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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 11:04

Sortie de Bayard 

 

 


Bas-relief de Louis Dupont illustrant la tentative de noyade de Bayard par Charlemagne, sur le pont des Arches à Liège.

 

 

 

De même que pour son origine, les manuscrits évoquent divers destins pour le cheval Bayard à la fin du récit, lorsque Charlemagne tente de le noyer. La première et plus ancienne version se déroule à Dortmund, où Charlemagne annonce qu'il va faire noyer Bayard dans le Rhin. Une grosse chaîne est passée au centre d'une meule, elle-même attachée au cou de Bayard, et l'entraine au fond du fleuve. Mais le cheval « gratte tant du pied » que la meule casse et que la chaîne de fer est tranchée. Renaud, qui pleure sur le sort de sa monture, voit Bayard quitter les eaux et s'enfuir. Le cheval rejoint l'enchanteur Maugis, et lui fait fête53. Des variantes existent ; ainsi, dans une version en prose, la meule est creusée en son centre de manière à y faire entrer la tête de Bayard, et à la lier par des chaînes. Le remplacement du Rhin par la Meuse au fil des versions de la chanson semble être dû à des erreurs de copistes54. Dans une version, la meule est passée au cou de Bayard à l'aide d'un carcan55.

Dans des éditions plus tardives, le chevalier Ganelon, le traître de la Chanson de Roland, intervient plus spécifiquement en faveur de la mort de Bayard, qui lui manifeste plusieurs fois son animosité au fil du récit, conférant au cheval fabuleux le don de prémonition56.

Une version néerlandaise de la chanson met en scène la mort de Bayard : le cheval ayant réussi par deux fois à briser la meule auquel on l'a attaché et à sortir de l'eau, Charlemagne remarque qu'il semble puiser des forces dans le regard de son maître, et ordonne à Renaud de tourner la tête. Alors que Bayard, jeté à l'eau pour la troisième fois, incline sa tête en direction de Renaud, celui-ci se pâme. Le cheval disparaît sous les flots57.

Un manuscrit tardif fait des ajouts à l'épisode de la noyade dans le Rhin : lorsque Renaud livre une première fois Bayard à Charlemagne, Maugis, qui assiste à la scène, maudit l'heure où il a donné le cheval enchanté à son cousin. Bayard étrangle les trois valets qui tentent de le saisir, et s'enfuit dans la forêt où il se débarrasse de son frein en se frottant contre un arbre. Maugis le retrouve58. Durant la nuit, alors que l'enchanteur dort, Bayard vient gratter à sa porte puis l'enfonce, et Maugis l'apprête pour aller se confesser à son voisin l'Ermite. Il entend une voix divine en chemin et se rend à Rome, où un soldat ivre tente de le retenir par un étrier mais se fait tuer d'un coup de sabot. Maugis finit par s'endormir sur le dos de sa monture, il est alors transporté « outre mer » et reçu dans une abbaye. Bayard se mettant à démolir les écuries et à tuer les moines, Maugis est chassé puis maudit par les religieux. Le cheval-fée le mène ensuite à un Hôtel-Dieu, entre et se rend jusqu'au lit où Renaud est couché. Il hennit si fort que toute la ville l'entend59. Renaud étant soigné avec des herbes, l'enchanteur veut lui redonner Bayard, mais le chevalier répond que ce cheval appartient à Charlemagne et qu'il fera son pèlerinage seul60. Maugis retourne à son ermitage avec Bayard, il l'attache à un arbre mais le cheval-fée tire tant qu'il casse le lien, et s'enfuit. Maugis est très attristé que Bayard s'en aille « quérir meilleur maître ». Après avoir erré à travers les Ardennes, le cheval-fée retrouve Renaud à Trémoigne (Dortmund), mais celui-ci le livre à Charlemagne qui ordonne de le noyer. Dans cette version, Bayard meurt, mais le copiste ajoute qu'« il se dit, dans les Ardennes, qu'il est toujours vivant parce qu'il est fée »61, et que son hennissement retentit chaque année62. Ce passage est repris par une édition populaire du XVIIIe siècle63.

 

 

Maugis d'Aigremont 

 

 


Maugis combattant le serpent et gagnant le cheval enchanté, par Loyset Liédet.

