Les orgues
Contrairement aux habituelles cathédrales, églises et temples, aucun orgue ne se trouve derrière la façade de la cathédrale.
Grand orgue
Le grand orgue en nid d'hirondelle
Le grand orgue de la cathédrale[12],
bien que très orné, est de taille modeste. Contrairement à la majorité des orgues en tribune, au fond des cathédrales[13], il se
situe dans la nef, en nid d'hirondelle, accroché à un mur intérieur, tout comme dans les cathédrales de Chartres et de Metz.
En 1716, André Silbermann, alors au sommet de
son art, place l'un de ses plus beaux instruments dans la cathédrale, possédant trois claviers, trente-neuf registres et environ
2 200 tuyaux. Après quelques modifications au cours du XIXe siècle et suite aux dommages de
guerre subis par la cathédrale en 1870, l'orgue est reconstruit par l'Allemand Heinrich Koulen, en 1897. Cette restauration est qualifiée de
« massacre » par les experts de l'époque. L'orgue Silbermann est totalement perdu à cette occasion et la réputation de Koulen totalement ruinée. En 1935, le facteur strasbourgeois Edmond Alexandre Roethinger
reconstruit l'orgue dans un style plus français.
Cet orgue reste jusqu'en 1981, date où il est reconstruit par Alfred Kern, à partir de travaux de Michel
Chapuis. Il s'agit de son dernier travail et également d'un de ses plus grands chefs-d'œuvre. L'orgue actuel compte trois
claviers pour quarante-sept jeux et est reconnu comme un très bon instrument. Le pendentif du buffet de 1385 est remployé, ainsi que près de 250 tuyaux de l'orgue Silbermann de 1716 et le buffet de Frédéric Krebs, datant de 1491.
Au bas de l'orgue, Samson est accompagné d'un lion. Non loin, un personnage articulé, curiosité de l'orgue Silbermann, les Rohraff, étaient manipulés par l'organiste, afin de maintenir la foule éveillée lors des longs sermons, et notamment
en injuriant le prêcheur. On raconte que le prestigieux prêcheur de la cathédrale, Jean Geiler de Kaysersberg
— dont les os reposèrent un temps sous la chaire —
en perdit son sang-froid, jaloux de l'attention que recevaient les grossiers pantins.
La composition actuelle de l'orgue est la suivante :
I Positif de dos C–g3
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Montre
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8′
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Bourdon
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8′
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Prestant
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4′
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Flûtes
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4′
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Nazard
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22/3′
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Doublette
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2′
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Tierce
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13/5′
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Larigot
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11/3′
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Cymbales III
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2/3′
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Fourniture III
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1/3′
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Trompette
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8′
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Cromorne
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8′
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Clairon
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4′
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Tremblant
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II Grand Orgue C–g3
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Bourdon
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16′
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Montre
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8′
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Bourdon
|
8′
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|
Prestant
|
4′
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|
Nazard
|
22/3′
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|
Doublette
|
2′
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Tierce
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13/5′
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Cornet V
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8′
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Cymbales III
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1/2′
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Grande Fourniture II
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2′
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Petite Fourniture IV
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11/3′
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1ère Trompette
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8′
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2ème Trompette
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8′
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Clairon
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4′
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Voix Humaine
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8′
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Tremblant
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III Récit C–g3
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Bourdon
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8′
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Salicional
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8′
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Prestant
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4′
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Doublette
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2′
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Sifflet
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1′
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Cornet III
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22/3′
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Cymbales III
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1′
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Trompette
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8′
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Voix Humaine
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8′
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Hautbois
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4′
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Tremblant
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Pédale C–f1
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Montre
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16′
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Soubasse
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16′
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Quinte
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102/3′
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Flûte
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8′
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Flûte
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4′
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Contre-basson
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32′
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Bombarde
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16′
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Trompette
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8′
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Clairon
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4′
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L'instrument possède les accessoires suivants : Tirasse Grand Orgue, Tirasse Positif de Dos, Tirasse Récit, Accouplement Récit/Grand Orgue et Positif/Grand Orgue. Il est muni d'une traction mécanique suspendue. Diapason La 440 Hz, tempérament égal.
Orgue de chœur
L'orgue de chœur[14] date quant à lui de 1878 et est l'œuvre de Joseph Merklin, facteur d'orgue à Paris, alors concurrent de Cavaillé-Coll. Il s'agit d'un instrument à trois claviers[15], construit pour suppléer le
grand orgue Silbermann, alors mourant. Il
est logé dans un buffet de la maison Klem, à deux façades.
