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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 01:30

Le triptyque « Louis XV »

 

 

 




Louis XV
obtint trois portraits successif du pinceau de Rigaud. Assez exceptionnels par leur décurum, parfois conventionnels par leur pose, ils n'en magnifient pas moins la fonction même du roi : celle de régner. On suit l'évolution des traits du jeune monarque avant que son goût pour l'intime ne le fasse s'orienter vers des portraits plus modestes, plus en accord avec son goût pour les salons intimes et familiaux.

 

 



 

 

 

 

C’est en septembre 1715, dans son atelier, soit quelques jours seulement après le décès de Louis XIV survenu le 1er septembre de la même année, que Hyacinthe Rigaud achève de transcrire les traits du jeune Louis XV qui avait posé pour lui à Versailles quelques temps plus tôt, à la demande du Régent[92]. Grâce à un ordre écrit daté du 18 août 1716, le jeune roi fait alors signifier au prieur de Saint-Denis de fournir à l’artiste les ornements royaux conservés au sein de l’abbaye[n 28],[93], pour qu’il puisse achever le portrait, au calme dans son atelier. Le Nouveau Mercure de France de juin 1717 se fait l’écho d’ailleurs du succès de cette effigie : « Le portrait du roi, que le sieur Rigaud avoit commencé dès le mois de septembre 1715 et qu’il n’a fini que depuis quelques jours, fut présenté, le 7 juin 1717, par ce peintre célèbre à Monseigneur de duc Régent. On le porta, le 10, à Sa Majesté, qui parut fort aise de le trouver dans son cabinet parce qu’il est très beau et très ressemblant ». Les 24 exemplaires qui sont commandés par l’administration des Bâtiments du roi entre 1716 et 1721, sous des formes diverses, attestent du succès de cette représentation, formidablement virtuose et tout à fait attendrissante d’un enfant dont la beauté était universellement reconnue.

Fort des 8000 livres qu’il reçoit pour cette commande, Rigaud double la somme dès 1721 pour un second portrait du monarque, dans lequel le jeune roi, debout, tient tête au souvenir hiératique de son aïeul[94]. Sa localisation madrilène s’explique par le fait que l'œuvre était destinée à être envoyée en Espagne, commandée par Philippe V[n 29]. En effet, malgré la courte guerre de 1719 entre les deux nations, la France et l’Espagne avaient résolu de s’unir par un accord signé le 1er avril 1721. Le nouveau portrait du jeune Louis XV est ainsi destiné à sceller cette entente. Louis XV a onze ans et sa cousine germaine, Marie-Anne Victoire, deux. Alors que le maréchal de Villeroy suggère au jeune roi larmoyant de consentir de bonne grâce à cette union, le Régent écrit le 20 septembre 1721 à Philippe V et à la reine Élisabeth Farnèse pour leur signifier l’acceptation qui sera finalement de courte durée. Mais les peintres de la cour avaient anticipé cet échec en commémorant les fiançailles par la production de nombreux portraits des deux promis… Le roi d'Espagne commande d’ailleurs à l'atelier une copie en pied de l'effigie de son grand-père, Louis XIV, (4000 livres) et une de son père, le Grand Dauphin (1000 livres). Les cassettes de l’artiste s’emplissent donc avec rapidité d’autant plus que d’autres modèles en profitent pour le solliciter, à l’exemple de Don Patricio Laulès Briaen[94], ambassadeur d’Espagne en France d’avril 1720 à mars 1725 et, à ce titre, chargé de faire le lien entre les deux états, en vue du futur mariage royal.

Lorsque Rigaud est à nouveau sollicité par la cour, en 1727, il demande sans sourciller les 15 000 livres qui verront la naissance du troisième portrait de Louis XV en costume de cour[95]. « J’apprends que M. Rigaud fait le portrait du Roy et que Sa Majesté a la bonté de luy donner du temps » témoigne Nicolas Vleughels, dans une lettre au duc d’Antin, datée du 7 avril 1729. L'artiste avait d’ailleurs entamé son « habillement », accompagné du décorum au début de l’été 1729, comme le prouve la lettre de cachet du 25 juin au prieur de Saint-Denis, lui ordonnant de prêter à Rigaud les insignes royaux pour les reproduire dans le portrait[96].

