Partager l'article ! Édith Cresson (2 & fin).: . Sur le plan international Au niveau international, Édith Cresson est à Matignon ...
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Au niveau international, Édith Cresson est à Matignon lors de la tentative de coup d’État d'août 1991 en URSS et surtout le 25 décembre 1991, lors de l’implosion de l’URSS et la démission de Mikhaïl Gorbatchev. Peu après, les mouvements d'indépendance en Yougoslavie commencent. Les Républiques fédérées déclarent leur indépendance en 1991 et 1992. L’exécutif français doit alors se positionner : reconnaître ou non les nouveaux pays. La décision de l'Allemagne, qui reconnaît la Croatie et la Slovénie le 21 décembre 1991, force cependant la main à la France, alors que Mitterrand craint les risques d'explosion induits par la reconnaissance de ces nouveaux États, et concrétisés par les guerres qui déchireront la Yougoslavie pendant dix ans.[réf. nécessaire]
C'est aussi sous son gouvernement que prend fin l’opération « Tempête du désert » dans le Golfe. Dix-neuf mille soldats français y sont engagés [réf. nécessaire], l'Irak de Saddam Hussein perd la partie.
En outre, c’est elle qui aux côtés de François Mitterrand signe le 7 février 1992 le traité de Maastricht prévoyant l’euro, la politique monétaire commune, la citoyenneté européenne, la politique de sécurité et la coopération judiciaire et policière. Le même jour, face au dépôt d'une motion de censure au sujet de l'affaire Habache, qui était soigné en France, elle écarte la tenue d'élections anticipées[9]. L'affaire conduit toutefois à la démission de François Scheer, secrétaire général du Quai d'Orsay, ainsi que de Georgina Dufoix, directrice de la Croix-Rouge française qui avait organisé le transfert du militant palestinien[10].
La chute du mur de Berlin a aussi des conséquences directes sur le droit d'asile tandis que la montée en puissance du Front national fait de la répression de l'immigration un enjeu électoral, omniprésent pendant l'été 1991[11]. Alors que Giscard propose l'abandon du droit du sol en évoquant le risque d'une « invasion » [12], le 20 juin 1991, Cresson compare « le langage de Jacques Chirac » à celui de Le Pen, en particulier après sa sortie sur « le bruit et l'odeur »[13].
Mais début juillet 1991, elle annonce un nouveau train de mesures pour la « maîtrise de l'immigration »[12], perçu par la presse comme un durcissement du PS sur les questions d'immigration[14]. Celles-ci concernent aussi bien le visa (création du visa de transit), le certificat d'hébergement, le travail au noir, le droit d'asile et la régularisation[15]. Tout en souhaitant se démarquer de Pasqua, elle évoque ainsi, le 8 juillet 1991, la mise en place de charters collectifs pour les expulsions de sans-papiers [16]. Le député socialiste du Nord, Umberto Battiste, critique ces mesures, affirmant l'inefficacité de désigner des « bouc-émissaires » ainsi que de « courir derrière Chirac qui court lui-même derrière Le Pen »[15]. Les déboutés du droit d'asile manifestent leur colère, une grève de la faim étant organisée à l'église Saint-Joseph à Paris ; la circulaire annoncée par Jean-Louis Bianco, titulaire du nouveau portefeuille de l'Intégration qui se rajoute aux Affaires Sociales, ne prévoyait la régularisation que d'un débouté du droit d'asile sur quatre, sur un total de 100 000 déboutés[14]. Au total, seulement 15 000 déboutés du droit d'asile ont été régularisés[17]. Le gouvernement Cresson promulgue le 31 décembre 1991 la loi no91-1383, « renforçant la lutte contre le travail clandestin et la lutte contre l'organisation de l'entrée et du séjour irréguliers d'étrangers en France ». L'année suivante, le ministre de l'Intérieur Philippe Marchand, qui a été reconduit dans ses fonctions, créé les zones de transit (rebaptisées zones d'attente par la loi Quiliès de 1992) permettant de retenir pendant 20 jours les étrangers refoulés aux frontières.
C'est aussi sous son gouvernement que les circulaires du 26 septembre 1991 et du 19 décembre 1991, préparées par le gouvernement Rocard, sont promulguées. Celles-ci interdisent d'une part aux demandeurs d'asile de travailler, les plongeant dans une situation d'assistance; d'autre part, la seconde créé pour les demandeurs d'asile les centres d'accueil de demandeurs d'asile (CADA). Cette politique de restriction de l'asile visait principalement à limiter l'afflux de réfugiés venus d'Europe de l'Est.
