Lundi 2 novembre 2009

L’Hypertext Markup Language, généralement abrégé HTML, est le format de données conçu pour représenter les pages web. C’est un langage de balisage qui permet d’écrire de l’hypertexte, d’où son nom. HTML permet également de structurer sémantiquement et de mettre en forme le contenu des pages, d’inclure des ressources multimédias dont des images, des formulaires de saisie, et des éléments programmables tels que des applets. Il permet de créer des documents interopérables avec des équipements très variés de manière conforme aux exigences de l’accessibilité du web. Il est souvent utilisé conjointement avec des langages de programmation (JavaScript) et des formats de présentation (feuilles de style en cascade). HTML est initialement dérivé du Standard Generalized Markup Language (SGML).

Dénomination

L’anglais Hypertext Markup Language est rarement traduit littéralement en langage de balisage d’hypertexte[1]. On utilise généralement l’abréviation HTML, parfois même en répétant le mot « langage » comme dans « langage HTML ». Hypertext est parfois écrit HyperText pour marquer le T de l’abréviation HTML.

Le public non averti parle parfois de HTM au lieu de HTML, HTM étant l’extension de nom de fichier tronquée à trois lettres, une limitation qu’on trouve sur d’anciens systèmes d’exploitation de Microsoft.

Évolution du langage

Durant la première moitié des années 1990, avant l’apparition des technologies web comme JavaScript, les feuilles de style en cascade et le Document Object Model, l’évolution de HTML a dicté l’évolution du World Wide Web. Depuis 1997 et HTML 4, l’évolution de HTML a fortement ralenti ; 10 ans plus tard, HTML 4 reste utilisé dans les pages web. En 2008, la spécification du HTML 5 est à l’étude[2].

1989 - 1992 : Origine

HTML est une des trois inventions à la base du World Wide Web, avec le Hypertext Transfer Protocol (HTTP) et les adresses web. HTML a été inventé pour pouvoir écrire des documents hypertextuels liant les différentes ressources d’Internet avec des hyperliens. Aujourd’hui, ces documents sont appelés « page web ». En août 1991, lorsque Tim Berners-Lee annonce publiquement le web sur Usenet, il ne cite que le langage SGML, mais donne l’URL d’un document de suffixe .html. Dans son livre Weaving the web[3], Tim Berners-Lee décrit la décision de baser HTML sur SGML comme étant aussi « diplomatique » que technique : techniquement, il trouvait SGML trop complexe, mais il voulait attirer la communauté hypertexte qui considérait que SGML était le langage le plus prometteur pour standardiser le format des documents hypertexte. En outre, SGML était déjà utilisé par son employeur, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN). Les premiers éléments du langage HTML comprennent le titre du document, les hyperliens, la structuration du texte en titres, sous-titres, listes ou texte brut, et un mécanisme rudimentaire de recherche par index. La description de HTML est alors assez informelle et principalement définie par le support des divers navigateurs web contemporains. Dan Connolly a aidé à faire de HTML une véritable application de SGML[4].

1993 : Apports de NCSA Mosaic

L’état de HTML correspond alors à ce que l’on pourrait appeler HTML 1.0. Il n’existe cependant aucune spécification portant ce nom, notamment parce que le langage était alors en pleine évolution. Un effort de normalisation était cependant en cours[5]. À partir de fin 1993, le terme HTML+ est utilisé pour désigner la version future de HTML[6]. Malgré l’effort de normalisation ainsi initié, et jusqu’à la fin des années 1990, HTML est principalement défini par les implémentations des navigateurs. Avec le navigateur NCSA Mosaic, HTML connaît deux inventions majeures. D’abord l’invention de l’élément IMG permet d’intégrer des images (dans un premier temps, uniquement des GIF et des XBM) aux pages web (Mosaic 0.10). Ensuite l’invention des formulaires (Mosaic 2.0pre5) rend le web interactif en permettant aux visiteurs de saisir des données dans les pages et de les envoyer au serveur web. Cette invention permet notamment de passer des commandes, donc d’utiliser le web pour faire du commerce électronique.

1994 : Apports de Netscape Navigator

Avec l’apparition de Netscape Navigator 0.9 le 13 octobre, le support de nombreux éléments de présentation est ajouté : attributs de texte, clignotement, centrage, etc. Le développement de HTML prend alors deux voies divergentes. D’une part, les développeurs de navigateurs s’attachent à maximiser l’impact visuel des pages web en réponse aux demandes des utilisateurs[7]. D’autre part, les concepteurs du web proposent d’étendre les capacités de description sémantique (logos, notes de bas de page, etc.) et les domaines d’applications (formules mathématiques, tables) de HTML. En ceci, ils suivent les principes de SGML consistant à laisser la présentation à un langage de style. En l’occurrence, les feuilles de style en cascade (CSS) sont prévues pour HTML. Seul le support des tables est rapidement intégré aux navigateurs, notamment parce qu’il permet une très nette amélioration de la présentation. Outre la multiplication des éléments de présentation, les logiciels d’alors produisant et consommant du HTML conçoivent souvent les documents comme une suite de commandes de formatage plutôt que comme un marquage représentant la structure en arbre aujourd’hui appelée Document Object Model (DOM). Le manque de structure du HTML alors mis en œuvre est parfois dénoncé comme étant de la « soupe de balises » (en anglais tag soup).

1995 - 1996 : HTML 2.0

En mars 1995, le World Wide Web Consortium (W3C) nouvellement fondé propose le résultat de ses recherches sur HTML+ : le brouillon HTML 3.0. Il comprend notamment le support des tables, des figures et des expressions mathématiques. Ce brouillon expire le 28 septembre 1995 sans donner de suites directes. Fin 1995, le RFC 1866 décrivant HTML 2.0 est finalisé. Le principal éditeur est Dan Connolly. Ce document décrit HTML tel qu’il existait avant juin 1994, donc sans les nombreuses additions de Netscape Navigator.

1997 : HTML 3.2. et 4.0

Le 14 janvier, le W3C publie la spécification HTML 3.2. Elle décrit la pratique courante observée début 1996[8], donc avec une partie des additions de Netscape Navigator et d’Internet Explorer. Ses plus importantes nouveautés sont la standardisation des tables et de nombreux éléments de présentation. HTML 3.2 précède de peu HTML 4.0 et contient des éléments en prévision du support des styles et des scripts. Le 18 décembre, le W3C publie la spécification HTML 4.0 qui standardise de nombreuses extensions supportant les styles et les scripts, les cadres (frames) et les objets (inclusion généralisée de contenu). HTML 4.0 apporte également différentes améliorations pour l’accessibilité des contenus[9] dont principalement la possibilité d’une séparation plus explicite entre structure et présentation du document, ou le support d’informations supplémentaires sur certains contenus complexes tels que les formulaires, les tableaux ou les sigles. HTML 4.0 introduit trois variantes du format, destinées à favoriser l’évolution vers un balisage plus signifiant, tout en tenant compte des limites temporaires des outils de production :

  • la variante stricte (strict) exclut des éléments et attributs dits « de présentation », destinés à être remplacés par les styles CSS, ainsi que les éléments pour inclure applet et frame qui sont remplacés par l’élément object réputé plus apte à l’interopérabilité et à l’accessibilité.
  • la variante transitoire (transitional) étend la variante stricte en reprenant les éléments et attributs dépréciés de HTML 3.2, dont les éléments de présentation sont couramment utilisés par les éditeurs HTML de l’époque.
  • la variante frameset normalise la technique des jeux de cadres composant une ressource unique à partir de plusieurs pages web assemblées par le navigateur.

Ces variantes perdurent par la suite sans modifications notables en HTML 4.01 et dans le format de transition XHTML 1.0 issu de HTML. La dernière spécification de HTML est la 4.01 datant du 24 décembre 1999. Elle n’apporte que des corrections mineures à la version 4.0.

2000 - 2006 : XHTML

Article détaillé : XHTML.

Le développement de HTML en tant qu’application du Standard Generalized Markup Language (SGML) est officiellement abandonné au profit de XHTML, application de Extensible Markup Language (XML). Cependant, en 2004, des fabricants de navigateurs web[10] créent le web Hypertext Application Technology Working Group (WHATWG) dans le but, notamment, de relancer le développement du format HTML et de répondre aux nouveaux besoins sur une base technologique jugée plus aisément implémentable que celle du XHTML 2.0 en cours de conception. Ceci s’inscrit dans le contexte d’une contestation plus générale du mode de fonctionnement du W3C, réputé trop fermé par une partie des développeurs et designers web[11].

2007 à nos jours

En mars 2007, tirant la conséquence des réticences d’une partie de l’industrie et des concepteurs de contenus web face à XHTML 2.0[12], le W3C relance le développement de HTML et crée un nouveau groupe de travail encadré par Chris Wilson (Microsoft) et initialement Dan Connolly (W3C), maintenant Michael Smith (W3C). Il s’agit notamment[13] :

  • de faire évoluer HTML pour décrire la sémantique des documents mais aussi les applications en ligne ;
  • de parvenir à un langage extensible via XML tout en maintenant une version non XML compatible avec les parseurs HTML des navigateurs actuels ;
  • et d’enrichir les interfaces utilisateurs avec des contrôles spécifiques : barres de progrès, menus, champs associés à des types de données spécifiques.

Les travaux du WHATWG ont été formellement adoptés en mai 2007 comme point de départ d’une nouvelle spécification HTML 5[14]. Ce document[15] a été publié sous forme de Working Draft le 22 janvier 2008. Parmi les principes de conception évoqués par le groupe de travail figurent en particulier[16] :

  • la compatibilité des futures implémentations HTML avec le contenu web existant, et la possibilité pour d’anciens agents utilisateurs d’exploiter les futurs contenus HTML 5 ;
  • une approche pragmatique, préférant les évolutions aux modifications radicales, et adoptant les technologies ou pratiques déjà largement partagées par les auteurs de contenus actuels ;
  • la priorité donnée, en cas de conflit d’intérêt, aux besoins des utilisateurs sur ceux des auteurs, et par suite, à ceux des auteurs sur les contraintes d’implémentation par les navigateurs ;
  • le compromis entre la richesse sémantique du langage et l’utilité pratique des solutions disponibles pour remplir l’objectif majeur d’indépendance envers le media de restitution.

