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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:48

Cent douze marques

Le corps de tout Bouddha est paré de trente-deux marques majeures et 80 marques mineures : par exemple, les pieds et les mains portent la représentation d'une roue, le sexe est caché dans une gaine, les dents sont au nombre de quarante. On compte également quatre-vingts marques mineures, comme le sexe bien développé, l'aspect juvénile du corps, les mains marquées de la svastika ou une chevelure parfumée.

Ces marques sont considérées par la plupart des bouddhistes, notamment Theravâda, comme relevant de la superstition ou du mythe, en rapport avec la tradition brahmanique de l'époque. Il semble d'autant plus improbable qu'un Bouddha puisse être identifié par des caractéristiques physiques aussi spécifiques que dans plusieurs suttas les visiteurs du Bouddha Gautama qui ne l'ont jamais vu ne parviennent pas à le reconnaître parmi les moines qui l'entourent, et doivent s'enquérir de sa présence.

Sur les représentations du Bouddha, on remarque principalement les caractéristiques suivantes :

  • des lobes d'oreille allongés : en raison des lourds bijoux que portait autrefois le jeune prince Siddhartha.
  • l'ourna : petite boule saillante sur le front qui symbolise le troisième œil, sur certaines statues il s'agit d'une pierre précieuse.
  • l'oushnisha : protubérance de la sagesse au sommet du crâne (qui n'est pas un chignon).
  • son vêtement est une pièce de tissu non taillée et non cousue, mais simplement drapée.

Bouddhas

Le Bouddha historique[modi

Article détaillé : Gautama Bouddha.
 
Le Bouddha prononçant le discours de Vārānasī sur les quatre nobles vérités pour le bénéfice de ses anciens condisciples, à la suite de son plein Éveil.

Nom et dates

Le fondateur du bouddhisme est nommé Siddhārtha Gautama ; Siddhārtha est donné comme son nom personnel, mais il s'agit probablement d'un surnom tardif. Gautama, attesté sans conteste, est probablement son gotta, mais certains y voient l’appellation « fils de Dame Gautami », du gotta de celle qui l'aurait élevé à la mort de sa mère5. Il est encore appelé Gautama Bouddha, ou Shākyamuni (sage des Shakya) en raison de son appartenance à ce clan. Il porte de plus de nombreuses épithètes2, comme Tathāgata, « celui qui est venu ainsi » [prêcher la bonne Loi]. Le titre de Bouddha lui fut accordé par ses disciples[réf. nécessaire].

Les récits de sa vie, tout d’abord transmis oralement, n'ont été mis par écrit pour la première fois que quelques centaines d’années après sa mort et mélangent métaphysique et légende. Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin jaloux Devadatta aurait lâché contre lui, peuvent être d’authentiques souvenirs historiques contrairement à ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Sri Lanka. Au fil du temps, une riche légende s’est développée dans les jatakas. En tout état de cause, l’existence d’un Gautama-Shakyamuni fondateur du bouddhisme n'est pas mise en doute. Il aurait vécu aux environs du vie siècle av. J.-C. et serait mort vers quatre-vingts ans.
Selon les chroniques historiques du Sri Lanka, il est né en 563 av. J.-C. La plupart des sources s’accordent également pour dire qu’il est décédé aux alentours de l’an 480 av. J.-C. D’autres sources, moins consensuelles, comme les calculs de Ui Hakuju, évoquent l’année 383 av. J.-C. comme date de sa mort, ce qui donnerait 460 comme date de naissance basé sur le consensus des biographies indiquant que le bouddha avait vécu 80 ans 6. La tradition pali la plus ancienne considère que les dates de sa naissance et de sa mort sont respectivement 624 av. J.-C. et 544 av. J.-C.. Toutes les traditions concordent sur le fait que Siddhārtha Gautama est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisâra et son fils Ajatasattu, qui lui apportèrent souvent leur soutien.

Les débuts

Māyādevī, épouse de Suddhodana, modeste souverain (élu) du petit royaume de Kapilavastu constitué par une confédération des tribus Shākyas, se rend chez sa mère à la fin de sa grossesse. Alors qu’elle passe à proximité d’un bois sacré de Lumbini, petit village du Népal non loin de Kapilavastu, elle est prise de douleurs. Elle accouche d'un garçon sous un sal. Les légendes prétendent que la mère du Bouddha l’aurait conçu en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses, que la naissance aurait été indolore et que le sal aurait abaissé tout exprès l’une de ses branches pour qu'elle l'attrape, tandis que les divinités brahmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait pris possession symboliquement de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, ou aurait fait sept pas vers le nord et poussé "le rugissement du lion", métaphore de la doctrine bouddhique.

La légende, encore, raconte que son père fait venir, soit le seul voyant Asita, soit les huit voyants les plus célèbres du royaume. Les sept premiers prédisent au jeune homme un avenir brillant de successeur de son père, le dernier qu'il quittera le pays7. Le roi aurait fait enfermer le mauvais augure. Sa mère meurt vite (sept jours après selon la tradition) car Siddhārtha est élevé par Prajapati Gautami qui serait sa tante maternelle et la coépouse de Shuddhodana.
Le jeune prince étudie les lettres, les sciences, les langues, s’initie à la philosophie hindoue auprès d’un brahmane. Un officier lui apprend à monter à cheval, à tirer à l'arc, à combattre avec la lance, le sabre et l'épée. Les soirées sont consacrées à la musique et parfois à la danse. Plus tard, il tombe amoureux et épouse à l'âge de seize ou vingt ans Yashodhara, sa cousine germaine, fille d'un seigneur du voisinage. Les nouveaux époux emménagent dans trois petits palais : un de bois de cèdre pour l'hiver, un de marbre pour l'été et un de briques pour la saison des pluies. Après dix ans de mariage, ils donnent naissance à un garçon nommé Rahula.

Ascèse et éveil

Siddhārtha, qui s'ennuie dans le palais, entreprend un jour une promenade qui le marquera profondément. Il rencontre successivement un vieillard qui marche avec peine, un pestiféré couvert de bubons purulents, une famille en larmes qui transporte le cadavre d'un des siens vers le bûcher, et enfin un bhikshu, moine mendiant qui, un bol à la main, quête sa nourriture sans cesser de garder les yeux baissés.

A 29 ans, le prince comprend alors que si sa condition le met à l'abri du besoin, rien ne le protègera jamais de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Il s'éveille une nuit en sursaut et demande à son serviteur, Chandaka, de harnacher son cheval. Les deux hommes galopent jusqu'à un bois proche du palais. Siddhārtha abandonne à son serviteur manteau, bijoux et cheval et endosse la tenue d'un pauvre chasseur. Il lui demande de saluer à sa place son père, sa mère adoptive et sa femme et de leur dire qu'il les quitte pour chercher la voie du salut.

Gautama entreprend alors une vie d'ascèse et se consacre à des pratiques méditatives austères. Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gayâ, il prend conscience que ces pratiques ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension des choses et accepte un bol de riz au lait des mains d'une jeune fille du village, Sujata, mettant ainsi fin à ses mortifications. Il préconise la voie moyenne qui consiste à nier les excès, refusant autant l'austérité excessive que le laxisme. Jugeant cette décision comme une trahison, les cinq disciples qui le suivaient l'abandonnent. Il se concentre dès lors sur la méditation, inspiré par le souvenir d’un instant de concentration spirituelle ressentie enfant, alors qu’assis sous un arbre il assistait à la cérémonie d’ouverture des labours présidée par son père.

Siddhārtha Gautama prend alors place sous un pipal (Ficus religiosa), faisant vœu de ne pas bouger avant d'avoir atteint la Vérité. Plusieurs légendes racontent comment Māra, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tente de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses trois filles séductrices. Mais c'est peine perdue et à l'âge de 35 ans Bouddha accède à l'éveil, une main posée sur le sol, dans la posture de prise de la terre à témoin de ses mérites passés. Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Il insistera toujours sur le fait qu'il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu, et que l'illumination (bodhi) ne résulte pas d’une intervention surnaturelle, mais d'une attention particulière portée à la nature de l'esprit humain ; elle est donc possible pour tous les êtres humains.