Sa politique économique est celle de Pierre Bérégovoy, indéboulonnable ministre de l'économie et des finances depuis 1988, après l'avoir été de 1984 à 1986. Déçu de ne pas avoir été nommé premier ministre alors qu'il était persuadé de succéder à Michel Rocard, il est plus un obstacle qu'un soutien. Cette politique très influencée par le directeur du trésor, Jean-Claude Trichet, ancien directeur de cabinet d'Edouard balladur se fonde sur une défense du franc, annoncée dans son discours de politique générale, et une rigueur économique concernant les finances publiques et la sécurité sociale, qui empêche toute réforme sociale d'envergure[18]. Le passage d’Édith Cresson à Matignon se fait au pire moment des Vingt Piteuses. La conjoncture économique est catastrophique : l’inflation est record à 3,3% en juillet 1991 [réf. nécessaire] et le nombre de chômeurs atteint le pic jusque-là inégalé de 2,7 millions de demandeurs d’emploi en 1991 [réf. nécessaire]; en 1992, il frôle les 3 millions, soit plus de 10% de la population active[19]. « C'est probablement la situation la plus difficile qu'un Premier ministre ait rencontré depuis très longtemps », déclare-t-elle en juin 1991[20]. Davantage que ses propos ou que les attaques dont elle fait l'objet, ces raisons de fond expliqueraient plutôt son impopularité[18].
En tant que Premier ministre, elle est à l'origine du transfert d’institutions publiques vers les Régions, au total une vingtaine[18], dont le plus emblématique est celui de l'École nationale d'administration (ENA) à Strasbourg, pour rapprocher les élites française des institutions de l’Europe. Le fait d'engager ce processus de déconcentration sans concertation préalable suscite l'opposition de la fonction publique, les méthodes unilatérales de Cresson tranchant avec la recherche du consensus de son prédécesseur Rocard[18]. Elle a aussi lancé un projet de modification du mode de scrutin sénatorial, en prenant de front les membres de la Haute Assemblée. En outre, son gouvernement lance la « Charte des services publics » qui vise à améliorer les relations entre ces derniers et les citoyens[21].
Elle annonce vouloir mettre en avant la formation par alternance sur le modèle allemand mais se heurte à l’hostilité de son ministre de l’Éducation, Lionel Jospin, nommé en juin 1988 Ministre d'État, de l'Éducation nationale, de la Recherche et des Sports[22]. Celui-ci refuse en effet de remettre en cause la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans et se montre réticent au sujet de l'apprentissage[18]. Sur le plan universitaire, l'agitation du mouvement étudiant ne s'arrête qu'avec la nomination de Jack Lang par le successeur d'E. Cresson, Pierre Bérégovoy, et le retrait du projet de réformes universitaires de Jospin.
En outre, la scène politique française est touchée par les scandales politico-financiers depuis l'irruption des juges dans ce domaine, lors de la première cohabitation[23]; l'affaire Urba affecte le PS à partir du début de l'année 1991, de même que l'affaire du sang contaminé qui touche de hauts responsables du parti (Laurent Fabius, Georgina Dufoix, Edmond Hervé)[19]. La question du financement occulte des partis politiques touche progressivement l'ensemble des partis de gouvernement (PS, RPR, etc.).
Enfin, les propos vifs et parfois insultants de Cresson lui valent des mésaventures. En juillet 1991, elle défend ainsi sur ABC News des propos vieux de quatre ans, affirmant au journaliste Chris Wallace (en) que l'homosexualité serait « différente et marginale » et plus proche des coutumes « anglo-saxonnes » que des usages « latins »[24].
En outre, face à un journaliste et alors qu’elle est au téléphone elle déclare « la bourse, j’en ai rien à cirer » [réf. nécessaire]. De plus, elle assimile à deux reprises, en 1989 au Times et en 1991 dans ABC News, les Japonais à des « fourmis » menant des existences démesurément laborieuses et inacceptables pour les standards européens concernant les loisirs et la sécurité sociale[24]. Ceci lui vaut de voir son effigie brûlée au Japon[24]. Le 14 juillet 1991, alors que Cresson, après deux mois d'état de grâce, bat un record d'impopularité[24] sous la Cinquième République (les sondages lui donnent encore moins qu'à Raymond Barre[18]), Mitterrand, quasiment seul au sein du PS[18], défend le chef du gouvernement, affirmant qu'il soutient le fait d'agiter les choses[24]. Attaqué par l'opposition, Mitterrand répond à une question sur l'usure du pouvoir, lors d'une conférence de presse en septembre 1991, qu'« on ne s'use que si l'on sert (bien que j'observe de plus en plus que ceux qui ne servent à rien s'usent beaucoup) », et réitère son soutien à Cresson[25].