Le développement de XHTML 2.0 est initialement poursuivi en parallèle, en réponse aux besoins d’autres secteurs du web, tels que les périphériques mobiles, les applications d’entreprise et les applications serveurs[17]. Puis, en juillet 2009, le W3C décide la non-reconduction du XHTML 2 Working Group à la fin 2009[18].

Description de HTML

HTML est un langage de description de document qui se présente sous la forme d’un langage de balisage dont la syntaxe vient du Standard Generalized Markup Language (SGML).

Syntaxe de HTML

Jusqu’à sa version 4.01 comprise, HTML est formellement décrit comme une application du Standard Generalized Markup Language (SGML). Cependant, les spécifications successives admettent, par différents biais, que les agents utilisateurs ne sont pas, en pratique, des analyseurs SGML conformes[19]. Les navigateurs web n’ont jamais été capables de déchiffrer l’ensemble des variations de syntaxe permises par SGML[20] ; en revanche ils sont généralement capables de rattraper automatiquement de nombreuses erreurs de syntaxe, suivant la première partie de la « loi de Postel » : « Soyez libéral dans ce que vous acceptez, et conservateur dans ce que vous envoyez » (RFC 791). De fait, les développeurs de pages web et de navigateurs web ont toujours pris beaucoup de liberté avec les règles syntaxiques de SGML. Enfin, la Document Type Definition (DTD) de HTML, soit la description technique formelle de HTML, n’a été écrite par Dan Connolly que quelques années après l’introduction de HTML[4].

Malgré les libertés prises avec la norme, la terminologie propre à SGML est utilisée : document, élément, attribut, valeur, balise, entité, validité, application, etc. Grâce à la DTD, il est possible de vérifier automatiquement la validité d’un document HTML à l’aide d’un parseur SGML[21].

À l’origine, HTML a été conçu pour baliser (ou marquer) simplement le texte, notamment pour y ajouter des hyperliens. On utilisait un minimum de balises, comme dans le document HTML suivant :

<TITLE>Exemple de HTML</TITLE>
Ceci est une phrase avec un <A HREF=cible.html>hyperlien</A>.
<P>
Ceci est un paragraphe o&ugrave; il n’y a pas d’hyperlien.

Cet exemple contient du texte, cinq balises et une référence d’entité :

  • <TITLE> est la balise ouvrante de l’élément TITLE.
  • </TITLE> est la balise fermante de l’élément TITLE.
  • Exemple de HTML est le contenu de l’élément TITLE.
  • <A HREF=cible.html> est la balise ouvrante de l’élément A, avec :
    • HREF=cible.html, l’attribut HREF dont la valeur est cible.html (les guillemets ne sont obligatoires autour de cette valeur que dans certains cas de syntaxes de cette dernière).
  • <P> est la balise ouvrante de l’élément P. Toutefois, elle est utilisée ici comme s’il s’agissait d’un séparateur de paragraphe, et c’est même ainsi qu’elle est souvent présentée dans les plus anciennes documentations de HTML. Il s’agit de la balise ouvrante du paragraphe dont le contenu est Ceci est un paragraphe o&ugrave; il n’y a pas d’hyperlien. La balise fermante de l’élément P, qui est optionnelle, est ici omise. L’élément P est implicitement terminé lorsqu’un nouveau paragraphe commence ou que l’élément parent est fermé (cas présent).
  • &ugrave; est une référence d’entité représentant le caractère « ù ».
  • Les balises peuvent être indifféremment écrites en minuscules ou majuscules. L’usage des minuscules devient plus courant car XHTML les impose.

Un document HTML valide est un document qui respecte la syntaxe SGML, n’utilise que des éléments et attributs standardisés, et respecte l’imbrication des éléments décrite par le standard. Il ne manque qu’une déclaration de type de document à l’exemple précédent pour qu’il soit un document HTML 2.0 valide [1].

Un document valide n’est cependant pas suffisant pour être conforme à la spécification HTML visée. En effet, outre l’exigence de validité, un document conforme est soumis à d’autres contraintes qui ne sont pas exprimées par la définition de type de document (DTD), mais qui le sont par la spécification elle-même. C’est notamment le cas du type de contenu de certains attributs, comme par exemple celui de l’attribut datetime : pour être conforme à HTML4.01, celui-ci doit être lui-même conforme à un sous-ensemble de la norme ISO 8601[22]. Un parseur strictement SGML tel que le validateur HTML du W3C ne peut donc déterminer la conformité d’un document HTML.

Par CHOMOLANGMA - Publié dans : INFORMATIQUE/INTERNET
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Dimanche 1 novembre 2009

L'athéisme sur les cinq continents

La conception anglo-saxonne

Richard Dawkins, militant athée médiatique aux USA


Des philosophes tels que Antony Flew [59] et Michael Martin [60] ont décrit les différences entre l'athéisme fort (positif) et l'athéisme faible (négatif). L'athéisme fort est l'affirmation explicite que les divinités sont des inventions humaines. L'athéisme faible inclut toutes les autres formes de non-théisme. D'après cette distinction, toute personne n'étant pas théiste est soit un athée faible soit un athée fort [61]. Les termes "faible" et "fort" sont relativement récent; cependant, les termes équivalents de "positif" et "négatif" ont été utilisés dans la littérature philosophique [62]. En considérant cette définition de l'athéisme, la plupart des agnostiques peuvent alors se qualifier d'athées faibles.

Tandis que l'agnosticisme peut être vu comme une forme d'athéisme faible [63], la plupart des agnostiques envisage leur point de vue comme différent de l'athéisme. L'incapacité de connaître la vérité quant à l'absence ou à la présence de dieux supposés incitent les agnostiques à un scepticisme plus poussé que les athées, ces derniers niant l'existence de dieux. La réponse habituelle des athées [64] à cet argument d'une nécessité de scepticisme est que les dogmes religieux non fondés méritent aussi peu de croyances et de reconnaissance que n'importe quel autre dogme infondé, et que l'incapacité à prouver l'existence de dieux n'implique pas un argument de même valeur pour les deux partis [65].

Certains auteurs populaires comme Richard Dawkins préfèrent distinguer théistes, agnostiques, et athées, par la probabilité accordé à la proposition "Dieu existe" [66].

Estimations du nombre d'athées

Article détaillé : Analyse statistique de l'athéisme.


Diverses estimations du nombre d'athées ont été émises :

Organismes officiels

Pourcentage d'athées : Résultat de l'enquète Eurobaromètre 2005
  • Le World fact book de la CIA estime, en 2004, le nombre de personnes sans religion à 12,03 % de la population mondiale et le nombre d'athées à 2,36 %[67]. Cependant ces résultats sont à nuancer : les chiffres de la CIA sont souvent éloignés de la réalité (le nombre de catholiques en France est estimé à 88% par la CIA mais plusieurs sondages indiquent des chiffres autour de 60%)[68]
  • Dans une enquête de l'Eurobaromètre en juin 2005, 52 % des Européens affirment croire en un dieu, et 18 % disent qu'ils ne croient en aucune forme de divinité, d'esprit ou de force supérieure (le plus fort taux étant atteint en France, avec 33% d'athées). Les personnes indiquant qu'ils croient en un dieu sont minoritaires dans 15 pays de l'Europe des 25. En outre il existerait corrélation entre la croyance en un dieu et l'âge, une corrélation inverse avec le niveau d'éducation et les femmes auraient plus tendance à croire en un dieu que les hommes (p. 10)[69].

Ouvrages de référence

  • La World Christian Encyclopedia annonce 1 071 millions d'agnostiques et 262 millions d'athées dans le monde en 2000. [70]
  • Selon l'ouvrage de Jean Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, 1994, page 259 : au moment de la publication de l'ouvrage, 1/4 de la population de l'Union européenne était « non religieuse ». 5 % des Européens étaient athées convaincus.

Enquêtes d'opinions et sondages

International

Pourcentage des athées et agnostiques dans le monde en 2007[71]
  • Une enquête menée dans 21 pays sur 21 000 personnes et publiée en décembre 2004 annonce que 25 % des Européens de l'Ouest se disent athées contre 12 % dans les pays d'Europe centrale et orientale. Toujours selon cette enquête publiée dans The Wall Street Journal (version européenne), 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49 % des Tchèques et 41 % des Néerlandais se déclarent athées. [réf. nécessaire]

L'athéisme a tendance à progresser aux États-Unis[72] : d'après un sondage Pew Forum d'août 2007, 8% des Américains sont athées, soit 24 millions de personnes. Il indique aussi que les Américains agnostiques, doutant de l'existence de Dieu, constituent 21% de la population, soit 63 millions de personnes[73]. Selon une enquête d'avril 2009 de l’American Religious Identification Survey, le nombre d'Américains sans religion s'établirait à 15 %[72]. Les athées américains s'organisent en associations parmi lesquelles la Coalition laïque pour l'Amérique est la plus puissante. Dans les universités, l’Alliance des étudiants laïques possède quelque 146 bureaux sur les campus du pays[72].

  • La dernière enquête en date au Canada a eu lieu entre le 22 et le 26 mai 2008, et a été réalisée sur un échantillon de 1 000 personnes par La Presse canadienne-Harris Décima. Elle indique que 23 % des Canadiens sont athées. Le pourcentage d'agnostiques s'élève à 6 %[74]. Un précédent sondage de 2001 comptait 16,5 % d'athées dans la population[75].