Chef du premier sangha (communauté spirituelle)

Durant les quarante-cinq dernières années de sa vie, Bouddha voyage dans la région du Gange et de ses affluents. Il enseigne sa pratique méditative et fonde la communauté des moines et nonnes bouddhistes, le sangha, afin que ses enseignements se perpétuent après sa disparition. Son école bénéficie généralement du soutien des rois de Magadha et survit à une première tentative de schisme de la part de Devadatta.

Sentant sa mort venir, il demande à son disciple Ananda de lui préparer un lit entre deux sals et décède à Kusinara dans l'actuel Uttar Pradesh, à l'âge de quatre-vingts ans. Il rassure le forgeron Chunda qui lui a offert son dernier repas et s’inquiète, au vu des symptômes, d'avoir peut-être intoxiqué l'ascète. Le nom du plat servi, sūkaramaddavam, se compose de "porc" (sūkara) et "délice" (maddavam), et sa nature exacte, porc ou champignons (délice des porcs), reste inconnue. En tout état de cause, si le végétarisme est un idéal bouddhiste, les moines et nonnes, qui mendient leur nourriture, sont encouragés à accepter toutes les offres qui leur sont faites, mêmes carnées8.

Les derniers mots du Bouddha sont : « L'impermanence est la loi universelle. Travaillez avec diligence à votre propre salut. »

 

 

 

Homme modèle

Les écritures bouddhistes qui évoquent la vie et le caractère de Bouddha parlent de :

  • Son éducation achevée et sa formation dans les domaines appropriés à un guerrier aristocrate, tels que les arts martiaux, la gestion des domaines agricoles et la littérature, mais également sa compréhension profonde des idées religieuses et philosophiques de sa culture et de son temps. Siddhārtha Gautama était un homme sportif, compétent en arts martiaux tels que la lutte et le tir à l'arc, qui pouvait parcourir des kilomètres et camper dans la nature sauvage
  • Son enseignement idéal, qui trouve toujours la métaphore appropriée, et qui adapte à la perfection son message à son auditoire, quel qu'il soit
  • Son courage et sa sérénité en toutes circonstances, aussi bien lors d'une discussion religieuse que face à un prince parricide (Ajatasattu) ou à un meurtrier. Il fait cependant preuve d'exaspération lorsque des moines déforment ses enseignements
  • Sa modération dans tous les appétits corporels. Il garde le célibat depuis l'âge de vingt-neuf ans jusqu'à sa mort. Il sera également indifférent à la faim et aux rigueurs du climat.

Dipankara

Article détaillé : Dipankara.

Dipankara est l'un des nombreux bouddhas du passé. C'est durant son ère que le futur Siddhārtha Gautama prononça le vœu de devenir bouddha dans le futur ; Dipankara lui assura qu'il le serait. Leur rencontre est un thème iconographique souvent traité dans le bouddhisme d'Asie centrale.

Bhaisajyaguru

Article détaillé : Bhaisajyaguru.

Bhaisajyaguru est un autre bouddha du passé dont l'aide est sollicitée pour lutter contre les maladies et les calamités. Il est parfois appelé bouddha médecin.

Maitreya

Article détaillé : Maitreya.

Maitreya est parfois appelé le bouddha du futur : tant le mahāyāna que le hīnayāna le considèrent comme le prochain bouddha. La Prophétie de Maitreya 9 décrit sa venue. Il naîtra dans une famille brahmane, alors que Siddhartha Gautama était de la caste militaire et fonctionnaire kshatriya.

Amitābha

Article détaillé : Amitābha.

Amitābha ou Amida (japonais) est un bouddha ignoré du courant hīnayāna. Il règne sur le « paradis occidental de la Terre pure ». La récitation de son nom est une pratique importante de l'école dite de la Terre pure dont il est la déité principale ; certaines branches considèrent même que cet exercice suffit à donner accès à son paradis. Il a aussi sa place dans le bouddhisme vajrayāna comme l'un des cinq bouddhas de méditation.

Dhyanibuddhas

Articles détaillés : Cinq bouddhas de méditation et Akshobhya.

Les cinq dhyanibuddhas, "bouddhas de méditation" ou "bouddhas de sagesse" du vajrayana, sont les émanations de l'adibuddha primordial représentant les divers aspects de la conscience d’illumination (dhyani). Ce sont Vairocana (ci-dessous), Amitābha (ci-dessus), Akshobhya, Amoghasiddhi et Ratnasambhava.

Vairocana

Article détaillé : Vairocana.

Vairocana, ou Maha Vairocana "Grand soleil" ou "Grande lumière", est le bouddha central du groupe des cinq dhyanibuddhas du vajrayāna ; il est particulièrement important dans le bouddhisme tantrique japonais Shingon où il est l'adibouddha primordial. Il joue aussi un rôle central dans les écoles mahāyāna chinoises et japonaises Tiantai-Tendaï et Huayan-Kegon.

Samantabhadra

Article détaillé : Samantabhadra.

Habituellement considéré comme un bodhisattva, Samantabhadra est le bouddha primordial de la tradition nyingma, « de l'ancienne traduction », du bouddhisme tibétain.

Vajradhara

Article détaillé : Vajradhara.

Vajradhara est le bouddha primordial dans les traditions Sarmas, « de la nouvelle traduction », du bouddhisme tibétain.

 

Bouddha et l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bouddha dans l'hindouisme.

Dans l'hindouisme, Bouddha est considéré comme la neuvième incarnation du Dieu Vishnou. Ceci provient du temps où la popularité du bouddhisme, notamment dans les castes inférieures, commençait à inquiéter les brahmanes[réf. nécessaire].

D'après le texte sacré hindou vishnouite, le Bhāgavata Purāṇa, « Vishnou prit la forme de Bouddha pour tromper les Asuras. En conseillant aux démons d'abandonner les Védas, il contribua à diminuer leur pouvoir et à rétablir la suprématie des dieux »10.

Dans la section Dasavatara-stotra de son Gita Govinda, le célèbre poète vaïshnava Jayadeva Goswami (xiiie siècle ap J.-C.) inclut Bouddha parmi les dix avatars principaux de Vishnou, et lui écrit une louange comme suit :

« Ô Késhava ! Ô Seigneur de l'univers ! Ô Seigneur Hari, qui a pris la forme de Bouddha ! Toute la splendeur vous appartient ! Ô Bouddha au cœur compatissant, vous dénoncez l'abattage des pauvres animaux exécutés lors des rituels11. »

Cette dernière théorie correspond à l'idée que Vishnou descendit sur terre pour mettre fin à l'attitude arrogante des brahmanes et purifier l'hindouisme : la nouvelle doctrine qu'il prêcha en tant que Bouddha expliquait que tout un chacun pouvait s'échapper du cycle des réincarnations par un comportement exemplaire, lié en premier lieu à l'Ahimsâ 12.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:33

Le titre de bouddha (terme sanskrit बुद्ध buddha « éveillé », participe passé passif de la racine verbale budh-, « s'éveiller »)1, désigne une personne ayant, notamment par sa sagesse (prajñā), réalisé l'éveil, c'est-à-dire atteint le nirvāna (selon le hīnayāna), ou transcendé la dualité samsara (Saṃsāra)/nirvana (nirvāņa) (selon le Mahāyāna). Il peut être désigné par d'autres qualificatifs : « Bienheureux » (भगवत् bhagavat), « Celui qui a vaincu » (जिन Jina), « Ainsi-Venu » (तथागत Tathāgata)2.

Des nombreux bouddhas, le plus connu demeure le fondateur du bouddhisme, Siddhārtha Gautama, archétype du « bouddha pur et parfait » (सम्यक्सम्बुद्ध samyaksambuddha).

 


Origine du terme

Le mot bouddha est, en sanskrit, le participe passé passif de la racine verbale budh, बुध् (de l’étymon hypothétique *bhudh par application de la loi de Grassmann). On explique la désaspiration budh-ta  bud-dha par la loi de Bartholomae.

