Lundi 9 novembre 2009

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Quimper / Kemper

Les bords de l'Odet.
Les bords de l'Odet.

Armoiries
Détail
logo
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère (préfecture)
Arrondissement Arrondissement de Quimper (chef-lieu)
Canton chef-lieu de trois cantons :
Quimper 1
Quimper 2
Quimper 3
Code Insee abr. 29232
Code postal 29000
Maire
Mandat en cours
Bernard Poignant
2008-2014
Intercommunalité Quimper Communauté
Site internet http://www.mairie-quimper.fr/
Démographie
Population 64 902 hab. (2006[1])
Densité 769 hab./km²
Aire urbaine 86 162 hab.
Gentilé Quimpéroise, Quimpérois
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 48″ Nord
       4° 05′ 47″ Ouest
/ 47.996667, -4.096389
Altitudes mini. -5 m — maxi. 151 m
Superficie 84,45 km²



Quimper
(Kemper en breton, le nom de Quimper-Corentin est parfois attesté en référence à saint Corentin, l'un des Sept Saints Fondateurs bretons). Préfecture du Finistère, capitale de la Cornouaille, le rayonnement de Quimper va bien au-delà de son statut de ville moyenne (64.902 habitants). De la Cornouaille historique à la Cornouaille économique, ce vaste territorie situé au sud du Finistère se distingue par son dynamisme et son esprit d'initiative.

Culture, vie associative, loisirs, environnement… l'agglomération quimpéroise est un pôle d'activités attractif. A 15 km des côtes atlantiques, faisant face aux Amériques, Quimper est une ville résolument ouverte sur le monde. Quimper est aussi une des villes d'arts et d'histoire de France.

Ses habitants sont appelés en français les Quimpérois et Quimpéroises et en breton Kemperad (masculin), Kemperadez (féminin), Kemperiz (pluriel) ou bien de façon traditionnelle Glazik (pluriel Glaziked)[2] (pour les Quimpérois ainsi que les habitants de la région, le Pays Glazik).

Géographie

La ville, dont l'axe historique est la confluence du Steir, de l'Odet et du Jet, est, par la population, la deuxième ville de son département, après Brest. La mer y remonte la vallée encaissée de l'Odet et lui donne une position de port de fond d'estuaire qui explique son implantation et une partie de son rôle économique. C'est aussi un carrefour routier très ancien.

Le site est difficile, car établi dans des vallées étroites encaissées dans du Stéphanien carbonifère et surmontées d'assez fortes pentes de granulite et de schistes micacés. Les espaces plats et larges ne se trouvent qu'au confluent de petites rivières portées à de rapides débordements lors de pluies prolongées.

On peut déceler une migration étonnante des lieux principaux d'habitation, sans doute due à des contraintes géographiques (variations du niveau de la mer) ou économiques (voies sur les crêtes). Une autre particularité est la dissymétrie inhabituelle de la vallée principale: une rive nord convexe en pente et une rive sud concave montrant une hauteur de 60 mètres aux flancs abrupts.

Ce fait et le tracé de courbes et contre-courbes du petit fleuve Odet est du à des effondrements et soulèvements créant plusieurs failles à l'ère tertiaire auquel s'est ajouté un basculement Nord-Sud.

Toponymie

Le nom Quimper correspond au breton moderne Kemper « confluent », la ville ayant été bâtie à la confluence du Steir, de l'Odet et du Jet. Ce terme kemper se retrouve dans le gallois moderne cymer « conjonction » et l'irlandais moderne comhar « coopération ». Le nom ancien de la ville était Quimper-Corentin et, à la Révolution française, elle a été rebaptisée Montagne-sur-Odet pour enfin devenir Quimper tout court.

C'est à Quimper-Corentin que Jean de La Fontaine place sa fable du Charretier embourbé. Aquilonia était, semble-t-il, le nom romain de Quimper.

Histoire

Héraldique


Blason de Quimper

D'azur au bélier passant d'argent accorné et onglé d'or, au chef d'hermine.


Préhistoire
et Antiquité

Des silex retrouvés à Pluguffan, commune limitrophe sont datés de 6 000 ans.
Le Quimper préhistorique et antique a fait l'objet de recherches archéologiques intenses grâce à l'existence d'un service archéologique municipal. Des vestiges de fortifications (éperons barrés), d'habitats datant de l'Âge du fer, de forges et de sépultures ont été trouvés dans les anciennes communes d'Ergué-Armel et de Penhars avec une concentration sur le site du Braden. Une activité agricole florissante s'est alors développée.
Mais, la découverte en 2003 d'une agglomération gauloise à cheval sur le Steïr au Nord, près du village de Kergolvez, a apporté une confirmation de l'ancienneté de l'urbanisation, puisque les datations vont du IIe ou du Ier siècle av. J.-C. à un abandon daté vers 30 av. J.-C. Des traces d'artisanat ont été trouvées et des scories métalliques indiquent une activité métallurgique notable.
Dans les écrits de César et des historiens grecs, il apparaît que Quimper était inclus dans la cité gauloise des Osismes dont la capitale était Vorgium (Carhaix), mais n'indique le statut de la petite ville (bourgade?) dans l'organisation territoriale. Un sanctuaire couronnait alors le Frugy à Parc-ar-Groas.
Une agglomération gallo-romaine modeste (moins de 15 hectares) a été repérée dans le quartier de Locmaria. Elle comportait un forum et des thermes au centre d'un quadrillage de rues dont un élément significatif a été retrouvé en 2006 à proximité d'un probable port sur l'estuaire et d'une acropole située sur le sommet occidental du mont Frugy (anciennement Cnech Cuki). Une voie romaine la reliait à Vannes et d'autres à Brest, Carhaix et la pointe du Van.

Par CHOMOLANGMA - Publié dans : VILLES DU MONDE
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Dimanche 8 novembre 2009

Les orgues

 

Contrairement aux habituelles cathédrales, églises et temples, aucun orgue ne se trouve derrière la façade de la cathédrale.

Grand orgue
Le grand orgue en nid d'hirondelle


Le grand orgue de la cathédrale[12], bien que très orné, est de taille modeste. Contrairement à la majorité des orgues en tribune, au fond des cathédrales[13], il se situe dans la nef, en nid d'hirondelle, accroché à un mur intérieur, tout comme dans les cathédrales de Chartres et de Metz.

En 1716, André Silbermann, alors au sommet de son art, place l'un de ses plus beaux instruments dans la cathédrale, possédant trois claviers, trente-neuf registres et environ 2 200 tuyaux. Après quelques modifications au cours du XIXe siècle et suite aux dommages de guerre subis par la cathédrale en 1870, l'orgue est reconstruit par l'Allemand Heinrich Koulen, en 1897. Cette restauration est qualifiée de « massacre » par les experts de l'époque. L'orgue Silbermann est totalement perdu à cette occasion et la réputation de Koulen totalement ruinée. En 1935, le facteur strasbourgeois Edmond Alexandre Roethinger reconstruit l'orgue dans un style plus français.