 

 

 

Le sang royal européen

 

 

Rigaud : Portrait de Frédéric IV de Danemark - 1693 - Copenhague, Kunstmuseum

 

 

 

 

Avec la disparition du vieux monarque et l’avènement de la Régence, la production de Rigaud ne fléchit pas. Grâce à l'avènement du duc d’Orléans, qui prend les rennes du pouvoir durant la minorité du futur Louis XV, et qui fait preuve d’un goût prononcé pour les artistes italiens et les nouveaux talents nationaux, Rigaud se consacre davantage au particulier et à la haute noblesse. Son aura et sa réputation lui permettent également de voir passer dans son atelier la majeure partie des ambassadeurs européens, tel cet énigmatique « M. Milord » dès 1681[97], ou Henning Meyer, comte de Meyercron, ambassadeur du Danemark[85], Carl-Gustaf, comte de Bielke, ambassadeur de Suède[98] ou encore Dominique-André, comte de Kaunitz, ambassadeur d’Autriche[99]… Mais cette liste est loin d’être exhaustive.

Logiquement également, les princes étrangers effectuant leur « Grand Tour » initiatique souhaitent emporter avec eux un souvenir de France et, notamment, leur portrait par Rigaud. Déjà en 1691, l’héritier du trône du Danemark, Frederick IV, avait commandé sa composition contre une bourse de 470 livres avant de revenir chez l’artiste deux ans plus tard[100]. Il devait devenir roi en 1699 et son passage français fut remarqué par Saint-Simon  :

« [Frédéric IV] s'était mis à voyager sur la fin de l'année précédente, et qu'il était en ce temps-ci à Venise pour y voir le carnaval. Il était venu en France étant prince royal, et promettait fort peu, […] : quoique incognito, il fut reçu partout en France avec une grande distinction […]. Il ne vit le roi et Monseigneur qu'en particulier dans leur cabinet. Le roi le fit couvrir et demeura debout ; Monseigneur lui donna la main et un fauteuil, mais sans sortir de son cabinet et seuls. Il y eut un grand bal paré, fort magnifique, dans le grand appartement du roi à Versailles, où il fut sans rang, incognito ; mais le roi lui vint parler plus d'une fois, et [il eut] au rang près tous les honneurs et les distinctions les plus marquées. […] Il fut assez peu à Paris, et s'en retourna en Danemark en voyageant. »


Rigaud et atelier : Portrait d'Auguste III de Pologne - 1715 - collection privée

 

 

 

 

Lorsque Louis XIV meurt, la diplomatie européenne bat son plein à Paris et à Versailles, depuis longtemps dictée par la politique offensive du vieux roi qui multipliait les contacts avec ses alliés ou ses ennemis. Traités, accords et échanges nationaux font défiler à la cour quantité de diplomates dont Rigaud allège allègrement les bourses. Ainsi, en préambule à la production, en 1715, du portrait de Charles XII roi de Suède[101], son ministre plénipotentiaire avait déjà écumé les meilleurs portraitistes de la place. Erik Axelsson Sparre Van Sundby, comte de Sparre, brillant lieutenant général qui commandera le régiment suédois « Le Royal danois » de 1694 à 1714, sollicite tour à tour Rigaud en 1698[102] et 1717[103]. Roi de Suède depuis 1697, Charles XII n’eut pas eu le loisir de faire le déplacement jusqu’à Paris. Romanesque et souvent controversé, célibataire jusqu’à sa mort, il passa 18 ans de ses 21 années de règne à combattre à l’étranger. Rigaud n’ayant donc pas l’opportunité de travailler à l’effigie du roi in vivo, il s’inspire d’un tableau existant, prêté par le baron de Sparre, et fait signer au dos de la toile : « Peint par Hyacinthe Rigaud à Paris, 1715 ». L’auteur de l’effigie d’inspiration, exécutée à Bender en Turquie en 1712 avant d’être envoyée à la cour de Suède, était le propre frère du baron, le général Axel Sparre. Rigaud copie donc le visage du souverain et l’ « habille » d’une formule typique de son atelier, reprise pour de nombreux portrait de militaires français.

