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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 04:20

Nobuyuki Abe

 

 

 

 


 

Nobuyuki Abe
阿部 信行
Le général Nobuyuki Abe.
Le général Nobuyuki Abe.

Naissance 24 novembre 1875
Drapeau du Japon Kanazawa, Japon
Décès 7 septembre 1953 (à 77 ans)
Drapeau du Japon Tokyo, Japon
Origine Japonais
Allégeance Drapeau : Japon Empire du Japon
Grade Général
Années de service 18951936
Conflits Intervention en Sibérie
Commandement Drapeau de l'armée impériale japonaise Armée impériale japonaise
Autres fonctions Premier ministre du Japon
Gouverneur-général de Corée
Ministre des Affaires étrangères

 

 

 

 

 

Nobuyuki Abe (阿部 信行?), né le 24 novembre 1875 à Kanazawa au Japon et décédé à l'âge de 77 ans le 7 septembre 1953 à Tokyo, est un général de l'armée impériale japonaise qui fut gouverneur-général de Corée et le 36ème premier ministre du Japon du 20 août 1939 au 16 janvier 1940.

 

 

 

 

Biographie


Jeunesse

 

 


Abe est né en 1875 dans une ancienne famille samouraï à Kanazawa dans la préfecture d'Ishikawa. Son beau-frère est l'amiral Shigeyoshi Inoue.

Abe étudie au lycée Hibiya à Tokyo puis se porte volontaire au service actif durant la guerre sino-japonaise (1894-1895).

Après le conflit, il sort diplômé de l'académie de l'armée impériale japonaise puis de la 19ème classe de l'école militaire impériale du Japon. Le général ultranationaliste Sadao Araki fut l'un de ses camarades de classe. Abe commande ensuite le 3ème régiment d'artillerie de 1918 à 1921. En août 1918, son régiment participe à l'intervention en Sibérie mais n'a jamais à se battre. Abe est nommé commandant de la 4ème division le 22 décembre 1930. Il est plus tard instructeur à l'académie militaire avant de devenir chef du bureau des Affaires militaires puis vice-ministre de la Guerre.

 

 

Comme premier ministre

 


Nobuyuki Abe n'est pas le premier choix pour le poste de premier ministre après la chute du gouvernement de Hiranuma Kiichirō. Du côté des civils, Fumimaro Konoe et Koki Hirota sont condérés comme favoris mais l'armée et les ultranationalistes soutiennent fortement le général Kazushige Ugaki. Après que le genrō Saionji Kinmochi ne déclare son désintéressement des candidats civils, l'armée est prête à imposer son choix. Cependant, Ugaki tombe malade et doit être hospitalisé. Le choix de Nobuyuki Abe, ministre de la Guerre par intérim, est un compromis. Abe a l'avantage de n'appartenir ni à la Tōseiha ni à la Kōdōha (des factions politiques au sein de l'armée) et est aussi soutenu par la marine impériale japonaise pour être un modéré. Mais il est méprisé par plusieurs hauts-officiers de l'armée pour n'avoir jamais participé à aucun combat.

Abe devient premier ministre le 20 août 1939. Durant son mandat, il tient en même temps le portefeuille de ministre des Affaires étrangères. Abe cherche rapidement à mettre fin à la guerre sino-japonaise (1937-1945) et à imposer la neutralité du Japon dans le conflit européen. Il s'oppose également à l'effort de l'armée pour former une alliance politico-militaire avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste.

Manquant du soutien des militaires et des partis politiques, Abe est remplacé par Mitsumasa Yonai en janvier 1940.

 

 

Suite de la carrière

 


Trois mois après son remplacement, l'armée envoie Abe en Chine en qualité d'envoyé spécial pour conseiller le régime pro-japonais de Wang Jingwei et négocier un traité garatissant les intérêts économiques et militaires japonais dans le Nord de la Chine.

Après son retour au Japon, Abe devient membre de la chambre des pairs en 1942 et accepte la position honorifique de président de la Taisei Yokusankai. Il devient le 10ème (et dernier) gouverneur-général de Corée en 1944.

Après la défaite de 1945, Abe est purgé de la fonction publique et arrêté par les forces alliées. Il n'est cependant accusé d'aucun crime de guerre et est très vite relâché.

Son second fils est Nobuhiro Abe.

 

 

 

 

 

Précédé par Nobuyuki Abe Suivi par
Fonctions politiques
Hachirō Arita
Ministre des Affaires étrangères
1939
Kichisaburō Nomura
Hiranuma Kiichirō
Premier ministre du Japon
1939–1940
Mitsumasa Yonai
Kuniaki Koiso
Gouverneur-général de Corée
1944–1945
Position abolie

 

 

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:12

Bataille de Beignon

 

 

 

 

 

 



Bataille de Beignon
Informations générales
Date 3 mai 1794
Lieu Beignon
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Pavillon LouisXIV.svg Chouans
Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Flag of France.svg Fédéralistes
Commandants
• Colonel Doré Joseph de Puisaye
• Dupérat
Henri Forestier
Louis Hubert
Forces en présence
1 200 hommes
(selon les Chouans)
800 à 900 hommes
Pertes
45 morts
(selon les Chouans)
faibles
Chouannerie
Batailles
Révoltes paysannes (1792-1793)

1er Vannes — Fouesnant — Scrignac — Lannion — Pontrieux — Bourgneuf-la-Forêt — Plumelec — Savenay — Loiré — Ancenis — 2e Vannes — Pluméliau — Pontivy — 1er La Roche-Bernard — 1er Rochefort-en-Terre — Pacé — Guérande — Fleurigné — Fougères — Vitré — Mané-Corohan — Plabennec — Saint-Pol-de-Léon — Kerguidu — Lamballe — Saint-Perreux — 2e Rochefort-en-Terre — 2e La Roche-Bernard


Virée de Galerne (1793)

Laval — La Gravelle — Croix-Bataille — Entrammes — Ernée — Fougères — Granville — Pontorson — Dol — Angers — La Flèche — Le Mans — Savenay


Morbihan — Est Ille-et-Vilaine — Ouest Ille-et-Vilaine — Côtes-du-Nord — Loire-Inférieure et Anjou — Maine — Normandie


Première Chouannerie (1793-1795)

Ambon — Trébiguet — Coëtbihan — Mangolérian — Beignon — Liffré — Bois de la Renardière — Saint-Michel-et-Chanveaux — Guémené-sur-Scorff — Le Faouët — Les Gaudinières — Ville-Mario


Deuxième Chouannerie (1795-1796)

Étangs des Rochettes — Grand-Champ — Saint-Bily — Florange — Argentré — Pont-de-Buis

Expédition de Quiberon

Groix — 1er Pontsal — Le tumulus Saint-Michel — 2e Pontsal — Auray — 1re Landévant — 2e Landévant — Fort Sans-Culotte — Carnac — Sainte-Barbe — Elven — Josselin — Plouharnel — Pont-Aven — Coëtlogon — Quintin — Quiberon

Segré — 1er Rocher de La Piochais — La Ceriseraie — La Chapelle-Saint-Aubert — La Cornuaille — La Vieuville — 2eRocher de La Piochais — La Croix-Avranchin — Auverné — Andigné — Maigrit — Croix-Couverte — Tinchebray — L'Auberge-neuve — Locminé — Saint-Hilaire-des-Landes — Val de Préaux — Le Grand-Celland — Piré


Troisième Chouannerie (1799-1800)

Argentré — Noyant-la-Gravoyère — La Hennerie — Saint-Aubin-du-Cormier — Le Mans — Nantes — Saint-Brieuc — Ballée — Lorge — Vire — Locminé — Le Lorey — Mont-Guéhenno — 1er Redon — 2e Redon — La Tour d'Elven — 2eSaint-James — Les Forges de Cossé — Pont du Loc'h — Les Tombettes


Quatrième Chouannerie (1815)

Sainte-Anne-d'Auray — Cossé — Redon — Muzillac — Auray — Châteauneuf-du-Faou — Guérande — Fort-la-Latte


Cinquième Chouannerie (1832)

Touchenault — Riaillé

 

 

 

 

La bataille de Beignon se déroula lors de la chouannerie.

 

 

 

Prélude

Le 14 juillet 1793, les Fédéralistes de Normandie et de Bretagne sont écrasés à la bataille de Brécourt, son commandant Joseph de Puisaye s'enfuit en Bretagne et trouve refuge à la forêt du Pertre, avec quelques officiers fédéralistes ou royalistes ; Frocard, de la Haichois, le colonel Roy, de la Massüe, Legge et son frère, prêtre1. En octobre, pendant la Virée de Galerne, Puisaye tente d'entrer en relation avec les généraux vendéens mais arrive à Laval après le départ de l'armée. Il regagne la forêt du Pertre, mais en est expulsé au début de l'année 1794, par la grande battue opéré par les généraux Rossignol et Kléber2. La Haichois et La Massüe sont tués par les Républicains et Puisaye trouve refuge dans le pays de Vitré1.

Puisaye a pour ambition de prendre la tête des insurgés du nord de la Loire et de succéder au marquis de La Rouërie1,2, il entre en relation avec Bertin, de Saint-Malo ancien conjuré de l'Association bretonne, ce qui lui permet d'avoir des contacts avec l'Angleterre. Dans le pays de Vitré, il rencontre le chef chouan Louis Hubert et lui fait part de son projet d'expédition sur le Morbihan. Après avoir obtenu son soutien, Puisaye gagne les environs de Rennes où il s'assure là aussi l'appui de rescapés vendéens et de chefs chouans ; Dupérat, Henri Forestier, Chantereau, Caqueray, Poncet, Bréchard et Jarry1.

L'expédition de Puisaye

Puisaye revient au pays de Vitré en avril, son projet est de se porter sur Morbihan et de rassembler les insurgés de ce département avec ceux de l'Ille-et-Vilaine, il assure qu'il pourra ainsi rassembler une armée de plus de 20 000 hommes pour prendre Rennes1. Forts de ces promesses Hubert et les autres chefs de Vitré ; La Poule, Blondiau, Mercier, Rossignol et Piquet à la tête de 700 à 800 hommes, dont plusieurs vétérans de la Virée de Galerne, armés de fusils de chasse, de fourches ou de bâtons se rassemblent à Saint-Didier et se mettent en marche le 25 avril pour le pays de Rennes1. Puisaye tente également de rallier les Chouans de Fougères, dont le chef Aimé du Boisguy se présente à La Chapelle-Saint-Aubert avec 300 hommes, mais pour une raison inconnue, Puisaye n'est pas présent au rendez-vous1. La population des communes situées aux Sud-Est de Rennes étant républicaines, les Chouans traversent rapidement ces territoires1, ils gagnent la forêt de Rennes où ils reçoivent quelques renforts, mais deux colonnes républicaines les attaquent et ils se replient après une courte escarmouche, traversent la Vilaine à Cesson-Sévigné, s'emparent d'un convoi de farine et couchent le soir à Vern-sur-Seiche2,1,3.

À Rennes, les Républicains sont informés de ce mouvement, 50 hussards sont envoyés sur Vern, mais ils tombent dans une embusade et se replient avec perte de deux morts1. Cependant seuls les officiers vendéens avec une soixantaine d'hommes ont rejoint la troupe de Puisaye1. Les Chouans de Vitré commencent à se méfier, car Puisaye leur avait dit disposer de 10 000 hommes au sud de Rennes, et menacent de faire demi-tour. Puisaye parvient cependant à les convaincre que la majorité de ses forces sont au Morbihan1.

La marche reprend, mais les 50 cavaliers de l'adjudant-général Damas sont à leur poursuite3. Le convoi est repris, mais les Bleus perdent la trace des Chouans qui franchissent à nouveau la Vilaine à Cicé. Des gardes nationaux de Rennes tentent de leur couper la route, mais Puisaye les contourne par Maure-de-Bretagne puis gagne la forêt de Brocéliande. Le 3 mai il est à Beignon situé à la limite des deux départements2.

Le combat

Parti de Montfort, le colonel Doré rassemble plusieurs garnisons et forme une colonne de 1 200 hommes, dont 40 cavaliers parmi lesquels des gendarmes et douze prêtres constitutionnels1 mené par le curé Champion2. Les Républicains arrivent en vue de Beignon, aux abords du bourg un cavalier en uniforme s'opproche d'eux ; « En avant, mes amis, les Royalistes, presque tous ivres morts, gisent dans les rues de Beignon, avançons rapidement et c'en est fait d'eux. » Mais il s'agit d'un piège, les Républicains attaquent sans se méfier et tombent sur les Chouans et les Vendéens en bon ordre dans le bourg. Ces derniers avancent sans tirer, cependant les cavaliers et le colonel trop avancés, prennent la fuite et jettent la confusion dans leurs rangs. Ce désordre fait paniquer les Républicains qui prennent la fuite avant même qu'un seul coup de fusil ne soit tiré. Poursuivis par les Chouans, les Républicains se divisent en deux groupes, le premier s'enfuit par la forêt de Brocéliande et n'est pas inquiété, le second en revanche est rattrapé près de la petite rivière de l'Oft. Selon Pontbriand, 45 Républicains sont tués, parmi lesquels le curé Champion et le juge de paix Jan de la Hamelinais1.

L'abbé Pierre-Paul Guillotin, prêtre réfractaire, laisse un témoignage dans ses mémoires :

« Le samedi 3 mai 1794, un détachement d'environ 800 Vendéens armés, venant du côté de Guer et Guignen, est attaqué dans la lande de Beignon par une troupe de patriotes qui est mise en fuite et dont plusieurs sont tués ; entre'autres le curé constitutionnel de Montauban et le juge de paix dudit lieu.
Le lendemain matin, ce détachement paraît au Moulin à papier, et vers dix heures arrive aux Trois-Roches proche Trébran, où il s'arrête pour dîner. De là, instruit qu'il y a un dépôt de fusils dans la sacristie de Concoret, M. de Puisaye, le commandant, envoie un certain nombre d'hommes pour enlever ces armes, arrivés au bourgs, ils crient : Vive le roi, abattent deux chênes de la liberté, s'emparent de 52 fusils et des pistolets de M. Viallet et s'en retournent aux Trois-Roches.
Vers 3 heures après midi, ils partent en chantant les vêpres et allant vers Saint-Malon. Plusieurs habitants du pays les accompagnent jusqu'à la croix au Blanc. Cette troupe paie généreusement tout ce qu'elle prend, montre beaucoup de piété, n'insulte personne, n'attaque point la première et dit ne s'assembler ainsi que pour le rétablissement de la religion et de la royauté. Deux des leurs sont arrêtés par les habitants de la Ville-Danet qui les conduisent à Plélan pour être fusillés. M. Puisaye fait fusiller près St-Malon un nommé Pollet, qui refusa de dire : Vive le roi4. »

Bibliographie

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:06

Cabinet d'Histoire du jardin des plantes

Enluminure représentant le Jardin du Roi en 1636.
L'amphithéâtre ordonné par Buffon en 1788.
Le plan du Jardin des Plantes en 1730
Le plan du Jardin des Plantes en 1820

 

 

 

 

Le Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes est une présentation récente, qui décrit l'évolution, non pas de la biosphère cette fois, mais du Jardin des Plantes et du Muséum, depuis le stade initial de jardin royal de plantes médicinales mis en place en 1626, jusqu'au stade actuel de grand établissement de recherche, de conservation, d'enseignement, de formation et de présentation au public.




Description

Le Cabinet d’Histoire comprend cinq salles: les trois premières salles présentent l'histoire architecturale et topographique du Jardin au fil des siècles, à travers des œuvres uniques tel ce tableau (école française des années 1800) de la première girafe du Muséum ou girafe de Levaillant, des bustes, d'anciens plans et une grande maquette du Jardin des Plantes à l'orée du XIXe siècle ; les deux autres salles sont consacrées à des expositions temporaires où l'on présente à tour de rôle divers trésors du Muséum (vélins, livres anciens, minéraux, objets précieux, fossiles, coquillages rares…).

Il est situé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Magny, qui abrite également les salons d'honneur de la Direction du Muséum, des bureaux et le centre de tri postal de l'établissement. Le Cabinet d’Histoire a préservé cette ambiance d'ancien hôtel particulier.

Histoire du bâtiment

Le bâtiment a été construit entre 1696 et 1700 par Pierre Bullet pour Elisabeth Thomé. Une entrée de catacombes s'ouvre juste à sa base, côté gauche du portail. Le nom d'Hôtel de Magny vient de la famille qui en fut propriétaire de 1758 à 1779 et le rénova. En 1787, Buffon, intendant du Jardin de 1739 à 1788, fit entrer cette propriété, jardins inclus, dans l'enceinte du Jardin royal des Plantes médicinales. En 1788 un nouvel amphithéâtre (l'actuel Grand Amphithéâtre du Muséum, récemment rénové) est bâti dans ce qui était deux ans auparavant la propriété Magny: ce fut le dernier chantier de l'Ancien Régime. À partir de 1780, l'hôtel de Magny abrite les salons et bureaux des intendants du Jardin puis des directeurs du Muséum ; le Conseil des Professeurs s'y réunit.

Bibliographie

  • Claude Blanckaert, Claudine Cohen, Pietro Corsi et Jean-Louis Fischer (dir.), Le Muséum au premier siècle de son histoire : [actes du colloque de Paris, juin 1993, centre Alexandere Koyré], Éd. du MNHN, coll. « Archives », Paris, 1997. 687 p. (ISBN 2-85653-516-X).
  • Yves Laissus, Le Muséum national d'histoire naturelle, Gallimard, coll. « Découvertes », Paris, 1995 ; [nouv. éd.]. 2003, 128 p. (ISBN 2-07-053323-9).

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:02

Histoire militaire du Royaume-Uni

L'Empire britannique en 1897

 

 

 

L’histoire militaire du Royaume-Uni couvre une période allant de la naissance du Royaume de Grande-Bretagne en 1707, avec l'Union de l'Angleterre et de l'Écosse, à aujourd'hui. Au XVIIIe siècle, avec l'expansion de l'Empire britannique, le pays est devenu le plus grand et le plus puissant au monde mais a décliné au XXe siècle à la suite des deux guerres mondiales, de la décolonisation et de l'émergence des superpuissances américaines et soviétiques.




Historique

Historiquement, la Grande-Bretagne peut se définir comme une thalassocratie et compte beaucoup sur son statut insulaire pour sa sécurité d'où la priorité donnée à sa marine de guerre longtemps privilégiée par rapport à son armée de terre qui était un boulet de canon tiré par la marine utilisé comme force expéditionnaire.

Durant les guerres Napoléoniennes, le Royaume-Uni mobilise jusqu'à 750 000 hommes de 1792 à 1815, dont un tiers dans la Royal Navy.

Sous le règne de 63 ans de la reine Victoria Ire, il y en tout 72 campagnes militaires cependant les forces armées britanniques n'ont représenté qu'environ 0,8 % de la population.

En 1898, la British Army comptait 99 000 soldats professionnels dans les îles britanniques, 75 000 dans l'Inde britannique et 41 000 dans le reste de l'Empire britannique; l'armée britannique des Indes était forte de 148 000 hommes tandis que la Royal Navy comptait 100 000 hommes. Le budget de la Défense cette année était de 40 millions de livre sterling soit 2,5 % du PNB, Ce qui est faible en comparaison de l'étendue de l'empire britannique qui est alors le plus vaste du monde1.

Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, la Royal Navy était toujours la plus puissante marine de guerre du monde mais le corps expéditionnaire britannique était composé de seulement six divisions d'infanterie et une de cavalerie soit environ 70 000 hommes. Le volontariat fit monter les effectifs globaux à 1,3 million d'hommes en 1915 mais les lourdes pertes ont imposé l'instauration du service militaire obligatoire le 4 mai 1916. En octobre 1916, on comptait 1,5 million de personnes sous les drapeaux, 48 divisions en France et une armée de 150 000 hommes en Égypte face à l'empire ottoman2. Les forces du Commonwealth et de l'Empire participent pleinement à la victoire. Le bilan humain est estimé à 885 138 tués et 1 663 435 blessés pour les forces britanniques dont 624 000 morts aux combats et de 74 187 tués et 69 214 blessés dans les rang de l'armée des Indes.

L'effectif maximal durant la Seconde Guerre mondiale fut de 5 120 000 militaires ayant combattu sur quatre continents contre l'Axe Rome-Berlin-Tokyo3. La aussi, l'appoint des forces de l'Empire fut déterminant dans le déroulement du conflit. Les pertes humaines sont estimé à 382 600 militaires tués'4,5. La défense de la métropole et des colonies fut une priorité suite à la défaite de la bataille de France en 1940 avant de pouvoir repasser à l'offensive avec l'appui des forces armées des États-Unis et des autres alliés à partir de 1942 en Afrique, 1943 en Italie et 1944 sur le front birman.

Suite à la capitulation allemande, la British Army of the Rhine fut créée en Allemagne de l'Ouest en 1945 et sera intégrée au dispositif de l'OTAN suite à la Guerre froide

Le 16 janvier 1968, le premier ministre britannique Harold Wilson annonce le « retrait des forces britanniques à l’est de Suez » avant la fin de l’année 1971 quittant ainsi ses anciennes bases d’Extrême-Orient et de facto son rôle d'arbitre du Golfe Persique6.

Listes des conflits ayant eu le Royaume-Uni pour champ de bataille ou ayant impliqué ce pays

Avant l'instauration du Royaume-Uni

Guerres intestines

Les guerres civiles

Plusieurs conflits internes sont regardés comme des guerres civiles dans l'histoire du Royaume-Uni :

XVIIIe siècle

Guerre de Sept ans : mort de Gén. James Wolfe - Bataille de Québec

XIXe siècle

Bataille de Maiwand - Afghanistan 1880.