Cet orgue reste jusqu'en 1981, date où il est reconstruit par Alfred Kern, à partir de travaux de Michel Chapuis. Il s'agit de son dernier travail et également d'un de ses plus grands chefs-d'œuvre. L'orgue actuel compte trois claviers pour quarante-sept jeux et est reconnu comme un très bon instrument. Le pendentif du buffet de 1385 est remployé, ainsi que près de 250 tuyaux de l'orgue Silbermann de 1716 et le buffet de Frédéric Krebs, datant de 1491.

Au bas de l'orgue, Samson est accompagné d'un lion. Non loin, un personnage articulé, curiosité de l'orgue Silbermann, les Rohraff, étaient manipulés par l'organiste, afin de maintenir la foule éveillée lors des longs sermons, et notamment en injuriant le prêcheur. On raconte que le prestigieux prêcheur de la cathédrale, Jean Geiler de Kaysersberg — dont les os reposèrent un temps sous la chaire — en perdit son sang-froid, jaloux de l'attention que recevaient les grossiers pantins.

La composition actuelle de l'orgue est la suivante :


I Positif de dos C–g3
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûtes 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Cymbales III 2/3
Fourniture III 1/3
Trompette 8′
Cromorne 8′
Clairon 4′
Tremblant
II Grand Orgue C–g3
Bourdon 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Cornet V 8′
Cymbales III 1/2
Grande Fourniture II 2′
Petite Fourniture IV 11/3
1ère Trompette 8′
2ème Trompette 8′
Clairon 4′
Voix Humaine 8′
Tremblant
III Récit C–g3
Bourdon 8′
Salicional 8′
Prestant 4′
Doublette 2′
Sifflet 1′
Cornet III 22/3
Cymbales III 1′
Trompette 8′
Voix Humaine 8′
Hautbois 4′
Tremblant
Pédale C–f1
Montre 16′
Soubasse 16′
Quinte 102/3
Flûte 8′
Flûte 4′
Contre-basson 32′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′


L'instrument possède les accessoires suivants : Tirasse Grand Orgue, Tirasse Positif de Dos, Tirasse Récit, Accouplement Récit/Grand Orgue et Positif/Grand Orgue. Il est muni d'une traction mécanique suspendue. Diapason La 440 Hz, tempérament égal.

Orgue de chœur

L'orgue de chœur[14] date quant à lui de 1878 et est l'œuvre de Joseph Merklin, facteur d'orgue à Paris, alors concurrent de Cavaillé-Coll. Il s'agit d'un instrument à trois claviers[15], construit pour suppléer le grand orgue Silbermann, alors mourant. Il est logé dans un buffet de la maison Klem, à deux façades.

Orgue de la crypte

L'orgue de la crypte[16], œuvre de Gaston Kern, est inauguré le 5 avril 1998. Le buffet, en chêne, présente trois plates-faces en arc en plein-cintre, afin de s'accorder avec le style roman de la crypte. Il n'y a pas de claire-voies et le sommet des tuyaux de Montre est apparent, présentant à chaque fois un dessin pyramidal.

Les organistes

Actuellement, les orgues de la cathédrale sont tenus par les organistes co-titulaires suivants :

  • Grand-Orgue : Pascal Reber, Damien Simon et Marc Baumann
  • Orgue de Chœur : Dominique Debès (également Maître de Chapelle de la Cathédrale) et Yvonne Monceau.

L'horloge astronomique


Article détaillé : Horloge astronomique de Strasbourg.


Construite durant le XVIe siècle, l'horloge astronomique, chef-d'œuvre de la Renaissance, est considérée à l'époque comme faisant partie des sept merveilles de l'Allemagne. La légende prétend que le Magistrat[17], inquiet que le constructeur puisse construire ailleurs un ouvrage semblable, lui aurait crevé les yeux[18]. Des automates s'activent tous les jours à 12 heures 30. Tous les quarts d'heures, il y a 4 âges de vie: le premier quart d'heure c'est l'enfant qui fait le tour de l'horloge; le deuxième quart d'heure c'est l'homme jeune qui fait le tour; le troisième quart d'heure c'est l'homme mûr qui fait son tour et au dernier quart d'heure c'est le vieillard qui annonce sa mort et l'arrivée de l'enfant.

Les tours

Le plan original de la façade, dessiné par Erwin von Steinbach, comportait deux étages seulement et deux tours. C'est à sa mort, en 1318, que les plans furent changés.

À l'origine, les deux tours avaient la même taille (66 m) et dépassaient la façade comprise entre elles, comme par exemple celles de la cathédrale Notre-Dame de Parisimage[19] (à ce moment, la façade de la cathédrale de Strasbourg avait une silhouette identique à celle de Paris et était même plus petite de trois mètres), avant que l'espace compris entre ces tours ne soit comblé par la mise en place du beffroi (image[19]). Ce n'est qu'après ce comblement que l'on construisit le clocher sur la tour nord (34 m + 66 m = 100 m), et la flèche sur ce dernier (42 m + 34 m + 66 m = 142 mimage[19]).

Le projet de la seconde tour à flèche revint plusieurs fois. Vers 1490, l'architecte de l'Œuvre Notre-Dame, Hans Hammer, dessine le plan d'une deuxième flèche. Ce projet sera abandonné. Diverses thèses sont avancées pour expliquer l'absence d'une seconde flèche à la Cathédrale de Strasbourg. Le manque de moyens financiers est souvent évoqué. L'explication la plus plausible réside dans le fait que le style gothique, mais aussi les hautes tours et flèches étaient passés de mode au XVe siècle siècle. La rénovation culturelle fit place au style Renaissance. L'architecture gothique sera redécouverte à la fin du XVIIIe siècle siècle et célébrée au XIXe siècle par les artistes romantiques. D'autre part, le terrain étant marécageux, le surpoid causé par une deuxième tour aurait probablement, à moyen terme, conduit à un affaissement de l'ensemble de l'édifice. Des projets d'une deuxième flèche conçus par les architectes allemands, Karl Schinkel (première moitié du XIXe siècle siècle) et Karl Winkler (1880) sont restés sans suite.

La flèche

La flèche de la tour Nord


Terminée en 1439, la flèche de la tour nord culmine à 142 mètres au-dessus du sol, et c'est la plus haute flèche construite au Moyen Âge qui ait subsisté jusqu'à nos jours. La cathédrale de Strasbourg est une des seules grandes cathédrales de France dont la tour est dotée d'une flèche, typique de l'architecture germanique.