Orgue de la crypte
L'orgue de la crypte[16], œuvre
de Gaston Kern, est inauguré le 5 avril 1998. Le buffet, en chêne, présente trois plates-faces en arc en
plein-cintre, afin de s'accorder avec le style roman de la crypte. Il n'y a pas de claire-voies et le sommet des tuyaux de Montre est apparent, présentant à chaque fois un dessin pyramidal.
Les organistes
Actuellement, les orgues de la cathédrale sont tenus par les organistes co-titulaires suivants :
- Grand-Orgue : Pascal Reber, Damien Simon et Marc Baumann
- Orgue de Chœur : Dominique Debès (également Maître de Chapelle de la Cathédrale) et Yvonne Monceau.
L'horloge astronomique
Construite durant le XVIe siècle, l'horloge astronomique, chef-d'œuvre de la Renaissance, est
considérée à l'époque comme faisant partie des sept merveilles de l'Allemagne. La légende prétend que le Magistrat[17], inquiet que le
constructeur puisse construire ailleurs un ouvrage semblable, lui aurait crevé les yeux[18]. Des
automates s'activent tous les jours à 12 heures 30. Tous les quarts d'heures, il y a 4 âges de vie:
le premier quart d'heure c'est l'enfant qui fait le tour de l'horloge; le deuxième quart d'heure c'est l'homme jeune qui fait le tour; le troisième quart d'heure c'est l'homme mûr qui fait son
tour et au dernier quart d'heure c'est le vieillard qui annonce sa mort et l'arrivée de l'enfant.
Les tours
Le plan original de la façade, dessiné par Erwin von Steinbach, comportait deux étages seulement et deux
tours. C'est à sa mort, en 1318, que les plans furent changés.
À l'origine, les deux tours avaient la même taille (66 m) et dépassaient la façade comprise entre elles, comme par exemple celles de la
cathédrale Notre-Dame de Paris – image[19] (à ce moment, la façade de la cathédrale de Strasbourg avait une silhouette identique à celle de Paris et était même plus petite de trois mètres), avant que
l'espace compris entre ces tours ne soit comblé par la mise en place du beffroi (image[19]). Ce
n'est qu'après ce comblement que l'on construisit le clocher sur la tour nord (34 m + 66 m =
100 m), et la flèche sur ce dernier (42 m + 34 m + 66 m = 142 m – image[19]).
Le projet de la seconde tour à flèche revint plusieurs fois. Vers 1490, l'architecte de l'Œuvre Notre-Dame, Hans Hammer, dessine le plan d'une deuxième flèche. Ce projet sera abandonné. Diverses
thèses sont avancées pour expliquer l'absence d'une seconde flèche à la Cathédrale de Strasbourg. Le manque de moyens financiers est souvent évoqué. L'explication la plus plausible réside dans le
fait que le style gothique, mais aussi les hautes tours et flèches étaient passés de mode au XVe siècle siècle. La rénovation culturelle fit place au style Renaissance.
L'architecture gothique sera redécouverte à la fin du XVIIIe siècle siècle et célébrée
au XIXe siècle par les artistes romantiques. D'autre part, le terrain étant marécageux,
le surpoid causé par une deuxième tour aurait probablement, à moyen terme, conduit à un affaissement de l'ensemble de l'édifice. Des projets d'une deuxième flèche conçus par les architectes
allemands, Karl Schinkel (première moitié du XIXe siècle siècle) et Karl Winkler (1880)
sont restés sans suite.
La flèche
Terminée en 1439, la flèche de la tour nord culmine à 142 mètres au-dessus du sol, et
c'est la plus haute flèche construite au Moyen Âge qui ait subsisté jusqu'à nos jours. La cathédrale de
Strasbourg est une des seules grandes cathédrales de France dont la tour est dotée d'une flèche, typique de l'architecture germanique.
Cinq autres édifices ont dépassé momentanément la hauteur de la cathédrale de Strasbourg (outre, bien sûr, la pyramide de Khéops, qui
était à l'origine plus haute) :
- en France, la flèche de la
tour centrale de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, construite en 1569,
culmine à 153 mètres pendant quatre ans, avant de s'effondrer sous son propre poids en 1573.
- en Angleterre, l'ancienne cathédrale Saint-Paul de Londres affiche fièrement une flèche sur sa tour centrale de 150 mètres, achevée en 1240, et qui est détruite par la foudre en 1561.
- en Angleterre, la cathédrale de Lincoln possède une tour centrale surmontée d'une
flèche s'élevant à une hauteur de 160 mètres,
achevée en 1311 mais qui est renversée par un vent violent en 1549.