En France

  • Selon un sondage de l'institut de sondage CSA sur les croyances des Français réalisé en mars 2003, 26 % des personnes interrogées se déclarent « sans religion », et 33 % des personnes estiment que le terme « athée » les définit « très bien » ou « assez bien »[76].
  • Dans un sondage IFOP du 12 avril 2004[77], 55 % des Français annonçaient croire en un dieu, 44 % affirmaient ne croire en aucun dieu et 1 % ne se prononcaient pas.
  • Un sondage de l'institut Harris Interactive[78], publié par le Financial Times, daté de décembre 2006, dénombre 32 % d'athées et 32 % d'agnostiques en France (sondage réalisé sur les États-Unis, l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni)[79].

Annexes

Défenseurs célèbres de l'athéisme

Antiquité

Moyen Âge

Renaissance

XVIIe siècle

XVIIIe siècle, siècle des Lumières

XIXe siècle

XXe siècle

Contemporains

Organisations explicitement athées aujourd'hui

 

Par CHOMOLANGMA - Publié dans : SOCIOLOGIE
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Dimanche 1 novembre 2009

Athéisme entre le XVIIe et le XIXe siècle

Paul Henri Thiry d'Holbach, dit le baron d'Holbach, penseur athée


La Renaissance et la Réforme permettent d'assister à une résurgence de la ferveur religieuse, comme en témoigne la prolifération de nouveaux ordres religieux, confréries, les dévotions populaires dans le monde catholique, et l'apparition de sectes protestantes calvinistes. Cette époque de rivalité interconfessionnelle permit un élargissement des sujets théologiques et l'ouverture aux raisonnements philosophiques, dont la majeure partie sera plus tard utilisée pour promouvoir une vision sceptique du monde religieux.

La critique du christianisme est devenue de plus en plus fréquente au cours des XVIIe siècle et XVIIIe siècle siècles, en particulier en France et en Angleterre, avec un « malaise religieux », selon les sources, tels que certains penseurs protestants comme Thomas Hobbes. Ce dernier adopte une philosophie matérialiste et sceptique envers les évènements surnaturels. À la fin du XVIIe siècle, le déisme est ouvertement adopté par les intellectuels, tels que John Toland, et pratiquement tous les philosophes du XVIIIe siècle, en France et en Angleterre.

Portrait de Jean Meslier


Le premier athée connu ayant ouvertement rejeté le déisme de couverture, pour nier l'existence des dieux, était Jean Meslier, un abbé français qui a vécu au début du XVIIIe siècle siècle[43]. Il a été suivi par d'autres penseurs ouvertement athées, comme le baron d'Holbach, qui se manifeste à la fin du XVIIIe siècle, au moment où exprimer l'incrédulité en Dieu est devenu une position moins dangereuse[44]

La Révolution française fit sortir l'athéisme des cercles intellectuels et le fit entrer dans la sphère publique. Beaucoup de mesures séculaires ont alors intégré la législation française à cette époque. Certains révolutionnaires de l'époque ont aussi tenté de déchristianiser la France, en promouvant à la fois le déisme (notamment Robespierre et son Culte de l'Être suprême) et l'athéisme (Culte de la raison).

Sous l'ère napoléonienne, la sécularisation de la société française a été institutionnalisée.

Enfin, dans la seconde moitié du XIXe siècle siècle, l'athéisme prend de l'ampleur sous l'influence de philosophes, à la fois philosophes rationalistes et libres penseurs. Beaucoup de philosophes allemands de cette période ont convaincu de l'absence de dieux et étaient critiques envers la religion ; on citera parmi les plus célèbres Arthur Schopenhauer, Karl Marx ou encore Friedrich Nietzsche[45].

Athéisme au XXe siècle

Bertrand Russell, mathématicien et philosophe du XXe siècle


L'athéisme au XXe siècle siècle progresse dans de nombreuses sociétés[46]. La pensée athée est reconnue dans une large variété de philosophies, telles que l'existentialisme, l'objectivisme, l'humanisme laïque, le nihilisme, le positivisme logique, le marxisme, le féminisme[47], et le mouvement scientifique et rationaliste au sens large.

Cette nouvelle vision a ouvert la voie à la philosophie analytique, au structuralisme, et au naturalisme. Leurs promoteurs, tels Bertrand Russell, ont dénoncé avec force les méfaits et les illusions issus de la croyance en Dieu.

Dans ses premiers travaux, Ludwig Wittgenstein a tenté de séparer métaphysique et langage surnaturel dans le discours rationnel. AJ Ayer a affirmé l'invérifiabilité et la futilité des arguments religieux, et revendique son adhésion aux sciences empiriques.

JN Findlay et JJC Smart ont fait valoir que l'existence de Dieu n'est pas logiquement nécessaire[48].

Matérialistes et naturalistes, tels John Dewey, ont examiné le monde naturel, selon eux à la base de tout, et ont nié l'existence de Dieu ou le concept d'immortalité[49].

Le XXe siècle siècle a également été marqué par la reprise de l'athéisme à des fins politiques. Sous l'impulsion de l'interprétation des œuvres de Marx et Engels certains mouvements politiques ont même versé dans l'antithéisme. Après la révolution russe de 1917, les libertés pour les minorités religieuses ont survécu pendant quelques années,[réf. nécessaire] puis, le stalinisme a dirigé sa politique répressive à l'encontre des religions. L'Union soviétique et les autres états communistes ont à partir de là promu un antithéisme d'État et se sont opposés aux religions, recourant parfois à la violence contre elles selon Soljenitsyne[50]. En 1967, le dictateur albanais Enver Hoxha, alors au gouvernement, annonça la fermeture de toutes les institutions religieuses dans le pays, déclarant l'Albanie « premier État officiellement athée »[51]. Des réactions anticommunistes se sont ensuivies aux États-Unis d'Amérique, bien que la plupart des athées américains soient anticommunistes[52].

En 1966, le magazine Time demandait « Dieu est-il mort? »[53] en réponse à la dissolution d'un mouvement religieux chrétien, citant l'estimation que près de la moitié des habitants de la Terre vivent sous un pouvoir détaché du religieux, et des millions d'autres en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud ne sont pas intéressés par le Dieu chrétien[54].

Athéisme au XXIe siècle

Depuis la chute du mur de Berlin, le nombre de mouvements actifs antireligieux a considérablement diminué.

La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle ont vu la reprise d'un athéisme théorique par certains philosophes (voir André Comte-Sponville ou Michel Onfray).

Athéisme et religions

Athéisme et monothéismes

Athéisme et christianisme

Denis Diderot remet en cause les dogmes du christianisme


À l'époque où le christianisme dominait la vie sociale (spirituelle, politique, intellectuelle, scientifique, etc.) d'une grande partie de l'Europe, l'athéisme était généralement considéré comme le rejet de cette religion en particulier.

Bien que cela ait été le cas de certains athées humanistes (en opposition notamment aux croisades et à l'Inquisition), l'antichristianisme ne représente qu'une petite frange des athées.

Il faut signaler aussi l'importance de l'antichristianisme des Lumières qui ne fut pas toujours athée, comme chez Voltaire [55], et qui se trouvait mêlé à divers mouvements (y compris athées) de lutte contre les dogmes de toutes religions.

Athées et démarche de débaptisation dans le catholicisme [modifier]

La débaptisation n’est nullement nécessaire aux athées puisque ces derniers n'attachent pas d’importance au baptême.

Son seul objectif est, pour la personne athée, purement symbolique, et exprime le désir de ne plus se voir recensée parmi les fidèles de l’Église catholique, et marquer ainsi son détachement officiel à cette dernière.

En Allemagne, Autriche et Suisse, ou l'État prélève un impôt religieux reversé à certaines Églises, il existe une procédure légale de sortie de l'Église (Kirchenaustritt) obligatoire pour quiconque, ayant été baptisé ou ayant autrement déclaré son appartenance à une Église, souhaite être libéré de l'impôt religieux.

Athéisme et islam

Politique et islam

Dans la plupart des pays à majorité musulmane, l'islam est intégré au tissu même de l'État et de la société. En revanche certains d'entre eux, comme la Turquie, revendiquent une laïcité forte qui provoque des polémiques nombreuses à chaque fois qu'elle est remise en cause. Cependant dans ce dernier cas la laïcité consiste en une séparation des institutions politiques et religieuses et n'a souvent rien à voir avec l'athéisme, très peu de Turcs se déclarant athées[56].

Athéisme et religion musulmane

Le Coran condamne les « mécréants » ainsi que les « faux croyants », nommés les « hypocrites », mais pas spécifiquement les athées. De même, les hadiths n'aborde pas leur cas. Sur un plan religieux, les athées sont menacés de finir à la Géhenne, c'est-à-dire l'enfer.

Les lectures de l'athéisme en islam sont multiples et complexes et dépendent de l'interprétation faite du Coran. Dans les exégèses classiques, l'athée est considéré comme une personne dans l'erreur la plus profonde, personne qui sortirait de son erreur en respectant les cinq piliers de l'islam. Cette approche est mise en doute par certains courants musulmans en particulier dans le soufisme, au travers des écrits de juristes islamiques soufis comme al-Ghazali. Ce dernier indique en effet qu'il est inutile de faire semblant de croire et de prier si l'on ne croit pas vraiment.

Le statut juridique de la dhimma, permettant à certains non-musulmans d'éviter les persécutions musulmanes, n'est pas accordé aux athées mais seulement aux « gens du livre ».

Religions orientales

Pour une personne éloignée géographiquement et culturellement de l’Extrême-Orient et du sous-continent indien, la figure de la divinité n’apparaît pas dans les religions de ces régions (bouddhisme, jaïnisme, taoïsme, védanta, etc.) de façon claire et homogène. Certains proposent d’y voir plutôt des philosophies, et les qualifient (le bouddhisme en particulier) d’athées [57].

