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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 18:52

Sa belle-sœur Berthe Morisot

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Berthe Morisot au bouquet de violettes (détail)
1872 (55 x 38 cm)
Coll. particulière


Un jour qu’il déambulait au musée du Louvre, Manet, par l’intermédiaire de Fantin-Latour, fit la connaissance d’une jeune peintre dont le talent novateur et la beauté mélancolique semblaient ne faire qu’un. D’emblée impressionné par Berthe Morisot, Manet la persuade de poser pour lui dans différents tableaux. Outre le remarquable Berthe Morisot au bouquet de violettes, encensé plus tard par Paul Valéry, c’est surtout Le Balcon qui va frapper les esprits. La toile, inspirée des Majas au balcon de Francisco Goya, a été réalisée à la même époque et dans la même intention que le Déjeuner dans l'atelier. Les trois personnages, tous amis de Manet, semblent n’être reliés par rien : tandis que Berthe Morisot, à gauche, fait figure d’héroïne romantique et inaccessible, la jeune violoniste Fanny Claus et le peintre Antoine Guillemet paraissent habiter un autre monde. Le vert agressif et audacieux du balcon, par ailleurs, fit couler beaucoup d’encre.

Berthe Morisot devient la belle-sœur de Manet en 1874 lorsqu’elle se marie avec le frère de ce dernier, Eugène. Influencée notamment par son beau-frère, elle s’imposera ensuite comme une figure essentielle du mouvement impressionniste.

Amitiés littéraires


Alors même qu’il n’était encore qu’un jeune peintre fort obscur, Édouard Manet avait déjà fait la connaissance et conquis l’amitié de Charles Baudelaire. Les deux hommes se rencontrent dès 1859 dans le salon du commandant Lejosne, ami de la famille Manet. Bien que Baudelaire n’ait jamais écrit publiquement pour soutenir son ami, y compris pendant le scandale du Salon des Refusés de 1863, il tint le talent du jeune homme en haute estime dès la présentation du Buveur d'absinthe. Comme il l’avait noté en 1865, peu avant sa mort, « il y a des défauts, des défaillances, un manque d’aplomb, mais il y a un charme irrésistible. Je sais tout cela, je suis un des premiers qui l’ont compris »[10].

L’amitié de Charles Baudelaire fut particulièrement bénéfique à Manet après la présentation d’Olympia : le peintre, sans le laisser paraître, avait été fortement abattu par les critiques féroces qui lui avaient été adressées, et en avait touché un mot à son ami, alors en séjour à Bruxelles. La lettre mémorable que Baudelaire envoie en réponse est à la fois ferme et amicale : invitant Manet à faire taire son orgueil, le poète relativise la portée des attaques dont son ami est victime par rapport à celles que d’autres grands artistes ont pu endurer, allant jusqu’à dire que Manet n’est somme toute « que le premier dans la décrépitude de [son] art »[11]. Ce commentaire corrosif, dans la bouche d’un poète fasciné par le thème de la décadence, est bien sûr en réalité un compliment. La mort de Baudelaire, survenue prématurément en 1867, fut un coup rude pour Manet et sa femme Suzanne, qui perdaient à la fois un protecteur et un ami.


C’est cependant à cette époque qu’Édouard Manet reçoit le soutien bruyant d’un jeune auteur audacieux de vingt-six ans, Émile Zola. Ce dernier, révolté par le refus qui fut opposé au Joueur de fifre pour le Salon officiel de 1866, publia la même année un article retentissant dans L’Événement, dans lequel il prenait la défense du tableau. L’année suivante, Zola alla jusqu’à consacrer une étude biographique et critique très fouillée à Édouard Manet, afin de permettre la « défense et illustration » de sa peinture, qu’il qualifiait de « solide et forte »[12] et associait – peut-être à tort – au naturalisme. Il semble aujourd’hui indéniable que toutes ces manifestations de soutien comportaient une certaine part de calcul : le jeune écrivain, en se positionnant clairement en faveur du représentant emblématique de l’avant-garde qu’était Manet, s’assurait sa propre réputation et sa propre gloire.