XXe siècle

XXIe siècle

 

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 11:45

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Jean Bart

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
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Jean Bart
Jean Bart par Alexis Grimou
Jean Bart par Alexis Grimou

Naissance 21 octobre 1650
Dunkerque
Décès 27 avril 1702 (à 51 ans)
Dunkerque
Origine Flamand
Allégeance Provinces-Unies Provinces-Unies
Royaume de France Royaume de France
Arme Corsaire
Grade Chef d'escadre
Années de service 1672 - 1697
Conflits Guerre de course
Guerre de Hollande
Guerre de la ligue d'Augsbourg
Faits d'armes 1667 : Raid sur la Medway
1689 : Évasion de Plymouth
1694 : Prise d'un convoi de blé au large de Texel
1696 : Bataille du Dogger Bank
Distinctions Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis

 

 

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Jean Bart, Jan Bart[1] ou Jan Baert[2], né le 21 octobre 1650 à Dunkerque, mort le 27 avril 1702 à Dunkerque, est un corsaire dunkerquois qui se rendit célèbre pour ses exploits durant les guerres de Louis XIV pour le compte de qui il travaillait. Jean Bart a été anobli par Louis XIV en 1694.



Biographie 


Corsaire dunkerquois issu d'une famille de marins et de militaires, il est le fils de Cornil Bart et de Catherine Jansen. Son arrière-grand-père Michel Jacobsen était vice-amiral pour le compte de l'Espagne. Il est clair que Jean Bart était néerlandophone (flamand), tout comme sa famille.

Sujet britannique 


Dunkerque passe aux mains de l'Espagne, le 16 septembre 1652. Lors de la bataille des Dunes le 23 juin 1658, l'armée de Turenne reprend Dunkerque aux Espagnols. Le soir même, Louis XIV remet la ville aux Anglais, alors alliés de la France. À 12 ans, Jean Bart, alors sujet britannique (Dunkerque étant une ville anglaise), s'engage comme mousse sur un navire de contrebande. Le 2 décembre 1662, Louis XIV qui vient de racheter Dunkerque à Charles II d'Angleterre, entre dans la ville.

Corsaire hollandais 


En 1666, la France s'allie aux Provinces-Unies contre l'Angleterre. Cornil Bart (le père de Jean) trouve la mort au service des Hollandais dans l'attaque d'un vaisseau anglais. L'équipage du Cochon Gras, sur lequel Jean Bart est embarqué comme lieutenant, est chargé de surveiller les Anglais. En été, Jean s'engage comme matelot sur Les Sept Provinces, navire de la flotte hollandaise, sous les ordres de l'amiral de Ruyter. La flotte des Provinces-Unies remonte la Tamise et la Medway en 1667 et assiège Londres. Les Anglais et les Hollandais signent le Traité de Breda. De Ruyter confie à Jean Bart le commandement d'un brigantin : Le Canard Doré.

Au service du roi de France 

 

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Portrait de Jean Bart par Mathieu Elias.
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Lorsque Louis XIV entre en guerre contre la Hollande (Guerre de Hollande) en 1672, Jean Bart regagne la France et embarque comme second à bord de L'Alexandre sous les ordres du câpre Willem Dorne, pour pratiquer la guerre de course. L'année suivante, il commande Le Roi David, galiote armée de deux canons. Le 2 avril 1674, il s'empare de sa première prise : un dogre hollandais. Le 17 février, l'Angleterre signe la paix avec les Provinces-Unies déjà alliés de l'Espagne. Le 6 avril, Bart s'empare d'une pinasse (navire) anglaise, le 16 mai d'un dogre. Cette année là, huit autres prises complètent le tableau. En avril 1676, il embarque sur La Royale, armée de huit canons, avec laquelle il s'empare de quatre bateaux de pêche. Puis à bord du Grand Louis il capture vingt-huit vaisseaux. En septembre, la France déclare la guerre à la Ligue hanséatique. À Hambourg La Royale est saisie. Le corsaire peut toutefois regagner Dunkerque. À bord de La Palme, frégate de vingt-quatre canons, Jean Bart prend la mer à la tête d'une flottille de six navires en 1677, flottille qui s'empare d'une vingtaine de vaisseaux. À bord du Dauphin, frégate de quatorze canons, Jean arraisonne un quatre-mâts hollandais. Au large de l'île de Texel, en 1678, la petite escadre de quatre navires commandée par Jean Bart, s'attaque au Schiedam, puissant navire de guerre de la flotte hollandaise. Jean est sévèrement blessé aux mains et au visage par l'explosion d'une grenade, un boulet de canon emporte des lambeaux de chair de ses jambes. Le Schiedam est néanmoins remorqué jusqu'à Dunkerque. À bord du Mars, corsaire de vingt-six canons, il arraisonne encore quelques navires, lorsque le 10 août, France et Hollande signent le Traité de Nimègue, mettant ainsi fin à la guerre de Hollande.

La paix avec l'Angleterre et la Hollande 


Le 8 janvier 1679, Louis XIV le nomme lieutenant de vaisseau. La France, l'Angleterre et les Provinces-Unies sont en paix. Jean Bart est un temps désœuvré. En 1681, trois frégates quittent Dunkerque pour chasser les pirates barbaresques qui hantent le bassin méditerranéen. Jean Bart commande La Vipère, frégate de douze canons. Il capture quelques bateaux pirates, mais bientôt ceux-ci signent une trêve avec la France. La mère de Jean Bart meurt, suivie quelques mois plus tard par sa fille, et en fin d'année sa femme Nicole, alors âgée de vingt-trois ans.

Guerre de la ligue d'Augsbourg 

 

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D'argent à la fasce d'azur chargée d'une fleur de lys d'or, accompagnée en chef de deux ancres de sable en sautoir et en pointe d'un lion passant de gueules.
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En 1683, la France est en guerre contre l'Espagne. Jean Bart capture un ou deux vaisseaux du côté de la Méditerranée, mais la marine espagnole étant bien plus faible que la marine française, Charles II d'Espagne signe vite une trêve. Le 14 août 1686, il est nommé capitaine de frégate de la marine royale, et commande La Serpente, frégate de vingt-quatre canons. En 1688, la France alliée au Danemark et à l'Empire ottoman, entre en guerre contre la ligue d'Augsbourg qui réunit l'Angleterre, l'Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. En compagnie de Forbin en 1689, il attaque deux navires anglais supérieurement armés pour protéger un convoi. Capturés, ils sont emprisonnés à Plymouth. Ils réussissent à s'évader et gagnent Erquy après trois jours de rame.

En 1691 Jean Bart prend part à la Campagne du large sous le commandement de Tourville. La même année, alors qu'une flotte de trente-cinq à quarante navires anglais fait le blocus du port de Dunkerque, Jean Bart parvient à prendre le large, de nuit, avec sept frégates et un brûlot. Dès le lendemain, il s'empare de quatre bâtiments chargés de marchandises pour la Russie et de deux navires d'escorte anglais. Mettant ses prises à l'abri d'un port de Norvège, alors en paix avec la France, Jean Bart reprend la mer pour s'emparer d'une flotte de pêcheurs hollandais et du navire de guerre qui l'accompagnait. Dans la foulée, il fait encore une razzia sur les côtes d'Écosse, où il pille un château et incendie quatre villages.

En France, chacun a entendu parler des exploits du corsaire, aussi Louis XIV invite-t-il Jean Bart à la cour de Versailles afin d'honorer ses victoires maritimes[3].

En 1694, le blocus de la Ligue d'Augsbourg fait monter le prix du grain, les négociants spéculent, la France est affamée. Louis XIV achète alors cent dix navires de blé norvégien. Cette flotte ayant été capturée par les Anglo-hollandais, Jean Bart est chargé par le roi de la récupérer. Au large de Texel, le Dunkerquois réussit à s'emparer des navires à l'aide de ses sept bâtiments de rang inférieur à ceux des ennemis[4]; la nouvelle de cette capture fait chuter les prix et met fin à toutes spéculations. Ainsi Jean Bart « … sauva la France en lui donnant du pain » (Cantate à Jean Bart). Pour cet exploit, le 19 avril, Jean Bart reçoit des mains de Louis XIV, la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Le 17 juin 1696, il remporte encore une grande victoire au Dogger Bank sur les Hollandais, prenant ou détruisant quatre-vingts navires marchands. Pour sa conduite au Dogger Bank, Jean Bart est nommé chef d'escadre de la province de Flandre, 1er avril 1697.

La mort 


Le 27 avril 1702, Jean Bart, pourtant solide gaillard de près de deux mètres, meurt dans son lit des suites d'une pleurésie.

Mariages et descendance

 

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Tombeau de Jean Bart, Église Saint Eloi à Dunkerque.
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Le 3 février 1676, il épouse Nicole Goutier, ou Gontier (? - 1682) âgée de seize ans. De ce mariage naîtront :

  • François-Cornil ] (1677-1750)

En 1702, le fils aîné de Jean Bart, François-Cornil, vice-amiral de France pour les mers du Ponant, Grand Croix de St Louis , épouse Marie Catherine Viguereux (1686-1741). Du couple naîtront Philippe François, gouverneur de Saint-Domingue, mort en 1784, Gaspard François, ingénieur au corps de génie et colonel, mort en 1782 et Marie-Catherine Bart (1706-1785). La cousine germaine de cette dernière, Florence Briansiaux Viguereux, sera son unique héritière selon une sentence du Châtelet de Paris rendue le 8 juillet 1785.

  • Anne-Nicole (15 mai 1680 - ?)
  • Jeanne-Nicole (21 juillet 1681 - ?)
  • enfant mort-né (16 juin 1682)

Le 13 octobre 1689, Jean Bart épouse en secondes noces Jacqueline Tugghe, fille d'Ignace Tugghe. De ce mariage naîtront encore 10 enfants :

  • Jeanne-Marie (8 juillet 1690-?)
  • Magdeleine Françoise (6 juin 1691 - 26 septembre 1691)
  • Jean-Louis (18 mai 1693 - 18 mai 1696)
  • Paul (26 juin 1694 - 27 juin 1694)
  • Nicaise-Françoise (26 mai 1695 - 10 août 1696)
  • Magdeleine-Marie (15 octobre 1697 - ?)
  • Antoine (12 octobre 1698 - 2 décembre 1698)
  • Marie-Françoise (18 janvier 1701 - ?)
  • Marie (14 janvier 1702 - 18 janvier 1702)

Une famille de marins et de corsaires 


  • Michel Jacobsen vice-amiral pour le compte de l'Espagne - arrière-grand-père de Jean Bart
  • Jan Jacobsen pour le compte de l'Espagne, se fait sauter avec son navire, le Saint-Vincent, plutôt que de se rendre, - grand-oncle de Jean Bart
  • Gaspard Bart, mousse à bord du Saint-Vincent il survécut au sabordage du navire, et mourra plus tard au combat, - oncle de Jean Bart.
  • Michel Bart, corsaire, mort au combat contre les Hollandais - frère de Gaspard et oncle de Jean Bart
  • Jean-Cornil Bart, mort au combat, contre les Anglais, pour le compte cette fois des Hollandais, - père de Jean Bart
  • Cornil, Gaspard, et Jacques Bart, tous trois corsaires - frères de Jean Bart
  • François-Cornil nommé Vice-amiral par Louis XIV - fils de Jean Bart
  • Pierre-Jean Bart et son fils Benjamin, trouveront le même jour, la mort au combat au service de la France - neveux de Jean Bart

Postérité 


Statue de Jean Bart à Dunkerque.
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Un héros dunkerquois 


Afin d'honorer la mémoire de Jean Bart, la ville de Dunkerque inaugura, le 7 septembre 1845, une statue à son effigie, œuvre du sculpteur David d'Angers, érigée sur l'ancienne place Royale, rebaptisée place Jean Bart[5]. Trônant au centre de la ville, Jean Bart reste encore vivant dans les cœurs des gens. Chaque année au moment du carnaval, les Dunkerquois chantent à genou devant sa statue la cantate à Jean Bart

«... Et la cité qui te donna la vie, érigera ta statue en autel ... »

Aujourd'hui, peu de Dunkerquois savent qu'il existe dans la nef du musée David d'Angers situé dans l'abbaye Toussaint à Angers, la réplique exacte de cette statue[6].

Navires ayant porté le nom de Jean-Bart 


Plus de 27 bâtiments, en moins de deux siècles, ont porté le nom de Jean Bart, notamment :

  • Jean Bart (1787), vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1788
  • Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1811, désarmé en 1833.
  • Un vaisseau transformé sur cale construit en 1849, lancé en 1852. En 1864, il est école d'application. Rebaptisé Donawerth en 1868, il est condamné le 18 janvier 1869 et démoli à Brest en 1870.
  • Un vaisseau de 4 100 tonnes, construit à Lorient en 1827 baptisé Jean Bart en 1868 (ex Donawerth). Il est condamné en 1880.
  • Un croiseur de première classe de 4 800 tonnes construit à Rochefort en 1886. Ce bâtiment en acier, a été armé en 1892. En 1897, il est reclassé croiseur de deuxième catégorie et affecté à la Division navale d'Extrême-Orient jusqu'en 1902. De retour à Lorient, il reste désarmé jusqu'en 1906. L'année suivante, il est envoyé aux Antilles. Ce bâtiment s'échoue en 1907 sur la côte d'Afrique à proximité du cap Blanc.
  • Un cuirassé de 23 500 tonnes, construit à Brest en 1910. Premier "dreadnought" français, il conduit, en juillet 1914, le président de la République lors d'une visite officielle en Russie. Le 21 décembre 1914, un sous-marin ennemi le torpille dans le canal d'Otrante. Il parvient cependant à rallier Malte où il est réparé. Après la guerre, il est rebaptisé Océan. Il coule le 15 mars 1944 à la suite d'essais effectués par les Allemands. Renfloué après la Seconde Guerre mondiale, il sera démoli en 1947. (23 500 tonnes, 29000 CV, 21 nœuds, 12 canons de 30 cm, 22 de 14 cm).
  • Jean Bart (bâtiment de ligne), bâtiment de ligne de 35 000 tonnes en construction depuis 1936 lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, il parvient à s'évader de Saint-Nazaire et à rallier Casablanca. Dans ce port il est attaqué, en novembre 1942, par des bâtiments et avions américains qui l'endommagent et provoquent son échouage. En 1950, il rallie l'Escadre de la Méditerranée. Il participera aux opérations de débarquement en Égypte. Mis en réserve en 1957, il est condamné en 1970.
  • Jean Bart (frégate), frégate antiaérienne. Mise sur cale à Lorient le 12 mars 1986, elle est mise à flot le 19 mars 1988. Armée pour essais le 21 octobre 1989, la frégate Jean Bart est admise au service actif le 21 septembre 1991. Bâtiment doté de nombreux matériels prototypes, la frégate antiaérienne Jean Bart a un jumeau, Le Cassard.
  • Association tourville : son objectif est la construction à l’échelle 1 d’un vaisseau de ligne de 1er rang du XVIIe siècle, armé de 84 canons et d’une longueur de 57 mètres. Cette construction est élaborée sur la base d’une compilation des planches de l’album de Colbert (document daté de 1670, conservé aux archives de la Marine à Vincennes), d’une partie des données archéologiques issues d’épaves de La Hougue (côte est du Cotentin), découvertes et déclarées par M. Cardin (Président et fondateur de l’association) aux affaires maritimes de Cherbourg en 1985, ainsi que de divers devis d’époque.
    Cette construction, qui a démarré en 2002 sur la commune de Gravelines (Nord), au sein d’un village artisanal, sera intégrée dans un parc historique et de loisirs sur le thème des Corsaires et de la Marine de Louis XIV. Le vaisseau anonyme sera baptisé Le Jean Bart en hommage au corsaire et grand officier de marine du Roi Soleil qu’il fût. http://www.tourville.asso.fr

Ballons


Deux ballons montés ont porté ce nom lors du siège de Paris.

Rues notables


Culture 


  • Jean Bart est l'un des nombreux personnages du « Cycle Baroque » de Neal Stephenson, une fresque qui retrace l'histoire secrète de la science au XVIIe siècle.
  • Jean Bart est un pirate dans le manga et l'anime One Piece.
  • Jean Bart est également un nom fréquemment utilisé pour les groupes de scouts marins
  • La pâtisserie Aux Doigts de Jean-Bart a créé en 1957 un biscuit aux amandes et crème café enrobé de chocolat au lait appelé le "Doigt de Jean-Bart" en hommage au corsaire.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 08:45

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L'après-guerre

 

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La conférence de Potsdam en juillet 1945.
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Joseph Staline en 1949.
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Tous les témoignages concourent à montrer que lors de la victoire de 1945, la population espère conserver les espaces de liberté concédés pendant la guerre et ne pas revenir au système d'avant 1941. Mais au cours de l'été, Staline prend la décision de rétablir ce dernier à l'identique.

Les pays d'Europe de l'Est traversés sont placés sous le contrôle de l'URSS et y restent après la conférence de Yalta. Staline leur impose le modèle soviétique, notamment par le coup de Prague en 1948 et par la mise en place de gouvernements pro-soviétiques. En Tchécoslovaquie, le seul pays de la sphère soviétique dotée d'une tradition démocratique, le parti communiste prend le pouvoir avec la bénédiction de Staline. Il crée en 1947 le Kominform, un rassemblement de partis communistes européens à l'image de l'Internationale et dirigée par le PCUS. Impuissant à empêcher la rupture soviéto-yougoslave (1948), Staline développe une campagne intense contre Tito, qu'il avait épargné au moment des Grandes Purges, et multiplie les procès truqués de communistes disgraciés en Europe de l’Est, notamment à Prague où la plupart des accusés sont choisis parmi des Juifs (procès de Prague contre Rudolf Slánský et d'autres hauts dignitaires du parti communiste tchécoslovaque, 1952). En 1949, il fait accéder son pays à l'arme atomique, en partie grâce à ses réseaux d'espionage aux États-Unis et aux prisonniers du Goulag et des charachka. En Asie, la politique stalinienne de l'après-guerre suit un cours sinueux : soutien au sionisme entre 1946 et 1950, suivi d'un net revirement anti-israélien et même antisémite[46], accueil très réservé fait à la révolution chinoise, politique prudente en Corée.

Article détaillé : Antisémitisme de Joseph Staline.

À l'intérieur, le culte de la personnalité du Vojd (« Guide ») atteint son ampleur maximale, culminant à son 70e anniversaire en 1949. Des dizaines de villes, des milliers de rues, de fermes, d'usines, etc. portent le nom de Staline, qui refuse la proposition de renommer la capitale Moscou « Stalinodar ». Le point culminant de l'URSS reçoit le nom de « pic Staline ». Des « prix Staline » décernés depuis 1941 deviennent les équivalents soviétiques des prix Nobel.

Le système se reproduit dans certains partis communistes des pays frères, dont les dirigeants sont qualifiés de « meilleurs staliniens » de France, d'Italie, etc. (Maurice Thorez, Palmiro Togliatti, Georgi Dimitrov…). Probablement repris de l'appellation d'Abraham, le titre de « Père des peuples »[47] (Отец народов) ou encore de « Grand guide des peuples » (Великий вождь народов) signale que Staline a réussi à s'identifier non seulement à la nation soviétique mais aussi à d'autres nations du monde grâce à sa victoire sur le nazisme qui lui confère un réel prestige dans le monde bien au-delà des seuls cercles communistes.

Le « second stalinisme » se caractérise aussi par un retour encore plus affirmé au nationalisme et au chauvinisme, un renforcement de la russification et de la répression des minorités, une campagne antisémite contre le « cosmopolitisme »[48].

L'emprise de Staline sur le champ culturel et scientifique s'alourdit aussi considérablement. Il fit réécrire en permanence l'histoire, notamment pour apparaître comme le coauteur de la Révolution russe, pour gommer le rôle de ses opposants et victimes, ou pour attribuer à des Russes la paternité de toutes les grandes inventions contemporaines. Il accentua son soutien aux théories charlatanesques du biologiste Trofim Lyssenko, et ravagea ainsi la génétique soviétique. Il se mêla même d'intervenir dans les débats linguistiques (Le Marxisme dans les questions linguistiques, 1951) et prétendit que la manipulation du langage permettrait l'avènement de « l'homme nouveau », prétention qui inspira à George Orwell la satire de la novlangue. Quant aux écrivains, musiciens et artistes, leur création fut soumise étroitement au réalisme socialiste, et Staline chargea son protégé Andreï Jdanov de les remettre au pas par une violente campagne doctrinaire (Jdanovtchina).

Accentuant une tendance autocratique déjà nette avant la guerre, Staline ne réunit pratiquement plus le Politburo et espace à l'extrême les congrès du Parti : cinq seulement de 1927 à 1953, dont aucun entre 1939 et 1952, alors qu'il s'en tenait un par an même en pleine guerre civile russe. S'il ne pratique plus de grandes purges comme avant-guerre, il terrorise son propre entourage, humiliant souvent en public ses plus fidèles serviteurs, les frappant à travers leurs épouses, leurs frères, etc. et leur faisant miroiter à toute occasion la possibilité d'une disgrâce fatale. Il s'apprête notamment à éliminer le chef de la police Lavrenti Beria lorsque la mort le saisit[49].

Mort

Article détaillé : Funérailles de Staline.
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Masque mortuaire de Staline, musée Staline à Gori (Géorgie).
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Le soir du 28 février 1953, Staline emprunte une des trois voitures devant le mener à sa datcha de Kountsevo, près de Moscou, les deux autres étant des leurres : chaque voiture prend un itinéraire différent chaque soir. Il passe la soirée à sa datcha puis monte se coucher dans une de ses sept chambres, toutes fermées par une porte blindée.

Staline ne se manifeste pas pendant toute la journée du 1er mars et ne commande aucun de ses repas, contrairement à son habitude. Dans la nuit du 1er au 2 mars, le chef de la garde convoque les principaux collaborateurs de Staline à la datcha (Khrouchtchev, Boulganine, Béria, Malenkov, etc.) qui décident de forcer les portes. Ils découvrent alors Staline tout habillé, allongé sur le tapis, inconscient, frappé par une attaque cérébrale, vraisemblablement peu de temps après le départ de ses collaborateurs, mais pas encore mort.

Ils déplacent Staline sur le canapé du salon avant de décider ce qu'il convient de faire. Ayant peur de son courroux s'ils lui faisaient mal (Staline soupçonnait ses médecins de vouloir le tuer), ils attendent plusieurs heures avant d'appeler un médecin, alors que Staline avait déjà été frappé par cette attaque depuis plus de 24 heures. Selon certains témoignages, Béria s'opposa à la convocation de médecins, sachant que Staline préparait une purge qui le concernait ; il avait donc tout intérêt à ce que Staline meure. Lorsque le médecin arrive, il est trop tard, Staline est déclaré mort le 5 mars à 6h du matin[50]. Selon le témoignage de sa fille Svetlana, Staline aurait manifesté des moments de conscience avant de mourir.

