Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 10:24

Retour en Angleterre et carrière d'écrivain

 

 

 


« Frankenstein est l’œuvre la plus merveilleuse jamais écrite à vingt ans dont j’ai entendu parler. Vous avez à présent vingt-cinq ans. Et, fort heureusement, vous avez poursuivi un parcours de lectrice, et cultivé votre esprit de la plus admirable manière pour faire de vous un grand écrivain à succès. Si vous ne pouvez pas être indépendante, qui pourrait l’être ? »

— William Godwin à Mary Shelley90

Après la mort de son époux, Mary Shelley vit durant une année avec Leigh Hunt et sa famille à Gênes, où elle rencontre fréquemment Lord Byron et transcrit ses poèmes. Elle a décidé de vivre de sa plume et pour son fils, mais sa situation financière est précaire. Le 23 juillet 1823, elle quitte Gênes pour l’Angleterre et s’installe avec son père et sa belle-mère à Strand (Londres) jusqu’à ce qu’une petite avance de son beau-père lui permette de se loger à proximité91. Sir Timothy Shelley convient d’assurer la subsistance de son petit-fils à condition qu’il soit placé auprès d’un tuteur désigné. Mary Shelley rejette immédiatement cette idée92. Elle parvient à soutirer à Sir Timothy une allocation annuelle (qu’elle devra rembourser lorsque Percy Florence héritera du domaine). Jusqu’à la fin de ses jours, il refusera de la rencontrer et ne traitera avec elle que par avocat interposé. Mary Shelley s’occupe de publier, entre autres, les poèmes de son mari mais elle doit se retreindre pour le bien de son fils. En effet, Sir Timothy menace de ne plus verser d’allocation si la moindre biographie du poète est publiée93. En 1826, après le décès de Charles Shelley, fils de Percy Shelley et d’Harriet Shelley, Percy Florence devient l’héritier du domaine des Shelley. Sir Timothy augmente alors l’allocation annuelle de Mary de 100 à 250 £, mais demeure toujours aussi difficile94. Alors qu’elle apprécie la compagnie stimulante de l’entourage de William Godwin, la pauvreté empêche Mary de sortir dans le monde autant qu’elle l'aurait souhaité. Elle se sent également rejetée par ceux qui, comme Sir Timothy, désapprouvent encore sa liaison avec Percy Bysshe Shelley95.

L’été 1824, Mary Shelley déménage à Kentish Town, dans le Nord de Londres, pour se rapprocher de Jane Williams. Elle est peut-être, selon les mots de son biographe Muriel Spark, « un peu amoureuse » de Jane. Mais Jane la décevra ensuite en propageant des rumeurs alléguant que Percy la préférait à Mary et qu’elle ne lui suffisait pas96. À la même époque, Mary écrit son roman Le Dernier Homme (1826) et collabore avec des amis à l’écriture des mémoires de Lord Byron et Percy Shelley — c’est le début de ses tentatives d’immortaliser son époux97. Elle rencontre également l’acteur américain John Howard Payne et l’écrivain américain Washington Irving. Payne tombe amoureux d’elle et la demande en mariage en 1826. Elle refuse, expliquant qu’après avoir épousé un génie elle ne peut se marier qu’à un autre génie98. Payne accepte son refus et essaie, mais sans succès, de pousser son ami Irving à faire sa demande. Mary Shelley était au courant du plan de Payne, mais on ignore jusqu’à quel point elle le prenait au sérieux99.

 

 

 

 

Portrait ovale d'une femme portant un châle et un fin bandeau autour de la tête, sur un arrière-plan couleur de lin.
magnify-clip.png
Le portrait de Mary Shelley par Reginald Easton a probablement été peint d’après son masque mortuaire (c. 1857)100.

 

 

 

 

En 1827, Mary Shelley participe à un projet visant à permettre à son amie Isabel Robinson et à son amoureuse, Mary Diana Dods, qui écrit sous le pseudonyme de David Lyndsay, de s’engager dans une vie commune en France comme mari et femme101,N 13. Avec l’aide de Payne, auquel elle ne donne pas tous les détails, Mary obtient de faux passeport pour le couple102. En 1828, en leur rendant visite à Paris, elle contracte la petite vérole. Elle guérira des semaines plus tard, sans cicatrice, mais la fraîcheur de sa beauté envolée103.

Entre 1827 et 1840, Mary Shelley est écrivain et éditeur. Elle écrit Perkin Warbeck (1830), Lodore (1835) et Falkner (1837). Elle écrit l'essentiel des cinq volumes (consacrés à des auteurs italiens, espagnols, portugais et français) des Vies des hommes de lettres et de science les plus éminents, qui font partie de la Cabinet Cyclopaedia de Dionysius Lardner. Elle écrit également des histoires pour des magazines féminins. Elle aide toujours son père financièrement et ils collaborent en se cherchant mutuellement des éditeurs104. En 1830, pour 60 £, elle vend les droits d’une nouvelle édition de Frankenstein à Henry Colburn et Richard Bentley, pour leur nouvelle série de romans classiques105. Après la mort de son père, en 1836, à l’âge de 80 ans, elle rassemble ses lettres et un mémoire pour les publier, comme il l’a demandé dans son testament, mais après deux ans de travail, elle abandonne le projet106. Durant cette période, elle défend la poésie de Percy Shelley, incitant à le publier et le citant dans ses écrits. En 1837, le travail de Percy était connu et de plus en plus admiré107. En été 1838, Edward Moxon, éditeur de Tennyson et beau-fils de Charles Lamb, propose de publier un recueil des travaux de Percy Shelley. Mary reçoit 500 £ pour annoter les Poetical Works (1838). Sir Timothy insiste pour que le recueil ne comporte pas de biographie. Mary trouvera tout de même un moyen de raconter l’histoire de Percy : elle inclut d’importantes notes biographiques liées aux poèmes108.