Manet n’en fut pas moins reconnaissant envers son nouvel ami, et réalisa dès 1868 le Portrait d'Émile Zola, accepté au Salon de la même année. La toile contient plusieurs éléments anecdotiques et discrets révélant l’amitié des deux hommes : outre la reproduction d’Olympia accrochée au mur, et dans laquelle le regard de Victorine Meurent a d’ailleurs été légèrement modifié par rapport à l’original afin de fixer Zola, on distingue sur le bureau le livre bleu-ciel que l’écrivain avait rédigé pour défendre Manet. L’entente entre les deux hommes, toutefois, ne dura pas : de plus en plus perplexe face à l’évolution impressionniste que connaissait le style de Manet, bien loin du réalisme qu’il prisait, Zola finit par rompre tout contact.


Ce n’est que plus tard dans sa vie que Manet retrouvera chez un homme de lettres l’amitié profonde et spirituelle qu’il avait ressentie pour Baudelaire, en la personne de l’autre grand poète qu’est Stéphane Mallarmé. Ce dernier, plus jeune de dix ans, ressentait une telle admiration pour l’art lumineux et transparent de Manet qu’il publia à Londres, en 1876, un article élogieux à son sujet, en anglais. Dans ce texte, intitulé Les Impressionnistes et Édouard Manet, Mallarmé prend la défense de son compatriote, et en particulier du tableau Le Linge, une représentation sans prétention d’une jeune femme des Batignolles lavant son linge, œuvre refusée au Salon car mêlant un thème trivial et un style impressionniste. Manet exécuta en retour un Portrait de Stéphane Mallarmé resté célèbre, tant, comme le dira Georges Bataille, il « rayonne l’amitié de deux grands esprits »[13]. Les deux hommes, tout au long des dernières années de la vie de Manet, se verront quasiment tous les jours, et la mort du peintre plongera le poète dans une grande tristesse.

Amitiés artistiques : la « bande à Manet »

Article détaillé : Groupe des Batignolles


Au fur et à mesure que Manet gagnait en âge, un nombre grandissant de jeunes artistes se revendiquèrent de son esprit en s’opposant à leur tour à l'esthétisme officiel. Prônant la peinture en plein air et se qualifiant eux-mêmes, tour à tour, d’Intransigeants, de Réalistes ou encore de Naturalistes, la critique va finalement, avec ironie, les surnommer « Impressionnistes ». Parmi ces jeunes talents, certains vont se rapprocher de Manet et former le groupe dit « des Batignolles », ainsi nommé en référence au quartier des Batignolles où se trouvaient l’atelier de Manet et les principaux cafés que la bande fréquentait. On compte notamment dans ce groupe les peintres Paul Cézanne, Auguste Renoir, Frédéric Bazille ou Claude Monet.
 

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Argenteuil
1874 (149 x 115 cm)
Musée des Beaux-Arts, Tournai


De tous ces jeunes disciples, l’ami le plus intime de Manet était incontestablement Claude Monet, futur chef de file de l’impressionnisme. Les familles des deux peintres, comme prédestinées par leur quasi-homonymie, devinrent vite très proches et passèrent de longues journées ensemble dans l’apaisante verdure d’Argenteuil, chez les Monet. Ces visites régulières furent l’occasion pour Édouard Manet de réaliser plusieurs portraits intimistes de son ami, comme celui ironiquement appelé Claude Monet peignant dans son atelier, et surtout de s’essayer à imiter le style et les thèmes favoris de ce dernier, en particulier l’eau. L’émulation est par exemple visible dans le célèbre Argenteuil, où Manet force volontairement son trait pour se rapprocher de l’impressionnisme par nature plus tranché de Monet, avec une Seine d’un bleu outrancier.


Cette admiration réciproque n’empêchait cependant pas les deux hommes de développer, indépendamment l’un de l’autre, leurs propres styles. On peut ainsi utilement comparer deux vues de Paris réalisées le même jour sur le même sujet en 1878, à l’occasion de l’Exposition universelle : tandis que La Rue Mosnier aux drapeaux de Manet présente un paysage austère et presque aride, le faste luxuriant de La Rue Montorgueil de Monet révèle un point de vue radicalement différent.

