, la monnaie, l'écriture. En effet, sur la longue durée, la complexification des structures familiales, conduisant à l'abaissement du rôle de la femme, finit par étouffer les sociétés. Au contraire, le modèle archaïque de la famille nucléaire produit des sociétés certes moins imaginatives sur le plan social, mais plus dynamiques, sans cesse capables de se ressourcer.

En 2012 et en 2013, Emmanuel Todd et Hervé Le Bras présentent un approfondissement du travail entamé en 1980 dans L'Invention de la France. Grâce à de nouveaux outils statistiques, ils détaillent leur grille d'analyse à l'échelle communale et interprètent le vote Front national comme la caractéristique d'une France vivant en habitat groupé (notamment dans la partie est de la France) mais où la sociabilité de voisinage a disparu (par exemple du fait de la rurbanisation). Ils montrent également par la cartographie qu'il n'existe aucune corrélation entre les départements où on votait communiste et ceux où on vote Front national. Les deux chercheurs, à la lumière des études les plus récentes, brossent le portrait d'une France d'une grande diversité, où l'homogénéité n'a jamais existé, pays d'ordre et de désordre qui est à la fois tolérant et fortement assimilateur, sur des territoires qui constituent autant de « provinces culturelles ».

Prises de position

Emmanuel Todd ne cache pas les rapports qui existent entre sa sensibilité politique de centre gauche et la nature de son travail scientifique. Ses travaux sur les liens entre système familial et idéologie politique découlent d'une interrogation initiale sur les causes de l'implantation disparate du communisme dans le monde. Dans cette logique, ses travaux font souvent écho à des problématiques qui traversent les sociétés en profondeur : effondrement du communisme, montée du Front national, intégration des immigrés, stagnation des sociétés développées, affaiblissement de la puissance américaine, révolutions dans le monde arabe, crise structurelle de l'Union européenne.

Emmanuel Todd se prête ainsi fréquemment aux sollicitations des médias, de personnalités politiques (Dominique de Villepin), de partis (Parti socialiste, Debout la République, Modem), de syndicats, écoles de sciences politiques, écoles de commerce et institutions culturelles ouvertes au public, au sujet de la vie politique française ou internationale ou pour exposer ses travaux scientifiques, dans le cadre de conférences et de débats.

Todd se déclare favorable au « non » au référendum de 1992 sur le Traité de Maastricht, mais se déclarant européen, il défend un « oui » « sans certitude particulière »23 au référendum de 2005 sur la Constitution européenne qu'il considère n'être qu'un « petit remaniement institutionnel sur des procédures de vote »23. Dans le sillage des opposants au Traité de Maastricht, Todd rejoint en 1994 le "Club phares et balises" de Jean-Claude Guillebaud et Régis Debray24. Dans la même logique, il rejoint brièvement, en 1999, la Fondation du 2-Mars ex-Fondation Marc-Bloch qu'il quitte sur un désaccord de principe.

En 1995, il écrit, pour la fondation Saint-Simon, une note intitulée Aux origines du malaise politique français25. Cette analyse le fait connaître des médias, qui lui attribuent alors la paternité de l'expression « fracture sociale », que reprend Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle2, expression que Todd avait reprise en réalité de Marcel Gauchet. Il s'est toujours défendu d'être le père de cette formule26,27.

Selon lui, le monde politico-médiatique est entré à la fin du XXe siècle en phase post-démocratique, en se détachant des préoccupations des classes populaires et moyennes qui auraient « décroché des élites », comme le démontreraient les campagnes du camp du "oui" lors du référendum sur le Traité de Maastricht, en 1992, du référendum sur la Constitution européenne, en 2005, ou la réforme des retraites de 201028.

Ses recherches l'amènent à s'opposer au projet de monnaie unique européenne. Il émet en 1995, dans un avant-propos à une réédition de L'Invention de l'Europe, une hypothèse étonnante par son caractère prophétique : « Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L'Invention de l'Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques. Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre, dans vingt ans, pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société. »

Todd déclare le 4 janvier 2011 au quotidien belge Le Soir que l'euro va disparaître si l'Europe ne réoriente pas radicalement sa politique : « S’il survit, ce sera dans un contexte de réorientation générale des politiques économiques européennes»29.

Todd défend l'idée protectionniste depuis les années 1990 en s'appuyant sur les travaux de Friedrich List, dont il initie la réédition de l'ouvrage Système national d'économie politique en 199830. Todd affirme qu'un protectionnisme à l'échelle de l'Union européenne permettrait de compenser les dysfonctionnements de la monnaie unique, de combattre la montée des inégalités et la pression sur les salaires exercées sur l'Europe du fait du libre-échange intégral. Il milite pour cette option aux côtés des économistes Jean-Luc Gréau et Jacques Sapir, proposant un Manifeste pour un débat sur le libre-échange. Le 16 juin 2011, ils présentent un sondage de l'IFOP financé par ce groupe : "Les Français, le protectionnisme et le libre-échange"31.

Néanmoins, depuis 2012, Emmanuel Todd ne milite plus en faveur de l'option protectionniste européenne, ne croyant plus en la possibilité de sauver l'euro qu'il considère comme irrémédiablement condamné, étant le facteur de divergences croissantes entre les pays de la zone euro. Il souligne que l'Europe est devenue un système hiérarchique qui conduit à la désindustrialisation en particulier des pays membres de la zone euro 32. Du point de vue de l'Histoire de longue durée, Emmanuel Todd considère que cet échec montre que les nations européennes ne peuvent surmonter de trop grandes différences entre elles et que l'Europe retrouve le cours ordinaire de son histoire, avec ses vieilles contradictions, après qu'elle fût mise au pas par les grandes puissances de l'époque de l'Après-guerre33.