Cette même année 1715 est particulièrement fructueuse pour Hyacinthe Rigaud. L’héritier d’Auguste « Le Fort », alors roi de Pologne sous le nom d’Auguste II, passe à Paris. Le prince électoral, futur Auguste III se fait représenter en pied, « en grand manteau royal frappé aux insignes de l’ordre de l’Éléphant de Danemark, flanqué d’un maure habillé à la houssarde »[104]. S’ajoutant aux 4000 livres exigées pour cette composition, Rigaud reçoit en surplus, quelques médailles commémoratives et un grand prix.

 

 

 

 

 

 

 

En 1713, c’est au tour de Madame, seconde femme de Monsieur, et mère du Régent, de solliciter son portrait[105], le seul qu’elle jugera ressemblant comme elle dite dans une lettre adressée à sa demi-sœur, la raugrave Louise : « Il m’a si parfaitement reproduite que cela en est étonnant ; vous verrez, chère Louise, à quel point j’ai vieilli ». L’effigie plaît également au roi : « Madame la duchesse douairière d’Orléans, princesse palatine de Bavière, ordonna en 1713, à M. Foucault, Conseiller d’état et chef de son conseil, auquel celle princesse avoit promis son portrait, d’amener Rigaud à Marly pour le commencer. Le roi fut si frappé de la ressemblance et de la magnificence des ajustements de cet ouvrage, qu’il dit à celle princesse, qu’il vouloit qu’elle le gardât pour elle, et qu’elle en fit faire une copie pour celui à qui elle l’avoit destiné, ce qui fut exécuté. Ce grand prince ajouta que cet ouvrage faisait honneur à son auteur et qu’il lui en feroit dans tous les temps ».

 

 

L'atelier


Suite à ces succès, et à l’aube d’un Siècle des Lumières privilégiant la liberté d’esprit et l’intimité familiale, le portrait domestique devient objet de représentation. On se presse. Rapidement débordé par les commandes, Hyacinthe Rigaud, qui a d’ailleurs du mal à satisfaire à ses obligations contractuelles à l’Académie, doit s’entourer de peintres spécialisés qui dans les fleurs, qui dans les paysages.

Les livres de comptes de l'artiste, tenus scrupuleusement tout au long que dura son fameux atelier réunissant autant d'artistes de renom tels Joseph Parrocel, son frère Gaspard ou Belin de Fontenay, spécialisés dans les scènes de batailles ou les fleurs, attestent de son immense production et ce, jusqu'au crépuscule de sa vie. Inlassablement et victime de son succès, Rigaud répond à la demande sans cesse croissante.

 

 

Les collaborateurs

 

Rigaud : Études de fleurs' d'après Belin de Fontenay - Collection privée

 

 

 

 

Artistes souvent modestes, encore aujourd’hui largement méconnus, ces derniers travaillent auprès d’un maître dont l’affabilité est déjà célèbre dans les sociétés et qu’il héberge parfois[n 30]. Ainsi, dès 1694 on note la présence de Verly[n 31], Joseph Christophe[n 32], Jacques Mélingue[n 33], du graveur Claude Leroy[n 34], de Nattier[n 35], Barthélémy[n 36] et de Hérault[n 37].

Toute cette équipe oblige Hyacinthe Rigaud à augmenter ses surfaces de travail ou à renégocier le prix de ses locations : « […] Vous m’avez veû bien logé pour six cent francs, et du même appartement, on m’en a demandé quatre mille livres ; l’ayant quitté à cause de celà, je n’ay pu éviter d’être logé ailleurs, à moins de mille écus […] »[106]. Il occupe ainsi différentes adresses de 1692 à 1732, mais toujours rive droite de la Seine, entre la place des Victoires, la rue Louis-Le Grand, la rue de La Feuillade ou Neuve-des-Petits-Champs pour ne citer qu’elles. Grâce à son inventaire après décès[n 38], nous savons désormais qu’il signe, le 12 juillet 1732, un bail en sous-seing privé avec Jean Lafontaine fils, sellier du Roi, moyennant 1600 livres par an pour la location de six pièces en entresol, onze pièces au premier étage et une pièce en combles d’un hôtel particulier (situé entre les rues Louis-Le-Grand et Neuve-des-Capucins) ; soit dix-huit pièces au total[107].