Édouard Manet était également très lié au peintre Edgar Degas, bien que ce dernier n’ait pas fait spécifiquement partie du groupe des Batignolles. Les deux hommes se montrèrent particulièrement inséparables aux heures sombres de la guerre franco-allemande de 1870 lorsque, pris au piège dans le Paris assiégé en compagnie de son ami, Manet ne pouvait communiquer que par lettres avec sa femme Suzanne réfugiée en province. Manet et Degas se trouvèrent d’autres affinités pendant la Commune de Paris, de par leur opposition conjointe au parti versaillais. Bien que les deux hommes se soient souvent querellés et affrontés pour obtenir la prééminence l’un sur l’autre dans l’avant-garde artistique, Degas conservera toujours une grande estime pour Manet et contribuera à promouvoir l’œuvre de ce dernier après sa mort.

Victorine Meurent : la Femme selon Manet

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Portrait de Victorine Meurent
1862 (42,9 x 43,7 cm)
Museum of Fine Arts, Boston


Le visage de Victorine Meurent, aisément reconnaissable, est celui qui revient le plus régulièrement dans l’œuvre de Manet. Le peintre, subjugué par la beauté fraîche et un peu insolente de la jeune femme, en fit très rapidement son modèle préféré, notamment pour ses peintures de nu. Victorine apparaît ainsi dans les tableaux les plus célèbres de Manet : en premier lieu dans Le Déjeuner sur l'herbe, bien sûr, où elle est dépeinte assise et entièrement dévêtue. La mystérieuse Olympia, de même, n’est autre que Victorine. Édouard Manet, dans chacun de ces deux cas, altère légèrement les traits de la jeune femme pour qu'ils correspondent mieux avec l’idée qu’il se faisait de la toile à accomplir.
 


À ceux qui auraient pu reprocher au peintre de ne réaliser que des nus lascifs et provocants de sa jeune égérie, Manet répondit par deux très beaux portraits d’une Victorine habillée de pied en cap. Dans La Chanteuse de rue, Manet déguise son modèle en une modeste chanteuse sortant d’un cabaret à la nuit tombée et dégustant étrangement quelques cerises. La Femme au perroquet avec son petit bouquet de violettes, quant à elle, est surtout un clin d’œil à une toile homonyme de Gustave Courbet représentant une femme nue avec un perroquet.

Plus de dix années après la grande époque des scandales, c’est sans doute pour rendre hommage à leur longue relation artistique et amoureuse qu’Édouard Manet réalisa un dernier portrait de Victorine, Le Chemin de fer, où l’ancienne femme libérée s’est métamorphosée en une dame parfaitement respectable tenant compagnie à une petite fille, devant la gare Saint-Lazare. Cette œuvre, marquée par le symbole de la grille en fer, semble tirer un trait sur le passé avec une certaine amertume, et le chat inquisiteur d’Olympia laisse place à un petit chien sagement endormi. Manet, dès cette époque, commençait à souffrir d’une santé précaire.

Maturité d'un regard de la peinture moderne

Édouard Manet, dans la dernière période de sa vie, réalise des œuvres d’une remarquable variété, allant des portraits aux marines. Toutes vont influencer de façon marquée l’école impressionniste.

Peintures historiques


La peinture historique, en raison de son caractère très académique, reste un genre nettement marginal dans l’œuvre de Manet, et seules deux toiles peuvent revendiquer l’appartenance à cette catégorie. La première, réalisée en 1864, immortalise une bataille navale de la guerre de Sécession s’étant déroulée au large de Cherbourg, entre le navire fédéral Kearsarge et le bâtiment confédéré Alabama. Le Combat du Kearsarge et de l'Alabama, en dépeignant l’Alabama prêt à sombrer, est une annonce prémonitoire de la défaite finale des sudistes. Le fait que les deux bateaux soient relégués si loin en arrière-plan n’a pas été sans susciter des interrogations, Barbey d'Aurevilly ayant été jusqu’à avancer que ce choix de l’artiste rend la mer bien plus impressionnante que le combat lui-même.

1867 fut une année riche en événements pour Manet : le peintre profita de l’Exposition universelle se tenant à Paris, au printemps, pour organiser sa propre exposition rétrospective et présenter une cinquantaine de ses toiles. S’inspirant de l’exemple de Gustave Courbet, qui avait eu recours à la même méthode pour se détourner du Salon officiel, Manet n’hésite pas à puiser fortement dans ses économies pour édifier son pavillon d’exposition, à proximité du pont de l'Alma, et pour organiser une véritable campagne de publicité avec le soutien d’Émile Zola. Le succès, cependant, ne fut pas à la hauteur des espérances de l’artiste : tant les critiques que le public boudèrent cette manifestation culturelle.