- en Allemagne, la flèche de l'église Sainte-Marie de Stralsund, achevée en 1478, atteint la hauteur de
150 mètres. Elle est détruite par la foudre en 1647.
- en Estonie, la flèche de
l'église Saint-Olaf de Tallinn, achevée en 1519,
atteint la hauteur de 158 mètres. Elle est détruite par la foudre en 1625.
Grâce à sa flèche, la cathédrale Notre-Dame
de Strasbourg est resté l'édifice le plus haut du monde jusqu’en 1874, date de l'achèvement de la flèche de l'église Saint-Nicolas de Hambourg, mesurant 147 mètres. Depuis le XIXe siècle, les flèches des cathédrales allemandes d'Ulm et de Cologne la dépassent, avec
les hauteurs respectives de 161 mètres et 157 mètres. La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, terminée en 1876, atteignit les
151 mètres.
La tour octogonale est conçue par le maître d'œuvre Ulrich
d'Ensingen, qui conçut également celle de la cathédrale d'Ulm, si bien que ces deux édifices se
ressemblent énormément. Jean Hültz de Cologne prend la direction du chantier en 1419. Il change complètement le projet de la flèche et, au lieu de construire la flèche assez simple prévue par Ulrich d'Ensingen, il construit une flèche très complexe, où chacune des huit arêtes porte une succession de six petits escaliers à vis hexagonaux, suivis par quatre autres escaliers, enfin par la corbeille et la croix.
Rappelons qu'en 1262, la ville de Strasbourg se révolte contre son prince-évêque et s'érige en
république. La direction des travaux passe donc de l'évêque à la municipalité. C'est elle qui ordonne la construction du massif occidental. Et ainsi, contrairement à d'autres flèches ou tours d'églises qui
manifestent la puissance de l'Église locale, la flèche de Strasbourg a toujours manifesté la puissance de la république de Strasbourg.
Les cloches de la cathédrale
Un des trésors de la cathédrale est
inaccessible au public. Il s'agit de la somptueuse sonnerie de cloches, l'une des plus grandes de France, considérée par de nombreux experts campanologues comme l'une des plus parfaites en Europe. Le
grand bourdon (appelé en allemand
Totenglocke, la cloche des morts) est coulé en 1427 par maître Hans Gremp de Strasbourg. Pesant près de 180 quintaux
germaniques (soit environ 9 000 kilogrammes) et d'un diamètre de 2,20 m, le bourdon sonne en la bémol 2 et est classé monument historique depuis le 30 décembre 1982 à titre d'objet.
Entre 1975 et 1977, sept nouvelles cloches sont coulées par la fonderie de Heidelberg sur les indications du
chanoine Jean Ringue, l’expert campanologue du
diocèse de Strasbourg, dans des profils ultra lourds correspondant au profil du grand bourdon. [20]
Accordées parfaitement, tant entre elles qu'avec le grand bourdon, les nouvelles cloches sonnent en si
bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 3, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une nouvelle cloche, coulée à Karlsruhe, est installée au beffroi, sonnant en sol bémol 3. En 1993, une petite cloche la bémol
4, également coulée à Karlsruhe, est montée dans la tour
de croisée, bientôt rejointe par une cloche mi bémol 4, coulée à Karlsruhe en 2004. La cloche mi bémol 3 s'est fêlée au printemps 2006 et a été refondue à Strasbourg la même année.
Le beffroi abrite encore une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd'hui appelée Zehnerglock (cloche de
dix heures). Coulée en 1786 par Matthieu Edel, pesant 2 450 kilogrammes pour un diamètre de 1,58 m, elle sonnait matin et soir l'ouverture et la fermeture des portes de la
ville et le couvre-feu. De nos jours, cette tradition est perpétuée quotidiennement à vingt-deux heures. Elle ne doit en aucun cas être confondue avec l'usage du Grüsselhorn, corne (instrument de musique) sonnée tous les soirs du haut de la cathédrale jusqu'en 1790, pour inviter les Juifs à quitter la cité, dans laquelle il leur était interdit de demeurer après la fermeture des portes[21].
À côté de cet extraordinaire ensemble de cloches de volée, la cathédrale possède également quatre cloches à usage d'horloge placées dans
l'octogone de la tour, coulées en 1595, 1692 et 1787.
Cathédrale de Strasbourg - sonnerie du 09 juillet 2000.mp3 :
écoutez la fameuse « sonnerie pour la France » (cloches lab 2 - réb 3 - mib 3 - fa 3 - lab 3) de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, un chef d’œuvre de l’art campanaire, une
« gerbe de sons », fruit du travail du chanoine Jean Ringue, (1922-2009), campanologue du diocèse de Strasbourg.