C’est dans l'aile gauche que les ateliers étaient installés : une antichambre réservée aux clients, une lumineuse pièce à usage d'atelier, un grand cabinet affublé de trois arrières cabinets en enfilade plus réduits et une salle « aux tableaux » abritant la collection personnelle de Rigaud. Le bail est renouvelé par six années, le 15 décembre 1734 puis le 23 juillet 1740.

 

 

 



Détail du chien du Portrait de la princesse Marie-Anne de Conti, peint par Rigaud et son atelier en 1706 - collection privée

 

 

 

 

L’année 1695, date des grandes ambassades versaillaises consécutives aux accords entre la Savoie et la France dans la guerre de la Ligue d’Augsbourg, voit l’effectif des aides d’atelier doubler pour faire face à la demande croissante. Dupré rejoint l’équipe[n 39], accompagné du frère de Rigaud, Gaspard[108] et de François Taraval[n 40]. L’année suivante arrive Siez, le peintre de batailles Joseph Parrocel, Jean Le Gros et Jean Ranc.

Puis, l’année de la production du portrait du Grand Dauphin (en 1697), le maître emploie Josse Van Oudenaarde[n 41], le peintre de fleurs Jean-Baptiste Belin (ou Blain) de Fontenay, auxquels se joignent, en 1698, Robert Tournières, Adrien Le Prieur, en 1699, Viénot et le spécialiste de fleurs Pierre-Nicolas Huilliot (1674-1751), en 1700 David Le Clerc[n 42], François Bailleul, en 1701 Fontaine, l’année suivante Ménard, puis Delaunay, Antoine Monnoyer spécialisé dans les fleurs, Alexandre-François Desportes qui réalise certains animaux mais aussi des portraits…

À ces spécialistes s’ajoutent pour les cuirasses et les batailles Hendrick Van Limborg[n 43], Monmorency pour les dessins, Nicolas Lecomte[n 44], Louis-René de Vialy, Charles Sévin de la Penaye, l’un des plus fidèles aides du maîtres et enfin Pierre Bénevault[n 45].

La question de l’aspect autographe des œuvres de Rigaud s’est donc souvent posée et se pose encore. Si nous conservons cependant suffisamment d’exemples prouvant que Rigaud est tout aussi capable de peindre un visage, transcrire de manière exemplaire une ressemblance, que de sublimer une main ou animer une draperie, on sait qu’il ne démérite pas non plus à donner vie à une fleur, embraser un ciel crépusculaire ou inventer une scène biblique. Simplement, au fil du temps, confie-t-il à certains collaborateurs de confiance, la lourde tâche de le copier et de rendre aussi bien que lui le brillant d’une armure ou l’éclat doucereux d’une étoffe de fourrure. Débutants ou confirmés, ces artistes sont alors chargés « d’habiller » un visage croqué par Rigaud sur une fameuse préparation rouge.

 

 

L'homme


Les mariages


En 1703, Hyacinthe Rigaud a 44 ans. Il n’a jamais pensé au mariage, ou si peu. En ce matin du 17 mai 1703, avant midi, il se rend rue des Prouvaires, non loin de la rue Neuve-des-Petits-Champs où il réside, sur la paroisse Saint-Eustache[23]. Il y retrouve le notaire Nicolas-Charles de Beauvais[109] alors présent chez Marie-Catherine de Chastillon, fille d’un procureur au Parlement, et avec laquelle il établit un contrat de mariage. Si l’acte conservé aux archives nationales mentionne l’amitié qu’ont les époux l’un pour l’autre, il reste difficile d'expliquer pourquoi ledit contrat est finalement cassé le 23 novembre suivant, soit sept mois plus tard sans que le mariage ait été consommé.

