Depuis 2011 : l'ère Qatar Investment Authority
Javier Pastore, plus gros transfert de l'histoire du PSG et de la Ligue 1
En 2011, Qatar Investment Authority rachète 70 % des parts du club18. Le 6 mars 2012, QSI rachète les 30 % restants à Colony Capital
et devient donc propriétaire à 100 % du PSG19.
Alors que Grégory Coupet et Claude Makelele prennent leur retraite et que Ludovic Giuly part
en pré-retraite à l'AS Monaco, Colony Capital signe l'arrivée de Nicolas Douchez avant de passer la main aux Qataris. Les dirigeants de QSI, par
l'intermédiaire de Nasser Al-Khelaïfi, fixent des objectifs ambitieux, et apportent des moyens
financiers considérables : cent millions d'euros pour recruter des joueurs à l'été 2011 et souhaitent
remporter le championnat de France, mais aussi toutes les coupes auxquelles
le club participe20. QSI supprime le poste de Robin Leproux et nomme Leonardo au poste de directeur
sportif. Jean-Claude Blanc sera nommé quelques temps plus tard directeur général délégué du club.
Leonardo, ancien entraîneur du Milan AC et de l'Inter Milan fait venir plusieurs joueurs du championnat italien, tels Jérémy
Ménez, Mohamed Sissoko, Salvatore Sirigu. Des joueurs de Ligue 1 rejoignent aussi Paris comme Kévin Gameiro, Blaise Matuidi, Milan Biševac. Diego Lugano arrive également au PSG. Le
président Al-Khelaïfi évoque également une construction à long terme, veut miser sur de jeunes joueurs talentueux et déclare à plusieurs reprises « être à la recherche du nouveau Messi »21. Il pense d'abord avoir trouvé le « nouveau Messi » en Javier Pastore22 qui signe en faveur du club de la capitale pour 43 millions d'euros, ce qui constitue un record dans le
championnat de France23.
Cette vision du club est couronnée de succès pendant les premiers mois. Sur le plan sportif, le club de la capitale est champion d'automne (en tête du championnat lors de la trêve
hivernale)24. Des échos favorables proviennent de la
presse25, le nombre moyen de spectateurs par match
augmente26 et le club met en œuvre une stratégie
« d'internationalisation »27 : le PSG fait notamment parler de lui lorsqu'il entre en concurrence avec plusieurs
autres clubs afin de recruter David Beckham ou Carlos Tévez. Nasser Al-Khelaïfi souhaite aussi que le PSG soit bénéficiaire « d'ici trois à cinq ans »28, objectif audacieux pour un club
déficitaire depuis la saison 1997-199828.
Mais l'entraîneur Antoine Kombouaré se fait licencier. Il paye probablement les éliminations
prématurées au premier tour de la Ligue Europa dans un groupe « facile » avec
l'Athletic Bilbao, le Red
Bull Salzbourg et le Slovan Bratislava et celle en coupe de la Ligue contre la modeste équipe de
Dijon. Ce limogeage est formellement condamné par l'UNECATEF (le syndicat des entraîneurs) qui n'hésitera pas à soutenir Kombouaré29, et quelques mois plus tard, ce dernier sera nominé dans la catégorie "meilleur entraîneur de la saison"
aux Trophées UNFP par les autres entraîneurs de Ligue 1 malgré une demi-saison
seulement passée sur le banc du PSG30.
Le 30 décembre 2011 pendant la
trêve hivernale, l'italien Carlo Ancelotti, double vainqueur de la Ligue des champions, devient le nouvel entraîneur du Paris Saint-Germain31. Trois nouvelles recrues rejoignent le PSG pendant le mercato hivernal, Maxwell, Thiago Motta et Alex.
Date de fondation du club
Trois écoles défendent des dates de fondation différentes : 1904, 1970, et 1973.
1970 : la théorie officielle
1970 est la date de fondation officielle du Paris Saint-Germain. La fusion opérée entre le Stade Saint-Germain
et le Paris FC sert ici clairement de base à cette datation. Le service communication du PSG précise même le 12 août 1970. Avant l'an 2000, ce même service de communication du PSG annonçait la date du 27 août 1970 sur le bulletin de naissance du club, en
se référant à une publication du journal
officiel annonçant la fusion.
Cependant, cette date ne pouvait être considérée comme marquant la naissance du PSG, puisque le club avait disputé un match de D2 quatre jours avant la publication au JO. Cette incohérence ne fut
corrigée qu'une décennie plus tard en adoptant la date du 12 août 1970 comme nouvelle date de fondation, décision qui ne résout pas totalement la question, puisque le club disputa sous ce nom deux matchs
amicaux lors de la première semaine d'août et que le PSG est inscrit sous ce nom sur les tablettes de la FFF depuis le 30 mai 19708.
L'article « Fusion » du récent Dictionnaire officiel du Paris Saint-Germain précise que le PFC était une « association de personnalités regroupées pour la création d'un
grand club de football à Paris »32.