Mary continue à n'aborder qu'avec circonspection d'éventuelles aventures amoureuses. En 1828, elle rencontre l’écrivain français Prosper Mérimée, qui lui fait la cour, mais la seule lettre encore existante qu’elle lui ait adressé est une lettre de rejet de sa déclaration d’amour109. Elle se réjouit du retour en Angleterre de son ancien ami d’Italie Edward Trelawny, ils plaisantent même sur leur mariage dans leurs lettres110. Mais leur amitié est altérée d’abord par le refus de Mary de participer à la biographie de Percy Shelley proposée par Edward, puis par la colère d’Edward lorsqu'elle l'omet dans la partie athée de Queen Mab (recueil de poèmes de Percy Shelley)111. Dans son journal intime, entre les années 1830 et 1840, des allusions détournées suggèrent que Mary Shelley a eu des sentiments pour le politicien radical Aubrey Beauclerk, mais celui-ci l’a probablement déçue en en épousant une autre à deux reprises112,N 14.

Durant ces années, la première préoccupation de Mary est le bien être de Percy Florence. Selon le vœu de son mari, son fils fréquente une public school, et, avec l’aide que Sir Timothy lui accorde avec réticence, lui fait faire ses études à Harrow. Pour éviter les frais de mise en pension, elle déménage à Harrow on the Hill afin que Percy puisse suivre les cours en tant qu’externe113. Quand bien même il poursuivra ses études jusqu’à Trinity College à Cambridge, et touchera un peu à la politique et au droit, il ne montrera aucun signe des dons de ses parents114. Dévoué à sa mère, il retournera vivre avec elle, après avoir quitté l’université en 1841.

Dernières années et mort

En 1840 et 1842, mère et fils voyagent ensemble sur le continent. Mary Shelley racontera ces voyages dans Errances en Allemagne et en Italie en 1840, 1842 et 1843 (1844)115. En 1844, Sir Timothy Shelley meurt à l’âge de nonante ans, « tombant de sa tige comme une fleur trop épanouie »116. Pour la première fois, Mary et son fils sont financièrement indépendants, même si l'héritage se révèle plus modeste qu’espéré117.

 

 

 

 

Photographie d'une tombe de granit en forme de cercueil.
magnify-clip.png
Pour répondre aux vœux de Mary, Percy Florence et sa femme Jane firent exhumer les cercueils des parents de Mary pour les enterrer avec elle à Bournemouth118.

 

 

 

 

Au milieu des années 1840, Mary Shelley est la victime de trois maîtres chanteurs différents. En 1845, un exilé politique italien, Gatteschi, qu’elle a rencontré à Paris, la menace de publier des lettres qu’elle lui a écrites. Un ami de son fils paie un chef de la police pour saisir les papiers de Gatteschi, les lettres sont incluses et détruites119. Peu après, Mary achète des lettres, écrites par Percy Shelley et elle-même, à un homme se faisant appeler G. Byron et prétendant être le fils illégitime de feu Lord Byron120. La même année, Thomas Medwin, cousin de Percy Bysshe Shelley, prétend avoir écrit une biographie de Percy qui lui serait préjudiciable. Il demande 250 £ pour la détruire, mais Mary refuse121,N 15.

En 1848, Percy Florence épouse Jane Gibson St John. Le mariage est heureux, et Mary et Jane s’apprécient mutuellement122. Mary habite avec son fils et sa belle-fille à Field Place, dans le Sussex, berceau ancestral des Shelley, et à Chester Square, à Londres, et les accompagne durant leurs voyages à l’étranger.

Les dernières années de Mary Shelley sont altérées par la maladie. Dès 1839, elle souffre de migraines et de paralysie de certaines parties du corps, ce qui l’empêche parfois de lire et d’écrire123. Elle meurt à l’âge de cinquante trois ans, le 1er février 1851, à Chester Square. Son médecin soupçonne une tumeur cérébrale. D’après Jane Shelley, Mary Shelley a demandé à se faire enterrer avec sa mère et son père. Mais Percy et Jane, jugeant la tombe de St Pancras « épouvantable », choisissent de l'enterrer à l’église St Peter, à Bournemouth, près de leur nouvelle maison de Boscombe124. Pour le premier anniversaire de la mort de Mary Shelley, les Shelley ouvrent son bureau. Ils trouvent à l’intérieur des boucles de cheveux de ses enfants décédés, un cahier de notes qu’elle partageait avec Percy Byshhe Shelley et une copie de son poème Adonaïs dont une page entoure un tissu en soie contenant un peu des cendres et des restes du cœur de celui-ci67.

Thèmes littéraires et style

La vie de Mary Shelley tourne autour de la littérature. Son père l’encourage dans l’apprentissage de l’écriture par la composition de lettres125 et son occupation préférée de petite fille est l’écriture d’histoires126. Malheureusement, tous les écrits de la jeune Mary furent perdus lors de sa fuite avec Percy en 1814 et aucun de ses manuscrits encore existants ne peut être daté d’avant cette année127.

On pensa longtemps que sa première publication avait été Mounseer Nongtongpaw128, des vers comiques écrits alors qu’elle avait dix ans et demi pour la Juvenile Library (Bibliothèque pour les jeunes) de William Godwin, mais dans l'édition la plus récente du recueil de ses ouvrages qui fasse autorité, ces poèmes sont attribués à un autre écrivain129. Percy Shelley encourage chaleureusement Mary Shelley à écrire : « Dès le début, mon mari s’inquiétait pour que je me montre digne de ma filiation et que j’inscrive mon nom sur la page de la renommée. Il m’incitait sans cesse à obtenir une réputation littéraire »130.

Romans

 

 

 

Articles détaillés : Frankenstein, The Last Man et Valperga.

 

 

 

Article connexe : Roman gothique.

 

 

 

Éléments autobiographiques

Certaines parties des romans de Mary Shelley sont souvent interprétées comme des réécritures masquées de sa vie. La récurrence du thème père-fille en particulier conforte les critiques littéraires dans leur interprétation de ce style autobiographique131. Par exemple, ils analysent souvent Mathilda (1820) comme une autobiographie, en reconnaissant dans les personnages principaux Mary Shelley, William Godwin et Percy Shelley132. Mary Shelley a révélé que les personnages centraux de The Last Man sont fondés sur son cercle d’intimes, en Italie. Lord Raymond, qui quitte l’Angleterre pour se battre contre les Grecs et meurt à Constantinople, est inspiré de Lord Byron ; et Adrian, l’utopique comte de Windsor qui mène ses disciples à la recherche d’un paradis naturel et meurt lors une tempête en mer, est un portrait fictif de Percy Bysshe Shelley133. Cependant, comme elle l’écrit dans sa critique du roman de Godwin Cloudesley (1830), elle ne croit pas que les auteurs « reproduisent simplement (leur) propre cœur »134. William Godwin considère les personnages de sa fille comme des archétypes plutôt que comme des portraits de personnes réelles135. Certains critiques modernes, comme Patricia Clemit et Jane Blumberg, partagent cette vision, se refusant à une lecture autobiographique de l’œuvre de Mary Shelley136.