Lors des élections présidentielles de 2012, Todd soutient François Hollande, dans le prolongement des conclusions de son ouvrage Après la démocratie. Il voit dans la candidature de Hollande un retour aux fondamentaux de la France, avec ses principes d'égalité, en opposition à un Sarkozy qu'il perçoit comme l'antithèse de ces principes. Face à une crise d'une intensité aussi violente que celle des années Trente, il parie sur une réaction "de gauche" de la France. Il pense que Hollande peut devenir un « Roosevelt » français, qui pourrait tirer les conséquences de l'impasse des politiques antérieures. Engagée à l'issue d'une politique menée dans l'échec jusqu'à son terme, cette nouvelle politique serait un « 1983 à l'envers », allusion au revirement néo-libéral des socialistes cette année-là. Un tel processus serait proprement « révolutionnaire », Todd allant jusqu'à utiliser l'expression « hollandisme révolutionnaire »34.

Bibliographie

Monographies

  • L'Enfance du monde, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Empreintes », 1984 (ISBN 2-02-006934-2). Publié en anglais sous le titre The causes of progress: culture, authority, and change (1987).
  • La Nouvelle France, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L'Histoire immédiate », 1988 (ISBN 2-02-010090-8). Publié en anglais sous le titre The Making of Modern France: Ideology, Politics and Culture (1988).
  • Le Destin des immigrés. Assimilation et ségrégation dans les démocraties occidentales, Paris, Éditions du Seuil, 1994 (ISBN 2-02-031450-9). Publié également en allemand (1998). Prix de l'Assemblée nationale 1995.
  • Après l'empire : Essai sur la décomposition du système américain, Paris, Gallimard, 2002 (ISBN 2-07-031300-X). Traduit notamment en allemand, en anglais, en espagnol, en italien, en persan, en polonais et en suédois.
  • Le Rendez-vous des civilisations, avec Youssef Courbage, Paris, Le Seuil, coll. « La République des idées », 2007 (ISBN 2-02-092597-4). Publié en anglais sous le titre A Convergence of Civilizations: The Transformation of Muslim Societies Around the World. Publié également en allemand, en espagnol, en italien et en polonais.
  • Le mystère français, (en collaboration avec Hervé Le Bras), Paris, Le Seuil, coll. « La République des idées », mars 2013 (ISBN 2021102165).

Contribution à des ouvrages

  • Emmanuel Matteudi, Structures familiales et développement local, préface d'Emmanuel Todd, Paris, Montréal, l'Harmattan, 1997, 334 p.
  • Anatol Lieven, Le nouveau nationalisme américain, préface d'Emmanuel Todd, Paris, J. C. Lattès, 2005, 488 p.
  • Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation ! : la République plus forte que la mondialisation, préface d'Emmanuel Todd, Paris, Flammarion, 2011, 86 p.

Articles

  • Mobilité géographique et cycle de vie en Artois et en Toscane au XVIIIe siècle, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 30e année, n° 4, 1975, pp. 726-744 35.
  • Un communisme biodégradable, L'Express, 17 janvier 1977.
  • URSS : la crise au présent. Description par une analyse des phénomènes de la mortalité, Économie et humanisme, mars-avril 1980, n° 252, pp. 67-73.
  • L'URSS en Afghanistan : la chute finale ?, Politique Internationale, été 1980, n° 8. Communication présentée dans le cadre d'une rencontre d'experts internationaux organisée par la revue Futuribles en 1978.
  • La vie intellectuelle française, du Néant à l'Être, Le Débat, 1980/4 (n° 4).
  • La pensée de Le Play et l'avenir des sciences sociales, Les Études Sociales, n° 114-115-116, 1985-1986-1987, pp. 2-15. Conférence donnée pour la Société d'Économie et de Sciences sociales le 19 mars 1984, dans la Salle Médicis, au Palais du Sénat36.
  • Une hypothèse sur l'origine du système familial communautaire. Avec Laurent Sagart, Diogène, 1992 (n° 160), pp. 145-175.
  • Malaise français, malaise ouvrier ? Sur le malaise français, Le Débat, 1992/3 (n° 70).
  • Aux origines du malaise politique français. Les classes sociales et leur représentation, Le Débat, 1995/1 (n° 83).
  • Impérialisme ou isolement ?, Le Débat, 2001/3 (n° 115), pp. 69-71 (ISBN 9782070761746).
  • Les Etats-Unis, l'Europe et le capitalisme, Le Débat, 2003 (n° 123), pp. 66-69 (ISSN 02462346).
  • La guerre économique contre la guerre tout court, Le Débat, 2010/5 (n° 162), pp. 189-191 (ISBN 9782070131990).

Sources audiovisuelles

  • Jacques Paugam, Parti pris [Sortir du P.C.], entretien avec Pierre Daix et Emmanuel Todd, diffusé le 25 octobre 1976 sur France culture37.
  • Jacques Paugam, Entretien radiophonique diffusé le 2 novembre 1976 sur France Culture38.
  • Jacques Chancel, Radioscopie, diffusé le 12 novembre 1976 sur France Inter39.
  • Nicolas Demorand, Les Amphis de France 5, [Les États-Unis, un empire en décomposition], Nancy, Université de Nancy 2, 2003 (51 min).

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 11:49

Interdisciplinarité

 

 

 


L’interdisciplinarité est l'art de faire travailler ensemble des personnes issues de diverses disciplines scientifiques. L'intérêt est de parvenir à un but commun en confrontant des approches différentes d'un même problème.





Richesse initiale du cloisonnement des disciplines

Le concept de discipline scientifique renvoie à « une catégorie organisationnelle au sein de la connaissance scientifique ; elle y institue la division et la spécialisation du travail et elle répond à la diversité des domaines que recouvrent les sciences. Bien qu'englobée dans un ensemble scientifique plus vaste, une discipline tend naturellement à l'autonomie, par la délimitation de ses frontières, le langage qu'elle se constitue, les techniques qu'elle est amenée à élaborer ou à utiliser, et éventuellement par les théories qui lui sont propres » (Morin, 1994).

