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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 01:00

Diocèse de Pointe-Noire

 

 

 

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Diocèse de Pointe-Noire
(la) Dioecesis Nigrirostrensis
Pays Drapeau du Congo République du Congo
Type de juridiction Diocèse
Création 14 septembre 1955
Diocèses suffragants s. o.
Paroisses 35
Prêtres 43
Religieux 16
Religieuses 45
Population totale 2 000 0001
Pourcentage de catholique 50 %

 

 

 

 

 

Le diocèse de Pointe-Noire est une juridiction de l'Église catholique en République du Congo. L'évêque était jusqu'en 2011 Mgr Jean-Claude Makaya Loembe. Celui-ci a été destitué par le pape. Le Père Miguel Angel Olaverri en est actuellement l’administrateur apostolique.

Ce diocèse fait partie de 7 diocèses que constitue le pays qui sont : l’Archidiocèse de Brazzaville, le diocèse de Nkayi, le diocèse de Kinkala, le diocèse de Ouesso, le diocèse d’Owando, le diocèse d’Impfondo. Situé au sud-ouest du pays, sur la façade de l’Océan Atlantique, le diocèse de Pointe-Noire comme le dit son nom, est situé à Pointe-Noire capitale économique du pays et s’étend sur tout le territoire du département du Kouilou.






Situation géographique

 

 

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Le diocèse de Pointe-Noire comprend d’abord la ville de Pointe-Noire, et s’étend sur le département du Kouilou dont le siège est actuellement à Loango (première ville du Congo-Français 1800-1883), ayant comme districts : Hinda, Madingo-Kayes, M’vouti, Kakamoeka. À côté de la superficie du pays qui est de 342.000 Km², celle du diocèse de Pointe-Noire est de 13.500 Km2. Le diocèse de Pointe-Noire est situé au Nord par la frontière du Gabon, au Sud par la frontière du Cabinda, à l’Est par le département du Niari (Diocèse de Nkayi) et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. Il se situe à 510 Km à l’Ouest de Brazzaville, la capitale politique du pays. Le diocèse de Pointe-Noire est à la fois urbain et rural.

 

Situation démographique

 

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La population qui constitue le diocèse de Pointe-Noire est environ 1.000.000 d’habitants dont environ 800 000 habitants répartis sur les six arrondissements de la ville de Pointe-Noire et environ 200 000 habitants répartis sur les quatre districts du département du Kouilou. Comme on peut le constater, la population est fortement concentrée à Pointe-Noire. On compte environ :

  • 50 % des catholiques,
  • 16 % des Églises de réveille
  • 12 % des protestants
  • 10 % d’Athées ou de gnostiques
  • 9 % des Églises traditionnelles africaines
  • 3 % Des musulmans

La langue la plus parlée est le Kikongo ou Mounoukoutouba suivie du français, langue officielle du pays. Les deux langues susmentionnées, constituent pour le diocèse des langues liturgiques.

 

 

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Brève historique

 

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Vicariat Apostolique du Congo français le 28 mai 1886, par division du diocèse de San Salvador et du Vicariat Apostolique des ‘‘deux Guinées’’. Divisé, sous le nom de Bas-Congo français, le 14 octobre 1890. Prend le nom de Vicariat Apostolique de Loango le 22 avril 1907 modification des limites le 14 février 1910. Prend le nom de Vicariat Apostolique de Pointe-Noire le 20 janvier 1949. Et devient diocèse de Pointe-Noire le 14 septembre 1955, dont les limites sont modifiées le 28 novembre 1958. Divisé le 05 décembre 1983 pour former le diocèse de Nkayi. Depuis sa création comme Vicariat Apostolique, voici la liste des différents ordinaires qui ont œuvré dans l’actuel diocèse de Pointe-Noire.

 

 

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Vicaires Apostoliques

 

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  1. Monseigneur Antoine Marie CARRIE, CSSp. 1886-1904
  2. Monseigneur Louis DEROUET, CSSp. 1907-1914
  3. Monseigneur Léon GIROD, CSSp. 1915-1919
  4. Monseigneur Henri FRITEAU, CSSp. 1922-1946
  5. Monseigneur Jean Baptiste FAURET, CSSp. 1947-1955

 

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Évêques

 

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  1. Monseigneur Jean Baptiste FAURET, CSSp. 1955-1975
  2. Monseigneur Godefroy Émile MPWATI (1er évêque noire de P/N) 1975-1986
  3. Monseigneur Ernest KOMBO, SJ. (Évêque de Nkayi, administrateur Apostolique de Pointe-Noire) 1986-1988
  4. Monseigneur Georges Firmin SINGHA 1988-1994
  5. Monseigneur Bernard NSAYI (Évêque de Nkayi, administrateur Apostolique de Pointe-Noire) 1994-1995
  6. Monseigneur Jean Claude MAKAYA LOEMBA 1995-2011

 

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Ordinaire Prêtre

 

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  1. Révérend Père Miguel Angel OLAVERRI, sdd. (Administrateur Apostolique de Pointe-Noire) 2011-

 

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Organisation

 

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Organisation pastorale

 

 

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Le diocèse, selon le code du droit canonique « est une portion du peuple de Dieu » est constitué de l’ensemble des baptisés de l’Église catholique résidant sur le territoire qu’il recouvre, sans oublier toutefois que « tous les hommes sont appelés à former le nouveau peuple de Dieu ». Le diocèse de Pointe-Noire compte en son sein 35 paroisses.

Comme tous diocèses, les paroisses du diocèse de Pointe-Noire sont confiées aux prêtres délégués par l’évêque (Curé Cf. Conon 515). Le diocèse est entièrement couvert par le réseau paroissial. À l’intérieur du diocèse, ce réseau paroissial est progressivement structuré en secteurs, de plus ou moins grande étendue. Aujourd’hui, le diocèse est subdivisé en grandes zones appelées ‘‘secteurs’’ ; chacune de ces zones est généralement confiée à un des collaborateurs de l’évêque qui portent le titre de Vicaire épiscopal. Dans chaque zone, les paroisses sont groupées en sous-ensembles portant ordinairement le nom de ‘‘doyennés’’. Leur responsable (le code de droit canonique donne le nom général de Vicaire forain au prêtre désigné par l’évêque pour exercer ce type de mission) est nommé par l’évêque après consultation du clergé qui y exerce un ministère ; sa fonction, limitée dans le temps, n’est pas liée à la charge d’une paroisse déterminée ; elle n’interrompt pas le ministère exercé par le doyen avant sa désignation. L’organisation en doyennés permet une concertation et une entraide pastorales entre les paroisses. Il existe aussi un système de jumelage des paroisses dans le diocèse ; c’est-à-dire : les paroisses de la ville qui ont une situation financière meilleure peut aider les paroisses de la zone rurale en difficultés.

 

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Organisation administrative

 

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Pour l’aider à accomplir sa mission, l’Évêque de Pointe-Noire dispose de collaborateurs et d’organes constitutifs. Dans le diocèse de Pointe-Noire, les collaborateurs permanents de l’Évêque sont, en tout premier lieu, les prêtres diocésains ; ils forment avec lui le presbyterium, c’est-à-dire le collège des prêtres, sur lequel il s’appuie et auprès duquel il doit chercher conseil. Parmi ces prêtres, certains exercent plus immédiatement à ses côtés des fonctions contribuant au gouvernement du diocèse, ils forment ce que le droit canonique appelle la curie diocésaine Voici donc comment est constituée l’organisation administrative du diocèse de Pointe-Noire : Curie diocésaine Vicaire général, Vicaire épiscopaux, Chancelier, Vicaires judiciaires, Économe diocésain, Secrétaire.

 

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Conseils diocésains

 

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Conseil des consulteurs, Conseil pour les affaires économiques, Conseil pour l’apostolat des laïcs.

 

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Commissions

 

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Catéchèse, Liturgie, Doctrine et discipline, Caritas, Écoles catholiques, Justice et paix.

 

 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 01:00

Élection présidentielle de République du Congo de 2002

 

 

 

 

 

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Élection présidentielle congolaise (RC) de 2002
1992 link= 1992 1992 2009 2009 link= 2009
Élection présidentielle de République du Congo de 2002
Denis Sassou Nguesso
Élection présidentielle de République du Congo de 2002
Kignomba Kia Mbougou
PCT UPDS
Résultats du 1er tour
1 075 247 voix 33 677 voix
89,40 % 2,80 %
Président sortantDenis Sassou Nguesso link= Président sortantDenis Sassou Nguesso Président sortant
Denis Sassou Nguesso
Président élu
Denis Sassou Nguesso
Président éluDenis Sassou Nguesso link= Président éluDenis Sassou Nguesso

 

 

 

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L'élection présidentielle de République du Congo de 2002 s'est déroulée le 10 mars 2002. Elle avait pour but d'élir un président pour un mandat de sept ans.

 

 

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Contexte

 

 

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Article détaillé : Guerre civile du Congo-Brazzaville.

 

 

 

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En mai 1997, Denis Sassou-Nguesso part en campagne préélectorale en prévision de l'élection présidentielle à venir. Des membres de son propre parti sont alors soupçonnés de lui en vouloir et de préparer un assassinat. En conséquence, les forces armées du président Lissouba abattent un militaire proche de Yhombi-Opango.

 

 

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Résultats

 

 

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Premier tour
le 10 mars 2002
Nombre % des
inscrits
% des
votants
Inscrits 1 733 943
Votants 1 380 651 74,70%
   suffrages exprimés 1 202 611 87,10%
   bulletins blancs ou nuls 97 208 12,90%
Abstentions 531 332 25,30%
Candidat
Parti politique
Voix % des
exprimés
  Denis Sassou-Nguesso
Parti congolais du travail
1 075 247 89,41 %
  Kignomba Kia Mbougou
Union panafricaine pour la démocratie sociale
33 154 2,76 %
  Angèle Bandou
Inconnu
27 849 2,32 %
  Jean-Félix Demba Tello
Sans étiquette
20 252 1,68 %
  Luc Adamo Matela
Inconnu
19 074 1,59 %
  Come Mankcasse
Inconnu
15 054 1,25 %
  Bonaventure Mizidy
Inconnu
11 981 1,00 %
[1]

 

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Épilogue

 

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Denis Sassou-Nguesso est investi pour un septennat le 29 mars 2002 après la proclamation des résultats.

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:25

Langues 


Article détaillé : Arabe tunisien.
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Signalisation routière en arabe et français.
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La Tunisie est l’État du Maghreb le plus homogène sur le plan linguistique168 car la quasi-totalité de la population parle l’arabe tunisien, ou darija, et maîtrise l’arabe littéral, qui est la langue officielle du pays, ainsi que le français. La darija tunisienne est considérée comme un dialecte dérivé de l’arabe classique — ou plus exactement un ensemble de dialectes169 — pour lesquels il n’existe aucun organisme officiel de normalisation170 et qui est surtout parlé dans le cadre d’un dialogue quotidien au sein de la famille. Selon des études lingustinques, il serait proche du maltais171 qui n’est toutefois pas considéré comme un dialecte arabe pour des raisons sociolinguistiques. Le berbère est parlé par une minorité berbérophone, surtout dans le Sud du pays.

Durant le protectorat français de Tunisie, le français s’impose à travers les institutions, particulièrement l’éducation, qui deviennent un fort vecteur de diffusion. À partir de l’indépendance, le pays s’arabise peu à peu même si l’administration, la justice et l’enseignement restent longtemps bilingues172 alors que la connaissance des langues européennes est renforcée par l’exposition de la Tunisie à ce continent par l’intermédiaire de la télévision et du tourisme173.

Les années 1990 marquent un tournant avec l’arabisation des cours de sciences jusqu’à la fin du collège, avec toutes les difficultés occasionnées par ce type de processus, afin de faciliter l’accès aux études supérieures et ce dans un contexte de réhabilitation du référent arabo-islamique dans l’espace public172. En octobre 1999, les établissements commerciaux se voient contraints d’accorder deux fois plus de place aux caractères arabes qu’aux caractères latins172. Dans le même temps, l’administration se voit contrainte de communiquer exclusivement en arabe mais seuls les ministères de la Défense et de la Justice et le parlement sont totalement arabisés168. Dans ce contexte, l’usage du français semble régresser malgré le nombre accru de diplômés du système d’enseignement, ce qui conduit au fait qu’une bonne pratique du français demeure un marqueur social important172. Puisqu’elle reste largement pratiquée dans les milieux d’affaires, l’univers médical et le monde culturel, on peut même considérer qu’elle s’est embourgeoisée172.

D’après les dernières estimations fournies par le gouvernement tunisien à l’Organisation internationale de la francophonie, le nombre de personnes ayant une certaine maîtrise du français est chiffré à 6,36 millions de personnes, soit 63,6 % de la population174.

Médias 


Article détaillé : Presse en Tunisie.
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Siège du journal La Presse de Tunisie à Tunis.
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Le paysage audiovisuel tunisien se compose de deux chaînes de télévision publiques (Télévision Tunisienne 1 et Télévision Tunisienne 2) ainsi que de quelques chaînes de télévision privées (Hannibal TV ainsi que Nessma) nées du processus d’ouverture au secteur privé initié en 2003. Il existe également quatre stations de radio nationales (Radio Tunis, Radio Tunisie Culture, Radio Jeunes et RTCI) et cinq régionales de même que cinq radios privées (Mosaïque FM, Jawhara FM, Zitouna FM, Shems FM et Express FM).

La presse écrite compte en 2007 quelque 245 quotidiens et revues en grande partie (90 %) détenus par des groupes privés et des indépendants. La liberté de la presse est garantie par la constitution même si la quasi-totalité des journaux suit la ligne gouvernementale et rapporte sans approche critique les activités du président de la République, du gouvernement et du parti au pouvoir au travers des dépêches de l’agence Tunis Afrique Presse.

Éducation 


Article détaillé : Éducation en Tunisie.
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L’éducation préscolaire non obligatoire, qui s’adresse aux enfants de trois à six ans175, est dispensée dans les jardins d’enfants176. L’enseignement de base est obligatoire et gratuit, de six à seize ans, et se répartit sur deux cycles : le premier cycle, d’une durée de six ans, est dispensé à l’école primaire alors que le deuxième cycle, d’une durée de trois ans, se déroule au collège175,177.

 

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Faculté de médecine de Sousse.
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Ce parcours est sanctionné par le diplôme de fin d’études de l’enseignement de base permettant aux diplômés d’accéder à l’enseignement secondaire (toujours gratuit) dispensé au lycée durant quatre ans à partir de la réforme de 1995176. Il comprend un tronc commun d’une année (trois jusqu’en 1991) au terme duquel les élèves sont orientés vers un deuxième cycle de trois ans comprenant cinq filières (lettres, sciences, techniques, sciences de l’informatique et économie-gestion) et sanctionné par le baccalauréat permettant l’accès à l’enseignement supérieur176 qui compte notamment 179 établissements rattachés aux treize universités — dont cinq à Tunis, une à Sousse, une à Sfax, une à Kairouan, une à Gabès, une à Gafsa, une à Monastir et une à Jendouba — mais aussi 24 instituts supérieurs des études technologiques (ISET).

La formation professionnelle est assurée par un ensemble d’opérateurs publics parmi lesquels figure l’Agence tunisienne de la formation professionnelle qui assure une tutelle pédagogique de l’ensemble des opérateurs publics et privés176. Les diplômes délivrés après une formation initiale sont de trois niveaux : le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale d’une année après l’enseignement de base, le brevet de technicien professionnel (BTP) qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale d’une année après la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire ou après l’obtention du CAP et le brevet de technicien supérieur qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale de deux années après le baccalauréat ou après l’obtention du BTP176.

Alors que 21 % du budget national est consacré en 2008 à l’éducation nationale, le nombre d’élèves inscrits dans les niveaux primaire et secondaire se monte à 2,1 millions en 2008 contre 2,4 millions en 2000 et 1,7 million en 1987 ; 370 000 étudiants sont inscrits dans le même temps dans l’enseignement supérieur178, soit 27 % de la classe d’âge concernée33. En 2005, le taux d’alphabétisation est de 76,2 % et le taux de scolarisation des enfants de 12 à 17 ans, égal pour les garçons et les filles, est de 66 %33.