Styles romanesques

Mary Shelley emploie les techniques de nombreux genres romanesques, notamment ceux des romans « godwiniens », des romans historiques de Walter Scott et des romans gothiques. Le roman « godwinien » fut populaire dans les années 1790 avec des travaux comme Caleb Williams (1794) de Godwin et emploie une forme de confession à la Rousseau pour explorer les relations contradictoires entre soi-même et la société137. Frankenstein présente de nombreux thèmes et procédés littéraires présents dans les romans de Godwin138. Cependant, Mary Shelley critique ces idéaux des Lumières que Godwin promeut dans son œuvre139. Dans Le Dernier Homme, elle utilise la forme philosophique « godwinienne » pour démontrer l’insignifiance ultime du monde140. Alors que des romans « godwiniens » antérieurs montraient comment des individus rationnels pouvaient lentement améliorer la société, The Last Man et Frankenstein démontrent le manque de contrôle de l’individu sur l’histoire141.

« On n’entendit plus jamais parler d’Euthanasia, même son nom disparut… Les chroniques personnelles, d’où est tiré le récit qui précède, se terminent avec la mort d’Euthanasia. C’est donc dans les annales publiques seulement que l’on trouve un compte rendu des dernières années de Castruccio. »

— Mary Shelley , Valperga142

Mary Shelley utilise le roman historique pour commenter les relations entre les sexes. Valperga, par exemple, est une version féministe du genre masculin de Walter Scott143. En intégrant dans l’histoire des femmes qui ne font pas partie de la réalité historique, Mary Shelley utilise le récit pour s’interroger sur les institutions théologiques et politiques établies144. Elle oppose la cupidité compulsive de conquête du protagoniste masculin à une alternative féminine : raison et sensibilité145. Dans Percy Warbeck, un autre de ses romans historiques, Lady Gordon représente les valeurs de l’amitié, de l’égalité et des vertus domestiques. À travers elle, Mary Shelley offre une alternative féminine à la politique masculine fondée sur la force, qui détruit les personnages masculins. Le roman propose un récit historique plus large qui remet en cause celui qui ne relate habituellement que les évènements concernant les hommes146.

L'œuvre d'une femme

Avec la naissance de la critique littéraire féministe dans les années 1970, les travaux de Mary Shelley, et notamment Frankenstein, commencent à attirer plus d’attention de la part des chercheurs. C’est grâce aux critiques féministes et psychanalytiques que Mary Shelley en tant qu’écrivain est tirée de l’oubli147. Ellen Moers est l’une des premières à soutenir que la perte d’un bébé a eu une influence cruciale sur l’écriture de Frankenstein148. Elle pense que le roman est un « mythe de la renaissance » dans lequel Shelley se démet tant de sa culpabilité d’avoir causé la mort de sa mère que de celle d’avoir échoué en tant que parent149. D’après Moers, c’est l’histoire « d’un homme qui essaie d’avoir un enfant sans une femme… Frankenstein est profondément préoccupé par l’opposition entre reproduction naturelle et artificielle »150. Dans le roman, l’échec de Victor Frankenstein en tant que « parent » est traduit comme l’expression de l’anxiété qui accompagne la grossesse, l’accouchement et en particulier la maternité151.

Sandra Gilbert et Susan Gubar soutiennent dans leur ouvrage capital The Madwoman in the Attic (1979) que, dans Frankenstein en particulier, Mary Shelley répond à la tradition littéraire masculine représentée par le Paradis perdu de John Milton. Selon leur interprétation, elle réaffirme cette tradition masculine, et sa misogynie inhérente, mais en même temps elle « cache des fantasmes d’égalité qui éclatent parfois dans des images monstrueuses de rage »152. Mary Poovey décrypte la première édition de Frankenstein comme faisant partie d’un schéma plus large de l’œuvre de Mary Shelley, qui commence par une auto-affirmation littéraire et se termine par une féminité ordinaire153. Mary Poovey suggère que les multiples récits de Frankenstein permettent à Mary Shelley de diviser sa personnalité artistique : elle peut « s’exprimer et s’effacer en même temps »154. Sa crainte de l’auto-affirmation se reflète dans le destin de Frankenstein dont l’égoïsme est puni par la perte de toutes ses attaches familiales155.

Les critiques féministes se concentrent souvent sur la représentation du créateur, et plus particulièrement du créateur féminin, dans et à travers les romans de Mary Shelley156. Anne K. Mellor explique que celle-ci utilise le style gothique non seulement pour explorer le désir sexuel féminin refoulé157 mais également comme moyen « d’autocensure dans Frankenstein »158. D’après Poovey et Mellor, elle ne veut pas mettre en avant sa personnalité d’auteur. Elle se sent profondément incompétente en tant qu’auteur et « cette honte contribue à sa production d’images d’anormalité, de perversion et de destruction »159.

Les écrits de Mary Shelley sont centrés sur le rôle de la famille dans la société et le rôle de la femme au sein de cette famille160. Elle glorifie la « compassion et l’affection féminine » associées à la famille et suggère que la société civile ferait faillite sans elles161. Elle est « profondément engagée dans une éthique coopérative, de dépendance mutuelle et d’autosacrifice ». Dans Lodore, par exemple, l’histoire centrale suit le destin de la femme et de la fille du personnage-titre, Lord Lodore, qui est tué lors d'un duel à la fin du premier volume, en laissant derrière lui des obstacles juridiques, financiers et familiaux que doivent négocier les deux « héroïnes ». Le roman est politiquement et idéologiquement engagé, notamment sur l’éducation et le rôle social des femmes162. Il dissèque une culture patriarcale qui sépare les sexes et oblige les femmes à être dépendantes des hommes. D’après Betty T. Bennett, spécialiste de Mary Shelley, « le roman propose des paradigmes d’éducation égalitaire pour hommes et femmes qui apporteraient la justice sociale et les moyens spirituels et intellectuels pour affronter les épreuves de la vie »163. Cependant, Faulkner est le seul roman de Mary Shelley dans lequel l’héroïne triomphe164. Le roman avance l'idée que lorsque les valeurs féminines l'emporteront sur la violence et la destruction masculines, les hommes seront libres d’exprimer « la compassion, l’empathie et la générosité » de leur tempérament165.