 

 

 

La chanson de Maugis d'Aigremont, écrite après celle de Renaut de Montauban d'après le chant d'un trouvère du XIIIe siècle64, a pour but de répondre à la question de l'origine de Bayard et à la popularité du personnage de Maugis, tout en servant d'introduction à la légende bien connue65,66. Elle pourrait s'inspirer d'un « chant très ancien datant de l'époque la plus farouche du Moyen Âge »67. L'enchanteur Maugis, fils de Beuves d'Aigremont, y est élevé par la fée Oriande dans le château de Rocheflor, près de Mongibel, au nord de la Sicile. Elle lui impose une épreuve pour acquérir son statut de chevalier et son pouvoir d'enchanteur, qui est de « conquérir le cheval Bayard », alors prisonnier sous terre, sur l'île volcanique de Bocan (ou Boucam, Bocam. Vraisemblablement l'une des îles Lipari, au nord de la Sicile)68. La fée parle des origines de Bayard au vers 686 :

 

 

 

       
  Chanson de Maugis d'Aigremont, vers 686, en ancien français69   Traduction de Michel Stanesco70
 
Amis, ce dit la fee, sachiez a escient
Li chevaux est fae, ce dient li auquant
I dragon l'engendra, illeuc en I serpen
Et encore le gardent u grant derubement
Et I moult fier deable, je vous dit vraiement
Si a nom Raanas, hideus est durement
Le cheval est faé et tant a le cors gent
Que le jor porteroit trestot legierement
III chevaliers armez en I tornoiement
 
Cher ami, lui dit la fée, apprenez
Que le cheval est enchanté, d'après ce qu'on dit.
Ce fut un dragon qui l'engendra avec une serpente
Les deux le gardent au fond d'un précipice
En compagnie d'un Diable farouche, je vous dis la vérité
Hideux à démesure, dont le nom est Roënel
Ce cheval faé est d'une si grande taille,
Qu'il porterait facilement toute une journée
Trois chevaliers armés pour un tournoi,
Sans qu'une seule goutte ne perle sur son flanc

 

 

 

 

Maugis se rend sur l'île, déguisé en Diable pour ne pas se faire repérer, vainc Raanas (parfois nommé Roënel selon les versions) et trouve après un long périple le cheval Bayard attaché à quatre piliers avec des chaînes d'argent, guidé par les hennissements de celui-ci. Bayard est d'abord effrayé par le déguisement diabolique de l'enchanteur et brise trois des chaines qui le retiennent, mais quand ce dernier se dévêt, Bayard s'agenouille devant lui, le reconnaissant comme son maître. Maugis charge le cheval sur son bateau puis le chevauche jusqu'à Rocheflor, où il s'empare de l'épée Floberge. À la fin, Bayard tue par accident l'un des compagnons de Maugis, et ce dernier remet le cheval et l'épée à son cousin, le fils du duc Aymon, Renaud. Le texte rejoint ici la chanson de Renaud de Montauban71.

Un court poème emprunté à La mort de Maugis clôt une version des Quatre fils Aymon : Maugis est dans son ermitage en seule compagnie de Bayard, quand un ange lui ordonne de se rendre à Rome sur le cheval, pour confesser ses fautes au Pape Simon. Là-bas, Dieu lui demande d'obtenir le pardon de Charlemagne. Maugis se rend à Paris, et teint Bayard en noir afin de ne pas être reconnu. Le pardon obtenu au terme de nombreuses épreuves, il retourne à Rome alors que Simon vient de mourir. Il est pressenti pour devenir Pape, mais décline la fonction et retourne humblement prier dans son ermitage ardennais, en compagnie du fidèle Bayard. Il y meurt, et l'un des derniers vers du poème dit que « Bayard y demeure, si l'histoire ne ment »72. L'une des dernières mentions de Bayard dans ce texte dit qu'il fait retentir son hennissement « moult clairement » à chaque Saint-Jean, au solstice d'été.

 

 

Œuvres italiennes 

 


Bayard apparaît aussi dans des poèmes épiques italiens traitant de chevalerie, comme ceux de Torquato Tasso. Chez Luigi Pulci (Morgante), Matteo Maria Boiardo (Roland amoureux), et l'Arioste (Roland furieux), Bayard est indispensable à Renaud, et lui procure une partie de sa force. Il dispose d'une relative autonomie, n'hésitant pas à faire des bonds fabuleux et à participer aux luttes de son maître. Dans le Roland furieux, il est même doué d'une intelligence humaine (II, 20)73. À la fin des Cantari di Rinaldo, ayant perdu son maître, il retourne dans la grotte de ses origines. Cette fin rappelle le début du Roland amoureux, où Bayard est découvert seul dans une grotte74.