Arts 


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Les productions tunisiennes restent rares et confidentielles même si certaines rencontrent un certain succès hors de Tunisie. Parmi les plus connues, on peut citer Un été à La Goulette (1996) et Halfaouine, l’enfant des terrasses (1990) de Férid Boughedir. Ce dernier, sans doute le plus grand succès du cinéma tunisien, met en scène un enfant dans le Tunis des années 1960. Nouri Bouzid porte quant à lui sur la réalité tunisienne un regard sans complaisance. Dans L’Homme de cendres (1986), il traite de la pédophilie, de la prostitution et des relations entre les communautés musulmane et juive179. Dans Bezness (1991), c’est le tourisme sexuel qui se trouve dans sa ligne de mire179. Dans Les Ambassadeurs (1975), Naceur Ktari met en scène des émigrés maghrébins en France qui y sont confrontés au racisme. Les Silences du palais (1994) de Moufida Tlatli a quant à lui été primé par plusieurs jurys internationaux. Premier film arabe réalisé par une femme, on y découvre la vie dans une maison aristocratique de Tunis à travers les yeux d’une jeune fille. En 2007, le paysage cinématographique tunisien voit la sortie de plusieurs films recevant un certain succès auprès du public tel que Making of de Bouzid ou VHS Kahloucha de Nejib Belkadhi.

 

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Ali Riahi en représentation avec son orchestre.
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La Rachidia in the Municipal Theater of Tunis 2.ogg
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Orchestre de La Rachidia au Théâtre municipal de Tunis.
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La musique tunisienne est le résultat d’un métissage culturel. Principalement influencée par les cultures arabo-andalouse, arabe et occidentale, elle est relativement diversifiée. Son courant musical classique et le plus réputé est le malouf. Toutefois, les chants traditionnels continuent de rencontrer un certain succès. Côté instruments, les régions urbaines et rurales se différencient quelque peu. En milieu urbain, ce sont les instruments à cordes (rebec, oud et qanûn) et les percussions (darbouka) qui dominent alors que, en milieu rural, le chant bédouin, en plus des percussions, est accompagné d’instruments à vent comme le mezoued et la gasba.

Parmi les grands chanteurs et chanteuses tunisiens, on peut citer Saliha, Khemaïs Tarnane, Ali Riahi, Hédi Jouini, Latifa Arfaoui, Mohamed Jamoussi, Cheikh El Afrit ou encore Dhikra Mohamed. Chez les musiciens, on peut également citer Anouar Brahem, Lotfi Bouchnak, Salah El Mahdi, Ridha Kalaï, Ali Sriti ou encore Youssef Slama. Dans le même temps, une majorité de la population est attirée par des musiques d’origine arabe (égyptienne, libanaise ou encore syrienne). La musique occidentale actuelle remporte également un succès important avec l’émergence de nombreux groupes et de festivals de rock, de hip-hop, de reggae et de jazz.

Le théâtre tunisien s’est surtout développé entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle durant le protectorat français180. Fondé à cette époque, le Théâtre municipal de Tunis180 a accueilli en plus d’un siècle d’existence de grands noms de la scène tunisienne et internationale180. Le 7 novembre 1962, Habib Bourguiba consacre son discours au théâtre qu’il considère comme « un puissant moyen de diffusion de la culture ainsi qu’un moyen d’éducation populaire des plus efficaces »181. Toutefois, le théâtre tunisien n’a jamais connu un réel développement. En 1970, sous l’impulsion de l’acteur Aly Ben Ayed, Caligula d’Albert Camus est traduit en arabe et les œuvres Mourad III ou Le Temps du Bouraq d’Habib Boularès maintiennent le ton de la violence sanglante. Même si, de plus en plus, les spectacles dits de boulevard sont restreints au profit d’un genre de spectacle plus sophistiqué182, Moncef Souissi et Ezzeddine Madani ont créé un théâtre d’expression populaire et moqueur en tunisien. Le courant dit du Nouveau Théâtre de Tunis a également repris le fil de la dérision. Nommé en 1988 à la tête du Théâtre national tunisien (TNT), Mohamed Driss lui offre une nouvelle salle, Quatrième art, en 1996183 et l’ouvre aux spectacles de ballet, de cirque et de chant183. Quant à El Teatro, le premier théâtre privé de Tunisie184, il offre des représentations théâtrales, des spectacles de danse, des concerts de jazz, des galas de musique arabe, des expositions d’art et des récitals de poésie184.

 

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Aboul_Kacem_Chebbi.jpg
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Portrait du jeune poète Abou el Kacem Chebbi.
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La naissance d’une peinture tunisienne contemporaine est fortement liée à l’École de Tunis mise en place par un groupe d’artistes de Tunisie unis par la volonté d’incorporer des thèmes proprement tunisiens et rejetant l’influence orientaliste de la peinture coloniale. Après la peinture expressionniste d’Amara Debbache, Jellal Ben Abdallah et Ali Ben Salem se font reconnaître, l’un pour ses miniatures de style byzantin, l’autre pour son rattachement à l’impressionnisme185. La vie quotidienne devient par ailleurs l’inspiration de Zoubeir Turki et d’Abdelaziz Gorgi. L’abstraction saisit également l’imagination des peintres comme Edgar Naccache, Nello Lévy et Hédi Turki. Après l’indépendance en 1956, le mouvement pictural tunisien entre dans une dynamique d’édification nationale, des artistes se mettant au service de l’État. Des artistes ont ainsi pu accéder à une reconnaissance internationale tels que Hatem El Mekki, peintre abstrait, dont la facture rappelle celle d’Alberto Giacometti185. La jeune peinture emboîte davantage le pas à ce qui se passe ailleurs dans le monde185 : Sadok Gmech puise son inspiration dans le patrimoine national alors que Moncef Ben Amor se tourne vers le fantastique. Dans un autre registre, Youssef Rekik réutilise la technique de la peinture sur verre et Nja Mahdaoui retrouve la calligraphie dans sa dimension mystique185.

La littérature tunisienne existe sous deux formes : en langue arabe et en langue française. La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante en volume comme en valeur que la littérature en langue française qui suit l’implantation du protectorat en 1881. Malgré la longue histoire de la littérature tunisienne, la production nationale reste pourtant maigre : la bibliographie nationale a recensé 1 249 livres non scolaires publiés en 2002 dont 885 titres en arabe186. Parmi les grands auteurs tunisiens, on peut citer Abou el Kacem Chebbi, Moncef Ghachem et Mahmoud Messadi.

Traditions 


Article détaillé : Artisanat tunisien.
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Poterie djerbienne.
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La Tunisie est réputée pour ses nombreux produits artisanaux dont les diverses régions du pays font leur spécificité. La poterie tunisienne est principalement issue de Guellala187, ville à l’origine de la création d’autres centres potiers sur le littoral tunisien, notamment à Tunis, Nabeul, Moknine, etc. Mais si la poterie poreuse s’identifie à Guellala, celle émaillée (jaune, verte ou brune) est la marque de fabrique de Nabeul188. La ferronnerie remonte pour sa part à l’époque andalouse lorsque l’on décorait les portes cloutées, ornement devenu caractéristique du fer forgé tunisien. Bleues par tradition, destinées à embellir les maisons et à préserver l’intimité des habitants, ces grilles rappellent les moucharabiehs de la tradition arabo-andalouse, panneaux de bois sculpté qui permettaient aux femmes de regarder dans la rue sans être vues. La ville de Kairouan constitue quant à elle le centre national de production de tapis. La Tunisie possède enfin une riche tradition de mosaïques remontant à la période antique.

Le costume traditionnel est la tenue par excellence des mariages et autres cérémonies189. Au niveau national, c’est la jebba qui s’est imposée comme habit traditionnel189. Les babouches masculines sont en général de la couleur naturelle du cuir190, celles des femmes étant dans leur majorité brodées de fils de soie, de coton, d’or et d’argent avec des motifs floraux ou des croissants190.

Importé par les Andalous au XVIe siècle, le jasmin est devenu la fleur emblématique de la Tunisie. Dès la tombée de la nuit, les vendeurs confectionnent de petits bouquets et les vendent aux passants dans la rue ou aux automobilistes arrêtés aux carrefours. Par ailleurs, le jasmin fait l’objet d’un langage spécifique. Ainsi, un homme qui en porte à l’oreille gauche indique qu’il est célibataire. De plus, offrir du jasmin blanc est une preuve d’amour alors qu’offrir du jasmin d'hiver, sans odeur, est signe d’insolence191.

Gastronomie 


Article détaillé : Cuisine tunisienne.
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Briks à l’œuf.
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La cuisine tunisienne est essentiellement basée sur les légumes, la viande de mouton et de bœuf (et dans certaines régions celle du chameau), le poisson — surtout le long des côtes — et les pâtes192.

Ces dernières sont sans doute le plat le plus consommé, la Tunisie se plaçant au troisième rang mondial après l’Italie et le Venezuela avec 11,7 kilos par habitant et par an193,194, en particulier les spaghettis et macaronis servis généralement avec de la sauce tomate et de l’harissa, même si le plat traditionnel reste le couscous. Le pain, notamment le traditionnel pain tabouna, est également un aliment apprécié de beaucoup de Tunisiens. Le sandwich au thon constitué d’une demi-baguette remplie de miettes de thon, d’harissa avec parfois des olives vertes, des câpres et des rondelles d’œufs durs, est vendu dans toutes les échoppes d’alimentation. Un autre plat fort apprécié est le brik à l’œuf ou avec des garnitures à base de viande et de fromage.

La cuisine tunisienne se différencie quelque peu de ses voisines maghrébines. Le tajine tunisien, contrairement à la version marocaine, consiste en une sorte de quiche à base d’œuf, de viande, de pommes de terre et de persil. Le couscous, lui, se caractérise par une combinaison entre les légumes (pommes de terre, tomate, carottes, courge, etc.), la viande (surtout celle de l’agneau) ou le poisson et la semoule.

Sport 


Article détaillé : Sport en Tunisie.
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Le sport en Tunisie est marqué par la domination du football, tant en termes de couverture médiatique qu’en termes de succès populaire avec 27 733 licenciés contre 13 992 pour le taekwondo, second sport le plus pratiqué dans le pays195. Toutefois, des sports comme le volley-ball ou le handball figurent également parmi les sports les plus représentés même si des sports moins connus sont plus pratiqués par les Tunisiens, notamment les arts martiaux (taekwondo, judo et karaté), l’athlétisme voire le tennis195. D’autres grands sports comme le cyclisme sont en revanche moins représentés, faute d’infrastructures, d’équipements et d’intérêt médiatique suffisants196.

 

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L’Espérance sportive de Tunis est le club de football le plus titré du championnat national avec une vingtaine de titres à son actif. Le Club athlétique bizertin devient en 1988 le premier club tunisien à avoir remporter un trophée continental : la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Le Club africain est le premier club tunisien à avoir remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1992. L’Étoile sportive du Sahel est le premier club tunisien à remporter la Ligue des Champions de la CAF dans sa nouvelle édition le 9 novembre 2007. Le Club sportif sfaxien a aussi remporté des manifestations continentales et régionales ; il est le premier club à remporter deux fois de suite la coupe de la CAF en 2007 et 2008.

 

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Oussama Mellouli, champion olympique et champion du monde du 1 500 mètres nage libre.
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Le derby de la capitale entre le Club africain et l’Espérance sportive de Tunis reste l’évenement footballistique phare de l’année en rassemblant à deux reprises par saison plus de 60 000 spectateurs et donnant lieu à un show (dakhla en tunisien) de la part des supporters des deux équipes. Le grand classique du championnat entre l’Espérance sportive de Tunis et l’Étoile sportive du Sahel retient également l’attention populaire et cristallise autour de lui la rivalité historique qui oppose les deux clubs.

L’année sportive tunisienne est rythmée par les grandes compétitions que sont les championnats (football, handball, volley-ball et basket-ball) et les coupes (football, handball, volley-ball et basket-ball) des sports les plus populaires. En cyclisme, discipline moins suivie, sont organisés les championnats de Tunisie de cyclisme et, de façon irrégulière, le Tour de Tunisie. Mais le pays organise également des compétitions internationales. Ainsi, la première édition de la Coupe du monde de football des moins de 20 ans s’y tient en 1977197 tout comme les phases finales des coupes d’Afrique des nations de football en 1965198, 1994199 et 2004200, dernière édition remportée par la sélection nationale. Plus récemment, le championnat du monde de handball masculin 2005 s’est également tenu en Tunisie.

En mai 2007, le pays compte 1 673 clubs sportifs dont les principaux sont actifs dans le football (250) et le taekwondo (206)195. Viennent ensuite le karaté et ses dérivés (166), l’handisport (140), le handball (85), l’athlétisme (80), le judo (66), le kung fu (60), le kick boxing (59), le basket-ball (48), la pétanque (47), le tennis de table (45), le volley-ball (40), la boxe (37), la natation (31) et le tennis (30)195.

Parmi les sportifs les plus connus, Mohammed Gammoudi s’illustre en athlétisme, ce qui lui permet de remporter quatre médailles aux Jeux olympiques, ce qui en fait le sportif tunisien le plus médaillé de l’histoire du pays201. La Tunisie a également vu émerger des champions dans des sports individuels tels que Anis Lounifi (champion du monde de judo) ou encore Oussama Mellouli (champion du monde de natation). En ce qui concerne les sports collectifs, les équipes nationales ont remporté une coupe d'Afrique des nations de football, huit championnats d’Afrique de handball masculin202, huit championnats d’Afrique de volley-ball masculin ou encore la compétition de basket-ball des Jeux panafricains de 1973.

Codes 


La Tunisie a pour codes :

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:22

Économie 


Article détaillé : Économie de la Tunisie.
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En 2009, le produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie atteint 53,42 milliards de dinars (39,58 milliards de dollars) soit une hausse de 3 % par rapport à 2008135. En 1960, celui-ci ne se montait qu’à 847 millions de dollars, passant à 1,581 milliard en 1970, 8,634 millards en 1980, 12,875 milliards en 1990 et 21,254 milliards en 1999136. Quant à la population active, elle atteint 3,689 millions de personnes mais la population active occupée totalise 3,198 millions de personnes137, dont près de 30 % de femmes, ce qui représente tout de même plus du double du niveau de 1980138.

Historique 

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Discours du ministre Ahmed Ben Salah.
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À la proclamation de l’indépendance en 1956, le pays ne dispose pas des atouts de ses voisins maghrébins : terres agricoles moins productives, infrastructure portuaire moins développée, marché intérieur étriqué, épargne faible et écornée par l’émigration des populations d’origine européenne et relations avec les milieux d’affaires français réduits, chômage élevé et équipement industriel embryonnaire139. La priorité établie par le nouveau président Habib Bourguiba est alors de libérer l’économie nationale du contrôle français qui avait favorisé l’agriculture et l’extraction minérale, mais avait, en grande partie, négligé l’industrie140,141, la Tunisie étant alors le pays le moins industrialisé du Maghreb142. Dans ce contexte, l’importance croissante de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans les choix économiques par l’action de son secrétaire général, Ahmed Ben Salah, mène le pays vers l’adoption de mesures collectivistes dans l’économie140. L’expérience coopérative dure jusqu’en septembre 1969 lorsque Bourguiba suspend Ben Salah de ses fonctions suite à la parution d’un rapport confidentiel de la Banque mondiale sur le déficit des entreprises publiques143 et aux pressions de l’aile pragmatique du parti. Avec l’arrivée d’Hédi Nouira, pragmatique gouverneur de la Banque centrale hostile au collectivisme144, au ministère de l’Économie puis au Premier ministère, la Tunisie se réoriente vers l’économie de marché et la propriété privée140. Durant la décennie des années 1970, la Tunisie connaît une expansion du secteur privé et un développement rapide de l’emploi manufacturier. Cette timide ouverture permet la création de nouveaux emplois et, par conséquent, le développement d’une meilleure mobilité sociale de la jeunesse nouvellement instruite et la croissance d’une classe moyenne145.