Apparence de la cathédrale
Illuminations de la cathédrale
La cathédrale de Strasbourg est connue et
souvent représentée illuminée par une lumière jaune qui, sur le grès foncé des murs, rend une belle couleur dorée ou d'or orangé.
De juillet à août, chaque soir, des représentations de son et lumière illuminent la façade
ouest de la cathédrale, mettant des détails de l'architecture en valeur – à ne pas confondre avec les jeux de son et lumière de la Petite France, sur les Ponts couverts et le Barrage Vauban.
Les murs
Les murs, faits de grès des Vosges, sont roses ou bruns. Mais la pollution
est aussi une cause de sa couleur actuelle. Le grès (appelé en allemand Sandstein, qui signifie pierre de sable) n'est pas lavable de façon non destructive.
Le mur intérieur de la façade du
parvis est peu éclairé, malgré sa rosace - la seule de la
cathédrale - de taille non négligeable.
Les statues
Le tentateur et les
Vierges folles (sculpture du portail principal).
Les statues qui ornent actuellement la cathédrale
sont quasiment toutes des copies. La plupart des originales sont préservées dans le musée de l'Œuvre Notre-Dame, qui se trouve sur le parvis. D'autres sont conservées à l'intérieur du barrage Vauban,
derrière des grilles.
Les statues les plus célèbres sont les Vierges Folles — tentées par le diable prenant forme de beau jeune homme : on voit derrière lui sa vraie apparence (il est dévoré par des crapauds et des serpents) — et le
Jugement dernier.
Particularités
- La cathédrale ne possède pas d'arrière : un bâtiment est attaché à celle-ci.
- Les arcs-boutants sont en nombre limité (il n'y en a qu'à l'avant) et sont tous isolés par des murs, du moins par
rapport et contrairement à celles de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
- Le parvis est assez étroit par rapport aux habituels parvis
des grandes cathédrales de France.
- La cathédrale est relativement courte[9] par rapport à d'autres grandes cathédrale de France.*
- La cathédrale est relativement sombre par rapport à d'autres cathédrale de France.*
Légendes associées
Pilotis
Une légende raconte que l'édifice repose sur
d'immenses pilotis de chêne qui s'enfoncent dans les
eaux d'un lac souterrain sur lequel rôderait une barque sans passeur mais dont
on entendrait néanmoins le bruit des rames. L'entrée du souterrain se situerait, selon la légende, dans la cave d'une maison juste en face de la cathédrale. Elle aurait été murée il y a plusieurs siècles.
Sur l'insistance de l'évêque Wernher qui voulait que la cathédrale soit construite à l'endroit précis où
les premiers chrétiens avaient prié, elle a effectivement été construite sur pilotis enfoncés dans la nappe
phréatique et remblayés car le terrain glaiseux et mouvant était peu propice à la construction. Ces fondations, uniques au monde, ne furent achevées qu'en 1028, année de la mort de l'évêque,
treize ans après le début des travaux.
Lors des travaux de régularisation du Rhin par l'ingénieur badois Tula au XIXe siècle,
le niveau de la nappe phréatique baissa. Les pieux se mirent à pourrir et la tour Nord commença à s'affaisser. En 1906, il fallut la soulever pour injecter du béton sous ses fondations.
Vent
Une autre légende explique l'origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l'apparence du Tentateur, courtisant les Vierges folles (Matthieu 25, 1-13). Il est représenté sous les traits d'un jeune homme séduisant dont le dos s'ouvre : on en voit sortir des crapauds et des serpents, mais aucune des jeunes filles naïves
auxquelles il s'adresse ne le remarque. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d'autres
sculptures le représentaient à l'intérieur.
Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l'attend toujours sur le parvis et hurle aujourd'hui encore d'impatience sur la place
de la cathédrale. Le Diable, furieux, fait le
courant d'air, au fond de l'église, à la hauteur du pilier des anges.
La cathédrale de Strasbourg comme symbole
Le Serment de Koufra du colonel Leclerc et de ses hommes en décembre 1940 était « de ne déposer les armes que lorsque nos
couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »
Strasbourg étant considérée comme une ville allemande par les pangermanistes, sa libération ne pouvait se faire
qu'une fois les nazis suffisamment affaiblis pour que toute la France ait été libérée.
Maurice Lebrun, spahi du 1er RMSM de la 2e division blindée du général Leclerc, alla donc hisser le drapeau français au sommet de la cathédrale
sitôt que la libération de Strasbourg en était au point où l'avant-garde française put accéder à la cathédrale[22].

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