L'aura de Staline est telle que les autorités font en sorte de passer sous silence, pendant près d'une semaine, la mort du compositeur Sergueï Prokofiev dont le décès est survenu le même jour, 50 minutes avant celle du « Petit père des peuples ».

Les funérailles de Joseph Staline se tiennent le 9 mars 1953 à Moscou. Elles sont marquées par une terrible bousculade qui fait des centaines de victimes. Dans le monde socialiste, dans le mouvement communiste international et chez les anciens Alliés de la Seconde Guerre mondiale, le chagrin et la déférence semblent alors les sentiments dominants, au moins en public, ainsi que la peur devant un avenir désormais incertain.

Exposé au côtés de Lénine dans le mausolée de la place Rouge, il en est déplacé en 1961 pour être enterré entre le mausolée et le mur du Kremlin, dans ce qui deviendra un petit cimetière des hauts personnages de l'URSS.

« Legs politique »

Le décès de Staline marque la confirmation de la « coexistence pacifique » au plan international, tout comme elle entraîne vite une vague d'événements en URSS et dans le bloc soviétique. En Union Soviétique, une direction collégiale se met en place, dominée un temps par Lavrenti Beria qui contrôle toujours l'appareil policier et certains ministères stratégiques. Beria se transforme paradoxalement en champion de la libéralisation : il relâche les accusés du « complot des blouses blanches » en reconnaissant que leurs « aveux » ont été extorqués par la torture, et amnistie dès le mois de mars près d'un million de condamnés de droit commun qui sortent alors du Goulag. Le stalinisme n'est pas pour autant renié encore officiellement.

Dans le bloc de l'Est, la mort de Staline entraîne un soulèvement contre le régime à Berlin-Est et en RDA à partir du 16 juin, donnant l'espoir d'une réunification allemande rapide, mais le mouvement est sévèrement réprimé.

Après une longue période de flottement, qui se solde entre autres par l'exécution du chef du KGB Lavrenti Beria, Nikita Khrouchtchev arrive à la tête du pays. En 1956, l'URSS rompt officiellement avec le stalinisme au cours du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. En 1961, le corps embaumé de Staline est retiré du mausolée de Lénine et Stalingrad devient Volgograd. Les rescapés du régime stalinien sont libérés du Goulag et la réhabilitation globale des victimes de Staline, initiée par Khrouchtchev, stoppée sous Brejnev, est relancée sous Gorbatchev et achevée après la dislocation de l'URSS. Hélène Carrère d'Encausse a qualifié la déstalinisation enclenchée en 1956 à la lecture du « rapport secret » de Khrouchtchev de « deuxième mort de Staline ».

En revanche, les successeurs de Staline ne réforment pas le système économique et social hérité de son règne, malgré ses défauts de plus en plus évidents (bureaucratisme, pénuries chroniques, sous-productivité, absence d'initiative personnelle, coût écologique, déséquilibre des branches au profit d'une industrie lourde de moins en moins adaptée à l'évolution historique, etc.). L'effondrement des régimes d'Europe de l’Est (1989) et la désintégration de l'URSS (1991) achèveront l'agonie de la structure du système économique soviétique près de 35 ans plus tard.

 

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Mao Zedong et Staline, en 1949.
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Après 1961, seules la République populaire de Chine de Mao Zedong, la Corée du Nord de Kim Il-sung et l'Albanie de Enver Hodja continuent à se réclamer ouvertement de Staline, et ce jusqu'à la mort de Mao Zedong en 1976. Même aujourd'hui, la critique de Staline n'est pas à l'ordre du jour en Chine populaire et encore moins en Corée du Nord, souvent considérée comme « le dernier régime stalinien de la planète ».

À l'heure actuelle, sur le plan international, plusieurs partis communistes de faible importance (PC de Grèce (KKE), Parti communiste bolchevik de Nina Andreeva, Russie laborieuse de Viktor Anpilov, Parti communiste ouvrier de Russie de Viktor Tioulkine, Union des PC russe/biélorusse de Chénine, Parti du travail de Belgique, entre autres) ont annoncé avoir réévalué positivement l'œuvre et les mérites de Staline. D'autres groupes parfois maoïstes continuent à se réclamer plus ou moins directement de Staline : Parti communiste du Népal, Sentier lumineux au Pérou, ou en France un groupuscule comme l'Union des révolutionnaires communistes de France. Ces organisations affirment incarner le « marxisme-léninisme véritable ». Quelques rares auteurs staliniens très controversés développent également une vision encore très favorable de Staline et de son action, dont ils passent sous silence ou minimisent les nombreuses zones d'ombre : ainsi le Belge Ludo Martens ou l'historienne française Annie Lacroix-Riz, qui s'appuient surtout sur l'ouverture des archives soviétiques et européennes pour relativiser la critique antistalinienne, encore dominante, déclenchée par le rapport Kroutchev de 1956.

En Russie, le culte de Staline n'est pas exclusivement le fait de nostalgiques du régime. Il est également propagé par des milieux ultra-nationalistes qui considèrent que le mérite essentiel de Staline a été de créer un État fort incarnant le destin de la nation russe. Ce culte est généralement associé à l'antisémitisme. La plupart des staliniens considèrent que ce sont des Juifs qui ont incarné les tendances les plus internationalistes du marxisme (Trotsky, Rosa Luxemburg, Zinoviev, Kamenev, etc.) — Karl Marx étant lui-même d'origine juive.

Controverses

De nombreuses interprétations contradictoires ont été suscitées par l'ampleur des crimes de Staline, mais aussi par celle des mutations qu'il a fait connaître à la Russie. Selon le mot de Churchill, « Staline a hérité d'une Russie à la charrue, et l'a laissée avec l'arme atomique »[51].

Pendant les Grandes Purges, de nombreux Soviétiques, dans les villes surtout, étaient sincèrement convaincus que Staline ignorait ce qui se passait dans le pays et qu'on lui cachait la vérité. C'était là la reprise du très vieux thème du bon tsar victime de ses mauvais ministres.

De même, de très nombreux communistes, envoyés brusquement en prison ou au Goulag sans pouvoir comprendre ce qu'on pouvait bien leur reprocher, persistaient de toutes leurs forces à défendre Staline et à lui faire appel, croyant avoir en lui leur recours. Jusqu'au seuil de leur exécution, des condamnés à mort protestaient de leur amour pour lui et de leur dévouement total à sa personne et au Parti, écrivant et déclarant qu'ils mourraient avec le nom de Staline sur les lèvres. En réalité, Staline était parfaitement au courant et pilotait en personne toutes les opérations de la Grande Terreur. Les archives de Moscou ont levé les derniers doutes, et mis à jour 383 listes de condamnations à mort signées de la main de Staline (soit 44 000 exécutions) ou les injures qu'il griffonnait parfois sur les lettres de dévouement ultimes de ses victimes[52].

Du vivant même de Staline, on glosa sans fin à l'étranger et jusqu'au sein du Parti sur ses origines caucasiennes, et on fut tenté d'expliquer ses crimes comme une manifestation de « barbarie asiatique ». Ossip Mandelstam fut déporté sans retour pour avoir stigmatisé dans une pièce de vers « le montagnard du Kremlin », « l'homme au large poitrail d'Ossète ».

Armés de leurs préjugés racistes, les nazis et leurs collaborateurs poussèrent ad nauseam l'assimilation de Staline, russe ou caucasien, à l'Asiatique dégénéré et cruel — bien qu'Hitler n'ait jamais caché en privé son admiration pour Staline, seul homme à ses yeux à avoir su faire marcher au pas les « sous-hommes » slaves, et dont il enviait sa capacité de faire fusiller ses généraux contestataires. Les parentés mais aussi les différences tout aussi notables des deux dictateurs totalitaires restent un sujet de discussion inépuisable, notamment depuis les travaux de Hannah Arendt (Les Origines du totalitarisme, 1951) et la double biographie pionnière d'Alan Bullock (Hitler et Staline : vies parallèles, Paris, Albin Michel, 1993).

D'autres voient Staline avant tout comme un chef d'État russe, continuateur des tsars et incarnation des ambitions nationales de l'ancienne Russie. Il n'aurait conservé que pour la forme un vernis de discours révolutionnaire. C'était en gros la vision du général de Gaulle, ou celle des nationaux-bolcheviks allemands. Staline a lui-même invité à interroger sa place dans la continuité de l'histoire russe, en se comparant volontiers aux despotes modernisateurs Ivan le Terrible et Pierre le Grand. Néanmoins, il reste difficile de concevoir, par exemple, pourquoi Staline aurait tant tenu à aligner les pays de l'Est, déjà sous sa coupe, sur le modèle soviétique, si ses ambitions impériales avaient été étrangères à toute adhésion profonde au projet révolutionnaire hérité du parti bolchevique.

Le rapport de Staline à la Révolution russe est pareillement controversé. Pour Nikita Khrouchtchev en 1956, la dérive de Staline n'aurait commencé qu'en 1934, ce qui permettait de ne pas remettre en cause la collectivisation désastreuse ni les choix d'industrialisation forcenée, encore moins l'œuvre de Lénine. Les communistes furent à ses yeux les principales victimes de Staline, et les Grandes Purges, tombées sur un Parti présenté comme innocent, ne seraient dus qu'à sa « paranoïa » personnelle — explication intenable aujourd'hui, et au demeurant fort peu marxiste. Pour Trotski et les trotskistes, Staline est d'abord le représentant de la bureaucratie, qui a « trahi la révolution » en la privant de sa dimension internationale au profit du « socialisme dans un seul pays », et qui a liquidé l'héritage de Lénine ainsi que la vieille garde. Aux yeux de Trotski, Staline représentait le « Thermidor » de la révolution russe (bien qu'au contraire du Thermidor français, celui-ci ait relancé la transformation sociale et la terreur à un degré que nul n'aurait osé prévoir)[53].

Pour de nombreux anarchistes ou sociaux-démocrates, ainsi que pour la plupart des historiens actuels, il n'y a pas au contraire de discontinuité entre Lénine et Staline.

Nul n'avance certes que Lénine aurait été du genre à promouvoir la bureaucratie, le nationalisme, l'antisémitisme, l'académisme, les théories de Lyssenko ou un culte de sa personnalité. Mais dans la lignée de la biographie pionnière et toujours utilisable de Boris Souvarine[54], les historiens soulignent qu'il a laissé à Staline la dictature du parti-guide infaillible, le centralisme démocratique interdisant les tendances, le culte du secret, l'apologie de la violence « nécessaire » et de l'absence de scrupules moraux au nom de la révolution, ainsi qu'un État policier déjà tout-puissant ayant liquidé toutes les oppositions et employant un certain nombre de pratiques perfectionnées ultérieurement par Staline (responsabilité collective des familles, stigmatisation-discrimination collective de groupes sociaux, procès truqués, censure, persécutions religieuses, massacres, premiers camps de travail, etc.).

En tout état de cause, Staline lui-même était militant bolchevique depuis trop longtemps pour qu'on puisse exonérer raisonnablement le Parti de toute responsabilité dans la formation de sa personnalité et de ses méthodes. La récente biographie de Simon Sebag Montefiore, par exemple, met fréquemment en parallèle les comportements et la sociabilité du Staline des années 1930-1950 (et de ses amis) avec ceux hérités de la guerre civile. De très nombreux bolcheviks entrés au Parti dès l'adolescence, souvent bien avant la révolution, ont d’ailleurs servi la politique (et les crimes) de Staline sans état d'âme (Molotov, Kliment Vorochilov, Boudienny, Grigory Ordjonikidze, Kirov, Iagoda, Iejov, etc.).

Par ailleurs, s'il est certain aujourd'hui que Staline est responsable de la mort de plus de communistes qu'aucun dictateur anticommuniste au monde (même Hitler a, comparativement, tué moins de dirigeants du KPD), la thématique faisant des communistes les « premières victimes de Staline » est relativisée fortement. Nicolas Werth montre ainsi que 94 % des victimes des Grandes Purges de 1937-1939 n'étaient pas communistes.

Enfin, aujourd'hui, le jugement du peuple russe, pourtant parmi les premiers à avoir souffert des méfaits de Staline, est loin d'être unanime. Ainsi, un sondage[55] réalisé par l'institut Youri Levada en mai 2006 révèle que les avis favorables et défavorables des Russes envers la personnalité de dirigeant de Joseph Staline s'équilibrent à peu près (différence des pourcentages favorables moins défavorables égale à -2). Si l'on compare au même jugement porté par exemple sur Mikhaïl Gorbatchev (-24), on constate une forte inversion par rapport au jugement généralement porté par l'Occident. L'écrivain Alexandre Zinoviev est passé d'une critique sans concession du stalinisme à une critique non moins mordante de l'antistalinisme.

Bilan des assassinats de masse et déportations commis sous Staline

Beria's letter to Politburo Stalin's resolution The Politburo's decision
À gauche : lettre de Beria à Staline en janvier 1940, demandant l'execution de 346 ennemis du peuple
Au milieu : note de Staline : "за" (approbation).
À droite : la décision du politburo signée par Staline.

La déportation continue de centaines de milliers d'opposants réels ou supposés, les emprisonnements arbitraires, et l'interdiction de toute contestation de la personne de Staline sont emblématiques de la période 1922-1953. L'historienne Anne Applebaum estime que 18 millions de Soviétiques ont connu le Goulag sous Staline et six autres millions l'exil forcé au-delà de l'Oural ; un à deux millions de personnes y décédèrent. En tout, un Soviétique adulte sur cinq connut le Goulag de par la politique stalinienne[56]. Des gens disparurent pour avoir mal orthographié le nom de Staline ou pour avoir enveloppé un pot de fleurs avec une page de journal comprenant sa photo. On distingue cependant plusieurs épisodes marquants :

1930-1932 : « déportation-abandon » (Nicolas Werth) de deux millions de koulaks au-delà de l'Oural, où ils sont laissés à eux-mêmes sans les moindres structures ni habitations pour les accueillir. Beaucoup périrent de faim et de dénuement.

1932-1933 : résultante de la collectivisation forcée des terres, la famine ravage les riches terres à blé ukrainiennes, et fait entre 4,5 et 7 millions de morts. Si l'Holodomor n'est pas le génocide que certains ont voulu voir (les Ukrainiens sont même surreprésentés au Parti et dans l'entourage de Staline), Staline a refusé d'écouter les avertissements nombreux qui lui parvenaient, et qui démontraient que la poursuite des collectes forcées conduirait au désastre[57]. Il a nié l'existence même de la famine. Cependant, selon certains chercheurs (notamment Mark Tauger ou Stephen Wheatcroft), les exportations soviétiques en 1932 et 1933 étaient inférieures à deux millions de tonnes, soit moins que la moyenne des années précédentes et suivantes. Pour eux, la famine est due à une très mauvaise récolte en 1932 et à l’abandon partiel des populations par le régime. La famine était probablement évitable, mais Staline semble l'avoir laissé se produire plus qu'il ne l'a délibérément organisée.

1937-1938 : les Grandes Purges conduisent à l'exécution de 750 000 personnes et à l'envoi au Goulag d'un nombre à peu près équivalent. De nombreuses minorités frontalières sont aussi déplacées de force, comme les 170 000 Coréens qui se retrouvent en Asie centrale, ou de très nombreux Baltes et Polonais. À l'été 1937, Staline lève personnellement l'interdiction de la torture dans les prisons, et ne la rétablit que fin 1938.

Staline a personnellement signé 383 listes de condamnations à mort collectives représentant un total de 44 000 individus. Rayant tout au plus un nom de temps à autres, quelques mots en marge voire un simple signe d'approbation lui suffisait pour mettre fin en bloc et sans appel à plusieurs centaines d'existences. Dans la soirée du 25 novembre 1938, il signe ainsi avec Molotov l'arrêt de mort de 3 173 personnes, un record, puis va voir un film avec lui.

1939-1941 : dans la partie orientale de la Pologne (revenue à l'URSS à la suite du pacte germano-soviétique), 2 millions de personnes sont déportées par trains entiers de septembre 1939 au 22 juin 1941. Des centaines de milliers de ces déportés périrent soit dans les trains, soit dans les camps de Russie septentrionale, de Sibérie ou du Kazakhstan, où beaucoup succombèrent au froid ou à la faim. En mars 1940 y a lieu le massacre de Katyń : 14 736 officiers et fonctionnaires polonais ainsi que 10 685 de leurs concitoyens déjà détenus par le NKVD sont exécutés dans la forêt de Katyn (près de Smolensk), sur ordre de Staline et en raison de leur statut social dans la société polonaise. Katyn ne fut d'ailleurs pas un lieu d'exécution spécifiquement réservé aux Polonais[58].

En 1944, déportation en six jours de l'ensemble du peuple tchétchène, soit 600 000 personnes, en Sibérie orientale, ainsi que d'autres peuples Allemands de la Volga (en 1941), Tatars de Crimée, Kalmouks, Coréens de Vladivostok (avant 1944) ; ou en partie : Ukrainiens, Estoniens, Lettons, Lituaniens).

Un consensus semble se dessiner parmi plusieurs historiens pour estimer que quelques 20 à 30 millions de soviétiques seraient morts de manière non naturelle sous le régime stalinien, victimes directes de la Seconde Guerre mondiale exclues[59].

Famille

La mère de Staline meurt en 1937. Staline ne vint pas aux funérailles, mais envoya une couronne.

Il a eu deux épouses : Ekaterina Svanidze et Nadejda Alliloueva-Staline. On lui a aussi parfois prêté une maîtresse ou épouse nommée Rosa Kaganovitch, présentée comme sœur de Lazare Kaganovitch[60]. Néanmoins, une telle relation a été niée par Svetlana Allilouïeva[61]. La famille Kaganovitch a également démenti l’existence de cette Rosa[62].

  • La première femme de Staline, Ekaterina Svanidze, dite « Kato », meurt du typhus en 1907, quatre ans seulement après leur mariage. À ses funérailles, Staline aurait confié à un ami que tout sentiment chaleureux qu'il avait eu pour le peuple était mort avec elle, car elle seule pouvait soigner son cœur. Pendant les Grandes Purges, la belle-famille de Staline, après avoir partagé des années son quotidien au Kremlin, est arrêtée puis exécutée avec son accord : Aliocha Svanidze et sa femme Maria Svanidze seront fusillés en 1941.

Kato avait eu un fils, Iakov Djougachvili, que Staline ne vit pas avant son adolescence. L'attitude de Iakov était insupportable aux yeux de Staline, qui n'éprouvait que du mépris et de la colère envers lui[63]. Iakov tenta même de se suicider avec une arme à feu à cause de l'incroyable dureté de son père envers lui, mais il survécut. Après cet épisode, Staline se contenta de déclarer : « Il ne peut même pas tirer droit ». Iakov servit dans l'Armée rouge et fut capturé par les Allemands en juillet 1941. En vertu de ses dispositions répressives contre les prisonniers, considérés comme des traîtres et qui exposaient leurs familles à des représailles, Staline fit arrêter quelque temps la jeune femme de son fils. En 1943, Staline refusa de l'échanger contre le Maréchal Friedrich Paulus, capturé par l'Armée rouge lors de la bataille de Stalingrad : « un lieutenant ne vaut pas un général », aurait-il dit ; selon d'autres sources, il aurait répondu à cette offre « je n'ai pas de fils ». Le rapport officiel indique que Iakov s'est suicidé en se jetant contre une barrière électrique du camp de concentration de Sachsenhausen. Si les circonstances exactes de sa mort n'ont pas été toutes élucidées, la thèse du suicide n'est cependant guère controversée.

  • La seconde femme de Staline, Nadejda Alliloueva-Staline, meurt le 9 novembre 1932. Elle se suicida au moyen d'une arme à feu (une balle dans le cœur) après une querelle avec Staline, laissant une lettre qui selon sa fille était « en partie personnelle, en partie politique ». Officiellement, elle mourut de maladie. Le dossier médical de Nadia, disponible aujourd'hui, révèle qu'elle souffrait de dépression et de solitude, son mari n'ayant plus guère de temps libre à lui consacrer. Militante bolchévique fervente, et bien que des amis fréquentés à l'université l'aient mise au courant des horreurs de la dékoulakisation et de la famine sévissant en Ukraine, il n'est plus certain aujourd'hui qu'une opposition à la politique de son mari ait été la raison principale de son suicide, comme on le supposait traditionnellement[64].

Le couple avait deux enfants : un fils, Vassili, et une fille, Svetlana Allilouieva.

Choqué par le suicide de sa mère (il avait 13 ans), et marqué par son enfance très particulière dans un foyer familial que gardaient les agents du NKVD, Vassili fut un adolescent dissolu et fugueur, travaillant mal à l'école puis s'adonnant vite à l'alcoolisme. Il s'éleva dans les rangs de l'armée de l'air soviétique où son père l'avait poussé à s'engager, bien que Vassili n'avait pas de réel intérêt à intégrer les forces aériennes de l'armée rouge[65]. Il se battit — plutôt bien — pendant la guerre et grâce à son père obtint d'importantes promotions. À la mort de son père, Vassili fut interné quelque temps par Beria[65]. Il mourut officiellement d'alcoolisme en 1962 ; ce point est cependant parfois débattu.

Svetlana eut une relation privilégiée avec son père, celui-ci étant très attentionné vis-à-vis d'elle pendant son enfance, au contraire des sentiments qu'il manifestait envers ses fils. Les amis qu'eut Svetlana en grandissant étant pour certains d'origine juive, ce qui put confirmer Staline dans son idée d'infiltration de son entourage par les milieux sionistes. En 1943, il l'oblige à rompre sa relation avec un Israélite, Kapler, certes de 24 ans plus âgé qu'elle, et envoie celui-ci au goulag. Conséquence de la dégradation croissante de leurs relations personnelles, Svetlana critiquera durement la politique de l'État et donc de son propre père après la fin de l'ère stalinienne[66].