Pour fêter le 40e anniversaire officiel du club, un documentaire d'une heure et demie revenant sur l'histoire du PSG est diffusée le 9 mai 2010 sur Canal+. Le chaine conserve le « contrôle
éditorial », comme l'annonce Cyril Linette le 6 novembre 200933 sur cette production confiée à la maison de production d'Emmanuel Chain. Étrangement, le documentaire n'évoque pas du tout ces débats et débute en 197334.
1973 : l'école Hechter
Jusqu'à l'arrivée de Canal+ au sein de la direction du PSG, la date de fondation officielle du club était 1973. Les trois premières saisons sous le label PSG sont oubliées afin de mettre en lumière la prise en main du club
par Daniel Hechter. Cette datation qui pour beaucoup est aujourd'hui difficilement défendable est soutenue par
certains journalistes (Jean-Michel Larqué sur TF1 notamment).
Ainsi, le quotidien L'Équipe du 3
mai 2005 qui annonce que le club fut fondé en 1973, précise : « Il y a eu une scission débouchant sur deux clubs, d'un côté un nouveau Paris SG, et de l'autre le Paris FC. »
La « scission » date de mai 1972 et Hechter ne devient président du club qu'après le 9 juin 1974, date du retrait réel du président Henri Patrelle.
À l'occasion du décès de Francis Borelli en octobre 2007, l'AFP utilise l'expression « co-fondateur du
club », reprenant ainsi la thèse de la fondation en 1973. Quelques médias, dont Canal+, utilisent également la formule « co-fondateur » à propos de Borelli.
1904 : le Stade Saint-Germain
En 1970, le Stade
Saint-Germain reçoit l'appui du Paris FC, qui ne possède alors ni joueurs, ni encadrement, ni
installations, ni même le droit de disputer la moindre compétition. Aujourd'hui, on parlerait de « groupe d'investisseurs ». Le second des mariés est le club du Stade Saint-Germain,
tout frais promu en D2 désormais « open ». Ce club qui ne compte pas moins de 26 équipes est, depuis l'effondrement des têtes d'affiches parisiennes professionnelles, le troisième club
francilien derrière le Red Star et le CS Fontainebleau, trois fois finaliste du CFA.
Certains contestent le terme de « fusion » entre un club et un groupe d'investisseurs, et considèrent que le Stade Saint-Germain et le Paris Saint-Germain depuis 1970 constituent le
même club. Ainsi, le quotidien sportif L'Équipe propose de 2001 à 2007 sur son site internet un historique du club
prenant en compte le Stade Saint-Germain comme « L'ancêtre »35.
Personnalités historiques du club
Dirigeants
Le premier président du Stade Saint-Germain fut Félix Boyer (1904). Entre cette première présidence et l'arrivée au poste présidentiel d'Henri Patrelle (1958), aucun nom ne peut être clairement
cité, à part celui de Georges Aubry (président en 1921), faute de sources. Pris par ses fonctions à la
Fédération française de football dont il était l'un des
vice-présidents, Henri Patrelle abandonna provisoirement sa présidence à M. Dour (1962-1963) puis à Roger Legigand (1963-1964) avant de reprendre son
poste de 1964 à 1970. C'est Patrelle qui négocie l'union avec le Paris FC menant au changement de nom pour le club en Paris Saint-Germain Football Club.
Le 26 juin 1970,
l'assemblée générale extraordinaire du club porte un trio à la tête du PSG : Pierre-Étienne
Guyot (président virtuel), Guy Crescent (vice-président, administratif) et Henri Patrelle (vice-président, sportif). Le 4 juin 1971, Guy Crescent devient président
tandis que Henri Patrelle est désigné vice-président. Nouvelle modification à la tête du club avant le divorce de
mai 1972 avec le retour d'Henri
Patrelle au poste de président à partir du 17 décembre 1971.
Le PSG reçoit l'appui du couturier Daniel Hechter en mai 1973. Ce dernier devient le président du comité de gestion mais Henri Patrelle conserve la présidence. Les rapports entre les deux hommes sont houleux. Patrelle quitte le club au lendemain du retour en
Division 1, le 9 juin 197436,
laissant à Hechter le poste de président jusqu'au 9 janvier 1978. Le scandale de la double billetterie du Parc des
Princes provoque le retrait d'Hechter qui est remplacé par l'un des membres de son équipe, Francis Borelli.
Le souriant président Borelli reste en poste durant treize saisons et demie avant de transmettre le relais au groupe Canal+ le 31 mai 1991. La chaîne cryptée assure la direction du PSG
jusqu'au 20 juin 2006 par
l'intermédiaire de présidents-délégués : Michel Denisot (31 mai 1991 - 11 mai 1998), Charles Biétry (11 mai 1998 - 21 décembre 1998), Laurent Perpère
(22 décembre 1998 - 5 juin 2003), Francis Graille (5 juin 2003 - 2 mai 2005) et Pierre Blayau (2 mai 2005 - 20 juin 2006).