 

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Billet de 1 dinar tunisien (1980).
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En 1986, la Tunisie connaît toutefois sa première année de croissance négative depuis son indépendance. Les agitations sociales augmentent de façon dramatique pendant cette période et l’UGTT, qui critique ouvertement la politique économique adoptée par le gouvernement, organise des grèves et des manifestations contre l’augmentation du chômage et la politique salariale140,141. Le gouvernement se met alors d’accord avec le Fonds monétaire international sur la mise en place d’un programme de reprise économique sur 18 mois. L’objectif principal du plan est d’accroître l’efficacité et de promouvoir les mécanismes du marché.

En même temps, il est conçu pour surmonter les conséquences sociales et politiques de ses mesures. Les dépenses publiques sont concentrées aux secteurs de la santé, de l’éducation, du logement et des services. Le gouvernement ne lance cependant pas de véritables programmes avant 1987. La privatisation se traduit dans un premier temps par la vente de petites et moyennes entreprises avec un bon historique bancaire à des acheteurs tunisiens présélectionnés.

 

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Depuis le lancement du nouveau programme de privatisation en 1987, le gouvernement a totalement ou partiellement privatisé 203 entreprises, dont de grands établissements publics tel Tunisie Télécom, pour une recette globale de 5 557 millions de dinars146. De plus, la non préparation de plusieurs secteurs à l’ouverture a conduit au maintien d’un niveau de chômage élevé et variant selon les sources de 13 % à 20 %147. Pourtant, le chômage ne touche pas que les populations les plus vulnérables : le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est ainsi en augmentation depuis plusieurs années. Alors qu’il était de 4 % en 1997 et de 0,7 % en 1984148, il atteint 20 % contre une moyenne nationale de 14 %, voire près de 60 % dans certaines filières selon une enquête de la Banque mondiale149.

En 1959, le pays prend ses premiers contacts avec la Communauté économique européenne. En juillet 1966, le président Bourguiba effectue une tournée en Europe et aboutit au lancement de négociations qui conduisent à la signature d’un premier accord commercial le 28 juillet 1969 à Tunis114. Un accord d’association est finalement signé avec l’Union européenne le 17 juillet 1995 et entre en vigueur le 1er mars 1998 pour engendrer dès 1996 le démantèlement progressif des barrières douanières jusqu’au 1er janvier 2008150.

Secteurs 

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Champ d’oliviers dans le gouvernorat de Sfax.
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Hôtel djerbien de la chaîne El Mouradi.
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Depuis l’indépendance de la Tunisie, l’agriculture a enregistré des taux de croissance importants et a permis au pays d’atteindre un niveau de sécurité alimentaire suffisant. En dépit du développement des autres secteurs de l’économie nationale, l’agriculture conserve une importance sociale et économique : elle assure environ 12,3 % du PIB et emploie 16,3 % de la main-d’œuvre en 2006. Les principales productions agricoles sont les céréales (blé et orge), les olives (4e producteur et 3e exportateur mondial d’huile d’olive en 2007-2008151), les dattes, les agrumes et les produits de la mer. Si la gestion de l’agriculture appartient encore à des établissements publics, tels l’Office des céréales ou l’Office national de l’huile152, le secteur agricole est de plus en plus pris en charge par des groupes privés souvent présents dans l’industrie agroalimentaire tel le groupe Poulina, le premier groupe privé du pays.

En matière industrielle, la Tunisie est le premier exportateur d’Afrique en valeur absolue : elle est ainsi passée devant l’Afrique du Sud en 1999153. Les secteurs du textile et de l’agroalimentaire représentent 50 % de la production et 60 % de l’emploi de l’industrie manufacturière. Mais, après avoir cru à un rythme annuel de 2,1 % (entre 2000 et 2005), l’industrie tunisienne fait aujourd’hui face à la concurrence étrangère. Toutefois, les exportations de produits mécaniques et électriques se sont multipliées par cinq entre 1995 et 2005147. Quatrième fournisseur de l’Union européenne en produits textiles, elle était jusqu’en 2002 le premier fournisseur de la France avant d’être surclassée par la Chine en 2003. Les ressources naturelles de la Tunisie restent quant à elles modestes, ce qui contraint le pays à importer du pétrole.

Dans le secteur des services, le développement du tourisme remonte aux années 1960 grâce à l’action conjuguée de l’État et de groupes privés. Le secteur touristique représente 6,5 % du PIB et fournit 340 000 emplois dont 85 000 emplois directs, soit 11,5 % de la population active occupée avec une forte part d’emploi saisonnier. Outre le tourisme balnéaire majoritaire, le tourisme saharien (Douz et Tozeur attirant chaque année plus de 250 000 touristes durant toute l’année) est en fort développement. Plus récemment, le tourisme vert, la thalassothérapie et le tourisme médical sont apparus et croissent très rapidement. Le secteur du commerce et de la distribution, qui emploie plus de 500 000 personnes et participe à 10,7 % du PIB national, se divise en deux catégories154. Ainsi, le secteur se caractérise encore par la prédominance du commerce traditionnel avec 88 % (2006) du chiffre d’affaires, l’essentiel des transactions commerciales étant réalisé par de petits commerçants. La distribution moderne, qui compte pour 12 % du chiffre d’affaires global et regroupe des enseignes nationales et internationales, n’est apparue que lorsque le marché s’est libéralisé en 1999155.

Infrastructures 


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Vue aérienne du port de Radès.
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Terminal de l’aéroport de Tunis.
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En matière de transport, la Tunisie compte aujourd’hui sept ports de commerce (Radès, Sfax, Bizerte, Gabès, Sousse, Zarzis et La Goulette) tandis qu’un port en eaux profondes va être réalisé à Enfida. Placés sous la gestion de l’Office de la marine marchande et des ports, ils assurent à eux seuls 96 % du commerce extérieur tunisien155. Avec ses 550 000 passagers et ses 415 000 croisiéristes enregistrés en 2004, le port de La Goulette est l’une des destinations les plus appréciées dans l’ouest du bassin méditerranéen155. La Compagnie tunisienne de navigation, société publique, est le principal armateur du pays et assure des lignes régulières reliant les deux rives de la mer Méditerranée (vers Marseille, Gênes, Livourne et Barcelone).

Le pays compte également 32 aéroports dont huit aéroports internationaux (Tunis-Carthage, Monastir-Habib Bourguiba, Djerba-Zarzis, Enfida, Tozeur-Nefta, Sfax-Thyna, Tabarka-Aïn Draham et Gafsa-Ksar). En 2005, 39,2 % du trafic s’effectue par l’aéroport international de Tunis-Carthage.

Le transport ferroviaire assure plus du tiers des déplacements nationaux à travers un réseau national de 2 153 kilomètres de voies ferrées156. Le réseau est exploité par la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) ainsi que par la Société des transports de Tunis spécialisée dans le transport urbain dans la région de Tunis. Le réseau routier s’étend pour sa part sur 19 300 kilomètres dont 12 655 kilomètres de routes goudronnées ainsi que de trois autoroutes reliant Tunis à Sfax au sud, Bizerte au nord et Oued Zarga à l’ouest. Le secteur du transport routier domine les transports terrestres de voyageurs et de marchandises. Il est néanmoins contrôlé par les sociétés étrangères à cause du petit nombre d’entreprises tunisiennes.

Les infrastructures de télécommunications sont largement développées157 : le réseau téléphonique compte environ sept millions d’abonnés en 2006 dont six millions d’abonnés mobiles et environ 12,5 % de la population a accès à Internet en février 2007158. L’opérateur public, Tunisie Télécom, a longtemps été le seul fournisseur de la téléphonie fixe alors que trois opérateurs se partagent à ce jour le marché de la téléphonie mobile : Tunisie Télécom, Orascom Telecom avec sa marque Tunisiana et Orange Tunisie. L’Agence tunisienne d'Internet gère le réseau Web au plan national qui compte douze fournisseurs d’accès (sept publics et cinq privés). Par ailleurs, 281 publinets (accès publics à Internet) sont répartis sur l’ensemble du territoire157.

Démographie 


Articles détaillés : Démographie de la Tunisie et Diaspora tunisienne.
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Structure de la population de la Tunisie
Évolution démographique
Population 10 629 186 habitants
Densité de la population 65,6 hab./km²
Taux de croissance de la population 0,98 %
Âge médian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
30 ans
29,6 ans
30,4 ans
Structure par âge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus

23,2 %
69,3 %
7,5 %
Rapport de masculinité (population totale)
 - À la naissance
- Moins de 15 ans
- 15-64 ans
- 65 ans et plus
1,01 homme/femme
1,07 homme/femme
1,07 homme/femme
1,01 homme/femme
0,87 homme/femme
Part de la population urbaine 67 %
Sources: CIA World Factbook2 et Institut national de la statistique11

Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %) s’identifient culturellement aux Arabes, certaines études tendent à indiquer qu’ils seraient ethniquement plus proches des Berbères mais aussi de certains Européens :

« Comparés avec d’autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l’Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au VIIe ou VIIIe siècle159. »

Toutefois, de nombreuses civilisations ont envahi le pays puis ont été assimilées à des degrés divers : Phéniciens160, Romains, Vandales venant d’Allemagne, Ottomans et enfin Français. De plus, beaucoup de musulmans et de juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVe siècle. Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l’islamisation de la majeure partie de l’Ifriqiya. À cette occasion se créent quelques villes nouvelles dont Kairouan et Mahdia. C’est à partir du XIe siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes chassées d’Égypte, que l’arabisation linguistique et culturelle devient déterminante161. Certains groupes, descendants des Berbères, ont cependant su conserver leur langue et leurs coutumes, souvent en raison de leur enclavement géographique162. En effet, de nos jours, ils habitent souvent les régions de montagnes (Matmata, Tataouine, Gafsa ou Sbeïtla). Toutefois, les berbèrophones, qui représentent une minorité ethnique au Maroc et en Algérie, restent peu nombreux en Tunisie2.

Presque la totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite, principalement de rite malékite. De la forte population juive qui a existé durant 2 000 ans, il n’en reste plus qu’une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis et à Djerba, car la majorité des Juifs tunisiens ont émigré vers Israël ou la France. Il existe également une petite population chrétienne. Les quelques tribus nomades, minoritaires, sont pour la plupart intégrées et sédentarisées.

La Tunisie a dépassé le cap des dix millions d’habitants en 2005, ce qui correspond à un triplement de sa population depuis 1956 (3 448 000 habitants) et à un doublement depuis le début des années 1970. Néanmoins, la croissance démographique ralentit, le pays accélérant sa transition démographique dans les années 1990. L’indice de fécondité recule graduellement : le nombre d’enfants par femme est passé de près de six dans les années 1960 à 3,4 en 1994 puis à 1,71 en 20102. Ainsi, l’accroissement annuel est réduit à 1,08163. Mais la Tunisie est aussi un pays qui connaît un taux important d’émigration : le nombre de Tunisiens résidant à l’étranger est évalué en 2009 à 1 098 212 personnes164 dont 83 % résident en Europe.

Culture 


Article détaillé : Culture de la Tunisie.
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La culture de la Tunisie se diversifie par un héritage de quelque 3 000 ans d’histoire et une position géographique en plein bassin méditerranéen, berceau des civilisations les plus prestigieuses et des principales religions monothéistes. La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture reflète les traces des cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays.

Religion 


Article détaillé : Religion en Tunisie.
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L’islam est la religion principale et officielle de la Tunisie165 avec un taux qui avoisine les 98 % de la population. 85 % des musulmans tunisiens sont sunnites de rite malékite, le reste étant hanafite33 ou ibadites166. Le christianisme et le judaïsme sont très minoritaires en Tunisie mais le pays se caractérise par sa tolérance et son ouverture aux autres cultures qui ont fait son identité.

 

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La constitution tunisienne prévoit ainsi l’exercice libre de la foi tant qu’elle ne porte pas atteinte à l’ordre public165. Le gouvernement respecte généralement ce droit. Cependant, il ne permet pas l’établissement de partis politiques basés sur la religion, interdit le prosélytisme, la polygamie167, et limite le port du hijab, notamment dans les administrations et les écoles publiques165. Les fêtes religieuses musulmanes (Aïd el-Kebir, Aïd el-Fitr, Mawlid, etc.) sont considérées comme des jours fériés.

Les Tunisiens conservent néanmoins quelques croyances d’origine païenne comme le mauvais œil. Par ailleurs, le pays est parsemé de petites constructions blanches que sont les zaouïas et les marabouts. Ce sont les tombeaux de sages qui sont censés posséder un certain privilège dans l’au-delà qui leur permet d’être un lien entre l’homme et Dieu. Aujourd’hui encore, des Tunisiens continuent à les prier et à leur demander d’intercéder pour eux auprès d’Allah et de faire accepter leur demande ; ces pratiques sont toutefois dénoncées par le sunnisme comme une forme d’association religieuse.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:19

Tunisie indépendante 


Article détaillé : Histoire de la Tunisie depuis 1956.
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Photo officielle d’Habib Bourguiba.
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Le 25 mars76, l’assemblée constituante est élue : le Néo-Destour en remporte tous les sièges et Bourguiba est porté à sa tête le 8 avril33,95. Le 11 avril, il devient le Premier ministre de Lamine Bey104. Le Code du statut personnel, à tendance progressiste, est proclamé le 13 août109 et, le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie, la Tunisie devenant une république110 dont Bourguiba est élu président111 le 8 novembre 1959112.

Le 8 février 1958, en pleine guerre d'Algérie, des avions de l’armée française franchissent la frontière algéro-tunisienne et bombardent le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef33. En 1961, dans un contexte d’achèvement prévisible de la guerre, la Tunisie revendique la rétrocession de la base de Bizerte92 : la crise qui suit fait près d’un millier de morts, essentiellement tunisiens92, et la France finit, le 15 octobre 1963, par rétrocéder la base à l’État tunisien111.

Avec l’assassinat de Salah Ben Youssef, principal opposant de Bourguiba depuis 1955111, à Francfort et l’interdiction du Parti communiste (PCT) le 8 janvier 1963, la République tunisienne devient un régime de parti unique dirigé par le Néo-Destour111. En mars 1963, Ahmed Ben Salah entame une politique « socialiste » d’étatisation pratiquement totale de l’économie. Des émeutes contre la collectivisation des terres dans le Sahel tunisien le 26 janvier 1969 poussent au limogeage de Ben Salah le 8 septembre avec la fin de l’expérience socialiste111. Avec une économie affaiblie par la fin du socialisme et un panarabisme défendu par Mouammar Kadhafi, un projet politique qui unifierait la Tunisie et la Libye sous le nom de République arabe islamique est lancé en 1974 mais échoue très rapidement en raison des tensions tant nationales qu’internationales.

Après la condamnation à une lourde peine de prison de Ben Salah, rendu responsable de l’échec de la politique des coopératives, viennent l’épuration de l’aile libérale du PSD animée par Ahmed Mestiri puis la proclamation de Bourguiba comme président à vie en 197533. C’est dans ces conditions, marquées par un léger desserrement de l’étau du PSD sous le gouvernement d’Hédi Nouira, que l’UGTT gagne en autonomie tandis que naît en 1977 la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Le coup de force du « Jeudi noir » contre l’UGTT en janvier 1978 puis l’attaque contre la ville minière de Gafsa, en janvier 1980, ne suffisent pas à museler la société civile émergente.

Dès le début des années 1980, le pays traverse une crise politique et sociale113 où se conjuguent le développement du clientélisme et de la corruption, la paralysie de l’État devant la dégradation de la santé de Bourguiba, les luttes de succession et le durcissement du régime. En 1981, la restauration partielle du pluralisme politique, avec la levée de l’interdiction frappant le Parti communiste, suscite des espoirs qui seront déçus par la falsification des résultats aux élections législatives de novembre. Par la suite, la répression sanglante des « émeutes du pain » de décembre 1983113, la nouvelle déstabilisation de l’UGTT et l’arrestation de son dirigeant Habib Achour contribuent à accélérer la chute du président vieillissant98. La situation favorise la montée de l’islamisme104 et le long règne de Bourguiba s’achève dans une lutte contre l’islamisme menée par Zine el-Abidine Ben Ali, nommé ministre de l’Intérieur puis Premier ministre en octobre 1987111.