Une descendance de Staline subsiste aujourd'hui[67]. En mars 2001, la chaîne russe privée NTV découvrit un petit-fils auparavant inconnu vivant à Novokouznetsk. Iouri Davydov raconta à la NTV que son père l'avait informé de son lignage mais, parce que la campagne contre le culte de la personnalité de Staline était à son apogée, lui avait dit de se taire. L'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne avait effectivement mentionné l'existence d'un fils de Staline né en 1918 durant l'exil de Staline en Sibérie du nord.

Vie privée et personnalité

« Tout petit, cauteleux, peu sûr de lui, cruel, nocturne et d'une méfiance perpétuelle, Staline paraît tout droit sortir de la Vie des douze César de Suétone, plutôt qu'appartenir à la vie politique moderne. » C'est ainsi que l'historien Eric Hobsbawm présente Staline dans son livre consacré à l'histoire du « court vingtième siècle »[68].

Staline n'a quitté la Russie qu'exceptionnellement et ne connaissait que le géorgien et le russe. Après 1929, il vit cloîtré au Kremlin, dirigeant invisible qu'on ne voit en public qu'à de rares occasions. Son temps s'écoule entre son bureau et sa datcha de Kountsevo près de la capitale, avec l'été des vacances à Sotchi au bord de la mer Noire.

Staline vit en décalage temporel, utilisant la soirée et la nuit pour travailler — puis festoyer avec ses courtisans[69] — se couchant à l'aube et se levant l'après-midi. Il impose dès lors son rythme d'existence à ses proches collaborateurs, et de là à d'innombrables fonctionnaires de Moscou et d'URSS, à tous les échelons.

Soucieux de tout contrôler dans les moindres détails, il pratique l'intervention directe dans des affaires de tout degré d'importance. Le moindre général au front, le moindre directeur d'usine ou de kolkhoze, le moindre écrivain pouvait un jour entendre son téléphone sonner avec Staline en personne au bout du fil. La moindre lettre de citoyen soviétique, la moindre demande d'aide — ou la moindre dénonciation — pouvait obtenir une réponse manuscrite de Staline en personne, ce qui contribuait à renforcer l'image d'un dirigeant omnipotent et proche des gens, mais aussi à tenir en inquiétude les responsables de tout ordre.

Bourreau de travail, Staline avait conservé de son passé de conspirateur une mémoire prodigieuse et travaillait fréquemment jusqu'à 16 heures par jour. Dévoré de la passion du pouvoir, il mène un train de vie spartiate et n'a jamais semblé intéressé par le luxe et l'argent que ce pouvoir absolu pouvait lui offrir. S'il saoule fréquemment son entourage au cours de nuits festives parfois quasi-orgiaques, lui-même reste en réalité fort sobre et se sert de ces banquets comme moyen de contrôle politique, l'alcool déliant les langues. Ainsi, en 1935, le diplomate français Alexis Léger, secrétaire général du Quai d'Orsay, alors présent à Moscou avec Pierre Laval, le président du Conseil français, constate que Staline se fait verser de la vodka depuis un carafon personnel qui, en réalité, contient de l'eau.

Les travaux récents ont fait justice de la représentation traditionnelle d'un Staline grossier et inculte, terrorisant ses proches à coup de colères menaçantes. Comme le montre notamment la synthèse récente de Simon Sebag Montefiore[70], la « plus éminente médiocrité du Parti » (dixit Trotski) était en réalité un autodidacte passionné et un dévoreur de livres. Sa bibliothèque comportait 20 000 volumes dont beaucoup soigneusement annotés et fichés. Il possédait tous les ouvrages de référence du marxisme, mais aussi toutes les œuvres de ses ennemis tels Trotski ou Souvarine. Il connaissait tous les grands classiques géorgiens, russes et européens. Il appréciait le ballet et la musique, allant revoir une vingtaine de fois incognito Le Lac des Cygnes. Tel jadis le tsar Nicolas Ier censurant en personne Alexandre Pouchkine, il lisait lui-même de nombreux manuscrits de poètes et romanciers, et visionnait pratiquement tous les films (il raffolait des westerns et des films policiers américains et était un admirateur de Spencer Tracy et Clark Gable[71] ) qui sortaient en URSS. S'il fit éliminer sans états d'âme tous les écrivains qui avaient un jour pu le critiquer (Boris Pilniak, Ossip Mandelstam, Isaac Babel, etc.) il laissa vivre Boulgakov, ou Boris Pasternak qu'il jugeait un « doux rêveur » inoffensif, et se limita à brimer Anna Akhmatova.

L'ouvrage de Montefiore, appuyé sur une masse de nouveaux documents et témoignages, démontre aussi la part d'humanité troublante que l'un des pires despotes du XXe siècle pouvait conserver. Comme le décrit l'historien britannique, le même homme qui détruisit froidement des millions d'existences savait aussi être un très bon mari sincèrement accablé par l'énigmatique suicide de sa femme, un père attentionné et un ami chaleureux. Surtout jusqu'aux Grandes Purges de 1937, il règne sur son entourage plus par ses capacités de charme que par ses colères ou la terreur qu'il inspirera surtout sur la fin. Ni fou ni paranoïaque, Staline suit toujours une réelle rationalité politique même dans ses plans répressifs ou son appui aux théories les plus démentes (lyssenkisme, réalisme socialiste dans l'art) pour peu qu'ils puissent renforcer son pouvoir.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 08:39

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Joseph Staline

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Joseph Staline
Иосиф Сталин
Joseph Stalin Colour.jpg
Staline, en 1942.

Mandats
Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique
30 décembre 19225 mars 1953
Président présidence collective (1922-1938)
Mikhaïl Kalinine (1938-1946)
Nikolaï Chvernik (1946-1953)
Président du Conseil Lénine (1922-1924)
Alexeï Rykov (1924-1930)
Viatcheslav Molotov (1930-1941)
lui-même (1941-1953)
Prédécesseur poste créé
Successeur Gueorgui Malenkov
Président du Conseil des ministres d'URSS
19 mars 19465 mars 1953
Prédécesseur poste créé
Successeur Gueorgui Malenkov
Président du Conseil des commissaires du Peuple d'URSS
6 mai 194115 mars 1946
Prédécesseur Viatcheslav Molotov
Successeur poste aboli
Secrétaire général du Parti bolchevik de RSFS de Russie
3 avril 192229 décembre 1922
Prédécesseur poste créé
Successeur poste aboli
Biographie
Date de naissance 6 décembre 1878 (calendrier julien)
18 décembre 1878
Lieu de naissance Gori, Géorgie
Flag of Russia.svg Empire russe
Date de décès 5 mars 1953 (à 74 ans)
Lieu de décès Moscou, RSFSR
Flag of the Soviet Union 1923.svg Union soviétique
Nationalité Drapeau de la Russie Géorgien (de 1878 à 1917)
Flag of the Russian SFSR Russe (de 1917 à 1922)
Drapeau de l'URSS Soviétique (de 1922 à 1953)
Parti politique POSDR (1898-1903)
POSDR(b) (1903-1918)
PCP(b) (1918-1952)
PCUS (1952-1953)
Père Vissarion Djougachvili (père, né en 1850, décédé en 1910)
Mère Ekaterina Gueladzé (mère, née en 1858, décédé en 1937)
Conjoint Ekaterina Svanidze (née en 1885, mariés de 1906 à 1907, décédée en 1907)
Nadejda Allilouïeva (née en 1901, mariés de 1919 à 1932, décédée en 1932)
Enfants Iakov (fils, avec Ekaterina, né en 1907 et décédé en 1943)
Vassili (fils, avec Nadejda, né en 1921 et décédé en 1962)
Svetlana (fille, avec Nadejda, née en 1926)
Diplômé(e) de Séminaire de Tiflis
Religion Aucune (athéisme)
Résidence Kremlin
Signature Joseph Stalin Signature.svg

Pin of the Flag of CPSU.png Coat of arms of the Soviet Union 1946-1956.svg
Dirigeants de l'URSS
Dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique

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Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili (en russe : Иосиф Виссарионович Джугашвилиprononciation ; en géorgien : იოსებ ბესარიონის ძე ჯუღაშვილი, Iosseb Bessarionis dze Djoughachvili), connu sous le nom de Joseph Staline (Иосиф Сталин), né à Gori le 18 décembre 1878 — officiellement le 21 décembre 1879[1] — et mort à Moscou le 5 mars 1953, est un révolutionnaire, un homme politique et un dirigeant soviétique d'origine géorgienne. Il établit en Union soviétique un régime de dictature personnelle[2], période pendant laquelle les historiens lui attribuent, à des degrés divers, la responsabilité de la mort d'environ 15 millions de personnes[3].

Il fut secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique de 1922 à 1953 et dirigea l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) à partir de la fin des années 1920 jusqu'à sa mort. D'abord surnommé Sosso (diminutif de Iossif) pendant son enfance, il se fit ensuite appeler Koba (d'après un héros populaire géorgien) dans ses premières années de militantisme clandestin et par ses amis proches. Il utilisa ensuite le pseudonyme de Staline, formé sur le mot russe сталь (stal), qui signifie acier.

Par un jeu patient d'intrigues souterraines et d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik, et en s'appuyant sur la toute-puissante police politique et sur la bureaucratisation croissante du régime, il imposa progressivement un pouvoir personnel absolu et transforma l'URSS en un régime de type totalitaire dont le culte obligatoire rendu à sa propre personne fut un des traits les plus marquants. Il fit nationaliser intégralement les terres, et industrialisa l'Union soviétique à marche forcée par des plans quinquennaux, au prix d'un lourd coût humain et social. Son long règne fut marqué par un régime de terreur et de délation paroxystique et par la mise à mort ou l'envoi aux camps de travail du Goulag de millions de personnes, notamment au cours de la collectivisation des campagnes et des Grandes Purges de 1937. Il pratiqua aussi bien des déplacements de population massifs, dont la déportation intégrale d'une quinzaine de minorités nationales, que la sédentarisation forcée non moins désastreuse de nomades d'Asie centrale. Il nia aussi l'existence des famines meurtrières de 1932-1933 (Holodomor) et de 1946-1947 après les avoir en partie provoquées par sa politique brutale. Le secret et la propagande systématiquement entretenus autour de ses actes firent du travestissement de la réalité et de la réécriture du passé une caractéristique permanente de son pouvoir absolu.

Son souvenir est aussi associé à la victoire militaire de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie, dont la Russie soviétique fut le principal artisan après la rupture en juin 1941 du pacte de non-agression conclu en août 1939. La Seconde Guerre mondiale, après avoir mis l'URSS au bord du gouffre, apporta à Staline un très grand prestige dans le monde entier, et permit au successeur de Lénine d'étendre son emprise sur un empire s'étendant de Berlin-Est à l'océan Pacifique.

Joseph Staline est également l'auteur de textes exposant sa propre conception du marxisme et du léninisme (réunis ensuite sous le vocable de marxisme-léninisme). Sa pratique politique et ses conceptions idéologiques sont désignées sous le terme de stalinisme.

Après la mort de Staline, ses pratiques furent dénoncées par Nikita Khrouchtchev au cours du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique de 1956 : la déstalinisation et la relative détente qui s'ensuivirent n'entrainèrent cependant pas une démocratisation en profondeur du bloc de l'Est. Ce n'est qu'à l'époque de la perestroïka mise en place par Mikhaïl Gorbatchev que les crimes de Staline ont été dénoncés dans toute leur ampleur en URSS[4],[5].



Biographie

Jeunesse et formation

 

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Joseph Staline, en 1894.
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Iossif Vissarionovitch Djougachvili est né dans la ville géorgienne de Gori, alors dans le gouvernement de Tiflis (Empire russe), le 18 décembre 1878 — officiellement le 21 décembre 1879[1] —, troisième enfant et seul survivant de sa fratrie.

Le père[6] de Staline, Vissarion Djougachvili, était un cordonnier gagnant bien sa vie mais qui devint rapidement alcoolique. Il était originaire d'un village du nord de la Géorgie, Djougha (d'où son nom) ; on dit qu'il avait des origines ossètes. Sa mère, Ekaterina Gavrilovna Gueladzé, était une couturière d'Ossétie. Fervente orthodoxe, abandonnée par son mari, elle pousse son fils vers la prêtrise et finance difficilement ses études.

Après avoir brillamment réussi ses examens, Iossif entre en 1894[7] au séminaire de Tiflis et y reste jusqu'à vingt ans. Il y suit un enseignement secondaire général avec une forte connotation religieuse. Surnommée le « Sac de pierre », l'école a sinistre réputation[8]. Rapidement, le jeune Djougachvili devient athée[9] et commence à se montrer rebelle à l'autorité du séminaire. Il reçoit de nombreuses punitions pour lecture de livres interdits (entre autres, Les Travailleurs de la Mer de Victor Hugo[10]) et en août 1898 s'inscrit à la branche locale du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR)[11]. Malgré les faveurs que lui accorde le recteur du séminaire, il en est expulsé en mai 1899, officiellement pour absence à l'examen de lectures bibliques. « Je fus renvoyé pour propagande marxiste[12] », se vanta ensuite l'ex-séminariste.

Révolution et clandestinité

Iossif Djougachvili commence alors sa carrière de révolutionnaire sous le surnom de Koba[13]. Il se fait arrêter à de nombreuses reprises. En 1907, il est impliqué dans des braquages de banques sanglants[14] servant à financer le Parti[15],[16], comme le hold-up commis à Tbilissi, en juin, qui rapporte 250 000 ou 350 000 roubles[17].

Il est déporté plusieurs fois en Sibérie et s'évade à chaque fois. Il s'évade notamment en 1904 et adhère alors à la fraction bolchevique du P.O.S.D.R.. C'est à cette époque qu'il rencontre pour la première fois Lénine. Il fait un récit élogieux ce cette rencontre en 1924, une semaine après la mort de ce dernier :

 

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« Lorsque je le comparais aux autres dirigeants de notre Parti, il me semble toujours que les compagnons de lutte de Lénine – Plekhanov, Martov, Axelrod et d’autres encore – étaient moins grands que lui d’une tête ; que Lénine comparé à eux, n’était pas simplement un des dirigeants, mais un dirigeant de type supérieur, un aigle des montagnes, sans peur dans la lutte et menant hardiment le Parti en avant, dans les chemins inexplorés du mouvement révolutionnaire russe […] »

En 1911, Lénine parle de lui comme du « merveilleux Géorgien », mais en 1915, dans une lettre à Maxime Gorki, il a oublié son nom[18].

L'accès au pouvoir suprême (1917-1929)

 

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Staline en exil, 1915.
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Après la chute du tsarisme et l'abdication de Nicolas II lors de la Révolution de février 1917, Staline, à peine de retour d'une longue déportation en Sibérie, prend en main la direction du Parti à Pétrograd. Il prône alors la politique du « soutien critique » au gouvernement provisoire réformiste bourgeois d'Alexandre Kerensky. Néanmoins, dès le retour d'exil de Lénine, il se range très rapidement aux Thèses d'avril. Celles-ci avancent l'idée que la tâche des bolcheviks est de préparer la révolution socialiste, seule à même, selon Lénine, de donner le pouvoir au peuple et d'arrêter la guerre. À l'été 1917, il est membre fondateur du Politburo.

Exécutant dévoué, Staline ne joue aucun rôle de premier plan dans la Révolution d'Octobre mais il a l'habileté, comme toujours depuis qu'il est membre du Parti, de s'aligner systématiquement sur les positions de Lénine. Cela lui permettra bien plus tard de reprocher comme des crimes à ses camarades la moindre divergence antérieure avec le défunt Lénine.

 

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Staline, commissaire bolchevique à Tsaritsyne à l’été 1918, au début la guerre civile russe.
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Staline, d'origine géorgienne, est nommé commissaire aux Nationalités dans le Conseil des commissaires du Peuple issu de la révolution.

Pendant la guerre civile russe, il est commissaire bolchevique à Tsaritsyne (future Stalingrad). Il s'y fait remarquer par sa propension à attribuer à des « saboteurs » tous les problèmes rencontrés, par sa méfiance viscérale des « experts » et autres « spécialistes bourgeois » recyclés par le nouveau régime, méfiance qui ne le quittera jamais, et par son absence complète de sentiment lorsqu'il prend des mesures radicales et ordonne des exécutions en nombre. Il s'y heurte déjà à Léon Trotski, chef suprême de l'Armée rouge[19].

C'est aussi à Tsaritsyne qu'il se forge un clan de fidèles qui l'aideront vers la marche au pouvoir : les chefs de la cavalerie rouge Kliment Vorochilov et Semion Boudienny en premier lieu, bientôt rejoints par des compatriotes du Caucase (Grigory Ordjonikidze) puis des hommes unis par la détestation de Trotski. C'est aussi pendant la guerre civile que Staline noue des relations étroites avec la police politique, la redoutable Tcheka, et son fondateur et chef suprême Félix Dzerjinski. Cette alliance avec la police, qui sera la clé du futur régime stalinien, ira se renforçant d'année en année, au point que Staline confiera aux tchékistes la gestion et l'éducation de sa propre famille[20].

 

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Staline, Lénine, et Mikhaïl Kalinine en 1919.
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En 1920, une désobéissance de Staline aux ordres du général Toukhatchevski est une des causes importantes de l'échec de la marche sur Varsovie et de la défaite dans la guerre russo-polonaise.

Bureaucrate laborieux et discret, Staline gravit silencieusement les échelons et devient Secrétaire général du parti le 3 avril 1922, fonction qu'il transforme rapidement en poste le plus important du pays.

La même année, avec son compatriote Grigory Ordjonikidze, Staline planifie l'invasion de leur pays d'origine, la Géorgie, dont le gouvernement menchevik était régulièrement élu et l'indépendance internationalement reconnue, y compris par Moscou. Les violences qui accompagnent ce rattachement forcé à l'Union soviétique provoquent la colère impuissante de Lénine, déjà malade.

Pour parvenir au pouvoir suprême, Staline s'appuie sur la bureaucratie naissante, sur la police, sur son clan de fidèles et sur un jeu habile d'alliances successives avec les diverses factions au sein du Parti. Pendant la guerre civile, Lénine apprécie Staline comme un exécutant efficace et discipliné, qui lui a assuré que « [sa] main ne tremble[rait] pas », mais leurs relations politiques et personnelles se dégradent sensiblement en 1922-1923.

Avant la mort de Lénine en janvier 1924, Staline exerce déjà une autorité considérable. Personnage en apparence terne et peu porté aux discours théoriques brillants, c'est un génie de l'intrigue souterraine. Il joue pendant des années au modéré, et laisse aux divers groupes le soin de s'invectiver et de se discréditer les uns les autres, tout en tissant sa toile. Maints vétérans du Parti, mais plus encore les nouveaux bureaucrates d'origine plébéienne qu'il promeut en nombre se reconnaissent facilement en ce personnage d'apparence bonhomme, bon vulgarisateur, qui se tait à la plupart des réunions et fume tranquillement sa pipe entre deux paroles apaisantes[21]. Il leur convient mieux qu'un Trotski solitaire et trop brillant, qui les critique âprement, et qui n'a pas su se tisser de réseaux dans un Parti qu'il n'a rejoint qu'en 1917. Cependant, Lénine redoute le clivage entre Staline et Trotski, qui pourrait mettre à mal le Parti. Après la mort de Lénine, Staline empêchera la publication du « testament de Lénine », dans le post-scriptum celui-ci affirmait son hostilité à son égard :

« Staline est trop brutal, et ce défaut parfaitement tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l’est pas dans les fonctions de secrétaire général. Je propose donc aux camarades d’étudier un moyen pour démettre Staline de ce poste et pour nommer à sa place une autre personne qui n’aurait en toutes choses sur le camarade Staline qu’un seul avantage, celui d’être plus tolérant, plus loyal, plus poli et plus attentif envers les camarades, d’humeur moins capricieuse, etc…[22] »

En 1924-1925, allié de Kamenev et de Zinoviev, Staline évince Trotski du gouvernement. En 1926, allié à la droite de Boukharine, il fait écarter du Politburo et du Komintern Trotski, Zinoviev et Kamenev, réconciliés entre-temps. Ayant battu l'Opposition de gauche, il se retourne en 1928-1929 contre l'opposition de droite de Boukharine et Rykov, chassés respectivement de la tête du Komintern et du gouvernement. En 1929, Staline fait exiler Trotski d'URSS et achève d'installer ses hommes à tous les postes-clés. La célébration en grande pompe de ses 50 ans, le 21 décembre 1929, marque aussi les débuts du culte autour de sa personnalité.

Le stalinisme

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Articles détaillés : Stalinisme et Histoire de l'URSS sous Staline.
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La prise de pouvoir et le « Grand Tournant »

Staline ayant pris la succession de Lénine, il abandonne peu à peu la direction collégiale pour progressivement imposer, en s'appuyant sur la bureaucratie née lors de la guerre civile, un régime totalitaire. Le pouvoir oligarchique absolu est mis en place progressivement[23], processus achevé à la fin des années 1930.

Peu porté à l'internationalisme inhérent au communisme, Staline désigne sa politique sous le nom de « marxisme-léninisme » et de « socialisme dans un seul pays ». Presque jamais sorti de Russie, méprisant envers le Komintern (« la boutique »[24]), il ne croit pas à une révolution mondiale qui n'en finit pas de se faire attendre et veut compter sur les seules forces de l'Union Soviétique. Il ne croit plus non plus à une NEP à bout de souffle (rétablissement du rationnement, 1928) et qui exige du temps pour moderniser l'URSS. Hanté comme tous les bolcheviks par la possibilité d'une prochaine confrontation avec les pays capitalistes, il veut accélérer à tout prix la modernisation industrielle pour s'y préparer. C'est le sens de son fameux discours au XVIe congrès du Parti (juin 1930) où il martèle que « chaque fois que la Russie a été en retard, nous avons été battus ». D'où, à partir de fin 1928, la priorité absolue que Staline accorde à l'accumulation du capital par pressurisation de la paysannerie (jusque-là ménagée par la NEP), au développement « à toute vapeur » des moyens de production et de l'industrie lourde.