La racine signifiant « s'éveiller » serait de même étymon indo-européen que le lituanien bundù, bùsti « éveiller », que le polonais budzić « éveiller » (racine bud' des langues slaves, cf. Dictionnaire étymologique du proto-indo-européen, Pokorny, racine bheudh) ou que le grec ancien πυνθάνομαι (punthánomai) « s'informer » (ou encore, après des évolutions sémantiques profondes, l'allemand bieten « demander »), entre autres nombreux dérivés dans les langues indo-européennes. Le terme buddha signifie donc littéralement « qui s'est éveillé ». Les langues occidentales ont emprunté le terme sanskrit, en l'adaptant à leur orthographe (bouddha en français, Buddha en allemand, buda en espagnol, etc.).

Le mot sanskrit a été transcrit phonétiquement en moyen chinois (consulter cet article pour plus de détails) par les caractères 佛陀, se lisant alors phjut-thwa, actuellement fótuó, et abrégé en 佛 . Les Japonais l'ont emprunté sous la forme 仏陀 budda, transcription également phonétique, souvent abrégée en 仏 (butsu), lue également hotoke.

Trois types d'éveil

 
Statue de Bouddha prise au temple des Six Banians à Canton.
 
Statue du Bouddha, non localisée.

Dès l'origine, les textes pālis distinguent trois voies vers l'éveil3:

  • Est śrāvakabuddha (sanskrit ; pāli sāvaka-buddha), auditeur, celui qui a atteint le nirvāņa grâce à l'enseignement d'un bouddha. Il est plus souvent appelé arhat et n'est pas toujours considéré comme un bouddha.
  • Est pratyekabuddha (sanskrit, pāli pacekka-buddha), bouddha solitaire, celui qui a trouvé la voie par lui-même, mais n'a pas les capacités de libérer d'autres êtres.
  • Est samyaksambuddha (sanskrit, pāli sammāmsam-buddha), bouddha pur et parfait, celui qui a atteint l'éveil pur et parfait(samyaksambodhi) par lui-même et a les capacités d'enseigner le dharma. Atteindre cet éveil demande de suivre la voie de bodhisattva.

C'est ce dernier type que désigne le plus souvent le terme bouddha. L'exemple le plus célèbre en est le Bouddha historique, Shakyamuni, mais d'autres samyaksambuddha sont reconnus et vénérés.

Après son nirvāna, un bouddha est affranchi de tout lien (samyojana), mais peut encore être affecté par la maladie ou empoisonné ; si son corps porte trente-deux marques distinctives, il est néanmoins constitué de quatre éléments et donc périssable. Cependant, certains textes évoquent la quasi-invulnérabilité du bouddha parfait, résultat du fait qu’il a évacué son mauvais karma, en particulier en sacrifiant au cours de nombreuses existences des parties de son corps, voire sa vie. La blessure infligée par Devadatta à Shākyamuni est ainsi interprétée comme le signe d’un léger reste de mauvais karma.

Dans le Theravāda

 
Maitreya, le bouddha du futur, avec la fiole contenant le nectar du dharma dans la main gauche ; art du Gandhara, iie siècle.

Le bouddhisme ancien ou le bouddhisme theravāda considère que seuls de rares individus emprunteront la voie du bodhisattva, dont l'aboutissement est l'éveil pur et parfait du samyaksambuddha, qui permet de « faire tourner la roue du dharma » et de répandre la bonne doctrine dans le monde. Ils en ont fait le vœu de nombreuses existences auparavant devant un bouddha du passé. Les détails de la carrière de bodhisattva ont pu varier d’école à école. Le Buddhavamsa décrit un processus comprenant trois grands kalpas avant d’accéder à l'existence où le bodhisattva deviendra bouddha. Ayant atteint le nirvāna, le bouddha (comme l'arhat) vit sa dernière existence ; la mort signale l'extinction totale (parinirvana).

Dès l'origine, le bouddhisme reconnaît, outre le Bouddha de notre ère, plusieurs bouddhas du passé qui l'ont précédé. Le Digha Nikaya et le Samyutta Nikaya en mentionnent six, d’autres textes vingt-quatre, le Buddhavamsa vingt-sept ; l’Apadana du Khuddaka-Nikaya va jusqu'à trente-cinq. En ce qui concerne les bouddhas à venir, Maitreya, annoncé par Gautama lui-même, est le seul connu du canon pāli, mais des textes post-canoniques comme le Dasabodhisattuppattikatha et le Dasabodhisattaddesa en comptent neuf, dont sept sont nommés avec leur lieu de résidence : Metteyya (Maitreya), Rama, Pasena, Vibhuti vivent au paradis Tusita, Subhuuti, Nalagiri, Parileyya résident au paradis Tavatimsa 4.

Dans le Mahāyāna

 
Bouddha de la pagode de Fréjus.

Selon le bouddhisme mahāyāna et vajrayāna, chacun peut avoir l'ambition de devenir bodhisattva et la nature de bouddha (tathāgatagarbha) peut être reconnue dans tous les êtres sensibles. Le bouddha n'est plus à proprement parler celui qui atteint le nirvāna, mais plutôt celui qui a transcendé la dualité samsara/nirvāna. Par ailleurs, un bouddha se manifeste sous trois aspects appelés le trikāya :

  • le « corps de transformation», nirmāṇakāya, l'apparence humaine inscrite dans l'histoire, le seul perçu par les humains ;
  • le « corps de jouissance », sambhogakāya, perçu par certains bodhisattvas ;
  • le « corps de dharma » absolu, dharmakāya, fruit de la sagesse la plus parfaite, nature même du bouddha, vacuité (śūnyatā) où les dualités s’annulent.

Les deux premiers corps ne sont que des moyens d'enseigner dus à la compassion.

Article détaillé : Trikāya.

Dans le Vajrayāna

 
Sculpture du Bouddha Vajradhara.

Le vajrayāna (ive siècle) reprend les concepts du mahāyāna. En outre, le corps absolu y est parfois nommé adibuddhā (tib. thogma sangya) ou « bouddha auto-créé » et peut constituer un quatrième corps sahajakāya transcendant, primordial, inchangé et indestructible, sans forme et sans action, bien qu'il puisse donner lieu à des émanations visibles. Il est nommé Vairocana dans le école japonaise Shingon (ixe siècle), Samantabhadra dans la plus ancienne école tibétaine, Nyingmapa (VIIe ou viiie siècle) et Vajrasattva ou Vajradhara dans les courants ultérieurs comme Kagyupa (XIe), Sakyapa (XIe) ou Gelugpa (xive siècle).

L'adibouddha engendre des émanations qui engendrent elles-mêmes d'autres émanations, bouddhas, bodhisattvas, formes courroucées, etc. Le modèle archétypal est le groupe des cinq bouddhas de méditation. Le niveau où se situe une figure donnée peut varier selon les traditions ou le type de pratique tantrique. Ainsi, Vairocana, figure centrale du groupe des cinq bouddhas, est considéré comme l'adibouddha suprême dans le courant Shingon, mais comme une émanation de l'adibouddha Samantabhadra ou Vajradhara dans le bouddhisme tibétain.

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 08:00

Domovoï

Domovoï

 

 

 

 

 

Le domovoï ou domovoÿ (au pluriel : domoviye ou domovye) est un personnage mythologique qui faisait partie du panthéon des Slaves, avant de devenir, avec la christianisation de ceux-ci, un personnage des contes populaires russes. Le domovoï est l'esprit domestique protecteur du foyer et de la famille.

Petit, poilu et barbu, il vit derrière le four. L'une des exigences du paganisme slave était de laisser chaque soir près du four des morceaux de nourriture pour le domovoï, de même que de l'inviter à suivre la famille lorsque celle-ci changeait d'habitat. À la veille du déménagement, accompagné d'une invocation rituelle, on glissait dans un recoin de la cuisine des souliers plats, traditionnellement tissés d’écorce de bouleau, pour que le domovoï s’y glisse et de cette manière l’emmener au nouveau foyer. Dans certains contes russes, le domovoï a une compagne, de même acabit que lui, qui vit dans le grenier.

Le domovoï est dérivé du mot dom (maison). Les domoviye sont (dit-on) attristés par la disparition de la foi humaine et par la perte des traditions populaires dans les foyers. C'est un nocturne, ses pupilles rouges transforment en clarté les lueurs de la pénombre. Il dort le jour et se lève le soir pour manger et travailler. Habituellement bienveillant, chaleureux et amical, c'est le premier esprit ami de l’homme. Il se nourrit des passions humaines que sont l’amour, la sécurité et le respect des anciens.