Les Lumières et le romantisme

Comme de nombreux romans gothiques de la période, Frankenstein mélange un sujet viscéral et aliénant à des thèmes qui poussent à la réflexion166. Au lieu de se centrer sur les tours et détours de l'intrigue, le roman met en avant les luttes mentales et morales du protagoniste, Victor Frankenstein, et Mary Shelley imprime au texte sa propre marque de Romantisme politisé, qui critique l’individualisme et l’égoïsme du Romantisme traditionnel167. Victor Frankenstein est comme Satan dans Paradis perdu et comme Prométhée : il se rebelle contre la tradition, il crée sa vie et construit son propre destin. Ces traits ne sont pas décrits de manière positive. Comme l’écrit Blumberg, « son ambition sans relâche est une auto-illusion travestie en une quête de la vérité »168. Il doit abandonner sa famille pour satisfaire son ambition169.

 

 

 

 

Gravure montrant un homme nu qui s'éveille sur le sol et un autre qui s'enfuit épouvanté. Un crâne et un livre se trouvent près de l'homme nu, et une fenêtre, par laquelle filtre la lumière de la lune, se situe à l'arrière-plan.
magnify-clip.png
Illustration de la page de couverture du Frankenstein de 1831 par Theodor Von Holst, une des deux images du roman170.

 

 

 

 

Mary Shelley croit en l’idée des Lumières que l’homme peut améliorer la société à travers l’exercice responsable du pouvoir politique, mais elle craint que l’exercice irresponsable du pouvoir ne mène au chaos171. En pratique, son œuvre critique largement la manière dont les penseurs du XVIIIe siècle, comme ses parents, croyaient pouvoir amener ces changements. Ainsi par exemple, la créature de Frankenstein lit des livres de pensées radicales mais la connaissance qu’il en tire est finalement inutile172. L'œuvre de Mary Shelley la montre moins optimiste que Godwin ou Mary Wollstonecraft, elle n’a pas foi en la théorie de Godwin qui postule que l’humanité peut en fin de compte être améliorée173.

Kari Lokke, spécialiste de la littérature, écrit que The Last Man, plus que Frankenstein, « dans son refus de placer l’humanité au centre de l’univers, son questionnement sur notre position privilégiée par rapport à la nature […] constitue un défi profond et prophétique pour l’humanisme occidental »174. Plus spécifiquement, les allusions de Mary Shelley à ce que les radicaux considèrent comme une révolution ratée en France et aux réponses qu'y apportent Godwin, Mary Wollstonecraft ou Burke constituent une remise en cause de « la foi des Lumières dans le progrès inéluctablement obtenu par l’effort collectif »175. Comme dans Frankenstein, Mary Shelley « offre un commentaire profondément désenchanté sur l’âge de la révolution, qui se termine par un rejet total des idées progressistes de sa propre génération »176. Elle rejette non seulement les idées politiques des Lumières mais également l'idée romantique selon laquelle l’imagination poétique ou littéraire pourrait offrir une alternative177.

Opinions politiques

Jusqu’à une date récente, les critiques citaient Lodore et Falkner comme la preuve du conservatisme croissant de Mary Shelley dans ses œuvres tardives. En 1984, Mary Poovey a mis en évidence le transfert du réformisme politique de Mary Shelley vers la seule sphère domestique178. Elle suggère que Mary Shelley écrivit Falkner afin de résoudre sa réaction conflictuelle à la façon dont son père mêlait un radicalisme libertaire à une bienséance sociale rigoureuse179. Mellor partage cette opinion, arguant que « Mary Shelley fonde son idéologie politique alternative sur une métaphore de la famille, paisible, aimante et bourgeoise. Elle souscrit ainsi implicitement à la vision conservatrice d'une réforme et d'une évolution graduelles »180. Cette vision permet aux femmes de participer à la sphère publique, mais elle hérite des inégalités inhérentes à la famille bourgeoise181.

Toutefois, ces dernières années, cette vision a été contestée. Bennett, par exemple, montre que le travail de Mary Shelley est un engagement constant dans l’idéalisme romantique et dans les réformes politiques182 et l’étude de Jane Blumberg des premiers romans de Shelley soutient qu’il n’est pas possible de simplement diviser sa carrière en deux moitiés, l'une radicale tout d'abord, et l'autre conservatrice ensuite. Elle soutient que « Mary Shelley n’a jamais été une radicale passionnée comme son mari et le mode de vie qu'elle adopte plus tard n’est ni un tournant brusque ni une trahison. En réalité, dès son premier ouvrage, elle remettait en cause les influences politiques et littéraires de son entourage183. À la lueur de cette analyse, les premières œuvres de Shelley sont interprétées comme un défi au radicalisme de Godwin et de Percy Bysshe Shelley. Le « rejet inconsidéré de la famille » de Victor Frankenstein apparaît alors comme la preuve de la préoccupation constante de Mary Shelley pour la famille184.

Nouvelles

 

 

 

Gravure en noir et blanc montrant une jeune femme agenouillée au sol qui, les mains jointes, regarde vers le ciel. Elle porte une robe blanche et a des bouclettes brunes. Elle semble se trouver sur un balcon, avec des nuages à l'arrière-plan.
magnify-clip.png
Shelley écrit souvent des histoires accompagnant les illustrations d’almanach, comme celle-ci qui accompagne « Transformation » dans The Keepsake de 1830185.

 

 

 

 

Durant les années 1820 et 1830, Mary Shelley écrit fréquemment des nouvelles pour des almanachs. Entre autres, elle écrit seize nouvelles pour The Keepsake, destiné aux femmes de la classe moyenne, relié en soie et doré sur tranche186. Dans ce genre, le travail de Mary Shelley est décrit comme celui d’un « écrivain médiocre, verbeux et pédant »187. Cependant, la critique Charlotte Sussman note que d’autres grands écrivains, comme les poètes romantiques William Wordsworth et Samuel Taylor Coleridge, ont tiré avantage de ce marché profitable. Elle explique que « les almanachs étaient un type de production littéraire majeur dans les années 1820 et 1830 », The Keepsake rencontrant le plus grand succès188.