Cinq autres édifices ont dépassé momentanément la hauteur de la cathédrale de Strasbourg (outre, bien sûr, la pyramide de Khéops, qui était à l'origine plus haute) :

Grâce à sa flèche, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est resté l'édifice le plus haut du monde jusqu’en 1874, date de l'achèvement de la flèche de l'église Saint-Nicolas de Hambourg, mesurant 147 mètres. Depuis le XIXe siècle, les flèches des cathédrales allemandes d'Ulm et de Cologne la dépassent, avec les hauteurs respectives de 161 mètres et 157 mètres. La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, terminée en 1876, atteignit les 151 mètres.

La tour octogonale est conçue par le maître d'œuvre Ulrich d'Ensingen, qui conçut également celle de la cathédrale d'Ulm, si bien que ces deux édifices se ressemblent énormément. Jean Hültz de Cologne prend la direction du chantier en 1419. Il change complètement le projet de la flèche et, au lieu de construire la flèche assez simple prévue par Ulrich d'Ensingen, il construit une flèche très complexe, où chacune des huit arêtes porte une succession de six petits escaliers à vis hexagonaux, suivis par quatre autres escaliers, enfin par la corbeille et la croix.

Rappelons qu'en 1262, la ville de Strasbourg se révolte contre son prince-évêque et s'érige en république. La direction des travaux passe donc de l'évêque à la municipalité. C'est elle qui ordonne la construction du massif occidental. Et ainsi, contrairement à d'autres flèches ou tours d'églises qui manifestent la puissance de l'Église locale, la flèche de Strasbourg a toujours manifesté la puissance de la république de Strasbourg.

Les cloches de la cathédrale

Un des trésors de la cathédrale est inaccessible au public. Il s'agit de la somptueuse sonnerie de cloches, l'une des plus grandes de France, considérée par de nombreux experts campanologues comme l'une des plus parfaites en Europe. Le grand bourdon (appelé en allemand Totenglocke, la cloche des morts) est coulé en 1427 par maître Hans Gremp de Strasbourg. Pesant près de 180 quintaux germaniques (soit environ 9 000 kilogrammes) et d'un diamètre de 2,20 m, le bourdon sonne en la bémol 2 et est classé monument historique depuis le 30 décembre 1982 à titre d'objet.

Entre 1975 et 1977, sept nouvelles cloches sont coulées par la fonderie de Heidelberg sur les indications du chanoine Jean Ringue, l’expert campanologue du diocèse de Strasbourg, dans des profils ultra lourds correspondant au profil du grand bourdon. [20]

Accordées parfaitement, tant entre elles qu'avec le grand bourdon, les nouvelles cloches sonnent en si bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 3, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une nouvelle cloche, coulée à Karlsruhe, est installée au beffroi, sonnant en sol bémol 3. En 1993, une petite cloche la bémol 4, également coulée à Karlsruhe, est montée dans la tour de croisée, bientôt rejointe par une cloche mi bémol 4, coulée à Karlsruhe en 2004. La cloche mi bémol 3 s'est fêlée au printemps 2006 et a été refondue à Strasbourg la même année.

Le beffroi abrite encore une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd'hui appelée Zehnerglock (cloche de dix heures). Coulée en 1786 par Matthieu Edel, pesant 2 450 kilogrammes pour un diamètre de 1,58 m, elle sonnait matin et soir l'ouverture et la fermeture des portes de la ville et le couvre-feu. De nos jours, cette tradition est perpétuée quotidiennement à vingt-deux heures. Elle ne doit en aucun cas être confondue avec l'usage du Grüsselhorn, corne (instrument de musique) sonnée tous les soirs du haut de la cathédrale jusqu'en 1790, pour inviter les Juifs à quitter la cité, dans laquelle il leur était interdit de demeurer après la fermeture des portes[21].

À côté de cet extraordinaire ensemble de cloches de volée, la cathédrale possède également quatre cloches à usage d'horloge placées dans l'octogone de la tour, coulées en 1595, 1692 et 1787.

Cathédrale de Strasbourg - sonnerie du 09 juillet 2000.mp3  : écoutez la fameuse « sonnerie pour la France » (cloches lab 2 - réb 3 - mib 3 - fa 3 - lab 3) de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, un chef d’œuvre de l’art campanaire, une « gerbe de sons », fruit du travail du chanoine Jean Ringue, (1922-2009), campanologue du diocèse de Strasbourg.

Apparence de la cathédrale

La cathédrale de nuit.

Illuminations de la cathédrale

La cathédrale de Strasbourg est connue et souvent représentée illuminée par une lumière jaune qui, sur le grès foncé des murs, rend une belle couleur dorée ou d'or orangé.

De juillet à août, chaque soir, des représentations de son et lumière illuminent la façade ouest de la cathédrale, mettant des détails de l'architecture en valeur – à ne pas confondre avec les jeux de son et lumière de la Petite France, sur les Ponts couverts et le Barrage Vauban.

Les murs

Les murs, faits de grès des Vosges, sont roses ou bruns. Mais la pollution est aussi une cause de sa couleur actuelle. Le grès (appelé en allemand Sandstein, qui signifie pierre de sable) n'est pas lavable de façon non destructive.

Le mur intérieur de la façade du parvis est peu éclairé, malgré sa rosace - la seule de la cathédrale - de taille non négligeable.

Les statues

Le tentateur et les Vierges folles (sculpture du portail principal).


Les statues qui ornent actuellement la cathédrale sont quasiment toutes des copies. La plupart des originales sont préservées dans le musée de l'Œuvre Notre-Dame, qui se trouve sur le parvis. D'autres sont conservées à l'intérieur du barrage Vauban, derrière des grilles.

Les statues les plus célèbres sont les Vierges Folles — tentées par le diable prenant forme de beau jeune homme : on voit derrière lui sa vraie apparence (il est dévoré par des crapauds et des serpents) — et le Jugement dernier.

Particularités

Les arcs-boutants
  • La cathédrale ne possède pas d'arrière : un bâtiment est attaché à celle-ci.
  • Les arcs-boutants sont en nombre limité (il n'y en a qu'à l'avant) et sont tous isolés par des murs, du moins par rapport et contrairement à celles de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • Le parvis est assez étroit par rapport aux habituels parvis des grandes cathédrales de France.
  • La cathédrale est relativement courte[9] par rapport à d'autres grandes cathédrale de France.*
  • La cathédrale est relativement sombre par rapport à d'autres cathédrale de France.*

Légendes associées

Pilotis

Une légende raconte que l'édifice repose sur d'immenses pilotis de chêne qui s'enfoncent dans les eaux d'un lac souterrain sur lequel rôderait une barque sans passeur mais dont on entendrait néanmoins le bruit des rames. L'entrée du souterrain se situerait, selon la légende, dans la cave d'une maison juste en face de la cathédrale. Elle aurait été murée il y a plusieurs siècles.