Il est possible que la croyance slave aux domoviye se soit perpétuée également chez les Serbes, dont chaque famille possède aujourd'hui un saint protecteur et auquel était consacrée annuellement une journée de festivités (voir la Slava). Cette tradition semble avoir comblé le vide laissé par la disparition des domoviye lors du passage des Serbes au christianisme au VIIIe siècle.

 

 

 

 

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 07:57

Bugul-noz

 

 

 

 

Le Bugul-noz (/by.gyl.’noz/ en breton vannetais) ou bugel-noz, « enfant de la nuit » ou « berger de la nuit », est une créature nocturne du légendaire breton, proche du lutin et du loup-garou, et connue pour se présenter sous la forme d'un berger métamorphe portant un large chapeau. Surtout attaché au Vannetais, qui forme l'actuel Morbihan, il est mentionné depuis le XVIIe siècle et peut-être issu des créatures du type « appeleur ».

La tradition populaire parle de la crainte qu'il inspire et des moyens de s'en protéger. Il aurait pour fonction, selon Walter Evans-Wentz et Pierre Dubois, de prévenir les bergers attardés de l'arrivée des hordes nocturnes, et de les pousser à regagner leur foyer. Les mères bretonnes effrayaient jadis leurs enfants en l'évoquant.

Étymologie et terminologie

Joseph Loth en a étudié l'étymologie dans son Dictionnaire breton-français du dialecte de Vannes, en 18941. Le nom a changé de sens en breton vannetais, puisque bugel, qui désigne l'enfant, y est le même mot que bugul, le berger, dont le sens est différent dans les autres dialectes2,3,Note 1. On trouve la forme « bugel-noz » en 1633, et celle de bugul-noz en vannetais à partir de 17324. L'orthographe est assez variable, incluant surtout « bugul-noz »Note 2, « Bugul Noz »Note 3 et « Bugul-nôz »Note 4.

Origine et confusions

Dans tous les cas, le bugul-noz a un rôle d'« épouvantail »5, puisque les parents désireux de ne pas voir leurs enfants courir le soir les menaçaient en disant que si le bugul-noz les voyait en dehors de la maison, il les emporterait dans son immense chapeau rond6.

Il est peut-être issu de Yannig an Aod (ou Yann-An-Ôd), « Jean du rivage », un « appeleur » qui pousse les pêcheurs à rentrer au port dès la nuit tombée, d'après Walter Evans-Wentz7 et Albert Moxhet8. Un bulletin de la Société archéologique du Morbihan, paru en 1858, affirme qu'il est issu des dusino latins9. Paul Sébillot note une confusion entre le bugul-noz et le loup-garou à son époque, un même nom désignant le lycanthrope qui rejoint les siens durant la nuit, et le pâtre nocturne d'apparence humaine10. En 1914, le chanoine J. Buléon mène une enquête sur le « Bugul-Noz et le Garo » dans la Revue Morbihannaise de février, et suppose qu'il y a eu confusion entre plusieurs types de récits, qui se sont fondus les uns dans les autres11. Il regrette que les conteurs aient fait des amalgames12. François Cadic note en 1922 que le bugul-noz, les kannerezed-noz et les hopper-noz ont été assimilés à des revenants, suppôts du Diable13.

Description

Selon certaines descriptions, le bugul-noz est un loup-garou.

 

 

 

 

 

Le bugul-noz est un « lutin malfaisant » qui effraie les humains par ses apparitions, et revêt parfois une peau de loup pour courir nuitamment9.

« Quand les ombres sont descendues, et que l'oiseau de nuit quitte sa retraite, éloignez-vous : vous y entendriez, comme des voix plaintives, les gémissements des pâtres enlevés par le Bugul-Noz, ce Croquemitaine breton ! »

— Guide du voyageur : Carnac et ses alentours14

Les Bretons qui rentrent tard du labour sont susceptibles de le rencontrer et redoutent ce moment15. Esprit de la nuit, le bugul-noz voit l'apogée de son pouvoir à minuit et fréquente les bois et les chemins, caché par un chapeau8 « plus large qu'une roue de charrette »16 et un ample manteau. Comme dans le cauchemar, il grandit au fur et à mesure que l'on s'approche de lui8. Il possède le don de métamorphose17 afin de surprendre ses victimes16, et peut se changer, par exemple, en cheval18. Il est parfois accompagné de korrigans poussant leur chant de marche19. Anatole Le Braz dit qu'à Riantec, lorsqu'on l'entend siffler derrière soi, il faut bien se garder de siffler aussi20.

Dans d'autres histoires, il est un loup-garou qui emporte les enfants en les cachant dans son chapeau21. Paul Sébillot livre une version selon laquelle un cultivateur s'aperçoit que son frère est « bugul-noz » et sort tous les soirs sous forme de loup. Suite aux conseils d'un prêtre, il va le rejoindre une nuit et le pique avec une fourche à deux pointes22. Le bugul-noz est parfois lié à la mer, où il officierait, « armé jusqu'aux dents »23, et il craint l'aubépine, dont le pouvoir met fin aux enchantements24. Ce serait un homme maudit qui accomplit une pénitence16. Une version de la légende est affichée sur le chemin de randonnée de Pont Augan, à Quistinic.

L'américain Walter Evans-Wentz s'est intéressé au bugul-noz, qu'il qualifie d'« homme-fée », mais n'est pas parvenu à trouver de description du troupeau qui l'accompagne, ni ce que présage sa rencontre, même s'il a noté que les Bretons préfèrent l'éviter. Il suggère, tout comme Pierre Dubois, que le bugul-noz emmenait paître son troupeau d'ombres à la nuit tombée pour signifier au berger qu'il est temps de rentrer, et ne serait pas maléfique, mais presserait les hommes à quitter les territoires qu'il hante avec les esprits de la nuit25,15.

Collectages et évolution des croyances

Le bugul-noz est surtout connu dans le Vannetais, où un moyen de s'en protéger consistait à « se retrancher rapidement derrière une porte de chrétien, dont les barres horizontales et verticales forment comme une croix », ou alors à rester dans un champ labouré, précédemment semé avec des grains bénis26.

La plupart des informations le concernant sont issues de différents collectages effectués en Bretagne. Joseph Frison en rassemble plusieurs pour la Revue des traditions populaires : Le petit boudeur en avril 1908, Le berger de nuit en juillet 1910, Le Bugul-nôz en novembre de la même année, et La délivrance du Bugul-nôz en février 1911. Il apprend d'un domestique d'une vingtaine d'années qu'une de ces créatures hantait jadis l'église de Cléguer. La croyance populaire est cependant déjà en voie de disparition : un paysan de Lorient affirme avoir entendu parler du bugul-noz mais ne plus s'en souvenir, ajoutant qu'il s'agit peut-être d'un oiseau chanteur, mais que ce nom n'est plus guère utilisé. Joseph Frison se fait dire que la créature aurait habité avec sa conjointe du côté d'Hennebont, mais aurait depuis disparue27. Yves Le Diberder recueille de nouvelles anecdotes dans le Kemenet-Héboé, le Porhoët, et dans la presqu'île de Rhuys en 191228.

Impact culturel

Le Bugul-noz a donné son nom à un trail entre Sarzeau et le stade de Quistinic, dont la quatrième édition s'est tenue en 201129.

Il est inclus dans l'ouvrage de Faery Wicca, d'Edain Mc Coy, qui le décrit comme le dernier de son espèce, ajoutant qu'il est incroyablement laid, ce qui lui cause beaucoup de peine, incite les animaux de la forêt à l'éviter, et explique qu'il pousse lui-même des cris pour avertir les gens de son approche et ne pas les effrayer. Elle ajoute qu'il n'est pas malveillant, mais demeure toujours seul à cause de son effroyable apparence30.

Un monstre de Final Fantasy XI porte également ce nom31.