 

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Portrait du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali.
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Le 7 novembre 1987, Ben Ali dépose le président pour sénilité, action accueillie favorablement par une large fraction du monde politique113. Élu le 2 avril 1989 avec 99,27 % des voix114, le nouveau président réussit à relancer l’économie alors que, sur le plan de la sécurité, le régime s’enorgueillit d’avoir épargné au pays les convulsions islamistes qui ensanglantent l’Algérie voisine, grâce à la neutralisation du parti Ennahda au prix de l’arrestation de dizaines de milliers de militants et de multiples procès au début des années 199098. Les opposants laïques signent quant à eux le Pacte national en 1988, plate-forme destinée à la démocratisation du régime. Pourtant, l’opposition et de nombreuses ONG de défense des droits de l'homme accusent peu à peu le régime d’attenter aux libertés publiques85 en étendant la répression au-delà du mouvement islamiste. En 1994, le président Ben Ali est réélu avec 99,91 % des voix115,116 et signe l’année suivante un accord de libre-échange avec l’Union européenne92. Les élections du 24 novembre 1999, bien qu’elles soient les premières présidentielles à être pluralistes avec trois candidats, voient le président Ben Ali réélu avec un score comparable aux scrutins précédents114,116. La réforme de la constitution approuvée par le référendum du 26 mai 2002 accroît encore les pouvoirs du président, repousse l’âge limite des candidats, supprime la limite des trois mandats réintroduite en 1988 et permet au président de briguer de nouveaux mandats au-delà de l’échéance de 2004 tout en bénéficiant d’une immunité judiciaire à vie98. Le 11 avril 2002, un attentat au camion piégé vise la synagogue de la Ghriba et provoque la mort de 19 personnes dont quatorze touristes allemands. Durant le premier semestre 2008, de graves troubles secouent la région minière de Gafsa durement frappée par le chômage et la pauvreté.

Le 25 octobre 2009, le président Ben Ali est réélu pour un cinquième mandat consécutif avec 89,62 % des voix, passant pour la première fois sous la barre des 90 %. La campagne est marquée par une visibilité accrue de son épouse Leïla117. L’un des gendres du couple, Mohamed Sakhr El Materi, est élu député à cette occasion118.

Révolution tunisienne de 2010-2011 


Article détaillé : Révolution tunisienne de 2010-2011.
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Cependant, un climat insurrectionnel éclate suite à l’immolation d’un jeune vendeur de fruits et légumes ambulant, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 dans la région de Sidi Bouzid; celle-ci devient le théâtre d’émeutes meurtrières entre des habitants et les forces de l’ordre119. Ces événements, qui s’étendent ensuite à d’autres régions du pays, s’inscrivent dans un contexte où le taux de chômage des jeunes diplômés est particulièrement élevé. Les causes sont également politiques : le président Ben Ali et sa famille, notamment celle de sa seconde épouse Leïla, les Trabelsi, qualifiée selon les observateurs de « clan quasi-mafieux », sont directement mis en cause dans des affaires de corruption, de détournement ou de vol, fléaux qui ont particulièrement pris de l’ampleur sous sa présidence120. Le 13 janvier 2011, Ben Ali annonce la prise de mesures extraordinaires lors d’une intervention télévisée : la promesse d’une pleine liberté de la presse et d’expression politique ainsi que son refus de se représenter aux élections prévues en 2014121. Cependant, cette allocution ne contribue pas à calmer la colère de la population, contraignant le président à céder finalement le pouvoir à son Premier ministre Mohamed Ghannouchi le lendemain et à quitter le pays le soir même122. Conformément à la constitution, le président de la Chambre des députés, Fouad Mebazaa, est finalement proclamé président par intérim par le Conseil constitutionnel le 15 janvier. Celui-ci est chargé d’organiser des élections présidentielles dans les soixante jours123.

Le 17 janvier, un « gouvernement d’union nationale » de 24 membres incluant des opposants au régime déchu (dont trois chefs de l’opposition légale) est constitué124. Le jour même, la libération de tous les prisonniers d’opinion, la levée de l’interdiction d’activité de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, « la liberté totale de l’information » ainsi que la légalisation de tous les partis politiques et associations qui le demanderaient, est annoncée125.

Cependant, la présence de membres du RCD à des postes clés provoque de nouveau, en moins de 24 heures, la colère de la population et la démission de plusieurs ministres d’opposition, fragilisant d’autant plus ce gouvernement126. Le départ ou la radiation du RCD de plusieurs personnalités éminentes127 n’ont aucun effet sur la suspicion que l’opinion publique entretient à l’égard de l’ancien parti présidentiel, dont plusieurs manifestants réclament la dissolution128. Cependant, le 20 janvier, les ministres encore affiliés à cette formation annoncent l’avoir quitté eux aussi129. Face à la pression de la rue exigeant leur départ, un remaniement ministériel a lieu le 27 janvier, écartant définitivement (hormis Mohamed Ghannouchi) les anciens membres du RCD de toutes responsabilités gouvernementales. Le 6 février, le ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi gèle les activités du RCD en attendant sa dissolution juridique, tandis que le parlement confère au président par intérim des pouvoirs supplémentaires, comme celui de dissoudre le parlement. Ghannouchi est cependant contraint de démissionner à son tour le 27 février à la suite de plusieurs jours de manifestations marquées par des violences ; il est remplacé le jour même à son poste par l’avocat Béji Caïd Essebsi.

Politique 


Article détaillé : Politique de la Tunisie.
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Politique intérieure 


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La constitution actuelle est celle qui a été proclamée le 1er juin 1959, trois ans après l’indépendance. Elle a subi plusieurs amendements dont celui du 12 juillet 1988 pour limiter le nombre de mandats présidentiels à trois — après que Bourguiba eut été proclamé président à vie — et celui du 1er juin 2002 suite au référendum constitutionnel tenu le 26 mai de la même année, permettant notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, l’allongement de l’âge limite pour déposer une candidature à la présidence, l’instauration d’une immunité judiciaire pour le président durant et après l’exercice de ses fonctions et l’instauration d’un parlement bicaméral.

 

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Chambre des députés.
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Le président de la République tunisienne est élu tous les cinq ans au suffrage universel et peut se présenter aux élections autant de fois qu’il veut pour autant qu’il ait moins de 75 ans. La Tunisie n’a connu que quatre présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (du 25 juillet 1957 au 7 novembre 1987), Zine el-Abidine Ben Ali (du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011), Mohamed Ghannouchi (à titre intérimaire du 14 au 15 janvier 2011) et enfin Fouad Mebazaa à titre intérimaire depuis le 15 janvier 2011.

Responsable de l’action gouvernementale, le Premier ministre est nommé par le président de la République. Depuis que la fonction a été rétablie en 1969, huit personnalités se sont succédé à ce poste : Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine el-Abidine Ben Ali (sous la présidence de Bourguiba) ; Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi (sous la présidence de Ben Ali) ; Mohamed Ghannouchi, ayant assuré l’intérim présidentiel durant 24 heures après la fuite de Ben Ali, est placé à la tête du gouvernement de transition avant d’être remplacé par Béji Caïd Essebsi.

Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 214 députés (dont 53 de l’opposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 août 2005) qui comprend 112 membres.

Le RCD, parti au pouvoir, a été durant 25 ans le seul parti politique légal — alors qu’il portait le nom de PSD — et a dominé la vie politique avec plus de deux millions d’adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement une dizaine de partis politiques d’opposition légaux, un minimum de 25 % des 214 sièges de la Chambre des députés leur étant garanti par la loi.

Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure, notamment de la presse et de nombreux sites Web, ont longtemps fait qu’une situation politique précise de la Tunisie a été difficile à déterminer sous le régime de Ben Ali. De nombreuses ONG internationales ont pointé du doigt les atteintes aux droits de l’homme, notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’expression, les prisonniers politiques et d’opinion, l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture et la situation dans les prisons tunisiennes, ainsi que le harcèlement de toute dissidence politique. De leur côté, les autorités ont fait valoir que leurs efforts en termes de droits de l’homme ont été officiellement reconnus par des instances internationales comme le Conseil des droits de l'homme des Nations unies dont les membres ont souligné, avec quelques réserves pour certains, les progrès accomplis par le pays en la matière130.

Politique extérieure 


Article détaillé : Politique étrangère de la Tunisie.
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Accueil du Premier ministre Hédi Nouira par la président Jimmy Carter en 1978.
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Habib Ben Yahia, ministre des Affaires étrangères, en compagnie de Colin Powell durant sa visite à Washington en avril 2002.
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Le premier président, Habib Bourguiba, choisit le non-alignement durant la guerre froide tout en ayant des relations étroites avec l’Europe et les États-Unis. Son successeur, Zine el-Abidine Ben Ali, maintient la tradition tunisienne de bonnes relations avec l’Occident tout en jouant un rôle actif dans les instances régionales arabes et africaines : le pays accueille, en mai 2004, la 16e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe (dont la Tunisie est membre depuis 1958) et envoie régulièrement de l’aide humanitaire aux Palestiniens et aux États en crise. Le pays est également un membre fondateur de l’OUA, dont elle assure la présidence en 1994-1995, avant de participer à la fondation de l’Union africaine en juillet 2002.

La Tunisie a également soutenu le développement de l’Union du Maghreb arabe qui inclut l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Libye. Toutefois, ses progrès restent limités en raison de tensions entre l’Algérie et le Maroc à propos du Sahara occidental. En février 2001, la Tunisie adhère à la Communauté des États sahélo-sahariens et accueille le siège de la Banque africaine de développement en 2003. Le pays est depuis longtemps une voix modératrice sur la question du Proche-Orient : Bourguiba est ainsi le premier dirigeant arabe à appeler à la reconnaissance d’Israël par les pays arabes dans un discours prononcé à Jéricho le 3 mars 1965131.

Le pays abrite le quartier général de la Ligue arabe de 1979 à 1990 ainsi que celui de l’OLP de 1982 à 1993, jusqu’à ce que son comité exécutif s’installe dans les Territoires occupés, bien que son département politique reste à Tunis. Le pays joue également un rôle modérateur dans les négociations de paix au Proche-Orient : la Tunisie est le premier pays arabe à recevoir une délégation israélienne en 1993, dans le cadre du processus de paix, et maintient une représentation en Israël jusqu’au début de la seconde Intifada en 2000.

 

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Habib Bourguiba et le roi Hassan II en 1975.
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Coincée entre l’Algérie et la Libye, la Tunisie a toujours cherché à maintenir de bonnes relations avec ses voisins malgré des tensions occasionnelles. La Tunisie et l’Algérie ont résolu un long litige frontalier en 1993 et ont coopéré dans la construction du gazoduc transméditerranéen menant vers l’Italie. La Tunisie a par ailleurs récemment signé un accord avec l’Algérie pour démarquer la frontière maritime entre les deux pays. Vis-à-vis de son autre voisin, les relations sont plus difficiles à partir de l’annulation par la Tunisie d’un accord visant à la formation d’une union tuniso-libyenne en 1974. Les relations diplomatiques sont rompues entre 1976 et 1977 puis se détériorent à nouveau en 1980 lorsque des rebelles appuyés par la Libye tentent de prendre la ville de Gafsa132.

En 1982, la Cour internationale de justice tranche le différend relatif à la partition du plateau continental frontalier (riche en pétrole) en faveur de la Libye. L’expulsion par la Libye de nombreux travailleurs tunisiens en 1985 et les menaces militaires américaines conduisent la Tunisie à restreindre leurs relations qui sont à nouveau normalisées dès 1987. Tout en soutenant les sanctions de l’ONU imposées à la Libye, à la suite de bombardements aériens américains, la Tunisie prend soin de maintenir de bonnes relations avec son voisin. Elle soutient ainsi la levée de ces sanctions en 2003, la Libye redevenant ainsi l’un de ses partenaires commerciaux majeurs. Néanmoins, les deux pays ont encore un contentieux maritime sur leur frontière commune.

La Tunisie revendique également sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont elle organise l’édition 2005, et devient le premier pays du bassin méditerranéen à signer, le 17 juillet 1995, un accord d’association avec l’Union européenne dans le but de renforcer son ancrage à l’Europe. Avec son plus proche voisin européen, Malte, la Tunisie discute actuellement de l’exploitation pétrolière du plateau continental qui se trouve entre les deux pays.

L’action politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières régionales. Lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en 1999, le président Ben Ali appelle à la création d’un Fonds mondial de solidarité (en s’inspirant du Fonds de solidarité nationale) visant à contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones les plus déshéritées dans le monde. L’Assemblée générale adopte à l’unanimité, le 20 décembre 2002, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.

Justice 


Le droit tunisien reste largement inspiré par le droit français, tant dans son contenu que dans ses grandes divisions (public et privé) et ses structures.

Modifiée à plusieurs reprises, la constitution tunisienne garantit les principes fondamentaux suivants :

  • l’indépendance de la justice (art. 65)133 : selon cette disposition, la justice et le corps des juges devraient jouir d’une pleine indépendance. En réalité, la justice tunisienne demeure influencée par le pouvoir exécutif. Ainsi, en tant que chef du Conseil supérieur de la magistrature, le président nomme par décret les magistrats, les révoque ou les transfère sur proposition dudit conseil ;
  • la garantie de certains principes fondamentaux du droit comme le principe de la présomption d’innocence (art. 12)1 et la non-rétroactivité de la loi (art. 13)1. L’inviolabilité de domicile, la liberté de mouvement et les libertés d’opinion, d’expression, de publication, de réunion et d’association sont également garanties sur le plan juridique ; ces droits peuvent être toutefois limités par des dispositions légales ou la sécurité d’État (art. 8-10)1.

Le système juridictionnel est précisé par la loi portant sur l’organisation judiciaire de 1967, les règles de compétence (attribution, compétence territoriale et compétence d’exception) étant établies dans d’autres textes dont le Code de procédure pénale du 24 juillet 1968. Le système judiciaire est composé de deux grands ensembles : les juridictions civiles (ordinaire, pénale et spéciale) placées sous le contrôle du ministère de la Justice et les juridictions spéciales : Conseil de Prud’hommes, Tribunal immobilier, Conseil d’État (Tribunal administratif et Cour des comptes), Haute Cour (destinée à juger le crime de trahison commis par un membre du gouvernement) et Tribunal militaire (qui n’est pas une juridiction d’exception selon les autorités tunisiennes). Le domaine de compétence de ce dernier s’étend principalement aux atteintes à la sécurité nationale et à la sûreté intérieure de l’État.

En février 2011, le nombre de condamnés à mort est de 130 dont quatre femmes134. La dernière exécution d’une sentence de peine de mort remonte à octobre 1991134.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 09:51

Christianisation 


Dans un espace ouvert sur l’extérieur comme l’est alors la province d’Afrique, le christianisme se développe de façon précoce48 grâce aux colons, commerçants et soldats49, et la région devient l’un des foyers essentiels de la diffusion de la nouvelle foi, même si les affrontements religieux y sont violents avec les païens. Dès le IIe siècle, la province applique aussi les sanctions impériales, les premiers martyrs étant attestés dès le 17 juillet 18049 : ceux qui refusent de se rallier au culte officiel peuvent être torturés, relégués sur des îles, décapités, livrés aux bêtes féroces, brûlés voire crucifiés.

 

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Ruines de la basilique de Damous El Karita à Carthage.
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À la fin du IIe siècle, la nouvelle religion progresse dans la province car, malgré une situation difficile, la nouvelle foi s’implante plus vite qu’en Europe, notamment en raison du rôle social joué par l’Église d’Afrique, qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle, et du fait de la très forte densité urbaine. C’est à partir d’environ 400 que, sous l’action dynamique d’Augustin d'Hippone et l’impulsion de quelques évêques, les grands propriétaires terriens et l’aristocratie citadine se rallient au christianisme, où ils voient leur intérêt, l’Église intégrant alors les diverses couches sociales. Rapidement, la province d’Afrique est considérée comme un phare du christianisme latin occidental49.

 

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Cyprien de Carthage, évêque de Carthage.
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Cette expansion rencontre toutefois des obstacles, en particulier lors du schisme donatiste40 qui est condamné de façon définitive au concile de Carthage. Ce dernier accuse les schismatiques d’avoir coupé les liens entre l’Église catholique africaine et les Églises orientales originelles49. En dépit de cette lutte religieuse, la conjoncture économique, sociale et culturelle est relativement favorable au moment du triomphe du christianisme50, comme en témoignent les nombreux vestiges, notamment de basiliques à Carthage et de nombreuses églises aménagées dans d’anciens temples païens (comme à Sbeïtla) ou même certaines églises rurales découvertes récemment.