Sur l'insistance de l'évêque Wernher qui voulait que la cathédrale soit construite à l'endroit précis où les premiers chrétiens avaient prié, elle a effectivement été construite sur pilotis enfoncés dans la nappe phréatique et remblayés car le terrain glaiseux et mouvant était peu propice à la construction. Ces fondations, uniques au monde, ne furent achevées qu'en 1028, année de la mort de l'évêque, treize ans après le début des travaux.

Lors des travaux de régularisation du Rhin par l'ingénieur badois Tula au XIXe siècle, le niveau de la nappe phréatique baissa. Les pieux se mirent à pourrir et la tour Nord commença à s'affaisser. En 1906, il fallut la soulever pour injecter du béton sous ses fondations.

Vent

Une autre légende explique l'origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l'apparence du Tentateur, courtisant les Vierges folles (Matthieu 25, 1-13). Il est représenté sous les traits d'un jeune homme séduisant dont le dos s'ouvre : on en voit sortir des crapauds et des serpents, mais aucune des jeunes filles naïves auxquelles il s'adresse ne le remarque. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d'autres sculptures le représentaient à l'intérieur.

Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l'attend toujours sur le parvis et hurle aujourd'hui encore d'impatience sur la place de la cathédrale. Le Diable, furieux, fait le courant d'air, au fond de l'église, à la hauteur du pilier des anges.

La cathédrale de Strasbourg comme symbole

Le Serment de Koufra du colonel Leclerc et de ses hommes en décembre 1940 était « de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Strasbourg étant considérée comme une ville allemande par les pangermanistes, sa libération ne pouvait se faire qu'une fois les nazis suffisamment affaiblis pour que toute la France ait été libérée.

Maurice Lebrun, spahi du 1er RMSM de la 2e division blindée du général Leclerc, alla donc hisser le drapeau français au sommet de la cathédrale sitôt que la libération de Strasbourg en était au point où l'avant-garde française put accéder à la cathédrale[22].



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Dimanche 8 novembre 2009

Architecture

Frontispice

Le frontispice
La rosace


Le frontispice de la cathédrale est richement orné. Les tympans de ses trois portails, surmontés d'un double gable, sont consacrés à la vie du Christ. Puis, au dessus, la rosace, œuvre d'Erwin von Steinbach en constitue le point central. La particularité de cette rosace, unique en son genre, est d'être composée d'épis de blé, et non de saints, comme c'est la coutume. Ils sont le symbole de la puissance commerciale de la ville.

La façade se caractérise par son grand nombre de sculptures. La plus belle manifestation de cet ensemble architectural est la galerie des apôtres, située au dessus de la rosace.

Le portail principal

Le tympan du portail principal


Le tympan du portail principal, à l'ouest, est entouré de statues de prophètes et de martyrs, et a pour thème la Passion du Christ. Des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament sont représentées sur les voussures.

Au milieu du tympan, une statue de la Vierge à l'Enfant rappelle la dédicace de la cathédrale à Notre-Dame. Une autre statue de la Vierge est située au-dessus du tympan. Elle est surmontée d'une statue du Christ, Roi et Juge, dont le trône est entouré de lions musiciens.

Le portail de gauche

Le tympan du portail de gauche


Le portail nord est décoré de statues représentant les vertus, terrassant les vices. Le tympan a pour sujet l'enfance du Christ et les voussures sont décorées d'anges et de personnages.

Le portail de droite

Le tympan du portail de droite


Le portail sud présente le thème classique des Vierges Sages - elles tiennent une lampe et les tables de la Loi ouvertes, à côté du mari idéal - et des Vierges Folles - elles tiennent les lampes retournées, serrent fermées les tables de la loi et sont à côté du tentateur qui tient la pomme de la tentation et a dans son dos des reptiles. Le tympan, quant à lui, représente le Jugement dernier.

Sur les socles des statues, on peut observer d'un côté les signes zodiacaux, et de l'autre les principaux travaux des champs — notamment le passage au fouloir.

Les portails latéraux

Le portail Saint-Laurent au nord
Le portail latéral sud


Deux autres portails sont sur les côtés de l'édifice, au niveau des transepts. Du côté nord, le portail Saint-Laurent, de style gothique tardif, oeuvre de l’architecte Jacques de Landshut, est orné d'une statue du martyre du saint, mort sur un gril. Ce portail est plus récent que la construction principale, datant de l'époque française. Du côté sud, le portail le plus ancien, de conception romane, est décoré de trois statues. Celle de gauche représente l'Église, droite, couronnée et qui tient la croix et le calice. Elle s'oppose à celle de droite qui représente la Synagogue, avec les yeux bandés - elle refuse de voir la vraie foi -, a sa lance brisée et laisse tomber les tables de la Loi. Au centre, une statue représente le roi Salomon, surmontant deux petites statues rappelant son fameux jugement. Les deux tympans romans, représentent la Dormition et le Couronnement de la Sainte Vierge. On nomme ce portail le portail du Jugement, non seulement en souvenir de Salomon, mais aussi parce que c'est à cet endroit que l'évêque de Strasbourg tenait son tribunal. En hiver avait également lieu à cet endroit une foire, prémisse de l'actuel marché de Noël.

Sur le côté, une statue de jeune femme est dotée des attributs classiques du sculpteur sur pierre. La légende raconte que cette jeune femme serait Sabina, l'une des filles d'Erwin von Steinbach, jeune sœur de Jean, et tailleuse de pierre. Malheureusement, aucun document officiel ne permet d'attester cette jolie histoire.

L’intérieur

Juda dont le pied gauche crée le Rayon Vert d'équinoxe


L'intérieur de la cathédrale, typiquement gothique, possède un décor riche et varié. L'intérieur est sombre par rapport à la majorité des cathédrales françaises, telles que Reims ou Chartres. Contrairement à une idée communément répandue, la nef de la cathédrale compte avec ses 63 mètres de longueur parmi les plus longues nefs de France, mais les dimensions très réduites du choeur conduisent à un manque de proportionnalité de l'ensemble [9].

La nef

La nef s'élève sur trois étages et contient une riche collection de vitraux. Dans le collatéral Nord, ils représentent les différents Empereurs du Saint-Empire et sont datés du XIIIe siècle. Dans celui côté Sud, les vitraux du XIVe siècle permettent d'admirer des scènes de la vie de la Sainte Vierge et du Christ. Les vitraux du triforium représentent les ancêtres du Christ suivant la généalogie que donne Luc dans son évangile. Au sud, le deuxième personnage de la première fenêtre de la quatrième travée est Juda (patriarche). La grande rosace est quant à elle purement ornementale!

Le bras nord du transept

Le bras nord du transept, tout comme le bras sud, est divisé en quatre travées carrées par un pilier central. Le pilier central du bras nord est cylindrique. Les voûtes d'ogives de, les plus anciennes de la cathédrale, sont très bombées, faisant ressembler chacune des quatre travées à des coupoles. La hauteur atteint vingt-six mètres.