Cet auteur souligne combien cette délimitation a permis la phase dite modernité de la recherche scientifique qui succédait à la phase classique où "tout le monde pensait sur tout" avec une grande dispersion de l'attention et de l'énergie.

Exemple des disciplines médicales ; motivations politiques

Le cloisonnement des disciplines est le propre des disciplines médicales, qui se sont individualisées, segmentées, mais aussi hyperspécialisées dans une dynamique comparable de celle des disciplines scientifiques, la subdivision en disciplines comporte des avantages en termes de circonscription du champ de savoir et de production de connaissance, mais elle fournit également une garantie de définition d’intérêts catégoriels pour les professionnels de la discipline en question. La parcellisation et le calibrage des disciplines trouvent donc également leur origine dans des motivations politiques voire corporatistes de scientifiques de la discipline en question, aussi pour minimiser l’influence de l’encadrement et du sommet stratégique des universités (Mintzberg, 1982).

Limites de l’hyperspécialisation

Comme l’a démontré Edgar Morin, la vertu de délimitation du champ de savoir de la logique disciplinaire a pour contrepoint l’hyperspécialisation et le risque de chosification de l’objet étudié, dont le risque est d’oublier qu’il est à la fois extrait et construit. Pour reprendre les propos de cet auteur1 :

« La frontière disciplinaire, son langage et ses concepts propres vont isoler la discipline par rapport aux autres et par rapport aux problèmes qui chevauchent les disciplines. L'esprit hyperdisciplinaire va devenir un esprit de propriétaire qui interdit toute incursion étrangère dans sa parcelle de savoir. On sait qu'à l'origine le mot discipline désignait un petit fouet qui servait à s'auto-flageller, permettant donc l'autocritique ; dans son sens dégradé, la discipline devient un moyen de flageller celui qui s'aventure dans le domaine des idées que le spécialiste considère comme sa propriété (...) On peut néanmoins dire très rapidement que l'histoire des sciences n'est pas seulement celle de la constitution et de la prolifération des disciplines, mais en même temps celle de ruptures des frontières disciplinaires, d'empiètements d'un problème d'une discipline sur une autre, de circulation de concepts, de formation de disciplines hybrides qui vont finir par s'autonomiser ; enfin c'est aussi l'histoire de la formation de complexes où différentes disciplines vont s'agréger et s'agglutiner ».

Les modes d'articulation des disciplines

Même si les phases premières de la science vont vers un modèle "officiel", celui de la disciplinarité, une autre histoire lui est inséparable, à savoir le développement de trois démarches nommées pluridisciplinarité, interdisciplinarité et transdisciplinarité :

  • La pluridisciplinarité est la rencontre autour d'un thème commun entre chercheurs, enseignants de disciplines distinctes mais où chacun conserve la spécificité de ses concepts et méthodes. Il s'agit d'approches parallèles tendant à un but commun par addition des contributions spécifiques. Dans le cadre d'un développement technologique, différentes disciplines ou métiers peuvent collaborer pour traiter chacun un sous-problème.
  • L'interdisciplinarité suppose un dialogue et l'échange de connaissances, d'analyses, de méthodes entre deux ou plusieurs disciplines. Elle implique qu'il y ait des interactions et un enrichissement mutuel entre plusieurs spécialistes. Un exemple récent en est l'éthologie humaine, rencontre entre l'étude du comportement animal et la psychologie de l'enfant ou le cancer vu sous le regard croisé des biologistes, des médecins, des psychologues, des philosophes. L'interdisciplinarité est aussi le principe que l'on retrouve comme fondateur des sciences cognitives.
  • La transdisciplinarité désigne un savoir qui parcourt diverses sciences sans se soucier des frontières. L'anthropologie préhistorique de André Leroi-Gourhan et la sociologie historique de Norbert Elias en sont de bons exemples où la notion de système est présente en physique, en biologie, en économie, en sociologie.

Les risques de l'interdisciplinarité ; la métadisciplinarité

Même si l’interdisciplinarité permet de mieux appréhender un sujet dans sa « réalité globale », elle comporte le risque de l’approximation conceptuelle, de la confusion des concepts voire de l’illusion de l’embrassement de tous les savoirs. C’est pour ces raisons qu’on peut préférer à l’interdisciplinarité la « métadisciplinarité », qui consiste à « écologiser » les disciplines, c'est-à-dire à dépasser la segmentation en disciplines tout en la conservant (Morin, 1994).

 

 

 

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:00

Baby boom

Taux de natalité aux États-Unis entre 1909 et 2004 ; le segment en rouge correspond au baby boom dans ce pays.

 

 

 

 

 

Le baby boom ou « pic de la natalité » est une augmentation importante du taux de natalité dans certains pays, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les enfants nés durant cette période sont parfois appelés des « baby boomers » (voire simplement, au Canada, des « boomers »).

Cette période s'étend de 1945 jusqu'à 19751 pour la plupart des pays nord-européens. Pour certains pays comme la France, elle a commencé plus tôt dès 19422 et pour d'autres continué jusqu'à la fin de 1974, bien que de façon moins importante3. Durant les deux premières décennies du XXIe siècle, les baby boomers qui partent massivement à la retraite créeront un nouvel effet socio-économique d'envergure: le « papy boom ».




Fin de la Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale se termine en 1945 par une victoire totale des Alliés, soit notamment l'Union des républiques socialistes soviétiques, le Canada, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Si elle laisse un grand fossé dans l'économie et la démographie de la plupart des pays d'Europe, l'Amérique du Nord bénéficie pour sa part d'un renouveau économique et d'une explosion démographique historique4.