Les divinités jouent un rôle important dans le taoïsme religieux depuis ses origines. Par contre, le bouddhisme hinayana et le jaïnisme, s'ils admettent l'existence des êtres surnaturels supérieurs aux humains que sont les deva du brahmanisme, ne leur accordent aucun rôle dans le salut. Les bouddhismes mahayanas et vajrayanas accordent, eux, une place importante à des entités surnaturelles (bodhisattvas et bouddhas « transcendants »), en général appelées « déités ». Dans la philosophie mahayana, les différentes déités sont des manifestations de la même nature, qui est aussi celle du pratiquant. La définition de ces systèmes comme athées n’est donc qu’un point de vue possible, qui suppose une certaine analyse philosophique de la part du pratiquant ou de l’observateur.

Du point de vue de la pratique, ces philosophies prennent un caractère religieux notamment avec l'existence d'une hiérarchie pyramidale et l'institutionnalisation du statut de « personne éveillée ». Cela rend la qualification de « religion athée » délicate. Cependant il y a davantage dans ces religions l'affirmation d'un Absolu impersonnel (Tao, nirvāna, brahman...) à la fois transcendant et immanent, que d'un dieu créateur transcendant à la façon théiste, affirmation que ces philosophies considèrent comme un anthropomorphisme.

Athéisme et les sectes

La position de l'athéisme envers les sectes est variable, certaines d'entre elles revendiquant une appartenance et une philosophie non théiste. Cependant, en tant que mouvements spirituels, les sectes sont le plus souvent combattues par les athées rationalistes et les libres-penseurs.

Dans son acception classique, la définition de l'athéisme ne peut exclure l'appartenance à une secte, si cette dernière n'est pas basée sur une croyance en une ou plusieurs divinités.

Mouvement raëlien

Dans sa démarche sectaire opposée aux religions dites classiques, Claude Vorilhon (alias Raël) se pose en « plus grand défenseur de l'athéisme », position refusée par la plupart des athées.

Selon Vorilhon, les Élohims, des extraterrestres, auraient créé la vie sur Terre, et non pas des divinités. Les organisations athées mettent l'accent sur le fait que les Élohims sont vénérés par les raëliens comme des divinités, niant, de facto, un éventuel athéisme. De plus cette croyance en des êtres supérieurs, fondée sur aucune base est en contradiction totale avec l'athéisme qui prône un raisonnement scientifique.

De plus, le mouvement raëlien prône le design intelligent, qui est assimilé au créationnisme, niant de facto tout athéisme.

Scientologie

N'étant pas théiste, la scientologie se revendique comme une religion athée, bien que ces deux notions semblent, a priori, antinomiques. Dans ses textes « sacrés » cette secte prétend que les religions classiques ne seraient que le résultat de l'implantation de ces croyances par des puissances extérieures. Mais la croyance en l'existence des « thétans de corps », en une histoire alternative de l'Univers, en certains personnages tels que Xenu et la mise en avant d'un Être suprême qui régirait l'Univers tout entier (ce que la scientologie appelle "la huitième dynamique") contredisent l'athéisme.

Athéisme et politique

Athée ne signifie pas antithéiste

La plupart des athées acceptent la coexistence avec les croyants des différentes religions :

  • soit par respect : idée que les messages attribués à Dieu ou aux dieux synthétisent une réalité anthropologique et sociale, et que même si la cause attribuée, la divinité est absente et fausse, l'effet n'en demeure pas moins réel et par conséquent les valeurs prônées par les religions sont dignes d'intérêt (par exemple, les interdits religieux peuvent trouver leur cause dans des problèmes sanitaires antérieurs et le message chrétien a été conservé par les sociétés occidentales).
  • soit par tolérance : dans un souci de réciprocité afin que sa propre non-croyance soit tolérée ou avec l'idée que les religions disparaîtront d'elles-même sans qu'aucune confrontation ne soit nécessaire.
  • soit par pragmatisme : la religion pourrait être considérée comme un outil social permettant de maintenir l'unité nationale, l'identité nationale, etc. C'est le cas de Charles Maurras[58], de Napoléon dans sa mise en œuvre du Concordat de 1802.

Athéisme et régimes d'inspiration marxiste

À l'inverse, l'athéisme fut instauré comme doctrine d'État officielle au XXe siècle notamment dans l'Albanie d'Enver Hoxha, où l'exercice de toute religion était réprimé et où tout symbole religieux était proscrit. Les monuments religieux ont été soit détruits soit volontairement transformés.

En URSS

L'Union soviétique et ses états satellites ont également fait de l'antithéisme l'un des fondements de leur idéologie. Avec plus ou moins de vigueur, ils persécutèrent les croyants (brimades, surveillance, réclusion, mises à l'écart, etc.) confinant ainsi à la semi-clandestinité le clergé. Certaines ligues souvent très virulentes (beaucoup furent même dissoutes) militaient pour antithéisme. L'« athéisme scientifique » faisait partie des matières obligatoires à l'université. Toutes ces pratiques varièrent en intensité tout au long de l'existence de l'Union soviétique. De 1917 à 1924, le régime eut une politique conciliante envers la pratique privée, alors qu'il démantelait les biens de l'Église orthodoxe russe. Les dirigeants étaient partagés entre la volonté d'enlever « le bandeau qui masquait la vérité au peuple » et la peur de s'aliéner les masses.

Athéisme et stalinisme

L'accession au pouvoir de Staline mit fin à cette tolérance relative. Jusqu'en 1932, le régime mena une politique répressive, marquée par de multiples destructions d'édifices religieux et des persécutions contre les membres du clergé et leur entourage. Les années trente virent un lent regain de l'organisation religieuse, ralenti par un court regain de répression pendant les Grandes Purges (1937-1938). Le changement de politique fut complet lors de la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), qui inaugura une période de détente idéologique. Un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite, abolie depuis 1925, rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions Spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas. Après-guerre, la politique de promotion de l'athéisme reprit, mais surtout, elle se combina à un durcissement des Églises officielles (les uniates d'Ukraine furent les premiers à en pâtir). Cette divergence entraîna la création d'une hiérarchie officieuse, les « églises souterraines » et « l'islam parallèle » composé des religieux de confréries soufies.

Après Staline

En dépit de l'affirmation constante de son athéisme, l'URSS ne cessa d'emprunter à la liturgie orthodoxe. Staline inaugura cette pratique en confiant les funérailles de Lénine (1924) aux bons soins de Krasine, de la secte des « Constructeurs de Dieu ». L'embaumement du défunt avait une forte résonance orthodoxe : il faisait directement référence à l'imputrescibilité du corps du saint.

Les pratiques parallèles comme les cultes officiels furent la cible de Khrouchtchev à compter de 1959, qui se positionnait ainsi en rétablisseur de la tradition léniniste face aux errances staliniennes. L'ère Brejnev fut une accalmie : un compromis fut trouvé qui reposait sur le rôle des religieux à l'extérieur, notamment dans les relations avec les pays arabes. En revanche, Gorbatchev relança une politique répressive sur des bases idéologiques similaires à celles de Khrouchtchev.

Après la chute du bloc de l’Est et de l'URSS, les cultes orthodoxe (Russie, Ukraine), catholique (Pologne), et musulman (Asie centrale, Caucase et Tatarstan) reprirent de la vigueur. L'expression de la religiosité s'accrut et des personnes nées dans des familles athées se convertirent.

Certains des régimes politiques issus de la chute du bloc de l'est continuent cependant la politique religieuse mise en place par l'URSS, ou du moins, à l'instar de l'Ouzbékistan, en ont conservé les méthodes.

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Dimanche 1 novembre 2009



L’athéisme est une attitude[1] ou une doctrine[2] qui ne conçoit pas l’existence ou affirme l’inexistence de quelque dieu, divinité ou entité surnaturelle que ce soit, contrairement, par exemple, au déisme, au théisme et au panthéisme qui soutiennent ces existences, ou à l’agnosticisme qui considère qu’on ne peut répondre à ces questions.

Étymologie

Usages anciens

αθεοι (« atheoi ») dans la lettre aux Éphésiens (2,12) attribuée à Paul de Tarse - Papyrus 46 du début du IIIe siècle[3]


Dans la Grèce antique, l’adjectif atheos (en grec : ἄθεος, composé du ἀ- privatif + θεός dieu) signifie « sans-dieu ». Le préfixe « a » indique une absence de dieu revendiquée en Grèce dès le Ve siècle av. J.-C. et prend le sens de « rompre la relation avec les dieux » ou « nier les dieux » à la place de l’ancien sens asebēs (en grec : ἀσεβής ), « impie ». En effet, les religions antiques, païennes ou polythéistes, consistent à reconnaître les divinités et à manifester publiquement la révérence qu'on leur accorde en participant, par les rituels prescrits, et non à croire ou adhérer à un corps de savoir orthodoxes. Les épisodes de persécutions dont les chrétiens furent victimes dans l'histoire de l'Empire romain furent essentiellement motivés par le refus de ceux-ci de participer aux cultes publics, et non pour leurs croyances.

Pour les Anciens Grecs, les systèmes historiques ou cosmologiques des philosophes, qu'il s'agisse des pythagoriciens ou d'Aristote, pouvaient être en complète contradiction avec le système d'histoire et d'explication de la mythologie et de la généalogie des dieux, sans que cela pose un problème, dès lors que l'on continuait à rendre aux divinités le culte prescrit par la religion. Avec le développement du christianisme, l'attentat le plus grave aux Dieux cesse d'être le défaut du culte qui leur est rendu, pour devenir celui de l'adhésion par la croyance à un corps de doctrine, « hérésie ». Cette différence ne résulte pas seulement du judaïsme qui a toujours puni aussi sévèrement l'hérésie que le sacrilège, mais aussi d'une nouvelle conception qui, dans le christianisme, fait prévaloir contre les pharisiens l'esprit sur la lettre, le fond de la croyance sur les formes extérieures du culte.

Les traductions modernes des textes antiques qui transcrivent « atheos » en « athée » ne rendent pas compte de cette différence fondamentale d'exigence entre les religions antiques et les religions monothéistes, entre « piété » et « orthodoxie ».