La sculpture du mont des oliviers


On peut voir dans la partie gauche du côté est l'ancienne niche romane, assez majestueuse, de l'autel Saint-Laurent. Ses chapiteaux sont décorés d'animaux fantastiques. Cette niche abrite aujourd'hui les fonts baptismaux, exécutés en 1453 par le maître d'œuvre de la cathédrale de l'époque, Jodoque Dotzinger. Ils sont sculptés d'une manière très fouillée et constituent un chef-d'œuvre de l'art flamboyant. Pour une raison inconnue, ils ne sont pas octogonaux comme partout ailleurs, mais heptagonaux.


En face, du côté ouest, c'est-à-dire contre le mur de l'abside de l'actuelle chapelle Saint-Laurent, se trouve une monumentale sculpture du mont des Oliviers. Celle-ci est commandée en 1498 par Nicolas Rœder pour le cimetière de l'église Saint-Thomas, avant d'être transférée dans la cathédrale en 1667. L’ancienne chapelle Saint-Laurent (1495-1505) est due à Jacques de Landshut qui donne sur le portail nord au-dessus duquel.

Le bras sud du transept

Le pilier des anges
L'homme de la balustrade


Deux éléments particulièrement remarquables sont situés dans le bras sud du transept. Le pilier des Anges, construit vers 1230, est le pilier central de la salle et porte douze sculptures de toute beauté : la première rangée représente les quatre évangélistes, surmontés d'anges jouant de la trompe. Le groupe supérieur comprend le Christ, assis, entouré d'anges portant les instruments de la Passion.

Dans cette même salle, il faut remarquer la statue d'un homme, accoudé à une balustrade. La légende raconte qu'il s'agit d'un architecte concurrent de celui ayant construit le pilier des anges, prouesse architecturale de l'époque. Il aurait prétendu que jamais un seul pilier ne pourrait soutenir une si grande voûte et attendrait pour voir le tout s'effondrer.

La crypte

La crypte permet de découvrir la partie la plus ancienne de la cathédrale, bâtie au XIe siècle dans un très beau style roman. Réalisée quelques années avant celle de de l’abbatiale Notre-Dame de Jumièges (1040-1066), elle présente déjà un plan très ambitieux et original, par l'ampleur et la forme données aux chapelles rayonnantes. À la mort de Robert, en 1037, les parties orientales sont probablement achevées. Cette crypte offrait un ample déambulatoire de 4,6 mètres de large et, de plus, le confessio de type crypte-halle n'existait pas encore et n'a été créé que plus tard, sans communication avec le déambulatoire.


La crypte romane du XIe siècle


La crypte est composée de trois nefs, séparées par des piliers cruciformes et des colonnes alternés (les deux premières travées orientales seules présentent cette alternance). Là également, la voûte est en berceau et les colonnes sont couronnées par des chapiteaux assez archaïques : deux chapiteaux présentent, aux quatre angles de la corbeille, des bêtes difformes (lions ou démons), les deux autres sont composés de tiges enlacées formant des boucles et spirales symétriques. Elle se termine à l'est par un mur en hémicycle, qui comporte le petit sanctuaire : quatre niches et deux ouvertures murées aujourd'hui.

Sous une Frise composée de feuilles de vigne stylisées et de grappes de raisin, l'appareillage des murs est couvert d'une taille décorative - arêtes de poisson et losanges - qui apporte la preuve que cette partie orientale remonte bien au XIe siècle, car elle se retrouve dans les plus anciennes églises d'Alsace, à Altenstadt et Surbourg. Puis au XIIe siècle, on construit deux files de colonnes dont les formes décoratives sont d'une extrême sobriété, avec des chapiteaux cubiques qui mènent la crypte jusqu'à la nef.

La voûte d'arêtes se termine à l'ouest par un pontil à l'italienne. Les deux escaliers latéraux sont modernes. Entre eux se trouve le caveau - moderne - des évêques de Strasbourg. Déjà après l'incendie de 1150, les parois orientale du transept avaient été refaites.

Le chœur

Le chœur


Le chœur roman, dans lequel se trouve l'autel, est surélevé car situé au dessus de la crypte. Il est orné de fresques, datant du XIXe siècle. Tout comme la voûte du trône du château de Neuschwanstein[10], celui du chœur rappelle l'art byzantin. Il est orné en son centre d'un vitrail moderne, représentant la Sainte Vierge, à qui est dédiée la cathédrale. On retrouve dans ce vitrail, don du Conseil de l'Europe, les douze étoiles du drapeau européen sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. Dans le croisillon Nord, un très bel ensemble sculpté et polychromé, datant du début du XVIe siècle et méritant une sérieuse restauration, représente le mont des Oliviers.

Le chœur est meublé de quinze stalles en chêne, datant de 1692. Œuvres des menuisiers Claude Bourdy et Claude Bergerat, ainsi que du sculpteur Peter Petri, elles sont classées monument historique depuis le 13 février 2004, à titre d'objet.

Depuis le dernier trimestre 2004, le chœur est réaménagé sur décision de Mgr Joseph Doré, archevêque, afin de le rendre conforme aux aspirations liturgiques du concile Vatican II. Les rambardes de pierre du grand escalier sont supprimées, afin de permettre une meilleure communion visuelle entre le clergé et les fidèles. Pour améliorer la visibilité, une déclivité en pente douce, de trois pour cent, est réalisée depuis le fond du chœur en partant de l'autel du XVIIIe siècle, jusqu'au haut des marches. Un nouveau mobilier liturgique, en marbre de Carcassonne, est installé, dont la cathèdre et un nouvel autel majeur. Le nouveau chœur est solennellement inauguré le 21 novembre 2004 par Mgr Doré, entouré du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris et du cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence, en présence du premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

La chaire

La chaire est un exemple de gothique flamboyant poussé à l’extrême. Une cinquantaine de statues la décorent, abordant de nombreux thèmes tels que les évangélistes, la Crucifixion ou encore sainte Barbe. La petite sculpture d'un chien est à remarquer sur les escaliers, qui rappellerait l'habitude d'un prêcheur de venir accompagné de son chien.

En période d'équinoxe, lorsque le soleil brille, un Rayon vert illumine le Christ qui y est sculpté. Au solstice d'hiver, un rayon blanc produit sur ce Christ un effet identique. Ces rayons ont été découverts par Maurice Rosart et étudiés du point de vue astronomique par Louis Tschaen. Selon André Heck, directeur de l'Observatoire astronomique de Strasbourg, le "rayon vert" n'a pas de signification particulière : le verre dont il provient est récent (1875) et le rayon lui-même n'est apparu que récemment, sans doute accidentellement à la suite d'une réparation[11].