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:52

Baphomet

 

 

 

 


 

Représentation de Baphomet, 1854.
Clé de voûte du XVIe siècle dans la forteresse de Tomar, Portugal, souvent interprétée comme une représentation possible de Baphomet
Vitrail de la chapelle de la commanderie de la Villedieu, avec ajout d'un Baphomet lors de sa rénovation de 2012

 

 

 

 

 

Baphomet est le nom donné par certains occultistes du XIXe siècle à l'idole mystérieuse que les chevaliers de l’ordre du Temple furent accusés, à tort ou à raison, de vénérer. Le plus souvent représentée par la tête d'un homme barbu, l'idole était vénérée mais également crainte pour sa laideur. On peut remarquer chez lui une poitrine ainsi qu'une tête de bouc.

Origine et légende

Dans le Nouveau Testament, l'évangile de Saint Matthieu mentionne à plusieurs reprises une séparation du bien et du mal par un clivage Gauche / Droite. La Gauche symbolisé par des boucs représentant le Mal, et la Droite incarnée par des Brebis s'identifiant au Bien, symbole du Christ sous le nom de Fils de l'homme.

  • Nouveau Testament (Saint Matthieu, Chapitre 25, Verset 32 à 34) … Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
  • Nouveau Testament (Saint Matthieu, Chapitre 25, Verset 41) … Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire …

Le Baphomet désigne une idole qui aurait été adorée par les Templiers.

Signification du terme

Hugh Schonfield1, spécialiste des manuscrits de la mer Morte, pensa qu'il s'agissait d'un mot codé. En effet, en appliquant le code Atbash (système de cryptage très ancien) au mot Baphomet écrit en caractères hébreux, on obtient sophia, qui signifie « sagesse » en grec. Selon son interprétation, en vénérant Baphomet, les Templiers auraient voué en vérité un culte au principe de sagesse… ou aussi à la gnose.

Pierre Klossowski, dans ses notes et éclaircissements à son roman de 1965 préfère y voir le Basileus philosophorum métallicorum : le souverain des philosophes métallurgistes, c'est-à-dire des alchimistes.

Plusieurs autres étymologies fantaisistes ont été proposées : Baphe-métous, baptême de sagesse ; Bios-phos-métis, vie-lumière-sagesse ; Bapho ou Bafo, nom d'un port de Chypre dont le Temple fut très peu de temps le propriétaire ; Abufihamat, corruption de l'expression arabe « le Père de la compréhension », Maphomet « L'Incompris », ou encore de l'arabe Ouba el-Phoumet, « Père de la bouche », etc. La signification la plus probable est que Baphomet, qui apparaît pour la première fois en 1195 dans le poème Senhor, per los nostes peccatz du troubadour Gavaudan en pleine période des Croisades, est l'occitanisation de Mahomet 2. Selon Heinrich Finke, on trouve d'ailleurs également la forme Magometus dans les interrogatoires du procès3.

Description

Représentations

La représentation de Baphomet pourrait être inspirée du visage imprimé sur le Saint-Suaire de Turin. De nombreuses suppositions sur son véritable visage ont été effectuées : ainsi, on lui attribue le visage barbu de l'église de Templecombe à Somerset4. À Paris dans le 4e arrondissement, on trouve un diable sur le tympan du porche de l’église Saint-Merri. Il fut sculpté entre 1841 et 1843. Certains y voient l'image d'un Baphomet5. Cette insolite présence est signalée par Umberto Eco dans son roman le pendule de Foucault.

Toutefois, l'idole possiblement vénérée par les Templiers est de formes très diverses selon les témoignages recueillis durant les procès : tantôt très grande, tantôt tenant dans une poche, parfois en bois, en os ou en métal, sous la forme d'une statue ou d'une toile de peinture, l'idole représente souvent une tête d'homme barbu mais peut également être un lion à tête de femme, ou un visage presque humain pâle avec des cheveux frisés. Les inquisiteurs recherchèrent activement des têtes en bois ou en métal représentant Baphomet, qui auraient été nombreuses. Même les membres haut placés de l'Ordre du Temple, tels que Hugues de Pairaud, furent incapables de décrire la tête, expliquant qu'elle était trop hideuse pour être décrite, ou bien qu'ils fussent trop loin pour la voir4.

Dans le même ordre d'idée d'allusion à la symbolique du ternaire, une clé de voûte représentant trois faces humaines à la bouche ouverte fut découverte dans une salle de la forteresse de Tomar. Seuls, des experts ont pu avoir accès à la partie du château qui la contient. Cette salle est interdite au public6.

Idée d'une influence orientale

La créature fantasmagorique fait presque immanquablement l'objet d'un engouement chez les individus et groupes qui s'intéressent aux Templiers, en particulier lorsqu'on aborde les prétendues pratiques hétérodoxes qu'ils auraient acquises au Proche-Orient, au contact des cultures déjà en place parmi les Etats latins d'Orient.

Une autre théorie en fait la tête conservée d'Hugues de Payns, selon un témoignage d'un frère templier conservé dans les archives du Vatican7. Cependant, rien ne permet de donner foi à ce témoignage, non plus qu'il est possible de l'infirmer ou de vérifier l'existence réelle de ce témoignage (passé par l'historien Heinrich Finke, lui-même cité par l'abbé Pétel).

Culte autour de Baphomet

Selon certaines sources invérifiables car légendaires, le culte de Baphomet aurait eu lieu durant les rites secrets des Templiers. L'effigie de Baphomet était sortie et montrée à tout le monde, sous la lumière de bougies noires. Très laide, elle provoquerait l'effroi en la voyant. Durant certains rites, les Templiers embrassaient la tête puis l'entourait de cordelettes ; celles-ci étaient par la suite portées autour d'eux-mêmes. Cette pratique serait issue d'une coutume palestinienne qui voulait que ces cordelettes aient des propriétés magiques telles que la guérison des malades4.

Un baphomet est représenté sur la partie inférieure d'un vitrail de la chapelle de la Commanderie de la Villedieu à Élancourt, mais celui-ci a été ajouté librement par les personnes ayant effectué la restauration de la chapelle en 2012, car aucun des vitraux d'origine n'a été retrouvé. Rien ne permet donc d'attester qu'une telle représentation était présente sur les vitraux templiers d'origine.

Le culte de Baphomet serait à rapprocher du johannisme qui consiste à renier le Christ pour ensuite mieux le servir8.

Baphomet dans les arts

Le Baphomet, Paris, Mercure de France, 1965. Roman de Pierre Klossowski.

La figure de Baphomet a été reprise au XIXe siècle par certaines personnalités du mouvement de l'occultisme et de l'hermétisme. Par la suite le personnage de Baphomet fait de nombreuses apparitions dans les films, les jeux vidéo et les jeux de rôle, en tant que méchant démoniaque à vaincre.

Le plasticien, graphiste, illustrateur, sculpteur et designer suisse Hans Ruedi Giger a utilisé l'image de Baphomet dans de nombreuses œuvres (la série des "Necronom").

L'Empire du Baphomet est un roman de science-fiction de Pierre Barbet paru en 1972.

Le Baphomet apparaît aussi dans le manga de Kentaro Miura Berserk, de la dark fantasy et où des sectes lui vouent un culte bestialement sexuel.

Baphomet apparaît en tant que dieu du peuple de la nuit dans le film Cabal (Nightbreed) de Clive Barker, tiré du roman Cabal de ce dernier. Dans le film d'épouvante américain Return to House on Haunted Hill, suite non distribuée sur le sol français de La Maison de l'horreur, la statuette de Baphomet est le cœur du sinistre hôpital psychiatrique à l'abandon.

La formation de New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM) Angel Witch utilise l'image de Baphomet comme symbole pour le groupe. "Baphomet" est également le titre d'un morceau exclusif à la compilation "Metal for Muthas" publiée en décembre 1979.

Baphomet apparaît en artwork de l'album In Sorte Diaboli de Dimmu Borgir.

Le groupe de black metal Dark Fortress a une pièce intitulée Baphomet sur l'album Eidolon.

Le groupe de black metal italien Malfeitor a une pièce intitulée Baphomet sur l'album Unio Mystica Maxima.

« Streaks of blood (Baphomet) » est une chanson de Dying Fetus sur l'album Grotesque Impalement.

Baphomet est un prince démon dans l'univers de Donjons et Dragons, et règne sur la 600e strate des Abysses.