Pic de la natalité au Canada

Le taux annuel de naissances pour 1 000 habitants « atteint son plancher au Canada en 1937 à 20,1. L'amélioration des conditions économiques entraîne sa remontée, qui s'accélère pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce taux atteint 24,3 par 1 000 habitants en 1945. En 1946, il grimpe à 27,2 et fluctue entre 27 et 28,5 jusqu'en 1959 puis redescend progressivement par la suite »5.

Génération sociologique

Les baby boomers sont également une génération sociologique. Selon la théorie de William Strauss et Neil Howe, la génération des boomers occidentaux serait composée en grande partie d'idéalistes et d'égocentriques. Cette génération serait en conflit avec la génération X et aurait parfois des difficultés à comprendre le conservatisme, l'homogénéité et les capacités de travail en équipe qu'arborent leurs enfants de la génération Y.[réf. nécessaire]

Le sociologue français Louis Chauvel souligne la chance historique exceptionnelle des membres de cette génération, dans les pays occidentaux, et souligne ce qu'il considère comme leur responsabilité dans la crise vécue par les générations suivantes. À l'inverse des chercheurs comme Claudine Attias-Donfut ou Serge Guérin récusent cette approche mécaniste et soulignent l'importance des solidarités entre générations. Ils montrent que les disparités s'exercent d'abord au sein de chaque génération.

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 19:57

Centre d'études, de recherches et de formation institutionnelles

Le CERFI (Centre d'Études, de Recherches et de Formation Institutionnelles) était un collectif de recherche en sciences humaines fondé par Félix Guattari et actif entre en 1967 et 1987, qui s'exprimait dans la Revue Recherches.

Travaillant à créer un lien entre chercheurs ou militants dans différents domaines mais soucieux de ne pas cloisonner les disciplines, le CERFI fut une sorte de coopérative de chercheurs en sciences sociales situés très à gauche et "oppositionnels" au parti communiste1. Autour de Félix Guattari se réunissaient chaque semaine une vingtaine de sociologues, urbanistes, économistes, psychologues, pédagogues et militants. Ceux-ci travaillent en assemblée générale et en petits groupes thématiques, et marquent leur indépendance institutionnelle en agissant en tant que consultants travaillant sur contrat, résistant à la tendance de ce milieu à être « fonctionnaires, universitaires, bureaucrates syndicaux ou de partis »2.

Reunion Cerfi
Une réunion du Cerfi à Etretat dans les années 1970



Membres

Fondateurs:

Félix Guattari, François Fourquet, Gérard Grass, Hervé Maury, Olivier Quérouil, Luc Rosenzweig, Georges Préli, Michel Rostain, Liane Mozère, Anne Querrien, Lion Murard, François Pain, Christian Hennion, et Claude Harmelle.

Rejoints par:

Micheline Maurice, Florence Pétry, Ariane Cotlenko, Colette Joly, Gaëtane Larmarche-Vadel, Numa Murard, Nicole Préli, Prisca Bachelet, Thierry Rosenzweig, Patrick Zylberman, Marie-Thérèse Vernet-Stragiotti, Philippe Gumplowicz, Guy Hocquenghem, Michel Cressole, Gilles Châtelet, Françoise Paul-Lévy, Georges Goldman, Michel Lévy, Marion Scémama, Véra Memmi, Maurice Borgel, José Luis Aguirre, Alain Sibony, Isaac Joseph, Isabelle Cahen, Yolande Robveille, Fanny Bichon, Serge Ananian, Claudine Dardy, Michel Joubert, Anne Baldassari, Suzanne Rosenberg, Catherine Ehrel, Sylvère Lotringer, Gisèle Donnard, et bien d'autres.

L'assemblée générale hebdomadaire du mardi rassemblait toujours une cinquantaine de personnes.

Principaux thèmes de réflexion et apports théoriques

Étroitement lié au travail développé par Félix Guattari et Jean Oury à la Clinique de La Borde, le CERFI produit une réflexion innovatrice sur la psychothérapie institutionnelle.

Le CERFI a collaboré notamment avec Michel Foucault et Gilles Deleuze, bien que ces derniers n'en étaient pas membres à strictement parler.

Dans ses débats et par sa propre structure, le CERFI élabore une pensée critique sur les appareils d'État, les institutions, le pouvoir et les bureaucraties de partis politiques, se positionnant en faveur de « réseaux de groupes autonomes discutant entre eux et agissant ensemble »3. Dans la même optique, le groupe s'efforce d'analyser les effets des conditions de production de la recherche en sciences sociales sur sa créativité.

Plusieurs des thèmes centraux des réflexions du CERFI que sont l'école, la ville et l'État sont articulés dans une recherche sur les équipements collectifs dirigée par Michel Foucault (Généalogie des équipements collectifs).

couverture Recherches 1973
Revue Recherches

 

 

 

 

Dans un contexte marqué par la naissance du MLF (Mouvement de libération des femmes) en 1970, puis du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) en 1973, le CERFI publie un numéro spécial de la revue Recherches : « Trois Milliards de pervers. La grande Encyclopédie des Homosexualités »4, ouvrage fortement polémique et rapidement interdit. Réédité malgré l'interdiction, la seconde édition, comme la première, a été immédiatement épuisée.

Selon Liane Mozère, « le CERFI ne constitue ni une école, ni un groupe théoriquement unifié, c'est bien davantage un lieu d'expérimentation, d'hybridation de sensibilités et de pratiques »5.

Un CERFI Sud-Est (CERFISE) est constitué en 1975 par Michel Anselme et Michel Péraldi pour œuvrer à la transformation de quartiers d'habitat social de Marseille, en dialogue avec les habitants. Le CERFISE regroupe de nombreux autres chercheurs de la région, et est encore actif comme bureau d'étude en urbanisme et environnement.

Spécificités du fonctionnement du CERFI

Les groupes de travail thématiques réunissaient des universitaires ainsi que des personnes intéressées par le thème en tant que professionnels ou usagers, sans aucune exigence de diplôme. Ces groupes faisaient participer des personnes menant des expériences innovantes dans le champ.