 

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Staline en 1936.
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De 1929 à 1933, Staline met en place la « collectivisation » des terres. Il livre en fait ce qui est peut être considéré comme la dernière guerre paysanne de l'histoire européenne. En 1934, l'objectif est atteint, mais à un prix exorbitant : la moitié du cheptel abattu sur place par les paysans, les riches terres à blé d'Ukraine et d'autres régions ravagées par la famine de 1932-1933 (entre quatre et dix millions de morts selon les estimations[25],[26]) que Staline n'a rien fait pour empêcher même en admettant qu'il ne l'a pas délibérément provoquée, d'innombrables violences, morts ou destructions, fuite anarchique de 25 millions de campagnards vers des villes vite surpeuplées, plus de deux millions de prétendus koulaks (paysans supposés « riches ») déportés par familles entières en Sibérie et abandonnés sur place à leur sort[27]... Le système des kolkhozes et des sovkhozes permet à l'État d'acheter à vil prix les récoltes et de financer l'industrialisation. Mais devant la résistance passive des paysans (sous-productivité systématique), Staline leur concède un lopin privé de terre en 1935 : à la fin de la décennie, ces derniers produisent 25 % des récoltes sur 3 % des terres, la majorité des fruits et légumes d'URSS ainsi que 72 % du lait et de la viande[28]. La Russie, premier exportateur de céréales du monde sous les tsars, devient définitivement pays importateur. À Winston Churchill, Staline dira que la collectivisation représenta pour lui une épreuve « pire que la guerre ». Selon Anne Applebaum, si Staline a brisé la continuité de l'histoire russe, c'est bien dans les campagnes.

Parallèlement, en 1928, Staline crée le Gosplan, organisme d'État rigide chargé de veiller au bon fonctionnement d'une planification impérative et très ambitieuse. Le premier plan quinquennal (1928-1933) fait de l'URSS de Staline un pays productiviste vivant dans l'obsession d'accomplir et de dépasser des normes de production toujours rehaussées. Staline rétablit le salaire aux pièces et le livret ouvrier, allonge la journée de travail, encourage la naissance d'une nouvelle aristocratie ouvrière en patronnant le mouvement stakhanoviste (1935) et fait punir d'envoi au Goulag tout retard répété de plus de 10 minutes. En quelques années, le pays change radicalement d'aspect et se couvre de grands travaux en partie réalisés par la main-d'œuvre servile du Goulag : métro de Moscou, villes nouvelles, canaux, barrages, énormes usines… Mais le prix est tout autant démesuré : gouffre financier, inflation, gaspillages, travaux bâclés à l'origine du « mal-développement » dont l'URSS périra en 1991. Le sacrifice délibéré des industries de consommation et la pression exercée sur la classe ouvrière font que sous le Premier Plan, le niveau de vie des ouvriers soviétiques baisse de 40 %[29].

À partir de 1934, un tournant réactionnaire est également effectué dans le domaine des mœurs : culte de la « famille socialiste », retour de l'interdiction de l'avortement et de la répression de l'homosexualité (alors que la Révolution avait apporté dans ces domaines une libéralisation tant par rapport à la situation antérieure que par rapport aux pays occidentaux). Staline restaure aussi le titre de maréchal, revient au nationalisme grand-russe, à l'académisme dans l'art, à la libre consommation de la vodka. Enfin, en 1935, Staline ramène l'âge limite pour la condamnation à mort à 12 ans.

Certains marxistes se réclamant de Lénine s'opposent alors au « marxisme-léninisme » de Staline : les trotskistes dénoncent la dictature à l'intérieur du Parti, les bordiguistes dénoncent la politique économique de Staline comme une forme de capitalisme d'État (analyse partagée par les « décistes » du groupe Sapronov). Des organisations communistes anti-staliniennes se créent à partir des années 1920. L’Opposition communiste internationale est créée en 1930.

Au XVIIe Congrès du PCUS, dit Congrès des Vainqueurs (février 1934), les pires difficultés du Grand Tournant semblent passées. Le nom de Staline est acclamé et cité plusieurs dizaines de fois dans chaque discours. Lui-même multiplie les signes d'apaisement envers les anciens opposants et de libéralisation pour la société soviétique. Mais il mesure aussi la persistance sourde des critiques à son encontre : il n'est réélu au Comité Central qu'en dernier de la liste, son nom étant rayé plus d'une centaine de fois[30]. Le but des Grandes Purges sera notamment d'anéantir les dernières potentialités de résistance au sein du Parti et de la population. De 1936 à 1938, les Procès de Moscou sont montés pour éliminer les vieux bolcheviks opposants ou s’étant opposés à Staline. Trostski sera par ailleurs assassiné par Ramon Mercader en 1940 au Mexique.

Les Grandes Purges, refondation définitive du pouvoir de Staline

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Staline en 1935.
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En décembre 1934, Sergueï Kirov, chef du Parti à Léningrad, est assassiné. Or Kirov était alors le plus populaire des dirigeants soviétiques et, élu avec le plus grand nombre de voix au Comité central, constituait dès lors une alternative potentiel au poste de Secrétaire générale occupé par Staline (le plus mal élu de tous les candidats). Par cette élimination, ce dernier faisait d'une pierre deux coups: il éliminait son concurrent le plus plausible et pouvait se servir de la réprobation publique pour monter une campagne de purges dans le Parti et à l'extérieur dans les années suivantes. La grande terreur stalinienne commence le soir même alors qu'il fait promulguer un décret suspendant toutes les garanties de droit et rendant sans appel les sentences de mort prononcées par les juridictions spéciales du NKVD. Il débarque en personne à Leningrad et en fait déporter des milliers d'habitants.

En août 1936, le premier des trois procès de Moscou engage la liquidation physique de la vieille garde bolchevique. Staline se débarrasse définitivement de ses anciens rivaux des années 1920, déjà vaincus politiquement depuis longtemps.

Au-delà, il entreprend de remplacer ceux qui l'ont soutenu et aidé dans les années 1920-1930 par une nouvelle génération de cadres. Les jeunes promus de la « génération de 1937 » (Khrouchtchev, Beria, Malenkov, Jdanov, Brejnev, etc.) n'ont connu que Staline et lui doivent tout. Ils lui vouent un culte sans réserve, là où la précédente génération voyait davantage en Staline son patron ou un primus inter pares qu'un dieu vivant, et n'hésitait pas à le critiquer parfois avec loyauté mais franchise[31]. Entre 1937 et 1939, Staline planifie l'élimination de la moitié du Politburo, des trois quarts des membres du Parti ayant adhéré entre 1920 et 1935, etc. La Terreur n'épargne aucun organisme : des coupes claires frappent les divers ministères, Gosplan, Komintern, Armée rouge et même à terme l'encadrement du Goulag et les policiers du NKVD.

Avant
Après
Nikolaï Iejov, chef suprême du NKVD est tué en 1940. Il est alors effacé des archives par la censure

Les Grandes Purges permettent également à Staline d'éliminer radicalement tous les éléments socialement suspects et tous les mécontents suscités par sa politique. Alors que les tensions diplomatiques s'accumulent en Europe depuis l'avènement d'Adolf Hitler, et que le déclenchement de la guerre d'Espagne en juillet 1936 fait craindre l'irruption d'un nouveau conflit général, Staline entend éliminer tout ce qui pourrait constituer une « cinquième colonne » de l'ennemi en cas d'invasion. Une série d'opérations frappent par centaines de milliers les dékoulakisés appauvris par la collectivisation, les vagabonds et marginaux engendrés par cette dernière, les anciens membres des classes dirigeantes et leurs enfants, tous les individus entretenant ou ayant entretenu des relations avec l'étranger (corps diplomatique, anciens combattants d'Espagne, agents du Komintern, et, ainsi que le montre Robert Conquest, jusqu'aux espérantistes, aux philatélistes et aux astronomes ![réf. souhaitée]).

À plus court terme, Staline fournit aussi à la population des boucs émissaires aux difficultés du quotidien, en rejetant tout le mal sur une pléthore de « saboteurs ». Il règle ses comptes avec les techniciens et les spécialistes compétents, qui ont souvent osé contredire ses directives et ses objectifs irréalistes et dont il se méfie depuis toujours en raison de leur faible présence au Parti ; il les remplace par une génération de nouveaux spécialistes issus des couches populaires et qui, formés sous le Ier Plan, n'ont connu que la révolution et son régime. Il brise aussi les réseaux clientélistes et les fiefs géographiques ou ministériels que se sont constitués les membres du gouvernement et du Politburo, ou bien, à tous les échelons, les responsables du Parti et les chefs de Goulag. Il entretient plus largement une atmosphère de suspicion généralisée qui brise les solidarités amicales, familiales ou professionnelles[32].

Pareillement, Staline considère que les minorités nationales frontalières sont par définition suspectes : aussi ordonne-t-il la déportation de centaines de milliers de Polonais et de Baltes, ou le transfert en Asie centrale de 170 000 Coréens. Mais c'est aussi la sédentarisation forcée des populations nomades, notamment au Kazakhstan, qui se solde par un désastre démographique et la perte de nombreuses traditions culturelles[33].

Le principe totalitaire de la responsabilité collective défendu par Staline fait que la « faute » d'un individu s'étend à son conjoint, à ses enfants, à sa famille entière, à tout son réseau d'amis et de relations. Par exemple, le 5 juillet 1937, le Politburo ordonne au NKVD d'interner toutes les épouses de « traîtres » en camp pour 5 à 8 ans, et de placer leurs enfants de moins de 15 ans « sous protection de l’État ». Ordre qui conduit à arrêter 18 000 épouses et 25 000 enfants, et à placer près d'un million d’enfants de moins de 3 ans dans des orphelinats[34].

Par ailleurs, les familles des plus proches hommes de confiance de Staline (Molotov, Kaganovitch, Kalinine, etc.) sont elles-mêmes frappées par les purges. Le meilleur ami de Staline, Grigory Ordjonikidze, qui s'est montré hostile devant lui à la purge des cadres de l'industrie, voit son frère fusillé et se suicide en signe de protestation (février 1937)[35]. La famille même de Staline n'est pas épargnée par la Terreur, avec la disparition et l'exécution de ses proches parents Maria Svanidze, Pavel Allilouiev, Stanislas Redens[36]...

En 1939, à l'arrêt des Grandes Purges — autrement appelée la Grande Terreur d'autant que, selon les calculs de Nicolas Werth, elles ont frappé à 94 % des non-communistes — Staline a éliminé les dernières sphères d'autonomie dans le parti et la société, et imposé définitivement son culte et son pouvoir absolu. Il a pris ce faisant le risque de désorganiser gravement son armée et son pays, alors même que la guerre approche.

Politique extérieure

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Molotov et Staline.
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Dans les années 1930, la politique extérieure de Staline est à géométrie variable.

Tout d’abord, lors du VIIe congrès du Komintern en août 1928, il impose la politique « classe contre classe » aux partis communistes. La social-démocratie, qu'il a qualifiée d'« aile modérée du fascisme », est considérée comme l'ennemi prioritaire, et toute entente même tactique avec elle est prohibée. Cette politique conduit le Parti communiste français à son pire isolement de l'Entre-deux-Guerres et à une chute électorale notable. Elle facilite surtout l'accès au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne. En mars 1933, alors que la destruction de la République de Weimar est presque achevée et que les communistes allemands prennent en nombre le chemin des camps de concentration, le KPD clandestin et le Komintern répètent inlassablement que les événements démontrent la justesse des attaques contre la social-démocratie et la nécessité de les poursuivre sans changement[37].

Staline pensait d'abord que l'expérience Hitler ne durerait pas : « Après lui, ce sera nous ». Mais le régime nazi se consolide, et une menace militaire réelle plane désormais sur l'URSS. Dès lors, à partir de juin 1934, Staline se ravise et lance une politique d’alliance des partis communistes avec des « partis bourgeois » pour tenter de faire reculer le fascisme et le nationalisme. Il rapproche parallèlement l'Union soviétique des États occidentaux, ce qui a pour conséquence l’entrée tardive de l’URSS dans la SDN (1934) ou la conclusion du pacte d'assistance franco-soviétique lors de l'entrevue Laval-Staline (mai 1935). C’est ainsi que le Front populaire peut se constituer en France et en Espagne et qu’en Chine, le 22 septembre 1937, Tchang Kaï-chek s’accorde avec Mao Zedong contre l'impérialisme du Japon et signe un pacte de non-agression avec l’URSS. Au niveau intérieur, Staline s'efforce de se montrer plus libéral en faisant promulguer la « constitution stalinienne » de 1936, annoncée comme « la plus démocratique du monde », en signe d'ouverture envers l'Occident.

Pendant la guerre d'Espagne Staline est à partir de fin octobre 1936 le seul chef d'État à intervenir officiellement aux côtés de la République espagnole, menacée par Franco aidé de Hitler et Mussolini. Mais s'il envoie des chars, des avions et des conseillers, il en profite aussi pour faire main basse sur l'or de la banque d'Espagne, freiner sur place le mouvement révolutionnaire tout en satellisant le gouvernement espagnol, et faire liquider physiquement de nombreux anarchistes, trotskistes et marxistes dissidents du POUM[38].

 

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Ribbentrop et Staline lors de la signature du Pacte de non-agression.
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Des documents du Komintern montrent cependant que même dans ces années où il fait figure d'allié des démocraties, Staline n'a pas renoncé à l'espoir secret d'un pacte avec Hitler, qui mettrait à l'abri l'URSS et lui garantirait en outre des bénéfices territoriaux. Il fait régulièrement modérer les attaques de la presse contre le régime nazi, ou tente quelques sondages secrets à Berlin[39]. Les procès de Moscou et les purges qui meurtrissent l'Armée rouge troublent les démocraties occidentales, où l'anticommunisme reste très fort, et les font douter des capacités militaires soviétiques.

En 1938, Staline est furieux que son pays n'ait pas été convié à la conférence qui décide des accords de Munich (30 septembre) et craint une entente des Occidentaux avec Hitler contre l'URSS. Staline fait clairement savoir à Berlin, début 1939, que Moscou se liera au plus offrant. Mais persuadé que la guerre avec les nazis est inévitable, il décide le transfert des usines d'armement vers l'est (au delà de Moscou) et arrête la stratégie de l'Armée rouge pour cette confrontation. Ce sera une posture défensive, copie de celle de Mikhaïl Koutouzov devant Napoléon en 1812 et qui prend en compte la possibilité d'une invasion en profondeur. La prise des capitales, Moscou et Léningrad, qui seront protégées par des troupes d'élites, est, cette fois, exclue. Staline table sur l'usure des troupes d'élite allemandes qu'Hitler devra engager dès le début de l'attaque, scénario qui se vérifiera complètement devant Moscou et partiellement devant Léningrad.

Le 12 août 1939, les plénipotentiaires de la France et du Royaume-Uni sont en visite en URSS afin de tenter – bien tardivement et sans conviction – de refonder l’alliance de 1914, après avoir refusé à de nombreuses reprises des propositions similaires faites auparavant par Staline[40]. Staline dénonce une absence de réelle volonté des démocraties occidentales de combattre Hitler et signe, le 23 août 1939, le pacte germano-soviétique. Un protocole secret prévoit le partage de l'Europe centrale en « zones d'influences ». Il gagne alors de l'espace et du temps, mais moins que prévu du fait de la rapide défaite de la France à l'Ouest, qu'il interprète comme l'intégration de celle-ci à la puissance nazie.

La Seconde Guerre mondiale

Avant le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe, l'URSS gagne deux batailles de frontières contre le Japon : la bataille du lac Khassan en 1938, puis la bataille de Halhin Gol en Mongolie en 1939. Le 17 septembre 1939, les troupes de Staline entrent en Pologne (jusqu'à sa frontière Est actuelle) et prennent à revers l'armée de ce pays envahi par Hitler deux semaines auparavant. Le 30 novembre, elles attaquent la Finlande, et enregistrent des revers spectaculaires et inquiétants, avant de faire plier ce petit État d'Europe septentrionale sous le nombre en mars 1940. En juin, Staline annexe les États baltes, puis en août la Bessarabie roumaine, érigée en République socialiste soviétique de Moldavie. La terreur et la soviétisation accélérée s'abattent aussitôt sur ces territoires. Elles se traduisent par la déportation de plusieurs centaines de milliers d'habitants et le meurtre d'une partie des élites locales[41]. Le 5 mars 1940, Staline fait contresigner par le Politburo son ordre d'exécuter près de 20 000 officiers polonais capturés, qui seront en particulier enterrés près de Katyń.

Staline respecte scrupuleusement le Pacte germano-soviétique. Jusqu'à la nuit du 21 au 22 juin 1941, il livre ponctuellement et à crédit à l'Allemagne les céréales et des matières premières dont le Reich a besoin. Il livre aussi à la Gestapo plusieurs dizaines de communistes allemands réfugiés à Moscou.

Le pacte prend fin le 22 juin 1941 avec l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht.

Contrairement à la légende longtemps répandue, Staline ne s'est pas effondré psychologiquement devant la trahison d'Hitler, ni n'est resté plusieurs jours prostré et incapable de réagir. Les archives et les témoignages concordent aujourd'hui à prouver qu'il fut à son poste nuit et jour pendant la première semaine d'invasion, et qu'il prit aussitôt des mesures radicales, avec un bonheur très inégal[42]. Ce n'est que le 28 juin, après cinq jours et cinq nuits sans presque aucun repos, et un heurt mémorable avec le général Joukov, que Staline partit brusquement se retirer dans sa datcha pour préparer son discours radiodiffusé du 3 juillet.

Il n'en reste pas moins vrai que Staline refusa jusqu'au dernier moment de réagir aux rapports (de Trepper, Sorge et même Churchill) qui le prévenaient depuis de longs mois de l'imminence d'une invasion, allant même jusqu'à menacer de liquider ceux qui s'en faisaient écho avec trop d'insistance. Il semble s'être laissé paralyser par la hantise d'une provocation allemande, jugeant qu'une réaction préventive serait politiquement contre-productive: il se raccrochait désespérément à l'idée que l'année était trop avancée pour que Hitler commette la même erreur que Napoléon. De ce fait, les troupes furent mises en alerte très tard (le 22 juin à 0 h suite à l'ultime désertion d'un soldat allemand) et incomplètement, permettant par exemple que l'aviation soit partiellement détruite au sol. Le matin même du 22 juin, une partie de l'Armée rouge n'ose toujours pas ouvrir le feu, alors qu'une autre résiste déjà âprement (pendant six semaines à Brest-Litovsk).

Les purges de l'avant-guerre, en particulier celle de 1937, ont profondément affaibli l'Armée rouge, puisque la quasi-totalité des généraux modernisateurs et compétents avaient disparu (environ 90 % des cadres supérieurs de l'armée furent éliminés, tandis que 11 000 officiers sur 70 000 étaient fusillés et 20 000 autres internés dans les camps du Goulag). De même, sur cinq maréchaux, seuls avaient survécu les deux tenants inconditionnels de la cavalerie, amis de toujours de Staline, ennemis jurés des tanks. L'effort de modernisation tenté in extremis avant l'invasion, de même que la réintégration de milliers d'officiers purgés sortis en loques du Goulag (comme le futur maréchal Rokossovki) ne purent empêcher les désastres initiaux.

Dans les premiers mois, Staline perd des milliers de chars et d'avions, et laisse encercler d'immenses armées. L'URSS perd un million de km² et plusieurs millions de prisonniers, exterminés par les nazis.

Cependant, l'invasion nazie, commencée trop tard, est dès le début inférieure aux attentes, même si la Wehrmacht avance très loin et avec des pertes limitées. De l'avis de ses historiens même les plus critiques, Staline démontra son sang-froid et son génie politique en s'adressant, dès le 3 juillet 1941 à ses « frères-et-sœurs » soviétiques, pour proclamer l'union sacrée dans la « Grande Guerre patriotique » et, surtout, en décidant de rester dans Moscou menacée, à la surprise de ses proches. Sa présence galvanisa les énergies et enraya un début de panique. D'autre part, l'armée japonaise avait abandonné toute idée d'attaquer la Russie après ses défaites contre elle en 1939; l'URSS en eut confirmation par Richard Sorge. Ne craignant plus l'ouverture d'un second front en Extrême-Orient, les troupes sibériennes purent être disponibles face aux allemands au moment crucial de l'hiver 1941. Le 6 décembre 1941, l'Armée rouge stoppe des Allemands à bout de souffle à 22 km de la capitale ; pendant l'hiver elle les repousse de plus de 200 km.

Après cet échec, l'armée nazie change d'objectif principal pour sa campagne de 1942 : prendre le contrôle du pétrole du Caucase, voire, ensuite, celui du Moyen-Orient. Après un court succès, la Wehrmacht sort vaincue de la bataille de Stalingrad. La ville, au nom symbolique, devient l'objet de l'attention universelle. Entièrement détruite sous les bombes et par les combats de rue, 300 000 Allemands y périssent ou y sont faits prisonniers. La VIe Armée encerclée capitule les 30 janvier-2 février 1943.

C'est le début du recul allemand. À la bataille de Koursk, la plus grande confrontation de blindés de l'histoire, 500 000 hommes et 1 500 chars sont mis hors de combat.

Après ses erreurs dramatiques de 1941, Staline a su faire progressivement un réel apprentissage militaire, et surtout accepter de laisser une plus large autonomie à ses généraux. S'il ne s'est jamais rendu au front, il desserre l'emprise du gouvernement sur la société, noue une trêve avec les Églises, met l'accent sur la défense de la patrie et non plus sur la Révolution. Cependant, son pouvoir absolu reste intact et même renforcé : chef du gouvernement depuis mai 1941, Staline se fait nommer commissaire à la Défense en août, commandant en chef suprême en juillet 1942, maréchal en 1943, généralissime en 1945. L'Internationale cesse d'être l'hymne soviétique pour être remplacée par un chant patriotique qui mentionne son nom. C'est aussi la nature totalitaire du gouvernement qui lui permet d'imposer une stratégie d'offensive à tout prix et d'attaque frontale de l'ennemi, très coûteuse en hommes et abandonnée en Occident depuis la Grande Guerre.