Baphomet dans les jeux vidéo

Ci-dessous une liste non-exhaustive de jeux vidéo dans lesquels le mythe de Baphomet est évoqué:

  • Il a été repris dans un jeu vidéo sur les Templiers : Les Chevaliers de Baphomet. Il n'apparaît pas dans les jeux suivants même si le titre est resté pour la série qui se nomme en anglais Broken Sword.
  • Il a été repris dans le jeu vidéo en ligne Ragnarok Online, où il est désigné comme le mal absolu.
  • Il apparaît dans le jeu vidéo Shin Megami Tensei: Lucifer's Call dans lequel il fait partie des nombreux démons recrutables et jouables dans l'équipe du héros. Son design semble directement inspiré de l'illustration d'Éliphas Lévi.
  • Il apparaît dans le jeu Darklands de Microprose
  • Il apparaît dans le jeu vidéo online nommé Lineage : il y est considéré comme un démon. On peut y retrouver aussi Beleth qui serait un frère ou une sœur de Baphomet.
  • Il se retrouve dans le jeu d'aventure Post Mortem édité par la société Microïds.
  • Il joue le rôle de boss de fin du jeu Silent Hill et se nomme Incubus.

 

 

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:49

Ange déchu

 

 

 


L'ange déchu (R. Bellver, 1877), à Madrid.

 

 

 

 

Un ange déchu est, dans les traditions chrétiennes et certaines autres religions, un ange exilé ou banni du Paradis en punition de sa désobéissance ou rébellion contre Dieu. Le plus connu des anges déchus est Azazel, et son nom est fréquemment donné à Satan dans les croyances chrétiennes, bien que cet usage semble résulter d'interprétations particulières, la seule référence aux anges déchus dans la Bible étant un passage du Livre d'Isaïe1. Le principal texte chrétien évoquant les anges déchus est le livre d'Hénoch, considéré comme apocryphe par la majorité des Églises. La notion d'ange déchu se retrouve dans d'autres religions, comme la tradition hindoue, et elle forme un thème artistique populaire.

Tradition Juive


Article détaillé : Nephilim.

 

Dans la mythologie juive, les Grigori sont des êtres célestes descendus sur terre pour surveiller les hommes, mais qui se sont mariés avec des femmes humaines et ont eu des enfants, appelés nephilim. Les « fils de Dieu » se réfèrent aux anges dans l'Ancien Testament :

Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.
Alors HIMYM dit  : Mon esprit ne jugera plus l'homme pour ses fautes, car l’homme est fait de chair, et ses jours seront de cent vingt ans.
Les Nephilim se trouvaient sur la terre en ces jours-là, et aussi après cela, quand les fils du vrai Dieu continuèrent d’avoir des rapports avec les filles des hommes et qu’elles leur donnèrent des fils: ils furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom2.

La tradition juive regarde les Grigori comme des anges déchus3, mais le mythe peut être un fragment d'une mythologie païenne, où les dieux se croisaient avec des humains pour produire des héros4.

Livre d'Henoch

Miniature médiévale gothique illustrant la Genèse.

 

 

 

 

La notion d’ange déchu provient de la première section du livre d'Hénoch, un écrit pseudépigraphique de l'Ancien Testament considéré comme un texte apocryphe et donc rejeté par la plupart des Églises, mais qui a néanmoins beaucoup influencé la tradition chrétienne.

Selon cet écrit, la chute des anges aurait été provoquée par leur envie de procréer5.

« Il arriva que lorsque les humains se furent multipliés, il leur naquit des filles fraîches et jolies. Les anges, fils du ciel, les regardèrent et les désirèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : Allons nous choisir des femmes parmi les humains et engendrons-nous des enfants. Shemêhaza, qui était leur chef, leur dit : je crains que vous ne renonciez et je serai tout seul coupable d'un grand péché. Tous lui répondirent : Jurons tous en nous vouant mutuellement à l'anathème de ne pas renoncer à ce dessein que nous ne l'ayons accompli et que nous n'ayons fait la chose. »6.

Les anges mirent leurs projets à exécution et les femmes ainsi engrossées donnèrent naissance à des géants hauts de trois mille coudées, qui dévorèrent tout le fruit du labeur des peuples7. Les enfants de ces géants seraient les Nephilim cités dans la Genèse8.

« Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l'antiquité. »

Les anges déchus auraient appris aux femmes la botanique et l'usage des drogues. En plus, chaque ange aurait transmis aux hommes son savoir particulier : Azraël la métallurgie et la fabrication des armes, Shemêhaza la botanique et les charmes, Hermoni les exorcismes, la magie et la sorcellerie, Baraquiel l'astrologie, etc. Les anges déchus selon le Livre d'Enoch sont, dans l'ordre : Shemêhaza ou Shemhazai, Arataqif, Ramt, Kokabiel, Tamiel, Ramiel, Daniel, Ziquiel, Baraquiel, Asaël, (Azaël ou Azazel), Hermoni, Matariel, Ananiel, Setaouël, Shamshiel, Sahriel, Toumiel, Touriel, Yomiel, Yehadiel et loukas.

 

Tradition chrétienne


Article détaillé : Lucifer.
L'ange déchu, peinture d'Odilon Redon.

 

 

 

 

Lucifer (rappel : Lucifer était autrefois un ange alors que le Diable descend simplement de mythes, il est important de ne pas les confondre ou du moins de se rappeler qu'on ne les confondra qu'au Moyen Âge), est fréquemment qualifié d'ange déchu, sans qu'aucun texte de l'Ancien Testament ou du Nouveau ne vienne confirmer directement cette déchéance. Il en va de même pour tous les démons et les divers avatars du Diable, tel Méphistophélès dans la légende de Faust.

Selon l'enseignement du catéchisme de l'Église catholique romaine, les anges furent tous créés par Dieu pour être bons mais certains devinrent mauvais et se retournèrent contre leur créateur9. Les anges n'ayant pas besoin de la foi puisqu'ils ont déjà la connaissance de toutes les choses célestes, leur rébellion contre Dieu constitue un acte impardonnable10. Matthieu11 qualifie cette rébellion de pêché impardonnable dans « cet âge ou un âge à venir ».

 

 

 

La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré.

 

 

 

 

Du fait de plusieurs interprétations liées à la traduction d'un passage d'Isaïe, Lucifer est devenu dans la tradition chrétienne le symbole de l'ange déchu :

« Comment es-tu tombé des cieux, Astre du matin (ou « fils de l'aurore ») ? Comment as-tu été jeté par terre, toi qui vassalisais toutes les nations ? »

— Bible, Isaïe 14:121

En fait, ce passage du livre d'Isaïe pourrait faire référence au roi déchu de Babylone, ce que semble clairement confirmer la suite (Esaie 14.4).

Ce n'est qu'au Moyen Âge que le nom de Lucifer désigne « le plus grand et le plus brillant de tous les anges ». Après s'être rebellé contre Dieu par orgueil, il devint alors Satan, le « Tentateur », « le menteur » ou encore l'« Adversaire »12, roi des « démons » qui sont les anciens anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté, devenant les ennemis de l'humanité et de Dieu.

L'étymologie grecque de Lucifer, Φωσφόρος (Phosphoros), est « porteur de lumière ». En latin, lux, luci- signifie « lumière » et fer, « porteur »13,14, et le nom d'étoile du matin lui est donné15, sans qu'il ne soit fait de lien avec Satan. Cependant, Satan est nommé Lucifer dans de nombreuses interprétations postérieures à la Bible, notamment dans le texte de John Milton, Le Paradis perdu (7.131-134, parmi d'autres). Selon Milton, Satan était le plus brillant parmi les légions des anges, plus brillant même que les étoiles autour de lui16.

Dans l'islam



Article détaillé : Iblis.

 

 

 

Dans l'islam, les jinns sont des créatures dotées de pouvoirs surnaturels, ils ont été créés d'un maillage/tissage de « lumière d'une flamme subtile, d'un feu sans fumée (ناَر [na:r]/[nɛ:r]) » (comme l'être humain l'a été à partir d'argile), ils sont appelés à croire et subiront le Jugement Dernier.