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Dimanche 8 novembre 2009

 

Cathédrale Notre-Dame
de Strasbourg
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
48° 34′ 54″ Nord
       7° 45′ 02″ Est
/ 48.5817, 7.750555
 
Pays France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Ville Strasbourg
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Évêché de Strasbourg
Début de la construction 1176
Fin des travaux 1439
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) Monument historique (1862)
Patrimoine mondial de l'UNESCO (1988)
Localisation

  Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)


La cathédrale Notre-Dame est une cathédrale catholique romaine construite à Strasbourg, représentative de l'architecture gothique. Avec ses 142 mètres, après avoir été l'édifice le plus haut du monde de 1647 à 1874[1], elle est actuellement la deuxième plus haute cathédrale de France après celle de Rouen, achevée précisément en 1884, et culminant à 151 mètres[2]. Elle est reconnaissable par son unique clocher surmonté d'une flèche.

« Prodige du gigantesque et du délicat » selon Victor Hugo[3], la splendeur de la cathédrale est visible de très loin dans la plaine alsacienne et peut être aperçue d'aussi loin que les Vosges ou que de la Forêt-Noire. Elle se situe dans un quartier entouré par la rivière, l’Ill, sur la place de la cathédrale, au milieu d'anciens bâtiments.

Histoire de la cathédrale

Gravure dans Pierers Universal-Lexikon, 1891.

Les édifices antérieurs

Le site de la cathédrale est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, à partir de l'occupation romaine. Un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l'emplacement jusqu'à une date inconnue. On sait qu'une cathédrale est élevée par l'évêque de Strasbourg saint Arbogast, à la fin du VIIe siècle, sur la base d'un temple dédié à la Sainte Vierge, mais aucun vestige n'a été conservé jusqu'à aujourd'hui.

La première cathédrale est remplacée durant le VIIIe siècle par un édifice plus important, terminé sous le règne de Charlemagne. Le testament de l'évêque Rémi[4], daté de 778, atteste de sa volonté d'être inhumé dans la crypte. C'est certainement dans l'édifice que sont prononcés les serments de Strasbourg. Les fouilles menées récemment révèlent que cette cathédrale carolingienne possédait trois nefs et trois absides. Un poème décrit cette cathédrale, ornée d'or et de pierreries par l'évêque Ratald[5]. La cathédrale est la proie des flammes à de multiples reprises, en 873, 1002 et 1007.

En 1015, l'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg, et l'empereur Henri II posent ensemble la première pierre d'une nouvelle cathédrale sur les ruines de l'édifice carolingien. Werner construit une cathédrale de style ottonien, mais celle-ci brûle en 1176, car les nefs sont à l'époque couvertes d'une charpente en bois.

Construction de la cathédrale actuelle (1176-1439)

Après le sinistre, Henri de Hasenbourg, nouvel évêque de Strasbourg de 1180 à 1190, décide la construction d'une quatrième cathédrale, devant être plus belle que celle de Bâle, qui vient d'être achevée. Le chantier de la nouvelle cathédrale commence sur les fondations de la construction précédente et ne s'achève que plusieurs siècles plus tard, en 1439. La construction débute par le chœur et le transept Nord, dans un style roman. Mais en 1225, une équipe venant de Chartres révolutionne la construction, par l'apport du style gothique. Afin de trouver de l'argent pour terminer la nef, le diocèse recourt aux indulgences en 1253. Témoignage de la double influence française et allemande, l'utilisation pour les vitraux des couleurs rouge et bleu (typique d'une équipe française) et la présence marquée de vert (style allemand).

Les maîtres d'œuvre

Les différents maîtres d'œuvre sont successivement :

  • Michel de Fribourg (façade).
  • Klaus de Lohr (façade).
  • Erwin von Steinbach (1244-1318) (façade).
  • Ulrich d'Ensingen (tour octogonale), maître d'œuvre de la tour de la Cathédrale d'Ulm.
  • Johannes Hültz (flèche).

La cathédrale depuis le XVe siècle

L'Humanisme et la Réforme gagnent Strasbourg au XVIe siècle et vont largement marquer la ville. Strasbourg est une des premières villes qui appela au changement. Les thèses de Luther sont affichées dès 1518 aux portes de la cathédrale et les écrits luthériens se propagèrent rapidement grâce aux imprimeurs. La ville adopte la Réforme en 1524 et attribue les églises aux protestants. Mais le déclin arrive avec les guerres. L'empereur Charles Quint, catholique, mène la guerre contre les princes protestants et leurs alliés, dont Strasbourg. La ligue protestante est vaincue et la ville restitue la cathédrale Notre-Dame en 1681[6], ainsi que quarante églises, aux catholiques. L'introduction de la Réforme met cependant fin à la production artistique qu'elle a privée de son mécène habituel : l'Église catholique. Une quarantaine d'autels disparaissent ainsi de la cathédrale durant cette période.

La toiture de la cathédrale est atteinte lors des bombardements de la ville de Strasbourg, pendant la guerre franco-allemande de 1870. Pendant l'annexion de l'Alsace-Lorraine au Troisième Reich, le culte catholique est provisoirement interdit dans la cathédrale par un décret de Hitler[7]. Son secrétaire particulier Bormann aurait confié[8] que le Führer comptait « transformer la cathédrale de Strasbourg en monument national puisqu'elle était revendiquée à la fois par les catholiques et les protestants ». La cérémonie en l'honneur de la victoire, mêlée à un semblant de religion et organisée par la Wehrmacht au début de juillet 1940, corrobore ces projets.

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Dimensions

La nef
  • Longueur : 111 m
  • Largeur : 51,5 m
  • Hauteur : 142 m
  • Hauteur du sol à la plate-forme : 66 m (330 marches)
  • Hauteur du sol au sommet du clocher : 100 m (500 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la flèche : 132 m (646 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la pointe : 142 m
    • Hauteur du clocher : 34 m (170 marches)
    • Hauteur de la flèche : 32 m (146 marches)
    • Hauteur de la pointe : 10 m

La tour semble plus grande que la flèche car la base de cette dernière est entourée (et donc cachée) par les quatre colonnes débutant au pied de la tour, situés aux angles de celle-ci. Les colonnes dépassant donc la tour peuvent ainsi donner une impression de continuité.

Pour se donner une idée de la hauteur de l'édifice, les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris atteignent 69 m, et la flèche, située au centre du toit de la nef, atteint les 96 m.

Si l'on ne compte pas les quelques marches extérieures séparant le parvis du premier escalier (celui de 330 marches, le seul ouvert au grand public actuellement), on peut dire que les 500 marches du sol au sommet du clocher mesurent 20 cm (les 330 comme les 170 marches). Les 146 marches de la flèche mesurent environ 22 cm. Quelques marches extérieures séparent le parvis du premier escalier de la cathédrale. Une autre petite plate-forme entoure la base de la pointe.