Des équipes spéciales du NKVD se chargent à Stalingrad de mitrailler les soldats qui refluent vers l'arrière. De même, les prisonniers et leurs familles sont officiellement reniés et considérés comme des traîtres, tandis que des généraux et officiers de tout rang sont fusillés dès les premiers jours, boucs émissaires des erreurs du chef suprême[43]. En pleine avance allemande de 1941, Staline détourne aussi des forces importantes du front pour faire déporter intégralement les Allemands de la Volga, descendants de colons installés au XVIIIe siècle. En 1944, il fait déporter en totalité une dizaine de peuples (soldats décorés et militants communistes compris) sous la fausse accusation de collaboration avec les Allemands. En mars 1944, 600 000 Tchétchènes hommes, femmes, enfants et vieillards sont déportés en six jours seulement, un record historique jamais égalé[44].

 

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Les trois Grands Winston Churchill, Roosevelt et Staline à la Conférence de Yalta.
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En 1944, Staline reconquiert le territoire national. Arrivé devant Varsovie, il laisse les Allemands, regroupés autour de la capitale polonaise après l'offensive soviétique, écraser l'insurrection de la capitale polonaise (1er août-2 octobre 1944). S'il est vrai que l'offensive soviétique était à bout de souffle et que Staline n'avait plus les moyens de franchir la Vistule, il refusa aussi de parachuter des armes et de laisser les avions occidentaux atterrir sur les aérodromes de l'Armée rouge voisins de la capitale. Des centaines d'aviateurs alliés tentant désespérément de parachuter des armes aux insurgés périrent lors d'allers-retours longs et coûteux entre l'Italie et la Pologne. C'était assez dire la volonté de Staline de laisser écraser une insurrection nationaliste qu'il ne contrôlait pas et qui visait à contrarier l'installation d'un gouvernement communiste proche de Moscou après la guerre[45].

Alors que les Alliés débarquent en Normandie, les Soviétiques qui affrontent dix fois plus de divisions à l'Est progressent déjà en Europe de l’Est. Au total, de source sûre[Qui ?], ils écraseront 80 % des effectifs de la Wehrmacht : sur 783 divisions disséminées sur tous les fronts, 607 tombent sous les feux soviétiques.

Goebbels avait énoncé l'un des buts idéologique de la guerre à l'Est : « La lutte contre le bolchevisme mondial est le but principal de la politique allemande ». Il faut ajouter à ces buts la volonté allemande de reconquérir ce qu'ils considèrent comme leur « espace vital » (Lebensraum) et de réduire en esclavage les peuples slaves considérés comme des sous-hommes. En pratiquant une politique d'extermination contre les populations slaves et surtout juives, les nazis se privèrent eux-mêmes de tout soutien parmi la population soviétique alors que les mécontents du gouvernement de Staline ne manquaient pas à leur arrivée. Ils parviendront quand même à recruter un certain nombre de partisans (armée Vlassov, existence de maquis anti-communistes en Ukraine jusqu'en été 1946).

La victoire se paye au prix de millions de morts : 21 300 000 morts (civils et militaires) selon certaines sources - 27 millions dira-t-on sous Gorbatchev, à ajouter bien sûr à tout ce qui avait précédé : pertes de 1914-1918, guerre civile et famines. Soit 12 à 20 % de la population soviétique. En comparaison les États-Unis ne perdirent que 0,2 %, la France 1,5 % de leurs populations respectives. Les destructions matérielles sont gigantesques, les pires subies par un belligérant dans ce conflit.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 15:52

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Bataille de Marathon

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Bataille de Marathon
Monument moderne commémorant la bataille
Monument moderne commémorant la bataille
Informations générales
Date août ou septembre 490 av. J.-C. (cf. section date)
Lieu Marathon, Grèce
Issue Victoire décisive des Grecs
Fin de la première invasion perse de la Grèce
Belligérants
Athènes
Platées
Empire perse
Commandants
Miltiade le Jeune
Callimaque le Polémarque
Artapherne
Datis
Forces en présence
entre 9 000 et 10 000 Athéniens
1 000 Platéens
inconnues (cf. section forces)
Pertes
192 morts athéniens et 11 morts platéens selon Hérodote 7 navires et au moins 6 400 morts selon Hérodote
Guerres médiques
Batailles
Ladé • Marathon • Thermopyles • Artémision • Salamine • Platées • Mycale • Eurymédon
Cette boîte : voir • disc. • mod.

 

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La bataille de Marathon (en grec ancien : Μάχη τοῡ Μαραθῶνος) est un épisode majeur de la première guerre médique en 490 av. J.-C., ayant opposé un débarquement perse aux hoplites athéniens et platéens qui remportèrent la victoire. Elle se déroule sur la plage de Marathon, sur la côte est de l'Attique, à proximité d'Athènes.

À la suitjkhgfdkjhgfe de la révolte de l'Ionie, Darius décide de châtier les cités grecques qui avaient apporté leur aide à ses sujets rebelles. Après avoir pris Naxos et Érétrie, l'expédition perse, sur les conseils d'Hippias qui espère reprendre le pouvoir à Athènes, débarque sur la plage de Marathon. Après cinq jours de face-à-face, la phalange athénienne et platéenne écrase l'infanterie perse qui prend la fuite et rembarque au prix de lourdes pertes. L'armée grecque se replie alors rapidement sur Athènes pour empêcher le débarquement de l'autre partie du corps expéditionnaire perse à Phalère.

Cette victoire met fin à la première guerre médique. Une nouvelle attaque a lieu dix ans plus tard sous la direction de Xerxès. La bataille de Marathon joue un rôle politique important avec l'affirmation du modèle démocratique athénien et le début de grandes carrières pour les chefs militaires athéniens tels Miltiade ou Aristide.

Marathon reste une des batailles les plus connues de l'Antiquité, notamment grâce aux commémorations qu'elle a suscitées, telle la course du marathon inventée à l'occasion des Jeux olympiques de 1896 à Athènes.

Sources


La principale source sur la bataille de Marathon est l'historien grec antique Hérodote qui dans ses Histoires (ou Enquête) datées de 445 av. J.-C. entreprend de raconter les guerres médiques, des origines aux événements eux-mêmes afin de les « préserver de l'oubli »[1]. Les historiens suivants, comme Thucydide, le critiquent en lui reprochant son manque de rigueur[2]. Cette vision se perpétue jusqu'au XXe siècle. Puis, les découvertes archéologiques de ce siècle viennent confirmer la version des faits d'Hérodote[3], et aujourd'hui rares sont les historiens contemporains qui continuent à estimer qu'il a inventé la majorité de son récit[4].

La Bibliothèque historique de Diodore de Sicile (Ier siècle de notre ère) est l'autre grande source antique sur la bataille. Il tire ses informations en partie d'un ouvrage antérieur, d'Éphore de Cumes. On trouve aussi des allusions dans les travaux de Plutarque, Ctésias ou Eschyle[5].

Contexte


Articles principaux : Guerres médiques et Révolte de l'Ionie.
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Carte du monde grec au moment des guerres médiques.
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Les auteurs antiques faisaient remonter les origines de la première guerre médique à la révolte de l'Ionie[6] mais elle s'inscrit en fait dans le vaste mouvement expansionniste de l'empire perse[7]. Darius a ainsi déjà mis le pied en Europe avec la conquête de la Thrace et la soumission du royaume de Macédoine qui est forcé de rallier l'alliance perse[8]. Cependant, la révolte ionienne porte une menace directe sur l'intégrité de l'Empire et Darius est décidé à châtier tous ceux qui s'y sont trouvés impliqués, donc les cités de l'Égée et de Grèce continentale. Athènes et Érétrie ont envoyé vingt-cinq trières aider les cités d'Asie mineure tandis qu'un corps expéditionnaire ravage Sardes avant de se replier et d'être vaincu à Éphèse par le satrape Artapherne, frère de Darius. En 494 av. J.-C., après six ans de conflit, Darius finit d'écraser les cités rebelles. Puis, les Perses soumettent par la force ou la diplomatie les îles de la mer Égée. De nombreuses cités du continent ont reçu des ambassades de Darius Ier demandant leur soumission et s'y sont pliées. Athènes et Sparte ont refusé et même, selon Hérodote, mis à mort les émissaires[9],[10],[11].

Fin 491 av. J.-C. ou début 490 av. J.-C., une expédition navale de 600 trières, menée par Artapherne, fils du satrape de Lydie, et Datis est envoyée pour écraser les insoumis. Naxos est pillée et ses temples brûlés. Puis la flotte fait voile vers Érétrie qui est prise après sept jours de siège. Elle est incendiée et sa population réduite en esclavage. Les 4 000 clérouques athéniens envoyés à son secours ont dû prendre la fuite. L'expédition se tourne ensuite vers Athènes et suit les conseils d'Hippias, l'ancien tyran athénien déposé vingt ans auparavant et qui espère reprendre le pouvoir grâce à ses partisans au sein de la cité. Il conseille aux Perses d'aborder par la plage qui borde la plaine de Marathon à trente huit kilomètres d'Athènes, longue de quatre kilomètres environ et adaptée aux manœuvres de cavalerie[12],[13],[14],[15],[11].

Date de la bataille  


Hérodote donne une date dans le calendrier luni-solaire dont chaque cité grecque utilisait une variante. Des calculs astronomiques permettent d’obtenir une date dans le calendrier julien proleptique. En 1855, August Böckh a déterminé la date du 12 septembre en 490 avant Jésus-Christ, et c’est la date communément admise. Le 12 étant le jour du débarquement des troupes, l'affrontement en lui-même aurait donc eu lieu le 17 septembre[16]. Selon un autre calcul, il est possible que le calendrier spartiate ait eu un mois d’avance sur le calendrier athénien, auquel cas il faudrait retenir la date du 12 août[17]. Cependant, les Grecs ont choisi de faire commencer les célébrations du 2 500e anniversaire de la bataille dès le 1er août pour culminer en septembre[18].

Bataille  


Prélude


L'armée athénienne, sous le commandement de Miltiade le Jeune, le général athénien le plus expérimenté contre les Perses, est envoyée bloquer les sorties de la plaine de Marathon pour empêcher l'armée perse de s'avancer dans les terres. En parallèle, Phidippidès, un coureur messager est envoyé demander des renforts à Sparte. Mais, la cité laconienne célèbre alors les Karneia qui impliquent une trêve militaire jusqu'à la pleine lune suivante. Les forces spartiates ne peuvent partir qu'après un délai de dix jours. Les Athéniens qui viennent de recevoir le renfort d'un petit contingent de Platées sont donc quasiment seuls[19],[20].

Les deux armées se font face pendant cinq jours. L'attente joue en faveur d'Athènes car chaque jour qui passe rapproche l'arrivée des renforts spartiates[20].

Forces en présence et tactiques


Forces


Hérodote ne donne pas de chiffres pour les forces grecques. Cornélius Népos[21], Pausanias[22] et Plutarque[23] donnent tous 9 000 Athéniens et 1 000 Platéens. Justin[24] compte 10 000 Athéniens et 1 000 Platéens. Ces chiffres, équivalents à ceux donnés pour la bataille de Platées[25], semblent donc probables. Ils sont généralement acceptés par les historiens contemporains[20],[26],[11]. L'armement des Grecs est celui d'une infanterie lourde : les hoplites athéniens et leurs alliés platéens sont protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain. S'y ajoutent une épée, une longue lance et un bouclier de peau et de lames de métal. Enfin les hoplites combattent en rangs serrés (selon la formation de la phalange), leurs boucliers formant devant eux une muraille[27],[28]. Des esclaves athéniens furent libérés peu avant la bataille [29] pour servir d'infanterie légère, de frondeurs et de lanceurs de javelots[30]. Leur nombre et leur rôle durant la bataille n'est pas connu car les faits et gestes d'esclaves n'étaient pas jugés dignes d'être rapportés par les auteurs anciens[30].

Les troupes athéniennes sont dirigées par dix stratèges (un pour chaque tribu) sous l'autorité militaire et religieuse d'un polémarque, Callimaque. Chaque stratège commande l'armée pendant une journée, à tour de rôle. Cependant, il semblerait qu'à chaque fois, les stratèges aient confié le commandement à un seul d'entre eux, Miltiade[31]. Il connaît la faiblesse de l'armée perse pour avoir combattu avec eux lors de la campagne de Darius contre les Scythes[32].

L'armée perse est commandée par les généraux Artapherne, un neveu de Darius, à la tête de l'armée de terre, et Datis, amiral de la flotte[33]. Selon Hérodote[34], la flotte perse est composée de 600 trières, mais il se contente de dire que l'infanterie est nombreuse. Simonide de Céos évalue le corps expéditionnaire perse à 200 000 hommes. Pour Cornélius Népos[35], les Perses ont 200 000 fantassins dont 100 000 ont été envoyés avec la flotte attaquer Athènes en contournant le cap Sounion et 10 000 cavaliers. Plutarque[23], Pausanias le Périégète[36] et la Souda[37] estiment tous la force perse à 300 000 hommes. Platon[38] et Lysias[39] vont jusqu'à 500 000 hommes tandis que Justin[24] monte à 600 000 soldats perses. Les historiens modernes proposent une fourchette entre 20 000 et 100 000 hommes avec plus ou moins un consensus pour 25 000 fantassins et 1 000 cavaliers[40],[41],[42],[43]. Pour l'historien de la Perse Pierre Briant, leurs effectifs sont impossibles à chiffrer[44] mais l'armée de Datis était de toute façon « de faible ampleur »[45]. Cette armée est composée de soldats d'origines différentes, ne parlant pas les mêmes langues et n'ayant pas l'habitude de combattre ensemble. De plus l'armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, rend les fantassins perses vulnérables dans les combats au corps à corps.

Stratégie  


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« Casque de Miltiade ». Ce casque, gravé au nom de ΜΙLTIAΔES, a été offert au temple de Zeus à Olympie par Miltiade pour consacrer la victoire de Marathon.
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Les stratégies des armées grecque et perse ne sont pas connues avec certitude, les écrits des auteurs anciens étant parfois contradictoires, et plusieurs hypothèses sont possibles. Les mécanismes du déclenchement de la bataille découlant de ces différentes possibilités, ceux-ci ne sont également que des conjectures.

Les Athéniens n'ont pas attendu derrière les remparts de la cité mais se sont rendus à la rencontre de l'ennemi. Ils sont rejoints sur place par leurs alliés platéens. Ils sont en position défavorable à Marathon : ils ont dû mobiliser tous les hoplites disponibles et sont malgré tout en infériorité numérique (au moins à un contre deux)[20],[46]. De plus, ils ont dû dégarnir la défense de la cité. S'ils sont pris à revers, ils en sont coupés tandis que toute attaque contre celle-ci ne rencontrerait aucune résistance. Toute défaite à Marathon signifierait aussi l'anéantissement total de l'armée athénienne. Les Athéniens doivent donc bloquer les Perses sur la plage de Marathon en les empêchant d'en sortir et éviter d'être débordés sur les flancs. Ils ont réalisé le premier objectif. Ils n'ont donc pas besoin de déclencher la bataille trop tôt. Par ailleurs, les hoplites étant vulnérables face à la cavalerie, dont disposent les Perses, toute attaque est risquée[20],[47]. Le camp grec est protégé sur les flancs par un petit bois ou par un abattis de pieux (selon les traductions), réalisant ainsi le second objectif[48],[46]. Cette hypothèse contredit donc la version d'Hérodote, selon laquelle Miltiade aurait souhaité attaquer le plus tôt possible.

La stratégie des Perses reste elle aussi hypothétique. Selon E. Lévy, ils souhaitent vider la cité de ses défenseurs, les fixer à Marathon en débarquant la moitié de leurs troupes et contourner les hoplites pour prendre Athènes par la mer, ses portes ouvertes par les hommes d'Hippias[15]. C'est une des raisons pour lesquelles, bien qu'en supériorité numérique, les Perses n'auraient pas immédiatement attaqué. Une autre est qu'ils se méfient des hoplites, beaucoup plus puissants que leur infanterie légère[49]. Une partie des troupes perses, y compris la cavalerie, pourrait donc avoir rembarqué, avec pour objectif Phalère afin d'atteindre rapidement l'Acropole d'Athènes[47]. Les troupes restantes auraient alors franchi le Charadra, le petit ruisseau qui traverse la plaine de Marathon avant de se perdre dans des marais littoraux, afin d'empêcher le retour des forces grecques vers la cité.

Tactique  


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Carte du déroulement de la bataille de Marathon.
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Avant la bataille, les armées sont séparées d'au moins huit stades, soit autour de 1 500 mètres. Miltiade décide Callimaque le Polémarque à étendre la ligne des soldats grecs. Il dispose les troupes des deux tribus situées au centre du dispositif (les Léontides commandés par Thémistocle et les Antiochides commandés par Aristide) sur quatre rangs tandis que les autres tribus sur les flancs restent sur huit rangs[50],[51]. En effet, la grande force des phalanges grecques est leur impact frontal capable de disloquer les lignes de fantassins adverses ; par contre elles sont peu manœuvrantes et sont très vulnérables sur les flancs: il est donc crucial pour les grecs qui sont en infériorité numérique de ne pas se faire déborder[52],[53] en particulier par la cavalerie perse[47]. Il est donc impératif d'une part d'élargir le front et d'autre part que les phalanges latérales soient plus puissantes pour faire reculer les ailes ennemies et ainsi les envelopper le centre perse où se trouvent les meilleures troupes. Certains commentateurs ont même suggéré que le recul du centre grec était volontaire, pour faciliter cette manœuvre[27], mais Lazenby modère ces considérations car ce serait supposer que les stratèges grecs antiques pensaient comme les stratèges contemporains, mais aussi que cela suppose un niveau d'entraînement que n'avaient pas les hoplites[54].

Déclenchement


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Archers de l'infanterie perse (détail de la frise des archers du palais de Darius à Suse. Briques siliceuses à glaçure, vers 510 av. J.-C.).
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Dans ces conditions, où chaque armée est sur la défensive, il est difficile de savoir ce qui déclenche la bataille. Dans toutes les hypothèses, un mouvement perse le cinquième jour après le débarquement aurait poussé les Grecs à passer à l'attaque.

D'après Hérodote[55], Miltiade veut attaquer les Perses le plus tôt possible. Cependant, alors que les autres stratèges lui donnent le commandement chaque jour, il attend malgré tout le jour que le sort lui a désigné. Ce passage d'Hérodote pose problème : pourquoi attaquer avant l'arrivée des Spartiates ? Et pourquoi dans ce cas attendre ? Selon J. F. Lazenby, Hérodote pourrait avoir cru que Miltiade était impatient d'attaquer et aurait imaginé le système du commandement tournant, dont on n'a pas de preuves réelles, pour justifier le délai entre l'arrivée des Athéniens et le début de la bataille[56].

Hérodote est cependant très clair : ce sont les Grecs qui chargent l'armée perse. Il est probable qu'un changement dans l'équilibre des forces les a poussés à passer à l'attaque. Ce changement peut avoir été le rembarquement de la cavalerie perse, qui fait disparaître leur principal désavantage[47], les phalanges grecques étant très vulnérables à une attaque de flanc par des unités de cavaleries qui les obligerait à se disloquer devenant vulnérables à une infanterie légère moins coordonnée mais très supérieure en nombre. Cette hypothèse s'appuie sur le fait qu'il n'y a aucune mention de cavalerie dans Hérodote, tandis que la Souda précise bien : « χωρίς ἰππεῖς » (« sans cavalerie »)[56]. Cette théorie est renforcée par l'hypothèse d'un rembarquement d'une partie de l'armée perse dont la cavalerie part pour attaquer Athènes tandis que le reste de l'infanterie fixe les hoplites à Marathon. Ce rembarquement perse pour attaquer Athènes est évoqué dans Hérodote[57], mais chronologiquement après la bataille. Si l'on considère qu'il aurait pu avoir lieu avant la bataille, alors, il pourrait l'avoir déclenchée[47].

Une autre hypothèse est que les Perses ont fini par prendre une position offensive (sur le plan stratégique), obligeant alors les Athéniens à quitter leur position défensive pour une position offensive (sur le plan tactique) et passer à l'attaque. En effet, les archers perses sont une menace pour une troupe statique sur la défensive. L'avantage des hoplites est la mêlée, qui prive les archers de la possibilité de tirer[58]. Mais, dans ce cas, pourquoi les Perses passent-ils à l'attaque après avoir attendu plusieurs jours ? Deux hypothèses sont avancées : une rumeur aurait annoncé l'arrivée imminente de renforts grecs ; ou simplement, ils se sont lassés du statu quo et ont attaqué pour éviter de rester indéfiniment sur la plage[59].

Choc


« Emplis d'un torrent de colère, nous sommes allés à leur rencontre en courant avec lance et bouclier, debout, homme contre homme, en nous mordant la lèvre de fureur. Sous la nuée des flèches, on ne pouvait plus voir le soleil. »

— Aristophane, Les Guêpes[60]

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Dédicace d'une colonne par le polémarque Callimachos, avant et après la bataille de Marathon, 490 av. J.-C. (IGI² 609).
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Lorsque la ligne grecque est en place, Miltiade donne un simple ordre : « À l'attaque »[47]. D'après Hérodote[61], les Grecs courent toute la distance qui les sépare des Perses en hurlant leur cri de guerre : « Ελελευ ! Ελελευ ! ». C'est cependant douteux, l'armure complète, au moins 20 kg, est bien trop lourde. Cette course est donc une marche rapide, en rangs serrés, qui s'accélère en une charge sur les derniers 100 mètres afin d'arriver à pleine vitesse sur l'ennemi[62]. Cette tactique présente l'avantage de subir moins longtemps les flèches des archers perses dont la limite de portée est estimée à 200 mètres[63]. Hérodote suggère que c'est la première fois qu'une armée grecque court vers son adversaire. C'est peut-être parce que c'est la première fois qu'elle affronte un ennemi avec une telle puissance archère[63]. Selon Hérodote, cela surprend les Perses pour qui cette charge des Grecs confine à la folie car ils n'ont ni cavalerie ni archers. Les Perses sont aussi habitués à ce que leurs adversaires grecs aient peur d'eux et s'enfuient plutôt qu'ils ne s'avancent[64].