 

 

Roland amoureux 

 

 


Le cheval Bayard combat Rodomont sur cette illustration d'une édition du Roland amoureux en 1717.

 

 

 

Écrit vers 1483, le Roland amoureux (Orlando innamorato) de Matteo Maria Boiardo met en scène des chevaux capables d'impressionnantes prouesses, l'auteur détaillant énormément les aventures et les exploits de ces animaux à une époque où la suprématie de la cavalerie lourde tire à sa fin : il renoue avec le mythe antique de la chevalerie. Au début du récit, Renaud de Montauban abandonne sa monture contre son gré en embarquant sur la nef magique de Maugis. Le destrier est récupéré par Charlemagne, puis par Astolfe qui s'en sert en duel contre Gradasse et l'emmène en Orient où il est capturé par Agricane, avant d'être récupéré et chevauché par Roland, qui le confie à Angélique, laquelle le ramène finalement auprès de Renaud.

Le cheval Bayard est supérieur au cheval de Roland tant sur le plan des prouesses au combat (Bayard est capable de sauter à sept pieds de haut durant la joute contre Agricane, tandis que Brigliadoro, le cheval de Roland, a failli s'effondrer sous le choc), que celui de la rapidité (Bayard amène Renaud plus rapidement auprès de Charlemagne que ne le fait Brigliadoro pour Roland). Roland lui-même, étant entré un moment en possession des deux chevaux, va préférer monter Bayard plutôt que Brigliadoro. Cette particularité semble être due au fait que Roland possède une épée exceptionnelle, Durandal, tandis que l'épée de Renaud, Fusberta, ne la vaut pas. Renaud possèderait donc le meilleur cheval pour compenser le fait de ne pas avoir la meilleure épée75.

Bayard n'est pas la monture la plus rapide du récit. Rabican, monture noire d'Argail née d'une jument de feu fécondée par le vent, l'est davantage bien qu'il en soit presque incontrôlable74. Par contre, Bayard suscite les convoitises puisque Gradasse vient d'Asie pour le conquérir, et plus tard Sacripant poursuit Alstophe qui le chevauche afin de s'en emparer76. Bayard procure un avantage certain aux chevaliers, voire leur sauve la vie à plusieurs reprises, comme c'est le cas pour Astolfe lorsqu'il est poursuivi par Roland. Il permet à Renaud de récupérer entre deux combats, grâce à sa vélocité. De plus, il nage « comme un poisson », bien mieux que tous les autres chevaux. Quelques passages attestent que Bayard est plus fort que de nombreux chevaliers et capable de combattre par lui-même : seul, il parvient à repousser Gradasse alors que ce dernier a emprisonné tous les barons chrétiens. Lorsque Charlemagne, habituellement piètre combattant, se change en guerrier redoutable, c'est parce qu'il chevauche Bayard77.

 

 

Roland furieux

 

 


Un chevalier, sur sa monture, transperce une foule d'ennemis avec sa lance.
Illustration d'un chevalier de Charlemagne par Gustave Doré pour une édition du Roland furieux.

 

 

 

Dessin ébauché au crayon où un homme tente de s'emparer d'un cheval qui rue.
Dessin de Jean-Honoré Fragonard illustrant la tentative de capure de Bayard par Sacripant.

 

 

 

Le Roland furieux (Orlando furioso), récit de l'Arioste écrit vers la fin du XVe siècle ou le début du XVIe siècle, s'inscrit dans la continuité du cycle carolingien et reprend la tradition initiée par le Roland amoureux, notamment à travers Bayard (Baiardo), qui n'a pas d'égal si ce n'est Bride d'or, la monture de Roland78. Au premier chant, Renaud est à la recherche de son cheval. C'est Angélique qui le monte mais, croisant Renaud, elle le fuit car elle le hait depuis qu'il l'aime. Elle croise par hasard Sacripant, qui saisit cette occasion pour s’emparer de Bayard79. Pendant que Renaud et Sacripant combattent pour la possession du cheval-fée, Angélique, fuyant toujours, trouve dans la forêt un ermite qui, par son art magique, fait cesser le combat entre les deux guerriers. Renaud récupère Bayard et va à Paris, d’où Charles l’envoie en Angleterre80.