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L'Exécution de Maximilien
1867 (252 x 305 cm)
Kunsthalle de Mannheim


Un fait extérieur allait malgré tout donner une nouvelle impulsion à la créativité du peintre : alors même que l’Exposition universelle n’était pas terminée, la nouvelle de l’exécution de Maximilien de Habsbourg, au Mexique, parvint jusqu’à la capitale française. Édouard Manet, depuis toujours fervent républicain, fut scandalisé par la manière dont avait fini ce jeune prince soutenu puis abandonné par Napoléon III (Voir Histoire du Mexique), et travailla plus d’une année à une grande toile commémorative et historique. Le résultat, très largement inspiré du Tres de Mayo de Francisco Goya, est cependant traité d’une manière radicalement différente. L'Exécution de Maximilien semble en effet dénuée de toute émotion violente : les soldats, que le peintre a vêtus d’uniformes de l’armée impériale française pour exprimer toute son indignation, abattent tranquillement Maximilien tandis que l’un d’eux est occupé à recharger son fusil et que les badauds se pressent au-dessus du mur.

Marines


A partir de 1868, les Manet prirent l’habitude de passer leurs étés à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, où ils avaient fait l’acquisition d’un appartement. Outre le Déjeuner dans l'atelier, ces séjours répétés permirent à Édouard Manet de développer un genre qui l’avait toujours beaucoup attiré, à savoir les marines et l’univers de la mer. Boulogne était – et reste – un important port de pêche, ce qui constitua une source d’inspiration inépuisable pour un peintre aimant tant les sujets naturalistes. Le saisissant Clair de lune sur le port de Boulogne, par exemple, dépeint le retour d’un bateau de pêche à la nuit tombée et l’attente des femmes de marins, sous la lumière laiteuse de la Lune. L’œuvre, tout à la fois pleine d’ombre et de lumière, est un remarquable hommage à la peinture de Rembrandt.


Les vacances boulonnaises virent la naissance d’autres toiles importantes, en particulier le Départ du vapeur de Folkestone, en 1869 : Manet y représente le bateau à aube assurant la liaison avec le port anglais de Folkestone, et sur lequel le peintre avait d’ailleurs embarqué l’année précédente pour visiter Londres. La dame habillée de blanc située le plus à gauche de la composition ne serait autre que Suzanne Manet, accompagnée de son fils Léon. La toile, à l'inverse du Clair de Lune, est l'un des exemples les plus saisissants de la manière dont Manet savait jouer avec la lumière et les couleurs pour donner à ses tableaux une atmosphère de joie et d'insouciance. Le Bateau goudronné, quant à lui, a en revanche été peint sur la plage de Berck, et prend pour thème le travail des pêcheurs.

Portraits féminins

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Nana
1877 (154 x 115 cm)
Kunsthalle, Hambourg


Antonin Proust
, qui fréquentait Manet depuis l’enfance, avait l’avantage de connaître intimement son caractère : selon lui, même au plus fort de la maladie du peintre, « la présence d’une femme, n’importe laquelle, le remettait d’aplomb ».[4] Édouard Manet, en grand amateur de femmes qu’il était, en vint naturellement à peindre la gent féminine en abondance. Bien loin de se limiter aux seules Suzanne Leenhoff et Victorine Meurent, le peintre immortalisa les traits d’un grand nombre de ses amies. Ainsi, dans La Prune (voir face au sommaire), l’actrice Ellen Andrée pose complaisamment dans un décor de café, et semble figée dans une rêverie douce et mélancolique.

Dans la droite lignée d’Olympia, Manet se plut également à représenter sans faux-semblant la vie de plusieurs courtisanes ou « créatures » entretenues, la plus célèbre en ce domaine étant Nana. Cette toile, qui date de trois ans avant la parution du roman homonyme de Zola, reprend avec beaucoup plus de légèreté et de futilité le thème de la grave Olympia, sous les traits de l’actrice Henriette Hauser. Le titre pourrait avoir été donné par Manet postérieurement à la réalisation du tableau, lorsqu’il apprit le titre du prochain ouvrage de Zola. Une autre explication voudrait que Manet ait été inspiré par le roman L'Assommoir, dans lequel une Nana encore toute jeune fille fait sa première apparition, et reste précisément « des heures en chemise devant le morceau de glace accroché au-dessus de la commode »[14]. Le tableau, comme il se doit, fut refusé au Salon de Paris de 1877.