Le montant global généré par les contrats de recherche était redistribué de manière égale entre les membres du collectif (sans distinction d'ancienneté, de statut ou de genre). L'idée était que les énoncés des recherches étaient le produit de la réflexion collective, et non d'individus, les chercheurs confirmés (responsables scientifiques des contrats) étant les porte-plumes du groupe.

De multiples activités ont été organisées par le collectif à côté des contrats de recherche. Groupe vidéo (François Pain), groupe cuisine, groupe musique (Michel Rostain), groupe crèche (Liane Mozère), groupe couture (Serge Ananian).

L'assemblée générale hebdomadaire du CERFI distribuait et suivait le travail des différents groupes, qui se géraient ensuite de manière autonome. Elle accueillait également des visiteurs venus faire entendre des problèmes particuliers (difficultés dans des institutions psychiatriques ou pédagogiques, répression de mouvements politiques...).

La fin du CERFI

À partir de 1976, la politique de recherche contractuelle de l'Etat a changé. La recherche incitative sur contrat a été abandonnée. Les ressources économiques du CERFI se sont taries progressivement. Les membres du CERFI ont du chercher des insertions individuelles dans des organisations existantes (universités, secteur associatif, ministères, écoles d'art, d'architecture, presse, etc.).

En outre, des conflits internes se sont manifestés entre ceux qui voulaient continuer l'expérience collective parallèlement à leurs nouvelles activités professionnelles, et ceux qui souhaitaient que la revue Recherches prenne une orientation plus universitaire. La revue s'est arrêtée en 19826.

Quelques Publications

La plupart des réflexions produites par le CERFI ont été publiées dans la revue Recherches, et aux Éditions Recherches (créées par quatre membres du CERFI en 1977 : Lion Murard, Patrick Zylbermann, Claude Rouot et Florence Pétry, rejoints par Georges Préli) ; elles sont dirigées par Florence Pétry depuis 1982.

Quelques titres, parmi les 49 numéros de la revue (1966-1982):

  • Lion Murard et François Fourquet, Les équipements du pouvoir, Revue Recherches n°13, 1973
  • François Fourquet, L'Idéal historique, Recherches n°14
  • Lion Murard et François Fourquet, Histoire de la Psychiatrie de secteur, Recherches n°17, 1975
  • Michel Rostain, Georges Préli, Histoire de La Borde, Recherches n°21.
  • Anne Querrien, L'ensaignement, Généalogie de l'école primaire, Recherches n°23
  • Liane Mozère, Babillages, Recherches n°27
  • Isaac Joseph, Disciplines à domicile, Recherchesn°28.
  • Lion Murard et Patrick Zylberman, L'Haleine des faubourgs, Recherches n°29.
  • Lion Murard et Patrick Zylberman, Le Soldat du travail, Recherches n°32-33.
  • Fernand Deligny, « Les Cahiers de l'immuable », Recherches, n°18/20/24. Réédités en 2008 par les Editions de l'Arachnéen.
  • Marie-Noël Rio et Michel Rostain, Aujourd'hui l'Opéra, Recherches n°42
  • François Fourquet, L'Accumulation de pouvoir ou le désir d'Etat, CERFI 1970 à 1981, Recherches n°46
  • Claude Harmelle, en collaboration avec Gabrielle Elias, Les Piqués de l'aigle, Saint-Antonin et sa région (1850-1940) Révolutions des transports et changement social, Recherches, n°47/48
Quelques ouvrages des membres du CERFI publiés aux Éditions Recherches 
  • Félix Guattari, La Révolution Moléculaire, Éditions Recherches, 1977.
  • Félix Guattari, L'inconscient machinique, Éditions Recherches, 1979.
  • Lion Murard & Patrick Zylberman, « Le Petit Travailleur Infatigable », dans Revue Recherches, n°25 (réédité aux Éditions Recherches).
  • François Fourquet, Les comptes de la puissance, Histoire de la comptabilité nationale et du Plan, Éditions Recherches, coll. Encres 1980.
  • Georges Préli, Maurice Blanchot, la Force du dehors, Éditions Recherches, 1977.

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:00

Pierre Anctil

 

 

 



Pierre Anctil (2010)






Biographie

 


Pierre Anctil est diplômé de troisième cycle en anthropologie sociale à la New School for Social Research de New York.

Après avoir passé huit ans à l'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), il réalise un postdoctorat en études juives à l'Université Mc Gill (1988-1991), où il dirige également le programme d'études canadiennes-françaises.

À partir de 1991, il occupe divers postes dans la fonction publique québécoise, entre autres au Ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration. Il est aussi chercheur invité à Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal (1999-2000), où il réalise les expositions « Saint-Laurent. La Main de Montréal » (2002) et « L'archéologie et la Bible, du roi David aux manuscrits de la Mer morte » (2003).

De 2002 à 2003, il est président du Conseil des relations interculturelles du Québec.

Professeur associé au Département d'histoire de l'UQAM de 1996 à 2004, il devient en 2004 le directeur de l'Institut d'études canadiennes de l'Université d'Ottawa et professeur titulaire au Département d'histoire de la même université.

Trilingue français-anglais-yiddish, il s'intéresse beaucoup aux relations interculturelles du Québec pendant le XXe siècle.

Depuis quelques années, il participe aux débats entourant les accommodements raisonnables au Québec, en donnant des entrevues dans la presse écrite et dans les médias.

Il est l'auteur de plusieurs travaux sur la communauté juive de Montréal et sur la question de la diversité culturelle dans les contextes québécois et canadien.