Le terme est fréquemment utilisé au cours du débat entre les premiers chrétiens et les païens, chaque camp accusant l'autre d'être « atheos » dans le seul sens péjoratif qui existait à l'époque[4], qui n'est pas celui d'incroyance ou d'hérétique, mais d'impiété ou de vanité.

Il existait aussi en grec le terme ἀθεότης (atheotēs), « athéisme » que Cicéron transcrivitit par le mot latin, atheos.

En français

Le mot athéisme apparaît au XVIe siècle. La première mention en français en est faite dans le texte de François de Billon, Le Fort inexpugnable de l’honneur du sexe féminin, en 1555. Il désigne alors l’incroyance d'un peuple.

Il dérive du mot athée et du suffixe -isme et qualifie donc « la doctrine de l'athée ».

Le mot athée (dans sa version française) remonte également au XVIe siècle (première mention : François Rabelais dans Lettre à Érasme décembre 1532). Le mot est composé du préfixe « a » privatif qui signifie sans et du radical grec théos signifiant dieu et vient de l'acception chez Platon de l'adjectif grec atheos [Αθεος (1re déclinaison)] « qui ne croit pas aux dieux » (les dieux grecs) qui sera repris en latin chrétien par atheos « qui ne croit pas en Dieu » (le dieu biblique)[5].

Avant d’acquérir son sens actuel, le mot « athée » a eu nombre d’usages différents, qui ne sont plus usités :

  • Selon Émile Littré, « les Grecs distinguaient les prénoms athées (par exemple Platon) et les prénoms théophores (par exemple Dionysos) ». Un prénom « athée » est donc simplement un prénom « laïc », qui ne se réfère pas à la religion.
  • En 167 après J.-C., à Smyrne, un chrétien nommé Polycarpe, refusant de rendre hommage à l’empereur alors divinisé, se vit proposer le choix entre le bûcher ou crier publiquement « Mort aux athées ». Polycarpe s'exécuta, mais en indiquant clairement que c’étaient ses accusateurs qu’il désignait ainsi.
  • Autrefois, en Europe, les Églises appelaient athées ceux qui ne respectaient pas ou que partiellement ses dogmes, doctrines, et autres enseignements. Le terme est alors évidemment péjoratif, connotation qu’il a officiellement perdue depuis, bien qu'on observe [Qui ?] une résurgence de l’antiathéisme[6] chez certains courants religieux[7] avec le renouveau du fondamentalisme[8]

Définitions

Image symbolisant l'athéisme au cœur des sciences


L’athéisme, dans sa variété matérialiste, consiste habituellement à ne pas croire, à ignorer et à ne pas considérer les propos et les écrits faisant état de phénomènes surnaturels et donc par extension, à ne pas reconnaître l’existence de quelque divinité que ce soit. L'opinion athée se revendique comme fondée sur le rationnel. Il existe néanmoins diverses formes d’athéisme en fonction des fondements et de la culture de chaque individu.

Dans les pays de langue française, il convient en outre de distinguer l'athéisme de l’agnosticisme et de l’anticléricalisme. Caroline Fourest pense cependant que les athées francophones estiment fréquemment, pour des raisons historiques, que l'anticléricalisme est nécessaire et, dans ce cas, ils se déclarent laïques, c'est-à-dire, dans cette acception, militants de la laïcité[9].

Pour cette dernière raison, les auteurs ont des difficultés à définir de la meilleure façon possible l'athéisme et à le classer, puisqu'il peut à la fois signifier une simple absence de croyances et un rejet réel et conscient des religions[10]. Plusieurs catégories ont été proposées pour tenter de distinguer ces différentes formes d'athéisme, la plupart le définissant comme « absence de croyances en une ou plusieurs divinités » permettant ainsi de couvrir la variété de ce non-théisme[11].

De plus, la diversité des définitions possibles de la divinité engendre des ambiguïtés dans le champ de la notion d'athéisme : une croyance sera compatible ou non avec l'athéisme selon que son objet sera ou pas considéré comme une divinité. Les phénomènes rejetés par les athées pourront aller de la figure de Dieu personnifié, comme celui de la religion chrétienne, à l'existence de toute réalité spirituelle, surnaturelle ou transcendantale.

Fondements de l’athéisme

L'athéisme est une position philosophique qui admet des fondements divers selon les auteurs (et partant, selon ceux qui les suivent).

L'athéisme scientifique

Laplace, symbole de l'athéisme scientifique


Les progrès de la science depuis l'époque des Lumières permettent d'expliquer le monde de manière de plus en plus satisfaisante sans recours à aucun dieu, comme le montre l'échange célèbre :

Napoléon : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu ?
Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse. [12]

On en connaît moins la suite : d'autres savants ayant déploré que Laplace fasse l'économie d'une hypothèse qui avait selon eux « le mérite d'expliquer tout », Laplace répondit cette fois-ci à l'empereur :

Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions (cité par Ian Stewart et Jack Cohen).

À l'époque où les connaissances scientifiques (plus particulièrement celles concernant les sciences de l'univers) en étaient encore à leurs balbutiements, le principe d'économie penchait plutôt en faveur du religieux qui apportait des réponses simples à comprendre aux questions complexes de l'humanité, ce qui justifiait le recours à l'hypothèse Dieu dans des raisonnements rationnels[réf. nécessaire]. C'était le principe même du rasoir d'Occam.

L'observation d'Aristote était la règle : un monde sublunaire peu prévisible régi par des mouvements unidirectionnels (chute des corps pesants, montée de la vapeur d'eau), et un monde céleste, au-delà de la sphère lunaire, parfaitement compréhensible et formé de cycles éternels : la complexité était simplement renvoyée dans « l'autre monde », le monde divin.

Inversement, depuis quelques siècles, les progrès dans les sciences ont donné de nombreux éléments permettant d'éviter le recours à l'intervention divine dans la démarche de compréhension du monde, notamment par la réfutation des thèses créationnistes lors de la découverte du Big Bang et de son explication[13].

On nomme « athéisme scientifique » la démarche en inférant que le rôle de la croyance religieuse dans l'explication du monde est caduc. L'argument voltairien (qui devient alors : qu'est-ce qui explique que la physique obéisse à telles règles plutôt qu'à d'autres ?) est renvoyé à un stade ultérieur d'accomplissement de la science, ou bien comme inconnaissable fondamental. L'astrophysicien Stephen Hawking estime que connaître la provenance de ces lois sera « comme connaître la pensée de Dieu ».

L'athéisme philosophique

À quelques nuances près, la réflexion philosophique occidentale tend en général à naturaliser le divin, à le ramener dans le monde, comme chez Spinoza. Elle prépare ainsi la voie à un athéisme fondé sur une doctrine philosophique, l'athéisme philosophique.

Il trouve son origine chez le philosophe grec Démocrite, et s'appuie sur des arguments variés, du domaine du relativisme, du rationalisme, du nihilisme, et même de la morale. L'athéisme refuse de postuler l'existence d'entités dont l'existence n'est ni prouvée ni observable, et souligne également l'immoralité éventuelle de cette existence (La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas, Stendhal). Il n'y a pas d'arguments valables pour soutenir la croyance en l'existence d'un dieu quelconque, qu'il soit conçu par l'homme (anthropomorphique) ou qu'il soit une abstraction métaphysique.

À partir des Lumières, qui s'inspirent de l'antiquité gréco-romaine, et jusqu’à aujourd'hui, plusieurs philosophes parvinrent à disserter avec liberté sur l'hypothèse de l'existence de Dieu ou des dieux, soit pour la remettre entièrement en cause, soit pour la reformuler. L'œuvre de Spinoza constitue l'une des critiques les plus remarquables du phénomène religieux[14].

L'affaire Galilée est sans doute l'une des sources, si ce n'est la principale, de l'athéisme philosophique du XVIIe siècle et des siècles suivants, car elle remit en cause les fondements et la classification des connaissances posés par la scolastique au XIIIe siècle (voir Descartes et les principes de la philosophie, 1644).

Dans le Drame de l'humanisme athée (1944, réédité en 1998), Henri de Lubac identifie quatre philosophes qui, selon lui, ont nié le plus radicalement l'existence de Dieu au cours du XIXe siècle :

L'athéisme philosophique peut aller d'une critique radicale de la religion jusqu’à une attitude de recherche ou d'interrogation constructive sur l'existence de Dieu, ce qui fait partie de la légitime spéculation philosophique. Ce peut être aussi de la simple indifférence ou du nihilisme.

En Europe, l'athéisme philosophique est la première forme d'athéisme qui fut tolérée par les autorités catholiques et la première reconnue par les intellectuels comme un « athéisme positif ». Le Dictionnaire de l'Académie française (8e (1932) et 9e éditions) définit d'ailleurs seulement l'athéisme comme une « doctrine philosophique qui nie l'existence de Dieu ».

L'athéisme spirituel

Le spiritualisme et l'athéisme ne sont pas forcément opposés. En effet, les systèmes athées peuvent ne mettre en cause que le caractère transcendant du spirituel, et le conserver sous d'autres formes immanentes. On peut citer par exemple la vision darwiniste d'intelligence planificatrice du marché.

L'athéisme n'empêche pas la croyance en d'autres formes de pensée abstraite ou d'émotions mystiques[16] . Ainsi, des religions dont les dogmes[17] ne font pas intervenir la notion de divinité peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées, tel le bouddhisme. Il existe également des personnalités, tels que le théologien John Shelby Spong, qui se définissent à la fois comme chrétiens et comme athées.

Histoire de l'athéisme

Article détaillé : Histoire de l'athéisme.

Selon Michel Onfray, philosophe et fondateur de l'université populaire de Caen, « Il n'y a pas d'athéisme au sens contemporain du terme avant le XVIIIe siècle »[18]. Plus avant dans sa conférence d'introduction, il expose que les philosophes antiques que nous nommons aujourd'hui « athées » présentent en fait plusieurs variantes de scepticisme[19]. Pourtant, la trace écrite connue la plus ancienne qui nous prouve que l'athéisme est au moins aussi ancien que le judaïsme se trouve dans la bible (ancien testament, psaume 14'). L'athéisme, sous toutes ses formes, est au moins aussi vieux que la croyance.