Beaucoup d’histoires écrites par Mary Shelley se passent dans des lieux ou à des époques bien éloignées du début du XIXe siècle, comme la Grèce ou le règne d’Henri IV. Elle s’intéresse tout particulièrement à « la fragilité de l’identité individuelle » et décrit souvent « la façon dont le rôle d’une personne dans le monde peut être modifié de manière cataclysmique par des bouleversements émotionnels internes ou par quelque évènement surnaturel qui reflète une scission interne »189. Dans ses histoires, l’identité de la femme est liée à sa valeur sur le marché du mariage alors que celle de l’homme peut être améliorée et transformée par l’argent190. Même si Mary Shelley a écrit vingt et une nouvelles entre les années 1823 et 1839, elle s’est toujours perçue comme une romancière avant tout. Elle écrit à Leigh Hunt, « j’écris de mauvais articles, ce qui contribue à me rendre malheureuse – mais je vais me plonger dans un roman et j’espère que ses eaux claires nettoieront la boue de ces magazines »191.

Récits de voyages

 

 

 

Lors de leur fuite en France à l’été 1814, Mary Godwin et Percy Shelley commencent un journal commun192. Ce journal plus quatre lettres basées sur leur visite de Genève en 1816 ainsi que le poème de Percy Shelley Mont Blanc sont publiés en 1817 sous le titre d ’Histoire d’un circuit de six semaines. Cette œuvre célèbre l’amour de jeunesse, l’idéalisme politique et suit l’exemple de Mary Wollstonecraft et d'autres, qui ont associé voyage et écriture193. Plus qu’un récit de voyage conventionnel, le livre est philosophique et réformiste ; il aborde, en particulier, les effets de la politique et de la guerre en France194. Les lettres qu’écrit le couple durant leur deuxième voyage considèrent les « grands et extraordinaires évènements » de la défaite finale de Napoléon à Waterloo après son retour des « Cent jours » en 1815. Ils analysent également le caractère sublime du lac de Genève et du Mont Blanc, ainsi que l’héritage révolutionnaire du philosophe et romancier Jean-Jacques Rousseau195.

Le dernier livre de Mary Shelley, écrit sous forme de lettres et publié en 1844, est Errances en Allemagne et en Italie en 1840, 1842 et 1843, qui relate ses voyages avec son fils Percy Florence et ses camarades d’université. Dans cet ouvrage, elle suit la tradition des Lettres écrites lors d'un court séjour en Suède, en Norvège et au Danemark de Mary Wollstonecraft et de son propre Histoire d’un circuit de six semaines, en cartographiant son propre paysage personnel et politique à travers un discours fondé sur les sentiments et le sens de la solidarité196. Pour Mary Shelley, nouer des liens d’amitié entre les personnes est le moyen de construire la société civile et d’augmenter le savoir : « la connaissance, pour éclairer et libérer l’esprit des préjugés – un plus large cercle d'amitiés avec nos semblables – tel est l’utilité du voyage »197.

Entre l’observation des paysages, de la culture et « des personnes, plus spécifiquement du point de vue politique »198, elle utilise le carnet de voyage pour analyser son rôle de veuve et de mère et pour réfléchir sur le nationalisme révolutionnaire en Italie199,N 16. Elle note également son « pèlerinage » en des lieux associés à Percy Shelley200. Selon la critique Clarissa Orr, la posture adoptée par Mary Shelley en se posant comme figure de la maternité philosophique donne à Errances l’unité d’un poème en prose, avec « la mort et la mémoire comme thèmes centraux »201. En même temps, Mary Shelley fait le procès égalitariste de la monarchie, des différences de classes, de l’esclavage et de la guerre202.

Biographies

Entre 1832 et 1839, Mary Shelley écrit de nombreuses biographies d’hommes renommés italiens, espagnols, portugais et français et de quelques femmes pour les Vies des plus éminents auteurs et scientifiques de Dionysius Lardner. Elles formeront une partie du Cabinet Cyclopaedia de Lardner, une des meilleures séries de la sorte publiée durant les années 1820 et 1830 en réponse à la demande croissante de la classe moyenne pour l’auto-éducation203. Jusqu’à la republication de ces essais en 2002, leur importance dans l’ensemble de son œuvre n’était pas reconnue204,N 17. D’après Greg Kucich, expert en littérature, ils révèlent les « extraordinaires recherches de Mary Shelley à travers plusieurs siècles et plusieurs langues », son don pour la narration biographique et son intérêt pour « la forme émergente du féminisme historiographique »205. Mary Shelley écrit dans un style biographique popularisé par Samuel Johnson, critique au XVIIIe siècle, dans son Vies des poètes (1779-1781), combinant sources secondaires, notice biographique et anecdote, et évaluation de l’auteur206. Elle note les détails de la vie et du caractère de chaque écrivain, cite leurs écrits sous leur forme originale accompagnée de la traduction, et termine avec une évaluation critique de leurs réalisations207.

Pour Mary Shelley, la narration biographique est supposée, et ce sont ses propres mots, « former comme si c’était une école dans laquelle étudier la philosophie de l’histoire »208 et enseigner des « leçons ». Le plus souvent, ces leçons consistent en une critique des institutions à domination masculine, telle que le droit d’aînesse209. Mary Shelley souligne le goût de la vie domestique, le romanesque, la famille, la solidarité et la compassion dans la vie de ses sujets. Sa certitude que de telles forces peuvent améliorer la société relie son approche biographique avec celles d’autres historiennes féministes comme Mary Hays et Anna Jameson210. Contrairement à ses romans, dont la plupart furent imprimés à quelques centaines d’exemplaires, chaque volume des Vies fut imprimé à 4 000 exemplaires faisant, selon Kucich, « de son usage de la biographie pour faire avancer la cause de l’historiographie féminine dans la société, l’une de ses plus influentes interventions politiques »211.