Les témoins de Rigaud étaient pourtant hautement prestigieux, tous clients de l'artiste : le maréchal de France Anne-Jules, duc de Noailles[n 46], Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy[n 47] et Jules Hardouin-Mansart[n 48]. On suppose que Rigaud avait songer à transmettre sa fortune naissante, dont il fait d’ailleurs étalage dans un additif au contrat de mariage, soit près de 79 000 livres.

Article détaillé : Portrait d'Anne-Jules de Noailles.

La communauté des biens est envisagée ; mademoiselle de Chastillon n’apportant que 35 000 livres en revenus divers. Jamais l'artiste n’évoquera ce projet avorté dans ses biographies et seul un portrait, aujourd'hui perdu, témoigne encore de ce projet[n 49][110].

 

 



Rigaud : Portrait de la famille Le Juge - 1699 - Canada, National Galery of Ottawa

 

 

 

 

De multiples conjonctures ont alors couru afin d’expliquer son véritable mariage, le 17 mai 1710[n 50], avec Élisabeth de Gouy, veuve de Jean Le Juge, huissier au Grand Conseil et déjà mère de surcroît[111].

En réalité, Rigaud connaît déjà les parents de sa future femme depuis 1694. Le 20 septembre de cette année-là, l’artiste passe ainsi dans l’étude de maître Martin de Combes, rue du Bourg-Tibourg sur la paroisse Saint-Paul, afin de légaliser un achat « de terres à la campagne consistant en une maison de fond en comble avec ses appartenances et dépendances […], le tout situé à Vaux, rue aux Pelles » et appartenant depuis 1683 à Jérôme de Gouy, marchand bourgeois de Paris et Marguerite Mallet, sa femme[112].

En 1698, Rigaud offre leurs effigies respectives au époux de Gouy[102] et, l'année suivante, entame le portrait de la famille Le Juge[n 51] : Jean Le Juge, Elisabeth de Gouy et leur fille, Marguerite-Charlotte Le Juge du Coudray, laquelle terminera ses jour « au bourg des Herbiers, paroisse Saint-Pierre en Bas-Poitou diocèse de Luçon », comme l’indique le 11e chapitre de l’Arrêté de compte ensuite de l’exécution testamentaire de Rigaud, daté du 6 février 1747[113].

Si la date du décès de Jean Le Juge n’est pas encore véritablement connue, il semble avoir disparu dans les années 1706, date à laquelle Rigaud copie de sa main, une seconde version du portrait précédent, également daté et signé à même la toile, en bas à droite[n 52]. Hyacinthe Rigaud épouse Élisabeth de Gouy, « pour son mérite personnel », et sous le régime de la séparation des biens. La jeune veuve ne possède rien, exceptées quelques hardes contenues dans une armoire et qui reviennent, en 1744, à sa fille. On sait, par l’inventaire après décès de l'artiste, qu'il « a fait donnation à lad Dame son épouse de douze cens livres de rente viagère et de douze cent livres en espèces à prendre sur le mobilier de la succession dud sieur Rigaud après son décès et des meubles mentionnés »[n 53].

 

 



Rigaud : Portrait de la femme de l'artiste, Élisabeth de Gouy - v. 1743 - Paris, musée du Louvre

 

 

 

 

C’est le 15 mars 1743, dans leur grand appartement de la rue Louis-le-Grand, qu’Élisabeth de Gouy décède, âgée d’environ 75 ans. Elle est alors inhumée aux Jacobins de la rue Saint-Dominique, en présence d’Hyacinthe Collin de Vermont (filleul de Rigaud) et de Louis Billeheu, notaire et exécuteur testamentaire. Rigaud, déjà malade depuis quelques années a peine à se déplacer[114].