Ces propos lui valent toutefois des attaques aussi bien de son propre camp (le sénateur Michel Vauzelle demandant un peu plus de retenue de la part d'un Premier ministre[24]) que de l'opposition (le député gaulliste Éric Raoult affirmant que les Japonais sont « plus habitués au langage de velours de geishas qu'à l'argot vulgaire des femmes de poissonnier »[24]). Mais Cresson est aussi victime de la dureté de la presse et du machisme de la classe politique et médiatique : le député UDF François d'Aubert parle de « régime pompadourien », ce qui lui vaut une réponse ironique de Cresson[26]. Sa marionnette au Bébête show, la panthère « Amabotte », est présentée comme une lèche-botte du Président Mitterrand, parfois avec violence. Cresson s'aventure alors à critiquer le spectacle humoristique, accusé de sexisme, ce que nul ne s'était avancé à faire lors des présidentielles de 1988[27], tandis que les féministes critiquent aussi cette caricature jugée dégradante[28],[24]. Les critiques de Cresson envers Le Bébête show provoquent un débat sur la liberté d'expression ; les caricaturistes refusent de cesser leurs attaques, tout en rebaptisant sa marionnette « Didi-Lateigne »[24]. Au sein même de son gouvernement, qui inclut aussi Élisabeth Guigou, victime des mêmes attaques[6], au poste de Ministre déléguée aux Affaires européennes, elle doit essuyer les critiques de Pierre Bérégovoy (son ministre de l’Économie) qui fait prévaloir l'impératif de rigueur sur ses demandes de fonds afin de financer une politique sociale[18].
Début avril 1992, les rumeurs sur son départ sont de plus en plus pressantes après l'important échec de la gauche aux élections régionales de mars 1992, vingt régions sur vingt-deux étant remportées par la droite. Le Front national (13,6 %) et les écologistes (14,7 %) sont, plus encore que le RPR et l'UDF (33 % à eux deux), les grands gagnants du scrutin[18]. Les élections cantonales, qui se tiennent aussi en mars 1992, marquent en revanche la victoire de la droite parlementaire, la gauche ne conservant qu'une vingtaine de départements[18]. Édith Cresson, réélue difficilement dans son canton de Châtellerault, présente au président Mitterrand un plan pour un second gouvernement, plus restreint et composé de personnalités à qui elle pouvait faire confiance. Elle atteint alors un record d'opinions défavorables, 76 % des sondés ne lui faisant pas confiance pour résoudre les problèmes qui se posent en France[29]. Mais le président la remplace le 2 avril 1992 par Pierre Bérégovoy, qui forme un nouveau gouvernement marqué par le renouveau de l'emprise présidentielle sur Matignon[18], ce qui est symbolisé par la mise à l'écart de Lionel Jospin, hostile à Fabius et remplacé à l'Éducation par Jack Lang[18].
Quelques années plus tard, Édith Cresson affirmera que lorsqu'elle rencontrait François Mitterrand pour lui « proposer des mesures », celui-ci « disait toujours oui », puis « reconnaissait qu'il ne pouvait rien faire contre le fort mécontentement du groupe parlementaire socialiste »[30].
Elle ne se représente pas aux législatives en 1993.
Malgré les réticences d'Édouard Balladur, François Mitterrand la nomme à la Commission européenne en janvier 1995, où elle est chargée de la Science, de la Recherche et du Développement. Elle s'occupe principalement des questions d'éducation, de formation et de recherche.
En décembre 1997, Lionel Jospin lui demande [réf. nécessaire] de quitter son mandat de maire pour cause de cumul des mandats avec celui de commissaire européen ; son premier adjoint Jöel Tondusson la remplace et elle devient adjointe au maire, réélue en 2001. C'est aussi en 1997 qu'elle apprend qu'elle est touchée par un cancer, dont elle se rétablit après quelques années[31]. Puis elle démissionnera du conseil général en 1998, toujours pour cause de cumul des mandats.
Pour avoir fourni un emploi supposé fictif au sein de son cabinet à un ami, dentiste à Châtellerault, elle est suspectée de népotisme avec plusieurs membres de la commission Santer, qui est contrainte à la démission collective en mars 1999. Inculpée pour corruption par la justice belge, elle bénéficie d'un non-lieu[32]. En revanche, elle est condamnée le 11 juillet 2006 par la Cour de justice européenne qui la dispense de toute sanction pécuniaire, alors que la Commission, demandait la suppression totale de ses droits à la retraite tandis que l'avocat général de la Cour prônait la réduction de moitié de ses émoluments et avantages[33].
En 2001, elle prend la présidence de la Fondation pour les écoles de la 2e chance[1].
En 2006, Édith Cresson s'engage dans le comité de soutien de Ségolène Royal et fait savoir son soutien à sa candidature pour l'investiture du PS à la présidentielle.
Elle publie également un livre en novembre 2006, Histoires françaises, qui revient sur son expérience politique.
En mars 2008 lors des élections municipales, elle ne se représente pas.
France 2 plancherait sur un docu-fiction intitulé Dîner en ville, s'inspirant du dîner secret organisé par Édith Cresson, durant lequel François Mitterrand et Jacques Chirac se seraient accordés pour faire échouer Valéry Giscard d'Estaing, leur rival commun à l'élection présidentielle française de 1981[34].
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