Le 19 octobre 439, après s’être rendus maîtres d’Hippone51, les Vandales et les Alains entrent dans Carthage, où ils installent leur royaume pour près d’un siècle52. Les Vandales sont adeptes de l’arianisme53, déclarée hérésie chrétienne au concile de Nicée, ce qui ne facilite pas les relations entre eux et les notables locaux majoritairement catholiques. Or les Vandales exigent de la population une totale allégeance à leur pouvoir et à leur foi54. En conséquence, dès lors qu’ils tentent de s’opposer aux Vandales, les chrétiens sont persécutés : de nombreux hommes d’Église sont martyrisés, emprisonnés ou exilés55 dans des camps au sud de Gafsa. Dans le domaine économique, les Vandales appliquent à l’Église la politique de confiscation dont doivent pâtir les grands propriétaires54. Cependant, la culture latine reste largement préservée56 et le christianisme prospère tant qu’il ne s’oppose pas au souverain en place. Dans ce contexte, le territoire, enserré par des principautés berbères, est attaqué par les tribus de nomades chameliers : la défaite, en décembre 533 à la bataille de Tricaméron57, confirme l’anéantissement de la puissance militaire vandale. Carthage est prise facilement par les Byzantins dirigés par le général Bélisaire33, envoyé par Justinien58, le roi vandale Gélimer se rendant en 53458.

Malgré la résistance des Berbères, les Byzantins rétablissent l’esclavage et instituent de lourds impôts59. Par ailleurs, l’administration romaine est restaurée. L’Église d’Afrique est mise au pas54 et Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d’Afrique. À la fin du VIe siècle, la région est placée sous l’autorité d’un exarque cumulant les pouvoirs civil et militaire, et disposant d’une large autonomie vis-à-vis de l’empereur. Prétendant imposer le christianisme d’État, les Byzantins pourchassent le paganisme, le judaïsme et les hérésies chrétiennes59. Pourtant, à la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l’Église locale, se détournent de la cité. Or, avec une Afrique byzantine entraînée dans le marasme, un état d’esprit insurrectionnel secoue des confédérations de tribus sédentarisées et constituées en principautés54. Ces tribus berbères sont d’autant plus hostiles à l’Empire byzantin qu’elles ont conscience de leur propre force54. Avant même sa prise par les Arabes en 69860, la capitale et dans une certaine mesure la province d’Afrique se sont vidées de leurs habitants byzantins. Dès le début du VIIe siècle, l’archéologie témoigne en effet d’un repli61.

Arabisation et islamisation de la Tunisie 


Article détaillé : Tunisie à l'époque médiévale.
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La première expédition arabe sur la Tunisie est lancée en 64760. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi Al Fihri, est décisive : ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année59 et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb33. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 68362. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage63 en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena63. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 69763. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena62. Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à la religion de leurs vainqueurs62, principalement à travers leur recrutement dans les rangs de l’armée victorieuse. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats.

On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de race ni de classe64. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter64. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque65.

 

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La Grande Mosquée de Kairouan est le principal monument religieux de la Tunisie. Chef-d’œuvre d’architecture, elle fut un pôle culturel important durant le Moyen Âge.
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En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn al-Aghlab66 et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire67. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside67. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée68. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 90969. Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)70. En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile60 en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide60, ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère70. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison70.

 

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Minaret de la mosquée Zitouna de style almohade.
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Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 Bédouins70 — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands70. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime. Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères70. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale70.

À partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l’Italie, basés dans le royaume normano-sicilien. Cependant, l’ensemble du territoire d’Ifriqiya finit par être occupé par l’armée du sultan almohade Abd al-Mumin lors de son expédition depuis le nord du Maroc en 115971. L’économie devient florissante72 et des relations commerciales s’établissent avec les principales villes du pourtour méditerranéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d’Espagne). L’essor touche également le domaine culturel72 avec les œuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun ; le siècle almohade est considéré comme l’« âge d’or » du Maghreb72. De grandes villes se développent et les plus belles mosquées sont érigées à cette époque73.

Les Almohades confient la Tunisie à Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs mais son fils Abû Zakariyâ Yahyâ se sépare d’eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie berbère43 des Hafsides74. Elle acquiert son indépendance dès 123675 et dirige la Tunisie jusqu’en 157466, ce qui en fait la première dynastie tunisienne par sa durée76. Elle établit la capitale du pays à Tunis66, et la ville se développe grâce au commerce avec les Vénitiens, les Génois, les Aragonais et les Siciliens60.

À la croisée des convoitises 


Article détaillé : Tunisie beylicale.
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Les Hafsides de Tunis s’essoufflent et perdent peu à peu, après la bataille de Kairouan en 1348, le contrôle de leurs territoires au profit des Mérinides d’Abu Inan Faris75, alors que, frappée de plein fouet par la peste77 de 1384, l’Ifriqiya continue de subir une désertification démographique amorcée par les invasions hilaliennes78. C’est alors que commencent à arriver les Maures musulmans et juifs andalous60 fuyant la déchéance du royaume de Grenade en 1492 et occasionnant des problèmes d’assimilation78. En une dizaine d’années, les souverains espagnols Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille prennent les cités de Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l’îlot situé en face d’Alger. Pour s’en libérer, les autorités de la cité sollicitent l’aide de deux corsaires renommés, d’origine grecque : les frères Arudj et Khayr ad-Din79 Barbaros ou Barberousse.

 

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Carte maritime ottomane du XVIe siècle représentant la côte sud-est de la Tunisie.
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La Tunisie offrant un environnement favorable, les frères Barberousse s’y illustrent : Arudj reçoit en effet du souverain hafside aux abois l’autorisation d’utiliser le port de La Goulette puis l’île de Djerba comme base78. Après la mort d’Arudj, son frère Khayr ad-Din se place dans la vassalité du sultan d’Istanbul. Nommé grand amiral de l’Empire ottoman, il s’empare de Tunis en 1534 mais doit se retirer après la prise de la ville par l’armada que Charles Quint mène en 153560,78. En 1560, Dragut parvient à Djerba et, en 1574, Tunis est reprise par les Ottomans66, qui font de la Tunisie une province de l’empire53 en 1575. Pourtant, malgré leurs victoires, les Ottomans ne s’implantent guère en Tunisie.

 

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Nouvelle armée beylicale vers 1840.
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Au cours du XVIIe siècle, leur rôle ne cesse de décroître au profit des dirigeants locaux qui s’émancipent progressivement de la tutelle du sultan d’Istanbul80 alors que seuls 4 000 janissaires sont en poste à Tunis78. Au bout de quelques années d’administration turque, plus précisément en 159043, ces janissaires s’insurgent, plaçant à la tête de l’État un dey et, sous ses ordres, un bey81 chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Ce dernier ne tarde pas à devenir le personnage essentiel de la régence66 aux côtés du pacha, qui reste confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point qu’une dynastie beylicale finit par être fondée par Mourad Bey en 161382. Le 15 juillet 1705, Hussein Ier Bey fonde la dynastie des Husseinites76. Quoique toujours officiellement province de l’Empire ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle66, notamment avec Ahmed Ier Bey, régnant de 1837 à 1855, qui enclenche un processus de modernisation83.

À cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l’abolition de l’esclavage et l’adoption en 1861 d’une constitution83,84, et manque même de devenir une république indépendante.

Il est difficile de mesurer l’importance des influences turques qui demeurent en Tunisie. Quelques monuments affichent leur filiation ottomane. Dans un autre domaine, l’art des tapis, qui existait pour certains avant l’arrivée des Ottomans, voit les productions de Kairouan présenter au XVIIIe siècle des motifs purement anatoliens78.

Malgré ces influences perceptibles dans l’aspect des objets manufacturés, l’empreinte de l’Italie voisine se fait de plus en plus manifeste au cours du XVIIIe siècle, tant dans l’architecture que dans la décoration, marquant ainsi une ouverture du pays à l’Europe78.

Protectorat et lutte nationaliste 


Article détaillé : Protectorat français de Tunisie.
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Article connexe : Mouvement national tunisien.
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Toutefois, en raison de la politique ruineuse des beys, de la hausse des impôts76 et d’interférences étrangères dans l’économie, le pays connaît peu à peu de graves difficultés financières83. Tous ces facteurs contraignent le gouvernement à déclarer la banqueroute en 1869 et à créer une commission financière internationale anglo-franco-italienne85. La régence apparaît vite comme un enjeu stratégique de première importance de par la situation géographique du pays, à la charnière des bassins occidental et oriental de la Méditerranée86. La Tunisie fait donc l’objet des convoitises rivales de la France et de l’Italie. Les consuls français et italien tentent de profiter des difficultés financières du bey, la France comptant sur la neutralité de l’Angleterre (peu désireuse de voir l’Italie prendre le contrôle de la route du canal de Suez) et bénéficiant des calculs de Bismarck, qui souhaite la détourner de la question de l’Alsace-Lorraine86.

 

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Signature du traité du Bardo au palais de Ksar Saïd le 12 mai 1881.
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Les incursions de « pillards » khroumirs en territoire algérien fournissent un prétexte à Jules Ferry pour souligner la nécessité de s’emparer de la Tunisie86. En avril 1881, les troupes françaises y pénètrent sans résistance majeure et parviennent à occuper Tunis83 en trois semaines, sans combattre87. Le 12 mai 1881, le protectorat est officialisé lorsque Sadok Bey signe forcé, sous peine de mort88, le traité du Bardo89 au palais de Ksar Saïd90. Ce qui n’empêche pas, quelques mois plus tard, les troupes françaises de faire face à des révoltes rapidement étouffées dans les régions de Kairouan et Sfax86.

Le régime du protectorat est renforcé par les conventions de la Marsa du 8 juin 1883 qui accordent à la France le droit d’intervenir dans la politique étrangère, la défense et les affaires internes de la Tunisie91,92. La France représente dès lors la Tunisie sur la scène internationale, et ne tarde pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général93. Néanmoins, des progrès économiques ont lieu, notamment via les banques et les compagnies91. La colonisation permet l’expansion des cultures de céréales et de la production d’huile d’olive ainsi que l’exploitation des mines de phosphates85 et de fer. Un important port militaire est aménagé à Bizerte86. De plus, dans le domaine de l’éducation, les Français établissent un système bilingue arabe et français qui donne l’opportunité à l’élite tunisienne de se former dans les deux langues94.

 

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Procès de l’affaire du Djellaz en 1911.
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La lutte contre l’occupation française commence dès le début du XXe siècle avec le mouvement réformiste et intellectuel des Jeunes Tunisiens fondé en 190795 par Béchir Sfar, Ali Bach Hamba et Abdeljelil Zaouche. Ce courant nationaliste se manifeste par l’affaire du Djellaz en 1911 et le boycott des tramways tunisois en 191293. De 1914 à 1921, le pays vit en état d’urgence et la presse anticolonialiste est interdite33. Malgré tout, le mouvement national ne cesse pas d’exister93. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, une nouvelle génération organisée autour d’Abdelaziz Thâalbi prépare la naissance du parti du Destour93. Entré en conflit avec le régime du protectorat96, le parti expose, dès la proclamation officielle de sa création le 4 juin 192092, un programme en huit points. Après avoir fustigé le régime du protectorat dans des journaux comme La Voix du Tunisien et L’Étendard tunisien97, l’avocat Habib Bourguiba fonde en 1932, avec Tahar Sfar, Mahmoud El Materi et Bahri Guiga, le journal L'Action Tunisienne98, qui, outre l’indépendance, prône la laïcité99. Cette position originale conduit le 2 mars 193492, lors du congrès de Ksar Hellal96, à la scission du parti en deux branches, l’une islamisante qui conserve le nom Destour, et l’autre moderniste et laïque, le Néo-Destour85, une formation politique moderne, structurée sur les modèles des partis socialistes et communistes européens, et déterminée à conquérir le pouvoir pour transformer la société98. Après l’échec des négociations engagées par le gouvernement Blum, des incidents sanglants éclatent en 193785 et les émeutes d’avril 1938 sont sévèrement réprimées99.

Cette répression conduit à la clandestinité du Néo-Destour, qui incite les nouveaux dirigeants à ne pas exclure l’éventualité d’une lutte plus active100,101. En 1942, le régime de Vichy livre Bourguiba à l’Italie, à la demande de Benito Mussolini, qui espère l’utiliser pour affaiblir la Résistance française en Afrique du Nord99. Cependant Bourguiba ne désire pas cautionner les régimes fascistes et lance le 8 août 1942 un appel pour le soutien aux troupes alliées99. Pendant ce temps, la Tunisie est le théâtre d’importantes opérations militaires95 connues sous le nom de campagne de Tunisie85 Après plusieurs mois de combats et une contre-offensive blindée allemande dans la région de Kasserine et Sbeïtla au début de l’année 1943, les troupes du Troisième Reich sont contraintes de capituler le 11 mai dans le cap Bon, quatre jours après l’arrivée des forces alliées à Tunis102. Après la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants nationalistes inscrivent la résistance armée dans la stratégie de libération nationale101. Des pourparlers sont menés après la guerre avec le gouvernement français100, si bien que Robert Schuman évoque en 1950 l’indépendance de la Tunisie en plusieurs étapes92. Mais des troubles nationalistes en 1951 précipitent leur échec92.

 

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Habib Bourguiba à Bizerte en 1952.
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Ruines suite à une attaque sur Tazerka.
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Avec l’arrivée du nouveau résident général, Jean de Hauteclocque, le 13 janvier 1952, et l’arrestation, le 18 janvier, de 150 destouriens dont Bourguiba, débutent la révolte armée85, la répression militaire française92 et un durcissement des positions de chaque camp103. De plus, avec l’assassinat du syndicaliste Farhat Hached par l’organisation colonialiste extrémiste104 de la Main rouge105, le 5 décembre, se déclenchent manifestations, émeutes, grèves, tentatives de sabotage et jets de bombes artisanales101. Le développement de la répression, accompagnée de l’apparition du contre-terrorisme, incite les nationalistes à prendre plus spécifiquement pour cibles les colons, les fermes, les entreprises françaises et les structures gouvernementales101.

C’est pourquoi les années 1953 et 1954 sont marquées par la multiplication des attaques contre le système colonial. En réponse, près de 70 000 soldats français sont mobilisés pour arrêter les guérillas des groupes tunisiens dans les campagnes106. Cette situation difficile est apaisée par la reconnaissance de l’autonomie interne de la Tunisie, concédée par Pierre Mendès France le 31 juillet 195492,107.

C’est finalement le 3 juin 1955106 que les conventions franco-tunisiennes sont signées entre le Premier ministre tunisien Tahar Ben Ammar et son homologue français Edgar Faure104. En dépit de l’opposition de Salah Ben Youssef, qui sera exclu du parti53, les conventions sont approuvées par le congrès du Néo-Destour tenu à Sfax le 15 novembre de la même année103. Après de nouvelles négociations, la France finit par reconnaître « solennellement l’indépendance de la Tunisie »103 le 20 mars 1956108, tout en conservant la base militaire de Bizerte.

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 09:47

Tunisie

الجمهورية التونسية (ar)
République tunisienne (fr)
Drapeau de la Tunisie Armoiries de la Tunisie
(Drapeau de la Tunisie) (Armoiries de la Tunisie)
Devise nationale : Hurriya, Nidham, ’Adala (Liberté, Ordre, Justice)
carte
Langues officielles Arabe1(de jure)
Français (de facto)
Capitale Tunis
18px-Geographylogo.svg.png36°84′N 10°22′E
Première municipalité Tunis
Forme de l’État République présidentielle
 - Président (intérim)
 - Premier ministre
Fouad Mebazaa
Béji Caïd Essebsi
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 92e
163 610 km2
5 %
Population
 - Totale (2011)
 - Densité
Classé 78e
10 629 1862 hab.
65 hab./km2
Indépendance
 - Indépendance
France
20 mars 1956
Gentilé Tunisien, Tunisienne
PIB (PPA) (2010) 100,3 milliards USD2 (70)
IDH (2007) en augmentation 0,769 (moyen) (98)
Monnaie Dinar tunisien (TND)
Fuseau horaire UTC +1
Hymne national Humat Al-Hima
Code ISO 3166-1 TUN, TN
Domaine internet .tn
تونس. (dès 2011)3
Indicatif
téléphonique
+216
Organisations internationales
ONU, Union africaine, Ligue arabe, Union du Maghreb arabe

La Tunisie (arabe : تونس ou Tūnis), en forme longue la République tunisienne (الجمهورية التونسية ou al-Jumhūriyya at-Tūnisiyya), est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb.

Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée, à l’ouest par l’Algérie avec 965 kilomètres de frontière commune et au sud-est par la Libye avec 459 kilomètres de frontière. Sa capitale Tunis est située dans le nord-est du pays, au fond du golfe de Tunis. Plus de 30 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de régions montagneuses et de plaines fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain.

Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français le 12 mai 1881 avec la signature du traité du Bardo. Avec l’avènement de l’indépendance, le 20 mars 1956, le pays s’achemine, au début, vers le statut d’une monarchie constitutionnelle ayant pour souverain Lamine Bey4,5, dix-neuvième et dernier bey régnant de la dynastie des Husseinites6. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c’est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, en 1987, au terme de trente ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer, mais poursuit dès lors les principaux objectifs du « bourguibisme » tout en libéralisant l’économie. Ben Ali, après vingt-trois ans d’une présidence autoritaire et policière, caractérisée par l’importance de la corruption, cède à la pression de la rue le 14 janvier 2011, fuyant le pays et trouvant refuge en Arabie saoudite7. Avec son épouse, il fait l’objet d’un mandat d'arrêt international.

Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.



Géographie 


Article détaillé : Géographie de la Tunisie.
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Topographie de la Tunisie.
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La Tunisie, le plus petit État du Maghreb, se situe au nord du continent africain. Il est séparé de l’Europe par une distance de 140 kilomètres au niveau du canal de Sicile. Disposant d’une superficie de 163 610 km28, le pays est limité à l’ouest par l’Algérie avec 965 km de frontière commune, au sud-est par la Libye avec 459 km de frontière et au nord et à l’est par la mer Méditerranée avec 1 298 km de côtes. Les terres cultivées représentent 4,9 millions d’hectares dont 1,6 consacré à la culture des céréales, 1,6 consacré à la culture de l’olivier et 400 000 hectares consacrés aux cultures irriguées. Le désert du Sahara occupe une superficie comprise entre 33 % et 40 % du territoire selon qu’on le définisse d’après son aridité ou selon des caractéristiques paysagères.

La Tunisie possède un relief contrasté avec une partie septentrionale et occidentale montagneuse, la dorsale tunisienne, située dans l’extension du massif montagneux de l’Atlas ; elle est coupée par la plaine de la Medjerda, le seul cours d’eau du pays qui soit alimenté de façon continue. Le point culminant du territoire est le Djebel Chambi culminant à 1 544 mètres9.

À l’est, une plaine s’étend entre Hammamet et Ben Gardane, via le Sahel tunisien et la Djeffara. La partie méridionale du pays, principalement désertique, est divisée entre une succession de chotts (Chott el-Gharsa, Chott el-Jérid et Chott el-Fejaj), des plateaux rocheux et les dunes du Grand Erg Oriental. Le littoral parsemé de tombolos et de lagunes s’étend sur 1 298 kilomètres dont 575 de plages sablonneuses. Quelques îles dont les Kerkennah et Djerba parsèment le littoral.

Climat 

 

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Paysage du Sud tunisien.
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Le climat de la Tunisie se divise en sept zones bioclimatiques, la grande différence entre le nord et le reste du pays étant due à la chaîne de la dorsale tunisienne qui sépare les zones soumises au climat méditerranéen de celles soumises au climat aride engendré par le Sahara. En raison de sa situation géographique, le climat tunisien est influencé par divers types de vents : la côte nord est exposée aux vents marins soufflant depuis le sud de la France, ce qui provoque une baisse significative des températures et une hausse des précipitations, et le sud du pays aux vents chauds et secs tels le sirocco soufflant sur les grandes étendues désertiques et les plaines. Le pays bénéficie également d’un taux d’ensoleillement important (dépassant 3 000 heures par an).

Les températures varient en raison de la latitude, de l’altitude et de la proximité ou de l’éloignement de la mer Méditerranée. S’il peut faire quelques degrés au-dessous de 0 °C en hiver dans les montagnes de Kroumirie, la température grimpe parfois en été aux environs de 50 °C dans les régions désertiques. La pluviométrie annuelle varie également selon les régions : d’environ 1 000 millimètres au nord à environ 380 mm au centre et moins de 300 mm au sud.

Environnement


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La flore varie beaucoup en fonction des régions : celle des régions côtières est semblable à celle de l’Europe méridionale et comprend prairies, garrigue, maquis et forêts de chênes-liège. Plus au sud, la végétation est de type steppique avec une dominance de l’alfa. Dans les régions arides de l’extrême sud, les oasis sont plantées de palmiers-dattiers.

Huit aires naturelles ont été érigées en parcs nationaux. Le parc national de l'Ichkeul, qui s’étend sur 12 600 hectares, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco10. Il existe également seize réserves naturelles qui ont pour but d’être un habitat pour des espèces ayant une valeur écologique et économique et en tant qu’écosystèmes vulnérables.

Selon une étude du programme méditerranéen du WWF, la région côtière du nord-ouest figure parmi les treize sites de la Méditerranée qui se distinguent par leur richesse naturelle, leur biodiversité et leurs espèces végétales et animales uniques.

Géographie humaine 


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Banlieue nord de Tunis.
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Village près de Sejenane.
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L’espace tunisien apparaît inégalement peuplé et développé sur le plan socioéconomique selon un gradient intérieur - littoral (ouest - est) : les treize gouvernorats côtiers totalisent ainsi 65,3 % de la population totale avec une forte densité de population (140 habitants par km² contre 65,6 pour l’ensemble du pays11). L’économie y est diversifiée, l’activité industrielle se démarquant le plus avec la concentration de 85 % des établissements industriels du pays et même de 87,5 % de l’emploi dans ce secteur économique.

La Tunisie est urbanisée à 65,6 % en 200711 et connaît un taux d’urbanisation annuelle de 3,6 %. Le réseau urbain se situe sur la bande littorale orientale, entre les régions de Bizerte et Gabès en passant par Tunis, le Cap Bon, le Sahel et Sfax (centre-est du pays), qui dispose des plus grandes infrastructures économiques et concentre plus de 80 % de la population urbaine. Au terme du recensement de 2004, les principales agglomérations sont :

Géographie administrative 


Article détaillé : Gouvernorat (Tunisie).
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La Tunisie est divisée en 24 gouvernorats qui portent le nom de leurs chefs-lieux :

Tunis (تونس), Ariana (أريانة), Ben Arous (بن عروس), La Manouba (منوبة), Béja (باجة)
Jendouba (جندوبة), Le Kef (الكاف), Siliana (سليانة), Bizerte (بنزرت), Nabeul (نابل)
Zaghouan (زغوان), Gafsa (قفصة), Kairouan (القيروان), Kasserine (القصرين)
Mahdia (المهدية), Monastir (المنستير), Sfax (صفاقس), Sidi Bouzid (سيدي بوزيد)
Sousse (سوسة), Gabès (قابس), Kébili (قبلي), Médenine (مدنين), Tataouine (تطاوين), Tozeur (توزر)


À leur tête se trouvent des gouverneurs, nommés par le président de la République, qui sont les « dépositaires » de l’autorité de l’État. Trois institutions les aident à accomplir leurs missions :

  • le conseil local de développement ;
  • le conseil rural ;
  • le comité de quartier.

Aux côtés des gouverneurs se trouvent les Conseils régionaux qui sont chargés d’examiner « toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels ». Ils donnent ainsi leur avis sur les programmes et projets que l’État envisage de réaliser dans leur gouvernorat respectif, arrêtent le budget des gouvernorats et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établissent des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l’Intérieur).

Histoire 


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Préhistoire 


Les premières traces de présence humaine en Tunisie datent du Paléolithique. C’est à vingt kilomètres à l’est de Gafsa, dans l’oasis d’El Guettar, que se rassemble une petite population nomade de chasseurs-cueilleurs moustériens25. Michel Gruet, l’archéologue qui découvre le site, relève qu’ils consomment des dattes dont il retrouve le pollen aux alentours de la source26 aujourd’hui asséchée27.

 

 

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Mégalithes près de Makthar.
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Squelette capsien en position repliée.
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À une culture ibéromaurusienne, répartie sur le littoral28 et relativement minime en Tunisie29, succède la période du Capsien, nom créé par Jacques de Morgan et issu du latin Capsa, qui a lui-même donné le nom de l’actuelle Gafsa30. Morgan définit le Capsien comme étant une culture allant du Paléolithique supérieur au Néolithique, couvrant ainsi une période qui s’étend du VIIIe au Ve millénaires av. J.-C.31.

D’un point de vue ethnologique et archéologique, le Capsien prend une importance plus grande puisque des ossements et des traces d’activité humaine remontant à plus de 15 000 ans sont découverts dans la région. Outre la fabrication d’outils en pierre et en silex, les Capsiens produisaient, à partir d’ossements, divers outils dont des aiguilles pour coudre des vêtements à partir de peaux d’animaux.

Au Néolithique (4500 à 2500 av. J.-C. environ), arrivé tardivement dans cette région, la présence humaine est conditionnée par la formation du désert saharien, qui acquiert son climat actuel. De même, c’est à cette époque que le peuplement de la Tunisie s’enrichit par l’apport des Berbères32, issus semble-t-il de la migration vers le nord de populations libyques33 (ancien terme grec désignant les populations africaines en général34). Le Néolithique voit également le contact s’établir entre les Phéniciens de Tyr, les futurs Carthaginois qui fondent la civilisation punique, et les peuples autochtones de l’actuelle Tunisie, dont les Berbères sont désormais devenus la composante essentielle. On observe le passage de la Préhistoire à l’Histoire principalement dans l’apport des populations phéniciennes, même si le mode de vie néolithique continue un temps à exister aux côtés de celui des nouveaux arrivants. Cet apport est nuancé, notamment à Carthage (centre de la civilisation punique en Occident), par la coexistence de différentes populations minoritaires mais dynamiques comme les Berbères, les Grecs, les Italiens ou les Ibères d’Espagne. Les nombreux mariages mixtes contribuent à l’établissement de la civilisation punique35.

De la Carthage punique à la Carthage romaine 


Article détaillé : Histoire de Carthage.
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Articles connexes : Civilisation carthaginoise et Afrique romaine.
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Buste du général carthaginois Hannibal Barca.
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L’entrée de la Tunisie dans l’histoire se fait par l’expansion d’une cité issue d’une colonisation proche-orientale36. La Tunisie accueille progressivement une série de comptoirs phéniciens comme bien d’autres régions méditerranéennes. Le premier comptoir selon la tradition est celui d’Utique37, qui date de 1101 av. J.-C38. En 814 av. J.-C., des colons phéniciens venus de Tyr39 fondent la ville de Carthage40. D’après la légende, c’est la reine Élyssa (Didon pour les Romains), sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui est à l’origine de la cité41.

Ouverte sur la mer, Carthage est également ouverte structurellement sur l’extérieur. Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois ou Puniques étendent leur emprise sur le bassin occidental de la mer Méditerranée. Cette présence prend diverses formes, y compris celle de la colonisation40, mais reste d’abord commerciale42 (comptoirs de commerce, signature de traités, etc.) La mutation vers un empire plus terrestre se heurte aux Grecs de Sicile puis à la puissance montante de Rome40 et de ses alliés massaliotes, campaniens ou italiotes. Le cœur carthaginois qu’est la Tunisie, à la veille des guerres puniques, possède une capacité de production agricole supérieure à celle de Rome et de ses alliés réunis, et son exploitation fait l’admiration des Romains.

La lutte entre Rome et Carthage prend de l’ampleur avec l’essor des deux cités : ce sont les trois guerres puniques, qui faillirent voir la prise de Rome mais se conclurent par la destruction de Carthage, en 146 av. J.-C., après un siège de trois ans42. À l’issue de la Troisième Guerre punique, Rome s’installe sur les décombres de la ville40. La fin des guerres puniques marque l’établissement de la province romaine d’Afrique dont Utique devient la première capitale, même si le site de Carthage s’impose à nouveau par ses avantages et redevient capitale en 1440,43. En 44 av. J.-C., Jules César décide d’y fonder une colonie romaine, la Colonia Julia Carthago44, mais il faudra attendre quelques décennies pour qu’Auguste lance les travaux de la cité45.

 

 

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Capitole de Dougga.
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La région connaît alors une période de prospérité où l’Afrique devient pour Rome un fournisseur essentiel de productions agricoles33, comme le blé et l’huile d’olive45, grâce aux plantations d’oliviers chères aux Carthaginois40. La province se couvre d’un dense réseau de cités romanisées dont les vestiges encore visibles à l’heure actuelle demeurent impressionnants : il suffit de mentionner les sites de Dougga (antique Thugga), Sbeïtla (Sufetula), Bulla Regia, El Jem (Thysdrus) ou Thuburbo Majus.

 

 

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Mosaïque représentant Virgile entouré de deux muses.
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Partie intégrante de la République puis de l’empire avec la Numidie40, la Tunisie devient pendant six siècles le siège d’une civilisation romano-africaine d’une exceptionnelle richesse, fidèle à sa vocation de « carrefour du monde antique ». La Tunisie est alors le creuset de l’art de la mosaïque, qui s’y distingue par son originalité et ses innovations45. Concurrents des dieux romains, des dieux indigènes apparaissent sur des frises d’époque impériale, et le culte de certaines divinités, Saturne et Caelestis, s’inscrit dans la continuité du culte voué par les Puniques à Ba'al Hammon et à sa parèdre Tanit46. Le « carrefour du monde antique » voit aussi l’installation précoce de communautés juives44 et, dans le sillage de celles-ci, des premières communautés chrétiennes.

L’apogée du IIe et du début du IIIe siècles ne va toutefois pas sans heurts40, la province connaissant quelques crises au IIIe siècle av. J.-C. : la répression de la révolte de Gordien en 238 la frappe47 ; elle subit de même les affrontements entre usurpateurs au début du IVe siècle. La province est l’une des moins touchées par les difficultés que connaît l’Empire romain entre 235 et le début du IVe siècle. Avec la Tétrarchie, la province recouvre une prospérité que révèlent les vestiges archéologiques, provenant tant de constructions publiques que d’habitations privées. Cette époque est aussi le premier siècle du christianisme officiel, devenu religion licite en 313 et religion personnelle de l’empereur Constantin40.

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 19:33

Hocine Achiou

Hocine Achiou
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Biographie
Nom complet Hocine Achiou
Nationalité Drapeau : Algérie Algérie
Naissance 27 avril 1979 (32 ans)
à Alger, Drapeau : Algérie Algérie
Période pro. 1996-
Parcours professionnel *
Saison(s) Club M. (B.)
1996-2006 Drapeau : Algérie USM Alger
2006-2007 Drapeau : Suisse FC Aarau
2007-2008 Drapeau : Algérie USM Alger
2008 (déc.)-2009 Drapeau : Algérie JS Kabylie
2009- Drapeau : Algérie USM Alger
Sélection(s) en équipe nationale **
Année(s) Équipe M. (B.)
2003-2009 Drapeau : Algérie Algérie 26 (3)
* Compétitions officielles nationales et internationales.
** Matchs officiels.

 

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Hocine Achiou, né le 27 avril 1979 à Alger, est un footballeur international algérien. Il mesure 1,67 m.



Biographie


Hocine Achiou connut sa première sélection en équipe nationale A d'Algérie le 25 janvier 2003 face à l'Ouganda. Il décroche rapidement sa place au sein de la sélection algérienne avec qui il dispute la CAN 2004, au cours de laquelle il signe le plus beau but de la compétition. Débutant dans le petit club de l'ES Ben Aknoun, il signe en 1991 à l'USM Alger (D1 Algérienne) et y joue pendant 16 ans durant lesquels il remporte plusieurs titres.