Les Grecs traversent sans encombre les volées de flèches perses, protégés par leurs armures, et percutent la ligne ennemie. Les Perses sont surpris, ils s'attendaient à ce que leurs adversaires soient des cibles faciles et donc facilement stoppés dans leur progression. Le choc de la phalange d'hoplites est dévastateur : les hoplites étant tous en contact via leurs lances et leurs épaules, il faut considérer la masse totale de la phalange et son énergie cinétique car elle arrive à pleine vitesse. L'énergie cumulée par la phalange est telle que l'impact renverse les fantassins adverses[52],[65],[66]. Dans les combats entre Grecs, les boucliers s'entrechoquent et les lances rencontrent les armures de bronze. Là, les Perses n'ont ni véritable armure ni véritable bouclier. Ils n'ont pratiquement que leur peau à opposer au « blindage » grec et ils n'ont pas grand chose qui puisse pénétrer le mur de boucliers.

Les flancs grecs dispersent facilement les troupes qui leur sont opposées car elles sont constituées de troupes éparses levées dans l'empire ou d'Ioniens peu motivés et donc plus faibles que le centre. Elles se débandent et remontent dans la panique à bord des navires. Le centre résiste mieux (il est composé de troupes d'élite, les Immortels entre autres) voire enfonce à son tour le centre grec qui n'est qu'une ligne mince d'hoplites, jusqu'à ce que les flancs grecs réussissent à l'envelopper. En effet, les troupes grecques disposées sur les ailes renoncent à poursuivre les troupes perses en déroute et se rabattent sur le centre de l'armée perse en une parfaite manœuvre de tenaille. Là, il cède et se replie en désordre vers les navires, poursuivi par les Grecs[67]. Les Grecs les massacrent jusque dans l'eau. Dans la confusion, les Athéniens perdent plus d'hommes qu'au moment du choc entre les deux armées[68]. Des soldats perses fuient vers les marais où ils se noient[69],[70]. Les Athéniens réussissent à capturer sept navires perses tandis que les autres parviennent à s'enfuir. Hérodote raconte que Cynégire, frère d'Eschyle, aurait attrapé une trière perse et aurait essayé de la tirer sur la plage quand un membre d'équipage perse lui aurait coupé la main. Il serait mort de cette blessure[71].

Course vers Athènes


Après cette victoire, les Grecs doivent prévenir une seconde offensive perse avec l'attaque des meilleurs éléments de leur armée qui avaient rembarqué après la bataille selon Hérodote[57], avant celle-ci selon les historiens contemporains[72]. Les Léontides et les Antiochides, les tribus placées au centre et qui ont le plus souffert, restent sur le champ de bataille, commandées par Aristide[73]. La flotte perse a besoin d'une dizaine d'heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une marche forcée de sept ou huit heures[74], avec une bataille dans les jambes, les hoplites grecs arrivent juste avant la flotte ennemie[75]. Les Perses, voyant l'échec de la manœuvre, renoncent à débarquer[76]. Ce succès marque la fin de la première guerre médique.

Quelques jours plus tard, les renforts spartiates (2 000 hoplites) arrivent et ne peuvent que féliciter Athéniens et Platéens avant de rentrer chez eux[77],[78].

Bilan militaire  


Hérodote estime que 6 400 corps perses ont été comptés sur le champ de bataille et que le nombre de disparus dans les marais n'est pas connu. Sept navires ont de plus été capturés. Il donne un bilan de 192 morts athéniens et 11 Platéens. Callimaque et Stésilaos font partie des morts grecs[79]. Il semblerait que la tribu des Aiantides ait payé le plus lourd tribut[80]. Datis est également tué selon Ctésias[81], en fuite d'après Hérodote[82]. Une telle différence n'a rien d'extraordinaire, même si le chiffre des pertes perses est vraisemblablement exagéré. En effet on constate fréquemment, dans les diverses batailles les opposant aux peuples d'Asie, que les Grecs de l'époque ont un tué pour vingt à trente morts dans les armées orientales[11].

Conséquences, retentissements et exploitations


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Le trésor des Athéniens à Delphes.
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Un honneur spécial est décerné aux morts de Marathon qui sont enterrés là où ils sont tombés[83] et non au cimetière du Céramique[84]. Simonides compose le distique élégiaque gravé sur la tombe. Vers 485 av. J.-C., Athènes fait ériger à Delphes un temple commémoratif, le Trésor des Athéniens, sur la pente qui mène au temple d'Apollon. Plus tard, des représentations de la bataille sont réalisées à Athènes : Pausanias mentionne une peinture de celle-ci sur un portique de l'agora[85], et il est possible que le relief représentant un combat entre Grecs et Perses sur le côté sud du temple d'Athéna Niké de l'Acropole présente cette bataille[86].

La bataille de Marathon devient un symbole pour les Grecs et confère un grand prestige à Athènes. La propagande et les diplomates athéniens utilisent cette victoire pour justifier leur hégémonie sur le monde grec. Selon Thucydide, les Athéniens se vantent d'avoir vaincu les Perses sans l'aide d'aucune autres cités en -490 pour mieux s'imposer aux Spartiates considérés jusque là comme la plus grande puissance du monde grec[87]. De façon générale, Marathon est une justification idéologie du pouvoir athénien, en particulier lors de la fondation de la ligue de Délos en -472 et de la transformation de cette alliance en un véritable empire soumettant ses alliés à un tribut[88]. Par conséquent, les autres événements de la première guerre médique, les victoires perses, la participation des autres Grecs et en particulier celle des Platéens sont complètement évacuées de la mémoire athénienne[89].

Ses futurs dirigeants Aristide, Miltiade et Thémistocle obtiennent leur « capital politique » à cette occasion[90]. La génération des « combattants de Marathon » (les Marathonomaques) devient une référence, en particulier pour les milieux conservateurs et traditionalistes[91] : en -426, un personnage des Nuées d'Aristophane, vantant le système éducatif qu'il défend, conclut « c'est grâce à ces vieilleries-là que les guerriers de Marathons furent formés »[92].

La guerre et les armes ont un rôle politique et social dans la société grecque antique : la cavalerie est l'arme de l'aristocratie, les petits propriétaires constituent la base de la phalange, les plus pauvres qui n'ont pas les moyens de financer leur équipement servent dans la marine. Marathon est donc aussi la victoire d'un nouveau système politique[93], la démocratie et ses citoyens-soldats que sont les hoplites, puisque l'ancien tyran Hippias a dû repartir en exil avec les Perses et que jamais sa famille, les Pisistratides, ne peut ensuite reprendre le pouvoir[94]. La victoire consacre les nouvelles institutions, elle signifie que les dieux leurs sont favorables[95]. L'idéologie a évolué lorsque près d'un siècle plus tard, les opposants à la démocratie comme Platon[96] exaltent les hoplites de Marathon, symboles d'un régime modéré, pour mieux dénigrer la victoire de Salamine obtenue lors de la seconde guerre médique par les hommes des trières, symboles de la démocratie ouverte à tous et de l'impérialisme athénien coupable à leurs yeux d'avoir provoqué la guerre du Péloponnèse et la défaite de -404 contre Sparte[97]. Ce clivage est cependant une relecture partisane postérieure car tout au long du Ve siècle av. J.-C. les hoplites sont tout autant que les marins des partisans de la démocratie et de l'hégémonie athénienne[98].

Pour les Perses, il s'agit surtout d'un débarquement manqué et un revers mineur dans une expédition qui a largement atteint ses objectifs en soumettant la mer Égée au pouvoir de Darius Ier[99]. La réaction du Grand Roi à cette défaite est d'emblée de préparer sa revanche et une nouvelle expédition[100]. Mais une révolte éclate alors en Égypte, dirigée par le satrape Aryandès et occupe les derniers mois du règne de Darius[100]. Celui-ci meurt en 486 av. J.-C. et son fils Xerxès Ier lui succède.

Commémoration moderne de la bataille


Instrumentalisation de l'Histoire  


Le symbole des Athéniens peu nombreux sauvant la civilisation face à une horde de barbares a été repris à des fins politiques ou nationalistes dans l'histoire contemporaine[101]. Les révolutionnaires français comparent la bataille de Valmy à Marathon, les Perses devenant les Prussiens et les Autrichiens, Hippias Louis XVI[102]. Les Espagnols s'identifient aux Athéniens laissant le rôle de Darius à Napoléon. Les alliés de 14-18 comparent la bataille de la Marne à Marathon car elle a « sauvé la civilisation »[103].

Les Grecs modernes ont souvent eu recours à Marathon : les Turcs sont bien sûr les Perses[104]. D'abord au cours de la Guerre d'indépendance grecque puis par la propagande de la dictature des colonels qui organisa une reconstitution de la bataille filmée pour la télévision[105]. Le nationalisme grec place régulièrement le conflit gréco-turc dans le cadre mythique d'un affrontement millénaire entre Europe et Asie[106].

La course


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Peinture de l'arrivée de Phidippidès à Athènes par Luc-Olivier Merson, 1869.
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La course du marathon a été inventée par l'académicien Michel Bréal pour les épreuves des Jeux olympiques de 1896 à Athènes. Cet ami de Pierre de Coubertin lui suggère, dès le congrès pour la restauration des Jeux Olympiques de 1894 d'organiser une « course de Marathon » comme il dit alors entre le site de la bataille au bord de la mer et la Pnyx. Il se propose même d'offrir une coupe en argent au vainqueur[107].

La course est fondée sur les légendes entourant la bataille de Marathon. La tradition rapporte deux exploits : celui d'Euclès[108], envoyé de Marathon à Athènes pour les prévenir de la victoire et qui serait mort d'épuisement à l'arrivée après quelques heures de course et celui de Phidippidès[19] qui parcourut 240 kilomètres pour prévenir les Spartiates que les Perses avaient débarqué à Marathon[109]. Quelle que soit l'historicité de ces épisodes, l'exploit sportif ici est collectif avec la marche forcée vers Athènes des hoplites athéniens, juste après leur victoire à Marathon, afin d'empêcher le débarquement perse à Phalère. C'est cette marche que Bréal décide de commémorer. Deux routes s'offrent alors pour le parcours, comme elles s'étaient offertes aux hoplites. La route directe passe par les montagnes, Kifissia et Maroussi. Elle est plus courte mais plus difficile. Une route plus longue longe la mer par Rafina et contourne le Pentélique. Cette dernière jugée plus probable pour les hoplites antiques est choisie pour la « course de Marathon » de 1896. Elle est aussi celle du marathon d'Athènes annuel et des Jeux olympiques d'été de 2004[110].

En 1982, des officiers de la Royal Air Force décident de vérifier si l'affirmation hérodotéenne de la course de Phidippidès est plausible, principalement son arrivée à Sparte « le lendemain ». Cette année-là, la distance (150 miles ; 246 km) est couverte par John Foden en 37 heures et 37 minutes. L'année suivante, pour la première édition du spartathlon, le Grec Yánnis Koúros met 21 heures et 53 minutes (en 1984, il établit le record à 20 heures et 25 minutes). Le texte d'Hérodote est donc vérifié dans les faits[110].

Film


Un film italien de Jacques Tourneur de 1959 évoque cette bataille : La Bataille de Marathon.

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1er régiment de marche du 2e étranger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 

1er régiment de marche du 2e étranger
Période 19071918
Pays France France
Branche armée de Terre
Légion étrangère
Type régiment
Couleurs vert et rouge

 

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Le 1er régiment de marche du 2e étranger est un régiment formé en 1907 à partir du 2e régiment étranger d'infanterie et destiné à intervenir dans le cadre de la campagne du Maroc.



Création et différentes dénominations  



Liste des chefs de corps [1] [

  • 1907 - 1908 : lieutenant-colonel Brulard
  • 1908 - 1909 : chef de bataillon Szarvas
  • 1909 - 1912 : chef de bataillon Forey
  • 1912 - 1913 : lieutenant-colonel Vandenberg
  • 1913 - 1913 : chef de bataillon Denis-Laroque
  • 1913 - 1915 : lieutenant-colonel Girodon
  • 1915 - 1916 : lieutenant-colonel Corbières
  • 1916 - 1916 : lieutenant-colonel Theveney
  • 1916 - 1918 : lieutenant-colonel Tisseyre

Voir aussi


Articles connexes


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Histoire militaire de l'Allemagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
200px-Australian_Army_ARH_Tiger_front_vi
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L'Eurocopter Tigre, réalisation franco-allemande.
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L'histoire militaire de l'Allemagne couvre plus d'un millénaire d'Histoire à travers l'Allemagne, l'Europe et les anciennes colonies allemandes.

Tandis que la langue allemande a une longue histoire séculaire, l'Allemagne en tant qu'État-nation ne remonte qu'à 1871, date de création de l'Empire allemand. Les première périodes sont encore sujettes à des discussions sur leur définition. Les Francs, par exemple, étaient une union de tribus germaniques, cependant certains francs se sont identifiés plus tard comme Hollandais, Flamands, Français ou encore Allemands. La capitale de l'empire médiéval de Charlemagne était la ville d'Aix-la-Chapelle, région maintenant en Allemagne alors qu'il était pourtant franc. La France a été baptisée du nom des Francs et les Hollandais et Flamands sont les seuls pour parler une langue qui descende de la langue franque. Par conséquent, presque tous les pays continentaux d'Europe de l'Ouest peuvent se réclamer de l'héritage de Charlemagne. Le Saint Empire romain germanique qu'il a fondé était en grande partie, même si pas complètement, de langue allemande. La Prusse, qui a unifié l'Allemagne au XIXe siècle, a eu une partie significative du territoire de l'actuelle Pologne. Au début du XIXe siècle, le philosophe Friedrich Schlegel s'est référé à l'Allemagne sous le terme de Kulturnation, une nation à la même culture mais divisée politiquement comme en Grèce antique.

Tôt pendant les périodes médiévales antiques, les tribus germaniques n'ont eu aucune langue écrite. Ce que nous connaissons de leur histoire militaire provient de rapports écrits en latin et de l'archéologie. Ceci laisse des zones d'ombres importantes. Les guerres germaniques contre les Romains sont assez bien documentées mais avec le point de vue romain et donc subjectif. Les guerres germaniques contre les Celtes demeurent cependant mystérieuses parce qu'aucun côté n'a gardé d'écrits des évènements.



Préhistoire et Antiquité


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Charlemagne conquiert la Saxonie : son opposant est Widukind de Saxe.
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On pense que les tribus germaniques proviennent de l'âge du bronze nordique dans l'Allemagne du nord et la Scandinavie du sud. Les tribus se déplaçaient vers le sud, possiblement motivées par la détérioration du climat de leur patrie. Il traversèrent la rivière Elbe, probablement conquérant les territoires de la Volcae Celtique dans le bassin de la Weser. Les Romains enregistrèrent une de ces migrations tôt quand les Cimbres et les Teutons menaçaient la République elle-même vers le fin du IIe siècle av. J.-C. Dans l'est, autres tribus comme les Goths, les Ruges, et les Vandales s'installèrent au bord de la mer Baltique, poussant au sud et enfin s'installant jusqu’à l'Ukraine. Les Angles et les Saxons émigrèrent vers l'Angleterre. Les peuples germaniques avaient souvent un rapport tendu avec leurs voisins, menant à plus de deux millénaires de conflits militaires sur des désaccords territoriaux, religieux, idéologiques, et économiques.

Le Saint Empire romain germanique


Article détaillé : Saint Empire romain germanique.
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Le Saint Empire romain germanique (également appelé le « Premier Empire allemand ») a émergé de la partie orientale de l'Empire d'Occident carolingien, après sa division dans le traité de Verdun de 843, et a duré presque un millénaire jusqu’à sa dissolution en 1806. Ce n'a jamais été un État uni : dès le début il était composé de nombreuses appartenances ethniques et langues. Il comportait des territoires s'étendant de l'Est de la France au Nord de l'Italie. La principale cause d'unification était son héritage carolingien et la forte présence religieuse, mais dès lors, la majorité des sujets se considèrait comme « germanique ».

 

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Représentation des blasons des composantes de l'Empire, sous les ailes de l'Aigle bicéphale impérial.
David de Negker, Augsburg, 1510.
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De 919 à 936 les peuples germaniques (Francs, Saxons, de Souabe et de Bavière) ont été unis sous Henri Ier de Germanie, Duc de Saxe qui a pris ensuite le titre de Roi. Pour la première fois, le terme « Royaume » (Regnum Teutonicorum) a été appliqué au Royaume franc.

En 955, les Magyars ont été décisivement défaits à la bataille du Lechfeld par Otton Ier du Saint-Empire, éliminant la menace venue des steppes eurasiennes pendant près de quatre siècles. Dans 962, en partie grâce à cette victoire, Otto s'est rendu à Rome et a été couronné « Premier empereur du Saint Empire romain germanique » par le pape.

En 1155, les États du Saint Empire romain germanique étaient tombés dans la confusion et le désordre. L'Empereur Frédéric Barberousse est parvenu à restituer la paix par la diplomatie et a habilement arrangé des mariages royaux. Il a exigé l'annexion de l'Italie et a effectué plusieurs incursions en Italie du nord, mais a été finalement défait par la Ligue lombarde à Legnano en 1176. En 1189, Frédéric s'est lancé dans la Troisième croisade. Après quelques succès initiaux contre les peuples turcs, notamment à Konya, Frédéric a été tué en essayant de traverser un fleuve. Sans guide, paniquées et attaquées de tous les côtés, seulement une minuscule partie des forces survécurent.

En 1226, Conrad Ier de Mazovie fait appel à l'Ordre teutonique, un ordre militaire allemand de croisade, pour défendre ses frontières et pour soumettre les païens de la région balte. La conquête et la christianisation de la Prusse ont été accomplies en plus de 50 ans, après quoi l'Ordre l'a dirigé comme un État souverain. Leur conflit avec l'État de Pologne-Lituanie, sur le contrôle de la terre mena en 1410 à la bataille de Grunwald. Une armée de Pologne-Lituanie a infligé une importante défaite et a brisé la puissance militaire de l'Ordre, bien qu'il soit parvenu à garder la plupart de ses territoires.

 

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Les territoires liés au Saint Empire romain germanique en 1630.
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Les croisades contre les Hussites, entre 1419 et 1434 en Bohême, prennent leurs origines dans le conflit entre les catholiques et les disciples d'une secte religieuse fondée par Jan Hus. L'action qui provoqua la guerre fut la Première défenestration de Prague, dans laquelle le maire et les membres de conseil de la ville de Prague ont été jetés des fenêtres de l'hôtel de ville. L'Empereur romain germanique Sigismond, ferme adhérant de l'église de Rome, a obtenu l'appui de pape Martin V qui a publié une bulle pontificale en 1420 proclamant une croisade. En tout, quatre croisades ont été lancées contre les « hérétiques », toutes ayant pour résultat la défaite des troupes catholiques. Les Hussites, habilement mené par Jan Žižka, utilisèrent une nouvelle tactique pour défaire leurs ennemis pourtant numériquement supérieurs, notamment chez Sudomer, Vyšehrad, Havlíčkův Brod et décisivement à Ústí nad Labem. Toutes les fois qu'une croisade finissait, les armées des Hussites envahiraient les terres d'où les croisés venaient, principalement la Saxe. Après la mort de Jan Žižka en 1424, les armées hussites ont été menées par Prokop le Grand à une autre victoire à la bataille de Tachov en 1427. Le mouvement des Hussites prit fin en 1434, cependant, à la bataille de Lipany. Pendant la Révolte des Rustauds, se déroulant de 1524 à 1525 dans le Saint Empire romain germanique, les paysans se soulevèrent contre la noblesse. La rébellion a finalement échoué et Charles Quint devint plus puissant.

De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans a ravagé l'Allemagne lorsque le territoire est devenu le théâtre principal des affrontements entre la France et les Habsbourgs. En plus d'être en guerre avec la France catholique, l'Allemagne a été attaquée par le luthérien Gustave II Adolphe de Suède qui remporta beaucoup de victoires jusqu’à sa mort à la bataille de Lützen. La guerre a eu comme conséquence l'impossibilité pour de grandes régions de l'Allemagne d'être cultivées, entraînant un appauvrissement général et une perte d'environ un tiers de la population allemande. La guerre finit avec les traités de Westphalie.

Le prince Eugène de Savoie-Carignan de Savoie a contré l'Empire ottoman, venant d'abord aider ses alliés pendant la principale offensive turque contre la capitale autrichienne en 1683. Pendant les dernières années du XVIIe siècle, il était déjà célèbre pour avoir protégé la Hongrie des Ottomans puis il prit le rôle de principal commandant autrichien pendant la guerre de Succession d'Espagne. De 1701 à 1714, l'Allemagne a donc combattu avec les Anglais et les Néerlandais contre les Français. Pendant la première partie de la guerre, les Français avaient remporté plusieurs victoires jusqu’à ce que Camille d’Hostun les ait vaincus au Palatinat. Plus tard, en 1706, Anglais et Néerlandais ont aidé les Allemands à reconquérir leurs terres.

Pendant le règne de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse (1713-1740), la puissance militaire de la Prusse a été sensiblement améliorée. Il a fait de son armée un instrument de guerre efficace et très discipliné tout en organisant le gouvernement autour des besoins militaires. L'armée a été augmentée à 80 000 hommes, soit environ 4% de la population totale. Des paysans ont été recrutés par les militaires puis formés, mais renvoyés chez eux dix mois par an.

Lors de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), l'impératrice autrichienne Marie-Thérèse Ire de Hongrie combattit avec succès pour obtenir la succession au trône.