Une fois de plus, le récit de Dezallier d’Argenville, achève de nous éclairer, sur l’aspect tourmenté et tragique de cette année 1743[115] :

« On ne peut être plus sensible qu’il le fut à la perte de cette femme en 1742 [sic]. Les soins qu’il prit d’elle pendant une très longue maladie, ont développé ses sentimens. Rien ne lui coûtoit pour soulager sa nombreuse famille, & particulièrement celle de sa femme. Il me raconta huit jours avant sa mort, qu’il avoit quatorze neveux, & qu’il étoit sans cesse occupé à leur envoyer des secours. Le Roi venoit de lui donner de nouvelles marques de bonté en lu accordant la pension de François Desportes, lorsqu’il fut surpris de grands maux de tête accompagnés d’une fièvre, qui firent craindre pour ses jours. Cette fièvre augmenta considérablement par la nécessité où il se trouva pour lever le scellé, d’entrer au bout de neuf mois dans la chambre où sa femme étoit morte. Il fut si saisi, que levant les bras au ciel, il s’écria : Ah ! je vais bientôt vous suivre ! En effet, il se mit au lit, la fièvre redoubla, & après 7 jours de maladie, elle l’enleva le 27 décembre 1743 [sic], à l’âge de 84 ans, sans laisser aucune postérité. »

Hyacinthe Rigaud a également marqué son temps par sa difficulté d'élocution ; infirmité qui lui permit de peindre à son aise l’abbé de La Trappe en 1696. Alors que l'ambassadeur Prior qualifiait l'artiste de « bègue coquin de Rygault »[116] dès 1698, la princesse Palatine, dans une de ses lettres françaises de 1713, avoue : « Il y a un peintre ici, Rigo, qui bégaye si terriblement qu’il lui faut un quart d’heure pour chaque mot. Il chante dans la perfection et en chantant, il ne begaye pas le moins du monde »[117].

Plaisant et de bonne compagnie[118], Hyacinthe Rigaud nous a laissé près de cinq autoportrait officiels. Il était homme de goût, collectionneur et habile homme d'affaire. L'exposition Dresde ou le rêve des princes, tenue à Dijon en 2001 a montré combien Rigaud avait pu officier comme intermédiaire sur le marché de l'art européen ; achetant à l'avance, pressentant le marché, revendant ensuite, et fournissant les cours les plus prestigieuses[119]. Ainsi, Lépicié s'en fait-il le témoin dans son Catalogue raisonné des tableaux du Roy avec un abrégé de la vie des peintres en 1752-1754[120]. :

« Indépendamment de tous les tableaux que le Roi fait faire par les peintres de son Académie, feu Monsieur Rigaud fut chargé de choisir ce qu’il y avait de meilleur et de plus rare en fait de peinture dans la collection de Monsieur le Prince de Carignan ; personne n’ignore les soins et les dépenses avec lesquelles ce Prince avait rassemblé les plus beaux ouvrages qui se trouvèrent dans son cabinet […] »

L'état de la collection de l'artiste[121], à sa mort, témoigne avec plus de force encore de ses goûts.

Extrêmement pieux, comme le prouve sa bibliothèque composée pour moitié de livres de dévotion, Rigaud était même hanté par l'idée de son salut. Sans doute un héritage de sa mère, membre du tiers ordre de Saint-Dominique. Les préambules aux nombreux testaments qu'il laissa sont là pour le prouver. Ainsi, dans le quatrième, daté du dimanche 16 juin 1726, il « remercie Dieu de l’avoir fait naitre dans le sein de l’église romaine, il fait vœu moyennant sa sainte grace d’y mourir, et il luy recommande son ame et luy demande pardon dans tout la sincérité de son cœur de ses péchés et la suplie de ne point le juger selon la rigeur de sa justice mais selon l’étendue de ses miséricordes et de le faire participer aux effets de sa bonté et de son amour dont il nous a donné de si éclatantes marques dans l’incarnation de Notre Rédempteur Jésus christ son fils unique et l’effusion du sang précieux de ce fils, Dieu et homme, et Notre adorable médiateur sur l’arbre de la croix pour tous les pécheurs, invoquant à la même fin les prières en intercession de la très Sainte vierge marie et de tous les bienheureux ». Une formule certes habituelle, mais qui est ici portée à son paroxysme[122].

 

 

 

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