Il a joué plusieurs années au l'USM Alger dans le championnat d'Algerie de première division, avec lequel il vient de mettre un terme à son contrat à l'âge de 27 ans, après une expérience en Europe (une année au club Suisse de D1 le FC Aarau). Finalement, il signe au mercato 2009/2010 avec l'USM Alger, son club de toujours.

Il porte le surnom de « EL-HARAMI » relativement à un but marqué en phase de finale de la coupe d'Afrique 2004 contre l'Égypte, après avoir remonté tout le terrain et éliminé plusieurs adversaires.

Carrière 


Palmarès 


  • 25 sélections et 3 buts avec la sélection nationale algérienne.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 08:30

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Viticulture en Tunisie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La viticulture en Tunisie a une longue tradition qui a débuté dans l'Antiquité comme dans beaucoup d'autres pays du bassin méditerranéen, grâce aux Phéniciens et, dans ce cas spécifique, grâce aux Carthaginois.

L'agronome Magon, qui vit dans la Carthage phénicienne, note dans son traité d'agronomie viticole, des pratiques qui sont toujours en vigueur de nos jours. Avec l'arrivée d'un pouvoir musulman dès le VIIe siècle et l'indépendance de la Tunisie en 1956, la viticulture n'a jamais disparu et cette branche de l'agriculture a une importance réelle dans l'économie de la Tunisie.



Histoire

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Mosaïque du Triomphe de Bacchus au Musée de Sousse.
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L'histoire de la viticulture en Tunisie coïncide avec celle de beaucoup d'autres pays d'Afrique du Nord. Durant la période romaine, ce type de culture se développe grandement jusqu'à ce que l'arrivée du premier pouvoir musulman fasse presque disparaître la culture du vin dans le pays.

Les Italo-tunisiens, très présents à partir du XVIIIe siècle et dont l'immigration est encouragée par le traité du 8 septembre 1868 signé entre le bey de Tunis et le gouvernement italien, développent fortement l'activité viticole dans la région du cap Bon.

Le premier vigneron de l'époque moderne est le cardinal Lavigerie qui procède à la plantation d'un vignoble au siège de l'archevêché en novembre 1879.Avec l'instauration du protectorat français de Tunisie à partir de 1881, la production de vin est réellement relancée. À cette époque, le pays ne compte qu'environ 1 000 hectares de vignoble dont 95 % sont destinés à la culture du raisin de table. Les cinquante hectares restants, qui sont destinés à la viticulture, passent rapidement aux mains des Français.

Dans les années 1950, ils subissent les conséquences de la lutte pour l'indépendance et sont contraints d'émigrer en masse. La Tunisie devient un fournisseur de vins de couverture et de coupe et le reste même lorsque le pays s'émancipe de la domination française. Ce n'est qu'au milieu des années 1960, lorsque les Italo-tunisiens partent, lorsque les Français sont expropriés et lorsque l'économie planifiée est introduite, que la production de vin tombe dans une crise profonde.

État du secteur 


Les 15 000 hectares de vignes tunisiennes[1] sont situées sur des coteaux où la température annuelle moyenne ne monte jamais au-dessus de 20 °C avec des précipitations idéales entre 250 et 500 millimètres par an. Les vins tunisiens, principalement des rouges et rosés, sont riches en alcool (11 à 12° pour le vin rouge et le vin rosé et un peu moins pour le vin blanc) sans excès d'acidité, ce qui est dû au caractère des nouveaux vins. À l'occasion des Vinalies internationales 2007, ils sont récompensés par cinq médailles[1].

La Tunisie possède un droit du vin copié sur le modèle français des appellations d'origine contrôlée. La commercialisation du vin, comme en Algérie, est presque totalement sous le contrôle de l'État tunisien au travers de l'Office du vin tunisien jusqu'en 1999. Par la suite, le secteur est libéralisé et une stratégie de qualité est encouragée avec l'établissement de sept AOC et la conclusion de partenariats avec des professionnels étrangers (notamment de France, d'Allemagne et d'Italie). Par ailleurs, un programme de modernisation des caves est lancé en 2002 : douze millions d'euros sont ainsi investis pour améliorer la qualité des crus des dix organisations membres de l'Union centrale des coopératives viticoles (UCCV), le premier producteur du pays avec 36 millions d'euros de chiffre d'affaires (également premier exportateur de vin à hauteur de 25 % de sa production) qui est plus connu sous l'appellation commerciale des « Vignerons de Carthage »[1].

 

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Rosé Jour et nuit produit par la société Ceptunes.
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Il existe huit sociétés mixtes dont l'objet est la mise en valeur de domaines viticoles, trois sociétés tuniso-françaises (dont deux avec le groupe Castel qui possède 250 hectares dans la région de Tunis), deux tuniso-allemandes, deux tuniso-italiennes et une tuniso-autrichienne. Dans ce contexte, la terre cultivable destinée à la fabrication du vin est fortement en recul et la production de raisin de table prend de l'importance. La majorité des cépages cultivés se retrouvent dans le sud de la France :

Cultivé sur une surface agricole dont les deux-tiers se trouvent dans le gouvernorat de Nabeul, le vignoble tunisien produit annuellement entre 300 et 400 000 hectolitres de vin, en croissance de 40 % depuis 2002 avec un pic de 600 000 hectolitres en 2007[1]. La production de vin de cuve a pour sa part baissé en passant de 416 000 hectolitres en 1999 à 300 000 en 2005. Celle-ci est produite à hauteur de 67 % par l'UCCV (qui assure 80 % des ventes du secteur)[1], à hauteur de 10 % par une société privée (Société pour l'industrie et la commercialisation des boissons) et à hauteur de 7 % par la coopérative viticole de Bou Argoub.

Les exportations annuelles dépassent quant à elles les 140 000 hectolitres[1]. L'Allemagne et la France sont les deux principaux clients du secteur, certaines quantités étant également exportées vers la Suisse, la Belgique, les États-Unis, le Canada et certains pays d'Europe de l'Est dont la Russie[1]. La production est commercialisée pour près de 70 % en vin d'AOC dont 20 % bénéficient de la mention « premier cru ».

Liste des AOC 


Grand Cru Mornag 


L'AOC est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Tunis. Cette aire produit des vins charnus, veloutés au palais, généreux et corsés. Le principal cépage, le carignan, est associé à des types plus forts comme le syrah ou le cabernet-sauvignon. Les rosés proviennent de cinsault et de grenache et les blancs de ugni blanc et de rezzegui. Ils accompagnent bien les plats de viande et surtout le gibier : Château Mornag, Coteaux de Carthage, Domaine Atlas, Domaine de Charmettes et Sidi Saâd.

Mornag 


L'AOC couvre la majeure partie du vignoble tunisien et s'étend sur les régions de Grombalia et Takelsa jusqu'à Korba à l'est et Enfida au sud. De par sa superficie, cette zone présente des aptitudes à produire des vins rouges, rosés et blancs. Le climat y est plus sec avec une pluviométrie allant de 300 à 400 millimètres. Cette zone est bordée par la mer, ce qui augmente l'humidité et limite les écarts de températures. Cette appellation est la plus marquée par l'introduction de cépages améliorateurs, ce qui offre un plus grand choix pour l'élaboration de rouges, rosés et blancs équilibrés : Coteaux de Mornag, Domaine d'Ouzra, Domaine Kurubis, Haut Mornag, Le Noble de Mornag, Mornag Village, Magon et Vieux Magon.

Thibar 


L'AOC se trouve sous un climat continental influencé par une altitude où les hivers sont froids et les étés chauds avec une moyenne pluviométrique de l'ordre de 500 millimètres par an. Cette zone de production permet d'obtenir des vins rouges, rosés et blancs commercialisés sous les dénominations suivantes : Clos de Thibar, Coteaux de Thibar et Domaine de Thibar.

Coteaux d'Utique


L'AOC est située à une quarantaine de kilomètres au nord de Tunis. Le sol y est limoneux avec des éboulis, le vignoble étant souvent en coteaux et bénéficiant d'une bonne exposition. Les vins rouges et rosés sont remarquablement appréciés pour leurs robes, leurs finesses de bouquet et leurs veloutés au palais. Ces vins sont connus sous les noms de Château Fériani, Coteaux de Bizerte, Coteaux de Mateur, Coteaux d'Utique et Domaine Karim.

Tébourba 


L'AOC couvre une superficie importante. Grâce à son climat, celle-ci produit des vins dotés de caractéristiques uniques et d'un prestige notoire. Cette région produit des vins rouges et rosés commercialisés sous les noms de Coteaux de Schuiggui, Coteaux de Tébourba, Domaine de Lansarine et Tébourba Village.

Sidi Salem


L'AOC est située à une trentaine de kilomètres au sud de Tunis. Le sol est formé d'alluvions et de poches de graviers. La pluviométrie annuelle est comprise entre 500 et 600 millimètres par an. Cette région produit des vins rouges et rosés qui accompagnent bien les plats de viande et de gibier. Ils sont connus sous les noms de Château Khanguet, Château Saint-Augustin, Coteaux de Khanguet, Domaine Nepheris et Khanguet Village.

Kélibia 


L'AOC est située à la pointe de la région du cap Bon se trouvant à 140 kilomètres à l'est de Tunis. Elle bénéficie d'un climat méditerranéen et ses sols sont siliceux. Le vignoble est composé uniquement d'un seul cépage, le muscat d'Alexandrie, appelé encore « muscat de Kélibia ». Le muscat de Kélibia est fruité et sec et recommandable soit comme apéritif soit avec des poissons grillés ou des fruits de mer.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:48

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Activités 

 

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Protection environnementale 

 

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Article détaillé : Parc national de Kilimandjaro.
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Carte des parcs nationaux et réserves forestières autour du Kilimandjaro et du mont Méru.
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La protection environnementale du Kilimandjaro s'est faite en plusieurs étapes. Une réserve de chasse est d'abord créée par les autorités allemandes en 1910. En 1921, elle est transformée en réserve forestière. En 1973, la zone au-dessus de 2 700 mètres d'altitude est classée au sein du parc national de Kilimandjaro. Il est ouvert au public quatre ans plus tard. En 1987, la limite du parc est abaissée jusqu'à 1 830 mètres d'altitude et il atteint 75 353 hectares[77]. Il est finalement inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[78] avec comme justification que « le Kilimandjaro, avec sa cime enneigée qui surplombe la plaine de près de 5 000 m, est le plus grand massif montagneux isolé qui soit » et que son parc abrite « une grande diversité d'espèces animales et végétales rares ou endémiques ». La réserve forestière qui l'entoure est progressivement passée de 89 000[79]à 92 906 puis 107 828 hectares[77]. L'ensemble protège 3 000 espèces végétales[21].

En parallèle de l'action du parc national, différents projets ont été mis en place à petite échelle dans le but d'améliorer la gestion de la forêt avec l'aide des populations locales et d'initier des programmes de reboisement. Mais les images satellites montrent que le morcèlement continue en raison du manque d'expérience des exploitants sylvicoles et du peu de moyens investis dans la lutte contre les incendies[21].

Un corridor biologique de huit kilomètres de large a été maintenu au nord-ouest du Kilimandjaro, en territoire masaï, afin de relier son parc avec celui d'Amboseli, de l'autre côté de la frontière avec le Kenya, afin d'aider à la circulation des vingt espèces communes de grands mammifères sur les vingt-cinq présentes dans les forêts de montagne[51].

Randonnée et alpinisme 

 

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Carte des itinéraires d'ascension et des refuges.
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L'ascension du Kilimandjaro est très prisée par de nombreux randonneurs, notamment par ceux qui se lancent à l'assaut des sept sommets. Environ 20 000 personnes franchissent l'entrée du parc national de Kilimandjaro et réalisent l'ascension chaque année. La meilleure période est de juillet à octobre ou en janvier et février afin d'éviter les saisons des pluies. La règlementation du parc impose les sentiers de randonnées, les moyens à mettre en œuvre pour faire l'ascension (garde, etc.) et récolte les droits d'entrée. Il est conseillé d'être suivi de porteurs, éventuellement d'un cuisinier mais la loi oblige à être accompagné d'un guide homologué. Toutes ces ascensions nécessitent une bonne condition physique, notamment pour se prémunir du mal aigu des montagnes. Si les risques sont faibles, quelques touristes ont cependant perdu la vie lors de cette ascension, par accident ou par manque de préparation. Il convient donc de rester prudent et de s'entraîner avant de la tenter puisque seulement 40 % des ascensions sont couronnées de succès. Des gardes sont stationnés sur la montagne pour permettre une évacuation rapide en cas d'urgence.

Itinéraires de randonnée[modifier]

Il faut compter entre six et dix jours pour parvenir au sommet et en revenir. Les sentiers pour le sommet du Kilimandjaro empruntent pour la plupart le versant méridional du volcan ; certains sont très fréquentés. Les itinéraires sur le versant septentrional sont réservés aux alpinistes chevronnés. Il existe sept points de départ (gate) autour de la montagne et plusieurs variantes.

Rongai Route ou Oloitokitok Route
Cet itinéraire est le plus septentrional et démarre à 1 950 mètres d'altitude. Il est peu fréquenté, mieux préservé, relativement facile et demande cinq à six jours d'ascension pour 45 kilomètres de marche. Il est privilégié durant les périodes des pluies car moins arrosé. Le camping est la seule option pour les trois premières nuits. La seconde partie de l'itinéraire est équipée de refuges et offre une variante plus directe qui reste plus éloignée du Mawenzi. L'ascension finale passe par Gillman's Point[80],[81],[82].
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Marangu Gate.
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Sentier à travers la forêt de nuage sur Marangu Route.
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Porteurs à l'approche du sommet.
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Marangu Route
Le départ à la Marangu Gate se situe au sud-est de la montagne, à 1 870 mètres d'altitude, au cœur de la forêt humide. C'est l'itinéraire le plus ancien, le plus aisé et le plus régulier, mais aussi le moins spectaculaire et le plus utilisé des touristes ; peu d'expérience et de matériel sont nécessaires. Quatre jours d'ascension et deux jours de descente suffisent pour parcourir ses 36 kilomètres et il est possible de passer chaque nuit en refuge. L'ascension finale passe également par Gillman's Point[83],[81].
Mweka Route
Cet itinéraire sur le versant méridional est le plus direct mais aussi le plus raide et le plus périlleux. Il n'est plus autorisé qu'à la descente. Il aborde le sommet du Kibo à proximité de Stella Point et entame les 22 kilomètres jusqu'à 1 640 mètres d'altitude par une crête qui longe la South-East Valley[84],[85].
Umbwe Route
Cet itinéraire très peu fréquenté se situe également au sud du Kibo. Il a été ouvert en 1963[86]. Il est court, pentu et considéré comme très difficile. La rapidité d'ascension depuis 1 600 mètres d'altitude ne permet pas toujours à l'organisme de s'acclimater. Depuis la fermeture du tronçon Great Western Breach Route, la montée fait désormais 31 kilomètres et demande cinq jours de marche[87],[81].
Machame Route
Le départ à la Machame Gate se situe au sud-ouest de la montagne, à 1 640 mètres d'altitude. Le sentier passe dans le Barranco, puis entre le Shira et le Kibo avant d'atteindre Lava Tower. C'est un des itinéraires les plus spectaculaires et est en passe de devenir aussi populaire que Marangu Route dans le sens de la montée. Il n'offre en revanche pas beaucoup de possibilités d'abri et s'avère relativement difficile en raison des marches plus longues et plus relevées, même si la partie intermédiaire, plus plate, permet de s'acclimater. Il faut entre six et sept jours pour atteindre le sommet et parcourir les 40 kilomètres en évitant la Great Western Breach[88],[81].
Lemosho Route
Cet itinéraire de 49 kilomètres (par le Southern Circuit) complètement à l'ouest de la montagne est relativement difficile et moyennement fréquenté. Le panorama qu'il offre sur le mont Méru, avant de contourner le Shira par le nord, est certainement le plus apprécié. Il démarre à 2 360 mètres d'altitude à Londorossi Gate et nécessite entre six et huit jours de montée[89],[81].
Shira Route
Cet itinéraire est plus ancien et légèrement plus au nord que le précédent, sur le versant occidental de la montagne. Il démarre à 3 600 mètres d'altitude, beaucoup plus près de la partie sommitale, en évitant une longue marche dans la forêt. Il demeure relativement ardu et moyennement fréquenté parce que l'acclimatation est difficile les premiers jours. Il faut six ou sept jours pour parcourir ses 34 kilomètres par le Southern Circuit[80],[81],[90].
Great Western Breach Route
Il s'agit de la seule alternative permettant une approche du pic Uhuru par l'ouest. Elle est naturellement accessible depuis Shira/Lemosho/Machame Route. Son passage permet de franchir un dénivelé de 850 mètres en seulement deux kilomètres, avec l'aide des mains. Cependant, ses pentes sont instables et ont causé la mort de trois grimpeurs en janvier 2006. À la suite de cet accident, les autorités du parc ont décidé d'interdire son accès durant près de deux ans. Malgré sa réouverture en décembre 2007, cet itinéraire reste fortement déconseillé[81]. Désormais, il est parfois considéré du domaine de l'alpinisme et côté I+[91].
Southern Circuit ou Summit Circuit
Cette variante relie Shira/Lemosho/Machame Route, Umbwe/Mweka Route et Marangu/Rongai Route au sud du Kibo. Elle a été la seule possibilité de rejoindre le sommet en venant de l'ouest lors de la fermeture de la Great Western Breach Route et reste conseillée depuis. Elle a l'avantage d'offrir une jolie vue sur les fronts glaciaires du Southern Icefield puis traverse la partie supérieure de la vallée de Karanga[85].
Northern Circuit
Il s'agit du tracé le plus récent et reste peu fréquenté. C'est une variante qui contourne le Kibo par le nord-ouest et relie Rongai Route à Shira/Lemosho/Machame Route. Il faut compter neuf jours pour parcourir les 90 kilomètres qui mènent au sommet en évitant la Great Western Breach[92].
Mawenzi & The Saddle
Cette variante relie Rongai Route et Marangu Route en passant au pied du Mawenzi.