  • Hauteur maximale de la nef : 31 m

 

 

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Dimanche 8 novembre 2009

Caractéristiques de ses performances sportives

Ski de fond

Neuner est l'une des biathlètes les plus rapides du circuit[57],[12]. Lors de 40 des 84 épreuves auxquelles elle a pris part, elle possède le meilleur temps en ski de fond (le temps en ski de fond ne comprend pas les tours de pénalité et les séances de tirs). De même, elle possède l'un des trois meilleurs temps de ski dans 74 % des épreuves auxquelles elle participe[8].


Neuner en ski de fond avec la technique de skating, mars 2009.


Durant de sa première saison, en 2005-2006, Neuner effectue des temps moyens où son meilleur résultat sur ski est un quatrième temps lors de la poursuite de Kontiolahti[58]. En 2006-2007, sa première saison complète, elle finit à 19 reprises dans le top 3 des meilleurs temps sur les 24 épreuves disputées et y possède à sept reprises le meilleur temps. Neuner remporte la Coupe du monde 2007-2008 grâce, entre autres, à ses performances sur les skis puisque sur 25 épreuves disputées, elle réalise 19 meilleurs temps et se trouve dans le top 3 à la fin des six autres épreuves. Au début de la saison 2008-2009, elle réalise de moins bons temps sur les skis en raison de problèmes de santé et du manque de préparation associé. Toutefois, elle réédite en fin de saison ses performances précédentes puisqu'elle possède à partir de janvier 14 meilleurs temps sur les 18 épreuves auxquelles elle prend part[8].

Très tôt, Neuner réalise de bonnes performances en ski de fond. À huit ans, elle remporte sa première compétition de ski de fond dans son club de ski local. Dans sa période junior, ses temps en ski de fond sont comparables à ceux des hommes du même âge[2]. À 15 ans, elle continue de faire jeu égal avec ses homologues masculins, partenaires en club. Lors de la préparation de la saison 2006-2007, Neuner skie 5 300 kilomètres puis 6 000 autres lors de la saison suivante[59]. En raison de ses performances en ski, elle est souvent capable de compenser ses erreurs en tirs (où un tour de pénalité est effectué généralement entre 21 et 26 secondes)[60].

Durant trois de ses 14 victoires en Coupe du monde, elle réalise trois tours de pénalité ce qui ne l'empêche pas de faire un meilleur temps que sa poursuivante qui n'avait pas de tour de pénalité. Aux Mondiaux 2007, lors de la poursuite, elle bat la Norvégienne Linda Grubben avec quatre tours de pénalité tandis que cette dernière n'en effectue qu'un[16]. Parmi ses autres victoires où ses performances en ski de fond prédominantes, il y a sa victoire dans l'épreuve du départ en ligne aux Mondiaux 2008 malgré quatre fautes au tir [30] ou encore sa victoire en poursuite en Coupe du monde en janvier 2009 à Ruhpolding, malgré toujours quatre fautes au tir[46].


Statistiques en ski de fond en Coupe du monde
Temps en course saison 2005–2006 saison 2006–2007 saison 2007–2008 saison 2008–2009 Carrière
Meilleur temps 0 / 10 0 % 7 / 24 29 % 19 / 25 76 % 14 / 25 56 % 40 / 84 48 %
Second temps 0 / 10 0 % 5 / 24 21 % 4 / 25 16 % 1 / 25 4 % 10 / 84 12 %
Troisième temps 0 / 10 0 % 7 / 24 29 % 2 / 25 8 % 3 / 25 12 % 12 / 84 14 %
Autre 10 / 10 100 % 5 / 24 21 % 0 / 25 0 % 7 / 25 28 % 22 / 84 26 %
*le pourcentage est la différence entre le temps enregistré et le nombre d'épreuves disputées. Temps réalisés uniquement dans les épreuves individuelles et non en relais[8][61].


Performances en tir

Neuner a un pourcentage de réussite au tir de 74 %, sa moyenne en position couchée étant de 87 % tandis que son pourcentage en position debout est de 62 %[8]. Son pourcentage de réussite en position couchée est similaire à celui de ses adversaires, a contrario en position debout elle possède l'un des plus mauvais pourcentages de réussite du circuit[61] .


Neuner se préparant à tirer en position debout, janvier 2009.


Avec 78 % de réussite, Neuner réalise ses meilleures performances en tir lors de sa première saison en 2005-06. L'année suivante, son pourcentage descend à 70 % ; malgré un meilleur résultat en 2009 avec 76 % de réussite[61], elle reste cette dernière saison à la soixante-dix-huitième place des meilleures tireuses sur 113 biathlètes[61]. Elle remporte la Coupe du monde 2008 avec un taux de réussite de 73 %, qui est l'un des plus faibles pourcentages de réussite d'une vainqueur d'une Coupe du monde. À titre de comparaison, les précédentes vainqueurs ont des taux nettement supérieurs : 84 % pour Andrea Henkel[62], 87 % pour Kati Wilhelm[63] et 81 % pour Sandrine Bailly[64]. En position debout, sa meilleure saison reste 2009 avec un taux de 66 % de réussite, ce qui représente cependant 26 points de pourcentage en moins que la vainqueur de la Coupe du monde Helena Jonsson[65].


Neuner en position de tir debout, mars 2009.


Les performances de Neuner au tir sont un sujet souvent abordé par les médias[66]. Elle refuse parfois de répondre aux questions de la presse à propos de ses tirs et considère que cette fixation sur ses performances de la part du public contribue à aggraver le problème[41]. Durant l'été 2008, Neuner travaille aux côtés de l'ancien champion du monde de calibre Rudi Krenn, entraîneur à la Bundeswehr (armée allemande), ce qui contribue à modifier sa position de tir[67]. Elle utilise une carabine réalisée par Sandro Brislinger, armurier de la Bundeswehr[68]. Elle utilise également des protections auditives en compétition pour une meilleure concentration durant ses séances de tirs[59]. Par ailleurs, l'épreuve de l'individuel est la plus difficile pour Neuner en raison de son taux de réussite au tir car contrairement aux autres épreuves, les fautes au tir ne sont pas sanctionnées de tours de pénalité mais d'une minute de pénalité au temps global à chaque faute[60].

La seule victoire de Neuner avec un sans-faute au tir a lieu lors d'un sprint à Khanty-Mansiysk en mars 2007[21]. Elle a réalisé deux autres sans-fautes dans sa carrière, lors du sprint de Kontiolahti en mars 2006 (où elle finit quatrième de l'épreuve)[69] et lors du sprint d'Östersund en décembre 2008 (où elle finit troisième de l'épreuve)[70]. Sa plus mauvaise performance au tir a lieu lors de la poursuite de Hochfilzen en décembre 2008, avec neuf fautes sur dix tirs[71]. Sa plus grande contre-performance reste le départ en ligne d'Anterselva en janvier 2009 : première de la course avec un sans-faute avant la dernière séance de tirs, elle rate les cinq cibles et termine septième de l'épreuve[47] .