Travaux d’annotations et de commentaires

« Les qualités qui frappaient toute personne qui venait d'être présentée à Shelley, étaient, tout d’abord, la douce et chaleureuse bonté qui animait ses rapports humains d’une chaude affection et d’une prévenante gentillesse. C’était ensuite l’empressement et l’ardeur avec laquelle il était attaché à la cause du bonheur humain et à son amélioration. »

— Mary Shelley, « Preface », Œuvres poétiques de Percy Bysshe Shelley212.

Peu après la mort de Percy Shelley, Mary se décide à écrire sa biographie. Dans une lettre du 17 novembre 1822, elle annonce : « Je vais écrire sa vie – et m’occuper ainsi de la seule manière propre à en tirer consolation »213. Cependant, son beau-père, Sir Timothy Shelley, lui interdit, avec succès, de le faire214,N 18. Marie commence la promotion de la réputation poétique de Percy en 1824, avec la publication de Poèmes Posthumes. En 1839, tout en travaillant sur Lives, elle prépare une nouvelle édition de sa poésie, qui deviendra, selon les propres mots de la spécialiste littéraire Susan J. Wolfson, « l’évènement canonisateur » dans l’histoire de la renommée de son époux215. L’année suivante, Mary Shelley publie un volume de lettres, d'essais, de traduction et d'extraits de son époux, et durant les années 1830, elle présente sa poésie à un public plus large en publiant des œuvres choisies dans la publication annuelle The Keepsake216.

Elle réussit à esquiver l’interdiction de Sir Timothy en incluant dans ces éditions ses propres annotations et réflexions sur le travail et la vie de son mari217. Elle déclare en 1824 : « Je dois justifier ses choix. Je dois le faire aimer par la postérité »218. C’est cet objectif, argumente Blumberg, qui la pousse à présenter au public le travail de Percy Shelley « de la manière la plus populaire possible »219. Pour adapter son travail à un public victorien, elle présente Percy Shelley comme un poète lyrique et non comme un poète politique220. Comme l’écrit Mary Favret : « Percy désincarné personnifie la poésie elle-même »221. Mary maquille le radicalisme politique de Percy en une forme de sentimentalisme, argumentant que son républicanisme provient d’une empathie envers ceux qui souffrent222. Elle insère des anecdotes romantiques de sa bienveillance, de son attachement à la vie de famille et de son amour de la nature223. Se décrivant comme la « muse pratique » de Percy, elle fait également remarquer qu’elle lui suggérait des améliorations quand il écrivait224.

Malgré les émotions provoquées par cette tâche, Mary Shelley prouve sans aucun doute qu’elle est une commentatrice professionnelle et érudite225. Travaillant à partir des carnets de note désordonnés et parfois illisibles de Percy, elle essaie de classer des écrits par ordre chronologique et elle inclut des poèmes comme Epipsychidion, destiné à Emilia Viviani, qu’elle aurait préféré laisser de côté226. Cependant, elle fut obligée de faire plusieurs compromis et, comme le fait remarquer Blumberg, « les critiques modernes ont trouvé des fautes dans les éditions et affirment qu’elle a mal recopié, mal interprété, volontairement occulté et tenté de montrer le poète comme quelqu’un qu’il n’était pas »227. D’après Wolfson, Donald Reiman, un commentateur moderne des travaux de Percy Bysshe Shelley, se réfère encore aux éditions de Mary Shelley, même s’il reconnaît que son style appartient « à une époque où l’objectif du travail de mise en forme et d'annotation n’était pas d’établir des textes précis et critiques, mais de présenter un exposé complet de la carrière de l’écrivain pour le lecteur moyen »228. En principe, Mary croit dans la publication de chacun des mots de l’œuvre de son mari229, mais elle doit supprimer certains passages, soit sous la pression de son éditeur, Edward Moxon, soit par respect pour les convenances230. Pour la première édition, elle supprime par exemple les passages athées de Queen Mab. Après qu’elle les eut réintroduits dans la deuxième édition, Moxon est poursuivi et condamné pour diffamation blasphématoire, mais il échappera au châtiment231. Les omissions de Mary Shelley provoquent des critiques, souvent des invectives, de la part des anciens proches de Percy Shelley232, et les critiques l’accusent, entre autres, d’inclusions malvenues233. Ses notes restent cependant une source essentielle pour l’étude des travaux de Percy Shelley. Comme l’explique Bennett, « biographes et critiques s’accordent à penser que l’engagement de Mary Shelley pour que Shelley obtienne l'attention qu’elle pense que son œuvre mérite est la force essentielle, unique, qui a établi la renommée de Shelley durant une période où il aurait certainement disparu de la vue du public »234.

Notoriété

 

 

 

Pieta néo-classique d'une femme tenant sur ses genoux le corps d'un homme.
magnify-clip.png
Gravure de George Stodart d’après un monument à Mary et Percy Shelley par Henry Weekes (1853).

 

 

 

 

De son vivant, Mary Shelley est prise au sérieux en tant qu’écrivain, même si souvent les critiques ignorent le côté politisé de ses écrits. Après sa mort, on se souvient d’elle principalement en tant qu’épouse de Percy Bysshe Shelley et comme l’auteur de Frankenstein235. L’éditeur Frederick Jones écrit même, dans l’introduction du recueil de lettres publié en 1945 : « un recueil de cette taille n’est pas justifié par la qualité des lettres de Mary Shelley ou par son importance en tant qu’écrivain. C’est comme épouse de Percy Bysshe Shelley qu’elle attise notre intérêt »236. Cette attitude perdure en 1980 quand Betty T. Bennett publie le premier volume du texte intégral des lettres de Mary Shelley. Elle explique : « le fait est que, jusqu’il y a quelques années, les chercheurs n’ont considéré Mary Wollstonecraft Shelley que comme un produit : la fille de William Godwin et Mary Wollstonecraft, qui devint le pygmalion de Shelley »237. Il faut attendre Mary Shelley : Romanesque et Réalité d’Emily Sunstein en 1989 pour qu’une biographie universitaire lui soit entièrement consacrée238.