Au chant XXXI, Renaud et Gradasse en viennent aux mains pour la possession de Bayard, capable de « franchir une barrière élevée d’un bond, de renverser les cavaliers, de fouler aux pieds les fantassins, et d'abattre les baraques et les tentes »81. Celui-ci, épouvanté par un monstrueux oiseau, s’enfuit dans un bois, et le combat se trouve suspendu :

« Ils virent Bayard aux prises avec un monstre plus grand que lui, et qui ressemblait à un oiseau. [...] Qu’il fût oiseau ou démon, le monstre fondit sur Bayard et le saisit dans ses serres. Le destrier, qui était très vigoureux, rompt immédiatement ses rênes ; plein de colère et d’indignation, il lutte contre l’oiseau avec les pieds et avec les dents. Mais celui-ci, plus agile, remonte dans les airs, et revient à la charge, les serres prêtes à saisir, et battant des ailes tout autour de Bayard, lequel, ne pouvant éviter ses attaques, se décide enfin à prendre la fuite. Bayard fuit vers la forêt prochaine, où il cherche les fourrés les plus épais. La bête ailée le suit de près tant que le chemin lui est propice. Mais le brave destrier s’enfonce de plus en plus dans la forêt, et finit par se cacher sous une grotte. L’oiseau, ayant perdu sa trace, retourne dans les airs, et cherche une nouvelle proie. Renaud et le roi Gradasse, qui voient s’enfuir l’objet de leur combat, restent d’accord pour différer la querelle, jusqu’à ce qu’ils aient délivré Bayard des griffes de l’oiseau qui l’a forcé de se réfugier dans la forêt. Ils conviennent que celui des deux qui le rejoindra, le ramènera à cette même fontaine, où ils termineront ensuite leur querelle. [...] Au bout de quelques pas, Renaud perdit les traces de son destrier. Celui-ci avait fait un étrange chemin, cherchant dans les ravins, à travers les arbres et les rochers, les endroits les plus hérissés d’épines, les plus sauvages, afin de se mettre à l’abri des griffes de cet oiseau qui, tombant du ciel, était venu l’assaillir. Renaud après s’être vainement fatigué à chercher, retourna l’attendre à la fontaine. »

— Chant XXXIII du Roland furieux sur Wikisource, traduction de Francisque Reynard en 1880

Après la perte de sa monture, Renaud choisit d'aller à pieds82. Ce sont les païens qui récupèrent Bayard83, et Renaud les poursuit ensuite jusqu'en Inde pour récupérer son cheval84.

 

 

Autres œuvres

 


Le « dernier trouvère », Adam de la Halle a lui aussi célébré ce cheval dans ces vers populaires chantés85 :

 

 

 

       
  Vers de Adam de la Halle :   Traduction en français moderne
 
Or est Baiard en la pasture,
Hure,
Des deux pieds déferré,
Des deux pieds déferré.
Il porte souef l'ambleure.
Or est Baiard en la pasture,
Avoir lui ferai couverture,
Hure,
Au repairier des prés
Or est Baiard en la pasture,
Des deux pieds déferré.
 
Maintenant Bayard est dans la pâture,
Hure,
Des deux pieds déferré,
Des deux pieds déferré.
Il va doucement l'amble.
Maintenant Bayard est dans la pâture,
Je lui ferai avoir une couverture,
Hure,
Au retour des prés.
Maintenant Bayard est dans la pâture.
Des deux pieds déferré.

 

 

 

 

L'origine et la raison de ce chant, effectué en homorythmie par trois hommes avant les tournois, demeurent inconnus86.

Les Grandes Chroniques de France font remonter l'origine de Bayard au géant Gargantua, lui-même issu d'une divinité celtique qui aurait influencé ce qu'Henri Dontenville nomme la mythologie française3. Dans les œuvres de Thomas Bulfinch, librement inspirées de la matière de Bretagne et du cycle carolingien, Maugis s'est déguisé (ayant auparavant acquis Bayard) et dit à Renaud qu'un cheval sauvage et enchanté erre dans les bois, qu'il appartenait initialement à Amadis de Gaule et qu'il ne peut être chevauché par un chevalier de la lignée d'Amadis. Renaud soumet le cheval en le jetant au sol, ce qui brise l'enchantement87.

En 1811, la chanson de geste des quatre fils Aymon est adaptée pour le théâtre, dans une « féerie » à grand spectacle qui en modifie le sens et fait disparaître tout son côté subversif envers Charlemagne. Elle ne reprend pas le personnage de Bayard, sans doute pour en diminuer l'onirisme et le détachement au monde humain tout en sacrifiant le côté spectaculaire de celui-ci à la pression politique88. C'est ainsi que le texte original devient « une féerie invitant à la plus plate soumission »89.

 

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