Iblis est cité dans le Coran à plusieurs reprises en tant que djinn qui se rebelle contre Dieu
Soit par sa nature :

Et lorsque nous dîmes aux Anges : « Prosternez- vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté 'Iblîs (Satan) qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur.[Coran 18 - verset 50].

ou soit, par sa constitution :

Je suis meilleur que lui : tu m’as (Iblis) créé de feu, tu l’as créé d’argile [sourate 38 - verset 76]

À noter que jinns et anges sont des créatures différentes.

Tradition hindoue

La notion d'anges déchus existe également dans la tradition Hindoue :

« La joie et l'harmonie régnaient autour du Trône de l'Eternel, lorsque l'envie et la jalousie s'emparèrent de Moïsasour et des autres chefs des bandes angéliques. Ils oublièrent les devoirs qui leur étaient imposés; s'éloignèrent de l'obéissance qu'ils devaient à l'être suprême, et refusèrent de se soumettre à son vice-gérant et à ses coadjuteurs Bistnoo et Sieb. Ils dirent en eux-mêmes : nous voulons gouverner, et inspirèrent la même ambition à un grand nombre d'anges qui se séparèrent avec eux du trône de l'éternel. Dieu, irrité du crime de ces rebelles, après les avoir fait avertir inutilement de rentrer dans leur devoir, commanda à Sieb de les chasser du ciel, et de les précipiter dans les ténèbres épaisses pour y souffrir des tourments éternels. »17

Représentation dans les arts

Les anges déchus, illustration de Gustave Doré pour le poème Paradis perdu de John Milton.

 

 

 

 

Les anges déchus forment un thème artistique populaire, notamment à travers les illustrations de Gustave Doré, mais aussi de nombreux peintres de la Renaissance.

 

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Filmographie

Les anges déchus est un film de Wong Kar-wai dont le titre original est Duo luo tian shi, réalisé en 1995 à Hong Kong.

 

 

 

 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:44

Bergleute

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Bergleute sont des créatures fantastiques du folklore germanique, décrits comme des nains. Ils sont mentionnés dès le XVIe siècle, en Allemagne, dans les mines de diamant1.

Apparence et mœurs

Les Sept Nains de Blanche-Neige dans le film de Walt Disney

 

 

 

 

Les Bergleutes (appelés aussi « petit peuple de la montagne » et « petits hommes de la montagne », ou Bergmännchen) sont apparus pour la première fois dans le folklore germanique, mais se sont rapidement répandus dans tout le folklore d'Europe de l'Ouest. Ils y sont décrits comme un peuple de nains mineurs.

Ils sont gais, généreux, pacifiques et travailleurs. Ils prennent notamment soin des animaux blessés, des vagabonds et des enfants perdus dans la forêt. Comme les nains de Blanche-Neige, ils vivent en communauté dans de jolies chaumières forestières, situées près de la mine où ils travaillent. On signale leur présence principalement au XVIe siècle, près des mines de diamant. Ces nains sont extrêmement liés aux minerais enfouis dans la terre. Ils peuvent en ressentir les émotions et dialoguer avec eux. La légende dit qu'un jour, un Bergmann nommé Nickel baptisa de son nom un minerai auquel il était très attaché.

Symbolique

En général, les Bergleute symboliseraient le bon samaritain, l'adulte protecteur animé de bonnes intentions, voir les parents, à l'inverse du loup, de la belle-mère et de l'ogre qui représentent les adultes pervers, et le risque couru par les enfants imprudents.

 

 

 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:40

Anguipède

 

 

 

 


Jupiter à l'anguipède, provenant de Grand (Vosges), Musée lorrain à Nancy
Géant anguipède. Statuette romaine en bronze, fin 2e siècle
Colonne gallo-romaine de Jupiter à l'anguipède, à Arlon (Belgique)

 

 

 

 

 

Anguipède est une créature légendaire dont le corps finit en queue de serpent1. Équivalent du démon Abrasax, ce personnage symbolise les formes du mal issues de la Terre.


Le cavalier à l'anguipède représente un groupe sculptural de l'époque gallo-romaine, typique du panthéon gaulois, figurant un étrange guerrier divin, dressé sur son cheval cabré qui foule sous ses sabots un géant difforme dont les jambes, atrophiées, se finissent en queue de poisson ou de serpent !

Toutes les statues, plus ou moins mutilées, qui nous sont parvenues, représentent un étonnant couple divin, composé d'un Jupiter barbu, d'allure martiale, avec armes (?), bouclier, cuirasse et manteau de cavalier romain, piétinant, sous les sabots de sa monture, un étrange personnage, à grosse tête de poupon, le torse en avant, et les membres inférieurs s'achevant dans les replis sinueux d'un corps de serpent.

Ces groupes, probablement peints, étaient placés au sommet de fortes colonnes, érigées, semble-t-il, au voisinage de thermes, de sources cultuelles ou de plans d'eau.

De telles statues ont été trouvées à Corseul (Côtes-d'Armor),Neschers [(Auvergne)],Briec (Finistère), Landudal (Finistère), Saint-Méloir-des-Bois (Côtes-d'Armor), Plouaret (Côtes-d'Armor), Plomelin (Finistère) et Plobannalec (Finistère). Elles sont également très présentes dans l'Est de la France (Grand, colonne de Merten), sur le site du Donon (cinq cavaliers à l'anguipède, trois autres sur colonnes).

Musées-sanctuaires

Généralement découvertes lors de fouilles archéologiques, ces étranges sculptures sont aujourd'hui recueillies dans des musées qui les protègent et les présentent comme de précieux témoignages d'art d'un patrimoine religieux antique disparu.

Sources

  • Metz, Musées de la Cour d'Or.
  • Nancy, Musée Lorrain.

 

 

 

 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:31

Aonyōbō

 

 

 


Illustration de l'aonyōbō.
Illustration de l'aonyōbō par Toriyama Sekien.

 

 

 

 

Aonyōbō (青女房?, , trad. « demoiselle d'honneur bleue ») est un fantôme féminin du folklore japonais. Elle prend la forme d'une femme qui se maquille les dents en noir. Elle est connue pour hanter le palais impérial abandonné.

Sources

 

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:01

Rita de Cascia


 

 

 

Rita de Cascia
Sainte Rita
Image illustrative de l'article Rita de Cascia
Avocate des causes désespérées
Naissance 1381
Roccaporena (Cascia), Italie
Décès 22 mai 1457  (à 76 ans)
Cascia
Vénéré à Basilique de Sainte Rita, Cascia
Béatification 1627
par Urbain VIII
Canonisation 1900
par Léon XIII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 22 mai
Attributs Habit, Plaie incurable au front
Saint patron Femmes mal mariées

 

 

 

 

 

Rita de Cascia (Roccaporena, 1381 - 22 mai 1457) est une religieuse italienne de l'ordre des Augustins béatifiée en 1627 par Urbain VIII.

 

Biographie

Jeunesse

Margherita, fille unique d'Antonio Lotti et d'Amata Ferri, naquit à Roccaporena, hameau de Cascia, dans le diocèse de Spolète, en Ombrie (Italie). Selon la légende, un essaim d'abeilles blanches aurait tournoyé autour du bébé endormi dans le berceau le lendemain du baptême. Elles lui posaient du miel dans la bouche, sans lui faire le moindre mal1. La famille était plus étonnée qu'inquiète. À Laerne (Belgique), on peut voir une statue de sainte Rita entourée d'abeilles.

On sait peu de choses des parents de Rita, sauf qu'ils étaient surnommés « les porte-paix de Jésus-Christ ». Ils jouaient le rôle de médiateurs entre clans et familles, pour essayer de faire oublier les exigences de la vendetta. Cet exemple, Rita ne l'oublia pas. Dès l'âge de 16 ans, elle avait pensé à la vie religieuse, mais ses parents en avaient décidé autrement. Ils avaient arrangé son mariage avec un homme riche et noble, Paul Mancini. Bien qu'elle les eût suppliés de la laisser entrer au couvent, elle dut l'épouser, et fut la mère de jumeaux, Jacques-Antoine et Paul-Marie. Paul était prompt à s'emporter et, bien qu'apparemment il se fût adouci depuis la naissance de ses enfants, il s'était fait des ennemis dans la région. Une nuit, il fut assassiné. Certains récits font état d'un guet-apens, d'autres d'une querelle qu'il aurait provoquée et à l'issue de laquelle il aurait été tué.