 

 

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Prix et bourses

 

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  • Prix Ézekiel-Hart du Congrès juif canadien, région du Québec (1998) pour une contribution exceptionnelle aux relations interculturelles de la part d'une personne n'appartenant pas à la communauté juive.
  • Prix Jacob-Isaac Segal (2002) de la Bibliothèque publique juive de Montréal pour la traduction du yiddish au français de l'ouvrage de Yehuda Elberg « L'empire de Kalman l'infirme », Montréal, Éditions Leméac.
  • Prix de traduction yiddish de la Fondation Izzy et Betty Kirshenbaum (2003), Toronto, pour la traduction de l'ouvrage d'Israël Medresh, « Le Montréal juif entre les deux guerres », Sillery, Éditions du Septentrion, 2001.
  • Prix Jacob-Isaac Segal (2008) de la Bibliothèque publique juive de Montréal pour la traduction du yiddish au français de l'ouvrage de Sholem Shtern « Nostalgie et tristesse. Mémoires littéraires du Montréal yiddish », Montréal, Éditions le Noroît, 2006.
  • Titulaire d'une bourse de recherche Killam du Conseil des Arts du Canada (2008-2009).

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Ouvrages et articles publiés (sélection)

 

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  • Le rendez-vous manqué. Les Juifs de Montréal face au Québec de l’entre-deux-guerres, Québec, IQRC, 1988.
  • En collaboration avec Ira Robinson et Mervin Butovsky, "An Everyday Miracle, Yiddish Culture in Montreal", Montreal, Vehicle Press, 1990.
  • Jacob-Isaac Segal, "Yidishe lider / Poèmes yiddish", Montréal, Éditions le Noroït, 1992.
  • Israël Medresh, Le Montréal juif d'autrefois, Sillery, Éditions du Septentrion, 1996.
  • Tur Malka. Flâneries sur les cimes de l’histoire juive montréalaise, Sillery, Éditions du Septentrion, 1997.
  • Simon Belkin, Di Poale-Zion bavegung in Kanade / Le mouvement ouvrier juif au Canada, 1904-1920, Sillery, Éditions du Septentrion, 1999.
  • En collaboration avec David Rome, "Through the Eyes of the Eagle. The Early Montreal Yiddish Press, 1907-1916", Montreal, Vehicle Press, 2001.
  • Hirsch Wolofsky, Mayn lebns rayze. Un demi-siècle de vie yiddish à Montréal et ailleurs dans le monde, trad. du yiddish, Sillery, Éditions du Septentrion, 2000.
  • En collaboration avec Ira Robinson et Gérard Bouchard, Juifs et Canadiens français dans la société québécoise, Sillery, Éditions Septentrion, 2000.
  • Yehuda Elberg, L’empire de Kalman l’infirme, trad. du yiddish, Montréal/Paris, Éditions Leméac, 2001.
  • Israël Medresh, Le Montréal juif entre les deux guerres, trad. du yiddish, Sllery, Éditions du Septentrion, 2001.
  • Saint-Laurent, la Main de Montréal/ Saint-Laurent, Montreal's Main", Sillery, Éditions du Septentrion, 2002.
  • A. M. Klein : the Poet and His Relations with French Québec, dans Richard Menkis et Norman Ravvin (éds.), The Canadian Jewish Reader, Calgary Red Deer Press, 2004.
  • Haïm-Leib Fuks, Cent ans de littérature yiddish et hébraïque au Canada, trad. du yiddish, Sillery, Éditions Septentrion, 2005.
  • Sholem Shtern, Nostalgie et tristesse. Mémoires littéraires du Montréal yiddish, trad. du yiddish, Montréal, Éditions du Noroït, 2006.
  • "Les communautés juives de Montréal" dans Marie-Claude Rocher et Marc Pelchat (éds.), « Le patrimoine des minorités religieuses du Québec, richesse et culnérabilité », Québec, Presses de l'Université Laval, 2006, p. 37-60.
  • En collaboration avec Norman Ravvin et Sherry Simon, « New Readings of Yiddish Montreal / Traduire le Montréal yiddish, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, 2007.
  • "Writing as Immigrants: Yiddish Belles-lettres in Canada", dans Hartmut Lutz (éd.), What is your Place? Indigeneity and Immigration in Canada, Wisner, Augsburg, 2007.
  • "Étude comparée de la situation linguistique contemporaine en Israël et au Québec", Recherches sociographiques, vol. XLIX, no 2, 2008, p. 261-287.
  • "René Lévesque et les communautés culturelles", dans Alexandre Stefanescu (éd.), « René Lévesque. Mythe et réalités », Montréal, VLB Éditeur, 2008, p. 160-183.
  • "Étude comparée de la situation linguistique contemporaine en Israël et au Québec", Revue Recherches Socioraphiques, vol. XLIX, no 2, 2008, p. 261-287.
  • "Un patrimoine en mouvance: l'apport décisif des communautés non chrétiennes", dans Solange Lefebvre (ed.), « Le patrimoine reliieux du Québec. Éducation et transmission de sens », Québec, Presses de l'Université Laval, 2009, p. 67-85.

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 05:00

Sémiotique

 

 

 

 

 

 



La sémiotique est l'étude des signes et de leur signification.





Définition 

 

 

En français, le terme sémiologie est souvent utilisé avec la même signification. (voir l'article sémiologie). À tort puisque le principe sémiotique se différencie de la sémiologie à partir de Charles Sanders Peirce. En effet celui-ci élabore un principe sémiotique fonctionnant sur un système triadique, quand la sémiologie fonctionne, elle, selon un système binaire.

La sémiotique étudie le processus de signification c'est-à-dire la production, la codification et la communication de signes.