Cafés et restaurants

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Chez le père Lathuille
1879 (93 x 112 cm)
Musée des Beaux-Arts, Tournai


À la différence d’Edgar Degas, qui affichait une prédilection de plus en plus poussée pour la représentation du monde du travail et de la classe ouvrière, Édouard Manet préféra toujours s’intéresser aux moments de loisirs : le thème du repos et de la détente, certes un peu frivole, permet cependant au peintre de capter avec précision et sensibilité le vécu de ses contemporains. Les cafés, et dans une moindre mesure les restaurants, constituaient de ce point de vue l’endroit rêvé pour surprendre les scènes de la vie quotidienne des gens que Manet côtoyait. Le café parisien, à la fin du XIXe siècle, était le lieu de rendez-vous par excellence des milieux artistiques, littéraires, bourgeois et même aristocratiques. Manet arrive à rendre, le plus souvent avec beaucoup de poésie, l’atmosphère si particulière de ce lieu. C’est par exemple dans le cadre verdoyant et apaisé du restaurant Chez le père Lathuille, à Clichy, qu’un jeune homme s’empresse auprès d’une jeune femme et lui fait la cour.


C’est dans le même univers que se situe la dernière œuvre majeure de Manet, intitulée Un bar aux Folies Bergère, réalisée alors que le peintre était déjà profondément rongé par la syphilis. La scène, contrairement aux apparences, n’a pas été peinte au bar des Folies Bergère mais a été entièrement recréée en atelier. La jeune femme servant de modèle, Suzon, est en revanche une véritable employée de ce célèbre café-concert. Les nombreux éléments présents sur le marbre du bar, qu’il s’agisse des bouteilles d’alcool, des fleurs ou des fruits, forment un ensemble pyramidal allant trouver son sommet, non sans malice, dans les fleurs qui ornent le corsage de la serveuse elle-même. Mais l’aspect ayant le plus retenu l’attention des critiques a été le reflet de Suzon dans le miroir. Ce dernier ne semble pas renvoyer une image exacte de la scène, tant en ce qui concerne la posture de la jeune femme que la présence de l’homme en face d’elle, si rapproché qu’il devrait logiquement tout cacher aux yeux du spectateur. Il est difficile de conclure si cette anomalie est le fruit de la volonté de l’artiste ou une simple erreur d’appréciation, ce qui n’a pas été sans amuser Huysmans. Ce dernier décrit avec délectation la manière dont le tableau « stupéfie les assistants qui se pressent en échangeant des observations désorientées sur le mirage de cette toile »[8].

La maladie et la mort

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La tombe de Manet à Passy


Édouard Manet, affaibli depuis plusieurs années, s’éteint finalement le 30 avril 1883 à l’âge de cinquante et un ans, des suites d’une ataxie locomotrice résultant elle-même d'une syphilis contractée à Rio. La maladie, outre les nombreuses souffrances et la paralysie partielle des membres qu’elle lui avait causées, a ensuite dégénéré en une gangrène qui imposa de lui amputer le pied gauche onze jours avant sa mort. L’enterrement eut lieu le 3 mai 1883 au cimetière de Passy, en présence notamment d’Émile Zola, d'Alfred Stevens, de Claude Monet, d'Edgar Degas et de bien d’autres de ses anciennes connaissances. D’après Antonin Proust, son camarade de toujours, on voyait dans le convoi funèbre « des couronnes, des fleurs, beaucoup de femmes ». Degas, quant à lui, aurait dit alors de Manet qu’« il était plus grand que nous ne pensions »[4].

Manet, dont la mémoire fut ensuite plébiscitée avec ferveur par tous les anciens du groupe des Batignolles, a depuis été reconnu internationalement comme l’un des plus importants précurseurs de la peinture moderne. En l’an 2000, l’une de ses toiles s’est vendue à plus de vingt millions de dollars.

source Wikipédia

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