La guerre de Sept Ans


Article détaillé : Guerre de Sept Ans.
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Les alliances à la veille de la guerre de Sept Ans.
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Pendant la guerre de Sept Ans et les guerres de Silésie, Frédéric II de Prusse, occupa la Silésie et obligea l'Autriche à la lui céder formellement dans le traité de Hubertusburg de 1763. La Prusse avait survécu à la force combinée de ses voisins, tous plus grand qu'elle, et gagna énormément en influence au sein du Saint Empire romain germanique. Elle fut reconnue comme une grande puissance européenne, faisant naître une rivalité avec l'Autriche pour le contrôle des terres de langue allemande. Pendant cette guerre, la Prusse a combattu du côté du Royaume-Uni contre la Russie, la Suède, l'Autriche, la France et la Saxe. Frédéric II de Prusse envahit d'abord la Saxe puis défait l'armée saxonne lors de la bataille de Lobositz. Frédéric II envahit ensuite la Bohême puis assiège Prague mais est défait à la bataille de Kolin. Puisque la Prusse a montré un signe de faiblesse, les Autrichiens et les français envahirent les terres prussiennes. Cependant, les Français furent vaincus à Rossbach et les Autrichiens à Leuthen. En 1758, Frédéric II tenta d'envahir à son tour l'Autriche mais échoua. Les Russes essayèrent alors de défaire le Prussiens mais la Prusse remporta une victoire à la Pyrrhus à la bataille de Zorndorf. Les Suédois combattirent aussi les Prussiens à la bataille de Tornow. Cependant, l'Autriche gagnera une victoire contre l'armée prussienne à Hochkirch. En 1759, la Prusse connut bien plus de défaites. Elle perdit à Kay et à Kunersorf face aux Russes. Les Prussiens ont aussi eu des défaites majeures contre les armées françaises et suédoises, tellement que Berlin lui-même a été pris en 1762. Cependant, la grande alliance contre la Prusse prit fin à la mort d'Élisabeth Ire de Russie. Pierre III de Russie, son remplaçant était un gouvernant pro-Prussien et demanda rapidement la paix. Ce fut seulement grâce à cela que la Prusse survécut à la guerre.

Les guerres napoléoniennes


Articles détaillés : Guerres napoléoniennes et Croix de fer.
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Verso de Croix de fer, version de 1914, 2e classe.
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La période des guerres napoléoniennes a mis fin au Saint Empire romain germanique et a créé de nouveaux États de langue allemande qui formeront par la suite l'Allemagne moderne. Napoléon Ier réorganisa certains États de langue allemande plus petits dans la confédération du Rhin après la bataille d'Austerlitz de 1805 mais ni la Prusse ni l'Autriche, les deux plus grands États de langue allemande, ne faisaient partie de cette confédération.

Frédéric-Guillaume III de Prusse a vu la confédération du Rhin comme une menace aux intérêts prussiens et s'y allia pour faire face à Napoléon. La réputation de l'armée prussienne était demeurée importante après la guerre de Sept Ans mais les tactiques militaires n'avaient pas évolué et étaient toujours essentiellement basées sur des mercenaires étrangers. Le manque de réformes militaires se montra désastreux. Les défaites prussiennes à Iéna et à Auerstadt menèrent à la réduction de moitié de la taille du pays.

La Prusse démoralisée rappela son important général Gebhard Leberecht von Blücher hors de la retraite et il réorganisa l'armée. Les réformes militaires prussiennes ont été menées par Gerhard von Scharnhorst et August von Gneisenau. Ils ont converti l'armée professionnelle en une armée basée sur le service national. Ils apportèrent de plus jeunes officiers, un taux de mobilisation plus élevé, un nouvel état-major centralisé et ont amélioré globalement les tactiques.

C'est en 1813 que la décoration militaire Croix de fer fut établie comme un honneur militaire par le roi Frédéric-Guillaume III. Elle deviendra plus tard le symbole de l'armée allemande.

Après la défaite de Napoléon en Russie, la Prusse et quelques autres États allemands ont rejoint les forces anti-françaises dans la Sixième coalition. Une victoire décisive sur la France à Leipzig fut remportée et força l'abdication de Napoléon. Malgré les dispositions du Congrès de Vienne, Napoléon reviendra et sera définitivement défait à la bataille de Waterloo en 1815.

L'Empire allemand  


Article détaillé : Empire allemand.
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« Nous allons dominer le monde entier. »

— Otto von Bismarck, 1863.

 

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La création du « Second Empire allemand » a annoncé la fin de l'expansionnisme d'Otto von Bismarck. À partir de ce moment et jusqu’à la fin de sa carrière, il utilisa habilement la diplomatie pour maintenir le statu quo en Europe.

En 1888 cependant, Guillaume II d'Allemagne a accédé au trône allemand. Petit-fils de Victoria Ire du Royaume-Uni, il admirait beaucoup l'Empire de Grande-Bretagne ainsi que sa puissance navale; il était donc opposé à la politique étrangère soigneuse de Bismarck. Dans cette idée, il a fait de l'amiral Alfred von Tirpitz, militant énergique pour une flotte plus grande, le Secrétaire d'État pour la Kaiserliche Marine. Il a réussi à donner à l'Allemagne de 1914 la deuxième plus grande force navale du monde.

Ce programme d'expansion était suffisant pour alarmer les Britanniques, commençant une course aux armements de marine coûteuse et menant indirectement à l'apparition d'une attente fragile entre deux alliances en Europe : la Triple-Entente (Grande-Bretagne, France et Russie) et la Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie).

Quand en 1914 le nationalisme croissant en Europe trouva un casus belli dans l'assassinat de François-Ferdinand d'Autriche, les Autrichiens lancèrent un ultimatum à la Serbie qu'ils jugeaient responsables. Incité par leurs alliés autrichiens, l'Allemagne a déclaré la guerre conre la Russie le 1er août 1914 en ayant pour résultat une guerre mondiale entre les deux alliances.

Première Guerre mondiale


Article détaillé : Première Guerre mondiale.
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« Dieu nous a créés pour civiliser le monde. Malheur et mort à qui résistera à ma volonté. »

— Guillaume II d'Allemagne, 1914.

 

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Germania, l'allégorie nationale allemande, à la rescousse de la mère patrie entrant en guerre : la légitimation donnée par le pangermanisme se heurte à l'esprit de revanche nourri par les Français.
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Le plan Schlieffen allemand était de gérer l'alliance Franco-Russe en se débarrassant rapidement des Français par une attaque rapide, puis de se concentrer sur l'unique front russe qui mettrait plus de temps à mobiliser son armée. Au début de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne a attaqué la France par la Belgique pour éviter les défenses françaises sur la frontière franco-allemande. Les forces armées allemandes furent battues à la Première bataille de la Marne, puis des années de guerre interrompues ont suivi sur le front occidental, principalement des batailles de positions où les tranchées jouèrent un rôle très important.

Cependant, sur le front de l'Est, la guerre était très différente. Les plans initiaux russes pour la guerre étaient d'envahir simultanément la Galicie et la Prusse-Orientale. Bien que la percée initiale de la Russie en Galicie ait été en grande partie réussie, ils furent repoussés en arrière par la Prusse et par les victoires des généraux allemands Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff lors de la bataille de Tannenberg en août et septembre 1914. L'état économique et militaire de la Russie était bien moins développé que l'équivalent allemand et face à ce combat inégal, la force combinée des empires allemands et austro-hongrois réussirent à contrer l'attaque russe. Au printemps 1915, les Russes étaient repoussés et les puissances centrales réalisèrent une puissante percée vers le sud de la Pologne, capturant Varsovie le 5 août 1915 et forçant les Russes à se retirer de toute la Pologne.

De guerre de mouvement à position, l'utilisation des tranchées et des mitrailleuses sont devenues courante. Les combats les plus âpres se déroulent par phases successives où les attaques se font par assauts massifs à la baïonnette d'une tranchée à une autre. En 1917, l'armée allemande avait commencé à utiliser des nouvelles tactiques d'assaut et d'infiltration dans le but de sortir de l'impasse de guerre de tranchées. Des « troupes de choc » ont été formées et équipées pour ces nouvelles techniques et ont été utilisées avec un effet dévastateur le long du front russe puis à la bataille de Caporetto en Italie. Ces formations ont été alors déployées sur le front occidental pour parer l'attaque britannique de chars de combat à la bataille de Cambrai. En mars 1918, l'Empire allemand a commencé une avance impressionnante créant une percée dans la ligne alliée. Cependant l'offensive fut stoppé avant d'atteindre Paris.

Le nombre croissant de soldats américains le long du front occidental réussit à contrer la présence allemande. Bien que les militaires allemands aient pu être en mesure de repousser les forces alliées sur les deux fronts, dès 1918, la victoire a semblé impossible à obtenir et l'Allemagne négocia une paix préférable à une défaite inéluctable. L'Allemagne, appauvrie et en difficulté de l'après-guerre, permit la montée des Nazi dans les années 1930.

Les chars de combat sont le fruit de cette guerre, l'aviation militaire que le Baron Rouge popularisera et les armes chimiques, comme le gaz moutarde, y sont pour la première fois utilisés massivement. Le lance-flamme, lui, reste utilisé de manière expérimentale. L'Allemagne développa aussi beaucoup son artillerie, le symbole de ces avancées technologiques restera la Grosse Bertha.

La République de Weimar et le Troisième Reich


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« Mon mot d'ordre : "Détruire par tous les moyens. Le national-socialisme va réorganiser le monde". »

— Adolf Hitler, 1933.

 

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Le traité de Versailles a imposé d'importantes restrictions à la force militaire allemande. L'armée était limitée à 100 000 hommes avec 15 000 hommes additionnels dans la marine. La flotte était composée de 6 cuirassés, de 6 croiseurs et de 12 destroyers[réf. nécessaire]. Les unités de chars de combat, l'artillerie lourde et l'Armée de l'air avaient été dissoutes. Cependant, ces hommes étaient des officiers très qualifiés et ils deviendront les commandants des troupes pendant la guerre. L'armée d'après-guerre, la Reichswehr, avait été établie le 23 mars 1921. La conscription a été supprimée sous un autre mandat du traité de Versailles. Le traité a également forcé l'Allemagne, qui a été reconnue responsable de la guerre, à payer des milliards de dollars dans les réparations de guerre. L'occupation de la Rhénanie par les forces françaises et belges ne permit pas à l'Allemagne de pouvoir payer sa dette.

 

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Le parti nazi utilisait une swastika comme symbole et les couleurs rouge et noir pour représenter le Blut und Boden (« sang et terre »).
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Adolf Hitler, déjà à l'origine du putsch de la brasserie, un coup d'État manqué, rassemble le peuple germanique en développant une idéologie autoritaire et fasciste perceptible de son ouvrage Mein Kampf. Le pangermanisme ainsi que la colère et le ressentiment du traité de Versailles furent même une des causes de son arrivée au pouvoir.

La République de Weimar a en grande partie obéi aux restrictions de Versailles. Les problèmes économiques des réparations, de l'hyperinflation et de la Grande Dépression ont également rendu les dépenses militaires difficiles. Cependant, les forces armées allemandes ont maintenu leurs forts corps d'officiers en place.

Le régime nazi a commencé la remilitarisation, discrètement au début des années 1930. Les forces armées allemandes prennent le nom de Wehrmacht de 1935 à 1945. La Heer a été encouragée à expérimenter des techniques de combat basées sur une mobilité poussée associant chars de combat et infanterie motorisée d'après les idées de Heinz Guderian[1]. Plus tard, avec l'ajout d'un support aérien, cette technique sera connue sous le nom de « Blitzkrieg ». L'Allemagne innovera en organisant ses chars de combat en régiments et non plus en simples brigades. La Kriegsmarine relança la construction de navires et Hitler créa la Luftwaffe, une armée de l'air au commandement indépendant de l'armée de terre.

Dans le même temps, des organisations paramilitaires liées au parti nazi comme la Sturmabteilung (SA) et la Schutzstaffel (SS) se développent en Allemagne, elles ont même des branches militaires comme la Waffen-SS. Certains haut-gradés tel que le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, ont aussi des fonctions militaires d'importance.

En 1936, les troupes allemandes ont marché sur la Rhénanie démilitarisée. Puis, le 12 mars 1938, l'Autriche est annexée par l'Allemagne dans l’Anschluss, les Sudètes en octobre 1938 et enfin le reste des terres de Tchécoslovaquie sous forme de protectorat en mars 1939. La Société des Nations trop faible à l'époque ne put arrêter cela et dans la peur d'une autre guerre mondiale, ne prit pas de décision.

Préparant la guerre, le Pacte germano-soviétique est signé le 23 août 1939 entre les ministres des Affaires étrangères du Troisième Reich, Joachim von Ribbentrop, et de l'Union soviétique, Viatcheslav Molotov. En plus de la clause de « non agression », elle pose le principe du partage du territoire polonais et une collaboration entre les deux dictatures en dépit des idéologies opposées.

La Seconde Guerre mondiale  


Article détaillé : Seconde Guerre mondiale.
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Plan de bataille développé par Erich von Manstein en vue de la bataille de France.
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La Pologne ayant refusé de renégocier le statut du corridor de Dantzig, Adolf Hitler, attaqua le 1er septembre 1939 sans déclaration de guerre, déclenchant ainsi par le jeu des alliances la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la France et le Royaume-Uni tarde à réagir dans ce qu'on appellera la « Drôle de guerre » et laisse à l'Allemagne et l'URSS, conformément au pacte, la possibilité de se partager le pays. La résistance militaire de la Pologne est faible et elle s'effondre rapidement suite au Blitzkrieg allemand. Dès le début, les forces allemandes se lancent dans des crimes de guerre massifs.

En avril 1940 est déclenchée l'opération Weserübung, les troupes allemandes envahirent et occupèrent le Danemark et la Norvège neutres pour sécuriser l'accès au fer suédois.

Les généraux allemands ont pour la plupart fait la Première Guerre mondiale, ils disposent donc d'une certaine expérience contre les nations occidentales et des terrains d'Europe de l'Ouest. Les plans français étant en grande partie fondés sur une défense statique derrière la ligne Maginot, le général allemand Erich von Manstein prépara un plan pour la conquête de la France. Le 10 mai 1940, les Allemands ont évité la ligne Maginot en lançant une offensive éclair par la Belgique neutre, tout en attaquant aussi le Luxembourg et les Pays-Bas. L'avancée principale vers la France se fit par les Ardennes qui étaient pourtant réputées impénétrables pour des chars de combat. En juin 1940, avec les troupes françaises encerclées dans le nord, la France capitule. Le corps expéditionnaire britannique et d'autres unités alliées sont repoussés sur Dunkerque, mais parviennent à s'échapper par la mer, malgré des pertes humaines et matérielles très importantes, grâce à la décision incompréhensible d'Hitler de ne pas attaquer avec toutes les forces possibles.

Pendant l'hiver 1940, l'Allemagne se prépara à une invasion de la Grande-Bretagne, mais ce plan fut abandonné suite aux difficultés pour la Luftwaffe d'Hermann Göring d'obtenir la supériorité aérienne face à la Royal Air Force lors de la bataille d'Angleterre.

 

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Conquêtes allemandes (bleu) pendant la Seconde Guerre mondiale.
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Comme les dépenses dans le budget de la défense allemande augmentaient au fil des années, l'Allemagne se trouva pionnière dans le développement de nombreuses armes et de leur utilisation tactique. C'est le cas des techniques avancées d'assaut avec la création des Sturmgrenadiere, troupes de choc spécialisées, et du premier fusil d'assaut, le sturmgewehr 44 en 1942. Des troupes parachutées Fallschirmjäger et dans l'aéronautique, du Messerschmitt Me 262, qui sera aussi l'un des premiers avions de chasse à moteur à réaction à être développé, du V1, qui sera le premier missile de croisière utilisé, ainsi que le V2 de Wernher von Braun qui posera les bases du futur programme spatial des États-Unis. La Kriegsmarine sera aussi à l'honneur avec le DKM Bismarck, fleuron de la flotte allemande de l'époque.

Pour aider ses alliés italiens qui s'étaient lancés dans plusieurs invasions tel que l'Albanie, des troupes allemandes se déploient en Grèce, en Yougoslavie et en Afrique du Nord vers le début de 1941.

Le 22 juin 1941, l'Allemagne renonça à son pacte de non-agression avec l'Union Soviétique et lança l'opération Barbarossa. L'armée allemande et ses alliés ont fait d'énormes gains territoriaux dans les premiers mois de la guerre, atteignant la périphérie de Moscou à l'arrivée de l'hiver. S'attendant à une autre victoire grâce à leur « guerre éclair », les Allemands ne s'étaient cependant pas correctement préparés à une guerre aussi étendue et lointaine[2] et en hiver[3],[4].

Le 7 décembre 1941, après avoir largement aidé le Royaume-Uni, la Chine et l'Union soviétique à résister[5], les États-Unis entrent officiellement en guerre suite à l'attaque sur Pearl Harbor par le Japon alors allié de l'Allemagne.

Début 1943, l'armée allemande se retrouva en difficulté et fut défaite à Stalingrad dans une bataille qui sera considérée plus tard comme le tournant de la guerre, et plus tard à Koursk. Les ressources allemandes étant concentrées sur le front russe, les Alliés sont parvenus à capturer l'Afrique du Nord. L'Italie a été envahie en juillet 1943 et à rapidement capitulé.

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en France, ouvrant un front occidental et repoussant graduellement les Allemands jusqu'au Rhin. En décembre 1944, les Allemands sous Gerd von Rundstedt lancèrent une offensive finale dans le but de reprendre Anvers et de dédoubler les lignes alliées, mais sont défaits dans la bataille des Ardennes.

Berlin tomba à l'Armée rouge en mai 1945. La plupart des forces armées allemandes se rendirent sans condition aux Alliés le 8 mai 1945, quelques jours après le suicide d'Hitler.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'armée rouge fit prisonnier 2 389 560 soldats allemands dont 356 687 moururent en captivité, ces chiffres sont faibles comparés aux 5.7 millions de soviétiques fait prisonniers par les allemands et dont 3.3 millions périrent en captivité à cause des mauvais traitements subis[6].

Guerre froide


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Zones d'occupation en 1945.
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Le Procès de Nuremberg, qui jugs les criminels de guerre nazis, se déroule de 1945 à 1949, étabilssant le concept de crime de guerre dans le droit international et créant un précédent pour poursuivre les futurs criminels de guerre.

Après la Seconde Guerre mondiale, les frontières orientales de l'État allemand ont été sensiblement modifiées comme le stipulait le traité de reddition. La Prusse et d'autres parties de l'Est de l'Allemagne servirent à former une nouvelle Pologne dont une partie du territoire originel fut incorporé à l'URSS. Le reste de l'Allemagne a été divisé en quatre zones d'occupation : une soviétique (plus tard russe), une américaine, une française et une britannique tout comme la capitale Berlin malgré la discontinuité des zones.

En 1949 l'Allemagne de l'Ouest fut formée des zones françaises, britanniques et américaines, alors que la zone soviétique formait la République démocratique allemande. Le territoire occidental de l'Allemagne tomba naturellement sous la protection de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) alors que l'État oriental joignait le Pacte de Varsovie. Chaque État possédait sa propre force militaire modelée selon les pays de leur sphère d'influence. La division a continué jusqu'en 1990 où les deux États ont été réunis.

 

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Secteur de responsabilité des corps d'armées de l'OTAN en Allemagne de l'Ouest depuis le retrait de la France du commandement intégré. 3 des 8 corps d'armées en ligne ainsi que 12 des 26 divisions en 1985 sont allemands.
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La Bundeswehr a été créé en 1955 en Allemagne de l'Ouest. En 1956, la conscription pour tous les hommes entre 18 et 45 ans a été adoptée après de longues discussions sur la re-militarisation de l'Allemagne. Une exception significative dans cela est venue de la constitution ouest-allemande. En effet, l'Allemagne de l'Ouest fut le premier pays à accorder un service civil alternatif à tous les hommes qui étaient opposés au service militaire pour des raisons morales, indépendamment de l'affiliation religieuse. Pendant la guerre froide, la Bundeswehr a eu une force de 495 000 personnels militaires et 170 000 civils. L'armée de terre était composée de trois corps avec 12 divisions.

La plupart des experts de la guerre froide ont considéré l'Allemagne comme un des endroits les plus susceptibles de voir l'avènement d'un troisième conflit mondial et probablement nucléaire. Les tensions ont été au plus haut en 1948 lors du blocus de Berlin où l'URSS et la République démocratique allemande ont fermé toutes les routes aux approvisionnements pour Berlin-Ouest. Un « pont aérien » allié a soutenu la population et a évité une nouvelle guerre. La construction du mur de Berlin en 1961 a débuté peu de temps après le débarquement de la baie des Cochons et précéda la crise des missiles de Cuba.

En Allemagne de l'Est, l'Armée nationale populaire a été fondée le 1er mars 1956. En 1987 à l'apogée de sa puissance, elle comptait 175 300 soldats dont approximativement la moitié étaient des soldats de carrière.

Époque moderne  


Article détaillé : Réunification allemande.
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Logo de la Bundeswehr.
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Après la réunification en 1990, la Bundeswehr a absorbé partiellement Nationale Volksarmee de la République démocratique allemande, qui fut dissoute.

L'après guerre froide est aussi marqué par la poursuite de la coopération franco-allemande et européenne (autant économiquement, que politiquement et militairement) dans le cadre de l'Union européenne. C'est par exemple le cas pour le développement de l'hélicoptère de combat multi-rôle Eurocopter Tigre, qui fut le résultat de la coopération des gouvernements allemand et français et d'EADS, groupe industriel numéro un de l'aéronautique et de l'espace en Europe créé de la fusion des grandes entreprises du secteur aéronautique des différents pays européens.

En 1999, la guerre du Kosovo mené par l'OTAN était le premier conflit offensif auquel les militaires allemands ont activement participé depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2000, la Cour européenne de justice a ouvert les postes de la Bundeswehr précédemment réservés aux hommes (hormis les divisions médicales et les corps de musique) aux femmes.

Depuis le début des années 1990 la Bundeswehr est devenu de plus en plus présente dans des missions internationales de maintien de la paix en ancienne Yougoslavie mais également dans d'autres régions du monde telles que le Cambodge, la Somalie, la Géorgie et le Soudan.

L'Allemagne participe aussi à la « guerre contre le terrorisme », la campagne militaire des États-Unis suivant les attentats du 11 septembre 2001. Elle est soutenue par plusieurs membres de l'OTAN et d'autres alliés dans le but de mettre fin au terrorisme international. En tant qu'élément de l'opération Enduring Freedom, l'Allemagne a déployé approximativement 2 250 soldats dont le KSK, des navires et des équipes NBC en Afghanistan. Les forces allemandes y ont contribué entre autres via la Force internationale d'assistance et de sécurité.

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