Canal+ se désengage du PSG en juin 2006 ; Alain Cayzac, membre du comité de direction du club depuis 1987, est
nommé président le 20 juin 2006. Les deux saisons suivantes sont compliquées pour le PSG, avec notamment l'affaire PSG - Hapoël Tel Aviv et des résultats décevants en championnat. Alain Cayzac démissionne le 21 avril 2008, à quatre journées de la fin,
alors que le PSG est en position de rélégable37. Il est
provisoirement remplacé par Simon Tahar, auquel succède Charles Villeneuve38, ancien directeur du service des sports chez TF1 le 27 mai 2008, quelques
jours après le maintien en Ligue 1 acquis lors à la dernière journée puis la défaite en finale de Coupe de France contre l'Olympique lyonnais. Charles Villeneuve est remplacé par Sébastien Bazin le 3 février 2009 suite à une crise liée à la gouvernance du club. Bazin accepte le poste en précisant d'emblée qu'il n'est pas « dirigeant » du
club, faute de temps39. Philippe Boindrieux est nommé
directeur général délégué temporaire pour diriger le club dans l'attente de la nomination du titulaire du poste.
Le 9 septembre 2009, Robin Leproux devient le nouveau président du PSG. Le 13 juillet 2011, à la suite du changement
d'actionnaire et de l'arrivée successive de Leonardo en tant que manager
général, avec les pleins pouvoirs sportifs, il est révoqué par le nouveau conseil de surveillance du club40. Le 4 novembre 2011, suite à un changement de statut, Jean-Claude Blanc est nommé directeur-général, tandis que Nasser Al-Khelaïfi, représentant de l'actionnaire et jusque-là président du conseil de surveillance, devient président
directeur-général41.
Entraîneurs notables
En juin 1973, Just Fontaine est
nommé directeur technique puis entraîneur par le président Daniel Hechter, il fait monter le PSG en 1re
division dès sa première saison au club.
En novembre 1979, Georges
Peyroche devient entraîneur du Paris Saint-Germain. À son palmarès de coach, il compte les premiers titres de l'histoire du club, une première coupe de France en 1982 et une deuxième en 1983.
En juillet 1985, le président Francis Borelli nomme Gérard Houllier à la tête du club
parisien et dès sa première année à Paris, il devient champion de France en
1986, ce qui est le premier titre de champion de France
de jeune histoire du PSG. La suite est plus délicate et il est écarté à l'issue de la saison 1987-1988.
Tomislav Ivić succède à Gérard Houllier en juillet 1988, il y obtient de bons résultats dès son arrivée, le club parisien terminant à la deuxième place du championnat, à trois points du champion marseillais.
L'entraîneur portugais Artur Jorge, vainqueur de la coupe d'Europe des Clubs Champions 1987 avec le FC Porto, rejoint le Paris Saint-Germain où il remporte le championnat de France 1994. Avant cela, il gagne une coupe de France en 1993. Sur un plan européen, il décroche deux demi-finales, une en Coupe UEFA 1993 et l'autre en Coupe des coupes 1994. Sa carrière d'entraîneur au sein du club ne fut pas des plus tranquilles,
Canal l'ayant embauché en octobre 1998 puis remercié en mars 1999.
Luis Fernandez, joueur emblématique du PSG entre 1978 et 1986, permet au club de la capitale de gagner le
premier trophée européen de son histoire, la Coupe des coupes 1996. En 1994, il est nommé entraîneur du club et dès sa première saison, il gagne les deux coupes nationales (Coupe de France et Coupe de la Ligue) et devient demi-finaliste de
la Ligue des champions. Il reviendra sur le banc parisien en
décembre 2000, mais sans grand succès.
En 1996-1997, Ricardo, également joueur emblématique du PSG entre 1991 et 1995 et Joël Bats, gardien emblématique du PSG entre 1985 et
1992, mènent, pour leur première saison en tant qu'entraîneur, le Paris Saint Germain en finale de la
Coupe d'Europe des
vainqueurs de coupes et finissent deuxième du championnat à la dernière minute de la dernière journée. Cette deuxième place offre à Paris un tour préliminaire de Ligue des Champions. La deuxième saison de Ricardo et Bats à la tête du
club parisien est encore plus poussive. Éliminé dès les phases de poule en Ligue des champions, mais vainqueur de deux coupes nationales (Coupe de la Ligue et Coupe de France).
Vahid Halilhodžić, qui a joué au club en 1986-1987, rejoint le Paris Saint-Germain en tant qu'entraîneur à l'été 2003. Le club de la capitale réalise alors une excellente saison (victoire en Coupe de France, deuxième du championnat). Lors de la saison suivante, les résultats du club
seront moins bons et "Coach Vahid" sera limogé en février 2005.
Antoine Kombouaré arrive de Valenciennes à l'été 2009. Sa première saison
est moyenne en championnat (13e), mais le club remporte une nouvelle Coupe de France contre Monaco.
La saison 2010-2011 est plus réussie avec une 4e place en championnat (meilleur classement du PSG depuis 7 ans) et une nouvelle finale de Coupe de France cette fois-ci perdue contre Lille. Alors que Kombouaré entamait remarquablement sa troisième saison avec un titre de champion d'automne, il se fait limoger
en décembre 2011 par les nouveaux dirigeants qataris du PSG.
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