Introduction

L'anthropologie, l'ethnographie et plus généralement toutes les sciences de l'Homme exposent, à la plupart des époques connues, l'association systématique de concepts religieux extrêmement variés dans la naissance de toutes les sociétés examinées; le principe religieux et le principe politique ne font alors qu'un[20].

À l'inverse, l'athéisme, qui suppose d'abord une critique, puis éventuellement un rejet de ces concepts religieux émerge au fil des siècles dès que ce système religieux ne rend plus compte de la société qui l'a secrété. Pour l'Occident, c'est au XVIIIe siècle[21]

La régression de l'adhésion religieuse n'est pas uniquement liée au progrès scientifique, elle s'est construite sur le rejet des abus des religions, tels ceux de la papauté pendant la Renaissance (fastes du pape, plusieurs morts de maladie vénérienne, vente d'indulgences…) qui ont conduit à sa remise en cause.[réf. nécessaire] Ces faits donnèrent naissance au protestantisme, mais aussi à des versions de plus en plus dissidentes ou critiques de la doctrine chrétienne dominante[22](panthéisme, agnosticisme, déisme). De plus, tous ces mouvements protestataires ont été poursuivis, parfois très violemment (Inquisition), au mépris des valeurs de tolérance, pourtant prônées par ces mouvements religieux dominants.

Les guerres de religion entre catholiques et protestants ont motivé de nombreux intellectuels, à la suite de Pierre Bayle, contre la prédominance de la religion dans les affaires humaines, et pour la tolérance religieuse, dont bénéficièrent aussi les athées.

Athéisme en Grèce Antique

Socrate est accusé d'impiété.


Dans les sociétés antiques, ce ne sont pas les croyances qui sont imposées, mais l'observation des cultes publics. On doit révérer les dieux par des rites très précis, des fêtes et des offrandes, mais pas professer une doctrine sur leur existence ou leur rôle. Les théories rationnelles des philosophes, et leurs métaphysiques, ne sont jamais mises en regard des invraisemblances de la mythologie pour montrer des contradictions. Ces sociétés ne condamnent pas des hérétiques, promoteurs d'une conception hétérodoxe du monde et de son histoire, mais des impies ou des sacrilèges.

Il n'est donc pas question d'athéisme dans ces sociétés. Et les philosophes que l'on considère comme athées croyaient probablement aux divinités de leur cités, ainsi qu'aux légendes et aux pouvoirs qu'on leur accordait. Il n'existe pas de texte connu cherchant à démontrer l'inexistence de Zeus ou d'Athèna, ni l'invraisemblance de leur histoire qui était plus considérée comme un corpus inépuisable et bénéfique de métaphores et de sagesses, que comme une vérité dogmatique, au sens que lui donnera le Judaïsme, puis le Christianisme.

Le philosophe, poète et homme politique grec Critias justifie la religion par le rôle qu'elle joue, il convient qu'elle est une institution historique, utilisée pour inspirer la vertu aux peuples, afin d'établir la civilisation[23].

Le philosophe Diagoras qui, quatre siècles avant J.-C., critiquait de façon sévère la religion et le mysticisme, est souvent envisagé comme le « premier » athée[24].

Les atomistes tels que Démocrite ont tenté d'expliquer le monde de façon strictement matérialiste, sans référence au spirituel ou au mystique : si le monde est constitué d'atomes, ceux-ci se combinent au hasard, donnant parfois des formes stables, voire se reproduisant, mais aucune intervention de Dieu[25] Cette position irrite Platon qui ne fait aucune place aux idées de Démocrite dans ses écrits - pas même pour les réfuter - ni n'y mentionne son nom.

D'autres philosophes, avant Socrate, avaient aussi des points de vue sceptiques, comme Prodicus et Protagoras. Au troisième siècle avant J.-C., les philosophes grecs Theodore[26] et Straton de Lampsacus[27] ne croyaient pas non plus aux dieux, ce qui n'est pas équivalent à dire qu'ils ne connaissaient ou n'éprouvaient aucune transcendance[28].

Socrate (-471 à -399) était accusé d'être athée à cause de son impiété parce qu'il posait des questions sur la nature et l'existence des dieux[29]. Bien qu'il ait nié son accusation d'« athée complet »[30], il fut condamné à mort.

Euhemere (-330 à -260) présenta l'idée selon laquelle les dieux n'étaient que des dirigeants et des conquérants du passé, et que leurs cultes et les religions n'étaient que la continuation de royaumes anéantis et de structures politiques d'un autre temps[31]. Euhemere fut ensuite critiqué pour avoir « répandu l'athéisme sur l'ensemble des terres en désignant les dieux comme de vieux concepts ».[32]

Épicure (-341 à –270) critiquait beaucoup des doctrines religieuses de son temps, et notamment le concept d'existence d'une vie après la mort ou de l'existence physique des déités ; il considérait l'esprit entièrement matériel et mortel.

Si les épicuriens ne remettent pas en cause l'existence des dieux, ils nient toute intervention de leur part dans les affaires humaines[33]. Dans la Lettre à Ménécée, Épicure énonce quatre principes à suivre pour mener une vie bienheureuse. Le premier de ces principes est de ne pas craindre les dieux, puisque ceux-ci ne se préoccupent pas de nous.

D'autres encore nient ouvertement l'existence des dieux, tel Théodore l'Athée dont on dit qu'il avait démontré dans ses écrits l'inexistence des dieux. (vers - 320 av. JC).

Le poète romain Lucrèce (-99 à –55) indiqua que, s'il y avait des dieux, ces derniers n'étaient pas préoccupés par l'humanité et incapables d'influer sur le monde naturel. Pour cette raison, il pensait que l'humanité n'avait aucune crainte à avoir du surnaturel. Il exposa ses vues épicuriennes du cosmos, des atomes, de l'esprit, de la mortalité, et de la religion dans l'ouvrage De rerum natura (De l'Essence des Choses)[34], ce qui rendit populaire la philosophie épicurienne dans la Rome antique[35].

La signification d'« athée » change pendant l'Antiquité. Les premiers chrétiens furent appelés athées par les non-chrétiens pour leur non croyance dans les dieux romains[36]. Lorsque le christianisme devint religion d'État à Rome, en 381, l'hérésie devint passible de condamnation[37].

Scepticisme du Moyen Âge à la Renaissance 

François Rabelais, humaniste français du XVIe siècle


Les vues athées revendiquées étaient rares en Europe pendant le Moyen Âge surtout lors de l'Inquisition ; la métaphysique, la religion et la théologie étaient alors les matières dominantes portées au quadrivium[38]. Cependant, pendant cette même période, des conceptions nouvelles du Dieu chrétien se sont développées, tels que des vues différentes de la nature, de la transcendance, et de l'intelligibilité de Dieu. Des théologiens tels que David de Dinant ou Amaury de Chartres ont gardé la religion chrétienne tout en adoptant des vues panthéistes.

Les Français Jean de Mirecourt[39] et Nicolas d'Autrecourt, philosophe nominaliste[40], ont privilégié la position selon laquelle la connaissance humaine est limitée aux objets matériels, et que l'essence d'un être divin ne pouvait pas être appréhendée, intuitivement ou rationnellement, par l'intellect humain.

La Renaissance a permis l'expansion de la liberté de pensée et du scepticisme. On peut alors citer par exemple Léonard de Vinci, qui indiquait que l'explication venait de l'expérimentation, et opposait ses arguments aux autorités religieuses. D'autres critiques de la religion et de l'Église catholique ont aussi été formulées par Nicolas Machiavel, Bonaventure des Périers, et François Rabelais[41]. Toutefois, l'apologie de Raymond Sebond, de Michel de Montaigne, reste sans équivalent sur le scepticisme de cette époque.

On parlait alors d'incroyance pour désigner toute forme de dissidence face à la religion dans sa forme officielle comme en témoigne Lucien Febvre[42].

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Dimanche 1 novembre 2009

Atmosphère terrestre
L'atmosphère de la Terre.
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L'atmosphère de la Terre

Informations générales
Épaisseur 800 km[1]
Pression atmosphérique
moyenne (surface)
1.013 bar
Masse 5.1480×1018 kg
Composition de l'atmosphère sèche.
Diazote 78,084 %
Dioxygène 20,946 %
Argon 0,9340 %
Argon 70 ppm
Dioxyde de carbone 386 ppmv [2]
Néon 18,18 ppmv
Hélium 5,24 ppmv
Méthane 1,745 ppmv
Krypton 1,14 ppmv
Dihydrogène 0,55 ppmv
A rajouter à l'atmosphère sèche
Vapeur d'eau de <1 % à ~4 %
(très variable)

L'atmosphère terrestre est l'enveloppe gazeuse entourant la Terre solide. L'air sec se compose de 78,08 % d'azote, 20,95 % d'oxygène, 0,93 % d'argon, 0,038 % de dioxyde de carbone et des traces d'autres gaz. L'atmosphère protège la vie sur Terre en absorbant le rayonnement solaire ultraviolet, en réchauffant la surface, en retenant la chaleur (effet de serre) et en réduisant les écarts de température entre le jour et la nuit.

Il n'y a pas de frontière définie entre l'atmosphère et l'espace. Elle devient de plus en plus fine et s'évanouit peu à peu dans l'espace. L'altitude de 120 km marque la limite où les effets atmosphériques deviennent notables durant la rentrée atmosphérique. La ligne de Kármán, à 100 km, est aussi fréquemment considérée comme la frontière entre l'atmosphère et l'espace.