 

 

 

Charles Sanders Peirce et la sémiotique ou théorie du sens 

 

 


 

 

Toute pensée s'effectue à l'aide de signes. Un signe est une triade : un représentamen (signe matériel) dénote un objet (un objet de pensée) grâce à un interprétant (une représentation mentale de la relation entre le représentamen et l'objet). Le représentamen est premier (une pure possibilité de signifier), l'objet est second (ce qui existe et dont on parle), mais ce processus s'effectue en vertu d'un interprétant (un troisième qui dynamise la relation de signification). L'interprétant est aussi un signe susceptible d'être à nouveau interprété, ainsi indéfiniment. Je vous parle d'un chien. Le mot « chien » est le représentamen, l'objet est ce qui est désigné par ce mot, et le premier interprétant est la définition que nous partageons de ce mot: le concept de chien. Ce premier rapport, Peirce le nomme le fondement (ground) du signe. Mais le processus sémiotique continue, car à partir de ce signe il est possible que je me représente mentalement un certain chien, dont je vous parle ensuite, faisant naître en votre esprit d'autres interprétants et ce jusqu’à l'épuisement réel du processus d'échange (ou de la pensée, qui est un dialogue avec soi-même). Penser et signifier sont donc le même processus vu sous deux angles différents. Ce processus se nomme la sémiosis.

Les signes se distinguent d'abord en qualisigne (la pure possibilité du signe), sinsigne (ce signe-là) et légisigne (la loi qui régit la grammaire du signe). Puis, au plan de la signification on aura l'icône (un signe par ressemblance avec l'objet), l'indice (un signe relié comme un symptôme à son objet) et le symbole (un signe doté d'une signification abstraite). Enfin, au plan pratique, on aura le rhème (un nom, un verbe, un adjectif), le dicisigne (une proposition verbale ou visuelle, par exemple) et l'argument (une règle d'inférence). Toute pensée ou signification aboutit donc à une inférence, à un raisonnement élémentaire.

Revenant à la théorie logique, Peirce distingue les abductions (abduction: inférence qui mène à la découverte d'une hypothèse plausible), les inductions (induction: raisonnement statistique) et les déductions (déduction: raisonnement parfaitement logique où de prémisses vraies on tire une conclusion certaine). Les trois formes de l'inférence jouent un rôle important dans la découverte et la justification scientifique. C'est par l'inférence que le symbole acquiert sa pleine force en menant à un jugement.

Les énoncés du premier type n'établissent que l'existence d'un sujet de relation : « x » existe (priméité). Les énoncés du deuxième type établissent une relation à deux termes: « Claude aime Louis » ("x" entretient la relation « aimer » avec « y »; secondéité). Mais il faut aussi considérer les relations à trois termes, comme dans « Julie donne un verre de vin à Claudine » ("x" entretient la relation « donner... » « z » « à... » « y »; tiercéité). Ainsi, Peirce reproche-t-il à Kant de s'être arrêté aux seules catégories et d'avoir négligé l'élément le plus important de la pensée: l'établissement du jugement à travers les inférences.

Ce formalisme permet de penser une multitude de phénomènes de pensée et de signification, de l'expression artistique à la démonstration d'un théorème, de l'analyse d'un circuit informatique à la communication quotidienne, de l'établissement d'un diagnostic médical à l'expérience esthétique ou éthique. Son formalisme logique est le garant de sa généralité. La position de médiateur de l'interprétant permet de dépasser les conceptions statiques et dualistes de l'empirisme, mais la place de l'objet ancre fermement son concept dans l'expérience pratique, dans l'habitude de pensée et surtout dans le processus de changement des croyances, qui ne sont rien d'autre que des habitudes de pensée.

 

 

Les champs de la sémiotique

 

 


La sémiotique concerne tous les types de signes ou de symboles, et pas seulement les mots, domaine de la sémantique. Même un geste ou un son sont considérés comme des signes. Même des images, des concepts, des idées ou des pensées peuvent être des symboles. La sémiotique fournit les outils nécessaires à l'examen critique des symboles et des informations, dans des domaines divers.

La faculté de manipuler des symboles est une caractéristique de l'être humain et permet à celui-ci d'utiliser bien mieux les relations entre idées, choses, concepts et qualités que les autres espèces vivantes.

 

Les trois dimensions de la sémiotique


Actuellement, depuis Charles W. Morris1, on distingue trois "dimensions" de la sémiotique :

La sémiotique, qui plonge ses racines dans l'épistémologie, la philosophie des sciences, la logique formelle, et, pour Saussure, dans la linguistique, prend de plus en plus d'importance au regard des sciences et de la technologie.

 

 

Histoire

 


Les origines de la sémiotique — ou sémiologie — se confondent avec la naissance de la philosophie du langage.

En 1690, le philosophe John Locke dans An essay concerning human understanding, fut le premier à utiliser le terme semeiotike à partir du mot grec ancien σῆμα / sẽma qui signifie signe.

Ferdinand de Saussure (1857-1913), le père de la linguistique moderne, donna le nom de sémiologie à « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ». Selon Saussure, les signes établissent la relation entre un signifiant et un signifié. Après lui, toute une ligne de sémioticiens européens se détache, parmi lesquels Louis Hjelmslev et Algirdas Julien Greimas, sémioticiens qui insistent beaucoup sur le principe de l'immanence dans la description des systèmes de signes. Pendant longtemps, la linguistique offrit ses patrons méthodologiques à la jeune discipline (comme en témoignent les travaux de Roland Barthes).

En Amérique, un courant ouvert par Peirce dès 1896 oriente la discipline dans une direction pragmatique. Charles W. Morris (1901-1979) fut reconnu pour sa Foundations of the Theory of Signs. Charles Morris2 distingue dans la sémiotique trois aspects. 1) L'aspect syntaxique porte sur les propriétés formelles des symboles, les relations des symboles entre eux. 2) L'aspect sémantique porte sur les relations entre les symboles et les objets auxquels ils s'appliquent, sur la désignation. 3) L'aspect pragmatique porte sur l'utilisation et la fonction effective des symboles, sur les relations entre les symboles et leurs utilisateurs ou interprètes : règles de l'utilisation par le sujet, motivations de l'interprète, réactions du public, efficacité de la communication, contexte factuel, usages des signes (information, évaluation, stimulation, systématisation)3, etc.