Records 

 

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Panneau indiquant le sommet du pic Uhuru.
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Le 28 septembre 2010, Kilian Jornet Burgada bat le double record de l'ascension la plus rapide en 5 h 23 min 50 sec, par la voie Great Western Breach, et celui de l'aller-retour en 7 h 14 min en descendant du sommet par une voie différente de la montée[93]. Il bat respectivement l'Italien Brunod qui a établi le temps de 5 h 38 min 40 s, par la Marangu Route, en 2001, et le Tanzanien Simon Mtuy qui détenait depuis le 26 décembre 2004 le record de l'aller-retour le plus rapide en 8 h 27 min en étant monté par Umbwe Route et redescendu par Mweka Route. Ce dernier a également réalisé le temps le plus rapide sans assistance alimentaire en 9 h 19 min le 22 février 2006. Chez les femmes, la Britannique Rebecca Rees-Evans a vaincu le sommet en 13 h 16 min 37 s par le même itinéraire. La personne la plus jeune à avoir atteint le pic Uhuru est l'Américain Keats Boyd à l'âge de sept ans, le 21 janvier 2008, alors qu'il est normalement interdit de le faire en dessous de l'âge de dix ans. La plus âgée est, d'après le Livre Guinness des records, l'Américain Carl Haupt lorsqu'il réalise l'ascension en 2004 à l'âge de 79 ans ; il est pourtant avéré que le Français Daniel Valtée l'a réussi avant lui, à l'âge de 87 ans[94].

Alpinisme 


La roche du Kilimandjaro n'est généralement pas très propice pour l'escalade. Toutefois, les pics du Mawenzi offrent quelques bonnes voies et le recul des glaciers du Kibo contribue à l'apparition de quelques parois verticales ou passages vertigineux sur certains tronçons de l'itinéraire Umbwe en particulier. Des autorisations spéciales et des décharges sont nécessaires pour les emprunter.

Breach Wall
Cette paroi est parfois comparée à la face Nord de l'Eiger[91] et propose un dénivelé entre 4 700 et 5 400 mètres. La voie directe, la plus naturelle, est appelée Messner & Renzler depuis que ces deux alpinistes l'ont ouverte le 31 janvier 1978 ; elle emprunte des rochers gelés et des couloirs vers les glaciers Balletto et Diamond et est cotée VI. D'autres voies moins connues empruntent cette paroi : la voie orientale réalisée par John Temple et Anthony Charlton les 22 et 23 décembre 1974 (V+), la voie Balletto par John Temple et Dave Cheesmond entre le 1er et le 4 avril 1975 (VI) et la voie Lortscher du nom de l'alpiniste qui l'a ouverte les 11 et 12 janvier 1972 (V)[95].
Glacier Kersten
Les voies le long de ce glacier peuvent s'avérer difficiles à trouver en raison du relief, des conditions d'enneigement et des chutes de pierres et de glace l'après-midi. Elles sont cotées de III+ à VI. La première ascension par la voie originale est réalisée par Walter Welsch et Leo Herncarek entre le 20 et le 22 septembre 1962. La voie par le côté droit du glacier est réussie par Mark Savage et Iain Allan les 28 et 29 juillet 1976. Enfin, la voie directe est ouverte les 20 et 21 décembre 1975 par Ian Howell, Bill O'Connor et John Cleare[91],[85],[95].
Glacier Heim
Cette traversée est réalisée la première fois par A. Nelson, H.-J. Cooke et D.-N. Goodall en 1957. Elle est cotée III+. La partie inférieure peut s'avérer glissante si la neige laisse place à la glace ou à la roche. La partie supérieure est dominée par l'éperon du Window Buttress où il est possible de bivouaquer[91],[85],[95]. Une voie directe démarrant entre les glaciers Heim et Kersten est ouverte par Robert Barton et David Morris les 29 et 30 décembre 1977. Elle est une des plus difficiles du Kilimandjaro et est cotée VI[95].
Glacier Decken
La base du glacier est étroite et pentue. Des chutes de pierres et de glace peuvent également survenir[91]. Il est gravi pour la première fois le 12 janvier 1938 par E. Eisenmann et T. Schnackig en empruntant la voie originale qui démarre à 4 650 mètres d'altitude. La première en solitaire sur cette même voie est l'œuvre de Ante Mahote en 1964. En août 1974 une voie est ouverte dans le côté droit du glacier par M. Tudo, J. Montford, F. Schock et J. Kuhn. Les deux voies sont cotées III/IV[95].
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Le Mawenzi et The Saddle depuis le refuge Kibo.
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Glacier Little Penck
La voie suit des couloirs de neige depuis le bas du glacier à 4 900 mètres d'altitude jusqu'à 5 700 mètres d'altitude avant l'escalade finale du pic Uhuru. Elle est cotée III depuis la première réalisée le 20 juin 1969 par D. Payne et D. King[91],[95].
Mawenzi
Le sommet offre deux voies principales permettant de relier le pic Hans Meyer et le Nordecke. La première, cotée II, emprunte une série de couloirs au-dessus de la partie supérieure gauche des éboulis de North West Corrie jusqu'à une arête rocheuse. Elle est ouverte en solitaire par R. F. Davies en janvier 1953. La seconde, cotée IV, démarre dans des éboulis entre l'éperon Nord et l'arête Nord-Est. Une série d'arêtes et de fissures mène au sommet du Nordecke d'où il est possible d'atteindre le pic Hans Meyer via un col facile d'accès[85].

Refuges 


Les itinéraires sont équipés de refuges de montagne de manière inégale. Marangu Route dispose des plus confortables (literie, eau, douches, électricité, cuisines). Autrement, il existe des camps à la fin de chaque journée de marche. Plusieurs de ces camps se situent à l'abri de grottes. Il est interdit de bivouaquer en dehors de ces zones pour des questions de sécurité. Certains camps portent le qualificatif de hut signifiant « refuge » (Machame Hut, Barranco Hut) mais sont tout juste équipés de quelques commodités sans toutefois offrir de possibilité pour se restaurer ou dormir[86].

 

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Refuge Horombo.
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Entrée du refuge Kibo.
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Sentier sur Mweka Route vers les refuges Barafu sur la crête.
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School Hut ou Outward Bound Hut
Ce refuge est situé à 4 800 mètres d'altitude sur Rongai Route. Il était connu sous le nom de Outward Bound Hut avant que ce nom soit abandonné par les autorités du parc. Il n'est plus utilisé comme dortoir en raison de son délabrement[86].
Mawenzi Tarn Hut
Ce refuge est situé à 4 315 mètres d'altitude sur Rongai Route. Il a été construit dans les années 1970 au pied d'un cirque naturel en contrebas du Mawenzi. Il est cependant laissé à l'abandon[86].
Mandara Hut
Ce refuge est situé à 2 700 mètres d'altitude sur Marangu Route après une première journée de marche. Sa construction date d'avant la Première Guerre mondiale. Il est d'abord baptisé Bismarck Hut, du nom du chancelier impérial allemand. Le bâtiment d'origine n'existe plus ; il a été remplacé par plusieurs refuges en bois avec des fonds norvégiens. Le principal dispose d'une salle à manger. Au total, ils disposent de 60 à 80 lits[86].
Horombo Hut
Ce refuge est situé à 3 720 mètres d'altitude sur Marangu Route. C'est le deuxième sur cet itinéraire. Il dispose de 120 lits répartis en plusieurs chalets en bois, soit une capacité double par rapport aux autres refuges situés sur cet itinéraire parce qu'il sert aussi bien à la montée qu'à la descente.
Kibo Hut
Ce refuge en pierre est situé à 4 703 mètres d'altitude après la jonction entre Marangu Route et Rongai Route. Il dispose de 60 lits.
Mweka Hut
Ce refuge est situé à 3 100 mètres d'altitude sur Mweka Route. Il a été construit dans les années 1960. Inutilisé à la descente, il est désormais fermé depuis que la montée par cet itinéraire est interdite et se trouve dans un état de délabrement avancé[86].
Barafu Hut
Ce refuge est situé à 4 673 mètres d'altitude après la jonction entre Mweka Route et Umbwe Route. Il est constitué de deux abris très sommaires établis dans les années 1960 où il est parfois préférable de camper[86].
Moir Hut
Ce refuge est situé à 4 200 mètres d'altitude après la jonction entre Lemosho Route, Shira Route et Machame Route.

Le Kilimandjaro dans la culture populaire 

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Tableau de 1911 représentant une scène de la colonisation allemande avec pour toile de fond le Kilimandjaro.
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Le statut du Kilimandjaro a évolué d'une dimension mythique jusqu'au milieu du XIXe siècle, en raison des récits oniriques de l'Antiquité, des fantasmes d'Eldorado de la Renaissance, des récits sacrés et finalement de la présence supposée de neige à son sommet, à emblématique au fur et à mesure que les missionnaires et les explorateurs sont venus avérer la réalité de l'existence de glaciers et étudier la géographie de la montagne. Il demeure pourtant dans l'imaginaire iconographique et textuel un lieu évoquant les récits bibliques (grands animaux, image du « bon sauvage ») et le berceau de l'Humanité (découvertes archéologiques). De là, il n'y a qu'un pas pour que le randonneur ait l'impression d'effectuer un pèlerinage vers le « toit de l'Afrique » en puisant dans ses ressources physiques comme mentales[60].

La littérature évoque l'aspect fantastique du Kilimandjaro :

« Ensuite, ils commencèrent à prendre de l’altitude en direction de l’Est, semblait-il ; après quoi, cela s’obscurcit et ils se trouvèrent en pleine tempête, la pluie tellement drue qu’on eût cru voler à travers une cascade, et puis ils en sortirent et Compie tourna la tête et sourit en montrant quelque chose du doigt et là, devant eux, tout ce qu’il pouvait voir, vaste comme le monde, immense, haut et incroyablement blanc dans le soleil, c’était le sommet carré du Kilimandjaro. Et alors il comprit que c’était là qu’il allait. »

— Ernest Hemingway, Les Neiges du Kilimandjaro (1936)

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Vue « classique » d'un éléphant avec le Kilimandjaro en arrière-plan.
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Dans Le Lion de Joseph Kessel (1958), alors que le narrateur et sa fille Patricia séjournent dans une réserve du Kenya parmi les Masaï, la montagne est en toile de fond. Ses dimensions imposantes sont rappelées tout au long du roman et ses neiges souvent évoquées : « les derniers feux du soleil sur la neige du Kilimandjaro ». Il en est également question par exemple dans Cinq Semaines en ballon de Jules Verne (1863).

En chanson, Pascal Danel sort en 1966 Kilimandjaro dont les paroles semblent inspirées de la nouvelle de Hemingway ; c'est un succès international qu'il adapte en six langues différentes et qui sera repris dans plus de 180 versions :

Il n'ira pas beaucoup plus loin
La nuit viendra bientôt
Il voit là-bas dans le lointain
Les neiges du Kilimandjaro
[...]

Voilà sans doute à quoi il pense
Il va mourir bientôt
Elles n'ont jamais été si blanches
Les neiges du Kilimandjaro

Jean Ferrat évoque en ces mots le Kilimandjaro, dans un texte du même titre, en 1985 :

Que la vie c'est du terre à terre
Qu'on peut pas être himalayen
Sept jours sur sept et qu'il s'avère
Qu'il faut savoir être moyen

Tu comprends pas c'est ça qu'est triste
Que j'aimerais vivre moins haut
Être un amoureux plus simpliste
Avoir l'altitude à zéro

Pour sa part, Pierre Perret console son ami en l'emmenant « faire un pique-nique en haut du Kilimandjaro » (Mon p'tit loup) tandis que Michel Sardou fait rimer « le toit du Kilimandjaro et la montagne Eldorado » (Dans ma mémoire, elle était bleue). En 1981, Carlos Santana écrit un morceau instrumental titré Tales of Kilimanjaro.

Au cinéma, Mino Guerrini réalise en 1986 Les mines du Kilimandjaro, un film italien qui raconte l'histoire d'un lycéen américain recherchant des diamants près de la montagne dans les années 1930. Il doit affronter les Nazis, des gangsters chinois et des tribus locales. Dans un autre registre, le volcan apparaît dans Le Roi lion 2.

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Représentation du Kilimandjaro sur un timbre du Kirghizistan émis en 1995.
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L'évolution de l'image du Kilimandjaro dans l'imaginaire collectif accompagnée du succès que la montagne acquiert dans les arts à la suite du siècle des Lumières puis du développement du tourisme est sans doute responsable de l'engouement dont il bénéficie au fur et à mesure que les supports se diversifient : tissus (batiks), estampes, lithographie, gravure sur cuivre et acier, photographie, etc. Pourtant, ses dimensions et les carcans posés par les pratiques artistiques ont longtemps été un frein à la diversification de sa représentation. Il figure souvent en toile de fond de vues composées avec des animaux sauvages, une flore exotique ou des guerriers masaï en premier-plan. Ces représentations sont principalement le reflet des préjugés culturels et des stéréotypes occidentaux sur l'Afrique. Les premiers temps, elles ont un aspect inquiétant ; puis elles se font plus romantiques. Une constante est de l'entourer de nuages, d'abord pour évoquer son côté mystérieux, puis sa dimension spirituelle et enfin sa hauteur. Monseigneur Le Roy est un de ceux qui a produit le plus de gravures sur le Kilimandjaro (une œuvre remarquable est Le Kilima-Njaro, vue prise du Matchamé, en 1893). Il est aussi un des premiers, avec J. Chanel, à prendre des photographies de la montagne dans les années 1890. La fragilité des premières pellicules génère des problèmes de surexposition. Ainsi, les difficultés inhérentes à cette technique pourtant plus authentique constituent longtemps une de ses faiblesses, mais elle va permettre de diversifier les vues du sommet. La publicité s'empare du symbole ; il devient le logotype de marques d'eau minérale, de bière[96], de café, de thé, de cigarettes, d'agences touristiques ou encore de chaînes hôtelières, et est repris dans des slogans : « Air Tanzania, les ailes du Kilimandjaro » ou « la Tanzanie, terre du Kilimandjaro et de Zanzibar » (State Travel Service). Il est partagé par les tanzaniens et les kenyans selon que le couple Kibo-Mawenzi est représenté dans un sens ou dans l'autre. Il n'échappe pas non plus aux pièces de monnaies et aux timbres. Enfin, avec le tourisme de masse, la carte postale semble retrouver le conformisme attendu des premières représentations artistiques à deux plans : elle doit dresser les richesses naturelles et l'identité de la région[97],[98].

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