 

Statistiques en tir en Coupe du monde
Position saison 2005–2006 saison 2006–2007 saison 2007–2008 saison 2008–2009 Carrière
Couchée 73 / 80 91 % 76 / 90 84 % 189 / 218 87 % 191 / 223 86 % 529 / 611 87 %
Debout 52 / 80 65 % 54 / 95 57 % 133 / 222 60 % 150 / 228 66 % 389 / 625 62 %
Total 125 / 160 78 % 130 / 185 70 % 322 / 440 73 % 341 / 451 76 % 918 / 1236 74 %
*Il s'agit des pourcentages de réussite aux tirs. Performances réalisées uniquement dans les épreuves individuelles et non en relais[8],[61].


Vie privée

Neuner à Wallgau, mai 2009.


Neuner vit depuis sa naissance à Wallgau, petite ville de Bavière en Allemagne[4]. En 2007, elle achète la maison de sa grand-mère à Wallgay où elle vit aujourd'hui[5]. Franz Perwein, ancien biathlète rencontré lors des mondiaux juniors 2006, fut son compagnon entre 2006 et 2008[72]. Un mois après cette séparation, elle annonce avoir une relation avec un technicien de l'équipe d'Allemagne de biathlon Björn Weisheit[73] .

Son intérêt pour le tricot est souvent pointé par les médias allemands, Neuner tient notamment un site internet sur des cours de tricot[5]. Elle déclare avoir souvent des accessoires de tricot à chaque voyage durant sa saison sportive, ce qui la détend[74]. En février 2007, Neuner décline une offre d'apparaître nue dans le magazine Playboy, version allemande[75]. Elle est bonne amie avec Kathrin Hitzer, co-équipière dans l'équipe d'Allemagne de biathlon avec qui elle partage sa chambre lors de la saison[76]. Elle aime également jouer de la harpe et possède une moto enduro[77]. Durant la période estivale, elle s'adonne au VTT en montagne et à la natation[6]. Enfin, elle est l'une des ambassadrices de la Coupe du monde de football féminin 2011 qui se déroulera en Allemagne[78].

Palmarès

Championnats du monde

Neuner a remporté sept médailles lors des Championnats du monde dont six en or et une en argent. Lors de sa première participation en 2007 à Anterselva, elle remporte trois titres (sprint, poursuite et relais). L'année suivante en 2008 à Östersund, elle remporte de nouveau trois titres (départ en ligne, relais et relais mixte). Lors des Championnats du monde 2009 à Pyeongchang, elle ne remporte aucun titre, son meilleur résultat étant une médaille d'argent en relais[8].


Épreuve / Édition Individuelle Sprint Poursuite Départ en ligne Relais Relais mixte
Mondiaux 2007
Italie Anterselva
- Gold medal icon.svg Gold medal icon.svg 14e  Gold medal icon.svg   -
Mondiaux 2008
Suède Östersund
- 17e 6e Gold medal icon.svg Gold medal icon.svg Gold medal icon.svg
Mondiaux 2009
Corée du Sud Pyeongchang
- 8e 11e 7e Silver medal icon.svg -


Coupe du monde

Palmarès

Différents classements en coupe du monde

Durant sa première saison en Coupe du monde, Neuner prend part à dix épreuves, finissant trente-quatrième au classement général. En 2006-07, elle devient une biathlète régulière de l'équipe d'Allemagne et finit la saison à la quatrième place générale. Neuner remporte la Coupe du monde 2007-08, ainsi que les classements des épreuves de sprint et de départ en ligne. Lors de la saison 2008-09, elle finit quatrième au général mais remporte le classement de l'individuelle[8].


Saison Individuel Sprint Poursuite Départ en ligne Général
Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position
2005-06 0/3 4/10 65 33e 4/8 65 30e 2/5 34 30e 10/26 164 34e
2006–07 2/4 34 25e 10/10 285 4e 8/8 283 2e 4/5 114 10e 24/27 720 4e
2007–08 2/3 33 20e 10/10 326 1er 8/8 232 5e 5/5 186 1er 25/26 818 1er
2008–09 3/4 129 1er 10/10 358 2e 7/7 231 5e 5/5 146 8e 25/26 891 4e
  • Courses : nombre d'épreuves disputées/nombre total d'épreuves ; Points : nombre de points en Coupe du monde ; Position : classement en Coupe du monde[8].


Performances générales

À la fin de la saison 2009, Neuner a disputé 95 épreuves, en remportant 22 (soit un pourcentage de victoire de 23,16 %). Elle a remporté 14 épreuves individuelles, ce qui la situe à la neuvième place des biathlètes les plus victorieuses en Coupe du monde. Elle a également remporté huit relais dont sept relais féminins et un mixte avec l'équipe d'Allemagne. Elle a inscrit des points lors de 92 épreuves sur les 95 qu'elle a disputées. Elle a fini à 63 reprises dans les dix premières d'une épreuve (soit un pourcentage de 66,23 %). L'épreuve de l'individuelle est la seule épreuve qui manque au palmarès de Neuner[8].


Résultat Individuel Sprint Poursuite Départ en ligne Relais Relais mixte Total
1er Place 6 5 3 7 1 22
2e Place 1 1 3 5
3e Place 1 4 1 6
Top 10 5 20 16 11 10 1 63
Points 6 33 26 16 10 1 92
Autres 1 1 1 3
Départs 7 34 27 16 10 1 95
*Résultats dans toutes les épreuves de Coupe du monde, y compris le relais[8].

Championnats du monde junior [modifier]

Neuner a remporté sept médailles d'or et quatre médailles d'argent lors de ses participations aux Championnats du monde junior entre 2004 et 2008. À l'exception de l'épreuve de l'individuelle, elle a remporté toutes les autres épreuves à au moins deux reprises. En 2004, pour ses premiers mondiaux junior en Haute-Maurienne (France), Neuner remporte le titre en sprint et relais. Un an plus tard, elle s'impose uniquement en sprint conservant son titre à Kontiolahti (Finlande) puis en 2006 elle s'impose en poursuite et en relais à Presque Isle (États-Unis). Elle ne participe pas aux mondiaux 2007. Elle effectue sa dernière participation en 2008 à Ruhpolding (Allemagne) où elle remporte deux nouvelles médailles d'or en sprint et poursuite[8] .


Épreuve / Édition Individuel Sprint Poursuite Relais
Mondiaux 2004
France Haute-Maurienne
- Gold medal icon.svg Silver medal icon.svg Gold medal icon.svg
Mondiaux 2005
Finlande Kontiolahti
4e Gold medal icon.svg Silver medal icon.svg Silver medal icon.svg
Mondiaux 2006
États-Unis Presque Isle
7e Silver medal icon.svg Gold medal icon.svg Gold medal icon.svg
Mondiaux 2008
Allemagne Ruhpolding
- Gold medal icon.svg Gold medal icon.svg -


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Brumes et pluies

Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
- Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)





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