Comme discipline, la sémiotique s'institutionnalise dans les années 60 du XXe siècle, et une Association internationale de sémiotique (International Association for Semiotic Studies), avec sa revue Semiotica, voit le jour. Cette association tient son premier congrès mondial à Milan en 1974. La discipline sémiotique se diversifie en sous-champs — sémiotique du droit, sémiotique visuelle, sémiotique de la littérature (voir les rubriques poétique et rhétorique), sémiotique de l'espace, etc., certains de ces champs disciplinaires ayant également leur association (comme l'Association internationale de sémiotique visuelle, International Association for Visual Semiotics).

Umberto Eco fit mieux connaître la sémiotique à l'aide de plusieurs publications, notamment Le Signe (1973 ; 1988 pour la version française, remaniement important de Segno par Jean-Marie Klinkenberg) et Trattato di semiotica generale (Traité de sémiotique générale), 1975. Eco reconnaît explicitement l'importance des travaux de Peirce.

Depuis ces auteurs qui ont fait date, la sémiotique a donné naissance à de nombreux chercheurs dans des traditions diverses.

Le philosophe Gérard Deledalle a été le premier à introduire et faire connaître en France la sémiotique de Charles S. Peirce. Il a rassemblé, traduit et commenté l'œuvre de Peirce dans deux ouvrages Ecrits sur le signe (Seuil, 1978) et Théorie et pratique du signe (Payot, 1979). Auteur de nombreux ouvrages sur la philosophie américaine et le pragmatisme (Le pragmatisme, Bordas, 1971, Charles S.Peirce's philosophy of signs, Indiana University Press, 2000), il a ainsi fondé l'Institut de Recherches en Sémiotique à l'université de Perpignan dans les années 70 (IRSCE), reconnue sur le plan international.

Robert Marty a prolongé les études de Peirce en produisant au début des années 1990 une modélisation mathématique de la sémiotique triadique4 dans son essai de sémiotique scientifique intitulé L'algèbre des signes, essai de sémiotique scientifique d'après C.S. Peirce (Amsterdam, John Benjamins, 1990). Il définit plus particulièrement l'architectonique du signe et en tire le treillis des classes de signes.

 

 

Principes 


La sémiotique se fonde sur le concept de signe, qui se distingue selon différents niveaux de perception du plus vague au plus distingué, priméité, secondéité, tercéité respectivement nommés représentamen, objet, et interprétant.

 

 

Niveaux de perception du signe 

 


Chacun des niveaux de perceptions du signe est lui-même divisé en trois modes nommés :

  • représentamen : qualisigne, sinsigne, légisigne
  • objet : icône, indice, symbole
  • interprétant : rhème, dicisigne, argument (ce dernier est l'aboutissement d'un déroulement inférentiel, défini par le treillis des classes de signes, qui peut emprunter 5 chemins d'accès à la signification : hypotético-déductif, hypotético-inductif, empirico-déductif, empirico-inductif ou abductif)).

 

Types de signe

 


Charles Sanders Peirce définissait trois types de signes :

  • l’icône renvoie à l'objet signifié au moyen d'une ressemblance avec celui-ci. Ainsi, en photographie ou en peinture, le portrait (icône) renvoie au sujet (objet). Évoquer une couleur au moyen d'un objet (rubis, émeraude, saphir) est également un processus iconique ;
  • l’indice observe une relation directe de contiguïté avec son objet. L'objet est ainsi connecté au processus de semiose. Alors que l'icône est de nature qualitatif, l'index est de nature actuel; de fait brute. Ainsi, lorsqu'on touche la surface d'une table, on attribue la sensation à la table et non aux nerfs de la main.
  • le symbole renvoie à l'objet au moyen d'une convention d'ordre culturel qui repose sur une association d'idées ou de valeurs. La balance et le glaive sont ainsi deux symboles différents de la justice, reliés l'un et l'autre à des valeurs culturelles très fortes: l'équité pour la balance, et la rigueur pour le glaive.

Il est très problématique de distinguer dans chaque observation ce qui reviendrait, de la part d'un sujet agissant, à l'indice, à l'icône ou au symbole car ces trois catégories sont intégrés dans un processus triadique inséparable par analyse logique.

 

Signe et pratique signifiante


La sémiotique a acquis un renom certain avec Roland Barthes, qui fut en quête du langage des signes dans la publicité, la mode, et l'écriture romanesque et poétique. Toutefois, peut-être faut-il considérer que tout ne soit pas nécessairement signe. Si tel élément architectural peut être indubitablement considéré comme un signe, on pourrait cependant être tenté de penser avec le linguiste Frédéric François que « la construction des maisons n'est pas d'abord une pratique signifiante ». Si cela peut paraître à l'homme d'aujourd'hui incontestable, néanmoins, chaque pas franchi depuis les cavernes a certainement participé en son temps d'une pratique signifiante essentielle.

La psychanalyse et la sémiotique ont parfois réussi à se rencontrer, voire à se féconder mutuellement : la métasémiotique est un essai de sémiotique psychanalytique...

 

Branches 


La sémiotique est divisée en plusieurs branches, étudiant chacune un aspect ou domaine particulier des signes, parmi lesquels on peut citer :

  • la biosémiotique, aussi appelé la sémiotique du vivant, qui étudie tous les aspects des signes biologiques, dont il existe deux branches dédiées à l'étude des animaux :
    • la zoosémiotique, qui étudie les signes des animaux (à l'exception de l'Homme) et notamment la communication animale
    • l'anthroposémiotique est quant à elle la branche qui étudie la communication humaine
  • la sémiotique visuelle

 

Quelques sémioticiens importants 


 

Précurseurs :


 

 

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