Les tentatives du fils et de la belle-fille de Mary Shelley de rendre sa mémoire plus « victorienne » en censurant des documents biographiques contribuèrent à créer une image plus conventionnelle et moins réformiste que son œuvre ne le suggère. Cette impression est renforcée par ses propres timides omissions des travaux de Percy Shelley et sa fuite devant la controverse publique durant ses dernières années. Les critiques Hogg, Trelawny et d’autres admirateurs de Percy Shelley ont aussi eu tendance à minimiser le radicalisme de Mary Shelley. Dans Souvenirs de Shelley, Byron et de l’Auteur (1878), Trelawny rend hommage à Percy Shelley au détriment de Mary, mettant en doute son intelligence et même sa paternité de Frankenstein239. Lady Shelley, épouse de Percy Florence, répondit partiellement à cette attaque en publiant à compte d’auteur une collection de lettres dont elle avait hérité : Shelley et Mary en 1882240.

Depuis la première adaptation au théâtre de Frankenstein, en 1823, jusqu'aux adaptations cinématographiques du vingtième siècle, telle que la première version de 1910 ou les versions plus célèbres du Frankenstein de James Wales en 1931, le Frankenstein Junior de Mel Brooks en 1974 et le Frankenstein de Mary Shelley de Kenneth Brannagh en 1994, une grande partie du public rencontre Mary Shelley pour la première fois à travers une adaptation241. Durant le XIXe siècle, Mary Shelley est perçue au mieux, comme l’auteur d’un seul roman, plutôt que comme l’écrivain professionnel qu’elle était. Une grande partie de ses travaux est restée épuisée jusqu’aux trente dernières années, empêchant d'avoir une vue plus globale de son œuvre242. Au cours des dernières décennies, la republication de la quasi-intégralité de ses écrits a stimulé une nouvelle reconnaissance de sa valeur. Son habitude de lire et d'étudier intensément, révélé dans son journal et dans ses lettres et reflété dans ses œuvres, est ainsi mieux appréciée243. On reconnaît également sa perception d’elle-même en tant qu’auteur. Après la mort de Percy, elle écrit sur ses ambitions d’auteur : « Je pense que je peux subvenir ainsi à mes besoins, et il y a quelque chose de stimulant dans cette idée »244. Les chercheurs considèrent à présent Mary Shelley comme une figure romantique majeure, importante tant pour son œuvre littéraire que pour sa voix politique de femme et de libérale240.

Sélection d'ouvrages

Romans 
Récits de voyages 
Histoires pour enfants 
  • Proserpine et Midas, 1820
  • Maurice ou le cabanon du pêcheur, 1820
Nouvelles 
  • Une histoire de passions, 1822
  • L'Endeuillée et autres récits, 1829
  • La Jeune Fille invisible, 1832
  • The Mortal Immortal: A Tale, 1833
Édition 
  • Poèmes posthumes de Percy Bysshe Shelley, 1824
  • Œuvres poétiques de Percy Bysshe Shelley, 1839.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

irobinangel 17/03/2013 17:28


Bonsoir René. Je m'excuse de ne pas être très présente sur over et je te remercie de ton com chez moi. Je vais être moins souvent sur l'ordi car je vais bientôt être mamie alors je vais me
consacrer à ma petite fille. 


                  Bisous et 


 


                                  

CHOMOLANGMA 17/03/2013 22:25



Et tu as bien raison, grosses bises et bonne nuit, fais de bô rêves ma chère Isa 



☼ Zorbax ☼

  • : CHOMOLANGMA
  • CHOMOLANGMA
  • : Réflexions sur le sens de la vie. Diversités culturelles et médiatiques.
  • Contact

ON EST QUAND???

Bonjour, nous sommes le

☼ Qui Cherche Trouve ☼

♫♪♪♫♪♫♪♫♪

Poussieres De Savoir ☼

POUSSEZ PAS !!!

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSH1bqV_MZbKff7r4KH0YXDgokYKnPMVcS17_NVF7KeFFQmHvTYYQ

 

 

Depuis le 2 octobre 2008 ma paroisse a compté de fidèles :

 


Compteur Global


 

 

 

 

 

☼ Merci à vous tous ☼

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRspNEZw03K2txVYJaQojtGiQPv2Ef2hRp76vnThpM_Xhg74AeH

 

 

   Et aussi, bien sûr, à notre superbe équipe  !!!!!!!...

 


☼ En Alcove ☼

☼♥☼♥☼


 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTJQdwhuv8K2KE2fv7sAcLYqokJ6fOwOos7DPEsrBY_tOyjkmt9

 

 

 

 

  http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTwbpFmC0lwUUqRVtxAgfCeDB97ON6I9jGDIVmmGwpa1bg_oeiS8w



 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQJFhyxpCtvTfrKTTq2Dnraqndo0k6KOOvR5B49c424W-RXGsXk

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ4lkR76RVvxlM2Pg0xGQLGN-vJ1IC1AeiO9YFoy0C2maJDnAlsEA

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS3s1MTNys4JJ2XciWuydUFkX2s3uxVNEo4XLmDXWkNuzNwaF-I

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRpmq_X4KGoOioCJ7IGFovNaZR1dl5V9wdd73SKUZoyRXImy8hQsA

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT6vugj46xpPFClJ40ZcN_g83W39aPcCsnryaBlwulPqhMuSmHABA

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS0rnZSUpbcqus_ag8-saWRw8BVp-nHBjwhG0FGGsPrBMTVGsKfUA

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRiQjNvzjX7IEkfQYGG-KxW9pOVJoLjsP43P-wRgoCo6bmRIFfQ

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSTia4A3P4_qwGWtAAvhY4S2BKgtk6tR_QCD3_DTBLqQwkYTLP7

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRPAWH7AgJ7gN7ej2rrAa90b9jK2nWJtRcdmCSJLXifbDqpzt-GAQ

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSnH3SFCsuDblli6D1AJMGBIO3SduYE7QocfhaOPh2CbcgSaTJm3g

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS_x5rZOKIoXBMbTrRfiBoXYGA8_aG1puNXFnPK-vFSJb8S0TB-

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT5xPsHZoCoc3Y10UzSIfZBJ1VM5yTf0rOp0z02qzAq29ZylEqp

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSJYo3dfiA7rWKtAhGDKlIvNQBBfXfxpskBzCjE2VA_WnhL03zQ

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRrs5cw6eknmiTVBcESn97krqvfndk10XJq35s-mUIxnoXepsHU2w

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTtPoMny2WLrgyLYUkv0xzCHZ3BSe7txlE-Xe2XSz1rA4IRBQ-8

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTzDbIU4QatTLNRgPQwPUcMDO8BtCGQMAkP46aQAp05yXC1m0y84g

