Mission Skylab
En 1968, le programme d’application Apollo fut créé afin d’étudier les missions scientifiques qui pouvaient être réalisés avec le
surplus d’équipements du programme Apollo. La plus grande partie des réflexions tournait autour de l’idée d’une station spatiale, qui donna finalement naissance au programme Skylab. Le lancement de Skylab, faisant appel à Saturn INT-21, un lanceur à deux étages dérivés de Saturn V, fut le seul lancement de Saturn V non
directement lié au programme Apollo de premier homme sur la Lune.
À l’origine, il était prévu de suivre le concept dit de l’atelier « humide », avec un étage de fusée utilisé pour le lancement en orbite, puis, une fois vide, reconverti en station spatiale par des aménagements réalisés en orbite. Mais ce concept fut abandonné au profit du concept de l’atelier « sec » ; un étage S-IVB du lanceur Saturn 1B transformé au sol en la station spatiale Skylab puis lancé par une Saturn V. Un système de rechange, qui fut construit à partir d’un troisième étage de Saturn V, est aujourd’hui exposé au National Air and Space Museum.
Trois équipages ont occupé Skylab du 25 mai 1973 jusqu’au 8 février 1974. Skylab resta en orbite jusqu'en mai 1979.
On espérait à l’origine que Skylab resterait suffisamment longtemps en orbite pour être visité par la navette spatiale américaine pendant ses tous premiers vols. La navette aurait pu remonter l’orbite de Skylab, et lui permettre d’être utilisée comme une base pour de futures stations spatiales. Cependant, la navette ne vola pas avant 1981 et, rétrospectivement, on a pris conscience que Skylab n’aurait de toute façon pas été d’une grande utilité, n’étant pas conçue pour être réapprovisionnée ou ravitaillée.
Les développements proposés pour l’« après Apollo »
La deuxième campagne de production de Saturn V, qui a été annulée, aurait très certainement utilisé des moteurs F-1A sur le premier étage, fournissant un surplus de poussée substantiel. D’autres
changements probables auraient été la suppression des ailettes (qui s’avérèrent apporter peu de bénéfice eu égard à leur poids) ; un premier étage S-IC étiré pour supporter les moteurs F-1A
plus puissants; et des moteurs J-2 améliorés pour les étages supérieurs.
Un certain nombre d’alternatives de lanceurs Saturn basées sur Saturn V furent proposées, allant de la Saturn INT-20 avec un étage S-IVB et un inter-étage monté directement sur l’étage S-IC, à la
Saturn V-23 (L) qui aurait non seulement eu cinq moteurs F-1 sur le premier étage, mais également quatre boosters ajoutés avec chacun deux moteurs F-1, portant le nombre total de moteurs F-1 en
fonctionnement au lancement à treize.
La navette spatiale américaine fut initialement conçue comme un système de transport à utiliser de concert avec Saturn V, au point que fut imaginée une « Navette Saturn » qui, utilisant les orbiteurs et réservoirs extérieurs actuels, mais avec ces réservoirs montés sur une version modifié du S-IC et volant sur son dos, aurait été utilisée pour propulser la navette durant les deux premières minutes de vol, après lesquelles le S-IC aurait été largué et serait retourné vers le Centre spatial Kennedy pour réapprovisionnement, et les moteurs principaux de la navette spatiale se seraient mis en marche pour placer l’orbiteur en orbite. La navette devait s’occuper de la logistique de la station spatiale, tandis que Saturn V devait s’occuper du lancement des différents composants. L’absence de la deuxième série de production de Saturn V ruina ce plan et laissa les États-Unis sans lanceur super-lourd. Certains au sein de la communauté spatiale américaine ont fortement regretté cette situation, sachant que la poursuite de la production aurait permis la réalisation de la Station spatiale internationale, en configuration Skylab ou Mir avec les ports d’ancrages russes et américains, avec une poignée seulement de lancements. Certains considèrent également que le concept de « navette Saturn » aurait permis d’éviter les conditions qui ont amené au désastre de Challenger en 1986.
Saturn V aurait été le lanceur des sondes spatiales Voyager vers Mars qui ont été annulées, et aurait du être le lanceur utilisé pour le programme RIFT de test d’étage à propulsion nucléaire et pour le programme NERVA.
Les successeurs à Saturn V
Aux États-Unis, les propositions pour une fusée plus grande que Saturn V étudiées de la fin des années 1950
jusqu’au début des années 1980 ont toutes porté le nom général de Nova. On compte ainsi plus de trente propositions différentes de grande fusée avec ce nom.
Wernher von Braun et d’autres avaient aussi des plans pour une fusée qui aurait eu huit moteur F-1 sur son premier étage lui permettant d’envoyer un vaisseau spatial habité directement vers la Lune. D’autres variantes pour Saturn V suggéraient d’utiliser un Centaur comme étage supérieur ou d’ajouter des boosters d’appoint. Ces améliorations auraient augmenté sa capacité à envoyer de grands vaisseaux inhabités explorer les autres planètes ou des vaisseaux habités vers Mars.
Actuellement, en 2007, la NASA prévoit de construire le lanceur super-lourd Ares V, un dérivé de la navette spatiale. Ares V aura à peu près la même hauteur et la même masse que Saturn V. Ce nouveau lanceur a été baptisé en l’honneur de Saturn V. Il est destiné à être un véhicule inhabité, à forte capacité de lancement, prévu pour les futures missions habitées vers la Lune et éventuellement plus tard vers Mars.