Rita continua de se consacrer à ses enfants, mais il lui devint évident qu'ils étaient décidés à venger la mort de leur père. Elle tenta de les en dissuader et de leur faire comprendre que ce serait un meurtre. Elle pria pour qu'ils renoncent à leurs desseins. Ses deux fils moururent de causes naturelles, emportés par une épidémie de peste, après avoir imploré le pardon de leur mère.

 

 

Vie religieuse

 


Sainte Rita de Cascia.

 

 

 

 

 

Se retrouvant seule, Rita voulut entrer chez les religieuses augustines au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia. Elle fut éconduite, car les constitutions de l'ordre interdisaient d'accueillir les veuves. De plus la famille de son mari et celle de son assassin ne s'étaient pas réconciliées. Le monastère avait peur de représailles. Mais elle insista, et finalement fut admise à une condition : elle devait réconcilier sa famille et les meurtriers de son mari. Elle poursuivit ce but, ce qui s'avéra difficile. Quand les deux clans s'accordèrent mutuellement le pardon devant l'évêque de Cascia (elle avait alors 36 ans), elle fut autorisée à entrer au monastère où elle resta jusqu'à sa mort en 1457.

Religieuse, Rita essaya de vivre jusqu'au bout les exigences de son état : vie de prière, obéissance, pauvreté. À la suite d'un sermon sur la passion de saint Jacques de la Marche, elle demanda à Dieu de la faire participer, dans sa chair, aux souffrances du Christ. Elle aurait été exaucée et une épine de la couronne du Christ se serait détachée pour venir se fixer sur son front. C'est pourquoi on la représente avec une plaie incurable à cet endroit. Stigmatisée par cette marque, elle supporta l'épreuve qu'elle avait demandée.

Elle fut au service des plus pauvres de Cascia, qui bénéficièrent de la qualité de sa charité. Elle se rendit à Rome en 1450 pour le jubilé ou l'« année d'or » que le pape avait décidé afin de remercier Dieu d'avoir libéré le pays de toutes les guerres. À 69 ans, elle parcourt avec quelques sœurs les 180 kilomètres qui les séparaient du centre de la chrétienté.

Elle meurt le 22 mai 1457, à l'âge de 76 ans. Dès le jour de sa mort, le peuple de Cascia proclame sainte cette petite servante du Seigneur, bien avant que l'Église catholique ne la reconnaisse pour telle. Le peuple de Cascia avait été témoin de miracles et de prodiges inexplicables.

 

Béatification

 


Sainte Rita de Cascia (statue de la Chapelle Sainte-Rita, 65 bd de Clichy 75009 Paris).

 

 

 

  • Elle fut béatifiée en 1627 par Urbain VIII, et c'est au secrétaire particulier de ce dernier, le cardinal Fausto Poli, né à environ quinze kilomètres de Cascia que l'on doit le développement de son culte.
  • Le pape Léon XIII la canonisa le 24 mai 1900.
  • On la fête le 22 mai.

     

     

     

Vénération - Patronage

 

 

 

Corps de Sainte Rita à Cascia.

 

 

 

 

 

En son honneur un important sanctuaire fut érigé à Cascia au début du XXe siècle. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté d'Ombrie, de même que sa maison natale. Sainte Rita, tout comme saint Jude, est l'avocate des « causes désespérées ». L'église Santa Rita da Cascia alle Vergini de Rome, datant du XVIIe siècle, porte également son nom.

En France c’est à partir de Givet, dans les Ardennes, que le culte à sainte Rita s’est répandu, semble-t-il, de façon durable. Il fût sans doute introduit par des immigrants italiens. Dans l’église Saint-Hilaire, il n’y eut à l’origine qu’une statue de sainte Rita placée au-dessus d’un autel latéral. Aujourd’hui, c’est une église où l’on vient de loin en pèlerinage et où il y a plus de deux cents ex-voto2.

A Vendeville, près de Lille, on vénère Sainte Rita depuis 1927 dans l’église de Saint-Eubert. Une guérison survenue suite à une neuvaine à sainte Rita est à l’origine de la vénération à la sainte. C’est aujourd’hui un lieu où de nombreux fidèles se rendent en pèlerinage2.

 

 

 

 

Chapelle Sainte Rita de l'église de l'Annonciation à Nice.

 

 

 

 

 

Mais c’est à Nice que va se développer ce qu’on peut considérer comme le principal centre de dévotion à sainte Rita en France. En 1934 le père Andrea Bianco, religieux de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie et recteur de l’église de l’Annonciation invita une paroissienne qui avait perdu un bijou de famille auquel elle tenait beaucoup à prier sainte Rita. Elle retrouva son bijou et, en reconnaissance, offrît à l’église une statue que le recteur installa sur le premier autel latéral près de l’entrée. Au fil des années les niçois adoptèrent sainte Rita qui devint extrêmement populaire. En 1955, le père Cagliari, prêtre de la même Congrégation, fonda la Revue Sainte Rita qui, par sa grande diffusion (jusqu’à quarante-mille exemplaires), contribua de façon significative à faire connaître et aimer sainte Rita dans toute la France2.

En 1950, une chapelle dédiée à sainte Rita fut inaugurée en plein Paris, au 65 boulevard de Clichy, à mi-chemin entre l’église de la Sainte-Trinité et la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Dans ce quartier particulièrement « typé » de Paris (Pigalle), des gens de toutes conditions viennent prier et confier leur détresse à sainte Rita2.

Une église dédiée à Sainte Rita se trouve aussi à Marseille, dans le quartier des Trois Lucs. En Corse, la dévotion à Sainte Rita est très répandue : des statues ou tableaux de la sainte se trouvent dans de nombreuses églises de l'île.

Au Brésil, à Santa Cruz, dans l' état de Rio Grande do Norte, une statue monumentale de Sainte Rita a été inaugurée en 2010. Avec 56 mètres de haut, c'est la plus grande statue religieuse catholique au monde. Elle fait d'ores et déjà l'objet d'un grand pèlerinage3.

Son corps

Les restes mortels de la sainte sont abrités derrière une grande grille en fer forgé, dans la chapelle de style néo-byzantin qui lui est consacrée[Où ?]. Ils sont conservés à l’intérieur d’une châsse de verre et d'argent, dans la basilique qui a été consacrée comme église le 18 mai 1947 et érigée en basilique par le pape Pie XII le 1er aout 1955. La basilique est reliée à l'ancien monastère Sainte-Marie-Madeleine. Des études médicales récentes ont confirmé[réf. nécessaire] la présence sur la zone frontale gauche de traces d'une lésion osseuse (peut-être une ostéomyélite) ; le pied droit montre des signes d'une maladie dont elle a souffert pendant ses dernières années, peut-être associée à une sciatique, alors que sa taille était de 157 cm ; le visage, les mains et les pieds sont momifiés, tandis que le reste du corps, vêtu de l’habit des augustines, n’est plus qu’un squelette.

 

Bibliographie


  • Sainte Rita de Cascia. La Sainte des cas désespérés, Léon Cristiani, Apostolat, 1958
  • La véritable histoire de sainte Rita, l'avocate des causes perdues, Yves Chiron, Ed. Perrin, 2001 (ISBN 978-2-2620-1662-3)
  • Manuel des Prières à Sainte Rita. Les prières les plus fortes pour les causes désespérées, Emilie Bonvin, Ed. Cristal, 2007 (ISBN 978-2-84895-046-4)
  • Rita, la rose de Cascia, Père Alexandre Volta o.m.v., Ed. Œuvres de Sainte Rita, 2007
  • Sainte Rita, Prières et Neuvaines, Emilie Bonvin, Ed. Exclusif, 2011 (ISBN 978-2-8489-1093-2)
  • Sainte Rita, La grâce d'aimer, André Bonet, Ed. du Rocher, 2011 (ISBN 978-2-268-04088-2)
  • Prier 15 jours avec Sainte Rita, André Bonet, Ed. Nouvelle Cité, 2012 (ISBN 978-2-853-136-662).

 

 

 

 

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