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS_sSIdV_qG7YiVCrY6Fze69BhzpdENouF0zUUp4OV8__EbU9Ad

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ9uJqfoOS-LjhgtT3qLp4AH34AojcYXzS6ifUoduwpXl2xR4cu

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSBBpAVI8uqqXKRXeWLnFO9do5ObFZm7YxgxrJ7-EbHR2oDqLo0vQ

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRDpZXNSZZorQeUMLz3DTA9hEU2rI_bxr_LT9c4T9nvHvAWTZjCGQ

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQJxvHFLqQeIleqlsCzYw3aqr-0Y6eKQMVnyaA5me5hdAxIljVU

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSC9dHlJXHSlla_xZ5T9EZytHwAWT-qbU_d19dTtxAXrGNihAXKlQ

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR9uI2iDGC9O3GMDlf8NsxtxQx-Qp8sqHmOc5rb-zkptdYl27ct

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRbZ3vVwEjZT_vYCN_egFTIwdBz6fqNL0Pg-y_Q61vxrmzGOpx_

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQJ2rE3MpU2-7BbpUlr6UqYo4BmnNs_dvTC88BMslWtXGy7xpm4

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQEpgxQwBFunGDiUIemTa46VNveEHAu-uA8FY-TsPaLWXJFd2s0

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQTdXbqeHRkSO7KlYa4OkUya7gTOtG1LddYFWDuhmMG8TTBud38

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTNv54UJcOf0QWIB4OraEz3h5BSPwvVpIDgtJO-zq0-MNAH1T-r

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQQ4msZqs5YGyEvDc4xIBtl0glm2rQZ7LsilbzRNUFi1QmhSgwd

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRadP8tzRToSi6YgV25tgPSiZuZH-m01ykcCd-vsvFtJOoai2ucTw

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQWsJatoxZ24v32bG85ut1XPEPG4Fa5l6ApTX9VfC1X3_fQlO6t

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSATYwKzSKWCjMx6cjBGrTkiC8C_lyJBimQ86hhDpKGyeWCgRFU5Q

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRkni6wj2PqLxVIQnGL2w-Hh0Qdu5Q2vEiKSUXAJ7TKh9ePWQBm

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQzo44WmwLEIvLwTyzq_jnCtqqHX6X_CIYel1kbk7vcUHUp-ieN

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQJijg5RyUyd3NObMK9uNkIduA32k3nPJwfiuvaWrAi2Td5vyXO

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSLXSS07G9gseceN7SeCwGRL0C6ij_75lYGEnDN1qwb_bEl9bGs

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSgjOBb-AqrP0ZXPZSVl55yswE6dnD4uny-n0Xh-9mAuwm1GUq3

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSZAb3DktAXiGznQlZB9az_nvD6AoLygDkDTstPDm_WBfLnJ3ltQg

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRXwcTaTVudGTxMwVFFrGw1Z-j9x9D9inLKamTPCwUThDbPuEYpeA

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTU6wtRoYw9X2-MMykBLzlVjXeRgi5rqzD5ck22QxWwI8h7QeNUQA

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRpMUOK13Ots0UnbeCQLds3ixSZxNY9gFOfm65Bvc-pf6ZKAlWbzg

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQhH-RzSe9GF29vGoZwod2tN7O-9mFfpWJX4bLt78JtJYMqI8w1rA

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQxu-I9t3HJlWQ3e6bM41HAOc8j3Smoe-ahJN9OTRyzd6vOUOVF

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQYkezUKlW0ttRviIW9f6NJHBcjJ-sUE4XMIic0ka6qkCguqsqWEQ

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSLwoIa5Xuj4eEFEX5vzJFqlL0GIrwjAUDCWbZgf6ni2O6MUMuwHg

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSmu_lhCfJa5L3JKT73eNWm5-DVlMMhgQ2zjDd5kmbF9S0PDwt0

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTl9CWad5AcZHOfC-RgTWPbODkKY_C0DW3MZXkDUucqfvfZLDvJvQ

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSSorC-n_GApivF90u5JfsOvUI44_E6pQ_gYw3Zv_SawrJlQ7U_OA

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSHehPIU8WfymVyIehhOVdWyZ9Iby-7WygiZdxRqYoB6-t4uxfc

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTHknIkIppczoDGtgqaDVGpF5vzTnPgO0XzesL14bXWKIidntgi

 

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ2gFiEiRrnRVPCVmgC8fP4RV_b4Cyut6pHRWot2zotTH_isSgx

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRMnyl4ZznB4yj9tFflGmUrm8zxq1VAfdzbHlagdVlYHHs5AqI2Xw

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSABiNYE2Ig0ORn0Dp6LWBs8FU1-eDuUfhJpaBhY3dBILcGkw7Y

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQX6x3fLQO-eGD7Sdc__AFLjGRztfSRzdOgtJe_w_XI_qKOl_cQ

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQWAfv06yKnlGGke983sE24US_BbpZ0xgnAp3yIh3eXvCRrRfxtgg

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSguscboVOMXCDflSARG5UefcNGLsGZylvXKHJGK4ldNdG1xYiR

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTVsXwe7MG_AOX5rUiFD0hVw9aHeILEWPB_3WS5456jt040weKpxQ

 

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS14rgGXof16mpTbvNq37y9tGIxf38V3B4j5iFLZChBi8qMo0cC

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRk338QqS34hcxTHah2whOwSbnEtO-yxxKutL5KPMcrWPKtCTUf

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTQg04AvSsLnhDeWWl4-qLzPD5EX7xzuOAVEiswXHB9n5gRBOxj

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQC715gVGqLwXFM7U94WtdKlMrAiHbkqIvJl2WJ6h_JMsUMfL622g

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR4ku7jfXybpiE3fm21gXSpihSd_rjwxvIac8kqkj5TkIg3rLODrg

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcThGLPUz7SfnoPUPrFttXiSBuS3NYmV99axgZzgYDofBuo_RpfcUg

 

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSqsjlV84iSMlkqfRlTaGiWfn6_nyGg91BQcNLZbGrRnn0-j3S4

 

 

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSwkrLsv_IQh2wUOQ1DkYx-HwxeUOLNEtv8yCh59CnX_HbW5H3q

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

☼ Quoi & Où ☼