Contrairement à Saturn V qui possède trois étages, Ares V sera à deux étages, avec un étage principal de 10 mètres de diamètre (le même que sur les étages S-IC et S-II) propulsé par de l’hydrogène et de l’oxygène liquide et assisté pendant ses deux premières minutes de vol par une paire de boosters à poudre dérivés de ceux de la navette spatiale américaine, avec cinq segments de poudre au lieu de quatre actuellement. L’étage principal sera équipé de cinq moteurs-fusée RS-68 avec la même disposition que celle utilisée sur les étages S-IC et S-II. À l’origine Ares V devait utiliser cinq moteurs SSME (moteurs principaux de la navette spatiale américaine), mais le basculement vers les RS-68 a été motivé par un aspect coût, et par le fait que ces moteurs ont fonctionné avec succès sur le système de lancement inhabité Delta IV EELV. De plus, les RS-68 sont plus puissants et plus faciles à fabriquer que les SSME.
Les moteurs RS-68, construits par la division Rocketdyne de Pratt & Whitney (auparavant propriété de Boeing et de Rockwell international) sont plus efficaces que les moteurs F-1 de Saturn V. Par contre, les moteurs J-2 utilisés sur le S-II et le S-IVB vont être modifiés et devenir les moteurs améliorés J-2X pour être montés sur l’« étage de départ de la Terre » (Earth Departure Stage - EDS), le deuxième étage d’Ares V dérivé du S-IVB, et sur le second étage de la fusée en proposition Ares 1. L’étage EDS et le deuxième étage d’Ares 1 devraient utiliser un seul moteur J-2X, bien qu’initialement l’EDS ait été prévu avec deux moteurs jusqu’au changement de conception remplaçant les cinq SSME par cinq RS-68.
Coût
De 1964 à 1973, un total de 6,5 milliards de dollars a été dépensé pour Saturn V. C’est en 1966 que l’effort financier annuel a été le plus important avec une somme de 1,2 milliard de dollars[9].
Une des principales raisons à l’arrêt du programme Apollo a été son coût. En 1966, la NASA reçut son budget le plus important, 4,5 milliards de dollars, à peu près 0,5 % du PIB des États-Unis à l’époque. La même année, le Département de la Défense des États-Unis recevait 63,5 milliards de dollars.
Les différents lancements
| Numéro de série | Mission | Date de lancement | Commentaires |
|---|---|---|---|
|
|
Apollo 4 | 9 Novembre 1967 | Premier vol d’essai |
|
|
Apollo 6 | 4 avril 1968 | Deuxième vol d’essai |
|
|
Apollo 8 | 21 décembre 1968 | Premier vol habité de Saturn V et orbite lunaire |
|
|
Apollo 9 | 3 mars 1969 | Test du LEM en orbite terrestre |
|
|
Apollo 10 | 18 mai 1969 | Test du LEM en orbite lunaire |
|
|
Apollo 11 | 16 juillet 1969 | Premier pas de l’homme sur la Lune |
|
|
Apollo 12 | 14 novembre 1969 | Se pose près de Surveyor 3 |
|
|
Apollo 13 | 11 avril 1970 | Mission en échec, équipage récupéré sain et sauf |
|
|
Apollo 14 | 31 janvier 1971 | Se pose près de Fra Mauro |
|
|
Apollo 15 | 26 juillet 1971 | Premier rover lunaire |
|
|
Apollo 16 | 16 avril 1972 | Se pose près de Descartes |
|
|
Apollo 17 | 6 décembre 1972 | Unique lancement nocturne ; dernière mission lunaire Apollo |
|
|
Skylab 1 | 14 mai 1973 | Version à deux étages avec Skylab (Saturn INT-21) |
|
|
Inutilisé | Développée mais jamais utilisée pour Apollo18/19 | |
|
|
Inutilisé |
Développée comme système de rechange pour le lancement de Skylab |
|
Aujourd'hui
En 2009, trois Saturn V sont exposées aux États-Unis, toutes à l’horizontale :
- Au centre spatial Johnson, on peut voir une Saturn V composée du premier étage du SA-514, du second étage du SA-515 et du troisième étage du SA-513
- Au centre spatial Kennedy, elle est composée du S-IC-T (étage de test) et du second et troisième étage du SA-514
- Au centre américain de l’espace et des fusées, elle est composée du S-IC-D, S-II-F/D et du S-IVB-D (tous des étages de test non prévus pour un vol réel)
Sur ces trois Saturn V, seule celle du centre spatial Johnson est composée entièrement d’étages prévus pour un lancement réel. Le centre américain de l’espace et des fusées à Huntsville dispose également en exposition d’une réplique à l’échelle de Saturn V érigée à la verticale. Le premier étage du SA-515 se trouve au centre d’assemblage Michoud en Louisiane. Le troisième étage du SA-515 quant à lui fut converti pour servir de rechange pour Skylab. Ce dernier est aujourd’hui visible au musée national américain de l’air et de l’espace.
Une rumeur répandue depuis 1996, prétend que la NASA a perdu ou détruit les plans de Saturn V. En fait, les plans
existent toujours au Centre de vol spatial Marshall, conservés sur microfilms.
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander











































.jpg)







Derniers Comm.