Description

La limite entre l'atmosphère terrestre et l'atmosphère solaire n'est pas définie précisément : la limite externe de l'atmosphère correspond à la distance où les molécules de gaz atmosphérique ne subissent presque plus l'attraction terrestre et les interactions de son champ magnétique. Ces conditions se vérifient à une altitude qui varie avec la latitude - environ 60 km au-dessus de l'équateur, et 30 km au-dessus des pôles. Ces valeurs ne sont toutefois qu'indicatives : le champ magnétique terrestre, en effet, est continuellement déformé par le vent solaire. L'épaisseur de l'atmosphère varie donc notablement. En outre, comme l'eau des océans, l'atmosphère subit l'influence de la rotation du système Terre-Lune et les interférences gravitationnelles de la Lune et du Soleil. Comme les molécules de gaz, plus légères et moins liées entre elles que les molécules de l'eau de mer, ont de grandes possibilités de mouvement, les marées atmosphériques sont des phénomènes beaucoup plus considérables que les marées océaniques.

La plus grande partie de la masse atmosphérique est proche de la surface : l'air se raréfie en altitude et la pression diminue ; celle-ci peut être mesurée au moyen d'un altimètre ou d'un baromètre.

L'atmosphère est responsable d'un effet de serre qui réchauffe la surface de la Terre. Sans elle, la température moyenne sur Terre serait de -18 °C, contre 15 °C actuellement. Cet effet de serre découle des propriétés des gaz vis-à-vis des ondes électromagnétiques.

Composition chimique détaillée

Les gaz de l'atmosphère sont continuellement brassés, l'atmosphère n'est pas homogène, tant par sa composition que par ses caractéristiques physiques.

Au niveau de la mer, l'air est principalement composé de 78,1 % d'azote, 20,9 % d'oxygène, 0,93 % d'argon et de 0,034 % de dioxyde de carbone pour les gaz majeurs. Toutefois, il comporte aussi des traces d'autres éléments chimiques, les gaz mineurs, dont la proportion varie avec l'altitude. Les gaz à effet de serre majeurs sont la vapeur d'eau, le méthane, l'oxyde d'azote et l'ozone. Les concentrations en dioxyde de carbone s'élèvent, en 2007[3], à 0,0382 %, soit 382 ppm alors qu'en 1998, elle était de 345 ppm[4].

D'autres éléments d'origine naturelle sont présents en plus faible quantité, dont la poussière, le pollen et les spores. Plusieurs polluants industriels sont aussi présents dans l'air, tels que le chlore (élémentaire ou composé), le fluor (composé), le mercure et le soufre (en composé tel que le SO2).

Composition de l'atmosphère « sèche »[5]
ppmv: partie par million en volume
Gaz Volume
Diazote (N2) 780 840 ppmv (78,084 %)
Dioxygène (O2) 209 460 ppmv (20,946 %)
Argon (Ar) 9 340 ppmv (0,9340 %)
Dioxyde de carbone (CO2) 386 ppmv[6]
(en février 2009)
Néon (Ne) 18,18 ppmv
Hélium (He) 5,24 ppmv
Méthane (CH4) 1,745 ppmv
Krypton (Kr) 1,14 ppmv
Dihydrogène (H2) 0,55 ppmv
À rajouter à l'atmosphère sèche :
Vapeur d'eau (H2O) de <1 % à ~4 %
(très variable)
Composants mineurs de l'atmosphère
Gaz Volume
Monoxyde d'azote 0,5 ppmv
Xénon 0,09 ppmv
Ozone 0,0 à 0,07 ppmv
Dioxyde d'azote 0,02 ppmv
Iode 0,01 ppmv
Monoxyde de carbone traces
Ammoniac traces

Structure

L'atmosphère est divisée en plusieurs couches d'importance variable : leurs limites ont été fixées selon les discontinuités dans les variations de la température, en fonction de l'altitude. De bas en haut :

  • la troposphère : la température décroît avec l'altitude (de la surface du globe à 8-15 km d'altitude) ; l'épaisseur de cette couche varie entre 13 et 16 km à l'équateur, mais entre 7 et 8 km aux pôles. Elle contient 80 à 90 % de la masse totale de l'air et la quasi-totalité de la vapeur d'eau[7]. C'est la couche où se produisent les phénomènes météorologiques (nuages, pluies, etc.) et les mouvements atmosphériques horizontaux et verticaux (convection thermique, vents) ;
  • la stratosphère : la température croît avec l'altitude jusqu'à °C (de 8-15 km d'altitude à 50 km d'altitude) ; elle abrite une bonne partie de la couche d'ozone ;
  • la mésosphère : la température décroît avec l'altitude (de 50 km d'altitude à 80 km d'altitude) jusqu'à -80 °C ;
  • la thermosphère : la température croît avec l'altitude (de 80 km d'altitude à 350-800 km d'altitude) ;
  • l'exosphère : de 350-800 km d'altitude à 50 000 km d'altitude.
Température de l'atmosphère (en °C)
en fonction de l'altitude (en km).
Schéma des couches de l'atmosphère.

Troposphère

La troposphère, du mot grec τρέπω signifiant « changement », est la partie la plus basse de l'atmosphère ; elle commence à la surface et s'étend entre 7 et 8 km aux pôles et de 13 à 16 km à l'équateur, avec des variations dues aux conditions climatiques. Le mélange vertical de la troposphère est assuré par le réchauffement solaire. Ce réchauffement rend l'air moins dense, ce qui le fait remonter. Quand l'air monte, la pression au-dessus de lui décroît, par conséquent il s'étend, s'opposant à la pression de l'air environnant. Or, pour s'étendre, de l'énergie est nécessaire, donc la température et la masse de l'air décroissent. Comme la température diminue, la vapeur d'eau dans la masse d'air peut se condenser ou se solidifier, relâchant la chaleur latente permettant une nouvelle élévation de la masse d'air. Ce processus détermine le gradient maximal de baisse de la température avec l'altitude, appelé gradient thermique adiabatique. La troposphère contient grossièrement 80 % de la masse totale de l'atmosphère. 50 % de la masse de l'atmosphère se trouvent en dessous d'environ 5,5 km d'altitude.

Tropopause

La tropopause est la frontière entre la troposphère et la stratosphère.

Couche d'ozone

Article détaillé : Couche d'ozone.

Bien que faisant partie de la stratosphère, la couche d'ozone est considérée comme une couche en soi parce que sa composition chimique et physique est différente de celle de la stratosphère. L'ozone (O3) de la stratosphère terrestre est créé par les ultraviolets frappant les molécules de dioxygène (O2), les séparant en deux atomes distincts (de l'oxygène) ; ce dernier se combine ensuite avec une molécule de dioxygène (O2) pour former l'ozone (O3). L'O3 est instable (bien que, dans la stratosphère, sa durée de vie est plus longue) et quand les ultraviolets le frappent, ils le séparent en O2 et en O. Ce processus continu s'appelle le cycle ozone-oxygène. Il se produit dans la couche d'ozone, une région comprise entre 10 et 50 km au-dessus de la surface. Près de 90 % de l'ozone de l'atmosphère se trouve dans la stratosphère. Les concentrations d'ozone sont plus élevées entre 20 et 40 km d'altitude, où elle est de 2 à ppm.

Stratosphère

La stratosphère s'étend de la tropopause, entre 7–17 km et environ 50 km. La température y augmente avec l'altitude. La stratosphère contient la majeure partie de la couche d'ozone.

Stratopause

La stratopause est la limite entre la stratosphère et la mésosphère. Elle se situe vers 50-55 km d'altitude. La pression représente environ 1/1000 de la pression atmosphérique au niveau de la mer.

Mésosphère

La mésosphère, du mot grec μέσος signifiant « milieu », s'étend de 50 km à environ 80–85 km. La température décroît à nouveau avec l'altitude, atteignant −100 °C (173,1 K) dans la haute mésosphère. C'est aussi dans la mésosphère que la plupart des météorites brûlent en entrant dans l'atmosphère.

Mésopause

La température minimale se rencontre à la mésopause, frontière entre la mésosphère et la thermosphère. C'est le lieu le plus froid de la Terre, avec une température de −100 °C (173,1 K).

Thermosphère

La thermosphère est la couche atmosphérique commençant vers 80–85 km et allant jusqu'à 640 km d'altitude, la température y augmente avec l'altitude. Bien que la température puisse atteindre les 1 500 °C, un individu ne la ressentirait pas à cause de la très faible pression. La station spatiale internationale orbite dans cette couche, entre 320 et 380 km d'altitude.

Thermopause

La thermopause est la limite supérieure de la thermosphère. Elle varie entre 500 et 1 000 km d'altitude.

Ionosphère

L'ionosphère, la partie de l'atmosphère ionisée par les radiations solaires, s'étire de 50 à 1 000 km et chevauche à la fois la thermosphère et l'exosphère. Elle joue un rôle important dans l'électricité atmosphérique et forme le bord intérieur de la magnétosphère. À cause de ses particules chargées, elle a une importance pratique car elle influence, par exemple, la propagation des ondes radio sur la Terre. Elle est responsable des aurores.

Exosphère

L'exosphère commence avec l'exobase, qui est aussi connu comme le « niveau critique », vers 500–1 000 km et s'étire jusqu'à 10 000 km d'altitude. Elle contient des particules circulant librement et qui migrent ou proviennent de la magnétosphère ou du vent solaire.

L'atmosphère terrestre depuis l'espace.

Pression et épaisseur

Article détaillé : pression atmosphérique.


La pression atmosphérique moyenne, au niveau de la mer, est de 1 013 hectopascals ; la masse atmosphérique totale est de 5,1480×1018 kg[8].

La pression atmosphérique est le résultat direct du poids total de l'air se trouvant au-dessus du point où la pression est mesurée. La pression de l'air varie en fonction du lieu et du temps, car la quantité et le poids d'air varient suivant les mêmes paramètres. Toutefois, la masse moyenne au-dessus d'un mètre carré de la surface terrestre peut être calculée à partir de la masse totale de l'air et la superficie de la Terre. La masse totale de l'air est de 5 148 000 mégatonnes et la superficie de 51 007,2 megahectares. Par conséquent 5148000/51007,2 = 10,093 tonnes par mètre carré. Ceci est environ 2,5 % inférieur à l'unité standardisée officielle de 1 atm représentant 1 013,25 hPa, ce qui correspond à la pression moyenne, non pas au niveau de la mer, mais à la base de l'atmosphère à partir de l'élévation moyenne du sol terrestre.

Si la densité de l'atmosphère restait constante avec l'altitude, l'atmosphère se terminerait brusquement vers 7,81 km d'altitude. La densité décroît avec l'altitude, ayant déjà diminué de 50 % dès 5,6 km. En comparaison, la plus haute montagne, l'Everest, atteint les 8,8 km d'altitude, donc l'air est moins de 50 % moins dense à son sommet qu'au niveau de la mer.

Cette chute de pression est presque exponentielle, ainsi la pression diminue de moitié environ tous les 5,6 km et de 63,2 % (1 − 1 / e = 1 − 0.368 = 0,632) tous les 7,64 km (hauteur échelle moyenne de l'atmosphère terrestre en dessous de 70 km). Même dans l'exosphère, l'atmosphère est encore présente, comme on peut le constater par la traînée subie par les satellites.

Les équations de pression par altitude peuvent être utilisées afin d'estimer l'épaisseur de l'atmosphère. Les données suivantes sont données pour référence [9] :

  • 50 % de la masse de l'atmosphère est en dessous de 5,6 km d'altitude ;
  • 90 % de la masse de l'atmosphère est en dessous de 16 km d'altitude. L'altitude courante des transports aériens commerciaux est de 10 km et le sommet de l'Everest est à 8 848 m au-dessus du niveau de la mer. Dans la région supérieure, où les gaz sont raréfiés, se produisent des aurores et d'autres effets atmosphériques. Le vol le plus élevé de l'avion X-15 a atteint, en 1963, une altitude de 108,0 km.

Densité et masse

Article détaillé : Masse volumique de l'air.
Température et masse volumique par rapport à l'altitude d'après le modèle d'atmosphère standardisé NRLMSISE-00.


La densité de l'air au niveau de la mer est d'environ 1,2 kg/m3 (1,2 g/L). Les variations naturelles de la pression atmosphérique se produisent à chaque altitude et à chaque changement de temps. Ces variations sont relativement faibles dans les altitudes habitées, mais elles deviennent plus prononcées dans l'atmosphère supérieure puis dans l'espace à cause des variations des radiations solaires.

La densité atmosphérique décroît avec l'altitude. Cette variation peut être modélisée par la formule du nivellement barométrique. Des modèles plus sophistiqués sont utilisés par les météorologues et les agences spatiales pour prédire le temps et l'abaissement progressif de l'orbite des satellites.

La masse de l'atmosphère est de 5×1015 tonnes soit 1/1 200 000 la masse de la Terre. D'après le National Center for Atmospheric Research, la « masse totale de l'atmosphère est de 5,1480×1018 kg avec une variation annuelle due à la vapeur d'eau de 1,2 à 1,5×1015 kg en fonction de l'utilisation des données sur la pression de surface et la vapeur d'eau. La masse moyenne de la vapeur d'eau est estimée à 1,27×1016 kg et la masse de l'air sec est de 5,1352 ±0,0003×1018 kg. »

Opacité

Article détaillé : Rayonnement solaire.


Les radiations solaires (ou rayonnement solaire) correspondent à l'énergie que reçoit la Terre du Soleil. La Terre réémet aussi des radiations vers l'espace, mais sur des longueurs d'onde plus importantes invisibles à l'œil humain. Suivant les conditions, l'atmosphère peut empêcher les radiations d'entrer dans l'atmosphère ou d'en sortir. Parmi les exemples les plus importants de ces effets il y a les nuages et l'effet de serre.

Diffusion des ondes

Les différentes couleurs sont dues à la dispersion de la lumière produite par l'atmosphère.
Articles détaillés : Diffusion des ondes et Couleur du ciel.

Un coucher de soleil vu depuis l'ISS.


Quand la lumière traverse l'atmosphère, les photons interagissent avec elle à travers la diffusion des ondes. Si la lumière n'interagit pas avec l'atmosphère, c'est la radiation directe et cela correspond au fait de regarder directement le soleil. Les radiations indirectes concernent la lumière qui est diffusée dans l'atmosphère. Par exemple, lors d'un jour couvert quand les ombres ne sont pas visibles il n'y a pas de radiations directes pour la projeter, la lumière a été diffusée. Un autre exemple, dû à un phénomène appelé la diffusion Rayleigh, les longueurs d'onde les plus courtes (bleu) se diffusent plus aisément que les longueurs d'onde les plus longues (rouge). C'est pourquoi le ciel parait bleu car la lumière bleue est diffusée. C'est aussi la raison pour laquelle les couchers de soleil sont rouges. Parce que le soleil est proche de l'horizon, les rayons solaires traversent plus d'atmosphère que la normale avant d'atteindre l'œil par conséquent toute la lumière bleue a été diffusée, ne laissant que le rouge lors du soleil couchant.

Absorption

Article détaillé : Absorption (optique).

Transmittance (ou opacité) atmosphérique de la Terre à diverses longueurs d'onde et radiation électromagnétique, y compris lumière visible.


L’absorption est une autre propriété importante de l'atmosphère. Différentes molécules absorbent différentes longueurs d'onde de radiations. Par exemple, l'O2 et l'O3 absorbent presque toutes les longueurs d'onde inférieures à 300 nanomètres. L'eau (H2O) absorbe la plupart des longueurs d'onde au dessus de 700 nm, mais cela dépend de la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère. Quand une molécule absorbe un photon, cela accroit son énergie.

Quand le spectre d'absorption des gaz de l'atmosphère sont combinés, il reste des « fenêtres » de faible opacité, autorisant le passage de certaines bandes lumineuses. La fenêtre optique va d'environ 300 nm (ultraviolet-C) jusqu'aux longueurs d'onde que les humains peuvent voir, la lumière visible (communément appelé lumière), à environ 400–700 nm et continue jusqu'aux infrarouges vers environ 1100 nm. Il y a aussi des fenêtres atmosphériques et radios qui transmettent certaines ondes infrarouges et radio sur des longueurs d'onde plus importante. Par exemple, la fenêtre radio s'étend sur des ondes allant de un centimètre à environ onze mètres.

Émission

Article détaillé : Émission (physique).


L’émission est l'opposé de l'absorption, quand un objet émet des radiations. Les objets tendent à émettre certaines quantités de longueurs d'onde suivant les courbes d'émission de leur « corps noir », par conséquent des objets plus chauds tendent à émettre plus de radiations sur des longueurs d'onde plus courtes. Les objets froids émettent moins de radiations sur des longueurs d'onde plus longues. Par exemple, le Soleil est approximativement à 6 000 K (5 730 °C), ses pics de radiation approchent les 500 nm, et sont visibles par l'œil humain. La Terre est approximativement à 290 K (17°C), par conséquent ses pics de radiations approchent les 10 000 nm, ce qui est trop long pour que l'œil humain les perçoive.

À cause de sa température, l'atmosphère émet des radiations infrarouges. Par exemple, lors des nuits où le ciel est dégagé la surface de la Terre se rafraichit plus rapidement que les nuits où le ciel est couvert. Ceci est dû au fait que les nuages (H2O) sont d'importants absorbeurs et émetteurs de radiations infrarouges.

L’effet de serre est directement lié à l'absorption et à l'émission. Certains composants chimiques de l'atmosphère absorbent et émettent des radiations infrarouges, mais n'interagissent pas avec la lumière visible. Des exemples communs de ces composants sont le CO2 et l'H2O. S'il y a trop de ces gaz à effet de serre, la lumière du soleil chauffe la surface de la Terre, mais les gaz bloquent les radiations infrarouges lors de leur renvoi vers l'espace. Ce déséquilibre fait que la Terre se réchauffe, entrainant ainsi des changements climatiques.

Circulation

Article détaillé : Circulation atmosphérique.


La circulation atmosphérique est le mouvement à grande échelle de l'air, et est le moyen (combiné aux courants marins) qui permet de redistribuer la chaleur sur la surface de la Terre.

La structure de la circulation atmosphérique varie d'année en année, mais la structure de base reste assez constante.

Cellules de circulation simplifiées.

Phénomènes optiques

La composition de l'atmosphère terrestre la rend relativement transparente aux rayonnements électromagnétiques dans le domaine du spectre visible. Elle est cependant relativement opaque aux rayonnements infrarouges émis par le sol, ce qui est à l'origine de l'effet de serre. Il s'y produit aussi différents phénomènes optiques causés par des variations continues ou non de l'indice de réfraction du milieu de propagation des ondes électromagnétiques.

Parmi ces phénomènes, les plus notables sont les arcs en ciel et les mirages.

La couleur du ciel diurne, quant à elle, est due à la variation de la diffusion du rayonnement solaire en fonction de la longueur d'onde. Des couleurs inhabituelles s'observent cependant lors des aurores polaires (aurores boréales ou australes), qui résultent de l'interaction entre les particules du vent solaire et la haute atmosphère.

Évolution

Historique

Les premières mesures de l'atmosphère actuelle se sont d'abord déroulées au sol, en plaine puis au sommet des montagnes. Le 19 septembre 1648, le beau-frère de Blaise Pascal, Florin Périer constate sur le Puy de Dôme que la pression atmosphérique diminuait avec l'altitude prouvant ainsi la pesanteur de l'air[10] . Au XIXe siècle, le progrès scientifique permet de faire des mesures depuis des ballons puis des ballons-sondes permettant de découvrir l'existence de la stratosphère en 1899. Enfin, les engins spatiaux permettent d'accéder au-delà de l'atmosphère.

Par CHOMOLANGMA - Publié dans : PLANÈTE TERRE
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Brumes et pluies

Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
- Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)





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